{"id":748,"date":"2025-05-27T18:37:34","date_gmt":"2025-05-27T18:37:34","guid":{"rendered":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/?p=748"},"modified":"2025-06-11T11:49:25","modified_gmt":"2025-06-11T11:49:25","slug":"elizabeth-hellen-phillips","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/","title":{"rendered":"Elizabeth."},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"100\" src=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/hgj.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-673\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"600\" src=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/page.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-749\" srcset=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/page.png 600w, https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/page-300x300.png 300w, https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/page-150x150.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"100\" src=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/hgj.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-673\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Elizabeth Hellen Phillips &#8211; N\u00e9e \u00e0 Chicago le 7 Octobre 1901 &#8211; Elle perd sa m\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans et trois de ses fr\u00e8res durant l&rsquo;hivers 1916 &#8211; Transform\u00e9e en D\u00e9cembre 1923 par le vampire Adrian &#8211; Elle parcourt le monde sans r\u00e9el but si ce n&rsquo;est se nourrir et laisser ses envies prendre le dessus &#8211; Elle \u00e9tait fianc\u00e9e \u00e0 James, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il meurt de la grippe espagnole. Elle recroise James cinq ans apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s. Elle n&rsquo;avait toujours pas fait son deuil et elle l&rsquo;aimait toujours mais il ne lui a pas offert la libert\u00e9 qu&rsquo;elle lui demandait. C&rsquo;est Adrian qui lui a accord\u00e9 et depuis, Beth n&rsquo;est plus la douce colombe qu&rsquo;elle fut au d\u00e9but de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"100\" src=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/hgj.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-673\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"427\" src=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/ggygyu55.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-764\" srcset=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/ggygyu55.png 600w, https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/ggygyu55-300x214.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"100\" src=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/hgj.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-673\"\/><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-comments\">\t<div id=\"respond\" class=\"comment-respond wp-block-post-comments-form\">\n\t\t<h3 id=\"reply-title\" class=\"comment-reply-title\">Laisser un commentaire <small><a rel=\"nofollow\" id=\"cancel-comment-reply-link\" href=\"\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/748#respond\" style=\"display:none;\">Annuler la r\u00e9ponse<\/a><\/small><\/h3><p class=\"must-log-in\">Vous devez <a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">vous connecter<\/a> pour publier un commentaire.<\/p>\t<\/div><!-- #respond -->\n\t\n\n<h2 id=\"comments\" class=\"wp-block-comments-title\">30 r\u00e9ponses \u00e0 &#8220;Elizabeth.&#8221;<\/h2>\n\n<ol class=\"wp-block-comment-template\"><li id=\"comment-776\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-05-27T21:09:13+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-776\">27 mai 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>\u2014 Chicago, hiver 1916<\/p>\n<p>Le vent s\u2019\u00e9tait lev\u00e9 sans pr\u00e9venir, soulevant des spirales de neige sur les all\u00e9es gel\u00e9es du parc. Le pin immense, leur pin, se dressait \u00e0 la lisi\u00e8re du lac, fig\u00e9 comme un gardien silencieux. C\u2019\u00e9tait l\u00e0 que nous nous retrouvions depuis l\u2019enfance, chaque hiver, chaque \u00e9t\u00e9. Notre royaume secret.<\/p>\n<p>Et elle \u00e9tait l\u00e0. Mon Elizabeth.. Mon intr\u00e9pide Beth. <\/p>\n<p>Elizabeth portait un manteau ivoire ce jour-l\u00e0, le col de fourrure rabattant ses cheveux blonds en cascade sur ses \u00e9paules. Son visage, rougi par le froid, rayonnait pourtant d\u2019une chaleur presque insolente. Elle tenait sa main lev\u00e9e vers la lumi\u00e8re d\u2019un soleil h\u00e9sitant, et sur son annulaire brillait la bague de ma grand-m\u00e8re.<\/p>\n<p>Un anneau d\u2019or p\u00e2le, grav\u00e9 \u00e0 la main, serti d\u2019une \u00e9meraude taill\u00e9e comme une fleur ancienne. Un bijou noble et claquant, mais parfait pour elle. Elle seule pouvait lui donner cette allure d\u2019h\u00e9ritage vivant, comme si chaque femme de ma lign\u00e9e avait attendu qu\u2019elle vienne au monde.<\/p>\n<p>Elle ne disait rien. Elle contemplait la bague, perdue dans sa propre \u00e9motion. Moi, je la contemplais, tout simplement. Comme on contemple un secret qu\u2019on n\u2019a jamais os\u00e9 dire \u00e0 voix haute.<\/p>\n<p>&#8212; Tu es fi\u00e8re de toi, hein ? soufflai-je, avan\u00e7ant lentement dans la neige, les mains dans les poches. Elle tourna les yeux vers moi, rieurs et brillants. Je fis mine de jauger sa main.<br \/>\n&#8212; Mmm\u2026 Je crois que la bague est jalouse de ton sourire. <\/p>\n<p>Elle leva les yeux au ciel. Ce petit geste impatient que je connaissais par c\u0153ur. Et que j\u2019adorais. Je m\u2019approchai jusqu\u2019\u00e0 ce que nos manteaux se fr\u00f4lent. Je ne r\u00e9sistai pas \u00e0 l\u2019envie de lui voler un baiser sur la joue, l\u00e0 o\u00f9 sa peau \u00e9tait la plus chaude malgr\u00e9 le froid. Puis je posai mon front contre le sien, dans ce silence de neige et de souffle m\u00eal\u00e9. Mon c\u0153ur battait si fort que je craignais qu\u2019elle l\u2019entende. L\u00e0, presque dissimul\u00e9s sous les \u00e9paisses branches du sapin, je laissais mes l\u00e8vres timide et chaste rencontrer les siennes. <\/p>\n<p>Nous avions eu notre premier baiser quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, mais nous restions toujours tr\u00e8s chastes. Pourtant, mes nuits, elles, \u00e9taient bien souvent torrides et br\u00fblantes. <\/p>\n<p>Nous nous sommes rencontr\u00e9s dans ce m\u00eame parc o\u00f9 je lui ai demand\u00e9 d&rsquo;\u00eatre ma femme. Elle m\u2019avait sauv\u00e9 des ann\u00e9es plus t\u00f4t. J\u2019avais dix ans, elle en avait huit. Un gamin du quartier plus \u00e2g\u00e9 que nous s\u2019amusait \u00e0 me bousculer et \u00e0 me faire tomber dans la boue. Il \u00e9tait grand, brutal, cruel pour le plaisir. Je me souviens encore de ses doigts autour de mon col.<\/p>\n<p>Et puis elle \u00e9tait arriv\u00e9e. Petite chose furieuse aux couettes d\u00e9coiff\u00e9es et au regard de temp\u00eate. Elle lui avait lanc\u00e9 une pierre dans le dos \u2014 pas tr\u00e8s fort, mais juste assez pour d\u00e9tourner son attention. Puis elle avait couru vers moi, m\u2019avait attrap\u00e9 par la main, et nous avions fui ensemble \u00e0 travers les buissons, riant \u00e0 en perdre haleine.<\/p>\n<p>Depuis ce jour, elle d\u00e9cidait. O\u00f9 nous allions, ce que nous lisions, comment nous parlions. Elle choisissait les romans que je devais aimer, me faisait go\u00fbter ses th\u00e9ories sur le monde, et me lan\u00e7ait des d\u00e9fis absurdes que je relevais toujours, juste pour la voir sourire. Et nos deux familles, tr\u00e8s respectables, n&rsquo;attendaient que le jour o\u00f9 je terminerais mes \u00e9tudes de musique pour enfin pouvoir la demander en mariage. <\/p>\n<p>Un vrai conte de f\u00e9e. <\/p>\n<p>Quand j\u2019\u00e9tais trop sage, elle me traitait de vieux professeur. Quand elle \u00e9tait trop vive, je la comparais \u00e0 une com\u00e8te. Elle disait que j\u2019\u00e9tais son ancre. Je lui disais qu\u2019elle \u00e9tait ma lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Et l\u00e0, en cet instant pr\u00e9cis, sous le pin qui avait tout vu, je n\u2019\u00e9tais plus un gar\u00e7on. J\u2019\u00e9tais un homme qui avait trouv\u00e9 sa maison.<\/p>\n<p>&#8212; Tu devras raconter cette histoire \u00e0 nos enfants et petits-enfants. Tu crois pouvoir t&rsquo;en rappeler ? murmurai-je avec un sourire tendre. Quand on sera vieux.. Toi, la terreur des d\u00eeners mondains avec ton franc-parler\u2026 et moi, le pauvre \u00e9poux qui essuie les remarques ac\u00e9r\u00e9es de sa femme en silence. <\/p>\n<p>Mais soudain, un doute, fugace, me traversa. Cette crainte ancienne, sourde, que le monde ne soit pas assez solide pour contenir tout l\u2019amour que j\u2019avais pour elle. Alors je la regardai droit dans les yeux, et ma voix trembla malgr\u00e9 moi alors que je resserrais mes bras autour de son corps emmitoufl\u00e9 :<\/p>\n<p>&#8212; Ne me quitte jamais, Beth. M\u00eame si je me perds. M\u00eame si je disparais. Ne m\u2019oublie pas. Jure moi qu&rsquo;on restera toujours unis.. D&rsquo;une quelconque mani\u00e8re. <\/p>\n<p>Alors que je la laissais poser ses mains sur mes joues avec une douceur presque solennelle. Son regard, si pur, si clair, s\u2019enfon\u00e7a dans le mien comme une promesse.<\/p>\n<p>\u2014 Parce que moi, jamais je ne te quitterais de mani\u00e8re volontaire. Le monde s\u2019\u00e9croulera sans doute\u2026 mais je resterai aupr\u00e8s de toi. Toujours.<\/p>\n<p>Tendrement, tel le romantique que j&rsquo;\u00e9tais, je lui offrais un baiser doux, fragile, mais profond comme une promesse d\u2019\u00e9ternit\u00e9. Pour la premi\u00e8re fois, je lui offrais tout sans r\u00e9serve jusqu&rsquo;\u00e0 ce que nos souffles nous manquent. <\/p>\n<p>\u2014 \u00c0 jamais \u00e0 toi, \u00e0 jamais \u00e0 moi, \u00e0 jamais nous, soufflais-je en caressant mon nez du sien, tu te souviens ? Tu avais \u00e9crit cette phrase en lettres blanches avec une craie vol\u00e9e, sur le mur de l\u2019\u00e9cole. Tu t\u2019\u00e9tais fait punir, tu te souviens ? Tu avais dit que j\u2019\u00e9tais trop mignon pour prendre la faute. <\/p>\n<p>Je ris doucement, la voix bris\u00e9e de tendresse.<\/p>\n<p>&#8212; Tu me sauveras encore, pas vrai ? Peu importe ce qui arrive. Tu es celle qui me ram\u00e8ne toujours \u00e0 moi-m\u00eame. <\/p>\n<p>La ville de Chicago en ce d\u00e9but d&rsquo;ann\u00e9es 20 \u00e9tait aussi palpitant que toute autre vie am\u00e9ricaine. La jeunesse \u00e9tait f\u00e9conde, pleine de vie, d&rsquo;espoir. Moi le premier, je me r\u00eavais compositeur. J&rsquo;\u00e9tais un f\u00e9ru d&rsquo;art, maniait le piano \u00e0 la perfection et r\u00e9galait les invit\u00e9s de mes parents lors de leurs soir\u00e9es mondaine. Et Beth \u00e9tait dans ma vie. La vie \u00e9tait parfaite. Je croyais en tout et en notre avenir. Mais alors, je ne savais pas que l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 pourrait devenir le pire des cauchemars. Ce n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un mot, mais pourtant, il nous lierait de la plus vile des mani\u00e8res.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-780\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-05-28T20:20:53+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-780\">28 mai 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Elle est la temp\u00eate et moi le calme apr\u00e8s. Elle est l\u2019\u00e9lan, moi l\u2019ancrage. Mais ce que les autres n\u2019ont jamais compris, c\u2019est que sans elle, je ne tiendrais pas debout. Et aujourd\u2019hui, alors qu\u2019elle admire la bague de ma grand-m\u00e8re \u00e0 son doigt, j\u2019ai l\u2019impression que tout ce que j\u2019ai v\u00e9cu me menait \u00e0 cet instant. Elle me regarde avec ses grands yeux d\u2019\u00e9meraude, et j\u2019oublie que le monde est en train de s\u2019embraser.<\/p>\n<p>Mon c\u0153ur bat plus fort que jamais, je suis incapable de parler. Mes doigts se glissent dans les siens. Il fait froid, mais je n\u2019ai jamais eu aussi chaud.<\/p>\n<p>Nous marchons jusqu\u2019\u00e0 chez elle, dans ce manoir qui para\u00eet d\u00e9sormais trop vide sans ses fr\u00e8res. Je ressens leur absence dans chaque recoin, chaque couloir. Pourtant, Elizabeth n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 plus lumineuse. Elle fait briller la moindre pi\u00e8ce o\u00f9 elle entre, m\u00eame dans la douleur. Elle est cette \u00e9tincelle, cette force indomptable que m\u00eame le deuil ne saurait \u00e9teindre.<\/p>\n<p>Caroline nous accueille avec son accent chantant, ses bras chaleureux, ses douceurs sucr\u00e9es. Je n\u2019ai jamais su ce que voulait dire ce mot, \u00ab tourtereaux \u00bb, mais il r\u00e9sonne en moi comme une \u00e9vidence. C\u2019est ce que nous sommes, Beth et moi. Deux oiseaux li\u00e9s \u00e0 la m\u00eame branche.<\/p>\n<p>Le chocolat est parfait, comme toujours, mais c\u2019est elle que je savoure du regard. Chaque mot, chaque rire, chaque anecdote me nourrit. Et quand je me mets au piano, c\u2019est elle que je joue. Chaque note, chaque arp\u00e8ge, c\u2019est pour elle. Mon inspiration. Mon avenir.<\/p>\n<p>Mais la musique s\u2019arr\u00eate brutalement. Son p\u00e8re entre, et je comprends avant m\u00eame qu\u2019il ne parle. Son visage est un masque bris\u00e9, son regard noy\u00e9. Il n\u2019a pas besoin d\u2019ouvrir la bouche. Mais il le fait quand m\u00eame. Trois pr\u00e9noms. Trois coups de canon dans le silence.<\/p>\n<p>Je la rattrape. Je la serre fort. Elle s\u2019effondre et je m\u2019efforce d\u2019\u00eatre le roc. Mais je pleure aussi. Pour eux. Pour elle. Pour la vie injuste qui arrache sans pr\u00e9venir. Elle hurle et je la tiens, comme si mes bras pouvaient r\u00e9parer l\u2019irr\u00e9parable. La perte de ces fr\u00e8res est aussi douloureux pour elle que pour moi. Nous \u00e9tions une famille. Aujourd&rsquo;hui il ne reste que des survivants.<\/p>\n<p>Les mois passent. Je ne la l\u00e2che pas. Je suis l\u00e0, chaque jour, chaque nuit. M\u00eame si parfois je la trouve perdue dans des silences dont je ne peux que deviner la profondeur. Pourtant, elle continue. Elle lutte. Elle \u00e9tudie. Elle rit m\u00eame, parfois, et je b\u00e9nis chaque sourire qu\u2019elle m\u2019offre comme un miracle.<\/p>\n<p>Et ce jour-l\u00e0, dans l\u2019h\u00f4tel somptueux, quand elle me tend la main et me propose une valse, je me souviens. De notre premi\u00e8re danse, maladroite, dans la salle de bal de ses parents \u00e0 No\u00ebl. De ses pieds sur les miens quand elle \u00e9tait trop petite pour atteindre le sol. De ses cheveux blonds volant dans tous les sens pendant qu\u2019elle tournoyait, riant aux \u00e9clats.<\/p>\n<p>Je prends sa main. Je l\u2019attire doucement contre moi, ma main droite pos\u00e9e dans le creux de son dos, aimant revoir ses yeux briller de cette humeur taquine qui avait disparu. Et je murmure, en la regardant comme on regarde un r\u00eave qu\u2019on n\u2019ose \u00e0 peine toucher :<\/p>\n<p>\u2014 Tu m\u2019as toujours surpass\u00e9. M\u00eame sur une valse.<\/p>\n<p>Puis je l\u2019embrasse sur le front. Longtemps. Et je me dis que si le monde s\u2019\u00e9croulait ce soir, au moins j\u2019aurais eu \u00e7a. Elle. Ce moment. Ce miracle. <\/p>\n<p>Je m&rsquo;amuse \u00e0 murmurer une douce m\u00e9lodie qui me vient \u00e0 l&rsquo;esprit et que je nomme, la m\u00e9lodie de Beth ( <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=imGaOIm5HOk\" rel=\"nofollow ugc\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=imGaOIm5HOk<\/a> ) et cela semble l&rsquo;amuser car je vois ses \u00e9paules tressauter. <\/p>\n<p>&#8212; Je l&rsquo;ai \u00e9crite en pensant \u00e0 toi, avouais-je avant de relever son visage face au mien, tu me manques Beth.. <\/p>\n<p>Je ne doute pas de l&rsquo;amour de ma fianc\u00e9e, ni de son affection. D&rsquo;ailleurs, pour moi-m\u00eame, je pensais qu\u2019il serait impossible d\u2019aimer davantage Elizabeth. Mais je m&rsquo;\u00e9tais tromp\u00e9. Depuis qu\u2019elle a accept\u00e9 de m\u2019\u00e9pouser, quelque chose en elle s\u2019est adouci, \u00e9clair\u00e9. Elle rayonne. Et pourtant, je vois aussi l\u2019ombre qui p\u00e8se au fond de ses yeux quand elle croit que je ne regarde pas. Elle croit devoir tout faire, tout porter : le deuil de ses fr\u00e8res, l\u2019avenir de son p\u00e8re, l\u2019image de la parfaite fianc\u00e9e\u2026 et maintenant, les malades. Car bien s\u00fbr, Elizabeth ne pouvait pas rester les bras crois\u00e9s pendant que d\u2019autres souffraient.<\/p>\n<p>Cela a commenc\u00e9 doucement. Une vieille voisine, puis une m\u00e8re et son b\u00e9b\u00e9, puis une salle enti\u00e8re d\u2019un dispensaire improvis\u00e9 dans l\u2019\u00e9glise de Saint James. \u00ab Ce n\u2019est pas grand-chose \u00bb, me disait-elle, le sourire l\u00e9ger, le regard trop fatigu\u00e9, pour me rassurer. Mais moi, je vois ce que les autres ne voient pas. Je vois ses mains trembler parfois. Je vois son teint p\u00e2lir. Et je sens l\u2019angoisse monter en moi comme une mar\u00e9e froide.<\/p>\n<p>Les nouvelles en ville vont vite et on entend que la grippe s\u2019\u00e9tend partout. Chaque jour, un nouveau quartier est touch\u00e9. On parle de morts subites, de familles enti\u00e8res d\u00e9cim\u00e9es en quelques jours. Et elle, elle s\u2019y jette comme si elle \u00e9tait invincible. Comme si son amour des autres pouvait la prot\u00e9ger. Moi, je la regarde partir le matin, et mon c\u0153ur reste suspendu jusqu\u2019\u00e0 son retour.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, les pr\u00e9paratifs du mariage deviennent un th\u00e9\u00e2tre absurde. Tout le monde semble croire qu\u2019une grande r\u00e9ception est encore possible. Que des nappes brod\u00e9es, des drag\u00e9es import\u00e9es de France et des musiciens d\u2019orchestre suffiront \u00e0 faire oublier les cendres qui s\u2019accumulent aux portes de la ville.<\/p>\n<p>Alors que nous \u00e9tions dans notre bulle et que je tentais de lui parler de mes inqui\u00e8tudes, nous f\u00fbmes interrompu par ma m\u00e8re. <\/p>\n<p>\u2014 Jamie ch\u00e9ri.. tu veux combien de bouquets pour la table d\u2019honneur ? me demande ma m\u00e8re, \u00e0 qui on a confi\u00e9 la d\u00e9coration florale.<br \/>\n\u2014 Euh.. Et bien autant que n\u00e9cessaire pour qu\u2019on s\u2019y perde, je suppose, je r\u00e9ponds en soupirant.<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que je n\u2019en peux plus de ces r\u00e9unions, de ces essayages, de ces d\u00e9cisions sans fin. Je veux juste l\u2019\u00e9pouser. Je veux la serrer contre moi et lui promettre que je la prot\u00e9gerai, m\u00eame si je ne suis qu\u2019un homme, et que la maladie n\u2019\u00e9coute personne. J\u2019aimerais enfermer le monde dehors, l\u2019\u00e9loigner de son c\u0153ur. J\u2019aimerais l\u2019envelopper dans une musique douce et ne jamais la laisser sortir.<\/p>\n<p>Mais elle, elle continue. Elle sourit aux couturi\u00e8res, aux traiteurs, aux pr\u00eatres. Elle note les horaires, les invit\u00e9s, les moindres d\u00e9tails. Elle est si forte\u2026 mais \u00e0 quel prix ?<\/p>\n<p>Et nous voil\u00e0 encore s\u00e9par\u00e9 par ma m\u00e8re qui exige la pr\u00e9sence de Elizabeth pour le choix des couverts. Avec les ann\u00e9es, elle est devenue la fille qu&rsquo;elle a toujours r\u00eav\u00e9 avoir. Notre union ne surprend personne, c&rsquo;est un accomplissement serein pour tout le monde. <\/p>\n<p>Mais moi.. Je sens que je perds un peu de ma moiti\u00e9. <\/p>\n<p>Le soir m\u00eame, elle rentre tard. Trop tard. Je suis d\u00e9j\u00e0 dans le salon, le piano ouvert mais muet. Lorsqu\u2019elle entre, je me l\u00e8ve d\u2019un bond.<\/p>\n<p>\u2014 Tu as encore accompagn\u00e9 les malades, dis-je, plus durement que je ne le voudrais.<\/p>\n<p>Elle s\u2019arr\u00eate. Elle me regarde longuement, puis d\u00e9fait ses gants avec lenteur.<\/p>\n<p>\u2014 Et si toi, tu tombais malade, Beth ? Tu penses \u00e0 \u00e7a ? Tu penses \u00e0 moi ? \u00c0 ton p\u00e8re ? Tu n\u2019es pas invincible, bon sang !<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas cri\u00e9. Mais ma voix est grave, f\u00eal\u00e9e. Je finis par abaisser ma garde et m\u2019approche d&rsquo;elle et pose mes mains sur ses joues. Un silence. Enfin, je l&rsquo;attire contre moi et l\u2019entoure de mes bras, fort. Tr\u00e8s fort. Comme si je pouvais faire fuir la mort.<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019ai peur, Beth..<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-786\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-05-29T18:22:32+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-786\">29 mai 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Septembre 1918 \u2014 Chicago<\/p>\n<p>Je ne me souviens plus du moment exact o\u00f9 tout a bascul\u00e9. Les jours, les nuits, les cris et les toux rauques des malades se sont m\u00eal\u00e9s dans une brume fi\u00e9vreuse. Mon corps, autrefois plein de vie, est devenu une prison br\u00fblante. Je suffoquais. Je grelottais. Puis je br\u00fblais de l\u2019int\u00e9rieur. Et surtout, je ne voyais plus son visage.<\/p>\n<p>Beth.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, elle \u00e9tait l\u00e0. Toujours. Je sentais ses doigts dans les miens, j\u2019entendais sa voix, m\u00eame si mes yeux refusaient de lui ob\u00e9ir. Je savais qu\u2019elle me parlait. Mais plus le virus avan\u00e7ait, plus ses visites devenaient des souvenirs. Est-ce que je r\u00eavais ? Ou \u00e9tait-elle vraiment venue s\u2019asseoir \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, cette nuit o\u00f9 la douleur \u00e9tait si forte que j\u2019ai cru mourir ?<\/p>\n<p>Puis j\u2019ai entendu la voix de Carlisle. Plus calme. Plus profonde. Il me parlait \u00e0 voix basse, me racontait des histoires comme \u00e0 un enfant terrifi\u00e9. Il m\u2019expliquait que mon c\u0153ur faiblissait. Que les autres m\u00e9decins avaient abandonn\u00e9. Mais pas lui.<\/p>\n<p>Et puis, il m\u2019a demand\u00e9 pardon.<\/p>\n<p>Je me souviens de la morsure. Un \u00e9clair de feu qui a d\u00e9chir\u00e9 mes entrailles. Je voulais hurler, mais aucun son n\u2019est sorti de ma gorge. Ma poitrine s\u2019est arqu\u00e9e sous l\u2019assaut. Mon c\u0153ur s\u2019est mis \u00e0 battre comme un tambour affol\u00e9. Puis il s\u2019est arr\u00eat\u00e9.<\/p>\n<p>Et alors\u2026 l\u2019enfer a commenc\u00e9.<\/p>\n<p>Le feu. Un feu que je ne souhaite \u00e0 personne. Il a envahi chaque parcelle de mon \u00eatre. J\u2019avais l\u2019impression qu\u2019on m\u2019\u00e9corchait vivant de l\u2019int\u00e9rieur. Mes veines, mes os, mes nerfs, tout se consumait. Je ne pouvais pas bouger. Je ne pouvais pas mourir. Ce n\u2019\u00e9tait pas une fi\u00e8vre. C\u2019\u00e9tait une forge divine. J\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 Beth tout du long. J\u2019ai suppli\u00e9 en silence que la mort m\u2019emporte. Mais elle ne venait pas.<\/p>\n<p>Je suis rest\u00e9 dans cette agonie pendant des jours. Ou des si\u00e8cles ? Le temps n\u2019existait plus. Il n\u2019y avait que la br\u00fblure.<\/p>\n<p>Puis, un jour, tout s\u2019est arr\u00eat\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ai ouvert les yeux.<\/p>\n<p>Et le monde n\u2019\u00e9tait plus le m\u00eame.<\/p>\n<p>Les couleurs. Les sons. Chaque d\u00e9tail du plafond fissur\u00e9, chaque pulsation du c\u0153ur de Carlisle que j\u2019entendais battre \u00e0 l\u2019autre bout de la maison. Mon propre corps, plus l\u00e9ger, plus fort. Une acuit\u00e9 terrifiante. Une force contenue sous ma peau, pr\u00eate \u00e0 bondir. Et cette soif.<\/p>\n<p>Cette faim abominable.