La justicière

215 réponses à “La justicière”

  1. Avatar de GAPG
    GAPG

    Sa main est immense lorsqu’il l’approche de ces deux petits êtres. Leif est sans voix, il n’arrive même pas à te répondre car il est abasourdi par vos deux petits. Bien qu’il sait que vous alliez les accueillir rapidement, là il réalise qu’ils sont bien présents. Pour le moment ils sont encore trop jeune pour totalement dévoiler leurs traits principaux mais il reconnaît le caramel de ta peau et puis il y a des petites choses qui ne trompent pas comme les lèvres charnues de Sora ou alors les yeux bleus intenses de votre fils. Votre amour a donné vie à ces deux petites merveilles et Leif en est bouleversé. Ses yeux continuent de se gorger de larmes et il finit par s’asseoir sur le lit pour être au plus près de vous trois. Une main sur les bébés et l’autre dans la tienne.

    « – Ils sont.. wow.. ils sont si beaux.. Dans la forêt je n’ai pas vraiment réaliser à cause de la tension mais là.. wow.. nos enfants.. nos petits.. »

    Par le passé, il avait vécu la venue de Kisos mais il n’y avait pas autant de légèreté car il y avait Rollo qui rôdait et qui mettait une pression dans votre vie. Là, il n’y a plus de peur sauf qu’il faut rebâtir la ville et aider les habitants à survivre mais Leif n’a pas de doute sur le fait que vous allez réussir. Alors oui, il est plus léger avec la nouvelle arrivée de Kisos. En plus, il a amené une petite sœur avec lui. Sora devait faire partie de votre futur mais ce détail n’existe plus puisqu’elle est là. Une jolie demoiselle qui risque de donner des cheveux blancs à son père mais il est plus qu’heureux de les voir ensemble. Kisos et Sora.. Les trésors que tu as fais grandir en toi.

    « – C’est moi qui t’aime.. Oh oui je t’aime. Tu viens de m’offrir le plus beau des cadeaux qui puisse exister pour un homme. Tu m’as offert une famille. Deux enfants en bonne santé et si beau. Tu as donné la vie.. Tu as donné vie à notre amour. C’est extraordinaire mon Amour.. »

    Il n’ose pas s’abaisser pour embrasser les enfants car il a bien trop peur de leurs faire du mal mais par contre il se penche pour déposer un long baiser contre tes lèvres. Leif est heureux, tellement heureux que ses larmes finissent par couler.
    La journée ou plutôt l’après-midi a été épuisante mais c’est toi qui a plus le besoin de repos. Leif va y veiller même s’il n’ose pas prendre les bébés. Il te laisse dormir un peu en les laissant dans le lit avec toi, pendant que lui prend enfin le temps de se laver un peu et manger un bout. Assis près de la cheminée, il vous observe tous les trois dormir mais l’un des bébés commence à râler. N’ayant pas envie que tu te réveilles, il se rapproche du lit et pense qu’avec des signes Kisos va se calmer mais les bébés ne fonctionnent pas comme ça. Il doit le prendre dans ses bras et c’est ce qu’il fait mais avec une lenteur et douceur extrême. Kisos se retrouve contre le torse de son papa et ça le calme mais Leif ne bouge plus. Le garçonnet est tellement petit et fin que Leif a l’impression d’avoir un vase rare et cher entre ses bras.

    « – Chuuut.. ne réveilles pas ta maman et ta sœur petit guerrier.. hm.. on.. on va aller près de la cheminée.. »

    Avec des pas hésitants, il retourne vers la chaise près de la cheminée et il s’y assis en faisant attention à ce que Kisos soit bien positionné. Le petit garçon pose ses yeux bleus sur son père et ça ne peut que faire sourire le colosse.

    « – Dans l’autre vie, tu n’avais pas eu la chance de grandir avec ta mère et moi mais maintenant je te fais la promesse qu’on sera toujours auprès de toi. On verra tes premiers pas, tes premières bêtises, tes premiers amours.. On sera là quand tu apprendras à écrire ou lire, ou même quand tu tiendras ta première épée. Tu deviendras un grand homme mon fils mais avec des parents pour toujours veiller sur toi. »

    Il n’a pas remarqué que tu étais derrière avec Sora puisque c’est la faim qui guette les deux petits. Le crépitement des flammes couvrent la tétée de Sora alors Leif continue de discuter avec ce petit bonhomme accroche sa petite main autour de l’index de son père.

    « – Tu sais qu’avant de rencontrer ta maman, je ne pensais pas qu’un jour j’aurai une famille.. Je voulais venger la mienne mais sans penser à mon futur. Je me fichais de mon futur puisque je pensais mourir sur un champ de bataille mais ta mère est arrivée. Tout a changé quand je l’ai vu dans cette forêt de l’autre côté de l’océan.. Car oui, ta maman vient de très loin mais elle a décidé de rester auprès de moi. C’est une belle preuve d’amour.. Tout comme toi et ta petite sœur. Vous êtes une belle preuve d’amour. »

    Kisos est plus réceptif que son père puisqu’il se met à pleurer quand il te voit. Il a faim aussi mais cela inquiète le jeune père qui ne comprend pas ce qu’il se passe.

    « – Non.. non ne pleure pas ! Tu veux que.. qu’on marche un peu ? »

    Il se relève avec précaution mais il a un petit sursaut quand il se tourne puisque tu es là. Il en serre un peu plus le petit contre lui mais au final, vous en riez même si Kisos pleure encore de faim.

    « – Je vais avoir besoin de toi pour apprendre à savoir comment fonctionne ces petites choses magnifiques mais je pense qu’il doit avoir faim et pour ça je n’ai pas les outils pour.. »

    Vous retournez vers le lit pour que tu puisses nourrir les deux bébés plus facilement et Leif en profite pour reprendre sa place. C’est en vous observant tendrement qu’il finit par s’endormir et c’est entre vous deux que les bébés passent leurs première nuit.

  2. Avatar de GAPG
    GAPG

    Une semaine de bonheur et de découvertes. Leif n’a pas eu des nuits bien longues et les journées étaient mouvementées avec les jumeaux mais il a vécu une semaine en famille et cela a été comme le cadeau ultime qu’il cherchait à obtenir depuis toutes ses années. Alors quand il faut se préparer pour le voyage, Leif n’est pas forcément le plus heureux mais il sait qu’il n’a pas le choix. L’hiver va arriver et la famine se fait de plus en plus sentir. Il a réussit à négocier des vivres avec des peuples du sud pour les semaines où il sera absent mais ça ne sera pas assez pour pouvoir survivre jusqu’au printemps.

    Beaucoup d’hommes vont se joindre à Leif pour ce voyage et il ne restera presque plus que des femmes mais Leif ne se fait pas de soucis car il sait qu’elles seront toutes en sécurité avec toi mais aussi les guerrières qui ont rejoint vos rangs. Il a quand même un énorme pincement au cœur de devoir te laisser et laisser aussi vos enfants mais il se promet de revenir vite puisqu’il ne veut pas qu’ils grandissent trop longtemps loin de lui.

    Le départ s’annonce et beaucoup de famille se donnent des au revoir. Leif aussi a le droit à son moment en famille et tu te retrouves logé dans ses bras. Son étreinte est intense et ses yeux brillent mais pas de joie. Il ne doit pas montrer d’émotions car il y a beaucoup de monde autour de vous mais tu peux sentir sa peine. Il te murmure plusieurs je t’aime avant de devoir rejoindre les drakkars puisqu’il ne manque plus que lui. Il est vrai que le moment est solennel pour tout le village est rassemblé sur ce petit port. Leif ne monte pas de suite car avant de lancer le voyage, il tient à dire des dernières paroles.

    « – Nous reviendrons vite mais en attendant, c’est votre reine qui veillera sur vous. Elle nous a prouvé de nombreuses fois qu’elle avait les épaules pour vous guider et vous protéger. Je vous promet que nous reviendrons tous rapidement et j’espère que les dieux seront là pour nous guider. »

    En disant cela, il te regarde. Oh oui, il n’a pas envie de s’éloigner et vos enfants doivent le sentir car les jumeaux commencent à pleurer contre toi. Leif t’offre un dernier sourire avant de finalement monter sur le drakkar. Il ne reste plus qu’à prendre la voile vers l’anglicie. Ce n’est pas le pays le plus accueillant, surtout pour des vikings mais Leif sait qu’il va pouvoir trouver des villages à piller ou alors des seigneurs avec qui marchander. Son statut de roi n’est pas négligeable et ses anciennes conquêtes sont contées dans toute l’Europe alors tout devrait aller comme il l’entend. Enfin, normalement..

    Même si Leif a vécu son enfance en Écosse, aujourd’hui il ne ressent plus sa filiation avec l’île des celtes. Il se sent pleinement nordique et c’est ce qui risque de compliquer son voyage. Les vikings ne sont plus vraiment les bienvenus à cause des nombreux raides qu’ils ont fait sur les lieux de cultes par le passé. De nombreux monastères ont été pillés et les nordiques ont laissé beaucoup de cadavres derrière eux. Aujourd’hui, il y a quelques cités qui sont tenus par des anciens nordiques mais comme ils ont trouvé leurs nouvelles terres, ils ne veulent plus vraiment côtoyer leurs anciens alliés. Leif sait qu’il va devoir faire campagne seul et qu’il risque de perdre des hommes s’il ne se montre pas bon orateur mais dans un sens, il a de la chance que Fergus l’accompagne car son frère est beaucoup plus charismatique que lui.

    La traversée se passe très bien, comme tu l’avais prédit mais l’arrivée est plus compliquée puisqu’ils arrivent sur une plage qui est gardée par des soldats anglais. Les premiers coups d’épées sont donnés mais ce ne sont pas les derniers. Ils doivent s’enfoncer dans les terres pour trouver les vivres et ils tombent encore sur des soldats. Leif manque même de se faire attraper et emprisonner mais il s’en sort de justesse grâce à un petit seigneur du Nord de l’Angleterre. Charles Wells a flairé la force et la détermination de Leif, il compte donc en profiter. Ce petit noble n’a pas beaucoup de terres mais il aspire à plus grand.. Il souhaite devenir le roi de l’Angleterre mais son ambition est plutôt mal gérée puisqu’il est encore dans son vieux château. Quand il apprend que Leif est un roi, il est d’autant plus ravis d’avoir sauvé son compère et il sent qu’une alliance pourrait être une bonne chose. Des vivres ? Il en a puisqu’il est dans l’un des endroits les plus agricoles du pays mais il ne donnera rien sans retour. Leif l’a aussi compris lors du premier soir au château. Autour d’une grande table bien remplie, Charles montre aisément ses biens et se vante de ses terres mais ce trop de luxure cache quelque chose puisqu’aucun anglais aurait aidé un viking sans raison valable.

    « – Votre hospitalité est honorable. Je vous remercie aussi pour votre aide mais je ne vais pas passer par Quatre Chemins. Pourquoi aider un roi nordique ? Je ne suis pas bête, je sais que les anglais détestent les vikings.
    _ Vous n’êtes pas n’importe quel roi.. vos épopées sont contées un peu partout et je sais que vous avez récupéré votre trône avec force et aucune pitié.
    _ Et c’est la raison de votre hospitalité ?
    _ Je veux le trône anglais. J’ai besoin de votre aide pour y arriver. »

    En soit, c’est une chose faisable mais cela voudrait dire que Leif devra rester de longs mois ici pour aider Charles. Cela n’est pas du tout dans ses envies puisqu’il veut vous rejoindre mais s’il refuse, il perdra l’opportunité d’avoir des vivres pour votre peuple.

    « – Cela me forcerait à être loin de mes terres trop longtemps et je risquerais de les perdre. J’y perdrais plus que j’en gagnerais.
    _ Je peux comprendre votre position mais je m’engage à fournir autant de vivre que vous le souhaiterez à votre royaume, ainsi que des hommes pour protéger les votre. J’ai besoin de vous Leif.. vous êtes l’un des plus grands stratèges et guerriers que ce monde a connu..
    _ Et ma famille ? Je viens d’avoir des enfants et je me dois d’être là pour les voir grandir. Je ne peux pas partir des mois loin d’eux.
    _ Un fils et une fille.. la rumeur était donc vraie. Je vous félicite pour cet événement mais pour le moment vous allez laisser un pays sous la famine à vos enfants non ? Cependant si cela peut vous rassurer, nous pouvons faire venir votre épouse et vos enfants ici le temps que vous m’aidiez.
    _ Et qui surveillera mon trône ? Mon épouse est à la tête de mon royaume en ce moment.
    _ Cet homme. »

    Charles montre Fergus car il a compris qu’il était le meilleur allié de Leif. Ce seigneur semble avoir déjà tout calculé mais Leif ne donne pas de réponse le soir même, il préfère y réfléchir.
    En guise de bonne foi et de meilleure négociation, Charles fait déjà envoyer un navire de blé dès le lendemain. C’est pourtant une autre chose qui décide Leif de donner une réponse..

    « – Père ? On peut aller faire du cheval ?
    _ Je n’ai pas le temps Thomas. Vas plutôt t’entraîner à lire. »

    Le jeune Thomas part déçu de la réponse de son père et Leif décide de suivre ce jeune garçon qui doit avoir treize ou quatorze années. Il le retrouve dans la bibliothèque du château et il se rapproche alors que l’adolescent commence à pleurer.

    « – Que se passe t’il garcon ?
    _ Mon père ne s’occupe plus de moi.. Il ne fait plus rien avec moi..
    _ Et pourquoi il ne s’occupe plus de toi ? Il y a eu un souci dans vos vies ?
    _ Mère.. Mère est morte. Elle a été exécuté sous l’ordre du roi anglais. Depuis ce jour, père est.. distant..
    _ Pourquoi.. mais pourquoi elle a été exécuté par le roi anglais ?
    _ Car elle était la dame de compagnie de la reine et elle savait tous ses secrets. Surtout un qui a condamné ma mère.. et depuis ce jour, mon père est aveuglé par l’envie de la venger. »

    Leif comprend un peu mieux l’ambition de Charles mais il est aussi attristé pour lui comme pour Thomas. Si cela lui était arrivé, il aurait surement déjà retourné tout le pays. Bien que cette vengeance ne soit pas la sienne, Leif fait la promesse à Thomas de lui ramener son père mais il sait pour cela, il va devoir faire de Charles un roi.

    Au bout de deux semaines, un nouveau bateau revient à Kattegat. Pas un nouveau bateau remplit de blés mais un bateau avec Fergus à son bord ainsi que des hommes de Charles. Le blond a aussi rapporté de nouveaux vivres mais il a surtout une lettre écrite par Leif. Dans celle-ci, Leif te demande de le rejoindre avec les jumeaux. Il t’explique aussi pourquoi il a pris cette décision. Rassasier ses sujets, aider un nouvel ami eh peut-être en faire un grand allié lorsqu’il sera roi mais il ne pourra pas faire tout cela si tu n’es pas auprès de lui. Oui, Leif est un immense guerrier mais ce n’est pas son arme qui est sa plus grande puissance. Non, c’est toi.

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    GAPG

    Leif aurait de loin préféré revenir en Norvège mais c’est vrai qu’il a vu en ce jeune Thomas quelque chose qui lui a rappelé sa propre enfance. Sans le vouloir, il s’est attaché à l’adolescent et il veut l’aider à ne pas subir la même rage que lui a ressenti durant toutes ses années où il ne connaissait pas. Alors oui, il va tenter d’aider Charles pour que Thomas puisse avoir une vie plus douce mais il a besoin de toi pour se sentir complet. Pourtant il ne sait pas si tu vas accepter sa demande et les semaines se font longues mais lors d’une rentrée de bataille, il a la surprise de te retrouver dans sa chambre. Leif en est presque saisit lorsque tu fonces dans ses bras mais il ne peut s’empêcher de venir te serrer contre lui et aussi d’embrasser ton visage même si tu lui râles à demi mot sur lui.

    « – Mon amour ! Tu es venu ! Merci.. merci j’avais tellement besoin de ta présence ! »

    Il n’explique pas pour le moment pourquoi il est ici et ses projets puisqu’il préfère profiter de tes lèvres. Il t’embrasse à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’il entend des petits gazouillis. Les bébés sont lovés dans un panier qui est sur le lit et Leif sent les larmes monter quand il se rend compte qu’ils ont déjà bien grandit. Kisos l’observe avec ses immenses yeux bleus alors que Sora essaye de mâchouiller la main de son frère. Déjà trois mois de vie pour eux mais Leif a l’impression d’avoir été absent durant des années.

    « – Tu.. tu penses qu’ils se rappellent de moi ? »

    C’est sa plus grande peur, celle que vos enfants ne savent pas qui il est mais très vite il est rassuré par le sourire de votre fils. Il prend les deux bébés dans ses bras sans avoir la même peur que le début puisqu’il a besoin de les sentir contre lui. Sora se met à gazouiller encore plus fort et ça fait rire Leif.

    « – Tu chantes comme ta maman ? Tu es surtout aussi belle qu’elle.. Tu as vu ? Elle a tes yeux ! J’ai une deuxième merveille à surveiller de près. Elle risque de conquérir tous les cœurs mais son cœur m’appartient, comme le tien. »

    Leif sourit en coin et il se rapproche de toi avec les deux bébés. Ces retrouvailles lui font un bien fou mais avant de se poser avec toi pour la nuit, il doit aller retrouver Charles pour lui dire ce qu’il s’est passé aujourd’hui. Il ne le fait pas sans toi ni les enfants puisqu’il veut vous présenter. C’est dans la grande salle de dîner que vous rejoignez le seigneur ainsi que ce fameux Thomas. Leif apprend que tu as déjà vu Charles mais qu’il y a eu un quiproquo puisqu’il t’avait pris pour la servante de Freya. Bien sûr sa renfrogné Leif mais Charles réitère ses excuses auprès du roi.

    « – Il est rare de voir des femmes.. de couleur en tant que reine..
    _ Et pourtant elle est ma reine et la mère de mes enfants. Les nordiques ne sont pas tous des grands blonds à la peau pâle. Savez vous que dans le nord de mon pays il y a des peuples à la peau foncée ? Je ne comprend pas ce jugement hâtif mais je vais passer outre pour une seule et unique fois.
    _ Je n’ai rien contre les personnes de couleur, c’est seulement que dans d’autres terres, beaucoup sont des servants.
    _ Chose complètement idiote. La couleur de peau ne définit pas l’homme. »

    Leif ne mâche pas ses mots devant Charles car même si celui-ci nourrit votre peuple et vous accueille dans son manoir, il sait que sans Leif il ne gagnera rien. Charles s’excuse à nouveau auprès de toi et il se lève même pour tirer ta chaise. Au passage, il remarque les bébés dans l’écharpe que tu as contre toi et cela l’attendrît puisqu’il repense à son propre fils qui était tout aussi petits il y a quelques années.

    « – Un futur roi nordique et une princesse. Dommage qu’ils n’aient pas l’âge de Thomas, nous aurions pu avoir une belle alliance. »

    Dit-il sans mauvaises pensées mais ça fait grincer Leif qui fronce les sourcils et qui fusille Charles du regard.

    « – Une alliance ?
    _ Si je suis le Roi d’Angleterre, nous aurions pu marier votre fille et mon fils ensemble. Vous auriez eu un fils roi et une fille reine.
    _ Mes enfants n’auront jamais de mariage forcé. Je trouve cela ignoble. Comment peut-on vivre avec une personne que l’on ne connaît pas et que l’on aime pas ? Vous avez été forcé à vous marier vous ?!
    _ Non.. non je.. c’est vrai.. J’ai épousé ma belle Elisabeth par amour. Mais parfois il faut faire des alliances..
    _ On peut faire des alliances sans passer par le futur amour de nos enfants. »

    En disant cela, Leif observe un instant Thomas qui ne comprend pas trop ce qu’il se dit. Le dîner est lancé pour éviter les nouvelles tensions et durant le repas, Charles te parle de la nature environnante car Leif lui avait dit que tu aimais les espaces verdoyants. Il te parle des forêts, des plaines mais aussi des nombreuses rivières qui sont dans le coin. Cela sort Thomas de son silence puisqu’il adore aussi la nature.

    « – Je pourrais vous montrer la forêt madame ! J’ai une belle cabane que j’ai construit tout seul !
    _ Tu ne vas pas amené une reine dans ta cabane Thomas ! C’est idiot. Tu devrais plutôt aller te coucher au lieu de dire des bêtises.
    _ Mais père, je n’ai pas fini mon repas.. »

    Charles soupire et il laisse Thomas à table mais la fin de repas est très silencieuse. Ce n’est que lorsque vous vous relevez que Leif demande à Charles, d’aller parler avec lui en tête à tête. C’est surtout pour aller lui faire quelques remontrances concernant Thomas mais de ton côté, tu es justement accompagné du jeune garçon. Il te demande poliment s’il peut voir les jumeaux et il est attendris à son tour face à leurs bouilles adorables.

    « – Vos enfants sont très beaux madame. Vous voulez que je leurs rapporte un ours en peluche ? J’en ai dans ma chambre mais comme père dit que je dois être un homme, je peux donner mes ours à vos enfants ! »

    De son côté, Leif se retrouve dans le bureau de Charles et la tension grandit à nouveau. Charles n’aime pas cette tournure car il se sent insulté mais Leif n’apprécie pas la manière qu’à son nouvel allié envers son fils.

    « – Ce n’est pas en le dorlotant qu’il deviendra un homme !
    _ Et ce n’est pas non plus en le délaissant et en le rabaissant que vous en ferez un homme. Vous avez la chance d’avoir un fils alors soyez un bon père car un jour vous en paierez le prix.
    _ Thomas doit apprendre à être un homme. Il a treize ans et bientôt il devra devenir un guerrier. Il devra aussi épouser une femme alors je ne peux pas continuer à le considérer comme un enfant. Ici nous ne sommes pas en Norvège ! Je dois faire en sorte que mon fils soit assez fort pour ne pas se faire écraser par les seigneurs de ce pays !
    _ Il ne se fera pas écraser si vous devenez roi. Alors tachez d’être indulgent avec lui. »

    Leif revient dans la chambre après une bonne vingtaine de minutes. Quand il passe la porte, il te voit coucher les enfants dans les berceaux en bois qui ont été apporté. Il ne peut s’empêcher de contempler cette scène mais tu finis par le capter. Il s’avance vers toi mais il commence à retirer ses vêtements car il n’a pas encore fait l’état de ses blessures de la journée.

    « – Charles n’est pas un mauvais bougre, c’est juste un homme qui est aveuglé par la vengeance et je sais ce que c’est. Par contre je reste sur mes gardes car il n’en reste pas moins un anglais. Alors fais attention à toi aussi pendant notre séjour ici.. Je vais quand même faire en sorte que cela aille vite. J’ai réussi à trouver des anciens nordiques qui veulent bien se battre avec nous. Des écossais aussi vont venir nous aider. J’ai rallié du monde mais l’attaque aura lieu quand j’aurai trouvé un moyen de faire sortir le roi anglais de son château.. »

    Il vit à Lunden et cette cité contient bien trop de monde pour faire une attaque. Leif veut laisser le moins de mort possible.
    Après ce petit point sur Charles, il vient face à toi, torse nu et il te laisse faire le tour de ses blessures même si elles sont assez légères. Cela le fait évidemment frissonner car tu as tes doigts beaucoup plus froid que sa peau mais cela ne l’a jamais gêné.

    « – Mais avant tout ça, je veux profiter un peu de ma famille. J’ai envie de passer du temps avec vous trois et surtout toi ma magnifique reine.. Tu penses que Freya pourrait garder nos enfants demain ? J’aimerais te montrer les alentours et aussi te faire l’amour sans être gêné par deux petites crapules qui adorent être dans tes bras. »

    Depuis ton accouchement vous n’avez pas eu de moments intimes mais il faut dire que les jumeaux prennent beaucoup de places et surtout ils dorment avec vous donc cela pose certains soucis de discrétion. Leif a quand même envie de retrouver un peu plus de proximité avec toi mais pour cela il faut être un peu ingénieux.

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    GAPG

    Leif arrive en trombe vers la forêt. Le jeune Thomas l’a averti que tu avais eu une sorte de malaise alors oui, il n’a pas attendu très longtemps pour se lancer au galop. Lorsqu’il arrive à toi, il saute de son cheval et t’attrape pour voir si tu vas bien. Oui, tu sembles aller bien mais tu expliques que c’est une vision. Leif fronce les sourcils car il n’a jamais trop aimé celles-ci, par peur que cela soit des mauvaises nouvelles.

    « – Tu as eu une vision ? C’était quoi ? Rien de grave ?? »

    Bien sûr que ça serait grave si tu lui disais la vérité. Sora est encore un bébé et si Leif apprend que plus tard elle sera amoureuse d’un garçon qui a treize ans de plus qu’elle, il risque de faire un arrêt cardiaque. Alors tu lui racontes un beau bobard. Tu aurais vu une scène où Sora a manqué de tomber dans une rivière mais elle a été rattrapé par son frère jumeau.

    « – On fera en sorte qu’elle reste loin des rivières.. Mais bon sang, j’ai eu peur qu’il te soit arrivé quelque chose. Thomas semblait si paniqué que j’ai vrillé.. »

    Il vérifie encore que tout va bien en glissant ses mains un peu partout sur toi. Il sent quelque chose de dur au niveau de ta hanche et c’est sans surprise qu’il tombe sur le poignard qu’il t’avait offert pour que tu sois toujours armé lorsqu’il n’est pas présent. Cela ravis le colosse, si bien que tu as le droit à un long baiser contre tes lèvres.

    « – Bon.. comme tout va bien, il me semble que nous avons une balade à faire et ensuite, je dois te faire l’amour. Je n’ai pas oublié cette réunion très importante dans notre programme. »

    Leif se montre taquin et tu as le droit à une petite fessée avant qu’il ne te convie à grimper sur son cheval avec lui. La forêt est belle mais ce n’est pas ça qu’il souhaitait te montrer en priorité. Il tient à te montrer les grandes plaines mais aussi la façon dont ce coin d’Angleterre a usé d’ingéniosité pour avoir de belles récoltes. Peut-être que vous allez pouvoir prendre quelques idées pour vous aider en Norvège, surtout en ce qui concerne les serres faites avec du bois et du verre. Il te montre aussi quelques châteaux qui sont déjà en ruine à cause des nombreuses guerres entre les écossais et les anglais mais votre petite balade se termine dans un endroit particulier ou plutôt qui vous est particulier. Leif a trouvé une grotte en allant batailler il y a plusieurs semaines mais comme à chaque fois, celle ci a des gravures qui sont presque identiques à celles que vous avez déjà vu. C’est comme si les lieux où vous alliez, étaient marqué par votre présence mais il y a quand même une différence, c’est qu’ici il n’y a pas de sources pour profiter d’un bon bain.

    « – Il y a les mêmes dessins que dans la grotte en Écosse ou même celles en Norvège. Le soleil et la lune sont toujours représentés.. mais.. »

    Mais ? Leif n’avait pas remarqué les deux symboles en plus. Ceux ci représentent un loup et un cheval. Est-ce pour vos enfants ? Un chef de meute et un cheval sauvage.. L’idée est amusante, surtout quand il imagine votre fille en bête indomptable. Pour l’heure, il préfère cesser d’être un explorateur et au lieu de continuer à observer les fresques, il t’attire contre lui et il te donne un baiser qu’il n’a pas pu partager plus tôt avec toi. Ce fameux baiser de manque. Le baiser remplie d’amour et de passion. L’échange qui coupe vos souffles mais qui donne l’envie de continuer à ne plus respirer. La lumière manque ici mais Leif connaît assez ton corps pour savoir où t’embrasser et ou poser ses mains.

    « – Tu m’as manqué Matoaka.. Je ne suis pas le même quand tu es loin de moi.. Il me manque la moitié de mon âme et de ma force lorsque tu es loin.. »

    Ses lèvres dévient sur ton cou puis le haut de ta poitrine. Tu as mis une robe assez légère, ce qui l’arrange car il peut la faire tomber au sol sans avoir besoin de l’arracher. Tu es rapidement nu et il se permet de s’abaisser pour embrasser bien plus que le haut de ton corps. Ses lèvres glissent là où elles peuvent se poser et ses mains touchent ta peau frissonnante avant de prendre possession de ton fessier.

    « – Tu es toujours autant désirable.. Je dois être l’homme le plus chanceux de ce monde. Ma reine est un magnifique trésor qui m’appartient. »

    Il serre ses mains par marque de possessivité mais il y a surtout ses lèvres qui glissent entre tes cuisses pour se délecter de ton intimité. Tes gémissements se font vite entendre et le désir de Leif en décuple. Avec le manque qu’il a de toi, il pourrait jouer le sauvage et te sauter dessus mais il prend son temps pour savourer chaque gémissements que tu lui offres. De toute façon vous avez le temps et personne ne devrait venir vous déranger. L’endroit est très isolé, même évité car lorsque la pluie tombe, la grotte se retrouve immergée mais ça vous ne le savez pas encore.

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    GAPG

    Tu es une vraie lionne déchaînée et surtout vicieuse puisque tu n’as pas eu de mal à le torturer sensuellement mais tout ça n’a fait qu’agrandir les envies de Leif, si bien que lorsque tu reviens sur lui, en un coup de hanche il te plaque au sol. Revenant au dessus de toi, il n’attend plus pour enfoncer son membre.

    « – Oh bordel… tu.. tu es divine.. »

    Râle t’il chaudement alors que son bassin commence à donner des vas et viens assez vifs. La douceur s’efface et elle laisse place à une envie bestiale, primaire. Vous vous laissez aller dans un moment sauvage et endiablé si bien que vos mouvements résonnent dans la grotte. Leif se baisse assez pour mordre ton cou et laisser une trace de possessivité qui se verra sûrement pendant des semaines. Oui, tu lui as énormément manqué et il le montre par votre moment intime. Il laisse ses mains glisser sur tout ton corps pour retrouver tes courbes qui lui plaisent tant mais il gémit aussi son amour quand il ne vient pas à embrasser ta peau humide. La grotte se retrouve témoin de vos sentiments mais ce n’est que le début puisqu’un jeu se forme quand l’un et l’autre essayez de reprendre le dessus. Parfois Leif se retrouve sur le sol, parfois c’est toi. Finalement il gagne le jeu en te soulevant et en te plaquant contre l’une des parois rocheuse.

    « – Plus jamais.. je ne voyagerai.. sans toi.. C’est une torture.. quand tu n’es pas là.. »

    C’est décidé, tu feras parti de chaque voyage et même si cela laisse votre trône vide. Leif est bien trop lié à toi pour encore s’éloigner et devoir subir ce manque. Manque qu’il continu de te faire subir jusqu’à ce que la jouissance vous prenne. Cela se conclus par des cris intenses mais Leif ne te laisse pas encore partir. Tu restes contre lui, dans ses bras et il impose son visage contre ton cou. Sa langue glisse encore sur ta peau mais maintenant que le silence revient, vous entendez l’orage qui gronde dehors. À croire que votre bestialité a révolté les dieux.

    « – Il.. il faut qu’on trouve.. une nourrice de confiance.. »

    Une phrase qui sonnerait presque étrange dans ce moment si particulier mais s’il dit cela, c’est parce qu’il veut retrouver un peu plus d’intimité et dormir avec les enfants ne vous aide pas. Freya sera parfaite dans ce rôle mais un nouveau grondement à l’extérieur met fin à ce petit aparté. Leif n’a pas peur de l’orage ni des éclairs mais ce n’est pas normal de sentir de l’eau monter à ses pieds.

    La grotte commence à se remplir d’eau un peu trop vite. Elle est en bas d’une falaise mais ce qui est problématique c’est que son entrée est déja immergé. Il va falloir se mouiller pour sortir et il faut le faire au plus vite sous peine d’être bloqué ici. Rapidement, Leif te repose et même si vos vêtements flottent, il les récupère avant de prendre ta main pour aller vers la sortie. Ça paraît presque impossible et dangereux ce que vous allez faire mais il n’y a plus rien qui vous fait peur, sauf de vous perdre l’un et l’autre ou perdre l’un de vos enfants.

    « – Tu gardes bien ma main dans la tienne ! Jusqu’à ce que l’on soit sorti de l’eau ! »

    C’est un ordre mais il s’assure quand même de ta sécurité. Vous partez donc dans cette rivière naissante et malgré le courant, vous réussissez à rejoindre la terre ferme mais votre nudité met mal à l’aise des hommes qui étaient venu à votre recherche. Sous la demande de Charles, des soldats ont été envoyé et ils sont là mais Leif prend un air colérique puisqu’ils viennent de te voir nue.

    « – Tournez vous !! Tournez vous ou je vous crève les yeux !!
    _ Pardon Sir.. Le seigneur Wells nous a envoyé vous chercher à cause de l’orage.
    _ Taisez vous et retournez vous !! »

    S’il y a encore quelques minutes il était détendu, le voilà grognon à cause de ces hommes mais Leif vient surtout cacher ta nudité en prenant à un soldat, sa veste en peau de bête. Lui enfile son pantalon mouillé mais ça le couvrira jusqu’au manoir. Une cheminée et un bain chaud ne sera pas de refus lorsque vous serez rentré mais ce n’est pas dans l’actualité puisque lorsque vous rentrez, Freya arrive en panique avec les deux petits. Ils n’arrêtent pas de pleurer et cela est dû au fait qu’ils n’ont pas encore l’habitude d’être loin de toi. C’est donc à quatre que vous retournez dans la chambre. C’est aussi à quatre que vous vous retrouvez devant la grande cheminée. Leif est assis avec toi sur le tapis et vous avez chacun l’un des jumeaux. Toi, la petite sora et Leif, votre garçon. C’est hilarant comme situation puisque vous n’avez jamais vécu cette situation où un rôle de parent vient à vous bloquer. Vous avez été bloqué par des guerres, des morts, des voyages dans le temps, une grotte remplie d’eau mais jamais par deux petits monstres qui ont une voix si aiguë que cela donne des maux de tête. Et le pire dans tout cela, c’est que ce sont eux les vainqueurs puisqu’ils ont réussi à vous ramener à eux. Leif sourit d’amusement quand Kisos se met à bailler comme s’il venait de passer la journée la plus difficile de sa jeune vie.

    “ – Tu es fatigué d’avoir rendu ta tante Freya folle ? Et dire que je pensais être invincible.. Voilà que deux bébés sont des armes encore plus redoutables qu’une épée.”

    Sora aussi se met à bailler et cela va peut-être vous laisser l’occasion d’aller prendre un bain à deux mais à peine vous poser les bébés dans leurs berceau, qu’ils se remettent à pleurer.

    “ – Ils sont malades ? Hier ils n’étaient pas ainsi.. Ou alors c’est peut-être le voyage. Je n’y connais tellement rien aux enfants et avec mon départ, j’ai fuis ma responsabilité.. Montre moi comment on.. on s’occupe de deux petites têtes dures comme eux..”

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    GAPG

    Leif t’écoute mais Leif boue de l’intérieur. Tu oses envisager de t’éloigner pour son « confort » mais tes mots lui font mal. Que tu puisses croire qu’il serait mieux sans toi ? Ça le rend dingue mais il traduit cela par un silence un peu trop puissant. Si sa voix ne dit rien, son visage montre une colère grandissante. Ayant encore Sora dans les bras, il évite de tout envoyer valser mais quand tu as terminé de parler, il ne peut éviter de lâcher une sorte de souffle colérique. Presque comme un taureau prêt à foncer sur un toréador.

    « – Tu as fini ? Parce que là, je n’ai jamais entendu autant de conneries de ma vie ! Mais.. TU.. »

    Sora se met à bouger alors il se stoppe, sans cela il aurait sûrement crié mais il ne veut pas réveiller la petite. Leif se met donc à prendre une bonne aspiration pour se calmer et parler plus posément. D’ordinaire il évite de s’emballer de la sorte mais là, il est vexé et furieux que tu puisses penser à de telles choses.

    « – Et si c’est moi qui te sortait ça ? Si je disais que peut-être que cette vie avec un roi ne te plaît pas ? Que tu pourrais faire ta vie avec un homme avec moins de responsabilités ? C’est ça que tu veux ? Alors oui, tout est compliqué mais jamais je n’envisagerais de te virer de ma vie ou d’abandonner ma mission de père de famille ou d’époux ! Je sais que je ne suis pas parfait mais je vais réussir à concilier mon rang et ma famille ! Je pourrais même tout quitter pour vous ! Alors si c’est ce que tu veux, dis le moi mais arrête de croire que je serais mieux sans toi ou sans nos enfants ! Je ne veux plus jamais t’entendre dire ce genre de conneries Matoaka ! »

    Sur la fin, sa voix s’élève à nouveau et Sora lâche un râle qui fait taire son père. Leif se relève du lit en gardant la petite dans ses bras et il se met à la bercer sans même s’en rendre compte.

    « – Oui je suis en colère petite demoiselle mais sache que jamais je ne vous laisserai de côté, toi, ton frère ou même ta mère. Vous êtes mon royaume, mon monde. Ai-je raison de dire cela ? »

    Sora sourit ce qui attendris Leif. Il se calme un peu plus et quand Sora referme les yeux, il la repose près de son frère avant de finalement se tourne vers toi. Toujours debout, il croise ses bras contre son torse et cela lui donne toujours son air mécontent mais il finit par te tendre sa main pour que tu viennes contre lui.

    « – J’ai besoin que tu sois auprès de moi, pas l’inverse. On va réussir à mener notre vie de parents et je saurai en même temps gérer mes missions. Le début va être difficile, surtout avec des enfants en bas âges mais on a vécu bien pire non ? Et on a toujours réussit à s’en sortir. Pour notre peuple, on va le sauver et je vais réussir à mettre Charles à la tête de ce pays mais j’ai besoin de toi. J’ai besoin que tu crois en nous, en moi.. »

    La terre ne pourrait être ce qu’elle est sans le soleil, c’est la même chose pour Leif avec toi. Il embrasse le bout de ton nez après cette scène orageuse et vous finissez par aller vous reposer. La journée a été chargé, la soirée aussi et demain annoncera sûrement des nouvelles péripéties.

    Des l’aube, une péripétie de taille arrive pour Leif. Une odeur horrible l’a réveillé et il se retrouve devant un Kisos qui a fait la grosse commission. Les hommes ne changent pas les enfants d’ordinaire mais Leif ne veut pas que tu te réveils aussi tôt alors il tente de gérer la situation.

    « – Qu’est ce que tu pus.. beurk… c’est immonde.. »

    Il met le petit nu mais pour le nettoyer, il ne sait pas comme s’y prendre. Il voit un seau d’eau qui serre pour remplir la baignoire et il s’arrange pour tremper les fesses de Kisos dans l’eau mais elle est froide alors le petit se met à hurler. Leif en panique et il se dépêche de couvrir Kisos avec une couverture mais les fesses sont toujours bien sales. Tu te retrouves réveillé, Sora aussi puisqu’elle pleure encore plus fort que son jumeau.

    « – Pardon.. je.. il fallait laver ses fesses mais.. je sais pas comment bien.. m’y prendre et maintenant il pleure.. »

    La première leçon pour changer un bébé va commencer. Ça semble être difficile et pourtant tu fais ça avec une facilité déconcertante. Leif essaye de le faire avec Sora puisque c’est plus simple mais il va avoir besoin de beaucoup plus d’entraînements s’il veut être le pro de la couche. Pour le repas, heureusement c’est toi qui gère la chose mais Leif est quand même surpris par la façon vorace qu’ ont vos petits de te téter. Ils sont de vrais gloutons. Kisos s’accroche à ton sein et Sora donne des coups de pieds à son frère comme pour le faire dégager. C’est limite un combat pour avoir le plus de lait possible.

    « – et bien dis donc… je suis estomaqué ! Ils sont féroces.. on va avoir beaucoup plus de fil à retordre avec eux que devant une armée de milliers d’hommes.. »

    Mais en parlant d’armées, Leif va avoir du boulot aujourd’hui puisque les hommes qu’il a invité à le suivre pour mettre Charles en tête du pays, arrivent autour du manoir pour les préparations à la future bataille. Le temps qu’il aille voir les chefs de ces hommes, Freya te rejoint ainsi que le jeune Thomas. Il veut s’assurer que tu vas bien par rapport à ton malaise de la veille et il t’a aussi ramené un petit bouquet de fleurs qu’il a lui-même cueillis.

    « – Mère adorait les fleurs alors je lui apportais des bouquets presque tous les jours. Vous allez mieux madame ? Oh.. vos enfants sont réveillés ! »

    Il se rapproche pour vous Kisos et Sora, sans se douter que cette demoiselle sera un jour son monde. Pour le moment il s’amuse surtout à faire des grimaces pour faire sourire les bébés et c’est bien assez. Leif arrive justement à ce moment et il vient saluer le jeune Wells.

    « – Je peux compter sur toi pour surveiller mon épouse et mes enfants le temps que j’aille sur Londres avec ton père ?
    _ Bien sûr Leif ! Je les protègerais !
    _ Je te fais confiance Thomas. »

    Leif donne une petite tape amicale sur l’épaule du garçon avant de te faire signe de le suivre. Vous allez un peu plus loin pour que vous puissiez être seulement à deux.

    « – Je pense partir d’ici quelques jours pour Londres. Nous avons assez d’hommes pour tenter d’attaquer le roi mais avant de partir, je tiens à ce que tu me promettes de rester ici. Je te connais et je sais que tu es bien capable de me suivre pour être certaine que je reviennes entier mais là, je préfère que tu restes ici avec nos enfants et Thomas. Je vais mettre Charles sur le trône mais quand il le sera, on va repartir en Norvège avec Thomas. S’il reste avec son père, il ne deviendra pas quelqu’un de bien.. j’en ai la conviction. Charles n’aspire qu’à la vengeance et quand il sera sur son trône, il se rendra vite compte que tout ce qu’il a fait va le faire sombrer. Je ne veux pas que Thomas assiste à ça. Ça lui donnera aussi cette envie de vengeance, de noirceur.. alors on doit le prendre avec nous. »

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    Cette crise de colère fait sensation puisque tu déchaines les élements. Si les autres hommes sont choqués, Leif contient sa propre colère puisqu’il y a réellement une mésentente entre vous. Tu penses qu’il te prend pour une personne nulle, sans intérêts alors que lui veut seulement te protéger. Il t’a fait venir ici c’est vrai mais pas pour t’envoyer à la mort ou alors pour que tu sois blessé. Cela peut paraître misogyne et égoïste mais il a toujours été très protecteur envers toi mais c’est encore plus fort depuis l’arrivée des bébés. Comment pourrait-il être serein en sachant que tu seras avec une arme en main et face à des ennemis ? Pour le moment il garde ses lèvres closent puisqu’il se doute que tu veux qu’il réplique. Oui, tu attends une réponse mais au lieu de cela, Leif te contourne et il fixe les hommes qui sont près de vous.

    “ – Au lieu de nous écouter, préparez vos armures et vos armes puisque nous partirons demain matin.”

    Leif tourne les talons et il reprend le chemin pour le manoir mais il sait que tu le suis. Il sent même tes mains cogner contre son dos pour le faire stopper mais il marche et essayes surtout de ne pas exploser.

    “ – Alors hier tu étais prête à partir à mille lieu de moi sans aucune vrai raison et aujourd’hui je suis un monstre qui ne te considère que comme une moins que rien ? Et toi, tu me prends pour quoi finalement ? Si moi je te prends pour mon vide couille, toi tu me prends pour un homme horrible qui ne fait que se servir de toi. Un homme qui ne semble pas t’aimer, qui ferait mieux de trouver mieux ailleurs. Voilà ce que j’entend depuis hier.”

    Il se stoppe à mi chemin mais reste de dos à toi car il n’a pas l’envie de croiser ton regard, pas maintenant. Il se sent blessé et en colère.. Chose qui n’est jamais bonne avec lui car il est impulsif.

    “ – Je veux seulement que tu restes auprès des enfants parce que tu es la mieux placé pour les protéger. Des soldats j’en ai des milliers qui iront se faire tuer pour moi mais toi, comme tu l’as dis, tu n’es pas mon soldat. Tu es mon épouse mais sais-tu pourquoi je te demande de rester ici ? Parce qu’en partant sur Londres, cet endroit deviendra un point faible. Les hommes du roi pourraient venir ici pour tout saccager et même essayer de tuer Thomas. Seulement, comme je connais ta force de louve, de mère, je sais que tu tiendras cet endroit debout et que tu ne laisseras personne l’approcher mais tu as raison, je ne crois pas en toi. Je suis un monstre qui te considère pas. Je suis sûrement la pire chose qu’il te soit arrivé.”

    Il se remet à marcher mais ton petit corps arrive devant le sien. Son regard est devenu sombre, son visage fermé. Leif te fusille du regard mais il fait un pas en arrière quand il voit que tu es prête à donner un coup sur son torse.

    “ – Je ne sais pas ce que tu attends de moi mais si tu voulais me blesser, sache que tu as gagné. C’est toi qui me prend pour quelqu’un de faible. Tu n’as pas assez confiance en moi pour me laisser partir et revenir auprès de toi sain et sauf. Bref, fais ce que tu veux. Viens si tu veux, de toute façon je sais que je n’aurai pas mon mot à dire.”

    Il semble baisser les armes mais Leif n’a plus envie de parler pour le moment. Encore une fois, il te contourne et il retourne enfin dans le manoir mais pas pour aller discuter avec qui que ce soit. Il préfère aller dans la grande cour pour sortir son arme et calmer ses nerfs en tranchant les mannequins en paille. Dans un sens, cela l’entraine pour la bataille mais il y reste un peu trop longtemps puisque la pluie et la nuit finissent par le rejoindre.

    Il est vraiment très tard lorsqu’il rentre dans la chambre. Tu ne dors pas, les enfants non plus mais ils sont dans leurs berceau. Leif va vers la cheminée pour se réchauffer mais la tension se sent à des milliers de kilomètres. Vous êtes tous les deux tendus et le départ pour demain ne devrait rien arranger.

    “ – Si tu es malheureuse avec moi.. Alors ne restes pas. Je ne serais jamais un homme parfait. Je continuerais de vouloir te protéger ou alors je continuerais d’être un guerrier qui veut se battre.. Ou un roi qui veut tout arranger.. Ou qu’importe.. Je ne serais peut-être jamais l’homme que tu rêves d’avoir. Et.. Et si cela te rend malheureuse alors tu devrais peut-être toi, trouver cet homme qui te rendra heureuse.”

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    Leif ne peut pas rester insensible à tes mots, à tes pleures. Il vient te prendre contre lui et il fait en sorte que tu niches ton visage contre son cou. Il comprend ce que tu ressens puisque lui-même ressent la même chose. Il ne veut pas te perdre, il veut que tu vives et il veut te protéger. Il a la mémoire défaillante et c’est sûrement sa chance mais même s’il ne se rappelle plus, Leif en a pas moins peur aussi. Tout peut se détruire, tout ne rien qu’à un fil et c’est bien pour ça qu’il t’a fait venir ici. Il ne pouvait pas laisser la mer du nord vous séparer mais c’est vrai qu’en allant à Londres, il va y avoir une distance non négligeable pendant plusieurs jours.

    « – Rien ne m’arrivera et surtout, plus rien ne nous séparera. Je me battrai pour nous, pour notre famille et je veux vieillir auprès de vous. Alors fais moi confiance, je t’assure que vous êtes ma priorité. Vous êtes bien plus important que tout. Toi, nos enfants.. vous n’êtes pas un rêve mais ma réalité, mon monde. Je veux encore me réveiller auprès de toi chaque matin et je veux pouvoir un jour voir mes enfants être à leurs tours amoureux et parents.. »

    Leif embrasse ton front et au même moment vous pouvez entendre Sora lâcher un cri de joie. Elle semble sentir votre proximité et ça vous fait tendrement sourire.

    « – Je sais que tes dons peuvent te faire peur. Ils te montrent des images qui peuvent être horribles mais parfois ce ne sont que des avertissements, pas la réalité. Regardes tout ce qu’on a quand même accompli de beau.. comme nos deux petits. Et on va encore réaliser de magnifiques choses. Tes visions n’auront pas le dessus sur notre vie. »

    Il continu de te serrer contre lui jusqu’à ce que tes larmes cessent de couler et quand tu sembles aller un peu mieux, il te mène vers le berceau ou vos deux bébés sont réveillés. Sora chantonne encore alors que Kisos semble livrer une petite guerre à une peluche qui lui a été offerte par Thomas. C’est en vous voyant tous les trois que Leif se donne de la force, une raison de rester debout. Justement, au moment ou Leif sort Kisos du berceau pour le prendre contre lui, tu as une vision du futur.

    Un Leif avec les cheveux blancs et beaucoup plus de rides mais surtout face à Kisos qui est plus grand que lui. Kisos a une longue chevelure qu’il a tressé et de nombreux tatouages vikings mais aussi amérindien. Les deux hommes semblent rire alors que non loin, il y a Charlotte qui tient deux enfants dans ses bras et Sora qui semble enceinte. Toi, tu es un peu en retrait pour voir la scène mais tu n’es pas seul puisqu’il y a Thomas qui t’accompagne. Étrangement, ce garçon est bien plus lié à toi qu’à Leif au final. C’est toi qui semble être la gardienne de son futur “heureux”.

    “ – Tout ça est possible grâce à vous Matoaka. Je ne vous remercierais jamais assez pour ce que vous avez fait pour moi et ma famille avec Sora. Sans vous, il y a bien longtemps que je serais mort.. Vous rappelez-vous du siège de Londres ? Vous étiez resté auprès de moi alors que j’avais attrapé cette maladie qui ravageait le pays. Vous avez plusieurs fois sauvé ma vie mais vous avez surtout permis à ce que je puisse vivre auprès de l’amour de ma vie. Votre fils aussi à le droit au bonheur grâce à vous. Nous en parlions encore ce matin et il vous sera éternellement reconnaissant d’avoir sauvé Charlotte lors de son accouchement.. Vous êtes un miracle Matoaka et sachez que je ferai tout en mon possible pour continuer de protéger Sora mais aussi le reste de votre famille. Maintenant que je suis roi de ce grand Royaume, je ferai de votre protection ma priorité.”

    Un Thomas roi de l’angleterre et un Kisos qui a pris la tête de la norvège puisque Leif semble avoir décidé de lever le pied pour être auprès de toi. Il y a pourtant une surprise que tu n’avais certainement jamais encore vu en vision. Il y a une belle demoiselle qui vient se lover dans les bras de Leif et en la voyant, tu peux comprendre qu’elle est votre fille. Elle te ressemble mais elle a les yeux bleus comme Leif. Elle a aussi un teint un peu plus clair que ceux de Sora et Kisos. Elle a certainement une bonne dizaine d’années de différences avec vos aînés. Vous allez avoir une nouvelle fille dans le futur ?
    Leif te sort de ta rêverie à cause d’un râle grognon car Kisos est en train de tirer sur sa barbe.

    “ – Ehhhhh ! Tu es un vrai petit monstre toi ! Tu verras quand tu auras du poil au menton, je te ferai la même chose !”

    Kisos semble en rire et ça fait craquer Leif qui vient embrasser les joues potelées du bébé. Après cet instant doux, il repose votre fils et il t’invite à aller manger un bout près de la cheminée. Vous devez quand même parler de son départ et de ses plans pour Londres.

    “ – Malgré notre petite dispute, je dois t’avouer que je préfère quand même que tu restes ici.. Non pas parce que je doute de tes compétences mais justement, j’ai besoin que tu puisses garder cet endroit. Il y a Freya mais.. Même si elle sait utiliser une épée, elle ne sait pas se battre comme toi et elle n’a pas ta stratégie. Je sais que si l’endroit est attaqué, tu sauras faire tomber les ennemis. Pour moi, je vais aller à Londres mais dès que j’aurai réussi à faire entrer Charles dans la ville, je reviendrais ici. Je n’irai pas jusqu’à l’attaque du roi actuel. Tu as raison sur beaucoup de choses.. J’aime aider et gagné mais je dois aussi apprendre à laisser les autres faire. Il gagnera son trône s’il suit mes conseils mais pendant ce temps, toi, nos enfants et moi, nous repartirons en Norvège. C’est là-bas notre maison.”

    Il ne partira donc que quelques jours. Il s’interdit une longue guerre et un combat jusqu’à atteindre le trône. C’est le sien qu’il doit retrouver mais surtout, retrouver votre vie. Avec les semaines passées ici, il a pu rassembler assez de vivres pour nourrir votre peuple durant l’hiver mais aussi le prochain hiver.

    “ – Tu me fais assez confiance pour me laisser partir une petite semaine ? Je te promets de revenir sans une seule égratignure. Si j’ai une quelconque petite blessure, tu auras le droit de me gifler.”

    Dit-il avec amusement. Leif sort de sa poche un petit pochon avec des herbes. Cela vient de ton sac et il sait que celui-ci contient des ingrédients qui peuvent tuer plusieurs hommes s’il en met dans une boisson ou même sur un poignard.

    “ – Je t’ai pris un peu de ton arme secrète pour me donner encore plus de chance et j’ai aussi ton bracelet qui m’accompagnera. Je ne pars pas impulsivement.. J’ai eu le temps de réfléchir à toutes les situations aujourd’hui. Même si je devais être fait prisonnier, je sortirai aussi vite que l’on m’aura enfermé. Et tu sais pour quoi ? Parce que je rêve de retrouver notre maison. Bien qu’il faut la reconstruire mais ça, j’ai bien l’intention de le faire de mes propres mains. Une grande maison longue avec une immense chambre pour nous et puis une sorte de serre pour tes plantes.. On pourrait aussi adopter un chien. Ne ris pas ! J’adore les chiens mais j’avoue qu’on avait pas vraiment le temps d’en accueillir un dans notre foyer.”

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    Leif n’a pas besoin d’entendre ta volonté pour avoir l’envie de toi ou même de laisser votre bestialité prendre le dessus. Dès que tu relâche son membre, il te soulève facilement et il te plaque contre l’un des murs de la salle d’eau. Il ne prend même pas le temps de te préparer puisqu’il vient enfoncer son membre en toi et il entame des coups de bassin qui pourraient presque en faire trembler les murs. Leif te désir énormément et il n’y a que dans ce genre de moment qu’il arrive à l’exprimer plus facilement. Il n’est pas le plus doué dans la parole mais dans l’intimité il semble savoir montrer ce que tu lui inspire. Un amour fort, un amour intense et un désir toujours puissant. Dans ses gémissements il clame aussi ses sentiments et dans vos baisers, il y met une fougue qui vous en fait accélérer vos souffles.

    « – Comment ne pas avoir envie de toi.. Je suis fou de toi.. Tu me rends dingue.. Tu es mon univers.. Tu.. tu le sens à quel point je t’aime ? À quel point.. tu es mon grand amour.. »

    Il ralentit légèrement sa cadence pour faire perdurer un peu plus ce moment mais aussi pour venir savourer la peau chaude de ton cou qu’il s’amuse à mordiller. Leif aurait préféré de loin te faire l’amour dans votre lit car il aurait eu beaucoup plus de facilité à jouer avec ton corps mais il réussit tout de même à passer sa main entre vous deux pour accentuer ton plaisir en caressant ton bouton de plaisir. Cela te rend plus étroite et pour Leif c’est un tel plaisir qu’il ne tarde pas à atteindre l’orgasme.

    Un coup d’eau ne sera pas de refus mais là, Leif contre toi encore un bon moment puisqu’il n’a pas envie de quitter tes bras. Vous allez être séparés quelques jours mais c’est certainement de trop. Même quand vous rejoignez le lit, il te reprend contre lui et il te serre du plus fort qu’il le peut. Il sait qu’il ne va pas réussir à fermer l’œil car il n’est qu’à quelques heures d’une entrée en guerre alors cela le perturbe un peu mais tes regards et tes sourires réussissent à ne pas l’enfermer dans des pensées négatives.

    “ – J’espère qu’à mon retour tu m’offriras une nuit comme celle-ci à nouveau. Il n’y a pas mieux pour retrouver un plein d’énergie complet.”

    S’amuse t’il à te dire tout en déposant des petits baisers sur ton visage. Leif te laisse t’endormir même s’il sent que ton sommeil est léger et durant cette petite nuit, il veille sur toi ainsi que sur vos petits puisque par deux fois, il se relève pour aller voir si tout va bien.

    Lorsque tu te réveilles, il est déjà debout et en tenue de guerre. Leif termine de préparer ses armes mais ce qui est quelque peu amusant, c’est qu’en même temps il borde Sora dans l’un de ses bras. Il est bien rare de voir un homme s’occuper autant d’un enfant et encore plus lorsqu’il s’apprête à partir se battre. Leif vient te donner Sora quand tu te relèves mais tu as aussi le droit à un baiser.

    “ – Je vais devoir prendre le départ.. Nous devons partir avant le levé du soleil. Je ne vais pas faire réveiller tout le manoir alors retournes au lit mon Amour..”

    Vous ne serez pas attaqué aujourd’hui de toute façon puisque les anglais ne savent pas ce qu’ils les attendent. Leif te parle de son plan pour les prochains jours mais il s’assure aussi que tu es prête pour gérer cet endroit. Armes, cachettes, nourriture, il n’oublie rien si ce n’est qu’à la fin de son discours, il te donne une épée qui est nouvelle et surtout taillée pour tes plus petites mains.

    “ – Je l’ai fais faire il y a quelques jours.. Regardes, il y a des symboles de ton peuple et du mien..”

    Il a demandé beaucoup de détails et bien qu’un bouquet de fleurs soit plus romantique, chez vous il est bien plus important de pouvoir se défendre alors Leif tenait à t’apporter ce cadeau pour que tu puisses penser à lui.

    “ – Je vais revenir au plus vite. Et.. si vraiment je venais à tomber ou me faire emprisonner, sache que je ferai tout pour que tu sois au courant. Te connaissant, je sais que tu seras la première à venir me sauver.. Tu es ma princesse charmante.”

    Il sourit en coin et avant de quitter cette chambre, il t’embrasse à nouveau, tout comme il embrasse vos deux petits. Ils sentent que leurs père va partir car ils chouinent déjà mais Leif a pensé aussi à leurs donner un petit cadeau. Ils ont eu le droit tous les deux à un petit bracelet en perles de bois, que Leif a fait de ses propres mains.

    L’armée constituait est immense. Leif ne pensait pas qu’il y aurait autant de monde qui n’aiment pas le roi anglais actuel mais cela ne peut être qu’un avantage pour gagner rapidement. Les troupes partent en suivant le leader qu’est Leif mais cela rend Charles jaloux puisqu’il n’impose pas autant de respect et de soutien. Peut-être que cela se retournera contre Leif par la suite ou alors changera le cours de l’histoire mais pour le moment, ils s’en vont et il va falloir quelques jours pour atteindre cette fameuse capitale.

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    Cela ne devait être qu’une simple bataille pour reprendre Londres et la couronne mais Leif aurait dû se douter que cela deviendrait une guerre. Le roi actuel, ne tient pas à laisser son trône et c’est bien normal mais pour cela, il a réussi à monter une grande armée aussi. Malheureusement pour ce roi, Leif a bien plus d’influence que lui et les alliances du Nordique avec les français ou même les peuples oubliés du royaume uni, font qu’il a bien plus d’hommes et surtout beaucoup plus d’appuis. L’Angleterre est rapidement prise par les rumeurs de cette prise de pouvoir et les soutiens envers Leif se font de plus en plus présents, si bien que beaucoup de monde en oublie que c’est Charles qui doit monter sur le trône.

    Malgré cette guerre, Leif ne t’oublie pas et il fait en sorte qu’un messager puisse l’avertir de ce qu’il se passe de ton côté. Au bout d’une semaine, il apprend ce qu’il s’est passé. Tu as été chassé du manoir et personne ne sait où tu es. Il sait que tu as fait repartir les enfants vers la Norvège avec Freya et Thomas mais toi ? Cela le rend fou. Leif se trouve dans une tente à l’extérieur de Londres lorsqu’on lui annonce tout cela. Ils font un siège sur la grande ville mais avec ce qu’il vient d’apprendre, Leif est bien décidé à s’en aller, ce qui ne plaît pas à beaucoup de monde et surtout Charles qui touche presque son but.

    “ – Je vais faire envoyer des hommes pour qu’ils la retrouvent mais tu dois rester ici ! On y est presque Leif !
    _ NON ! Mon épouse est portée disparue et je dois la retrouver ! Si l’un des anglais lui fait quoi que ce soit, je te promet que je ferai disparaître ce putain de pays ! Tu as bien compris Charles ?!”

    Leif est dans une rage incontrôlable. Il demande déjà à plusieurs de ses hommes vikings de retourner vers les terres du nord pour aller massacrer tous ceux qui ont osé te chasser. Il compte même les suivre puisqu’il ne veut plus rester ici, à attendre que le roi finisse par baisser les armes mais Charles sait que si Leif part, les troupes partiront aussi. Ils suivent le nordique aveuglement et sans lui, Charles se fera exécuter rapidement.

    Il doit trouver une idée pour ne pas que Leif s’en aille et qu’il finisse par être décapité. L’idée ? Échangé Leif contre sa propre vie puisque le roi actuel pense que cette guerre vient de Leif. En ayant Leif entre ses mains, Jacques pourra le tuer et ainsi garder son trône.. Oui, enfin faut-il réussir à faire tomber Leif. En soit, Charles réussit à l’attraper puisqu’il envoie plusieurs hommes sur le colosse mais est-ce suffisant pour arrêter ce monstre des glaces ? Leif se réveille dans une geôle du château de Londres. Il est attaché de toutes parts et il a une vive douleur à la tête puisqu’il a été assommé. Il comprend ce qu’il se passe, il a été trahi par Charles mais cela ne fait que décupler la rage qui est en lui. En étant emprisonné ici, cela l’empêche de venir te chercher et c’est ce qui le rend encore plus dangereux. Ce n’est pas la trahison de Charles qui fait de lui un monstre vivant mais c’est parce qu’il sait qu’on peut te faire du mal. Personne n’a le droit de te toucher.

    “ – Voici le traître.. Le roi Leif de Norvège. C’est lui qui a souhaité prendre votre trône.”

    Leif reconnaît cette voix et il lève son regard sombre vers Charles mais aussi le roi Jacques qui sont derrière la porte de la cellule. Charles se vante d’avoir suivi Leif dans le but de pouvoir le livrer au roi et bien évidemment, Leif en grince des dents. Il a encore une fois eu bien trop de compassion pour quelqu’un qui n’hésite pas à le jeter dans la gueule du loup mais il n’est pas encore arrivé ce jour où Leif donnera son dernier souffle. D’autant plus qu’en extérieur, le siège continu grâce à Bjorn. Le jeune homme a réussi à fuir les hommes de Charles et il a prévenu les alliés de Leif, que celui-ci avait été fait prisonnier.

    “ – Sais-tu ce que l’on fait aux traîtres Leif ? On coupe leurs têtes et on les met au bout d’une pique.
    _ J’ose espérer que la tête de Charles sera auprès de la mienne alors.
    _ Ce n’est pas un traître puisqu’il t’a livré. Cependant avant de te tuer, j’aimerais que tu demandes à tes hommes de cesser les hostilités.
    _ Et pourquoi ferais-je ça ?
    _ Car j’ai entendu dire que ton épouse était sur le quai pour rejoindre le vineland. Il ne me sera pas difficile de faire envoyer des hommes pour la violer et la brûler.”

    Jacques n’aurait peut-être pas dû parler de toi. Il a fait la plus grosse erreur de sa vie mais ça, il ne verra que quelques heures plus tard. Leif a un niveau de rage tellement puissant qu’il pourrait arracher les cordes qui le tiennent et ouvrir la porte en fer qui l’éloigne du roi mais sa vengeance se veut plus cruelle. Il accepte de parler à ses hommes.. Même si cela va sonner comme le jour le plus sanglant de toute l’île.

    Il est amené au niveau du pont levi qui donne sur son camp. Il est encore attaché, il a même un sac sur le visage et il est surtout accompagné de plusieurs hommes, d’un bourreau, du roi et de Charles. Leif a une vraie garde autour de lui et tous pensent qu’il ne pourra rien faire. C’est vrai, il n’est pas dans la meilleure posture mais il sait que sa porte de sortie arrive.

    “ – Nous avons votre roi. Votre allié. Il est considéré comme le plus grand traître de notre royaume et il va se faire exécuter mais avant d’être mené au billot, il tient à vous dire une dernière chose.”

    Lance un jacques bien confiant. Le sac est retiré du visage de Leif et les hommes face à lui se mettent à genoux. Tous, sans exception. Cela ne plaît pas à Jacques et encore moins à Charles qui s’avancent vers ceux qui auraient dû être ses hommes.

    “ – Ils sont tous des traîtres ! Ils doivent tous mourir !”

    Charles a fait un pas de trop. Il pense que Leif est bien maintenue mais en un mouvement, Leif réussit à se faire lâcher et bien qu’il a les mains attachées, il se jette sur Charles pour le mordre à la gorge. Oui, il le mord et d’une manière qui va marquer l’histoire. La jugulaire ouverte, Charles n’a pas le temps d’hurler mais surtout, cela relance les hostilités et les hommes de Leif se relèvent pour aller se battre contre les soldats de Jacques qui sont présents.

    Jacques a le temps de retourner dans la cité et il ordonne à ce que le pont soit barricadé mais il est trop tard. Leif est libéré et maintenant qu’il a de nouveau sa place de chef, il impose à ses hommes de rentrer dans Londres et de tout brûler, sans exception. Sa rage peut enfin s’exprimer. Il sait qu’il doit aller te rechercher mais avant de prendre la route, il veut mettre la tête de Jacques sur le bout d’une pique. En faisant cela, Leif sait qu’il deviendra le nouveau monarque de l’île. Il ne devait être qu’une aide et finalement il prend le trône.

    Londres tombe, Jacques meurt, Leif est de nouveau roi. Il devrait fêter cela et établir sa nouvelle royauté mais il n’a pas le temps de s’amuser à faire ça. Il met Bjorn sur le trône et il prend plusieurs hommes pour partir vers la ville qui fait les trajets entre l’angleterre et le Vineland.

    Le Vineland.. Cette fameuse terre où tu es né et cette terre que Leif est le premier blanc à avoir foulé. Aujourd’hui, elle n’est plus comme lorsque tu es parti. Leif avait été respectueux dans le sens où il n’a monté aucune colonie pour que les tiens puissent garder leurs terres mais le roi Jacques n’a pas eu le même raisonnement. Il a envoyé des centaines d’hommes armés pour établir des colonies et pour voler cette terre aux tiens mais ça, vous ne pouviez le savoir puisque tout c’est fait en secret. Ton peuple est encore là mais il y a beaucoup d’amérindiens qui ont été exterminés et ils sont surtout enfermés dans des cages, comme des animaux. Ils servent d’esclaves pour les anglais et le sort des amérindiennes est encore plus douloureux puisqu’elles sont violées pour engendrer des enfants qui sont issus des deux peuples.

    Tu te retrouves comme les autres, dans une cage lors de ton arrivée. Tu peux aisément voir ce que ton peuple subit depuis des années mais pour le moment, les visages sont inconnus puisque les plus puissants des Powhatans ont réussi à s’échapper. Ils ont fuis la colonie et ils attendent la bonne occasion pour décimer les blancs. Cette occasion risque d’arriver plus vite qu’ils ne le pensent puisque le nouveau roi d’Angleterre est en route pour le vineland..

    Leif le barbare. C’est le surnom qui lui est donné depuis qu’il a détruit Londres et sa monarchie. Le voyage en bateau est long, tellement long que sa patience est mise à rude épreuve et certains marins se font tout simplement jeter à l’eau lorsque Leif se sent colérique. Nashoba accompagne le colosse mais il sait qu’il doit aussi s’en méfier puisque Leif se montre de plus en plus impulsif et imprévisible.

    “ – On va la retrouver.. Elle n’est pas morte. Je le sais.
    _ Et comment tu pourrais le savoir ?! Tu n’es pas comme elle ! Tu n’as aucun pouvoir ! Tu n’es rien !
    _ LEIF ! Je ne suis rien ? Je suis le frère de Matoaka et je vous ai toujours soutenu, toujours suivi pour me battre à vos cotés ! Tu me dois le respect !”

    Nashoba a raison et il est légitime qui clame sa bonne foi mais Leif est dans un tourment. Un tourment qu’il a déjà vécu et qui lui avaient valu certaines caractéristiques physiques.. Des cheveux d’un blanc polaire et des yeux de couleurs ocres. Le démon semble être encore présent, à moins que ce démon soit aussi Leif.

    Il pose son pied sur le quai de cette ville qui n’était pas là il y a bien des années. Il y a beaucoup de monde, surtout des hommes. Personne ne prête attention à ce géant à la chevelure fraîchement blanche et à l’armure en cuir noir. Du moins, pas jusqu’à ce qu’il attrape un autre homme par la gorge et qu’il lui brise la nuque avec une seule pression de main. La scène est insoutenable mais elle installe le nouveau climat. Le monstre est arrivé au Vineland. C’est sûrement une superbe nouvelle pour ton peuple puisque Leif les a toujours soutenus et épargné mais il y a une légende amérindienne qui coïncide avec cette arrivée.

    L’our blanc. C’est une légende qui a toujours été conté puisque les anciens esprits ont prédits qu’un jour, un immense ours blanc viendrait sur les terres amérindiennes pour tout détruire. Il est en colère contre tous les hommes et il doit les punir. Plus il tuera d’hommes et plus il gagnera en force. La seule façon de stopper l’ours est de l’enfermer dans l’une des grottes sacrées.

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    GAPG

    Tu n’es pas dans cette ville. Leif le sent. Tu n’es pas ici mais tu as été ici puisqu’il y a beaucoup d’amérindiens. Cependant ils sont enfermés dans des cages où alors ils semblent être utilisés comme esclaves. Nashoba est furieux, tout autant que Leif mais en le voyant, l’un des colons ose demander à ce que Nashoba soit mis en cage.. Chose qu’il n’aurait mieux fait de ne pas dire.

    “ – Les peaux sales doivent être enfermées ou sans armes ici ! Qu’est ce qu’il fait là lui ?! Et vous qui êtes vous ?!”

    Cet homme ne fait qu’alimenter la haine en Leif et le colosse ni va pas en douceur lorsqu’il l’attrape par la gorge. D’autres hommes se ramènent avec des armes en main mais Leif ne lâche pas ce garçon qui a tenté de lui prendre Nashoba.

    “ – Qui je suis ? Je suis ton nouveau roi. Je suis aussi le premier homme qui a mis son pied sur cette terre et à ce que je vois, vous avez tout souillé.. Vous avez enfermés les personnes qui vivent ici, qui sont sur LEURS terres.
    _ Notre roi c’est..
    _ Votre roi ? Je lui ai tranché la tête et celle-ci est en train de pourrir sur une pique. Puisque je l’ai tué, il est normal que ce soit moi le roi maintenant.. Non ?
    _ Vous n’avez aucune preu..”

    Mais il ne finit pas sa phrase puisque Leif serre encore plus sa main pour faire taire à jamais cet homme. Aussi étrange que cela soit, personne ne vient en aide à cet homme car Leif dégage quelque chose de vraiment puissant et mauvais. Il fait peur.. Si peur que même certains amérindiens se mettent dans le fond de leurs cages.

    “ – Qui est votre chef ?
    _ Le roi..
    _ Non, qui est le chef de ce camp ?! Qui vous a mené ici ?!
    _ Jeffrey Wagner.. Il.. il est dans sa tente..
    _ Ramenez le ici. J’ai quelques mots à lui dire.”

    Leif n’est pas venu avec énormément d’hommes mais ce sont tous des nordiques si ce n’est Nashoba. Ils savent qu’ils vont devoir faire un massacre et c’est bien ce que Leif compte faire. Il veut exterminer tous les colons qui ont osé venir s’installer ici. La légende de l’ours blanc commence à prendre son sens.. L’ours doit nettoyer les terres de toutes les impuretés mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas quelques amérindiens dans le lot, car oui, il y en a certain qui ont pactisé avec l’ennemi et envoyé d’autres amérindiens à la mort pour pouvoir être sauvés.

    La petite ville portuaire met une soirée à tomber. Les amérindiens encore présents, sont sortis de leurs cages et remis en liberté mais aucun ne veut approcher Leif. Au contraire, ils veulent le fuir et c’est ce qu’ils font en retournant dans la forêt. Leif ne comprend pas. Il vient de les sauver mais ça semble ne pas convenir.

    “ – Leif.. Elle n’est pas ici.
    _ Je le sais. Elle est plus loin.. Je sens son cœur battre mais je sens aussi qu’elle ne va pas bien..
    _ Elle est peut-être partie vers les hauteurs, plus à l’Ouest. Il y a un endroit entre les montagnes et il nous servait pour cacher les femmes et les enfants en temps de guerre..
    _ On va y aller. Dès ce soir. Mais nous allons tuer tous les colons que nous verrons. Ils n’avaient pas le droit de venir ici.. Mais surtout, quelqu’un de mon entourage a osé trahir ma confiance.
    _ Quoi ? Comment ça ?
    _ Quand je suis venu ici et que je vous ai trouvé, j’ai fait le choix de ne parler de cet endroit à personne. Je ne voulais pas que les blancs puissent venir ici et potentiellement se confronter à vos peuples. Les hommes blancs ont la conquête facile.. Je suis le premier à le savoir. Cependant s’il y a des colons ici, c’est que quelqu’un qui était avec moi durant cette période, a osé trahir la promesse.
    _ Tu penses savoir qui a fait ça ?
    _ Pour le moment non mais quand nous rentrerons chez nous, je me ferai un plaisir de traquer ce traître.”

    C’est intriguant car il semble d’un calme olympien et pourtant lorsqu’il tombe sur des nouveaux colons, il n’hésite pas à les massacrer. Car oui, ils avancent dans les terres et ils tombent sur plusieurs camps de colon ainsi que d’ancien camps d’amérindiens mais il n’y a toujours pas de traces de toi. Nashoba essaye de retenir des natifs pour tenter de savoir où tu es mais dès qu’ils voient Leif, ils s’enfuient en hurlant que l’ours blanc est là. Nashoba connait pas légende mais il ne croit pas au fait que Leif soit ce monstre tant dépeint par les anciens. Malgré tout, Leif demande des explications lors de la troisième soirée sur les terres du vineland.

    “ – C’est un peu comme votre dieu des enfers.. Chez nous, l’ours blanc est signe de terreurs. On parle des ours bruns, des loups, des aigles mais eux sont vus comme des dieux bons et qui nous aident alors que l’ours blanc, il présage rien de bon. La légende dit que lorsqu’il arrivera sur nos terres, il fera un grand ménage pour laver les terres de nos impuretés.
    _ Je ne fais que le ménage des colons.. De ceux qui justement ont fait du mal aux tiens..
    _ C’est pour cela que pour moi tu n’as rien de l’ours blanc. Certes, ta chevelure est.. devenue blanche.. et c’est étrange mais ça ne fait pas de toi un ours.
    _ Matoaka m’avait dit que dans l’ancienne vie, j’avais eu les cheveux qui étaient devenus blancs.. Lorsque je l’avais perdu et que la vengeance avait pris mon âme..
    _ Tu l’as perdu mais ton âme est encore là.. Certes, tu as beaucoup tué d’hommes ces derniers jours mais moi aussi..
    _ Mais quand tu dis impureté, tu parles aussi de tuer des amérindiens ?
    _ Hm.. Oui. Du moins, l’ours blanc est censé tué tous ceux qui auraient fais de mauvaises choses. Ceux qui auraient sali nos traditions et nos valeurs. Il est envoyé par les anciens pour punir tous ceux qui maltraitent notre identité. Le seul moyen de stopper cet ours, est qu’un guerrier aussi fort qu’une montagne, enferme l’ours éternellement dans la grotte des damnés. Sans cela, l’ours continuera sa quête jusqu’à ce que tout soit purifié.”

    Pour Leif aussi ça semble assez farfelu et pourtant sans s’en rendre compte, il nettoie les terres amérindiennes. Est-ce mauvais ? Oui et non. Certes, il libère les amérindiens mais il commence à voir que certains sont des traîtres et il ne peut s’empêcher de punir ceux qui ont fait des mauvais choix.

    Dans les traîtres, il y en a un qui te retrouve.
    Après ta perte de conscience, tu es transporté vers l’un des petits camps de fortune en forêt. Quelques amérindiens ont fait cette base après avoir fui des colons mais parmis ces personnes, il y a Yuma, ton frère le plus âgé. Il devait succéder à ton père pour devenir le prochain chef et c’est ce qu’il s’est passé puisqu’il a quelque peu vendu le grand chef au colon. Cependant il ne compte pas te le dire, ni le dire à qui que ce soit. C’est à cause de lui ce qu’il se passe car il a fait en sorte de pouvoir contacter le roi anglais en pensant que celui-ci pourrait l’aider à devenir un grand chef. Sa bêtise a amené tout le peuple à sombrer. Pourtant, là devant toi, il a bien d’autres histoires à te conter..

    “ – Notre père a été tué et beaucoup de nos frères. C’est à cause des hommes blancs, comme celui que tu aimes. C’est lui qui a fait amener la terreur sur nos terres. C’est l’un des siens qui nous a vendu aux autres hommes blancs. Tout ça, c’est de votre faute. Toi aussi, tu devrais être puni pour avoir abandonné ton peuple et aller avec ce visage pâle.”

    Quoi de mieux que la culpabilité pour que ses erreurs passent à la trappe. Yuma veut que tu t’en veux, que tu serves sa cause. Pour le moment il ne compte pas affronter les blancs car il sait qu’il risque de perdre mais il a déjà l’intention de créer un nouveau village et d’y rassembler tous les amérindiens que vous trouverez sur votre chemin. Cela ne fait que t’éloigner encore plus de Leif mais il est là, il est sur tes terres et tout comme lui, tu peux sentir son coeur battre. Cependant tu peux sentir aussi sa détresse. Car oui, elle se fait de plus en plus imposantes puisqu’il avance mais ne te trouve toujours pas. Lui qui pensant que ton pays était petit, il comprend bien mieux que ce n’est pas le cas. Si bien qu’il ne foule plus les terres du vineland mais il se retrouve beaucoup plus au sud et il se rend compte que d’autres peuples vivent là. Il lui faudra plusieurs semaines pour se rapprocher réellement de toi mais la rumeur de l’ours blanc a pris de l’ampleur. Yuma ni croit pas mais dans les rangs de votre nouveau petit village, beaucoup d’amérindiens insistent sur le fait qu’ils ont vu l’ours blanc.

    “ – On l’a vu tué des visages pâles.. Il les a égorgés et jetés au feu. Mais il a aussi tué des personnes de nos peuples.. Il a tué mon époux, en disant qu’il était un traître. J’ai eu le temps de partir en courant mais il est encore là, je le sens. Il va venir ici et il va encore punir beaucoup de monde.. Nous devons trouver le guerrier qui saura le stopper..”

    Te raconte l’une des femmes qui a rejoint votre troupe. Vous avez réuni du monde et même retrouvé certains proches. Tu as pu reprendre l’une de tes sœurs à un groupe de colon qui n’avaient aucun scrupule à la maltraiter. Pourtant il est vrai que depuis quelques jours, les visages pâles se font de plus en plus rares et ce n’est pas réellement normal puisqu’ils étaient arrivés en masse sur vos terres.

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    GAPG

    Leif est enfin près de toi, il le sait et il le sent plus que tout puisque sa peau frissonne. Plusieurs amérindiens ont été repérés avec des armes et Nashoba a fait comprendre à Leif qu’une sorte de mutinerie était montée contre lui. En soit, cela ne l’impressionne pas vraiment et ça ne lui fait pas peur mais ce qui obsède l’homme, c’est de te voir. Oui, il veut te voir et savoir comment tu vas. Il veut pouvoir te prendre dans ses bras et te ramener avec lui en Norvège, une bonne fois pour toute mais tu es gardé comme un trésor extrêmement précieux. Yuma t’a mise sous bonne garde et il y a ce Bena qui vient jouer le grand guerrier, pensant sûrement pouvoir tuer Leif. Bien évidemment, le colosse ne peut retenir un rire après que ce garçon lui profère des menaces mais surtout qu’il ose dire que tu n’es plus l’épouse de Leif.

    “ – Tu oses me menacer ? Pourtant, tu viens de dire une chose assez intéressante. Ours blanc.. N’est-ce pas une prédiction ? N’est-ce pas une vérité ? Il me semble que j’aurai pour tâche de nettoyer vos terres de ses impuretés et il me semble que tu en serais une.. non ?
    _ Ce ne sont que des légendes. Tu n’as que la chevelure blanche mais cela ne veut pas dire que tu es l’ours. Si, tu as tué mon peuple et pour ça, tu vas le payer.
    _ Je n’ai tué que les traîtres.. Je crois que j’ai un don pour les reconnaître et toi tu en es un aussi.
    _ Je n’ai trahi personne ! Je suis ici pour rassembler les natifs et pour que nous puissions évincer tous les visages pâles comme toi !
    _ Pourtant les anciens me disent que tu n’as pas eu de mal à vendre plusieurs personnes de ton peuple pour sauver ta peau.
    _ Tu mens ! Tu ne sais rien !
    _ Et Joa ? Ton petit frère.. Il t’a supplié de le protéger et tu l’as donné à.. Hm.. Il me semble que c’est un vieil irlandais du nom de Franck O’donnell. Ai-je tort ?”

    Bena pâlit mais il n’y a pas que lui. Nashoba est derrière Leif et il ne comprend pas non plus ce qu’il se passe puisqu’ils n’ont pas rencontré de Joa pour arriver jusqu’ici. Ils ont réussi à rassembler des amérindiens pour leurs causes mais Joa n’est pas avec eux et surtout, Nashoba n’avait jamais vu Bena avant aujourd’hui alors comment Leif pourrait le connaître ? Sauf si les anciens lui parlent vraiment..

    “ – Ce vieux Franck est reparti vers le vieux continent mais ton frère a été violé et tué. Son sang a coulé sur ces terres et pour cela, les anciens veulent que tu en payes le prix.. Car les blancs ont souillé cet endroit mais ils ont fait peu de morts comparés à certains des vôtres. Ici, il n’y a plus que le pouvoir qui compte réellement, si bien que vous en avez oublié qui veillez sur vos vrais principes.. Aujourd’hui les anciens veulent rétablir l’ordre..
    _ Tu ne fais que mentir ! Tu crois me faire peur ?! Je vais devoir te montrer que tu as loupé ta chance de t’enfuir !”

    Bena sort son poignard et les autres amérindiens préparent leurs arcs. Leif n’est pas seul donc ses hommes se préparent aussi pour la bataille mais ils sont quand même en nombre inférieur. Les coups sont prêts à partir mais Yuma arrive en te trainant presque puisque tu es totalement ailleurs, totalement droguée. Tu n’es que l’ombre de toi-même et en voyant cela, Leif se fige, si bien que Bena profite de ces quelques secondes pour enfoncer sa dague dans le torse de l’ours blanc. Cela semblait être préparé, Yuma savait que ta présence ferait tomber Leif et effectivement le colosse tombe à genoux. Nashoba en hurle de colère mais lui aussi se fait atteindre puisqu’une flèche l’atteint dans le dos.

    “ – Attrapez les tous et mettez les dans des cages. Nous les brûlerons plus tard.”

    Yuma sourit fièrement et il se remet à te traîner vers la tente dans laquelle tu étais enfermée. Oui, l’histoire semble se terminer ainsi. Après ces longs mois à se battre et à faire en sorte que vos terres soient nettoyées des colons ainsi que des amérindiens corrompus, Leif tombe à cause d’un simple regard sur toi. En même temps, il a été horrifié par ce qu’il a vu. Pourtant il est réellement porté par les anciens esprits et ceux-ci ne peuvent pas laisser mourir leurs héros ainsi. Ils auraient pu se tourner vers un amérindien pour rétablir la paix mais Leif est malgré lui lié aussi à tes terres. Tout comme toi tu es lié aux siennes, lui aussi avait un rôle pour ton peuple, pour ton monde.

    Les hommes de Leif sont jetés dans des cages mais Leif et Nashoba sont jetés sur ce qui devrait devenir un bûcher. Ils seront brûlés ce soir, en guise d’ouverture de mariage. Puisque ton époux est mort, tu peux épouser Bena mais même si le corps de Leif laisse penser qu’il est mort, il en est rien. Pour Nashoba, il est en mauvaise posture mais il a de la chance qu’une de tes sœurs repère encore un souffle et qu’elle le mène loin du camps pour essayer de le sauver.

    “ – Habilles toi pour ton mariage. Nous le fêterons dès que le soleil sera couché, après avoir brûlé le corps du monstre que tu as amené sur nos terres.”

    Il te culpabilise encore et toujours. Quoi de mieux afin de pouvoir te manipuler à sa guise ? Yuma te jette des vêtements de mariage aux pieds mais il te jette aussi l’un des bracelets de Leif ainsi qu’un autre qui appartient à Nashoba.

    “ – Tu as même corrompu notre jeune frère.. C’est de ta faute s’il est mort. Tu as de la chance que je sois ton frère et le grand chef car autrement je t’aurais tué aussi. Notre père serait tellement déçu par toi..”

    Il respire la haine et la mauvaise foi. Yuma finit par te laisser puisqu’il doit terminer de préparer ce mariage express. C’est une bonne occasion pour lui puisqu’en te mariant, il va s’approprier les hommes de Bena et cela ne fera qu’agrandir ses rangs. Il ne sait cependant pas qu’en te laissant seule, il permet à un certain esprit de venir t’aider.. Tu es peut-être sous les effets des plantes mais Aponi réussit à s’insérer dans ton esprit pour tenter de te donner encore de l’espoir.

    “ – Il n’est pas mort.. Les anciens le protègent mais il ne peut se relever sans que du sang ne soit versé sur lui. Nous avons réussi à le mener sur nos terres lorsqu’il a tué ce Charles en le mordant au cou. Nous avons fait de lui l’ours blanc grâce au sang alors tu dois le faire relever grâce au sang.”

    Elle te montre ce qu’il s’est passé en Angleterre. Leif prisonnier et puis Leif qui finit par gagner en tuant Charles et le roi. Elle te montre aussi le cheminement de Leif jusqu’ici. Ce sont les esprits qui l’ont guidé aux travers des villages et des forêts. Ceux sont eux qui l’ont amené à faire le ménage mais tu as le droit à une dernière vision où tu peux voir Yuma égorgé votre père devant des colons.

    “ – Si vous êtes revenus ici, ce n’est pas pour rien. Nous avions besoin de vous deux.. Leif doit rétablir la paix sur nos terres mais toi.. toi tu dois guider le peuple. Tu dois rétablir la vérité. Notre terre est souillée non pas à cause des colons mais à cause de Yuma. C’est lui qui a fait venir les visages pâles. C’est lui qui a sacrifié des hommes pour accéder aux pouvoirs.”

    Aponi te montre une dernière image pour encore une fois te redonner de la force. Tu peux voir les jumeaux marcher sur deux pieds mais surtout courir vers toi et Leif. C’est ce qu’il devrait se passer, du moins si vous réussissez à redonner une vie paisible aux amérindiens encore vivants.

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    GAPG

    Les derniers jours ont été un peu vaseux pour Leif car même s’il a retrouvé la vie, beaucoup de choses ont été confuse puisque lors de sa “mort”, il a côtoyé les fameux anciens. Cela ne peut pas le laisser de marbre et il ressasse dans son esprit, les paroles qui lui ont été confiées mais il n’y a pas que cela qui préoccupe Leif puisque ton état aussi l’inquiète. Si bien qu’il n’a pas souhaité rester sur tes terres et il a demandé à ce que vous repreniez au plus vite la route pour la Norvège. Il n’y aura pas de détour vers l’Angleterre, il sait que Bjorn saura gérer ce pays à sa place mais là, dans l’absolue, il veut que vous retrouvez votre maison, vos enfants et surtout un peu de paix après tout ce qu’il vient de se passer.

    C’est au bout de quelques jours sur le bateau que tu te réveilles enfin. Une amérindienne a veillé sur toi et ce n’est pas n’importe qui puisque c’est une autre de tes sœurs. Elle a décidé de te suivre jusqu’en Norvège et prendre soin de toi. Nashoba aussi fait le voyage, même si Leif lui a proposé de devenir le nouveau chef. Ton frère a décliné l’offre et en nouveau chef, Leif a décidé d’y mettre cette sœur qui a eu le courage de sauver Nashoba. Il a vu en elle la même ferveur que toi et il sait qu’elle saura guider les vôtres avec sagesse.

    Leif a toujours ses cheveux blancs et ses yeux ocres alors que cela aurait dû s’en aller. Après tout, tes terres ont été nettoyées grâce à toi. Tu as fait ce travail avec une telle poigne que tu es devenu une sorte de déesse pour les amérindiens mais Leif a gardé une sorte de séquelle suite à son voyage auprès des anciens. Il compte t’expliquer ce qu’il a appris mais pour le moment, il veut surtout s’assurer que tu vas bien. Il laisse donc ta soeur sortir de la cabine et il vient vers toi rapidement.

    “ – Je suis en vie oui.. grâce à toi.. C’est toi qui m’a sauvé..”

    Il se penche pour embrasser ton front mais il vient aussi vérifier la température de ta peau puisque depuis votre départ, tu es brûlante de fièvre. C’est peut-être à cause de la transe que tu as eu mais cela l’a beaucoup inquiété. Là, tu sembles être plus fraîche et surtout tu as retrouvé des couleurs, même si tu sembles avoir du mal à te lever.

    “ – Reste ici, dans le lit. Tu es encore faible mais je vais m’occuper de toi jusqu’à notre arrivée en Norvège.. Nous allons retrouver nos petits et notre maison. Ta sœur Leah est devenue la nouvelle cheffe et c’est elle qui veillera sur votre peuple. Tout ira mieux là-bas mais nous, on doit retrouver notre vie..”

    Parce qu’encore une fois, d’autres ont décidé pour vous. D’autres ont usé de vous pour subvenir à leurs envies. Certes, ce sont les anciens cette fois-ci mais Leif est en colère que vous ne puissiez pas aller contre ces destins. Il t’explique que ton retour sur les terres amérindiennes était dicté par les anciens puisqu’ils savaient que Leif allait tout faire pour te retrouver. Ils avaient besoin de vous pour rétablir la paix et supprimer les nuisibles mais cela a eu encore une fois des conséquences sur vous deux. Leif a bien failli mourir mais toi aussi. Il a dû aussi accepté de rester l’Ours blanc afin de protéger vos enfants. En gardant ce rôle de protecteur, il empêche les anciens de se tourner vers Kisos et Sora, voilà pourquoi il a encore ce physique polaire.

    “ – On va retrouver notre vie mais il faut que l’on trouve un moyen de nous émanciper des anciens et des dieux. Je ne veux plus que l’on puisse choisir pour nous.. Je ne veux plus que l’on nous utilise..”

    Mais bon, entre le dire et le faire, c’est autre chose.
    Leif s’occupe de toi comme il l’a promis, pendant plusieurs jours. Il tient à te remettre debout et c’est ce qu’il se passe au bout d’une semaine. Tu réussis à aller sur le grand pont avec lui et tu peux y voir des nordiques travailler avec quelques amérindiens. Beaucoup ont voulu suivre celle qu’ils considèrent comme la vraie gardienne de la croyance amérindienne. Tu es presque ovationnée quand ils voient que tu es de nouveau debout. Cela amuse un peu Leif mais il reste auprès de toi, tel un gardien, pour que personne ne puisse venir te déranger trop longtemps.

    “ – Nous serons chez nous d’ici une semaine je pense.. Nous sommes non loin de l’Écosse. L’hiver est là alors il va falloir braver le froid et les tempêtes de glaces mais nous serons bientôt chez nous. Par contre.. j’ai quelque chose à te montrer.”

    Comme tu peux marcher, Leif te mène vers une autre cabine qu’il a aménagé de façon a rassemblé plusieurs artefacts amérindiens afin de pouvoir amener un peu de chez toi, chez lui. Mais ce n’est pas ça qui est le plus marquant. Il y a une sorte de petite urne avec le prénom de ton père gravé dessus. Leif a retrouvé les restes de ton père et il a décidé de les récupérer pour que tu puisses l’enterrer en Norvège, près de toi. Bien que tu as vécu des années loin de lui, tu avais un grand Amour et respect pour ton père. Il aurait pu être enterré au Vineland mais avec tout ce qu’il s’est passé, Leif préférait l’amener avec vous pour être certain que personne n’irait profaner son dernier lieu de repos.

    “ – Il y a les cendres de ton père.. Elles sont mélangées à de la terre amérindienne. Yuma avait laissé son corps dans votre ancien camp mais nous avons pu le retrouver.. Pour ton frère, sache que son corps a été jeté dans un ravin. Il ne méritait pas des funérailles. Les autres traîtres ont été aussi jetés au ravin.. C’est ce que m’ont demandé les anciens. Tu sais.. Ils essayent encore de me parler mais je tente de ne pas les écouter.. Ils ne veulent pas quitter mon esprit..”

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    Leif sait que tu ne vas pas bien mais il pensait qu’en revenant ici, tu retrouverais un peu le sourire puisque vos enfants vous attendent. Pourtant non, tu ne veux même pas quitter le bateau et il doit revenir à l’intérieur pour comprendre ce qu’il se passe. Tu pleures, tu trembles mais tu ne veux surtout pas sortir. Bien sûr que ça l’inquiète et doucement, il pose une main sur ta joue après que tu lui as dis que tu ne pouvais pas vous sauver et qu’il fallait te tuer.

    “ – Matoaka.. Tu n’as plus à sauver qui que ce soit.. Tu as déjà tout sauvé. Tu as sauvé ton peuple, tu m’as sauvé et maintenant nous allons pouvoir retrouver notre vie tranquille.. Nous sommes chez nous mon Amour. Nos enfants et notre famille nous attendent.. Mais si tu restes dans ce bateau, tu ne pourras pas les voir..”

    Leif sait que tu as encore une fois subis des douleurs inimaginables et bien sûr que l’envie de tuer tout le monde pourrait aisément le prendre, cependant il faut que l’un de vous deux soient le pilier et là, c’est lui qui veut t’aider à remonter, à retrouver l’envie de vivre. L’homme vient embrasser le creux de tes mains et il le prend dans les siennes pour pouvoir te faire sortir d’ici. Tu vas avoir un air de déjà vu puisqu’en sortant du bateau, tu peux voir Kisos et Sora marcher jusqu’à vous. Aponi t’avait montré cette scène où les deux bébés savent marcher et qu’ils se précipitent vers vous. Ils ont tous les deux des petites tenues de viking mais Freya a tenu à commencer à faire des nattes sur Kisos puisque cela est important dans la coutume amérindienne. Certes, toi tu as les cheveux bien plus courts mais cela ne repousse pas Leif, au contraire, il veut faire en sorte que tu puisses aussi mieux te sentir dans ta peau.

    “ – MAaaaaaaaaaa’
    _ MAMAAAAAAA’”

    Ils tentent une course pour retrouver tes bras et c’est Sora qui gagne puisqu’elle pousse son frère. C’est une petite téméraire mais Kisos arrive à se relever et il vient encercler ta jambe, ce qui fait doucement rire Leif.

    “ – Et duda ? On ne veut pas de ses bras ?”

    Les petits semblent ne pas vouloir câliner Leif mais surtout leurs maman car ils ont senti ton mal-être. Il y a un lien puissant entre vous trois mais encore plus entre toi et Sora car quand tu viens à la soulever, la petite pose sa main sur ta joue et elle communique par la pensée. Elle te montre le moment où ils ont fait leurs premiers pas mais aussi un autre moment où ils ont vu un beau cerf approcher de Kattegat.

    Il n’y a pas que les petits qui viennent vers toi pour te saluer et te fêter. Amara et Charlie se rapprochent aussi. La petite demoiselle a bien grandit mais c’est surtout sa mère qui était la plus pressées de te voir. Bien sûr, ton état lui fait mal à voir mais elle ne veut pas se montrer négative. Elle veut aussi te redonner le sourire.

    « – J’ai beaucoup pensé à toi car j’ai réussi à tisser une immense couverture, comme tu me l’as appris ! Oh et tu sais quoi ? Kisos a embrassé Charlie ! Tu aurais du voir la tête de Fergus ! J’ai cru qu’il allait faire un malaise ! »

    Les habitants aimeraient aussi saluer leurs reine mais Leif décide de vous mener vers votre maison qui a été reconstruite pendant votre absence. Vous viviez dans le skali avant que la ville ne soit mise à feu par Rollo mais sous la demande de Leif, Fergus a fait construire une grande maison en bois en lisière de forêt. Ainsi, vous aurez un peu plus d’intimité et puis tu vas pouvoir avoir ton petit jardin personnel.

    Vous arrivez donc devant ce nouveau cocon. Tu as toujours Sora dans les bras alors que Leif porte Kisos. Thomas est près de vous mais aussi son premier né qui a lui aussi bien grandi puisqu’il est aussi grand que toi. Il a été d’une grande aide pour Fergus et il est aussi devenu un bon guerrier à force de s’entraîner chaque jour. Arès a quatorze années maintenant et il est considéré comme un homme pour les vikings. Il a même une petite amie qu’il souhaite vous présenter mais avant tout, il tient à lui aussi vous saluer. Il offre une accolade à son père mais pour toi, il se montre beaucoup plus familier et doux puisque vous avez aussi une relation bien plus fusionnelle que Leif n’a avec lui. Il est clair que le colosse va devoir travailler sur ce point puisqu’il est loin de ses enfants. Il les aime mais il n’a pas de proximité comme il devrait y avoir entre un père et ses petits.

    “ – Nous ne savions pas que vous alliez revenir aujourd’hui alors il n’y a pas de banquet..
    _ Ce n’est pas grave Arès, nous n’avons pas besoin de banquet. Un petit repas en famille sera bien mieux car le voyage a été très fatiguant et nous avons besoin de nous reposer.
    _ Je vais aller demander de l’aide pour préparer ce repas alors. Erika est une très bonne cuisinière !
    _ Erika ? Tu nous caches des choses mon fils ?
    _ J’aimerais bien vous la présenter. Elle est ma compagne depuis quelques mois..
    _ J’ai hâte de la rencontrer.”

    La maison est simple et peu décorée mais Leif sait que tu seras y mettre une touche personnelle qui rendra l’endroit plus chaleureux. Il y a des chambres pour tout le monde et même une pour Thomas. Leif n’a toujours pas dit à l’adolescent qu’il avait tué son père Charles mais ça, il le fera plus tard car pour le moment il n’a pas envie d’envenimer la situation déjà tendue. Il te laisse entrer en première dans la maison et il pose Kisos au sol pour que le garçon puisse aussi découvrir l’endroit. Fergus arrive pour savoir si tout vous convient. Leif le remercie car cet endroit est tout ce qu’il vous fallait. Maintenant il faut simplement que vous réussissiez à reprendre une vie normale mais qu’est ce qu’une vie normale ? Vous n’avez presque jamais eu de moments sans problèmes ou sans peurs. Leif est toujours un roi et ça aussi, ça impose des tâches et des devoirs qui peuvent l’entraîner dans des guerres ou des conflits. Pourtant il a un petit espoir de vivre une vie plus calme, plus sereine et c’est à lui de te montrer que c’est possible. Pour cela, il attend que tu poses Sora au sol pour prendre ta main et te faire le tour du propriétaire. Le dernier lieu visité est le jardin qu’il tenait absolument à avoir. Il y a une petite serre comme en angleterre mais aussi un bout de forêt pour que tu puisses prier tes ancêtres entre deux grands pins.

    “ – Je sais que tu as peur.. Tu as eu peur et tu as vécu des choses horribles.. Mais c’est fini. Plus jamais nous partirons d’ici. Plus jamais nous nous laisserons embarquer par qui que ce soit. Je t’en fais la promesse Matoaka. Je veux t’offrir cette vie que tu mérites et s’il faut que j’en abandonne tout le reste, je le ferai sans aucun regret.”

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    M.

    Cela fait plusieurs semaines que vous êtes revenus en Norvège et la vie est tout de même bien plus calme ici. Elle est aussi plus douce puisque vous avez retrouvé vos enfants. Ici, personne ne cherche à vous malmener et puis Leif a su déléguer un peu de ses charges pour passer un peu plus de temps avec vous. Que ce soit les deux grands comme les deux petits, il essaye d’être un père présent et aimant mais avec toi c’est un peu plus compliqué puisque tu évites souvent le colosse. Tu te caches dans ta serre, dans les champs ou dans le dispensaire mais il est devenu rare le temps passé à deux. Même le soir, tu sembles dormir lorsqu’il arrive dans le lit alors il n’y a même pas de mots d’échangés. Leif comprend que ce que tu as vécu a eu un grand impact sur toi et c’est pour cela qu’il n’insiste pas puisqu’il ne veut pas te brusquer mais parfois cela le blesse dans le sens où il a l’impression que vous devenez des inconnus.

    Ce soir, il est rentré plus tôt que prévu. Il devait partir pour des affaires hors de Kattegat mais finalement, il a demandé à son ami Tormund d’y aller à sa place. Leif ne voulait pas s’éloigner à nouveau, du moins pas aussi loin comme il était prévu. Depuis l’angleterre et le vineland, il a ce besoin presque vital d’être non loin de toi. Il a peur que quelqu’un puisse encore t’enlever ou te faire du mal alors voilà pourquoi il est rentré mais avec sa fierté de mâle, il préfère te dire un mensonge plutôt que d’avouer sa peur de te perdre à nouveau.

    “ – On nous a dit qu’il y avait une grande tempête de neige à l’Est alors nous avons annulé le voyage. J’espère que ça ne te gêne pas que je sois rentré.. Promis, je ne mangerais qu’un petit bol de potage.”

    Il étire un petit sourire et il commence à retirer quelques affaires puisqu’avec le froid qui revient, il faut bien se couvrir pour aller dehors. Les enfants sont couchés donc il n’y a que vous dans la pièce principale. Enfin vous, et une nouvelle bête qui a été amené par Thomas. Depuis son arrivée en Norvège, il s’est pris d’une passion pour les chiens abandonnés et vous avez quatre chiens chez vous maintenant.

    “ – Il va pouvoir faire un troupeau à traîneau avec tous les chiens qu’il nous ramène.. Il va aussi falloir lui dire qu’on ne va bientôt plus avoir de place ici. Mais je suis content si grâce à lui notre Sora mange un peu car je trouve qu’elle est très frêle pour son âge.. Contrairement à son frère qui a des grosses joues rondes.”

    C’est tout de même étrange comme situation car avant le vineland, vous vous sautiez presque dans les bras quand Leif revenait au soir mais là, vous avez une distance qui donnerait presque froid à toute la maison. Certes, la cheminée est allumée mais il manque cette fusion qu’il y a toujours eu entre vous. Leif pose donc sa veste et ses armes avant de te rejoindre vers la cuisine où tu réchauffes le potage mais au lieu de s’asseoir à table, il décide de venir derrière toi et d’enlacer ta taille.

    “ – Ça a été ta journée ? et toi.. Comment tu vas ? J’ai cru comprendre que les habitants étaient séduits par leur reine qui ose travailler au champ mais aussi qui les soigne. Cependant il faut aussi que tu te reposes.. Tu t’occupes des enfants, de notre maison, de nos repas.. Tu en fais tellement que je ne veux pas que tu tombes d’épuisement. Tu me promets de te poser un peu ? Si tu veux, je peux nous embaucher une servante..”

    D’ordinaire les rois et reines en ont. Vous en aviez lorsque vous viviez dans le skali mais dans cette petite maison, il n’y a plus personne pour venir vous déranger. Parfois il y a une nourrice qui vient mais elle ne reste jamais plus d’une après-midi.

    “ – Et je peux aussi prendre encore plus de temps pour toi si tu veux.. Tu sais, j’ai assez d’hommes de confiance pour pouvoir me permettre de ne pas assister à toutes les réunions ou tous les voyages.”

    En soit, Leif veut que tu comprennes que tu peux compter sur lui mais surtout qu’il a besoin de te retrouver mais est-ce que tu vas comprendre son allusion ? Il finit par se reculer quand tu te décales pour poser son bol de potage à table et il te remercie mais il ne va pas s’asseoir. Non, il reste encore près de toi et il te tend sa main.

    “ – On.. On a pas vraiment parlé de ce qu’il est passé là-bas. On est revenu, on fait comme tout allait bien mais je sais que tout est faux. Tu ne vas pas bien.. et.. et j’aimerais que tu me confies toutes tes douleurs Matoaka. On a toujours été une équipe, on a toujours fait en sorte de se sauver. Nous avons combattus les plus terribles choses de cet univers mais là, j’ai l’impression que je suis incapable de pouvoir t’aider.. Je ne peux pas aller dans ton esprit pour chasser les démons et ça me rend fou. J’aimerais tellement prendre tes douleurs en moi afin que tu te sentes mieux..”

    Oui, il a besoin de savoir, il a besoin que tu lui parles. Leif a aussi besoin de retrouver son épouse mais il souhaite surtout que tu te sentes mieux, que tu puisses profiter à nouveau de votre vie commune.

    “ – Tu.. tu as peur de moi ? Enfin.. Je sais que dans ton peuple, l’ours blanc est un signe d’apocalyspe mais je ne suis pas ceux qu’ils disent. Je ne comprend même pas pourquoi ils ont fait de moi cet ours blanc.. Mais sache qu’ici, je ne suis pas un ours ni quoi que ce soit. Je suis juste ton époux, Leif Erikson.. Je ne te ferais jamais de mal, ni aucun mal à notre famille. Au contraire, je veux vous rendre heureux et vous offrir tout l’amour possible..”

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    M.

    Leif fronce quand même les sourcils puisqu’il ne t’a jamais vu comme un monstre et il ne te verra jamais de la sorte. Qui serait-il pour te juger alors qu’il a tué des milliers de colons au Vineland ? Tu as tué des gens de ton peuple mais lui a décimé tellement d’hommes blancs qu’il aurait le droit une place de choix en enfer. Et puis la guerre en Angleterre ? Il a tué des milliers d’anglais mais aussi le roi, ou même le père de Thomas.. Il est bien plus à blâmer que toi et c’est ce qu’il vient te dire. Alors que tu es à genoux devant lui, il pose ses mains sur tes joues afin que tu relèves ton regard larmoyant vers le sien.

    “ – Tu n’as pas à avoir honte de quoi que ce soit. Et jamais, Ô grand jamais tu n’as été un monstre Matoaka. Tu es et tu resteras toujours la femme que j’aime le plus au monde mais surtout une reine apprécié de tous. Ce qu’il s’est passé là-bas, ce n’était pas vraiment souhaité. On sait tous les deux que les esprits des anciens se sont servis de nous alors qui doit-on blâmer ? Pas nous.”

    Il ne veut pas que tu flagelles pour des choses que tu n’as pas pu contrôler. Tu n’étais pas maître de toi, au contraire, tu avais été bien trop affaiblis par des monstres qui ont abusé de toi.

    “ – Et ne crois pas non plus que je t’en veux de quoi que ce soit.. Tu n’as peut-être plus ta longue chevelure mais à mes yeux tu resteras toujours la perfection. J’aurais dû quand même écorcher vif les hommes qui ont osé te toucher.. Fais moi la promesse de ne jamais me ramener au Vineland car la prochaine fois, je ne serais pas un ours blanc mais la mort personnifiée.”

    Il passe une main dans ta chevelure qui est coupée à hauteur de ta mâchoire mais il ne t’en trouve pas moins jolie. Cependant il peut comprendre que tu te sentes “moins belle” car tu as toujours été différente physiquement. Leif sait qu’il doit t’aider à retrouver confiance en toi et une idée lui traverse l’esprit. Il se relève un instant et il va vers une malle qui contient des trésors et bijoux de famille. Il a cumulé cela sur des décennies et il a même des bijoux qui proviennent de ses parents, lorsque ceux-ci vivaient comme des humains. Il sort une couronne ou plutôt un diadème en argent mais qui a des dessins nordiques. Elle a été forgé pour la mère de Leif et elle le mettait tous les jours car cela signifiait son statut d’épouse d’Erik. Leif revient avec ce diadème et il vient délicatement le poser sur le haut de ta tête. Il sourit tendrement car il revoit l’image de sa mère. Pas la déesse qui a joué avec sa vie mais plutôt de la femme qui l’a aidé à grandir et qui l’aimait d’un amour si fort qu’elle s’est sacrifiée pour lui.

    “ – Je t’aime Matoaka. Et s’il faut que je détruis le monde pour te le prouver, alors je le ferai. Mais puisque tu me demandes de t’aider et te sauver des démons, je le ferai. Je veux te prouver que tu es une femme exceptionnelle et que tu n’es pas quelqu’un de mauvais. Je veux que tu puisses finir par te voir comme moi je te vois.. Comme nos enfants te voient. Tu es un trésor, une femme entière, une femme aimante, une femme courageuse et une grande âme. Je vais effacer tes doutes, tes peurs.”

    Il se penche pour embrasser ton front mais il prend aussi tes mains pour t’aider à te relever. Ses pouces essuient tes dernières larmes et quand tu lui fais enfin face, Leif passe ses bras autour de ton petit corps afin de te ramener contre lui.

    “ – Veux-tu que je te prépare un bon bain pour te détendre un peu ? Sache que rien est un rêve, tout est vrai et je tiens à ce que tu en prennes conscience. Nous sommes bien chez nous, à Kattegat et surtout après de nos petits têtes brunes qui savent marcher..”

    Il tient à te le dire et il te le répétera encore. Vous êtes loin du Vineland, loin de l’Angleterre, loin des anciennes villes ou pays qui vous ont salis. En plus, là, vous êtes dans votre maison. Votre lieu, votre nid. C’est la première fois que vous avez un cocon comme cela puisque vous avez toujours partager vos lieux de vie avec d’autres personnes mais là il n’y a que vous deux et vos enfants. C’est une petite victoire pour Leif car il sent que vous avez de plus en plus de chance d’être enfin tranquille. Il veut tellement que vous puissiez enfin vous poser et vivre une vie “normale”. Il y aura peut-être des routines, des disputes, des rires, des pleures mais rien qui ne pourra encore vous éloigner à jamais. Il ne demande que ça et là, il a un espoir bien plus fort que par le passé car vous avez tellement donné de vos personnes que donner davantage est presque impossible.

    Leif va préparer un bain chaud comme il te l’a proposé et il ne va pas de suite dans l’eau avec toi puisqu’il veut d’abord s’occuper de toi. Avec une éponge en main, il savonne ta peau encore blessée et puis il lave ta chevelure mais pour retrouver un peu de ton sourire, il tente de faire des belles tresses nordiques comme Freya sait les faire. Bon, ça ne donne pas le même effet mais il se débrouille plutôt bien pour une première.

    “ – Une vraie Valkyrie.. Il ne manquerait que les peintures de guerre et tu ferais de l’ombre à la déesse Freya. Tu es magnifique mon Amour. Je le clamerais jusqu’à mon dernier souffle.”

  17. Avatar de M.
    M.

    Qu’est ce que c’est agréable de rentrer chez soi et de voir sa petite famille au complet. Leif dépose son arme à l’entrée et il voit vos deux petits monstres courir vers lui pour qu’ils puissent aller dans les bras de leur Duda. Leif prend Kisos et Sora, donnant au passage un long baiser sur leurs joues et les trois amours de ta vie reviennent vers toi. Tu fais pouffer de rire le père de famille lorsque tu parles de raton laveur et c’est vrai qu’il y a une petite bête qui semble se cacher dans une couverture que tu as posée au sol.

    “ – Entre les chiens que Thomas nous ramène et les ratons laveurs que Sora amène aussi, nous allons avoir une sacrée ménagerie ici. C’est à croire que notre petite Sora veut faire comme son grand frère !”

    Oui, Leif voit la belle relation entre Thomas et Sora, comme une relation fraternelle très fusionnelle. Dans un sens, cela ne peut que rendre les choses plus douces puisque s’il savait la vérité sur le futur des deux, il serait certainement moins clément. Justement, Leif a déjà évoqué le fait d’adopter Thomas puisque celui-ci n’a plus de parents et il aimerait que le jeune homme fasse partie entièrement de votre famille, tout comme Arès. Ils ne seront jamais sur le trône de Norvège mais ils auront quand même le nom de Leif et ça sera un bon bagage pour leurs futurs.

    “ – J’aimerais bien faire une cérémonie auprès de notre peuple pour rendre officiel le fait que Thomas et Arès soient nos fils. Qu’en penses-tu ? Cela pourrait les rendre plus confiants, surtout Thomas. Mais avant ça, je dois surtout rappeler à mes jumeaux que Duda est toujours en forme pour les embêter !”

    Leif repose les petits au sol et il se met à les poursuivre gentiment dans la maison pour les faire rire aux éclats. Kisos est frontal alors il n’hésite pas à lui-même courir après son père alors que Sora est plus cachotière et elle n’hésite pas à se cacher pour mieux surprendre Leif. Tu es aussi emporté dans le jeu lorsque Leif s’amuse à se cacher derrière toi pour que les enfants ne puissent pas l’attraper mais les petits viennent surtout tenter de protéger leurs maman du grand méchant Duda.

    Après une bonne demi-heure de jeu, vous finissez à quatre, étalé dans votre grand lit. Kisos est niché contre toi alors que Sora profite des bras de son papa. Ils sont calmes avec la fatigue du jeu mais cela vous permet d’avoir un moment doux avec vos deux petites têtes brunes.

    “ – Tu m’as offert les deux plus merveilleux trésors au monde.. Je n’aurai pas pu rêver mieux tu sais. Kisos et Sora sont la pérennité que nous avons tant cherché à obtenir.. Nous avons traversé toutes les difficultés du monde mais quand on est avec eux, tous les maux disparaissent. Alors merci.. merci d’avoir fait grandir et pousser ces deux merveilles. Merci de les avoir mis dans notre vie. Tu as tout simplement créer notre bonheur en toi..”

    Il réussit à se pencher pour embrasser tes lèvres mais Kisos râle de jalousie et il repousse gentiment le visage de son papa. Les journées sont douces et se suivent. Voilà quelques mois que tout semble agréable. Votre voyage au vineland devient un mauvais souvenir mais il se fait lointain. En Norvège, tout est beaucoup plus serein et il n’y a plus vraiment d’ombres au tableau. Même en ce qui concerne son règne, Leif n’a pas de difficulté en vue puisqu’il est un roi qui inspire la confiance et la force alors il a réussi à rallier presque toutes les villes du pays. Ses amitiés avec la France et l’Angleterre rendent le commerce beaucoup plus simple et la famine devient aussi un très loin souvenir.

    Les jumeaux ont fêté leurs deuxième années de vie et ils grandissent à vue d’œil. ils ne savent pas encore parler correctement mais ils savent se faire comprendre. Ils ont chacun un caractère bien distinct, Kisos est un petit guerrier intrépide et protecteur alors que Sora est beaucoup plus douce mais elle a une facette très tempétueuse lorsque quelque chose ne lui va pas. C’est ce qu’il se passe en ce jour d’hiver. La petite râle de toutes ses forces parce que tu ne veux pas la laisser aller jouer dans la neige. Déterminée, elle reste près de la grande porte pour tenter de sortir mais quand Duda entre, la musique n’est plus la même. Face à Leif, Sora n’ose plus broncher car il n’hésite pas à disputer la demoiselle, même si elle est encore petite. Sora va donc se cacher dans sa chambre et Leif comprend qu’elle a encore fait une bêtise.

    “ – Elle a encore râler pour aller dehors ? Ma pauvre chérie.. Tu dois être à bout avec cette chipie. Je ne pensais pas que nous aurions fait une enfant avec autant de caractère !”

    Leif se rapproche de toi et il te prend contre lui. Les mois ont permis à ta chevelure de bien repousser mais aussi à ton corps de reprendre de la masse. Tu as même de nouveaux tatouages sur tes bras et un maquillage sombre comme les femmes nordiques. Même si la maternité te donnent un peu de cernes à cause des jumeaux intrépides, tu restes une femme magnifique et Leif ne peut se lasser de contempler cette beauté que tu es.

    “ – Ce soir j’ai envie qu’on soit tranquille.. Alors il va falloir fatiguer un peu nos enfants. Que dirais-tu de faire plaisir à Sora et d’aller un peu jouer dans la neige ? Allez bien vous couvrir, je vais aller préparer la luge.”

    Cela ravit les jumeaux. Ils peuvent enfin profiter de cette neige qui n’a de cesse de les fasciner mais il est plus prudent de ne pas les laisser y aller trop souvent car les températures et ce froid glacial pourraient les rendre malade. C’est Sora qui est la plus sujette aux soucis de santé puisque depuis quelques mois, elle montre souvent des difficultés à respirer et c’est pour cela que tu es plus protectrice envers elle. Vous ne vous doutez pas que sa santé est sur le point d’être votre prochaine grande bataille.

    Quelques jours après cette sortie en neige, Sora semble beaucoup moins vive que d’ordinaire. Ce n’est pas non plus un grand problème mais c’est étrange de la voir aussi calme et surtout de la voir rester niché dans son lit avec son raton laveur et un chien de Thomas. C’est justement le jeune adolescent qui se montre le plus inquiet. Il considère Sora comme sa petite sœur puisqu’il est encore trop tôt pour parler d’amour mais ce lien fort entre eux, fait qu’il est un peu trop vif lorsqu’il s’agit de Sora.

    “ – Ma ‘ ? Tu as donné du baume à Sora ? Elle respire mal ce matin..”

    Le garçon est insistant, même un peu trop puisqu’il te colle jusqu’à ce que tu lui donnes ce fameux baume. Il décide même de l’administrer lui-même à Sora, si bien qu’il referme la porte de chambre juste devant ton nez. N’est-il pas temps de penser à les éloigner un peu ? Leif n’a pas conscience de ce qu’il se passe entre eux mais toi oui.

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    M.

    Leif ne dit pas grand chose à table puisqu’il préfère écouter la confrontation que tu as avec les deux adolescents mais il en est pas moins amusé. Il remarque que les garçons sont très confiants et pourtant il sait déjà qu’ils vont perdre. Si Leif a bien appris quelque chose d’important en vivant toutes ces années avec toi, c’est que les femmes sont bien plus fortes que les hommes. Elles n’ont peut-être pas la même force musculaire mais elles sont beaucoup plus réfléchies et surtout bien plus malignes. Alors quand les garçons repartent et que tu appelles Leif, le colosse se met à rire doucement.

    « – Je suis d’accord avec ton projet de tournoi et j’ai hâte de voir comment tu vas botter les fesses des garçons. Ils ont un peu trop de confiance et il est temps de leurs rappeler qu’ils ne sont pas si forts qu’ils ne le pensent. »

    Il va quand même entraîner les garçons mais il sait où ira la victoire. Il en regarde même un instant votre petite Sora qui sera peut-être un jour une grande guerrière. Secrètement, c’est ce qu’il espère. Il sait que Kisos sera un grand combattant, même certainement le meilleur mais il souhaiterait que votre fille soit aussi forte que toi, afin qu’elle puisse se défendre seule.

    « – Comment va notre Sora ? Elle a encore beaucoup toussée cette nuit. Tu penses que ça ne serait pas à cause du froid ? Elle ne supporte peut-être pas le temps norvégien.. J’ai fais demander à ce que l’on puisse lui rapporter des couvertures beaucoup plus chaudes. J’ai envoyé aussi un message au roi de France pour qu’il puisse nous envoyer quelques herbes que tu ne peux faire pousser ici. La santé de Sora m’inquiète quand même.. elle ne semble pas vouloir guérir.. »

    Et puis cela a un impact sur votre vie de couple car depuis qu’elle est plus fragile, Sora n’arrive qu’à s’endormir que dans tes bras et comme Kisos n’arrive pas à s’endormir sans sa soeur, vous devez donc prendre les deux petits avec vous pour dormir.

    C’est ce qu’il se passe encore ce soir. Après le repas, les bains, vous finissez dans votre lit mais vous n’avez même pas le temps de vous embrasser que Sora pleure déjà pour que vous veniez la chercher. Kisos suit sa sœur et automatiquement, vous devez récupérer les deux petits. Parfois, Thomas va s’occuper de Sora et ça vous permet d’avoir un peu de temps pour vous mais là non. Le jeune anglais a décidé de s’amuser un peu avec Arès ce soir et ils sont sûrement de traîner avec les belles adolescentes du village. Leif revient avec les jumeaux dans ses bras mais à peine arrive t’il dans la chambre que Sora hurle pour que tu puisses la prendre contre toi.

    “ – Oui oui.. Attends quelques secondes Sora. Ma’ est juste là..”

    En même temps, vous ne savez sûrement pas que la petite ressent moins la douleur lorsqu’elle est contre toi. Tu es comme une sorte d’antidouleur et elle ressent beaucoup moins les brûlures qui consomment ses petits poumons mais pourquoi a t’elle ça ? Pourquoi ressent-elle ça ? Et pourquoi elle ? Sora n’aurait pas dû naître avec Kisos.. Elle a déjoué l’espace temps pour sauver sa famille mais cela risque d’avoir des conséquences qui ne sont qu’aux prémices.

    La nuit n’est pas la plus délicieuse. Vous êtes réveillés plusieurs fois à cause des petits et bien sûr que cela rend Leif grognon lorsqu’il faut vraiment sortir du lit. Ah.. la vie de père. Il l’avait toujours idéalisé mais sans vraiment réfléchir aux petits inconvénients. En plus, il n’a pas vraiment de quoi se plaindre contrairement à toi qui a décidé d’être beaucoup plus présentes pour vos enfants que pour le village.

    “ – Je vais parler du tournoi à mes hommes afin que l’on prévoit une date et que l’on commence à prévenir ceux qui voudraient s’y inscrire.. Hm.. et je pense qu’on devrait envisager de prendre quelqu’un qui pourrait s’occuper un peu des jumeaux.. Ils vont finir par nous tuer de fatigue..”

    Il n’y a pas que lui qui est fatigué, il remarque aussi les cernes que tu as sous les yeux. Tu as encore Sora contre toi alors que lui essaye de faire déjeuner Kisos qui préfére essayer d’attraper le raton laveur.

    Leif pense pouvoir demander à Freya de vous aider mais celle-ci a déjà beaucoup à faire au dispensaire. Il y a plusieurs filles qui sont disponibles dans le village mais bon, l’homme sait que tu ne laisseras pas n’importe qui entrer chez vous. Tout comme lui, tu as ta part de jalousie et il le comprend. Il demande donc à une vielle dame, du moins une femme plus âgé que vous, si elle peut vous aider. Solveig est l’une des doyennes du village et elle a aussi donné de son temps pour garder Leif lorsqu’il était enfant. Depuis des années elle se fait discrète car son fils aîné a fait volte face à Leif en allant combattre pour Rollo mais Solveig n’a jamais accepté ce choix. Elle a toujours soutenu Leif et elle est plus qu’honorée que celui-ci lui demande de l’aide pour les jumeaux.

    Dans la matinée, Leif arrive avec Solveig puisqu’il tient à te la présenter. Tu l’as déjà plusieurs fois croisé mais surtout dans tes rêves. Elle était un peu comme Aponie mais dans une ambiance beaucoup plus nordique. Une femme douce, de bons conseils et prête à vous aider, cependant elle a aussi une part plus sombre puisqu’elle traîne les erreurs de sa famille derrière elle.

    “ – Matoaka ? J’ai trouvé quelqu’un pour nous aider ! Solveig ! Tu ne l’as connais pas beaucoup mais je suis certain qu’elle sera parfaite pour nos enfants. Elle a su me garder quand j’étais petit alors ça va être un jeu d’enfant pour elle de garder nos enfants !
    _ C’est vrai que tu n’étais pas le plus sage.. Tu adorais courir partout et me faire tourner en bourrique. “

    Elle se met à rire doucement et quand tu arrives avec les jumeaux, elle s’apprête à te saluer mais elle est troublée par Sora. Elle sent que quelque chose ne va pas avec votre petite fille. Elle a même l’impression d’avoir déjà vécu cette vision.

    “ – Elle a du mal à respirer ? Leif avait le même trouble quand il était tout petit.. Il devait avoir le même âge que votre fille. Cela s’est calmé quand il a grandi mais je me souviens que les parents de Leif avaient eu peur de le perdre..”

    Rien de rassurant. Leif fronce les sourcils mais il ne rajoute rien. Il te laisse donner Sora à Solveig et le temps que la vieille dame fasse connaissance avec les petits, Leif t’entraine un instant vers l’extérieur afin que tu puisses un peu respirer.

    “ – Je pense qu’elle doit en rajouter.. Notre Sora va bien aller mais on doit aussi penser à nous. J’ai fait en sorte de réserver toute mon après-midi pour toi.. Que dirais-tu d’aller vers la grotte aux sources chaudes ? Cela devrait nous faire du bien. Et pour le tournoi, sache qu’il aura lieu dans un mois. L’hiver va bientôt s’en aller et ça sera mieux de combattre sans toute la neige. Thomas et Arès ce sont déjà inscrit avec plusieurs de leurs amis mais il y a déjà plusieurs demoiselles qui aimeraient pouvoir aussi s’inscrire.. elles attendent juste que tu programmes les séances d’entraînements.”

  19. Avatar de M.
    M.

    Leif ne peut retenir son rire aussi. Vous avez bien fait peur à ses jeunes alors que pourtant vous risquez d’être bien pire qu’eux dans cette grotte. Il prend quand même une moue quand tu parles de vos enfants car bien qu’il n’est pas un gros macho, Leif ne veut pas concevoir que votre fille aura un jour des prétendants. Pour Kisos, cela ne le gêne pas mais avec Sora, il ne veut pas envisager qu’un garçon essayera de la toucher ou même l’embrasser. Sa petite princesse a un statut bien spécifique, presque possessif.

    « – Le garçon qui osera toucher à Sora risque de ne jamais sortir de cette grotte vivant tu veux dire ! Je ne veux pas qu’on touche à ma princesse ni même qu’on joue avec son cœur. Après pour Kisos, cela dépendra ! Je ne veux pas non plus qu’il soit un bourreau des cœurs et surtout des fesses. Je n’accepterais que s’il est fidèle à une seule fille ! »

    Il y a quand même des règles pour Kisos. Leif ne pourra accepter que votre fils joue au don Juan. Il ne pense plus au fait qu’il aura un avenir avec Charlotte, la fille de Fergus et Amara mais même si c’était une autre jeune femme, Leif ne veut pas que votre fils soit ce genre d’hommes qui blesse les filles.

    “ – Mais bon, on a encore le temps d’y penser.. Pour le moment ils ne savent même pas manger sans en mettre partout et ils ne savent pas non plus dormir sans nous donc nous n’avons pas de soucis à nous faire !”

    Laissant la conversation de côté, Leif préfère passer à quelque chose de plus exaltant avec toi. Puisque tu es assise sur lui, il en profite pour commencer à retirer les vêtements que tu as sur toi. Le colosse n’a pas eu cette chance de pouvoir te toucher pendant de longs mois puisqu’avec ce qu’il s’est passé au Vineland, tu préférais garder une pudeur le temps de retrouver confiance en toi. Il l’a compris et il ne t’en a pas voulu mais il est quand même en manque d’intimité, de sensualité, de toi..

    “ – Tu m’as tellement manqué.. Mais j’aurai encore attendu des mois si tu en avais eu besoin.. Je tiens à ce que tu saches que je respecterais toujours tes choix..”

    Il se doit de te le rappeler, sûrement pour que tu saches qu’il ne sera jamais ton bourreau. Au contraire, il sera toujours celui qui fera en sorte que tu sois une reine, un trésor, une déesse. Tu peux le voir avec son regard qui semble hypnotisé par toi. Lorsque tu te retrouves debout et nu devant lui, Leif est envouté. Il s’avance pour poser son visage contre ton ventre alors que ses mains longent ton dos. La douceur de ta peau.. l’odeur sucrée de ta peau.. Cela lui a manqué. Tellement manqué qu’il prend son temps pour retrouver ses petites choses qu’il n’avait plus le plaisir d’avoir.

    “ – Mais sache aussi que tu seras toujours la plus belle des créatures à mes yeux.. J’aime ce que tu es. Entièrement. Ton âme, ton coeur, ton sourire, ton corps.. Je suis épris de toutes les parties de ton être. Et jamais je ne serai repoussé. Je veux que tu saches que jamais tu ne seras un monstre à mes yeux et je veux surtout que tu te retires cette simple pensée de l’esprit.. Tu seras toujours mon joyau..”

    Il relève un instant ses yeux pour croiser ton regard. Il y a de l’émotion chez lui puisque ce qu’il dit est totalement vrai. Tu es son royaume, son univers et comment pourrait-il te voir avec une once de dégoût ? D’autant plus que toi, tu l’as sûrement vu avec des conditions bien plus horribles. Leif embrasse ton ventre mais avec douceur, il descend plus pas et son visage s’enfouie entre tes cuisses. Le plaisir.. Instant délicieux que tu as délaissé mais qu’il souhaite te refaire découvrir. Il empoigne tes hanches alors que sa langue vient taquiner ton point de plaisir. Tes gémissements commencent à raisonner dans la grotte et c’est ce qu’il voulait entendre. Il veut que tu te réapproprie aussi ta féminité et ton corps par le plaisir. C’est même pour cela qu’il ne te permet pas de le toucher ou de le déshabiller pour le moment puisqu’il tient à te faire avoir un orgasme par les simples caresses de ses lèvres et sa langue. Tu en as les jambes qui en tremblent et tu te tiens à ses épaules pour ne pas tomber mais Leif reste à genoux devant toi. Il se montre de plus en plus vif dans ces gestes. Il vient même caresser ta poitrine qui pointe. Ton corps si magnifique reprend sa ferveur, sa passion. C’est même encore plus intense quand il fait venir l’une de tes cuisses sur son épaule. L’extase est proche et quand tu te laisses enfin aller, Leif continue ses caresses pour que la jouissance soit la plus forte que tu ais pu avoir depuis vos débuts.

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    M.

    Il te retrouve enfin. Du moins, il retrouve la femme sensuelle, désireuse et celle qui n’a pas peur de le séduire. Leif avait peur que tu décides de rester dans tes retranchements et que vous n’ayez plus jamais de vie intime mais finalement il a eu une peur absurde puisque tu prouves le contraire en ce moment-même. Vous voilà nu, Leif au dessus de ton magnifique corps et toi qui lui quémande de te faire l’amour. Ta phrase le fait sourire car il espérait bien pouvoir réentendre ce genre de demande. Cependant il prend son temps, déjà parce qu’il a envie de t’embrasser mais aussi toucher ton corps comme tu viens de lui demander.

    « – Bien sûr que je vais te faire l’amour.. évidement que je vais t’embrasser et te toucher.. Je te désire tellement Matoaka. Je suis fou de toi.. Tu es l’objet suprême de mes désirs. Tes lèvres charnues, tes jolies seins galbés, tes hanches magnifiquement dessinées, tes fesses courbées.. Je suis dingue de tout ça. Et ça m’a manqué. Ça m’a manqué de ne pas y goûter, de ne pas y toucher.. Alors oui, je vais te faire l’amour maintenant mais aussi ce soir, demain et après demain.. Je te ferai l’amour chaque jour où tu me laisseras te prendre contre moi.. »

    Il embrasse une nouvelle fois tes lèvres et il se délecte même de ta langue. Dans le même temps, Leif passe ses mains sous tes cuisses afin de relever ton bassin et son membre vient s’enfoncer en toi. Il y va lentement pour ne pas te brusquer. Avec ce que tu as vécu, il a quand même l’appréhension que l’acte puisse te raviver des souvenirs horribles. Pourtant non.. tout semble aller puisqu’il entend un gémissement terriblement sexy de ta part. Cela le conforte et lui permet de commencer à bouger son bassin un peu plus rapidement.

    C’est un torrent de plaisir qui s’abat sur vous. Vous vous retrouvez enfin et vous ne laissez pas une seule occasion de laisser les choses se faner. Leif dévore tes lèvres puis ton cou de baisers mais il se donne surtout dans ses vas et viens pour vous faire vriller ensemble. Même lui qui est plutôt silencieux d’ordinaire, ne peut retenir des râles de plaisir.

    “ – Putain.. Ma.. Mon dieu.. Tu me rends fou…”

    Et c’est toujours plus fou lorsque tu renverses le colosse pour prendre le dessus sur lui. Tu reprends confiance en toi et tu laisses ta sensualité s’exprimer en dansant sur lui. Allongé sous toi, Leif a l’une des visions les plus exquises possibles. Ses mains empoignent tes hanches et il se redresse pour pouvoir mordiller tes seins qui le tentent un peu trop. Diable, c’est totalement dingue. C’est divin. C’est explosif.

    La jouissance arrive. Leif caresse ton bouton de plaisir pour que la tienne soit aussi intense que la sienne. Vos cris résonnent dans la grotte mais même si l’orgasme vous a atteint, vous continuez à faire l’amour pour ressentir cette sensation jusqu’à ce que vous n’ayez plus de souffle. Ton corps finit par tomber sur le sien et Leif encercle ton corps de ses bras. Son visage se niche dans ta chevelure qui arrive à tes épaules mais qui surtout retrouve de sa splendeur.

    “ – Je ne vais plus vouloir quitter cette grotte..”

    Il se met à rire mais dans un sens il n’y a qu’ici que vous avez le droit à cette intimité puisque chez vous, c’est devenu mission impossible à cause des enfants. Leif aimerait qu’ils aillent dans leurs chambres mais c’est encore compliqué de les éloigner de vous ou plutôt de toi. Le colosse caresse ton dos le temps que vous repreniez vos esprits mais quand cela semble aller mieux, il te soulève et il vous mène dans la source chaude. Autant en profiter aussi, surtout après un tel moment sportif. Il te garde malgré tout dans ses bras et il s’amuse à déposer des petits baisers mouillés contre ton visage.

    “ – Je suis heureux.. Heureux que tu ailles mieux.. J’avais si peur.. Peur que tu ne veuilles plus être proche de moi à cause de.. de ce qu’il s’est passé là-bas. Tu sais, je m’en veux tous les jours.. J’ai essayé de te retrouver le plus vite possible mais à chaque fois que je pensais te trouver, on me mettait des bâtons dans les roues.. Aujourd’hui je me doute que ce sont les anciens qui ont fait cela mais je m’en veux de ne pas avoir su te sauver plus rapidement. Je m’en veux encore plus d’avoir été en angleterre.. Tout est de ma faute.. Je n’aurai jamais dû quitter la norvège.. En tout cas sache que c’est terminé. Je ne quitterais plus jamais ce royaume, même pour les raids. J’enverrai mes hommes mais moi je resterai ici, avec toi et notre famille. Je.. Je ne veux plus que l’on vive des douleurs. Je ne veux plus que l’on soufre.. Je veux qu’on soit enfin heureux, ensemble et qu’on voit nos petits grandir..”

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    M.

    La petite course nautique se termine assez vite en bain bouillant et sensuel puisque Leif ne te laisse pas la chance de repartir sur la terre ferme. Tu te retrouves enlacé par ses bras, embrassé de manière bien sauvage et surtout il se doit de te refaire l’amour afin que tu comprennes à quel point tu as un pouvoir immense sur lui. Il serait même prêt à recommencer une troisième fois mais vous ne pouvez pas non plus rester encore des heures dans cet endroit puisqu’au soir, vous avez un dîner important au skali. Bjorn est de retour pour quelques jours et il vient faire état de ce qu’il se passe en Angleterre. Il est toujours sur le trône et il a réussi à faire diminuer les tensions dans le pays cependant beaucoup d’anglais tentent de le faire tuer puisqu’ils n’acceptent pas avoir un norvégien en tête du pays. Leif a eu la bonne pensée de faire aussi venir Fergus puisque celui-ci est un natif de la petite île donc il saura sûrement trouver des solutions pour aider Bjorn. Dans tous les cas, Leif fait tout pour ne plus à avoir à quitter le pays nordique. Il n’ira pas en Angleterre pour aider Bjorn et bien que cela déçoive son neveu, le colosse tient à tenir la promesse qu’il t’a donné.

    C’est plutôt un grand banquet qu’un dîner et il y a beaucoup de monde dans la salle. Leif aurait de quoi ne pas être présent auprès de toi mais il reste sur sa chaise même s’il a ses genoux de pris par la petite Sora. Elle a un peu plus de couleurs sur ses joues mais elle a le regard triste, comme si le fait que Thomas n’était plus là pour elle, avait éteint quelque chose. Pour Kisos c’est le contraire puisqu’il a retrouvé sa petite chérie qu’est Charlie. Les deux petits sont devant la table, à jouer ensemble et à rire aux éclats. Tout se passe merveilleusement bien, malgré les choix de Leif et vous avez même le droit à plusieurs verres levés en votre honneur. Depuis votre retour, le peuple se porte mieux et vos commandements font prospérer la Norvège. On vous annonce que pour cette année, vous aurez plus que de réserves pour le prochain hiver et pour le moment vous n’avez plus que des alliés, aucun ennemis en vue. Comment ne pas être ravi par toutes ses nouvelles ? Leif semble quand même un peu perplexe. Pas qu’il ne soit pas content mais c’est tellement étrange de n’avoir aucun problèmes à l’horizon.. Cela ne vous est jamais arrivé. Il y a toujours eu une ombre proche de vous mais là elle n’est pas là. Peut-être un peu avec l’état de santé de Sora mais elle n’est pas non plus à l’article de la mort. Toi aussi tu vas mieux physiquement et moralement. Leif a gardé sa chevelure blanche et son regard ocre mais il n’a pas de maux qui pourraient le clouer au sol. Pourtant.. Oui, il est perplexe et il a le regard un peu partout. C’est comme s’il cherchait une faille ou la mauvaise surprise. Cela le dissipe durant le banquet, si bien qu’il n’écoute qu’à moitié vos invités et notamment les dires de Fergus sur son voyage tumultueux pour arriver ici.

    “ – La mer était déchaînée et j’ai eu peur que notre navire se retourne plus d’une fois. Cela m’a fait pensé aux tempêtes que tu pouvais provoquer Matoaka mais comme tu n’étais pas là et que tu sembles aller bien, je suppose que ça ne devait être que les éléments qui s’agitent seuls..”

    Pourtant l’élément en question est niché dans les bras de Leif. La “maladie” de Sora est étrange et semble à la fois enfantine et parfois liée à Thomas mais en réalité, elle ne fait que commencer à développer les mêmes pouvoirs que toi. La petite a même plus de pouvoir que toi puisqu’elle a aussi pris des pouvoirs de son père. Son jeune âge ne lui permet pas de pouvoir contrôler ses émotions et tout se répercute sur le reste sans que vous ne le sachiez. Le soleil qui a bercé vos champs et qui a aidé à offrir beaucoup de récoltes, n’était que le sentiment de joie lorsque Thomas prenait soin de la petite mais maintenant qu’elle est triste, Sora a causé quelques dégâts dans d’autres endroits. Des mers tourmentées, un volcan en explosion vers le nord de la méditerranée ou même des tempêtes de sables immenses vers l’afrique. Il serait impossible pour l’instant de mettre le puzzle en place puisqu’ici il ne s’est rien passé et quand elle se retrouve avec toi, Leif ou même Kisos, Sora est beaucoup plus calme mais que serait-il si vous deviez être un peu plus absent ?

    “ – Solveig ? Peux-tu aller mettre Sora au lit ? Elle semble s’endormir.
    _ Bien mon roi.”

    Mais non, Sora voulait juste un gros câlin et quand Solveig la retire des bras de son père, elle se met à pleurer à chaudes larmes. Leif évite de craquer en la reprenant dans ses bras puisqu’il sait que cela ne fera que conforter votre fille dans ses positions. Pourtant, ce gros chagrin se transforme en tempête glaciaire, surtout quand Sora voit Thomas danser avec une jeune fille de son âge.

    La tempête commence à souffler sur le nord du pays alors ce soir vous ne remarquez pas grand-chose. Vous retournez vers votre petite maison assez tard mais il fait quand même un peu plus froid dehors. Vous n’êtes qu’en fin d’été donc c’est étonnant mais rien d’alarmant. Leif met sa veste sur tes épaules le temps que vous faisiez la route et une fois chez vous, il se met à rire puisque dans sa veste, tu es totalement caché par ce mont de peau de bête. Tu ressemblerais presque à une oursonne.

    “ – J’avais oublié que j’étais un immense bonhomme à côté de toi. Laisses moi allumer un feu avant de retirer la veste, même dans la maison il fait frais je trouve.”

    Avant tout, il va coucher Kisos qui a tardé avec vous et Leif revient dans le salon mais il te trouve dénudée devant une cheminée déjà allumée. Tu réussis à le faire rire mais surtout tu réussis à l’attirer très vite contre toi.

    “- Mon épouse n’est pas encore fatiguée ? Dois-je faire en sorte que tu puisses mieux dormir cette nuit ?”

  22. Avatar de M.
    M.

    Encore une nuit bien torride dans tes bras. Leif ne saurait s’en passer et puis maintenant que les petits ne traînent plus dans votre chambre, rien ne vous empêche de vous retrouver. Bien sûr, il faut savoir garder les oreilles vives au cas où s’ils se réveillent mais par chance, cette nuit ils ne vous gênent pas. Leif peut profiter de tes magnifiques courbes et de tes déhanchements sensuels. Il peut laisser ses lèvres goûter ton corps mais aussi ses mains te posséder. Vous retrouvez un peu de votre jeunesse durant cette nuit puisqu’il y avait bien longtemps que vous n’aviez pas fait de soirées entièrement chaudes comme celle-ci. Vous ne fermez pas une fois les yeux, pas de sommeil pour vous mais au matin Leif n’a pas l’ombre d’une cerne. Il a plutôt un immense sourire coquin tandis que tu te loves encore contre son torse nu.

    « – Mon épouse a t”elle passé une bonne nuit ?”

    Il se penche pour t’embrasser mais la fin des retrouvailles se rapproche puisque vous entendez les petits chahuter. Ils sont debout dans leurs lits et Kisos tente de sortir mais Leif réussit à le récupérer avant qu’il ne tombe au sol. Sora a encore son air triste et ses joues bien rougis par la fièvre mais Leif la récupère aussi pour qu’ils puissent tous te rejoindre dans la cuisine. Vous n’avez pas encore remarqué mais dehors c’est le blizzard total. Sora n’a pas été en douceur mais en voyant la neige par la fenêtre, Leif pense plutôt que cela pourrait venir de toi et votre nuit torride. Il sait que parfois tes émotions peuvent créés des troubles.. Et comme la neige ne devrait pas être arrivée, il est clair que cela ne peut venir que de toi.

    “ – Matoaka ? Tu as vu ? Dehors.. Il y a.. pas mal de neige..”

    Après, ce n’est pas lui ira te blâmer puisqu’il est autant fautif que toi mais il sait que cela risque de poser des soucis dans le sens où vous aviez encore des récoltes à avoir d’ici peu et puis personne n’est vraiment préparé pour cette tempête soudaine. Leif se pose à table avec les petits pour les faire manger mais tu peux remarquer qu’il se retient de rire.

    “ – Tu penses que c’est à cause de cette nuit ? Logiquement la neige ne devrait arriver que dans plus d’un mois.. Où alors peut-être qu’il y a un petit souci au niveau des saisons.. En tout cas on va devoir bien se couvrir et je vais aussi aller voir si on peut gérer les récoltes maintenant. J’ai peur que cette neige détruit ce que l’on a accumulé pour l’hiver.”

    Kisos fait son vorace. Il boit tout son lait et mange les morceaux de pain que tu lui as donnés. Il pique même celui de sa jumelle mais avec son esprit tourmenté, miss Sora se met à pleurer à chaudes larmes. Cela décuple l’intensité de la neige mais ce n’est pas perceptible depuis votre maison. Elle ne se calme qu’une fois que tu la prends contre toi et que tu lui donnes un autre morceau de pain.

    “ – Je ne m’attendais pas à ce qu’on ait une fille aussi pleureuse.. Une vraie petite cascade. Sa nourrice ne devrait pas venir aujourd’hui mais si ça ne va pas, n’hésite pas à la faire venir. Ou alors si tu veux, je peux peut-être prendre Kisos avec moi pour que tu sois allégé. Tu pourrais me faire une écharpe comme tu as l’habitude de te faire ?”

    Kisos n’a pas l’aller sur un terrain d’entraînement ou un champ mais Leif est prêt à embarquer le petit afin de lui montrer ce qu’il fait mais surtout pour te ménager. Peut-être que Sora a besoin de plus d’attention et ce n’est pas évident à avoir lorsqu’on a un jumeau. La journée devrait donc être plus cool pour tout le monde mais bon, vous êtes encore loin d’imaginer que vos petits sont bien différents des autres enfants. Même Kisos a une particularité qu’il va découvrir aujourd’hui avec son Duda.

    Après ce déjeuner, Leif part avec Kisos pour aller au plus vite voir les dégats qu’a fait la neige. Heureusement votre peuple sait anticiper avec la neige mais cette tempête tombe mal quand même. Vous risquez de ne pas avoir assez de réserves pour l’hiver si tout ça ne s’arrête pas au plus vite.

    “ – Nashoba ? On va aller chasser. Si on perd des légumes et du blé, on va devoir doubler nos réserves en viande et en poisson. Je vais aller rassembler quelques hommes et nous allons partir pour toute l’après-midi.
    _ Tu vas garder Kisos avec toi ?
    _ Bien sûr ! Il est sur mon dos, il ne risque rien s’il ne bouge pas.
    _ On va quand même aller chasser.. Si tu tombes de ton cheval ? Ou que l’on tombe sur un ours ?
    _ Je saurais protéger mon fils. Rassembles plutôt les hommes au lieu de penser au pire.”

    Kisos ne bouge pas depuis qu’il est parti avec Leif. D’ordinaire il adore gambader mais là il se sent bien contre son grand duda alors Leif a confiance sur le fait que la chasse ira bien. Et puis ça sera l’occasion pour Kisos de voir ce que font les hommes lorsqu’ils ne partent pas en guerre ou en raid. Il faut quand même faire attention avec la neige mais Leif ne compte pas aller très loin, seulement dans les forêts environnantes.

    De ton côté, ta présence apaise Sora, si bien que le soleil refait son apparition. La petite retrouve un doux sourire quand tu lui racontes des histoires enchantées comme elle les aime. Rien ne pourrait encore t’indiquer son pouvoir.. Si ce n’est une visite de Thomas. L’adolescent est venu te prévenir pour la chasse qui s’annonce et il est aussi venu te déposer un panier de vivres que Leif te fait envoyer.

    “ – Leif a dit que nous rentrerons pas très tard sauf s’il continue de faire du soleil. Il veut que l’on double les stocks de viande. Je vais essayer d’avoir un gros cerf !”

    La chasse est aussi une petite compétition pour les hommes. Celui qui ramène le plus gros gibier, est célébré alors Thomas est plutôt content d’être convié à l’après-midi. Il ne calcule pas Sora durant son discours mais pire, il n’est pas seul puisque sa petite copine attend à la porte d’entrée. Sora n’a pas la notion de jalousie amoureuse mais elle comprend quand même qu’il n’est pas seul. Il ne veut plus s’occuper d’elle mais d’autres personnes. Comment ne pas être encore plus triste ? A peine Thomas sort de la maison que la petite se remet à pleurer. Elle ne comprend pas pourquoi son Thomas ne l’approche plus et de ce fait, les larmes sont plus en plus prononcées.. tout comme la neige qui reprend ses belles chutes alors que les hommes partent en forêt.

    “ – Tu es sûr qu’on ne devrait pas faire demi-tour ? Le soleil est déjà reparti..
    _ Nous ne sommes pas loin de Kattegat. On ne risque pas grand chose mais si tu veux partir Nashoba, fait toi plaisir. Rien ne t’oblige à être ici. Si c’est à cause du froid, sache que dans quelques semaines il fera bien plus frisquet.
    _ Tu crois que j’ai froid ? Je vis avec vous depuis des années, j’ai pris l’habitude ! Mais je trouve ce temps bizarre. Il y a trop de neige pour une fin d’été.”

    Leif ne peut le contredire mais il ne peut pas s’arrêter de faire vivre le village à cause de la neige. Le colosse prend les devants avec Kisos et il s’enfonce dans la forêt pour essayer d’avoir plusieurs gibiers. Il a pris ton arc pour que les coups soient plus précis mais avec Kisos dans son dos, Leif doit faire plus attention. Votre petit se met à rire quand Leif galope ou lorsqu’ils voient un animal mais ça n’arrange pas du tout le papa. Il perd plusieurs proies à cause de ce chenapan.

    “ – Chuuut.. Kisos. on ne doit pas faire de bruit..
    _ Duuuudaaaa… nounou..
    _ Nounou ? Merde.. j’ai oublié de te prendre à boire.. Tu as soif ? Faim ?
    _ NOUNOUUUU DUDA !
    _ Tu as froid ?
    _ NOUUUUUUNOUUUUU !”

    Leif ne comprend pas et Kisos hurle. Il hurle car il voit un ours se rapprocher. Ce n’est pas Arès car il ne se balade plus comme un ours depuis qu’il est amoureux de la belle Lena. Non, c’est une autre bête, un ours qui traîne sûrement dans le coin pour avoir à manger. Leif finit par capter l’animal mais avec Kisos dans le dos, il doit redoubler de stratégie pour ne pas que votre fils se fasse toucher. Il doit se séparer de ton arc pour sortir son épée mais c’est un temps de perdu qui fait qu’il se prend un premier coup de patte.

    “ – LEIF ? LEIF ??”

    Nashoba était plus loin mais avec les cris de Kisos, il a compris qu’il y avait un gros problème. Et quel problème ! Lorsqu’il arrive, Leif est au sol. Assommé sous l’ours mort. Kisos n’est pas sous son père, heureusement mais il n’est pas près de Leif non plus. Où est le petit garçon ? Nashoba essaye de dégager Leif et il hurle à ce que l’on vienne l’aider pour retrouver Kisos. Il faut retrouver le prince héritier ! Et justement, le prince héritier n’est pas si loin.. un petit ourson perché sur un arbre.. Voilà où est Kisos. Pour le moment personne ne le calcule mais comme tu as été appelé pour voir le bras cassé de Leif, tu vas sûrement avoir le flair de retrouver ton petit garçon au pelage noir.

  23. Avatar de M.
    M.

    Leif est encore sonné et se retrouver devant un petit ourson n’est pas une chose qui l’aurait aidé à rester calme. Oui, il fait un sursaut mais tu rappliques pour expliquer ce qu’il se passe. Kisos un ourson ? Il n’a rien vu pendant l’incident.. en même temps il n’a eu le temps de rien voir puisque lorsque l’ours lui a foncé dessus, il l’a tué mais il a surtout fini écrasé sous la bête. Il a juste eu le temps de retirer Kisos de son dos pour ne pas que l’enfant finisse écrasé sous lui et l’ours. Leif a déjà vu Arès se transformer et lui-même se transformer il fut un temps mais il ne pensait pas que Kisos finirait sous cet état aussi.. surtout à un âge aussi bas. Il n’a même pas deux ans et il est déjà une petite bête poilue qui cherche à embêter sa sœur jumelle. Il y a de quoi choquer mais avec la douleur de son bras et l’effet de tes baumes, Leif est trop groggy pour s’emporter.

    « – Un ourson.. Kisos est un ourson.. et.. aïe ! Aiiiie euh ! »

    Leif te râle dessus lorsque tu commences à bouger un peu son bras. Ce n’est pas contre toi mais la douleur est très intense et il semblerait que papa ours a beaucoup plus qu’un os déplacé. Les jumeaux se rapprochent quand ils entendant leur père couiner de douleur et pour essayer de l’apaiser, ils viennent contre lui mais Leif est à nouveau surpris puisque Kisos ne reprend toujours pas son physique humain.

    « – Tu crois qu’il va toujours rester comme ça ? Il.. enfin on doit le remettre en humain.. il est mignon en ours mais en tant que futur roi.. il doit avoir une apparence moins.. poilue.. »

    Leif joue la carte du roi qui pense à sa descendance et son trône mais c’est vrai que Kisos ne pourrait pas régner s’il gardait cette apparence. Si pour Arès cela ne le gênait pas, pour Kisos c’est autre chose. Il est légitime.. il est l’avenir de ce pays. Leif en oublierait presque qu’il a une fille et qu’elle pourrait être aussi une grande reine mais il n’a jamais été vu d’avoir une femme sur un trône. Du moins pas en première ligne.

    « – Il faudrait qu’Arès essaye de lui montrer comment gérer.. ça. Moi je ne peux plus et puis de toute façon je suis puni à devoir rester dans ce lit pendant plusieurs jours autrement mon épouse va m’étrangler. »

    Il sourit finement alors que tu termines de bander son bras. Il n’arrive pas à pencher pour t’embrasser mais sa moue te fait comprendre qu’il veut un petit bisou avant que tu ne partes ranger ton matériel. Ce bisou attire les deux petits diables qui veulent aussi des bisous, surtout Sora qui par ce moment en famille, daigne redonner un grand soleil à votre pays.

    Bien que ce soit handicapant pour Leif de se retrouver alité et surtout avec son bras droit dans le pâté, il y a quand même du bien car l’homme a le droit à la douceur de votre famille. Toi avec tes soins, tes petites attentions et tes sourires, ainsi que vos enfants et leurs malices, leurs énergies et leurs amours. Même si Kisos met du temps à redevenir un petit garçon normal, tout ça fait du bien à Leif. Il avait toujours rêvé avec une famille, sa propre famille. Lui qui a été privé de la sienne en étant enfant, il peut enfin découvrir des moments simples mais tellement délicieux qu’il aimerait que le temps s’arrête.

    « – Dudaaaa ! Miam miam !
    _ Tu vas me donner à manger ma petite Sora ?
    _ Viiiiii ! Miam miam à Duda ! »

    Leif laisse la petite apporter les cuillères de potage à ses lèvres. Cela fait rire la petite fille aux éclats et cela réconforte tout le monde. Kisos a repris son apparence le lendemain de l’incident mais parfois il lui arrive de se transformer quelques minutes en ourson. Il ne contrôle pas encore son pouvoir, tout comme votre Sora finalement. Les deux ont des capacités qui les dépassent mais vous dépasse aussi. Tu apprends à Leif que Sora semble avoir un lien avec les dernières tempêtes de neige. Elle aurait hérité de tes capacités et Leif est tout autant surpris que pour Kisos mais le reste des révélations ne lui pas.. tu lui apprends que tu l’as compris à cause de son manque de Thomas. Mais pourquoi son manque de Thomas ? Justement Leif était étonné de ne plus voir le jeune homme s’occuper de Sora mais là.. apprendre que les deux sont destinés, qu’ils sont des âmes sœurs.. oui, ça rend Leif bougon car il ne veut pas accepter que sa petite fille puisse déjà avoir un amour dans sa vie.

    « – Tu le savais depuis le début ? Pourquoi tu m’as rien dis ?? J’aurai laissé Thomas en Angleterre avec Bjorn ! Et puis.. et puis à Sora aussi tu dois lui faire oublier tout ça ! Je ne veux pas qu’elle soit entiché d’un garçon qui a treize ans de plus qu’elle !! De toute façon aucun garçon ne doit tourner autour de la Sora ! Pas tant qu’elle ne sera pas adulte et que je n’aurais pas vérifier que son futur prétendant soit parfait pour elle ! »

    Les enfants jouent un peu plus loin dans la chambre lorsque Leif se met à hausser la voix. Il ne te dispute presque jamais mais il est clair que le cœur de Sora risque d’être un sujet de discorde puisqu’il n’imagine pas qu’un garçon puisse approcher la demoiselle. Pour Kisos, il sait qu’il est lié à Charlie et dans un sens, il a une posture un peu plus machiste mais Sora est sa petite princesse alors non, Thomas n’a pas le droit d’en être imprégné.

    « – Ce soir tu feras ce sort à Sora ! Même.. un sort qui fait qu’elle ne pensera pas à tous les garçons ! Sauf son Duda bien entendu. On sait tous les deux que beaucoup de garçons veulent des filles que pour coucher alors autant faire en sorte qu’elle les éloigne jusqu’à ce qu’on juge qu’elle peut essayer de trouver l’amour.. »

    Sora vous écoute même si elle est en train de jouer avec Kisos. Elle ne comprend pas tout mais le simple fait d’entendre le prénom de Thomas, cela la fait repleurer et donc la neige se remet à tomber. Leif essaye de se relever pour aller vers la fenêtre et quand il y arrive enfin, il fronce les sourcils car il comprend que votre fille a vraiment un pouvoir beaucoup plus imposant qu’il n’y paraît. Elle semble même plus « forte » que toi puisqu’il ne faut que quelques secondes pour que le sol soit couvert par des monts de neige.

    « – Je sais que ça ne se fait pas de contrôler le cœur de quelqu’un mais on a pas le choix.. regardes ce qu’elle fait.. et je suis certain qu’elle pourrait faire bien pire, surtout quand elle sera dans un âge de comprendre les dons qu’elle possède. »

    Il n’a pas tord puisque lorsqu’elle sera plus âgée, voir adolescente, Sora pourrait faire des dégâts immenses si elle se retrouve en colère, triste ou sous une émotion négative. Que ce soit sur le temps ou peut-être même sur les gens.. oui, elle peut aussi avoir une incidence sur les gens car lorsque Leif va vers elle pour essayer de la calmer, votre fille veut le repousser mais n’ayant pas la force physique pour cela, elle use de son pouvoir et elle brise le deuxième bras de son père. Ce n’est pas volontaire, elle ne contrôle rien mais Leif se met à hurler de douleur. C’est encore plus douloureux que l’accident avec l’ours. Il en tombe à genoux et pour la première fois devant toi, il pleure de douleur. Lui, le grand bonhomme qui joue toujours les durs et qui minimise ses blessures.. Là, il est totalement paralysé par le mal. Il ne peut même plus bouger ses deux bras sous peine d’hurler encore plus fort. Heureusement que tu as un thé qui permet de l’endormir presque instantanément et ainsi lui permettre de ne plus rien ressentir.

    Pendant plusieurs semaines, Leif est dans une sorte de coma que tu lui infliges pour qu’il puisse guérir sans souffrir. Beaucoup de monde sont inquiets de ne plus voir le roi et de savoir qu’il est en mauvais points. Tu reçois de l’aide de plusieurs personnes pour gérer la situation dont Solveig qui ne quitte plus la petite maison pour le moment. Elle fait en sorte d’être toujours auprès de Sora pour la canaliser mais est-ce que cela pourra durer des années ? La vieille dame n’est pas éternelle et Sora s’accroche aussi à elle. Un jour, la perte de Solveig pourrait être un immense cataclysme dans la vie de votre fille.

    « – Les émotions sont quelques choses de très intenses et qui touchent tous les hommes. Elles sont là pour faire de nous de vrais êtres humains.. Les dieux n’ont pas d’émotions. Sora prouve qu’elle a une âme de grande humaine mais elle a un don des dieux. Les deux ne peuvent réellement s’accorder.. C’est bien pour cela que Leif a eu un début de vie difficile. Il avait pour parents des dieux et ils n’avaient pas les capacités humaines d’élever correctement un enfant comme lui. C’est pour cela qu’ils ont fini par donner fin à leurs vies humaines.. Ils auraient fini par détruire Leif. C’était un immense sacrifice et Leif en a souffert mais il ne se rend pas compte que sans cela, il n’aurait jamais survécu. Pour Sora, je pense qu’il va falloir faire des choix aussi.. sous peine qu’elle ne se détruise ou détruise ce qu’il y a autour d’elle. J’ai peut-être un moyen de lui retirer son don.. mais pour ça, il va falloir que vous sacrifiez le votre. C’est votre don qui grandit en elle.. Si vous ne l’avez plus, elle ne l’aura sûrement plus non plus. Cependant êtes vous capable de devenir une simple humaine ? Sans dons, sans forces supérieurs.. »

    La vieille dame a pas mal de connaissances mais comme elle te l’a dit, elle était fille de Volva. Mais surtout, elle a vécu cette trame puisque sa mère a sacrifié ses dons pour ne pas que Solveig puisse en avoir. Il y a parfois des Volva qui ont bien plus que des visions, comme toi. La mère de Solveig avait le pouvoir de faire brûler tout et n’importe quoi. C’était un don spectaculaire mais elle ne tenait pas à ce que sa fille devienne l’esclave de personnes qui l’auraient tenu en joute pour qu’elle use de ses pouvoirs. Solveig te raconte ce pan de sa vie et aussi le bien que cela lui a fait.

    « – Je ne lui en ai jamais voulu car je sais qu’elle l’a fait pour me protéger. La seule chose qui n’a pas été facile à gérer suite à cela, c’est que les gens ont fini par la laisser tomber car ils ne voyaient plus l’intérêt qu’elle pouvait apporter. Même mon père nous a lâché mais je doute que Leif vous abandonnera. Il vous aime plus que de raison. Vos dons ne sont qu’une option dans sa vie mais pas vous. Par contre, cela pourrait quand même avoir un impact sur Kisos.. s’il avait hérité de quelques uns de vos dons, peut-être qu’il ne les aura plus non plus. »

  24. Avatar de M.
    M.

    Lors de son réveil, Leif se sent.. différent. Il a encore mal à ses bras car il va falloir des mois pour que tout se consolide bien mais justement, ne devrait-il pas être déjà guéri ? Avant, ses blessures étaient rapidement mises aux oubliettes mais pas là. Non, il est dans le lit avec les jumeaux mais il n’arrive pas à lever ses bras pour les prendre contre lui. Sa chevelure est redevenue brune mais avec les journées de coma, il a une sacrée barbe et Sora cherche à tirer gentiment dessus. Leif ne comprend pas du tout pourquoi il se sent ainsi, si lasse, sans énergie et avec les douleurs.. Mais te voilà ! tu auras peut-être des explications. Leif sourit quand tu te rapproches mais toi aussi tu sembles épuisé et vidé d’énergie.

    “ – Le tournoi ? Dans une semaine ? Mais.. C’est dans deux mois..”

    Il ne comprend pas qu’il a été dans le coma plusieurs semaines. Leif a besoin d’être mis à la page mais avec deux petits diables qui veulent des bisous, c’est difficile. Si toi et Leif vous semblez usé, vos enfants semblent beaucoup plus en forme mais surtout beaucoup plus apaisés. Sora a une plus belle mine et Kisos moins “puissant”, ce qui lui permet de ne pas faire des ravages sur son papa. Leif se met à écouter ce que tu as à lui dire sur les dernières semaines passées et très vite il fronce son regard. Tu as retiré tes pouvoirs ? C’est vrai qu’il y avait pensé mais finalement il ne le souhaitait pas. Il ne voulait pas que tu te prives de tes dons.. Vous auriez trouvé une autre solution mais tu as quand même fait le choix de te privé. Il ne sait pas que lui aussi est privé de ses dons mais ça, il s’en fiche dans le sens où il aurait tout retiré sans hésiter pour vous.

    “ – Tu n’aurais pas dû.. Tu es une femme forte, je le sais mais tu as mis tant de temps à maîtriser tes pouvoirs.. Pourquoi tu n’as pas juste effacé les pensées de Sora ? Où retirer ses pouvoirs ?”

    Tu ne le pouvais pas. Tu l’expliques à Leif. Pour mettre vos enfants hors de nuire, il fallait vous retirer aussi vos pouvoirs. Ils sont à présent des humains mais vous deux aussi. Leif est choqué. Lui qui pensait n’être qu’un humain à vos débuts, avait appris à être une sorte de dieu vivant et maintenant il va devoir aussi apprendre à être humain. Est-ce une chance ou alors encore une lourde peine qui s’abat sur vous ? Difficile à dire. Est-ce que cela va vous enlever les fardeaux des dieux et des malédictions ? Si oui, ça serait une chance mais les êtres humains sont beaucoup plus faibles que ce que vous étiez.. Solveig vient vous récupérer les jumeaux pour aller les faire manger et quand tu te retrouves seul avec le roi norvégien, il attend que tu sois près de lui pour capter ton regard qui manque de son éclat.

    “ – Je ne sais pas quoi dire.. du moins sur cette humanité. C’est étrange de me dire qu’on est comme tout le monde.. Mais si c’est le prix pour que nos enfants vivent tranquillement alors j’accepte. Et sache que je ne t’en veux pas. Tu as fait ce qu’il fallait.. Sora a tué quelqu’un.. Elle n’a même pas deux ans. Avec le temps, elle aurait pu faire bien pire et Kisos ? Il aurait pu aussi être fléau. Non, tu as eu raison. Tu as bien fait.. Mais je te propose qu’on ne leurs dit jamais pour tout ça. Pour ces pouvoirs et puis pour ce que Sora a fait.. Il faut qu’on garde ce secret pour nous. Plus ils en seront éloignés, mieux ils vivront.”

