
77 réponses à “Le maudit (pause)”
-
Sora n’a pas eu le choix que de suivre Aponi pour venir ici. Elle ne le souhaitait pas puisqu’elle ne voulait pas voir son père mais Sora ne sait rien refuser à sa grand-mère, si bien qu’elle se retrouve dans le couloir, près de Kisos. Elle ne sait pas que tu as aussi été convié et elle ne capte pas de suite ta présence puisque Kisos lui dit des choses qui chamboulent la demoiselle.
« – Sora.. Je sais qu’en ce moment tout semble compliqué pour toi. La grossesse, maman, papa.. Il y a énormément de pressions autour de toi et puis entre nous, je sais que tu es bourré d’hormones alors ça n’aide pas. Quand Charlie était enceinte de Rosie, elle pouvait être joyeuse le matin et en rage le soir. Une fois j’ai même dû dormir chez Duda et Ma’ car mon épouse me faisait la gueule car j’avais fini le paquet de pop-corn.. Enfin, je te dis ça parce que je sais que ça ne doit pas être facile mais il faut que tu gardes la tête haute et surtout que tu apprends à te détendre. Je sais que tu n’as jamais eu une vie idyllique et depuis que tu n’as plus ta maladie, tu cherches à être quelqu’un d’entièrement libre mais ce n’est pas ça la vie Sora.. Tu.. Tu agis souvent sans réfléchir, tu fonces la tête baissée comme si tu n’avais pas peur des conséquences.. Mais elles sont réelles. J’ai l’impression que tu as toujours cette peur du lendemain.. je me trompe ?
_ J’ai pas peur du lendemain..
_ Si tu as peur du lendemain parce qu’avant, tu pensais ne jamais en avoir. Aujourd’hui tu vas avoir un avenir, un futur alors il faut que tu l’acceptes. D’autant plus que tu as un bébé qui grandit en toi et surtout tu as quelqu’un qui t’aime énormément.. »Kisos fait un signe de tête pour que Sora pose son regard sur toi. Il pose aussi une main sur le ventre de sa sœur car il n’a pas oublié tes mots concernant le fait qu’elle ne veut plus du bébé. Il sait que ce n’est pas vrai, Sora tient à votre fils mais elle est aveuglée par la négativité ambiante.
« – Arrêtes de t’inquiéter pour autre chose que toi ou ta nouvelle famille. Penses à vous mais surtout, commence à te faire confiance Sora. Tu as toujours douté de tout parce que tu doutes de toi. Sauf que je sais que ma petite sœur est une fille incroyable et en plus, tu sembles être tombé sur quelqu’un de bien. Alors tu te dois d’être heureuse maintenant. »
Kisos retient un rire car il sait que tu les écoutes. Sora retient ses larmes mais elle hoche surtout la tête. Kisos a toujours été un bon protecteur contrairement à Henry. Henry a protégé sa fille mais de façon un peu trop étouffante et possessive alors que Kisos l’a protégé avec des bons conseils et des encouragements. Le frère et la sœur se prennent dans les bras mais quand ils ont terminé, Sora n’ose pas avancer vers toi. Elle s’en veut aussi pour les mots de la veille mais c’est sans compter sur Kisos qui l’a poussé gentiment à te rejoindre. Face à toi, elle ne sait pas si elle doit venir se nicher dans tes bras ou baisser les yeux mais instinctivement, vous venez l’un contre l’autre pour vous prendre dans vos bras. Il n’y a pas besoin de mots, ce corps à corps parle à la place de vos bouches. Sora niche son visage contre ton torse et quand elle se sent un peu moins triste, elle dépose enfin un long baiser contre tes lèvres.
« – Je t’aime.. »
Et il faut croire que ce « je t’aime » est puissant puisque c’est au même moment que Q’ ouvre les yeux. Bien sûr, cela met tout le monde en effervescence mais les médecins qui arrivent, demandent à ce que toute la famille sort dans le couloir le temps qu’ils occultent la mère de Sora. Henry arrive avec Aponi et pour éviter les échanges houleux, Sora revient se nicher contre toi. Il est encore trop tôt pour qu’elle parle avec son père sans que cela ne part en eau de boudin. Cela peine Henry mais tu as le droit à un petit sourire car malgré tout, il est soulagé que tu sois celui qui prend soin de sa fille.
Ce n’est pas ce soir que Sora pourra prendre sa mère dans ses bras puisque les médecins demandent à ce que Q’ reste au calme mais la jeune femme a tout de même le droit d’aller embrasser la joue de sa mère. C’est assez pour lui redonner un sourire, du baume au cœur et même un peu plus d’énergie. Vous sortez de l’hôpital à deux et elle ne te laisse pas le temps de rejoindre ta voiture puisqu’elle tire sur ta main pour aller vers un fast-food afin de rassasier ses envies de femme enceinte. Hamburger, frites, soda mais aussi un silence qui se rompt quand elle voit un père de famille qui s’amuse à faire rire son enfant.
« – J’ai fais des rêves très étranges cette nuit.. C’est comme si nous avions vécu plusieurs vies. Il y en a une où tu étais un roi et moi la fille de l’un de tes ennemis. Une autre où on semblait vivre dans le village de mes ancêtres mais nous avions plein d’enfants.. J’avoue que ça m’a secoué car on avait créé une équipe de football ! Et il n’y avait que des petits garçons ! »
Elle rit doucement alors que sa main vient chercher la tienne. La veille, Aponi ne l’a pas ménagé avec ces rêves étranges mais dans chaque rêves, elle a pu remarquer que tu étais là mais surtout que tu etais son pilier, sa force.
« – Il y a aussi un rêve ou tu étais un maître d’exploitation marié et père de famille alors que moi j’étais ton esclave.. Mais tu as tout envoyé valser juste pour moi. Tout ça était étrange car j’avais l’impression que c’était réel mais le plus poignant a été ce dernier rêve. Il y avait toi et un petit garçon qui marchait à peine.. Vous étiez en train de jouer dans un jardin et j’ai ressenti un bonheur que je n’avais jamais encore ressenti. C’était tellement beau à voir. Il avait tes beaux yeux bleus foncés mais des cheveux sombres comme les miens.. et surtout, il avait un sourire tellement immense qu’il irradiait tout sur son passage. Je suis certaine que c’est notre Jaimie. En me réveillant, je lui ai parlé de mon rêve et il m’a donné des petits coups de pieds, comme pour attester que c’était lui. J’avoue que cette grossesse m’effraie car c’est tout nouveau et surtout c’était impossible mais j’ai compris que c’était la plus grande chance de ma vie. Jaimie n’est pas là pour rien, il est là pour nous. »
Aponi a réussi à changer la vision de Sora et l’apaiser sur cette grossesse mais aussi son avenir. Tout n’est pas totalement résolue mais c’est déjà une grande avancée que d’être plus sereine sur votre futur. Pour ce qui est de sa famille, c’est encore délicat mais avec le réveil de sa mère, cela devrait aller mieux.
Après ce repas improvisé, vous retournez vers votre appartement mais avec un esprit plus léger et surtout un peu plus torride. Si bien que Sora s’amuse à te caresser alors que tu essayes d’ouvrir la porte de votre appartement mais vous n’irez pas plus loin puisqu’Aponi est de retour. La vieille dame est assise dans le canapé mais elle se met à sourire en coin lorsque vous passez la porte. Sora rougit car elle avait oublié le détail qu’était Aponi mais la grand mère se relève de façon à vous faire comprendre qu’elle va vous laisser tranquille.
« – Je vais aller me coucher mes petits. Faites comme si je n’existais pas. »
Pourtant c’est difficile de ne pas y penser. Aponi s’en va vers sa chambre et Sora t’offre un sourire désolé. Malgré tout, vous filez à la salle de bain pour prendre une douche rapide et vous mettre en tenue de nuit mais pour cette nuit pas de folie. D’autant plus qu’Aponi s’assure que ce soit à ton tour d’avoir des rêves qui retracent les nombreuses vies que vous avez vécu toi et Sora pour que tu puisses aussi comprendre que ce qui te lie à la jeune femme n’est pas une simple amourette.
-
Les réveils comme celui-ci sont toujours les plus exquis. Sora ronronne de plaisir à défaut de pouvoir gémir. La présence de sa grand-mère vous empêche d’être expressif mais ça ne vous stoppe pas dans vos caresses et vos envies. La brune en demande même un peu plus puisque même si ta langue et tes lèvres sont un délice, elle veut te sentir en elle mais.. Ce n’est plus aussi simple de s’amuser avec ce ventre proéminent et sa souplesse qui laisse à désirer.
Tu reviens au-dessus d’elle mais avec son ventre, elle n’arrive pas à poser ses mains sur le bas de ton corps et pour toucher tes lèvres des siennes, c’est presque une épreuve olympique. La belle amérindienne sent l’impatience la gagner mais tu évites le drame en l’aidant à venir sur toi.
“ – Eh.. ne te moques pas.. Je suis une énorme planète qui n’arrive plus à bouger..”
C’est vrai que la grossesse avance et son corps change mais elle est magnifique avec cette vie qu’elle porte en elle. Il n’y a pas que son physique qui diffère mais aussi l’aura qu’elle dégage. Même si elle ne s’en rend pas compte, elle est plus rayonnante, plus confiante et sûrement beaucoup plus charmeuse vis à vis de toi. Son regard espiègle et son sourire en coin viennent le confirmer lorsqu’elle laisse ton membre glisser en elle.
Après ce réveil exquis, vous allez prendre une douche et les hormones de Sora bouillonnent à nouveau. Aujourd’hui elle semble d’humeur à ne pas te laisser tranquille.. Même lors du déjeuner, quand Aponie est présente, la brune ne manque pas de te lancer des regards qui ne laissent aucun doute sur ses envies. Cela amuse la grand-mère et pour vous laisser tranquille, elle annonce qu’elle va aller chez Q’ et Henry puisqu’ils vont avoir besoin d’aide avec le retour de Q’.
La vie reprend lentement.. Q’ est sortie de l’hôpital, elle est de retour chez elle et Aponie s’occupe d’elle mais Sora va souvent chez sa mère pour aussi pouvoir l’aider. Avec l’avancement de la grossesse, elle ne peut plus aller travailler alors c’est son moyen de ne pas passer ses journées toute seule chez vous. Toi tu as repris le travail mais aussi les affaires avec Kisos et Henry. Malgré l’incident, Henry ne peut pas stopper ses affaires puisque cela pourrait avoir de nouvelles répercussions sur sa famille. Il y a toujours des trafics et de l’argent en jeu mais vous vous montrez beaucoup plus discret et précautionneux. Henry t’a donné la charge de gérer certains des hommes qui bossent pour lui car avec ton statut au FBI, tu peux avoir les yeux sur leurs casiers mais aussi savoir s’il y a des dossiers qui pourraient être reliés aux hommes d’Henry. Ce petit job en plus t’apporte de jolies rentrées d’argent mais finalement, il n’y a pas que toi qui joue dans cette cours. Bien que Sora s’occupe de sa mère et se repose pour la grossesse, elle a aussi son petit secret qui commence à lui rapporter de l’argent.
Elle ne travaille pas pour son père, ils sont même encore un peu en froid mais avec ce qu’il s’est passé par rapport à sa mère, elle a commencé à s’intéresser à la traque via le net. Elle ne peut plus aller sur le terrain alors elle a trouvé un autre moyen de trouver des gens. Après tout, elle a réussi à trouver le fils de Katherine grâce au dark web alors pourquoi ne pas user de ses compétences pour gagner un peu d’argent facile ? Et puis ce n’est pas le plus dangereux puisqu’elle se cache derrière un pseudo mais la seule contrainte et qu’elle ne peut pas travailler lorsque tu es présent.
Oui, vous avez chacun un secret et quand vous vous retrouvez à deux, tout se passe bien mais chacun de vous ment. Dans un sens, vous évitez les sujets qui fâchent et ça rend votre couple beaucoup plus léger mais il y a quand même un parfum de mensonge qui pèse de plus en plus. Sans le prévoir, une tension s’installe à force de mentir et de se mettre des œillères. Toi, tu rentres souvent de plus en plus tard alors que Sora a une tendance à s’isoler avec son ordinateur dans votre chambre.
Le septième mois de grossesse commence. Sora est vraiment bien ronde mais il y a surtout cette tension qui commence à prendre trop de place entre vous. Lors d’un soir, tu rentres vers deux heures du matin et d’ordinaire Sora dort mais pas là.. Non, elle est assise sur le canapé et quand tu passes la porte, son regard est un revolver qui menace de te tirer dessus. Il faut dire qu’elle a usé de son propre secret contre toi.. Elle se l’était interdit mais aujourd’hui elle a osé faire des recherches sur toi.. Et ce qu’elle a vu ne lui plaît pas du tout. Elle a appris que tu bossais pour son père mais en soit ce n’est pas ce qui l’énerve le plus.. Le pire ? c’est qu’elle a appris que tu étais encore marié à cette fille dont tu lui avais parlé. Pour toi ce n’est qu’un très vieux souvenir mais pour Sora c’est un affront, d’autant plus que cette fameuse fille vit depuis quelques années en Californie. Et si finalement tu étais ici pour elle ? Avec les hormones toujours plus instables, Sora pense à tout et elle s’imagine les scénarios les plus horribles. C’est sa façon de se protéger du pire.
“ – Deux heures du matin.. Je vais presque me demander si tu ne vois pas une autre femme..”
-
Sora a un tempérament assez fort mais malgré tout, elle n’a pas réussi à sortir ce qu’elle a appris. C’est pour cela que tu as interprété son silence par des remontrances mais elle n’a tout simplement pas su t’avouer que tu étais encore marié mais aussi père d’une jeune fille de douze ans.. Alors quand tu sors de l’appartement en furie, elle se relève pour te suivre mais tu vas beaucoup plus vite qu’elle et lorsqu’elle arrive dans la rue, ta moto est en train de s’éloigner. Des larmes se mettent à couler sur ses joues et elle se pose sur la marche de la porte d’entrée. Colère ? Tristesse ? Jalousie ? Elle ne sait même pas ce qu’elle ressent car tout est mélangé mais elle a quand même une culpabilité énorme qui pèse sur ses épaules. Avec tous les secrets, elle sait que cela va finir par être néfaste dans vos vies et la preuve en est ce soir.
Elle est restée là, sur cette marche et ça malgré la pluie mais quand tu reviens de ton tour en moto, Sora est toujours posée sur cette marche. Elle se relève difficilement à cause de son gros ventre mais une fois debout, elle vient vers toi. Tu retires à peine ton casque qu’elle pose ses mains sur tes joues et qu’elle embrasse tes lèvres. Cela pourrait presque être digne d’un grand film de cinéma puisque la pluie battante donne un air dramatique à la scène mais après ce baiser, Sora se recule et lâche quand même un râle.
« – Pourquoi tu me l’as pas dis ? Pourquoi.. pourquoi tu me l’as caché ? »
Ton regard se fronce mais il y a surtout une incompréhension qui se dégage de ton visage.
« – Je sais.. je le sais que tu es encore marié et que tu as une enfant mais pourquoi tu ne m’as rien dis ? Cette femme vie en Californie depuis plusieurs années.. c’est.. c’est pour elle que tu es venu ici ? Je.. je veux juste savoir Thomas.. »
Elle ne se doute pas que pour toi aussi c’est la surprise. Il aurait été logique que tu viennes par ici pour retrouver ta femme et ton enfant mais tu ne sais rien puisque ton ex a tout simplement fait sa vie dans ton dos. Le mariage n’a pas été annulé mais il y a une raison pour cela et cette raison risque de te faire grincer des dents. Dans tous les cas, Sora doit t’expliquer comment elle a su ça et elle doit à son tour avouer son secret mais avant de le faire, vous remontez dans l’appartement car elle commence à être trempée et gelée.
Elle aussi voulait mettre de l’argent de côté pour acheter cette maison pour votre famille. Les secrets n’avaient que pour but de rendre votre avenir meilleur mais l’avenir aurait pu être détruit par les secrets. N’est-ce pas ironique ? Dans tous les cas, Sora avoue qu’elle passe beaucoup de son temps à faire des recherches sur des gens dont on lui demande des nouvelles. Pour toi, ce n’étais qu’une curiosité mal placée mais c’est ainsi qu’elle a découvert ton mariage, ta fille.. ce qui l’a poussé à croire que tu lui as menti, c’est que tout laisse à croire que tu vois cette famille. Ton ex est déclarée avec toi et tu as même reconnu l’enfant que vous avez eu mais tout cela est un mensonge de plus. En réalité, ton ex s’est servi de ton identité pour venir ici avec l’un de ses amants qui était recherché par la police anglaise. Son amant a pris ton identité. C’est en allant sur son ordinateur avec toi que Sora comprend les choses.. Vous vous retrouvez tous les deux devant l’écran, sans voix.
« – Elle a volé ton identité.. mais.. tu penses que l’enfant est vraiment de toi ? Il va falloir que l’on se renseigne un peu plus.. »
Sora prend ta main dans la sienne. Sa mine est beaucoup plus triste et surtout elle s’en veut d’avoir été aussi ferme dès le début mais elle pensait tellement être devenu « la maîtresse cachée » que cela lui a fendu le cœur.
« – Excuses moi.. Je sais que j’agis toujours au quart de tour.. J’ai hérité du mauvais côté des Walker.. »
Elle essaye de faire un peu d’humour pour t’arracher un sourire. Une esquisse de sourire lui fait venir déposer un doux baiser sur tes lèvres mais elle sait que tu dois être tout autant retourner qu’elle. Après tout, tu as été usurpé de ton identité et il y a des mystères qu’il va falloir résoudre. Comme si Jaimie sentait votre mal-être, il se met à bouger dans le ventre de Sora mais de manière à faire couiner la jeune femme. C’est lorsque ta main se pose sur son ventre que le petit se montre plus sage.
« – Il est comme moi.. il ne s’apaise que lorsque tu es là.. »
Vous trouvez difficilement le sommeil lors de cette nuit. Au matin, vous êtes même réveillé avant le soleil. Sora prépare votre déjeuner mais le silence étant trop fort, elle se met à reparler de la veille.
« – Je savais pour ce que tu faisais pour mon père et Kisos.. mais je ne t’en veux pas. C’est eux qui t’ont amené dans ce.. trafic alors c’est à eux que j’en veux. Tu sais.. j’y pense de plus en plus mais.. j’aimerais qu’on aille vivre en Angleterre ou en ecosse. J’aime ma famille mais maintenant je dois penser à la mienne. Toi et Jaimie.. »
Bien sûr, cela arrivera quand vous aurez réglé ce problème avec ton ex mais Sora est prête à quitter son pays pour aller vers le tien. Ici, tout est présent pour vous éloigner alors que l’Angleterre a été le lieu qui vous a réunit. Même si elle ne pourra plus travailler dans la police, elle s’en fiche tant qu’elle peut être auprès de toi et élever votre fils dans un environnement sain.
-
La journée n’a pas été si pantouflarde pour Sora puisque pendant ton absence, elle a été faire quelques achats avec Charlie et elle a aussi aidé Gino au restaurant. Elle aurait bien voulu aller fouiner pour Marla mais comme tu as dis que tu gérais la chose, elle s’est gardée de ne pas s’imposer. Bien sûr, elle a dû parler des affaires avec Charlie et c’est pour cela que son frère s’est fait disputer mais Sora ne souhaite plus mentir à quiconque. Cela donne trop de tension et trop de pression. Pour son père, elle compte aussi en parler à Q’ mais comme celle-ci est encore en convalescence, Sora préfère la ménager pour le moment.
Quand tu reviens du travail, Sora est encore au restaurant. Malgré sa grossesse, elle joue la serveuse mais elle se le permet car il n’y a pas beaucoup de clients. Alors quand tu entres, la jeune femme vient tout juste de poser un plateau et elle retire son tablier avant de venir contre toi. Tes mots la font sourire tendrement et ils sont bien lancés puisqu’elle souhaitait aussi un moment avec toi.
« – Cela tombe très bien car j’ai une surprise pour toi alors quand tu auras terminé ton verre de vin, il faut que l’on aille à l’appartement. »
Si la dernière fois elle avait été en panique dans le magasin pour enfant, cette fois-ci elle semble avoir totalement craqué pour les affaires pour bébés. Gino a dû venir aider Charlie et Sora à monter tous les sacs et cartons. Le salon est rempli et c’est la surprise qu’à Sora pour toi. En sommes, tu vas surtout devoir retrousser les manches pour monter les meubles mais elle est toute contente de pouvoir te montrer les petites affaires qui accompagnerons Jamie à ses débuts.
« – On a presque tout sauf une chaise haute et le landau mais Charlie tient à nous offrir le landau. Et j’ai même trouvé un truc trop cool.. attend je vais te montrer ! »
Elle doit fouiller un peu mais elle retrouve un petit gadget qu’elle a trouvé dans l’un des magasins et qui est assez innovant . C’est une sonde qui permet d’écouter le cœur du bébé en étant à la maison. Sora installe rapidement l’appareil et après s’être assise dans le canapé, elle pose la petite sonde contre son ventre. Le bruit commence à se faire entendre, le cœur de Jamie est régulier mais Sora tenait surtout à ce que tu puisses vivre la grossesse d’une façon plus proche. Même si tu as peut-être un autre enfant , elle sait que tu ne l’as pas vu grandir et là, elle tient à ce que tu sois là pour toutes les étapes qui vous réunirons à ce petit poisson surprise.
« – En attendant de pouvoir le voir en échographie, cela nous permettra de l’entendre un peu.. Oh et demain matin nous avons rendez vous pour un cours de préparation à l’accouchement ! C’est Charlie qui a eu l’idée. Elle m’a dit que c’était important qu’on le fasse à deux car le jour J, ça risque d’être compliqué de gérer les choses sauf si on y est préparé. »
La demoiselle continue de te montrer tous ses petits achats. Des vêtements, des peluches, des accessoires.. elle te montre même un porte bébé qu’elle teste sur toi. À la place de pouvoir y mettre Jamie, elle met un ours en peluche et cela vous fait rire aux éclats.
« – J’ai tellement hâte de vous voir à deux.. Je sens que je vais fondre d’amour. Oh.. je vous aimes tellement.. »
Par excès d’hormones, Sora ne peut pas retenir ses larmes mais elles sont de joie. Cela faisait bien des semaines que vous n’aviez pas été aussi léger et la soirée l’est toute autant même si vous devenez des bricoleurs. Le petit bureau se transforme en chambre de bébé et il est très tard quand vous voyez enfin le fruit de vos efforts. La chambre de Jamie est terminée et il ne manque plus que le petit garçon pour la compléter. Sora a pensé à mettre un attrape rêve au dessus du lit mais aussi un petit drapeau anglais pour ne pas oublier que ce petit gars a aussi une part de British.
La nuit a été sereine mais la matinée est plus mouvementée. Vous arrivez au cours d’accouchement en retard car Sora n’arrivait pas à choisir sa tenue pour aujourd’hui. Plusieurs couples sont déjà présents et vous devez vous mettre au fond de la salle pour ne pas trop déranger mais les regards ne sont pas les plus accueillants. Il y a beaucoup de jeunes couples et la plupart des pères se sentent perdus mais le cours devrait être rapide. La prof explique comment on peut soulager les contractions ou alors comment aider bébé à sortir plus vite mais pour cela il faut faire quelques exercices. En voyant cela, Sora a surtout envie de rire mais il faut tenter de rester sérieux. Elle se retrouve à quatre pattes avec toi qui doit rester derrière pour lui masser le bas du dos mais la position achève Sora qui éclate de rire. Si certains sont choqués, d’autres se mettent à rire aussi mais les pires éclats de rire viennent quand on vous donne un poupon pour apprendre à bien le porter ou lui changer la couche. Sora te donne l’honneur de commencer l’exercice et c’est à nouveau une crise de rires qui prend la jeune femme. Cela va être épique quand Jamie sera présent.. Et justement, quelque chose d’anormal se passe. Sora sent que son pantalon commence à être mouillé et cela pourrait être dû à tous ses rires mais avec la quantité qui finit au sol, vous comprenez vite que ce n’est pas le cas.
“ – Non.. Non pas maintenant.. il est trop tôt..”
Elle n’a passé que sept mois de grossesse alors oui, il est trop tôt mais votre fils tient à venir plus tôt que prévu. Pour le moment elle ne ressent aucune contractions mais il va tout de même falloir partir à l’hôpital. Ne serait-ce que pour vérifier ce qu’il se passe et surtout voir si Jamie va bien.
“ – Bon.. euh.. On va aller à l’hôpital mais on doit rester calme.. Et puis on ne prévient personne pour le moment. Tout devrait bien aller.. On doit juste être cool.. mais il faut quand même que tu fonces m’amener à l’hôpital chéri ! »
-
Tout a été très vite. Jamie est sorti comme une lettre à la poste et même si la douleur a été intense, là devant cette couveuse, Sora oublie tout face à ce petit garçon qui serre son doigt. Il est minuscule et il a déjà beaucoup d’appareils de coller sur lui pour vérifier ses constantes mais il est là. Il a une peau légèrement bronzé mais vous n’avez pas encore la chance de voir la couleur de ses yeux puisqu’il a un bandeau sur ceux-ci afin de le préserver de la lumière. Le petit Jamie Wells est né et Sora perd quelques larmes puisqu’elle est heureuse de voir ce petit être mais elle est quand même triste de le voir dans cette boite. Pour le premier repas, elle ne pourra même pas lui donner le sein puisqu’il doit rester dans sa couveuse alors on lui conseille d’utiliser un tire lait mais Sora ne sait même pas ce qu’est un tire lait.
Lorsque vous arrivez dans une chambre, après la première rencontre avec votre fils, Sora n’a toujours pas sorti un mot. Elle est fatiguée mais aussi perdue. Cet accouchement n’a rien de “normal” car rien n’était prêt, rien ne s’est passé comme vous pouvez le voir dans les films ou comme vous pouvez l’entendre. Une infirmière arrive avec le tire lait et des couches pour Sora mais elle ne s’attarde pas, ce qui vous laisse tous les deux comme deux idiots. Assise sur le lit, Sora essuie ses joues qui sont encore humides mais quand tu te rapproches, elle fond en larmes contre ton torse.
“ – J’ai pas su le garder dans mon ventre.. Il est dans une boîte à cause de moi.. Pardon..”
Un début de baby blues ? Cela serait presque évident avec ce qu’il vient de se passer mais tu es là, tu es près d’elle et c’est déjà quelque chose de précieux. Tu n’es pas autant au courant qu’elle mais c’est à deux que vous allez devoir gérer tout cela. A commencer par ce fichu tire-lait. Sora doit rapidement envoyer un biberon pour le petit et c’est avec ton aide qu’elle comprend comment fonctionne l’appareil. Pour ce qui est de la couche, elle ne comprend pas vraiment jusqu’à ce qu’elle sent son entre jambe se mouiller. Super.. Des fuites urinaires. Elle se réfugie dans la salle de bain pour se nettoyer et se changer mais elle refuse que tu la vois dans cette situation. Elle se cache derrière sa blouse d’hôpital et puis la couverture une fois qu’elle est de retour dans le lit.
“ – Il.. faudrait que tu ailles chercher des vêtements pour le petit.. Et puis.. peut-être prévenir la famille.. Et puis.. peut-être te reposer un peu..”
La jeune femme va devoir rester ici plusieurs jours, bien qu’elle en a pas envie mais elle tient à ce que toi tu puisses quand même te reposer ou que tu puisses être plus enjoué qu’elle. Elle cache sa tristesse par un doux sourire mais à peine tu pars de la chambre qu’elle se remet à fondre en larmes.
“ – Quoi ?! Elle a déjà accouché ?! Comment va-t-elle ?? Et le bébé ?? Je vais arriver à l’hôpital ! Charlie va aller chercher des vêtements, attends moi sur le parking !”
Kisos est en alerte, il quitte même son travail en clinique pour venir te rejoindre à l’hôpital. Pour Henry et Q’orianka, c’est la même panique. La famille Walker doit te rejoindre sur ce parking d’ici peu mais en attendant, tu as le droit à une rencontre assez spéciale. Un autre jeune papa qui vient fumer sa cigarette après plusieurs heures d’attente pour l’accouchement. Il te félicite pour Jamie et après une discussion sur ce nouveau rôle de père que vous allez avoir, il retourne dans l’hôpital. Tu viens tout juste de parler avec un homme qui n’est autre qu’un tueur en série qui est recherché depuis plusieurs années.
La famille Walker arrive assez vite et le plus paniqué n’est autre que le colosse Henry. Il est inquiet pour sa fille mais il n’a pas manqué de ramener un gros nounours et un ballon pour son petit-fils. Aponi est aussi présente mais la vieille dame est plus sereine car elle sait qu’en cet instant, sa petite fille est entre de bonnes mains. Après ton départ, Sora a reçu la visite d’un médecin et face à la détresse de la jeune femme, il a demandé à ce qu’on l’amène en néonat. On lui a accordé le droit de donner le premier biberon à Jamie mais on lui a aussi offert la possibilité d’avoir le petit garçon contre elle. Peau contre peau, les deux se découvrent. Il a les yeux bleus.. bleus foncés comme toi et il a ton regard. Sora retrouve son sourire devant la beauté de ce petit garçon intrépide. Quand tu reviens vers sa chambre, une infirmière t’indique où se trouve Sora et on te mène à elle pour que toi aussi tu puisses profiter un peu de l’instant. Près de la couveuse, assise sur un fauteuil, Sora caresse la petite joue du garçonnet et elle lui chante une comptine amérindienne. La scène est belle mais elle l’est encore plus quand tu t’approches des deux membres de ta nouvelle famille.
“ – Il a tes yeux.. C’est un beau petit Wells. Je pense que ce petit garçon doit être aussi fougueux que son papa. Il a bu presque tout son biberon et le pédiatre qui l’a contrôlé, m’a dit qu’il était très vigoureux pour un enfant né aussi tôt. Il a presque tout bon, sauf ses poumons qui sont encore un peu fragiles alors il va devoir rester ici deux à trois semaines.. Mais après ça, on pourra récupérer notre fils.”
Elle se sent beaucoup plus rassurée. Si bien qu’elle troque sa place pour que toi aussi tu puisses faire un peau à peau avec ce petit garçon. Tu as le droit à ton tour, au regard bleuté de Jamie. Il te fixe tout en serrant ton pouce entre sa main.
“ – Je vous aime.. Les deux hommes de ma vie.. Ma famille..”
-
La semaine a été intense en émotions pour Sora car l’arrivée de Jamie change beaucoup de choses dans vos vies. Vous devez apprendre à vivre avec un petit morceau de vous qui est encore très fragile et qui demande beaucoup d’attentions. Avec ton aide mais aussi celles des femmes de la famille, elle apprend lentement son rôle de mère mais surtout, il s’est passé quelque chose qui la bouleverse un peu plus chaque jour. Elle pensait ne pas avoir un instinct maternel mais en réalité, il y a un lien fort qui s’accroît entre elle et le petit. Elle a ce besoin d’être auprès de lui, de vérifier qu’il va bien et qu’il ne manque de rien. Elle a un besoin de protection plutôt intense et c’est perturbant dans le sens où elle se sent mal si elle n’est pas avec lui. Comme Jamie doit encore rester trois semaines à l’hôpital et que Sora doit sortir demain, elle est triste et quand tu viens t’installer derrière elle sur le lit, Sora lâche un sanglot quand tu dis qu’elle va repartir à la maison.
« – Je sais pas si je suis prête.. il va rester ici.. tout seul.. »
Elle ressent ça comme une séparation difficile mais avec tes mots rassurants que le fait que tu lui promets de venir à l’hôpital tous les jours avec elle pour voir Jamie, rassure la jeune femme. Oui, tous les jours elle vient visiter le petit garçon. Elle vient seule ou avec toi mais Sora ne manque pas une occasion d’aller voir le petit prince. Les premiers jours sont compliqués mais la vie à l’appartement reprend son cours. Tu as pris tes congés de paternité donc cela nous permet aussi de passer un peu de temps ensemble même si Sora sent que tu es de plus en plus tendu à cause de cette histoire avec Marla. Elle ne sait toujours pas qu’elle est infirmière à l’hôpital qui abrite votre fils, tout comme Marla ne t’a pas encore capté mais cela change lors d’une visite que vous faisiez à Jamie. Marla est l’infirmière qui doit s’occuper du petit aujourd’hui et au moment où vous rentrez, la blonde blanchit violemment. Ayant Jamie dans les bras, elle manque de le faire tomber mais en voyant cela, Sora sort de ses gongs et elle vient retirer le petit des bras de Marla, sans oublier de gifler ton ex.
« – Mais vous êtes dingue !!
_ Vous avez failli faire tomber mon fils !! C’est vous la dingue !! Sortez d’ici !! Sortez ou je vous refais le portrait !! »Marla préfère sortir rapidement face à la fureur de la jeune mère qui niche Jamie contre elle. Les présentations ne sont toujours pas faites puisqu’avec sa colère, il vaut mieux ne pas lui dire qu’elle vient de rencontrer la fameuse Marla mais pour la blonde, c’est encore le choque. Qu’est ce que tu fais ici ? Tu n’aurais jamais dû te retrouver ici ! Elle comprend que toutes ses manigances depuis des années vont être dévoilées et elle va devoir trouver une solution rapide pour ne pas être renvoyée en Angleterre mais surtout pour que son époux qui a pris ton nom, ne soit pas envoyé en prison.
Le meilleur moyen de ne rien perdre et de faire en sorte que tu disparaisse. Sans le vrai Thomas, le faux Thomas pourra continuer sa vie mais comment pouvoir te faire du tort ? Elle ne sait rien de ta nouvelle vie si ce n’est que tu as un fils à l’hôpital.. Bien sûr, le dossier de Jamie va pouvoir lui donner quelques informations dont votre adresse ainsi que ton métier. Policier. Ça va corser les choses mais elle est prête à tout pour garder sa vie actuelle. Elle se renseigne aussi sur Sora et elle apprend qu’elle est la fille du gouverneur. Ça se complique encore plus mais après un appel à son époux, Marla semble savoir comment gérer la situation.
Prendre en otage Jamie ou Sora ? Non, ce n’est pas dans les plans mais ici personne ne te connaît vraiment alors elle va tenter un coup qui risque de te faire grincer des dents. Il est 17h quand vous êtes en route pour sortir de l’hôpital. Sora a demandé à ce que Jamie puisse rentrer avec vous et comme il est un battant, on vous donne le feu vert. Vous partez donc avec votre petit garçon quand plusieurs agents de police viennent t’interpeller devant l’hôpital.
« – Thomas Wells ? Nous devons vous amener au poste de suite pour un interrogatoire. Quelqu’un est venu nous avertir de votre dangerosité.
_ Hein ? Mais.. il n’est pas dangereux ! En plus il est aussi policier !
_ Cela ne vous concerne pas madame. Nous devons embarquer Monsieur Wells. »Ils ne vous laissent pas le choix et Sora se retrouve seule sur le parking avec Jamie contre elle. Toi, tu es amené dans la voiture de police mais ils ne peuvent rien te dire tant que tu ne seras pas dans une salle d’interrogatoire. Marla a tout simplement déposé plainte contre toi en te peignant comme un monstre. Elle aurait fuis il y a plusieurs années ici car tu étais un diable avec elle et elle aurait eu peur pour sa vie et celle de votre fille. Elle a usé de ton séjour en prison et ton ancienne mauvaise réputation pour se donner gain de cause. Elle n’a pas évoqué son époux qui a pris ton identité puisqu’elle clame être encore ton épouse. Elle aurait eu trop peur de te revoir pour faire les papiers de divorces alors elle a continué à être ta femme jusqu’à maintenant. Elle t’accuse de l’avoir frappé, violé, prostitué et bien d’autres choses qui font que la police ne peut pas te laisser tranquille. C’est sa parole contre la tienne mais comme elle vit ici depuis des années, elle a su se faire un réseau d’amis qui seront prêts à la défendre.
De son côté, Sora a tout de suite appelé ses parents. Même si c’est encore tendu avec Henry, elle sait qui sera le mieux placé pour t’aider puisqu’il a une armée d’avocats autour de lui. Et puis elle a aussi besoin de sa mère pour se rassurer car Jamie est enfin là, hors de l’hôpital et c’est une situation nouvelle qu’elle ne peut pas vivre avec toi.
« – Je ne sais pas pourquoi ils l’ont embarqué mais je ne veux pas qu’il reste là bas..
_ Je vais envoyer un de mes amis avocats, il va le faire sortir mais en attendant tu restes à la maison avec nous. On ne sait pas ce qu’il se passe et je n’aurais pas confiance si vous restez seuls Jamie et toi à appartement.
_ Maman va garder Jamie mais toi et moi on va aller au poste Duda. Je ne laisserais pas Thomas seul ! »Malgré qu’elle soit fusionnelle avec Jamie, elle n’a pas l’intention de t’abandonner à ton sort. Sora accompagne donc Henry au poste mais ils ne peuvent pas de suite te voir. L’avocat est arrivé mais tu es encore en interrogatoire, même si cet homme a pu te rejoindre dans la pièce afin de te défendre et savoir ce qu’il en est. Henry et Sora tournent en rond pendant un très long moment mais le fait d’être dans la salle d’attente à deux, leurs permet d’avoir la conversation qu’ils n’ont pas eu depuis la dispute.
« – Je sais que j’ai fais beaucoup d’erreurs Sora.. Je ne suis pas le père parfait mais je t’aime. J’ai.. toujours voulu le meilleur pour toi..
_ Ce n’est pas le moment papa..
_ Ça ne sera jamais le moment si tu évites toujours la conversation Sora. Je te connais assez pour savoir que tu éviteras la conversation parce que tu es une bourrique comme moi.. Tu n’es pas ma fille pour rien. Tu as la beauté de ta mère mais le caractère volcanique de ton père.. J’ai toujours été amusé par ça. Quand tu étais petite, tu n’avais pas peur de faire la grognon devant les médecins et les infirmières pour montrer que tu n’étais pas d’accord. Tu as une force incroyable mais j’ai quand même toujours eu peur pour toi. J’ai tellement eu peur de te perdre plusieurs fois Sora.. Tu es mon petit soleil..
_ Papa.. Je le sais ! Je.. je sais que tu avais peur pour moi et que tu voulais me protéger. Je le sais encore plus depuis que Jamie est né ! Je.. J’ai compris qu’avoir un enfant ça change beaucoup de choses et surtout qu’on a envie qu’il soit heureux. J’ai compris tout ça mais aujourd’hui je suis justement une maman et.. Il faut que tu me vois comme une adulte, plus comme une enfant. Et puis, je ne veux plus que tu caches quoi que ce soit. Tu as failli faire tuer maman.. Je ne t’aurais jamais pardonné si elle était morte tu sais ?
_ J’y pense tous les jours Sora.. et tu ne peux pas savoir à quel point je m’en veux. Je ne sais même pas pourquoi elle est encore avec moi.. Elle devrait me détester, me quitter..
_ Maman t’aime plus que tout au monde. Elle te pardonnera toujours tout, même si tu es un idiot..
_ Un idiot.. Tu as de la chance d’être une adulte car j’aurais pu te punir en te consignant dans ta chambre ma petite demoiselle ! »Henry ne peut pas s’empêcher de prendre sa fille dans ses bras et Sora se niche contre son père. Cet instant se termine quand tu sors enfin de la salle d’interrogatoire avec l’avocat. Sora se jette dans tes bras et elle te serre au plus fort possible.
“ – Mon Amour !! Comment tu vas ?? Pourquoi ils t’ont amené ici ??
_ Monsieur Wells n’est pas sorti d’affaire, j’ai réussi à lui éviter la détention mais il doit rester dans le secteur le temps de l’enquête. Il est aussi interdit de retourner au travail tant que le tout ne sera pas résolu.
_ Quoi ? Mais.. Une enquête ? Il se passe quoi ?”Sora prend peur car une enquête implique souvent des gros problèmes. Henry aussi s’impatiente de savoir puisqu’il veut savoir ce que son gendre a bien pu faire de mal mais quand tu annonces le guet-apens qui t’a été fait, les deux Walker blaimissent. Sora en sent déjà son sang bouillir et si Marla était ici, elle lui ferait sûrement un joli crochet droit mais il faut tenter de garder son calme pour toi, pour te sortir de cette situation.
“ – Il faudrait qu’on puisse rassembler beaucoup de témoignages sur toi et sur le fait que tu n’es pas celui qu’elle décrit. Ta mère, ta sœur, tes anciens amis ou collègues.. Il faut faire un dossier béton contre elle ! Prouver que c’est elle qui t’a tendu un piège et qui t’a volé ton identité !”
-
Quand tu viens t’asseoir sur le bout du lit de ses parents, Sora s’avance vers toi et elle vient faire nicher ta tête contre son ventre encore un peu rond. Elle ne t’en veux pas le moindre du monde et elle ne croit pas une seule seconde aux accusations que Marla a pu faire sur toi. La jeune femme a toujours eu un sixième sens vis à vis des autres personnes et elle sait reconnaître les personnes mauvaises des bonnes personnes. Si tu avais été mauvais, elle n’aurait jamais osé te parler le fameux soir de votre rencontre.
« – Sache que je te crois et je sais au plus profond de mon être que tu es un homme bon Thomas. Cette femme veut juste te faire du mal mais elle n’y arrivera pas parce qu’on va tout faire pour te sortir de là. Je ne laisserais personne dire que mon Amour est quelqu’un de mauvais. Je ne laisserais personne te salir. »
Elle se penche pour embrasser ton front et elle fait en sorte que tu puisses croiser son regard. Comme son père, Sora est une femme de poigne quand on s’en prend à ses proches mais c’est encore plus fort lorsque cela te concerne.
« – Mon père va t’entourer des meilleurs avocats du pays et moi je vais essayer de trouver toutes les failles de Marla. Peut-être que mes talents de chercheuse web seront fructueux.. mais toi tu me promets de ne pas te morfondre parce qu’on va réussir à te sortir de là. Je te promet que tout ne sera qu’un mauvais souvenir d’ici quelques semaines. »
Mais pour le moment il faut que tu te reposes. Vous embrassez Jamie avant que Sora ne t’entraîne dans sa chambre d’adolescente que sa mère a préparé pour ce soir. Q’ a pensé à retirer les tonnes de peluches qu’il y avait sur le lit mais elle n’a pas enlevé les posters de Tom Cruise et Brad Pitt qui étaient les crush de la jeune femme lorsqu’elle était plus jeune. Sora se met à rire quand elle voit ton air interrogateur et elle se décide à aller les retirer.
« – Je les trouvais super beaux dans Entretien avec un vampire.. je rêvais de voir Lestât ou Louis venir me chercher et me transformer en vampire. On est imaginatif quand on est jeune ! »
Il y a aussi d’autres petites anecdotes de jeunesse puisqu’il y a un trophée d’équitation qui est sur l’un des meubles ou alors il y a beaucoup de dessins d’accrochés au dessus de son bureau. Elle dessinait surtout des animaux ou alors des symboles amérindiens. Il y a quelques photos qui trônent sur une étagère et ce sont notamment des photos avec ses amis amérindiens quand elle pouvait être en dehors de l’hôpital. Il y a aussi une photo d’elle bébé et tu peux aisément reconnaître quelques traits que Jamie porte aussi.
« – Si tu veux je te sortirai mes albums photo après.. Mes parents en ont remplis beaucoup. Tu risques de bien rire.. Mais avant je vais aller nous préparer un bon bain, qu’en penses tu ? »
Le bain vous offre un peu de détente mais vous n’allez pas vous coucher de suite puisque tu vas fumer une cigarette et Sora s’en va voir si tout va bien pour Jamie. Henry profite que tu sois sur la terrasse pour te rejoindre avec de la bière en main. Il te refile une bouteille et il t’invite à aller t’asseoir avec lui sur les sofas de jardin.
« – Cameron, ton avocat, m’a raconté ce qui était dit dans ton dossier. Je ne connais pas cette Marla mais sache que je te soutiens. Tu es le père de mon petit fils mais surtout le compagnon de ma fille et je sais qu’elle ne serait pas avec toi si tu n’étais pas quelqu’un de bien. Q’ aussi a toujours eu un très bon opinion de toi tu sais. J’avoue que pour ma part, l’âge posait un gros problème mais bon, si tu rends heureux ma fille alors c’est le principal. »
Il pourrait se méfier de toi avec ce que Marla a osé dire sur toi mais Henry ni croit pas. Il a bien vu que tu ne ferais jamais de mal à sa fille, bien au contraire, tu as déjà prouvé plusieurs fois que tu ferais tout pour elle.
« – Depuis que Sora nous a avoué pour sa relation avec toi, je ne l’ai jamais vu aussi.. vivante. C’est bizarre de dire ça mais oui, tu lui as redonné vie. Je n’avais jamais vu ma petite princesse être aussi enjouée et souriante. Alors non, tu n’es pas quelqu’un de mauvais mais par contre je compte savoir pourquoi cette femme veut te faire plonger. J’ai entendu parler d’usurpation d’identité.. tu peux m’en parler un peu plus ? »
Vous discutez dans le jardin pendant que Sora se retrouve avec Q’ et Jamie dans le lit de ses parents. Le petit dort contre sa maman mais il est surtout observé par les deux amérindiennes qui sont subjuguées par ce petit être.
« – Tu as fais un travail magnifique.. Il est tellement mignon avec ses petites joues rondes et ses beaux yeux bleus. Et puis c’est déjà un battant ce petit garçon. Il est comme sa maman
_ Et son papa ! Thomas aussi un est un battant..
_ Je n’en doute pas une seconde. Tout va s’arranger ma chérie, j’en suis certaine.
_ Mais.. si on y arrive pas ? Si.. si Thomas est envoyé en prison..
_ Ça n’arrivera pas. On sait toutes les deux que ton père ne laissera pas ce genre de chose arriver.
_ Duda n’est pas au dessus des lois..
_ Il n’y a pas de lois mais une justice. Ton père a toujours souhaité la justice, surtout quand il y a des mensonges qui font des dégâts.
_ Merci à vous deux..
_ Tu n’as pas à nous remercier Sora chérie. On sera toujours là pour toi et ton bonheur. »Au même moment, vous rentrez dans la chambre avec Henry. Le colosse vient de suite prendre son petit fils dans ses bras et il lui dépose un gros bisou sur son front.
« – Allez au lit vous deux. Papy Henry va s’occuper du petit Jamie. Ah oui petit bonhomme ? Papy sait comment changer les couches et donner le biberon ! Il s’est bien entraîné avec ta maman ! »
Henry et Q’ se mettent à rire doucement alors que Sora revient vers toi. La brune lance quand même un regard attendri vers ses parents qui sont niais devant votre petit garçon.
« – Profitons de cette nuit sans réveil nocturnes.. »
-
C’est vrai que la demoiselle manque de râler quand tu émets l’hypothèse que tu devrais vivre loin d’elle et Jaimie mais tu ne lui laisses pas le temps de répliquer puisque tu l’embrasses en pensant que cela la fera taire. Sora est une téméraire qui devrait te rappeler que tu n’es pas seul, qu’elle est là mais dans un sens elle comprend ton malaise. Si elle était à ta place, elle aimerait aussi te protéger de cette affaire cependant là, tu risquerais gros si tu gères cette histoire seul.
“ – Je ne veux pas que tu penses que tu es redevable à qui que ce soit.. Enfin, je parle pour mes parents. Pour l’avocat, tu n’as pas à te soucier d’accord ? Mes parents ne payent rien puisque ces avocats sont leurs amis. Pour moi.. Oui, je veux t’aider. Je veux être auprès de toi pour cette épreuve et pour te soutenir du mieux que je le pourrais mais je te promets que je ne ferai rien dans ton dos ni rien de dangereux. On fera les choses en équipe.. Mais toi promet moi aussi de ne rien faire de déraisonné. On a besoin de toi, Jamie et moi. Je ne veux pas que tu penses qu’on aurait une vie meilleure sans toi parce que c’est faux. Depuis que tu es dans ma vie, je suis enfin heureuse Thomas. Tu n’as peut-être pas le même point de vue que moi mais tu m’as sauvé de nombreuses condamnations. Depuis que tu es là, je ne croupie plus dans une chambre d’hôpital et j’ai même pu donner la vie alors oui, tu dois rester auprès de nous. Tu es mon miracle.”
Sora veut être ton pilier, celle qui te mettra toujours sur un piédestal mais elle veut surtout que tu te sens fort. La belle vient te rendre ce baiser enflammé que tu viens de lui offrir mais vous devez vous contentez de ça puisque la chambre de ses parents est juste à côté de la votre.
La semaine est assez compliquée puisque tu es pris entre les avocats, la police et surtout la préparation de ton futur procès. Il n’y a que le soir où tu peux retrouver Sora et Jaimie. Vous êtes retourné à l’appartement pour retrouver votre vie de famille mais il est difficile de te voir sourire ces derniers temps, sauf quand tu as le petit contre toi. Sora relève ce défi qu’est de ne pas trop se mêler de tes affaires mais c’est compliqué de ne pas pouvoir t’aider. Heureusement que Jamie lui prend beaucoup de son temps mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a rien fait pour tenter de t’aider un peu.
En fin de semaine, au lieu de retourner vers l’appartement, tu as reçu un sms de Sora qui te demande de la rejoindre chez ses parents. Il y aurait soit disant un dîner pour le départ d’Aponie puisque la vieille dame doit retourner en Virginie. Lorsque tu arrives dans la villa, tu te fais accueillir par Q’ puisque Sora est dans le jardin avec votre fils mais aussi le reste de la famille.
“ – Thomas ! J’espère que tu vas bien ? Donnes moi ta veste, tout le monde t’attends dans le jardin. Nous allons dîner sur la terrasse ce soir.”
Q’ a un peu crier ton prénom, de sorte à ce que tout le monde comprend que tu es arrivé. Il y a une surprise qui t’attend dans le jardin ou plutôt cinq surprises.. Ton grand père, ta mère, ta soeur et ses deux fils. Ils ont fait le voyage depuis l’angleterre sous la demande de Sora. La belle amérindienne a pu découvrir cette belle famille à l’aéroport, bien qu’elle connaissait déjà James qui ne fût pas surpris d’apprendre la raison de ton départ en Californie.
“ – La jolie Sora.. Je savais que j’allais te revoir !
_ James ! Je suis tellement heureuse de vous revoir !
_ Moi aussi mon petit. Je savais que mon Thomas aurait tout fait pour être près de toi. En plus, il se dirait que je suis arrière grand-père maintenant.
_ Oui, un petit Wells a rejoint votre famille !”James a pris le temps de présenter Sora au reste de la famille avant de rejoindre la maison des Walker. C’est là-bas que les tiens vont être hébergés le temps de leurs voyages ici. Ils ont été plus que surpris par le luxe que dégage la famille Walker mais en voyant Q’ et sa douceur, ils ont vite laissé le malaise de côté. Ta mère est tombée amoureuse du petit Jamie et depuis qu’elle est arrivée, elle le garde précieusement dans ses bras mais quand tu fais ton arrivée dans le jardin, elle redonne le petit prince à Sora et elle vient presque se jeter sur toi.
“- Mon Tommy chéri ! Oh mon petit garçon !”
Sora retient un rire car face à ta mère, il est évident que tu redeviens un petit garçon. Elle te serre dans ses bras et elle s’assure que tu es entier. Elle a du mal à céder sa place pour laisser ta soeur et tes neveux venir te saluer mais l’instant est beau. Les walker observent la scène d’un peu plus loin et Q’ vient embrasser le front de sa fille.
“ – Toute la famille est réunie..
_ Il manque Kisos et Charlie mais j’ai cru comprendre que Charlie était malade.. Tu sais ce qu’elle a ?
_ Un nouveau petit pois dans le ventre..
_ Oh.. Un nouveau Walker va rejoindre la famille ?
_ Oui mais avec ce qu’elle a vécu pour Rosie, elle a très peur. Il va falloir être présente pour elle.
_ Bien sûr Ma’ !”Sora fait enfin son avancée avec Jamie et tu as le droit à un doux baiser sur le coin de tes lèvres avant qu’elle ne te passe le petit prince qui babille.
“ – Jamie m’a murmuré qu’il voulait un gros câlin de son papa.. Et il m’a aussi dit qu’il était heureux de rencontrer toute sa famille anglaise.”
-
Oui, elle ronchonne un peu en entendant ce que tu comptes faire mais Sora est inquiète et savoir que tu vas aller au front, ça ne la rassure pas énormément.
« – Thomas.. tu sais que si tu fais une erreur demain, ça pourrait te porter préjudice dans l’affaire ? Je n’ai pas envie que tu finisses en prison car nous aussi on a besoin de toi.. Jamie doit grandir avec son père à ses côtés et moi.. moi je ne veux plus vivre sans toi. Alors je veux bien que tu ailles le voir mais pas seul. Prends Spencer avec toi ou même Kisos. J’aurai aimé venir avec toi mais je sais que ma présence pourrait te perturber.. et puis si ce gars essaye quoi que ce soit envers toi, je risquerais de lui sauter au cou.. »
Sora se montre étonnamment prudente mais avec l’arrivée de Jamie, il semblerait que la demoiselle soit plus raisonnable. Son impulsivité passe après le petit garçon et cela pourrait peut-être un jour porter préjudice à votre couple puisque sans s’en rendre compte, elle devient une vraie mère louve. Même pour ce simple trajet, elle se tourne plusieurs fois pour voir si le petit est bien endormie. Quand vous rentrez à l’appartement, c’est elle qui s’occupe de le changer et d’aller le mettre au lit mais elle a du mal à le laisser seul dans sa petite chambre. Elle te fait les yeux tout tristes pour que tu acceptes que le petit dorme avec vous ce soir.
Petit Jamie est allongé entre vous dans le lit et Sora caresse sa petite joue mais elle est troublée parce qu’elle remarque encore plus la ressemble que le petit garçon a avec toi. Les mêmes yeux, cette même bouche charnue et vous avez même un grain de beauté similaire. Il est ta copie conforme et c’est sûrement pour cela qu’elle est si proche de lui. En quelque sorte, elle peut le protéger plus facilement contrairement à toi. Toi.. tu es quand même un électron libre et un homme qui a bien plus d’expérience qu’elle.
« – Il te ressemble trait pour trait.. S’il n’avait pas la peau plus foncée que la tienne, on pourrait dire qu’il est ton double. Je suis complètement fasciné en vous voyant l’un à côté de l’autre.. »
Et justement, le petit homme se colle à ton torse. Il adore les bras de sa mère mais tu as un pouvoir bien plus apaisant puisque Sora aussi aime être contre toi pour pouvoir se détendre et se sentir en sécurité.
« – Il y a une légende amérindienne qui me revient à l’esprit… Il y a très très longtemps, la fille d’un grand chef amérindien, est tombée amoureuse d’un explorateur nordique. Tout le monde dit que c’est Christophe Colomb qui a découvert en premier l’Amérique mais les amérindiens avaient déjà vu des hommes blancs bien avant l’arrivée des portugais. À ce que j’ai compris c’était des vikings et ils sont arrivés sur nos terres en pensant pouvoir trouver un nouveau point de commerce. Dans tous les cas, cette jeune femme est tombée amoureuse du premier blanc à avoir posé ses pieds sur nos terres et lui aussi est tombé sous les charmes de cette jeune femme. Il en est né un amour puissant, tellement puissant que même les anciens esprits étaient bouleversés face à eux. Les dieux, les esprits, les humains.. tous ont tenté de les séparer mais rien a su les éloigner. Les océans, les guerres, la maladie.. Ils étaient invincibles. Si bien que cet amour c’est ancré dans la terre, dans le temps, dans l’éternité. Les deux amoureux se retrouveraient à chaque fois qu’ils réapparaissent sur terre. »
Elle marque une petite pause car ton air intrigué lui donne l’envie de rire. Tu ressembles à un enfant qui attend avec impatience la fin de l’histoire.
« – Cette légende nous fait comprendre que l’amour peut être immensément fort mais aussi que des âmes sœurs se retrouveront toujours. Qu’importe les circonstances, ils se reverront et vivrons à nouveau ensemble. Tu vas dire que je suis peut-être folle mais parfois je m’imagine à croire que tu es mon âme sœur et qu’on devait se retrouver. Je.. Avant toi j’ai eu des petits amis, des flirts mais jamais encore je n’avais ressenti ce que j’ai ressenti le premier soir où je t’ai croisé. Et puis ce qui est encore plus fou, c’est que je ne te connaissais pas et j’avais déjà le sentiment que tu m’offrirais la vie que je souhaitais avoir. »
Sora prend l’une de tes mains et elle la relève pour y déposer un doux baiser dessus. Elle ne se rapproche pas puisqu’elle ne veut pas écraser Jamie mais elle pose ta main sur sa joue pour garder un contact avec toi.
« – Merci Thomas.. Merci pour ce que tu m’as offert et ce que tu vas encore m’offrir. Parce que je sais que ça n’est pas fini et je compte bien vieillir auprès de toi. Comme ce couple de la légende, rien ne pourra nous séparer, même pas les esprits. La prison n’aura pas non plus le dessus sur nous, sur cette vie qu’on construit ensemble. »
Elle espère que ces mots te donneront toute la force dont tu auras besoin pour continuer à te battre dans cette affaire. La demoiselle finit par s’endormir avec vous deux, les deux hommes de sa vie. Le réveil aussi se fait avec les deux hommes de sa vie puisque vous êtes encore dans le lit, à dormir l’un contre l’autre. Sora prend une photo de cet instant avant de filer préparer un bon petit déjeuner puisque tu vas en avoir besoin pour cette journée qui t’attend. Elle appelle aussi son frère pour qu’il puisse se dégager un peu de temps pour venir avec toi.
Tu es réveillé non pas par l’odeur des pancakes mais par Jamie qui fait son petit clown en tentant d’attraper son pied. Il réussit à retirer une chaussette et cela le fait rire aux éclats si bien que Sora arrive à la porte pour voir ce qu’il se passe. Le bonhomme rit encore parce qu’il fait en sorte que tu ne réussisse pas à lui remettre sa chaussette.
« – Ça promet pour plus tard s’il veut déjà se déshabiller. Et en plus il te fait déjà tourner en bourrique ! Tu vas avoir vite les cheveux blancs papa Thomas. »
Elle sourit tendrement et elle vous invite à la rejoindre en cuisine pour aller déjeuner. Tu as le droit à une grosse assiette de pancakes tandis que Jamie se contente d’un gros biberon de lait. Il vous offre aussi un énorme rot lorsqu’il a terminé et ça ne peut que vous faire éclater de rire.
« – Il en avait jamais fait d’aussi gros ! Il m’étonne de jour en jour ce petit monstre ! »
Jamie sourit car il sait que vous parlez de lui mais quand son parrain arrive dans votre appartement, c’est une autre manche qui se trame. Jamie a peur de Kisos, sûrement parce que celui-ci est immense. Le petit se met à hurler si bien que Sora doit aller avec lui dans sa chambre. Kisos préfère s’en amuser.
« – Je suis l’oncle qui fait peur ! Et tonton va justement t’accompagner pour tes affaires. Sora m’a demandé d’y aller avec toi.. Tu comptes faire quoi avec ce gars ? Tu le connais ? »
-
Michael sait qu’il est coincé et qu’il n’a pas le choix que d’aller avouer mais dans un sens, il semble avoir besoin de faire table rase et d’enfin assumer. Il faut dire que depuis des années, il n’est autre que le pantin de Marla. Elle l’a amené aux USA en disant le sauver d’une peine de prison mais elle a surtout repris ses trafics ici et Michael doit subir les ordres de la femme. Il a voulu partir plusieurs fois mais il y a quelque chose qui l’a retenu, sa fille.. Marla use de cette jeune ado pour faire pression sur Michael et c’est ce qu’il explique lorsque vous reprenez la route pour la ville.
“ – Elle m’a piégé mais dans toute cette merde, j’ai fais quelque chose de bien.. Ma fille. Maintenant que tu es père, tu comprendras l’importance que peut avoir un enfant. Je veux bien tout avouer mais il faut que tu m’assures que ma fille sera en sécurité et qu’elle ne manquera de rien. Elle pourrait aller vivre avec ma mère, en Angleterre..”
Kisos conduit le véhicule mais il ne vous mène pas vers la police. Si tu es vu en compagnie de Michael, tu pourrais avoir plus de problème alors il s’engage à aller lui-même amener l’homme au commissariat. Toi, il te dépose au bout de la rue où tu vis avec Sora et il te promet de t’appeler une fois qu’il aura réglé cette affaire. Michael va bel et bien aller se dénoncer mais cela ne va pas du tout plaire à Marla.. Puisqu’automatiquement cela va la discréditer dans l’affaire et surtout, elle risque d’avoir des soucis pour avoir menti. La seule façon pour elle d’en terminer c’est de te faire éliminer mais ça, tu le sauras bien plus tard.
Pour le moment, tu as le droit à un peu de douceur familiale. Quand tu reviens de ce moment avec Michael, Sora est toujours à l’appartement avec Jamie et elle a décidé de faire une petite décoration d’Halloween pour le tout premier de votre fils. Quand tu passes la porte, elle est en train d’essayer un petit costume de citrouille pour le garçon et ton rire interpelle le garçonnet mais aussi la maman.
“ – N’est-il pas mignon en petite citrouille ? J’avais aussi pensé à un petit vampire mais il est bien plus craquant ainsi ! Charlie et Kisos font une soirée le 31 et il faut venir déguiser. J’ai trouvé un costume pour toi aussi !”
Un costume de fermier sanglant pour toi et pour elle, un costume d’épouvantail afin que vous soyez en accord avec Jamie. Tout en te faisant faire les essayages, Sora te demande ce qu’il s’est passé aujourd’hui et quand tu lui annonces que Michael va se livrer, elle soupire de soulagement. Cela veut dire que l’affaire pas s’arrêter et que vous allez pouvoir reprendre une vie tranquille.
“ – J’espère quand même que cette Marla sera renvoyé du pays.. Et qu’elle sera emprisonnée en Angleterre. Elle est ignoble ! Et elle a de la chance que je dois m’occuper de Jamie car sans ça, je lui aurait botté les fesses à cette grognasse.”
La jeune femme te voit arriver en fermier de l’enfer et elle anticipe la réaction de Jamie en croyant qu’il va pleurer mais le petit garçon se met à gazouiller. Il t’offre même des immenses sourire quand tu le prends dans tes bras. Malgré ce costume, il reconnaît son papa et Sora en profite pour prendre des photos de vous.
Ce soir vous ne rejoignez pas ta famille mais pour demain, il est prévu que vous passez toute la journée avec les tiens pour leurs faire une visite de Los Angeles. Les jumeaux veulent voir les studios d’hollywood tandis que ta mère rêve de visiter les endroits où a été Elvis puisqu’elle en est ultra fan. Ce programme va vous permettre de passer du temps tous ensemble mais cela va aussi permettre à Sora d’en apprendre plus sur les femmes de ta famille. Une mère fan d’Elvis mais aussi une ancienne infirmière. Pour ta sœur, Sora est surprise d’apprendre que celle-ci travaille dans des pompes funèbres puisque ce n’est pas les métiers qui sont les plus populaires. Les jumeaux sont moins bavards mais Sora apprend quand même qu’il y en a un qui veut devenir mécanicien auto alors que l’autre aspire à devenir cuisinier. Ta famille est d’une délicieuse simplicité. Ils n’ont pas des millions sur leurs comptes en banque mais ils sont heureux et c’est ce qui touche Sora. Il y a une vraie complicité entre vous tous et elle le remarque durant toute la journée.
Par exemple lorsque vous arrivez dans les studios et que les jumeaux se jettent sur toi pour que vous alliez voir l’endroit où a été tourné un film que vous aimez tout les trois. Où quand vous arrivez devant l’étoile hollywoodienne d’Elvis et que ta mère te prend dans ses bras pour te remercier de l’avoir amené à cet endroit. Ta sœur a aussi le droit à son moment avec toi puisque lors d’une pause goûter, elle t’accompagne chercher des glaces et elle en profite pour savoir comment tu vas mais aussi te dire que tu sembles bien plus épanoui. Il n’y a que James qui n’a pas vraiment été vers toi mais c’est parce que le grand-père préfère pousser le landau de Jamie et il se plaît à raconter des anecdotes à Sora sur ta personne.
« – Il tenait à peine debout et il faisait déjà les quatre cent coups ! Il n’était pas méchant mais il était tellement curieux qu’il fallait toujours le surveiller. Tu devrais faire attention à Jamie car s’il est comme son papa, vous allez souvent avoir des frayeurs !
_ Tu vas faire peur à Sora papa ! Mon Tommy n’était pas si turbulent. Il voulait juste découvrir le monde. Sans cela, c’était un adorable petit garçon et il était très précoce ! Il avait appris à parler bien plus vite que les autres enfants de son âge et il avait même sauté une classe en primaire ! Mais bon, il a fini par faire son brigand alors que je suis certaine qu’il aurait pu faire de hautes études ! »Ta mère te lance un regard un peu désespéré mais elle ne va pas revenir sur cette période d’adolescence où tu as été difficile. Elle préfère changer de sujet et elle revient à son Elvis, ce qui fait soupirer ton grand père. Heureusement que la fin de journée finit autrement que sur la biographie du King, puisque vous allez dîner au restaurant de Gino pour que ta famille puisse goûter aux meilleures lasagnes de la ville. Cela permet aussi à Sora d’aller rapidement chez vous pour changer Jamie qui s’est vomis dessus, cependant elle est accompagnée par ta sœur avec qui elle n’a pas encore beaucoup échangé.
« – Il me rappelle les jumeaux.. Ils ont les yeux des Wells, comme Jamie. Je dois t’avouer que je ne pensais pas qu’un jour mon frère aurait un enfant puisqu’il avait toujours laissé penser qu’il ne voulait pas avoir de famille mais je suis heureuse qu’il a maintenant sa propre famille, même si sa présence nous manque.
_ J’aimerais bien que l’on puisse se voir plus souvent, je pense que c’est important pour Jamie mais surtout pour Thomas. On pourrait peut-être venir vous voir pour les vacances de fin d’années ?
_ Vous serez toujours les bienvenus ! Et je suis certaine que ça ferait plaisir à maman et grand père ! On pourrait leurs en faire la surprise ?
_ Faisons leurs la surprise alors ! J’ai déjà hâte d’y être et puis l’Angleterre doit être sublime à cette période. Il y a bien plus de chaleur et d’histoires dans les anciens pays que par ici. Et puis vous avez un peu de neige à Noël ?
_ Beaucoup de pluie mais on devrait avoir un peu de neige. Par contre, j’aimerais te dire quelque chose.. Ce n’est pas contre toi car tu es une fille très adorable mais tu dois savoir que Thomas a eu des périodes sombres. Il buvait beaucoup.. Je préfère te prévenir car ce n’est pas quelque chose de très sain quand on a un enfant.. »Sora ne relève pas mais elle est un peu dérangée que ta sœur puisse insinuer que tu pourrais te remettre à boire. Et puis pourquoi dire que tu as été alcoolique ? Tout cela doit être derrière toi. Les deux femmes finissent quand même par revenir au restaurant et au même moment, Gino sert les verres en Chianti. Sora observe un instant ton verre à cause des dires de ta sœur mais elle finit par mettre fin à cette possible psychose. Elle ne veut pas commencer à te fliquer sur ça alors que tu n’as jamais montré de signe d’abus de boisson depuis que tu es avec elle. Par contre ta sœur ne manque pas de regarder ton verre. Ce n’est pas toi qui a un souci avec l’alcool mais c’est elle, cependant elle se convainc que tu as été bien plus addict qu’elle afin de se donner bonne conscience.
« – Et si nous levons nos verres à nos retrouvailles et à la famille de notre Thomas ?
_ Tu as raison papa ! Levons nos verres à mon Tommy, sa belle Sora et mon nouveau petit fils Jamie ! »Les verres se lèvent et le repas se passe à merveille. Après celui-ci, Sora est si épuisée par la journée qu’elle couche Jamie et fonce rejoindre votre lit mais en te voyant partir nu dans la salle de bain, elle se donne un dernier courage pour te rejoindre sous la douche.
« – Thomas l’enfant précoce.. Tu ne m’avais pas dis que tu étais un petit intello quand tu étais enfant ! Ton grand-père m’a aussi raconté que tu adorais regarder sous les jupes des dames.. Tu étais un vrai diablotin. »
Elle sourit en coin et elle vient dans la cabine avec toi. Sora attrape le gel douche pour commencer à savonner ton dos mais elle ne peur s’empêcher de penser aux mots de ta sœur.
« – Elle m’a dit que tu avais été alcoolique.. Sache que c’est ton passé et je ne le jugerai jamais mais si quelque chose ne va pas, je veux que tu me promets de me le dire et de ne pas t’enfermer dans la boisson.. promis ? »
Sora a peur des gens personnes droguées a l’alcool, puisque cela lui rappel un épisode de sa vie ou Henry avait laissé la boisson le consumer. Cela n’a duré que quelques mois mais c’est assez pour avoir laissé une forte douleur à Sora puisqu’elle a vu son père être un vrai monstre envers tout le monde, même elle.
« – Mais sache que j’adore ta petite famille.. Ils sont tous adorables et ils m’ont acceptés malgré notre différence d’âge. Tu as une famille en or mon amour de Wells. »
-
Sora est bouleversée par tes paroles mais pas par peur. Non, elle ressent surtout la détresse dans ta voix et surtout tout le poids que tu as sur les épaules. Alors quand tu lui dis que tu veux entendre qu’elle t’aime et qu’elle ne t’abandonnera jamais, Sora vient bien vite poser ses mains sur tes joues de sorte à ce que tu la regardes dans les yeux.
« – Je n’ai jamais eu peur de toi Thomas. Au contraire, je ne me suis jamais senti autant en sécurité et en confiance que depuis ma rencontre avec toi. Je t’aime depuis notre première nuit et ça ne risque pas de changer. Je serai là même quand il faudra te donner de la soupe parce que tu seras tout vieux et sans dents ! »
Sur cette fin, elle ne manque pas de rire doucement mais dans ses mots, Sora veut que tu comprennes que c’est toi dont elle a besoin et c’est surtout toi qu’elle aime par-dessus tout. Avec sa beauté, elle aurait pu prétendre à des milliers d’hommes mais c’est toi qui a volé son âme.
« – Tu n’es pas ton père et jamais je n’ai envisagé que tu puisses lever la main sur moi ou même rendre ma vie horrible. Justement, tu rends ma vie merveilleuse.. Je connais le grand amour, j’ai pu avoir un enfant malgré qu’on m’avait dit que cela serait impossible, j’ai une santé qui va beaucoup mieux et j’ai le droit à des bras qui m’accueillent par tous temps. Donc je t’interdis de croire que tu pourrais être une mauvaise personne car tu es un homme parfait à mes yeux. Tu es tout ce dont j’ai besoin. Tu es mon roc, mon pilier, mon souffle et mon monde. Si je dois te le répéter chaque seconde de ma vie, je le ferai et referais mais je t’aime Thomas. Et surtout merci pour tout. Merci pour cette vie. Merci d’être dans ma vie. Merci d’être l’homme de ma vie. »
La belle se rapproche un peu plus pour embrasser tes lèvres. Elle n’a même pas pris le temps de se mettre en pyjama mais cela n’est pas si déplaisant au final puisqu’elle vient s’asseoir à califourchon sur tes cuisses et elle prend tes mains pour les poser sur sa poitrine.
« – Et je dois rajouter aussi une chose. Je veux que tu retires de ton esprit que ton âge puisse être un problème. Tu aurais cinquante ans, vingt ans, trente ans ou même soixante dix, je serai là. Ce n’est pas ton âge qui fait que je t’aime Thomas. J’aime l’homme que tu es. Je me fiche bien des autres hommes et c’est avec toi que je veux finir mes jours. Alors toi aussi tu verras mes cheveux blancs et mes rides.. mais en attendant, je veux surtout que tu me fasses l’amour. Parce que les mains de mon homme me manquent.. ses baisers aussi.. et puis j’adore t’entendre gémir mon prénom.. »
Sora murmure la fin de sa phrase au creux de ton oreille et elle vient attraper ton lobe pour le mordiller. Si la tentation avait une forme physique, Sora en serait la meilleure représentation. Ses doigts cheminent sur ton torse mais ce sont ses ongles qui font frissonner ta peau. La belle succube fait tomber le haut de ton corps sur le lit et elle se met à t’embrasser du creux de ton cou jusqu’au bas de ton ventre. Elle sent la tension qui grimpe en toi et ça devient plus exaltant quand elle pose ses lèvres par dessus ton pantalon qui cache ton érection grandissante.
« – Tu te rappelles de cette fameuse soirée à Londres.. Tu m’avais clairement dit tes envies. Tu n’avais pas pris de pincettes et c’est ce qui m’a sûrement le plus fait craquer.. Tu es un homme qui sait ce qu’il veut et qui est surtout tellement sexy que j’ai du mal à rester sage en ta compagnie.. »
Elle t’offre son sourire charmeur mais elle retire surtout le tissus que tu viens d’enfiler il y a quelques minutes. La jeune femme joue un peu avec ta patience puisqu’elle se remet à embrasser ta peau mais elle contourne ton membre pour faire monter la tension. Tous tes membres se tendent et c’est encore plus violent quand elle dépose un léger baiser sur le haut de ton sexe.
« – Tu sais.. je ne te l’ai jamais dis mais.. avant notre première soirée, je n’avais jamais eu d’orgasmes. Tu es le premier mais surtout le seul qui m’a fait grimper au septième ciel. Alors je dois bien avouer que depuis ce jour, j’adore repenser à toutes ces fois où tu me fais l’amour.. Parce que je sais que je vais encore ressentir un plaisir fou.. »
La demoiselle laisse le bout de sa langue caresser ton membre mais tu as été assez patient pour qu’elle t’offre un peu plus que de simples caresses. Ta virilité glisse entre ses lèvres et elle s’amuse à faire des vas et viens étroits mais aussi rapides. Ce soir, elle veut que tu retrouves la sensation de votre première soirée, celle où vous étiez plein de fougue et de sensualité. Celle où vous ne pensiez pas au reste, seulement à vous deux.
-
Il est clair que la demoiselle a su réveiller tes désirs puisque tu la prends avec une telle fougue qu’elle doit se mordre les lèvres pour se faire taire et ne pas réveiller votre fils. Accrochée à toi, Sora accuse chacun de tes coups de reins avec tellement de plaisir qu’elle s’en cambre à chaque retour en elle. La brune accompagne quand même ton bassin en bougeant le sien et elle cherche aussi à se délecter de ta peau en embrassant ton cou, ton épaule mais lorsque la jouissance arrive, tu te fais surtout mordre sur le haut de ton bras. Vos corps bougent encore mais quand tu te laisses tomber sur elle, Sora se met à rire de plaisir. Oh oui, il y avait bien longtemps que ça n’avait pas été aussi intense entre vous.
“ – Je t’avais abandonné au matin mais depuis je me suis bien rattrapé quand même.. et puis entre nous, si j’avais pu profiter encore de toi durant toute la matinée, je l’aurai fait..”
Elle était surtout une sorte de fugitive en ce temps-là et rien que d’y penser, cela l’amuse. Aujourd’hui Sora se rend compte qu’elle est beaucoup plus posée et responsable que lors de votre rencontre mais elle ne s’en plaint pas puisqu’elle a réussi à se construire une vie stable grâce à toi. Justement, d’ici quelques jours elle devrait retrouver le chemin du commissariat pour aller travailler. Jamie a sa grand-mère pour nounou attitrée mais c’est vrai que Sora appréhende la séparation. Durant sa grossesse elle pensait ne pas aimer Jamie mais au final c’est le contraire total. Pour preuve, après votre moment, elle a ce besoin d’aller voir si Jamie dort correctement.
Quelques jours sont passés et vous avez dû raccompagner les tient à l’aéroport. Sora a eu une larme puisqu’elle aime plutôt bien ta famille mais c’est surtout pour toi qu’elle se sent triste puisque tu vas devoir être à nouveau éloigné d’eux. Elle a tenté de lancer le sujet sur la possibilité que ta famille vive sur Los Angeles mais ils ont tout de suite décliné car ils préfèrent la fraîcheur et l’aspect plus historique du Royaume-Uni. Vous avez quand même prévu d’aller les voir pour le prochain été et cela fait un plaisir fou à ta mère.
Le retour au travail n’est pas festif et Sora le savait avant même de se poser à son bureau. Sa longue absence n’a pas vraiment plu à ses supérieurs et ils en ont profité pour la reléguer à la paperasse. Pas d’interventions sur le terrain pour Miss Walker mais bon, au moins elle n’a pas à se plaindre puisqu’elle n’a pas besoin de supporter un collègue qui serait trop machiste ou lourd. Il y a quand même une bonne nouvelle car elle avait bossé sur une cold case et cela a porté ses fruits. Grâce à Sora, le meurtre de l’inconnue a été résolu et en guise de récompense, le chef de service a demandé à Sora de travailler sur une autre cold case. Cette fois-ci, ce sera la disparition de deux adolescents qui date des années soixante. Ils étaient partis en rendez-vous galant mais ils ont tout simplement disparu. Il y a quelques éléments pour aider Sora mais elle va devoir user de la nouvelle technologie et de sa réflexion pour trouver des réponses.
Il y a aussi un autre point positif, c’est qu’elle croise ton regard plusieurs fois durant la journée. Toi tu es sur le terrain avec Spencer donc tu fais souvent des allées et retours entre l’extérieur et le bureau mais bon, cela fait du bien à Sora lorsqu’elle peut te voir, même si vous ne parlez pas. Oui, ici vous essayez d’être le plus neutre possible pour ne pas entendre jaser. La jeune recrue qui se tape un inspecteur.. Il est clair que ça ne plaît pas à tout le monde, surtout à l’une des inspectrices qui pensait avoir un ticket avec toi mais elle s’est vite trouvé déçue lorsqu’elle a su que tu étais avec Sora.
“ – Walker ?! Viens ici. Tu as mal trié le dossier Wilfried Miller et on retrouve plus son dépôt de plainte !
_ Pourtant j’ai tout bien rangé ! Je l’ai mis dans le dossier et..
_ Non ! Tu vas revérifier mais nous n’avons pas le dépôt !’Oui, cette Sarah ne peut pas encadrer Sora mais qu’importe, la brune n’a pas le choix d’aller vérifier ce dossier. Elle va donc vers les salles des archives mais en passant dans le hall, elle est surprise de te voir. Du moins, tu venais de partir il y a une petite heure et là, tu es de retour mais sans Spencer et puis tu as un air beaucoup plus sévère. Sora évite de venir vers “toi” car il y a un peu trop de collègues autour de vous mais elle est un peu perturbé par cette rencontre. Il faut dire que quelqu’un commence à se renseigner sur ta vie, sur tout ce qui t’entoure. Ton métier, ton appartement, ta famille.. Il doit tout savoir avant de pouvoir prendre ta place. Oui, encore quelqu’un qui veut voler ton identité mais là il a un atout majeur puisqu’il te ressemble trait pour trait. Il va seulement devoir recouvrir son corps de tatouages pour être ton sosie parfait mais William a déjà tout préparé pour satisfaire les demandes de votre père. Prendre ta place pour arnaquer la famille Walker.
En ce qui concerne Darla, elle est complice de ce frère jumeau puisque c’est elle qui a contacté ton père et ton frère. Elle veut te faire payer ta venue ici et elle sait que ton père est un homme qui ne jure que par l’argent alors elle a vanté les comptes en banque des Walker. Pour avoir le pactole, William va devoir prendre ta place et il va devoir manipuler sa nouvelle belle famille pour obtenir les gros gains.
Cependant Sora semble avoir préféré mettre cette rencontre de côté puisqu’au retour du travail, vous vous retrouvez chez ses parents pour récupérer Jamie mais elle ne peut que fondre quand elle te voit gagatiser avec son père sur un Jamie qui essaye de ramper sur le sol.
“ – Cela fait une demie heure que les deux sont en train d’encourager Jamie à avancer.. Et puis ton père n’a pas arrêté de câliner le petit !
_ Papy Walker est devenu un grand-père niais
_ Oh que oui !”Q’ et Sora se mettent à rire et ça attire l’attention de Jamie puisqu’il change de direction pour essayer d’aller vers sa maman.
-
Sora oublie bien vite ce souci de fenêtre ouverte quand tu viens la rejoindre sous la douche. Il faut dire que tu ne lui laisses pas le temps de penser à quoi que ce soit puisque tes mains baladeuses et tes lèvres viennent à l’assaut de la belle brune. Elle se met bien vite à te supplier que tu lui fasses l’amour dans cette petite cabine mais si vous saviez que William avait mis des petites caméras espions un peu partout dans l’appartement, vous ne seriez sûrement pas en train de vous amuser de la sorte. Car oui, William est venu ce soir pour poser plusieurs petites caméras dans le but de vous surveiller et aussi savoir comment se déroule ta vie de famille. Il doit absolument tout savoir mais bon, il y a une grande différence entre voir et faire. Il est entièrement l’opposé de toi. Du moins, il n’est pas quelqu’un de patient, de doux, d’agréable. Il va devoir redoubler d’efforts pour ne pas que son masque tombe mais pour ça, il reçoit la pression de votre paternel qui lui répète de prendre sur lui pour arriver à ceux qu’ils veulent obtenir.
Après cet orgasme de fou, vous retournez dans votre chambre et il y a une nouvelle chose étrange puisque le tiroir de sous vêtements de Sora est ouvert mais bon, c’est peut-être aussi un oubli. William avait surtout l’envie de voir ce qui l’attendait quand il sera auprès de la jolie amérindienne puisqu’il ne peut pas nier que son frère jumeau a su trouver une très belle compagne. Il a aussi vérifié tes vêtements pour voir ce que tu mettais le plus souvent et il a même pris la peine de noter la marque de ton parfum. Tout est presque prêt pour faire leurs coups mais il ne manque de la bonne occasion pour pouvoir faire l’échange. Tu n’es pas un petit morceau qu’il sera facile d’enlever mais William a trouvé la bonne parade pour t’éloigner de Los Angeles. Il a remarqué que ce week-end, Sora devait s’en aller à San Francisco pour un examen médical et ça va être le bon moment pour faire le change.
Elle ne doit partir qu’une journée et Jamie est gardé par Q’ mais pour n’embêter personne avec ce rendez-vous, elle a décidé d’y aller seule. Toi tu es censé bosser donc tu ne peux pas l’accompagner mais au petit matin, elle te répète en boucle qu’elle va savoir faire l’aller et le retour en voiture.
“ – Eh.. J’ai mon permis depuis longtemps je te rappelle et puis tu as oublié que je suis amoureuse de ma voiture ? Enfin, elle passe après toi et Jamie mais elle a tout de même son importance !”
Jamie est encore dans les bras de sa maman et il te nargue un peu en posant sa joue contre le décolleté de la belle brune. Ce petit brigand sait déjà y faire et son petit sourire laisse paraître pas mal d’espièglerie.
“ – N’oublie pas de prendre son sac à langer ! Je ne sais pas si Ma’ a encore des couches en avance. Oh et n’oublie pas de dire à Spencer que c’est ok pour le repas de demain midi ! Depuis le temps qu’il te le demande, on devrait quand même accepter son invitation..”
Elle sait que tu n’es pas du genre à aimer les repas entre amis ou les trucs qui font presque niais mais Sora tient à ce que ton meilleur ami soit proche de votre famille. Elle te demande donc d’envoyer le message mais aussi de penser à acheter un petit bouquet de fleurs pour l’épouse de Spencer avant de se préparer à partir. Jamie retourne dans tes bras et il se met à râler puisque tu n’as pas le même confort thoracique que sa maman.
“ – Mais c’est quoi ce caprice mini Wells ? Maman revient ce soir alors sois sage avec ton père d’accord ? Pas trop de bêtises mes amours.”