<\/p>\n<p>Je me suis redress\u00e9, hagard, dans ce lit que je ne reconnaissais plus. Mes mains n\u2019\u00e9taient plus mes mains. Mon reflet \u2014 si j\u2019avais pu le voir \u2014 n\u2019\u00e9tait plus celui du jeune fianc\u00e9 au sourire tendre. Il n\u2019y avait plus rien de James Cullen. J\u2019\u00e9tais autre chose.<\/p>\n<p>Carlisle \u00e9tait l\u00e0. Il m\u2019a parl\u00e9 doucement, avec une infinie patience. Il m\u2019a expliqu\u00e9 ce que je suis devenu. Un vampire. Un immortel. Un buveur de sang.<\/p>\n<p>Je l\u2019ai ha\u00ef. Puis je l\u2019ai suppli\u00e9. Pourquoi moi ? Pourquoi ne pas m\u2019avoir laiss\u00e9 mourir ? Pourquoi m\u2019avoir arrach\u00e9 \u00e0 Beth ? \u00c0 notre avenir ? \u00c0 nos promesses ?<\/p>\n<p>Mais dans ses yeux, il y avait de la compassion. Une forme de chagrin, m\u00eame. Il m\u2019a dit qu\u2019il avait vu en moi quelque chose. Une lumi\u00e8re. Une volont\u00e9. Un c\u0153ur encore intact malgr\u00e9 le monde en ruine.<\/p>\n<p>Je suis rest\u00e9 clo\u00eetr\u00e9 les premiers jours. La faim \u00e9tait insoutenable. Tout en moi criait de chasser. De mordre. De tuer. Mais Carlisle m\u2019a guid\u00e9. Il m\u2019a appris \u00e0 ne pas c\u00e9der. \u00c0 choisir une autre voie : celle de la compassion, de l\u2019\u00e9thique, m\u00eame dans la mal\u00e9diction.<\/p>\n<p>Beth.<\/p>\n<p>Je pensais que c\u2019\u00e9tait un r\u00eave. Que je finirais par me r\u00e9veiller. Que je pourrais retourner aupr\u00e8s d\u2019elle.<\/p>\n<p>Mais non.<\/p>\n<p>Elle m\u2019avait enterr\u00e9. Pleur\u00e9. Ma tombe \u00e9tait vide, mais son c\u0153ur, lui, devait l\u2019\u00eatre aussi.<\/p>\n<p>Carlisle m\u2019a interdit de la revoir. Il m\u2019a suppli\u00e9 de ne pas retourner vers elle. \u201cTu lui ferais plus de mal que de bien, mon fils\u201d, m\u2019a-t-il dit \u2014 car c\u2019est ainsi qu\u2019il m\u2019appelait d\u00e9sormais. Mon fils. Comme une seconde naissance. Une nouvelle famille pour une nouvelle vie.<\/p>\n<p>Mais comment vivre sans elle ?<\/p>\n<p>Chaque nuit, je revois son sourire. Ses mains. Sa voix. Je l\u2019entends murmurer :<\/p>\n<p>\u2014 Je suis indissociable de toi, James Cullen. <\/p>\n<p>Je ne suis plus James Cullen. Et pourtant je suis encore lui. Je suis celui qu\u2019elle aimait. Celui qui l\u2019aimera toujours.<\/p>\n<p>Mais je suis aussi un monstre.<\/p>\n<p>Et le monstre ne peut plus fr\u00f4ler l\u2019ange.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-792\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-08T18:40:35+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-792\">8 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>1919 \u2013 For\u00eats du Nord de l\u2019Illinois<br \/>\nJournal de James Cullen<\/p>\n<p>Je ne sais pas encore comment poser les mots. Il m\u2019en manque, parfois. Ou alors, ils viennent tous d\u2019un coup, hurlants, brutaux, \u00e9touffants. La soif, elle, ne me quitte jamais vraiment, mais elle s\u2019estompe \u00e0 force de volont\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 Carlisle, surtout. Gr\u00e2ce \u00e0 Esm\u00e9e.<\/p>\n<p>Ils sont devenus mes ancrages, mes parents d\u2019ombre et de lumi\u00e8re. Carlisle a cette patience infinie des hommes qui ont trop v\u00e9cu pour juger les col\u00e8res de ceux qui viennent \u00e0 peine de na\u00eetre. Il m\u2019a appris \u00e0 chasser autrement, \u00e0 d\u00e9tourner ma faim de l\u2019humanit\u00e9. C\u2019est un combat. Quotidien. Douloureux. Mais je tiens. Pour lui. Pour elle.<\/p>\n<p>Esm\u00e9e est la douceur que je n\u2019ai jamais connue. Elle n\u2019a pas besoin de parler : une caresse sur le bras, un regard, et je me sens moins monstrueux. Elle ne m\u2019appelle jamais James comme les autres. Elle me dit mon gar\u00e7on, comme si j\u2019avais encore dix-huit ans, et que je sortais du conservatoire les mains pleines de partitions. C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que je ne suis pas parti. Parce qu\u2019ils ont fait de moi autre chose qu\u2019une cr\u00e9ature : un fils.<\/p>\n<p>Mais le manque de Beth&#8230; c\u2019est un ab\u00eeme que rien ne comble. Pendant un temps, j\u2019ai ob\u00e9i \u00e0 Carlisle : je ne suis pas all\u00e9 la voir. Je me disais qu\u2019elle m\u2019avait oubli\u00e9, que la douleur \u00e9tait pass\u00e9e. Qu\u2019un homme bon l\u2019avait prise pour \u00e9pouse. Un vrai homme. Un vivant.<\/p>\n<p>Et puis\u2026 ce fut plus fort que moi.<\/p>\n<p>Un soir de pluie, je suis retourn\u00e9 \u00e0 Chicago, comme dans ces vieux po\u00e8mes de Byron que Beth adorait. Je n\u2019ai pas eu besoin de chercher longtemps. Elle vivait toujours dans la maison de ses parents \u2014 seule, ou presque. Mari\u00e9e, oui. Mais il n\u2019y avait pas de lumi\u00e8re dans sa voix quand elle parlait \u00e0 son \u00e9poux. Elle avait un enfant. Un fils. Mais pas de chaleur dans ses gestes. Son sourire n\u2019atteignait jamais ses yeux.<\/p>\n<p>Elle m\u2019aimait encore. Je le sentais, c&rsquo;\u00e9tait visc\u00e9ral. <\/p>\n<p>J\u2019ai attendu plusieurs jours. \u00c0 l\u2019or\u00e9e du bois, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du dispensaire o\u00f9 elle travaillait. Car oui, elle travaillait toujours pour aider les autres. Son bon coeur \u00e9tait plein d&#8217;empathie et d&rsquo;amour. C&rsquo;\u00e9tait ce qui la rendait si exceptionnelle. Et enfin\u2026 un soir, elle est sortie seule. Je l\u2019ai suivie, sans bruit, comme une ombre. Mon c\u0153ur, ou ce qu\u2019il en restait, battait \u00e0 tout rompre. Et quand elle s\u2019est retourn\u00e9e\u2026 Mon corps s&rsquo;est laiss\u00e9 envelopp\u00e9 dans la nuit sombre. <\/p>\n<p>Je me suis cach\u00e9.<\/p>\n<p>Soudainement, j&rsquo;ai compris les mots de Carlisle quand il \u00e9voquait la fronti\u00e8re entre la r\u00e9alit\u00e9 humaine et la n\u00f4tre, \u00e9trange cr\u00e9ature sans \u00e2me. La peur que Beth aurait eu dans son regard m&rsquo;a retenu. Son besoin sans doute \u00e0 vouloir me sauver aurait \u00e9t\u00e9 impuissant devant la nature de mon \u00e9tat. Comment aurais-je pu lui justifier mon absence malgr\u00e9 mon \u00e9tat. Elle \u00e9tait une femme mari\u00e9e. Une m\u00e8re. Ma jalousie mal plac\u00e9e n&rsquo;avait aucune justification devant ce qu&rsquo;elle avait travers\u00e9. <\/p>\n<p>Car oui, je l&rsquo;avais abandonn\u00e9.<br \/>\nMais comme je l&rsquo;aime plus de raison, je me devais de la lib\u00e9rer. <\/p>\n<p>07 octobre 1923 \u2013 New York, h\u00f4tel Saint-Regis<br \/>\nJournal de James<\/p>\n<p>Je crois que je ne m\u2019habituerai jamais \u00e0 ce silence.<\/p>\n<p>Le silence int\u00e9rieur, celui d\u2019un c\u0153ur qui ne bat plus, d\u2019un souffle qui ne monte ni ne descend, d\u2019un corps fig\u00e9 dans le temps, alors que le monde autour de moi s\u2019agite, respire, pleure, aime.<\/p>\n<p>Carlisle dit que cela viendra. Que l\u2019esprit finira par apaiser la b\u00eate. Esm\u00e9e me parle avec une tendresse qui me rappelle ma m\u00e8re. Ils sont bons, tous les deux. Meilleurs que je ne le m\u00e9rite. Quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 moi, transform\u00e9, perdu, assoiff\u00e9, violent m\u00eame&#8230; ils ont \u00e9t\u00e9 l\u00e0. Carlisle m\u2019a parl\u00e9 de choix, d\u2019une vie qu\u2019il a voulu me sauver, pas m\u2019imposer. Esm\u00e9e a pos\u00e9 sa main sur ma joue glac\u00e9e et m\u2019a appel\u00e9 \u201cmon fils\u201d, alors m\u00eame que je fuyais mon reflet et ma propre existence.<\/p>\n<p>Je fais de mon mieux. Je chasse des animaux, je lis sans dormir, je joue du piano sans r\u00e9fl\u00e9chir, j\u2019apprends \u00e0 \u00e9couter les pens\u00e9es du monde comme on apprendrait une langue \u00e9trang\u00e8re. Mais rien de tout cela ne comble le vide. Rien ne me ram\u00e8ne Beth.<\/p>\n<p>Et pourtant je la cherche. Chaque ville, chaque rue. Son visage me hante. Je le dessine encore, des centaines de fois. Toujours avec ce petit sourire qu\u2019elle faisait lorsqu\u2019elle me surprenait en train de la fixer. Depuis 1919, j&rsquo;\u00e9tais persuad\u00e9 d&rsquo;avoir fait une bonne chose en l&rsquo;abandonnant mais depuis plusieurs mois une pens\u00e9e sourde m&rsquo;obs\u00e8de. Sans doute n&rsquo;aurais-je pas du me r\u00e9soudre. Laisser le pass\u00e9 derri\u00e8re moi comme Carlisle m\u2019y a invit\u00e9, \u00e9tait certainement la plus grosse erreur que j&rsquo;ai fais. <\/p>\n<p>Alors quand Carlisle a propos\u00e9 ce voyage \u00e0 New York, je n\u2019ai pas h\u00e9sit\u00e9. Il disait vouloir \u201ctester nos limites\u201d, voir si une ville aussi peupl\u00e9e pouvait convenir \u00e0 notre nature. Mais moi, je n\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019\u00e0 une chose : et si elle y \u00e9tait ? Je ne m\u2019attendais pas \u00e0 la voir. Pas vraiment. Ou du moins, je l&rsquo;esp\u00e9rais tellement fort que je n&rsquo;aurais pas cru que mon r\u00eave se r\u00e9alise. Je crois que je me punissais plus qu\u2019autre chose, en arpentant les trottoirs \u00e0 la recherche d\u2019un fant\u00f4me. Jusqu\u2019\u00e0 ce soir.<\/p>\n<p>Mais alors que je sortais de ma chambre, sans r\u00e9elle envie de participer au d\u00eener mondain qu\u2019Esm\u00e9e avait sugg\u00e9r\u00e9, je la vis : elle, mon Elizabeth. Ma Beth..<\/p>\n<p>Elle ne marchait pas, elle flottait. Une robe rouge, comme un cri dans la nuit. Elle semblait tout droit sortie de mes souvenirs. Belle \u00e0 en crever. Elle n\u2019avait pas chang\u00e9, ou si peu. Juste un peu plus grave, peut-\u00eatre. Plus adulte. Ses traits portaient la marque de la douleur. Je suis rest\u00e9 fig\u00e9. Mon esprit, pourtant vif depuis ma transformation, \u00e9tait soudain incapable de penser. Mes membres refusaient de bouger. Seule ma gorge se serra. Je crois que je n\u2019ai pas respir\u00e9. Par r\u00e9flexe, bien s\u00fbr. Plus rien en moi ne r\u00e9clamait l\u2019air. Mais elle, elle \u00e9tait l\u00e0. Elle respirait, tremblait, parlait. Elle \u00e9tait vivante.<\/p>\n<p>Et puis elle m\u2019a vu.<\/p>\n<p>Ses l\u00e8vres ont form\u00e9 mon nom dans un souffle. J\u2019ai cru m\u2019effondrer.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas r\u00e9fl\u00e9chi. Je l\u2019ai rattrap\u00e9e avant qu\u2019elle ne tombe. Mon corps \u00e9tait contre le sien. Sa chaleur me frappa comme un orage. Son parfum, si familier\u2026 Mon \u00e2me, si tant est qu\u2019il m\u2019en reste une, s\u2019est fendue.<\/p>\n<p>Elle parlait. Elle ne comprenait pas. Et comment aurait-elle pu ? Moi-m\u00eame je ne comprenais pas ce miracle. J\u2019aurais voulu la rassurer, lui dire que je n\u2019\u00e9tais pas un fant\u00f4me, ni une hallucination. Mais ma voix s\u2019\u00e9tait \u00e9teinte avec ma vie humaine.<\/p>\n<p>Ses mains tremblaient contre ma chemise. Je sentais les battements de son c\u0153ur comme une musique que j\u2019avais crue perdue \u00e0 jamais. Elle r\u00e9p\u00e9tait mon pr\u00e9nom. Et moi, j\u2019\u00e9tais l\u00e0, glac\u00e9, fig\u00e9, \u00e0 boire son visage du regard.<\/p>\n<p>\u201c\u2013 Comment\u2026 comment est-ce possible\u2026 tu\u2026 tu es mort\u2026\u201d<\/p>\n<p>Elle avait les larmes aux yeux. Moi aussi, en un sens. Si seulement je pouvais encore pleurer. Alors je murmurai enfin. Ma voix \u00e9tait rauque, \u00e9trangl\u00e9e :<\/p>\n<p>&#8212; Non, je n\u2019\u00e9tais pas mort. Mais j\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 l\u2019\u00eatre, que d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 loin de toi.<\/p>\n<p>Je ne savais pas quoi dire d\u2019autre. Comment lui expliquer ce que j\u2019\u00e9tais devenu ? Comment lui avouer que j\u2019\u00e9tais condamn\u00e9 \u00e0 ne plus vieillir, \u00e0 fuir le soleil, \u00e0 ignorer le go\u00fbt de sa peau, le rythme de ses jours ? J\u2019\u00e9tais un fant\u00f4me, oui. Mais pas celui de son imagination. J\u2019\u00e9tais un souvenir vivant, une trag\u00e9die en marche.<\/p>\n<p>Et pourtant\u2026 elle \u00e9tait l\u00e0.<\/p>\n<p>Je n\u2019avais pas le droit d\u2019\u00eatre heureux. Et malgr\u00e9 tout, en cet instant suspendu, je l\u2019\u00e9tais. Parce qu\u2019elle \u00e9tait dans mes bras. Parce que je sentais encore, malgr\u00e9 tout, qu\u2019elle m\u2019aimait.<\/p>\n<p>Mais j\u2019ai vu son collier. Ma bague. Elle ne m\u2019avait pas oubli\u00e9.<\/p>\n<p>Et alors\u2026 une terreur plus grande que la mort m\u2019envahit : qu\u2019allait-elle penser quand elle comprendrait ce que je suis devenu ?<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-798\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-11T11:48:42+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-798\">11 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p><strong><em>07 octobre 1923<\/em>, H\u00f4tel Saint-Regis, New York<\/strong><\/p>\n<p>Elle est l\u00e0. Assise sur le bord du lit. Si fragile, si belle, si bris\u00e9e. Et je suis le monstre dans la p\u00e9nombre. Le spectre qui l\u2019a abandonn\u00e9e pour mieux la prot\u00e9ger.<\/p>\n<p>Je sens chaque battement de son c\u0153ur comme un tambour assourdissant dans mes oreilles. C\u2019est une torture exquise que je m\u00e9rite. Et pourtant\u2026 je donnerais tout pour la prendre dans mes bras. Pour s\u00e9cher ses larmes. Lui dire que rien, jamais, n\u2019a alt\u00e9r\u00e9 l\u2019amour que je lui porte.<\/p>\n<p>Mais je ne suis plus l\u2019homme qu\u2019elle a connu. Je ne suis m\u00eame plus un homme.<\/p>\n<p>Elle parle, et ses mots sont des poignards. Elle souffre. Et je suis la source de sa souffrance. Je ne peux pas me d\u00e9fendre. Je ne veux pas. Je suis coupable. J\u2019ai disparu. Je l\u2019ai laiss\u00e9e sombrer dans un deuil cruel, seule, sans explication, sans lumi\u00e8re. Et maintenant je reviens, comme un fant\u00f4me, sans droit, sans l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n<p>Elle se tourne vers moi. Ses yeux pleins de larmes, mais aussi d\u2019espoir. Mon c\u0153ur mort se brise encore, si c\u2019est possible.<\/p>\n<p>Je prends une inspiration qui n\u2019a plus besoin d\u2019exister. Puis je parle, d\u2019une voix douce, mais grave. Chaque mot est une blessure.<\/p>\n<p>&#8212; Je ne suis pas parti parce que je ne t\u2019aimais plus, Beth. Jamais. C\u2019est justement parce que je t\u2019aimais\u2026 trop. <\/p>\n<p>Elle fronce l\u00e9g\u00e8rement les sourcils, ne comprend pas. Comment pourrait-elle ?<\/p>\n<p>Je baisse les yeux, incapable de soutenir son regard.<\/p>\n<p>&#8212; Je suis mort. Du moins\u2026 le jeune homme que tu as aim\u00e9 l\u2019est. Celui qui te faisait rire, qui voulait une maison blanche avec toi, qui r\u00eavait de dix enfants et d\u2019un jardin rempli de lilas\u2026 il est mort, Beth. Cette nuit-l\u00e0, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. <\/p>\n<p>Je serre les poings. Je sens la morsure de mes ongles contre ma peau, mais aucune douleur. Juste un froid int\u00e9rieur que rien n\u2019efface.<\/p>\n<p>&#8212; Carlisle\u2026 il m\u2019a sauv\u00e9. Mais ce qu\u2019il m\u2019a offert n\u2019est pas une seconde chance. C\u2019est une autre vie. Une vie\u2026 fig\u00e9e. Une existence que je n\u2019aurais jamais voulue. <\/p>\n<p>Je rel\u00e8ve les yeux vers elle. Elle tremble. Je sais qu\u2019elle a peur, sans comprendre pourquoi.<\/p>\n<p>&#8212; Ce que je suis devenu\u2026 je ne peux pas te l\u2019expliquer sans que tu me prennes pour un fou. Et pourtant, si tu savais \u00e0 quel point j\u2019ai voulu tout te dire, revenir, frapper \u00e0 ta porte\u2026 Mais chaque fois que j\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 toi, \u00e0 ton sourire, \u00e0 ta chaleur\u2026 je me suis rappel\u00e9 ce que je suis d\u00e9sormais. <\/p>\n<p>Je d\u00e9glutis. Mes mains tremblent l\u00e9g\u00e8rement.<\/p>\n<p>&#8212; Je suis dangereux, Beth. Parce que je t\u2019aime. Et que t\u2019aimer, aujourd\u2019hui, c\u2019est risquer de te faire du mal. <\/p>\n<p>Elle reste muette, fig\u00e9e. Ses yeux plong\u00e9s dans les miens. Je la sens lutter entre raison et \u00e9motion.<\/p>\n<p>&#8212;  Je t\u2019ai observ\u00e9e. Parfois, de loin. J\u2019ai vu ton chagrin. Tes absences. Tes larmes. J\u2019ai su ce que mon silence t\u2019avait co\u00fbt\u00e9. Mais si j\u2019\u00e9tais rest\u00e9\u2026 si j\u2019\u00e9tais revenu plus t\u00f4t\u2026 peut-\u00eatre que tu ne serais plus l\u00e0. <\/p>\n<p>Un silence. Puis ma voix baisse d\u2019un ton.<\/p>\n<p>&#8212; Je suis froid. Ma peau est de marbre. Mes yeux changent. Et si tu savais ce qu\u2019il y a en moi\u2026 ce que je dois contenir chaque jour, chaque nuit\u2026 <\/p>\n<p>Je me redresse, m\u2019\u00e9loigne l\u00e9g\u00e8rement, incapable de rester si proche d\u2019elle sans c\u00e9der \u00e0 l\u2019envie de la toucher.<\/p>\n<p>&#8212; Tu me crois peut-\u00eatre fou. Ou menteur. Mais la v\u00e9rit\u00e9\u2026 c\u2019est que je suis un \u00eatre maudit. Et t\u2019approcher \u00e0 nouveau, c\u2019est prendre le risque de te perdre pour de bon. <\/p>\n<p>Je marque une pause, les yeux embu\u00e9s par une \u00e9motion que je croyais avoir oubli\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-804\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-21T13:40:53+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-804\">21 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>07 octobre 1923 \u2013 New York, Saint-Regis<\/p>\n<p>Je suis un monstre.<\/p>\n<p>Je l\u2019ai vue tomber. J\u2019ai vu sa t\u00eate heurter le rebord du lit, entendu le bruit sourd de son corps fr\u00eale contre le sol\u2026 et je n\u2019ai rien pu faire. Non. Je n\u2019ai rien fait.<\/p>\n<p>Je suis parti.<\/p>\n<p>Fui.<\/p>\n<p>Comme une b\u00eate effray\u00e9e par sa propre nature.<\/p>\n<p>Ma gorge me br\u00fble. Pas de faim \u2014 ou pas seulement. C\u2019est la honte, la culpabilit\u00e9. Une plaie b\u00e9ante que rien ne peut refermer. Je revois ses yeux au moment o\u00f9 elle a pos\u00e9 les mains sur mon torse, ses larmes quand elle a compris\u2026 la douceur de son souffle lorsqu\u2019elle a pos\u00e9 ses l\u00e8vres sur les miennes, malgr\u00e9 la glace, malgr\u00e9 tout ce que je suis devenu. Elle ne m\u2019a pas repouss\u00e9. C\u2019est moi. Moi, qui l\u2019ai repouss\u00e9e.<\/p>\n<p>Je me d\u00e9teste.<\/p>\n<p>Carlisle m\u2019avait pr\u00e9venu. Il m\u2019avait mis en garde des centaines de fois : ne retourne pas vers elle. Tu n\u2019es plus celui qu\u2019elle aimait. Tu repr\u00e9sentes un danger que ni toi, ni elle, ne pouvez comprendre encore.<\/p>\n<p>Mais comment pourrais-je ne pas revenir vers celle qui est toute ma vie ? Mon \u00e9toile du nord. Mon souffle. Ma v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Quand elle a dit qu\u2019elle survivait sans moi, mon c\u0153ur mort s\u2019est serr\u00e9. Et lorsqu\u2019elle a murmur\u00e9 qu\u2019elle voulait encore de moi, qu\u2019elle sacrifierait tout pour notre amour\u2026 j\u2019ai senti le monstre gronder.<\/p>\n<p>Il n\u2019aime pas l\u2019id\u00e9e de la perdre \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p>Il hurle \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019elle soit \u00e0 un autre. Qu\u2019elle ait port\u00e9 l\u2019enfant d\u2019un autre. Mais c\u2019est mon amour \u00e0 moi qui souffre. Mon \u00e2me humaine, bris\u00e9e depuis cinq ans. Parce que je ne m\u00e9rite plus ses mots. Parce que je suis incapable de lui offrir un avenir sans la mettre en p\u00e9ril \u00e0 chaque instant.<\/p>\n<p>Je suis rest\u00e9 dehors, dans l\u2019ombre, incapable de m\u2019\u00e9loigner. Je l\u2019ai vue \u00eatre prise en charge. J\u2019ai couru dans les ruelles pour \u00e9chapper \u00e0 Dereck, \u00e0 Carlisle, au monde. Mais mon instinct m\u2019a ramen\u00e9 \u00e0 elle.<\/p>\n<p>Alors j\u2019attends. Cach\u00e9 dans la p\u00e9nombre du b\u00e2timent en face de l\u2019h\u00f4pital. Je veille.<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re de sa chambre est allum\u00e9e. Je vois la silhouette de Dereck sur le fauteuil. Je n\u2019ai pas le droit d\u2019entrer. Mais je suis l\u00e0. Je suis l\u00e0 comme je ne l\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 pendant toutes ces ann\u00e9es. Trop tard. Trop tard pour r\u00e9parer. Mais pas trop tard pour aimer.<\/p>\n<p>Je l\u2019aime.<\/p>\n<p>Et je comprends maintenant que rien ne pourra l\u2019effacer. M\u00eame si je devais dispara\u00eetre \u00e0 jamais, son nom serait la derni\u00e8re chose \u00e0 hanter ma m\u00e9moire \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>Je ne peux pas dormir. Je ne peux plus fuir.<\/p>\n<p>Je m\u2019approche.<\/p>\n<p>Je monte discr\u00e8tement par l\u2019ext\u00e9rieur du b\u00e2timent. Une fen\u00eatre entrouverte, \u00e0 peine, suffit pour que je me glisse dans la pi\u00e8ce sans bruit. Je suis l\u2019ombre dans le coin de sa chambre. Je m\u2019assois dans le noir, hors de leur champ de vision, et je la regarde. Son visage endormi, une ecchymose l\u00e9g\u00e8re sur sa tempe. M\u00eame ainsi, elle est sublime. Si fragile. Et c\u2019est moi qui lui ai fait \u00e7a.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai jamais connu pire douleur que celle de l\u2019avoir bless\u00e9e.<\/p>\n<p>Je murmure, presque inaudible, pour que seul le silence m\u2019entende :<\/p>\n<p>\u00ab Je t\u2019aime, Beth. Et je t\u2019aimerai jusqu\u2019au dernier souffle de ce monde. Je ne suis plus un homme. Mais mon c\u0153ur, m\u00eame s\u2019il ne bat plus\u2026 il est \u00e0 toi. Il t\u2019appartient pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Je d\u00e9pose une lettre pli\u00e9e sur la table de chevet. Une lettre que j\u2019avais \u00e9crite mille fois dans mon esprit, sans jamais oser la poser sur papier. Ce sont mes mots. Ma v\u00e9rit\u00e9. Mon adieu, peut-\u00eatre\u2026 ou ma promesse.<\/p>\n<p>Puis, sans bruit, je repars. Comme je suis venu.<\/p>\n<p>Mais cette fois, je ne fuis pas par l\u00e2chet\u00e9. Je pars pour la prot\u00e9ger. Parce que je sais que la garder aupr\u00e8s de moi, c\u2019est prendre le risque de la perdre pour de bon.<\/p>\n<p>Et si elle me lit\u2026<\/p>\n<p>Alors peut-\u00eatre saura-t-elle, un jour, que je ne l\u2019ai jamais abandonn\u00e9e. Je l\u2019ai aim\u00e9e assez fort pour m\u2019effacer. Et je continuerai de veiller. Dans l\u2019ombre. Jusqu\u2019\u00e0 mon dernier cr\u00e9puscule.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-810\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-21T16:58:22+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-810\">21 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Journal de James Cullen<\/p>\n<p>8 octobre 1923 \u2013 New York<\/p>\n<p>Je suis un l\u00e2che.<br \/>\nJe l\u2019ai abandonn\u00e9e. Et maintenant, je l\u2019imagine en train de lire cette lettre que j\u2019ai griffonn\u00e9e comme un condamn\u00e9. Je crois avoir voulu la prot\u00e9ger, oui\u2026 Mais de quoi, exactement ?<br \/>\nDe moi.<br \/>\nDe ce que je suis devenu.<br \/>\nD\u2019un monde qui la consumerait comme il m\u2019a consum\u00e9.<\/p>\n<p>Je r\u00f4de autour de son h\u00f4tel, trop loin pour qu\u2019elle me sente, assez proche pour entendre son c\u0153ur battre. Il est douloureux, ce rythme. Il est bless\u00e9. Comme si, \u00e0 chacun de ses battements, mon nom s\u2019\u00e9crasait contre ses os.<br \/>\nElle croit que je ne l\u2019aime plus. Elle croit que je l\u2019abandonne consciemment.<br \/>\nEt c\u2019est vrai.<br \/>\nJe le fais. Parce que si je restais\u2026<br \/>\nJe la tuerais.<\/p>\n<p>\u2e3b<\/p>\n<p>10 octobre 1923 \u2013 Chicago<\/p>\n<p>Je n\u2019aurais pas d\u00fb revenir ici.<br \/>\nMais je ne peux pas partir. Mon c\u0153ur reste \u00e0 la fen\u00eatre de sa chambre. Je sais qu\u2019elle est rentr\u00e9e. Je l\u2019ai vue, port\u00e9e presque, par Dereck. Elle n\u2019a pas lev\u00e9 les yeux. Elle a ce regard vide qui me donne envie d\u2019arracher ma propre gorge.