    Mais est-ce que cette vie plus “normale” ne sera pas plus compliquée pour toi et Leif ? Au début oui. Enfin, les premiers jours ne sont pas simples avec Leif et ses bras endoloris mais tu as encore la maîtrise des baumes et des herbes donc tu réussis à le soulager, si bien qu’il finit par sortir du lit. Il n’est pas encore assez en forme pour aller rejoindre ses hommes et son trône mais au moins il peut passer un peu de temps avec toi et les enfants. Il te laisse lui redonner un peu de prestance en coupant sa barbe et un peu sa chevelure mais vous remarquez le retour de ses cicatrices qui s’étaient dissipées avec son physique de demi-dieu. Là, il a des balafres plutôt vilaines sur le torse ou même sur sa joue. C’est à croire qu’en devenant un humain, il devient aussi plus disgracieux.. Enfin c’est ce qu’il pense en voyant son reflet dans l’eau. Toi aussi tu penses avoir perdu en beauté, en force, en tout.. Les pouvoirs divins vous donnez autant de confiance ? Pour Leif sûrement mais à ses yeux, tu n’en restes pas moins la plus belle des femmes. Tu es même presque plus belle qu’avant puisque là, vous n’êtes pas guidé par quelconques destinées.. Il te voit avec des yeux non contrôlés, par un cœur qui n’appartient qu’à lui. Il semble même retomber amoureux, surtout lorsqu’il te voit sourire ou rire. Lors d’une soirée où vous racontez des histoires à vos jumeaux, tu te mets à rire car Kisos essaye d’imiter le grand méchant loup de l’histoire. Oh ton rire.. Leif est pris par ce son magique, si bien qu’il ne capte rien si ce n’est toi.

    “ – DUDAAAAA ! caliiiiiin… et dodooooo !”

    Sora se répète mais Leif sort de sa transe lorsqu’elle lui saute dessus pour ce câlin. La petite brunette est beaucoup plus calme, beaucoup plus heureuse et ça se ressent. Elle aussi beaucoup plus collée à son duda car elle adore faire sa petite princesse mais Leif préfère que les choses soient ainsi. En ta compagnie, il met au lit les petits et une fois la porte fermée, il te suit pour aller vers votre cheminée. Le temps est redevenu doux, il n’y a plus de neige mais vous vivez quand même en Norvège alors il ne fait pas un temps à aller se baigner tout nu au soir. Le feu est bien plus agréable mais c’est d’autant plus agréable lorsque tu viens te mettre contre le torse du colosse.

    “ – Au risque de te surprendre, je crois que j’aime un peu cette vie d’humain.. Je ressens moins de pression. Je ne sais pas si c’est pareil pour toi mais je n’ai plus l’impression que l’on me contrôle. Je ressens beaucoup mieux les choses aussi.. Par exemple la douleur.. Je l’ai vraiment ressenti et même si ce n’est pas agréable, c’était réel. J’ai l’impression aussi de ressentir beaucoup plus fortement les sentiments heureux. Je ne dis pas qu’avant je ne les ressentais pas mais là, je les sens totalement. Quand Sora se met à rire.. Ou quand Kisos fait des bêtises adorables.. Je sens mon coeur se gonfler.. Et toi.. toi quand tu me regardes.. Quand tu me souris.. Je ressens comme des milliers de petits picotements dans mon ventre.. Si être humain permet de ressentir tout ça, alors je suis content de ce qui nous arrive. Après j’espère juste que mon côté humain ne te répugne pas.. Mes cicatrices.. mes bras moins musclés.. mes cheveux qui deviennent poivre et sel.. Je suis moins beau et j’en ai conscience..”

    Il a un rire bêta et il en passe une main sur sa nuque. Il a perdu de sa splendeur, quoi que pas tant que ça. Au contraire, il a gagné un côté beaucoup plus terre à terre ainsi qu’il a une vision beaucoup plus posée et raisonnée. Leif n’ira pas se jeter dans la gueule d’un loup en criant qu’il sera victorieux. Non, il sait qu’à présent ses limites sont plus restreintes mais il pense surtout à vous avant de penser au reste. Si bien qu’il en a presque oublié qu’il devait aussi gouverner un pays et beaucoup d’hommes n’apprécient plus l’attente que Leif mette à revenir.

    “ – Mais toi ? Est-ce que tout ça te va ? Et je ne veux pas que tu me mentes. Je veux savoir ce que tu ressens vraiment. Je vois bien que tu es parfois tendu.. Mais tu sais, tu as le droit de te reposer, tu as aussi le droit de ne pas réussir à te lever le matin ou même à vouloir t’occuper de quoi que ce soit. Il est temps que tu penses aussi à toi et que tu te reposes. Solveig est là pour les jumeaux et puis moi je peux essayer de faire un peu de ménage.. Je dis bien essayé !”

    Vous riez de bon cœur car Leif n’est pas le meilleur pour les tâches de maison, surtout lorsqu’il s’agit du repas mais il n’est pas le dernier à vouloir faire un effort pour t’aider.

    Le tournoi, le voilà. Des milliers de personnes sont rassemblées puisque vous avez invité de nombreux Jarl à présenter leurs meilleurs hommes ou femmes. Ce ne seront pas des combats à mort mais vous devrez dénicher le meilleur guerrier de Norvège. Leif aurait dû combattre mais il s’est désisté il y a quelques jours en prétextant avoir encore les bras trop fragiles mais c’est surtout parce qu’il ne veut pas montrer que sa puissance n’est plus celle d’avant. Il a quand même entraîner certains hommes de Kattegat et notamment Arès et Thomas. Les deux adolescents veulent tenter de gagner le grand prix mais Arès a aussi perdu sa puissance, il ne peut plus se transformer en ours, par contre Thomas a su prouver qu’il avait un certain talent pour manier l’épée.

    Aujourd’hui vous n’êtes plus caché dans votre maison mais vous êtes sur deux trônes qui font face aux nombreux Jarl qui viennent vous saluer. Vous devez aussi saluer les combattants et c’est un processus long mais indispensable en tant qu’hôte. Leif est étonné par le nombre de femmes qui ont tenu à s’inscrire au tournoi mais il se doute que tout cela est grâce à toi. Avec les légendes qu’il y a sur toi, tu as éveillé beaucoup de dames à apprendre l’art du combat. Leif ne peut qu’en être fière mais il n’est pas le seul car beaucoup d’hommes norvégiens sont ravis de voir leurs épouses ou leurs femmes devenir des guerrières.

    “ – Tu tiens toujours ton pari ma jolie reine ? Ce matin j’ai deux jeunes hommes qui ont tenu à me rappeler qu’ils devaient gagner contre toi.. Du moins, contre tes combattantes. Pour ma part, j’espère que tu leurs donneras une bonne leçon. Même aux Jarls. J’espère qu’ils verront tous que les femmes de ce pays sont bien plus fortes qu’ils ne le pensent.”

  25. Avatar de M.
    M.

    C’est vrai, Leif a bu un peu beaucoup.. Pas non plus à être ivre mort et au sol mais assez pour être quelque peu pompette et joyeux. La jeune femme qui vient de l’aborder, a pu en faire les frais car elle qui pensait avoir une nuit torride avec le roi, vient de se prendre le plus gros vent de toute sa vie et en plus elle s’est fait littéralement moquée par Leif mais ça, il s’en rendra compte demain lorsque le père de Silvid viendra le provoquer en duel. Là, Leif préfère plutôt rentrer puisqu’on lui a dit que tu étais reparti vers chez vous mais lorsqu’il passe la porte, il se prend une ronflante du diable. Lui qui pensait retrouver tranquillement sa femme pour finir la soirée, vient à devoir esquiver une assiette et il est même agrippé par tes mains qui tirent sur le col de sa veste. Wow.. Il n’a rien vu venir et avec l’alcool qui lui monte à la tête, il met un peu plus de temps à comprendre ce qu’il se passe mais au lieu de se rebiffer en te criant dessus, Leif lâche un rire. Oui, il se met à rire parce qu’il est amusé de te voir avec cette jalousie noire après tout ce que vous avez traversé.

    “ – Tu es en train de me dire que je vais aller voir ailleurs ? Tu es sérieuse ? Tu oses encore douter de mon attirance et mon amour pour toi ?”

    Il secoue légèrement sa tête puisque pour lui c’est indécent que tu puisses croire qu’il pourrait vouloir d’une autre femme. Humaine ou divine, tu restes celle qu’il veut. Leif ne met pas bien longtemps à reprendre le dessus sur toi même s’il est alcoolisé. Il retire tes mains de sa veste et il te fait dangereusement reculer en s’imposant contre toi.

    “ – Combien de fois je vais devoir encore te rappeler que c’est TOI que j’aime ? TOI que je veux ? Pourquoi tu doutes toujours de toi ? Je me fiche bien des autres femmes. Celle que j’ai choisis est face à moi et je l’ai épousé. Oui, on a vieillit, oui on est devenu plus faible en tant qu’humain mais alors ? Tu pourrais avoir des cheveux blancs, des rides, ou même quoi que ce soit, c’est toi que je veux. Quand est-ce que tu vas l’inscrire dans ton esprit ? Quand est-ce que tu cesseras de douter ? Oui, j’attire les autres femmes parce que je suis un roi et malheureusement, ça attire la convoitise mais tu sais quoi ? Je me fiche des autres femmes et ça, c’est depuis que je t’ai trouvé dans ta petite forêt madame la sauvage. Mais tu sais quoi ? Tu ne seras jamais plus sauvage que ton époux !”

    Il réussit à te bloquer entre lui et le mur. Tu es piégé et surtout, il se montre un tantinet brutal.. du moins avec ta robe puisqu’en un petit coup de mains, il réussit à déchirer les manches et aussi le haut de ta robe. Tu te retrouves à moitié nu pour son plus beau plaisir.

    “ – Tu m’agaces tu sais ? Tu m’agaces parce que tu es une beauté que tous les hommes rêvent d’avoir mais tu ne t’en rends même pas compte ! Tu crois que moi je n’ai pas vu les regards sur toi aujourd’hui ? Je suis certain qu’il y a beaucoup de Jarl qui aimerait couper ma tête pour pouvoir t’avoir à leurs côtés !”

    Oh oui, il en a vu des regards sur toi et même si dans un sens cela lui faisait plaisir parce qu’il pouvait en quelque sorte crané, il y a eu aussi des pointes de jalousie puisque tu es son épouse. Les regards trop insistants ne lui plaisent pas mais de toute façon, personne ne pourra te prendre à lui et dans un geste possessif, il attrape tes hanches pour te soulever pour que tes cuisses entourent sa taille. Le colosse t’amène vers la table de salon où il t’allonge et où ta robe finit par être complètement déchirée. Tu n’as plus aucune morceau de tissus sur toi et c’est parfait puisque Leif peut se pencher pour venir embrasser ta peau sucrée et frissonnante.

    “ – Je me fiche du reste.. il n’y a que toi.. et il n’y aura toujours que toi..”

    Pour marquer son territoire, Leif vient faire quelques petits suçons sur le haut de ta poitrine mais même sur tes seins directement. En jouant la femme jalouse, tu as réveillé des envies assez bestiale chez lui. L’alcool semble avoir disparu et il ne reste plus que Leif affamé de toi. Petit à petit il descend le long de ton corps pour finir par venir taquiner ton intimité avec sa langue mais tu bouges tellement qu’il doit bloquer tes cuisses sur ses épaules. Tes cris résonnent dans la pièce et ça le rend encore plus fou de toi. Il sent que tu ne vas pas tenir bien longtemps sous ses jeux de langue sur ton mont de Vénus mais il ne se stoppe pas avant de t’entendre hurler de plaisir. Et puis ce genre de cris lui a manqué puisque l’intimité était restreinte depuis son accident avec ses bras. Là, il ne semble même plus ressentir la douleur alors que pourtant il n’est pas totalement remis. Il réussit à te soulever de cette table alors que tu viens à peine d’avoir un orgasme et il vous mène vers votre chambre.

    “ – OH VITE ! VA T’EN !”

    Il y a quelqu’un dans votre chambre ?! Leif te pose et te cache derrière lui car tu es nu mais il ouvre la porte. Votre fenêtre est ouverte et il a le temps de voir Arès sortir mais il voit surtout votre malle ouverte. Dedans il y a la plupart de vos bijoux, de vos trésors les plus précieux.. Leif se dépêche d’aller à la fenêtre pour voir si votre fils est encore là mais il a déjà pris la poudre d’escampette. Pourquoi était-il là ? Pourquoi la malle ? Tu sembles regarder s’il manque quelque chose et oui.. Il manque une seule chose. Le collier de leif, celui qu’il met lors des cérémonies importantes. Cela ne plaît pas du tout au colosse et il serait prêt à sortir pour aller punir Arès mais quand tu te relèves, il a bien du mal à ne pas loucher sur ton corps encore bouillant.

    “ – Sois tu me déshabilles maintenant et je te fais l’amour comme jamais. Sois je file dehors et je vais tellement hurler sur notre fils qu’il ne pourra plus jamais rien entendre.”

    Arès va passer un sale moment c’est certain mais là, Leif n’a pas vraiment l’envie de courir après lui. Il est bien trop envouté par toi, par son désir qui le consume. Il s’occupera de l’adolescent demain mais là, il doit surtout satisfaire la jalousie intraitable de son épouse.

  26. Avatar de M.
    M.

    Tu es aussi bestiale que lui alors la soirée s’annonce plus qu’infernal. Tu cherches à le faire sortir de ses gongs et ça fonctionne plutôt bien puisqu’il reprend bien vite le dessus sur toi pour te montrer à quel point il t’aime mais surtout à quel point tu es à lui. Cependant il oublie qu’il n’a plus la même force ni la même endurance qu’il y a encore quelques temps alors Leif réussit à se faire mal au dos mais il ne montre rien, il ne dit rien mais tu le verras certainement plus tard lorsqu’il va devoir se mettre à marcher pour rejoindre la deuxième journée du tournoi.

    La seconde journée.. Tu as organisé quelque chose de dingue. Tout le monde est pris par l’engouement du tournoi et tout le monde félicite ce que tu as préparé. Même si les défaitistes râlent, pour ceux encore qualifiés, c’est l’extase. En fin de matinée, il doit y avoir la nouvelle épreuve mais elle ne commencera pas sans votre arrivée à toi et Leif. Leif et son dos tout cassé.. Il n’est pas bloqué au lit mais il a du mal à avancer correctement. Bien sûr, ça le fait rire dans le sens où il a mal au dos à cause de vos galipettes mais il sait qu’il n’a le droit de montrer la moindre faiblesse devant votre peuple alors il doit s’en remettre à une concoction que tu lui donnes pour tenter de calmer la douleur. Tu as toujours su manier les herbes avec brio mais là, l’une de tes herbes a été changée sans que tu ne te rendes compte. Leif boit une potion qui va certe lui calmer ses douleurs mais qui va surtout lui faire avoir des hallucinations dont il n’est pas prêt à s’en remettre. C’est au marché que tu as reçu les mauvaises herbes mais avec les mélanges, tu ne t’en es pas rendu compte.

    “ – On va aller lancer le jeu mais après je vais aller attraper Arès. S’il ne me rend pas mon collier, je te promets qu’il va connaître le goût de la terre.”

    Il n’a pas oublié que votre fils a des comptes à vous rendre mais la tournure de la journée va être assez spéciale.. Pour commencer, Leif se sent assez vite dans un état second mais encore une fois, il garde la tête haute pour ne rien montrer. Lorsque vous reprenez vos places sur les trônes qui vous accueillent, il est pris de sueurs froides mais il garde son air fermé devant les qualifiés qui se présentent à vous. Arès aussi se présente puisqu’il est encore dans la liste mais quand il vous fait face, Leif a envie de lui passer un savon devant tout le monde cependant en sentant la pression de ta main, il comprend qu’il doit garder son calme.

    “ – Dans dix minutes tu as intérêt de venir me voir Arès. Sans cela, je te disqualifierais de la compétition.
    _ C’est pas de ma faute pour
    _ Tu te justifieras après.”

    Il y a bien trop de monde autour de vous pour continuer la conversation. Thomas aussi vient se présenter mais Leif ressent une sorte de colère se décupler lorsque le jeune anglais pose son regard sur toi. Thomas t’offre une révérence, ce qui est normal mais il y a quelque chose dans son regard et son sourire qui ne plaisent pas à Leif.. Mais encore une fois, le roi doit se contenir même si les hallucinations commencent à arriver. Il a l’impression que tout le monde le regarde méchamment.

    Après les salutations des joueurs, il faut parler des épreuves et cela laisse le temps à Leif d’aller voir Arès pour lui demander des comptes. Le jeune homme a volé le collier car c’était un pari avec d’autres jeunes. S’il réussissait à obtenir le collier du roi, il gagnerait plusieurs pintes d’hydromel. Leif est sidéré par ce qu’il entend et il ne retient pas sa main qui vient s’écraser sur la joue de l’adolescent.

    “ – Tu voles ton père pour de l’hydromel ?! et la prochaine fois tu feras quoi ?! tu me tueras pour avoir mon trône ??”

    La plus grande peur des rois.. Beaucoup sont morts sous la lame de leurs propres enfants. Arès est en colère contre son père et il décide de lui-même de stopper la compétition pour ne plus à croiser le regard de Leif. Tant pis pour lui, Leif doit retourner à son trône mais ça se corse de nouveau. Quand il revient, il te voit discuter avec Thomas mais les hallucinations font qu’il a l’impression de voir le jeune homme poser ses mains sur toi. D’un pas plus vif, il se rapproche et pousse le garçon qui ne comprend pas ce qu’il se passe.

    “ – Vas te préparer pour les épreuves au lieu d’être auprès de ma femme !!”

    Ton regard est surpris, suspicieux alors que Leif se repose mais il montre un comportement de plus en plus étrange. Il respire fort et il est tellement tendu qu’il serre les accoudoirs du trône.

    “ – Arès ne veut plus concourir mais ce n’est pas grave. Je l’aurai viré de toute façon. C’est un gamin idiot qui est prêt à me voler pour de l’alcool. Il mériterait que je lui mette une sacrée raclée.. Et l’autre aussi ! Pourquoi il te regarde comme ça le Thomas ?”

    Mais plus le temps de discuter, il y a les épreuves des premiers combats qui vont commencer. Ce ne sont pas des combats à mort et il est interdit de blesser mortellement ou sévèrement son adversaire. Il faut surtout avoir le dessus pendant plus d’une minute. Tes femmes sont d’une force incroyable et cela étonne beaucoup d’hommes mais il y a Thomas qui se montre bien plus déterminé que les demoiselles. En soit, Leif devrait être fière de lui puisqu’il lui a appris l’art de se battre mais là, le roi est encore dans son délire qui ne fait qu’accroitre. Leif est certain que Thomas va essayer de gagner pour ensuite te voler à lui.

    “ – Je vais aller le combattre.. Je dois le stopper..”

    Lance un Leif totalement aveuglé par cette colère hallucinogène. Il ne voit plus rien autour de lui si ce n’est Thomas. Il devrait rester assis avec toi pour voir les combats mais il se relève et il part vers l’une des tentes où les candidats se préparent. Il demande une simple épée et même si tu le suis, il semble inarrêtable.

    “ – Je dois le tuer ! Il voulait me voler ma fille mais en fait c’est toi qu’il veut ! Et je dois tuer Arès aussi ! Il va me tuer pour prendre mon trône !!”

    La folie d’un roi.. Une folie qui ne devrait pas durer mais sur l’instant, personne ne se doute de ce qu’il se passe. Du moins, tout sauf toi lorsque Leif se retourne et qu’il pointe son épée vers toi.

    “ – Sauf si tu veux partir avec lui.. Tu me trompes avec ce gamin ? Il est plus jeune, sûrement plus fort et futur roi de l’angleterre..”

    Il a son air menaçant mais tu peux comprendre qu’il hallucine lorsqu’il commence à regarder autour de lui. Leif ressent encore les regards méchants mais il voit aussi des personnes qu’il ne devrait pas voir.. La mère d’Arès, le père de Thomas, ton frère qu’il a tué, le roi de france qu’il a tué.. Oui, il voit les gens qu’il a tué et ils sont si nombreuses que Leif commence à avoir la tête qui tourne.

    “ – Qu’est ce que vous faites ici ?!.. Vous êtes tous morts !”

    Il s’apprête à bouger son épée pour toucher les fantômes qu’il perçoit mais c’est dangereux pour les autres personnes qui sont dans la tente. Nashoba arrive quand il entend le boucan qu’il se passe et en arrivant près de toi, il fronce les sourcils. Cela lui rappelle les réactions des amérindiens qui prennent l’herbe spéciale qui est censée faire d’eux des hommes.

    “ – Je vais aller le maîtriser mais prépare de quoi le faire vomir.”

    Ah le Leif.. il a le don de se mettre dans des situations délicates. Pourtant, il n’a pas été si aveugle.. Il se pourrait quand même bien qu’un jeune Thomas soit tombé sous tes charmes. Même s’il garde cela pour lui, il compte te le montrer un peu plus pour que tu puisses le suivre en Angleterre. Normalement, c’est Sora qu’il devrait aimer mais en brisant son destin, tu as changé certaines choses qui pourraient poser problème.

  27. Avatar de M.
    M.

    Le revoilà dans le lit. Leif a un air plutôt renfrogné car il a l’impression de n’être plus bon qu’à se reposer à cause de divers blessures ou soucis de santé. Voilà qu’il se retrouve drogué et prêt à tuer tout le monde sans qu’il n’ait rien capté. Est-ce qu’il est si vulnérable en tant qu’humain ? Et pourquoi croire que Thomas veut de toi ? Il boude un peu et ça se voit plus que bien mais il te laisse quand même l’aider à se remettre de ce petit épisode psychotique.

    « – J’ai l’impression d’être devenu un faible.. un moins que rien.. Je me fais briser les bras par ma fille, droguer avec des herbes.. la prochaine fois ce sera quoi ? Je vais me tuer en tombant d’un petit muret ? Finalement c’est nul d’être un homme. Je suis.. un faiblard. Je suis certain que tous les autres hommes peuvent me tuer avec une facilité déconcertante. »

    Il perd un peu d’espoir face à tout ça. Il sait encore tenir une épée mais est-ce qu’il arriverait réellement à se battre contre quelqu’un ? Lui qui a toujours été un peu au dessus de tous les autres.. oui, il est un voir même beaucoup blessé dans son égo si bien qu’il décide de se lever du lit malgré son bras bandé et son corps encore fébrile à cause de la drogue.

    « – On doit retourner là bas.. Je ne peux pas rester au lit alors que je suis le roi et que je dois ne pas me montrer faible. Et puis il faut que je me remet à combattre.. à m’exercer ! Si je ne suis pas capable de repousser qui que ce soit, je vais finir par me faire terrasser. Et puis toi.. toi tu te retrouves avec une loque alors que j’ai toujours été puissant à tes yeux.. »

    Il sait que tu l’aimes même s’il n’est pas le plus fort ou le plus puissant mais Leif a toujours voulu paraître indestructible face à toi alors cela l’impact quand même. Il voit que tu plisses les yeux comme pour le prendre en pitié et ce n’est pas ce qu’il veut voir alors il part reprendre ses vêtements pour se changer et ainsi se préparer pour retourner au tournoi.

    « – Même devant nos enfants.. que vont-ils dire devant un père minable ? Demain je me remettrai aux entraînements. Je dois retrouver plus de formes et de forces.. »

    Un père minable.. c’est surtout devant les deux grands, Arès et Thomas qu’il ne veut pas se montrer faible car il veut encore les élever au rang de grand guerrier et faire d’eux des hommes respectés. Quoi qu’Arès risque de ne pas lui parler pendant un petit moment mais Leif compte bien avoir une nouvelle discussion avec le jeune homme. Il veut aussi parler avec Thomas pour pouvoir s’excuser de son comportement même s’il n’était pas maître de lui-même. Cependant il n’a pas besoin de sortir de chez vous puisque Thomas arrive à la porte pour voir si tout va bien ou plutôt voir si Leif ne t’a rien fait. Le jeune homme passe la porte sans toquer et il cherche après toi mais c’est sur Leif qu’il tombe.

    « – Ou est Matoaka ?!
    _ Elle est dans la cuisine.. pourquoi ? Il se passe quelque chose ? »

    En te voyant arriver et surtout en voyant que tout va bien, Thomas est soulager mais pour ne pas laisser paraître son angoisse, il change le sujet de conversation.

    « – J’ai fini premier au dernier jeu ! Je suis qualifié pour la finale !
    _ Mais c’est super ça ! Je savais que tu t’en sortirais avec facilité ! Tu es un très bon élément Thomas et je ne doute pas de ta prochaine victoire. Par contre je tenais à m’excuser pour ce qu’il s’est passé plus tôt..
    _ C’est oublié. N’en parlons plus. Nashoba m’a dit que tu avais eu un souci avec une boisson et des herbes. »

    Il n’y a pas de rancœurs ou de colère. Si Leif en est ravi, Thomas a encore un regard sur toi pour s’assurer que tu vas vraiment bien. Oui, il y a finalement peut-être un attachement plus que maternel qui se fait dans le cœur du jeune homme mais cela est dû au sort que tu as lancé sur lui. Certes, il ne peut plus aimer Sora puisque son cœur l’a oublié mais on ne peut pas totalement échapper au destin. S’il ne peut plus aimer son âme sœur, alors il se tourne vers la source la plus proche de son réel amour.. toi. Tu ne peux pas être plus proche puisque tu es sa mère mais ce tournant risque d’avoir son lot de problèmes. Ne serait-ce que Leif.. s’il s’en aperçoit vraiment, il pourrait tuer Thomas sans aucune pitié. Mais s’il tuait Thomas, que deviendrait le destin de votre fille ?

    Vous finissez par retourner au tournoi et vous terminez la journée avec un nouveau banquet. Leif refuse de boire de l’alcool ni quoi que ce soit. Il essaye aussi de garder une certaine prestance pour être certain de ne pas paraître faible mais le fameux père de la fille de la veille, tient à se confronter au roi. Sa fille a été insulté et il n’apprécie pas du tout. Si bien qu’il arrive devant votre table et il jette son assiette pleine sur le sol, ce qui est une sorte d’insulte contre vos employés mais aussi contre vous. Il laisse à penser que votre nourriture est mauvaise.

    « – Alors comme ça tu refuses les avances de ma fille ?!
    _ J’ai une épouse et elle me comble entièrement. Je n’ai pas besoin d’avoir une catin dans mes pieds.
    _ Une catin ?! Ma fille n’est pas une catin ! C’est toi qui a oublié que tous les rois ont plusieurs épouses ! Tu es si nul que ça Leif ? Tu te plis à la volonté de ta sauvage ?! Elle te tient tellement par les couilles que tu te mets à genoux devant elle et refuse d’autres femmes ?! »

    Skarde provoque si bien Leif que le roi se relève et attrape son épée pour aller se venger des mots horribles que vient de dire ce jarl du sud. Pourtant ce n’est pas une idée très vaillante dans le sens où Skarde est plus grand et plus musclé que Leif. Tuer le roi, mènerait Skarde au trône alors c’est une aubaine qu’il compte bien prendre. Il n’a plus rien à perdre car il a perdu ses terres contre des russes mais ça, il a omis de le dire lorsqu’il est arrivé à Kattegat. Tout le monde se recule et une sorte de place de combat est faite pour que les deux hommes se défient dans le skali.

    « – Tu veux me tuer Leif ? Pourtant les rumeurs disent que tu ne sais même plus soulever une épée.. J’espère que tu as bien chauffer la place du trône car ce soir je serai le nouveau roi. Par contre je veux bien garder ta sauvage comme l’une de mes épouses. »

    Ça en est trop pour Leif. Il n’est peut-être plus qu’un homme mais il a toujours son caractère impulsif et borné alors il n’hésite pas à lancer le duel contre Skarde. Tout le monde pense que Leif va être le grand gagnant mais vous êtes quand même quelques uns à hésiter avec ce qu’il s’est passé les dernières semaines. Nashoba arrive près de toi pour attraper ton bras car il ne veut pas que tu ailles t’immiscer dans le combat cependant il est quand même prêt à aller le rejoindre lui même si les choses se corsent pour Leif.

    « – Il va gérer.. c’est peut-être même une bonne chose.. il ne pourra pas avancer s’il ne se bat pas et qu’il ne voit pas qu’il a encore beaucoup de potentiel.. »

    Pour le moment c’est compliqué de remarquer un peu de potentiel puisque Skarde prend vite le dessus sur Leif. Le roi norvégien se retrouve au sol et il a le réflexe de rouler sur le côté, sans cela la lame de son ennemi serait rentrer dans sa poitrine. Les hésitations commencent à arriver auprès de vos hommes car ils ne comprennent pas pourquoi Leif n’a pas encore gagné. Les cris se font entendre, énormément de mécontentement et cela pourrait rendre Leif encore plus vulnérable. Comment gagner quand ses propres hommes semblent vous abandonner ? Le colosse réussit à se relever et il se fait toucher à la cuisse. La lame de Skarde entaillé le côté de sa jambe et l’épée de l’ennemi se relève pour sûrement terminer ce qu’il a commencé. Il veut abattre Leif mais dans un élan de colère, Leif se transforme en ours. Oui, il retrouve ce physique animal qu’il n’avait plus depuis bien des années. C’est un ours immense, un ours déchaîné et un ours qui donne un tel coup de patte que la tête de Skarde s’arrache en une fraction de seconde. Les cris de mécontentement cessent et il vient les cris de peur. La cohue se forme mais Leif a encore assez de jugeote pour sortir du skali au lieu de laisser son instinct animal prendre le dessus. L’ours s’éloigne et s’en va vers les bois pour ne pas être abattu. Leif n’est peut-être plus un dieu mais il a encore une force qui ne tient pas à être effacée.

    Nashoba te retient encore lorsque tu essayes de courir après Leif. Cela ne servira à rien pour le moment. Il faut surtout calmer les habitants et les invités afin qu’ils ne se mettent pas à traquer le roi. Certains savaient que Leif était nommé le roi Ours mais tout prend enfin sens. Arès est aussi présent mais puisque son père est redevenu un ours, pourquoi pas lui ? Avant de tenter quoi que ce soit, il vient vers toi pour te prévenir que s’il réussit à redevenir un ours, il ira à la recherche de Leif. Pour Thomas, il arrive vers toi pour voir s’il peut t’aider ou plutôt s’il peut te consoler.

    « – Tout ira bien Matoaka.. On va retrouver le roi. En attendant, je veillerais sur vous et votre famille. Je suis certain que c’est ce que voudrait Leif.. »

    Ou plutôt cela arrange le jeune homme. Il espère même que Leif ne revienne pas de si tôt. Est-ce que Leif reviendra ? Est-ce qu’il réussira à reprendre sa forme humaine ? Pour le moment, l’animal s’enfuit dans la verdure des montagnes et il cherche à s’éloigner de kattegat pour se protéger mais aussi vous protéger.

  28. Avatar de M.
    M.

    Depuis l’incident, Leif n’a pas quitté la grotte qu’il a trouvé en pleine montagne. Il en est pas sorti par peur de s’attaquer à quelqu’un du village mais aussi parce qu’il ne parvient pas à retrouver son enveloppe humaine. Il ne sait même pas comment il s’est retrouvé à nouveau dans ce corps d’ours et même si cela lui était déjà arrivé dans le passé, il a oublié comment tout cela fonctionnait. Arès pourrait l’aider car il a pris l’habitude de ce côté animal qu’il a mais Leif est persuadé que son fils ne voudra pas l’aider alors pour le moment il préfère reste caché. Il essaye quand même de maîtriser sa nouvelle apparence puisque la faim le tiraille et il doit chasser s’il veut ne pas sombrer dans une tourmente qui pourrait le rendre agressif mais Leif n’est pas le plus doué pour attraper des saumons dans la rivière. Même un lapin, ce n’est pas la joie alors il doit se contenter de quelques baies.

    Presqu’une semaine est passée et il n’est toujours pas revenu au village, tout comme il n’a vu personne dans les parages pour le chercher. Peut-être que tu as compris que cela serait dangereux et qu’il ne valait mieux pas envoyer d’hommes. Leif comprend ce point de vue et il saura te féliciter quand il pourra te retrouver mais comment peut-il le faire avec cet état de bête sauvage ? Et puis, est-ce que tu vas à nouveau réussir à lire dans ses pensées maintenant que tu n’as plus de pouvoir ? Dans tous les cas, il doit essayer de te voir car il ne sait pas comment redevenir un homme. Il a réellement besoin d’être guidé pour reprendre le contrôle sur la situation.

    L’ours revient près de Kattegat mais en faisant bien attention de ne pas être repéré car il ne tient pas à être chassé. Tu as peut-être donné l’ordre de ne pas chasser les ours puisqu’il ne tombe sur personne si ce n’est sur vous. Du moins, caché en lisière, il vous observe alors que tu es dans la maison avec les enfants. Il y remarque aussi Thomas mais ça n’est pas quelque chose qui le choque. Il est beaucoup plus choqué par la vue du petit Kisos qui hurle pour que tu laisses aller dehors, comme s’il sentait le besoin de retrouver son papa. Kisos n’est pas du genre à s’énerver facilement mais avec la présence proche de Leif, il semble le sentir et il veut voir son Duda. Tu cèdes au caprice de l’enfant pour aller un peu dans le jardin mais Kisos profite de ton inattention de quelques minutes pour courir vers la lisière. Déterminé, le petit bonhomme fonce vers son père mais Leif hésite à fuir. Il a peur de blesser Kisos. Pourtant il ne bouge pas et petit Kisos trouve son papa. Face à face, les deux s’observent jusqu’à ce que Kisos tend sa main pour la poser sur le gros museau de Leif.

    « – Dudaaaa ! Nounours ! Gratter ton dos ? Maaaaaa’ ? Faut gratter dos à Dudaaaaa ! »

    Kisos se rapproche encore plus pour aller vers le dos de son père mais au lieu de le gratter, il grimpe dessus. Lorsque tu arrives en panique, tu peux voir le petit bonhomme sur le dos de son père.. Un père encore ours. Si Kisos se met à rire, Leif a un regard triste. Tu ne l’entends pas. Tu n’entends pas ses pensées et cela complique la situation puisqu’il ne peut pas te dire qu’il est bloqué dans ce corps animal.

    “- Duda tout doux ! Soso ? viiiiient !”

    Kisos fait signe à sa jumelle de le rejoindre sur le dos de Leif et bien évidemment, la petite chipie ne refuse pas. Voilà que les deux petits se retrouvent sur Leif et en entendant leurs rire, l’ours semble s’adoucir. Il avance un peu pour se rapprocher de toi et en sentant ta main glisser sur son museau, il lâche un petit soupir de satisfaction. Est-ce que ça va être ça le restant de sa vie ? être votre ours de compagnie ? Si c’est le prix à payer pour être auprès de vous alors il en est capable.

    “ – MATOAKA ! PARS DE LA AVEC LES JUMEAUX !”

    Thomas arrive furieux vers vous et il a sorti son épée pour en découdre avec l’ours mais bon, il comprend bien vite que c’est Leif lorsque tu te mets devant l’animal pour le protéger. Le jeune anglais garde son air renfrogné car il pense que Leif pourrait quand même s’attaquer à toi ou aux petits alors il ne baisse pas son arme.

    “ – Tu ne sais pas s’il a un instinct animal ou non ! C’est dangereux ! Là, il semble calme mais s’il a faim ? ou qu’il se sent agressé ? Il pourrait vous tuer !
    _ Dudaaa gentil ! Duda tout doux et tout chaud !”

    Le petit Kisos fronce les sourcils et il se montre nonchalant envers Thomas. Personne n’a le droit de critiquer son papa ours, d’autant plus que lui réussit à entendre les pensées de Leif mais à son âge, il va être difficile d’expliquer les choses. Cependant tu peux comprendre qu’il communique avec son père puisque Kisos sort quelque chose que seul Leif pourrait dire.

    “ – Duda pas mal à Ma’, Soso et Kiki ! Mais toi oui ! Trou duc !”

    Thomas prend un air totalement surpris mais toi aussi. Kisos garde son petit air de guerrier avant de se pencher pour faire un gros câlin à son papa. Sora s’amuse à caresser la tête de l’ours et elle se met à rire quand il se secoue.

    “ – Duda faim ! Ma’, gateau pour duda ?”

    Elle veut nourrir son papa. Thomas baisse les armes mais il ne compte pas vous lâcher d’un œil, surtout que tu acceptes que Leif se rapproche de la maison. Les petits descendent de son dos pour aller chercher des douceurs dans votre cuisine et pendant ce temps, Leif reste près de toi. Ne pas pouvoir te parler est un supplice mais il laisse son gros museau se nicher contre ton ventre. Sora revient avec des pommes alors que Kisos a réussi à prendre des morceaux de tourtes que tu viens de préparer. Ils sont tout heureux de venir restaurer leurs Duda et Leif accepte ces friandises qui vont le caler pour quelques heures.

    Un ours dans la maison. Il est énorme et c’est difficile de trouver une place mais il se cale près de la cheminée pour ne pas abîmer le reste de la maison et il est surtout sous bonne garde avec les jumeaux. Solveig vous rejoint dans l’après-midi puisqu’elle devait garder les enfants mais après un moment de choc, elle comprend qu’elle est face à Leif et qu’elle va aussi devoir veiller sur lui. Il faut trouver une solution pour Leif mais qui va l’avoir ? Peut-être Ares puisqu’il se transforme aussi. Le jeune homme est dans une taverne à boire avec quelques copains. Le tournoi est terminé, Thomas a gagné et Arés le vit très mal car il voulait gagner pour rendre fier son père. Avec cette défaite et la gifle de Leif, il rumine et préfère aller boire de l’hydromel pour être ivre. Alors oui, quand tu arrives dans la taverne et même s’il est tôt, le garçon est déjà ivre.

    « – Aaah voilà la reine.. La femme qu’à épouser le fameux roi qui n’est même pas sur son trône ! »

    Les garçons qui sont avec lui se mettent à rire grossièrement et pour ajouter encore plus de piquant, Arés se lève de sa chaise bien qu’il titube et il se rapproche de toi d’un peu trop près.

    « – Tu veux quoi ? Chercher un nouveau mec pour remplacer mon horrible père ? Tu aurais pu me prendre mais bon, je ne suis qu’un bâtard contrairement à ce sauvage que tu as enfanté. Lui aura la couronne alors que moi ? Moi je ne suis rien ! Même pas aux yeux de mon connard de père ! »

    Est-ce que c’est pour cela qu’il a volé le bijou ? Non pas pour un pari mais pour que Leif voit qu’Arés existe ? C’est vrai que Leif n’a pas du tout le même comportement avec Kisos qu’il ne l’a eu avec Arès. Le jeune homme a une jalousie mais aussi une tristesse infinie car il a l’impression de n’être qu’un moins que rien. Ses copains se mettent à lui dire qu’il devrait te chasser de la taverne ou même te gifler mais Arès reste concentré sur toi et cette peur qui te gagne.

    « – Toi aussi tu m’as mis de côté. Alors que tu disais être ma mère. Je t’ai fait confiance mais finalement tu ne m’as jamais aimé non plus. Je suis si sale ? C’est parce que ma vraie mère était folle ? J’aurai mieux fait de crever avec elle. »

    Le garçon te contourne en te donnant un coup d’épaule et il repart vers le bar mais le tavernier refuse de le resservir car il a remarqué ta présence. Cela n’arrange pas l’État d’Arés qui a tout de même le caractère impulsif de son père et sans prévenir, le jeune homme se transforme en ours. Jamais il ne l’avait fait devant qui que ce soit si ce n’est sa famille mais là, il ne se retient plus. Encore un homme qui se transforme ? Est-ce une malédiction ? Arés est vite chassé de la taverne mais toi, tu te retrouves entouré de villageois effrayés et en colère. Est-ce que c’est toi qui a lancé une malédiction aux hommes qui sont proches de toi ? Heureusement, il y a un vieil homme qui quitte sa table habituelle pour se rapprocher du troupeau autour de toi. Svein.. certainement le plus ancien du village. Il se fait toujours discret car il tient à finir ses vieux jours paisiblement mais là, il se doit de rappeler certaines choses au peuple.

    « – Ce n’est pas de la faute de notre reine. Elle n’y est pour rien et elle est tout autant victime de cette malédiction. Tout le monde a déjà oublié le roi Erik ? Et le roi Jorrun ? Qui se rappelle de la légende de ce roi ? On ne vous raconte plus les histoires de nos terres, de notre peuple ?! »

    Le vieil homme se rapproche de toi pour se mettre au milieu et pour que tout le monde l’observe. Il sort de sa chemise un collier sur lequel il y a un médaillon avec un ours taillé dans du bois.

    « – Le premier roi de nos terres étaient comme nous. Il était un homme des plus normal mais en ce temps là, le froid était plus glacial et les ennemis beaucoup plus puissants. Pour pouvoir protéger son peuple, il a demandé à Odin de le rendre invincible. Odin a accepté et il lui a donné la capacité de se transformer en ours. Depuis ce temps, tous les hommes de sa lignée peuvent se transformer en ours. Cependant avec le temps, les rois se sont de moins en moins transformés puisque notre terre prospère de mieux en mieux. Alors non, la reine n’a rien fait du tout mais vous avez surtout la preuve que Leif est notre roi légitime.”

    Svein réussit à calmer les mœurs et il reste près de toi le temps que tout le monde se disperse. Il propose de te raccompagner chez toi afin que tu sois sous bonne garde pour le moment. Il est peut-être vieux mais il sait très bien dégainer son arme puisqu’il était le bras droit du roi Erik.

    “ – J’ai très bien connu Erik, nous étions comme des frères. Il se transformait aussi lorsqu’il était jeune mais quand il s’est fait attaquer et tuer, ainsi que sa femme, il ne s’est pas transformé et j’ai mis du temps à ne pas comprendre.. Il aurait pu facilement terrasser ses ennemis s’il l’avait fait. Erik ne savait plus se transformer car il s’était conforté dans son trône et il n’avait plus réellement d’ennemis puisque son père avait déjà fait le travail. Je pense qu’il est important que notre roi actuel sache maîtriser son pouvoir et qu’il ne se laisse pas aller comme son père avait pu le faire avant lui..”

    Mais pour savoir comment Leif pourrait redevenir humain, il ne sait pas t’apporter de réponse puisqu’il ne sait pas comment fonctionne cette magie ancestrale. Il te conseille d’aller prier les dieux pour essayer d’avoir des réponses mais bon, c’est vrai que ce genre de pratiques n’est plus d’actualité pour toi comme pour Leif avec ce que vous avez vécu en tant que dieu.

    Leif.. Justement, le gros nounours est encore dans la maison et il tape sa meilleure sieste avec Kisos et Sora contre lui. Solveig est en cuisine pour préparer votre dîner mais elle regarde de temps en temps si tout se passe bien. Quand tu arrives, elle te fait signe de ne pas faire trop de bruit et elle t’accompagne à petits pas vers le salon.

    “ – Ils ne quittent plus Leif.. Ils se sont endormis contre lui et Leif a fini par s’endormir. Je n’ai jamais vu les petits autant apaisés pendant leurs sommeils.. Papa ours doit être confortable.”

    Elle retient un rire et vous retournez en cuisine pour ne pas déranger la sieste. Solveig te propose de t’asseoir le temps qu’elle te prépare une tisane. Elle sait que tu es stressé et que tu as besoin de te poser un peu alors tu as le droit à une bonne camomille.

    “ – Il est revenu et c’est déjà une bonne chose. Il est avec vous. C’est juste étrange qu’il reste dans sa forme animal mais peut-être qu’il doit l’apprivoiser encore un peu avant de redevenir un homme. Cela ne doit pas être simple d’avoir ce genre de pouvoir.. Mais s’il peut se transformer, cela veut dire que vous avez de nouveau vos pouvoirs ?”

    Et oui, du moins il y a toujours en toi des pouvoirs mais avec ce que tu as fait pour calmer Sora, tes pouvoirs sont cachés en toi. Ils n’ont pas disparu puisqu’on ne peut pas totalement effacer la magie mais pour le moment, ils restent dans un coin de ton être et sont silencieux comme tu l’as souhaité. En tout cas, cela apporte quand même son bon pour les petits et surtout Sora puisqu’elle a retrouvé un sourire et une énergie qu’elle n’avait plus. C’est elle qui se réveille en premier et elle n’hésite pas à secouer son frère pour que lui aussi se réveille. Kisos est un grognon pour le réveil et tu peux l’entendre râler mais sa voix passe d’une voix enfantine à un râle d’ourson.. Le petit Kisos est redevenu un ourson. Toujours lové sur son duda, il n’a pas conscience de ce qu’il se passe mais Sora se met à t’appeller.

    “ – Maaaa’ ! Kiki nounours !! Maaaaaa’ “

    Leif et Kisos en ours. Tu en as la scène devant toi. Leif se réveille aussi et il se redresse pour faire face au petit ours qu’il y a près de lui. Les deux se découvrent à nouveau alors que Sora vient vite te rejoindre parce qu’elle a peur de devenir un ours aussi. La petite parle dans un langage enfantin pour t’expliquer ce qu’elle vient de voir mais tu peux finir par comprendre qu’elle entend aussi son père et son frère parler puisqu’elle se met à leurs râler dessus.

    “ – Kiki et duda doient rester ici ! pas à la forêt !”

    Et Leif réagit car il détourne son regard vers vous. Il se rapproche tout en essayant de communiquer avec Sora. Elle parle beaucoup mieux que son frère alors peut-être qu’elle pourra t’expliquer le problème de Leif.

    “ – Duda.. dit… Il sait pas être homme ! Toujours nounours. Il sait pas changer. Et Kiki dit.. son dos gratouille !”

    Kisos se cale contre la cheminée pour se gratter le dos et cela fait éclater de rire la petite fille. Leif aussi s’en amuse même s’il ne peut pas l’exprimer. Au moins tu sais que Leif n’arrive pas à trouver la solution pour redevenir humain. Solveig l’entend aussi et elle semble connaître la solution puisqu’elle a une clairvoyance qui pourrait se comparer à celle d’Aponi.

    “ – Pour redevenir un homme, il doit d’abord maîtriser entièrement son côté ours. Il doit en connaître tous les travers et les forces. Ainsi, il pourra se transformer à nouveau car il saura user de ce pouvoir avec intelligence. Cela peut prendre du temps mais il parviendra à redevenir ce Leif que l’on connaît tous.”

    Leif entend les conseils de Solveig et il est étonné car il pensait tout savoir de l’ours qu’il est alors pourquoi est-il encore bloqué ? Tout simplement parce qu’il s’est caché des villageois, des hommes en général et en se cachant, il n’a pas confronté son côté animal à la peur des hommes. Il souhaite les protéger mais en les protégeant, il se bloque dans cette enveloppe.

  29. Avatar de M.
    M.

    Leif n’était pas vraiment d’accord à l’idée de venir ici car il y a énormément de monde et il n’est pas certain d’être encore assez fort pour entièrement contrôler l’animal en lui. Avec toi et les enfants, il sait être un ours plutôt sage mais qu’en sera t’il si l’un des habitants se met à l’injurier ? Mais finalement ce n’est pas les habitants de Kattegat qui posent problème mais Arès. Le fils illégitime de Leif s’en prend à toi. Il t’insulte devant tout le monde et il se montre dangereux si bien que tu reçois une gifle. Le corps de Leif amorti ta chute mais oui, Leif sent la rage monter en lui et il pourrait se jeter sur Arès afin de le déchiqueter. Il en a la possibilité mais comme Solveig l’avait dit plus tôt, amener Leif devant la foule, est un moyen pour lui d’apprendre à se changer. En une fraction de seconde, l’ours se lève et redevient un homme immensément musclé. Leif est de retour. L’homme est là même s’il se retrouve entièrement nu devant les yeux effarés des habitants. Dans un sens, cela confirme que tu avais raison et que Leif peut se transformer en ours mais cela fait aussi stopper les deux garçons qui étaient en train de se battre. Thomas profite de la surprise d’Arès pour le faire tomber au sol et c’est là que Leif s’avance vers eux. Son regard est grave, son air sévère.

    « – Ta jalousie t’aveugle tellement que tu en oublies qui tu es. Oui, tu es mon fils et peut-être que tu ne seras pas le roi de Norvège mais rien ne dit que je n’avais pas de projets encore plus ambitieux pour toi. Cependant tu viens de prouver que tu ne méritais rien si ce n’est de quitter ce pays.
    _ Quitter ce pays ?! Pour aller où ?!
    _ Je m’en contre fou de ta destination. Je ne veux plus de toi ici. Tu n’es pas digne de vivre parmi nous. Tu viens de trahir et surtout tu as sali celle qui t’a élevé comme son propre fils. Alors maintenant va t’en. Pars au plus vite car je vais envoyer des soldats pour être certain que tu quittes mes frontières. »

    Les mots de Leif sont terribles, surtout de la part d’un père mais il doit punir Arès et surtout l’éloigner de vous. Leif n’a pas le courage de tuer son fils mais il doit quand même protéger sa famille et tant qu’Arès sera là, vous risquez d’être en danger. Le jeune homme ne semble pas prendre conscience de sa punition et il se relève avec un air suffisant mais pourtant il regrettera bien vite son comportement ignoble. Thomas pousse Arès en dehors du skali alors que Leif revient vers toi pour t’aider à te relever. Une servante apporte une couverture pour couvrir la nudité du roi et après l’avoir mise autour de lui, Leif demande à tout le monde de sortir de là. Il n’y aura pas d’agora pour ce soir.

    « – Matoaka.. »

    Il peut à nouveau te prendre dans ses bras. Ce n’est plus une grosse boule de poils qui te tient au chaud mais bel et bien l’homme que tu as épousé. Leif te laisse venir contre lui et il dépose un long baiser sur ton front. C’est qu’un simple baiser mais ça lui fait du bien puisqu’il avait vraiment peur de ne jamais réussir à reprendre sa forme humaine.

    « – On fera cette fichue cérémonie demain mais là on va rentrer chez nous. Il y a assez eu de spectacle pour ce soir. J’espère que tu n’as rien ? Montre moi ta joue.. »

    Il te fait relever ton visage et tu as une immense marque rouge car Arès a une sacrée force. Leif se retient vraiment de ne pas aller lui même pousser Arès hors de Norvège ou même de lui mettre la raclée de sa vie mais tu fais bien de lui imposer de te suivre jusqu’à chez vous. Ne serait -ce déjà que pour retrouver des vêtements chauds car il ne peut pas se balader le cul à l’air surtout par ce temps très frais. Vous repartez donc chez vous et il n’y a pas que Leif qui a changé. Kisos est redevenu aussi un petit gars et il joue encore avec sa jumelle dans le salon alors que Solveig prépare leurs repas. Vos petits monstres abandonnent leurs jouets pour retrouver vos bras et Leif embrasse leurs petites joues potelées à plusieurs reprises car ça aussi il ne pouvait pas le faire en tant qu’ours.

    « – Mes petits amours ! Duda est de retour pour vous faire plein de gros câlins !
    _ Duda pu un nounours ?
    _ Non, Duda a perdu tous ses poils et son ventre bien dodu. Mais toi aussi tu n’es plus un nounours ?
    _ Non ! Kiki pu nounours pace que Sora voulait zouer à cache cache ! »

    Votre fils maîtrise parfaitement sa transformation et ça impression Leif. Il va même sûrement devoir essayer de se calquer sur le petit Kisos mais en attendant, il doit surtout aller se changer et aussi prendre un bain car son état d’ours lui a donné une odeur pestilentielle. Comme les petits partent dîner avec Solveig, Leif peut aller avec toi vers votre salle d’eau et il va avoir besoin de ton aide pour retirer la crasse qu’il a sur lui. Il a même quelques plaies superficielles qu’il s’est fait en voulant se nourrir dans la forêt. Rentrant bien vite dans votre baignoire, il commence à se frotter frénétiquement mais cela est aussi dû à l’agacement qui le ronge à cause d’Arès.

    « – J’aurai pu l’abandonner dès le début ! Je l’ai quand même pris avec moi et voilà ce qui en résulte. Ai-je été un si mauvais père avec lui ? Et puis de où il ose lever sa main sur toi ?! Personne n’a le droit de te faire du mal ! J’ai vraiment pris sur moi car je t’assure que j’avais envie de lui arracher la tête. Fils ou pas, il n’avait pas à te faire ça ! Ça me rend fou ! »

    Leif se frotte tellement fort que sa peau prend une couleur rouge vive. Autant qu’il cesse de suite ce qu’il fait et qu’il te laisse le frotter. Pour autant il garde encore son air bougon et son envie d’aller botter les fesses d’Arès.

    « – Tu me le dirais si j’étais un mauvais père ? Je ne veux pas l’être avec Kisos et Sora.. c’est peut-être immonde vis à vis d’Arès et je t’avoue que je m’en fiche mais nos jumeaux sont mes merveilles. Je ne veux pas qu’ils vivent une vie avec un mauvais souvenir de moi.. Je veux aussi qu’ils puissent grandir en sachant que je serai toujours là pour eux et que je les aime de tout mon cœur. Mais je sais que parfois j’agis comme un idiot.. Je peux facilement m’agacer ou être maladroit.. »

    Et ça ne vaut pas que pour les enfants. Avec toi aussi, il a parfois l’impression de ne pas être à la hauteur mais il n’ose pas te le dire de vive voix. Leif a cependant le besoin de te reprendre contre lui et même si tu es habillé, il te fait plonger dans cette baignoire pour que tu te retrouves dans ses bras. Son visage niché contre ton cou, il respire ton parfum à plein poumon mais surtout il peut se permettre de déposer quelques baisers. Les dernières semaines n’ont pas été évidentes entre votre perte de pouvoir, sa transformation en ours, Arès qui fait n’importe quoi, votre Sora qui était indomptable.. Leif ferme les yeux quelques instants et il imagine une scène où tout semble calme. Pas de soucis à l’horizon et surtout vos rires à toi ainsi qu’aux jumeaux. Cette simple image le fait sourire bêtement. Il n’y a que ça qui lui offre la paix.. vous trois.

    « – J’aimerais que l’on parte quelques jours, toi, moi et nos deux petits. Qu’on aille au chalet de notre lune de miel afin de se retrouver qu’entre nous. J’ai besoin de calme.. j’ai besoin de me ressourcer. Je pense que toi aussi tu as besoin de quelques jours de paix. Je mettrais Nashoba à ma place en attendant mais j’en ai besoin. Et puis il faut aussi que je continu de dompter cet ours.. je préfère le faire loin de Kattegat. Un accident est très vite arrivé surtout si je tombe sur quelqu’un qui pourrait m’agacer.. »

    Leif est son impulsivité.. Il en rit légèrement car c’est vrai qu’il pourrait aisément tuer quelqu’un simplement en étant mal luné. Ça ne fait pas de lui un tyran car en tant qu’humain il sait se freiner mais en tant qu’ours, il y a encore des efforts à faire.

    « – Et je veux aussi retrouver un peu d’intimité avec mon épouse. Il me semble que je t’avais promis de te faire une armée d’enfants non ? »

    Il réussit à être moins agacé et à rire avec toi. Il vient même te donner un baiser beaucoup plus intense et sensuel mais vous ne pouvez pas prendre le temps d’aller plus loin puisque Thomas vous appel. Derrière la porte, le jeune homme prétexte que votre dîner vous attend mais en réalité il veut surtout faire en sorte que Leif ne soit pas trop près de toi. Dans son esprit, c’est lui qui devrait être avec toi dans la baignoire et ça le tue de savoir que l’homme qu’est Leif, soit de retour. En tant qu’ours, il avait une certaine distance mais maintenant ? Thomas n’a pourtant pas envie d’affronter Leif puisqu’il le considère comme un père mais les sentiments du garçon à ton égard, deviennent de plus en plus forts. Son destin avec Sora ne pouvait se jouer, les choses se retournent contre toi mais ça personne ne le sait encore.

    Vous finissez par rejoindre la table et Leif remercie Solveig pour tout ce qu’elle a préparé. Il lui demande même de venir dîner avec vous. Thomas est aussi convié mais il semble ailleurs. Leif pense que cela est dû à l’histoire avec Arès.

    « – Je te remercie d’avoir pris la défense de Matoaka et d’avoir éloigné Arès.
    _ C’est normal. Je ne pouvais pas le laisser la toucher à nouveau.. Il mériterait même que je lui plante mon épée en plein cœur pour avoir osé gifler notre reine.
    _ Tu as raison mais laissons le partir. Il trouvera certainement un endroit où il se sentira mieux.
    _ Et s’il revient un jour pour se venger ? Pour essayer de te tuer ?
    _ Il peut essayer, je saurai me défendre. Et puis j’aurai un allié de taille avec toi en tant que roi d’Anglicie ?
    _ Roi.. Roi ? Tu veux vraiment que je deviennes roi de..
    _ Ton père était le roi. Cette place te revient de droit mais je sais que tu ne seras pas aussi malveillant que ton père et que tu sauras te faire aimer de ton peuple,
    _ Mais je ne sais pas comment régner..
    _ Nous allons t’apprendre avec Matoaka. Et quand tu auras tes dix huit ans, tu pourras récupérer ta couronne. Bien sûr, nous t’accompagnerons pour fêter cela, »

    Thomas retrouve un petit sourire mais il ne peut s’empêcher de te fixer. S’il part, il sera loin de toi.. Et puis il aura besoin d’une reine et il aimerait que ce soit toi la sienne mais c’est impossible. Impossible sauf si Leif meurt mais ça il ne souhaite pas. Ou alors il faudrait que tu quittes de par toi-même Leif pour suivre Thomas mais pour ça, le jeune homme va devoir faire en sorte que tombe amoureuse de lui.

    « – En tout cas je vous remercie pour tout ce que vous avez fait et ce que vous faites encore pour moi. Je sais que si j’étais resté avec mon père, il n’aurait jamais eu le trône d’anglicie mais il aurait surtout fini par nous mener à notre perte. Il n’avait pas la notion de la famille ou de l’amour de son enfant.. alors que vous.. vous vous m’avez appris ça. L’amour.. »

    Il dit ce dernier mot en fixant ton regard et il a de la chance que Leif a les yeux rivés sur son assiette bien remplie. Il meurt de faim et il fait son glouton plutôt que d’écouter Thomas. Le jeune anglais te tend une serviette lorsqu’il remarque que tu veux essuyer tes lèvres et en faisant ce simple geste, il se dit qu’il peut marquer des points s’il se montre beaucoup plus gentleman et doux que Leif. Car oui, c’est peut-être le tord de Leif.. il manque cruellement de romantisme et de douceur. La preuve en est qu’il avale sa seconde assiette et met du potage partout autour de ses lèvres ainsi que sur sa chemise en lin.

    Le dîner étant fini, Leif aide à débarrasser avant d’aller retrouver vos enfants au salon mais tu ne peux pas les rejoindre de suite puisque Thomas vient t’intercepter en cuisine. Il pose le bout de ses doigts sur ta joue encore gonflée par le coup d’Arès et il prend un air désolé, triste, presque adorable,

    « – J’aurai dû le repousser avant.. il n’aurait jamais posé sa main sur vous. Veuillez me pardonner de ne pas avoir été un bon défenseur.. »

    Souffle t’il presque d’une voix étrangement suave. Par chance, tu es en quelque sorte délivré lorsque tu entends les jumeaux pleurer de rire. Duda Leif a voulu s’asseoir sur un tabouret mais celui-ci a céder sous le poids du colosse et bien sûr, les enfants se moquent de leurs père. Dans un sens, Leif aussi rit de sa chute mais il vient surtout se venger des jumeaux à coup de chatouilles. Certes, il n’est pas le plus gentleman des hommes mais il y a quelque chose de fort chez lui.. sûrement son amour. Quand il aime, Leif aime de tout son être et ça se ressent en cet instant où il prend du temps pour vos enfants. Quel père fait vraiment cela à votre époque ? Presque aucun. Et puis les épouses sont souvent prises pour des vagins vivants alors que toi, jamais tu ne seras considéré comme telle. Tu es sa reine, son soleil, son univers.

    « – Et si on allait chatouiller Ma’ ? On part à l’attaque ??
    _ Ouiiii Duda !! »

    Et tu reçois un assaut sur toi, Leif réussit à te faire asseoir sur le sol pour que vos jumeaux se mettent à chercher les endroits où tu es la plus chatouilleuse. Solveig assiste à la scène avec un regard émerveillé puisque c’est beau, c’est même magique de voir à quel point il y a une connexion entre vous quatre. Leit laisse les petits te torturer un instant pour justement aller vers la vieille dame.

    « – Pourrais tu venir plus tôt demain ? Nous allons partir quelques jours en montagne et j’aimerais que tu puisses nous préparer quelques plats pour la route..
    _ Avec plaisir Leif. Je viendrais des l’aube,
    _ Vous partez ?? »

    Thomas fronce les sourcils. Comment ça partir en montagne ? Tu vas donc te retrouver éloigné de lui.

    « – Tu veux que je vous accompagne ?
    _ Et bien c’était prévu que nous y allons qu’à quatre. On a besoin de se retrouver..
    _ Oh.. je vois. Mais.. tu n’auras besoin de personne pour garder les enfants ? Ou pour garder le chalet si tu dois aller chasser ?
    _ Je pense que mon épouse sait très bien protéger sa maison. Tu l’as déjà vu tirer à l’arc ? Elle ne manque aucune cibles !
    _ Hm.. oui c’est vrai..
    _ Tu pourrais rester avec Nashoba, il va gérer la ville le temps de notre absence. Cela te fera un entraînement pour ton futur rôle ! »

    Thomas n’a pas le choix que d’accepter de toute façon mais dans un sens, cela va pouvoir lui permettre de se rapprocher de ton frère et peut-être l’influencer. Tu es très proche de ton grand frère et il pourrait aussi t’influencer en te montrant que Thomas est certainement un meilleur parti que Leif.

    « – Aaaah vous avez réussit à vaincre Ma’ mais qu’est ce qu’on fait après une attaque de chatouilles ?
    _ attaque de bizouuuuuuuu ! »

    Les petits sont toujours sur toi et Leif les rejoint pour cette fameuse attaque de bisous. Les rires se font à nouveau entendre et c’est sur cette note que Thomas préfère quitter la maison. Solveig aussi prend congé et cela vous laisse à quatre. Les petits sont encore trop excités pour aller au lit donc Leif vous installe tous près de la cheminée pour raconter une histoire. Kisos s’endort rapidement dans tes bras mais Sora lutte pour pouvoir entendre la fin de l’histoire. Leif s’en amuse car elle a le même tempérament que toi pour ça. Sora n’abandonne pas facilement si elle obtient pas ce qu’elle veut. Et puis elle a aussi la même bouille que toi. Un grand regard noire et une chevelure sombre qui donne encore plus de soleil à son teint. La petite demoiselle se laisse aller au sommeil quand Leif a terminé et vous allez ensemble mettre les petits dans leurs lit. Comme chaque soir, ils sont ensemble dans le même lit et ils se nichent l’un contre l’autre. Il y a un lien fusionnel entre eux et c’est ce qui les rend d’autant plus beaux à contempler car ils sont le fruit de votre amour mais en plus ils sont parfaits, du moins, Leif les idolâtre. Pas autant que toi mais comment ne pas être fière de ce que vous avez créé ensemble ? Alors que vous êtes encore près du lit des petits, Leif murmure :

    « – Je n’ai besoin que de ça. Entendre vos rires, sentir votre bonheur.. tu sais, quand je suis revenu ici en tant qu’ours, c’était surtout parce que j’avais besoin de vous. J’avais peur.. très peur de vous faire du mal mais en fait c’était impossible. Vous êtes ce qui m’apaise, ce qui me comble. Même en tant qu’ours, je le savais au plus profond de mon être. Ce soir, j’aurai pu vriller et faire un bain de sang mais j’ai réussi à ne pas céder à mes pulsions parce que j’ai pensé à vous. Je veux être le meilleur pour vous trois.. Je veux que vous soyez fière de moi.. »

  30. Avatar de M.
    M.

    Rattraper Arès et s’excuser.. Leif n’avait pas envie de ça. Quoi que dans un sens il s’en veut un peu d’avoir été aussi cinglant mais quand il repense à la gifle que tu as reçu, il sent son sang bouillir. Non, Leif n’a pas envie de faire revenir Arès.. et puis il y a quand même une culpabilité. C’est vrai qu’il n’a pas été le meilleur des pères avec lui, surtout depuis l’arrivée des jumeaux. Leif a fait un favoritisme flagrant et même lui le sait mais Arès n’était pas prévu alors que les jumeaux oui..

    « – Le pardonner.. et s’il recommence ? Et s’il devient pire que ce soir ? Hm.. tu sais, s’il me haïe, il continuera à me haïr même si je lui demande pardon. Et je vais faire quoi s’il revient ? Jouer au père parfait ? Ça ferait faux.. en sachant que je l’ai laissé de côté,, »

    Il a plutôt raison, comment arranger les choses alors que tout a été plutôt loin ? Arès est déjà loin de Kattegat en plus.. mais avec ton regard insistant, Leif comprend qu’il doit faire quelque chose alors au lieu de profiter de la soirée avec toi, il repart s’habiller pour pouvoir prendre la route sans plus tarder. Bien évidement tu as le droit à un long baiser avant son départ et puis il n’y va pas seul. Il demande à plusieurs hommes de le suivre pour couvrir plus de terrain. Est-ce qu’Ares a vraiment pris la route ? Ça il ne le sait pas non plus mais il essaye de suivre son instinct et celui-ci le pousse à aller vers une clairière où il allait avant avec lui pour lui apprendre à se battre. Il a bien réfléchis puisqu’Arès y est mais quand il voit Leif, le jeune homme en colère sort de nouveau son épée. Il veut se battre contre ce père qui lui brise le cœur. Il veut se venger de ce roi qui ne le considère pas assez. Leif descend de son cheval et il ne sort pas son arme mais il doit faire attention car Arès pourrait quand même lui faire du mal.

    « – Tu viens me tuer ?! En finir avec ton batard ?! Je partirai pas d’ici !! C’est mon pays aussi ! J’ai grandis ici !!
    _ Je le sais Arès. Tu fais parti de ce pays tout comme tu es mon fils et je sais que je n’ai pas été le meilleur des pères avec toi. Je sais aussi que tu me détestes et que tu es jaloux des jumeaux.
    _ Comment ne pas être jaloux ?! Tu les vois comme des dieux alors que pour moi tu as bien eu du mal à être présent ! C’est Matoaka qui m’a plus élevé que toi !
    _ Et cela lui valait une gifle ? Des mots ignobles ? Tu voulais la faire passer pour une menteuse, une sorcière. Je veux bien que tu me détestes mais elle.. elle ne t’a rien fait !
    _ Elle m’a aussi abandonné pour les jumeaux..
    _ Ce sont des bébés ! Ils ont besoin d’attention alors que toi tu es un jeune homme Arès ! Tu es à un âge où tu es censé trouver des copines, t’amuser avec tes copains, vouloir écrire ta propre histoire !
    _ Des copains ? Aucun des jeunes d’ici ne veut traîner avec moi parce qu’ils ont peur que je les balance auprès de toi ! Ah si j’ai un copain, ce fameux Thomas qui rêve de te voir crever pour pouvoir se taper Ma’ !
    _ Quoi ? Comment ça ? Je..
    _ Tout tourne autour de ta petite personne, de Matoaka et des jumeaux mais tu ne vois pas le reste. Tu vois seulement ce qui t’intéresse ! Si tu t’intéressais à moi, tu saurais que j’ai arrêté de me transformer en ours parce que je veux être comme toi ! Parce que je veux être un grand guerrier comme toi ! Et oui je suis en colère que tu n’ais même pas pensé à moi pour reprendre un jour ta couronne. Je me sens encore plus batard ! Je ne suis pas le fils légitime..
    _ Je ne peux pas te faire de fausses promesses Arès. Oui, tu es un enfant hors mariage et tu ne pourras jamais prétendre à mon trône mais ça ne veut pas dire que je t’aurais laissé sans rien. Je comptais même te redonner ce qui te reviens de droit puisque tu es né là-bas.
    _ Quoi ? La Grèce ? Ils ont chassé les rois !
    _ Mais rien n’empêche d’en remettre un sur le trône. Mais tu préfères t’aveugler de colère plutôt que de venir vers moi et me parler franchement ou me parler comme un homme ! Tu as peur de moi ? Car tu joues le garçon qui veut ma perte mais tu n’es même pas capable de me dire tes ressentis. »

    Ils sont tous les deux têtus, en même temps Arès a obtenu le côté caractériel bien salé de son père. Il range tout de même son épée et ils se font face silencieusement pendant un long moment. Ce que ne sait pas Arès, c’est que plus tard, Kisos sera certainement beaucoup plus jaloux de lui que l’inverse. Avec sa peau blanche et son regard bleu intense, Arès est une copie casi conforme de Leif alors que Kisos ne sera jamais cette copie. Kisos sera souvent pointé du doigt comme un batard alors qu’Arès n’a jamais eu ce problème tant les gens lui rappellent qu’il ressemble à son père.

    « – Maintenant tu vas rentrer avec moi et tu vas aller t’excuser auprès de ta mère. Je ne veux plus que tu te comportes de la sorte Arès. Si tu as un problème avec moi, tu viens me voir directement ! Et si tu veux passer du temps avec moi, tu peux aussi me le demander. Il me semble que je ne t’ai jamais mis de côté au point de ne pas passer de temps avec toi. Tu ne te rappelles pas de nos parties de chasse ou nos entraînements ? »

    Leif sait qu’il va devoir faire des efforts pour Arès mais il ne les fera que si son fils en fait aussi mais surtout s’il s’excuse auprès de toi. Leif va aussi devoir discuter avec Thomas car il est alerté par ce que lui a confié Arès. Son petit protéger veut coucher avec toi ? Il n’y comprend rien puisque Thomas était censé vouloir de Sora. Enfin, les garçons reviennent vers Kattegat alors que le soleil commence à se lever. Tu ne dors pas lorsqu’ils rentrent car tu as sûrement passé ta nuit à t’inquiéter. Leif passe devant Arès et il vient embrasser ton front avant de se décaler pour laisser le jeune homme te parler. Arès a les yeux baissés et ça se sent quand même qu’il s’en veut par rapport à toi. Pour ça aussi il ressemble à Leif, il sait culpabiliser et aussi reconnaître ses erreurs.

    « – Je veux m’excuser Ma’.. Je n’aurai jamais dû te traiter de la sorte ni même te gifler. Je n’aurai pas dû non plus être si désagréable depuis plusieurs semaines. On en a parlé avec père et j’avoue que je suis jaloux des jumeaux parce qu’ils reçoivent tellement d’amour de votre part.. que oui, ça me fait mal parce que j’ai l’impression de ne pas avoir reçu la même chose. Hm.. dans tous les cas j’espère que tu accepteras mes excuses et je vous fais la promesse de changer de comportement. »

    Il ne fait pas le fière mais surtout il est sincère. Leif apprécie cela. Il apprécie qu’Arès sache reconnaître ses erreurs car c’est une immense qualité pour un guerrier ou même un monarque, le temps que tu discutes avec Arès, Leif s’en va se servir un peu d’eau mais il entend aussi deux petits monstres faire le bazar. Il revient avec Kisos et Sora dans les bras mais les petits se mettent à sourire de toutes leurs petites quenottes en voyant leurs grand frère. Kisos tend même ses bras vers Arès et cela fait perdre une larme à l’adolescent car depuis la naissance des jumeaux, il essaye de les éviter mais pourtant les jumeaux le reconnaissent et ils sont même contents de le voir.

    « – Tu sais, rien ne t’empêche de passer du temps avec eux.. je sais que tu peux leurs apprendre aussi plein de choses. Et puis il faut bien deux grands frères pour surveiller qu’aucun garçons ne touchent à Sora ? »

    Leif et Arès sourient en coin car pour ça ils se comprennent parfaitement. Pauvre Sora, elle va être épiée et elle va vite devenir dingue lorsqu’elle sera adolescente. Justement l’adolescent se met à dire à sa petite sœur qu’il compte bien la surveiller et aussi mettre des raclées à tous les garçons qui oseront l’approcher.

    Le temps que votre adolescent découvre et passe un peu de temps avec les jumeaux, Leif t’entraîne en cuisine en prétextant avoir faim mais il te raconte surtout ce qu’il s’est passé en forêt. Il t’évoque aussi ce problème avec Thomas. Il pourrait dire que ce sont des conneries mais il a quand même remarqué les nombreux regards que le jeune homme avait pour toi.

    « – Il t’a fait des avances ? Ou il t’a dit des choses suspectes ? Ce gamin va t’il draguer toutes les filles de ma famille ? Il faut lui dire que tu es mon épouse et que lui doit se tourner vers des filles de son âge ! Pas ma fille de quelques mois ou pas ma femme qui est seulement à moi ! »

  31. Avatar de M.
    M.

    Leif a aidé cette louve à ne pas souffrir plus longtemps même c’est une scène triste pour ce père de famille. Il a promis à cet animal de prendre grand soin de ses bébés et il sait qu’il réussira sa mission grâce à vous. Lorsqu’il revient au chalet, vous êtes déjà tous les trois affairés à vous occupés des petits louveteaux et vos jumeaux ont même choisi dans adopter un chacun. Il reste encore deux louveteaux qui n’ont donc pas de maîtres mais Leif comprend qu’il y en aura un pour lui et un pour toi. Lui prend le petit mâle qui est le reculot de la portée alors qu’il te laisse la petite femelle toute noire.

    « – On aura tous un petit bébé à protéger. Il faudra en prendre bien soin les enfants d’accord ? Moi je vais appeler le mien.. Fenrir ! Comme le loup de la légende nordique. »

    Et évidement, les jumeaux veulent que le papa raconte l’histoire de ce loup mythologique alors après le repas, Leif installe plusieurs couvertures dans le milieu du salon, près de la cheminée et vous vous installez tous pour profiter de ce récit. Leif se refuse à parler de Thomas, d’Arès ou de tout ce qui concerne Kattegat pendant votre séjour ici. Il veut profiter pleinement de votre famille et ça commence agréablement bien avec cette soirée. Tous allongés, les uns contre les autres, et puis avec les louveteaux contre vous, il n’y a rien qui pourrait faire plus plaisir à Leif. Entre deux récits, il prend son temps pour vous observer un à un. Kisos est tellement absorber par les histoires de loup, de dieux, qu’il en a l’esprit qui bouillonne d’aventures alors que Sora est beaucoup plus posée mais elle a surtout ce besoin d’être dans tes bras ou ceux de son papa. Toi.. toi tu as un regard si tendre envers vos enfants mais aussi envers Leif. Ils sont ton monde, tout comme vous l’êtes celui de Leif mais Leif décèle en toi ce petit côté louve que tu essayes tant bien que mal à cacher. À un moment, Kisos se lève pour aller chercher sa petite épée en bois mais manquant de tomber, il se fait vite rattraper par tes bras. Tu les protèges comme une louve et tu les guides comme une louve. Leif n’aurait pas mieux rêver comme mère de famille pour ses enfants.. il est encore plus amoureux de toi dans ce genre de moment. Tu n’es pas qu’une guerrière, qu’une épouse, tu es aussi celle qui lui a offert son rêve d’être père.

    La nuit à quatre n’est pas ce qu’il y a de plus reposant car vos jumeaux bougent tellement que Leif se prend le pied de Kisos dans le visage ou toi tu te fais squatter par une Sora qui te prend pour un matelas. Il y a aussi les petits loups qui se collent à vous pour avoir votre chaleur alors oui, par plusieurs reprises vos regards se croisent dans la nuit et vous devez retenir vos envies de rire. Vous qui étiez censé être deux guerriers puissants sur les champs de bataille, vous êtes là à batailler pour avoir quelques heures de sommeil.

    « – Demain soir ils dormiront dans leurs lit c’est certain.. ils sont horribles et en plus tu entends ça ? Nos bébés ronflent ! »

    Il murmure ces mots car il ne tient pas à réveiller vos petits. Quelle nuit ! Mais quel réveil aussi. Avec cette nuit compliquée, vous dormez comme des morts au petit matin mais pas vos deux monstres. Ils courent dans le salon avec les louveteaux et ils ont réussi à déjeuner en attrapant des pommes qu’ils ont piqué dans votre sac de vivre. C’est parce que Sora tombe au sol et se met à pleurer que vous ne pouvez plus profiter pour dormir. Leif est le premier à se lever pour ramasser la petite fille et la calmer mais il a la tête dans le cul. Il ne sait même pas où il est où ce qu’il doit faire mais maman louve arrive à la rescousse. En quelques secondes, tu as calme Sora et fait asseoir Kisos pour qu’il ne court plus partout. Même Leif se pose quand tu ordonnes cela à Kisos,

    « – Ils sont déjà tellement énergique que je me demande comment ils font.. ou alors c’est moi qui devient trop vieux et lent..
    _ Duda, tu veux une pomme ?
    _ Duda veut fait un gros dodo oui mais bon, pour ça il va falloir d’abord vous fatiguez tellement fort que ce soir vous allez nous implorer pour rejoindre votre lit. »

    Kisos pouffe de rire, comme s’il narguait son père et qu’il ne croit pas au fait que Leif peut les user mais c’est mal connaître le père de famille. Une bonne balade en forêt et même de la chasse ou de la pêche, sauront mettre vos jumeaux HS.
    C’est ce qu’il se passe, du moins vous commencez par cette fameuse balade en forêt et vous êtes un peu derrière vos jumeaux qui courent avec les loups. Leif sourit bêtement parce que c’est la première fois que vous avez vraiment ce genre de moment où vous ne faites que simplement marcher en forêt mais il n’y a rien ni personne pour vous stopper. Il n’y a que vous quatre et surtout le rire de vos petits. Tenant ta main dans la sienne, il entrelace vos doigts et il se permet de baisser son regard vers toi un instant.

    « – Il y a encore quelques années je n’aurai jamais cru que cela aurait été possible.. Tout a toujours été fait pour que nous soyons séparés ou pour que nos envies d’être heureux soient brisés mais on a réussit à éloigner ça. Peut-être qu’on en a perdu des pouvoirs et de la prestance mais je ne changerais ça pour rien au monde parce que là, je vis ma plus belle vie.. Je t’ai toujours à mes côtés, prête à tout pour moi et surtout à m’aimer d’un amour inconditionnel et puis il y a cette famille que nous avons bâti à deux. Ils sont encore petits et insouciants mais ils sont notre pérennité. Et puis dans ce genre de moment.. je ne pense pas vraiment à la guerre, à ce qui m’attend en tant que roi ou aux autres problèmes. Je ne pense qu’à ça.. au bonheur que tu m’offres. Ça peut paraître bête et niais venant de la part d’un chef de guerre mais oui, ce genre de petits moments sont mon bonheur. »

    Vos petits se stoppent devant des framboisiers sauvages et vous les rejoignez pour les aider à récupérer un maximum de fruits. Cette cueillette va vous permettre de faire une tarte tous ensemble lorsque vous rentrez de cette balade. Si toi et Sora vous êtes appliqué dans la conception de cette tarte, Kisos et Leif se mettent surtout à picorer des framboises. Sora râle sur les deux garçons mais sa façon de faire fait rire Leif car on dirait une mini toi. Pour éviter de manger toutes les framboises, Leif part avec Kisos en extérieur pour jouer à l’épée de bois. Il essaye surtout de voir comment se débrouille votre petit garçon. Sora rejoint les garçons parce qu’elle veut aussi jouer à la bagarre et quand tu arrives à ton tour, tu retrouves un Leif au sol avec deux petits diables sur lui. C’est devenu une bataille de chatouilles.

    « – Eeeh vous êtes deux contre un ! Bande de monstres ! Maaaaaa ! Viens aider ton époux !
    _ Aaah noooon pas maaaaaa ! »

    Les jumeaux savent que tu gagnes toujours au jeu des chatouilles alors ils lâchent très vite Leif pour aller se cacher dans la maison. Cela fait de nouveau rire Leif qui te tend ses bras pour que tu viennes contre lui.

    “ – Viens sauver ton magnifique roi en détresse.. J’ai été battu par deux petits monstres mais je sais qu’un baiser de ma reine va me remettre en forme !”

    Quand tu viens sur lui, Leif dépose plein de petits baisers sur tes lèvres et vous pouvez entendre des “beurk” de la part de vos mioches. Le reste de la journée est assez calme, vous allez un peu pêcher et puis au soir, Leif récite encore des légendes nordiques mais là, vos petits sont dans leurs chambres avec les petits loups donc vous allez avoir un peu de temps pour vous deux. Une fois qu’ils sont endormis, Leif te rejoint dans la pièce principale et il vient se caler derrière toi puisque tu es assise près de la cheminée.

    “ – A quoi tu penses mon Amour ? Tu sembles ailleurs.. Ou alors est-ce nos enfants qui auraient réussi à t’épuiser ? Dommage car je pensais que j’aurai pu te faire des petits câlins avant de dormir..”

    Il sourit finement et il se met à embrasser le creux de ton épaule. Il n’a pas encore l’envie d’aller dormir, surtout après une journée aussi douce. Il aimerait que le temps s’arrête et que vous n’ayez plus à partir d’ici mais bon, c’est impossible et il va devoir l’accepter. Cependant il a encore trois jours pour profiter de ce moment à quatre avant que la réalité ne vous rejoigne à nouveau.

  32. Avatar de M.
    M.

    Le temps que tu ailles te changer, Leif retire les trois quart de ses vêtements puisqu’il ne garde que son pantalon pour le moment. Il sait bien que celui-ci sera retiré car il compte bien te faire l’amour mais il a tout de même envie de te laisser le plaisir de lui ôter. Cependant toi.. toi tu reviens avec une tenue qui le fait frissonner tant tu es.. horriblement sexy dans ce tissu qui te couvre à peine et qui montre tes courbes. Il est entièrement hypnotisé, si bien que tu réussis à venir sur lui sans qu’il ne réagisse sur l’instant. Pourtant sa main atterrit sur ton sein mais Leif sort de son air rêveur quand ton souffle chaud vient frôler ses lèvres.

    « – Tu veux me rendre dingue ? Bien que tu as réussi.. cette tenue.. wow.. c’est indécent et pourtant tellement.. wow.. »

    Son petit sourire séducteur se forme sur ses lèvres et Leif se met à caresser ce sein que tu lui as offert mais son autre main se montre plus baladeuse et elle se glisse sous ton tissus pour caresser ton fessier.

    « – Mais sache que tu n’as pas besoin de ça pour être belle à mes yeux.. tu es belle qu’importe tes vêtements ou même la situation.. tu es mon plus grand fantasme Matoaka et ça ne changera pas.. »

    C’est vrai que depuis votre rencontre, il n’a jamais eu le besoin de regarder une autre femme avec désir puisque c’est toi son désir. Pourtant avec son statut, il pourrait avoir toutes les femmes du monde à ses pieds mais ça ne lui a jamais traversé l’esprit. Tu as totalement enivré son esprit et cela lui suffit tellement que l’appelle de tes charmes agit bien vite. Leif prend possession de tes lèvres mais il change surtout vos positions pour se retrouver au dessus de toi. Cette position lui permet de te dominer ou plutôt de pouvoir faire ce qu’il veut de ton corps frémissant. Il te touche à peine que tu te tords et soupire mais Leif a des envies bien plus torrides que de simples caresses puisqu’il descend le long de ton corps pour finir entre tes cuisses qu’il ouvre d’un geste vif. Embrassant ta peau, il mordille même celle-ci avant de laisser sa langue chemiser sur ton intimité déjà humide. Tu souhaitais un peu de douceur mais ça sera pour après puisque pour le moment le roi veut te faire rugir de plaisir.

    « – Il va falloir se faire silencieuse ma jolie tigresse.. il serait dommage que nous devions arrêter parce que tu aurais réveillé les petits diables.. »

    Leif prend un malin plaisir à te taquiner voir même te torturer puisqu’il revient jouer avec ton bouton de plaisir, tout en laissant deux de ses doigts glisser en toi. Il veut te mener à la jouissance et pour le moment il sait y faire pour que tu ne réponds plus de toi même. Pour ne pas que ton orgasme se fasse entendre par un cri, il pose sa seconde main sur tes lèvres mais à peine tu as terminé ce cri qu’il remonte le long de ton corps pour venir t’embrasser. Tu peux aussi sentir sa virilité réveillée et appuyer contre ta cuisse. Il meurt d’envie de te faire l’amour si bien qu’il ne fait que sortir son membre de son pantalon et il n’attend plus pour se fondre en toi. Cette sensation l’electrise et l’amène à en vouloir déjà plus mais il sent bien que tu as aussi l’envie de prendre ton temps alors Leif se retient pour ne pas y aller brutalement. Lentement son bassin danse avec le tien. Ses lèvres continuent de caresser les tiennes mais pour profiter de ta chaleur, ton odeur, il enfouie son visage contre ton cou. Il n’y a rien de plus divin que ce moment.

    « – Mon.. Amour.. je.. t’aime.. je t’aime tellement.. »

    Leif se relève un instant en se tenant à la tête du lit. Il veut voir ton visage se consumer sous le plaisir. Il veut voir ton regard le supplie de continuer. Le colosse se délecte de ce pouvoir qu’il a sur toi, cette folie qui est conjointe et qui fait de vous des âmes sœurs. Toi aussi tu peux avoir une vue parfaite sur son corps musclé et saillant mais aussi sa gorge qui se tord à chaque fois qu’il se met à gémir. Ses cheveux étant détachés et plutôt longs, cela ne fait qu’accentuer son charme bestial et viril.

    Finalement il se laisse aller en arrière pour que tu reviennes à califourchon sur lui. Ainsi tu lui fais face et c’est la position parfaite pour t’embrasser ou venir mordiller ta poitrine gonflée. Il y a bien des semaines que vous ne vous étiez pas aimé de la sorte. Il n’y a pas de sauvagerie ou de dominance accrue. Il n’y a que l’envie de retrouver ce plaisir simple et pourtant enivrant. Leif fait toujours en sorte de ne pas prendre de rythme trop intense mais pour que ton plaisir soit plus marqué, il passe tout de même une main entre vous pour caresser ton point sensible. Le seul fait de te voir en transe, décuple son propre plaisir.

  33. Avatar de M.
    M.

    Cette nuit a été divine et au petit matin, Leif est quelque peu dans la lune tant il a bien dormi. Il comprend à moitié l’histoire de l’ours que raconte Sora mais avec tes joues rouges, il pense comme toi et au fait qu’elle a dû associer l’ours avec vos cris bestiaux. En plus Sora n’est plus censée avoir de pouvoirs alors il est impossible de savoir qu’elle rêve du jour où Arès va détrôner son père. Il préfère rapidement passer à autre chose et ton idée de balade lui semble parfaite. Même le fait de dormir dans une tente semble être parfaite si ce n’est que le froid pourrait poser problème mais bon, il a déjà une idée pour paraît à ça.

    « – Vous dormirez contre moi pour rester au chaud. Tu sais bien que je suis une bouillotte naturelle alors autant en profiter mais je trouve que ça serait super de vivre cette expérience surtout pour nous deux sauvageons d’enfants. »

    C’est pas peu dire puisqu’ils sautent et courent déjà partout dans le petit chalet alors ce moment en forêt pourrait les calmer ou bien les fatiguer. C’est Kisos qui est le plus fougueux des deux mais Sora sait aussi se montrer énergique d’autant plus que les petits loups sont présents pour ajouter un peu plus de vivacité à ce groupe. Vous sortez à peine du chalet qu’ils sont tous en train de courir vers la forêt mais Leif lève la voix pour les stopper dans leurs élan.

    « – Vous restez près de nous ! Je vais me mettre en colère si vous vous éloigner ! La forêt est dangereuse !
    _ mais moi nounours Duda !
    _ Non Kisos, tu n’es pas un ours. Tu pourrais surtout être la nourriture des ours si tu te perds ! Ou alors des loups ou même des monstres !
    _ Monstres ???! Non.. veux pas.. j’ai peur..
    _ alors tu restes près de nous. »

    Kisos a peur de mot « monstre » depuis que Leif a raconté une histoire avec des monstres qui mangent les enfants pas sages. C’est mesquin mais cela vous permet d’avoir le garçonnet près de vous ainsi que sa jumelle qui ne le quitte pas d’un centimètre. Il va y avoir plusieurs heures de marches et ça va être long pour les enfants alors vous ne partez pas en trombe. Leif reste à tes côtés mais il se retrouve bien vite les bras chargés avec les deux petits. Sora sur ses épaules et Kisos dans les bras, Leif tient son rôle de père avec perfection. C’est une chose qu’il n’a pas souvent l’occasion de vivre quand il est sur Kattegat et parfois ça le peine de ne pas être un père présent car il ne tient pas à être comme son propre père. Alors pour cette excursion, il essaye d’interagir avec les jumeaux et il se fait même pédagogue en montrant certaines plantes ou quelques animaux qui passent près de vous.

    « – Aaah Duda ! Là ! Rogarde !!
    _ C’est une araignée ma petite fleur. Elle a fait une grande toile pour attraper son repas.
    _ C’est pas beau la araignée.. moi veut voir papillon !
    _ Les papillons reviendront quand il fera plus beau mais ta maman ressemble à un beau papillon non ?
    _ Non Ma’ pas papillon.. Ma’ c’est ma maman ! »

    Sora lève les yeux au ciel car elle pense que Leif dit n’importe quoi et elle vient surtout quémander tes bras mais quand Leif la met dans tes bras, tu peux sentir une étrange sensation de force, de magie. Cette connexion n’est que possible entre toi et Sora mais elle révèle surtout que Sora n’a peut être pas tout perdu. Elle n’a plus ses amours pour Thomas mais elle a toujours des visions et aussi un pouvoir d’apaisement. En tout cas elle use de ce pouvoir quand elle sent que quelqu’un est tracassée mais là ça n’a pas lieu d’être. Par contre elle réussit à échanger une vision avec toi lorsqu’elle se retrouve lové contre ton buste.

    Dans sa vision, c’est une Sora plus âgée que tu vois et surtout elle vient face à toi, comme si cette vision était un fait réel. La jeune femme tient à te parler mais sans que Leif ni son frère puissent l’entendre et cette vision est son seul moyen de pouvoir le faire.

    « – Duda est réellement en danger Ma’. Pas dans l’absolu mais plus tard, quand Kisos et moi nous serons plus âgés. Je n’ai pas encore compris mes visions et je ne sais pas ce qui va lui faire du mal mais je sais qu’il va finir par mourir juste avant notre seizième anniversaire. »

    Comme c’est une Sora plus âgée, elle parle distinctement et ça peut paraître perturbant mais cette façon de communiquer sera votre plus grande force à toutes les deux. Elle n’arrive pas encore à te montrer correctement ses rêves mais elle sait qu’il y aura des ours et aussi des soldats. Beaucoup d’hommes qui veulent la mort de Leif. Sa vision prend fin quand Leif vous appelle. Il est un peu plus loin avec Kisos et ils ont trouvé un petit lac où vous allez pouvoir faire une pause.

    « – venez voir les filles !! Vite ! »

    Le lac est partiellement gelé à cause des températures basses qu’il y a en hauteur mais malgré tout vous pouvez voir les poissons nages sous la fine glace. Kisos applaudit devant ce spectacle qu’il découvre pour la première fois mais Leif doit le tenir pour ne pas que ce petit diable aille marcher sur la glace.

    « – Je me souviens que lorsque j’étais petit, lors des très grands froids, j’allais sur les lacs gelés pour glisser avec ma luge ou les patins que ma mère m’avait fait. C’était assez drôle même si une fois je suis tombé et je me suis ouvert le haut de crâne. Je peux t’assurer que ma mère n’était pas contente du tout ! »

    Si lui s’en amuse, il ne se doute pas que tu peux être inquiète à cause des révélations de Sora mais bon, elle a parlé d’une chose qui se déroulera dans plus de dix ans alors peut-être que tu auras le temps d’anticiper, de sauver Leif ? Il vaut mieux profiter de l’instant présent. Vous vous posez quelques minutes et la route reprend dans les montagnes. Leif prend les devants avec Kisos mais Sora finit par les rejoindre. Tes trois amours sont devant toi. Kisos montre tout ce qu’il voit alors que Sora se cramponne à la jambe de son Duda pour qu’il finisse par la porter à nouveau sur ses épaules. Vous avez construit ce petit monde à deux. Vous avez créé des morceaux de votre amour et ils vous le rendent plutôt bien.

    « – ze t’aime Duda !
    _ Tu m’aimes fort j’espère ma petite Sora ?
    _ Tout fort de mon cœur ! Et même que tu es mon Duda d’amour du monde et que je vais me marier avec toi quand je serai grande !
    _ Je sais pas si Ma’ voudra laisser sa place mais je veux bien que personne d’autre ne t’épouse quand tu seras grande mon petit amour. »

    Vous arrivez sur la vallée des fleurs en fin d’après-midi. Le soleil n’est pas encore couché donc vous pouvez observer les immenses champs de fleurs des neiges. Leif laisse les enfants se perdre dedans même s’il garde un œil et pendant ce temps, il te suit pour aller trouver un endroit où vous allez pouvoir poser votre tente. Ce ne sera pas l’immense confort mais le simple fait d’être à quatre, rend le moment plus agréable. Vous entendez au loin le rire des petits mais un fou rire s’installe quand vous entendez Kisos hurler car sa sœur le poursuit avec un insect dans les mains. Votre garçon n’est pas vaillant quand il s’agit d’une petite fourmi ou une araignée.

    « – Je suis sûr que ça vient de toi ça.. il a peur des insectes ! Tu n’as pas peur des araignées toi ? »

    Leif sourit en coin et il profite de quelques minutes sans les enfants pour te prendre contre lui. La tente peut bien attendre encore un peu mais pas tes lèvres. Il se rend compte que tu trembles déjà un peu alors il te lâche pour se mettre à préparer un feu qui saura vous réchauffer rapidement.

    « – Si ça ne va pas, on redescend. Enfin si tu ne supportes pas le froid, on reprendra la route et même si c’est de nuit. Je prendrais les petits dans mes bras mais je ne tiens pas à ce que tu sois malade ou que tu n’ailles pas bien mon Amour. »

  34. Avatar de M.
    M.

    C’est vrai que depuis que vous avez quitté Kattegat, la ville est plus douce et vous vivez enfin une vraie vie de famille. Leif a pu prendre du temps pour toi, pour les enfants et même s’il le fait à Kattegat, ce n’est pas totalement la même chose puisque là, il prend vraiment son temps. Il a vu vos enfants rires, il a su leurs apprendre des choses et puis il a mieux découvert le caractère de chacun. Sora est plus douce mais elle est aussi beaucoup plus mesquine alors que Kisos est un brut de pomme mais il a une sensibilité qu’il n’a pas peur de montrer. Et puis toi.. revoir ton sourire, ton regard doux.. Oui, Leif aime cette vie loin de tout mais est-ce qu’elle sera suffisante ? Peut être pour toi et Leif oui mais pour vos enfants, sûrement que non.

    « – Ils vont grandir et.. ils voudront autre chose qu’une vie dans la forêt avec leurs vieux parents. Je t’avouerai que je serai le plus heureux de ne plus à être un roi ou à avoir autant de responsabilités mais je pense que d’avoir ce rôle, ça me permet de vous protéger et surtout d’assurer l’avenir de nos enfants. Tu m’as parlé que Sora avait sûrement encore des dons.. et Kisos peut encore se transformer.. ils auront besoin de personnes qui sont derrières eux et pas contre eux. En étant les enfants d’un roi, ils auront plus de chances de s’en sortir alors qu’à l’inverse.. ils seraient traités comme des monstres. »

    Leif observe vos deux petites bouilles qui dorment et il a un regard légèrement plus triste car oui, en étant vos enfants, ils héritent aussi de vos dons ou votre destin très mouvementé. Leif tient à ce qu’ils ne vivent pas autant de difficultés que vous et s’il doit être un roi sans pitié pour y arriver, il le fera. Ces deux petits sont vos trésors le plus précieux et surtout, Leif tient à être un père aimant, un père qui n’aura aucune limite pour les protéger et leurs offrir une belle vie.

    « – Mais j’ose espérer qu’on aura encore des moments comme celui-ci. Même quand ils seront grands et qu’on sera devenu leurs pires ennemis car on ne les laissera pas aller draguer ou sortir tard le soir.. »

    Leif se met à rire légèrement et il passe une main au dessus des deux petits pour pouvoir venir caresser ta chevelure. Tu as une petite moue légèrement dessus et il peut le comprendre mais oui, Leif compte encore avoir des moments où il n’y aura que vous quatre.

    « – Et puis quand ils seront enfin grands, qu’ils n’auront plus besoin de nous, je.. je pense que je laisserai mon trône à Kisos. Un roi doit le rester jusqu’à sa mort mais moi je tiens à cesser pour profiter de toi. Alors je vais devoir bien entraîner notre fils mais je sais que tu seras là aussi pour faire de lui un bien meilleur roi que moi. »

    Justement le petit homme se réveille soudainement car il a rêvé d’une araignée. Il menace d’en pleurer mais tes bras de maman savent bien vite le calmer. Vous finissez par aussi vous endormir avec Leif et c’est l’une des rares fois où Leif dort réellement comme un bébé. Il s’endort vite mais il ne se réveille pas une seule fois. Il tarde même à se réveiller au petit matin mais les jumeaux aussi. Les trois sont totalement hors d’usage quand toi tu te réveilles mais tu as la compagnie des petits loups jusqu’à ce que Sora émerge la première. Pas de cauchemars cette nuit, au contraire, elle a bien dormi, comme si votre présence lui était bénéfique. Elle a juste une faim de loup mais en sortant les pains de ta sacoche, tu réveilles deux ours qui eux aussi meurent de faim.

    « – Peux avoir aussi du pain Ma’ ? Z’ai beaucoup faim !
    _ Moi aussi j’ai faim mon amour !
    _ Oui mais nous on est petit alors on doit manzer avant toi Duda
    _ Eh mais.. Tu essayerais pas de voler mon petit déjeuner ?
    _ Siiiiiiii ! »

    Leif attrape le petit Kisos pour venir lui faire des chatouilles mais Sora s’ajoute à la bagarre pour aider son frangin. La matinée est autant légère que la veille même s’il va falloir remarcher vers le chalet et ensuite reprendre la route vers Kattegat. Vous profitez des dernières heures ensembles mais là, les enfants préfèrent coller leurs maman plutôt que Duda puisque tu racontes des histoires de fées, de petits monstres, de choses qui animent leurs imaginations. Ce n’est qu’en fin de journée que vous arrivez en ville et bizarrement personne ne vient vous sauter dessus pour crier qu’il y a eu des problèmes. Nashoba a su assurer la garde de la ville pendant les quelques jours mais cela ne veut pas dire qu’aucune surprise ne vous attend. Dans le skali il y a Fergus, Amara et la petite Charlie. Kisos n’attend pas pour sauter dans les bras de sa bien aimée alors que vous, vous allez vers vos amis mais Leif comprend que quelque chose ne va pas puisque Fergus a un air grave.

    « – On a été chassé de chez nous par des rebelles qui sont contre bjorn et donc Tomas. J’ai essayé de tenir bon mais cela devenait trop dangereux pour Charlie et Amara..
    _ Je suis désolé Fergus.. tu.. tu veux que j’envoie des troupes pour reprendre tes terres ?
    _ À quoi bon ? Cela ferait encore tuer de nombreux hommes.. Je.. en fait je voulais te demander si nous pouvions rester ici avec ma famille. Matoaka ne voulait plus qu’amara vive près de vous mais..
    _ Le passé est le passé. Je sais que ça a été compliqué mais Matoaka ne vous laissera jamais dans la galère ou sans protection. Et puis l’eau a coulé sous les ponts depuis le temps. Tu seras toujours le bienvenu ici avec ta famille et puis je crois que cela ne déplaît pas à mon fils.. »

    Leif sourit en coin car Kisos ne quitte pas Charlie d’un centimètre. Amara est dans un coin de skali, elle se fait petite mais Leif lui demande de se rapprocher, ainsi qu’il vient aussi te faire venir près de lui. Il n’apprécie pas que son frère de cœur a été chassé de chez lui mais il n’a pas forcément l’envie de retourner en Écosse pour se battre alors oui, autant que vos amis restent vivre ici. En plus, sans le savoir, tu as aussi retirer les dons d’Amara puisqu’elle est liée à Leif par le fait qu’elle soit sa sœur jumelle. Enfin, il n’y a pas que ses pouvoirs qui ont disparu et c’est ce que vous annoncer Fergus lorsque son épouse reste dans son coin au lieu de venir vers vous.

    « – Je ne sais pas ce qu’il se passe mais elle a perdu la mémoire.. elle ne sait plus qui je suis ni qui est Charlie. Je.. c’est pour ça que je dois encore plus les protéger. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais elle est tombée très malade et en se réveillant il n’y avait plus rien. Malgré tout, il y a toujours cette connection entre nous mais elle a oublié tout notre passé.. »

    Leif comprend ce qu’il se passe mais il préfère se faire. Comment avouer à son frère que cela vient de vous ? Non, il ne dira rien mais il espère quand même que vous pourriez trouver une sorte de remède à deux.

  35. Avatar de M.
    M.

    Un dîner en famille. Pas que vous quatre mais avec tous ceux qui sont les plus proches. Leif est en bout de table et il observe silencieusement tout ce monde qui parle, qui rit, qui semble bien. Kisos partage son assiette avec sa petite chérie alors que Sora préfère rester lové contre toi. Fergus s’occupe d’expliquer à son épouse quelques coutumes nordiques, Nashoba discute de bataille avec Thomas et il n’y a qu’Arès qui est absent mais il est parti vers la Grèce, comme Leif lui a proposé. Oui, tout semble parfait et serein mais Leif tilte un peu depuis le début de soirée car Thomas n’arrête pas de jeter des regards vers toi. De simples regards ne seraient pas problématiques mais c’est bien plus que des regards amicaux. Certes, tu les évites mais justement, Leif sent ce malaise. Tu fuis les regards de Thomas.. Pourquoi ?

    “ – Eh.. Tu ne parles pas beaucoup ce soir ! Tu es déjà fatigué mon frère ? Pourtant nous devons partager un verre d’hydromel !
    _ Hm.. Oui.. Excuse- moi. Je suis un peu ailleurs, je devais faire quelque chose mais je ne sais plus quoi alors j’essaie de me le rappeler.
    _ Tu perds déjà la tête ? Pourtant cela ne concerne que mon Amara..”

    Dit-il presque tristement mais il détourne son regard vers la brune qui fixe aussi Thomas. Tout comme son frère, elle ressent quelque chose mais pas une jalousie ou une possessivité. Elle ressent une tristesse infinie pour ce jeune homme puisqu’il est prisonnier aussi d’une sorte de malédiction.

    “ – Puis-je aller prendre l’air ? Il fait très chaud ici..
    _ Bien sûr, je vais t’accompagner Amara.
    _ Cela va aller Fergus.
    _ Matoaka va l’accompagner..”

    Réplique Leif qui compte essayer de mettre pression sur Thomas pendant que tu sors avec Amara. Tu lui redonnes Sora puisque la petite commence à s’endormir et pendant que tu sors avec sa sœur, Leif demande des verres d’hydromel pour tous les hommes, dont Thomas.

    “ – Et si nous levions nos verres pour fêter le retour de mon frère de coeur, Fergus ?”

    De ton côté, la brune prend une grande bouffée d’air lorsque vous sortez. Elle ressent encore la douleur de Thomas mais n’ayant plus de souvenirs, elle ne sait plus pourquoi ni comment le jeune homme se retrouve dans une situation où il ne peut suivre son vrai destin.

    “ – Son coeur saigne.. Et son esprit est brouillé. Il est forcé d’aimer quelqu’un qui ne veut pas.. au détriment de la personne qu’il veut réellement.. Je.. Je sens que cela va tuer ce garçon..”

    Leif et les autres hommes lèvent leurs verres mais le roi ne quitte pas un instant Thomas du regard. Cela perturbe le jeune homme si bien qu’il aimerait s’en aller mais Leif commence à mettre ses filets pour ne pas qu’il puisse fuir.

    “ – Dis moi Thomas.. Comment vas-tu ? Nous n’avons pas parlé depuis un certain moment. Avec l’histoire d’Arès, j’ai un peu mis de côté certaines personnes dont toi.
    _ Je vais très bien Leif. J’essaye toujours de m’améliorer aux entraînements et j’ose espérer être bientôt prêt pour reprendre le trône de mon père..
    _ C’est vrai, tu as bientôt l’âge de pouvoir devenir roi d’Anglicie. Il va même falloir que l’on pense à te trouver une épouse puisqu’un roi se doit d’être marié..
    _ Euh.. oui.. une épouse.. Hm.. Mais.. Puis-je la choisir ?
    _ Tu as une petite copine Thomas ? Une fille du village ?
    _ euh.. oui.. du moins.. j’aime quelqu’un..
    _ Ah oui ? Qui ça ?”

    Leif prend son air de prédateur et ce n’est jamais bon signe. Même Fergus sent que quelque chose de mauvais se trame. Le blond pose son verre d’hydromel et il entre dans la conversation en espérant rendre la scène moins lourde.

    “ – Tu dois faire tourner les coeurs ici. Tu as quel âge déjà ? Dix-sept ans ? à ton âge, je me souviens que Leif était un bourreau des coeurs. Moi aussi à vrai dire.
    _ J’aime une fille mais elle a déjà le cœur pris..
    _ Oh ce n’est jamais très agréable ça mais surtout il ne vaut mieux pas tourner autour du plat d’un camarade sous peine de se faire embrocher.
    _ Oui je sais que ce n’est pas la meilleure chose et ça me tiraille car je n’arrive pas à penser à autre chose.. »

    Il est sincère mais Leif comprend assez vite de qui Thomas parle. Il n’a pas besoin de le torturer pour le savoir. Le roi essaye encore de prendre sur lui pour ne pas tout retourner sur la table.

    « – Pourquoi elle ?
    _ Quoi ? Qui elle ?
    _ Tu sais très bien Thomas. Pourquoi Matoaka ?
    _ Je.. mais non ! C’est.. Je ne sais pas ! Je ne sais pas et j’essaye d’arrêter de penser à elle, surtout parce que je sais qu’elle est ton épouse mais c’est plus fort que moi. J’ai même plusieurs fois rêvé de te tuer pour pouvoir être avec elle ! Je l’aime sans pouvoir le contrôler.. je suis fou d’elle ! »

    Leif donne un coup de poing sur la table suite aux mots de Thomas. Un silence lourd prend le relais. Fergus et Nashoba sont prêt à se mettre entre les deux hommes si jamais Leif tente quoi que ce soit.

    « – Tu dois t’en aller. Maintenant. J’ai promis de prendre soin de toi et de ne pas te tuer alors pars maintenant Thomas.
    _ Je.. je vais aller où ?
    _ Loin de ma famille. Très loin de ma femme, de ma fille..
    _ Mais.. jamais je ne ferai quoi que ce soit ! Je l’aime mais jamais je ne tenterais quoi que ce soit !
    _ C’est ce que tu dis maintenant mais si tu fais comme Arès, je finirai peut-être avec un couteau enfoncé dans le dos tout ça pour cette place que j’ai. Sur le trône ou dans le cœur de Matoaka. Alors oui, pars autrement je serai dans l’obligation de te tuer. »

    Thomas déglutit mais il se relève de table. Il a peur, de Leif mais aussi de ce qu’il va lui arriver loin d’ici. Sora s’est réveillée à cause de son père et la petite demoiselle est toujours dans l’ignorance de ses sentiments mais elle use de ses visions pour tenter de calmer son père.

    Au moment où tu rentres avec Amara, Thomas prend la fuite. La brune avait raison, dans le sens où quelque chose ne va pas avec Thomas et qu’il part droit vers la mort. Pas à cause de Leif mais parce qu’il a en tête de se suicider pour ne plus rien ressentir. Est-ce maintenant qu’il faut avouer la vérité ? Les vraies sentiments cachés de Thomas pour Sora ? Leif sort de la vision partagée avec Sora et son regard sombre se lève vers toi.

    « – Il voulait de toi. Je ne pouvais pas accepter qu’il reste ici plus longtemps. Il m’a trahit comme Arès. Hm.. j’espère que Kisos ne sera pas aussi fourbe lorsqu’il sera jeune homme.. »

    Oui, il se sent trahit par ses fils.. par des garçons qu’il a tenté de protéger. Leif baisse son regard sur Sora, comme pour se réconforter. Est-ce la seule qui sera bonne avec son père ? Leif préfère quitter la pièce alors que Nashoba propose d’aller retrouver Thomas. Il ira l’amener en Angleterre s’il le faut. Dans toute cette tourmente, il n’y a que Kisos et Charlie qui semblent ailleurs, dans un autre monde. Ils jouent dans un coin de la pièce sans s’occuper du reste. La tension est imposante mais une petite demoiselle qui se trouve dans tes bras, viens te partager une vision qui s’impose à elle.

    Elle et Thomas. Bien sûr, elle est beaucoup plus âgée. Peut-être seize ou dix-sept ans. Ils sont devant un autel mais Sora lâche les mains de son futur époux pour venir devant toi. Elle te ressemble comme deux gouttes d’eau, si ce n’est qu’elle a l’air joueur de son père.

    “ – Lorsque l’on intervient dans un destin, tout finit par se retourner contre nous Ma’. Tu l’as bien remarqué durant toutes ses années avec Duda. Même mon propre destin est compromis si tu n’acceptes pas que je puisse aimer Thomas. Au lieu de ce mariage avec lui, je pourrais ne jamais vivre de mariage ou même pire.. me marier avec quelqu’un qui finira par me faire beaucoup de mal. Il est temps de lever les sorts que tu as fait pour me protéger.. Duda n’appréciera pas mais tu réussiras à le faire changer d’avis. Promet ma main à Thomas et laisse le créer son royaume jusqu’à ce que j’aille le rejoindre.”

    La vision cesse, Nashoba a eu le temps de récupérer Sora avant que tu ne tombes au sol. La vision a été aussi intense pour toi que pour la petite demoiselle qui pleure en sanglots. Bien sûr, ton frère te questionne et en ayant vent de cette vision, il fixe sa petite nièce qui lui semble bien trop jeune pour aimer un garçon de dix ans de plus.

    “ – J’irai en Anglicie avec Thomas jusqu’à ce que Sora décide de le rejoindre. Pour Leif.. Il devra accepter ce destin sans y mettre à son tour ses barrières. Parce que tu as encore été sage en essayant juste d’effacer les mémoires.. Lui serait capable de bien pire.”

    Oui.. il en est capable. Il suffit juste d’aller en extérieur pour le comprendre. A genoux sur le sol, Leif observe le corps inerte de Thomas. Est-il mort ? Peut-être que oui, peut-être que non mais sa colère a parlé. Sa lame s’est enfoncée dans le ventre du jeune homme.

  36. Avatar de M.
    M.

    Depuis qu’il a enfoncé sa lame dans le ventre de Thomas, Leif semble déconnecté. Il s’isole, parle peu et essayes de fuir. Même si tu as essayé de lui parler, que Fergus, Freya ou même Nashoba ont aussi essayé, il fuit les conversations et préfère s’occuper en allant chasser ou en allant s’entraîner. Il a une énorme culpabilité sur les épaules car il avait promis de prendre soin de Thomas mais il y a aussi encore cette énorme colère.

    Le fameux soir, Leif était sorti du skali pour aller voir Thomas mais il n’avait pas l’intention de le tuer. Il voulait lui parler pour comprendre ce qu’il se passait, pourquoi Thomas te voulait. Il y avait quand même une jalousie et une possessivité non négligeable mais il pensait pouvoir contenir cette impulsivité qui fait souvent défaut chez lui. Thomas n’avait pas pris la poudre d’escampette, il espérait que quelqu’un le retienne alors il attendait non loin du skali. Ce n’est pas toi qui est venu le chercher mais Leif.. une immense déception pour le jeune homme.

    « – Tu es venu me chasser définitivement ?..
    _ Je suis surtout venu savoir pourquoi tu veux ma femme ! Pourquoi Thomas ?! Je t’ai offert ma protection, je t’ai amené sur mes terres et tu oses me faire ça ?
    _ Je ne contrôle rien !! Je sais que c’est mal mais c’est plus fort que moi ! Je l’ai toujours en tête, même quand je ne le veux pas ! Parfois j’ai l’impression de devenir fou ! Je.. Je ne sais pas ce qu’il m’arrive ! »

    Leif fronce les sourcils mais pas parce qu’il veut s’en prendre à Thomas, non, il voit la détresse dans son regard et une incompréhension. C’est vrai que cet amour envers toi, semble un peu irréaliste dans le sens où Thomas agit comme un obsédé et pas comme quelqu’un de réellement amoureux. Est-ce qu’il y a de la magie là dedans ? Leif ne sait pas pour ton sort envers Thomas, ni la réelle raison derrière tout cela. Il ne sait pas que c’est Sora qui est liée à Thomas et qui finira par épouser le jeune anglais.

    « – Tu as eu à faire à de la magie Thomas ? Avec Matoaka ? Ou quelqu’un d’autre ?
    _ Non.. non jamais !
    _ Et depuis quand tu aimes Matoaka ? Depuis quand tu ressens tout ça ?
    _ Je.. je dirais depuis trois mois.. après la maladie de Sora.. »

    Ce n’est pas encore nette dans l’esprit de Leif mais c’est vrai que Sora a guéris du jour au lendemain mais aussi qu’elle a cessé de réclamer après Thomas. Leif n’a pas vraiment prêté attention puisque pour Thomas, il pensait que Sora avait finie par trouver une autre lubie mais pour la maladie aussi, il pensait que tu avais trouvé une plante qui a finalement soulagé votre fille. Sora était malade à cause de Thomas ? Est-ce que la vie du jeune homme dépend de celle de votre fille ? Leif se pose énormément de questions mais il se met surtout en tête que Thomas risque de mettre en danger sa petite fille. Peut-être que tu lui as jeté un sort pour protéger Sora mais celui-ci se retourne contre toi. La seule façon de régler ce problème à ses yeux, c’est d’éliminer Thomas. S’il ne vit plus, le jeune anglais ne pourra pas faire de mal à Sora, ni à toi. Voilà pourquoi la lame de Leif a fini dans le ventre de Thomas. Il a agit rapidement pour ne pas se dégonfler mais la culpabilité l’a prit directement.

    Dans le bain, Leif te raconte ce qu’il s’est passé. Maintenant il sait que Thomas et Sora sont liés par le destin mais avant tout, il voulait protéger votre petite fille. Il pensait qu’elle allait perdre la vie à cause de l’anglais. Au final, c’est tout autre chose.. Sora était déjà attaché au garçon qui devrait devenir un jour son grand amour. Dans un sens, il a aussi du mal à accepter cette hypothèse. Sora est encore un bébé aux yeux de Leif alors que Thomas a l’âge d’être déjà marié. Sa culpabilité prend une autre dimension car il a encore l’envie de tuer Thomas pour être certain qu’il ne touchera pas à sa fille. Voilà ce qui hante le roi. Depuis ce fameux coup de lame, il évite d’aller voir Thomas parce qu’il serait capable de terminer ce qu’il a commencé.

    « – Je sais qu’il n’y peut rien et c’est ce qui me torture mais.. J’ai aussi cette horrible envie de l’achever pour ne pas qu’il puisse toucher à Sora. Elle était très malade Matoaka.. et si c’était lié à son amour pour lui, à ce destin ? Je ne laisserais personne faire de mal à ma fille et ça, même si je dois tuer une personne que j’apprécie. Mes enfants passeront avant tout le monde. »

    Pour ce qui est de toi, il n’a jamais douté de ton amour et ta loyauté. Il a une confiance aveugle en toi alors non, il n’y a pas de rancœur par rapport à ce pan de l’histoire mais c’est ce qui concerne votre fille qui le rend tendu et presque diabolique.

    « – Nashoba va le ramener en Angleterre mais si un jour il revient pour Sora ? Je sais qu’on ne peut pas changer le destin sous peine que ce soit pire mais.. je n’arrive pas à concevoir qu’il puisse s’approcher à nouveau d’elle. Hm.. mais c’est vrai que je m’en veux quand même. Je m’en veux parce que toutes ces histoires de destins.. c’est sûrement à cause de moi. J’ai peut-être donné des malédictions à nos enfants. Kisos semble heureux avec sa petite Charlie mais qui dit que c’est ce qu’il aurait vraiment souhaité ? Et Charlie ? Je.. je me sens monstrueux parce que j’ai peut-être gâché leurs vies et leurs vraies envies. »

    N’y a t’il pas pire que de ce sentir être un mauvais père pour un homme qui rêvait de cette vie de famille ? Pourtant depuis la naissance des jumeaux, il a tout fait pour être un bon père mais le destin semble toujours rattrapé Leif. Même dans ce rôle qu’il convoitait, il a l’impression qu’on le punit. Alors que pourtant c’est peut-être une chance de savoir qui saura près de vos enfants plus tard mais ça, il ne réalise pas encore. Du moins juste pour Kisos, pas pour Sora. Est-ce une vision misogyne ? C’est vrai que Leif est beaucoup plus protecteur envers la petite fille mais la plupart des hommes se montrent plus réfractaires lorsqu’il s’agit de leurs petites filles. Elles représentent un peu plus la douceur et la faiblesse qu’ils n’osent exprimer.

    « – Je me demande si finalement même pour toi, je ne suis pas une sorte de punition.. Si je suis lié à ton destin, qui dit que tu n’aurais pas été plus heureuse si justement je n’avais pas été dans ce destin ? Tu as vécu tellement de choses horribles et je sais que c’est en grande partie de ma faute. Hm.. »

    Oui, une culpabilité le ronge avec tout ce qu’il vient de se passer, si bien que même pour toi, il pense avoir gaché ta vie. Leif n’arrive donc pas à se détendre dans ce bain, malgré tes massages et il finit par se relever. Nu et mouillé, il part chercher une serviette mais en la prenant, il remarque une poupée de Sora qui traîne au sol. Il la ramasse et en observant celle-ci, il sent une larme couler le long de sa joue. Il sent aussi ton corps venir se caler contre le sien. Vous observez ensemble cette poupée de chiffon qui étrangement ressemble à la mère de Leif. Du moins cette mère qu’il pensait humaine, normale, loin des mythes et des légendes.

    « – Mais tu as raison.. on peut pas aller contre le destin mais je ne veux plus le subir non plus. Qu’est ce qui va être écrit pour la suite ? On va nous envoyer une armée qui va détruire ce pays ? Tu vas mourir ? Je vais mourir ? On va perdre nos enfants ? J’en peux plus de vivre dans la peur et l’insécurité.. pas pour moi mais pour vous. Parce que j’ai tellement peur de vous perdre. Vous êtes ma raison de vivre.. Toi.. toi tu es l’amour de ma vie, mon souffle et tu m’as offert nos enfants qui sont aussi les amours de ma vie. Qui peut vivre avec cette peur constante que quelque chose arrive aux personnes les plus précieuses de sa vie ? J’ai cette peur viscérale.. »

    Il se tourne enfin vers toi. Son regard en larme se baisse vers le tien et son immense main se pose sur ta joue. Il peut lutter contre tous les hommes, tous les cataclysmes mais il ne peut rien contre le destin. Oui, l’ours a aussi une faille et des peurs qu’il tente de cacher mais là, il réussit à se livrer devant toi. Il l’a déjà fait plusieurs fois mais là c’est beaucoup plus intense car cela ne concerne plus que vous deux mais aussi vos progénitures.

    « – Je ne sais pas comment faire pour être sûr que vous serez toujours en sécurité et ça me tue.. Je sais que tu sais te battre, que tu es forte. Je sais que nous pourrons rendre nos enfants forts aussi mais j’arrive pas à me retirer de l’esprit que vous avez tellement de dangers autour de vous à cause de moi. »

    Son front se pose sur le tien. Il essaie de s’apaiser, se calmer mais sa confidence prend fin car Nashoba arrive en trombe dans la chambre pour t’annoncer le réveil de Thomas. Le jeune homme a demandé après Leif mais le roi secoue la tête négativement. Il n’est toujours pas prêt pour faire face à l’anglais. Il est certain qu’il va finir par le tuer.

    « – vas-y.. je t’attend ici. Dis lui juste que je m’en veux.. mais que je ne peux pas aller le voir. »

    Mais ton regard ne semble pas lui laisser le choix de venir. De toute façon, avec toi à ses côtés, il y a plus de chance qu’il ne vrille pas et qu’il garde un certain contrôle. Vous vous habillez donc rapidement et Leif te suit jusqu’à la chambre de Thomas. Il est encore vaseux, épuisé mais quand vous vous avancez, il tente de se relever. Freya ne le laisse pas faire mais il veut pouvoir mieux vous faire face enfin surtout faire face à celui qui l’a planté.

    « – Thomas.. hm.. co..
    _ Tu as essayé de me tuer Leif.. alors que tu avais promis de me protéger !
    _ c’est vrai.. j’ai..
    _ Je me fou de tes excuses ou je ne sais quoi. Le mal est fait mais surtout j’ai retrouvé ma mémoire. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais je ne ressens plus rien pour ton épouse. Si ce n’est une affection comme si elle était une mère.
    _ Je me doute.. mais tu..
    _ Oui. Je sais que je suis lié à Sora. Je le sais au plus profond de moi-même mais ce n’est pas un amour charnel. Je ressens le besoin de la protéger, d’être certain qu’elle soit heureuse. Tu penses réellement que je pourrais être amoureux d’une toute petite fille ? De toute façon je ne veux plus rester ici. Je veux rentrer chez moi. Tu vas finir par me tuer ou alors tout détruire autour de toi. Je ne veux pas insister à ça mais par contre si un jour tu oses faire du mal à Sora, je n’hésiterais pas à te tuer. Que ton épouse en soit témoin. Si tu oses abîmer Sora, je deviendrais ton pire ennemi, et celui de tous tes proches. »

    Leif fixe le jeune homme, sans avoir peur mais en étant étrangement soulagé. Thomas ne semble pas rire, il est prêt à tout pour la sécurité de Sora alors oui, ça rassure quelque peu Leif. Mais il accepte le fait que Thomas s’éloigne, c’est mieux pour lui et aussi pour votre famille.

    « – Qu’il en soit ainsi. »

    Il n’y a rien d’autre à dire de toute façon. Leif finit par sortir de la chambre, te laissant avec l’anglais pour que tu puisses vérifier sa blessure. Thomas a tout de même un regard plus déçu envers toi puisqu’il a compris que tu avais quand même joué avec ses sentiments en lui faisant oublier ses vraies ressentis.

    « – Je n’allais pas lui faire du mal ! Jamais je ne pourrais lui faire du mal. Pourquoi tu as décidé pour moi ? Tu as peur que je te vole ta fille ? Tu n’es pas mieux que Leif. Tu devais aussi me protéger et en fait tu m’as abandonné ! »

  37. Avatar de M.
    M.

    Tu réussis à lui faire avoir un léger sourire quand tu parles de faire pleins de bébés mais Leif pense que tu dis cela pour l’amuser alors que non, tu sembles réellement sérieuse. Tu es tellement sérieuse que tu commences même à te déshabiller, à le toucher, à faire réagir son corps qui semblait encore si tendu il y a quelques minutes à peine. Leif ne peut pas rester de marbre devant une telle déesse. Il emprisonne déjà tes hanches entre ses mains et il vient prendre possession de tes lèvres alors que tu glisses ta main sur son membre reveillé.

    « – Tu.. es certaine que tu veux beaucoup de bébés ? Car bon.. nos jumeaux ne sont pas.. les enfants les plus sages.. alors imagines une armée de minis moi.. »

    Lance t’il après ce baiser langoureux. Leif décide quand même de reprendre le dessus sur toi en te soulevant et en t’allongeant dans votre lit. Il retire le reste de tissus qui est encore sur vos corps et il savoure un instant la vue sur tes courbes qui s’agitent dans les draps. Il ne réfléchit plus à cette histoire de bébés mais plus au désir que tu as toujours su faire grimper chez lui depuis le début de votre relation. Les années ne t’ont pas changé, tu es toujours ce bout de femme pulpeuse et alléchante, si bien qu’il se penche au dessus de toi pour pouvoir embrasser cette peau bronzée et douce dans de nombreuses parties.

    « – Tu me fais toujours vriller.. je suis un faible face à toi.. je pourrais me damner pour toi.. pour ce corps que tu as.. »

    Il pose ses lèvres sur ta poitrine gonflée par le désir et il s’y attarde quelques minutes. L’envie est trop pressante pour encore attendre alors Leif se relève un peu pour pouvoir laisser son membre glisser entre tes cuisses. Vos bassins se retrouvent et tu peux entendre un gémissement assez rauque de la part du colosse. Oh oui, il ne peut qu’être dans une transe de plaisir divin. Vous n’avez plus l’occasion d’être aussi proche intimement avec les jumeaux et tout le reste alors ce genre de moment deviennent presque un fantasme entier pour Leif. Il tient à en profiter un maximum donc il ne se montre pas sauvage, il prend son temps pour que la partie dure dans le temps. Et puis il en profite aussi pour caresser ton corps qui ne demande qu’à retrouver ses mains, ses lèvres. Tes gémissement rejoignent les siens mais pour éviter de réveiller vos enfants, il s’abaisse pour à nouveau t’embrasser et vous faire taire. Son bassin se met à épouser le tien par des mouvements lents mais profonds, ce qui quand même excitant et délicieux.

    Son corps musclé est emprisonné dans tes bras et tu reprends le dessus sur lui, ce qui lui laisse aussi le bonheur de voir ton corps se déhancher sur le sien. Ta poitrine qui bondit, ta gorge qui s’étire, tes hanches qui dansent.. c’est un rêve éveillé. Tu es même beaucoup plus vive et quémandeuse que lui pour la rapidité, si bien que l’orgasme arrive beaucoup plus vite qu’il ne l’aurait souhaité. Pourtant il prend quand même un plaisir fou. Le son de son cri de jouissance en atteste.

    Quand ton corps retombe contre le sien, Leif passe ses bras autour de toi pour ne pas que tu puisses partir ni bouger. Il reprend lentement son souffle et son rythme cardiaque redevient normal mais il ne veut plus que vous sortiez de ce lit.

    « – Alors.. tu penses que tu as un bébé ? Quoi que je peux réessayer plein de fois pour être certain. Après tout ce n’est pas l’exercice le plus déplaisant.. je dirais même que cet entraînement est le meilleur que je puisse avoir dans ma journée. »

    Son sourire est revenu, son humeur joueuse aussi. L’épisode Tomas est passé, de toute façon il ne veut plus y penser. Il préfère se préoccuper de toi et aussi vos petits, même si c’est Sora qui le préoccupe le plus. En grandissant, est-ce qu’elle va lui en vouloir d’avoir chassé Tomas ? Ça vous le saurait quand elle sera sûrement une adolescente.

    « – Demain je dois partir vers le sud pour aller régler une histoire de terre disputée entre deux Jarls. Fergus va m’accompagner alors tu auras sûrement Amara avec toi. J’ai cru comprendre qu’elle avait aimé être avec toi dans notre dispensaire.. peut-être que tu pourrais l’initier aux soins ? Elle se sentira plus utile.. Oh et je crois que nous aurons aussi la visite de Chevalier d’ici peu. Il a envoyé un courrier pour dire qu’il était en chemin pour Kattegat. Je pense qu’il veut discuter pour une nouvelle alliance avec Philippe car les espagnols attaquent le sud de la France. J’enverrai quelques hommes pour les aider. »

    Leif se refuse à retourner loin de vous alors oui, il n’enverra que des hommes même si quelques rumeurs commencent à se faire entendre sur lui. Soit disant qu’il serait devenu un roi gros, qui ne sait plus tenir une épée et qui préfère boire que d’aller avec ses hommes sur les champs de batailles. Leif préfère ne pas écouter ces idioties même s’il va devoir quand même montrer qu’il n’est pas un roi à la déroute. Sans cela, il pourrait perdre de son pouvoir et avoir une rébellion dans le pays.

    « – Mais maintenant je veux dormir contre mon épouse.. qu’en penses tu ? »

    Il embrasse le haut de ton front et il te laisse venir contre lui. Sa chaleur entour ton corps et il préfère t’observer t’endormir plutôt que de trouver lui-même le sommeil. Il ne s’endort que lorsqu’il est certain que tu es bien, que tu dors paisiblement.
    Lors de cette nuit, il n’y a pas besoin de se réveiller pour les enfants mais au matin tu es seule dans le lit. Leif a été appelé par l’un des gardes, un corps mort a été retrouvé sur la plage. C’est celui d’une jeune femme et elle a été sauvagement attaquée. Cela ferait presque penser à une attaque d’ours mais bon, Leif sait que ce n’est pas le cas. Les plaies sont beaucoup trop propres.. c’est un homme qui a fait ça mais qui et pourquoi ? Leif sent quand même que les regards sont insistants envers lui. Pensent-ils que ce soit Leif qui aurait fait ça ? Lors de ton arrivée, le corps a été amené au dispensaire et Leif est présent puisqu’il souhaite avoir ton avis.

    « – Désolé pour ce réveil peu glorieux.. J’ai demandé à Freya de venir te chercher car nous avons retrouvé cette jeune femme ce matin. C’est la fille d’Otto. Elle a été tué maïs c’est bizarre, dans le sens où ça fait penser à une attaque d’ours.. Les ours sauvages ne viennent pas ici car ils savent que je suis là. Arès n’est pas non plus dans le coin. Et je ne pense pas avoir quitté le lit cette nuit.. »

    Il hésite un peu car c’est vrai qu’il a déjà eu dés amnésies au début de ses transformations mais là ce n’est plus le cas. Enfin, il l’espère mais il n’y a que toi qui peut le rassurer puisque tu étais avec lui.

    « – Il faut essayer de trouver des réponses au plus vite car je ne veux pas avoir de deuxième victime ni que l’on puisse penser que ce soit moi. Et puis ça va rendre les villageois névrosés.. »

    Il y a déjà eu des crimes dans la ville mais là c’est totalement différent. Ce n’est pas un crime de vengeance, c’est quelque chose de calculé. Vous êtes loin de vous douter que c’est votre Kisos qui a fait ce massacre.. après tout il est si petit qu’on ne pourrait pas envisager une telle chose mais pourtant c’est ce petit bonhomme qui a fait ce bain de sang. Pas par simple envie mais parce qu’il a senti que cette jeune femme allait te faire du mal pour pouvoir conquérir Leif. Son instinct de protection l’a poussé à tuer.

    « – Je vais aller faire un tour de la ville pour essayer d’avoir des informations. »

    Personne n’a rien vu et tant mieux mais bon, Solveig qui s’occupe des enfants, remarque que le petit a du sang sur lui lorsqu’elle les réveilles. Elle préfère ne pas relever pour le moment, elle t’en parlera quand tu reviendras auprès des jumeaux. Sora est aussi de la partie puisque c’est elle qui a envoyé la vision de Leif et de la jeune fille à Kisos. Est-ce une vengeance ou une réelle vision ? Finalement ce n’est pas l’extérieur qui va être le plus compliqué à gérer mais votre propre famille. Vous avez créé deux armes puissantes.

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    M.

    Kisos et Sora ont tous les deux tué quelqu’un.. Ils n’ont pas encore cinq ans mais ils ont tué deux personnes. Sora par vengeance et Kisos pour anticiper une vision de Sora. Leif a bien du mal à y croire et même si tu lui parles, que tu essayes de trouver des solutions, il reste fixé devant votre cheminée brûlante. Il ne quitte pas les flammes du regard. Il essaye aussi de trouver une solution mais comment gérer cette situation alors que vos enfants ont des pouvoir qui les dépasse ? Ils en ont même certainement de plus grands que vous. Leif pense à les priver de leurs pouvoir mais il sait que ça va encore créer des problèmes comme avec Tomas. Non, aucune solution ne lui arrive à l’esprit et ça l’agace. Ça l’agace tellement qu’il donne un coup sur le haut de la cheminée sans s’en rendre compte. Un morceau de bois se brise et c’est parce que tu te précipite pour voir sa main que Leif revient à lui.

    « – Ça va aller.. je n’ai rien. Excuse-moi, je.. je suis dépassé par ce qu’il se passe. Mais sache que tu n’es pas fautive, nous avons fait ces enfants à deux et ils ont hérité de nous deux. Sora a peut-être tes visions mais Kisos à mes capacités. Il est tout autant impulsif que moi.. »

    Vos enfants sont uniques, il ne doit pas y en avoir des centaines avec ce genre de capacités. Personne ne peut vous aider à part vous même. Tu as peut-être raison sur le fait qu’il faut être beaucoup plus présent pour eux mais tu ne peux pas gérer cette tâche seule. Tu sauras guider facilement Sora mais pas l’ours qu’est Kisos.

    « – Je vais partir quelques temps avec Kisos. Enfin avec l’ours qu’il est. Il faut que je lui apprenne à se contrôler, à devenir un garçon beaucoup plus réfléchit. Cela pourra te laisser seule avec Sora et de ton côté, tu pourras lui apprendre à contrôler ses visions mais aussi les interpréter sans être faussé. »

    Oui.. Leif pense qu’il faut les séparer et qu’il faut aussi se concentrer un peu plus intensément sur chacun. En fait, les jumeaux s’entraînent dans les erreurs en restant ensemble puisqu’ils ne savent pas gérer leurs pouvoir et au lieu d’agir seul avec une réflexion qui est plus neutre, ils se concertent et trouvent des moyens peu glorieux d’arriver à leurs fin.

    « – Kisos a tué à cause de la vision de Sora mais Sora a tué non pas parce qu’elle était extrême ne jalouse mais parce qu’elle a sûrement entendu les conseils de son frère.. Tu sais, je suis comme Kisos et l’instinct me pousserait à tuer n’importe qui si je n’avais pas du recule ou alors quelqu’un qui me guide comme toi.. »

    Leif secoue sa tête. Dans un sens, tout ça est de votre faute puisque c’est vous qui avez fait les jumeaux et qui avez donné vos pouvoirs mais vous pouvez encore sauver les meubles. Il va juste falloir accepter le fait de tous vous séparer pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois. Il faut que vous puissiez vous retrouver tous ensemble quand vous serez certain que vos petits ne feront plus de dégâts.

    « – Et quand tout ira mieux, on se retrouvera tous les quatre et on fera même pleins de minis moi comme tu me l’as dis.. »

    Leif a les yeux qui brillent mais pas parce qu’il est content d’avoir trouvé cette idée. Au contraire, il est triste de devoir envisager cette séparation mais si vous ne vous montrez pas drastique, il sait que vos enfants deviendront plus dangereux ou alors ils seront en danger car les gens voudront les faire condamnés si cela s’apprend.

    « – Et les prochains, s’ils sont comme eux.. je pense qu’on sera mieux gérer. Mais là il faut qu’on protège nos petits. Il faut que l’on sauve nos bébés. Je ne peux pas envisager de les perdre ou de les voir devenir des monstres. Ils sont ce qu’on a fait de plus beaux, ils ne sont pas nés pour devenir les pires facettes de nos âmes.. »

    Ô delà de sa séparation avec toi, toi tu vas devoir te séparer de Kisos et lui de Sora. Oui, ça va être difficile mais vous avez vécu bien pire non ? Leif vient te prendre dans ses bras et il te serre fort pour se donner de la force, tout comme il souhaite t’en insuffler aussi. Leif va devoir trouver une excuse auprès de ses sujets afin de justifier son départ mais ça il s’en fiche pour l’instant. C’est pas ça qui lui fait le plus mal.

    Il va quand même falloir préparer ce départ, bien que Leif n’a pas grand chose à prendre s’il s’en va sous sa peau d’ours. Toi tu n’as pas vraiment besoin de partir, ici tu seras plus en sécurité bien qu’il faudra éviter que Sora aille vers les gens pour le moment. Justement le colosse va vers la chambre des petits. Les deux dorment l’un contre l’autre. Cela l’affecte car il ne veut pas les éloigner mais quelque chose lui revient en tête. Cette pensée ne lui était pas venu de suite car pour lui il est normal d’avoir vos deux enfants mais Sora et Kisos ne devaient pas être des jumeaux. Sora devait arriver bien plus tard et c’est peut-être ça qui les rend plus dangereux. Leur gémellité change la donne et les rend plus forts car ils peuvent compter l’un sur l’autre. C’est comme ça qu’ils font depuis leurs naissances. L’un de va pas sans l’autre. Un peu comme toi et Leif.

    « – Tu prendras ma place en attendant. C’est toi qui sera la seule reine mais tu sais que tu auras du soutien autour de toi. J’irai vers le Nord, là bas il y aura moins de risque qu’il touche quelqu’un. »

    L’homme ressort de la chambre des enfants et il part vers la votre. Oui, il est déboussolé et il ne tient pas en place mais ce n’est pas la situation la plus propice pour son bonheur ni le tien. Leif aurait presque envie de retourner votre maison ou alors il serait plus simple pour lui de courir vers un champ de bataille cependant non, il n’aura pas d’épée à lever, d’hommes à tuer. Sa mission est beaucoup plus compliquée, il doit faire de votre fils quelqu’un de bien.

  39. Avatar de M.
    M.

    Ce départ a été une épreuve qui a laissé sa marque. Il a été très difficile de prendre la route avec Kisos puisque lui comme moi, nous ne voulions pas partir mais c’était la meilleure décision à prendre pour pouvoir lui apprendre à dompter ses pouvoirs. On ne devait partir que quelques semaines mais ça aurait beaucoup trop doux si cela avait été le cas. Non, la réalité a été beaucoup plus compliquée car même si Kisos a su apprendre à dompter l’ours et à être un garçon beaucoup plus réfléchis, nous n’étions pas préparé à être attaqué par une centaine d’hommes. Il ne devait pas y avoir autant d’hommes dans le nord mais je ne me doutais pas que mon cousin Viggo avait fait en sorte de gagner mon trône mais surtout ma femme.

    Nous étions en état d’ours quand ils sont tombés sur nous et même si nous avons réussis à en tuer plusieurs, nous n’étions pas assez forts pour les faire tomber tous. Kisos n’est qu’un petit ours de cinq ans et il est normal qu’il se soit fatigué rapidement mais cela a permis à certains hommes de lui tirer dessus avec des flèches. Mon petit garçon.. celui que j’ai promis de protéger.. devant mes yeux effrayés, il a été blessé et je le pensais même mort. Ma fureur a décuplé mais elle n’a pas été à la hauteur des derniers soldats. Ils allaient presque finir par me tuer aussi mais dans un dernier effort, j’ai réussi à attraper Kisos dans ma gueule et je suis parti le plus loin possible.

    C’est dans un village suédois que j’ai trouvé l’aide pour sauver Kisos. Pourtant sa guérison n’a pas pris quelques jours mais plusieurs mois. Nous pensions même qu’il ne pourrait plus jamais marcher. J’aurai aimé le ramener à Kattegat et j’ai même envoyé des courriers à Matoaka mais elle n’a jamais rien reçu. Par contre j’ai reçu le message que mon épouse et ma fille avaient été tué. Oui, Viggo avait réussi à tout me prendre.. Et j’y ai cru, jusqu’à ce matin de printemps. Je n’ai jamais accepté cette mort, je n’y ai jamais cru mais à chaque fois que j’ai essayé de revenir en Norvège, j’ai failli en perdre la vie. En ours comme en homme, je sais que des guerriers parcours tout le pays pour évincer Leif l’ancien roi. Viggo a su faire de moi l’ennemi public numéro un mais ce matin de printemps, j’ai eu l’espoir que j’attendais.

    « – Leif, quelqu’un vous attend dans la maison du Jarl. »

    Leta est la dame qui a sauvé Kisos et qui nous loge depuis notre arrivée ici. Cette vieille dame était seule et en quelque sorte nous l’avons aussi sauvé de sa solitude. Elle a perdu son fils et son époux lors d’une bataille des suedois contre les finlandais. Le petit village nous a aussi ouvert ses bras mais en contrepartie je travaille dans les carrières de fer pour payer mes dettes. J’aurai pu hurler que j’étais le roi de Norvège mais je sais que ça aurait peut-être animé des vieilles rancœurs qu’ont nos deux peuples. Je me devais d’être humble pour la santé de Kisos et sa sécurité.

    « – J’arrive Leta. Merci de me prévenir. »

    Kisos a bien grandit, il a sept ans et il remarche depuis peu mais il est encore faible. Les flèches ont abîmé sa colonne vertébrale et il n’a plus le souffle d’avant. Je dois souvent le porter dans mes bras pour qu’il puisse partir en balade avec moi mais je suis heureux que mon fils soit encore vivant.

    « – Je peux venir avec toi Duda ?
    _ Oui viens. C’est peut-être Sven qui est revenu avec le chocolat que je lui ai commandé.
    _ Oh du chocolat ! »

    J’essayede lui rappeler des souvenirs de notre vie d’avant, notamment en achetant du chocolat comme Matoaka avait l’habitude de lui donner mais parfois je sais qu’il est malheureux d’être loin de sa mère et sa sœur. Je ne lui ai jamais dis ce que j’avais appris sur leurs disparitions, j’en ai jamais eu le courage. Je préfère l’entendre parler d’elles au présent et l’entendre aussi dire qu’un jour nous serons tous les quatre réunis mais peut-être que Kisos ne parle pas en vain. Ce n’est pas Sven qui nous attend dans la maison du jarl mais Fergus.. Oui, mon frère de cœur. Il est en très mauvais point, maigre et sale mais il est là.

    « – Fergus..
    _ Leif !! Enfin je te trouve !! »
    _ Comment tu as..
    _ Je savais que tu n’étais pas mort ! Viggo l’a crié sur tous les toits mais je ne voulais pas y croire tant que je n’aurai pas vu ton corps ! »

    Malgré son état d’épuisement, Fergus est venu dans mes bras et Kisos a sauté aussi sur son oncle. Je savais que son arrivée n’annonçait pas forcément de bonnes choses mais il était là et j’allais sûrement enfin avoir des nouvelles, des possibilités. La première chose que je lui ai demandé c’est pour Matoaka et Sora. Même si j’ai eu réellement peur de son annonce, il m’a rassuré en me disant qu’elles étaient vivantes cependant elles sont aussi les prisonnières de Viggo.

    « – Et toi ? Et Amara ? Tous nos proches ?
    _ J’ai dû fuir avec Amara et Charlie. Nous sommes partis vers le sud et ensuite j’ai rejoins la côte anglaise. Thomas nous a accueillis ainsi que Bjorn et Nashoba. Ils étaient prêt à retourner en Norvège pour reprendre ton trône et te retrouver mais Viggo a dû préparer son plan depuis très longtemps. Il a retourné la plupart des jarls contre toi et il s’est aussi fait des sacrés alliés puisqu’il a des russes avec lui. J’ai donc déconseillé une possible guerre tant que nous n’avions pas aussi des alliés et que nous t’avions pas retrouvé.
    _ Mais comment tu as su que j’étais ici ? Comment ça t’es venu à l’esprit ?
    _ Je ne savais rien. Depuis des mois je parcours tous les villages possibles afin de te retrouver. J’ai juste eu de la chance aujourd’hui. Mais qu’est ce qu’il s’est passé pour toi ? Pourquoi tu n’es pas revenu avant ?
    _ Viggo nous a fait traquer et Kisos allait mourir. Je devais le sauver et le protéger. Quand j’ai essayé de revenir en Norvège, j’ai encore été traqué. J’ai essayé de passer par plusieurs points mais il y a des soldats un peu partout et je crois avoir compris qu’une sacrée somme était mise en jeu pour celui qui ramènerait mon corps ou ma tête à Viggo..
    _ Oui, tu es l’ennemi premier de Norvège.
    _ Mais comment a t’il réussi à mettre tout le monde contre moi ?
    _ Parce que tu n’allais plus en guerre ni aux raids.. Il t’a fait passer pour un roi pâteux qui n’avait plus de valeur. Qu’à cause de toi, nous allions finir par être envahis par les anglais ou les français..
    _ Et bien donnons lui ce plaisir. Je vais aller voir Thomas et Philippe. Je vais avoir besoin d’eux pour récupérer ma femme et ma fille. »

    Je devais m’éloigner de Matoaka et Sora pour apprendre à Kisos à être plus réfléchis et plus humain mais tout ce travail se fait balayer en une réponse. Pour elles, je pourrais devenir le diable en personne et là c’est ce que je compte faire. Je dois exterminer Viggo et tous ses sbires. Cependant pour ça je vais avoir besoin d’alliés et je sais que les français me suivront cependant pour les anglais je vais devoir retrouver le jeune homme que j’ai chassé de chez moi il y a deux ans..

    Avec Kisos et Fergus, nous quittons la Suède pour aller vers l’Angleterre mais ce périple n’est pas le plus simple, surtout pour mon fils. Il montre une détermination qui m’impressionne mais je sais qu’il est épuisé, qu’il se sent mal. Ça me brise de savoir qu’il sera peut-être marqué à vie par ce qui ne devait être qu’un séjour pour son bien. Je culpabilise énormément mais je culpabilise aussi pour mon épouse et ma fille qui sont aussi dans une situation horrible. J’avais raison lorsque j’avais dis à Matoaka que je n’aspirais qu’aux problèmes. Elle aurait dû me quitter et fuir avec les enfants..

    Sora. C’est le premier mot que Thomas me dit lorsque j’arrive devant lui. Il m’avait promis de me tuer si il arrivait quoi que ce soit à ma petite fille. En soit, s’il veut mon cou je lui laisserai mais il faut sauver les femmes de ma vie avant. Le jeune homme anglais a bien grandit depuis son départ et il est devenu le roi que j’espérais qu’il devienne. Il est accepté par son peuple et il est même acclamé mais pour cela il a promis de ne pas envoyer les hommes se battre pour des broutilles. Je le comprend puisque j’avais fais le même choix mais les nordiques n’ont pas le tempérament des anglais. Les miens adorent la guerre et le sang.

    « – Je ne peux pas envoyer des légions en Norvège, mon peuple ne l’accepteras pas. Mais je peux faire un appel et ceux qui voudront se battre à tes côtés, iront avec toi.
    _ Cela me convient..
    _ Je suis le premier à répondre à l’appel. J’irai en Norvège mais tu sais pour qui.
    _ Elle n’a que sept ans tu sais..
    _ Je me suis promis de la protéger et ce n’est pas l’âge qui me stoppera. Je ne compte pas l’épouser si c’est ce qui te fait peur. De toute façon je suis marié avec la princesse danoise, Anna. Mais Sora restera ma protégée. »

    De toute façon je dois accepter le fait que Thomas ressent un besoin de protéger ma fille, de la couver. Peut-être qu’il n’y a pas d’amour charnel dans ses sentiments, juste un amour comme pourrait l’avoir un grand frère. Dans tous les cas je ne peux pas lutter sur ce point plus longtemps, je dois aller me battre dans mon propre pays. En attendant, Kisos restera en Angleterre avec l’épouse de Thomas. Je ne veux plus que mon petit garçon soit encore abîmé.

    Cela fait deux ans et quatre mois que je n’ai pas revu ma femme et ma fille. Je sais qu’elles sont vivantes et je sais surtout qu’elles sont à quelques jours de me voir débarquer. Grâce à Philippe et Thomas, j’ai une armée derrière moi mais sans m’en douter, d’autres nations se sont rejoint à nous. La Suède grâce à Leta et au Jarl, les germaniques car ils ont perdu des hommes à cause de Viggo mais aussi des russes. Le tsar pensait que Viggo voulait faire le bien en m’attaquant mais il a vite compris que c’était totalement l’inverse. Pour se faire pardonner, il m’a fait envoyer des milliers de soldats, des armes et des vivres. Nous surpassons largement les hommes de Viggo mais on ne peut pas attaquer directement. Nous sommes trop loin de Kattegat et s’il apprend que nous avançons dans le pays, il pourrait s’en prendre à mes deux amours.

    « – Je vais partir seul vers Kattegat.
    _ Tu vas te faire tuer Leif. Tu es un grand guerrier mais pas non plus indestructible. Je viens avec toi. »

    Thomas est déterminé mais Fergus, Nashoba et Bjorn aussi. Nous irons à quatre vers Kattegat et ce sont des généraux français et anglais qui vont lancer les hostilités ailleurs pour reprendre le pays.

    « – Très bien. Alors allons-y. »

    Nous allons devoir être discret pour pouvoir avancer mais je compte tout faire pour retrouver Matoaka et Sora. J’espère qu’elles sentent ma présence et qu’elles sauront se cacher lorsque j’arriverais faire un bain de sang sur Kattegat.

  40. Avatar de M.
    M.

    L’arrivée sur Kattegat est brutale. Viggo ne s’y attendait pas. Nous ne sommes pas beaucoup mais je sais que j’ai les meilleurs soldats autour de moi alors nous arrivons facilement à tracer un chemin pour que je puisses aller vers le skali. C’est là que devrait être Matoaka et Sora mais quand j’y arrive, elles ne sont pas là. Viggo aussi n’est pas présent. Est-ce qu’il serait parti avec elles ? Dans mon malheur, j’ai la chance de tomber sur une esclave qui me dit que Matoaka a fuit avec Sora. Quand elle m’annonce qu’elles sont partis vers le nord, je pense savoir où elles sont allées. Le chalet.. c’était notre havre de paix. Cependant si je pars maintenant, mes compagnons auront beaucoup plus de mal à tuer les soldats présents dans Kattegat donc avant de partir, je m’occupe de faire le nettoyage. Je ne laisse pas de chances à ces hommes qui ont souillé mes terres.

    Pour Viggo, je sais que je le retrouverais mais pour le moment ce n’est pas lui ma priorité. Je demande à Bjorn et Nashoba de continuer à nettoyer Kattegat pendant que je serai parti vers le nord. Je dois retrouver mon épouse et ma fille. Oui, je vais les retrouver mais je ne m’attends pas du tout à les voir dans un tel état.

    J’avais raison, elles ont rejoint le chalet mais Matoaka est abîmée, maigre, totalement apeuré. Même Sora a des coups, des blessures. Et puis surtout mon épouse m’hurle dessus, me frappe mais je ne peux pas lui en vouloir. Comment pourrais-je lui en vouloir ? Elle a passé des années sous les mains d’un monstre et elle a sûrement cru que j’étais mort, tout comme moi je les pensais morte. Pour le moment je ne réplique pas, nous tombons au sol et je la serre contre moi. Des larmes tombent sur mes joues parce que malgré la douleur de les voir ainsi, je suis heureux. Elles respirent, elles vivent. Mes deux femmes sont là, contre moi et je ne pouvais pas être plus comblé.

    « – Calmes toi mon Amour.. je suis là.. et vous êtes là aussi.. tu ne peux pas savoir à quel point je suis soulagé de vous voir en vie.. depuis plus d’un an, je vous croyais mortes.. »

    Je ne peux m’empêcher de les serrer encore plus contre moi car j’ai besoin de sentir que tout ça est bien vrai. Sora vient embrasser ma joue et le front de Matoaka se pose sur le mien. Elles sont bien vivantes mais je sais qu’elles ne sont pas totalement rassurées car Kisos n’est pas ici.

    « – Il va bien.. enfin.. il est en sûreté en Angleterre.
    _ Kiki est malade ? Il est où mon frère ?
    _ Il a été gravement blessé lorsque nous nous sommes fait attaquer par les hommes de Viggo. C’est pour cela que j’ai mis autant de temps pour revenir. Mais je vous en dirai plus quand on sera dans le chalet, vous allez attraper froid. »

    Je nous relève et tout en prenant Sora dans les bras, je mène Matoaka vers le chalet. Je sais qu’elle a vécu l’horreur, cela se voit sur son visage et je sais surtout que Viggo payera cher pour ce qu’il a fait. Quand nous arrivons dans le chalet, je les mène près de la cheminée et je viens à préparer un feu. Maintenant que nous reprenons du terrain dans tout le pays, je n’ai pas peur d’être remarqué. De toute façon, je ne les laisserai pas avoir froid. Sora se blottit contre sa mère, le temps les a entièrement soudé et c’est quand même une chose positive. Surtout que la petite semble bien moins impulsive et plus posée que lors de mon départ.

    « – Nous étions en forêt quand une centaine d’hommes nous ont encerclé. On a lutté du mieux que l’on pouvait mais Kisos a reçu des flèches dans le dos et moi.. ils ont réussi à m’arracher une partie de la peau de mon dos. J’ai su attraper Kisos pour que l’on s’éloigne le plus loin possible mais il a quand même beaucoup souffert et l’une des flèches l’a handicapé. Il ne pouvait plus marcher et il a mis des mois avant de se réveiller. Aujourd’hui il a encore beaucoup de mal à bouger mais il remarche un peu.. »

    J’ai mal lorsque je repense à ce qu’il a vécu. J’ai l’impression d’avoir aussi subis cette blessure car il est mon fils et je n’ai pas su mieux le protéger. Sora se met à pleurer car elle est triste pour son frère mais elle a aussi subi des actes horribles. Je sais que Matoaka ne veut pas en parler devant elle alors je dois me montrer patient.

    « – Fergus m’a retrouvé en Suède, là où j’ai réussi à trouver un endroit pour pouvoir sauver Kisos. Le temps de sa convalescence j’ai essayé de revenir ici mais je me suis fais traquer partout où j’essayais de passer. Viggo a réussit à mettre la plupart des jarls contre moi.. je sais que ma tête est mise à prix. Mais maintenant c’est fini, nous allons tous les faire tomber. J’ai une armée de milliers d’hommes qui mettent ce pays à feu et à sang. »

    Pourtant j’ai un goût amer pour cette nation qui était censé être la mienne. En quelques semaines, beaucoup de mes soit disant alliés, ce sont retournés contre moi à cause de simples rumeurs. Comment puis-je redevenir roi d’un endroit si exécrable ? Si j’écoutais mes envies, je brûlerais tout sur mon passage. Je réduirais la Norvège en cendres.

    « – Je vais retrouver Viggo et le tuer. Je vais aussi tuer tous ses hommes. Mais quand j’en aurai fini, on partira d’ici. Je mettrais Bjorn sur le trône et nous partirons rejoindre Kisos en Angleterre. »

    Cette annonce n’est pas impulsive puisque c’est Thomas qui a proposé de nous donner l’asile. Certes, notre relation n’est pas revenue à ses beaux jours mais il a compris que je ne voulais plus d’une vie à me battre mais juste une vie avec ma famille. Pour cela, il nous propose de donner un domaine en Écosse. Dans un sens il aura une vue sur Sora mais je sais que je dois accepter cette proposition. Nous ne pouvons plus vivre dans la douleur. Je veux surtout mettre ma famille une bonne fois pour toute en sûreté.

    « – Je ne veux plus que l’on encore séparé.. je veux plus avoir la douleur de vous croire mortes.. »

    Je les rejoins devant le feu et je les reprend contre moi. Elles m’ont terriblement manqué. Sora finit par s’endormir contre sa mère car elle est épuisée par ces dernières journées. Matoaka en profite pour me parler un peu de ce que Viggo a fait mais je sais qu’elle ne me dit pas tout pour protéger mon esprit. Cependant j’insiste et plus j’en sais, plus mon sang bouillonne. Je me retiens de partir maintenant pour aller le traquer à mon tour mais je ne laisserai pas Matoaka et Sora seules tant que Fergus ou Thomas ne seront pas ici. Ils savent qu’ils doivent nous rejoindre quand ils auront récupéré entièrement Kattegat.

    Pour cette nuit, ils ne viennent pas encore alors je me dois de veiller sur Matoaka et Sora le temps qu’elles se reposent. Matoaka ne veut pas fermer l’œil, sûrement parce qu’elle a peur que je m’en aille mais je secoue la tête plusieurs fois. Plus rien ne pourra me séparer d’elle. Il n’y a plus que la mort qui pourrait réussir ce combat.

    « – Je devrais quand même repartir pour aller chercher Viggo mais je n’irai pas sans toi alors reprend un peu de force.. Pour cela, dort un peu. Je veille sur toi et Sora. »

    Nous sommes tous les trois dans le grand lit. Sora entre nous, mon bras autour des deux filles. Je n’arrive pas à trouver le sommeil car je pense à ce qu’elles ont subis, ce que Kisos a subis mais ce que j’ai aussi subis. Deux années de tortures mentales, de douleurs physiques.. Je n’ai même pas osé montrer mon dos à Matoaka car j’ai peur qu’elle me trouve horrible. Ma peau d’ours a été écorché mais cela a aussi impacté ma peau humaine. La tristesse a aussi garni mes cheveux en blanc et je sais que j’ai beaucoup plus de rides à cause de l’inquiétude. Je ne suis plus le jeune Leif d’antan, je suis devenu un vieux bonhomme.

    « – Tu ne dors toujours pas.. Je n’arrives pas non plus à fermer l’œil. J’ai attendu ce moment tant de fois que j’ai du mal à réaliser que c’est vrai. Et puis.. je m’en veux aussi. Si je n’avais pas proposé de séparer les jumeaux.. »

    Même si finalement ça n’aurait pas changer grand chose puisque Viggo préparait son attaque depuis longtemps. Ça aurait même pu être pire car j’ai su par certains hommes russes, que Viggo comptait me décapiter avant de prendre mon trône. Je ne sais pas si il aurait réussit ou non. Il pourrait y avoir plusieurs suites, plusieurs autres histoires mais là on peut changer la suite. Je veux revoir ma belle amérindienne sourire et rire. Je veux la revoir danser, chanter. Je veux qu’elle puisse à nouveau se perdre dans mes bras, m’embrasser.

    « – Quand on sera dans notre nouvelle maison, tu crois qu’on peut encore faire cette armée d’enfants que tu m’avais promis ? Je me vois bien avoir plein de minis moi, qui viendront t’embêter et te faire craquer pour avoir encore du chocolat.. »

    Ma main se glisse sur sa joue equimosée. Comment peut-on faire du mal à une femme si belle ? Si grande ? En y repensant, nombreux ont été les personnes qui lui ont fait du mal et j’en ai tué la plupart. Je continuerais de tuer pour elle. Je me fiche d’avoir du sang sur les mains, s’il faut que j’élimine ceux qui ont osé poser les mains sur elles. J’aime cette femme plus que tout au monde et j’espère qu’elle le sait encore malgré ce qu’il s’est passé pendant deux ans. Il ne s’est pas passé une journée sans que je ne pense à elle.

    « – Je t’ai toujours dit qu’on finirait toujours par se retrouver.. même si cela a mis du temps, on est là, l’un face à l’autre. La seule personne qui pourra me tuer, c’est toi. Je ne laisserais pas ce plaisir à un autre. »

  41. Avatar de M.
    M.

    Matoaka a choqué tout le monde en se montrant froide, sauvage, en colère mais pas moi. Je comprend sa colère, moi aussi j’en veux à tout le monde puisqu’ils auraient pu venir chercher Matoaka et Sora mais je n’ai pas été autant déchaîné puisque j’avais besoin d’eux pour détruire les hommes de Viggo. J’ai donc gardé pour moi cette colère mais Matoaka l’a exprimé comme il se devait. Je n’ai même pas cherché à l’excuser, je l’ai suivi sans tarder pour ne pas la laisser seule à la traque de Viggo. Elle ne m’a pas attendu, elle semblait même totalement rivé sur ses objectifs et moi je suis resté en arrière pour la protéger, la surveiller mais la déception nous est arrivé en plein visage lorsque nous avons trouvé le camp de Viggo sans celui-ci. Matoaka tombe au sol, totalement abattu et je me dois d’aller la relever, la serrer dans mes bras mais contrairement à elle, je ne compte pas baisser les bras. Viggo a peut-être pris la mer ou non. Il est peut-être encore dans le coin et je ne lâcherais rien tant que je n’aurai pas une preuve de son départ du pays.

    « – On va l’avoir.. même si cela nous prendra des semaines, on aura Viggo et on ramènera sa tête à Kattegat. Je t’en fais la promesse. Cependant là il faut que tu te reposes un peu, nous repartirons quand le soleil sera couché. J’ai une idée pour mieux l’attraper.. »

    Me transformer en ours. Je ne l’ai pas fais depuis des mois mais je sais qu’en tant qu’ours, je peux sentir les odeurs et traquer plus facilement. En y allant de nuit, nous aurons aussi plus de chance de surprendre Viggo. Alors en attendant que le soleil se couche, j’amène Matoaka avec moi sous une tente qu’il y a encore de montée. Je la garde contre moi pour qu’elle reste au chaud mais je me mets aussi à la bercer. Je sais qu’elle est énormément blessée, même écorchée comme moi.. elle a besoin de savoir qu’elle n’est plus seule, qu’elle ne sera plus seule et il n’y a que moi qui peut lui offrir ça. Nous avons vécu ensemble la séparation, la peur, la douleur, le manque. Nous étions à l’opposé l’un de l’autre mais nous avons partagé la souffrance et ce n’est qu’à deux qu’on pourra se reconstruire. Du moins, à deux avec nos enfants.

    « – J’ai cru que tu allais étriper ton frère.. »

    Dis-je pour la faire sourire mais c’est difficile. Je sens encore sa colère, sa fureur. Ma main glisse sur sa joue et je la force à me regarder dans les yeux.

    « – Arrête de penser aux autres. Penses à nous, à notre famille. On sera bientôt tous les quatre réunis et plus personne ne viendra nous déranger. Je ne laisserais plus personne s’imposer dans notre famille. »

    J’embrasse délicatement son front et je sens qu’elle se fait moins hostile mais seules les semaines sauront apaiser son cœur, son esprit. Les miens aussi ont encore un longs chemins à faire pour retrouver la paix. Même si je semble le plus calme des deux, je n’ai pas encore exprimer ma rage mais cela ne devrait pas tarder puisque le soleil finie par se coucher.

    « – Avant de partir, je veux que tu me promets de faire attention. On va aller ensemble là bas mais je serai en ours.. je n’aurai pas les mêmes réflexes qu’un homme. On ne pourra pas aisément communiquer alors tu devras essayer de comprendre ce que je veux que l’on fasse pour ne pas le louper.. »

    Même si j’espère que son pouvoir est de retour pour qu’elle puisse m’entendre, je sais que cela risque de ne pas fonctionner mais j’ose espérer qu’il y a encore ce lien qui nous uni et qui fait que l’on se comprenne sans se parler. Avant de me transformer, je tiens quand même à l’embrasser. Mes mains se posent sur ses joues et je laisse nos lèvres se retrouver et ça me fait un bien fou. J’ai l’impression de retrouver le souffle et l’énergie que j’ai perdu il y a des mois. Je ne sais pas si elle ressent la même chose mais je pense que oui car son regard devient aussi flamboyant que le mien. Cela me rappelle l’attaque de Paris, lorsque nous étions ensembles pour attaquer les français. Nous étions une équipe et rien n’avait pu se mettre entre nous. Elle était mon guide et moi son protecteur. Nous avions tout évincé.

    « – Je t’aime.. »

    Ce dernier murmure contre ses lèvres devient mon dernier mot humain puisque je finis par me reculer pour prendre ma forme animale. Je sais qu’elle va voir l’état de mon dos et l’énorme plaie qui a encore du mal à cicatriser mais je ne pourrais pas la cacher indéfiniment. Une grande partie de mon dos est ouverte. Il n’y a plus de poils d’ours, juste des morceaux de peaux à vifs. Viggo a réussi à obtenir ma peau et il l’a même fait coudre sur sa veste.

    Maintenant que je ne peux plus parler, je dois jouer de mon regard pour faire comprendre à Matoaka de me suivre et c’est ce qu’il se passe. Nous partons vers l’Est puisque je sens que c’est là bas que notre ennemi se cache. J’évite d’aller trop vite car Matoaka ne pourra pas me suivre mais sous l’envie de ne pas rater Viggo, je fini par faire grimper mon épouse sur mon dos. Je deviens son destrier mais ainsi, la cadence devient plus intense.

    Viggo a fait un carnage dans un village de pêcheur. Il a fuit son camp et en arrivant près du village, il a décidé de faire tuer tous les hommes et violer toutes les femmes présentes. Je n’ai pas de mal à sentir l’odeur du feu, entendre les hurlements des filles.. ça anime encore plus ma colère mais celle aussi de Matoaka puisqu’elle peut s’en rendre compte puisque l’on approche de plus en plus du village.

    Viggo est dans le petit skali du village, il se pense assez en sécurité puisqu’il a encore des hommes avec lui. Je me stoppe à une centaine de m’être pour que Matoaka descende de mon dos. J’ai quand même peur pour elle car je ne veux pas que l’on puisse lui faire du mal mais je dois lui donner ma confiance. Non, je ne la laisserai pas ici. D’un simple regard, nous nous donnons le feu vert et nous partons vers ce village. La reine et sa bête.. la sauvage et son ours.

    On se fait repérer rapidement mais le premier homme qui se met face à moi, prend un coup de patte qui l’éventre. Maintenant que j’entends les rires gras de Viggo, je laisse ma rage m’envahir et je ne fais plus dans la finesse. Je tue tous ceux qui se mettent entre moi et Viggo. Je sais que Matoaka aussi ne fait pas dans la douceur car j’entend ses hurlements de rage et ses flèches se planter dans les corps de plusieurs soldats. Comme une tempête orageuse, nous nous abattons sur le village et nous arrivons à entrer dans le skali. Viggo est là mais il a quand même pris ses dispositions puisqu’en s’enfermant dans cette pièce, il a fait mettre des pièges pour que je sois abîmé. Il se doutait que je viendrais, dans un sens il l’a cherché mais il ne doit pas se douter que j’ai la plus grande arme qui m’accompagne. Mon épouse.

    Un filet de pêche me tombe dessus mais ce n’est pas ça qui me stoppe réellement. Ce sont les lances qui s’enfoncent dans mes flancs qui me mettent au sol. J’en hurle de douleur et Viggo se remet à rire. Il croit enfin avoir eu le fameux roi ours.

    « – Tu croyais que tu aurais pu m’avoir aussi facilement Leif ? Cela tombe bien que tu sois là, j’aimerais avoir une veste avec la totalité de ta peau. »

    Je suis allongé sur le sol, j’essaye de bouger mais les lances sont trop enfoncés dans mon corps. Si je bouge trop, je sais que je risque de me vider de mon sang.