Vous avez le droit tous les deux à un gros bisou. Sora ne se doute pas que c’est la dernière fois qu’elle te verra avant un long moment. Tu lui avais demandé de mettre son gps pour garder un oeil sur sa route et c’est ce qu’elle fait mais l’informatique fait des choses magiques puisque ton père et William n’ont pas de mal à pirater le téléphone de Sora.
Il est midi lorsque tu reçois un sms de la jeune femme. Elle te dit qu’elle a eu un accident sur une route mais qu’elle n’a pas assez de réseau pour pouvoir t’appeler. Sur le traqueur GPS, Sora semble être bloquée entre Los Angeles et San Francisco mais dans un endroit vraiment éloigné des grandes routes. Ce n’est pas tellement étonnant car elle a pour habitude de prendre les routes moins saturées en trafic mais elle est quand même bloquée à deux heures de toi. Du moins, c’est ce que tout laisse penser puisque Sora est non loin de San Francisco.
Au point de rendez-vous, William et ton père t’attendent mais ils sont accompagnés d’autres hommes pour dire de te maîtriser plus facilement. William doit prendre ta place mais ton père tient à te faire revenir dans ses rangs. Par le passé, il a tenté de te corrompre mais tu avais su t’éloigner et ça, il ne l’a jamais digéré. William est facilement influençable et bien plus fragile psychologiquement que toi donc l’emprise paternelle est intense mais ça n’a jamais fonctionné avec toi.
“ – Tu aurais pu l’attraper à Los Angeles au lieu de nous mener dans un endroit pourris..
_ Tais toi William. Tu sais comme moi que ton frère sait se battre et se faufiler. Ici, il n’y aura personne pour l’aider. Même pas sa parfaite belle famille.
_ Et après ? Tu vas le foutre où ?
_ Ne t’inquiète pas pour ça. Toi tu dois te concentrer sur ta mission. Tu vas retourner à Los Angeles et suivre l’emploi du temps de ton frère. Tu dois mettre cette famille Walker dans ta poche et surtout, tu vas te comporter normalement avec cette Sora. Je ne veux pas que ça se passe comme avec cette bourgeoise New-Yorkaise..
_ Elle méritait ce qu’elle a subi. Elle m’a manqué de respect.
_ Sauf que là, on a pas intérêt à faire un faux pas ! Ton futur beau père est sénateur et surtout, il a un compte en banque tellement gros que l’on aura plus besoin de faire de trafics pendant un long moment. Alors si tu fais un seul faux pas, je n’aurais pas de mal à te le faire payer.”Dans la tête de ton père, il pense pouvoir te manipuler pour que tu puisses prendre la place de William. Tu es beaucoup plus fort et intelligent que ton frère alors oui, ton père aimerait t’avoir en bras droit pour ensuite éliminer William.
-
La journée de Sora a été plutôt normale puisqu’elle n’a eu qu’un simple rendez-vous médical. Elle ne s’imagine pas qu’un total inconnu vient d’entrer chez elle mais pour Jamie c’est autre chose. Le petit semble sentir que William n’est pas son père et il le fixe de façon nonchalante, ce qui étonne aussi Sora. Le petit en stoppe même de manger sa purée de carottes quand Will revient dans le salon et qu’il panique à cause du comportement de l’enfant.
“ – Il t’en veut peut-être de l’avoir oublié chez mes parents.. Les enfants ne sont pas si bêtes tu sais mais ça lui passera après que tu lui auras raconté son histoire du soir.
_ Son histoire du soir ? Ah.. oui.. Oui je lui raconterais son histoire du soir..”S’il y a bien quelque chose qui rebute beaucoup William, c’est de jouer le père puisque votre père n’a pas forcément été un grand modèle d’amour. Comment va t’il gérer un enfant en bas âge ? Il ne sait même pas changer une couche et il n’a pas eu l’idée de s’entraîner. Évitant le regard de Jamie, l’inconnu va se poser dans le canapé en pensant que Sora va lui apporter un repas rapidement mais ça aussi c’est une idée reçue puisque vous avez pour habitude de cuisiner à deux. Sora termine de donner le repas à Jamie et le temps qu’il digère un peu, elle le pose dans son parc mais quand elle retourne en cuisine, “tu” es toujours dans le canapé avec cette bière en main. Peut-être que tu es fatigué.. Pour ce soir, elle ne semble pas capter que tout ça n’a rien de normal. Elle prépare un petit plat et s’occupe de tout, même du couché de Jamie. Le premier vrai problème arrive un peu plus tard, lorsqu’il est temps d’aller se coucher. Sora sort de la douche et elle s’apprête à s’habiller mais William arrive sur elle comme un bourrin. Il la plaque sur le mur d’une manière qui fait mal à la brune et il essaye de tirer sur sa serviette pour la mettre nue mais Sora se sent comme agressée.. Si bien qu’elle repousse William.
“ – Qu’est.. Qu’est ce que tu fais Thomas ?!
_ Je veux juste baiser !
_ Hein.. que.. Quoi ? Mais.. Non !
_ Non ? Moi je veux coucher avec toi ce soir ! J’ai une gaule du diable alors écarte les cuisses !
_ Quoi ?! Mais depuis quand tu parles comme un porc ? Tu crois que je suis une putain que tu peux “baiser” facilement ? C’est un nouveau délire ou quoi ?
_ Putain.. Mais t’es nulle ! Tu fais chier ! Sérieux.. Une vraie conne celle-là !”Sora reste sans voix, complètement abruti parce qu’il vient de se passer. William quitte la salle de bain et il va se mettre dans le lit mais Sora ne le rejoint pas de suite. Pourquoi tu as réagis comme ça alors que tu n’as jamais été ainsi ? En plus, tu ne lui as même pas demandé si tout s’était bien passé aujourd’hui. Elle met encore une fois ce comportement sur le dos de la fatigue mais jusqu’où peuvent aller les excuses ? Peut-elle tout pardonner et tout accepter ?
De ton côté, ce n’est pas mieux. Quoi que tu n’es pas harcelé par un porc mais ton père est un bon exemple de fou qui veut tout contrôler. Tu as été changé de place puisque tu n’es plus dans ce hangar mais dans un appartement miteux qui se trouve à Phoenix, en Arizona. C’est là-bas que ton père s’est établi pour le moment puisqu’il veut éviter que tu sois près de Los Angeles. Il y a toujours ses chiens de gardes pour te surveiller mais contrairement à plus tôt, tu es un peu plus libre puisqu’il t’a enfermé dans une chambre. Une chambre sans fenêtre et avec un lit simple pour seul meuble.
“ – Cela ne sert à rien de ruminer et de penser que tu pourras t’échapper Thomas. Il va falloir que tu te fasses à l’idée que tu vas devoir m’obéir et faire tout ce que je te demande. Pour que tu comprennes à quel point cela est nécessaire, sache que j’ai reçu un message de William et il a bien retrouvé la jolie Sora et ce petit garçon que vous avez eu. J’ai demandé à ton frère d’être le plus sage possible mais tu sais bien qu’il n’aura aucun mal à s’en prendre à ta famille si je lui demande.”
Il n’a pas besoin d’aller plus loin pour savoir que tu lui obéiras. Si lui en avait rien à faire de sa vie de famille, pour toi c’est complètement différent. Il a pu t’observer plusieurs fois en compagnie de Sora et Jamie, si bien qu’il a presque eu des aigreurs en constatant que tu étais son entier opposé. Un bon père.. qui est présent et aimant envers sa famille.
“ – Si tu veux retrouver ta petite famille parfaite, tu vas d’abord devoir faire les petits jobs que j’ai préparé pour toi. Tu es bien plus réfléchis et puissant que ton jumeau. Tu seras parfait pour faire les casses du siècle. Lui, il doit dépouiller ta belle famille. S’il réussit sans faire de dégâts, il aura peut-être une chance de continuer les affaires avec nous.. Autrement on devra se débarrasser de lui.”
Il n’a même pas d’émotions lorsqu’il évoque le fait qu’il pourrait tuer son propre fils. Non, il ne veut que l’argent et vous n’êtes que des marionnettes pour lui. William ne l’a jamais compris car il a toujours cherché l’amour de ce père mais il n’a pas compris que jamais il ne pourra l’obtenir.
Tu es tellement étrange depuis quelques jours.. Sora en est tellement perturbée qu’elle en a parlé avec sa belle sœur Charlie. Durant un moment shopping avec les enfants, Sora se confie sur ton comportement étrange depuis qu’elle a été à son rendez-vous sur San francisco.
“ – Tu penses que ça pourrait être lié au départ de sa famille en Angleterre ? Peut-être qu’il est triste à cause de ça et je comprendrais.. Après tout, il avait toute sa vie là-bas..
_ Cela pourrait être ça mais je suis encore choqué de sa façon de te parler. Il a toujours été quelqu’un de très poli et respectueux envers toi. Et tu dis qu’il boit plusieurs bières le soir ?
_ Oui.. Pourtant il m’avait dit qu’il ne buvait pas beaucoup mais depuis quelques jours, il boit un peu plus. Après ce n’est que de la bière et il n’est pas ivre avant d’aller se coucher mais j’ai peur que la bière ne suffise plus. Et avec Jamie, il est de plus en plus distant. Il psychote en disant que Jamie n’est pas gentil avec lui mais c’est faux, enfin Jamie n’a que six mois. Un bébé ne peut pas être méchant..
_ C’est bizarre.. Tu veux que je demande à Kisos de passer un peu de temps avec lui ? Il saura nous dire si Thomas a un souci.
_ Oh non non non ! On sait toutes les deux que si Kisos remarque que Thomas est plus irrespectueux envers moi, il ne lui fera pas de cadeaux. Tu oublies que c’est un Walker ? Les hommes Walker ont une merveilleuse tendance à être très protecteurs envers moi.
_ Fais quand même attention d’accord ? Si ça ne va pas, tu m’appelles. J’irai moi-même lui parler à Thomas s’il ne se remet pas en question !”Charlie est petite mais elle a une poigne d’enfer. Cela fait sourire Sora et la belle amérindienne essaye de se détendre sur le reste de la journée.
“ – Putain.. Mais il n’y a rien à boire ici ? C’est vraiment un appartement de merde !”
C’est ce qu’entend Sora lorsqu’elle rentre à la maison avec Jamie. La jeune femme s’avance dans l’appartement et William tourne en rond puisqu’il n’y a plus de bières. Il sent surtout l’alcool et Sora craignait ce moment.. Celui où elle serait confrontée à cette boisson nocive. Tu lui avais surtout dit que tu savais te contrôler et que tu ne retournerais pas dans tes anciens démons mais là, tu as franchi la ligne. Il est dix-huit heures et tu es déjà saoulé au whisky. La brune laisse Jamie dans sa poussette qui est à l’entrée et elle s’avance seule vers toi, ou plutôt ton jumeau diabolique.
“ – Thomas ? Qu’est ce qu’il se passe ?
_ Quoi qu’est ce qu’il se passe ? Je rentre, il n’y a plus de bières au frigo et ton putain de chien m’a bouffé mes pompes !
_ Mais c’est ton chien.. et il n’a jamais fait ça avant.. Il a peut-être été un peu contrarié mais..
_ J’en ai rien à foutre ! Tu vas me dégager ce cleps d’ici et aller me chercher des bières !
_ Non ! Je n’irai pas te chercher des bières et ce chien n’ira pas dehors. Tu es ivre Thomas ? Tu as bu ? Pourquoi tu as fait ça ?”Sora se rapproche de William mais celui-ci est tellement pris par l’enivrement qu’il vient gifler Sora. Il la gifle si violemment qu’elle tombe en arrière et se cogne contre la table de salon. L’amérindienne est légèrement sonnée mais surtout pétrifiée par ce qu’il vient de se passer. Elle pose sa main sur sa joue douloureuse et elle n’ose plus bouger par peur de subir bien plus qu’une gifle. William se rend tout de même compte qu’il a été peut-être un peu trop loin.. Votre père lui avait ordonné de ne pas faire de mal à Sora mais il l’a fait. Par peur de représailles, Will reprend un peu ses esprits et il vient vite se mettre à genoux pour voir si Sora va bien mais la brune se recule de peur.
“ – Sora.. Pardon.. excuses moi.. je ne voulais pas.. Je suis désolé..
_ Tu m’avais dis que tu ne toucherais plus à l’alcool comme avant..
_ J’ai merdé.. pardonnes moi.. s’il te plaît.. Je suis juste un peu stressé en ce moment.. On a une grosse affaire au travail et j’ai du mal à gérer..
_ On.. On avait dit qu’on s’aiderait pour le travail.. quand quelque chose ne va pas.. On devait s’en parler.. Pour ne pas vriller..
_ Je sais.. Excuses moi.. s’il te plaît mon Amour.. S’il te plaît..”Sora aurait sûrement dû prendre la poudre d’escampette. Elle aurait dû fuir avec Jamie mais elle est amoureuse de toi. Elle t’aime tellement qu’elle croit que tu peux cesser tes conneries et retrouver une vie plus calme. Elle accepte donc les excuses de ce faux Thomas et cela malgré l’énorme coup qui ressort sur sa joue dès le lendemain. Parfois on pense que les femmes battues sont des idiotes qui n’ont pas le cran de s’en aller par peur de se retrouver sans rien mais la plupart du temps, elles restent car elles ont l’espoir que leurs bourreaux pourraient changer. Sora va faire partie de cette catégorie de femmes salies par leurs compagnons mais comme les autres, elle saura tout cacher et tout garder pour elle. Après tout, peut-être que l’homme de sa vie finira par redevenir le prince charmant d’avant..
-
Après cette première gifle, Sora a compris que sa vie allait changer mais bêtement, elle est restée. Peut-être est-ce passager et peut-être que tout va redevenir comme avant mais elle ne sait pas qu’elle a auprès d’elle un homme très instable, totalement névrosé à cause de votre père. Mike compte faire la même chose avec toi mais toi tu n’as pas grandi auprès de lui et il y a encore une chance que tu puisses être assez fort mentalement pour t’en sortir mais William ? Même si Mike lui a interdit de toucher à Sora, ça a été plus fort que lui. Du moins, il a frappé la jeune femme mais bizarrement, il s’en veut vraiment. Il s’en veut tellement qu’il se montre très gentil et doux les jours qui suivent ce premier drame. Cela ne fait que piéger un peu plus Sora puisqu’elle croit encore plus qu’il y a un espoir mais l’espoir va durer combien de temps ?
Elle a dû éviter sa famille pendant une semaine afin que personne ne voit le coup à son visage. Elle a dit qu’elle était malade et qu’il valait mieux ne pas l’approcher mais bon, il y a une personne qui a quand même tenu à vérifier que tout va bien, Q’orianka. Elle reste malgré tout une mère poule et elle a eu besoin de se rassurer. Heureusement que le maquillage existe puisqu’elle n’a pas remarqué la blessure de sa fille mais elle a quand même senti que Sora était différente, plus éteinte..
“ – Je t’ai apporté du bouillon et quelques baumes pour que tu ailles mieux ma chérie. Et si ça ne va pas mieux, tu vas voir un médecin hein !
_ Oui maman.. Mais tout ira bien d’accord ? C’est juste un gros rhume..
_ Si tu veux, je peux m’occuper un peu de Jamie pour que tu puisses te reposer un peu plus.. Thomas peut me le déposer ce soir !
_ Non ! non.. ça ira.. Je garde Jamie..”Pourtant il serait peut-être plus en sécurité chez ses grands-parents mais Sora a besoin d’avoir son bébé près d’elle. Elle se sent beaucoup plus forte avec le petit mais est-ce une bonne idée ? Deux semaines passent et la nouvelle gifle arrive. Elle est même accompagnée d’un coup dans le ventre et d’un visage contre le mur. La raison ? William est ivre et il ne supporte pas les pleurs de Jamie qui fait ses dents. Pour protéger son petit, Sora a décidé de recevoir les coups mais son visage est de nouveau stigmatisé par la folie de William. Un oeil au beurre noir et une lèvre fendue. Elle devrait fuir avec le petit. Elle devrait appeler à l’aide mais au lieu de cela, elle va coucher Jamie et elle rejoint William dans le salon en espérant que celui-ci soit beaucoup plus calme.
“ – Regardes ce que tu me pousses à faire !
_ Je.. Je n’ai rien fais.. c’est.. c’est toi.. Pourquoi ? Pourquoi tu es comme ça Thomas ? Jamie.. fait juste ses dents..
_ Il m’énerve à hurler ! Et toi tu n’arrives pas à le faire taire !
_ Mais il a mal !! Toi.. Toi aussi tu as dû vivre ça quand tu étais enfant !!
_ Ah ouais ? J’ai eu une enfance pourrie ! Une mère lâche et un père qui m’a tout pris ! Alors évite de me parler de mon enfance !
_ Thomas ! Je.. Je ne sais plus quoi faire.. Je ne te.. comprends plus.. Re.. Regardes ce que tu as fais..”Elle se rapproche lentement pour qu’il voit son visage abîmé. William évite de regarder ce qu’il a causé mais il finit par céder et en voyant le visage de Sora, il relève la main, ce qui fait sursauter la jeune femme mais il la baisse lentement pour caresser la joue de Sora.
“ – Mon père frappait souvent ma mère.. Il nous frappait aussi, moi, ma soeur et mon frère..
_ Ton frère ? Tu ne m’as jamais dit que tu avais un frère..
_ J’ai un grand frère. Il a suivi mon père pour ne plus que celui-ci se rapproche de notre famille. Mon grand frère a sacrifié sa vie pour nous.. et on l’a tous abandonné.. On l’a tous pointé du doigt en disant qu’il était un monstre comme notre père mais on a pas compris qu’il faisait ça pour nous protéger..”William ne parle pas gémellité mais il se confie sur son point de vue. Il n’a jamais pu donner sa vérité à votre mère ni même à toi puisque vous l’auriez repoussé. Et puis Mike ne l’aurait pas lâché de toute façon car il a bien trop besoin de William, même si celui-ci est devenu une bombe à retardement à cause des choses qu’il a vécu durant toute sa vie.
“ – C’est ça.. C’est pour ça que ça ne va pas ? Tu.. Tu t’en veux pour ton frère ?
_ Jamais ! Jamais je ne culpabiliserais pour ce râté ! Et puis tais toi ! Va plutôt me chercher un verre de whisky !”Il repousse Sora qui doit se retenir pour ne pas tomber. Cette femme de poigne ne semble pas être assez forte pour se rebeller contre l’homme dont elle est amoureuse mais William joue quand même avec le feu puisque cela fait trois semaines qu’il a pris ta place et il n’a pas du tout avancé dans ce que lui a demandé Mike. Il ne s’est pas rapproché des Walker afin de se rapprocher du pactole. Non, au lieu de cela, il t’a fait virer de la police et il passe ses journées à aller dans les clubs de strip-teases ou à aller voir des prostituées. Il a même presque vidé ton compte en banque et celui que tu as en commun avec Sora pour payer vos factures familiales.
Sora apprend ce manque d’argent quand Luigi vient toquer à la porte de l’appartement pour savoir si tout va bien mais pour aussi savoir si c’est normal que le loyer n’avait pas été payé. Il n’est pas celui qui vous mettra une grande pression mais c’est bizarre pour lui car vous n’avez jamais été en retard dans vos paiements. Est-ce que vous auriez des soucis financiers ? Sora n’a pas le choix que de l’accueillir mais elle doit cacher son regard bleusé derrière de grandes lunettes de soleil.
“ – Tout va bien ma petite libellule ? Je ne te vois plus passer au restaurant et.. et puis tu n’as pas payé le loyer.. Tu as des soucis financiers ? Tu sais, je peux le comprendre et..
_ Comment ça tu n’as pas reçu le paiement du loyer ? C’est automatique, la banque fait un virement !
_ Mais je n’ai rien eu.. C’est pour cela que je suis ici. Pas pour quémander mais pour m’assurer que tout va bien.. Mais dis moi.. Pourquoi tu portes des lunettes de soleil chez toi ?”Luigi commence à froncer les sourcils et Sora n’a pas le temps de se reculer qu’il lui retire les lunettes. En voyant l’oeil de Sora, il pâlit et il en casse même la paire de lunette dans sa main. La jeune femme a l’oeil tellement gonflé et violet qu’elle ne peut même plus ouvrir sa paupière.
“ – Qu’est ce qu’il s’est passé Sora ??!
_ Rien.. rien.. Je me suis juste cogné..
_ Juste cogné ? On dirait que tu t’es pris un éléphant en plein visage ! C’est thomas qui t’a fait ça ?!
_ Non ! Non ! Je te jure que je me suis cogné mais j’ai tellement peur que les gens pensent que c’est Thomas que je préfère me cacher..
_ Tu me le dirais s’il te fait mal ?! Tu es comme ma petite fille Sora.. Je ne laisserais jamais personne ne te faire du mal !
_ Je te le jure Luigi.. Je te le dirai..”Mais est-ce que Luigi croit vraiment Sora ? Cela n’est pas du tout certain. Le vieil italien sait qu’il va devoir faire attention et garder un œil sur ce qu’il se passe à l’étage au-dessus. Pourtant le soir même, il n’entend pas la nouvelle dispute. La dispute de trop. William est encore rentré en sentant l’alcool mais aussi avec des traces de rouge à lèvres sur son visage. Face à cela, Sora a enfin eu une sorte de déclic. L’hystérie s’est emparée de la jeune femme, si bien qu’elle a même osé gifler ton jumeau.
« – Alors tu vides notre compte en banque pour aller boire et coucher avec d’autres femmes ?! Je subis tes colères, tes poings et tu vas voir ailleurs ?! Sors d’ici ! Dégage d’ici Thomas !!!
_ Oh elle se rebelle la petite Walker.. j’attendais ce moment avec impatience. J’avais l’impression de vivre avec une loque.. »Et cela rend Sora encore plus furieuse. Elle en pleure de rage et elle jette tout ce qu’elle trouve vers William. Lui continue de jouer l’homme qui s’en fiche mais pourtant quand il reçoit un cadre photo en plein visage, il commence aussi à s’énerver. Tout cela n’annonce rien de bien. William serre les poings et il est prêt à aller en découdre avec Sora mais la jeune femme avait prévu la chose. Du moins, pour se protéger, elle avait prévu une arme.. Arme qu’elle sort et qu’elle dirige vers William.
« – Tu vas faire quoi ? Tuer le père de ton enfant ? Tu oserais faire ça ?
_ va t’en Thomas.. pars d’ici ! Je ne veux plus te voir.. tu es un monstre..
_ Peut-être que je suis un monstre parce que j’ai une copine horriblement hideuse et idiote.. Tu crois que ça me plaît de vivre avec toi ? C’est juste parce que j’ai besoin de papiers et parce qu’on a un putain de gosses que je reste avec toi.. mais tu sais quoi ? Je ne t’ai jamais aimé. Tu étais bonne à baiser enfin avant de devenir cette grosse baleine après avoir sorti ce debile de gosse. Tu es tellement pathétique et inutile.. »Il veut la blesser, la faire pleurer, faire en sorte qu’elle baisse sa garde mais Sora agit avec impulsivité, comme elle le faisait souvent avant ton retour dans sa vie. Elle tire dans le torse de William. Elle tire une deuxième fois dans ses jambes afin d’être certaine qu’il ne se relèvera pas. De victime, elle passe au bourreau. De femme violentée, elle devient une femme tueuse.
Les tires ont été entendu jusqu’au restaurant et tout est allé vite par la suite. Ambulance, polices, beaucoup de mondes.. et surtout une Sora totalement végétative. Elle s’est enfermée dans un silence de plomb et elle revoit la scène en boucle. Elle t’a tiré dessus.. elle t’a tué. Elle a tué l’homme de sa vie. Elle a tiré sur celui qu’elle était censé aimer jusqu’à la fin. William n’est pas mort mais ça elle ne le sait pas puisqu’elle est envoyée au commissariat. Cette liberté qu’elle avait connu grâce à toi, va lui être enlevé à cause de William. Même si ses parents sont riches, elle est accusée de meurtre alors il est indéniable qu’elle va devoir aller en prison. Les bleus sur son visage n’y feront rien. Elle a beau avoir été frappé, la police voit Sora comme un danger. Et ça, William va tenter d’en jouer pour ruiner la famille Walker. Ils ne devraient pas hésiter à payer pour sortir la petite Sora de son calvaire ? Mike apprend la nouvelle et même si ça n’a pas pris la tournure souhaitée, il est quand même étonné du projet de William. Il ne te met pas au courant pour éviter de te détourner de ses projets mais il ne peut pas contrôler les médias. Encore moins une chaîne locale qui montre le visage de Sora totalement défigurée mais qui porte une belle combinaison orange de prisonnière. Puisqu’elle est la fille du gouverneur de Californie, Sora fait la une et Henry est dans une mauvaise position. La famille Walker est en pleine effusion et Sora doit combattre les rumeurs mais surtout cet homme qui fait d’elle une mauvaise personne. William joue le martyre dans sa chambre d’hôpital mais il parle toujours en ton nom. Mike fronce les sourcils quand il te voit t’attarder devant la télé et il t’attrape par le bras pour t’éloigner de là.
“ – Ce n’est pas nos affaires mais celles de William. Tant qu’il récupère de l’argent, on se fiche du reste. Si tu veux des gosses et des nanas, tu pourras en avoir pleins ailleurs. Ce n’est pas ce qui manque sur cette putain de planète.”
-
Cela fait quelque temps que Sora est emprisonnée et on ne peut pas dire qu’elle est dans un endroit merveilleux. Ici c’est la loi du plus fort mais comment peut-on être vue comme forte lorsqu’on a le visage tuméfié et la peur au ventre ? Elle s’est déjà fait tabasser par plusieurs femmes et elle en est arrivée à vouloir que tout ce cauchemar se termine en priant pour mourir. Comment est-elle passée d’une vie parfaite à ça ? Toi.. où plutôt à cause de William mais Sora pense toujours que c’est toi et plus les jours passent, plus elle fait grandir sa haine envers toi. L’amérindienne a appris que tu avais survécu à ses coups de feu mais que tu faisais tout pour la faire passer pour une folle qui souhaitait te tuer.. Comment ne pas te maudir ? Comment ne pas vouloir te détester ? En plus, en l’envoyant en prison, tu la prives de son fils.. Oui, Sora te déteste et quand Kisos tente de lui dire que ce n’est pas toi qui était chez elle, elle sort de sa torpeur et elle lâche un rire mauvais.
“ – Je n’ai pas visé Thomas ? J’ai visé le père Noël peut-être ?
_ Je ne sais pas comment l’expliquer mais je sens que ce n’est pas lui !
_ Tout ça à cause d’un putain de tatouage ? Mais tu sais Kisos, on peut faire des tatouages à toutes heures de la journée. Thomas m’a salis et je suis enfermé à cause lui ! Tu oses lui trouver une excuse ? Tu essayes de lui trouver un alibi ? Je ne peux même plus compter sur mon frère alors..
_ Sora ! Arrêtes ! J’essaye de te faire sortir de là ! J’essayes juste de comprendre !
_ Tu veux comprendre ? Thomas a trouvé une passion pour l’alcool et les putes. Moi j’étais devenu son sac de boxe. Il a vidé notre compte en banque. Mon compte personnel et celui qu’on avait fait pour Jamie aussi. Tu veux savoir quoi d’autre ? Qu’il a essayé plusieurs fois de s’en prendre à notre fils ?!
_ Mais pourquoi cette Darla a été le voir à l’hôpital ? Thomas l’a détesté..
_ Peut-être qu’ils ont toujours été complices.. et que moi j’étais la bonne poire qu’il fallait détruire..”Elle est bien trop en colère et abîmée pour croire aux mots de Kisos. Q’ doit demandé au grand brun d’arrêter d’envisager une telle chose puisqu’elle voit que cela blesse encore plus Sora. Pourtant, Q’ est peut-être la seule qui va oser croire Kisos.
C’est au retour de la prison que Q’ demande à Kisos de lui expliquer ce qu’il a vu. Elle a du mal à comprendre et c’est pour cela qu’elle décide de se faire elle-même une idée en allant à l’hôpital. Elle profite d’une petite visite chez le médecin qui la suit depuis l’incident avec Katherine, pour se rapprocher de la chambre de William.
“ – Ton père va venir te voir demain.. Il aime bien la tournure des choses. Il voudrait que tu fasses un peu marcher la famille Walker. Tu accepterais d’abandonner tes charges contre la Sora mais en retour, tu demanderais une grosse somme d’argent..
_ C’est ce que je comptais faire ma petite poule mais je dois avouer que j’aime bien savoir que c’est moi qui a le pouvoir. Sans moi, mon père n’aura pas l’argent des Walker mais surtout, je sais que j’ai le pouvoir sur mon frère.
_ Arrête un peu, Thomas peut te faire la peau facilement.
_ NON ! JE SUIS PLUS FORT QUE THOMAS ! Lui ? c’est une loque qui a engrossé une débile et qui a une vie de merde. Et tu sais quoi ? J’ai rendu sa vie chaotique ! Sa petite Sora va tellement le détester que je me réjouis déjà de leurs retrouvailles !
_ Il peut très bien se trouver une autre nana et oublier cette Sora. Cela ne te donnerait plus du tout de pouvoir..
_ Oui mais que va t’il penser quand il va savoir que j’ai forcé Sora à m’épouser ? Enfin, elle pense avoir épousé Thomas mais je dois avouer que j’ai fait en sorte qu’elle soit mariée à William Wells…”C’est vrai.. Après une énième nuit de colère et des pardons, William a fait croire à Sora que s’ils se mariaient, peut-être que tout irait mieux. Bêtement naïve, Sora a accepté mais elle n’a pas remarqué que William avait donné son vrai passeport. Elle a signé des papiers sans même lire.
Q’ est ulcérée par ce qu’elle a entendu. Elle aimerait aussi aller étriper ce William mais elle doit surtout sortir sa fille de ce guet-apen et aussi trouver un moyen de te trouver. William a parlé de ton père mais qui est ton père ? Et où êtes vous ? En Angleterre ? Elle ne peut se tourner que vers Kisos mais il n’a pas non plus les bras larges. C’est le beau-père de Kisos qui entre dans le groupe pour essayer d’apporter son aide. Garrett a beaucoup de contacts dans le pays et même au-delà. Il a eu une brillante carrière dans le droit mais il a aussi parfois eu des liens avec des sports illégaux puisque lorsqu’il était jeune, il faisait des combats interdits.
“ – Alors Thomas aurait un frère jumeau ? Je suis surpris qu’il ne l’ai pas dis avant.. Mais pour ce qui concerne le père, j’ai appris qu’il se nommait Mike Wells et il vit dans notre pays depuis quelques années. Il aurait ouvert une salle de sport vers Sacramento mais selon mes sources, il serait un adepte des paris sportifs. Je pense qu’on pourrait le trouver dans les combats illégaux qui se déroulent par ici.”
Kisos sait déjà où il va aller ce soir mais Q’ voit déjà les choses mal tourner. Elle ordonne à Kisos de ne rien faire mais bon, Kisos aussi a hérité du caractère borné de son père.
“ – KISOS GABRIEL WALKER ! Non ! Tu n’iras pas seul !
_ Tu ne crois pas que tu vas venir avec moi Ma’ ?
_ Et bien oui ! Et ne me parles pas de mon âge ! Je suis encore en âge de te gifler !
_ C’est bien trop dangereux pour toi..
_ Tu crois que c’est plus dangereux une troupe de mecs qui font des paris où une mère inquiète pour ses enfants ? Je peux t’assurer que la deuxième option est bien plus terrible que la première.”Cependant qu’est ce qu’une dame d’une cinquantaine d’années viendrait faire dans une salle de combat ? Kisos a peur que la venue de sa mère n’aide pas vraiment mais Q’ n’hésite pas à s’habiller un peu plus sexy pour se donner quelques années de moins. Si Henry voyait ça, il deviendrait dingue.. Pourtant Kisos et Q’ vont dans les combats. Ils font plusieurs lieux avant d’arriver dans une ancienne désaffectée. Il y a un monde fou alors ils n’ont pas de mal à se mêler à la foule. Q’ est trop petite pour bien voir les gens autour d’eux mais Kisos te voit.. Oui, il te voit sur le ring. Il te reconnaît. Il sait comment tu te bats puisque vous avez beaucoup fait d’entrainements ensemble mais il y a quand même quelque chose de différent. Tu sembles si.. éteint. Tu frappes par frénésie, si bien que ton adversaire a le visage méconnaissable.
“ – Il est là Ma’..
_ Où ?? Je ne le vois pas !
_ Sur le ring…”Mais comment t’approcher ? Tu dois sûrement être surveillé car autrement tu serais déjà revenu vers Sora. Kisos sent que tu n’es pas en meilleure position que sa soeur.
“ – Je vais aller le combattre.
_ QUOI ?! Non ! Tu n’as pas intérêt à..
_ C’est mon seul moyen de l’approcher !”Il n’est pas difficile de s’inscrire aux combats. Beaucoup de mecs osent le faire car si l’un d’eux réussit à mettre KO le champion, ils remporteront le gros lot. Tu es le champion et tu réussis à détruire tes adversaires, cependant Kisos n’est pas un gars lambda. Il est même souvent comparé à un ours, tant il est grand et musclé. Il a aussi des années de boxe à son actif mais bon, il n’est pas là pour en découdre avec toi. Non, il veut seulement essayer de te sortir de cet endroit et surtout de t’avertir que Sora est plus qu’en danger.
-
Henry Walker ne comprend rien à ce qu’il se passe. Sa femme qui est habillée de manière bien trop sexy, son géant de fils qui a le visage en sang et puis.. son beau-fils ? Un jumeau ? Q’ ne lui laisse pas le temps d’avoir des réponses puisqu’il faut te soigner au plus vite et c’est Kisos qui s’y colle avec l’aide de sa mère mais le père Walker vient dans la petite pièce où tu as été posé afin de comprendre pourquoi le bourreau de sa fille est présent.
“ – Qu’est ce qu’il fou ici ?? Qu’est ce qu’il se passe ?!
_ C’est Thomas ! Le vrai thomas !
_ Parce qu’il y a un faux thomas ?! Ce connard envoie ma fille en prison et vous osez l’amener ici pour l’aider ?!
_ HENRY ! Thomas a un jumeau et c’est ce jumeau qui a envoyé Sora en prison ! Thomas a été piégé par sa famille !! Mais tais toi ! On a pas le temps de discuter, on doit aider Thomas !”Tu as perdu connaissance et les Walker font tout pour ne pas que la situation soit bien plus grave pour toi.
Lorsque tu te réveilles, tu n’es plus dans le hangar mais dans le lit d’adolescente de Sora. Tu as été amené chez tes beaux-parents et la maison est surveillée par une bonne vingtaine d’hommes. Q’ a pu expliquer ce qu’il se passait à Henry et ils se doutent que ton père va essayer de te récupérer. Ils n’ont pas encore d’idées pour la suite, si ce n’est qu’il faut te protéger mais aussi trouver un moyen de faire sortir Sora de prison. Henry pense à te faire aller à la police pour que tu racontes ce qu’il se passe avec William mais Q’ trouve l’idée trop dangereuse. Que ce soit pour toi, Sora ou même l’entièreté de la famille Walker.« – On va faire quoi alors ? Laisser notre fille pourrir dans une cellule ? Tu l’as bien vu ? Elle ne veut même plus se battre ! On doit la sortir rapidement !!
_ Tu ne peux pas la faire évader Henry ! Tu as oublié que tu étais un gouverneur ?! Mais tout va s’arranger ! On a retrouvé Thomas ! Il.. il saura peut-être nous aider à stopper son frère et son père.. »Et justement, Kisos appelle sa mère car tu sembles être réveillé. Pour que ce soit plus doux pour toi que de voir son visage marqué par tes belles droites, Kisos envoie sa mère vers toi mais Q’ prend le petit Jamie pour que tu puisses comprendre que tout va bien pour lui. Bien que toi aussi tu as un visage en mauvais état, Jamie ne réagit pas comme il le faisait avec William.. il ne pleure pas, il ne se renfrogne pas. Il fait les grands yeux et lâche un petit cri de joie. Là, c’est bien son papa. Q’ s’avance avec lui mais elle te fait signe de ne pas bouger car elle ne veut pas que tu te blesses à nouveau.
« – Tu reconnais ton papa ? Tu lui feras un gros câlin après mais là, grand-mère doit vérifier que papa va bien.. »
Tu te méfies, tu les fixes étrangement mais avec ce que tu as subis, Q’ peut le comprendre. Elle pose un instant Jamie près de toi pour pouvoir vérifier ta plaie mais le petit garçon profite de ce moment pour poser sa petite main contre ta joue.
« – Dadaaaa !
_ Petit filou.. oui c’est dada.. »Il n’y a pas que ta plaie qui mérite d’être vérifiée mais tous les hématomes sur ton corps aussi. Tu as subis des semaines de luttes et tu as des blessures partout. Q’ pense même que tu as l’un de tes poignets cassées mais il faudrait pouvoir t’amener à l’hôpital pour faire une radio. Avec le fait que ton père te cherche, pour le moment cela n’est pas envisageable.
« – Tu es passé par une belle porte.. Tu as reçu un coup de couteau qui a failli atteindre ton poumon. Kisos a pu refermer la plaie mais tu vas devoir te reposer. J’ai mis des baumes sur la plupart des coups que tu as reçu mais il va falloir des semaines pour que tu te remets sur pieds.. »
Mais Henry entre en trombe. Il est beaucoup moins accueillant et patient que son épouse. Il veut voir comment tu vas mais il tient surtout à savoir comment il peut stopper ton père ainsi que ton frère. Il n’est pas du tout délicat et Q’ sent qu’il va hausser le ton alors elle t’abandonne pour aller se mettre devant son colosse d’époux. Même Jamie a le réflexe de venir contre toi pour te protéger de ce papy au gros caractère.
« – Il n’est pas en état d’aller où que ce soit Henry !
_ Oui mais on doit ramener Sora ici ! C’est de sa faute si MA fille est dans cette situation !
_ Non ! Ce n’est pas lui ! Il a subit aussi !
_ S’il nous avait dit qu’il avait un père dingue et un frère jumeau taré, on aurait tout fait pour mieux protéger notre fille !
_ Arrête Henry ! Arrête d’être aussi méchant ! Thomas a sûrement ses raisons pour ne rien avoir dit. Il.. il saura nous expliquer mais s’énerver ne va rien résoudre. Au contraire, on a besoin d’être plus posé pour trouver la solution qui sera la meilleure pour notre Sora.
_ Sauf que Sora n’attendra plus des semaines ! Tu me l’as toi-même dit ! Elle se laisse périr ! »Henry grogne de colère mais Q’ réussit à le repousser en dehors de la chambre. Elle ne peut retenir un petit sanglot car tout ça est tellement compliqué et difficile à gérer qu’elle commence à ne plus avoir l’éternelle patience qui la définit si bien.
« – Tu as sûrement beaucoup de questions.. Je ne sais pas si tu as eu vent de ce qu’a fait ton frère. On pensait tous que c’était toi.. jusqu’à ce que Kisos nous prouve que tu n’y étais pour rien. Tout est si complexe.. Et ton frère tient Sora en boîte. Tant qu’il ne retire pas sa plainte, elle restera en prison mais ce n’est pas ça le pire.. Il a fait en sorte de l’épouser avec son vrai nom. Sora est l’épouse de William Wells. Je ne sais pas comment il a réussit à s’y prendre pour qu’elle ne voit rien mais je pense que c’est les nombreuses semaines sous les coups qui ont eu raison de ma fille.. Et.. et.. je n’ai rien vu.. Je n’ai pas vu qu’elle était en danger.. Je n’ai pas vu qu’elle était abîmée.. »
Elle essuie rapidement une larme et elle revient vers toi en pensant reprendre Jamie mais le garçonnet est lové contre toi. Sa maman lui manque mais toi aussi tu lui as manqué. Il était face a cet inconnu qui voulait prendre ta place. Il était face a ce double machiavélique de toi. Un autre Thomas qui le méprisait et qui faisait du mal à sa mère. Là, il retrouve l’odeur de son père, les bras de son père, le regard de son père. Il est peut-être encore tout petit mais il comprend et surtout, il ressent. Il ressent ta douleur, tes peurs, ta colère. Son seul moyen de t’aider n’est autre que de rester contre toi et de t’offrir un peu de sa chaleur.
« – Je vais.. rejoindre Henry. Je repasserais après pour t’amener un repas. Pour le moment repose toi et nous reparlerons de tous ça quand tu te sentiras mieux mais ne t’inquiète pas. On va tout arranger.. »
De son côté, Sora n’a pas la moindre idée de ce qu’il se passe. En même temps, c’est isolé ici et elle ne peut pas avoir accès avec l’extérieur. Même William et Mike ne peuvent pas approcher la brune mais avec ce qu’il vient de se passer, Mike compte bien récupérer la jeune femme. On vient de lui voler sa poule aux œufs d’or et il compte bien te récupérer mais pour ça il a besoin d’un moyen de pression. Sa seule façon de récupérer Sora, c’est William. Le jumeau complètement dingue peut faire sortir Sora en retirant sa plainte mais ça ne se fait pas en une soirée. Le temps joue contre tout le monde. Sora est la chose qu’il faut obtenir mais qui l’aura en premier ?
-
Deux Thomas.. Deux toi.. C’est ce qui tourne en boucle dans son esprit. Elle n’a pas rêvé, elle t’a vu en double. Deux hommes identiques physiquement et pourtant elle en a aimé un alors que l’autre l’a brisé. Tout cela a de quoi rendre fou et Sora se pense si folle qu’elle interdit quiconque de rentrer dans sa chambre. Sa famille l’a ramené dans le domaine Walker mais la jeune femme s’est barricadée pour que personne ne puisse l’approcher. Elle a souffert physiquement mais la blessure intérieure est bien plus douloureuse. Elle ne sait plus quoi penser, qui croire. Elle ne sait plus en qui elle doit donner sa confiance. Même sa propre mère n’arrive pas à la raisonner et à se rapprocher d’elle. La présence de Jamie pourrait sûrement l’aider mais elle refuse de voir votre fils. C’est comme si elle préférait se terrer dans sa folie, si bien que ses parents parlent de l’envoyer quelques semaines dans un hôpital spécialisé afin de l’aider à se relever. Voilà la raison du silence. Voilà pourquoi les Walker font barrages et ne laissent personne s’approcher de Sora. Ils pensent qu’elle est bien trop atteinte psychologiquement pour donner des nouvelles à qui que ce soit.
Tu es sur le point de sortir, Kisos l’a appris et il a décidé de venir vers toi avant que tu ne décides de t’enfuir. Il veut savoir si tu t’en es sorti, ce que tu comptes faire mais aussi te demander un peu d’aide. Peut-être que tu auras la solution pour aider Sora ? Il n’en sait rien puisqu’il ne sait même pas si elle t’en veut ou non mais il doit tenter quelque chose. Il n’a pas envie qu’elle finisse dans un hôpital psychiatrique ou même qu’elle devienne dépendante aux antidépresseurs. Alors avant que tu ne termines d’enfiler les vêtements que Spencer t’a amené, le colosse entre dans la pièce. Il n’est pas seul puisqu’Henry a aussi tenu à être présent. Il n’a pas été le plus cordiale avec toi mais cela n’empêche qu’il a quand même une inquiétude à ton égard. Il le sait, tu as été le nouveau souffle de sa fille alors que ton frère a été son enfer.
“ – Hey.. Thomas. Comment vas-tu ? Je suis désolé si je ne suis pas passé plus tôt, on avait certaines petites choses à régler.. Comme ta liberté. Tu n’iras pas en prison à la place de ton frère mais par contre, un mandat a été porté contre lui.”
Henry s’est arrangé pour te faire passer pour une victime, même vis à vis de ce que tu as fait à ton propre père. Tu n’as aucune charge qui pèse sur toi et tu es libre de faire ce que tu as envie maintenant cependant Henry n’est pas aussi doux que Kisos lorsqu’il faut poser des mots.
“ – Elle ne veut plus voir personne, pas même Jamie. Lorsque quelqu’un réussit à entrer dans sa chambre, elle se cache où elle se met à hurler. Elle ne veut rien dire sur ce qu’a fait ton frère ni même ce qu’il s’est passé en prison.. Je sais que tu avais peut-être pour but de t’éloigner d’elle mais on a quand même besoin de toi. Ne serait-ce que pour la faire parler.. J’ai bien peur de devoir l’envoyer dans un hôpital si ça ne bouge pas.
_ Duda.. tu sais que..
_ Non kisos. Ta soeur ne peut pas rester ainsi. Si on ne peut rien faire, on va la laisser dans sa chambre dans un tel état ? Tu l’as vu ?! Elle ne se nourrit pas et on a été obligé de retirer tout ce qui pourrait lui faire du mal. Elle cherche à se blesser et si je dois la faire enfermer pour qu’elle arrête alors je le ferai !”Les deux colosses ne sont pas d’accord sur la suite. C’est même une raison majeure de leurs venues ici car Kisos pense que toi tu peux sûrement la faire sortir de ses gongs. Que ce soit en bien comme en mal, elle a besoin de s’exprimer. Elle a été muré dans des silences dont elle a décidé de garder autour d’elle. Avec William, elle devait subir et se taire mais en prison il y a sûrement eu la même chose.
“ – Tu dois essayer de lui parler.. si ça ne fonctionne pas alors on aura peut-être pas le choix de prendre des décisions plus complexes..”
Mais qu’est ce qu’il se passe dans son esprit ? Dans un sens, elle a tellement subi de choses difficiles qu’il y a eu une sorte de déconnexion pour pouvoir se protéger. Encore maintenant, elle se protège et c’est ce que tu peux constater lorsque les Walker réussissent à te mener chez eux. Q’ a réussi à déverrouiller la porte de sa chambre mais Sora s’est posée dans un coin de sa chambre. Assise en position foetale, elle évite de regarder quoi que ce soit puisque son visage est niché contre ses cuisses. La brune n’a plus sa carrure de déesse. Elle a tellement perdu de poids que tout le monde a peur de la briser s’ils venaient à la prendre contre eux. Elle n’a presque plus les marques de ses blessures physiques mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas mal.. Au contraire, elle tremble tellement que Q’ marque un sanglot lorsqu’elle t”ouvre la porte.
“ – Chérie.. regardes qui est là pour toi.. c’est.. Thomas.. il est là..”
Elle ne bouge pas, elle reste dans sa position mais quand tu ouvres les lèvres pour ne prendre qu’une simple inspiration, elle reconnaît le son de ton souffle. Sora relève enfin son visage. Son regard est apeuré. Il est apeuré mais il est aussi rempli de détresse. Est-ce Thomas ou ce jumeau ? Est-ce qu’on va encore la berner et la briser ?
“ – Chérie.. Ma chérie.. Tu veux que je..
_ Allez vous en… Partez… PARTEZ !”Encore des hurlements ? Sora essaye de se relever pour vous chassez mais elle retombe bien vite sur le sol. Elle n’a plus la force de se battre. Q’ se dépêche d’aller vers elle pour voir si tout va bien mais pour la première fois depuis son retour, Sora pleure. C’est peut-être rien mais c’est un début aux yeux de Q’. Sora a enfin une réaction autre qu’une éternelle léthargie.
“ – Je suis là mon Amour.. Je suis là.. Tu veux que je fasse partir Thomas ?
_ Ce n’est pas lui.. Ce n’est pas lui… Thomas.. Thomas n’a jamais existé..
_ Quoi ? Mais si ma chérie.. Thomas existe. Il est le père de Jamie et il est l’homme que tu aimes..
_ Alors pourquoi il m’a dit s’appeler William ? Et.. et qu’il s’était juste servi de moi pour avoir les papiers américains ? Et.. Et pourquoi il m’a fait mal ? Tho.. Thomas n’était qu’une illusion.. pour.. pour mieux me piéger..
_ Chuut.. c’est ce William qui t’a retourné l’esprit mais Thomas existe.. Regardes bien.. Il est là..”Q’ caresse les joues humides de sa fille et Sora te regarde à nouveau cependant dans un regain de colère, elle se relève aisément et elle vient vers toi pour te pousser vers l’extérieur.
“ – NON ! C’est William ! Regarde ! Il.. Il est là pour nous faire du mal !! Enfermes Jamie !! ENFERME JAMIE !!”
Q’ a peur de la situation puisque Sora commence vraiment à s’énerver, si bien que Kisos intervient pour venir ceinturer sa sœur qui continue de te pousser. Son esprit est entièrement embrouillé et toute la famille Walker prend conscience qu’ils ne peuvent pas l’aider en la gardant ici. Q’ amène un baume pour calmer Sora, pour l’endormir et quand elle semble enfin ailleurs, ils la remettent dans son lit avant de te faire quitter la chambre pour que tu puisses aller au moins voir Jamie. Le petite joue dans le salon avec son grand-père mais quand tu arrives dans la pièce, il se met à hurler de joie. Il vient même à ramper au sol pour se rapprocher. Il y a au moins quelqu’un qui te reconnaît entièrement.. qui ne te prend pas pour ce monstre de William.
“ – Dadaaaaa..”
Q’ se rapproche de son époux avec un air bien triste. Henry hoche la tête, comme pour donner son dernier feu vert.
“ – On va mettre Sora dans un endroit qui lui fera peut-être du bien. Si cela ne te gêne pas, nous pouvons garder Jamie.. Après, rien ne t’obliges à le laisser avec nous mais je pense qu’il sera un peu plus stable ici. Le temps que toi aussi tu puisses te reposer.”
Q’ observe le petit garçon se nicher dans tes bras. Elle n’est pas entièrement d’accord avec la décision de son époux mais elle sait que tu es sûrement tout autant marqué que Sora et elle doit penser au bonheur de son petit fils.
“ – Tu pourras venir le voir quand tu veux.. Tu seras toujours le bienvenu Thomas..
_ Oui, pour Jamie mais pour Sora, je pense qu’il vaut mieux qu’elle ne te voit plus. Cela me peine de dire cela mais avec ce qu’a dû faire ton frère, elle est devenue complètement.. hm.. instable. Je pense que c’est plus sain que tu ne la revois plus. Que tu la laisses vivre. Pour Jamie, on trouvera toujours un moyen de te le montrer. Tu restes son père mais pour Sora, oublie là.”Walker a tranché. Il ne veut plus que tu t’approches de sa fille et personne ne semble le contredire. Kisos aimerait mais même lui ne sait plus quoi penser puisqu’il est inquiet pour la santé de sa petite soeur. Est-ce que c’est mieux de ne plus jamais te montrer ? Personne ne peut le savoir.
-
Enfin libre. Voila des mois qu’elle a été enfermé dans cet hôpital psychiatrique et aujourd’hui elle a enfin le droit de retourner à la vraie vie. Sa famille l’attend sur le parking et tout le monde sourit immensément mais est-ce que Sora est heureuse elle aussi ? Est-ce qu’elle est pressée de retrouver sa liberté ? En réalité, même si elle n’est plus aussi effrayée qu’il y a quelques mois, Sora ne va pas bien. Comment aller bien quand on a passé presque huit mois enfermée dans une chambre blanche ? Que l’on a pas vu son fils grandir ou alors le voir faire ses premiers pas ? Et puis toi.. Grâce à ses longues séances de psychologie, Sora a pu remettre le puzzle en place. Tu n’es pas William et toi aussi tu as été piégé mais comment savoir si tu vas bien ou où tu te trouves alors que tous ses proches évitent de parler de toi ? Sora n’a même pas eu la lettre ou entendu les mots que tu avais à son encontre.
« – Regardes, ta maman arrive mon petit Jamie. »
Henry porte le petit et Sora sent les larmes monter parce que Jamie a tellement grandi .. Ce petit être n’est plus le petit bébé qu’elle avait quitté il y a quelques mois. Maintenant il sait marcher, il a des dents et il sait même dire quelques mots. Dans quelques jours il va avoir un an et cela attriste encore plus Sora puisqu’elle a presque perdu l’entièreté de cette première année.
« – Mon Jamie.. »
C’est la première chose qu’elle veut faire, c’est prendre votre fils dans ses bras et l’embrasser. Elle évite de regarder ses parents ou même son grand frère, elle ne veut que se concentrer sur le petit garçon. Qu’est ce qu’il est beau.. plus il grandit et plus il te ressemble. Tes yeux bleus ou tes lèvres charnues.. Jamie est un petit Wells confirmé mais tu ne peux le voir puisque tu n’es pas présent. Où es-tu ? Sora ne le demande pas d’entrée de jeu mais elle a besoin qu’on la rassure sur toi.
Le trajet jusqu’a la maison des Walker se fait un peu trop silencieuse au goût d’Henry. Il pensait que Sora serait plus enjouée et plus bavarde mais elle ne dit rien. Elle est perdue dans ses pensées même si elle continue de câliner son fils.
« – Pour que tu te sens mieux, on a aménagé ta chambre différemment et on a aussi ajouté le lit de Jamie car je pense que tu vas vouloir dormir avec lui !
_ Comment ça.. ? Je.. ne retourne pas dans mon appartement ?
_ Euh.. et bien.. comme plus personne ni vivait, j’ai redonné les clés à Gino. Et puis tu seras mieux avec nous. Ta mère sera là pour t’aider avec Jamie le temps que tu retrouves tes marques.
_ Et Thomas ? Il.. il voit encore Jamie ?
_ Mh.. on ne le voit plus depuis des semaines et tant mieux. Il refait sa vie ailleurs maintenant donc n’en parlons plus. »Henry est ferme et Sora remarque que sa mère baisse son visage. Le couple n’est pas d’accord dans le sens où Henry veut totalement te faire disparaître de la vie de Sora alors que Q’ n’en a pas envie mais face à son époux, elle a beaucoup de mal à imposer sa volonté. Henry répète souvent que sans toi, Sora n’aurait jamais eu de problèmes et que peut-être quand parlant de toi, Sora pourrait vriller à nouveau. Dans tous les cas, il a toujours les mots et les excuses pour faire en sorte que l’on essaye de t’effacer. C’est bien pour cela que Sora n’a rien su de toi mais maintenant qu’elle est libre, elle veut savoir. Elle n’a plus ses délires ou ses névroses. Elle a enfin compris ce qu’il s’était vraiment passé et elle a besoin de te parler, de te voir, de savoir comment tu vas. Ce silence familial ne lui plaît pas du tout si bien qu’en arrivant chez ses parents, elle préfère aller dans sa chambre avec Jamie. Elle dit être fatiguée mais elle a surtout besoin de s’éloigner de ses parents.. surtout d’Henry.
« – Qu’est ce que tu as grandis.. Tu es vraiment beau mon Jamie. J’en reviens pas.. »
Ils sont tous les deux allongés dans le lit et Jamie profite des bras de sa maman. Il allait la voir de temps en temps à l’hôpital mais il ne pouvait pas pleinement profiter d’elle. Q’ et Henry se sont très bien occupés du petit mais il y a quand même un manque chez lui. Cela se voit quand il est contre Sora car il tient le t-shirt de sa mère comme s’il avait peur qu’elle reparte loin de lui.
Quelques jours sont passés depuis son retour et Sora se retrouve dans un train avec Jamie. Demain votre fils va fêter son anniversaire et il aurait dû avoir une grande fête chez les Walker cependant Sora a décidé de changer le destin. Après une fouille dans le bureau de son père puis celui de sa mère, elle a trouvé ta lettre mais aussi les courriers que tu as écris à Jamie. Tu vis en Virginie.. Tu es shérif mais surtout tu penses toujours à Jamie ainsi que Sora. Toi aussi on t’a privé de ta liberté.. toi aussi on t’a privé de ta famille. Aujourd’hui tu vis à des milliers de kilomètres sans avoir la possibilité d’être auprès des tiens. Si tu ne peux pas venir alors c’est Sora qui viendra à toi. Il est hors de question que votre fils fête son premier anniversaire sans son père. Elle se fiche de la grande fête et des Walker réunis autour d’un beau gâteau. Elle se moque bien que son père veuille qu’elle soit loin de toi. La brune a passé des mois enfermées comme une prisonnière et si il a bien une chose qu’elle a compris, c’est qu’elle se doit de retrouver la liberté que seul toi avait su lui offrir. C’est toi qui lui a appris à être elle-même, à être vivante. Alors oui, elle a en quelque sorte fugué pour traverser le pays avec Jamie. Elle n’a même pas laissé de mot pour dire où elle allait. De toute façon, elle ne compte plus retourner chez ses parents et elle n’a plus envie de leurs être redevable.
La route a été longue. Presque deux jours de train mais les voilà sur le quai de Jamestown. Sora connaît bien l’endroit puisque la réserve des Powhatan n’est pas loin mais tu vis dans une ville un peu plus à l’ouest. Tu es shérif de la ville de Rustic et Sora doit prendre un dernier transport pour rejoindre cette bourgade. Elle aurait pu demander à de la famille puisque les frères de Q’ vivent dans le coin mais Sora ne tient pas à se faire repérer donc c’est en bus qu’elle arrive sur Rustic en compagnie de Jamie. Le soleil vient de se coucher et elle ne sait pas où tu habites, ni même si tu es encore au commissariat alors pour ce soir, les deux vont dans un motel afin de se reposer. Demain est un grand jour. L’anniversaire de votre fils mais surtout des retrouvailles. Sora est à la fois impatiente, excitée et un peu stressée. Avec tout ce que vous avez vécu depuis ton arrivée aux USA, est-ce que tu vas vraiment vouloir la revoir ? Peut-être que l’éloignement t’aurait fait comprendre que tu étais plus heureux sans elle.. Oui, elle y pense mais avant tout, c’est pour votre fils que vous allez vous réunir et Sora a une petite idée sur comment te faire venir vers eux.
Le lendemain, la journée commence comme chaque journée. Tout est banal. Il y a eu quelques petits larcins cette nuit mais l’équipe de nuit a su gérer cela. Tu as quand même un rapport qui t’attend sur ton bureau mais dès ton arrivée, l’un de tes collègues vient te prévenir que tu dois aller au restaurant du coin. Il y aurait eu un vol durant la nuit et ils ont besoin que tu ailles voir sur les lieux.
Ce gros mensonge a été supplié par Sora. Elle a quelque peu joué de son magnifique sourire et ses yeux de biche pour demander au patron du restaurant s’il pouvait te faire venir ici. Elle a dû expliquer qu’elle était ton ancienne compagne et qu’elle te faisait la surprise de sa venue pour l’anniversaire de votre fils. Pour prouver sa bonne foi, elle a ramené une photo de vous trois et des ballons d’anniversaire pour donner une petite touche « fête surprise ». Le patron qui se nomme Fergus, a fini par céder et il a donc appelé ton bureau pour que tu viennes enquêter ici.
Il est dix heures quand tu passes enfin la porte. Il y a un peu de monde dans le restaurant qui fait aussi bar et presses. S’il y avait vraiment eu un voleur durant la nuit, le patron aurait dû fermer son commerce mais là non. L’endroit est bien ouvert mais quand tu avances vers Fergus, celui-ci te fait signe de regarder vers ta gauche. Dans le fond du restaurant, il y a Sora et Jamie qui sont installés à une table. Elle ne t’a pas vu rentrer car elle est en train de partager une viennoiserie avec le petit garçon. Cependant ils sont bien là. Sora a encore un corps très amaigris mais elle l’a parfaitement caché sous une robe évasée. Par contre Jamie a enfilé son plus beau costume de cow boy. Il adore se déguiser alors pour son anniversaire, Sora se devait de lui mettre son costume préféré.
« – Tu as mis du chocolat tout autour de ta bouche petit cochon !
_ Daadaaa !
_ Oui Duda va bientôt arriver..
_ Daaaadaaaaa ! »Mais Jamie tend ses bras vers toi et c’est là que Sora comprend que tu es ici. Elle se tourne avec Jamie qui est toujours dans ses bras. Vos regards se croisent enfin.. Vos visages se retrouvent après de très longs mois.. Toi aussi tu as un peu maigris et puis tu as cette tenue de shérif. Tu as aussi quelques poils blancs au niveau de ta barbe mais ce n’est pas ça qui va choquer Sora. Elle est surtout bouleversée de te revoir enfin. Pas comme William ou comme ce mauvais gars que son père a décrit. Non, elle te revoit comme le Thomas qu’elle a aimé.. comme le Thomas avec qui elle a partagé les plus beaux moments de sa vie.
« – C’était important que l’on puisse fêter son premier anniversaire à trois.. alors on a fait un petit voyage avec Jamie.. Tu dois sûrement aller travailler mais.. tu crois qu’on peut quand même lui faire souffler ses bougies avant que tu ne repars ? »
Un petit sourire timide vient s’afficher sur ses lèvres mais ce n’est pas elle qui se montre la plus excitée puisque Jamie est totalement fou de joie en te voyant. Il se penche de plus en plus pour atteindre tes bras et quand tu le prends enfin, le petit vient passer ses petits bras autour de ton cou afin de t’offrir un gros câlin comme il sait si bien les faire. Sora en a une petite larme qu’elle essuie rapidement. Vous êtes tellement beaux à deux.. et elle se rend compte du lien fort qu’il y a entre toi et le petit. Même s’il y a eu beaucoup de distances entre vous, Jamie sait que tu es son papa et il sait aussi exprimer son amour pour toi. En y repensant, Sora comprend même pourquoi Jamie était méchant lorsque William était à l’appartement.. Jamie avait senti que ce n’était pas son papa. Il avait totalement compris ce qu’il se passait mais bon, il ne pouvait pas le dire, il ne pouvait que l’exprimer par son comportement.
« – J’ai acheté un petit gâteau au chocolat car je sais que c’est votre préféré à toi comme Jamie.. et j’ai pensé aussi à ramener un appareil photo. Comme ça il aura un souvenir de ce moment.. Enfin si cela te va bien évidemment., »
-
Sora ne parle pas énormément depuis vos retrouvailles mais c’est parce qu’elle se sent tout autant intimidée que toi. Les derniers événements ont été si néfastes et dévastateurs qu’elle ne saurait pas par quoi commencer mais surtout, elle a peur que tu puisses la rejeter. Ça serait légitime puisqu’elle même t’a rejeté il y a quelques mois en croyant que tu étais William. Peut-être qu’en venant ici tu as décidé de tout recommencer et tu serais entièrement dans ton droit mais les appréhensions de Sora s’effacent petit à petit au fil de la journée. Tu te montres adorable avec Jamie et elle mais tu décides aussi de les amener dans ton nouveau cocon. Rien ne t’obliger à leurs montrer cet endroit que tu t’es créé pour t’éloigner des problèmes mais pourtant ils entrent dans cette petite maison de forêt qui a un charme fou mais qui aussi a un symbole fort puisque tu es sur les terres des ancêtres de la brune. Sora a été impressionné quand tu lui as raconté ce que tu avais appris sur ses ancêtres mais c’est encore plus flagrant dans cette maison car tu as mis quelques décorations dans un style très amérindien. Et puis il y a des photos.. Pendant que tu pars te laver, Sora s’avance avec Jamie vers la cheminée et au-dessus de celle-ci tu as mis plusieurs photos en cadre. La première photo que vous avez pris avec Jamie.. C’était à l’hôpital, quand il a pu sortir de sa couveuse. Il y a aussi une photo du petit avec toi mais surtout il y a une photo de toi et Sora. Vous l’aviez pris à Nappa, lorsque tu avais décidé de lui préparer un week-end surprise. Malgré la distance qu’il y a eu entre vous trois, tu as marqué ces lieux par la présence de Jamie et Sora.
« – C’est Ma’ et Dada sur la photo.. Tu n’étais pas encore né mais il me semble que tu étais dans mon ventre. Et là c’est nous trois. Tu étais encore un tout petit bonhomme et tu devais rester à l’hôpital mais tous les jours on venait te voir avec ton papa.. Et.. je sais que toi tu l’as bien reconnu ton papa quand.. enfin.. J’aurais sûrement mieux dû interpréter les signes que tu m’envoyais..
_ Dadaaa.. Maaaaa… Mimie ! »Lance le petit en pointant cette photo où vous étiez à trois. Les deux n’ont pas capté que tu étais derrière eux, à les observer mais Jamie finit par tourner sa petite tête et il fait son sourire espiègle. Il cache son visage contre la chevelure de sa mère afin de lancer un jeu de cache cache avec toi et c’est cela qui alerte Sora de ta présence. L’amérindienne sourit timidement et elle se rapproche pour que tu puisses avoir un peu Jamie dans tes bras. Le petit fait beaucoup le pot de colle avec sa mère mais tout comme avec toi, il a été séparé d’elle. Il est en manque de vous deux et il le montre en ne voulant pas s’éloigner ou même rester au sol.
« – Je ferai développer les photos d’aujourd’hui comme ça tu pourras en ajouter une de plus sur ta cheminée.. En tout cas cette maison est très belle et je ne savais pas que tu avais un petit penchant pour la déco d’intérieure. »
Elle finie sur un rire. Pour un homme tu as plutôt bon goût et puis surtout tu prends soin de l’endroit. Rien ne traîne, même pas de la vaisselle ou des vêtements. C’est même plus clean que lorsque tu vivais avec Sora mais elle a un petit côté bordélique qu’elle n’a jamais su corriger. En tout cas, la jeune femme remarque aussi que tu as décidé d’avoir un léger changement vestimentaire puisque tu as enfilé une chemise dans un style bûcheron. Cela te va à merveille mais elle n’ose pas le dire à haute voix. Elle se contente de te suivre avec Jamie pour que vous puissiez aller faire ce tour à cheval comme tu l’as prévu. Jamie est aux anges puisqu’il adore le monde des cow-boy donc les chevaux. En voyant les bêtes, il fait les grands yeux et il les pointe tous un par un avec son petit index. Toujours vêtu de son costume, il amuse le vieux Richardson qui sort d’un box pour venir vous saluer. Tu es bien connu dans le coin maintenant que tu es le shérif et il n’a pas de mal à accepter que tu puisses emprunter deux de ses bêtes.
« – Je vais vous préparer les chevaux, en attendant tu peux aller montrer les autres animaux à ce petit cow-boy et ta jolie dame. En plus nous venons d’avoir un petit veau, je suis certain que ça va plaire au petit. »
Et pour plaire, cela plaît énormément. Jamie n’a pas encore beaucoup d’occasions de côtoyer des animaux et c’est donc pour lui une grande découverte. Des vaches, des chèvres, un âne et même un poney qui vient quémander des caresses. Sora ne perd pas une miette de ce moment puisqu’elle sort son appareil photo pour immortaliser cette douce scène. Toi et Jamie qui allez vers les animaux pour offrir quelques petites caresses. L’enfant est conquis mais il garde un petit côté filou, si bien qu’il réussit à attraper un poussin pour pouvoir le câliner. Tu as le bon réflex de vite lui retirer car Jamie ne mesure pas sa force.
« – Daaadaaaa.. bébé.. pioupiou..
_ Non non petit Wells. Ton père a bien eu raison de le retirer de tes mains. Il faut être tout doux avec les animaux.
_ Maaa…
_ Et pas de caprices si non on ira pas sur le cheval ! »Il a déjà son petit caractère. Il est espiègle mais aussi très curieux. Il a aussi ce côté joueur qui fait qu’il essaye de tester les personnes autour de lui mais là il cesse de geindre puisque ton ami revient avec les deux chevaux. Sora ne t’a jamais dit qu’elle était une très bonne cavalière mais tu vas pouvoir le découvrir aujourd’hui. Elle te laisse prendre Jamie et quand vous êtes bien installé, elle grimpe sur la jument qui lui a été attribué.
Vous partez vers la forêt dans un trot assez doux pour que vous puissiez profiter du paysage. Vos chevaux sont côte à côte. Jamie est encore émerveillé par ce qu’il se passe et c’est touchant à voir mais cela vous permet de discuter un peu sans qu’il n’écoute, bien qu’il ne comprendrait certainement rien.
« – Je voulais te dire que.. J’étais désolé. Je suis désolé pour tout ce qu’il s’est passé.. Et je sais que tu vas me dire que ce n’est pas de ma faute mais ce n’est pas de la tienne non plus. Tu n’as rien vu venir et moi.. moi j’ai pas su.. me rendre compte que ce n’était pas toi.. »
Oh oui qu’elle s’en veut pour ça. Tu es censé être l’homme de sa vie et elle n’a pas compris qu’un autre avait pris ta place. Elle a cru que tu pouvais devenir aussi diabolique que William l’a été. Elle s’est laissé marcher dessus par ce monstre et tout ça en croyant que c’était toi. Oui, elle est honteuse parce qu’elle aurait dû se douter que jamais tu ne lui ferais du mal.
« – Et je suis désolé de t’avoir pris pour lui.. Surtout lorsque nous étions dans le désert.. Je.. je n’arrivais plus à savoir ce qui était vrai et faux. Je ne savais plus rien. Je m’en veux aussi parce que je n’ai pas été là pour toi après tout ça et puis ma famille t’a éloigné.. je leurs en veux. Ils n’avaient pas le droit de t’abandonner mais dans un sens, ils m’ont abandonné aussi. Tu sais, c’est grâce à Jamie et toi que j’ai su relever la tête de l’eau. Dans cette chambre psychiatrique, je n’avais que vous pour réconfort.. »
Elle évite ton regard, sûrement par honte mais elle se retrouve à devoir vous observer quand Jamie se met à crier car il a vu un cerf un peu plus loin. Il fait peur à la bête et celle-ci s’en va mais ça a le mérite de lui faire plaisir de voir ce gros cervidé. Pour rendre le moment un peu plus amusant, vous décidez de galoper un peu plus vite mais cela laisse la conversation de côté. De toute façon Sora ne saurait quoi dire d’autres si ce n’est qu’elle est désolée. Oh si, elle pourrait te dire que tu lui manques énormément mais elle ne sait pas si elle doit te l’avouer, si tu l’accepteras.
« – On pourrait un peu monter sur les hauteurs ! Il y a peut-être des clairières à découvrir ! »
Dit-elle alors qu’elle s’élance encore plus rapidement avec son cheval. Sora oublie un instant qu’elle n’est pas seule et elle galope telle une amérindienne qui se retrouve dans son élément. Ses cheveux détachés se mettent à danser à cause de la vitesse et elle réussit à diriger son cheval sans avoir besoin de tirer sur sa sangle. Elle ne se stoppe qu’une fois arrivée dans une grande clairière qui offre une superbe vue sur le petite village que tu as nouvellement adopté. Sora rougit quand elle se rend compte qu’elle ne vous a pas attendu mais tu fais ton entrée avec le petit Jamie qui rit aux éclats à cause de la vitesse que tu as pris. Quand tu es stoppé, Sora descend de sa monture et elle vient prendre le petit dans ses bras pour que toi aussi tu puisses descendre. Une pause n’est pas de refus et Jamie demande à marcher alors la jeune femme laisse le petit gambader autour de vous. Elle garde un œil sur lui mais elle en a un sur toi aussi.
« – Elle est très jolie cette ville.. Et c’est vrai que c’est sur les terres de mes ancêtres. Si je me souviens bien, les terres des powhatans ont été récupéré entièrement vers les années 20.. Pour remercier un grand médecin qui était l’un des nôtres, le gouvernement a accepté de redonner les terres que les colons avaient pris. Malgré tout, notre peuple se concentre beaucoup plus près de l’ancienne ville qui se nommait Jamestown. C’est principalement là-bas qu’ils ont toujours vécu, bien que de base, notre peuple étaient installé dans les forêts du Canada, qui se nommait le vineland. Ils ont migré jusqu’ici.. Enfin.. il y aurait tellement à dire. Ma’ adorait me parler de tout ça et mon oncle Nashoba aussi.. Peut-être que je pourrais te présenter à la famille de ma mère un jour. Tu risqueras d’être dépaysés car ils essayent de faire perdurer des anciennes traditions mais je suis certaine qu’ils vont t’adorer. »
Jamie se met à ramasser des petites fleurs et cela vous laisse un peu le temps d’avoir encore quelques minutes à deux. Sora rougit à nouveau à cause de ton regard intense mais surtout ce regard qui l’a toujours observé comme si elle était la plus grande merveille du monde.
« – Tu te plais ici ? Tu t’es fais des amis ? Et ce nouveau travail te plaît ? »
-
Il n’y aurait pas pu avoir meilleure journée en famille. Dans un sens, c’est même la première fois que vous vivez une journée comme celle-ci à trois. Depuis la naissance de Jamie, tout a été vite, tout s’est enchaîné et vous n’avez pas vraiment eu le droit d’avoir une journée remplie de souvenirs. Là, votre fils s’endort avec un merveilleux sourire et quand vous rentrez chez toi, il reste emmitouflé contre Sora pour profiter encore de ce trop plein de bonheur.
« – Moi non plus.. Je n’avais pas été aussi heureuse depuis très longtemps. J’ai pris la meilleure des décisions en venant ici.. »
Tous les trois dans le canapé, quoi que vous vous faites bien vite rejoindre par le chien, tout semble encore doux et réconfortant cependant Sora sait qu’elle doit aussi répondre à une question que tu viens de lui poser. Est-ce qu’ils vont rester ici ? Dans un sens, ils n’ont plus vraiment de lieu de vie. Ils pourraient rentrer à Los Angeles chez les Walker mais Sora ne veut plus y retourner. Elle ne veut plus vivre dans cet endroit qui lui rappelle bien trop de douleurs encore vives. L’amérindienne n’avait pas forcément prévue de s’installer chez toi puisqu’elle ne savait pas si tu avais décidé de refaire ta vie ou non mais face à ton regard de chaton tout mignon, comment pourrait-elle refuser ta proposition ? Et puis elle n’a pas l’envie de se retrouver à nouveau loin de toi. Ce voyage n’avait pas que pour but de te rapprocher de Jamie pour son anniversaire mais il avait aussi pour mission de confirmer à Sora que tu n’es pas que le père de son fils.. Tu es aussi celui qui l’apaise, la rend plus forte et surtout celui qu’elle aime encore mais bon, il va falloir un peu de temps pour qu’elle retrouve confiance en elle. Assez de confiance pour pouvoir te dire qu’elle t’aime plus que tout.
« – En réalité, on a pas vraiment d’endroits où aller pour le moment.. On est parti de chez mes parents mais je n’ai pas acheté de billets retour. Notre place n’était plus là bas et je n’ai pas l’envie que l’on y retourne.. Je pense que notre place est près de toi. Même si tu veux refaire ta vie ou.. enfin, même si tu veux être tranquille et avoir ton indépendance, je crois que.. c’est mieux si on reste pas trop loin avec Jamie.. il a besoin de son papa et.. moi j’ai.. j’ai toujours besoin de toi.. »
La jeune femme n’ose pas en dire plus mais oui, elle a besoin de toi. Vous avez eu d’énormes problèmes et elle aurait toutes les raisons du monde de s’éloigner mais non, elle ressent ce besoin viscérale d’être auprès de toi. Pour autant, elle ne veut pas se montrer intrusive dans ta vie mais tu ne sembles pas non plus vouloir la laisser partir. Vous quittez le salon pour aller mettre le petit Jamie au lit. Comme prévu, Sora va l’installer dans ta chambre puisque tu as décidé de prêter celle-ci pour la nuit et tout comme le reste de la maison, celle-ci est toute clean si ce n’est qu’un ourson trône sur le lit. C’est l’une des peluches de Jamie et bien sûr Sora lâche un petit rire.
« – Je ne savais pas que tu aimais les peluches.. je t’en aurai offert une.. »
Dit-elle de manière taquine alors qu’elle change le petit en essayant de ne pas le réveiller. Le coucher fait, le gros chien va s’installer avec Jamie et Sora sort avec toi de la chambre puisqu’il est encore bien trop tôt pour aller vous coucher. Il y a quand même un silence qui s’installe malgré tout ce qu’il y aurait à dire. Par où commencer ? Et est-ce qu’il faut vraiment commencer ? Sora te voit aller vers la cuisine et elle te suit. Tu sors de quoi préparer un petit dîner et sans réfléchir, elle vient près de toi pour venir t’aider. Quelques légumes à découper et du poisson à faire rissoler, miss Walker est impressionnée par ce qu’elle voit puisque tu te débrouilles comme un roi. Elle t’a déjà vu cuisiner mais là, tu agis presque comme un chef. As-tu des talents cachés qu’elle n’aurait pas encore découvert malgré que vous vous connaissez depuis trois ans ?
« – c’est toi qui l’a pêché ? Si tu veux, on pourrait aller pêcher un de ces jours. Et ne sois pas étonné, j’adore ça ! Mon grand-père m’amener pêcher quand on venait en vacances ici l’été. Kisos préférait aller draguer les minettes alors grand-père se tourner vers moi pour les activités dans les alentours. On allait pêcher, faire du cheval en forêt et il m’apprenait même à tirer à l’arc mais je ne devais pas le dire à mes parents car il savait que mon père aurait râlé.. Il était vraiment adorable, tu l’aurais beaucoup aimé. Il y a quand même mon oncle Nashoba qui pourrait te montrer la chasse à la façon powhatan.. Ça pourrait te plaire mais il faut savoir user d’un arc ou d’une lance. »
Elle enchaîne les phrases avec entrain et légèreté, si bien qu’elle ne remarque pas que tu la fixes mais quand elle voit tes yeux bleutés l’observer, Sora rougit violemment et elle manque de se couper au lieu de tailler l’une des carottes. Pour éviter un drame, elle pose le couteau mais elle fait aussi en sorte de ne plus croiser ton regard sous peine de vraiment virer au cramoisie.
« – Euh.. Au fait.. les Richardson sont adorables. Meredith m’a proposé de me faire visiter la ville demain, quand tu seras au travail.. Peut-être que je pourrais regarder s’il n’y a pas un petit boulot qui attendrait une employée exemplaire ! »
Si elle reste ici, elle ne peut pas ne rien faire. Elle ne peut pas non plus vivre sur ton argent puisqu’elle a appris à ne dépendre financièrement de personne même si cela agace son père. Dans tous les cas, vous finissez par sortir un dîner à la senteur exquise et au visuel surprenant. Il ne manquerait qu’un verre de vin pour parfaire le tout mais tu n’en sors pas et ça rassure Sora. Avec les folies de William, elle répugne encore plus l’alcool.
C’est sur le canapé, devant un film de Mr Bean que la soirée commence. Ce British a un humour qui semble plaire à Sora puisqu’elle rit de bon cœur. Elle s’amuse même à te charier quand elle voit que ce personnage a aussi un ourson en peluche. Après la vaisselle et une tasse de camomille, Sora t’abandonne plusieurs minutes pour aller se laver. Elle aurait pu t’inviter mais.. c’est encore sensible de ce côté. L’amérindienne a fini par comprendre que William l’a frappé plusieurs fois lorsqu’elle était nue ou en tenue légère.. Pourtant ce qui est encore plus surprenant, c’est qu’il ne l’a jamais touché dans le sens où il n’a pas une seule fois couché avec elle ou même tenté de la violer. Peut-être avait-il un peu de bonne conscience.. peut-être ne voulait-il pas franchir certaines barrières.. mais il l’a quand même frappé et depuis ce temps, elle ne veut plus montrer son corps. À l’hôpital c’était un gros problème car elle hurlait pour ne pas que les infirmières viennent avec elle dans la salle de bain. Elle préfère être seule devant un miroir et voir ce que les nombreux mois ont eu comme impact sur son petit corps. Une maigreur peut flatteuse, quelques cicatrices à cause des coups. Sora a l’impression de ne plus être belle, de ne plus avoir le droit d’être une vraie femme et c’est impensable de penser pouvoir te montrer ça.
Quand elle ressort de la salle de bain, elle est vêtue d’un pyjama et un peignoir pour bien être cachée mais elle remarque surtout que toi tu t’es déjà installé pour dormir dans le canapé. C’est honorable de ta part mais tu as aussi un métier et tu as besoin de confort. Un canapé ne risque pas de te faire passer une bonne nuit.
« – Viens.. je pense que ton lit est assez grand pour trois personnes. On peut mettre Jamie entre nous.. Logiquement il ne bouge pas trop mais j’espère quand même qu’il nous mettra pas une belle baigne. »
Tu sembles perplexe à cette proposition alors Sora te force un peu en venant attraper tes mains pour te lever du canapé. Tu n’as qu’un bas de pyjama alors elle a une vue parfaite sur ton torse qui a effectivement pris en musculature. Elle a de quoi rougir à nouveau mais ce n’est pas ça qui la déstabilise le plus. C’est lorsque tu finis enfin debout et que tu te retrouves face à elle. Vous êtes si prêt l’un de l’autre que vos souffles se croisent. Sora ne résiste pas à l’envie de regarder tes lèvres pulpeuses et l’attraction se fait naturellement puisque vos visages se rapprochent dangereusement. Sa main relâche la tienne pour se poser sur ta joue barbue et son pouce caresse tes lèvres avant qu’elle ne se rapproche encore plus. Son cœur se met à battre la chamade alors qu’il ne manque que quelques millimètres pour accéder à un baiser mais tout s’arrête quand vous entendez Jamie appeler Sora. Le petit a envie d’aller aux toilettes et comme Sora lui apprend à être propre, il a besoin de sa maman pour l’accompagner au cabinet. Cela tombe quand même mal et Sora se doit de te laisser pour gérer l’envie pressante du petit. Pour Jamie, c’est une fierté d’avoir su se retenir et quand il revient dans la chambre avec Sora, mais qu’il te remarque, il est content de te dire qu’il a fait pipi comme un grand.
Dormir entre ses deux parents.. Ça aussi c’est une fierté et il a du mal à refermer l’œil. Pour Sora, ne pas fermer l’œil est devenu habituel. Elle n’arrive pas à dormir correctement mais pour cette nuit, elle a la chance de pouvoir vous observer dormir au lieu de ruminer. Jamie dort contre toi et toi.. toi tu as un doux sourire. Sora imprime ce moment dans son esprit. Les deux hommes de sa vie réunis et les deux hommes de sa vie qui semblent heureux.
En plein milieu de la nuit, elle n’est plus dans le lit mais assise dans la cuisine avec une tasse de thé entre les mains. Elle ne t’entend pas arriver mais ta main sur son épaule vient la faire frissonner. Elle remonte l’une de ses mains pour la poser sur la tienne et elle entrelace vos doigts. Sa main est glacée mais la tienne vient agréablement la réchauffer.
« – J’ai beaucoup de mal à dormir.. J’ai cette peur de me retrouver à nouveau dans la chambre d’hôpital. Je crois que c’est ce qui m’a le plus abîmé.. Être seule, être enfermée loin de toi et Jamie. Mes parents pensaient bien faire mais ils m’ont encore plus écorchés. C’était pas de la psychiatrie dont j’avais besoin mais j’avais besoin d’être entouré, de retrouver une vie normale mais ils m’ont retiré ça. Je sais qu’ils croyaient que je te haïssais, que j’avais peur de toi mais c’est faux. Au début j’avais peur parce que je ne réalisais pas que c’était vrai pour ton jumeau.. J’étais totalement perdu et aussi perturbé parce qu’il m’avait fait vivre mais je pense que tu aurais été mon meilleur médicament. »
Et puis elle a aussi beaucoup pensé à la douleur que toi aussi tu pouvais ressentir. Tu as aussi été la victime de l’histoire mais personne ne t’a aidé non plus. Au lieu de vous remonter vers le haut, on vous a mis dans une case où la douleur ne pouvait que décupler. C’est pour ça qu’il était évident pour Sora de partir te rejoindre dès qu’elle a été libéré de cet hôpital. C’est à deux que vous devez vous reconstruire et même si cela prendra du temps, elle sait qu’elle ne pourra qu’aller mieux si tu te trouves auprès d’elle.
« – J’ai une seule question.. et sache que malgré celle-ci, je ne compte pas te faire de leçon de moral ou de crise existentielle. Pourquoi tu ne m’as rien dis pour William ? Je suppose que tu souhaitais sûrement me protéger ou effacé ce détail de ta vie.. Dans un sens, je peux le comprendre mais.. en fait.. je pense surtout qu’aujourd’hui il ne faut plus rien se cacher. Rien du tout. C’est pour ça que je vais t’avouer une chose.. J’ai prévenu personne de mon départ avec Jamie. Ils sont sûrement tous paniqués mais je m’en contre fiche. Je ne veux pas les prévenir pour le moment.. Je veux vivre ma vie sans rendre de compte à personnes.. sauf toi. »
Elle a assez donné aux autres. Elle a surtout assez dû vivre selon les conditions de sa famille. Sora tourne un peu son visage et elle dépose un baiser sur ta main. Tu es toujours derrière elle mais elle cherche à ce que tu la prennes contre toi.