<\/p>\n<p>Je suis perch\u00e9 dans les arbres, comme un fant\u00f4me. La lumi\u00e8re de sa chambre filtre \u00e0 peine \u00e0 travers les rideaux. Elle ne voit plus son fils. Elle ne parle pas. Je sens sa douleur et\u2026 je sens une autre pr\u00e9sence.<br \/>\nQuelqu\u2019un d\u2019autre l\u2019observe.<br \/>\nQuelqu\u2019un d\u2019ancien.<br \/>\nJe n\u2019arrive pas \u00e0 lire ses pens\u00e9es. C\u2019est comme si un voile \u00e9pais se dressait devant moi d\u00e8s que je m\u2019approche mentalement. C\u2019est terrifiant. Ce n\u2019est pas un Volturi \u2014 ou peut-\u00eatre que si. Je sens une puissance \u00e9quivalente, mais\u2026 diff\u00e9rente. Plus discr\u00e8te. Plus noire.<\/p>\n<p>Je ne dors plus. Je ne chasse plus. Je n\u2019existe plus que dans la contemplation d\u2019un d\u00e9sastre que j\u2019ai moi-m\u00eame enclench\u00e9.<\/p>\n<p>\u2e3b<\/p>\n<p>14 octobre 1923 \u2013 Chicago<\/p>\n<p>Elle a disparu.<br \/>\nJe suis entr\u00e9 dans la maison Phillips aujourd\u2019hui. Tout le monde dort. Dereck n\u2019est pas l\u00e0. Les domestiques parlent d\u2019un transfert. D\u2019un m\u00e9decin. D\u2019un h\u00f4pital.<br \/>\nJ\u2019ai bris\u00e9 une porte, d\u00e9chir\u00e9 des rideaux. J\u2019ai cri\u00e9 son nom dans l\u2019obscurit\u00e9.<br \/>\nPas de r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Quelqu\u2019un m\u2019a devanc\u00e9. Quelqu\u2019un l\u2019a emmen\u00e9e.<\/p>\n<p>Je remonte les pistes, j\u2019interroge l\u2019air, le vent, les souvenirs.<br \/>\nUn nom revient, ancien comme la pierre : Livio.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai jamais entendu ce pr\u00e9nom. Mais je sais une chose : il a effac\u00e9 ses traces. Et il l\u2019a prise.<\/p>\n<p>\u2e3b<\/p>\n<p>15 octobre 1923 \u2013 p\u00e9riph\u00e9rie de Chicago<\/p>\n<p>Je suis \u00e0 bout.<br \/>\nCarlisle m\u2019a dit de ne pas c\u00e9der \u00e0 la panique. Qu\u2019elle pourrait simplement avoir \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e dans une institution temporairement, que Dereck avait l\u2019autorit\u00e9 l\u00e9gale.<br \/>\nMais quelque chose ne va pas.<br \/>\nJe suis pass\u00e9 devant l\u2019h\u00f4pital psychiatrique ce soir. J\u2019ai entendu des hurlements. Des pens\u00e9es fragment\u00e9es. Beaucoup de douleur.<br \/>\nEt parmi elles\u2026<br \/>\nUne voix.<br \/>\nSa voix.<br \/>\nUn cri.<\/p>\n<p>Je me suis pr\u00e9cipit\u00e9 vers l\u2019entr\u00e9e, mais il y avait une barri\u00e8re mentale. Une force \u00e9trange, imperceptible, m\u2019a repouss\u00e9. Comme un mur psychique.<br \/>\nJe ne suis pas seul.<br \/>\nIl est l\u00e0, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>\u2e3b<\/p>\n<p>16 octobre 1923 \u2013 Chicago, \u00e0 l\u2019aube<\/p>\n<p>Le ciel est rouge.<br \/>\nJe vois la fum\u00e9e depuis les toits.<\/p>\n<p>L\u2019h\u00f4pital br\u00fble.<\/p>\n<p>Je me suis approch\u00e9 \u00e0 toute vitesse, mais les pompiers et les foules m\u2019ont emp\u00each\u00e9 de franchir les lignes.<br \/>\nIl y a des morts. Beaucoup.<br \/>\nOn dit que presque tous les patients ont p\u00e9ri.<\/p>\n<p>Je cherche son nom. Je cherche une trace. Mais tout a \u00e9t\u00e9 consum\u00e9.<br \/>\nJe ne la sens plus.<br \/>\nJe n\u2019entends plus son c\u0153ur.<br \/>\nJe ne ressens plus rien.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre est-ce cela, l\u2019enfer.<\/p>\n<p>\u2e3b<\/p>\n<p>25 octobre 1923 \u2013 fronti\u00e8re canadienne<\/p>\n<p>Je suis un mort en sursis.<\/p>\n<p>Depuis le feu, je parcours le nord, je cherche des pistes. Un battement de c\u0153ur familier. Une odeur que je reconna\u00eetrais entre mille.<br \/>\nMais tout est silence.<\/p>\n<p>Sauf une chose.<\/p>\n<p>Un lieu isol\u00e9.<br \/>\nProt\u00e9g\u00e9.<br \/>\nQuelque part dans les for\u00eats de l\u2019Ontario, une pr\u00e9sence m\u2019emp\u00eache d\u2019avancer. Chaque fois que j\u2019approche, c\u2019est comme si mon propre don s\u2019effondrait.<br \/>\nQuelqu\u2019un a dress\u00e9 un rempart contre moi.<\/p>\n<p>Je crois qu\u2019elle est l\u00e0.<br \/>\nJe le sens.<br \/>\nMais elle ne m\u2019entend plus.<br \/>\nElle ne m\u2019appelle plus.<br \/>\nElle ne m\u2019aime peut-\u00eatre plus.<\/p>\n<p>Et moi\u2026<br \/>\nJe l\u2019aime encore plus fort que le jour de ma transformation.<br \/>\nEt je la perds.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-816\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-22T09:48:58+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-816\">22 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>27 octobre 1923 \u2013 For\u00eat de Beardmore, Ontario<br \/>\nJournal de James Cullen<\/p>\n<p>Je l\u2019ai senti.<br \/>\nUne trace. Un murmure. Un parfum effac\u00e9 par la neige mais que rien au monde ne pourrait me faire oublier. Elle est ici. Beth est ici. Je le jure sur ce qu\u2019il me reste d\u2019\u00e2me.<br \/>\nEt je suis si proche.<br \/>\nAssez proche pour que ma gorge br\u00fble de manque. Pour que mon don se torde dans ma t\u00eate, incapable de percer ce voile \u00e9trange qui me coupe de son esprit. C\u2019est comme si une barri\u00e8re invisible me rejetait \u00e0 chaque pas. Comme si l\u2019univers lui-m\u00eame me criait de reculer. Carlisle et Esmee voulaient m\u2019accompagner mais je leur ai interdit. C\u2019est mon combat. Ma femme. Je dois la retrouver. <\/p>\n<p>Quelques jours plus tard dans les bois \u2014 <\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas entendu ses pas. Pas senti son odeur. Un instant, je suis seul au milieu des pins. L\u2019instant d\u2019apr\u00e8s, je suis plaqu\u00e9 au sol. Mon dos cogne la roche. Mon souffle \u2013 ce qu\u2019il en reste \u2013 se coupe net. Ses yeux sont aussi noirs que les abysses. Sa voix, glac\u00e9e et br\u00fblante \u00e0 la fois. Livio.<\/p>\n<p>\u2014 Elle ne veut plus de toi. Tu l\u2019as tu\u00e9e, James. Moi, je l\u2019ai sauv\u00e9e. <\/p>\n<p>Ses mots glissent dans mon esprit comme des lames. Je tente de me relever, mais il me retient d\u2019un seul bras, comme si je n\u2019\u00e9tais qu\u2019un pantin d\u00e9sarticul\u00e9.<br \/>\nJe serre les dents. Mon regard ne flanche pas.<\/p>\n<p>\u2014 O\u00f9 est-elle ?! O\u00f9 est Beth ?! <\/p>\n<p>Il sourit. Un rictus tranquille. Cruel. Triomphant.<\/p>\n<p>\u2014 Elle est \u00e0 moi maintenant. Elle m\u2019appartient. <\/p>\n<p>Ces mots. Il aurait pu me trancher la gorge, ce serait moins douloureux. Il l\u2019a prise. Il l\u2019a chang\u00e9e. Il a mis ses crocs sur la seule chose que j\u2019ai aim\u00e9e en plus d\u2019un si\u00e8cle d\u2019existence.<\/p>\n<p>Je hurle. Ma rage m\u2019\u00e9chappe. Elle se lib\u00e8re comme une temp\u00eate. Je n\u2019ai jamais ressenti \u00e7a. Ma vision se brouille d\u2019un rouge profond. Mon corps tremble, ma gorge hurle de douleur, mais pas celle de la soif : celle de la perte. Celle de la haine.<\/p>\n<p>\u2014 Tu ne la connais pas. Tu ne la m\u00e9rites pas. Tu l\u2019as transform\u00e9e contre son gr\u00e9 ! Tu l\u2019as manipul\u00e9e, tu l\u2019as prise alors qu\u2019elle \u00e9tait bris\u00e9e ! <\/p>\n<p>Il recule d\u2019un pas. Pas de peur \u2014 de surprise. Comme s\u2019il ne m\u2019avait jamais imagin\u00e9 capable de cela.<\/p>\n<p>J\u2019explose.<\/p>\n<p>Le sol tremble. Les arbres g\u00e9missent. Ma voix s\u2019\u00e9l\u00e8ve dans un cri si guttural qu\u2019il ne semble m\u00eame plus humain. Des \u00e9clats de roche jaillissent. Mon pouvoir, jusqu\u2019ici contenu, s\u2019arrache \u00e0 moi.<br \/>\nJe ne lis plus les pens\u00e9es.<br \/>\nJe les br\u00fble.<\/p>\n<p>Livio chancelle. Ses mains se crispent. Une goutte de sang perle de sa tempe, premi\u00e8re faille visible dans sa perfection glac\u00e9e.<\/p>\n<p>\u2014 Tu\u2026 <\/p>\n<p>Il me fixe, son expression a chang\u00e9. De l\u2019arrogance, on est pass\u00e9 \u00e0 une forme d\u2019\u00e9tonnement presque sinc\u00e8re.<\/p>\n<p>\u2014 Je t\u2019ai sous-estim\u00e9. <\/p>\n<p>Je grogne, accroupi, pr\u00eat \u00e0 bondir.<\/p>\n<p>\u2014 O\u00f9 est-elle. Tu vas me la rendre.<br \/>\n\u2014 Non. <\/p>\n<p>Un silence terrible s\u2019installe. M\u00eame le vent s\u2019arr\u00eate.<\/p>\n<p>\u2014 Elle t\u2019a d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9, James. M\u00eame si tu la retrouvais, elle ne serait plus celle que tu as connue. Elle a soif. Elle a vu ce que tu lui as refus\u00e9. Tu l\u2019as abandonn\u00e9e. Moi, je l\u2019ai \u00e9lev\u00e9e. Je lui offre un destin plus grand que ce que tu aurais pu imaginer. <\/p>\n<p>Je fr\u00e9mis.<\/p>\n<p>\u2014 Tu crois qu\u2019elle est \u00e0 toi parce que tu l\u2019as chang\u00e9e ? Tu ne fais que r\u00e9p\u00e9ter les erreurs de ceux que tu pr\u00e9tends ha\u00efr.<br \/>\n\u2014 Tu ne comprends pas, souffle-t-il, Elle est bien plus que ce que toi ou m\u00eame moi imaginons. Tu n\u2019as jamais vu son vrai pouvoir. Mais moi, si. Je l\u2019ai r\u00e9veill\u00e9e. <\/p>\n<p>Je me rel\u00e8ve lentement.<br \/>\nMa haine me consume, mais mon c\u0153ur \u2014 s\u2019il pouvait battre \u2014 battrait encore pour elle.<\/p>\n<p>\u2014 Je la retrouverai. Et je la lib\u00e9rerai de toi. <\/p>\n<p>Il me regarde une derni\u00e8re fois. Une ombre passe dans ses yeux. Un m\u00e9lange \u00e9trange de respect, de peur\u2026 et de certitude.<\/p>\n<p>\u2014 Tu peux essayer, Cullen. Mais souviens-toi : si tu t\u2019approches trop, c\u2019est elle que tu d\u00e9truiras. <\/p>\n<p>Puis il dispara\u00eet.<\/p>\n<p>Et je reste l\u00e0, \u00e0 genoux dans la neige, seul avec cette douleur vive, nue, inhumaine.<br \/>\nIl l\u2019a prise. Il l\u2019a chang\u00e9e.<br \/>\nMais je jure sur le sang que je bois :<br \/>\nJe te retrouverai, Elizabeth.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-822\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-22T13:42:44+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-822\">22 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>La neige crissait sous ses pas, mais James ne l\u2019entendait pas. Pas vraiment. Tout ce qu\u2019il percevait, c\u2019\u00e9tait elle.<\/p>\n<p>Beth.<br \/>\nVivante. Enfin.<br \/>\nEt si diff\u00e9rente.<\/p>\n<p>Elle avan\u00e7ait dans le manteau blanc comme un mirage, toute droite, toute calme. Trop calme. Son regard\u2026 ce n\u2019\u00e9tait pas le regard de la jeune femme qu\u2019il avait laiss\u00e9e des ann\u00e9es plus t\u00f4t, ni m\u00eame celle qu\u2019il avait aim\u00e9 dans le tumulte. C\u2019\u00e9tait un regard sculpt\u00e9 dans le marbre et le feu. Un regard rouge. Un regard qui br\u00fblait.<\/p>\n<p>Il se redressa lentement, la neige encore accroch\u00e9e \u00e0 ses genoux. Son c\u0153ur \u2014 ce qu\u2019il en restait \u2014 \u00e9clata dans sa poitrine quand il la vit approcher.<\/p>\n<p>\u2014 Beth\u2026<\/p>\n<p>Mais son pr\u00e9nom mourut sur ses l\u00e8vres quand elle parla.<\/p>\n<p>\u2014 \u00ab Tu dois t\u2019en aller James. Livio a raison\u2026 Je ne veux plus de toi dans ma vie. Tu m\u2019as bris\u00e9e. Tu m\u2019as tu\u00e9 bien avant qu\u2019il ne me transforme. \u00bb<\/p>\n<p>Chaque mot \u00e9tait une lame. Il chancela, comme si l\u2019air m\u00eame l\u2019\u00e9crasait.<\/p>\n<p>\u2014 Non\u2026 non, tu ne penses pas \u00e7a. Tu\u2026 tu ne peux pas. Je sais que c\u2019est lui. Il t\u2019a forc\u00e9e. Je le vois dans tes yeux. Tu ne serais pas l\u00e0 si tu avais eu le choix. Je te connais.<\/p>\n<p>Il voulut s\u2019approcher, mais elle recula. Sa main se leva comme un rempart. Un geste si simple. Si tranchant.<\/p>\n<p>\u2014  Beth, s\u2019il te pla\u00eet\u2026 \u00e9coute-moi.<br \/>\n\u2014 \u00ab Tu avais le choix apr\u00e8s la grippe espagnole\u2026 Tu aurais pu ne pas \u00e9couter ce Carlisle et venir me retrouver. Tu m\u2019as abandonn\u00e9e, tu m\u2019as livr\u00e9e \u00e0 une vie qui m\u2019a d\u00e9truite. \u00bb<\/p>\n<p>James secoua la t\u00eate, sa voix s\u2019\u00e9tranglant dans sa gorge.<\/p>\n<p>\u2014 Je voulais\u2026 Je croyais que je te prot\u00e9geais. Que je t\u2019\u00e9pargnais cette mal\u00e9diction. Tu ne sais pas ce que c\u2019est, Beth. Le feu dans la gorge. La soif. Les pulsions. Je ne voulais pas que tu sois condamn\u00e9e \u00e0 \u00e7a\u2026 \u00e0 cette \u00e9ternit\u00e9 de douleur. Au fait de ne pas avoir d\u2019enfant, de vieillir et de tuer des gens. <\/p>\n<p>Il posa une main sur son c\u0153ur, les yeux brillants.<\/p>\n<p>\u2014 Je t\u2019ai toujours aim\u00e9 et je t\u2019aime toujours. J\u2019ai v\u00e9cu chaque jour de cette vie vide en regrettant de t\u2019avoir laiss\u00e9e. J\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 v\u00e9ritablement mourir que d\u2019\u00eatre devenu cette cr\u00e9ature.<\/p>\n<p>Mais elle n\u2019ecoute rien. Elle r\u00e9cite les mots qu\u2019elle appris et le don de James est visiblement bloqu\u00e9 par un bouclier. Il ne sait rien des pens\u00e9es de Beth. <\/p>\n<p>\u2014 \u00ab Livio m\u2019a offert une seconde vie. Il ne m\u2019abandonnera pas, lui. Il me prot\u00e9gera. \u00bb<\/p>\n<p>James ferma les yeux un instant, inspirant une bouff\u00e9e d\u2019air glac\u00e9. Son poing se serra.<\/p>\n<p>\u2014 Livio t\u2019a vol\u00e9e. Il s\u2019est empar\u00e9 de toi dans ta souffrance, dans ta solitude. Il a profit\u00e9 de ton chagrin, Beth. Il ne t\u2019aime pas. Il te poss\u00e8de. <\/p>\n<p>Il fit un pas en avant, presque suppliant.<\/p>\n<p>\u2014 Tu crois qu\u2019il t\u2019offre une vie, mais il t\u2019arrache \u00e0 la tienne. Il t\u2019\u00e9loigne de ceux que tu aimes. Il t\u2019enferme. Il te transforme en arme pour ses desseins. On peut tr\u00e8s bien vivre sans toute cette haine et violence. Crois-moi.. les Cullen m\u2019ont prouve que c\u2019est possible. <\/p>\n<p>Elle ne r\u00e9pondit pas. Elle le regardait toujours avec ce masque glac\u00e9.<\/p>\n<p>Alors James s\u2019agenouilla.<\/p>\n<p>Lui, le vampire. Lui, le monstre.<\/p>\n<p>\u2014 Tu es mon \u00e2me s\u0153ur. Tu l\u2019as toujours \u00e9t\u00e9. Tu \u00e9tais mon monde. Je me suis menti pour te laisser partir, mais je ne peux plus. Je suis venu pour toi, Beth. Pas pour me battre. Pas pour te forcer. Juste\u2026 pour que tu saches. <\/p>\n<p>Sa voix se brisa.<\/p>\n<p>\u2014 Beth.. mon amour.. Je t\u2019aime. Et je t\u2019aimerai m\u00eame si tu choisis de ne jamais me revoir. Mais si\u2026 si une part de toi est encore l\u00e0, si tu ressens encore quelque chose \u2014 m\u00eame un souffle \u2014 alors fuyons. Partons. Je t\u2019apprendrai \u00e0 vivre comme moi. Je serai patient. Je serai l\u00e0. Chaque jour. <\/p>\n<p>Il tendit la main vers elle. Une main tremblante. Mais elle ne bougea pas.<\/p>\n<p>\u2014 \u00ab Je ne veux plus que tu m\u2019approches ou que tu reviennes dans ma vie\u2026 Tout est termin\u00e9, comme tu l\u2019avais \u00e9crit dans ta lettre. \u00bb<\/p>\n<p>Ces mots le percut\u00e8rent comme une balle en plein c\u0153ur.<\/p>\n<p>\u2014 \u00ab Je t\u2019ai aim\u00e9 de toute mon \u00e2me\u2026 mais \u00e0 partir d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est termin\u00e9. Tu ne seras plus qu\u2019un douloureux souvenir. \u00bb<\/p>\n<p>James n\u2019arrivait plus \u00e0 respirer, m\u00eame s\u2019il n\u2019en avait plus besoin. Ses \u00e9paules s\u2019effondr\u00e8rent. Ses yeux, rouges de soif et d\u2019\u00e9motion, se remplirent d\u2019une lueur \u00e9teinte.<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait l\u00e0. \u00c0 quelques m\u00e8tres. Et pourtant, elle n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 aussi loin. Elle mit une derni\u00e8re distance entre eux, sa main lev\u00e9e. Ultime barri\u00e8re.<\/p>\n<p>\u2014 \u00ab Pars\u2026 Et ne reviens plus jamais. \u00bb<\/p>\n<p>Il ne dit rien. Il ne cria pas. Il ne supplia pas. Il baissa simplement les yeux. Comme un condamn\u00e9 acceptant son sort. Puis, sans un mot, il recula. Un pas. Deux. Jusqu\u2019\u00e0 dispara\u00eetre dans la for\u00eat.<\/p>\n<p>Mais dans son silence, dans la neige rougeoyante, une promesse demeurait qu\u2019il lui rappela :<\/p>\n<p>\u2014 Tu ne peux pas me demander \u00e7a.. tu le sais, tu le sens on ne quitte pas une \u00e2me s\u0153ur. On s\u2019est toujours jur\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u00e0. Tu te souviens de nos fian\u00e7ailles ? On s\u2019est jur\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u00e0 \u00e9ternellement. Alors je ne l\u00e2cherais pas. Je reviendrais Beth.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-828\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-22T18:12:12+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-828\">22 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Forks, Mars 2006<\/p>\n<p>Les jours \u00e0 Forks sont gris, lents, brumeux. Et pourtant, c\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai trouv\u00e9 un semblant de paix. Une illusion fragile. Bella.<\/p>\n<p>Elle me rappelle Beth parfois. Dans ses maladresses, sa douceur, ses col\u00e8res rentr\u00e9es. Et \u00e7a me tue. Parce qu\u2019elle n\u2019est pas elle. Elle ne le sera jamais.<\/p>\n<p>Je passe mes journ\u00e9es \u00e0 surveiller, \u00e0 composer. \u00c0 mordre mes propres instincts. J\u2019ai promis \u00e0 Carlisle d\u2019essayer, \u00e0 Esm\u00e9 d\u2019y croire, \u00e0 Bella de rester. Et pourtant, chaque fois que je ferme les yeux, c\u2019est Beth que je revois.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re fois que je l\u2019ai vue, c\u2019\u00e9tait dans cette for\u00eat glaciale du Canada. Elle m\u2019avait dit de partir. De l\u2019oublier. Elle m\u2019avait appel\u00e9 un fardeau. Mais ses yeux\u2026 ses yeux disaient tout le contraire. J\u2019\u00e9tais parti. Parce qu\u2019elle me l\u2019avait demand\u00e9. Parce que rester, c\u2019\u00e9tait signer notre arr\u00eat de mort \u00e0 tous les deux. Parce que je croyais que le temps finirait par l\u2019effacer.<\/p>\n<p>Je suis un imb\u00e9cile.<\/p>\n<p>Bella est en danger maintenant. Victoria r\u00f4de, folle de rage depuis la mort de l\u2019autre James. Et avec elle, il y a Laurent. L\u2019un de ces vampires mondains, trop lisses pour \u00eatre honn\u00eates.<\/p>\n<p>Il est revenu \u00e0 Forks il y a deux jours. Il a eu l\u2019audace de venir jusqu\u2019\u00e0 moi, en pr\u00e9tendant vouloir \u00ab discuter \u00bb. J\u2019ai accept\u00e9. Par pr\u00e9caution. Mais aussi par lassitude.<\/p>\n<p>On s\u2019est retrouv\u00e9s pr\u00e8s de la fronti\u00e8re des Quileutes, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019air est plus dense, plus \u00e9lectrique. Il m\u2019a souri comme on sourit \u00e0 un fr\u00e8re perdu. Trop amical. Trop calme. J\u2019\u00e9tais accompagn\u00e9 de mes deux fr\u00e8res, Emmett et Jasper. <\/p>\n<p>\u2014 Toujours aussi noble, James. Tu vis parmi les humains maintenant ? <\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas r\u00e9pondu. Laurent a soupir\u00e9, puis s\u2019est pench\u00e9 contre un tronc, l\u2019air de rien.<\/p>\n<p>\u2014 Victoria veut tuer la fille. Elle pense que \u00e7a \u00e9quilibrera les choses. Tu sais ce que c\u2019est, la vengeance. <\/p>\n<p>Je me suis tendu, pr\u00eat \u00e0 bondir, mais Il a lev\u00e9 les mains comme pour signaler qu\u2019il vient en paix. <\/p>\n<p>\u2014 Je ne suis pas l\u00e0 pour \u00e7a. Je ne suis plus de son c\u00f4t\u00e9. <\/p>\n<p>Il y a eu un silence, puis il a dit :<\/p>\n<p>\u2014 En parlant de c\u00f4t\u00e9\u2026 Tu sais que Livio est de retour en Am\u00e9rique ? <\/p>\n<p>Un frisson glac\u00e9 m\u2019a travers\u00e9 l\u2019\u00e9chine.<\/p>\n<p>\u2014 Livio ?<br \/>\n\u2014 Oui, \u00e0 Rio. Avant le Mexique. Et bien avant, quelque part en Australie. Il n\u2019est pas seul. Il a constitu\u00e9 un clan \u00e0 sa mani\u00e8re. Tu sais comment il est. Il ne prend que les meilleurs\u2026 <\/p>\n<p>Il regarda droit dans les yeux Jasper qui avait lui aussi \u00e9t\u00e9 embarqu\u00e9 au d\u00e9but dans le groupe de ce Livio.<\/p>\n<p>\u2014 Et elle est avec lui, continua Laurent en reposant ses iris flamboyant sur moi.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai rien dit. Mon corps entier s\u2019est fig\u00e9. Je ne respirais plus. Quant \u00e0 lui, il a souri doucement.<\/p>\n<p>\u2014 Tu la croyais disparue ? Moi aussi. Mais il para\u00eet qu\u2019elle est devenue redoutable. Incendiaire, m\u00eame. Les humains br\u00fblent sur son passage. <\/p>\n<p>Je me suis avanc\u00e9 d\u2019un pas, la gorge nou\u00e9e.<\/p>\n<p>\u2014 Tu mens.<br \/>\n\u2014 Non. Tu le sais bien puisque tu lis dans mes pens\u00e9es. Elle est magnifique, dit-on. Froide. Lointaine. Certains disent qu\u2019elle ne fait qu\u2019aimer Livio, qu\u2019elle le suit comme une ombre. D\u2019autres disent qu\u2019elle lui est fid\u00e8le\u2026 jusqu\u2019au sang. <\/p>\n<p>Je voulais hurler. Beth. Elle \u00e9tait toujours l\u00e0. Elle \u00e9tait encore l\u00e0. Mais ce n\u2019\u00e9tait plus elle. Pas compl\u00e8tement.<\/p>\n<p>\u2014 Pourquoi tu me dis \u00e7a ? ai-je demand\u00e9.<br \/>\n\u2014 Parce que je me demande ce que tu vas faire maintenant. Car Victoria est partie au Br\u00e9sil pour demander l\u2019aide de Livio. Pour vaincre ta famille. <\/p>\n<p>Mais son discours du s\u2019achever car au loin apparu les Quileutes, sorte de loup-garou qui attaque les vampires et prot\u00e8ge les humains. Aussit\u00f4t, Laurent nous tourna le dos et s\u2019est volatilis\u00e9 dans les bois.<\/p>\n<p>Avec les gar\u00e7ons nous cour\u00fbmes aussi vite que possible pour rentrer chez nous mais je les sema rapidement. J\u2019avais besoin de solitude. <\/p>\n<p>Le silence autour de moi semblait peser des tonnes. Beth. Mon Elizabeth..  Je l\u2019avais laiss\u00e9e. Elle m\u2019avait repouss\u00e9. Mais elle \u00e9tait en vie. Transform\u00e9e. Prisonni\u00e8re. Peut-\u00eatre. Peut-\u00eatre pas. Mais elle \u00e9tait l\u00e0.<\/p>\n<p>Et tout ce que je m\u2019\u00e9tais impos\u00e9 de devenir s\u2019est fissur\u00e9 en moi.<\/p>\n<p>Je ne suis pas rentr\u00e9 chez moi cette nuit-l\u00e0, dans la maison blanche des Cullen,  j\u2019ai regard\u00e9 Bella dormir. Elle avait le souffle paisible, les bras repli\u00e9s contre sa poitrine. Fragile. Vivante.<\/p>\n<p>Je l\u2019aime.<\/p>\n<p>Mais pas comme je l\u2019aimais elle. Et maintenant, je sais que je vais devoir choisir. Revenir vers Beth, vers le pass\u00e9, vers cette douleur inachev\u00e9e. Ou rester, et tout perdre une seconde fois. J\u2019ai toujours cru que j\u2019\u00e9tais fort. Mais ce soir, je suis de nouveau un jeune homme de vingt ans avec une bague dans la poche, une lettre d\u2019adieu et un amour impossible entre les mains.<\/p>\n<p>Et cette fois\u2026 je ne suis pas s\u00fbr de pouvoir fuir.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-834\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-23T11:14:59+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-834\">23 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Rio de Janeiro, 2 avril 2006<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas regard\u00e9 en arri\u00e8re.<\/p>\n<p>Le jour o\u00f9 j\u2019ai quitt\u00e9 Bella, je savais que je ne reviendrais pas. J\u2019avais essay\u00e9. Vraiment. J\u2019avais tent\u00e9 de r\u00e9\u00e9crire l\u2019histoire, de r\u00e9parer ce qui, en moi, ne pouvait pas l\u2019\u00eatre. Mais apr\u00e8s ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 son anniversaire \u2014 le sang, Jasper, la peur dans ses yeux \u2014 j\u2019ai compris. Je ne pouvais pas lui offrir autre chose que le danger. Le mensonge.<\/p>\n<p>J\u2019avais perdu Beth une premi\u00e8re fois. Je ne pouvais pas perdre Bella de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n<p>Alors j\u2019ai fui.<\/p>\n<p>Mais ce n\u2019\u00e9tait pas une fuite vide. Victoria traquait Bella, d\u00e9mente de douleur, de rage. Et o\u00f9 il y avait Victoria\u2026 il y avait Laurent. Et parfois, des indices sur ce que le monde voulait me cacher depuis trop longtemps.