    « – Et tu es venu seul.. tu es bien bête. Quoi que, plus personne ne croit en toi. J’ai fais en sorte que tout le monde te déteste, même ta propre femme. Tu n’as plus rien alors ton décès ne sera pas une grande perte. »

    Viggo se rapproche de moi, j’ai envie de le broyer sur place, de lui arracher le cœur. Dans une dernière tentative, je réussi à me soulever mais au même moment Matoaka arrive près de moi. Viggo fronce les sourcils et il fait signe à ses hommes de foncer sur elle. Même si je souffre, il est hors de question que l’on touche à elle. Je réussis à avoir un regain d’énergie qui me permet de tuer ces derniers hommes. Matoaka n’a plus personne entre elle et Viggo. Elle n’a plus qu’à lui offrir la mort qu’il mérite.

    Viggo a encore bien trop confiance en lui et il pense pouvoir s’en sortir face à Matoaka, si bien qu’il ose la provoquer une énième fois.

    « – Tu as retrouvé ton chien puant mais je ne lui donne plus beaucoup de temps avant de crever. Je pensais qu’on avait réussi à le saigner mais c’est un coriace. Par contre j’espère que votre petit bâtard est mort. Vous allez bientôt le rejoindre toi et ton monstre de Leif. Cela me laissera le plaisir de prendre votre fille et de l’engrosser tellement de fois qu’elle finira par crever les cuisses ouvertes. »

    Viggo sort son épée mais il continue de rire, surtout lorsqu’il voit que l’un de ses hommes a réussi à me remettre au sol. Je sais que je vais bientôt perdre connaissance mais dans un dernier hurlement, j’impose à Matoaka de détruire cet homme. Je veux qu’elle le fasse pourrir dans les plus profond du Helheim.

  42. Avatar de M.
    M.

    Je me retrouve en Écosse sans même l’avoir demandé où vu. Depuis que j’ai sombré près de la maison en feu, je n’ai pas réouvert les yeux et j’étais coincé dans mes rêves. J’ai même cru être mort à un moment puisque j’étais bien dans ces rêves. Il y avait toute ma famille et nous étions heureux. Pourtant ce n’était pas ma mort puisqu’en ouvrant les yeux, je me retrouve dans une tente et avec une Sora qui virevolte autour de moi. Elle va mieux mais surtout qu’est ce qu’elle a grandit.. et puis mon univers arrive à moi. Matoaka entre aussi dans la tente et j’en ai un sourire qui se forme sur mes lèvres. Elle est bien là, debout et elle semble aussi aller mieux. Je ne me rappelle plus de la fin de Viggo mais je suis certain qu’elle a réussit ce que j’attendais d’elle.

    « – Mon Amour.. »

    J’essaye de me lever mais il est encore trop tôt pour que je fasse des folies. C’est elle qui vient à moi et je viens la serrer dans mes bras. Même si nous ne sommes pas encore dans un endroit à nous, nous avons quand même le mérite d’être ensemble et de s’être retrouvé. C’est tout ce qui m’importait le plus. Je viens longuement humer son odeur sucrée et j’embrasse son visage à chaque recoin mais quelque chose perturbe mon épouse. Elle a peur de quelque chose. J’écoute sa révélation sur son possible suicide et je viens secouer la tête pour qu’elle chasse ses mauvaises pensées.

    « – Je suis là et personne ne se suicidera. On va aller retrouver notre petit garçon et on va ensuite construire notre foyer loin de tous les problèmes. »

    Nous n’avons même pas besoin de construire un foyer, Thomas nous en promet un à Mallaig mais nous devons quand même faire une étape à Embra pour récupérer Kisos. Depuis des semaines il est seul là-bas et j’espère que sa santé va beaucoup mieux puisque Thomas a des médecins venus de plusieurs pays. Pourtant quand nous arrivons enfin, Kisos a encore beaucoup de mal à marcher mais quand il voit que nous sommes là, il se relève et essaye de courir pour plonger dans les bras de sa mère et sa sœur. Elles lui ont horriblement manqué.

    J’ai réussi à me remettre debout mais tout comme Matoaka, il va falloir du temps pour que je guérisse totalement. Alors que j’observe la scène entre mes trois amours, Thomas s’approche de moi pour me parler de Mallaig.

    « – Vous pouvez rester ici vous reposer et partir ensuite pour Mallaig. Tout est prêt de toute manière. Des gardes vous y amèneront.
    _ Très bien. Et pour Fergus ? Tu as réussi à récupérer le domaine de son père ?
    _ Oui. Il va pouvoir y retourner avec sa femme et ses enfants.
    _ Merci Thomas.. merci tout de même pour ce que tu as fais et fais pour ma famille.
    _ Même si tout n’a pas été grandiose entre toi et moi, tu as quand même forgé l’homme que je suis devenu. Je me dois de prendre soin de toi et de ta famille. »

    Je remercie encore une fois Thomas mais je lui fait part de mon envie de partir rapidement. Nous avons besoin de rejoindre ce qui deviendra notre maison. J’ai besoin de me trouver seul avec les miens.
    Pour Sora il est difficile de dire au revoir à Thomas tout comme il est difficile pour Kisos de dire au revoir à Charlie mais ils savent qu’ils ne seront pas si loin. Pour ma part, je remercie Fergus, Thomas mais je demande surtout à Nashoba de nous suivre car malgré tout, il est mon beau-frère et je ne souhaite pas qu’il soit aussi éloigné de sa sœur.

    En deux jours, nous arrivons comme promis à Mallaig. Un petit village près de la mer et assez atypique. Il y a quelques maisons en pierre et une ambiance assez paisible. Pour ce qui est de notre maison, Thomas a été léger sur ses mots puisque c’est un petit château en pierre qu’il nous a offert. Il n’est pas aussi immense que celui d’Edimbourg mais il est assez grand pour y vivre à plusieurs. Il y a aussi des champs et des parcelles pour y mettre des animaux. Nous ne devrons ne manquer de rien ici. Bien qu’en guise de cadeau d’arriver, Thomas a fait mettre des chevaux en écurie afin que nous puissions nous déplacer facilement et il a aussi fait venir des vivres, des vêtements et même deux chiots corgis pour les jumeaux. J’apprécie ses intentions mais j’espère surtout que tout cela puisse apaiser le cœur de Matoaka car je sais qu’elle a besoin de retrouver une vie douce, une vie sans peur.

    « – Bienvenu chez vous Madame Leif. »

    Je prend sa main dans la mienne après que nous soyons descendu de la diligence et je la mène vers ce nouveau foyer. Il manque de décorations, de chaleur mais je sais que mon épouse saura y remédier. Nous partons assez vite à la découverte des pièces et nous avons d’agréables surprises comme une bibliothèque, une pièce où Matoaka pourra faire ses baumes, plusieurs chambres, une grande cuisine, une immense pièce pour le repas mais aussi un jardin fleuri derrière.

    « – Eh regarde ! »

    Un immense arbre qui me fait penser à ceux qu’il y avait au vineland et où j’avais découvert une Matoaka qui priait. Nous allons vers ce grand arbre et il se trouve que c’est un chêne blanc, comme chez elle. Je ne sais pas si c’est fait exprès mais cela sonne comme si nous devions vraiment arriver ici. En Norvège il n’y avait pas d’arbre comme ça et je sais qu’elle a longtemps mis ses origines de côté pour être une reine entièrement viking.

    « – Je crois que tu pourras parler avec tes anciens.. et aussi le faire découvrir à Sora et Kisos ? Je crois qu’ils ont assez donné avec les vikings.. ils ont besoin de découvrir d’autres horizons sûrement plus doux. Et puis à ce que j’ai vu, notre jolie Sora est une parfaite copie de sa maman. Aussi espiègle et joueuse. »

    Je me met à sourire en coin et j’embrasse le front de ma magnifique épouse. Elle a aussi sacrément vécu et même si elle n’a pas été blessé comme moi, je sais qu’elle a des douleurs beaucoup plus enfouies. Nous avons vécu tellement de difficultés à travers les années qu’il va falloir qu’on puisse oublier ça et que l’on retrouve une vie normale. Ça ne sera pas le plus simple mais je veux lui offrir ce foyer qu’elle mérite. Je veux pouvoir m’endormir contre elle, me réveiller avec elle, pouvoir la voir toute la journée. Je veux voir mes enfants grandir et les voir heureux.

    « – Nashoba a le droit à sa maison dans le village.. il ne sera jamais très loin de nous mais je lui ai quand même proposé un retour au vineland. Il a décliné. Il préfère rester ici, près de toi. »

    Il a toujours été proche de sa sœur et ce n’est pas près de changer mais j’espère qu’il réussira à construire aussi sa propre vie ici.

    En nous faisant venir à Mallaig, Thomas m’a quand même nommé seigneur des terres et j’aurai quand même sous ma responsabilité les habitants cependant ça ne sera pas aussi compliqué qu’en Norvège. Je devrais simplement m’assurer que tout tourne correctement. Il m’a aussi offert un bateau qui me permettra de partir à la pêche avec Kisos et ça me touche car j’ai des souvenirs de pêches avec Fergus et son père lorsque j’étais enfant. La vie devrait être beaucoup plus belle maintenant, du moins je l’espère réellement.

    Lors de notre première nuit, nous sommes tous épuisés mais surtout à quatre dans notre lit. Les jumeaux ne souhaitaient pas nous lâcher et je les comprends. Cela fait tellement de mois que nous n’avons pas été à quatre qu’ils ont le besoin d’être près de nous. Cependant ils ne sont plus aussi petits qu’avant et par plusieurs reprises je me fait réveiller par les coups de Sora qui bouge tout autant que sa mère. Au petit matin, je suis le premier réveillé mais surtout le premier à voir mes trois amours dormir. Je me redresse un peu et même si ce n’est pas mon genre d’être émotif, des larmes coulent sur mes joues. Ils sont là.. ils vont bien.. ils sont magnifiques.. Kisos dort contre Matoaka et Sora est nichée contre le dos de son frère. Il y a même les chiots qui dorment dans le bout du lit.

    « – Hm.. on aura du porridge ce matin ? »

    Kisos sort cette phrase venue de nul part et je me met à rire. Il faut croire qu’il a déjà pris des habitudes en restant ici seul plusieurs semaines. Je ne sais pas ce qu’est le porridge mais j’essayerais de trouver un moyen de lui offrir ce qu’il veut puisque je décide d’aller préparer le déjeuner pour tout le monde. Les enfants profitent de mon absence pour réveiller leur magnifique maman.

    « – Il faut se réveiller Ma’ ! Duda va faire le déjeuner et il sait pas cuisiner ! »

    C’est surtout ça qui leurs fait peur mais cela n’empêche que Matoaka a le droit à des énormes câlins surtout de la part de Kisos qui a été le plus éloigné d’elle.

    « – J’ai jamais cru que tu étais morte Ma’. Parce que les esprits ils me disaient que tu te battais fort ! Mais tu m’as beaucoup manqué et je voulais être avec toi mais on pouvait pas parce que j’étais trop malade. C’est madame Leta qui m’a guéris pendant que Duda travaillait pour payer notre toute petite maison et la nourriture pour que je reste au chaud. Tu sais qu’il allait chercher des pierres dans une mine ? Regarde ce qu’il a trouvé une fois ! »

    Dans sa poche, il a toujours la pierre que je lui ai offerte un jour en rentrant du travail. C’est un diamant pur. Je lui ai dis que cette pierre allait veiller sur lui alors il ne l’a quitte jamais cependant aujourd’hui il tient à l’offrir à Matoaka.

    « – Je veux te la donner Ma’ comme ça elle te protègera à ton tour et puis tu penseras à moi. Elle est belle hein ? Elle brille fort ! Je suis sûr qu’elle a pleins de pouvoirs comme toi. »

  43. Avatar de M.
    M.

    Je n’avais pas pensé à ce que Matoaka deviendrait la grande sauveuse du village mais j’en suis plutôt fière. Je savais qu’elle sauverait ce jeune homme tout comme je savais que les gens verraient en elle une bonne étoile. Ici, elle n’est pas vue comme une sorcière mais comme une guide, comme une bénédiction. Dans un sens je préfère que cela soit ainsi car je n’aurais laissé personne encore une fois insulter ou rabaisser mon épouse. Cependant il n’y a pas besoin de se battre et je suis même amusé quand elle vient se confier sur le surnom que les villageois lui donnent. J’ai vécu assez d’années en Écosse pour savoir qu’elle a obtenu une place particulièrement valorisante.

    « – Tu n’as pas besoin de t’excuser pour ton état.. je vais même aller te préparer un bon bain car tu le mérites. Tu dois être épuisé avec la journée que tu as passé. »

    Étant derrière elle, je niche mon visage contre son cou et je dépose quelques baisers sur sa peau frissonnante.

    « – Ils te nomment ainsi car tu as sauvé un enfant du village et pour eux, tu es devenu une sorte de druide. Enfin tu es une bonne personne qui sauve les gens. Un peu comme les volva en Norvège. »

    Mais je n’ai plus vraiment envie de penser à la Norvège pour le moment alors je contourne le petit canapé pour m’asseoir à côté d’elle et je lui raconte quelques légendes celtiques que j’ai entendu lorsque j’étais enfant. C’est un monde pas si éloigné du monde nordique mais peut-être un peu moins brutal.

    « – Aller, je vais te préparer un bon bain. Viens avec moi petite sorcière. »

    J’étire un fin sourire et je soulève Matoaka pour l’amener vers notre salle de bain où Thomas a fait installer une baignoire plutôt grande. En quelques minutes, nous finissons dans la cuve d’eau chaude et je m’installe derrière ma divinité pour masser ses épaules mais aussi nettoyer le sang qu’elle a encore sur les bras et les mains. Il y a bien longtemps que nous n’avons pas partagé un bain tout comme cela fait longtemps que nous n’avons pas été aussi proche. Depuis notre arrivée, nous profitons surtout des enfants mais on doit aussi s’adapter à cette nouvelle vie bien différente de celle que nous avons eu depuis plusieurs mois. Retrouver un équilibre n’est pas si simple et parfois c’est même anxiogène dans le sens où pour ma part je suis toujours sur les qui-vives par peur que tout cela ne soit pas réel. Je guette tout, je fais attention à tout. Je sais que je suis beaucoup trop soucieux avec les enfants si bien que lorsqu’ils tombent à genoux, je suis aux aguets pour savoir s’ils vont bien. Oui, toutes nos années de difficultés se ressentent encore énormément mais je ressens le manque. Le manque d’être proche de mon épouse. Le manque de notre complicité.

    « – C’est compliqué d’avoir ce calme autour de nous.. J’ai l’impression que quelque chose va nous tomber dessus alors que non. J’ai bien vu que Thomas avait laissé quelques soldats en ville pour assurer notre sécurité.. »

    Je me met à humidifier ses longs cheveux pour pouvoir aussi les laver. J’avais oublié à quel point je pouvais aimer faire ça même s’il m’a fallut des années pour réussir à les laver sans lui faire mal ou faire des noeuds.

    « – Mais je crois que je dois apprendre à avoir moins peur pour pouvoir mieux profiter de vous trois.. Si je passe mon temps à vouloir vous protéger, vous allez finir par m’hurler dessus. »

    Je me penche pour déposer un baiser sur son épaule lorsque j’en ai fini avec ses cheveux. Depuis que nous sommes ici, nous avons quand même repris des couleurs et même un peu de poids. Il y a encore des cicatrices, des douleurs mais le temps se chargera de nous soulager. Pourtant Matoaka reste magnifique et je me plais à glisser mes doigts sur ses tatouages. Je sens sa peau frissonner surtout quand je recommence à reposer des baisers sur son épaule et sa nuque.

    « – Je dois aussi retrouver mon épouse. Trop de fois j’ai failli te perdre et trop de fois où on nous a séparé. Cela ne nous arrivera plus jamais mais je veux surtout qu’on puisse profiter, s’aimer sans avoir peur. J’ai cru que tu étais morte et je ne me suis jamais senti aussi vide de toute ma vie.. mais tu es là et il est hors de question que je laisse passer cette chance de t’avoir auprès de moi. »

    J’attend qu’elle se penche pour que nos visages se font face. Mon front se poser contre le sien et ma main arrive sur sa joue. Qu’elle est belle..

    « – Je t’aime. Je t’aime et je te remercie d’être encore là. Je te remercie aussi de m’avoir amené ici avec toi. »

    Nos lèvres se retrouvent pour un doux baiser mais nous ne restons pas dans cette baignoire bien longtemps car l’eau refroidis et je préfère la chaleur de notre lit pour continuer ce baiser. Nous sortons donc du bain et après s’être séché, je soulève ma beauté et je viens la poser dans notre lit. Mes lèvres reviennent chercher les siennes et je viens même au dessus d’elle pour garder une proximité mais je ne me précipite pas puisque je ne veux pas la brusquer.

    « – Tu te rappelles de notre première nuit ? »

    C’était il y a bien longtemps mais je me souviens encore de ce moment où nous étions encore des jeunes sauvages qui étaient attirés l’un à l’autre mais qui n’osaient pas totalement se donner. Matoaka avait été la plus entreprenante mais elle avait eu une douceur qui m’avait aussi conquis.

    « – Je crois que je n’avais jamais eu aussi peur de toucher une femme.. tu m’impressionnais et tu m’impressionnes toujours mais face à toi, je me sentais si bête. J’avais l’impression d’être un vulgaire machin qui ne méritait pas une déesse comme toi. Pourtant j’ai cédé et je n’ai jamais pu défaire la passion que j’ai pour toi. Tu n’as pas attrapé que mon corps, tu as aussi eu mon cœur mais surtout mon âme. Je suis peut-être devenu un vieux bonhomme grisonnant et un peu cassé mais à l’intérieur, je suis encore ce jeune homme totalement envoûté par la belle amérindienne qu’il avait osé prendre comme otage.. »

  44. Avatar de M.
    M.

    « – toi ? Me demander la lune pour t’aimer ? Mais.. Est-ce que tu te rends compte que je n’ai pas besoin de lune ni de soleil pour t’aimer ? Et que je me fiche des cicatrices, des cheveux blancs, des petites rides ? Matoaka.. je ne t’aimes pas pour un physique. Certes, je te trouve toujours magnifique mais au delà de ton apparence, c’est ton âme que j’aime plus que tout. Alors je ne me répugne pas à aller vers toi, au contraire je cherche toujours à aller vers toi parce que tu es mon grand Amour. Tu es celle que j’ai choisie pour toujours. »

    C’est vrai qu’avec tous ce qu’on a traversé, elle a toutes les raisons d’avoir peur. Moi aussi j’ai peur mais si je reste dans cette peur constante, je sais que cela aura un mauvais impact sur notre famille.

    « – Et maintenant tu n’as plus besoin d’avoir peur que je sois loin de toi car plus rien ne se mettra entre nous. Pas même nos enfants. »

    J’essuie ses joues et embrasse ses paupières fermées. Je la garde précieusement contre moi et quand je sens qu’elle est un peu plus détendue, je la fais asseoir pour aller lui préparer une camomille. Je sors même une boîte de biscuits qu’on nous a offert tout à l’heure afin de remercier Matoaka pour ses prouesses. Bien que l’odeur ne soit pas la plus forte, cela a le don de réveiller Sir grosse bouche Kisos puisqu’il arrive dans la cuisine l’air de rien. Il s’installe même sur les genoux de sa mère et il lui chippe un biscuit.

    « – Tu es un estomac sans fond… mais bon, je crois que tu hérites de ton Duda.
    _ Mais j’ai faim moi.. Sora elle a mangé tous les haricots verts et les patates.. »

    Je ne peux que rire et je m’installe à table avec eux pour ce goûter nocturne. Une fois que Kisos est reparti se coucher, nous retournons dans la chambre mais je ne tente plus de la séduire comme tout à l’heure. Je ne veux plus qu’elle me fuit et surtout je veux qu’elle se sente à l’aise. Laissons le temps faire les choses. Laissons la vie reprendre doucement son cours.

    (…)

    « – Duda !! Viens voir ce que j’ai attrapé ! »

    Je suis dans l’écurie, en train de soigner la patte du cheval de Sora. Du haut de ses quinze ans, elle adore faire du cheval et elle est une très grande cavalière comme sa mère. Kisos est un peu moins agile avec ces bêtes mais par contre il est un grand archet. Il me montre les nombreux oiseaux qu’il vient de chasser.

    Les années sont passées à une vitesse éclair. La vie ici est beaucoup plus douce et sereine. J’ai encore gagné des cheveux blancs mais je me porte bien mieux qu’il fut un temps. Je m’entretiens toujours en allant chasser, en m’occupant du domaine où même en aidant au village. Matoaka aussi est toujours aussi magnifique malgré ses quelques mèches blanches. Elle est devenue la guérisseuse du village mais elle se fait beaucoup aider par Sora afin de ne pas trop être surchargée. On a réussi à se faire une place ici et nous avons de très bonnes relations avec les gens de Mallaig. Parfois nous voyons Fergus et sa famille lors de grandes fêtes mais depuis peu, la jeune Charlie vit chez nous. Elle a insisté pour aider Matoaka mais je sais que c’est surtout pour être plus proche de Kisos.

    Nous avions rêvé d’agrandir notre famille mais cela n’a jamais abouti. Malgré les plusieurs essais, nous avons fini par nous avouer vaincu. On ne peut pas non plus hurler au malheur car nous avons deux grands enfants en pleine santé. Du moins, c’est ce qu’on croyait jusqu’à ce que le ventre de Matoaka se met à s’arrondir à la fin de cet été. Aujourd’hui il ne reste plus que quelques semaines avant cette arrivée surprise, si bien que je lui ai demandé de ne plus faire trop d’efforts. Nous gérons un peu tout avec les jumeaux et justement Sora s’occupe de préparer le dîner pendant que nous sommes dehors avec Kisos.

    « – C’est super pour cet hiver. On va les saler et les stocker dans la cave. Il faudrait aussi qu’on pense à stocker nos légumes, l’hiver se rapproche.
    _ Je m’en occuperais demain Duda. Toi tu dois aussi penser à te reposer.
    _ Tu me traites de vieil homme ? »

    J’étire un sourire mesquin et on se chamaille gentiment avec Kisos. Nous rentrons une fois que j’en ai fini avec le cheval et nous arrivons au moment où Sora sort une tourte du four. Avec Kisos on se lance un regard complice car on sait que l’on va faire nos grosses gueules mais Sora nous fait un signe de reculer.

    « – C’est pour Ma’ et ma petite sœur !
    _ Déjà elle va avoir un petit garçon..
    _ Non c’est une fille. Les filles seront plus nombreuses dans cette maison ! »

    Justement la plus belle arrive. Je suis toujours émue quand je la vois arriver avec ce ventre rond. Tout ça était inespéré mais elle est surtout si belle quand elle porte la vie. Cela me renvoie à sa grossesse pour les jumeaux mais cette fois-ci, c’est bien moins agités et tant mieux. Je m’avance vers elle pour déposer un baiser sur ses lèvres et les jumeaux lâchent un « beurk » à l’unissons.

    « – Vous ne direz pas beurk quand vous aurez des amoureux ! »

    En parlant d’amoureux, Kisos va rejoindre Charlie qui est en train de terminer la lessive. Sora part dans le jardin pour faire refroidir plus vite sa tourte. Je me retrouve seul avec ma belle épouse. Face à elle, je m’amuse à caresser ses joues qui ont encore de la farine. Elle a sûrement dû dévorer des biscuits.

    « – Comment vas tu ? Le bébé est moins vigoureux aujourd’hui ? Ce soir je vais te préparer un bain et après je te ferais un massage dans le bas du dos. »

    Elle n’est plus une jeune femme alors cette grossesse est beaucoup plus épuisante pour elle. C’est normal et c’est pour cela qu’on est tous autour d’elle pour lui faciliter la vie.

    « – Moi je dis une petite fille aussi.. quoi qu’un petit garçon ça serait bien. En fait peut m’importe car dans tous les cas je suis heureux de bientôt accueillir ce petit bébé. C’est notre petit miracle. »

  45. Avatar de M.
    M.

    Le dîner n’a pas été si courtois qu’il n’y paraît. Feargus a parlé de guerre et Kisos s’est emballé. Pour ma part, je n’ai pas forcément l’envie de partir surtout avec Matoaka qui va bientôt accoucher. Je n’ai pas non plus l’envie de retourner sur un champ de bataille. J’ai quand même le droit aux menaces de mon épouse lorsque nous arrivons dans notre chambre. Elle ne veut pas que je partes mais elle ne veut pas non plus que Kisos s’en aille. Je la comprend mais notre fils ne le fera pas. Cela fait des moins que j’essaye de contenir sa fougue en m’entraînant avec lui mais je sais qu’il veut sortir de ses sentiers et qu’il veut prouver qu’il est un bon soldat.

    « – Ce n’est pas moi le problème et tu le sais bien. Je n’ai plus l’envie de me battre mais par contre on sait tous les deux que Kisos ira contre nos volontés. Il est têtu comme nous deux. Il va vouloir montrer qu’il est puissant tout simplement parce qu’il est notre fils.. »

    Je me rapproche de Matoaka alors qu’elle est toujours devant sa coiffeuse. Je sais qu’elle est tendue, qu’elle s’inquiète. Moi aussi je m’inquiète car je ne veux pas que mon fils aille à la mort mais comment le freiner ? Comment le dissuader ? J’ai moi aussi été jeune et je sais que j’aurais tout fait pour contourner les règles de mes parents. En plus, Kisos a un sacré héritage sur les épaules. Il est le fils du grand Leif et de l’immense Matoaka. C’est même pour cela qu’il veut autant s’entraîner.

    « – Il ne nous écoutera pas et il partira quand on s’y attendra le moins.. la seule chose que l’on peut vraiment faire, c’est encore plus l’entraîner et tu le sais. On doit faire en sorte qu’il soit prêt pour affronter une armée. Pour le moment il n’a combattu que face à moi ou Nashoba mais pas devant des milliers d’hommes.. »

    Je sais qu’il est fort et qu’il est puissant mais cela ne veut pas dire qu’il va forcément réussir. Il n’a pas encore la réflexion ni l’agilité pour gagner. Il est encore un jeune homme trop fougueux et trop imprévisible.

    « – On va devoir le préparer.. à deux. Je peux gérer les entraînements à l’arme mais toi tu dois le préparer mentalement. Tu as toujours été plus forte que moi en ce qui concerne le mental. »

    Je sais que ça ne doit pas lui plaire d’entendre ça mais qu’est ce qu’on peut faire de plus ? Kisos n’écoutera personne, même pas Charlie. C’est un peu son honneur qui est en jeu et il a besoin de se prouver qu’il est à la hauteur de son héritage. Cela ne va pas être simple et je sais que je pourrais le suivre, surveiller qu’il va bien mais non. J’ai assez donné sur les champs et surtout, je ne veux pas lui prendre sa victoire. J’ai aussi promis à Matoaka que je n’irais plus à des milliers de kilomètres pendant des jours, des semaines ou des mois.

    « – Viens te reposer.. on en reparlera demain avec lui d’accord ? On essayera de le raisonner mais je sais d’avance que c’est impossible. »

    Pourtant ce qui est le plus imprévisible, c’est qu’il n’y a pas que Kisos qui souhaite prouver son honneur. Sora a bien l’intention d’aller se battre aux côtés de son jumeau car elle veut aussi montrer qu’elle aussi forte que ses parents.

    Au lendemain matin, il y a un silence lourd dans la cuisine. Je bois un thé quand les jumeaux arrivent mais ils cessent de parler lorsqu’ils voient que Matoaka et moi sommes ici. Sora prend une pomme alors que Kisos souhaite déjà partir mais je lui fais signe de rester.

    « – Tu ne peux pas partir en guerre Kisos. Enfin il n’y a pas encore de guerre mais même si ça venait à arriver, tu n’es pas prêt.
    _ Qui te dis que je ne suis pas prêt ?!
    _ Moi.. je m’entraines avec toi et je t’assure que tu n’es pas prêt. Tu es beaucoup trop dissipé et face à des centaines d’hommes, tu ne seras pas où donner de la tête.
    _ Tu n’en sais rien ! Je suis capable de bien plus que lors de nos entraînements ! Et puis de toute façon Sora sera avec moi ! »

    Je manque de m’étouffer quand il sort ça. Sora fait les gros yeux mais je sens aussi Matoaka monter en tension.

    « – Quoi ? Non non ! Vous n’irez nul part !
    _ Et tu crois que tu peux nous enfermer ? Si on veut partir, on le fera !
    _ Vous n’avez que quinze ans et vous n’êtes pas prêt pour affronter une armée !!
    _ on aurait été prêt si on n’était pas dans ce village pourrie qui est perdu au fin fond du monde !! »

    Kisos sort de la cuisine, furieux. Sora est encore là mais elle ne sait pas si elle doit suivre son frère ou alors accepter mes mots. Je fixe cette demoiselle et son regard ne sait pas qui observer entre moi et Matoaka.

    « – Je suis aussi une guerrière.. je ne vois pas pourquoi ça serait que Kisos qui pourrait se battre. Je m’entraînes avec oncle Nashoba et puis aussi avec quelques soldats écossais.. Si un jour j’épouse Thomas, il aura besoin d’une reine qui sait défendre le trône !
    _ Sauf que je doute que Thomas veuille que tu ailles sur un champ de batailles !
    _ Qu’est ce que tu en sais ? Et puis je veux lui prouver que je serais mieux que les autres filles qui lui tournent après !
    _ Et tu crois qu’en étant morte tu seras à ses côtés ?! Et puis c’est quoi ça ! Thomas est un ami ! Pas ton petit ami ou je ne sais quoi ! Tu as quinze ans et il en a dix de plus !
    _ Ne me parles pas d’âge ! Ma’ a trente cinq ans et toi quarante deux ! Et puis j’aime Thomas ! Je suis même contente que sa fichue danoise soit morte !
    _ SORA ! »

    Je tape du poing sur la table et l’adolescente sort de la cuisine à son tour. Un grognement sort de ma bouche. Je savais qu’à un moment ça deviendrait plus houleux avec les jumeaux mais là c’est assez explosif en une seule fois. Ils ont toujours plus ou moins étaient sages et ils nous ont toujours écouté mais là tout ça nous échappe. Je me relève de ma chaise pour aller les chercher mais en voyant que Matoaka est dans une sorte d’angoisse, je vais vers elle et je l’aide à se poser sur une chaise.

    « – Calmes toi mon Amour.. je ne vais pas les laisser faire. Tout va rentrer dans l’ordre d’accord ? »

    C’est vite dit. Nos enfants sont un mélange de nous et je crois qu’il n’y a pas pire en ce qui concerne la désinvolture et l’entêtement. Cependant je n’y vais pas tout de suite car je sais qu’avec ma colère, ça risque de ne pas finir sur une bonne note. Au lieu de les suivre, j’aide Matoaka à se relever et nous allons vers le jardin pour prendre un bol d’air. Je l’amène même vers le grand chêne blanc pour qu’elle puisse parler avec ses ancêtres et essayer de retrouver un peu de paix.

    Après une petite heure dehors, nous revenons vers la maison et les enfants ne sont toujours pas rentrés. Par contre il y a Amara et elle souhaites nous parler sans que son époux puisse l’entendre.

    « – Je suis désolé pour ce qu’a pu dire hier Feargus et je ne cautionne pas qu’il puisse partir en guerre tout comme toi Leif. Vous avez assez donné !
    _ Je n’irais pas me battre mais par contre mes enfants veulent y aller. Il est hors de question qu’ils y aillent. Tu dois demander à Charlie de résonner Kisos.
    _ Tu crois vraiment qu’elle y arrivera ? Elle serait même prête à le suivre !
    _ On doit trouver un moyen de les empêcher d’y aller.
    _ Et comment ? Ils ne sont plus des enfants..
    _ Je peux envoyer Sora et Kisos au Vineland.. »

    Je me tourne vers Matoaka. Ils seront assez loin pour ne pas pouvoir se battre ici. Mais est-ce vraiment une solution ? Je ne sais vraiment pas quoi faire et dans ce genre de cas, c’est toujours mon épouse qui est la plus réfléchis de nous deux. Pourtant elle se retrouve confronté au même problème que moi, les caractères endiablés de nos enfants. Je soupire et je viens me mettre à genoux devant le ventre de Matoaka.

    « – Dis moi que tu seras plus sage que les jumeaux.. s’il te plaît petit bébé.. »

    Amara aurait presque envie de rire mais elle reprend son sérieux car elle ne veut pas que Charlie s’en aille aussi. N’y a t’il pas pire qu’une maman pour protéger ses enfants ? D’un regard complice, elle semble vouloir faire une sorte d’alliance avec Matoaka.

    « – Aucun de nos petits s’en ira. Et crois moi que Feargus n’aura pas le choix que de vite retirer les idées qu’il a mis dans la tête des enfants. »

  46. Avatar de M.
    M.

    L’arrivée du petit bonhomme a été précipité mais j’ai reçu un nouveau magnifique cadeau. Ce petit ange est sublime et je ne pouvais rêver mieux. Matoaka a été d’une force incroyable et elle m’a offert ce petit garçon qui est tout autant beau que les jumeaux. Il n’a pas les yeux bleus mais il a mes boucles brunes et puis il a le même sourire que moi. Je suis totalement envoûté par lui mais il y a quand même les jumeaux qui préoccupent mon esprit puisqu’ils ont toujours l’ambition de partir en guerre. Ce soir, je me retrouve dans le lit avec Matoaka et le petit bonhomme qui n’a toujours pas son prénom alors qu’il a déjà trois jours. Je l’observe que Matoaka l’installe contre son sein pour qu’il puisse boire. Je semble un peu effacé sur l’instant mais c’est parce que je repense aux mots qu’elle vient de me dire concernant les entraînements.

    « – Tu as raison.. il faut les entraîner mais ne pas les ménager. Il faut qu’ils sachent ce qu’est la vraie vie. On les a toujours protégé mais là on ne pourra plus le faire alors on se doit de montrer la réalité. Demain je les entraînerais aussi. Je demanderais aussi à Nashoba de ne pas leurs laisser de répit. »

    Je sais que ça va être difficile, surtout pour Sora mais peut-être que tout ça la poussera à ne pas partir. En attendant, il faut quand même que nous offrons au dernier petit Erickson, un prénom et je me remémore le prénom que Matoaka m’a soufflé hier.

    « – Aden.. Aden Erickson. Fils de la magnifique Matoaka Powhatan et Leif de Kattegat. »

    Je souris finement et je me penche pour embrasser la tempe du petit garçon qui se montre intrépide lorsqu’il faut boire le lait. Il a déjà un appétit féroce. Il a même du mal à quitter le sein de sa mère mais je fini par récupérer le petit pour le bercer et l’endormir. Cela me ramène à des années en arrière, lorsque les jumeaux étaient encore des bébés. Aden ramène de la nostalgie mais aussi de nouvelles perspectives pour notre vie. Il va nous redonner une jeunesse même si Kisos et Sora nous rappellent que nous ne sommes plus si jeunes. C’est d’autant plus marquant quand je remarque Kisos embrasser Charlie dans le jardin. C’est en berçant Aden près de la fenêtre que je vois la scène et je fais signe à Matoaka de venir voir ça.

    « – On dirait nous au tout début.. quoi que non. Enfin eux, ils se sont rencontrés aux berceaux. Mais je suis étonné que Kisos soit encore autant timide envers Charlie. J’aurais même cru qu’il aurait déjà demandé à se marier avec elle. Après tout, ils ont quinze ans donc le mariage peut être célébré. »

    Nous retournons vers le lit pour une nuit sûrement courte car le petit dernier adore nous réveiller à toute heure. Installé entre moi et ma magnifique femme, j’ai bien du mal à fermer les yeux parce que je suis tout simplement émerveillé par eux deux. Matoaka dort car elle est encore épuisée par l’accouchement mais elle a tout de même passé sa main autour du garçon comme pour le garder en sécurité. Je suis envoûté.

    L’envoûtement a duré toute la nuit mais avant que le soleil ne se lève, je sors du lit et je décide d’aller réveiller les jumeaux. Pas de grasse matinée, je vais leurs montrer les vraies choses des maintenant. Kisos râle mais il sort du lit alors que Sora se cache sous sa couette mais je viens retirer celle-ci.

    « – Debout ! On va aller courir. Vous souhaitez partir vous battre pour le pays ? Alors il faut vous préparer et ce n’est pas en dormant que vous allez apprendre les choses. »

    Se préparer ? Les deux finissent par me suivre alors que je vais chercher mes armes.

    « – Tu vas nous entraîner ?
    _ Oui et votre mère aussi. On ne veut pas envoyer des empotés sur un champ de bataille.
    _ Des empotés ?! Mais on sait se battre !
    _ Il y a une différence entre taper sur un mannequin en paille et des milliers d’hommes armés. Et puis j’ai toujours été assez cool avec toi Kisos. Tu crois vraiment que lors de nos entraînements, j’allais me battre comme j’ai pu me battre lors des guerres ? Mais aujourd’hui tu vas savoir ce que c’est un vrai entraînement. »

    Je pars vers l’extérieur mais j’exige qu’ils me rejoignent dans un maximum de dix minutes, sous peine que notre course dure plus longtemps. Je vois Matoaka descendre avec Aden et je ne peux m’empêcher d’aller les embrasser.

    « – Je vais aller les faire courir et les entraîner. Ça te laissera le temps de te préparer et je te les ramènerais pour midi. Ça te va ? »

    Petit Aden se met lâcher un râle, ce qui me fait rire.

    « – Oui, Duda va apprendre à ton grand frère et à ta grande sœur ce que c’est un vrai guerrier. J’espère que tu ne me feras pas la même chose plus tard. Tu seras plus sage hein ? »

    Je fini par embrasser à nouveau Matoaka quand je vois les deux grands arriver. Ils veulent déjeuner mais je les en empêche. Après tout, on ne mange presque jamais avant de se lancer sur un terrain de guerre. Sans ménagement, nous commençons à courir et je décide d’aller vers la valet pour que les chemins soient les moins faciles possibles.

    Pour Matoaka, la matinée devrait être calme. Elle se fait rejoindre par Charlie qui pensait retrouver Kisos mais au lieu de s’occuper de son petit ami, elle aide sa belle mère à faire des baumes et à parler de l’avenir de Kisos. Elle ne veut pas non plus qu’il aille se battre mais elle sait que cela compte pour lui. Kisos sent une pression énorme sur ses épaules car il est le fils Erickson et il aurait dû devenir le roi de Norvège. Charlie a beau essayer de le raisonner, il veut combattre. Pour Sora, c’est surtout une histoire afin d’impressionner Tomas. Les jumeaux ont un destin peu commun et contrairement à Aden, ils ont déjà des chemins tracés. Il faut apprendre à composer avec ces destins mais cela fait peur à tout le monde. Nashoba aussi arrive au manoir car il veut savoir si tout va bien pour les deux grands.

    « – De toute façon j’irai avec eux. Je les suivrais discrètement vers les conflits. Il y aura aussi Tomas. Ils ne seront pas seuls mais vous faites bien de les former. Je pense même que tu devrais les former à l’arc. Sora se débrouille bien mais Kisos un peu moins. »

    Charlie propose de garder Aden si vous en avez besoin mais elle te demande aussi si tu peux un peu l’entraîner. Elle aimerait apprendre à se défendre mais ses parents ne veulent pas.

    De mon côté, ce jogging est compliqué autant pour les enfants que moi puisque ça fait un sacré moment que je n’ai pas été courir. J’ai aussi beaucoup moins d’énergie qu’il y a quelques années mais je ne me laisse pas aller et cela emmerde les jumeaux qui auraient aimé faire une pause. Nous en faisons une lorsque nous arrivons sur une grande plaine mais ils n’ont le droit qu’à cinq petites minutes puisque nous finissons par sortir les armes pour que je leurs montre comment esquiver les coups d’épée. Sora est agile mais peu rapide. Kisos est moins agiles mais il a une sacrée force. Je ne peux pas nier qu’ils ont un immense potentiel et je suis fière d’eux mais il est trop tôt pour que je les félicite.

    Jusqu’à l’heure du midi, ils font ce que je leurs demande puisqu’ils ont beaucoup trop d’orgueil pour me demander de stopper. Ils veulent me prouver qu’ils sont bons et dans un sens cela me plaît. Ils sont déterminés, ils ont de la volonté et même s’ils manquent d’entraînements, je sais qu’ils feront de grandes choses. Pourtant lorsque nous arrivons au manoir, ils cherchent déjà à aller se plaindre auprès de leurs Ma’.

    « – Ma’ ! Duda m’a blessé !! »

    Sora fait sa mine triste et elle montre son arcade qui est légèrement ouverte. Kisos aussi se plaint car lui a reçu un coup dans les côtes. Pour ma part, j’arrive juste après et je me retiens de rire. Ça va vraiment être quelque chose de les rendre plus adultes. Ils se reposent un peu trop sur nous. C’est donc parfait lorsque Matoaka leurs dit d’aller se débrouiller car elle ne sera pas là quand ils seront en anglicie.

    « – Votre mère a raison. Personne ne viendra à votre rescousse là bas. Vous devez apprendre à vous soigner seuls et puis pourquoi vous plaindre ? J’aurais pu être beaucoup plus hargneux. J’ai tué des centaines d’hommes. Je vous épargne cela car vous êtes mes enfants mais vos ennemis ne vous ferons pas de quartier. S’ils peuvent vous tuer, ils le feront. Vous devez donc apprendre à être prêt pour toutes les situations !
    _ Alors c’est ça ? Vous avez pas assez confiance en nous donc vous avez décidé de nous tester ?
    _ On ne vous teste pas Kisos ! On veut juste vous préparer. Vous ne savez vraiment pas ce qui vous attend ! Tu n’as jamais vécu une bataille ! Tu n’as jamais eu de grands ennemis devant toi ! Ce n’est pas parce que tu t’es battu une fois avec le fils du boulanger que tu vas pouvoir briller en guerre. Tu dois t’entraîner mais comme un homme. Tu veux aller là bas ? Très bien mais seulement si vous nous laisser vous entraîner. Comme des adultes. »

    Il n’y a plus de secrets, les jumeaux savent à quoi s’en tenir. Je retire mes armes et ma veste avant d’aller en cuisine pour me servir de quoi boire. Les jumeaux restent devant leurs mère, totalement hésitants par rapport à ce que je viens de dire. Ils commencent enfin à comprendre que ce qu’ils ont décidé va impliquer beaucoup plus de choses qu’ils ne l’auraient cru mais ils sont têtus alors ils ne veulent pas renoncer.

    « – Entraînez nous. On sera à la hauteur de vos attentes. »

    Ce n’est pas Kisos mais Sora qui parle. J’aurai presque cru entendre la voix de sa mère et sa détermination. Quand je reviens, les jumeaux font toujours face à Matoaka, prêt pour le prochain entraînement.

    « – Allez d’abord manger un bout. Vous partirez avec votre mère dans une heure. »

    Ce ne sont pas non plus des machines et même si je le pourrais, je ne veux pas les dégoûter non plus. Ils vont donc en cuisine et moi je m’installe sur le fauteuil avec Matoaka. Aden dort et Charlie est partie il y a une petite demie heure.

    « – Jamais j’aurai cru qu’on aurait des enfants aussi têtus et bornés. Ils étaient épuisés pendant mon entraînement mais aucun des deux n’a voulu abandonner.. Il va quand même falloir qu’on travaille certains points. Tu vas devoir travailler la réflexion avec Kisos car il est beaucoup trop impulsif, comme je l’ai été. Il ne regarde pas assez autour de lui, il va dans le tas. Pour Sora, c’est sa force qui pose problème.. elle ne sait pas user de sa force avec une épée. Je pense qu’il va falloir lui trouver une autre arme. J’ai pensé à des haches ou des petites épées.. mais par deux. Je pense qu’elle saurait gérer avec ses deux mains. »

    Nous voilà entraîneurs de soldats. Ça me rappelle encore une fois notre jeunesse où j’étais le chef d’un groupe d’hommes que j’avais rassemblé seul. Nous étions partis en conquête de terres et c’est là que j’avais trouvé mon grand Amour,

    « – Je vais m’occuper du bébé pendant ce temps. Et ce soir, je demanderais aux jumeaux de s’occuper d’Aden comme ça on pourra se reposer un peu et se retrouver à deux. Après tout, ils peuvent bien nous faire ça puisqu’ils veulent devenir grands. »

  47. Avatar de M.
    M.

    L’après-midi n’a pas été la plus compliquée pour moi puisque notre petit dernier a préféré dormir que de d’embêter son Duda. Cela m’a permis de préparer le futur entraînement que j’aurai avec les jumeaux. Je compte les amener dans des endroits beaucoup plus difficiles d’accès mais aussi les faire marcher toute une nuit entière sans qu’ils ne puissent dormir. Ce soir, il faut donc que je profite de ma soirée et de ma nuit. Quoi de mieux que de le faire avec cette magnifique déesse qui a mis une robe sensuelle pour me faire chavirer ? Matoaka est rentrée avec les jumeaux et j’avoue avoir adoré le moment où elle a haussé le ton sur eux. Je ne l’ai jamais vu aussi ferme envers nos enfants mais je pense que c’est ce qu’il faut pour bien les préparer.

    « – Tu as bien fait avec Kisos. Il doit se mettre en tête que ça va être très difficile comme épreuve. Il ne comprend pas qu’il n’aura aucune aide et qu’il sera livré à lui-même une fois qu’il sera parti en guerre alors oui, tu as bien fait de le remettre à sa place. Même si ce n’est pas facile pour nous, on ne peut pas se permettre d’être encore protecteur.. Il est hors de question que l’on perd l’un de nos enfants parce qu’on aura eu pitié durant les entraînements. »

    Je passe un bras autour de sa taille magnifiquement marquée. Avec sa récente grossesse, elle a une poitrine plus généreuse, des hanches bombées et un fessier qui ferait plier une armée d’hommes tant il est beau. Je suis bien chanceux d’avoir une telle tentatrice auprès de moi et je ne résiste pas à l’envie de laisser mes mains glisser sur son corps.

    « – Mais maintenant on va laisser nos grands de côté et on va penser à nous. Surtout que nous n’avons pas le petit diable avec nous cette nuit donc je peux me rapprocher de Ma’ sans qu’il ne me râle dessus.. »

    Aden prend aussi beaucoup de place depuis son arrivée mais c’est normal, cependant avoir la chance de passer une soirée qu’à deux est méritée. Même si les années ont encore avancées, il n’y a jamais eu un seul moment où je me suis lassé de Matoaka. Mes sentiments sont toujours aussi forts et mon désir ne baisse pas. On aurait pu se tasser et même s’éloigner à force de vivre ensemble mais ça n’a jamais été le cas. Je pense même que l’on s’est rapproché sur les deux dernières années puisque l’on a décidé d’être moins regardant envers nos enfants. Certes, nous avons vécu des disputes comme tous les couples mais souvent celles-ci résultent des bêtises qu’on pu faire les jumeaux. Je sais que je suis trop protecteur avec Sora alors que pour Kisos, j’ai une tendance à lui mettre trop de pression. Pour Matoaka c’est l’inverse, elle est plus louve avec Kisos tandis que pour Sora, elle veut faire d’elle une femme forte. En soit nous sommes des parents et nos comportements sont normaux mais parfois cela créer des tensions vives. Kisos a même déjà tenté de fuguer alors que Sora a osé faire le mur avec un jeune homme du village.

    « – Mais avant de faire quoi que ce soit, j’ai un petit quelque chose à t’offrir. Attends moi ici quelques instants. »

    J’ai commandé ce cadeau depuis des mois mais il n’est arrivé qu’aujourd’hui. C’était pour son trente cinquième anniversaires mais aussi marquer son esprit. J’ai fais faire un collier avec pour pendentif, un mélange des armoiries de ma famille mais aussi de la sienne. Cela nous donne une nouvelle armoirie qui deviendra celle de nos enfants. Il y a aussi une lettre ou plutôt un papier officiel, qui renomme toute notre famille. Nous ne sommes plus les Erickson mais les Walker. C’est un changement surprenant mais je tenais à ce que notre famille unique puisse avoir son commencement à partir de Matoaka et moi. Il n’y aura pas de Norvège ou de Vineland qui prendront le dessus sur l’un ou sur l’autre mais il y aura nous. Nous deux dans ce que j’espère être une grande lignée.

    Je reviens donc avec ces présents et tout en lui mettant son nouveau collier, je m’amuse à déposer des petits baisers sur ses épaules nues.

    « – Walker car cela vient du mot marcher et je crois que nous avons fait tellement de chemins pour se trouver, pour se retrouver, pour avancer, que je trouvais ce nom de famille parfait. J’espère aussi que nos enfants et nos descendants, n’auront pas peur de parcourir des milliers de routes pour trouver et suivre leurs grands amours. »

    Quand le collier est mis, je la fais se tourner pour qu’elle me fait face et je n’attend plus pour prendre possession de ses lèvres. Je viens même baisser les bretelles de cette robe qui se fait de trop sur sa peau. Le vêtement finissant au sol, je pose mes mains sur ses hanches et je la soulève pour l’amener vers notre lit. L’impatience mais surtout mon appétit féroce ont besoin de se rassasier. J’allonge donc cette divine créature et mes lèvres parcourent sa peau douce et sucrée jusqu’à ce que je m’attarde un peu sur cette splendide poitrine que j’ai bien difficilement du mal à ne pas regarder. Avec son accouchement récent, je dois quand même faire attention et être plus délicat sur ma façon d’être alors j’arrête de me focaliser sur sa poitrine et je descend encore plus bas sur son corps. Matoaka n’a pas perdu de sa voix, surtout quand je viens jouer avec son point faible. Elle se dandine sous mes coups de langue et se cambre quand mes doigts glissent en elle. C’est exquis de la voir perdre ses moyens et d’être le maître d’une telle sensualité. Mais l’envie d’aller encore plus loin se fait remarquer sous ma ceinture alors je me redresse pour retirer à mon tour mes vêtements. Le temps n’a pas totalement eu son effet sur moi. J’ai des cheveux gris mais mon corps reste toujours musclés et bien conservé pour mon âge, ce qui plaît à ma chère épouse. Alors je lui laisse une vue imprenable quand j’ôte chaque tissus de ma peau et lorsque j’en ai fini avec ça, je la laisse se redresser pour qu’elle puisse poser ses mains sur mon torse.

    « – Je crois que le fait de jouer le chef de petits guerriers, me ramène à ce temps où j’étais encore un explorateur et qui n’avait pas eu de mal à kidnapper une magnifique brune rebelle et impolie. »

    Je souris finement à ce souvenir de Matoaka qui me faisait devenir fou par son comportement mais dans un sens elle me détestait de tout son être en ce temps là. Pourtant j’en étais fou, j’étais déjà dingue d’elle. Aujourd’hui encore je suis totalement conquis par cette femme du bout du monde et tout en lui donnant un nouveau baiser enflammé, je l’allonge à nouveau et je viens me caler entre ses cuisses pour que nos bassins se rencontrent. Mon membre pulse contre son intimité et même si je veux la faire patienter un peu, ma propre patience à raison de moi. Je fini par m’enfoncer en elle et à entamer des coups de bassin plutôt vifs.

    « – Ahh.. bon sang.. mon amour.. tu es.. tellement.. délicieuse.. »

    Oh que oui, elle l’est et ça ne fait que faire encore plus augmenter mes envies. Mes lèvres ayant quittées les siennes, je viens dévorer son cou de baisers ainsi que le haut de sa poitrine. Je pourrais la dévorer tant elle me donne faim d’elle. Plus elle gémit et plus mon plaisir décuple.

    « – Tu.. me rends.. totalement.. fou.. aaah… »

    Elle joue avec son étroitesse mais aussi son déhanché pour que je perde totalement la raison. Pour qu’elle devienne autant fébrile que moi, je passe ma main entre nos deux corps pour caresser son clitoris et pour qu’ensemble nous parvenons à une jouissance explosive. L’euphorie arrive à son pique, nos cris résonnent dans le manoir.

    « – Aaah.. Matoaka.. oui… mon.. Amour.. »

    Après ce dernier râle, je m’écroule sur elle. Ma joue s’impose sur sa poitrine et je me retrouve totalement déphasé par l’orgasme. Je suis sur un nuage et je me sens tellement bien que je fini par m’endormir ainsi contre elle. Pourtant au petit matin, elle n’est plus sous moi. Elle n’est même plus dans le lit mais mon odorat de grosse bouche, fait que je sens les douceurs qu’elle prépare pour le petit déjeuner.

    J’enfile un bas de pantalon et je la rejoins dans la cuisine. Ça fait bizarre de n’être qu’à deux ce matin mais ça fait aussi du bien. J’arrive derrière elle et je l’enlace alors qu’elle prépare une omelette comme je les adore.

    « – hm.. je vais plus souvent envoyer les jumeaux et Aden dormir chez les Hedlund si ça continue. Une nuit magique, un déjeuner qui va être exquis.. souhaites tu me faire encore plus fondre ? »

    J’allais lui demandé si elle avait encore une grossesse à m’annoncer, dans le simple but de la faire rire mais je me suis retenu puisque je suis loin d’imaginer qu’elle puisse avoir encore un ou plusieurs enfants. Nous avons déjà tellement galéré avec Aden que pour moi, cette idée est presque improbable.

    Nous terminons à table pour déguster ce qu’elle a préparé et je me plaît à observer sa poitrine qui ne demande qu’à sortir de son peignoir. Ça me donne même l’envie de me pencher pour y glisser une main mais je dois me ressaisir quand Kisos entre dans la pièce avec l’air grave. Il est même en panique. Cela ne peut que nous mettre en alerte à nos tours.

    « – Qu’est ce qu’il y a Kisos ?!
    _ C’est Aden !
    _ Quoi ?! Qu’est ce qu’il a ?!
    _ Il arrête pas de pleurer ! On a pas dormi de la nuit ! Je ne veux jamais avoir d’enfants ! C’est nul un bébé ! »

    La pression redescend et au lieu de paniquer, on éclate de rire avec Matoaka. Notre grand guerrier d’aîné, n’arrive pas à calmer un bébé. Sora arrive juste après avec Aden dans les bras et le petit cesse de pleurer quand il voit sa maman. Il avait juste très faim et au final c’est lui qui profite de la poitrine de mon épouse. Les jumeaux vont se vautrer dans le fauteuil du salon et je pourrais les envoyer dormir un peu mais ça serait beaucoup trop gentil.

    « – Allez prendre une douche et après nous irons nous entraîner à vous parer avec un bouclier.
    _ Mais Duda ! On peut se reposer un peu ?
    _ Tu crois que tes ennemis vont te laisser dormir ? Il n’y a pas de place pour le repos. »

    Sora râle un bon coup mais je ne cède pas. Je retourne vers Matoaka qui est assise avec Aden dans la cuisine. Ce petit bonhomme est sûrement le mieux placé pour le moment. Il en a même le sourire alors qu’il est accroché au sein de sa mère.

    « – Regardez moi ce petit chenapan. Il n’attendait que ça. En même temps tu as raison mon fils ! »

    Je me penche pour embrasser son front mais aussi pour déposer un baiser sur les lèvres de Matoaka.

    « – Je vais les entraîner un peu ce matin. Par contre ce soir je pars avec eux pour les habituer à marcher la nuit. Je ne pourrais pas réchauffer notre lit mais sache qu’à mon retour, je compte bien te faire encore gémir comme cette nuit. Alors sois en forme mon bel ange. »

    Je lui fais un clin d’œil et je pars à mon tour me préparer. Les jumeaux devraient partir dans trois semaines alors on doit quand même accélérer la cadence de notre entraînement. Je sais qu’avant de partir, Tomas devrait passer à Mallaig pour sûrement me demander d’être auprès de lui dans cette guerre mais de toute façon mon choix est bien fixé. Ce n’est pas moi qui représentera la famille Walker mais mes enfants. Je sais qu’à eux deux, ils prouveront que notre famille est toujours puissante.

  48. Avatar de M.
    M.

    Heureusement que Matoaka est intervenu car je n’aurais pas eu grand mal à hurler sur Sora. Elle m’a parlé avec un tel irrespect que j’aurai même pu finir par la gifler. Quand Matoaka en a fini et qu’elle me rejoint dans la chambre, je suis encore remonté comme une pendule. Les mots de Sora mais aussi le fait qu’elle veut à tout prix rejoindre Tomas.. non, ça ne passe pas. C’est même pire quand Matoaka essaye de me faire changer d’avis ou plutôt être moins sévère avec elle.

    « – Elle veut aller épouser un garçon qui a dix ans de plus qu’elle ! Elle n’a que quinze ans ! »

    C’est vrai que l’amour n’a pas d’âge mais en réalité, j’ai surtout beaucoup de mal à accepter que ma petite fille puisse devenir une femme. Je sais que c’est terrible, d’autant plus que je ne suis pas aussi stricte avec Kisos mais j’ai toujours été plus protecteur avec Sora. Déjà parce qu’elle était la plus fragile au niveau de la santé lorsqu’elle était bébé mais aussi parce j’ai cette peur que l’on puisse briser son cœur ou alors lui faire du mal physiquement. Oui, je la vois comme une petite chose trop fragile alors que non, elle sait se défendre et elle a du caractère mais mon esprit de papa ours n’arrive pas à le comprendre.

    « – Qu’elle trouve un garçon de son âge ! Quoi que non. Les garçons du village sont idiots. Hm.. Je.. non Matoaka. Enfin, elle est si.. si jeune et puis on a bien vu comment elle réagissait vis à vis de Tomas. Tu te rappelles qu’elle a tué une jeune fille quand elle était enfant ? Je sais qu’ils sont liés mais je ne conçois pas qu’elle puisse être avec lui. Je ne dis pas qu’il est mauvais mais non.. ça ne passe pas. »

    Comment Feargus a réussi à accepter Kisos ? Quoi que Kisos a l’âge de Charlie. Il faut que je trouve un moyen de faire en sorte que Sora passe à autre chose ou alors que Tomas la force à voir ailleurs. Oui, mon esprit bouillonne de milles idées pour mettre fin à cette idée de mariage qu’a Sora, si bien que j’en rumine toute la nuit. Mes cernes sont terriblement ressortis quand je retrouve Matoaka dans la cuisine pour le déjeuner. Sora aussi à de belles cernes mais elle m’évite. Elle fait comme si je n’existais pas.

    « – Comme on ne s’entraîne pas aujourd’hui, je vais aller faire un peu de cheval. Je reviendrais dans l’après-midi comme ça on pourra aller faire la lessive ensemble Ma’.
    _ Tu comptes aller où ? »

    Mais elle ne me répond pas. Elle quitte la cuisine aussi rapidement qu’elle est arrivée. J’en soupire mais je ne la retiens pas. Je me contente de terminer mon thé et de récupérer Aden qui râle dans les bras de sa Ma’.

    « – Je déteste tellement quand elle me snobe.. Vous êtes terrible les filles Walker. Vous savez comment nous rendre chèvre. Heureusement que vous n’êtes que deux. »

    Sora est comme Matoaka, elle sait comment me faire culpabiliser rapidement mais pour le moment je ne cède pas. De toute façon je ne dois pas céder, elle est trop jeune pour Tomas. Et il faut croire que le fameux prince charmant avait envie de faire un petit détour sur Mallaig puisqu’en milieu de matinée, nous voyons un cortège s’arrêter devant notre manoir. Tomas est là. Pas pour Sora mais parce qu’il tient à discuter avec moi concernant la prochaine guerre. Il est le roi de l’Écosse et c’est un grand guerrier mais il veut s’assurer que ses stratégies seront les bonnes.

    Bien évidement, on le laisse entrer mais je n’ai pas le même accueil sur la dernière fois. Je suis un peu plus bougon. Sora est déjà partie en balade donc tant mieux. Il n’y a que Matoaka et moi face à ce jeune homme que nous avons quand même élevé pendant plusieurs années.

    « – Tout va bien ? Cela fait des mois qu’on ne sait pas vu et je tenais à vous féliciter pour l’arrivée de ce beau petit garçon. Aden ? Un prénom de grand soldat ! »

    Il a fait ramener des cadeaux pour notre petit dernier mais aussi pour le reste de la famille. Il a fait faire une nouvelle épée pour Kisos, il a ramené des nouvelles herbes pour Matoaka, pour moi il a ramené un tartan aux couleurs de ma famille et pour Sora il y a des bijoux.. je me contient de râler car je sens le regard insistant de mon épouse mais bon, c’est difficile de rester silencieux.

    « – Sora ne supporte pas que tu épouses une autre femme. Elle veut aussi partir en guerre pour te prouver qu’elle est forte. Ma petite fille veut tout faire pour que tu portes ton regard sur elle mais je ne le veux pas Tomas. Certes, je t’apprécie et j’ai une haute estime de toi mais Sora n’a que quinze ans et.. Tu es un roi. On sait tous les deux que tu ne pourras pas rester célibataire encore des années, il te faut des héritiers.
    _ Wow.. je ne m’attendais pas à un tel discours. Je comprend mieux pourquoi tu me sembles assez hostile depuis mon arrivée.. »

    Tomas pense souvent à Sora et il a encore une immense affection pour elle, cependant c’est vrai que son statut de roi lui laisse moins de temps pour y penser. Et puis il ne l’a pas vu depuis tellement de temps qu’il ne sait pas à quel point elle est devenue une belle jeune femme aux courbes délicieuses.

    « – C’est vrai que je suis en pourparlers pour me marier avec la fille d’un grand duc. Je ne pensais pas finir veuf aussi vite..
    _ J’en suis encore désolé Tomas. Je ne peux imaginer ta douleur.. mais il faut que l’on trouve un moyen de calmer les envies de Sora et aussi s’assurer de sa sécurité.
    _ Tu as raison. Nous allons en discuter mais nous devons aussi discuter de ma venue ici. J’ai besoin de tes conseils pour cette guerre qui m’attend.. les sudistes vont bientôt passer la frontière et je dois les évincer mais aussi montrer ma légitimité.
    _ Nous allons en discuter mais je préfère aussi te dire que je ne prendrais pas part à la guerre. Je ne suis plus un jeune homme et je tiens à être auprès de mon épouse. Par contre Kisos sera avec toi. Nous faisons en sorte qu’il soit totalement prêt pour te suivre.
    _ De toute façon je t’aurais interdit de venir sur le champ. Tu as assez donné durant ta vie. Tu as le droit aujourd’hui de souffler et te reposer. »

    Avant d’aller parler guerre, je lui propose de se poser un peu et de manger. Nos servantes s’occupent de préparer un brunch et nous sommes rejoint par Kisos mais aussi Feargus. Pendant que les garçons discutent entre eux, je retrouve Matoaka qui est dans le salon et qui change la culotte bien garnie d’Aden. J’en manque d’avoir un relent tant il pue.

    « – Mais il a le diable dans le ventre ce bébé ! Mon dieu qu’il sent mauvais ! »

    Aden gazouille, comme s’il était content d’avoir offert ce cadeau odorant. Je me rapproche quand même et je glisse ma main sur la nuque de Matoaka. Je sais qu’elle se sent coincée entre le cœur meurtris de notre fille et mon envie de protéger Sora. Je ne la mets pas dans une position confortable et c’est vrai que je m’en veux. Pourtant il faut préserver notre petite fille.

    « – Tu étais jeune aussi.. je ne peux pas le nier et puis j’ai été assez horrible en t’enlevant. J’y ai souvent pensé tu sais.. J’ai été un monstre avec toi. Et c’est quand je vois à quel point je t’ai traité sans respect que je veux encore plus protéger Sora. Aujourd’hui nous sommes très loin de cette période où je jouais le conquérant et le voleur de belle demoiselle mais tu aurais pu vivre encore tellement de belles choses avec les tiens.. Je t’ai volé une partie de ta jeunesse et.. qui sait, peut-être que je t’ai volé bien d’autres choses. »

    Comme un autre amour, un autre époux. Cependant les années sont passées et aujourd’hui nous sommes toujours ensemble. Aden n’est pas sans rappeler que notre amour est encore fort. Enfin, peut-être pas autant que l’odeur de ses fesses. Quand il est enfin propre, j’en profite pour embrasser sa joue mais aussi les lèvres de ma belle épouse. Juste après cet échange, on entend la porte d’entrée s’ouvrir et on assiste à une scène qui m’agace mais qui pourtant est belle.

    Sora est là.. et Tomas reste sans voix. Son regard s’ouvre en grand et il n’arrive même pas à se lever de sa chaise. Sora n’est plus un petit bébé qui pleure sans cesse. Elle est une magnifique créature et c’est vrai que je peux être bien fière. Sa beauté est semblable à celle de sa mère. C’est sûrement aussi pour cela que j’ai ce trait possessif car elle est un beau trésor que beaucoup d’hommes pourraient vouloir s’arracher. J’ai tant de fois lutter pour ne pas qu’on me prenne ma Matoaka que oui, je sais que Sora sera aussi une femme très convoitée.

    « – Tomas…
    _ Sora.. tu.. tu as bien grandi..
    _ Hm hm.. Tomas, pouvons nous aller discuter ailleurs s’il te plaît. »

    Sora va me détester encore plus. Tomas s’exécute et quand nous sortons du manoir, la belle adolescente se met à me maudire de toutes ses forces. Elle se met même à insulter son frère qui essaye aussi de jouer le protecteur.

    « – Duda a raison.. Il est trop âgé pour toi et il a trop de responsabilités. Tu ne peux pas épouser un roi..
    _ Tais toi espèce d’abrutis ! Tu es bien content toi ! Duda te laisse aller coucher avec Charlie ! Mais est-ce que tu as dis à Ma’ et Duda qu’elle était peut-être enceinte ?! »

    Kisos fait les gros yeux alors que Sora sort du manoir en hurlant. Le jeune homme fait moins le fière, surtout en sachant que Feargus est présent. Le grand blond vient de recevoir une énorme claque mais il a surtout envie de faire la peau à Kisos. Sortir avec sa fille oui mais coucher avec elle non. Kisos lui avait promis de ne rien faire avant qu’ils ne soient mariés.

    « – Charlie enceinte ?! C’est quoi cette connerie Kisos ??
    _ Non mais.. Sora dit n’importe quoi.. elle est juste en colère.. c’est pas vrai pour Charlie..
    _ Je vais la ramener ici et on va s’expliquer tous les trois. Si ma fille est enceinte, je t’assure que tu vas passer un très mauvais moment. »

    De pire en pire.. Feargus quitte le manoir furieusement et il ne reste que Kisos devant sa mère. Il n’ose plus rien dire par peur de recevoir aussi un savon de la part de Matoaka. Nos jumeaux ont vraiment décidé de nous rendre fou. Entre leurs envies de partir en guerre et là les problèmes sentimentaux, ils vont finir par nous faire avoir des attaques cardiaques.

    Quand je reviens avec Tomas, Feargus est revenu avec Charlie et il est dans une colère noire. Il dispute les deux adolescents et il menace d’envoyer Charlie dans un couvent. Ne comprenant pas ce qu’il se passe, je demande à mon plus grand allié de m’informer et c’est la douche froide pour moi. Kisos est encore plus idiot que sa sœur. Il est même pire que sa soeur.

    Il est certain que je ne peux pas laisser ça sans conséquences. Moi aussi je viens disputer Kisos et Charlie pour leurs inconsciences mais pendant ce temps, Sora en profite pour retrouver Tomas. Elle n’a pas de mal à le faire sortir du manoir pour aller discuter avec lui et tenter de lui prouver qu’elle est prête pour être sa femme.

    « – Mais vous êtes inconscients ou quoi ?! Mais putain de merde Kisos !! Je pensais pouvoir te faire confiance !! Merde ! Vous me faites chier toi et ta sœur !! »

    J’en jette un vase qui se trouve sur mon passage, si bien que cela réveille Aren et il se met à pleurer. Qu’est ce que nous avons raté avec eux ? On a été trop laxistes ? Trop protecteurs ? Je lance un regard vers Matoaka, elle doit être à bout comme moi.

    « – Très bien. Vous voulez jouer aux grands ? Si Charlotte est vraiment enceinte alors tu seras capable d’avoir ta propre maison et ton propre travail Kisos. Tu seras aussi assez grand pour l’épouser. Tu vas préparer tes affaires et devenir un homme puisque c’est ce que tu veux montrer. Tu vas quitter cette maison.
    _ Quoi ?? Mais Duda ! Je..
    _ Il n’y a pas de mais. Je pense qu’on a tout donné avec ta mère et vous nous avez pris pour des idiots. Vous n’avez aucun respect pour nous et pour ce qu’on vous a inculqué. Je sais que ta sœur aussi va me faire un coup dans le dos. Elle croit qu’elle est assez femme pour épouser Tomas alors soit. Faites ce que vous voulez mais venez pas pleurer devant moi quand vous serez en difficultés. Je vous ai assez donné. »

    Je ne peux même pas le regarder, je suis bien trop déçu. Je quitte le salon pour aller prendre l’air dehors et il faut croire que j’ai vu juste sur Sora puisqu’elle est près de l’écurie avec Tomas. Elle est sur la pointe des pieds et elle l’embrasse. Matoaka arrive près de moi et je n’ai pas besoin de lui dire pour Sora, elle le remarque tout aussi bien que moi.

    « – Est-ce que j’ai été un mauvais père ? Qu’est ce que j’ai loupé ? »

    Je préfère ne plus regarder vers l’écurie car je sais que je pourrais aller étriper Tomas. Par le passé je n’ai pas été tendre avec lui et ça pourrait recommencer. Pourtant qu’est ce que je peux faire par rapport à lui et Sora ? Rien du tout. Je ne peux plus rien faire pour mes enfants. Ils ont pris des décisions qui me dépassent.

  49. Avatar de M.
    M.

    Matoaka a tout réglé et j’avoue que sans elle, je ne sais pas comment j’aurais fait. Je me suis sentie entièrement dépassé par la folie des jumeaux. J’ai aussi cogner Tomas lorsqu’il est venu me voir pour me donner de l’aide car je n’étais pas sans oublier le baiser de Sora qu’il n’a pas refusé. Cependant j’ai su prendre sur moi et quand j’ai appris les projets qu’il avait pour cette guerre, je n’ai pas pu refuser son invitation d’être le conseiller. Tomas est un bon guerrier mais un très mauvais stratège et si je ne le supervise pas, il enverra mes enfants directement à la mort. Matoaka n’a pas eu besoin de me sortir les vers du nez pour le comprendre. On se retrouve à deux, totalement perdu face à la situation mais même dans ce genre de moment, elle est là contre moi. Je ne peux que la serrer dans mes bras quand elle m’annonce qu’elle restera avec moi coûte que coûte.

    « – On ira ensemble alors. Je ne veux pas que nos jumeaux puissent finir dans un cercueil même s’ils sont complètement barges. Et puis dans un sens, je peux m’arranger pour que cette guerre ne dure pas des années.. mais on ne peut pas rester ici. Tomas est encore trop naïf et inexpérimenté sur le plan militaire. Je ne peux pas le laisser partir comme ça, il va tout simplement perdre et faire tuer des milliers d’hommes pour rien. »

    C’est un constat et je ne peux en vouloir à Tomas car diriger un pays n’est pas une chose facile. Pourtant je n’en reste pas moins assez triste puisque l’on va devoir repartir sur le front et j’avais promis à Matoaka que cela ne se reproduirait plus. En soit, je n’ai pas tenu ma promesse et je m’en veux même si elle, elle ne m’en veux pas.

    Après cette discussion, nous rentrons dans la maison et je retrouve un léger sourire quand je vois Sora et Kisos avec Aden dans le grand salon. Les jumeaux sont installés près de la cheminée et ils racontent des souvenirs à leur petit frère.

    « – On vivait dans un pays tout froid mais c’était très beau. Ici il fait un peu froid aussi mais c’est quand même plus agréable.
    _ Et tu sais que Duda était un grand roi ? Et Ma’ est une princesse d’un immense grand pays. Elle vient du Vineland. Un jour je t’y emmènerais petit frère. On ira conquérir le monde comme Duda le faisait lorsqu’il était jeune. »

    Ils cessent de parler lorsqu’ils entendent nos légers rires. Kisos se relève avec le petit et moi j’en profite pour demander à Sora de me suivre. Matoaka a raison, je dois lui parler. Ma jeune demoiselle ne fait pas fière mine et quand nous arrivons en cuisine, elle s’empresse d’aller me préparer un thé afin d’éviter de me confronter en face.

    « – Je ne suis pas là pour te disputer Sora mais pour discuter.. On a pas vraiment été très respectueux l’un envers l’autre. Ta mère a raison, tu deviens une jeune femme et tu as toujours été porté vers Tomas. Je savais que ce moment arriverait, celui où tu souhaiterais être auprès de lui mais c’est difficile pour moi de l’accepter.
    _ Je sais Duda.. mais je ne suis plus une enfant..
    _ Tu n’es pas non plus une adulte. Tu sais, je parais plus stricte avec toi mais contrairement à ton frère, ton destin sera plus grand car tu vas devenir une reine en étant avec Tomas. Ce n’est pas rien Sora et ça va beaucoup impacter ta vie. Alors oui, j’aimerais que tu profites encore de quelques années pour vivre tout ce que tu souhaites vivre. Tu auras le temps plus tard pour jouer l’épouse..
    _ Mais si j’attend, il devra en épouser une autre Duda. Et je fais quoi après ? Même si on s’aime, le divorce est interdit.. je deviendrais l’amante ou alors je devrais me marier à un autre homme.. c’est encore pire que de perdre quelques années de liberté.. »

    C’est vrai, elle n’a pas tort. Enfin si on raisonne comme quelqu’un qui est fou amoureux.

    « – On va aller faire cette guerre et après celle-ci, nous verrons pour ton avenir avec Tomas. Je ne te promet rien mais sache que je vais y réfléchir et si je vois que tu es assez responsable alors j’accepterais ton mariage. »

    Sora a les yeux qui pétillent. Elle vient même me sauter dans les bras, abandonnant au passage la tasse qui finie sur le sol. En entendant ce bruit, Kisos et Matoaka arrive dans la cuisine mais ce n’est pas une dispute qu’ils peuvent observer. Sora a un immense sourire et quand elle me relâche, elle se met à sautiller.

    « – Duda veut bien réfléchir au mariage après la guerre !! Peut-être que bientôt je serai la femme de Tomas !! »

    Elle exalte mais la guerre ne dure jamais quelques jours et avec Matoaka, nous sommes bien placé pour le savoir.

    « – Aller, filez au lit. Demain on reprend les entraînements car nous n’allons pas tarder à partir.
    _ Nous ? Vous venez aussi ?!
    _ Oui. Tomas a besoin de nous alors nous irons tous vers le sud.
    _ Mais où va aller Aden ?? Il ne peut pas nous suivre !
    _ Amara et Charlie s’occuperont de lui. Il sera en sécurité avec elles. »

    Justement je reprend le petit bonhomme dans mes bras. Lui n’a pas conscience de tout ce qu’il se trame. Il gazouille et s’agite avec enthousiasme, sûrement parce qu’il sait que bientôt il va avoir le droit au sein de sa mère.

    Les jumeaux partent se coucher et nous suivons le mouvement. Matoaka s’installe dans le lit pour donner le sein au petit dernier et je viens les rejoindre assez rapidement. Allongé sur le côté, je les observe silencieusement mais Aden réussit à me soutirer un rire quand il râle car il en a pas encore fini avec son repas.

    « – J’ose espérer que ça ne durera pas trop longtemps. Je ne veux pas qu’il grandisse trop vite et surtout loin de nous. »

    (..)

    Deux semaines de préparations et nous voilà parti vers Jorvik. C’est là bas que les soldats de Tomas attendent pour pouvoir partir en guerre. Chacun sur un cheval, nous avons pas mal de journées de route avant d’être là bas. Il y a moi, Feargus, Nashoba, Kisos, Sora mais aussi ma belle épouse. Les aux revoir avec Aden ont été très compliqués, pour nous mais encore plus pour elle. Charlie a dessiné un petit portrait du bébé pour que nous gardons avec nous une image de lui mais cela ne peut remplacer le bruit de ses rires ou même son odeur.

    Feargus et Nashoba sont en début de cortège. Matoaka et moi à la fin. Entre nous quatre, il y a des hommes de Mallaig et des alentours. Nous avons réussit à rassembler des personnes pour gonfler les rangs de Tomas mais je ne sais pas si cela sera suffisant. Kisos et Sora sont tout excités mais moi je le suis beaucoup moins. Je sais que les hommes du sud sont hargneux et ils ont aussi l’appuie des italiens. Logiquement des norrois devraient nous rejoindre dans quelques semaines mais rien est certain, cela dépendra de mon neveu Bjorn.

    « – Je pense que nous serons à Jorvik dans trois jours. Nous avons bien fait de prendre des tentes mais par contre on va devoir chasser pour manger ce soir. »

    Cela fait bien longtemps que je n’ai pas chassé en compagnie de Matoaka. Je sais qu’elle n’aime pas tuer les animaux mais nous devons prendre des forces pour les prochains jours. Nous enverrons les enfants pêcher afin d’avoir le maximum de vivre. Nous faisons un premier camp de fortune et on peut déjà assister à une première dispute entre Sora et Kisos car ils n’arrivent pas s’accorder pour monter la tente qu’ils vont partager. De loin, cela m’amuse car au contraire, avec Matoaka nous savons très bien nous organiser.

    « – Heureusement que l’on n’est pas comme eux. Au moins on est certain d’avoir quelque chose sur notre tête ce soir mais eux j’en doute. »

    En quelques minutes notre tente est prête alors on ne perd pas plus de temps et on part à deux vers un bois voisin afin d’essayer de trouver quelques lapins ou un sanglier. Je m’amuse à taquiner Matoaka en lançant le défi de celui qui saura ramener à manger. Je connais sa gagne et elle va tout faire pour me mettre une raclée mais je ne suis pas sans reste, je sais aussi me débrouiller. Cela me rappelle quand même notre jeunesse où l’un et l’autre on se cherchait alors qu’aujourd’hui on est quand même beaucoup plus sages dans le sens où doit montrer l’exemple à nos enfants. Dans ce bois, il n’y a personne pour nous voir jouer comme des enfants. On se taquine en faisant partir les proies de l’autre et puis je viens même attraper Matoaka pour la mettre sur mon épaule pour ne pas qu’elle puisse user de ses talents d’archer. C’est nous qui revenons bredouille et pas nos enfants car les jumeaux ont réussi à avoir une dizaine de poissons.

    « – oh regarde ils ont rien eu ! La honte ! »

    Se presse de crier Kisos alors que sa sœur embroche les truites pour les faire cuire. On finit tous autour d’un feu pour manger et Nashoba en profite pour raconter des histoires amérindiennes aux jumeaux. Ils aiment aussi cette culture qui semble pourtant si loin d’eux. Sora a même commencé à prier les esprits alors que Kisos a eu son premier tatouage amérindien.

    Quand vient l’heure du coucher, je vais quand même vérifier que la tente des jumeaux tient bien et une fois que tout est bon, je rejoins Matoaka dans la notre. Elle est assise sur une couverture et elle refait ses nattes mais j’arrive derrière elle et je viens m’amuser à lui faire des baisers sur les épaules pour la déconcentrer.

    « – Tu te rappelles que notre première fois était dans une tente ? On était ici, en Écosse. Cependant je crois que ma mémoire défaille et tu vas devoir me rappeler l’entièreté de ce souvenir. »

    On va devoir se faire discret puisque toutes les tentes sont plus ou moins proches mais cela ajoute un peu de piment à cette soirée. Justement je joue d’elle en glissant ma main le long de son corps et je la passe entre ses cuisses pour appuyer ma main contre son intimité.

    « – Mais tu vas devoir être silencieuse.. tu penses que tu peux y arriver ? »

  50. Avatar de M.
    M.

    Bon sang de bon sang.. Kisos a dépassé les bornes et il risque de finir par payer les conséquences de ses actes. Je connais ce caractère impétueux, impulsif mais ça ne m’a jamais rapporté rien de bon. J’ai aussi eu une haine contre cet homme qui a insulté mon épouse mais j’aurai demandé à Tomas de le punir via la loi et non par le sang. Je sais que le roi va essayer de minimiser ce qu’il s’est passé pour protéger Kisos du mieux qu’il le peut mais pour ma part je suis en colère et cette colère devient encore plus violente quand Kisos ose m’insulter et me faire passer pour un moins que rien. Ma main vient s’écraser sur sa joue. Cette claque résonne dans la pièce et elle instaure surtout un silence de mort.

    « – C’est toi qui nous fait honte Kisos ! Il n’y a aucun honneur à assassiner un homme pour une insulte. Il aurait payé en étant déshonoré mais toi tu as décidé de sa vie ! Tu as pris sa vie pour une insulte ! Et tu oses me dire que je devrais avoir honte ?! Si l’épouse de cet homme demande justice, je laisserais Tomas faire justice. Si tu dois être mis en prison à vie, tu finiras en prison à vie. Tu veux jouer le grand ? Tu veux jouer au justicier ? Et bien tu vas savoir ce que c’est la justice. »

    Il me regarde comme s’ il allait se jeter sur moi. Il est comme moi, il a une facilité à laisser sa colère l’envahir mais je ne veux pas qu’il reste ainsi. Avec le temps, j’ai bien compris que mes actes impulsifs ont toujours fini par me faire du tort et je ne peux pas laisser mon fils prendre ce même chemin. Et puis il a tué sans aucune émotion. Il a égorgé un homme sans même se soucier du reste. Cela pourrait le rendre encore plus dangereux et je sais que je finirai par le perdre si je n’agis pas maintenant.

    « – Tu crois que Charlie va épouser un homme comme toi ?! Un homme qui ne réfléchit pas et qui tue sans pitié ?! Elle va surtout avoir peur de toi. Tout comme tu viens d’effrayer ta mère et ta sœur. C’est ça que tu veux ?! Devenir un monstre aux yeux de tout le monde ?? Je sais ce qu’est d’être un monstre Kisos et je peux t’assurer qu’il n’y a pas pire parce que tu finis par être seul. Tu es détesté de tout le monde, même ta propre famille. »

    Matoaka et Sora sont derrière moi. Kisos ne peut pas nier le fait qu’elles semblent apeurées par ce qu’il s’est passé. C’est surtout sa jumelle qui est la plus expressive car elle n’ose pas le regarder dans les yeux et elle reste accrochée au bras de sa mère.

    « – J’ai sauvé l’honneur de Ma’ contrairement à toi !
    _ Tu n’as rien sauvé du tout. Tu as juste encore une fois sali notre famille. »

    Kisos fronce les sourcils et il lâche un grognement. S’il pouvait se battre contre moi, il le ferait mais Feargus et Nashoba sont présents, si bien qu’il sait qu’il ne fera pas long feu. Au lieu de cela, il s’éloigne et donne un coup de poing dans le mur avant de sortir de la chambre. Ma colère est encore forte, surtout parce que j’ai peur des conséquences sur Kisos. J’ai peur de ce qu’il va finir par lui tomber dessus s’il n’apprend pas à se contrôler.

    « – Excusez moi.. J’ai été dur avec lui mais il a dépassé les bornes. Si on ne fait rien maintenant, il finira par devenir la bête noire à traquer ou à tuer. »

    Dis-je en me tournant vers Matoaka et Sora. La jeune demoiselle vient se nicher dans mes bras et elle explose en sanglots car elle a compris que son frère était en très mauvaise posture. Jamais je n’aurai cru que cela serait arrivé. Je m’en veux presque d’être née. Je sais que c’est à cause de moi qu’il a ce côté sanguin et imprévisible. Pendant plusieurs minutes, mon regard croise celui de Matoaka et je sens bien qu’elle est tout autant perdu que moi. Qu’est ce qu’on va faire ? Surtout que nous devons partir dans quelques jours pour le sud.

    Je fini par laisser Sora avec sa mère car il faut que j’aille voir si Tomas a pu arranger un peu les choses. La veuve souhaite que Kisos soit puni pour ce qu’il a fait. Tomas a tenté de l’apaiser mais il se sent piégé entre deux camps. S’il refuse la punition, son peuple pourrait lui en vouloir, enfin si l’affaire se fait ébruiter. Dans un autre sens, s’il puni Kisos, il a peur que je l’abandonne mais surtout que Sora décide de ne plus jamais lui parler.

    « – Il avait des fils et ils vont vouloir savoir pourquoi leur père est mort.. J’ai surtout peur qu’ils ne demandent à ce que leur père soit venger et qu’ils veulent la peine de mort pour Kisos. Ici, un assassin est puni sur l’échafaud..
    _ Je le comprend Tomas. Je pense qu’à leur place, j’aurai aussi demandé une telle punition mais je ne peux pas laisser mon fils mourir à cause de son idiotie.
    _ Ce que je conçois aussi. Mais il faut que je trouve une solution.. La prison est aussi une option mais je me sens tellement mal de penser au fait que je puisses envoyer ton fils en prison.
    _ Il doit payer son acte.. Même si ça me tue, je pense qu’il doit comprendre l’erreur qu’il a fait et qu’il ne peut pas tuer pour des mots. Certes, j’aurai moi aussi tué cet homme si j’avais pu le faire mais heureusement je ne suis plus aussi fou que dans le temps.
    _ J’allais le punir tu sais ! Avant que Kisos ne..
    _ Je le sais Tomas. Je le sais bien.. »

    De son côté, Kisos est parti prendre l’air mais il ne décolère pas. Quoi qu’il commence à comprendre l’impact de son acte. Il risque de tout perdre. Il a bien vu le regard de sa mère ou même celui de sa jumelle.. c’est même le regard de Sora qui lui a fait le plus de mal car jamais elle ne l’avait observé avec une telle peur. Charlie aurait aussi été effrayé par ce qu’il a fait, c’est certain. Si bien que Feargus, qui d’ordinaire est assez compréhensible, retrouve Kisos en extérieur et lui indique qu’il préfère que Kisos s’éloigne de Charlie pour pouvoir la protéger. Le grand blond a peur que Kisos puisse être aussi impulsif avec la demoiselle. La déchéance commence mais Kisos a quand même un père qui tient à lui. Je devrais le laisser dans ses problèmes mais je n’arrive pas à m’y résoudre.

    « – Tu diras que c’est moi. C’est moi qui a décapité cet homme et c’est moi qui ira en prison.
    _ Mais non ! Je ne peux pas t’empoisonner Leif ! J’ai besoin de toi pour les combats !
    _ Après cette guerre, je prendrais la place de Kisos en prison. Je ne peux pas le laisser croupir en prison alors qu’il n’a que seize ans.. Il a encore tout à apprendre et à vivre.
    _ Mais toi ?! Tu as Matoaka, Sora.. elles ne te laisseront pas faire ! Et moi non plus je ne veux pas.
    _ Et qu’est ce que tu vas faire ? Laisser Kisos libre est risqué d’avoir un retournement de situation contre toi parce que ton peuple sera en colère que tu protèges un nordique ? Tu sais très bien qu’il faut que quelqu’un paye mais je ne peux pas laisser mon fils se faire exécuter ou aller en prison. Alors laisses moi prendre sa place.
    _ Sora va m’en vouloir..
    _ Non elle comprendra. Elle saura que tu n’avais pas le choix. Hm.. justement, quand nous rentrerons de guerre, je t’autorise à te marier avec elle.
    _ Quoi ?! Je.. mais..
    _ Je sais que tu n’attends que ça Tomas. Je ne suis pas un idiot. Tu as toujours eu Sora en tête.. Après cette guerre, je pense qu’elle sera assez mature pour devenir tienne.
    _ Tu me dis ça pour noyer le poisson ? Tu crois qu’elle oubliera que tu es en prison si je l’épouse ? Mais tu as pensé à Kisos ? Il va s’en vouloir et Matoaka.. elle ne pourra pas vivre sans toi.
    _ Et tu penses qu’elle sera plus heureuse du sort de notre fils ? Elle a encore Aden qui est tout petit.. hm.. et j’ose espérer que tu lui accorderas quelques visites. »

    Tomas n’aime pas la tournure des choses mais je ne lui laisse pas vraiment le choix. Pour le moment je lui demande de ne rien dire à Matoaka ni même à qui que ce soit. Il me le promet et c’est sur cette entente que je quitte Tomas pour retourner vers Matoaka et Sora. Kisos est toujours dehors alors que Sora s’est endormi dans notre lit, contre sa mère. Cette scène me fait légèrement sourire car j’ai l’impression de revoir ma toute petite fille alors que pourtant d’ici quelques mois elle sera une jeune mariée.

    « – Il n’est toujours pas revenu ? Hm.. Je vais aller le chercher. Essayes de te reposer mon Amour. »

    Je me rapproche de Matoaka pour embrasser son front ainsi que celui de Sora. Kisos est encore dans le jardin du château, il est larmoyant à cause de l’annonce de Feargus. Lorsque je le retrouve, il se tourne pour ne pas que je puisse voir son visage mais je comprend aisément qu’il commence à culpabiliser.

    « – Rentres dans ta chambre. Ça ne sert à rien de rester dehors à ruminer, le mal est fait.
    _ Feargus m’interdit de revoir Charlie. Tomas va sûrement vouloir que je paye pour mon acte. Ma’ et toi vous me détestez. Sora.. Sora est effrayée par moi..
    _ Tu pensais que tu gagnerais une médaille en tuant quelqu’un ?
    _ Il a insulté Ma’ ! Il a sali notre famille !!
    _ Et tu crois qu’il faut tuer tous ceux qui nous insultent ? J’ai toujours eu en horreur que quelqu’un puisse rabaisser ta mère et moi aussi j’aurai souhaité le tuer sauf que contrairement à toi, je ne l’ai pas fait parce que tuer n’est pas sans conséquence.
    _ Tu dis ça mais on va aller faire la guerre et on va tuer des hommes !
    _ Et tu crois que ça n’aura pas de conséquences ? Ces hommes qui vont mourir, n’ont-ils pas une famille ? Comme la nôtre ? J’étais comme toi Kisos. Par le passé, je tuais avec facilitée mais quand votre mère vous a mis au monde, j’ai changé ma façon de voir les choses. Au final, je me suis rendu compte que j’avais tué des milliers d’hommes sans aucune pitié et ça a fait de moi un monstre. J’étais un monstre jusqu’à vous.. »

    Et j’ai aussi énormément de fois payé le prix de mes folies. J’ai failli perdre Matoaka plusieurs fois mais aussi mes enfants. Avec les années, je me suis assagi c’est certain et je ne le regrette pas mais il est hors de question que mon fils fasse les mêmes erreurs ou alors qu’il paye parce qu’il a hérité de mon caractère.

    « – Tu penses qu’il va m’emprisonner ? M’exécuter ?
    _ Je me charge de ça. Cependant je veux que tu apprennes à ne plus agir de la sorte. Je veux que tu deviennes un homme bon Kisos. Regardes ta mère.. c’est une femme si douce, si forte, si.. incroyable ! Prends son exemple. Apprends à être comme elle et pas comme moi.. »

    Kisos baisse son regard mais il hoche la tête. Après cette discussion, nous finissons par revenir vers les chambres mais Kisos part directement vers son lit. Pour ma part, je reviens vers les filles. Sora dort encore contre sa mère et j’arrive à venir me poser aussi dans le lit sans la réveiller. Ma main vient se poser dans cette de Matoaka. Elle a du pleurer et surtout s’inquiéter.

    « – Tout va s’arranger. Nous allons aller en guerre et nous verrons par la suite mais pour le moment Kisos va réfléchir à son acte. Feargus lui a interdit de voir Charlie mais s’il se calme et qu’il prouve qu’il est à changé, je suis certain que tout s’arrangera pour lui.. Enfin, il faut surtout qu’il apprenne à ne plus être comme.. moi.. »

    Je secoue légèrement la tête mais en voyant Sora bouger et râler un peu, cela me rappelle aussi que j’ai deux autres enfants et eux aussi peuvent être tout autant impulsifs. Quoi que Sora est bien plus réfléchie comme sa mère mais Aden pourrait devenir comme moi. En soit, être en prison aiderait sûrement à ce qu’il évolue plus dans le caractère de sa mère.

    « – Dormons un peu, demain nous avons une grosse journée. Il faut préparer le départ pour le sud. »

    Je me penche du mieux que je peux pour l’embrasser car Sora est entre nous. Mon front finit même contre le sien. Je m’en veux tellement de toutes les douleurs qu’elle subit depuis qu’elle me connaît.. je pensais que cela finirait par cesser, surtout en arrivant sur Mallaig mais il faut croire que non. Le destin frappe toujours, comme si nous étions maudit.

    « – Je t’aime.. et je suis tellement désolé de tout ce qui arrive.. je n’arrête pas de te promettre que nous aurons enfin une vie paisible mais ça finit toujours par vriller. Je.. je m’en veux de ne pas te donner cette vie que tu mérites.. »

  51. Avatar de M.
    M.

    Voilà la fameuse bataille. Elle n’est plus qu’à quelques heures et j’y suis confronté avec mon épouse mais aussi mes enfants. Cela me stress davantage mais ça me motive encore plus à me battre, à tout faire pour gagner. Je sais que Matoaka et Sora seront un peu plus en sécurité en étant auprès des blessés mais j’ai quand même peur pour elles. J’ai tout autant peur pour Kisos qui malgré le fait qu’il a compris ses erreurs, reste un cheval fougueux et quand Matoaka me demande de bien le surveiller, je ne peux qu’accepter. Je pense même que je ferai tout mon possible pour ne jamais le quitter des yeux. Cela pourrait jouer en ma défaveur mais je ne peux pas laisser mon fils se faire tuer.

    « – Je reviendrais dans quatre jours et je vais rester près de Kisos mais toi aussi fais attention Matoaka. Ce n’est pas parce que tu n’es pas sur le champ que tu seras en sûreté. Garde toujours une arme près de toi et surveille Sora. Elle serait capable de lâcher les blessés pour rejoindre Tomas.. par amour, on est prêt à tout non ? »

    J’ai un léger sourire car nous savons que nous même nous serions prêt à tout l’un pour l’autre. Je reprend cette beauté contre moi car j’ai encore besoin de la sentir. Les jours prochains vont être très compliqués et j’ai besoin de cette dose de douceur avant de redevenir le guerrier que j’ai pu être par le passé.

    « – Il va falloir qu’on soit fort tout les deux. J’espère surtout que ça sera notre dernière bataille. Après ça, on rentrera chez nous auprès de notre petit Aden et on lui donnera une petite sœur.. Je n’ai pas oublié que tu me dois plein d’enfants. »

    J’embrasse encore ses lèvres plusieurs fois mais on se fait couper par Sora qui nous cherche ou plutôt qui me cherche puisque Tomas demande après moi. Il va falloir préparer les lignes d’hommes qui iront en premier sur le front. J’embrasse une dernière fois Matoaka mais j’embrasse aussi le front de Sora avant de m’éclipser pour reprendre mon rôle de conseiller du roi. Kisos est là mais je sens qu’il n’est pas autant à l’aise qu’il ne l’aurait espéré. Une première guerre n’est jamais évident pour un jeune guerrier. Les espagnoles vont bientôt arriver et je donne les derniers conseils qu’il manque pour faire plier nos ennemis. C’est à la fin de mon discours que je prend Kisos à part pour le prendre un instant dans mes bras et lui donner le courage dont il a besoin.

    « – N’oublie surtout pas les conseils de ta mère Kisos et je ne veux pas que tu te penses immortel. Si tu as des difficultés, n’essayes pas de les affronter seul. Je serai là derrière toi pour t’aider. Ce n’est pas une honte, au contraire notre force c’est d’être en famille. »

    Je lui rappelle qu’il y a aussi Nashoba qui sera là mais aussi Fergus, même si depuis l’incident Kisos n’ose plus l’approcher. Je vais justement vers eux quand j’en ai fini avec Kisos et je vérifie qu’ils ont tout ce dont ils ont besoin. Nashoba a toujours été un très bon soldats et avec les années, il est même devenu l’un des meilleurs éléments que j’ai comme allié. Fergus aussi est bon mais il est comme moi, il a pris en âge et nous sommes beaucoup moins fougueux que lors de nos jeunes années mais l’expérience nous a forgé.

    « – C’est ma dernière bataille, je l’ai promis à Amara.
    _ C’est ma dernière bataille aussi. Nous sommes deux vieux croûtons à présent.
    _ On mérite surtout de mourir auprès de nos épouses et pas sur un champ de bataille. Et puis je veux voir mes enfants grandir, ma fille se marier..
    _ Kisos est paralysé par le fait de ne plus jamais pouvoir être près de Charlie et je suis certain qu’il va vouloir te prouver qu’il est un futur époux excellent durant cette bataille.
    _ Je le sais et je sais aussi qu’il sera parfait pour Charlie mais avant quelconques fiançailles, je veux qu’il gagne non pas la bataille sur le champ mais contre lui-même.
    _ Et dire qu’on va se retrouver à la même table le jour du mariage.. »

    On se donne une accolade sincère et fraternelle. Maintenant il faut y aller. Il n’y a plus de place pour les paroles rassurantes, il faut sortir son épée et protéger le royaume de mon futur beau fils. Nous partons vers l’avant mais attendons que les espagnols se rapprochent puisqu’ils ne se doutent pas que nous les attendons. C’est déjà un bon point pour nous mais nous savons qu’ils sont coriaces et qu’ils ne lâcheront rien jusqu’à ce que l’un des deux camps à tuer tous les hommes de l’autre camp.

    « – Soyez digne et surtout ne lâchez rien. »

    Dis-je à l’intention des hommes autour de moi mais surtout à Kisos qui est à ma droite. L’heure est venue, le combat a sonné.

    Mon épée est toujours autant sanglante et même si je ne suis plus aussi rapide qu’avant, je réussis à mettre chacun de mes adversaires au sol. Kisos a bien appris de mes entraînements car il a les mêmes réflexes que moi et il se montre même beaucoup plus puissant que je ne l’ai pu être. Je pourrais en être jaloux mais au contraire je suis fière de ce garçon que j’ai conçu avec celle que j’ai toujours aimé. Kisos est une arme redoutable et plus nous avançons, plus il se démarque des autres soldats. Pour Tomas aussi c’est une grand surprise car il n’a pas oublié les anciens entraînements que l’on a eu lorsqu’il était plus jeune cependant il a encore le mauvais vice de ne pas regarder derrière lui. Je dois souvent l’assurer pour éviter qu’il ne se fasse tuer et cela me conduit à avoir moins de regards sur mon fils.

    Des milliers d’hommes se battent. Les espagnols sont bien plus nombreux que nous et sur certains fronts, nos hommes reculent. La bataille va durer, elle ne se terminera pas ce soir et il va falloir que j’apprenne à bien retenir les jours pour ne pas oublier ce quatrième jour. Je ne sais pas ce que Matoaka a vu mais je sais que ses visions peuvent être cruelles.

    « – Le chef de l’armée espagnole est encore dans le fond ! Il ne se rapprochera pas par peur de se faire tuer. Il faut que l’on aille le débusquer nous même !
    _ Tu as raison Tomas mais chaque chose en son temps. Si on se précipite, cela fera une brèche et les espagnols pourront avancer bien plus vite que prévu. On doit tuer tous ceux qui arrivent en premier et ça risque de prendre du temps mais on les fera tous tomber.
    _ mais ça pourrait durer des semaines !
    _ Crois moi que non. Quatre jours au plus tard. »

    Le bruit des épées et des râles de douleurs ne sont pas plaisant. L’odeur du sang non plus. Fergus est le premier qui se fait gravement blesser et j’ordonne à Kisos de le ramener auprès de Matoaka. Cela laisse un peu de répit à notre fils et surtout je sais qu’il ira bien plus vite pour aider mon vieux frère. Quand ils arrivent dans la tente, Sora se précipite sur Fergus pour voir ce qu’il a. Une énorme plaie sur la cuisse. Comme lui a appris sa mère, elle fait les premiers soins ce qui laisse le temps à Kisos d’aller rapidement prendre sa Ma’ dans ses bras.

    « – Tout va bien pour le moment Ma’ ! On a déjà éliminé bien plus d’espagnols que prévu mais Duda craint qu’une autre vague arrive d’ici demain. Ils pensent même qu’il y aura beaucoup plus d’hommes que prévus. Tu penses qu’on va y arriver ? Je n’ai jamais vu autant d’hommes s’entretuer.. »

    Il a quelques égratignures mais rien de très grave. Il tient surtout à retourner sur le champ pour s’assurer que tout va bien pour moi alors après une longue accolade à sa mère et sa sœur, Kisos revient vers l’endroit où il nous avait quitté mais nous avons dû avancer. Il se retrouve seul au combat mais en réalité moi aussi puisque Tomas a été blessé. Maintenant nous devons nous battre et essayer de se retrouver, ce qui n’est pas aisé lorsque des dizaines d’hommes cherchent à vous tuer.

    Première journée. Deuxième journée. La troisième est plus difficile car la fatigue est là. Je n’ai eu aucun repos mais j’ai au moins retrouvé Kisos. Lui non plus n’a pas eu de repos mais il n’a pas montré une seule fois une quelconque faiblesse et ça me rend d’autant plus fière cependant il doit aussi se reposer un peu. Nous ne sommes pas des surhumains et on va finir par ne plus tenir. De toute façon il y a eu un replis côté espagnol et c’est ce qui nous donne quelques heures pour souffler un peu. Je réussis à nous trouver de l’eau et Nashoba nous ramène quelques morceaux de viandes qu’il a récupéré auprès d’autres soldats en pause.

    « – Tu penses que Ma’ et Sora vont bien ?
    _ Oui, je suis sûre qu’elles vont bien même si elles doivent avoir beaucoup de travail. Nous avons énormément de soldats blessés..
    _ Et mort aussi. On a perdu beaucoup d’hommes Duda.. Et on ne sait même pas où se trouve Tomas, s’il est encore vivant ou non. On ne sait pas non plus si Fergus va mieux.. »

    L’incertitude, c’est ce qui est le plus difficile à gérer lors des guerres. Est-ce que l’on va réussir ? Est-ce qu’on a perdu des amis ? Est-ce qu’on va survivre ? Kisos se pose les bonnes questions et cela me rassure. Il ne combat pas comme un fou qui ne réfléchit plus. Il reste rationnel et c’est ce qui fera de lui quelqu’un de grand.

    « – J’espère que tout va bien pour eux et j’espère surtout les revoir mais là nous devons penser à nous deux. J’ai quand même une petite idée pour que cette bataille finisse plus rapidement mais on va devoir être soudé plus que jamais Kisos. On doit aller trouver le chef de cette révolte et on doit le faire prisonnier. C’est à cause de lui que le sud attaque le nord.
    _ Mais on ne sait même pas s’il est vraiment ici.. et il doit être entouré par des centaines de gardes.
    _ Je sais, ça ne va pas être simple mais il faut cueillir le problème à sa racine. Si nous ne tentons pas cela, je sens que cette bataille va durer des mois et on risque de perdre car nous n’avons pas autant d’hommes que les espagnols..
    _ Les français et Bjorn ne peuvent pas nous aider ?
    _ Si mais le temps qu’ils se préparent à nous rejoindre, je doute que nous soyons encore debout. »

    C’est dangereux et j’en ai conscience, surtout que j’y implique mon fils mais tourner autour du pot ne servira à rien. Kisos accepte sans broncher, il a une confiance aveugle en moi mais avant de tenter ce coup, il faut que je sois certain qu’il ne fera pas d’erreurs. On va devoir d’abord réussir à avancer plus rapidement et pour ça on va devoir se montrer sans pitié avec l’ennemi. J’en oublie même ce que m’a demandé Matoaka.. revenir au bout de quatre jours, est-ce que ça va être viable ?
    La pause terminée, j’entraîne mon fils vers cette quête qui semble héroïque mais aussi suicidaire.

    Notre duo est impressionnant. À deux, on ne laisse aucune vie sur notre chemin mais c’est quand même une épreuve physique qui n’est plus aisée pour moi. J’ai cette chance que Kisos soit beaucoup plus jeune et puissant que moi. C’est même grâce à lui que nous avançons plus vite que je ne l’aurai pensé mais on ne trouve toujours pas ce fameux chef. Peut-être qu’il est encore sur Londres par peur de se faire tuer ici mais il doit quand même y avoir des commandants, des personnes qui mènent les troupes.

    Le quatrième jour pointe le bout de son nez et Kisos remarque des hommes qui se différencient des autres à cause de leurs tenues beaucoup plus protectrices. On touche notre but mais il faut réussir à les approcher sans recevoir de flèches avant. J’ai une blessure sur le flanc qui me fait mal mais il est trop tard pour se reposer. Surtout que je suis le meneur et je ne peux pas laisser Kisos partir seul vers ces hommes alors oui, je me donne encore le courage de faire cette attaque qui est la plus importante. On doit les éliminer, on doit tuer les têtes pensantes de cette bataille.

    « – Leif Erickson et son fils arrivent ! Préparez vous !! »

    Il faut croire que nous sommes déjà bien connus mais on est surtout repéré et ça va corser le combat. Kisos garde la tête haute et il semble vouloir me protéger puisqu’il part en premier vers nos ennemis. Je le rattrape bien vite pour que l’on soit à deux dans ce combat qui va être très compliqué. Bien sûr, il y a quelques hommes du nord qui ne sont pas loin mais là, on se retrouve à deux devant une trentaine d’hommes et surtout devant quelqu’un que j’ai bien connu. Georg, un ancien camarade qui est devenu aujourd’hui un ennemi puisque c’est lui qui gère les troupes. Nos chemins s’étaient séparés quand j’étais revenu du Vineland avec Matoaka car il voulait continuer à conquérir le monde alors que moi je voulais rester près de ma belle amérindienne.

    Les coups pleuvent et même si nous sommes deux bêtes de muscles, on cumule déjà plusieurs jours de combats et on se retrouve très vite encerclés par les hommes de Georg. On réussit à en tuer une dizaine mais on se fait attraper et attacher. Georg se sent victorieux mais il ne veut pas nous tuer pourtant le moment puisque nous sommes des otages parfaits. Il peur nous échanger contre le trône de Tomas.

    « – Leif.. pourquoi t’être associé à cet idiot de roi ? Il n’a rien d’un roi. Il préfère se cacher dans le nord du royaume plutôt que d’aller vers son peuple. Il ne mérite pas sa place et toi tu oses t’allier avec lui..
    _ Il mérite sa place. Il est l’héritier de ce royaume. Toi tu es l’héritier de qui ? Qui a décidé de se révolter contre le roi ?
    _ Tout le monde Leif. Personne ne veut de ce roi.
    _ Il y a bien quelqu’un qui veut prendre sa place.. toi ? Tu comptes devenir roi à sa place ?
    _ Jamais de la vie ! J’ai bien vu que la place de roi était un fardeau.
    _ Alors qui a osé envoyer des troupes contre Tomas ? Vous avez fait alliance avec les espagnols mais je doute que le roi d’Espagne veuille prendre ce trône.
    _ Le futur roi est à côté de toi.. »

    Je fronce les sourcils et je tourne mon regard vers Kisos. Nous sommes tous les deux à genoux et il n’y a que lui près de moi cependant Kisos n’aurait jamais comploté dans mon dos. Il a prouvé sur le terrain qu’il était bien au côté de Tomas.

    « – Kisos ?
    _ Tu as abandonné ton trône et tu l’as donné à Bjorn mais notre vrai roi c’est ton fils. Il est le roi de tous les nordiques.
    _ Les nordiques sont derrière cette guerre ?
    _ L’anglicie est à nous mais tu as préféré jouer l’homme bon et tu as redonné cette terre à ce bon à rien de Tomas. Tu es devenu encore pire que ce Tomas finalement. Une vraie loque. Ton fils ne sera pas comme toi, il sera un meilleur conquérant que toi. »

    Je suis désarçonné. Kisos aussi car il ne comprend pas pourquoi on lui demande d’être roi. Cependant pour mettre une pression sur Kisos, Georg me relève de force et il met un couteau sous ma gorge.

    « – Tu dois accepter ton destin Kisos. Ton père veut faire de toi un petit paysan de pacotille mais tu devais devenir un roi. Acceptes ta place et on laissera ta famille vivre. Si tu ne veux pas de ce trône, nous devrons tous vous tuer. »

    Le quatrième jour est là. Je ne suis pas face à Matoaka mais face à mon fils qui m’observe avec une peur jamais encore atteinte. Il va devoir faire un choix. Me sauver et s’en aller avec l’ennemi. Je ne le veux pas mais que puis-je faire ? Je ferme les yeux et espère que Matoaka puisse me sentir. J’ai besoin d’elle, de sa force, de sa réflexion.

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    M.

    Je suis vraiment en amour devant cette présentation ♥

  53. Avatar de M.
    M.

    Matoaka a réussi à nous sortir de cette situation mais j’ai énormément de mal à me sentir serein. J’ai subis des coups et j’ai des blessures importantes cependant mon esprit est pris par ce qui a été dit. Ils veulent mon fils et ils veulent faire de lui un roi. Ils étaient prêt à me tuer pour le faire céder. Je n’ai pas eu peur de perdre la vie mais j’ai eu peur que Kisos accepte cette proposition. Nous avons eu une chance inouïe que Matoaka voit cette scène en vision, cependant elle n’a eu que des flashs. Elle ne sait pas la totalité mais nous sommes sur la même longueur d’onde. Elle ne veut pas non plus que Kisos devienne un roi.

    « – Ils ne veulent plus de Bjorn sur le trône.. si bien qu’ils ont tué mon neveu. Ils veulent Kisos.. ils disent que c’est lui le vrai héritier et ils ont raison mais il en est hors de question. Je ne laisserais jamais Kisos retourner dans ce tourment qu’est un trône. Je ne veux pas qu’il vive ce qu’on a vécu. »

    Je ne sais rien pour Arès et c’est sûrement mieux car cela me rendrait encore plus inquiet. Pour le moment je dois surtout penser à ma famille qui vient de vivre des péripéties assez intenses. Kisos n’a pas eu de grosses blessures mais le fait d’avoir été en face de mon possible assassinat, l’a sacrément abîmé. Sora n’a pas été blessé mais elle a vu beaucoup trop de sang, de morts et puis Tomas a été gravement amoché tout comme Fergus. Matoaka est beaucoup plus forte que nos enfants mais elle a aussi encaissé beaucoup de peur et d’angoisses. Elle a même encaissé bien plus que nous tous réunis puisqu’elle a eu cette vision qui annonçait la mort. Je ne sais pas si elle a vu autre chose mais je dois tous les éloigner d’ici. Nous avons battu les espagnols et même s’il reste des ennemis vers Londres, on se doit de retourner vers un endroit beaucoup plus calme et sécurisé.

    « – Nous allons retourner à Embra et je pense que j’aurai la tête beaucoup plus posé pour réfléchir à ce qu’il se passe ici ou en Norvège. Il faut que vous soyez en sécurité et que vous vous reposez.. surtout toi. Tu dois être épuisé avec tout ça.. »

    Elle va me dire que c’est moi qui doit me reposer mais je vois bien dans son regard qu’elle est au bord de l’évanouissement. Elle n’a pas dû fermer l’œil depuis des jours. Elle prend soin de tout le monde mais c’est mon rôle de prendre soin d’elle.

    Le retour sur Embra est acclamé par énormément de paysans et écossais car Tomas est montré comme le roi vainqueur. Heureusement qu’il n’a pas encore dû donner de discours car il se remet très mal de ses blessures et il se retrouve coincé dans son lit. Sora veille sur lui comme une louve veille sur ses petits mais moi aussi je garde un œil car si le roi meurt, il n’y a pas que la Norvège qui me donnera des cheveux blancs.
    Pour kisos, il reste assez silencieux et il évite même de parler avec qui que ce soit mais son mal être se ressent. Même sa mère n’a pas su lui tirer un vers du nez alors pour tenter de percer sa coquille, nous avons fait envoyer une lettre à Amara pour qu’elle rejoigne Embra avec Charlie et Aden. De toute façon c’est sûrement mieux ainsi car mon vieil ami Fergus est encore alité aussi. C’est Matoaka et moi qui devons un peu gérer les choses en ce qui concerne nos proches ou même ce royaume. Tant que Tomas ne sera pas debout, il faut que quelqu’un fasse tourner la boutique et j’ai accepté de le faire mais non sans m’octroyer quand même un peu de repos. Mes blessures font encore un peu mal mais c’est surtout mon âge qui me rend bien moins fougueux. Je ne suis plus un jeune étalon de vingt ans et il me faut plus de temps pour retrouver une énergie complète.

    « – Leif ? Le roi vous fait appeler ! Il souhaite vous parler ! »

    Je cesse les plaidoiries de certains habitants mais avant de rejoindre la chambre de Tomas, je fais un détour vers la salle qui serre de dispensaire pour voir si tout va bien pour Matoaka. Elle a aussi été convié à rejoindre la chambre de tomas et c’est là bas que je la retrouve. Il y a aussi Sora ainsi que Kisos. Le jeune roi semble aller un peu mieux puisqu’il est assis dans son lit et sa mine est bien meilleure qu’à notre arrivée au château. Ma petite fille est assise près de lui et je ne me fais pas d’illusions sur ce qu’il va être dit. J’avais fait une promesse avant la bataille.

    « – Tu souhaites nous parler ?
    _ Je tenais à vous remercier pour ce que vous avez fait pour moi et mon royaume. Je n’avais pas l’énergie de le faire depuis quelques jours mais maintenant que je vais mieux, je me dois de vous remercier tous les quatre. Vous êtes une très grande famille et j’ai une grande admiration pour vous. Je rêve même de pouvoir avoir une famille aussi soudée et aimante un jour. »

    Il prend la main de Sora mais Tomas finit par se relever de son lit. Il s’avance vers moi et Matoaka. Ma main vient serrer celle de mon épouse car je ne suis pas le plus à l’aise avec ce qu’il se passe mais il faut que je le fasse pour le bonheur de ma petite fille.

    « – J’aimerais vous demander la main de Sora, officiellement. Cette demoiselle est mon grand amour et je n’imagine pas ma vie sans elle. Je sais que notre différence d’âge a toujours été un problème mais je me fiche de l’âge. Je ne veux pas attendre encore des années, je veux qu’elle soit mon épouse le plus rapidement possible.
    _ Hm.. et bien.. »

    Sora attend derrière et elle montre une impatience euphorique qui me rappelle celle de sa mère. Elle n’a que seize ans mais c’est vrai qu’elle est mature pour son âge et elle sait ce qu’elle veut. Il est certain qu’elle est une copie de Matoaka. Une jeune femme forte et ambitieuse.

    « – Nous acceptons mais seulement si tu me promets de ne pas la mettre enceinte dans les mois qui arrivent. Je veux que Sora puisse profiter de sa jeunesse avant de devenir mère. »

    Difficile à parler de possible grossesse mais c’est ce qui arrivera un jour. Tomas accepte et sans attendre, il sort une bague de sa poche pour venir l’offrir à notre fille. Kisos observe la scène avec le cœur lourd puisque pour lui, ce n’est pas la même histoire. Fergus lui a interdit de se marier avec Charlie. Ne pouvant pas rester neutre dans tout cela, je décide d’aller voir mon vieux frère pour lui annoncer que sa famille va arriver mais aussi pour savoir ce qu’il en est pour Kisos.

    Je laisse Matoaka rejoindre Kisos pour essayer de lui rendre un peu de baume au cœur et pour ma part je rejoins Fergus. Il est heureux de savoir que sa famille va arriver mais il grince un peu des dents quand j’évoque nos deux grands enfants. Je sais qu’il apprécie Kisos mais il veut aussi que sa fille ait une vie paisible et je peux aussi le comprendre.

    « – Kisos n’a pas hérité des meilleurs gènes.. Il a eu ceux de son père et il a agit impulsivement mais je crois qu’il commence à réellement comprendre que l’impulsivité ne sert à rien. Je crois aussi qu’il voit que la guerre n’a rien d’euphorique. Tu sais, il est encore un jeune homme et il a beaucoup à apprendre mais tu sais comme moi que depuis sa tendre enfance, il y a une seule chose qui n’a pas changé chez lui.. c’est l’amour qu’il porte pour ta fille.
    _ Je le sais Leif. Je le sais depuis le début.. Ils ont toujours été fusionnels et inséparables. Ils s’aiment tellement que parfois j’ai douté de mes propres sentiments pour mon épouse, tant nos enfants montraient un amour encore plus intense.
    _ Sur ce point je ne peux pas te contredire, ils se sont toujours aimés avec ferveur.. et c’est pour cela que je suis certain qu’il est temps que l’on parle du mariage. On sait tous les deux que ça se fera mais si on accepte pas, ils le feront dans notre dos.
    _ Un peu comme leurs premières fois.. Heureusement que Matoaka a su réparer les dégâts. Mais tu as raison, cependant je veux être certain que Kisos ne fera plus d’idioties qui pourraient mettre en danger sa vie ou celle de Charlie.
    _ Je m’en porte garant. J’ai encore des choses à lui apprendre et je ferai en sorte qu’il devienne un homme bien plus responsable que moi. »

    Fergus accepte même s’il demande à ce que Kisos lui fasse aussi une demande officielle. Les problèmes commencent à se dénouer et je me presse à aller prévenir Kisos. Matoaka a dû retourner dans le dispensaire mais je fini par la rejoindre. Elle donne des derniers soins à quelques soldats encore gravement blessés. Je ne viens pas l’interrompre, je l’observe silencieusement mais quand elle capte ma présence, elle peut voir un sourire ravis se dessiner sur mes lèvres.

    « – Demain soir il va y avoir un immense bal de donné au château. Nous allons fêter les fiançailles de notre fille mais aussi de notre fils. »

    J’ai déjà fait demander à ce que les festivités soient lancées. Avec l’argent que nous avons de côté, j’ai décidé de payer pour tout cela. Nous pouvons bien nous permettre cette folie puisque nous avons amasser beaucoup d’argent sans jamais vraiment le dépenser mais cette fois-ci c’est pour la bonne cause.

    « – Par contre j’ai besoin de toi pour une affaire de grande instance mon Amour. Il faudrait que tu trouves une bague pour Kisos car il ne peut pas demander Charlie en mariage sans bague. Ça c’est de ton ressort car je pense que je ne suis pas le plus doué pour les bijoux. »

    C’est quand même une étape assez spéciale car les fiançailles de nos enfants nous donnent une sorte de coup de vieux bien que nous ne sommes pas non plus deux vieux croûtons ridés. Pourtant notre jeunesse est bien loin et on laisse celle-ci à nos jumeaux. C’est eux qui vont devoir créer leurs vies à présent. La nôtre est déjà ancrée et bien entamée mais elle n’est pourtant pas terminée. On a encore des péripéties qui nous attendent, j’en ai bien conscience. Aden est encore tout petit et lui aussi va nous possiblement nous faire bondir.

    « – Mais en attendant cette fête, je veux profiter de cette soirée avec toi. Sora va s’occuper du dispensaire mais toi tu me suis. J’ai une petite surprise pour toi. »

    Nous n’avons pas eu de moments rien qu’à deux depuis très très longtemps. La bataille, Aden, les jumeaux.. ça ne laisse plus beaucoup de temps pour notre couple alors pour ce soir, j’ai demandé à ce que nous soyons tranquille. Une table a été installée dans notre chambre et nous allons dîner en tête à tête. Quand nous y arrivons, plusieurs plats nous attendent déjà mais il y a aussi des bouquets de fleurs qui ont été ajouté dans la pièce. C’est sûrement une idée de Sora puisque je ne suis pas un grand romantique. Elle a même fait mettre des bougies un peu partout. Il va falloir que je remercie cette petite brune qui veut me faire passer pour l’époux parfait.

    « – ce soir il n’y a que toi et moi. Personne n’a le droit de venir nous embêter. »

    Je vais vers la table pour tirer sa chaise et je la laisse s’installer avant de m’installer face à elle. Je me sens soudainement intimidé car devant elle, je ne peux pas être le chef de guerre ou l’homme impassible. Face à elle, je ne suis que Leif et elle me désarme par un simple sourire. Je remplis nos verres avec du vin et je lève le mien pour que nous puissions trinquer à ce qui va arriver. Il y a toujours des problèmes qui pèsent sur nos épaules mais durant ces dernières années, j’ai appris à croire qu’on méritait aussi des moments de bonheur purs et simples.

    « – Et si nous trinquions à nos réussites ? Pas celles que les champs mais celles que nous avons fait à deux, depuis que nous sommes ensemble ? »

  54. Avatar de M.
    M.

    C’est le genre de soirée que j’adore par dessus tout. Mon épouse qui me charme et qui m’offre un moment divinement sensuel. Cependant je ne m’attend pas du tout à ce qu’elle vienne m’annoncer qu’un nouveau petit bébé se cache dans le creux de son ventre. Alors que je suis allongé sur le lit, j’observe Matoaka comme si elle me faisait une blague. Dit-elle vrai ? Nous avons eu énormément de mal à avoir un troisième enfant et en peu de temps elle aurait un quatrième petit ? Mon épouse rit face a mon incompréhension et je me redresse en fixant son ventre encore plat.

    « – Un bébé ? On va avoir un nouveau bébé ?? »

    Ça paraît totalement irréaliste mais elle affirme à nouveau qu’un bébé pousse dans son ventre et qu’elle meurt de faim. Je me rapproche de ce ventre à en avoir presque mon visage contre lui et je fini par poser mon oreille contre lui.

    « – Un nouveau petit bébé.. oh.. on va avoir un nouveau petit bébé.. »

    Je me met à sourire bêtement et sans prévenir, je soulève Matoaka et je tourne avec elle avant de la reposer au sol. Je suis heureux. Certes ce n’était pas prévu mais j’ai toujours souhaité avoir une grande famille et mon rêve continue de se réaliser. Même si nous avons deux grands enfants et que nous avons pris de l’âge, je sais que l’on peut gérer l’arrivée de ce futur bébé même si Aden est encore tout petit aussi. J’embrasse à plusieurs reprises Matoaka avant de l’accompagner à table pour qu’elle mange à sa faim.

    Dès le lendemain matin je ne sais pas contenir ma joie de dire à tout le monde que nous allons avoir un nouveau bébé. Si Sora n’est pas surprise, Kisos est sans voix mais il prend cette nouvelle avec joie. Cependant je n’oublie pas que Matoaka m’a demandé de lui parler alors je lui propose une balade à cheval pour que l’on puisse discuter de ce qu’il ressent. La bataille a laissé ses marques mais je suis déjà passé par cette étape qu’est de vivre sa première guerre.

    « – La guerre est une chose horrible et moi non plus je n’étais pas bien après ma première bataille. J’avais ton âge et je vivais encore ici, en Écosse. Avec Fergus, nous avons été appelé pour combattre auprès de Highlander afin de repousser des anglais qui voulaient prendre les terres du nord. J’ai dû tuer beaucoup d’hommes et ça a été très traumatisant parce qu’ils étaient comme moi.. ils ne voulaient pas forcément se battre mais ils n’avaient pas le choix.
    _ Ce n’est pas ce qui m’a le plus traumatisé Duda.. ce qui m’a fait le plus mal, c’est quand tu étais attaché sur ce poteau et qu’ils étaient prêts à te tuer. Si Ma’ n’était pas arrivée, je n’aurais pas pu te sauver..
    _ Tu ne dois pas t’en vouloir Kisos. On ne savait pas que nous allions être fait prisonnier. Je ne suis pas mort et toi non plus.. cependant tu dois savoir qu’un jour je rendrais mon dernier souffle, que ce soit dans vingt ans ou alors demain. Je sais que ce n’est pas une chose facile que d’imaginer la mort de quelqu’un que l’on aime mais je ne suis pas éternel. Cela arrivera mais en attendant, je tiens à ce que tu saches que je suis fière de toi. Je suis fière de ma famille.
    _ Mais si tu t’en vas, je deviendrais le chef de la famille et je ne veux pas prendre ta place.. c’est toi le chef, c’est toi notre pilier.
    _ Tu seras un bien meilleur chef que moi Kisos. Tu doutes de toi mais moi je sais que tu seras bien mieux parce que tu es quelqu’un de bon et quelqu’un qui apprend de ses erreurs. »

    Kisos n’a pas confiance en lui et c’est ce qui le déstabilise. J’espère que l’arrivée de Charlie saura lui rendre un peu de sa force. Il ne sait pas encore qu’elle devrait arriver dans la journée et qu’une fête de fiançailles va se faire ce week-end.

    « – La vie n’est pas forcément douce mais tu verras qu’elle peut amener de magnifiques surprises.
    _ Comme ce nouveau bébé ? Vous voulez repeupler le monde avec maman ? »

    On se met tous les deux à rire et nous finissons notre balade. En revenant au château, nous tombons sur Matoaka et Sora qui cueillent quelques fleurs. Kisos s’en va embêter sa jumelle et ils se mettent à courir l’un après l’autre comme quand ils étaient enfants. J’en profite pour moi aussi embêter Matoaka mais en venant lui chiper des fleurs pour les mettre dans ses cheveux. Son rire est enivrant mais son cri de surprise quand Aden arrive dans les bras de Charlie est encore plus agréable. Charlie pose Aden au sol et on découvre qu’il sait marcher puisqu’il avance vers nous. Matoaka le réceptionne et tout comme elle, je viens embrasser la petite bouille ronde de notre petit garçon.

    « – Il marche.. notre bébé marche.. c’est fou.. »

    À côté de nous, Kisos lâche Sora pour foncer sur Charlie. Un peu plus loin, il y a Amara qui enlace Fergus. Tout le monde se retrouve et ça fait du bien. On se fait quand même piquer Aden par Sora qui est heureuse de revoir son petit frère.

    « – Il a tellement grandit mon petit amour ! En plus il marche ! Oooh je suis tellement en amour devant lui !
    _ Oui mais ça ne doit pas te donner des idées malgré ton mariage jeune fille !
    _ Rooooh Duda ! »

    Aden s’amuse à répéter Duda et cela nous fait rire. Ma famille est au complet et il n’y a pas mieux pour me rebooster.

    On finit par récupérer Aden et on retourne vers le chateau. Mes tâches de main du roi m’attendent alors je laisse un peu les miens pour gérer les affaires royales. Sora profite du fait que sa mère soit libre pour lui demander un avis sur la robe qu’elle va porter pour la soirée des fiançailles. C’est important pour elle de partager ce moment avec sa mère puisqu’après, elle ne sera plus vraiment une enfant mais une future épouse alors elle tient à partager ses derniers instants de petite fille. Matoaka a le droit à un défilé tout comme Aden qui est présent dans la chambre mais il préfère gambader un peu partout. Sora est d’une beauté époustouflante et ça, personne ne pourra le contredire. Elle a tout de sa mère si ce n’est qu’elle est un peu plus grande et que son teint est légèrement plus clair. Elle n’a plus les formes d’une enfant mais celles d’une femme et chaque robes met ses courbes en valeur. Je serais sûrement en train de râler si je faisais parti de ce défilé car j’ai encore beaucoup de mal à accepter que ma fille devienne une femme.

    « – C’est quoi ton secret pour avoir été une bonne reine et aussi une bonne mère ? J’ai tellement peur de ne pas être à la hauteur de mes futurs rôles.. mais toi tu as tout réussi alors je me dis que je peux prendre ton exemple. Et.. comment tu fais pour que Duda soit toujours aussi fou amoureux de toi ? Je.. je veux savoir tous tes secrets Ma’ ! Parce que je rêve d’être une femme aussi fabuleuse que toi. »

    Sora aussi commence à avoir des pertes de confiance comme son frère jumeau mais ils sont dans une période spéciale de leurs vies. La jeune demoiselle abandonne ses robes pour pouvoir échanger avec sa mère. Elle a besoin de conseils et d’être rassurée. Pour ma part, je termine mon devoir de main du roi mais je me fais happer par un Tomas plein de doutes aussi. Il se remet enfin à marcher mais c’est encore compliqué alors nous allons discuter dans son bureau. Il a peur que Sora se lasse vite de lui à cause de leurs différences d’âges et aussi car Sora est une jeune femme avec énormément d’énergie. Ça m’amuse quand il me dit cela puisque je repense à Matoaka quand je l’ai rencontré.

    « – Sa mère était aussi une boule d’énergie. Elle était sur tous les fronts et parfois je m’agaçais car je ne savais pas où elle était. Pourtant ça ne m’a jamais fait peur, au contraire. J’aime cette fougue et cette passion qu’elle me procure. Sora est comme sa mère, quoi qu’un peu plus maladroite car elle est vraiment très agitée mais tu sauras apprécier et composer avec elle. Il faut juste la laisser trouver ses marques et elle saura être ton plus grand atout.
    _ J’aime plus que tout ta fille tu sais. Je crois que depuis que je l’ai vu la première fois, je savais qu’elle était mon âme sœur. Tu le sais aussi.. avec tout ce qu’il s’est passé, tu sais qu’il y avait quelque chose de puissant entre elle et moi. Aujourd’hui tu me la confis et je te promet que je ferai d’elle ma priorité.
    _ Je le sais, oui je le sais. Et j’ai confiance en toi Tomas. Je sais que tu prendras soin de ma petite fille.
    _ Je prendrais soin d’elle mais aussi de toi et le reste de la famille. Vous êtes aussi ma famille. J’aimerais que vous restiez vivre ici.. au château.
    _ Et bien.. C’est vrai que j’aimerais vivre non loin de Sora mais nous avons trouvé notre paix à Mallaig avec Matoaka. Avec tout ce que l’on a vécu, nous avons besoin de ce calme et ce paysage si paisible. Et puis c’est un environnement plus posé pour sa grossesse et Aden. Cependant nous viendrons vous rendre visite le plus souvent possible.
    _ Je comprend.. et pour Kisos ? Il va retourner à Mallaig aussi ?
    _ Je ne sais pas ce qu’il aimerait faire mais.. Pourquoi n’en ferais-tu pas ton bras droit ? C’est l’un des meilleurs guerriers que j’ai vu de toute ma vie. Il est même bien plus fort que moi. Il a encore besoin d’apprendre mais je sais que tu peux le guider. Il sera bien plus productif ici que dans notre petit village.
    _ C’est vrai que Kisos est très prometteur. Mais.. en ce qui concerne la Norvège ? Ils voulaient le récupérer pour faire de lui un roi.. penses tu qu’il pourrait finir par céder ?
    _ S’il ressent le besoin de devenir un roi alors je le laisserais faire mais je pense qu’en étant ton bras droit, il comprendra que le rôle d’un roi est très prenant.
    _ Tu penses à tout..
    _ Quand tu auras plusieurs années de règnes, tu pensera à tout aussi. »

    Il m’offre une grande accolade amicale et sûrement fraternelle. Je sais que pour lui aussi j’ai été une sorte de père mais à présent, j’ai aussi un petit dernier à élever. Je me remet à la recherche de Matoaka et Adam, et je les trouve dans la chambre de Sora. Ma grande fille porte une robe rouge et or.. elle est surtout magnifique, si bien que mes yeux se mettent à picoter. Matoaka est en train de la coiffer et je suis émue de les voir ainsi.

    « – Les femmes de ma vie.. et Sora.. wow.. tu es.. tellement belle.
    _ C’est Ma’ qui a choisi la robe ! C’est pour la soirée des fiançailles. Tu aimes ?
    _ Tu es parfaite. Ta mère ne pouvait pas trouver plus belle robe. »

    Je me retient de verser ma larme et pour éviter de montrer mon trop d’émotion, j’attrape Aden qui essaye de se cacher sous la robe de sa sœur. Le petit éclate de rire mais il vient surtout essayer de tirer sur ma barbe.

    « – Tu vas déjà sous les robes des femmes toi ? Ça promet. Je sens que tu vas devenir un bourreau des cœurs ! Comme ton père quand il était jeune. »

    Je souris en coin et taquine mon épouse. Sora rit aussi mais elle attrape la perche que je viens de tendre pour défendre sa mère.

    « – Oui mais ton cœur a complètement fondu devant Ma’ donc au final c’est elle la bourreau des cœurs ! »

    Elle sourit fièrement et je ne peux que me prosterner. Je fini par tenter de prendre tout le monde dans mes bras. Aden est écrasé entre sa sœur et sa mère mais j’ai les trois entre mes bras. Nous avons même la chance d’avoir Kisos qui passe la porte car il me cherchait pour me prévenir qu’il allait dîner seulement avec Charlie ce soir mais je le fais venir contre moi. J’ai enfin toute ma famille auprès de moi et cette fois ci je ne retiens pas ma larme. Je me sens chanceux et honoré de les avoir dans ma vie. Je me sens surtout complet et enfin loin de l’homme torturait que j’avais pu être dans le passé.

    « – Je vous aimes tellement fort tous les quatre.. enfin, bientôt cinq. Vous êtes mes raisons de vivre. Sans vous, je ne serais rien du tout. Alors je tenais à vous remercier d’être là. Surtout toi Matoaka car tu m’as offert ces quatre merveilles. »

    J’embrasse son front car je n’ai pas accès à ses lèvres avec les enfants qui sont entre nous. J’ai aussi le droit à un énorme baiser sur la joue de la part de Sora et je sens Kisos qui me sert beaucoup plus fort contre lui.

    « – Merci à vous Ma’ et Duda. Grâce à vous, on n’a jamais manqué de rien et on a reçu la meilleure éducation possible. Vous nous aimez tellement fort que je pense qu’aucun de nous n’a à se plaindre car nous avons deux parents fantastiques. Sachez qu’on vous aime aussi de tous nos cœurs et on vous sera toujours très reconnaissant. »

    Kisos termine ses mots et Sora hoche vivement la tête. Elle ne retient plus ses larmes non plus et elle cache son visage contre le cou de sa mère. Il n’y a que le petit Aden qui pouffe de rire car il est envahit par les longs cheveux des filles.

  55. Avatar de M.
    M.

    1910.

    Je crois que l’aventure a toujours fait partie de ma vie. En même temps je suis né de deux parents explorateurs et archéologues. Le grand Colin Cavill et son épouse Marianne. Ils ont parcouru le monde pour découvrir d’anciennes civilisations et il fut un temps où je les ai suivi dans leurs exploits jusqu’au jour où ils ont disparu alors que j’avais dix ans. Ils étaient sur le dossier Atlantide mais du jour au lendemain, plus personne n’a eu de nouvelles et je me suis retrouvé orphelin. Ça a été très difficile pour moi car j’aimais mes parents plus que tout mais je ne me suis pas retrouvé seul car mon oncle maternel Robert Hedlund m’a pris sous son aile et j’ai pu grandir auprès de mon cousin Garrett.

    Si lui avait pour inspiration de devenir un grand professeur de littérature, moi j’ai souhaité continué sur la voie familiale. J’ai fais des études d’archéologies et j’ai pu visiter quelques pays comme l’Égypte ou le Mexique mais j’ai toujours en tête l’Atlantide même si personne ne semble vouloir me suivre dans cette affaire. Il faut dire que cela vient d’une légende de Platon et la disparition de mes parents n’a fait que rendre ce périple encore plus inaccessible. Beaucoup disent que l’Atlantide n’existe pas et que mes parents sont morts pour rien. Ils ont sûrement dû faire un naufrage en pleine mer. Je n’ai jamais voulu croire ces hypothèses, je suis certain qu’ils avaient trouvé quelque chose mais les moyens n’étaient pas suffisant pour réussir cette découverte. Ayant hérité de mes parents, j’ai pu récupérer les carnets de mon père et en les étudiants, j’ai trouvé l’endroit où ils pensaient que l’Atlantide se trouve. Mon père pensait que cela se cachait en Islande car c’est une terre qui n’a de cesse de s’accroître et de bouger à cause de son emplacement sur deux failles distinctes. Pour lui, l’Atlantide aurait disparu ici suite à plusieurs cataclysmes volcaniques. J’aimerais pouvoir y aller faire un tour pour vérifier ses recherches ou alors mettre un point final sur cette hypothèses mais pour cela j’ai besoin d’argent et ce n’est pas mon héritage qui pourra m’aider. Mes parents ne m’ont pas laissé sans rien mais un tel voyage demande beaucoup de frais et je sais que je vais devoir convaincre des mécènes à me suivre dans mes démarches. Mon cousin pense que je suis dingue mais il a toujours été mon meilleur allié et il a décidé de me suivre dans ma folie.

    « – Tu veux un sous marin ?? Mais il va nous falloir des millions ! Et jamais personnes ne voudra dépenser des millions pour quelque chose qui n’est pas certain !
    _ Nous avons déjà quelques personnes qui sont prêts à me suivre mais j’ai d’autres gens à aller voir. Le père de ton épouse pourrait être une bonne solution aussi..
    _ Le père d’Elena ?! Oui c’est un homme très riche mais il aussi fou que sa fille !
    _ Justement, il est fou et je suis certain qu’il n’y verrait que du feu. Et puis j’ai aussi trouvé un autre filon qui pourrait être intéressant. Tu connais la famille Siminiov ? Le chef de famille est un riche marchand d’art Bulgare. Je pense qu’il pourrait mettre de l’argent si en contre partie on lui promet de ramener des œuvres durant notre expédition.
    _ Siminiov.. oui je connais de nom mais tu sais bien que les hommes de l’Est sont des robustes et il pourrait demander plus que des œuvres.
    _ Fais moi confiance Garrett, on va réussir à réunir les fonds. Dans un an, nous serons sur ce sous marin et on trouvera l’Atlantide !
    _ Tu es fou Henry !
    _ Et c’est pour ça que tu me suis dans toutes mes aventures ! »

    Et j’avais raison. Un an plus tard, nous sommes dans le sous marin que j’ai imaginé mais qui a été amélioré par des ingénieurs du monde entier. J’ai réussi à me montrer convainquant auprès de beaucoup de monde et on est prêt à prendre la route pour l’Islande, cependant nous devons attendre tous les passagers de l’expédition. J’ai dû accepter de prendre avec moi quelques personnes en signe de bonne foi. Elena, l’épouse de Garrett, va venir avec nous même si cela agace mon cousin. Il faut dire que son mariage n’est pas vraiment un mariage d’amour, du moins pour lui. Elena est dingue de lui et elle a fait demander à son père pour pouvoir l’épouser. Garrett souhaitait refuser mais sous la pression de mon oncle Robert, il a dû accepter. Nous avons aussi avec nous la fille de cet Andreï Siminiov. Il a tenu à ce qu’elle vienne avec nous afin qu’elle puisse trouver des œuvres d’art avec nous. Je pense surtout qu’il veut garder un œil sur ce qu’il se passe durant l’expédition mais de toute façon je n’avais pas vraiment mon mot à dire si je tenais à avoir son argent. Mon amie Millie est présente également, c’est une géologue passionnée et elle sera nous guider quand nous arriverons auprès des failles. Garrett a trouvé une mécanicienne du prénom de Binki et elle pourra gérer les problèmes liés au sous marin ou aux machines qui nous aideront à creuser la terre si besoin. Mon collègue Evan, un ami de l’université, c’est proposé pour venir et gérer ce qui pourrait être de l’ordre des explosions. Il vient d’une famille qui produit de la dynamite donc c’est son dada depuis sa plus tendre enfance. Un autre garçon doit nous rejoindre, un certain Alex. Il est calé dans le domaine des fonds marin et il ne sera pas de trop. Bien évidement il y a encore d’autres personnes mais mon équipe est au complet. Nous sommes plusieurs à pouvoir mener l’expédition à bien.

    « – Monsieur Cavill ? »

    Alors j’attend sur le quai, la fille Siminiov vient se présenter. C’est une beauté exotique aux allures de stars qui pourrait faire chavirer les cœurs de tous les hommes de notre expédition. Pour ma part, je la trouve séduisante mais je suis bien trop pris par mon expédition pour me préoccuper d’elle. Par contre mon cousin en a la mâchoire qui tombe devant elle et cela m’amuse mais je dois lui rappeler que son épouse sera avec nous. Tout le monde arrive et l’ancre va bientôt être jetée, cependant un dernier arrivant s’ajoute sur notre sous marin. Il se nomme Oscar Isaac et c’est un des mécènes. Il n’était pas prévu pour le voyage mais à la dernière minute il a décidé de venir pour voir où son argent était investi. Je dois avouer que sa présence m’agace un peu car j’ai cette impression qu’il veut prendre ma place de capitaine mais je n’ai pas le choix que de l’accepter.

    « – Il est temps de partir. Prêt mon frère ? »

    Dis-je à Garrett. Oui, il est enfin temps que j’aille à la recherche de ce qui a pris la vie de mes parents. Je suis à la fois excité et apeuré car je ne sais pas ce qui nous attend. Je sais que ce voyage peut être dangereux et même le dernier de ma vie mais ce n’est pas maintenant que je dois tout lâcher alors que je peux enfin partir. J’ai à présent vingt cinq ans et depuis quinze ans je rêve de ce moment alors oui, il est temps d’y aller.

    « – Allons y mon frère. »

    Garrett me donne une tape fraternelle sur l’épaule et je préviens tout le monde que nous allons partir. Nous devons d’abord rejoindre l’Islande en ferry mais une fois là-bas, le sous marin sera opérationnel pour nous mener vers les abysses de l’Atlantide.

    (..)

    Entre l’imagination et la réalité, il y a parfois un fossé mais cette fois-ci il y a une faille. Depuis deux jours nous sommes dans le sous marin, à la recherche de la crevasse que mon père a noté sur son carnet. Il était certain que c’est par cette crevasse qu’il pourrait rejoindre l’Atlantide mais pour le moment nous n’avons rien trouvé. Si cela exaspère certains passagers, pour ma part je ne m’avoue pas vaincu. Garrett essaye de temporiser les autres mais cet Oscar ne se gêne pas pour venir me faire front.

    « – Si le but était juste de visiter les fonds marins, vous avez réussi mais en attendant il n’y a rien. Cela ne m’étonne pas que vos parents soient morts. Cependant si vous continuez, on finira comme eux. Ce sous marin ne permet pas de rester indéfiniment sous l’eau.
    _ Si vous étiez aussi pessimiste, pourquoi êtes vous ici ? Pourquoi avez vous mis de l’argent ? Alors au lieu de me juger, soyez patient.
    _ Je veux bien être patient mais pas au prix de ma vie. »

    Je me retrouve à l’avant du sous marin, devant l’immense vitre qui nous sépare de l’océan. On explore et oui, nous voyons les fonds marin et des créatures dont personne ne connaît l’existence mais rien ne laisse entrevoir un passage vers l’Atlantide. Du moins jusqu’à ce que je remarque l’épave de ce qui semble être un vieux sous marin. Est-ce celui de mes parents ? Mon cœur se serre mais nous devons aller vers cette épave. Il ne reste plus grand chose mais je reconnais le nom sur la coque.. « Henry ».. c’était le nom qu’ils avaient donné à leur vaisseau. C’est bien eux, ou du moins ce qu’il en reste. Garrett est près de moi et il sait que la douleur s’enivre de moi mais je garde la tête haute.

    « – Tu les as retrouvé..
    _ J’aurais préféré les avoir auprès de moi..
    _ Je le sais mais je suis certain qu’ils sont fiers de toi. »

    Je ne sais pas s’ils seraient fières ou alors horrifiés que je fasse les mêmes erreurs qu’eux. Pourtant je continu et grâce à cette épave, nous trouvons enfin une crevasse dans cette faille entre la plaque américaine et eurasienne. On s’engouffre dans cette sorte de grotte qui semble immense et qui ne donne pas grand chose pour le moment. Il y a surtout la peur qu’elle se régresse et que le sous marin reste bloqué. L’attente rend les passagers de plus en plus agacés mais je pense que c’est surtout la peur de rester coincé ici. C’est certain que si le sous marin nous lâche, personne ne survivra. On en finit par avec cette grotte mais quelque chose d’étrange se trame. Plusieurs secousses se font sentir et nous percevons une ombre rôder autour du vaisseau.

    « – Qu’est ce que c’est ? Une bête ??
    _ Je n’en sais rien mais regarde là bas ! On dirait qu’il y a comme une sorte de source de lumière. Pourtant il ne devrait pas y en avoir ici, c’est bien trop profond ! »

    En réalité, nous sommes au porte de l’Atlantide mais elle est gardée par une immense pieuvre. C’est cette même bête qui a détruit le vaisseau de mes parents. Je n’avais pas envisagé cette hypothèse et je risque de le regretter car même si j’essaye de nous amener vers cette lumière, la bête continue de vouloir défendre son territoire et elle y va de plus en plus agressivement. La panique prend place dans le sous marin. Nous sommes secoués, des bruits de craquement se font entendre. Le vaisseau ne va pas tenir et nous allons finir par mourir noyer. J’essaye encore d’amener le vaisseau vers la lumière mais en quelques minutes tout devient flou. La pieuvre détruit notre vaisseau. La pieuvre fait un carnage humain.

    J’ai l’impression que le soleil brûle ma peau. Pourtant ça ne devrait pas être le cas. Je devrais être mort mais quand j’ouvre les yeux, je suis allongé sur du sable. J’ai du mal à observer ce qu’il y a autour de moi à cause de ce soleil rayonnant mais je peux entendre le bruit des vagues et de la faune autour de nous. J’entend aussi une voix familière.

    « – Henry !!! Tu es là !!! »

    Garrett se jette sur moi et il me met sur le dos pour voir si je ne suis pas mort. Il a le visage ensanglanté tout comme moi car nous avons été blessé lors de l’attaque mais on est là, on est vivant et on se retrouve sur une terre inconnue.

    « – Ga.. Garrett.. tu es seul ? Ou sommes nous ?
    _ Il y a Oscar et Elena qui sont plus loin ! Je pense qu’il doit y avoir d’autres survivants mais on doit les trouver. Nous sommes sur une plage, je ne sais où mais il y a une immense forêt derrière nous ! Je crois qu’on a trouvé l’Atlantide ! »

    J’essaye de me redresser pour mieux percevoir ce qui nous entoure. C’est étrange car on pourrait croire que nous sommes enfermés dans une très très immense grotte tout en étant sur une sorte d’île. Il est difficile de dire à quel point tout ça est grand mais pour le moment je ne vois aucune bâtisse qui prouverait qu’il y a de la vie ici. Je ne sais même pas si nous sommes vraiment sur l’Atlantide. En attendant, il faut surtout essayer de retrouver les personnes qui étaient dans le sous marin et tenter de faire un camp de fortune pour soigner ceux dans le besoin. Difficilement je me met debout mais avec l’aide de Garrett, je parcours cette plage en espérant retrouver d’autres personnes vivantes. Nous retrouvons surtout des corps sans vie mais on ne se doute pas que d’autres naufragés se retrouvent sur une autre plage. J’arrive à retrouver Millie et Alex mais aucune nouvelles d’Anya, Evan ou même Binki. Nous ne sommes plus que six a tenter de se faire un petit coin de survie à la lisière de cette forêt qui cache la grandiose ville de l’Atlantide.

  56. Avatar de M.
    M.

    J’ai énormément de mal à réaliser ce qu’il se passe. Est-ce que je suis mort ? Tout ça semble irréel. Notre échouage, cette demoiselle mystérieuse qui nous soigne, cette cité immense.. nous sommes à Atlantis mais j’ai l’impression que c’est un rêve tant c’est incroyable. Même quand on se retrouve prisonnier, je semble totalement ailleurs car je n’en reviens pas de ce qu’il se passe. Pourtant j’ai cherché à venir ici mais je crois qu’interieurement je pensais que ce n’était qu’un fantasme. Depuis la disparition de mes parents, j’ai consacré mon temps à faire des recherches sur l’Atlantide mais la plupart de mon entourage me disait que cette île n’existait pas. Mon voyage devait faire taire mon imagination.. Je n’aurais rien trouvé et je serais passé à autre chose mais finalement je suis sur cette île. Elle existe vraiment ! Et elle est habitée. Il y a beaucoup de monde même si on dirait qu’ils viennent d’une époque très ancienne avec leurs costumes en toile de jute. Il y a tout de même quelque chose qui n’a pas échappé à mon oreille ni à mon regard.. Ils ont déjà vu des hommes comme moi. Il y a déjà eu des explorateurs ici et le peuple n’est pas effrayé par des gens comme nous. Est-ce que mes parents seraient passés par ici ?

    J’ai énormément de questions et j’ai envie de tout visiter. Je suis comme un enfant dans un parc d’attraction mais heureusement que mon cousin est là pour me rappeler la réalité. Ici nous sommes des étrangers et on ne peut pas faire ce que l’on veut. On pourrait se faire tuer. Pourtant, le roi nous permet de rester mais cela est dû à sa fille qui a insisté pour nous aider. Je ne sais pas qui elle est mais j’aimerais lui parler, la remercier. Elle m’a longuement observé quand nous étions dans la salle de trône et j’ai l’impression qu’elle a énormément de choses à m’apprendre mais lorsque nous sommes enfin libéré et amené à des chambres, elle ne nous suit pas. Je ne sais pas où elle peut être et il vaut mieux que j’évite de m’échapper maintenant.

    Le palais est immense et somptueux. Je n’ai jamais vu autant d’or sur des murs ou des meubles. Même la chambre est fastidieuse mais je dois la partager avec Garrett et Alex. Nous avons perdu beaucoup de monde avec le naufrage mais je suis heureux que mon cousin soit encore auprès de moi. Malheureusement Elena est encore là.. c’est plutôt méchant de ma part mais j’aurai préféré qu’elle passe l’arme à gauche. Heureusement les femmes sont mises dans des chambres séparées des hommes, cela permettra à mon cousin d’être tranquille.

    « – Tu as réussi Henry.. Tu as réussi à nous amener à Atlantis ! Tu réalises la chose ?! C’est fou !!
    _ Je t’avoue que je suis totalement sonné par ce que l’on vit. Je ne sais pas si c’est à cause du naufrage et des blessures mais je ne réalise pas vraiment. J’ai l’impression d’être dans un rêve où alors peut-être en enfer qui sait..
    _ C’est vrai que tout paraît inimaginable. Même cet endroit est totalement hallucinant ! Regarde la baignoire ! Elle est en or et en pierres précieuses ! »

    Je ne sais pas combien de temps il va me falloir pour descendre de mon nuage mais je pense que j’ai besoin de dormir un peu. L’épuisement ne m’aide certainement pas à retrouver mes esprits.

    Quelques heures suffisent pour reprendre de l’énergie. Je me réveille en pleine nuit mais parce que j’en ai l’impression que quelqu’un est près de moi. J’entend les ronflements de Garrett mais je vois surtout une ombre s’échapper de notre chambre après que j’ai ouvert les yeux. Je décide de me lever et de filer après cette ombre qui gambade rapidement dans les couloirs du palais. Je ne devrais certainement pas jouer les aventuriers comme ce que je fais à actuellement car les gardes pourraient ne pas apprécier mais il n’y a personne si ce n’est cette personne qui m’observait dormir. Elle continue de courir jusqu’à ce qu’elle s’arrête devant une porte. Je reconnais la fille du roi.. la belle demoiselle qui nous a guéris et amène auprès des siens. Elle m’offre un sourire joueur et elle passe la porte qui donne sur les jardins du palais. C’est tout aussi magnifique qu’à l’intérieur. La végétation est exotique mais il y a aussi des plantes que je n’ai jamais vu dans les encyclopédies de mon monde. Je m’arrête presque de courir après cette fille quand je vois une sorte de palmier aux fruits fluorescent mais le rire de la princesse me redonne le signal qu’il faut que je la rattrape.

    Elle s’arrête encore une fois mais cette fois ci pour de bon. Le jardin est en hauteur et il donne une vue sur toute la ville de l’Atlantide. C’est bien plus grand que je ne l’aurais imaginé et il semble y avoir énormément de vies. Je suis encore une fois bouche bée. Alors c’est bien vrai.. je ne rêve pas.. je suis sur l’île que je cherchais. Ce n’était pas une légende.

    « – Je n’en reviens toujours pas.. »

    Dis-je à voix basse mais assez haut pour que la princesse m’entende. Elle a encore son sourire joueur mais n’ayant plus envie de courir, je fais un petit air malheureux pour qu’elle prenne pitié de moi.

    « – Je ne vous ai pas remercier pour ce que vous avez fait pour nous. Vous nous avez soigné et aussi offert un toit. C’est grâce à vous si nous sommes encore pour la plupart vivant. Merci infiniment princesse.. »

    Je ne me souviens plus de son prénom. Son père l’a dit mais il parlait en atlante alors je n’ai pas vraiment compris. Par contre je doute qu’elle connaisse mon prénom alors j’ose les présentations en tendant ma main.

    « – Et je suis enchanté de vous rencontrer. Je me nomme Henry Cavill et je suis un explorateur archéologue. Vous vous doutez que je ne suis pas ici par accident.. je cherchais cette île qui étaient soit disant une légende dans mon monde. »

    Cavill.. archéologue.. elle va certainement faire le lien avec mes parents puisqu’ils lui ont souvent parlé de leur petit garçon Henry. Quand ils se sont échoués sur cet île, je n’avais que dix ans. J’aurais dû faire parti du voyage mais à la dernière minute, je me suis retrouvé alité à cause d’une appendicite. Mon oncle avait décidé de me garder et me soigner le temps que mes parents aillent faire leur expédition.

    « – J’ai tellement de questions à vous poser sur cet endroit ! Mais.. je ne veux pas non plus vous embêter et puis vous allez sûrement en avoir marre. Sachez quand même que j’ai étudié pendant ces quinze dernières années sur la localisation de votre île et aussi sur votre civilisation. Il y a très peu d’écrits sur votre histoire mais il semblerait que votre île a sombré lorsqu’il y a eu les volcans islandais qui sont nés. Ils ont créé une nouvelle terre mais ils ont englouti la votre.. »

    La terre peut être puissante et intraitable. Il y a peu, un ami a vécu un énorme tremblement de terre sur la côte californienne. Moi j’ai pu voir un volcan en activité sur l’île de Sicile mais ce qui est arrivé à l’Atlantide est encore plus dingue. Je ne comprend cependant pas ce qu’il se passe ici. Comment peut-elle encore exister ? Comment peut-elle être sous l’eau mais avec une atmosphère respirable ? Tout est intrigant ici, même cette princesse devant mes yeux. Elle a une beauté sauvage et princière qui ferait pâlir toutes les femmes sur terre. Si je n’étais pas un homme réfléchit, je serais déjà à ses pieds pour lui demander de m’épouser mais heureusement mon oncle m’a appris à être un gentleman.

    « – Et j’ai une petite question.. est-ce que vous avez trouver d’autres personnes sur la plage ? Et est-ce que vous avez récupérer les corps ? Je sais que ma question paraît spéciale mais.. j’aimerais beaucoup rendre hommage à ceux que j’ai perdu. Ces personnes m’ont suivi jusqu’ici et.. elles n’auront pas la chance de voir tout ça. Alors oui, j’aimerais leurs donner un dernier salut. »

    J’ai la chance d’être vivant mais j’ai la culpabilité de ne pas avoir su garder toute mon équipe. Je ne sais pas combien nous sommes encore vivants. La princesse comprend ma demande et elle nous fait quitter ce jardin ainsi que le palais pour rejoindre une sorte de temple. C’est là qu’ils mettent leurs morts avant les crémations. À cause de notre naufrage, il y a beaucoup plus de morts ici qu’il n’y a de place mais ils ont su tous les poser et les rendre un peu plus « vivant ». Mon cœur se serre en voyant mes camarades endormis pour toujours et j’en ai même les larmes qui me montent aux yeux. J’avance vers le premier qui se trouve devant moi et c’est le jeune Archi. Un jeune homme qui nous avait suivi pour pouvoir faire fonctionner le sous marin. Je ne lui avais pas beaucoup parlé mais j’aimais sa façon d’être et son énergie.

    « – Comment vous honorer vos morts ici ? En haut, nous les enterrons mais je doute que ce soit pareil sur cette île. Si ça ne vous gêne pas.. j’aimerais que l’on puisse les honorer une dernière fois. »

    Je regarde et je vois qui a perdu la vie mais qui n’est pas là. Est-ce qu’il y aurait des personnes qui n’auraient pas échoué ? Je ne vois pas la fameuse Anya ou alors Binki notre mécanicienne. Il manque aussi Evan. Ils ont échoué et ils sont vivants mais pour le moment ils sont encore seuls. Ils ont échoué sur un versant bien plus éloigné de l’île et surtout un versant que peu de monde côtoie à cause de sa végétation très dense et dangereuse.

    Après un long moment au temple, nous reprenons la route du palais et je suis silencieux à cause de la peine qui découle de ces pertes. Je savais qu’il y avait des gros risques que l’on meurt tous mais c’est difficile de se dire que l’on est vivant alors que les autres non.

    « – J’ai perdu mes parents quand j’étais enfant et depuis ce moment, j’ai le défaut de vouloir à ce que tout le monde puisse reposer en paix. Je n’ai pas pu enterrer mes parents alors je me rattrape avec ceux qui m’entourent.. c’est un peu étrange dit comme ça mais c’est important pour moi. »

    Nous faisons une drôle d’excursion nocturne quand j’y pense. Je ne lui ai même pas demandé pourquoi elle m’observait dormir. C’est quand nous rentrons à nouveau dans le palais que je compte lui poser la question mais quelqu’un vient vers nous. Un garde prévient la princesse que Garrett me cherche de partout, si bien qu’il en a réveillé presque tout le monde dans le palais. Quand elle me traduit ce récit, je ne peux retenir un rire amusé.

    « – C’est mon cousin. Nous sommes complices comme des frères mais lui a une tendance à s’inquiéter bien plus vite que moi. Je vais aller le retrouver pour le rassurer. Si vous voulez, on peut se retrouver demain matin.. enfin.. pour., parler de cette ville.. et du reste.. »

    Je me sens un peu bête en disant cela. On dirait un ado qui donne un rencard à une magnifique jeune femme. Je la remercie pour cette balade nocturne et je ne la fais pas plus attendre. Je repars vers mon cousin qui a cru que j’avais été à nouveau capturé par les atlantes. Il sait que ma curiosité peut souvent m’amener à avoir des problèmes. J’ai déjà fait quelques séjours en prisons et si Garrett n’avait pas été là pour me sortir de ces situations, je serais certainement encore enfermé. Il est le plus sage et le plus réfléchi de nous deux mais sa sagesse l’a conduit à avoir une vie monotone avec cette Elena.

    Pour ce qui est des personnes encore naufragées, elles ont pu se faire un camp de fortune mais Evan est sérieusement blessé. S’ils ne trouvent pas la ville rapidement, il ne survivra pas alors Binki décide de laisser Anya avec Evan afin d’essayer de trouver un village. Karl n’a pas encore fait parler de lui mais il est déjà en train de repérer l’or et les pierres précieuses qui sont dans ce palais. Il reste Millie et Elena qui elles aussi n’ont pas fait parler d’elles, du moins Elena joue la femme épleurée à cause du naufrage et elle me fait déjà passer pour le méchant de l’histoire. Millie est beaucoup plus discrète mais en tant que géologue, elle vient de tomber sur un univers qui la rend totalement dingue de joie. Tout ce qu’elle a appris durant ses études, sont remis en question grâce à cette île. Pour le moment personne ne parle de retour mais de toute façon nous n’avons plus de sous marin. Aucun de nous ne réalise que nous allons quand même être les prisonniers éternels de cet endroit légendaire.

  57. Avatar de M.
    M.

    Cette vue est à couper le souffle. J’avais besoin d’être un peu seul après une conversation assez corsée que j’ai eu avec Oscar mais aussi Anya. Les deux sont venus ici dans le but de revenir avec des objets de valeurs et pour le moment ils ne risquent pas d’aller bien loin puisque nous n’avons plus de vaisseau. La brune a été rapidement calmée par mon cousin Garrett qui a su trouver les mots mais Oscar a voulu jouer le gros bras, si bien que ce sont des gardes atlantes qui ont dû nous éloigner. Les tensions vont commencer au sein de notre groupe et ça ne risque pas de nous aider. Je sais qu’il va falloir que je pense à un plan pour regagner nos pays, notre terre mais pour le moment je n’ai pas assez d’informations sur l’Atlantide et je ne sais pas s’il y a un réel moyen de partir. Je vais devoir faire des recherches ou alors discuter avec des savants d’ici.

    Étant dans mes pensées, je n’entend pas la princesse qui arrive derrière moi mais par contre je la sens se jeter sur moi. Je ne comprend pas ce qu’il se passe jusqu’à ce qu’elle me dit que j’aurais pu être aspiré par des vagues. Pourtant ces vagues semblent si loin que non, je n’ai pas capté ce danger mais par contre je vois les fleurs qu’elle avait dans ses cheveux, sur le sol. Je les ramasse et je les met dans le creux de sa main puisque je ne veux pas l’effrayer en lui touchant les cheveux.

    « – C’est vrai, je ne suis pas ici par hasard. Je cherche cet endroit depuis que j’ai dix ans.. depuis que j’ai perdu mes parents. »

    Si mon père n’avait pas laissé quelques carnets et journaux intimes, je n’aurais pas forcément su pour l’Atlantide mais il faut croire qu’il souhaitait que je trouve cet endroit. Des centaines d’archéologues ou explorateurs ont essayé de venir ici mais ils ne sont pas arrivés alors que moi oui. Peut-être que mes parents m’ont guidé.. car oui, je ne peux concevoir qu’ils soient encore vivants. Pas après avoir vu l’état de l’épave.

    « – Ils voulaient trouver cet endroit et ils ont mené une expédition qui a sûrement échoué.. J’ai vu l’épave de leur vaisseau avant que l’on ne soit pris dans les vagues qui nous ont mené jusque vos plages. hm.. je pense que je voulais venir ici pour pouvoir essayer de retrouver un signe de leur passage et puis pour prouver qu’ils ne sont pas morts pour rien. C’est ma façon de leurs rendre hommage. »

    C’était le but de plusieurs années de vie. J’ai enfin réussi mais bien que l’endroit soit exceptionnel, je ne suis pas totalement satisfait. Il y a comme un goût d’inachevé. Après tout, je ne peux pas être ici que pour rendre hommage à mes parents mais je pense qu’il y a cette grande question qui me perturbe de plus en plus. Pourquoi voulaient-ils réellement trouver cet endroit ? Qu’est ce qui fait qu’ils étaient prêt à perdre la vie pour une île qui était soit disant une légende ? Est-ce qu’il y aurait des secrets qu’ils voulaient apprendre en venant ici ? Je pourrais poser ces questions à Q’orianka mais je doute qu’elle me comprendrait. Pour elle, cet endroit est son monde et tout lui parait normal. À l’inverse, si elle venait dans notre monde, elle serait autant perdu que moi en cet instant.

    « – Ils se nommaient Colin et Marianne Cavill. Ils étaient des parents extraordinaires et je n’ai que des bons souvenirs d’eux. J’oublie juste leurs images.. j’ai de plus en plus de mal à redessiner leurs traits dans mon esprit. Mais bref.. J’ai assez parlé de moi. J’aimerais bien en savoir un peu plus sur toi. Tu es la princesse de cet endroit, ce n’est pas rien ! Tu as quel âge ? »

    Je ne sais pas encore que le temps n’est pas du tout le même ici que sur la terre. Ici les minutes et les secondes sont vraiment même spectaculairement bien plus longues qu’en haut. Une année ici, équivaudrait sûrement à cent voir deux cent sur nos terres. Pourtant il y a quand même les cycles de jours et de nuits, ce qui est trompeur pour moi et mes camarades. Je suis donc totalement sonné quand Q’orianka me donne son âge. Elle a des milliers d’années.. elle est presque éternelle. Je fais pitié avec vingt cinq années de vie. C’est réellement possible de vivre autant de temps ? Elle ne s’est pas trompée ? Je ne saurais comment vérifier mais je me rend compte que tout est fait pour me surprendre ici.

    « – Tu es aussi vieille ?? »

    Quel goujat ! Elle le prend avec un rire et j’en ai de la chance. Je pince mes lèvres et baisse mon regard désolé. Elle a beaucoup d’années derrières elle mais pourtant elle ressemble à une jeune femme de mon âge, voir beaucoup plus jeune que moi. Je lui donnerais dix-neuf ou vingt ans. Q’Orianka a encore ce visage d’enfant qui arrive à peine dans l’âge adulte mais elle a surtout une beauté à faire pâlir toutes les femmes du monde. Je n’avais jamais vue une aussi belle créature de toute ma jeune existence.

    « – Excuses moi, je ne voulais pas dire que tu es vieille mais c’est dingue quand même ! Tu parais si jeune.. Et ça a toujours été ainsi ? Le temps a toujours été aussi lent pour vous ? Car cela voudrait dire que ton père est.. hyper hyper vieux ! »

    Je me retiens de rire cette fois ci car le roi n’est plus de toute fraîcheur. Il ressemble sûrement à ce que mes parents devraient ressembler s’ils étaient restés avec moi. Je suis quand même curieux de savoir comment elle a pu occuper tout ce temps.. ça doit lui paraître long d’avoir vécu autant d’années sur une toute petite île avec les mêmes personnes. Elle n’a pas pu explorer grand chose ou découvrir d’autres peuples. Quoi qu’elle avait dit que des hommes comme nous étaient déjà venu mais ils ont été tué. En sachant que Q’orianka parle très bien l’anglais, elle a quand même dû rester un bon moment auprès des ces autres hommes.

    « – Les personnes qui sont venues ici avant nous, elles venaient d’où ? Elles ont pu t’apprendre des choses sur notre monde ? Comme par exemple le fait qu’il est immense comparé à ici et qu’il y a des milliers de peuples qui parlent différentes langues. Moi par exemple, je viens du pays de l’Angleterre et je suis né dans la ville de Londres. Mon cousin est né à Édimbourg, dans un autre pays qui se nomme l’Écosse. Nous avons une bulgare dans notre groupe mais aussi un français et une américaine. »

    Elle a l’air d’être intéressée par ce que je lui raconte. Ça doit la changer de ce qu’elle connaît d’ici. Pourtant notre conversation s’arrête brutalement car des gardes arrivent avec un homme que j’ai aperçu la dernière fois auprès du roi. Kaelen, le futur fiancé. Il me lance un regard bien sombre et il tend sa main vers Q’orianka pour qu’elle se relève puisque nous sommes encore posé sur l’herbe.