« – Je t’aime Thomas.. quoi qu’il a pu se passer, je t’aime. J’ai besoin de toi dans ma vie. J’ai besoin de toi dans mon esprit, mon coeur.. Je ne sais pas si tu peux le comprendre mais quand tu as débarqué dans ma vie par un total hasard, tu as tout changé. C’est comme si j’avais trouvé cette moitié de moi-même qu’il me manquait et même si rien n’a été facile jusqu’à maintenant, je sais que lorsque tu n’es pas près de moi, je me sens vide. Alors même si tu as dû penser que tu étais un souci pour moi, je peux t’assurer que c’est tout le contraire. Tu m’as sauvé plus que tu ne le crois. »
-
Oooh le beau monsieur !
-
« – Tu.. que.. quoi ? »
Sora semble assommée par tes derniers mots. Tu doutes de ta confiance en elle après tout ce qu’elle vient de vivre ? Tu remets en cause qui elle est parce qu’elle s’est laissée prendre par la terreur que William lui infligeait ? L’amérindienne en laisse tomber sa tasse de thé au sol alors qu’elle s’apprêtait à en boire un peu.
« – Je.. pardon.. je vais ramasser.. »
Elle est tellement étourdie par tes mots qu’elle n’arrive pas à se lever de sa chaise mais quand toi tu te lèves, elle te fait signe de rester où tu es.
« – Tu ne sais pas ce qu’il m’a fait vivre. Tu.. Tu n’as pas idée de la pression psychologique qu’il avait sur moi. Je priais pour que ce soit un simple cauchemar. Je.. Je devais protéger Jamie, ma famille parce qu’il était totalement fou. Tu.. tu crois vraiment que je voulais me faire frapper, me faire traiter comme.. comme si j’étais la pire des choses vivantes sur terre ? J’étais sa prisonnière et.. et toi tu le savais. Tu le savais mais tu ne m’as pas sorti de là.. et quand mes parents m’ont enfermé ? Tu n’es pas venu me sortir de là. Pour..pourtant je suis ici. Devant toi. Crois tu que je serais ici si je pensais que tu étais un monstre ? Pendant des mois on m’a martelé de t’oublier, on m’a supplié de mettre une fin à ma vie avec toi mais.. mais je n’ai pas voulu abandonner. Et.. et maintenant tu m’en veux terriblement ? Tu n’as plus confiance en moi ? Merci Thomas. Et bien.. oui.. sache que tu es peut-être capable de me faire du mal. Pas physiquement mais tu as sûrement donné le dernier coup de couteau dans ma poitrine. »
Sora essuie rapidement ses yeux larmoyants et elle se relève enfin mais pour aller s’enfermer dans la chambre avec Jamie. Sa santé mentale est trop fragile pour entendre un énième reproche ou des nouvelles déceptions. Elle avait juste besoin de retrouver un peu de bonheur, de douceur mais ce n’est peut-être pas ici qu’elle aura son moment de paix. Est-ce qu’elle l’aura quelque part ? Si elle ne l’a pas auprès de l’homme qu’elle aime, qui lui permettra de ne plus ressentir la honte, la peur ou la douleur ? Sora retient ses larmes pour ne pas réveiller Jamie et elle s’installe dans un coin de la chambre, comme elle en avait pris l’habitude à l’hôpital. Quoi faire maintenant ? Rester ? Partir ? Faire comme si de rien ? Elle a l’impression d’être de retour en psychiatrie, seule face à ses pensées.
Le lendemain matin s’annonce bien gris. Il pleut des cordes et la maison est silencieuse. Jamie se réveil seul dans le lit mais Sora se lève du sol pour prendre le petit dans ses bras. Il quémande déjà après toi alors elle ne peut pas dire de rester enfermer dans cette petite pièce. L’amérindienne descend et tu es encore là.. comme un mort vivant dans le canapé. Tu n’as sûrement pas dormi non plus. C’est Jamie qui met un peu de bruit dans cette maison puisqu’il crie après toi lorsqu’il te voit. Sora l’apporte à toi mais elle évite ton regard pour le moment. La douleur tambourine encore sa poitrine mais ce qui est compliqué dans tout cela c’est qu’elle t’aime. Elle le ressent dans toute sa chaire, dans tous ses os. S’en aller et tirer un trait sur toi, elle ne sait pas si elle y arrivera. Ce n’est pas un syndrome de Stockholm ou une auto-mutilation. Sora est liée à toi et ça ne peut être autrement.
« – Une fois, Aponie m’a dit une sagesse amérindienne.. elle disait que parfois les choses peuvent sembler bien sombres… Dans les moments difficiles, nous sommes plus conscients des ressources que nous possédons à l’intérieur de nous, et c’est là que réside la paix. La paix n’est pas l’absence de conflit. Elle vient de la capacité que nous avons à résoudre ce conflit. »
Il y a bien longtemps qu’elle n’avait pas réfléchit ou pensé aux paroles de sa grand mère, pourtant il y a énormément de vérité et de phrases très sages dans le peuple amérindien. Ils ont souvent été pointé comme des sauvages qui tuaient à coup de flèches mais ils sont surtout un peuple proche de la nature, de la terre mais surtout de la sagesse. Q’orianka récitait beaucoup de proverbes à Sora aussi mais avec le temps, Q’ s’est éloigné de ce monde amérindien et maintenant que Sora est presque à côté de son peuple, elle semble avoir le besoin de retrouver ce contact qu’elle avait cherché à avoir quelques mois avant sa rencontre avec toi.
« – Je.. Je vais aller voir Meredith. Pour la sortie qu’elle m’avait proposé. Bien sûr, je vais prendre Jamie comme tu dois aller au travail.. Hm.. Je vais te laisser cette journée pour réfléchir. Si vraiment tu penses que je n’ai plus ma place dans ta vie alors je te laisserais tranquille. Je prendrais un train dans la soirée. Je ne te dis pas cela pour te mettre quelconque pression.. Je ne veux surtout pas que tu dises oui alors que tu sens que c’est non. Je veux simplement ce qui est le mieux pour tout le monde et peut-être que je ne suis plus celle qui saura te donner un peu de bonheur. Aujourd’hui j’ai assez lutté contre des tonnes de démons et je ne veux plus me battre sans savoir vers où je vais. Je.. je me battrais pour nous mais si cela ne sert à rien, je préfère poser les armes. Je suis épuisé.. tellement épuisé.. »
Elle hausse légèrement les épaules et elle part vers la cuisine pour préparer un petit déjeuner pour le garçon mais elle prépare aussi une grande tasse de café pour toi.
« – J’ai un train à 20h.. je t’attendrais à la gare. Si tu ne viens pas, je saurai et je partirai. J’aimerais beaucoup que ce soit autrement mais il ne vaut mieux plus tourner autour du pot si il n’y a plus d’avenir pour toi.. »
Sora te regarde quelques secondes lorsqu’elle apporte ta tasse de café mais elle te fait aussi un léger sourire pour que tu comprennes qu’elle ne t’en voudra pas si tu préfères continuer sans elle. Elle devra l’accepter mais il est sûrement temps de vraiment donner un sens à votre avenir. Ensemble ou non ? La réponse ne viendra que ce soir sur le quai de la gare.
Il est presque vingt heures. Sora attend debout, près du train qui ne va pas tarder à partir. Jamie n’est pas avec elle.. Elle l’a mis chez Meredith. Si tu ne viens pas la rejoindre, elle tient quand même à ce que votre fils reste avec toi car elle sait qu’il sera bien plus en sécurité auprès de toi qu’auprès d’elle. Avec ce que William a fait et le fait que Sora n’a pas su se défendre, elle a peur de ne plus savoir être assez forte pour votre enfant. Alors oui, il restera avec toi.. et Sora voit les secondes défiler mais tu ne viens toujours pas. Tu préfères continuer sans elle ? Cette pensée l’attriste énormément mais elle t’a promis de respecter ton choix. Elle observe quand même vers la porte qui mène sur le quai mais ce ne sont que des voyageurs qui la passent. Sora ne sait pas qu’en cet instant, une multitude de circonstances font que tu ne peux arriver à temps en gare. Quand tu passes enfin la porte, le train de Sora est déjà parti. Il n’y a plus personne sur le quai. Il n’y a que le panneau qui indique la destination du fameux train. New-York.. mais bon, elle peut s’arrêter dans n’importe quelle ville qui mènent à New-York. Dans un léger espoir, la jeune femme a oser laisser son écharpe sur le banc où elle était asssise. Qui sait, peut-être que tu la retrouveras ou alors quelqu’un la jettera. Dans tous les cas, ce trajet est horriblement difficile. Sora retient ses larmes un maximum pour ne pas pleurer devant les autres passagers mais elle souffre. En cet instant, elle s’éloigne de ce qu’elle chérissait le plus au monde. Elle n’a vraiment plus rien. Plus l’amour de sa vie, plus son petit garçon. Mais si c’est le prix à payer pour que vous soyez heureux et que vous ayez une vie calme toi et Jamie, alors elle se doit de tenir bon. De ne pas se retourner et chercher à revenir dans vos vies.
-
Cette fin d’après-midi n’est pas là d’être oubliée ! Sora est encore sur le cul que tu aies réussis à faire stopper le train mais que tu as aussi joué la carte du flic qui cherche une fugitive. Et puis tes mots rassurants.. le fait que tu veux bien d’elle dans ta vie. Il n’y a que cette rencontre avec Anne qui aurait pu finir en eau de boudin mais alors que tu penses que Sora est jalouse, elle se retient surtout de ne pas éclater de rire. La blonde est l’imagine type de la blonde américaine qui joue les cowgirl et qui se pense hyper sexy. Sa poitrine refaite ne demandait qu’à sortir de sa chemise trop petite et puis son rouge à lèvres rose.. oui, elle est horriblement épique et alors que tu essayes de te justifier ou de t’excuser, Sora doit mordre ses lèvres pour ne pas rire.
« – Et bien si je me fie à mon instinct, je crois que tu es très loin d’avoir une attirance pour ce genre de demoiselle.. alors je ne m’en fais pas, sauf si tu as décidé de changer de type et que tu souhaites draguer une barbie mal maquillée.. »
Elle a une pointe de taquinerie dans son regard. Sora a quand même sa part de jalousie et elle pourrait très bien râler si une fille te collait de trop près mais elle a une confiance assez forte en toi pour ne pas te rendre la vie impossible. Alors non, tu n’as pas de remontrance mais par contre la jeune femme décide de vous amener dans le rayon confiseries pour prendre quelques boîtes de cochonneries sucrées. Après tout, tu as souhaité gâter Jamie mais vous avez aussi le droit à quelques douceurs.
Avant de rentrer, vous devez aller chercher Jamie mais vous devez aussi passer au poste pour que tu puisses faire ta fin de service. Sora t’y accompagne pour que tu lui montres les nouveaux locaux qui t’accueillent et c’est vrai que ça n’a rien à voir avec le poste de LA. C’est minuscule mais dans un sens, elle trouve l’endroit beaucoup plus apaisant et cosy. Tu as quand même le droit à ton petit bureau et le temps que tu te changes, elle s’assoit sur ton siège et elle est attendrie en voyant que tu as mis une photo d’elle et Jamie. Sora s’apprête à te parler lorsque ton collègue entre dans la pièce en pensant tomber sur toi. Il n’était pas au courant que Sora était là et directement, il fronce les sourcils.
« – Que faites vous ici madame ?! Vous n’avez pas le droit d’être dans le bureau de notre shérif !!
_ Oh.. je suis Sora.. la..
_ AH ! La fameuse Sora !! Ah oui. J’ai assez entendu parler de vous pour savoir que mon shérif doit être heureux que vous soyez ici ! »Les deux se mettent à rire et quand tu reviens, ton collègue te prévient qu’il est prêt pour sa garde de nuit. Vous pouvez enfin aller chercher Jamie et retrouver ce cocon que tu as obtenu dans la forêt. Meredith n’a pas caché sa joie de vous voir revenir même si elle était convaincue que tu ne laisserais pas Sora partir. Elle vous a donné un bon plat de lasagne pour que vous puissiez profiter de la soirée en famille sans vous encombrer et c’est ce qu’il se passe. Attablé avec Jamie sur tes genoux, vous dînez à trois et vous pouvez entendre les péripéties incompréhensibles de votre fils. Il parle de vache, de poney, de cochon mais ce sont les seuls mots que vous réussissez à comprendre. Jamie s’emballe aussi quand le petit bulldog nommé Blue, vient lui quémander à manger. Les deux ont une complicité naissante qui est touchante. C’est tellement flagrant que Sora accepte que le chien dort avec Jamie pour ce soir. Vous couchez le petit dans ton lit car il n’a pas encore sa chambre mais vous, vous n’allez pas vous coucher de suite. Sora t’accompagne en extérieur pour aller boire un chocolat chaud sur la balancelle qu’il y a sur le porche. Un plaid vous couvre tout les deux et surtout, la belle à poser sa joue contre ton épaule.
« – Lors du trajet pour venir ici, je repensais à notre rencontre ou plutôt le moment où tu as tout lâché pour me faire fuir.. Tu n’as pas hésité à te mettre en danger pour moi, pour me protéger et me sauver. Tu as perdu ta place au poste de Londres et tu as même pris une balle pour moi.. pourtant je n’étais que la fille d’une nuit.. Comment je ne pourrais me sentir en sécurité auprès de toi ? Même si on a vécu des histoires dignes d’être dans des grands films d’action, tu fais toujours tout pour moi. Tu as tenté de te blâmer mais en fait tu m’as sauvé un millier de fois. »
Elle vient chercher ta main sous le plaid et elle enlace vos doigts. Le moment serait parfait pour un baiser de retrouvaille mais ce n’est pas pour tout de suite puisque vos regards sont levés pour observer quelques étoiles filantes qui traversent le ciel. Vous êtes en campagne et ici le ciel vous offre un spectacle devin. Les étoiles sont par milliards et cela permet à Sora de te conter une histoire amérindienne qui dit que chaque étoile représente l’âme d’un ancien. Elle en aurait beaucoup des légendes à dire mais elle cesse son récit quand elle sent que tu es beaucoup plus concentré à la regarder qu’à l’écouter. Tes yeux reflètent la lumière de la lune et ça te donne une intensité qui fait taire Sora. Ses légendes ne valent rien à côté de ce qu’elle voit en cet instant. Le baiser peut enfin s’entreprendre puisqu’elle se rapproche de toi et elle vole tes lèvres sans hésiter. Ce sont des mois qui vous séparent d’un tel moment et Sora retrouve comme de l’oxygène en t’embrassant de la sorte. Elle en oublie toutes ses craintes puisqu’elle se retrouve presque sur tes cuisses. Ses mains gelées se posent sur tes joues barbues tandis que vos langues dansent ensemble. Son cœur bat à vitesse dingue et elle a même un coup de chaud mais vos souffles deviennent lourds alors elle quitte tes lèvres à contre cœur. Elle pose son front contre le tien et elle se met à sourire bêtement en voyant que tu sembles encore dans les nuages.
« – Si tu ne me stoppes pas, je pourrais t’embrasser toute la nuit.. »
Bien sûr, son corps frissonne aussi d’envie mais Sora n’est pas encore prête mentalement pour se montrer nue ou se laisser toucher. Tu peux t’en douter puisqu’elle s’est tendue quand tu as glissé ta main sur sa hanche. Malgré ce soucis corporel, Sora revient quand même t’embrasser car pour ça, elle n’a aucun souci. C’ est même un délice de pouvoir retrouver cette proximité que vous n’avez pas eu depuis bien trop de temps. L’échange est quand même explicite puisque malgré tout il y a cette attirance bien trop forte et les esprits s’échauffent très vite. C’est difficilement que vous rentrez dans la maison et Sora prétexte d’aller prendre une douche pour se remettre un peu de ses émotions. L’amérindienne se cale surtout devant le miroir et elle observe ce reflet qu’elle ne supporte plus. Il faut dire qu’il a été marqué par ces mois de galère et elle a préféré le haïr que de le réparer. Le plus difficile est de retirer ses vêtements. Elle se met toujours à pleurer lorsqu’il faut se déshabiller mais cette fois-ci, Sora n’est pas seule. Elle est bien trop concentrée sur le miroir et son corps pour remarquer que tu as entrouvert la porte. Elle se retrouve en sous-vêtements et elle retient un sanglot. Il n’y a plus d’hématomes, plus de plaies mais comment s’aimer lorsqu’on s’est senti si sale pendant autant de mois ?
“ – Non.. NON ! Thomas ! Non ! Ne me regardes pas ! Je suis horrible !!”
Elle se met de dos et elle attrape une serviette pour essayer de se cacher mais ce sont tes bras qui l’enveloppent. Sora fond encore plus mais elle ne se débat pas. Les infirmiers et infirmières n’avaient pas ce luxe.
“ – Je suis tellement horrible.. Je me sens si odieuse.. tu.. tu peux pas aimer ce corps.. tu.. tu..ne.. vas plus vouloir de moi..”
Quelques brûlures de cigarettes sur les cuisses.. Une cicatrice marquée sur le bas de son dos.. William n’a pas été tendre avec elle. Mais ce n’est pas les sévices physiques qui sont les plus compliqués à gérer mais plutôt celles psychologiques. Il lui martelait constamment qu’elle n’était qu’une moins que rien, qu’elle était ignoble et qu’il valait mieux voir ailleurs. Sa peau caramel était sale, son corps trop maigre, son visage hideux.. En soit, Sora n’était pas le genre de fille à fixer son image mais William voulait la briser et il a réussi sur ce point. Sora se voit telle qu’il tenait à la décrire. Il voulait faire d’elle une immondice et il a gagné son pari.
-
Ses parents.. Sora est pétrifiée sur place lorsqu’elle les voit approcher. Il était certain qu’ils finiraient par la retrouver mais pourquoi aussi vite ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas la laisser tranquille ? Même si elle reçoit un baiser de sa mère, Sora est statique et le regard de son père ne l’aide pas à aller mieux. En plus tu dois t’en aller.. Non, rien ne va mais ton dernier regard sort Sora de ses pensées. Ton regard confiant et ton sourire, l’aident à retrouver un peu de coffre devant ce père qui avance en pensant sûrement avoir gagné.
“ – Pourquoi tu..
_ Ma’, Duda.. Qu’est ce que vous faites ici ?
_ On peut te retourner la question Sora. Tu es parti sans rien dire à personne et on a eu peur de..
_ Chut ! Je ne suis plus une enfant et j’ai le droit de partir où je veux, quand je le veux et avec mon fils. Notre vie n’est pas la tienne et notre place n’est pas chez toi mais avec Thomas. C’est lui le père Jamie et c’est lui que j’aime.”La conversation semble déjà prendre en tension mais avant que les voix ne s’élèvent plus fort, Q’orianka se met entre sa fille et son époux. En venant ici, elle ne voulait pas que Sora se sente mise au pied du mur mais au contraire, elle souhaite qu’Henry fasse son mea culpa alors l’amérindienne lance un regard cinglant à son époux.
“ – Henry.. Je t’ai dis quoi avant de partir ?
_ Hm.. Nous ne sommes pas ici pour te ramener avec nous. On voulait juste être certain que tu allais bien et puis.. On tenait à s’excuser auprès de toi et de Thomas.
_ Vous excuser.. Tu l’as souvent fait et pourtant ça finit toujours de la même façon.. Tu essayes encore de me protéger et au final tu me fais plus de mal que de bien..
_ Je sais que je n’ai fait que des erreurs avec toi.. Je ne mérite pas que tu me pardonnes mais laisse moi au moins le droit de m’excuser.. et de te dire que je t’aime..”Sora n’est peut-être pas encore prête à réellement parler avec ses parents ou à essayer de comprendre quoi que ce soit mais elle ne les laisse pas dehors pour autant. Elle les invite à au moins aller se poser un instant et profiter un peu de Jamie. L’ambiance n’est pas la plus heureuse, du moins il y a un semblant de douceur seulement pour Jamie. Lui n’est pas dans les problèmes d’adultes et il est tout content de retrouver son papy ours ainsi que sa grand-mère soleil.
La glace se brise un peu lorsque Q’ vient voir Sora qui a préféré s’isoler dans la buanderie pour faire un peu de linge. Là quinquagénaire s’en veut beaucoup car elle a toujours plus ou moins accepté les manigances de son époux même si cela allait contre sa fille mais avec la fuite de Sora, elle a enfin compris qu’ils avaient été trop loin.
« – Ma chérie.. Je sais que tu nous en veux..
_ Oui.. je vous en veux parce que même si vous avez toujours voulu me protéger, vous en avez oublié que je n’étais pas une simple poupée.. Vous avez toujours plus ou moins contrôlé ma vie. Surtout Duda mais toi tu l’as laissé faire..
_ Tu as raison et je m’en veux. Moi aussi j’ai toujours été aveuglé par cette envie de te protéger.. Au point d’en oublier que tu dois t’envoler de tes propres ailes et que tu dois faire ta propre vie. Si tu es ici, c’est pour une bonne raison. Tu as choisis la vie que tu souhaitais avoir et j’en suis réellement heureuse pour toi mon Ange.
_ Alors pourquoi avoir fait la route jusqu’ici pour me dire ça ? Vous auriez pu retrouver le numéro de Thomas et juste me donner un coup de téléphone. Vous vouliez vérifier où nous vivions ? Voir si tout est en sécurité pour moi et Jamie ?
_ Non.. Non ! On..
_ On ? Arrêtez de me prendre pour une idiote Ma’ ! Je ne suis plus une enfant ! Je pense que j’ai assez subi vos combines pour comprendre que vous ne me laisserez jamais vivre ma vie tranquillement ! »Sora se braque mais n’est-ce pas légitime ? Elle a raison, les Walker sont ici pour voir si tout va bien et Henry aurait préféré faire rentrer Sora sur Los Angeles mais ça sera perdu d’avance. Ils ont poussé la jeune femme à bout et on dirait qu’il n’y a plus de discussion possible. Il est peut-être trop tôt pour pouvoir entamer une sorte de paix et Q’ le comprend. Elle le comprend si bien qu’elle décide de laisser Sora tranquille et d’aller demander à Henry de repartir. Le colosse joue dans le salon avec Jamie mais lui aussi finit par comprendre qu’il n’a peut-être pas sa place ici pour le moment. Ils embrassent le petit garçon mais avant de sortir, Henry essaye quand même de venir vers sa fille pour la prendre dans ses bras.
“ – J’ai été un père pitoyable avec toi.. Mais sache que je suis fière de toi parce que malgré tout ce que tu as vécu, tu as toujours su montrer une détermination et une force incroyable. Tu es la femme la plus forte que j’ai connu dans ma vie.. Je ne m’en excuserai pas auprès de ta mère car je suis certain qu’elle pense comme moi.
_ Oui, ton père à raison. Tu es une force de la nature. Je suis si fière de toi mon petit soleil..
_ Vous.. Vous me dites ça pour me faire pleurer ou culpabiliser ?.., rétorque une Sora aux yeux larmoyant car malgré tout, elle aime ses parents même si elle est en colère contre eux.
_ Non non, ne crois pas ça ! On le dit car on le pense. Mais tu as raison, tu dois vivre ta vie et on ne doit plus s’interposer. Tu as trouvé quelqu’un qui saura te donner l’amour que tu mérites et seras là pour toi.
_ Pourquoi avoir attendu tout ce temps.. Pourquoi.. pourquoi maintenant ?
_ Peut-être parce qu’en nous quittant de la sorte, tu nous as ouvert les yeux.. Ton départ nous a effrayé mais cela nous a aussi fait comprendre qu’on avait été trop loin avec toi.. avec Thomas..”Est-ce que tout ça est réel ou alors encore de nouvelles excuses qui ne valent rien ? Sora ne sait plus et elle a besoin de toi en cet instant pour être guidée, pour avoir un autre point de vue mais tu es au travail et tu ne reviendras pas avant quelques heures. La jeune femme demande à ses parents s’ils peuvent rester ici avec Jamie et elle prend la voiture de son père pour tenter de pouvoir déjeuner avec toi. La matinée est terminée, il va bientôt être l’heure de ta pause alors Sora ose entrer dans le poste de police pour t’y attendre. Elle a été acheté deux sandwichs au restaurant du coin alors lorsque tu reviens dans ton bureau, tu n’as plus qu’à te poser pour manger cependant tu es surpris de voir l’amérindienne ici et c’est normal.
“ – Mes parents sont avec Jamie, je pense que ça leurs fait du bien de le revoir mais moi j’avais besoin de toi.. de te parler.. De tes conseils..”
Elle te laisse t’installer à ton bureau et pendant que tu manges, elle t’explique ce qui a été dit avec ses parents. Est-ce qu’elle doit encore leurs donner une chance ou doit-elle leurs demander de s’éloigner totalement ? Elle les aime énormément, c’est indéniable mais peut-on avancer en ayant peur d’être encore manipulé ou contrôlé ? Elle ne sait pas choisir par elle-même puisqu’elle n’a pas assez de recule et elle a encore beaucoup de rancœur mais en venant à toi, elle sait que son choix ne sera pas impulsif mais clairement réfléchi.
“ – Ils n’ont pas non plus été diaboliques… Tu as eu un père bien plus monstrueux que le mien et je sais que mon père a surtout agi par peur pour moi mais.. J’ai tellement peur qu’il essaye encore de s’interposer dans ma vie et qu’il me sauve d’une chose qui soit infime. J’ai aussi peur qu’il tente encore de t’éloigner de moi et ça, je ne le supporterais plus. Je.. Je pense que je devrais leurs demander de me laisser tranquille ? Pendant au moins plusieurs mois.. Je ne sais pas.. Je ne sais plus..”
Elle aspire tellement à un peu de paix, à du repos et une vie beaucoup moins stressante. S’il faut éloigner ses parents pour y parvenir, alors elle le fera. Sora n’a besoin que de ça, ne serait-ce que pour retrouver foi en elle. Juste une vie sans encombre. Juste une vie où elle n’aura plus peur d’avancer.
“ – Je veux seulement être heureuse avec toi et Jay..”
-
Tu as raison sur le fait que Sora a besoin de sa famille mais il va quand même falloir du temps pour qu’elle puisse redonner une entière confiance. Malgré tout, elle rejoint son père et sa mère lorsque tu repars au travail et l’après midi se passe plutôt bien. Henry s’occupe de son petit fils alors que Q’ aide Sora à commencer des petits travaux pour créer une chambre à Jamie. Tu n’avais pas prévu que Sora et Jamie arrivent alors il est normal que tu n’ais pas prévu de chambre pour le petit. Ce sont les filles qui se mettent à réfléchir pour savoir comment aménager l’une des chambres de libres mais il faudra certainement plusieurs jours pour correctement la garnir.
Quand tu reviens du travail, Sora et Q’ sont en cuisine pour préparer le dîner mais le rassemblement se fait puisque tu arrives mais Henry ainsi que Jamie sont là aussi. La tension se ressent mais votre petit garçon sait donner une sorte de réconfort qui ne peut que faire craquer.
« – Nous n’allons pas vous déranger ce soir, nous trouverons bien un petit hôtel pour nous reposer. Par contre j’ai eu une idée avec Sora. Comme la réserve de ma famille n’est pas loin, j’aurai beaucoup aimé que vous veniez avec moi et Henry. Je serais la plus heureuse de pouvoir présenter mon beau-fils et mon petit-fils. »
Tu n’as jamais vu la réserve ni même la famille amérindienne de Sora. Jamie ne les a pas vu non plus alors que pourtant il est lié à eux. C’est vrai que Sora aimerait aussi pouvoir te montrer ce versant de sa vie mais après c’est à toi de décider si tu veux bien t’intégrer encore plus dans ce côté familial qui n’est pas des moindre car les Walker sont un phénomène mais les Powhatan sont aussi haut en couleurs. Ils sont aussi beaucoup plus nombreux puisque Q’ a plusieurs frères et donc une myriades de neveux et nièces.
« – Tu connais déjà Aponi mais il y a beaucoup des miens qui adoreraient rencontrer le fameux Thomas qui a conquis le cœur de Sora. Aponi a vanté tes charmes de gentlemen anglais’!
_ On verra avec l’emploi du temps de Thomas Ma’.. Mais pour le moment on va terminer de préparer ce dîner car avec trois ours à nourrir, je pense qu’il n’y aura jamais assez avec ce qu’on a fait !
_ Mon petit Jamie n’est pas un ours voyons ! C’est un joli petit racoon ! »Q’orianka prend son petit fils à bras et elle le couvre de papouilles. Comme tu l’as prévu, vous sortez finalement de la viande pour un barbecue mais Henry se propose de venir t’aider à le faire. Sora hésite un peu mais sous ton regard bienveillant, elle laisse son père t’accompagner. Henry paraît toujours colossal et presque bestial mais là, il se montre pas si mauvais qu’il ne laisse croire. Il vous ouvre même une bière le temps que la viande commence à griller.
« – Je me doute que tu dois aussi m’en vouloir.. mais je ne suis pas ici pour brasser mes erreurs. Je voulais juste être certain qu’elle était bien avec toi. Tu sais, quand on l’a récupéré, on a pas eu le choix que de la mettre dans cet établissement de merde.. Avec ton frère, la prison, les nombreuses péripéties, Sora était méconnaissable. Elle ne voulait même plus s’approcher de Jamie.. Elle cherchait surtout à se faire du mal alors on a pas eu le choix. Je pensais qu’en t’éloignant et en la laissant tranquille, ça aurait été mieux. J’avais à moitié raison car le fait d’être coupé de tout, ça l’a aidé à retrouver son esprit mais j’avais tort sur le fait de t’éloigner. Elle a besoin de toi.. Je t’avouerais que mon ego de père est crispé à cette idée mais c’est parce qu’elle voulait te retrouver qu’elle a réussit à se relever de tout ça. Sa fugue n’était pas vraiment une fugue mais une suite logique.. Elle doit être auprès de toi avec Jamie. »
Henry ne s’excuse pas car il a trop de fierté mais tu peux facilement sentir qu’il baisse enfin les armes et qu’il est prêt à te donner entièrement sa petite fille. Il t’explique qu’il ne viendra pas vivre ici avec Q’ car vous devez vivre votre vie sans eux dans vos pattes mais ils viendront vous voir de temps en temps. Kisos aussi compte venir vous rendre visite. Il t’annonce aussi qu’il surveille de près le fait que ton frère reste en prison et qu’il n’est pas là de sortir.
Le repas se passe plutôt bien et c’est étrangement agréable pour Sora car c’est la première fois que vous vivez un repas qui semble naturel. Il y a des discussions, des rires, des souvenirs mais il n’y a pas de sensation de glace ou de dualité. Henry se met même à rire avec toi lorsqu’il raconte une anecdote sur la jeunesse de Sora.
« – Tu connais le film Twilight ? Sora était dingue de ce film et elle rêvait d’épouser le vampire là.. euh.. Edward !
_ Dudaaaa… j’étais une ado ! C’est normal.. on a tous des coups de cœur quand on a cet âge !
_ Oui mais avoue que tu étais épique. Tu disais même que tu allais te transformer en loup garou car tu avais du sang de natif ! Tu avais une imagination terrible ma chérie !
_ Maiiiis.. moque toi pas parce que maman m’a dit que lorsque vous étiez jeune, tu étais tout timide devant les natifs ! Tu n’osais même pas regarder grand père dans les yeux !
_ En même temps ton grand père était un sacré personnage. Il était le chef de la réserve et quand il a su que ta mère aimait un garçon blanc, je suis devenu son ennemi numéro un. J’ai énormément galéré pour qu’il finisse par m’accepter ! Tu sais qu’une fois il a fait exprès de m’envoyer en forêt en pleine nuit ? Il était terrible.. mais finalement en y pensant, je ne suis pas plus cool avec mon beau fils. Enfin je promet que je ne l’enverrai pas en forêt en pleine nuit. »Il sourit en coin et il te lance même un regard complice. Lorsque le repas se termine, Sora laisse ses parents aller coucher Jamie dans votre chambre et elle se met à débarrasser ainsi que nettoyer la vaisselle avec toi. Un sourire ne quitte plus ses lèvres et elle a même un regard beaucoup plus pétillant.
« – Je t’interdis de te moquer pour Edward.. car ton grand père m’a dit que toi aussi tu avais un crush pendant ton adolescence. Monsieur Wells Thomas fantasmait sur Cindy Crawford.. »
Elle te charrie gentiment et vous commencez même à vous poursuivre dans la cuisine. C’est ainsi que ses parents vous retrouvent et Q’orianka se sent émue de voir que sa fille retrouve enfin une vie douce. Les Walker ne tardent pas à repartir et cela même si tu insistes pour qu’ils dorment ici. Ils veulent vous laisser votre intimité mais ils promettent de repasser demain. De toute façon Q’ tient à finir la chambre de Jamie avec sa fille et Henry te propose une partie de pêche demain après ton travail. C’est sur l’éloignement de leur voiture que la soirée s’achève ou plutôt que vous vous retrouvez à deux. Vous retournez à l’intérieur et Sora part vous préparer un thé puisque c’est devenu une sorte de petite tradition le soir avant que vous n’alliez dormir.
« – J’ai hâte que tu puisses rencontrer la famille de ma mère. On a toujours vécu trop loin pour aller les voir mais là c’est l’occasion. Ne sois pas étonné, tu ne verras plus d’amérindien avec des tenues traditionnelles, des plumes et des arcs mais je suis certaine que tu vas quand même adorer les rencontrer ! »
Elle te retrouve sur le canapé et elle s’installe avant de te donner ta tasse d’earl grey. La brune allume la télé pour avoir un fond sonore mais elle préfère avoir les yeux rivés vers toi que sur l’écran.
« – Tu sais que mon père a décidé de redonner les bijoux que j’ai volé ? Enfin il va les rendre à la réserve. L’affaire a été classé alors il m’a promis de les rendre dans les semaines qui arrivent car ils sont cachés dans un coffre au Mexique.. »
La Sora voleuse de bijoux amérindiens.. Elle a un air satisfait même si c’était une mission plus que risquée. Cependant le plus bijou qu’elle a obtenu en Angleterre c’est toi.
« – Il m’a aussi dit que plus rien ne pesait contre nous.. même toi, tu pourrais retourner en Angleterre et retravailler là bas si tu le voulais. Il a fait entièrement nettoyer nos casiers mais bon, j’avoue que ce costume de shérif te rend plutôt sexy. C’est certain que ça doit être spécial d’arrêter un voleur de chèvre plutôt qu’un braqueur de banque mais.. tu sembles beaucoup plus serein avec cet uniforme.. Tu ne crois pas ? »
-
https://www.tumblr.com/rawdickulouslywreckless/740036616634220544?source=share
j’ai bien ris en voyant ça :’)-
MAIS WHOUUUUUUUUAT ??? T.T xDDDD
-
-
Quand tu t’installes derrière Sora, elle vient se nicher contre toi mais elle garde bien précieusement le petit contre elle. Il a agrippe le bras de sa maman alors il est impossible que la demoiselle puisse lâcher ce petit monstre.
« – Jamie sait comment m’envoûter tout comme toi. Je crois qu’il a l’esprit charmeur et vif de son papa. Ce n’est pas un petit Wells pour rien. On a fait une reproduction presque identique de toi ! »
De toute façon, il serait impossible pour toi de renier ce petit garçon puisqu’il te ressemble bien plus qu’il ne ressemble à sa mère. Même lorsqu’il dort, il est ton portrait craché et c’est bien pour cela que Sora niaise encore plus. Elle caresse la chevelure claire de votre garçon et elle se met même à humer la douce odeur de sa chevelure.
« – On est en train de lui faire sa propre chambre avec Ma’.. comme ça.. il aura son endroit à lui et puis.. nous on aura le notre.. »
Même si elle adore dormir avec vous deux, Sora a besoin de pouvoir aussi se retrouver dans tes bras sans que le petit ne vienne se mettre entre vous. Pour ce soir, vous finissez quand même par vous endormir à trois mais au réveil, Jamie et Sora ne sont qu’à deux puisque tu es déjà parti pour le travail. Les Walker devraient revenir dans la journée mais au matin, Sora décide de prendre Jamie et d’aller dans la ville pour la découvrir mais aussi pour essayer de trouver un petit poste car elle ne veut pas rester sans rien faire. Pour le moment elle n’est qu’une inconnue donc on la regarde étrangement et le fait qu’elle soit typé native n’aide pas vraiment puisque d’ordinaire les amérindiens sont en réserves mais elle ne se laisse pas impressionner. Jamie fait les yeux doux à tout le monde et ça permet aussi de rapidement calmer les esprits vifs. Et puis le fait qu’il a ton regard, ça fait comprendre à beaucoup de monde qui sont Sora et Jamie. Notamment l’épicier du centre qui a l’habitude de te voir pour te vendre quelques légumes et fruits. Monsieur Edmond est un vieil homme trapu au premier abord mais il est d’une douceur qui surprend Sora.
« – Il n’y a aucun doute sur vos identités ! Vous devez être la famille de notre nouveau shérif. Il m’a beaucoup parlé de vous. Je suis Gérard Edmond et je suis épicier depuis.. oh.. je crois toute ma vie car ce commerce appartenait à mes parents !
_ Oh.. enchantée Monsieur Edmond. Je suis Sora et voici Jamie, mon petit garçon.
_ Thomas m’a énormément parlé de ce petit gars et aussi de son amour pour les poires. Attendez, je vais vous offrir des poires d’exceptions car elles viennent de mon propre jardin ! »C’est agréable de se faire accueillir avec un bienveillance et cela conforte Sora sur le fait que vous faites bien de rester ici. À Los Angeles, elle n’aurait pas eu cette attention particulière et un épicier n’aurait pas forcément pris le temps de s’intéresser à la famille d’un policier. Sora et Jamie continuent leurs visites de la ville et ils tombent sur plusieurs personnes qui viennent spontanément se présenter mais surtout qui viennent te complimenter. Tu as conquis énormément de monde dans le coin et tu es forcément apprécié. Il y a quand même quelques personnes encore très réfractaires comme la famille Jackson qui n’aime pas du tout qu’un anglais amoureux d’une native soit à chef de sécurité ici. Ils le font comprendre par une hostilité qui fait froid dans le dos mais ça, Sora ne le sait pas encore. Non, elle ne rencontre que la partie agréable et elle obtient même un petit entretien pour travailler quelques heures par semaine dans la bibliothèque municipale. Elle postule pour faire des ateliers découvertes pour les enfants mais aussi les personnes âgées.
Le reste de la journée se passe bien aussi. Les parents Walker reviennent et Henry aide à son tour pour la chambre de Jamie. Le grand-père monte les meubles pendant que les filles terminent les peintures et la décoration. Lorsque tu rentres du travail, Q’ joue avec Jamie dans le salon alors qu’Henry est en cuisine avec sa fille.
« – Oui on reprend l’avion dans quelques jours. D’autant plus que Charlotte va bientôt accoucher. Ton frère est tout excité car il va avoir un petit gars !
_ C’est vrai qu’il rêvait d’avoir un fils pour lui apprendre à faire du baseball mais je suis certaine que Rosie saurait aussi faire l’affaire !
_ Oh que oui. Rosie a une hargne de fer. En même temps avec le mélange Walker Hedlund, elle ne pouvait qu’être comme ça.
_ En tout cas je suis quand même contente que ça aille un peu mieux avec toi Duda.. j’espère que.. que ça continuera ainsi..
_ Je ferai tous les efforts du monde pour que tu sois fière de moi ma Sora. »Ils se prennent dans les bras mais en voyant que tu passes la porte, Henry décide de lâcher sa fille pour que tu puisses la prendre contre toi. C’est une sorte de passation même si le colosse garde un œil sur toi et surtout sur sa jolie Sora.
« – J’espère que tu as faim Thomas car on a préparé un énorme plat de gratins avec Sora. Elle m’a dit que tu aurais sûrement très faim avec ta journée de travail. »
Henry avec un tablier et des maniques.. oui, une image bien drôle mais il essaie de se racheter surtout auprès de sa fille. C’est même lui qui met la table et apporte le plat. Durant le dîner, il évoque la sortie en famille qui aura lieu demain. Comme ça va être ton repos, vous allez pouvoir aller à la réserve des Powhatan. Sora profite aussi de ce repas pour évoquer son possible poste à bibliothèque et Henry aimerait rétorquer qu’elle mérite mieux mais il se contient en voyant le regard foudroyant de Q’.
« – C’est super ma chérie. Et puis je crois que tu as eu une bonne conteuse lorsque tu étais enfant ! J’ose espérer que mes lectures t’aideront pour ce travail.
_ C’est certain même si je vais quand même éviter de raconter certaines légendes qui pourraient faire hurler les enfants ! »Sora ne peut pas les évoquer à l’instant car Jamie est à table mais elle te promet de te les raconter plus tard. Justement le petit Jamie est épuisé par sa journée et Sora te propose d’aller le mettre avec elle dans sa nouvelle chambre. Tout est prêt pour accueillir le petit cow-boy dans cette pièce qui a pour thème la ferme. Il y a même un petit panier à côté du lit pour que blue puisse s’y installer mais le bouledogue préfère de loin être dans le lit avec son copain. Q’ a ramené quelques affaires de LA et notamment des peluches qui t’appartenaient et que ta mère avait amené pour Jamie. Ton vieil ourson en peluche est encerclé par les bras de l’enfant mais Q’ a pris le soin de recoudre quelques petites parties pour ne pas qu’il finisse en lambeaux trop rapidement.
« – Il a son propre endroit.. et je pense que c’est la meilleur façon de te dire que nous aussi on veut cette vie ici, avec toi. Je m’en fiche de Los Angeles. En fait, ici c’est parfait.. je vous ai tous les deux et je me sens bien moins oppressé. C’est sur qu’il n’y a pas d’immenses centres commerciaux où je pourrais m’acheter des tonnes de vêtements mais ça aussi je m’en fiche. Cette maison est le cocon dont j’ai toujours rêvé.. alors non, je ne suis pas déçu par tes choix. Au contraire tu réussis encore à m’offrir un magnifique cadeau. »
En parlant de cadeau, Sora en a trouvé un pour toi durant la matinée. Vous retournez en bas pour saluer ses parents qui partent et quand vous vous retrouvez seuls, elle va chercher dans son sac à main un paquet dans lequel il y a une chevalière. Elle a appris que c’était une pratique courante en Angleterre d’offrir une chevalière à un chef de famille alors elle tenait à ce que tu puisses avoir la tienne. C’est un peu symbolique mais c’est une façon de te dire que vous êtes enfin une famille. Loin des problèmes, enfin réunie et posée. Elle enfile ce petit bijou sur ton doigt mais elle se met à rire puisque ça fait penser à une demande en mariage.
« – Promis tu n’es pas obligé d’aller devant l’autel ! Et puis je te vois mal en robe de mariée.. quoi que.. »
Elle étire un fin sourire taquin et elle t’attire contre elle pour un petit baiser. Elle est toujours chaste dans ses gestes à cause de son manque de confiance mais ce soir, elle prend sur elle et fait l’effort de te proposer un bain à deux. Sora va donc vous préparer la salle de bain avec un bain chaud et mousseux ainsi que quelques bougies. Elle plonge en première pour cacher ses formes sous la mousse mais bon, pour sa part, elle peut visualiser les tiennes puisque tu te déshabilles devant elle. Une vue toujours plus que plaisante même si elle a l’impression de te redécouvrir puisque tu as pris en musculature et tu as un peu plus de tatouages.
« – Tu as passé des heures chez le tatoueur bel ange ? Il va falloir que tu me montres les nouveautés ! Et je vois aussi que tu vas sûrement à la salle de sport.. est-ce pour me faire encore plus fondre ? »
-
Sora n’est pas venue à la réserve depuis un sacré moment et voir des visages familiers lui fait quand même du bien. Et puis elle va surtout pouvoir présenter sa petite famille mais Nashoba semble déjà hostile. Enfin, Sora ne le remarque pas de suite puisqu’elle est happée par plusieurs bras pour des câlins. Ses cousines, ses cousins, ses oncles ou même tantes. La famille amérindienne est beaucoup plus grande que celle des Walker. La demoiselle n’oublie pas de présenter le petit Jamie mais aussi l’homme de sa vie, toi. Beaucoup sont surpris puisqu’ils te connaissent en tant que shérif mais il y a des bonnes réactions comme des réactions plus froides. Ce sont surtout les hommes qui montrent une sorte de mépris car comme l’a dit Nashoba, il y a encore un blanc de ramener. Q’ a ramené Henry et ça n’avait pas plus mais quand Kisos a ramené Charlie, ça a encore amené un peu plus de mépris mais maintenant c’est Sora ? Surtout qu’elle était censée épouser Zack, le fils d’un amérindien bien connu dans la réserve. Justement Zack.. il est là aussi. Il est revenu à la réserve après que Sora a mis à pièces sa demande en mariage et qu’elle l’a quitté pour toi. Il est bien évident que le jeune homme ne vienne pas vous saluer mais il vous observe de loin.
« – Tu vis dans la ville d’à côté et tu n’es pas venu nous voir avant ??
_ Je voulais un peu me poser avec ma famille.. Ça a été compliqué durant les derniers mois mais là ça va mieux.
_ Et tu es donc avec le shérif ? Petite cachotière. En tout cas votre fils est adorablement mignon. Il a de très beaux yeux bleus.
_ Merci tante Kaya ! Il a les yeux de son papa. Ce sont des tombeurs ! »Kaya est l’épouse de Nashoba. Elle est tout autant douce que Q’ et comme la plupart des femmes ici mais celle qui dépasse le tout c’est bien Aponi. La grand-mère est aussi présente et quand elle vous voit, elle se dépêche de venir vous saluer. Elle vient aussi prendre son arrière petit fils dans ses bras. Elle niaise devant lui mais c’est le lot de toutes les mamies.
« – Qu’est ce qu’il a grandit.. oh.. petit Jamie ! Tu te rappelles de moi ? Mamie Aponie !
_ Ponie.. mimi Ponie !
_ C’est vraiment un très joli garçon. Le regard de son père et le sourire de sa maman. Vous pouvez en être fière ! »Jamie réclame encore les chevaux alors Aponie décide de l’amener voir les grandes bêtes, ce qui te laisse les bras libres alors Sora se rapproche de toi. Elle voit bien que quelque chose te tracasse et elle comprend ce qu’il se passe lorsque Nashoba vous tourne le dos pour rejoindre Aponie.
« – Même si nous ne sommes plus à l’époque des colons, certains amérindiens sont encore très étroits d’esprits.. mon oncle en fait parti. Il pense que nous devons continuer de se marier ou aimer des personnes de notre communauté mais bon, tu as sûrement compris que ma mère n’a pas écouté les conseils de son frère.. et Kisos ainsi que moi, on a pas non plus suivi.. »
Elle étire un fin sourire et elle prend ta main dans la sienne. Elle se fiche de l’avis de son oncle et même des autres qui sont encore hostiles aux personnes blanches. Et puis Sora est à moitié blanche alors ça serait le comble qu’elle accepte cet état d’esprit totalement vieillot.
« – Mais ça va lui passer. Il fait son chef sévère mais il est cool, surtout quand on lui parle de pêche ou de motos. Je suis certaine que tu vas vriller en voyant ses motos.. il en a plusieurs et certaines sont de collections.
_ Ton oncle et ses motos.. Il est encore plus amoureux de ses motos que de sa femme ! »Lance une Kaya amusée. La tante de Sora vous invite à aller vers chez elle pour aller boire un thé et vous présenter le reste de sa famille. Elle a eu quatre filles avec Nashoba et celles-ci sont toutes mariées alors ça fait du monde à rencontrer. Kaya décide même de mettre tout le monde à la pâte pour préparer un grand repas de famille pour la soirée. Les retrouvailles font quand même du bien et cela fait des années que toute la famille powhatan n’a pas été entière. L’oncle Anoki ou alors l’oncle Tekoa rejoignent le groupement. La maison se remplie si vite qu’il faut finalement préparer des tables pour mettre en extérieur mais dans toute cette cohue familiale, il y a encore ce Nashoba qui t’observe d’un œil sévère. Il évite de te parler et contre toute attente, ce n’est pas Q’ qui décide d’intervenir mais Henry.
« – Tu vas encore continuer de le fusiller du regard ou tu vas vraiment lui sauter dessus vieux singe ? Je sais que tu as été effaré de voir ta petite sœur épouser un blanc mais maintenant tu devrais être habitué non ? Et puis il me semble que ta fille Ama est mariée avec un blanc aussi.
_ Plus on se mélange et plus notre ethnie s’efface.
_ Ah ouais ? Mais l’ethnie de mes enfants est déjà mélangée alors bon. Et puis cet homme s’occupe très bien de ma Sora alors au lieu de jouer l’oncle aigris, tu ferais mieux de te montrer plus heureux pour ta nièce. En plus tu peux te vanter d’avoir un shérif dans ta famille.
_ Justement il savait que Sora venait d’ici alors pourquoi il n’a rien dit dès le début ?
_ Arrête de faire ta mauvaise foi Nashoba et viens boire une bière avec nous. Plus tu vieillis et plus tu es con. Je t’ai connu moins chiant.
_ Et moi je t’ai connu plus carré Walker ! »Henry lève les yeux au ciel et il te fait signe de le rejoindre avec Nashoba. Sora te laisse y aller non sans avoir un regard doux envers son père qui joue l’entremetteur parfait. Elle profite que tu sois sous bonne garde pour aller voir Aponie et Jamie qui sont toujours près des chevaux. Cependant Aponie a posé Jamie sur un poney et elle le fait avancer dans le manège près de l’écurie, ce qui ravis votre petit garçon.
« – Je suis heureuse de te voir ici ma petite fleur. Los Angeles n’était pas un endroit pour toi. Tu as toujours été quelqu’un qui avait besoin de calme et de douceur.
_ C’est vrai que Los Angeles est trop grande et vivante pour moi.. Je préfère la douceur d’une forêt et le calme d’une petite ville.
_ Et puis tu vis près de ta grand mère chérie maintenant. Je pense que tes parents préféreraient t’avoir auprès d’eux mais ta présence me manque. Quand tu étais à l’hôpital, j’ai souvent veillé sur toi et même si j’adore tous mes petits enfants, j’ai beaucoup plus de liens avec toi..
_ Parce qu’on ait presque pareil. Quoi que tu dis des choses bizarres parfois !
_ Mais non, ce sont juste des prédictions et des bénédictions ma petite fleur. Tu ne te rappelles pas de celle que je t’avais dite lors de ton quinzième anniversaire ?
_ Si.. tu avais dis qu’un jour la maladie serait loin et que je vivrais une aventure intense avec un garçon qui donnera un sens à ma vie..
_ Et ?
_ C’est vrai.. Quoi que je pensais que tu parlais de Zack mais en fait non..
_ Je ne peux pas tout te dire, autrement la vie ne vaudrait plus le coup d’être vécue.
_ Et tu as encore des prédictions pour moi ou ma famille ?
_ Hm.. Il y a beaucoup de choses que je pourrais dire mais ce n’est pas mieux d’être surprise ma chérie ?
_ Si c’est pour encore vivre des difficultés ou être séparé de mon fils ou de Thomas..
_ De ce côté là, sache que vous ne serez plus séparé. La grosse tempête est passée et elle n’a pas réussi à vous éloigner définitivement. »Aponi espère rassurer sa petite fille et elle réussit à faire sourire la belle Walker. De ton côté, Henry parle avec Nashoba car ils s’entendent bien malgré tout. Ils ont été complice lorsqu’ils étaient plus jeunes mais en vieillissant, Nashoba essaye d’être comme son père et cela le rend plus grognon. Tu as quand même le droit à une visite dans le garage pour voir la dizaine de motos que possède l’amérindien. Il n’est pas peu fière de montrer ses bolides, surtout ses Harley Davidson qu’il a retapé lui-même. Henry préfère de loin les motos sportives mais il reste impressionné par la collection de son beau frère.
« – Un jour on pourrait amener Thomas dans un road trip avec nous. Mon beau fils aime bien les motos aussi.
_ Hm.. oui.. pourquoi pas.
_ Arrêtes de faire ton grignon Nashoba.. ça devient lassant et puis tu préfères que ta nièce soit heureuse avec un blanc ou malheureuse avec cet idiot de Zack ? On sait tous les deux qu’il n’est pas le pingouin qui glisse le plus loin sur la banquise.
_ C’est pas toi qui s’est pris les foudres du père de Zack mais moi. Il était en rage que son fils se soit fait dégager de la sorte mais je ne savais pas que c’était pour.. un bl.. enfin pour Thomas.
_ S’il a un problème, qu’il vienne me voir. Il fera moins d’à gueule de con devant moi. »Tu as quand même le droit à un tour du garage et Nashoba devient beaucoup moins hostile lorsqu’il commence à parler de ses bécanes. Henry savait que cette petite visite vers les motos aiderait le chef à baisser les armes et cela fonctionne encore plus puisque toi aussi tu aimes ça. Lorsque vous revenez vers la tablée, il y a déjà beaucoup de plats qui ont été apporté mais il y a aussi énormément de monde. Sora t’a gardé une place auprès d’elle et quand tu arrives à ses côtés, elle se penche pour déposer un baiser sur ta joue.
« – Ça a été avec Duda et Nashoba ? En tout cas ton fils adore faire du poney. Plus tard je sens bien qu’il va vouloir faire du cheval. On pourra l’amener ici pour s’entraîner. »
Sora a envie de revenir ici, de vous intégrer dans cette communauté qui malgré les préjugés envers toi, peut vous apporter beaucoup. Il suffit de voir ce repas qui se transforme vite en grand banquet convivial. Peu à peu les tensions s’apaisent et tu te fais interpeller par plusieurs personnes pour pouvoir en savoir plus sur toi ou même ta vie ici, en Virginie. La journée se déroule plutôt bien et vous ne voyez pas les heures défiler si bien que lorsque le soleil se couche, vous êtes encore là mais il n’est pas encore question de partir puisque ce soir il y a une petite cérémonie pour fêter les fiançailles de l’une des filles de Nashoba. Tu peux ainsi voir quelques tenues traditionnelles et aussi la prestance de Nashoba lorsqu’il doit donner des bénédictions aux futurs mariés. Il n’y a qu’un petit moment gênant, c’est lorsque Zack arrive dans le groupe pour assister à cette cérémonie. L’ex de Sora n’a de cesse de lancer des regards vers vous et surtout vers la belle amérindienne. Elle évite de croiser son regard et elle se cache même derrière toi pour être tranquille.
Vous rentrez assez tard à la maison. Henry et Q’ sont repartis à l’hôtel mais ils ont promis de revenir demain pour vous dire au revoir avant le grand départ. Jamie est lessivé par sa journée si bien que vous n’avez pas de grand mal à aller le coucher. Pour Sora, c’est bien différent car elle est tellement heureuse de cette journée qu’elle est encore toute excitée. T’avoir montré ce côté amérindien lui fait plaisir puisque c’est d’une grande importance pour elle, et tu t’en doutes puisque votre rencontre était sur fond de vol pour sa communauté.
« – Tu as aimé cette journée ? En tout cas tu as séduis beaucoup de monde ! Ma tante Kaya t’adore et puis je crois que Nashoba aussi. J’ai entendu dire que vous alliez peut-être aller faire de la moto ensemble ? Oh et j’ai vu que Duda a été très cool pour que les autres t’acceptent plus facilement ! Il a connu ça aussi avec Ma’.. au début la communauté était assez réfractaire envers Duda mais aujourd’hui tout va beaucoup mieux ! »
Elle prépare le thé du soir mais lorsque tu te rapproches d’elle, Sora pose l’eau chaude et elle préfère passer ses bras autour de ton cou pour pouvoir te rapprocher d’elle.
« – Embrasse moi.. touche moi.. aimes moi.. »
-
Elle n’a pas son mot à dire et ses larmes ne changent rien. Son sort a été scellé par son père et même si mère n’est pas d’accord, Sora n’a pas le choix que d’accepter ce qui lui a été dicté. Bientôt elle quittera sa Norvège natale pour aller épouser le roi d’Angleterre. Dans un sens, elle se doutait qu’elle devrait subir un mariage un jour ou l’autre car son père est un grand roi et il se doit de bien placer ses enfants mais Sora avait le maigre espoir que Leif finisse par ne pas lui imposer ce genre de chose. Elle va donc devoir quitter ses terres, sa mère, son frère jumeau et toute sa vie pour aller dans un endroit qu’elle ne connaît pas et où elle ne parle même pas la langue. Elle ne connaît pas non plus les coutumes de ce pays et puis elle sait d’avance que sa couleur de peau légèrement bronzée va rapidement être pointée du doigt puisqu’elle est l’enfant d’un norvégien et d’une amérindienne mais bon, pas le choix.. dans quelques jours elle prendra la mer pour rejoindre son futur époux.
« – Je me dois de garder une main sur ce royaume. Je sais que c’est au détriment de notre fille mais je sais qu’elle sera une grande reine et qu’elle saura honorer notre famille.
_ Mais elle n’a que seize ans Leif ! Et elle ne connait même pas cet homme. Ils vont se découvrir le jour du mariage ! Ça ne se fait pas ! Elle va épouser un total inconnu !
_ Je sais que c’est drastique mais ce sont les coutumes ici. Et puis Sora ne sera pas seule, elle sera accompagné par Jon qui sera son garde rapproché et il y aura aussi Ava qui sera sa dame de compagnie.
_ Mais qu’est ce que tu fais bon sang ?! Et si cet homme est mauvais envers notre fille ?!
_ Le monde n’est pas si joyeux que tu ne l’espère Matoaka ! Si je ne choisis pas l’époux de Sora moi-même, c’est quelqu’un d’autre qui viendra la prendre de force car elle est la fille d’un grand roi nordique. Sur ce continent, tout est fait pour que les coups bas et les arrangements sont possibles afin de gagner des terres. Sais-tu combien de demande de mariages j’ai eu pour elle ? Même avant sa naissance on me demandait déjà la main de notre fille ! J’ai su repousser tous ceux qui ne m’inspiraient pas confiance !
_ Et ce roi anglais t’inspire confiance ?! Alors que tu étais chez lui pour retourner son royaume ?!
_ Pour tout te dire, oui. Il a quelque chose que les autres rois n’ont pas.. une grande réflexion et une intelligence qui m’épate. Et puis il vient de perdre sa première épouse. C’était la fille du roi des Pays-Bas, elle est morte en couche mais à ce que j’ai su, il a toujours été bon et aimant avec elle.
_ Il a déjà aimé une femme ? Mais qui te dit qu’il ne va pas délaisser notre fille par amour pour cette ancienne femme ?
_ Arrêtes Matoaka ! Tu trouveras toujours des raisons pour que je reviennes sur ma décision mais je ne le peux pas. Sora ira se marier en fin de semaine avec ce roi. »Étant derrière la porte de ses parents, Sora entend tout.. Leif ne reviendra pas sur sa décision. L’idée de prendre la fuite mais elle sait qu’elle sera vite retrouver et puis elle pense à son frère qui a en quelque sorte vécu la même chose. Kisos a dû épouser une fille qu’il ne connaissait pas, Charlotte, la fille du roi français. Quand elle voit l’amour qu’ils vivent aujourd’hui, elle se dit que peut-être vivra t’elle la même chose.. enfin elle a un maigre espoir car il est rare de tomber sur un homme bon. La plupart des rois ont des épouses seulement pour avoir des enfants. Il n’y a que Leif qui est un peu sorti des sentiers en épousant une princesse qu’il a rencontré lors d’une expédition mais bon, Sora n’aura pas le même destin.
Mais pourquoi Leif a décidé de ce mariage ? Pourquoi à t’il aussi foulé tes terres ? Il voulait prendre l’Anglicie pour se venger d’une vieille querelle avec ton père. Leif ne savait pas que celui ci venait de mourir lorsqu’il est arrivé sur ton île. Tu venais à peine d’être couronnée et tu t’es retrouvé avec une armée de vikings prêts à mettre tout feu et à sang mais tu as réussis à contenir la colère du roi norvégien. Ton père a fauté oui.. il a sciemment fait couler des bateaux norvégiens qui revenaient du vineland et dans ce drame, Leif en a perdu des hommes importants mais aussi son beau frère Nashoba. Il aurait pu se venger bien avant mais il tenait avant tout à terminer de former son fils, au cas où s’il ne reviendrait pas gagnant. Kisos aurait pu reprendre le trône de son père mais finalement il n’y a pas vraiment eu de guerre car tu es venu à Leif pour essayer d’effacer les erreurs de ton père. Leif a vu en toi un grand stratège mais tu lui as aussi rappelé le jeune homme qu’il était.. Lui aussi avait eu un père avec qui il ne partageait aucune valeurs et lui aussi a perdu sa mère jeune. Comme toi, il a dû se façonner seul et c’est ce qui fait de lui un bon roi. Même s’il aime sa Sora de tout son cœur, il a compris qu’il ne trouverait peut-être pas meilleur homme pour sa fille et puis en faisant cette alliance, cela vous arrange tout les deux. Lui pour les vivres que tu pourras lui fournir et toi pour son armée qui est réputée imbattable.
Le départ est imminent. Sora est encore dans sa chambre, assise sur son lit et elle n’a pas cessé de pleurer. Elle a le cœur très lourd car pour l’heure du midi, elle sera en mer pour rejoindre son nouveau royaume. Matoaka a assuré le confort de sa fille pour ce voyage et elle a fait remplir de nombreux drakkars avec des choses qui aideront Sora à la transition mais elle finie par rejoindre sa petite fille pour avoir un dernier moment avec elle. Même si elle fera partie du voyage avec Leif, plus rien ne sera pareil quand la famille quittera les terres norvégiennes.
« – Ça va aller ma petite fleur..
_ Comment ça pourrait aller Ma’ ? Je m’en vais très loin de toi et je vais me marier à un homme beaucoup plus âgé que moi et en plus je ne le connais même pas.. J’aurai mieux fait de me tuer..
_ Ne dis pas de bêtises ma chérie. Je sais que ce n’est pas facile et que tu es effrayé mais je suis certaine que ça va bien se passer. Je connais assez ton père pour savoir qu’il n’aurait pas accepté une telle chose s’il n’était pas certain de lui..
_ Duda m’a vendu comme si j’étais une pauvre bête.. »Matoaka prend sa fille dans ses bras et elle essaye de la rassurer, la calmer mais en sachant que l’heure du départ arrive, c’est de plus en plus compliqué car la tension monte. Kisos vient vers sa jumelle pour la prendre dans ses bras mais ça rend une fois de plus, le moment encore plus difficile. Pour que sa sœur ne sente pas seule, il lui offre un chiot husky afin que celui-ci devienne son ami de voyage et de vie.
En quittant la Norvège, Sora quitte en quelque sorte son enfance. En quelques jours elle va devoir grandir et avoir la prestance d’une future reine, le voyage en bateau va durer cinq jours et le temps n’est pas forcément le plus doux mais ces cinq jours permettent à Sora de parler avec sa mère, de lui poser toutes les questions qui lui viennent en tête et puis elle essaye encore de faire changer l’avis de son père mais non, il n’y aura pas de retour en arrière.
Seize ans.. elle est à la fleur de l’âge. Elle est encore assez jeune et c’est vrai qu’elle risque d’avoir encore des comportements d’une adolescente peu coopérative mais Leif sait aussi que sa fille a assez de coffre pour ne jamais se laisser faire. Il t’a dit que sa fille était une femme magnifique mais il ne t’a pas avoué qu’elle avait aussi un caractère de guerrière comme son Duda ou même sa Ma. Sora a grandit dans une famille qui n’a jamais eu peur de lever l’épée et elle a elle-même appris à se battre très jeune. Elle est très loin de la jolie lady qui boit un thé avec ses dames de compagnie.. elle préférera aller faire du cheval ou tirer à l’arc. Il vient de t’offrir une femme qui risque de changer totalement ton quotidien et ta façon de voir la vie mais ça il le sait puisqu’il a fait cette même rencontre lorsqu’il est tombé sur Matoaka. Elle l’a totalement changé et rendu bien meilleur.
Les terres d’Anglicie se montrent à l’horizon. Le cœur de Sora se serre de nouveau. Il y a encore un voyage à faire jusqu’à la capitale mais ils vont pouvoir se reposer un peu sur la côte, le temps d’une nuit. Pour ça, tu as demandé à un noble de jouer les hôtes pour Leif et sa famille cependant aucun d’eux ne savent que tu as décidé de rejoindre aussi cet endroit pour rencontrer ta fiancée avant le fameux mariage qui aura lieu dans deux jours. C’est dans un château en pierre et assez ancien qu’ils posent pieds. Pour Sora c’est déjà un premier choc car elle ne connaît que les maisons de bois norvégiennes et les immenses skali. Il y a des gardes un peu partout et puis les tenues vestimentaires sont bien différentes des siennes.. Elle porte une robe en peau d’ours et ses longs cheveux noirs tressés n’ont rien à voir avec les chignons des dames anglaises. Sora paraît sauvage à côté des filles de ton royaume, si bien qu’elle est facilement dévisager par les personnes qui vivent dans ce château mais la famille de Leif ne sont pas accueillis que part le duc d’York.. tu es là aussi puisque Leif s’avance vers toi en tendant ses bras.
« – Thomas ! Vous avez fait le chemin jusqu’ici ? Je pensais qu’on se serait vu pour le jour du mariage. Je vais pouvoir te présenter ma magnifique fille plus tôt alors. Sora ? Viens ici s’il te plaît. »
Sora est cachée derrière sa mère mais elle n’a pas le choix que de s’avancer. Elle garde les yeux baissés, elle n’ose pas te regarder par peur.. d’être déçu ? Ou d’avoir encore plus peur de ce futur qui l’attend. En tout cas elle arrive à côté de son père et elle fait un léger signe de la tête pour te saluer,
« – Elle fait sa timide mais ça va aller. C’est la première fois qu’elle voyage aussi loin de chez nous, elle doit aussi être épuisée. Mais voilà, je te présente ma belle Sora. Mon petit trésor. J’espère que tu la chériras autant que je la chéri.»
Leif est tout de même fière et il vient délicatement poser sa main sous le menton de la jeune femme pour que celle-ci relève son regard vers toi. Le premier contact visuel.. la première rencontre. Les yeux de Sora sont encore rouges puisqu’elle n’a eu de cesses d’avoir des larmes pendant le trajet mais cela n’affecte pas sa beauté particulière. Elle ressemble énormément à sa mère, le même teint, les mêmes lèvres charnues, si bien qu’elle ressemble peu à son père si ce n’est au niveau du caractère. Elle a aussi une petite cicatrice sur son front qui n’est autre qu’un souvenir de ses bêtises enfantines mais elle est d’une beauté qu’on ne voit quasiment pas ici. Mais toi aussi tu n’es pas comme les autres.. Bon, tu as un air bien anglais mais il y a quelque chose de magnétique chez toi. Un mystère qui fait légèrement froncer les sourcils de Sora. Vos regards cessent de se découvrir quand Matoaka avance à son tour pour se présenter. Elle est beaucoup plus méfiante que son époux et elle compte bien te surveiller, te tester, afin de voir si tu seras quelqu’un de bien pour sa fille.
« – Roi Thomas, enchanté je suis Matoaka. Épouse de Leif, mère de Sora et surtout Reine du grand nord. J’ose espérer que notre présence vous honore. »
-
Pour le moment Sora semble perdue et ailleurs. Elle vous suit tous et elle prend même ton bras mais elle est surtout préoccupée par ce qui l’entoure, comme si elle cherchait déjà un échappatoire. Elle est effrayée par ce qu’il se passe car elle sait que vous n’êtes plus qu’à quelques heures du grand mariage et déjà que cela est une pression pour des personnes qui s’aiment, qu’en est-il pour des personnes qui ne se connaissent pas ? Alors quand vous arrivez à table, tu parles des contrats et Sora n’écoute pas vraiment si bien que lorsque tu lui demandes si elle est d’accord avec ta demande de protéger le peuple, elle ne répond pas. Du moins, ce que tu ne sais pas c’est qu’elle ne sait pas encore parler correctement l’anglais et c’est ce que vient ajouter Leif.
« – Elle saura vous faire honneur, ma fille a été élevé comme une future reine. Elle est cultivée, intelligente et courageuse. Cependant j’ai oublié de vous dire que son anglais n’est pas encore bon. Je ne lui ai jamais appris votre langue et elle n’a commencé l’apprentissage que depuis une petite semaine.. elle comprend mais elle a beaucoup de mal à répondre. Cependant sachez qu’elle apprend très vite. Elle sait parler le vieux norrois, l’amérindien, le latin et même le russe. Elle est une grande alliée diplomatique. »
Sora lève son regard vers son père qui n’a que des éloges à son égard. C’est vrai que Leif a fait en sorte que ses enfants soient bien élevés et surtout élevés pour devenir des personnes importantes. Sora sera une très grande reine mais faut-il qu’elle réussit à se faire aimer du peuple. Matoaka avait beaucoup ramé avant que le peuple ne l’accepte et il en sera sûrement pareil pour Sora ici. Leif change de langue pour s’adresser à sa fille et il lui répète ce que tu viens de dire. Sora hoche la tête et elle essaie de répondre en anglais.
« – Oui moi protéger le peuple et.. hm.. être bonne reine.. »
De toute façon elle n’a plus le choix que d’accepter son destin alors oui, elle essaiera d’être une bonne reine comme sa mère l’est avec les nordiques. Ton bras droit Spencer, ajoute quand même quelque chose que tu as oublié de mentionner. Pour devenir une reine anglaise, Sora va devoir se convertir au catholicisme avant le mariage. Elle va devoir aussi faire voeux de fidélité auprès de la couronne anglaise. La jeune femme plisse un peu les yeux car elle ne comprend pas pour la religion.. elle ne peut plus croire aux dieux nordiques ? Ou aux esprits amérindiens ? En qui croyez vous ?
« – Qui est.. les dieux à toi ? »
Te demande t’elle avec un peu moins de timidité car sa curiosité est bien plus forte. Oui, Sora est une curieuse et elle aime en apprendre davantage sur le monde qui l’entoure. Pour que ce soit plus simple à expliquer, Spencer vous propose d’aller dans la chapelle du château afin que la jeune femme prenne ses marques. Une croix, un autel, un dieu et son fils.. Ses parents sont restés dans l’autre pièce pour que tu sois un peu seul avec Sora. Peut-être que ça aidera la demoiselle à être moins hostile envers toi. Elle s’avance à tes côtés dans la chapelle et elle observe tout ce qu’elle voit mais elle s’arrête devant un tableau qui montre Jesus sur la croix.
« – Ton dieu ? Mort ? »
Ce n’est pas pour aujourd’hui qu’elle fera des phrases complètes mais elle essaye de trouver les mots justes pour se faire comprendre. La demoiselle dénote avec sa robe nordique dans cette chapelle. Elle se balade en observant les autres tableaux mais elle revient à toi quand Spencer explique un peu la vie de Jesus et la croyance qu’il y a autour de lui. Alors oui, elle va devoir plier genoux devant cette religion étrange.. Encore une fois elle sait qu’elle n’a pas le choix donc elle accepte de se faire baptiser demain matin avant votre départ pour la capitale. Cela évitera de faire traîner encore plus les choses. Pour ce qui est de jurer fidélité à la couronne, elle devra le faire juste avant le mariage, devant le peuple. Sora ne connaît pas tous les protocoles pour votre façon de vous marier mais ça elle pourra peut-être demandé à une dame de la cours car il y en a quelques unes ici. Tes maîtresses.. quelques unes ont fait le chemin avec toi mais Leif ni Sora, ne savent pas vraiment qui elles sont.
« – Sora fatiguée.. aller au lit ? »
Elle est vraiment épuisée par ce voyage et toutes les émotions qui en découlent. Elle n’a aussi plus envie de parler contrat pour la soirée. Comme un gentleman, tu accompagnes la future reine vers sa chambre et après un rapide bonne nuit, la jeune femme s’enferme dans sa chambre. S’ayez.. tout est vrai.. elle t’a vu et elle sait qui elle va épouser dans deux jours. Sora ne peut pas dire qu’elle est tombée sur le genre de roi que l’ont peint comme hideux et mauvais mais est-ce que cette magnifique imagine ne cache pas quelqu’un de méchant ? Elle n’a pas encore fini de se méfier, cela risque de durer un moment car c’est vrai que les rois européens ne sont pas les mieux décrits par le peuple. Ton regard a quand même son petit impacte malgré tout car Sora y repense plusieurs fois durant la nuit. Oui, il y a un mystère chez toi qui anime sa curiosité sans faille.. mais bon, avant de jouer la Sherlock Holmes, Sora va devoir apprivoiser sa nouvelle vie anglaise et cela commence par un hurlement dès le matin.
Oui, Sora hurle car plusieurs femmes sont rentrées dans sa chambre pour la réveiller et pour essayer de la laver, le changer. Dans votre culture, ce sont les domestiques qui donnent la toilette et qui habillent les nobles mais pas chez les nordiques. Sora a toujours fait les choses elle-même. Debout sur son lit, elle menace les domestiques avec un chandelier lorsque tu passes la porte avec Leif. Les domestiques vous font la révérences et la cheffe de groupe vient t’expliquer ce qu’il se passe.
« – Votre fiancée s’est mise à hurler quand nous sommes venues pour sa toilette.. nous avons essayer de la raisonner mais elle a tenté de frapper Bettany avec ce chandelier..
_ En même temps ma fille sait se préparer seule. Elle n’a pas besoin de domestiques.. »Réplique un Leif qui va vers Sora pour la calmer et lui expliquer ce qu’il se passe. La jeune femme est encore dans sa robe de chambre qu’on lui a imposé car elle a pour habitude de dormir nue chez elle.. les cheminées sont tellement grandes qu’il fait une chaleur du diable dans les maisons nordiques mais ici, elle a du mettre cette horrible robe. Leif fait descendre sa fille du lit et il demande à ce qu’une seule domestique reste avec elle afin de pouvoir la guider et lui expliquer les coutumes anglaises. La plupart des femmes présentes se proposent mais c’est la femme de Spencer qui finie par prendre ce rôle.
« – Je vais m’occuper d’elle. On vous rejoint d’ici peu dans la chapelle pour son baptême. »
Sora va devoir troquer sa robe de chambre mais aussi sa robe nordique pour une tenue beaucoup plus anglaise. Pendant ce temps, Leif s’excuse auprès de toi par rapport au comportement de sa fille mais il t’explique qu’elle va avoir besoin de temps pour s’adapter. Comme vous avez encore un peu de temps devant vous, il en profite pour aller visiter les alentours du château avec toi. De son côté, Sora est aidée par Mary mais elle apprend aussi certaines choses étranges sur la vie d’une reine ici.
« – Au château, vous aurez chacun votre chambre. Vous irez dans la chambre du roi que si celui-ci le veut. Il y a parfois des maîtresses qui partagent aussi son lit mais c’est vous qui serez la plus importante.
_ Pas être.. dans même chambre toujours ?
_ Non pas ici. Connaissez vous vraiment votre rôle ? La reine doit être au côté de son époux ou pour l’épauler dans ses choix. Elle doit lui obéir et surtout son rôle le plus important est de lui donner des héritiers. Cependant chaque roi a le droit d’avoir des maîtresses. C’est une coutume depuis bien des siècles.
_ c’est.. quoi.. maîtresse ?
_ Vous le serez bien vite mon enfant. Pour le moment il faut que nous vous fassiez belle pour que le roi soit le plus fière possible. Vous êtes une très jolie demoiselle Sora, même si vous manquez un peu de poids.
_ Aujourd’hui voyage ? Et demain mariage ?
_ Oui, cette après-midi vous reprenez la route pour la capitale. Vous serez au grand château ce soir, celui où vous allez vivre avec le roi. Vous en avez de la chance vous savez, beaucoup de filles aimeraient être à votre place.. surtout que le roi Tomas est un très beau monarque.
_ Sora pas contente.. veut pas mariage.. veut maison en Norvège..
_ Ce n’est plus possible mais tout ira bien et puis je serai là pour vous si vous en avez besoin. Vous vous ferez à cette vie et puis vous aurez la meilleure place du royaume.. Il suffit juste que vous donnez au moins un héritier mâle au roi et votre vie sera parfaite. »Héritier.. Sora ne comprend pas ce mot et tant mieux puisqu’elle ne pense pas encore au fait qu’elle va devoir t’offrir son corps encore pure. Mary finit d’aider Sora et elles arrivent à l’heure pour ce fameux baptême. Il n’y a pas beaucoup de monde et c’est assez rapide bien que Sora doit plonger sa tête dans une bassine d’eau. Elle est prête à pousser l’évêque quand il lui sort la tête de l’eau mais Leif pose sa main sur l’épaule de sa fille pour lui rappeller de ne pas se montrer impulsive ou sauvage. Oui, Leif sait que sa fille va faire des étincelles et dans un sens ça l’amuse déjà d’avance. C’est ce qu’il te dit quand vous prenez enfin la route pour la capitale. Sora, Matoaka et Mary sont dans une calèche mais toi tu es en tête de convoie avec Leif. Vos chevaux sont côte à côte et le roi nordique pouffe de rire quand il annonce que sa fille n’est pas comme les dames anglaises.
« – C’est une nordique et elle a aussi une mère amérindienne.. Sora ne sera pas si docile que vos femmes. En plus c’est une curieuse née mais je ne vous l’aurait pas proposé en mariage si je savais que ça n’irait pas. Il va falloir lui apprendre les choses mais vous allez aussi adorer sa façon d’être.. Elle est comme sa mère. Surprenante et têtue mais c’est ce qui les rend incroyables. Je ne dis pas ça parce qu’elles sont de ma famille mais j’ai rarement rencontré des femmes autant fascinantes. Elles ne se plient pas aux règles.. elles les respectent mais elles font les choses comme elles le sentent. Elles ont aussi ce côté rêveur qui est adorable. Bref.. vous n’allez pas vous ennuyer mais j’espère que vous la protègerez comme votre plus grand trésor. Je ne vous donne pas n’importe qui Tomas. J’ai deux enfants. Un fils qui un jour prendra ma place mais j’ai aussi une fille et je l’ai toujours surprotégé car je ne voulais pas qu’on lui fasse le moindre mal. Aujourd’hui je pense avoir trouver celui qui pourra reprendre ce rôle de protecteur et j’espère que vous n’allez pas me décevoir. »
-
”- Camper ?”
Sora ne comprend pas ce mot mais sa mère lui explique que vous allez dormir dehors, en pleine forêt et au lieu d’avoir l’effet que cela devrait avoir sur une dame, tu viens surtout allumer une flamme d’excitation chez Sora. Elle devrait râler puisque Lady ne dort pas dehors mais Sora n’hésite pas à sortir de la calèche en croyant pouvoir vous aider à monter les tentes.
Elle a déjà dormi à la belle étoile avec son père ou l’armée de celui-ci. Elle n’a pas peur de l’extérieur, au contraire elle adore ça. Elle sait même chasser et gérer elle-même son matériel mais elle semble déçue quand elle voit déjà tous les hommes s’atteler à préparer des tentes pour elle ou sa famille. Debout près de toi, Sora observe tes hommes en action mais n’aimant pas rester sans rien faire, elle se tourne vers toi en tendant sa main.
“ – Toi arc et flèche ? On.. hm.. aller chasser pour tes hommes toi et moi ?”
Tu sembles surpris par ses mots et surtout tu ne réagis pas comme elle l’aurait souhaité puisque tu restes là, sans bouger. Sora secoue la tête et elle va vers son père pour lui demander une arc et des flèches mais Leif n’accepte pas sa requête.
“ – On est pas ici pour chasser Sora.. et je doute que les femmes anglaises ont le droit de faire ça.
_ Je n’ai pas le droit de chasser ?? Mais.. Mais et pour les armes Duda ? Je peux m’entraîner à me battre j’espère ?
_ Sora.. La vie ici n’est pas comme en Norvège.. je sais que tu aimes les entraînements ou alors venir avec moi pour des raids ou la chasse mais ici..
_ Tu m’as emprisonné en m’envoyant ici..”La jeune femme a les larmes qui lui montent aux yeux et elle tourne rapidement le dos à son père. Elle retourne vers la calèche avec une déception immense mais elle profite surtout que tous les hommes se concentrent sur les tentes pour prendre la fuite dans cette forêt. Idée totalement idiote car elle ne connaît pas l’endroit et elle n’a pas pris d’armes mais ce n’est que le début d’une vie avec une femme qui n’ait pas dans les standards.
Ce n’est qu’une trentaine de minutes plus tard que vous vous rendez compte de sa fuite puisque sa tente est montée mais Sora est introuvable. Leif soupire lorsqu’il t’entend appeler après sa fille.. Il sait qu’elle a dû prendre la poudre d’escampette. Tes hommes sont déjà au hagué pour aller chercher la demoiselle en détresse mais Leif vient vite vers toi pour te faire une demande moins gargantuesque.
“- N’envoyez pas vos hommes. Sora ne doit pas être loin mais surtout, si elle entend qu’on la recherche, elle s’enfoncera beaucoup plus dans la forêt. On va y aller seulement vous et moi. Il faut trouver une clairière ou une grotte.. C’est souvent là qu’elle aime se poser.”
Leif te demande de lui faire confiance, il n’y a vraiment pas besoin de toute une armée pour trouver sa fille. Et c’est vrai puisque Sora a trouvé une petite clairière illuminée par le ciel étoilé et elle s’est posée près du cours d’eau le temps de sécher ses larmes. La vie ici va être si codée ? Si.. triste ? Elle a appris à vivre avec une liberté sûrement trop imposante alors oui, ça risque d’être horrible cette vie en Angleterre. Rien que pour sa robe du jour, elle se sent emprisonnée dedans avec les nombreux morceaux de tissus et les bijoux qu’on lui a imposés.
C’est toi qui trouve la jeune femme en premier. Elle t’entend arriver car avec sa pratique de la chasse, elle a l’ouïe très fine. Cependant elle ne bouge pas de son rocher où elle est perchée mais elle te lance un regard peu gratifiant.
“ – Sora chasser.. Sora.. hm.. Sora sait se battre !”
Pour te le prouver, elle descend du rocher pour venir vers toi et elle profite de ta surprise pour attraper ton épée. Elle aurait préféré un arc mais elle saura se débrouiller.. Par contre elle fronce les sourcils quand tu sembles paniquer à l’idée qu’elle tienne une arme en main.
“ – Eh ! Sora.. Je sais faire épée ! Mieux que toi..”
Le petit bout de femme déchire un peu le bas de sa robe pour mieux se déplacer et elle part vers la forêt plus dense. Ce n’est pas simple de ne pas faire de bruit avec cet accoutrement horrible mais elle essaie de se faire discrète pour trouver une proie. Elle te fait signe de ne pas faire de bruit lorsqu’elle remarque une famille de sanglier qui dort. Elle s’approche lentement, très lentement mais encore une fois l’épée n’est pas la meilleure des solutions pour chasser. Quand elle abat son coup, elle réussit surtout à les réveiller et à les faire fuir mais une flèche vient quand même faire tomber l’une des plus grosse bête. Leif a tiré de loin. Sora râle de plus belle car son père lui a volé sa proie mais le roi norvégien veut surtout qu’elle cesse son petit coup d’État.
“ – Sora ! tu n’as pas le droit de partir comme ça ! Tu ne connais pas les alentours ! C’est dangereux !
_ Ce qui est dangereux c’est de me laisser ici car je vais me laisser mourir si je n’ai le droit de rien faire !”Elle a de nouveau les larmes aux yeux. Leif arrive à votre hauteur et il te lance un regard désolé cependant il vient aussi donner son arc et ses flèches à sa fille avant de se tourner vers toi.