<\/p>\n<p>Je suis venu au Br\u00e9sil en traquant Victoria. Mais c\u2019est elle que j\u2019ai trouv\u00e9e.<\/p>\n<p>Je l\u2019ai suivie sans m\u00eame le savoir. Une silhouette blonde dans les ruelles moites de Rio. Une odeur impossible \u00e0 oublier. Son parfum avait chang\u00e9, mais il y avait ce fond, cette note famili\u00e8re, presque tragique, que seule elle poss\u00e9dait. Et sa d\u00e9marche\u2026 plus f\u00e9line, plus souveraine, mais c\u2019\u00e9tait elle. Mon c\u0153ur, ou ce qu\u2019il en restait, s\u2019est arr\u00eat\u00e9.<\/p>\n<p>Je l\u2019ai vue au bar. Belle \u00e0 en crever. Elle n\u2019\u00e9tait plus humaine. Elle rayonnait d\u2019une beaut\u00e9 surnaturelle, dangereuse, comme si le feu qu\u2019elle avait en elle d\u00e9bordait de ses yeux. Des hommes la regardaient comme un mirage. Elle les aurait tous tu\u00e9s sans m\u00eame s\u2019en apercevoir.<\/p>\n<p>Elle est sortie du bar avec l\u2019un d\u2019eux. Un type quelconque, suffisant, qui croyait avoir gagn\u00e9 un troph\u00e9e. Je les ai suivis. J\u2019ai senti ce que Beth allait faire. J\u2019ai reconnu cette faim en elle. Cette perte de contr\u00f4le.<\/p>\n<p>Elle l\u2019a conduit dans une ruelle. Il riait. Idiot.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas r\u00e9fl\u00e9chi. Quand elle l\u2019a plaqu\u00e9 contre le mur, j\u2019ai bondi. J\u2019ai attrap\u00e9 Beth, je l\u2019ai projet\u00e9e contre le mur d\u2019en face. Elle s\u2019est d\u00e9battue avec une force qui aurait terrass\u00e9 n\u2019importe quel autre vampire, mais j\u2019\u00e9tais pr\u00eat \u00e0 tout pour qu\u2019elle ne tue pas.<\/p>\n<p>L\u2019humain est tomb\u00e9 au sol, paniqu\u00e9. Et puis je l\u2019ai dit.<\/p>\n<p>\u2014 Beth\u2026 <\/p>\n<p>Elle s\u2019est fig\u00e9e. Juste un instant, puis elle a tourn\u00e9 la t\u00eate. Ses yeux rouges comme la braise. Sa peau de marbre. Elle \u00e9tait sublime, effrayante. M\u00e9connaissable.<\/p>\n<p>Mais c\u2019\u00e9tait elle.<\/p>\n<p>Et \u00e0 ce moment-l\u00e0, il s\u2019est pass\u00e9 l\u2019impensable.<\/p>\n<p>L\u2019homme s\u2019est mis \u00e0 hurler. Il a pris feu. L\u00e0, \u00e0 quelques m\u00e8tres de nous. Une torche humaine. Son corps se tordait dans les flammes.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas compris tout de suite. Ce n\u2019\u00e9tait pas moi. Ce n\u2019\u00e9tait pas elle\u2026 si ?<\/p>\n<p>Je l\u2019ai rel\u00e2ch\u00e9e, sous le choc.<\/p>\n<p>Elle m\u2019a \u00e9chapp\u00e9 comme une ombre. Une seconde, elle \u00e9tait l\u00e0. La suivante, disparue. Je suis rest\u00e9 dans la ruelle longtemps apr\u00e8s que les cris aient cess\u00e9. J\u2019ai fix\u00e9 les cendres, les flammes encore vives sur le trottoir.<\/p>\n<p>Beth.<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait en vie. Transform\u00e9e. Elle m\u2019avait vu. Elle m\u2019avait fui. Mais ce feu\u2026 C\u2019\u00e9tait elle.<\/p>\n<p>Je le savais. Au fond de moi, je le savais depuis cette nuit de 1923, quand l\u2019h\u00f4pital avait pris feu, quand Livio l\u2019avait emport\u00e9e. C\u2019\u00e9tait son feu, ce pouvoir dont elle ne voulait pas. Ce pouvoir qu\u2019il avait nourri, exacerb\u00e9, exploit\u00e9. Je me suis effondr\u00e9 contre le mur. J\u2019avais pass\u00e9 presque un si\u00e8cle \u00e0 survivre \u00e0 son absence.<\/p>\n<p>Mais c\u2019\u00e9tait pire : elle \u00e9tait l\u00e0. Elle existait. Et elle br\u00fblait.<\/p>\n<p>En attendant, je n\u2019ai pas dit un mot a ma famille d\u2019adoption quand ils m\u2019ont appel\u00e9. J\u2019ai menti \u00e0 Bella en partant. Pour la prot\u00e9ger. Et je le referais.<\/p>\n<p>Mais maintenant\u2026 maintenant, c\u2019est Beth que je dois sauver. Pas pour moi. Pas pour ce qu\u2019on a \u00e9t\u00e9. Mais parce qu\u2019elle est encore en train de se perdre. Et que cette fois, je refuse de la regarder tomber. Elle peut me repousser. Me ha\u00efr. M\u2019accuser. Mais je la retrouverai.Et je l\u2019aimerai, m\u00eame si elle me tue.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-840\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-23T18:55:22+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-840\">23 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Rio, 2 avril 2006<\/p>\n<p>Je l\u2019attendais.<\/p>\n<p>Pas par espoir. Pas par amour. Cette \u00e9poque est r\u00e9volue.<\/p>\n<p>Mais parce qu\u2019au fond, je savais qu\u2019elle viendrait. Beth n\u2019a jamais fui la v\u00e9rit\u00e9. M\u00eame lorsqu\u2019elle la d\u00e9testait.<\/p>\n<p>La baie vitr\u00e9e me renvoie le reflet d\u2019un homme que je ne reconnais plus. Je suis tendu, pr\u00eat, mais pas pour me battre. Je suis l\u00e0 pour l\u2019emp\u00eacher de faire l\u2019irr\u00e9parable.<\/p>\n<p>Quand je sens son odeur, mon corps entier se fige. Pas de battement de c\u0153ur. Pas de souffle. Juste un ancien instinct \u2014 celui de me retourner, de courir vers elle, de la toucher.<\/p>\n<p>Mais je reste immobile. Parce que ce n\u2019est plus elle. Plus vraiment. Ce qu\u2019ils ont fait d\u2019elle\u2026 ce que Livio a fait\u2026<\/p>\n<p>Sa voix fend l\u2019air.<\/p>\n<p>\u2013 Tu dois partir James. Si tu es l\u00e0 pour la rousse, je sais o\u00f9 elle se cache et j\u2019irai te la chercher. Mais tu dois t\u2019en aller. Livio ne veut pas que l\u2019on soit dans le m\u00eame endroit, toi et moi.<\/p>\n<p>Je ne r\u00e9ponds pas. Pas tout de suite. Je me retourne lentement. Et nos regards se croisent.<\/p>\n<p>Son visage est magnifique. Inhumainement beau. Mais ses yeux\u2026 ses yeux me glacent. Deux flaques de sang fig\u00e9es dans la glace. Et pourtant, je la connais. Je reconnais ce qui reste d\u2019elle, derri\u00e8re la cruaut\u00e9 et le silence.<\/p>\n<p>Je m\u2019avance d\u2019un pas. Elle ne recule pas, mais elle se tend. Comme un arc pr\u00eat \u00e0 rompre.<\/p>\n<p>Je m\u2019arr\u00eate. Assez pr\u00e8s pour qu\u2019elle entende ma voix, assez loin pour ne pas la faire fuir.<\/p>\n<p>\u2014 Je ne suis pas venu pour Victoria.<\/p>\n<p>Ma voix est calme. Tranchante.<\/p>\n<p>\u2014 Je suis venu parce que ce que pr\u00e9pare Livio va d\u00e9truire ce qui reste de l\u2019\u00e9quilibre entre les clans. Il veut renverser les Volturi. Et tu le sais, Beth, ce n\u2019est pas un jeu. Ce n\u2019est pas une histoire d\u2019honneur ou de vengeance. Si Livio d\u00e9clare la guerre, ce ne sont pas que les anciens qui tomberont\u2026 Ce sera le monde entier.<\/p>\n<p>Elle ne dit rien.<\/p>\n<p>Je fais un pas de plus.<\/p>\n<p>\u2014 Je sais que tu n\u2019es pas d\u2019accord avec lui. Je le vois. Tu n\u2019as jamais \u00e9t\u00e9 une suiveuse. Tu \u00e9tais brillante, ind\u00e9pendante, lucide\u2026 Qu\u2019est-ce qu\u2019il t\u2019a fait pour t\u2019\u00e9teindre comme \u00e7a ?<\/p>\n<p>Elle serre les m\u00e2choires. Mais je continue.<\/p>\n<p>\u2014 Tu n\u2019es pas oblig\u00e9e de le suivre. Ce n\u2019est pas ton combat. Tu as le droit de choisir autre chose. Tu n\u2019as pas de dette envers lui, Beth. Tu n\u2019as plus de cha\u00eenes.<\/p>\n<p>Elle rel\u00e8ve les yeux, enfin. Il y a un \u00e9clat dedans. Peut-\u00eatre de la col\u00e8re. Peut-\u00eatre autre chose. Mais je ne recule pas.<\/p>\n<p>\u2014 Il ne m\u2019effraie pas. S\u2019il croit que je vais me taire, qu\u2019il va t\u2019emmener dans sa folie, il se trompe. Je ne te laisserai pas br\u00fbler avec lui dans cette guerre. M\u00eame si tu crois ne plus avoir d\u2019issue.<\/p>\n<p>Je ne prononce pas un mot d\u2019amour. Je ne parle pas du pass\u00e9. Je ne prononce pas son pr\u00e9nom avec tendresse. Je retiens tout.<\/p>\n<p>Mais je tends la main. Pas pour la supplier, juste pour lui rappeler qu\u2019elle peut encore choisir.<\/p>\n<p>\u2014 Tu n\u2019as pas besoin de me croire. Tu n\u2019as pas besoin de me suivre. Mais regarde autour de toi. Regarde ce qu\u2019il fait de toi. Ce qu\u2019il attend. Ce qu\u2019il exige. Et demande-toi si c\u2019est \u00e7a, la vie que tu m\u00e9rites.<\/p>\n<p>Je baisse la main, doucement.<\/p>\n<p>\u2014 Tu n\u2019es pas un pion, Beth. Tu n\u2019as jamais \u00e9t\u00e9 une arme. Tu es plus que ce qu\u2019il t\u2019a fait croire.<\/p>\n<p>Silence. Le vent de la mer frappe la vitre derri\u00e8re moi. Et je termine, d\u2019un ton presque bas :<\/p>\n<p>\u2014 Rejoins-moi. Pas pour moi. Mais pour toi. Pour ce qu\u2019il reste de toi.<\/p>\n<p>Je ne la supplie pas. Je ne pleure pas. Je lui tends une v\u00e9rit\u00e9. Une sortie. Libre \u00e0 elle de la prendre.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-846\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-24T17:02:22+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-846\">24 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Rio, 2 avril 2006<\/p>\n<p>Je l\u2019\u00e9coute d\u00e9verser sa haine avec un calme que je n\u2019ai pas.<br \/>\nJe l\u2019observe s\u2019enivrer de cruaut\u00e9 comme d\u2019un dernier verre, avec cette voix glaciale qui veut me convaincre que tout est perdu.<\/p>\n<p>Et pourtant\u2026 je la reconnais.<br \/>\nPas dans ses mots, non. Mais dans ses silences. Dans ce qu\u2019elle ne dit pas. Dans ce qu\u2019elle s\u2019acharne \u00e0 tuer.<\/p>\n<p>Je devrais lui r\u00e9pondre. La contredire. Lui hurler dessus, peut-\u00eatre.<br \/>\nMais je reste l\u00e0. Une statue de marbre fissur\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Son rire sarcastique me vrille les tympans. Son regard n\u2019a plus rien d\u2019humain \u2014 ou presque. Car je vois encore quelque chose. Une faille.<\/p>\n<p>Une main invisible me serre la gorge. Pas par peur. Par rage.<\/p>\n<p>\u2014 Tu crois que \u00e7a me fait peur, Beth ? Ce que tu es devenue ?<\/p>\n<p>Je m\u2019approche d\u2019elle. Je vois son poing se crisper, pr\u00eate \u00e0 m\u2019attaquer, comme si elle avait d\u00e9j\u00e0 gagn\u00e9 cette guerre qu\u2019elle s\u2019invente.<br \/>\nMais moi, je suis rest\u00e9.<br \/>\nEt elle ne m\u2019a pas encore bris\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 Tu penses que je suis venu ici en esp\u00e9rant te retrouver telle que tu \u00e9tais ? Non. Je ne suis pas stupide. Je savais que tu serais enrag\u00e9e. Je savais que tu me ha\u00efrais. Mais ce que je vois\u2026 Ce que je vois me fait mal d\u2019une autre mani\u00e8re, Beth. Pas parce que tu as chang\u00e9, non. Mais parce que je sais que tu te mens.<\/p>\n<p>Elle s\u2019appr\u00eate \u00e0 r\u00e9pliquer, mais je ne la laisse pas.<\/p>\n<p>\u2014 Tu veux me provoquer avec tes menaces, tes projets de carnage ? Tr\u00e8s bien. Va jusqu\u2019au bout. Traque les clans, fais tomber les Volturi. Deviens la reine de cendres que Livio r\u00eave de t\u2019offrir. Mais ne viens pas me faire croire que c\u2019est ce que tu veux vraiment.<\/p>\n<p>Je sens le feu monter en moi. Une col\u00e8re froide. Plus douloureuse que la haine. Je ne parle plus \u00e0 un soldat, ni \u00e0 un monstre.<\/p>\n<p>Je parle \u00e0 la femme que j\u2019ai aim\u00e9e. \u00c0 celle qui, je le sais, respire encore sous les d\u00e9combres.<\/p>\n<p>\u2014 Tu dis que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 un pion dans la vie de Carlisle ? C\u2019est vrai. Tu as raison. Je l\u2019ai suivi. J\u2019ai fui. Je me suis cach\u00e9 derri\u00e8re sa morale pour ne plus faire face \u00e0 ma propre horreur. Tu penses que j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 ce vampire v\u00e9g\u00e9tarien, docile, raisonnable ?<\/p>\n<p>Je secoue la t\u00eate et je la regarde droit dans les yeux.<\/p>\n<p>\u2014 Tu ne sais rien, Beth.<\/p>\n<p>Silence.<\/p>\n<p>Un vent marin se glisse par la baie entrouverte. Elle ne bouge pas. Elle me fixe.<\/p>\n<p>Alors je dis ce qu\u2019elle doit entendre.<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019ai tu\u00e9 des humains. Des dizaines. J\u2019ai bu leur sang jusqu\u2019\u00e0 les vider. Je l\u2019ai fait apr\u00e8s ma transformation. J\u2019ai m\u00eame aim\u00e9 \u00e7a. Et je t\u2019ai quitt\u00e9e pour \u00e7a. Parce que je voulais ton sang, je voulais m\u2019abreuver \u00e0 ton cou. Je voulais te transformer. Mais tu m\u2019aurais ha\u00ef.. je me souviens encore de nos projets et je sais que tu n\u2019airais pas support\u00e9 une vie d\u2019\u00e9ternit\u00e9 sans enfants, sans ta famille.  <\/p>\n<p>Elle recule l\u00e9g\u00e8rement. Ce n\u2019est pas de la peur. C\u2019est de la surprise.<\/p>\n<p>\u2014 Tu \u00e9tais pure. Tu \u00e9tais humaine. Et moi, j\u2019\u00e9tais un pr\u00e9dateur en train de perdre pied. Je t\u2019ai quitt\u00e9 parce que je me d\u00e9go\u00fbtais. Parce que je croyais que te perdre valait mieux que te d\u00e9truire.<\/p>\n<p>Ma voix tremble \u00e0 peine. Mais c\u2019est la v\u00e9rit\u00e9. Celle que je n\u2019ai jamais dite \u00e0 personne.<br \/>\nNi \u00e0 Carlisle.<br \/>\nNi \u00e0 moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>\u2014 Alors ne viens pas me parler de monstres. Je l\u2019ai \u00e9t\u00e9 aussi. La seule diff\u00e9rence, c\u2019est que j\u2019ai eu une seconde chance. Pas gr\u00e2ce \u00e0 Carlisle. Pas gr\u00e2ce \u00e0 la \u201cfamille parfaite\u201d. Mais parce que j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 que ma vie vampirique valait plus que le sang vers\u00e9. Parce que je crois encore en ce que nous pouvons \u00eatre. Et toi, tu pourrais l\u2019\u00eatre aussi. Tu as ta place parmi nous. Bella c\u2019est.. c\u2019est Bella, je ne me justifierais pas. Elle est une parenth\u00e8se dans ma vie. Toi, tu as toujours \u00e9t\u00e9 plus que \u00e7a. C\u2019est par peur de te perdre et de te d\u00e9truire que j\u2019ai fui. <\/p>\n<p>Je m\u2019approche encore. Il n\u2019y a plus qu\u2019un souffle entre nous.<\/p>\n<p>\u2014 Tu n\u2019es pas l\u2019arme de Livio. Tu n\u2019es pas un fl\u00e9au. Tu es libre. Tu peux partir. Tu peux venir avec moi. Pas pour m\u2019aimer. Pas pour revivre une idylle perdue. Mais pour te choisir enfin.<\/p>\n<p>Je tends la main \u00e0 nouveau. Pas avec tendresse mais avec conviction.<\/p>\n<p>\u2014 Tu peux me rejeter. Tu peux te nourrir \u00e0 nouveau. Tu peux br\u00fbler le monde entier. Mais tu sais que je reviendrai encore. Jusqu\u2019\u00e0 ce que tu comprennes que tu n\u2019es pas seule. Et que tu n\u2019as jamais cess\u00e9 d\u2019avoir le choix. Choisis la vie.. le pardon. <\/p>\n<p>Je baisse la main. Et je conclus, plus bas, presque douloureusement :<\/p>\n<p>\u2014 Tu veux me d\u00e9tester ? Tr\u00e8s bien. Mais alors, d\u00e9teste-moi pour de vrai. Pas pour la version que tu t\u2019inventes pour justifier ta chute.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-852\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-26T07:01:12+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-852\">26 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Rio, 2 avril 2006 \u2013 Minuit pass\u00e9<\/p>\n<p>Point de vue de James<\/p>\n<p>Je ne bouge pas quand la porte se referme derri\u00e8re elle.<br \/>\nJe ne respire m\u00eame plus.<\/p>\n<p>La pi\u00e8ce est fig\u00e9e, mais je suis en miettes.<\/p>\n<p>Ses mots me hantent d\u00e9j\u00e0, bien plus que la morsure de son absence.<br \/>\nElle m\u2019a tout jet\u00e9 \u00e0 la figure. Sa rage, sa haine, sa douleur \u2014 mais pire encore, son indiff\u00e9rence.<\/p>\n<p>Et ce souvenir qu\u2019elle a laiss\u00e9 remonter, comme une \u00e9charde mal arrach\u00e9e.<br \/>\nCelui de moi, adolescent, maladroit, amoureux, le c\u0153ur au bord des l\u00e8vres\u2026<br \/>\nJe l\u2019ai vu dans ses yeux.<br \/>\nElle s\u2019en souvient encore.<\/p>\n<p>Et pourtant, elle est partie.<\/p>\n<p>Je tombe dans le fauteuil, les coudes sur les genoux, la t\u00eate entre les mains.<br \/>\nJ\u2019ai froid. Froid jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2me. Un comble pour un vampire.<\/p>\n<p>Elle ne reviendra pas.<br \/>\nEt pire : elle ne veut pas \u00eatre sauv\u00e9e.<br \/>\nJe me suis tromp\u00e9. Sur tout. Sur elle. Sur moi. Sur ce que je croyais pouvoir r\u00e9parer.<\/p>\n<p>Et soudain, j\u2019ai besoin d\u2019entendre une voix.<br \/>\nUne voix qui m\u2019ancre. Qui me rappelle que j\u2019existe encore.<\/p>\n<p>Je compose un num\u00e9ro.<br \/>\nCelui de Rosalie.<br \/>\nElle d\u00e9croche au bout de quelques sonneries.<\/p>\n<p>\u2014 James ?<br \/>\n\u2014 Rosie\u2026 Je\u2026<\/p>\n<p>Ma voix se brise. Je n\u2019ai m\u00eame pas la force de formuler une phrase.<\/p>\n<p>Elle comprend tout de suite que quelque chose ne va pas.<\/p>\n<p>\u2014 Qu\u2019est-ce qui s\u2019est pass\u00e9 ? Tu l\u2019as retrouv\u00e9e ?<\/p>\n<p>Je hoche la t\u00eate, idiotement, oubliant qu\u2019elle ne peut pas me voir.<\/p>\n<p>\u2014 Oui\u2026 je l\u2019ai vue. Elle\u2026 Elle est m\u00e9connaissable. Rosalie, je l\u2019ai perdue. D\u00e9finitivement. Il n\u2019y a plus rien \u00e0 faire.<\/p>\n<p>Un silence. Puis sa voix change. Elle devient plus grave. Plus lente.<\/p>\n<p>\u2014 James\u2026 Je suis d\u00e9sol\u00e9e. Mais il faut que je te dise quelque chose.<\/p>\n<p>Je sens mon c\u0153ur, cet organe inutile, se contracter.<\/p>\n<p>\u2014 Quoi ?<br \/>\n\u2014 Bella est morte.<\/p>\n<p>Je crois que je n\u2019ai pas compris.<br \/>\nJe n\u2019ai pas pu comprendre.<\/p>\n<p>\u2014 Qu\u2019est-ce que tu viens de dire ?<br \/>\n\u2014 Bella\u2026 Elle\u2026 Elle s\u2019est jet\u00e9e d\u2019une falaise. Alice l\u2019a vue. Tu es parti, et elle n\u2019a pas support\u00e9. Charlie l\u2019a retrouv\u00e9e trop tard. James\u2026 c\u2019est fini.<\/p>\n<p>Je n\u2019entends plus rien.<\/p>\n<p>Plus la ville, plus les vagues, plus le bruit de ma propre respiration.<\/p>\n<p>Un voile noir se l\u00e8ve dans mon esprit. Je suis seul.<br \/>\nSeul comme je ne l\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9.<br \/>\nBeth ne veut plus de moi.<br \/>\nEt Bella\u2026 Bella n\u2019est plus.<\/p>\n<p>Je ferme les yeux et laisse le vide me happer.<\/p>\n<p>Je crois que je souris.<\/p>\n<p>Un sourire sans joie. Un rictus d\u2019homme qui comprend enfin qu\u2019il n\u2019aura jamais de r\u00e9demption.<\/p>\n<p>\u2014 Merci de m\u2019avoir dit la v\u00e9rit\u00e9, Rosalie, je murmure.<br \/>\n\u2014 James\u2026 tu vas faire quoi ?<\/p>\n<p>Mais je raccroche d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>Je me l\u00e8ve. Je prends une veste. Un billet. Un faux passeport. Je n\u2019ai besoin de rien d\u2019autre.<br \/>\nJe suis une coquille vide.<br \/>\nUn spectre.<\/p>\n<p>3 avril 2006, vol Rio \u2013 Rome<\/p>\n<p>Je regarde par le hublot, les lumi\u00e8res de Rio s\u2019\u00e9loignent. Je pars pour Volterra.<\/p>\n<p>Les Volturi.<br \/>\nLes rois.<br \/>\nLes juges.<\/p>\n<p>Ce sont eux qui d\u00e9tiennent le pouvoir d\u2019en finir proprement. Sans bavure. Sans retour.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai plus rien.<br \/>\nJe n\u2019ai sauv\u00e9 personne.<br \/>\nNi Beth.<br \/>\nNi Bella.<br \/>\nPas m\u00eame moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>J\u2019ai cru que je pourrais donner un sens \u00e0 cette existence. Mais la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que je suis la ruine de tous ceux que j\u2019ai aim\u00e9s.<\/p>\n<p>Il est temps que \u00e7a cesse.<\/p>\n<p>Je me l\u00e8ve, avance jusqu\u2019\u00e0 la salle de bain de l\u2019avion, referme la porte \u00e0 cl\u00e9.<br \/>\nJe regarde mon reflet.<br \/>\nIl ne me renvoie plus rien.<\/p>\n<p>Pas de feu dans les yeux.<br \/>\nPas de lueur dans l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p>Avec plaisir, Charlotte. Voici la suite du r\u00e9cit, du point de vue d\u2019Alice Cullen, qui cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment Elizabeth apr\u00e8s avoir eu une vision de la d\u00e9cision fatale de James. Elle comprend qu\u2019elle ne peut plus emp\u00eacher ce futur sans l\u2019aide de Beth, celle-l\u00e0 m\u00eame qu\u2019elle craignait autrefois\u2026 et qu\u2019elle va devoir affronter.<\/p>\n<p>4 avril 2006 \u2013 Rio, 4h17<\/p>\n<p>Point de vue d\u2019Alice Cullen<\/p>\n<p>Je fonce \u00e0 travers la ville comme un courant d\u2019air, les cheveux tremp\u00e9s par la brume nocturne.Je ne regarde ni les passants, ni les voitures. Je ne regarde que mes visions.<\/p>\n<p>Elles reviennent, en boucles, comme une pellicule trop us\u00e9e.<\/p>\n<p>James \u00e0 Volterra.<br \/>\nLe hall de marbre.<br \/>\nLa lumi\u00e8re rouge\u00e2tre des sous-sols.<br \/>\nEt ses yeux. R\u00e9sign\u00e9s.<\/p>\n<p>Et puis\u2026 rien. Le vide.<br \/>\nComme si son existence se d\u00e9sagr\u00e9geait. Comme si le fil \u00e9tait rompu.<\/p>\n<p>Non, non, non.<br \/>\nPas lui. Pas encore.<br \/>\nPas un de plus.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas sauv\u00e9 Bella.<br \/>\nJe n\u2019ai pas su l\u2019emp\u00eacher de tomber.<br \/>\nMais je peux encore sauver James, mon fr\u00e8re, mon presque jumeaux. <\/p>\n<p>Et je sais qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une seule personne qui puisse me donner cette chance.<\/p>\n<p>Je m\u2019arr\u00eate en haut d\u2019une ruelle \u00e9troite, le regard fix\u00e9 sur un immeuble sombre.<br \/>\nElle est l\u00e0.<br \/>\nJe le sais.<br \/>\nJe la sens.<\/p>\n<p>Elizabeth. Ou ce qu\u2019il reste d\u2019elle.<\/p>\n<p>Je grimpe jusqu\u2019au dernier \u00e9tage, sans un bruit.<br \/>\nJe n\u2019ai pas besoin de frapper : elle ouvre la porte avant m\u00eame que ma main touche le bois.<\/p>\n<p>Elle est\u2026 magnifique et terrifiante.<br \/>\nComme un feu noir. Je l\u2019ai toujours vue sous le regard de James, dans ses pens\u00e9es et je pensais qu\u2019il l\u2019id\u00e9alisait mais j\u2019avais tort. Elle est magnifique. <\/p>\n<p>Ses yeux rubis me percent de part en part, et pendant un instant, je doute. Pas de moi. D\u2019elle.<\/p>\n<p>Mais je m\u2019avance.<\/p>\n<p>\u2014 Je sais que tu ne m\u2019appr\u00e9cies pas, je commence, la voix plus pos\u00e9e que je ne le ressens. Tu n\u2019appr\u00e9cies pas ma famille, ni ce que nous repr\u00e9sentons. Mais l\u00e0, il ne s\u2019agit pas de nous. Il s\u2019agit de James.<\/p>\n<p>Elle hausse un sourcil, mi-agac\u00e9e, mi-curieuse. Je continue, sans lui laisser le temps de m\u2019interrompre.<\/p>\n<p>\u2014 Il est parti pour l\u2019Italie. Il veut se livrer aux Volturi.<\/p>\n<p>Elle ne bouge pas.<br \/>\nMais ses doigts se crispent contre le chambranle de la porte.<\/p>\n<p>\u2014 Il pense que tout est termin\u00e9. Que tu ne veux plus de lui. Que Bella est morte par sa faute. Qu\u2019il.. Qu\u2019il est irr\u00e9cup\u00e9rable. Et que rien ne vaut la peine de continuer \u00e0 vivre.<\/p>\n<p>Je la vois h\u00e9siter, juste un battement, une fracture dans son masque. Mais mes visions ne changent pas. Je secoue doucement la t\u00eate.<\/p>\n<p>\u2014 Je ne veux rien de toi, Elizabeth. Je ne te demande pas de pardonner, ni de revenir. Je te dis seulement qu\u2019il t\u2019aime encore. Qu\u2019il est en train de mourir. Et que s\u2019il meurt\u2026 tu le regretteras.<\/p>\n<p>Elle me fixe comme si je venais de gifler un fant\u00f4me. Et je continue, parce que je sens que je touche une faille.<\/p>\n<p>\u2014 Il a cru que tu \u00e9tais morte en 1923. Il a souffert comme jamais je n\u2019ai vu un \u00eatre souffrir. Il a attendu, sans savoir. Et quand il t\u2019a revue, il a tout de suite compris que tu \u00e9tais prisonni\u00e8re d\u2019un monde qui t\u2019\u00e9loignait de toi-m\u00eame. Je ne crois pas te conna\u00eetre, absolument pas. Mais lui, si. Et il croit encore en toi.<\/p>\n<p>Un silence. Long..<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-858\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-27T05:30:13+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-858\">27 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>7 avril 2006, Rovaniemi \u2013 20h12<\/p>\n<p>Je suis l\u00e0, dans ce canap\u00e9, recroquevill\u00e9 comme une b\u00eate sans instinct, le regard perdu dans la neige. Il y a un feu qui cr\u00e9pite dans la chemin\u00e9e. C\u2019est ridicule, ce feu. Il n\u2019\u00e9claire rien. Il ne r\u00e9chauffe rien.