    « – Tu dois rentrer, il se fait tard et ton père ne veut pas que tu restes seule en compagnie de ces personnes. Il n’a pas confiance en eux et moi non plus. »

    Dit-il en atlante afin que je ne comprenne rien. Je vois pourtant que Q’orianka n’est pas la plus heureuse de devoir s’en aller mais je n’ai pas le choix que de laisser partir avec eux. Je n’ai pas envie qu’elle a des problèmes à cause de moi ou de ma présence auprès d’elle. Je me met quand même à les suivre puisque je retourne aussi vers le palais mais quand nous y arrivons, Q’orianka part vers la grande salle où est encore posé son père alors que moi je rejoins le coin où nous avons nos chambres.

    Millie, Alex et Anya sont bien de retour. Je suis heureux de les revoir et de savoir que je n’ai pas perdu plus de personnes durant l’accident. Millie me parle déjà des nombreuses plantes et roches qu’elle a pu voir dans la forêt où ils étaient installés. Elle est tout autant émerveillé que moi ou même Evan qui est un passionné de nouvelles découvertes. Nous passons une bonne partie de la soirée à discuter de tout ce que nous allons pouvoir apprendre ici et on se fait vite rejoindre par le reste de la troupe, sauf Elena qui préfère confire dans un bain chaud et Oscar qui est en train de visiter le palais avec l’un des frères de Q’orianka.

    Lors de notre deuxième réveil au palais, l’air semble différent. Il fait très chaud mais dehors il pleut. On se croirait dans un endroit tropical si ce n’est que je n’ai pas encore vu de jaguar ou d’anaconda se balader non loin. C’est vrai que je n’ai pas encore vue d’animaux et ça me paraît étrange car comment feraient-ils pour se nourrir ici ? Qu’avec des légumes ou du poisson ? Lors de notre premier repas, nous avons eu une sorte de ragoût dont je ne pourrais dire les ingrédients mais j’avais bien trop faim pour faire mon difficile. Encore une fois je suis sorti de mes pensées mais non pas par Q’orianka mais par une scène entre le roi et un habitant de la ville. Il a été arrêté par des gardes après avoir été en train de voler des morceaux de notre vaisseau sur la plage. Je ne comprend pas ce qui est dit car c’est en atlante mais étrangement j’ai le sentiment que le roi n’a pas envie d’être clément. L’homme se met à genoux pour demander pardon mais le roi fait signe à un garde de couper la main du garçon. On peut voir les morceaux qu’il a ramassé puisque les gardes les ont rapporté et je ne tiens pas à ce que ce jeune homme soit punis pour cela.

    « – Il n’a rien fait ! C’est moi. Je lui ai demandé d’aller récupérer les morceaux pour voir si je pourrais en faire quelque chose. Il y a peut-être encore des choses que l’on peut sauver pour nous aider à remonter.
    _ Et comment auriez pu lui demander puisque vous ne parlez pas l’atlante ?
    _ et bien j’ai..
    _ C’est moi qui a traduit cette demande. »

    Je vois un autre homme s’avancer. C’est un frère de Q’orianka, celui qui est le moins hostile, Nashoba. Il ne s’est pas encore présenté à moi ni au reste du groupe mais j’ai l’impression qu’il est celui qui est le plus proche de sa sœur que ce soit pour les caractères comme dans les sentiments.

    « – Pourquoi tu as aidé cet étranger ?
    _ Il a raison. Plus vite il trouvera une solution pour réparer son engin qui l’a amené ici et plus vite il sera parti. Ce n’est pas en les gardant enfermés dans ce palais qu’ils s’en iront de notre île. »

    Il va dans le sens de son père pour ne pas le contrarier mais il vient de me sauver la mise comme il a sauvé la main du jeune habitant. Le roi finit par demander à ce que le garçon soit relâché et il quitte son trône pour rejoindre ses appartements. Je remercie Nashoba d’un hochement de tête mais l’atlante compte bien passer un peu plus de temps avec moi, sûrement pour voir de quoi je suis capable.

    « – Tu sais utiliser un arc ?
    _ Pas vraiment.. ce n’est pas une arme que l’on utilise fréquemment chez nous.
    _ Comment vous chassez alors ? Et pour attraper les poissons ?
    _ On a des méthodes un peu plus modernes si je peux dire ça ainsi.. Mais je veux bien que tu m’apprennes à utiliser un arc si tu veux. Je suis toujours partant pour apprendre de nouvelles connaissances.
    _ Je vais demander à Q’orianka de nous rejoindre, elle est très forte avec un arc. Tu peux amener des amis à toi si tu veux. »

    Chasser ? Ils ont donc des animaux ici mais je ne sais pas si ce sont les mêmes que chez nous ou alors des choses qui vont m’effrayer. Garrett se porte volontaire pour venir avec moi et après avoir récupéré des arcs ainsi que la jolie princesse, Nashoba nous fait marcher jusqu’à la forêt qui se trouve à cinq six kilomètres du palais. Durant cette marche, Garrett joue les curieux avec Nashoba alors que moi j’avance un peu plus lentement derrière avec Q’orianka.

    « – Ça a été hier soir ? J’espère que vous n’avez pas eu de problèmes à cause de ma présence auprès de vous. Je crois que les pères atlantes sont comme les pères de chez nous.. ils n’aiment pas que des garçons soient trop près de leurs filles. En plus j’ai cru remarquer que vous étiez la seule fille de votre fratrie. Vous êtes la plus jeune ? »

    Je ne parle pas de sa mère car j’ai compris qu’elle était certainement morte. Il n’y a pas de reine auprès du roi et ce n’est pas quelque chose de commun sauf en cas de perte. Ils ont un système monarchique qui est proche de celui que l’on a en Angleterre car j’ai cru voir qu’il y avait une sorte de parlement avec des habitants de l’Atlantide. Le roi n’a donc pas les pouvoirs absolus mais il est surtout un symbole religieux et spirituel pour le peuple. Je ne sais pas quel dieu ou quelle déesse ils prient mais il y a des temples donc ils ont une croyance commune. J’ai l’œil assez vif et observateur, pourtant je suis encore rempli de questions et j’ai beaucoup de choses à découvrir.

    « – Votre frère nous mène chasser mais vous chassez quoi ici ? J’ai vu quelques oiseaux qui sont comme nos perroquets et je crois que sur la plage j’ai vu une tortue Luth mais avec les coups que j’ai reçu à la tête, je ne suis plus certain. »

    Nous arrivons au bord de la forêt et je sais que ça risque d’être épique. Q’Orianka et Nashoba vont bien se moquer de nous lorsqu’ils verront que nous sommes totalement novice avec un arc. On aurait certainement dû miser sur une lance ou un couteau. Je ne suis pourtant pas du genre à me décourager et j’ai quelque part envie d’impressionner la princesse. Je n’ai jamais eu le besoin de jouer à ce jeu car je sais que je suis un très mauvais dragueur et que les filles sont toujours passées au second plan mais sans m’en rendre compte, j’ai réellement envie de passer pour un homme confiant, fort et intelligent face à elle.

  58. Avatar de M.
    M.

    Je suis encore perturbé par cette partie de chasse. En à peine deux heures, j’ai appris à voir la chasse d’une autre façon, j’ai aussi appris à tirer avec une arc mais surtout j’ai été électrisé par cette jeune femme. Q’Orianka m’a plus que bouleversé en venant contre moi et en jouant la professeur. Je n’avais jamais ressenti ça en ayant une femme contre moi et je pense que Garrett l’a bien remarqué puisque j’avais du mal à faire des phrases entières sans bégayer mais là elle m’intrigue à nouveau en souhaitant me montrer quelque chose. Elle semble dire que des personnes comme nous sont encore ici et oui, ça semble vraiment très intriguant puisque je n’ai vu que des atlantes depuis notre arrivée ici. Et puis quand sont-ils arrivés ? Cela fait quelques mois ? Des années ? Je vais bientôt comprendre que l’Atlantide est bien plus qu’une île perdue.

    Nous arrivons près de cette maison dans les arbres mais nous sommes encore trop éloignés pour que je distingue les visages des deux personnes en haut. Pour le moment je me montre curieux voir même impatient de rencontrer ces personnes qui ont survécu ici mais quand nous arrivons enfin sur le haut de l’échelle et que je pose mon premier pied sur la terrasse, Marianne fait tomber le linge qu’elle a entre les mains. On peut même entendre un sanglot de sa part. Moi.. moi je me tétanise. Je reconnais bien ce visage puisque c’est le même qui m’a quitté il y a quinze ans. Il n’y a pas une ride en plus, pas un cheveux gris d’ajoutés. Elle n’a pas bougé physiquement et mon père non plus car lui se relève de sa chaise en faisant aussi tomber sa pipe.

    « – Henry.. mon Henry..
    _ Ma.. maman.. papa.. »

    J’ai l’impression que ce n’est pas réel. Ils sont censés être morts et pas ici, sans avoir vieillis un tout petit peu. Moi je suis un homme, plus un enfant de dix ans et eux.. c’est impossible. Quand ma mère tente d’avancer vers moi, je n’ai pas le réflexe attendu puisque je me recule. Je manque même de tomber mais je me rattrape à la barre qui délimite la terrasse.

    « – Qu’est ce que.. mais c’est impossible.. vous devez être morts.. disparus.. ou plus vieux.. pas.. comme ça..
    _ Ça va être difficile à comprendre Henry mais ici on ne vieillis pas comme sur nos terres et nous avons survécu mais nous n’avons pas pu revenir. Nous sommes bloqués ici..
    _ Vous n’avez donné aucun signe de vie ! Vous.. vous m’avez laisser croire que vous étiez mort pendant quinze ans ! J’ai été orphelin pendant quinze ans ! Je.. non c’est impossible ! »

    Mon père se rapproche à son tour mais je décide de faire chemin inverse. Je descend l’échelle en laissant Q’orianka avec mes parents qui m’appellent pour que je revienne mais Colin finit par poser sa main sur l’épaule de Marianne.

    « – Chérie, je crois qu’il va avoir besoin de temps pour comprendre et accepter. Il a raison, on devrait être plus vieux et il a été seul pendant quinze ans.. on ne s’est pas ce qu’il a vécu durant ce temps..
    _ C’est notre petit Henry.. il est là.. oh.. c’est devenu un homme et on a pas été là pour lui.. »

    Ma mère se met à pleurer car c’est aussi un choc pour elle comme pour mon père. Ils m’ont quitté alors que j’étais un petit bonhomme et là je suis un géant avec une barbe de trois jours et avec une carrure assez importante. Je suis même devenu plus grand que mon père. J’ai pourtant les yeux de ma mère. Il est clair qu’ils ne peuvent pas me renier mais pour le moment, pour ma part j’ai besoin de m’éloigner un peu, si bien que je ne réfléchis pas que la jungle est encore proche. C’est Q’orianka qui a l’esprit de me suivre pour ne pas que je me perd mais elle ne fait plus face à l’explorateur curieux et fasciné.. mon incompréhension me fait pester et marcher sans but.

    « – Ce n’est pas eux ! Quelque chose doit jouer avec mon esprit ! Ou alors en fait je suis mort ! Oui, j’ai dû mourir durant la traversé et tout ça n’est qu’un fichu rêve ou j’en sais rien ! Mais tout ça c’est improbable ! Je trouve l’Atlantide et là mes parents encore jeunes mais surtout vivants ! Non, c’est pas possible ! »

    Je fais les milles pas devant la jeune femme. Je ne sais pas qu’elle a sauvé mon père et que c’est pour cela qu’il est bloqué ici mais en soit, ce n’est pas un prétexte pour lui en vouloir. Je suis surtout perdu entre la réalité et le faux. Je ne sais plus ce qui est réel. Est-ce que cette fille est réelle ? J’arrive vers elle et je pose fermement mes mains sur ses épaules. On pourrait me comparer à un monstre qui est prêt à s’attaquer à une enfant mais non, je cherche juste à savoir si je ne deviens pas fou, pourtant mon geste me vaut une flèche en plein dos. Le fameux fiancé de Q’orianka nous a suivi pour surveiller sa promise et surtout s’assurer que je ne lui fais pas de mal. En voyant mes mains se poser sur elle, il n’a pas attendu pour tirer. Q’Orianka ne peut voir la flèche puisqu’elle est dans mon dos mais je viens à m’écrouler à genoux devant elle. Du haut de leur maison, mes parents ont vu la scène et ma mère se met à hurler.

    « – HENRY !!! »

    Ils descendent pour nous rejoindre alors que l’atlante qui vient de me toucher, s’échappe dans la forêt. Il m’a tiré dessus sans raison réellement valable et cela pourrait lui apporter d’importants problèmes. Mes parents sont appréciés par le roi et savoir que ce garçon a tiré sur le fils des Cavill, ce n’est pas ce qui est le plus favorable pour un futur mariage avec Q’orianka.

    « – Il faut le transporter dans notre maison et lui retirer cette flèche rapidement ! À trois on va pouvoir le porter ! »

    Lache ma mère qui a fait disparaître ses larmes pour devenir une sorte de médecin à l’improviste. Ce n’est pas aisé de faire monter un gaillard comme moi, d’autant plus que je n’aide pas vraiment puisque je sens peu à peu l’inconscience arriver mais mon père donne tout pour que je finisse dans un lit. Au début on m’allonge sur le ventre et ma mère déchire mes vêtements pour pouvoir voir la blessure. En faisant cela, tout le monde découvre de nombreuses cicatrices dans le dos. Elles ressemblent à celles qu’on les prisonniers qui se prennent des coups de fouets par les gardiens lorsqu’ils n’ont pas été très sages. Ma mère ne s’attardent pas puisqu’il faut retirer la flèche mais elle a la chance d’avoir Q’orianka avec elle pour l’aider.

    La flèche n’a rien touché de vital mais j’ai perdu beaucoup de sang. Ma mère décide de rester auprès de moi alors que mon père s’en va prendre l’air sur la terrasse avec Q’orianka. Les retrouvailles ne sont pas aussi joyeuses qu’elles l’auraient du l’être. Il n’a pas encore montré d’émotions depuis que je suis apparu devant lui mais là, il craque légèrement.

    « – Marianne ne voulait pas qu’on laisse Henry seul.. elle voulait qu’on attend encore un peu avant de faire la traversée. C’est moi qui a insisté car j’étais certain qu’il fallait la faire avant cette fameuse lune rouge. Si on avait attendu, on aurait pas laissé notre fils pendant quinze années. Je sais que Marianne m’en veut beaucoup pour ça, même si elle ne le montre pas. Elle avait toujours souhaité être mère et Henry était notre miracle car cela faisait des années que nous tentions d’être parents lorsqu’il est arrivé. »

    Colin ne s’est jamais confié contrairement à Marianne. Il est pudique et en retrait. Il aime sa solitude ou plutôt son confort avec seulement son épouse à ses côtés. Il a quand même beaucoup aidé le peuple atlante mais il évite les grands rassemblements et les liens.

    « – Nous avions confié Henry au frère de Marianne, Robert. C’était un homme de parole et très brillant. Et puis il avait un fils de l’âge d’Henry. Henry et Garrett étaient toujours ensemble. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé pour Henry une fois que nous sommes partis mais je m’en veux énormément.. Et surtout je regrette qu’il soit ici. Il aurait pu avoir une vie si différente mais il a décidé de suivre mon chemin. Je m’en voudrais encore plus s’il ne peut retourner sur nos terres.. »

    Cette île est sublime mais Colin ne veut pas que je devienne aussi un prisonnier. Il pense que j’ai beaucoup plus à vivre sur notre terre. Dans tous les cas, pour le moment je suis quand même piégé ici et personne ne sait comment on peut remonter.

    Quand la nuit commence à arriver, Colin propose à Q’Orianka de la raccompagner vers le palais. Pour moi, je ne peux que rester dans la maison de mes parents puisque je suis encore inconscient mais mon père insiste pour que la princesse ne parte pas seule. Il a vu le tireur et il a peur qu’il s’en prenne aussi à Q’orianka. Il prend donc son fusil qui contient encore des balles et il fait le chemin pour rejoindre le palais, cependant le fiancé a déjà joué la victime. Le roi a été prévenu que j’ai voulu attaquer la princesse et qu’il a fallu me tuer pour m’arrêter. Lorsque Q’orianka arrive près du palais, une multitude de gardes viennent vers elle pour qu’elle soit escortée vers son père. Colin est aussi escorté mais il est attrapé par des gardes pour être présenté comme mon complice.

    Du mon coté, je suis pris de fièvre à cause de la blessure qui s’infecte et cette fièvre me fait faire des rêves étranges. Je me vois avec elle.. la jolie princesse mais ne nous sommes pas en Atlantide. Nous sommes dans ce qui ressemble à une terre écossaise et elle me fait courir sur une plaine verdoyante. Elle rit aux éclats et elle me fait tourner en rond sans que je ne puisse l’attraper. Ce rêve est agréable mais il se ternit quand elle disparaît soudainement. Je me met à la chercher et à crier son prénom. Dans la réalité, ma mère m’entend aussi dire le prénom de la princesse.

    « – Elle n’est pas ici mon chéri mais elle va revenir ! Calmes toi mon Henry.. s’il te plaît, repose toi.. »

    Pour ce qui concerne le palais, le roi n’a que la version du fiancé et il est inquiet pour sa fille. Quand Q’orianka arrive enfin, il se lève de son trône pour aller vers elle. Il vérifie si elle n’est pas blessée et si elle va bien mais il se fait appeler par Colin qu’il n’a pas vu depuis bien des semaines.

    « – Mon fils a reçu une flèche de l’un de tes hommes ! Marianne veille sur lui mais il n’est pas sorti d’affaire !!
    _ Tais toi vieille branche ! On m’a rapporté que ce garçon qui vient d’arriver, a essayé de violenter ma fille ! Il est normal qu’on protège Q’orianka !
    _ Henry n’a pas violenté ta fille ! Il était juste un peu perturbé à cause de notre rencontre !
    _ Ton fils.. Henry.. tu veux dire que ce garçon venu de là haut est ton fils ?!
    _ Oui ! C’est notre fils à moi et Marianne ! Celui dont je t’ai souvent parlé ! »

    Le roi ne sait pas s’il doit vraiment y croire ou non mais de toute façon ce n’est pas ma santé qui lui importe mais celle de sa seule et unique fille. Il s’apprête à la faire partir vers sa chambre mais Garrett, qui vient de voir la scène, reconnaît son oncle Colin. Il s’avance vers lui malgré les gardes qui tiennent encore mon père.

    « – Oncle Colin ?
    _ Garrett ?? Le petit Garrett ? Tu es venu avec Henry ??
    _ On est toujours inséparable, comme dans notre enfance. Mais où est-il ?? Tu as dit qu’il était blessé ! On a quelqu’un qui s’y connaît bien en médecine dans notre équipe !
    _ Votre équipe ? Mais vous êtes combien à être arrivé ici ?
    _ On est neuf survivants. Mais on en parlera plus tard, il faut aller aider Henry !
    _ Tu vois bien que je suis encore tenu par les gardes du roi.. »

    C’est vrai, ils n’ont pas encore relâché mon père. Garrett se tourne vers le roi mais aussi Q’orianka a qui personne n’a laissé la parole. Cela rassure son ami qui espère qu’il ne sera pas pointé du doigt comme un potentiel tueur d’homme. Pour le moment il est caché derrière d’autres soldats mais Colin remarque sa présence et il reconnaît facilement son regard.

    « – C’est lui qui a tiré sur mon fils ! Lui là bas ! Il était caché en lisière de forêt ! Et il s’est enfuie quand Henry est tombé au sol ! »

    Tout le monde se tourne vers l’homme que Colin accuse et bien sûr, celui s’avance en secouant négativement la tête.

    « – Votre fils allait faire du mal à la princesse ! Il l’a attrapé par les bras et il allait la frapper ! Tous les atlantes sont dans l’obligation de protéger Q’orianka, même s’il faut tuer ! Je n’ai fait que mon devoir. C’est vous, les sauvages, qui n’hésitez pas à vous aux nôtres. On aurait mieux fait de tous vous tuer avant que vous ne finissez par détruire notre peuple et notre île ! »

  59. Avatar de M.
    M.

    Je suis conquis par cette princesse ♥

  60. Avatar de M.
    M.

    Pendant plusieurs jours je me retrouve dans un lit sans vraiment avoir la notion de quoi que ce soit puisque je passe la plupart du temps à dormir. La blessure m’a bien amoché et j’ai du mal à me remettre sur pied mais je suis toujours veillé par quelqu’un. Ma mère, mon père, Garrett ou même la belle princesse.. Je sais qu’elle est venue car je l’ai entrevu mais j’ai aussi senti son parfum. Il est sucré mais il y a surtout cette note de jasmin qui fait que je sais pertinemment que c’est elle. Cependant lorsque j’ouvre enfin les yeux et que je me retrouve totalement réveillé, Q’orianka n’est pas là. Ce sont mes parents qui sont à mon chevet, mes jeunes parents.. J’ai encore du mal à comprendre comment cela est possible. Ils ont le même visage que lorsqu’ils m’ont quitté il y a quinze ans. Maman n’a pas pris une ride ni même un cheveux gris. Mon père non plus n’a pas vieilli alors que moi je suis devenu un homme. Je ne suis plus le petit Henry de dix ans qui avait eu pour promesse un retour rapide.

    « – Mon petit garçon.. Ne te lève pas, tu dois encore rester couché.
    _ Je ne suis pas un petit garçon.. »

    J’essaye de me redresser mais ma mère pose sa main contre mon bras. Je la toise quelques secondes et je me rallonge dans le lit, comme un enfant qui ne veut pas désobéir à ses parents.

    « – Tu resteras toujours mon petit garçon, même si aujourd’hui tu as de la barbe et que tu es plus grand que ton père.
    _ Pourquoi vous avez cet aspect ? Vous n’avez pas vieillis.. j’ai l’impression que je suis revenu dans le passé..
    _ Nous sommes tout autant choqués que toi Henry.. Au début on ne le savait pas mais nous avons appris que le temps ne passait pas de la même manière ici. Le temps semble figé. On l’a compris quand les atlantes nous ont parlé de leurs âges..
    _ Ils ont quel âge ? La princesse a quel âge ?
    _ La princesse.. elle est venue te voir très souvent depuis que tu es dans ce lit. Elle te le dira elle-même lorsqu’elle reviendra. Mais ils n’ont pas des décennies comme nous.. Le roi a déjà plus de 4000 ans.. »

    C’est improbable et pourtant ma mère insiste sur ce fait. Elle me dit qu’il y a énormément de choses qu’ils ont eu du mal à comprendre ici et ils en apprennent encore tous les jours. Elle m’explique aussi pourquoi ils sont restés dans cet endroit. Mon père ne peut pas quitter l’Atlantide car il est liée à elle. C’est le prix qu’il paye pour avoir été sauvé de la mort. C’est difficile à tout mettre dans l’ordre et il faut l’esprit très large pour comprendre. Pourtant il faut que j’accepte car mes parents sont devant moi, ils ne sont pas morts. Ils ne sont jamais morts.

    « – Tu nous as manqué à chaque instant depuis notre départ de Londres et ça a été une torture de savoir que l’on était ici, loin de toi et qu’on ne pourrait certainement jamais te revoir.
    _ Mais je suis là..
    _ Inconsciemment, je crois que j’ai souhaité ça au plus profond de moi. Même si c’est égoïste et dangereux, je rêvais de pouvoir te revoir.
    _ Vous n’auriez jamais dû me laisser seul..
    _ C’est vrai et je regrette d’avoir fait ce voyage. Même si au début nous étions heureux d’avoir trouvé l’Atlantide, nous avons très vite compris que nous avions perdu beaucoup plus en te laissant à Londres.
    _ Le mal est fait.. mais maintenant on est là. Vous n’êtes pas mort et moi non plus.. »

    Je sens qu’ils ont l’impression d’être devant un inconnu mais dans un sens j’ai grandis et ils ont manqué les grandes étapes de ma vie. Ma mère souhaite déjà tout savoir mais je lui fais comprendre que j’ai encore besoin de repos. Je n’ai surtout pas encore le cœur à parler de ma vie sans eux. Il va falloir laisser le temps faire ses preuves mais le temps ne semble pas être un problème ici.

    Presque une semaine est passée depuis que j’ai reçu cette flèche. La douleur est encore présente mais je guéris. Ma mère veille à bien nettoyer la plaie et puis la princesse fait de nouveau son apparition pour voir comment je vais. Lorsqu’elle passe la porte de ma chambre, je ne peux m’empêcher d’avoir un petit sourire et c’est ce qui pousse ma mère à s’en aller. Elle remarque bien que la présence de Q’orianka ne me laisse pas indifférent donc elle nous laisse tranquille.

    « – Ma mère m’a dit que c’était grâce à vous si j’étais encore en vie. Elle m’a aussi dit que c’était grâce à vous que mon père était vivant. Vous avez le don de sauver tous les Cavill. »

    J’aurais pu hurler sur elle car en sauvant mon père, elle a condamné mes parents à rester sur cette île mais je ne lui en veux pas puisque moi aussi j’aurais préféré le sauver plutôt que de le voir mourir. Cependant j’ai beaucoup de questions sur ce qui entoure cet endroit. Pourquoi le temps est figé ? Quel âge a t’elle ? Est-ce qu’on peut vraiment partir d’ici ? Mais je vois qu’elle a aussi beaucoup de questions à me poser. Elle se pose sur le bout de mon lit et on commence à se questionner en même temps, ce qui nous fait lâcher des rires.

    « – Excusez moi.. Mais j’ai tellement de questions par rapport à ici. Surtout par rapport à mes parents et le fait qu’ils ne vieillissent pas. Ça me perturbe énormément car moi j’ai vieillis.. J’ai même l’impression d’être à l’âge de mon père alors que ça devrait être impossible. »

    Je n’ai pas pensé au fait que j’étais encore torse nu et que cela pouvait déranger la princesse. Elle fixe justement les cicatrices que j’ai sur le torse et elle a du voir celles plus imposantes dans mon dos. Les cicatrices sont déjà bien blanches, ce qui montrent qu’elles ne datent pas d’hier mais je sais surtout qu’elles intriguent la princesse.

    « – Ce sont des mauvais souvenirs d’une période assez sombre de ma vie. J’avais dix sept, dix huit ans et j’ai eu une sorte de moment de rébellion. Je me battais contre de l’argent, je buvais à outrance et j’ai fait des séjours en prison. Je ne suis pas très fier de tout ça et j’ai de la chance que mon cousin Garrett m’a forcé à revenir sur le droit chemin. »

    En réalité, j’ai fait cette descente en enfer car j’avais l’impression de tout perdre et de n’avoir aucun avenir. Personne autour de moi ne souhaitait que je devienne un explorateur comme mes parents et puis j’ai eu aussi ma première déception amoureuse. J’ai toujours été bercé dans l’illusion que je trouverais le grand amour rapidement et ça n’a jamais été le cas, si bien que depuis quelques années j’ai préféré mettre les relations amoureuses loin de moi.

    « – J’ai beaucoup de chance de l’avoir car sans lui je ne serais certainement pas là aujourd’hui. Mais bref, ces cicatrices ne sont pas grand chose. Par contre vous.. enfin, vous avez quel âge ? Ma mère m’a dit que vous vivez depuis des centaines de décennies.. vous devez avoir un rapport au temps tellement différent du mien.. »

    Je n’arrive pas à croire qu’elle puisse être si âgée. On lui donnerait à peine vingt ans. Elle semble si jeune et encore ingénue alors qu’elle doit certainement avoir vécu mille fois ma vie. Cependant en étant enfermé dans cet endroit, n’est-elle pas résigné à vivre une vie close ? Oui, j’ai beaucoup à apprendre de cette fille et de cette île mais pour ça il faut que je puisse être un peu plus en forme. Je peux me lever du lit mais j’ai encore des difficultés à être en pleine possession de mon énergie. Je m’épuise facilement, si bien que je n’ai pas réussi à descendre de cette cabane perchée. J’aurais aimé retourner au palais pour voir mes amis et mes compagnons de voyages. Q’orianka peut me donner de leurs nouvelles ainsi que des nouvelles de l’homme qui a essayé de me tuer. C’est son fiancé. Une sorte de rancœur s’insinue en moi mais je ne dis rien puisqu’elle me dit qu’il va être puni en conséquence de son acte. Elle s’excuse aussi à sa place. J’ai aussi l’impression qu’il y a autre chose.. n’est-elle pas amoureuse de ce garçon ? Je ne sais pas que cela relève d’un mariage arrangé.

    « – Hm.. s’il est puni alors c’est très bien. Je sais je j’ai vrillé et je n’aurais pas dû m’emporter de la sorte mais jamais je ne vous aurai fais de mal. On va dire que je suis juste un garçon qui a du mal à gérer ses émotions.. du moins, jamais je n’aurais cru retrouver mes parents ainsi. Ça a été un très grand choc et encore maintenant j’ai du mal à réaliser ce qu’il se passe. Vous savez, je ne savais même pas que cette île existait vraiment. En faisant le voyage, je pensais que je retrouverais peut-être l’épave du vaisseau de mes parents.. ainsi j’aurais pu faire mon deuil mais ils avaient raison. L’île existe et eux sont encore vivants. Tout mon monde a été remis en question et j’ai perdu pied. »

    Ainsi elle sait aussi mes vraies intentions en venant ici. Ou plutôt, je ne pensais jamais venir ici. Même si je clamais que l’Atlantide existait à qui voulait bien m’écouter, je n’ai jamais réellement cru en mes propres mots. Certainement parce que cela me ramenait à mes parents disparus et la douleur de ne pas savoir ce qui en était.

    « – Et puis maintenant que je suis ici et qu’ils sont là, je ne sais pas ce que je dois faire.. En fait, je n’ai jamais vraiment su quel but j’avais dans ma vie si ce n’est retrouver les dépouilles de mes parents. Je.. je dis que je suis un explorateur mais je suis loin d’être comme mon père. Je ne suis pas grand chose.. »

  61. Avatar de M.
    M.

    Je me retrouve contrarié par ce que me dit la princesse en ce qui concerne Elena, Anya mais aussi Garrett. J’ai toujours su qu’Elena était une peste mais là, je n’apprécie pas qu’elle puisse s’en prendre à une fille de notre groupe sans aucune raison. Il faut dire qu’en étant dans la cabane de mes parents, je n’ai pas remarqué que mon cousin était tombé sous le charme de la belle russe. Le pauvre a dû épouser Elena sans même l’aimer et il n’a pas eu la chance de trouver le vrai amour. Je remercie tout de même la princesse d’être intervenue et d’avoir défendue Anya car je n’ose pas imaginer ce qu’aurait pu faire Elena tant elle est déséquilibrée.

    « – Je vous remercie pour ce que vous avez fait mais je tiens aussi à m’excuser car mes camarades n’ont pas à se comporter ainsi. Cependant Elena est une vraie garce et j’aurais préféré qu’elle ne vienne pas pour notre expédition mais nous n’avons pas eu le choix de l’accepter puisque son père a fait un énorme chèque pour que nous puissions construire notre vaisseau.. »

    Je n’ai jamais aimé non plus le père d’Elena. C’est un aristocrate anglais qui se croit au dessus de tout le monde tant il est riche et influent. C’est ce que j’explique à la princesse.

    « – Lorsque nous avions seize ans, nous sommes tombé sur Elena lors d’un gala pour célébrer l’ouverture du nouveau magasin du père de Garrett. Depuis cette soirée, elle a fait une fixation sur Garrett et elle a exigé à son père d’organiser des fiançailles ainsi qu’un mariage. Garrett n’avait pas le choix que d’accepter puisque le père d’Elena menaçait de faire couler les entreprises Hedlund.. alors à l’âge de dix sept ans, il n’a pas eu le choix que d’épouser cette fille mais il ne l’a jamais aimé. Il essaye de l’éviter le plus souvent possible mais elle est toujours là, complètement collée à lui comme une sangsue. Elle est aussi très jalouse et possessive, aucune autre femme n’a le droit d’approcher Garrett mais bon, mon cousin reste un rêveur née et il a toujours cherché après son âme sœur.. Il est persuadé qu’il en a une. »

    C’est ce qui m’a toujours amusé avec Garrett. Il a une imagination débordante et des rêves plein la tête. Pour lui, l’expédition n’était pas forcément une quête pour trouver l’île ou mes parents mais plutôt une aventure qui lui permettrait de fuir son maudit mariage et peut-être enfin trouver l’amour de sa vie. Je ne sais pas si c’est cette fameuse russe qui est celle qu’il a choisi mais à ce que me dit la princesse, les deux seraient attirés l’un vers l’autre.

    « – Je crois comprendre qu’ici vous ne semblez pas non plus avoir le choix pour vos époux.. Ma mère m’a un peu expliqué votre contexte. Enfin elle m’a dit que votre fiancé avait demandé votre main au roi alors que vous n’étiez que des amis. Je suis désolé enfin.. sauf si vous êtes lié. Dans ce cas là je serai encore plus désolé de penser que votre mariage est voué à l’échec.. enfin non.. mais.. ah pardon, je m’exprime mal ! »

    Tais toi Henry, tu ne vas qu’empirer les choses ! Mais la princesse rit donc elle ne tient pas rigueur de mes suggestions.
    Après cette discussion, elle doit s’en aller un instant voir ma mère alors j’en profite pour me lever et aller sur la terrasse pour prendre un peu l’air. C’est vrai que je suis perdu et que je me retrouve dans une sorte de situation où j’ai l’impression d’avoir tout accompli. Du moins j’ai accompli ce que je m’étais donné de faire depuis tant d’années. La princesse revient auprès de moi et elle essaye d’éveiller ma curiosité pour que je puisse m’échapper de mon sentiment de vide. Elle réussit à me faire sourire et même à titiller mon esprit. Une expédition ? Cela pourrait être intéressant mais c’est surtout ces mots nous concernant qui m’intriguent car j’ai moi aussi une sensation étrange quand Q’orianka est près de moi. J’ai l’impression de la connaître depuis des millénaires alors que non.. et j’ai aussi le sentiment de devoir être auprès d’elle. Il y a quelque chose qui me lie à elle mais je ne saurai l’expliquer et elle a raison sur le fait que l’on pourrait tenter de trouver des réponses sur ce sujet. Peut-être que nous devions nous rencontrer, je n’en sais rien mais il va falloir que je me penche sur la question.

    « – Je serais ravis de vous accompagner pour l’expédition.. Ça ne m’étonne pas que Millie veuille déjà partir à la découverte de cette île. Quand je l’ai recruté, elle rêvait déjà de trouver des nouvelles plantes ou même des nouvelles espèces d’animaux. Elle a même réussi à transmettre sa passion à notre mécanicienne Binki. »

    Mais on ne peut discuter davantage car la princesse doit retourner au palais. Elle promet de revenir demain et je ne peux qu’hocher la tête mais avant qu’elle ne s’éloigne, j’ai l’envie de la prendre dans mes bras, pourtant je n’arrive pas à m’exécuter. Ma main frôle la sienne dans mon moment d’hésitation mais par timidité, je fini par me reculer et je baisse mon regard gêné.

    « – J’ai hâte de vous revoir princesse. Je vous promet que je serai sage jusqu’à votre retour. »

    Une pointe d’amusement se fait entendre dans ma voix. Je ne remarque pas que mes parents sont en train de nous observer depuis leur petite cuisine. Q’orianka finie par s’en aller et ma mère arrive vers moi avec un regard malicieux et un sourire amusé.

    « – Elle est magnifique cette demoiselle, n’est-ce pas ?
    _ Mamannnn…
    _ Quoi ? J’ai vu ton regard tout gêné devant elle ! Mais je te comprend, elle est magnifique ! »

    J’entend mon père rire et j’en lève les yeux au ciel. Je reviens dans la maison et j’invite mes parents à venir s’installer avec moi dans le petit salon car j’aimerais bien qu’ils me parlent de cet endroit. Nous n’avons encore pas vraiment évoqué le sujet depuis nos retrouvailles mais puisqu’ils vivent ici depuis quinze ans, ils doivent savoir beaucoup de choses et ils ont aussi un œil extérieur contrairement à la princesse.

    « – Qu’est ce que vous avez appris sur cette île ? Sur les gens qui vivent ici ?
    _ Il y a tellement de choses qu’on ne serait par où commencer. Nous avons exploré beaucoup d’endroits et ton père a aussi appris à comprendre l’atlante pour pouvoir lire les archives, les récits laissés par les anciens. On cherchait un moyen de savoir si l’on pouvait repartir d’ici ou alors si l’île pouvait un jour revenir en surface..
    _ Vous n’avez rien trouvé à ces sujets ?
    _ Non car eux-même n’avaient pas vu venir ce qu’il s’est passé. Même si tu vas trouve ça étrange, c’est leurs divinités qui les a plongé sous l’eau. Les atlantes pensent que c’est une punition mais moi je suis convaincu que c’est pour les protéger du monde des hommes.. ils ont un rapport tellement fort avec la nature et les éléments que tout est préservé contrairement à nos terres. Les atlantes composent avec ce qui les entoure mais ils ne détruisent rien et au contraire ils prennent soin de leur environnement.
    _ Tu crois qu’il y a une entité divine qui existe réellement ici ? Et l’île est grande comment ? Car il est difficile de savoir sa superficie lorsqu’on est à Atlantis..
    _ Il y a des forces puissantes qui agissent sur cet endroit, j’en suis convaincu. Autrement ton père ne serait plus là pour discuter avec nous et puis il n’y aurait pas ce problème de temps qui semble être figé. À ce que j’ai compris, cela dure depuis que les atlantes ont vécu le cataclysme. Les secondes sont devenus des heures, les décennies sont des mois.. Mais pour ce qui concerne l’île, ton père est plus calé sur la question.
    _ Oui, j’ai pu faire quelques voyages pour tenter d’y voir plus clair et j’ai aussi eu accès à une carte lors de mes fouilles à la grande bibliothèque. Tu ne vas pas me croire mais l’île est aussi grande que le Japon et elle possède une centaine d’autres petites îles autour d’elle. C’est immense et il y a des biomes de toutes variétés !
    _ Le Japon ? Mais c’est presque aussi long que l’Angleterre et l’Écosse réunis !
    _ Oui on ne dirait pas vu d’ici car Atlantis est très grande et elle est entourée par une forêt tropicale mais ici nous sommes dans le sud de l’île. Il y a plus de 3000 kilomètres au-dessus de nous. À l’extrême nord, il y aurait une grande chaîne de montagnes neigeuses alors que vers le centre, ce sont des vallées d’anciens volcans éteints. Il y a des villages un peu partout sur l’île mais ils sont vraiment petits comparés à Atlantis. La population a toujours été concentré ici car lorsqu’ils étaient encore en haut, ils faisaient commerces avec d’autres populations et cet endroit était le plus favorable pour les échanges. »

    Je suis vraiment surpris par ce que me dit mon père car j’ai toujours cru que l’Atlantide était une petite île. Il faut dire que beaucoup d’artistes ont essayé de représenter l’endroit et ils l’ont toujours dépeint comme petite. Pourtant mon père m’assure que l’île est immensément grande et qu’il y a énormément de choses à découvrir. Même les atlantes ne connaissent pas tout de leur île et cela me ramène à ce que m’a dit la princesse plus tôt.

    « – Ils n’ont pas profité du temps ralentis pour partir en expédition ?
    _ Ce temps ralentis n’est pas forcément une bonne chose. On pourrait croire que l’éternité est un cadeau mais en réalité c’est un poison. Ils ont sous l’eau depuis presque trois mille ans mais cela a des conséquences énormes sur la population. Les naissances sont vues comme des miracles ici mais la mort aussi. Sauf si elle n’est pas naturelle, la mort est presque impossible mais le temps semble tellement long qu’il y a eu beaucoup de suicides. Cependant à l’inverse, il n’y a quasiment pas de naissances car les corps réagissent aussi à ce temps figés et les femmes n’arrivent pas à tomber enceinte.
    _ Donc pour éviter le déclin de la population, le roi a essayé de concentrer le maximum des atlantes ici à Atlantis. Au moins ils peuvent plus facilement se soigner ou s’entraider en étant tous ensemble. »

    Alors le vrai maux de cette île est le temps. En restant figé, il bloque le peuple et sa survie. Le roi aurait demandé à mes parents de trouver une solution mais ils n’ont encore rien trouvé en quinze ans. Il a tellement de mystères sur ces terres qu’il va sûrement falloir encore des années avant de pouvoir trouver ne serait-ce qu’une petite réponse.

    « – Tout est lié au fait que l’Atlantide a été submergé, du moins c’est la théorie la plus plausible mais comme cela est en rapport avec leurs divinités, je ne vois pas comment on pourrait être utile..
    _ Vous savez depuis combien de temps ce peuple existe ? Je veux dire, avant l’événement qui l’a enfoui sous l’eau, le peuple était déjà ancien ?
    _ Je pense qu’ils étaient là en même temps que les premières civilisations. Cependant il faudrait mener des fouilles vers d’autres lieux qu’Atlantis mais les terres sont très hostiles puisqu’elles sont quasiment inoccupées.
    _ Je peux sûrement mettre mon équipe en contribution.. Millie est une grande géologue, Alex et Evan sont aussi des scientifiques alors qu’Anya est une fille de collectionneurs d’art donc il est fort probable qu’elle s’y connaisse bien en fouille. Garrett est un aventurier comme moi puisque je l’ai entraîné dans mes aventures et on a aussi Binki qui est très ingénieuse alors il est clair qu’elle nous sera utile.
    _ C’est vrai que l’on avancerait plus facilement avec tout ce monde mais il faut d’abord demandé la permission au roi.
    _ Je vais m’en charger.
    _ Hors de question que tu ailles au palais avec ce qu’il vient de se passer !
    _ Je ne suis plus un enfant et puis je pense que le roi me doit bien ça. Et puis je suis certain que la princesse pourrait m’aider à ce que son père accepte notre requête. »

    Mais il se fait déjà tard alors j’irai au palais demain matin.

    La nuit passe et il est très tôt lorsque je m’apprête à partir vers le palais cependant mon père me rattrape pour ne pas que j’y aille seul. Il ne fait plus confiance aux soldats du roi depuis que j’ai été attaqué par le fiancé de la princesse. Nous partons donc vers la grande ville et durant notre trajet il me parle de cet endroit atypique. Tout est en pierre et ça fait penser aux cités des Mayas ou même aux villes d’ancienne Égypte. C’est comme si tous ses anciens peuples étaient liés mais il serait difficile de le démontrer.

    « – Je suis certain que tout part de l’Atlantide. La grande civilisation aurait commencé ici et des atlantes sont sûrement partis ailleurs pour bâtir de nouvelles civilisations.
    _ Ça peut être possible car beaucoup de bâtiments me font penser aussi à ces autres civilisations mais je pense qu’on est loin d’avoir tout découvert ici. Je sens qu’il y a des choses encore plus inimaginables à voir. »

    Oui, je suis certain qu’il y a encore plus grand à découvrir car plus j’en sais sur cet endroit et plus je suis complètement scotché. C’est pour cela qu’il est important d’aller au-delà de cette cité. Nous arrivons aux portes du palais et je sens que les gardes ne sont pas les plus heureux de nous voir ici mais ils nous laissent entrer. À peine passé la porte, je tombe sur Garrett qui était prêt à partir pour justement venir me voir. Il a besoin de s’éloigner d’Elena qui devient de plus en plus oppressante et justement je tenais à lui parler de ce qu’il s’était passé entre son épouse et Anya mais une autre arrivante se rapproche. La princesse m’offre un immense sourire et je lui donne une petite révérence pour la saluer.

    « – Je sais que vous deviez venir chez mes parents mais je tenais à venir ici pour voir votre père. J’aimerais moi-même lui demander si nous pouvons partir en expédition vers les terres du nord. Mes parents m’ont beaucoup parlé de votre île et des nombreuses choses inexplorées. »

    Je vois peu à peu mes autres camarades arriver. Il y a même Oscar qui vient me saluer. Il fait bande à part depuis le début et on pourrait même croire qu’il est inexistant mais pourtant il a commencé à tisser une toile dont personne n’a connaissance si ce n’est le roi. Oscar essaye de bien se faire voir pour en savoir davantage sur les trésors de l’Atlantide. Je revois aussi mes amis Alex et Evan qui ont bien meilleures mines. Cependant je sens que le groupe est mal à l’aise et qu’ils n’osent pas en parler mais cela n’est pas sans compter sur la langue de vipère qu’est Elena.

    « – Pourquoi toi tu as le droit de vivre ailleurs et nous nous sommes obligés de rester enfermé dans ce palais ?
    _ Et bien.. vous n’êtes pas enfermé mais plutôt en sécurité ici. Et puis tu préfères avoir une chambre où vivre sous une tente dans la jungle ?
    _ On se sent oppressé ici ! Les soldats nous surveillent tout le temps et puis certaines personnes se mêlent de ce qui ne les regardent pas. »

    Elle fait sûrement référence à l’intervention de la princesse lorsqu’Elena a agressé Anya. Je me retiens de ne pas l’incendier devant tout le monde et je préfère me tourner vers Q’orianka.

    « – Allons voir votre père. Plus vite j’aurais demandé et plus vite nous pourrons commencer à explorer. Et puis cela permettra à certaines personnes de voir la réalité des choses. »

    Dis-je à l’intention d’Elena qui est déjà accrochée au bras de Garrett. Je laisse mes camarades avec mon père et je pars seul avec la princesse, ce qui me permet de lui parler de cette histoire de temps. C’est ce qui m’intrigue le plus.

    « – Mon père m’a dit que votre plus grand maux était le temps qui semblait s’être figé depuis le cataclysme.. Cela avait mis votre monde dans une sorte d’arrêt et que vous deviez faire attention à tout pour éviter les pertes. Vous pensez qu’il y aurait quelque chose pour remettre le temps en marche ? Vous avez déjà essayé de trouver des moyens de le faire ? »

    Nous arrivons dans la salle du trône et le roi nous fait signe d’approcher. Je ne l’ai pas revu depuis mon départ d’ici. Il hoche la tête en voyant que je vais mieux mais ce n’est pas avec moi qu’il souhaite discuter en premier.

    « – L’homme va mieux. C’est une bonne chose mais il faut maintenant qu’il trouve un moyen de repartir avec les autres. J’ai peur que notre équilibre soit fragile. L’une de nos esclaves est tombée malade après avoir passé du temps avec eux. Nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir une épidémie ici. »

    Je ne comprend pas cette langue, du moins je ne devrais pas la comprendre mais pourtant en observant Q’orianka, j’ai l’impression qu’elle me transmet les mots de son père par la pensée. J’ai tout compris ce qu’il vient de dire et je ne peux que répliquer pour éviter les problèmes.

    « – Nous allons partir en expédition pour trouver un moyen de repartir mais aussi de sauver votre peuple. Je m’en fais garant ! Nous avons une équipe d’experts qui pourront nous amener loin dans votre île. Cela nous évitera aussi d’être près de vos citoyens. »

    Q’orianka traduit ce que je viens de dire et le roi fronce les sourcils. Il sait qu’il n’aura pas le choix d’accepter puisque ce n’est pas à Atlantis qu’il y aura la réponse mais il a surtout peur que sa fille veuille faire le voyage avec nous. Il sait qu’elle est assez têtue pour nous suivre mais elle est sa seule fille et il a peur pour elle.

    « – Tu ne peux pas y aller Q’orianka. Tu sais bien que les terres du nord sont très hostiles et que rares sont ceux qui en sont revenus vivants. C’est bien pour cela que nous savons peu de chose sur le reste de l’île. Tes amis peuvent y aller mais toi je te défend de le faire. Ou alors si tu veux vraiment y aller, tu devras prendre une trentaine de nos hommes avec toi. Je préfère perdre les soldats plutôt que ma seule fille. »

    En quelque sorte, il met sur les épaules de Q’orianka une trentaine de vie afin de la faire reculer sur ses envies d’aventures. Encore une fois elle me traduit ce qu’il dit par la pensée mais ça me trouble réellement car je ne savais pas que cela était possible. Je crois qu’elle non plus ne se doutait pas qu’elle pouvait communiquer par la pensée. Peut-être que c’est quelque chose qui n’affecte que nous deux.

    « – Votre père a peut-être raison.. si c’est trop dangereux, vous devriez sûrement rester ici.. Je ne veux pas mettre votre vie en danger. Mon père a trouvé une vieille carte qui est censée représenter l’île, on se débrouillera avec ça. Mais votre sécurité est ma priorité et je ne veux pas que vous ayez des problèmes ou des blessures par notre faute.. »

  62. Avatar de M.
    M.

    L’expédition a été accepté et nous partons, cependant je ne suis pas aussi excité que l’aurait été n’importe quel explorateur. J’ai encore à l’esprit les mots de la princesse et c’est vrai que je me sens étrangement mal à l’aise par rapport à ça. Je ne tenais pas à la blesser en souhaitant la laisser sur Atlantis mais pour le moment rien ne m’a permis de pouvoir m’entretenir avec elle.

    Tous mes compagnons sont présents pour aller vers le nord de l’île mais par contre j’ai interdit à mes parents de venir. Mon père n’a pas apprécié ma requête mais je lui ai donné pour mission de rester à Atlantis au cas où si d’autres naufragés viendraient mais aussi pour surveiller la station de radio que mon père a réussi à créer. Grâce à elle, je pourrais communiquer avec eux mais ça il n’y a que nous trois qui sommes au courant. Je ne veux pas que quelqu’un d’autre puisse saboter ce moyen de communication qui est pour le moment unique sur cette île. J’ai donc avec moi une sorte de petite boîte noire qui me permet d’envoyer des mots à mes parents en cas de problèmes ou de découvertes majeures.

    Le prince Nashoba a été nommé chef d’expédition et il avance en premier avec ses hommes alors que nous, nous suivons à l’arrière. Nous sommes une bonne trentaine de personnes à partir vers ces terres inconnues mais nous sommes plutôt bien équipé. Nous devrions donc gérer les situations même si on ne sait pas vraiment ce qui nous attend.

    Au début du trajet, je me retrouve à côté de Garrett alors que les filles sont derrière nous. Mon cousin remarque que depuis le départ je ne parle beaucoup et que je suis contrarié alors bien évidemment il veut en savoir un peu plus.

    « – C’est la princesse qui te contrarie ?
    _ Pourquoi ça serait la princesse ?
    _ Car depuis son scandale devant son père, tu ne bronches pas beaucoup. Elle a bien fait comprendre à tout le monde que tu n’avais pas à choisir pour elle..
    _ Je ne suis pas forcément rassuré de son choix car on ne sait pas ce qui nous attend et je ne veux pas qu’elle soit blessée lors de ce voyage..
    _ Je le sais, j’ai bien compris que tu voulais la protéger et je suis assez surpris car je ne t’avais jamais vu aussi protecteur avec une fille. Enfin depuis Margot..
    _ Ne me parles pas d’elle s’il te plaît. Et puis je pense que tu as plus important à gérer non ? Elena va finir par tuer Anya si ça continu. Qu’est ce que tu fais avec cette fille ? Enfin, tu es marié avec Elena mais on voit tous que tu n’as d’yeux que pour la russe.
    _ Tu sais comme moi que je n’ai pas eu le choix d’épouser Elena.. Et je ne l’ai jamais aimé. Par contre Anya.. je.. et bien je ne sais pas me l’expliquer mais tout m’attire vers elle. Elle a ce quelque chose qui me donne envie de tout abandonner pour elle..
    _ Oui mais ne joue pas avec le feu Garrett car cela pourrait nous causer beaucoup de problèmes. Elena n’est pas nette et elle pourrait faire des étincelles si tu t’éloigner trop d’elle pour aller vers Anya.
    _ Tu as raison mais je n’en peux plus de cette relation.
    _ Hm.. je comprend. En attendant de trouver une solution, essayons de ne pas trop faire de bruits, enfin surtout toi et tes conquêtes. »

    Je lui ai parlé de ce que Q’orianka a vécu dans le jardin avec les deux autres femmes et on sait que ça va mal se terminer si Garrett continue ce jeu de séduction avec Anya. Pourtant il n’hésite pas à aller la rejoindre alors que Q’orianka ralentie pour revenir à la hauteur. Depuis qu’elle m’a disputé, je n’ai pas encore repris la parole avec elle et elle semble vouloir s’excuser. J’accepte ce qu’elle me dit mais je n’ose pas encore posé mon regard sur elle, sûrement par peur qu’elle ne me fusille du regard.

    « – Je n’ai jamais dis que tu n’étais pas forte.. j’en pense même le contraire. Il faut une force colossale pour vivre comme tu vis. Tu es sur une île submergée depuis des siècles et tu es presque enfermée dans un palais depuis tout ce temps. Personnellement je n’aurais sûrement pas tenu mais.. ton père a raison sur le fait que personne ne sait ce qu’il y a au nord d’Atlantis et je m’en voudrais entièrement s’il t’arrivait quelque chose. Ce n’est pas ta force que je souhaitais remettre en cause mais je voulais surtout te protéger de choses qui pourraient tous nous décimer. En soit, si moi et mon équipe nous mourrons, ça serait triste mais pas une énorme perte.. alors que toi.. »

    Je lève enfin mon regard vers elle. Elle n’a plus ce regard sombre et elle a même un sourire doux. Peut-être qu’elle a compris que je ne cherchais pas à la rabaisser ou à faire croire qu’elle était nulle. J’ai pu constater sa force de caractère et sa façon d’utiliser une arc, alors je ne peux pas dire qu’elle ne sait pas se défendre. C’est une guerrière mais l’inconnu peut être un fléau.

    « – Cependant je suis désolé si tu as cru que je te dévalorisais. Ce n’était pas mon intention. »

    Je suis sincère dans mes mots et mes pensées. Cette jeune femme est forte, c’est une certitude et il est vrai qu’elle a aussi un pouvoir d’attraction sur moi mais pour le moment je me refuse encore à l’accepter. Contrairement à Garrett qui joue le bourreau des cœurs, je m’obstine à me dire que je suis dans cet endroit pour sauver mes parents et trouver un moyen de partir. Et puis qu’est ce que ferait une princesse avec quelqu’un comme moi ? D’autant plus qu’elle est destinée à un autre homme..

    Dans tous les cas nous continuons de marcher pendant trois bonnes heures avant de faire une première pause. Pour le moment nous avons parcouru une sorte de jungle et elle semble encore bien dense. Millie s’occupe de cartographier notre chemin et ce que nous trouvons en route. Lors de cet arrêt, je remarque que Oscar se rapproche de Q’Orianka alors que je suis près de millie pour vérifier ce qu’elle fait.

    « – Princesse. Nous n’avons pas encore eu l’occasion de discuter. Je me nomme Oscar Isaac. J’ai rejoins l’équipe de Monsieur Cavill car je voulais aussi découvrir cet incroyable endroit. Vous avez une île magnifique et vous êtes aussi magnifique. »

    Je n’entend pas ce qu’il dit mais malgré moi, je fixe cette scène et Millie vient donner une tape sur mon bras afin de me faire revenir avec elle. Je connais cette fille depuis plusieurs années et elle a une sorte de place de petite sœur. C’est une jeune fille qui a aussi perdu ses parents bien que les siens sont réellement morts lors d’un incendie à Londres.

    « – Je n’aime pas cet Oscar, il ne m’inspire pas confiance. Il est toujours en retrait de notre groupe. Tu devrais l’éloigner de Q’Orianka.. et puis de toute façon je pense que ça ne te gênerait pas d’être un peu plus avec elle non ?
    _ Pourquoi vous êtes tous en train de dire ça ?
    _ Tu n’arrêtes pas de la regarder dès que tu le peux ! Mais je trouve ça mignon. Elle aussi a les yeux doux pour toi.
    _ Tu dis n’importe quoi.
    _ Je sais ce que je dis Henry, je suis une fille ! Et elle ne te regardes pas comme elle regarde les autres hommes. Tu l’attires, c’est certain.
    _ Peut-être, j’en sais rien mais de toute façon je dois me concentrer sur l’expédition. Il faut que je ramène tout le monde à la surface.
    _ Et si c’est impossible ? On est peut être condamné à vivre ici pour toujours.. tu as envisagé cela ?
    _ S’il y a une entrée, il doit bien y avoir une sortie. »

    Mais il est clair qu’il nous faudra du temps pour trouver cette sortie ainsi qu’un moyen de pouvoir sortir puisque notre vaisseau est détruit. En tout cas je délaisse Millie et je reviens vers Q’Orianka car j’ai l’impression qu’elle ne se sent pas à l’aise face à Oscar. Celui-ci me toise lorsque j’arrive à côté de la princesse mais je ne baisse pas un instant le regard.

    « – Henry.. Nous allons repartir ?
    _ Oui. On doit trouver un endroit plus sécurisé avant la tombée de la nuit. »

    Il ne bouge pas d’un poil mais moi non plus. Peut-être croyait-il qu’il allait pouvoir continuer le chemin en restant près de Q’Orianka mais pour le freiner, je propose à la princesse de me suivre en prétextant que Millie a besoin de ses conseils. Oscar s’en agace mais il ne nous suit pas.

    « – Fais attention à cet homme.. Je ne le connais pas vraiment. J’ai dû accepter qu’il vienne car il a donné beaucoup d’argent pour l’expédition mais je n’ai pas confiance en lui. J’ai l’impression qu’il est ici pour faire quelque chose de mal mais je ne peux encore rien prouver. »

    Nous avons deux cas assez critiques dans notre groupe. Oscar mais aussi Elena. Depuis le départ nous n’avons pas encore entendu la blonde mais là elle commence à monter le ton. Alors que nous arrivons près de Millie, j’entends Elena lever sa voix sur Garrett.

    « – Tu ne restes même pas auprès de moi alors que je suis TA femme ! Et si on est ici, c’est bien grâce à l’argent de ma famille alors au lieu de me snober, tu ferais mieux de faire attention à moi car quand on sera de nouveau sur Londres, je te promet que mon père fera vivre un enfer à ta famille Garrett !
    _ Tu es complètement dingue Elena ! Je fais toujours attention à toi et je ne te snobe pas mais c’est toi qui veut toujours que je sois collé à toi ! Je ne suis pas ton chien !
    _ Tu es mon époux et tu dois être auprès de moi ! Pas avec cette putain de russe ! »

    Je sens que ça va mal tourner car Elena pousse Garrett et avance vers Anya. Pour éviter un drame, j’attrape le bras d’elena afin de la stopper et celle-ci me donne une gifle magistrale.

    « – Lache moi !!
    _ Anya est ma compagne ! »

    Je viens à crier cela pour que la concernée puisse l’entendre. C’est un mensonge mais si je ne couvre pas les frasques de Garrett, il y aura sûrement un meurtre avant la fin de voyage. Tous les regards se posent sur moi et Elena. Anya aussi nous fixe. Elena se recule de moi en essayant de retenir un juron.

    « – Ta compagne ? Et pourquoi tu ne le dis que maintenant ? Pourquoi cacher ça ?
    _ Parce que je n’ai pas besoin d’étaler ma vie privée contrairement à toi. Alors maintenant tu la laisses tranquille autrement tu auras à faire à moi. »

    Je sens que Garrett me remercie avec son regard alors que le reste de la troupe est dans l’incompréhension. Même Q’Orianka a un air suspicieux mais elle doit se douter de mon mensonge. Elle est la seule à qui je me suis confié sur une partie de ma vie et je lui aurai dis si j’avais été en couple avec la russe. En tout cas mes mots ont fait taire Elena et j’ordonne à tout le monde de reprendre la route.

    Sur ce nouveau trajet, je reste en arrière, en retrait. Pour le moment nous n’avons rien rencontré de dangereux mais les tensions dans le groupe se montrent déjà et je sens que ça va être certainement le plus gros des problèmes. J’aurais dû insister pour qu’Elena ne vienne pas ou alors Anya. J’aurais même mieux fait de faire un tout petit groupe pour partir à cette expédition. La princesse se retrouve à nouveau près d’Anya, un peu plus loin devant moi et encore une fois je ne peux m’empêcher de la surveiller.

    « – Je peux t’assurer que je ne suis pas sa compagne.. Avant l’expédition je ne connais pas Henry. Mon père a répondu à l’appel d’offre pour cette expédition et j’ai insisté pour venir car j’avais besoin de prouver à ma famille que je pouvais être autre chose qu’une potiche. En fait, je suis un peu comme toi mais sur nos terres.. Mon père est un riche homme russe très influent et je suis sa seule fille. J’ai dû aussi lui faire front pour pouvoir partir. »

    Anya se confie un peu sur sa vie et elle en demande autant à la princesse. Elles se ressemblent plus qu’elles ne le croient. Quand on trouve un endroit dégagé pour la nuit, tout le monde commence à monter sa tente et on remarque la différence entre mon groupe et celui des atlantes puisque les deux mettent une distance. Nashoba demande à sa sœur de rester près de lui et cela fait que pour cette première soirée, je me retrouve à distance d’elle. Enfin, jusqu’au moment où je décide d’aller la suivre quand elle s’éloigne pour trouver un point d’eau. J’ai ce besoin viscéral de la surveiller, la protéger et je pense que mon instinct m’a bien guidé puisque lorsqu’elle arrive près d’un cours d’eau, elle manque de se faire attaquer par une sorte de bête qui ressemble à puma. J’ai le temps de sortir l’arc qu’elle m’a offerte et de tirer sur la bête comme elle me l’a appris. Alors que nous sommes à quelques mètres l’un de l’autre, Q’Orianka reste figée de surprise alors que je m’avance lentement vers elle.

    « – Ça va ?? Tu n’as pas été blessé ?? »

    Je pose l’arc au sol et je sors un couteau de ma poche au cas où si la bête se relève mais je l’ai bien tué. Q’Orianka s’occupe de prier un instant pour cet animal et je viens m’agenouiller avec elle auprès de la dépouille.

    « – Je n’avais pas le choix.. elle allait te sauter dessus.. »

    Nous sommes à présent proche. Quand elle se redresse, son visage est même à quelques centimètres du mien. Il n’y a plus que le bruit de la nature qui nous entoure mais j’entend aussi mon cœur qui bat tellement fort que cela bourdonne dans mes oreilles. Q’Orianka observe mon visage, mes lèvres.. et moi aussi j’observe les siennes. Il y a une attraction qui nous rapproche de plus en plus, si bien que nous pouvons sentir nos souffles caresser nos lèvres. J’ai envie de l’embrasser et sans lutter contre mes convictions, je m’apprête à céder. Nos lèvres viennent presque se toucher lorsque Nashoba arrive en trombe vers nous. Il attrape la main de sa sœur pour l’éloigner de moi.

    « – Tu n’as pas le droit de faire ça ! Tu es fiancé ! Maintenant tu retournes au camp ! »

    Dit-il en atlante pour ne pas que je puisse comprendre mais son regard me fait savoir qu’il pourrait bien me tuer si je m’approche à nouveau de sa sœur.

  63. Avatar de M.
    M.

    Je n’ai pas aimé ce rapprochement de Q’orianka avec Oscar mais je crois que Nashoba non plus, vu la démonstration de force qu’il a fait. Ce qui m’étonne c’est qu’il n’a pas été aussi menaçant envers moi la veille alors que j’avais mes lèvres à quelques centimètres de celles de sa sœur. J’ai tout de même un sentiment étrange depuis ce moment ou plutôt depuis que Q’orianka a été vers Oscar alors qu’hier soir j’ai failli l’embrasser. Est-ce qu’elle a fait cela pour me faire comprendre qu’elle ne veut pas être proche de moi ? Je me retrouve seul avec mes questions car il y a beaucoup trop de monde pour que j’en parle avec Garrett. Je dois me contenter de subir cette nouvelle journée avant que l’on ne refait notre camp du soir. Nous sommes partis depuis deux jours et j’ai l’impression que nous n’avons pas énormément avancé puisque nous sommes encore dans une forêt tropicale mais celle-ci semble encore me préparer des surprises que je ne voyais pas arriver.

    Il est assez tard lorsque Q’orianka me sort de mon sommeil pour m’amener dans un coin de la forêt. C’est un palais en ruine, totalement repris par la végétation et l’eau. L’endroit est incroyable mais c’est autre chose qui accapare mon attention puisque Q’orianka commence à retirer ses vêtements et elle m’invite à la rejoindre dans l’eau. L’espace d’un instant, j’ai l’impression de redevenir l’adolescent timide et abruti que j’ai pu être à un moment de ma vie. Je suis en bug, je ne bouge pas et je suis certain que je pourrais baver mais elle me rappelle à l’ordre en jetant un peu d’eau sur moi. Je me reprend et je retire mes vêtements pour finir en caleçon puisque je n’avais pas anticipé cette baignade mais heureusement l’eau cache rapidement mon vêtement.

    Q’Orianka se met à nager, elle s’enfonce vers l’intérieur du palais noyé et je me met à la suivre. Pour le moment on ne voit pas grand chose mais d’étranges plantes aquatiques se mettent à briller et à illuminer notre chemin. Elles sont phosphorescentes et assez puissantes pour que l’on voit chaque objets et murs piégés ici. Pour le moment je ne m’arrête pas, je continu de suivre Q’orianka jusqu’à ce qu’elle s’arrête dans ce qui semble être une immense salle centrale. Dans celle-ci, le plafond est fait d’une verrière qui a été brisé avec le temps mais où l’on peut voir le ciel spécifique de l’Atlantide. On peut aussi reprendre notre souffle en remontant à la surface. Quelques meubles en marbre sont plus hauts que l’eau et nous pouvons nous y poser. Q’Orianka s’installe sur ce qui devait être une table et j’ose me poser à côté d’elle.

    « – Pourquoi avez vous cessé de venir ici ? Ça a été détruit le jour où l’Atlantide a été enfoncée dans les eaux ? »

    Ma curiosité reste la même mais c’est vrai que j’ai du mal à regarder autre chose que Q’orianka. Elle est magnifique, je ne peux le nier et c’est encore plus intense dans cet endroit qui semble échapper au reste de cette île. J’ai l’impression que nous sommes dans une bulle qui nous protéger des autres.

    « – Mais sache que je suis désolé pour ta mère. J’espère que nous pourrons trouver des réponses sur cette île et sur le pourquoi du comment. Je ne sais pas pourquoi ton île a fini par être engloutie mais on aura des réponses et peut-être des solutions. »

    Il y a un million de questions qu’il y aurait à résoudre sur cet endroit et ses habitants mais là, je repense à cette journée et à ce qu’il s’est passé. Je ne peux m’empêcher de revoir la main d’Oscar se poser sur la cuisse de Q’orianka. Bien évidement il y a une part de moi qui est jaloux mais je n’ai surtout pas apprécié ce geste qui pourrait être bien plus malveillant qu’il ne le paraît. Oscar n’est pas quelqu’un de bien, j’en suis certain et j’ai bien peur qu’il veuille jeter son dévolu sur Q’orianka afin de la piéger.

    « – Je tenais aussi à m’excuser pour ce que t’as fais Oscar. C’est inconvenable.. du moins.. »

    C’est vrai que la veille je n’ai sûrement pas été mieux alors qui suis-je pour dire ce qui est inconvenable ? Pourtant je suis certain d’une chose, c’est que contrairement à Oscar, je ne me rapproche pas de la princesse par intérêt. Quelque chose m’attire vers elle sans que je ne puisse l’expliquer.

    « – J’espère qu’il ne t’a pas offensé ou fait de mal. J’espère aussi que tu feras plus attention car.. Je n’ai vraiment pas confiance en lui et je sais aussi que je pourrais devenir fou s’il osait te faire du mal.. »

    C’est une sorte de confidence qui est sortie de ma bouche sans vraiment que je ne le contrôle. Je pourrais devenir fou pour elle.. c’est même pour ça que je ne souhaitais pas qu’elle participe au voyage car je ne tiens pas à ce qu’elle se blesse mais ça serait encore pire si c’était Oscar qui devait la blesser. Garrett m’a titiller sur ce fait car il a remarqué mon attirance de plus en plus voyante envers la princesse. Il n’y a que moi qui semble croire que c’est faux.

    « – Tu dois faire attention à lui et à Elena. Ce sont les seuls de mon groupe dont je n’ai aucune confiance et qui pourraient faire des étincelles. Cependant ils sont ici donc on n’a pas le choix d’avancer avec eux. »

    Nous sommes encore posé sur la table de marbre et je me met à repenser au baiser que je n’ai pas eu le plaisir de lui donner la veille. Je pourrais me rattraper maintenant car Nashoba ne risque sûrement pas de venir me perturber mais notre attention est déroutée par un bruit étrange. C’est une sorte de petit son de cloche qui vient d’une pièce à côté de celle-ci. Cette autre pièce était la salle de prière et c’est là qu’il y a plusieurs fresques de graver sur les murs. Q’Orianka nous mène vers cet autre endroit et il y a bien une cloche d’accrocher au mur mais nous ne devrions pas entendre son bruit puisqu’elle est sous l’eau. Ce n’est pas le seul détail troublant qu’offre cette pièce car on a l’impression qu’elle est illuminée par des milliers de plantes phosphorescentes mais il y en a aucune. Ce sont les gravures qui s’illuminent d’elles-même et qui montrent des histoires du peuple atlante.

    « – Tu te souviens de cette pièce ? Tu y allais souvent ? »

    Je remarque un dessin qui montre une carte du monde. L’île est représentée à la place de l’Islande mais elle est beaucoup plus grande que l’île volcanique. Il y a aussi des dessins qui montrent les échanges de marchandises avec d’autres peuples. L’Atlantide était un carrefour important entre l’Europe, les Amériques et même l’Afrique. C’est ce que je montre à Q’orianka et je lui montre même les îles du Royaume-Uni, afin qu’elle sache d’où je viens.

    « – Je suis né là bas. Ce n’est pas si éloigné de ton île. Tu avais connaissance qu’il y avait d’autres continents beaucoup plus grands que cette île ? Là tu as l’Europe et là c’est l’Amérique. L’Atlantide est entre les deux mais elle est située près du cercle polaire. Je pense même que vous êtes à présent sous l’Islande.. mais cela voudrait dire qu’il y a des volcans juste au dessus de nous. »

    Je ne sais pas si c’est possible et je vais devoir en parler avec notre géologue millie. D’autres dessins m’en apprennent un peu plus sur cet endroit mais il y en a qui sont étranges puisqu’ils semblent décrire ce qu’il se passe après l’engloutissement de l’île. Cela voudrait dire que quelqu’un savait ce qu’il allait se passer. On peut aussi voir un dessin qui représente le père de Q’orianka, la princesse et une sorte de grand homme qui a pour prénom Isha. Ce prénom n’est pas écrit avec l’alphabet des atlantes mais avec l’alphabet latin.

    « – Tu as frère qui se nomme Isha ? »

    On ne peut pas vraiment se douter que cela me représente puisque c’est le seul dessin qui montre ce personnage. Il est à côté de la princesse et il tient dans ses mains une sorte d’urne mais ça ne nous avance pas énormément. Je continue de faire le tour avec Q’orianka pour que l’on essaye de trouver quelque chose qui pourrait nous éclairer mais mis à part le fait que l’on voit à plusieurs reprises les montagnes du nord de l’île, il n’y a rien de plus. C’est donc là bas que l’on trouvera un peu plus de réponses.

    « – Cet Isha est peut-être quelqu’un qui a son importance dans votre histoire. Les montagnes ont aussi de l’importance mais je ne sais pas quand on va réussir à les atteindre, ni même si on y arrivera.. on a tout ce qu’il faut pour notre voyage mais l’alpinisme n’est pas une pratique facile. »

    On se retrouve face au même dessin. Il représente sa famille en entier. Son père, sa mère, ses frères et puis elle. Je peux sentir sa peine puisqu’elle glisse le bout de ses doigts sur la gravure qui représente sa mère. Contrairement à moi, elle a réellement perdu sa mère et elle l’a vu disparaître. Je pense un instant à Marianne que je croyais morte mais qui a été sauvé par Q’orianka et son peuple.

    « – Ta mère doit être fière de toi. C’est grâce à toi si mes parents sont encore vivants et c’est aussi grâce à toi si mes camarades et moi-même nous sommes vivants. Tu nous as trouvé et aidé. Sans ton courage, les hommes de ton père nous auraient tous tué.. »

    Elle détourne son visage, si bien que nos lèvres sont à nouveaux non loin les unes des autres. Comme la veille, une sorte de bulle se met à nous entourer et je n’arrive plus à détourner mon regard d’elle. Je garde mes yeux ancrés dans les siens mais cette fois-ci nos lèvres se touchent puisque je me penche et qu’elle se redresse. Nous échangeons un petit baiser et alors qu’il devient un peu plus insistant, la pièce se met à briller davantage. Notre connexion joue sur notre environnement. En se reculant l’un de l’autre, la pièce se tamise à nouveau et j’en lache un petit hoquet de surprise.

    « – C’était quoi ça ? Tu as vu ? »

    J’ai l’air surpris mais j’ai aussi les joues rouges à cause du baiser que l’on vient de se donner. C’était un baiser rapide mais je ressens encore la douceur de ses lèvres sur les miennes et la saveur sucrée de sa langue. Q’Orianka aussi a les joues rouges. Elle feint de regarder les dessins pour se cacher.

    « – Excuse moi si.. je t’ai importuné avec ce baiser ou même celui que j’ai failli te donner hier soir.. je.. je ne t’ai même pas demandé ta permission.. »

    Après la surprise, vient le doute. Est-ce qu’elle m’en veut ? Je passe une main sur ma nuque et alors qu’elle se retourne à nouveau, mon regard se fixe sur le dessin où il y a ce fameux Isha. Il brille plus fort que les autres dessins alors que ce n’était pas le cas avant notre baiser. Il y a aussi un détail qui apparaît et qui était invisible avant ce baiser puisqu’au dessus de la princesse et d’Isha, il y a un symbole nouveau. Je ne sais pas ce qu’il représente mais pour les atlantes il est censé représenter le pouvoir.

  64. Avatar de M.
    M.

    Je suis totalement perdu et troublé. Q’orianka m’annonce que je suis certainement cet Isha donc lié à cette île mais je n’arrive pas vraiment à me dire que cela est possible, pourtant j’ai vu la fresque réagir. Et puis cette belle demoiselle me targue de retrouver ses lèvres après m’avoir annoncé une nouvelle qui pourrait avoir l’effet d’une bombe dans ma vie puisque je n’étais pas censé être une sorte de héro mythique. Dans un sens, est-ce que j’étais censé venir ici ? Ne devrais-je pas être un simple jeune homme vivant à Londres et continuant ses études d’archéologie ? Plus rien ne semble avoir de sens et ma tête est tellement remplie que je n’ai plus envie de réfléchir. Je m’avance donc vers Q’orianka et mes mains s’imposent sur ses joues avant que nos lèvres ne se touchent à nouveau. La pièce se remet à s’illuminer sans réel sens mais je n’y prête pas attention puisque je me concentre sur cette femme qui me perturbe bien plus que l’Atlantide. Je devrais être enchanté de trouver des trésors et des secrets concernant cet endroit mystique mais c’est cette princesse qui m’intrigue le plus. Elle a un effet sur moi que je ne peux contrôler ni même comprendre. Est-ce que ça aussi c’était écrit ? Qu’importe, notre baiser est beaucoup plus agréable que mille questions. J’en perd mon souffle mais à peine nos lèvres se quittent que l’on recommence à s’embrasser. Mon corps frisonne et je n’en reste pas moins un homme avec des désirs qui peuvent être facilement visibles.

    « – Q’… je.. »

    Je cesse ce nouveau baiser et je me recule mais je me sens vraiment en mauvaise posture puisque je sais qu’elle a du sentir la bosse qu’il y a sous mon bas ventre. Je passe une main sur ma nuque et je me tourne un peu pour cacher tant bien que mal ce léger problème masculin mais elle a compris ce qu’il se passait puisqu’elle rougit.

    « – Pardonnes moi.. il y a des choses que.. les hommes ne contrôlent pas.. »

    J’essaye l’humour dans cette situation cocasse. Au moins elle doit se douter qu’elle ne me laisse vraiment pas indifférent mais je n’en reste pas moins un homme qui ne forcera jamais une femme à satisfaire ses besoins, surtout cette femme là. Je ne pourrais jamais concevoir de lui faire quelque chose qu’elle ne voudrait pas ou qui pourrait lui porter atteinte. C’est donc sur cette érection non contrôlée qu’on cesse nos folies et nous reprenons le chemin vers l’entrée du palais. Le silence a repris le dessus, je ne sais pas quoi dire tant je me sens bête et j’ai aussi peur qu’elle pense que je ne suis qu’un genre de pervers mais elle ne semble pas m’en tenir rigueur car quand nous sommes à nouveau à l’entrée du palais, elle prend ma main pour retourner vers le camp.

    Tout le monde dort encore, du moins c’est ce que l’on croit jusqu’à ce que je fasse stopper Q’orianka en entendant du bruit. Nous sommes caché derrière des haies tropicales lorsque nous entendons une voix masculine répondre à une voix féminine. Je reconnais rapidement Elena mais ce n’est pas Garrett avec elle. Impossible avec ce qu’il se dit.

    « – Si tu t’occupes de cette Anya, je veux bien t’aider à récupérer un maximum d’or et bijoux. Je sais où la princesse a ses bijoux au palais et puis peut-être que pour ce voyage on va en trouver aussi..
    _ Oui mais on ne me laissera pas en prendre. On est cerné par les gardes atlantes mais aussi Henry et ton époux.
    _ On réussira à en récupérer. Mais tu dois d’abord éloigner cette chienne de mon époux.
    _ Un accident peut vite arriver..
    _ J’aime bien cette phrase. »

    Je baisse mon regard vers Q’orianka. On comprend qu’Oscar et Elena viennent de pactiser pour faire des choses qui risquent de finir en drame. Je me tâte à aller les voir maintenant mais si je le fais, ils vont savoir que j’étais avec la princesse et Oscar pourrait le dire à Nashoba ou même le roi. Nous attendons donc qu’ils repartent vers leurs tentes pour pouvoir en discuter.

    « – Il va falloir que je prévienne Garrett mais toi tu vas devoir prévenir ton frère.. Il faut qu’il sache ce qu’Oscar compte faire. »

    Je ne sais pas encore comment nous allons répliquer à tout ça mais pour le moment il faut que Q’orianka retourne vers son camp. Avant qu’elle ne s’en aille, j’ose déposer un chaste baiser sur ses lèvres et je vois ses joues prendre un rouge pourpre. Cela me fait tendrement rire mais je ne retourne pas vers ma tente tant que je ne suis pas certain qu’elle est en sécurité.

    Cette soirée a été vraiment intense.. Je n’arrive pas à fermer l’œil car trop de choses passent par mon esprit. De toute façon la nuit est déjà bien entamée et le matin arrive bien plus vite que je ne l’aurais pensé. Tout le monde se réveille et lève le camp pour reprendre la route vers le nord mais aujourd’hui le temps n’est pas avec nous. Il pleut littéralement des cordes et le sol devient un torrent de boue. Même les atlantes ont des difficultés à avancer mais on ne peut pas perdre trop de temps à s’abriter quelque part sous peine de rallonger ce voyage qui s’annonce déjà long. Q’orianka fait son apparition lorsque les soldats sont prêts et on ne peut s’empêcher de se lancer des regards mais pour le moment nous restons à distance puisque nous avons chacun une mission. Moi je dois parler à Garrett et elle, elle doit parler à son frère.

    Oscar et Elena sont mélangés au troupeau, j’en profite donc pour marcher moins vite et entraîner Garrett avec moi. Je lui dis avoir des idées à lui faire parvenir mais je viens surtout lui raconter ce que j’ai entendu entre Elena et Oscar. Cela le choc et l’agace assez pour qu’il veuille aller confronter Elena mais je lui demande de rester discret pour le moment, le temps que l’on puisse éviter une effusion de sang. Il a quand même la réflexion de se demander pourquoi j’étais réveillé aussi tard et pourquoi Q’orianka était avec moi.

    « – Elle m’a montré le palais d’été de ses parents.. il est caché dans cette jungle mais il est en ruine.
    _ Et pourquoi tu es le seul à avoir eu le droit à cette visite ? Ce palais pourrait nous aider dans notre quête non ?
    _ Hm.. et bien..
    _ Je te taquine mais surtout je mettrais ma main au feu qu’il y a quelque chose entre vous deux. Tu as de la chance que je ne suis pas un harceleur et que je vais t’épargner les tonnes de questions.. mais est-ce que tu as découvert quelque chose quand même ?
    _ Q’orianka m’a dit quelque chose qui m’intrigue et que j’ai beaucoup de mal à croire.. Elle pense que je suis la personne qui est censée sauver son peuple. Une sorte de guerrier légendaire que les atlantes attendent depuis des siècles..
    _ Pourquoi croirait-elle cela ? Il y a en a des centaines d’hommes sur cette île.. ça pourrait être moi ! Ou imagines si c’est Evan ? On est mal barré.. »

    On se met à rire quelques instants mais il faut reprendre son sérieux lorsqu’on remarque que la tempête devient encore plus violente. Une rivière semble être sortie de son lit et elle monte si vite que nous devons rebrousser chemin pour essayer de chercher des hauteurs. L’un des guerriers dit que les dieux sont en colère, certainement parce que l’on va au delà des terres autorisées. Je déduis surtout que ce temps n’est pas si différent des forêts tropicales sur terre sauf qu’ici il est plus difficile de se repérer puisque nos boussoles ne fonctionnent pas. Nashoba sait qu’il y a des grottes vers l’ouest donc tout le monde se met à le suivre et Garrett retourne vers les autres alors que pour ma part j’ose aller à côté de la princesse.

    « – Je l’ai prévenu mais je pense qu’il ne va pas rester calme bien longtemps.. Je n’aurais pas dû accepter qu’Elena vienne avec nous. Même si elle a insisté, j’aurais dû la laisser à Londres. Et cet Oscar.. je ne comprend pas. Il veut des trésors mais il ne sait même pas comment revenir chez nous. Du moins, sauf s’il sait des choses qu’on ne sait pas.. »

    Depuis notre arrivée ici, il passe son temps seul mais j’ai su qu’il avait passé du temps avec le roi ou des mestres qui sont censés être les gardiens des secrets atlantes. Il pourrait très bien avoir eu des renseignements qui pourraient nous être utile mais qu’il préfère garder pour lui. Nous allons donc devoir aussi se rapprocher de lui pour tenter d’en savoir plus mais je ne tiens pas à ce que ce soit Q’orianka qui le fasse. Par sécurité mais je sais qu’il y a aussi une part énorme de possessivité qui m’anime. Justement j’ai beaucoup de mal à ne pas à repenser à hier soir et à nos baisers échangés. Nous avons une relation naissante, secrète mais étrangement plus nous nous découvrons et plus j’ai l’impression de la connaître depuis toujours. C’est comme ci elle avait déjà été mienne.

    « – Pour hier soir.. je.. et bien j’en suis encore assez retourné. Que ce soit pour tes révélations mais aussi nos baisers.. J’espère ne pas t’avoir offensé en revenant t’embrasser et en ayant ce problème masculin.. »

    Je me sens encore bête mais dans un sens ça ne peut être que flatteur pour elle. J’ai déjà eu quelques relations dans ma vie mais ça n’a jamais été très concluant. J’ai toujours fini par délaisser mes partenaires et elles ont fini par me quitter. Plus les choses devenaient sérieuses et plus je m’éloignais, sûrement par peur de l’attachement ou alors parce que je n’ai jamais vraiment trouver la fille qui saurait me garder entre ses bras. Q’orianka semble vouloir en savoir un peu plus sur ma vie amoureuse donc comme nous sommes en retrait du groupe et que le temps se calme assez pour ne plus courir, je me permet quelques confidences.

    « – Ma première petite amie était une femme de dix ans mon aînée. Je croyais qu’elle était la femme de ma vie mais je crois que je cherchais surtout une figure maternelle.. Ça a duré trois ans et ça a été ma plus longue relation. Après elle, je n’ai eu que des relations sans lendemain. Je n’ai pas su me poser avec qui que ce soit et mes partenaires m’ont souvent quitté parce que je ne savais pas être présent pour elles.. »

    Mes paroles ont de quoi la faire fuire mais j’ai un passé avec beaucoup de failles et si je veux vraiment construire quelque chose avec cette princesse, je dois être entièrement transparent sur qui j’ai été et ce que j’ai vécu.

    « – Je n’ai jamais été un prince charmant et je crois que je n’ai jamais imaginé une vie où je serai posé avec quelqu’un.. Enfin, comme j’étais en quête de mes parents et que j’étais hanté par cet abandon, je ne faisais pas de ma vie sentimentale une priorité. Et puis en voyant le mariage de Garrett, ça m’a aussi pas mal refroidie. J’ai toujours eu peur de tomber sur une tarée comme Elena.. »

    J’étire un fin sourire mais le groupe devant nous se stoppe et ça me fait sourciller. Nashoba montre une grotte mais elle est en hauteur et il va falloir grimper sur un flanc de montagne. Les autres s’entraident alors que moi j’aide cette belle princesse. Je reste derrière elle mais je sens que son frère jette des regards vers moi pour voir si je n’ai pas de gestes déplacés.

    « – Pour tout t’avouer, je crois que je me suis jamais donné d’avenir alors l’amour n’a jamais eu de place particulière dans ma vision de la vie. J’ai toujours cru que j’allais mourir tot.. genre avant mes trente ans. C’est bizarre comme pensée mais je l’ai toujours ressenti au fond de moi.. »

    Et peut être que mes pressentiments ne sont pas totalement faux avec cette histoire d’Isha mais bon, avec l’arrivée de Q’orianka dans ma vie, j’ai peut-être enfin une raison de voir un avenir. Quand nous arrivons en haut de la parois, je me retrouve près d’elle alors que les autres entre dans la grotte. Nous avons un instant où personne ne porte d’attention sur nous et c’est là que nos mains s’effleurent. Malgré tout, on doit encore se montrer discret donc nous allons dans cette grotte et je rejoins mon groupe alors qu’elle rejoint le sien. Pour le moment nous devons attendre que le temps de calme un peu plus mais ça semble être une éternité puisque je ne peux être auprès de la princesse.

  65. Avatar de M.
    M.

    Qui est cet homme ? Pourquoi se rapproche t’il ainsi de Q’orianka ? Si les autres se demandent qui sont toutes ces personnes sortant des anciennes maisons, moi je me focalise sur ce grand blond qui semble être venu d’une autre époque mais qui surtout semble connaître Q’orianka. Tout le monde s’avance vers ces personnes qui sortent de nul part alors que moi je reste en retrait, tout comme Nashoba qui continue de fixer méchamment ce John.

    “ – Que faites vous ici ? Vous n’auriez jamais dû venir ! Cet endroit est maudit !”

    Lance John envers Q’orianka. Bien évidemment, cela attire certaines oreilles dont celles d’Isaac qui ne compte pas rester bloqué dans un endroit maudit alors il pose la question qui devrait nous indiquer le problème.

    “ – Maudit ? Qu’est ce qu’il se passe ici ? Qui êtes vous ?
    _ Je suis John Smith, un explorateur Anglais qui est arrivé il y a des années en Atlantide. Je suis resté un certain moment auprès de Q’orianka et sa famille mais j’ai décidé de partir en exploration pour tenter de trouver une solution pour aider les atlantes mais avec mes hommes, nous avons atterri dans ce village et il nous est impossible de le quitter.
    _ Comment ça impossible ?
    _ C’est comme ci nous étions prisonniers de cette terre. Dès que nous essayons de nous éloigner, nous sommes automatiquement redirigés ici. J’ai tout tenté pour repartir vers Atlantis et ça depuis bien des années mais je n’ai jamais réussi..”

    Dit-il avec des yeux attristés tout en observant Q’orianka. Il ose même poser sa main sur sa joue. Cette scène me donne une sorte de relent et je préfère m’éloigner plutôt que de continuer à regarder ça. Je vais donc vers les maisons mais surtout vers ce nouveau peuple qui semble totalement différent des autres atlantes. Ils sont beaucoup plus primitifs à vue d’œil. Ils ont aussi un langage différent, du moins ils parlent l’ancien atlante et étrangement je le comprend. Celui qui semble être le chef s’impose devant moi et il me pointe du doigt.

    “ – ISHA ! C’est vous Isha !”

    Il n’y a que moi et Q’orianka qui comprenons ses mots. John se retourne en entendant ce chef qu’il n’a jamais compris depuis son arrivée ici et son attention se rive vers moi. Il ne se doute pas de qui je suis ni même de ma relation avec celle qu’il avait promis d’épouser après avoir sauvé l’Atlantide.

    “ – Vous le comprenez ? Depuis des années j’essaye de trouver des solutions pour m’en aller d’ici mais ce chef ne m’a jamais parlé !!
    _ Peut-être qu’il ne parle qu’à ceux qui le méritent.”

    Mes mots sont glaçants, si bien que Garrett étire un fin sourire puisqu’il comprend mon aversion pour ce John. Je me remet en route pour explorer davantage de ce village pendant que le reste du groupe commence à s’installer dans l’endroit. De toute façon ce n’est pas aujourd’hui que nous allons décamper puisqu’il y a ces fameuses retrouvailles. Q’orianka va sûrement vouloir aider son nouvel amant et certainement qu’elle va avoir un regain de souvenirs qui va enterrer ce début de sentiments qui naissaient entre nous.

    Dans ma quête de fuire la vue sur Q’orianka et John, je me retrouve près des maisons qui ont des gravures comme celles que nous avons vu dans la grotte et qui ce sont illuminées lorsque j’ai embrassé Q’Orianka. Cet endroit doit donc être ancien, même plus ancien que la capitale. Je suis suivi par Isaac mais aussi Elena, qui ont bien remarqué mon trouble vis à vis de la princesse et qui comptent l’utiliser pour déstabiliser la situation. Isaac arrive près de moi et il me montre ce qui ressemble à une sorte d’autel, cependant il y a une orbe flottante au-dessus de cette grosse table en pierre.

    “ – C’est pas croyable.. Je n’ai jamais observé cela avant. Cette île est décidément pleine de surprises.. As-tu entendu parlé de ce John Smith ? Il pourrait nous freiner dans notre voyage ?
    _ Je n’en sais rien et je m’en fiche bien de lui. Nous avons pour mission de trouver un moyen de sauver cette île et de trouver une sortie. Rien d’autre.
    _ Et s’il dit vrai ? Si nous sommes bloqués dans ce village ?
    _ Je trouverais une solution.
    _ Veux-tu que je m’occupe de ce John ?”

    Isaac me lance un regard complice et presque machiavélique. Essayes t-il de m’acheter pour gagner ma confiance ou pour pouvoir m’utiliser à sa guise ? J’en fronce les sourcils et Elena arrive à la rescousse pour éviter une effusion de coups de poings. Elle se met entre moi et Isaac puisqu’elle a compris que je comptais hausser la voix.

    “ – Henry.. Nous n’avons pas besoin de crier. On a bien vu que tu étais proche de la princesse et l’arrivée de ce John va tout gâcher. On veut juste t’aider.
    _ Je n’ai besoin d’aucune aide et de personnes. Maintenant, lâchez- moi, je dois trouver un moyen de nous sortir d’ici.”

    Elena lève les yeux au ciel et elle fait signe à Isaac de la suivre pour me laisser tranquille. Ils n’en ont pas fini avec moi, ni même avec le reste du groupe mais je suis bien trop aveuglé par la jalousie pour m’intéresser à eux. Je continue donc mon tour et je suis à nouveau suivi, mais cette fois-ci par Nashoba. Il a entendu ce surnom d’Isha et cela l’intrigue puisqu’il connaît aussi la légende autour de cet héro légendaire. Le chef du village revient à moi une nouvelle fois mais il m’arrête pour à nouveau me parler.

    “ – Isha ! gardien du temps et sauveur de l’atlantide !
    _ Pourquoi je serai Isha ? Comment le savez-vous ? Qu’est ce que je dois faire pour sortir d’ici ?”

    Nous n’avons pas le même langage mais il me comprend, certainement parce qu’il a entendu John et ses hommes parlaient depuis des années. Le chef me fait signe de le suivre et il m’amène vers l’autel où il y a certaines gravures qui montrent Isha. A première vue, ça ne me ressemble pas du tout alors je ne vois pas comment il pourrait être certain que je suis ce héro.

    “ – Isha est le premier homme venu sur Atlantide, il y a des milliers d’années. Il a offert son âme et celle de son grand amour pour protéger cette île mais les atlantes n’ont pas su honorer le sacrifice d’Isha. Ils ont été puni pour ça et aujourd’hui il n’y a que Isha pour réparer le mal.
    _ Je ne suis jamais venu ici il y a des milliers d’années.. Je n’ai que vingt cinq ans, cela serait assez compliqué.
    _ Isha devait renaître. Il est le gardien du temps et il devait renaître avec sa partenaire. La légende dit qu’ils ont sacrifié leurs âmes pour l’île mais que celle-ci finirait par les rappeler quand elle aurait le plus besoin d’eux… Et ils sont de retour. Tu es Isha.
    _ Vous avez déjà vu cet Isha pour savoir que c’est moi ? Enfin ça n’a aucun sens. Je ne suis qu’un explorateur qui est venu sur cet île pour retrouver ses parents, pas pour sauver l’île.
    _ Tu es Isha ! “

    Pour me prouver qu’il sait ce qu’il dit, il attrape ma main et l’impose sur l’autel. Je m’apprête à le repousser mais l’autel se met à avoir la même lumière bleue que dans la grotte. Pendant l’espace de quelques secondes, le temps semble se ralentir mais il y a surtout tous les habitants natifs du village qui se mettent à genoux. Il y a aussi les hommes de Nashoba qui suivent le mouvement, ainsi que Nashoba lui-même. Je ne comprend pas ce qu’il se passe mais tous les regards se portent vers moi, même celui de la princesse. J’ai l’impression de devenir une sorte d’attraction vénérée et cela me met tellement mal à l’aise que je retire ma main de cet autel. La lumière cesse et je m’éloigne de là pour retourner vers l’endroit où nous sommes arrivés il y a une petite heure. Certaines personnes me suivent mais j’ordonne à ce qu’on me laisse seul.

    Mon groupe a aussi insisté à cette scène et ils sont encore plus interloqués que moi. C’est irréaliste pour eux et pourtant ils ont bien vu cette connexion que j’ai eu avec la pierre. Garrett s’apprête à me rejoindre mais au lieu de cela, il se tourne vers Q’orianka qui semble aussi perdue. Le retour de John doit totalement la bouleversé mais il y a aussi cette relation naissante avec moi qui joue sur son esprit. John est toujours auprès d’elle et il n’apprécie pas ce qu’il vient de voir.

    “ – Qu’est ce qu’il s’est passé avec cet homme ? Qui est-il ? C’est un sorcier ?”

    Il vient d’une autre époque, d’un autre temps. John est quasiment un opposé de ce que je suis. C’est un peu l’image du prince charmant physiquement mais intérieurement, il n’a pas une image si lisse qu’il n’en laisse paraître. Il est connu en Angleterre et l’histoire raconte qu’il a disparu en mer, cependant l’histoire raconte aussi qu’il était un explorateur mais surtout un chercheur d’esclaves. Il n’est pas arrivé sur l’Atlantide pour sauver les atlantes mais parce qu’il cherchait des nouveaux peuples à vendre, cependant ses projets ont été avorté puisqu’il n’a jamais su repartir de l’île. En quittant Q’orianka il y a quelques années, il voulait simplement trouver un moyen de partir de l’île mais il s’est retrouvé piégé dans ce village. Pour pouvoir aller plus loin dans les montagnes, il n’y a qu’Isha qui peut passer la barrière du temps, ainsi que ceux en qui il a une entière confiance.

    “ – Ce n’est pas un sorcier mais mon cousin, Henry Cavill. Puis-je discuter un instant avec Q’orianka ?
    _ Qui êtes vous ?
    _ Garrett Hedlund, explorateur d’un nouveau temps contrairement à vous John Smith.”

    Garrett connait l’histoire de John contrairement à moi. Nous n’avons pas forcément évoqué ce personnage puisque nous étions à mille lieux de savoir qu’il était encore vivant. John accepte la requête de Garrett et il le laisse seul avec Q’orianka. Mon cousin s’assure que John soit assez éloigné pour pouvoir parler avec Q’.

    “ – Vous savez ce qu’il vient de se passer avec Henry ? C’est quoi cette lumière ? Et cette sensation que le temps soit différent ?”

    Tout est confus, tout devient compliqué. Et pourtant je suis encore retourné par ma jalousie, non pas par ce statut de sauveur d’île. Je ne comprend pas vraiment ce sentiment, je ne l’avais jamais ressenti avant aujourd’hui et c’est certainement pour cela que j’ai du mal à me poser, à être clair dans mes pensées. Je crois que j’ai cette peur que Q’orianka délaisse ce qu’il y a entre nous pour retourner vers son ancien amour et il n’y a rien de plus déchirant. Pourtant je ne crois pas être amoureux ? Ou alors si ? Mon esprit est embourbé, mes sentiments mélangés. Cet orage intérieur commence à devenir un orage extérieur, si bien qu’une pluie comme celle que nous avons vécu plus tôt, se remet à tomber. Q’orianka avait usé de son énergie pour la stopper et voilà que ma confusion remet en route cette tempête. La plupart des gens vont rapidement s’abriter dans les petites maisons mais moi non, je reste dehors. Je continu à faire les milles pas quand je vois Q’orianka s’approcher. Elle est seule, à nouveau trempée et l’air inquiet.

    “ – Tu devrais aller aussi dans une maison, tu vas attraper froid ! Je vais arriver ne t’en fais pas.”

    Mais elle reste là, elle ne bouge pas. Je secoue un instant la tête face à son caractère de têtue et je finie par me mettre devant elle.

    “ – Ce chef m’a lui aussi dit que j’étais cet Isha et que soit disant je suis ici pour sauver l’île. Mais sois disant aussi que j’étais le premier homme sur cette île. Je ne comprends plus rien.. Je.. Je ne sais même pas ce que je dois faire. Et je dois aller où ? S’il faut que je sauve cette île alors je vais aller le faire comme ça après tu pourras vivre en paix avec ton.. ami John.”

    Il y a un petit pique de mauvaise foi dans mes derniers mots mais je me sens désarmé. Est-ce que je peux vraiment faire face à ce John ? Je ne sais pas ce qu’il a vécu avec Q’orianka mais il a été son premier amour et j’ai l’impression de n’être rien comparé à cela. Alors je ravale ma jalousie un instant et j’essaye de penser à son futur. Elle mérite d’être heureuse, de vivre une vie sans être bloquée par le temps mais surtout une vie heureuse. Si c’est John qui peut la rendre heureuse alors je dois l’accepter.. Enfin, une énorme partie de moi espère qu’elle aura des choix différents.

    “ – On doit trouver des réponses et je suis certain que ce Chef pourra nous aider. Il m’a appelé Isha sans même savoir qui j’étais alors c’est qu’il doit savoir davantage de choses.”

    La pluie continue de s’abattre sur nous, à croire qu’elle comprend que je ne suis pas vraiment apaisée. C’est lorsque Q’orianka pose sa main contre mon torse que l’intensité des gouttes se calment. Tout comme elle, je peux contrôler plus ou moins le temps et je m’en rend compte en cet instant. Cela donne ne fait que renforcer cette désignation d’Isha. Un simple homme ne pourrait pas avoir autant de “pouvoirs” sur une terre. Pourtant je suis encore très loin d’imaginer à quel point j’ai des capacités irréalistes sur cette île.

    “ – Tu l’aimes encore cet homme ? Tu.. enfin.. Tu souhaitais qu’il revienne dans ta vie ?”

    J’ai besoin de savoir. Il me faut savoir la vérité pour pouvoir faire mon deuil ou alors pour continuer d’espérer. Je ne peux pas rester sans réponse.

  66. Avatar de M.
    M.

    Elle ne compte pas m’abandonner. Elle ne compte pas retourner dans les bras de ce John. Elle vient même sceller ses paroles en m’offrant un baiser alors que plus loin, il y a quelques hommes de son peuple mais surtout son frère. Je ne pouvais pas me sentir aussi soulager et pourtant il y a bien des choses beaucoup plus compliquées autour de nous ou pour notre aventure. Q’Orianka prend ma main pour que l’on retourne vers le village et je me met à entrelacer nos doigts même si je me fais fusiller du regard par Nashoba. S’il le pouvait, il me tuerait sur place mais puisque je suis ce fameux Isha, il va devoir patienter que je lève la malédiction. John aussi a un sombre dessin pour moi mais là, personne ne sait ses intentions ni ce qu’il a appris durant toutes ses années dans ce village mystique.

    Pour aujourd’hui, nous allons devoir rester ici durant la nuit. Le ciel s’assombrit rapidement et sous la demande du chef, les habitants partagent leurs maisons avec nous. Pour moi et Q’orianka, nous sommes invité chez ce fameux chef et en rentrant chez lui, nous avons plus l’impression d’être dans un temple que dans un lieu de vie. Sur les murs, il y a de nombreux dessins mais ça n’a rien à voir avec la grotte. Les dessins semblent évoquer le cataclysme qui a englouti l’Atlantide sous les eaux. Je dois avouer que mon côté explorateur a envie de m’intéresser à ces fresques mais le chef a décidé de passer dans le vif du sujet, donc parler de ce rôle que je suis censé avoir sur l’île. Du moins, il n’y a pas que moi qui est concerné puisqu’il pointe du doigt Q’orianka.

    « – Vous êtes le couple premier de l’île. Toi Isha et toi Matoaka.
    _ Matoaka ? Elle a aussi un surnom ?
    _ Elle est notre déesse suprême. C’est elle qui a donné la vie ici. »

    Le chef se rapproche de nous mais il fait face à Q’orianka. Il l’observe vraiment comme si elle était une sorte de divinité présente. Il se met aussi à genoux face à elle en tendant ses mains pour qu’elle puisse les serrer.

    « – Matoaka est aussi celle que les atlantes vénèrent depuis toujours. La déesse soleil. Isha n’est pas un dieu, il est le protecteur de la déesse et de l’île. C’est lui qui a le pouvoir de refaire fonctionner le temps mais pour ça il doit offrir sa vie comme il l’avait offert pour que l’île prospère. »

    La fin de sa phrase ne me plaît pas du tout.. comment ça offrir ma vie ? Je lance un regard perplexe vers Q’orianka mais je veux en savoir encore plus alors j’attrape le bras du chef pour le relever. Je n’ai pas le temps pour des cérémonies alors qu’il parle de sacrifice.

    « – je vais devoir mourir ?! Il n’y a pas d’autres moyens de sauver l’île sans que je ne meurs ??
    _ Si. Il y a toujours autres moyens mais pour ça, tu dois aller dans la montagne sacrée. Personne ne peut y entrer à part Isha et Matoaka. »

    Un petit soulagement m’envahit mais cette histoire ne me plaît pas pour autant car on ne sait pas s’il y aura vraiment d’autres moyens. Le chef nous dit que la montagne se situe à un jour de marche d’ici mais qu’il n’y a que moi et Matoaka qui pouvons sortir de ce village. Pour se protéger, la montagne a une sorte de barrière invisible qui bloque tous ceux qui voudraient l’approcher, c’est pour cela que John smith et ses hommes sont ici depuis des années. Ils ont été pris au piège.

    « – Et que pouvez vous nous dire de ce John Smith ? Qu’as tu fais ici depuis des années ? Est-ce qu’il vous a dit quelque chose qui pourrait nous aider sur ses intentions ?
    _ Smith.. Il nous torture depuis des années afin qu’on le laisse sortir du village.. Il n’a pas le visage qu’il prétend avoir. Il est très mauvais et il va s’en prendre à vous si vous ne partez pas au plus vite.
    _ Mais mes hommes ? Ils vont devoir rester dans ce village aussi ? Ils vont être bloqué ?
    _ Oui, tant que vous n’aurez pas levé la barrière du temps.. »

    Je n’ai pas de doutes sur le fait que les miens sauront se défendre face à John mais ça ne me rassure pas pour autant qu’ils soient bloqués ici en attendant que nous trouvons une solution avec Q’orianka. Le chef du village finit par nous laisser tranquille puisqu’il va nous préparer une boisson chaude, ce qui me laisse seul avec la princesse. Elle a dû aussi prendre toutes ses informations et ça doit autant la perturber que moi. Cependant son sourire essaye de me rassurer. Même dans un moment compliqué, Q’orianka se montre plus forte que moi en ayant cet air positif et déterminé.

    « – On va partir demain, juste toi et moi. On va aller vers cette montagne car de toute façon ton frère, ses hommes et les miens seront bloqués ici tant qu’on aura pas débloqué la situation.. Et je ne veux pas qu’ils soient prisonniers pendant des décennies ou même des siècles. Par contre il va falloir que tu me promets de faire attention et de ne surtout pas mettre ta vie en danger pour moi.. »

    En disant cela, je fais référence à ce sacrifice dont le chef a parlé. Si je n’ai pas le choix, alors je le ferai mais je ne tiens pas à ce que Q’orianka décide de se faire du mal en tentant de m’épargner. J’essaye tout de même d’être positif puisque tout ça va permettre de rendre une liberté à tout le monde mais surtout Q’orianka. Qui sait, peut-être qu’elle pourra avoir cette vie normale qu’elle mérite et j’espère pouvoir en faire partie même si mes autres compagnons rêvent de partir de cette île.

    On ne dort pas vraiment durant cette nuit puisque la maison du chef n’est pas forcément équipée pour ce confort et puis il n’arrête pas de faire des prières pour Q’ et moi. Au petit matin nous sortons de là et nous retrouvons nos proches. Nashoba s’accapare sa sœur pour lui demander ce qu’il se passe avec moi alors que pour ma part je vais vers Garrett pour lui expliquer mon départ avec Q’orianka. Mon ami va devoir être celui qui va gérer notre troupe et il va devoir redoubler de vigilance avec John ou même Oscar dans les parages. Oui, je me méfie de ces deux hommes mais pourtant la plus grande menace n’est pas masculine. Elena profite que nous soyons plus ou moins occuper pour se rapprocher d’Anya et sans que nous ayons le temps d’intervenir, nous entendons un hurlement. Tous sur la défensive, nous cherchons d’où provient ce bruit et c’est John qui traine Elena pour la ramener à nous. Elle a les mains en sang et un sourire machiavélique.

    « – Elle ne pourra plus voler mon époux.. »

    Garrett fronce les sourcils et il part en trombe chercher la russe. La situation change totalement et pour couronner le tout, Oscar arrive derrière Q’orianka et il l’attrape en posant une lame de couteau contre son cou. Il profite du coup de folie d’Elena pour lui aussi faire le sien.

    « – Il est hors de question que vous partez sans moi ! Je viens avec vous vers cette montagne car il y a certainement la sortie pour quitter cette île ou alors des trésors à récupérer !!
    _ Pose ce couteau Oscar !! Et lâche là !!
    _ Non ! Elle reste avec moi tant qu’on aura pas atteint la montagne. Je ne suis pas venu dans ce trou perdu pour ne rien obtenir ! »

    La situation devient vraiment orageuse. Oscar menace Q’, Elena semble avoir gravement blessée Anya aux vues des cris de Garrett et moi je me retrouve face à tout ça, complètement désarmé. Nashoba semble prêt à sauter sur Oscar mais je lui fais signe de ne pas bouger par peur que notre nouvel ennemi ne fait du mal à la princesse.

    « – Très bien. Tu vas venir avec nous mais tu lâches Q’orianka de suite ! De toute façon sans elle, on ne pourra rien faire dans cette montagne.
    _ Oui mais je la garde avec moi. Il me faut un gage de ta bonne foi. Je sais que tu me laisseras tranquille tant qu’elle sera avec moi. Je tiens aussi à ce que John vienne avec nous.
    _ John ? Pourquoi lui ?
    _ Occupes toi de tes oignons ! Maintenant on y va. »

    Je lance un regard vers ce John, je pense vraiment que c’est lui qui est derrière cette omerta. Il a du mettre des choses en tête à Oscar et Elena. N’ayant pas le choix, j’accepte et je vais chercher mon sac de voyage sans attendre. Oscar attrape Q’orianka par le bras et il se met à la faire avancer avec lui. Nous avançons vers ce qui semble être la barrière de temps et nous réussissons à la passer sans encombre, au plus grand bonheur de John Smith. Ses hommes essayent aussi de passer mais cette barrière les bloquent puisqu’ils sont bien trop éloignés de moi et Q’orianka.

    « – N’essayez pas de nous attaquer ou nous faire faux bon. Nous sommes deux contre vous et je n’aurais aucune pitié à vous éliminer. »

    Lance Oscar qui relâche le bras de Q’. Il la laisse revenir près de moi et je viens de suite la prendre dans mes bras. Les deux hommes sont derrières nous mais ils nous montrent les armes qu’ils ont pris afin de mettre la pression sur nous. Je ne m’attendais pas à ce retournement mais j’essaie déjà de trouver une solution. Pour le moment je ne peux pas les attaquer mais je compte bien les faire tomber avant que nous n’arrivons à la montagne.

    « – Tu vas bien ? Je suis désolé pour cette tournure.. »

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    M.

    J’ai l’esprit un peu en vrac entre ce que je viens de voir mais aussi parce que ce John est encore là. Q’orianka a usé d’une sorte de magie pour évincer Oscar et ça m’a troublé car je ne pensais pas qu’elle avait ce genre de « pouvoir » mais ma nouvelle jalousie a pris le dessus quand je l’ai entendu gravier John, si bien que le sort d’Oscar est presque aux oubliettes. C’est certainement un vilain défaut naissant puisque je n’avais jamais ressenti de la jalousie mais c’est plus fort que moi. Pourtant Q’orianka essaye de me rassurer et elle a même expliqué à John qu’il n’était qu’un ancien amour mais ça n’apaise pas cette émotion qui fait grogner mon ventre. Silencieux, je continue de les suivre jusqu’à ce que nous arrivons à ce qui ressemble à une antre. Il y a une sorte de grotte qui doit certainement donner sur l’intérieur de la montagne et qui va donc nous mener à ce que nous recherchons. Je sens qu’il doit y avoir énormément de pouvoir car je me sens attiré par l’endroit mais John nous stoppe.

    « – êtes vous certain qu’il faut vraiment entrer ? Et si c’était un piège ?
    _ Je croyais que tu voulais retrouver ta liberté Smith.. Maintenant que ton copain n’est plus là, tu as peur ?”

    C’est vrai que je parle d’une façon si mauvaise qu’il n’y a plus de doute sur ma jalousie. John fronce les sourcils et il fait un pas vers moi. Nous ne sommes pas loin du combat de coqs mais Q’orianka met fin aux hostilités en mettant les pieds dans l’antre. Elle ne dispute pas mais je sens quand même qu’elle garde un œil sur moi.

    “ – On doit y aller. Si tu veux rester à l’entrée, libre à toi de le faire.”

    Dis-je avant d’avancer à mon tour pour aller vers Q. Lorsque mes pieds passent cette porte invisible, je me sens encore plus immergé par les pouvoirs de cette montagne. J’ai même comme une impression de déjà-vue.. Oui, j’ai vraiment le sentiment d’être déjà venu et de connaître les lieux. Je ne sais pas si la princesse ressent la même chose mais en réalité non, puisque cette montagne est là où se trouve la dépouille de ce fameux double qui a créé l’atlantide. C’est là où il s’est sacrifié pour protéger l’île et c’est pour cela que je suis connecté à l’endroit, beaucoup plus que Q’orianka ne l’est.

    “ – Il a des pièges.. Plusieurs pièges. Il voulait s’assurer que personne ne puisse rejoindre la grande chambre.Son corps est ici..”

    John me regarde comme si j’étais fou mais je me moque bien de lui. Mon regard se pose sur Q’orianka qui elle aussi semble étonné de mes mots.

    “ – J’ai la sensation de tout connaître ici.. mais aussi sur lui, enfin l’homme qui a créé et protégé l’Atlantide.. ce premier Isha..”

    Pour lui en faire preuve, j’avance en premier et je m’arrête lorsque nous approchons d’une sorte de grand couloir en pierres. Je sais qu’il y a des endroits où il ne faut pas poser nos pieds, sous peine de créer un éboulement. Je montre ces endroits à Q’orianka.

    “ – Il ne veut pas qu’on le trouve car on risquerait de tout bouleversé.. Pas que pour l’île mais pour tout.. Le monde, le temps..”

    Oui, il me parle ou plutôt il s’est glissé dans mon esprit. C’est vague, flou, difficile à cerner mais pour l’instant je tiens quand même à avancer alors je mène la route pour ne pas que Q’orianka ni cet abruti de John, ne se blessent. Nous avançons le long de l’immense couloir et nous arrivons dans une nouvelle grotte. Plusieurs couloirs et plusieurs grottes se mettent sur notre chemin. Plusieurs pièges sont évités. Plus nous avançons et plus je sens que nous arrivons près du but, pourtant je sens aussi que ce n’est peut-être pas la meilleure des choses. Et si mon esprit a raison ? Si en essayant de sauver l’île, nous changeons plus de choses que nous devrions ? Et si je perdais Q’orianka.. Je n’ai pas oublié qu’il y avait des histoires de sacrifices sur cette île et je ne veux pas perdre celle qui a réussi à ouvrir mon cœur.

    “ – Q’.. est-ce que je pourrais te parler avant que nous allions plus loin ? Enfin.. juste toi et moi. »

    Bien sûr, je lance un regard vers John. Il ne bouge pas d’un centimètre mais le regard de Q’orianka le fait s’éloigner. J’attend donc qu’il soit assez loin pour me mettre face à la princesse.

    « – On avait pour projet de venir ici pour essayer de sauver l’île mais.. si tout ça ne réussissait pas ? Ou si.. cela devait nous séparer ? C’est vrai qu’il est un peu tard pour douter car nous y sommes presque mais je dois t’avouer que j’ai une seule peur, c’est celle de te perdre.. »

    Je lui ouvre les portes de mon âme en me confiant mais de toute manière c’est certainement le moment où je dois le faire car je ne sais pas comment se passera le reste de notre voyage.

    « – On ne se connaît pas depuis des millénaires mais j’ai pourtant l’impression de te connaître depuis toujours et de devoir être près de toi, avec toi.. C’est même assez troublant pour moi car je n’ai jamais ressenti ça avant toi. Je.. je sais que je me suis épris de toi et que je veux avancer auprès de toi. Je veux tout apprendre de toi, tout vivre avec toi mais peut être que ça ne se fera pas.. et ça me tétanise. Je ne veux pas que ce l’on vit à deux prennent fin.. »

    C’est égoïste de ma part car en voulant stopper ce que l’on fait, je suis sûrement en train de condamner toutes les personnes de l’île, même mes parents mais sur l’instant, j’ai envie de ne penser qu’à moi car depuis bien des années, je ne m’étais pas senti aussi vivant qu’aujourd’hui.

    « – Mais si on doit le faire et que tout change.. promet moi qu’on se retrouvera.. »

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    M.

    « – Nous sommes liés Isha. Rien ne pourra briser ça. Ni les hommes, ni le temps. »

    Elle tente de rassurer cette peur qui s’empare de moi. Moi qui semble si inattaquable de l’extérieur mais qui pourtant se retrouve aujourd’hui avec une faille. Cette faille est devant mes yeux et elle dépose un chaste baiser sur mes lèvres. Mon cœur se serre mais j’hoche la tête car je dois faire confiance à Q’orianka mais je dois aussi céder mon égoïsme. Si je me rétracte maintenant, je condamnerai tous nos proches.

    « – Alors.. allons y.. »

    Je prend une bonne aspiration de courage et je me remet en tête de la marche puisque je suis encore guidé par cet esprit qui me demande encore de stopper. Je ne sais vraiment pas ce qui nous attend mais j’essaye de dissiper les paroles de ce fantôme en repensant à des passages doux de ma vie. C’est surtout le visage de Q’orianka qui s’impose mais ça a au moins le mérite de me faire avancer sans freiner une seule fois. John s’est remis à nous suivre mais il ralentit de plus en plus car il a encore bien plus peur que moi. Il faut dire qu’il ne devrait pas être ici puisqu’il n’est pas connecté à cette île. Cela se confirme quand nous arrivons enfin dans la grande salle. Celle-ci est immense et elle est entourée de cascades où dans le centre, se loge un autel ou alors une tombe. Une lumière bleue tamise l’endroit mais ce qui est le plus surprenant ce sont les corps en lévitations.. oui, auprès des cascades, il y a les corps en lévitations de nombreuses personnes qui sont mortes sur cette île dont la mère de Q’orianka. Ces corps semblent surveiller le tombeau du milieu.

    « – Mais qu’est-ce.. »

    Je ne termine pas ma phrase car nous entendons un éboulement derrière nous. Le passage par où nous sommes passé vient de s’effondrer, comme pour nous enfermer à vie ici. John a été pris sous l’éboulement et j’ai le temps d’attraper la main de Q’ pour ne pas qu’elle le suive car avec l’éboulement, John est tombé dans le cours d’eau qui encercle le point centrale de l’endroit.

    « – On ne peut rien faire Q’ ! On ne peut pas aller le récupérer ! »

    Impossible, le cours d’eau est bien trop violent à cause des cascades. Je ramène donc Q’ contre moi pour être certain de pouvoir mieux la protéger mais je nous fais avancer vers ce tombeau puisque je suppose qu’il n’y a que cet endroit qui peut nous sortir de ce piège en pleine montagne.

    « – Je.. je vais ouvrir ce tombeau.. je pense que c’est ainsi qu’on pourra essayer de changer le destin de l’île.. »

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    M.

    La lumière bleue devient si puissante qu’elle m’aveugle et m’empêche de rejoindre Q’orianka mais rapidement tout devient blanc. Je me retrouve dans un endroit où je ne vois plus rien si ce n’est un voile blanc. Suis-je moi aussi mort ? Ça ne dure que quelques minutes puisque j’entend un bruit.. une voix.. et puis je sens que l’on tire sur mon bras. Quelques secondes plus tard, j’ouvre les yeux et je me retrouve dans une chambre. Ma chambre d’étudiant à Londres.

    « – Réveille toi cousin ! On va manquer le cours de science !! »

    Garrett ? Je frotte mes yeux et j’entrevois mon cousin mais il a changé. Il n’est plus comme sur l’Atlantide, on dirait qu’il a retrouvé ses vingt ans. Qu’est ce qu’il se passe ?! Je me lève d’un bon en fronçant les sourcils et Garrett fait un bon en arrière.

    « – Quoi ? Tu as fais un cauchemar vieux frère ? Encore tes rêves sur la jolie brune vivant sur une île bizarre ?
    _ Quelle est la date ?! Et où est l’Atlantide ?!
    _ Eeh du calme.. nous sommes le mardi 12 avril 1910 et l’Atlantide est une île à côté de l’Islande. Nous y allons même assez souvent puisque tes parents y vont l’été pour faire des recherches.. »

    J’ai de nouveau vingt ans ? Mes parents sont vivants et là ?! Et l’Atlantide est connue ?! Je m’assis sur le bout de mon lit comme si je venais de recevoir un coup de pelle sur le haut de la tête. Qu’est ce qu’il se passe ? Est-ce que c’était un rêve ce que j’ai vécu ? Q’orianka n’existe pas ?!

    « – Q’orianka.. est-ce que je connais une Q’orianka ?
    _ À ce que je connais de ta vie, je dirais que non mais si je sais une autre chose c’est que tu rêves de cette nana depuis quelque temps puisque tu n’arrêtes pas de m’en parler. Mais dis moi, tu vas bien toi ? Tu as encore fait le mur pour aller boire hier soir ? »

    Je ne sais pas.. je ne sais plus. Garrett se moque gentiment de moi mais j’ai l’impression que ce n’est pas ma réalité alors que pourtant oui, je suis dans le réel. Je suis de nouveau à la faculté d’Oxford pour étudier l’archéologie afin de suivre le chemin de mes parents. J’ai de nouveau vingt ans et toute ma vie est différente.

    « – N’oublie pas que ce soir nous avons le dîner pour tes fiançailles .. c’est peut être ça qui te rend bizarre ! Tu as peur de te marier avec cette chère Elena ?
    _ Quoi ?! Elena ?! Mais c’est la tienne !!
    _ Ah non.. moi je ne suis pas avec cette folle ! C’est toi qui t’es engagé auprès d’elle et sa famille. Je te rappelle que tu dois m’aider à me rapprocher de la fille du russe pour lequel tu travailles au musée..
    _ Anya ?!
    _ Bien évidement ! Franchement tu es vraiment bizarre ce matin. Tu sais quoi, on va pas aller en cours car je crois que tu as encore trop d’alcool dans le sang. »

    Mon dieu.. cette réalité commence à devenir un petit cauchemar. Certes je sais que mes parents sont vivants mais rien ne va. Je me sens vide.. je me sens rien sans elle..

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    M.

    « – Si on rate le cours, on va encore se faire taper les doigts par le proviseur.. On a loupé plusieurs heures ce semestre.. »

    Dis-je comme ci je revenais à cette réalité mais quelques secondes après, je me rend compte de mes mots. Je fronce à nouveau les sourcils et je me lève pour aller vers le bureau. Je veux comprendre ce qu’il se passe. Pourquoi je me sens ainsi ? Pourquoi j’ai l’impression de ne pas être à ma place ? Ce n’est pas un rêve qui peut mettre quelqu’un dans cet état.. sauf si Garrett a raison et que j’ai vraiment beaucoup bu la veille.

    « – On est plus à une heure près.. Habille toi, on va aller boire un thé et après on ira voir tes parents. Peut-être qu’ils pourraient t’aider avec ces étranges rêves puisqu’ils en savent pas mal sur l’Atlantide.
    _ Hm.. oui c’est un bon choix. »

    Garrett me laisse aller me préparer mais j’ai de nouveau un choc lorsque je vais dans la salle de bain puisque je me vois dans le miroir. Oui, j’ai bien vingt ans et un teint beaucoup moins agrippé par les soucis. Ma moustache est parfaitement taillée et je n’ai pas les cernes que j’avais dans ce rêve. Dans ma garde robe, il y a de beaux tailleurs et pas des vêtements d’explorations. Je trouve même une sacoche où je met mes cours et tout est nickel, comme si j’étais une sorte d’homme soigné et surtout dans une bonne famille. Quand j’étais dans cette autre vie, je n’étais pas pauvre mais je me préoccupais peu de mon apparence ou même de quoi que ce soit si ce n’est mes recherches.

    « – Tu te dépêches Henry ?! Matthew vient de me dire qu’il avait vu Anya aller vers le petit salon de thé en ville !! »

    Je souris un instant car je revois encore cet ancien Garrett qui était épris d’Anya mais qui n’osait rien faire alors que là, tout est différent. Pourtant ça me rappelle aussi cette histoire de fiançailles.. J’ai vraiment accepté de me fiancer avec cette folle ? Peut être que dans cette réalité Elena est différente.. Bref, il faut y aller.

    J’enfile un costume marron ainsi qu’un trench puisqu’il ne semble pas faire très beau en extérieur. Je rejoins mon cousin et je le laisse me guider pour aller vers ce salon de thé. Sur le chemin, il ne cesse pas un instant de parler de celle qui fait chavirer son cœur, si bien que ça en devient rapidement très chiant.

    « – Tu es vraiment dingue de cette fille..
    _ En même temps elle est sublime et tellement cultivée ! Mais je n’arrive pas à l’approcher.. je perds tous mes moyens quand je suis près d’elle.
    _ Toi ? Intimidé par une fille ??
    _ Eeeh ne fait pas le malin car tu bafouillais beaucoup quand son amie Kira t’a parlé l’autre fois !
    _ Kira ? C’est qui ?
    _ La meilleure amie d’Anya ! Ne me dis pas que tu l’as déjà oublié ! Après c’est vrai que toi tu es engagé donc tu dois penser à ta future fiancée.
    _ Hm.. comment j’ai fais pour accepter de me fiancer à Elena Hilton ?
    _ Alors là tu me poses une sacrée colle car tout le monde sait que c’est une peste.. Mais tu m’as dis que sa famille était hautement placée et que cela pourrait t’aider à vite grimper les échelles. »

    Moi ? Vouloir grimper les échelles ? Encore une nouvelle découverte sur ce nouvel Henry. J’ai bien peur que d’autres choses puissent encore me choquer mais aussi surprenant soit-il, l’amie d’Anya ne me choque pas.. Lorsque nous entrons dans le salon de thé, je vois Anya et cette magnifique Kira mais bien qu’elle est le portrait identique de Q’orianka, je n’ai aucun souvenir d’elle. Du moins, son visage semble s’être effacé de mes souvenirs mais pas ce que j’ai ressenti pour Q’. Alors oui, Kira est une inconnue à mes yeux mais une inconnue qui me fait tout de même rougir quand elle m’offre un sourire.

    Je m’installe face à Garrett qui nous a placé non loin des deux filles mais il fait mine de ne pas avoir vu sa dulcinée.

    “ – Un thé au jasmin pour toi ?
    _ Oui.. Mais toi tu ne devrais pas offrir ton plus beau sourire à ta chère et tendre ?
    _ Tais toi Henry !”

    Je me met à rire doucement et je jette un furtif regard sur la table des filles ou plutôt sur cette Kira qui est d’une beauté que je ne peux refuser d’observer. Elle a une douceur et une luminosité qui illumine ce salon de thé..

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    M.

    Anya se rapproche de notre table et je vois le sourire de Garrett s’accroître même si ses joues prennent un pourpre intense. J’aurais presque envie de rire mais mon attention se détourne vers son amie qui arrive à son tour. Je ressens un étrange frisson mais j’essaie de ne pas montrer une quelconque attirance. Il faut dire que oui, je suis un soit disant homme fiancé même si cette histoire a encore du mal à être accepté. Je baisse alors mon regard jusqu’à ce qu’elle parle de cours mais aussi de la soirée. Elle est invitée ? Comme mes souvenirs sont déroutées, je suis surpris de savoir qu’elle sera là mais en réalité j’ai fais en sorte qu’Anya et Kira soient présentes pour que Garrett puisse se rapprocher de sa belle.

    « – Nous nous verrons ce soir.. Bonne journée Kira. »

    Dis-je car Garrett est trop occupé à bégayer face à Anya. J’observe Kira s’éloigner et quand elle n’est plus dans le salon, je relève mon regard vers ce futur couple qui se dessine devant moi. Si lui est niais devant elle, elle se montre plutôt charmeuse et enjouée devant lui.

    « – Je.. Je vais vous laisser. Je dois aller voir mes parents pour voir si tout est prêt pour ce soir..
    _ Oui ! On se retrouve tout à l’heure alors ! »

    Garrett m’expédie bien vite. J’en lève les yeux au ciel et je ris doucement avant de m’en aller à mon tour, cependant je ne me retrouve seul et j’ai un doute sur l’endroit où vivent mes parents. Sont-ils encore dans l’ancienne maison de mes souvenirs ? C’est assez drôle comme situation ou angoissant. Cependant je crois que ma famille est assez réputée donc je suppose qu’un cochet saurait m’amener sans avoir besoin de savoir l’adresse. Je vais vers des calèches qui sont postées au devant de l’université mais je revois cette jolie Kira qui discute avec un grand blond. Leur proximité ne laissent pas énormément de doute sur le fait qu’il est sûrement son compagnon mais en guettant ce garçon, je ressens une boule dans le creux de mon ventre.. comme une colère venue de nulle part.

    « – Monsieur Cavill ?? Monsieur Cavill ??
    _ Euh.. je.. Oui ?
    _ Votre père me fait envoyer pour vous chercher. Il tient à ce que vous le rejoignez chez le tailleur pour essayer le costume pour ce soir.
    _ Hm.. oui.. je vais vous suivre. »

    Ce vieux bonhomme doit être un domestique de mon père et il me sauve dans ma quête de justement retrouver mes parents, pourtant je jette encore un regard noir envers ce garçon qui parle à Kira. Je ne le sens pas, je ne l’aime pas.

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    M.

    Le petit bonhomme toussote pour que je cesse de regarder vers Kira et pour que je le suive vers la calèche qui semble appartenir à ma famille puisqu’il y a les initiales de mon père qui sont écrites un peu partout.

    « – Votre père va s’impatienter monsieur..
    _ J’arrive. »

    J’entre dans la calèche et le bonhomme s’installe pour mener les chevaux vers ce fameux tailleur. Tout est tellement étrange depuis ce matin.. j’ose espérer que d’ici ce soir j’aurais l’esprit beaucoup moins retourné, surtout si je dois faire face à celle qui sera ma fiancée. Je repense tout de même au fait que Kira sera aussi présente et ça sera peut être une occasion pour moi d’en savoir un peu plus sur elle.

    Mon père est bien vivant. Il est là face à moi et il est resplendissant dans son costume. Il m’accueille avec les bras grands ouverts et il me serre contre lui. C’est quelque chose qui me fait soupirer de bien être car j’ai encore ce sentiment qui m’a tiraillé dans cette autre vie.. Celle de ne pas avoir mes parents auprès de moi.

    « – Il faut essayer ton costume pour ce soir jeune homme ! Ta mère et ta sœur sont impatientes de te voir dedans.
    _ Ma.. soeur ?
    _ Tu as déjà oublié que tu avais une petite sœur ? Pourtant je me souviens encore de tes râles lorsqu’elle volait tes livres dans ta chambre ! »

    Mon père se met à rire mais pour ma part, je n’ai pas souvenir de cette sœur. La réalité a changé, mes parents ont certainement pu avoir un second enfant puisqu’ils ne sont plus prisonnier de l’Atlantide. Durant les essayages, mon père me parle de ses recherches qui devraient le mener au Mexique d’ici quelques semaines mais il n’évoque pas mes fiançailles. C’est étonnant puisque c’est lui qui donne la réception alors quand je sors de la cabine d’essayage, je tente d’ouvrir ce sujet.

    « – Tu aimes bien Elena ?
    _ Oh.. et bien.. Elle est très jolie et de bonne famille. Mais je préfère éviter le sujet Henry, je ne tiens pas à ce que l’on se dispute à nouveau.
    _ Je ne compte pas me disputer avec toi.. Je veux juste être certain de mes choix..
    _ Tu doutes aujourd’hui ? Alors que ce soir il y a les fiançailles ? Qu’est ce qui te trouble mon fils ? Tu semblais certain de ton choix même s’il n’était pas partagé par tout le monde.. Je n’ai jamais été contre tes volontés mais j’aurais préféré que tu attends et que tu épouses celle dont tu aurais été vraiment amoureux, tout comme ta mère et moi. Je me fiche des bonnes familles et de l’argent, tu le sais bien. Ce qui compte c’est que tu sois heureux mais je doute que c’est ce qu’il va se passer, vous êtes bien trop différents toi et Elena. »

    Ce n’est pas des fiançailles demandées par ma famille.. alors pourquoi j’ai pris cette décision ? Je vais vers mon père pour qu’il m’aide à ajuster ma cravate mais mon regard est fuyant.

    « – Tu peux encore tout annulé mais tu t’es engagé auprès de cette famille.. Notre réputation risque d’être très abîmée mais sache que je te soutiendrais dans chacun de tes choix mon fils. »

    Mon père n’a pas changé, il est toujours cet homme bienveillant et d’un esprit beaucoup plus libre que les autres hommes de cette époque. Cependant je crois qu’il ne vaut mieux pas que j’annule ces fiançailles même si je ne veux pas être avec Elena. Je ne veux pas que mes choix se répercutent sur ma famille.

    Après ce moment chez le tailleur, nous prenons le chemin du manoir familiale. Ce n’est pas le même qu’avant, c’est bien plus grand et luxueux. Nous avons des domestiques et même une écurie immense. Lorsque nous entrons, ma mère vient se loger dans mes bras mais aussi cette petite brune dont je ne me souviens pas encore du prénom. ( Katherine Langford).

    « – Andréa m’a aidé à préparer la salle de réception ! Et on tient à ce que tu viennes voir ça de suite !
    _ J’espère que ça te plaira grand frère ! »

    Andrea.. très bien, je dois retenir. Les deux femmes m’amènent voir ce qu’elles ont fait et elles me racontent ce qui est prévu pour la soirée. J’ai déjà hâte que tout cela se termine. C’est une sorte de cauchemar éveillé.

  73. Avatar de M.
    M.

    Il est 19h lorsque les invités commencent à arriver mais surtout lorsque les Hilton passent la porte. Elena n’a pas changé, elle a encore ce regard de peste. Elle s’avance vers moi pour déposer un baiser sur ma joue mais j’en ressens une sorte de dégoût que je tente de ne pas montrer. Quelqu’un voit mon malaise et étonnement c’est cette petite sœur que j’ai l’impression de ne pas connaître. Elle me lance un regard suspicieux mais elle s’avance vers Elena pour prendre le relais. Je profite de cela pour aller vers les autres invités dont mon cousin Garrett qui arrive avec ses parents.

    Je dois faire bonne figure et être un bon hôte, j’en ai conscience mais je ne sais pas que je suis suivi par une réputation. Comme je ne me souviens de rien, je ne sais pas que j’avais pour habitude d’être un pilier de bar et aussi un coureur du jupons. J’ai aussi eu pour habitude de disparaître des jours sans prévenir qui que ce soit ni en disant ce que j’allais faire. Beaucoup me prennent pour une sorte d’enfant trop gâté qui préfère profiter de l’argent de ses parents plutôt que de se concentrer sur ses études. Alors qu’en réalité, il n’en est rien. J’ai été quelques fois dans des bars avec des amis mais je ne suis pas un homme à femme et lorsque je disparais, c’est pour rejoindre le château familiale en Écosse pour pouvoir m’échapper en nature. J’ai beaucoup de mal à être à l’aise dans cette grande ville qu’est Londres. Je suis mal à l’aise avec les gens.

    « – Henry ? Nous ferons l’annonce des fiançailles dans une petite heure, le temps que tout le monde soit là.
    _ D’accord.. il y a encore beaucoup de monde qui doit arriver ?
    _ Nous sommes une centaine. Oh justement regarde, l’ambassadeur des Etats-Unis vient d’arriver ! »

    Mon père va cet homme qui doit sans doute être le père de Kira puisqu’ils se ressemblent énormément. Je ne vois pourtant pas sa fille ni même Anya. Je jette un regard vers mon cousin car lui aurait certainement déjà vu les deux filles puisqu’il attend vainement la venue de la russe. Garrett est parti vers le grand salon donc je me met à le suivre et oui, il a capté les deux filles mais Kira est au bras de ce grand blond que je n’apprécie pas. Je retourne donc vers l’entrée puisque dans tous les cas, je suis obligé de saluer les invités.

    Elena ne se préoccupe plus de moi, elle préfère aller se vanter de sa robe qui aurait été créée par un grand créateur en vogue. Andréa arrive près de moi et elle me fait signe de la suivre. J’accepte puisque j’en ai assez de saluer toute la bourgeoisie de Londres.

    “ – Tout va bien Henry ? J’ai l’impression que tu es ailleurs ce soir.. C’est encore tes rêves ?
    _ Tu es au courant pour.. ces rêves ?
    _ Euh.. et bien oui, tu m’as toujours tout confié..
    _ Depuis ce matin j’ai l’impression de ne pas être dans la réalité. Je.. Je ne me souviens de rien de notre vie. Je me souviens juste de ce que j’ai vécu en Atlantide.. Enfin.. cette autre vie..
    _ Tu as lu le livre que j’ai trouvé dans le bureau de papa ?
    _ Quel livre ?
    _ Le livre qu’il a trouvé en Atlantide et qu’il nous a toujours interdit de lire.. J’ai réussi à le voler pour toi et je te l’ai donné hier soir..”

    Un livre ? ça serait ça qui aurait embrouillé mon esprit ? En tout cas je comprend que j’ai une grande complicité avec cette jeune femme. Elle me connaît mieux que je ne me connais.

    “ – Je ne sais plus.. tout est flou. Tu sais ou j’ai mis ce livre ?
    _ Il doit encore être dans ta chambre à l’université..
    _ Il va falloir que je vérifie ça.
    _ Oui mais cette fois ci tu ne le lis pas sans moi ! On ne sait jamais.. rapporte le demain au manoir.
    _ Oui.. d’accord.. Hm.. en attendant je vais aller prendre un peu l’air car tout ces gens, ça me donne un mal de tête horrible.”

    Je m’en vais vers l’extérieur, dans le grand jardin. La fraîcheur me fait du bien et je me sens à nouveau respirer. Ce que je vis depuis ce matin, ça commence à beaucoup peser sur mon esprit mais aussi mon corps qui est de plus en plus oppressé et angoissé. Est-ce qu’en me réveillant demain, je retrouverais un peu de bon sens ? J’espère que oui car je n’ai pas envie de passer ma vie à douter de tout.

    Alors que j’observe devant moi, je vois une silhouette qui s’avance un peu plus loin dans la pénombre. Je reconnais Kira mais je suis étonné qu’elle est dehors au lieu d’être à l’intérieur avec tout le monde. Est-ce qu’elle va bien ? Par sécurité, je m’avance vers elle pour savoir. Lorsque j’arrive non loin, je toussote un peu pour qu’elle sache que je suis là.

    “ – Tout va bien Mademoiselle ? Vous n’avez besoin de rien ? Comme tout le monde est dans le manoir, je suis assez étonné de vous voir ici et j’espère que vous n’êtes pas incommodé ou quoi que ce soit..”

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    M.

    La dernière fois j’ai été froid avec elle.. Oui, je me sens bête puisque je ne m’en souviens pas et je ne comprends pas pourquoi j’aurai réagis ainsi. Kira n’est pas le genre de fille à me laisser indifférent, bien au contraire. Elle est si belle.. Alors oui, je baisse mon regard gêné et je passe une main sur ma nuque tant je me sens bête.

    “ – Je tiens alors à vous donner mes excuses.. En ce moment j’ai la tête ailleurs, je.. Je suis assez perturbé. Peut-être est-ce ces fiançailles.. Que sais-je..”

    C’est une bonne excuse mais cela ne m’explique pas pourquoi je l’ai ignoré. J’essaye quand même de rebondir en me tournant vers le récif de rosier qui est près de nous. Les fleurs sont écloses et l’odeur est agréable.

    “ – Ma mère adore les fleurs.. Elle a toujours souhaité avoir un grand jardin où elles pourraient y mettre des fleurs du monde entier. Elle a réussi..”

    Oui, dans l’autre vie, je me souviens qu’elle adorait les fleurs et elle voulait ramener toutes les variétés qu’elle trouverait en voyage. Son rêve s’est réalisé. Elle a même une serre avec des fleurs exotiques qui ne poussent que sous des chaleurs intenses. Je propose à Kira d’aller vers cette grande serre qui est aussi pour moi une découverte.

    “ – Moi aussi j’ai eu besoin de sortir pour m’éloigner un peu de tout ce monde.. Je ne supporte pas avoir trop de gens autour de moi mais mon père a cru bon de faire venir le tout Londres ce soir.”

    Dis-je alors que nous avançons sur le chemin qui mène à la serre. La porte est encore ouverte donc nous y entrons facilement. Il y a des palmiers, des bananiers, des immenses Monstera mais aussi une drôle de fleurs qui a une odeur horrible. Sans le savoir, on se retrouve devant un Arum Titan et celui-ci est en floraison, ce qui est rare voir presque miraculeux. Dans son état naturel à Sumatra, il ne fleurit que tous les dix ans mais il n’a jamais été vu en floraison ailleurs.

    “ – Quelle odeur.. On dirait un cadavre !”

    Je lâche un rire mais je suis quand même fasciné par cette immense fleur. Pour éviter d’avoir des maux de coeur, nous partons un peu plus loin dans la serre et on se retrouve devant des Oiseaux du paradis et des orchidées. C’est bien plus agréable pour le nez.

    “ – Vous faites aussi des études en archéologie à ce que Garrett m’a dit ? En première année ? Nous en sommes à notre seconde avec mon cousin.. Si vous avez besoin d’aide pour certains cours, sachez que nous pourrions vous aider.”

    Elle observe les fleurs alors que moi je l’observe. Elle est minuscule à côté de moi. Je remarque qu’elle porte un collier qui vient des peuples autochtones des USA et cela me rappelle la condition qu’ils ont. Je n’ai jamais aimé cette histoire de colonie puisque pour s’établir, les anglais ont tué des milliers de natifs.

    “ – Vous êtes une Powhatan ? J’ai lu des livres sur les premières nations d’Amérique et je crois que l’ours est le totem de ce peuple..”

    J’hésite un peu mais selon mes souvenirs c’est ce que j’avais lu et je remarque que son médaillon est en forme d’ours. Je dois certainement être l’un des seuls garçons à lire ce genre d’ouvrage mais j’ai toujours eu une curiosité telle que mes parents ont été obligé de cacher certains livres.

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    M.

    Kira me parle de ses origines et je sens dans sa voix une nostalgie mais aussi une profonde tristesse. Son peuple a beaucoup souffert par le passé mais il y a aussi son arrivée dans l’ancien monde qui n’a pas dû être simple. Ici elle n’a pas ses racines et elle doit vivre avec de nouvelles coutumes. Je ressens un peu son mal-être car bien que je sois de cette île, je suis née en Écosse et je sais o combien les anglais se sentent supérieurs. Ils ont toujours rabaissé les ecossais depuis des siècles et ils les ont abaissé au rang de vulgaire nation. Mes parents ont quand même décidé de partir vers Londres car pour leurs affaires, cela était plus pratique mais ils oublient souvent d’où nous venons et ça m’exaspère.

    Au moment où j’allais lui dire que j’étais désolé pour son peuple, on se fait rejoindre par ce fameux John et je sens de nouveau la colère en moi. Ce n’est que lorsqu’il ouvre la bouche que cette colère devient complètement légitime. Il parle comme si Kira était un objet trouvé dans une nation dépourvue de sens.

    « – Les mots de mademoiselle Kira était plein de sens et de découvertes. Son peuple est bien plus légitime que les colons qui les ont dépouillé de leurs terres. Mais je suppose qu’en tant anglais, vous allez dire que ce sont vos terres. Vous faisiez moins les grands conquérants lorsque les français ont pris des morceaux de votre pays. Étrangement vous ne vous en souvenez pas lorsqu’il s’agit de voler les terres des autres. »

    Mes mots sont assez fermés et remplis de ressentiments. John le prend comme une attaque personnelle et il s’avance vers moi pour être face à face. Quelques centimètres nous séparent mais je ne bouge pas d’un poil. Je ne baisse pas non plus mon regard.

    « – On se veut porte parole des sauvages Cavill ? C’est vrai qu’en tant qu’Ecossais, tu as aussi du sang sale. Et c’est indécent que toi et ta famille vous soyez aussi haut dans la sphère londonienne mais ça ne va pas durer. Tout le monde sait qu’à cause de toi et tes frasques, ta famille va plonger.
    _ Si tu crois me faire peur, sache que tu en es bien loin. En attendant je te prierai de quitter cette serre et aussi le manoir de mes parents. Sauf si tu préfères que j’appelle les domestiques pour qu’ils s’en chargent eux même.
    _ Très bien mais ma fiancée va venir avec moi.
    _ Non. Ses parents sont ici et ce n’est que toi que je vire de cette soirée. »

    John voit rouge et il serre les poings. Il pourrait en découdre mais il a été suivis par d’autres personnes qui voient l’altercation. Dedans il y a Garrett mais aussi un homme un peu plus âgée que moi et qui a des airs de famille. ( Sam Clafflin)

    « – Henry, nous t’attendons dans le manoir. Je vais m’occuper de ce John. »

    Je ne sais pas qui il est mais j’ai le sentiment de bien le connaître. En sortant de la serre, je fais signe à Kira de me suivre mais je vais avec elle vers Garrett. Je ne réfléchis pas au fait qu’elle soit avec nous et je viens montrer que ma mémoire défaille.

    « – Qui est.. ce garçon ?
    _ Mais c’est Sam.. Ton frère aîné ! Ne me dis pas que tu l’as oublié aussi ? Vous êtes à la fois les pires ennemis comme les meilleurs amis du monde. »

    J’ai pendant quelques secondes un pincement au cœur. Sam.. c’est vraiment Sam ? Je lance un regard vers lui. Dans l’autre vie, j’avais eu un grand frère qui se nommait aussi Sam mais il avait perdu la vie lorsque j’avais six ans suite à une pneumonie. Nous étions très fusionnel et cette mort m’avait brisé le cœur bien plus qu’à mes parents. Je suis donc fortement émue à l’instant T et je n’arrive pas à cacher se trouble devant Kira et Garrett. Cependant nous devons retourner au manoir puisqu’il va être l’heure d’annoncer les fiançailles.

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    M.

    Nous rentrons dans le manoir et je n’ai pas le temps de raccompagner Kira vers Anya puisque mon père m’appelle. Je dois rejoindre la grande salle et laisser mon paternel annoncer les fiançailles. Du regard, j’essaye de voir où est Kira mais je suis rattrapé par les fiançailles et Elena qui vient s’accrocher à mon bras. Je devrais sourire, être heureux mais je n’arrive pas à l’exprimer, même faussement. Les gens vont encore croire que je suis un mauvais garçon ou un garçon étrange mais je ne sais pas faire semblant. Pourtant je ne fuis pas, je reste silencieux et je laisse les gens venir vers nous pour nous féliciter. C’est durant ce moment que mon père me dit que l’ambassadeur ne viendra pas me féliciter car il a eu un contre temps. Il est reparti avec sa famille. Kira n’est donc plus là. Mon père me dit aussi qu’il doit me parler en ce qui concerne Smith car cela lui est déjà arrivé aux oreilles.

    Je retrouve mon père après la réception qui a fini assez tard. Il m’attend dans son bureau mais il y a aussi Sam. Ils ne semblent pas souriant et j’ai l’impression que je vais me prendre le savon du siècle.

    « – Pourquoi as-tu été aussi impoli avec le fils Smith ? Tu sais bien que son père est le grand juge de Londres et il a une immense influence sur les gens. Cela pourrait nous être défavorable d’avoir des ennuis avec lui !
    _ Smith a été exécrable avec Kira. Il l’a insulté comme si elle était qu’un vulgaire animal de compagnie !
    _ Et qu’est ce que cela peut te faire Henry ? Kira est fiancée à John Smith. Il fait ce qu’il veut en ce qui la concerne.
    _ hm.. Je suis désolé mais je ne peux pas laisser passer ça. Elle a déjà subit la monstruosité des colons, ce n’est pas pour subir la folie d’un idiot dans l’ancien continent.
    _ Je sais que tu es un garçon juste Henry et que tu es un sauveur dans l’âme mais tu sais aussi que nos positions demandent certaines accommodations. Tu es fiancé à Elena Hilton, pas à cette Kira alors donne plus d’attention à ta future épouse. Ce soir je ne t’ai pas vu sourire une seule seconde et tout le monde a cru que tu semblait être contre ces fiançailles. Alors que pourtant c’est toi qui les a accepté. »

    Je soupire car je me sens prisonnier et oppressé par cette nouvelle condition. Mon père reste derrière son bureau mais Sam s’avance vers moi. Il a un regard plus furieux si bien que j’ai l’impression qu’il va vouloir se battre avec moi.

    « – Je déteste aussi ce Smith et sa famille mais père a raison ! Tu dois te contrôler Henry ! Je dois toujours être derrière toi pour te sauver la mise. Si cela continue, tes idioties vont me retomber dessus. Dois-je te rappeler que je postule pour faire parti du parlement ? J’ai besoin de soutiens et pas d’ennemis mais tu vas nous faire détester.
    _ Si vous êtes si déçu de mon comportement, pourquoi ne pas me virer de vos vies ? Ou me renvoyer en Écosse ? »

    Sam lève les yeux au ciel car il sait que mon père va encore s’insurger. Il refuse que j’évoque la possibilité de partir, de m’éloigner de la famille.

    « – Qu’est ce que tu as à la fin ?! Depuis quelques semaines tu es totalement ailleurs ! Tu ne donnes plus signe de vie et quand tu reviens, tu es à l’antipode d’un comportement normal ! Tu traînes vraiment dans les bars comme j’ai pu l’entendre ?!
    _ Non.. je ne comprend simplement pas cette vie.. »

    Dis-je avant de sortir du bureau puisque de toute façon c’est vrai, je ne comprend pas cette vie. Depuis ce matin tout est différent et la liberté de l’ancienne vie semble me manquer. Il y a aussi mes sentiments pour cette femme dans mes rêves.. ils sont encore là. Je sens que je dois la retrouver et pour ça je dois dormir. Je fais donc atteler un cheval pour retourner vers l’université. En fait c’est ce que je fais principalement depuis quelques semaines sans que je ne le sache. Je me perds dans mon sommeil pour être près de cette princesse mais ce soir ça ne sera plus comme avant. Maintenant que j’ai retrouvé cette fameuse princesse dans cette réalité, même si j’en ai pas conscience, je ne vais plus rêver de l’Atlantide. Le seul moyen pour moi de retrouver une sorte de bien être ou de stabilité, va devoir se faire en découvrant cette demoiselle venue de l’autre côté de l’océan.

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    M.

    Je n’ai pas réussi à fermer l’œil de la nuit et c’est pour cela que je suis présent pour les cours ce matin. Je dois avoir une mine de mort vivant mais je n’ai fais que me retourner sous mes draps, sans pouvoir trouver un peu de repos. C’est sûrement à cause de la journée spéciale d’hier. La soirée a été un KO et l’arrivée d’Elena me rappelle mes étranges choix.

    « – Je ne t’ai pas vu partir hier soir.. Tu aurais pu venir me dire au revoir. Tu es mon fiancé à présent.
    _ J’ai eu quelques soucis..
    _ Oui avec cet idiot de Smith. Il a été dire à tout le monde que tu avais dragué sa fiancée mais j’ai tout démenti. Ce garçon est vrai abruti égoïste et vantard, pourtant tout le monde sait que son père va bientôt se faire virer de sa place de juge. Il se dit que ton frère Sam a de grande chance de prendre sa place. »

    Elena n’est pas jalouse ? Enfin elle n’a pas pris la mouche à cause de cette histoire avec Kira ? Je pourrais presque en ouvrir grand les yeux. Elle n’a rien à voir avec la Elena de Garrett mais il faut dire que cette autre Elena était folle amoureuse de Garrett. Je suppose que ce n’est pas la même situation avec moi.

    « – Sam pourrait avoir cette place ?..
    _ Mon père est conseiller du roi et comme convenu, il appuie la candidature de ton frère. N’est ce pas ce que tu m’as demandé ? »

    Est-ce que j’ai accepté les fiançailles pour aider mon frère ? Ou ma famille ? Ça pourrait être possible. Il va falloir que je demande à Garrett qui doit en savoir plus sur le sujet. En attendant, on se fait rejoindre par un groupe d’étudiants qui doivent être des amis mais je suis déjà ailleurs dans mes pensées. Je pense un instant à Kira.. J’espère qu’elle va bien et qu’elle n’a pas eu de problèmes à cause de mon altercation avec John. Au même moment je la vois passer avec Anya mais c’est furtif. Elles partent vers leur salle de cours.

    Moi aussi j’ai cours et j’y pars. J’y rejoins Garrett qui est déjà installé et qui semble bien heureux puisqu’il a un grand sourire.

    « – Tout va bien cousin ?
    _ J’ai échangé un baiser avec Anya hier soir ! C’était tellement.. dingue !
    _ Ah.. j’aurais du m’abstenir de te parler. Je crois que tu vas passer tout ton temps à me parler de cette fille.
    _ En même temps tu as vu à quel point elle est fantastique ?
    _ C’est une très jolie fille c’est vrai mais là j’ai un autre sujet à aborder avec toi. Répond moi et après tu pourras me parler de ta muse si tu veux. »

    Je lui demande pour les fiançailles. Est-ce que j’ai passé un deal avec Elena ? Est-ce qu’il y avait des sentiments ? Encore une fois il est étonné par mes questions mais il me répond sur ce que j’ai bien voulu lui dire.

    « – Le père d’Elena est le premier conseiller du roi donc il a l’une des meilleures places et grâce à lui, tu peux aider Sam à obtenir son poste mais aussi tes parents à obtenir les autorisations pour faire des fouilles importantes Egypte. En contrepartie, Elena a accepté les fiançailles car tu es l’un des meilleurs partis de la ville. La plupart des filles sont dingues de toi.. C’est aussi pour ça que tu as une réputation d’homme à femme même si tu ne l’es pas. Être à tes bras, c’est comme gagner un grand trophée. »

    Cette fois ci je fais les gros yeux. Je suis.. une sorte de trophée pour filles ? J’ai presque envie de rire aux éclats. Je m’attendais à tout sauf à ça.

    « – Pourtant j’ai cru comprendre qu’on me voyait aussi comme un voyou donc ça n’a pas de sens.
    _ À croire que les filles aiment les mauvais garçons.. »

    C’est vraiment épique. Garrett reprend bien vite ses mots sur sa belle brune et j’ai déjà hâte de ne plus être assis à côté de lui. J’adore mon cousin mais je ne l’avais jamais vu autant passionné. Lorsque le cours se termine, je le laisse en lui disant vouloir aller à la bibliothèque et j’y vais réellement pour m’isoler un peu. Hier soir aussi je m’étais isolé et j’étais tombé sur Kira. Cette fois ci cela se reproduit car quand j’arrive dans l’allée des livres sur l’archéologie, l’amérindienne s’y trouve aussi.

    « – Kira.. Bonjour.. »

    Je lui offre un léger sourire et je me place à ses côtés pour tenter de trouver un livre sur l’Atlantide. Je veux comprendre pourquoi l’île n’a pas disparu sous la mer, comme dans mes rêves.

    « – Je voulais m’excuser pour hier soir.. je n’aurais pas dû m’emporter auprès de votre fiancé.. J’espère que vous n’avez pas eu d’ennuis à cause de moi.. »

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    M.

    Elle me fuit aussi vite que je suis arrivé. J’en suis un peu bouche bée mais je la laisse partir. Peut-être qu’elle m’en veut vraiment pour la veille ou alors qu’elle croit à ses rumeurs qui courent sur moi. Je suis légèrement déçu et triste mais je ne veux pas qu’elle se sente oppressée par ma présence. Je prend donc un livre sur l’Atlantide et je vais vers les tables du milieu mais elle y est aussi. Elle s’est installée et elle évite de me regarder. Je m’installe à mon tour à une table mais beaucoup plus éloignée de Kira.

    J’essaye de me concentrer sur ce livre que j’ai entre les mains. Je veux comprendre ce qu’il se passe avec l’île. Elle est réputée pour avoir des vestiges, comme en Égypte mais elle n’est pas sous les eaux. Elle ne l’a jamais été. Il y a le peuple atlante dessus mais ça ne parle pas de pouvoir ou du fait qu’ils étaient bloqués dans le temps. Tout semble normal. Il n’y a que les vestiges qui semblent être une grande quête pour les archéologues car ils sont presque infranchissables. Cela me déroute car tout ce que je semble avoir vécu, n’existe pas. Mon voyage avec un sous marin, notre échouage sur les plages de l’île, la princesse et son père roi.. tout n’était qu’un rêve ? Est-ce que je deviens fou ?

    Je referme fermement le livre et je me lève nonchalamment pour aller le remettre à sa place. Je me sens encore plus perdu et au lieu de chercher après une vie qui semble fantôme, il va falloir que je retrouve la mémoire d’une vie actuelle qui me semble fade. Mon comportement fait parler quelques élèves présents, surtout quand je sors de la bibliothèque avec mon air de mauvais garçon.

    « – Il se dit que hier soir il n’était pas très heureux pendant les fiançailles. Il aurait été vue avec une autre fille dans la serre de sa mère..
    _ En même temps il a choisi la mauvaise fille.. je suis certaine que j’aurai été une meilleure fiancée ! »

    Deux amies à côté de la table de Kira parlent de moi mais ça parle énormément dans les couloirs. Quand on est mis en lumière à cause de sa famille, on devient une source de ragots. Pour ma part, je sors de l’université pour retourner vers ma chambre d’étudiant puisqu’Andrea m’a dit qu’il y avait un livre étrange qui aurait peut être lien avec mon amnésie. J’arrive assez vite dans la pièce et je vais fouiller sur ma table de nuit mais il n’y a rien. Je fouille un peu partout et c’est sous mon matelas que je le retrouve. Lorsque je l’ouvre, tout est écrit dans la langue atlante et il y a quelques dessins mais rien que j’arrive à relier à mon état.

    « – Je deviens fou.. »

    Dis-je à moi-même. Pourtant, je trouve autre chose qui pourrait m’aider. En reposant le livre sur la table de nuit, je trouve un journal dans lequel je note tout. Je m’empare de celui-ci pour essayer d’enfin trouver un sens ou me remettre sur le bon rail. Je parle d’un peu de tout et de rien dans mes écris, comme si je n’étais qu’une sorte de coquille vide qui avance dans la vie par qu’il n’a pas le choix. Même mes études ne semblent pas être quelque chose qui m’anime. Comme j’ai entendu, il est vrai que je pars souvent pour aller en Ecosse et là-bas, il semblerait que je passe des heures à parcourir les Highland en cheval. On dirait presque que cet autre Henry était une sorte de robot. Cependant pourquoi à l’heure actuelle, je suis là ? Pourquoi serais-je à sa place ? Qu’est ce qui fait que tout change ? Dans l’une des pages, je me surprend à voir une note sur Kira. J’ai écrit “belle comme une princesse”. Ces petits mots font un peu plus sens dans mon esprit.

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    M.

    J’ai passé une bonne partie de la journée à lire ce journal mais aussi d’autres que j’ai pu trouver dans mon armoire. Je saisis un peu mieux cette nouvelle vie mais je comprends aussi qu’elle n’a rien à voir avec ce que je suis vraiment. Je vais cependant devoir m’y accommoder mais en y remettant ce que je juge être important. Je ne peux pas me satisfaire d’une vie où je ne ressens rien, où l’aventure et la passion n’ont pas leurs places.

    Quelques jours passent et j’ai repris un semblant de vie étudiante. Les cours parlent des découvertes en Egypte mais aussi des vestiges des anciens châteaux Anglais. J’ai aussi les cours de sciences qui sont un peu plus complexes mais dont j’ai encore des souvenirs, ce qui m’avantage face à mes camarades. Elena vient souvent me voir pour se pavaner à mon bras et je passe aussi du temps avec mon cousin. Il n’y a que cette Kira qui semble me fuir à chaque fois qu’elle m’entrevoit sur son chemin, au grand désespoir de son amie Anya qui voudrait se rapprocher pour être au plus près de mon cousin.

    Je ne sais pas que Kira a demandé à partir en Écosse mais je vais l’apprendre lors du dîner avec mes parents puisque le père de Kira a été voir le mien. Bien que nous vivons à Londres depuis très longtemps, ma famille est connue pour son sang Ecossais et les terres qu’elle possède. Nous avons un immense manoir près d’Edimbourg qui fait partie de notre clan depuis des siècles. Il n’est habité que lors de nos vacances mais nous avons encore de la famille là-bas et le père de Kira souhaitait savoir si quelqu’un que nous connaissons, pouvait s’occuper de Kira lorsqu’elle serait là-bas. Je suis surpris par ce que j’entend mais je ne relève pas car je sais que mon frère ou mon père m’attendent au tournant. Il n’y a que ma petite soeur qui vient me parler de cette affaire après le repas.

    “ – Kira c’est la fille avec qui tu as été voir la serre de maman ?
    _ Oui, pourquoi tu me demandes cela ?
    _ Je l’ai vu à la soirée, c’est vraiment une sublime fille.. Bien plus belle qu’Elena.
    _ Je ne peux pas dire le contraire mais maintenant que je suis fiancé, je n’ai plus le choix que de me tourner vers Elena..
    _ Pourquoi tu n’irais pas non plus en Ecosse ? Tu as toujours voulu y vivre à plein temps..
    _ Notre père semble vouloir me garder auprès de lui et si je pars, cela va compromettre mes fiançailles et donc ça risque de casser tout ce que j’ai entrepris pour l’avenir de Sam mais aussi de nos parents..
    _ Sam est un grand garçon, il n’a besoin de personne pour prouver qu’il est un grand avocat. Nos parents aussi, ils savent se battre pour ce qu’ils veulent. Par contre toi, tu n’as pas à te sacrifier pour nous..
    _ La famille passe avant tout Andréa.”

    Même si elle a totalement raison, je ne sais pas si je devrais suivre les conseils d’une adolescente aux espoirs fous et au cœur encore rempli de niaiseries. Je me retrouve tout de même avec la tristesse de savoir que la jolie Kira va fuir à l’autre bout de l’île. Cependant je ne peux rien faire contre ce départ et je ne ferai rien car je ne tiens pas à devenir celui qui brisera ses envies ou ses rêves.

    Au lendemain, retour à la faculté. Je me dirige vers mon cours de latin lorsque je remarque John. Il semble en colère et c’est vers moi qu’il s’avance. Il me pousse contre un mur et il lève son bras, prêt à me donner un coup de poing mais il se fait attraper et reculer par des garçons qui semblent être mes amis.

    “ – Tu as mis en tête à ma fiancée de partir en Ecosse ?!!
    _ Je n’ai jamais fais ça alors il vaudrait mieux pour toi que tu baisses ton poing avant que ce ne soit moi qui lève le mien !”

  80. Avatar de M.
    M.

    Les choses ont pris un tournant bien plus grave que je ne l’aurai cru. John frappe involontairement Kira mais celle-ci s’écroule au sol et dans un élan de colère, je m’apprête à sauter sur John pour le punir de ce qu’il vient de faire. Anya s’en va sur Kira pour l’aider et moi je me refais plaquer contre le mur par mon cousin car il sait que je vais être intraitable avec John. Le fiancé de Kira est cependant éloigné de moi et même sorti de l’université alors que plusieurs personnes aident à amener Kira vers l’infirmerie. Garrett continue de me maintenir contre le mur alors que je fixe Kira qui est inerte dans les bras de Cody, un ami.

    “ – Calmes toi Henry !! Ils vont s’occuper de Kira et pour John, il va sûrement payer ce qu’il a fait ! Mais toi calmes toi ! évite de te mettre dans la merde !!”

    Il me sort à mon tour pour que je prenne l’air mais l’altercation fait tellement de bruit que nous finissons par être convoqué par le proviseur qui nous demande des explications. En sortant de son bureau, je vais vers l’infirmerie pour voir si Kira va bien mais Anya me fait rapidement comprendre que l’amérindienne ne veut pas me voir pour le moment. La russe pense que je ne suis pas assez calme pour aller voir son amie. J’accepte même si cela me peine.

    Comme je n’ai pas trop le choix, je retourne en cours pour le reste de la matinée. Ce n’est qu’au midi que je revois Kira, dans le réfectoire. Elle vient déjeuner avec Anya. Je suis posé à une table avec mon cousin et les deux filles viennent se joindre à nous. Kira s’installe face à moi mais je n’ose lever mes yeux vers elle, certainement parce que j’ai peur qu’elle ne me voit comme une sorte de garçon toujours prêt à se battre et certainement bien trop sauvage. C’est Garrett qui brise le silence en parlant aux deux jeunes femmes.

    “ – Nous avons été convoqué chez le proviseur car il voulait savoir ce qu’il s’était passé dans le couloir.. Il va convoquer John pour le sanctionner sur son comportement. Il a aussi prévenu ton père Kira.. John ne doit pas rester impuni par son acte.”

    Dans l’ordinaire, qui se préoccupe des hommes qui frappent des femmes ? C’est assez commun mais pas pour Garrett qui en a fait une affaire personnelle depuis son enfance. Son propre père a toujours été un monstre envers sa mère, si bien que celle-ci est à l’heure actuelle dans un très sale état. Elle a passé des mois en institut tant son esprit et son corps sont abîmés. J’ai promis à mon cousin de soutenir cette cause aussi. Il m’est impensable de laisser un homme s’en prendre à une femme.

    “ – Mais comment te sens tu Kira ? tu vas mieux ?”

    C’est Garrett qui pose la question mais je relève mon regard vers elle, pour jauger son humeur, ses émotions. Nos regards se fixent et elle ne me fuit pas contrairement à la veille. Elle hésite à répondre mais elle se plonge dans mon regard.

    “ – Je suis désolé Kira..”

    Dis-je à mon tour mais je me relève sous la surprise de tout le monde à table. Un pic de culpabilité ? Non, je me sens à nouveau en colère de ne pas avoir su la protéger. Je quitte le réfectoire pour essayer de calmer cette colère qui grouille en moi. John fait bien de ne plus être ici car je l’aurais certainement détruit sur place mais au lieu de John, j’ai une folle furieuse qui arrivent devant moi. Elena. Elle a entendu l’histoire de ce matin et ça ne lui plaît pas du tout.

    “ – Tu allais te battre pour cette fille ?! C’est vrai que tu l’as poussé à aller en Écosse ?! car il se dit qu’elle va aller vivre dans le manoir de tes parents à Edimbourg ?!”

    Hein ? Quoi ? Je ne savais pas pour le manoir de mes parents et je comprends un peu mieux pourquoi John m’a accusé, même si je n’excuse pas du tout ce qu’il a fait.

    “ – Arrête tes conneries Elena, je n’ai rien à voir avec Kira ! C’est John qui m’a attrapé dans les couloirs ! je ne savais rien pour tout ça !
    _ A cause de toi, tout le monde croit que je suis la fiancée la plus cocu de Londres ! Ils disent que tu as déjà des vues sur une autre alors que nous ne sommes même pas mariés ! Tu m’avais promis de ne pas me faire honte !”