“ – Allez chasser à deux.. Je retourne au camp pour gérer les hommes. Je suis certain que vous allez nous ramener un festin..”
La princesse vient embrasser la joue de son père mais elle vient aussi attraper ta main pour t’amener avec elle un peu plus loin. Il faut trouver de nouvelles bêtes pour le repas des hommes et ça ne se fera pas en restant sur place. De futur époux, tu viens de passer au statut de camarade de chasse. Sora positionne l’arc pour être à l’affût du moindre animal et sans surprise, elle décoche une flèche dans le cœur d’un cerf. Elle n’a pas non plus peur d’aller vers la bête pour commencer à lui retirer sa peau et ses organes mais heureusement que tu freines la petite sauvage pour ne pas qu’elle se transforme en princesse sanglante.
“ – Je sais.. hm oui.. Je sais aussi préparer.. viande ! Faire à manger.. aux soldats ! Tu m’aides ?”
-
Tu as réussi à faire tressaillir la jeune femme de joie quand tu lui as présenté ce cheval qui serait à présent le sien. Storm.. une magnifique jument noire. Et puis tu proposes aussi à Sora de la monter et de ne pas à retourner dans la calèche alors oui, tu fais bondir la belle nordique et tu as même le droit à ce qu’elle te serre un instant dans ses bras. Ce geste la fait rougir quand elle se recule car c’est peut-être trop osé en sachant que vous n’êtes pas encore marié mais elle est heureuse de ce présent et elle ne s’est pas dissimuler ses émotions.
« – Merci mon roi.. Elle.. elle est très belle ! »
Et ni une ni deux, Sora grimpe sur sa jument même si sa longue robe n’est pas idéale pour ce genre d’exercice. Elle s’en contre fiche de toute façon car elle veut continuer la route à cheval et puis c’est vrai que cela lui permet d’avoir un peu de temps avec toi. Vous pouvez discuter et apprendre à vous connaître un peu mieux. La barrière de la langue n’est pas un immense problème, vous réussissez à vous comprendre. Sora apprend donc que tu es roi depuis peu et que tu aspires à un royaume calme et prospère. C’est tout à ton honneur et elle souhaite que tu réussisse.
« – Mon frère.. jumeau.. est marié à la princesse de France. Vous.. vous pouvez avoir un allié en France aussi si vous le.. voulez. Le roi de France est un ami de.. mon Duda. »
Si elle peut t’aider à faire des alliances et des commerces, Sora veut bien te donner quelques clés pour obtenir des bons contrats. Le fait qu’elle parle le russe pourrait aussi t’aider pour faire commerce avec l’Europe de l’Est mais il n’y a qu’un peuple dont elle ne pourra certainement pas t’aider. Les vikings sont les ennemis des hommes du sud comme les romains, les espagnols ou même les portugais.
En tout cas cette balade est agréable puisqu’au delà des paroles, Sora peut aussi apprécier les terres anglicanes. Il y a beaucoup de collines, de champs, de forêts mais aussi quelques villages sur votre chemin qui montre le côté plus austère du coin. C’est surtout l’arrivée sur Embra qui impressionne Sora car elle n’a jamais vu de ville comme celle-ci. Un immense château sur le haut d’une colline, qui doit sûrement être le tien, mais aussi beaucoup de maisons en pierre qui s’étalent sur un grand territoire. C’est différent des villages norvégiens mais ça ne veut pas dire qu’elle n’aime pas. Cela a quand même un charme.« – c’est Embra ? Et là.. c’est ta.. maison ? »
Elle montre le château qui semble immense comparé au skali de son père. Vous devez vivre à beaucoup dedans, enfin c’est ce qu’elle pense. Elle ne t’a même pas demandé si tu avais des frères ou des sœurs. Elle commence à te poser des questions de ce genre alors que vous entrez dans la ville mais comme tu as prévenu de l’arrivée de la future reine, tous les habitants sont sortis pour l’accueillir. C’est un peu la stupeur puisque la plupart s’attendaient à une grande blonde aux yeux bleus et qu’au final Sora en est tout l’inverse mais pour l’instant, personne ne hue la nouvelle arrivante. Sora est quand même embarrassée et rougissante en voyant autant de monde présent pour vous. Elle aimerait bien se cacher dans la calèche mais maintenant que vous prenez le chemin pour le château, elle ne peut pas retourner auprès de ses parents. Elle doit surtout saluer ce peuple qui deviendra officiellement le sien demain. Si toi tu n’as pas de mal à le faire, pour elle c’est plus compliqué.
« – Ils.. seront là.. au mariage ?
Heureusement non car il n’y aurait jamais assez de place avec tout le monde qui est invité pour cette journée magistrale. Ce mariage n’est pas qu’une petite chose sans importance. Il va être une journée de fête pour tout ton pays mais il va aussi unir deux grands royaumes alors tout va être extravagant. Sora n’en a encore aucune idée puisque les mariages nordiques sont très sobres. Ses propres parents se sont mariés sous un grand chêne et il n’y avait qu’eux deux et un prêtre nordique. Là il y aura des nobles de tout le continent mais aussi un festin à n’en plus savoir où mettre les yeux.
« – vous.. tu.. hm.. tu vas me montrer le château ? J’ai jamais vu de château.. chez nous, c’est très différent. On a les skalis.. les temples et les maisons en bois.. Oh et tu as les grottes pour le bain.. il y a grotte ici ? »
En Norvège il y a beaucoup de grottes avec des sources chaudes à l’intérieur alors elle espère qu’il y en a aussi ici puisqu’elle adore se baigner. Elle risque de déchanter mais bon, peut-être que d’autres choses seront séduire la jeune femme. En tout cas l’accueil au château se fait aussi en grande pompe. Il y a beaucoup de gens dans la cours dont ton chambellan, celui qui organise la vie du château mais aussi le grand prêtre de la ville. C’est eux qui viennent vous saluer en premier et Nils, le chambellan, vient rapidement à toi pour te dire qu’il y a des dernières choses à régler pour le mariage, ce qui ne va pas te laisser le temps de montrer à Sora ses appartements. Une gouvernante a été employé pour s’occuper de genre de commodité et surtout pour s’occuper de Sora ou plutôt de son éducation à l’anglaise. Cette Jane, fait une révérence à la future reine mais elle ne lui laisse pas le temps de se familiariser avec l’extérieur.
« – Suivez moi vers vos appartements. Il faut vous préparer pour le dîner de fiançailles qui a lieu ce soir.
_ Le roi va me montrer le château..
_ Le roi n’a pas de temps à vous accorder pour le moment, il a des affaires plus importantes à gérer mademoiselle. Allez hop, on y va. »Sora n’a même pas le droit d’aller porter sa jument à l’écurie, elle doit suivre cette dame qu’elle ne connaît pas et qui semble autoritaire. Il faut dire que Nils a eu vent que les nordiques étaient très sauvages alors il a choisi une gouvernante avec de la poigne pour être certain que la future reine soit rapidement dans les standard de la monarchie anglaise.
Sora n’a pas le temps de saluer qui que ce soit, elle arrive très vite dans son immense chambre qui est déjà rempli par de nombreuses employées. Une grande robe est posée sur le lit à baldaquin et elle est somptueuse mais il y a trop de froufrou aux yeux de la demoiselle. Cette chambre aussi a trop de froufrou comparé à celle de Norvège. Des tableaux, des dorures.. il y a quand même une vue magnifique sur la mer. Sora s’approche de la grande fenêtre mais Jane lui attrape la main pour la ramener vers une sorte de grosse cuve.
« – Mettez vous nu, il faut vous laver. Vous êtes monstrueusement sale.
_ Je peux.. laver moi toute seule..
_ Non, c’est aux domestiques de vous laver. Nous n’avons pas de temps à perdre, dans moins de deux heures nous devons être dans la grande salle de banquet.
_ Non.. non non non.. je lave seule !
_ Et en plus il va vous falloir des cours d’anglais.. Hm.. Comprenez mademoiselle que vous ne pouvez pas décider. Votre rôle n’est pas de jouer la cheffe mais d’être une sorte de bel objet à présenter à côté de notre roi. Vous n’êtes ici que pour donner des héritiers et accompagner le roi dans les grands moments mais c’est tout. Aucune femme n’a jamais dicté sa loi ici, nous ne sommes pas comme dans votre pays de sauvage. Je me demande même pourquoi le roi s’est entêté d’accepter ce mariage..
_ Vous méchante..
_ Non je ne suis pas méchante mais réaliste. Si vous pensiez qu’en venant ici la vie serait magnifique, vous vous êtes trompé. Je me dois d’être franche avec vous car si vous ne vous vous mettez pas en tête que le rôle d’une reine est compliquée, vous ne tiendrez pas bien longtemps. »Sora n’aime vraiment pas cette Jane qui semble hautaine et presque sans aucune empathie. Et puis elle ne veut surtout pas être lavé par des inconnus, si bien qu’elle repousse une jeune femme qui tente de la déshabiller mais Jane ordonne à ce que plusieurs femmes se mettent sur Sora pour la forcer à prendre un bain.
Elle n’a finalement pas essayé de se défendre. Elle se résigne car elle a compris qu’elle n’aurait pas son mot à dire avec cette monstrueuse bonne femme. Et puis Sora n’a pas non plus envie que Jane vienne te dire qu’elle s’est encore comporter comme une sauvage.. Même si vous n’avez pas passer énormément de temps ensemble, la jeune femme a apprécié cette virée en forêt ou cette balade en cheval.. Peut-être que si tu apprends qu’elle ne se plie pas aux règles de ta cour, tu ne lui offriras plus ce genre de moment.
La robe, une coiffure, un peu de maquillage et des bijoux.. Sora n’a plus l’allure d’une femme du nord mais celle d’une grande dame de ton royaume. Jane est satisfaite du résultat alors que Sora a envie de pleurer quand elle se voit dans le miroir. Non pas qu’elle se trouve moche mais la transition est difficile. Et puis cela fait deux heures qu’elle n’a pas vu de visage familier.. elle a été lâché avec des inconnus qui ont pris le contrôle sur elle. C’est donc un soulagement quand tu passes la porte pour venir la chercher. Presque comme un besoin vital, elle se jette dans tes bras et elle te serre pour être certaine que tu ne vas plus la laisser toute seule avec cette Jane.
« – Sora ! Vous devez rester à votre place. Vous n’avez pas le droit de sauter ainsi sur le roi ! »
C’est vrai que c’est interdit pour une dame de faire ça.. tout est très codé depuis des générations. Jane n’est pas si mauvaise, elle fait juste en sorte que tout soit respecté. Pourtant Sora ne te lache pas, au contraire elle te serre encore plus et elle lache un sanglot contre ton cou.
« – Je veux pas.. être objet.. Je peux obéir à ce que vous me demandez mais.. pas à cette.. horrible… morue.. »
Jane prend un air offusqué alors que les autres employées retiennent leurs rires. Sora ne sait pas qu’elle vient d’insulter la gouvernante mais elle a entendu ce mot la veille lorsqu’un de tes hommes parlait de son épouse.
-
Elle se retrouve seule dans sa chambre et elle s’observe quelques minutes dans le miroir. Avec ton aide, Sora a pu retirer toutes ses choses trop affriolantes que Jane lui avait fait mettre. À présent, elle porte une robe qu’elle a choisit parmis celles que tu lui as fais mettre dans ses armoires ( https://pin.it/69SVc1Fms ) et elle se sent beaucoup plus à l’aise avec ce qu’elle est vraiment. Elle a quand même tenu à mettre les boucles d’oreilles que tu lui as offert mais elle a aussi mis un collier amérindien et un bracelet nordique pour garder avec elle sa famille, son origine. Leif entre dans la chambre et il peut facilement sentir la tension qui émane de sa fille.
« – J’ai une bonne nouvelle ma chérie.. Nous avons négocié un Handfasting. Ce soir, tu épouseras le roi Tomas mais seulement pour une année jour pour jour. Si dans une année ça ne va pas, tu pourras revenir chez nous sans qu’il n’y ait de problèmes.. et si tout va bien, alors tu pourras accepter un grand mariage à l’anglaise.
_ Je serai quand même loin de vous pendant une année et puis.. peut-être que je n’arriverais pas à être celle que vous attendez de moi. Je.. et si je suis une mauvaise épouse ? Ou une mauvaise reine ?
_ Tu es ma fille alors bien évidement que tu seras parfaite dans tous tes rôles. Tu es née pour être une reine. Tu es née pour protéger et aimer un peuple. Tu es d’une grandeur d’âme et d’une intelligence dont personne ne devrait douter, même pas toi.
_ J’ai peur Duda..
_ Je sais qu’en cet instant, tout te fait peur. C’est surtout l’avenir qui te fait le plus peur mais sache que je ne serai jamais très loin Sora. J’aurai toujours un œil sur toi et puis je pense que Tomas saura s’occuper de toi comme tu le mérites.. »Difficile de rassurer une aussi jeune femme qui est sur le point de se marier. Leif vient prendre sa fille dans ses bras et pour tenter de l’apaiser, il l’aide à se coiffer en lui faisant lui-même des tresses nordiques puisqu’il avait justement appris à les faire pour les jolies cheveux de sa fille. Cela prend du temps, si bien qu’ils sont un peu en retard mais père et fille finissent par arriver dans la chapelle. Sora a une allure de cheffe nordique ou amérindienne.. cela surprend pas mal de monde mais elle est tout de même sublime. Elle avance le regard baissé parce qu’elle est intimidée par toutes les personnes qui sont ici et qu’elle ne connaît pas mais quand elle arrive à toi, elle relève enfin ses yeux vers les tiens. Leif embrasse le front de sa fille avant de te donner les mains de celle-ci. La cérémonie va commencer mais tu peux sentir qu’elle tremble. Ce n’est pas rien ce qui arrive.. Cela va changer sa vie à jamais.
« – Comme convenu, ce soir nous allons unir notre roi Tomas d’Angleterre à la princesse Sora de Norvège mais sous une demande spéciale, ce mariage se fera sous le terme de Handfasting. Vous serez tous témoins de l’union qui les uniras pour une année et un jour. Passé ces délais, ils devront s’unir ou se séparer à jamais. »
C’est peu commun chez les anglais mais beaucoup accorde que l’idée est bonne puisque cela pourrait éviter des répercussions si le mariage ne se passait pas bien entre toi et Sora durant l’année. Le prêtre continu à parler et Sora ne comprend même pas la moitié mais dans un sens, elle se fiche de ce qui est dit puisque le final sera votre union. Elle essaye surtout de se concentrer sur ton regard et sur la douceur de tes mains sur les siennes pour calmer ses peurs. Un morceau de tissus vient justement nouer vos mains pour commencer l’union. Sora serre un peu plus tes doigts mais plus par peur, pour plutôt te rendre cette confiance que tu lui offres depuis son arrivée ici. Ce n’est lorsque le prêtre lui demande de répéter après lui que la jeune femme coupe le champ visuel. Elle doit parler devant tout le monde.. elle doit surtout donner son accord pour ce mariage.
« – Moi.. Sora, fille de Leif Erikson roi de Norvège et de Matoaka princesse du Vineland, j’accepte de m’unir.. au.. à Tomas, roi d’Angleterre, d’Ecosse et de galle. Je.. »
Le prêtre parle un peu trop vite si bien qu’elle a beaucoup de mal à répéter mais le vieil homme s’en excuse et il recommence pour que Sora puisse parler plus facilement.
« – Je lui promet amour, fidélité et soutien. Je lui promet d’être toujours à ses côtés dans les bons comme les mauvais moments. Je lui jure d’être sa plus grande alliée et je me remet à la couronne du royaume d’Angleterre en devenant son épouse. »
Ce n’est pas immense mais il n’y a pas vraiment de discours à faire surtout lorsque deux personnes ne se connaissent pas. Elle ne peut que dire ce que l’on attend d’elle mais après ses mots, Sora repose enfin son regard sur le tien. Maintenant elle ne peut plus faire machine arrière, elle a donné son accord pour le mariage et même si elle a toujours peur, elle prend un peu plus conscience des mots de son père. Il ne l’a pas mis ici si tu avais été quelqu’un d’horrible et peut être que oui, Sora sera peut-être une bonne épouse ou une bonne reine. C’est vrai que son jeune âge ne lui accorde pas une maturité complète et elle a encore des choses à découvrir ou même expérimenter mais comme tu es plus âgé, tu sauras tempérer cette demoiselle.
Leif et Matoaka ne sont pas loin, ils observent ce mariage et tous les deux ont un immense pincement au cœur puisqu’ils voient leurs filles se marier. Le mariage se poursuit puisque tu dois aussi prêter serment à la jeune femme. En choisissant cette façon de vous marier, Sora n’aura pas de cérémonie d’allégeance afin de lui donner son statut de reine. Ça, elle ne pourra le faire que lors de votre vrai mariage s’il a lieu dans un an. La cérémonie du jour vous permet beaucoup moins de contraintes et elle est aussi beaucoup moins longue. Cela tombe bien puisque la jeune femme n’a pas une grande patience et tu peux le voir quand il faut que tu dis tes vœux. Elle fronce les sourcils car cela prend trop de temps à son goût mais finalement cela vous soutire à tous les deux un sourire amusé.
-
Sora semble encore bien jeune et naïve, si bien que lorsque Mary lui parle de ta maîtresse, elle ne comprend pas. Du moins, elle ne calcule pas que cette jeune femme partage souvent ton lit mais sa curiosité la pousse à en demander un peu plus à sa nouvelle gourvenante.
« – Maîtresse.. c’est quoi ? Amie du roi ?
_ Oh oui, une grande amie si vous voulez mon avis. Elle lui offre des nuits intimes et des plaisirs sans fin..
_ Nuits intimes ? »Un sujet encore un peu vague pour la jeune femme puisqu’elle est pure et surtout elle n’a jamais osé vraiment parler de ça avec qui que ce soit. Pourtant elle sait qu’elle va devoir offrir son corps mais elle a décidé de se voiler l’esprit pour ne pas s’effrayer davantage. Cependant ce soir elle va devoir honorer son mariage et c’est vrai qu’elle ressent une peur qui gronde dans son ventre mais qu’elle réussit à dissimuler.
« – Oui, elle couche avec le roi. C’est une pratique courante ici, les rois ont plusieurs maîtresses. La reine n’est là que pour donner des héritiers mais il est coutume que les rois préfèrent aller s’amuser ailleurs qu’avec leurs épouses.
_ Je.. mais.. chez moi.. le roi doit avoir une seule femme.. C’est interdit d’avoir autres femmes..
_ Vous n’êtes plus en Norvège et vous allez devoir apprendre beaucoup de nouvelles mœurs ma chère. Les mariages d’amour n’existent pas vraiment ici et vous pouvez déjà le constater puisque vous ne connaissez pas votre époux. Par contre ses maîtresses savent presque tout de lui.
_ Il.. il y a.. beaucoup de maîtresses ?
_ Il me semble qu’il y en a quatre mais Beathag est sa favorite. »Sora se sent soudainement nauséeuse. Cette nouvelle lui donne l’impression qu’elle a finalement accepté un mariage qui va finir en fiasco. Il est vrai qu’elle a grandit dans un royaume où la polygamie est devenu un tabou et c’est bien grâce à sa mère qui a tenu à ce qu’aucune femme ne soit bafouée par son époux. Leif n’a jamais prétendu à vouloir de maîtresse mais Matoaka a vu certaines de ses amies ou ses servantes essuyer les tromperies et pour ne plus que ces femmes souffrent, elle a fait instaurer une loi sur le mariage. Une femme trompée peut demander le divorce et elle obtiendra même des compensations de la part de son ancien époux. C’est assez innovateur pour l’époque mais la reine du nord est une femme de caractère et de conviction. Elle a longuement enseigné cela à sa fille et c’est pour ça qu’en cet instant, Sora se sent mal. Elle sent qu’ici, elle risque de perdre tous les privilèges qu’elle avait chez elle mais surtout elle a l’impression qu’en devenant ton épouse, elle risque de devenir la risée du pays. Comment peut-on respecter une femme qui doit partager son époux ? Une femme qui n’est là que pour être un ventre à bébés ? Sans prévenir, la jeune femme sort de table et elle quitte la salle de banquet pour aller vers les extérieurs. Elle a besoin d’air, besoin de respirer. Les vœux ont été assez calmes mais le contre coup arrive plus tôt que prévu. Sora n’est pas seule car son départ a fait bruit, surtout aux yeux de sa mère. Matoaka rejoint sa fille dans le grand jardin mais la reine nordique sent son cœur se briser lorsqu’elle voit la crise de panique qui envahit sa petite.
« – Mon soleil, viens contre moi.. calmes toi.. qu’est ce qu’il se passe ?
_ Je ne veux pas rester ici, je ne veux plus être marié avec ce roi ! Je veux revenir à la maison et être avec vous.. je te promet que je ferai tout ce que vous voudrez Ma’ ! Mais s’il te plaît, je ne veux pas être ici..
_ Pourquoi tu dis cela mon Soleil ? Il s’est passé quelque chose ? Tout semblait aller quand tu as dit tes vœux..
_ Je vais être une esclave ici Ma’.. je.. je vais vivre un enfer.. »La jeune femme est en pleure, agrippée à sa mère. Bien sûr cela fait déjà parler et il y en a même qui ont suivi les deux femmes pour essayer d’en savoir plus mais Matoaka prend le culot de s’éloigner avec Sora pour que personne ne puisse s’interposer. Cela fait déjà jaser et rire, si bien que ton autre maîtresse Joane, s’en amuse avec d’autres compères mais elle a surtout l’audace de te piquer quand tu passes auprès d’elle avec ton air préoccupé puisque tout le monde a vu Sora s’enfuir.
« – Votre nouvelle reine n’est pas la plus brave. Elle pleure déjà dans les bras de sa mère. Votre nuit de noce risque d’être bien morne. Je vous attendrais dans le couloir si besoin mon roi. »
Beathag est toujours derrière toi et bien sûr elle lance un regard noir à sa rivale. Il y a tout de même une immense jalousie entre ses femmes de lit même si elles doivent se contenir pour dire de pouvoir rester auprès de toi. Leif est arrivé au bon moment pour comprendre ce qu’il se jouait mais au lieu de sortir l’esclandre maintenant, il préfère se taire ou du moins murmurer quelque chose à l’oreille de son bras droit. Pour Sora, sa mère a beaucoup de mal à la rassurer. Il n’y a pas que cette histoire de maîtresses qui se joue mais aussi cette nuit de noce qui a enfin retirée son voile. Faire l’amour.. c’est une chose entre deux personnes qui s’aiment mais quand on ne s’aime pas ? Quand on se connaît pas ? Qu’est ce que tu vas lui faire ? Comment fait-on pour avoir un enfant ? Oui, Sora sort soudainement de sa naïveté même si elle choisit mal le moment.
« – Je sais que tu as peur, que tu es effrayé mon Soleil et je le serai aussi à ta place. Mais qu’est ce que je t’ai appris durant toute ton enfance ? Que tu es une femme forte, une femme qui doit se battre. En Norvège, tu n’as jamais eu peur de lever une épée ou d’affronter un homme directement. Tu as toujours su être une battante et c’est ce dont je suis la plus fière.. J’avais si peur que tu te laisses manger par les autres. Alors pourquoi baisser les bras ici et maintenant ? Tu dois être encore plus battante ici et montrer la femme incroyable que tu es.. c’est vrai que tu as dû épouser un inconnu mais qui dit que tu ne peux pas être son égal ou alors même son modèle ? Tu peux l’éblouir par ta présence et tes convictions.. et pour ce qui est de la nuit de noce, je t’avoue que ça m’écœure aussi puisque ce n’est pas un homme dont tu es amoureuse mais tu peux très bien décidé de ce que tu veux mon Soleil. Tu dois t’imposer ma Sora.. je t’interdis de croire que tu n’es rien..
_ Si Ultred était encore..
_ Chut.. ne parles pas de lui.. ton cœur est encore saignant.. »Ultred.. un prénom qui n’a jamais été évoqué et pourtant il pourrait changer toute l’histoire. Sora aurait dû épouser cet Ultred. C’est un garçon qui a grandi avec elle et dont elle était fermement amoureuse. Il était devenu l’un des meilleurs guerriers de Leif et avant de partir en campagne pour piller des monastères anglais, il avait demandé la main de Sora. Cependant les mois sont passé et il n’est jamais revenu. La nouvelle de sa mort a dévasté la jeune femme il y a quelques mois.. enfin, certains disent qu’il est mort et d’autres disent qu’il a été capturé. C’est pour ça aussi que Sora a accepté de venir ici, car elle a l’espoir de retrouver Ultred dans l’une de tes prisons.
« – Sèche tes larmes.. Je préfère voir ton magnifique sourire. Je sais que tu vas tout réussir, parce que tu es la fille du grand roi Leif mais tu es surtout ma fille. Ma guerrière, ma battante, mon grand espoir. Je sais qu’ici les femmes seront bien plus importantes grâce à toi.. »
Beaucoup de personnes se retrouvent dans les jardins afin de voir ce qu’il se passe mais aussi pour trouver Sora et Matoaka. Même toi et Leif finissez par arriver. Les deux femmes sortent d’un bosquet et le visage de Sora atteste de ses larmes mais quand elles arrivent près du groupe, Matoaka tient à mettre fin à de possibles rumeurs.
« – Excusez nous pour ce contre temps. Sora se sentait mal, elle n’a pas l’habitude de votre nourriture et cela lui a causé des maux. »
Bien sûr cela va sûrement encore faire rire certaines personnes de ton entourage mais Matoaka n’allait pas donner la vraie raison devant toute cette assemblée. Leif se rapproche de sa fille et il passe une main rassurante sur sa joue, comme pour lui dire qu’il gère les choses et en soit cela est vrai puisque son bras droit a pour ordre de mettre la pression sur les fameuses maîtresses. Pour avoir un exemple concret, il compte faire en sorte que Joane soit accusée de vouloir tuer Sora. Bien sûr, tout cela se fera sans que toi ni Sora soyez au courant.
La jeune femme garde ses yeux baissés même quand l’attroupement s’éloigne. Il n’y a plus que toi et ses parents mais elle n’ose plus te regarder dans les yeux. Sa soudaine confiance d’avant vœux, a disparu en un éclair.
« – Le banquet n’est pas terminé mais ma fille est épuisée. Je propose qu’elle aille se reposer un peu. Tout ça est très intense pour elle..
_ Ça va aller Ma’. Je.. je vais retourner au banquet. Ça ne serait pas normal que la mariée ne soit pas présente. »Elle essaye de reprendre sur elle, de se redonner un peu de force. Sa mère lui a demandé d’être une battante alors il faut qu’elle retrouve cette force qui semble l’avoir quitté depuis son départ de Norvège. Ses yeux se lèvent enfin vers les tiens et elle quitte les bras de sa mère pour revenir près de toi.
« – Allons rejoindre vos sujets. »
L’enfant laisse place à la femme. En apparence. Au retour dans la grande salle, Sora a un aura différent, presque menaçant. Son regard est beaucoup plus sévère et son sourire est faux. C’est sa façon de se protéger, de paraître moins vulnérable mais cette vulnérabilité revient lorsqu’il est temps de rejoindre ta chambre. La chambre du roi.. la chambre que tu partages avec d’autres. Sora est silencieuse depuis l’épisode du jardin et c’est davantage ancré quand vous arrivez dans cette pièce. Elle a tellement de mauvais apriori et sûrement mal fondés, qu’elle a l’impression d’arriver dans une salle de torture. Elle est à mille lieux de croire que l’amour peut-être une chose bien mais c’est parce qu’elle ne connaît rien. Même un simple baiser, elle n’en a jamais partagé. Encore une fois par protection ou dépit, elle attend que tu sois de dos pour retirer l’entièreté de ses vêtements. Au moins tu fera ce que tu as à faire, elle sera peut-être enceinte et tout cela sera une sorte de cauchemar mis derrière elle. Oui, ça n’a rien de très glorieux mais ce n’est pas contre toi.. Sora n’a pas encore cette confiance et ce sentiment d’être ton alliée, ta reine. Elle est trop aveuglée par sa peur de l’inconnu. Alors oui, quand tu te retournes tu peux constater la viking complètement nue et le visage baissé. Sa peau ambrée fait ressortir des tatouages qui étaient camouflés par sa robe. Il y a aussi des cicatrices qui viennent des entraînements de combat et puis surtout ses courbes de femmes qui ne se voyaient pas vraiment à cause des robes beaucoup trop encombrantes qu’elle doit porter depuis son arrivée en Écosse. Elle est beaucoup plus belle sans aucun tissu sur sa peau mais ça elle ne s’en rend pas compte puisqu’elle n’a jamais été désiré. Son père a toujours fait en sorte qu’aucun homme ne s’approchent d’elle de trop près ou lui expriment quoi que ce soit d’autre que du respect.
« – Je suis prête.. »
-
Sora est encore sonnée par la soirée de la veille. Tu aurais pu la souiller mais non, tu as été un homme bon et tu as décidé de lui laisser le choix. Peu d’hommes auraient fait ce choix, surtout en sachant qu’elle s’était mise à nu devant toi. La jeune femme n’a pas su tenir sa langue et elle en a parlé à sa mère, si bien que lorsque tu les rejoins pour le déjeuner, Matoaka semble bien moins sévère envers toi. Tu respectes sa fille et c’est quelque chose qui te fait monter dans son estime. Elle a bien moins peur de repartir, surtout que le départ sera pour ce soir mais bon, elle compte encore te surveiller durant la journée pour voir si elle fait bien de te donner un peu de confiance.
Après la petite altercation avec ce vieux bonhomme, tu proposes une sortie pour visiter les alentours de la ville et bien sûr ça ravie la jeune femme. Surtout que vous allez le faire à dos de cheval. Pour ce qui concerne ta question, elle pince légèrement ses lèvres car il y a quelque chose qu’elle aimerait te demander.
« – Et bien.. la chambre est très bien mais.. la gouvernante ne veut pas que je garde mon petit loup dans la chambre.. C’est un cadeau de mon frère et j’aimerais beaucoup l’avoir auprès de moi.. »
C’est vrai, son louveteau est enfermé dans un étable puisque les animaux sont interdits dans le château. Cela peine Sora mais elle doit accepter les règles cependant si elle peut tenter de récupérer son acolyte, cela pourra certainement lui donner un peu plus de baume au cœur. La jeune femme n’ose par contre pas t’avouer que durant la nuit elle s’est réveillée et qu’en te voyant endormi sur ton bureau, elle a posé une couverture sur tes épaules. Elle n’a pas non plus osé te réveiller.. Il faut dire qu’elle n’a pas encore pris ses marques ici alors elle est timide, presque effacée mais ça ira mieux quand elle se sentira moins perdu.
« – Nous allons.. bientôt partir en balade ? J’ai tellement hâte de vi.. visiter ! Et on va voir.. les gens d’ici ? À Kattegat, on est beaucoup avec les gens de la ville.. hm.. ils mangent avec nous parfois.. »
Elle essaye d’expliquer que chez elle, la famille royale est très proche de son peuple mais bien plus que dans d’autres royaumes. Ici les mœurs sont différentes et elle va vite s’en rendre compte, ou pas. La demoiselle vous précipite un peu pour aller à cette balade et aussi retrouver cette magnifique jument que tu lui as offert. Son entrain fait sourire certains de tes gardes, surtout lorsqu’elle monte sur sa monture sans prendre la peine de la sceller. Elle a l’habitude de grimper sur des chevaux sauvages alors pourquoi s’embêter avec des appareillages qui doivent sûrement gêner la bête ? Sora se penche pour murmurer quelques mots à la jument et après cet échange, les deux sortent de l’écurie pour t’attendre à l’entrée du château.
« – Ma dame ! Vous ne pouvez pas partir ainsi, sans un garde auprès de vous ! »
Lance justement l’un des gardes qui prend le galop pour rejoindre Sora mais la jeune femme lève les yeux au ciel puisqu’elle n’a pas besoin de quiconque pour la surveiller. Cependant elle attend quand même ton arrivée pour sortir du château et pour que vous puissiez avancer vers la ville. Il y a déjà du monde qui attend pour vous voir ou plutôt voir ta nouvelle épouse. Certains sont sceptiques à cause de sa couleur de peau alors que d’autres semblent charmés par la jolie nordique. Sora remarque même un groupe d’enfants qui ont des bouquets de fleurs et logiquement elle devrait continuer d’avancer mais sans prévenir, elle s’arrête et descend de sa jument pour venir à la rencontre de ces petits écossais.
« – Oh.. la nouvelle reine ! Vous êtes belle madame !
_ Merci petit homme. Tu.. t’appelles comment ?
_ Angus ! Vous, je sais que c’est madame Sora parce que tout le monde parle de vous ! Et en plus j’ai des fleurs pour vous madame.
_ Tu es déjà un grand homme Angus. Je te.. remercie pour ce cadeau. »Sora est attendrie et elle ose même embrasser le front du petit garçon. Cette scène est rare pour le peuple mais surtout elle semble attendrir les cœurs. Sora récupère le bouquet mais elle offre plusieurs poignées de main aux enfants qui veulent l’approcher. Ton bras droit grogne un peu car il est logiquement interdit de rester trop longtemps auprès du peuple, par peur que quelqu’un puisse s’en prendre à toi mais là, ce n’est pas vraiment toi qui est convoité.
« – Aidez nous ma reine.. nous avons faim et les taxes sont si élevées.. »
Lance une mère de famille qui a un piteux état physique. Sora hoche la tête bien qu’elle ne dit rien oralement mais si elle peut aider le peuple à mieux vivre, elle n’hésitera pas à te faire front. Elle a vécu en telle proximité avec les nordiques qu’il est normal pour elle de faire des paysans une priorité. La jeune femme finie quand même par remonter sur son cheval mais elle se fait attraper la main par quelqu’un de bien moins agréable puisqu’il est comme l’homme de ce matin, il déteste les nordiques.
« – Traînée ! Tu vas voler notre pays ! Vous n’avez pas assez fait de ravage, vous les chiens du nord ! Maintenant vous prenez notre traître de roi !
_ Lâchez moi ! »Elle le repousse avec son pied mais de toute façon cet homme se fait attraper par des gardes. Ce premier contact montre deux aspects des habitants. Ceux qui l’acceptent et ceux qu’elle va devoir convaincre. La jeune femme revient près de toi puisqu’il faut continuer la balade mais elle fait un peu plus attention puisqu’elle a compris qu’ici, les gens ne sont pas comme chez elle.
« – Vous n’allez pas beaucoup.. vers votre peuple ? Je suis quand même désolé.. car je sais que les vikings ont.. fait beaucoup de mal ici.. »
Et ça ne date pas d’hier. Les raides ont commencé il y a une centaine d’années et les nordiques se sont fait plaisir dans cette région comme dans celle d’anglicie. Leif en avait parlé à sa fille et elle sait ô combien les nordiques peuvent être sans pitié. Elle va devoir quelque peu racheter la conduite de son peuple mais pour l’instant elle doit aussi cerner le tien.
« – Duda m’a dit que vous aviez des.. hm.. festivals ? Vous y participez ? J’aimerais beaucoup voir ce que c’est ! »
Les fêtes sont une chose sacrée chez les nordiques, Sora adore en faire partie même si elle a toujours été mesurée jusqu’à présent. Ses parents lui ont interdit de boire de l’alcool mais bon, maintenant qu’elle est mariée, elle est considérée comme adulte. En tout cas cette balade ravie la jeune femme car les gens sont beaucoup plus accueillant qu’elle ne l’aurait cru. Vous allez jusqu’à des paysages qui donnent un avant goût des highland et cela plaît énormément à la jeune femme. Toute cette nature vierge l’impressionne. Les falaises qui donnent sur la mer aussi. Elle se retrouve moins dépaysée devant tant de beauté. Elle espère même que vous pourriez aller un peu plus loin dans les terres prochainement mais là, il faut rentrer pour qu’elle puisse passer les dernières heures avec ses parents. Son sourire décroît car elle ne veut pas qu’ils s’en aillent mais son père est roi, il ne peut pas rester loin de son pays pendant des mois. Ce soir la jeune Sora sera officiellement seule ici et c’est ce qui lui fait le plus peur. Vers qui se tourner quand ça n’ira pas ? Est-ce que le fait d’être seule va durcir sa vie ? Est-ce qu’elle arrivera à garder la tête haute ? La princesse ne quitte pas d’un centimètre sa mère et elle a les yeux qui menacent de déverser des cascades de larmes. Matoaka en a gros sur le cœur mais elle doit accepter cette séparation et elle doit surtout rassurer sa fille.
« – On se reverra le plus vite possible ma petite fleur.. Je compte être là pour ton anniversaire. Mais il va falloir que tu te montres fortes et puis je suis certaine que tu vas aimer cet endroit.. Ce n’est pas la Norvège mais tu as tellement à apprendre ici et aussi à enseigner. En plus je pense réellement que le roi sera bienveillant envers toi.. Ton père semblait savoir à qui il confiait sa jolie perle de fille..
_ Oui mais vous allez tellement me manquer.. je.. j’ai jamais vécu sans vous.. je vais être seule ici..
_ On sera toujours dans ton cœur mon Amour. Et puis tiens.. »Matoaka sort un collier qu’elle avait prévu d’offrir à sa fille pour que celle-ci puisse la sentir auprès d’elle chaque jour. Mais est-ce que cela sera suffisant ? Le départ doit se faire avant le coucher du soleil et Sora reste près de toi quand les bateaux s’éloignent. Elle est dévastée mais elle essaye de ne rien montrer car une reine n’a pas le droit de pleurer en public. Durant le dîner, elle n’arrive pas à avaler un seul morceau de son assiette et quand il faut regagner la chambre, elle peut enfin laisser ses émotions la gagner. C’est dur.. c’est effrayant.. c’est la première fois qu’elle se retrouve réellement éloignée de toute sa famille et aussi de ses proches. La jeune femme t’a fait part de son envie d’être seule pour ne pas que tu vois sa peine mais en réalité elle a besoin de quelqu’un. Elle a besoin d’une personne pour ne pas se sentir isolée, abandonnée. Il est tard quand elle passe par la porte cachée qui donne vers ta chambre. Tu es dans celle-ci, posé à ton bureau mais tu te relèves en voyant ta jeune épouse s’approcher. Celle-ci s’avance timidement mais elle ose se glisser dans tes bras et aussi nicher son visage contre ton torse.
« – Dor.. dormez avec moi.. s’il vous plaît.. je ne veux pas être seule ce soir.. »
-
Sora semble avoir retrouvé un sourire depuis le matin. Tu sembles savoir comment lui redonner du baume au cœur et cet escapade d’entraînement est une occasion de lui faire encore plus plaisir. Elle avait l’habitude d’accompagner son père, son frère ou sa mère pour les entraînements. Pas forcément pour utiliser l’épée mais elle aimait voir l’art du combat et en apprendre un peu plus sur les mouvements à avoir, les tactiques, les stratégies pour faire tomber l’ennemi. Elle n’a pas une force colossal mais comme Matoaka, Sora est une grande stratège qui sait prendre le dessus en usant des faiblesses des autres mais pour cela elle doit se montrer observatrice. C’est ce qu’elle fait lorsque tu te mets à t’entraîner mais la demoiselle a quand même un coup de chaud lorsque tu te mets torse nu pour t’entraîner. On ne peut pas nier que tu es un très bel homme cependant les paroles de Gurney lui permettent de ne pas trop baver sur la vision que tu lui offres.
« – j’accepte que vous ayez un œil sur moi Gurney. Je ne peux qu’être honoré d’une telle chose.
_ Je vous remercie ma dame.
_ Vous pouvez m’appeler Sora, chez moi nous n’avons pas vraiment de distinction lorsque nous sommes amis. »La jeune femme offre un doux sourire à Gurney mais son sourire s’accroît lorsque tu lui proposes de s’entraîner. Elle avait un peu prévu la chose puisqu’elle a mis une tenue qui est plus en adéquation avec cette tâche, même si cela choque un peu tes hommes. Elle n’a pas de robes à jupons mais une tunique en lin et un pantalon. Elle a même attaché ses cheveux en longues nattes pour ne pas être gênée. Alors oui, Sora descend très vite de sa jument avec ton aide mais il y a déjà des rires qui se font entendre de la part de certains de tes hommes. Une femme qui se bat ? Chez vous ce n’est pas quelque chose d’enviable. Tes hommes ne se bousculent pas pour affronter Sora, sûrement par peur de lui faire mal et d’avoir ta colère. Il y en a même un qui ose dire ce qu’il pense. Le grand Hugh. Un écossais assez grand et musclé qui est l’un de tes meilleurs éléments.
« – Pardonnez moi mon roi mais on ne peut s’entraîner avec votre épouse.. il serait mal vu de lui causer du tort. Elle est si petite et si fine.. même face à Tim, elle risquerait de se faire mal. »
Quelques hommes pouffent de rire alors que ce fameux Tim fronce les sourcils. C’est un jeune adulte qui vient de commencer les entraînements et qui est très maladroit. Il se fait souvent charrier par les autres. Sora aussi fronce les sourcils puisqu’elle comprend que ce Hugh ose se moquer d’elle. Heureusement qu’elle ne démarre pas au quart de tour comme son père ou son frère car ce bonhomme serait déjà au sol avec l’épée contre sa gorge.
« – Qui vous dit que je ne vous battrai pas ?
_ Je ne veux pas vous contrarier ma dame mais les femmes n’ont pas la force des hommes, ni leur dextérité. Vous êtes bien plus raffinée et plus fragile.
_ Fragile ? Pourtant c’est une femme qui a sorti de son ventre un homme comme vous. Vous voyez, c’est pour cela que mon peuple est invincible.. Je ne mets pas en doute vos capacités à vous battre mais chez nous, les hommes connaissent la valeur de leurs femmes et en faisant d’elles leurs égales, nous réussissons à faire tomber des légions d’hommes.
_ Ma.. c’est surtout que les nordiques sont des barbares.. »Sora fronce encore plus les sourcils. La fille de Leif a quand même un sang bouillant et il suffit de l’un de tes regards pour qu’elle aille vers cet homme. En quelque sorte, tu lui donnes ton consentement pour qu’elle montre ce qu’elle vaut. Hugh pince ses lèvres pour ne pas rire puisqu’il sait que la jeune femme veut se battre mais il ne sort pas son épée. Croit-il qu’elle va simplement le gifler mais non, Sora sort deux petites haches de l’arrière de sa ceinture et en une fraction de seconde, elle se retrouve près du géant et elle lui donne un coup dans les côtes, ainsi que dans l’arrière des genoux pour le faire tomber. Tes autres hommes se reculent, laissant Hugh dans sa bêtise. Hugh n’apprécie pas cet affront et là, il pense enfin sortir son épée mais Sora ne lui laisse toujours pas le temps de répliquer. Avec vivacité et agilité, elle lui donne des nouveaux coups qui font tomber le colosse sur le sol. Une hache contre le dos, l’autre contre la nuque, Hugh ne peut plus bouger sous peine d’être tué.
« – Nous ne sommes pas des barbares ! Nous sommes simplement des guerriers. On ne se contente pas d’un entraînement entre plusieurs banquets ! On apprend à manier les armes dès notre plus jeune âge et si on le fait, c’est pour protéger les nôtres !
_ Oui oui.. c’est bon ! J’ai compris !
_ Vous ne comprenez rien ! Puisque vous voyez en moi un simple outil pour faire des enfants et porter des robes mais croyez moi, je serai toujours plus forte que vous. Parce que contrairement à vous, je ne juge pas les gens à leur physique ou leurs statuts. »Cette fois-ci, tes hommes préfèrent se moquer d’Hugh. Même Gurney ne retient pas son rire. C’est parce que tu t’approches que Sora cesse de faire pression sur Hugh mais celui-ci ne réplique pas puisque tu es là. Il se relève et bougonne entre ses lèvres alors que Sora range ses haches.
« – Vous pourriez entraîner nos femmes, nos sœurs ou nos filles ? »
Cette question vient d’un autre homme. Un homme bien plus âgé mais qui a une particularité. Il porte un kilt et un tartan des Highland. Les highlander préfèrent rester dans leurs coin mais certains doivent te servir, comme celui-ci. Malcolm est souvent en retrait et il parle peu mais il semble apprécier la vision de Sora et surtout le fait que les femmes aussi puissent se défendre.
« – Si elles me le demandent alors oui, j’en serai ravis. »
Ils s’offrent un signe de tête et Sora finit par se tourner vers toi. Ton air amusé la fait un peu rougir car elle vient quelque peu de montrer une facette de son caractère devant toi mais aussi tes hommes. Celle d’une femme de conviction. Tes hommes se remettent à l’entraînement sous l’ordre de Gurney alors que toi et Sora, vous vous observez silencieusement comme si cela vous permettez de vous déchiffrez l’un et l’autre.
« – Mon père avait raison lorsqu’il m’a dit que vous saviez manier l’épée.. mais vous ne regardez pas assez derrière vous.. c’est son tort aussi. Ma’ a dû passer des journées à lui apprendre à être plus sur ses gardes et à s’imprégner de son environnement pour n’oublier aucun détail.. je peux vous apprendre si vous voulez et en contrepartie je veux bien que vous m’apprenez à être plus à l’aise avec l’épée.. »
La jeune femme sourit timidement. Elle est une bonne guerrière mais elle a encore beaucoup à apprendre, par contre c’est vrai que c’est sa mère qui l’a surtout guidé dans les combats alors Sora a une facilité déconcertante à savoir se faufiler et contrer les autres. Il faut dire qu’elle use un peu de son côté amérindien.. le vent, la terre, les plaines, les montagnes.. elle analyse tout et ressent tout afin d’être la plus ingénieuse et légère.
Vous allez donc un peu plus loin. Même beaucoup plus loin puisque vous partez à la lisière d’un bois. Sora te fait signe de ne pas faire trop de bruit, non pas qu’elle a peur de possibles voleurs mais parce qu’elle veut que tu entendes tous les bruits de cette nature.
« – Je tiens à m’excuser d’avoir été aussi désinvolte envers votre soldat.. Je n’ai pas su garder mon calme. Je n’aime pas que l’on puisse juger aussi facilement. Et puis il était très vaniteux.. »
Elle s’est un peu emportée mais c’est quand même assez léger car elle aurait pu être plus virulente si elle avait plus ses aises. Justement, ça se sent qu’elle est encore intimidée surtout en ta présence. Vous arrivez dans une clairière et elle hésite à se rapprocher pour te montrer comment te fondre avec l’environnement mais finalement c’est le bruit d’un animal non loin qui l’aide à faire son petit cours auprès de toi. Sora te fait signe de ne plus bouger et elle pointe du doigt un petit renard qui passe non loin de vous. Il aurait été difficile de le cerner puisqu’il est bien caché et qu’il ne fait pas le moindre bruit mais la brune te montre ensuite une sorte de petit trou dans un coin de la clairière, ce qui signifie qu’il y a un terrier de lapins.
« – Il part chercher son repas.. mais je veux surtout vous montrer que tout doit être observé. En sachant ce qui vous entoure, vous aurez toujours l’avantage sur vos ennemis. Même si ce n’est pas vos terres. Vous voulez un autre exemple ? Essayez de m’attraper.. »
Il y a un air de défi dans son regard mais elle a assez contemplé les alentours pour ne pas se laisser prendre. Tu dois la trouver naïve sur l’instant car c’est un simple jeu de chat et de la souris mais très vite Sora montre qu’elle n’est pas qu’une petite souris. Elle se recule rapidement et le jeu commence quand tes mains s’étirent vers elle. La belle métisse s’éloigne encore jusqu’à ce qu’elle se mette à courir autour de toi pour te désorienter. Ça paraît toujours enfantin mais elle réussit à te diriger comme elle le souhaite, si bien qu’en quelques minutes, tu finis au sol car ton pied s’est pris dans un morceau de bois, comme elle l’avait souhaité. Sans t’avoir touché et sans que tu ne l’as touché non plus, Sora a réussi à gagner ce jeu. Elle en rit aux éclats et elle te tend sa main pour t’aider à te relever mais à son tour elle tombe. Allongée sur toi, ses joues deviennent pourpre mais elle a encore un rire amusé.
« – J’ai réussi à faire tomber le roi sans aucune armes et sans même le toucher.. alors est-ce que vous voulez en apprendre encore plus ? Je suis certaine que vous en deviendrez invincible. »
La demoiselle devrait se relever mais son regard se perd dans tes yeux d’un bleu foncé. Il faut dire qu’elle ne les avait pas encore vu d’aussi près depuis votre rencontre. Elle voit aussi mieux les lignes de ton visage. Des traits tiraillés par la fatigue, une légère barbe de trois jours et aussi des lèvres charnues. Sora n’a jamais eu son visage aussi proche d’un homme, même si elle était avec Ultred et qu’ils s’aimaient. Elle aurait pu l’embrasser et même lui offrir sa virginité mais par principe, elle s’était toujours refusée à cela. Elle tenait à ce que ses lèvres et son corps lui soient offerts lorsqu’ils seraient mariés mais aujourd’hui ? Il n’y a plus d’ultred et elle est mariée à toi. Cette légère pensée la fait encore plus rougir car bien évidemment, il faudra bien qu’un jour elle s’offre à toi. Pourquoi ne pas commencer par un chaste baiser ? Juste pour essayer.. pour aussi tenter de savoir si cela procure une sensation. Sora pose timidement sa main sur ta joue et ses lèvres sur les tiennes. C’est vraiment timide, presque trop rapide. Elle relève un peu son visage pour voir si elle ne t’a pas offensé en osant ce geste mais non. Au contraire, tu as un petit sourire bienveillant. Alors elle repose ses lèvres sur les tiennes avec un peu plus de confiance, sans se douter qu’elle va obtenir son premier vrai baiser. L’échange pourrait être simple. Seulement un smack de courtoisie mais tout prend un autre tournant quand tu prends un peu plus le dessus sur la demoiselle. Tu lui montres ce qu’est un vrai baiser. Tu lui offres sa première sensation intime. Son cœur accélère, son ventre se met à picoter. Oui, elle ressent quelque chose qui est de plus en plus fort à force que vos lèvres et vos langues se découvrent. Le souffle s’intensifie et cela devrait faire stopper l’échange mais non, il continue.
« – Mon roi ? Oh.. pardon.. »
Gurney est là. Il est venu vous chercher parce qu’il va falloir retourner au château. Sora se retire bien vite de toi et elle s’éloigne comme si elle avait fait une grosse bêtise. Ce n’est pas le cas, au contraire, ce qu’elle vient de vivre a été.. si intense.. mais avoir été prise sur le fait, cela la chamboule tellement que durant le trajet retour, elle reste très silencieuse. Même lorsque vous arrivez au château, la jeune femme se fait discrète, si bien qu’elle part dans sa chambre sans même que tu ne le remarques. De toute façon, elle doit aller se changer pour le souper. Troquer sa tenue de guerrière pour une robe de reine. Sa dame de compagnie vient l’aider pour la coiffure mais Sora a le droit à une nouvelle surprise. Une nouvelle gouvernante, beaucoup plus jeune et beaucoup plus agréable que l’ancienne. Sophie, une française qui vous a été offert par le roi français en guise de cadeau de mariage. C’est aussi une jeune femme qui connaît très bien la belle sœur de Sora, la fameuse charlotte de France. Sora ne peut que se sentir un peu plus en confiance et à l’aise.
« – Vous avez vécu avec Charlie ? Vous la connaissez bien ?
_ Nous sommes de grandes amies car ma mère était sa gouvernante.. alors nous avons grandi ensemble, un peu comme des sœurs. Parfois elle m’envoie des courriers, ou elle me raconte ses péripéties dans votre pays. C’est même elle qui a eu l’idée de me faire venir ici car elle savait que je serai bien plus utile à vos côtés qu’à la cour de France.
_ Je vous remercie toutes les deux.. ça me fait tellement plaisir d’avoir quelqu’un qui est un peu proche des miens. Et puis j’adore Charlotte. C’est une fille si gentille et si forte.
_ C’est une grande aventurière, si bien qu’elle a rencontré votre frère lors d’un voyage et qu’elle a persuadé son père de la marier avec un nordique !
_ Ils ont une histoire atypique.. un coup de foudre que l’on rêverait toutes d’avoir..
_ Vous n’avez pas eu la même histoire mais j’ose espérer que l’amour vienne enlacer votre mariage.
_ C’est difficile quand on ne connaît pas la personne.. et puis quand il a déjà un passé.. J’ai cru comprendre que mon époux a déjà eu un grand amour..
_ Mais rien ne dit qu’il ne peut pas avoir un encore plus grand amour. »Sophie se veut confiante et douce avec la jeune Sora. Elle veut aussi lui offrir de l’espoir et du réconfort. Cela suffit pour que Sora arrive dans la salle de dîner avec un nouveau sourire. Son sourire est beau mais sa beauté est resplendissante. ( https://pin.it/4D0KqNwv1 ). Les personnes lui font une révérence lorsqu’elle entre et quand elle se retrouve face à toi, elle repense au baiser échangé dans le bois mais là, elle ne peut plus se faire petite ou se cacher.
« – On m’a dit que ce soir nous avions un invité de marque.. alors j’ai mis une robe un peu plus.. fastidieuse. C’est votre cousin d’Irlande ? »
Elle prend ton bras et pour beaucoup, quelque chose semble évident ce soir. À deux, vous êtes magnifiques et surtout vous dégagez quelque chose d’incroyable. Comme si vous ne pouvez briller qu’en étant l’un auprès de l’autre. Cela agace même une certaine Beathag mais elle ne peut pas jouer la charmeuse puisque son époux est dans la salle. Sora ne remarque pas les regards piquants de la maîtresse, elle est bien trop prise par ton propre regard qui brille.
-
La soirée fut assez agréable car malgré certains regards peu confiants, Sora a su se mélanger aux invités et elle a su se faire apprécier. Il y a même des réticents qui ont changé de fusils d’épaule après avoir passé un peu de temps avec la nouvelle reine. Elle ne semble pas si sauvage comme beaucoup l’aurait pensé, au contraire elle dégage une douceur et une grâce qui étonne. Il y a même certains hommes qui lui déclarent que le roi a bien trop de chance et justement, durant cette soirée Sora a plusieurs fois remarqué tes regards insistants, mystérieux. Est-ce simplement pour la surveiller ? Bien sûr, elle a toujours en tête ce baiser qu’elle a osé tenter mais étant encore très ingénue, elle ne pense pas que cela a pu te perturber. Après tout tu as déjà eu des femmes dans ta vie alors qu’est-ce qu’un baiser d’une jeune femme ? Pas grand chose. Enfin, pour toi mais pour elle c’est aussi une source de pensée qui lui revient plusieurs fois en tête durant la soirée. Heureusement qu’elle va de bras en bras et qu’elle est un peu éloignée puisqu’elle aurait passé son temps à rougir.
Lorsque tu viens lui dire que tu te retires, elle hoche la tête mais non sans une petite moue puisque tu déclares que tu vas encore travaillé. Depuis son arrivée ici, tu ne fais que dormir sur ton bureau et elle n’aime pas ça puisque ce n’est pas sain. Pourtant elle accepte mais promet de ne pas aller se coucher trop tard. Elle termine juste sa conversation avec Mary.
« – Le roi Tomas travaille énormément, ça a toujours été. Il veut le meilleur pour son pays alors il ne compte pas ses heures mais vous allez finir par le remarquer.
_ Je l’ai remarqué car il finit par s’endormir contre son bureau.. il devrait tout de même penser à se reposer, cela lui serait bénéfique.
_ Il est têtu.. Spencer lui a déjà dit de prendre un peu de temps pour lui mais il ne le veut pas. Après vous êtes sa jeune épouse, peut-être que vous pourriez le faire changer d’avis.
_ Je vais essayer.. »Mary est aussi une bonne compagnie et Sora lui promet de revenir la voir le lendemain, cependant pour ce soir elle prend à son tour congé. Gurney arrive près d’elle pour la mener vers sa chambre et durant ce petit trajet, Sora en profite pour lui poser quelques questions.
« – Ce château est immense.. J’ai entendu dire qu’il est très vieux. Vous savez depuis combien de temps il est debout ?
_ Plus d’une centaine d’années ma dame. Il se dit que ce sont des nordiques qui ont posé la première pierre mais les puristes veulent réfuter cette idée. En réalité, nous savons tous que le peuple écossais est en parti un peuple de chez vous et beaucoup en sont fières, comme les Highlander. Dans le sud, donc en anglicie et aux pays de gale, ce sont des peuples romains principalement alors qu’ici, les nordiques et les celtes ont su résister à ces romains.
_ C’est vrai ? Nous avons les mêmes racines ?
_ Oui et c’est ce qui fait de nous un peuple beaucoup plus authentique que celui de sud. Il y a donc beaucoup de conflits avec les hommes de l’Est anglie ou même du wessex car ils n’acceptent pas nos façons de penser. Tomas essaye de rassembler toutes les régions de l’Anglicie mais c’est un travail très difficile.
_ Il réussira.. Il semble vraiment vouloir le bien pour son peuple et il semble être un leader. Quelqu’un qui est devant ses troupes et non derrière.. C’est une grande qualité.
_ Votre père agit de la sorte.. Comme un leader. C’est pour cela qu’il est l’un des plus grands roi et que Tomas tenait à se rapprocher de lui.
_ C’est vrai que Duda a toujours été en avant même si cela ne plaît pas forcément à Ma’. Mais les grands guerriers doivent montrer l’exemple n’est-ce pas ?
_ C’est la plus grande arme d’un très grand guerrier. »Ils arrivent devant la chambre de Sora et la jeune femme offre une révérence à Gurney afin de la remercier. L’homme repart une fois qu’il est certain que Sora est en sécurité. La demoiselle se retrouve seule dans sa grande chambre, quoi que Lune vient lui faire la fête. La petite louve sautille, jappe et fait surtout rire Sora qui n’arrive pas à avancer.
« – Il faut aller se coucher miss Lune. Demain nous irons faire une grande promenade mais là, il faut se reposer. »
Sora amène Lune vers la couchette qui lui a été installé mais la demoiselle fait une petite moue car elle pense de nouveau à toi et au fait que tu vas vraiment finir par être épuisé. Sora laisse sa louve seule et elle part vers la salle d’eau que tu lui as fais installer. Elle se met à préparer un bain chaud mais pas pour elle, pour toi. La nordique a souvent vu sa mère préparer des bains pour Leif mais elle sait aussi à quel point cela peut faire du bien alors quand tout est prêt, elle prend le passage secret pour rejoindre ta chambre. Comme prévu, tu es au bureau et tu es concentré sur une lecture mais le bruit de la porte cachée, te sort de tes songes. Sora apparaît dans ta chambre et elle se rapproche timidement.
« – J’ai préparé quelque chose pour vous.. vous voulez bien me suivre ? »
Elle n’en dit pas plus pour ne pas que tu déclines maintenant. Sora te tend sa main et quand c’est bon, elle fait chemin inverse pour que vous alliez dans sa salle d’eau. Il y fait chaud à cause de la buée mais il y a aussi une douce odeur de fleurs puisqu’elle en a mis dans l’eau. Quelques bougies éclairent la pièce, ce qui rend l’endroit plus apaisant.
« – Vous devez vous reposer un peu.. Même Gurney m’en a parlé. Un bain vous fera le plus grand bien, ça va détendre tous vos muscles. Vous savez, il faut savoir prendre du temps pour sois surtout quand on a autant de responsabilités comme vous en avez. Plus vous serez fatigué et moins vous serez efficace. »
Elle fait quelque peu les yeux doux pour que tu acceptes sa demande et il faut croire que cela fonctionne puisque tu hoches la tête. Cependant tu dois te mettre nu pour entrer dans l’eau alors rapidement Sora se tourne pour être de dos à toi mais elle en a quand même les joues rouge.
« – Mon père prend beaucoup de bain et il essaye aussi d’avoir de bonnes nuits.. en réalité ma mère ne lui laisse pas trop le choix mais cela se voit lors de ses entraînements ou les grands moments car il est beaucoup plus concentrés et vif d’esprit. Ce n’est pas très bien de s’épuiser comme vous le faites, surtout à votre âge.. »
Elle comprend que tu es dans l’eau puisque ton corps fait un bruit en glissant dans la cuve. La mousse cache le bas de ton corps alors elle peut se permettre de se retourner. Encore les joues rouges, Sora se rapproche et elle vient se mettre derrière la cuve pour pouvoir masser tes épaules.
« – Vos affaires peuvent attendre, votre santé non.. »
La demoiselle sent que tu as les muscles totalement tendus mais elle remarque aussi que ta peau frissonne. C’est la première fois qu’elle masse un homme et surtout un homme nu mais bon, tu es son époux alors bon, elle ne se laisse pas envahir par la peur. De toute façon tu as démontré plusieurs fois que tu étais un homme bon, un homme en qui elle peut avoir une aveugle confiance.
« – J’ai beaucoup aimé cette soirée.. Les gens ont quand même été très accueillant avec moi et très gentils. Je sais que beaucoup restent hostiles à cause de ma provenance de Norvège mais j’ose espérer les faire changer d’avis. Je ne veux pas qu’ils continuent de me voir comme une ennemie.. »
Elle sent que tu te détends, que ton corps se lâche. Sora masse aussi ta nuque mais en même temps, elle observe les tatouages que tu as ainsi que quelques cicatrices qu’il y a dans ton dos. Tu as une musculature impressionnante et c’est compliqué de rester insensible à cette vue.
« – Je suis étonné de voir des tatouages sur vous.. c’est rare. Cela est souvent associés aux vikings ou alors aux hommes d’Afrique. Vous avez beaucoup voyagé ? Vous savez que je sais faire des tatouages ? J’en ai fais quelques uns sur mon frère et.. quelques guerriers. »
Ultred.. elle a tatoué son bras en entier mais il faut qu’elle cesse de penser à lui. De toute façon, est-ce qu’elle arriverait vraiment à le retrouver ici ? Même s’il est enfermé en prison, Sora ne pourra pas toutes les visiter. Elle doit se concentrer sur toi. Avec ce moment, c’est ce qu’il se passe mais la demoiselle entend que ta respiration se fait plus calme. Tu dors ? Elle se redresse un instant pour voir si c’est le cas mais ce sont surtout vos visages qui se retrouvent face à face comme dans l’après-midi. Sora y a pensé ce soir mais elle a surtout évité d’en parler. Gurney lui a permis de fuir la conversation.
« – Je.. voulais m’excuser pour cet après midi.. Du moins, je ne voulais pas vous offenser. J’aurai du vous demander l’autorisation ou même, ne rien faire.. Ce.. n’est pas très poli de ma part. C’est que.. non.. enfin si.. je.. je voulais essayer.. mais.. je.. pardon.. pardonnez moi.. c’était vraiment indélicat de ma part. »
Elle baisse son regard et se recule de façon maladroite puisqu’elle manque de tomber au sol.
« – Tout va bien ! Je.. oui je vais aller préparer votre lit ! Vous devez vous octroyer une nuit de repos. Je.. vous attend là bas ! »
La jeune femme prend vite la poudr d’escampette pour aller préparer ton lit en retirant les draps et en tapotant les oreillers. Cela l’occupe un instant mais elle ne sait pas si ce soir elle peut se permettre de revenir dans ton lit comme la veille. De toute façon elle a encore sa robe, il faut aussi qu’elle aille se laver et se changer. Lorsque tu arrives, elle s’apprête à quitter ta chambre mais en voyant que tu ne vas pas vers ton lit, elle fronce les sourcils.
« – Oh non non.. au lit ! Je.. je vais venir avec vous ! Pour être certaine que vous n’allez pas travailler ce soir. Laissez moi quelques instants pour me préparer. J’espère vous retrouver coucher quand je reviendrais. Sachez une chose, je peux être très têtu aussi ! »
Elle étire un fin sourire et elle repart vers sa chambre. Sora compte prendre soin de toi même si ça semble te gêner. Personne ne prend soin de toi et de ton confort ? Ou alors tu le refuses ? Dans tous les cas, ta jeune épouse veut s’affairer à ton bien-être alors elle se dépêche de revenir pour te rejoindre dans cet immense lit royal.
-
Cette soirée partait sur une note qui chamboulait Sora car tes mots, ta douceur, ta façon de vouloir la rassurer, ça commençait à réellement faire son impact sur le cœur de la demoiselle mais cette problématique avec ton cousin et Spencer, a fini par la contrarié. Sa mère lui avait déjà parlé des problèmes liés à un peuple qu’il faut conquérir.. Lorsqu’elle est arrivée sur les terres Nordiques, Matoaka n’était pas la bienvenue et elle a mis des années à se faire accepter. Son physique et ses traditions n’avaient rien à voir avec les vikings alors elle était facilement la proie des personnes mal intentionnées. La reine nordique a prévenu Sora que ça serait peut-être la même chose pour elle lorsqu’elle se marierait avec toi car le peuple anglais n’apprécie pas énormément les nordiques mais encore moins une nordique à la peau caramélisée. Sora devra encore plus s’imposer que sa mère puisque ton peuple ne peut pas oublier les nombreux carnages qu’on fait les ancêtres de Sora sur vos terres. Alors oui, la jeune femme est contrariée quand tu lui expliques que Liam a fait une sorte de rébellion contre elle. Spencer a défendu l’honneur de la brune mais elle se sent triste.
« – Je remercierais Spencer demain et je m’excuses.. vous.. enfin tu disais que tu ferais tout pour me protéger et défendre la personne que je suis mais je m’excuses déjà du tord que ma venue va te causer.. Tu.. tu auras certainement de nouveaux ennemis à cause de ça.. »
Mais tes bras viennent l’entourer et la bercer pour la réconforter. La jeune femme se laisse aller contre ton torse nu et bien que cela la fait rougir car c’est une des premières fois qu’elle se retrouve dans cette situation, elle finie par se détendre et s’endormir. Toi aussi tu t’endors, pas sur ton bureau cette fois-ci. Au petit matin, tu es même encore dans le lit et pas déjà à t’affairer au travail. Sora est allongée de côté et elle t’observe dormir comme un bébé. Cela te donne encore un autre visage, une autre personnalité. Sora ne voit pas le roi qui est sur tous les fronts pour que son royaume se porte bien mais elle voit un simple homme qui est épuisé mais qui est aussi horriblement mignon. Oui, c’est sûr que tu ne la laisses pas dans l’indifférence même si avant de venir ici, elle voulait te détester de tout son cœur.
Ce doux moment cesse quand la porte de ta chambre s’ouvre. Sora relève son regard mais elle se redresse rapidement en fronçant les sourcils. Bea.. cette maîtresse imprudente et surtout sans jugeote. La blonde est entrée en pensant que tu étais seule et elle a mis une tenue des plus explicites. Une simple robe qui laisse paraître sa nudité et sa poitrine énorme. Elle pensait sûrement t’offrir un réveil coquin mais au lieu de cela, elle se met aussi à froncer les sourcils puisqu’elle voit la nordique dans ton lit. D’ordinaire, aucune femme n’a le droit de dormir avec toi. Après tes affaires intimes, elles sont obligées de s’en aller.
« – Ma reine..
_ Qu’est ce que vous faites ici ?
_ J’ai du me tromper de chambre, je m’en excuses..
_ Non ! Vous vouliez rejoindre le lit du roi ?! »La jeune nordique hausse le ton, ce qui est encore une nouveauté. Elle se relève même du lit sans remarque que toi aussi tu es reveillé. La brune n’est pas bien grande mais elle dégage quand même une immensité par son caractère affirmé et sa façon d’avancer. On dirait une lionne prête à bondir sur sa proie.
« – C’est vrai mais je suis l’une des favorites du roi.. j’ai pour mission de le satisfaire.
_ Le satisfaire ? Le roi n’a plus besoin de femmes comme vous. Je suis son épouse et je ne dois être que la seule à m’occuper de lui. Chez moi, vous auriez déjà eu la gorge tranchée pour avoir osé entrer de la sorte.
_ Oui mais chez nous, c’est de coutume que..
_ Non ! Je me fiche de vos coutumes. C’est mon époux et je vous interdis de revenir auprès de lui. Si vous tentez à nouveau quoi que ce soit, je vous ferai enfermer. »Les deux femmes se toisent mais Béa sait qu’elle risque beaucoup plus que Sora si elle ne sort pas. Elle compte quand même faire sa victime et dire à la cours que la nouvelle reine l’a menacé. La blonde ressort de ta chambre et Sora a beaucoup de mal à se calmer, à redescendre en pression. Elle n’ose même pas te regarder sous peine d’être cinglante mais c’est sa nouvelle jalousie qui a pris possession d’elle. C’est vrai que c’est un déshonneur pour une nordique de savoir qu’un homme a une maîtresse mais pour Sora, il y a aussi cet attachement naissant qui fait qu’elle ne veut plus qu’une autre femme puisse t’approcher. C’est elle que tu dois aimer, que tu dois honorer et pas une catin.
« – Je vais aller me changer.. je dois aller sortir Lune ce matin. »
Elle repart vers la porte dérobée mais ton corps s’impose devant le sien. Sora bougonne un peu et elle est même prête à te pousser mais elle garde ses mains contre ses fines hanches.
« – Excusez moi.. J’ai appris le jour de notre mariage que vous aviez beaucoup de maîtresses. C’est pour cela que j’avais quitté le banquet.. Je sais que ce sont dans vos mœurs mais chez nous, c’est.. c’est très mal vu. Une femme doit savoir être la seule à contenter et s’occuper de son époux. Si il va voir ailleurs, c’est qu’elle fait mal son travail. Je sais que je ne vous ai pas vu aller vers ces femmes depuis que je suis là mais.. la simple idée que vous puissiez y aller.. ça me met en colère. Je.. je sais que notre mariage n’est pas un mariage d’amour. On s’est marié pour la politique mais je suis devenu votre épouse et je compte tenir ce rôle avec cœur. Je ne veux pas qu’une autre puisse prendre mon rôle. »
La petite brune évite toujours ton regard car elle n’aimes pas devoir se confier ou se justifier mais là, elle n’a pas d’autre choix avec la scène qu’il vient de se passer. Ce petit bout de femme a une fougue encore contenue mais ça, tu vas le découvrir petit à petit.
« – Puis-je rejoindre ma chambre ? »
Elle relève enfin son regard mais ton air amusé l’a fait encore bougonner. Tu te moques d’elle ? Pour quoi ? Parce que tu comptes encore avoir des maîtresses ou alors parce que tu la trouves idiote ? Sora s’apprête à réellement te pousser mais sa main est rattrapée par la tienne. Il y a une sorte de tension qui grimpe en quelques secondes. La jeune femme essaye de récupérer sa main mais tu ne la laches pas. Sora s’énerve un peu plus mais dans un moment d’impulsion, au lieu de s’acharner sur toi, elle vient t’embrasser comme la veille.. quoi que non, là c’est bien plus fougueux et passionné. Tu te retrouves même plaqué contre la porte dérobé et celle-ci s’ouvre, si bien que tu tombes sur la première marche de l’escalier. Sora t’accompagne mais votre baiser continue. Elle se retrouve assise à califourchon sur tes cuisses et la chaleur augmente encore plus dans cet endroit exiguë. L’avantage d’une jeune femme, c’est qu’il y a une fougue, une folie chez elle qui la rend encore plus intense dans ses gestes. Sa rébellion de demoiselle ne te laisse pas le temps de la repousser. Pourtant cela éveille vos corps.. un peu trop puise Sora sent ton érection sous son bassin mais elle sent aussi son propre corps lui donner des sensations qu’elle ne connaît pas encore. Elle n’a jamais ressenti le désir de la chair alors c’est assez perturbant car sous le bas de son ventre, elle ressent des fourmillements intenses, elle sent aussi sa poitrine frissonner, gonfler.. c’est ça qui la pousse à stopper le baiser parce qu’elle a peur de ce que pourrait faire son corps. Qu’est ce qu’il se passe ? Et ce n’est pas à toi qu’elle va oser poser cette question. À bout de souffle, elle se relève de tes cuisses et elle se défile en partant rapidement vers sa chambre. Elle en tombe nez à nez avec Sophie qui hausse un sourcil. Sora semble étrange.
« – Vous allez bien ma reine ?
_ Je.. oui.. oui mais.. je..
_ Ça a été avec le roi ? Il ne vous a pas incommodé ?
_ Non.. tout a bien été.. mais.. pourquoi mon corps est bizarre ?
_ Bizarre ? »Sophie a une trentaine d’années et elle a connue plusieurs hommes donc elle sera en position d’expliquer certaines choses à Sora comme le fait d’être attiré par quelqu’un et d’avoir envie de lui. Sora est choquée d’apprendre que son corps réclame le tien, qu’il y a bien plus qu’une simple attirance intellectuelle et affective. Durant la journée, la demoiselle fait tout pour ne pas te croiser car elle se sent bête d’avoir montrer ce fameux désir. Pourtant ce n’est pas une honte mais à ses yeux, elle se sent beaucoup trop ingénue pour oser ce genre de chose.
De ton côté, tu gères le problème avec Liam, bien que ce cousin a préféré quitter le château à l’aube pour ne plus à avoir voir cette reine qu’il déteste. Il a cependant promis qu’il n’en restera pas là mais que compte t’il faire ? Une révolte du peuple contre toi ? Il va falloir que d’un côté comme de l’autre, vous essayez de conquérir les esprits et les cœurs. Pour toi, Sora peut être la bonne alliée puisqu’elle est la principale concernée. C’est elle qui pourra amener le peuple à l’aimer mais là, elle est surtout en balade dans les bois avec Gurney qui tient à la surveiller. Lune se balade entre les grands sapins pendant que la jeune femme cueille quelques herbes qui pourront être utiles au château.
« – Dites moi Gurney, comment était son ancienne épouse ?
_ L’ancienne épouse de Thomas ? Une femme très belle et très gentille.
_ Oui je me doute mais comment était t’elle dans la vie de tous les jours ? Qu’est ce qui faisait que Thomas l’aimait ?
_ Elle était une femme intelligente et très douce. Elle était surtout une bonne oratrice et elle savait apaiser notre roi.. Mais elle est morte en couche. Elle attendait l’héritier du trône mais ça ne s’est pas fait. Thomas a souffert de cette perte..
_ C’est triste.. Aucune personne ne devrait vivre ça.. perdre la personne qu’il aime mais aussi son enfant.. Et il avait des maîtresses quand il était avec elle ?
_ Madame.. je..
_ Soyez franc Gurney, je tiens à savoir ce qui pourrait m’attendre.
_ Il en a eu oui, mais parce que l’ancienne reine lui avait conseiller de le faire. C’est étrange en extérieur mais beaucoup de reines pensent qu’un roi bien entouré intimement, sera un roi plus attentionné envers son épouse.
_ C’est très bête.. ma mère deviendrait folle si on lui disait cela.. Je crois qu’elle tuerais toutes les maîtresses mais aussi mon père !
_ Votre mère est une sacrée femme. On a entendu beaucoup de choses sur elle ici, comme le fait qu’elle a su rassembler le peuple de votre père et aussi qu’elle a créé beaucoup de lois qui rendent votre pays encore plus fort.
_ C’est vrai que Ma’ est mon modèle.. c’est une femme si puissante.. je rêve de pouvoir un jour être comme elle.
_ Vous êtes déjà puissante ma dame. Vous êtes un mélange de votre père et de votre mère, deux personnes qui ont révolutionné tant de choses. Thomas le sait et c’est pour cela qu’il a accepté le mariage. Il était assez perturbé parce que vous êtes beaucoup plus jeune que lui mais il savait qu’en se mariant avec vous, il aurait une grande alliée près de lui, et une femme qui aurait assez de courage pour prendre des décisions. Ce n’était pas le cas de son ancienne épouse. Elle était gentille mais elle était passive, elle acceptait tout. Vous.. vous n’êtes pas une femme qui acceptera tout sans rechigner. Vous allez amener notre roi à devenir un grand monarque.
_ Peut-être que oui ou peut-être que non.. Thomas pourrait bien finir par ne pas aimer une femme de caractère. Du moins, et s’il préférait une femme qui accepte tout ?
_ Je peux vous assurer que vous serez parfaite pour notre roi. Malgré que beaucoup disent que les femmes ne sont bonnes qu’à faire des enfants, je peux vous dire que c’est un mensonge. Tout homme a besoin d’une femme pour le guider, pour le secouer si besoin.. Sans les femmes, nous ne sommes rien.
_ Vous allez me faire rougir Gurney ! »Sora se met à rire mais elle se sent mieux après cette conversation avec ton vieil ami. Elle a besoin d’en savoir plus sur toi, pour mieux te cerner et aussi essayer d’être l’épouse dont tu as besoin mais te le demander directement est trop gênant pour elle. Par contre ce n’est pas plus gênant que ce qu’elle a fait ce matin sur cette marche d’escalier ou même avec ta maîtresse. Quand il est l’heure de retrouver à nouveau la salle de banquet, Sora te rejoint à table mais elle fuit une énorme fois ton regard. Elle a tout de même un coup de chaud rien qu’en sachant que tu es proche d’elle.
« – Votre journée s’est bien passée ? Gurney m’a fait visiter les bois aux alentours. Lune a adoré la balade. J’ai pu aussi aller aux écuries pour voir ma jument. J’ai toujours adoré les animaux, nous avions même un ours lorsque j’étais plus petite.
_ Un ours dites vous ? »C’est spencer qui réplique puisqu’il est assis à côté de toi. Il est surpris par la révélation de Sora alors que celle-ci se met à rire.
« – Oui, il a été abandonné par sa mère lorsqu’il était bébé et ma mère l’a recueillis. Il a grandit avec moi et mon frère jumeau cependant nous avons fini par lui rendre sa liberté lorsqu’il est devenu adulte. Il a ainsi pu vivre avec les siens et même avoir une famille.
_ Mais c’est une bête sauvage..
_ Oui mais sans nous, il n’aurait pas survécu dans la nature. Et puis vous savez, on a aussi l’habitude de vivre avec les loups. Lune est une pure louve.
_ Vous êtes fascinant les nordiques..
_ On est juste près des nôtres et de notre nature. Quoi que c’est ma mère qui a beaucoup contribué à avoir cette proximité. Au vineland, cela fonctionne ainsi.
_ J’ai toujours été admiratif d’apprendre qu’il y avait de nouvelles terres si loin et que c’est votre père qui les a trouvé. Sans lui, nous n’aurions jamais su qu’il y avait aussi des hommes au bout du monde..
_ c’est parce que mon père est un impulsif qui suit son instinct.. »Elle veut pour rire mais son regard croise enfin le tien et sa dernière phrase fait écho sur sa propre personne. Une impulsive qui suit son instinct. Le dîner commence à être servi et Sora semble prête à manger cependant elle remarque que quelque chose ne va pas puisqu’il y a plusieurs regards mauvais. Encore plus que la veille. Béa a lancé des rumeurs, si bien que Sora est vue comme une sorcière, un peu comme sa mère au début de sa relation avec Leif. Sora aurait menacé de mort béa mais elle t’aurait aussi jeté un sort pour que tu lui obéisses au doigt et à l’œil. Enfin c’est ce qui se raconte.
-
Sora n’a pas eu le temps de répliquer ni même le droit de t’accompagner, pourtant c’est une guerrière hors pair. Cela l’a mise en colère que Gurney soit presque obligé de la ceinturer pour ne pas qu’elle aille te rejoindre. Elle a toujours vu ses parents aller au combat ensemble alors elle ne comprend pas qu’on lui impose de rester dans ce fichu château.
« – Calmez vous Sora ! Le roi va revenir ! Vous devez rester à l’abris !
_ À l’abris de quoi ? Je suis certaine que je sais mieux me battre que vous ! »Gurney est à la fois amusé et horrifié par cette petite dame au tempérament de feu mais il t’a promis de la mettre en sécurité alors durant toute la nuit, il reste avec elle pour ne pas qu’elle s’enfuit. Sora tourne en rond dans sa chambre et elle peste contre ton ami. Il a le droit à de doux surnoms d’oiseaux mais en norvégien, cependant même s’il ne connaît pas la langue, il se doute qu’elle ne lui lance pas des éloges.
Ton retour se fait entendre puisque Gurney sort de la chambre pour voir si tout va bien mais il demande à ce que Sora soit encore gardé par des soldats. Tu te fais vite amener dans ta chambre mais la tempête nordique a réussi à se faufiler pour voir aussi si tu vas bien. Non, rien ne va quand elle voit la traînée de sang qu’il y a dans ton dos. Tu as le teint très pâle et Gurney a un air bien triste cependant quand il voit Sora entrer, il fait les gros yeux.
« – Comment vous..
_ Tomas !! Vous avez été blessé ! »Elle s’en fiche de Gurney, la brune vient vers ton lit et sans te demander ton avis, elle soulève ta chemise pour voir la blessure. Tu es allongé sur le ventre pour ne pas avoir plus mal et Sora comprend vite que tu dois souffrir puisque la plaie est profonde, cependant elle ne compte pas te laisser comme ça. Les médecins semblent ne pas bouger, croire que c’est la fin mais la jeune femme n’a pas du tout le même état d’esprit.
« – Allez chercher des morceaux de saule blanc, de la menthe et de la camomille ! Gurney !
_ Euh.. oui ma reine.. oui j’y vais ! »Sora a passé des journées à observer sa mère préparer des cataplasmes ou des infusions pour soulager les hommes de Kattegat. Les plantes sont des puissantes alliées mais Sora ne peut pas se contenter que de plantes. Elle sait qu’il va aussi falloir refermer ta plaie et surveiller ton état de santé pendant les prochains jours.
« – J’ai aussi besoin d’une aiguille, de fil et d’alcool !
_ qu’allez vous faire ma reine ?
_ Sauver mon époux ! »Gurney s’empresse de sortir mais en attendant son retour, Sora va chercher une serviette mouillée qu’elle pose sur ton front. Tu n’as pas la force de parler, de bouger et cela se comprend. Elle s’inquiète pour toi, c’est même étrangement intense. Ce n’est pas le roi qu’elle veut sauver mais l’ami qu’elle a su trouver en toi et aussi l’époux qui réussit à obtenir doucement son cœur.
Ce n’est pas une mince affaire. Tu n’as vraiment pas été épargné par ce coup d’épée mais pendant presque une semaine, Sora reste dans cette chambre et elle veille sur toi quitte à en être épuisé. Il y a déjà une rumeur sur ta présumée mort qui ne devrait pas tarder mais Sora ne veut pas y croire même si tu as plusieurs fois montré des signes inquiétant. La plaie s’est infectée mais grâce a des baumes, petit à petit cette infection s’arrête. C’est lors du huitième jour que tu te réveilles. Alors que Sora dort d’un oeil sur un fauteuil à côté de ton lit, ta voix marmonne des choses incompréhensibles mais assez fortes pour que cela fasse venir la jeune femme à toi.
« – Tomas ! Bon sang Tomas !! »
Elle s’agenouille près du lit et quand tes yeux s’ouvrent, la jeune femme laisse des larmes s’échapper. Elle est soulagé de te voir revenir à elle, de savoir que ton corps a su tenir le choc. La jeune femme pose sa main sur ton front pour voir si tu n’as pas de température mais non, tu sembles aller mieux.
« – J’ai eu si peur de vous perdre.. bon sang.. »
Elle essuie rapidement ses larmes puisqu’elle doit se ressaisir et aller voir comment se porte ta plaie dans le dos. Là aussi tout semble aller mieux puisque ta peau a déjà commencé à cicatriser. Il n’y a que vous deux dans la chambre, elle ne voulait pas que tout le monde vienne te voir comme si tu étais un pauvre animal à l’agonie. De toute façon il fait encore nuit alors beaucoup de monde doit dormir. Sora va vite chercher de l’eau pour que tu puisses boire car tu n’as rien bu ni manger depuis une semaine mais quand elle voit que tu es prêt à te lever, elle augmente la cadence pour te faire t’asseoir dans le lit.