<\/p>\n<p>Je n\u2019arrive pas \u00e0 croire que je suis encore vivant.<\/p>\n<p>Elle m\u2019a projet\u00e9 au sol devant une foule, dans un des lieux les plus dangereux de notre monde, juste pour m\u2019emp\u00eacher d\u2019y mettre fin.<\/p>\n<p>Et maintenant elle est l\u00e0.<br \/>\n\u00c0 quelques pas.<br \/>\nAvec ses mots.<br \/>\nAvec sa voix.<\/p>\n<p>Je devrais la remercier.<br \/>\nMais tout en moi hurle.<\/p>\n<p>Je suis furieux.<\/p>\n<p>Pas contre elle. Pas seulement.<br \/>\nContre moi-m\u00eame.<br \/>\nContre cette sensation qui me remonte dans la gorge comme un poison : l\u2019espoir.<\/p>\n<p>Parce qu\u2019au fond, j\u2019\u00e9tais pr\u00eat.<br \/>\nJ\u2019avais fait le deuil.<br \/>\nDu monde.<br \/>\nD\u2019elle.<br \/>\nDe moi.<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 qu\u2019elle me parle de souvenirs.<\/p>\n<p>De 1918.<br \/>\nDe notre pass\u00e9.<\/p>\n<p>Et je me demande si c\u2019est une cruaut\u00e9.<br \/>\nSi elle est venue me tendre cette illusion comme un dernier pi\u00e8ge.<\/p>\n<p>Je serre les poings, mais elle les attrape avec les siens.<br \/>\nJe devrais me d\u00e9gager.<br \/>\nMais je n\u2019en ai pas la force.<\/p>\n<p>Elle est l\u00e0, sur cette table basse, et pour la premi\u00e8re fois depuis Volterra, je l\u2019\u00e9coute vraiment.<\/p>\n<p>Et ses mots\u2026<br \/>\nSes mots me d\u00e9vastent.<\/p>\n<p>\u00ab Tu as ramen\u00e9 un peu de vie en moi. \u00bb<br \/>\n\u00ab Je ne te laisserai pas mourir. \u00bb<br \/>\n\u00ab Offre-moi la libert\u00e9. Offre-moi ton amour. \u00bb<\/p>\n<p>Mon c\u0153ur s\u2019arr\u00eate.<\/p>\n<p>Je veux lui hurler que je ne comprends pas.<br \/>\nQue je suis \u00e9puis\u00e9.<br \/>\nQue je ne suis pas un sauveur, ni un h\u00e9ros, ni m\u00eame un homme capable de porter le poids de ce qu\u2019elle me demande.<\/p>\n<p>Mais je ne dis rien.<br \/>\nParce que mes yeux br\u00fblent.<br \/>\nParce que mon corps tremble.<br \/>\nParce qu\u2019une autre flamme, plus ancienne que toutes les douleurs, vient de se rallumer.<\/p>\n<p>Et elle me consume.<\/p>\n<p>\u2014 Tu joues avec moi, Beth ?, je murmure, presque dans un souffle rauque. Tu veux m\u2019an\u00e9antir compl\u00e8tement ?<\/p>\n<p>Elle fronce les sourcils, je me l\u00e8ve, trop vite, brutalement, et je fais quelques pas dans la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>\u2014 Tu viens me sauver d\u2019une mort que j\u2019ai choisie. Tu me dis que tu m\u2019aimes. Tu veux qu\u2019on vive. Mais c\u2019est moi qui t\u2019ai bris\u00e9e. Tu crois que je ne le sais pas ? Tu me l\u2019as clairement fait comprendre \u00e0 Rio. <\/p>\n<p>Je me retourne vers elle.<br \/>\nMes yeux croisent les siens.<br \/>\nEt je sais que je suis \u00e0 deux doigts de la supplier de m\u2019achever.<\/p>\n<p>\u2014 Je t\u2019ai abandonn\u00e9e. Je t\u2019ai crue morte. J\u2019ai v\u00e9cu cent ans \u00e0 t\u2019aimer dans le vide. \u00c0 r\u00eaver de toi. Et quand je t\u2019ai revue, je n\u2019ai pas vu un monstre, Beth. J\u2019ai vu ce que j\u2019avais tu\u00e9.<\/p>\n<p>Un silence.<\/p>\n<p>Je passe la main sur mon visage, pour effacer quelque chose. Je ne sais pas quoi.<br \/>\nLa fatigue.<br \/>\nLa douleur.<br \/>\nL\u2019amour.<\/p>\n<p>\u2014 Tu crois que je suis un ange ? Que j\u2019ai v\u00e9cu avec des fleurs et des pri\u00e8res ?<\/p>\n<p>Je ris. Un rire sec, amer.<\/p>\n<p>\u2014 Je suis un monstre moi aussi. Tu veux savoir pourquoi je suis parti ? Pourquoi je t\u2019ai abandonn\u00e9e ? Parce que je croyais que si je restais, je finirais par faire ce que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 fait.<\/p>\n<p>Je la regarde en face.<\/p>\n<p>\u2014 Je voulais ton sang. Je voulais te tuer Beth ! Je t\u2019ai d\u00e9sir\u00e9 non plus comme un humain d\u00e9sir\u00e9 une humanit\u00e9 mais comme un monstre d\u00e9sir\u00e9 sa proie. J\u2019ai tu\u00e9, Beth. Des humains. Plusieurs. Au d\u00e9but. Au milieu. M\u00eame apr\u00e8s t\u2019avoir revue. Ce sang m\u2019a nourri. Ce sang me hante. Et je me suis dit : \u00ab\u00a0Elle m\u00e9rite mieux. Elle m\u00e9rite quelqu\u2019un de pur qui n\u2019a pas fantasm\u00e9 a vouloir s\u2019abreuver \u00e0 sa carotide.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je la montre, elle, assise devant moi, meurtrie, violente, vivante.<\/p>\n<p>\u2014 Mais il n\u2019y a pas de puret\u00e9. Ni chez toi. Ni chez moi. Il n\u2019y a que ce qu\u2019on fait maintenant. Ce qu\u2019on d\u00e9cide maintenant.<\/p>\n<p>Je m\u2019approche, cette fois.<br \/>\nJe prends son visage entre mes mains.<br \/>\nElle ne recule pas.<\/p>\n<p>\u2014 Je t\u2019aime. Je t\u2019ai toujours aim\u00e9e. Et si tu me tends la main, ce ne sera pas pour que je te sauve. Ce sera pour que tu me sauves moi, de mes d\u00e9mons. \u00c7a n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 l\u2019inverse. <\/p>\n<p>Je la regarde.<br \/>\nVraiment.<br \/>\nEt cette fois je sais que je n\u2019ai plus peur.<\/p>\n<p>Je ne veux pas vivre sans elle.<\/p>\n<p>Je n\u2019en ai jamais \u00e9t\u00e9 capable.<\/p>\n<p>\u2014 Dis-moi qu\u2019il y a encore une vie possible pour nous, Beth. M\u00eame au bord du pr\u00e9cipice. M\u00eame couverts de sang et de cendres. Dis-moi que je peux encore marcher avec toi, peu importe la route.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-864\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-28T21:05:18+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-864\">28 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>13 avril 2006 \u2013 Rovaniemi, Finlande<br \/>\nUne semaine apr\u00e8s Volterra<\/p>\n<p>Ils n\u2019avaient pas parl\u00e9 tout de suite. Pas de la suite.<br \/>\nPas du monde, pas des menaces, pas des autres.<\/p>\n<p>Seulement eux.<\/p>\n<p>Ils s\u2019\u00e9taient effondr\u00e9s l\u2019un contre l\u2019autre, comme deux voyageurs de retour d\u2019un d\u00e9sert. Et au matin, il y avait eu ce baiser.<br \/>\nLe premier depuis presque un si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Un baiser qui n\u2019appartenait ni aux vampires qu\u2019ils \u00e9taient devenus, ni aux adolescents qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9. Un baiser du pr\u00e9sent. Un baiser comme une promesse silencieuse qu\u2019ils n\u2019avaient pas encore les mots pour formuler.<\/p>\n<p>Mais la paix ne dure jamais.<br \/>\nPas quand on est deux \u00e9toiles tomb\u00e9es du ciel.<br \/>\nPas quand on est James et Beth.<\/p>\n<p>18 avril 2006 \u2013 Fin d\u2019apr\u00e8s-midi<br \/>\nLe vent est glacial, la for\u00eat est silencieuse.<\/p>\n<p>Ils sont allong\u00e9s sur le toit du chalet, sous un ciel blanc. Beth a la t\u00eate pos\u00e9e sur l\u2019\u00e9paule de James, et pour la premi\u00e8re fois depuis Volterra, il sourit sans se forcer.<\/p>\n<p>\u2014 Tu te rends compte qu\u2019on est en train de vivre ce qu\u2019on r\u00eavait de faire quand on avait seize ans, souffle-t-il, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, tu m\u2019avais interdit de grimper sur les toits parce que tu flippais que je tombe. Et tu m\u2019avais menac\u00e9 de me casser les jambes avec un dictionnaire d\u2019anatomie.<\/p>\n<p>Elle rit. Un vrai rire.<\/p>\n<p>Mais l\u2019instant se brise.<\/p>\n<p>Un craquement.<br \/>\nUn souffle.<\/p>\n<p>Ils se redressent d\u2019un bond.<\/p>\n<p>James a d\u00e9j\u00e0 mis Beth derri\u00e8re lui.<br \/>\nIl reconna\u00eet l\u2019odeur.<br \/>\nFroide. Lisse.<br \/>\nParfum\u00e9e d\u2019Italie.<\/p>\n<p>Les Volturi.<\/p>\n<p>Trois vampires surgissent du couvert des arbres.<br \/>\nIls sont de la garde d\u2019\u00e9lite \u2013 pas Jane, pas Alec. Mais ils sont puissants. Organis\u00e9s et silencieux.<\/p>\n<p>Ils ne sortent pas les crocs.<br \/>\nPas tout de suite.<\/p>\n<p>Le plus grand parle en premier :<\/p>\n<p>\u2014 James Masen.<br \/>\n\u2014 \u00c7a n\u2019est plus mon nom depuis longtemps.<br \/>\n\u2014 Et Elizabeth. L\u2019Arme de Livio. Vous \u00e9tiez cens\u00e9s \u00eatre s\u00e9par\u00e9s depuis 83 ans. Et pourtant\u2026<\/p>\n<p>Il les observe avec une curiosit\u00e9 malsaine.<\/p>\n<p>\u2014 Personne ne savait que vous \u00e9tiez fianc\u00e9s avant votre transformation. Int\u00e9ressant. Tr\u00e8s int\u00e9ressant.<\/p>\n<p>Beth s\u2019avance d\u2019un pas. James tente de la retenir, mais elle a ce feu dans les yeux.<\/p>\n<p>\u2014 Vous \u00eates venus pour nous tuer ?<br \/>\n\u2014 Pas encore, r\u00e9pond un autre qui penche \u00e9trangement la t\u00eate sur le c\u00f4t\u00e9 comme pour \u00e9valuer les amants. Les anciens veulent vous parler. Tous les deux. Aro en particulier. Il aime les histoires. Et les exceptions.<\/p>\n<p>James \u00e9change un regard avec Beth.<\/p>\n<p>Il sent sa tension, sa peur.<br \/>\nMais aussi sa rage contenue.<\/p>\n<p>Il pourrait fuir.<br \/>\nIl pourrait se battre.<br \/>\nMais il comprend, au fond de lui, qu\u2019il n\u2019a pas le choix.<\/p>\n<p>Ils sont traqu\u00e9s.<\/p>\n<p>S\u2019ils fuient encore, cela ne fera que renforcer l\u2019int\u00e9r\u00eat des Volturi.<br \/>\nEt s\u2019ils meurent\u2026 alors tout ce qu\u2019ils ont reconstruit ces derniers jours aura \u00e9t\u00e9 vain.<\/p>\n<p>Il respire. Lentement.<br \/>\nPuis il prend la main de Beth, et se tourne vers elle.<\/p>\n<p>\u2014 Fais-moi confiance. Cette fois, je ne fuis pas. J\u2019y vais. Pour nous. Pour que \u00e7a s\u2019arr\u00eate. Pour qu\u2019ils comprennent que tu n\u2019es pas leur arme. Et que moi, je ne suis plus leur probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Il pose son front contre le sien.<\/p>\n<p>\u2014 Je ne te demande pas de les aimer. Je ne te demande m\u00eame pas de me suivre ou de me sauver. Mais je te demande juste\u2026 de rester. Jusqu\u2019au bout. Quoi qu\u2019il arrive.<br \/>\n&#8212; Pas de drame \u00e0 l&rsquo;horizon James. Elle vient avec nous.<br \/>\n&#8212; Hors de question. Vous devrez me passer sur le corps.<\/p>\n<p>C&rsquo;est alors que le troisi\u00e8me l\u00e8ve la voix. Il transmet une vision \u00e0 James, celle d&rsquo;une bataille entre eux trois mais qui se terminera par une mort violente, lente et douloureuse. Le flash est aussi sensible et r\u00e9aliste qu&rsquo;une vision de Alice mais bien plus intense. James comprend qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un avenir dict\u00e9 par ses choix, son choix s&rsquo;il se rebelle.<\/p>\n<p>James offre un regard d\u00e9sol\u00e9 \u00e0 Beth, mais elle sait d\u00e9j\u00e0. De toute mani\u00e8re, m\u00eame sans la vision, il sait qu&rsquo;elle le suivra. <\/p>\n<p>Pendant ce temps, les sbires attendent sans dire un mot. Mais ils semblent fascin\u00e9s par cette sc\u00e8ne. L\u2019un murmure, presque pour lui-m\u00eame :<\/p>\n<p>\u2014 Peut-\u00eatre que les monstres savent encore aimer, apr\u00e8s tout.<\/p>\n<p>21 avril 2006 \u2014 Volterra, Italie<br \/>\nFin d\u2019apr\u00e8s-midi. L\u2019air est sec, le ciel est p\u00e2le.<\/p>\n<p>La voiture noire glisse sur les pav\u00e9s comme un corbillard silencieux.<br \/>\nJames n\u2019a rien dit depuis qu\u2019ils ont quitt\u00e9 l\u2019a\u00e9roport de Florence. Il tient la main de Beth, mais sa paume est froide, rigide. Il est tendu. Chaque muscle band\u00e9. Beth regarde droit devant elle. On dirait qu\u2019elle ne cligne m\u00eame plus des yeux. Mais il la conna\u00eet trop bien pour \u00eatre dupe. Elle compte les options. Les sorties. Les faiblesses de ceux qui les escortent. Elle se tient pr\u00eate.<\/p>\n<p>Quand la voiture s\u2019engouffre dans le tunnel sous la place centrale, James sent sa poitrine se refermer. La pierre respire ici. Elle garde les cris, les souvenirs, les serments bris\u00e9s.<br \/>\nBeth tourne la t\u00eate vers lui et l&rsquo;observe comme si elle ressentait sa douleur. Il la regarde d\u00e9sol\u00e9, sinc\u00e8rement. A cause de lui, elle risque de perdre la vie. <\/p>\n<p>\u2014 Tu regrettes de m&rsquo;avoir sauv\u00e9, demande-t-il avec un l\u00e9ger sourire ironique, tu peux encore t&rsquo;enfuir..<\/p>\n<p>Le v\u00e9hicule s\u2019arr\u00eate. Les portes s\u2019ouvrent. Le marbre avale la lumi\u00e8re du jour. Ils sortent ensemble. L\u2019int\u00e9rieur de la forteresse est glacial, mais parfaitement silencieux. Pas un \u00e9cho. Pas une poussi\u00e8re. Pas une \u00e2me.<br \/>\nJusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils arrivent \u00e0 la grande porte sculpt\u00e9e.<\/p>\n<p>Une vampire \u00e0 la peau d\u2019alb\u00e2tre s\u2019approche, c&rsquo;est Sebastian, un chasseur de longue date \u00e0 la carrure impressionnante. Son regard caresse Beth avec un m\u00e9lange de curiosit\u00e9, de d\u00e9sir et d\u2019inqui\u00e9tude. Visiblement, il semble conna\u00eetre la jeune femme. <\/p>\n<p>\u2014 Elizabeth. Nous pensions ne jamais te voir ici.<br \/>\n\u2014 Ce n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu, grogne James jaloux et possessif en resserrant sa prise autour de la jeune femme.<\/p>\n<p>La vampire sourit et James lui offre un regard noir.<\/p>\n<p>Les portes s\u2019ouvrent. Et l\u00e0, dans la p\u00e9nombre douce, sous la lumi\u00e8re crue des vo\u00fbtes antiques, les attendent les trois figures qui font trembler le monde : Aro, Caius et Marcus.<br \/>\nAssis sur leurs tr\u00f4nes de pierre. Immobiles. Eternels.<\/p>\n<p>James se raidit. Il sent pr\u00eat de lui Beth en train de bouillir. Il sait, il sent qu&rsquo;elle n\u2019a pas peur. Elle est en col\u00e8re. Lui, en revanche, lutte pour ne pas vaciller. La derni\u00e8re fois qu\u2019il a vu ce lieu, il \u00e9tait un jeune vampire, tout juste sauv\u00e9 par Carlisle. Mais cette fois, il est l\u00e0 pour une autre raison.<br \/>\nCette fois, il est l\u00e0 pour parler. Pour d\u00e9fendre. <\/p>\n<p>Aro se l\u00e8ve lentement, comme une ombre qui prend forme.<\/p>\n<p>\u2014 Ah\u2026 les fianc\u00e9s maudits. James. Elizabeth.<br \/>\nSon sourire est doux, presque paternel. Mais ses yeux sont deux gouffres.<\/p>\n<p>\u2014 Je vous connais si bien\u2026 Et pourtant, je ne vous ai jamais vus ensemble.<br \/>\n\u2014 Nous avons \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9s trop longtemps, r\u00e9pond James d\u2019un ton calme.<\/p>\n<p>Aro s\u2019approche, paume tendue.<\/p>\n<p>\u2014 Puis-je ?<\/p>\n<p>James sait ce que cela signifie. Il tend la main.<br \/>\nLe contact est glac\u00e9, mais bref.<\/p>\n<p>Aro ferme les yeux. Il lit. Il voit tout.<br \/>\nLe pass\u00e9. L\u2019h\u00f4pital. Le feu. Le baiser dans le chalet. Le d\u00e9sespoir. Le sang. Les serments bris\u00e9s.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il rouvre les paupi\u00e8res, il souffle presque avec tendresse :<\/p>\n<p>\u2014 Votre histoire est une trag\u00e9die grecque. Mais il y a\u2026 une beaut\u00e9 f\u00e9roce, l\u00e0-dedans. Une chose rare. Une force que peu de couples traversent sans se d\u00e9truire.<\/p>\n<p>Il se tourne vers Beth.<\/p>\n<p>\u2014 Et toi, enfant de Livio\u2026 Veux-tu que je lise en toi ?<br \/>\n\u2014 Tu n\u2019y survivrais pas, r\u00e9ponds avec prudence James alors qu&rsquo;elle s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 montrer les crocs.<\/p>\n<p>Un rire r\u00e9sonne dans la salle. C\u2019est Caius.<\/p>\n<p>\u2014 Charmante comme on nous l&rsquo;a compt\u00e9. Elle a les crocs de son ma\u00eetre.<\/p>\n<p>Mais Marcus, jusqu\u2019ici silencieux, penche la t\u00eate. Il fixe le lien invisible entre eux deux. Il murmure :<\/p>\n<p>\u2014 Ils s\u2019aiment encore. D\u2019un amour ancien. Il est fissur\u00e9, mais il existe.<\/p>\n<p>Aro sourit.<\/p>\n<p>\u2014 Voil\u00e0 qui est fascinant.<\/p>\n<p>Il les observe tous les deux, puis s\u2019assoit.<\/p>\n<p>\u2014 Alors dites-moi. Pourquoi \u00eates-vous venus ?<br \/>\n\u2014 Parce que fuir ne servait plus \u00e0 rien, dit James. Parce que nous sommes fatigu\u00e9s de courir. Parce que je sais ce que Livio pr\u00e9pare, et que je ne veux pas que Beth devienne l\u2019instrument de son massacre.<br \/>\n\u2014 Et toi, Elizabeth ? Est-ce que tu partages ce souhait ?<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-870\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-06-29T19:22:39+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-870\">29 juin 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>21 avril 2006, Volterra \u2014 <\/p>\n<p>Quand Aro a effleur\u00e9 la joue de Beth, je n\u2019ai pas pu m\u2019emp\u00eacher de m\u2019avancer, pr\u00eat \u00e0 le broyer si son regard s\u2019assombrissait.<br \/>\nMais ce que j\u2019ai vu ensuite\u2026 ce que j\u2019ai per\u00e7u dans son esprit lorsque nos pens\u00e9es se sont crois\u00e9es, lorsque ses souvenirs ont refl\u00e9t\u00e9 les siens\u2026 \u00e7a m\u2019a coup\u00e9 le souffle. J\u2019ai vu Beth br\u00fbler vive sans que les flammes ne l\u2019atteignent. J\u2019ai vu l\u2019h\u00f4pital, les cris, les cha\u00eenes, les ann\u00e9es de solitude, les humiliations, la col\u00e8re contenue, les nuits pass\u00e9es \u00e0 hurler en silence dans une chambre trop blanche. J\u2019ai vu Livio. Son emprise. Son obsession. Sa fa\u00e7on de modeler son pouvoir autour de la souffrance, comme s\u2019il la sculptait pour en faire une arme. Et puis j\u2019ai vu son visage\u2026 quand elle m\u2019a cru mort. J\u2019ai senti son deuil. Une douleur si profonde que mon propre c\u0153ur mort s\u2019est souvenu de battre.<\/p>\n<p>Et Aro a vu tout \u00e7a aussi.<\/p>\n<p>Je savais que Beth avait souffert. Mais je ne mesurais pas. Je ne comprenais pas que sa solitude avait \u00e9t\u00e9 une forge. Qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait b\u00e2tie seule, sans personne pour lui tendre la main. Et pourtant, elle m\u2019avait attendu.<\/p>\n<p>Elle avait surv\u00e9cu pour moi.<\/p>\n<p>Aro se rassoit, le visage d\u00e9sormais marqu\u00e9 par une lueur qu\u2019on ne peut pas feindre : le respect. Peut-\u00eatre m\u00eame la crainte.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne savais pas que perdre l\u2019amour pouvait offrir autant de pouvoirs. Si j\u2019avais su, j\u2019aurais moi-m\u00eame aim\u00e9 avec passion. \u00bb<\/p>\n<p>Je serre les dents.<br \/>\nJe sens sa fascination pour elle, et je comprends son envie de la poss\u00e9der, comme Livio avant lui. Mais elle ne sera plus jamais la chose de personne.<\/p>\n<p>Et quand il dit ces mots\u2026<\/p>\n<p>\u00ab Elle ne peut pas mourir, m\u00eame en tant que vampire. Et elle peut ma\u00eetriser le feu de fa\u00e7on \u00e0 \u00e9teindre le monde. Pourtant, son compagnon n\u2019est pas autant immortel qu\u2019elle. Il peut mourir. \u00bb<\/p>\n<p>Je comprends.<\/p>\n<p>Le levier.<br \/>\nLe chantage.<br \/>\nLe seul lien de n\u00e9gociation, c\u2019est moi.<\/p>\n<p>Et je m\u2019en fous.<\/p>\n<p>Je pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre son talon d\u2019Achille que de la voir enferm\u00e9e encore une fois. Alors, je pose un genou \u00e0 terre, sans honte, et je murmure pour qu\u2019Aro entende, mais surtout pour qu\u2019elle comprenne :<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019accepte, puis je me redresse en fixant Aro droit dans les yeux et continuant, nous tuerons Livio. Vous aurez sa t\u00eate. Et ensuite, vous nous laissez. Vous jurez de nous oublier. Vous jurez de ne pas nous suivre. Nous aurons la paix.<\/p>\n<p>Je jette un \u0153il \u00e0 Caius, qui semble d\u00e9j\u00e0 ricaner dans l\u2019ombre. Marcus, lui, reste mutique. Aro hoche la t\u00eate avec un sourire lent.<\/p>\n<p>\u2014 March\u00e9 conclu. Vous \u00eates libres\u2026 pour l\u2019instant. Comprenez que des talents comme les v\u00f4tres sont.. hum.. sont bien trop important pour ne pas \u00eatre oubli\u00e9. <\/p>\n<p>Il claque des doigts.<\/p>\n<p>\u2014 Mais restez cette nuit \u00e0 Volterra. Nous aimerions que vous rencontriez nos gardes demain. Mieux vaut savoir qui pourrait mourir pour vous, et qui contre vous.<\/p>\n<p>Je me crispe.<\/p>\n<p>\u2014 Non.<br \/>\n&#8212; Non, demande-t-il avec une sinc\u00e8re surprise.<br \/>\n\u2014 Nous partirons ce soir. Maintenant. Nous avons donn\u00e9 notre parole. Et vous avez vu ce que Beth peut faire. Si vous tenez \u00e0 votre ch\u00e2teau\u2026 ne l\u2019enfermez pas.<\/p>\n<p>Un long silence s\u2019installe.<br \/>\nPuis Aro rit, l\u00e8ve les mains, th\u00e9\u00e2tral :<\/p>\n<p>\u2014 Tr\u00e8s bien. Disparaissez. Mais je veux une chose : quand vous serez pr\u00eats\u2026 revenez. Et donnez-moi ce que je veux : la fin de Livio.<\/p>\n<p>Beth et moi quittons la pi\u00e8ce sans un regard en arri\u00e8re.<\/p>\n<p>21 avril 2006, 22h46 \u2014 En route vers Florence<\/p>\n<p>La route est calme.<br \/>\nJe conduis. Elle regarde la nuit par la fen\u00eatre.<\/p>\n<p>Nous ne parlons pas.<\/p>\n<p>Je sais qu\u2019elle est encore fig\u00e9e par tout ce qu\u2019il a vu, tout ce que j\u2019ai vu. Il n\u2019y a plus de masques entre nous. Il n\u2019y a que la v\u00e9rit\u00e9 nue. Et elle est violente. Belle. Terrible.<\/p>\n<p>J\u2019ai r\u00e9serv\u00e9 une chambre dans une petite pension de campagne, \u00e0 trente kilom\u00e8tres au sud de Florence. Une b\u00e2tisse en pierre, cach\u00e9e dans les bois. Peu de clients. Aucun vampire.<\/p>\n<p>Le feu cr\u00e9pite dans la chemin\u00e9e quand nous entrons.<br \/>\nElle s\u2019assoit en silence, jambes crois\u00e9es, les yeux dans les flammes.<\/p>\n<p>Je m\u2019agenouille devant elle.<\/p>\n<p>\u2014 Tu vas bien ?<\/p>\n<p>Elle ne r\u00e9pond pas tout de suite. Puis, simplement je reprends avec une lueur d&rsquo;humour un peu noir :<\/p>\n<p>\u2014 Je suis persuad\u00e9 que tu aimerais me dire que tu es fatigu\u00e9e, n&rsquo;est-ce-pas ? <\/p>\n<p>Mais aucune r\u00e9action. Je laisse un profond soupir s&rsquo;\u00e9chappe quand je me redresse et que je d\u00e9pose un baiser sur son front. <\/p>\n<p>\u2014 Repose-toi. Ce soir, il n\u2019y aura ni complot ni vengeance. Pas de guerre. Juste toi. Et moi.<\/p>\n<p>Je l\u2019aide \u00e0 retirer sa cape, ses bottes, je la borde sur le lit comme je l\u2019aurais fait en 1916. Puis je me pose dans le fauteuil, face \u00e0 elle, et nous nous regardons. C&rsquo;est \u00e9trange, depuis sa transformation je n&rsquo;entends plus ses pens\u00e9es. Mais je sais quand m\u00eame \u00e0 quoi elle pense. Cette sc\u00e8ne chez les Volturi doit l&rsquo;avoir perturb\u00e9e. Le feu danse dans la chemin\u00e9e.<\/p>\n<p>Et je murmure dans le noir :<\/p>\n<p>\u2014 Demain, je r\u00e9unirai ma famille&#8230; les Cullen. Demain, on sera pr\u00eats. Ils nous rejoindront. Mais ce soir\u2026 je veux que nous pensions \u00e0 nous. Tu le veux bien ? <\/p>\n<p>Dans cette chambre pittoresque, le James timide se blottit contre l&rsquo;amour de sa vie. J&rsquo;en ferme les yeux, frissonnant et laisse mon front se poser contre le sien et souffle dans un murmure : <\/p>\n<p>&#8212; Nous nous sommes retrouv\u00e9s Beth.. Rien ne pourra plus nous s\u00e9parer.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-876\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-07-01T14:21:59+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-876\">1 juillet 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>21 Avril 2006, 23h47 \u2013 Florence, Italie \u2013 <\/p>\n<p>Elle est l\u00e0, allong\u00e9e \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, sa main sur ma joue, la voix douce et grave \u00e0 la fois. Elle a toujours eu ce ton-l\u00e0 quand elle cherchait \u00e0 comprendre, \u00e0 sonder sans presser. Mais ce soir, il y a dans ses mots un m\u00e9lange de tendresse et de m\u00e9lancolie que je n\u2019avais pas entendu depuis 1918.