    Elle me gifle dans la grande cour de l’université, devant les regards amusés ou surpris des autres étudiants. Elle me jette même la bague de fiançailles en plein visage. Encore une fois, tout devient confu et tout se passe à une vitesse folle. Je reste tel un piquet dans cette cours et j’observe la bague au sol. Etrangement je me sens hyper soulagée en la voyant. Je n’ai plus le poids de fiançailles que je ne souhaitait pas mais ça annonce aussi que je vais devoir refaçonner mon environnement car Elena ne laissera pas cette histoire sans suite.

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    M.

    Je fini par ramasser la bague et je la range dans ma poche. En bon garçon, je devrais sûrement retrouver Elena et m’excuser mais je ne le veux pas. En fait c’est très bien ainsi. Je me sens moins oppressé et je vais pouvoir remettre de l’ordre dans toute cette vie étrange. Pourtant j’ai quand même une mauvaise intuition et je repense à cette Elena qui était exécrable avec Garrett mais aussi avec Anya. Elle était d’une jalousie immense et une possessivité qui l’avait poussé à faire du mal à la russe. Je ne sais pas si cette nouvelle Elena fera pareil mais puisque j’ai le droit à une sorte de nouvelle vie, peut-être que je peux changer des éléments qui étaient compliqués ?

    Finalement je cherche Elena et mon instinct était bon. Kira s’éloigne de la blonde et je me doute qu’Elena a du être terrible. J’attend que Kira soit éloignée pour aller vers cette ex fiancée qui pourrait me tuer rien qu’avec son regard. Elle pense à s’en aller mais je ne lui en laisse pas le temps.

    « – Elena !
    _ Laisses moi tranquille ! Vas retrouver ta petite sauvage !
    _ Arrête s’il te plaît ! Ce n’est pas ma petite sauvage mais surtout, arrête d’être comme ça.
    _ Comment ça « être comme ça » ? Tu veux dire quoi par là ?!
    _ De t’emporter sur les gens qui ne t’ont rien fait à cause de ta jalousie et ta possessivité.
    _ Tu oses me dire ça alors que tu viens de me faire honte devant tout le monde ?! Tu es en train de flirter avec une autre fille et c’est moi le problème ?!
    _ Je n’ai pas flirté avec une autre fille et tu sais aussi que ça n’aurait jamais fonctionné entre toi et moi. Tu n’es pas amoureuse de moi et je ne suis pas amoureux de toi. Nos fiançailles ne sont qu’un arrangement pour paraître meilleurs aux yeux des autres mais est-ce que ça va nous rendre heureux ? Pas du tout. Mais surtout, la haine envers les autres ne t’apportera rien Elena. Tu ne peux pas tout posséder. Il n’y a rien de pire que de se montrer horrible avec les gens pour obtenir ce que l’on veut. Tu penses que les gens vont t’aimer parce que tu sembles avoir la vie parfaite et parce que tu as tout ce que tu veux mais c’est totalement faux. Les gens aiment ceux qui le méritent. Ils aiment ceux qui sont vrais et les plus simples possibles.
    _ Je suis un monstre.. c’est ce que tu veux me dire ?
    _ Bien sûr que non Elena ! Tu.. tu es quelqu’un qui a grandi dans une cage doré et on ne t’a jamais rien refusé. Tu as été appris à vivre ainsi mais ce n’est pas ça la vie. Tu peux réellement trouver quelqu’un qui saura t’aimer de tout son cœur et qui te rendra bien plus riche que n’importe quel coffre fort. Mais pour ça il faut savoir donner aussi.. et surtout faire preuve d’empathie. »

    Mes mots sont pas forcément doux et ils ont une forte critique mais je tiens à le faire pour qu’elle puisse encore changer et qui sait, avoir une vie beaucoup plus paisible et heureuse. Sur le coup, elle se met à fondre en larmes et elle reprend la poudre d’escampette. La jeune femme a pourtant compris mes mots et elle va prendre conscience que beaucoup trop de monde la craint plutôt qu’ils ne l’aiment. Ça va changer sa façon d’être mais pour le moment je ne m’attarde plus sur ça. Je repars à mon tour pour aller voir mon père et comprendre ce qu’il se trame avec Kira, son père et l’Écosse. Je n’ai pas été prévenu et j’ai besoin d’explications.

    Il me dit que le père de Kira est venu pour lui demander des conseils et de l’aide concernant l’envie de l’amérindienne de partir faire ses études en Écosse. C’est donc elle qui a fait son choix et le père de celle-ci, veut simplement qu’elle soit en sécurité, ce que je comprend. Je ne comprend simplement pas pourquoi elle a soudainement eu envie de s’éloigner ? À cause de John ? De moi ? C’est vrai que depuis la serre, rien ne va. Entre John qui s’en est pris à elle et moi avec Elena, cela n’a fait qu’ajouter des situations stressantes. Kira souhaite sûrement s’éloigner de ces problèmes et là aussi je comprend. Pourtant ça m’attriste qu’elle s’éloigne de son père à cause de mon arrivée dans sa vie. Pour éviter cela, c’est avec elle que je dois à présent parler. Je demande son adresse à mon père et notre cochet m’amène à l’ambassade américaine.

    J’arrive face à la porte et après avoir toqué, c’est le père de Kira qui m’ouvre. Il est surpris de me voir et il hésite mais il finit par me faire entrer dans l’entrée de la grande maison.

    « – Pardonnez moi de vous déranger mais j’aimerais pouvoir discuter un instant avec votre fille.
    _ J’ai su ce qu’il s’était passé avec John mais aussi que aviez voulu lui mettre une raclée.. Sachez que vous aurez eu mon soutien. Ce vaurien mérite une bonne leçon.
    _ Je ne suis pas ici pour discuter de mon comportement et même si John a été odieux, je me dois aussi de m’excuser auprès de votre fille. Sans le vouloir, je lui ai amené des soucis qui fait qu’elle veut s’en aller loin de vous.. Ce n’est pas à elle de s’en aller. Je veux dire, elle a tellement de belles choses à vivre ici et puis elle vous a.
    _ C’est vrai que son départ m’attriste mais je veux lui offrir le meilleur.. cependant sans votre rencontre, peut-être qu’elle aurait fini par épouser ce fichu garçon. Je pensais qu’il était brave mais il est hors de question que ma fille épouse quelqu’un qui la traitera mal. Dans notre tradition, les hommes doivent le plus grand respect aux femmes. Ici, je remarque que les hommes sont bien plus mauvais..
    _ Je vous rejoins sur ce dernier point.. »

    J’ai un léger sourire mais mes yeux sont attirés par une ombre qui se cache dans les escaliers. Kira est là et elle nous a entendu. Son père la remarque aussi et il lui tend sa main pour qu’elle nous rejoigne.

    « – Viens ici mon beau soleil. Ce jeune homme est venu pour toi. Je suppose que tu nous as écouté.. »

    Ça se sent qu’il aime sa fille au plus haut point. Il vient la serrer dans ses bras quand elle arrive mais il finit par nous laisser un peu seul même si je suppose qu’il nous écoute à son tour.

    « – Je suis désolé pour aujourd’hui et pour tout ce que j’ai pu apporter depuis l’autre soirée. Je ne voulais pas vous nuir.. Je m’en veux beaucoup. J’espère que ce n’est pas à cause de moi que vous partez pour l’Écosse.. Votre famille et vos amis vivent ici.. En tout cas, sachez qu’Elena ne viendra plus vous importuner mais moi aussi. Je ne tiens pas à ce que vous soyez mal à l’aise à cause de ma présence. Vous méritez d’être tranquille et surtout d’être heureuse. »

    Je suis sincère dans mes mots et dans mon regard. Je veux que cette magnifique jeune femme soit heureuse et qu’elle ne se sente pas menacé par ma présence ou alors par les problèmes qui m’entourent. Je dois régler tous ces problèmes justement et continuer à façonner cette nouvelle vie mais je n’ai pas le droit d’emporter Kira dans mes soucis.

    « – Édimbourg est magnifique et je ne peux pas le nier mais vous aurez beaucoup plus d’opportunités à Londres pour vos études. Notre université est la meilleure du Royaume-Uni voir même de l’Europe entière. Ne partez pas à cause de moi.. mais sachez que si vous souhaitez disposer de la propriété Cavill pour vos vacances ou certains week-end, nous serons ravis de vous y voir. Vous y serez les bienvenus. »

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    Elle me mène vers une sorte de serre qui contient bon nombres de plantes, comme dans la serre mais ici c’est beaucoup plus petit et intime. Il y a une bibliothèque qui contient pas mal d’œuvres anglaises et françaises mais il y a aussi une table ronde, où elle doit certainement se poser pour y boire le thé ou rester auprès de ces plantes qu’elle affectionne tant. Ici, elle est dans son élément mais je me doute qu’elle n’est pas un oiseau en cage. Cette pièce ressemble trop à une cage alors que Kira aurait besoin de grands espaces pour se sentir heureuse, comme dans le nouveau monde. Elle m’évoque justement son besoin de s’éloigner de Londres et aller vers l’Ecosse qui est certainement beaucoup moins oppressant. Je peux la comprendre, je la comprends totalement puisque moi aussi j’ai besoin de me sentir plus libre, plus éloigné de cette capitale anglaise qui est une usine à ciel ouvert.

    “ – Votre grand-mère a raison, l’Ecosse est magnifique. Elle est loin de toute cette industrialisation qui entache Londres. Elle reste pure et offre des endroits majestueux comme les Highlands, les îles de Skyes, les nombreux lochs, les falaises.. Enfin on pourrait tous les jours découvrir une nouveauté à observer.”

    Je ne peux pas lui dire le contraire. Je ne pourrais jamais dire du mal de ce pays que j’affectionne plus que tout. Pourtant, je n’en reste pas moins attristé qu’elle parte là-bas. Je sais que cela mettra une distance entre nous mais contrairement à elle, je ne peux pas partir maintenant. Je dois encore régler les soucis autour de moi et pour cela, j’ai encore besoin de mes proches comme mon cousin ou mes parents.

    “ – Ne soyez pas désolé pour moi. Vous n’avez rien fait, ma vie est une constante continuité de problèmes, malheureusement. J’ose espérer qu’un jour ça ne sera que de l’histoire ancienne.”

    Je ne veux pas lui dire que ma mémoire est altérée depuis quelques jours et que je me cherche. Elle ne comprendrait pas puisque moi-même je ne comprend pas.

    “ – Je saurai rebondir, ne vous en faites pas. Je pense même que tout finira par aller mieux.”

    Dis-je en relevant mon regard vers elle. Elle ne cesse de me fixer et pendant quelques secondes, un long silence nous entoure mais il n’est pas pesant. On s’observe et se découvre avec nos simples regards. L’un et l’autre cherchons à sonder l’âme de l’autre mais c’est bien plus difficile que de braquer une banque. Elle a autant de mystère que moi. Notre silence prend fin quand une dame vient apporter des tasses de thé. C’est le père de Kira qui les a fait venir à nous. Je remercie cette dame et je n’avance que lorsque Kira m’invite à me poser avec elle à table. Le thé sent le jasmin et ça me fait sourire puisque c’est une saveur que j’apprécie énormément.

    “ – Cette fleur vient d’Asie et elle a été importée sur notre continent par les explorateurs. Il se dit qu’en Inde, il y a des immenses vallées tapissées de jasmins mais aussi en chine. Ils se servent de cette fleur odorante pour le thé, le parfum et aussi comme huile médicinale. Il faut plus de sept millions de fleurs pour faire un kilogramme d’huile..”

    Je me fais professeur d’horticulture pendant un instant mais ça la fait sourire. Je ne suis pas le meilleur pour entamer des conversations et surtout avec une personne qui m’intimide. Je crois même que j’ai toujours été très maladroit avec les femmes, que ce soit dans cette vie comme celle que je crois avoir eu. C’est ce qui entretient ma réputation de garçon mystérieux et inaccessible car au lieu de discuter avec celles qui veulent m’approcher, je les fuis. Cependant avec Kira, je ne veux pas fuir. Je veux en apprendre plus sur cette jeune femme venue de l’autre coté du pacifique.

    “ – Avant de partir en Ecosse, est-ce que vous aimeriez que je vous montre les endroits les plus incroyables de Londres ? Ils sont peu fréquentés car les gens ne s’attardent plus sur l’histoire mais je vous assure que cela en vaut le coup. Les tours de Londres, les vestiges de Londinium, le Londres construit par les romains il y a des siècles mais je suis certain aussi que vous serez ravis par notre opéra qui offre des ballets sublimes.”

    Est-ce que je suis en train de l’inviter pour une sorte de rendez-vous galant ? Oui et non. Enfin plus oui que non. De toute façon, je n’ai plus de fiancée et maintenant que les tornades sont déjà passées, je doute que les problèmes soient encore plus orageux. Je ne sais pas si Kira est encore liée à John et si elle compte encore l’être mais maintenant que je sais qu’elle va s’éloigner de moi, il faut que je profite de ces derniers moments pour passer du temps avec elle.

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    Elle accepte mon invitation et bien que cela ne se voit pas, je suis excité comme une puce à l’idée de lui montrer tout ce que je lui ai proposé. Cela va me permettre de passer du temps avec elle et d’apprendre à la connaître un peu plus. Elle réussit tout de même à me surprendre quand elle me dit aimer l’Opéra. Je ne doute pas qu’elle soit cultivée et qu’elle doit aimer l’art dans tous ses états mais l’opéra est souvent un art assez boudé par les jeunes comme nous deux.

    “ – Il n’y a rien de plus poignant que deux âmes sœurs qui ne peuvent vivre ensemble..”

    J’ai l’impression que mes mots me font échos mais je me reprends en levant ma tasse pour boire un peu de ce thé au jasmin. Nos regards ne se quittent toujours pas, comme s’il nous était impossible de fuir. Kira a les joues qui s’empourprent mais cela la rend d’autant plus belle. Pourtant notre entrevue va devoir prendre fin puisque son père arrive à la porte pour dire à sa fille que sa professeur de piano est arrivée.

    “ – Je vous donne rendez-vous ce samedi à midi alors. Je viendrais vous chercher pour ce tour de Londres. Passez une bonne soirée ma Lady.”

    Dis-je en me relevant mais j’attend qu’elle soit aussi debout pour lui faire une révérence. Son père nous observe avec un sourire charmé et lorsque je ressors de l’ambassade, il ne peut s’empêcher d’aller vers sa fille pour en savoir un peu plus sur moi et aussi cette attraction qu’il y a entre nous deux.

    De mon côté, je retourne sur le campus et je sais que je vais compter les jours jusqu’à ce fameux samedi. Encore quatre nuits. Cela n’est pas bien long mais ça me parait déjà être une éternité. J’ai même l’impression de devenir comme mon cousin et il ne se gêne pas du tout pour me le claquer en plein visage. La veille du rendez-vous, il me nargue et me taquine alors que nous sommes en train de dîner chez mes parents.

    Le jour J, je me lève plus tôt que d’habitude pour me préparer. J’ai dormi chez mes parents et ce n’est plus Garrett qui me charrie mais cette nouvelle petite sœur. Elle entre dans ma chambre sans toquer et elle s’installe sur mon lit alors que je suis en train de terminer d’ajuster ma chemise.

    “ – Alors tu es prêt grand frère ??
    _ Ce n’est juste qu’une balade dans Londres, pas une demande en mariage.
    _ Arrête, je sais que tu es totalement envoûté par cette fille ! ça se voit ces choses là ! Mais je suis contente parce que je n’aimais pas Elena. En fait, personne de la famille n’aimait Elena. Papa disait que c’était une vipère et maman disait que c’était une morue.
    _ Quels jolis surnoms..
    _ Tu pourrais l’épouser !
    _ Hein ? Quoi ?
    _ Kira ! tu pourrais l’épouser ! Elle n’est plus fiancée à ce Smith et toi tu n’es plus fiancé à Elena.
    _ Je la connais à peine et je pense que les mariages arrangés ne sont pas vraiment une bonne chose. Beaucoup de couple ne sont pas heureux quand ils se marient de la sorte.”

    Et pourtant, nos pères ont déjà en vu de discuter pour arranger un mariage dans nos dos. Enfin, même si mon père n’est pas un aristocrate, il n’en reste pas moins l’homme le plus riche du Royaume-Uni et cela attire le père de Kira. Pour mon père, ce mariage permettrait d’avoir une sorte de passe-droit pour aller faire des fouilles sur les anciennes terres des USA.

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    Elle est divine dans sa robe et avec son chapeau qui cache légèrement son visage. On dirait qu’elle souhaite continuer à entretenir le mystère et ça n’est pas pour me déplaire. Pour ma part, je n’ai pas mis de costume aujourd’hui mais j’ai enfilé un pantalon en toile, une chemise et j’ai terminé avec une paire de bretelles. C’est beaucoup plus aisé pour une journée d’aventures mais je tenais aussi à ce qu’elle me voit autrement qu’un fils de riche famille trop sérieux.

    “ – Je peux vous retourner le compliment Miss Kira. Vous êtes d’une beauté à couper le souffle.”

    Je souris finement et je lui tend ma main pour l’inviter à aller dans la calèche de ma famille. Son père nous guette à la fenêtre mais je ne le remarque pas, je suis bien plus intrigué par sa magnifique fille. J’aide Kira à monter et quand cela est bon, je viens m’asseoir face à elle. Mon cochet connait déjà l’itinéraire de notre journée et pour commencer, il prend la route vers le palais de Buckingham. Cet endroit est connu pour être le logement du roi mais peu de monde savent les histoires concernant le bâtiment. Je compte bien tout apprendre à Kira.

    “ – Nous allons visiter beaucoup d’endroits aujourd’hui mais j’ai aussi prévu une petite surprise.. Quelque chose de presque unique mais ça vous ne le saurez que plus tard.”

    Depuis que je lui ai promis cette sortie, j’ai longuement préparé la journée en essayant de trouver tous les endroits qui pourraient lui plaire. Je crois que j’ai pris la tâche très au sérieux. Nous passons donc devant Buckingham et je lui conte la création de cet endroit mais mon cochet se stoppe quelques mètres un peu plus loin pour que l’on puisse aller marcher dans le parc de Saint James. Pour le coup, j’ai prévu un petit quelque chose pour Kira. Je sors de ma poche un sachet avec quelques graines de céréales et je lui tend.

    “ – Mettez les dans votre main..”

    Et je nous dirige vers l’un des arbres du parc où plusieurs écureuils sont perchés. Ils n’ont pas de mal à capter que Kira a des graines en main et ils s’approchent d’elle pour venir se nourrir. Le sourire de la jeune femme semble être attendri mais le mien aussi puisque je sais que c’est son élément, la nature.

    “ – Depuis mon enfance, je viens ici pour nourrir les écureuils. Beaucoup de Londoniens font la même chose. Cela nous permet d’avoir un peu de nature dans cette ville beaucoup trop bétonnée. Il y a aussi Hyde Park, qui est à cinq minutes d’ici. Après si nous voulons vraiment respirer, il faut aller vers l’Est, dans le Kent. Il y a des immenses plaines et aussi la plage. Savez vous que nous pouvons voir les côtes françaises à partir de la ville de Douvre ? C’est un spectacle fabuleux.”

    Nous reprenons la marche dans ce parc et je nous mène vers le palais de Saint James, puis vers le palais de Westminster où l’on se retrouve au pied de la tour de l’horloge avec sa fameuse cloche Big Ben. Nous allons vers Trafalgar Square ou il y a la national Gallery et nous entrons dans cet endroit qui propose des nombreuses peintures célèbres. Par la suite, nous repartons vers la calèche et le cochet nous mène vers le London Bridge ou même les tours de Londres. C’est une fois arrivé au British Museum que nous faisons une petite pause et que j’amène Kira vers sa surprise. Il y a un rooftop sur le haut du musée mais peu de monde connaît son existence. Il donne une vue sublime sur plusieurs grands monuments de Londres. Une table et un panier de picnic nous y attendent. En bon gentleman, j’invite Kira à s’asseoir et je viens même lui tirer la chaise.

    “ – Avant de faire le tour de ce musée, je pensais qu’une petite pause pourrait nous faire du bien.. J’avoue que ce n’est pas moi qui a préparé ce qu’il y a dans le panier car je suis horriblement mauvais en cuisine mais c’est certainement mieux pour nous.”

    Je ris doucement et je viens face à elle. Jamais je n’avais sorti le “grand jeu” pour quelconque filles et je ne me rend même pas compte que ce simple rendez-vous, est bien plus une sorte de rendez-vous romantique.

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    Le pique nique devrait bien se passer mais il prend une tournure que je n’aurais pas imaginé. Des fiançailles ? Mariage ? Je reste muet mais malgré moi, mon regard se fronce car je ne comprends pas pourquoi Kira panique et me dit que tout cela serait pour la séduire pour pouvoir ensuite nous fiancer. Je me vexe un peu puisque j’avais organisé cette journée pour passer du bon temps avec elle, pas pour acheter sa compassion. Elle me dit qu’elle est troublée par ma présence et je dois avouer être troublée par la sienne mais je me retrouve déçu qu’au lieu de terminer la journée en douceur, une sorte de mur s’installe entre nous à cause de paroles que nos pères ont certainement envisagées.

    « – Croyez vous vraiment que j’ai organisé cette journée pour de possibles fiançailles ? Je voulais simplement vous faire plaisir et vous offrir un bon souvenir de Londres avant votre départ.. Si j’avais l’intention de faire un mariage arrangé, j’aurai directement parlé avec votre père. »

    Mon ton est un peu sec à cause de la déception que je ressens mais je suis quelqu’un qui prend vite la mouche et qui est aussi très têtu. Pourtant face à son air désolé, je tente de me reprendre et de ne pas être le roi des idiots. Elle est debout près de la porte qui mène à la sortie et je me relève pour lui tendre ma main.

    « – Je ne serai pas votre époux si cela peut vous rassurer. Vous partirez libre de Londres, ne vous inquiétez pas pour cela. Je me fiche bien que nos pères veuillent ça ou ça. Je crois que j’ai déjà assez donné avec ce mariage arrangé avec Elena. Une visite de Londres ne vous engage pas à avoir un anneau autour de l’annulaire Kira.. Jamais je ne me permettrais de faire de vous une prisonnière d’une relation construite pour la bonne figure. »

    Je garde ma main tendue pour l’inviter à nouveau vers cette table. Je sais que quelque chose s’est tout de même mis entre nous dans le sens où j’ai l’impression qu’elle me voit comme ces autres garçons qui n’ont aucune conscience et qui prennent les femmes pour des objets de collection. C’est vrai qu’elle m’a vu être fiancé à Elena et je ne peux pas la blâmer de croire que je pourrais encore chercher un bon parti. Pourtant je ne me serai jamais investi pour quelqu’un pour lequel je n’ai pas d’affection.. et c’est certainement cela qui conditionne mes émotions. Si je me sens vexé d’être pris pour un goujat, c’est parce que je sais que pour une fois, je suis vraiment attiré pour quelqu’un. Kira n’est pas qu’une simple fille d’un soir ou sans valeur.

    « – Terminons le thé et je vais vous montrer les plus belles salles du musée.. Ensuite, je vous raccompagnerai chez vous.. enfin si vous le souhaitez., Je ne vous oblige à rien.. »

    Malgré moi, une moue presque triste s’installe sur mon visage. J’évite de la regarder dans les yeux pour ne pas qu’elle panique à nouveau. Est-ce toujours ainsi quand on aime bien quelqu’un ? Je crois que j’aurais besoin de conseils de la part de mon cousin vis à vis des femmes. Je peine à comprendre comment faut-il être pour paraître quelqu’un de bien. Après, je ne peux pas dire que je comprenne bien les femmes. Je ne me suis pas réellement intéressé.. Pas que je n’ai jamais eu de petites-amies mais je n’ai jamais fait de ma vie sentimentale une priorité ou un sujet à mettre en avant. J’ai surtout pensé à ma famille ou à mes études.

    “ – Excusez moi de paraître un peu perdue.. En fait, je crois que j’ai toujours cet air perdu. J’ai une compréhension difficile du monde autour de moi.. et aussi des émotions, des sentiments.”

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    Kira se sent honteuse à cause de ma réaction et elle s’en veut pour ses mots, sa panique. A mon tour, je me sens bête de la mettre dans cet inconfort et je crois que l’on pourrait passer la fin de notre journée à s’excuser l’un envers l’autre mais pour tenter de ne plus avoir cette barrière malaisante entre nous, je me relève de la table et je lui propose mon bras pour que nous allions vers l’intérieur du musée.

    “ – Cessons les excuses, de toute manière je ne pourrais vous en vouloir. Il y a tellement de pressions sur les épaules de jeunes gens comme nous.. Mais aujourd’hui nous ne devons pas penser à ce qui nous angoisse.”

    Mon sourire est revenu et nous redescendons. Pour s’éloigner du mauvais épisode du roof, je commence par la salle sur les trésors égyptiens. Les français ont principalement fait les découvertes mais les anglais ont récupéré pas mal d’artefacts comme la pierre de rosette qui a permis de déchiffrer les hiéroglyphes. Nous allons dans les salles sur la Grèce, sur les trésors asiatiques et il y en a même sur l’Amérique mais ce ne sont pas des objets volés aux amérindiens, ce sont surtout sur les peuples mayas ou aztèques. Il y a aussi cette grosse statue de l’île de pâque et des vestiges de l’ancienne Angleterre. Nous restons encore un très long moment dans ce musée puisque lorsqu’on revient à l’entrée, le soleil est déjà couché. La calèche nous attend devant et je sais qu’il va falloir que je ramène Kira chez elle. J’espère que cette fin de journée à dissiper sa peur de devenir une possible fiancée.

    « – Je suis toujours fasciné quand je viens ici car ça regorge d’histoires et de découvertes.. C’est ce que j’aime dans l’archéologie. Nous ne sommes qu’un petit point dans le temps.. Il y a déjà eu tellement de monde avant nous et ils ont tous contribué à forger ce que l’on est aujourd’hui. Même avant les humains, il y avait bien de grandes choses qui ne demandent qu’à être découvertes. »

    J’aide Kira à remonter dans la calèche et je reviens à nouveau devant elle. C’est vrai que je la regarde moins dans les yeux, sûrement par peur de la perturber mais on ne peut s’empêcher de se lancer des regards pour jauger l’autre. Je suis beaucoup plus bavard qu’elle mais ça doit être le stress d’être en sa présence car oui, ça reste une grande première pour moi d’avoir ce genre de rendez vous. Je parle de tout jusqu’à ce que nous finissons par arriver devant chez elle. Je sors en premier et je l’aide à descendre. Son père n’est pas là à attendre mais par contre John oui. Il a un bouquet de fleurs en main et je suppose qu’il est ici pour se faire pardonner mais je crois que ce qu’il voit donne le coup de grâce. Kira est avec moi et ça, ça fait monter en lui une rage qui vient s’exprimer sur mon visage puisqu’il me donne enfin le coup de poing qu’il voulait déjà me donner.

    “ – J’AVAIS RAISON ! Vous n’êtes que des salopards ! Cela ne va pas en rester là !”

    Je n’ai pas eu le temps de me protéger puisque j’ai préféré me mettre devant Kira pour ne pas qu’elle se prenne de coup. Mon nez prend cher et John nous hurle dessus avant de s’éloigner en courant. Je glisse une main sur mon nez sanglant et j’avoue être sonné mais je me tourne pour m’assurer que Kira n’a rien. Cependant je ne peux parler avec ce flot de sang qui sort de mes narines. J’ai quand même un regard qui se veut rassurant pour ne pas à nouveau faire paniquer mon ami mais dieu sait que je me contiens de ne pas tomber dans les pommes car malgré mon gabarit de colosse, j’ai une phobie incontrôlée en ce qui concerne le sang.

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    Je me sens un peu bête de me retrouver aussi « faible » face à elle, et pourtant je le suis entièrement. Elle n’arrête pas de s’excuser et de tout faire pour me soigner alors que moi je suis sonné, avec un nez dans le pâté et un sourire d’idiot sur les lèvres. Dans le logique des choses, j’aurai certainement du aller rendre la monnaie de sa pièce à John mais bon, de toute façon le mal est fait. Et puis ça serait mentir que de dire que je n’apprécie pas la façon dont Kira s’occupe de moi. Elle réussit à faire stopper l’hémorragie et elle passe même sa main dans ma chevelure. Elle est d’une douceur agréable mais moi aussi je m’en veux parce que sa jolie robe blanche est devenue un vêtement de boucher.

    « – Vous n’y êtes pour rien Kira.. Ce n’est en aucun cas de votre faute.. Quoi que vous disiez, il avait envie de me frapper.. »

    Il l’aurait fait dans tous les cas. Il est clair que j’aurai préféré éviter ce coup mais bon, j’aurai une bonne raison de montrer que ce garçon est le roi des abrutis. Je fini par prendre le relais sur Kira en posant un mouchoir sur mon nez, même s’il ne saigne plus et j’essaye de me relever car même si elle me propose de rester ici pour la nuit, je ne veux pas déranger. C’est surtout les ragots que je souhaite éviter. Pas pour moi mais pour elle. Si on sait que cette jeune femme célibataire a fait venir un garçon tout autant célibataire pour la nuit, elle aura une réputation qu’elle n’a pas à avoir.

    « – Mon cochet est encore là.. je vais pouvoir rentrer chez ma famille pour ce soir. Je ne veux pas que vous ayez plus d’ennuis à cause de moi. Mais sachez que je vous remercie d’avoir pris soin de moi et je tiens encore à vous dire que vous n’y êtes pour rien.. Mon cousin m’a dit que John n’était pas un garçon très net et il avait raison. Dans un sens, je préfère avoir reçu ce coup plutôt que de savoir qu’il s’en serait pris à vous.. »

    Je crois que je n’aurais eu aucune retenu s’il avait osé porter sa main sur Kira. Il va tout de même falloir qu’elle surveille ses arrières et que je garde un œil sur lui.

    Je réussi à rester debout sans vaciller donc je vais pouvoir retourner dehors mais avant de faire quoi que ce soit, je prend la main de Kira avec ma main libre et je viens déposer un baiser sur le dos de celle-ci. C’est ma façon de la remercier pour ses soins mais surtout pour aujourd’hui.

    « – Même si la fin a été spéciale, j’ai adoré notre journée Kira. Je ne sais pas quand vous comptez partir pour Édimbourg mais j’ose espérer avoir le droit à une dernière journée en votre compagnie avant votre départ.. »

    Je ne peux pas la forcer à rester tout comme je sais que je ne peux pas la suivre. À un moment, il va falloir se dire au revoir pour un long moment mais tant qu’elle est encore ici, j’aimerais pouvoir encore apprendre à la connaître. Car aujourd’hui j’ai joué l’amoureux historique mais nous n’avons pas vraiment pu apprendre à se voir autrement qu’en passionnés d’histoire.

    Alors que je m’apprête à partir, son père arrivé et il lâche un cri en voyant le sang sur la robe de sa fille mais aussi sur moi. Il s’imagine tout et n’importe quoi mais on lui dit ce qu’il s’est réellement passé.

    « – Tu ne peux pas repartir ainsi chez toi Henry ! Laisse moi au moins te donner des vêtements propres et viens dîner avec nous. Demain j’irai voir le père de Smith pour lui demander des excuses. Cela ne doit pas rester impuni ! Et toi aussi ma jolie fleur, vas donc te changer. Nous mettrons la note du pressing pour la famille Smith. »

    Ce petit bonhomme est déterminé et j’aurai presque envie de rire face à sa colère qui se marque par un visage bien rouge. Je me retrouve dans l’entrée, face à Kira mais je comprend que je n’ai pas mon mot à dire pour mon départ et que je dois accepter l’invitation pour les vêtements comme pour le dîner.

    « – Bon.. Je peux rester encore un peu alors. Je vais prévenir mon cochet qu’il vienne me rechercher dans deux petites heures.. »

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    M.

    Kira m’a proposé les vêtements de son frère et elle m’a amené vers une salle d’eau pour que je puisse me remettre en état. En me voyant dans le miroir, je ne peux que constater l’état de mon visage et John ne m’a vraiment pas manqué. Je pense que mon nez est cassé mais bon, pour ce soir je devrais faire avec ce visage déformé. Ça ne semble pourtant pas effrayer le père de Kira ni même Kira lorsqu’elle vient nous rejoindre dans la salle à manger. Elle a changé de robe et elle est encore plus magnifique avec celle-ci. Je me relève de ma chaise pour l’accueillir car c’est un signe de politesse mais le père de Kira étire un fin sourire devant la galanterie non dissimulée.

    « – On va pouvoir commencer le dîner maintenant que tu es ici ma Kira. J’ai demandé à ce que notre cuisinier fasse du poisson aux petits légumes, comme tu l’adores. Et pour vous Henry, j’ai fait demander à notre cuisinier de préparer un dessert qui va vous rendre fou ! Connaissez vous la cuisine française ? Kira m’a fait goûter un gâteau qui se nomme une tarte tatin et c’est divin. Il faut que vous aussi vous goûtiez ça ! »

    Je suis amusé par l’enthousiasme de cet homme. Je comprends mieux d’où vient le côté solaire de Kira. Cela se voit sur cet homme aime sa fille plus que tout et qu’il ne veut que son bien être mais peut-être qu’il en oublie certaines réalités comme les fiançailles qu’il avait acceptées avec John. Cependant ce soir nous ne parlons pas de cet idiot de Smith mais nous parlons de tout. On est loin d’un dîner en tête à tête car le père de Kira ne fait que de parler mais le repas est agréable. Je suis certain qu’il s’entendrait à merveille avec mon père car lui aussi adore discuter de tout et de rien.

    “ – Et que comptez vous faire après vos études Henry ? Archéologues comme vos parents ?
    _ Je pense que oui, j’ai toujours été animé par l’Histoire et les découvertes. D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours aimé suivre mes parents dans leurs voyages.
    _ J’ai entendu dire que vous étiez avec eux lors de leurs grandes découvertes sur l’île de l’Atlantide ! Ils ont réussi à trouver le tombeau du premier roi atlante ! Mais c’est vrai ce que l’on dit ?
    _ Quoi donc ?
    _ Que vous aviez été victime d’un grave accident là-bas ? J’ai entendu dire que lors d’un de leurs voyages, vous avez failli y laisser votre vie en tombant dans une crevasse et c’est depuis ce temps que vos parents ont cessé d’aller là-bas.
    _ Oh..et bien.. certainement..”

    Je n’ai aucun souvenir de ça et je me vois mal inventer une histoire alors que je suis moi-même surpris par ce que j’entend. Heureusement le père de Kira part sur une autre discussion. Kira remarque mon trouble et elle l’a déjà remarqué plusieurs fois puisqu’à chaque fois je suis intrigué par les nouveautés que j’apprends sur ma vie.

    Après le dîner, le père de Kira nous laisse un instant car il s’en va fumer un cigare dans son bureau. J’ai le ventre plein et je pourrais faire la sieste du siècle mais comme nous sommes enfin que deux, je me reprend et je peux enfin ne parler qu’avec elle.

    “ – Vous allez certainement me prendre pour un fou mais.. Depuis maintenant deux semaines, je me sens étrange. J’ai l’impression d’avoir perdu la mémoire sur cette vie.. C’est comme si j’avais vécu une autre vie et que celle actuelle, n’était pas la mienne. Ma soeur m’aurait donné un livre que mes parents gardaient dans leurs coffre et suite à cette lecture, je me suis retrouvé avec l’esprit retourné..”

    Garrett est le seul qui connait cette histoire mais il ne m’a pas vraiment pris au sérieux. J’espère que Kira sera une meilleure oreille et surtout qu’elle ne me prendra pas pour un fou. Je me prend déjà moi-même pour un aliéné alors j’ose espéré que quelqu’un puisse m’aider à ne pas vriller davantage.

    “ – Sois-disant que livre concernait l’île de l’atlantide et justement, j’ai l’impression d’avoir vécu une autre vie là-bas. Enfin.. oui.. c’est étrange. Moi-même je me demande si je ne suis réellement pas bon à envoyer dans un asile..”

  89. Avatar de M.
    M.

    Alors je ne suis pas fou.. et je ne suis pas le seul qui est interpellé par cette île. Kira me fait aussi des aveux sur ce qu’elle ressent vis à vis de l’atlantide. Elle parle de légendes et même de dons. Je pourrais l’insulter de sorcière et pourtant je sais qu’elle dit la vérité. Il y a des choses qui nous dépassent, une magie qui anime ce monde mais que peu de personne arrivent à capter. Kira a cependant une phrase qui m’interpelle plus que les autres.. Elle me suggère que je pourrais être lié à un ancêtre, une personne qui a vécu là-bas. Cela fait beaucoup plus sens dans mon esprit que de me dire que je vivais réellement là-bas. Cela me rend moins “fou”. Par contre elle termine avec une confession sur des écrits de ma mère et la vraie raison de son départ à Edimbourg.

    “ – La grotte dont vous parlez.. C’est ce qui a poussé mes parents à aller vers l’Atlantide. Ma mère est née non loin de cette grotte et elle a toujours été fascinée par ce qu’il y avait à l’intérieur mais elle n’a jamais su déchiffrer les écrits, les dessins. Elle a pu aller sur l’Atlantide mais ça ne lui a pas permis de percer le secret de la grotte.. Qui sait, peut-être que vous réussirez là où elle n’a pas réussi..”

    Même dans “l’autre vie”, cette grotte existait et c’est ma mère qui a donné l’envie à mon père de découvrir l’atlantide. Dans tous les cas, je sais que je suis lié à cet endroit mais pourquoi ? Dans tous les cas, je me sens presque soulagé de trouver quelqu’un avec qui partager mon histoire, mes émotions. Kira est bien plus liée à moi que l’on aurait pu le croire mais je ne me fais pas d’illusions, du moins, je suis persuadé que nous allons finir par être séparés quoi que je puisse dire.

    “ – Vous devriez rencontrer ma mère. Je suis certain qu’elle va adorer vous parler de cette grotte avant votre départ. Mes parents pourraient parler de l’île sans s’arrêter, sauf avec moi. Ils évitent le sujet, certainement à cause de cet accident dont votre père a parlé.. J’en ai vraiment aucun souvenir..”

    Je serais tombé dans une crevasse lorsque j’étais enfant et surtout lorsque j’étais sur l’île mais non, je n’ai aucun souvenir de cet épisode qui pourtant semble décisif dans l’esprit de mes parents. Il va falloir que j’enquête sur ce mystère. Il y a encore de très nombreuses zones d’ombres qui demandent à être éclairées mais chaque chose en son temps, ce soir je suis encore en très belle compagnie. Son oeil vif m’observe et elle ne cache pas son sourire bienveillant.

    “ – Demain nous sommes dimanche et mes parents font un repas de famille mais j’aimerais beaucoup que vous veniez. Il n’y aura que ma petite sœur et.. mon frère en..”

    Mon frère. Sam.. je suis encore très troublé par sa présence. Il devait être mort et il est pourtant vivant.

    “ – Dans l’autre vie, c’est Sam qui a eu un accident.. mais il en est mort. J’étais enfant lorsque ça s’était passé et ça a été ma plus énorme blessure car nous étions si proches.. Mais là, il est vivant et j’ai même une petite sœur. Enfin.. oui.. c’est fou.”

    Je secoue la tête et je me relève du banc sur lequel je m’étais posé. Il va se faire tard et j’avais prévenu mon cochet de venir me rechercher pour vingt-deux heures. Je vais devoir laisser Kira mais j’espère qu’elle sera présente au repas demain midi.

    “ – Je vais devoir y aller mais je tenais à vous remercier pour cette journée, pour vos soins et aussi pour ce dîner.. Même si j’ai le nez en compote, sachez que j’ai adoré passer mon temps avec vous.”

    Je pourrais dire que je rêve que cela recommence mais en sachant ce qu’il s’est passé sur le rooftop, je garde mes commentaires qui pourraient l’angoisser. Je viens prendre sa main pour déposer un baiser sur son dos et je me prépare à partir. Le père de Kira revient de sa pause cigare pour me saluer et les deux m’accompagnent en extérieur. Mon cochet est là et je monte dans la calèche qui doit me mener au manoir familial. Ce trajet me permet de repenser à la journée et surtout à Kira. J’ai l’impression d’avoir vécu une aventure intense alors que ça n’a duré qu’une journée. Je suis éreinté mais j’ai un sourire qui me rendrait presque idiot. Quand je passe la porte du manoir, mon grand frère remarque mon sourire et il est prêt à me charrier mais je ne lui en laisse pas le temps puisque je file directement dans ma chambre.

    Elle n’a rien d’extraordinaire même si elle contient encore des souvenirs d’une enfance que je ne connais pas. Pour l’instant je n’ai pas envie de fouiller, je veux surtout rejoindre mon lit mais en m’installant, je trouve sous mon oreiller ce fameux livre qui m’aurait chamboulé l’esprit. J’ai l’envie de l’ouvrir mais j’ai aussi peur que ça change encore le cours de ma vie. Ma curiosité est immense, cependant je pense à Kira et je me refuse de perdre son image. Je n’ouvrirais plus ce livre. Je me l’interdis.

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    M.

    « – Tu as invité Kira et son père pour le repas ?
    _ Oui, Kira m’a parlé de son intérêt pour les recherches de notre mère alors je lui ai proposé de venir ce midi.
    _ J’ai hâte de rencontrer cette demoiselle qui semble te troubler ! »

    Au début, cela m’a fait sourire mais le regard de Sam ne semblait pas être bien intentionné. J’ai ressenti une sorte de défi dans ses yeux et c’est des confessions d’Andrea qui m’ont plutôt refroidis. En allant voir cette jeune sœur dans notre véranda, elle s’est mise à me parler de ses cours de piano qu’elle adore mais aussi de ma relation conflictuelle avec Sam. À ce que j’ai compris, il n’y a plus de grande fraternité et de relation fusionnelle.. nous sommes une sorte de meilleurs ennemis qui se provoquent un peu trop souvent. Andrea était étonnée que j’invite Kira ici puisqu’il y a un an, j’ai invité une autre demoiselle pour qui j’avais un peu d’affection et celle-ci a fini dans le lit de mon frère. Sam serait très jaloux de moi. Il n’a pas accepté qu’un autre fils arrivé dans la famille Cavill et depuis notre enfance, il fait tout pour m’enfoncer. C’est même lui qui s’amuse à murmurer des ragots pour me discréditer auprès de tout le monde, alors que moi, j’avais presque accepté un mariage pour l’aider dans sa carrière..

    Alors oui, quand Kira arrive chez nous, je suis un peu plus loin et je semble contrarié, surtout quand Sam se précipite vers la porte d’entrée. Je n’ai même pas eu le temps de faire quoi que ce soit qu’il guettait déjà pour être le premier. Andrea a donc raison sur ses propres et je comprend que ça rajoute un poids sur mes épaules.

    Heureusement Kira ne reste pas bien longtemps avec Sam et elle vient vers moi. J’étire un léger sourire et je la laisse toucher mon visage car elle tient à voir si je vais mieux que la veille.

    « – Je vais mieux qu’hier, la douleur est beaucoup moins vives. C’est certainement grâce à vos soins.. Vous avez des doigts de fées. »

    J’entend son rire et ça a un effet apaisant sur moi, pourtant ma tension remonte quand Sam passe à côté de nous en compagnie du père de Kira. Il veut lui montrer notre manoir et se faire bien voir. Quand ils passent dans une autre pièce, je sens que Kira a remarqué mon trouble. Comme hier soir ou même les autres jours, elle sait quand quelque chose me tiraille.

    « – Andréa m’a dit que j’avais une relation désastreuse avec mon frère Sam.. Il me ferait énormément de tort mais il réussirait à faire en sorte que ça me retombe dessus. J’aurai donc aussi une relation conflictuelle avec mes parents à cause de lui.. En sommes, il n’y a que cette petite sœur qui me croit et me soutient.. »

    C’est étrange de se dire que je suis rejeté par ma famille alors que nous étions soudé dans l’autre vie et j’ai même tout fait pour les retrouver. Pour le moment je n’ai pas senti de tension avec mon père ou ma mère mais Andrea m’a dit qu’ils avaient plusieurs fois menacés de me mettre à la porte. Du moins, il y a quand même ma mère qui est moins naïve que mon père et elle sait que Sam n’est pas doux avec moi, c’est certainement pour cela que je n’ai pas encore été expulsé d’ici.

    « – Je ne comprend vraiment rien à cette vie.. mais qu’importe, vous n’êtes pas ici pour entendre mes plaintes. Je suis ravis de vous revoir Kira et j’espère que vous allez apprécier ce repas. »

    Elle cesse de me triturer le visage et je lui propose mon bras pour lui faire un petit tour aussi de l’endroit. Mes parents sont dans le salon et ils viennent saluer nos invités. Andrea se présente aussi, avec notre gros berger allemand nommé Barney. Sam continue de parler au père de Kira mais pour éviter une compétition, ma mère intervient et elle prend le relaie pour inviter l’ambassadeur à aller boire un verre de vin en guise d’apéritif. Sam m’en lance un regard peu amical mais il suit ce cortège tandis que moi je reste dans le salon avec Kira mais aussi Andrea qui est fascinée par la beauté de mon amie.

    « – Vos cheveux sont tellement beaux.. oh.. et votre robe ! Henry avait raison en me disant que vous étiez une très belle femme ! »

    Sacrée chipie cette Andréa mais je sais qu’elle fait cela pour me faire passer pour le parfait compagnon. Ma petite sœur présente son chien et elle demande à Kira si après le repas elle voudrait entendre ses talents au piano. Je les laisse discuter jusqu’à ce qu’Andrea s’en aille avec son chien vers nos jardins. Je me retrouve seul avec Kira et je nous mène vers la véranda qui montre ce fameux jardin qu’elle a déjà découvert l’autre soir.

    « – J’ai retrouvé le livre qui m’aurait effacé la mémoire.. mais je n’ai pas osé l’ouvrir. J’ai bien trop peur que tout change à nouveau.. sauf si finalement rien a changé et que mon esprit me joue des tours. »

  91. Avatar de M.
    M.

    Je regretterais presque d’avoir invité Kira, non pas à cause d’elle mais à cause de Sam qui semble vraiment vouloir semer la discorde. Il se joue de moi et il sait comment jouer avec mes nerfs mais pour le moment je réussis à garder mon sang froid. Je décide de mener Kira vers la salle à manger puisque de toute façon le repas va bientôt être prêt. Tout le monde est déjà installé, si bien qu’il reste la place pour que je sois assis à côté de Kira. Sam est face à nous tandis que nos pères sont en bout de table. Ma mère et ma sœur sont subjuguées devant la beauté que dégage mon invitée. Justement ma mère complimente Kira sur sa tenue mais aussi sur ses études.

    « – Je suis ravis de voir une jeune femme entamée des études et qui plus est, des études en archéologie ! La plupart du temps les filles sont vouées à devenir des épouses et des maîtresses de maison, alors je suis toujours heureuse de rencontrer des demoiselles qui osent s’émanciper !
    _ Maman a été l’une des premières femmes à étudier l’archéologie. Elle a dû presque se battre avec le proviseur pour qu’il accepte sa demande mais finalement c’est papa qui a cogné le proviseur pour que maman puisse étudier ! »

    Andrea prend un air fière après sa réplique, alors que ma mère sourit tendrement et lance un regard nostalgique envers mon père. Ils sont toujours entièrement et délibérément amoureux. Ils se sont rencontrés à cette fameuse université où j’étudie en ce moment avec Kira mais c’était encore plus compliqué pour une femme d’étudier lors du temps de ma mère.

    « – Kira va bientôt partir à la faculté d’Édimbourg pour continuer d’étudier l’archéologie mais dans un environnement beaucoup moins oppressant que Londres.. »

    Dis-je à l’encontre de ma mère qui a un léger rictus d’étonnement puisque la meilleure faculté est celle où nous sommes mais étant une écossaise, elle ne pourrait contredire Kira sur son envie de partir là bas.

    « – L’ecosse est un pays merveilleux, vous avez bien choisis. L’université d’Édimbourg n’est pas autant réputée qu’Oxford mais elle a tout de même bonne réputation.
    _ La meilleure université d’archéologie se trouve à Paris et j’ose espérer que mon fils reçoit enfin le fameux courrier qui confirmera son adhésion à celle-ci ! »

    Mon père prend une posture fière en disant cela, au grand désespoir de Sam mais surtout à mon grand étonnement. J’ai fais une demande pour aller à l’université de Paris ? De toute façon je ne suis plus à une surprise prête. Heureusement les plats arrivent et cela met fin à cette conversation scolaire. Nos parents discutent de leurs vies respectives, tandis que nous, nous restons silencieux. Ça n’est qu’au moment où les employées ramènent un plateau de fromage que j’ose parler à ma voisine de table car elle a l’air choquée face à tout ce choix.

    « – En France, ils mangent du fromage après le repas et comme mon père est un grand amateur de nourriture, il a souhaité instaurer cette coutume chez nous aussi. Vous avez plusieurs fromages venant de France, ce sont les meilleurs qu’il puisse exister.. De toute manière je ne peux pas nier que les anglais ne sont pas les mieux placés en matière de gastronomie. »

    Je dirai même que la cuisine anglaise est horrible mais j’évite de dire ce commentaire à haute voix pour ne pas que nos cuisiniers l’entendent. Ce repas n’en reste pas moins bien copieux, surtout après un dessert rempli de chantilly et de génoise imbibée de sirop. Mon père sort de table avec le père de Kira. Il me propose de venir ainsi qu’à Sam, pour que nous allions boire un verre de whisky entre hommes dans le boudoir mais je refuse. Il ne reste plus que moi et les trois demoiselles à table. Étonnamment, Sam n’a pas déclenché d’hostilité pendant le repas et ça me soulage un peu.

    « – Maman, Kira aurait aimé te demander quelques conseils et explications sur des dessins archéologiques.. Des symboles qu’elle a vu dans l’un de tes livres. Tu pourrais l’aider ?
    _ Oh mais avec plaisir ! Ce sont les symboles atlantes je suppose ? Beaucoup de monde me demandent ce qu’ils signifient mais je n’ai jamais trouvé la réponse.. par contre j’ai été plusieurs fois en Atlantide et je pense que je pourrais t’aider sur l’histoire de cette civilisation. »

    Elle va passer des heures à parler, c’est certain puisqu’elle adore cet endroit, cette civilisation qui n’est finalement pas sous la mer ou même oubliée. Par contre elle ne veut pas en parler avec moi. C’est même pour cela qu’elle change de sujet de conversation et elle demande à Kira de lui parler de son peuple, ses terres. J’aimerais bien savoir ce que j’ai eu comme accident et pourquoi ça semble être un tabou dans ma famille. Je fais signe à Andrea de me suivre, laissant un peu Kira avec ma mère et j’entraîne ma sœur vers la cuisine en prétextant aller préparer un thé.

    « – Qu’est ce qu’il m’est arrivé sur l’île ?
    _ Sur l’île ? De quoi tu parles ?
    _ J’ai sois disant eu un accident quand j’étais enfant.. je serai tombé dans une crevasse.. mais ça a décidé nos parents à ne plus aller sur l’Atlantide et ils évitent de parler de l’île devant moi..
    _ Oh tu sais je n’étais pas encore née quand c’est arrivée..
    _ Mais tu es une petite fouineuse donc je suis certain que tu sais tout..
    _ Tu avais six ou sept ans je crois. Tu étais sur une fouille avec papa, maman et Sam.. ils ne faisaient pas vraiment attention à toi et il me semble que tu t’amusais à jouer avec un chat sur le chantier, lorsque tu es tombé dans une grotte..
    _ Tomber dans une grotte ?
    _ Oui, la terre s’est dérobée sous tes pieds et tu as fait une énorme chute de plusieurs mètres. Sauf que dans cette grotte, il y avait les trésors que papa et maman cherchaient.. mais toi, tu as bien failli mourir. Ton crâne s’est ouvert et suite à ça, tu es resté dans le coma pendant plusieurs mois..
    _ Il y avait quoi comme trésors ? Et pourquoi ils ont tout abandonné ?
    _ Je ne sais pas ce qu’il y avait dans la grotte mais pour le reste, maman s’en est horriblement voulu et elle a décidé de tout arrêter parce qu’au lieu de s’occuper de toi, elle voulait trouver un trésor qui finalement t’a fait énormément de mal.. Depuis cet accident, ton esprit défaille Henry. Papa et maman ont tout essayé pour trouver un moyen de te guérir mais rien n’a fonctionné pour le moment..
    _ Me guérir ? Mais je vais bien..
    _ Tu sais, ça fait quinze ans que je suis née et je t’ai vu perdre l’esprit autant de fois.. Tu as des épisodes d’absence et du jour au lendemain, tu ne reconnais plus personne. Et ce qui est bizarre c’est que tu oublies seulement l’identité de tes proches mais pas le reste.. Je ne sais pas comment expliquer cela mais on dirait que ton esprit change l’histoire de ta vie. Il te force à oublier qui tu es vraiment. »

    Je tombe des nus.. et dans la salle à manger, ma mère raconte la même chose à Kira. Mon accident, mon coma mais surtout mon esprit qui n’arrive pas à s’ancrer dans la réalité. Ma mère ne sait plus quoi faire pour m’aider, cependant elle ne se doute pas qu’elle a le remède devant elle. C’est la venue de Kira qui va tout changer.

  92. Avatar de M.
    M.

    Andrea prend un air beaucoup plus triste après sa révélation car elle l’a déjà fait plusieurs fois et le résultat est toujours le même. Je fini par reperdre la mémoire et le schéma tourne en boucle. Pour moi, je crois que je ne réalise pas vraiment ce qu’elle m’a annoncé. Comment je pourrais perdre la mémoire mais seulement en ce qui concerne mes proches ? Pourquoi je n’oublie pas le reste ? Et pourquoi ça m’arrive ? Je remercie ma petite sœur mais je retourne vers la salle à manger pour aller directement demander des réponses à ma mère. Tant pis si Kira entend tout mais quand j’arrive, Kira n’est plus là. Ma mère est seule à table et elle m’offre un triste sourire.

    « – Mon petit.. Ton amie est partie prendre un peu l’air dans le jardin. Je crois que moi je vais aller un peu me reposer avant que l’on ne prenne le thé.
    _ Je vais aller la rejoindre mais avant ça, je veux comprendre maman.. Andrea dit que ma mémoire défaille. Elle m’a dit que j’oubliais tout de vous. À chaque crise, je perdais mes souvenirs et que je pouvais même en créer de nouveaux.. Est-ce vrai ? Et pourquoi ça m’arriverait ?
    _ Assis-toi quelques instants chéri.. »

    Elle confirme ce que m’a dit Andrea et elle m’explique plus en détail l’accident, ainsi que ses doutes sur l’île. Elle est persuadée que l’île est remplie de pouvoir, de magie et que c’est pour cela que je suis dans cet état. C’est aussi pour cela qu’elle n’a jamais remis les pieds là-bas, par peur que je devienne encore plus amnésique. Elle ne me dit pas qu’elle pense que Kira pourrait être la clé pour m’aider mais elle me pousse à ne pas trop m’aventurer dans les histoires de l’Atlantide.

    « – Justement, peut-être qu’en allant là-bas je pourrais trouver une solution..
    _ Ton père y est retourné des centaines de fois pour te trouver un remède mais il n’y avait rien.. Mais je t’ai déjà dis tout ça plusieurs fois.. et.. et à chaque fois tu l’oublie..
    _ Je suis tellement désolé maman.. Je.. Je m’en veux de te causer cette peine.. d’oublier ce qu’a vécu notre famille..
    _ Tu n’as pas à être désolé Henry, tout est de ma faute.. Je n’aurais jamais dû t’amener là bas. Tu n’étais qu’un enfant et tu n’aurais pas dû être dans un endroit comme celui-ci.
    _ Tu ne faisais que ton travail maman.. tu n’as rien fait de mal. J’aurais pu avoir un accident même en étant à Londres.
    _ Sauf que Londres n’a pas les pouvoirs qu’a l’Atlantide.. cette île est sacrée depuis sa naissance. Elle est la source d’une très grande civilisation qui a disparu. Et je crois qu’en voulant trouver des réponses, j’ai réveillé des forces qui nous dépassent et qui s’en sont prises à toi.. »

    Elle est vraiment peinée mais surtout elle se rend entièrement coupable de ma condition. Je ne peux pas m’empêcher d’aller la serrer dans mes bras car même si mes souvenirs sont différents, je sais que cette femme est ma mère. Je pourrais reconnaître son visage parmi des milliers. Marianne Cavill.. ce petit bout de dame avec qui je partage le même regard et le même sourire. Je fini par la laisser aller se reposer et je pars vers les jardins pour retrouver Kira. Barney me suit et il se met à aboyer quand il voit Sam avec Kira. Mon frère commence à m’agacer vraiment fort et là, je suis pris d’une envie d’aller lui botter les fesses. Il ose un peu trop tourner autour de Kira et je ne peux l’accepter. Pas Kira !

    « – Henry ! Nous parlions justement de toi. J’allais dire à Kira à quel point tu es un remarquable cavalier mais.. »

    Mais je le pousse, comme ci j’étais prêt à me battre avec lui. Kira va finir par croire que je suis le roi de la castagne mais Sam réussit à ne pas se prendre une raclée. Il lève les mains en l’air, comme pour se montrer innocent et il jette un coup d’œil sur Kira qui est cachée derrière ma grande carrure.

    « – Qu’est ce que tu me veux Henry ? Tu veux réellement te battre avec moi ?
    _ Pourquoi tu tournes autour d’elle ? Qu’est ce que tu lui veux ??
    _ Serais-tu jaloux ? N’ai-je pas le droit de discuter avec notre invitée ?
    _ Arrêtes de tourner autour du pot Sam ! Andrea m’a dit que tu adorais me mettre des bâtons dans les roues et aussi de faire en sorte que je sois mal vu un peu partout ! Je t’interdis de faire cela avec Kira !!
    _ Notre petite sœur est une sacrée peste dis donc..
    _ Non, elle est surtout la seule à me dire la vérité !
    _ Je ne te met pas des bâtons dans les roues.. on va plutôt dire que j’en ai marre de voir que tout tourne autour de toi depuis ton accident lorsque tu étais enfant. Henry ceci, Henry cela.. il ne faut pas brusquer Henry, Henry est encore une fois amnésique.. Tout ça nous a pourri la vie. Tu aurais mieux fait de rester dans le coma ! »

    Il dit des mots horribles mais je les comprends. Je comprend sa colère envers moi. J’ai pris trop de place avec mes problèmes. Pourtant ça n’excuse pas le fait qu’il veuille draguer celle pour qui je suis épris. Sam nous lâche et je soupire. Kira est toujours derrière moi mais je sens qu’elle glisse sa petite main dans ma grande paluche tremblante.

    « – Vous allez croire que je suis un roi de la bagarre.. Excusez moi Kira. Je me suis emporté car j’avais peur que Sam soit trop insistant avec vous.. Au final, il est surtout aigris envers moi. Je comprend un peu mieux pourquoi j’ai l’impression de ne plus reconnaître personne.. ma sœur m’a parlé de l’accident.. »

    Et Kira m’apprend que ma mère aussi lui en a parlé. Elle sait donc que ma mémoire est abîmée et que peut-être, je pourrais elle aussi l’oublier d’un jour ou l’autre. Si elle part en Ecosse, il y a fort à parier que je finisse par ne plus la reconnaître à son retour. Cette idée m’attriste et me donnerais presque l’envie d’hurler un bon coup mais face à elle, je m’apaise lorsqu’elle se met à serrer un peu plus ma main.

    « – J’ai de la chance que mes parents ne m’ont pas encore envoyé dans un asile.. C’est ce qu’auraient fait beaucoup d’autres personnes.. »

    J’ai un léger rire nerveux mais je me reprend et surtout je relève la main de Kira en la serrant un peu plus à mon tour.

    « – Je risque de vous oublier même si mon cœur m’hurle que c’est impossible. Ça m’affecte énormément d’imaginer cette possibilité.. Je crois que ça m’affecte plus que d’oublier ma propre famille. Pourtant ça arrivera, puisqu’il n’y aurait pas de remède à mon mal.. et je m’en veux déjà de savoir que vous serez à nouveau une inconnue à mes yeux. Cependant tant que j’ai encore l’esprit ici, je tenais à vous remercier pour votre magnifique compagnie mais aussi pour m’avoir écouté sans me prendre pour un fou.. Vous ne m’avez pas rejeté alors que vous auriez pu et vous étiez même prête à m’aider. À présent, on a une réponse à mes questions même si c’est une réponse horrible.. hm.. Sachez que dans d’autres circonstances, si je n’avais pas eu ce problème de mémoire, j’aurais tout fait pour que vous finissiez par m’aimer. Vous êtes une femme sublime et avec qui tout homme serait le plus chanceux au monde. Cependant je ne peux me permettre d’entrer dans votre cœur si c’est pour le briser à chaque fois que je vous oublierais.. »

    Je ferme un instant les yeux pour chasser l’image d’une Kira malheureuse à cause de moi et je termine mes mots en déposant un long baiser dans le creux de sa paume de main. D’ordinaire j’aurais dû embrasser le dos mais je sais que dans les coutumes amérindiennes, le creux de la main est symbolique. Il représente le fait que nos mains peuvent tout faire comme interagir avec la nature, la famille, le quotidien. Elles sont ce qui nous aide à prendre, à construire, à protéger ou même à bénir. Les mains peuvent aussi se lier et s’entrelacer avec celles d’une autre personne mais je ne suis pas assez égoïste pour prendre la main de Kira entièrement.. Elle sera beaucoup plus heureuse loin de moi.

    « – Quand vous serez à Édimbourg, j’espère que vous apprécierez l’hospitalité écossaise et la beauté de son environnement.. J’espère aussi que vous allez vous épanouir et trouver votre bonheur. Je vous souhaite tellement de belles choses Kira.. Vous n’imaginez pas à quel point.. »

    J’ai la sensation que mon cœur se déchire. Oui, je me sens vraiment mal de savoir que je peux l’oublier.. je me sens aussi mal de la laisser s’en aller là-bas sans chercher à lui demander de rester auprès de moi. Pourtant je sais que je veux d’elle dans ma vie. Je pense que j’ai eu un coup de foudre pour cette demoiselle mais j’évite de me donner quelconques illusions.

    « – J’ai quand même quelque chose pour vous, avant votre départ.. et.. pour que vous gardiez un petit souvenir de moi.. »

    Dans la poche intérieur de ma veste, j’ai glissé une carte avec un dessin que j’ai réalisé de l’Arum Titan que nous avons vu dans la serre de ma mère. À l’intérieur de cette carte, il y a du jasmin séché et un petit mot où je lui souhaite toutes les plus belles découvertes possibles pour ses études mais aussi pour sa vie personnelle. La carte donnée, je sors aussi de ma poche intérieur un autre présent. C’est une loupe. Cela pourrait prêter à faire rire mais pour un futur archéologue, c’est un élément majeur pour sa réussite. C’est même pour cela qu’en fin d’étude, les étudiants reçoivent souvent une loupe avec leurs initiales de gravées dessus.

    « – Et j’espère que ce dernier présent pour portera chance dans toutes vos recherches.. »

  93. Avatar de M.
    M.

    Partir en Ecosse avec elle ? C’est vrai que l’idée m’avait traversé l’esprit mais j’avais fini par la chasser puisque je ne tenais pas à devenir son fardeau. Du moins, avec tout ce qu’il s’est passé, je me devais de la laisser respirer et voir autre chose que ma présence. Pourtant Kira change la donne et elle veut que je la suive. Même s’il est possible que durant ce voyage je perd la mémoire. Elle n’a pas peur de ce qu’il peut arriver, au contraire elle me promet de me rappeler encore et encore ma vie. Elle me propose une sorte de liberté car en restant ici, je suis devenu un poids pour la famille ou plutôt une douleur qu’ils doivent accepter. Et puis moi aussi je me fais du mal à rester auprès d’eux car mon esprit ne les reconnais pas totalement.

    « – Mais vous ne partez pas là bas pour vous occuper de moi et ma mémoire.. c’est vos études et votre liberté qui doivent primer.. »

    Est-elle vraiment certaine de ce qu’elle vient de dire ? Ne va t’elle pas regretter une fois là-bas ? Elle a un air déterminée et elle semble totalement convaincue par sa proposition. Moi ? Je suis pris de cours et je devrais certainement y réfléchir car ce n’est pas rien mais j’hoche la tête. Oui, j’accepte sa proposition.

    « – Je vais venir. Après tout, vous avez raison.. ici j’ai peur et je me sens mal.. parce que je fais du tord à ma famille. Là-bas je serai plus libre et puis je suis certain que vous saurez me rappeler qui je suis. »

    J’ose sourire et je serre un peu plus sa main. C’est complètement dingue ce que je vais faire mais j’ai confiance en cette demoiselle. Je ne la connais peut-être pas depuis très longtemps mais je sais que je peux lui confier ma vie. Il y a quelque chose qui me lie à elle et je le sais depuis que j’ai pris conscience de sa présence.

    Il va falloir que je prévienne ma famille puisque le départ de Kira va se dérouler en début de semaine prochaine. Je garde le bras de la demoiselle contre le mien et nous retournons dans le manoir. Tout le monde est de nouveau dans la salle à manger pour le thé et le dessert. Les regards se relèvent vers nous quand nous entrons mais ils ne sont pas aussi enjoué que les notre. Ma mère semble comprendre ce qu’il se passe, comme si son instinct maternel était en alerte et elle secoue la tête négativement.

    « – Tu n’es jamais parti aussi loin de nous Henry.. et si ça se passe mal ? On ne pourra pas t’aider avec autant de distance entre nous !
    _ Kira sera là et elle m’aidera.. Elle m’a promis de me rappeler qui je suis ! Et puis peut-être que ça me fera du bien justement.. et si pour une fois ma mémoire restait intacte ?
    _ C’est ce qu’on se dit depuis que tu es enfant mais on a toujours eu des déceptions Henry.. et lorsque tu perds ta mémoire, tu es compliqué à gérer parce que tu as peur ! Tu.. tu es perdu.. tu te mets sur tes gardes.. »

    Elle est inquiète car elle a toujours fait en sorte que je ne sois jamais loin pour justement anticiper mes problèmes. Mon père n’intervient pas car il ne veut pas contredire ma mère mais Sam ose parler.

    « – Nous ne l’avons jamais laissé prendre son propre envole. Il a peut être raison. En s’éloignant, il pourrait garder un peu plus longtemps sa mémoire. »

    Sam prend mon parti ? Ce frère est incompréhensible. Ma mère lui fait les gros yeux et Sam secoue la tête à son tour.

    « – Ce n’est pas en le couvant jusqu’à la fin de sa vie qu’il va s’en sortir.. Je ne veux pas le malheur de mon frère mais il doit apprendre à vivre par lui-même. Et puis s’il perd encore la mémoire, nous lui rappellerons qui nous sommes. Après tout nous l’avons toujours fait. »

    Mon père acquiesce. Pour une fois, il n’est plus totalement derrière ma mère, surtout en voyant la façon dont je tiens le bras de Kira. Il sent qu’elle n’est pas qu’une passagère dans ma vie.

    « – Nous allons prévenir de votre arrivée en début de semaine prochaine. Vous pourrez rester dans le domaine familial et vous aurez des employés pour vous aider. Un cocher sera aussi à votre disposition pour aller à l’université ou pour tout autre déplacement. Je ne vous demanderais qu’une seule chose en retour.. Je tiens à ce que vous nous envoyiez des lettres ou des télégrammes pour que l’on sache que tout va bien. Est-ce possible pour vous ? »

    Mon père nous fixe et attend une réponse. Pour ma part j’hoche la tête puisqu’il m’offre la possibilité de partir loin de Londres. Le père de Kira reste silencieux car cela n’est pas pour lui déplaire de me voir partir avec sa fille. Après tout je suis un très bon parti et c’est ce qu’il recherche pour sa fille. Non pas qu’il veut à tout prix la marier mais il veut lui assurer un avenir confortable, surtout dans cette époque où il est facile d’être mis dans le bas du panier.

    “ – Je vous enverrai des lettres chaque semaine. Et je reviendrais vous rendre visite lorsque nous aurons des semaines de libre.”

    Ma mère est sans voix, dépassée et les yeux gorgés de larmes mais elle ne dit plus rien. La décision est prise. Andrea se relève de sa chaise pour venir me serrer contre elle mais elle se met aussi à serrer Kira.

    “ – Je pourrais venir vous voir pendant les grandes vacances ?”

    Elle fait ses yeux de biche pour que l’on accepte et ça me fait rire. Voilà, dans quelques jours je serai en route avec Kira pour l’Ecosse. Il va falloir que je prévienne mon cousin mais aussi l’université.

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    M.

    Aujourd’hui je prépare mes valises puisque le départ est pour demain matin. Andrea m’aide mais ma mère aussi, même si elle tente encore de me faire changer d’avis. Elle a peur pour moi mais je continu de la rassurer. Je suis confiant, tout ira bien mais il y a quelqu’un qui risque de mettre mon départ à rude épreuve.

    Il est 17h lorsque Garrett arrive au manoir. J’ai été récupérer mes affaires au campus de l’université et il ne me reste plus que quelques-unes à rassembler ici. Étant dans ma chambre, il n’y a pas de petites oreilles pour entendre ce qu’il veut me confier.. et ses mots devraient avoir l’effet d’une bombe. Oui, je devrais me tétaniser et me poser une tonne de question, cependant je me retrouve suspicieux. Kira enceinte ? Je n’y crois pas. J’ai passé assez de temps avec elle pour savoir qui elle est mais surtout pour savoir qu’elle n’est pas le genre de fille à se donner à n’importe qui. Par contre une autre pensée me vient en tête et là ça pourrait être tout autant complexe.

    « – Kira n’est pas enceinte. J’en suis persuadé.
    _ Tu ne vis pas avec elle Henry ! Elle a peut être un amant que tu ne connais pas.
    _ Je ne sais pas comment l’expliquer mais je la connais et je sais qu’elle n’a pas été dans les bras d’un garçon.. Si elle avait eu quelqu’un, tu crois vraiment qu’elle partirait en Écosse avec moi ? Qu’elle s’éloignerait de la personne qu’elle aime ? Par contre j’ai peut-être une autre idée et je ne sais pas si c’est une très bonne chose..
    _ C’est quoi ton idée ?
    _ Elle aide peut-être d’autres femmes à avorter.. et tu sais comme moi que cela est sévèrement puni.
    _ Elle pourrait aussi s’en servir pour elle..
    _ Puisque je te dis que non ! Elle pourrait aussi s’en servir pour Anya tien ! »

    Et là je vois son visage pâlir. Garrett me cache quelque chose mais il n’est pas difficile de savoir ce qu’il en est. Il a couché avec la meilleure amie de Kira, sans penser aux conséquences.

    « – On ne l’a fait qu’une fois, c’est impossible..
    _ Parce que tu crois que tes petits soldats ne peuvent pas enfanter en une seule fois ? Si elle a des doutes, elle a certainement décidé de laver tous les soupçons mais pour ça elle peut mettre en danger Kira ! Tout comme sa propre vie !
    _ Elle ne risque rien avec des herbes..
    _ Tu es vraiment bête Garrett ! Je ne parle pas forcément des herbes que Kira va lui donner mais de ce qu’elle peut subir si cela s’apprend. Tu sais qu’Anya est promise à Clarence ?
    _ Quoi ?? Clarence.. le Clarence qui a les usines de charbons ? Le vieux bougre qui a déjà eu plusieurs épouses ?!
    _ Tu n’étais pas au courant ? Kira me l’a dit l’autre jour. Le père d’Anya prévoit de marier sa fille avec Clarence car il veut une épouse jeune et qui lui fera plusieurs enfants. Imagines un peu si elle se ramène avec déjà un polichinelle dans le tiroir ? Anya sera condamné à être répudié de partout ! Son père la reniera et toi.. toi tu auras de sacrés problèmes !
    _ Il est hors de question qu’elle l’épouse ! C’est moi qu’elle va épouser !
    _ Toi ? Mais tu n’es pas censé devoir rentrer dans les ordres après tes études ?
    _ Tu sais quoi ? On va partir demain matin avec vous et une fois en Écosse, je vais épouser Anya !
    _ Mais c’est insensé Garrett ! Si son père l’apprend, il va vouloir te faire la peau..
    _ C’est pour cela qu’on a pas le temps de causer. Là on va surtout aller chez Kira et on va lui dire ce qu’il en est ! »

    Je me croyais parfois trop avenant avec Kira mais mon cousin est bien pire que moi. Il s’est mis dans une situation que je n’aimerais pas avoir mais je tiens à l’aider. Nous partons donc vers la maison de Kira sans que je prenne la peine de finir mes valises et lorsque nous arrivons, c’est le père de Kira qui vient nous ouvrir. Il est étonné de cette visite tardive mais il nous fait entrer.

    « – Il y a un soucis Henry ? Le départ est toujours d’actualité ?
    _ Oui, nous partons bien demain matin mais j’aimerais voir Kira un instant pour lui demander quelque chose. Hm.. c’est par rapport à mon cousin, il aimerait aussi faire parti du voyage.
    _ Oh.. eh bien allez-y mon cher. »

    Il ne me propose pas de monter à sa chambre mais il fait appeler Kira mais aussi Anya. En attendant, nous sommes mené avec Garrett dans la véranda et l’une des employées nous propose un thé. Je le refuse car je n’ai pas vraiment l’envie de boire mais surtout de régler ce problème. Les filles arrivent et je pense qu’elles comprennent pourquoi nous sommes ici. Garrett a vu Kira chez l’apothicaire et Anya a couché avec Garrett..

    « – Tu as pris l’infusion Anya ? »

    Dis-je avec douceur pour ne pas la brusquer. La jeune femme rougit et elle baisse les yeux. Garrett pince ses lèvres car il s’en veut et il va vers elle pour la prendre contre lui. Pour ma part, je regarde Kira et je fais une légère moue.

    « – Nous partirons à quatre demain. Je crois que nous avons tous besoin de liberté et de nouveau départ.. »

    Anya relève son visage et elle prend un air surpris. Elle ne peut pas partir, du moins c’est ce qu’elle pense. Son père est un riche homme d’affaire russe et il a une grande influence dans ce pays. Il saura la retrouver mais nous avons un peu de temps devant nous pour le semer de quelques semaines.

    « – On part même cette nuit. Je viendrais vous chercher à minuit, ici. Il faut s’éloigner au plus vite pour plus de sécurité. Pour ce qui est de l’apothicaire, il va certainement propager des rumeurs mais je saurai les faire taire. Par contre je ne peux pas aller contre Clarence donc nous devons partir au plus vite. »

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    M.

    Le plan est lancé, Garrett et Nina vont préparer quelques affaires et ils partent avec nous. Je ne tiens pas à laisser mon cousin dans une situation où il va avoir de sacrés problèmes et puis je me dis que la présence d’Anya fera certainement du bien à Kira. Il n’y a plus qu’à partir et comme prévu, Garrett et moi nous allons chercher les filles chez Kira. Je ne peux m’empêcher de sermonner mon cousin sur le chemin, non pas parce qu’il vient avec nous mais à cause de l’insouciance qu’il a eu en couchant avec Anya mais les conséquences arrivent déjà à grands pas puisque Smith est présent. Je le vois tenir Kira et lui hurler dessus. Mon sang ne fait qu’un tour et je suis prêt à lui sauter dessus mais Garrett me freine en voyant que Kira ne se laisse pas faire. Elle le frappe et se montre ferme. J’aime voir cela mais ça n’empêche que Smith dépasse les bornes.

    Anya va vers Kira pour l’éloigner de Smith et c’est à ce moment que Garrett lache mon épaule. Il comprend que je ne partirai pas sans lui faire comprendre qu’il n’a pas intérêt à menacer Kira. John se recule en me voyant approcher mais il se prend quand même un coup de poing qui le fait retomber au sol. Le coup est violent. Il est même tellement fort que quelques unes de ses dents finissent par terre. Smith lâche un râle mais je l’attrape par les épaules et je le soulève pour qu’il me fait face.

    « – Tu veux la faire payer pour quoi ?! Pour toi ? Mais tu n’es qu’une petite merde Smith. Tu ne mérites rien si ce n’est le mépris des gens. Et je serai toi, j’éviterais de jouer le grand garçon car j’ai entendu dire que toi et ta famille, vous vous êtes servis dans les réserves du roi lorsqu’il a demandé à ton père d’aller commercer en Inde.. Il se dirait même que vous avez déjà volé plusieurs fois mais que vous avez passé ça pour de la piraterie. Sache que j’ai des sources qui peuvent faire tomber tous les Smith. Essayes encore une fois de faire du mal à Kira ou même de lui faire une mauvaise réputation et je te promets que toi et ta famille vous finirez dans les tours de Londres pour un sacré moment. »

    Je le repousse au sol et je tourne les talons pour retourner vers Garrett. Smith ne réplique pas car il sait que j’ai raison. Si je sais cela, c’est grâce à Sam qui n’a pas tenu sa langue pour me montrer à quel point il n’aimait pas la famille Smith. Il faut dire que le père a la place que Sam aimerait avoir au tribunal de Londres.

    Je fais signe aux filles d’aller vers la calèche qui nous attend mais avec Garrett nous n’y allons pas de suite puisque l’on va d’abord charger les bagages. Je suis encore énervé et je suppose que je n’aurais pas dû réagir ainsi devant Kira mais je ne pouvais plus me retenir de donner une leçon à Smith. Je pense même que j’ai été plutôt sage contrairement à ce que j’aurai vraiment voulu lui faire. Je le revois encore serrer le bras de Kira et cette simple pensée me donne envie d’aller à nouveau le taper.

    « – Je t’ai jamais vu te comporter ainsi pour une fille..
    _ Quel comportement ?
    _ Être prêt à partir loin de chez toi avec une fille que tu connais à peine. Malgré tes problèmes de mémoires, tu as eu des flirts et énormément de filles qui auraient tuées pour être avec toi mais tu as toujours été sur la réserve.. par contre là c’est différent.
    _ Tu essayes de m’attendrir pour te donner bonne conscience Hedlund ? »

    J’étire un petit sourire et il lève les yeux au ciel. Je sais qu’il a raison mais je ne veux pas en parler pour le moment. Comme nous avons fini de mettre les valises, nous entrons dans la calèche pour rejoindre les filles. On s’installe face à elles, moi devant Kira et Garrett devant Anya. Le voyage va être très long et on va devoir dormir dans des auberges mais je me sens soudainement plus léger lorsque notre cocher se met à avancer. On s’éloigne petit à petit de Londres.

    « – Quand on arrivera là-bas, je vais me mettre à chercher du travail. Je ne pense pas continuer mes études. Avec l’argent gagné, je pourrais payer notre mariage.
    _ Tu es déjà plein d’ambition cousin mais tes études pourront t’apporter un métier qui te fera gagner plus d’argent. Et puis vous avez le temps de vous marier.. Je doute que Clarence ne débarque à Édimbourg dans l’immédiat. Il s’éloigne rarement de ses usines londoniennes.
    _ On ne sait jamais Henry. Il vaut mieux prévenir que guérir. Et puis si la tisane de Kira n’a pas fonctionné, je veux que notre enfant vienne au monde avec des parents mariés. »

    Garrett est beaucoup plus entreprenant que moi. Je le vois dévorer Anya des yeux mais je sens aussi leurs amour qui n’est pas une comédie. Heureusement que Kira est présente car je me sentirais comme une chandelle. La belle amérindienne me lance parfois des regards mais on ne peut discuter comme on le ferait si nous n’étions qu’à deux. Cependant je tiens à lui faire savoir ma fierté sur le fait qu’elle ne s’est pas laissé faire avec Smith.

    « – Vous avez eu raison et sachez que vous m’avez impressionné. Il est rare que les femmes osent se défendre mais je trouve que cela est juste. Vous n’avez pas à subir les gourous des hommes. »

    Quand le matin apparaît, nous sommes déjà loin de Londres. Le cocher fait une pause pour laisser les chevaux boire et j’en profite pour sortir afin de le dégourdir les pieds. Nous sommes dans un étendu de verdure à l’anglaise. Il y a des plaines, des collines et quelques petites maisons. J’aide Kira à descendre aussi et je lui montre au loin, un troupeau de moutons.

    « – Dans ce pays il y a des troupeaux de partout.. mais sachez qu’on en aura à Édimbourg. Nous avons quelques moutons au domaine mais aussi des cochons, des chevaux et même un âne qui se nomme Louis. C’est une mauvaise blague de mon père qui trouve les francais sont des ânes. »

    Le manoir n’est pas dans la ville même d’Edimbourg mais à la périphérie . Je me souviens de cet endroit puisqu’il appartient à la famille de ma mère depuis plusieurs générations. Elle fait partie du clan Mackenzie, l’un des plus riches d’Écosse grâce aux nombreuses terres qu’ils possèdent. C’est ce que je dis à Kira qui semble totalement subjugué par ces histoires de clans et de valeurs familiales.

    « – C’est un peu comme vous et vos tribus.. sauf que chez nous il y a du tartan et du whisky à tout va. Mais sachez que l’Ecosse va totalement vous dépayser de Londres.. C’est tellement plus merveilleux et accueillant. J’ai déjà hâte de vous montrer tous les beaux endroits que mon pays puisse offrir. Je suis certain que vous allez en tomber follement amoureuse.. »

    Tout comme moi je le suis de ce pays mais aussi de la demoiselle qui se tient près de moi. Je sais de plus en plus que des sentiments sont présents mais est-ce qu’ils le seront encore si je perd la mémoire ? C’est pour cela que je pense qu’il vaut mieux que je garde mes distances. J’ai peur de lui faire vivre une douleur immense si je venais à ne plus rien ressentir ou si je l’ai totalement oublié. J’ai le sentiment que jamais je ne pourrais oublier Kira mais il peut y avoir un énorme fossé entre ma mémoire et mes ressentis.

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    M.

    Nous sommes arrivés dans une auberge pour ce soir car la journée a été longue dans cette calèche. Les filles vont dormir ensemble alors que moi je vais partager une chambre avec Garrett. Au moins cela évitera les regards insistants et déplacés. La fatigue prend assez vite mon cousin mais pour ma part j’ai beaucoup de mal à fermer les yeux avec tout ce que j’ai en tête. Ce voyage et ce départ n’ont rien d’anodin. Je me demande si ça va bien se passer et je suis surtout angoissé par l’idée de perdre la mémoire. Cependant il y a autre chose qui me tracasse mais je n’arrive pas à savoir quoi. J’ai la sensation que je dois aller à l’extérieur mais je ne pourrais dire pourquoi je ressens ce besoin. Pourtant j’écoute mon instinct et je décide d’aller en extérieur alors qu’il fait déjà nuit. Nous sommes en pleine campagne donc il n’y a pas grand monde ni même beaucoup de passage, mais j’entend une voix ou plutôt un chant. Je me laisse guider par le son et là je la vois.. elle est là. Elle chante et danse dans le jardin de l’auberge.

    Je ne fais aucun bruit pour pouvoir assister à ce spectacle mais surtout pour qu’elle ne cesse pas ce qu’elle fait mais Kira sent la présence. Elle se stoppe et elle cherche après quelque chose jusqu’à ce que nos regards se croisent. J’étire un léger sourire et je m’avance à petits pas.

    « – J’ai reconnu la langue de ton peuple.. mais je n’ai malheureusement pas compris ce que tu chantais. Tu peux m’en dire un peu plus ? Tu priais les anciens ? »

    J’ai des connaissances sur les peuples amérindiens mais je n’ai jamais eu le plaisir d’aller aux USA ni de rencontrer de natifs avant Kira. Je sais qu’ils ont des croyances envers la nature et je trouve cela bien plus judicieux que de croire en une entité qui vivrait dans un paradis. Pourtant malgré mon opinion, je suis considéré comme un catholique.

    « – Vous devez avoir froid.. attendez.. »

    Je retire ma veste que j’avais pris soin de mettre avant de sortir et je la pose sur ses épaules car elle ne porte que sa tenue de nuit. Je ne veux pas qu’elle tombe malade car ici il ne fait pas de grandes chaleurs. Plus nous irons vers le nord et plus la température sera froide.

    « – Vous avez aussi de la chance qu’il n’y a pas beaucoup de passages ici.. ce n’est pas à Londres que vous auriez pu sortir de nuit ainsi. Je ne veux pas qu’il vous arrive quoi que ce soit se néfaste Kira.. »

    Mon côté protecteur parle. J’ai peur pour elle et sa sécurité, surtout depuis les épisodes avec John. Pourtant je ne m’attarde pas sur ça et je l’invite à aller s’asseoir sur un banc qu’il y a près du lac qui borde le jardin. La lune reflète sur l’eau et on peut voir à l’horizon une forêt de pins. C’est bien plus agréable que les lumières de Londres et son brouhaha.

    « – Vous n’arriviez pas à dormir ? Anya ronfle trop ? »

    Je lâche un rire amusé mais je rétorque que mon cousin ronfle comme un tracteur. Il me tarde quand même d’être à Édimbourg et d’avoir ma propre chambre pour dire de me reposer correctement, cependant je ne vais pas me plaindre puisqu’au lieu de dormir je suis ici avec Kira.

    « – Dans deux jours nous serons à Édimbourg et vous pourrez aller dans le jardin la nuit si vous voulez.. il est immense et bien plus sublime que celui de Londres. Vous aurez aussi votre propre chambre et donc vous n’entendrez pas votre amie roupiller. »

    Je me sens un peu intimidé et ça se voit par les mots qui me manquent. Je ne sais pas quoi lui dire de plus, je n’arrive même pas à soutenir son regard. Un homme entreprenant serait déjà pendu à ses lèvres et lui dirait les plus grandes phrases romantiques pour flirter mais je suis assez mal calé sur la chose. Je suis très maladroit quand il s’agit des émotions, des sentiments et surtout de l’amour. Pourtant je sais que mon cœur détruit ma poitrine en ce moment et ce n’est pas pour rien. J’aime cette fille.

    « – Est-ce que vous croyez au destin ? Je veux dire.. par exemple est ce que vous pensez que deux personnes peuvent-elles être faite pour se trouver ? Ma question est étrange mais j’ai l’impression que votre arrivée dans ma vie n’est pas due au hasard.. »

    Je repense au rêve que je croyais être la réalité. Ce monde de l’Atlantide avec cette princesse dont j’étais amoureux et qui s’est sacrifiée pour l’île. Je ne me souviens plus de son visage mais quand je suis avec Kira, j’ai cette impression d’être avec la fameuse princesse. Elle est tout autant mystique et ensorcelante. Ce rêve quitte peu à peu mes pensées puisque je me retrouve dans une nouvelle réalité mais je repense encore à l’effet qu’avait cette princesse sur moi. J’aurais pu donner ma vie pour elle. J’aurais pu tout quitter pour elle. Je sais qu’il en est de même avec Kira.

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    M.

    Kira m’avoue quelque chose qui me parait surréaliste puisque je ressens la même chose. Elle a ce sentiment de déjà-vu ou plutôt ce sentiment de me connaître alors que pourtant on ne se connait que depuis quelques semaines. Elle a aussi fait des rêves et elle se souvient d’avoir été auprès de moi. Je pense que ça n’a rien de hasardeux, surtout avec ce que moi j’ai vécu, pourtant quelque chose m’interpelle. Pourquoi mon esprit se remettrait à zéro ? Est-ce que cela va encore recommencer ou maintenant qu’elle est là, est-ce que cela va s’arrêter ? Ma main serre un peu plus la sienne quand elle commence à se poser des questions sur nous ou sur ce qu’elle ressent.

    “ – C’est insensé n’est-ce-pas ? Mais en même temps.. L’est-ce vraiment ? Pourquoi ai-je rêvé de toi, autant, avant même de te rencontrer ? Pourquoi ai-je ressenti cette douleur de t’avoir perdu, alors que je ne t’ai rencontré que récemment ?
    _ Il n’y a rien d’insensé car moi aussi j’ai ressenti cela.. Lorsque je me suis réveillé de cette drôle de nuit où je ne me souvenais plus de ma vie actuelle, je ressentais une énorme douleur.. La douleur d’avoir perdu la princesse.. et je suis certain que tu étais cette femme. Garrett m’a dit que c’était dans mon esprit, que ce n’était qu’un rêve mais la douleur était vraiment là. J’avais perdu la moitié de moi-même.. Mais quand je suis tombé sur toi à la faculté, cette douleur s’est étrangement estompée. Je n’avais pas fait le rapprochement car j’étais trop confus pour comprendre mais maintenant que j’y ai plus réfléchis, oui, tu as été comme un anti-douleur..”

    Je lâche un petit rire mais je reprend mon sérieux lorsque je vois ses joues rougir. La lune est assez lumineuse pour me laisser cette vue adorable.

    “ – Après je ne saurais dire pourquoi on a rêvé de ça et si c’est vrai, pourquoi on se retrouve.. Mais je sais que je dois rester auprès de vous. J’en ai besoin, c’est même vital. Vous n’êtes pas qu’un simple passage dans ma vie Kira.”

    Je fixe son regard avec intensité. Elle aussi, elle me fixe. Sans vraiment nous contrôler, nos visages se rapprochent et se penchent. Nos lèvres veulent se découvrir et elles y parviennent presque. On se stoppe quand une voix familière se met à nous appeler.

    “ – KIRRRRRAAAA ?! HENRYYYYY ?! S’il vous plait !! venez !!!”

    C’est Anya qui nous cherche et elle semble paniquer. On se relève du banc et on repart à l’entrée de l’auberge. La brunette est là, debout mais surtout le bas de sa robe de nuit est ensanglanté. Cela pourrait être un problème féminin mais avec la tisane qu’elle a pris hier, il y a des possibilités que ce soit son corps qui réagit. Sans attendre, je la prend dans mes bras et avec Kira, nous menons son amie dans la chambre pour qu’elle puisse vérifier son état de santé. Anya se plaint de douleur dans le bas de son ventre et Kira me demande de sortir quelques herbes de son sac pour préparer quelque chose qui pourra calmer les douleurs. J’agis comme si j’avais toujours été auprès de Kira pour l’aider. Ensemble, on s’occupe de la russe mais quand nous avons terminé et qu’elle s’est rendormie, je retrouve Kira dans le couloir des dortoirs. Notre soirée va se terminer là mais même si j’ai raté un baiser, j’ai aimé partager ces moments avec elle.

    “ – Essayez de vous reposer, on va repartir assez tôt demain.. Mais s’il y a encore un souci avec Anya, n’hésitez pas à venir me chercher ou à appeler Garrett. Après tout, il est le plus concerné par tout ça..”

    Et c’est ainsi que la soirée se termine. Le lendemain, nous reprenons la route dès l’aube. J’avais prévu que nous arrivions dans deux jours mais finalement j’aimerais que l’on soit ce soir à Édimbourg, afin qu’Anya puisse voir un médecin si besoin. Nous évitons donc les pauses durant cette journée et ça semble interminable mais les sourires de Kira me donnent du baume au cœur. Ce n’est que vers 23h que la calèche s’arrête enfin. Nous voilà. En sortant de la calèche, nous voyons tous le grand manoir familial. Il semble immense, un peu lugubre en extérieur mais j’ai l’impression de revenir à la maison, ou plutôt là où je devrais être. Deux personnes nous attendent à la porte. Le majordome Robby et son épouse Sue. Ils me connaissent depuis toujours mais ils sont surpris de me voir car la dernière fois que je suis venu dans ce manoir, j’étais encore adolescent.

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    M.

    La nuit a été reposante. Retrouver ce manoir me fait du bien et je l’ai senti dès que j’ai repassé la porte. J’ai quand même eu du mal à fermer les yeux en repensant à ce qu’il avait failli se passer la veille avec Kira mais le voyage m’ayant épuisé, j’ai tout de même fini par céder au sommeil.

    Par contre je ne tarde pas au lit puisque je me réveille assez tôt. J’aurais pu faire une grasse matinée mais notre arrivée ici demande quelques dispositions que je tiens à faire au plus vite. Benny et Sue ont eu vent de notre venue mais il faut que je me rapproche de l’université d’Edimbourg pour que le directeur accepte de prendre quatre élèves en plein milieu d’année et je dois aussi régler deux trois petites choses liées au manoir. Même si Benny en prend grand soin, il y a des réparations qui demandent des ouvriers qualifiés. C’est pour cela que le majordome me fait le tour du manoir et du jardin pour me montrer ce qu’il a arrangé et ce qu’il ne peut faire seul.

    Je ne me doute pas que je suis en train d’être observé par Miss Kira. Benny me montre l’un des parterres de fleurs qui a été refait il y a peu mais Sue finit par sortir pour nous annoncer que mes invités sont en train de se réveiller. Il est temps pour moi de rentrer et déjeuner avec eux. Enfin pour le moment il n’y a que Garrett dans la salle à manger et il a encore sa tête dans les nuages.

    « – Bien dormi cousin ?
    _ On dort toujours bien ici.. mais je me souvenais plus qu’il y avait un fichu coq qui adore hurler de bon matin..
    _ On est presque à la campagne ici. Ce n’est pas le bruit des moteurs et des usines qui vont te réveiller mais plutôt ce fameux coq. »

    J’étire un fin sourire et j’invite Garrett à s’asseoir. Sue commence à ramener plusieurs petites choses pour le déjeuner alors que moi je reste debout en attendant les filles. Elles ne tardent pas à faire leurs entrée et mon sourire est bien plus doux lorsque je vois Kira. Elle porte l’une des robes qui appartenait à ma mère et qui lui va à merveille.

    « – Bonjour Mesdemoiselles. Vous avez bien dormi ? »

    Dis-je en venant tirer leurs chaises. Garrett lève les yeux au ciel car il a toujours été exaspéré par ma galanterie parfois trop présentes mais ça ne semble pas déplaire aux filles qui se posent en me faisant de magnifiques sourires.

    « – La chambre est parfaite et c’est gentil d’avoir pensé à nous mettre de belles robes dans nos armoires.
    _ Elles appartenaient à ma mère et je trouvais ça sympa de vous les passer au lieu de les laisser enfermer dans des malles. »

    À mon tour je m’assis face à Kira et Sue commence à nous servir nos thés où nos cafés. Ce n’est pas un banquet mais il y a de quoi contenter tous les estomacs et surtout le mien qui gargouille pas mal. Kira et moi nous nous lançons plusieurs regards sans trop oser se parler mais de toute façon il est difficile de bien discuter puisque nos compagnons sont de grands bavards. Garrett et Anya parlent d’aller en ville aujourd’hui pour voir l’université. Anya tient à se réinscrire mais Garrett est plus réservé sur le sujet, il préfère trouver un travail au plus vite. Cela semble être un sujet de discorde entre les deux amants, si bien qu’ils quittent la table en se disputant. Il ne reste plus que Kira et moi mais on se retient de rire.

    « – Elle a du tempérament cette demoiselle.. mon cousin va vite avoir des cheveux blancs mais dans un sens il mérite quand même de se faire taper sur les doigts. »

    Je termine ma tasse de thé et j’attend que Kira termine aussi son déjeuner. Avant de lui proposer de faire un tour pour lui faire découvrir le manoir, j’aide Sue à débarrasser la table car bien qu’elle soit une employée, elle a un âge qui demande un peu d’aide. Lorsque j’ai terminé, je prend le bras de Kira pour commencer cette petite visite. En premier nous allons dans le grand salon et en soit il n’a rien d’exceptionnel si ce n’est un tableau de moi et ma famille. Il n’y a pas Andrea dessus car c’est une peinture qui a été faite quelques temps avant mon accident lorsque j’étais enfant.

    « – Vous avez accès à toutes les pièces ici. Vous êtes chez vous d’accord ? Et n’ayez pas peur de demander des choses à Benny et Sue. Ils connaissent tout dans cette maison mais aussi à cette ville donc ils sauront vous aider. »

    Une grande bibliothèque, une salle avec des découvertes que mes parents ont fait. Il y a des objets qui viennent de l’Atlantide mais pas que. Ils ont aussi travailler sur des sites en Angleterre ou en Écosse. Si bien qu’il y a la presque totalité d’un squelette de tricératops en plein milieu de la pièce. J’amène aussi Kira vers les chambres pour lui montrer laquelle est à qui. Je garde une surprise après que nous ayons fini le couloir des chambres. Je retourne vers le bas du manoir et j’ouvre la porte de la pièce des bains. ( https://pin.it/1kbwKJA49 ). Cet endroit est majestueux mais il nous permet surtout de nous baigner sans avoir froid puisqu’on ne peut pas dire que l’extérieur écossais est le plus chaud du pays.

    « – Vous pouvez aussi venir quand vous le souhaitez. L’eau y est toujours chaude pour pouvoir mieux se détendre. »

    Bien évidement, la visite n’est pas terminée puisque je tiens à lui montrer les animaux du jardin. Nous partons vers l’extérieur et surtout vers l’étable qui contient toutes les petites bêtes de la famille. Louis l’âne mais aussi des poules, un coq, des moutons, des chèvres, deux vaches et quelques lapins. Des chats errants s’invitent mais ce n’est pas gênant.

    « – On a plus de monde qu’on ne pourrait y croire dans ce domaine. Voilà toute notre famille animale. Ils ont tous un nom mais pour ça, je pense qu’Andrea aurait été une meilleure guide. Il me semble que les vaches se nomment Henriette et Samuella. C’est ce que m’a dit Andrea quand nous étions à Londres et je suppose que c’est elle qui a dû les nommer ainsi pour pouvoir embêter ses grands frères. »

    Je ne connais pas tellement cette petite sœur mais pourtant je me sens très attaché à elle. C’est étrange comme sensation. C’est pareil avec Kira finalement, même si pour Kira ce n’est pas une affection fraternelle. Je repense encore à ce baiser qui a failli voir le jour mais qui a été avorté. Nous n’en avons pas parlé mais je pense que cela n’est pas vraiment utile, surtout quand elle relève son regard vers moi et qu’elle se met à rougir. Nous ne sommes que deux dans cet étable et les témoins ne risquent pas de nous dénoncer. J’ose donc me rapprocher de Kira et je me penche pour déposer un chaste baiser contre ses lèvres. J’en avais besoin. J’avais besoin de réaliser ce qui n’a pu être fait.

    Ce baiser est furtif mais elle tend encore ses lèvres lorsque je me recule légèrement. C’est une invitation à de nouveau l’embrasser ? Je la laisse poser une main sur ma joue imberbe et je reviens l’embrasser avec un peu plus d’intensité. Je ne pourrais dire ce que je ressens en cet instant mais c’est explosif. Mon corps est parcouru de milliers de frissons et mon cœur bat la chamade. Ce baiser se consume jusqu’à ce que nos souffles soient trop courts. Quand il se termine, je n’arrive plus à m’éloigner d’elle et mon front se pose contre le sien. Cependant on ne peut continuer car on se fait à nouveau interrompre.

    “ – Henry ? Tu viens avec nous ??”

    Garrett me cherche. C’est vrai que je dois aussi aller sur Edimbourg mais il me semble que Kira aussi. Nous devons tous aller se réinscrire à l’université pour ne pas perdre nos trimestres validés.

    “ – Oui, nous arrivons. Demande à Benny de préparer la calèche !”

    Dis-je pour l’éloigner. On l’entend faire demi-tour et je lâche un petit rire à la fois amusé et dépité.

    “ – Ils se sont donné le mot pour ne pas que l’on reste trop ensemble vous et moi.. Mais nous allons pouvoir encore passer du temps ensemble. Vous venez sur Edimbourg avec nous ? Nous irons à l’université et après nous pouvons visiter un peu la ville si vous le souhaitez.”

  99. Avatar de M.
    M.

    Contrairement à ce que j’aurai préféré, je n’ai pas passé ma journée en compagnie de Matoaka mais plutôt auprès du directeur de l’université et de plusieurs professeurs. Puisque je suis le fils Cavill, ceux-ci semblent honorés de me recevoir et surtout de m’avoir en futur élève. J’aurais pu les laisser de coté mais comme je négocie pour que mes amis entrent aussi dans l’université, j’ai dû rester auprès d’eux. Lorsque l’après-midi se termine, nous sommes tous les quatre intégrés à l’université et on va pouvoir reprendre les cours la semaine prochaine. J’ai aussi négocié pour cette partie afin que nous puissions un peu nous reposer et surtout pour que je puisse amener Kira aux grottes qu’elle souhaitait observer.

    Quand je sors du bureau, je pars à la recherche des filles et de Garrett. Le grand blond n’est pas encore revenu du centre ville mais les filles sont à la bibliothèque de l’université donc je les retrouve facilement. Kira semble contrarié et j’ai l’impression que c’est à cause de mon absence, cependant Anya me révèle que la raison de sa contrariété se trouve dans les livres que Kira a trouvé sur les natifs américains. J’en fais une grimace puisque je sais que ceux-ci ne reflètent en rien la réalité puisqu’ils ont été écrits par les colons. C’est un peu comme les livres que les anglais ont écrit sur les écossais, ça n’a vraiment aucun rapport.

    “ – Les colons mettent toujours les choses à leurs avantages.. Il est plus simple pour eux de dire que les natifs sont les sauvages et eux les sauveurs alors qu’on sait tous que c’est le contraire. Je pense que tu devrais demander au directeur si tu pourrais faire un exposé ou une sorte de convention sur les amérindiens.. Je suis certain que tu pourrais attirer beaucoup de personnes, surtout ici en Écosse. Anya a raison, tu as le droit de dire la vérité et d’écrire la vraie histoire.”

    J’offre un sourire sincère à Kira et je lui tend ma main pour l’aider à se relever car il faut que nous allions tous les trois à la recherche de Garrett.

    “ – Il n’est pas dans l’université donc je suppose qu’il a encore en tête de trouver un travail pour payer ces fameuses fiançailles et le mariage.. Il est très têtu comme garçon.
    _ Pourtant je lui ai dit que ce n’était pas une priorité.. Que nous avions le temps..”

    Souffle une Anya qui prend les devants pour sortir de l’université. Je la suis avec Kira et j’en profite pour dire à la demoiselle que nous sommes tous les quatre admis pour devenir élève ici. Bien sûr, je ne serais pas dans la même classe que Kira puisque j’ai une année de plus mais nous allons tout de même partager quelques cours contrairement à Londres. Les premières et deuxièmes années font les cours de latin, grec et d’autres langues mortes ensemble.

    “ – Nous commençons la semaine prochaine donc je me disais qu’on pourrait prendre la route des demains pour aller voir les grottes que ma mère avait découvertes.. Elles sont à trois à quatre heures de route d’ici. Il faudrait partir assez tôt mais nous pouvons rester une nuit dans le coin car là-bas il y a une auberge.”

    Il n’y aurait que Kira et moi.. Et je dois avouer que ça serait une belle aubaine puisque j’adore Garrett et Nina mais je pense qu’eux aussi ont besoin de temps pour eux. Justement, on tombe sur Garrett qui revient avec un grand sourire mais personne ne s’attend à la ronflante qui va lui tomber dessus. Il a trouvé un travail sur un bateau de pêcheurs mais cela va l’obliger à prendre la mer pour plusieurs jours. Il partira une semaine et reviendra pour une autre semaine sur terre. Anya n’est pas d’accord, si bien qu’elle se met à disputer son futur fiancé en pleine rue. Je me retiens de rire devant la scène et je crois que Kira aussi. Le grand blond n’a même pas le temps de répliquer, sa belle brune est une vraie catapulte.

    “ – Le temps qu’il réussisse à la calmer, que dirais-tu d’aller dîner en ville ? Il y a un petit établissement qui va beaucoup te plaire, j’en suis certain.”

    Je lance à nos amis que nous les attendons au restaurant nommé le “ Norrois” et nous partons vers là-bas avec Kira. J’ai cru comprendre qu’elle avait aussi un intérêt pour la culture nordique car dans le passé, son peuple a été lié aux fameux vikings. C’est même la vraie histoire de Pocahontas mais cette ancêtre a été biaisé en étant raconté de manière à ce qu’elle finisse mariée à un anglais.

    “ – Tu sais que les vikings ont aussi vécu ici ? Enfin, ils ont plutôt pillé nos terres et imposé leurs autorités mais nous avons des vestiges de cet âge là. Il y a même l’un de nos rois écossais qui a épousé la fille d’un grand roi norrois. Cette alliance a forgé une amitié forte entre nos deux peuples mais ça n’a pas plus aux anglais qui ont tenté par plusieurs fois de faire tomber l’Écosse et surtout ce couple.”

    Tomas, un roi qui est encore vanté chez les écossais. Je lui parle un peu de ses grandes batailles et réformes, jusqu’à ce que nous arrivons au restaurant. D’extérieur il ne semble pas très convainquant mais à l’intérieur nous avons l’impression d’être dans une maison longue nordique. L’odeur de la viande grillées se fait sentir mais il y a aussi des filets de saumon fumé mis en avant. Un serveur nous amène vers une table et il nous offre un verre d’hydromel en guise d’apéritif. Cette boisson est si corsée que même moi je grimace mais c’est surtout l’expression de Kira qui me fait rire aux éclats.

    “ – Ils ne rigolaient pas les nordiques ! Quoi que je crois qu’il y a pire chez les français.. L’absinthe est une boisson vraiment très forte !”

    J’aime la voir sourire, l’entendre rire. J’aime aussi quand elle m’observe avec intensité. Ce début de dîner en tête à tête est une douce aventure dont je ne me lasserais pour rien au monde. Pourtant je suis à quelques heures de perdre à nouveau mon esprit. L’objet de mes oublies se trouvent sur moi depuis tellement de temps que je n’ai jamais envisagé qu’il puisse être mon trouble. Cette montre à gousset que mon père m’a offert lorsque j’étais à l’hôpital suite à mon incident à Atlantis.. C’est elle qui dicte mes crises et c’est surtout l’un des vestiges de cette ancienne vie que j’ai eu là-bas.

  100. Avatar de M.
    M.

    Rien. Plus rien.

    En me réveillant, je me sens totalement ailleurs et ça se confirme encore plus quand je comprend que je suis en Écosse. Je connais ce manoir mais je ne comprend pas ce que je fais ici. Il y a quelques instants, j’étais encore sur l’île de l’Atlantide.. Car oui, mon esprit me ramène toujours à ce moment où Q’orianka se sacrifie pour sauver tout le monde. Je ressens à nouveau ce vide et cette douleur de la perdre. Je me sens à nouveau perdu, confus mais contrairement à la dernière fois je garde le silence. Je me perds dans mes pensées pour essayer de comprendre, si bien que Garrett ne remarque pas tout de suite que j’ai encore eu un épisode d’oublie.

    « – Alors cousin, je crois comprendre que tu as passé une bonne soirée avec Kira ? »

    Il sourit en coin mais moi je fronce les sourcils. Qui est Kira ? Et pourquoi Garrett est-il aussi jeune ? Dans mon rêve il avait au moins dix ans de plus.

    « – Pourquoi nous sommes ici ? J’étais sur l’Atlantide et là on est en Écosse..
    _ Ah.. Ça recommence..
    _ Qu’est ce qui recommence ?
    _ Tu as encore oublié ta vraie vie.. »

    Hein ? Comment ça ? Je me braque encore plus et au lieu de lui poser un tas de questions, je me décide de terminer mon thé pour pouvoir quitter cette salle à manger, cependant deux filles arrivent. Je ne me souviens pas de qui elles sont mais je préfère aussi éviter de leurs parler car je ne tiens pas à ce qu’elles me prennent aussi pour un fou. Pourtant ma démarche ne plaît pas à la brune au teint méditerranéen alors que la petite brune à la peau de caramel, semble totalement secouée par la présence. Qui est-elle ? Ma compagne ? En tout cas elle ose se rapprocher et elle vient même toucher ce gousset que j’ai trouvé dans ma main lors de mon réveil. La demoiselle en tombe à la renverse tandis que moi aussi je ne reste pas sans conséquences.

    Je ressens ce même coup d’électricité qu’elle et j’ai aussi une sorte de vision. C’est elle. Oui, la demoiselle c’est Q’orianka. Je la reconnais sans aucune hésitation. Je la vois lors de mon sauvetage sur la plage de l’Atlantide mais aussi dans cette jungle luxuriante ou même dans cette grotte où elle s’est sacrifiée. Je revois nos prémices, nos sentiments, nos baisers. Je revois tout ce que j’ai vécu avec elle. Certes ça n’explique pas pourquoi je me retrouve ici mais avec cette nouveauté qui est de retrouver Q’orianka, son visage, sa présence, je fais un peu plus le lien entre son sacrifice et notre venue ici. Et si son sacrifice nous avez transporté dans une autre vie ?

    « – Q’orianka.. »

    Ce prénom sort de mes lèvres alors que la demoiselle est relevée par Garrett. Je me relève de ma chaise en posant le gousset sur la table et je fais face à Kira. Mon regard qui était comme inexpressif, devient soudainement ému. Garrett et Anya ne comprennent pas ce qu’il se passe, Kira doit aussi se poser des questions par ce revirement. Pourtant elle sait aussi que ce gousset est possiblement ce qui provoque mes pertes de mémoires tout comme elle vient aussi de voir dans sa vision, cette autre vie qui est réelle à mes yeux.

    « – Q’orianka.. tu es Q’orianka..
    _ Non c’est Kira ! Et tu viens de la pousser ! Je vais te tuer Henry !!
    _ Non Anya, il ne l’a pas poussé.. tu as bien vu comme moi qu’elle est tombée seule de sa chaise après avoir touché à la montre d’Henry..
    _ Arrête de le défendre Garrett ! Cet homme est fou et il va finir par abîmer le cœur et le corps de la meilleure amie ! Il est hors de question que l’on reste sous le même toit que lui ! Je vais préparer nos affaires et on va se trouver une chambre de bonne avec Kira ! »

    Anya est furieuse et elle part de la salle pour aller refaire sa valise mais aussi celle de Kira. Moi je reste totalement subjuguée par Kira mais pourtant je suis aussi angoissé par ce qu’il se passe. Elle ne se souvient pas de moi ? Et moi qu’est ce que je suis dans cette vie ? Nous ne sommes plus sur l’Atlantide, nous sommes beaucoup plus jeunes et je ne me souviens pas de cette nouvelle vie. Ou sont mes parents ? Et qu’est ce que je suis ? Pourquoi suis-je au manoir de la famille de ma mère sans pour autant avoir de famille autour de moi si ce n’est mon cousin ?

    « – Je ne sais pas ce qu’il se passe mais je suis certain que tu as changé notre destin en te sacrifiant.. Qu’est devenu l’Atlantide ? Tu y as encore ta famille là-bas ? Et mes parents sont encore prisonnier de l’île ? »

    Alors là, je perd encore plus Garrett qui ne voit pas du tout où je veux en venir. À son tour il ose même douter de mon état mental. Jamais auparavant je n’avais dis cela lors de mes crises.

    « – Tu dérailles vraiment Henry.. je vais aller appeler un médecin. Tu dois te faire consulter de suite.
    _ Je vais bien Garrett ! Tu ne peux pas comprendre parce que tu n’étais pas dans cette grotte. Q’orianka s’est sacrifiée pour sauver l’Atlantide d’une destruction définitive mais surtout pour tous nous sauver ! Nous allions mourir engloutis par la mer !
    _ Non tu dérailles vraiment là ! Je vais faire venir le médecin et prévenir tes parents ! »

    Je me braque lorsqu’il me dit ça. Il me prend pour un taré ? Il ne me croit pas ? Garrett s’éloigne et il ne reste que Kira face à moi. Elle est encore secouée par ce qu’elle a ressenti et vue. Je ne sais pas qu’elle a vécu cela mais je suis persuadé qu’elle sait que je ne mens pas, que je ne suis pas fou. Elle est la seule qui peut comprendre ce que je ressens. Ces sentiments d’avoir vécu une autre vie avec elle sur une île qui était un mythe.

    « – Tu ne te rappelles pas de ma venue sur l’île avec mon équipe ? Tu nous avais trouvé sur la plage et tu avais osé te porter garante pour que ton père accepte de nous aider.. Tu m’avais aussi ramener à mes parents qui n’étaient finalement pas mort mais bloqués sur l’île depuis plus de quinze ans.. Et puis, il y avait nous deux.. toi et moi.. nous étions une seule et même âme.. je.. tu étais celle avec qui je voulais vivre le restant de ma vie mais tu as décidé de te sacrifier.. cependant après ça, je ne sais pas ce qu’il s’est passé puisque je suis ici. Loin de l’Atlantide et dans un corps beaucoup plus jeune. »

  101. Avatar de M.
    M.

    Je pose une tonne de questions à celle que je pense être Q’orianka mais elle prend la fuite. Elle repart vers sa chambre, là où Anya est allée pour faire leurs valises. Mon air se fait bien moins enthousiaste et j’observe l’escalier en espérant que Kira redescende mais non, elle reste à l’étage. Je sens que Garrett gronde derrière moi et après quelques minutes, il pose sa main sur mon épaule pour me retourner face à lui.

    “ – Non mais tu es complètement dingue Henry ! Depuis des années je prend ta défense vis à vis de tes pertes de mémoires mais là je ne comprend plus rien ! Tu nous sors des trucs insensés et à cause de toi les filles veulent s’en aller ! Il va vraiment falloir que tu penses à aller dans un établissement spécialisé, tu es vraiment fou ! Tes parents ont toujours refusé de t’y envoyer mais à un moment, il faut savoir prendre les bonnes décisions !”

    Fou ? établissements spécialisés ? Mais qu’est ce qu’il me sort ? Pourquoi me prend t’il pour un fou ? Mon regard se fronce et je m’apprête à répliquer mais finalement je secoue la tête. A quoi bon se défendre ? Il a peut-être raison puisque moi-même je ne comprend pas ce que je fais ici. Et si finalement je n’étais pas quelqu’un de fou ? Quelqu’un qui croit en une vie ailleurs, sur une île perdue ? Rien que ça, ça n’a pas de sens. Qu’est ce que je ferais sur une île qui n’existe sur aucune carte ? Mon esprit est certainement souillé.. Cependant je refuse d’être enfermé dans un asile.

    “ – Restez tous les trois ici. C’est moi qui pars.
    _ Pour aller où ? Dans un asile ? Pour perdre encore la mémoire dans le fond d’une taverne parce que tu préfères boire au lieu d’assumer ta folie ? Tu dois te faire soigner Henry !!”

    Ses mots font mal mais encore une fois je ne réplique pas et je pars à mon tour vers ma chambre pour préparer un sac avec quelques vêtements. Je ne sais pas où je vais aller mais je dois m’éloigner d’ici, surtout de cette fille que je semble tourmenter et que pourtant j’aime à en mourir. Est-ce que je trouverais des réponses ailleurs ? Dans la grotte de ma mère ? Sur cette fameuse île de l’Atlantide ? J’en sais rien mais je dois partir.

    Garrett ne me stoppe pas pour cette fois. Il est bien trop en colère contre moi et surtout contre mon état de santé qui encore une fois brise nos aventures. Dans un sens c’est compréhensible puisqu’il a dû vivre avec ça depuis toujours et il a dû composer avec mes amnésies. Il est loin de se douter que je ne suis pas fou et que mon esprit est tourmenté par ce gousset et surtout ce passé qui a été modifié. Lui-même ne se rappelle pas d’avoir vécu cette autre vie. Pour l’instant il ne prévient pas les filles lorsque je sors du manoir pour partir à pieds vers le centre d’Edimbourg.

    Alors, qu’est ce que tu vas faire Henry ? Prouver que tu n’es pas fou ou accepter que tu es fou ? Je vais vers la gare car je sais que là-bas j’aurais plusieurs destinations proposées. Le temps est maussade, pluvieux, froid et en arrivant à la gare, je suis trempé jusqu’aux os. Ne sachant pas encore où aller, je m’installe sur un banc face au tableau qui donne les horaires de départ. Je scrute chaque ligne pour tenter de trouver une réponse mais ce n’est pas le tableau qui me guide. Une vieille dame dont le visage est caché par un châle, s’assoit à côté de moi.

    “ – La vie est une aventure que l’on a parfois du mal à comprendre.. Et on ne sait jamais où aller pour que les aventures soient plus intenses.
    _ Ce n’est pas l’aventure que je cherche mais la vérité.. des réponses..
    _ Et savez vous où se cache l’objet de cette vérité ? Est-ce familial ? Sentimental ?
    _ C’est un peu de tout.
    _ Je pense que vous devez suivre votre coeur et votre instinct. Allez à la source de tout cela.”

    J’étire un léger sourire et quand je tourne enfin mon regard vers cette vieille dame, elle n’est déjà plus là. Est-ce que c’était encore mon esprit ? Dans tous les cas, mon choix est fait. Je vois un train en partance de Glasgow et de là-bas, je pourrais prendre un bateau pour l’Atlantide. Elle ne serait plus une île cachée mais une île qui existe vraiment. J’aurais peut-être des réponses ou quelques choses qui pourraient me prouver que je ne suis pas fou. Cela va m’éloigner de Q’orianka ou plutôt Kira mais je crois qu’avec ce qu’il s’est passé ce matin, je suis beaucoup plus nocif que bénéfique dans sa vie. Au même moment elle retrouve la mémoire du passé mais lorsqu’elle se réveille, je suis déjà dans le train qui me mène à Glasgow.

    Il me faut trois semaines pour y aller mais je débarque sur le port d’Atlantis. Oui, j’arrive sur ce port et.. Je ne reconnais pas l’ancienne cité de mes souvenirs. Presque tout a été déconstruit pour ressembler à une ville européenne normale. Les gens sont pour la plupart blancs, ils n’y a plus la tribu qu’il y avait avant. Je ne sais même pas s’il y a encore un palais royal ou même un roi ici.. Je suis triste face à cette ville qui était si mystique et glorieuse dans ce que j’avais vécu. Lorsqu’elle était sous la mer, elle a été protégé de l’extérieur mais là elle s’est fait dévorée par les autres peuples. Q’orianka serait anéanti en voyant cela..

    “ – Qui a besoin d’un guide ?? Je suis le meilleur guide du coin ! Je vous propose mes services pour 20 livres de la journée !
    _ Moi ! Moi je veux bien !”

    Je vais vers ce garçon qui semble être originaire du coin et qui se fait de l’argent en amenant les touristes dans des endroits qu’il juge sympa mais moi je ne suis pas n’importe quel touriste. Il le comprend dès que je lui parle du palais mais aussi de la montagne sacrée.

    “ – Le palais peut se visiter mais seulement le weekend et les montagnes aussi, cependant il faut avoir une autorisation des autorités atlantes. Ce sont les archéologues qui ont le monopole là-bas.
    _ Cela tombe bien je suis étudiant en archéologie.. Je me nomme Henry Cavill.
    _ Cavill ?! Cavill des Cavill ? Comme Marianne et Colin Cavill ?!
    _ Oui.. ce sont mes parents..
    _ Ils sont très connus ici car ils ont fait d’immenses découvertes ! Ils ont retrouvé un trésor perdu qui est maintenant exposé dans notre musée. Nous sommes tout de même triste de ne plus les avoir vu ici depuis plusieurs années.. Tout va bien pour eux ?
    _ Oui oui.. Il y avait un impératif familial. Et dites moi, est-ce qu’il y a un roi ici ? Ou une princesse nommé Q’orianka ?
    _ Ohhh mon grand, vous allez loin ! Il n’y a plus de roi ici depuis des siècles, ni de princesses. Mais on pourra faire un tour à la nécropole royale si vous voulez voir leurs tombes.”

    Il y a tout à réapprendre ici. Ce n’est pas demain que j’aurais de vraies réponses sur moi ou Q’orianka. Je vais devoir trouver un endroit où me poser car je sens que je vais devoir rester des semaines ici. Le guide me propose une auberge mais je préfère un endroit plus personnel. Ayant pris un peu d’argent, je peux me prendre un appartement en location même s’il va falloir que je travail un peu pour subvenir à mes besoins. J’ai pris avec moi un petit carnet dans lequel je compte tout noter de ce voyage et ainsi ne rien perdre au cas où si je reperds la mémoire. Sans le savoir, c’est ce que j’ai toujours fait. J’ai des dizaines de carnets où tout est noté depuis mon enfance. Justement Garrett l’est a tous réuni pour les donner à Kira, afin qu’elle essaye de comprendre mes pensées, mes rêves et peut-être l’endroit où je suis parti. Mon départ est considéré comme une sorte de fugue et avec mon esprit qui divague, cela fait peur. Cependant je ne risque plus rien puisque je n’ai plus le gousset. C’est ce que constate mon frère Sam lorsqu’il arrive au manoir. Ma famille a été mise au courant de ma fuite et ils sont venus à la hâte. Ma mère, mon père, mon frère et ma petite sœur. Ils sont tous réunis dans le manoir d’Edimbourg. Ma mère est dévastée, mon père en colère mais mon frère est beaucoup plus dans le feu de l’enquête puisque c’est son domaine. Il se la joue à la Sherlock, si bien qu’il interroge Garrett, Anya et surtout Kira, comme s’ils étaient des suspects.

    “ – Pourquoi as-tu le gousset de mon frère ? Il l’avait toujours sur lui, qu’importe l’heure de la journée. Il ne serait pas parti dans cette montre sauf si on lui a pris de force..”

  102. Avatar de M.
    M.

    Je suis parti sans prévenir personne et sans savoir si je vais encore avoir des problèmes de mémoires ou non mais j’ai un besoin de réponses qui ne peut plus attendre. Je sais que je risque d’être recherché et je sais aussi que j’ai certainement blessé Kira, cependant je dois savoir, surtout vis à vis d’elle. Est-ce qu’elle n’est qu’un fantasme ou vraiment cette femme pour qui je pourrais déplacer les montagnes ? Est-ce qu’elle a vraiment été cette princesse liée à moi ou suis-je simplement un garçon fou qui mériterait d’être enfermé parce qu’il est amoureux d’une fille qu’il ne connaît pas ? L’Atlantide est le seul endroit qui me relie à Q’orianka et il n’y a que là que je pourrais avoir des réponses, pourtant ça ne part pas en ma faveur puisque tout est différent ici. On dirait même que les atlantes ont voulu effacer leur passé car il n’y a plus grand chose d’ancien ou alors ce sont des ruines. Mon guide m’a montré quelques vestiges mais ça ne m’a rien apporté. J’ai encore la possibilité d’aller vers les montagnes mais je n’ai pas reçu la fameuse autorisation pour y aller, même si je suis un Cavill. Il faut dire que mes parents avaient déjà émis des consignes lorsqu’ils ont quitté l’île il y a plusieurs années et dans celles-ci, il y avait l’interdiction de me laisser faire des fouilles. Pourtant je n’étais qu’un enfant en ce temps là mais ils savaient qu’un jour ou l’autre je reviendrais ici.

    Il va donc falloir que j’y aille par moi-même, sans me procurer d’autorisation mais je dois organiser cette aventure pour éviter un maximum de problèmes dont un séjour en prison. C’est ce qui me pend au nez si je suis attrapé selon les dires de mon guide.

    « – Même les natifs d’ici non pas le droit d’aller vers les montagnes ?
    _ Non, elles sont sacrées et même les archéologues sont très surveillés. Il n’y a que notre dirigeant et sa famille qui peuvent y aller sans problèmes mais ils n’y vont quasiment jamais.
    _ Qui est le dirigeant de l’île ? Un président ? Un ministre ?
    _ Il se nomme Koda et c’est un président mais comme il a été élu après son père, je ne suis pas certain que ce soit vraiment démocratique tout ça..
    _ Et est-ce qu’il y a encore des peuples nomades ?
    _ Oui il y en a plusieurs mais il vaut mieux les laisser tranquille car ils ne sont pas très accueillants.
    _ J’aimerais quand même aller en voir.. tu pourrais m’y amener ?
    _ Ah ça non ! Je tiens à ma vie ! Mais.. je peux te montrer sur une carte où ils sont placés.
    _ Et le palais dans la forêt ? Il y est encore ?
    _ Un palais dans la forêt ?
    _ Oui.. il y avait un palais en ruine.. le palais d’été du roi..
    _ Nous évitons d’aller dans la forêt, il y a beaucoup d’animaux sauvages.. mais vous pouvez y aller cependant ça sera aussi sans moi !
    _ Vous n’êtes pas un grand aventurier..
    _ Je guide mes clients dans des endroits où je suis certain de rester vivant ! »

    Je vais devoir me débrouiller seul mais ça ne me fait pas peur. Je repense surtout à ce palais où j’avais échangé mon premier baiser avec la princesse mais où il y avait eu aussi des lumières bleues intenses lorsque l’on s’est rapproché elle et moi. Je ne sais plus vraiment où il est situé dans la forêt mais je dois le retrouver car c’était dans cet endroit que nous avions compris que j’étais tout autant lié à cette île qu’elle ne l’était.

    Des le lendemain je m’enfonce seul dans la forêt. C’est inconscient et dangereux mais je dois trouver des réponses. Kira et Nashoba débarquent sur le quai quatre jours après que je sois parti et c’est grâce à mon petit bonhomme de guide, qu’ils savent que je suis bien sûr l’île mais que je suis aussi parti seul dans la forêt. Il parle de ruines, de peuples natifs, de tous ce que j’ai bien pu raconter de bizarre mais pour Nashoba et Kira ou plutôt Q’orianka, il n’y a rien de bizarre. Par contre c’est autre chose pour les autres personnes qui arrivent derrière eux. La famille Cavill débarquent sur l’île mais Garrett ainsi qu’Anya aussi. Le groupe est mené par ma mère qui n’a pas l’intention de me laisser à mon sort trop longtemps et qui surtout mène son équipe avec une certaine poigne de mère poule.

    « – Comment ça dans la forêt ?! Vous n’auriez pas pu lui dire que c’était interdit ??
    _ Madame.. oh,. Madame Cavill ? L’archéologue ?
    _ Non la mère d’Henry ! Je cherche mon fils. »

    Son regard ne laisse pas de place à un accueil chaleureux mais Kira a le droit aux bras d’Anya mais aussi à ceux de ma petite sœur Andrea. Même Garrett vient la saluer en la serrant contre lui. Pendant que mes parents discutent avec le guide, Garrett explique cette arrivée en troupe.

    « – Nous n’avons pas pu garder ça pour nous.. il fallait que je prévienne ses parents de sa disparition et ma tante nous a directement fait voyager vers ici. Elle était persuadé que son fils mais que toi aussi, vous seriez ici. »

    Est-ce que ma mère saurait des choses sur ma relation avec Q’orianka ? Est-ce qu’elle sait des choses sur ce qu’on vit ? Oui, elle en sait beaucoup mais elle se doit de garder ça pour elle. Du moins, elle sait qu’elle va bientôt finir par devoir s’expliquer mais pour le moment elle veut surtout que l’on me retrouve. Sa réputation ainsi que celle de mon père, va certainement pouvoir aider car elle compte aller voir le président de l’île pour demander du renfort mais il faut d’abord s’établir ici.

    « – Nous avons encore notre domicile ici. Vous allez tous pouvoir y dormir, même vous deux. Par contre j’aimerais que tu viennes me voir en privée Kira. »

    Lance ma mère avant de nouveau mener la troupe. Direction la périphérie de la ville, là où ils sont fait construire une maison il y a plus de vingt ans. Étrangement cela correspond à l’endroit où ils avaient une cabane en hauteur dans l’autre vie mais là c’est une maison en pierre qui fait penser à celles sur les côtes grecques. Personne n’y a vécu depuis mon enfance et c’est devenu un nid de poussières qu’Anya et Andrea proposent de nettoyer pendant que le reste des personnes se mettront à la recherche.

    De mon côté, je suis bien dans cette forêt depuis plusieurs jours et je suis perdu. Du moins, je ne trouve pas les ruines et je dois être le plus alerte face aux animaux qui traînent dans le coin mais aussi certains autochtones qui m’ont aperçu. Je ne suis pas le bienvenu ici mais je n’abandonne pas. Je vais finir par trouver l’endroit tant convoité.

    Comme convenu, ma mère prend Kira à part. Elle la mène vers le petit jardin qui trône au-dessus d’une falaise et qui donne une vue imprenable sur la ville d’atlantis. Ma mère aime cet endroit plus que tout et elle en avait presque oublié sa beauté mais elle s’était promise de ne plus jamais y mettre les pieds pour protéger sa famille entière. Cela ne concerne pas que moi.

    “ – Tu sais qu’Henry a eu un incident lorsqu’il était enfant.. Il est tombé dans une crevasse et il a été gravement blessé. Il est resté dans le coma pendant plusieurs semaines. J’ai cru perdre mon petit.. Mais ce n’est pas totalement à cause de cela que j’ai interdit à ma famille de revenir ici.”

    Cette grande et belle blonde d’un certain âge, a l’allure d’une cheffe de famille mais elle a surtout l’âme d’une mère prête à tout pour ses enfants. Elle baisse son regard sur Kira qui semble intimidé par elle mais elle lui offre un sourire pour tenter de la détendre.

    “ – Je n’avais pas encore fait le rapprochement avec toi car je n’ai jamais vu la fameuse princesse mais je comprends mieux. Quand Garrett m’a dit qu’Henry parlait d’une certaine Q’orianka, j’ai tout de suite compris. Tu es cette princesse.. Et c’est grâce à toi que mon fils n’est pas mort il y a plusieurs années.”

    Cela semble irréel et pourtant c’est véridique. Enfin ce n’est pas physiquement que Q’orianka m’a sauvé et c’est ce qu’explique ma mère.

    “ – Quand Henry est tombé, quelqu’un a pris possession de mon esprit.. C’était toi, ou cette princesse mais en tout cas elle m’a mené à mon fils. Elle m’a guidé vers lui mais elle m’a aussi montré une autre réalité. Celle où Sam était mort et où j’avais perdu Andréa à la naissance.. Il y avait aussi l’autre option, celle où Henry était l’enfant blessé et où son esprit serait tourmenté jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour trouver lui-même une solution. J’ai.. J’ai sacrifié Henry.. Je.. oui.. Je m’en suis toujours voulu mais.. je.. ne voulais pas perdre mes trois enfants..”

    Les larmes lui montent aux yeux. Elle n’a jamais raconté cela à qui que ce soit, même pas à mon père.

    “ – Mais je savais que mon Henry était un garçon fort même si toutes ces années n’ont pas été simple.. Cela arrache le coeur d’une mère quand son propre fils ne se souvient pas de sa propre vie.”

    Elle marque une pause pour reprendre son souffle et elle glisse sa main dans celle de Kira en voyant que la jeune femme est choqué par ce qu’elle apprend. Cependant elle n’est pas au bout de ses peines.

    “ – La princesse ne m’a pas parlé que de mes enfants.. Elle m’a promis qu’un jour elle reviendrait pour aider Henry car il était son âme sœur. Je t’avoue que cela m’a étonné et je n’y ai pas porté attention jusqu’à toi. Tu es cette princesse et Henry le sait.. C’est certainement pour cela qu’il est ici mais j’ai peur de ce qui peut lui arriver sur cette île car je ne comprend pas cette force qui.. qui guide l’île. Cela est au-delà des compétences d’une simple archéologue. Je sais que cet endroit est bien plus mystérieux qu’il n’y paraît et il y a des forces que personne ne peut expliquer. Le temps, les éléments, les sensations.. tout peut être contrôlé par l’île. Ou cette princesse.. Je n’en sais rien mais toi aussi tu es lié à l’endroit. J’en suis certaine.”

    Elle remarque que mon gousset est autour du coup de Kira et elle relève sa main pour glisser ses doigts dessus.

    “ – J’ai besoin de toi pour retrouver mon Henry.. et pour le guérir.. Il a assez payé.. Même si pour cela c’est moi qui doit payer.”

  103. Avatar de M.
    M.

    Je suis perdu dans cette forêt depuis des jours et j’ai l’impression que je vais devenir fou à tourner en rond mais en cette soirée, quelque chose change. Je me retrouve au milieu d’une clairière, à genoux et lessivé mais alors que la lune m’éclaire, je sens que quelque chose ou quelqu’un se rapproche. Je devrais m’en aller, me cacher mais cette force me laisse au sol et m’impose des images que j’ai déjà vu. Je revois cette vie ici. Je revois tout ce que j’ai vécu dans l’autre vie que j’ai eu avec Q’orianka, cependant cette fois il n’y a plus rien de flou. Tout est clair, tout redevient vrai.

    Je revois surtout la fin, celle où Q’orianka s’est sacrifiée mais libérer l’île et les gens qui étaient dessus mais ce qui est le plus étonnant, est que je vois aussi la fin de mon ancienne histoire. Tout était vide jusqu’ici mais là je vois tout.

    Alors que son corps sans vie était en lévitation, mes hurlements ont raisonné dans la grotte qui elle, a commencé à s’effondrer. En se sacrifiant, Q’Orianka pensait que tout le monde allait continuer de vivre mais en réalité, tout le monde a été englouti par l’île. Cela pourrait être digne d’une grande apocalypse mais cela a surtout libéré toutes les âmes prisonnières de l’île, même les nôtres. Q’Orianka a tout simplement permis à toutes les vies sur l’île, de pouvoir vivre une autre réalité. Un monde où l’île ne serait plus une prison ou un fardeau. Voilà pourquoi nous sommes tous là aujourd’hui et voilà aussi pourquoi nous avons cette seconde chance. Cependant il n’y a que nous deux qui pouvons ressentir et savoir ce qu’il s’est passé puisque nous sommes liés à l’île. Il fallait simplement que je revienne ici et elle aussi, pour que les souvenirs se débloquent totalement. J’ai donc toutes ses visions parce qu’elle est présente et elle n’est pas loin de moi.. oui.. elle est même à quelques mètres car lorsque je réouvre enfin les yeux, je la vois dans la pénombre. Elle est en lisière de cette clairière, légèrement cachée par des buissons de Monstera mais son fin corps se met à avancer vers moi. Oui, elle arrive et je peux enfin me relever.

    « – Q’orianka.. tu m’as retrouvé.. »

    Je n’ai pas besoin de crier pour qu’elle m’entende. C’est presque comme si nos simples pensées pouvaient suffir pour communiquer. Ce n’est plus Kira devant moi. Non, j’en suis certain. C’est bel et bien Q’orianka qui est face à moi. Cette princesse ou plutôt cette divinité que j’ai rencontré dans plusieurs vies et qui est entièrement liée à moi. Je comprend enfin pourquoi je suis ici, pourquoi tout a été flou jusqu’à maintenant. L’île nous donne une chance de vivre une nouvelle vie sans être happé par le temps ou les complications de cette terre. Nous allons être libre mais il fallait revenir ici pour en prendre entièrement conscience.

    « – Tu as réussi à sauver tout le monde.. et surtout nous.. »

    Elle est là, face à moi. Ma main se glisse sur sa joue et je me penche pour poser mon front contre le sien. Elle doit être surprise de mon piteux état car je suis couvert de boue et je fais triste mine avec mes vêtements abîmés mais mon sourire est revenu grâce à elle. Mes yeux pétillent face à elle.

    « – Tu te rappelles toi aussi ? De notre rencontre ici ? De tout ce que tu as fait pour libérer l’île ? Même ta famille est libre.. mais surtout toi. Tu ne seras plus jamais obligé de rester ici.. tu vas pouvoir vivre ta propre vie Q’orianka.. et.. et j’ose espérer que tu veux bien me faire une petite place dans cette vie.. »

    Je me penche un peu plus pour déposer un baiser contre ses lèvres. Lors de notre premier baiser, les ruines avaient émis une lumière bleuté mais là c’est une autre lumière qui s’élève. Il y a des aurores boréales qui illuminent le ciel, comme pour nous rappeler que nous resterons quand même des êtres de l’Atlantide. Plus notre baiser s’intensifie et plus les aurores rayonnent. Le petit corps de Q’orianka finit logé contre le mien et quand notre échange cesse, je laisse mon visage se nicher contre sa chevelure qui sent le jasmin.

    « – Je t’aime.. je n’ai pas pu te le dire avant que tu ne te sacrifies mais sache que je t’aime Q’orianka et je n’aurais jamais pu quitter l’île sans toi. Je serais rester quoi qu’il arrive parce que je voulais vivre avec toi. Je.. je n’étais venu que pour retrouver mes parents mais j’y ai trouvé bien plus précieux. Toi. »

    Cette ancienne vie a été jonchée d’obstacles et nous n’avons pas pu nous rapprocher comme nous aurions souhaité que ce soit le cas. Il fallait avant tout penser aux autres mais là ce n’est plus le cas. Il n’y a plus de poids sur nos épaules sauf peut-être celui d’être des jeunes gens qui sont étudiants et qui ont une vie à construire. Nous sommes entièrement libre de nos vies mais il y a tout de même un point que je ne peux abandonner.

    “ Épouse moi.. Oui, épouse moi ici, sur cette île. Je.. Je sais que je veux passer le restant de ma vie avec toi Q’orianka et je veux que tu sois mienne aux yeux de tout le monde. Je ne veux plus que quiconque ou quoi que ce soit se met entre nous. Nous sommes jeunes mais je veux que tu sois mon épouse. Et.. Et ne prends pas peur. Cela ne veut pas dire que demain tu seras une mère et une femme au foyer. Avec moi, tu seras toujours une femme libre et je te suivrais là où tu voudras aller. Nous pourrons faire le tour du monde et tu pourras faire tout ce que tu souhaites. Je ne veux que ton bonheur, sache le.”

    Je me recule un peu d’elle pour mieux l’observer. Je suis sérieux dans ce que je propose, même si je n’ai pas de bagues en main pour officialiser cela. J’ose tout de même me mettre à genoux devant elle et je prend sa main dans les miennes.

    “ – Q’Orianka.. Veux-tu devenir mon épouse ? Celle avec qui je construirais ma vie et avec qui je suis certain d’être l’homme le plus heureux au monde ?”

    Je tremble un peu, je le sais. Après-tout, elle peut refuser ma demande même si j’espère qu’elle ne le fera pas. Je ne me vois pas continuer sans elle. Elle m’est vital. Elle est celle dont j’ai besoin et que j’ai toujours attendu. Je sais que cela est certainement lié à notre lien avec l’île mais je sais surtout qu’elle est mon tout. Il est hors de question que j’envisage une vie avec une autre femme qu’elle.

    “ – Veux-tu être mon âme-soeur jusqu’à ce que nos souffles cessent de fonctionner ? Être celle avec qui je vais vivre des aventures incroyables ? Être un jour la mère de mes enfants ? Parce que moi je rêve de tout ça.. Il n’y a que toi qui peut rendre mon monde parfait.”

  104. Avatar de M.
    M.

    Le mariage ne sera pas dans la tradition des anglais ou des écossais mais dans celle de cette île qui nous a de nouveau rapproché. Q’Orianka nous mène sur le haut d’une colline et elle m’explique le déroulement de ce moment mais surtout elle m’offre des vœux qui viennent faire battre mon cœur bien plus rapidement que la normale. Elle accepte d’être mienne. Elle accepte d’être liée à moi pour la vie. Je ne peux être pas plus heureux et honoré. Q’Orianka devient mon épouse. Nous buvons de l’eau sacrée pour sceller notre union mais nous échangeons aussi un long baiser. En cet instant, plus rien ne compte si ce n’est elle.

    Notre baiser prend fin et je viens la serrer contre moi, pour être certain qu’elle ne s’éloigne plus car il y a aura toujours cette crainte que tout ça ne soit qu’une sorte de temps mort avant que le destin ne redevienne compliqué. Elle doit sentir la peur puisqu’elle se met à me serrer aussi un peu plus et pour me réconforter, elle se met à caresser ma nuque.

    « – Plus jamais je ne te laisserais partir loin de moi.. Je serais ton ombre et ton protecteur. Plus personne ne pourra te faire du mal ou nous éloigner. »

    Dis-je en un murmure qui s’éloigne sous un nouveau baiser. Ma barbe de quelques jours chatouille mon épouse et on s’élance dans un rire avant de s’élancer dans un chemin retour pour la ville. Nous aurions pu rester dans la forêt mais j’ai besoin d’une grande toilette et surtout d’un repas gargantuesque car je meurs de faim. Mon escapade ici m’a permis de retrouver celle que j’aime mais elle m’a aussi transformer en homme des cavernes. Main dans la main, nous revenons au bout d’une petite heure et nous n’avons pas le temps de rentrer dans le manoir de mes parents que l’on se fait sauter dessus par tout le monde. Ma mère me serre dans ses bras pendant que Q’orianka est prise en otage par Anya. Elles ont remarqué son départ et elles se sont inquiétées au point d’en avertir tout le monde, cependant elles ne s’attendaient sûrement pas à ce que la belle princesse revienne avec moi ni même à ce que j’annonce fièrement.

    « – Je vais bien maman.. et surtout je suis un homme marié.
    _ Marié ? Comment ça Henry ?
    _ On s’est uni avec Q’.. avec Kira. Selon la tradition atlante. Elle est mon épouse.
    _ Oh.. oh mais.. il va falloir qu’on fête cela ! Mais là vous allez rentrer et vous mettre au chaud ! Je vais préparer un repas et.. et tu vas aller te laver ! »

    Elle grimace et je retiens un rire car elle me fait comprendre que je ne suis pas de toute fraîcheur. Anya entend mes mots et elle semble avoir une sorte de bug. Son regard virevolte entre moi et Q’orianka. Alors que ma mère me pousse à rentrer pour que je puisse aller me donner une toilette, Anya se met à secouer Q’orianka. Non pas par colère mais par une sorte d’excitation et de joie.

    « – Mariée !! Oh mais ! Tu aurais pu attendre que la meilleure des témoins soit présente ! Oh.. Mariée.. félicitations.. mais.. »

    Soudainement elle se fige, comme si elle se perdait à son tour dans ses pensées et des souvenirs. Elle fronce les sourcils puis secoue la tête. Ses mains serrent un peu plus les bras de Q’orianka car c’est ce contact qui lui rend la mémoire. À son tour elle revoit cette ancienne vie.. ou elle était une fille de marchand russe mais surtout la grande rivale d’Elena.

    « – Mais.. qu’est ce qu’il se passe ? Pourquoi.. Q’orianka ? »

    Garrett arrive et sans lui demander son avis, Anya force le grand blond à toucher le bras de Q’orianka. Il ne comprend pas ce qu’il se passe, jusqu’à ce que lui aussi revoit le passé. Il revoit tout. Notre aventure avec le vaisseau, son mariage avec Elena, son coup de foudre pour la brune mais aussi sa fin. C’est tout autant choquant pour lui que pour Anya mais ils comprennent mieux. Ils savent qu’eux aussi ont le droit à une nouvelle chance grâce à Q’orianka. Si bien que Garrett prend la princesse dans ses bras afin de la remercier.

    De mon côté, je me dépêche d’aller prendre une douche et de m’habiller pour pouvoir revenir auprès de Q’Orianka mais ma mère m’attend. Elle veut m’expliquer ce qu’elle a aussi expliquer à Q. Le fait qu’elle m’a éloigné de l’île et laissé amnésique par peur de perdre Sam et Andréa. Après tant d’années de mensonges, elle veut libérer sa conscience mais quand j’entend cela, je n’arrive pas à totalement la comprendre. Je sais qu’elle a fait ça pour eux mais moi ? Moi j’ai été l’enfant abîmé par ses parents dans deux vies. Abandonné une fois et sacrifié la seconde. Je préfère mettre fin à la conversation pour éviter de m’énerver contre elle et je retourne vers le bas de la maison où Q’orianka est déjà attablée. Elle m’attend pour manger mais quand je m’assis, je sais d’avance que je vais avoir du mal à manger. Je me sens noué par les révélations. Je pense qu’il est temps que je prenne aussi mon indépendance vis à vis de ma famille.

    “ – Nous allons repartir en Ecosse et y finir nos études, qu’en penses-tu ? Je ne tiens pas à retourner à Londres.. Et après, on ira là où le vent nous portera.”

    Ma mère ne renchérit pas mais je lui lance un regard glacial. Elle hoche la tête et s’éloigne mais le froid entre nous se sent dans toute la maison. Si bien que les autres comprennent qu’il vaut mieux nous laisser tranquille pour cette fin de soirée. Il ne reste plus que Q et moi à cette table. La joie de se mariage improvisé, a été légèrement ombragé par des révélations familiales.

    “ – Je ne veux pas que l’on reste ici pendant des semaines voir même des jours.. Je crois que.. j’ai besoin de vivre pour moi et plus vivre pour ma famille. Maintenant que nous sommes réunis, je dois arrêter de penser à eux et me tourner vers nous deux. J’ai.. assez donné pour cette famille pour qui je ne suis qu’une option.”

  105. Avatar de M.
    M.

    C’est vrai, je fais mes Adieux a des années où je n’ai pensé qu’au bien de ma famille sans penser au mien. On ne peut pas dire que je n’ai pas été un bon fils mais à présent c’est le bon époux que je dois devenir, ainsi qu’un homme libre. Q’orianka a été libéré de l’île et moi des miens. Je profite des baisers qu’elle me donne et je retrouve surtout un léger sourire avec ce qu’elle vient de me dire. Je ne suis pas seul. Mais surtout, quelqu’un n’attends pas de moi quoi que ce soit si ce n’est mon amour et une vie avec moi. Je sais qu’avec elle, je ne suis pas ce garçon malmené et perdu.

    “ – Je t’aime.. Et j’ai déjà hâte de vivre cette vie avec toi.”

    J’embrasse à mon tour le bout de ses lèvres et je daigne manger un petit bout de nourriture car mon ventre fait un bruit qui pourrait faire fuir mes pires ennemis. Ce soir, la fatigue est beaucoup trop forte pour célébrer notre mariage mais je compte bien lui offrir une lune de miel lorsque nous serons éloignés d’ici. Q’orianka dort contre moi durant cette nuit et au petit matin, nous préparons nos affaires ensemble. Ma mère ne cherche pas à me retenir, mon père non plus. Il n’y a qu’Andréa qui ne comprend pas mon départ précipité mais je ne veux pas la mêler à ces histoires amères donc je lui dis simplement que nous devons repartir pour nos études. Dans un sens je ne mens pas vraiment, nous allons devoir retrouver les bancs de l’école mais nous allons avoir encore un peu de temps pour nous sur le bateau qui va nous ramener en Ecosse.

    Un férie devrait partir en milieu d’après-midi donc nous avons un peu de temps avant notre départ. Cela me laisse le temps de montrer à Q’orianka ce qui a changé en ville. Il n’y a plus vraiment de traces du passé sauf un mausolée qui contient les tombes des anciens rois et familles importantes. On peut le visiter et on y voit des noms qu’elle a connus. Après l’avoir laissé se recueillir, nous visitons la plage où elle m’avait trouvé dans l’autre passé. Aujourd’hui cela ressemble plus à une station balnéaire qu’à une plage abandonnée mais on sait ce qu’on y a vécu. On garde les souvenirs de ce passé qui paraît irréel mais qui pourtant l’est pour nous.

    “ – Un jour on reviendra ici.. Pour y mener des vraies recherches et donner un plus grand sens à cette île. Je sais quelle importance elle a pour toi, pour nous. Je veux aussi que l’on puisse montrer au monde, la grandeur des peuples amérindiens et des autres peuples qui paraissent mineurs mais qui ont pourtant façonné le monde. N’est-ce pas une quête honorable pour un futur couple d’archéologues ?”

    J’étire un fin sourire en sa direction et ma main se glisse sur le bas de son dos. Oui, deux archéologues.. Je ne sais pas ce qui va s’annoncer pour nous mais j’espère que cela nous amènera à des découvertes incroyables. Je me vois bien parcourir le monde avec elle et l’observer fouiller dans des vestiges qui donneront plus de sens à notre monde.

    “ – Prête pour ces aventures avec moi, Madame Cavill ?”

  106. Avatar de M.
    M.

    Ses craintes sont légitimes mais je me met à sourire devant son air perdu et inquiet. Non pas que je me moque d’elle mais elle pense déjà à des choses qui n’ont pas lieu d’être. Elle veut être parfaite mais elle n’a pas compris qu’elle l’est déjà à mes yeux.

    “ – Crois-tu vraiment qu’il y a un mode d’emploi pour être une épouse ou un époux ? Il y a des clichés mais sache que je ne tiens pas à ce que l’on devient ce que nous ne sommes pas. Je n’ai pas besoin d’une femme de ménage ou une cuisinière.. Je n’ai pas non plus besoin d’une femme qui veut que tout le monde voit une image sans poussière. Je veux toi. Toi avec tes qualités et tes défauts. Je tiens à ce que tu restes celle que tu es et surtout que tu ne te prends pas la tête pour des futilités.. Mon époque et mes terres sont bien différentes des tiennes mais tu vas t’y adapter sans avoir besoin d’être une autre femme. Je t’apprendrais à apprivoiser ce nouveau monde mais en aucun cas, je ne veux que tu changes ou que tu te tracasses. Tu réussiras à trouver un équilibre et je serais à tes côtés dans chaque étape mais sache que tu es déjà parfaite à mes yeux Q’orianka.”

    J’embrasse tendrement son front après l’avoir fait tourner pour qu’elle soit face à moi. Je comprends sa peur puisque moi aussi j’ai mes craintes. Est-ce que je serai un bon époux ? Un bon ami ? Un bon amant ? C’est d’autant plus nouveau pour moi que pour elle mais nous allons apprendre à deux sans suivre les codes qui sont logiquement imposés aux jeunes couples. Elle ne sera pas mon inférieure mais mon égal, voire même au-dessus de moi. Je ne suis pas ce genre d’homme qui met une femme dans la case d’un simple objet de décor qui lavera mes vêtements et me fera des enfants quand j’en aurai l’envie.

    “ – Ne réfléchis pas.. Sois juste toi-même.. Fais ce que tu veux, quand tu veux.. Jamais je ne t’imposerais quoi que ce soit.”

    Ma main glisse sur sa joue puis dans sa chevelure détachées.Le vent se lève puisque nous ne sommes plus si loin des îles froides qui protègent l’écosse donc je propose à Q’ de rentrer dans notre cabine pour ne pas qu’elle attrape froid. Il n’y a pas de cheminée mais une couette bien chaude que je viens glisser sur ses épaules alors qu’elle s’assit sur l’un des fauteuils de la chambre. Je fini par m’installer sur le fauteuil à côté du sien et j’attrape un livre que j’avais mis dans mon sac, afin de lui lire quelques passages. Celui-ci parle d’un roi Viking et de son épouse qui venait du nouveau monde. Ils venaient tous les deux de deux mondes différents mais ils ont réussi à trouver un équilibre. Au bout d’une demi-heure, Q’orianka pique du nez et je viens la soulever pour l’amener dans notre lit. Nous n’avons pas encore consommer notre mariage, ni dans cette vie, ni dans l’ancienne mais ce n’est pas un but pour l’heure. En réalité, je ne ferais rien tant que je sais qu’elle ne sera pas prête. Je veux aussi que cette première fois sois parfaite et pour ça, elle doit d’abord avoir confiance en elle et en son environnement.

    La nuit passe, et puis une autre.. Ainsi de suite les jours se cumulent et nous ramènent en Ecosse. Cependant nous ne posons pas nos pieds à Edimbourg mais sur les îles de Skyes. A cause d’une grande tempête dans le nord et l’Est, le bateau a dû s’arrêter avant. Cela me convient puisque ces îles sont d’une beauté infinie et je sais qu’elles vont plaire à Q’orianka. Nous allons devoir traverser le reste de l’écosse en cheval ou dans une calèche mais pour l’instant, je nous vois bien rester quelques jours ici.

    “ – Bienvenue sur les îles de Skyes Madame Cavill. C’est l’endroit le plus féerique d’Ecosse je dirais.. Et puis il y a beaucoup de folklore qui va avec la beauté des lieux. Des druides, des sorcières, de la magie et j’en passe.. Bien sûr ce ne sont que des légendes mais je suis certain que tu vas aimer visiter quelques lieux. Il y a même des cénotes et des grottes avec des sources chaudes car il y a des volcans par ici.”

    Je porte nos valises et il faut que l’on trouve une auberge pour nous poser. Q’orianka ne paraît pas “étrange” ici puisqu’il y a des gens de tous lieux qui se sont installés sur cette île. Les légendes ont amené les plus mystiques à rester vivre là. Justement la femme qui tient l’auberge où nous entrons, viens certainement d’Asie puisqu’elle en a les traits. Elle nous accueille chaleureusement et nous mène à sa plus belle chambre. En chemin, elle nous parle des plus beaux endroits à visiter et les meilleurs restaurants du coin. Elle nous prévient juste qu’il faut que l’on évite de se balader la nuit sans guide car les brouillards sont très intenses et peuvent nous mener à nous perdre, voir pire.

  107. Avatar de M.
    M.

    Je suis sorti de ma lecture lorsqu’elle se rapproche en étant nue. Sur l’instant je suis totalement surpris et surtout sans voix. Sa beauté est divine.. encore plus que je n’aurais pu l’imaginer. C’est la première fois que je la vois ainsi et ma peau se met même à en frissonner. Elle semble timide mais ose poser une question que nous n’avons pas encore aborder, le désir. Elle me demande si je la désire et j’en aurais presque un rire qui pourrait sortir de ma bouche. Comment ne pas la désirer ? Pourtant c’est vrai que je me suis toujours montré plutôt distant et sérieux car je ne voulais pas qu’elle puisse croire qu’elle n’était qu’un objet sexuel ou une tentation que je voulais consommer comme un malpropre.

    « – Comment ne pas te désirer ? Tu es divinement belle.. »

    Elle se rapproche un peu plus de moi jusqu’à même finir assise sur mes cuisses. Q’Orianka pose ses mains tremblantes sur mes épaules et elle essaye de jauger mon humeur, mes désirs, mes ressentis. Elle m’annonce aussi les siens. Elle veut que je lui montre ce qu’est d’aimer autrement que par les mots. Elle veut découvrir ce qu’est l’amour charnel entre deux personnes. Il y a une part en moi qui est légèrement angoissé puisque j’ai peur de la brusquer mais il faut que je laisse cette peur de côté, d’autant plus que moi aussi j’ai envie d’elle. Alors à mon tour je glisse mes mains sur son corps. Au début sur ses hanches quand nos lèvres viennent se retrouver et puis je laisse mes doigts parcourir sa peau qui frémi. La chaleur entre nous se fait de plus en plus forte tout comme notre baiser qui devient plus langoureux mais ce n’est que le début. Je cesse notre baiser et je la penche légèrement en arrière pour poser mes lèvres sur le haut de sa poitrine. Maintenant qu’elle m’autorise de la toucher, je compte goûter à chaque centimètre de son corps et surtout l’encrer dans mon esprit.

    « – Ta peau est si douce.. et ton parfum au jasmin.. il m’a toujours rendu fou.. »

    Dis-je entre quelques baisers qui descendent plus bas sur ses seins. Ses pointent durcissent quand la langue passe dessus et je m’y attarde légèrement mais je fini par soulever Q’orianka pour aller l’allonger sur notre lit qui fait face au feu de cheminée. Sa peau reflète les flammes mais je lui offre la vue de voir aussi la peau se dévoiler. Debout devant elle, je commence à retirer la chemise mais je ne retire pas tout maintenant. Je reviens vers elle et je me remet à embrasser sa poitrine avant de descendre sur son ventre, puis ses cuisses. Je la sens gigoter sous mes baisers et ça me fait sourire finalement. Je dois certainement la chatouiller avec ma barbe de quelques jours. Pourtant je ne m’arrête pas et je vais même entre ses cuisses pour lui donner un moment rien qu’à elle. Ma langue vient jouer avec son bouton de plaisir et j’entend ses gémissements devenir plus violents. Même son corps est beaucoup plus indiscipliné. Mais j’aime l’entendre gémir mon prénom et me demander de continuer. Je viens même laisser mes doigts caresser cette intimité humide et la pénétrer doucement pour pouvoir la préparer à la suite. Pour le moment je sens qu’elle ne prend que du plaisir, qu’il n’y a pas de douleurs dans ses ressentis.

    La jouissance finit par s’emparer d’elle. Son corps se tend. Ses doigts tirent sur la chevelure. Je remonte lentement mes lèvres le long de son corps jusqu’à ce que nos visages se retrouvent l’un face à l’autre. Sa respiration est vive, ses joues sont rouges mais son regard exprime un désir encore intacte.

    « – Je te désire depuis le premier jour.. ne crois pas que je n’ai jamais souhaité te goûter.. j’attendais juste que tu sois prête.. »

    Je l’avoue dans un murmure avant de me redresser pour terminer de retirer les vêtements qui cachent le reste de mon corps. Elle m’aide à retirer ma ceinture, mon pantalon et puis à mon tour je me retrouve nu face à elle. Je suis un peu moins intimidé qu’elle mais j’observe tout de même ses réactions. Elle a sûrement déjà vue des hommes nus mais des hommes nus et désireux ? Je ne pense pas. Mon membre est dressé fièrement et surtout avec un désir que je ne peux plus du tout cacher. Je sursaute légèrement quand elle se met à le toucher car sa main est froide en comparaison à mon corps bouillant. Cela nous fait rire un instant.

    « – Pardon.. je crois que je ne t’ai pas donné encore assez chaud.. »

    Je me penche à nouveau au dessus d’elle et nos lèvres se retrouvent alors que nos mains se découvrent toujours plus. À mon tour je gémis contre ses lèvres quand elle se remet à toucher ma virilité. Elle a des gestes timides mais je ne peux lui en tenir rigueur. Elle découvre encore et elle découvrira encore pendant un certain moment. C’est le moment le plus crucial qui est légèrement plus tendu car lorsque mon membre glisse entre ses cuisses, nos deux respirations se retiennent. Elle est un peu plus stressée tout comme je le suis aussi mais je décide de me fondre en elle avec douceur pour ne pas qu’elle est trop mal. Je dépose des baisers contre son cou pour que son esprit ne s’attarde pas trop sur ce qu’il se passe dans le bas de son corps mais contre toute attente, elle se détend beaucoup plus vite que je ne l’aurais cru. Je sens même son bassin bouger légèrement. Sous sa demande, je me met aussi à bouger mais encore une fois, cela reste doux.

    Mon front vient se poser contre le sien une fois que je sais qu’elle est en confort. Nos corps dansent l’un contre l’autre et nos gémissements se rejoignent. Cette fois-ci il n’y a plus de retenue ni de barrière. Elle est mienne même dans la chair.

  108. Avatar de M.
    M.

    Nous avons vécu le paradis durant quelques instants. Je suis totalement sur des nuages, complètement ailleurs mais surtout avec des sensations si fortes que je n’aurais pas envie de redescendre. Q’orianka retombe sur moi, elle aussi est sur un nuage. Nos souffles sont rapides mais nous réussissons à rire lorsqu’elle dit ne plus vouloir quitter cette chambre. Ma main se loge dans sa chevelure et je baisse mon regard vers elle.

    “ – Alors ne quittons pas cette chambre.. Après tout, pour le moment rien ne nous retient.”

    Et c’est vrai, même s’il va falloir rattraper les dernières semaines de cours, rien ne nous attend. Pas de famille, pas d’enfants, pas d’amis. Il n’y a plus que nous deux et notre liberté. Enfin, cette liberté va tout de même avoir un coup, même si je n’en suis pas encore au courant. Même si mes parents ne m’en veulent pas de vouloir m’éloigner, ils décident de couper un peu les vivres. Après tout je souhaite devenir un époux indépendant alors il faut que j’apprenne à payer moi-même pour mon épouse, mon train de vie. Cette surprise arrive lorsque nous revenons à Edimbourg. En arrivant au manoir, on me donne une lettre de mon père et il y écrit que je dois trouver de l’argent sans passer par lui. Je ne peux lui en vouloir mais c’est vrai que cela va entièrement changer ma vie. Nous allons devoir prendre notre propre appartement et je vais devoir trouver un travail, à côté de nos études. Nous pourrions demander au père de Q’orianka de venir à notre aide mais je refuse. Il est vrai que je dois apprendre à gérer seul, sans avoir besoin d’être dépendant de qui que ce soit.

    “ – Je vais nous trouver un logement en ville et je me trouverais un petit travail.. Après tout, c’est le prix de notre liberté.”

    Il en sera de même pour Garrett et Anya, même si pour eux la liberté s’annonce un peu plus compliquée. Anya attend bel et bien un enfant, si bien que cela précipite un mariage entre mon cousin et celle-ci afin d’éviter de faire scandale. Pour Q’orianka et moi, nous devons aussi passer devant le maire afin de rendre notre mariage officiel aux yeux du Royaume-Uni. Pas de robes blanches ni de dîner, nous faisons cela rapidement et sans chichi lors d’une matinée où nous n’avons pas cours.

    Je nous trouve une chambre de bonne, non loin de l’école. Il n’y a aucun luxe dedans. Ce n’est qu’une petite chambre avec une douche, un toilette et une cheminée qui va aussi nous servir de gazinière. Le matelas est à même le sol et il n’y a qu’une toute petite fenêtre sur la mansarde puisque nous sommes au dernier étage d’un immeuble. Je ne suis pas le plus fière quand il faut montrer l’endroit à Q’orianka mais je lui promet qu’un jour ça ne sera qu’un vieux souvenir. Un jour nous aurons une immense maison avec un énorme jardin. Je m’en persuade.

    “ – Si on se dispute, tu ne pourras pas te cacher dans une autre pièce.. Je pense que tu risques de me pousser à sortir d’ici mais je te promet que je ferais tout pour ne pas que tu me râles dessus.”

    Dis-je alors qu’elle entre pour la première fois dans notre premier “chez-nous”. J’ai acheté un petit bouquet de fleurs que j’ai mis sur la petite table qui nous servira pour manger ou faire nos devoirs. J’ai aussi acheté une couette plus colorée pour notre lit. Je tenais à ce qu’elle se sente bien ici, même si ce n’est pas l’endroit rêvé. Et puis, il y a un cadre qui ne contient rien mais qui attend une photo de nous deux.

    “ – Nous sommes à quelques minutes à pied de l’université.. Et je suis aussi à quelques minutes de l’endroit où j’irai travailler. J’ai postulé chez un maçon et il a accepté de me faire un contrat. C’est très physique mais ça paye très bien. Avec un peu de chance, d’ici quelques mois nous pourrons changer d’appartement si j’arrive à mettre de l’argent de côté..”

    Je travaillerais sur les heures où je n’aurais pas cours et pendant les week-end. Ce train de vie va être intense et je sais que j’aurais un peu moins de temps avec Q’orianka mais je n’ai pas le choix. Il faut que je réussisse à subvenir à nos besoins.

    “ – Toi tu n’as pas besoin de travailler.. Je préfère que tu te concentre sur tes études. C’est tellement plus compliqué pour les femmes, dans le sens où elles sont souvent discréditées à côté des hommes.. Je veux que tu leur prouves que tu es bien plus forte que les hommes et que tu seras une bien meilleure archéologue”.

    J’embrasse son front mais sa dernière surprise vient à sauter sur ses pieds. Un petit chaton tout noir. Je l’ai trouvé errant dans la rue et je me suis dis qu’il serait le parfait compagnon lorsque je serais absent. Il se met à miauler et à vouloir grimper sur Q’orianka mais elle le prend dans ses bras pour éviter qu’il ne fasse le casse cou.

    “ – Il aime déjà sa nouvelle Maman.. Mais il faut que tu lui trouves un prénom car moi je n’ai toujours pas su trouver. Je pensais à César ou Caligula mais ça fait trop empereur non ?”

    On se met à rire alors que le chaton se niche contre le cou de mon épouse. Nous n’avons plus des fortunes et de l’or autour de nous mais je crois n’avoir jamais été autant heureux qu’en cet instant. Nous n’avons pas grand chose matériellement mais je suis l’homme le plus riche quand je la vois. Elle m’offre tout ce dont j’ai besoin.

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    M.

    Q’orianka me dit vouloir travailler et contribuer aussi à notre nouvelle vie. Dans un sens, est-ce que j’ai le droit de lui interdire ? Non, surtout en sachant que je prône le fait qu’une femme puisse être indépendante. Mais je grimace un peu, car je ne veux pas qu’elle s’épuise au détriment de ses études. C’est ironique en sachant que c’est ce que je compte faire pour moi mais c’est son bonheur qui m’importe le plus et je suis prêt à tous les sacrifices pour cela.

    “ – Très bien Miss Cavill.. Si tu veux travailler alors sache que je te soutiendrais mais je refuse que tu trouves quelque chose d’épuisant. D’accord ?”

    Pas de travail à l’usine ou dans le ménage. Je sais ô combien les femmes sont surexploitées là-dedans. Je me rapproche d’elle et de notre nouveau compagnon qui se plaît à se faire caresser par Q’orianka. Elle lui trouve un nom et j’hoche la tête à sa proposition.

    “ – Lux.. Cela lui va bien. J’espère qu’il ne me fera pas de l’ombre car je dois avouer qu’il a un regard bien plus mignon que le mien.”

    Je ris doucement et je me met à genoux devant eux. Cette nouvelle vie ne me fait pas peur, au contraire, elle me motive à être le meilleur mais je sais que les débuts ne vont pas être glorieux. Elle ne va pas m’en vouloir de ne pas lui offrir une table remplie de vivres mais est-ce qu’elle va réussir à tenir le coup ? Peu de nourritures, une cheminée qui ne réchauffe pas énormément à cause de la vieille mansarde et puis des douches froides.. Oui, ce n’est pas fameux. Ca ne sera qu’un passage dans notre vie mais faut-il déjà le passé.