« – Vous n’êtes pas encore prêt pour marcher.. Non tu n’es pas prêt Tomas. »
Elle ose te tutoyer tout en apportant le verre d’eau à tes lèvres. Tu lui avais dis qu’elle prenait son rôle d’épouse au sérieux en prenant soin de toi et en faisant en sorte que tu ne manques de rien mais elle en a besoin. Oui, elle a besoin de prendre soin de toi. Pas comme un devoir ou parce que tu es un roi mais parce qu’elle veut que tu restes auprès d’elle. Cette semaine a assez été longue pour qu’elle puisse repenser à toutes tes paroles. Tu veux que vous soyez spontanés et complices, Sora le veut aussi.
« – Vous m’avez fait une immense peur.. j’ai prié mes dieux et le votre pour pouvoir vous revoir debout. Je ne sais pas s’ils m’ont réellement écouté mais sachez que je suis heureuse de vous voir réveiller.. »
Elle repose le verre sur la table de nuit et elle glisse ses mains dans les tiennes. Sora devrait aller voir Gurney pour annoncer ton réveil mais elle veut encore profiter des quelques instants où personne ne viendra vous interrompre.
« – Vous n’avez pas écouté mes conseils dans le bois.. je crois qu’il va falloir que je vous entraîne encore à regarder derrière vous. Oh et.. et je tenais à vous dire que je ne me suis pas forcé à vous embrasser. J’en.. j’en avais envie. »
Cette confession la fait rougir mais avant de se relever, Sora repose un petit baiser sur tes lèvres. C’était important à ses yeux que tu saches qu’en rien tu ne l’avais forcé ou qu’elle l’avait fait à contre cœur. La jeune femme finit par aller prévenir Gurney et bien sûr, il va y avoir un ballais de personnes qui vont venir te féliciter d’avoir bravée la mort. Sora sait qu’elle va devoir s’effacer et dans un sens cela va lui laisser un peu de temps pour aller se prendre un bain réconfortant mais aussi pour se reposer. Elle a des grandes cernes et elle a besoin d’un lit plus douillet que ce fauteuil en bois. En sachant que tu es bien entouré, elle se permet ce moment de repos.
Gurney a quand même la bienveillance de demander aux nobles de te laisser un peu tranquille puisqu’autrement ça va durer des heures et tu dois encore te reposer. Spencer est à côté de vieil homme et les deux sont aussi soulagés de te savoir réveillés.
« – Je dois bien avouer que vous avez bien fait d’épouser cette jeune femme. Elle a du caractère mais je n’ai jamais vu quelqu’un d’autant déterminé. Elle n’a pas quitté cette chambre une seule seconde et même si c’est bizarre, les plantes qu’elle vous a donné vous ont sauvé. »
Lance Gurney alors que Spencer préfère lâcher un petit rire. Il savait d’avance que Sora n’aurait pas lâché l’affaire puisqu’il a plusieurs fois pu constater la force des femmes nordiques.
« – Les mercenaires attendent encore dans les donjons. Tu pourras leurs faire un procès quand tu te sentiras en meilleure forme. Pour le moment il n’y a plus rien à signaler, les alentours sont sous bonnes gardes. »
Dit Spencer afin que toi aussi tu sois rassuré. Comme il fait encore nuit, les deux hommes te laissent tranquille bien que Spencer demande à ce qu’on t’apporte un bon repas. De son côté, Sora s’endort dans son bain. La chaleur de l’eau a raison de sa fatigue mais cela n’a jamais été bon. En effet, la jeune femme a des dons qu’elle garde secret. Elle a hérité d’une partie de la voyance de sa mère mais cela ne se manifeste que lorsqu’elle est dans l’eau et assez détendue pour que son esprit s’ouvre à ce genre de vision. C’est ce qu’il se passe à l’instant. Elle a une vision mais c’est une vision du passé puisqu’elle se retrouve dans la chambre d’Anna. C’est vrai qu’elle est très belle et elle semble douce, gentille. Son ventre est rond, Sora comprend que c’est un moment avant sa mort mais quelque chose est étrange ou plutôt une odeur. En s’approchant du lit, elle remarque une tasse de thé presque terminé et même si cela semble être de la camomille, il y a une seconde odeur qui n’a rien de florale.
« – Anna ! Je suis venu voir si vous aviez terminé votre thé ? »
Bea ? Cette femme entre dans la chambre de la jolie blonde et elle va vers cette fameuse tasse de thé. Sora n’est qu’un fantôme alors bien sûr, elle n’est pas repérable. Voyant que la tasse n’est pas terminée, béa se contrarie et elle la propose à nouveau à Anna.
« – Je vous ai dit que c’était bon pour votre enfant.
_ Je me sens nauséeuse.. je la finirai plus tard.
_ oh.. je vois. Reposez vous alors. »Bea est soudainement satisfaite. Son plan fonctionne et Sora comprend ce qu’il va se passer. Même si elle n’est qu’un fantôme, elle essaye d’hurler après toi pour que tu viennes aider Anna. Elle a été empoisonné et c’est pour cela qu’elle va mourir avec le bébé. Sora hurle de toutes ses forces mais le rêve rejoint la réalité. Son cri atteint ta chambre et puis tes mains sortent la tête de Sora de l’eau. La nordique se réveille mais la panique est encore présente, surtout quand elle croise ton regard. Tu es là mais tu n’as pas sauvé Anna.
« – Tomas.. par..pardon.. je me suis assoupi dans le bain.. je suis bête.. »
Elle ne te dit rien pour sa vision. Elle a promis à Matoaka de jamais rien dire car elle pourrait être réellement traité de sorcière. Même toi tu pourras finalement la détester si tu apprenais ça alors non, elle doit se taire même si maintenant elle comprend mieux la mort d’Anna. Ce n’était pas sa grossesse qui l’a tué mais cette folle de Bea.
« – Allez vous reposer, vous ne devriez pas être debout.. Je vais sortir du bain pour éviter encore de m’assoupir dedans. »
-
Je n’ai pas encore compris ce qu’il s’est passé hier soir. La soirée a été magnifique, Thomas a fait venir des bardes qui ont raconté les récits de mes terres et après ce sublime dîner, il m’a offert un baiser qui est encore ancré sur mes lèvres mais il a fini par me fuir. Il pense être une malédiction et j’étais sur le point de lui avouer pour ma vision. Je souhaitais lui avouer mon secret pour qu’il comprenne qu’Anna n’a pas perdu la vie à cause de lui mais à cause de Bea. Je ne sais pas comment il aurait réagit et je ne sais pas comment il va réagir puisque je compte lui dire aujourd’hui. Enfin je comptais lui dire.. jusqu’à ce que je le croise dans ce couloir à moitié nu. Je ne suis pas bête, je comprend facilement ce qu’il se passe et cela fait monter un sentiment de colère en moi mais la haine me submerge quand je vois Bea sortir de la même chambre. Alors c’est ça.. il a passé sa nuit avec elle ? Avec cette femme qui a tué son ancienne épouse et qui fait en sorte que je sois traité comme une sorcière ?
« – Mon roi.. euh.. Nous sortions de la bibliothèque avec dame Sora. J’allais la raccompagner à sa chambre.
_ Non. Vous allez m’accompagner aux écuries.
_ Non, nous avions dit votre..
_ Je veux sortir de ce château. Soit vous m’accompagner aux écuries, sois j’y vais seule Gurney. »Je dois fuir à mon tour car je suis tellement prise de colère que je pourrais montrer mon visage le plus sombre. Je vois que Thomas a un regard désolé mais je ne veux plus le voir. Je ne veux même plus qu’il m’approche. Quand je vois qu’il commence à s’avancer vers moi, je presse Gurney de m’éloigner d’ici au plus vite. Thomas me dit des choses mais je n’entend rien, je préfère ne plus rien entendre de sa bouche. Encore des balivernes pour mieux m’endormir et me faire croire que je suis une personne unique mais au final je ne serai que son objet pour faire croire qu’il a traité avec un peuple bien plus puissant que le sien.
« – Sora, attendez ! Vous ne pouvez pas faire du cheval avec ce temps ni cette tenue !
_ Vous croyez vraiment que ce temps va m’effrayer Gurney ? De toute façon si je ne vous me faites pas sortir, je trouverais un moyen de le faire par moi-même. Je ne resterais pas ici plus longtemps. Je ne veux même plus être dans ce pays d’hommes ignobles et menteurs ! »Je réussis à arriver aux écuries et c’est vrai que cette fichue robe va poser problème alors je me met à déchirer le bas de celle-ci avant de grimper sur ma jument. Le jeune écuyer est troublé car il ne l’a pas scellée mais je n’ai pas besoin de ça. J’ai juste besoin de mon arc mais ne l’ayant pas avec moi, je fais signe à Gurney de me donner son épée.
« – Je dois pouvoir me défendre ! Donnez moi votre épée !
_ Je préfère venir avec vous !
_ NON ! Je veux être seule ! »J’hurle sur ce pauvre Gurney mais je suis tellement prise par la rancoeur, la douleur que je ne sais plus faire dans la douceur. Gurney ne cède pas pour autant mais l’écuyer oui puisqu’il me donne sa propre épée pour que je puisse m’enfuir. Ce geste lui risque des problèmes mais s’il n’avait pas fait cela, je pense que ce château aurait fini en sang et en feu.
Ce pays pluvieux me semble encore plus horrible maintenant que je veux le quitter. Quoi que je sais que je n’y arriverais pas. D’ici peu, des soldats seront à ma chasse et je devrais retourner dans ce détestable château à côté de mon immonde époux. Je le haïe. Comment peut-il me faire ça ? Comment peut-il me salir de la sorte ? Je me fiche bien de ses pulsions sexuelles ou de ses besoins, il m’a quand même souillée. Ma’ m’aurait sûrement conseillé de l’égorger mais je préfère plutôt partir que de créé un drame politique. Alors je galope avec ma jument, je pars vers je ne sais où mais plus je m’éloigne et plus mes pensées se calment. Peut-être pas assez pour pardonner mais assez pour ne pas avoir des coups impulsifs.
Ma jument ne pourra pas cavaler des heures de toute manière alors il faut quand même que je trouve un endroit pour me cacher ne serait-ce que quelques heures. Des larmes dévalent mes joues alors que je me stoppe près d’une rivière en plein bois. J’en veux au monde entier en réalité.. pas qu’à Thomas ni à Bea. Je déteste cette vie où je me retrouve prisonnière malgré moi alors que j’aurai préféré être libre de mes choix. Mes parents comme mon frère, ils ont eu un mariage qu’ils ont souhaité avec la personne qu’ils aimaient mais moi ? Moi je croyais tomber amoureuse de mon époux et au final j’aurai mieux fait de continuer à le mépriser. Je m’en veux d’être aussi naïve. Mon âge y joue sûrement mais je ne me laisserai plus avoir. Et ce n’est pas son arrivée près de moi qui changera mon envie de le détester. Car oui, il me retrouve et je l’entend descendre de son cheval mais je ne lui laisse pas le plaisir de s’approcher de moi. Je relève l’épée de l’écuyer vers lui. S’il veut se battre, je suis prête à le faire.
« – Ça n’a pas trop été difficile de vous rhabillez ? Quoi que vous aviez la moitié de vos vêtements. Vous êtes minable Thomas. Vous êtes aussi un menteur, un homme aussi bête que les autres hommes. Vous ne méritez même pas que je continus d’être auprès de vous. »
Je ne le tutoie plus comme je le faisais depuis la veille. Non, je ne veux plus être la douce et aimante Sora.
« – Mais vous savez quoi ? Vous aviez raison. Vous avez tué Anna mais pas par malédiction. Non, vous l’avez tué parce que vous êtes un homme sale qui préfère déshonorer son épouse pour aller avec des catins ! C’est l’une de vos catins qui a empoisonné Anna et votre fils ! C’est celle qui était avec vous cette nuit ! Alors oui, vous avez tué cette pauvre fille parce que vous n’êtes qu’un homme ignoble ! »
Mes paroles sont très dures et violentes. Ma colère me pousse aussi à dire ce que j’ai vu. Cette scène me revient souvent à l’esprit car j’ai l’impression de ne pas avoir su aider Anna mais peut-être qu’elle m’a envoyé cette vision pour que je puisse me sauver moi-même.
« – Je me fiche que vous ne vouliez pas de moi, que vous ne vouliez pas d’héritier mais je vous interdis de me salir comme vous l’avez fait ! J’ai pris soin de vous, je vous ai donné ma confiance et j’étais prête à ouvrir mon cœur.. mais je le regrette. J’aurai mieux fait de me suicider avant de venir dans votre horrible pays et de me marier avec vous ! »
Il n’y a rien de plus dangereux qu’une femme en colère. Quoi qu’une femme en colère et qui en plus sait se battre, c’est encore moins évident. Il se rapproche encore et je n’hésite pas à lever encore plus mon épée pour qu’il comprenne que je ne me laisserai pas faire. Je ne lui laisse pas non plus la chance de s’expliquer, d’essayer de se racheter puisque des qu’il ouvre les lèvres, je le menace avec mon arme. D’autres hommes finissent par arriver dont Gurney et Spencer. Ils sont nombreux et je sais que je vais me faire maîtriser plus aisément. Je n’ai pas le choix que de battre en retraite mais je le fais sans que personne ne pose ses mains sur moi. Je remonte sur ma jument et je retourne au château mais dès que j’y suis, je m’enferme dans ma chambre. Même mes dames de compagnies ne peuvent pas entrer. J’ai même bloqué la porte qui donne sur la chambre de Thomas. Je ne veux plus voir personne. Je ne veux plus qu’on me parle. Je ne veux plus rien.
Cela fait cinq jours que je suis dans ma chambre sans y sortir. Malgré les demandes pour que j’ouvre, je reste assise sur le bord de fenêtre même si j’ai très faim et que je m’épuise physiquement et mentalement. Mon arc est posée près de moi, Lune est à mes pieds. On dirait une sauvage enfermée dans une prison dorée. Je pense que Thomas a dû demander à ce que l’on me laisse tranquille mais cinq jours sans nouvelles, ça doit atteindre ses limites. Ma porte finit par être enfoncée mais je ne bouge pas d’où je suis. Je continue d’observer le jardin et notamment l’emplacement de la tombe d’Anna.
« – Sora.. vous ne pouvez pas rester enfermé ici. Vous devez vous nourrir et voir vos sujets..
_ Je n’ai pas de sujets. Personne n’est en dessous de moi. Ce sont des gens comme moi et qui mérite tout autant que moi de manger mais pour eux ce n’est pas la même soupe.
_ Cessez votre colère.. Je sais que vous êtes blessé mais vos coutumes sont différentes des n…
_ Je veux rentrer chez moi. Parce que si ce n’est pas la faim qui me tuera, ce sera l’un de vous. »Gurney baisse les bras. Il n’a jamais vu de femme aussi têtue et orageuse pourtant son épouse a un certain coffre. Spencer pense pouvoir mieux gérer la situation alors il tente à son tour de parler à Sora. Les deux t’ont déconseillé d’y aller pour le moment puisqu’ils pensent que tu vas encore de nouveau déclencher la tempête nordique.
« – Sora.. Souhaitez vous que je fasse venir mon épouse ou alors votre dame de compagnie Sophie ?
_ Pour quoi faire ? Me dire de me calmer et de pardonner le roi ? Allez tous dans vos enfers. Je ne veux plus voir personne et encore moins le roi. »Je tourne enfin mes yeux vers la porte et je vois Spencer mais aussi le regard agacé du roi. Me prend t’il pour une capricieuse ? Une idiote ? Je me relève mais cette fois-ci avec mon arc. Spencer voit d’un mauvais œil mes mouvements et pour éviter que je ne blesse qui que ce soit, il se jette sur moi. Je me débat pour qu’il me lâche et Lune commence à montrer les dents puisqu’elle doit défendre sa maîtresse. La situation pourrait vraiment très mal se terminer mais elle ne se termine pas de la manière la plus envisageable.
Il y a cinq jours je suis parti sous la pluie sans me couvrir. Je n’ai pas mangé ni dormi depuis ce moment. Je ne pensais pas que le choc de me retrouver plaqué par Spencer aurait raison de ma santé. Le trop plein d’émotions, la douleur de me sentir seule, trahie, abandonnée.. Je m’écroule au sol. Spencer ne comprend pas ce qu’il se passe car il ne m’a rien fait de mal mais en me touchant, il sent ma peau bouillante. Je fais une température beaucoup trop élevée et ma respiration est anormalement faible. Il s’empresse de me soulever pour m’allonger dans mon lit mais surtout il crie après toi. La jeune reine ne répond plus. La jeune reine montre des signes alarmants.
Alarmé ? Je le suis dans ces étranges rêves que je fais. Je ne sais pas si ce sont des visions ou de simples rêves mais je ne fais que tourner dans ce château vide. Je cherche après quelqu’un mais je ne trouve personne, même pas Thomas. Les pièces sont vides, il n’y a plus rien si ce n’est moi. Là je ressens vraiment la solitude, d’autant plus que je ne peux pas quitter ce château. Les portes donnant vers l’extérieur sont verrouillées. Je tourne et tourne en boucle jusqu’à ce que j’arrive dans une chambre de l’aile Est. C’est celle des parents de Thomas. Je vois ce jour où sa mère a perdu la vie et où son père, totalement détruit par cette perte, n’a même pas voulu prendre son fils dans ses bras. Il n’y a pas de poison comme avec Anna. Cette pauvre femme a perdu la vie parce qu’elle a perdu trop de sang mais c’est le grand fléau des femmes de notre époque. Les grossesses sont un risque immense. Je me rapproche tout de même du petit bébé qui est posé dans son berceau et étrangement on dirait qu’il me voit. Pourtant il ne devrait pas me voir mais là oui. Il cesse de pleurer quand je pose ma main contre son ventre. C’est là que Thomas m’a vu pour la première fois mais ça, il n’y a que lui qui peut le savoir.
Je ne sais pas combien de temps je me retrouve bloqué dans mes rêves mais je revois aussi la scène avec Anna. Cependant j’ai le droit d’avoir plus de détails puisque j’arrive pas à la dernière minute mais au moment où Bea rapporte la première tasse de thé. Anna semble aller très bien. Elle est même toute heureuse car elle sait que le petit ne devrait plus tarder à arriver. Je la vois boire cette première tasse de thé et il ne faut qu’une trentaine de minutes pour que son énergie chute. Bea passe plusieurs fois dans la chambre pour s’assurer que son plan fonctionne. Et il fonctionne car Anna meurt d’une crise cardiaque.
La scène tourne en boucle. Plus j’y suis, plus j’essaye d’aller vers Bea pour savoir ce qu’elle a mis dans le thé et peut-être trouver un moyen de la mettre au pied du mur. Je veux qu’elle paye pour ce qu’elle a fait. Même si je la déteste pour avoir osé coucher avec Thomas, elle doit surtout payé pour avoir tuer une mère et son enfant.
Sans que j’en ai conscience, cela fait trois jours que je suis dans une sorte de coma. Ma température ne baisse pas et elle n’est pas prête de baisser avec les remèdes des médecins de ce château. Gurney est le premier à s’en douter puisqu’il m’a vu aider Thomas avec des herbes mais le problème est qu’il n’y a que moi qui sait les utiliser ici. Ce vieux bonhomme pense quand même pouvoir essayer de gérer la chose alors il fouille ma chambre pour chercher des herbes, des parfums, des notes qui pourraient m’aider. Il ne trouve rien si ce n’est un baume qui me sert à adoucir ma peau mais il a le mérite de vouloir tenter quelque chose. Il s’est pris d’affection pour moi ce monsieur maladroit mais moi aussi je l’aime bien car il me fait penser à mon oncle Nashoba. Toujours derrière moi pour me protéger.
C’est le cinquième jour que je me réveille enfin ou plutôt que je bondis du lit. Je sais comment elle a fait pour empoisonner Anna. Je sais ce qu’elle a utilisé et je sais qu’elle a tout confié à son journal intime. Il faut que j’aille la confronter mais j’oublie que je suis tellement faible que sortir de mon lit est quasiment impossible. J’essaye quand même de me lever et je tombe lourdement au sol. Cela fait sursauter Thomas qui avait pris ma place sur le rebord de fenêtre. Je devrais lui crier de sortir d’ici, qu’il n’a rien à faire là mais quand il se dépêche de venir vers moi pour me relever, il peut voir dans mon regard qu’il y a une urgence.
« – Vas dans la chambre de Bea et fouille sous son lit ! Une latte du parquet peut se retirer ! Tu.. tu trouveras un cahier et.. et un sachet avec de la poudre. Il.. il y aussi une broche ! »
Le journal intime, le poison et la broche préférée d’Anna. Bea a déjà oublié cette cachette mais elle avait tout garder comme un trophé dont elle pourrait s’amuser lorsqu’elle aurait fini par devenir son épouse car oui, c’était son but mais elle ne pensait pas que le roi aurait été chercher une jeune nordique au caractère de feu et à la détermination sans faille. Thomas ne semble pas me prendre au sérieux puisqu’il reste face à moi, ses mains me tenant encore mais j’attrape le haut de son bras et je le secoue du mieux que je le peux.
« – Vas-y maintenant Thomas !!! »
-
Les derniers jours ont été compliqué car j’ai beaucoup de mal à me remettre de ces rêves où je revivais la mort d’Anna sans pouvoir l’aider. Un sentiment de culpabilité me prend même si c’est quelque chose qui c’est déjà passé il y a plusieurs années. Le fait que Thomas me prenne au sérieux et aille vérifier la chambre de Béa, devrait m’aider à passer le cap mais non, je m’en veux de ne pas avoir pu aider la blonde et son enfant. Il y a aussi les événements avec Thomas qui me reviennent en tête et je ne sais pas si je dois encore le détester ou lui donner une chance. J’ai aussi rêvé de sa naissance, de la façon dont son père a été avec lui. Il n’a pas reçu l’amour ni la bienveillance qu’un enfant devrait avoir pour bien grandir et ne pas se perdre dans sa vie future. Je comprends beaucoup mieux sa façon d’être, le fait qu’il ait peur mais j’ai encore ce sentiment de colère au fond de moi car je sais que je commence à aimer cet homme bien plus qu’en simple amitié.
Gurney passe du temps avec moi, il essaye de racheter la conduite de Thomas mais il y a aussi Sophie qui passe du temps auprès de moi afin que je ne reste plus seule. Thomas ne m’a toujours pas rejoint, même si on m’a prévenu qu’il s’occupait du cas de Béa. Est-ce qu’il va continuer à me fuir longtemps ? J’ai peut-être été trop dure avec lui..
J’ai encore des rêves étranges. Ce soir je me retrouve devant le petit thomas qui pleure. Il doit avoir cinq ou six ans et il pleure devant le corps inanimé de son chien. Je comprend assez vite que c’est son père qui vient de l’abattre puisque le roi est un peu plus loin avec une lame sanglante. Cette scène m’effraie mais je suis surtout prise par la douleur que peut avoir ce petit garçon. Dans un élan de justice, je veux pour aller m’en prendre au roi mais je n’y arrive pas. Je ne suis qu’un fantôme.. Je ne sais pas que mes mots se font entendre par Thomas et c’est lui qui me sort de mon rêve. Il fait nuit, il n’y a qu’une bougie dans ma chambre pour éclairer le bureau sur lequel il s’est installé pour travailler. J’entrevoie son visage et j’entend ses mots mais j’ai beaucoup de mal à revenir à la réalité, si bien qu’il croit que je veux encore le maudire. Mon visage exprime une sorte de mépris mais quand il m’annonce partir quelques jours, je secoue la tête négativement. Je viens même attraper fermement ses avants bras pour qu’il reste près de moi.
“ – Non.. Restes avec moi.. Cet oncle peut attendre. Je ne veux pas que tu partes. J’ai besoin que tu sois là..”
Peut-être pour me rassurer ? Ou alors parce que j’ai encore peur de voir Thomas malheureux ? Je n’en sais rien mais il faut qu’il reste auprès de moi. Pour lui faire comprendre que je met cette affaire de tromperie derrière moi, je bouge un peu mon corps pour lui faire une place dans mon lit. Je veux être contre lui, bizarrement c’est viscéral. Il faut que je sois certaine qu’il se repose, qu’il se calme, qu’il se sente mieux.
“ – Dors avec moi.. S’il te plaît..”
Je vois l’incompréhension dans son regard mais il cède à ma demande. Il abandonne son travail pour venir s’allonger avec moi et je ne me fais pas prier pour me nicher contre lui puisque j’ai froid. Son odeur boisée vient tâter mes narines mais viens aussi me conforter puisque je ne mets pas longtemps à me rendormir. Le mauvais rêve ne reprend pas, je réussis à passer une fin de nuit qui me requinque.
Au lendemain matin, Thomas se retrouve seul dans le lit. Je suis réveillé depuis bien longtemps et j’avais envie de quitter cette chambre dans laquelle je me suis enfermée un peu trop longtemps. Avec Gurney, nous sommes dans les jardins et je cueille quelques fleurs pour préparer un bouquet. Gurney semble stressé puisque normalement il ne faut pas prendre les fleurs du jardin mais je m’en fiche, j’ai envie d’égayer ma chambre.
“ – Sora.. Je ne sais pas si..
_ Vous savez qu’en coupant quelques fleurs, cela permet que d’autres repoussent ? Et elles seront encore plus jolies.
_ C’est vrai ?
_ Oui, surtout les roses. La reine de France est une grande amoureuse des roses et quand j’y ai séjourné quelques jours, elle m’a beaucoup appris sur les fleurs.
_ Je vous fais confiance alors et je penserai à vous amener quelques roses de temps en temps.
_ Vous êtes un amour Gurney. Thomas a vraiment bien fait de faire de vous mon garde personnel.”C’est vrai que j’aime beaucoup ce vieux bonhomme, il a une bienveillance et une douceur qui me rappelle mon oncle Nashoba mais aussi la chaleur de mon foyer. Je fini donc de cueillir mes fleurs lorsque je vois Thomas arriver vers nous. Il a une bien meilleure mine que la veille mais il a encore ce regard honteux, gêné.. Je sais qu’il s’en veut beaucoup, je le ressens. Pour briser la glace, je me rapproche de lui et je viens déposer un baiser sur sa joue afin de le saluer.
“ – C’est superbe que tu sois là ! Aujourd’hui nous allons préparer du pain.
_ Le roi préparer du pain ? , lance Gurney stupéfait
_ Oui, j’aimerais que l’on fasse du pain pour le donner aux gens d’Edimbourg.
_ Mais ce n’est pas votre rôle..
_ Notre rôle n’est-il pas de prendre soin de notre peuple ? Et s’ils savent que Thomas et moi nous nous investissons pour eux, ils en seront encore plus reconnaissant. Vous devriez aussi venir avec nous Gurney, ça peut être drôle.”Je vois bien leurs trouble et cela m’amuse mais je ne leurs laisse pas le choix de venir avec moi dans les cuisines du château. Ce n’est pas un endroit où le roi et la reine viennent mais je pense que les employés commencent à comprendre que je ne suis pas une reine dite normale. J’arrive assez vite à instaurer une organisation pour que tout le monde mette la main à la pâte. Il faut faire beaucoup de miches de pain alors les employés nous suivent dans mon projet. Je m’installe avec Thomas sur l’une des tables et je lui montre comment pétrir la pâte.
“ – Tu t’en sors plutôt bien ! Même si tu as mis de la farine sur ton visage.”
J’en ris car oui, il a de la farine sur le bout de son nez mais pour ma moquerie, il met de la farine sur ma joue. Cela éveille mon humeur joueuse et une petite bataille de farine se fait entre lui et moi, sous les yeux effarés des employés. Cela les attendrit, les fait rire, de voir Thomas bien plus flué et détendu que d’habitude. Ce n’est pas l’image qu’un roi devrait donner, enfin dans les mœurs écossaises mais je pense qu’au contraire cela lui donne une image beaucoup plus humaine, beaucoup plus proche des gens. C’est ce que ma mère a opéré avec mon père et cela a été un grand atout pour construire sa réputation et sa force auprès des norrois.
Après cette séance de pétrissage et le temps que tous les pains fermentent, nous allons nous débarbouiller pour retirer toute la farine qui couvre nos visages et nos cheveux. Je retrouve Thomas dans le couloir qui donne sur ma chambre et en voyant son sourire bien plus grand, je me sens mieux. Je ne vois plus le petit garçon malheureux mais un homme qui retrouve une certaine sérénité.
“ – La journée n’est pas encore terminée, on pourrait aller à la plage ? Tu ne m’as pas encore montré cette partie de la ville.”
C’est vrai que je suis intenable et j’ai toujours besoin d’être occupée. Cela contraste avec beaucoup de dames qui sont ici et qui passent leur temps à jacasser entre elles autour d’un thé. Nous allons vers les écuries pour se préparer à notre balade mais quelque chose vient vite me contrarier. Je ne vois pas le jeune écuyer qui m’a passé son épée lors de ma fuite. Où est-il ? Il a dû être puni mais je ne peux le concevoir puisque c’est à cause de moi, où plutôt il n’a fait que m’aider. Gurney s’apprête à défendre ta cause en disant que tu n’y es pour rien mais ce n’est pas ça que je veux entendre.
“- Où est-il ? Qu’est ce que vous en avez fait ?
_ Et bien.. il est dans la prison du château le temps d’être jugé..
_ Amenez moi à lui. Il n’a rien fait de mal !
_ Il vous a donné son épée ma dame..
_ Il n’a fait que m’aider. Sans lui, je pense que j’aurai sûrement fait beaucoup plus de dégâts dans ce château.
_ Sora..
_ Amenez moi à lui !”Gurney te lance un regard désolé et au lieu de partir vers la plage, nous partons à trois vers la prison du château. Elle se situe dans une cave qui sent horriblement mauvais et Sje dois en prendre un mouchoir pour le poser contre mon nez. Il y a plusieurs personnes enfermées dans diverses cellules mais je ne suis pas ici pour sauver tout le monde, je veux surtout retrouver le jeune homme. Il est dans une cellule du fond mais il n’est pas seul dans celle-ci. J’ordonne à Gurney d’ouvrir et de le faire sortir mais je fini par se figer. J’ai l’impression que mon coeur va se stopper. Dans le fond de cette cage, je le reconnais.. Même s’il a les cheveux longs, une barbe longue aussi et qu’il est très sale, je ne peux que reconnaître cet homme.
“ – Utrecht..”
Ce prisonnier relève son visage en entendant son prénom et difficilement, il se relève pour avancer vers moi mais Gurney referme la porte aussitôt.
“ – NON ! Ouvrez lui la porte !
_ C’est un prisonnier Sora ! Il est ici parce qu’il a tué plusieurs soldats !
_ C’est… C’est mon ami ! C’est.. C’est l’un des grands soldats de mon père ! On le cherchait depuis des mois !
_ Mais il n’en reste pas moins un homme qui a tué plusieurs soldats écossais. Nous ne pouvons pas le sortir comme ça.”Les larmes me montent aux yeux, je me rapproche de la porte et agrippe les barres de la cellule. Utrecht vient devant moi et il me fixe cependant il est dans un si mauvais état qu’il n’arrive pas à me parler. Depuis des mois je le pensais mort mais non, il est vivant. Il est là, prisonnier de mon époux.. Je sais que je ne vais pas pouvoir dire qui est Utrecht pour moi, sous peine de blesser Thomas ou même créer des tensions mais mon ancien fiancé est là..
“ – Renvoyez le chez mon père.. Si vous ne voulez pas le sortir par peur, renvoyez le chez mon père. S’il vous plaît..”
Je ne veux pas qu’il reste enfermé dans ces conditions mais je peux comprendre que Thomas ne souhaite pas le faire sortir s’il représente une menace. Autant le renvoyer en Norvège. De toute façon je ne pourrais plus prétendre à devenir sa femme puisque je suis marié à Thomas. Malgré tout, les souvenirs de notre amour me reviennent en tête. Du moins, j’idéalise cette relation comme je l’ai toujours fait alors que pourtant j’ai un homme exécrable devant moi. Il a réussi à manipuler mon esprit, à faire de moi sa chose pendant des mois. Je croyais qu’il était mon grand amour mais un grand amour ne devrait pas frapper sa petite amie.. Mais j’ai toujours gardé ce secret par peur que mon père ne fasse tuer Utrecht. En soit, ce n’est pas vraiment de l’amour qu’il y a mais comme une victime d’un gourou, je lui voue un culte qu’il a ancré en moi. Je pense lui être redevable alors qu’au contraire, je devrais le faire tuer pour tout ce qu’il m’a fait. Il a même sa place dans cette cellule pour avoir tué des soldats mais je ne sais pas qu’en venant en Écosse, il a surtout refait sa vie. Il est venu ici en croyant pouvoir conquérir des terres, devenir un seigneur mais il a aussi épousé une vieille veuve pour pouvoir lui prendre ses biens quand il en aurait fini avec elle. Il a engrossé plusieurs employées de cette veuve mais ça, j’en ai aucune idée. Face à lui, je redeviens la jeune fille à la fois fascinée et effrayée.
-
Revoir Utrecht m’a semblé être une sorte de miracle car je le pensais mort depuis des mois mais étrangement, même si j’ai l’envie de le sortir de sa cellule et que mes sentiments se relancent, j’ai quand même une forte pensée pour Thomas. Avant, Utrecht n’était que le seul homme dans ma vie et dans un sens il faisait en sorte d’être le seul sans que je ne m’en rend compte. Cependant maintenant je suis marié et ça il ne l’avait pas vu venir tout comme je ne m’attendais pas à ressentir des sentiments pour mon époux. Même si j’essaye de me voiler la face, je sais que Thomas provoque en moi quelque chose que je n’ai jamais ressenti avant, même pas avec Utrecht. Peut-être est-ce parce qu’il est mon seul ami ici ? Je n’en sais rien mais j’ai quand même hâte de revoir mon ancien petit ami. Thomas m’a promis de le libérer et c’est ce qu’il se passe. On m’annonce que je peux aller le voir dans sa chambre, cependant je suis vite interpellé par ses jeunes femmes qui sortent de sa salle de bain et sa façon de me demander de le laver. En Norvège, jamais je ne l’ai vu nu et je ne l’ai jamais lavé car c’est interdit pour deux personnes qui ne sont pas mariés ensembles.
« – Je.. hm.. Je ne préfère pas. Je suis quand même marié..
_ Tu ne vas pas faire l’épouse sage ? Ce n’était pas avec lui que tu devais te marier. C’est moi qui devait être ton époux mais j’ai compris le plan de ton père. Il m’a fait envoyé ici pour pouvoir te marier à un autre.
_ Quoi ? Mais non, Duda avait dit que je pourrais me marier avec toi..
_ Alors pourquoi il m’a dit d’aller en Anglicie pour récupérer un échange commercial ? Quand je suis arrivé ici, je me suis fait attraper et enfermé par ton soi-disant époux ! »Utrecht ment effrontément mais ça je ne le sais pas. Je me sens même mal soudainement car mon père aurait osé me briser le cœur pour me marier dans le but de faire une alliance ? Oui et non. Leif a bien accepté ce mariage avec Thomas pour une alliance mais aussi dans le but de me protéger car il ne sentait plus du tout Utrecht. Il voulait l’éloigner de moi mais je faisais toujours en sorte qu’il reste auprès de moi. J’étais aveuglé, naïve, surtout manipulé..
« – Duda n’aurait pas fait ça.. il sait à quel point ça m’a fait mal de ne plus avoir de nouvelles de toi.
_ Tu ne me crois plus ma jolie fleur ? Tu crois que j’oserais te mentir après tout ce qu’on a vécu ? J’ose espérer que tu m’aimes encore.. et aussi que tu n’as pas donné ton corps à ce chien de roi.. »Il se tourne vers moi en espérant toujours que je le lave mais j’évite de le regarder. Je pourrais le faire mais je garde un respect pour l’homme que j’ai épousé. Utrecht se met à rire et il finit par se lever seul.
« – Tu n’as jamais voulu te donner à moi mais tu as osé coucher avec ce chien ?
_ Non, je n’ai rien fait.
_ Menteuse ! Tu ne m’as pas répondu ! »Il sort de la cuve et il vient vers moi. Sa main se pose sur ma nuque comme il l’a souvent fait. C’est sa façon de me montrer qu’il me commande, qu’il sait comment me faire obéir. J’ai tous les moyens pour contrer tout ça, beaucoup me passeraient bête mais Utrecht m’a manipulé pendant des années et son impact sur moi est encore fort. Je pense que c’est de l’amour mais en réalité c’est de la peur.
« – Je n’ai rien fait avec Thomas. Je suis encore vierge.
_ Très bien. Tu m’avais promis ton corps si on se mariait alors je vais devoir faire en sorte que tu sois veuve.
_ NON ! Non, tu ne tues pas Thomas. Il n’a rien demandé. Il ne sait pas pour nous deux et notre passé.
_ Oh.. tu souhaites préserver cet homme ? Quelle gentille petite chienne de reine.. »Il relâche ma nuque mais me repousse contre une commode. J’en fronce les sourcils et j’ai même envie de quitter la salle de bain cependant Utrecht sait comment me faire culpabiliser.
« – Je suis anéanti car c’était à deux qu’on devait vivre et fonder une famille. Je n’ai pas cessé de penser à toi Sora. Tu es l’amour de ma vie mais j’apprends que tu es l’épouse d’un autre. Mets toi à ma place ! Tu serais en colère comme moi. »
Il récupère ma main et dépose un baiser dessus. Je secoue légèrement la tête et je fini quand même par laisser Utrecht seul puisqu’il doit terminer de se préparer. Quand je sors de la pièce, je préfère retourner dans ma chambre pour m’y enfermer à nouveau. Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi je me sens mal alors que je devrais être heureuse de le retrouver ? Dans un sens, Thomas m’a montré la version de ce qu’est un homme bon, un époux bienveillant alors automatiquement ça ne colle pas avec l’image que j’ai d’Utrecht.
Au dîner du soir, je dois quand même rejoindre la grande salle et je me pose à côté de Thomas. Il semble contrarié et je sais que cela est de ma faute puisqu’il fixe Utrecht. Mon ancien amant est posé à une table plus loin et il s’amuse à flatter quelques dames. Moi aussi je m’en retrouve contrarié l’espace d’un instant mais la main de Thomas se glisse sur la mienne.
« – Merci pour ce que tu as fais Thomas.. je te suis redevable. »
Il aurait pu refuser de le libérer, surtout s’ il a réellement fait du mal sur les terres écossaises. Thomas m’offre son sourire et ça me fait bêtement sourire. J’aime quand il me sourit mais Utrecht aime moins puisqu’il arrive vers notre table.
« – Sora.. ah pardon, ma chère reine. Voulez-vous bien danser avec moi ?
_ Euh.. je.. »Utrecht me tend sa main alors que la mienne est encore dans celle de Thomas. Je regarde un instant mon époux pour savoir si je peux y aller ou non mais ça ne convient pas a Utrecht puisque jamais je n’ai hésité devant lui.
« – Un problème Sora ? Le roi ne veut pas que tu retrouves ton vieil ami pour une danse ?
_ Non.. enfin si, tout va bien. Je n’ai juste pas envie de danser ce soir.. »La tension monte d’un cran, je le sens puisque Thomas serre un peu plus ma main. Utrecht lance un regard assez mauvais envers moi mais il n’insiste pas plus. Il accepte et repart vers les demoiselles qui l’attendent un peu plus loin. Je me sens vraiment mal car je sais que cette cohabitation à trois ne va pas bien finir. Il va falloir que j’éloigne Utrecht d’ici ou que je parte avec lui.
Après le dîner, je retourne vers le seul endroit où je me sens bien puisque j’y ai pris pour l’habitude de m’enfermer. Au moins dans ma chambre, ni Thomas ni Utrecht pourront me déstabiliser. Je ne sais pas quoi faire, pas quoi penser mais je me sens tellement mal. J’aurai bien aimé que Charlie soit ici. Ma belle sœur a été ma confidente pendant de longs mois mais je sais aussi qu’elle m’aurait sûrement dit de ne pas suivre Utrecht. Elle n’a jamais eu une bonne image de lui et dans un sens je la comprend. D’extérieur, j’aurai aussi détester Utrecht mais avec lui, j’étais autre chose que la fille du roi Leif.. enfin c’est ce que je crois. Pendant un instant, je pense à une fuite de ce château mais en posant mon regard sur mon lit, je ressens aussi le besoin de dormir contre Thomas. Il m’apaise tellement.. il me fait sentir si bien..
« – Sora ? Ouvre moi ! »
Utrecht est à la porte. Soudainement je cesse de penser à cette nuit de sommeil avec Thomas et je ressens surtout une angoisse monter. Je me lève mais je ne sais pas si je dois vraiment lui ouvrir ou non.
« – Que faites vous ici ?
_ Je tiens à voir la reine Sora.
_ Vous n’avez pas le droit de déranger la reine lorsqu’elle est dans ses appartements. Vous la verrez demain matin.
_ Et qui êtes vous pour me dire cela ?
_ Gurney, son garde personnel. »Gurney m’a sauvé la mise. J’en soupire de soulagement sans me douter que Thomas est derrière moi. Il a pris le passage secret pour voir si tout va bien mais avec ce qu’il voit en cet instant, il va sûrement croire que non. Mon regard croise le sien mais je me sens si honteuse que je fini par baisser les yeux.
« – Je t’ ai menti.. »
C’est vrai, je ne lui ai pas dit clairement qui était Utrecht. Et avec ce que je ressens pour Thomas, je me sens comme une infidèle alors que pourtant je n’ai rien fait.
« – Il était mon petit ami et même mon fiancé.. nous avons été ensemble plus d’une année et on devait se marier mais du jour au lendemain, il est parti. Du moins, il devait rejoindre vos terres pour régler quelques affaires mais il n’est jamais revenu. Je croyais qu’il était mort.. »
Et en y repensant, j’ai quand même eu un soulagement. Pourtant mon esprit me pousse encore à vouloir le protéger et aller vers lui.
« – Mais je ne sais pas ce qu’il se passe.. j’ai.. je devrais tout faire pour m’enfuir avec lui mais j’en ai pas l’envie. J’ai même l’impression que je devrais le fuir.. »
Pour un esprit jeune et innocent comme le mien, c’est insensé de ne pas vouloir suivre son soi- disant grand amour. Il faut dire que je n’ai connu que Utrecht en tant que petit ami et puis Thomas en tant qu’époux. Deux opposés.
« – Je pensais qu’en le faisant libérer de prison, tout redeviendrait comme avant. Mais non.. et puis est-ce que je veux vraiment que ça redevienne comme avant.. »
J’aurai besoin de quelqu’un qui m’explique ce qu’est le vrai amour ou alors une vraie relation. J’ai toujours idéaliser mes parents mais pourtant j’étais totalement à l’inverse d’eux quand j’étais avec Utrecht. Je me sens perdu mais les bras de Thomas m’enveloppent et son odeur me calme. Je me sens si bien contre lui.
« – Je crois que je ne l’aimes plus comme avant.. parce que.. parce que je ressens des choses pour toi.. »
-
Je suis complètement perdu depuis la veille car j’ai avoué mes ressentis à Tomas mais je m’en veux aussi pour Utrecht. J’ai l’impression d’avoir trahi l’homme que j’étais censé aimer mais en même temps, je réalise aussi que ce n’était peut-être pas de l’amour.. C’est ça qui fait le plus mal. Savoir que j’ai donné de mon temps et de mon cœur à un homme qui m’a fait beaucoup de mal et qui se moque encore de moi. N’y a t’il pas plus horrible pour une jeune femme ? Un premier amour sans réciprocité et même toxique. Quand Tomas me rejoint dans le jardin, il confirme un peu plus mon nouveau ressenti.. Utrecht a essayé de faire du mal à des femmes et il va être envoyé chez mon père. Je sens l’envie de pleurer de rage arriver à grands pas mais Tomas ne me laisse pas le temps de verser une larme. Il m’avoue des choses que je n’osais espérer entendre. Pourtant est-ce qu’il dit vrai ? Avec ce que je viens de vivre avec Utrecht, Tomas pourrait aussi me berner et m’aveugler. Pourtant Tomas ne m’a jamais insulté ou même giflé.. il m’a fait mal avec cette béa mais je sais que son passé a joué sur son comportement. Depuis mon arrivée ici, il m’a toujours traité avec respect et il a toujours fait en sorte que je me sente bien. Même si cela a mis à rudes épreuves certaines personnes vivant au château. Alors oui, je pourrais me méfier de lui mais il m’a plusieurs fois prouver qu’il était un bon époux, un homme bon. Là, il ose même avouer des débuts de sentiments.. si bien qu’il me laisse encore le choix de partir ou rester. Un mauvais roi ne laisserait pas ce choix. Un homme mauvais ne me laisserait pas ma liberté.
« – Je ne suis pas qu’une parenthèse Tomas.. je suis ton épouse et je compte bien rester à tes côtés. »
Mon choix n’a pas mis des années à arriver. Je n’ai même pas hésité. Je sais que rien ne sera parfait et qu’il y aura encore des problèmes mais je sais que je gagne plus à être auprès de Tomas qu’aux bras d’un autre.
« – Mais je veux le revoir avant qu’il ne part. »
Je sais que cela ne risque pas de plaire à Tomas mais c’est mon dernier souhait avant que Utrecht ne reparte pour la Norvège. Tomas semble se tendre et je sais qu’il n’aime pas cette idée mais je lui demande quand même de m’accompagner vers le port ou le départ commence à se préparer. Gurney est présent, il se tient près du prisonnier qui continu de crier au scandale mais quand il me voit, il tente de pousser les gardes pour venir vers moi. Il pense sûrement que je suis ici pour le sortir de sa situation.
« – Enfin ! Je pensais que tu ne viendrais jamais me chercher ! Tu sais ce qu’a fait ton piteux époux ? Il veut me renvoyer en Norvège pour que tu ne puisses plus me voir ! Il veut nous séparer ! Il m’a même tapé ! Regarde mon visage ! »
Utrecht essaye de m’attendrir et un instant, je joue à son jeu. Du moins, je me tourne vers Tomas en fronçant les sourcils, comme si j’étais prête à lui hurler dessus mais au lieu de cela, je remonte un peu ma robe pour être plus à l’aise et je viens donner un coup de pied bien placé entre les cuisses d’utrecht. Il en tombe au sol et crie de douleur. Les hommes autour de moi se mettent à grimacer mais moi je me met à sourire.
« – Tu m’as menti depuis le début. Tu m’as manipulé et même fait plusieurs fois mal. Tu ne m’as jamais aimé. Tu te servais juste de moi pour être bien vue dans l’armée de mon père. Tu sais comment je le sais ? Parce que hier soir, quand je t’ai retrouvé, tu m’as encore une fois attrapé par la nuque comme si j’étais ton objet. Tu m’as même supposé que je devais faire tuer Tomas. Pourtant cet homme me traite comme si j’étais le trésor de sa vie. Jamais il ne m’a insulté ou rabaissé. Grâce à lui, je découvre enfin la douceur d’un homme mais aussi sa puissance. Toi tu n’es rien.. tu ne sais même pas tenir une épée.
_ Moi pas tenir une épée ?! Mets moi en duel contre ton Tomas et tu verras qui est le meilleur ! »Ces mots me font rire et je tend ma main vers Tomas, non pas pour qu’il la prenne mais pour qu’il me prête son épée. Elle n’est pas faite pour une femme, elle est beaucoup plus lourde mais heureusement mon frère jumeau m’a appris à tenir ce genre d’armes.
« – Dois-je te rappeler toutes ces fois où je t’ai mise au sol ? C’est même pour ça que lorsqu’on avait fini de s’entraîner, tu étais brutal avec moi. Tu avais peut-être une meilleure poigne pour me gifler mais avec une épée ou même un simple bâton, je t’ai toujours battu. Alors crois tu vraiment que tu gagnerais ce duel ? Tu n’es rien d’autre qu’un moins que rien.. tu te serres des gens pour avancer mais aujourd’hui je ne te laisserais même pas le plaisir de retrouver nos terres. Elles n’ont pas besoin d’être souillé par un rat comme toi. »
Un silence s’installe, Utrecht fait les gros yeux car il comprend. Ici c’est Tomas qui doit juger et condamner mais je sais que Utrecht aurait dû être condamné à mort. Il était enfermé pour ça, parce qu’il avait tué des écossais et à cause de ma naïveté, il a eu la chance de sortir de prison, même de vivre une dernière nuit dans un lit. Je me dois de remettre les choses en ordre et c’est ainsi que l’épée de Tomas s’abat dans la poitrine de mon ancien amour. C’est moi qui tient l’épée et je suis consciente de ce que je fais. Il ne met pas bien longtemps à succomber. Le silence continu même quand je retire l’épée de son corps.
« – Il a tué vos hommes et essayés de faire du mal à vos femmes. Chez nous, il aurait mérité bien plus qu’une mort à l’épée. Mon père l’aurait sûrement brûlé vif. »
Dis-je aux hommes de Tomas qui semblent être choqué par la scène. Dans un sens, ce n’est jamais les femmes qui font la loi ici. Je donne l’épée à un soldat pour qu’il puisse la nettoyer et je me tourne vers Gurney qui ne sait même plus quoi dire.
« – Vous n’aurez pas besoin de voyager.. et puis je préfère vous avoir près de moi. Vous êtes mon garde personnel et aussi mon ami. »
Je lui offre un petit sourire et je reviens vers mon époux qui n’a sûrement rien vu venir. Pensait-il que j’allais encore vouloir sauver Utrecht. Bizarrement je me sens beaucoup plus.. légère. Comme si le tuer m’avait aidé à mettre fin à cette relation qui n’a pas été facile. J’ai déjà tué des hommes donc je ne suis pas horrifiée par ce que je viens de faire, si bien que je prend le bras de Tomas et on reprend le chemin vers le château.
« – Crois-tu que l’on pourrait visiter les Highland ? Gurney m’en a beaucoup parlé et ça semble si beau.. les grands lacs.. les montagnes.. Il a même dit qu’il y aurait des monstres géants dans les lacs ! C’est vrai ? Nous on a aussi des légendes de monstres comme le chien à trois têtes mais j’en ai jamais vu. Par contre une fois mon père a ramené un animal du sud et ça se nomme un singe je crois.. mais il a fini par le donner à la cour de France car le singe était pas très heureux chez nous. »
Ça semble effarant que je passe aussi vite à autre chose mais je ne veux pas pleurer ou m’apitoyer sur mon sort. Je veux avancer avec Tomas et lui montrer que je veux réellement rester auprès de lui. Je ne me sens plus comme une prisonnière d’un mariage mais plutôt comme une jeune femme qui a tout à découvrir et offrir.
À notre retour au château, l’un des chanceliers vient nous dire que le peuple a été très touché pour le pain reçu il y a quelques jours. Nous avons même reçu des fleurs et quelques victuailles en guise de remerciement. Je propose à Tomas de réitérer cela un peu plus souvent, non pas pour jouer les bienfaiteurs mais pour être certains que le peuple mange.
Avec ce que je viens de faire, je dois tout de même aller me changer car ma robe à des éclats de sang. J’abandonne Tomas le temps de me changer mais en revenant dans le couloir, il est déjà parti. En tant que roi, il doit aussi gérer autre chose que sa femme mais je me permet de chercher après lui. Il n’est pas si loin, il est devant une immense fenêtre qui donne une vue sur Embra. La ville est en bas et elle semble immense. Je me rapproche pour voir aussi cette vue impressionnante et je m’amuse à essayer de reconnaître les rues où nous sommes passés il y a quelques semaines.
« – Tu dois être fière.. Cette ville est magnifique. Je trouve même qu’elle est la plus jolie que j’ai pu voir. Pourtant j’ai été en France et Paris est jolie mais pas autant qu’ici. »
Je lève un instant mon regard et il m’observe au lieu d’observer sa ville. Tomas réussit à me faire rougir en quelques secondes. Je me sens presque bête mais maintenant que mon choix est fait et que je compte vivre avec cet homme, je prend le courage de venir l’embrasser. Ma main se pose sur sa joue et je l’embrasse avec la même ferveur que nos deux premiers baisers, sauf que là il n’y a plus d’expérimentation mais un vrai baiser d’une femme à son homme.
Sans le souffle, on stoppe cet échange et nos fronts se posent l’un contre l’autre. Je rougis encore, je le sais puisque j’ai les joues chaudes mais je me sens tellement bien contre lui. Surtout quand ses bras entourent mon corps.
« – J’aime bien tes baisers.. et aussi quand tu me fais danser. Et j’aime bien dormir contre toi, je me sens en sécurité. Et puis tu me portes chaud même si parfois tu ronfles un peu et que ça me réveille.»
Cette anecdote me fait rire et me sert aussi pour le taquiner. Je m’amuses à le chatouiller avant de commencer à courir pour ne pas qu’il puisse m’attraper mais j’ai déjà perdu d’avance avec cette robe trop lourde et longue. Il me rattrape avant que je n’ai pu atteindre le bout du couloir. Je ris aux éclats mais il faut reprendre son sérieux car la journée n’est pas terminée. Il a encore des choses à gérer donc on se retrouvera pour le dîner. C’est ce qu’il se passe mais pour une fois il n’y a pas toute la cours qui se retrouve avec nous pour dîner. Il n’y a que nous deux, dans une salle plus petite et avec une vue sur le jardin. C’est plus intime, plus agréable car je n’ai pas besoin de m’occuper des sujets, seulement de Tomas. Je peux aussi lui parler sans avoir peur que quelqu’un vienne nous couper ou nous écouter.
« – Comment as-tu connu mon père ? Du moins, il a dû essayer d’attaquer une ville d’ici.. mais comment as-tu fais pour devenir son allié alors que tu avais toutes les raisons de lui faire la guerre ? Et est-ce que tu as déjà voyagé loin ? Je sais que ma dernière question n’a pas de rapport mais je n’ai jamais pris le temps d’en savoir plus sur toi. »
-
« – Pourquoi je n’ai jamais fais de raids.. Parce que mon père était très protecteur même hyper protecteur mais pas forcément pour ce que tu crois. Enfin si, il ne voulait pas que je sois blessé mais il y a une autre raison beaucoup plus.. compliquée. »
C’est vrai que je n’ai jamais voyagé avec mes parents ou mon frère. Je n’ai été qu’en France une fois, mais pas pour me battre, simplement pour découvrir le château des beaux-parents de mon frère. Pourtant je sais que je suis une bonne guerrière et mon passé a contribué à cette force que je peux avoir aujourd’hui.
« – Tu sais que Kisos et moi nous sommes jumeaux donc cela veut dire que nous avons été ensemble dans le ventre de ma mère. On est né et tout allait plutôt bien jusqu’à ce que je commence à être beaucoup plus fragile que mon frère. Pendant des années, j’ai lutté contre des maux qui me clouaient au lit.. Plusieurs fois, mes parents ont cru que j’allais y passer. La fièvre me prenait et elle me faisait délirer. »
C’était surtout les visions comme pour Anna.. j’ai eu les mêmes symptômes que dans mon enfance mais je n’ai pas encore le courage de dire à Thomas que je vois des choses qui sont ou peuvent arriver. Cela est rare mais quand ça arrive, je tombe dans des états de santé très critiques.
« – Cela a durer très longtemps et c’est pour cela que Duda n’a jamais voulu que je quitte notre ville. Il avait peur que je puisse tomber malade pendant le raid et que je finisse par mourir à cause des manques de soin. »
Ma’ a aussi des visions mais elles sont beaucoup moins précises que les miennes cependant en contrepartie, elle ne finit par au bord de la mort à chaque fois.
« – Et pour ce qui concerne ce matin.. Je sais que beaucoup vont dire que je suis un monstre. Peut-être que toi-même tu me vois comme quelqu’un sans cœur et de sanguinaire mais.. Chez nous, la mort n’est pas un tabou. Elle ne nous fait pas peur et ceux qui ont trahi ou alors fait des choses impardonnables, doivent payer de leur sang. Tout comme un grand guerrier se doit de mourir l’épée en main. Ici la mort semble être quelque chose de plus complexes à accepter.. »
Pour ce point, c’est vrai que nos deux façons de vivre sont totalement opposées. Les nordiques ont une relation avec la mort qui est assez spéciale et c’est pour ça que je n’ai pas peur de tuer ni même de dégoût face a un corps mort. Certes, j’ai tué celui que je pensais être mon grand amour mais le fait de lui avoir fait payer ses erreurs, a eu une sorte d’apaisement sur mon esprit car c’est ainsi que mon père aurait agi.
« – Mais je te promet que je ne ferais plus cela. Je ne tuerais plus sauf si c’est pour me défendre mais Utrecht devait payer et je ne l’aurais jamais laissé rentrer sur les terres de mon père vivant. Il aurait pu s’en prendre à ma famille.. »
Nous avons fait le tour du jardin et le froid commence à me faire frissonner. Avec Thomas nous rentrons pour retourner vers nos appartements mais quand nous arrivons à ma porte de chambre, je l’invite à entrer avant de l’amener avec moi dans la salle de bain. C’est osé mais c’est une chose normale dans mon peuple que deux époux prennent un bain ensemble alors je laisse tomber ma timidité et je commence à préparer la cuve d’eau chaude.
« – Vous savez, beaucoup de peuples pensent que le mien est sans pitié et sanguinaire mais tout simplement parce que nous n’avons pas du tout les mêmes visions du monde. Chez vous, il est normal de prier un seul dieu alors que chez nous, plusieurs nous guident. Vous avez aussi des mœurs différents pour les femmes, sûrement en pensant les protéger en les laissant dans vos foyers mais chez nous, les femmes doivent savoir se battre et diriger un pays. Pour ce qui concerne la mort, vous avez peur de celle-ci et vous souhaitez l’éviter alors que chez nous, on est bercé par elle durant toute notre vie. Cela ne fait pas de nous des ennemis pour autant, nous sommes juste nés avec des visions différentes mais c’est ce qui fera notre plus grande force. Vous avez la sagesse que je n’ai peut-être pas et que je dois apprendre alors que moi, j’aurai peut-être la capacité de vous élargir à d’autres horizons. »
La cuve étant presque pleine, je commence à retirer les nombreuses couches de vêtements qui m’incombent et je détache ma longue chevelure. Il m’a déjà vu nu alors je ne suis plus mal à l’aise devant son regard. C’est plutôt quand lui se met nu que je sens mes joues s’échauffer car c’est la première fois que je le vois dans son simple appareil mais nous finissons dans l’eau, l’un face à l’autre.
« – Vous parliez de votre rencontre avec mon père et c’est vrai qu’il a donné une version bien différente de la votre. Il a dit qu’il vous avait épargné.. pas qu’il avait glissé. Mais il a quand même ajouté qu’il vous avait trouvé bien plus courageux que tous les autres rois qu’il avait pu rencontrer. Il avait vu en vous beaucoup de forces et de détermination. Avant que je n’arrive ici, pour essayer de me rassurer, il me disait à quel point vous étiez un homme de confiance et qu’il était sûr que je finirais par vous adorer.. »
Je souris bêtement à se souvenir car sur le bateau j’ai tellement boudé mon père qu’il en avait la patience à bout. Pourtant aujourd’hui je sais qu’il avait raison et qu’il savait ce qu’il faisait en me confiant à Thomas. Il n’a pas choisi un prétendant au hasard et s’il m’a mis ici, c’est bien pour me protéger et éviter que d’autres hommes mauvais me demandent ma main.
« – Et il a peut-être raison.. qui sait.. je vous adore peut-être un peu.. »
Je fais mine d’avouer cela à contre cœur pour le taquiner. Mon sourire espiègle trompe ma fourberie et après un rire amusé, je me rapproche de Thomas pour me glisser à genoux entre ses cuisses. C’est tentateur et soudainement plus calme. J’attrape l’une de ses mains pour la poser sur le creux de mes reins et je m’avance un peu plus pour que le bout de mes lèvres touchent les siennes.
« – Mais je veux aussi vous aimer.. alors apprenez moi à vous aimer encore plus qu’avec des mots.. »
-
J’avais l’envie de le sentir me désirer et je crois que je suis plus que servie. Ses baisers, ses caresses, ses mots.. ça me rend dingue. C’est la première fois de ma vie que je ressens toute cette folie s’emparer de mon corps. Ma poitrine qui gonfle, mon ventre qui papillonne et mon entre cuisse qui m’offre des sensations inédites. J’ai énormément de mal à retenir mes cris et Thomas me pousse à ne pas me taire. Il fait même en sorte que je gémisse encore plus quand il glisse son visage entre mes cuisses. Bon sang.. c’est délicieux. Plus il continu, plus mon corps est en euphorie et mon esprit sur un nuage. Il y a même ce moment où je ne sais pas ce qu’il se passe, tout mon être explose de plaisir. J’en lache un énorme cri mais je pose rapidement mes mains sur mon visage pour le cacher. Je ne sais pas que c’est un orgasme. Je me sens bête d’avoir réagis avec autant de fougue mais Thomas semble satisfait puisqu’il remonte le long de mon corps et il vient m’embrasser. Il n’est pas fâché ?
« – Pardon.. je ne sais pas ce qu’il s’est passé.. »
Mais il me rassure, c’est normal. C’est le plaisir ultime, la jouissance. Pourtant je suis un peu frustrée dans le sens où lui n’a pas ressenti la même chose. Je sens même son membre dressé appuyer contre ma cuisse. N’ayant jamais eu de rapports comme celui-ci, je suis légèrement stressé mais je ne suis pas ignare. Je sais comment se déroule les moments intimes entre un homme et une femme. Je sais comment je peux lui procurer du plaisir mais avant de me lancer, je dois lui avouer quelque chose.
« – C’est la première fois.. Je n’ai jamais fait l’amour.. »
J’ai les joues rouges, les lèvres pincées. Il a eu l’habitude des femmes expérimentées et là il tombe sur une épouse qui n’a jamais fait quoi que ce soit. Je n’ai jamais laissé Utrecht me toucher. Du moins, pas dans un sens charnel. Il m’a frappé, rabaissé mais jamais il n’a pu poser une main sur mon corps nu car il savait que je n’aurais pas hésité à l’avouer à mon père. Duda m’avait demandé de ne jamais coucher avec un garçon avant mon mariage et j’ai tenu ma promesse.
« – Tu ne m’en veux pas ? Mais j’apprends très vite tu sais ! »
Je prends un peu plus d’assurance quand je vois son sourire. Je sais que la première fois n’est pas forcément la plus agréable et qu’elle pourrait même être douloureuse mais je me fiche bien de ces détails. Je veux connaître ce qu’est l’amour. En plus je sais aussi ce que je ne donne pas cette première fois à n’importe qui puisque j’aime cet homme.
Pour ne pas rendre l’attente trop longue pour lui, je reviens lui donner un baiser passionné mais je laisse aussi mes cuisses entourer sa taille. C’est lui qui mène la danse et je sais qu’il le fera en pensant à mon bien être, mon confort. Ses caresses sont présentes pour que je reste détendue et ses soupires me font frissonner. Avec mon approbation, il laisse son membre entre en moi et ce n’est pas très agréable pour le coup. Je plisse les yeux et il s’arrête pour me laisser le temps de m’habituer à sa présence. J’espère que cette sensation ne dure pas tout le temps mais j’avais entendu des filles dirent que l’amour était agréable alors ça sera sûrement mieux lors d’une prochaine fois.
« – Ça va aller.. tu peux continuer.. »
Je lui murmure ces mots à l’oreille car je sais qu’il pourrait s’arrêter pour être certain que je n’ai plus mal mais je ne veux pas que cela s’arrête. Je veux qu’il prenne aussi du plaisir et puis n’est-ce pas ainsi que l’on apprend ? Les premiers temps, c’est très désagréable de le sentir bouger mais en bougeant aussi mon bassin, je réussis à trouver une pointe de plaisir. Petit à petit, ça devient plus facile, plus agréable. Nous n’avons pas un rythme bestial mais il y a autre chose.. c’est un acte d’amour. Il y a une douceur et des sentiments que seuls nous deux pouvons partager en cet instant. Je ne partage pas mon corps avec un époux inconnu mais avec l’homme dont je tombe de plus en plus amoureuse.
« – tho..Thomas.. oui.. continu.. »
Il arrive à la jouissance. Une nouvelle sensation pour moi. Je sens sa semence se perdre en moi. Quand il tombe sur mon corps, je le serre dans mes bras et je niche mon visage contre son cou. Je n’ai plus de souffle mais je crois que lui non plus.
« – c’était.. parfait.. »
En fait, je ne sais pas si ça l’est pour lui mais pour moi oui. J’ai eu des douleurs mais je pensais réellement que ça serait un moment interminable et vraiment compliqué mais il a su rendre cette première fois magique.
Quand il se repose sur la place à côté, on se met l’un face à l’autre et je me remet à rougir car ses yeux bleus ne me lâchent pas. C’est si fort et passionné que j’ai l’impression qu’il se trouve devant une déesse. Il faut dire qu’à l’inverse, j’ai aussi la chance d’avoir un dieu devant moi.
« – J’espère que je n’ai pas réveillé tout le monde en criant.. oh.. ils risquent de se moquer de moi s’ils ont entendu ! Quoi que je m’en fiche.. c’est normal non ? Je t’avoue qu’avant ce soir.. je n’avais vraiment jamais rien fait.. même pas touché un homme nu.. et puis encore moins laissé un homme me toucher nue.. J’avais fais la promesse à mon père de me donner à un homme que si j’étais marié mais aussi amoureuse.. »
-
Dieu de Dieu des dieux. Cette seconde fois a été d’une pure extase. La douleur était moindre et j’ai surtout atteint une sensation complètement folle. En même temps que Thomas, j’ai atteint un orgasme et je ne savais pas qu’on pouvait ressentir une telle sensation de bien-être, de plaisir. J’ai même beaucoup de mal à revenir sur terre. Thomas me serre contre lui et je sens son souffle chaud s’écraser sur mon épaule, lui aussi semble être encore ailleurs. Bon sang.. Si c’est ça l’amour, je pourrais bien en devenir une fervente adhérente. Quand Thomas se remet sur le dos, je me tourne et bien que lui soit totalement épuisé, moi j’ai encore une fougue d’enfer. Le pauvre doit encore subir l’assaut de mes baisers et de mes caresses pendant une bonne partie de la nuit mais ça ne semble pas le gêner.
Au petit matin, aucun de nous deux ne sort du lit à l’aurore. C’est parce que Gurney vient toquer à la porte de ma chambre que nous finissons par ouvrir les yeux. Quelqu’un nous attend dans la grande salle mais avant de rejoindre cette personne, je profite encore un peu des bras de mon époux.
“ – Cette nuit était magique.. Je n’aurais jamais rêvé mieux pour ma première fois.. Merci Thomas..”
Je ne peux m’empêcher de l’embrasser et ça part déjà en caresses, en envie de recommencer mais Gurney s’impatiente. Qui est la personne qui souhaite nous voir ? Est-ce quelqu’un de très important ? Nous devons quitter le lit et après une toilette ainsi qu’une tenue correcte, on part vers la salle du trône. Thomas semble soucieux, moi aussi je le suis car depuis ce qu’il s’est passé avec son cousin, je me méfie de plus en plus des grandes têtes de ce royaume. Pourtant lorsqu’on arrive dans la salle, je lâche le bras de mon époux et je me mets à courir vers le nouvel invité.
“ – KISOS !!!”
Mon frère jumeau est présent avec son épouse Charlie. Ils ont fait un petit détour pour venir me voir mais aussi pour que mon frère puisse rencontrer mon époux. Kisos a pour but d’aller au Vineland afin de rencontrer les ancêtres de notre mère mais il ne pouvait pas y aller sans avant passer me voir.
“ – Ma petite sœur chérie.. J’ai l’impression que tu as grandis ! Ou alors c’est moi qui est devenu plus petit !”
Je me mets à rire car il s’est souvent moqué de ma taille par rapport à la sienne. Nous sommes jumeaux mais il est immensément grand. Il est même plus grand que notre père alors que moi je suis toute petite. Quand il me prend dans ses bras, la différence est encore plus flagrante. Je viens aussi saluer Charlie qui est une femme que j’adore énormement. Elle a été d’un grand soutien pour moi mais aussi elle m’a aidé à devenir plus mature. Lorsque les salutations sont faites, je les invite à venir vers Thomas. Charlie offre une révérence puisqu’elle connaît les codes occidentaux mais Kisos est un peu moins doux et il donne une poignée de main qui fait grimacer Thomas.
“ – Kisos, je te présente mon époux Thomas, le roi d’Anglicie et d’Ecosse !
_ Oui je sais, Duda m’a parlé de lui.”Il a le même côté nonchalant que Leif. Il ressemble à une bête sauvage que l’on a pas envie d’embêter mais ce n’est qu’une façade. Kisos est un gros nounours. Pour preuve, il a amené des cadeaux de Norvège pour nous faire plaisir mais il a aussi amené des lettres de mes parents.
“ – Ils vont très bien et ils ont hâte de te revoir. Moi aussi j’avais hâte de te revoir. Je ne pouvais pas être là pour l’union car je devais garder le trône de Duda mais je tenais vraiment à venir te rendre visite.”
Il veut aussi s’assurer que tout se passe bien pour moi. Kisos n’avait pas aimé que notre père arrange un mariage et ils en étaient venus à se disputer. C’est moi qui a dû calmer mon frère mais je sais qu’il est encore très marqué par l’événement car son regard ne trompe pas. Il guette Thomas et je sais qu’il veut déjà me poser des questions sur ma situation, cependant cela attendra puisque nous allons tous vers la salle de repas pour prendre un petit déjeuner. Je meurs de faim avec la nuit torride que j’ai passé et je sens que cela amuse Thomas. On se lance des sourires complices qui étonnent mon jumeau.
“ – Alors.. Comment se passe le mariage ? Tout va bien ?
_ Oui, tout va très bien. Thomas est un époux parfait !
_ Parfait ? Ah.. ravis de l’entendre.. Il te traite bien ?
_ Bien évidemment ! Il me traite même mieux que je ne pouvais l’espérer !”Kisos semble ne pas me croire car c’est vrai que lors de mon départ, je disais que jamais je ne laisserais mon futur époux m’approcher. Je maudissais Thomas au plus profond de mon être mais voilà qu’à l’heure actuelle, je semble plus que bien près de lui. Charlie a compris que je suis tombée amoureuse de Thomas, elle reconnait mon regard de femme éprise mais elle comprend aussi que Kisos a du mal à y croire alors c’est elle qui va devoir intervenir pour adoucir mon ours de frère.
“ – Je suis vraiment contente de vous voir si heureux à deux. C’est vrai que tout n’était pas évident au début, vous ne vous connaissiez pas mais regardez vous.. Vous êtes adorables !
_ Merci ma Charlie ! Mais dis moi.. ton ventre ne serait pas un peu rond ?”Elle a mis des vêtements un peu ample mais maintenant qu’elle est assise, on remarque une bosse au niveau de son ventre. Elle attend un bébé. Cela me fait à nouveau sauter de joie. Je viens prendre ma belle soeur dans mes bras alors que Kisos en profite pour s’adresser à thomas.
“ – Vous êtes amoureux de ma soeur ?”
-
« – JE VAIS TE TUER KISOS !! »
Je ne sais pas ce qui lui a pris mais mon frère jumeau m’a kidnappé. Il ne m’a même pas laissé lui dire que j’étais bien avec Tomas, que j’étais même amoureuse de lui. Non, il m’a forcé à le suivre vers le drakkar et il a même mis un tissu sur la bouche pour ne pas qu’on entend mes cris. Pourquoi fait-il ça ? Qu’est ce qui lui prend ?! Charlie aussi semble totalement dépassée par la situation et elle demande des explications à mon frère mais pour le moment il ne dit rien. Il se contente de guider ses hommes pour reprendre route vers la Norvège. Et le Vineland alors ? Quand on me retire enfin le tissu, je hurle. Je maudis mon frère.
« – Je veux retourner en Écosse !!! Qu’est ce que tu fais Kisos ?! Je veux voir mon époux !!! »
Kisos m’ignore un long moment et il fait même mine de ne pas entendre mes cris. Même mes pleures ne semblent pas l’atteindre. La colère de Charlie n’y fait pas grand chose non plus. Je me retrouve attachée sur un siège et Charlie essaye de me rassurer mais comment être calme lorsqu’on ne comprend pas ce qu’il se passe ?
« – Pourquoi il fait ça Charlie ? Je.. tout allait bien ! Je suis bien avec Tomas ! J’aime Tomas..
_ Je ne sais pas Sora mais je vais tout faire pour comprendre. Je compte aussi lui rappeler que je suis son épouse et qu’il n’a pas à agir sans me prévenir. Jamais je ne l’aurais laissé t’éloigner de Tomas. J’ai bien vu votre complicité, votre lien..
_ Tomas va croire que je l’abandonne.. mon dieu.. il va me détester.. »J’ai mal en imaginant que Tomas puisse me détester mais il en aurait toutes les raisons. Je lui ai promis de ne jamais l’abandonner et là je me retrouve à repartir vers la Norvège. Je sais que je n’y suis pour rien mais lui ne le sait pas. Et je ne me doute pas qu’il a pris l’un de ses bateaux pour venir aussi sur les terres de ma famille.
Il faut deux jours pour arriver au port de Kattegat. Il y a une foule qui nous attend car ils reconnaissent le drakkar de Kisos. Quand tout se stoppe, je remarque Duda se rapprocher mais aussi Ma. Bien sûr, je suis heureuse de les revoir mais je suis encore en colère et complètement dans l’incompréhension. Je ne sais pas pourquoi je suis ici, Kisos n’a toujours rien dit mais il va enfin expliquer les choses puisque notre père va aussi vouloir comprendre.
« – Qu’est ce qu’elle fait ici ? Pourquoi êtes vous ici ? Tu devais être au Vineland et Sora avec Tomas !
_ Tu as donné ma sœur à un monstre ! Il abuse d’elle !
_ Quoi ?! Mais de quoi tu parles ?! »Duda arrive vers moi et il retire le tissu qui a été remis sur mes lèvres. Dès que je suis enfin libre, je me lève et je gifle mon jumeau. Il en attrape mon bras et il montre à notre père des taches qui couvrent ma peau.. Kisos pense que ce sont des hématomes mais en réalité ce sont des suçons que mon époux a laissé sur moi,
« – Regardes ! Il la frappe !
_ Mais non !! Il ne me frappe pas !!
_ C’est quoi ça alors ?!
_ Tu veux vraiment le savoir ?! C’est quand mon époux s’amuse à m’embrasser et à mordiller mon corps ! Ah oui ! J’ai oublié de te dire, on a beaucoup fait l’amour !! Et tu sais quoi ? J’adore ça ! »Mes mots tranchent mon frère et mon père. Je fini par pousser Kisos et je cours vers Ma’. Les larmes remontent à mes yeux. Elle me prend dans ses bras et je fond en larmes parce que je me sens bête. Bête dans le sens où Tomas va vraiment m’en vouloir et aussi parce que mon frère est le roi des idiots. Kisos se fait justement disputer par notre père devant les regards de plusieurs habitants.
« – Mais qu’est ce qui t’es passé par la tête Kisos ?! Pourquoi tu n’as pas demandé à ta sœur au lieu de la kidnappé ?! Tu sais que ça risque de faire un problème entre notre pays et l’Écosse ?! Ta sœur est devenue la reine d’écosse et tu viens de voler leurs reine !!
_ Je croyais qu’elle était en danger et malheureuse ! Elle ne voulait pas aller là bas ! En plus j’ai pas confiance en cet homme. Il est beaucoup plus âgé que Sora et il a l’air d’être étrange !
_ Si j’ai choisi Tomas, c’est parce que je savais qu’il serait parfait pour ta sœur ! Et je crois que j’ai eu raison puisque ta sœur semble l’aimer ! Tu es vraiment bête Kisos ! Tu vas vite aller la ramener et t’excuser ! »Kisos a agis sans réfléchir ou plutôt comme il pensait qu’il aurait du faire dès le début. Il s’en est voulu de m’avoir laissé partir de la Norvège. Il aurait aimé que je trouve l’amour comme lui l’a trouvé avec Charlie mais il n’a pas compris que je suis tombée amoureuse de mon époux. Pour lui ce n’est pas logique. Comment peut-on aimer quelqu’un qu’on ne connaît pas ? Il arrive dans le skali pour tenter de me parler et de s’excuser mais j’attrape un gobelet d’hydromel et je le jette sur lui.
« – Je ne veux plus te voir Kisos ! Tu as sûrement gâché mon mariage !!
_ Mais je pensais..
_ Tu n’as rien demandé ! Tu as agis tout seul, sur tes propres suppositions ! Pourtant si tu m’avais demandé, je t’aurai dit que j’aime cet homme et qu’il est parfait avec moi !!
_ Mais quand tu es parti, tu ne voulais pas..
_ Oui j’étais malheureuse en partant mais les destins peuvent changer. Duda a vu juste quand il disait que Tomas était un grand homme et qu’il savait qu’il s’occuperait bien de moi ! Je.. je me suis jamais senti aussi bien !
_ Hm.. excuse moi Sora,. Je.. je pensais te sauver..
_ Tu vas surtout me ramener auprès de mon époux ! »Kisos s’est mis beaucoup de monde à dos mais c’est moi qui suit la plus marqué. En attendant qu’il prépare son drakkar pour repartir, je décide d’aller vers mon ancienne chambre. Ma chambre de jeune fille.. la chambre que j’avais toujours eu. Ils n’ont rien bougé, il y a encore toutes mes affaires. Ma’ arrive juste après moi et elle se met à sourire lorsqu’elle me voit prendre une peluche entre mes mains.
« – Ton frère a la même impulsivité qu’avait ton père.. Leif était très impulsif aussi et parfois ça lui a fait défaut. J’ai souvent dû lui faire tête pour qu’il se montre plus résonné.
_ Tomas va croire que je l’ai abandonné Ma’… alors que non ! Je me sens si bien près de lui.. je..
_ Tu es amoureuse. Je le ressens. Je sens que ton cœur est rempli d’amour.
_ Je lui ai promis que je ne le lâcherais pas. Que je ne partirais pas et là.. il va croire que je suis une menteuse.. alors que pourtant je veux le rejoindre..
_ Ma chérie.. je suis certaine que Tomas ne te verra pas comme une menteuse. Tout rentrera dans l’ordre et j’y veillerais. Pour le moment tu devrais te reposer un peu car vous avez quand même eu un long voyage. Je vais te faire amener un repas et si tu veux, je peux rester avec toi ce soir.
_ Oui.. restes avec moi Ma’.. tu m’as quand même beaucoup manqué.. »Maintenant il faut attendre le départ. J’espère que nous allons repartir dès demain matin mais je n’aurai pas besoin de faire de retour rapide. Vers 3h du matin, j’entend du bruit. Plusieurs hommes crient et cela me fait sortir de ma chambre. Un bateau se rapproche de Kattegat et beaucoup pensent que ce sont des ennemis. Duda et Kisos s’arment pour aller vers le port. Moi aussi j’y pars mais je reconnais très vite ce bateau.. c’est un écossais. C’est le bateau de Tomas.
« – C’est TOMAS ! TOMAS ! »
Je cours sur le ponton en poussant tout ceux qui se trouvent sur mon chemin et je fais des grands signes en espérant que mon époux me voit. Quand le bateau amarre, je vois enfin son visage et à peine l’escalier est posé que je grimpe pour rejoindre les bras de Tomas. Il se retrouve happé par mes bras et mes lèvres. Il doit sûrement pas comprendre ce qu’il se passe mais je ne lui laisse pas le temps de parler. Je l’embrasse jusqu’à ce qu’on en perd nos souffles.
« – pardonnes moi.. je savais pas ce qu’allait faire Kisos.. Il croyait que j’étais malheureuse avec toi, que tu t’occupais mal de moi. Il à agis comme un idiot impulsif ! »
Je n’arrive pas à retirer mes bras qui entourent son cou. Il y a plusieurs mois, j’aurais été heureuse de revenir ici mais aujourd’hui je pleure parce que j’ai réussi à trouver ma place. Celle d’une amie, d’une confidente, d’une maîtresse, d’une adversaire, d’une épouse.. quand je sens qu’il me serre aussi, je me sens enfin mieux mais non loin de nous, il y a Kisos et Duda qui arrive. Mon père pousse Kisos à aller vers nous pour s’excuser auprès de Tomas mais mon frère n’aime pas s’excuser. Il n’aime pas avoir tord.
« – C’est bon j’y vais ! J’y vais.. »
Je me met quand même devant Tomas, comme pour le protéger. Kisos arrive sur le bateau et il se met déjà à fixer le regard de mon époux. Je sens la tension entre les deux. Kisos a trop de fierté et Tomas veut sûrement lui mettre une raclée pour avoir osé me kidnapper.
« – Hm.. j’ai fais une erreur. Je croyais que Sora était en danger près de toi. »
Il n’ose pas dire pardon et ça me fait froncer les sourcils. Je m’apprête à de nouveau le disputer quand un énorme bruit nous parvient aux oreilles. Sur le côté Est de la ville, il y a eu une explosion. Tout le monde se tourne et essaye de voir ce qu’il se passe. On comprend assez vite que c’est une attaque mais de qui ? Dans tous les cas il faut aller là bas. Duda part rapidement et Kisos finit par le suivre.
« – Je dois y aller Tomas ! »
Cela fait longtemps que je n’ai pas combattu mais je ne peux pas laisser quiconque attaquer mon peuple. J’embrasse Tomas avant d’aller vers les armureries mais il me suit. On va combattre à deux. On va combattre avec ma famille.
Ce sont des danois qui attaquent Kattegat mais pour le moment on ne sait pas pourquoi et on ne sait pas pourquoi ils le font maintenant. Ayant pris une arc, je tire sur tous les ennemis que l’on croise alors que Tomas fait du corps à corps. Il est puissant, tranchant mais toujours sans regarder derrière lui alors c’est moi qui le prévient quand un ennemi arrive derrière. Comme lors de notre duo dans la forêt, on réussit à vaincre pas mal d’hommes tout en allant vers ma famille qui se bat plus loin. Cette attaque est une surprise, personne n’y était préparé mais Tomas peut aisément voir la puissance et la fougue des norvégiens. Même les femmes se battent.
À un moment, nous arrivons à hauteur de mon père et j’essaye de lui demander ce qu’il se passe. Pourquoi des danois s’en prennent à nous ? La raison se trouve pourtant là. Je suis la raison de cette attaque car si Tomas avait refusé de m’épouser, j’aurais été marié au fils du roi danois mais comme ça ne s’est pas fait, ça n’a pas du tout plu à nos voisins. Ils sont donc ici pour donner une leçon aux norvégiens mais en voyant que je suis ici, l’un des commandants danois réussit à me capturer et à me faire sortir de Kattegat. Encore une fois kidnappé.. à croire que c’est une mode avec moi. J’hurle après Tomas, après Kisos ou même Duda mais ils sont trop encerclés pour venir me récupérer. Me retrouvant vite attaché et bâillonné, je ne peux même pas me défendre. Le soldat qui me transporte, prend la route vers le sud et donc vers ses terres. Je ne sais pas ce qui va advenir de moi mais mon père ne compte pas en rester là. Tous les ennemis sur Kattegat se font tuer et quand le silence revient, le grand Leif hurle de colère.
« – On doit aller rechercher Sora ! Ils vont la marier de force ou lui faire du mal !
_ Pourquoi veulent-ils Sora ?! »Ma mère ne comprend pas ce qu’il se passe et c’est là que Duda explique ce fameux deal qu’il avait fait avec les danois. Le roi danois voulait une alliance mais Leif préféré faire une alliance avec Tomas. Aujourd’hui il en paye le prix puisque je me retrouve otage de nos nouveaux ennemis. Kisos peut aussi s’en vouloir puisque s’il ne m’avait pas ramené ici, jamais je ne me retrouverais dans cette situation. Ma’ est en colère contre les deux et elle s’excuse surtout auprès de mon époux. Il subit les bêtises de mon père et mon frère, tout comme moi je les subis.