<\/p>\n<p>Je l\u2019\u00e9coute sans l\u2019interrompre. Je la bois des yeux. Chaque mot qu\u2019elle prononce est comme une clef qui d\u00e9verrouille quelque chose de fig\u00e9 en moi. Depuis ma transformation, j\u2019ai v\u00e9cu dans une sorte d\u2019hibernation \u00e9motionnelle. J\u2019\u00e9tais fonctionnel, loyal, utile\u2026 mais je n\u2019\u00e9tais plus entier.<\/p>\n<p>Elle me redonne cette sensation de pl\u00e9nitude, m\u00eame au c\u0153ur du chaos.<\/p>\n<p>Quand elle me parle de Chicago, de son fils, de ces lieux interdits par Livio, j\u2019ai envie de lui promettre l\u2019univers entier. Je le ferai. Je le lui jure int\u00e9rieurement. Mais je sens qu\u2019elle n\u2019a pas besoin de promesses. Elle a besoin de v\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n<p>Alors quand elle me demande si j\u2019ai aim\u00e9 d\u2019autres femmes\u2026<\/p>\n<p>Je prends une profonde inspiration. C\u2019est un r\u00e9flexe humain, mais il m\u2019aide \u00e0 mettre mes pens\u00e9es en ordre.<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019ai essay\u00e9. <\/p>\n<p>Je dis \u00e7a en la regardant dans les yeux, sans d\u00e9tour. Je lui dois au moins \u00e7a.<\/p>\n<p>\u2014  Apr\u00e8s toi, j\u2019\u00e9tais\u2026 d\u00e9truit. Je ne parle pas de la transformation, ni du feu dans ma gorge. Je parle de ce vide. De toi. Carlisle m\u2019a sauv\u00e9, oui, mais il n\u2019a pas pu effacer ton souvenir. <\/p>\n<p>Je caresse doucement sa tempe du bout des doigts, l\u00e0 o\u00f9 ses m\u00e8ches blondes viennent se loger contre l\u2019oreiller.<\/p>\n<p>\u2014 Bella\u2026 elle te ressemblait. Pas physiquement. Elle est brune, timide, un peu maladroite. Mais elle avait ce truc. Cette lumi\u00e8re. Cette fa\u00e7on de voir la vie malgr\u00e9 la mort. Je me suis raccroch\u00e9 \u00e0 elle. C\u2019\u00e9tait l\u00e2che, \u00e9go\u00efste, mais je n\u2019arrivais plus \u00e0 avancer. Elle m\u2019a aid\u00e9 \u00e0 croire que je pouvais aimer \u00e0 nouveau et.. \u00eatre aim\u00e9. <\/p>\n<p>Je marque une pause. Je sens sa respiration s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer, m\u00eame si elle ne dit rien. Alors je l\u00e2che :<\/p>\n<p>\u2014 Mais ce n\u2019\u00e9tait pas de l\u2019amour. Pas vraiment. C\u2019\u00e9tait une r\u00e9plique, une illusion. Une fa\u00e7on de survivre. <\/p>\n<p>Je baisse les yeux, honteux malgr\u00e9 moi.<\/p>\n<p>\u2014  Et quand j&rsquo;ai cru la perdre.. J&rsquo;ai eu la confirmation que j&rsquo;\u00e9tais maudit. Que je ne pouvais aimer personne sans le conduire \u00e0 un destin tragique. <\/p>\n<p>Je me redresse l\u00e9g\u00e8rement sur un coude, le regard plong\u00e9 dans le sien.<\/p>\n<p>\u2014 Et puis tu es arriv\u00e9e.. Et Bella \u00e0 surv\u00e9cu. Elle est sous la protection des Quileutes, dans le Nord. Ils la cachent. C\u2019est Alice qui m\u2019a pr\u00e9venu. <\/p>\n<p>Je souris un peu, amus\u00e9 par l\u2019ironie de tout \u00e7a.<\/p>\n<p>\u2014 M\u00eame dans sa survie, Bella n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 qu\u2019un rappel de toi. Elle me renvoyait toujours \u00e0 ce que j\u2019avais perdu. Je n\u2019ai jamais su l\u2019aimer pour elle. Parce que je ne t\u2019ai jamais oubli\u00e9e, Beth. Pas une seconde. <\/p>\n<p>Je reprends doucement sa main entre les miennes, et mes pouces dessinent des cercles lents sur sa paume.<\/p>\n<p>\u2014 Ce n\u2019\u00e9tait pas des ann\u00e9es de reconstruction. C\u2019\u00e9tait des ann\u00e9es d\u2019attente. <\/p>\n<p>Je l\u2019attire \u00e0 moi. Son front se pose contre le mien \u00e0 nouveau. Nos souffles sont inutiles, mais je jurerais qu\u2019on respire ensemble.<\/p>\n<p>\u2014 Tu es mon unique promesse. Celle que j\u2019ai faite avant m\u00eame de comprendre ce qu\u2019\u00e9tait la vie. Tu es ce que j\u2019ai toujours voulu. Et aujourd\u2019hui, malgr\u00e9 tout ce qu\u2019on a perdu, malgr\u00e9 tout ce qui nous a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9\u2026 tu es l\u00e0. <\/p>\n<p>Je ferme les yeux un instant, puis rouvre doucement, le regard plong\u00e9 dans le sien.<\/p>\n<p>\u2014 Alors oui, on ira \u00e0 Chicago. Je t\u2019aiderai \u00e0 retrouver la tombe de ta famille, \u00e0 savoir pour ton fils. On fera tout ce que tu veux, Beth. M\u00eame grimper aux arbres, s\u2019il le faut. <\/p>\n<p>Je souris en coin, en \u00e9cho au souvenir de mon front \u00e9corch\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014  Mais surtout, je veux qu\u2019on reprenne l\u00e0 o\u00f9 on s\u2019est arr\u00eat\u00e9s. Je ne parle pas de nos r\u00eaves d\u2019enfants. Je parle de notre promesse d\u2019aimer. Celle-l\u00e0, je ne l\u2019ai jamais rompue. <\/p>\n<p>Je l\u2019embrasse enfin, doucement, tendrement, comme si nos l\u00e8vres se souvenaient du baiser qu\u2019elles n\u2019avaient pas eu le temps de vivre en 1918.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-882\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-07-02T14:57:34+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-882\">2 juillet 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>22 Avril 2006, 00h12 \u2014 Florence, Italie<\/p>\n<p>Ses jambes autour de mes hanches, ses mains tenant les miennes comme un serment renouvel\u00e9, ses l\u00e8vres contre les miennes comme si elles me rappelaient ce que c\u2019\u00e9tait de respirer : c\u2019est irr\u00e9el.<\/p>\n<p>Je sens sa chaleur, son feu \u2014 au sens propre comme au figur\u00e9. Chaque geste, chaque soupir, chaque frisson m\u2019enveloppe dans un vertige que je croyais r\u00e9serv\u00e9 aux souvenirs ou aux r\u00eaves. Et pourtant\u2026 malgr\u00e9 le d\u00e9sir br\u00fblant qui pulse \u00e0 travers mes veines de pierre, malgr\u00e9 la beaut\u00e9 d\u00e9concertante de cette femme que j\u2019aime depuis toujours, je suis paralys\u00e9.<\/p>\n<p>Elle doit le sentir. Elle le voit dans mes yeux. Cette peur presque enfantine. Cette g\u00eane que je croyais avoir d\u00e9pass\u00e9e depuis ma transformation.<\/p>\n<p>Mais comment lui dire que je ne sais pas\u202f? Que je n\u2019ai jamais su ? Que mon corps est encore fig\u00e9 dans l\u2019innocence du pass\u00e9 alors que le sien a \u00e9t\u00e9 contraint \u00e0 une intimit\u00e9 qu\u2019elle ne d\u00e9sirait pas ?<\/p>\n<p>Elle comprend sans que je parle. Comme toujours.<\/p>\n<p>\u00ab Eh\u2026 Ce n\u2019est pas grave tu sais ? \u00bb<\/p>\n<p>Sa voix est douce, sans jugement. Elle ne se moque pas, elle ne doute pas. Elle ne fait que m\u2019accueillir tel que je suis. Et ce geste simple \u2014 poser sa main sur ma joue pour me forcer \u00e0 la regarder \u2014 me touche plus profond\u00e9ment que tout.<\/p>\n<p>\u00ab Finalement c\u2019est certainement moi qui devrais avoir honte\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Non, jamais.<\/p>\n<p>Quand elle s\u2019allonge \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, qu\u2019elle raconte sa nuit de noces, j\u2019ai envie d\u2019arracher le pass\u00e9. De mordre ce nom, Dereck, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il disparaisse de sa m\u00e9moire. Mais je me contente de l\u2019\u00e9couter. Parce qu\u2019elle a besoin de le dire. Et moi, j\u2019ai besoin de l\u2019entendre pour la comprendre.<\/p>\n<p>Quand elle \u00e9voque la lingerie en dentelle fran\u00e7aise, un rire nerveux m\u2019\u00e9chappe. J\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir \u00e0 nouveau dix-huit ans. La simple id\u00e9e de la voir d\u00e9faire les lacets d\u2019un corset m\u2019aurait probablement fait tomber dans les pommes \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est quand m\u00eame amusant de se dire qu\u2019on s\u2019aime et que tu n\u2019as jamais vu, ne serait-ce qu\u2019un morceau de mon ventre\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Elle a raison. Il y avait tant d\u2019interdits. Mais c\u2019est justement \u00e7a qui rendait l\u2019amour si pr\u00e9cieux, si sacr\u00e9. Aujourd\u2019hui, je ressens ce m\u00eame respect. Je la d\u00e9sire, oui. Ardemment. Mais pas comme un conqu\u00e9rant. Pas comme un vampire affam\u00e9. Je la d\u00e9sire comme on attend une \u00e9toile filante : avec espoir, \u00e9merveillement, et une infinie patience.<\/p>\n<p>Alors je souris. Et je reste l\u00e0, \u00e0 la regarder. \u00c0 l\u2019aimer sans h\u00e2te. Nous avons l\u2019\u00e9ternit\u00e9 devant nous. Et cette nuit, nous n\u2019avons besoin que d\u2019un lit partag\u00e9, d\u2019une main serr\u00e9e, d\u2019un regard.<\/p>\n<p>22 Avril 2006 \u2013 9h40, A\u00e9roport de Florence \u2013 Embarquement vers Seattle<\/p>\n<p>Je ne l\u2019ai pas l\u00e2ch\u00e9e d\u2019un pas. Une part de moi a peur qu\u2019elle disparaisse si je d\u00e9tourne le regard. C\u2019est idiot, je le sais. Mais \u00e7a fait partie du traumatisme : perdre Beth une fois m\u2019a suffi pour mille vies.<\/p>\n<p>Elle ne dit rien quand je parle \u00e0 Carlisle au t\u00e9l\u00e9phone. Je sens la tension dans sa m\u00e2choire, le froid dans ses iris \u00e9carlates. Je connais ce regard. Celui qu\u2019elle portait lorsqu\u2019on \u00e9tait enfants et qu\u2019elle m\u2019en voulait. Il n\u2019\u00e9tait jamais accompagn\u00e9 de haine. Juste d\u2019une peine immense. <\/p>\n<p>Mais il y a aussi la question de la faim. Elizabeth n&rsquo;a pas le m\u00eame r\u00e9gime que moi et je sais qu&rsquo;elle a profit\u00e9 de mes occupations de r\u00e9servation de vol pour aller se nourrir sur un humain. Je ne dis rien, mais je sais qu&rsquo;une fois arriv\u00e9 \u00e0 Forks cela risque de poser probl\u00e8me, surtout avec les Quileutes avec qui nous avons un trait\u00e9. <\/p>\n<p>L\u2019avion d\u00e9colle. Elle regarde les nuages sans rien dire. Moi, je me pr\u00e9pare.<\/p>\n<p>Seattle. La villa Cullen. Mes fr\u00e8res, mes s\u0153urs, Esm\u00e9e\u2026 Carlisle. C\u2019est tout un monde que je m\u2019appr\u00eate \u00e0 lui pr\u00e9senter, et je sais qu\u2019elle n\u2019en veut pas. Je le ressens. Mais je dois le faire. Parce qu\u2019ils sont ma famille. Parce qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 l\u00e0 quand je n\u2019\u00e9tais qu\u2019un spectre.<\/p>\n<p>Et aussi\u2026 parce qu\u2019elle m\u00e9rite d\u2019\u00eatre incluse dans une famille couverte d&rsquo;attention et d&rsquo;amour. <\/p>\n<p>22 Avril 2006 \u2013 13h03 \u2013 Seattle, villa Cullen<\/p>\n<p>Je tiens sa main. Elle est glac\u00e9e, plus que d\u2019habitude. Elle se retient.<\/p>\n<p>Ils sortent un \u00e0 un sur le perron, pr\u00e9venus par Alice. Je m\u2019arr\u00eate avec elle au pied de l\u2019all\u00e9e, le temps de respirer. Puis, doucement :<\/p>\n<p>\u2014 Je sais que tu n\u2019as pas envie d\u2019\u00eatre ici\u2026 mais ce ne sont pas nos ennemis, Beth. Ce sont ceux qui m\u2019ont aid\u00e9 \u00e0 survivre. Je sais qu&rsquo;ils deviendront aussi les tiens. <\/p>\n<p>Je d\u00e9signe chaque membre en les approchant :<\/p>\n<p>\u2014  Lui, c\u2019est Emmett. Il fait peur, mais il est plus tendre qu\u2019un chiot.<br \/>\n&#8212; La ferme James, ronchonne-t-il en essayant de para\u00eetre plus f\u00e9roce encore ce qui me fait rire.<br \/>\n&#8212; Voici Rosalie, sa femme, a le caract\u00e8re d\u2019une reine et un sens de la loyaut\u00e9 f\u00e9roce. <\/p>\n<p>Beth incline \u00e0 peine la t\u00eate. Rosalie la d\u00e9visage, intrigu\u00e9e, retrouvant en Beth des traits qu&rsquo;elle poss\u00e8de.<\/p>\n<p>\u2014 L\u00e0, c\u2019est Jasper. Il peut sentir les \u00e9motions. Et Alice, tu la connais. <\/p>\n<p>Alice s\u2019approche et lui adresse un l\u00e9ger sourire respectueux. Elle n\u2019en fait pas trop. C\u2019est bien.<\/p>\n<p>&#8212; Je suis tellement heureuse de te revoir.. Nous deviendrons d&rsquo;excellentes amies.<br \/>\n\u2014 Et voici Esm\u00e9e. Elle est\u2026 l\u2019\u00e2me de cette maison. Elle t\u2019aimera d\u00e8s qu\u2019elle saura que je t\u2019aime. C&rsquo;est notre m\u00e8re..<br \/>\n&#8212; Bienvenue parmi nous Elizabeth, dit-elle en venant prudemment prendre ses mains dans les siennes avec son sourire tendre et maternel, il y avait longtemps que j&rsquo;avais h\u00e2te de faire ta connaissance. <\/p>\n<p>Je souris \u00e0 Esm\u00e9e qui est une m\u00e8re pour moi. La mienne me manque toujours et je pense souvent \u00e0 elle. Mais Esm\u00e9e a sut m&rsquo;apprivoiser, me rassurer et \u00eatre une oreille attentive sans jugement. Et pour \u00e7a, je lui en serais toujours reconnaissant. Enfin, je m\u2019arr\u00eate devant Carlisle. Je sens la tension de Beth monter. Je serre sa main un peu plus fort.<\/p>\n<p>\u2014 Tu.. Tu te souviens de Carlisle ?<br \/>\n&#8212; Beth, dit-il humblement, notre maison t&rsquo;est grande ouverte. Bienvenue. <\/p>\n<p>Elle garde le silence. Mais elle reste. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e9norme. Je ne perds pas de temps et d\u00e9cide d&rsquo;officiellement la pr\u00e9senter. <\/p>\n<p>\u2014 Voici Elizabeth.. Beth, ma fianc\u00e9e. Et nous avons besoin de votre aide pour la lib\u00e9rer de Livio. <\/p>\n<p>Un silence. Puis Esm\u00e9e sourit toujours et propose son bras \u00e0 Beth. Emmett hoche la t\u00eate. Rosalie croise les bras, m\u00e9fiante mais curieuse. Jasper incline l\u00e9g\u00e8rement le menton. Alice rayonne.<\/p>\n<p>Et Carlisle, lui, baisse les yeux. Je crois qu\u2019il comprend. Beth est ici. Avec moi. Et rien ni personne ne changera cela d\u00e9sormais. Mais dans ses pens\u00e9es et dans celles de tous les autres, je sais qu&rsquo;ils nous aideront, car nous sommes une famille.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-888\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-07-07T19:04:38+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-888\">7 juillet 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Je suis rest\u00e9 sur le perron longtemps apr\u00e8s que Beth se soit \u00e9loign\u00e9e dans la for\u00eat, comme on regarde partir un orage sans oser encore croire qu\u2019il est pass\u00e9. Le silence autour de moi n\u2019avait rien de paisible. Il avait la lourdeur d\u2019une pluie suspendue, d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 qui cogne aux tempes. Derri\u00e8re moi, les autres attendaient. Certains en col\u00e8re, d\u2019autres inquiets. Mais tous fig\u00e9s.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas besoin de les entendre pour savoir ce qu\u2019ils pensent. Je ressens la tension d\u2019Emmett dans son poing ferm\u00e9, la m\u00e9fiance sourde de Jasper qui vibre sous sa peau. Je sens m\u00eame la peine d\u2019Esm\u00e9e, comme un frisson maternel qui traverse l\u2019air.<\/p>\n<p>Et pourtant, c\u2019est de Beth que je m\u2019inqui\u00e8te.<\/p>\n<p>Je sais que sa col\u00e8re est une cuirasse. Une armure pour ne pas tomber en morceaux. Elle attaque parce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 bris\u00e9e trop souvent, trop violemment. Je suis le seul qu\u2019elle laisse encore approcher sans les crocs.<\/p>\n<p>Et m\u00eame moi\u2026 parfois je sens que je vacille au bord de sa m\u00e9fiance.<\/p>\n<p>J\u2019aurais voulu lui \u00e9pargner tout \u00e7a. Ce retour \u00e0 la villa. Les visages trop souriants. La fa\u00e7ade parfaite. Mais elle doit comprendre que ce que j\u2019ai trouv\u00e9 ici, ce n\u2019est pas un mensonge. C\u2019est un refuge. Une famille. Imperfaite, certes, mais r\u00e9elle. Et aujourd\u2019hui, j\u2019ai besoin qu\u2019elle les voie \u00e0 travers mes yeux.<\/p>\n<p>Quand elle est revenue des bois, Rosalie \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, j\u2019ai su que quelque chose avait chang\u00e9. Pas un miracle. Pas une r\u00e9v\u00e9lation. Mais un premier pas.<\/p>\n<p>Elle n\u2019a rien dit quand elle m\u2019a retrouv\u00e9. Elle s\u2019est simplement blottie contre moi. Et dans ce silence-l\u00e0, j\u2019ai compris qu\u2019elle avait besoin de v\u00e9rit\u00e9. Pas de discours enjoliv\u00e9s. Pas de faux-semblants.<\/p>\n<p>Alors je l\u2019ai men\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cart, sur le balcon du deuxi\u00e8me \u00e9tage, l\u00e0 o\u00f9 la rivi\u00e8re semble murmurer des secrets \u00e0 ceux qui veulent encore \u00e9couter.<\/p>\n<p>\u2014 Beth, j\u2019ai quelque chose \u00e0 te dire.<\/p>\n<p>Ses yeux \u00e9carlates se posent sur moi, calmes en apparence, mais pr\u00eats \u00e0 se ternir \u00e0 la moindre erreur.<\/p>\n<p>\u2014 Tu sais que les Cullen et moi vivons selon un autre r\u00e9gime. Pas pour faire semblant d\u2019\u00eatre meilleurs\u2026 mais pour vivre autrement. Parmi les humains. Sans leur faire de mal. Je ne te demande pas de changer qui tu es. Je te demande seulement\u2026 si tu pourrais essayer.<\/p>\n<p>Mais je n\u2019ai pas le temps d\u2019entendre sa r\u00e9ponse, Jasper nous appelle en bas. Quand tout le monde s\u2019est rassembl\u00e9 dans le salon, j\u2019ai pris la parole.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait temps d\u2019aborder Livio.<\/p>\n<p>Nous avons besoin de nous organiser. De nous unir. Pas seulement pour survivre \u2014 mais pour prot\u00e9ger ceux que nous aimons.<br \/>\nEt Beth, qu\u2019elle le veuille ou non, est \u00e0 pr\u00e9sent au c\u0153ur de ce combat.<\/p>\n<p>\u00ab Il viendra pour elle. Il la consid\u00e8re comme une possession. Un troph\u00e9e. Et il sait qu\u2019elle est la seule capable de le renverser. \u00bb<\/p>\n<p>Un plan s\u2019esquisse. Jasper parle de cr\u00e9er un leurre, Alice d\u2019\u00e9tendre ses visions. Emmett et Rosalie se pr\u00e9parent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 partir pour Macao afin de retrouver un vampire ancien, que Livio ne pourra pas ignorer. Une de ses cr\u00e9ations. Un point faible.<\/p>\n<p>Beth \u00e9coute sans interrompre. Elle observe. Elle jauge.<\/p>\n<p>Et quand le silence retombe, c\u2019est elle qui parle la derni\u00e8re :<\/p>\n<p>\u2014 Alors on a un plan. Et une famille, dit Esmee avec son \u00e9ternel sourire maternel. <\/p>\n<p>Ce mot. Famille.<\/p>\n<p>Mon c\u0153ur s\u2019est contract\u00e9 dans ma poitrine.<br \/>\nAllait-elle l\u2019accepter ? Pour le moment, elle n\u2019avait pas fuit. Pas totalement, pas encore. Mais elle a entrouvert une porte. Et parfois, c\u2019est tout ce dont on a besoin pour que la lumi\u00e8re entre.<\/p>\n<p>Je me suis tourn\u00e9 vers elle, incapable de cacher l\u2019\u00e9motion dans ma voix.<\/p>\n<p>\u2014 Merci.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas dit pourquoi. Elle a compris. Pour le compromis. Pour l\u2019effort. Pour le courage. Pour m\u2019avoir choisi, encore.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-894\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-07-11T10:35:13+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-894\">11 juillet 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>22 avril 2006 \u2013 Villa des Cullen, Forks<\/p>\n<p>Je l\u2019ai observ\u00e9e depuis le seuil, cette silhouette tendue et fi\u00e8re qui se tenait devant la baie vitr\u00e9e, comme une louve dress\u00e9e entre sa peur et l\u2019instinct de tuer. Ses \u00e9paules semblaient droites, mais je savais ce que ce dos cambr\u00e9 dissimulait : une douleur ancienne, chevill\u00e9e \u00e0 la colonne. Un deuil inavou\u00e9, un amour sacrifi\u00e9, une libert\u00e9 broy\u00e9e.<\/p>\n<p>Elle se tient l\u00e0, le regard perdu dans les remous de la for\u00eat, et je sens son esprit ailleurs. Toujours sur la d\u00e9fensive. Toujours pr\u00eate \u00e0 mordre. Et pourtant\u2026 elle est revenue.  J\u2019avance lentement, sans bruit, comme s\u2019approche un homme de sa d\u00e9esse tomb\u00e9e en flammes.<\/p>\n<p>Je m\u2019arr\u00eate \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, les mains dans les poches, le c\u0153ur en \u00e9quilibre pr\u00e9caire. Elle sait que je suis l\u00e0. Elle ne d\u00e9tourne pas les yeux, mais sa voix fend le silence comme un couperet :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour ce que tu m\u2019as dit en haut\u2026 je ne peux pas m\u2019y r\u00e9soudre. Pas maintenant. J\u2019ai besoin de toutes mes forces, James. Et je sais que \u00e7a te para\u00eet inacceptable, que \u00e7a en r\u00e9voltera d\u2019autres ici, mais\u2026 je ne peux pas me nourrir comme vous. Pas encore.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle d\u00e9signe d\u2019un signe \u00e0 peine perceptible les bois. Je sais qu\u2019elle sent leur pr\u00e9sence. Les Quileutes. Ces sentinelles de chair et d\u2019os qui grondent \u00e0 la fronti\u00e8re de notre monde, pr\u00eats \u00e0 bondir \u00e0 la moindre erreur. Je reste silencieux, puis je r\u00e9ponds, d\u2019une voix basse et calme :<\/p>\n<p>\u2014 Alors je viendrai avec toi.<\/p>\n<p>Elle se tourne vers moi, \u00e9tonn\u00e9e. J\u2019ajoute, les yeux riv\u00e9s aux siens :<\/p>\n<p>\u2014 Je ne te laisserai pas chasser seule. Pas tant que Livio r\u00f4de quelque part. Je couvrirai tes arri\u00e8res, quoi qu\u2019il arrive.<\/p>\n<p>Son regard se trouble, comme s\u2019il n\u2019avait pas pr\u00e9vu \u00e7a. Elle s\u2019attendait \u00e0 ce que je proteste, que je sois d\u00e9\u00e7u, ou pire, que je doute. Mais comment pourrais-je ? Elle est tout ce qui me reste de ce que j\u2019\u00e9tais, tout ce que je suis encore.<\/p>\n<p>\u2014 Je t\u2019ai aim\u00e9e bien avant d\u2019\u00eatre ce que je suis devenu, Beth. Et aujourd\u2019hui, je t\u2019aime assez pour marcher avec toi, peu importe le chemin. M\u00eame s\u2019il me blesse. M\u00eame si je ne le comprends pas toujours.<\/p>\n<p>Je prends sa main, doucement, et la chaleur imaginaire de ce geste suffit \u00e0 la faire trembler.<\/p>\n<p>Puis elle me parle de Livio. De son pass\u00e9, de ses blessures. De l\u2019amour qu\u2019on lui a arrach\u00e9. De cette femme sacrifi\u00e9e, de cette vengeance devenue credo, poison, destin\u00e9e. Je l\u2019\u00e9coute. Je ne nie rien. Et pourtant, quand elle termine, je ne peux pas me taire.<\/p>\n<p>\u2014 Oui\u2026 il a souffert. Comme toi. Comme moi. Comme bien d\u2019autres. Et oui, ce monde est injuste. Mais la souffrance n\u2019est pas une justification. Elle n\u2019autorise pas la destruction.<\/p>\n<p>Je me tais un instant. Puis je reprends, plus doucement :<\/p>\n<p>\u2014 Tu crois que sa col\u00e8re est noble. Qu\u2019elle est n\u00e9e de l\u2019amour. Mais moi, je n\u2019y vois que de la peur. Une peur immense, celle d\u2019aimer encore et de tout perdre \u00e0 nouveau. Il d\u00e9truit pour ne plus avoir \u00e0 construire. Et \u00e7a, Beth\u2026 ce n\u2019est pas une force. C\u2019est une fuite.<\/p>\n<p>Elle m\u2019\u00e9coute sans broncher. Alors j\u2019ose plus encore :<\/p>\n<p>\u2014 Livio croit punir le monde. Mais il l\u2019ignore. Il n\u2019a jamais appris ce qu\u2019\u00e9tait une famille. Il n\u2019a jamais connu la patience d\u2019Esm\u00e9e, la loyaut\u00e9 d\u2019Emmett, l\u2019intuition d\u2019Alice, la force tranquille de Jasper\u2026 Il ne sait pas qu\u2019on peut \u00eatre sauv\u00e9, pas seulement par l\u2019amour romantique, mais par les liens qu\u2019on tisse, un \u00e0 un, au prix du doute, de la peur et du pardon.<\/p>\n<p>Je serre sa main un peu plus fort.<\/p>\n<p>\u2014 Beth, tu as le droit d\u2019\u00eatre en col\u00e8re. Tu as le droit de ne pas pardonner. Mais tu n\u2019as pas le droit de devenir ce qu\u2019il est. Parce que tu n\u2019es pas Livio. Tu es toi. Tu es cette femme qui lisait Jules Verne \u00e0 la lueur d\u2019une lanterne. Celle qui r\u00e9parait mon cerf-volant au lieu de me gronder. Celle qui voulait sauver des vies. Celle qui savait dire \u00e0 son ennemi qu&rsquo;il \u00e9tait ridicule. Celle qui, m\u00eame apr\u00e8s la douleur, n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre belle dans sa fa\u00e7on d\u2019aimer. Celle qui.. J&rsquo;aurais encore tellement de choses \u00e0 citer.