    “ – Notre vie va être plus rude.. Et je m’en excuse d’avance mais tout ira mieux. Oui.. tout ira mieux. Je sais qu’à deux on peut tout réussir. C’est même la première fois que je me sens aussi confiant. »

    J’embrasse le bout de son nez et le museau du chaton. Ce soir c’est moi qui prépare un petit repas même s’il est modeste et on finit par passer notre première nuit sur ce matelas, lové l’un contre l’autre pour se garder au chaud. Il n’en faut pas plus pour bien dormir.

    Au lendemain matin, nous faisons notre retour à l’université et contrairement à Londres, nous allons partager beaucoup plus de cours en commun car j’ai fais en sorte que Q’orianka puisse gagner une année. On se retrouve l’un à côté de l’autre pour étudier l’histoire de la dynastie Qin ou pour le cours de grecque. Je m’amuse à l’observer lorsqu’elle est la plus concentrée mais je crois qu’elle fait la même chose lorsque j’ai le nez baissé sur mon carnet de notes. Garrett n’est présent qu’au dernier cours de la matinée et Anya n’est pas du tout venu. Nous n’avons même pas le temps de prendre des nouvelles que le blond s’en va aussi vite qu’il est venu. Je peux comprendre qu’en ce moment tout doit être effrayant pour eux et cela me rappelle que ça pourrait nous arriver aussi. C’est lors de la pause du midi que je lance le sujet alors que nous sommes posé sur un banc du parc de l’université.

    « – Dis moi.. tu as des herbes ou quelque chose pour éviter que l’on se retrouve comme Garrett et Anya ? Ou.. dois-je faire plus attention ? Du moins.. me retirer avant.. enfin.. tu vois ce que je veux dire.. »

    Le sujet est spécial et ce n’est pas quelque chose que d’ordinaire les hommes maîtrisent. La plupart s’en moque de la contraception. Ils mettent les femmes enceintes et les abandonnent s’ils ne veulent pas d’enfants. Pour ma part, j’assumerais mais je ne tiens pas à devenir père maintenant ni même dans les mois à venir. Je tiens à ce que ce soit le plus tard possible mais je n’ai pas encore demandé à Q’orianka ce qu’elle en pense. Nous n’avons pas évoqué le sujet mais il va falloir le faire pour être sur la même longueur d’onde.

    « – Je ne veux pas que l’on soit parents maintenant.. Déjà parce que nous n’avons pas une situation financière idéale et puis surtout parce que je préfère que l’on pense à nous deux avant de penser à un mini nous. Je.. Enfin je sais que beaucoup de femmes rêvent d’être mère et d’avoir des enfants une fois qu’elles sont mariées mais j’ose espérer que tu veux bien attendre.. »

    Je suis mal à l’aise car j’ai l’impression d’être le mauvais bougre qui interdit une chose fondamentale mais il faut que je lui dise. Il faut que je sois franc sur mes ressentis.

    « – Je suis effrayé en voyant ce que Garrett et Anya vivent.. après, ils l’ont sûrement beaucoup plus cherchés que nous mais je veux que l’on profite à deux.. pas à trois.. »

  110. Avatar de M.
    M.

    J’ai mal. Pas parce qu’elle ne pourra jamais me donner d’enfants mais pour elle. J’ai mal parce qu’elle ne pourra jamais être mère. J’ai aussi mal parce qu’elle s’en veut et elle se torture par peur que je la repousse. J’ai mal parce que je ne sais pas comment l’aider. Q’orianka est partie, elle avait besoin de s’éloigner de moi mais je refuse de m’éloigner d’elle. Une part de moi est quand même un peu triste puisque j’aurais été l’homme le plus heureux d’avoir un enfant avec elle mais si la vie a décidé que nous n’aurons pas d’enfants biologiques alors je dois l’accepter.

    Je n’ai pas le coeur à retourner en cours donc je retourne chez nous en espérant qu’elle rentre au plus vite. Lux fait des bêtises, on dirait qu’il sent mon mal être et qu’il veut me faire sourire. Je le laisse s’amuser et je me perd dans mes pensées. Il est très tard quand elle passe la porte et je me relève rapidement de ma chaise. Q’orianka se flagelle encore. Elle est trempée, tremblante et elle s’excuse. Cette fois-ci je ne lui laisse plus le plaisir de fuir et je vais vers elle pour la prendre contre moi. Elle doit entendre ce que j’ai sur le coeur.

    “ – Je ne t’en veux pas et je ne t’en voudrais jamais tu sais ? Tu n’as pas à t’excuser Q’.. Tu n’as pas à t’en vouloir. Nous n’aurons pas d’enfants et c’est ainsi mais ne crois pas que cela va me faire partir ou te détester.”

    Mes mains se posent sur ses joues afin qu’elle évite de fuir mon regard. Je la fixe mais surtout je souris pour l’adoucir.

    “ – Cela aurait parfait qu’un jour nous puissions avoir un mini nous mais tu sais, si nous souhaitons un jour être parents, nous pourrons l’être. Il y a des milliers d’enfants qui rêvent d’avoir une famille. Quand nous serons prêts, nous pourrons toujours envisager cette option.. Mais en attendant je veux que tu me promets de ne plus te traiter de la sorte. Tu n’es pas une mauvaise personne ni une moins que rien. Tu n’as pas non plus à prendre peur car je ne te lâcherais pour rien au monde.”

    Mon front se pose contre le sien et je sens qu’elle se détend, que son cœur se fait moins lourd. Elle tremble toujours et pour éviter qu’elle ne finisse malade, je la fais asseoir et je vais préparer de l’eau chaude pour qu’elle puisse boire un thé mais aussi se laver. Je lui prépare aussi des vêtements secs. Quand elle semble avoir un peu plus chaud, je la reprend contre moi et je nous pose sur notre vieux matelas.

    “ – Maintenant j’ordonne un sourire Miss Cavill. En plus, nous allons bientôt être oncle et tante donc je crois que c’est aussi un rôle très important non ? Je vais apprendre plein de bêtises à l’enfant de Garrett, comme ça il le rendra fou. C’est mon but premier !”

    J’essaye de la faire rire et je la laisse se nicher contre moi. Je dois lui montrer qu’elle n’est pas seule et que surtout je serais toujours là. Enfin, oui, je serais toujours là mais il va falloir tout de même que je l’abandonne ce soir pour aller travailler quelques heures. Je dois parfois travailler de nuit à cause des journées à la fac. Je laisse mon épouse avec Lux et je ne reviens qu’au petit matin, une petite heure avant le départ pour l’école. Je suis fatigué mais qu’importe, je sais pour quoi je fais cela. Q’orianka m’attend avec un thé et des tartines de pains au beurre, ce qui est plus que fantastique. Les cours semblent terriblement longs pour moi et je pique du nez. Q’orianka a le réflexe de me réveiller mais notre professeur remarque mon état. Il en fait même une réflexion devant toute notre classe. Il me menace de me virer si je continue ainsi.

    Je réussis à me procurer un café avant d’entamer le prochain cours. Je ne dors plus mais je ne suis pas totalement concentré. J’ai remarqué qu’un jeune homme n’arrêtait pas de faire les yeux doux à Q’orianka. En soit, je le comprend puisqu’elle est magnifique mais elle est mon épouse. A la fin du cours, je n’hésite pas à lui donner un coup d’épaule en sortant de la classe mais il ne réplique rien. C’est le fils du duc d’Edimbourg, Tomas Hardy. Il est du genre à facilement se battre mais comme je suis bien plus baraqué que lui, cette fois-ci il passe son tour mais ça ne veut pas dire qu’il va oublier mon coup d’épaule.

    La journée de cours se termine enfin. Je soupire lorsque nous passons la porte de sortie de l’université. La cadence est vraiment intense et ce n’est que le début.

    “ – Je vais aller dormir un peu en rentrant car je travaille à nouveau cette nuit.. cela ne te dérange pas ma chérie ?”

  111. Avatar de M.
    M.

    Cette vie est assez épuisante mais de savoir que c’est pour notre vie, notre futur, cela me motive pour ne pas perdre pied. J’ai tout de même cette chance que Q’orianka soit là pour m’épauler, surtout pour les études car sans elle, je sais que j’aurai très vite perdu la main. J’ai du mal à rester concentrer durant les cours et même le soir lorsqu’elle me fait les résumés de nos cours de la journée. J’ai même loupé plusieurs fois les cours à cause du travail mais aujourd’hui j’apprends que je vais pouvoir prendre un peu de repos. Q’orianka est venu me chercher au travail en compagnie de Lux et elle m’annonce avoir trouver un travail. Je ne suis pas étonné qu’elle se met au tutorat car c’est vrai qu’elle a une aisance exceptionnelle pour expliquer les cours et pour rendre les choses plus simples. Je suis même fière d’elle et de savoir qu’elle va aider d’autres élèves, cependant je n’ai pas le temps de la féliciter car Tomas arrive vers nous.. Bien que j’essaie de rester impassible, je ne peux m’empêcher de me tendre lorsqu’il se met à complimenter Q’orianka. Il fait le fanfaron et le gentleman auprès de mon épouse, ce qui ne me plaît pas du tout. Il ne reste pas bien longtemps mais je me fixe sur lui. Quand il s’éloigne, je ne le quitte pas du regard pour être certain qu’il ne revienne pas. Q’orianka me parle mais je ne l’entend pas, jusqu’à ce qu’elle agrippe mon bras pour me faire revenir sur terre.

    Je suis certain que je dois avoir l’allure d’un lion prêt à s’abattre sur sa proie. Si Q’orianka n’était pas présente, j’aurais certainement fait un carnage avec ce garçon mais elle me secoue et je devais enfin mon regard vers elle.

    « – Hm.. pardon.. j’étais ailleurs, sûrement à cause de la fatigue.. »

    Je ne vais pas lui dire que j’ai surtout envie d’étriper ce garçon. Il ne m’a rien fait directement mais il est beaucoup trop enjôleur envers mon épouse.

    « – Je suis vraiment heureux pour toi, pour ce travail. Je sais que c’est un travail qui est fait pour toi car tu es patiente, douce mais surtout très intelligente. Tu vas faire briller tous les étudiants que tu vas aider. »

    J’offre enfin un sourire à ma belle et je caresse la tête du chaton qui se fait de plus en plus bruyant. Je dois retourner à l’appartement pour aller me laver et me changer car les cours vont bientôt commencer mais en réalité je n’ai pas envie d’aller à l’école aujourd’hui. J’ai envie de dormir, de profiter un peu d’être au repos et aussi profiter de la présence de Q’orianka car nous n’avons plus le plaisir d’être souvent ensemble. Ou alors si on l’est, c’est pour dormir ou être en cours.

    « – Mais aujourd’hui je ne veux pas que l’on parle d’université. On va rentrer à trois chez nous. Je vais me doucher, me reposer un peu et après je veux que l’on aille se balader, profiter, se vider la tête. Ai-je le droit de te voler cette journée mon amour ? »

    Je fais mes yeux de chien battu pour qu’elle cède à ma requête. Elle m’accorde cette petite journée de sèche et nous retournons vers l’appartement, cependant je sens qu’elle est encore sur l’affaire de Tomas. J’ai montré un trait de caractère qu’elle ne connaît pas totalement. Une jalousie et une possessivité qui a pour le moment était plus ou moins contrôlée. Avec toutes nos aventures passées, cela n’a pas laissé le temps pour que nous découvrons davantage sur le caractère de l’un et de l’autre, cependant cette nouvelle vie maritale va laisser exprimer qui nous sommes réellement.

    « – J’aime pas sa façon de te regarder.. de te parler.. on dirait qu’il te fait la cour. J’ai une entière confiance en toi mais pas en lui. Ni même en quelconques autres garçons à vrai dire.. Même si je peux comprendre que tu es une femme magnifique et que bon nombre de garçons rêveraient de t’avoir auprès d’eux, je n’aime pas qu’ils te tournent autour, ou qu’ils te regardent comme si tu étais une proie à obtenir. »

    Henry le jaloux.. enfin, c’est encore assez léger. Un jour elle finira bien par voir cette part de moi qui peut être assez sombre. Après tout, je ne suis pas parfait et elle en verra quelques notes dans les semaines, les mois ou les années qui s’écouleront. Enfin, ça arrive plus tôt que je ne l’aurais pensé puisqu’après cette journée de flemmardise et de balades, on termine dans un salon de thé pour se réchauffer autour d’une tisane. Ce fameux Tomas entre dans l’établissement avec des amis à lui mais tout de suite il a le toupet de venir vers nous afin de saluer mon épouse. Il aurait pu nous éviter et rester dans son coin avec ses potes mais non, il est là et il offre un immense sourire à Q’Orianka.

    “ – Je ne t’ai pas vu aujourd’hui à l’université ! J’étais étonné car ce matin je t’avais vu mais je me suis douté que tu avais certainement envie de te reposer. J’ai dis que tu étais malade afin que les autres ne s’inquiètent pas trop.
    _ De quoi je me mêle Hardy ? Tu ne peux pas laisser MON épouse tranquille ? On est ici pour boire un thé calmement et il faut que tu viennes nous emmerder.”

    Mon ton est sec et Tomas se retrouve coupé dans son élan. Il ne sait pas quoi répliquer et il passe même une main sur sa nuque. C’est vrai que moi-même je saurais certainement pas brave face à une montagne de muscles comme moi. Le travail de charpentier a taillé un peu plus mon corps mais il y a aussi mon regards de tueur à gage.

    “ – Je.. pardon.. je pensais pas que..
    _ Tu ferais mieux de t’éloigner. Q’orianka t’aide pour l’école mais c’est tout. Retournes avec tes petits copains et laisse là tranquille.
    _ Je ne voulais pas te gêner Henry.. Mais surtout, ne crois pas que je drague ton épouse ou je ne sais quoi. Je sais qu’elle est mariée et qu’elle t’aime. Elle me parle énormément de toi quand nous sommes ensemble et..”

    Quand nous sommes ensemble…. Le pauvre a essayé de se dédouaner mais ses mots non réfléchis m’ont fait perdre pied.Il n’a pas eu le temps de finir sa phrase puisque je me suis relevé et j’ai été au contact. J’ai entendu les cris de Q’orianka qui m’a supplié d’arrêter mais frénétiquement, j’ai cogné et mis ce pauvre garçon au sol. Il a fallu que plusieurs hommes viennent nous séparer mais surtout me jeter dehors pour que Tomas se retrouve en sécurité.

    Q’orianka ne me rejoint pas. Je la vois dans ce salon, à genoux près de Tomas pour voir comment il va. Je crois que je lui ai cassé le nez et abîmé la lèvre mais je n’ai pas encore de culpabilité. Je pourrais même y retourner pour continuer de le frapper mais ses amis me poussent à dégager de là. Ils font même signe à des policiers de venir vers le salon et c’est là que je décide de réellement partir car je sais que je vais finir en cellule s’ils m’attrapent. Je prend le chemin vers notre appartement mais la colère gronde encore en moi. J’en veux à Tomas. J’en veux à tous les hommes qui observent Q’orianka. La fatigue, l’épuisement et le mental, jouent sur cette jalousie excessive car je n’ai pas la jugeote d’un gars posé. Et puis il y a aussi le fait que pour tenir le coup, un gars du boulot me donne des pilules depuis quelques jours. Celles-ci m’aident à rester debout mais elles ont un effet addictif. Je suis en manque, même si je ne m’en rend pas compte.

    J’arrive en premier à l’appartement. Q’orianka doit encore être au salon de thé. J’ai envie de tout casser. La culpabilité arrive et surtout la peur que Q’orianka me rejette. Pourtant en arrivant chez nous, il y a mon cousin en panique. Garrett me supplie de le suivre et il me demande surtout où se trouve Q’orianka. Il a besoin d’elle car Anya est en train de perdre son bébé. Il n’a pas les moyens de l’amener à l’hôpital et c’est donc vers nous qu’il se tourne.

    “ – Elle est où ??
    _ Va la chercher au salon de thé près de la mairie.. On se retrouve chez toi, je vais rejoindre Anya !”

    Je n’ai pas le courage de confronter Q’orianka maintenant. Garrett fonce retrouve mon épouse pendant que moi je rejoins la sienne. C’est une boucherie. La petite brune est dans son lit, inconsciente et surtout entourée de sang. Je comprend assez vite que ce n’est pas qu’une simple petite intervention et je ne sais même pas si Q’orianka réussira à l’aider car là nous nous éloignons du simple breuvage de santé. Si on la laisse ici, elle ne survivra pas. Je me remets dans un esprit instinctif et je la prends dans mes bras pour partir vers l’hôpital. Les économies que j’avais mis de coté pour Q’orianka et moi, seront utilisées pour Anya et Garrett. Je suis certain que Q’orianka ferait la même chose que moi pour sauver sa meilleure amie.

    A peine la porte de l’hôpital passée, des infirmières courent vers moi et elles prennent en charge Anya. Dans la petite salle d’attente à coté, il y a un visage qui m’est familier. Q’ est ici, certainement pour Tomas. Il a dû être amené ici pour soigner ses blessures aux visages. Garrett doit être en train de parcourir tous Edimbourg pour trouver Q’orianka mais c’est ici qu’elle est. Je vois ses deux grands yeux marrons se lever vers moi. Je suis toujours à l’entrée, debout mais surtout ensanglanté. Mes vêtements ont un mélange du sang de Tomas et de celui d’Anya. Je porte sur moi du sang que j’ai moi-même fait verser et aussi du sang que je tente de sauver. L’image est presque horrifique. Je pourrais prétendre à être une sorte de Jack L’eventreur d’Edimbourg s’il n’y avait pas de contexte défini. Q’orianka se relève de sa chaise pour venir vers moi. Elle a besoin d’explication pour Anya, pour Tomas, pour tout.. Mais les policiers sont aussi puisqu’ils ont escorté Tomas. Ni une ni deux, j’ai les menottes aux poignets. Ils me disent qu’ils m’amènent au poste pour que je puisse m’expliquer. Ils ne me laissent pas le temps de m’expliquer avant avec mon épouse.

  112. Avatar de M.
    M.

    J’ai du mal à réaliser, à comprendre. J’ai merdé, j’ai fais n’importe quoi et je n’arrive pas à expliquer ce sentiment qui m’a traversé. Je sais que je suis quelqu’un qui n’aime pas partager et qui peut être jaloux mais de là à être autant violent ? Maintenant Q’orianka doit me détester.. Cela cumulé à mon cousin qui vit un moment compliqué et puis cette nouvelle vie qui joue sur mon énergie.. Oui.. je suis totalement perdu et au lieu de chercher à aller m’excuser comme je l’aurais fait en temps normal, je reste caché dans l’appartement. Q’orianka n’y vient plus depuis plusieurs jours et je me retrouve seul, enfermé dans cette pièce sombre, sans manger ni dormir. Je dois faire pitié. Je suis certain que dans d’autres circonstances, je me moquerais de moi-même mais là c’est impossible. Je me sens coupable et surtout je me sens monstreux. Pas pour Tomas mais pour Q’orianka. Elle se retrouve avec une bête en tant qu’époux et elle ne me fera plus jamais confiance. Et puis Sam.. Mon frère n’a pas été tendre avec moi mais ses mots ont été chargé d’une vérité qui m’a giflé.

    Alors que j’étais encore en cellule, un policier a fini par m’ouvrir la porte en me disant que mon avocat était présent. Sur l’instant T, je n’ai pas réfléchi au fait que cela pouvait être mon grand frère mais oui, Sam était là pour me défendre. Non pas par son bon vouloir mais parce que Q’orianka l’a supplié de m’aider. Il a profité de ces retrouvailles pour me faire une leçon de morale ou plutôt pour dégueuler ce qu’il pense réellement de moi, de ma vie, de ce qu’il garde pour lui depuis toujours.

    “ – C’est difficile la vie lorsqu’on est plus couvé par sa maman hein ? Tu as toujours été le petit préféré mais regarde maintenant que tu n’es plus sous la coupe de nos parents, tu fais de la merde et c’est moi qui doit te sortir de tes conneries. Tu vas tout perdre Henry, tu le sais ? Q’orianka ne mérite pas du tout un homme comme toi. Elle aurait mieux fait d’épouser le seul Cavill qui s’est toujours débrouillé par lui-même et qui n’est pas un sauvage, c’est à dire moi.
    _ Tu es venu pour me sortir de cellule ou pour me cracher ta haine ?
    _ J’en profite pour faire les deux. Tu n’es qu’un moins que rien Henry. Et..”

    Sur l’instant, je l’attrape par le col et je le plaque contre le mur d’une ruelle. Je sais qu’il va être cruel avec moi et cela fait ressortir ce que je déteste, mon impulsivité. Cela lui donne aussi de la légitimité sur ses paroles.

    “ – Regardes.. tu ne sais même plus te contrôler. Après avoir défiguré le fils du duc, tu veux frapper ton propre frère.
    _ Tu n’es rien pour moi Sam. Tu n’es qu’un homme jaloux et méprisant. Tu me détestes autant que je te déteste.
    _ Tu as raison, je te déteste. Parce que tu as toujours obtenu ce que tu voulais sans bouger le petit doigt, malgré tes frasques et ton caractère.
    _ Peut-être que tout serait différent si au lieu de me jalouser, tu devenais un vrai frère.”

    Il pouffe de rire alors que je le lâche. Je ne le remercie pas de m’avoir sortie de prison, je pars vers l’appartement en espérant y retrouver Q’orianka mais Sam n’a pas fini de rabaisser.

    “ – Tu vas faire quoi maintenant ? Reprendre ta vie comme si de rien était ? Sache que l’affaire a fait grand bruit. Le père de Tomas veut un procès, l’université pense à te virer et ton épouse ne veut plus de toi. Tu n’as plus rien à par ton métier de charpentier. Quelle vie..
    _ Tais toi Sam..
    _ Non Henry ! Je compte bien te montrer que ton petit monde est en train de s’écrouler.
    _ Cela te fait jouir ? Tu es heureux ? Tant mieux pour toi.
    _ Je suis assez satisfait car pour une fois tu pourras enfin ouvrir les yeux sur la réalité et surtout sur qui tu es. On a vécu des années avec tes amnésies à la con et aussi tes frasques légendaires. Bien sûr, tu dis ne pas t’en souvenir mais est-ce vraiment vrai ? Ne te souviens tu pas des crises de colère que tu as eu envers nos parents, notre soeur ou même certains de tes amis ? Et puis aussi tes soucis d’alcool, de substances ? Dois-je les raconter à Q’orianka ?”

    Je préfère ne plus lui répondre et je pars m’enfermer dans l’appartement. C’est à partir de ce point que j’essaye de réfléchir, de penser, de me souvenir.. Est-ce que j’ai toujours été un monstre ? Je me souviens de la vie passée mais pas de l’actuel. Pourtant je sais qu’il y a des rumeurs sur moi, sur ce que j’aurais pu faire mais non, je n’arrive pas à comprendre. Je me force à rester éveillé et à tenter de retrouver cet autre part de moi, certainement pour pouvoir protéger la seule personne qui compte réellement à mes yeux. Je ne peux pas retrouver Q’orianka si je comprend que je suis un danger pour elle. Elle n’a pas le droit de vivre auprès d’un monstre.

    Plusieurs jours passent et la porte d’entrée s’ouvre. Je sens son parfum se rapprocher de moi. Q’orianka est de retour, le visage grave, triste. Elle vient près de moi et elle se reproche toutes mes erreurs. Elle porte mes coups. Elle prend ma bestialité pour sienne. Je l’écoute silencieusement mais quand elle fond en larmes, je ne peux plus garder mon silence.

    “ – Arrête de te blâmer.. Tu n’as rien fait, c’est moi le monstre. Je me souviens.. De toute cette vie avant toi. Je me souviens de ce que j’ai fait et de qui j’étais avant de te retrouver à l’université. Et.. et je crois que j’aurais dû ne jamais te recroiser Q’orianka. Tu.. Tu as épousé un monstre.. un horrible monstre.. Une abomination.. ”

    Je ne sais pas si j’ai halluciné à cause du manque de sommeil et le manque de nourriture mais j’ai vu ce passé. J’ai vu ce que j’ai fait. J’ai vu ce que mes parents ont fait pour me protéger ou plutôt pour cacher mes actes. Q’orianka ne s’en doute certainement pas, mais bien qu’elle a vu un aspect violent de moi-même, elle n’a pas vu le pire. Je crois même que depuis son retour dans ma vie, elle me temporise. Sans sa présence, sans son retour, j’aurais continué d’être celui que la presse nomme Jack l’Eventreur. Oui, j’ai tué.. J’ai mutilé, j’ai massacré. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi j’ai fait ça et pourquoi je suis comme ça. Est-ce que je suis un malade mental ? Est-ce que quelque chose à pris possession de mon corps ? Ou est-ce parce que je n’avais pas Q’orianka auprès de moi ? Autant de questions sans réponses mais pourtant il y a une réalité que je dois lui avouer maintenant. Elle doit savoir. Elle doit s’éloigner au plus vite. Elle doit voir mon vrai visage, me détester autant que je me déteste.

    “ – Je sais que depuis mon enfance, j’ai des moments ou je perd le contrôle de moi-même et surtout où un instinct mauvais prend le dessus.. Je.. Je ne sais pas pourquoi. Est-ce parce que je suis un possessif ? Un frustré ? En tout cas je suis le diable incarné. Et je dois te dire ce que je sais.. Tu dois savoir que tu as épousé un horrible monstre et qu’il faut que tu prennes la fuite Q’orianka. Tu.. Tu dois te protéger de moi..”

    Je baisse les yeux et je sens surtout ma cage thoracique se comprimer.

    “ – J’ai.. J’ai tué.. non.. en fait j’ai massacré des femmes.. mais pas que. J’ai fait du mal à énormément de monde. J’ai provoqué des choses que tu ne souhaiterais même pas à ton pire ennemi.. Il y a quelque chose en moi qui me poussait à être violent, sanglant, démoniaque.. J’ai tout revu. Je me souviens de tout ce que j’ai fait. Alors non, tu n’y es pour rien. C’est moi qui a un énorme problème. Ce n’est pas une question de confiance.. J’ai un diable en moi qui ne demande qu’à sortir.”

    A mes yeux, ça n’a aucun rapport avec elle. Qu’est-ce qu’elle aurait à faire dans cette histoire de bestialité ? Elle n’a pas le contrôle sur moi.. Ou du moins, pas volontairement. Ses pouvoirs sont à l’origine de mon état. Ils me forcent à être un monstre pour la protéger. Ils veulent l’éloigner de moi car une déesse n’a rien à faire avec un simple humain. Pourtant l’amour qu’il y a entre nous depuis nos retrouvailles, font que j’ai repris un léger contrôle sur mon esprit. Sauf avec Tomas, où j’aurais pu le tuer si on ne m’avait stoppé.

    “ – Tu n’es plus en sécurité auprès de moi. Alors pars.. Vas t’en. Tu dois t’éloigner avant que je ne finisse par te faire beaucoup plus qu’une simple bagarre avec un jeune homme. Si.. si ça recommence comme avant, je vais finir par te tuer. Est-ce que tu en as conscience ?”

    Mon air est grave mais surtout effrayé. Je suis effrayé à l’idée de lui faire subir ce que j’ai fait aux autres femmes. Je dois avouer que j’ai eu à l’esprit d’aller me livrer à la police ou même de mettre fin à ma vie pour la protéger mais je ne pouvais pas faire quoi que ce soit sans qu’elle ne sache. Elle doit savoir pour comprendre. Elle doit savoir qu’elle n’a rien fait de mal et qu’elle doit refaire sa vie dans un endroit où elle n’aura pas un monstre pour compagnon.

    “ – Je t’ordonne de partir ! De.. de ne pas vivre cette vie avec moi.. Tu dois être en sécurité et heureuse ! Et.. et je ne peux pas t’apporter ça ! surtout si c’est moi à la place du bourreau !”

  113. Avatar de M.
    M.

    Je l’ai blessé. Je l’ai même horriblement éraflé par mes mots mais moi aussi je me suis giflé en les disant. J’aime cette femme a en crever et je ne m’imaginge plus vivre loin d’elle, cependant j’ai en tête ce que j’ai fais aux autres femmes. Je revois tout ce que j’ai fait dans les moindres détails. Je revois aussi les colères que j’ai eu envers de parfaits inconnus. Je porte sur mes mains bien plus de sang qu’un soldat revenant de guerre. J’ai tué par pure plaisance. J’ai torturé et aimé ce que j’ai fais.. Je le sais, mon esprit me le fait comprendre. Q’orianka dit pouvoir m’aimer dans les ténèbres mais a-t-elle réellement conscience de qui se tient devant elle ? Elle dit sentir la violence qu’il y a en moins mais sait-elle jusqu’où cette violence peut-elle aller ? Elle m’hurle dessus, elle pleure et surtout elle me fait comprendre qu’elle ne me laissera pas couler. Elle veut être là pour porter mes hontes, mes peurs, mes colères.. Alors que moi je suis effrayé par ce que je pourrais lui faire. Je suis bien plus faible qu’elle. Elle a un courage qui pousserait le monde entier à se mettre à genoux devant elle. Je n’arrive même pas à rétorquer, à encore lui dire de partir. Face à elle, je suis désarmé. Elle a cette puissance qui ne permet pas de se révolter. Et c’est même pire lorsqu’elle vient s’accrocher à moi, que ses bras serrent mon corps contre le sien. Elle me tient avec une telle force que je ne pourrais même pas me relever de ma chaise.

    “ – Promets moi.. Promets-moi une chose Q’orianka.. Une seule chose.”

    Je relève mes yeux. Ils sont humides, prêts à lâcher toutes les larmes du monde.

    “ – Si je tente quoi que ce soit d’horrible sur toi.. Promets moi de me stopper définitivement. Tu sais ce que je veux dire par là.. Je souffre déjà de savoir que j’ai tué des personnes mais je ne pourrais jamais me relever si je sais que je t’ai fais du mal à toi..”

    Je ne sais pas comment me dépatouiller de tout ça. Du moins, je ne sais pas si ma condition est dû à une sorte de sort où si je suis vraiment un monstre. Je ne sais pas si je peux me contrôler ou si je suis encore condamné à perdre mes moyens. Je vais vivre avec une incertitude effrayante mais je me sentirais plus apte à continuer si elle me promet de m’arrêter si je venais à de nouveau perdre pied. Elle est certainement la seule qui sait tout de moi et de mes actes. Elle est la seule qui connaît l’homme mais aussi sa version incomprise ou bestiale.

    “ – J’ai peur.. j’ai si peur… et.. je m’en veux tellement.. pourquoi je suis comme ça ? Pourquoi.. pourquoi j’ai l’impression d’être une plaie ?”

    Et là je fond. Je perds mes moyens. Les larmes coulent sans pouvoir être stoppées. Je sens mon épouse me serrer encore plus. Elle devient mon ancre pour éviter que je ne coule au fond du gouffre. Je pose mes mains sur ses hanches pour me raccrocher à elle. Cette soirée est teintée de doutes, d’incompréhensions mais elle révèle aussi à quel point on peut s’aimer. La belle et la bête.. On pourrait en être les personnages principaux. Une magnifique jeune femme intelligente et une bête colérique, indomptable qui pourtant est follement épris de cette sublime demoiselle. Malheureusement je n’ai pas de pétales de roses qui peuvent m’indiquer quand mon calvaire va prendre fin, ni de remède pour mes maux.

    La nuit est silencieuse mais nous sommes l’un contre l’autre dans le lit. Nous n’arrivons pas à fermer l’œil. Elle a certainement peur que je m’en aille alors que moi je réfléchis à toutes les options pour savoir comment ne pas lui faire de mal. Est-ce que l’atlantide pourrait m’aider ? Ou alors un psy ? Qu’en sais-je.. Cela risque de devenir la quête de ma vie.

    Au matin, elle se prépare puisqu’il y a cours. Elle n’y a pas été de plusieurs et moi non plus, cependant je sais que je vais être viré. Le père de Tomas a beaucoup trop de poids pour que le directeur me fasse une faveur. Je suppose que je ne deviendrais pas un archéologue mais un charpentier à vie.. Pour ça aussi je m’en veux. Je dois lui faire honte. Je n’ose même pas la regarder quand elle se tourne vers moi. Je suis assis dans le lit, le visage baissé.

    “ – Tu vas être en retard.. Je te promet d’être encore là lorsque tu reviendras des cours.. Je.. Je vais rester ici avec Lux.”

    De toute façon, je n’ai pas envie de sortir. Je préfère me cacher. Pourtant dans mon ombre, il n’y a pas que mon épouse qui veut m’aider. Anya et Garrett veulent nous aider. Malgré leurs propres douleurs à cause de la perte du bébé, Anya est certaine qu’elle peut aider notre couple à passer cette mauvaise phase. Garrett est un peu plus porté sur le côté mystique. Il pense que je suis envouté ou que quelque chose prend possession de moi. Il compte en parler avec Q’orianka pour qu’ensembles ils puissent étudier la piste. Mais le plus surprenant vient de Tomas. Je lui ai brisé le nez et je l’ai rabaissé sans aucune pitié mais il attend Q’orianka sur le parvis de l’université. Il sait quelque chose d’important et il veut en faire part à mon épouse.

    Quand elle arrive, il ne la laisse pas s’excuser pour mon comportement. Il lui fait signe de la suivre pour aller vers la bibliothèque de l’université. Il veut lui montrer un livre ancien, qu’il a beaucoup étudié car il a lui-même une sorte de problème qu’il n’arrive pas à maitriser.

    “ – Je crois qu’Henry n’est pas fou. Je crois surtout qu’il est ensorcelé ou quelque chose du genre. Je peux t’aider car j’ai déjà vécu ça.. Je sais que tu vas certainement me prendre pour un fou mais il y a des choses que l’on ne peut expliquer. Comme une sorte de magie qui nous entoure..”

    Dit-il alors qu’il a face à lui une femme qui n’est autre qu’une déesse mais bon, il n’a jamais été tourné vers l’atlantide mais vers une autre civilisation qui n’est pas si différente de celle des atlantes.

    “ – Dans son regard, j’ai reconnu ce que j’avais déjà vu dans celui de ma mère. Elle avait cette même ombre très sombre. Elle était parfaitement normale mais par moment, elle changeait du tout au tout.. Mon père disait qu’elle était folle mais je n’y ai jamais cru. J’ai lu énormément de livres jusqu’à ce que je tombe sur un vieux livre qui parle des anciennes magies égyptiennes..”

    Il sort ce livre qui est dans un rayon très surveillé car ce sont des livres uniques et très fragiles. La dame d’accueille fixe Tomas mais il lui fait signe que tout ira bien. Il mène Q’orianka vers une table et il ouvre ce fameux livre à une page qu’il a étudiée sous tous ses aspects.

    “ – Tu vois la marque sur le cou de la personne ?”

    Il y a un personnage de dessiné et il a une étrange tâche sur son cou, presque en forme de croix.

    “ – Ma mère avait cette marque et Henry l’a aussi.. c’est léger mais il l’a. Tu dois le savoir non ? Et cette marque serait la marque des dieux.. Ceux qui possèdent cette tâche de naissance sont liés aux dieux. Cependant ils sont humains et le fait d’être lié aux dieux, fait que leurs esprits se perdent dans les abysses.. Ils n’ont pas la force mentale de supporter la puissance des dieux.”

    Il se met à lire en egyptien puisqu’il a appris à retranscrire les hiéroglyphes pour tenter de trouver un remède pour sa mère. Cependant il n’a pas eu le temps.. Elle a fini par se suicider il y a quelques mois.

    “ – Le livre ne dit pas s’il y a un moyen de les sauver mais je suis certain qu’il doit y avoir une solution. Il faudrait que je trouve d’autres vieux livres ou que j’aille en Egypte.. Mais tant que je ne suis pas majeur, je n’ai pas le droit de quitter l’Ecosse. Mon père me le refuse car il croit que mes théories sont idiotes.. Ils pensent même que moi aussi je deviens fou. Dans un sens il n’a pas tellement tord. Je n’ai pas la marque mais je n’en reste pas moins le fils de ma mère.. et je pense qu’elle m’a donné un peu de ses.. enfin, ses problèmes ? Je fais souvent des rêves très étranges. Des rêves où je suis dans d’autres époques. Et.. Et il y a toujours cette fille. Je dois t’avouer que je pensais que c’était toi mais non. C’est une autre fille à la peau bronzée.. Mais il y a toujours des ombres autour de moi. Autour d’elle. Je ne veux pas devenir comme ma mère.. et je ne tiens pas non plus à ce que tu perds ton époux.”

  114. Avatar de M.
    M.

    Je reste prostré dans cette chambre, dans un silence horrible et une solitude qui m’oppresse. Je réfléchis, je pense, j’imagine.. je m’enferme dans une prison invisible mais pourtant nécessaire tant que je ne comprendrais pas ce qu’il m’arrive. Et puis Q’orianka revient.. Elle revient avec un début de réponse. Elle a peut être trouvé quelque chose sur la condition mais est-ce que c’est possible ? Est-ce que je serais un maudit ? Ou alors n’est-ce qu’un faux espoir ? Je n’arrive pas à me réjouir, je m’effondre à nouveau car je ne sais plus quoi penser. Je ne sais pas si un jour j’aurais de nouveau un sentiment de bonheur, tant je me sens monstrueux. Comme pour me punir, mon esprit me remonter les actes que j’ai fais subir à ses femmes. J’en ai la nausée. Je crois que je n’ai jamais été autant mal de ma vie et Q’orianka reste là, près de moi. Elle me garde contre elle et elle se met même à chantonner une chanson atlante, certainement pour apaiser mon esprit.

    Encore une nuit silencieuse et pleine de douleurs. Je n’ai pas fermé l’œil, comme depuis plusieurs jours mais ce matin je me prépare aussi. Q’orianka doit aller en cours et moi je compte essayer de trouver d’autres découvertes sur cette histoire de malédiction. Elle est surprise en voyant que je vais me laver et que j’enfile ma tenue d’étudiant. Je souris légèrement quand elle se rapproche pour mettre correctement mon col de veste.

    « – Si c’est vrai alors je dois savoir s’il y a une solution contre ça ou non.. Je ne pense pas que ça va être simple à trouver et certainement qu’il y a d’autres livres mais qu’ils ne sont pas à Édimbourg.. Cependant je vais essayer de trouver. Parce que je veux guérir.. et je veux surtout vivre auprès de toi, en étant un époux normal.. du moins, pas un époux qui serait un danger pour toi. »

    J’ose embrasser son front. Mon baiser est timide, je le sais. Je ne me sens pas assez rassuré ni confiant pour lui donner plus que ce léger baiser. C’est idiot car elle est mon épouse mais j’ai cette peur qui me ronge. Il faut que je puisse la calmer en trouvant une vraie réponse. Est-ce que mon âme peut-elle encore être sauvée ?

    On fait le chemin vers l’université ensemble. Il pleut toujours alors je tiens un parapluie au-dessus d’elle pour qu’elle ne soit pas mouillée. Elle me parle un peu de nos amis et aussi de ses tutorats. Cela donne une note de normalité dans ce qui me semble être un enfer. Je lui demande même de recommencer ses tutorats pour ne pas qu’elle ne se renferme sur elle-même ou qu’elle ne se focalise que sur moi. Je sais qu’elle va faire sa têtue et elle va vouloir être présente au maximum mais je tiens aussi à ce qu’elle puisse respirer un peu.

    “ – Je vais prendre les petits couloirs pour ne pas qu’on me remarque. Je ne sais pas encore ce que le directeur a décidé mais je ne tiens pas à être jeté sur le parvis..”

    C’est vrai, je ne sais pas encore ce qui a été décidé pour moi à l’université. Sam devrait le savoir puisque c’est lui qui gère mon dossier mais je n’ai pas envie de le croiser. J’ai beaucoup de rancœur envers lui et je crois qu’elle est partagée. Je quitte donc Q’orianka pour aller vers la bibliothèque mais bon, Tomas a déjà fait le tour. Il sait ce qu’il y a ici et il n’y a pas trouvé la solution. C’est ce qu’il me dit lorsque je tombe face à lui. Mon regard s’assombrit un instant et il fait un pas en arrière, pourtant il ne prend pas la fuite.

    “ – Hm.. Pardonnes moi Tomas.. Pour ce que je t’ai fais..
    _ J’accepte tes excuses Henry mais surtout, je tenais à te dire que je ne t’en veux pas. Je sais ce que tu vis. Crois le ou non, nous sommes beaucoup plus similaire que tu ne le penses. Je ne sais pas si Q’orianka t’a raconté mon histoire mais ma mère a vécu la même chose que toi. Je l’ai tout de suite vu dans ton regard mais je n’étais pas certain, jusqu’à ce que tu me frappes dans ce salon de thé..
    _ Comment tu pourrais le voir dans un regard ?
    _ J’ai passé toute mon enfance avec une mère qui avait le même mal.. Elle n’était pas folle, elle était maudite.
    _ Et pourquoi aurait-elle été maudite ? Enfin.. Moi je veux peut-être le comprendre.. avec tout ce que j’ai déjà vécu.. mais ta mère ?
    _ Qu’est ce que tu as déjà vécu ? ça pourrait sûrement m’aider dans mes recherches.. Et pour ma mère, je pense que cela serait lié à son vrai amour.. Du moins, elle a été forcée d’épouser mon père à cause de leurs statuts respectifs mais elle était amoureuse d’un autre depuis longtemps. Je n’ai pas encore l’identité de l’homme mais je suis certain d’une chose, il n’était pas un noble et il devait certainement être un marin ou quelque chose du genre. Peut-être un pirate.. Je cherche toujours.”

    Tomas me propose d’aller ailleurs pour qu’il puisse me dire tout ce qu’il sait sur cette malédiction. Il propose un salon de thé mais avec ce qu’il s’est passé, je refuse et je lui propose plutôt d’aller dans un parc. L’air frais devrait me garder tranquille.

    Lorsque nous y sommes, je lui raconte ce passé avec Q’orianka et ce renouveau avec Kira. Il a dû mal à assimiler mais il me croit. Il comprend aussi que d’une certaine manière, je suis liée à une déesse.. Et c’est Q’orianka. La seule chose étrange, est qu’elle n’est pas égyptienne alors que la malediction vient de l’egypte ancienne.

    “ – Tu sais, je crois que toutes les religions sont la même.. Il n’y a que les noms des dieux qui changent. Je pense surtout qu’il y a des forces supérieures qui nous contrôlent et qui ont un grand pouvoir sur nous.”

    Lui avouais-je sans détour. Je sais qu’il faudrait que je prêche la parole de Jésus et ses disciples dans ce pays devenu catholique mais je n’ai jamais cru au christianisme. Tomas semble être de mon avis.

    “ – Tu as peut-être raison.. Alors Q’orianka aurait aussi des liens avec l’Egypte ?
    _ Je n’en sais rien mais je ne veux pas qu’elle se torture l’esprit avec tout ça. Je ne sais même pas si elle a encore des pouvoirs comme dans ce passé.. Tout est différent maintenant. Même cette malédiction, je ne l’avais pas dans l’autre vie.
    _ Tu as peut-être été marqué en arrivant dans cette nouvelle vie.. Il y a tellement de questions sans réponses..
    _ Je suis bien d’accord avec toi mais j’ai besoin de réponses. Je ne peux pas vivre ainsi.. Surtout auprès d’elle. Je suis un monstre, un danger permanent.. J’ai peur de lui faire mal ou de lui offrir une vie de malheurs. Elle ne mérite pas ça.
    _ Je vais t’aider Henry. Dans tous les cas, tu m’aideras en retour car je sais que je suis connecté à tout ça. Je ne suis pas maudit mais quelque chose me contrôle quand même. J’ai des visions de plusieurs passés et puis je veux laver l’honneur de ma mère.”

    Il aurait pu me rejeter et ne pas m’aider mais il est là. On se sépare sur des promesses. Lui va continuer sa quête de livres anciens tandis que moi je pense pouvoir trouver quelques réponses auprès de mes parents qui ont quand même passé quelques années en Egypte avant d’avoir des enfants. Je vais devoir annoncer à Q’orianka mon départ pour Londres mais ça ne sera que dans quelques jours. En attendant qu’elle finisse sa journée de cours, je décide d’aller voir Garrett et Anya pour prendre de leurs nouvelles. Garrett n’est pas présent car il a dû retourner à son travail de pêcheur mais Anya est ici. Elle va mieux mais quelque chose est étrange.. Lorsqu’elle ouvre la porte de son petit appartement, elle a un air séducteur.. ou machiavélique ? Ou serait-ce mon esprit qui me montre cela ? J’hésite à entrer mais elle insiste.

    “ – Entre Henry.. J’ai préparé du thé.. Cela va te réchauffer.
    _ Je préfère repasser quand Garrett sera là..
    _ Pourquoi ? Tu as peur de moi ? Tu as peur de me faire du mal ? Peut-être que je n’attends que ça..”

    Et puis elle se jette sur moi. Du moins c’est ce que je vois, ce que je ressens. Elle m’attaque et je tombe dans un blackout total. Lorsque je reviens à notre appartement, je suis couvert de sang. Mon visage, mes mains, mes vêtements. Q’orianka n’est pas encore rentrée et je suis encore dans un autre monde. Ce n’est qu’en faisant face au petit miroir que je retrouve mes esprits. Je vois mon état.. Je vois un boucher. Qu’est ce que j’ai fais ? Je ne sais même pas ce qu’il s’est passé. Qui ai-je violenté ? Est-ce que j’ai encore tué ? C’est en retirant mes vêtements que je sais qui j’ai blessé car l’alliance d’Anya tombe au sol. J’ai du la mettre dans l’une de mes poches. J’ai tué Anya ? La meilleure amie de mon épouse et la femme de mon cousin ? Non.. Non c’est impossible. Je ne me rappelle de rien. Je n’aurais jamais pu faire ça. Pourtant les preuves sont là. Elles sont au sol, sur mes vêtements et ma peau.

    “ – Qu’est ce que.. qu’est ce que j’ai fait ?”

    La panique m’envahit. Je devrais retourner là-bas pour voir ce que j’ai fait et peut-être la sauver. Bien que si je suis ainsi, j’ai certainement dû lui faire subir le même sort qu’aux femmes de londres. Non, je dois partir. Je dois fuir. Je dois m’éloigner le plus loin possible de Q’orianka. Pas à cause de ce que j’ai potentiellement fait à Anya mais parce que je ne me contrôle plus. Je tue sans le vouloir. Je perd l’esprit sans pouvoir y faire grand chose.

    Je me change rapidement et je prend l’argent que l’on cache sous nos vêtements. Je retire mon alliance que je pose sur la table, ainsi que j’y laisse un mot ou j’écris “ Je suis tellement désolé.” Je dois partir maintenant. Elle ne doit pas me croiser ni savoir où je vais. Je veux qu’elle me haïsse. Je veux qu’elle retrouve une vie saine. Une vie sans un monstre pour époux.

    Je fuis. Je prends le premier bateau en partance du port d’Edimbourg. Il va vers la France mais je compte aller plus loin. J’irai en Egypte. Avec l’esprit anéanti car vivre loin d’elle est une vraie douleur saignante mais quitte à me cacher et à vivre en ermite, autant que je le fasse en essayant de stopper cette malédiction.

  115. Avatar de M.
    M.

    Je ne fais que de penser à elle. Elle est dans mes pensées. Elle est en moi. Mais sans m’en rendre compte, c’est ce qui me sauve et m’évite de chuter encore. En ne pensant qu’à elle, je ne laisse pas les ombres m’envahir. Pourtant j’ai un putain de manque et une douleur inconmensurable. J’ai l’impression d’avoir laissé tout mon souffle auprès d’elle. Plus je m’éloigne de l’Ecosse, plus je souffre mais je sais que je n’ai plus le choix. J’ai tué une personne importante dans nos vies. J’ai fait saigner quelqu’un que je considérais comme une grande amie et une sœur. Si je suis capable de faire cela à une proche comme Anya, j’aurais pu aussi m’en prendre à Q’orianka.

    Qu’est ce qu’elle devient ? Que penses t’elle de moi ? Est-ce qu’elle me déteste ? Est-ce qu’elle me cherche ? Est-ce qu’elle va bien ? Tout tourne autour d’elle sauf quand je me retrouve dans des bibliothèques ou chez des antiquaires pour tenter de trouver des choses sur ma malédiction. J’ai le bon sens de ne pas partir tout de suite vers l’Egypte et de faire un détour sur Paris car je sais qu’il y a bon nombres de découvertes qui y ont été transportées. Les musées regorgent d’artefacts égyptiens grâce aux fouilles post-Napoléoniennes.

    Les jours passent. Les semaines passent. Les mois passent. Et puis une année est passée. Une année sans que cette douleur ne se calme. Une année proche de l’enfer. Une année où j’ai plusieurs fois hésité à retourner auprès d’elle mais j’ai dû me forcer à ne pas céder. Pour cela, j’ai dû apprendre à m’occuper et à trouver des petits boulots. J’ai quitté Paris et j’ai pris le chemin vers le Caire après avoir appris dans un livre qu’il y avait un moyen de briser une ancienne malédiction.

    C’est un papyrus très ancien qui n’avait pas encore été déchiffré ni même montré au grand public mais avec un peu de manipulation et aussi un bon jeu de discrétion, j’ai pu m’en approcher. Je ne savais pas lire le hiéroglyphe mais aussi bien que cela soit, j’ai réussi à traduire les mots sans même connaître la langue. Cela m’avait fait la même chose à Atlantis. Dans ces écrits, il était dit que je n’étais pas maudit mais connecté aux dieux. J’étais une sorte de lien entre les hommes et les dieux, cependant leurs pouvoirs étaient trop lourds pour mon statut d’humain. Dans l’ancienne Egypte, ces hommes étaient souvent mis au statut de pharaon mais leurs vies n’étaient jamais très longues. Ils finissaient par se donner la mort car la connexion les rendait fou. Il n’y a qu’un Pharaon qui a réussi à contourner ce statut et vivre jusqu’à sa belle fin. Ramsès II a été l’un des plus grand pharaon et il n’a pas fini fou car il a porté un collier ou un bracelet, qui lui aurait permis de garder ses esprits et surtout garder le contrôle sur lui. Il n’avait pas trouvé de moyen de stopper le lien mais il avait quand même quelque chose qui pouvait minimiser les symptômes. Je dois donc trouver ce bijou, cependant ça ne va pas être quelque chose de simple car on a trouvé son tombeau dans la vallée des rois mais il a déjà été profané. Il n’y avait plus rien, même pas son sarcophage. Les trésors funéraires sont très probablement dispersés dans toute l’egypte et revendus sur les marchés noirs.

    C’est ainsi que je me retrouve là, en Egypte. Le Caire, Alexandrie, Louxor, Memphis, Assouan.. J’erre dans les villes pour trouver les trésors de Ramsès. J’ai aussi monté une sorte de petit business afin d’avoir de l’argent et ne pas finir sans rien. Moi aussi je marchande des anciens artefacts que je trouve lors de mes voyages ou mes fouilles dans ce pays. J’ai un compagnon de route qui se nomme Sélim et qui n’a pas hésité à me suivre après que sa famille se soit faite massacrée par des rebelles. Il n’a que seize ans et il m’est d’une aide précieuse, cependant j’évite de lui raconter mon passé ou même ce que je ressens. Je garde tout en moi. J’ai réussi à ne pas encore laisser le monstre reprendre le dessus. Enfin, je n’ai tué personne depuis Anya. J’ai quand même parfois perdu mes moyens mais j’ai su m’éloigner avant le grand drame.

    Aujourd’hui je suis à Louxor, non loin du temple de Ramsès II. Assis sur la terrasse d’un café, je lis un journal qui parle des dernières actualités et parfois des artefacts retrouvés. Il se dit qu’un nouveau temple serait sur le point d’être découvert non loin de là et qu’il serait aussi une construction de ce grand pharaon. Je vais devoir y aller mais je n’imagine pas une seconde qu’elle y sera aussi..

    Un groupe d’élèves est envoyé à Louxor pour cette nouvelle découverte. Les meilleurs de chaque classe ont le droit à cette faveur. Ils vont aider les archéologues à mettre à jour le site. Q’orianka y fera parti, Tomas aussi mais il y aura aussi Anya. Garrett a abandonné les études donc il n’a pas eu le droit d’être de la partie mais ça ne l’a pas empêché de prendre un bateau pour venir en tant que touriste. Il ne lâche plus les filles depuis que j’ai failli éventrer et égorger son épouse. Et il a bien raison.

  116. Avatar de M.
    M.

    Il y a du monde sur le site du nouveau temple. Depuis quelques jours, je l’observe de loin pour savoir quand je pourrais y jeter un œil sans être attrapé. Pour cela je me suis habillé comme les nomades du désert. Il n’y a que mes yeux bleus qui pourraient me trahir. Sélim est toujours auprès de moi mais lui a pu s’approcher un peu plus en se faisant passer pour l’un des employés qui retirent le sable des entrées. Ainsi, il a pu voir s’il y avait déjà des découvertes mais pour le moment il n’y a rien à signaler. Ils ne sont qu’au début de la découverte donc on ne peut savoir s’il y aura des trésors de Ramsès ou non. Pourtant il y a un bel et bien un trésor précieux sur ce site et c’est mon épouse.. Pourtant je ne le sais pas encore. Sélim ne la connait pas et moi je suis trop éloigné pour voir qui est présent. Mon ami m’a seulement parlé de ce Lord Wexley qui serait le mécène de cette fouille. Il serait accompagné d’étudiants mais pour Sélim, ceux-ci viennent d’Irlande alors je ne cogite pas trop. Impossible que Q’orianka soit ici puisqu’elle vit en Ecosse.

    “ – Ils vont faire une pause dans deux jours car il y a un banquet de donné en l’honneur de l’anniversaire de ce Lord. Vous devriez être tranquille pour aller voir le temple.
    _ Tu es certain de toi ? Car si je me fais attraper, ils n’hésiteront pas à me faire mettre en cellule.. Les Irlandais ou même les anglais, n’ont aucun mal à traîner leurs compatriotes dans la boue lorsqu’il s’agit de ramener des trésors au Royaume. Le British Museum est l’exemple parfait de la ferveur anglaise à obtenir tout ce qu’elle veut.”

    Il m’assure que dans deux jours je serai seul. Il me reste deux jours avant de pouvoir fouler ce temple. En attendant, je retourne vers l’intérieur de la petite ville de Louxor, à l’écart des regards indiscrets. J’ai réussi à me mêler aux Egyptiens mais les étrangers me voient d’un mauvais œil. Surtout les britanniques. Depuis que je suis ici, j’ai encore changé physiquement. Ma peau est beaucoup plus bronzée, mes cheveux beaucoup plus longs et ma barbe plutôt longue. Je me fond quasiment dans la masse et ça ne plaît pas aux visages plus pâles que sont les européens. Pour eux, je suis devenu une sorte de rebelle qui s’est converti à l’islam et qui est certainement ici pour tenter de voler les étrangers. En soit, ils n’ont pas tord pour les vols mais pas pour le reste.

    Le groupe d’étudiants et le Lord, sont logés dans un prestigieux hôtel de la ville. Ils ne sont pas mêlés aux petits peuples et c’est ce qui fait que je n’ai toujours pas d’information sur eux. Cela ne m’arrête pas dans ma quête et lorsque ce jour d’anniversaire arrive, je suis prêt à aller dans le temple à mon tour. Deux jours avant moi, Q’orianka était dedans et je n’en ai toujours pas conscience. Du moins, j’ai tout de même une sensation étrange. J’ai l’impression d’être déjà venu ici ou alors qu’il y a quelque chose de familier non loin de moi. Mais je ne peux pas m’y attarder, je n’ai pas le temps de penser à ça, je dois surtout trouver le bijou.

    Une réception est donnée à l’hôtel pour l’anniversaire du Lord et tout le beau monde ainsi que les étudiants, sont conviés. Au temple, il n’y a que quelques gardes mais j’arrive facilement à les faire taire en donnant quelques billets pour aller fouiller. J’entre seul, avec une simple torche pour compagnie et une détermination sans faille. J’ai encore cette sensation familière et plus j’avance, plus j’ai l’impression de m’approcher de mon but. Le bijou est ici mais où ? Tout n’a pas encore été déblayé et ça pourrait prendre des mois voir des années pour que ce temple soit totalement mis à jour. Je n’ai pas autant de temps mais je n’ai pas non plus les bras de mille hommes. Pour une fois, j’essaye de ne plus réfléchir et de laisser mon instinct me guider mais lorsque je ferme les yeux, je la vois.. Elle est là et elle tient le bracelet entre ses mains. Q’orianka tient ce bijou en feu et elle le tend vers moi. Je n’ose pas le prendre car je suis surtout paralysé par la vision de mon grand Amour.. Oui, elle est là et elle est bien plus importante que ce bijou. Pourtant ce n’est qu’une vision, qu’une illusion car en une fraction de seconde, les images changent et je me retrouve enchaîné. Habillé d’un simple pantalon, je suis attaché à un mur d’une cellule et l’un des gardes me fait un signe qui ne donne aucune équivoque. Il mime un égorgement et cela montre ma future sentence. J’arrive à stopper cette hallucination lorsque ma torche tombe mais j’entend des cris à l’extérieur. Quelqu’un sait que je suis ici. Quelqu’un veut me trouver et m’arrêter.

    Il fait trop sombre pour que je sache où aller me cacher. J’avance sans savoir où je vais et c’est une bien mauvaise idée puisque je finis dans un cul de sac. Les voix se font de plus en plus proches. Une lumière aussi se rapproche et là, je me retrouve devant ce fameux Lord. Il hurle à ses hommes de main de m’attraper mais il est clair que je ne compte pas me laisser faire. Je me bat pour éviter d’être fait prisonnier et j’arrive à semer ces hommes, pourtant à la sortie du temple je n’arrive pas à semer celui qui va m’envoyer en prison. Garrett est là. Je tombe nez à nez avec lui. Son regard est sombre, enragé. Il profite de mon trouble pour me maîtriser et laisser des gardes me menotter. Si Garrett est là.. Q’orianka est aussi ici ? Je ne l’aperçois pas quand les gardes m’éloigne du site mais Garrett compte bien la protéger de moi.

    “ – C’est l’ex époux de Q’orianka. Celui qui a fait du mal à ma femme.
    _ Votre cousin Henry ? Je croyais qu’il était mort ?!
    _ Non, il semble être encore vivant.. Mais on peut arranger cela. Il ne faut que personne ne sache qu’il est ici, surtout pas Q’orianka.
    _ J’y comptais bien. Si elle le sait, elle refusera catégoriquement ma demande en mariage.”

    Garrett agit avec colère et rancune, mais qui ne ferait pas comme lui ? J’ai brisé son épouse et j’ai failli la tuer. Il veut me voir disparaître à jamais ou alors se venger. Pour l’instant, il a réussi à me faire envoyer en cellule mais il va lui falloir un bon motif pour que je sois condamné à la peine de mort. Ici, elle est toujours d’actualité et la pendaison se fait toujours en grande pompe. Sélim me voit partir avec les gardes et il comprend que je vais être prisonnier. Il n’a pas d’alliés pour m’aider ni même d’idées pour me tirer de là. Ce n’est encore qu’un jeune homme dans l’apprentissage des vices de ce monde. Pourtant c’est lui qui va donner un semblant d’alerte à celle qui fut mon épouse et qui est toujours mon plus grand trésor.

    Au lendemain de cette altercation, je suis toujours en cellule et Sélim a repris le chemin du temple pour jouer encore à l’employé. Il veut surtout avoir des échos sur ce qui m’est arrivé et ce qu’il va m’arriver. Lord Wexley n’a rien prononcé, il cache avidement mon arrestation et il se refuse à évoquer mon nom. Pourtant en fouillant dans le temple, l’un des employés qui retire le sable, ramène un vestige de mon passage. Il y a des morceaux de bracelet mais ça n’a rien à voir avec un bracelet égyptien. C’est le bracelet en perles que m’avait offert Q’orianka. Il a été fait selon la tradition amérindienne donc nous sommes très loin de l’ancienne égypte. L’employé amène ça à Q’orianka, croyant avoir trouvé un trésor de Ramsès mais non. Sélim reconnaît ce bracelet et Q’orianka aussi. Elle part vite se cacher pour être la seule à l’observer, loin des yeux indiscrets mais Sélim se met à la suivre. Ils se croisent derrière une tente et mon acolyte pointe du doigt la main de Q’orianka.

    “- Vous le connaissez ? Monsieur Henry ? C’est son bracelet..”

    Dit-il avant de se rapprocher pour mieux voir les morceaux de bracelets. Aucun doute, cela m’appartient. Il l’a assez vu sur mon poignet pour être formel.

    “ – Monsieur Henry a été envoyé en prison. Il va être jugé et condamné à mort. C’est ce qu’on dit les deux hommes hier.”

    Il n’attend rien de Q’orianka mais il veut lui dire ce qu’il sait, peut-être dans le minime espoir de me sortir de là. Je suis devenu la seule famille de ce gamin, tout comme il est devenu ma seule compagnie. Il n’y a pas de démonstration fraternelle mais on tient à l’un comme à l’autre.

    “ – Monsieur Henry est venu ici pour trouver le bracelet de Ramsès. Il n’allait rien voler d’autre, juste ce bracelet. Il le cherche depuis longtemps. On a parcouru tout le pays pour trouver ce bijou.”

    Mais Sélim cesse de parler lorsqu’il voit Wexley s’approcher. Le lord fronce les sourcils car Q’orianka ne devrait pas être ici avec ce qu’il considère comme un esclave. Elle a le temps de cacher le morceau de bracelet mais pas de fuir ses questions.

    “ – Que faites vous ici ma chère ? Tout va bien ? Ce jeune homme vous incommode ? On vous cherche de l’autre côté. Monsieur Hardy a trouvé un nouveau passage qui pourrait mener à des sous-terrains funéraires.”

  117. Avatar de M.
    M.

    Elle est ici. Elle est en Égypte et elle m’a fait sortir de prison. Cependant tout n’est pas heureux comme dans les films à l’eau de rose. Elle n’est pas ici pour me retrouver mais parce qu’elle est avec ce groupe d’étudiants qui doivent fouiller le tombeau. Elle n’est pas non plus seule. Elle doit fêter ses fiançailles avec cet homme riche et il m’a ordonné d’être présent. Certainement veut-il parader devant moi et me montrer qui il est. Après tout, il m’a fait amener en cellule mais il m’a aussi fait sortir de là. Je déteste cet homme mais qui suis-je pour entraver cette nouvelle vie que Q’orianka se créer ? N’est-ce pas ce que je souhaitais pour qu’elle soit enfin en paix ? Je n’ai toujours pas le bracelet et je suis encore un danger, pourtant elle est toujours en moi. Cette femme m’obsède toujours.

    J’ai hésité à venir à la soirée. J’étais prêt à reprendre la fuite mais mon cœur m’a poussé à y aller juste pour la revoir un instant. Oui, je veux voir si elle est heureuse, si elle a changé.. Je sais qu’il faut que je garde mes distances pour éviter un nouveau drame avec cet idiot de Wexley mais j’ai besoin de la voir. J’ai enfilé un costume que Sélim a trouvé pour moi et j’ai rejoins l’hôtel. Personne ne me reconnaît et tant mieux. Je sais que Garrett doit être dans le coin donc je me fais petit car il a de quoi me mettre la rouste de ma vie. Je me cache et observe silencieusement. C’est elle que je veux voir et je fini par la voir. Elle est sublime. Elle est divine. Tout le monde est subjugué devant sa beauté mais pas plus que moi. Mon cœur se serre tellement que j’en ai un mal de chien mais une douleur beaucoup plus lourde me prend quand Wexley arrive à son bras. Il clame haut et fort qu’elle est sa future femme. J’angoisse. J’ai du mal à respirer. Je dois sortir un instant.

    « – Je te croyais plus combatif que ça. »

    Je connais très bien cette voix et je n’ose pas relever mon regard. Anya est ici. Elle est non loin de moi. Elle devrait me sauter dessus et m’hurler que je suis un monstre mais elle ne le fait pas. Je relève mon regard abattu vers le sien. Elle n’a aucune haine envers moi. On dirait même qu’elle a une empathie immense.

    « – Tu n’aurais pas dû partir.. Elle avait besoin de toi. Elle vivait pour toi.
    _ Tu sais comme moi ce dont je suis capable.. Je suis même.. plus que surpris que tu sois encore vivante..
    _ Ce n’était pas toi Henry. J’ai vu deux facettes. Celui qui voulait me tuer et celui qui se battait contre lui-même pour ne pas me faire de mal. J’en ai parlé à personne, même pas à Garrett.. Je garde les images pour moi depuis un an. J’ai eu très peur ce soir là et j’ai eu très mal mais ce qui a été le plus difficile, ça a été de te voir dans cette détresse. Tu n’arrivais pas à calmer cet autre personne qu’il y avait en toi et tu.. tu avais retourné l’arme contre toi. C’était toi qui devait mourir Henry. N’as-tu pas une cicatrice sur ton torse ?
    _ Hm.. oui.. mais ce n’est rien comparé à toi.
    _ Tu as voulu t’embrocher le cœur et j’ai réussi à t’arrêter. Cela m’a valu un coup de couteau dans le ventre mais je ne regrette pas. Si je ne l’avais pas fait, tu serais mort sans avoir pu essayer d’être sauvé..
    _ Et si c’était toi qui était morte ? Depuis un an je le crois et ça me hante.. Je m’en veux tellement pour ce que je t’ai fais mais aussi pour elle.. Je lui ai fais tellement de mal..
    _ Oui, tu as de quoi t’en vouloir mais pas pour ce que tu crois. Tu combats un monstre en toi et ce n’est pas quelque chose qui doit être facile. Cependant ce n’est pas pour m’avoir fait du mal que tu dois t’en vouloir mais le fait de ne pas avoir pris la main qu’on te tendait pour t’aider..
    _ Pour encore vous faire du mal ? Je préfère être au bout du monde et enfermé plutôt que de vous exposer au monstre que je suis.. »

    Mon discours n’a pas changé. Il serait difficile de le faire changer tant je me sens coupable. Pourtant Anya pose sa main sur la mienne, bien qu’elle soit tremblante. Je pense qu’elle en a tout autant besoin que moi. Elle doit exorciser ses peurs et surtout cette souffrance qui l’habite depuis une année.

    « – Tu n’es pas un monstre Henry. Tu es un simple humain qui a été frappé par des forces qu’il ne contrôle pas mais bientôt ça sera terminé. On va trouver le remède. Pour toi, pour Tomas mais surtout pour Q’orianka.
    _ Pourquoi tu ferais ça pour moi ? Bon sang Anya.. j’ai.. je t’ai fais tellement de mal..
    _ Non pas toi. Toi tu m’as sauvé plus d’une fois. Tu as même fait en sorte que je puisse épouser l’homme de ma vie. C’est l’autre toi que je veux combattre. Je le ferais tomber quoi qu’il m’en coûte. »

    Les larmes me montent aux yeux. Je me redresse légèrement, prêt à la prendre dans mes bras mais Garrett arrive. Son regard est sombre. Il est prêt à m’hurler dessus mais Anya se met devant lui. Pour la première fois depuis une année, elle fait front.

    « – Non ! Pas de disputes ni de bagarres. Nous avons discuté, il ne m’a rien fait…
    _ Il ne t’a rien fait il y a un an ?! Je t’ai retrouvé presque éventré et casi morte dans notre appartement !
    _ Tu n’étais pas là ce jour là.. tu ne sais pas ce qu’il s’est passé..
    _ Bien sûr que non puisque tu ne dis plus rien depuis un an ! Tu te caches de tout et tu ne veux plus que personne t’approche !
    _ Ce n’est pas ce qu’il m’a fait qui m’a pétrifié Chéri.. c’est ce que j’ai vu dans son regard. J’ai été face au diable.. Je t’assure qu’il y avait un diable en lui. Je n’ai jamais autant été terrifié de toute ma vie. Pourtant il y avait encore une part de lui qui luttait et je sais qu’il lutte toujours. Sans ça, il ne serait pas ici. J’avais besoin de voir de mes propres yeux qu’il était toujours là.. notre Henry et pas le monstre.. »

    Garrett me regarde de bas en haut. Il a du mal à comprendre Anya mais il ne se jette pas sur moi. Il prend son épouse contre lui et il la serre aussi fort qu’il le peut car ça aussi il ne l’avait pas fait depuis trop longtemps. Il lâche un long soupire, comme s’il respirait à nouveau. Je suis témoin de cette scène mais mon regard se détourne quand à quelques pas, Q’orianka s’avance. Elle nous voit. Elle me voit. Mon cœur se serre de nouveau et mes yeux piquent. Anya et Garrett se mettent de côté pour que je puisse avancer vers mon ancienne épouse, cependant quelqu’un me devance. Wexley arrive à côté de Q’orianka. Il ne compte pas nous laisser seuls. Il ne lâchera pas Q’orianka.

    « – Cavill. Je suis ravis que vous ayez accepté mon invitation à la réception. Bien que vous ayez de la chance que ma fiancée m’a fait les yeux doux pour que vous ne soyez pas envoyé au billot.
    _ Je dois certainement vous remercier..
    _ Et bien, vous étiez dans mon temple et vous avez peut-être volé quelques-uns de mes trésors.
    _ Aucun artefact n’appartient à qui que ce soit, si ce n’est à ceux qui les ont crée. Mais bon, si vous le dites, c’est que vous devez avoir la parole absolue.
    _ Faites attention Cavill, je ne laisse jamais de chances deux fois. En attendant, ma fiancée m’a dit que vous pourriez être utile sur le chantier. Vous seriez un bon archéologue et vous en connaissez énormément sur ce pays ainsi que ses meilleurs sites.
    _ Je m’y connais mais je ne suis pas archéologue. Je ne fais que voyager ici. »

    Je cesse de le regarder pour fixer Q’Orianka. Elle a essayé de négocier pour que je travaille pour Wexley ? Je ne pourrais jamais travailler auprès d’elle sans vouloir étriper son fiancé. Justement cet homme ne la laisse pas parler et il passe même son bras autour de sa taille pour me montrer qu’elle est sienne. C’est sans grande surprise que je sens une colère monter en moi. Cette même colère et folie que j’ai fuis il y a un an. Mes yeux s’assombrissent mais avant que je ne fasse quoi que ce soit, Anya attrape ma main ainsi que celle de son époux et elle nous éloigne de Wexley. Elle a reconnu le regard. Le regard du monstre. Le même regard que celui qu’avait la mère de Tomas.

    “ – Pardonnez moi mais je dois parler à Henry et Garrett.”

    Dit-elle pour s’excuser auprès de Wexley mais elle se doute que Q’orianka a compris. Il faut éloigner le danger et je suis le danger. Pourtant, une fois que nous sommes en dehors de l’hôtel, mon esprit revient à la normale. Garrett vient d’avoir une preuve de ce qui prend possession de moi. Il me regarde comme si j’étais une espèce d’animal inconnu pendant qu’Anya cherche un endroit pour m’éloigner.

    “ – Ne t’embête pas, je vais repartir là où je vis depuis quelques semaines.. Restez ici. De toute façon je n’y ai pas ma place.
    _ Je t’interdis de baisser les bras Cavill. Tu me dois bien ça. Tu dois te battre pour elle et pour toi.
    _ Et s’il n’y a plus aucun espoir ?
    _ Moi j’en ai. Et tu vas me faire le plaisir de nous retrouver demain près du temple. On trouvera nos réponses là-bas.
    _ Mais s’il y a Wexley.. et Q’.. je ne veux pas lui faire..
    _ Tu ne feras rien à Q’. Tu devrais avoir un peu plus confiance en toi. Maintenant vas te reposer. On se revoit demain.”

  118. Avatar de M.
    M.

    J’arrive sur le site avant tout le monde. Je sais qu’ils vont arriver bientôt et qu’elle sera là. Elle sera là et je ne pourrais pas la serrer dans mes bras ni lui dire à quel point je suis toujours fou d’elle. Non, maintenant je dois me taire et faire comme si elle n’était plus mienne. Elle appartient à un autre et elle a tourné la page. Du moins c’est ce que je crois. Anya dit qu’il faut que je me bat mais si Q’orianka ne veut pas ? Si elle veut enfin tourner la page ? Pour le coup Anya a raison, j’ai perdu de ma confiance et de courage.

    Pourtant je suis présent ce matin. Je sais que c’est risqué mais j’ai besoin de la voir. Même si elle ne me parle pas et qu’elle se tient loin de moi, ça m’est vital. Lorsque le groupe arrive, elle est là et elle ne me voit pas puisque je reste en retrait. Je l’observe organiser les fouilles et les étudiants. Elle est studieuse et elle sait ce qu’elle fait. Je l’admire bien plus qu’elle ne pourrait le croire mais quand je vois qu’elle se rapproche, je décide d’entrer dans le temple pour me cacher. Me cacher mais aussi commencer les fouilles.

    C’est elle qui porte le fameux bracelet. Elle a ce que je cherche depuis des mois. Mais il n’en reste pas moins que ce temple a des trésors à offrir. Je vais essayer d’en trouver quelques uns pour montrer à Wexley que je ne suis pas un moins que rien. J’avance avec l’aide d’une torche et comme les fouilles sont fraîches, il n’y a pas énormément de chemins à parcourir. Je n’ai pas trente six milles chemins à ma portée, je prend le principal mais celui-ci mène à une grande salle. Les murs sont couverts de hiéroglyphes et je pense qu’il devait y avoir un autel en plein milieu mais il n’y a rien. Cet endroit à certainement déjà été visité dans le passé. Je me met quand même à aller vers les murs pour essayer de trouver des mots qui pourront me guider vers ma quête mais un bruit se fait entendre. Je cesse ma lecture pour voir si ce sont des étudiants mais en arrivant dans le couloir, je tombe sur elle. Ma Q’orianka.. Elle est seule. Il n’y a pas d’étudiants ni de Wexley avec elle. Elle ne me reconnaît pas de suite à cause du peu de lumière qu’il y a mais moi je reconnaîtrais son parfum entre mille. Et puis sans qu’on ne comprenne pourquoi, il y a un énorme fracas qui se fait entendre. J’ai juste le temps de l’attraper et la tirer vers la grande salle car un éboulement se fait dans le couloir. On se retrouve bloqué dans le temple. Nous n’avons plus de sortie. Je ne sais pas comment cela se fait car nous n’avons rien touché mais je pense qu’ils ont dû aussi l’entendre à l’extérieur et ils vont certainement commencer à déblayer. Wexley ne laissera pas Q’orianka enfermée dans le temple pendant des jours, surtout s’il sait que je suis avec elle.

    Mais oui, elle est là, avec moi. Je la relâche quand je suis certain qu’elle ne risque plus rien et je me recule de quelques pas. On se retrouve après une année. On se retrouve après tant de douleurs et ma fuite inexpliquée. Je devrais me mettre à genoux face à elle pour qu’elle puisse me pardonner mais je ne suis pas ce genre d’homme qui fait une grave erreur et qui pleure comme un bébé ensuite. Je sais ce que j’ai fait et je l’assume. Cela n’enlève pas ma culpabilité et ce manque d’elle.

    “ – Tu n’as.. rien ? tout va bien ?”

    Dis-je par rapport à l’éboulement. Je ne veux pas entrer dans le vif du sujet. Pas maintenant. Pas aujourd’hui. Elle a quand même son regard à la fois grave et triste. Elle doit certainement me détester et elle aurait toutes les raisons de venir me gifler. Je ne bouge pas car si c’est ce qu’elle veut alors je la laisserais faire.

    “ – Anya m’a dit de venir avant tout le monde pour ne pas croiser.. Wexley. Je suis entré dans le temple pour essayer de voir s’il cacherait des galeries encore plus profondes..”

    Je ne devrais pas travailler en solitaire puisque ce ne sont pas mes fouilles mais je ne me voyais pas me mêler aux autres. Je n’arrive plus à me mêler à des groupes. Je suis devenu un grand solitaire, même si Sélim m’accompagne. J’évite un maximum de côtoyer les autres “humains”, certainement pour les protéger aussi de moi.

    “ – Je.. Je dois quand même te remercier pour ce que tu as fais. M’avoir sortie de cellule..”

    Je ne sais pas qu’elle a payé cet acte en acceptant les fiançailles. Je ne sais rien de sa nouvelle vie. Tout elle ne sait rien de la mienne. On est presque devenu deux étrangers, l’un face à l’autre mais pourtant il ne faut pas chercher bien loin pour voir qu’il y a encore cette immense fusion entre nous deux. Nous sommes comme deux pièces de puzzles qui se complètent. Elle est ma moitié et je suis la sienne. Pourtant en ce moment il y a un immense fossé entre nous qui semble presque impossible à traverser.

  119. Avatar de M.
    M.

    Elle explose. Elle pleure. Elle me crie dessus. Je la laisse faire et je ne dis rien mais j’ai mal. Je sais qu’elle m’en veut, qu’elle me déteste sûrement. Elle a toutes les raisons du monde pour me maudire. Mais pourtant c’est ce que je cherchais en partant d’Ecosse.. je voulais qu’elle finisse par me haïr pour être certain qu’elle ne s’approche plus de moi. Je me considère toujours comme un danger et un monstre, pourtant il y a aussi cette autre versant où je souffre de ne pas être auprès d’elle. J’aime cette femme à en crever. Je l’aime toujours autant que depuis notre rencontre. Je pourrais tomber à genoux devant elle et lui supplier de me pardonner mais devant ses yeux humides mais colériques, je me retiens. Je n’ai pas le droit de lui faire plus de mal qu’elle n’en subit déjà.

    Elle finit par se refermer. Elle me parle comme si elle était loin de moi et pourtant je sais que c’est faux. Elle évite de me regarder et elle a encore les yeux remplis de larmes. Pour ma part, je n’ai pas bougé d’un centimètre depuis ses coups. Je reste là, droit et le regard fixé sur elle. Je crois qu’elle ne peut pas se rendre compte à quel point je m’en veux mais aussi à quel point je sais que je referais tout ça. Je continuerais de la fuir et de fuir le monde tant que je n’aurais pas le contrôle entier sur moi. Comment pouvoir aimer et profiter de la vie lorsqu’on sait qu’une part de soi ne veut que tuer ?

    Elle me dit que je ne lui dois rien et qu’elle n’attend rien de moi. Elle me fait comprendre qu’elle a pris quelques nouvelles. Je reste muet. Il n’y a que ma respiration qui fait signe de vie. Pourtant je pourrais lui parler et lui dire tout ce que je pense mais à quoi bon ? Me justifier ne réparera pas son cœur ni le mien. Je fini par baisser les yeux et à faire un pas en arrière, en signe de retrait. Ce geste semble réveiller sa colère, comme s’il attendait tout le contraire et elle se jette sur moi pour de nouveau taper mon torse, cependant cette fois ci j’attrape ses poignets. Je la stoppe et je la plaque contre l’une des parois de ce temple.

    « – Tu crois que c’est facile pour moi ? Tu crois que je suis heureux de cette situation ?! Que pour moi c’était une facilité de partir loin de toi ?! Tu te trompes lourdement ! Je n’ai jamais été aussi malheureux que depuis que je suis loin de toi Q’orianka ! Il ne se passe pas une journée ou une nuit sans que je ne pense à toi ! Mais tu sais très bien pourquoi je suis parti ! Tu sais très bien ce que je dois combattre ! Et il était hors de question que tu sois auprès de moi alors que je suis dangereux ! »

    Mon air se fait plus sauvage. Je relâche ses poignets et ma main cogne contre le mur derrière elle.

    « – Je suis parti pour trouver ce fichu bracelet qui stoppera cette putain de malédiction ! Parce que je veux être libre et surtout être libre de t’aimer sans avoir peur de devenir ton bourreau !! Ça fait des mois que je parcours ce pays de merde et tous ces sites pour trouver ce bijou mais je tourne en rond ! C’est à croire que tout est fait depuis le début pour m’interdire de t’aimer ! J’ai mal Q’orianka ! Je souffre chaque seconde ! Physiquement, moralement, j’en peux plus ! »

    Je me recule d’elle d’un geste vif mais je reviens à la charge. Mes mains s’imposent sur ses joues et je viens l’embrasser. Oui. Je ne lui laisse pas le choix. Je l’embrasse comme si ma vie en dépendait. Comme si j’avais besoin de ce baiser pour respirer à nouveau. Nos coeurs s’accélèrent, on se perd dans cette étreinte si bien que nous souffles deviennent rudes. Quand nous ne pouvons plus respirer, nos lèvres se quittent mais nos visages restent proches. Nos fronts se posent l’un contre l’autre alors que nos yeux restent clos. C’est là qu’une larme glisse le long de ma joue. C’est une torture que je viens de m’infliger. Je l’ai embrassé alors que je sais qu’il n’y a certainement plus d’avenir entre nous. Je l’ai bien trop brisé.

    “ – Je m’en voudrais toute ma vie.. Je n’ai pas su être à la hauteur d’une reine comme toi..”

    Je me recule vivement d’elle, non pas par envie mais parce que les pierres qui bloquent notre salle, commencent à tomber. Derrière il y a des hommes qui déblayent et surtout ce Wexley qui ne perd pas une seconde pour forcer le passage afin de venir vers Q’orianka. Il vérifie qu’elle va bien, non sans me lancer des regards menaçants.

    “ – Sortons d’ici, tu as besoin d’air frais. Nous reviendrons demain dans ce temple mais nous renforcerons la sécurité et surtout je ne te laisserais plus seule.”

  120. Avatar de M.
    M.

    Je suis encore troublé par ce qu’il s’est passé dans ce temple. Entre ses mots, sa colère et puis ce baiser que je n’ai pas su contenir.. Mais ce Wexley a mis fin à ce moment que j’aurai aimé éternel. Quand Matoaka est sortie avec son fiancé, je me suis retrouvé seul et bête. Je ne suis pas resté plus longtemps dans l’endroit et j’ai même quitté le campement pour retourner en ville. Je ne pouvais pas rester auprès d’elle ou plutôt auprès de son nouveau couple. Pas en sachant tout cet amour et cette passion que je contiens en moi. Je sais que je ne peux pas fuir car je dois payer ma dette auprès de Wexley mais je me rend compte à quel point c’est horrible de ne pas pouvoir être auprès d’elle en sachant qu’elle n’est qu’à quelques kilomètres.

    Je me retrouve dans ma petite chambre, je n’ai pas la force de faire autre chose. Pourtant au lendemain matin, on toque à la porte et un égyptien me donne une lettre. Celle-ci vient d’Anya qui me demande de venir déjeuner avec elle au midi. Elle m’a indiqué un petit restaurant et l’heure où elle sera présente.

    Je m’y rend et elle est bien là. Je me sens bête face à elle car je repense sans cesse au fait que je la croyais morte. Elle m’offre un doux sourire et elle me convie à m’asseoir face à elle.

    « – J’ai cru que tu ne serais pas venu mais ça va, tu es encore ponctuel.
    _ Je voulais savoir si elle va bien.. suite à..
    _ Suite au baiser ? Je suis déjà au courant et je crois qu’elle n’a pas été aussi bien depuis des mois. Mais elle t’en veut. Elle est encore très en colère contre toi et c’est normal.
    _ Oui je le sais et c’est totalement légitime. Je suis même assez étonné qu’elle ne décide pas de me détruire..
    _ Elle t’aimera toujours Henry. Quoi qu’il s’est passé, on sait tous les deux que vous êtes des âmes sœurs mais ça ne veut pas dire pour autant que vos chemins sont fait pour rester dans le même sens.. Je comprend ta démarche en t’éloignant d’elle, car tu voulais la protéger mais qui dit que tu lui aurais fait du mal ? À l’inverse je la comprend aussi car elle s’est sentie abandonnée, perdue, détruite mais elle ne comprend peut-être pas à quel point cette chose en toi est vraiment dangereuse. Dans tous les cas, il y a eu un point de rupture qui ne saura pas se réparer avec un seul baiser..
    _ Je ne compte pas la reconquérir Anya. J’aime Q’orianka plus que tout mais je suis encore hanté par cette chose.. Ce monstre ne demande qu’à sortir et tout détruire..
    _ On va trouver la solution Henry. Maintenant que nous sommes tous ici en Égypte, on va trouver. Je refuse que tu passes ta vie à te cacher parce que tu as peur de faire mal aux gens.. et surtout je veux que vous ayez le droit de vous aimer.
    _ Même si on trouve ce bracelet, elle ne mérite pas quelqu’un comme moi.. je lui ai bien trop fait de mal..
    _ Tu crois que Wexley est l’homme de sa vie ? C’est un idiot blindé d’argent qui ne sait même pas que la terre est ronde. Il est avec Q’orianka car elle est belle et admirée. C’est une sorte de trophée pour lui. Toi tu aimes Q’orianka pour ce qu’elle est vraiment.
    _ Et qu’est ce que tu veux ? Que j’aille me mettre à genoux devant elle et lui demander pardon ? Tu sais bien que c’est bête et surtout qu’elle m’enverra sur les roses. Ou plutôt les ronces.
    _ Je ne dis pas ça.. mais je pense que vous avez besoin de discuter comme des adultes. Peut-être que ça ne mènera pas à un retour ou alors il faudra beaucoup de temps mais vous devez vous revoir.. et justement elle t’attendra ce soir dans un petit restaurant que j’ai réservé. Wexley n’en saura rien car je me porte garante en ayant dit que j’amenais ma meilleure amie en soirée pour fêter ses fiançailles.
    _ Ah.. tu as déjà tout prévu ? Sans même savoir si je vais dire oui ?
    _ Je ne te laisse pas le choix, tu me dois bien ça. Et puis tu vas me suivre pour aller te faire une petite beauté car là tu ressembles à un vieux bonhomme poilu et pas très frais.
    _ Quel compliment.. »

    Elle se met à rire mais elle ne me laisse pas le choix de la suivre vers un barbier, un coiffeur et même une boutique de vêtements. Je me retrouve avec mes cheveux plus courts, une petite moustache et des vêtements dignes d’un aventurier moderne. J’ai presque du mal à me reconnaître dans un miroir mais la brunette est ravi de son relooking. ( https://pin.it/2AKbzSmVP )

    L’heure du restaurant se rapproche. Anya m’y accompagne comme une mère qui aurait accompagné son enfant à l’école. Elle essaye de me donner quelques conseils pour cette soirée mais je l’écoute à peine puisque je suis surtout anxieux de me retrouver face à Q’. Qu’est ce qu’on va se dire ? Est-ce qu’on va se disputer ? Est-ce qu’on va se déchirer ? Ou alors encore s’aimer ? Je me retrouve devant une situation inconnue mais pour une fois j’ai peur, car cela touche à celle que j’aime.

    Q’orianka attend dans le restaurant selon les dire d’Anya. Elle m’abandonne devant l’établissement et je m’avance pour y entrer. Je balaye la salle du regard et il ne faut que quelques secondes pour que nos regards se croisent. Elle est là. Elle m’attend.

  121. Avatar de M.
    M.

    Elle est là, face à moi et surtout magnifique. Je devrais baisser le regard à cause de toute la honte que j’accumule sur mes épaules mais je n’y arrive pas. Je suis obligé de l’observer tant elle me manque et tant je suis fou d’elle. Elle s’excuse pour ce qu’il s’est passé dans le temple et puis elle me dit ce que je voulais entendre. Je lui manque. Elle attend une réponse et sur l’instant, je ne réponds pas car ma gorge se noue. J’aimerais tellement lui hurler à quel point je me sens vide sans elle mais je dois me retenir ou plutôt me mesurer. Je n’ai pas le droit de lui clamer mon grand Amour alors que je l’ai cruellement blessé.

    “ – Il.. Il ne s’est pas passé une journée sans que je ne pense à toi tu sais. Je.. Je sais ce que j’ai fais et je sais que c’est horrible, mais ne crois pas que je l’ai fait avec envie. En partant loin de toi, j’ai perdu la totalité de ce qui me faisait vivre. Tu.. Tu es mon seul grand Amour Maotaka et ça en sera toujours ainsi, même si aujourd’hui tout est différent.”

    Oui, elle est fiancée à un idiot et moi je suis une sorte de vagabon sans valeur. C’est épique en sachant que nous devions être le couple d’archéologues le plus connus de l’Écosse. Nous étions aussi une inspiration pour d’autres couples ou d’autres rêveurs amoureux. Nous avions tout.. et aujourd’hui nous en sommes là. Presque deux inconnus qui pourtant s’aiment à en crever.

    “ – Et sache une autre chose.. J’ai toujours eu une confiance aveugle en toi. Mais pas en moi. Je sais très bien que tu aurais été sur la lune pour m’aider. J’en suis pleinement conscient mais moi.. Moi je.. Parfois mon esprit ne répond plus. Tu sais.. ce qu’il s’est passé avec Anya, ça m’a totalement horrifié. Je ne sais plus ce qu’il s’est passé, j’ai seulement repris conscience une fois que j’étais chez nous. J’ai vu tout ce sang sur moi, sur mes mains, sur mon visage.. Et j’ai paniqué. J’ai aussi compris que j’avais fait quelque chose d’horrible. Je pensais l’avoir tué et il était clair que je ne pouvais pas te faire subir cela aussi. Même si j’ai du respect pour Anya, je préfère la tuer mille fois plutôt que de ne serait-ce que t’érafler.”

    Cette fois ci je baisse mon regard. Oui, cette honte me consumera à vie mais il faut que je reprenne sur moi. Cette soirée n’est peut-être que la dernière fois où je pourrais être auprès d’elle. Je ne veux pas que ça ne soit qu’un concentré de douleurs et de tristesse. Je veux profiter de sa présence, de son sourire, de sa voix. Alors je relève mon regard et je lui fais un plus grand sourire.

    “ – J’ai quand même suivi un peu ce que tu as fait.. Du moins, ce que j’ai pu entendre. Quand j’étais au Caire, j’ai vu des professeurs que nous avions à Edimbourg et l’un d’entre eux m’a dit que tu étais la meilleure élève que l’université n’avait jamais eu. J’avoue avoir été très fière d’entendre ça que je sais que tu es très intelligente et investie.”

    Le serveur revient avec les cartes mais je commande directement pour nous deux. Je demande des plats typiques d’ici pour que Matoaka puisse les découvrir. Lorsqu’il repart, je me concentre à nouveau sur elle, même si j’avoue parfois bloquer sur ses lèvres. Cette femme est une déesse, ma déesse. Je pourrais mourir pour elle ou pour avoir encore un seul baiser de sa part.

    “ – Je vis ici depuis une année. Enfin, je vagabonde dans toute l’Egypte. J’ai vécu au Caire, à Louxor, à Assouan, Alexandrie.. Comme tu le sais, je cherche après ce bracelet dont parle certains vieux livres. Je crois cependant que cela n’est qu’une légende car je n’ai eu aucune piste.. Après, c’est vrai que ce pays a encore des milliers de choses cachées sous son sable. Cependant c’est long.. Mais si ça me permet de ne plus être un monstre alors.. je vais devoir me montrer patient.”

    Dis-je sans me rendre compte qu’elle porte l’objet que je cherche. Un bracelet fin en or mais avec des inscriptions qui devraient pourtant nous mettre sur la piste. Le seul problème est que ce ne sont pas des hiéroglyphes mais une langue encore plus ancienne que ni elle ni moi, ne connaissons.

    “ – Vous allez rester longtemps par ici ? Ou ce n’est que quelques semaines ? Si tu veux.. J’ai quelques pistes pour des temples ou des tombeaux qui pourraient être d’immenses découvertes mais je ne préfère y être lié. Je ne veux pas que mon nom soit clamé sur les journaux alors qu’au Royaume-Uni, je suis certainement un ennemi public numéro un.”

  122. Avatar de M.
    M.

    Elle propose vraiment de passer du temps avec elle ? Ai-je bien entendu ? Je suis un peu surpris par cette demande quand elle dit que Wexley s’en va quelques jours en Syrie mais comment refuser ? Impossible. J’,hoche la tête comme un adolescent qui répondrait au plus grand crush de sa vie. Cela la fait rire et moi aussi. Cependant on reprend notre calme lorsqu’elle me remercie d’être venu. Elle ne sait pas si elle me pardonne mais elle me remercie quand même.

    “ – Je pense qu’on va surtout remercier ta meilleure amie d’avoir organisé tout ça.. Elle a tout organisé jusqu’à mon relooking. Mais je dois aussi te remercier de ne pas avoir fuit en me voyant approcher cette table.. et puis je ne veux pas que tu me pardonnes Q’. Je ne mérite pas le pardon.. ou alors il me faudrait des milliers de vies pour réussir à me faire pardonner ce que j’ai fais. »

    Mon sourire est un peu plus triste mais heureusement que le serveur arrive avec les plats. Cela nous permet de ne pas rester dans un blanc plein de remords et de culpabilité. Il pose plusieurs assiettes dans lesquelles nous pouvons picorer et ça me fait plaisir de la voir se régaler autant. La conversation revient mais on parle de tout et de rien durant ce repas. On parle justement des sites que j’ai trouvé et qui pourraient être très intéressants. Il y a peu, des archéologues ont trouvé une vallée qui contient les tombeaux des anciens rois égyptiens mais tous étaient vides. Je pense avoir trouvé l’endroit où il y aurait un tombeau encore plein mais je ne peux pas me confier à n’importe qui car il pourrait être une immense découverte qui pourrait amener les pilleurs ou les personnes mal intentionnées.

    « – Le pharaon Akhenaton avait un fils qui lui a succédé, un fameux Toutankhamon.. mais ils n’ont pas trouvé sa tombe et je crois savoir où elle est placée. Et je suis certain qu’elle est encore pleine. Toutes les autres tombent sont facilement en évidence pour les pilleurs mais pas celle-ci. »

    On parle tellement qu’on ne voit pas le temps passer. Il en était de même avant mon départ. On pouvait partir dans des conversations qui ne nous arrêtent plus. Pourtant ici nous sommes prié de devoir quitter l’établissement puisqu’il va bientôt fermer. Anya a déjà tout payé en avance donc nous n’avons rien à régler.

    Nous sortons du restaurant et je retire ma veste pour la mettre sur ses épaules car même ici les soirées peuvent être fraîches. Le ciel étoilé est éclatant mais pas moins que son regard sur moi. Je sens une nouvelle envie de l’embrasser, comme dans le temple mais cette fois-ci il n’y a pas de vieilles pierres pour nous cacher. C’est bien trop risqué, surtout pour elle pour qui je ne veux pas entacher son image même si je n’aime pas son fiancé.

    « – Je.. un taxi doit te ramener ? Ou.. si tu veux je peux en faire venir un. Ou alors on peut aller jusqu’à mon petit appartement, j’ai une moto.. je pourrais te ramener.. »

    Mes paroles n’ont pas de cohérence avec ce que je pense. Ou plutôt je sais que je ne veux pas la voir s’éloigner alors maladroitement j’essaye de trouver un moyen de rester encore un peu avec elle. Elle pourrait choisir le taxi et s’en aller de suite mais elle est sur la même longueur d’onde que moi. Nous partons donc vers mon petit appartement qui ne paye pas de mine mais qui m’est utile le temps que je suis ici, à Louxor. Il est un peu reculé du centre ville mais en une vingtaine de minutes à pieds, nous y serons. Je profite de cette balade nocturne pour lui montrer les meilleurs salons de thé ou même salons de chichas du coin. Ici nous sommes loin de la culture anglaise ou écossaise. C’est une sorte d’autre monde que j’ai appris à apprivoiser. Je ne suis donc pas étonné lorsqu’une meute de chiens errants viennent vers nous pour nous sentir et quémander quelques caresses.

    « – Les chats et les chiens sont souvent en liberté ici. Ils n’ont pas le même rapport que les européens même si le chat était une divinité dans l’ancienne Égypte. Par contre il faut faire attention, surtout en tente comme tu l’es car il y a beaucoup de scorpions et de serpents dans les terrains sableux.. et puis vers le Nil, ce sont les crocodiles qui dominent. Tu as pu faire une balade en dromadaire ? Ça aussi c’est assez spécial du coin. »

    Et puis nous voilà. Non loin d’un bâtiment pas très fameux mais qui fait l’affaire. Ma moto est garée en bas de la bâtisse et je sais qu’elle ne risque rien puisqu’elle est surveillée par plusieurs personnes que je paye pour cela. Par contre je n’ai pas les clés sur moi et ça m’arrange plus ou moins. Je vais pouvoir l’inviter à monter voir là où je vis même si ce n’est pas autant luxueux que ce que peut avoir Wexley.

    « – Je récupère mes clés et on y va ? »

    Mensonge, je le sais. Je ne veux pas qu’elle parte. Je ne veux pas la laisser rejoindre Wexley. Je ne veux pas que cette soirée s’arrête. C’est pour cela qu’en entrant dans le bâtiment, je me tourne vers elle et je viens l’embrasser. Je ne réfléchis plus, je laisse parler mes sentiments et mes envies. Elle répond à mon baiser avec autant d’hardiesse et tout en allant vers mon appartement, on continue de laisser nos lèvres se retrouver. Pour ouvrir la porte, je galère puisque je ne m’arrête pas. J’embrasse son visage, son cou, encore ses lèvres mais elle vient m’aider à ouvrir cette fichue porte et nous entrons. Ce n’est qu’une petite pièce, un peu comme notre appartement d’Edimbourg mais ça n’a pas d’importance. Ici, personne ne viendra nous stopper ou nous trouver. Dès que la porte se referme derrière nous, nous sommes enfin libres. On peut retrouver la fougue et la passion qui nous a souvent animé.

  123. Avatar de M.
    M.

    “ Je te hais”

    Ses mots me font sourire contre ses lèvres. Je sais qu’elle me hait mais je sais aussi à quel point elle m’aime. J’en ai la preuve à l’instant même. Plus rien ne peut nous arrêter. Même une guerre mondiale ne pourrait pas nous séparer. Je me retrouve au-dessus d’elle dans ce lit et je reviens l’embrasser sans plus aucune retenue. Je l’embrasse comme si ma vie en dépendait, comme s’il fallait que je rattrape les longs mois loin d’elle.

    Nos mains se retrouvent et cherchent les courbes de l’autre. On retire nos vêtements comme deux bêtes qui ne supportent pas les tissus. Elle se retrouve nue sous moi et moi nu sur elle. Son corps n’a pas changé, elle est toujours autant sublime et désirable. Je sens même son parfum de jasmin qui me rend dingue. Bien qu’elle me demande de venir en elle, je préfère d’abord poser mes lèvres sur sa peau et redécouvrir chaque partie d’elle. Je n’ai rien oublié. Je connais encore tout d’elle. Je sais où sont ses points faibles et je sais comment la faire flancher. Malgré tout, elle est impatiente et nos corps finissent par s’emboîter avec perfection.

    “ – Bon sang.. Mon Amour.. Mon Soleil..”

    Je gémis contre ses lèvres. Nos bassins bougent l’un contre l’autre mais malgré notre envie folle, cela reste doux. Un peu comme si nous voulions faire durer ça pendant des heures ou des jours. J’ai même cette impression de refaire l’amour avec elle comme notre première fois. Ce moment n’aurait jamais dû être là et pourtant il l’est. Je ressens autant d’excitation que je ressens d’émotions. Je me sens amoureux comme jamais pourtant je sais que ce n’est qu’éphémère. Elle va finir par repartir et loin de moi. Alors oui, je dois en profiter. Je dois ne rien oublier de cette nuit.

    “ – Je t’aime tellement..”

    Je dois lui dire même si ça fait mal. Je lui redis plusieurs fois alors que je me fais plus intense dans mes vas et viens. Je l’entend gémir mon prénom, griffer ma peau, emprisonner mes bras.. Elle se montre possessive, envieuse, amoureuse.. Je retrouve ma déesse, mon monde. Plus rien ne compte à part nous deux. Cela ne rend que notre moment encore plus dingue et les sensations bien plus exquises.

    Elle réussit à reprendre le dessus sur moi. Je me retrouve allongé sur le lit et je vois ses courbes danser sur moi. La lumière de la lune éclaire sa peau et son visage. Oh oui, elle est divine. Q’orianka n’a pas de mal à nous mener à l’extase ultime. Je me redresse assis, mes lèvres contre les siennes et l’esprit dans les nuages. Pourtant mes bras se referment autour d’elle pour ne pas qu’elle s’en aille. Je suis à bout de souffle mais j’ai encore assez de jugeote pour ne pas vouloir qu’elle s’en aille. J’ai tant rêvé de ce moment que je refuse qu’il cesse.

    “ – Restes avec moi cette nuit.. Reste ici.. je t’en supplie..”

    Je murmure contre ses lèvres. Je la supplie plusieurs fois. J’en ai même les larmes qui me montent aux yeux. Je ne mérite pas qu’elle reste et elle aurait raison de s’en aller après ce que je lui ai fais mais en cet instant je suis égoïste. Je la veux.

    “ – Même si à la fin tu devras partir.. je.. je veux encore te garder près de moi.. je veux encore être dans tes bras.. sentir tes lèvres.. avant que ça me soit retiré définitivement..”

    Elle sait que ce définitivement fait écho à son futur mariage. Je pourrais lui ordonner d’annuler ses fiançailles mais on sait très bien que cela aura des impacts beaucoup trop compliqués pour elle comme pour moi. Je risque la prison au Royaume-Uni, je suis recherché et puis si les gens savent qu’elle a quitté Wexley pour moi, Q’orianka perdra sa réputation, son statut.. Et puis Wexley pourrait faire en sorte que plus aucune université ne veuillent d’elle. On pourrait fuir, se battre contre ça mais là ce n’est pas encore possible. Je suis encore une menace.

  124. Avatar de M.
    M.

    “ – Je ne veux pas non plus que le jour se lève.. Ni aucun autre. J’aimerais que le temps s’arrête à jamais. Rester ici, sans que rien ne puisse plus nous éloigner.”

    Je sens ses larmes contre mon torse. Ma main glisse dans sa chevelure et mon autre main vient serrer son corps contre le mien. Pourtant hier, elle a dit quelque chose que je n’ai pas oublié. Wexley doit s’en aller quelques jours donc cela va nous permettre de passer du temps ensemble, cependant je pense qu’elle va devoir aller le voir avant son départ.

    “ – Je t’attendrais à la vallée des rois.. Là-bas, il n’y aura pas les élèves ni les hommes de Wexley. Et nous profiterons des quelques jours sans lui. Je connais assez le coin pour que l’on puisse être tranquille. Mais.. tu dois aller le voir avant.. S’il doute, il ne partira pas.. tu le sais..”

    Je suis un homme donc je sais comment on fonctionne. Wexley ne partira pas s’il sent que je tourne autour de Q’orianka ou s’il voit qu’elle pense à moi. Tels deux amants qui se cachent, nous allons devoir mentir et jouer un rôle d’inconnus. C’est amusant à imaginer mais ça me rappelle qu’elle n’est plus mon épouse. Même si une photo d’elle est sur ma table de nuit, avec mon alliance à coté.

    “ – Anya ne pourra pas nous couvrir pour toujours, surtout si Garrett y met son nez.. Il m’en veut encore horriblement. Il n’a pas eu de mal à me faire jeter en prison. Je le comprend mais je dois me méfier de lui.”

    Je penche mon visage pour embrasser son front et je fini par me relever avec elle pour que nous allions prendre une douche rapide dans la minuscule cabine de ma chambre. C’est assez minimal ici mais ça me va. Je ne regrette pas le luxe de ma vie avec ma famille. En pensant à eux, je ne sais pas comment ils vont et je ne sais pas si Q’orianka a encore des contacts. Je me doute que ma mère doit être effondrée à cause de mon départ mais mon père, Sam et ma soeur, je ne sais pas s’ils vont bien.

    “ – Que sais-tu d’eux ? Ils vont comment ? Andréa va bien ? Ma mère ?”

    Ici, je suis seul et sans moyen de communications. C’est ce que je voulais mais ça ne m’empêche pas de penser à mes proches tout comme je pense à Q’orianka. Je repense même à notre chaton.. Je n’avais pas été nostalgique depuis plusieurs mois. Je m’étais enfermé dans mon austérité pour me protéger. Pour protéger mon esprit et mon coeur. Pourtant là, il bat comme jamais parce qu’elle est contre moi.

    “ – Je vais appeler un taxi pour qu’il te ramène au camp.. Je ne peux pas me permettre de t’y amener sans faire lever des doutes. Cependant je t’attendrais à la vallée. J’y pars même dès que tu auras passé cette porte. Je t’y attendrais des heures et des journées s’il le faut..”

    Elle pourrait changer d’avis, ne pas venir. J’envisage cette possibilité mais je veux qu’elle comprenne que là, je ne fuirais pas. Je fais même cette promesse en déposant plusieurs nouveaux baisers contre ses lèvres une fois que nous sommes sortis de la douche.

  125. Avatar de M.
    M.

    Elle s’en va et j’ai cette sensation de retrouver le vide qui m’a entouré depuis mon départ d’Édimbourg. Je m’éteins comme une bougie qui s’est totalement consumée. Je sais que l’on devrait se retrouver mais est-ce que cela va vraiment arriver ? Est-ce qu’elle sera là demain matin dans la vallée ? Je sens que je vais broyer du noir et que je ne vais pas réussir à fermer l’œil alors au lieu de rester dans cet appartement qui sent encore son parfum, je sors et je prend ma moto pour faire un tour. Je ne peux pas dire d’aller parler avec Anya car elle est certainement avec Q’orianka ou Garrett alors je me rabat sur un vieux salon de chichas ou je prend quelques fumées d’opium pour me calmer l’esprit. C’est l’un de mes vices mais au moins ça m’a permis de canaliser certaines angoisses et surtout cette chose en moi.

    La nuit est longue mais dès l’aube, je pars vers la vallée. Quelques archéologues sont déjà présents mais je les connais, dont ce fameux Howard Carter qui essaye de me soutirer mes trouvailles depuis des semaines. En attendant qu’elle arrive, je m’occupe pour éviter de tourner en rond et j’aide quelques employés à déssabler certaines tombes. Vers midi, elle n’est toujours pas là mais par contre je vois une silhouette blonde se rapprocher de moi. Garrett est ici. Je ne comprend pas et surtout ça me fait peur dans le sens où ça ne devrait pas être lui ici. Est-ce qu’il vient en découdre ? Me dire que Q’orianka ne viendra pas ? Me demander de rester loin d’elle ? Il se stoppe à ma hauteur et il baisse son regard légèrement hautain alors que je dépose un dernier sac de sable.

    “ – Qu’est ce que tu fais ici Garrett ? Où est Q’orianka ?
    _ Elle devrait arriver dans l’après-midi. Anya m’a envoyé te dire qu’elle doit attendre que Wexley s’en aille.
    _ hm.. Très bien.
    _ Mais Anya m’envoie aussi pour qu’on discute ?
    _ Qu’on discute de quoi ? Je sais que tu me maudis Garrett et je ne te demande pas de pardon. Tu as raison de m’en vouloir. L’histoire est donc close.
    _ C’est parfait alors. Je n’avais pas forcément envie de discuter.
    _ Très bien.”

    On ressemble à deux gamins qui se boudent alors que pourtant nous avons été les plus grands complices durant notre jeunesse. Je m’attend à ce qu’il reparte mais non, il reste là et il m’observe. Je sais qu’il en a pas fini mais je me remet quand même à ramasser du sable.

    “ – Quoi Garrett ?
    _ Tu es parti comme un lâche.. Tu as failli tuer ma femme.. Tu as abandonné la tienne.. Il y a de quoi vouloir te tuer Henry. Pourtant voilà que ma femme te pardonne et Q’orianka se rapproche de toi.
    _ Je ne les ai pas influencé Garrett..
    _ Je le sais. Elles sont bien trop intelligentes et compatissantes. J’ai essayé de voir les choses comme elles mais je t’en veux encore. J’aurais préféré que tu me demandes mon aide. N’ai-je pas été ton frère ? Ton plus grand allié ?
    _ Bien sûr que si mais cette fois-ci personne ne peut rien pour moi Garrett.. C’est se mettre en danger inutilement.
    _ Tu n’es pas inutile. On aurait pu t’aider tous ensemble. Moi, Q’orianka, tes parents, ton frère..
    _ Et m’enfermer en attendant que la chose en moi se calme ? Je ne peux pas la contrôler quand elle prend le dessus.. C’est.. C’est ce qu’il s’est passé avec Anya.
    _ On aurait trouvé un moyen.. j’en suis certain.
    _ Le mal est fait.. J’ai tout perdu et je n’ai toujours rien pour retirer cette chose.
    _ On peut encore t’aider.. Mais j’ai besoin de toi en retour.
    _ Qu’est ce qu’il se passe ? Tu as besoin de quoi ?
    _ J’ai besoin que tu sabotes les fouilles de Wexley. Il faut le faire tomber. Le ruiner.
    _ Wexley ?! Pourquoi ?? Il fait du mal à Q’ ??
    _ Pas encore.. mais j’ai un mauvais pressentiment. Il l’expose comme une sorte de trophée et il vante qu’elle serait une amante divine.. Alors qu’ils non rien fait. J’ai peur qu’il finisse par abuser d’elle.”

    Les mots de Garrett me glacent le sang et surtout, ils font remonter en moi ce que j’essaye de contenir depuis une année. Je sens la chose vouloir reprendre possession de moi mais j’ai encore le dessus sur elle pour le moment. J’arrête de ramasser le sable et je viens face à mon cousin qui me tend sa main.

    “ – Tu es prêt à faire cela ?
    _ Ce n’est même pas une tâche Garrett. Je le ferai mille fois s’il le faut. Ce Wexley va tomber et même pire, s’il ose toucher à Q’.”

    On se serre la main pour sceller notre accord. Garrett me dit qu’il reviendra vers moi pour me donner plus d’informations afin que je puisse élaborer des plans de sabotages. Il finit par s’en aller et je me retrouve à nouveau seul, cependant mes pensées bouillonnent. Si Q’orianka ne devait pas me rejoindre, je serais déjà en train de traquer Wexley pour lui faire bien pire qu’un petit sabotage. Pourtant je sais que le tuer serait aussi une mauvaise chose. Je pourrais être attraper mais le pire serait si mes actes venaient à se retourner contre Q’orianka.

    En attendant qu’elle arrive, je retourne à mes aides mais je vais aussi vers l’endroit où je suis certain qu’un tombeau encore plein est enfoui. Je déblaye un peu l’endroit, loin du regard des autres hommes et au moment où je trouve une petite amulette, une ombre vient me cacher du soleil. Q’.. Elle est là. Je suis à genoux, l’amulette en main et je me tourne vers elle en lui montrant ce qui pourrait être la découverte du siècle, voir de tous les temps.

    “ – Tu dois à tout prix trouver un mécène autre que Wexley.. C’est ici que tu vas devenir la plus grande archéologue que le monde n’aura jamais connu avant..”

  126. Avatar de M.
    M.

    Elle me parle du tombeau de l’ancien médecin de Ptolémée mais je l’écoute à moitié puisque je fixe ses lèvres que j’ai embrassé à plusieurs reprises cette nuit. Oui, je me remémore cette nuit et j’entend encore chacun de ses gémissements mais elle pose sa main sur mon épaule pour me ramener à moi.

    “ – Isha ? Tu m’écoutes ?
    _ Oui.. Oui on va aller voir ce tombeau.. Il doit être à l’Est..”

    Mais avant d’aller voir ce tombeau, j’ai besoin de faire quelque chose. Je pose mes mains sableuses sur ses joues et je viens l’embrasser. Il y a quelques hommes mais ils sont assez loin pour ne pas voir ce que je fais. Donc oui, je profite de ses lèvres durant quelques secondes et cela me redonne le sourire. Un sourire immense.

    “ – Voilà.. je me sens mieux.”

    Je me met à rire et je ramasse mon sac pour que nous allions vers le tombeau qu’elle cherche. Il est déjà vidé mais il y a encore les nombreux hiéroglyphes sur les murs donc il se peut que quelque chose soit inscrit sur cette malédiction. J’allume une torche avant que nous entrons dans le premier tunnel. Je la laisse passer en première puisqu’elle a peut-être des indications avec son livre qu’elle tient encore entre ses mains.

    “ – Tu sais, Garrett est venu me voir.. ce matin. J’ai été surpris. Il ne m’a pas tué mais je sais que notre relation ne sera plus jamais la même. Cependant je suis content de l’avoir vu..”

    Je ne lui dis rien pour ce que j’ai promis à Garrett, cela restera notre secret, notre bataille. Je suis quand même dérangé par ce qu’il m’a dit sur Wexley et j’aimerais que Q’orianka puisse me parler un peu de cette relation.

    “ – Comment as-tu rencontré Wexley ? Est-ce qu’il est correct avec toi ?”

    Je ne devrais peut-être pas lancer ce sujet et elle va sûrement penser que je suis un jaloux mais qu’importe, j’ai besoin d’avoir son point de vue. Elle ne l’aime pas, je le sais et je sais aussi qu’elle est fiancée à cause de moi. Je tiens à être certain qu’elle a une porte de sortie. Qu’elle puisse le quitter sans se retrouver sans rien.

    “ – Garrett s’inquiète un peu et Anya aussi.. Ils n’aiment pas Wexley. Moi non plus mais on va dire que je suis moins légitime puisque je suis ton ex mari et que c’est normal.. Enfin.. oui.. Mais je veux être certain qu’il ne te fait rien de mal Q’. Je ne pourrais pas le supporter si je sais qu’il te fait mal..”

  127. Avatar de M.
    M.

    Je reviens sur terre. Ma naïveté vient d’être giflée. Mon cœur vient d’être embroché. J’ai été bête, horriblement bête. Elle me voue une haine et elle vient de le prouver à nouveau. J’ai eu un faible espoir qu’elle pouvait encore me pardonner mais elle vient de me prouver que non. Non, je resterais un monstre qu’il l’a abandonné. La nuit dernière n’était peut être qu’un moyen pour elle de retrouver un peu de passion mais c’est tout. Je devrais certainement éclater et me défendre mais elle m’a tellement blessée que je n’ai plus les mots. Elle a détruit le peu d’estime que j’avais encore pour moi ou plutôt pour nous.

    « – Je ne t’ai rien demandé Q’orianka.. je ne t’ai pas demandé de te fiancer à lui pour me sauver. Tu aurais mieux fait de me laisser en prison, au moins cela m’aurait éviter hier soir et aujourd’hui puisque tu me détestes. Non, je ne fouillerais rien. Je vais continuer de me débrouiller seul. »

    Mon corps est crispé. Mon visage fermé. C’est mon moyen de me protéger, de ne pas craquer devant elle. Je vois sa larme mais je reste à ma place.

    « – Est-ce que toi tu m’avais laissé le choix quand tu t’es sacrifié pour l’île ? Est-ce que tu m’as écouté ? Non, tu m’as poussé et tu t’es jeté au milieu de cette montagne. Pourtant quand on s’est retrouvé, jamais je ne t’ai détesté. Parce que je t’aime et je sais que tu as fais ça pour nous sauver. Hm.. par contre quand il s’agit de moi, je suis un monstre. Mais tu as raison. J’en suis un. Je suis maudit et j’ai tué des femmes. J’ai même failli tuer ta meilleure amie. C’est pour cela que je suis ici. Parce que je voulais éloigner ce monstre de toi et même le détruire avant de te retrouver. Cependant toi tu ne vois que toi et ton malheur. Tu ne vois rien de ce que moi je subis à l’intérieur. Tu crois que je suis heureux ? Tu crois que je suis plein de vie en sachant que j’étais loin de toi ? Si je suis parti, c’était pour te protéger jusqu’à ce que je sois certain de ne jamais lever la main sur toi. Mais il faut croire que les mots sont parfois beaucoup plus empoisonnés que les coups. Autant en rester ici. Tu seras bien plus heureuse sans moi dans ta vie. Tu n’auras plus besoin de me détester puisque c’est terminé. C’est certainement ça que tu attendais ? Je me demande quand même pourquoi tu es là. Pourquoi es-tu venu hier ? Une nostalgie ? Bref, retourne voir ton Wexley. »

    Je secoue un instant la tête et je me recule. Oui, je fais quelques pas en arrière et je fini par me tourner pour aller vers la sortie. Je ne veux plus parler, je ne veux plus rien dire. J’ai l’impression d’avoir reçu une montagne sur moi. L’air extérieur devrait m’aider à reprendre mon souffle mais il n’en est rien. Je sens qu’elle sort aussi du tombeau et qu’elle se met à me suivre mais je ne me retourne pas. Je vais vers ma moto et je l’enjambe sans attendre. Pourtant elle se met devant mon bolide et je sens son regard sombre cette fois ci.

    « – Vas t’en Q’orianka. On n’a plus rien à se dire. Tu as dis ce que tu pensais et moi ce que je pensais. Je n’ai plus de raison de chercher ce fichu bracelet. Toi tu n’as plus de raison d’être ici. Tu as un autre site à fouiller pour ton fiancé. Moi.. moi j’irai là où le vent m’emportera. »

    J’allume ma moto et je fais gronder le moteur. Je pourrais m’arrêter et me mettre à genoux pour lui demander encore pardon mais je sais que c’est fini. J’ai cassé quelque chose en elle et elle vient de casser quelque chose en moi. Je me sens mal. Je me sens comme une sous merde. Je ne cherche donc plus à me battre, pourtant il faut cette dernière confrontation pour mettre une fin à tout ça.

    « – Tu auras été le grand amour de ma vie et tu le seras certainement jusqu’à la fin mais c’est terminé et tu le sais. On ne va pas tourner en rond jusqu’à la fin de ton voyage ici. Je refuse d’être ta passion d’une nuit et ton ennemi d’un jour. Je ne suis peut-être pas le meilleur des hommes au monde et j’ai certainement fait une erreur horrible en partant mais personne ne t’aura aimé autant que moi. Maintenant je n’ai plus rien à te dire Q’. Cela ne sert à rien de continuer et tourner en rond lorsqu’on sait l’issu de tout cela. Tu dois tourner la page et faire ta vie avec quelqu’un que tu ne regarderas pas comme s’il était l’ennemi de ta vie. Tu dois trouver ton bonheur avec quelqu’un qui te traitera comme une reine. Tu dois vivre ta vie pour toi. Sur ce.. Sache que je ne viendrais plus jamais entacher ton environnement. Tu peux avancer tranquillement, je ne viendrais plus jamais te troubler. »

  128. Avatar de M.
    M.

    J’ai du mal à la suivre. Dans le tombeau, elle a dit des mots qui ne pouvaient que me pousser à partir et là elle me supplie de ne pas partir. Cependant je ne doute pas d’une chose, elle m’aime tout comme je l’aime. C’est indéniable et ça sera toujours plus fort que nous, cependant est-ce qu’on peut survivre à tout ça ? Est-ce qu’il y a encore un moyen de réparer le vase brisé ? Pourtant elle me demande une dernière chance. Une dernière chance de vivre notre amour. Peut-être recommencer quelque chose qui n’aura rien à voir avec ce qu’on a déjà vécu mais qui vaut la peine d’essayer. Sur l’instant, je reste d’une froideur extrême car je sais ce que j’ai en tête et j’y réfléchis. Puis je décide de mettre en plan mes pensées.

    « – Monte sur cette moto. Et tiens toi bien à moi. »

    Elle ne veut plus que je fuis ? D’accord mais elle peut fuire avec moi. Nous partirons loin de tout ça. Loin de Wexley. Loin de nos douleurs. Loin de ce tourment. C’est spontané, impulsif mais je m’en fiche. Plus rien ne nous retient ici, si ce n’est peut-être nos amis mais ils comprendront. Je suis certain qu’ils seront même nos couvertures pour éviter les immenses drames.

    « – On va partir je ne sais où mais on va recommencer. Si tu es prête pour ça et si tu es prête à me redonner ta confiance alors monte sur cette moto. »

    Le bracelet ? La malédiction ? J’y pense et oui, j’ai peur de recommencer à ne plus répondre de moi. Cependant je ne sais pas qu’en ayant le fameux bracelet à son poignet, Q’orianka me protège. Même si ce n’est pas moi qui le porte, elle a avec elle, ce qui me permet de ne pas retomber dans la folie.

    « – On ne prend rien. Pas d’affaires, pas de souvenirs, rien. On retrouvera tout par nous même et on se fera de nouveaux souvenirs. Es-tu prête à me suivre ? Si on reste ici à attendre que les autres décident pour nous, on sera toujours pris au piège. Toi avec Wexley, moi avec la justice.. »

    Elle veut que je réagisse, que je la choisisse et je le fais. Pourtant il faut qu’elle soit prête à me suivre n’importe où. Comme j’aurai du le faire il y a un an. On ne peut pas effacer le passé mais on peut tracer un avenir beaucoup plus beau. Je relâche un instant le guidon de ma moto et je lui tend ma main.

    « – On a plus de temps à perdre Q’.. Et plus rien qui nous retient. Si ce n’est toi pour moi et moi pour toi. »

    Elle prend ma main. Elle monte derrière moi. J’ai l’impression que ma respiration revient et que mon cœur s’allège. Ses bras entourent ma taille et sans plus attendre, je démarre la moto. Je ne sais pas où nous allons mais je prends la route pour nous éloigner de Louxor, pour partir loin d’ici, loin de l’Egypte. Cela est dingue car nous n’avons rien avec nous mais je sais qu’on peut s’en sortir puisque nous avons déjà vécu sans rien. Pendant un long moment, je conduis sans savoir où je vais mais je sais que c’est vers le Sud. La chaleur écrasante nous le confirme. On fait une pause quand la moto manque de carburant mais nous avons un peu d’argent sur nous pour remplir le réservoir.

    Durant cette pause, je vois bien qu’elle est à la fois excitée par ce voyage comme apeuré. Après tout, on part sans être certain de ce qu’il y aura à la fin.

    “ – On peut toujours faire demi-tour si vraiment tu ne te sens pas d’attaque.. On a fait que trois heures de route. Par contre cela deviendra plus contraignant lorsqu’on aura passé la frontière.. Donc dis le moi si tu veux qu’on repart à Louxor.”

  129. Avatar de M.
    M.

    Elle est divine dans cette tente, en train de rafraîchir sa peau. Je dois ressembler à un adolescent en bave devant une femme magnifique. Je ne parle pas, je la fixe et si j’avais la bouche ouverte, oui, il y aurait de la bave. Et puis elle finit par venir vers moi, lentement, sensuellement. Mon corps se tend et frissonne. Elle m’envoûte avec ses mots, son visage, ses courbes. Quand elle vient s’asseoir sur moi, je passe mes bras autour de sa fine taille et je presse mes mains sur le bas de son dos pour être certain qu’elle reste ici. Je ne veux pas que tout cela s’arrête. Je ne veux pas que ce soit un mirage.

    « – Nous sommes tous les deux des êtres dangereux et tu sais pourquoi ? Parce qu’on aime aveuglément. On aime à en crever. Il n’y a pas plus puissant que l’amour et c’est pour cela que tout se met sur notre chemin.. parce qu’ils sont jaloux de ce que nous vivons. Pourtant, ils pourront nous séparer encore, rien ne pourra éteindre cet amour.. »

    Dis-je sans me douter que mes mots auront un sens certain d’ici peu. On va encore nous séparer contre notre grès et ça pendant des années. Wexley va tomber mais il va me faire tomber avec lui. Je vais finir enfermer en prison pour une dizaine d’années mais ça, j’en ai aucunement conscience sur l’instant T et c’est certainement mieux ainsi. Quoi que si je savais, je profiterais encore plus et je m’enfuirais encore plus loin. ( j’imagine bien Henry dans dix ans comme dans le film « le ministère de la sale guerre », en mode prisonnier qu’on libère pour aller saboter les allemands)

    « – Je t’aime Q’orianka. Je sais que je te l’ai déjà dis des milliers de fois et je continuerais de te le dire mais sache que je suis le plus sincère quand je sors ces mots. Je n’ai jamais autant aimé que depuis que tu es arrivé dans ma vie. Tu es devenu mon monde et même si tout n’est pas facile, tu resteras mon monde et mon soleil. Parce que même dans l’ombre et la noirceur, tu restes la lumière qui éclaire mon âme. Dans les moments les plus difficiles, c’est à toi que je pense pour ne pas sombrer. »

    J’embrasse à mon tour ses lèvres et je la fais basculer sur le petit matelas de fortune. Mon corps arrive au-dessus du sien et je m’abaisse pour venir embrasser ses courbes qui frissonnent. La chaleur est déjà écrasante avec le désert mais là elle devient encore plus forte quand nos mains commencent à se caresser. Cette nuit va encore être sauvage et passionnée mais je pourrais passer chaque nuit de ma vie à faire cela avec elle.

    Le matin arrive mais elle dort encore contre moi. Je l’observe silencieusement mais je suis interpellé par sa main ou plutôt son poignet. J’ai déjà vu son bracelet mais là il y a quelque chose d’étrange. Une petite lumière bleue comme celle qu’il y avait en Atlantide. Je viens donc réveiller lentement Q’orianka pour qu’elle puisse voir cela. Les inscriptions sur le bracelet brillent en bleu. Elles sont vives. De plus en plus vives.

    « – Tu crois que… ? »

    Que c’est le fameux bracelet ? Celui que je cherchais ? Elle n’attend pas pour le retirer mais il ne passe pas autour de mon propre poignet car je suis plutôt baraqué. Alors elle le glisse dans ma main et pendant quelques secondes, mes yeux deviennent d’un noir corbeau comme quand la chose prend possession de moi. Mes yeux finissent par redevenir bleu et je reprend mes esprits. Tous mes esprits. Je ne sens plus ce poids sur mes épaules ni des pensées massacrantes. Je sens que quelque chose est partie. Je sens que je suis libre. Je serre encore plus le bracelet entre mes mains et les larmes me montent aux yeux. Est-ce que je suis « guéris » ? Je vais pouvoir vivre avec elle sans avoir peur de lui faire mal ? Je me redresse mais je prend Q’orianka dans mes bras. Je la serre comme je ne me l’étais pas permis depuis bien trop longtemps.

    « – Tu l’as trouvé.. tu l’avais sur toi.. c’est toi qui l’a trouvé.. »

    Je ne sais pas où ni comment mais elle l’a. C’est elle qui me libère de cette chose dont je ne sais pas vraiment les origines ni pourquoi elle m’a choisi mais maintenant c’est terminé. Du moins tant que je garderais le bracelet avec moi. Dans tous les cas, cela lève un voile sur mon esprit. J’ai l’impression de revivre et que j’ai de nouveau le droit de respirer. J’ai même de nouveau le droit d’avoir un avenir et de l’espoir. Tout ce que j’avais stoppé, je vais pouvoir le reprendre. Enfin, surtout ma vie avec elle. Cette vie qu’on voulait avoir à deux.

    « – Je suis libre mon Amour ! Je ne sens plus cette chose en moi ! Je.. »

    Mais le voile a aussi ses failles et je vois bien mieux ce que la chose a fait. Il n’y a plus d’amnésie. Je sais ce que j’ai fais sur les femmes de Londres, celle d’Ecosse mais aussi celles d’Égypte.. je pensais qu’ici, je n’avais rien fait mais si. J’ai aussi tué des dizaines de femmes. J’ai été même pire qu’à Londres. Je deviens beaucoup plus pâle et Q’orianka s’inquiète. Je sens qu’elle panique. Elle glisse ses mains sur mes joues et je prend un air beaucoup plus grave.

    « – J’ai tué une trentaine de femmes Q’orianka.. même ici.. j’ai aussi tué des femmes.. tout me revient à l’esprit.. je me souviens de tout.. même des endroits où j’ai caché des corps.. »

  130. Avatar de M.
    M.

    Q’orianka veut que l’on retrouve les corps et qu’on leurs donne une sépulture décente. J’ai accepté mais au fond de moi, j’ai honte et je culpabilise comme jamais. C’est celle que j’aime le plus au monde qui va m’aider à trouver une sorte de rédemption et surtout qui va cacher mes crimes. Je sais que j’ai une chance inouïe de l’avoir auprès de moi car beaucoup se seraient enfuie en courant après mes aveux, cependant j’ai du mal à la regarder dans les yeux car elle va voir à quel point j’ai été un monstre. Elle va voir ce que j’ai eu de plus sombre en moi. Elle va voir à quel point je n’ai pas eu de pitié.

    On reprend la route vers le nord ou plutôt vers l’Égypte puisque c’est là-bas que j’ai fait une dizaine de nouveaux meurtres. On va devoir se rapprocher de louxor et ça ne me plaît pas car je sais que Wexley sera certainement revenue de son voyage. J’ai peur qu’il s’en prenne à elle et bien que je suis délivré du monstre, je sais aussi que je ne laisserais jamais personne toucher à un cheveux de Q’orianka. J’ai assassiné des femmes à cause d’une entité mais sans l’entité, je pourrais devenir un diable pour celui qui fera du mal à celle que j’aime.

    On ne parle pas beaucoup pendant la route, en même temps la moto et le désert ne nous le permettent pas vraiment mais nous faisons quelques pauses où elle essaye de me changer l’esprit en parlant de l’après. Quand nous aurons fini cette quête, on repartira de zéro et on recommencera une nouvelle vie. C’est ce qu’elle me promet et ce que je veux croire. Je ne veux plus penser à ses massacres que j’ai fais ou à la douleur que j’ai causé autour de moi, surtout à elle. Pourtant l’avenir s’annonce très sombre pour moi. Même plus que sombre puisqu’une petite cellule avec une minuscule fenêtre, sera mon lieu de vie pendant beaucoup trop de temps.

    Wexley n’a pas fait qu’envoyer des espions pour retrouver Q’orianka. Il a aussi fait en sorte de fouiller dans ma vie, dans mon passé. Il a su qu’une enquête était en cours en Angleterre pour les meurtres et c’est une sorte de pain béni pour lui. Il n’attend pas pour prévenir les autorités anglaises que je suis en Égypte, afin que celles-ci viennent me traquer. En attendant que des enquêteurs anglais viennent sur ce territoire, ce sont les polices égyptiennes qui ont pour mission de m’attraper.

    Le premier corps se situe justement à Louxor car les autres sont encore plus au nord, vers Le Caire. Je sais qu’on va devoir se faire discret mais c’est déjà une peine perdue. Je suis l’homme à abattre et Q’orianka le trésor à retrouver. On arrive à peine à la périphérie de la ville qu’on se fait remarquer et poursuivre. Heureusement que j’ai une bonne maîtrise de la moto mais ça ne suffit pas. On se fait prendre en sandwich et on manque même de se faire tirer dessus. Pour ne pas que Q’Orianka soit touchée, je décide de me livrer. Je l’entend hurler derrière moi. Je l’entend pleurer mais si je ne fais pas ça, on sera tué tous les deux. Pourtant je ne dis pas mon dernier mot de suite, ou plutôt je ne compte pas tomber seul. Howard m’avait promis de faire tomber Wexley et il a tenu sa promesse car bien que je sois pris par la police, lui aussi il se fait attraper. On l’accuse de détournement d’argents, de trésors, de dissimulation de crimes et autres faits qui ont été appuyé par des nobles anglais qu’Howard a soudoyé.

    Ce n’est que deux jours plus tard que je peux enfin la revoir. Elle a le droit de me rendre visite dans la cellule temporaire mais elle n’est pas seule. Elle est accompagnée d’un avocat et de Garrett. En voyant leurs visages, je comprend aisément que je suis dans de sale draps et que je ne vais pas sortir d’ici très tôt. On m’accuse d’une quinzaine de meurtres et l’avocat nous annonce que le juge parle déjà de peine de morts. Cela me fait rire jaune mais de toute façon je n’ai plus le choix. Garrett dit qu’on peut changer la peine en prison à vie mais dans les deux cas c’est une sorte de peine de mort pour moi puisque je n’aurais pas l’avenir promis avec Q’orianka.

    L’avocat et Garrett réussissent à faire en sorte que je puisse avoir un peu de temps seul avec Q’. On est dans un parloir et une fenêtre nous sépare. Il n’y a que de tout petits trous qui peuvent laisser passer le bruit de nos mots. Elle a une tristesse infinie dans ses yeux et moi.. moi je suis déjà une sorte de légume. Je n’ose pas la regarder dans les yeux cette fois-ci mais pas à cause des meurtres. Non, je n’ose pas la regarder car j’ai tout détruit. Je me sens horrible face à elle. Elle ne devrait pas être ici ni même dans cet état. Je lui ai volé son sourire. Je lui ai volé sa joie.

    « – Ils vont m’extradé en Angleterre pour que je purge ma peine là-bas.. mais toi comme moi, on sait que.. que je ne sortirais jamais. Je suis condamné à être ici à vie. Mais toi non. Toi tu es dehors et libre Q’orianka. Wexley ne pourra plus t’approcher et.. tu as toute ta vie devant toi. »

    Je sens les larmes monter car cette vie devait être à deux mais là nous savons que c’est impossible. J’imagine qu’elle a dû vouloir trouver des moyens de me sortir de là mais on sait que c’est impossible. Je vais être transféré dans une prison de haute sécurité. Même des simples lettres seront fouillées de fond en comble avant d’arriver dans mes mains.

    « – Je t’interdis de rester enfermé avec moi ici. Je t’interdis de cesser de vivre parce que je suis ici. Au contraire.. je veux que tu vives pour moi Q’. Je veux que tu fasses tout ce que nous aurions dû faire à deux. Je veux que tu fasses le tour du monde, que tu trouves les plus grands trésors et que tu vives dans une immense maison dans la campagne écossaise. Avec ce grand jardin pleins de fleurs et surtout de roses.. hm.. »

    Une larme coule. Et puis une seconde.

    « – Je veux que tu passes ton permis de conduire pour prouver qu’une femme aussi peut conduire. Je veux que tu goûtes à toutes les pâtisseries que tu trouveras dans les villes que tu visiteras.. et.. je veux que tu laisses ton cœur aimer un autre s’il le souhaite. Tu n’es pas une prisonnière. Tu n’es pas derrière ces barreaux. Tu as encore un avenir devant toi.. et même si ça me tue de ne pas y faire parti, je sais que ça sera mon seul réconfort de savoir que tu fais tout ça pour nous. J’aurais les images de tes voyages et tes rencontres.. ça sera mon simple bonheur. »

    Ma main se pose sur la vitre et elle glisse la sienne dessus. Elle pleure, moi aussi. Cette fois-ci le destin a réussi. Il nous a définitivement séparés. Du moins, c’est ce qui est écrit pour les dix premières années.

    « – Je ne sais pas si c’est possible mais j’espère qu’ici ou dans une autre vie, je pourrais à nouveau t’aimer et cette fois ci te rendre heureuse. Faire en sorte que tu ne verses jamais aucune larmes en ma présence.. je suis tellement désolé d’être ton malheur.. je m’en veux tellement.. »

  131. Avatar de M.
    M.

    Prison de haute sécurité, Wakefield, 1942.

    « – Tu as de la visite Cavill. On va t’amener au parloir alors lève ton cul de ton lit. »

    De la visite ? Mis à part Garrett ou ma mère,, personne ne vient me rendre visite. Q’orianka venait au début et puis elle a fini par ne plus venir. Si au début ça me faisait mal, j’ai fini par accepter car je pensais qu’elle commençait enfin à vouloir retrouver une vie normale et pas une vie aux parloirs. Elle a peu à peu disparu, même de la vie d’Anya et Garrett. Personne ne sait qu’elle a mis au monde mon fils et qu’elle l’élève dans le plus grand des secrets. Moi ? Moi je suis un lion en cage depuis dix ans. Je ne peux pas dire qu’il s’est passé énormément de choses car je ne peux rien faire ici. Je me suis fait quelques camarades mais rien de plus. Si, parfois j’ai dû montrer que je n’étais pas du genre à me laisser faire pour éviter que les autres ne s’en prennent à moi et cela m’a valu pas mal de semaines d’isolement.

    La prison m’a rendu beaucoup plus austère et replié sur moi-même. Je préfère me perdre dans mon imagination plutôt que de me dire que je vais finir ma vie ici car oui, j’ai été condamné à la prison à vie. Le juge m’a promis que je ne sortirais jamais et pourtant, aujourd’hui les choses vont changer contre toutes attentes. Le gouvernement a besoin de moi et pour cela, ils savent qu’ils doivent négocier ma peine. Pourtant c’est grâce à Matoaka que cela est possible mais je ne le sais pas encore. Je ne sais plus rien d’elle et même si c’est ce que je voulais, pour qu’elle refasse sa vie, ça m’a éteint. Je suis éteint de ne plus avoir mon soleil dans ma vie.

    « – Monsieur Cavill. Heureux de vous rencontrer. Vous allez pouvoir sortir d’ici mais bien évidement, il y a des conditions. »

    C’est un petit homme potelé et il me signe de m’asseoir face à lui. Le gardien me laisse les menottes et il me fait signe d’obéir à ce petit homme. Par réflexe, je fronce les sourcils mais je ne dis rien. Je veux d’abord entendre ce que souhaite cet homme. Je veux surtout savoir pourquoi il est ici car je sais que ses conditions vont être intenses puisqu’on ne sort par un condamné à vie aussi facilement.

    « – Je suis George Emerson et je travaille pour le service secret de la couronne. Nous avons entendu que vous aviez vécu dans les déserts et que vous connaissez ce terrain par cœur. On sait aussi que vous savez vous battre et utiliser des armes. Vous êtes un homme très intelligent et vous savez établir des plans. Nous avons besoin de vous pour récupérer l’un de nos espions en Anatolie. Il a été capturé et il est introuvable.
    _ Et qui dit que votre espion n’est pas mort ? Ou alors que ce n’est pas un moyen de m’éliminer ?
    _ vous êtes perspicace monsieur Cavill. On sait qu’il n’est pas mort car il est très important pour nous. Par contre il est vrai que si on vous envoie, c’est parce que c’est une mission très dangereuse. Si vous y survivez, vous serez libre. On effacera votre peine. »

    Est-ce qu’il dit vrai ? Est-ce que cette mission pourrait me permettre de revoir ma Q’orianka ? M’offrir l’opportunité d’être libre ? Je n’ai plus confiance en rien. Je me méfie. C’est pour cela qu’il sort une lettre officielle du roi. Elle dit ce que ce george vient de me dire et elle dit aussi que je peux former une équipe pour aller en Anatolie. Je peux prendre des hommes de la prison avec moi et leurs offrir aussi une possible liberté.

    « – Vous n’avez pas peur de remettre des hommes comme nous dehors ? Ou vous pensez vraiment que nous allons mourir là-bas ?
    _ Il y a des deux. Mais si vous avez votre liberté, on gardera tout de même un œil sur vous. Cela est évident. »

    Je prend la lettre en mes mains et je me remet à la lire. Ce bout de papier est peut-être mon seul moyen de la revoir.

    Dès le lendemain, je suis dans un avion avec trois compères. Nous partons pour l’Anatolie. On ne m’a pas permis de contacter Q’orianka ni même Garrett. Je dois faire cette mission avant de penser au reste. Je suis loin d’imaginer que c’est Q’orianka que je pars retrouver et sauver. Cependant ça ne va pas être une mince affaire car il y a des centaines d’hommes armés qui sont prêts à tuer pour la garder. Je ne sais pas en quoi consiste l’affaire mais on m’a briefé sur le fait que cette personne est faite prisonnière par des dirigeants nazis. Ils la gardent pour faire pression sur les anglais et pour obtenir des trésors que seul la personne connaît l’existence. C’est intriguant mais je met des sortes d’œillères. Je ne me concentre pas sur qui est là personne mais sur comment je peux la retrouver et la récupérer.

    J’ai avec moi Anders Lassen (Alan Ritchson), Geoffrey Appley (Alex Peytiffer) et Henry Hayes (Hero Fiennes), en guise de compagnons. Je n’ai pas pu prendre Garrett ou mêmes des personnes qui ont fait partie de ma vie. Il fallait des prisonniers qui seraient des sortes de kamikazes. Pourtant je me suis promis de protéger ces hommes car ce sont les seuls avec qui j’ai noué un lien depuis ces dernières années. Anders a été mon premier ami en prison et il est devenu une sorte de frère bien plus grand et baraqué que moi. Geoffrey et Henry sont arrivés après mais eux ils ont un rôle de petits frères. Ceux qu’on prend sous notre aile pour les protéger des autres.

    « – Nous atterrissons à Ankaras dans deux heures mais vous devez aller vers l’ouest, à Erzurum. C’est là-bas que se concentre les nazis. »

    Dit le dernier de notre troupe, ce fameux monsieur George. Il nous accompagne pour être une sorte de chef de mission. Il semble ridicule à côté de nous mais on ne pouvait pas nous laisser en roue libre. George Emerson est le seul en contact avec les services secrets et il est donc notre seul moyen de réussir correctement cette mission. Cependant comment cela va se dérouler ? Qu’est-ce qui nous attend vraiment là-bas ?

    ( https://pin.it/7dXOozIqA )

  132. Avatar de M.
    M.

    Forteresse d’Erzurum, 1942.

    Nous avons passé plusieurs jours dans le désert d’Anatolie pour arriver dans cette ville d’Erzurum. Georges a essayé d’avoir des renseignements pour que l’on puisse savoir où trouver la personne que l’on doit récupérer. Elle serait dans la forteresse tenue par les nazis mais on ne sait rien de plus. Ils ne veulent même pas me dire qui je dois rechercher. Comment réussir une mission sans avoir une seule indication ? En guise de réponses, on nous a dit de tuer tout le monde dans la forteresse et qu’en faisant cela, nous finirons pas retrouver la fameuse personne. C’est insensé mais nous n’avons pas le choix d’accepter. Nous allons être quatre idiots anglais face à des trentaines de nazis armés. Je donne peu chère de nos vies mais j’ai une hargne immense. Il est hors de question que je meurs sans avoir revenu au moins une fois l’amour de ma vie.

    « – Ils vont faire un banquet ce soir, en l’honneur d’une riche héritière allemande. C’est là qu’il va falloir frapper. Ils seront tous concentrés dans la forteresse.
    _ Vous savez que c’est une mission suicidaire George ?
    _ Oui mais c’est pour cela que vous êtes ici. Si vous survivez, vous serez libre. »

    Je ris légèrement mais je ris jaune. Il a de la chance que nous soyons tenu en laisse par le gouvernement anglais car je l’aurai déjà etripé.

    Nous sommes bien armé, pour ça je ne peux pas râler. Nous avons tout ce que nous avions demandé, même de quoi faire exploser des parties de la forteresse. Nous devons nous attaquer lorsque nous serons certain que tout le monde sera à l’intérieur mais pour le moment il faut se confondre dans la masse des gens donc pour cela, nous avons revêtu des vêtements de soldats allemands. George nous apprend quelques mots pour éviter de se faire répérer.

    « – Si on attaque directement, ils vont tous se jeter sur nous. Il faut attaquer à plusieurs points.
    _ C’est ce que je comptais faire mais nous ne sommes que quatre Anders. Nous ne sommes pas une énorme équipe. Plus on sera séparé et plus ça sera dangereux pour nous.
    _ Il faut donc trouver un moyen de tous se retrouver dans la salle principale.
    _ Oui et ne pas oublier notre première mission. Trouver la personne qu’ils veulent.. mais je ne comprend pas pourquoi ils ne nous disent pas à quoi cet agent ressemble. Ou alors on est envoyé comme viande fraîche pour que l’agent puisse partir le temps que nous tombions.
    _ Je crois que c’est ça. On est pas ici pour être libre Henry mais pour mourir. Sauf que je refuse de leurs faire plaisir.
    _ Et je rejoins tes envies. On ne va pas mourir et on va les forcer à nous regarder être libres. »

    Anders a raison et on ne va pas mourir ce soir. Pourtant il va falloir se battre et l’assaut finit par être donné. C’est moi qui entre en premier dans la salle principale et c’est moi qui est le plus exposé. Je ne vois pas que Q’orianka est ici et que c’est elle l’agent à trouver. Je dois d’abord faire un carnage et pour cela, j’ai une mitraillette. Le bruit des balles arrive et c’est un bain de sang. De son coté Q’orianka s’enfuie par une autre sortie mais c’est la sortie où Geoffrey a été posté. Il l’intercepte non sans complication car elle ne se laisse pas faire. Elle croit que c’est un nazi, pourtant Geoffrey a une réflexion qui permet de freiner Q’orianka. Elle n’a rien de nazi et surtout elle cache quelque chose dans ses bras. Elle a volé quelque chose et nous avions émis l’hypothèse que l’agent soit ici pour justement voler quelque chose.

    “ – C’est toi l’agent ! Tu ne vas aller nul part car mes camarades vont certainement mourir à cause de toi ! On est ici pour te récupérer ! Alors tu ne fuis pas !”

    Lance Geoffrey alors que des soldats nazis arrivent vers Q’orianka et lui. Il sort son arme pour la protéger alors que dans la forteresse, les bruits d’explosions se font entendre. Notre plus jeune camarade, Henry, fait sauter les points stratégiques. Anders a réussi à me rejoindre mais c’est compliqué d’éviter les balles ennemis. J’en ai pris deux. Une dans la jambe et l’autre dans le bras mais ça ne m’arrête pas. Je suis à peu de retrouver ma liberté. Je suis même à peu de retrouver l’amour de ma vie mais ça on ne le sait pas encore.

    “ – Anders ! Les commandants se sont retranchés vers l’Est ! Je vais y aller !!”

    Ils prennent justement le chemin où sont postés Geo et Q’. Là-bas c’est aussi compliqué. Geoffrey a réussi à tuer la première vague de nazis mais la seconde arrive, avec moi qui les suit. Les balles continuent de fuser un peu partout et nous arrivons. L’endroit se situe dans une petite courette qui donne sur une sortie de fort. S’ils réussissent à passer la porte, ils pourront fuir dans le désert et surtout avertir d’autres camps nazis. On doit donc les tuer maintenant. Geoffrey me voit arriver et il a un léger soupire de soulagement mais ce n’est certainement pas lui qui est le plus choqué. Q’orianka est là, près de lui. Je ne la remarque toujours pas car je suis concentré à en finir avec les commandants. Je tire et j’en vise mais je me fais aussi tirer dessus. Cela se voit que j’ai été touché mais comme si j’étais invincible, je ne vacille pas. J’avance et je me bat pour mon avenir. Je le traque jusqu’à ce qu’ils soient tous au sol. Je vérifie même qu’ils soient bien tous morts.

    Malgré les dix années derrière les barreaux, je n’ai rien perdu de ma carrure. J’ai juste les cheveux plus longs et une longue barbe. J’ai quand même pris des traits plus vieux, plus marqués. Par contre, elle… Elle est encore plus belle qu’avant. A croire que le temps n’a pas d’impact sur elle ou alors si, il la rend toujours autant divine. Après avoir tué le dernier commandant, je tourne mon regard vers Geoffrey mais c’est surtout à ce moment que je croise celui de Q’. Oui, c’est elle. Je reconnaitrais mon grand amour entre mille personnes. Qu’est ce qu’elle fait ici ? Pourquoi tient-elle une arme ? Je pâlis mais surtout je tombe à cause de mes blessures. Geoffrey panique et il se tourne vers Q’orianka.

    “ – Sors le d’ici !! Sauve le !! Je vais rejoindre les autres !!”

    Il ne sait pas qui elle est pour moi. Il s’assure qu’elle aille vers moi avant de rentrer dans le manoir de la forteresse. Moi ? j’ai l’impression d’être arrivé au paradis. Je suis allongé au sol et elle arrive au dessus de moi. Il est clair que je suis en train de mourir. Ce n’est pas possible autrement. Si non, pourquoi serait-elle ici ? Mes yeux brillent d’émotions et j’essaye de lever ma main vers sa joue.

    “ – Pardonnes moi.. Je croyais pouvoir réussir.. pour être libre.. pour te retrouver mais j’ai failli à ma mission. Je crois que.. je suis en train de mourir mais je suis.. je suis heureux de te voir juste avant ça.. Si c’est ça le paradis.. alors je veux y rester pour toujours..”

  133. Avatar de M.
    M.

    Tout est vague. Je ne sais pas si je suis mort, si j’ai rêvé, si elle était vraiment là, si tout ça est la réalité. Les balles n’étaient pas mal placées mais elles m’ont fait perdre énormément de sang et c’est pour cela que je n’ai pas réussi à reprendre rapidement des forces. J’ai comaté pendant plusieurs jours mais dans mon coma, j’ai eu l’impression qu’elle était là, qu’elle me parlait, qu’elle me touchait. Quand j’ouvre enfin les yeux au bout d’une semaine, alors que nous sommes à Ankara, prêt à prendre un avion pour retourner au Royaume-Uni, mes camarades sont là mais elle non. J’ai donc dû rêver, ce n’était pas réel mais Georges, Geoffrey et le jeune Henry, me disent qu’une femme a veillé sur moi et qu’elle semblait très amoureuse. C’était la personne que nous devions retrouver au fort. Ils me décrivent cette demoiselle et je comprend facilement que c’était elle. Q’Orianka était là. Q’Orianka était près de moi mais surtout Q’orianka est devenue une agent qui a dû repartir pour l’Allemagne.

    « – Il faut qu’elle revienne ! Berlin est trop dangereux !!
    _ Cela est impossible Henry, elle a une mission à faire et puis de toute façon cela ne vous regarde pas.
    _ Si ça me regarde puisque c’est ma femme ! »

    Et là, un gros silence s’installe. Mes camarades ont assez entendu parler de Q’orianka pour savoir à quel point je l’aime. Ils savent aussi que je ne vais pas vouloir rester là à ne rien faire mais mon état ne me permet pas de repartir maintenant dans une mission suicide. Je ne tiens pas debout et je n’arrive plus à bouger mon bras. Alors le petit Henry a une idée pour tenter de dissiper mon esprit.

    « – Elle a dit qu’elle avait un fils. Je.. je l’ai entendu.. il est en Écosse et il a dix ans. »

    Dans mon coma ou plutôt mon rêve, il me semblait qu’elle m’avait parlé d’un fils. Un petit garçon qui a mes yeux et qui nous attend en Écosse. Elle m’a dit qu’un jour on serait tous les trois réunis, enfin posé et heureux. Georges prend note de ce qu’Henry dit et il prend une décision me concernant.

    « – Vous devez vous reposer de toute manière. Sauf si vous souhaitez le faire en prison, je peux faire en sorte de vous ramener en Écosse, auprès de cet enfant. Le temps que votre épouse termine sa mission. »

    Je suis torturé. Je n’ai pas envie de laisser Q’orianka seule et pourtant je sais que je ne serais pas utile. Avant d’accepter la proposition de Georges, je demande à mon plus fidèle camarade, Anders, s’il peut aller à Berlin pour aider Q’orianka. Il accepte sans rechigner puisqu’il a ça dans le sang. La guerre, les armes, l’adrénaline.

    Mon voyage jusqu’en Écosse m’angoisse. Je pense à Q’orianka mais surtout à ce petit garçon que je ne connais pas. Est-ce qu’il sait que j’existe ? Est-ce qu’il va m’en vouloir de ne jamais avoir été présent pour lui ? Qu’est ce qu’il va penser de moi ? Je sais que je vais vivre la plus grande rencontre de toute ma vie. Je ne vais pas revoir un vieil ami ou ma famille mais je vais voir le seul trésor que nous avons réussi à créer avec Q’Orianka. Ce petit garçon est la preuve vivante de notre amour. Je sais que je vais devoir rattraper le temps perdu et surtout je vais devoir devenir un père, ce que je n’avais pas prévu mais je suis prêt. Je suis prêt à aimer cet enfant plus que tout au monde.

    J’arrive dans les highland après encore une semaine de voyage. C’est George et Geoffrey qui m’accompagnent jusqu’au manoir. Gladys, la dame qui s’occupe de Kisos, a été prévenue de notre arrivée mais pas Kisos.

    Les garçons me font sortir de la voiture et ils me mettent sur un fauteuil roulant. Nous n’avons pas le temps d’avancer que le petit homme sort du manoir et il se met à courir vers nous. Il n’y a pas grand monde qui passe par ici ou même dans sa vie donc le moindre bruit le met en alerte. Il se rapproche et je me fige d’émotions. Plus il avance et plus je vois ses traits. Il est un parfait mélange de nous deux. Il a mes yeux mais il a le teint ambré de sa mère et ses longs cheveux noirs. Il a aussi son sourire. J’ai envie de pleurer de joie mais aussi de tristesse. Cependant je me retiens.

    “ – Duda !!”

    Duda ? C’est ce que disait Q’ à son père.. Comment sait-il que je suis son père ? Kisos vient me sauter dans les bras et je le réceptionne du mieux que je peux. Je viens surtout le serrer contre moi et je niche mon visage contre le haut de sa tête. Mon cœur bat à toute vitesse. Il a la même odeur de jasmin que Q’orianka. Il semble minuscule et pourtant pour dix ans, c’est déjà un grand garçon. Il est clair qu’il sera un homme grand comme moi.

    “ – Bonjour.. Tu sais qui je suis ?
    _ Oui, tu es mon Duda ! Ma’ m’a montré des photos de toi et elle m’a beaucoup parlé de toi ! Elle m’a dit que tu étais en prison mais que tu allais bientôt nous retrouver et elle avait raison !”

    Mes deux camarades se reculent un peu pour me laisser de l’intimité avec mon fils. Son visage fait face au mien, je suis subjugué par sa beauté, sa vivacité. Gladys sort à son tour du manoir et elle nous rejoint pour se présenter. C’était l’ancienne nourrice d’Anya. Elle élève Kisos depuis sa naissance. Le petit homme me pose déjà une tonne de questions mais il faut avant tout que nous rentrions au chaud car ici ce n’est pas le même temps qu’en Anatolie. Je laisse George et Geoffrey repartir alors que moi je pars vers mon avenir. J’ai beaucoup de temps à rattraper et surtout je tiens à connaitre par coeur ce petit bonhomme qu’est mon fils. Même si je pense encore à Q’orianka et qu’il me tarde de la revoir, pour le moment j’ai moi aussi un objectif, celui d’offrir à Kisos, un père aimant et présent.

  134. Avatar de M.
    M.

    Manoir de Mallaig, juin 1943.

    Depuis ce matin, je tourne en rond. Depuis peu, je remarche même si c’est difficile. Je me suis enfermé dans le bureau de Q’orianka pour essayer de réfléchir à ce qu’il se passe. Tout comme Kisos et Nashoba, je suis certain qu’elle n’est pas morte mais où pourrait-elle être ? Si Anders l’a sauvé d’une quelconque explosion, il a dû aller la mettre en sécurité mais où ? Nous avons passé des années sous les verrou, à se parler mais je ne connais pas énormément de choses sur sa vie personnelle puisqu’il ne souhaitait pas en parler. Je sais qu’il est née en Norvège et que ses parents étaient deux professeurs de langue. Ils ont beaucoup voyagé et donc Anders aussi. Il pourrait être n’importe où mais il est vrai qu’il m’a déjà parlé de la suisse. Ce pays neutre, permet à beaucoup de monde de se cacher et il y a énormément de bunker dans les valais. Ils doivent être là-bas mais où exactement ?

    Je suis ici depuis quelques semaines et j’ai passé énormément avec Kisos. J’ai même passé tout mon temps avec lui, si bien que même le soir on dort ensemble. Je ne veux plus rien manquer de sa vie mais là, je vais devoir partir. Je ne peux pas laisser sa mère dans de sales draps et je sais qu’ici il est en sécurité. Pourtant ça me crève le coeur, tout comme ça va lui faire mal mais je me promet de revenir et pas seul, avec sa mère.

    Au soir, lors du dîner, les mines sont tristes. J’ai dis à Kisos mon intention de partir chercher sa mère. Il a pleuré car il a peur pour moi et il a surtout l’immense peur de ne plus jamais me revoir mais je lui ai fais la promesse de revenir.

    “- On va revenir avec ta mère et je te jure sur ta mère, même sur toi, que nous resterons ici et on ne partira plus sans toi. On aura notre vie de famille mon petit ourson.
    _ Mais tu vas me manquer.. Et ma’ me manque aussi…
    _ Je sais mais je te promet de faire au plus vite. Je dois retrouver maman..”

    Le lendemain matin, j’envoie un télégramme vers Londres. Je contacte Garrett mais aussi ma mère pour qu’ils viennent tous au manoir de Mallaig. Il est temps que Kisos connaisse sa famille mais surtout qu’il se sente entouré. Je leurs ai demandé de venir au plus vite. Garrett est le premier à me répondre et il accepte sans réfléchir. Il sera là dans trois jours avec Anya et leur petite fille, Charlie. Ma mère va aussi arriver. Mon père sera de la partie et je sais qu’ils vont être les plus attentionnés envers Kisos. Pour ma part, je prend le large ce soir. Geoffrey et Henry vont m’accompagner à Genève. On a pour mission de retrouver mon épouse mais aussi notre ami Anders.

    Début Juillet 1943, Genève, Suisse.

    Je sais que je ne suis pas encore remis de mes blessures mais je suis déterminé à retrouver mon grand amour. Avec mes camarades, on compte bien fouiller tout le pays s’il le faut mais heureusement nous avons tout de même eu quelques informations utiles de la part de George. Il a fouillé dans le passé d’Anders et il a vu que ses parents avaient eu une petite maison dans le village de Fribourg. Les alpes ne sont pas loin donc ils sont certainement là-bas mais faut-il encore qu’on réussisse à rejoindre l’endroit. Ici aussi il y a des nazis cachés et il se dit même que le fameux Fureur serait dans le coin.

    8 Juillet 1943, Fribourg, Suisse.

    Nous avons pris les petites routes pour arriver ici sans se faire prendre par des nazis. En chemin, j’ai essayé d’interroger des gens pour savoir s’ils avaient vu Q’orianka ou Anders mais je n’ai eu aucune information utile. Par contre cela change quand nous arrivons dans le village d’Anders. Je vais dans le premier commerce que je vois pour poser des questions et le vendeur me répond sans attendre.

    “ – Anders est mort.. et son épouse est dans le coma. Elle se trouve dans le dispensaire de la ville..”

    Je crois que je n’ai jamais été aussi pâle de toute ma vie. On se précipite au dispensaire et il y a énormément de blessés de guerre ici mais il y a surtout ma Q’orianka qui est allongée dans un lit. Elle semble dormir mais pourtant elle a un bandage autour de la tête et aussi autour de son ventre. J’en tombe à genoux près de son lit. Mes mains agrippent l’une des siennes et je craque. Même s’il y a du monde et surtout mes camarades, je fond en larmes.

    “ – Mon Amour.. Je suis tellement désolé.. Tu ne serais pas ici si j’avais su ne pas tomber en Anatolie.. Et Anders.. mon dieu..”

    Geoffrey veut savoir pour Anders. Il veut savoir comment tout cela est arrivé et peut-être qu’une infirmière le sait. Ce n’est pas une infirmière mais le directeur de l’hôpital qui vient nous expliquer.

    Ils ont survécu à l’explosion mais ils ont été traqué par les nazis. Ils les ont suivi jusqu’ici et Anders a été mortellement touché pour protéger Q’orianka. Comme il me l’avait promis. Cependant Q’orianka a aussi reçu des balles et ils l’ont retrouvé inerte dans la valais voisine. Elle est encore vivante mais elle ne répond pas depuis son arrivée au dispensaire. Cela fait déjà une semaine qu’elle est dans ce lit.

    Je suis anéanti. J’ai envie d’hurler parce que j’ai promis à Kisos de revenir avec sa mère mais si elle ne se réveille pas, je ne pourrais pas honorer ma promesse. Et puis j’en veux encore plus à ses monstres de nazis. J’ai une haine profonde envers eux mais ma haine est partagé par mes deux camarades présents. Au soir, alors que nous sommes dans le bar du village puisque nous n’avons pas le droit de rester au dispensaire la nuit, Geoffrey propose d’aller à notre tour traquer ceux qui ont tué Anders et blessés Q’orianka. On doit bien ça à notre ami. Même s’il n’avait pas de famille, d’enfants, d’épouse, il nous avait nous comme frères.

    “ – Le directeur a dit que les nazis qui osent venir en suisse, sont des proches d’Hitler. Ils ont une résidence à trente kilomètres d’ici. On va y aller et on va tout faire exploser.. On ne va même pas chercher à entrer. On va mettre de la dynamite partout autour d’eux et on va les exterminer.
    _ Tu sais que les suisses peuvent s’en prendre à nous s’ils nous attrapent ? Ici c’est un terrain neutre..
    _ Pourquoi se faire attraper ? On a prouvé qu’on savait se fondre dans la masse, surtout en déguisement de nazis. On va donc leurs faire regretter d’avoir tué notre ami et quand ça sera terminé, je ramènerais Q’orianka en Ecosse. Même si elle ne se réveille pas, elle restera auprès de nous. Je suis même certain qu’elle aura beaucoup plus de chance de guérir en étant auprès de nous qu’en étant ici..
    _ Henry.. Tu.. Enfin tu vois bien qu’elle est certainement condamnée ?
    _ NON ! Je t’interdis de dire ça ! On n’en sait rien et tant qu’on aura rien fait pour réellement l’aider, on ne pourra pas savoir !”

    28 Juillet 1943, Manoir de Mallaig, Écosse.
    Kisos.

    Duda est revenu hier et il a tenu sa promesse, Ma’ est aussi présente mais elle fait une sorte de gros dodo. Duda dit qu’il faut attendre qu’elle se réveille, comme la belle au bois dormant ou Blanche Neige mais je ne veux pas attendre trop longtemps. Je lui ai fais un bisou sur la joue et j’ai demandé à Duda de lui faire un bisou sur la bouche mais elle n’a pas ouvert les yeux.

    Duda a les yeux très tristes. Je l’ai entendu dire à oncle Nashoba qu’il avait peur pour Ma’. Moi je sais que Ma’ va se réveiller parce qu’elle est la plus forte des mamans du monde. Elle est juste trop fatiguée et elle a besoin de se reposer. Mon Amoureuse Charlie m’a dit que j’avais raison et qu’on devait laisser Ma’ tranquille, même si parfois je vais la voir en secret pour lui raconter tout ce que je n’ai pas pu lui dire depuis des mois.

    Je lui raconte qu’après le départ de Duda, il y a eu des nouveaux gens au manoir. J’ai rencontré grand-mère et grand-père. Il y a aussi oncle Garrett et tante Anya qui sont arrivés. Mais surtout, j’ai rencontré mon amoureuse, Charlie. Elle a un an de moins que moi et elle est beaucoup plus petite mais je l’adore beaucoup beaucoup.

    “ – Quand tu seras réveillé, je te montrerais mon amoureuse et puis je te montrerais aussi le beau potager qu’on a fait avec tante Anya ! Oh et grand-père Colin m’a offert un poney ! Il va vite mais ça sera quand même plus amusant si tu viens avec moi. Tu vas bientôt te réveiller hein ? Comme ça on sera tous dans la maison, toi, Duda et moi. Parce que tu sais, on est triste sans toi, surtout Duda. Le soir il vient ici et il pleure.. Je l’entend de ma chambre.”

    Et puis le miracle semble arriver. Je vois la main de ma mère bouger. J’en fais un sursaut et je sors de la chambre pour crier à Duda de venir. Il arrive très vite et il me demande ce qu’il se passe. Il voit à son tour la main de Ma’ qui bouge mais elle n’ouvre pas encore les yeux. Il reprend son air triste mais je sais que Ma’ va bientôt se réveiller. En plus c’est mon anniversaire dans trois jours et elle m’avait dit qu’elle sera là pour mes onze ans.

    1 Août 1943, Manoir de Mallaig, Écosse.

    Tout le monde est réuni pour l’anniversaire de Kisos, sauf sa mère. J’ai essayé de préparer une petite fête même si je sais que je n’ai pas l’entièreté de mon cœur qui a été mis dedans. Cependant c’est le premier anniversaire que je fête avec lui alors je dois mettre ma tristesse de côté pour lui.

    Au petit matin, j’ai été le réveiller et nous avons été nous balader avec son poney dans les Highland. Il était souriant mais j’ai vu que lui aussi n’avait pas totalement le cœur à fêter son anniversaire. Pour essayer de lui redonner un peu plus de sourire, je l’ai laissé rejoindre sa petite chérie Charlie et ils sont partis jouer dans le jardin en attendant que la fête commence.

    Geoffrey et Henry sont ici. Il y a aussi mes parents, Nashoba et nos amis d’enfance, Garrett et Anya. Gladys est toujours aussi présente et je dois avouer qu’elle est d’une aide précieuse. Pourtant c’est moi qui m’occupe de Q’orianka. Même si je pourrais laisser les femmes le faire, c’est moi qui donne les soins à ma princesse atlante. Je la lave, la coiffe, la nourris à l’aide d’une sonde et je tiens à le faire. Nous avons été bien trop longtemps séparés pour que je laisse quelqu’un d’autre prendre soin d’elle.

    Ce midi, je passe dans la chambre pour aller voir si tout va bien et je crois que je manque de faire un arrêt cardiaque quand je passe la porte. Elle a les yeux ouverts. Elle est assise dans le lit et elle sourit. J’ai l’impression que ça n’est pas réel. Pourtant elle lève légèrement la voix pour tenter de dire “isha”.

    “ – Q’orianka.. Q”… mon amour..”

    Je ne cours pas pour ne pas l’effrayer mais dès que j’arrive près du lit, je tombe à genoux comme en suisse. Cependant cette fois-ci ce n’est plus des larmes de tristesse ou de colère. Je pleure de joie. Je retrouve ce souffle que j’avais presque perdu depuis plus de dix ans.

  135. Avatar de M.
    M.

    Manoir de Mallaig, 1er Août 1943.