« – Leif a déjà envoyé des soldats à sa recherche. Si vous le souhaitez, vous pouvez vous reposer un peu et prendre ensuite l’un de nos chevaux pour partir aussi. Je ne vous demande pas de suivre Leif et Kisos.. vous pouvez y aller avec vos hommes ou même des hommes de notre peuple. Je pourrais comprendre que vous n’ayez plus confiance en nous.. »
Leif arrive à son tour et lui aussi veut quand même s’excuser. Même si son choix était porté sur Tomas, il a quand même fait une sorte d’alliance avec les danois au cas où si Tomas aurait refusé le mariage.
« – Tu sais, énormément de personnes m’ont demandé la main de Sora. J’ai dû faire un choix mais j’ai oublié certaines choses que j’avais dites. Je ne pensais pas que le roi danois en ferait une histoire puisqu’il avait plusieurs prétendantes pour son fils. »
-
Tomas m’a sauvé la vie. Il est arrivé avant que je ne sois souillé et sûrement abîmé à jamais. Il en a même payé le prix cher en étant éborgné mais aussi en étant dans un état critique. Ma peur est devenue plus intense en le voyant revenir à Kattegat. J’aurai préféré mille fois me faire violer que de perdre mon époux mais Ma’ m’a assuré qu’elle va le sauver. Elle m’a juré qu’elle remettra mon époux debout mais l’attente est longue, beaucoup trop longue. Deux semaines ont passé mais j’ai l’impression que cela a duré des années. Duda m’a envoyé faire quelques taches pour m’occuper et j’essaye aussi de m’occuper de Charlie qui est de plus en plus fatiguée à cause de sa grossesse mais depuis deux semaines je ne dors plus, je ne fais que tourner en rond. Alors quand on vient me dire que Tomas a ouvert les yeux, j’abandonne les outils que j’ai en main et je cours vers le skali de mes parents pour pouvoir le retrouver. J’en pousse tout le monde sur mon passage, même mon père.
« – Doucement Sora !!
_ Tomas !! »Je tombe à genoux près de son lit et je fond en larmes. Ce ne sont pas des larmes de tristesses mais de joies. J’ai tellement eu peur qu’il ne se réveille pas mais si, il respire, il bouge, il me voit. Je sens qu’il se sent mal à l’aise, sûrement à cause de sa cicatrice mais je m’en fiche tellement de cette cicatrice. Du moins, je ne la vois pas comme quelque chose d’immonde mais comme la preuve qu’il est prêt à tout pour moi. Ma’ demande aux autres de sortir de la chambre alors que je m’empresse d’essuyer mes joues et que je viens poser mes mains sur celle de mon époux.
« – J’ai eu si peur de te perdre Tomas.. J’ai cru que tu n’allais jamais te réveiller.. »
J’embrasse ses lèvres, ses joues et même cette cicatrice. Quand nous ne sommes plus qu’à deux, je me relève pour m’asseoir près de lui et je me niche dans ses bras. Je n’aurai jamais cru ressentir un jour ce manque ou cette peur.. c’est donc ça l’amour ? Quand on se sent mourir lorsque notre moitié n’est plus là ? Je sens que Tomas se recule un peu, à cause de cette blessure qui change son visage mais je dois le rassurer maintenant.
« – Eh.. je ne veux pas que tu te caches de moi ou que tu puisses penser que ça va me repousser. Tu restes magnifique à mes yeux Tomas. Même si tu n’aurais pas dû avoir cette blessure, je me dis même qu’elle a une signification très forte.. Tu as sauvé mon honneur, tu as aussi sauvé ma vie. Tu as quitté ton pays pour venir me rechercher.. tu aurais pu mourir pour moi. Je.. je te suis tellement reconnaissante mais surtout cela ne fait que confirmer encore plus mes sentiments pour toi. Je suis tombé amoureuse de mon âme sœur. »
Nos fronts se posent l’un contre l’autre. Je dois remercier ma mère mais aussi les dieux pour m’avoir redonné mon époux. Pour le moment je profite de ses bras bien que je surveille qu’il continue de se reposer encore quelques jours.
Il se passe encore quatre jours avant qu’il ne sort de son lit. Pour fêter son rétablissement, mon père a prévu un grand banquet au soir mais pour le moment, je lui propose une petite balade dans Kattegat pour lui montrer l’endroit où j’ai grandi. Le skali, notre maison, les temples, les terrains d’entraînements.. je lui présente aussi des personnes qui comptent pour moi comme ma tante Freya, mon oncle Nashoba, mon cousin Bjorn. Tout le monde est ravis de rencontrer mon époux, d’autant plus que Duda a été plutôt bon vendeur puisqu’il n’a fait que de parler des mérites de Tomas. Nous allons aussi voir Kisos et Charlie. Kisos s’en veut encore et c’est d’autant plus fort avec cette cicatrice qu’a Tomas. Pourtant Tomas ne se montre pas hostile envers lui et j’ose les laisser un peu ensemble le temps d’aller voir si Charlie va bien. Ma belle sœur est couchée car elle a eu des contractions qui sont beaucoup trop tôt. Le voyage au Vineland va devoir attendre.
« – Comment te sens tu aujourd’hui ? Tu as encore des contractions ce matin ?
_ Ça va un peu mieux, Matoaka m’a apporté son thé qui soulagent les douleurs. Mais elle m’a interdit de trop marcher alors je reste au lit..
_ Je suis tellement désolé pour toi.. Surtout que tu es le genre de fille à toujours bouger et courir un peu partout.
_ C’est long mais vous prenez tous bien soin de moi. J’ai juste hâte que bébé sorte de là.
_ J’ai eu une vision.. et je crois connaître le sexe du bébé.
_ Ah oui ?!! C’est quoi ?? Dis moi !!
_ Une petite fille.. je pense que vous allez avoir une petite fille. »Charlie est aux anges car elle espérait avoir une petite fille. Elle me demande quand même de garder la surprise et de ne le dire à personne. Elle prend ensuite ma main et elle la pose sur son ventre pour que je puisse sentir ma nièce bouger mais en faisant ce geste, une vision me prend.
Je me retrouve en Écosse, dans ma chambre mais je remarque surtout mon ventre rond caché sous ma robe de nuit. Mon effet de surprise est rattrapé par les rires d’enfants. Quand je me tourne, je vois Tomas dans mon lit avec quatre filles. Elles s’amusent à attaquer leur père.
Je reviens à moi quand Charlie me fait signe que Kisos et Tomas sont là. Je me relève pour aller vers mon mari mais je viens aussi faire une accolade à mon frère jumeau car je sais qu’il n’a pas le moral en grande forme.
« – Vas donc te reposer avec ton épouse. Il faut que tu sois en forme pour le banquet de ce soir ! Duda souhaite fêter le rétablissement de Tomas mais aussi fêter la venue de ton bébé. »
Car après tout, ce bébé deviendra le troisième dans la lignée. Quoi que si un jour Kisos a un fils, celui-ci prendra la place de sa sœur. Cela me fait penser à cette vision que j’ai eu et le fait que je n’ai vu que des filles.. elles étaient magnifiques mais je sais aussi qu’une reine se doit d’avoir des fils et ça, ça me contrarie un peu. Il va falloir que je parle à ma mère pour savoir si elle a vu la même scène ou si elle peut me rassurer. Peut-être que ma vision n’est pas certaine.
Justement en sortant de chez Kisos, Tomas évoque le sujet des visions car ma mère lui a dévoilé notre grand secret. Je me sens un peu mal à l’aise d’en discuter car je lui ai caché cela depuis notre rencontre mais je ne voulais pas qu’il me prenne pour une sorcière ou une sorte de diablerie qu’il vaudrait mieux mettre sur un bûcher.
« – J’ai hérité ce don de Ma’.. mais je ne sais pas le contrôler comme elle. Ma’ réussit à avoir des visions quand elle se concentre mais moi ça me vient par surprise ou alors lorsque je suis malade. C’est comme ça que j’ai su pour Anna et votre enfant.. j’ai eu la vision de bea qui donnait du thé à Anna et j’ai compris ce qu’il se passait mais je ne pouvais rien faire. J’ai aussi eu la vision de ta naissance.. Quand ta mère est.. enfin sache que ce n’est pas de ta faute. Je crois que j’ai eu cette vision pour justement apprendre la vérité. Ton père t’a raconté que ta mère était morte à cause de l’accouchement mais c’est faux. Elle était déjà malade avant ton arrivée mais elle a tenue jusqu’au bout pour que tu puisses naître. Elle avait sûrement attrapé une pneumonie ou quelque chose qui était en train de la tuer mais telle une mère louve, elle s’est battue jusqu’à la fin pour toi. »
Mes visions sont cependant plus fortes que celles de ma mère. C’est sûrement dû au fait que j’ai aussi les gènes d’un père spécial. Ma’ ne peut jamais revenir sur une vision alors que moi oui. Je peux la faire réapparaître pour en trouver tout son sens et en décelé sa venue. Cependant cela me demande une énergie qui pourrait presque me tuer mais ça, je ne le dis pas à Tomas.
La soirée arrive et il y a beaucoup de monde. Des hommes du nord mais aussi les hommes écossais de Tomas. Gurney est placé sur la même table que nous et quelques Jarl du coin sont venus voir le héros de la soirée, Tomas. Il se dit déjà que le roi écossais a trompé les danois pour sauver la fille du roi norvégien. Tomas est vu comme un grand guerrier mais aussi un stratège. Je suis plutôt fière du fait qu’il soit si bien accueilli et aimé par mon peuple. Duda fait un discours en début de soirée pour remercier Tomas mais aussi l’introduire officiellement dans notre famille. J’en prend un verre d’hydromel pour trinquer avec eux mais Ma’ tape ma main pour que je repose celui-ci.
« – Ma’ ! J’ai le droit de boire un peu, je suis marié maintenant.. Tu avais dis qu’une fois marié, je suis considéré comme adulte.. J’ai bientôt dix huit ans en plus !
_ Viens avec moi quelques minutes. »Je ne comprend pas pourquoi elle tient à ce qu’on soit seules mais je la suis vers un endroit plus calme pendant que les hommes trinquent. Ma mère se met à poser ses mains sur mes joues, mes hanches, mes seins et puis mon ventre. Je vois où elle veut en venir mais je n’arrive pas à sortir un seul mot.
« – Tu n’as pas eu de sang depuis combien de temps ?
_ Je.. ça devrait bientôt arriver je pense. Parfois ce n’est pas régulier mais j’ai l’habitude »Ma’ garde sa main sur mon ventre et elle se concentre. Je comprend qu’elle essaye d’avoir une vision mais je ne sais pas faire comme elle alors je ne vois rien. J’attend juste qu’elle ouvre les yeux et qu’elle me parle, chose qui finit par arriver.
« – Oh.. ma petite fleur.. tu vas être mère.. »
Elle est prise par l’émotion alors que moi je suis un peu moins joyeuse. Non pas que je ne souhaite pas de famille avec Tomas mais j’ai encore en mémoire le fait qu’il ne voulait pas m’honorer par peur que je tombe enceinte. Voilà que nous avons eu nos premières relations il y a quelques semaines et je suis déjà enceinte. Oui, ça me fait peur parce que je ne veux pas qu’il me rejette ou qu’il soit malheureux à cause de cette nouvelle. Ma mère sent mon angoisse monter et elle repose ses mains sur mes joues pour partager sa vision.
Elle me montre le jour de la naissance du bébé. Je suis dans un lit au château d’Édimbourg et une servante pose le petit bébé contre moi. Tomas est là, il rayonne de bonheur.
« – Tout va bien se passer ma petite fleur.. Tu seras bien entouré et tu vas donner naissance à un très beau bébé. Je pense qu’après la naissance du bébé de Charlie, je ferai le voyage pour être auprès de toi jusqu’à la fin de ta grossesse. Si cela peut te rassurer et rassurer ton époux. »
C’est quand même une sacrée révélation et je me sens totalement sans voix. Ma’ me prend dans ses bras pour me féliciter et me rassurer mais il va quand même falloir que nous retournions vers la grande salle de banquet. J’essaye de ne pas laisser paraître mon trouble et je reprend part à la fête. Ici c’est beaucoup moins codé qu’en Écosse et les gens du village se mélangent facilement avec notre famille. Je profite comme je le peux mais on ne tarde pas énormément car bien que cette fête soit pour Tomas, il doit encore se reposer avant notre départ pour l’Écosse. On doit repartir en fin de semaine mais seulement s’il est en pleine forme.
Nous logeons dans l’une des chambres du skali et on entend encore la fête battre son plein, pourtant c’est quand même beaucoup plus reposant d’être ici. Je prépare la cuve d’eau pour que nous puissions prendre un bain mais quand vient le moment de me mettre nu, je regarde mon ventre encore plat. Est-ce que Ma’ a vraiment raison ? Est-ce que quelque chose grandit en moi ? Il n’y a que les semaines qui pourront confirmer cela et je me demande si je dois vraiment le dire à Tomas ou non. C’est quand je sens son torse venir contre mon dos que j’attrape sa main et je la pose sur mon ventre.
« – Je crois que.. j’attend ton enfant. Ma’ en est persuadée et moi.. je pense aussi car je n’ai pas eu mes saignées depuis plusieurs semaines.. et.. et ma poitrine est un peu plus gonflée que d’habitude.. »
Je redoute un peu sa réaction mais d’un autre côté, je me rappelle avoir vu quatre filles et un bébé dans mon ventre. Si vraiment ça allait mal se passer, pourquoi avoir vu autant d’enfants ? Ma’ m’avait déjà dit une fois que j’aurais une grande famille lorsque je serais marié mais j’avoue n’y avoir pas vraiment réfléchi . Je me suis plutôt imaginé en guerrière et pas forcément en mère.
« – Et selon Ma’, le bébé devrait arriver pour le prochain printemps.. elle.. elle m’a montré l’une de ses visions. J’ai vu le moment où l’on me pose l’enfant contre moi.. le bébé aura tes beaux yeux bleus mais il aura un teint un peu plus épicé comme le mien.. »
Je ne sais pas partager mes visions comme Ma’ donc je ne peux pas montrer à Tomas ce que j’ai vu mais je peux lui décrire son immense sourire et le bonheur qu’il y avait dans son regard. J’évite quand même de parler du sexe de ce bébé car j’espère encore que le destin puisse changer de décisions. Si je ne donne pas de fils à Tomas, sa couronne ira à ses cousins ou oncles mais pas à nos enfants. Je ne peux concevoir cette idée. Cependant je ne dois pas me formaliser maintenant, je dois surtout penser à ce qui va se dérouler avant donc la grossesse. Mon corps va changer, ça j’en suis certaine mais pour le reste je n’y connais pas grand chose.
« – on.. on va avoir un petit nous.. un tout petit bébé nous.. »
-
C’est tout de même la douche froide car j’aurai cru lui soutirer un sourire mais au lieu de cela, Tomas panique. Il n’a même pas laissé un quart de seconde sa main sur mon ventre. Il me demande même de mettre fin à cette grossesse. Je sens une boule se former dans ma gorge mais je ne montre pas cette émotion nouvelle. Je l’écoute et je lui fais même un sourire cependant je ne sais plus quoi penser.
« – Je.. et bien.. je peux demander à Ma’.. une potion pour.. pour stopper tout ça.. mais.. je.. »
Difficile de rester stoïque. Je ne suis pas forcément attaché à cet enfant qui est en moi mais avec les visions que j’ai eu, j’avoue avoir idéalisé ces scènes où Tomas joue son rôle de père. J’aimerais pouvoir lui dire que tout ira bien, que je ne vais pas mourir mais comment pouvoir lui prouver ? Je comprend totalement sa peur, je sais ce qu’il a enduré mais je veux lui montrer que tout ça est le passé.
« – Non, en fait non. Tu sais bien que ce n’est pas une malédiction, ta mère est décédée parce qu’elle était malade et Anna, elle a été empoisonnée par cette idiote de béa mais toi tu n’as rien fais. Tu n’y ai pour rien et surtout je sais que tout ira bien. Tout va bien se passer parce que je t’ai vu avec.. avec quatre petites filles.. tu.. »
Oui, que des filles. Tant pis, il n’aura pas d’héritiers mâles. Cependant s’il y avait quatre filles, c’est que tout c’est bien passé. J’ai réussi à accoucher, à ne pas mourir.
« – Tu jouais avec elles. Elles t’avaient toutes tendus une embuscade dans notre lit et elles s’amusaient à te chatouiller. Dans cette vision, j’avais même le ventre rond.. C’était tellement beau, doux, adorable. Tu avais un immense sourire et un regard si bienveillant envers les petites.. »
J’aimerais tellement lui montrer cette vision mais je n’ai jamais su le faire. Ma’ y arrive mais pour moi c’est encore quelque chose que je ne sais pas maîtriser. Cependant je sens une sorte de détermination qui me pousse à poser mes mains sur les joues de Tomas et je réussis à envoyer quelques flash. Cette scène dans le lit avec les quatre fillettes ou alors le jour de la naissance de ce premier bébé, lorsque Ma’ le pose contre la poitrine. Par contre je n’arrive pas à totalement contrôler la chose, si bien que l’on partage un flash d’une dispute. On peut se voir dans le château d’Édimbourg et je lance un vase vers Tomas. Quand les flash cessent, je pouffe de rire à cause de cette dernière scène peu exaltante.
« – J’ai beaucoup de caractère selon mes parents. Il faut dire qu’ils sont eux aussi très explosifs alors imagine un peu des deux mélanges.. ça fait moi ! »
Mais j’espère qu’il a vu ce que je tenais à lui faire passer. Pourquoi ne pas essayer d’avoir de l’espoir plutôt que de fuir dès le début ? Mes mains sont encore sur ses joues et je viens déposer plusieurs petits baisers sur ses lèvres.
« – Tout ira bien Tomas.. On prendra toutes les précautions et je ferai très attention. Mais on ne doit pas s’avouer perdant alors que je suis certaine que nous allons gagner cette bataille.. Et tu verras que ce rôle de père sera le plus beau que tu auras dans ta vie. »
Je lui fais une petite moue adorable, celle qui le fait facilement fondre. Tout ça ne va pas être une mince affaire et il est certain qu’il va me surveiller comme jamais mais j’ai confiance en lui, en nous et en ce que nous réserve notre avenir.
Pour le détendre, nous finissons dans un bain chaud mais je change de sujet pour ne pas qu’il rumine toute la soirée. Ce n’est pas bien compliqué de changer son état d’esprit, il suffit que je laisse mes mains se balader sur son corps pour qu’il ronronne de désir. Je retrouve les bras et les coups de reins de mon époux, si bien que notre nuit ne se termine qu’au petit matin.
« – Debout là dedans ! Ah merde ! »
La porte se referme rapidement. J’ai reconnu la voix de mon père et il vient tout simplement de nous voir nu dans le lit. Cela nous réveille mais ça nous fait surtout rire, même si je suppose que Duda va faire son grognon pendant le déjeuner. Même s’il adore Tomas, il a encore son côté père poule qui fait encore son apparition de temps à autre. Ce n’est pas manqué car lorsqu’on rejoint mes parents pour déjeuner, mon père bougonne dans sa barbe. Ma mère est beaucoup plus accueillante et elle a même un immense sourire. Elle sait que j’ai prévenu Tomas pour ma grossesse mais il faut maintenant passer par le cap plus compliqué, mon père.
« – Chéri ? Notre fille a quelque chose de très important à te dire.
_ Quoi ca ? Elle va rester ici avec nous ? »Il étire un fin sourire mais c’est dans le but de taquiner Tomas. C’est vrai que nous sommes encore dans cette période de mariage où je peux encore m’en aller. Il ne reste que quelques semaines avant de réellement sceller notre union définitivement.
« – Non Duda, je repars en Écosse mais je vais avoir un petit bébé. »
Mon père recrache le thé qu’il a en bouche et il fait les gros yeux. Être enceinte est dans la logique des choses mais il ne pensait pas que ça arriverait maintenant puisque je n’ai que dix sept ans. En plus Kisos aussi va bientôt être père alors évidemment, ça lui donne un coup de massue car il passe de père à grand père.
« – Un bébé ?? Mais Sora, c’est trop tôt non ? Tu as encore le temps pour les bébés !
_ Ça ne se contrôle pas vraiment Duda.. enfin ce n’était pas prévu mais le destin en a choisi autrement..
_ Mais.. mais non ! Enfin.. vous n’avez même pas passé le cap de la première année !
_ Leif, tout va bien se passer. Notre fille n’est plus une enfant et puis regarde là, je ne l’ai jamais vu aussi heureuse.. Elle est si rayonnante grâce à Tomas.
_ Oui mais c’est mon bébé et mon bébé ne peut pas avoir un bébé !
_ On s’est rencontré j’avais seize ans et tu ne me traitais pas de bébé en ce temps là
_ Oui mais tu as eu les jumeaux à vingt ans et puis c’est pas pareil. Là c’est notre fille.. ma petite fille. Je la vois encore faire ses premiers pas.. et puis quand elle a dit son premier mot c’était Duda… »Duda fait une moue nostalgique et Ma’ le regarde avec amusement. Elle essaye de le rassurer en passant sa main sur sa joue mais Duda change vite de mine et il vient à fixer Tomas.
« – Tu vas devoir prendre encore plus soin de ma petite chérie. Surtout tu n’hésites pas à la disputer si elle veut n’en faire qu’à sa tête. Et puis Matoaka ira vous rejoindre en Écosse pour surveiller que tout aille bien pour la grossesse et l’accouchement. Je pense même que je vais envoyer Freya pour être certain que tout ira bien en attendant l’arrivée de Matoaka. »
Il est encore pire que Tomas finalement.. Duda veut s’assurer que je puisse accueillir le bébé dans les meilleures conditions. Lui ne pense pas à cette malédiction car Ma’ a vécu ses grossesses aisément mais il était quand même assez stressé pendant celles-ci. C’est vrai qu’à notre époque, beaucoup de femmes perdent la vie lors de l’accouchement car les moyens sont faibles afin de vérifier le fœtus comme la mère. Cependant nous avons quand même une chance inouïe en ayant ma mère car elle s’occupe de beaucoup d’accouchement à Kattegat et cela lui a permis d’être bien plus agile et compétente sur ce sujet. Cependant sa venue en Écosse pourrait être assez spéciale car vivre avec elle non-stop, n’est pas si aisé que cela puisque même si elle se montre beaucoup plus sage que Duda, il n’en reste pas moins que c’est une mère louve. Ma mère pourrait bien vite nous rendre fou Tomas et moi.
-
Le retour en Écosse me fait du bien car même si mes terres me manquent, j’ai trouvé ma place dans la patrie de mon époux. Je me sens utile ici et quand Tomas est en train de s’occuper de ses papiers ou de ses armées, moi je m’occupe de rendre la vie au château beaucoup plus douce ou alors je vais sur Embra pour passer du temps avec le peuple. Je n’aime pas être mise sur un pied d’estale, j’aime ce contact avec les gens et j’aime pouvoir leurs montrer que je suis comme eux. Bien sûr, avec la grossesse je suis beaucoup plus précautionneuse mais de toute façon Spencer ne me lâche pas d’une semelle.
Après une première journée chargée, je pensais retrouver Tomas dans notre chambre mais il est encore dans son bureau. Alors oui, j’ai été le rejoindre et finalement il a cessé de s’occuper des affaires d’états pour me faire l’amour sur son bureau. C’est encore bien mieux que de rejoindre notre chambre. Lorsque l’orgasme est passé, j’arrive sur ses cuisses et je suis niaise quand il se met à caresser ce petit ventre rond qui se dessine sur mon corps. Il accepte cette arrivée et même s’il a encore peur, il gagne en confiance.
« – Tu penses être pire que Duda et Kisos ? Je suis certaine que tu vas surtout devenir fou si tu as une armée de demoiselles autour de toi. Elles vont toutes te faire les yeux doux pour que tu cèdes à leurs caprices. »
Cela m’amuse déjà d’imaginer Tomas perdre la tête à cause de nos petites têtes brunes. Je ne doute pas une seconde qu’il craquera face à leurs bouilles mais je ne doute surtout pas qu’il sera un père parfait. Il a une âme douce et aimante, même si face à des ennemis il se montre intransigeant. J’ai encore les images de ce qu’il a fait aux deux danois qui allaient le violer. Jamais je n’avais vu une telle fureur dans le regard de Tomas.
« – Tu vas être un père en or. Je sais que mes petites filles seront toujours en sécurité avec toi et qu’elles ne manqueront jamais de rien. Je vais surtout avoir peur pour leurs futurs prétendants mais on a encore beaucoup d’années avant que tu ne te fasses des cheveux blancs à cause de ce sujet. »
Je viens poser mon front contre le sien et je profite encore de ses bras autour de moi. Je réussis à le faire rejoindre notre lit pour qu’il se repose mais la nuit n’est pas si calme car je me réveille plusieurs fois à cause de grosses nausées. Ma mère m’a prévenu que les débuts d’une grossesse ne sont pas si calmes. Les nausées, la fatigue et parfois des changements d’humeur. Les hormones me feront certainement avoir des crises de larmes ou des envies de repas gargantuesques. Les prochains mois vont être des épreuves mais il faut déjà que je réussisse à passer celle des nausées.
Au petit matin, Tomas a déjà quitté le lit et Freya vient m’apporter une tisane qui devrait calmer les hauts de cœur. Je suis contente qu’elle soit ici avec moi, d’autant plus que je sais que cela doit lui faire du bien. Elle aime notre royaume mais elle y a vécu aussi tellement de malheurs que d’être loin va lui changer les idées. Elle a perdu son grand amour qui n’était autre qu’une femme.
« – Je vais continuer de te faire la visite du château et de la ville aujourd’hui ! Tu vas voir, les écossais sont très accueillants et chaleureux !
_ Tu penses que tu vas pouvoir te balader avec la nuit que tu viens de passer ma jolie ?
_ Il en faut beaucoup plus pour me stopper, tu le sais !
_ Tu es une boule d’énergie mais là tu partages ton corps avec un petit être qui sera tout autant énergique que toi. Ce n’est pas rien. Je me souviens quand ta mère était enceinte de toi et Kisos, elle était très souvent sur les rotules pourtant elle est plutôt costaud.
_ Oui mais ça c’est à cause de Kisos, même dans le ventre de Ma’ il était chiant. »Freya se met à rire et elle m’aide à sortir du lit. Je tiens quand même à voir si Tomas est encore dans le château mais non, Spencer m’apprend que Tomas est parti sur le terrain afin de régler une affaire avec quelques highlanders qui auraient été attaqués par des anglais. Je verrais donc mon époux ce soir mais je le conçois et je sais que ça va arriver plus souvent que je ne l’aimerais.
La journée se passe en balade comme je l’avais prévu et en visite d’Embra. Comme à chaque fois, les habitants sont bons avec moi et je prends plaisir à parler avec eux. Pourtant depuis peu il y aurait des problèmes dans la ville, soit disant que des anglais se seraient infiltrés ici pour causer des soucis à certains commerçants. Les tensions avec les anglais au sud, sont de plus en plus vives car ils voudraient que l’Écosse et l’Angleterre soient deux royaumes distincts.
« – Il va falloir que je prévienne Tomas.. Je pense que les anglais veulent faire des sales tours pour que le peuple écossait soit trop confus pour s’attendre à une attaque de leurs part »
Dis-je à ma tante et elle est d’accord avec moi mais avec ce qu’elle vient d’apprendre, elle veut surtout que je rentre au château par précaution. Elle n’a pas tord mais on se fait quand même attaquer. Du moins, des hommes se mettent à jeter des œufs sur moi et ils crient que je suis une païenne. Spencer fait tout de suite envoyer des gardes pour les stopper alors que moi je me fais entraîner vers le château.
J’ai besoin d’un bon bain mais je suis surtout vexée par ce qu’il s’est passé. Ces fichus anglais mériteraient que je les étripe. En plus je sais que Tomas ne me laissera plus sortir tant qu’il y aura des tensions de la sorte. Justement, mon époux débarque dans la salle de bain et je vois déjà l’inquiétude dans ses traits mais je lui fais signe de se calmer.
« – Tout va bien.. ce n’était que des lancés d’œufs mais sache que ces anglais sont de vrais trou du cul ! Ils mériteraient qu’on les enfouie dans un tas de fumier ! »
Je sors du bain et Tomas m’accueille avec la serviette qu’il enroule autour de moi. Tout ne peut pas être parfait et je sais qu’en tant que monarques, il y aura toujours des gens contre nous. Parfois il suffit d’une discussion pour atténuer les tensions mais d’autres fois il faut corser les affaires. Cependant je ne tiens pas à ce que Tomas parte en affrontement contre les anglais, pas en sachant que notre premier enfant va arriver.
« – Tu pourrais envoyer quelqu’un pour essayer d’apaiser les tensions avec les anglais ? Ils veulent l’indépendance mais sans toi, ils vont finir par rapidement déchanter. Ils n’ont pas de têtes assez forte pour prendre un rôle aussi important et puis ils oublient que les français sont sages parce que tu es le roi. Si tu lâches l’Angleterre, le père de Charlie lancera de nouvelles attaques, on le sait bien. »
Je m’y connais plutôt bien en géopolitique puisque j’adorais écouter mon père lorsqu’il faisait des conseils de guerre. Kisos était plutôt du genre à vouloir être un bon soldat alors que moi j’étais plutôt dans l’esprit d’être une bonne stratège. Parfois il n’y a pas besoin d’épée pour gagner, c’est ce que Ma’ m’a enseigné.
« – Et toi alors ? Pourquoi as-tu été voir des highlanders ? »
Des anglais qui ont aussi attaqué les fameux écossais en kilt. Décidément, ils veulent vraiment nous rendre fou.
« – Et si on allait à Lunden pour tenter de discuter avec les têtes pensantes de cette révolution ? Pas seulement toi mais moi aussi. Je sais que c’est surtout depuis mon arrivée que ça ne va pas car ils pensent que je suis une sorcière nordique.. mais je vais leurs montrer que non. »
Je pars vers la chambre pour aller chercher des vêtements et quand je me retrouve nu devant le miroir, je ne peux m’empêcher de regarder mon ventre. C’est si étrange de ce dire qu’un petit être se cache dedans. Je me met de profil pour mieux voir ce changement mais dans le miroir je vois aussi Tomas. Il n’a plus sa moue inquiète mais cette moue beaucoup plus attendrie, comme il l’avait hier soir quand il a touché mon ventre.
« – Cette petite demoiselle doit naître dans un royaume qui est uni non ? Surtout si un jour, c’est elle qui.. qui deviendra reine. »
Sauf si nous avons un garçon mais j’ai un peu d’espoir sur le fait que Tomas fera en sorte que ce ne soit pas ses cousins qui prennent le trône quand nous ne serons plus là mais bien notre première fille. Chez les nordiques, il y a aussi cette loi salique qui veut que ce soit un garçon sur le trône et pas une fille. Si je ne donne pas de garçon, notre famille perdra la couronne alors que pourtant je suis certaine qu’une fille peut tout aussi bien gouverner qu’un homme.
« – La belle et magnifique Reine Catriona Wells.. »
C’est le prénom de sa mère et je tiens à ce que notre première fille se nomme comme elle. Je tends ma main vers Tomas pour qu’il vienne près de moi et je le laisse regarder nos reflets dans le miroir.
« – que penses-tu de ce prénom pour notre première princesse ? »
-
Ce nouveau trône me donne les larmes aux yeux mais je dois garder mes émotions devant les sujets. Tomas fait vraiment tout ce qu’il faut pour que je me sente entièrement chez moi ici mais les sujets aussi car ils viennent m’offrir des présents et aussi me féliciter. Oui, je me sens tellement bien ici et je me retrouve aussi totalement charmé par ce Tomas qui trouve des solutions idéales pour les agriculteurs. Il est réfléchit et il pense à l’intérêt des siens. Cet homme me fascine et quand on peut enfin discuter plus intimement, il ose me dire qu’il est heureux que je suis de nouveau à la maison mais sait-il à quel point je suis encore plus heureuse que lui ?
« – Ma place est ici, avec toi et notre peuple. Je ne pourrais plus vivre ailleurs. Ma maison est ici et elle l’est encore plus quand je suis dans tes bras. »
Les sujets commencent à se restaurer et nous deux, nous allons vers notre table. Nous recevons encore quelques personnes qui viennent nous féliciter pour notre retour mais aussi pour l’arrivée prochaine de notre bébé. Il y a même quelques dames qui se proposent déjà d’être la nourrice de notre enfant mais pour le moment je ne souhaite pas accepter puisque dans mes traditions, c’est la mère qui s’occupe du bébé lors des premières années. Je sais que c’est compliqué puisqu’il faut composer avec le rôle de reine mais si Ma’ a réussi, pourquoi je n’y arriverais pas ? Quand nous sommes un peu plus tranquille, je décide d’en parler avec Tomas.
« – Tu sais, j’aimerais beaucoup m’occuper seule du bébé. Enfin, un peu d’aide ne fera pas de mal mais je ne veux pas être entouré de nourrices qui pourraient se mettre entre moi et le bébé. Je pense que c’est important que je puisse être la plus proche de notre enfant et surtout que ce soit moi ainsi que toi, qui feront son éducation. C’est comme ça que mes parents ont fait et c’est aussi pour ça que nos liens sont si forts. »
Dans beaucoup de royaumes, ce sont des nourrices qui gèrent les enfants afin que la reine soit tranquille mais cela met une distance entre les petits et leurs mères. J’aurai quand même besoin d’être guide au début mais Freya ou même Ma’, seront là pour m’aider. Je sais qu’aussi l’épouse de Spencer comme celle de Gurney, seront aussi présentes pour m’apprendre à être une bonne mère écossaise.
« – J’espère que ça ne te gêne pas.. Je sais que ce n’est pas dans vos traditions mais j’y tiens énormément. »
La famille est une valeur qui a toujours été très forte dans ma vie. Maintenant que je vais avoir la mienne, je tiens aussi à l’avoir en premier plan et même encore plus. Même si mon âge pourrait faire penser que je ne suis pas assez mature pour être mère, je sais que je vais y arriver. Justement, je crois que mon âge fait un peu jaser auprès des hautes têtes qui viennent souvent dans ce château, du moins surtout au niveau des femmes car ma jeunesse les rend jalouses. Elles n’ont plus la fraîcheur d’avant et elles ont peur que leurs époux veulent faire comme Tomas, avoir une épouse plus jeune. Je vais devoir faire taire les ragots et les médisances mais pour ce soir, je préfère m’occuper de mon époux.
C’est au lendemain matin que j’ose remettre en place une dame. Tomas est parti tôt pour préparer le voyage à Lunden et je me retrouve à déjeuner seule, cependant la comtesse de Glasgow me regarde avec une haine sans précédente.
« – Quelque chose ne va pas Lady Bridget ? Vous n’avez pas le plus bienveillant des regards ce matin.
_ Pardonnez moi, il est encore très tôt et je suis fatigué.
_ Fatigué ou à l’écoute des ragots sur ma personne ? »Il y a plusieurs dames qui sont présentes et je sais que mes mots font l’effet d’une pique très pointue. Mary m’a tout dit sur les fameux ragots afin de me protéger et surtout que je ne me mine pas le moral.
« – Je sais que vous parlez toutes de moi derrière mon dos. Cela ne vous plaît pas forcément que je sois l’épouse de Tomas car je suis jeune et surtout une nordique. Mes façons d’être ne sont pas comme les vôtres et vous vous outrez sur chaque chose que je peux faire. Oui, je ne prends pas plaisir à boire un thé toute la journée et à rester assise dans un boudoir. Je préfère être utile et aller aider ceux qui en ont besoin. Je sais aussi que vous avez peur d’être évincé par vos époux à cause de vos âges mais ne serait-ce pas plutôt vos comportements qui seraient à revoir ? Qu’importe l’âge, un homme restera auprès de vous si vous lui donnez l’envie d’être toujours là. Pour le moment je ne vois qu’un groupe de médisantes qui préfèrent rabaisser la reine plutôt que d’être des femmes dignes de ce nom. Chez moi, les femmes savent se battre, elles savent parler aux hommes et elles savent tenir une maison,qu’importe leurs statuts. Est-ce que vous savez faire une seule de ces choses ? »
Je n’ai pas remarqué que Tomas est derrière et qu’il a tout entendu. Plusieurs hommes se retiennent de rire car les bourgeoises jouent encore les outrées. Pourtant il y en a une plus jeune qui se lève et qui vient vers moi. Elle m’offre une révérence et s’excuse de son comportement.
« – Pardonnez moi si je vous ai offensé ma reine. Vous avez raison, en tant que femmes, nous pouvons être autre chose que des personnes enfermées dans un château et qui ne font que jaser. Puis-je me joindre à vous pour votre prochaine promenade ?
_ Bien sûr ! Vous êtes la duchesse d’Inverness ?
_ Oui mais vous pouvez m’appeler Caroline. »La jolie rousse me fait un doux sourire et je lui propose déjà une balade en jardin mais en me retournant je tombe face à face avec mon époux. Il a sûrement entendu mes râles et je ne peux m’empêcher de pincer mes lèvres.
« – Tomas.. J’allais me balader dans les jardins avec Lady Caroline d’Inverness. Il me semble que tu vas souvent à la chasse avec son époux non ? Dans tous les cas, je reviens d’ici une petite heure. Un bol d’air frais me fera du bien et puis je dois aller nourrir ma jument. »
J’embrasse sa joue et je file avec ma nouvelle compère sans me soucier des autres. Elles sont encore choquée par mon caractère plutôt indépendant. Elles risquent à tous les coups d’aller se plaindre auprès de leurs époux. Caroline m’explique justement que la plupart des dames se sont confortées dans un rôle d’objet et qu’elles ne se contente que de se faire belles avec des robes majestueuses, des bijoux mais mise à par cela, elles n’ont pas d’ambitions ni d’envies.
« – Mais pourtant en étant des femmes d’hommes importants, elles pourraient faire tellement de bonnes choses. Et ça doit être ennuyant de passer son temps enfermé à parler entre elles..
_ C’est horriblement ennuyeux. Je devais le faire parce que mon époux est un duc et qu’il faut que je me montre correcte comme les autres dames mais vous venez de me sauver. J’aimerais beaucoup faire comme vous.. être une femme beaucoup plus forte et montrer à mon mari que je peux aussi être utile.
_ Vous êtes déjà quelqu’un de forte car vous êtes la seule qui a osé se lever de sa chaise. »La balade et le repas de la jument terminés, je reviens au château mais Tomas est déjà reparti. Je ne peux pas lui en vouloir, il est le roi et il ne peut pas être tout le temps auprès de moi. Cela arrive plusieurs fois durant les jours qui suivent. Il y a même une nuit où je me retrouve seule dans le lit mais Lune me rejoint pour que je me sente moins seule.
Le voyage pour Londres finit par arriver. Nous allons avoir plusieurs jours de voyage et pour cela, Tomas a fait sortir un carrosse pour que je sois plus au confort. Freya et Caroline seront avec moi alors que Tomas avancera en cheval. Ça m’attriste un peu de ne pas pouvoir être sur un cheval mais je sais que c’est pour le bien du bébé. Ce bébé prend justement un peu plus de place puisque je ne peux plus porter les fameux corsets et tant mieux. J’ai revêtu une robe en tartan pour ce voyage et surtout pour honorer les couleurs de mon époux. Avant que le cortège ne soit lancé, il y a des dernières vérifications et je profite de ce moment pour aller vers Tomas qui enfile sa ceinture à armes.
« – N’hésites pas à te reposer si tu te sens fatigué et n’oublie pas de toujours avoir un œil derrière toi. Je ne pourrais pas surveiller tes arrières avec ce carrosse.. quoi que j’ai quand même cacher une épée au cas où si on se ferait attaquer. »
Il faut toujours prévenir plutôt que guérir. J’aide Tomas à mettre ses armes et je souris en voyant le poignard que mon père lui a offert.
« – Je.. oh.. »
Je fronce les sourcils et je pose une main sur mon ventre. Il est certain que Tomas prend de suite cela pour un problème. Quelque chose se passe avec le bébé mais je fini par comprendre et je prend la main de Tomas pour qu’il sente aussi ce qu’il se passe. Le bébé donne ses premiers coups de pieds.
« – Je crois qu’elle veut aussi te dire de faire attention ! C’est sûrement pour ça qu’elle gigote. Elle veut aussi te faire un petit coucou avant ce grand voyage ! »
Le bébé cogne contre la main de Tomas à plusieurs reprises. Ce n’est pas très agréable mais ça m’attendrie car on pourrait croire qu’elle veut à tout prix que son père sache qu’elle est présente.
« – Catriona Wells est déjà une caractérielle. Je me demande bien de qui elle peut tenir ça ! »
Spencer et Gurney se rapprochent pour savoir ce qu’il se passe et je les fais aussi sentir les coups de pied de la petite. Ils en sont tout heureux et ils nous félicitent à nouveau. C’est surtout Gurney qui est le plus niais car il n’a pas eu la chance d’avoir des enfants alors il est tout excité en sachant que bientôt il va voir un bébé arriver.
« – J’ai hâte de voir cet enfant ! Je pari un baril de bière que ce sera un petit garçon ! »
Nous n’avons rien dit concernant le sexe car il faudrait que je parle de mes visions mais bon, au moins cela nous amuse de voir les pronostiques.
-
Assister à ce genre de procès pour savoir si Tomas a sa place en tant que roi, ne me plaît pas du tout puisque je sais qu’il est le roi de l’anglicie. Ce n’est pas cet Andreas qui doit régner mais mon époux. Cependant je ne peux pas intervenir, du moins jusqu’à ce que cet Andreas décide de me faire venir vers la grande table en pensant que j’irai dans son sens. Tous les regards sont posés sur moi dont celui de Tomas et avec ce que dit Andreas, je pourrais aisément blâmer mon époux mais non. Non, je ne peux pas le blâmer ou lui lancer la pierre.
« – C’est vrai que j’ai fuis. Oui, j’ai tenté de m’en aller mais il faut que l’on remette les choses dans le bon contexte Sir. Vous pointez du doigt mon époux comme le mal du monde mais il n’en est rien. »
Andreas fronce les sourcils car il comprend que je ne vais pas me mettre contre Tomas. Je viens même poser une main sur mon ventre arrondis pour faire taire ces histoires de malédictions.
« – Vous savez, quand je suis arrivé ici, je ne voulais pas me marier. Je ne connaissais pas Tomas et je n’avais jamais quitté mes terres alors c’est vrai que les débuts ont été très compliqué dans notre couple. Je n’ai pas été très docile envers le roi et ces histoires de consommation de mariage sont de ma faute. Je ne voulais pas qu’il me touche. »
Je mens un peu car je ne veux pas que Tomas se remet en tête qu’il est une malédiction pour moi ou même notre futur enfant. Et puis qui peut vraiment savoir ce qu’il se passe dans le lit conjugal ? De toute façon, j’ai la preuve que notre mariage a été consommé. Je caresse mon ventre pour que chacun des seigneurs voient qu’un héritier est en route.
« – Comme vous le savez tous, je ne suis pas une fille de roi sudiste mais la fille du roi Leif. Nos coutumes sont bien différentes des votres et j’ai eu du mal à m’adapter mais Tomas a été patient avec moi et il m’a appris à être celle que je suis devenu. Certes, il y a eu des histoires de maîtresses mais je ne lui en veux pas puisque j’ai mis du temps à être cette épouse qu’il méritait. Aujourd’hui cela n’est que passé et comme vous voyez, j’attend son enfant. Son héritier. »
Je m’avance encore pour me rapprocher de Tomas. Mon sourire se dessine quand sa main frôle la mienne. Les personnes présentes peuvent facilement comprendre que ce n’est plus une union d’alliances mais des vrais sentiments qui nous unissent. Cela étonne, surtout cet Andreas qui me voyait comme une jeune barbare intouchable. Les avis sur les vikings sont très limités dans le sud de l’anglicie et je sais que pour cela, c’est à moi de prouver que mon peuple n’est pas qu’un groupe de dégénérés sanguinaires.
« – Oui, il est aussi venu me rechercher en Norvège. Je peux comprendre que cela a été surprenant pour tout le monde mais Tomas a surtout aidé les norrois à faire tomber les danois. Votre roi ici présent, n’a pas hésité à lever son épée pour moi, pour mon père. Et vous savez comme moi qu’il ferait la même chose ici si ce n’est même encore plus. Tomas aime son royaume et son peuple, c’est même pour cela qu’il en a changé l’économie. Cela vous fait peur parce qu’il y a moins d’argent qui entre dans les caisses mais savez vous que vos soldats seront bien plus redoutables avec un ventre plein plutôt qu’avec la peau sur les os ? Parfois il faut faire des sacrifices pour gagner de grandes batailles.
_ Tomas n’aurait jamais dû abandonner son trône pour aller dans votre pays. Il doit s’occuper des siens.
_ Sauf qu’il est venu rechercher sa reine et aider les alliés qu’il s’est fait. Oubliez vous que mon mariage avec lui fait de vous des amis des vikings ? Qui d’autres peut s’en vanter ? »Andreas lève les yeux au ciel comme si mes mots n’étaient que des idioties mais je ne lui laisse pas le temps de répliquer.
« – Vous avez peur des vikings et je le sais. Depuis des siècles, mon peuple se bat avec le votre mais aujourd’hui cela est fini. Nous avons une alliance et elle est bien plus précieuse que vous ne le pensez. Sans Tomas, il n’y aurait pas d’amitié car c’est lui qui a tendu la main vers les norrois, pas vous ni même votre défunt frère. Alors oui, je conçois que certains changements vous effraient tous mais votre pays et surtout votre peuple, a besoin d’un roi qui pense aux petits gens plutôt qu’à la conquête. On ne peut pas gagner des guerres si personne ne croit en vous. Est-ce que le peuple vous suivrez facilement Andreas ? Si on demandait aux britanniques, est-ce qu’ils vous choisirez vous ou Tomas ? »
Les seigneurs se regardent tour à tour. C’est eux qui décident de tout sur chacun de leurs territoires mais il est vrai qu’il faut entretenir le peuple pour ne pas avoir de rébellion ou pour avoir des soldats prêts à se sacrifier pour eux. Andreas a plusieurs appuis d’hommes influents mais quand est-il de ceux qui ne dirigent pas ? Personne ne le choisirait puisqu’il serait le premier à ajouter des taxes pour gonfler son patrimoine. Il n’y a que son statut d’anglais pur et dur qui prime, pour le reste il n’est rien.
« – Et pour ce qui concerne Tomas et son père, je ne pense pas que cela doit entrer en considération. Ils n’ont jamais eu de grandes relations et oui, Tomas n’aime pas son père mais comment pourrait-on aimer quelqu’un qui se fiche de vous ? Malgré le fait que son père l’a toujours mis de côté, Tomas a su trouver sa place sur le trône et il vous a montré qu’il sait être un bon roi. Oui, il a encore beaucoup à apprendre mais ce n’est pas en le pointant à chaque fois du doigt qu’il deviendra meilleur. C’est aussi à vous tous de le guider et de lui donner des conseils pour être le meilleur souverain que ce pays aura connu. »
Je m’improvise avocate mais je défendrais Tomas corps et âme contre l’univers s’il le fallait. Les seigneurs le remarquent mais ils semblent aussi conquis par mes mots, si bien que l’un d’entre eux se lèvent pour dire qu’il suivra Tomas. Les autres en font de même, ce qui ne plaît pas à Andreas. Je le vois même bouger sa main et puisqu’il a son épée, je ne peux me résoudre à me taire alors je m’avance vers lui pour faire barrière.
« – Ça ne sert à rien de vous révolter. Les seigneurs ont choisi leur roi. Sauf si vous tenez à être exécutés pour régicide raté, je vous conseil de ne pas lever votre arme.
_ C’est indécent ! Et puis il livre notre pays au votre en vous ayant épousé ! Votre enfant sera un batard !
_ Non. Notre enfant sera la personne la plus puissante sur notre continent et vous devriez être fière d’avoir une telle personne sur votre trône. Il aura le sang des peuples les plus forts qui soit. L’anglicie, la Norvège et le Vineland. »Par précaution, des gardes viennent vers Andreas pour éviter qu’il ne fasse quelque chose de grave mais il y a aussi les seigneurs qui se mettent derrière Tomas et moi. Spencer demande à ce que l’oncle soit sorti de la pièce et quand cela est fait, il propose un verre de vin pour fêter la décision. Tomas restera roi mais il va devoir encore plus prouver sa valeur. Son voyage de quatre mois ne sera pas une mince affaire mais j’avoue que ça me fait un peu peur puisque dans quatre mois je vais accoucher et je ne veux pas vivre cela sans lui.
Le temps que Tomas s’entretient avec les seigneurs qui viennent de l’acclamer, je vais me poser quelques instants si bien que Gurney s’en inquiète mais je le rassure et je me met même à rire.
« – Tout va bien Gurney, j’ai juste les chevilles un peu gonflées.
_ Vous avez faim ou soif ma reine ? Vous voulez que je masse vos chevilles ?
_ Ça va aller Gurney. Je deviens juste une grosse botte de paille qui a du mal à rester debout mais tout va bien. Je pense même aller visiter un peu Londres après. Qu’en pensez vous ?
_ Visiter Londres ? Les monarques ne se baladent pas dans Londres.. du moins sauf en carrosse et lors des événements officiels.
_ Pourquoi ça ? Il faut aussi rencontrer les londoniens !
_ Je vais demander au roi Tomas ce qu’il en pense.. »Je lève les yeux au ciel et je décide moi même d’aller vers Tomas pour lui demander si on peut faire cette petite visite mais il est encore entouré par les seigneurs. Ils veulent tous discuter avec lui pour savoir ce qu’il compte faire d’autres pour le royaume. Je sais que je ne peux pas m’interposer alors au lieu de lui demander pour ma sortie, je vais vers l’épouse de Spencer pour qu’elle me fasse faire le tour de ce château. Gurney est déjà usé de savoir que je vais le faire encore et encore marcher. Je suis intenable mais maintenant il le sait plus que bien.
La fin d’après-midi approche quand nous revenons vers la grande salle. Tomas est encore là mais je peux enfin l’approcher sans devenir une gêne. Il observe des papiers quand j’arrive derrière lui et que je pose mes mains sur ses épaules.
« – J’aimerais profiter de toi avant que tu ne pars pour ce grand tour d’Anglicie.. dans deux jours Gurney va me ramener à Embra et on ne se verra plus pendant quatre mois.. alors oui, je veux profiter de ces deux derniers jours avec toi. Penses-tu que c’est possible ? »
Il repose les papiers et je profite de cette opportunité pour venir m’asseoir sur ses cuisses. Spencer s’arrange pour que tout le monde quitte la pièce afin que nous soyons tranquille. Je profite de ce moment rien qu’à deux pour retrouver ses lèvres et ses bras. Nos fronts se posent l’un contre l’autre, j’ai l’exclusivité de ses yeux bleus et son sourire.
« – On pourrait visiter un peu Londres. L’épouse de Spencer m’a dit qu’il y avait un grand fleuve nommé la Tamise et puis il y a Westminster. Oh et puis j’ai entendu dire qu’il y avait un amphithéâtre où se joue des musiques d’ici ! »
Je suis une curieuse dans l’âme et j’aime découvrir des nouvelles cultures, sûrement comme mon père qui voulait visiter le monde entier avant de tomber sur ma mère.
« – Mais aussi encore profiter de tes bras et dormir avec toi durant ces deux derniers jours. Tu vas me manquer quand tu seras loin.. ça va être compliqué de dormir sans toi. Lune va s’en doute prendre ta place mais je préfère de loin tes bras. »
Ça va être compliqué et j’en prend de plus en plus conscience mais je dois me montrer forte. Il y a quelques mois ça ne m’aurait pas gêné de le voir s’en aller des mois loin de moi mais plus maintenant. Cependant cela est normal et c’est vrai que j’aurai préféré l’accompagner mais avec la grossesse ça ne serait pas raisonnable. En pensant au bébé, elle se met à bouger quand mon ventre se colle contre celui de Tomas et ça me fait sourire car on dirait qu’elle sent sa présence. Elle bouge rarement, sauf quand il est là.
« – Tu sais qu’elle ressent ta présence ? Quand tu parles, elle bouge beaucoup plus, comme si elle voulait que tu saches qu’elle t’entend. Je sens que ça va être une fille à son père.. toujours collé à toi et je suis même certaine qu’elle te fera les yeux doux pour que tu cèdes à ses caprices. »
Cette idée me fait rire et m’attendrie. Moi aussi je suis ce genre de fille à papa qui sait faire craquer la carapace d’un homme qui doit pourtant se montrer impartial. Mon père a souvent eu le droit à mes moues mignonnes et ma mère en était dépassée car elle savait qu’il ne savait pas me dire non. J’imagine bien Tomas dans cette position aussi, celle où il ne réussira pas à dire non à notre fille. Même si pour ce qui est des amoureux, ça sera beaucoup plus houleux.
-
Le temps est long sans Tomas auprès de moi car même si beaucoup de monde est adorable avec moi, il n’y a qu’avec lui que je me sens réellement complète ici. Pourtant je vais passer plusieurs mois seule dans ce château et je vais devoir trouver des moyens de ne pas broyer du noir. Ma’ ne tarde pas à arriver car elle tient à surveiller ma première grossesse et être certaine que tout se passe bien donc finalement les journées deviennent un peu moins longues. Elle s’occupe de moi mais elle m’apprend aussi à devenir une meilleure reine par ses conseils. Je dois avouer que j’ai une chance inouïe de l’avoir comme mère car elle est une vraie bibliothèque à elle toute seule mais j’ai quand même pris plaisir à me perdre dans la vraie bibliothèque du château chaque soir. Je lis les récits des anciens rois ou alors les légendes de l’Écosse. Il y en a des milliers, comme chez les nordiques ou même les powhatans. Tous les soirs je lis à voix haute pour être certaine que ma petite fille puisse aussi entendre les contes du royaume de son père.
La grossesse se passe exceptionnellement bien mais il est vrai que les dernières semaines sont beaucoup plus compliquées car mon ventre pèse très lourd et la fatigue est plus présente. Je m’endors un peu partout dans le château et j’ai aussi un appétit qui fait pâlir Gurney. Il me nomme « la petite ogresse ». Tomas ne devrait plus tarder à arriver, il reste encore deux semaines et il me tarde de le revoir même si je pense qu’il va faire un bond immense lorsqu’il va voir ma silhouette très arrondis. Ma poitrine déborde de chaque robe et je ne vois plus mes pieds tant mon ventre est rond. N’étant pas très grande, ça détonne et ça fait rire ma mère qui se rappelle avoir eu le même gabarit pendant ses grossesses.
« – Ton père devait m’aider à me lever du lit car je n’arrivais plus à me soulever quand je vous attendais tous les deux. Pour Aden cela était un peu plus facile mais toi et Kisos vous avez vraiment pris énormément de place dans mon ventre.
_ Merci d’être là Ma’. Grâce à toi, j’ai l’impression que cette grossesse est vraiment parfaite et puis j’aime tes conseils. J’espère que je serai comme toi avec mes enfants. Tu es un modèle pour moi et tu l’as toujours été. »Il y a un léger inconvénient qui n’est pas encore parti. Mes hormones me font parfois défaut et je pleure très facilement. Ce moment avec ma mère m’a fait pleurer pendant deux bonnes heures. Je pleure plus souvent de joie que de tristesse mais j’ai la larme facile. Quand je me réveille dans la bibliothèque et que j’aperçois la silhouette de Tomas, les larmes tombent sans prévenir. C’est encore plus fort quand sa voix résonne dans la pièce et que la lumière de la cheminée éclaire son visage. Tomas est bien là. Il devait ne revenir que dans deux semaines mais il est réellement ici. Je tente de me relever du siège comme je peux mais il m’aide car ça aurait pu durer dix bonnes minutes. Je me retrouve debout face à lui et même si mon ventre fait barrage, je viens le serrer dans mes bras comme je le peux.
« – Tomas ! Tu es là ! Tu es revenu !!! »
Ce n’est pas un rêve, quoi que je dormais si bien que ça pourrait être le cas mais quand je sens ses lèvres se poser sur les miennes, je suis certaine qu’il est bel et bien présent. Son odeur me parvient au nez et la fraîcheur de ses mains font frissonner ma peau. L’hiver arrive et même s’il n’est pas si rude qu’en Norvège, il est tout de même très frais. C’est pour cela qu’après ce baiser, je convie Tomas à se rapprocher de la cheminée que Gurney a fait allumer pour moi.
« – Tu vas bien ?? Pourquoi tu es revenu si tôt ? Il n’y a pas eu de problèmes ? Tu dois aussi mourir de faim.. je dois appeler Gurney pour qu’il fasse préparer un repas ! Oh et un bain chaud ! »
Mais il ne me lâche pas et il me serre contre lui, si bien que je ne veux plus m’en aller. Par contre il y en a une qui a dû entendre la voix de son père car elle commence à faire les quatre cent coups dans mon ventre. Je prend la main de Tomas pour qu’il puisse sentir la vigueur que met sa petite afin qu’il sache qu’elle est réveillée.
« – Il n’y a pas que moi qui est heureuse de ton retour.. Tu sens ses gros coups ? Elle est encore plus dynamique que lors de ton départ mais tu sais que j’ai trouvé un moyen de la calmer ? Quand je lui fais la lecture, elle se calme tout de suite ! Et elle aime bien aussi quand je prend des bains bien chauds ! »
Je dormais comme un bébé et voilà que je suis excité comme une puce. Son retour me donne un regain d’énergie monstrueux et finalement Gurney n’a pas besoin de faire quoi que ce soit puisque c’est moi qui amène Tomas en cuisine pour lui préparer à manger. Je lui pose des tonnes de questions et il doit déjà regretter d’être de retour car je suis intenable mais je veux tout savoir de son voyage. Il a visité presque toutes les grandes villes et il a dû faire face a des partisants comme des ennemis à convaincre. Je suis contente qu’il n’y a eu aucun incident et je suis même heureuse que la plupart des grandes têtes du pays, appuient Tomas. Je savais qu’il saurait charmer les britanniques.
« – Tu nous as vu dans des tenus bizarres et moi sur un petit bateau ? »
Il me raconte ce sentiment de déjà vu qu’il a ressenti plus au nord d’Embra mais même si cela me fait tendrement rire, ça me rappelle aussi une légende que Ma’ m’a plusieurs fois raconté.
« – Ça me fait penser à une légende qui vient du peuple de ma mère. Cette légende dit qu’il existe des âmes qui sont faites pour se retrouver à chaque fois qu’elles reviennent sur terre. Elles auront beau être à mille lieues l’une de l’autre, elles finiront par revenir l’une vers l’autre. Chez les powhatans, ils nomment ça les âmes jumelles mais on peut aussi les nommer les âmes sœurs. Tu imagines si dans un lointain futur tu serais encore mon époux ? Ou même dans le passé ! »
Ma’ y croit fermement à cette légende et elle est persuadée qu’elle retrouvera Duda dans une autre vie. Peut-être que moi aussi j’aurai le droit à une autre vie avec Tomas mais pour le moment je dois profiter de celle-ci. J’ai apporté pas mal de choses pour restaurer le roi mais je lui pique quelques fruits car j’ai déjà l’estomac qui grogne. Les lumières de la cuisine finissent par attirer des gardes et c’est Gurney qui passe la porte pour venir saluer Tomas. Mon vieil ami est heureux de retrouver son jeune poulain et il le félicite pour les prouesses qui se sont fait entendre jusqu’à Embra.
« – Vous avez conquis les cœurs des anglais Tomas ! Mais pas que. J’ai aussi eu vent que beaucoup d’écossais étaient encore plus heureux de vous avoir comme roi. Je suis vraiment fière de vous. En attendant, j’ai bien pris soin de votre épouse même si elle est une vraie tornade !
_ Avouez quand même que sans moi vous vous ennuieriez Gurney ! »On se met à rire et je me relève pour lui servir aussi un verre de whisky. Il a bien mérité ce verre mais j’en offre aussi aux autres gardes qui sont dans le couloir. Ma’ aussi se rejoint à nous car elle s’inquiétait de ne pas me voir dans ma chambre. En voyant Tomas, elle vient lui offrir une grande accolade et par réflexe de grande guérisseuse, elle vérifie qu’il n’a pas de blessures sur lui.
« – C’est la première fois que je vois un roi revenir d’un voyage sans une égratignure. Même Leif ne me l’a jamais fait. Il va falloir que tu donnes des conseils à ton beau père afin qu’il se montre plus sage comme toi. »
On se retrouve tous à table mais je n’arrive pas à quitter Tomas des yeux. J’ai encore du mal à réaliser qu’il est vraiment là et que finalement il ne ratera pas la naissance de notre bébé. Il me reste encore quelques semaines à tenir mais Ma’ m’a prévenu que parfois les accouchements pouvaient être plus précoces même si je fais tout pour que ça n’arrive pas. J’ai cessé le cheval et j’évite de faire d’immenses balades.
« – Ce que je peux dire c’est que pour le moment tout va parfaitement bien. Sora est en pleine forme et le bébé bouge beaucoup donc cela montre qu’il va bien aussi. Elle doit continuer de se reposer jusqu’à l’accouchement par contre, on évite les nuits torrides.
_ Maaaaaaa’… dis pas ça devant tout le monde !
_ Ma chérie, je pense qu’on a la preuve que vous aviez une vie sexuelle assez productive.. regardes ton ventre. Mais je préfère prévenir car tu arrives en fin de grossesse et un tel effort pourrait faire venir le bébé plus tôt que prévu.
_ Maaaaaa ! »Je rougis car Gurney est présent mais aussi encore quelques gardes. Ma mère n’a pas la prudence de retenir ses conseils. En plus elle brise mes envies gargantuesques de retrouvailles très festives avec mon époux. C’est donc avec un peu de contrariété que je retourne dans notre chambre avec Tomas car il est très tard lorsque nous terminons cette petite réunion en cuisine. Je lui prépare quand même un bain pendant que Lune revient lui faire la fête.
« – Elle va être triste de ne pas pouvoir chiper ta place ce soir. Je pense qu’elle y a pris goût ! »
Ça ne m’étonnerait pas qu’elle grimpe sur le lit en pleine nuit pour dormir avec nous. En attendant, quand le bain est prêt, je viens aider Tomas à se déshabiller et bon dieu que ça devient une torture en sachant que je dois rester sage. J’ai l’impression que je suis puni et que cette punition est de ne pas pouvoir goûter à la plus merveilleuse des gourmandises. D’autant plus que contrairement à moi, lui a encore pris en muscle durant son absence. Il est divin et moi je suis une énorme boule qui salive devant lui. Cette petite pensée refait monter mon taux d’hormones, si bien que lorsqu’il est tout nu, je fond en larmes.
« – Non mais.. non mais pourquoi tu es si beau ? Et pourquoi.. pourquoi j’ai pas le droit de faire l’amour avec toi ? Oh mon dieu.. c’est pas juste.. et.. et puis je suis énorme.. je.. je vois même plus mes pieds.. tu dois me trouver horrible ! En plus j’ai mes seins qui vont exploser et.. et j’arrive même plus à me relever toute seule du lit ! Oh.. et j’ai plus de shortbreads à la cannelle.. c’est vraiment trop horrible ! »
Une nouvelle crise de larmes incontrôlée. C’est plus fort que moi. Et plus il essaye de me calmer, plus je pleure davantage. Ma’ et Gurney en ont vécu pas mal des crises comme celle-ci et aujourd’hui ça les amuse plus qu’autre chose.
Ce n’est qu’une fois dans l’eau avec Tomas que je me calme enfin. Dos à lui, je cale l’arrière de ma tête contre son torse et je laisse ses mains se poser sur mon ventre qui dépasse de l’eau. Plus que quelques semaines.. c’est ce que je me répète tant cela devient très long.
Durant cette première nuit, je retrouve les bras de mon époux et la chaleur de son corps. J’en dors comme un bébé mais je me retrouve réveillé très tôt à cause des coups de la petite. J’observe donc Tomas dormir et c’est un spectacle dont je me régale à chaque fois. Pourtant il y a une trêve quand Ma’ toque à la porte pour faire sa visite matinale. Chaque matin elle vient pour me donner une boisson qui contient des plantes qui m’aident à garder la forme. Elle en profite aussi pour vérifier si je vais bien. Même si Tomas est de retour, elle ne déroge pas à ses principes mais ce matin elle a une bonne nouvelle à nous apporter en plus.
« – Ton père devrait arriver d’ici peu pour une rapide visite. J’ai aussi appris dans les couloirs que le roi de France aimerait que toi et Tomas allez là-bas pour discuter d’alliances. Bien évidement, ça se fera après la naissance du bébé et je pourrais rester ici pour le garder si tu veux. »
Une visite en France ? C’est un immense privilège que Tomas ne peut pas louper. Je me met à le secouer pour le réveiller et lui répéter ce que ma mère vient de dire. Il a tapé dans l’œil du roi de France, le beau-père de Kisos et ça c’est une nouvelle qui va encore plus faire augmenter sa popularité.
-
Je savais que l’accouchement serait un moment très difficile mais je pense que je n’avais vraiment pas imaginé à quel point cela pouvait faire mal. Depuis deux bonnes heures les contractions ont commencé et le bébé ne veut toujours pas sortir, ce qui devient vraiment compliqué car la fatigue se fait sentir. Ma’ demande à ce qu’une servante éponge mon front avec une serviette humide et elle fait aussi ouvrir en grand les fenêtres de la chambre car je meurs de chaud. La nuit s’annonce très longue mais il me manque Tomas. Je peux comprendre sa peur de l’accouchement avec ce qu’il a vécu il y a quelques années et c’est pour cela que je ne quémande pas sa venue mais j’ai besoin de lui. Sans avoir besoin de le supplier de me rejoindre, il dépasse sa peur pour me retrouver et pour venir contre moi. Il est effrayé et il m’offre ses sentiments pour me donner du courage. Malgré ma douleur, je lui offre un sourire en retour et je fais en sorte de tenir bon même si mon corps m’hurle de stopper.
« – La tête commence à arriver ! Il va falloir que tu pousses de toutes tes forces ma petite fleur ! »
Je sens bien cette tête commencer à descendre et je ne peux me retenir de serrer la main de Tomas de toutes mes forces. Le pauvre, il doit souffrir autant que moi. Des nouveaux cris sortent de ma bouche, le bébé descend et je fais de mon mieux pour l’expulser. Ma’ continue de me demander de pousser mais je suis vraiment épuisé et je me sens vidé de toute énergie. Malgré les encouragements de ma mère et de Tomas, j’ai l’impression que je vais m’évanouir mais les mains de Tomas s’imposent sur mes joues pour me garder consciente.
« – Pousses encore une fois Sora ! Une dernière fois ! »
Ma mère me supplie et dans un dernier effort je pousse du plus fort que je peux alors que mon front se pose contre celui de Tomas. Au bout de quelques secondes, d’autres cris résonnent dans la pièce mais ce ne sont pas les miens. Ma’ coupe le cordon et elle niche le bébé dans une couverture avant de venir le poser contre mon torse.
« – Votre petite fille est née.. félicitations à vous deux.. »
Ma’ a les larmes aux yeux mais moi aussi quand je découvre cette petite chose adorable qui était lové dans mon ventre. Elle se calme quand son père pose son doigt dans le creux de sa main. J’ai enfin réussi à la mettre au monde et malgré l’épuisement immense, je me sens dans une petite bulle.
« – Catriona Matoaka Wells.. Bienvenue parmi nous petite louve.. »
Mais ce bonheur est un peu hâtif. Ma mère ordonne à Tomas de prendre la petite et de sortir de la pièce. J’ai une hémorragie et c’est assez fréquent pour une femme de cette époque mais elle ne veut pas que Tomas assiste à cela. Le bébé finit dans les bras de mon époux alors que moi je ne tarde pas à tomber dans les pommes à cause de la perte de sang et la fatigue. Gurney réceptionne Tomas et Kate dans le couloir. Il comprend que quelque chose ne va pas en voyant le visage blême de son roi.
« – Tout va bien se passer Tomas, j’en suis certain. Sora est une sacrée coriace mais vous feriez mieux d’aller vous poser dans un endroit chaud pour le bébé. Venez, nous allons aller dans le bureau. »
L’attente dure encore. Malheureusement, Catriona est nourrie pour la première fois par une nourrice et non par moi puisqu’elle a faim et que je suis encore prise par l’hémorragie. Ce n’est que près de l’aube que ma mère sort enfin de la chambre pour venir à la recherche de Tomas. Elle a réussi à faire stopper les saignements mais elle sait que les prochains jours seront critiques puisque j’ai perdu énormément de sang. Elle demande à ce que personne n’aille dans ma chambre si ce n’est elle ou Tomas, le temps que je retrouve un semblant de force.
C’est au bout de deux jours que j’ouvre enfin les yeux. Je ne sais pas à quel moment de la journée nous sommes mais je sens la présence de Tomas car son parfum titille mon nez. Il est endormi dans le fauteuil à côté du lit. Je sens que je suis encore très faible mais je me redresse un peu pour attraper sa main pendante. Cela le réveil en sursaut et j’en ai un hoquet de rire.
« – Tu disais que je ne devais pas dormir dans le fauteuil de la bibliothèque mais tu n’es pas mieux.. »
Il s’empresse de venir près de moi, de déposer des baisers contre mon visage. J’aime cette sensation et cet amour qu’il dégage. Je n’aurais jamais cru avoir un époux comme lui, au contraire je m’attendais à avoir quelqu’un que j’aurais détesté de tout mon être. C’est à croire que mon père savait qu’en me confiant à Tomas, je serais heureuse. Les ombres semblent lointaines grâce à lui mais la vie n’est-elle pas une succession d’épreuves ? Je me sens loin des difficultés et pourtant elles n’ont pas disparu.
« – Mon roi ?! Venez vite !! »
Gurney n’a même pas toqué à la porte, il est entré en trombe et il presse Tomas de le suivre. Je ne sais pas ce qu’il se passe mais je n’arrive pas à me lever du lit et Tomas m’empêche de bouger. Gurney presse toujours Tomas et quand ils sont enfin dans le couloir, notre vieil ami accélère le pas pour aller vers la chambre de Catriona.
« – C’est Dame Matoaka qui m’a demandé d’aller vous chercher. Il se passe quelque chose avec votre fille, elle ne réagit plus. »
En effet, ma mère essaye de réanimer la petite qui ne respire plus. Tout semblait aller, elle ne montrait aucun signe de mauvaise santé mais une des servantes lui a transmis la coqueluche. Malheureusement les maladies sont monnaie courante surtout pour les enfants en bas âges mais ma mère n’a pas eu le temps de voir les symptômes ni quoi que ce soit. Elle tente en vain de redonner du souffle à la petite mais rien n’y fait. La petite a déjà les lèvres bleues et la peau froide.
« – S’il te plaît.. réveille toi.. s’il te plaît ma chérie.. »
Ma mère pleure silencieusement. Elle prend le bébé pour le mettre contre sa poitrine mais il est trop tard. Quand Tomas se rapproche, elle baisse son regard larmoyant et n’ose pas lui montrer la petite décédée. La servante qui est malade, se retient de tousser mais Ma’ capte le bruit de sa respiration et elle se tourne avec un regard soudainement très sombre.
« – C’est vous ! Vous êtes malade !! Vous avez contaminé ma petite fille !! »
La servante prend peur et elle se recule jusqu’à finir contre le mur. Ma’ pourrait faire un carnage mais elle est rattrapée par la douleur de Tomas. Cependant elle pense aussi à moi.. je n’ai même pas pu prendre mon bébé depuis sa naissance.
« – Mon dieu Sora.. elle.. oh mon dieu.. »
C’est ce qui va être le plus difficile à faire, m’annoncer la mort de mon premier bébé. Ma’ vient tout de même donner Catriona à Tomas pour qu’il puisse la serrer contre lui mais elle essaye aussi de se calmer. Elle tient à m’annoncer les choses car elle ne veut pas que Tomas est cette horrible tâche alors que lui même est aussi en deuil. Elle prend donc son courage et elle sort de la chambre pour rejoindre celle où je me trouve.
Un immense cri se fait entendre. Ce n’est pas les mêmes qu’il y a quelques jours, non, là c’est une douleur bien plus profonde, bien plus horrible. Je n’ai pas eu besoin que ma mère me parle, j’ai tout de suite compris lorsqu’elle a passé la porte avec ses yeux rougis et son teint pâle. Mon bébé ne vit plus. Encore une fois, j’essaye de sortir du lit parce que je veux la rejoindre mais je tombe sur le sol et Ma’ vient contre moi pour essayer de me contenir.
« – Tu dois rester couché ma petite fleur.. tu.. tu es encore faible..
_ Je veux voir mon bébé ! Je veux voir ma fille ! Montre moi mon bébé ! Tu me ments ! Elle est vivante !! »Mais non. Tomas arrive dans la chambre avec le corps de notre petite fille et elle est bel et bien morte. J’ai l’impression que mon cœur et mon âme se brisent mais je lui demande de me la donner. Les larmes dévalent mon visage. Je repars me poser dans le lit en la gardant contre moi et en me mettant à la bercer. Peut-être qu’elle va se réveiller.. peut-être qu’elle va ouvrir les yeux..
« – Sora..
_ Comment c’est possible.. pourquoi ? Elle.. elle allait bien.. je.. je n’ai même pas pu passer du temps avec elle.. Je ne lui ai même pas donné le sein.. ni même son premier bain… »Ma mère laisse Tomas me rejoindre mais elle espère qu’il ne dira rien pour la servante, car elle sait que cela pourrait me mettre dans une colère noire. Elle demande à ce que tout le monde sort pour nous laisser un peu d’intimité et surtout nous laisser des derniers instants avec notre fille.
Ce n’est pas normal de devoir perdre un enfant et surtout aussi vite. Je ne m’étais pas préparé à cette possibilité et cela me brise encore plus. Je n’ose même pas regarder Tomas car j’ai l’impression d’être la fautive, de ne pas avoir su protéger notre bébé. Tout semblait parfait, j’avais survécu à l’accouchement et Catriona aussi. Pourquoi subir ça ?
« – Je.. je suis tellement désolé.. je.. pardon.. pardonnes moi Tomas.. j’ai.. j’ai pas su te.. donner un bébé.. en pleine forme.. »
Les larmes ne sont pas prêtes de me quitter. La peine ne va pas non plus s’en aller facilement. Ma’ réussit à me retirer le corps de Catriona des bras après plusieurs heures. Il faut préparer la petite pour son enterrement qui doit être rapide. Le temps que cela se fasse, je reste dans la chambre car je ne veux voir personne et je ne veux pas qu’on me voit dans cet état. Bien sûr, Tomas, ma mère et Gurney peuvent venir mais pour le reste non. De toute façon, lorsqu’ils viennent, je ne parle pas vraiment. Je me suis enterré dans un mutisme qu’il est difficile d’éloigner.
Au soir, Ma’ ramène un verre de whisky à Tomas alors qu’il est dans son bureau. Elle ressent sa peine immense et aussi le fait qu’il est totalement perdu. Perdre un enfant ne peut que faire des dégâts mais ce n’est pas une fin.
« – Je vais rester un peu plus longtemps. Leif va arriver bientôt mais je ne repartirais pas de suite avec lui. Je préfère rester auprès de vous deux.. Mais sache que tu n’y es pour rien dans tout cela. Les enfants sont très fragiles et Catriona a attrapé ce que cette servante avait. J’aurais du faire plus attention et éloigner les possibles dangers. »
Ma mère s’en veut aussi mais elle est beaucoup moins fataliste puisqu’elle a aussi vécu des pertes d’enfants.
« – Vous aurez des enfants, c’est certain mais je pense que Sora va avoir besoin de temps pour s’en remettre. Elle est encore très jeune et elle n’a pas le même recule qu’une personne avec plus d’expériences. J’ai pris les devants en faisant partir la servante car Sora ne saura pas faire la part des choses, elle voudra venger Catriona si elle sait que.. hm.. enfin je vais tenter de veiller sur elle et la remettre d’aplomb mais sache que toi aussi tu peux compter sur moi Tomas. Tu n’es pas seul. Et puis malgré ce qu’il vient de se passer, je sais que Sora t’aime plus que tout. Vous aurez besoin l’un de l’autre. »
Elle explique aussi qu’elle a aussi perdu deux enfants à cause de maladies et que ça a été difficile à surmonter mais elle a réussi grâce à la présence de Leif. Ils ont voyagé et essayé de ne pas rester sur ces échecs même si cela reste gravé à vie dans un cœur.
(…)
Je n’avais jamais mis de robes noires. J’ai déjà vécu des deuils mais pas aussi personnel. Je n’avais jamais vécu non plus de cérémonies funéraires écossaises. Ici ils enterrent les morts au lieu de les brûler. Catriona est dans un tout petit cercueil et son caveau a été creusé à côté de celui d’Anna. Il y a beaucoup de monde autour de nous mais j’ai l’impression d’être seule. Je ne capte rien si ce n’est ce petit cercueil. Mon bébé est plongé dans cette terre et je ne peux rien faire si ce n’est regarder. Les gens offrent des condoléances et des mots doux mais j’en ai que faire. Rien ne me parvient, je suis totalement plongé dans la mélancolie. Je ne sens même pas la main de Tomas glisser dans la mienne et je ne sens pas non plus le baiser de mon père fraîchement arrivé. Non, il n’y a plus rien. Rien sauf un début de colère contre moi ou contre le monde. J’en veux au monde entier d’avoir pris la vie de ma fille mais cette colère est encore étouffée par mes pleures. Tout le monde finit par s’en aller alors que moi je demande à rester devant la tombe de Kate. Je me doute que l’on doit me prendre pour une sorte de fantôme et que l’on doit s’inquiéter pour moi mais j’ai tellement mal. J’ai vraiment horriblement mal.
« – Anna veillera sur elle.. mais ça aurait dû être ma tâche. Comment fait-on pour avoir moins mal ? J’ai l’impression qu’une lame transperce mon cœur. J’ai.. j’ai envie d’hurler.. de pleurer.. de brûler tout autour de moi.. J’ai aussi envie de me cacher.. envie de mourir.. »
Je sais que Tomas est derrière moi. Depuis l’annonce de sa mort, je n’ai pas parlé avec lui parce que je n’arrivais pas à ouvrir la bouche sans lâcher de sanglots mais maintenant que ma gorge se desserre, il est le seul avec qui je veux discuter.
« – J’ai mis neuf mois à la créer et elle m’a été enlevé en quatre jours. Quatre jours.. mais ma mère ne m’a pas dit ce qu’elle avait eu.. toi tu le sais.. qu’est ce qui a pris notre fille ? C’est de ma faute Tomas ? Je lui ai fait du mal ? J’ai le droit de savoir ce qu’il s’est passé.. J’ai besoin de savoir ce qui a tué notre petite princesse.. »
Les larmes reviennent mais cette fois-ci je vais dans les bras de Tomas. J’étais tellement ailleurs que les contacts avec moi étaient difficiles mais là j’ai besoin de ses bras tout comme je sais qu’il a besoin des miens. Il n’y a pas que la perte de Kate qui me fait mal mais aussi la douleur que peut ressentir mon époux. Il a aussi perdu sa fille mais surtout sa seconde fille. Comment va t’il savoir gérer ça ?
-
La douleur ne veut pas me quitter. Il est difficile de se sentir mieux alors que je ne pense qu’à mon bébé mais je ressens aussi le manque de mon époux. Depuis la mort de Catriona, il m’évite et si j’ai décidé de lui laisser du temps en pensant qu’il en avait besoin pour faire son deuil, aujourd’hui j’ai enfin quitté ma chambre pour venir le voir.. pourtant quand j’approche de son bureau, j’entend les mots qu’il dit à Gurney. Tomas veut mettre fin à notre mariage. Du moins il contourne la chose en disant qu’il va me laisser le choix mais je comprend qu’il veut encore plus m’éloigner. Ses mots me donnent encore plus mal au cœur et je pose une main sur mes lèvres pour étouffer un sanglot. Cela n’échappe pas à Gurney ni à Tomas puisque le vieil homme finit par ouvrir la porte. Mon regard se lève sur Tomas et une colère monte en moi. J’ai été triste pendant plusieurs jours mais là c’est un sentiment d’injustice et de douleur qui viennent m’entourer.
« – Me laisser l’opportunité de mettre fin à notre mariage.. Sois franc Tomas ! Tu veux juste te débarrasser de moi ! Tu.. tu ne veux plus de moi ! Pourquoi ? Parce que je n’ai pas su te donner un enfant en pleine santé ? Parce que tu ne m’as jamais aimé ?? »
Quand la colère est en moi, mes mots peuvent être lourds et parfois plus durs que mes vraies pensées. J’essuie rapidement mes joues et je m’avance dans le bureau. Gurney comprend que ça va finir en dispute alors il se rapproche de moi mais je le repousse.
« – Depuis que je suis ici tu mets tous tes maux sur le dos de cette fichue malédiction ! Tu crois que c’est une excuse ? Tu crois que tu peux tout justifier par cette malédiction ?! M’abandonner c’est aussi la malédiction ?! Tu es horrible Tomas ! Tu.. tu me laisses seule depuis plusieurs jours et là tu veux totalement me lâcher ?? Si c’est le cas, c’est que ton amour est faux ! Si tu m’aimais vraiment, tu ferais tout pour me garder auprès de toi !! »
Mes cris se font entendre hors de la pièce puisque mon père les entend. Il arrive à son tour dans le bureau afin de calmer la situation mais il se heurte à ma douleur qui est équivalente à un volcan. Je laisse ma lave ressortir sans que personne ne puisse m’arrêter.
« – Ma chérie.. calmes toi..
_ Me calmer ?! Tu m’envoies ici pour me marier à un homme que je ne connais pas et.. et au lieu de me mépriser comme la plupart des autres hommes, il me brise le cœur !! Je vous déteste tous ! Je ne veux plus jamais vous voir !! »Je retire les bagues que Tomas m’a offert en guise de promesses et d’alliance. Elles finissent au sol. Mon père fronce les sourcils mais il me laisse quitter la pièce en pensant que j’ai juste besoin d’être seule. Oui, j’ai besoin de m’éloigner de Tomas, de mon père, de ce château. Pourtant je sais que Gurney va sûrement me suivre alors pour ne pas l’entendre me parler, je retourne vers ma chambre pour m’y enfermer et me préparer un sac avec quelques affaires. Je ne réfléchis pas vraiment à ce que je fais ni où je vais aller mais Ma’ a eu vent de ma crise alors elle tente de me rejoindre dans ma chambre en toquant plusieurs fois à la porte.
« – Sora chérie, c’est Ma’.. ouvre moi s’il te plaît.. il n’y a que moi, ton père est encore avec Tomas. »
J’hésite quelques instants mais j’ai besoin des bras de ma mère. Je lui ouvre et je tombe contre elle. Je suis épuisé, lessivé et encore plus malheureuse. Je crois que je n’ai jamais ressenti une telle envie de mourir. Il y a encore deux semaines, j’étais la plus heureuse au monde car j’avais un époux parfait et bientôt un bébé à voir grandir mais là je n’ai plus rien. J’ai tout perdu. Ma mère ressent tellement ma peine qu’elle se met à pleurer aussi. Jamais elle ne m’avait vu aussi désespéré et endolorie.
« – Je suis tellement désolé ma petite fleur.. Je donnerais tout pour prendre tes douleurs.. »
Et une idée lui vient à l’esprit. Elle ne peut pas prendre ma douleur mais elle pense pouvoir m’aider à me changer d’air et m’offrir une vie loin de toute celle que j’ai vécu. Elle risque de se mettre mon père à dos et même Tomas mais elle me propose de partir très loin. Ma’ veut que j’aille au vineland, auprès des siens. La vie là bas est totalement différente qu’en Norvège ou en Écosse mais les mentalités aussi. Les amérindiens sont très proches de la terre et des esprits. Il y a surtout les chamans qui apaisent les esprits tourmentés, comme Aponi avait pu souvent le faire avec Matoaka avant qu’elle ne rencontre Leif.