<\/p>\n<p>Je m\u2019approche un peu plus, et je chuchote en passant mon pouce sur sa l\u00e8vre inf\u00e9rieure :<\/p>\n<p>\u2014 Tu veux te battre ? Alors bats-toi. Mais pas pour venger l\u2019enfant que tu \u00e9tais. Bats-toi pour celle que tu es devenue. Et pour celle que tu peux encore \u00eatre. Une femme libre. Aim\u00e9e. Enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Un silence retombe. Dense. Charg\u00e9. Puis je glisse, presque dans un souffle :<\/p>\n<p>\u2014 Je suis l\u00e0. Et je resterai l\u00e0. Dans ta chasse, dans ta peine, dans ta guerre, s\u2019il le faut. Juste.. Promets-moi que tu te souviendras\u2026 que le feu que tu portes en toi peut \u00e9clairer autant qu\u2019il peut d\u00e9truire.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-906\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-08-04T15:06:55+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-906\">4 ao\u00fbt 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Le corps de Victoria n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un tas de cendres fumantes quand elle disparut dans la nuit, emportant avec elle les derni\u00e8res illusions que James nourrissait encore sur ce que le monde pouvait lui offrir. Beth, ou ce qu\u2019il restait d\u2019elle, ne s\u2019\u00e9tait m\u00eame pas retourn\u00e9e. Pas un regard. Pas une main tendue. Pas m\u00eame un soupir pour lui prouver qu\u2019elle luttait encore, quelque part, contre les t\u00e9n\u00e8bres qui l\u2019engloutissaient.<\/p>\n<p>Il aurait pu la suivre. Il aurait pu lui courir apr\u00e8s, hurler son nom dans la for\u00eat, tomber \u00e0 genoux et la supplier de rester. Mais \u00e0 quoi bon ? Elle ne voulait plus de lui. Elle ne voulait plus de ce r\u00eave ridicule d\u2019humanit\u00e9 qu\u2019il s\u2019\u00e9vertuait \u00e0 d\u00e9fendre comme un chevalier mourant prot\u00e9geant un ch\u00e2teau en ruines. Alors il n\u2019avait rien dit. Il avait seulement lev\u00e9 les yeux vers la cime des arbres noirs, puis s\u2019\u00e9tait tourn\u00e9, lentement, et avait march\u00e9. March\u00e9, encore et encore, jusqu\u2019\u00e0 ce que la for\u00eat se transforme en rochers escarp\u00e9s, que les troncs c\u00e8dent leur place \u00e0 des murailles de pierre et que la neige vienne l\u00e9cher ses bottes comme un linceul silencieux.<\/p>\n<p>Le froid ne l\u2019atteignait pas. Ni la fatigue. Ni le vent qui giflait son visage comme autant de rappels de sa solitude.<\/p>\n<p>Il atteignit enfin un sommet d\u00e9sert, \u00e0 peine un promontoire battu par la temp\u00eate, et s\u2019y arr\u00eata. L\u00e0, le monde s\u2019\u00e9tendait en contrebas, vaste, fig\u00e9, impitoyable. Il aurait pu y voir de la beaut\u00e9. Une beaut\u00e9 glac\u00e9e, brutale, indomptable \u2014 comme elle. Mais il ne voyait plus rien.<\/p>\n<p>Il poussa un hurlement, un cri qui ne ressemblait plus \u00e0 celui d\u2019un homme, mais \u00e0 celui d\u2019un fauve bless\u00e9. Il lac\u00e9ra la roche de ses poings, creusa la terre gel\u00e9e de ses ongles. Le sang de ses victimes s\u00e9chait encore sur sa peau, m\u00eal\u00e9 \u00e0 la cendre de Victoria. C\u2019\u00e9tait grotesque. Indigne. Et pourtant\u2026 c\u2019\u00e9tait tout ce qui lui restait. James tomba \u00e0 genoux. Et cette fois, il pleura.<\/p>\n<p>Mais ses larmes n\u2019avaient plus rien d\u2019humain. C\u2019\u00e9taient les sanglots d\u2019un c\u0153ur qui se brise une seconde fois, d\u2019une \u00e2me qui s\u2019\u00e9tait obstin\u00e9e \u00e0 croire que l\u2019amour pouvait tout r\u00e9parer, m\u00eame ce qui avait \u00e9t\u00e9 massacr\u00e9. Le vent les emporta. Il n\u2019en resta rien.<\/p>\n<p>Puis le silence.<br \/>\nUn silence terrible, qui s\u2019infiltra jusqu\u2019\u00e0 ses os.<\/p>\n<p>Son regard changea. Quelque chose s\u2019\u00e9teignit dans ses prunelles couleur bleut\u00e9es. Ce qu\u2019il avait prot\u00e9g\u00e9, ce qu\u2019il avait nourri de souvenirs, de promesses, d\u2019espoirs fous, tout cela mourut l\u00e0, dans la neige.<\/p>\n<p>Beth n\u2019\u00e9tait plus l\u00e0. Et elle ne reviendrait pas. Il n\u2019\u00e9tait plus James, l\u2019amoureux transi qui griffonnait son nom dans des carnets anciens. Il n\u2019\u00e9tait plus le jeune homme transform\u00e9 \u00e0 contrec\u0153ur, tenant encore \u00e0 ses id\u00e9aux absurdes.<\/p>\n<p>Il devenait autre chose. Quelque chose de plus ancien. De plus dangereux. De plus vrai. De plus violent et d\u2019incontr\u00f4lable.<\/p>\n<p>Il ferma les yeux.<\/p>\n<p>L\u2019humanit\u00e9 qui subsistait encore en lui, cette voix int\u00e9rieure, douce et lumineuse, qui murmurait le pr\u00e9nom de Beth comme une pri\u00e8re fut engloutie par la temp\u00eate. Il n\u2019y eut plus que le silence et la faim. Un vide pur, parfait.<\/p>\n<p>Quand il se releva, c\u2019\u00e9tait un autre regard qui brillait dans ses yeux. Un regard froid, d\u00e9nu\u00e9 d\u2019attaches. Le genre de regard qu\u2019un pr\u00e9dateur pose sur sa proie avant de la traquer jusqu\u2019\u00e0 extinction.<\/p>\n<p>Il n\u2019irait pas retrouver Carlisle pour panser ses plaies. Il n\u2019irait pas supplier Bella de comprendre. Il n\u2019irait pas chercher des excuses. Il \u00e9tait seul. Et dans cette solitude, il trouvait enfin une forme de paix. Plus de promesses. Plus de cha\u00eenes. Plus de limites. Juste la libert\u00e9 et la soif.<\/p>\n<p>Il disparut dans la montagne sans un bruit.<\/p>\n<p>Demain, l\u2019aube se l\u00e8verait sur un monde o\u00f9 James n\u2019aurait plus de Beth \u00e0 chercher. Plus de futur \u00e0 esp\u00e9rer. Seulement une l\u00e9gende \u00e0 \u00e9crire, celle d\u2019un vampire au c\u0153ur d\u00e9vast\u00e9, qui avait choisi de devenir l\u2019ombre qu\u2019on craignait au fond des bois.<\/p>\n<p>Et cette fois, il ne fuirait plus ce qu\u2019il \u00e9tait car cela lui permettrait de d\u00e9truire celui qui avait d\u00e9truit sa fianc\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-912\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-08-08T09:38:10+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-912\">8 ao\u00fbt 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Chicago, 2 mai 2006 \u2013 Cimeti\u00e8re Nord, Mausol\u00e9e de la famille Phillips<\/p>\n<p>Le vent portait encore l\u2019odeur des morts. Une odeur s\u00e8che, poussi\u00e9reuse, m\u00eal\u00e9e au parfum amer de la pierre mouill\u00e9e. James avan\u00e7ait parmi les tombes comme une ombre, chaque pas absorbant le murmure des vivants qui, loin de l\u00e0, croyaient \u00eatre en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Il savait qu\u2019elle \u00e9tait venue ici. Son parfum, bien que plus froid, plus lourd qu\u2019avant, flottait encore entre les mausol\u00e9es. Ce parfum qu\u2019il aurait pu suivre les yeux ferm\u00e9s\u2026 autrefois. Aujourd\u2019hui, ce n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un fil rouge qui menait vers le c\u0153ur de sa rage..<\/p>\n<p>Elle n\u2019\u00e9tait plus avec lui. Elle ne serait plus jamais avec lui. Non pas parce qu\u2019elle l\u2019avait choisi\u2026 mais parce qu\u2019on la lui avait prise. Arrach\u00e9e comme on arrache une lame encore plant\u00e9e dans la chair, laissant la plaie ouverte et b\u00e9ante. Livio. Ce nom battait dans son cr\u00e2ne comme le glas d\u2019une \u00e9glise maudite. Il s\u2019arr\u00eata devant le mausol\u00e9e, lisant les noms grav\u00e9s dans le marbre. Elizabeth Hellen Phillips. 1901-1923. Un mensonge de pierre. Un symbole de ce qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9, avant que cet italien maudit ne la torde, ne la d\u00e9forme, ne la sculpte en un \u00eatre qu\u2019elle-m\u00eame craignait de regarder dans un miroir.<\/p>\n<p>Il imagina la sc\u00e8ne. Elle, \u00e0 genoux, parlant aux morts. Ses mains caressant la pierre comme si elle cherchait \u00e0 s\u2019y ancrer. Ses larmes, rares, tra\u00e7ant un chemin fragile sur sa peau glaciale. Et Livio, surgissant de l\u2019ombre comme un serpent, pour siffler ses menaces et la briser \u00e0 nouveau. James ne l\u2019avait pas vue\u2026 mais il savait. Il connaissait trop bien le pr\u00e9dateur. Cette image, dans son esprit, attisa le brasier qui consumait d\u00e9j\u00e0 son \u00e2me.<\/p>\n<p>Alors, il fit ce qu\u2019il savait faire de mieux : il devint la temp\u00eate.<\/p>\n<p>Il n\u2019y eut pas de plan. Pas de discours. Pas de patience. Seulement la soif pas celle du sang, mais celle de la destruction. Tout ce que Livio avait b\u00e2ti, chaque repaire, chaque alli\u00e9, chaque pantin docile \u00e0 ses ordres\u2026 James avait d\u00e9cider de les traquer, de les d\u00e9membrer, de les r\u00e9duire en cendres.<\/p>\n<p>Les nuits qui suivirent furent une saign\u00e9e. En effet, \u00e0 Detroit, il vida un manoir de douze vampires en moins de trois heures. Puis, \u00e0 Toronto, il fit dispara\u00eetre un cercle d\u2019influence que Livio entretenait depuis cinquante ans. Enfin, \u00e0 Boston, il mit le feu \u00e0 un entrep\u00f4t o\u00f9 dormaient ses cr\u00e9atures, les enfermant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur pour les \u00e9couter hurler.<\/p>\n<p>Le pire dans tout \u00e7a, c&rsquo;est qu&rsquo;il commen\u00e7ait \u00e0 y prendre plaisir et qu&rsquo;il ne s&rsquo;en inqui\u00e9tait pas. Il avait d\u00e9finitivement tourn\u00e9 le dos \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9, la compassion et l&rsquo;amour. Et \u00e0 chaque ville, il se plaisait \u00e0 laisser une trace. Non pas pour que Livio le trouve\u2026 mais pour qu\u2019il comprenne. Pour qu\u2019il sache qu\u2019aucun sanctuaire ne r\u00e9sisterait et qu&rsquo;il le traquerait, qu&rsquo;il le d\u00e9truirait quoi qu&rsquo;il lui en co\u00fbte. <\/p>\n<p>Les Cullen vinrent. Bien s\u00fbr. Carlisle, ce p\u00e8re d&rsquo;adoption qu&rsquo;il avait tant et tant voulu rendre fier. Il vint avec sa voix douce, ses yeux emplis de compassion, essayant de sauver ce qui ne pouvait plus l\u2019\u00eatre. Alice, sa soeur, tendue, l\u2019implorant de s\u2019arr\u00eater, de lui rappeler par t\u00e9l\u00e9pathie toutes ces images de douceur et de dur travail qu&rsquo;il avait accompli. Mais James les repoussa tous, sans haine, sans col\u00e8re contre eux. Juste avec ce d\u00e9tachement froid de celui qui n\u2019a plus de place pour autre chose que la vengeance.<\/p>\n<p>Il n\u2019avait plus de famille. Plus d\u2019amis. Plus d\u2019humanit\u00e9. Seulement une mission. Et, parfois, dans un \u00e9clat de rage pure, il allait plus loin encore que Livio lui-m\u00eame. Pas seulement tuer\u2026 mais inspirer une peur si profonde que m\u00eame les immortels en perdaient la voix.<\/p>\n<p>Il ne se demandait pas si Beth approuvait.<br \/>\nIl ne se demandait pas si elle pleurait encore pour lui.<br \/>\nIl ne se demandait pas si elle l\u2019aimait.<\/p>\n<p>Elle n\u2019\u00e9tait plus l\u2019horizon qui guidait ses pas. Elle \u00e9tait devenue la blessure qui les nourrissait. Et cette blessure ne se refermerait que lorsque Livio ne serait plus qu\u2019une ombre effac\u00e9e de ce monde. Maintenant, il savait que la suite de sa qu\u00eate, se poursuivrait \u00e0 New York et d\u00e9terminerait la fin de Livio ou la sienne.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-918\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-08-11T19:16:53+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-918\">11 ao\u00fbt 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>La pluie tombait en nappes \u00e9paisses, martelant les trottoirs comme un millier de tambours fun\u00e8bres. L\u2019odeur m\u00e9tallique de l\u2019eau m\u00eal\u00e9e aux effluves de la ville saturait l\u2019air, presque suffocante. James avan\u00e7ait, capuche rabattue, chaque pas mesur\u00e9, pr\u00e9cis. Les Hedlund le suivaient, silhouettes fantomatiques dans la p\u00e9nombre. Sora, la fille de la Sorci\u00e8re fermait la marche, un voile noir plaqu\u00e9 sur ses cheveux d\u00e9tremp\u00e9s, serrant contre elle un sac rempli de poudres, d\u2019os et de lames anciennes.<\/p>\n<p>Les Cullen aussi avaient fait le d\u00e9placement. Malgr\u00e9 les protestations de James, tous avaient pris position. Ils faisaient parti d&rsquo;un tout, d&rsquo;une famille et jamais ils ne l&rsquo;abandonneraient. <\/p>\n<p>Au loin, l\u2019h\u00f4tel. Ancien palace au faste d\u00e9fra\u00eechi, flanqu\u00e9 de gargouilles \u00e9rod\u00e9es, ses fen\u00eatres noires refl\u00e9taient par intermittence les \u00e9clairs. On aurait dit un mausol\u00e9e dress\u00e9 au c\u0153ur de Manhattan, un lieu qui avalait la lumi\u00e8re. James ralentit, d\u00e9taillant les lignes de fa\u00e7ade, les points d\u2019acc\u00e8s, les angles morts. Il avait r\u00e9p\u00e9t\u00e9 mentalement chaque mouvement, chaque seconde du plan. Il n\u2019avait pas le droit \u00e0 l\u2019erreur.<\/p>\n<p>Il entendait encore les mots de protestations de Henry quand son fils Kisos lui hurlait qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas le choix. C&rsquo;\u00e9tait leur unique chance de sauver leur m\u00e8re. James ignorait encore totalement de quoi \u00e9tait capable la captive, mais il savait qu&rsquo;il ne laisserait pas Livio s&rsquo;en prendre encore \u00e0 sa fianc\u00e9e. Si tant est qu&rsquo;il pouvait encore la nommer ainsi. <\/p>\n<p>Il inspira profond\u00e9ment.<br \/>\n\u2014 \u00c0 partir de maintenant, souffla-t-il, il n\u2019y a plus de place pour la peur.<\/p>\n<p>Les Hedlund et Sora hoch\u00e8rent la t\u00eate. Au loin, Henry et Kisos apparaissaient, transform\u00e9s en loup. S&rsquo;approchant du groupe de vampire, ils leur permettait de se fondre et de se faire oublier des derniers gardes de Livio. <\/p>\n<p>Il \u00e9tait tard quand, \u00e0 peine franchie, la porte c\u00e9da. L\u2019int\u00e9rieur empestait le bois humide et la poussi\u00e8re m\u00eal\u00e9e \u00e0 une odeur plus lourde\u2026 celle des vampires. Une dizaine de silhouettes attendaient d\u00e9j\u00e0, Livio savait. Et il les attendaient. Son sourire \u00e9tait chaotique, un v\u00e9ritable \u00e9clat de l&rsquo;Enfer. Aucun mot n\u2019\u00e9tait \u00e9chang\u00e9. Mais, la guerre \u00e9clata.<\/p>\n<p>Les Hedlund fondirent sur les gardes dans un d\u00e9ferlement de coups secs et de crocs. James n\u2019avait pas le temps de regarder. Il filait droit vers l\u2019escalier monumental qui menait au dernier \u00e9tage, essayant de rattraper Livio. Il ne faisait aucun doute qu&rsquo;il se dirigeait vers un pi\u00e8ge, mais lui aussi avait une botte secr\u00e8te.<\/p>\n<p>Le tapis rouge, d\u00e9tremp\u00e9 par ses pas, assourdissait le bruit de ses bottes. Chaque porte qu\u2019il d\u00e9passait exhalait des chuchotements, des r\u00e2les \u00e9touff\u00e9s. Il savait que Livio voulait qu\u2019il avance, qu\u2019il se pr\u00e9sente de lui-m\u00eame. C\u2019\u00e9tait une mise en sc\u00e8ne. Au bout du couloir, une double porte. Derri\u00e8re, le c\u0153ur de la temp\u00eate.<\/p>\n<p>James posa sa main sur le battant, inspira profond\u00e9ment.<\/p>\n<p>L\u2019espace \u00e9tait vaste, encadr\u00e9 de lourdes tentures, \u00e9clair\u00e9 par un cercle de chandeliers aux flammes dor\u00e9es. Et l\u00e0, assis dans un fauteuil sculpt\u00e9, Livio. Beth se tenait \u00e0 sa droite, droite mais rigide, ses mains crisp\u00e9es sur les accoudoirs. Ses yeux trouv\u00e8rent ceux de James. L\u2019\u00e9clat qu\u2019il y lut lui transper\u00e7a la poitrine : peur\u2026 et quelque chose qu\u2019il n\u2019osait plus esp\u00e9rer.<\/p>\n<p>\u2014 Te voil\u00e0 enfin, lan\u00e7a Livio d\u2019un ton faussement las. J\u2019avais peur que tu n\u2019oses pas.<\/p>\n<p>James ne r\u00e9pondit pas. Il avan\u00e7a. Chaque pas r\u00e9sonnait comme un glas.<\/p>\n<p>Puis tout \u00e9clata. Les gardes surgirent des ombres. James fendit la distance, ses coups pr\u00e9cis, brutaux. Le combat se mua en danse sanglante : verre bris\u00e9, murs \u00e9clat\u00e9s, corps projet\u00e9s. James avait un avantage sur les autres, il pouvait anticiper leurs mouvements, leurs coups. Aussi, avec ce coup d&rsquo;avance, il pu ais\u00e9ment s&rsquo;en tirer mais non sans quelques \u00e9gratignures. Lui qui d&rsquo;habitude est calme, doux, tendre, avait laiss\u00e9 surgir une b\u00eate monstrueuse assoiff\u00e9e de sang et de revanche. <\/p>\n<p>La rencontre ne fut pas douce. L\u2019immeuble en gardera encore les cicatrices : murs \u00e9clat\u00e9s, sol jonch\u00e9 de gravats, odeur de chair br\u00fbl\u00e9e et de poussi\u00e8re qui provenait d&rsquo;en bas. James s\u2019\u00e9tait jet\u00e9 dans leur repaire comme un fauve bless\u00e9, pr\u00eat \u00e0 les r\u00e9duire en cendres. Les Hedlund avaient r\u00e9pondu avec la m\u00eame violence \u2014 griffes, crocs, et pouvoirs projet\u00e9s dans un chaos incandescent. <\/p>\n<p>La bataille s\u2019\u00e9tait bris\u00e9e dans un souffle haletant. Ses alli\u00e9es montaient, pr\u00eat \u00e0 se jeter dans la derni\u00e8re ligne droite. Mais en arrivant, ils ne d\u00e9couvrirent que des corps fig\u00e9s, les armes mentales encore tendues. James, couvert de sang, le leur et le sien avait recul\u00e9 d\u2019un pas, non pas par faiblesse, mais pour parler.<\/p>\n<p>&#8212; Laisse-la moi, dit-il \u00e0 son ennemie, tu n&rsquo;as aucun droit sur elle.<br \/>\n&#8212; Parce que toi si peut-\u00eatre ?<\/p>\n<p>Livio \u00e9clata d&rsquo;un rire froid et sardonique. D&rsquo;un coup d&rsquo;oeil, James fit Beth fr\u00e9mir. Livio la faisait souffrir. <\/p>\n<p>Il se souvenait alors des mots de Sora :<br \/>\n \u2014 Je ne te promets pas qu\u2019il ne t\u2019atteindra pas. Mais je peux te donner une fen\u00eatre\u2026 quelques minutes.<\/p>\n<p>Alors sans attendre, pouss\u00e9 par une adr\u00e9naline puissante, il s&rsquo;\u00e9lan\u00e7a. Les formules de Sora fonctionnaient, bien mieux qu&rsquo;il ne l&rsquo;aurait cru. Il n&rsquo;avait pas conscience qu&rsquo;elle \u00e9tait aid\u00e9e de sa m\u00e8re qui agissait dans un coin de la pi\u00e8ce. Enfin, il atteignit Livio qui bl\u00eame ne comprenait pas que son pouvoir soit aussi d\u00e9faillant. Les deux corps s\u2019entrechoqu\u00e8rent avec une violence inhumaine, renversant des fauteuils et traversant des murs. Les coups pleuvaient, plus rapides que les \u00e9clairs dehors. James r\u00e9ussit \u00e0 le plaquer contre une colonne, ses crocs trouvant sa gorge.<\/p>\n<p>Le sang jaillit, chaud, \u00e2cre, emplissant sa bouche. Il but. Chaque gorg\u00e9e affaiblissait Livio\u2026 et lui donnait la force de continuer. Mais soudain, la douleur explosa dans sa t\u00eate : une intrusion brutale, glaciale. Livio brisait la protection mentale.<\/p>\n<p>James serra plus fort, ignorant la br\u00fblure qui lui lac\u00e9rait le cr\u00e2ne l\u00e2chant un hurlement bestial \u00e0 glacer le sang. Le monde autour de lui devint flou. Il sentait Beth crier, mais ses mots \u00e9taient noy\u00e9s dans le rugissement du sang dans ses oreilles.<\/p>\n<p>Livio faiblit enfin. Son corps se plia, ses yeux chang\u00e8rent, la teinte vampirique laissant place \u00e0 un regard humain, terrifi\u00e9. James entendit une formule \u00eatre hurl\u00e9e. L\u2019air vibra, une onde noire traversa la pi\u00e8ce, renversant chandeliers et rideaux.<\/p>\n<p>James l\u00e2cha sa victime. Ses jambes tremblaient, ses mains couvertes de sang. Livio tomba \u00e0 genoux. Il vit Esm\u00e9e accourir, et le rattraper. Il la regarda, et malgr\u00e9 la douleur, il eut un demi-sourire. <\/p>\n<p>\u2014 Tout va bien&#8230; Maman, murmurait-il \u00e9mu, tu t&rsquo;occuperas bien d&rsquo;elle.. Promet le moi.. Elle.. Elle est mon \u00e2me.. <\/p>\n<p>Puis, tout s\u2019effa\u00e7a.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-924\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-08-17T07:35:59+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-924\">17 ao\u00fbt 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Quand James ouvrit les yeux, le monde n\u2019\u00e9tait plus le m\u00eame.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, ce fut le silence. Un silence dense, \u00e9touffant, comme si la terre elle-m\u00eame retenait son souffle. Puis vinrent les battements, pas ceux de son c\u0153ur, mort depuis longtemps, mais ceux du monde autour de lui. Chaque mouvement, chaque souffle, chaque craquement du bois des poutres lui parvint avec une acuit\u00e9 surnaturelle, presque insupportable. Ses sens semblaient d\u00e9cupl\u00e9s, aff\u00fbt\u00e9s au-del\u00e0 de tout ce qu\u2019il avait connu.<\/p>\n<p>Et alors, la douleur. Elle lui br\u00fblait les veines comme une lave noire, plus corrosive encore que celle de sa premi\u00e8re transformation. C\u2019\u00e9tait comme si le sang de Livio rampait en lui, serpentant dans ses art\u00e8res mortes pour s\u2019y accrocher, s\u2019y imprimer. Une part \u00e9trang\u00e8re, vicieuse, qui cherchait \u00e0 \u00e9craser ce qui restait de son humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Il aurait cri\u00e9, mais ses l\u00e8vres ne purent que s\u2019entrouvrir dans un r\u00e2le \u00e9touff\u00e9.<\/p>\n<p>Ses yeux, alourdis, s\u2019ouvrirent enfin. Et tout bascula. La chambre sombre n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un th\u00e9\u00e2tre de contrastes : chaque ombre semblait vivante, chaque grain de poussi\u00e8re flottait comme un astre miniature. Il reconnut le parfum de Beth avant m\u00eame de tourner la t\u00eate vers elle. Sucr\u00e9, doux, presque douloureux tant il \u00e9veillait en lui une soif nouvelle, une faim d\u2019elle, de sa pr\u00e9sence, de son essence.<\/p>\n<p>Ses yeux trouv\u00e8rent les siens, et pendant une seconde, il crut revenir \u00e0 lui, redevenir l\u2019homme qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 avant tout cela. Mais cette seconde fut balay\u00e9e par une onde glaciale qui le traversa : dans son regard, il ne vit pas seulement l\u2019amour de sa fianc\u00e9e. Il vit aussi la peur. Une peur qu\u2019elle tenta de cacher derri\u00e8re son sourire tremblant, derri\u00e8re les larmes qui roulaient sur ses joues.<\/p>\n<p>Il comprit. Ses yeux\u2026 ils n\u2019\u00e9taient plus les siens. Ils \u00e9taient devenus ceux de Livio.<\/p>\n<p>Un frisson parcourut son corps, mais ce n\u2019\u00e9tait pas seulement le rejet. C\u2019\u00e9tait aussi la puissance. Une \u00e9nergie colossale, presque divine, s\u2019\u00e9veillait en lui. Ses muscles vibraient, satur\u00e9s d\u2019une force qu\u2019il n\u2019avait jamais connue. Ses pens\u00e9es se bousculaient, rapides, pr\u00e9cises, effil\u00e9es comme des lames. Et derri\u00e8re tout cela, une ombre. Une voix. Furtive, mais tenace.<\/p>\n<p>\u00ab Tu es \u00e0 moi maintenant. \u00bb<\/p>\n<p>Il serra les poings. Non. Pas \u00e0 lui. Pas \u00e0 Livio. Jamais.<\/p>\n<p>La chaleur des mains de Beth sur son visage ramena James un instant au bord du gouffre. Elle \u00e9tait l\u00e0. Vivante. Elle lui parlait, ses l\u00e8vres s\u2019animaient, et il reconnut sa voix avant m\u00eame d\u2019en saisir le sens. Des mots familiers, un serment venu de leur pass\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab \u2014 Je t\u2019aime plus que les p\u00e2tisseries et les livres\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Tout en lui se brisa et se r\u00e9para dans le m\u00eame instant. Les souvenirs afflu\u00e8rent, leurs promenades, ses rires clairs, le parfum des jours heureux avant que la guerre et la maladie ne les volent au temps. Son \u00e2me, que l\u2019ombre de Livio cherchait \u00e0 \u00e9touffer, trouva l\u00e0 une lumi\u00e8re \u00e0 laquelle se raccrocher.