    Je suis à genoux, totalement aveuglé par les larmes mais je suis follement heureux. Q’orianka est réveillée. Elle respire, elle parle, elle a les yeux ouverts. Je sens sa main glisser sur les miennes et il me faut un moment pour réussir à sortir un mot puisque ma gorge est enrouée à cause des sanglots. Nous sommes seuls pendant un instant et elle me dit qu’elle m’avait promis de me faire libérer. Oui, c’est vrai, elle a faillit donner sa vie pour que je puisse sortir de prison. Sans elle, je serais encore en train de sombrer dans une petite cellule, sans même savoir que j’avais un fils.

    “ – Tu m’as rendu ma liberté et tu m’as offert une famille..”

    Et cette famille arrive en courant. Kisos arrive telle une tornade et il se dépêche d’aller dans le lit pour plonger dans les bras de sa mère. Lui aussi se met à pleurer de joie. Il serre Q’orianka de toutes ses petites forces mais il tend une main vers moi pour que je me joins à ce câlin. C’est la première fois que l’on se retrouve à trois. Entre moi et Q’orianka, il y a ce petit homme qui est ce que nous avons créé. Il est la plus belle preuve de notre amour et ça en est que plus flagrant lorsque nous sommes tous les trois nichés l’un à l’autre.

    “ – C’est mon meilleur anniversaire de toute ma vie ! Ma’ est réveillée et Duda est là !”

    Il nous fait sourire tendrement. Ses mots sont à la fois tristes et beaux. Cependant je me fais la promesse de ne plus jamais rater l’un de ses anniversaires, même lorsque je serais un vieux bonhomme avec une canne.

    Kisos décide de rester contre sa mère mais moi je me recule un peu pour les observer tous les deux. Ma famille. Mes deux amours. Mon monde. Q’orianka essuie mes joues et je viens embrasser le creux de sa main lorsqu’elle a terminé.

    “ – Je vais appeler le médecin pour qu’il vienne voir si tout va bien et après, on va fêter cet anniversaire ici avec toi. Après tout, tu as bien le droit à un petit bout de gâteau aussi.
    _ Oh oui ! En plus c’est le préféré de Ma’ et moi ! Un gâteau au chocolat avec plein de crème !”

    Un médecin doit quand même la voir pour vérifier son coeur, sa respiration et voir si tout va bien. Elle est restée plusieurs semaines dans le coma, on ne sait pas si elle a des séquelles dû à l’incident en suisse. Je me dépêche d’aller donner un coup de téléphone mais pendant ce temps là, tout le monde vient un par un voir Q’orianka. Ma mère, mon père, Gladys, Garrett, Nashoba, Anya mais en dernier, Q’orianka rencontre la petite brunette qu’est Charlie. Kisos rougit en voyant sa petite amoureuse car c’est la première fois qu’il la montre à sa mère.

    “ – C’est ma copine Charlie Ma’.. Et on va se marier quand on sera grands ! J’ai le droit ? Elle est gentille et trop belle ! Mais je t’aimerais toujours fort aussi tu sais.”

    Il a peur de briser le cœur de sa mère et j’assiste à cette scène qui me fait finement sourire. Je suis de retour avec le gâteau entre les mains et j’y ai mis onze bougies. Tout le monde se met à chanter alors que je me rapproche du lit pour que Kisos puisse souffler avec Q’orianka. Les applaudissements arrivent lorsqu’ils ont terminé de souffler et Kisos revient faire un gros câlin à sa mère. Il est heureux. Je le suis encore plus.

    Après ce morceau de gâteau et la visite du médecin, il y a un peu de calme dans la chambre. Je laisse le médecin partir et je retourne vers Q’orianka. Elle est épuisée mais il va falloir quelques jours pour qu’elle retrouve un peu d’énergie. Je viens m’asseoir sur une chaise à côté d’elle et mes mains glissent dans les siennes. J’ai changé, c’est certain. Je dois certainement faire plus vieux, surtout avec ma barbe mais elle me regarde toujours avec amour. Elle me regarde encore comme si j’étais un trésor. Les années loin l’un de l’autre, n’ont rien altéré à nos sentiments mais il est clair que nous avons beaucoup perdu. Nous avons perdu des années précieuses et nous avons faillis ne jamais se retrouver.

    “ – J’ai l’impression que c’est un rêve.. Et j’ai si peur que ça s’arrête. Dis moi que ça ne va jamais s’arrêter. Qu’on va enfin vivre sans plus jamais être séparé.. “

    Plus de prisons, plus de malédiction, plus rien. Juste nous trois, ici en Ecosse, dans ce manoir. Construire un nouvel avenir, sans avoir peur d’être encore séparé. Je sais que ça ne sera peut-être pas aussi rose, surtout avec les services secrets qui sont encore trop proches de nous mais pour le moment nous avons encore un peu de répit puisque Q’orianka est en convalescence.

    “ – Mais dis moi.. pourquoi tu ne m’as jamais rien dit pour Kisos ? Tu as dû assumer notre enfant seule.. Tu n’as même pas prévenu Anya ou même Garrett alors qu’ils auraient pu t’aider..”

    Ce n’est pas un reproche, je veux juste comprendre pourquoi elle n’a pas demandé d’aide. Elle a passé onze ans à tout gérer seule. Notre fils, sa carrière pour tenter de me faire sortir de prison.. Elle a tout réussi mais je suis certain qu’elle est épuisée bien plus que physiquement. Mentalement aussi, elle doit être à plat.

  136. Avatar de M.
    M.

    Manoir de Mallaig, 1er août 1943.

    Elle se préoccupe de ce que j’ai vécu alors qu’elle a vécu bien pire. Moi j’étais juste enfermé et elle, elle a dû subir la vie seule. Elle a mis au monde un enfant seule, elle a trouvé un travail plutôt risqué pour pouvoir me faire sortir. À côté d’elle, je n’ai vraiment pas de quoi briller. Pourtant elle pleure pour moi. Je ne peux pas la laisser ainsi, je viens m’asseoir sur le bord du lit et je la prend contre moi. Je la serre fort alors qu’elle s’agrippe.

    « – Ce n’est pas un rêve.. Je suis ici et je ne compte plus jamais partir loin de toi. Plus personne ne se mettra entre nous. Que ce soit les malédictions ou les hommes. Il est hors de question que je laisse encore notre vie se défiler à cause des autres.. maintenant on a tout à bâtir. Notre vie, notre avenir. »

    J’embrasse son front avant qu’elle ne pose sa tête contre mon épaule. Mon nez se niche contre sa chevelure et je ferme les yeux. Moi aussi j’ai envie de pleurer mais je me retiens. On a vécu tellement de douleurs.. les années ont été horribles et en cet instant, on peut approcher la paix mais j’ai peur. J’ai peur aussi que ce ne soit qu’un rêve, cependant je dois la rassurer et tout faire pour que nous n’ayons plus à souffrir.

    « – Tu as été la plus courageuse des femmes au monde.. Tu as vu ce que tu as fait ? Ce que tu as vécu pour protéger Kisos et me libérer ? Tu ne peux pas savoir à quel point je suis sans voix face à autant de force.. C’est grâce à toi si on est ici maintenant. J’ai tellement eu peur de te perdre définitivement.. Depuis notre retour ici, je passais des heures à veiller dans cette chambre et même à prier pour que tu te réveilles.. C’était tellement de te voir sans pouvoir ne rien faire. Je me sentais si inutile.. mais tu as réussi à te réveiller. Et qui plus est, le jour de l’anniversaire de Kisos.. »

    Ma main caresse sa chevelure qui n’est plus aussi longue que dans le temps. Elle a certainement du la couper pour son travail d’espionne. Mis à part cela, elle n’a pas changé. Elle n’a même pas pris une ride. Il n’y a que son regard qui montre à quel point elle est épuisée mais elle va pouvoir souffler, se reposer et je vais y veiller fermement. Je ne laisserais pas le gouvernement l’approcher pour quelconque mission.

    « – Maintenant tu dois te reposer mon Amour.. Tu as assez donné pendant toutes ces années. Je vais prendre soin de toi et de notre fils, d’accord ? Et puis on a du temps à rattraper.. Il me semble que je te dois encore une tarte à la pomme. »

    Je souris légèrement car lorsque nous étions encore étudiant, je lui avais promis de lui faire un gâteau de mes propres mains. Pourtant je suis très mauvais cuisinier mais comme j’avais perdu à un pari contre elle, c’était ma sentence.

    Nous restons ici un long moment. Elle a besoin de mes bras tout comme j’ai besoin de l’entendre parler, respirer. On se rassure dans un silence qui vient être cassé quand on vient nous annoncer que nos invités repartent. Ils viennent nous saluer un par un et Kisos finit par nous rejoindre. Il a encore plein de chocolat autour de la bouche mais il a aussi un nouveau jouet qui a été offert par mes parents. Q’orianka est intriguée alors que moi j’en ris.

    « – Depuis qu’ils savent que Kisos est là, ils n’arrêtent pas de le gâter.. surtout mon père. Il est dingue de notre fils.
    _ Papy Colin est trop cool ! Il fait du poney avec moi et même de la pêche ! Et mamy Marianne, elle fait des bons gâteaux et je lui ai demandé de t’en faire à toi aussi Ma’ ! »

    Ils veulent aussi rattraper les années. Surtout que Kisos est le seul petit enfant qui peuvent voir puisque Sam et Andrea vivent dans d’autres pays. Kisos vient contre sa maman et il lui montre ce nouveau jouet qui fait des bulles. Il en fait quelques unes dans la chambre et ça les fait rire aux éclats. J’aime ce son. J’aime les entendre rire et voir leurs visages s’illuminer.

    « – On va aller prendre ton bain Kisos ? Et après au lit. Maman doit encore se reposer.
    _ Mais je veux dormir avec vous ce soir..
    _ Kisos.. Ma’ va pas se reposer..
    _ mais Duda d’amour… »

    Il me fait ses yeux de chaton mignon. Il réussit à m’avoir avec ce regard et c’est horrible. Je cède et j’accepte qu’on soit à trois ce soir. Kisos saute de joie et il file dans la salle de bain. Avant de le rejoindre, je viens déposer un long baiser contre les lèvres de Q’orianka.

    « – Il sait comment m’avoir.. et ça il tient de toi ! Tu lui as montré la technique des yeux doux, j’en suis certain ! »

    Je souris finement et je pars jouer mon rôle de père. Un rôle qui est encore frais mais que j’aime apprendre chaque jour.

  137. Avatar de M.
    M.

    “ – Henry n’aurait jamais fait aussi mieux que toi.. Je crois que je n’aurais jamais eu autant de courage que toi. Déjà je pense que si j’avais eu un bébé entre les mains, j’aurais paniqué comme jamais..”

    Je ris légèrement à l’idée même si ça me fait un peu mal pour Kisos de ne pas l’avoir vu grandir. Il doit quand même avoir une part de lui qui doit nous en vouloir.

    “ – Mais je suis très fière de toi Q’oria.. Et ne doutes jamais de ça. Tu as toujours été la plus forte de nous deux. Tu as toujours été notre pilier, notre soleil.. Cependant il est temps que tu souffles un peu et que tu prennes une pause. Tu dois te reposer et c’est moi qui va prendre soin de toi, de notre famille. D’accord ?”

    Je me penche à mon tour et j’arrive à embrasser le bout de ses lèvres. Kisos prend tellement de place que je ne peux pas en réclamer davantage mais je me sens bien en cet instant. Il n’y a que nous trois dans une bulle que personne ne pourrait atteindre. En tout cas, je ne laisserais personne n’approcher cette bulle. Il est hors de question que l’on nous retire ces retrouvailles et cet avenir à trois.

    On finit par s’endormir assez tard mais on n’a pas le droit à la grasse matinée. Kisos nous réveille avec une énergie qui déborde tellement que j’attrape un oreiller pour cacher mon visage.

    “ – BONJOUR MA’ ET DUDAAAAAA !
    _ ça c’est du réveil…
    _ Il faut qu’on aille déjeuner et nourrir les animaux ! Ma’ tu vas rester au lit ?! OOOh mais Duda peut te porter !!”

    Oh oui, il a une énergie qui réveillerait des morts. Heureusement Maggy, la nourrice, appelle Kisos pour qu’il aille l’aider à préparer le déjeuner. Cela nous laisse quelques minutes de calme avant la tempête de la journée. Je vois que Q’orianka sourit en coin et je m’en met à rire.

    “ – Il tient de toi.. C’est certain. Aussi fou que sa mère !”

    On se met à rire mais je peux surtout lui prendre un baiser beaucoup plus prononcé que durant la nuit. Elle vient se nicher dans mes bras et j’en profite pour voir si elle va un peu mieux. Ses blessures sont guéris mais elle est restée tellement de temps dans le coma qu’elle n’a plus la motricité d’avant.

    “ – Il y a encore le fauteuil roulant qu’on m’avait donné en m’amenant ici.. Je vais le ressortir pour toi comme ça tu verras autre chose que cette chambre.”

    Je suppose que le manoir n’a pas beaucoup changé depuis qu’elle l’a acheté mais il y a quand même les fleurs d’été qui ornent le jardin et puis le fameux poney de Kisos à rencontrer. On quitte la chambre pour ce premier déjeuner en famille. Je porte Q’orianka jusqu’au jardin car c’est là-bas que nous retrouvons Kisos qui mange déjà. Il a de la confiture tout autour de la bouche mais ça ne l’empêche pas de venir faire un baiser sur la joue de sa mère.

    “ – Comment tu as trouvé cet endroit ? Je connais l’Ecosse mais je n’aurais jamais cru que ce coté du pays était autant agréable. J’ai l’impression que nous sommes déjà venu ici ou plutôt qu’on devait vivre ici.. Je ne sais pas comment l’expliquer mais j’ai une sensation d’apaisement dans ce coin.”

    La mer, les champs, les forêts, le bruit de la nature. Ici, on est loin de tout et pourtant c’est bien plus agréable qu’Edimbourg ou même Londres. Je ne dirais pas que cela vaut la beauté de l’atlantide mais je pense que l’atlantide n’est pas l’endroit qu’il nous faut pour avancer. En réalité, je ne veux plus penser aux endroits qui nous ont appartenu avant. Je ne veux plus penser à avant.

    “ – Moi j’aime bien Mallaig parce que je vais à l’école avec mes copains et mes copines pis la maitresse elle est très gentille ! Et en plus, il y a madame Colton qui me donne du chocolat quand je vais lui dire bonjour !
    _ C’est qui Madame Colton ?
    _ La voisine de là-bas !”

    Il pointe du doigt un autre manoir qui est à une cinquantaine de mètres du notre. J’ai à nouveau envie de rire car je suis vraiment surpris par ce petit garçon qui est le notre. Il a vécu une dizaine d’années sans nous et il semble ne pas y penser. Il a une vitalité et une force de vivre qui devrait me donner une leçon. Moi j’ai souvent pleuré sur mon sort tandis que lui avance avec conviction. Il tient ça de sa mère. C’est certain.

    “ – Tu crois qu’elle me donnera aussi du chocolat ?
    _ Non pas à toi, tu es trop vieux Duda..”

    Cette fois-ci je ris de bon coeur mais je fais ensuite une mine faussement triste envers Q’orianka.

    “ – Tu as entendu ça Ma’.. Je suis un vieux machin. Tu vas me donner du chocolat toi au moins ?
    _ Non ! C’est que à moi le chocolat ! Ah oui Ma’ ?”

    Le filou se met à faire ses yeux de chaton envers sa mère. Moi aussi je tente mes yeux de chaton. La pauvre, elle va vite avoir envie de nous fuir.

  138. Avatar de M.
    M.

    La vie est devenue étrangement douce. C’est une sensation agréable mais Henry a peur. Il a peur que cela n’est qu’une sorte de mirage. Pourtant depuis le réveil de Q’orianka, rien ne laisse paraître un possible revirement de situation. Henry n’en a pas parlé à Q’orianka mais il a profité de cette journée à Édimbourg pour en discuter avec son cousin Garrett. Les deux hommes sont partis vers la capitale car ils souhaitent investir ensemble dans des industries, des entreprises, pour dire de pouvoir gagner de l’argent tout en restant auprès de leurs familles. L’idée vient du père d’Henry qui a lui même investis pour pouvoir mettre sa famille à l’abri entre deux voyages archéologiques.

    Ce voyage ne dure qu’une journée mais c’est assez pour qu’Henry puisse se confier sur ses doutes et ses peurs.

    “ – J’ai l’impression que quelque chose ne va pas.. On.. On n’a jamais été aussi calme dans notre vie. Il y a toujours eu des problèmes.. Et là rien. Cependant j’ai peur que ce soit une sorte de calme avant la tempête.
    _ Et si tu voyais la chose autrement ? Et si justement, vous aviez tellement subis qu’aujourd’hui vous avez le droit à un vrai repos ? Je sais ce que tu ressens et c’est légitime mais je crois que tu devrais pleinement en profiter Henry. Tu as un beau domaine, une magnifique épouse, un petit garçon extraordinaire.. Il est temps pour toi de souffler. Tu n’es plus en prison ni voué à aller au bout du monde pour protéger qui que ce soit. Cette fois-ci tu as la possibilité de vivre normalement.
    _ C’est vrai, tu as raison.. Mais c’est tellement perturbant. J’aime ce que je vis mais j’ai cette impression d’épée de damoclès au dessus de la tête.
    _ Tu l’auras toujours mais essaye de ne pas y penser. Profites de ce que tu as sur l’instant. Et puis, je crois que je suis le plus à plaindre entre nous deux car je te rappelle qu’un jour, je vais devoir céder ma petite fille à ton fils ! Ils sont déjà inséparables et amoureux comme jamais.”

    Garrett étire un sourire et Henry ne peut se retenir de rire. Les deux hommes passent la journée à observer les industries florissantes et les appels d’offres mais ils ne se font pas impulsifs, ils comptent d’abord observer avant d’investir.

    Lors du retour, Garrett dort dans le train alors qu’Henry se perd dans ses pensées. Il pense à Q’orianka, à Kisos, à cette vie qui les attend. Le trajet est bien plus rapide qu’il ne l’aurait été s’ils étaient parti en cheval et les deux hommes reviennent en fin d’après-midi. Garrett prend le chemin vers la petite chaumière qu’il a acheté pour lui et sa famille, alors qu’Henry regagne le manoir. Il n’y a pas signe de vie lorsqu’il entre. Les employés ne sont pas là, Kisos non plus et Q’orianka n’est pas dans la chambre. Il est évident que cela angoisse instantanément le colosse jusqu’à ce qu’il arrive dans la serre. Elle est là.. Seule et magnifiquement préparée. Elle a aussi donné un peu plus de cachet à cet endroit sauvage. La main de Q’orianka s’étire vers Henry et il ne peut qu’avancer vers cette femme qui le surprend à nouveau.

    “ – C’est vrai que nous n’avons jamais eu de premier rendez-vous.. Tu m’as trouvé sur une plage et ensuite tu m’as rencontré dans une université.. Mais on ne s’est jamais donné le droit d’un premier rendez-vous.”

    Il prend sa main et marque un léger silence, même un petit soupir.

    “ – Alors, je me dois de vous demander si vous souhaitez bien avoir un rendez-vous avec moi Miss Powhatan ?”

    Il se penche et dépose un chaste baiser sur le dos de sa main. Henry sait très bien pourquoi Q’orianka a décidé d’organiser ce moment et il le comprend puisque lui-même souhaitait retrouver sa belle. Cependant il est bien moins inventif et courageux. Il a aussi cette retenue de croire qu’il fait toujours les choses de mauvaises façons.

    Il regrette déjà de ne pas avoir eu la décence de ne pas rapporter un bouquet de fleurs mais Q’orianka n’est pas ce genre de femme qui pointe du doigt et se plaint. Elle sait composer avec le caractère maladroit et parfois intimidé de son compagnon, même des années après la première rencontre. Les deux amants vont s’installer à table pour partager un verre de vin et Henry se délecte de la vue que Q’orianka lui offre tout en demandant ce qu’elle a fait aujourd’hui. Les jours se ressemblent un peu plus que ceux passés mais ça le rassure. Il sait que maintenant elle peut se reposer, respirer et profiter. Elle n’est plus en train de jouer les agents secrets.

    “ – Tu sais, j’ai parlé avec Garrett aujourd’hui et.. Il a raison sur un point. Je ne profite pas assez de ce qu’on vit parce que j’ai peur que cela ne soit qu’un rêve éphémère.. Mais je dois changer ça. J’ai longtemps voulu de cette vie.. Où l’on est à deux, sans rien pour nous séparer. Je te promets d’apprendre à ne plus être cet homme nerveux et à l’affût du moindre cataclysme..”

    Il rit un instant mais il tend à son tour sa main pour que Q’orianka vienne s’asseoir sur ses cuisses. Quand elle y est, il ose passer ses bras autour de la fine taille de sa belle et il baisse son regard sur ses lèvres. Pourtant, il est encore intimidé ou alors sur la réserve par peur de la déranger. Tout comme elle, il sait que cela fait dix ans qu’ils n’ont pas été proches intimement et après ce qu’ils ont vécu, il se sent aussi bête qu’un adolescent qui n’a jamais eu de rapprochement avec une femme. C’est même pour cela qu’il n’a toujours rien tenté. Quoi qu’il avait aussi cette peur de l’abîmer après ce qu’elle a vécu en suisse mais là, elle n’est plus clouée au lit et elle s’est fait belle pour lui alors qu’est-ce qu’il attend ?

    “ – La dernière fois que je t’ai touché, nous étions dans une tente en plein désert saharien.. Et cela a été si intense que tu en as mis au monde un trésor. Cela fait donc dix ans que je n’ai pas pu glisser mes mains sur toi ni eu le droit de t’aimer autrement que par les mots. Tu sais.. J’ai un peu peur. Pas parce que je ne sais pas comment faire mais parce que j’ai peur de mal faire. Cela a toujours été l’un de mes défauts, trop anticiper.. Croire que je fais mal les choses sans cesse. Cependant je dois t’avouer une chose Q’oria.. Tu n’as jamais été autant si belle et si désirable d’aujourd’hui. Tu l’as toujours été mais là, j’ai une femme sublime, forte et courageuse entre mes bras. Tu n’es plus une jeune nymphe mais une immense reine qui mérite qu’on la touche et l’aime avec toute la délicatesse du monde.”

    Il pose un baiser contre l’épaule de Q’orianka avant de relever son visage pour embrasser ses lèvres. Ce n’est pas un simple baiser mais un échange qu’ils n’ont pas eu depuis bien trop longtemps. La main d’Henry s’en loge contre la nuque de la brune et il fait en sorte que ce baiser dure le plus longtemps possible. Ce soir, il n’y a rien ni personne pour les stopper. Il n’y a qu’eux deux et leurs droit de se redécouvrir après des années à n’être que des amants maudits.

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    M.

    Henry n’arrive pas à retenir quelques larmes quand elle se met à parler. Non pas parce qu’il est triste, au contraire, il a l’impression en cet instant qu’on lui retire une épée qui traversait son corps entier. Rien est encore gagné mais elle a raison, ils ont assez souffert et peut-être qu’aujourd’hui ils ont le droit à une vraie vie paisible. Mais par dessus tout, elle l’aime encore. Elle l’aime même plus fort. Elle n’a jamais abandonné ni même évoqué de refaire sa vie autrement. C’est lui qu’elle a choisi et qu’elle choisit encore. Alors oui, il verse des larmes car il ressent un soulagement. Pour une fois depuis bien des années, il sent qu’il peut se laisser aller et simplement vivre.

    « – Je t’aime plus que tout Q’orianka.. tu le sais ? Je n’ai jamais cessé de t’aimer depuis que j’ai posé mon regard sur toi. Mais je t’aime encore plus à présent et tu sais pourquoi ? Parce que nous avons traversé tous les cataclysmes de ce monde et nous sommes encore debout. À deux. Comme deux âmes sœurs impossibles à abattre. »

    Et à son tour il vient l’embrasser mais il la laisse guider ses mains sur ses formes délicieuses. Q’orianka lui dit qu’elle le veut et Henry se relève d’un bon en la soulevant. La jeune femme se retrouve dans ses bras mais il la pose sur la table encore garnie, cependant il réussit à tout balayer sur le sol avant qu’elle ne soit assise. Il a assez repris de confiance en lui grâce aux mots de la belle demoiselle pour ne plus jouer les timides.

    « – Je te veux aussi.. Tu ne sais pas à quel point je te désire et combien tu me rends toujours fou.. »

    Et ce n’est pas peu de dire puisqu’il n’hésite pas à retirer la robe de Q’orianka pour qu’elle finisse nue devant lui. Le tissu tombe au sol et il se penche pour glisser ses lèvres sur la peau de sa belle. Elle frissonne alors qu’il embrasse chaque partie de sa peau. Son cou, ses épaules, sa poitrine, son ventre, ses cuisses.. Henry la fait allonger sur la table et il se perd entre ses cuisses. Il entend les plaintes de Q’orianka et il en frémit à son tour.

    Il se joue un peu d’elle en se montrant lent et en venant même mordiller ses cuisses mais finalement il laisse sa langue jouer entre les cuisses de la belle. Il titille son bout sensible et il lui donne ce qu’ils n’ont pas pu vivre depuis trop d’années. La faim d’Henry grimpe de plus en plus, son désir ne tient plus quand il entend Q’orianka gémir son prénom alors après quelques minutes de supplices pour elle, il se redresse. A son tour, il commence à se déshabiller, sans penser à toutes les cicatrices qu’il a accumulées jusqu’à aujourd’hui et il revient contre elle. Lèvres contre lèvres, respirations brulantes, peau contre peau, ils s’unissent à nouveau. Henry enfonce son membre mais il reste sans mouvements pour qu’elle puisse se réhabituer à cette sensation.

    Quand il sent qu’elle est prête, ils se mettent à bouger ensemble et à retrouver des plaisirs oubliés. Ce n’est pas sauvage, c’est doux, lent, comme s’ils ne voulaient pas que ça s’arrête. Pourtant ils ont toute la nuit, peut-être tout le lendemain mais ces retrouvailles sont intenses, belles, sublimes. Ils n’y a pas besoin de parler, juste le besoin de ressentir.

    La nuit ne s’arrête pas une seule fois. Ils profitent de chaque minute, chaque secondes. Ils finissent allongés sur la couverture qu’elle avait disposée au sol. Q’orianka est nichée contre lui et Henry retrouve les gestes de caresser la longue chevelure noire de la belle. Ils ne savent pas quelle heure il est, mais ça n’a pas d’importance. Rien n’a plus d’importance à part eux.

    « – Tu es si belle.. Même encore plus qu’avant. Comme si le fait d’avoir donné la vie, t’avait rendu encore plus sublime que tu ne l’étais déjà. J’aurais presque peur que tu sortes de ce manoir par peur que les autres hommes ne veulent te voler à moi… »

    Il sourit finement et il embrasse son épaule nue. Elle aurait pu refaire sa vie.. Elle aurait pu trouver un autre homme qui advienne à ses besoins et ceux de Kisos mais elle n’a rien fait. Elle a attendu Henry. Aujourd’hui ils sont trentenaires bien révolus mais il n’y a pas de fatalité, ils ont encore énormément de choses à vivre. Justement, Henry en a une en tête.

    « – Epouses moi à nouveau. Mais cette fois-ci pas de petit mariage en mairie rien qu’à deux.. Là je veux un mariage un peu plus grand et surtout devant les regards de notre fils, nos familles, nos amis.. Toi dans une belle robe et moi dans un costume. Des fleurs, un buffet, des danses et des rires mais quelque chose que l’on ne pourra jamais oublier. »

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    M.

    Elle accepte cette nouvelle demande et ses conditions font sourire Henry qui lui aussi accepte sans sourciller. Il ne peut qu’accepter ces conditions puisqu’ils ont assez vécu d’horreurs pour recommencer à faire les mêmes erreurs qu’avant. Pour conforter ces envies et surtout ces retrouvailles, ils recommencent à se toucher et à s’embrasser. La nuit se laisse guider par des douceurs sensuelles qu’ils n’avaient pu concevoir jusqu’à maintenant.

    A l’aube, ils dorment tous les deux sur le plaid au sol, l’un contre l’autre. Henry se réveille en premier et il observe silencieusement sa belle qui dort avec un sourire aux lèvres. Elle ouvre les yeux un peu plus tard mais Henry la garde précieusement contre lui pour le moment. Il n’y a pas besoin de se presser pour aller déjeuner ou même sortir de cette serre.

    “ – Bonjour belle demoiselle.. J’avais oublié à quel point tu étais une bouillotte vivante.”

    Il embrasse le front et le bout du nez de Q’orianka alors qu’elle immerge encore. Ils ne sortent d’ici qu’une petite heure après pour retourner dans le manoir qui est bien silencieux. Même les employés sont partis alors ils se débrouillent à deux pour préparer un petit déjeuner avant d’aller se laver.

    Comme dans le passé, Henry se met à savonner la longue chevelure de Q’orianka. Pour elle, c’est le retour du taillage de barbe envers Henry et l’aider à boutonner sa chemise. Q’orianka a encore du mal à se déplacer seule donc il reste auprès d’elle partout où elle se déplace et il l’aide à enfiler une robe. Ce n’est qu’en milieu de matinée que le silence commence à prendre fin, lorsqu’ils entendent une petite voix qui se rapproche de la porte d’entrée.

    “ – Tu as oublié les fleurs oncle Garrett !!
    _ Elles sont dans la calèche, attends moi avant de toquer à la porte.”

    Kisos n’attend pas, il entre dans le manoir et il se met à chercher après ses parents qui sont dans le salon. Q’orianka est assise sur le fauteuil alors qu’Henry revient avec du thé. L’enfant ne perd pas de temps pour aller dans les bras de sa maman, si bien qu’il en oublierait presque son père.

    “ – On a cueilli des fleurs pour toi avec oncle Garrett et Charlie ! Et hier soir j’ai fait dodo avec Charlie et son chien Léo ! Moi aussi je peux avoir un chien Ma’ ? Un grand chien !”

    Garrett entre à son tour et il lance un regard amusé envers Henry. Henry a eu l’habitude de la solitude en prison mais là il se retrouve avec un enfant bourré d’énergie.

    “ – Je vous ramène votre bien le plus précieux ainsi que ce bouquet de fleurs.
    _ Tu aurais pu ramener que le bouquet.”

    Lance Henry avec taquinerie alors que Kisos prend un air faussement outré.

    “ – Haaan.. mais je suis plus beau que les fleurs..
    _ Oui mais les fleurs sont plus sages.”

    Kisos lève les yeux au ciel avant de se cacher contre sa mère. Henry ajoute une tasse de thé en plus pour Garrett et il le remercie d’avoir gardé un œil sur Kisos pour la soirée. Ce n’est que partie remise puisque bientôt, c’est à Q’ et Henry de garder le petit couple d’enfants.

    Après le départ de Garrett, Henry s’en va chercher la veste de Q’orianka mais aussi celle de Kisos. Durant la nuit, Q’orianka lui a dit qu’il fallait ne plus remettre les rêves à demain alors il a décidé d’en réaliser un aujourd’hui.

    “ – Enfilez ça, on part dans dix minutes mes amours.
    _ On va où Dudaaaa ?!
    _ C’est une surprise.”

    Il a eu vent d’un petit refuge pour animaux sans foyer et c’est là qu’il tient à les amener. Kisos veut un chien alors il l’aura mais Henry préfère qu’il trouve une bête qui a vraiment besoin d’un foyer et d’amour, même s’il n’a pas l’âge d’un chiot. Il veut aussi que Q’orianka trouve un petit compagnon, comme le chaton Lux, qu’ils avaient eu lors de leurs études. Le chat a fini avec la soeur d’Henry mais il n’est plus vivant à l’heure actuelle.

    Henry conduit la calèche alors que Kisos est avec sa mère. Il n’arrête pas de poser des questions sur l’endroit où ils vont. C’est un vrai moulin à paroles, jusqu’à ce que la petite famille arrive devant le refuge. Kisos ne dit plus rien quand il voit les nombreux animaux présents. Il avance devant ses parents et Henry aide Q’orianka a avancé lentement.

    “ – Un compagnon de vie serait une bonne chose pour lui. Il aurait la responsabilité de la bête qu’il choisira et il avancera avec lui. Mais je tiens à ce que toi aussi tu trouves un petit compagnon. Ou un grand si tu préfères. Tout me va tant que tu n’adoptes pas un ours où un tigre.”

    Il rit avec elle alors que Kisos s’arrête devant un chien qui semble apeuré. Il ressemble à un berger allemand et il n’est pas en très bon état. Kisos semble remplis d’empathie pour ce gros toutou et il se montre très doux pour tenter de l’approcher. Henry y reconnait la douceur de Q’orianka. Kisos a cette même âme douce, compréhensive et connectée à la nature.

    “ – Tu veux bien que je te fais une petite caresse ? Moi c’est Kisos Walker et je veux bien être ton copain..”

    Le propriétaire du refuge vient saluer les parents et il explique un peu le cas du berger allemand. Il n’a qu’un an mais il a toujours été livré à lui-même et surtout il a été chassé par les humains. Il va falloir de la patience pour lui redonner confiance en lui et aux autres mais il faut croire que Kisos a déjà un sacré pouvoir car le chien se relève et se niche contre le petit garçon.

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    M.

    Lux et Wolf. Deux petites choses en plus dans la vie de cette famille mais ils apportent déjà une légèreté bien trop souvent cherchée. Kisos a trouvé un meilleur ami et Q’orianka une douce présence. Henry ne peut qu’être heureux en les voyant ainsi.

    Au soir, Kisos ne râle pas pour aller au lit ni même pour avoir une histoire puisque c’est lui qui veut lire une histoire à Wolf. Les deux parents se retrouvent seuls dans le grand salon. Q’orianka avec une tasse de thé fumante de Henry avec un verre de bourbon. Ils observent un album que Maggy a fait pour montrer et raconter les grands moments pour Kisos. Ses premières dents, ses premiers pas, ses premières découvertes. L’intention est adorable même si ça fait un pincement au cœur de ne pas avoir vécu cela.

    « – On a tellement à rattraper avec lui.. parfois j’ai peur qu’un jour il finisse par nous en vouloir de ne pas avoir été plus présent pendant son enfance. Cependant je compte bien lui créer de magnifiques souvenirs. »

    Henry referme l’album et il termine son verre. Il semble vouloir prendre une sorte de courage pour dire autre chose. Un léger stresse l’envahit.

    « – Mais.. j’espère aussi qu’un jour nous pourrons lui offrir une plus grande famille. Enfin.. oui.. Je veux qu’on ait une grande famille. Pas là tout de suite car nous avons le temps mais je me rends compte que c’est ça que je veux vraiment. Toi, moi et nos plus beaux trésors. Je me fiche des découvertes archéologiques ou de je ne sais quoi.. en fait c’est vous mon bonheur. Je n’ai jamais été aussi bien depuis que je vous ai retrouvé. C’est avec vous que je veux tout découvrir et vivre. »

    Il sourit bêtement et il baisse même son regard timidement. Tout ça n’était peut-être pas envisageable il y a des années mais à l’heure actuelle, il aspire à une vie bien plus stable mais entière. Cependant ce n’est pas la seule chose qu’il envisage. Ils ne peuvent pas se contenter de rester sans rien faire tous les jours, surtout en sachant la vie qu’ils ont déjà vécu. Henry sait qu’ils vont avoir besoin d’une activité mais autre que l’espionnage et les fuites dans le désert.

    « – Mais j’ai aussi une requête à te soumettre. Et ça c’est beaucoup plus… imposant que de faire une famille je crois. Tu sais, avec Garrett nous avons été plusieurs fois à Édimbourg ces derniers temps pour investir dans des entreprises. Nous avons investis dans des entreprises marinières, des restaurants, des usines, des écoles mais tu sais ce qui lie tout ça ? Les enfants. Et notamment des orphelins qui travaillent pour dire d’avoir un peu à manger. L’orphelinat d’Édimbourg est tellement saturé que beaucoup d’enfants vivent dehors. Alors j’aimerais qu’on construit un endroit où des enfants puissent grandir sans avoir peur, faim ou même mal.. »

    Ce n’est pas une petite demande. C’est un énorme projet. Il ne s’est jamais imaginé à la tête d’un orphelinat mais maintenant qu’il est père, il a un regard différent sur la condition des enfants. Beaucoup souffrent alors qu’ils savent à peine marcher ou parler. D’autres travaillent comme des adultes au lieu d’apprendre à lire. Henry ne peut pas sauver le monde entier mais il espère pouvoir contribuer à son échelle.

    « – Bien sûr, on ne serait pas seul dans tout ça. On embauchera du monde et on fera en sorte d’avoir des mécènes grâce au nom de mon père. J’ai pas réfléchis à tout mais je sais qu’avec toi, tout ça pourrait être une merveilleuse aventure. Et puis je tiens à ce que nos enfants grandissent en pouvant aider aussi.. en étant pas enfermé dans un système où l’on doit laisser les autres tomber pour avancer. »

    Garrett doit aussi en parler à son épouse puisque les deux cousins ont eu l’idée ensemble. Henri explique à Q’orianka ce qu’il a vraiment vu à Édimbourg même s’il sait que c’est ainsi partout. La guerre a fait des orphelins mais les maladies aussi. Il a surtout été marqué par un jeune garçon de douze ans qui revenait d’une mine de charbon et avec qui il a discuté avant de lui donner de l’argent dans l’espoir que cela lui éviterait de retourner dans la mine.

    « – Il se nomme Thomas, il a douze ans et il travaille dans une mine de charbon pour pouvoir se payer à manger ainsi qu’à sa petite sœur. Ils ont perdu leurs deux parents lors du gros incendie d’Édimbourg et personne n’a voulu les recueillir.. Il m’a fait beaucoup de peine car il avait le poid d’un adulte sur les épaules mais le corps d’un enfant mal nourrit. Et puis on sait que les hivers écossais sont terribles. »

    Il relève enfin son regard vers elle. Il sait que ce n’est pas rien ce qu’il demande et il ne veut pas qu’elle se sente obligé ni même qu’elle accepte tout de suite. Il lui dit qu’elle peut prendre le temps d’y réfléchir mais au moins il a réussi à vider son sac et exprimer ses envies. Ici à Mallaig, ils ont la place pour ce projet et Henry est devenu assez proche du maire pour faire valider des constructions.

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    M.

    Le réveil est mouvementé. Henry ne comprend pas tout de suite ce qu’il se passe car il est encore dans les nuages mais il se lève quand Q’orianka quitte le lit précipitamment et il finit par comprendre quand ils arrivent près de la chambre de Kisos. Q’orianka est en larmes, elle s’en veut et Henry sait ce qu’elle ressent. Lui aussi s’en veut de ne pas avoir été présent pour le petit mais il ne veut pas que Q’orianka se flagelle. Il vient la prendre contre lui et il la serre dans ses bras.

    “ – Je refuse que tu te blâmes.. Oui, notre fils a grandi sans nous mais tu n’as pas à porter tout cela sur tes épaules et surtout je veux que tu te rappelles que tu l’as caché pour le protéger. Sans cela, on sait très bien que Kisos ne serait plus ici car il est devenu notre faiblesse.. Nos ennemis n’auraient eu aucun mal à le tuer si tu n’avais pas fait ce choix. Alors non, je refuse que tu te tourmentes parce que tu as agis comme une mère ! Moi aussi j’aurais pris cette décision si j’avais été à ta place.”

    Henry pose sa main sous le menton de Q’orianka pour qu’elle relève son regard vers le sien.

    “ – Et tu ne m’as rien volé. Oui je suis triste de ne pas l’avoir vu grandir mais c’est de ma faute Q’orianka. Si je n’avais pas été aussi idiot, je n’aurais pas été en prison. J’ai moi aussi mes responsabilités dans tout ça et je ne veux pas que tu les prennes pour moi.”

    Son regard est ferme, comme celui d’un père qui sermonne son enfant. Henry finit par déposer un baiser sur le front de Q’orianka et il prend sa main pour l’amener dans le bas de la maison. Il la fait asseoir sur une chaise de la cuisine et il se met à préparer le déjeuner pour la jeune femme. Lux vient s’installer sur les cuisses de Q’orianka, il doit certainement sentir la peine de sa maitresse.

    “ – Aujourd’hui tout cela est terminé. Nous sommes là pour lui mais si un jour il venait à nous en vouloir de ne pas avoir été là durant sa petite enfance, on lui rappelera à quel point on l’aime et que nous avons dû faire cela pour le protéger. Cependant à l’heure actuelle, nous pouvons rattraper les heures perdues et on va le faire. On va lui prouver tous les jours notre amour et lui montrer qu’il est notre petit soleil.”

    Henry ramène du thé et quelques tartines à la confiture sur la table. Son sourire est revenu. Celui de Q’orianka aussi revient et il en profite pour lui voler un doux baiser sur les lèvres.

    “ – Déjeune belle demoiselle car après nous allons partir tous ensemble pour une balade. Comme il fait un temps magnifique, je propose aussi que nous allions nous baigner en mer. Kisos va adorer. On peut aussi prendre sa petite chérie s’il le souhaites.”

    Il ne veut pas qu’elle reste sur ce cauchemar. Henry veut vite lui faire oublier et surtout qu’elle voit que Kisos est à présent pleinement heureux. L’idée de la plage est une réussite puisque les rires puissants du petit garçon se font entendre lorsqu’ils arrivent sur le sable. Henry part dans l’eau avec Kisos, Charlie et Garrett alors que Q’orianka se retrouve sur le sable avec Anya. Les deux mères de famille installent les couvertures au sol et se posent pour voir leurs propres époux faire les enfants avec les petits.

    “ – Garrett m’a parlé du projet d’Henry.. L’orphelinat. Je trouve cela beau et je veux bien vous aider si vous le souhaitez. Je peux m’occuper de ce qui est scolaire.. J’ai toujours rêvé d’être maîtresse d’école.”

    Anya sourit finement sans se détourner de la scène qui se déroule devant elles. Les deux pères de famille font un concours de celui qui fera le plus gros château de sable et ils sont aidés par les enfants. Ils sont encore plus enfantins que Kisos et Charlie, ce qui en est ironique.

    “ – Nous avons quatre enfants je crois.. quoi que je pense que ma famille va s’agrandir mais je ne suis pas certaine. Je n’ai plus mes saignements depuis le mois dernier. J’en ai encore rien dit à Garrett car depuis la naissance de Charlie il ne veut plus entendre parler de bébés. J’ai failli perdre la vie lors de sa naissance.. Depuis que j’ai fait retirer le bébé en moi il y a plusieurs années, mon corps est faible..”

    Elle repense à ce moment où ils étaient encore tous étudiants et qu’elle avait avorté avec l’aide de Q’orianka. Anya ne lui en veut pas, au contraire mais elle sait qu’aujourd’hui son corps la puni d’avoir osé faire cela.

    “ – Mais vous, vous comptez agrandir votre famille ? Kisos a dit à charlotte qu’il voulait plein de petits frères !”

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    M.

    La journée a été agréable et surtout elle a encore plus rapproché Henry et Kisos. Les deux ont fait une sacrée équipe sur le sable comme dans l’eau. Henry a retrouvé un esprit enfantin qu’il n’avait pas eu depuis sa propre enfance. Le soir, il est redevenu bien plus adulte et il profite de ce dîner entre amis. Kisos brise le silence du futur mariage et les filles exaltent de bonheur alors que Garrett propose un verre de whisky pour fêter cela avec son cousin. Les deux hommes se retrouvent dans le salon pour trinquer et Garrett en profite surtout pour discuter avec Henry.

    « – Je suis vraiment content pour vous. Vous méritez ce bonheur après tout ce que vous avez vécu.
    _ Merci Garrett. Je te retourne ce compliment puisque toi aussi tu as réussi et tu as une jolie famille.
    _ Oui mais nous n’avons pas eu autant de péripéties que la tienne. Et puis entre nous, je dois avouer que jamais je n’aurais cru te voir dans cet environnement. Quand nous étions jeunes, tu disais toujours ne pas vouloir de famille parce que tu voulais voyager et trouver tous les trésors du monde..
    _ Je crois surtout que je voulais fuir ma propre famille. Je ne dis pas que mes parents ont été mauvais mais nous n’étions pas vraiment heureux. Mon père était toujours au travail avec ma mère.. nous passions notre temps avec des nourrices et puis le fait que j’avais des amnésies n’aidait en rien.. Alors oui, je voulais fuir mais en fait, la fuite n’a été que mon fardeau. Je vois bien mieux les choses aujourd’hui et ce que j’avais vraiment besoin, c’était eux. Q’Orianka et Kisos. Ceux sont eux les trésors de mon monde.
    _ Je te comprends. Je ressens pareil avec les deux femmes de ma vie. On est quand même très loin des jeunes hommes qu’on a été. Je suis plutôt fière de nous cousin !
    _ Moi aussi je suis fière de nous et j’ose espérer que toi aussi tu seras mon témoin. Tu as toujours été comme un frère pour moi. »

    Garrett accepte avec plaisir cette demande. Les deux hommes finissent par revenir dans le jardin et ils ont la surprise de voir les enfants jouer à cache-cache avec les mamans. C’est Kisos qui est celui qui cherche et il trouve facilement Charlie, cependant il râle car Q’orianka est introuvable. Il vient même demander de l’aide à son père.

    « – Ma’ est encore trop bien cachée.. je vais jamais la trouver Duda.. tu peux m’aider ?
    _ Oui mais c’est de la triche si je t’aide non ?
    _ Oh.. euh.. non ! C’est juste de l’aide parce que je suis encore un enfant ! »

    Il sait y faire ce petit cachotier. Henry se met dans le jeu et il trouve Anya qui était cachée derrière un arbre. Pour Q’orianka ce n’est pas aussi simple car il sait qu’elle a plus d’un tour dans son sac. Elle pourrait être perchée sur un arbre ou même cachée dans l’eau si celle-ci n’est pas trop froide. Kisos cherche du côté des fleurs mais Henry va vers la petite étable où il y a le poney de Kisos.

    « – Je sais que tu es ici, j’en suis même certain mais je ne vais rien dire à Kisos car il est plutôt drôle quand il râle. On dirait toi ! »

    Henry lève un instant les yeux et il voit Q’orianka assise sur une poutre. Les deux s’amusent de la situation et le père de famille repart comme si de rien était. Kisos râle encore et il revient à la charge vers son père qui fait semblant de chercher dans des buissons.

    « – Ma’ est pas dans les fleurs.. tu penses qu’elle pourrait être dans la maison ?
    _ Je ne pense pas puisque vous avez dit dans le jardin. Tu as été voir dans le potager ?
    _ Oui avec Charlie.. et aussi dans la niche de Wolf..
    _ Maman est une experte en cache cache tu sais ? Même moi je ne la trouve pas quand elle me fait du boudin.
    _ Elle te fait jamais du boudin ! Elle t’aime trop beaucoup pour faire du boudin.
    _ Tu marques un point ! Bon je vais te donner un indice. Ma’ adore regarder vers le soleil parce que cela lui rappelle son petit soleil qui se nomme Kisos.
    _ Elle est partie dans le soleil ?!
    _ Non je ne crois pas.. il fait bien trop chaud dessus. Mais je pense qu’il faut que tu regardes autre part que le sol. »

    Kisos comprend enfin ce qu’Henry veut dire et il se met à regarder dans tous les arbres. Il lui faut bien un quart d’heure de plus pour penser à l’étable. Quand il retrouve sa mère, on peut l’entendre crier de joie et lorsqu’ils sortent, il est agrippé à elle comme une moule sur son rocher.

    La soirée se termine lorsque le couple d’amis s’en va et c’est Q’orianka qui part coucher Kisos alors qu’Henry s’occupe de débarrasser et nettoyer la table de jardin. La belle demoiselle revient après une petite demi-heure et Henry est encore dans le jardin. Il est assis sur une chaise et il se retrouve à jouer avec le chat qui est posé sur ses genoux. Il n’a pas remarqué que Q’orianka était là, pas très loin derrière lui.

    « – Mais tu es terrible toi ! Heureusement que tu es mignon ! »

    Il rit doucement alors que je le chat s’amuse à mordiller ses doigts jusqu’à ce qu’il quitte les genoux d’Henry pour aller vers sa maîtresse. Henry suit lux des yeux et il voit la belle brune qui s’agenouille pour prendre le chat. L’homme se relève et il s’avance vers elle.

    « – Tout à l’heure j’ai cru que tu ne quitterais jamais cette étable, j’ai dû aider un peu notre fils sous peine de devoir venir te nourrir en cachette jusqu’à ce qu’il te trouve. »

    Il arrive face à elle et il glisse sa main dans sa chevelure pour replacer une mèche rebelle. Ils n’avaient quasiment jamais vécu une journée aussi douce. Sans avoir besoin de penser aux dangers ou à demain. Aujourd’hui il n’y avait que l’instant qui comptait. La pression avait disparu. Il est certain que ça ne sera pas tous les jours comme ça mais Henry se sent terriblement bien.

    « – Alors comme ça, Anya et Garrett seront nos témoins.. nous avons déjà avancé un peu dans les préparatifs du mariage. Enfin grâce à ce filou de Kisos. Il ne sait pas tenir sa langue.. mais je dois avouer que j’étais pareil à son âge. J’avais du mal à garder les secrets surtout quand ils étaient cool. »

    Il embrasse le front de sa belle et il la prend contre lui même si le pauvre lux se retrouve écrasé entre les deux fiancés.

    « – J’ai vraiment aimé cette journée.. comme si rien ne pouvait plus nous atteindre et qu’on avait le droit d’être heureux.. »

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    M.

    Q’orianka est diabolique. Diaboliquement sensuelle et charmeuse. Henry ne lutte pas vraiment, il en a pas la force ni même l’envie. Il veut céder à cette déesse qui s’amuse à lui faire tourner la tête et le corps pour le rendre dingue. Il garde un faux calme pendant qu’elle lui parle de ses rêves mais dès qu’elle donne une sorte de feu vert, il se lâche comme un fauve qui n’aurait pas été nourri depuis des semaines. La belle est toujours sur le plan de travail, accrochée à lui mais il la soulève facilement et il la renverse sur la table de cuisine.

    « – Tu crois que je ne rêvais pas de toi durant ce temps ou tu étais loin de moi ? J’ai passé des nuits à être hanté par ta voix, ton corps, tes supplices.. et je pensais sans cesse à cette nuit dans le désert.. cette dernière nuit où tu avais été à moi.. »

    Il se penche pour venir l’embrasser mais en même temps, il commence à soulever sa robe pour lui retirer. Dans son empressement, il déchire cette robe mais ça les fait rire. Les lambeaux finissent au sol alors qu’Henry vient poser ses lèvres sur la poitrine de la brune. Il se délecte de sa peau qui frissonne mais il descend petit à petit vers l’endroit qui saura rendre Q’orianka folle. Puisqu’elle veut qu’il lui montre à quel point il la désire, Henry ne compte pas faire dans la douceur puisque son désir est bestial.

    Lorsqu’il arrive entre ses cuisses, Henry laisse sa langue glisser sur le bouton de plaisir de la brunette et il s’amuse à la faire crier. Du moins, il fait tout pour mais elle doit se retenir pour ne pas réveiller Kisos. S’ils se font entendre, ils devront se stopper et il en est hors de question. Alors la belle mord ses lèvres pour se faire taire mais Henry sait bien qu’elle se retient au plus haut point. Son corps parle pour elle. Elle se tortille sous les sévices qu’il lui impose. L’apothéose arrive pour Q’orianka et Henry la laisse goûter à ce nirvana. Elle se cambre et lorsqu’il se redresse, leurs lèvres reviennent se trouver.

    « – Tu es horriblement belle quand tu jouis.. »

    Murmure t’il contre ses lèvres mais la nuit ne fait que commencer et Henry a besoin de bien plus. Son entre jambe est compressé, gonflé et surtout son envie d’elle est bien trop intense pour en rester là. Q’orianka cherche à le mettre en nu aussi alors il la laisse faire et elle se fait aussi sauvage que lui. Sa chemise est arrachée au point que des boutons volent dans la cuisine. Elle réussit aussi à déchirer le haut de son pantalon.

    « – Heureusement que nous avons nos armoires de remplies.. »

    Il s’amuse de cette vue mais quand il est enfin sans ses vêtements, Henry reprend Q’orianka contre lui et il quitte la cuisine. En effet, il ne veut pas que leur moment soit arrêté par Kisos ou même n’importe qui donc autant aller dans leur chambre où ils peuvent fermer la porte à double tour. Quand ils arrivent dans la chambre, il vient plaquer la belle brune contre la porte et il ne se retient plus puisqu’il laisse son membre glisser en elle. Les cuisses de Q’orianka serrent la taille du colosse tant il montre une passion plutôt corsée. Ils n’arrivent même plus à s’embrasser à cause des accoups puissants. Leurs fronts se posent l’un contre l’autre et ils essayent de ne pas se perdre du regard. La flamme de leur couple s’embrase à nouveau. Plus rien ne peut les séparer, les stopper.

    Le corps de Q’orianka danse contre cette porte à cause des coups de bassin d’Henry mais ni l’un ni l’autre ne semble s’en plaindre. Au contraire, la chambre est bercée par leurs gémissements et les respirations saccadées. Henry vient quand même à bouger pour aller poser Q’ sur le lit mais il ne lui laisse que quelques secondes de répits.

    « – Tu m’as tellement manqué.. »

    Souffle t’il alors que son visage se niche contre le cou de la jeune femme. Ses mains pressent les cuisses de la belle et il goûte encore à sa peau alors que le nirvâna arrive pour lui. L’extase l’empare mais il continue à faire l’amour à cette beauté qui le rend dingue. La nuit n’est qu’à son début mais le premier aperçu est déjà digne d’un volcan en fusion.

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    M.

    Nina n’a plus conscience de rien. La dernière chose qu’elle a vu, ce sont les yeux effrayés de Ben. La balle s’est enfoncée dans son flanc et a terminé sa course dans ses entrailles si bien qu’elle se vide de son sang à une vitesse alarmante mais les filles qui sont auprès d’elle, font tout pour stopper l’hémorragie. Elles ne se préoccupent pas de Binki, de Ben ou même des hommes armées mais seulement de Nina. Millie est la médecin et elle ordonne à ses camarades de lui chercher des outils spécifiques qu’elles ont dans leur pièce de vie.

    « – Je dois l’opérer ! On doit l’amener chez nous ! »

    Et c’est ainsi que Nina s’éloigne un peu plus de Ben. Il est prêt à suivre mais Binki pose sa main sur l’épaule du militaire qui vient d’éliminer tous les hommes qui ont passé des mois à faire vivre un enfer à ce groupe de femmes et d’enfants.

    « – Millie va la sauver. C’est la meilleure mais elle a besoin de calme et elle sentira ton stress. »

    Elle propose tout de même à Ben de ne pas rester dans ce couloir et elle le mène vers une autre pièce de l’hôtel pour rejoindre le reste du groupe. Il y a une dizaine de femmes et une autres dizaine d’enfants dans le groupe entier. Il y a aussi trois personnes âgées. Ils se soutiennent et survivent ensemble contre la folie des hommes et l’horreur des infectés. Binki et Millie sont en quelque sorte les cheffes de la troupe. Millie est une médecin aguerrie et Binki une ancienne policière. Comme Ben et Nina, elles se sont trouvées en route et elles sont tombées amoureuses l’une de l’autre, cependant elles n’ont pas pu se résoudre à trouver un endroit en sécurité. Elles ont décidé de protéger des personnes fragiles.

    Dans le groupe, il y a quelques orphelins dont le jeune Tomas qui joue le rôle de grand frère pour les autres. Il y a aussi Pasha et Jasmine qui sont deux petits qui ont tout perdu mais qui ont gagné l’amour des deux blondes. Justement Jasmine court dans les bras de Binki lorsque celle-ci pose enfin son arme.

    « – C’est qui le monsieur ?
    _ Et bien.. c’est un monsieur qui nous a beaucoup aidé mais sa femme est malade. Millie est en train d’aider la compagne de ce monsieur.
    _ Oh.. pauvre monsieur.. je peux lui donner un biscuit pour qu’il soit un peu content ?
    _ Vas-y ma chérie. »

    Binki repose la petite et elle se tourne vers Ben qui semble ailleurs. C’est légitime mais elle ne sait pas pendant combien de temps il va devoir attendre. La petite Jasmine revient avec un biscuit fait par l’une des autres femmes et elle le rend timidement à Ben.

    « – C’est pour toi monsieur.. et j’en ai gardé un pour ton amoureuse. Elle s’appelle comment ? Et toi tu t’appelles comment ? Moi c’est Jasmine mais tout le monde m’appelle Jazzie. Binki et Millie m’ont trouvé avec mon voisin Pasha. Il m’a protégé quand papa et maman sont morts. Toi aussi tu vas nous protéger ? »

    Le jeune garçon est dans un coin de la pièce, le visage baissé, comme s’il voulait continuer de se cacher.

    Les heures défilent. Binki va quand même voir Millie pour voir comment se passent les choses et surtout pour savoir si Nina n’a pas perdu la vie. Ce n’est que tard dans la nuit que Millie vient vers Ben pour lui dire ce qu’il en est. Elle est couverte de sang mais elle sourit légèrement.

    « – J’ai réussi à retirer la balle et stopper l’hémorragie. Votre compagne est une battante mais elle est encore très faible. Tout va se jouer dans les prochains jours et je pense qu’il serait plus sage que vous restiez ici le temps qu’elle reprenne un minimum de force. Elle ne pourra pas se déplacer ni voyager dans les conditions actuelles. »

    Elle propose à Ben de la suivre pour aller vers la chambre où est posée Nina. Elle est toujours endormie mais sa cage thoracique bouge, signe qu’elle respire. Nina a quand même une perfusion d’antibiotiques et d’antidouleurs mais le reste est rudimentaire. Millie explique que ce sont les autres groupes qui ont pris les monopoles sur l’hôpital et qu’elles n’ont donc pas beaucoup de choses pour soigner.

    « – On a essayé de fuir la ville mais ils nous ont empêché de le faire. Ils voulaient nous récupérer.. les femmes qui sont avec eux, sont réduites au statut d’esclaves et de ventre. »

    La blonde se rapproche de Nina pour vérifier son pouls et elle en profite pour regarder si la plaie ne saigne plus. Ben reste silencieux. Elle comprend la détresse de l’homme mais elle sait aussi qu’il est peut-être leur seul moyen de quitter cet endroit.

    « – Vous connaissez des camps ? Un endroit où notre groupe n’aurait plus besoin d’être effrayé chaque jour par les autres hommes ? Ou alors.. même si ce n’est pas les femmes, au moins pour les enfants. Ils ont besoin d’un endroit plus sécurisé pour grandir. Ici, ils ne survivront pas longtemps.. »

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    M.

    La nuit fut aussi spectaculaire qu’un feu d’artifice. Ils n’ont pas arrêté une seule minute et ils sont encore éveillé lorsque le soleil passe la fenêtre de la chambre. Ils sont en sueur, rougis par les efforts et surtout dans un état second. Henry a un sourire plus que satisfait et il ne peut retenir un rire en voyant Q’orianka sur le bord de s’endormir contre lui. Elle a sa joue de posée contre le torse du géant mais il voit sa petite mine épuisée.

    « – Je sens qu’aujourd’hui nous allons être comme deux vieilles personnes qui ne savent plus arquer.. »

    Et ce n’est pas peu de le dire. Ils ont du mal à sortir du lit et à préparer un déjeuner pour Kisos qui est déjà très un aguets pour aller à l’école. Les parents ont eu le temps de faire une rapide toilette mais Kisos fronce les sourcils en voyant le cou de sa mère car elle arbore un énorme suçon.

    « – Tu as fais quoi Ma’ ?? Tu es malade ??! »

    Il se rapproche d’elle et Henry se met à le suivre du regard. Quand il comprend ce qu’il se passe, il se retient de rire alors que l’enfant grimpe sur une chaise pour mieux voir la tâche.

    « – Elle a été attaqué par un ours qui avait très faim mais comme Ma’ est une guerrière, l’ours a perdu.
    _ C’est vrai Ma’ ?? Il était grand comment l’ours ? Tu lui as cassé sa figure ? »

    Le couple a vraiment du mal à retenir des rires et ça rend Kisos Rochon car il comprend que ses parents se moquent de lui. Heureusement l’heure de l’école arrive et le couple s’en va avec le petit pour l’accompagner. Sur le chemin, ils croisent quelques voisins dont leurs amis Anya et Garrett. Kisos s’en va directement vers sa jolie Charlie et il lui prend la main pour faire le restant du chemin.

    Une fois les enfants à l’école, Henry décide de mener Q’orianka vers l’ancien bâtiment qui pourrait servir pour l’orphelinat. C’est une ancienne maison de maître avec de grands espaces et aussi un immense terrain. Il y a des travaux à faire mais Henry sait qu’il y a déjà du monde prêt à aider. Il y a aussi une petite maisonnette à côté et Henry tient à la montrer car il sait que l’endroit serait parfait pour les consultations que Q’orianka pourrait donner en tant que soignante.

    « – Que penses tu de cet endroit ? Ça pourrait être parfait comme cabinet du docteur Q’orianka Walker non ? »

    Il étire un fin sourire et ils avancent dans le petit endroit qui pourra accueillir les enfants mais aussi les gens du village. Henry sait que c’est important pour sa compagne d’avoir son indépendance professionnelle et c’est pour cela qu’il la soutient déjà dans ses projets.

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    M.

    Il est présent depuis la veille et ce soir, il devrait s’entretenir avec un certain Diego pour un échange d’art contre des armes, cependant son instinct l’a poussé à reporter ce moment. Aidan sait qu’il est suivi et il veut trouver la personne qui veut se mettre sur son chemin. Un concurrent ? Un ennemi ? La police ? Tout est possible et c’est ce qui complique les choses car il ne sait pas par où commencer, cependant il n’est pas seul dans cette ville gangrenée par la mafia italienne et il a une idée pour tenter de piéger la fameuse personne.

    Il devrait avoir rendez-vous ce soir et si la personne est au courant, elle sera au port pour le rendez-vous. Aidan doit donc attendre l’heure, cependant il n’est pas du genre à jouer le touriste et à se tourner les pouces. Il a toujours ce besoin de contrôle, d’adrénaline et il a eu vent de combats illégaux dans les bas quartiers de Naples. Il y va faire un tour en attendant que la soirée arrive et il décide même de combattre.

    La violence.. Il faut croire que c’est son moteur. Pourtant il avait une vie plutôt simple et sans problèmes mais à l’âge de dix-neuf ans, tout a dérapé lors d’une soirée entre amis. Aidan avait bien bu mais il a surtout vu l’un de ses amis essayer de violer une jeune femme. Ce jour-là, Aidan a perdu tous ses moyens et il n’a pas hésité à se déchainer sur son ami. Il faut dire que le viole est une chose qui le rend fou puisqu’il est lui-même l’enfant d’un viol. Martha O’Neill a été violé alors qu’elle n’avait que seize ans et Aidan a fini par voir le jour. Elle a pourtant été plus qu’aimante avec lui et elle lui a tout donné mais Aidan a toujours été hanté par ce secret de famille. Il se sent sale. Il se sent coupable et la violence lui permet de défouler sa colère.

    Alors oui, il ose se battre dans un club clandestin de Naples mais il ne s’attarde pas puisqu’il doit retourner dans sa chambre d’hôtel avant le fameux rendez-vous du soir. Heureusement il n’a pas reçu de coups au visage donc personne ne peut se douter de ce qu’il a fait plus tôt. Il prend une douche rapide et il enfile son costume pour partir en ville. Lui aussi à faim. Il connait les bonnes adresses du centre et c’est à la même trattoria que Mabel qu’il s’installe. Contrairement à elle, il est à l’intérieur de l’établissement. Il déguste un verre de bourbon en attendant que sa pizza arrive mais cela semble s’éterniser. La jeune femme dehors est plus rapidement servit que lui. Oui, Aidan a remarqué Mabel mais il est loin de se douter qu’elle est celle qui le traque. C’est une très belle femme mais quand il est en mission ou même la plupart du temps, il ne se préoccupe pas des femmes. Non pas qu’il soit gay mais il est bien trop aveuglé par son travail et ses démons. Pourtant il a de quoi faire tomber les filles puisqu’il est un très bel homme mais aussi triste que cela soit, il pense qu’il pourrait faire du mal aux femmes, comme son géniteur l’a fait avec sa mère. Aidan n’a jamais eu de relations amoureuses, il se l’est interdit. Parfois quelques relations charnelles mais sans lendemain.

    Quand sa pizza arrive, il lance un regard des plus mauvais au serveur mais il se contient de ne rien dire. Il mange en silence, cependant une scène en extérieur ne lui plaît pas. Un homme se rapproche de la jeune femme seule et il se montre un peu trop insistant. Sans réfléchir, Aidan se relève de sa chaise et il va vers l’extérieur. Son grand gabarit efface celui du garçon qui était en train de gêner Mabel. Le regard cinglant d’Aidan ne laisse pas de place aux répliques. D’un italien presque parfait, il demande au garçon de s’en aller au plus vite et c’est ce qu’il se passe. Ni une ni deux, la jeune femme peut a nouveau se restaurer alors qu’Aidan retourne à sa table. Il ne cherche pas à parler à Mabel, il ne veut pas être remercié.

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    M.

    Le serveur revient alors qu’Aidan n’a pas terminé son repas. Il dépose un verre de bourdon que l’irlandais n’a pas commandé. Cependant avant de se prendre une remarque, le serveur annonce que le verre est offert par la demoiselle dehors. Aidan relève un instant son regard mais il ne sourit pas, il ne dit rien. Ce n’est pas très poli, c’est même irrespectueux mais il n’a jamais cherché les honneurs ni les mercis. Le serveur a compris cela puisqu’il repart très vite et il laisse Aidan terminer son repas.

    Le colosse fini sa pizza et il boit ce verre offert. Il a cependant remarqué que la jeune femme a jeté plusieurs fois des regards sur lui. Que veut-elle ? Il regretterait presque d’être intervenu dehors mais c’était plus fort que lui. Ils ont un nouveau contact visuel lorsqu’il se relève pour aller payer son repas. Aidan a terminé, il va devoir un peu vaguer dans les rues de Naples en attendant le rendez-vous au port. Cependant en sortant du restaurant, la jeune femme est encore là et elle fronce son regard. L’impolitesse d’Aidan a certainement dû la frustrer. N’étant pas un grand parleur, il préfère se contenter d’un hochement de tête avant de prendre la poudre d’escampette. Enfin, il se met à marcher sans réelle destination pour le moment. Cigarettes à la bouche, il s’arrête devant l’une des églises de la ville. Ici il y en a des centaines et elles sont toutes plus majestueuses les unes que les autres. Aidan est pourtant stopper dans sa contemplation lorsqu’il entend une voix féminine râler. La jeune femme.. Elle est encore là, non loin et elle rouspète contre un autre garçon. Elle attire tous les hommes de Naples ? Ou plutôt tous les idiots de cette ville ? Encore un homme lourd qui veut la draguer. AIdan soupire et il jette sa cigarette avant de venir vers la belle inconnue.

    “ – Qu’est ce qu’il se passe ? Qu’est ce que tu lui veux ?”

    Demande t’il en italien à l’autre homme qui est moins farouche que le premier.

    “ – C’est ta copine ?
    _ Oui et si tu oses la regarder encore une fois, je n’hésiterais pas à t’enfoncer les yeux dans ton crâne.”

    Aidan pousse l’italien et il passe un bras autour de la taille de Mabel. Il lui fait comprendre d’avancer et ce n’est que lorsqu’ils sont dans une autre rue qu’il lache sa prise. D’un accent parfaitement anglais,, il parle enfin. Car oui, il a appris à cacher son accent irlandais pour tromper tout le monde.

    “ – Les italiens sont réputés pour être des gros machos bien lourds. Vous auriez dû venir accompagné. Une femme seule dans ces rues, c’est presque une folie.”

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    M.

    Aidan esquisse un léger sourire lorsqu’elle dit qu’elle n’a pas besoin qu’on la sauve. Cette jeune femme semble avoir du caractère mais qu’importe, il n’aurait pu la laisser dans cette situation. Il s’attend à ce qu’elle reprenne la route mais au lieu de cela, elle ose lui proposer de boire un verre. Entre compatriotes ? Aidan se retient de froncer les sourcils. Cette demoiselle est une anglaise et il l’a compris puisqu’elle en a bien l’accent, cependant il hésite car il ne doit pas se laisser divertir ce soir. D’ici une heure, il doit être au port.

    “ – Très bien mais juste un verre. Je dois retourner à mon hôtel d’ici peu.”

    Il accepte ? Aidan s’en étonne lui-même mais après-tout, il a encore une heure à tuer et étrangement, il se sentirait plus à l’aise en sachant cette demoiselle en sa compagnie plutôt que seule avec les harceleurs de rue. Aidan met ses mains en poche et il attend que la jeune femme avance vers le bar où elle souhaite se poser pour boire ce fameux verre. Il se met à la suivre comme un petit chien et encore une fois, il s’en étonne car il n’a pas du tout l’habitude de ce genre d’issus. Ordinairement, il aurait refusé. Mais cette femme a peut-être de la chance ce soir, ou alors est-ce lui.

    “ – Donc je conclus que vous venez d’Angleterre ? Votre accent me dicte Londres.”

    Il n’en dit pas plus car il n’est pas le plus à l’aise pour discuter de “normalité”. Il passe sa vie à s’inventer des identités mais il ne s’attarde jamais sur les détails. Il peut être Jack, avocat international ou alors Henry, journaliste politique. Parfois il dit être américain ou même français puisqu’il sait parler la langue de molière avec un accent parfait. C’est un caméléon, si bien que parfois il se demande où est sa vraie identité.

    Lorsqu’ils arrivent près d’un bar, Aidan laisse la jeune femme s’installer et il se pose face à elle. Il se met à fixer les prunelles foncées de la belle anglaise avec insistance mais encore une fois, il ne s’en rend pas compte puisque c’est une habitude. C’est son moyen d’essayer de cerner les gens.

    “ – Vous êtes ici en voyage ? Le bon vivre italien fait du bien malgré les harceleurs.”

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    M.

    Une expatriée.. Américaine d’origine et qui se nomme Mabel. Aidan enregistre tout ce que la jeune femme peut dire sur elle par automatisme. Il n’y a pas que son regard qui joue l’espion mais son esprit aussi. Pourtant Mabel semble être une femme « normale » sans aucun lien avec la vie tumultueuse de l’homme de main mais il se méfie de tout. Même de son propre entourage.

    « – Je suppose que vous avez des origines amérindiennes si vous venez des Amériques.. Vos traits le laissent penser. Mais sachez que Londres est assez diversifiée pour appartenir à tout le monde. »

    Dit-il en prenant son nouveau verre de bourdon en main alors que Mabel perd son regard vers son propre verre. Cette femme a un côté mystérieux et presque séducteur qui n’est pas désagréable mais encore une fois, il n’est pas là pour se laisser aller. Pas ce soir. Pas dans cette ville.

    « – Je ne suis pas italien, en effet. Je suis anglais et je me prénomme Jake. Jake Langdon. »

    Encore un faux prénom, un faux nom et une fausse nationalité. Il aurait pu être franc pour une fois mais il ne se permet jamais ce luxe. Cela pourrait en être triste car dans le fond, qui connaît vraiment Aidan O’Neill ? Mis à part sa mère et Cormac. L’espace d’un instant, il a dans l’esprit le fait que sa vie est bien solitaire et même trop solitaire mais il revient à la raison quand il voit la jeune femme terminer son verre en cul sec.

    « – Belle descente.. Vous êtes certaine de ne pas être anglaise ? Il n’y a que les vrais british pour boire aussi facilement. »

    Ose t’il plaisanter en finissant lui aussi son verre. Pourtant il reste encore un peu de temps avant d’aller au port donc à son tour il commande deux nouveaux verres pour Mabel et lui-même. Heureusement qu’il tient bien l’alcool mais il faut croire que cette belle demoiselle sait garder le colosse a une table.

    « – Vous êtes ici pour du tourisme ? Pompéi est magnifique à voir et il y a Capri qui n’est pas à négliger. Plus au nord il y a pouzzole qui est sympa aussi. J’ai visité plusieurs endroits dans le coin. »

    Il ne parle pas de sa propre venue ici. De toute manière, d’ici une trentaine de minutes ils vont se quitter et il ne la reverra certainement jamais. C’est aussi le lot de sa vie solitaire. Il n’a pas d’attaches, pas d’amis, pas de temps pour lier quoi que ce soit. Aidan a créé une carapace en béton armée autour de lui et c’est ce qui est compliqué avec lui car il ne laisse rien l’atteindre. Du moins, sauf les hommes trop entreprenants avec les femmes et peut-être un peu cette demoiselle qui a réussi à l’inviter à boire un verre à Naples.

    « – Que faites-vous de beau dans la vie ? »

    Une question banale et pourtant il se surprend à la poser. Ça ne lui coûte rien bien que dans le fond, il se demande quand même que peut faire une si jolie femme seule ici ou même dans sa vie en générale. Est-ce qu’elle a une vie beaucoup plus normale et calme que la sienne ?

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    M.

    La jeune femme ne répond pas directement à la question mais elle parle de vacances. Elle aurait fait histoire des arts et cela fait sourire légèrement Aidan car il aime l’art à présent qu’il en fait un business illégal mais il ne serait certainement pas intéressé à cela s’il avait eu une vie beaucoup plus posée. Parfois il se demande ce qu’il aurait pu devenir s’il n’avait pas été en prison.. Mais la réalité revient à nouveau quand la belle demoiselle retourne la question.

    “ – Je suis ici en escale. Quelques jours sous le soleil de Naples n’a jamais fait de mal et j’adore les cités historiques. Elles montrent à quel point nous ne sommes que des petites choses de passage sur terre.”

    Pas besoin de plus, après tout ce n’est pas un interrogatoire de police. Aidan termine son verre et il observe sa montre. Il n’y a plus qu’une petite demi-heure avant qu’il ne doive partir vers le port. Qu’est ce qu’il va bien pouvoir inventer pour s’en aller ? Car en soit, il n’a pas de raison de s’en aller puisque ce moment est agréable. C’est même étrangement très plaisant pour lui qui ne s’accorde jamais de moment à lui.

    “ – Je vais devoir bientôt vous quitter car j’ai quelqu’un à aller retrouver mais si vous le souhaitez, on peut envisager un autre verre demain. Sauf si vous avez d’autres choses de prévues.”

    Oui, il ose proposer un autre verre. Ce léger lapse de temps hors de tout, semble lui faire du bien même s’il se montre encore tendu et peu bavard. Cependant la demoiselle face à lui, réussit plus ou moins à garder le colosse sous contrôle. Elle ne lui inspire pas la crainte que peut lui inspirer tous ceux qu’il côtoie d’ordinaire. Elle n’est pas là pour le coincer ou même pour lui proposer un marché. Elle n’est pas ici pour Aidan, le bras droit d’O’rourke mais elle est simplement là pour la fausse image de l’homme qu’il aurait pu être s’il avait fait des choix de vie différents. Du moins, c’est ce qu’il croit en cet instant.

    “ – On se retrouverait ici, vers dix-neuf heures. Ou alors on pourrait bien aller sur Capri ou même ailleurs. Il y a mille possibilités dans le coin. Je vous laisse prendre la décision.”

  152. Avatar de M.
    M.

    Mabel accepte ce second rendez-vous et Aidan esquisse un nouveau sourire même s’il est léger. Demain à 19h, il sera ici mais pour ce soir il doit jouer l’homme occupé et partir vers ce pourquoi il est à Naples. Il s’accorde une folie mais il n’oublie pas sa première mission qu’est de troquer des armes contre de l’art.

    Après avoir salué Mabel, Aidan s’éclipse dans les ruelles sombres et il se rapproche du port mais il n’y va pas directement. Il reste dans l’ombre et observe le quai mais rien ne semble être suspect. La personne qui le traque doit être tout autant cachée que lui et ça ne l’arrange pas puisque ça va devoir faire changer drastiquement ses plans. Il va devoir changer le lieu d’échanges et se montrer encore hyper vigilant tant qu’il ne saura pas qui est sur son chemin.

    Il rentre assez tard dans sa chambre d’hôtel et après une bonne douche, il tente de trouver le sommeil mais ce n’est pas une mince affaire. Quand il trouve sommeil, Aidan est souvent pris par des cauchemars. C’est certainement une pointe de culpabilité qui prend l’homme lorsqu’il est le plus vulnérable. Il a le physique d’un colosse et il ne laisse rien paraître, pourtant est-ce qu’on peut totalement être entier lorsqu’on a du sang sur les mains ?

    La journée commence tôt. Il appelle son contact à la Camorra pour trouver un autre créneau pour l’échange. En attendant ce moment il doit encore s’occuper mais aujourd’hui il évite les combats illégaux pour ne pas recevoir de coups qui pourraient l’abîmer avant son rendez-vous de ce soir. Au lieu d’attendre dans sa chambre, il loue une voiture et il part sur la côte pour faire passer le temps mais il est de retour à l’hôtel pour se doucher et se changer avant le fameux rendez-vous.

    Encore un costume et une barbe légèrement taillée. Sa moustache lui donne un air d’un homme d’une autre époque mais il y tient. Il se parfume légèrement et il met ses rayban avant de prendre route pour le bar. Mabel n’est pas encore présente mais il s’installe à une table en extérieur et il s’allume une cigarette. Il commande un verre de whisky et il observe silencieusement ce qu’il se passe autour de lui. Il y a des gens de tous horizons. Des personnes qu’il ne connaît pas et qui vivent simplement leurs vies. Il remarque une femme disputer son époux ou alors une vieille dame qui promène son chien. Il n’y a pas de danger ici, enfin pour le moment. Le danger arrive lorsque la belle Mabel fait son arrivée dans le coin de la rue. Aidan ne sait pas qu’elle est celle qui pourrait le faire tomber et pourtant, pour une fois dans sa vie, il s’est laissé tenter par autre chose que la violence et l’argent. Il se laisse tenter par bien plus vicieux et sensuelle, une femme sublime.

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    Elle est magnifique et ça il ne peut pas le nier. Cette robe fluide et ses épaules découvertes, font qu’elle fait tourner tous les regards sur elle, même ceux des femmes. Aidan est le premier à observer et lorsqu’elle arrive à la table, il écrase son mégot et il se lève de sa chaise pour l’accueillir.

    “ – Mabel.. Je suis ravis de voir que vous avez honoré ce rendez-vous.”

    Rendez-vous ? Cela sonne d’un glas étrange pour lui mais en soit, c’est ce qu’il se passe. C’est une sorte de rendez-vous sans prise de tête ni possible échanges illégaux. Il n’y a qu’elle et lui. Aidan attend qu’elle s’installe pour s’asseoir à nouveau et il fait signe au serveur de venir prendre la commande de Mabel.

    “ – Vous êtes sublime. Je suis désolé de ne pas avoir pris le courage de m’habiller différemment d’hier.”

    Il sourit légèrement et baisse un instant son regard bleuté sur son costume noir. Même sa chemise est noire. Il ferait presque penser à un croque-mort. Aidan secoue un instant la tête et il se remet à regarder la demoiselle qui a les joues qui rougissent.

    “ – Vous avez passé une bonne journée ? La chaleur était étouffante mais heureusement qu’il y avait des brises en bord de mer.”

    C’est difficile d’avoir une conversation plus évasée lorsque l’on passe sa vie à cacher ce que l’on est. Aidan lève son verre vers Mabel lorsqu’elle reçoit son cocktail et ils se mettent à trinquer comme deux vieux amis qui se retrouvent. Dans une autre configuration, ils auraient pu être deux vieux amis puisqu’Aidan a déjà travaillé avec la famille de Mabel mais il ne fait pas le rapprochement puisqu’il a seulement assuré des transactions sans voir le chef de famille. Parfois il joue la main pour d’autres gangs, afin de garder des bons liens avec des familles qui pourraient être des alliées pour O’Rourke. Bien sûr, ils ont des ennemis et surtout la mafia japonaise ou celles venant d’Europe de l’Est.

    “ – Je sais que ça parait surprenant mais si vous le voulez, il y a un événement sur le bord de plage. Une fête avec feu d’artifices et d’autres activités. Ils fêtent l’été en grande pompe et cela pourrait être intéressant d’y faire un tour. Qu’en pensez-vous ?”

    Pourquoi ne rester qu’à un simple verre lorsque l’on peut passer une soirée entière ensemble ? Elle peut refuser et il l’acceptera mais ce sentiment de légèreté, loin de ses affaires, lui fait un peu de bien.

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    Ils sont sur le sable et même si elle a retiré ses chaussures, lui ne le fait pas car il a horreur de sentir les grains de sable sur sa peau. Aidan a un petit côté maniac qui ferait rire beaucoup de femmes si elles en avaient l’information.

    Pour le moment ils avancent sans réel but et il l’écoute parler de peinture, de sensation vis à vis des tableaux sombres, de la beauté qu’elle réussit à en faire sortir. Aidan est surpris mais agréablement car il sait que l’art est difficile à comprendre puisque lui-même a mis un certain temps à trouver un intérêt dans les tableaux qu’il réussit à faire voler par des petites mains.

    “ – Crois-tu que les femmes ont besoin d’effrayer pour exister ou survivre ? Quoi que dans ce monde où l’homme domine, il y aurait intérêt à savoir effrayer..”

    Dit-il avec un rappel de la veille et ces hommes qui étaient beaucoup trop aguicheurs envers Mabel. Pour le coup, Aidan n’est pas du genre machiste. Au contraire, il a su voir au travers de sa mère, que les femmes étaient des bien plus grandes guerrières que les hommes. C’est aussi pour cela qu’il est révulser de voir d’autres hommes prendre le dessus sur les femmes car il ne supporte pas ce jeu de dominance et de fausse puissance.

    “ – Beaucoup d’hommes n’ont pas l’intelligence de savoir que sans les femmes, nous ne serions strictement rien. Certes nous avons la force des bras mais pas celle de l’esprit.”

    Elle rougit encore. Elle pense trop parler alors que lui aime plutôt bien le fait qu’elle se laisse aller et qu’elle parle sans barrières. Cela veut dire qu’elle est en confiance avec lui et c’est flatteur.

    “ – Pour ma part j’ai été revoir les ruines de Pompéï. Je trouve cela fascinant de voir une cité romaine figée dans le temps. Cela rappelle aussi à quel point nous ne sommes rien sur terre et que tout peut disparaître en quelques heures..”

    Oui, tout peut changer en si peu de temps et il devrait avoir la réflexion qu’il est piégé dans une vie qui finira par le mener bien trop vite vers la mort mais il ne le fait pas. Il devrait vivre pleinement les choses, justement pour profiter et arrêter de se mettre en danger pour une cause qui n’en vaut pas la peine mais il reste dans le déni. Certainement car il n’a personne pour le pousser à arrêter ou alors qu’il n’a aucune motivation ou raison de le faire.

    “ – Cet endroit est vraiment sublime. Naples, la vue sur la baie, le Vésuve.. C’est la carte postale qu’on aimerait tous avoir pour toujours autour de nous. Malheureusement pour ma part, je prends l’avion demain soir. La courte escale prend fin. Bien que je sais que je reviendrais ici lorsque j’en aurais l’occasion.. J’adore l’Italie.”

    Dit-il avec une légère pointe de regret car oui, finalement ce voyage semble court alors qu’il voulait que cela aille vite. Il ne devait que venir pour faire l’échange et repartir aussi tôt mais le voilà à se balader sur une plage avec une belle inconnue.

    Aidan se stoppe à un moment, pour observer la vue sur la baie et il sent le regard de la jeune femme se bloquer sur lui. Il en sourit en coin et il ose la taquiner.

    “ – Suis-je aussi beau qu’une œuvre d’art italienne ?”

    Il rit. C’est la première fois qu’il sort un vrai rire depuis son arrivée ici. Elle rougit encore plus et Aidan continue sa taquinerie en donnant un léger coup de bras sur l’épaule de la jeune femme.

    “ – Sache que tu es tout aussi belle que la Joconde. A ce que l’on dit, elle serait le tableau le plus inestimable du monde.”

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    Il a une chose de certaine c’est que Mabel complimente bien mieux qu’Aidan. Il aurait presque un sourire niais s’il ne savait pas se contenir. Alors il se met à sourire finement et il jette un regard sur la belle qui rougit encore plus fortement qu’il y a quelques minutes. Même la pénombre ne peut le cacher.

    « – Je viens de me faire battre à mes propres compliments. Je suis tombé sur mon maître. »

    Ils cessent de marcher pour ne pas aller plus loin que la plage napolitaine. Une fête se trame sur la digue et les gens semblent danser, s’amuser. De là où ils sont, Aidan et Mabel entendent le son de la musique qui n’est autre que « Sara perche ti amo », l’incontournable des soirées italiennes. Les deux jeunes gens s’avancent vers l’endroit de la fête bien qu’il est clair qu’Aidan ne compte pas danser puisqu’il ne sait pas danser mais il propose à la belle de boire un coup et de laisser porter par cette joie que les italiens laissent paraître.

    Les deux jeunes gens trinquent à nouveau. Aidan perd son regard dans celui de la belle Mabel et il n’y a pas besoin de mot pour comprendre qu’il y a un feu qui a commencé à les consumer. Le colosse est moins expressif mais son sérieux et son regard froncé ne font pas de doute sur le fait qu’il est envoûté. Il ose même enfin se dire qu’il peut se laisser aller, qu’après tout c’est sa dernière soirée ici et qu’il ne reverra certainement plus cette beauté. Alors pourquoi se retenir ? Pourquoi ne pas en profiter pleinement ? Le laisser aller n’est pas dans sa façon de vivre mais elle réussit à le faire douter.

    « – Et si on passait le reste de la soirée dans un lieu beaucoup plus intime que cet endroit ? Après tout, il ne reste qu’une nuit et nous n’avons qu’une vie.. »

    L’homme qui ne parlait pas beaucoup, semble en dire bien plus en une seule phrase. Il y va avec bien plus de franchises qu’il n’aurait pu le laisser penser et son sourire se fait soudainement plus charmeur. Il termine son verre d’une traite et il attend patiemment la réponse de Mabel sans la lâcher du regard. Il y a des manières beaucoup plus subtiles d’inviter une femme à rejoindre sa chambre mais pourquoi chercher à tourner autour du pot alors qu’il est clair qu’ils se plaisent. Pourtant ce moment qui s’annonce sensuel vient se mettre en pause quand le téléphone d’aidan se met à sonner. Il ne devrait pas sonner puisque personne ne connaît son numéro sauf O’rourke et ceux qui sont haut dans le gang. Aidan ne répond pas au premier appel mais ça insiste alors il s’excuse auprès de Mabel pour aller répondre un peu plus loin.

    « – C’est qui ?
    _ On a pas eu des nouvelles pour l’échange et on a appris qu’il y aurait des flics anglais sur Naples. Ils te cherchent.
    _ Ils me cherchent ? Ils savent qui je suis ou ils cherchent sans savoir ?
    _ On ne sait pas mais Erik a su de la part de l’un de nos infiltrés à la police qu’il y avait un dossier sur toi ou plutôt sur l’Ours irlandais. »

    Son surnom dans le groupe afin d’éviter de donner son identité. La police ou plutôt Mabel, a commencé un dossier sur lui mais ni son visage ni son prénom ou même nom ne sont connus. Il n’y a que quelques transactions qui ont été découvertes et surtout le fait que l’un de ses ennemis à parler du bras droit de O’rourke.

    « – Je reprends l’avion demain de toute manière. L’échange va se faire dans deux semaines en France. Ici c’est trop risqué pour moi comme pour eux.
    _ Très bien mais fais attention Aidan. Quand tu seras rentré, on va tenter de faire tomber ces flics qui en ont contre toi.
    _ Je l’espère bien. »

    O’Rourke raccroche. Aidan est quelque peu contrarié par ce qu’il vient d’entendre mais il sait que Mabel l’attend alors il range son téléphone et il revient vers elle. Il a perdu son sourire mais face aux yeux doux de la demoiselle, il laisse la pression redescendre légèrement.

    « – Désolé pour ce petit contre temps mais mon offre tient toujours. »

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    Ils sont là. Devant la porte de sa chambre et Aidan est encore secoué par le baiser que Mabel vient de lui donner dans l’ascenseur. Rien ne laissait prévoir une telle soirée mais il ne veut pas reculer. L’homme déverrouille la porte et ses mains viennent se poser sur les joues de la belle brune. Un nouveau baiser intense se dévoile alors qu’aidan l’a fait reculer dans cette chambre. Heureusement il n’y a rien qui pourrait faire savoir qui il est vraiment puisqu’il n’a qu’un sac avec des faux papiers dedans et quelques vêtements. Son arme est cachée. Ici, Aidan reste Jack. Quoi que son corps risque de montrer une autre histoire mais pour le moment il a encore ses vêtements sur lui.

    Les deux reculent dans la chambre. Aidan réussit à fermer la porte derrière lui et quand ils sont enfin loin de la vue de quiconque, il cesse le baiser et il soulève la belle demoiselle pour venir l’allonger sur le lit. Elle se retrouve face à lui et il retire sa veste de costard. Aidan s’apprête à abandonner cette facette d’homme bien habillé, quelque peu sage puisque lorsque sa chemise s’ouvre, une autre image se montre. Il a une musculature impressionnante mais il y a surtout des tatouages un peu partout sur sa peau ainsi que des cicatrices dont une imposante sous son pectoral gauche. On a déjà essayé de le poignarder en plein cœur mais heureusement ça a échoué.

    Il se retrouve torse nu et il revient vers Mabel qui semble être surprise par son corps marqué. Pourtant cela ne les empêche pas de reprendre un baiser sensuel, tout comme ça n’arrête pas Aidan qui glisse ses mains le long des cuisses de la jeune femme. Sa robe en remonte jusqu’à ce qu’il décide de lui retirer. Elle n’a plus que ses sous-vêtements et surtout un corps qui ferait tomber une armée entière d’hommes.

    « – Tu es magnifique.. Sublime.. enivrante.. »

    Le bout de ses doigts glissent sur le bras de Mabel alors qu’il se redresse légèrement pour mieux l’observer. Il la contemple comme si elle était une œuvre d’art mais l’envie d’embrasser sa peau se fait envieuse. Il se penche et laisse ses lèvres se poser sur le haut d’épaule de la jeune femme. Il fait légèrement tomber les bretelles de son soutien gorge et à force qu’il dépose des baisers, ce haut de sous vêtements finit par être retiré. Il est doux dans ses gestes, pas forcément pressé car il veut profiter de chaque secondes. Rares sont les nuits comme celle-ci. Il embrasse ses clavicules, son cou, sa mâchoire et il redescend sur cette poitrine gonflée par le désir. Il soupire alors qu’elle gémit. Le temps semble suspendu jusqu’à ce qu’ils redeviennent un peu plus sauvages. Elle quémande un baiser et le fait revenir au-dessus d’elle si bien que leurs corps se fondent l’un contre l’autre. Mabel peut sentir le désir d’Aidan car la bosse entre ses jambes est importante.

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    Mabel ose aussi poser ses mains sur l’homme et cela fait frissonner Aidan qui laisse que trop peu de personnes être aussi proche. Pour une fois, il se laisse aller et il aime ça.

    Quand elle lui dit qu’elle le veut en lui, Aidan étire un fin sourire et il cesse d’embrasser la poitrine de la jeune femme. Cet appel ne peut rester sans réponse et puis il faut dire que lui aussi meurt d’envie d’aller plus loin. Alors il se redresse légèrement, de quoi retirer les derniers tissus qui cachent leurs corps bouillants. Son pantalon, son boxer et le dernier sous-vêtement de Mabel. Plus rien ne les couvre si ce n’est le désir et la passion. Aidan revient contre la belle brune et tout en reprenant un baiser endiablé, il laisse sa virilité s’enfoncer en Mabel. Il n’a même pas pensé à se protéger, dans le feu de l’action il a oublié ce détail qui pourtant pourrait être plus qu’important.

    Il gémit contre les lèvres de Mabel. Pour le moment il la laisse encaissée cette entrée fastidieuse mais quand il sent qu’elle se détend, il commence à bouger son bassin. Ce n’est pas sauvage, cela reste doux. Pourquoi chercher à aller vite quand ils ont une nuit devant eux ? Et surtout il tient à profiter de ce moment qui sera certainement unique. Il ne s’attend pas à revoir Mabel un jour ou alors pas d’en l’immédiat.

    “ – Tu.. tu es.. délicieuse..”

    Dit-il quand le baiser prend une pause. Leurs fronts se posent l’un contre l’autre et ils se laissent aller dans l’euphorie du moment. Les mains d’Aidan continuent de caresser les courbes de la jeune femme et il ose laisser ses gémissements se faire entendre. En cet instant, il oublie le fait qu’il doit toujours savoir se contrôler et qu’il ne doit rien montrer. Il n’est plus cet homme de main mais simplement un homme qui vit, qui profites, qui a le droit d’avoir des moments pour lui. Mabel ne se doute pas de tout ce que ce moment représente pour Aidan mais la passion de l’homme prouve à quel point il aime ça. Il ose même laisser Mabel retourner la situation et se retrouver au-dessus de lui. La vue est divine. S’il le pouvait, il stopperait le temps. Elle est magnifique et le temps d’une soirée, elle le rend fou. Enfin, est-ce qu’il saura oublier une fois qu’il sera loin d’elle ? Logiquement il le devrait mais il n’est pas certain que cela fonctionne.

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    Aidan laisse Mabel mener la danse pendant quelques minutes mais ça ne dure pas éternellement puisque l’envie de reprendre les rênes se fait sentir. La belle se fait à nouveau plaquer sur le lit et il la ménage un peu moins puisque ses coups de bassin sont bien plus puissants. Les cuisses de la belle viennent agripper sa taille et Aidan attrape les mains de Mabel pour les bloquer au-dessus de sa tête. La sensualité laisse place à une passion ardente, une envie de ne plus se contrôler. La belle se dandine sous lui et elle se courbe mais il garde ses mains emprisonnées et ses lèvres se font mordre par ses dents.

    “ – Je veux t’entendre crier..”

    Reussit-il a grogner contre les lèvres de la jeune femme alors qu’il est bien plus sauvage avec elle. Même lui en lâche des feulements rauques et envieux. La jouissance est proche mais AIdan ne tient pas à ce qu’il soit le seul à atteindre le nirvana donc il baisse l’une de ses mains entre les cuisses de Mabel pour venir caresser son bouton de plaisir alors que les accoups de l’homme restent intenses. Le lit en cogne contre le mur et il grince comme pas possible mais qu’importe les voisins, seuls eux deux ne compte.

    Le septième ciel arrive. Les deux atteignent l’orgasme en même temps. Leurs cris sont heureusement couverts par un dernier baiser mais ils ne s’arrêtent pas pour autant. Aidan continue de laisser son bassin se mouvoir en Mabel, pour que ce moment d’euphorie puisse perdurer encore. Ce n’est qu’après les derniers soupirs que le colosse se laisse aller contre la belle brune. Sa joue se pose contre le sein de Mabel et il pose ses mains contre les hanches de la belle. Un sourire reste dessiné sur ses lippes car il entend le cœur de Mabel battre à une vitesse presque olympique. Pourtant il ne reste pas longtemps contre elle, il finit par se laisser aller sur le côté car il n’a pas l’habitude de “câliner” qui que ce soit. En fait, il a même beaucoup de mal à être contre quelqu’un. Comme s’il n’avait pas le droit à de la douceur ou qu’il se devait de garder ses distances. Il s’est bâti une carapace ou il s’est presque convaincu qu’il n’avait pas le droit d’être aimé ni d’aimer. Un homme qui tue d’autre homme, n’a pas le droit à la redemption ou au bonheur.

    Allongé sur le dos, il regarde un instant le plafond avant que la réalité revienne. Il entend le souffle rapide de la belle brune et il fronce un instant les sourcils, non pas contre elle mais contre lui-même. Est-ce qu’il a fait une erreur ce soir ? En la laissant se rapprocher ou plutôt lui, en laissant partir une chance d’être quelqu’un de normal ?

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    Aidan ne s’attend pas à ce qu’elle parle ainsi. Elle se confie mais surtout elle semble avoir compris que quelque chose n’allait pas chez lui. Elle a senti la solitude du colosse et cette sensation qu’il n’a pas une vie douce. Elle lui évoque même le fait de pouvoir recommencer mais Aidan a un sourire presque amer sur ses lèvres. Si elle savait le quart des choses qu’il fait ou qu’il a fait, elle s’enfuirait en hurlant. Tout comme le fait de recommencer, il sait que ça ne sera certainement pas une option pour lui. Il est bien trop impliqué dans des affaires sombres et il sera traqué s’il osait déserter. Pourtant, pendant un court instant, il a un sourire moins sévère car il trouve touchant que cette jeune femme d’une nuit, puisse avoir de la compassion pour lui et qu’elle puisse essayer de panser son esprit meurtris.

    “ – Tu as raison, je ne suis pas qu’un simple loup.. et je crois que j’aurais aimé n’être qu’un simple loup mais parfois on fait des choix qui nous poussent à ne plus pouvoir envisager les possibilités plus simples.”

    Il ne peut pas aller dans les détails, ni se confier sur qui il est vraiment mais Mabel a quand même su le cerner. Il en est troublé car il comprend que si elle voit aussi bien en lui, c’est qu’elle aussi doit avoir ses propres démons. Il se tourne légèrement pour s’allonger de côté et faire face à la jeune femme. Elle a encore sa main sur la joue du beau brun et elle garde son sourire bienveillant.

    “ – Tu nourris la lumière toi ? Ou l’ombre ?”

    Il veut savoir si contrairement à lui, Mabel a une vie beaucoup plus douce. Bizarrement, il le souhaite de tout son cœur. Il n’aimerait pas savoir qu’elle a une vie aussi chaotique que la sienne. Elle ne le mérite pas mais son instinct lui murmure qu’elle n’a pas une vie simple. Que ferait-elle ici, à Naples, seule ? Ce genre de femme mérite une famille, un époux, des enfants et une situation confortable mais elle semble être loin de ce cadre.

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    Elle se dit de lumière mais aussi d’ombres. Il pourrait poser des questions pour en savoir plus mais ça serait culotté de jouer le curieux alors que lui se contenterait de ne rien dire sur lui. Il ment même sur son propre prénom. Alors Aidan écoute les paroles de Mabel sans l’interrompre et sans avoir besoin de la guider vers un autre sujet, la belle choisit d’elle-même de prendre un autre virage en revenant l’embrasser mais surtout en allant vers le bassin du colosse pour qu’il pense à autre chose.

    “ – Bon sang..”

    Souffle t’il alors qu’elle entoure sa verge de ses lèvres et qu’elle lui offre un moment très plaisant. Aidan en ferme les yeux et sa main vient se loger dans la longue chevelure de Mabel mais il ne l’agrippe pas. Après tout, la nuit n’est pas encore terminée même si les heures défilent un peu trop vite. Elle a raison, ils doivent encore en profiter avant que tout ça ne soit qu’un doux songe.

    Le bassin d’Aidan bouge malgré lui mais Mabel réussit à maitriser le trop plein de désir de l’homme. Elle maintient ses hanches et elle garde le contrôle sur la situation. Pourtant Aidan la fait stopper avant qu’elle ne le mène vers la jouissance puisqu’il veut l’atteindre avec elle. Il aide la brune à se redresser et à venir à califourchon sur lui pour qu’à nouveau ils soient liés l’un dans l’autre. Assis sous elle, il peut embrasser sa poitrine mais aussi ses lèvres lorsqu’elle baisse son visage. Les mains d’Aidan agrippent le fessier de Mabel et il bouge sous elle, même si il lui laisse le rythme de ce moment. Encore une fois, ils laissent le désir prendre le dessus. La passion rejoint la danse et la bestialité se contient encore un peu.

    Elle est divine. Solaire, lunaire, parfaite. Il le sait et il lui murmure entre deux baisers. Elle est ce genre de femme qu’on ne croise qu’une fois dans une vie et qui laisse une marque indélébile. Il ne la connais pas, du moins pas sa vie mais il connaît déjà toutes les marques sur sa peau, son odeur et ses endroits érogènes. C’est toujours ainsi lorsque deux âmes sœurs se trouvent, même si elles ne le savent pas ou pas encore. Leurs gémissements se confondent, leurs mains se font possessives et les regards expriment bien plus qu’un simple plaisir. Aidan reprend le dessus sur Mabel en la soulevant du lit et en la calant sur la table de chambre mais même à cet endroit, la ferveur ne baisse pas. La langue de l’homme glisse sur le cou de la jeune femme, il vient même mordiller sa peau pour en garder le goût. Ils sont dans une bulle qui va éclater mais qui pour le moment n’appartient qu’à eux.

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    Elle réussit à le faire sourire de part sa oisiveté et son jeu presque naïf. Elle parle de musique qu’il pourrait être et elle lui donne des baisers sans se soucier du reste. Il y a un instant suspendu, un moment presque euphorique qui donnerait envie d’abattre toutes les horloges du monde. Il n’avait pas ressenti ce genre de bien être depuis trop longtemps. Il ose même se laisser prendre un peu à ce jeu d’adolescent en exposant ses propres idées.

    “ – Tu me fais penser à la chanson Luna d’Alessandro Safina.. Une belle ode à la Lune. Le soleil est souvent acclamée mais je trouve que la lune vaut mille soleils.”

    Il continue de la fixer avec cette pointe de dureté mais il a encore ce léger sourire qui est dessiné sur le coin de ses lèvres. Aidan n’a pas remarqué qu’il entoure le bout de ses doigts sur les pointes des cheveux de Mabel. Il joue avec comme si c’était un geste normal entre eux deux.

    “ – Et pour le dessert, je dois avouer que je ne suis pas très desserts.. Mais il y en a un seul qui m’a toujours fait plaisir. C’est le gâteau aux pommes que me faisait ma mère lorsque j’étais petit. Elle ajoutait beaucoup de sucre dessus pour que ça caramélise au four et elle mettait une pointe de cannelle.. Donc si je devais être un dessert, j’aimerais être celui-ci parce qu’il a une saveur de bon temps, de nostalgie. Et toi alors ? Un petit chou à la crème ? Un magnifique fraisier ?”

    Il a un léger pic de nostalgie mais qu’elle ne pourrait se douter. Il ne parle jamais de sa mère et il essaye de ne pas y penser, pourtant elle lui manque. Elle est son seul vrai repère. La seule personne qui compte à ses yeux. Parler d’elle est certainement plus fort que de dire qui il est dans la vie de tous les jours. Aidan se redresse légèrement, juste de quoi s’asseoir sur le sol et attraper son paquet de cigarettes qui traîne encore dans la poche de son pantalon. Il s’en allume une même s’ils sont encore dans la chambre mais cette bouffée toxique lui fait du bien. Elle lui redonne un peu de contenance.

    “ – J’espère que ça ne te gêne pas.. Ma dose de nicotine était presque expirée.”

    Tente t’il de dire pour la faire sourire. Il se relève quand même pour aller ouvrir la fenêtre afin de ne pas l’intoxiquer par la fumée. Nu devant la fenêtre, Aidan baisse un instant son regard sur la ville qui s’est endormie depuis déjà pas mal d’heures.

    “ – Je suis un grand solitaire dans la vie de tous les jours. Pas d’amis, pas de famille, rien. J’avance seul et j’évite les interactions sociales beaucoup trop longues. Je passe mon temps à éviter les gens, les émotions, les sentiments. On m’a dit que j’étais une sorte de robot et que c’est ce qui faisait mon efficacité. C’est vrai, j’en ai conscience. Et pourtant parfois j’aimerais bien ne pas être aussi seul car je me rends compte que je fuis tout. Juste parce que je ne sais plus comment être quelqu’un de normal..”

    Il dit cela en restant de dos à Mabel mais avec une sincérité presque déchirante. C’est aussi sa façon de s’excuser auprès d’elle car il se doute qu’elle doit ne pas comprendre le fait qu’il semble si éloigné ou éteint.

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    M.

    Aidan sourit un peu plus tristement lorsqu’elle lui dit que s’il était un souvenir, il serait celui que l’on veut garder même s’il fait mal. Cela fait écho à sa vie chaotique. Il sait que s’il venait à être franc, il serait le mal incarné pour elle. Il peut se conforter dans le fait de garder ses secrets et de savoir qu’elle n’est qu’un passage éphémère puisqu’elle n’aura jamais à savoir qu’elle a passé une nuit avec une sorte de diable.

    Les deux amants d’une nuit reste l’un contre l’autre le temps qu’il termine sa cigarette et puis Aidan décide d’appeler le room service malgré l’heure tardive. Elle a faim et il compte satisfaire sa demande, sans à avoir sortir d’ici. Pourtant le temps avance et le soleil finit par se lever..

    Mabel s’est rendormie après le repas nocturne, alors qu’Aidan n’a pas réussi à fermer les yeux. Il a pensé et repensé aux possibles Adieu et ça l’a torturé jusqu’à ce qu’il décide de partir comme un fantôme. Comment dire Adieu a une personne qui a su provoquer notre âme ? Pourtant il n’aurait pu faire autrement, elle n’était qu’un délice d’une nuit et sa vie ne peut être reliée à celle d’Aidan. Elle serait en danger et surtout horrifiée par lui.

    Bien sûr, il n’est pas parti sans laisser un petit mot sur la table de chambre.

    “ Je suis désolé d’être parti avant ton réveil mais je crois que je suis trop faible pour les adieux. D’ordinaire, cela ne m’impacte pas mais je suppose que tu as réussi à toucher un peu la carapace de l’homme solitaire que je suis.
    Merci pour cette nuit et pour ce séjour que je ne risque pas d’oublier de si tôt.
    Tu es une fleur rare. Une lune qui éclaire les nuits sombres.

    Tendrement,

    Aidan.”

    Il a osé écrire son vrai prénom. C’est la seule vérité qu’il lui offre.
    Arrivé à l’aéroport, Aidan doit reprendre un avion pour le Royaume-uni puisque sa venue à Naples n’a pas été fructueuse. Il va devoir faire un prochain voyage en France pour régler cette affaire mais avant cela, il doit aussi se renseigner sur cette personne qui le traque. Il sait que la personne fait partie de la police mais il ne se doute pas qu’il a passé la nuit avec elle.

    Tout comme Mabel ne sait rien de ce fameux Aidan qui logiquement se faisait nommer Jack. Elle n’a pas de photo ni de nom concernant la personne qu’elle cherche mais il y a pourtant un détail qui aurait pu lui mettre la puce à l’oreille. Aidan avait un grand tatouage dans le dos, celui d’une tête d’Ours. C’est son surnom, l’Ours irlandais. Parce qu’il est grand, imposant, féroce et très territorial.

    Aidan monte dans le premier vol qui part pour Londres mais il semble déjà être pris d’une légère nostalgie quand l’avion décolle. C’est terminé cette douceur et ce moment loin de tout. Il va retourner à la réalité des choses, sans Mabel, sans le soleil italien.

  163. Avatar de M.
    M.

    Il n’a fait qu’une petite escale à Londres puisque la maison mère du trafic se trouve en Irlande. Il n’a pas eu vraiment eu le temps de se poser ni même de penser à cette idylle en Italie puisqu’à peine revenu, O’Rourke l’a envoyé gérer une mission de blanchiment d’argent. Sa vie est toujours beaucoup trop remplie et insensée.Il n’a même pas de propre appartement ou de propre maison car il n’est jamais plus de deux ou trois jours au même endroit. Pourtant ce n’est pas l’argent qui lui manque mais Aidan a certainement trop donné à cette vie de mercenaire, au point d’en oublier qu’il avait le droit aussi de se poser.

    Ce n’est que qu’une petite semaine plus tard qu’il a une sorte de moment de répit ou plutôt un moment où il va voir si sa mère va bien. Celle-ci se doute qu’Aidan travaille dans des affaires peu glorieuses mais elle évite le sujet. Elle a bien trop peur qu’Aidan décide de ne plus venir la voir alors que pourtant il ne ferait jamais une telle chose. C’est au détour d’une tasse de thé que le colosse repense à Mabel. Et surtout à cause de sa mère qui pose toujours cette fameuse question.

    “ – Toujours le coeur libre mon petit ours ?
    _ Tu sais bien que je n’ai pas le temps de penser à tout ça.
    _ C’est bien dommage car je suis certaine que tu ferais un père de famille idéal.”

    Il ne sourit jamais quand elle parle de cette possible famille. Martha aurait aimé qu’Aidan trouve une jolie épouse, fasse des enfants et surtout vive une vie heureuse. Ils n’ont pas eu un passé très enjoué puisqu’elle était seule pour l’élever et ils n’avaient pas beaucoup d’argent. Même elle, elle aurait souhaité offrir une vie plus heureuse à Aidan mais aussi à elle-même. Trouver un vrai amour, avoir un métier qui lui plaît.

    “ – J’aurais tellement aimé te donner une vie différente Aidan.. Une vie où tu aurais pu t’épanouir. Je sais que tu n’es pas heureux, les mères reconnaissent ça..
    _ Tu m’as tout donné maman. Sache que jamais je ne t’en voudrais pour quoi que ce soit.”

    Mais cette pause thé prend fin car Aidan reçoit un appel. O’Rourke veut lui parler urgemment, il a des nouvelles par rapport à ceux qui cherchent Aidan. Ils ne discutent pas bien longtemps mais Aidan reçoit par la suite un mail contenant des informations qui le glace sur place. Il y a une photo dans le mail et il connait que trop bien ce visage. Mabel. Elle est l’agent qui monte un dossier contre lui. L’un de ses collègues qui est aussi un infiltré pour O’Rourke, a pu mettre les mains sur le dossier. O’Rourke demande à ce qu’elle soit éliminée au plus vite dans le mail mais pour une fois, Aidan ne semble pas du même avis que son patron. Il rappelle aussitôt le chef.

    “ – La tuer pourrait encore plus mener la police vers nous. Il faut trouver autre chose.
    _ Un accident n’a pas forcément de lien avec un meurtre Aidan, je crois que tu me l’as déjà plusieurs fois prouver.
    _ Je ne suis pas certain pour cette fois ce soit la bonne solution. Je.. Je vais moi-même aller m’occuper de tout ça.
    _ Très bien, je te laisse faire mais si tu échoues Aidan, tu sais que tu seras un homme mort même si je t’apprécie beaucoup.”

    Ils raccrochent. Aidan est pour une fois totalement dépassé. Il ne sait pas quoi faire mais il ne veut pas que Mabel soit tuée. L’adresse de la jeune femme est écrit dans le mail et c’est ainsi qu’il reprend la direction de Londres.

    Il retrouve cette mythique ville et il sait qu’il va revoir la jolie demoiselle de Naples mais pas en face en face. Pour le moment il doit savoir tout ce qu’elle fait sans se faire remarquer. Il doit aussi surveiller que O’rourke n’a pas décidé d’envoyer un autre mercenaire. Elle est peut-être policière et elle pourrait faire tomber Aidan mais en attendant, elle est une cible numéro un et surtout une cible qu’il fera tout pour protéger. C’est ironique puisqu’il a toujours joué à l’insensible mais pour une fois dans sa vie, il laisse ses sentiments parler.

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    M.

    Aidan l’a revu. Il a revu cette beauté qui l’a fait voyager dans des émotions le temps d’une nuit. Pourtant là il n’est plus ici pour jouer l’amant mais pour la surveiller. Il ne sait pas encore le chemin qu’il va devoir prendre mais il sait que son patron va tenter de la faire tuer, même si cela concerne Aidan. Mabel a mis les pieds dans quelque chose qui n’est pas anodin et elle est devenue une ennemie à abattre. Elle n’en sait peut-être pas trop sur le gang de O’rourke mais elle a quand même commencé à monter un dossier et c’est déjà trop aux yeux du patron. D’ordinaire, c’est Aidan qui tue les personnes comme Mabel mais là il ne peut pas. O’Rourke ne sait pas pourquoi mais même s’il a confiance en Aidan, il ne peut pas se permettre de mettre en danger ses affaires.

    Aidan est là depuis quelques jours et parfois il suit Mabel pour connaitre son emploi du temps, sa façon de vivre, dans le but de pouvoir entrer chez elle et voler les dossiers. Sans dossier, elle ne pourra plus rien faire et pour ce qui est de O’Rourke, Aidan lui prouvera que Mabel n’est plus une menace, cependant un autre homme a été plus rapide que lui. Kyle est un autre homme de main et il a parfois travaillé avec Aidan. Ce soir, il fait équipe seul et Aidan est loin de se douter que tout va changer pour lui.

    Il n’aurait pas du être là. Il ne devait pas la surveiller et pourtant dans la journée, il a cru voir quelqu’un d’autre suivre Mabel. Son instinct l’a poussé à continuer de la surveiller jusqu’à ce qu’elle arrive chez elle et c’est là que le destin des deux amants a décidé de les réunir.

    Aidan n’est pas là tout de suite puisqu’il était dans sa voiture louée, dans le bas de la rue mais les ombres dans l’appartement de Mabel, ont fait qu’il n’a pas hésité à sortir et à courir dans l’immeuble pour la rejoindre. Kyle est là. Il serre la gorge de Mabel qui a le visage en sang. Sans réfléchir, Aidan sort son arme et il tire une balle dans la tête de celui qui est censé être son camarade. Kyle tombe, Mabel aussi. Elle a perdu connaissance. Aidan se précipite pour la soulever et pour aller la poser dans le canapé.

    (..)

    Le corps de Kyle est enfermé dans des sacs poubelles. Le sol est propre, comme s’il n’y avait jamais rien eu. Même les meubles et les objets ont été remis à leurs places. Il n’y a que Mabel qui est encore allongée dans le canapé mais ses blessures ont été nettoyées et elle a un linge humide sur son front. Aidan est près de la fenêtre, il réfléchit à ce qu’il va pouvoir faire. Il a tué un gars de son clan et ça risque de ne pas plaire du tout. Mabel n’a pas été tuée et ça aussi ça ne va pas plaire du tout. Elle va aussi savoir qui il est, ce qu’il fait et ça.. Oh ça ne va pas plaire du tout du tout. Pourtant le colosse ne prend pas la fuite, il reste là. Il ne compte pas la laisser ainsi, dans la confusion et surtout sans protection car à partir de maintenant, il sait qu’elle est en grand danger.

    C’est après trois bonnes heures qu’elle ouvre les yeux. Elle sursaute, se redresse rapidement et essayes certainement de comprendre ce qu’il se passe. Aidan est encore près de la fenêtre et quand il se retourne, leurs regards se retrouvent. Les deux amants Napolitains, à Londres et loin de la passion italienne.

    “ – Alors c’était toi la flic en mission sur Naples.. Si j’avais su.. hm..”

    Il se tait un instant. Non, il ne regrette pas sa nuit avec elle mais il regrette qu’elle se soit fourrée dans ce genre d’histoire. Elle a mis un pied en enfer, à vouloir faire tomber une mafia.

    “ – Tu t’es frotté à quelque chose que tu n’aurais pas dû. Si tu croyais qu’en faisant tomber un homme de main sans avoir de conséquences, tu t’es trompé. Même si tu m’avais coffré, tu aurais fini par payer car le patron n’aurait pas accepté que tu restes impuni. Tu devrais aussi savoir qu’il y a des flics corrompus dans tes rangs et qu’ils n’ont eu aucun mal à te dénoncer.”

    Il ne dit pas ça pour la sermonner mais pour qu’elle comprenne dans quoi elle s’est avancée. Ce n’est pas parce que c’est une femme car même un policier homme, aurait subi les mêmes conséquences mais les ennemis finissent toujours par être traqué et tué.

    “ – Maintenant mon patron veut te voir morte et il a envoyé un homme alors que j’ai tenté de l’en dissuader. J’ai aussi tué cet homme qui était censé être mon camarade. Je ne sais pas comment va se tramer la suite mais si on reste ici, on va certainement se faire tuer.”

    Il dit cela alors qu’il s’est avancé vers elle. Il s’est même accroupi près du canapé pour être à sa hauteur. Aidan semble d’un calme froid et contrôlé mais il n’en reste pas moins inquiet. Il ose pose le bout de ses doigts sur la blessure qu’a Mabel sur le front. Il aurait pu l’amener à l’hôpital mais c’est trop risqué. La policière et l’homme de main sont sur le point de devenir des fugitifs malgré eux.

    “ – Je dois aller cacher le corps de Kyle. Quand ça sera fait, il va falloir que je te trouve un endroit où te cacher le temps de trouver un moyen de t’éloigner de tout ça..”

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    Aidan s’attendait plus ou moins à cette panique et à cette réaction de la part de la jeune femme. Après tout, il la pousse à tout quitter pour aller se cacher. Qui voudrait de ça ? Il reste calme, silencieux et il la laisse s’exprimer. Elle parle de son travail, de ce qu’elle a accompli mais justement, c’est ce qui l’a mené ici et dans un sens, elle a peut-être bien fait de tomber sur Aidan à Naples car sans cela, elle serait déjà morte. Elle finit par se rapprocher en larmes et elle lui demande pourquoi il tient à la protéger. Aidan baisse un instant les yeux mais il revient à soutenir le regard de la brune.

    “ – Parce que tu es la seule qui a su me remettre un peu sur terre.”

    Il n’en dit pas plus car il n’est pas un beau parleur. Il ne sait pas formuler ses sentiments ou émotions. Elle l’a touché plus qu’il ne l’aurait souhaité et il le sait, autrement c’est lui qui aurait abattu la jeune femme.

    “ – Je sais que tu es une flic et que tu as bossé pour en arriver à suivre un gars comme moi. Cependant tu as suivi un gars comme moi et aujourd’hui tu es devenu l’ennemi à abattre. Si tu reste ici, tu te feras tué, c’est indéniable. O’Rourke a des hommes partout, même dans tes rangs. Tu as des collègues qui n’auront aucun mal à te buter contre un pot de vin. O’Rourke enverra d’autres hommes de main te traquer, jusqu’à ce qu’il soit certain que tu sois morte. Cela n’est pas lié qu’à moi. En essayant de me coffrer, tu risques de le faire tomber et il ne te laisseras jamais faire, même si pour ça il doit s’en prendre à tous ceux que tu aimes.”

    Aidan veut qu’elle comprenne que tout ça n’est pas pour la faire prisonnière ou pour la rabaisser, mais pour la sauver. Il sait comment fonctionne le groupe des irlandais et ils n’ont pas de pitié. Lui-même n’en avait pas jusqu’à Mabel.

    “ – Je ne suis pas un héro Mabel. Je ne l’ai jamais été. Cependant je ne veux pas que tu sois tué.. ni même encore frappé. J’ai demandé à O’Rourke de me laisser gérer l’histoire avec toi mais il a quand même envoyé un autre gars pour s’occuper de toi. Il risque de se douter que ça a mal tourner pour Kyle et tant que je n’ai pas trouvé de solution pour l’éloigner de toi, il faut qu’on te cache.”

    En soit, ce n’est pas définitif. Aidan peut aller auprès de son patron pour gérer la situation mais il ne le fera pas tant qu’il saura que Mabel est en danger. Il va certainement faire croire qu’elle a été tué ou un autre mensonge mais là, il ne peut rien faire puisqu’il ne sait pas si d’autres hommes vont arriver.

    “ – Je te demande juste de me suivre.. ça ne durera que quelques jours ou quelques semaines. Je te dirais qui je suis sur le trajet mais bien que je me doute que tu as en horreur les hommes comme moi, fais moi confiance. Je ne fais pas ça pour te nuire mais pour que tu puisses encore vivre et qui sait, retourner en vacances à Naples..”

    Il sourit légèrement et il aimerait poser sa main sur la joue de la jeune femme mais il ne sait pas si c’est le bon moment alors il va plutôt vers le cadavre qui traîne encore au sol. Certes il est dans des sacs mais il faut le retirer d’ici.

    “ – Je pars pour une petite heure. Je vais revenir mais je te laisse choisir. Sois tu prépares ta valise et tu me suis, sois tu reste ici et.. Je ne sais pas ce qu’il se passera ou alors si. Je le sais mais je ne le veux pas. Car même si tu appelles tes collègues et qu’ils me mettent en prison, il y a encore une horde d’hommes de mains qui seront encore aux services de mon patron.”

    Il soulève les sacs et avant de quitter l’appartement, il lance un dernier regard vers Mabel. Il n’y a aucune colère chez Aidan, même s’il a dû montrer qui il était. Il a plutôt une crainte, une peur encore camouflée par son éternelle faciès trop sérieux.

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    M.

    Mabel donne des conditions et cette fois-ci Aidan lâche un rire car elle ordonne des choses qui ne lui offrira pas. Il veut la protéger, la sauver d’un potentiel meurtre mais pas au prix de sa propre vie ou de ce qu’il a traversé depuis des années.

    « – Je te l’ai dis que je n’étais pas un héro. Et c’est pour cela que je ne te laisserais pas infiltrer quoi que ce soit. Je suis là pour t’aider à ne pas te faire tuer, pas pour ton dossier sur mon gang. Comme je t’ai dis, soit tu acceptes de te cacher quelque temps ou soit tu te débrouilles seule mais ne crois pas que je te protègerais une prochaine fois. Personnellement, je sais ce qu’il se passe en arrière-plan et je sais comment les choses se finissent pour ceux qui sont considérés comme ennemis. D’ordinaire c’est moi qui les traque et les tue. Cependant je ne suis pas seul. Même si tu m’arrêtes et que tu me mets en prison, la maison continuera de tourner et toi tu finiras par être tué. »

    Il le dit avec sérieux et encore une fois une voix sans pression. Les menaces de Mabel ne l’atteignent pas car il n’a jamais eu peur de la police ou la justice. Il y a tellement de ripoux dans le système que ce n’est pas une menace qui pèse énormément pour un mercenaire.

    « – Maintenant libre à toi de faire ce que tu veux mais je ne donne jamais deux chances. Je t’ai sauvé de Kyle mais si tu penses pouvoir continuer seule alors fais-le. Mais je ne serais plus là. Toi tu as peut être une enquête mais moi j’ai aussi un métier et je ne vais certainement pas m’arrêter ou tout faire tomber pour toi. »

    C’est un peu plus glaçant cette fois-ci mais il se montre honnête comme elle le souhaitait. Aidan n’est pas venu ici pour se rendre ou demander clémence. Il s’est presque jeté dans la gueule du loup mais pas sans faire attention à lui avant tout. Il est ici pour aider Mabel à ne pas être une cible mais si elle ne veut pas, alors il ne peut pas la forcer.

    « – Je ne te dois rien. Au contraire, je devrais en finir avec toi pour m’éviter des problèmes mais je ne le ferais pas. Pour autant, je ne serais pas ton indique pour anéantir les trafics. Ça c’est ton job, pas le mien. »

    Il a les sacs sur l’épaule et il sort enfin de l’appartement. Mabel n’a pas pris conscience que lui aussi risque énormément en essayant de la protéger. Elle veut le beurre et l’argent du beurre mais Aidan ne tient pas à finir en prison ou entre quatre planches d’aussi tôt. Si les siens savent ce qu’il fait, il se fera à son tour traquer.

    Il repart donc pour aller se débarrasser du corps de Kyle et pour cela il va vers la Tamise où il met du poids avec le corps pour que celui-ci ne remonte pas à la surface. Ça lui prend une petite heure et il revient dans le bas de l’appartement mais il reste dans sa voiture. Comme il a dit à la belle brune, elle peut le suivre ou alors décider de rester chez elle. Il suivra son choix. Et justement si elle ne vient pas, il doit s’apprêter à reprendre la route.

    O’rourke a tenté de l’appeler mais il n’a pas encore décroché. Il va certainement l’envoyer sur une nouvelle mission. Ou alors en savoir un peu plus sur Mabel. Le patron a toutes les informations sur elle si ce n’est son lien avec une gang rival. Aidan ne le sait pas non plus. Bien qu’il n’a jamais eu à faire avec cette famille ennemie.

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    Elle ne l’a pas rejoint. Elle est partie, laissant croire à une fuite mais Aidan y croit moyennement après ce qu’elle lui a ordonné. Elle voulait infiltrer le gang et elle avait une détermination tellement forte qu’il ne peut pas croire qu’elle a tout abandonné sans un plan mais il ne la suit pas. Il ne la traque pas. Elle veut entrer dans son monde et il tient à ce qu’elle le fasse pour qu’elle voit à quel point son idée n’était pas la meilleure.

    Puisqu’il n’a plus besoin de la cacher, Aidan repart et il va devoir trouver une explication pour Kyle. C’est déjà tout trouvé mais O’Rourke voudra quand même des explications pour Mabel. Aidan lui dit qu’elle a pris la fuite, puisque cela est vrai et bien que ça contrarie O’Rourke, il n’insiste pas puisqu’il y a une autre affaire sur laquelle il doit envoyer Aidan.

    Un homme bien placé a essayé d’arnaquer le groupe en ne voulant pas payer sa commande d’armes. Aidan est envoyé le trouver pour le passer à tabac et le menacer. C’est une routine bien rodé. Cela ne lui prend pas beaucoup de temps mais contrairement à d’habitude, il a à présent une autre chose en tête. Il n’est plus totalement concentré car il pense à elle et ça, c’est risqué.

    Une semaine passe. Une seconde aussi. Aidan a eu le temps d’aller en France pour régler l’affaire de Naples et aujourd’hui il se retrouve à nouveau sur le sol anglais mais pas à Londres. On l’a envoyé à York pour terminer une transaction. Au soir même, il va vers un endroit qu’il n’a pas côtoyé depuis Naples,. Il y a pas mal de combats clandestins sur York et il a besoin de se défouler alors il se laisse tenter. Il se retrouve dans la cage, face à un homme tout aussi grand et musclé que lui. Il y a beaucoup de gens qui regardent et parient. Il y a même Mabel dans la foule mais elle est si petite qu’il ne peut la voir. Habillé d’un simple short, Aidan se lance dans le combat et il laisse sa hargne l’emporter.

    Il se prend des coups mais il en donne aussi. Il met KO le premier adversaire et il enchaîne d’autres hommes qui veulent le faire tomber. Dans la salle, il n’y avait pas que Mabel. Elle a été suivi par des hommes de son père et ceux-ci ont aussi vu les prouesses d’Aidan. Ils y ont vu une bonne recrue sans savoir qu’il avait déjà un clan. Quand Aidan se retrouve dans les vestiaires, il est encerclé par trois hommes qui veulent essayer de l’amadouer.

    “ – Je n’ai pas besoin de travailler pour vous. J’ai déjà ma place ailleurs.
    _ Et cette place te convient-elle ? On pourrait t’offrir bien mieux.”

    Mais Aidan est fidèle. Beaucoup trop fidèle. Il se bat contre les trois hommes et sans le savoir, il vient de signer aussi sa propre traque. A présent, il est l’ennemi à abattre des Harrington.

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    M.

    Aidan ne s’attendait pas à la voir ici ni même à se retrouver au sol mais il n’a pas levé les mains ni tenter quoi que ce soit. Jamais il ne pourrait frapper une femme. Alors oui, il se retrouve au sol alors qu’il y a encore quelques minutes il a mis plusieurs hommes en KO. Pourtant si elle semble s’amuser de la situation, pour le coup il n’a pas de sourire car elle a pris la fuite au lieu de lui faire confiance et elle cherche encore à lui demander des informations sur son patron. Aidan comprend donc qu’elle est ici pour infiltrer le clan des irlandais et pas pour se cacher. Elle veut aussi se servir de lui et c’est certainement ce qui l’agace au point de repousser la jeune femme. Elle en tombe sur le côté alors que lui se relève.

    “ – Tu crois que tu peux débarquer comme ça, faire la femme forte et tes yeux doux pour que je cède ? Tu me prends vraiment pour un lapin de six semaines. Tu as fait le choix de fuir pour tenter de t’infiltrer dans mon réseau mais je ne compte pas t’aider. Je t’ai donné une seule chance que tu n’as pas prise alors maintenant évite de te mettre dans mes pieds. Sauf si tu veux que j’en termine maintenant.”

    Il n’a pas sa tête des bons jours. Aidan secoue un instant la tête car il a dû mal à comprendre cette femme qui se frotte à bien plus dangereux qu’elle ne le pense et il part vers les douches du vestiaire. Elle est encore là, elle vient même à la commissure de la porte. Elle le regarde alors qu’il retire son short et glisse sous l’eau chaude pour nettoyer sa peau pleine de sueur et de sang.

    “ – Je ne te ferais aucune faveur et ce n’est pas en essayant de m’amadouer que ça fonctionnera. Plus maintenant en tout cas. J’ai bien vu dans ton jeu et cela m’a rappelé pourquoi je préfère être seul, sans attache. J’étais même prêt à mettre ma propre vie en danger pour toi mais je crois que tu prends tout ça pour un jeu et c’est certainement pour cela que tu ne gagneras rien. La mafia n’est pas un jeu, ni ceux qui ont décidé d’y travailler.”

    Il est de côté, il la regarde en coin mais il a encore son air bougon. Aidan est soudainement en colère, chose qui lui arrive rarement puisqu’il a un contrôle immense sur ses émotions mais là il s’en veut. Il a laissé entrer des émotions qu’il se refusait d’avoir en tentant d’aider Mabel et aujourd’hui il a l’impression que cela se retourne contre lui.

    Il termine de se laver et il repart vers l’autre côté du vestiaire pour s’essuyer et s’habiller. Il n’enfile pas de beau costume mais une simple tenue de sport puisque sa nuit n’est pas terminée. Il compte aller courir car c’est l’un de ses moyens pour se vider la tête.

    “ – Toi tu as peut-être une belle vie, un métier qui paye bien, une jolie famille et des rêves pleins la tête mais ce n’est pas le cas de tous le monde Mabel. Tu crois peut-être que ce que je fais est une horrible chose mais on est pas tous nés dans des endroits parfaits. On a pas tous les chances de faire des études ou je ne sais quoi. Les trois quarts des gars que tu veux faire tomber, c’est ceux que l’on a abandonné dès le début. Ceux qu’on pointe du doigt dès qu’ils arrivent à l’école. Ceux que l’on traite de moins que rien alors qu’on ne leurs a donné aucune chance. Il est hors de question que je te donne le moyen de les faire tomber. Parce que si tu fais tomber O’Rourke, c’est ce qu’il se passera avec la plupart des gars.”

    Aidan montre un autre visage. C’est une sorte de révélation qui donne une direction sur sa propre vie. Il n’est pas dans le réseau pour la gloire et la soif de sang mais pour quelque chose de bien plus intime. Il n’est pas un héro mais il n’est pas non plus un monstre.

    Il termine de s’habiller et il prend son sac de sport alors que la demoiselle est encore près de lui. Il ne tient plus à la regarder et il part vers la sortie sans se retourner. Il est vexé, blessé et ça se voit à mille lieux. Pourtant ce n’est pas Mabel qui va le faire tomber en premier mais Dereck, le frère de Kyle, qui tire sur Aidan quand il passe la porte de sortie. Il venge son frère et laisse Aidan pour mort, bien qu’il ne l’est pas encore. La balle s’est logée dans sa poitrine mais elle n’a pas touché le coeur. Cependant il est au sol et seul puisqu’il est sorti par la porte arrière. L’espace d’un instant, il lâche un rire car il ne pensait pas qu’il perdrait la vie ainsi mais avant qu’il ne tombe dans l’inconscience, il la voit. Elle est là.

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    Tout est flou. Il entend encore la voix de Mabel alors qu’il est dans l’inconscience totale. La scène du tire ne fait que revenir en boucle. Il est contre le mur, il perd beaucoup de sang et elle est là, paniquant mais l’aidant à ne pas mourir. Aidan n’a plus le contrôle de rien mais au moins il a le mérite de ne pas mourir seul. Enfin c’est ce qu’il pense, jusqu’à ce que le conscient revienne.

    Ses yeux s’ouvrent et il a du mal à comprendre ce qu’il se passe. Il n’est plus dehors mais dans une chambre d’hôpital. Du moins non, c’est une clinique privée car l’ambiance est différente qu’un hôpital public. Une infirmière est présente lorsqu’il ouvre les yeux. Elle était en train de vérifier les constantes du colosse.

    “ – Monsieur Powell ? Prenez votre temps, tout va bien, vous êtes entre de bonnes mains.
    _ Qu’est ce qu’il..
    _ Vous avez été agressé et votre épouse ainsi que votre beau-frère vous ont amené ici il y a une semaine.
    _ Mon épouse.. hm.. où est-elle ?
    _ Elle devrait arriver, elle veille sur vous depuis votre arrivée ici mais elle a dû s’absenter ce matin.”

    Aidan frotte ses yeux, il est encore ailleurs mais il n’a pas oublié ce qu’il s’est passé. Dereck lui a tiré dessus et Mabel était là. Le temps qu’elle arrive, plusieurs vagues d’infirmières et de médecins viennent voir le colosse pour voir comment il se porte. La balle a frôlé son cœur, il est passé par une belle porte mais on lui annonce que la convalescence sera très longue car il ne pourra plus faire de gros efforts pendant plusieurs semaines. Aidan grimace à cette idée car il n’a jamais vraiment pris de temps pour lui ou il n’a jamais passé une journée sans ne rien faire. En plus il n’a même pas d’endroit ou pouvoir se poser.

    Mabel finit par passer la porte deux petites heures après son réveil. Aidan sourit légèrement alors qu’elle semble encore inquiète, paniquée.

    “ – J’ai une épouse maintenant.. Elle risque de s’énerver si elle sait que tu viens me faire les yeux doux..”

    Dit-il pour la faire sourire et surtout rendre le moment moins dramatique. Avant la balle, il sait qu’il n’a pas été doux avec elle bien qu’il ne regrette pas ce qu’il a dit mais il sait que sans elle, il ne serait pas là à lancer des blagues nulles.

    “ – Merci.. Je ne me rappelle pas vraiment comment je suis arrivé ici mais j’ai cru comprendre que c’est toi qui a géré cela avec mon fameux beau-frère.. Alors que tu aurais pu me laisser mourir.”

    Elle le pouvait mais elle ne l’a pas fait. Aidan a aussi remarqué qu’elle avait changé son identité pour qu’il reste en sécurité. Bien que ce soit une clinique privée, rien n’empêche la police de se mettre à enquêter sur ce qui lui est arrivé. A ce qu’il a compris, il aurait été agressé par un garçon qui voulait voler son porte-feuille. C’est l’histoire officielle. Celle qui éloigne les problèmes.

    “- Et pardonne moi si j’ai été aussi cru dans le vestiaire..”

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    Aidan ne s’attendait pas à la venue de ce fameux beau-frère d’un jour et encore moins à des menaces mais il ne prend pas peur et surtout, il comprend. Il n’a pas de soeur mais il sait que si cela était le cas, il ferait tout pour la protéger. Cependant Aidan remarque quelque chose qui lui fait comprendre que Mabel n’a pas été totalement transparente avec lui. Elle vient d’une famille aussi corrompue que O’Rourke et il le voit grâce à la chevalière d’Adam. Il y a les sigles bien connus d’une famille puissante de londres, ceux qui ont le monopole sur les jeux d’argent. Il ne les côtoie pas puisqu’Aidan n’est pas dans ce genre de trafic et donc il n’est pas un ennemi direct mais il en a déjà entendu parler et il sait ce qu’ils font.

    Quand Adam ressort de la chambre, Mabel tente de minimiser les paroles de son frère et de faire tomber la tension auprès d’Aidan mais le colosse fronce un instant les sourcils.

    “ – Alors tu sais très bien dans quel environnement je vis puisque tu en fais partie aussi..”

    Elle se dit policière mais dans le fond, elle a plus qu’un pied dans la mafia. Elle y est née. Aidan ne lui en veut pas, du moins il sait qu’elle n’a pas eu le choix mais il ne comprend pas pourquoi elle ne lui a rien dit avant.

    “ – Je n’ai pas peur de ton frère ni même de ta famille.. Comme tu l’as dis, je ne laisse que des cendres autour de moi et j’ai appris à ne plus avoir peur de personnes. Même pas de ma propre mort.”

    Elle a encore sa main sur la joue de l’homme et il regarde Mabel dans les yeux, avec une intensité qu’il a l’habitude d’avoir.

    “ – Et je comprend que tu puisses vouloir t’éloigner de tout ça. Que tu veuilles le combattre mais crois tu vraiment qu’en faisant tomber les autres et en couvrant ta famille, cela va tout stopper ? Il faudrait déjà aller vers les racines du problème avant d’aller vers les branches..”

    Il n’a pas d’amertume ou quoi que ce soit. Il ne la voit pas non plus comme une potentielle concurrente ou une ennemie. Elle connaît l’environnement où il avance et elle doit savoir qu’en partir est presque impossible puisqu’elle y a encore des pieds dedans malgré elle. Mabel retire sa main et elle la pose sur le lit, Aidan ose poser sa propre main sur celle-ci.

    “ – De toute façon pour le moment je pense que je vais devoir faire une pause sur ce que j’ai l’habitude de faire. Donc tu n’as pas besoin de trop t’en faire sur mes possibles affaires.. Je ne risque pas de traquer qui ce soit avec un cœur abîmé. Je vais essayer de trouver un endroit ou me poser pour quelques semaines.. Ne t’en fais pas pour moi. Tu n’as pas besoin de t’occuper de moi, tu as mieux à faire.”

    Il dit cela puisqu’elle a parlé de trouver un endroit sécurisé pour lui mais il ne tient pas à ce qu’elle se préoccupe de lui, qu’elle le protège alors qu’elle doit se protéger elle-même. C’est surtout son égo qui lui dit qu’il ne peut pas se faire protéger alors que c’est son rôle de la protéger. Et puis il y a aussi le fait qu’il n’a jamais “vécu” avec qui que ce soit depuis bien des années et il a pris l’habitude d’avoir une vie très solitaire. Il ne sait plus ce qu’est de partager un toit, un repas, une nuit. Il ne sait plus ce qu’est d’être la priorité de quelqu’un ou être aidé.

    “ – Et ton frère ne veut pas que tu sois proche de moi donc bon, il vaut mieux ne pas contrarier la famille non ? Je serais un poids en plus pour toi.”

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    C’est digne d’un film de science fiction. Aidan est certain qu’il était dans une chambre d’hôpital et là il est dans une chambre des plus normales, dans un endroit qu’il ne connaît pas. L’effet de la sédation se ressent, il comprend rapidement qu’il a été drogué à son insu puisque son corps est beaucoup trop groggy et lasse. Il ne pourrait pas se mettre debout ni même bouger le petit doigt pour le moment. Et là, dans le coin de la pièce, il entrevoit Mabel. C’est elle qui est derrière tout ça. Elle n’est pas partie comme il lui a demandé mais elle l’a en quelque sorte kidnappé et emmené quelque part. Aidan pourrait se mettre à lui râler dessus mais même ça il n’y arrive pas. Sa mâchoire est encore endormie pour son plus grand malheur. Pourtant la demoiselle se lève, elle s’approche et explique ce qu’il s’est passé, où ils sont. Le sud de l’Angleterre, loin de tout, presque caché du monde. Ils ne sont que deux dans la petite maison, enfin jusqu’à ce qu’un gros matou roux saute sur les jambes d’Aidan. Le colosse sursaute et il essaye de chasser cette bête qui ne le rassure pas. Oui, il a un peu peur des chats mais ça, ça ne peut que faire rire Mabel qui peut voir que l’homme a quelques failles.

    Il retrouve un peu de motricité quelques heures après son réveil. C’est lorsqu’elle revient avec une soupe qu’elle peut le constater. Aidan fronce les sourcils et il a les bras croisés contre son torse. Sa mine boudeuse est de retour.

    “ – Tu n’aurais pas dû.. Pourquoi t’enterrer ici avec moi ? Il me semblait que tu avais une mission d’infiltration à faire..”

    Elle le fait taire en lui imposant une cuillère de soupe à la courge. Aidan se tait et mange. Il mange même avec appétit et plaisir puisque cette soupe est délicieuse.

    Il a même le droit à des médicaments et à un changement de pansement. Elle s’occupe de tout, comme une infirmière ou alors une femme de famille… Il l’observe quand elle passe l’antiseptique sur la cicatrice qui trône sous son pectoral. Elle est délicate, précise, concentrée.

    “ – J’ai déjà reçu une balle.. Dans ma cuisse. C’était il y a cinq ans et j’étais resté à peine quelques heures à l’hôpital parce que je ne voulais pas rester au repos. Pourtant je l’ai regretté un peu plus tard puisque j’ai dû retourner à l’hôpital pour soigner une infection de la plaie. Mais je dois avouer que rester seul à ne rien faire, ça me rend fou.. Parce que je sais que personne ne m’attendra nul part. Sauf là.. toi tu es là, même si je ne sais pas encore pourquoi tu te donnes autant de mal pour moi.”

    Il sourit légèrement, même presque tristement. Il n’attend pas de réponses retour, certainement pour ne pas entendre qu’elle fait cela pour avoir des renseignements sur O’Rourke. Il préfère rester dans une sorte de dénie, le temps de ce repos forcé dans les cornouailles.

    “ – On va rester combien de temps ici ? O’Rourke va vouloir savoir où je suis et il pourrait bien envoyer des hommes pour me trouver.. Je ne sais pas s’il est en faveur de Dereck ou de moi. Je ne sais pas si je suis encore son mercenaire ou son ennemi..”

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    Elle a pensé à tout, ça en est presque déroutant. Aidan apprend qu’elle fait cela pour ne pas le laisser seul, pour le protéger et aussi le laisser guérir. Il ne comprend pas pourquoi elle fait cela car elle devrait être son ennemie mais elle agit comme une amie. Certes il y a eu Naples mais ça n’était qu’une simple nuit, bien plus futil que les environnements qui les séparent. Pourtant, bien qu’il ne le dira certainement pas à voix haute, il est touché. C’est la première fois que quelqu’un se préoccupe de lui, du moins hors sa mère.

    “ – Donc tu as tout organisé pour que l’on croit que je suis avec une jolie fille au soleil mais je crois qu’il manque le soleil..”

    Il regarde un instant vers la fenêtre, le temps extérieur est horrible mais les deux jeunes gens se mettent à rire. Mabel est assise près de lui, main sur la sienne et elle lui rapporte le fait qu’il n’est pas une sorte de prisonnier, qu’il peut choisir de rester, partir, recommencer, stopper. Il préfère ne rien dire, il se met à simplement à serrer la main de la jeune femme en silence.

    Une nouvelle nuit passe et au petit matin, Mabel peut entendre Aidan râler. Le chat roux s’est encore installé sur lui pour dormir car il semble que le félin aime la chaleur du colosse.

    “ – Je ne suis pas ton maître ni ton copain ! Vas t’en sale bête !”

    Il essaye de bouger pour faire partir le chat mais le pépère ne bouge pas d’un centimètre. Aidan soupire et il continue de râler jusqu’à ce qu’il décide de se relever du lit. Il n’a pas été debout depuis plusieurs jours et il le sent car ses jambes sont faibles, cependant il réussit à avancer jusqu’à la porte, où de là il tombe face à face avec la belle brune qui semble à moitié dormir debout.

    “ – Pardon si je t’ai réveillé.. Je.. C’est le chat qui m’embête.. Il ne me laisse pas tranquille..”

    Justement, le chat descend du lit pour aller se frotter contre les jambes d’Aidan et l’homme en lâche un nouveau râle.

    Puisqu’il est debout, il peut aller en dehors de cette chambre et marcher un peu pour découvrir la petite maison ainsi que la cuisine. Ce n’est pas grand, c’est même ancien et typique des vieilles maisons anglaises mais c’est plutôt coquet. Il y a une grande cheminée dans le salon et une chaise à bascule face à elle. Mabel prépare un thé qu’Aidan vient partager avec elle après qu’ils se soient posés autour de la table de cuisine. Le colosse lâche un léger rire car il a l’impression que tout ça est une sorte de drôle de rêve.

    “ – Je ne me souviens pas de la dernière fois que je me suis assis pour boire un thé.. J’ai pris l’habitude de café noir et d’une cigarette.”

    La manque de tabac se fait sentir mais il n’a rien pour palier cela. Mabel y a pensé et le colosse préfère aller fumer en extérieur pour ne pas l’encombrer. Lorsqu’il revient, un déjeuner est prêt et ça aussi c’est insensé. Cela semble surréaliste à ses yeux car toutes les petites choses qui devraient être normales, ne le sont plus pour lui. Il ne sait même pas si de lui-même, il réussirait à préparer un café ou même un repas.

    “ – N’en fais pas trop car je risquerais d’en prendre goût..”

    Dit-il pour la taquiner alors qu’il revient se poser face à elle. Les deux déjeunent mais Aidan ne laisse pas le silence à nouveau s’installer. Il repense à quelque chose qu’elle lui a dit et auquel il pense en voyant une bague sur son annulaire gauche.

    “ – Tu m’as dis que tu avais perdu ton fiancé.. Qu’est ce qu’il s’est passé ? Cela est arrivé il y a longtemps ?”

    C’est peu indiscret mais il veut en apprendre un peu plus sur elle, sur ce qu’elle a vécu pour vouloir aujourd’hui faire tomber les mafias en sachant que sa famille en fait parti. Bien évidement, Aidan sait que la confiance se doit d’être mutuelle et que Mabel va vouloir en savoir plus sur lui. Pourquoi a t’il fini dans la mafia ? Pourquoi il n’a pas choisi une autre voix ? Est-ce qu’il a déjà aimé ? Est-ce qu’il a de la famille ? Il ne peut pas tout dire maintenant mais il décide de se confier sur quelque chose de très important pour que la brune puisse comprendre qu’il fait un petit pas vers elle.

    “ – Moi.. Moi j’ai une fille. Elle s’appelle Sarah et elle doit avoir ses dix huit ans dans quelques semaines. Je.. Je ne l’ai jamais vu, enfin si, c’est plutôt elle qui ne m’a jamais vu. Quand sa mère était enceinte, nous avions tous les deux dix-sept ans et j’ai été envoyé en prison à cause d’une erreur.. Mais après ça, Rebecca n’a jamais voulu que je m’approche ou que je vois Sarah. J’ai essayé de la faire changer d’avis mais elle me l’a refusé en me menaçant d’user de la justice. J’ai fini par abandonner l’idée d’approcher Sarah mais.. presque tout l’argent que j’ai gagné durant ces dernières années, je l’ai mis de côté pour elle. Je sais que l’argent ne peut pas remplacer un père mais.. je me dis qu’avec ça, elle pourra peut-être réaliser certains de ses rêves..”

    Aidan a le regard baissé vers sa tasse de café. Il n’a jamais parlé de Sarah à personne, même pas sa mère. Pourtant, c’est certainement une blessure qui le flagelle depuis très longtemps. Il ne dit pas qu’il aurait été un père parfait mais il a l’impression d’être comme son propre père qui a déserté alors que la mère d’Aidan était enceinte.

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    Tout comme elle, il l’écoute et il comprend mieux qui elle est, ainsi que ses blessures. Elle a perdu son amour à cause de la mafia et cela explique bien mieux son envie de vengeance. Elle est cabossée comme lui. Ils n’ont pas les mêmes histoires mais ils ont les mêmes douleurs. Celles qui font que l’on se sent seul.

    “ – Je suis désolé pour ton fiancé.. Je suis certain qu’il ne t’en voudrait pas de ce que tu fais. Après tout, tu veux lui rendre justice.”

    Aidan sourit légèrement et monsieur le chat grimpe à nouveau sur lui. Il en soupire même s’il commence à s’y faire. Mabel reprend le félin et elle propose un jeu de carte ou alors de la lecture. Aidan accepte ce fameux jeu de carte puisqu’il n’a pas envie de rester seul, maintenant qu’il a la chance d’avoir une compagnie pour quelques jours ou quelques semaines.

    Les deux jeunes gens n’évoquent plus ce qu’ils se sont confiés, en tout cas pas pour le moment. Ils se lancent dans un jeu de rami et Mabel peut voir le caractère compétiteur d’Aidan. Il aime gagner mais râle quand il perd. Cela les fait rire. Aidan vient aussi aider Mabel à préparer le repas pour le midi. Il est maladroit dans ces gestes car il ne cuisine jamais mais il apprend avec elle.

    En début d’après-midi, ils partent faire une petite marche autour de la maison malgré la pluie et le vent. Ils voient la mer se déchainer, la plage sur le bas de la crique, une forêt non loin de la maison. Ils sont loin des grandes villes, totalement isolés du monde. Lorsqu’ils reviennent dans la maison, Mabel s’en va préparer des chocolats chauds et Aidan allume un feu dans la cheminée. Ce sont des choses simples et pourtant pas des choses qu’ils vivent souvent.

    Ils finissent assis sur le canapé qu’il y a face à la cheminée et ils ont mis un vieux film à la télé. C’est la saga des Sissi l’impératrice et Aidan trouve ça bien trop niais au début mais il finit par se laisser emporter par l’histoire, si bien qu’il ose faire des commentaires quand l’histoire lui semble injuste. Le gros chat roux revient se poser entre eux et l’espace d’un instant, ils ressemblent vraiment à une famille.

    Mabel s’endort, Aidan l’observe au lieu de continuer à regarder la télé. Dans une autre vie, il sait qu’il aurait été heureux de vivre tout ça. Mais cette vie là n’est qu’éphémère. D’ici quelques semaines il devra se remettre à jouer les méchants pour son clan car s’il tente de partir, il sera traqué. Il sait que son seul moyen de sortir de là serait par la fuite ou la mort.

    La nuit est avancée, les deux sont endormis dans le canapé. Mabel est nichée contre Aidan. Il avait réussi à caler un plaid sur eux avant de se laisser aussi envahir par le sommeil. C’est un éclair et un tonnerre puissant qui les réveillent. Même le chat sursaute et prend la fuite.

    Aidan baisse son regard sur Mabel qui panique légèrement et il la serre un peu plus contre elle afin de la rassurer et lui montrer qu’elle n’est pas seule.

    “ – Décidément tu nous as emmené dans l’endroit le plus capricieux de l’Angleterre. J’espère que notre petite maison ne va pas s’envoler ou s’écrouler !”

    Dit-il avec taquinerie. Il la voit sourire et cela le fait aussi sourire avec bien plus ferveur que dans la journée.

    “ – On devrait peut-être aller au lit.. Cela sera plus confortable.. mais.. si tu veux, on peut dormir ensemble. Enfin.. si tu ne souhaites pas être seule avec cette tempête..”

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    Aidan n’arrive pas à fermer l’œil lorsqu’il se retrouve seul dans la chambre. L’orage continue et les éclairs illuminent la pièce lorsqu’ils éclatent. Il s’assit en observant le spectacle qu’offre cette nuit mais le plus reste à venir puisque Mabel passe la porte. Il entrevoit sa nuisette à cause de la pénombre mais il la boit surtout se rapprocher de lui et finir par venir sur lui. Elle se glisse comme un cheveux sur la soupe.

    « – Je n’ai pas peur non mais le bruit est insoutenable.. mais toi tu as peur ? »

    Il a un sourire légèrement taquin alors qu’elle se rapproche encore plus de lui. Leurs fronts finissent l’un contre l’autre. Mabel finit même par faire venir la couverture sur elle afin de les isoler du froid. Aidan hésite mais il décide de passer ses bras autour d’elle alors qu’elle se love de plus en plus contre lui.

    « – Quand j’étais enfant, j’avais peur de l’orage et surtout des grondements du tonnerre. Je finissais toujours par rejoindre la chambre de ma mère pour me cacher contre elle. Heureusement j’ai appris à ne plus en avoir peur en grandissant car ça aurait été compliqué de rejoindre ma mère à chaque fois. »

    Il sourit finement alors que les bouts de leurs nez viennent se caresser. Aidan baisse ses yeux vers les lèvres de Mabel qui ne sont qu’à quelques centimètres des siennes. Il en connaît leur goût et il ne peut s’empêcher de penser à Naples, où tout était bien plus simple mais dans un sens il n’a plus besoin de se cacher à présent.

    « – Je vais t’embrasser.. parce que j’en ai très envie. »

    Et il pose ses lèvres contre celles de Mabel. Il n’aurait pas su faire autrement mais il a quand même eu la sagesse de la prévenir. Heureusement elle ne le repousse pas, au contraire elle répond à ce baiser en y ajoutant bien plus de sensualité. Aidan se redresse à nouveau pour mieux s’asseoir sous la jeune femme. Leurs langues se retrouvent pendant que les mains du colosse glissent sur les cuisses de la belle. Le tonnerre cache leurs soupires et les éclairs viennent les flasher, les laissant entrevoir le visage de l’autre. Quand le souffle se fait court, Aidan cesse le baiser mais il dérive vers le cou de Mabel. Sa peau sucrée à la même saveur qu’à Naples. Il en a rien oublié, pas même les points sensibles de la demoiselle. C’est pour cela qu’il descend un peu ses bretelles pour embrasser le haut de sa poitrine. Elle frémit, se tend et le désir augmente chez les deux amants.

    “ – Depuis Naples, j’ai plusieurs fois imaginé ce moment.. Ce qui m’a surpris car je suis quelqu’un qui ne s’attarde pas.. Mais toi tu m’as marqué..”

    Murmure t’il contre sa peau alors que ses yeux bleutés se relèvent vers son visage. Aidan laisse la couverture tomber au sol car celle-ci devient gênante, surtout quand il se permet de retirer la nuisette de Mabel. Elle se retrouve nue sur lui et le bout de ses doigts pianotent le long de ses seins.

    “ – Tu es sublime.. Et j’ai rêvé de ton corps.. De tes gémissements.. De tes lèvres sur les miennes. Tu as certainement dû m’envouter..”

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    Tu me fais renaître.. C’est ce qu’elle lui dit et il est impacté par ces mots. Aidan laisse ses lèvres goûter à nouveau à la peau de Mabel, à sa chaleur. Il n’y a rien de sauvage dans ce qu’ils font, c’est même doux comme s’ils ne voulaient pas briser ce moment solennel.

    Mabel retire le haut d’Aidan et ils réussissent à lui retirer son pantalon après quelques mouvements dignes d’un spectacle de gymnastique. La belle revient sur lui assez rapidement et ils se touchent à nouveau. Si Mabel se met à caresser le membre tendu d’Aidan, lui glisse une main entre les cuisses de la belle brune pour caresser son intimité humide d’excitation. Ils font lentement monter le désir mais ils cherchent aussi à se découvrir un peu plus qu’à Naples. Cette fois-ci le temps n’est plus contre eux, ni les mensonges.

    Aidan finit par aider Mabel à venir se placer sur son membre. Ils se lient en gémissant et en s’embrassant. Elle bouge délicatement sur lui, même si lui aussi bouge sous elle. Ils profitent l’un de l’autre sans bestialité. Même dans ses caresses le long du dos de Mabel, Aidan est tendre, délicat. Cela tranche avec son tempérament parfois trop brutal mais Mabel a la chance de ne pas avoir encore eu à faire avec cette facette d’Aidan.

    L’homme reprend le dessus à un moment, il dépose Mabel sur le lit et il revient au-dessus d’elle. Les cuisses de la belle entourent la taille d’Aidan et il accélère quelque peu les mouvements de bassin sans pour autant être brutal. C’est même ainsi qu’ils arrivent à la jouissance. Parce que cette fois-ci, le désir n’était pas primaire mais bien plus émotionnel et profond. Ce n’est pas deux jeunes gens voulant s’amuser qui viennent de coucher ensemble mais plutôt deux personnes qui ressentent des choses même s’ils n’ont rien avoué.

    Il suffit de voir comment Aidan vient prendre Mabel contre lui lorsqu’il retombe sur le lit. Elle est entourée de ses bras et il a niché son visage contre le cou de la jeune femme pour continuer d’humer son odeur. Leurs jambes sont entremêlées et Aidan s’amuse à laisser son index s’entourer dans quelques mèches de la longue chevelure de Mabel, comme si c’était un geste qu’il avait toujours fait.

    “ – Toi aussi tu me fais renaître.. Bien plus que tu ne le penses..”

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    Aidan ne peut que rire quand la demoiselle se met à le menacer s’il venait à partir d’ici. Il finit par en lever les yeux au ciel et il fait mine d’être choqué.

    “ – Et si c’était toi qui prenait la poudre d’escampette ? Moi aussi je devrais te traquer et te casser les genoux pour être certain que tu restes avec moi.”

    Après ces mots, il embrasse le front de Mabel et les deux finissent par se perdre dans un sommeil qui n’est même pas brisé par cette fichue tempête. Cependant au matin, Mabel est bel et bien seule dans le lit.

    Aidan n’a pas prit la fuite, il est dans la cuisine en train d’essayer de préparer un déjeuner. Il est accompagné du chat roux qui est sur le plan de travail et qui déguste un morceau d’omelette que le mercenaire vient de lui donner.

    “ – Tu penses que c’est bon ? Si tu manges tout c’est que ça doit l’être.. Je n’ai pas cuisiné depuis des années.”

    Le chat miaule comme pour répondre à Aidan qui semble enfin accepter sa présence. L’homme n’a pas remarqué qu’il était observé par Mabel qui est à l’angle de la porte.

    “ – On ne connait même pas ton prénom.. On va te nommer Rambo. Cela te va bien non ? Quoi que tu es beaucoup plus rond que musclé.”

    Aidan sourit en coin jusqu’à ce qu’il sursaute quand les mains de Mabel viennent se poser sur ses hanches. L’homme se retourne un peu, de quoi voir le visage de la belle et il fait une moue.

    “ – Dois-je te rappeler que mon coeur est en convalescence ? Tu tiens à me tuer à coup de crise cardiaque ?”

    Il rit de bon coeur et il embrasse le bout du nez de Mabel. Le déjeuner n’est pas encore prêt, il doit terminer de cuire des omelettes et ce qui ressemble aussi à des pancakes. En attendant il ramène quand même une tasse de café à la jeune femme qui se pose à table. Le gros minet vient aussi la rejoindre pour lui quémander des caresses.

    “ – On tente de te préparer un déjeuner digne d’un hôtel cinq étoiles mais Rambo n’est pas très performant avec la cuisson. On a déjà deux omelettes de brûlées ! Il n’est pas un bon cuisinier.”

    Aidan sourit en coin et il retourne au fourneau. Il réussit à revenir quelques minutes plus tard avec une assiette pas si ratée. Il s’installe devant la belle brune et ils se mettent à partager ce déjeuner à trois puisque le chat s’invite aussi.

    “ – Je pensais à quelque chose ce matin, enfin en préparant tout ça.. D’ici peu tout ça sera fini, on le sait tous les deux. Je vais devoir retourner face à O’Rourke pour régler les problèmes avec Dereck ou alors tout simplement partir. Je n’en sais rien encore de ce que je vais faire mais tout ça.. mon environnement, je ne connais que ça. Je ne sais rien faire d’autre et je ne me vois pas faire autre chose. Je me doute que ça va te contrarier et que tu vas certainement essayer de me faire enfermer.. Je le comprend, ça c’est ton métier. Pourtant sache que j’aime bien aussi ce que l’on vit là, hors de tout, hors du temps. C’est un répit dans ma vie bien trop compliqué..”

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    Aidan entend la proposition de Mabel et bien qu’elle soit bienveillante, il se met à grimacer légèrement car elle ne prend pas en compte des choses bien trop importantes pour l’homme.

    “ – Je ne peux pas disparaître Mabel.. J’ai ma mère et aussi Sarah. Qui gardera un oeil sur elles ? Même si je les ai préservé du clan, elles pourraient devenir un énorme moyen de pression si O’Rourke venait à les trouver. Sarah a peut-être moins de chance d’être trouvé puisqu’elle ne porte pas mon nom mais ma mère oui. Depuis que je travaille pour O’Rourke, j’ai réussi à la garder cacher en Irlande mais elle est mon plus gros point faible..”

    Il baisse un instant son regard lorsqu’il se met à penser à sa mère. Martha sait que son fils travaille dans des mauvaises choses mais elle ne l’a jamais pointé du doigt. C’est sûrement une erreur de sa part ou alors un moyen de ne pas perdre son unique fils.

    “ – Et toi alors ? Si on disparait, tu devras aussi stopper tes activités. Pourquoi ferais-tu ça pour moi ? En sachant que tu veux la chute des gangs depuis bien des années avant notre rencontre.. Tu serais prête à tout abandonner pour partir avec quelqu’un qui a les mains plus que sales ? Je suis un monstre Mabel.. J’ai tué. J’ai volé, arnaqué, torturé.. Je suis celui que tu rêverais de voir enfermé dans une cellule pour le restant de sa vie..”

    Aidan la regarde dans les yeux cette fois-ci. Oui, il a peur de ce qu’elle lui dit parce qu’elle a raison sur le fait qu’il refuse de choisir. Ou du moins, il n’a jamais envisagé une autre vie que celle qui l’a. Ce n’est pas rien ce qu’elle propose, c’est tout abandonner et tenter autre chose mais il vit avec la violence depuis tellement d’années que ça en est presque devenu une normalité.

    “ – Je.. Tout ça est.. compliqué..”

    Aidan se relève soudainement même si Mabel est presque contre lui. Il va vers l’une des fenêtres de la cuisine et il se met à observer l’horizon, ou plutôt tenter de remettre ses idées au clair mais cela est bien trop difficile. Il sait que Mabel lui dit tout cela pour tenter de l’aider, de l’éloigner des démons qui finiront par le faire tomber mais il est totalement perdu. Ce qu’elle lui propose est une sortie mais à quel prix ? Et est-ce qu’il va réellement réussir à s’éloigner de tout ça ?

    “ – Je ne sais pas Mabel.. C’est déjà compliqué pour moi de ne pas avoir de contrôle en ce moment, de ne rien savoir alors que je me doute que mon clan doit essayer de me chercher.. Je ne sais pas du tout. Surtout si cela doit être au dépend de la sécurité de ma mère et ma fille..”

    Il y a une lueur dans son regard. Celle d’une tristesse ou d’une peur. Il ne la montre jamais. Il faut dire que Mabel est la seule à connaître les deux points faibles d’Aidan. Elle est aussi devenue la seule qui peut jouer sur cela ou alors la seule qui pourra protéger les deux femmes si Aidan venait à tomber. C’est certainement le geste le plus symbolique qu’il pouvait lui offrir afin de lui faire comprendre qu’elle n’est pas rien. Mabel n’est pas qu’un coup d’un soir, elle devenue bien plus.

    “ – Promets moi que s’il m’arrive quoi que ce soit, tu les protégeras.. Tu es la seule à qui je confierais la vie des deux seules personnes qui sont les plus importantes dans ma vie.. Ma seule famille..”

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    Aidan écoute les mots de Mabel et il sent les reproches mais aussi la peur. Elle a peur pour lui. Cependant elle tourne aussi cela en échec personnel sans prendre en compte ce qui entoure Aidan. Il ne peut pas quitter tout du jour au lendemain. Pas sans avoir mis sa famille en sécurité. L’homme attend donc qu’elle termine pour répliquer.

    « – Tu crois que c’est aussi simple que ça ? Tu crois que je peux tout quitter sans conséquence ? Tu sais très bien que ça ne se fait pas comme ça, surtout pas dans ce milieu. Toi, tu as peut être un frère pour t’aider, une famille qui saura derrière toi quoi que tu choisisse de faire mais moi non Mabel. C’est moi qui doit être celui qui protège, qui trame depuis des années pour ma mère et ma fille. Si je pars sans rien dire, il se passera quoi ? Je sais que tu as peur pour moi et que tu ne veux pas que je meurs mais je ne partirai pas sans avoir mis ma famille en sécurité, loin de O’rourke et même tous les autres clans. Ce n’est pas négociable. »

    Il fronce les sourcils et cesse de regarder Mabel. Elle est en colère contre lui alors que lui est en colère contre le monde entier. Ou plutôt en colère contre lui-même. Il s’en veut de ne pas déjà avoir éloigné sa mère d’Irlande mais il ne pouvait pas l’envoyer au bout du monde non plus. Et puis il s’en veut aussi de bien trop de choses mais Mabel ne semble pas comprendre la complexité qu’il y a en Aidan. Elle a perdu des gens mais elle semble quand même avoir toujours été entourée, contrairement à lui qui a toujours été seul.

    « – Je changerais de route seulement quand elles seront en sûreté. C’est tout ce que je demande. »

    Il soupire alors que Mabel est encore près de son sac, comme prête à s’en aller. Aidan se recule de la fenêtre où il s’était posté et il se rapproche d’elle avec un air beaucoup plus déterminé.

    « – Aides moi a les mettre en sécurité et après ça, je t’aiderais à faire tomber O’rourke et les autres clans si c’est ton souhait. De toute façon je n’ai plus rien à perdre puisque tout le monde veut ma peau. »

    Aidan n’est pas dupe, il sait qu’il finira par être la cible de son propre clan tôt ou tard car il s’est rapproché de Mabel. Ils finiront par le savoir, ou alors ils le savent déjà et c’est pour cela que dereck a essayé de le ruer. Mabel est une cible de aussi mais contrairement à lui, elle a beaucoup plus de moyens pour se protéger et se cacher.

    « – Elles sont ce que j’ai de plus cher.. Alors oui, je ferai ce que tu veux, tout ce que tu veux mais seulement après être certain qu’elles seront loin de tous problèmes. Après si tu veux que je disparaisse alors je le ferai. Enfin, quoi que tu veux je le ferai. »

    Il est sérieux. Résolu et sérieux. Il fait face à la jeune femme et il ouvre ses bras comme pour montrer que toute façon il est désarmé. Dans un sens, elle l’a désarmé. Aidan n’aurait jamais cru qu’il finirait par s’éloigner de son clan ni même de céder devant qui que ce soit mais Mabel a changé la donne. Bien qu’il ne le comprend pas encore, la jeune femme a un impact sur lui. Un impact qui a empoigné son cœur et son esprit.