« – Je vais organiser ton départ pour cette nuit. Ton oncle Nashoba est venu avec ton père mais il va s’occuper de t’amener là bas.
_ Duda va me suivre ! Il ne me laissera pas y aller !
_ Je ne dirais rien à ton père ni à qui que ce soit. Je dirais que tu as fuis je ne sais où.. mais tu as besoin de t’éloigner et de retrouver la paix ma petite fleur. Là bas tu trouveras les réponses à tes questions mais aussi des moyens de te relever. »Ma mère m’a offert la possibilité de fuir et elle a protégé ce secret. Du moins, quelques semaines car mon père a réussi à la faire parler en usant de ses yeux malheureux. Pourtant il a décidé de ne pas venir me rechercher car il considère que ce n’est pas à lui de le faire mais à Tomas. Il sait que Tomas l’aime vraiment et que ses sentiments ne sont pas du vent mais il ne l’oblige pas à le faire. Il lui dit juste où je me trouve et pour le reste, ça sera à Tomas de savoir s’il veut encore continuer l’aventure avec moi ou alors passer à autre chose.
Il a fallu deux semaines pour traverser l’océan en bateau. Je n’ai pas quitté ma petite chambre pendant tout ce temps et j’ai bien eu du mal à sécher mes larmes. Je ne fais que penser à Tomas et Catriona. J’ai parfois eu l’envie de faire demi tour et puis j’ai eu aussi envie que le bateau accélère. Les contradictions sont très présentes en ce moment mais quand je pose mon pied sur le sol de mes ancêtres, je me retrouve encore plus chamboulé. Tout est différent ici.. on dirait que ce peuple est sauvage et qu’ils sont très loin du modernisme. Ils sont à peine vêtu et ils ont des peintures partout sur le corps. Ma’ m’en avait parlé mais entre l’imagination et la réalité, il y a un immense fossé. J’ai de la chance que mon oncle Nashoba soit avec moi car je ne connais pas la langue des powhatan et eux ne savent pas que je suis la fille de Matoaka. En fait, je me rend compte que je dis être une fille de viking et du vineland mais je ne suis que fille de viking car je ne connais rien d’ici. Il est temps que je change cela et que j’apprenne aussi à être une amérindienne. Ma’ a sûrement très bien fait de me pousser vers ce versant du monde.
« – Je vais te présenter au chef du village. C’est notre frère Chayton, qui est donc ton oncle aussi. Il a pris ma place puisque j’ai décidé de rester auprès de ta mère. Nous avons aussi d’autres frères que tu rencontreras ainsi que leurs famille.
_ Ma’ m’a aussi parlé d’Aponi.. elle est encore ici ?
_ Malheureusement notre grand mère n’est plus de ce monde mais je pense savoir a qui je pourrais te présenter. Elle est aussi sage et douce qu’Aponi. C’est notre tante Meika. Elle s’occupait de nous lorsque nous étions enfants, après la mort de notre mère. Je sais qu’elle a repris le rôle d’Aponi lors de son départ.
_ Aponi était une chaman ?
_ Une chaman et une guide pour notre peuple. Elle rassemblait tout le monde et elle veillait à ce qu’il n’y ait pas de tensions dans le groupe. C’est sûrement la place qui est la plus importante, même plus que celle du chef. Le chef organise les hommes et il les mène au travers de batailles ou de chasses alors que la chaman apaise les âmes. »On me regarde comme si j’étais une étrangère mais j’en suis une. Je ne suis pas totalement des leurs puisque j’ai aussi le sang viking. Je sais que beaucoup d’amérindiens en avaient voulu à ma mère d’être parti avec un homme blanc mais aussi surprenant que cela soit, ils ont appris à accepter les blancs ou plutôt les vikings. Nashoba m’apprend qu’il y a une ville viking a une vingtaine de minutes du camp powhatan. Ce sont des hommes qui étaient venus la première fois ici avec mon père et qui ont décidé de s’installer ici. Avec respect, ils ont décidé de faire des powhatan leurs alliés et non leurs ennemis. Ils cohabitent tous ensemble et ils se défendent mutuellement quand d’autres hommes blancs essayent de venir sur ces terres sacrées. La conquête du vineland n’est pas à son apogée mais quelques espagnols ou portugais ont tenté l’expérience, cependant ils n’ont jamais pu aller le raconter à leurs compatriotes. Ils ont été tué avant de dire quoi que ce soit.
Chayton se montre accueillant et même émue de rencontrer la fille de sa petite sœur. Il évoque l’immense ressemblance que je partage avec ma mère et grâce aux traductions de Nashoba, j’apprends quelques anecdotes amusantes sur elle. Mon oncle me présente à son épouse et sa colonie d’enfants car oui, il en a huit. Ici c’est normal d’avoir des grandes familles mais bien sûr cela me ramène à ma propre famille qui vient de s’écrouler. Pour ne pas que je ressombre dans les pleures, Nashoba m’amène vers Meika. Elle est la sœur de ma grand mère maternelle et elle est une dame assez âgée mais qui dégage quelque chose qui apaise. Isolée dans sous tipis, elle était en train de préparer une tisane et comme si elle savait que j’allais arriver, elle vient me donner une tasse de son breuvage.
« – Sora.. La jolie fille de Matoaka et Leif. Je suis heureuse de te rencontrer et de voir à quel point tu ressembles à ta mère.
_ Bonjour madame.. je.. merci.. et..
_ Pardonnes moi d’être aussi directe. Je suis Meika, la tante de ta mère et aussi de Nashoba. J’ai énormément de choses à apprendre sur toi et à aussi te dire. Tu as un peu de temps à m’accorder ? »Nashoba me fait un peu plus avancer et il me laisse seule avec cette étrange dame. Elle m’invite à m’asseoir mais aussi à boire ce thé qu’elle m’a mis en main.
« – Je sais pourquoi tu es ici. Ton cœur a subi des dommages qui demandent à être guéri.
_ On ne peut pas guérir ce genre de dommages..
_ Tu te trompes jeune fille. Ils pourront être guéris mais il faudra du temps et beaucoup de courage.
_ J’ai perdu ma fille et l’homme que j’aimais. Je doute que vous pouvez ramener les morts à la vie et changer l’esprit convaincu de Tomas.. il est tourmenté par une soit disant malédiction.
_ Une malédiction que tu vas pouvoir briser mais comme je l’ai dis, il te faudra du temps.
_ Que je peux briser ? Ça veut dire qu’elle est vraie ? Pourquoi elle serait vraie ??
_ Quelque chose pèse sur Tomas mais ce n’est pas de sa faute. C’est son père qui a joué avec des forces qu’il ne connaissait pas et il a puni sa propre femme ainsi que son fils. Leur lignée est vouée à s’éteindre à cause de la malédiction. Cependant rien est éternel et tout peut se changer.
_ Et comment changer ca ?
_ Il n’y a que toi qui peut l’aider. Il va falloir que tu te reconnectes à nos croyances et à nos esprits pour que les anciens viennent à toi. Il n’y a qu’eux qui pourront enlever cette malédiction.
_ Ça veut dire que je dois apprendre à être comme vous ?
_ Tu dois abandonné tout ce que tu as appris en Norvège ou en Écosse. Ça va être une sorte de renaissance. »Je ne sais pas vraiment ce qui va m’arriver ni où ça va me mener mais si cela peut sauver l’âme de Tomas alors je suis prête à le faire. Tant pis s’il trouve une autre femme et qu’il refait sa vie.. Bien sûr, ça sera toujours une douleur pour moi mais s’il peut enfin être heureux alors autant tenter l’aventure.
Meika commence par changer mes vêtements et me donner ceux du peuple. Ce sont des peaux de bêtes et des bijoux en bois. Ce n’est pas en une journée que ce changement va se faire mais elle va tout mettre en condition pour faire de moi la digne descente d’Aponi mais aussi de ma mère. Maman aurait dû devenir une chaman ici mais elle a choisi une autre vie. C’est donc à moi de reprendre le flambeau.
-
Une année est passée et il y a eu beaucoup de changements dans ma vie. Il y a même eu de très grands changements puisque j’ai l’impression de n’avoir jamais vécu en Norvège ni même en Écosse. Maika ainsi que les autres amérindiens, m’ont totalement immergé dans leur civilisation et aujourd’hui j’en fais pleinement partie. Je ne porte plus de jolie robe en velour ou des pantalons en jute mais j’ai les vêtements traditionnels en peau et les nombreux bijoux qui doivent m’aider à être apaisé et connecté avec les anciens. On m’a aussi tatoué les bras et mes cheveux ne connaissent plus ce qu’est un chignon puisqu’ils sont toujours détachés. Au delà de l’apparence physique, j’ai aussi beaucoup appris sur ce peuple grâce aux légendes et récits du chef. Tout est connecté à la nature ou au ciel. Ils ont une vision des choses extrêmement différentes de ce que j’ai toujours connu mais dans un sens cela m’a permi d’être beaucoup plus proche des éléments autour de moi ou même des gens. Ma’ nous avait partagé de sa sagesse mais entre les entendre et les vivre, il y a un immense fossé. Cependant cet apprentissage n’a pas forcément guéri mes blessures ni même mon cœur. Il ne se passe pas une journée sans que je ne pense à Tomas ni à cette vie qu’on aurait pu vivre ensemble.
Qu’est ce qu’il devient ? Est-ce qu’il a quelqu’un dans sa vie ? Est-ce qu’il va bien ? Je me suis souvent posé ses questions mais j’ai fini par avoir des réponses après avoir réussit à me rapprocher des anciens. À force de prière et d’apprendre à mieux utiliser mes dons, j’ai pu entrevoir Tomas. Il n’est que l’ombre de lui-même et cela me tue encore plus. Pourquoi n’essayes t’il pas de reprendre une vie normale ? Pourquoi se laisse t’il aller ? J’aurais pu revenir pour tenter de comprendre mais je me suis refusé de repartir tant que je n’aurais pas de réponses pour la malédiction. Il faut que je trouve une solution pour que Tomas soit libre et je fini par avoir ma réponse après plusieurs mois de quêtes.
Lors de la soirée de la lune rouge, j’ai pu parler avec Aponi et ses conseils m’ont amené à aller voir ce qu’il s’est passé lorsque le père de Tomas a reçu cette malédiction. Au travers d’une vision comme j’ai pu en avoir avec Anna, j’ai vu l’ancien roi pactiser avec des anciens druides celtiques afin de gagner en richesses mais ce roi fou n’en a pas eu assez, si bien qu’il a trahit les druides et ceux ci ont maudit l’homme en souhaitant que sa lignée s’éteigne. C’est ainsi que la mère de Tomas a perdu la vie lors de son accouchement et Tomas aurait dû aussi mourir mais il a miraculeusement vécu. Quelque chose a protégé Tomas mais il n’en reste pas moins maudit aussi. Il ne pourra pas donner de descendance tant qu’il sera lié à cette malédiction et la seule façon de le libéré, est que j’intervienne dans ce passé mais je n’ai pas encore les capacités de pouvoir le faire. J’ai encore besoin d’entraînement et de rapprochement avec les anciens pour pouvoir intervenir directement dans mes visions. En plus, il faudrait que Tomas soit en terre neutre et qu’il soit face à moi pour que je puisse intervenir donc pour cela, je dois le ramener ici, ou du moins le faire venir.
Meika m’a suggéré une idée qui peut fonctionner comme ne pas fonctionner. Elle m’a proposé d’essayer d’entrer en contact avec Tomas pour le faire venir à moi mais il peut ne pas être réceptif. Plusieurs fois j’ai été auprès de lui en tant que spectre et il n’a pas ressenti ma présence, enfin c’est ce que j’ai cru comprendre. Ma grande tante me demande quand même de recommencer et lors d’une soirée, je me suis isolé dans mon tipis pour essayer de l’approcher. Ce soir là, il était seule dans la salle de trône à encore broyer du noir. Cette vision m’a énormément attristé. J’aurais aimé le prendre dans mes bras et l’embrasser mais je n’y arrivais pas. Pourtant il a eu un mouvement suspect, comme s’il avait senti que quelqu’un était proche de lui. Je n’ai pas eu conscience qu’il pouvait aussi sentir mon odeur. Ma mission a réussi car par la suite il a décidé de s’en aller vers la Norvège puis de prendre le bateau pour venir au Vineland, cependant cela ne se fait pas en une journée. Tout en gardant un œil sur son voyage, je me dois de reprendre ma vie de nouvelle amérindienne car maintenant je fais pleinement parti du peuple Powhatan. On me voit comme une nouvelle guérisseuse et une nouvelle Aponi mais on me voit aussi comme la fille de Matoaka, celle qui a fuit les siens pour suivre un homme blanc. Quelques-uns me le rappellent assez souvent et ils me voient comme une sorte d’ennemie. Mon oncle, qui est le chef, tente tant bien que mal de m’intégrer mais après plusieurs mois il a décidé de m’intégrer de façon plus poussée.
Alors que l’automne arrive sur le Vineland, nous devons redoubler d’efforts pour faire un maximum de réserve pour l’hiver. Je pars souvent en chasse avec Nashoba mais cette fois-ci c’est le chef qui m’accompagne. Il apprécie ma façon de chasser et de me battre. Il m’a même demandé à ce que je lui apprenne l’art de l’épée. Je m’entend plutôt bien avec lui mais je ne m’attend pas à ce qu’il décide pour mon avenir.
« – J’ai décidé que tu allais te marier avec l’un des nôtres Sora. C’est pour ton intégration mais aussi car beaucoup pensent que tu dois payer la dette de ta mère..
_ La dette de ma mère ?
_ Tu sais bien qu’elle était fiancée quand elle a rencontré ton père et elle a tout annulé pour le suivre. Depuis ce temps, nous sommes en froid avec le peuple Sioux.. et ta venue pourrait nous aider à recréer des liens.
_ Je ne suis pas ici pour me marier, tu le sais ! J’ai justement fuis mon mariage.. alors que pourtant j’aime mon ex époux.
_ Et-il venu te chercher ? Tu es ici depuis un an Sora. Beaucoup de monde t’apprécie et te respecte mais tu dois aussi savoir faire des concessions pour ta nouvelle famille. J’ai déjà refusé beaucoup de demandes de mariages qui m’ont été proposé pour toi mais je pense qu’il est temps que tu acceptes l’un d’eux.
_ Mais c’est n’importe quoi ! Je ne suis pas obligé de me marier.. meika n’est pas mariée !
_ Meika est une chaman et c’est ce qui lui octroie le droit d’être seule. Il n’y a que les chefs qui peuvent épouser une chaman. Autrement chaque personne du peuple doit se marier avant ses dix huit ans.
_ Alors je serai une chaman !
_ Ça ne se fait pas comme ça. Les anciens doivent te choisir.
_ Ils me choisiront ! »Me marier à un sioux ? Et puis quoi encore ! J’ai l’impression d’être face à mon père quand il m’a annoncé que j’allais devoir me marier avec le roi d’ecosse.. justement, Tomas devrait bientôt arriver et il pourrait me sauver la mise, cependant je sais que tout changera quand j’aurais fais le rituel. Notre passé et notre avenir changera entièrement. Je ne compte pas lui dire car il refusera sûrement de défaire la malédiction et je ne veux pas qu’il se prive d’être père pour pouvoir vivre auprès de moi.
Quelques jours passent avant que nous ne voyons des vikings arriver au village pour nous annoncer qu’un bateau vient d’arriver. Il y a des norvégiens dessus mais aussi des anglais.. Mon cœur s’emballe puisque je sais que Tomas n’est qu’à quelques kilomètres de moi mais je me suis interdit de lui sauter dessus ou lui donner quelconque espoir. Je dois mettre mes envies de côté pour son bonheur à lui.
Nashoba me rejoint ainsi que Meika. Ils m’accompagnent pour aller vers les nouveaux visiteurs. Ils ont d’abord été accueillis par les norrois installés ici dont le fameux chef Einar que je n’apprécie pas du tout mais je ne me préoccupe pas de lui lorsque nous arrivons. Mon regard se pose directement sur lui.. sur l’homme que j’aime encore. Je sens que mes yeux me piquent, j’ai envie de pleurer mais je me retiens. Nashoba est le premier à aller vers Tomas pour le saluer et il présente notre grande tante Meika. Je fini par avancer juste après et je me retrouve face à lui.
« – Tomas.. »
Je n’arrive pas à parler plus, ma gorge est serrée. Il a vieilli, du moins l’année ne l’a pas épargné. Il a quelques rides sur le coin des yeux ou sur son front mais il est toujours aussi beau. Il l’est même encore plus avec cette barbe qu’il n’a pas taillé depuis des semaines. Il semble quand même épuisé par son voyage et il doit sûrement mourir de faim alors je lui propose de nous suivre, ainsi que ses compagnons, afin d’aller leurs préparer un repas au village. Mon oncle risque de grincer des dents en voyant que mon ex mari est ici mais je compte le rassurer et lui dire que ce n’est que passager.
Le chef se ramène quand il voit les étrangers arriver avec nous. J’avais raison, il n’est pas le plus heureux de voir Tomas car il a encore son projet de me marier à un sioux. Cependant il ne se montre pas hostile car ce n’est pas dans le tempérament des amérindiens. Il les salut et leurs propose de rester le temps qu’ils auront besoin. Lorsque mon oncle repart, ce sont des autres amérindiens qui viennent puisqu’ils sont curieux de voir ces hommes blancs venus de l’autre côté de l’océan. Cela me laisse le temps d’aller vers l’endroit où nous préparons les repas et avec l’aide de Nashoba, je remplis plusieurs assiettes en viande et légumes.
« – Tu ne lui as pas encore parlé.. ça va aller ? Tu veux que je l’éloigne ?
_ Non, ça va aller. C’est juste que ça me fait.. bizarre de le revoir après une année. Surtout que je suis parti du jour au lendemain, sans même lui avoir dit au revoir..
_ Tu avais tes raisons Sora. Je pense que si tu n’étais pas parti, tu aurais fini par te laisser mourir..
_ Je ne veux plus que l’on parle de ça. Aides moi à ramener les assiettes s’il te plaît. »Il n’y a pas que Tomas qui a fait le voyage mais aussi ma tante Freya. Elle voulait s’assurer que j’aille bien et voir comment se passait ma vie au Vineland. Durant le repas, des amérindiens parlent avec les nouveaux arrivants mais il y a beaucoup d’échanges de regards entre moi et Tomas. Je n’ai plus l’allure d’une reine écossaise mais simplement celle d’une jeune amérindienne. Quand vient la fin du repas, je débarrasse les assiettes mais je me fais aider par mon ancien époux. Nous sommes tristement silencieux, même lorsque nous allons près de la rivière pour laver les bols vides. La conversation commence quand on se relève et que je manque de faire tomber les bols propres. Il a le réflexe de les rattraper et en faisant cela, on se retrouve l’un contre l’autre.
« – Pardonnes moi.. d’être parti sans rien te dire.. »
Je le murmure, sûrement par honte. Pourtant il porte cette même honte en lui. Chacun de notre côté, nous sommes rongés par la culpabilité et pourtant rien est de notre faute.
« – Je devais partir.. je souffrais tellement de la situation.. et je ne savais plus vers qui me tourner.. J’avais perdu notre fille et puis je te perdais toi.. c’était trop. Je n’avais plus la force de rien, j’avais envie de tout lâcher. Ma mère m’a proposé de venir ici pour essayer de m’éloigner de tout ce que j’avais connu afin d’essayer de me reconnecter avec moi-même. Je ne sais pas si ça a vraiment fonctionné mais je souffre moins. En devant apprendre à faire parti de ce peuple, j’ai mis de côté mes douleurs.. pourtant elles sont toujours là. »
Toutes les justifications ne serviront à rien de toute façon car le mal a été fait. On ne pourra jamais effacer cette horrible perte que l’on a vécu, sauf si je change son passé. Maintenant qu’il est là, je vais pouvoir envisager de faire ce changement mais pas tout de suite. Ce n’est pas un rituel qui est à portée de main et il y a des conditions pour l’exécuter. En plus, il va falloir que je lui en parle, du moins que je lui dis que j’ai trouvé une solution. Cependant pour le moment je ne veux pas lui en mettre trop dans l’esprit, il doit certainement être bouleversé de se retrouver face à moi.
« – Je.. je vais aller te faire monter un tipi. Tu dois être épuisé avec le voyage que tu viens de faire. Je peux demander à ce que l’on te ramène d’autres vêtements aussi, le village viking doit en avoir à ta taille.. »
Il a sûrement envie de me parler aussi.. cependant une part de moi a envie de fuir pour ne pas me confronter à ce qu’il s’est passé. Je pars donc rapidement pour préparer ce tipis avec l’aide d’autres femmes et je laisse Tomas alors voir ses compagnons de route. Cela ne prend pas des heures, au bout d’une trentaine de minutes je reviens vers lui pour lui dire que son tipis est prêt et je vais même l’y amener. C’est sommaire mais il a plusieurs couvertures, une sorte de matelas rembourré avec de la laine et je lui ai mis plusieurs oreillers que j’avais dans mon propre tipis. Mon odeur y est encore déposée.
« – Ce n’est pas un lit confortable mais on s’y adapte facilement.. et puis si tu as trop froid, j’ai rajouté des couettes sur le côté. »
Pour ce qui est de la toilette, il devra aller à la rivière et ça c’est la chose qui est le moins agréable car l’eau est souvent très froide. Je lui ai tout de même préparé une serviette ainsi que des vêtements propres que je viens poser dans ses mains. Je lui fais de nouveau face et encore une fois mon cœur s’emballe.
« – Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux m’appeler.. Mon tipis est là-bas. »
Je lui montre par un signe de tête puisque mes mains sont encore près des siennes. Difficile pour moi de me reculer, surtout devant ce regard qui m’a bien trop souvent fait bégayer. C’est le chef qui réussit à nous séparer, sûrement parce qu’il veut s’assurer que je ne retombe pas dans ses bras. Mon oncle me demande si je peux aller voir la blessure de Koda, un jeune homme qui s’est blessé lors de la chasse. Il attend que je m’en vais pour se rapprocher de Tomas.
« – Pourquoi es-tu ici roi d’anglicie ? Tu as été envoyé par Leif ? Tu veux reprendre Sora ? Elle fait partie des nôtres maintenant et on ne la laissera pas partir comme sa mère l’a fait. On a bien vu ce que vous les hommes blancs vous avez fait à nos femmes. Ma sœur est devenue la servante d’un roi idiot et sa fille est arrivée ici totalement abîmée. »
-
Mon Roi ♥
-
Soïka.. Je savais que cela me tomberait dessus puisque mon oncle m’avait déjà parlé d’un mariage avec quelqu’un d’un autre peuple mais je pense qu’il a accéléré les choses à cause de l’arrivée de Tomas. Si Tomas n’était pas là, j’aurais certainement accepté cette décision mais là, je n’ai pas encore réussit à donner ma réponse. Épouser Saïko me permettrais de passer à autre chose et ainsi pouvoir faire ce sort qui libérera Tomas de sa malédiction mais je n’arrive pas à me convaincre que c’est la bonne chose. Nous n’avons pas été beaucoup ensemble et nous n’avons pas beaucoup parlé avec Tomas puisque tout est fait pour être entre nous mais je l’aime. On a beau avoir vécu des douleurs conséquentes il y a un an, j’aime cet homme de tout mon être et c’est ce que j’explique à Saïko lorsqu’il vient sous mon tipis pour me demander ce qu’il en est du mariage. Je lui raconte ce qu’a été ma vie en Norvège ainsi qu’en Écosse. J’étais une fille de roi et ensuite l’épouse d’un roi. Je n’ai pas le temps de lui dire que ce fameux roi d’anglicie est Tomas puisque justement celui ci entre dans le tipis. Sur le coup, j’ai peur d’une possible altercation mais Saïko sort et je me retrouve seule face à Tomas.
Nos regards se croisent et c’est lui qui met fin au silence. Il brise la glace et il se livre comme jamais. Le roi parle et il met fin à cet éloignement qu’il avait imposé il y a une année. Ses mains rugueuses se glissent dans les miennes et ses yeux pétillent de sincérité. Il a mis du temps pour réagir mais il est là et il a traversé un océan pour me retrouver sans savoir si j’allais être encore là où même si j’allais l’accepter. J’aurais pu lui demander de repartir et de faire une croix sur moi mais ça m’aurait été impossible. Maintenant il me met face au mur et il va falloir qu’à mon tour je parle pour qu’il sache ce que je ressens mais au lieu de laisser ma voix s’élever, mes lèvres viennent se poser sur les siennes. C’est presque instinctif et surtout c’est un besoin. Je retrouve le Tomas que j’avais perdu avant l’accouchement et j’ai cet envie de l’embrasser comme je pouvais le faire il y a plus d’un an. Nos corps ont le reflex de se rapprocher, se coller et mes mains viennent se saisir de ses joues barbues. Je soupire de satisfaction car j’ai l’impression d’avoir attendu ce moment toute ma vie, si bien que je me refuse de cesser ce baiser mais nos souffles s’amenuisent. À contre cœur nos lèvres se séparent mais elles restent à quelques centimètres les unes des autres.
« – J’ai énormément souffert de ton éloignement Tomas.. J’aurais temps aimé pouvoir remonter cette pente avec toi mais si je suis parti, ce n’est pas totalement à cause de cette distance que tu as mis entre nous. Je voulais avant tout venir ici pour découvrir ce don que j’ai hérité de ma mère et ainsi trouver un moyen de te guérir de cette malédiction.. »
Je sens qu’il va me poser des questions mais je ne lui laisse pas le temps d’en placer une. Je reviens l’embrasser et je m’arrange pour le faire allongé sur la couchette de mon tipis. Je m’assis sur ses cuisses et je l’oblige à ne plus me laisser seule, même si sa présence ici risque de ne pas du tout plaire à mon oncle.
« – Et j’ai trouvé ce moyen.. Ça a été long à comprendre mais je sais comment retirer ces douleurs qui pèsent sur toi. Je dois me rapprocher des anciens et c’est eux qui me permettrons de te libérer. C’est pour cela que je suis en train de devenir une chaman avec l’aide de Meika. »
Mon sourire s’agrandit et je laisse mes mains glisser sur son visage qui a pris en vieillesse à cause du tourment qu’il s’inflige. Bientôt ça ne sera qu’un mauvais souvenir car je compte bien lui offrir une vie meilleure. Je sais qu’il peut y avoir quelques conséquences mais je n’imagine pas à quel point tout va changer lorsque j’aurais fait ce fameux sort.
« – Quand tout sera bon et que je pourrais faire ce sort, je te promet une vie où tu auras tout une armée de petits nous qui seront toujours collé à toi. Car non, je n’épouserais pas Soïka. Je sais que mon oncle tient à ce que je me marie avec quelqu’un d’une tribu afin de payer la dette de ma mère mais j’ai déjà un époux.. C’est toi. C’est auprès de toi que j’ai fait vœux de fidélité. En quittant l’Écosse, je n’ai signé aucun papier qui disait que je mettais fin à notre mariage. »
Et j’ai toujours ma bague de mariage même si elle est autour d’un collier et qu’elle est cachée sous ma robe en peau. C’est une façon de la protéger et surtout de la garder au plus près de mon cœur. Je la montre à Tomas avant de revenir encore une fois l’embrasser. C’est totalement et irrépressiblement plus fort que moi. Encore assise sur lui, je laisse mes envies me guider et je déboutonne sa chemise. Ces retrouvailles vont être bien plus festives que prévue et je pense qu’il est d’accord puisqu’il décide aussi de retirer les tissus que j’ai sur moi. Ma peau a été de nouveau marqué par des tatouages mais cette fois ci amérindien. Je suis un livre à moi toute seule et surtout je dois être unique avec ces deux cultures encrées dans ma peau. La peau de Tomas est plutôt marquée par des cicatrices mais maintenant elle se retrouve à frissonner quand je viens embrasser son cou et le haut de son torse. Il n’a pas perdu en musculature, il est toujours aussi désirable et impressionnant.
« – Fais moi l’amour.. Je veux te sentir m’aimer.. me toucher.. »
Je murmure ces mots contre son cou et je fais remonter mes lèvres près des siennes. Il n’y a pas besoin de parler plus longtemps pour que nos envies se laissent aller. Ses mains retirent ma tenue avec dextérité et je réussis à baisser son pantalon pour pouvoir m’empaler sur son membre gonflé. Le désir pressant ne nous donne pas la douceur des retrouvailles mais plutôt la sauvagerie d’un couple en manque. Dans mes mouvements, je me montre envieuse et même affamée. Nos baisers couvrent les cris de plaisir qui pourraient réveiller tout le campement tant ils sont forts. J’ai l’impression de revivre quand il agrippe mon corps et qu’il gémit mon prénom. Ce moment intime n’appartient qu’à nous et je peux le retrouver entièrement. Je retrouve mon époux, mon amant, mon âme sœur. On se laisse gagner par une possessivité commune et une envie brûlante de se retrouver alors oui, la tournure de notre acte devient bestiale. Tomas reprend le dessus sur moi, il me martèle avec son bassin et mord la peau de mon cou mais ça me fait encore plus vriller si bien que je lui demande de recommencer. C’est l’extase à l’état pur, le nirvâna qu’il me fallait pour retrouver un souffle de vie. La jouissance est la plus grandiose que j’ai pu vivre dans ma petite vie même si nous avons déjà eu beaucoup de moments intimes par le passé mais là il n’y a pas que l’envie qui nous entourent mais aussi ce manque de l’un et de l’autre.
« – Haaaan mon dieu.. Tomas !!! Ouiiiiii !! »
Il s’écroule sur moi et je garde mes cuisses autour de sa taille pour le bloquer contre moi. Je suis sur un nuage mais surtout je ne veux pas qu’il s’en aille. Je veux qu’il reste avec moi cette nuit ou même pour toutes les nuits qui arriveront dans ma vie. Je ne veux pas qu’il s’éloigne à nouveau ou qu’il passe à autre chose. J’ai cet homme dans ma peau, mon cœur, mon esprit et mon âme.
« – Plus jamais je ne veux que tu me lâches.. Je n’ai jamais été aussi malheureuse que sans toi. Je pourrais tout perdre mais te perdre toi, c’est comme m’arracher le cœur. Tu es ce que j’ai de plus beau dans ma vie Tomas.. »
Son visage est contre mon cou et je plonge une main dans sa chevelure en bataille. Son souffle chaud me fait frissonner mais surtout je me sens bien alors que cela n’était pas arrivé depuis très longtemps. Si j’en avais le pouvoir, je mettrais le temps sur pause afin de continuer à ressentir cette sensation de plénitude mais malheureusement je ne peux que profiter des minutes et secondes qui défilent. J’en arriverais pas à fermer l’œil, c’est certain. Tomas s’endort contre moi et je l’observe durant toute la nuit. Au matin je peux aussi voir son réveil et ses yeux papillonnant. On dirait qu’il est en train de voir un mirage car il a un air surpris. Ça me fait rire mais pour lui prouver que tout est réel, je dépose plusieurs baisers sur son visage.
« – Tu ne rêves plus beau Roi, tu es bel et bien réveillé auprès de moi. J’ai même été ton matelas durant toute la nuit et j’espère avoir été assez confortable. »
Dis-je avec amusement. Je profite encore de la douceur qui nous entoure car je sais qu’en sortant du tipi, la tempête va s’abattre sur moi. Mon oncle va être mis au courant que Tomas est resté avec moi toute la nuit et il est clair que ça ne va pas lui plaire du tout. Je vais sûrement devoir quitter le camp amérindien et même si ça va m’attrister, je n’hésiterais pas à le faire pour suivre Tomas.
En sortant, personne n’attend à la porte du tipi mais ça en est presque frustrant. J’étais prête à répliquer contre mon oncle mais il n’est pas là. Il y a même peu de monde de présent et ça en devient inquiétant. Tomas sort après moi et je prend sa main pour que nous allions ensemble voir mon oncle mais celui-ci n’est pas dans son grand tipi ou même sur la grande place. Je ne vois pas non plus Nashoba ni Meika. Où sont-ils tous passés ? C’est en voyant un attroupement près du lac que je comprend où ils sont mais je ne sais pas ce qui nous attend.
« – Restes derrière moi Tomas, je ne sais pas ce qu’il se passe mais j’ai l’impression que ce n’est pas bon. »
Tout le monde est autour du chef qui semble parler mais quand je m’approche avec Tomas, le troupeau se décale pour que le chef puisse nous voir. Il semble en colère et il lève sa main pour pointer Tomas du doigt.
« – Toi ! Tu es venu sur nos terres pour voler notre enfant !
_ Il ne vole personne mon oncle ! Tomas est mon époux que tu le veuilles ou non. Il n’a pas fait annuler notre mariage et je reste sa femme ainsi que la reine d’Écosse.
_ Tu es venu ici en disant que tu étais seule Sora ! Tu nous as menti ? Tu sais qu’il est interdit de mentir et de trahir la communauté. Tu peux être puni pour cela !
_ Je n’ai pas menti. J’étais seule mais je n’ai jamais dis que j’étais divorcé. Si je suis venu ici, c’est parce que je recherchais une sagesse que ma mère m’avait souvent raconté. Je voulais aussi me rapprocher de mes racines amérindiennes mais j’ai très vite compris que tu me prenais pour ma mère. Je ne suis pas Matoaka ! Oui, elle est partie avec un homme blanc dans une autre partie du monde mais cet homme blanc est mon père. Leif Erikson, le grand roi du nord. Je ne payerais pas pour ce que tu considères comme de la trahison ! Ma mère n’a trahit personne, elle a suivi son cœur ! Et moi je suis le mien aussi. Je ne vais pas épouser quelqu’un que tu as choisi pour payer la dette de ma mère car de toute façon je suis marié et si tu ne veux pas que mon pays vienne déclarer la guerre à ton clan, tu ferais mieux de garder ton silence. »Je coupe le souffle de toutes les personnes présentes. Je ne parle plus comme la naïve amérindienne mais comme une reine et une fille de viking. Même Nashoba est secoué par mes mots mais il se met à sourire car il a impression de revoir sa sœur Matoaka. Elle avait montré la même détermination afin de pouvoir suivre mon père il y a une vingtaine d’années. Le chef fronce les sourcils et il détourne son regard vers Meika qui hoche la tête. Qu’est ce qu’il se passe entre eux ? Qu’est ce qu’elle lui a dit ? Mon oncle s’avance de quelques pas et il se met à nous toiser de bas en haut.
« – Tu dois épouser un homme de notre communauté pour accéder à tes pleins pouvoirs. C’est aussi pour ça que ta mère t’a envoyé ici car elle n’a jamais pu contrôler ou accéder à la totalité de ses pouvoirs à cause de son mariage.
_ Je me fiche de ne pas avoir de pouvoirs, si c’est pour épouser quelqu’un que je n’aimerais jamais. De toute façon mes pouvoirs n’auront aucune utilité si je repars en Écosse.
_ Mais ils en ont pour la malédiction de ce Tomas. »Je me tourne vers Meika et je fronce à mon tour les sourcils. Elle est à la seule à qui j’ai confié ce secret de malédiction mais elle a tout raconté au chef. J’ai l’impression d’avoir été trahis au plus haut point mais je n’ai pas le temps de répliquer puisque le chef reprend la parole.
« – Tu es aussi têtu que ta mère. Elle n’aurait pas dû partir, nous avions besoin d’elle. Cependant notre père aurait sûrement dû aussi accepter son homme blanc..
_ Il est trop tard pour les remords. Ma mère est partie sans même que l’un d’entre vous vienne lui souhaiter du bonheur. Il n’y a que Nashoba, Aponi et Meika qui lui ont toujours donné du soutien . Mais je crois que Meika a trahi ma confiance.
_ Non, elle vient surtout de sauver la tête de ton roi. Elle m’a raconté votre histoire et aussi celle de la malédiction. Elle m’a aussi dit que vous étiez des âmes sœurs. Je voulais tenter une dernière fois de te faire changer d’avis mais Meika a raison, je ne réussirais pas à te faire épouser l’un des notre. Alors je propose autre chose. Fais de ton écossais un homme de notre tribu. On lui fera passé les épreuves que l’on fait faire aux garçons qui doivent devenir des hommes powhatan.
_ Pourquoi devrait-il faire ça ? Pour les pouvoirs ? Même si ça sera difficile, on continuera à vivre avec cette malédiction mais je ne mettrais pas Tomas en danger pour te faire plaisir.
_ Tu dois épouser un homme de notre peuple Sora. Pas que pour les pouvoirs mais aussi pour nous libérer de la colère des anciens. Ils nous ignorent la plupart du temps depuis que ta mère est partie. Ils n’ont parlé qu’à Meika ou toi.
_ Sûrement parce que vous avez été bête avec ma mère !
_ Peut être mais aujourd’hui nous avons besoin de toi mais s’il faut accepter ton homme blanc dans notre peuple pour retrouver les anciens, nous le ferons mais il doit quand même passer les épreuves. Aucun mariage n’est accepté dans nos traditions si l’homme n’a pas prouvé sa force, sa sagesse et sa détermination. »J’essaye de tout remettre en ordre dans mon esprit. Mon oncle souhaite me marier sur cette terre en croyant que cela apaisera les anciens, c’est pour cela qu’il avait trouvé Soika mais il a compris que je n’abandonnerais pas Tomas. Il propose donc un mariage ici avec Tomas mais pour cela Tomas doit s’intégrer à la communauté. Oui, ça semble être ça.
« – Je vais en discuter avec Tomas mais s’il accepte, je ferai les épreuves avec lui.
_ Mais tu es une femme Sora, les épreuves sont réservées aux hommes !
_ Je suis aussi la sœur jumelle de Kisos, ce qui fait que je peux me présenter à sa place. Je ne laisserais pas Tomas vivre les épreuves seul. »Je garde fermement la main de Tomas dans la mienne et je me tourne vers lui. Il peut refuser la demande de mon oncle, comme il peut l’accepter mais dans les deux cas, je resterais auprès de lui.
-
Trois jours d’attente. Trois jours en sachant qu’il est seul en forêt. J’ai confiance en Tomas mais je ne peux m’empêcher d’avoir peur pour lui. Afin d’éviter de tout faire pour le rejoindre, je décide d’aller vers le grand chêne blanc pour prier et demander aux anciens de surveiller Tomas. Pendant trois jours je ne bouge pas, ce qui agace le chef mais je me fiche bien de ses envies puisque pour le moment mon époux est seul dans une forêt qui grouille d’ours, de loups ou même de puma.
« – Tu m’en veux encore ? Je pensais que tu serais contente de me nourrir à mon retour.
_ Tomas !! »Fin de la prière, il est revenu ! Je me relève et je lui saute dessus comme s’il était une proie. Le pauvre, il manque de tomber mais il réussit à me rattraper alors que je vérifie qu’il va bien en touchant tout ce que je peux.
« – Tu ne t’es pas fais mal ?? Tu te sens comment ? Tu dois mourir de faim ! Je vais aller chasser un gros gibier pour toi ! »
Je ressemble presque à une mère poule et cela le fait rire si bien que moi aussi j’en ris. Il a tout de même droit à un long baiser avant que Nashoba vienne nous appeler car Meika a déjà anticipé le repas pour Tomas. Avec ce qu’il a fait, il a déjà beaucoup plus le respect des autres et pendant ce repas, nous sommes rejoint par des enfants mais aussi des femmes qui sont intrigués par le visage pâle qu’est mon époux. Ils ont déjà vu des blancs puisqu’il y en a un village pas loin mais les relations avec eux ne sont pas très joyeuses. Tomas inspire déjà plus la confiance et le respect que les villageois à côté.
« – C’est vrai qu’il est un chef lui aussi ?
_ Oui, c’est le roi du royaume d’Anglicie. C’est une immense terre à l’Est d’ici.
_ On pourra y aller aussi ?
_ Peut-être qu’un jour tu pourras venir nous visiter oui. Je suis certaine que Tomas en serait ravis mais moi je le serais encore plus ! »Le petit garçon nous offre un grand sourire même si ça demande ne semble pas plaire à sa mère. C’est vrai que les amérindiens n’aiment pas se mélanger ou s’éloigner de chez eux, c’est ce que m’avait expliquer ma mère. Elle est la seule qui a osé s’émanciper de ces traditions et qui est partie loin de chez elle. Parfois je me demande comment aurait été sa vie si elle était restée ici.. tout comme je me demande comment va changer celle de Tomas après que j’aurais brisé la malédiction. Est-ce qu’on se retrouvera ? Est-ce qu’on se souviendra ? Ce sont des questions que je ne peux pas lui dire car il pourrait refuser que je fasse l’incantation. Justement je compte faire celle-ci plus vite que prévu. En priant pour Tomas, j’ai aussi pensé à cette seconde épreuve et je ne peux pas le laisser faire. Je sais à quel point cette épreuve lui fera énormément de mal car il va devoir revivre tous les moments difficiles de son existence et je ne tiens pas à ce qu’il souffre. Il a déjà eu beaucoup trop de douleurs pour à nouveau entailler son cœur. Je sais qu’il veut faire cette épreuve pour me prouver son amour mais je n’ai pas besoin de cela pour savoir qu’il m’aime.
« – Sora ? Tu es dans la lune ?
_ Ah.. non Nashoba, je pensais à ce que tu m’as dit il y a quelques jours sur le rocher scintillant. Je pourrais le montrer ce soir à Tomas !
_ Il faut deux bonnes heures de marche pour y arriver.
_ Doutes-tu des capacités de mon époux ?
_ Bien sûr que non ! Mais des tiennes par contre.. »Nashoba se met à rire alors que je prend un air faussement outrée. Mon oncle est devenu un vrai pilier pour moi et je ne le remercierai jamais assez de m’avoir suivi jusqu’ici. Je me suis quand même toujours demandé pourquoi il n’avait pas eu de famille et pourquoi il avait décidé de suivre ma mère. Meika m’a raconté que Nashoba avait fait la promesse à son père qu’il ne lâcherait jamais Matoaka et qu’il veillerait sur elle quoi qu’il en coûte. Il a sacrifié sa vie pour celle de sa sœur et je trouve ça émouvant et triste.
Le temps que Tomas termine de manger, je vais vers ma tente pour y préparer un sac avec quelques affaires pour notre sortie jusqu’au rocher mais Meika me suit et elle se fait remarquer en me tendant une plume d’aigle royal.
« – Tu vas faire l’incantation ce soir n’est-ce pas ? Tu es certaine d’être vraiment prête Sora ? Tu sais qu’il va falloir beaucoup de force et surtout que cela risque de changer vos vies radicalement.
_ Je veux le faire oui car je veux qu’il soit libéré de toutes ces douleurs qu’il a vécu à cause de son père. Et il a aussi le droit d’être un jour papa.
_ Mais tu sais que tu pourrais le perdre à jamais..
_ N’est-ce pas toi qui m’a dit que toutes les âmes sœurs finissent par se retrouver ? On se retrouvera. J’en suis certaine mais je veux qu’il vive libre. Et je dois le faire ce soir car tu sais comme moi que la deuxième épreuve va déchirer son âme.. Duda l’avait subis et Ma’ m’avait dit qu’il avait fallut plusieurs années pour que mon père retrouve un semblant de paix. Il est hors de question que Tomas vive cela.
_ Tu lui as dis ce que tu comptais faire ? Et surtout, est-ce que tu lui as dis que vos vies allaient totalement changer ?
_ Moins il en saura, mieux ce sera. »Meika soupire mais elle m’aide quand même à prendre tout ce qu’il me faut pour l’incantation. Elle vient aussi me prendre contre elle puisqu’elle sait que dans cet autre vie, je ne reviendrais certainement pas sur les terres amérindiennes. Au moment où elle me lâche, le visage de Tomas apparaît et il semble se poser des questions.
« – Je ne t’ai pas encore bien présenté ma grande tante, Meika. Elle est la sœur de ma grand-mère et c’est aussi la grande chaman de ce village. C’est grâce à elle que j’ai pu en apprendre beaucoup plus sur mes visions et ce que je pouvais faire pour parler aux anciens.
_ Ta mère t’avait déjà bien guidé ma chérie mais tu sais aussi très bien te débrouiller. En tout cas je suis ravis de rencontrer ce bel homme dont tu m’as souvent parlé. Il est beaucoup plus petit que ton père mais il a une carrure de géant. Vous me faites penser à un bison Tomas !
_ Oh.. c’est.. original..
_ Nous sommes tous liés à un animal Sora et être un bison n’est pas une tare. C’est même l’animal le plus important pour notre peuple. C’est principalement grâce à lui que notre peuple survit depuis des millénaires. Il est notre source de vie. Tomas est une source de vie aussi pour son peuple mais aussi pour toi. »Vu ainsi, je comprends mieux la comparaison. Meika offre une accolade à Tomas et elle nous laisse tranquille. Avant de partir en randonnée, je lui propose tout de même une petite sieste pour qu’il puisse se reposer. Je m’allonge auprès de lui et je l’observe dormir. Enfin, je suis surtout en train de graver son visage dans ma mémoire car j’ai quand même cette peur de l’oublier.. Comment va être cette nouvelle vie ? Je sais que je me lance dans l’inconnu et pourtant je suis décidé à le faire. J’aime beaucoup trop cet homme pour qu’il subisse encore des douleurs insurmontables.
Le rocher scintillant est une montagne perlée de morceaux de fer et le soir, ceux ci brillent grâce à la lune. C’est un endroit considéré comme magique par les amérindiens et c’est là bas que je veux tenter l’incantation. Durant la marche, je raconte à Tomas ce que j’ai bien pu faire durant l’année. L’apprentissage du rôle de chaman mais aussi les guérisons que j’ai faite grâce aux plantes et aux prières. J’ai parfois usé de la médecine que j’ai vu en Norvège ou en Écosse mais c’était pour le bien de certains hommes qui se blessent facilement lors des chasses. Lorsque nous arrivons près du versant brillant de la montagne, la lune n’est pas encore à son zénith. J’amène Tomas vers l’endroit qui nous donnera la meilleure vue mais qui est aussi là où se trouve l’immense arbre des anciens. On dirait que des visages sont figés dans l’écorce mais ce n’est qu’une illusion, du moins pour ceux qui n’ont pas de dons.
« – C’est l’arbre des anciens esprits. Il est très très vieux et il contient les âmes de tous les anciens chamans et tous les anciens chefs de notre peuple. Il est un peu loin du campement parce que seuls les chefs et chamans peuvent l’approcher.. et comme je suis devenue une chaman, nous avons le droit d’être là toi et moi. »
J’ai préparé une couverture que je met au sol mais je commence aussi à sortir ce que j’ai mis dans mon sac. Je dois commencer maintenant pour que l’incantation soit presque terminée lorsque la lune brillera sur la montagne mais aussi l’arbre. Tomas fait une tête de nouveau surprise et ça se comprend puisque je suis en train de faire une sorte d’autel avec toutes les breloques.
« – Je dois faire l’incantation ce soir pour briser la malédiction de ta famille. La lune est pleine et elle va s’aligner avec le soleil. Il n’y a pas meilleure condition pour réussir une connexion avec les anciens. Mais ne prend pas peur, tout va bien se passer. On va juste devoir s’asseoir dans le cercle que je fais et je vais devoir réciter des prières amérindiennes. Toi tu n’as besoin de rien faire sauf attendre un peu. »
C’est une explication rudimentaire mais je ne veux pas rentrer dans les détails. Quand mon cercle est terminé, je me met face à Tomas et je prend sa main pour l’inviter à s’asseoir mais je sens une résistance. Je me montre précipité et c’est ce qui doit le perturber.
« – C’est à ton tour de me faire confiance.. Je tiens vraiment à ce que tu ne sois plus puni à cause des erreurs de ton père et c’est peut-être la seule fois où je pourrais essayer de le faire. Si je n’y arrives pas alors tant pis mais j’aurais au moins essayé. Tu as aussi le droit d’avoir une vie paisible et surtout avec un futur qui ne te fera plus peur. Tu as assez payé le prix de la bêtise de ton père.. »
Ma main serre la sienne et je lui donne un baiser. Certainement le dernier. Je l’embrasse longuement, jusqu’à en couper son souffle et là je réussis à le faire asseoir face à moi. Pour le sort, je dois dessiner quelques symboles sur son visage mais aussi le mien. Pour ça, j’entaille le bout de mon doigt puisque ça doit se faire avec du sang et tout en dessinant, je commence à dire les prières que Meika m’a apprise. Est-ce que ça va vraiment fonctionner ? Je n’en sais rien du tout mais j’y crois. Mon regard fixe celui de Tomas car il faut que je réussisse à entrer dans ses pensées avant d’aller vers son passé.
Il pense à notre première rencontre, lorsque le bateau de mon père est arrivé à quai. Cela me fait sourire dans le sens où je sais que la Sora sur ce bateau, souhaitait maudire Tomas plus que tout au monde. Moi aussi j’observe cette scène où la plus jeune « moi » descend du bateau avec ses parents mais Tomas change de pensée et il nous amène au jour du mariage. Il me propose plusieurs souvenirs mais je dois trouver une faille pour pouvoir aller plus loin que ses pensées. C’est quand il repense à des souvenirs d’enfances que je peux enfin tenter de m’évader de son esprit et ainsi me rapprocher de son père puisque c’est cet homme qui est à la base de tous les malheurs des Wells.
Je récite une nouvelle incantation tout en me rapprochant du père de Tomas et j’arrive enfin à entrer dans ce passé. Cela n’est pas sans conséquence puisque je ressens des douleurs dans mon corps. Meika m’avait prévenu qu’aller dans le passé pouvait être douloureux mais j’essaye de ne pas me laisser aller et je tente surtout de comprendre où je suis et à quelle période je suis. Ce que je sais c’est que je suis dans le château d’Édimbourg puisque j’en connais les moindres recoins. Cependant c’est beaucoup plus anciens et je m’en rend compte quand je tombe sur le père de Tomas qui doit avoir à peine vingt ans. Il se trouve face a une jeune femme sublime et il est facile de reconnaître la mère de Tomas puisqu’il a ses yeux. Ils sont encore jeunes, je dirai même qu’ils sont des jeunes mariés. Ils dégagent quelque chose de doux mais aussi de très fusionnel. Je savais que le père de Tomas était très amoureux de sa femme mais c’est encore plus visible maintenant que je les vois. Ils sont en train de parler et je m’approche pour pouvoir mieux les entendre. Ils ne semblent pas me voir et c’est tant mieux.
« – Cela fait plusieurs mois que j’essaye de te donner un enfant mais je n’y arrive pas.. Je m’en veux tellement. Tu devrais demander le divorce et trouver une femme qui saura te donner un héritier.
_ Jamais je ne ferai ça Catriona. Tu es ma femme et on finira par avoir un enfant. Peut-être qu’il n’est pas encore temps pour nous d’être parent.
_ Tu sais que si nous n’avons pas d’enfants au plus vite, nos parents mais aussi nos proches nous feront des remarques blessantes..
_ Je me fiche des autres. Je t’aime Catriona et qu’importe l’avis des autres. »J’ai l’impression de revoir Tomas avec moi. Il ressemble plus à son père qu’il ne pourrait le croire.
« – Et si on y arrive pas ? Je m’en voudrais tellement de ne pas t’offrir une famille..
_ On va y arriver mon amour, je t’en fais la promesse. »Le roi Andrew a une idée derrière la tête et je découvre que son rapprochement avec les druides n’est pas ce que je croyais. J’étais certaine qu’il avait été voir les druides pour que ceux ci l’aident à gagner des terres et des batailles mais non, il a demandé de l’aide pour que Catriona soit enceinte. Je vois défiler plusieurs scènes et notamment les nombreuses fausses couches de Catriona. Andrew est pris sous la pression des autres personnes qui veulent qu’il quitte Catriona pour une femme fertile mais il ne veut pas céder et il décide de mettre la pression à son tour envers les druides. La malédiction va naître ainsi puisque les druides vont vouloir punir Andrew donc c’est maintenant que je dois intervenir et j’ai mon idée.
Si les druides ont fini par punir c’est parce qu’Andrew les a menacé et il faut donc que je stoppe ce processus. Cependant je suis un me sorte de fantôme mais Meika m’a appris comment influencer sur les pensées des gens. Je décide de m’occuper de l’esprit de James en tentant de l’éloigner des druides et en le poussant à user des herbes pour aider Catriona à tomber enceinte. Je réussi à rester assez longtemps dans ce passé pour veiller à ce que Catriona tombe enceinte et surtout qu’elle survive à sa grossesse. Cette fois-ci elle ne meurt pas et surtout je vois Andrew être aux anges face à son petit garçon. Ça n’a plus rien à voir avec ce que j’avais déjà vu et il n’y a plus de malédiction qui pèse sur Tomas ou même Catriona mais j’ai complètement changé le cours des choses. J’ai changé la vie de Tomas mais aussi la mienne.
____
La douleur est horrible. J’ai l’impression que ma tête va exploser. Je meurs de chaud et j’ai envie d’hurler. Tout devient noir jusqu’à ce que je sens que l’on me secoue fortement. J’essaye d’ouvrir les yeux et il me semble que je perçois mon père mais je peine à rester éveiller.
« – Vas chercher ta mère Kisos !!! Ta sœur vient de tomber de son cheval !! Elle saigne à l’arrière de la tête !! »
Je sens qu’on me soulève mais après ça, c’est le trou noir. Je ne ne me réveille que plusieurs jours après. Je ne suis plus dans des pensées ou même le passé de Tomas, non je suis dans ma chambre au skali de mes parents et j’ai retrouvé l’aube de mes seize ans. Ma mère est à mon chevet et quand j’ouvre les yeux, elle se rapproche pour vérifier si j’ai encore de la température et si je réagis à certains stimulis.
« – Ma petite fleure tu nous as fais si peur ! Mon petit bébé..
_ Elle est réveillée ??
_ Oui Kisos ! Préviens ton père ! »Tomas ? Je ne connais plus cet homme ni même ce que j’ai bien pu vivre avec lui. Mon dernier souvenir date de ma chute. J’étais parti à la chasse lorsqu’une meute de loups a essayé de m’attaquer. Il n’y a pas non plus de mariage de prévu avec le roi d’écosse, ni même avec qui que ce soit. Il faut croire que mon père n’a pas encore besoin de moi pour des alliances. Au contraire il a accepté de m’entraîner pour devenir une guerrière Viking. Je me souviens qu’il m’a promis de m’amener avec lui sur sa prochaine attaque en Anglicie. Il n’y a pas encore eu de traité pour que les vikings acceptent de ne plus faire de raide et mon père tient aussi à conquérir cet autre royaume pour essayer d’en faire le sien. Cependant j’ai quand même une étrange sensation depuis mon réveil.. comme une sensation de manque. Oui, il me manque quelque chose mais je ne sais pas quoi.
« – Hm.. ça fait longtemps que je suis ici Ma’ ?
_ Tu es tombé il y a six jours ma chérie et tu nous as vraiment fait peur.. Tu sais bien que tu ne peux pas partir en chasse sans avoir quelqu’un avec toi. Les loups sont beaucoup plus présents cette année..
_ Je pensais que Tomas allait me rejoindre mais..
_ Tomas ? Qui est-il ?
_ Je voulais dire Bjorn ! Je ne sais pas qui est Tomas, enfin j’ai sûrement dû rêver d’un Tomas, je suis confuse..
_ En même temps tu ne t’es pas raté avec cette chute. J’ai du te faire quelques points à l’arrière de la tête et j’ai vraiment eu peur que tu ne te réveilles pas.. Plus jamais tu me fais ça. Tu es encore pire que ton père et ton frère réunis !
_ Je suis un mélange d’une mère curieuse et malicieuse ainsi que d’un père déterminé et combatif. Ça ne peut qu’être un cocktail explosif !
_ C’est ça petite chipie.. Tu n’en perds pas une pour tenter de gagner. » -
Cela devait inévitablement arriver. On ne savait pas quand ni comment mais depuis des années, mon père et ma mère savaient que je finirais par être prise en otage ou capturé par quelqu’un puisque ma mère l’avait vu dans ses visions. C’est pour cela que mon père a toujours tenu à me surveiller de près mais contrairement à ce que pourrait penser les ravisseurs, il m’a aussi appris à me battre et à survivre. J’ai passé de longues nuits dans des situations extrêmes pour pouvoir être prête le jour où quelqu’un viendrait m’attraper. C’est même pour cela que je ne résiste pas énormément lorsque l’étranger m’attrape près de la rivière. Je ne sais pas qui il est puisqu’il reste derrière moi tout au long du trajet jusqu’au bateau mais étrangement j’ai l’impression de connaître sa voix. Est-ce que ce serait un ancien habitant de Kattegat ? Impossible, il y a un accent écossais ou anglais dans sa voix. Peut-être est-ce quelqu’un qui aurait déjà rendu visite à ma famille mais pour le moment je ne peux rien faire et je dois me montrer docile tant que je n’aurais pas trouvé un moyen sûr de m’échapper.
Je ne viens pas de n’importe quelle famille et j’en suis consciente depuis ma tendre enfance. Mon père n’est autre que le roi de Norvège mais aussi un guerrier puissant. La légende dit qu’il est le fils de deux dieux nordiques mais il a toujours laissé planer le doute auprès des gens. Ma mère vient du Vineland et elle faisait partie d’une tribu indigène, cependant elle n’était pas n’importe qui là bas. Elle était la fille unique du chef de tribu et elle a aussi hérité des pouvoirs des anciens esprits de sa communauté. Par chez nous, elle est vue comme une volva et même la plus grande volva que le royaume n’a jamais connu. Elle a des visions sur le passé, le présent et le futur mais elle a aussi un don pour entrer dans l’esprit des gens. Mes parents ne sont pas comme des parents lambda, ils sont craints tout comme vénérés. Ils ont aussi beaucoup d’ennemis qui veulent les faire tomber à cause de ce qu’ils ont construit depuis que mon père a pris le trône. La Norvège n’a jamais été aussi puissante et cela attire la jalousie. Ils ont aussi un trésor que beaucoup envie et celui-ci n’est autre que mon frère jumeau et moi-même. Nous avons tous les deux hérités des dons de nos parents et nous sommes beaucoup plus puissants qu’eux. Kisos est devenu un guerrier qu’aucun n’a pu faire mettre à genoux. Il a une puissance que personne n’arrive à expliquer et il est aussi dit qu’il peut se transformer en bête féroce mais ça, c’est aussi une légende que nous laissons planer. Moi je n’ai pas autant de puissance que mon frère, j’ai beaucoup plus hérité du côté de ma mère mais contrairement à elle, j’ai un pouvoir qui dépasse tout ce qu’elle aurait pu imaginer. J’ai le don de guérir les gens seulement en les touchant avec mes mains. C’est une arme que beaucoup de royaumes aimeraient avoir en leur possession et c’est pour cela aussi que j’ai toujours été protégé par mes parents. Cependant peu de monde savent pour mon don et ce n’est pas plus mal.
Je suis donc une fille de roi et une proie courtisé par les ennemis. C’est pour ça que je me retrouve sur ce bateau et ensuite dans cette petite pièce. Je n’ai toujours pas vraiment vu le visage de homme qui m’a capturé mais j’ai cru comprendre qu’il y avait une dizaine d’hommes sur ce navire. Ça va être assez complexe de m’en aller mais je réfléchis à toutes les possibilités. Il faut déjà que je réussis à retirer les liens qui me bloquent mais pour le moment il n’y a rien pour m’aider. J’espère donc qu’un des hommes viendra dans la cabine et c’est ce qui arrive mais celui qui entre n’est autre que celui qui m’a attrapé. Son visage apparaît enfin et j’ai tout de suite une sorte de surprise en croisant son regard. Cet homme je l’ai déjà vu.. ce n’est pas quelqu’un que mes parents connaissent puisque c’est dans mes rêves qu’il est apparu. Oui, je suis certaine que c’est l’homme que j’ai vu plusieurs fois lors de mes nuits agitées mais il n’avait pas cette accoutrement. Dans mes rêves, il était habillé comme un noble et il était beaucoup moins sale. Cependant dans mes rêves, il n’a toujours été qu’une sorte de passager. Il faisait des apparitions sans que je ne sache pourquoi. Il était spectateur de mon imagination.
Alors qu’il s’approche pour me donner à manger, je n’ai pas le choix que de l’écouter parler puisque je suis encore bâillonné. Il me regarde étrangement mais je ne défaillis pas, je garde la tête haute et je soutiens son regard. Mon père m’a toujours dit de ne jamais faiblir devant l’ennemi et c’est ce que je compte faire comprendre à cet inconnu. Quand il retire mon bâillon et défait un peu mes liens, je garde le silence et je joue encore la docile pour qu’il oublie qu’il a sûrement commis une erreur en desserrant les liens. Il faut croire que cela fonctionne car il repart vers la porte mais il me pose une question qui me surprend. Il demande si on s’est déjà rencontré. Je ne peux pas lui dire que moi je l’ai déjà vu dans mes rêves.
« – Je le saurai si j’avais déjà rencontré un porc comme vous. »
Je ne suis pas la douce princesse des contes de fée et il va vite le savoir. J’ai un caractère bien trempé et je ne suis pas le genre de fille qui parle en langage soutenu. Mes mots me valent quand même le fait qu’il revient resserrer mes liens. Son visage est face au mien et nos regards se fixent avec une intensité que je n’ai jamais partagé avant avec qui que ce soit.
« – Vous croyez vraiment que je vais vous lancer des fleurs alors que vous allez me vendre comme si j’étais du bétail ? Vous êtes un porc et un homme sans couilles. Au lieu de vous battre pour les bonnes valeurs, vous êtes un mercenaire qui pour quelques pièces n’a aucun mal à détruire une vie. En fait vous êtes une sorte de prostituée. Ai-je tord ? »
Sa colère monte, je le sens. Il se retient de me gifler et il sort de la petite pièce en claquant la porte. Je me retrouve à nouveau seule mais je suis troublé par ce qu’il vient de se passer. Qui est cet homme ? Pourquoi moi aussi j’ai cette impression de le connaître ? Pourtant je suis certaine de ne jamais l’avoir vu avant mais j’ai cette sensation au fond de moi qu’il n’est pas un inconnu et que j’ai déjà passé du temps avec lui. Alors pendant un long moment je me concentre sur ça pour tenter de trouver une explication mais je fini par m’endormir à force de ruminer et réfléchir. À peine suis-je dans mes songes que je fais à nouveau un rêve étrange.
[ Cette fois-ci je suis dans une chambre qui n’a rien à voir avec celles de Norvège. Il y a un lit avec des voiles autour et les murs de la pièce sont en pierre. Une cheminée immense crépite et je suis assise sur un fauteuil près du feu. Il n’y a rien de très extravagant sauf l’entrée du mercenaire. Il réapparaît dans mes rêves et il est encore une fois silencieux cependant pour une fois il me regarde. Il sourit et tend sa main vers moi. J’hésite à me lever et aller vers lui mais je veux comprendre qui il est alors j’avance. Je m’approche lentement et sa main arrive dans la mienne.]
Une main se pose réellement sur moi et ça me réveille en sursaut. Il y a ce vieux bonhomme qui secoue mon bras pour que je sorte de mon sommeil.
« – Réveillez vous !! J’ai ramené du pain pour votre petit déjeuner !! »
Il n’est pas très délicat mais il n’a pas l’air bien méchant. Je remarque qu’il porte un poignard à sa ceinture mais pour le moment je ne peux rien faire si ce n’est m’asseoir et attendre qu’il détache un peu mes liens. Gurney retire un peu les liens et il reste là le temps que je mange ce bout de pain, cependant j’en ai pas envie.
« – Il faut manger princesse.
_ Je n’ai pas faim.
_ Oui mais il est important de manger pour rester en bonne forme.
_ En quoi ma forme peut-elle vous importer ? Vous m’avez capturé pour me donner à quelqu’un qui me fera certainement du mal. Ma santé ne devrait pas vous inquiéter.
_ On essaye de gagner notre vie ma p’tite dame. Nous ne sommes pas tous nés dans une famille royale !
_ Il y a des moyens plus légaux de gagner sa vie. Bref, je ne mangerais pas. »L’homme fronce les sourcils puisqu’il a reçu pour ordre de me faire manger et je n’obéis pas. Il reprend l’assiette et ressort de la cabine, cependant il n’a pas resserré les liens. Il les a même beaucoup plus desserré que l’homme d’hier soir. J’arrive lentement à bouger assez mes poignets et mes mains pour retirer la corde. Je suis libre mais je ne peux pas sortir de la cabine avec autant de facilité car il y a plusieurs hommes sur ce bateau. Je dois attendre que quelqu’un revienne ici et en attendant je me cache derrière la porte pour pouvoir prendre par surprise celui qui entrera ici.
Ça ne tarde pas. La porte s’ouvre et s’en réfléchir je saute sur la personne qui entre. Je me serre du lien pour entourer sa gorge et ainsi avoir le dessus. C’est le capitaine que j’ai pris en otage et il se met à bouger dans tous les sens pour tenter de me faire tomber, tout en essayant de retirer la corde qui serre sa gorge. Il avait raison quand il a dit à ses hommes que j’étais dangereuse, il en a même la preuve actuellement mais il n’en reste pas moins un homme très robuste. Il se cogne contre l’un de murs pour que moi-même je me cogne et que je relâche ma prise. Pour qu’il arrête, je viens lui mordre l’épaule mais cette bagarre alerte d’autres hommes. Dans un geste rapide, j’arrive à attraper le couteau du capitaine et je le relâche pour sauter sur mon lit de fortune. Je pose la lame contre mon cou et plus personne n’ose bouger.
« – Pas d’or si vous amenez un corps sans vie ! Et croyez moi que je me fiche bien de mourir. Le valhalla saura m’accueillir. »
Gurney grimace car il comprend que c’est de sa faute si je suis libre. Le capitaine a sa main autour de son cou que j’ai malmené et il me regarde comme s’il allait réellement me tuer. Encore une fois, je reconnais cette expression. Même dans sa colère, j’ai l’impression de le connaître. Il tente tout de même de faire un pas vers moi mais j’appuie la lame sur ma gorge, au point d’en avoir un filer de sang qui commence à couler.
« – Qui souhaite me récupérer ?! Pour qui travaillez vous ?? »
Si au début je voulais m’échapper pour retrouver ma famille, maintenant une autre idée traverse mon esprit. Quelqu’un veut s’en prendre aux miens et je ne peux pas laisser passer ça.
« – Qui est la personne qui veut me capturer ?! Si vous ne répondez pas, je n’hésiterais pas à me tuer. Vous aurez cette personne mais aussi mon père qui vous traquerons !
_ Harald !! Le jarl Harald ! »C’est Gurney qui lâche le morceau en voyant que le capitaine ne réplique pas. Harald ? Je connais très bien ce prénom et même cet homme puisqu’il est censé être un allié de mon père. C’est même mon père qui lui a donné des terres pour faire de lui un jarl. Voilà donc qu’un soit disant ami veut trahir mon père.. Je fronce un peu plus les sourcils mais je baisse la lame car je sens que le capitaine va me sauter dessus.
« – Je ne veux plus être attaché ni enfermé ! J’irai vers Harald et vous aurez votre argent mais pour le moment je ne veux plus être une prisonnière ! Maintenant sortez d’ici ! »
Le capitaine tend sa main pour que je lui redonne son couteau mais je secoue la tête. Je viens même cacher cette lame derrière mon dos.
« – Il est hors de question que je vous rend cette arme. C’est mon seul moyen d’être certaine que vous n’essayerez pas de me refaire prisonnière. En attendant vous avez ma parole que je resterais ici. Je tiens à rencontrer Harald. S’il veut de moi c’est pour faire un sale coup à mon père et je compte bien le stopper. »
Il y a de nouveau cette intensité entre nos regards. Gurney et les autres hommes s’en vont sous la demande du capitaine. Lui reste face à moi avec encore son air de tueur et il se rapproche encore. Je devrais me reculer mais je ne fais rien, même lorsqu’il lève sa main. Il pourrait me frapper, me maîtriser facilement mais il vient glisser son pouce contre la blessure que je me suis fais au cou. J’en ai un grand frisson et j’ai aussi mon souffle qui se coupe pendant quelques secondes.
« – Ce n’est rien.. mais par contre vous devriez vérifier votre épaule. Je n’ai pas été douce. »
J’ai mordu avec une fougue digne d’une louve. Il se recule de moi mais avant qu’il ne s’en va, c’est à mon tour de le stopper pour lui poser une question.
« – Qui êtes vous ? J’ai l’impression de vous connaître pourtant je ne vous ai jamais vu avant que vous ne m’amenez ici. »
Il doit avoir entre vingt cinq et trente ans.. et je sais qu’il vient d’Anglicie à cause de son accent. C’est un mercenaire mais ce qui m’étonne c’est qu’il soit par ici, dans les îles du Nord car il faut être fou pour vouloir voler ou travailler avec des nordiques. Il a peut-être été chassé de son pays. En tout cas son visage est marqué par la fatigue mais dans son regard il y a une sorte d’étincelle qui semble vouloir s’agrandir.
« – Vous n’êtes pas d’ici, j’en suis certaine. Votre accent me fait penser à l’Écosse et votre visage est beaucoup plus doux que ceux des nordiques. Qu’est ce qu’un écossais vient faire ici ? Si c’est pour l’argent, vous aurez gagné bien plus en pillant vos terres ou celles de Francie. »
-
Je ne m’attendais pas à ce que le chef revienne aussi rapidement dans la cabine pour parler négociation. J’en suis assez satisfaite même si je comprend que s’il en vient à accepter, c’est sûrement qu’il y a une autre raison que la clémence de mon père. Tomas parle d’absolution de ses hommes, souhaites t’ils se poser une bonne fois pour toute ? Leur liberté n’est-elle pas si agréable ? J’aimerais lui poser milles et une question mais cet homme me regarde avec une telle hargne que je garde la curiosité pour moi et j’attrape l’assiette qu’il me tend.
« – Vous serez tous tranquille. Mon père ne vous fera rien et il vous récompensera puisque vous m’aurez aidé à faire tomber un ennemi. Cependant je pense qu’en cet instant il a déjà fait envoyer des hordes d’hommes pour me retrouver donc il va falloir que l’on arrive rapidement chez Harald. Mon père n’est pas tendre quand il s’agit de sa fille.. »
J’étire un fin sourire car j’ai envie de faire peur à ce Tomas qui ne semble jamais avoir fait face au grand Leif Erickson. Il n’a sûrement pas non plus rencontré mon frère jumeau qui est certainement bien plus fou que mon père. Cependant cela m’arrange car s’il les avait rencontré, je ne serais pas sur ce bateau et je n’embrasserais pas cette légère liberté. Mon père n’aurait jamais accepté que j’aille combattre contre Harald mais là je vais pouvoir prouver que je ne suis pas qu’une princesse qui a quelques visions.
« – Je peux sortir un peu ? Juste pour prendre un peu l’air.. de toute façon je ne compte pas m’attaquer à vos hommes ni m’en aller.. »
J’ose faire une petite moue attendrissante, comme j’adore le faire à mes parents mais bon, ce Tomas est bien moins facile à berner. Pourtant il soupire et s’écarte pour que je puisse sortir de cette pièce. Je sautille et sort rapidement pour rejoindre le pont. Les hommes présents se tournent tous quand j’arrive. Ils comprennent que Tomas a accepté un deal avec moi. Gurney est le premier à se rapprocher de moi et il me fait une sorte de révérence, ce qui me fait rire.
« – Une révérence ? Pas besoin de ça !
_ Mais vous êtes une princesse mademoiselle !
_ Je suis juste Sora.. mais vous ? Comment vous vous nommez ?
_ Gurney, je suis le plus vieil ami de notre chef Tomas !
_ Enchanté Gurney. Vous me présentez vos autres camarades ? »Ce vieux bonhomme m’inspire confiance, je ne saurai dire pourquoi. Il n’a pas l’air d’être quelqu’un de mauvais et la bonté se lit sur son visage, contrairement aux autres hommes présents. Spencer semble aussi être quelqu’un de bien mais il parle moins que Gurney. Il me salue mais ne reste pas bien longtemps puisqu’il retourne vers Tomas. Je sens que le capitaine ne me quitte pas du regard mais j’évite de jouer à son jeu même si cela est tentant. Il a certainement peur que je me remontre dissipé mais comme promis, je reste sage. Je laisse Gurney me présenter tout le monde et quand nous avons terminé, il nous fait revenir vers Tomas.
« – Notre capitaine est quelqu’un de bien vous savez.. Je pense que vous en doutez car il vous a enlevé à chez vous mais s’il l’a fait, c’est pour que l’on gagne de l’argent.
_ Il y a des méthodes plus douces pour gagner de l’argent..
_ Oui mais quand vous êtes quelqu’un considéré comme un paria , c’est beaucoup moins évident. »Un paria ? Les mots de Gurney m’intriguent et je compte bien en savoir plus mais on cesse notre conversation puisque Tomas peut nous entendre. Pour ce soir, je décide de retourner dans la pièce dans laquelle j’étais enfermé pour ne pas gêner qui que ce soit car j’ai bien remarqué que ma présence fait que certains hommes ne se concentrent plus sur leurs tâches. Je me fais accompagner par le capitaine qui est resté bien silencieux mais qui pourtant m’intrigue de plus en plus car j’ai réellement l’impression de le connaître. Lorsque nous arrivons près de la pièce, il m’ouvre la porte mais je n’entre pas tout de suite.
« – Nous devrions arriver demain selon Gurney.. mais vos hommes sont fatigués, ça se voit. Peut-être qu’il serait plus prudent de leurs offrir une journée de repos ? Il y a une île non loin de la ville d’Harald. Personne ne vit dessus car elle appartient au danois mais pour une journée, ça ne devrait pas poser de problèmes.. »
Même lui semble fatigué. Je m’attend à ce qu’il fasse son fière et qu’il refuse ma proposition mais il accepte. Surprise, je lui offre un sourire presque timide et c’est sur celui-ci que nous nous séparons. Je retrouve mon lit de fortune jusqu’à l’aube puisque nous finissons par arriver sur cette île danoise. Elle semble déserte à première vue mais il y a une forêt primaire qui cache une grande partie des terres. La plupart des hommes descendent du bateau pour aller se dégourdir les jambes et j’en fais de même bien que je me retrouve à nouveau près du capitaine. Il garde un œil sur moi, certainement par peur que je décide de fuir.
« – Je ne risque pas d’aller loin vous savez.. ça serait une fuite ratée. L’île n’est pas très grande à ce que je me souviens. J’ai plusieurs fois lu la carte de mon père et il est déjà venu ici. »
Pourtant il reste près de moi mais et j’ai une sensation de déjà vu. J’ai l’impression qu’il a déjà été près de moi pour me surveiller, pour surtout me protéger. Je ne comprend vraiment pas pourquoi cet homme me semble si familier mais de toute façon je ne pense pas que j’aurais la réponse ici. C’est certainement ma mère qui pourrait m’aider puisqu’elle a toujours les réponses à mes questions.
« – On pourrait aller voir si dans la forêt il y a des bêtes ? Il n’y a rien de mieux que la viande pour reprendre des forces. Je paris que je peux attraper plus d’animaux que vous ! »
Un air de défi se dessine sur les traits, cependant pour le moment je sais que je ne pourrais pas gagner si je n’ai pas d’armes. Je fais une moue pour que le capitaine accepte de me passer un arc et des flèches, ce qu’il ne fait pas de suite mais je réussis à le faire craquer avec ma bouille de demoiselle en détresse. Sans le savoir, je rejoue une scène du passé. Celle où nous avions été chassé ensemble et où j’avais remarqué que Tomas ne faisait pas assez attention derrière lui. Nous avions même été attaqué par des mercenaires en forêt écossaise mais là il n’y a personne pour nous troubler. C’est comme ci nous pouvions revivre cette scène mais sans les inconvénients. Un jeu s’installe pour que l’un et l’autre puissions montrer ses talents. Tomas réussit à attraper quelques lapins alors que moi je vise plus gros. Je m’embarque à pourchasser un sanglier qui n’a pas vraiment l’envie de se laisser attraper mais je suis bien trop déterminée pour le lâcher. Je m’enfonce dans la forêt, suivis de Tomas et nous finissons dans une grande clairière.
« – Je vais l’avoir ! Ni touches pas ! C’est MON sanglier ! »
Je me met à courir après cette bête et je la touche, ce qui me fait sautiller de joie. Ma mère n’aurait pas aimé me voir ainsi car elle n’a jamais apprécié la chasse mais mon père m’a appris cette activité depuis ma plus tendre enfance, si bien que c’est devenu un moment que j’apprécie passer avec lui. J’offre quand même une prière à ce sanglier lorsque je retire la flèche qui est enfoncé dans son cœur. Accroupie devant la bête, je marmonne quelques mots sous les yeux suspicieux de Tomas.
« – Le peuple de ma mère a pour tradition de remercier les animaux qui nous servirons à être nourris. Ma’ me l’a appris et je fais donc une prière pour ce sanglier.. Je vis entre deux cultures, celle des nordiques et celle du Vineland. Vous en avez déjà entendu parler ? Mon père est le premier homme à avoir trouvé cet autre monde et il est tombé amoureux de ma mère. Elle a décidé de venir ici avec lui mais lui, il lui a promis que personne d’autre ne viendrait troubler le peuple du Vineland. »
Je commence à attacher le sanglier mais je n’ai pas la force de le soulever seule. Tomas doit m’aider et en faisant cela, il se rapproche si près que je sens son parfum. Je vois aussi bien plus en détail son visage et ses yeux bleus foncés. Ce regard est envoûtant mais aussi troublant car j’ai l’impression de l’avoir rêvé un millier de fois.
« – Mais vous, d’où venez vous ? Vous voulez la tranquillité pour vos hommes donc cela veut dire que vous êtes en mer depuis longtemps.. Vous aussi vous souhaitez un peu de répit ? »
J’ai besoin d’en savoir un peu plus sur lui, peut-être que ça m’aiderait à savoir pourquoi j’ai l’impression de le connaître. Tomas se recule quand il a posé la bête contre son épaule. Je le remercie bien que je prend ses lapins pour ne pas qu’il porte toutes nos trouvailles.
« – Les garçons vont pouvoir se remplir le ventre et vous aussi. Vous pourrez aussi vous reposer un peu après ce repas. Parfois ça ne fait pas de mal du repos.. »
La princesse indomptable a laissé place à la jeune femme beaucoup plus à l’écoute et douce. Pourtant cet homme pourrait facilement me tuer et annuler notre accord mais je ressens une confiance sans faille envers lui.
-
Tous les hommes présents sont bienveillants envers moi alors que je pourrais aisément être une proie facile. C’est ce qui me montre qu’aucun d’entre eux n’est réellement mauvais et qu’ils ne sont pas ici pour menacer le royaume de mon père mais réellement par besoin d’argent. Il n’y a que le capitaine qui garde ses distances et qui m’évite mais nous avons plusieurs fois échangés des regards depuis notre retour de la chasse. Il m’observe silencieusement, sûrement pour essayer de savoir qui je suis ou si je suis fiable mais lorsque tous les autres finissent par aller se coucher, il me rejoint. Je suis seule dans mon coin, près d’un petit feu que Gurney a préparé pour que je reste au chaud. Je pense à ma famille mais je pense surtout à ce qu’avait prédit ma mère lorsque j’étais enfant. Elle avait dit à mon père qu’un jour je me ferais enlever et que cela changerait ma vie à jamais. C’est pour cela que mon père m’a gardé précieusement près de lui pendant autant d’années mais ma mère semblait vraiment avoir raison puisque je me retrouve ici. En quoi cela va me changer ? Parce que je vais essayer de stopper Harald ? Ou parce que j’ai rencontré ces écossais ? Ou ce capitaine ? Je sors de mes songes quand Thomas se met à me parler et j’ai un sourire amusé quand il me demande pourquoi je suis si douce.
« – Aurez vous préféré que je sois une indomptable viking ? Je peux toujours le faire vous savez. Je sais utiliser une épée si l’envie de me prendre en duel vous intéresse. »
Il y aurait presque une tentative de défi dans ma voix mais il se met à rire. Je ne l’avais pas encore vu rire de la sorte mais j’ai le sentiment d’avoir déjà vécu ce rire, ou même ce regard amusé. Toutes ces sensations de déjà vue ne doivent pas être un simple hasard, j’ai de plus en plus la conviction que cet homme a déjà fait parti de ma vie ou alors il est lié à moi mais ce n’est pas avec lui que je pourrais parler de ça. Il va me prendre pour une folle si je lui dis que j’ai des visions comme ma mère.
« – Ça serait plutôt à moi de vous poser cette question.. La plupart des mercenaires m’auraient déjà violé et maltraité. On ne va pas tourner autour du pot, beaucoup d’entre eux sont des monstres sans pitié.. Même s’ils ont une mission, ils veulent toujours plus que ce qui leur est dû. Vous.. vous m’avez peut être porté comme un sac à patate sur votre épaule mais vous ne m’avez fait aucun mal et vous me respectez. Peut-être que votre douceur est à la hauteur de la mienne. »
Je le désarme certainement mais mes mots sont vrais. Cet homme m’a enlevé mais il ne me traite pas comme un objet. Il a même des regards envers moi qui sont bien plus respectueux que certains hommes qui sont sous les ordres de mon père. Il m’a évité plusieurs fois durant la journée mais ses expressions faciales en ont bien plus dit que ses lèvres auraient pu le faire.
« – Et ne soyez pas gêné ou outré par ce que j’ai dis.. Cela ne fait pas de vous un homme faible, bien au contraire. Les hommes faibles sont ceux qui choisissent la facilité et la fausse puissance. Un homme fort est celui qui sait se mesurer et qui sait qui sont ses réels ennemis. »
Je lui offre un sourire bien plus doux mais un rire me prend quand j’entend l’un des hommes roter comme s’il avait bu des litres de bière. Je ne suis pas choqué car j’ai déjà entendu pire mais cela rend la situation actuelle bien moins romantique qu’elle ne l’aurait pu l’être.
« – J’ai l’habitude de ce genre de bruits cocasses.. mon père m’a déjà amené en raid avec ses hommes et il y en a beaucoup qui adorent se lâcher. Je suis très loin d’être le genre de princesse qui a grandi dans une tour d’or avec des fleurs et de la soie autour d’elle. J’ai grandi avec des épées, des arcs, des banquets remplis d’hydromel mais je trouve ça plutôt bien. Je n’aurais pas aimé être enfermé dans un château comme dans les autres royaumes.. Mais vous, dites moi un peu plus sur votre vie. Je suis intrigué par votre venue ici.. et aussi votre rôle de mercenaire. Vous m’inspirez bien plus qu’une vie de ce type.. Je suis certaine que si mon père vous avez trouvé lors de votre arrivée en Norvège, vous auriez eu une place beaucoup plus digne. Qu’est ce qui fait que vous vous cachez derrière ce rôle ? »
Il n’a toujours pas répondu à mes nombreuses questions. Il les a évité jusque là et je crois qu’il va en faire de même pour ce soir. Il se relève comme ci de rien et il me souhaite de bien dormir. J’en prend un air outré alors que lui sourit malicieusement. Ce n’est pas ce soir que j’aurais des réponses, ou alors peut-être à travers l’un de mes rêves si j’arrive à trouver le sommeil.
La nuit n’est pas très longue car une pluie s’abat sur nous et elle nous force à retourner vers le bateau. Nous reprenons chemin vers la cité d’Harald et nous devrions arriver dans la soirée. En attendant, j’essaye d’aider sur le pont mais les hommes ont déjà leurs marques et ma présence finit par les perturber donc je retourne dans la petite pièce qui me servait de prison. Posée dans le lit de fortune, je commence à réfléchir à ce que je vais bien pouvoir dire ou faire face à Harald. Cet homme veut me forcer à l’épouser pour contraindre mon père et certainement lui faire du mal, ce que je ne peux laisser faire.