<\/p>\n<p>Une larme, br\u00fblante, roula de ses yeux sombres. Pas de douleur, mais de reconnaissance. Il tenta de parler, mais sa voix n\u2019\u00e9tait qu\u2019un murmure rauque :<\/p>\n<p>&#8211;Beth\u2026 <\/p>\n<p>Le reste se perdit dans un souffle, mais il savait qu\u2019elle avait compris. Elle se pencha vers lui, ses l\u00e8vres rencontrant les siennes, et pour la premi\u00e8re fois depuis qu\u2019il avait bu le sang du monstre, James sentit que quelque chose en lui r\u00e9sistait. Que son humanit\u00e9, caboss\u00e9e mais vivante, se battait pour survivre. Il serra sa main. Trop fort. Bien trop fort car il sentit les os de Beth protester sous sa poigne nouvelle. Pris de panique, il la rel\u00e2cha aussit\u00f4t. La peur traversa son regard : et si, dans cet \u00e9tat, il devenait lui-m\u00eame le danger qu\u2019il avait jur\u00e9 de combattre ?<\/p>\n<p>Pourtant Beth sourit malgr\u00e9 la douleur, effa\u00e7ant l\u2019ombre de son angoisse.<\/p>\n<p>\u00ab \u2014 Et je te promets de ne plus jamais m\u2019\u00e9loigner de toi\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Alors, dans le chaos de son corps en mutation, dans les t\u00e9n\u00e8bres qui voulaient le corrompre, James comprit une chose : Livio avait laiss\u00e9 une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile en lui, mais Beth restait son ancre. Son sang n\u2019\u00e9tait pas sa prison, mais une arme. Et si cette force sombre voulait l\u2019\u00e9craser, il s\u2019en servirait pour prot\u00e9ger ce qui comptait plus que tout : elle.<\/p>\n<p>L\u2019ancien James venait de mourir. Un nouveau naissait dans la douleur, les yeux marqu\u00e9s par l\u2019ombre de Livio, mais le c\u0153ur encore tourn\u00e9 vers Beth.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-930\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-08-22T14:49:15+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-930\">22 ao\u00fbt 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>James sent encore la br\u00fblure dans ses veines, un grondement sourd qui ne lui appartient pas et qu\u2019il doit museler \u00e0 chaque instant. Le sang de Livio n\u2019a pas seulement renforc\u00e9 son corps en effet, chaque geste est plus rapide, chaque perception plus fine. Il a ouvert en lui une fissure o\u00f9 couve une violence primordiale. <\/p>\n<p>Dans le silence du manoir, il entend son propre souffle inexistant r\u00e9sonner comme un tambour de guerre, un appel \u00e0 se laisser aller \u00e0 la rage. Mais il tient. Il tient parce que Beth est l\u00e0, parce que sa famille est l\u00e0, et qu\u2019il sait qu\u2019un instant de faiblesse suffirait pour que ses mains, d\u00e9sormais d\u00e9mesur\u00e9ment fortes, d\u00e9truisent ce qu\u2019il ch\u00e9rit.<\/p>\n<p>Quand Beth essuie cette larme de sa joue, il retient un sursaut. Ce simple contact chasse pour un instant la temp\u00eate int\u00e9rieure. Sa pr\u00e9sence, son parfum, le souvenir de ses hortensias\u2026 c\u2019est tout cela qui l\u2019ancre, qui l\u2019emp\u00eache de se laisser consumer. Lorsqu\u2019il per\u00e7oit ses pens\u00e9es, ses peurs et ses souvenirs comme s\u2019ils \u00e9taient les siens, James frissonne. Le don qu\u2019il poss\u00e9dait s\u2019est d\u00e9cupl\u00e9 : plus de barri\u00e8res, plus de r\u00e9sistances. Elle est \u00e0 nu devant lui, et il doit apprendre \u00e0 ne pas s\u2019y perdre.<\/p>\n<p>Il n\u2019a pas les mots quand elle parle de Carlisle et Q\u2019Orianka, quand elle \u00e9voque des r\u00e9ponses possibles. Mais int\u00e9rieurement, il sait que rien n\u2019effacera ce qu\u2019il porte en lui d\u00e9sormais. Alors, quand elle d\u00e9pose ce baiser sur sa tempe, c\u2019est comme si elle recousait un fragment de son \u00e2me, et il ferme les yeux, retenant ce sourire fragile qui lui \u00e9chappe malgr\u00e9 lui.<\/p>\n<p>Le temps passe, et quand il se l\u00e8ve plus tard, soutenu par Rosalie, chaque pas est une lutte. Pas seulement contre la douleur physique, mais contre cette b\u00eate qui lui ordonne de rugir, de briser, de mordre. Rosalie le sait, il l\u2019a sentie m\u00e9fiante, pr\u00eate \u00e0 intervenir si l\u2019ombre de Livio s\u2019exprimait \u00e0 travers lui. Mais James refuse. Il refuse que ce sang \u00e9tranger le d\u00e9finisse. Alors il avance, lentement, vers Beth. Quand elle le rejoint, sa voix douce, presque rieuse, all\u00e8ge ses pas. Intenable. Oui, il l\u2019a toujours \u00e9t\u00e9. Mais aujourd\u2019hui, c\u2019est une autre forme d\u2019indiscipline : d\u00e9fier la noirceur qui l\u2019habite, ne pas plier, rester digne devant elle. <\/p>\n<p>En prenant le bras de Beth, il sent sa propre main trembler. Pas de fatigue mais d\u2019\u00e9motion. Et quand il croise le regard d\u2019Esm\u00e9e, il comprend. Elle lit en lui non pas le monstre qu\u2019il craint de devenir, mais l\u2019homme qu\u2019il a \u00e9t\u00e9, et qu\u2019il peut encore \u00eatre gr\u00e2ce \u00e0 Beth.<\/p>\n<p>&#8212; Tu m&rsquo;accompagnes&#8230; au jardin, demandait-il finalement \u00e0 Beth.<\/p>\n<p>Pendant qu&rsquo;ils marchaient l&rsquo;un \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;autre, James red\u00e9couvrait la beaut\u00e9 du monde. Le jardin baignait dans la lumi\u00e8re douce du cr\u00e9puscule. Les hautes herbes ondulaient sous le vent, et les roses sauvages embaumaient l\u2019air d\u2019un parfum discret, presque irr\u00e9el. Leur marche \u00e9tait un silence ponctu\u00e9 seulement par le froissement des feuilles et le chant lointain d\u2019un oiseau nocturne. Chaque pas l\u2019\u00e9loignait un peu plus du tumulte des combats pass\u00e9s, mais dans sa poitrine, le tumulte demeurait, indomptable. Un instant, il ferma les yeux et le souvenir de leur promenade candide quand ils \u00e9taient jeune, lui revenait en m\u00e9moire. <\/p>\n<p>Il s\u2019arr\u00eata enfin, dans un coin du jardin o\u00f9 la pierre moussue d\u2019une fontaine ancienne brillait sous la lune naissante. Beth leva les yeux vers lui, son regard d\u2019un bleu sombre charg\u00e9 de mille questions, de mille douleurs et de mille promesses. Et James sut qu\u2019il ne pouvait plus se taire.<\/p>\n<p>\u2014 Beth\u2026<\/p>\n<p>Sa voix n\u2019\u00e9tait qu\u2019un souffle rauque, presque \u00e9trangl\u00e9. Il plongea son regard dans le sien, comme pour y chercher une derni\u00e8re fois la force qu\u2019il avait perdue.<\/p>\n<p>\u2014 Je veux que tu saches une chose. Tout ce que j\u2019ai fait\u2026 tout ce sang vers\u00e9, cette folie que j\u2019ai embrass\u00e9e pour d\u00e9truire Livio\u2026 ce n\u2019\u00e9tait pas pour t\u2019encha\u00eener \u00e0 moi.<\/p>\n<p>Il d\u00e9tourna le visage, craignant d\u2019y lire une lueur de compassion qui briserait ce qu\u2019il lui restait de courage. Ses mains se crisp\u00e8rent contre la pierre froide de la fontaine. Sa voix \u00e9tait douce comme du velours, ponctu\u00e9e de cette pr\u00e9ciosit\u00e9 qu&rsquo;il poss\u00e9dait d\u00e9j\u00e0 autrefois. <\/p>\n<p>\u2014 Tu es libre, Beth. Libre de partir, de choisir ta route, m\u00eame si elle doit s\u2019\u00e9loigner de la mienne. Je ne veux pas que mes cicatrices, ni mes ombres, deviennent les tiennes. Je ne veux pas que tu te sentes oblig\u00e9e\u2026 Autrefois nous avons \u00e9t\u00e9 fianc\u00e9. Nous avions une vie toute trac\u00e9e. Le monde nous appartenait. Mais d\u00e9sormais, tout \u00e0 chang\u00e9. Toi, moi. Tu as le droit de te d\u00e9couvrir, de savoir ce que c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre libre. De faire les choses pou toi. <\/p>\n<p>Il marqua une pause, ses traits se durcissant sous l\u2019effort qu\u2019il fallait pour prononcer ces mots.<\/p>\n<p>\u2014 Je t\u2019aime au point de te laisser partir. Parce que ton bonheur compte davantage que ma survie. Parce que je n\u2019ai pas tu\u00e9 Livio pour te poss\u00e9der, mais pour que toi, enfin, tu respires.<\/p>\n<p>Il se tut, le c\u0153ur battant d\u2019une rage contenue et d\u2019une douleur qu\u2019il refusait de laisser \u00e9clater. La lune \u00e9clairait son profil tendu, creus\u00e9 de fatigue et de passion contenue. Beth, immobile, ne r\u00e9pondit pas imm\u00e9diatement. Son silence \u00e9tait une lame dans sa chair, mais James resta fig\u00e9, d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 ne pas se trahir davantage. Il n\u2019avait jamais eu aussi peur que ce soir : peur qu\u2019elle reste par devoir, peur qu\u2019elle parte par choix.<\/p>\n<p>Il souffla enfin, \u00e0 peine audible :<\/p>\n<p>\u2014 Alors\u2026 fais ce que ton c\u0153ur te dicte. Et moi\u2026 moi je te souhaite tout le bonheur du monde, m\u00eame s\u2019il ne doit pas \u00eatre \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s. Tu resteras toujours cette \u00e9tincelle de joie dans mon coeur fig\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-936\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-08-24T11:15:45+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-936\">24 ao\u00fbt 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>James inspira lentement, m\u00eame si cela ne lui servait \u00e0 rien. Ses pens\u00e9es, elles, tournaient en boucle. La voix de Livio r\u00e9sonnait encore dans son cr\u00e2ne, comme un poison qui s\u2019infiltrait dans chaque syllabe. Tu n\u2019es qu\u2019un pantin. Tu n\u2019arriveras jamais \u00e0 la prot\u00e9ger. Et \u00e0 cet instant, en regardant Beth, il n\u2019\u00e9tait plus s\u00fbr de savoir si Livio avait vraiment tort.<\/p>\n<p>\u2014 Tu parles de promesses, souffla-t-il enfin, sa voix plus rauque que d\u2019habitude. Tu parles de mariage, de voyages, de ce qu\u2019on aurait d\u00fb vivre. Mais Beth\u2026 tu as fui quand j\u2019avais besoin de toi. Tu as cru en la terreur de Livio plus qu\u2019en moi.<\/p>\n<p>Il ferma les yeux un instant, incapable de soutenir son regard. La douleur revenait, tranchante, acide. Il revit son d\u00e9part, son absence, les nuits pass\u00e9es \u00e0 chercher une issue alors qu\u2019elle avait cess\u00e9 de croire.<\/p>\n<p>\u2014 Et tu me demandes maintenant de me battre encore, de m\u2019accrocher \u00e0 cette image de nous qui s\u2019est effondr\u00e9e il y a des d\u00e9cennies ? Tu n\u2019imagines pas \u00e0 quel point je\u2026 \u00e0 quel point ton absence m\u2019a rong\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Il s\u2019interrompit, les poings tremblants. Puis son regard revint sur elle, noirci par une col\u00e8re qu\u2019il n\u2019avait jamais os\u00e9 lui montrer.<\/p>\n<p>\u2014 Mais malgr\u00e9 tout\u2026 malgr\u00e9 cette rancune, malgr\u00e9 Livio, malgr\u00e9 mes propres ombres, je n\u2019ai jamais cess\u00e9 de t\u2019aimer. C\u2019est \u00e7a le pire. C\u2019est \u00e7a qui me d\u00e9chire. Parce qu\u2019en t\u2019aimant, je me suis condamn\u00e9 \u00e0 revivre ta fuite, ta peur, ton abandon.<\/p>\n<p>Il s\u2019approcha, si pr\u00e8s que leurs visages n\u2019\u00e9taient plus s\u00e9par\u00e9s que par un souffle. Sa main, toujours guid\u00e9e par la sienne, appuyait un peu plus fort sur sa poitrine, comme pour v\u00e9rifier que ce c\u0153ur, m\u00eame muet, lui appartenait encore.<\/p>\n<p>\u2014 Tu veux que je t\u2019interdise de partir ? Tu veux que je te promette qu\u2019on aura tout ce qu\u2019on nous a vol\u00e9 ? cria-t-il presque, ses mots vibrant d\u2019un m\u00e9lange de d\u00e9sespoir et de rage contenue. Dis-le-moi vraiment, Beth. Parce que je ne survivrai pas \u00e0 un autre abandon. Pas une deuxi\u00e8me fois.<\/p>\n<p>Ses yeux cherchaient les siens, avides de v\u00e9rit\u00e9. La col\u00e8re s\u2019\u00e9tait mu\u00e9e en supplication violente, brutale, d\u00e9sarmante.<\/p>\n<p>Et au fond de lui, il savait d\u00e9j\u00e0 qu\u2019elle avait raison. Qu\u2019elle avait toujours eu raison. Que l\u2019amour qu\u2019il portait \u00e9tait trop fort pour s\u2019\u00e9teindre, qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait la douleur de sa pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019ab\u00eeme de son absence.<\/p>\n<p>Mais prononcer ces mots, c\u2019\u00e9tait accepter d\u2019\u00eatre vuln\u00e9rable. Et apr\u00e8s Livio, apr\u00e8s le sang, apr\u00e8s la mort\u2026 il n\u2019\u00e9tait plus s\u00fbr d\u2019avoir cette force.<\/p>\n<p>Son front vint toucher le sien, tremblant.<\/p>\n<p>\u2014 Si je te laisse entrer \u00e0 nouveau, murmura-t-il presque pour lui-m\u00eame, il n\u2019y aura pas de retour en arri\u00e8re. Ni pour toi. Ni pour moi.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-942\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-08-27T18:10:15+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-942\">27 ao\u00fbt 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>James resta un instant silencieux, le dos l\u00e9g\u00e8rement appuy\u00e9 contre la paroi glac\u00e9e de la baignoire, les bras pos\u00e9s sur le rebord, comme s\u2019il cherchait \u00e0 se fondre dans la mousse pour masquer le trouble qui l\u2019agitait. L\u2019eau \u00e9tait ti\u00e8de mais en lui, c\u2019\u00e9tait un m\u00e9lange br\u00fblant de sentiments contradictoires qui l\u2019assaillait.<\/p>\n<p>Beth, \u00e0 quelques centim\u00e8tres seulement, ses mains fines pos\u00e9es contre ses jambes, \u00e9veillait en lui une temp\u00eate qu\u2019il s\u2019effor\u00e7ait de contenir. Des d\u00e9cennies les s\u00e9paraient de leur adolescence, et pourtant, il se sentait comme ce jeune homme \u00e9perdument amoureux, maladroit et trop fier, qui n\u2019osait pas toujours effleurer ce qu\u2019il d\u00e9sirait le plus. Elle l\u2019intimidait encore par sa beaut\u00e9, par sa force retrouv\u00e9e, par la d\u00e9termination qu\u2019il lisait dans ses yeux. Et il s\u2019en voulait d\u2019\u00eatre si d\u00e9muni face \u00e0 elle, lui qui avait affront\u00e9 des monstres, travers\u00e9 l\u2019enfer et tu\u00e9 un vampire originel.<\/p>\n<p>Son regard se posa sur elle, sur ce sourire fragile mais sinc\u00e8re qui naissait au coin de ses l\u00e8vres quand elle \u00e9voquait Alice, et l\u2019espace d\u2019un instant, le poids de Livio, de la douleur et des rancunes sembla s\u2019all\u00e9ger. Un rire discret \u00e9chappa \u00e0 James, un rire rare, qui fit vibrer sa voix plus doucement qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e.<\/p>\n<p>\u2014 Non, souffla-t-il en secouant la t\u00eate. Je t\u2019aime, Beth, mais il n\u2019y a pas assez de force au monde pour me tra\u00eener dans une boutique avec Alice.<\/p>\n<p>Ses yeux se pliss\u00e8rent d\u2019un amusement discret, et il laissa ses doigts tracer paresseusement une ligne dans la mousse, comme pour se donner une contenance.<\/p>\n<p>\u2014 Tu n\u2019imagines pas\u2026 c\u2019est une temp\u00eate quand elle s\u2019y met. Rien ne l\u2019arr\u00eate, pas m\u00eame Carlisle. Elle pourrait refaire la garde-robe d\u2019un empire entier sans s\u2019arr\u00eater une seconde pour respirer.<\/p>\n<p>Il haussa les \u00e9paules, esquissant un sourire presque tendre.<br \/>\n\u2014 Je l\u2019aime comme une s\u0153ur, mais je pr\u00e9f\u00e8re garder ma sant\u00e9 mentale intacte.<\/p>\n<p>Puis son regard se fixa de nouveau sur Beth, plus s\u00e9rieux cette fois. Sa voix se fit basse, plus grave.<\/p>\n<p>\u2014 Toi, en revanche\u2026 profite. Ris. Laisse-toi surprendre. Tu as manqu\u00e9 tant de choses parce qu\u2019on t\u2019a arrach\u00e9 cette libert\u00e9. Alors prends-la. Et pour \u00e7a, Alice est parfaite. Elle te fera d\u00e9couvrir mille choses, et moi\u2026 moi, je veux juste savoir que tu en profiteras vraiment.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-948\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-09-07T10:45:19+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-948\">7 septembre 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Je n\u2019avais rien pr\u00e9vu. Rien de cette br\u00fblure, rien de cette vague qui m\u2019\u00e9crasait soudain, plus violente que tout ce que j\u2019avais pu endurer en un si\u00e8cle. Sa main contre ma peau avait suffi \u00e0 d\u00e9clencher l\u2019incendie. Mais c\u2019est son baiser qui m\u2019a consum\u00e9. Plus rien n\u2019existait, ni les ann\u00e9es de solitude, ni les remords, ni m\u00eame la peur de ce que je suis devenu. Il n\u2019y avait qu\u2019elle, Beth, et ses l\u00e8vres contre les miennes.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait vital. Ce n\u2019\u00e9tait pas un simple baiser. C\u2019\u00e9tait un cri \u00e9touff\u00e9, une d\u00e9livrance apr\u00e8s trop de cha\u00eenes. J\u2019avais l\u2019impression que mon corps entier vibrait, que ma poitrine, morte depuis si longtemps, \u00e9clatait pour la premi\u00e8re fois sous une pulsation inconnue. Elle r\u00e9veillait en moi l\u2019homme que je croyais perdu.<\/p>\n<p>Je ne r\u00e9fl\u00e9chissais plus. Je n\u2019\u00e9tais plus le gar\u00e7on timide, prisonnier des convenances, ni le vampire mesur\u00e9 qui faisait semblant de contr\u00f4ler son monde. Je redevenais celui qui l\u2019aimait, fou d\u2019elle, incapable de se retenir. Ses pens\u00e9es s\u2019enflammaient dans son esprit et je les voyais comme des braises, je les sentais m\u2019attiser encore plus.<\/p>\n<p>Mes doigts, tremblants, se pos\u00e8rent sur elle. La ligne de sa hanche, la finesse de son dos\u2026 je d\u00e9couvrais enfin ce que j\u2019avais toujours r\u00eav\u00e9 d\u2019effleurer. Je craignais de la briser, et pourtant chaque caresse avait la violence d\u2019un besoin trop longtemps retenu.<\/p>\n<p>Elle rit encore, ce rire clair qui m\u2019a toujours hant\u00e9, mais vite son rire se transforma en soupir. J\u2019avais c\u00e9d\u00e9. Je la pressais contre moi, incapable de faire autrement. L\u2019eau \u00e9claboussait, la mousse volait, et moi, je n\u2019entendais plus que ce battement fant\u00f4me dans ma poitrine comme si, pour elle, mon c\u0153ur s\u2019\u00e9tait remis \u00e0 vivre.<\/p>\n<p>Je sentais ma force vaciller. Cette rage, h\u00e9rit\u00e9e du sang et de la violence, grondait sous ma peau. Mais Beth\u2026 Beth \u00e9tait mon ancre. Ses doigts s\u2019accrochaient \u00e0 mes \u00e9paules, me rappelaient que tout ce que je d\u00e9sirais, je l\u2019avais enfin dans mes bras. Alors je canalisais tout, ma soif, ma fureur, mon d\u00e9sir, dans ce baiser fi\u00e9vreux, dans ces caresses h\u00e9sitantes mais d\u00e9cid\u00e9es.<\/p>\n<p>Notre nudit\u00e9 effa\u00e7ait les interdits d\u2019un autre si\u00e8cle. Tant de nuits, je l\u2019avais r\u00eav\u00e9e, tant de fois je m\u2019\u00e9tais imagin\u00e9 qu\u2019elle pourrait \u00eatre mienne. Et \u00e0 pr\u00e9sent, plus rien ne pouvait m\u2019arr\u00eater. J\u2019\u00e9tais un homme. Son homme. Fou d\u2019elle.<\/p>\n<p>Lorsque nos l\u00e8vres se s\u00e9par\u00e8rent enfin, je restai le front coll\u00e9 au sien, haletant, alors que je n\u2019avais m\u00eame pas besoin d\u2019air. Ses yeux m\u2019embrasaient, et je savais qu\u2019elle pouvait voir les flammes dans les miens.<\/p>\n<p>\u2014 Beth\u2026 soufflai-je d\u2019une voix rauque, \u00e9trangl\u00e9e. J\u2019ai attendu trop longtemps pour \u00e7a. Trop longtemps\u2026<\/p>\n<p>Et je recommen\u00e7ai \u00e0 la toucher, incapable de m\u2019arr\u00eater, comme si chaque seconde perdue devait \u00eatre rattrap\u00e9e dans ce moment vol\u00e9 au temps.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><li id=\"comment-954\" class=\"comment byuser comment-author-immarcescible odd alt thread-odd thread-alt depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de C.' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=40&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fd1d2a6c64c341a21348cd6f07e8a8feb5fdab5626917a8aea2f2c2e992fb47e?s=80&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">C.<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2025-09-26T12:53:10+00:00\"><a href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/2025\/05\/27\/elizabeth-hellen-phillips\/#comment-954\">26 septembre 2025<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>Jamais je n\u2019avais senti pareille ivresse. Sa peau contre la mienne, ses l\u00e8vres qui tra\u00e7aient un chemin br\u00fblant sur mon corps\u2026 j\u2019\u00e9tais en train de perdre pied. Chaque soupir de Beth, chaque frisson qu\u2019elle m\u2019offrait faisait \u00e9clater en moi un d\u00e9sir que je n\u2019avais plus la force de contenir. C\u2019\u00e9tait violent, urgent, comme si les d\u00e9cennies d\u2019attente s\u2019\u00e9taient chang\u00e9es en un torrent qu\u2019aucune digue ne pourrait retenir.<\/p>\n<p>Mais au moment m\u00eame o\u00f9 je croyais m\u2019abandonner, une autre fi\u00e8vre s\u2019\u00e9veilla. Elle n\u2019\u00e9tait pas mienne. Elle venait de plus loin, de plus sombre. Les souvenirs de Livio jaillirent comme des \u00e9clairs dans mon esprit ses mains tach\u00e9es de sang, son rire d\u00e9ment, sa jouissance dans la souffrance qu\u2019il infligeait. Je revis ses nuits de carnage, ses corps bris\u00e9s, sa cruaut\u00e9 sans borne. Et dans cette d\u00e9ferlante, je ne distinguais plus o\u00f9 commen\u00e7ait ma rage et o\u00f9 finissait la sienne.<\/p>\n<p>Mes mains tremblaient sur les hanches de Beth. Son odeur, sa proximit\u00e9, la chaleur factice qui s\u2019\u00e9levait d\u2019elle\u2026 tout se m\u00e9langeait \u00e0 cette violence que je portais d\u00e9sormais dans mes veines. J\u2019avais peur. Peur de c\u00e9der \u00e0 ce qui n\u2019\u00e9tait pas moi, peur de la toucher avec les mains d\u2019un monstre.<\/p>\n<p>Alors je la repoussai. Brutalement. Trop brutalement.<\/p>\n<p>\u2014 Non\u2026 Beth, attends !<\/p>\n<p>Je me redressai d\u2019un bond, le souffle hach\u00e9, les yeux fuyant les siens. Ma peau me br\u00fblait encore de ses caresses, mais mon esprit n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un champ de bataille.<\/p>\n<p>\u2014 Tu ne comprends pas\u2026 Il y a quelque chose en moi\u2026 quelque chose de lui.<\/p>\n<p>Je passai mes doigts dans mes cheveux tremp\u00e9s, incapable de retrouver contenance. Une spasme de violence s&rsquo;\u00e9chappait de mon bras jusqu&rsquo;\u00e0 ma main que je venais faire \u00e9chouer contre le mur de la chambre, y laissant une fissure impressionnante. <\/p>\n<p>\u2014 Je te veux, plus que tout\u2026 Mais si je c\u00e8de maintenant, je ne sais pas jusqu\u2019o\u00f9 \u00e7a ira. Et je&#8230; je refuse de te faire du mal.<\/p>\n<p>Je m\u2019\u00e9loignai d&rsquo;elle, dos tourn\u00e9, les poings serr\u00e9s. Le silence entre nous devenait lourd, insoutenable. Chaque fibre de mon \u00eatre me hurlait de revenir vers elle, de la reprendre dans mes bras, mais je restai fig\u00e9, prisonnier de cette ombre que Livio avait laiss\u00e9e en moi.<\/p>\n<p>&#8212; Je crois que je devrais partir quelque temps&#8230; Comprendre ce qui m&rsquo;arrive et&#8230; et savoir mieux g\u00e9rer ce d\u00e9mon.<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-login\" href=\"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/wp-login.php?redirect_to=https%3A%2F%2Fblackbird.theopierre.dev%2Findex.php%2F2025%2F05%2F27%2Felizabeth-hellen-phillips%2F\">Connectez-vous pour r\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><\/ol>\n\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elizabeth Hellen Phillips &#8211; N\u00e9e \u00e0 Chicago le 7 Octobre 1901 &#8211; Elle perd sa m\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans et trois de ses fr\u00e8res durant l&rsquo;hivers 1916 &#8211; Transform\u00e9e en D\u00e9cembre 1923 par le vampire Adrian &#8211; Elle parcourt le monde sans r\u00e9el but si ce n&rsquo;est se nourrir et laisser ses envies [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-748","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/748","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=748"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/748\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":770,"href":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/748\/revisions\/770"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=748"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=748"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blackbird.theopierre.dev\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=748"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}