Alors que je suis dans mes songes, le capitaine entre dans la pièce pour m’apporter de quoi manger. Je crois que c’est devenu son rituel de me voir manger. A t’il peur que je perde du poids ? Je le remercie mais quand il me donne l’assiette, nos mains se touchent et un flash me prend l’esprit mais aussi le sien.. Je n’ai jamais partagé de visions, même pas avec ma mère mais Tomas réussit à atteindre mon esprit au point qu’il voit ce que je vois. Je nous vois dans cette ancienne vie, au moment où Tomas me retrouve dans notre chambre, alors que je suis assise près du feu et enceinte jusqu’aux os. Il s’était jeté sur moi pour m’embrasser et il s’était mis à genoux pour câliner ce ventre rond. Le flash ne dure que quelques secondes mais il est assez puissant pour installer une gêne entre Tomas et moi. Je rougis violemment car je comprend qu’il a aussi vu ma vision mais au delà de ça, il sait à présent qu’il n’y a pas que ma mère qui voit des choses.. Moi aussi j’ai des pouvoirs mais je ne lui en avais pas fais part.
« – Je.. merci pour le repas.. euh.. oui.. »
Je retourne vers le lit mais il ne décampe pas. Il doit être autant perturbé que moi. Nous deux devant une cheminée et moi enceinte.. Je ne comprend pas pourquoi j’ai vu cela mais ça nous met dans une situation embarrassante puisque cela nous a montré bien plus qu’intime.
« – Je.. moi aussi j’ai quelques visions comme ma mère mais elles ne sont pas comme elle.. Ma mère arrive à prédire l’avenir alors que moi.. Moi ce n’est pas l’avenir que je vois. C’est comme ci je voyais une autre vie. C’est.. c’est pour ça que j’ai l’impression de vous avoir déjà vue car dans cette autre vie, vous.. vous sembliez être.. mon époux.. Du moins, avant votre rencontre je n’arrivais pas à voir le visage de l’homme dans mes visions mais maintenant c’est lisible. C’est vous que je vois depuis toujours.. »
Et c’est encore plus fort depuis qu’il m’a enlevé. Je vois les choses avec bien plus de clairvoyance mais je ne comprend pas pourquoi mon esprit me montre cette autre vie. Ma mère connaît la vérité depuis bien avant ma naissance mais elle n’a jamais rien dit à qui que ce soit pour ne pas interférer dans mon avenir. Elle sait que je suis lié à Tomas et qu’il devait m’enlever. C’est même pour cela que le jour de l’enlèvement, elle avait appelé mon garde pour qu’il vienne lui parler. Elle s’est assurée que Tomas puisse m’attraper sans encombre.
« – Mais il ne faut rien dire pour mes visions.. Ni celles de ma mère. Les gens nous prendraient pour des sorcières ou alors au contraire, ils feraient en sorte de nous attraper pour user de nos dons.. hm.. puis-je vous faire confiance ? Pouvez vous garder ça pour vous ? »
-
La dague de Marcus tombe au sol et révèle son intention cruelle. Pourtant j’ai été beaucoup plus cruelle en plantant une épée dans sa gorge. Son corps tombe lourdement au sol et le regard surpris de Tomas se relève sur moi. Pour ma part, je sens le poids de la peur redescendre puisque oui, j’ai eu une peur viscéral après la dernière vision que j’ai eu. Je voyais Marcus embrocher le cœur de Tomas. Pour pouvoir stopper cet horrible dessin, j’ai dû hurler pour que des hommes me délivrent de ma prison et j’ai juste eu le temps d’arriver pour sauver Tomas.
« – Vous saignez ! »
L’épée tombe à son tour au sol et je m’avance vers le capitaine pour me rapprocher de cette tâche de sang qui s’étend sur sa chemise. Il a été touché au ventre et pour voir si ce n’est pas grave, j’ouvre le tissu sans lui demander son consentement. C’est superficiel et encore une fois je sens un poids s’échapper. Je ne comprend pas ce besoin de le protéger ou de le savoir sauf mais rien aurait pu me stopper. J’ai agis comme si ma vie en dépendait.
« – Il faut aller vous soigner et aider aussi vos hommes.. Je ne sais pas s’il y a eu beaucoup de pertes.. »
Je n’ose pas le regarder dans les yeux. J’ai tué pour lui.. va t’il me prendre pour une dingue ? Je l’aide à se relever et nous retournons vers son bateau. Il y a quelques morts parmis l’équipe de Tomas mais aussi beaucoup de blessés. Comme ma mère me l’a appris, je vais faire des soins pour tenter de sauver certains hommes et soulager d’autres. L’autre bateau est mis à l’abandon et le nôtre reste sur place le temps que la plupart des soins sont donnés. Je vais aussi soigner la plaie de Tomas mais en dernier puisqu’il souhaitait s’assurer que ses hommes soient les premiers à recevoir des soins. Alors que le soleil se couche, je me retrouve devant lui à passer un tissu imbibé d’alcool contre son ventre. Bien évidement ça ne doit pas être agréable et je le vois par sa grimace mais je remarque quand même qu’il essaye de se montrer fort devant moi.
« – Il n’y a pas de honte à avoir mal vous savez.. au contraire, il vaut mieux crier sa douleur plutôt que d’être silencieux à cause de la mort. »
Une mort qu’il a évité de peu. J’ai encore le flash de cette dague entrant dans son torse et cela me fait grincer des dents. Il doit se douter que j’ai eu une vision puisque personne n’aurait pu prédire le geste de Marcus si ce n’est quelqu’un qui peut voir au delà du réel. Cependant je ne veux pas discuter pour le moment de ce qu’il s’est passé même si je ne regrette absolument rien.
« – Vous n’avez pas besoin de sutures mais il va falloir faire attention pendant les prochains jours.. Comme nous sommes près de chez Harald, vous devriez profiter d’être là bas pour vous reposer. De toute façon il ne s’occupera pas de vous puisque c’est moi qu’il veut.. »
Oui, d’ici peu je serai à nouveau prisonnière mais je doute qu’Harald soit aussi compréhensif que Tomas. Je pense même que je vais devoir tripler ma vigilance si je ne veux pas finir frappé ou violé.
« – Voilà.. la plaie est nettoyée. Je vais aller vous chercher de quoi manger un peu, vous devez reprendre des forces. »
Je me redresse et son regard ne me quitte pas d’une seconde. J’ai l’impression qu’il cherche encore à me sonder, à savoir qu’est ce que je peux cacher. Je n’arrive pas à ne pas rougir face à ses yeux inquisiteurs mais je trouve l’excuse d’aller lui chercher de quoi manger pour ne pas devenir encore plus rouge que je ne le suis déjà.
Cette bataille était éloignée des côtes mais elle a quand même été vue par des bateaux de pêcheurs et puisque nous ne sommes pas si loin de la ville d’Harald, l’une de ses flottes arrive vers nous une petite heure après la fin de combat. Les voiles nous indiquent qui arrive et puisque je suis censé être une prisonnière, je repars dans la cabine pour ne pas que Tomas soit accusé de m’avoir laissé libre. Harald est sur le bateau qui se rapproche puisqu’il voulait voir de ses propres yeux qui a osé se battre dans ses eaux et c’est avec surprise qu’il voit les mercenaires qu’il a engagé. Sa première pensée se dirige vers moi puisqu’il a peur que je puisse avoir été enlevé ou blessé alors lorsqu’il arrive sur le bateau de Tomas, il se moque des hommes blessés et il ordonne à ce qu’on l’amène vers moi.
« – Ou est-elle ?! J’espère qu’il ne lui est rien arrivé. Je ne peux pas me marier avec un cadavre. »
Harald est déjà un homme d’un certain âge (Vladimir Kulich) et il est connu pour être un ami de mon père mais aussi un bon guerrier. C’est bien pour cela que mon père lui a offert l’opportunité d’être un Jarl mais Harald n’en a pas eu assez, il en veut beaucoup plus. Il avait déjà demandé ma main à mes parents mais ils avaient refusé puisqu’ils ne veulent pas de mariage imposé pour moi. Ils m’ont toujours promis que je serai libre de choisir mon époux. Harald avait accepté en apparence mais en réalité, cela l’avait bien agacé puisque devenir l’époux de la princesse royale, permet bien des avantages.
« – J’espère que vous ne lui avez rien fait ! Si l’un de vos hommes l’a touché, je vous promet que vous serez tous puni. J’espère aussi que vous ne vous êtes pas fais suivre par les hommes de Leif ! Tant que je ne suis pas marié à sa fille, il doit être le plus loin possible. Qui sont ceux qui vous ont attaqué ?! »
Accompagné par Tomas, Harald arrive jusqu’à la cabine. Je me suis reposé sur le lit et j’ai réussi à mettre une corde autour de mes poignets pour faire croire que je suis bien prisonnière. Lorsque la porte s’ouvre, je lève mon regard vers ce vieil homme qui me répugne et que j’ai déjà vu plusieurs fois. Je sens aussi la tension que Tomas a à l’égard d’Harald mais heureusement le vieux Jarl ne capte rien.
« – Sora Leifdottir.. Je suis ravi de te revoir. La dernière fois tu n’avais pas encore de formes féminines mais le temps fait bien les choses. La nuit de noces n’en sera que plus exquises.
_ Mon père ne veut pas que je t’épouse et tu le sais. Moi non plus je ne veux pas t’épouser.
_ Tu n’auras pas le choix. Maintenant que tu vas arrivé sur mes terres, je vais faire appeler un prêtre pour qu’il nous mari et tu accepteras.
_ Et pourquoi devrais-je accepter ? Je préfère encore mourir que de me marier à une vieille pourriture comme toi.
_ Mais tu n’auras pas le choix ma belle Sora. Ton père m’a insulté en me refusant ta main. Il m’avait dit que je faisais parti de votre famille et je compte en faire partie. Si tu ne m’épouses pas, je me ferais un plaisir de te tuer moi-même et de lever une armée contre ton père. Regardes, j’ai déjà des mercenaires qui travaillent pour moi mais j’ai aussi des armées ennemis à ton père qui sont prêtes à me suivre. »Il a un rire gras et il se tourne vers Tomas. Il tapote amicalement son épaule pour le remercier de m’avoir ramené à lui.
« – On va aller dans mon fjord et vous allez pouvoir vos reposer. Vous recevrez votre récompense et vous pourrez même assister au mariage. Il y aura de quoi vous remplir la panse et vous amusez. »
Dit-il en parlant de prostituées qui sont postées pour satisfaire les soldats et les marins. Harald m’attrape par le bras pour me faire sortir de la cabine et il me tire pour que j’aille vers son bateau. La tension monte aussi chez les hommes de Tomas puisque malgré ces quelques jours, ils se sont tous pris de sympathie pour moi mais ils savent que pour le moment ils ne peuvent rien faire. Je dois suivre Harald si je veux tenter de le faire tomber.
Avant d’aller sur l’autre bateau, je ne peux m’empêcher de regarder une dernière fois Tomas. Je ressens une sorte de douleur intérieure car je n’ai pas envie d’être éloigné de lui. Bien que je ne le connais pas tant que ça, j’ai l’impression que l’on m’arrache à une immense partie de moi-même. Pourtant je n’ai pas le choix et je me retrouve sur la flotte d’Harald. Le jarl ordonne à ses hommes d’aller vers sa ville et je m’éloigne petit à petit de Tomas. Gurney et Spencer sont à côté de leurs capitaine et je remarque que Gurney sort son épée mais Tomas lui fait ranger aussitôt.
« – J’avais entendu dire que tu étais une petite sauvage comme ta mère mais je vois que tu sembles bien sage. Je préfère cela car je n’ai pas envie de devoir te corriger, bien que je n’hésiterais pas si tu ne m’obéit pas.
_ Vous croyez que c’est en me menaçant et me parlant ainsi que je vais avoir envie d’être une bonne épouse ?
_ Tu ne vas pas avoir le choix de toute manière. Et puis tu vas surtout me donner des fils. Mes anciennes épouses ne m’ont fourguer que des petites morveuses. »La ville de Tønsberg est beaucoup plus petite que Kattegat mais il y a tout de même du monde et elle se trouve non loin de la Suède. C’est là que je suis conduite et enfermé dans une nouvelle chambre en attendant ce fameux mariage. Harald veut s’assurer que je ne puisse pas sortir, si bien que ma chambre est gardée par plusieurs gardes et une dame de compagnie est avec moi dans la chambre pour me surveiller. Je n’ai donc pas beaucoup de marges de manœuvre et il va falloir que je réfléchisse à comment me dépatouiller de cette situation. J’ai demandé à Tomas d’aller prévenir mon père mais il sera trop tard le temps qu’il aille le voir, je serai certainement déjà marié. Je ne sais pas si mon père ou mon frère sont déjà en route vers moi, je ne sais même pas s’ils se doutent qu’Harald est impliqué. Dans tous les cas, je ne veux pas épouser cet homme et surtout je ne veux pas qu’il puisse s’en prendre à ma famille ou à mon pays. Je dois trouver un moyen de le faire tomber et une idée assez spéciale me vient en tête. Tomas a réussi à voir mes visions, c’est qu’il doit être plus ou moins lié à moi. Quelque chose fait qu’il a accès à mon esprit et j’ai certainement accès au sien alors dans une sorte d’appel à l’aide, j’essaye de me concentrer pour tenter une communication avec lui via l’esprit.
Durant la première nuit ici, je n’arrive pas à l’appeler par la pensée. J’ai même fini par abandonner cette possibilité mais mon idée va finir par être florissante lors d’une visite d’Harald au petit matin.
« – Aaaah ma future épouse. J’espère que tu as bien dormi ! Je suis venu voir si tout va bien et pour te dire qu’on va se marier ce soir. Je n’ai pas le temps d’attendre. »
Des mots qui me révulsent et qui me donnent encore moins de temps que prévu. Cependant le temps est contre lui mais maintenant il est aussi contre moi.
« – Les mercenaires sont arrivés ici ?
_ Pourquoi tu veux le savoir ? Ils te manquent déjà ? Tu as dû bien les faire fantasmer puisqu’ils sont tous allés voir nos catins ! Ils devaient avoir les bourses bien pleines à cause de toi ! Tout comme moi mais ce soir je vais t’engrosser comme il se doit ! »La nausée monte en moi et je ne peux m’empêcher de lui porter une gifle mais il me la rend avec beaucoup plus de force. Lorsque je tombe au sol, c’est là que j’arrive à ressentir l’esprit de Tomas. Il est encore sur son bateau, dans la cabine où j’étais prisonnière. Ma détresse m’amène à pouvoir sentir sa présence, certainement pour me rassurer mais lui aussi semble sentir la mienne. On ne peut se parler ni se voir mais il peut ressentir ma peur, ma confusion. Je pensais pouvoir faire tomber Harald seule mais cela va s’annoncer plus compliqué que prévu puisqu’il a tout prévu depuis des mois pour ce mariage mais surtout pour ma captivité. Il a pris toutes les précautions pour ne pas que je puisse m’enfuir ou lui faire volte face.
« – Lève toi et vas te préparer. Tu dois être la plus belle pour ce soir. Ce n’est pas avec une lèvre sanglante que tu feras sensation. »
Harald ressort de la chambre et lorsqu’il claque la porte, ma connexion avec Tomas cesse. Je retrouve la réalité et surtout je vois la dame de compagnie me rapporter une robe qui est censée être celle de mon mariage. Pour le moment je n’ai pas le choix que de me préparer, je ne peux rien faire tant que je serais enfermé dans cette chambre.
Comme il en est prévu, le mariage va avoir lieu et Harald a fait rassembler tout son village sur la grande place mais il y a aussi les hommes de Tomas. Je suis accompagné de plusieurs gardes pour rejoindre tout ce monde mais c’est Tomas que je cherche du regard. Je ne le vois pas, contrairement à Gurney et Spencer qui ont un air grave. Je suis habillé d’une robe blanche et de fourrures comme le veut la tradition, ce qui me différencie des autres femmes présentes. On me mène vers l’autel qui a été monté pour l’occasion mais sur mon chemin, je me fais insulter et moqué par plusieurs villageois qui ont eu le crâne retourné par Harald. Je suis vu comme une sorte d’ennemie, de moins que rien mais ça ne m’affecte pas. J’essaye encore de trouver un moyen de mettre fin à ce mariage même si pour cela je dois en perdre la vie.
-
Je suis l’épouse d’Harald.. je suis son épouse et je sens qu’il a hâte de passer à la nuit de noces. À peine les vœux sont terminés qu’il m’impose d’aller dans une sorte de carrosse mais ce qu’il va se passer par la suite, va mettre fin à son plan machiavélique. Tomas est là, Tomas me sauve de cette situation. Même si c’est suicidaire, je me met à le suivre aveuglément. Il nous éloigne d’Harald et il nous fait sauter dans l’eau pour les semer. C’est dingue mais il réussit à m’éloigner de ce bourreau. Nous remontons sur le bateau que j’avais quitté il y a quelques heures et on se fait acclamer par les hommes de Tomas, cependant pour ma part, je plonge dans les bras du capitaine. Il a un mouvement de recule sur l’instant mais ses bras finissent par m’enlacer.
« – Merci.. Vous m’avez sauvé.. »
Il m’a sauvé mais aussi ses trois compères que je viens aussi enlacer pour les remercier. J’arrive à faire rougir ce vieux Gurney mais je sens qu’il est heureux de cette victoire. Il me presse contre lui avant de me proposer d’aller me changer car ma robe blanche est trempée et elle laisse paraître mon corps. Par respect, il tient à cacher cela aux yeux des autres hommes. Je reviens avec une chemise blanche et un pantalon en toile, ainsi qu’un chapeau si bien que je ressemble à une pirate et cela amuse Gurney. Tomas aussi s’est changé mais il a remarqué une plaie sur le bas de son dos. Une flèche l’a frôlé et l’a quand même blessée. Je lui demande si je peux voir la blessure mais par pudeur, Tomas nous amène vers la petite chambre qui était mienne. Gurney m’apporte de l’alcool et des compresses pour nettoyer la plaie mais j’attend qu’il soit partie pour poser ma main contre la blessure. Mes parents m’ont interdit d’user de ce pouvoir devant des inconnus mais Tomas vient certainement de sauver ma vie alors je lui dois bien ça. Je me concentre et murmure quelques mots en amérindien, tandis que Tomas doit ressentir une agréable chaleur. En quelques secondes, sa blessure disparaît totalement et je baisse sa chemise pour lui faire comprendre que c’est bon.
« – Ça non plus.. il ne faut pas le dire. C’est encore un secret qu’il faut bien garder car si cela se sait, je deviendrais un objet de convoitise encore plus important.. »
Je souris légèrement et j’attend qu’il me fait face. Il est intrigué par ce qu’il vient de se passer, je le sens mais il ne me regarde pas comme si j’étais une sorte de monstre alors que la plupart des autres hommes m’hurleraient que je suis une sorcière.
« – Merci de m’avoir récupéré et éloigné de ce monstre.. Je ne savais pas comment m’enfuir car il avait mis des gardes un peu partout autour de moi. J’étais réellement coincée et vous avez réussi à me sortir de là.. »
Je suis très reconnaissante envers lui mais aussi ses hommes. Ils ont tous risqué leurs vies pour moi. Mais c’est Tomas qui s’est montré le plus déterminé. Je ne sais pas s’il a réussi à entendre mes appels durant l’après midi mais il m’a tout de même sauvé. Certes ça ne serait pas arrivé s’il ne m’avait pas enlevé il y a quelques jours mais étrangement, cette aventure m’a offert une liberté que je n’avais encore jamais eu. J’ai pu m’intégrer à un groupe d’hommes sans être jugé ni repoussé.
« – Je ne sais pas si Harald va essayer de nous faire poursuivre ou s’il va tenter de me récupérer mais je crois que de toute façon les troupes de mon père doivent être en chemin.. Si on les rencontre, je ne veux pas que vous disiez que c’est vous qui m’avez enlevé. Mon père ou mon frère voudront vous punir et il en est hors de question. Au contraire, je vous dois une promesse qui est celle d’offrir à vos hommes un endroit où se poser. Vous aussi vous allez vouloir vous poser un peu ? »
Je sens mon père se rapproche. Il a pris une flotte et il est parti vers le sud alors que mon frère est parti me chercher vers le nord du royaume. Il y a aussi des hommes qui parcourent les terres. Mes parents n’ont pas lésiné sur les moyens et presque tout le royaume est déjà au courant que j’ai été enlevé. Justement, mon père à eu vent qu’Harald serait en cause dans tout cela et c’est pour cela qu’il est en route vers le sud. Ses flottes arrivent à notre horizon, c’est ce que cri Spencer pour nous tenir au courant. Sans plus attendre, Tomas remonte sur le pont avec moi et je confirme que ce sont bien les bateaux de mon père puisque je reconnais les couleurs de notre drapeau.
« – J’aurais aimé qu’il ne me trouve pas aussi vite.. »
Dis-je en un murmure pour que seul Tomas puisse m’entendre. Notre aventure va s’arrêter là et même s’il vient à Kattegat, je doute que nous puissions vraiment nous côtoyer car mon père ne le laissera pas m’approcher. Cela m’attriste mais j’imagine déjà faire le mur pour essayer de passer un peu de temps avec ce capitaine.
Le premier bateau a s’approcher n’est autre que celui de mon père et quand il me remarque sur le navire de Tomas, il sort son épée en pensant qu’il va falloir se battre pour me récupérer mais je lui fais signe que tout va bien. Il garde son air méfiant mais il finit par nous rejoindre et il se jette sur moi pour me serrer dans ses bras. Je suis littéralement écrasé par ce géant nordique, si bien que je lui demande de me lâcher mais pour le rassurer encore une fois, je dépose un long baiser contre sa joue barbue.
« – Tout va bien Duda ! Ces messieurs m’ont sauvé des mains d’Harald et ils étaient en train de me ramener à Kattegat !
_ Harald ? Alors c’est bien lui qui a commandité ton enlèvement ?
_ Oui ! Il m’a forcé à l’épouser.. mais Tomas m’a récupéré avant qu’Harald n’abuse de moi.. »Je me décale un peu pour que mon père puisse voir Tomas. Bien évidement il le toise et il l’observe quelques instants, cependant il ne peut pas jouer le gros dur face à celui que je clame comme mon héro.
« – Alors je suis reconnaissant envers vous. Si Sora dit que vous l’avez sauvé, vous méritez tous mes honneurs. »
Il reste sur ses gardes mais il finit par tendre sa main vers Tomas pour lui offrir une poignée de main. Je ne peux qu’en sourire mais mon père revient à cette histoire d’Harald car il ne peut pas le laisser impuni et surtout il doit faire annuler ce mariage.
« – Si ces hommes te ramenaient chez nous alors je vais les laisser le faire et pour ma part je vais aller m’occuper d’Harald. Ton frère me rejoindra.
_ Ils sont prêts à te défier Duda.. Harald sait que tu vas vouloir le punir.. c’est bien trop risqué..
_ Je ne peux pas le laisser sans sanction. Il m’a trahit et surtout il a volé ma fille ! Ce sont ces mercenaires qui t’ont enlevé à Kattegat ?
_ Oui.. oui un petit groupe de mercenaires.. mais je ne les ai pas vraiment vu car j’étais enfermé dans une petite pièce pendant tout le trajets jusqu’au fjord d’Harald. »Mon père se tend et je sens que la colère grimpe. Il me reprend contre lui et il me garde ainsi pendant un sacré moment mais on ne peut rester ici des années. Harald a peut-être déjà envoyé de nouveaux bateaux pour me trouver. Mon père vient donc à mettre fin à nos retrouvailles mais avant de retourner sur son bateau, il se tourne vers Tomas et ses hommes.
« – Ramenez ma fille comme cela était prévu. Vous serez récompenser pour son sauvetage. Mon épouse saura répondre à vos requêtes. »
Il fixe Tomas à nouveau, en attendant que celui-ci accepte sa demande. Mon père remarque tout de même que j’ai un regard assez spécial envers Tomas.. une sorte d’admiration et de dévotion que je n’avais encore jamais eu envers quelqu’un. Ça ne lui plaît pas forcément mais il ne peut pas se permettre de jouer au père surprotecteur en cet instant puisqu’il a besoin de Tomas pour me ramener.
« – Je compte sur vous. Sora est la prunelle de mes yeux avec sa mère et son frère. Je tiens à ce qu’elle arrive en toute sécurité chez nous. »
Après ces derniers mots, mon père repart à contre cœur sur son navire car il n’a pas vraiment envie de me voir à nouveau m’éloigner de lui mais il ne veut pas non plus que je repars vers Harald. Nous nous éloignons donc à nouveau l’un de l’autre et je reste silencieuse jusqu’à ce que les navires de mon père disparaissent à l’horizon. Aucun des hommes de Tomas n’a osé commenter cette rencontre avec le roi, jusqu’à ce que Gurney me ramène une tasse d’hydromel afin que je puisse me réchauffer un peu.
« – Il est impressionnant votre père.. je n’avais encore jamais vu un roi de si près. Il semble aussi énormément tenir à vous.
_ Mon père est une vraie mère poule.. encore plus que ma propre mère. Il a toujours été hyper protecteur envers moi, bien plus qu’avec mon frère.. c’est assez étouffant mais je sais qu’il fait cela parce qu’il m’aime.
_ On est toujours très protecteurs envers ceux que l’on aime, surtout nos enfants..
_ Vous en avez des enfants Gurney ?
_ Non, je n’ai jamais eu cette chance mais j’ai quand même quelqu’un que je considère comme un fils depuis que je les rencontrais. Il n’avait que dix ans lorsque je les récupérer à Édimbourg et depuis nous avons toujours vogué ensemble. »Il parle de Tomas puisqu’il lance un regard bienveillant envers lui. J’aimerais poser plus de questions à Gurney sur la vie de Tomas mais c’est à croire que le capitaine se doute de quelque chose puisqu’il nous rejoint pour parler du voyage à venir.
Le retour vers Kattegat est beaucoup plus rapide que notre départ puisqu’en deux jours nous arrivons sur les quais de la ville. C’est une grande cité qui est prise entre un flan de montagne et la mer. Notre immense Skali est en hauteur, de sorte à ce qu’il soit visible dans tous les recoins de la ville. Lorsque le bateau de Tomas amarre, plusieurs habitants viennent voir qui sont les nouveaux touristes mais il y a aussi ma mère qui fait son apparition. Elle a dû sentir mon retour et à peine je pose le pied sur le quai qu’elle se jette aussi sur moi. Contrairement à mon pour, elle verse quelques larmes de joie. Ma mère n’a rien d’une femme nordique, elle a une peau bronzé et une toute petite taille, ainsi qu’une beauté exotique qu’elle m’a transmise puisque je lui ressemble bien plus que je ne ressemble à mon père. Il faut dire que mon père a été chercher l’amour au bout du monde et ma mère a décidé de le suivre vers son royaume.
« – Ma petite princesse.. J’ai eu tellement peur.. tu n’as rien ?? Tu te sens comment ??
_ Ça va Ma’, je n’ai pas été blessé et j’ai été ramené par ces hommes qui ont bien pris soin de moi. »Comme mon père, ma mère observe Tomas et ses hommes, cependant elle s’attarde sur Tomas. Elle sait qui il est et surtout qui il sera dans ma vie puisqu’elle a eu des visions de lui depuis ma tendre enfance. Elle connaît notre passé mais aussi ce lien qui nous uni sans que nous le sachons. Alors oui, elle se montre encore plus attentive puisqu’elle a enfin face à elle celui qui va changer le cour de ma vie.
« – Alors allons tous vers le skali pour que vous puissiez remplir vos ventres et pour que tu me racontes ce qu’il s’est passé.
Tes amis sont les bienvenus. Ils pourront ensuite ce reposer à la taverne, je pense qu’il y aura assez de chambres. »Nous sommes accompagnés par des gardes et amené au skali mais sur notre trajet, beaucoup de villageois exprime leurs joie de me revoir. Dans cette ville, toute ma famille est admirée et aimée, ce qui parfois me met mal à l’aise car contrairement à mes parents je n’ai encore eu aucun mérite. Durant ce trajet, je marche un peu moins vite pour être à la hauteur de Tomas. Il a une mine un peu plus fermée et je dirai presque triste. Est-ce parce qu’on va être éloigné l’un de l’autre ? Moi aussi ça me met un coup de cafard mais pour lui, je continue de sourire.
« – Voilà la grande cité de Kattegat ! Ça ne devrait pas être compliqué de trouver plusieurs maisons pour vos hommes. Vous aussi vous avez le droit à votre foyer.. enfin si ça vous dit de rester un peu ici.. »
Je fais l’explicite mais il ne faut pas chercher loin pour savoir que je tiens à ce qu’il reste près de moi. Cependant Tomas est un homme des mers, un homme libre et il peut très bien ne pas vouloir rester dans cet endroit par peur de perdre sa liberté.
« – On pourra même trouver du travail pour vos compagnons, mon père recrute des soldats mais il y a aussi des métiers différents qui attendent des bons employés comme à la forge, à la boulangerie ou même à l’écurie. Kattegat a beaucoup à offrir et vous verrez que ses habitants sont de bonnes personnes. Bien sûr, il y a parfois quelques problèmes entre voisins mais ça se règle devant mon père ou ma mère. »
Nous voilà aux portes du skali. Une louve fait son apparition en sortant d’un buisson et elle se rue vers moi puisque c’est mon animal de compagnie. Je m’accroupie pour la caresser et je la laisse ensuite venir sentir Tomas afin qu’elle s’imprègne de son odeur.
« – Voici ma louve Ora. C’est ma plus fidèle amie depuis que mon père l’a trouvé en forêt alors qu’elle venait d’être abandonné par sa mère.. Ora avait un handicap à la patte et c’est pour cela que sa mère est partie sans elle mais nous avons su réparer ce problème. »
La louve finit par accepter Tomas, si bien qu’elle lui réclame des caresses. Pendant ce temps, ma mère invite tout le monde à entrer et elle demande aux employés de préparer un grand dîner. Nous rentrons aussi avec Tomas mais j’ai du mal à le laisser seul alors qu’il devrait rejoindre son équipage qui s’installe déjà.
« – Ça vous direz de manger à ma table ? Ma mère va certainement vouloir en savoir plus sur vous et puis..
Moi aussi qui sait. Maintenant il n’y a plus de vagues et de houles pour nous déranger.. Mais vous n’êtes pas obligé. Vous pouvez aussi rejoindre votre équipage. Cependant ça serait un honneur de vous avoir à la table de la reine.. » -
Tomas parle déjà de s’en aller et bizarrement ça me contrarie. Je n’ai pas vraiment l’envie qui s’en aille, surtout avec ce qu’il s’est passé sur son bateau avec les anglais. J’ai compris que c’était son cousin que j’avais tué pour le sauver et je suppose que cela ne sera pas sans conséquences. Tomas risque encore plus sa vie s’il s’en va et surtout sans ses hommes. Cependant qui suis-je pour lui demander de rester ? Gurney aussi semble contrarié mais je n’ose pas lui parler puisque Tomas est avec nous. La table est pleine de plats garnis et surtout de viandes. Les hommes de Tomas s’en mettent plein la panse mais lui non. Il mange à peine. J’ose prendre un gros morceau de cerfs que je met dans son assiette, tout comme je remplit son verre et le mien en hydromel.
« – Un homme fort doit manger et boire ! En plus ce plat est l’un des meilleurs du pays. Vous n’allez tout de même pas refuser de goûter à une telle gourmandise ?
_ La princesse a raison Tomas, c’est délicieux ! »Renchéris Gurney qui a la barbe encore plus garnie que son assiette. Mon père m’a toujours dit que toutes les bonnes négociations se faisaient autour d’un repas donc finalement c’est peut être le bon moment pour demander à Tomas de ne pas partir ou alors pas maintenant. Avant de lancer les hostilités, je dois quand même m’assurer qu’il a le ventre plein alors sans aucune retenue, je m’amuse à lui faire goûter tout ce qui me semble exotique à ses yeux.
De la musique retentit, les norrois veulent festoyer et les hommes de Tomas se mêlent à la fête, même gurney. Moi je reste devant Tomas qui doit en avoir marre d’être nourris comme s’il était un cochon à engraisser mais il me fait rire car il n’ose pas me dire d’arrêter.
« – Promis je ne met plus rien dans votre assiette si vous me promettez de ne pas partir demain.. Vous avez besoin de repos Tomas. En plus avec un ventre aussi remplis, ça va être difficile de mener un bateau.. »
J’étire un fin sourire taquin et je prend mon verre d’hydromel pour le terminer. Je ne peux pas lui demander de rester pour toujours mais je peux tenter pour quelques jours en attendant de trouver un moyen de lui assurer une protection contre les anglais. Ou alors peut-être lui trouver un nouvel équipage.. mais je n’arrive pas à me résoudre de le laisser seul, sans être certaine qu’il ne lui arrivera rien.
« – Et puis je suis certaine que mon père aimerait vous rencontrer.. ou même mon frère. Vous pourriez être d’une grande aide par rapport à vos origines car ils adorent aller faire des pillages en Angleterre.. peut être que vous auriez des bonnes choses à leurs apporter. Ils sauront vous récompenser en retour. »
Les anglais ont horreur des norrois à cause de ça, les pillages mais c’est dans nos traditions d’aller faire des raids sur les autres terres. En plus Tomas est un mercenaire donc lui aussi a ce vilain défaut d’aller voler chez les autres.
« – S’il vous plaît., juste quelques jours.. ce n’est pas grand chose.. »
Cette fois ci mon sourire est moins mesquin, il est beaucoup plus timide mais sincère. Je pose même ma main au-dessus de la sienne sans réellement réfléchir. Cet ancien ennemi qui m’a kidnappé fait naître la partie femme chez moi, qui était encore caché à cause de la surprotection de ma famille. Depuis ce kidnapping, j’en ai beaucoup plus appris sur moi qu’en dix sept ans sur terre. J’ai aussi appris à être plus indépendante et à prendre des décisions. Je sais que j’ai encore besoin de sa présence pour continuer de ressentir cette liberté mais aussi parce que je suis totalement et pleinement attiré par lui. Je ne sais pas si cela est sentimental, physique ou tout autre chose mais je me sens lié à lui. Il n’est pas qu’un simple passager dans ma vie, du moins pour cela il faut que je réussisse à passer encore plus de temps avec lui pour apprendre qui il est.
« – Encore un peu d’hydromel princesse ?
_ Non merci Sven, autrement je risque de ne plus savoir tenir debout !
_ Vous êtes bien plus sage que la plupart des gens ici ! En tout cas je suis heureux de vous revoir Sora et nous sommes aussi ravi de rencontrer vos sauveurs ! »Il lève son verre vers Tomas car oui, tout le monde pense que les kidnappeurs sont mes sauveurs mais je préfère cette version car à l’inverse, Tomas et ses hommes seraient sûrement déjà morts. Sven repart et je me relève de ma chaise en tendant ma main à Tomas.
« – Venez danser ! Je vais vous apprendre l’art de s’amuser chez les vikings ! »
-
Tomas accepte ma demande puisqu’il vient avec moi pour la danse. Il est un peu désorienté et au début il ne bouge pas vraiment mais à force de danser autour de lui, de le chercher, il se laisse aller dans la frénésie de la danse mais j’entend aussi son rire. Depuis notre rencontre, je ne l’avais pas vu aussi léger et sans se soucier de ce qu’il y a autour mais je me doute que ça ne durera pas indéfiniment. Il est trop soucieux de s’en aller et de se retrouver seul mais pourquoi ? Qu’est ce qui le pousse à vouloir s’éloigner de ses hommes qui sont aussi ses amis ? Et pourquoi ne souhaite il pas une vie plus posée ? Ou alors avec des sécurités comme un toit ou un salaire honnête ?
La danse se termine et nous retournons vers notre table. Je suis essoufflée mais pas autant que Tomas qui boit une dernière corne d’hydromel pour se remettre de notre folie. Je sens quand même que son esprit est troublé, certainement à cause de son envie de s’éloigner.
« – Je vais aller vous montrer l’endroit où vous allez pouvoir dormir ce soir ! Vous devez être éreinté avec votre dernier voyage.. »
Notre dernier voyage. Je souris tristement car ça me manque déjà cette liberté et cette soif d’aventure. J’attend que Tomas termine son verre et je lui fais signe de me suivre mais je me fais stopper dans mon élan. Karl se met devant moi pour me bloquer le passage. C’est un garçon un peu plus âgé que moi qui pense devoir me protéger. Du moins, avant mon enlèvement, il était toujours en train de me suivre et il faisait en sorte de pouvoir se rapprocher de moi sans que mon père n’y voit quelconque inconvénient. Pourtant il était devenu très oppressant et je pourrais même dire que j’en ai peur car je suis certaine qu’il a réussi à entrer dans ma chambre pendant mon absence.
« – Karl.. qu’est ce qu’il y a ?
_ Je voulais savoir si tu voulais danser avec moi..
_ Oh.. je ne peux pas, je dois amener le capitaine Tomas à son logement.
_ Il peut se débrouiller, c’est un grand garçon non ? Et puis on sait bien que ces étrangers vont aller dans le bordel donc à quoi bon l’amener à sa chambre ? »Il observe Tomas avec un regard hautain et il dit des mots qui m’irritent. J’ai l’image de Tomas avec une catin dans ses bras et ça fait monter une jalousie incontrôlée mais surtout une colère que j’exprime très rarement.
« – Comment oses tu parler de la sorte ?! Est-ce que tu connais le capitaine Tomas ?? Je ne crois pas ! Maintenant laisse nous tranquille.
_ Excuse moi Sora..
_ Trop tard ! »Je le contourne en donnant un coup d’épaule et je tire sur la main de Tomas pour qu’il me suive. Karl lance un regard bien sombre à l’anglais car il a remarqué la proximité avec Tomas depuis mon retour. Il a vu que je n’avais presque pas quitté d’un centimètre le capitaine alors que pour Karl, je fais tout pour l’éviter. Karl prend ça comme un affront mais il ne peut pas répliquer maintenant car il y a bien trop de monde autour de nous. Il me laisse donc partir avec Tomas.
J’avance en tirant toujours sur la main de Tomas et je me met à pester entre mes dents. Je ne regarde pas vraiment par où je vais et au lieu de l’amener vers les auberges pour les étrangers, je nous mène vers le skali de mes parents.
« – j’hallucine ! Il est vraiment idiot ce garçon ! De toute façon je n’aurais jamais dansé avec lui ! Il est complètement taré ! Il me suit toujours partout et je suis sûre qu’il a été fouiller chez moi ! »
Pauvre Tomas, il doit me suivre en entendant mes râles de mécontentement. Je me stoppe lorsque je me rend compte que j’ai pris le mauvais chemin et en me tournant vers Tomas, mon air d’adoucit, voir même s’intimide.
« – Excusez moi.. pour ce qu’il a dit et aussi parce que j’ai pris le mauvais chemin.. je.. Je n’avais pas vraiment envie de croiser ce garçon. Il m’agace beaucoup mais il a réussi à faire en sorte que mon père lui fasse confiance. Je dois dire qu’être loin de lui a été plutôt agréable.. »
On marche main dans la main. Aucun de nous deux ne repousse la main de l’autre. Je ne prend pas le chemin vers l’auberge mais je continue vers le skali. Nous avons assez de chambre pour qu’il puisse y dormir et il aura un meilleur confort que dans cet auberge qui accueillent les hommes de passages. Ma mère ne me dira rien et mon père.. il n’est pas là.
« – On a des chambres pour les invités. Vous y serez bien mieux que dans l’auberge. Surtout si vous avez encore en tête de partir demain.. »
-
Tomas me confirme à nouveau son désir de partir et je ressens mon cœur se tordre. Je n’ai pas envie qu’il s’en aille ou plutôt qu’il s’éloigne de moi. Je ressens ce besoin de l’avoir près de moi mais je ne m’attend pas à ce qu’il soit bien plus près que je ne l’aurais imaginé. Car oui, Tomas se rapproche en posant sa main sur ma joue et puis ce sont ses lèvres qui finissent sur les miennes. C’est la première fois que les lèvres d’un homme se posent sur les miennes et c’est aussi la première fois que mon cœur se met à palpiter autant. Je ressens même des sortes de chatouille dans le creux de mon ventre. Je ne sais pas comment lui offrir un baiser digne de ce que je veux lui faire passer car à vrai dire, je ne sais pas comment embrasser mais Tomas sait me mener et m’apprendre. Sa passion se mêle à la mienne. Je relâche sa main pour passer mes bras autour de son cou pour qu’il soit encore plus proche de moi. Mon corps s’impose contre le sien et ses mains viennent se glisser sur mes hanches. La chaleur m’envahit de plus en plus et mon souffle s’accélère. Nos lèvres se séparent quand nous manquons d’air mais nos visages restent l’un près de l’autre. Je sens son halètement tout comme je vois son regard fixer mes lèvres.
« – Si je t’ai envoûté.. alors reste près de moi.. »
Je sens qu’il est prêt à se reculer et refuser mais je reprend ses lèvres en otage. Il se laisse faire et il me redonne encore un baiser désireux, même plus fougueux que le premier. Un gémissement venant de ma gorge vient se fondre dans cet échange langoureux. Je n’avais pas encore connu cette sensation de plaisir, de désir, de vouloir appartenir à quelqu’un. Je ne suis pas naïve et je sais ce qu’est le pouvoir d’attraction mais aussi le plaisir de la chaire mais je n’avais pas expérimenté la chose par moi-même. Là, c’est différent. Tomas m’offre cette nouvelle émotion mais quand notre second baiser se termine, c’est moi qui me recule. Mes joues sont rouges écarlates et j’ai le corps en feu mais je dois stopper cela avant que ça n’aille plus loin. Je sais au fond de moi que j’en veux plus mais je me sens trop inexpérimenté pour tenter autre chose.
« – Je.. Je vais te montrer ta chambre.. »
J’ai du mal à revenir sur terre et à reprendre ma route mais je fini par avancer. Nous entrons dans le skali où l’on se fait remarquer par des domestiques mais je les ignore et j’amène Tomas vers l’une des chambres pour invités. C’est une grande chambre avec tout ce qu’il faut pour dormir, se laver et même manger. Étant encore un peu bouleversé par le baiser, je reste à la porte mais ma main se glisse à nouveau dans la sienne. Si je le lâche, il partira loin de moi.. je ne le reverrai peut être jamais et cette information n’arrive pas à passer dans mon esprit. Si il s’en va loin de moi, je sais que ça n’ira pas. J’ai l’impression qu’il est une moitié de moi-même que je devais rencontrer.
« – Je devrais te détester parce que tu m’as kidnappé et souhaitant me donner à un monstre.. Mais en fait tu m’as sorti de ma prison et j’ai vécu comme je n’avais jamais vécu avant. J’aurai aussi te détester parce que tu avais ce rôle de méchant mercenaire sans cœur mais tu m’as prouvé le contraire même si tu veux faire croire à l’inverse. Tu es quelqu’un de mystérieux mais tu as une flamme en toi qui montre une bonté immense.. Et je me sens lié à toi. Je ne sais pas comment l’expliquer mais je sais au fond de moi que tu n’es pas qu’un passager dans ma vie.. c’est comme ci je t’attendais depuis toujours.. »
Je ne connais pas le passé de Tomas ni même ses pensées mais je sais qu’il est une partie de mon âme. Il suffit que ma main glisse dans la sienne pour que l’on ressent tous les deux un immense frisson, une sorte de connexion.
-
Mon cœur se serre de douleur quand la porte se ferme. Est-ce ce baiser sur ma main était un adieu ? Pour ne pas qu’il entend mes sanglots, je m’en vais rapidement pour rejoindre ma chambre et m’y enfermer. Pourquoi ai-je l’impression que l’on me retire ce que j’ai de plus précieux ? Pourquoi je ressens cela alors que je ne connais presque rien de lui ? Après tout, il n’a rien à me devoir. Ça pourrait faire penser à une amourette de jeune femme qui cherche le prince charmant mais je sais que ce n’est pas ça. Il y a quelque chose de différent dans cette relation avec Tomas. Il n’est pas un prince charmant, loin de là et je ne suis pas non plus la princesse que je devrais être. Non, je suis une femme gorgée de pouvoirs et qui a déjà une fois changer l’avenir.
Mes larmes coulent pendant un certain temps mais l’épuisement prend le dessus. C’est par les rêves que je vois mieux les choses et c’est à nouveau par eux que je revois à nouveau cette ancienne vie avec Tomas mais pas que. Je vois d’autres vies, d’autres moments. Comme si je ne pouvais être dissocié de sa vie. Je suis présente à chaque fois. Cependant je suis amené aussi à revoir le jour où j’ai changé notre destin. Je ne comprend pas ce qu’il se passe et je n’ai pas conscience de l’immense pouvoir que je vais débloquer en faisant cela mais je nous vois tous les deux, près d’un arbre sacré. Tomas est face à cette autre moi et je lui fais des dessins sur le visage à l’aide de mon sang. Alors que j’observe cette scène, Aponi vient à côté de moi et elle semble me voir alors que cette autre Sora et cet autre Tomas, ne nous voient pas.
« – Qu’est ce qu’il se passe ?, dis-je à mon arrière grand mère
_ Tu sauves l’âme de ton amant.. Mais ça n’est pas sans conséquence mon enfant. Nos ancêtres t’ont donné les plus grands pouvoirs que quelqu’un a pu obtenir jusqu’à présent mais ils ne t’ont pas aidé à les maîtriser ni à le comprendre.
_ Je vais faire du mal à Tomas ? À mes proches ?
_ À toi-même. C’est un peu de toi qui part à chaque fois que tu uses de tes pouvoirs et durant ce moment, tu as sauvé l’âme de ton ami mais tu as endommagé la tienne.
_ Ce n’est pas grave.. tant que Tomas peut vivre correctement alors ça m’est égal.
_ Tu ne comprends pas ma petite fleur.. Tomas est lié à toi. Si tu vas mal, lui ira mal aussi. Son ancienne malédiction était là parce que toi-même tu étais maudite. Sa nouvelle malédiction est là parce que toi aussi tu es maudite..
_ En quoi suis-je maudite ? Je n’ai rien fait et ma mère l’aurait su si quelqu’un m’avait porté atteinte..
_ C’est ton pouvoir la malédiction. Il est si puissant qu’il continuera de te maudire jusqu’à ce que tu décides de l’abandonner. »Mais je ne peux pas lui poser plus de question puisque je suis réveillé par quelqu’un qui pose sa main sur mes lèvres. Karl est là, au-dessus de moi et il me force à me taire même si cela m’empêche de respirer correctement.
« – Je t’ai vu embrasser ce vulgaire vieil homme ! Tu ne lui appartiens pas ! C’est avec moi que tu dois finir Sora ! »
La peur me prend mais j’évite d’hurler car je sens qu’il appuie encore plus avec sa main et il vient aussi appuie sa seconde main contre ma gorge.
« – Ton père t’a toujours protégé et préservé mais je fais tout pour gagner ses faveurs depuis des mois ! Il va finir par accepter que je demande ta main et je compte bien l’obtenir ! Si tu retournes vers cet homme, je n’hésiterais pas à faire courir un tas de mauvais bruits sur lui. Il me sera facile de l’envoyer à la potence. »
Karl a un visage déformé par la jalousie. Il finit par retirer sa prise sur moi mais il me fait signe de me taire. N’étant pas facilement intimidé, je ne compte pas céder à ses menaces mais ça ne va faire que confirmer les mots d’Aponi. Je n’ai aucune maîtrise de mes pouvoirs et je suis en quelque sorte maudite. En me levant de mon lit, Karl sent que je vais répliquer et pour éviter cela, il essaye en premier de m’attraper. Quand ses mains se posent sur moi, je suis prise d’une violence frénétique. C’est comme si mes doigts devenaient des lames qui prenaient un malin plaisir à transpercer Karl. Son sang gicle dans la pièce et sur moi. En quelques secondes, il se retrouve au sol et en plusieurs morceaux. En regardant mes mains, je ne vois pas de lames mais du sang.. beaucoup de sang. Il y en a sur ma robe, sur mon visage et puis ma porte de chambre s’ouvre. Tomas est là. Tomas se retrouve face à la boucherie que je viens de faire.
“ – Je.. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé.. il a essayé de s’en prendre à moi et.. et c’est le noir complet..”
Je tremble parce que je sais que c’est moi qui ai tué ce garçon. C’est moi qui a fait ce massacre mais pourquoi et comment ? Et puis Tomas est là. Il voit ce que j’ai fait. Il va croire que je suis un monstre. Tout le monde va penser que je suis un monstre s’ils savent ce qu’il vient de se passer. Ils vont avoir peur de moi, de ma famille et ils vont vouloir notre mort.
-
Je suis pétrifiée par ce que je vois et par ce que je viens de faire. Tomas est là, il essaye de me rassurer mais j’ai beaucoup de mal à être plus lucide. Jamais je n’ai eu ce genre de frénésie meurtrière ni même cette sensation d’être d’une puissance immense. Tomas me prend contre lui pour tenter de m’apaiser et il me promet de m’aider mais j’ose bouger que lorsqu’il s’abaisse sur le cadavre éventré de Karl. J’avance à pas hésitants vers ma baignoire et mécaniquement, je retire ma robe de nuit pour entrer dans la cuve d’eau qui est froide mais mon corps ne frissonne pas. Je ne ressens rien. C’est le fameux état de choc dont tomas parle. Je suis comme ailleurs et hilare mais j’ai le réflexe de frotter mes bras, mon visage, mon corps entier. Le sang souille l’eau mais mon corps redevient propre.
J’entend Tomas bouger derrière moi puisque je suis de dos à lui. Il nettoie et commence à rassembler les morceaux de corps. Je réussis à reprendre ma conscience quand j’entend toquer à ma porte. Il n’y a pas que Tomas qui a senti ma détresse.. Ma mère a vu ce qu’il s’est passé au travers d’une vision. Sans demander l’autorisation, elle entre et elle voit la scène mais aussi Tomas qui aurait été prêt à se jeter sur elle si elle n’avait pas été ma mère.
“ – Je vais vous aider..”
Elle n’a pas besoin d’explications et c’est ce qui fait froid dans le dos. Comme Tomas, elle se met à nettoyer ma chambre et elle indique à mon ami, où ils peuvent laisser le corps. En lisière de forêt car elle sait que les loups et les ours viendront s’occuper de la carcasse. Ensemble, ils mettent les restes dans mon drap et ils partent pour aller abandonner le corps mais ma mère sait que c’est le bon moment pour parler à Tomas. Elle le connait depuis toujours grâce à ses visions.
“ – Sora n’est pas comme tout le monde.. Elle a une puissance en elle qui est si conséquente qu’elle pourrait détruire le monde si elle le voulait. C’est pour cela que nous avons toujours fait en sorte de la cacher, la préserver car elle est d’une grande dangerosité mais surtout une sorte de trésor qui n’a pas de prix. Si les gens apprennent qui elle est vraiment, elle deviendra une convoitise qui entraînera de grandes guerres.”
Le skali n’est pas loin de cette lisière et ma mère pose le drap avec Tomas mais elle ne repart pas de suite. Elle fixe les arbres et attend que les loups se rapprochent. C’est comme si elle avait déjà fait cela un millier de fois.
“ – Elle a déjà tué plusieurs fois mais elle ne se rappelle de rien.. Je n’ai pas encore trouvé un moyen de canaliser ses pouvoirs jusqu’à ce que tu arrives. C’est toi. Je te vois depuis tant d’années dans mes visions sans savoir qui tu es réellement.. Mais aujourd’hui cela fait sens. J’ai vu ton enlèvement, votre voyage.. Elle a su contrôler ses pouvoirs durant toutes ses semaines.”
Pour ce soir ? Elle met cela sur le compte du fait que je pensais ne plus jamais voir Tomas. Les cœurs saignants sont les plus violentes émotions.
“ – Toi aussi tu as quelque chose à canaliser, à cacher.. Je le sais. Je connais ta vie, ton passé. Je connais tout de toi bien avant que ma propre fille n’arrive dans ce monde. Pourtant toi aussi tu t’es contrôlé en étant auprès de Sora, n’est-ce pas ? Ce n’est pas un hasard.”
Les loups s’approchent mais avant de commencer à manger les restes de Karl, ils semblent attendre l’accord de Matoaka. Ma mère hoche la tête et les bêtes se mettent à se restaurer. Il n’y a plus besoin de rester ici, ma mère se remet à avancer vers le skali en compagnie de cet homme qui doit être bien secoué par la soirée et le mysticisme important autour de moi mais aussi ma famille.
“ – Je peux vous aider tous les deux mais j’ai besoin de temps et j’ai surtout besoin que tu protèges ma fille. Tu es le mieux placé pour cela. Ce n’est pas pour rien que tu as été mis sur sa route.. C’est parce que vous êtes liés et vous êtes le point d’ancrage de l’un et de l’autre.”
-
“ – Alors si tu comptes partir avec elle, pars avant que Leif ne revienne. Il ne la laissera jamais partir avec quelqu’un qu’il ne connaît pas, même si je plaide ta cause.”
Ma mère sait que mon père est surprotecteur depuis toujours et il n’acceptera jamais que je sois loin de lui. Pourtant, il faut m’éloigner. Accompagnée de Tomas, ils reviennent dans ma chambre mais je suis à nouveau endormi dans mon lit. Il n’y a plus de traces de sang ou de traces de quoi que ce soit puisque j’ai terminé de nettoyer mais me voilà perdu à nouveau dans mes rêves. Demain je ne me souviendrais plus de ce que j’ai fais et c’est comme ça à chaque fois qu’un grand stresse me prend. Ce sont mes émotions qui guident mes pouvoirs et tant que je ne saurais pas les contrôler, je resterais une grande menace pour tout le monde.
Ils se rapprochent de moi et ma mère vient s’asseoir sur le bord du lit. Sa main glisse sur ma chevelure et elle se met à sourire tristement car aucune mère ne souhaite voir son enfant partir loin d’elle mais elle sait que c’est pour mon bien.
« – C’est de ma faute et celle de Leif si Sora se retrouve dans cet état.. Je suis moi-même doté de certains pouvoirs offerts par mes ancêtres et Leif est un fils de légendes nordiques. On savait que nos enfants ne seraient pas comme les autres mais nous n’imaginions pas à quel point ils auraient été aussi puissants. Kisos a dû apprendre à contrôler sa force et surtout sa férocité mais pour Sora c’est beaucoup plus difficile car personne n’a jamais eu les dons qu’elle a. »
Elle s’en veut de nous avoir transmis cet héritage mystique mais elle sent quand même qu’il peut y avoir du mieux si je suis Tomas. Il n’est pas là pour rien et il sera tout aussi bénéfique pour moi que je le serai pour lui. Ma mère reste avec moi jusqu’à la fin de la nuit mais Tomas aussi. Lorsque je me réveille, elle est toujours assise près de moi alors que Tomas somnole sur un fauteuil face au lit. Je ne comprend pas pourquoi ils sont ici mais je suppose que j’ai dû encore être « malade ». C’est ce que ma mère prétend à chaque fois que j’ai ce genre de crise. Elle évite de me dire que je suis une sorte de tueuse en série.. il est préférable de me faire croire que j’ai été prise par une fièvre.
« – J’ai.. encore été malade ?
_ Hm.. oui ma chérie mais on a veillé sur toi avec Tomas. Il était le premier présent pour voir si tu allais bien mais il a fini par m’appeler quand il a vu que tu étais prise par la fièvre. »Elle m’enlace et elle dépose un long baiser contre mon front. Pour ma part, je me met à fixer Tomas car hier soir on ne s’est pas quitté dans la plus belle des manières. Je pensais qu’il serait déjà parti mais il est là, face à moi mais il ne dit rien. C’est ma mère qui va me faire une annonce qui est plus que surprenante.
« – Tu vas partir avec Tomas.. avant que ton père ne revienne.
_ Quoi ? Tu veux que je m’en ailles avec Tomas ?
_ On sait très bien que tant que tu resteras ici, ton père continuera de te protéger et te cacher. Il a bien trop peur que quelqu’un puisse te faire du mal.. Et je sais que ça te rend malheureuse. Hier soir au banquet, je ne t’avais vu autant sourire de toute ta vie..
_ Mais.. mais si je pars.. tu vas être malheureuse ? Et Duda aussi..
_ Ton bonheur est le mien Sora. Et puis ce ne sont pas des adieux. »Je suis stupéfaite par sa décision.. et aussi parce qu’elle me confie à Tomas. Il devait s’en aller, s’éloigner.. et au final il va partir avec moi ? Est-ce que ma mère l’a menacé ? Ou promis de l’argent ? Ou veut-il vraiment m’avoir auprès de lui ? Pour l’instant je ne peux pas le questionner puisque ma mère est présente. Elle quitte la chambre en disant aller préparer le déjeuner et c’est là que je me retrouve seule face à lui. Ma chambre n’est pas lumineuse et il est caché par une pénombre mais je vois ses contours. J’entends aussi sa respiration lourde.
« – Qu’est ce qu’il s’est passé ? Ma mère ne prendrait pas ce genre de décision sauf si quelque chose est en jeu.. Ils sont en danger ici ? Ou c’est moi ? Et toi.. enfin.. elle te force à m’emmener ailleurs ? »
-
Ma mère veut que je m’éloigne pour apprendre à me contrôler.. parle t’elle de mes pouvoirs ? Il va falloir que je la vois avant ce départ mais de toute façon je ne peux pas laisser partir Tomas loin de moi. Donc si il part, je partirais avec lui. Je dois quand même avoué que je suis soulagée ou heureuse que Tomas veuille aussi me garder auprès de lui.. Après est-ce parce que ma mère aurait insisté ? C’est possible mais il y a dans son regard une sincérité qui ne trompe pas. Il a peur pour moi.
Quand il tend sa main, je la prend et je me relève de mon lit. Je suis debout face à lui et j’observe un instant ses lèvres qu’il m’a offert hier soir mais ce n’est pas le moment pour les grandes embrassades, surtout que ses hommes sont derrières la porte de ma chambre.
« – Je vais préparer mes affaires et je vais aller voir ma mère avant le grand départ.. Capitaine.. »
Je ne compte pas prendre des tonnes de choses puisque cela ne servira à rien. Quelques vêtements feront l’affaire. Je ne suis pas le genre de filles qui doit s’apprêter pendant des heures et puis je déteste le farfelue. Tomas peut me voir remplir un petit sac en jute cependant ce qui prend le plus de place, c’est mon arc puisque je me dois de la prendre. C’est l’arme que je maîtrise le mieux et puis celle-ci m’a été offerte par mon frère pour nos seize ans. Je prend aussi une petite lame que je glisse souvent sous ma robe, au niveau de ma cuisse afin qu’elle soit cachée mais efficace en cas de problèmes. Une hache parfait ce bagage de voyage et je sens le regard amusé de Tomas car je suis très loin d’être la princesse qui emporte tous ses bijoux.
« – On est jamais trop prudent.. En plus cette hache appartenait à mon père quand il était plus jeune. Il s’en est servit lors de la bataille contre les francs.. Tu sais qu’il a réussi à tuer deux personnes en un seul coup grâce à cette hache ? »
J’étire un fin sourire et je met ce sac sur mon dos. En sortant de la chambre, il y a encore Gurney et celui-ci décide de prendre mon sac pour l’amener au bateau. Je dois encore aller voir ma mère mais je tiens à ce que Tomas vienne avec moi puisque je suis certaine que ma mère va vouloir encore lui parler et même lui offrir une arme de notre armurerie familiale. C’est une tradition chez les vikings. Lorsque l’on accorde notre confiance à quelqu’un, on se doit de lui donner en cadeau une arme qui saura le protéger.
C’est bien ce qu’il se passe lorsque nous arrivons. Ma mère a sorti une épée pour l’offrir à Tomas. Pour moi, elle a préparé un sac avec plusieurs herbes et baumes au cas où si je me blesse ou si je suis malade durant mon voyage mais elle m’a aussi laissé un carnet avec ses recettes. Je sens qu’elle se retient de pleurer mais elle ne le fera pas pour ne pas que je ne craque aussi. Elle garde la tête haute et par mimétisme, je me retrouve aussi à montrer une facette forte.
“ – Tu fais attention ma chérie et.. sache que tu seras toujours la bienvenue ici, d’accord ? N’oublie pas non plus que je serai là et que j’essayerais de te guider du mieux que je le pourrais.
_ Je sais Ma’.. et de mon coté je vais essayer de.. enfin d’apprendre à gérer mes dons..
_ Tu vas réussir, j’en suis certaine. Et puis il y a quelqu’un qui saura t’aider, te soutenir.”Dit-elle en souriant envers Tomas. Ma mère me prend dans ses bras et il lui est difficile de me lâcher mais il faut pourtant qu’elle me laisse partir. Elle nous accompagne vers le bateau de Tomas. Quelques vikings amènent de la nourriture et des affaires pour que l’on ne manque de rien. Ma mère met aussi une petite poche avec des pièces d’or dans mes mains, au cas où si nous aurions besoin d’acheter des choses sur nos routes. Cela me fait presque rire car elle pense à tout alors que moi je me vois déjà sur l’eau.
Le départ est pourtant beaucoup plus compliqué que prévu. Quand le bateau commence à s’éloigner de Kattegat, je vois ma mère sur le quai et la tristesse se fait sentir pour moi. Où vais-je finir ? Où Tomas souhaite il me mener ? Quand il s’approche de moi, je fais une petite moue perplexe.
“ – Nous partons vers quelle terre ? Tu crois qu’on reviendra un jour ici ?”
-
« – Tu fais parti de notre famille maintenant. »
C’est ce qu’il me dit et ça me touche directement. Une larme s’échappe car je m’éloigne de l’endroit qui m’a vu grandir mais aussi parce que je sais que je ne pars pas seule. Je sens que Tomas me fixe et au lieu de le regarder à mon tour, je préfère glisser ma main dans la sienne. Nos mains se lient comme nos vies commencent à s’entremêler de plus en plus.
« – Vous êtes ma famille aussi. »
Dis-je d’une petite voix encore émue par ce départ mais je vais bien finir par passer au-delà de ce moment. De toute façon il va falloir que j’apprenne à voler de mes propres ailes et surtout que j’apprenne à maîtriser qui je suis. Ma main continue de serrer celle de Tomas et je ne la relâche que lorsqu’il se fait appeler par Gurney qui demande par où il faut mettre le cap. Ils avaient tous l’envie de se poser un peu et peut-être d’avoir une vie plus douce que sur les mers mais à cause de moi ils sont de nouveau ici. Je m’en veux un peu de leurs prendre cet espoir de répit mais j’ai une idée qui pourrait contenter tout le monde. Mes pouvoirs viennent principalement de ma mère et celle-ci vient d’un endroit où tous les hommes de Tomas pourraient bâtir leurs propre nid.
« – On pourrait aller vers le Vineland.. »
Je ne parle pas fort, de sorte à ce que Tomas soit le seul à m’entendre. Je ne tiens pas à ce que les autres puissent entendre mes propos, surtout si Tomas décide de ne pas y aller.
« – Quand mon père y a été, il n’y avait que les peuples de ma mère mais il paraîtrait que ce continent est immense.. Il ferait même une dizaine de fois le nôtre. Peut-être que tes hommes pourraient y bâtir leurs propre ville.. et qui sait, il y a aura peut-être des trésors ou de l’argent à se faire là-bas. Personne n’a vraiment exploré ces terres parce que personne ne les avait trouvé avant mon père.. »
Mais il n’y est pas resté et il n’y a pas fait de colonie puisqu’il devait retrouver son trône et défendre ses propres terres. Malgré tout, il n’a pas pu se résoudre à laisser ma mère auprès de son peuple.. Si bien que beaucoup ont cru qu’elle avait été enlevé de force mais non, elle l’a suivi par amour. Tout comme je sais que je suis Tomas non pas par obligation mais parce qu’il est cette âme qui complète la mienne.
« – Ou alors on peut faire le tour du monde.. Je n’ai pas visité grand chose à part la Norvège. »
Un petit rire sort de ma bouche et je me remet à observer mes terres s’éloigner. Je n’ai jamais rien connue que le froid nordique alors qu’il paraît que le monde regorge d’endroits chauds et totalement différents d’ici. Tomas doit connaître des endroits exotiques, c’est certain mais quelque chose me vient en tête. Il vient de l’écosse mais a quoi ressemble vraiment ce pays ?
« – À quoi ressemble l’endroit d’où tu viens ? Je t’ai vu dans un de me rêve et tu étais dans un château.. tu es né dans un château ? Tu viens d’une famille connue ? »
-
C’est ce que j’admire le plus chez lui. Tomas pense aux autres avant tout. Il n’est pas égoïste et il ne choisit pas la facilité. Non, il veut le bien de tout le monde et c’est une qualité très rare chez ceux qui sont en position de chef. C’est vrai que je pourrais aussi dire que mon père n’est pas égoïste non plus mais il n’est pas non plus le meilleur des bienfaiteurs car il a déjà plusieurs fois écouter ses envies au lieu de celle du peuple. Après il faut parfois savoir prendre des décisions mais Tomas a su aussi me montrer qu’il savait en prendre puisque je me retrouve sur ce bateau avec lui et son équipage.
L’équipage est adorable avec moi. Pourtant je suis la seule femme et je suis entouré par une dizaine d’hommes mais aucun d’eux ne me rabaisse ou ne me prend pour de la chaire fraîche à dévorer. Bien au contraire, j’ai l’impression d’être la petite sœur de tout ce beau monde. Quoi que je joue aussi la mère poule lorsqu’il s’agit de préparer le repas ou les soigner. Ce nouveau mode de vie est plaisant et cela paraît même utopique mais la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. Non, parfois il y a des vagues, voir même des raz-de-marée.
Pour le moment rien à l’horizon si ce n’est ce vote qui va nous mener en méditerranée. J’ai un peu joué les doux yeux pour obtenir ce choix car quand Tomas a parlé de faire quelques raids, mon âme de viking a pris le dessus. Mon père ne m’a jamais vraiment laissé faire de raid. J’ai été une fois en Angleterre mais j’ai dû rester sur le bateau car il avait refusé que je participe à la mutinerie. Là j’ai une occasion de tester, même si on ne peut pas dire que le vol est une grande réussite et que ce n’est pas du tout moral mais je veux tout essayer, tout vivre.
Nous allons donc devoir contourner la Francie sur toute sa côte et la route va être longue pour aller en méditerranée mais Tomas nous a promis que on on ferait des arrêts dans les grands ports. Ça sera aussi une occasion pour moi de découvrir autre chose que la Norvège. Je ne connais pas la Francie sauf grâce aux récits de la future belle sœur. Kisos l’a rencontré lors d’un raid sur Paris avec mon père. Charlotte est une fille de noble mais elle a tout abandonné pour suivre mon frère. Je la trouve courageuse car elle s’est mis toute sa famille et son pays à dos pour avoir osé faire cela.
Les matelots m’apprennent à naviguer. Parfois je rame avec eux ou alors j’aide à déployer les voiles. Tomas tient la barre et il m’a aussi montré comment guider un bateau. Certe, je vais avoir encore besoin de beaucoup d’heures de pratique si je veux pouvoir un jour le guider toute seule mais j’aime le fait qu’ils m’intègrent tous dans leur groupe. Je fais vraiment parti de la famille, Tomas avait totalement raison. Il n’y a qu’un petit bémol concernant cette famille et c’est justement Tomas. Lui ce n’est pas un grand frère à mes yeux contrairement aux autres. Il m’est même difficile de ne pas repenser aux baisers qu’il m’a offert mais je reste à distance pour ne pas que nos camarades sachent pour notre rapprochement. Je ne veux pas que cette relation puisse nuire à qui que ce soit ici. Cependant je ne peux nier que plus les jours passent et plus mon cœur s’éprend de Tomas. Cet homme plein de mystères, m’envoûte malgré lui. Je suis hypnotisé par son regard toujours sérieux et sa façon minutieuse de mener sa barque. Les meilleurs moments restent quand même ceux où il ose sourire ou rire. Il a du mal à perdre son sérieux mais parfois au soir, les hommes se régalent avec du rhum et il y a toujours des rires qui finissent par arriver.
Moi aussi j’ai eu le droit à un peu de rhum. Pas assez pour être une loque mais suffisamment pour me rendre joyeuse. J’en ai même dansé et chanté devant les garçons qui m’ont suivi dans ma folie. Tomas a fini par me mener dans ma cabine, peut-être par peur que je ne m’enivre trop. Pourtant il n’a pas pris conscience qu’il venait de se piéger en entrant dans ma petite chambre et en m’aidant à retirer ma robe. L’alcool jouant toujours en moi, je me sens d’humeur joueuse et féline, si bien que je retire tout mes vêtements alors qu’il est encore face à moi.
« – Oups.. ma robe a glissé.. »
Mon sourire se fait charmeur mais je me retrouve surtout à frissonner en voyant son regard me dévorer sans aucune retenue. Il reste à quelques pas de moi mais ses yeux parlent au lieu de sa bouche. Il ne sait pas camoufler sa satisfaction mais ça me plaît.
« – Je veux que tu sois le premier.. le premier mais aussi le dernier. À m’embrasser, me toucher, me caresser, me faire l’amour.. Je veux que tu m’apprennes à te donner du plaisir et à ressentir du plaisir. Je veux que tu me possèdes et le désir plus que tous les plus grands trésors du monde. »
C’est moi qui fait les pas pour que nous soyons à quelques centimètres l’un de l’autre. Je ne suis pas une fille frêle qui a peur de se donner à un homme. Du moins, avec Tomas je n’ai pas peur. J’ai une confiance aveugle en lui et je ne redoute pas la douleur, ni quoi que ce soit de négatif. Pour lui montrer ma détermination, c’est moi qui lui offre ce même baiser enflammé qu’il m’a donné lors de la soirée en Norvège. Mon corps nu se cale contre lui mais j’ai assez de place pour déboutonner sa chemise et son pantalon. Lui aussi fini nu et pour la première fois, je découvre son corps tatoué et scarifié par les nombreuses cicatrices qu’il porte. On dirait qu’il veut s’en cacher mais je ne le veux pas. Je pose ma main sur une cicatrice qu’il a sur son torse tandis que mon autre main glisse le long de son bras.
« – Je n’ai jamais vu d’homme aussi désirable que toi.. Regardes comme ma peau frissonne.. écoute mon cœur battre à toute vitesse.. Tu dérègles mon corps, mon âme. Montre moi ce qu’est le plaisir des âmes sœurs. Je veux me lier à toi entièrement.. »
Ses mains se posent enfin sur moi. Il a certainement hésité mais il a cédé. Je sens ses doigts découvrir ma peau et mes formes. Je frissonne encore plus. Moi aussi je le touche et le découvre. Je sens même sa virilité se durcir contre mon ventre. J’ose la toucher, la découvrir au travers de caresses qui le font soupirer. Lui caresse ma poitrine et ça provoque chez moi une accélération de ma respiration.
« – Oh.. »
Ce hoquet de surprise s’invite quand sa seconde main passe entre mes cuisses. Je sens mon corps monter en chaleur sur quelques secondes. Avant d’aller plus loin, je décide de nous faire stopper pendant un instant pour que nous puissions glisser dans mon lit au lieu de rester debout mais quand Tomas se pose, l’un des hommes de l’équipage vient toquer à ma porte.
« – Sora ?! Le capitaine est là ??
_ Euh.. non.. je.. pourquoi ??
_ On a besoin de toi ! Joshua vient de tomber et il s’est fait une entaille assez profonde sur le front. Il faudrait que tu viennes le soigner ! J’ai été toquer à la cabine du capitaine mais il ne répond pas.
_ Oui.. oui j’arrive.. laisse moi enfiler une tenue plus chaude.. et pour le capitaine.. je.. je lui ai donné une tisane pour qu’il puisse dormir correctement.. il.. il en avait besoin.. »Je fais une petite moue mais je dois abandonner Tomas pour plusieurs minutes.. voir même plus si joshua est sérieusement entaillé. Vivre une relation cachée va être plus périlleux que prévu et ce n’est que le début de ce long voyage.
-
Joshua a été assez rapide à soigner puisque c’était plus superficiel qu’autre chose. Il n’a même pas eu besoin de point de suture. Je me dépêche de le soigner pour pouvoir retourner dans ma chambre auprès de Tomas mais lorsque je rentre dans la cabine, il n’est plus là. Pendant un instant, j’ai ce sentiment qu’il regrette ou qu’il m’en veut pour ce que j’ai fait.. Mals si cela est vrai, je préfère en avoir le cœur net. Je reprend donc mon chemin et je vais vers sa cabine pour voir si tout va bien.. mais oui, tout semble aller pour le mieux puisque dès que je rentre, il se relève de son lit et il se jette sur mes lèvres.
Tomas dégage une détermination et une passion qui me font totalement succomber. Je me donne à lui sans aucune hésitations pourtant je me montre un peu plus intimidé lorsqu’il commence à embrasser mon corps car c’est la première fois qu’un homme s’empare ainsi de ma peau. C’est même la première fois qu’un homme me touche, me possède, me montre ce qu’est le plaisir. Je suis en pleine découverte de nouvelles sensations mais j’apprends aussi que certaines parties de mon corps sont bien plus sensibles que je ne l’aurai cru. Lorsqu’il passe sur ma poitrine, je tressaille quand il se met à mordiller celle-ci mais quand il glisse entre mes cuisses, je dois poser ma main sur mes lèvres car des gémissements incontrôlées sortent de ma bouche.
Mes jambes tremblent et mes mains s’agrippent à sa chevelure. Il me fait des caresses qui font totalement vriller mon corps et mon esprit. Je sens son regard satisfait et amusé à cause de mes réactions. Il insiste encore plus, si bien que je connais mon premier orgasme et j’en tombe en arrière sur le lit de Tomas. C’est incroyable.. totalement euphorisant. Pourtant je ne me repose pas sur mes lauriers, j’attire Tomas à me rejoindre sur le lit et il arrive au-dessus de moi. En un coup de hanche, je change nos positions et je me retrouve assise à califourchon sur ses cuisses. Il a remis ses vêtements entre temps mais je devine aisément que son membre est réveillé. Je pose ma main sur cette bosse qui déforme son pantalon et je la caresse lentement. Comme là aussi c’est une première pour moi, je me montre un peu plus précautionneuse par peur de lui faire mal.
« – Tu me le dis si je fais mal les choses.. d’accord ? »
Il doit avoir envie de rire face à une femme aussi ingénue que moi. Il a du connaître des demoiselles beaucoup plus sûres d’elles et expérimentées mais je ne me laisse pas abattre. Je veux qu’il prenne aussi du plaisir même s’il doit me guider. Pour ça, ma main glisse sous son pantalon et j’entoure son membre de mes doigts. Ça semble lui plaire puisqu’à son tour il gémit mais comme moi, il pose sa main sur ses lèvres pour se faire taire. Je préfère encore remplacer mes lèvres par sa main donc je me penche pour de nouveau l’embrasser tout en continuant mes caresses sur sa virilité. Son corps se dandine sous le mien et ses mains parcourent mes courbes avec une possessivité qui me rend encore plus féline.
« – Tu aimes bien ? Apprends moi comment te rendre fou.. »
Je murmure mes mots contre ses lèvres et à son tour, il reprend le dessus grâce à un coup de hanche. Tomas est au dessus de moi, son regard est noir de désir et ne ressemble plus du tout à cet homme distant, loin de tout. Je le vois sous un autre jour, il ne se contient plus et il laisse exprimer ses émotions. Nous sommes aussi dans une bulle qui n’enferme que nous deux. Plus rien d’autre n’existe à part ce que l’on vit. Ça n’est que plus flagrant lorsqu’il se perd en moi. J’avoue que ce n’est pas très plaisant au début mais il se montre patient, doux, protecteur. Tomas me laisse le temps de m’habituer à cet acte et il vient même me détendre pour embrasser mon cou, mon visage et ma poitrine. Sa douceur me fait frissonner et elle me détend assez pour que je bouge mon bassin pour lui faire comprendre que je suis prête.
-
Ce moment semble irréel et pourtant il est vrai. Tomas m’embrasse, me caresse, gémit mon prénom.. Cet homme se perd en moi et il m’offre des sensations inédites et surtout délicieuses. Si au début ce n’était pas très agréable, il a réussi à me détendre et à faire en sorte que ce moment soit autant intense pour lui que pour moi. Il me guide mais il me laisse aussi prendre des initiatives pour ne pas être la simple spectatrice de notre première fois. J’en oublie que l’on est pas seul sur ce bateau et je pense que les autres doivent entendre quelques plaintes d’extases que je peux avoir. L’orgasme nous fait planer, vriller et surtout oublier le reste du monde. Il n’y a plus que nous deux et cette relation ambiguë qui nous unie depuis le début. Même après cette jouissance, on ne se lache pas et je sens même les bras de Tomas qui me serrent encore plus contre lui.
Durant cette nuit nous restons ensemble. Je ne quitte pas ses bras ni sa chambre. Aucun des matelots ne vient nous déranger et je n’ai pas de réveils nocturnes comme j’ai l’habitude d’avoir à cause de cauchemars. Non, cette nuit est parfaite mais les regards amusés lorsque nous remontons sur le pont principal, me font rougir. Ils savent et ils se retiennent de ne pas faire des vannes car Tomas lance un regard qui ne laisse pas la possibilité de rire.
« – On est bientôt arrivé près des côtes bretonnes capitaine ! On va pouvoir s’amarrer à Brest et voir s’il y a des rumeurs sur certains trésors à récupérer en Méditerranée ! »
Lance Gurney pour remettre les esprits à leurs places. Les matelots reprennent correctement leurs postes alors que pour ma part je me sens un peu bête mais je comprends assez vite que je ne dois rien à personne. Je dois aussi ne pas me laisser intimider et que je dois continuer de me faire une place dans cet équipage. Je vais donc vers Gurney pour savoir si je peux aider à faire quelque chose en attendant notre arrivée sur Brest.
« – Il n’y a rien pour le moment mais tu ferais mieux d’aller te changer ma jolie !
_ Me changer ? Je ne porte rien de vulgaire..
_ Je ne dis pas ça pour ta tenue mais surtout parce que tu es une femme et comme nous allons arriver sur un port remplis d’hommes, je préfère que toi aussi tu portes une tenue d’homme afin de te fondre dans le paysage. Je pense que Tomas sera d’accord avec moi. Les autres marins prennent toutes les femmes pour des prostituées et je ne tiens pas à ce qu’on te fasse du mal. »Je suis surprise par la demande de Gurney mais je la comprend. Je dois donc changer de tenue et me faire plus.. masculine. Je retourne donc dans la cabine de Tomas pour aller me servir dans sa garde robe. Il porte des vêtements plus grands mais au moins cela cache mes formes féminines. Je cache ma chevelure sous un bandana et un chapeau mais pour me donner des traits d’hommes, je met un peu de suie sur mon visage, ce qui donne l’apparence d’une barbe mal taillée. Cet accoutrement surprend à leurs tours les hommes sur le bateau et surtout mon cher capitaine qui m’a vu en tenue d’Ève durant la nuit. Spencer lâche un rire amusé et il se met à tourner autour de moi pour vérifier ce déguisement.
« – Un peu petit et maigrelet mais ce matelot fera l’affaire ! Par contre il faut te trouver un prénom d’homme.
_ Leif.. comme mon père ?
_ Non, justement ton père est un peu trop connu. Les autres sauront que tu as des liens avec les nordiques ! Il te faut un prénom plus simple.
_ Hm.. une fois j’ai entendu le prénom Henry.. c’était un homme français ou anglais qui étaient venus voir mon père.. ça doit être courant non ?
_ Henry.. on va dire que ça passe. »Mais spencer en a pas fini puisqu’il me demande de masculiniser ma voix et cela par en fou rire pour tous les hommes présents. Même Tomas mais je peux comprendre car même moi je trouve cela hilarant. Je suis à dix milles lieux de ressembler à un homme et de me comporter comme un homme, cependant j’ai assez d’hommes autour de moi pour apprendre à en devenir un.
Jusqu’à notre arrivée à Brest, j’observe tous les matelots pour voir comment ils agissent. Ça ne devrait pas être difficile de faire comme eux. Quand nous débarquons, je me met dans le groupe pour descendre sur le quai mais je me rapproche surtout de Tomas puisque les autres vont certainement aller dans des tavernes avant de reprendre les voiles. Ici il n’y a pas énormément de pirates donc on est plus reconnaissable que les simples marins du coin mais nous ne sommes pas chassés car les hommes comme ceux de Tomas, sont ceux qui font tourner les commerces. Les auberges, les tavernes, les bordels.. oui, ça rapporte pas mal. Si bien qu’on se fait déjà aborder par des prostituées en quête d’un peu de sous et quand une belle blonde vient se coller à moi, je me retiens de la repousser et j’essaye de jouer à l’homme épuiser.
« – Hm.. pas ce soir ma belle.. je suis fatigué.
_ Un bel homme comme toi n’a pas envie de se détendre un peu avec une jolie demoiselle comme moi ? Tu es certain ?
_ Certain oui. Je.. désolé nous devons aller commencer avec mon acolyte. »J’ai déjà mal à la gorge en prenant cette voix faussement rocailleuse et puis je dois aussi me retenir de donner un coup de pied aux fesses de Tomas car il a envie de rire. La prostituée fait mine d’être triste mais elle ne perd pas son temps pour aller flirter avec spencer. Tomas et moi, nous allons vers l’une des tavernes puisque c’est là bas que les rumeurs et les nouveautés se font entendre mais là aussi je vais devoir me comporter comme un bonhomme et ça commence par une énorme chope de bière qui arrive devant moi une fois que nous sommes assis. Si pour Tomas cela doit être comme de l’eau, pour moi ça ressemble à un mont d’alcool mais refuser pourrait rendre ma couverture moins crédible. Je remercie donc la serveuse et je prend une première gorgée.
« – Hm.. c’est pas trop frustrant d’être un homme ? Enfin un homme des mers. Vous n’avez pas d’attaches et vous avez une certaine prestance à avoir. En fait même sans être marin.. les hommes sont une image de virilité et ils doivent savoir se battre, défendre, protéger.. »
Dis-je à Tomas de manière à ce qu’il soit le seul à m’entendre. C’est vrai que je n’ai jamais pris la peine de réfléchir comme si j’étais un homme ou comme si je devais agir comme eux. Une femme a un rôle très défini dès sa naissance, si bien qu’il y a peu de places pour les modes de vie masculins. Ils ont beaucoup de charges sur les épaules et ils n’ont pas le droit de se montrer faible. J’en ai une preuve plus que formelle face à moi. Tomas est certainement l’homme le plus carré que j’ai pu rencontrer dans ma vie. Mon père et mon frère le sont aussi mais je sais décelé leurs fragilité alors que pour Tomas non.
« – Tu ne m’as jamais dis.. tu as déjà eu une femme ou des enfants ? Une famille à protéger ? »
Je ne sais pas si je vais vers un terrain glissant ou non mais j’ai besoin d’en savoir un peu plus sur lui. Il a toujours évité de me répondre lorsque le sujet se rivait vers lui mais je ressens le besoin d’en savoir plus sur lui et surtout de le comprendre. Cet homme est torturé par quelque chose, je le sais mais je ne connais pas le sujet de sa douleur. Si je veux l’apaiser, je dois savoir.
« – Tu sais, tu n’as pas à avoir peur de ce que je peux penser.. je ne suis personne pour juger. Et puis tout le monde a ses démons.. je crois que je suis bien placé pour le savoir. »
Après tout, je me retrouve éloigné de ma famille car je suis une sorte de tueuse sans souvenirs. J’ai des pouvoirs que je ne contrôle pas et qui sont certainement trop puissants pour une jeune femme comme moi. Tomas sait que je ne suis pas quelqu’un à applaudir et que ses propres démons n’ont peut être pas autant de sang sur les mains.
« – J’aimerais savoir qui se cache derrière cette carapace que tu t’es mise.. et j’aimerais surtout savoir qui est l’homme dont je me sens totalement vouée.. »

Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.