    « – Tu n’es pas ma bonne conscience Mabel. Je n’ai jamais agis avec la conscience car autrement il y aurait longtemps que je me serais mis une balle dans le crâne. Je sais très bien dans quoi je me suis mis quand j’ai commencé tout ça et je sais aussi ce que ça peut me coûter. C’est pour ça qu’aujourd’hui c’est pas aussi simple de disparaître. »

    Ils restent l’un face à l’autre, comme deux fauves qui se toisent mais la tempête s’amenuise quand Aidan prend Mabel contre lui.

    « – J’ai besoin de temps pour régler mes affaires, d’accord ? Et après ça je stopperais. »

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    Aidan la serre encore plus quand elle lui supplie de ne pas l’abandonner. Il niche même son visage contre le cou de la jeune femme. C’est la première fois qu’il s’attache réellement et qu’une part de lui ne souhaite pas prendre la fuite.

    « – Alors tu vas venir avec moi.. On partira à deux pour régler tout ça et après on prendra la fuite.. »

    Il embrasse le cou de la belle demoiselle et il attend qu’elle détourne son visage pour laisser leurs lèvres se retrouver. Tout ça ne va pas être simple car il n’a jamais vraiment avancé avec quelqu’un à ses côtés mais il s’apprête à devoir le faire. Heureusement Mabel n’est pas une femme trop frêle, elle sait se défendre et connaît le monde de la pègre. Il a quand même peur pour elle dans le sens où il sait qu’il ne peut pas tout contrôler et qu’il risque de vouloir la surprotéger mais il faut qu’il apprenne à avoir confiance.

    Les deux amants restent un moment l’un contre l’autre mais il faut préparer les affaires. Aidan devrait encore se reposer mais il sait qu’il n’y arrivera pas. Impossible de rester au lit alors qu’il pense à la sécurité de sa mère et sa fille. Pour cela il va falloir les éloigner du gang et peut être même d’Irlande donc cela veut dire que le nouveau duo doit partir là-bas. Le prochain voyage va les amener à Galway puisque c’est là que vit la mère d’Aidan.

    Aidan n’a pas été très bavard depuis le départ des Cornouailles. Il sait qu’il va amené Mabel dans un endroit beaucoup plus intime et c’est malgré tout stressant pour ce grand nounours. Il n’a jamais amené de filles auprès de sa mère et puis il n’a jamais non plus montré sa mère à qui que ce soit. Il est donc assez nerveux et cela se ressent puisque dans ce genre de moment, il est certes silencieux mais beaucoup plus maladroit. Une fois le pied sur les terres d’Irlande, il voudrait presque tout annuler mais face au regard bienveillant de Mabel, il ne cède pas à son impulsivité. Ils prennent un taxi et se retrouvent à la périphérie de Galway, dans un endroit assez charmant et boisé. Aidan a acheté une maison à sa mère il y a quelques années, pour l’éloigner de l’ancien quartier malfamé où il avait grandi.

    “ – Je ne sais même pas ce que je vais lui dire.. Si je lui dis de partir d’ici, elle va certainement ne pas vouloir et surtout comprendre. Elle sait que je travaille dans des affaires sombres mais on a jamais discuté de tout ça..”

    Ose se confier Aidan alors que le taxi se rapproche de la maison. Il y a aussi le fait qu’il n’a pas été revoir sa mère depuis un long moment et ça aussi, c’est stressant. On dirait presque qu’il retrouve une âme d’enfant prêt à se faire disputer parce qu’il a fait une grosse bêtise alors que pourtant ça ne se passe jamais ainsi. Quand le duo sort du taxi, ils sont face à la maison. Martha est dedans puisqu’il y a de la lumière mais elle n’a pas capté que quelqu’un venait de se stopper devant chez elle.

    “ – J’ai jamais su vraiment lui parler.. J’ai fuis assez tôt. J’ai fini en prison à dix huit ans et quand j’en suis sorti, j’ai encore pris la fuite. Je ne reviens que de temps en temps mais assez rarement. Je sais que c’est pas bien mais.. Je me suis toujours senti comme une sorte d’échec. Elle aurait mérité un meilleur fils.. une meilleure vie. Elle a tout fait pour m’élever correctement et je n’ai pas su lui rendre tout ce qu’elle a sacrifié pour moi..”

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    M.

    ( Martha : https://pin.it/1mjwj8CC0 )

    Mabel essaye de rassurer Aidan et il se met à esquisser un petit sourire car bien qu’il soit tétanisé, elle réussit à le réconforter l’espace d’un instant. Aidan s’apprête à la prendre dans ses bras lorsque la porte d’entrée s’ouvre. Une petite femme blonde qui a la cinquantaine, apparaît et surtout se met à lâcher un cri de surprise.

    « – Mon Aidan ! Et.. oh.. une jolie demoiselle ! »

    Elle a déjà les larmes aux yeux et quand Aidan se tourne vers elle, Martha se jette dans les bras de son fils. La complicité entre les deux se sent déjà rien que dans ce geste mais à peine relâche t’elle Aidan qu’elle vient prendre aussi Mabel dans ses bras.

    « – Enchantée de vous rencontrer ! Je suis Martha, la mère de ce grand bonhomme ! »

    Elle a déjà compris que Mabel n’était pas n’importe qui pour son fils puisque c’est la première fois qu’il amène une fille chez elle et puis elle a vu la proximité des deux en ouvrant la porte. Martha relâche Mabel et elle invite les deux jeunes gens à entrer dans sa maison. Il y a déjà plusieurs photos d’Aidan à tous les âges sur les murs et c’est encore pire lorsqu’ils arrivent au salon.

    « – J’ai cru que tu n’allais jamais revenir me voir ! Tu sais, tu as le droit de me donner des coups de téléphone de temps en temps. Je te répondrais toujours !
    _ Je sais maman mais ça a été compliqué ces derniers temps et..
    _ Et tu as enfin trouvé l’amour ? »

    Dit-elle avec un sourire en coin alors qu’Aidan semble rougir. Il secoue la tête pour se redonner un peu de prestance alors que Martha les invite à se poser dans le canapé où un vieux corgi est déjà installé.

    “ – Descend Bobby ! Laisse la place à ton frère et sa copine !
    _ Maman… “

    Le chien descend et Aidan laisse Mabel s’asseoir, cependant lui reste debout et il reste face à Martha qui se montre enjouée jusqu’à ce qu’elle remarque le regard grave de son fils.

    “ – Qu’est ce qu’il y a ? Elle est enceinte ?
    _ Non non maman ! Mais on est pas ici pour une visite de courtoisie. Mabel est mon amie.. proche.. Mais on est avant tout ici parce que je dois te dire des choses importantes. J’ai eu des gros problèmes avec mon.. travail.. et il faut que je te met en sécurité. Tu dois partir d’ici et même d’Irlande..
    _ Quoi ? Mais.. non Aidan ! j’ai ma vie ici.. mon travail.. mes amis..
    _ Je sais mais il en va de ta sécurité..”

    L’ambiance devient bien plus glaciale. Martha fixe Aidan puis Mabel car elle ne comprend pas et surtout elle ne veut pas s’en aller. Aidan n’ose pas en dire plus car il ne veut pas lui dire tout ce qu’il a fait pour en arriver là.

    “ – Je.. vais préparer du thé et.. on en reparlera posément..”

    Elle part vers la cuisine et Aidan se tourne vers Mabel. Il sait qu’elle aura certainement mieux les mots que lui ne les a. Elle sait parler et adoucir les choses.

    “ – J’ai besoin de toi.. ou plutôt de tes mots pour la rassurer.. moi.. je suis mauvais pour ça..”

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    M.

    Aidan laisse Mabel rejoindre Martha dans la cuisine et pendant ce temps là il reste avec le vieux Bobby qui est le compagnon fidèle de sa mère. Aidan lui a offert pour ne pas qu’elle se sente trop seule après son départ et il a bien fait même si le corgi ne semble pas le plus accueillant envers Aidan.

    Les deux femmes reviennent après une dizaine de minutes et Mabel a totalement réussi sa mission puisque Martha parle de vacances. Aidan se met à sourire bêtement et il se relève du canapé.

    « – On ira où tu veux maman. N’importe où. »

    Aidan lance un regard complice à Mabel et le duo se repose sur le canapé alors que Martha sert le thé. Elle évoque son envie de visiter les États-Unis et Aidan accepte cette idée qui permettra à sa mère d’être loin d’ici.

    Après ce thé, Martha décide d’aller à l’étage pour préparer une chambre pour Mabel et Aidan. Elle ne demande pas s’ils font chambre à part et Aidan ne relève pas cet oubli. Quand il se retrouve seul avec Mabel, il la remercie en venant déposer un baiser contre ses lèvres. Il aurait pu dire des mots mais elle sait qu’il est plus que reconnaissant. Elle a su trouver les mots pour lui alors autant offrir autre chose que des paroles.

    Après ce baiser, II pose sa main sur la joue de Mabel et les bouts de leurs nez se touchent. Ce rapprochement prend fin quand ils entendent Martha redescendre et clamer qu’elle va préparer un repas festif pour ce soir. Aidan en lève les yeux au ciel mais ça ne l’étonne pas qu’elle agisse ainsi puisqu’elle fait toujours cela lorsqu’il revient la voir.

    « – Attends toi à ne plus pouvoir marcher après le dîner car elle va nous faire manger tout ce qu’il y aura sur la table.. »

    Et oui, ça va être gargantuesque. Ils se relèvent pour aller en cuisine mais Martha ne veut pas d’aide, elle veut tout préparer seule. Aidan propose donc à Mabel d’aller faire un tour dans le coin, pour lui faire visiter ce petit village. Il n’y a pas grand chose mais ça reste assez charmant. Le colosse montre les vieilles maisons typiques du coin mais aussi la forêt qui serait soit disant remplie de fées et autres folklores irlandais.

    « – Je ne sais pas ce que tu lui as dis mais merci d’être intervenue.. je suis rassuré qu’elle veuille bien partir même si maintenant il faut tout organisé. Pour Sarah, je sais que je ne pourrais pas la faire partir car elle ne me connaît pas et sa mère ne voudra jamais me laisser l’approcher.. Je pense qu’il faudrait juste que je trouve quelqu’un qui puisse garder un œil sur elle. C’est la seule solution que je vois. »

    Mais ça s’arrange un peu. Aidan a les épaules légèrement moins lourdes. Malgré tout, il pense à Mabel qui pourrait aussi être en danger à cause de lui.. et puis aussi au fait que si elle le suit, elle pourrait à son tour s’éloigner de sa famille. Justement ils n’ont jamais trop évoqué sa famille. Il sait seulement qu’ils sont un clan mais il ne sait pas si Mabel est proche de son père, si elle le voit souvent. Si c’est pareil avec Adam.

    « – Tu les vois souvent ? Enfin ta famille ? J’ai rencontré ton frère mais tu ne m’as jamais vraiment parlé d’eux. Pas dans un contexte de gang. »

    Il veut aussi en savoir un peu plus sur cette demoiselle qui est prête à tout faire pour lui. Aidan veut connaître un peu plus celle qui est bien partie pour partager sa vie, même s’ils n’ont pas encore posé de nom sur ce qui se trame entre eux.

    « – Tu m’as dis pour ta mère.. Tu l’as perdu il y a longtemps ? »

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    M.

    Aidan en apprend plus sur Mabel. Sa vie, sa famille mais surtout elle en vient à ce qu’elle ressent vis à vis de lui. Aidan prend un air plus sérieux mais aussi intimidé par moment car c’est la première fois qu’il entend cela ou plutôt que c’est réciproque. Pourtant il n’est pas aussi courageux que Mabel ou plutôt, il ne sait pas comment dire ce qu’il ressent. Ils se sont stoppés et se font face alors qu’ils sont en lisière de forêt. La jeune femme termine de se confier en lui disant qu’elle le choisit lui. Il sourit bêtement mais étrangement, son regard se fronce et il prend son air trop sérieux, comme s’il allait dire quelque chose de mal.

    « – Avant tout, je dois te dire quelque chose Mabel car je.. je ne sais pas me confier comme toi mais je me dois d’être franc alors que tu viens de l’être avec moi. »

    Une sorte de tension monte. Un stress post-tempête mais en réalité Aidan se montre dramatique dans toutes les situations, même quand il veut avouer des choses qui lui semblent importantes.

    « – Tu veux me choisir mais.. Je n’ai jamais vécu de relation avec qui que ce soit ou alors sans réels sentiments. J’ai été quelques mois avec la mère de Sarah avant qu’elle me quitte mais depuis.. j’ai eu que des relations sans lendemain parce que j’ai laissé mon travail prendre trop d’importances mais aussi parce que je suis effrayé par tout ça.. »

    Il pince ses lèvres. Aidan vient de se confier sur une chose qu’il a toujours gardé pour lui. Pourtant avec Mabel, il a décidé de briser sa coquille parce qu’il ne veut pas la perdre.

    « – Je ne sais pas ce qu’est de partager sa vie avec quelqu’un à qui on tient vraiment.. avec qui on veut avancer. Je vis comme un solitaire depuis dix sept ans et je risque d’être très maladroit. Je risque de faire les choses de travers parce que je n’ai pas les réflexes de quelqu’un qui vit avec une autre personne mais.. je crois que j’ai envie de tenter cette aventure avec toi. »

    Le drame n’est plus. Du moins, il ne se sauve pas, il ne prend pas la fuite mais il tient à l’avertir car elle a déjà eu un fiancé et elle va peut être s’attendre à des choses qu’Aidan ne saura pas donner ou alors qu’il fera maladroitement. Mabel doit savoir qu’en face d’elle, il y a une sorte d’ingénu de l’amour.

    « – Je vais certainement prendre toute la place dans le lit car j’ai l’habitude de dormir seul.. Je fais traîner mes vêtements sales pendant des jours et au lieu de les mettre dans une machine à laver, je jette tout et je commande des vêtements neufs.. J’ai aussi la mauvaise habitude de manger des plats déjà préparés et je râle facilement le matin, quand je n’ai pas bu au moins deux tasses de café. »

    Il lâche un léger rire car ce sont des mauvaises habitudes qui va certainement devoir corriger mais il sait qu’une vie à deux va changer beaucoup d’autres choses. Il va surtout devoir apprendre à se laisser un peu plus aller, à ne plus être focaliser sur la pègre et les mauvaises affaires. Bien que cela est déjà en marche car depuis la tentative de meurtre, il n’a pas remis les pieds sur le terrain.

    « – Je n’ai jamais eu d’appartements où de maison à moi. J’ai toujours vécu dans des hôtels ou des endroits sans jamais y rester. Enfin depuis que je bosse avec le clan.. La vie à deux, je ne sais pas ce que cela fait. J’ai vécu ma jeunesse avec ma mère mais ça n’a rien à voir. Toi.. toi tu n’es pas ma mère et puis tu n’es pas non plus ma servante. Alors ça va être un sacré défi de devoir tout partager et apprendre tout ça mais.. ça me dit bien. »

    Même si pour le moment ils ne risquent pas de vivre d’amour et d’eau fraîche à cause d’O’Rourke, Aidan est prêt à faire une réelle place à Mabel dans sa vie. Le colosse décide de se rapprocher de la belle brune et il se penche pour poser son front contre le sien.

    « – Je ne veux pas te perdre non plus Mabel.. Même si j’ai peur parce que tout ça est nouveau, pour une fois je sens que je n’ai pas le droit de fuir. Tu as percuté mon âme entière.. Et je me refuse de laisser cette chance s’en aller parce que tu me fais du bien. Tu.. réussis à me faire penser que la vie peut être autre chose que la violence et la mort.. »

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    M.

    Mabel vient de le sauver à nouveau. Aidan n’a pas vu l’homme car il était de dos à lui et si elle n’avait pas été aussi vive, le colosse serait à nouveau transpercé par une balle. La brune réussit à attraper et maintenir l’homme au sol. Aidan ne met pas longtemps à se rapprocher et à reconnaître un ancien coéquipier puisqu’à présent il comprend que les hommes d’O’rourke sont devenus ses ennemis. Mabel demande pour qui il travail, qu’est ce qu’il sait alors qu’Aidan s’abaisse pour ramasser l’arme. Il la charge et vient la poser contre le front de celui qui était prêt à le tuer.

    « – Jessy.. Ça fait longtemps. Tu vas répondre à la demoiselle autrement je vais tout simplement appuyer sur la détente. Sache que j’en meurs d’envie.
    _ Tu es un traître Aidan ! Tu bosses pour cette flic ! Tu nous as trahis et pour ça tu dois mourir !
    _ Ah.. c’est ce que vous croyez ? Et bien si vous le souhaitez. Cependant tu n’as pas répondu à la question qui concerne notre localisation et ceux qui sont au courant.
    _ O’rourke a promis une énorme récompense à celui qui aurait ta tête. On est tous à ta recherche mais j’étais le seul à savoir où vit ta mère, tu ne t’en rappelles pas ? »

    Aidan sourit un instant mais pas parce qu’il est amusé. Il comprend qu’une vague d’hommes va continuer à vouloir sa peau et ça n’annonce rien de bon. Jessy est le premier à le trouver mais ça ne va pas s’arrêter là. Il va falloir que le colosse éloigne au plus vite sa mère et qu’il prenne la fuite avec Mabel s’il ne veut pas qu’elle soit aussi attaquer. Dans tous les cas, il ne peut pas laisser Jessy vivant car il n’hésitera pas à prévenir O’rourke qu’Aidan est avec les deux femmes.

    Aidan fait reculer Mabel et il tire. La balle traverse la tête de Jessy, il meurt sur le coup. Le colosse agit froidement mais là, il ne peut pas se permettre de laisser ses émotions prendre le dessus. Mécaniquement, il fouille le cadavre pour voir s’il cache des choses et il va ensuite cacher le corps dans la forêt à côté. Mabel l’attend un peu plus loin et lorsqu’il a fini, il prend la main de la jeune femme pour qu’ils retournent vers la maison de Martha.

    « – Je connais quelqu’un qui va pouvoir nous faire rapidement des faux papiers, il vit à deux heures de route d’ici. On va aller là bas avec ma mère et ensuite on va s’en aller vers les USA. C’est plus rapide que prévu mais je crois que si je reste une journée de plus dans ce pays, je risque de finir entre quatre planches et toi aussi.. »

    Car en restant avec lui, elle se met tout autant en danger. Aidan devrait lui hurler de s’en aller mais il sait aussi qu’elle risquerait d’être tout autant en danger, si ce n’est même plus, en étant seule.

    Martha est déconcertée car Aidan et Mabel lui ordonnent de préparer une simple valise au lieu de s’attabler pour profiter du dîner qu’elle vient de préparer. En une trentaine de minutes, les voilà en voiture pour aller vers le contact d’aidan pour les faux papiers. Martha est sur la banquette arrière avec Bobby et elle est si triste qu’elle n’arrive même plus à dire un seul mot.

    Aidan est au volant, à côté de Mabel et le jeune couple se jette des regards parfois inquiets, parfois dubitatifs. Ils partent dans l’improvisation totale et c’est stressant mais quand même bien moins que s’ ils avaient été seuls l’un et l’autre.

    Quand Aidan arrive chez son contact, il laisse les femmes dans la voiture et Martha sort de son silence quand elle est certaine que son fils est éloigné.

    “ – Je m’en veux tellement.. Si je lui avais donné une autre vie, il n’aurait peut-être pas fini dans tout ça.. Il.. Il va finir par être tué parce que je n’ai pas été une bonne mère..”

    Pense t’elle à voix haute. Cependant elle ravale ses larmes et réplique.

    “ – Éloigne le de tout ça.. Le plus loin possible, même si cela veut dire que je ne le reverrai plus jamais. Je suis certaine que tu es son avenir.. Et je tiens à ce que cet avenir soit beau.. Je ne veux pas qu’il soit sombre et remplis de peur pour toi comme pour lui..”

    Martha pose sa main sur l’épaule de la demoiselle qu’elle considère à présent comme sa belle-fille.
    Aidan revient après une quinzaine de minutes dans la voiture, il a déjà les nouveaux papiers. Il donne à chacune des filles leurs nouveaux passeports et aussi d’autres paperasses qui sera toujours utiles pour la suite.

    “ – On va passer à la banque pour que je prenne assez d’argent pour le voyage et après on file à l’aéroport direction les USA.. Il me semble que tu m’avais dis que tu avais une amie vivant à Phoenix maman ?
    _ Oui.. mon amie d’enfance, Carla.. mais je ne l’ai pas vu depuis énormément d’années..
    _ On va quand même essayer de se rapprocher pour ne pas que tu sois seule là-bas..”

    Le stresse ne retombera pas tant qu’ils n’auront pas passé l’océan. Aidan fait attention à tout, même à l’aéroport. Les faux passeports fonctionnent bien, le trio passe les contrôles facilement et ils montent enfin dans un avion vers la fin de soirée. Aidan a pris des places en première classe pour que sa mère puisse se reposer mais aussi Mabel. Le colosse réussi un peu à se détendre lorsque l’avion décolle. Assis à côté de Mabel, il ose enfin glisser sa main dans celle de la jolie brune.

    “ – Je ne pensais pas qu’un jour je puisse devenir l’ennemi numéro un de mon propre clan.. Mais tu sais quoi ? Qu’importe ce qu’ils pensent de moi, je n’ai jamais été aussi vivant que depuis ce jour où je suis tombé sur toi.”

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    M.

    On est une équipe.. Aidan sourit bêtement lorsque Mabel lui rappelle ce fait. Ils sont une équipe mais est-ce qu’une équipe peut survivre au chaos absolu ? À la hargne et la rage des ennemis ? À la fureur des autres et le poison des grands ?

    Ils arrivent aux États-Unis avec un peu plus de légèreté et même un sentiment de sécurité. Ils sont loin des hommes d’O’rourke et même si les choses ne sont pas encore tassées, pour le moment ils sont assez éloignés pour souffler. Cependant avant de penser à se poser un peu, Aidan tient à amener sa mère sur Phénix pour s’assurer qu’elle ait un endroit pour s’installer loin des mafieux et des conflits. Le groupe prend donc un nouvel avion pour entamer un voyage vers les terres arides de l’Amérique.

    Au bout d’une semaine, le trio passe la porte d’une maison encore vide. Marthe entre en premier et elle découvre ce qui sera son lieu de vie pour les prochains mois ou plutôt les prochaines années. Aidan reste en arrière, près de Mabel et il observe sa mère qui semble aimer l’endroit puisqu’elle parle déjà des meubles qu’elle souhaite y mettre. Mabel a aidé l’homme a trouvé cette bâtisse dans un quartier sécurisé de Phénix. Il n’a pas hésité à y mettre le prix pour être certain que personne ne pourra venir la troubler. De toute façon, il en a les moyens avec tout ce qu’il a accumulé sur son compte durant les années. Aidan a envisagé de trouver aussi une maison pour Mabel et lui mais il a fini par abandonner l’idée car il sait qu’il est encore trop tôt pour réellement se poser. Il va devoir voyager et brouiller les pistes avant d’envisager une possible vie calme.

    « – Aidan !! Il y a une piscine !! Elle est immense !!
    _ Oui je sais, c’est Mabel qui a eu l’idée d’une maison avec piscine puisqu’il fait facilement chaud par ici..
    _ J’adore !!!! »

    Martha s’empresse d’aller dans le jardin alors qu’Aidan passe ses bras autour de la taille de Mabel pour venir la ramener contre lui. Le dos de la belle brune vient cogner contre son torse et il se penche un peu pour déposer un chaste baiser contre le cou de la demoiselle.

    « – Tu as fais une heureuse.. Je crois qu’elle est dingue de cette maison.. »

    Et c’est peu de le dire. La quinquagénaire fait entendre son bonheur par des petits cris amusants. Pour ce qui est des meubles, Mabel a promis d’aller en trouver avec Martha dans la semaine qui va arriver pendant qu’Aidan va s’occuper de gérer le prochain voyage qu’il va faire avec sa douce. L’homme ne tient pas à rester ici pour le moment, afin d’être certain que sa mère reste hors des radars mais malheureusement il a déjà été retrouvé.. Cependant ce n’est pas par ceux dont il aurait pensé. O’rourke le recherche mais il est encore loin de savoir qu’Aidan est aux États-Unis, par contre les Petrov le savent puisqu’ils surveillent tout sur Aidan depuis des mois.

    Les Petrov ne sont pas n’importe qui et tous les mafieux connaissent cette famille Russe. C’est aussi une famille mafieuse mais elle est certainement la plus puissante connue. Ils gèrent des trafics sur tous les continents et cela va de la simple vente de drogue jusqu’au trafic humain. Rien ne semble pouvoir les arrêter et même O’Rourke a peur d’eux. Aidan les connaît ou du moins, il en a entendu parler sans jamais se frotter à eux mais il faut croire qu’eux ont bien trop entendu parler d’Aidan pour le laisser de côté. Le chef des Petrov se nomme Igor, c’est un vieux russe dont la base se trouve à Moscou et il a eu vent des exploits d’Aidan. Il a su que l’irlandais était un mercenaire hors-pair et il le voulait dans ses rangs, cependant il se doutait qu’Aidan n’aurait pas accepté un deal donc il a décidé d’employer les grands moyens. Pour cela il faut capturer l’ours irlandais et le conditionner pour être un fidèle sbire des russes. Quoi de mieux que l’isolement et la torture pour cela ? Aidan est loin de se douter qu’il n’a plus que quelques heures avec les femmes de sa vie lorsqu’il rentre dans la maison de sa mère. Mabel et Martha sont dans le salon, en train de monter un meuble. Aidan abandonne les sacs de courses qu’il a ramené pour se rapprocher des filles.

    “ – Besoin d’aide mesdemoiselles ?
    _ On n’a pas besoin d’un homme pour ça ! Occupes toi plutôt de ton frère Bobby !
    _ Mon frère… Je vois..”

    Aidan pouffe de rire et il baisse son regard sur le petit corgi qui attend pour sortir dans le jardin. Aujourd’hui il a été commander des nouveaux passeports pour Mabel et lui, pour qu’ils puissent repartir avec des nouvelles identités mais là où il les a commandé n’est autre qu’un fief des Petrov. Il doit aller rechercher les passeports dans la soirée.

    “ – Pour ce soir j’ai pris de quoi nous faire des pizzas maison ! Et j’ai même pensé à vous prendre des pots de glace.”

    Lance t’il alors qu’il est sur la terrasse, clope au bec. Mabel arrive près de lui et il passe un bras autour de sa taille pour la ramener contre lui. Elle a le droit à un baiser contre ses lèvres avant qu’il ne reprend une bouffée de nicotine.

    “ – On aura les passeports ce soir. J’ai aussi pris nos billets d’avion.. On part Lundi pour le Brésil. On y sera pour quelques semaines, en attendant que les irlandais se lassent de ne pas me trouver. O’Rourke ne s’attardera pas des mois, il sait que je ne me laisserais pas faire.”

    Et ça c’est vrai. O’Rourke est un vieux mafieux assez influent mais il n’a pas la même hargne que d’autres patrons. Il va vouloir éliminer ou récupérer Aidan, cependant s’il voit que cela ne mène à rien, il va abandonner pour passer à autre chose.

    “ – J’ai trouvé aussi un appartement qui donne une vue sur la plage de Copacabana.. J’ose espérer que tu aimes le soleil et les cocktails..”

    Il dépose un nouveau baiser sur les lèvres de la jeune femme. Aidan n’est pas un grand romantique ni même un fortiche pour les déclarations d’amour mais il espère que Mabel comprend qu’il tient à elle et qu’il veut qu’elle se sente bien auprès de lui. S’il avait été seul pour cette fuite, il n’aurait pas cherché après un endroit paradisiaque mais un endroit perdu, loin de tout.

    Les amants retournent aider Martha pour monter un nouveau meuble mais vers 18h, Aidan doit s’en aller. Avant de quitter le domicile, il vient embrasser le haut du crâne de sa mère mais aussi les lèvres de Mabel. C’est la première fois qu’il fait cela avant de s’en aller, un peu comme si il savait qu’il ne reviendrait pas alors que non, Aidan part avec une confiance un peu trop aveugle puisqu’il en oublie son arme.

    Il sait se battre, il est costaud et grand mais est-ce qu’un colosse peut gagner contre une dizaine d’hommes armés ? Tout va trop vite. Il est encerclé et frappé à l’en faire tomber dans l’inconscience. Le chef de trafic n’est qu’un sbire de Petrov mais il compte monter en grade avec la capture d’Aidan. En attendant de pouvoir transférer le colosse vers la russie, Aidan est enfermé, attaché et bâillonné dans la cave d’une vieille bâtisse. Lorsqu’il reprend conscience, il ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive mais sa première pensée va envers Mabel et Martha. Il ne sait pas si elles ont aussi été capturé et ça le rend dingue.

    Non, elles n’ont pas été capturées puisque seul Aidan était sur la liste mais elles se retrouvent sans aucune nouvelle, sans rien. Un départ furtif et plus aucun bruit. Aidan n’a rien laissé, il semble avoir pris la fuite.. Pour Martha cela semble inconcevable que son fils soit parti sans même avoir dit au revoir car même s’il s’en allait pour plusieurs mois loin d’elle, Aidan lui a toujours dit au revoir avant les départs. Martha envisage d’aller signaler la disparition d’Aidan à la police mais à quoi cela servirait ? Il est majeur et peut s’en aller où il le veut, quand il le veut..

    Deux jours sont passés sans qu’Aidan soit revenu. Martha reste près de la fenêtre qui donne sur le devant de la maison. Elle n’en bouge pas car elle est persuadée qu’il va revenir.

    “ – Il s’est passé quelque chose.. Je le sens Mabel. C’est la première fois que je ressens ça.. comme.. comme un sentiment de danger extrême. Mon fils est en danger.. Il.. il est même peut-être..m..mort..”

    Elle lâche un sanglot. Ce n’est pas dans ses habitudes d’avoir autant peur mais là c’est viscérale, si bien qu’elle demande à Mabel de l’aide. Elle lui supplie de l’aider à retrouver son fils. Mais où chercher quand on ne sait rien ? Est-ce O’Rourke qui a mis la main sur Aidan ? Est-ce qu’Aidan a fuit ? Est-ce qu’il a été attrapé par la police ? Tout est possible. Pourtant ce n’est que le début d’une sacrée quête. Une quête d’une année. Une année qui va entièrement changer l’irlandais..

    Il est transféré en Russie. Igor a donc envoyé un jet privé pour ramener le mercenaire auprès de lui. Comme il l’avait anticiper, Aidan refuse de travailler pour lui et il l’envoie vers une usine en Sibérie, là où Igor règle les problèmes avec les hommes qui lui ont causé du tort.

    Aidan n’a qu’une petite cellule pour lieu de vie. Il n’a pas de chauffage ni même de couverture pour se protéger du froid polaire. Tout est étudié pour le faire craquer, pour l’anéantir mentalement et faire en sorte qu’il finisse par accepter de travailler pour Petrov, ou plutôt pour faire tout ce que Petrov lui ordonnera. Il est affamé, brûlé, frappé, torturé.. Chaque jour, Aidan subit des nouveautés et plus les semaines passent, plus les choses deviennent horribles.

    Il n’avait jamais appris le russe mais à peine six mois, il le parle comme s’il était né en Russie. Il devient aussi un peu plus docile mais pas encore assez au goût de Petrov. Pour pouvoir ajouter de la pression sur Aidan, Petrov a promis d’exécuter Martha et Mabel si le colosse osait faire quoi que ce soit contre les russes. Pour cela, Petrov garde un oeil sur les deux femmes et il montre quelques images ou vidéos à Aidan pour lui faire comprendre que les deux femmes peuvent perdre la vie à tout moment.

    Un an.. C’est le temps qu’il a fallu pour qu’Aidan change totalement. Il était déjà un grand méchant loup mais là il est devenu un monstre déshumanisé et totalement brisé. En un an, il a vécu bien plus que l’enfer. Il a dû faire taire son esprit, son humanité pour pouvoir continuer de vivre. Aujourd’hui il agit comme un robot conditionné à tuer ou à torturer. Petrov est fière de son nouveau jouet et pour sa première mission, afin de le tester, Aidan a été envoyé massacrer une famille polonaise. Cela a été rapide, sanglant, horrible. Il a tué tous les membres de la famille, même les enfants.

    Le bruit court dans les autres mafias que Petrov a un nouveau mercenaire totalement ravagé et sans pitié, cependant personne ne connaît son identité, seulement son surnom. Vlad. Cela n’a rien à voir avec le prénom Aidan mais Petrov a poussé le vice jusqu’à faire croire à Aidan qu’il était née en Russie et qu’il n’était pas irlandais. Aidan a été si torturé et maltraité qu’il en a quasiment oublié son passé. L’image de Martha et Mabel ne semble plus l’atteindre. Du moins, Petrov en est persuadé puisque lorsqu’il a montré des vidéos sur les dernières semaines, Aidan ne réagissait plus.

    Ce fameux Vlad est envoyé pour les missions compliquées. Celles qui demandent le moins d’humanité possible. Cependant il est aussi envoyé dans des combats clandestins. Petrov gagne de l’argent en faisant combattre son champion. Aidan ne perd jamais et il tue à chaque fois ses concurrents.

    Ce qui est assez étrange est que personne n’a capté que ce Vlad n’avait rien d’un russe. Personne ne semble faire un rapprochement avec Aidan qui était pourtant bien connu. Petrov obligé Aidan à mettre un masque à chaque fois qu’il va combattre ou quand il part sur une mission. En ayant le visage caché, il garde un anonymat et un contrôle sur son mercenaire. ( https://pin.it/1oYDiVbJA ). Aidan a aussi beaucoup plus de tatouages qu’avant et Petrov a fait recouvrir ceux qu’il avait déjà. Plus rien ne relie Aidan à ce qu’il était il y a un an.. du moins, c’est ce que Petrov pense mais Aidan aussi puisqu’il est matrixé.

    Un an.. un an que personne de son ancien entourage ne l’a revue. Pourtant dans un coin de la salle de combat, Adam est là. Il est venu voir le combat entre un espagnol et le fameux champion de Petrov. Adam a essayé d’aider Mabel pour retrouver Aidan mais ça n’a mené à rien. Tout le monde pense qu’il a fui où qu’il est mort. Ce soir ne fait pas exception. Adam observe le combat avec ses amis mais une petite tête brune le rejoint. Mabel. Elle est ici mais Aidan ne la capte pas puisqu’il est concentré sur le deuxième combattant qu’il tente de tuer.

  185. Avatar de M.
    M.

    Aidan a terminé ses combats de la soirée et il retourne dans les vestiaires pour aller se changer. Il n’a pas fini son travail, il a encore à faire mais avant cela, il a remarqué Dimitri dans la foule et il a demandé à le faire venir car il doit lui parler. Le colosse n’a pas remarqué Mabel et aussi triste que cela est, il semble ne pas la reconnaître lorsqu’elle arrive avec Dimitri. Son esprit est bien trop détruit et fermé pour le moment. Il n’y a plus de pensées normales dans ses songes. Seulement la douleur, la peur et la colère.

    Quand Dimitri se ramène et qu’il se met à se pavaner en disant qu’il veut Aidan en tant que garde du corps, le colosse lance un sourire faussement amusé et il se relève de son banc pour se mettre face au fils Petrov. Aidan le surplombe de toutes parts et Dimitri en recule d’un pas même s’il garde son arrogance.

    “ – Tu crois vraiment que ton père va accepté que je deviens ton chien de garde Dimitri ? S’il avait assez de couilles, il t’aurait déjà éliminé car tu ne serres à rien si ce n’est à dilapider son fric. J’ai gagné plus en deux semaines pour lui que toi en toute une vie à ses côtés.. Donc tu ferais mieux de fermer ta petite gueule et m’écouter.”

    Il y a un froid glacial dans sa voix.. ses yeux.. son corps. Aidan baisse un instant son regard sur Mabel mais il ne montre rien. Il se remet à observer Dimitri qui lui fronce les sourcils.

    “ – N’oublis pas que tu es justement notre chien de garde ! Mon père peut te renvoyer à l’usine si tu nous obéis pas !”

    Les mots de Dimitri sont comme un coup de feu. Aidan porte son immense main autour de la gorge du jeune homme et il le soulève avec une facilité inquiétante. Dimitri se débat et des gardes lèvent leurs armes vers Aidan. Pourtant Aidan ne le relâche pas. L’Usine est devenue sa kryptonite. Elle est le lieu où il a tout perdu. Même son humanité.

    “ – Je travaille pour ton père, pas pour toi petite merde. Et justement, si tu es face à moi c’est parce que ton père m’a demandé de te rappeler que tu dois aller récupérer l’argent dans les zones de l’Est moscovite. Tu as encore une journée pour le faire. Si demain soir il n’y a rien, je m’occuperais de toi.”

    Aidan relâche enfin Dimitri. Le blond pose ses mains sur son cou qui gonfle déjà à cause de la force d’Aidan. Bien qu’il soit le fils d’Igor, Dimitri doit aussi faire sa part de travail s’il veut un jour prendre la place de son père mais le blond ne semble pas prendre son rôle très au sérieux. Igor a donc décidé d’envoyer son meilleur mercenaire vers son fils, afin de lui rappeler ses tâches.

    “ – J’ai dis que j’irais ! Mais ma copine vient d’arriver et j’ai pas envie de la laisser seule !
    _ Alors prends là avec toi mais dans tous les cas tu dois ramener l’argent. Sauf si tu veux que je m’occupe d’elle aussi.”

    C’est terrible et pourtant Aidan le dit. Il baisse à nouveau son regard vers Mabel et l’espace d’un instant, il y a une lueur dans son regard, comme si une part de lui voulait la reconnaitre mais ça ne vient pas. Dimitri passe un bras possessif autour de la taille de Mabel et il la ramène contre lui.

    “ – Non, je vais me débrouiller. Leto restera au manoir.
    _ Parfait, j’y serais aussi. Je pourrais m’en servir si tu ne reviens pas avec l’argent.”

    Dimitri déglutit et il finit par entraîner Mabel avec lui pour sortir du vestiaire. Aidan reste fixe jusqu’à ce qu’il se retrouve seul. Quand plus personne ne le regarde, il donne un coup de poing dans l’un des murs du vestiaire. Il y a encore une part de lui qui veut lutter contre tout ça.

    Le Manoir Petrov est situé en plein centre ville de Moscou. C’est là où vit Igor et sa famille mais aussi Aidan depuis qu’il n’est plus à l’usine. Igor ne veut pas que son nouveau jouet vive trop loin de lui et il veut surtout être certain de garder le contrôle. Mécaniquement, Aidan retourne là-bas comme à chaque fois qu’il termine un combat ou une mission. Il est traité comme s’il faisait partie de la famille et c’est ce qui détonne avec le fait qu’il a été kidnappé. Il pourrait s’enfuir ou s’en prendre aux Petrov mais il ne le fait pas. Il a été bien trop conditionné pour se rebeller.

    Avant d’aller à sa prochaine mission, qui est de récupérer aussi de l’argent, Aidan revient au manoir, là où Dimitri est revenu avec Mabel. Dimitri a son propre appartement mais il passe beaucoup de temps dans le domicile familial. Là-bas il y a parfois son père, sa soeur Ivana ou même sa gouvernante. Il y a aussi des allées et venues d’hommes de main, cependant le seul qui vit ici reste Aidan.

    Le colosse a rejoint sa chambre pour aller se doucher et troquer sa tenue de sport contre un costard. La chemise et la cravate sont noires, comme le costume. Il a au poignet une montre de luxe et au cou un parfum beaucoup plus virile que l’ancien qu’il mettait. Alors que Mabel est dans le salon avec Ivana, Aidan apparaît dans la pièce et il va vers le bar pour se préparer un verre de Whisky. Il ne jette pas de regards vers les filles, ce qui fait chouiner Ivana. C’est une blondinette de vingt ans qui rêve de devenir l’amante de ce fameux Vlad mais il ne la laisse pas l’approcher.

    “ – Dimitri t’a présenté Vlad ? C’est le nouveau mercenaire de papa mais il vit avec nous. Mon père a trop peur qu’on lui prenne son meilleur homme.. Comme si quelqu’un oserait s’attaquer à Vlad !”

    Elle pouffe de rire alors qu’Aidan fronce les sourcils. Oui, quelqu’un a osé s’attaquer à lui, autrement il ne serait pas là. Aidan boit son verre d’une traite et il se tourne enfin vers les deux femmes. Encore une fois, son regard croise celui de Mabel mais il semble un peu moins tendu que dans le vestiaire.

    “ – Je dois partir mais je reviens dans une heure.
    _ Oh mais non.. tu aurais pu rester avec nous ! Je n’aime pas les autres gardes..
    _ Comme j’ai dit à ton frère, je ne suis pas un chien de garde. Il y en a assez autour du manoir pour vous surveiller.
    _ Mais j’aurais aimé montrer la ville à Leto.. elle ne connait pas Moscou, elle vient de New-York. Tu aurais pu faire ce tour avec nous..
    _ Non. J’ai d’autres priorités. De toute façon vous n’avez pas à sortir. Pas sans l’accord d’Igor. Bref, je reviens dans une heure.”

    Aidan s’éloigne et Ivana soupire. Elle se tourne vers Leto sans se douter que sa nouvelle belle-soeur est tout simplement l’âme soeur d’Aidan. Une âme que la famille Petrov a souillé au plus profond des limbes.

    “ – Il est tellement coincé ce gars.. Mon père en est fan mais franchement il aurait besoin de se détendre. On dirait qu’il fait toujours la gueule et tu sais quoi ? Il ne capte même pas quand j’essaye de le draguer ou de l’attirer vers moi.. Tu penses qu’il est gay ? J’y ai jamais pensé..”

    Ivana reprend sa tasse de thé et elle continue de parler de tout et de rien. Aidan est parti comme convenu mais il a déjà hâte de s’enfermer dans sa chambre. C’est le seul endroit où il se laisse aller, ou plutôt, se sent en sécurité. Pourtant cette chambre n’a rien à voir avec une chambre standard.. Il n’y a rien dedans, pas même un lit. Il n’y a qu’une couverture au sol et des miroirs un peu partout, comme dans l’Usine. Cependant il peut fermer la porte à clé et ça, c’est comme un goût de liberté.

  186. Avatar de M.
    M.

    ‘ — Vlad, c’est ça ? Ou est-ce que vous préférez qu’on vous appelle autrement ? “

    Aidan n’a pas bougé depuis qu’elle est arrivée dans la pièce. Il reste près de la fenêtre bien qu’il observe ce qu’il se passe dans cette salle à manger. Igor est présent, Aidan doit donc se tenir droit et se taire. Pourtant lorsque la jeune femme se rapproche de lui pour lui parler, il hausse un sourcil durant quelques secondes et quelque chose semble lui passer dans le regard. Pourquoi lui demande telle si on peut l’appeler autrement ? Une petite voix lointaine vient murmurer “Aidan” dans son esprit mais il secoue la tête pour chasser cela. Non.. Aidan n’existe plus. Il est mort. C’est ce qu’on lui a martelé pendant les nombreuses séances de torture. Aidan s’apprête enfin à répliquer, cependant il se fait couper court par Igor qui se rapproche et qui vient à côté de la belle brune.

    “ – Il pourrait avoir de nombreux prénoms tu sais mais à ce que j’ai entendu hier soir, mon meilleur élément se fait appeler le Boucher de Moscou. N’est-ce pas fantastique ? Je n’aurais espéré mieux ! J’avais besoin d’un monstre comme lui pour faire comprendre à mes ennemis et mes hommes que je suis le grand Chef.”

    Igor sourit de toutes ses dents alors qu’Aidan sert un peu plus la mâchoire. Son esprit est embrouillé mais quand il reporte à nouveau son regard sur Mabel, il y a à nouveau une sorte de lueur furtive. À l’intérieur, quelque chose veut lui rappeler qu’il connaît cette femme. Il a déjà vu son regard et même.. non.. c’est impossible qu’il la connaisse. Igor donne une tape contre le torse d’aidan pour qu’il lui donne de l’attention.

    « – Ce soir il y aura un dîner pour mon nouveau trésor qu’est Leto mais j’ai aussi l’intention de faire une annonce te concernant. Maintenant que j’ai fais de toi une puissante arme, je compte bien faire en sorte de t’élèver dans les rangs. Tu vas devenir officiellement mon bras droit et mon héritier Vlad. Lorsque j’en aurai fini avec cette vie, c’est toi qui prendra ma place. Dimitri est bien trop idiot pour être à la tête de mon empire. »

    Aidan fronce à nouveau les sourcils et étrangement son cœur se met à battre plus rapidement. Il ne comprend pas pourquoi igor se montre aussi généreux alors qu’il l’a détruit pendant des mois. Le chef finit par se reculer et retourner à table. Ivana semble choquée par ce qu’elle vient d’entendre puisqu’elle comprend que le colosse sera le prochain chef. Mabel est toujours près de l’homme mais Aidan évite son regard. Il semble paniquer mais il n’y a qu’elle qui sait déceler cela.

    « – Excusez moi, je dois y aller. »

    Dit-il tout en allant vers la sortie de la pièce. Il feint un travail à honorer mais en réalité il part vers cette chambre étrange. Il a besoin d’être seul pendant quelques minutes. Une fois dans cette pièce lugubre, il pose ses mains de chaque part de ses tempes et il tente de calmer cette panique qui le prend. Son esprit grouille d’images dans l’usine. Il a l’impression de sentir à nouveau les coups de batte, les pinces électriques ou même les fers brûlants. Mabel a vu une partie de son corps lors du combat mais Aidan a été marqué par le fer et par les coups de lames un peu partout sur son corps. Les nouveaux tatouages cachent cela mais le corps du colosse est devenu un champ de guerre.

    Il ressort après une quinzaine de minutes lorsqu’il a réussi à reprendre le dessus sur lui. Cependant il est appelé par Igor et il doit revenir dans la salle à manger, là où les deux jeunes femmes sont encore présentes.

    « – Vlad, aujourd’hui tu ne vas pas aller t’occuper de ce dont tu as l’habitude. J’aimerais que tu restes auprès d’Ivana et Leto pour les amener au centre ville. Elles vont aller chercher de quoi se faire belle pour ce soir.
    _ Je dois faire le garde du corps ?
    _ Oui. On sait tous que les femmes qui m’entourent sont des cibles faciles et ta présence va inciter les possibles ennemis à faire demi-tour.
    _ Hm.. très bien.
    _ Par contre je t’interdis de t’approcher de ma future compagne. De toute façon je crois que ma petite Ivana est bien décidée à te donner son cœur. »

    Aidan jette un coup d’œil vers Ivana qui rougit mais il observe aussi rapidement Mabel qui continue de le fixer. La future compagne d’Igor.. pourquoi cela semble le contrarier ? Il pince ses lèvres et fait demi-tour pour aller préparer la voiture qui servira pour aller accompagner les jeunes femmes. Il choisit un 4×4 et il se met derrière le volant. Il n’y aura pas de chauffeur aujourd’hui, juste lui et les filles.

    Elles arrivent après une vingtaine de minutes. Aidan observe dans le rétro quand elles s’installent sur la banquette arrière. Son regard bleu perçant, croise à nouveau les pupilles sombres de Mabel.

    « – J’aimerais bien aller chez Chanel, ils ont une superbe collection en ce moment ! Papa nous a donné un budget illimité donc on va se faire plaisir ! »

    Lance Ivana à Mabel tout comme à Aidan. Le colosse démarre la voiture pour prendre le chemin vers la fameuse avenue où il y a toutes les boutiques de luxe. Ivana parle. Elle parle trop. Elle raconte les nombreuses fois où elle a été dans ces boutiques pour trouver des robes uniques et ultra chères. Elle parle aussi de ses nombreuses soirées mondaines où elle est toujours la plus belle et la plus prisée. En même temps avec Igor pour père, elle est certainement la femme qui est la plus convoitée de Russie.

    Aidan soupire de soulagement lorsqu’il arrive devant la boutique. Il ne va plus avoir à écouter Ivana, même si ça ne l’enchante pas de jouer le garde et d’attendre dans les boutiques. Il accompagne les deux femmes chez Chanel et lorsqu’il ouvre la porte, sa main frôle le corps de Mabel. Ce simple geste vient lui envoyer des décharges dans tout le corps et ça le déstabilise. Il déglutit en espérant que la jeune femme n’a pas vu son trouble et il entre dans la boutique après elle.

    C’est long. Ivana veut tout essayer et elle veut aussi que Mabel essaye de nombreuses robes. Cependant la blonde fait signe à Aidan de se rapprocher.

    « – Toi aussi tu as besoin d’un beau costume pour ce soir ! Après tout, tu vas devenir le numéro deux du réseau. J’ai fais mettre des vêtements dans l’une des cabines pour que tu puisses essayer. Leto et moi, nous allons te dire si c’est bon ou non !
    _ Je ne suis pas ici pour jouer les mannequins Ivana.
    _ Mon père m’a dit que je devais te trouver un costume.. alors si, tu vas faire le mannequin ! »

    Aidan grogne et il va vers cette fichue cabine. Il se plie à la demande d’Ivana et il essaye plusieurs costumes. A chaque fois, il ressort pour montrer la nouvelle tenue alors que les deux femmes sont installées sur un canapé pour juger. Ivana prend un malin plaisir dans ce jeu puisqu’elle peut mater Aidan sans aucune limite. Elle commente et dit lorsqu’elle est satisfaite ou non. Finalement elle donne son feu vert pour la dernière tenue qui est toute noire. Cela ne change pas de ce que porte Aidan la plupart du temps mais Ivana a eu ce qu’elle voulait.

    Ivana souhaite faire encore d’autres boutiques même si elle a trouvé sa robe et celle de Mabel chez Chanel. Aidan suit les deux femmes jusqu’à ce que Mabel propose d’aller se poser pour boire un café. Ivana en soupire mais Aidan en est ravis puisqu’il en a marre de faire le chien de garde dans les boutiques.

    Assis dans un café huppé de l’avenue, le trio se retrouve devant des tasses de café et quelques douceurs sucrées. Pourtant Ivana délaisse Mabel et Aidan pour aller discuter avec un groupe de filles qu’elle reconnaît. Mabel et Aidan se retrouvent enfin seuls, ou presque. Ils sont entourés mais personne ne les écoute. Le colosse ne parle pas, il a son regard baissé sur sa tasse de café. Igor lui a interdit de s’approcher de Leto et comme un robot, il obéit. Il n’a pas le droit de lui parler ou de faire quoi que ce soit.. Pourtant à plusieurs reprises, il tente de l’observer. Elle ne dit rien non plus. Elle l’observe avec une intensité qui le trouble. Il a l’impression qu’elle le connaît ou quelque chose du genre. Il n’arrive pas à la faire revenir à ses souvenirs. Il faut dire que pour éliminer Mabel de l’esprit d’Aidan, Igor a employé les grands moyens. Il a été jusqu’à ordonner à Aidan de tuer des centaines de femmes pour que le colosse cesse de voir Mabel comme son grand Amour. Il voulait qu’Aidan se met à détester les femmes ou plutôt qu’il ne puisse plus ressentir de sentiments amoureux. Pour le moment cela fonctionne car Aidan est trop perturbé pour se rappeler de son passé.

    “ – Vous avez de la mousse sur votre menton.”

    Dit-il avec un ton bien trop neutre. Pourtant il se devait de lui dire. Pourquoi ? Après tout ce n’était pas une obligation mais étrangement, il ne tenait pas à ce qu’elle se sente honteuse si quelqu’un d’autre venait à voir cela.

  187. Avatar de M.
    M.

    “ – Vous avez encore regardé !
    _ Oh.. je.. pardon..”

    Aidan baisse instantanément les yeux. Oui, il le sait qu’il regarde un peu trop et il ne devrait pas. Igor lui a interdit de se rapprocher de Leto, pourtant quelque chose pousse le mercenaire à l’observer.

    “ – Tu n’as pas le droit Vlad. Elle est une femme et tu dois détester les femmes. Elles ne servent à rien sauf à enfanter où à baiser.
    _ Mensonge ! Tu sais que tu as déjà aimé Aidan. Tu as déjà aimé une femme mais ils l’ont effacé de ton esprit.”

    C’est ce qu’il entend dans son esprit. Il y a un combat entre ce nouveau lui qui est très présent et puissant, cependant l’ancien lui essaye encore de se battre bien que pour le moment il semble n’être pas entendu. Aidan termine sa tasse de café en une seule gorgée et il se relève de sa chaise, ce qui attire l’attention de beaucoup de monde dont Ivanna. Il ne peut pas rester ici, assis devant la belle brune.

    “ – Eh.. On s’en va déjà ? Ah oui ! On doit passer chez Louboutin pour récupérer nos chaussures !”

    Lance Ivanna qui se rapproche de l’ancien couple d’amants. Cela arrange Aidan qui va s’occuper de payer les consommations le temps que Mabel et Ivanna se préparent à reprendre le shopping.

    “ – Une coiffeuse et une maquilleuse vont venir au manoir pour s’occuper de nous. Il y aura même le bijoutier préféré de papa qui va passer. Tu vas adorer ! Quand on est une femme Petrov, on obtient tout ce que l’on veut !”

    Dit Ivanna tout en regardant du coin de l’œil Aidan qui part vers la porte de sortie. Les deux femmes le suivent pour aller continuer cette virée. Il se met à marcher derrière elle, silencieusement mais son esprit continue de grouiller et de se blâmer pour avoir trop observé Leto. Si bien qu’il vient presque à la fuir, même lorsqu’ils reviennent au manoir.

    Quand ils sont de retour, Ivanna entraîne Leto vers l’étage pour commencer à se préparer alors qu’Aidan s’en va se chercher un verre de whisky. Il en a besoin pour se ressaisir. Igor n’est pas là, cela lui permet de ne pas trop angoisser mais il ne peut se reposer sur ses lauriers car il y a certainement des prisonniers qui attendent dans le sous-sol du manoir pour subir quelques tortures. C’est aussi l’un des rôle d’Aidan et Ivanna ainsi que Mabel, sont interdites d’aller dans cette partie de la bâtisse.

    Le fameux diner se déroule dans l’un des casinos d’Igor. Il y a du monde, beaucoup de monde. Les hautes têtes de moscou ainsi que de nombreux sous-chefs qui travaillent pour Igor. Dimitri aussi est là mais il est loin de se douter des plans de son père.

    Les filles sont arrivées avec Igor et non avec Aidan qui a pris une autre voiture. Le mercenaire a enfilé la tenue choisie par Ivanna et il détonne parmi les invités. Il est grand, très musclé mais surtout il dégage quelque chose de bestial, de puissant. Son regard froncé et sa mâchoire serrée, ne laisse pas de doute sur le fait qu’il ne veut pas être embêté. Igor est déjà installé à l’une des tables avec sa famille ainsi que Mabel, alors qu’Aidan reste en retrait, au fond de la salle. Il semble se confondre avec les gardes alors que pourtant Igor attend qu’il vienne auprès de lui.

    Quand tout le monde est enfin présent, Igor va sur la scène en étant accompagné d’Ivanna mais surtout de Mabel. Et.. wow.. Elle est magnifique. Aidan est assez loin pour pouvoir la regarder sans que personne ne le voit. Elle est à côté du chef et elle ne semble pas à son aise. Cela risque de s’empirer avec le discours qui va suivre.

    “ – Je suis bien heureux que vous ayez tous accepté mon invitation ! Ce soir nous dinons en l’honneur de cette sublime femme qui est à mes côtés. Vous pensiez tout qu’elle était réservée à mon fils mais je dois avouer que je préfère la voir près de moi.”

    Premier coup de couteau pour Dimitri qui est assis devant la scène. Son père lui vole sa copine ? Le jeune homme fulmine mais il ne peut rien dire ni rien faire. C’est son père qui commande, pas lui. Igor continue son discours en parlant de son projet d’épouser Leto et de faire d’elle la nouvelle grande femme de la mafia. Le second coup de couteau pour Dim, arrive quand Igor fait signe à Aidan de se rapprocher. Tous les regards se retournent sur le colosse et il n’aime pas ça.

    “ – Vous connaissez tous mon nouveau mercenaire, Vlad. Il a déjà fait beaucoup parler de lui et j’adore ça ! Cependant je voulais vous dire que je compte former cet homme pour reprendre ma place lorsque je ne serais plus là. Il fera partie de la famille puisqu’il va épouser Ivanna d’ici quelques mois.”

    Quoi ?! Aidan fronce un peu plus les sourcils car il ne savait pas qu’il devait se fiancer à Ivanna. Igor lui fait un nouveau signe de venir le rejoindre sur scène et Aidan n’a pas le choix que de se rapprocher, bien que son visage reste figé dans la colère. Ivanna semble déjà se pavaner et quand Aidan arrive, elle vient lui attraper le bras. Dimitri est rouge. Il est furieux. Son père vient de tout lui retirer en quelques minutes mais il ne peut pas encore se rebeller car il y a trop de monde et surtout trop de gardes armées.

    Lorsqu’Igor a terminé de parler, le petit groupe rejoint la table et Dimitri lance un regard noir à son père mais aussi à Aidan. Igor n’en prend pas note et il s’installe comme si de rien était. Ivanna parle déjà du fameux mariage et de ce qu’elle aimerait avoir pour la cérémonie. Aidan fulmine à son tour mais il ne dit rien. De toute façon, que peut-il dire ? Il est la chose d’Igor et il doit faire tout ce qu’il lui dit.

    Le dîner se passe plutôt bien et il ne finit pas très tard. La famille Petrov retrouve le manoir vers minuit et Aidan a déjà hâte de retrouver sa chambre pour s’y enfermer. Pourtant il serait bien trop gentilé que les événements restent aussi calme. Dimitri explose lorsque tout le monde se retrouve dans le salon.

    “ – TU M’AS TOUT PRIS !! TU M’AS DÉSHÉRITÉ !!”

    Il hurle sur Igor. Igor s’en amuse mais par précaution, Aidan se rapproche pour protéger son patron. Ivanna décide de s’en aller car elle n’a pas envie de voir son frère dans cet état. Il ne reste qu’Igor, Mabel et Aidan face au jeune homme.

    “ – Tu n’as rien fait pour mériter d’un jour prendre ma place dimitri. J’ai tout fait pour toi et tu n’es devenu qu’un moins que rien. J’aurais dû aussi t’envoyer à l’Usine.. peut-être que cela t’aurait endurci.
    _ Pour que je devienne un chien comme ton molosse de Vlad ? C’est ça que tu veux ? Un homme qui a le cerveau retourné et qui ne vit que pour la violence ?!
    _ Oui. Au moins je sais qu’avec lui, mon empire restera puissant car personne n’osera se lever contre lui. Il fait peur, même plus que moi.”

    Igor sourit en coin alors qu’Aidan serre les poings. Tout va rapidement. Dimitri sort une arme de sa ceinture et il la lève vers son père. Aidan se met entre les deux et un coup de feu retentit. Dimitri a appuyé sur la gâchette et une balle a perforé l’épaule du colosse mais il n’a pas bougé d’un poil, comme s’il n’avait rien reçu. Des gardes arrivent en trombe, prêt à se jeter sur Dimitri mais Igor fait signe de baisser les armes bien qu’il laisse les gardes attraper son fils.

    “ – Mettez le au sous sol ! DE SUITE !”

    C’est ce qu’ils font. Ils traînent Dimitri vers l’ascenseur qui mène au sous-sol alors que le jeune homme hurle sa rage. Igor se tourne vers Aidan et Leto. Il observe un instant la blessure de son mercenaire.

    “ – Je vais faire venir notre médecin mais en attendant, Leto occupe toi de lui. Je vais faire venir de quoi nettoyer.”

    Pour le coup, il se fiche que Leto puisse voir Aidan en torse nu puisqu’il est tout autant en colère que Dimitri. Igor attrape son téléphone pour passer des appels mais avant de s’éloigner, il fait signe à Aidan de se poser sur le canapé. Le colosse accepte, il commence à ressentir la douleur. La balle est ressortie mais elle a quand même transpercé son épaule. La plaie saigne beaucoup, même si ça ne se voit pas à cause de son costume et sa chemise noire.

    L’ancien couple se retrouve à deux, quoi qu’il y a encore deux gardes derrière et Aidan se laisse aider pour retirer le haut de ses vêtements. Il retient ses grimaces. Il ne laisse rien paraître. En même temps, son corps montre à quel point cette balle n’est rien du tout. Les tatouages cachent les horreurs mais elles se sentent touchées. Il a des cicatrices un peu partout et de toutes tailles.

    Quand il est torse nu, ils voient enfin la plaie et elle est très laide. Elle saigne bien plus que prévu. Un garde ramène une trousse de soin à Mabel et il lui demande si elle a besoin d’autre chose. Le médecin privé d’Igor devrait arriver dans une quinzaine de minutes mais il faut stopper l’hémorragie.

  188. Avatar de M.
    M.

    « – Aidan.. »

    Elle se rattrape en le nommant Vlad mais l’homme fronce les sourcils après avoir entendu son vrai prénom. Il y a encore une infime part de lui qui sait et le fait qu’elle dise son vrai prénom, cela veut dire qu’Aidan n’est pas un mensonge ou quelque chose de mort. Cependant il cesse d’y penser quand Mabel appuie un peu plus sur la plaie et qu’elle essaye de comprendre pourquoi il s’est mis entre Igor et Dimitri. N’est-ce pas son rôle ? Il doit protéger Igor et lui obéir. C’est ce dont pourquoi il a reçu toutes ces violences physiques et morales. Igor l’a taillé à son souhait, comme un sculpteur de marbre. Pourtant Mabel ajoute une dernière chose qui fait qu’Aidan pince ses lèvres. Elle lui interdit de recommencer. Pourquoi cela semble t’il la troubler ? Elle est la prochaine compagne d’Igor.. le maître d’Aidan.

    « – C’est mon travail. Je dois le protéger, même de ses propres enfants et aussi de vous, si vous veniez à tenter quoi que ce soit. »

    Il murmure cela comme un investissement mais pourtant il semble légèrement moins robotisé vers la fin de sa phrase. Il lève ses prunelles bleutés vers celles de Mabel et cette fois-ci, il ne la fuit pas.

    « – Quoi que je me demande pourquoi vous avez fait l’erreur de vous rapprocher de cette famille.. »

    Il le murmure encore plus bas pour être certain qu’elle soit la seule à l’entendre. À t’il un éclair de lucidité ? Durant quelques secondes oui. Pourquoi cette femme reste auprès d’Igor ? Ne sait-elle pas qu’il est le diable en personne ? Il pourrait aussi l’envoyer à l’usine.. Cette simple idée crispé Aidan et il s’apprête à se relever. Cependant le médecin arrive enfin et il prend le relais sur Mabel qui reste là, dans un coin de la pièce. Elle a bien contenue l’hémorragie et le médecin se contente de refermer les plaies avec des sutures. Il donne aussi une boîte de médicaments contre la douleur à Aidan. Aidan la pose sur le côté puisqu’Igor lui a interdit d’en prendre. Le colosse doit faire face à la douleur seul, comme depuis sa capture.

    « – Vous éviterez les folies pendant quelques jours Vlad. Même si la balle est ressortie, vous avez une sacrée blessure et cela peut affecter votre motricité si vous ne vous permettez pas du repos.
    _ Il n’a pas besoin de repos. Vlad s’est encaissé la douleur. »

    Lance Igor qui revient dans le salon. Il est taché de sang et se rapproche pour voir comment se porte son colosse.

    « – Dimitri a pris une sacré raclée et il ira à l’usine dès demain. Tu iras l’amener Aidan. Après tout, c’est toi qui a pris sa balle. Tu auras aussi pour mission de veiller à ce qu’il soit bien corrigé pendant les deux semaines qu’il passera là-bas. Tu seras à la tête de l’usine, je te laisse le commandement. Ainsi tu pourras me prouver si j’ai raison de te confier la place de second. »

    Aidan relève son regard vers Igor et il se retient de l’insulter. Le renvoyer à l’usine pour la commander.. n’est-ce pas ironique ? Alors qu’il en a été l’un des prisonniers pendant des mois. Mais Aidan ne pense pas qu’à cette mission mais aussi à ses paroles envers Mabel.. S’il part d’ici, est-ce que tout ira bien pour elle pendant deux semaines ? Il ne peut pas se permettre de refuser la demande d’Igor mais une part de lui semble vouloir se réveiller un peu. Cette part qui ne laissait plus de place à l’empathie ou tout simplement aux émotions.

    « – Hm.. très bien. J’irai là-bas. Mais j’ai une requête.
    _ Une requête ? C’est bien la première fois que tu en fais une.. et logiquement je ne te dois rien.. Mais je peux faire une exception.
    _ Puisque vous souhaitez que je devienne votre gendre, il en va de soit que je protège ma future épouse. Elle va être perturbée en sachant que Dimitri va aller à l’usine. J’aimerais que Leto reste auprès d’elle pour la soutenir. »

    C’est une bien étrange demande.. et pourtant elle fait sens. Aidan ne ressent rien pour Ivanna mais il veut protéger Mabel et c’est le seul moyen dont il peut user pour le moment. Elle n’aura pas à être tout le temps avec Igor et c’est déjà un poids en moins pour le colosse.

    « – Et bien je suis assez surpris de ta requête mais très bien. Tu penses au bien être de ma fille et ça n’est pas pour me déplaire. Même si tu dois garder en tête qu’elle n’est qu’une femme. »

    En disant cela, Igor veut rappeler à Aidan que les femmes ne sont rien. Qu’elles peuvent être des proies pour les hommes comme Igor ou Aidan. Enfin surtout pour Igor qui n’a pas hésité à tuer sa première épouse qui n’est autre que la mère de Dimitri et Ivanna. Il ne la trouvait plus à son goût alors il l’a abattu sans le moindre remord alors que ses enfants étaient encore petits.

    « – Je le sais.
    _ Bien. Maintenant je dois aller me changer et préparer ce voyage vers l’usine. Leto tu peux continuer de prendre la chambre de Dimitri, il n’en aura plus l’usage pour le moment. »

    Il tourne les talons et part du salon. Aidan se relève enfin du canapé et il jette un œil vers Mabel qui semble perdue dans ses pensées. Pour le moment il y a plusieurs gardes du corps donc il ne peut pas aller vers elle, alors Aidan s’en va à son tour pour rejoindre sa fichue chambre.

    Durant la nuit, il n’arrive pas à trouver sommeil. En même temps avec ce qu’il s’est passé ce soir, son esprit est encore plus tourmenté. Il reste donc sur sa couverture au sol et il attend que le jour se lève. Quand cela arrive, il va aux nouvelles pour savoir l’heure de départ et écouter les indications d’Igor.

    Lorsque Mabel se réveille, il n’est déjà plus là mais cela ne veut pas dire qu’il n’a pas eu une pensée pour elle. Il a réussi à entrer dans la chambre de la jeune femme lorsqu’elle dormait encore et sans se faire voir par les gardes. Aidan a posé sur la table de nuit une arme à feu, un couteau facilement dissimulable et un mot.

    « Faites attention à vous. Ces armes devraient pouvoir vous aider. Évitez de rester seule avec Igor.
    Vlad. »

    Ce n’est pas grand chose à première vue mais c’est quand même un signe assez profond. Il veut protéger Mabel, même s’ il ne se souvient plus de qui elle est pour l’instant.
    Durant deux semaines ils seront séparés mais peut être que cela pourra servir Aidan à chercher des souvenirs ou alors à Mabel de trouver un moyen d’aider Aidan à ne plus être le jouer d’Igor.

  189. Avatar de M.
    M.

    Cela fait deux semaines qu’il est ici et Aidan n’a pas fermé l’œil une seule fois. Ses cernes sont horribles mais ce n’est rien comparé à la terreur qui est en lui. Etre ici, même en étant presque libre, c’est une nouvelle torture qu’il aurait aimé ne pas vivre mais c’est encore plus incandescent lorsqu’il voit Mabel passer la porte du manoir à coté de l’Usine.. Igor l’a ramené ici et ça, c’est une chose qu’il n’aurait peut-être pas dû faire.

    Aidan tente de rester impassible devant la jolie brune et aussi son geôlier mais dans son esprit, tout est chaotique. Il se revoit dans l’Usine, comme une bête que l’on veut mener à l’abattoir et il imagine Mabel à sa place.. Pourquoi Igor l’a amené ici ? Et pourquoi Ivanna est aussi présente ? Après tout, Aidan a fait son travail avec Dimitri donc il n’avait plus qu’à revenir sur Moscou. Cependant Igor semble vouloir voir Aidan à l’œuvre. Il veut voir à quel point il a réussi à pervertir son esprit. Mabel et Ivanna sont ici en guise de compagnie.

    Lorsque la première nuit arrive, Aidan est à l’étage, sortant d’une chambre qui n’a rien à voir avec celle de Moscou. Ici il a le droit à un lit et le confort d’un homme puissant. Pourtant il n’arrive pas à dormir et il s’apprête à aller vers l’Usine lorsqu’il est stoppé par Mabel qui apparaît telle une petite souris que l’on aurait pas vu. Elle se rapproche et parle de l’Usine.. Elle veut la voir. Cette simple demande vient déchainer le cœur d’Aidan. Il sent la panique monter en lui. Non, elle n’a pas le droit d’aller là-bas. Le colosse se rapproche dangereusement d’elle, il est prêt à se montrer cinglant mais Igor se rapproche.

    “ – Leto.. Je te cherchais ! Je dois te montrer ta chambre et..”

    Il s’arrête près d’Aidan. Il sent la tension colérique que dégage le colosse. Igor ne comprend pas ce qu’il se passe, pourtant il ne cherche pas à calmer son jouet.

    “ – Vas à l’Usine. Une nouvelle cargaison va arriver d’ici peu. Et je pense qu’elle va te faire très plaisir..”

    Des irlandais.. C’est risqué puisque cela pourrait raviver des souvenirs mais Igor veut voir Aidan se déchainer sur des anciens collègues.. des anciens chefs.. Igor comptait aller envoyer Leto dormir et rejoindre Aidan à l’Usine pour le voir en œuvre sur les irlandais.

    “ – Vas-y tout de suite.”

    Aidan continue de fixer Mabel avec un regard qui exprime sa rage mais surtout qui exprime une peur viscérale.. Comme un enfant qui aurait vu des atrocités. Il obéit tout de même à Igor et il s’éloigne pour se préparer à partir vers l’Usine. Igor attend qu’il soit éloigné pour proposer son bras à Mabel et l’accompagner vers l’une des chambres du manoir. Dans sa plus grande arrogance, Igor s’apprête à faire des révélations qui devraient servir d’avertissement pour la jolie brune..

    “ – Tu n’as pas le droit de visiter l’Usine. C’est un endroit que peu de monde a le privilège de voir. La plupart de ceux qui y entrent, n’en sortent pas vivant mon petit chat. Vlad en est l’un des rescapés mais je peux t’assurer qu’il en est pas sorti indemne..”

    Il étire un sourire diabolique alors qu’il continue d’avancer avec la belle. La chambre n’est pas si loin donc il ralentit le pas.

    “ – Il fut un temps ou Vlad n’était pas celui qu’il est aujourd’hui. L’Usine m’a permis de le façonner à mon envie mais ça n’a pas été simple. Cela a même pris beaucoup de temps. Au début je pensais qu’il ne tiendrait pas et plus le temps passait, plus j’étais surpris par ce que je voyais. Il a survécu à toutes les tortures possibles et inimaginables sans rechigner un instant. Il n’a même pas hurlé lorsque l’un de mes hommes lui a retiré des lamelles de peau.. Ou lorsqu’il était marqué au fer. Tu te rends compte de la force mentale de cet homme ?”

    Igor parle cette fois-ci avec une dérangeante fascination. C’est pour cela qu’il a gardé Aidan. Bien qu’il souhaitait l’avoir dans ses rangs, il ne s’attendait pas à une telle force de la nature.

    “ – Mais il a eu beaucoup de mal à lâcher prise. Il ne voulait pas devenir l’un des miens. J’ai dû continuer de faire des choses horribles sur lui et j’ai fini par lui enlever toute sa raison ainsi que son humanité. Tu sais comment ? En le forçant à devenir lui-même un monstre. Je lui ai ramené des femmes et des enfants.. Il a dû les torturer, les détruire, les tuer. Il en a fallu une sacrée paire pour que Vlad délaisse enfin son humanité mais aujourd’hui je suis fière de qui il est. C’est une arme qu’aucun de mes ennemis ne pourra obtenir. Vlad n’est pas qu’un colosse humain. Il est aussi un esprit tellement dérangé qu’il n’a plus peur de faire des carnages.. Par exemple, là il est parti à l’Usine et je sais qu’il va prendre un plaisir fou à torturer les hommes que je lui ai amenés.”

    Il s’arrête devant la chambre de Mabel et il ouvre la porte pour lui faire comprendre qu’elle doit y entrer.

    “ – Alors évites de trop te frotter à lui mon petit chat. Vlad n’est pas qu’un petit garde comme les autres.. Il est le diable que j’ai façonné de mes propres mains. Il serait dommage qu’il s’en prenne à toi..”

    Igor étire un fin sourire et il laisse la belle entrer. Aidan est parti vers l’Usine comme Igor lui a imposé. A pied, cela ne prend qu’une dizaine de minutes malgré le froid polaire. Igor avait raison lorsqu’il disait avoir amené une cargaison spécifique.. Il y a plusieurs hommes enfermés dans une cage et Aidan se met à fixer l’un d’entre eux. O’Rourke.. Il ne le reconnaît pas, ou du moins son esprit sait mais il y a encore ce voile de torture. Pourtant quelque chose anime Aidan. Il ressent ce besoin féroce de faire du mal à l’homme qui fixe. Comme si son corps savait qu’O’Rourke était l’ennemi à abattre.

    “ – AIDANNN ! QU’EST CE QUE TU FOU LA ? SORS NOUS D’ICI !!”

    Hurle O’rourke mais aussi les autres hommes qui reconnaissent Aidan. Aidan.. Aidan.. Oui.. c’est le prénom que Mabel a donné la dernière fois. Aidan grimace mais son regard de prédateur revient sur O’Rourke qui continue de lui hurler dessus. Pris par la frénésie de sa nouvelle folie, Aidan n’entend plus les hurlements et il se décide à jouer avec ses nouveaux jouets.

    Ce n’est qu’au petit matin qu’il revient au manoir. Il est couvert de sang, les yeux pétillants d’horreur. Il part vers sa chambre pour aller se laver et se changer mais quand il entre dans celle-ci, Mabel est assise dans l’un des fauteuils. Elle peut voir la folie dans les yeux d’Aidan et la boucherie qu’il a dû faire puisqu’il est ensanglanté de partout. Une peur semble immergée dans le regard de la demoiselle et Aidan se rapproche tel un lion prêt à s’abattre sur sa proie. Mabel se relève, comme pour s’apprêter à se protéger et quand Aidan arrive face à elle, il ne reste que quelques millimètres pour les séparer.

    Il est encore gelé par le froid extérieur alors qu’elle a chaud à cause du chauffage excessif de l’intérieur. Une sorte de buée vient jouer les contrastes entre eux. Aidan fixe sévèrement Mabel et il vient poser sa main ensanglanté sur la joue de la jeune femme. C’est le sang d’O’Rourke qui vient caresser la peau de la demoiselle. Le sang de l’homme qui n’a pas eu de mal à vendre Aidan à Petrov.. Car oui, O’rourke savait. Il a accepté ce deal après la fuite d’Aidan vers les USA.

    “ – Tu veux vraiment savoir ce qu’il y a dans l’Usine ? Regardes mes mains, mon visage, mes vêtements.. Ils sont maculés de la marchandise que l’on fabrique. Je doute que tu souhaites vraiment aller voir ce qu’il se passe là-bas.”

    Sa voix est menaçante.. horrible.. sexy. En cet instant, Aidan dégage le charme d’un prédateur ultime. Il y a une folie et une sensualité dans son visage, que personne ne pourrait louper. Quand il se laisse aller dans la sauvagerie des carnages, Aidan devient un autre homme, une autre bête. Son esprit s’éteint totalement et il devient réellement le diable. Pourtant là, face à Mabel, il a encore son esprit enragé mais pourtant il n’a pas envie de sang. Non.. Il suffit de baisser un peu son regard vers le haut de son pantalon pour comprendre que ce n’est pas le sang qui entrave Aidan. Si Mabel n’avait pas été la compagne d’Igor, il n’aurait pas hésité un instant à la plaquer sur son lit et à la posséder avec fougue. Cependant il se recule.. pas à pas, il met une distance pour ne pas céder à la tentation.

    “ – Il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas voir Leto. Maintenant, sors de ma chambre. Je dois me laver et me changer. Je doute qu’Igor soit d’accord que tu m’observes me mettre à nu.”

    Pourtant une légère rébellion vient s’insinuer en lui. Il ne serait pas contre le fait de se mettre nu devant Leto.. et.. c’est la première fois qu’il ressent une attirance physique pour une femme depuis.. depuis qu’il a été kidnappé, donc depuis Mabel. Aidan finit par aller s’enfermer dans sa salle de bain pour couper court à sa libido montante. Une douche froide l’aide un peu mais maintenant il a les images d’une Mabel docile entre ses coups de reins.

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    M.

    Aidan a eu du mal à calmer ses ardeurs de la veille et il a encore du mal à se calmer à l’heure actuelle puisqu’Igor ne cesse pas de l’envoyer à l’Usine pour s’occuper de nouvelles victimes. Igor sait qu’en faisant cela, il éteint ce qu’il reste d’humanité en Aidan. Plus Aidan tue, plus il devient monstrueux. Le colosse perd toutes notions quand il devient un boucher et c’est ce que veut le chef des Petrov.

    Encore aujourd’hui, Aidan a passé une partie de sa journée à l’Usine mais lorsqu’il rentre et qu’il monte pour aller vers sa chambre, il entend des bruits suspects venant du bureau d’Igor. Son instinct le pousse à aller voir ce qu’il se passe et lorsqu’il passe la porte, il la voit.. Mabel au sol.. au dessus d’un corps sans vie. Elle vient de tuer Yuri, l’un des gardes d’Igor et surtout un enfoiré qu’Aidan avait du mal à supporter. La belle brune tremble. Elle a peur, elle semble perdue. Aidan se rapproche et il attrape le poignet de la jeune femme pour la relever mais aussi pour lui faire lâcher le couteau. Il n’y a pas de doute sur ce qu’il s’est passé ici. Yuri a essayé de la violer et elle s’est défendue.

    “ – Les monstres ne tuent pas pour se défendre..”

    Murmure t’il à l’encontre de la jeune femme, comme pour la rassurer. Les monstres tuent pour le plaisir.. comme il le fait depuis quelques temps. Aidan prend une grosse aspiration et il se permet de retirer sa veste pour la mettre sur les épaules de Mabel, afin de couvrir sa nudité.

    “ – Retournes dans ta chambre et nettoies toi. Je m’occupe de ça, je vais tout nettoyer. Je dirais que c’est moi qui a tué Yuri. D’accord ?”

    Il fixe les prunelles déboussolées de la demoiselle. Il pourrait se contenter de dire la vérité à Igor mais Aidan ne veut pas que le chef se met à se méfier de Mabel. Il ne veut pas non plus qu’elle soit traitée comme une tueuse. Lui, il sait ce qu’il est devenu. Il se fiche qu’on le voit comme un meurtrier, un assassin.

    “ – Mais maintenant évites de venir dans des endroits où tu ne devrais pas traîner.. Si Igor t’avait vu seule ici, c’est lui qui t’aurait fait mal. Il ne supporterait pas que sa petite compagne fouine dans ses affaires.. Hm.. Mais ne t’en fais pas, je garderais ça pour moi.”

    Il ne dit rien de plus et il va raccompagner Mabel vers sa chambre avant de retourner dans le bureau pour s’occuper de Yuri. Igor a rapidement vent du meurtre d’un garde et Aidan va directement le confronter pour lui dire qu’il a lui-même tué Yuri. Il ment en disant qu’il a trouvé le garde en train de fouiller dans les affaires de Petrov. Igor s’en offusque car il pense que Yuri était devenu un indic.

    La nuit passe et au lendemain matin, Mabel est dans la cuisine. Elle est seule à table, les yeux dans le vide. Aidan va se servir un café mais il jette un oeil sur la jeune femme. Est-ce qu’elle sait dans quel univers elle a mis le pied ? Tasse en main, Aidan se rapproche et il va s’asseoir face à elle.

    “ – Tout est rentré dans l’ordre. Igor est déjà passé à autre chose. Cependant moi, je me demande ce que vous faisiez dans ce bureau.. Je pense en avoir mon idée mais je me demande bien pourquoi. Une infiltrée ? Il y a tellement de monde qui rêverait de pouvoir faire tomber Igor.. moi le premier..”

    Oui.. il l’avoue même s’il n’en dira pas plus. Il n’aura jamais la force de dire ce qu’il a vécu ou même ce qu’il ressent. Tout est néant en lui, pourtant il y a une lueur qui s’agite en lui depuis qu’il a posé son regard sur Mabel. Aidan veut faire tomber Igor et il va y arriver, cependant il prend son temps. Il ne le tueras pas sans d’abord avoir récupéré tout l’empire de son bourreau.

    “ – Cessez de fouiller. Vous risquez bien trop.. Igor ne tombera que lorsqu’il y aura un homme bien plus puissant au-dessus de lui. Un homme qui possède tout. Et c’est là que vous pouvez être plus utile..”

    Est-ce qu’il tente une sorte de négociation ? Aidan ne devrait pas avoir confiance en Mabel, pourtant elle est la seule qui a montré de l’humanité envers lui. Elle est la seule qui cherche à l’approcher sans s’en servir comme un jouet.

    “ – J’ai besoin de l’allégeance des autres chefs.. Mais je ne peux y aller directement. Il faut que quelqu’un d’autre le fasse pour moi, ou alors que cette personne trouve des gens qui le feront pour moi. Il faut que tout le monde tourne le dos à Igor.. il faut qu’il se fasse éjecter de son trône avant d’être envoyé à l’Usine..”

    Aidan étire un fin sourire avant de boire le contenu de sa tasse. Il entend qu’Ivanna se rapproche alors il cesse la conversation, cependant il donne rapidement un téléphone prépayer à Mabel. Dedans il y a le numéro d’Aidan mais aussi des numéros de personnes qui pourraient aider Mabel à faire tourner les choses en faveur d’Aidan.

    “ – VLADOUUUU ! Cela fait tellement plaisir de te voir !”

    Aidan grimace quand Ivanna vient embrasser sa joue et qu’elle s’installe à côté de lui. Elle se remet à parler de tout et de rien, si bien qu’il en perd patience et qu’il s’en va rapidement de la cuisine. Il doit rejoindre l’Usine dans une petite heure mais en attendant il va dans sa chambre. Au moins il est au calme, loin d’Ivanna. Il prend tout de même son téléphone et envoie un message vers le téléphone de Mabel.

    “ SMS : On repart sur Moscou dans trois jours. En attendant, évitez les gardes ou Igor. Je dois retourner à l’Usine, je reviens cette nuit.”

    Cette dernière phrase n’est pas anodine. Il la prévient. Au cas où si elle devrait encore avoir besoin de lui. Après tout, il sait qu’elle n’est pas là pour les beaux yeux d’Igor et dans ce cas, elle est bien plus en danger qu’il ne l’aurait cru.

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    M.

    Ce revirement de situation n’était pas prévu dans l’esprit d’Aidan. Il ne comprend pas où la brune veut aller mais il cache sa surprise. Il écoute attentivement Mabel alors qu’elle se confie à Igor et qu’elle le séduit avec des yeux de biche. C’est presque indécent mais Aidan comprend petit à petit.. Elle veut montrer qu’elle n’est pas une demoiselle en détresse. Elle veut mener sa propre barque. Le colosse est à la fois admiratif et en colère. La jeune femme ne manque pas d’audace et de courage, cependant Aidan a peur qu’elle se brûle les ailes. Après tout, il est lui-même esclave d’Igor et son chef l’envoie souvent faire le sale travail. Aidan ne peut pas être toujours présent et cela peut devenir un gros problème si Igor tente de s’en prendre à Mabel.

    Mabel s’éloigne après avoir longuement regardé Aidan. Il évite de la suivre du regard puisqu’il sent qu’Igor l’observe. Il va dire quelque chose, certainement un nouvel ordre.

    “ – Puisque Dimitri est mort, il va falloir se dépêcher de te rallier à ma famille. Le mariage avec Ivanna aura lieu dans un mois. On va laisser les filles organiser tout ça.”

    Ah.. pas un ordre mais ce n’est pas forcément mieux. Aidan se retient de grimacer, pourtant cette nouvelle l’arrange. C’est dans son plan. Il doit épouser Ivanna pour avoir accès à beaucoup plus de pouvoirs au sein de la famille. Cela ne va pas être un mariage d’amour, c’est certain puisqu’il déteste la blonde autant que son père, mais Aidan commence à avoir de plus en plus la vengeance dans le sang. Pour cela, il ne faut pas lésiner sur les moyens.

    Aidan ne peut plus vraiment se rapprocher de Mabel sur les jours qui suivent. Igor l’envoie bien trop à l’Usine et lors du retour à Moscou, Aidan est envoyé pour s’occuper des hommes qui doivent de l’argent au clan.

    A sa grande surprise, il n’a plus sa chambre ou plutôt cette drôle de cellule pleine de miroir lorsqu’il revient au manoir moscovite. Igor a fait faire des changements pendant le voyage en Sibérie. Aidan retrouve une pièce avec un lit, une salle de bain et des meubles. Il devrait s’en réjouir mais cela le perturbe plus que de raison. Il n’arrive pas à dormir dans le lit, ni nul part. Des cauchemars l’envahissent quand il s’installe dans le confort de cette nouvelle chambre, si bien que lors d’une nuit, une crise de nerf se fait entendre..

    Cela fait deux jours qu’ils sont de retour à Moscou et la première nuit, il a dormi sur le sol. Ce soir, il a tenté le lit mais à peine les yeux fermés que les choses sont devenues terrifiantes. Il a revu sa cage à l’Usine.. et il était entouré des nombreux corps d’enfants qu’il a dû torturer. Les enfants se mettaient à pleurer, à hurler et ce son s’est ancré dans ses tympans. Dans cette cacophonie d’horreur, Aidan s’est relevé du lit et a commencé à taper sa tête contre les murs. Il veut retirer les pleures de son esprit mais ça ne fonctionne pas. Il continue de se taper mais aussi de tout casser autour de lui. Il vient même à hurler. Cela devrait réveiller tout le manoir mais Igor comme Ivanna, ne semblent pas en prendre compte puisqu’ils savent que c’est “normal”. Avant l’arrivée de Mabel, les crises nocturnes d’Aidan étaient monnaies courantes. Cela s’est calmé quand il a commencé à boire le soir mais depuis le retour à Moscou, Aidan n’a pas pris le temps de vider plusieurs verres de whisky.

    De toute façon il n’y a pas d’Igor ni d’Ivanna ce soir. Igor est parti pour New-york durant quelques jours car il doit régler une affaire de la Bratva là-bas. Pour Ivanna, elle a découché pour profiter de ses dernières nuits de femme libre. Elle est partie retrouver des amants. Ce matin, Igor a ordonné à Aidan de veiller sur Mabel durant son absence puisqu’il ne tenait pas à l’amener avec lui aux USA. Elle aurait été bien trop encombrante pour cette affaire qui doit se régler avec des tortures. Aidan doit donc jouer la baby sitter mais ce soir il est tout sauf une nounou ravissante. Il est un monstre enfermé dans une chambre et hurlant sa douleur.

    Habillé d’un simple pantalon de jogging, il se retrouve recroquevillé dans un coin de la pièce avec la tête comprimée entre ses mains. Il est en sueur et tremblant. Mabel a ouvert la porte, elle observe silencieusement et il ne l’a pas capté tant il est pris par les bruits dans son esprit.

    “ – Partez.. partez.. je vous en prie..”

    Murmure t’il à lui-même en espérant que cela calme les pleures des enfants mais rien y fait. Même quand la main de Mabel se pose sur son avant bras. Au contraire, cela fait saisir le colosse qui se relève d’un bon et qui attrape Mabel par la gorge. Il a le regard d’un tueur. Les yeux injectés de sang et la mâchoire tellement serrée qu’on pourrait croire que ses dents vont céder.

    Mabel tente de se défendre, ce qui est normal, mais elle n’est qu’une petite plume à côté d’Aidan. Le colosse semble toujours pris dans son cauchemar puisqu’il ne s’arrête pas mais cela change quand Mabel réussit à le gifler et qu’elle hurle à son tour. Aidan revient à la raison. Cette fois-ci son air change. Le monstre laisse place à la peur. À la culpabilité ultime. Il a relâché Mabel et il s’est projeté en arrière, si bien que son dos claque contre le mur. Son cœur s’emballe à nouveau. L’angoisse monte à vitesse grand V. La panique fait vriller ses jambes. Il tombe à genoux et pose ses mains sur son visage pour cacher les larmes qui veulent couler. Mabel peut le voir dans sa plus grande vulnérabilité. Un seul petit choc pourrait le briser tant il semble fissuré.

    “ – Par..pardon.. je.. je voulais pas.. j’ai.. le bruit dans ma tête.. il me rend fou.. je.. je suis fou.. ”

    Son poing cogne sur le mur derrière lui. Aidan est blessé à ses mains puisqu’il laisse des traces de sang. Il faut dire que sa chambre est devenue un champ de bataille et le miroir sur le mur, a été explosé. Les bouts de verre traînent au sol et d’un geste vif, Aidan en attrape un morceau pour venir l’approcher de sa gorge. Il respire rapidement, difficilement. L’angoisse est à son zénith.

    “ – Je .. Je dois mettre fin.. à tout ça.. je.. je suis un monstre.. ”

    Il est prêt à appuyer le morceau de verre contre sa carotide mais elle le sauve. La demoiselle devant lui le stoppe et le serre dans ses bras. Le visage d’Aidan se cache contre le ventre de Mabel et il fond en larmes. Ses nerfs lâchent totalement. Cependant c’est la première fois que quelqu’un est près de lui pour essayer de le calmer. C’est la première fois qu’il ne se sent pas abandonné.

    Ses bras finissent par entourer la taille de Mabel et il se met à son tour à la serrer contre lui. Il ne veut pas qu’elle s’éloigne, qu’elle le laisse seul. Il a besoin d’elle car sa présence semble le calmer, l’apaiser. Elle a une odeur de jasmin qui ne lui est pas inconnu et qui le ramène sur terre. Aidan continue de pleurer mais c’est bien moins torrentiel. Ce sont des larmes silencieuses qu’il cache encore contre le ventre de Mabel.

    “ – Il n’aurait pas dû changer la chambre.. il l’a fait exprès.. pour me rendre fou.. ”

    Se dit-il à lui-même mais aussi à celle qui l’aide à ne pas repartir dans la panique.

    “ – Ne me laisse pas.. s’il te plaît.. ne me laisse pas seul.. ”

    Il s’accroche à elle comme à une bouée, même si le haut de son pyjama s’en retrouve ensanglanté. Aidan réussit à reculer un peu son visage pour croiser le regard de Mabel et elle peut voir toute la tourmente qu’il a accumulé depuis qu’il a été kidnappé. C’est un homme qui ne laisse plus rien paraître mais ce soir devant elle, il est totalement à nu.

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    M.

    « – C’est moi, tu te souviens ? Je te cherche.. je n’abandonne pas Aidan.. je suis là.. »

    Il est encore contre elle, même agrippé à elle ou plutôt à sa chemise de pyjama. L’angoisse est moins forte, Mabel a réussi à le calmer mais il est encore ailleurs. Il a encore l’esprit embué, si bien que les mots de la jeune femme mettent un certain temps à se faire entendre. Alors qu’elle a encore ses petites mains posées sur ses joues, il la fixe soudainement et il fronce les sourcils. Elle l’a encore appelé Aidan.. mais Aidan a dû mourir. Aidan a dû se détruire pour supporter la douleur.

    « – Quinze… »

    Il murmure ce nombre comme s’il était un enfant qui venait à confier une énorme bêtise. Les larmes ne coulent plus mais il garde son air effrayé. Il est effrayé par lui-même. Parce qu’il a dû devenir.

    « – Aidan est mort après avoir tué quinze enfants.. Il ne supportait plus.. il.. il ne voulait plus.. »

    Il parle de lui-même au passé. Ou plutôt il parle comme s’il était vraiment un autre homme. En réalité, c’est son mental qui en a décidé ainsi pour le protéger, pour le faire survivre. Si Aidan n’avait pas laissé son esprit se perdre, il ne serait pas face à Mabel en cet instant. Igor l’aurait fait tuer si Aidan n’avait pas fini par céder.

    « – Il a aussi tué beaucoup de femmes.. énormément d’hommes.. mais ça ne suffisait jamais à Igor. Le patron voulait briser Aidan et il a réussi.. Aidan est parti. Il.. il voulait mourir.. »

    Soudainement il baisse les yeux. Pourquoi il dit cela ? Il n’a pas le droit de se confier à qui que ce soit. Igor l’a interdit. Mais cette femme est là, contre lui, et elle l’a aidé à calmer sa crise. Elle n’a pas fui alors qu’il lui a fait du mal. Elle le regarde comme si elle le connaissait depuis des années.. alors que lui-même semble ne plus rien savoir de son propre passé. Tout est étrange et il devrait s’éloigner d’elle, d’autant plus qu’elle vient de le voir dans sa plus grande vulnérabilité. Personne n’a le droit de le voir ainsi ! Mais.. là, il n’arrive pas à reculer. Une part de lui se souvient toujours et cherche tant bien que mal à se raccrocher à Mabel.

    « – Je suis Vlad.. même si je déteste ce prénom.. et je suis un monstre.. mais.. »

    Mais ? Il doute un instant. Est-il vraiment Vlad ? Ou un autre ? Ou même personne.. Le colosse se recule de Mabel et il s’apprête à se relever, lorsqu’il remarque tout le sang qu’il a déposé sur le tissu de la belle brune. Cela lui fait aussi remarqué ses mains abîmées par le miroir. Il n’a pas mal. Il ne ressent pas la douleur mais il culpabilise d’avoir souillé Mabel. L’angoisse est sur le point de faire son grand retour, malgré lui. Ses yeux prennent une nouvelle teinte d’horreur lorsqu’au lieu de venir perdre pied en cassant tout, il vient plaquer ses lèvres sur celles de Mabel.

    C’est soudain, violent, intense. Il l’embrasse avec fièvre alors que ses mains saignantes s’imposent sur les joues de la nymphe. Elle ne le repousse pas, au contraire elle accepte ce baiser et le rend tout autant puissant qu’il ne l’a fait. Toujours assise contre le mur, Mabel est prisonnière des bras d’Aidan mais surtout de ce baiser qui ne veut pas s’arrêter.

    Le bout de souffle approche mais au lieu de se reculer à nouveau, Aidan passe ses bras autour de la taille de Mabel et il la soulève en même temps que lui. La belle se fait allonger sur le lit et le corps de la bête vient au-dessus d’elle. Le baiser a pris fin quelques micro secondes mais il a repris sa fougue. Leurs corps s’emboîtent l’un contre l’autre et un soupir envieux sort de la bouche d’Aidan. L’angoisse cède sa place à un vent de désir. Ses immenses mains viennent déchirer la chemise de Mabel et il descend ses lèvres sur la poitrine de la belle. Elle ne le rejette toujours pas et c’est ce qui lui fait avoir cette confiance nouvelle. Il mordille la pointe de son sein tandis qu’elle se dandine sous lui. Elle est sublime lorsque le désir s’empare d’elle. Aidan en grogne envieusement et il continue de descendre ses lèvres sur le corps de la belle anglaise. Son bas de pyjama est à son tour déchiré et elle finit presque nue sous Aidan. Pourtant, il s’arrête et se redresse pour se mettre à genoux entre les cuisses de la brune. Il attend un consentement pour pouvoir continuer. Il a la décence de ne pas prendre sans permission.

    “ – Est-ce que..”

    Mais elle hoche la tête. Elle ne le laisse pas sans réponse. Aidan retrouve un sourire bien qu’il soit plus salace que doux. Il se penche à nouveau pour venir mordiller l’intérieur des cuisses de cette sublime créature et remonte jusqu’à ce que sa langue vienne s’emparer du point sensible de Mabel. Aidan oublie tout. Il oublie la douleur lorsqu’elle se met à gémir. Il oublie ses tourmentes lorsqu’elle se cambre. Plus rien ne compte à part elle. Son plaisir est le médicament du colosse.

  193. Avatar de M.
    M.

    C’est vrai, il est parti sans rien dire, comme si rien ne s’était passé. Du moins dans l’apparence puisqu’il ne fait que d’y penser. Il n’a même pas fermé l’oeil, il a plutôt observer Mabel dormir. Aidan n’avait pas couché avec qui que ce soit depuis elle.. Depuis les USA, bien avant le kidnapping. Cela n’est pas sans ces conséquences car ça a fait revenir des souvenirs qu’il n’arrive pas à imposer dans le puzzle qu’est son esprit torturé. Pourquoi a t’il l’impression que c’est déjà arrivé ? Pourquoi il se sentait vivant ? C’est surtout ce dernier point qui est le plus compliqué. Il se sent mort depuis des semaines et là, elle a ravivé une étincelle en lui. Pourtant il n’a pas le droit.. Elle est la compagne d’Igor.. pas la sienne..

    Mais Mabel est bien plus bavarde que lui. Elle est même énervée puisqu’elle vient le confronter dans la cuisine. Aidan ne dit rien, il l’écoute bien qu’il réagit quand elle se met à parler d’Aidan, du fait qu’il aurait honte ou qu’il n’aurait jamais repoussé Mabel. Le colosse fronce les sourcils car elle lance bien trop d’informations en même temps. Elle veut qu’il se souvienne, qu’il est un déclic mais ça n’est pas encore le cas. Il se relève de sa chaise et contourne la table rapidement pour faire face à cette furie. L’air d’Aidan est furieux, tout comme celui de Mabel.

    “ – Tu dis n’importe quoi ! Arrêtes ! Tu.. C’est du n’importe quoi !!”

    Son esprit ne veut rien entendre alors que son cœur sait. Il bat plus vite, bien trop vite.

    “ – Je sais ce que j’ai fais cette nuit avec toi mais ça ne doit pas se reproduire !! Il pourrait nous tuer pour ça !! TE TUER !!”

    Il hausse le ton sur les deux derniers mots. Aidan ne veut pas qu’Igor s’en prenne à Mabel. Il ne veut pas qu’elle devienne une ennemie à cause de lui. Mais c’est vrai qu’il se cache derrière toute cette nouvelle “vie”. Il ne semble pas passer outre cet environnement même si Mabel tente de lui rappeler.

    “ – Je ne sais pas ce que tu cherches à faire mais je ne suis pas Aidan ni qui que ce soit d’autre. Il n’y a rien à venir chercher ici, si ce n’est la mort. Igor te tuera tout comme il me tuera à la moindre occasion.”

    C’est glaçant mais vrai. C’est aussi pour cela qu’il veut faire tomber Igor rapidement, non pas pour lui mais pour cette femme qui est devant lui. Depuis son entrée dans la vie d’Igor, Aidan n’a de cesse de penser à elle mais surtout, il ressent des choses étranges. Oui, son coeur sait qui elle est. Il est irrévocablement liée à elle. Il ne manque que les souvenirs.

    “ – Maintenant, prends ton déjeuner et habille toi. Igor ne revient que ce soir et je n’ai pas le droit de te laisser seule. Cependant je dois aller m’occuper de deux trois choses en extérieur.”

    Il retourne vers sa tasse de café sans sourciller. Il est reparti dans sa bulle de silence. Cela doit être frustrant pour Mabel mais ça l’est aussi pour lui puisqu’elle a encore reparler de cet Aidan. Cette fille doit se tromper.. Ou alors est-ce lui qui devient encore plus fou qu’il ne l’est déjà ?

    Le trajet vers le centre de Moscou est encore silencieux. Aidan est derrière le volant de la voiture de luxe et il roule vers l’un des bars d’Igor pour aller récupérer de l’argent. Mabel est assise à côté de lui et elle semble encore en colère. Elle lui lance des regards noirs mais parfois ils sont tristes.

    Aidan fait ce qu’il a à faire tout en gardant un oeil sur Mabel mais après une matinée à jouer l’homme de main, il décide d’amener Mabel déjeuner dans un petit restaurant italien. Cela ne lui fait pas échos sur le moment, jusqu’à ce qu’il s’installe face à elle.

    Il a une sorte de flash.. Un bar à naples.. Un rendez vous avec une inconnue.. Un verre de whisky et une cigarette.. Pourtant il ne fume pas, si ? Aidan secoue la tête à cause de ce trouble que la demoiselle peut percevoir. Il n’aime pas se montrer vulnérable mais il n’arrête pas de l’être lorsqu’ils ne sont qu’à deux. Pourquoi ?

    “ – Qu’est ce qu’il s’est passé ? Pourquoi dis-tu que je suis Aidan ? Pourquoi tu.. tu sembles pas être une inconnue.. Je veux tout savoir.”

    C’est un ordre sans en être un. Il hésite mais après tout, qu’est ce qu’il risque à l’écouter ? Dans ce restaurant, personne ne les connait donc elle peut parler sans danger. Et lui peut écouter.. et tenter de comprendre ce qu’il se passe.

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    M.

    Aidan est perdu dans les révélations de Mabel. Elle lui parle de lui avant la russie et de lui dans un avenir qu’elle envisage déjà mais Aidan ne sait même pas où se situer à l’instant T. Il ne sait plus qui il est ni même ce qu’il doit penser. La belle brune retient des larmes alors que lui n’arrive même plus à en verser, pourtant son cœur saigne. Le serveur prend les commandes et Aidan reste silencieux. Les mots n’ont jamais été son fort mais ils le sont encore moins aujourd’hui puisqu’il a dû s’enfermer dans une carapace d’homme barbare, violent et sanglant. Cependant il sait qu’il doit faire un effort. Il doit parler pour elle.

    “ – Je suis totalement perdu… Je ne sais plus qui je suis ni ce qui est vrai ou faux. Tu as raison sur le fait que j’ai créé quelque chose pour me protéger, j’en ai pris conscience la nuit dernière. Lors de la crise.. J’ai lutté contre deux hommes qui se battaient en moi. Je n’arrive pas à me rappeler de l’homme que tu as connu parce que celui que j’ai créé, m’a empêché de mourir. Mais je sais que cet ancien moi est là. Je le sais parce que dès que je t’ai vu entrer dans la villa d’Igor, mon corps a réagit comme si je te connaissais depuis toujours.”

    Il parle franchement, sans filtre. Tout semble être un immense nœud ou alors un puzzle dont il manque des pièces mais la seule certitude est qu’Aidan sait que la brune devant lui est plus importante que n’importe quoi d’autre. C’est viscéral, primitif. Elle est ancrée en lui, même si les souvenirs ne reviennent pas encore.

    “ – Mais tu as raison sur une autre chose.. Je dois faire tomber Igor. Je dois tuer celui qui m’a tout pris. Il.. Il m’a tellement torturé et détruit que je n’ai pas l’intention de le laisser filer. Et tu pourrais très bien rester auprès de moi. Après tout, si tu es ici ce n’est pas pour les beaux yeux d’Igor..”

    Aidan garde ses yeux rivés vers Mabel. Elle vient de lui dire qu’elle ne pourrait pas vivre avec lui s’il restait dans ce monde mafieux mais Aidan ne veut pas qu’elle s’en aille. Il sait qu’il a besoin d’elle.

    “ – Je sais pas vraiment ce que je veux après qu’Igor sera mort mais je sais que j’ai besoin que tu sois là. Si tu n’étais pas venu jusqu’ici, je n’aurais eu aucun déclic et je n’aurais peut-être pas cette envie de me battre pour ne plus être le chien d’Igor.. alors ne m’abandonne pas. On verra bien ce qu’il adviendra mais je te supplie de ne pas me laisser. »

    Son air est plus grave ou plutôt angoissé. Il a été livré au néant mais Mabel lui a offert une lumière qu’il ne peut pas laisser partir.

    « – Peut-être que les souvenirs me reviendront avec le temps.. en étant près de toi mais si tu pars, je n’aurais aucune raison de garder la tête sur les épaules. »

    C’est même évident. Si Mabel part, qu’est ce qu’il lui restera de concret ? Rien. Il n’aura aucune raison de tenter de se défaire de ce milieu. Il pourra certainement devenir le Pakhan à la place d’Igor mais cela sera sûrement la perte entière d’Aidan.

    Les plats arrivent. Le colosse partage silencieusement ce repas avec Mabel. Elle semble tout autant perdue que lui. Pourtant il y a tout de même une sensation plus légère. Ils ne sont qu’à deux et il n’y a personne pour les déranger. Ce n’est pourtant qu’une trêve courte car ils vont devoir retourner vers le manoir d’Igor et devenir à nouveau des inconnus ou des personnes qui n’ont rien en commun.

    “ – Je ne peux pas dire que j’entrevoie un futur sans encombre alors que mon présent est un ouragan dont je n’arrive pas à m’éloigner.. Je ne peux pas dire non plus ce qu’est la paix alors que je suis enfermé dans les enfers mais peut-être que tu sauras me guider au moment venu. Pour l’instant, il faut d’abord que l’on éloigne la tempête avant d’entrevoir un possible rayon de soleil..”

    Aidan ose enfin prendre une bouchée de son repas après avoir fait ces aveux qui laisse penser que rien n’est encore écrit. Après tout, le destin peut toujours être changé mais malgré cela, il ne peut pas s’en aller sans avoir mis fin à ses démons.

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    M.

    « – Je devais m’en aller ce matin.. »

    Il soupire et il se met à triturer ses doigts comme une personne prise en flagrant délit.

    « – Je ne vais pas mentir et dire que je n’ai pas aimé ce qu’il s’est passé cette nuit. Même si ça n’aurait pas dû arriver. On.. on aurait pu se faire prendre et Igor n’aurait pas hésité à nous faire abattre par ses gardes. C’est pour cela que j’ai quitté la chambre très tôt et que j’ai fait comme si de rien car je ne veux pas qu’il s’en prenne à toi. »

    Aidan hausse les épaules et garde les yeux baissés, pour ne pas que Mabel puisse lire les émotions dans son faciès. Pourtant elle sait qu’il doit s’en vouloir mais bien qu’il a dû apprendre à cacher ses émotions depuis des mois, face à la brune c’est peine perdue. Elle a encore énormément de pouvoir sur lui, même certainement plus qu’Igor.

    « – On ne peut pas se montrer proche au manoir. On ne peut pas non plus trop se parler là bas car il va finir par se méfier. Ivanna aussi pourrait se méfier. Igor veut que j’épouse sa fille mais surtout il te prend pour sa chose donc personne n’a le droit de t’approcher. Je suis même surpris qu’il m’a demandé de te surveiller au lieu de te prendre avec lui à New-York. Cependant dans son arrogance, il pense que je suis totalement à ses pieds.. »

    Et c’était presque vrai si Mabel n’était pas arrivée. Si elle n’avait pas cherché à retrouver Aidan, il aurait certainement fini par être le parfait soldat d’Igor. Il s’en rend compte à cet instant. Sans elle, il n’aurait pas cette possibilité de s’échapper.

    « – Promets moi que s’il tente quoi que ce soit, tu me le diras. Cet homme est le diable.. Il pourrait toi aussi t’envoyer à l’usine et il en est hors de question. Tu.. tu n’y survivrais pas. »

    Pas qu’il doute de la force de la jeune femme mais les tortures et les choses qu’il faut faire dans l’usine, auront raison de Mabel. Elle ne survivrait pas à la violence horrible qui se trame là-bas, surtout mentalement.

    « – Et si ça va trop loin, tu pars. Même si pour cela tu dois m’abandonner. Je ne veux pas que tu deviennes toi aussi sa victime.. Tu.. non.. tu n’as pas le droit de voir ce qu’il est capable de faire. »

    Aidan soupire une nouvelle fois et il termine son verre de chianti. L’heure défile et il attrape son téléphone pour voir s’il n’a pas de message de qui que ce soit. La journée n’est pas finie, il a encore des affaires à régler. Il sait aussi que ce soir il ne sera pas au manoir puisqu’il doit aller s’occuper du principal bar d’Igor. Ou plutôt d’un casino qui est le plus huppé de Moscou. C’est aussi là bas qu’il risque de tomber sur le frère de Mabel qui y traîne depuis peu afin de pouvoir savoir si tout va bien pour sa sœur.

    « – Il va falloir y aller. Igor doit rentrer dans la soirée mais je vais m’arranger pour que tu viennes au casino avec moi. »

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    Mabel est diablement belle dans cette robe blanche mais il n’a pas le droit de montrer son intérêt ni son attirance puisqu’ils ne sont pas seuls. Aidan prend sur lui pour éviter de la regarder ou même de penser à la vue qu’elle vient de lui offrir mais cela est compliqué. Heureusement qu’ils arrivent rapidement au casino et qu’Aidan doit aller voir certaines personnes pour discuter affaires.

    Il a tout de même vu Mabel aller vers le Black Jack mais il n’a pas réalisé qu’elle était d’un garçon qui ressemble quelque peu à la jeune femme. C’est une chance pour elle qu’Aidan essaye de ne pas la regarder. Pourtant il jette parfois un oeil pour s’assurer que tout va bien. Malgré cela, il enchaîne les discussions dont une qui le fait légèrement grimacer.

    “ – Vous savez que le fameux parrain irlandais O’Rourke a été retrouvé démembré ? J’ai entendu dire que personne ne sait qui a fait ça mais je suis sûre que c’est Igor qui l’a ordonné. Depuis quelques mois, il a plusieurs fois parlé des irlandais. Soit disant qu’ils voulaient s’en prendre à Igor pour une histoire de vole.”

    Lance l’un des gars qui se trouve à la table d’Aidan. Aidan sait bien que c’est lui qui a tué O’Rourke sous demande d’Igor mais il n’a pas réalisé que c’était lui qui était en jeu dans cette guerre. L’Irlande est encore un souvenir enfoui dans son esprit et son passé de mercenaire aussi.

    “ – C’est pas une grosse perte. Il n’était pas très productif ce gars là. La seule chose qu’il avait en valeur, c’était ses hommes mais ils vont sûrement trouver un nouveau patron.”

    Dit un autre homme alors qu’Aidan se perd un instant dans ses pensées. Il finit par se relever de la table et il part vers le bar afin de se retrouver un peu seul. C’est devenu son habitude depuis quelques jours. Quand il a l’impression que des souvenirs l’envahit, il se met à l’écart pour tenter de les comprendre mais là, il est attrapé par un souvenir qui est plus vivant que jamais. Mabel est là. Elle est a quelques tabourets de lui. Elle l’observe tout en sirotant un cocktail et c’est une torture pour Aidan de tenter de la fuir. Elle est sublime et il ne peut pas s’empêcher de se rappeler la nuit passée avec elle.

    “ – Un autre Whisky monsieur ?”

    Le barmaid sort Aidan de sa torpeur et le colosse accepte ce nouveau verre. Pourtant il ne regarde pas l’employé mais plutôt la délicieuse créature qui continue de le fixer. Lorsqu’il a son verre en main, Aidan boit une longue gorgée et il décide d’aller vers elle. Bien sûr, il fait attention à ce qu’ils ne soient pas observé par les gardes d’Igor.

    “ – Ta soirée se passe bien ? Tu as gagné aux jeux ?”

    Il se racle la gorge et il vient se mettre près d’elle, cependant il se met de dos au reste de la salle et il évite de regarder la succube près de lui.

    “ – J’ai terminé de régler les affaires d’Igor mais on peut encore rester ici. Le patron ne revient pas à l’hôtel avant deux heures du matin.”

    Donc dans trois petites heures. Ils ont encore trois petites heures sans la présence du diable. Aidan termine déjà son verre et il serait prêt à en commander un nouveau si la jeune femme ne venait pas glisser le bout de ses doigts sur le verre vide d’Aidan. Il détourne enfin les yeux et croisent ceux de celle qui se fait nommer Leto.

    “ – Qui était le garçon à table avec toi ? Il te ressemble beaucoup. Même énormément. Si moi je peux le comprendre, imagine Igor..”

    Ce n’est pas une menace mais plutôt un moyen de lui dire qu’il faut qu’elle se montre plus discrète. Aidan a eu le temps de capter Adam et de comprendre qu’il était un proche de Mabel. Cependant que fait-il ici ? Est-ce qu’il travaille avec elle pour s’en prendre à Igor ? Il vaut mieux éviter de discuter de cela ici mais Aidan n’a plus forcément l’envie de s’éloigner de la belle brune.

    “ – Tu es magnifique dans cette robe. J’ai entendu beaucoup d’hommes dire qu’Igor avait de la chance, ce soir.. Et je ne peux les contredire. Bien que je dois avouer que si je ne devais pas obéir à Igor, j’aurais tué chaque homme qui ont osé poser leurs yeux sur toi.”

    Il a un léger sourire et il demande au barmaid de remettre quand même une tournée pour lui et Mabel. Il y a de plus en plus de monde alors il est plus facile pour les deux anciens amants de se fondre dans le décor. Ils se mettent à trinquer et à boire comme s’ils étaient deux personnes qui apprenaient à se connaître. Il y a deux autres verres qui viennent compléter ce faux jeu avant que Mabel s’échappe pour aller aux toilettes. Aidan la voit s’éloigner mais pris dans un élan impulsif, il décide de la suivre en faisant en sorte que personne ne le voit.

    La brune est devant un lavabo, face à un miroir, lorsqu’Aidan entre dans la pièce. Voyant qu’il n’y a personne d’autre, il ferme la porte à clé et il avance d’un pas décisif vers la belle brune. Sans prévenir, il l’attrape par la taille et il vient l’embrasser comme s’il était un camé en manque. Cela n’a pas de sens, c’est même dangereux de jouer à ce jeu mais il n’a pas réussi à contrôler cette envie qui grouille en lui depuis le début de soirée.

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    M.

    Cela n’a aucun sens. Ils ne devraient pas être ici, c’est bien trop dangereux mais Aidan ne répond plus de rien. Il a abandonné sa “bonne conscience” en prenant chemin vers ces toilettes. Maintenant Mabel est contre lui, elle l’embrasse avec autant de passion qu’il ne lui donne. Installé entre les cuisses de la jeune femme, il grogne d’envie lorsqu’elle glisse sa main entre leurs corps pour venir caresser sa virilité qui est durcit depuis le verre au bar. Mabel l’attise encore plus avec des mots qui le rendent dingue.

    “ – Je suis à toi.. Entièrement.., dit-elle lascivement
    _ Alors vérifions si cela est vrai..”

    Un sourire carnassier vient sur les lippes d’Aidan et il vient soulever Mabel pour pouvoir la plaquer contre le mur qu’il y a près d’eux. Le visage d’Aidan se niche dans le cou de la jeune femme et il se met à mordiller sa peau déjà bouillante pendant que l’une de ses mains glissent entre eux pour soulever la robe de Mabel. Il est bien heureux qu’elle ne porte pas grand chose, cela lui permet d’aller bien plus vite dans ses manoeuvres et de pouvoir aisément poser le bout de son membre contre la vulve humide de la brune.

    “ – Tu me rends fou..”

    Murmure t’il alors que sa verge s’enfonce en Mabel jusqu’à la garde. Leurs corps s’unissent à nouveau mais il laisse la demoiselle s’adapter à cette intrusion. Ils se doivent de ne pas faire trop de bruit mais ils débordent tous les deux d’une folie qui se voudrait explosive. Les yeux fixés les uns aux autres, le duo d’amants se jaugent félinement.

    “ – Garde tes gémissements.. Il serait dommage que quelqu’un vienne nous stopper..”

    Et sans attendre, il se met à donner un coup de bassin, puis un autre beaucoup plus fort. Les mains d’Aidan agrippent les fesses de Mabel et quand il a un bon appuie, il se laisse totalement aller dans son envie bestiale. Le dos de Mabel cogne contre le mur, sa poitrine s’écrase contre le torse d’Aidan et elle reçoit encore des petites morsures contre son cou. Elle est prise en assaut. Aidan grogne toujours son plaisir mais pour éviter de sortir des gémissements non controlés, il revient embrasser la demoiselle.

    Ce moment est bien plus intense que dans le manoir. C’est comme si Aidan avait enfin accepté d’avoir un passé et de ne pas être qu’un boucher ou le jouet d’un diable. Là, il est le même homme qu’à Naples. Il est l’homme insouciant qui ne pense pas comme un mercenaire mais comme un homme qui veut vivre.

    Leurs bassins continuent une danse sauvage mais pour parfaire le plaisir de Mabel, Aidan repasse une main entre eux pour titiller le clitoris de la brune. La jouissance est proche mais ils doivent toujours se faire silencieux. Ce n’est pas les voix mais les regards qui montrent l’intensité de ses retrouvailles. Mabel se cambre, se tortille, se crispe mais elle atteint le paradis. Aidan la suit en laissant sa semence se perdre en elle.

    Front contre front, les deux respirent rapidement mais ils ont tous les deux un sourire aux lèvres.

    “ – Mia Cara..”

    Un surnom qu’il avait rapidement donné à Mabel lors du voyage à Naples. Pourtant le souvenir n’est pas là mais ce surnom semble être une évidence dans la bouche d’Aidan.

    “ – Hm.. il.. il faut qu’on retourne dans la salle.. mais je vais sortir avant toi.. pour ne pas que l’on nous voit ensemble.. D’accord ? et.. et quand on rentrera tu iras te doucher.. Je ne veux pas qu’Igor puisse sentir le sexe sur toi..”

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    M.

    Il a encore fuit rapidement et donné des ordres mais c’est plus fort que lui. Il se laisse que trop peu de répit. Son esprit revient à cette réalité dans laquelle il est ancré depuis des mois et il sait qu’au moindre faux pas, il payera cher. Mabel le prend mal et Aidan la comprend tout comme il la maudit. Ils sont en terrain trop dangereux pour jouer les amants proches et chaque seconde peut les mener à un bain de sang. Cependant elle décide de le punir en boudant et en tardant au casino.

    Lorsqu’ils finissent par revenir au manoir; Igor n’est pas encore là mais Ivanna oui. La fille du chef est de retour et ça n’arrange pas l’air contrarié d’Aidan. D’autant plus qu’elle se jette presque sur lui alors que Mabel s’en va à l’étage.

    “ – Vladou ! Je suis revenu ! Papa a dit qu’il serait là aussi mais il n’est pas encore revenu. Tu as des nouvelles de lui ?
    _ Il ne va pas tarder. Son jet a dû certainement prendre du retard.”

    Aidan se recule rapidement d’Ivanna et il jette un regard vers l’escalier. Mabel doit certainement être partie se laver comme il lui a demandé.

    “ – Dans tous les cas, je vais aller me coucher. Je n’ai pas envie d’attendre des heures après lui. Tu ferais mieux de faire de même Ivanna.
    _ Oui oui.. Je vais d’abord aller regarder la fin de ma série.”

    Cette gamine désespère Aidan. Il va vraiment devoir l’épouser ? Il n’en est plus certain même si c’est une chose qui lui permettra de faire tomber Igor. La blonde s’en va donc vers le grand salon et Aidan part vers l’étage. Il ne va pas directement dans sa chambre mais il va vérifier que Mabel est bien dans sa propre chambre. Lorsqu’il passe la tête par la porte, la brune l’attend avec un simple peignoir mais elle crache son venin. Il lève un instant les yeux au ciel car elle lui dicte qu’il n’y aura plus rien entre eux mais elle n’hésite pas à laisser entrevoir son corps nu.

    “ – Ton corps trahit tes paroles Letto.. Mais si c’est ce que tu veux alors d’accord. Je ne voudrais pas plus te contrarier. C’est vrai que j’ai une tendance à soulever toutes les nanas que je croise.”

    Dit-il avec une voix presque mauvaise, dans le sens où elle sait qu’il n’a touché à aucune femme à part elle. Pourtant dieu sait que depuis qu’il n’est plus dans l’usine, il aurait pu se perdre dans les méandres du sexe afin d’oublier les tortures et la folie qui le ronge mais il n’a rien fait. Il a su se contenir jusqu’à ce que cette brunette contrariée revienne à lui.

    “ – Tu crois vraiment qu’on pouvait rester dans ses toilettes à se câliner alors qu’il y avait plus de trois cent personnes dans la pièce à côté ? Et tu as déjà oublié qui tu es censé être ? Oui, tu n’es pas ma fiancée mais la sienne.”

    Ce n’est pas un reproche par jalousie mais un constat glaçant. Elle est dans une mission où son statut lui confère bien plus de gardes que prévu. Elle est celle qu’Igor veut posséder.

    “ – Bref, continu de bouder. Ton fiancé revient dans la nuit.”

    Aidan secoue la tête et sort de la chambre pour retourner vers la sienne. Il semble dépassé pour la soirée alors il vaut mieux qu’il se retrouve un peu seul. La chambre est encore retournée. Il y a des morceaux de miroir au sol et un bordel pas possible qu’il se met à ranger avant de prendre à son tour une douche.

    La nuit est calme pour tout le monde. Même lorsqu’Igor entre enfin de son voyage. Le Pakhan s’en va directement dans sa chambre pour aller se reposer. Aidan ne dort pas, il n’y arrive pas alors il entend ce retour mais ça ne l’empêche pas de continuer à faire ses exercices de musculations pour dire de passer le temps. Il fait presque jour lorsqu’il descend pour aller faire un jogging et quand il revient, Mabel et Ivanna sont en train de déjeuner. Habillé d’un bas de jogging gris et un débardeur noir, Aidan ressemblerait à un dieu s’il n’avait pas son air grognon. Il n’a même pas mis de manteau alors qu’il neige dehors.

    Il va vers la cafetière pour prendre son précieux café mais il jette un regard vers les filles ou plutôt sur Mabel. Elle fait encore du boudin alors que la blonde a coté d’elle se met à parler du mariage.

    “ – Je dois aller essayer des robes de mariée à Paris et Milan ! Tu vas venir avec moi j’espère ? On trouvera peut-être la tienne pour ton mariage avec papa. On laissera les garçons ici par contre !”

    Dit-elle à mon intention. Qu’est ce que j’en ai à faire de voir une fichue robe de mariée ? Je ne compte pas laisser Mabel partir loin de moi sans surveillance alors au diable les coutumes.

    “ – Je viendrais avec vous. Igor ne vous laissera pas partir sans protection.
    _ On a d’autres gardes que toi.. Tu n’es pas exclusif Vlad.
    _ Dans quel sens dis-tu cela Ivanna ? car il me semble que l’exclusivité est une chose dont tu n’as pas la notion. Si je disais cela à Igor, en feignant la déception, je suppose qu’il n’aura pas de mal à t’envoyer quelques jours à l’Usine.”

    Ivanna déglutit car elle vient de se prendre une menace qui n’est pas anodine. Aidan a parlé du fait qu’elle va voir ailleurs et même s’il s’en fiche, il sait que cela peut mettre Igor dans une rage totale. Ivanna accepte donc qu’Aidan vienne pour les essayages mais elle quitte rapidement la salle à manger. Il n’y a plus que Mabel et Aidan. Le colosse vient s’asseoir et il fixe la brunette qui fronce les sourcils.

    “ – Tu me boudes encore ? Toujours dans l’optique de me repousser ? Cela n’empêche que je vais venir avec vous à Paris et Milan. Si ce n’est pas moi qui vient, Igor le fera. Et puisque tu aimes me provoquer, je suppose que je vais pouvoir me laisser aller à ce jeu aussi.”

    Il lance un regard tentateur et légèrement amusé. Aidan termine son café et il se relève de sa chaise, cependant avant de repartir, il ose passer son pouce contre le coin des lèvres de Mabel car elle a légèrement bavé.

    “ – Est-ce mon jogging qui te fait baver ou l’image que tu as de nous dans les toilettes ?”

    En bon taquin, il offre un clin d’oeil et il repart vers sa chambre. Non pas parce qu’il veut laisser Mabel seule mais parce qu’il doit prendre une douche avant que le grand patron se réveille.

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    M.

    Aidan aurait dû suivre Ivanna dans la logique de son statut mais il a laissé la blonde partir et c’est Mabel qu’il a suivi vers le Ritz. Bien sûr, elle l’ignore et elle essaye de se jouer de lui mais il garde un air neutre. Il ne montre pas le fait qu’il est agacé par le fait de jouer le garde et que surtout il doit se tenir à distance. Pourtant cette distance prend fin quand Mabel est gêné par un homme qui tente de l’embrasser. Aidan ne se doute pas que l’autre homme est un infiltré mais quand bien même, il ne peut pas laisser quelqu’un faire quoi que ce soit à Mabel. Cela a déjà été difficile de la regarder flirter avec cet homme mais c’est encore pire après ce faux baiser. Le regard noir, Aidan est prêt à jouer des poings mais Mabel l’arrête dans sa course. Elle lui dit que tout va bien et qu’il doit la suivre mais Aidan reste figé, les poings serrés et les yeux autant armés qu’un fusil d’assaut.

    “ – Te suivre ? Pour te regarder à nouveau flirter avec un inconnu ?”

    Est-ce une pointe de jalousie ? Elle est plus que visible. Aidan grogne légèrement et il baisse enfin son regard vers Mabel qui pince ses lèvres.

    “ – C’est toi qui va me suivre maintenant. Je dois récupérer quelque chose pendant que nous sommes sur Paris.”

    Une demande d’Igor qu’Aidan n’a pas pu refuser. Le colosse attend que Mabel reprend son manteau et il la mène hors de l’hôtel pour rejoindre un taxi. Ils doivent se rendre dans une bijouterie de luxe où Igor a fait commander une parure pour Mabel. Pendant le trajet, Aidan ne dit rien mais il semble intrigué par ce qu’il voit. Paris.. Il reconnaît cette ville. En même temps, lorsqu’il travaillait pour les irlandais, il venait très souvent ici, si bien qu’il en a un studio dans le quartier latin. Cette nostalgie soudaine le perturbe car il ne sait pas s’il a vécu cela avec Mabel ou non.

    “ – On est déjà venu ici ensemble ?”

    Il sort de son silence mais Mabel ne lui répond pas. Elle semble bouder. Aidan lève les yeux au ciel mais il se remet à observer la ville jusqu’à ce qu’ils arrivent devant la bijouterie sur la place Vendôme. Comme prévu, il va récupérer la commande d’Igor alors que Mabel le suit sans vraiment en avoir envie. Lorsqu’ils ressortent de l’établissement, elle est prête à repartir vers le taxi mais Aidan attrape le bras de la jeune femme.

    “ – On va marcher.”

    Elle est en talon mais qu’importe, il veut un peu plus s’initier dans cette ville qui fait remonter des souvenirs et puis dans un sens, c’est une sorte de petite vengeance contre le flirt de Mabel au ritz. Sans lui laisser le temps de répliquer, Aidan se met à avancer sans vraiment savoir où il va ou plutôt en se laissant guider par son instinct. Lorsqu’il venait ici, il y a des années, c’était souvent pour du recel de bijoux ou des contrats avec des hommes riches qui avaient besoin de mercenaires. Certains établissements lui reviennent à l’esprit, les rues aussi. Les champs-Elysée arrivent rapidement à eux et Aidan étire un fin sourire en voyant que Mabel encore plus.

    “ – Mal aux pieds ? Je pensais que tu étais toutes épreuves.”

    En bon taquin, il offre un grand sourire à Mabel avant de se remettre à marcher mais Aidan s’arrête devant un restaurant où il avait l’habitude de manger. Il en avait tellement l’habitude que le directeur le reconnait malgré qu’il soit en extérieur et celui-ci sort pour venir saluer l’Irlandais.

    “ – Aidan ! Cela fait un sacré moment que je ne t’ai pas vu ! Comment vas-tu mon irlandais préféré ??”

    Aidan se sent un peu gêné de ne pas se rappeler du directeur. Cela ne semble pas tilté au patron qui salue aussi Mabel et qui invite les deux amants à entrer dans le Fouquet’s. Il y a rarement de la place ici mais le directeur réussit à mettre les amants à une table. Il offre même deux coupes de champagne. Aidan est encore plus perturbé que dans la voiture et ça se ressent. Son visage n’est plus crispé mais un peu plus angoissé. Mabel est assise face à lui et elle réussit à intercepter l’attention du colosse. Elle est la seule qui semble savoir le remettre sur terre et le calmer.

    “ – Je crois que j’ai un appartement ici.. dans cette ville. Mais je ne sais pas où. Je venais très souvent sur Paris.. mais c’est étrange comme sensation. J’ai l’impression de tout connaître mais sans réussir à me convaincre que je suis déjà venu.”

    La boîte de pandore ne demande qu’à s’ouvrir. Il veut se rappeler mais c’est encore compliqué. Le directeur ramène les cartes du restaurant mais il semble savoir ce qu’Aidan veut. Ou plutôt, Aidan avait ses habitudes. Soupe à l’Oignon, Suprême de Volaille et crêpe Suzette en dessert. Mabel prend la même chose et comme une madeleine de proust, les plats renvoient Aidan a de nouveaux souvenirs. Il venait ici à chaque fois qu’il venait sur Paris et il prenait toujours ce menu. Il raconte à Mabel des événements qui sont arrivés lors de ces voyages. On en oublierait presque Vlad. Ce n’est pas le boucher russe en cet instant mais l’ancien mercenaire irlandais ou plutôt le simple homme qui vivait seul mais qui avait pris quelques habitudes de célibataire endurcit.

    “ – Je crois que c’était près du quartier latin.. Il y avait une vue sur Notre-dame..”

    Dit-il en pensant au studio ou l’appartement. Comme deux explorateurs d’une nuit, le couple d’amants termine le repas et prend un taxi pour se rapprocher de notre-dame. Aidan devait vivre sur la rive puisqu’il avait une vue directe sur la cathédrale mais à quel numéro était-il ? Pour cela, il faut regarder sur les boites à lettre et c’est un peu moins attrayant mais ils se prennent au jeu. Pourtant Aidan ne venait pas ici avec son vrai prénom mais un nom de couverture. Un nom que Mabel connaît puisqu’il avait pris le même à Naples. Jake Langdon. Ils trouvent enfin l’endroit mais Aidan n’a pas les clés. Une idée lui vient tout de même en tête.

    “ – Il doit bien avoir un gardien. Je vais sonner pour voir.”

    Bingo. Il y a un gardien et celui-ci reconnaît Aidan. Il laisse entrer le couple alors qu’Aidan explique avoir perdu ses clés. Le gardien accepte de mener les amants vers l’appartement qui est au dernier étage et il ouvre la porte.

    Oui, le souvenir était bon. Cependant ça sent le renfermé ici et cela conclut qu’Aidan n’est pas venu depuis très longtemps. Il n’y a pas grand chose si ce n’est le mobilier de base et cette fameuse vue sur la cathédrale. C’est un petit appartement sous les combles avec un style Haussman mais à premier abord, il n’y a pas d’affaires très personnelles. Aidan s’avance et avec un automatisme qu’il ne contrôle pas, il va ouvrir l’un des placards. Dedans il y a des armes mais aussi beaucoup de cahiers de dessin. Oui, il y a des milliers de dessins. Une passion qu’Aidan n’a jamais partagé avec qui que ce soit puisqu’il l’exprimait seulement dans ce studio. Paris était l’endroit où il venait se poser, où il s’accordait un peu de temps pour lui. Voilà pourquoi il ressent toute cette nostalgie et tous les souvenirs.

    Le dernier dessin qu’il avait fait, trône sur le haut des cahiers. Ce n’est pas n’importe quoi ou n’importe qui. C’est Mabel. Aidan avait essayé de la dessiner après le voyage à Naples. Ils ne s’était pas encore revu depuis la première nuit enflammée et il avait fait une escale à Paris avant de retourner sur Londres.

    Mabel arrive près de lui alors qu’il tient ce dessin entre sa main. Il avait laissé une date sur le bas de la feuille ainsi que les mots “ Mia Cara”. Le même surnom qu’il a osé dire il y a quelques jours.

    “ – Mia Cara.. Il faut croire que je connaissais chaque détail de ton corps..”

    Il tend la feuille à Mabel pour qu’elle voit par elle-même sa nudité dessinée au fusain. Aidan observe la brune pendant ce temps. La nuit de Naples semble vouloir revenir à son tour, même si c’est encore trop flou pour qu’elle soit entière.

    “ – Tu cherchais à me trouver.. ou plutot à chercher le mercenaire que j’étais.. et moi je cherchais à trouver la personne qui voulait me traquer..”

    Il ne dit pas cela avec un ton amer mais plutôt un amusement. Ils se sont trouvés mais pas comme cela aurait dû être fait.

    “ – Et au final nous avons partagé une nuit italienne sans savoir que nous étions avec l’ennemi recherché..”

    Il pose son immense main contre la joue de Mabel. On dirait que les yeux de la brune brillent de larmes. Aidan se penche et il pose son front contre celui de la belle brune.

    “ – Au lieu de vouloir te stopper, je voulais te retrouver.. te protéger.. te connaitre.. Mais est-ce que j’ai réussi ? Je.. La suite ne vient toujours pas dans mon esprit..”

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    Il n’y a pas eu de grandes histoires entre eux, c’est ce que Mabel dit à Aidan mais pourquoi a t’il cette sensation que c’était fort ? Qu’il y avait plus qu’un simple flirt italien ? Bien qu’elle dit l’avoir sauvé deux fois, ce n’est pas cela non plus qui fait qu’Aidan ressent que son lien avec Mabel est puissant. Non, c’est autre chose. Est-ce qu’il était fou amoureux d’elle ? Possible mais dans ce cas là, peut-être qu’il n’aurait pas eu le temps de lui dire. Il y aura des questions en suspens, c’est certain mais Mabel cesse de remuer le passé et elle se jette dans les bras mais aussi sur les lèvres du colosse. Il la rattrape sans mal et il répond à cette fougue qu’elle lui offre. Les mains d’Aidan se calent sous les fesses de la brune pour la maintenir contre lui et tout comme elle, il offre des baisers doux même si l’ambiance devient beaucoup plus torride en quelques minutes.

    “ – Aidan, Aidan, Aidan, murmure-t-elle contre ses lèvres, ne me laisse pas repartir d’ici sans être rassasiée de toi..
    _ Il est hors de question que l’on sorte d’ici sans que je ne te dévore entièrement..”

    Il chemine vers le lit qui trône dans le salon et il la dépose délicatement dessus. Ses pupilles dilatées ne laissent pas de doutes sur ses envies mais il ne se presse pas comme un affamé, non, il veut pouvoir profiter de chaque seconde avant que tout cela ne devienne un souvenir. Il veut pouvoir garder ce moment en mémoire alors ça ne peut se faire avec bestialité.

    Alors qu’elle est allongée face à lui, il se penche pour poser le bout de ses lèvres contre le haut de poitrine de la jeune femme. Elle a encore cette robe indécente qui épouse parfaitement ses courbes et Aidan rêve de pouvoir lui arracher alors il s’y attèle. La robe noire devient un bout de tissus écorché et inutilisable mais ça ne déplait pas l’homme qui a une vue exquise sur le corps de Mabel. Elle ne porte pas de soutient gorge, seulement une culotte en dentelle. La langue d’Aidan vient glisser sur l’un des seins et il vient se permettre de mordiller le téton pointant de la belle. Il soupire contre sa peau, le désir augmente si vite qu’il en a une suée. Aidan se retient de ne pas être plus gourmand, plus rapide. Pour cela il se concentre sur cette poitrine qui le nargue et qui fait gigoter Mabel sous lui.

    “ – Sois plus sage ou je vais devoir t’attacher les poignets et les chevilles..”

    Murmure t’il de manière taquine car elle devient indomptable sous lui. C’est même encore plus ardent quand il descend encore plus bas et que sa langue vient jouer par-dessus le dernier tissu qu’elle porte. L’une de ses mains écarte les cuisses de Mabel pour avoir plus d’espace et après avoir ôté la culotte de sa belle, Aidan laisse sa langue glisser entre les plus humides qui ne demandent qu’à être comblé. Elle gémit et c’est une divine mélodie qui le pousse à continuer de taquiner son mont de Venus. Il vient aussi glisser un doigt puis un second dans l’antre de la belle. Elle est exquise quand le plaisir la gagne. Il l’avait compris lorsqu’ils étaient chez Igor mais maintenant qu’ils sont dans un endroit à eux, c’est encore plus intense. Ici, il n’y a plus rien qui peut les freiner ou les faire douter. Ici, il n’y a qu’eux et ce qu’ils veulent partager.

    Aidan pousse Mabel a atteindre un premier orgasme. Il ne la ménage pas et même quand elle a trouvé le paradis, il continu de la taquiner avec sa langue même si son propre sexe pulse violement. Dans une nouvelle danse, ils se redressent et s’embrassent à nouveau tout en retirant les vêtements d’Aidan. C’est à son tour de se mettre à nu. L’homme jette ses vêtements au loin et son corps vient se presser contre celui de Mabel lorsqu’il a enfin l’épiderme visible. Son membre tendu s’appuie contre la cuisse de la brune mais Aidan n’accélère rien. Il dévore les lèvres de Mabel jusqu’à ce qu’ils n’ont plus de souffle. Front contre front, ils se mettent à sourire bêtement alors que leurs respirations sont lourdes.

    “ – Tu vois l’effet que tu me fais ? Tu me rends dingue..”

    Mais il ne lui laisse pas le temps de répliquer, il l’embrasse à nouveau. Leurs corps s’épousent contre le lit. Les cuisses de Mabel reviennent autour de la taille d’Aidan et après avoir correctement placé son membre, le colosse s’enfonce lentement pour qu’elle puisse sentir le désir qu’elle a fait monter chez Aidan. Pour ne pas la brusquer, il attend qu’elle se fasse à sa présence en lui mais dès qu’elle lui donne son consentement, l’homme commence des vas et viens qui prennent en intensité assez vite. Il est bien trop envieux, beaucoup trop excité et entiché pour ne pas laisser sa fougue prendre le relais. Ses mains se baladent sur la peau frissonnante de Mabel et parfois, Aidan se permet de venir mordiller le cou ou la poitrine de la brune. Il la dévore comme promis, même si ce n’est que le début de la nuit.

    “ – Mon..Mon dieu.. C’est si..bon..”

    Il feule son plaisir contre l’oreille de la demoiselle. Il lâche même des grognements quand il sent qu’elle joue avec son étroitesse. Aidan est envoûté, complètement aveuglé par cette femme. Il n’y a plus qu’elle qui compte sur l’instant. Il ne pense plus à rien sauf à elle. La douleur, la vengeance, la colère, tout ça n’existe plus en ce moment. Et c’est encore plus vrai lorsqu’ils atteignent l’orgasme à deux. Aidan se perd en elle et laisse son esprit se faire consumer par cette déesse à la peau caramel. Mabel n’est pas qu’un flirt non.. Elle est celle qui permet à cet homme brisé de faire battre son coeur.

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    Elle est magnifique, à le chevaucher de la sorte et à se perdre dans la tourmente de la sensualité. Aidan ne retient pas ses gémissements ni même le plaisir qu’il subit ardemment grâce à elle. La nuit parisienne les amène à se retrouver et à ne plus se lâcher. La pluie tombe de plus en plus, le ciel est parfois happé par des éclairs. C’est comme ci les cieux voulaient les accompagner pour cette soirée de débauche et de retrouvaille.

    Après un second orgasme, Mabel retombe sur lui et il se met à la serrer contre son corps. Il pense à ce qu’elle lui a dit. Ce qu’ils ont vécu même si c’était furtif mais surtout à ce qu’elle a fait pour lui. Elle parle aussi de la solitude dont il était prisonnier et aussi triste que cela soit, il sait que c’est vrai. Il a ressenti cette solitude en Russie, jusqu’à ce qu’elle revienne. Dès qu’il a retrouvé son regard, cette sensation de solitude a pris fin et il ne pouvait pas expliquer pourquoi mais maintenant il sait. Elle est ce qu’il a besoin pour vivre.

    Elle s’endort contre lui et bien qu’ils devraient retourner à l’hôtel pour retrouver Ivanna, Aidan n’a pas envie de bouger. Il n’a pas envie de quitter ce petit appartement ni même cet instant où tout ne compte plus sauf eux. Il trouvera bien une excuse lorsqu’ils retrouveront la réalité mais là, il a besoin de ce moment hors du temps.

    Mais la réalité revient trop vite et l’appartement de Paris, devient une sorte de secret entre les deux amants maudits. C’est leur endroit. Leur Bulle. Ivanna n’a pas vraiment cherché à savoir puisqu’elle a passé la nuit avec d’autres hommes et cela arrange Aidan autant que Mabel. Cependant, aujourd’hui les deux amants doivent subir les essayages de mariages. Robes pour Ivanna et Mabel, costume pour Aidan. Ce n’est pas très attrayant, surtout pour le colosse qui ne pense pas à celle qui devrait devenir son épouse mais plutôt à celle qui est à côté d’elle.

    Les amants ne se parlent pas vraiment pendant le reste du voyage. Ils ne peuvent pas exprimer la proximité qu’ils ont retrouvée afin de ne pas éveiller les soupçons. Aidan s’est remis à jouer l’homme silencieux mais dangereux, afin de masquer ce que Mabel a réveillé chez lui.

    Lors de la troisième soirée sur Paris, Ivanna insiste pour que Mabel la suive vers les meilleures boîtes de la ville. Elle veut fêter la dernière soirée dans la capitale mais bien évidemment, cela ne plaît pas à Aidan qui insiste pour venir aussi. Il joue en quelque sorte le garde du corps mais il a surtout beaucoup plus de regards envers Mabel qu’envers Ivanna. La russe commence à capter cela, bien qu’elle ne le montre pas sur l’instant. Elle garde ses suspicions mais elle observe de plus en plus.

    Durant le trajet retour, dans le jet, Ivanna est assise face à Aidan alors que Mabel est à côté du colosse. Elle continue de les observer et une colère gronde en elle. Une colère qu’elle compte bien exposer à son père afin que l’un des deux amants soit puni. Bien sûr, elle espère que ça soit Mabel puisqu’Ivanna tient à épouser Aidan. Maintenant qu’il est le numéro deux de la Bratva, il est devenu une sorte de trophée à obtenir.

    Igor est dans le manoir de Moscou. Il accueille le trio avec un grand sourire et il ose même venir enlacer fiévreusement Mabel. Le rictus d’Aidan arrive aux yeux d’Ivanna. Ce simple froncement de sourcil confirme tout. La blonde fulmine intérieurement mais elle patiente encore. C’est ce soir, lors du dîner, qu’elle va confronter les amants devant Igor mais pour le moment elle joue encore à la pimbêche qui n’a rien calculé.

    “ – On a trouvé ma robe ! Je vais être la plus magnifique pour mon mariage papa !
    _ J’en suis heureux ma fille. Après tout, dans une semaine nous fêterons votre union.”

    Lance Igor tout en lançant un regard vers Aidan. Une semaine.. Aidan en grogne mais il ne peut pas faire machine arrière. Pas en sachant qu’il est proche de faire tomber Igor.

    En attendant le dîner, le colosse est convié par Igor à le rejoindre dans son bureau afin de parler des affaires. De son côté, Ivanna ose se rapprocher de Mabel pour jouer la bonne copine ou plutôt pour tenter une chose qui confirmerait encore plus ses doutes. Elle pique Mabel en parlant d’Aidan. Elle essaye de faire grimper la jalousie qu’elle-même ressent.

    “ – J’ai hâte d’être son épouse malgré tout ! Papa a bien choisi. Il est beau, fort, impressionnant.. et hyper sexy ! Je suppose qu’au lit, il doit faire des folies. La dernière fois il était torse nu et rien que ça.. wow.. ça donne des idées exquises sur le reste !”

    Elle feint un rire mais elle garde un oeil sur celle qu’elle ne considère plus comme sa future belle-mère mais plutôt sa rivale.

    “ – Tu crois qu’il en a une grosse ? Je veux dire, une grosse queue ?”

    Ivanna sourit en coin et tel un serpent, elle tente de se faufiler dans la possessivité de Mabel.

    “ – Dis moi Mabel.. Pendant notre dernière soirée à Paris, je t’ai vu reluquer Aidan toute la soirée.. Il te plaît mon futur époux ? Plus que mon père ? Ou est-ce seulement une fausse idée ?”

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    Il est clair qu’Aidan n’aime pas ce qu’il se passe devant ses yeux. Une jalousie et une possessivité viennent s’emparer de lui mais il doit rester neutre, ne rien montrer. Maintenant il est devenu un pro pour garder une neutralité physique presque terrifiante mais à l’intérieur, il aimerait sauter sur igor et l’eventrer sur le champ. Ce vieux pervers ne se doute de rien, il fait même preuve d’une immense naïveté devant Mabel et c’est ce qu’elle souhaitait. Aidan l’a compris bien que c’est quand même difficile de garder son sang froid.

    La brune a lancé l’idée d’une soirée et elle va devoir l’organiser. Quand elle quitte le bureau, Igor se met à rire comme un amoureux transi et il se resserre un verre de vodka pour se féliciter d’avoir trouvé une aussi parfaite compagne.

    « – Je savais que j’avais trouvé le gros lot ! Bon, toi aussi tu as une belle fiancée mais j’avoue que ma fille n’a jamais été très dégourdie sur la question de mon business. Elle préfère dépenser l’argent et aller en soirée mais sache que ça ne me gêne pas que tu la corriges pour la rendre docile. Sa mère était pareille et je l’ai envoyée à l’usine plusieurs fois pour lui rappeler qui elle avait épousé. »

    Aidan n’est pas étonné d’entendre cela mais il n’y répond pas puisqu’il sait qu’après la mort d’Igor, Ivanna sera aussi entre quatre planches. Il est hors de question que cette famille reste vivante et Aidan compte même traquer les possibles oncles ou tantes encore vivants.

    “ – Mais revenons à nos affaires. Malgré le mariage à venir et cette soirée, on doit continuer de contrôler nos ventes et je vais t’envoyer sur celles des prostituées à Saint-Pétersbourg. Tu pars demain matin. Tu dois vérifier que Gustav ne fait pas trop de zèle avec les clients car j’ai l’impression qu’on gagne beaucoup moins qu’il y a quelques mois et ce n’est pas normal.”

    Les affaires reprennent.. et Aidan doit les continuer en attendant son heure de gloire. C’est ainsi qu’il se retrouve à partir vers le nord du pays pendant quelques jours alors que Mabel s’affaire à la préparation de la soirée caritative et qu’Ivanna s’occupe du mariage. Igor, pour sa part, retourne vers la Sibérie afin de surveiller l’Usine. Pendant trois jours, ils ont tous une mission et ce n’est pas plus mal puisque cela évite les problèmes.

    Saint-Pétersbourg n’est pas un moment de répit. Aidan doit jouer des poings et de la force pour remettre les choses en place. Il s’impose bien plus qu’Igor ne l’aurait fait et cela lui donne encore plus de crédibilité dans son futur rôle. Il se fait encore plus respecter que le vieux russe mais ça, Igor ne s’en doute pas encore.

    Lors du quatrième jour, Aidan revient au manoir. La soirée de Mabel à lieu ce soir et le colosse se devait d’y être. Pourtant il ne croise pas la belle brune à son retour, ni même Igor. C’est Ivanna qui est au manoir et elle vient l’harceler avec des questions concernant ce foutu mariage.

    Pour couper court, il part vers sa chambre et il se change pour rejoindre ensuite la salle de sport. Il est bien plus agréable de soulever la fonte que de vouloir étriper la blonde. C’est dans ce contexte qu’Aidan revoit enfin Mabel puisque lorsqu’il sort de la salle de sport, elle est là. Torse nu, encore en sueur, il se stoppe dans son avancée alors que la belle retire son manteau enneigé.

    “ – Letto..”

    Dit-il en guise de bonjour mais comme Ivanna et Igor sont là, il ne vaut mieux pas craquer. Ils auront le plaisir de peut-être se rapprocher dans la soirée puisque d’ici deux heures, ils seront là-bas.

    Aidan part prendre une douche et il enfile un costume entièrement noir. Il ne sait pas ce que la belle brune a prévu pour ce soir. Il ne sait rien du tout mais aussi étrange que cela est, il a confiance. En elle oui mais aux autres non.

    Quand il quitte sa chambre, il rejoint le rez-de chaussé et il n’a plus qu’à attendre l’arrivée des filles et d’Igor. Il y a quand même une chose qui se démarque ce soir, contrairement à d’habitude. Aidan semble plus.. prédateur. Il a un regard de fauve. Une expression de bête qui attend sa proie. Mais qui sera t’elle ? Mabel pour ses beaux yeux ? Ou quelqu’un d’autre pour devenir sa victime ?

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    M.

    La soirée est une réussite, aux yeux d’Igor. Pour Aidan, c’est difficile d’en dire autant puisqu’il reste dans son coin et il ne fait qu’observer comme à son habitude. Il n’a pas le droit de se mettre en avant et de toute façon il n’en a pas envie. Pour lui aussi c’est compliqué d’être autant entouré et voir les gens s’amuser alors que de son coté, tout est brouillard. Pourtant, même dans son brouillard, il est le seul qui voit Mabel perdre pied et bien qu’il ne devrait pas la suivre, il ne peut rester en place.

    D’un pas vif, il la trace jusqu’à ce qu’il la retrouve sur le balcon ou sans réfléchir, il se saisit de la hanche de Mabel et il attire la belle contre lui. Elle a peur.. pas pour elle mais pour lui. Aidan étire un léger sourire car pour lui, c’est la même chose. Il a peur mais pas pour lui.. Il a peur pour elle. Il a peur qu’Igor lui fasse du mal ou que ce monde vienne à briser Mabel. Elle a vu des choses peu glorieuses mais pas les pires. Elle n’a pas vu la face très sombre de la mafia.

    “ – Je sais qu’elle a des doutes.. Elle m’a fait des remarques sur nous deux. Cependant j’ai réglé la situation. Ivanna ne dira rien car elle aura beaucoup plus à perdre que nous..”

    Aidan pose son immense main sur la joue de Mabel. Leurs prunelles se percutent et dans leurs regards, il y a toujours la peur mais il y a aussi des sentiments qu’ils ne peuvent plus nier.

    “ – Igor m’a envoyé à Saint-Petersbourg pour que je gère des affaires qu’il n’arrivait plus à contrôler. Malheureusement pour lui, il m’a donné le champ libre pour que ses alliés deviennent les miens.. Tu sais, il n’est plus aussi puissant qu’il ne le croit. En faisant de moi son jouet, il m’a donné la possibilité de toucher à son affaire et j’ai réussi à m’imposer beaucoup plus que lui. D’ici peu, il va tomber et il va falloir que tu sois forte.. Il va falloir aussi que tu sois prête à te battre.”

    Aidan a tiré ses ficelles dans le dos de tout le monde, même Mabel mais il se le devait pour ne pas l’impliquer dans de potentiels problèmes. Le couple d’amants maudits se bat ensemble mais chacun de leur côté, ils ont aussi des secrets qui feront mal le jour où ils seront mis en lumière.

    Le colosse s’apprête à déposer un baiser sur les lèvres de Mabel mais en entendant du bruit arriver derrière, le couple se recule l’un de l’autre. Igor est là. Il n’a pas eu le temps de voir Mabel dans les bras d’Aidan mais il semble quand même en colère.

    “ – Pourquoi n’es-tu pas à la soirée ?? Les gens veulent te voir ! Tu es l’hôte Letto ! Et toi ? Qu’est ce que tu fais avec elle ?!
    _ Elle semblait ne pas aller bien donc je l’ai suivi pour voir si elle avait besoin d’aide. Rien de plus.”

    Aidan toise Igor. Le vieux russe acquiesce mais en attrapant le bras de mabel avec violence, il déclenche un élan de colère chez Aidan. Un élan qui n’aurait pas dû éclater maintenant..

    Sans réfléchir, Aidan repousse Igor violemment et ce geste met Igor en dépourvu. Aidan n’est pas censé s’en prendre à lui. Il a été dressé pour lui obéir.

    “ – Qu’est ce que tu fais ?!! Tu n’as pas à te mettre entre elle et moi !!”

    Des gardes sont proches puisqu’Igor en a toujours non loin de lui mais ça ne freine pas Aidan qui s’avance vers le russe. Il faut croire que la goupille a été retirée.. la grenade est proche de l’explosion. Des mois de rancœurs, de douleur, de colère, de honte, de haine.. Des nuits de cauchemars, de rage, de peurs. Tout ça éclate maintenant. Aidan n’a plus de pensées, il n’a plus rien sauf une soif de sang. Alors il tape.. Il cogne.. Il se déchaine.. Il ne répond plus de rien.

    Les gardes arrivent en entendant les hurlements d’Igor et l’un d’entre eux sort son arme pour tirer mais Mabel protège Aidan. Le colosse irlandais n’a pas besoin de pistolet pour envoyer Igor en enfer mais la rage ne descend pas, même quand le vieux russe se retrouve inerte sur le sol. Aidan se jette sur les gardes qui arrivent. Il agit comme une bête féroce. Il laisse tout exploser. Igor a fait en sorte que l’irlandais perde son humanité en l’envoyant à l’usine et ce soir, l’oeuvre d’Igor montre son nouveau visage.

    La cohue s’étend à la fête. Avec les gardes qui courent de partout, les gens comprennent qu’il y a un gros problème. Adam a le réflexe de partir à la recherche de sa petite soeur et il la retrouve non loin d’Aidan qui continue de tuer comme si cela était d’une facilité sans nom. Malgré tout, il se fait blesser et même tirer dessus mais l’adrénaline qu’il a en lui, ne le fait pas flancher.

    Igor n’est pas encore mort bien qu’il gît au sol. Il tente de se relever difficilement et il remarque Mabel. Il tend un bras vers elle pour qu’elle vienne l’aider. Chose qu’elle ne fait pas et qui fait rire Igor. Oui, même si la mort est proche, il a encore la mauvaise idée de rire.

    “ – Tu.. Tu crois que.. ça va se finir ainsi ? J’ai.. J’ai fais.. en sorte qu’il devienne ça.. et il le sera.. à vie.. J’ai crée un monstre ! Un monstre.. sans pitié..”

    Il garde son air faussement amusé. Quoi de plus hilarant que de se faire tuer par sa propre création ? Quoi qu’il s’en doutait. En réalité, il le savait depuis le début qu’Aidan l’amenait à sa perte puisque c’était en quelque sorte son but. Igor voulait un monstre à la tête de la Bratva. Il voulait un homme sans pitié. Un homme sans humanité. Même si Mabel a redonné un semblant de douceur à Aidan, l’ombre du monstre menace toujours de revenir à la moindre étincelle, comme ce soir avec le geste d’Igor envers Mabel.

    “ – Il.. Il va prendre ma place.. Mais il sera pire.. et tu sais pourquoi ? Parce que je lui ai tout pris.. Il n’a plus rien.. même toi il ne t’a pas vraiment parce que je sais qui tu es.. je sais ce que tu veux faire..”

    Et c’est dans cette dernière phrase qu’il commence à partir. Igor sait pour Mabel ? Est-ce réellement vrai ? La question restera pour le moment sans réponses puisque le chef de la Bratva donne son dernier souffle. Il s’éteint en laissant une couronne sanglante à Aidan qui joue encore des bras.

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    M.

    Il voulait faire du mal à Mabel et c’est ce qui a tout fait basculer.. Igor s’en doutait, il fallait un déclencheur et qu’est ce qui peut faire perdre la raison si ce n’est blesser sa seule raison de vivre ? Mais maintenant elle n’est plus là. Elle est loin. Elle est hors de portée. Où est-elle ? Est-ce qu’elle va bien ? Ce sont des questions qui n’ont de réponses que le lendemain lorsqu’Adam tente un contact avec le nouveau Pakhan. Aidan, le nouveau parrain de la Bratva Russe mais surtout le nouvel ennemi à abattre.

    Il a été sérieusement blessé durant la soirée mais ses nouveaux hommes ont réussi à le sortir de là et à l’éloigner de la capitale pour pouvoir le soigner mais surtout pour savoir ce qu’il en est. Igor n’est plus et bien qu’il avait désigné Aidan comme successeur, beaucoup de monde n’y voit pas de légitimité. Tout ça va devenir une sorte de mic mac compliqué qu’il va falloir décortiquer pour avoir un semblant de contrôle mais il est difficile pour Aidan de penser à tout cela alors qu’il ne fait que penser à Mabel.

    Adam.. Aidan ne le connaissait pas ou plus. Il n’avait pas de souvenirs de ce jeune homme qui n’est autre que le frère de Mabel mais aussi le fils d’un autre chef de mafia. Alors Mabel vient de la mafia ? Cela ne semble pas choquer Aidan. Quelque part, il devait le savoir. Par le biais d’un homme de main, Adam fait passer des messages à Aidan mais il demande aussi des nouvelles pour rassurer Mabel. Cependant il refuse de dire où elle se trouve et cela ne plaît pas à Aidan qui a besoin de la voir.

    Quelques jours passent, Aidan est encore caché dans l’un des entrepôts de la Bratva et il se remet lentement de ses blessures, cependant il ressemble à un lion en cage. Le fait de ne pas pouvoir voir Mabel, ça le rend dingue et cela joue sur son comportement qui n’a plus rien d’un homme simple. Il s’énerve pour un rien et il frappe quiconque ose le contrarier. Pourtant l’un des hommes réussit à le raisonner sur un point important.. Mabel est en danger en restant auprès de lui. Elle compte tellement pour Aidan qu’elle en devient son point faible et les ennemis n’hésiteront pas à s’en prendre à elle pour faire tomber le colosse. Cette révélation est un coup de poignard pour Aidan. Il est voué à ne plus pouvoir être auprès de Mabel ? Il est condamné à ne plus avoir le droit de l’aimer ? Alors que c’est elle qui lui donne encore un semblant d’humanité.. c’est elle qui lui offre de la douceur.

    Donc c’est ça le prix d’une couronne ? Perdre le grand amour pour contrôler l’horreur et l’argent. Aidan voulait tuer Igor et il avait émis le souhait de prendre sa place mais pas à ce prix. Là, il se sent seul face à sa colère, sa haine et aussi face à des hommes qui répondent au moindre de ses caprices. Il ne met pas longtemps à imposer son rôle de Pakhan, ni à remettre de l’ordre dans les affaires, un peu comme s’il était né pour devenir un parrain de mafia mais ça n’enlève en rien le vide qu’il ressent à l’intérieur. En étant loin de lui, elle a une immense partie de son coeur, de son âme et plus les jours passent, plus il devient infâme.

    Ivanna avait réussit à quitter la soirée avant de ne devenir prisonnière mais cela était sans compter la détermination d’Aidan à l’éliminer. En deux semaines, il a fait retrouver la blonde et elle a fini dans l’usine comme la plupart de ceux qu’Aidan juge comme ennemis. Adam a décidé de quitter la Russie avec Mabel, sans laisser le choix à la jeune femme et il s’est surtout assuré qu’Aidan n’envoie personne la retrouver. Avant le départ, les deux hommes se sont rencontrés à la demande d’Adam et cette visite a été le coup de grâce pour Aidan.

    “ – Elle sera en danger auprès de toi. Elle sera toujours une cible et tu le sais. Tu dois la laisser partir avec moi et ne pas chercher à la rapprocher.. Je vais m’assurer de la garder en sécurité mais on sait tous les deux que tu ne dois plus jamais la revoir.
    _ Je le sais.. mais je sais aussi que j’ai besoin d’elle..
    _ Tu es devenu un Pakhan et ce n’est pas rien. Tu es puissant mais tu es aussi celui qui a certainement le plus d’ennemis sur le dos. Tant que tu ne seras pas mort, ça sera toujours ainsi. Si tu aimes ma soeur, tu dois la laisser vivre sa vie.. Elle sera bien plus heureuse et protégée loin de toi.”

    Et ça fait un mal de chien d’entendre ça mais aussi de se dire qu’il a raison. Même si Aidan abandonnait sa place de Pakhan, il resterait un danger qui ne peut assurer un avenir simple à Mabel. Mais la détermination d’un homme qui aime, n’est-elle pas plus forte que des menaces extérieures ?

    Un mois est passé depuis la mort d’Igor et malgré la demande d’Adam, Aidan se retrouve à Londres. Il ne devrait pas être là mais il n’a pas réussi à attendre plus longtemps. Pourtant Adam a raison, Mabel est en danger et le point faible du colosse donc il devrait abandonner mais il s’est promis que personne ne touchera à Mabel. Après tout, il a les moyens de la mettre en sécurité optimale maintenant.

    Ce n’est pas chez elle qui se dirige en premier. Ce mois loin d’elle, a permis à Aidan d’en apprendre plus sur la famille de Mabel et notamment son père qui est un chef de clan. Il est bien moins puissant qu’Aidan et il n’est tourné que sur le trafic de drogue et les jeux mais Aidan compte bien rencontrer cet homme. Il compte surtout faire une alliance que beaucoup de parrains aimeraient obtenir. Quoi de mieux qu’un mariage pour sceller des clans ? Aidan va demander la main de Mabel en passant par son père et même si c’est lunaire, il a vite compris les codes de la mafia.

    C’est dans le casino du père de Mabel que se fait la rencontre. Monsieur Harrington n’a pas prévenu Adam ni Mabel pour cette entrevue mais il s’est quand même assuré que sa fille vienne les rejoindre un peu plus tard. Il s’est que sans la présence de Mabel, il n’obtiendra rien d’Aidan.

    Accompagné de gardes, Aidan fait son entrée et elle en impose malgré lui. Toujours vêtu d’un costard et de sa fameuse chemise noire, il a osé laisser pousser sa barbe, ce qui lui donne un air encore plus sauvage. Harrington l’attend dans un salon privé et après des brèves salutations, ils se mettent enfin à discuter de l’alliance. Si Harrington pense accepter d’office la demande d’Aidan, ce n’est pas la même donne pour la Pakhan.

    “ – Sachez que ce n’est pas un ordre. Je veux dire que c’est Mabel qui acceptera ou non cette demande. Pour ma part, c’est une proposition mais si elle la refuse, j’accepterais son choix. Cependant si j’ose vous demander cela, c’est parce que j’aime votre fille et que je ferais tout pour elle.
    _ Hm.. Et bien, attendons qu’elle arrive dans ce cas. Vous lui exposerez votre demande mais si elle refuse, vous allez tout de même annuler notre possible alliance ?
    _ Cela dépendra de la réponse de votre fille. Si elle ne veut pas que je fasse affaire avec vous, alors je n’en ferai rien.
    _ C’est amusant ! Un chef comme vous qui dépend de ma fille.. à croire que c’est elle qui mène tout.
    _ Vous en êtes jaloux Harrington ? Mabel n’est pas qu’une simple fille. Elle est la seule personne qui détient mon âme.”

  205. Avatar de M.
    M.

    Aidan n’est pas du tout à l’aise avec cette situation. Il se sent à la fois horrible et heureux. Horrible parce qu’il négocie le mariage de Mabel mais heureux parce qu’en faisant cela, il sait que c’est sa seule chance de l’avoir auprès de lui. Dans d’autres circonstances, rien de tout cela ne serait arrivé mais quand on devient le chef de l’une des plus grosses mafias au monde, rien n’est normal, même les mariages.

    Le père de Mabel semble être bien content de ce possible arrangement mais Aidan sait que ça ne sera pas la même chose pour Mabel et il a raison. Lorsqu’elle fait son arrivée, son visage est grave, triste, surpris. Elle comprend que son père est en train de la vendre.. Et n’est-ce pas honteux ? Mais dans un autre sens, il l’aurait fait. Le père de Mabel l’aurait vendu au plus offrant, en sachant qu’elle est le point faible d’Aidan. Même si il aime sa fille, il n’en reste pas moins lui aussi un chef de clan.

    Alors qu’Harrington tente des sarcasmes, Mabel vient auprès d’Aidan. Il se lève pour venir s’approcher de cette femme qu’il n’aurait pas du retrouver. Non, il aurait dû couper les ponts mais comment le faire quand on est obsédé par cette personne ? Mabel demande à Aidan de le regarder et c’est ce qu’il fait. Il vient fixer les yeux larmoyants de la jeune femme. Il n’a montré encore aucune émotion depuis qu’il est dans ce salon privé mais c’est son rôle qui lui impose d’être impassible. Devant ses hommes et ceux d’Harrington, il doit être le plus neutre possible ou plutôt, le plus indomptable.

    “ – Mabel..”

    Il s’apprête à briser les quelques centimètres qui la sépare d’elle mais avant cela, il lève la main pour faire signe à ceux qui sont autour d’eux.

    “ – Sortez d’ici !
    _ Mais pourquoi ? C’est avec moi que vous vous entretenez, pas ma fille !
    _ Justement, c’est avec elle que je veux parler donc sortez d’ici ou je m’en vais et je mettrais fin à notre entrevue.”

    Harrington grimace mais il accepte sans vraiment avoir le choix. Les hommes sortent du salon privé et après quelques minutes, il ne reste qu’Aidan face à Mabel. Quand il est certain que la porte est fermée, il brise enfin la distance et il vient la prendre contre lui. Sa posture change du tout au tout. Il n’a plus l’allure d’un chef mais plutôt d’un simple homme qui retrouve son souffle après des semaines d’apnée.

    “ – Mabel.. mon dieu.. si tu savais à quel point j’étais dingue de ne pas te voir..”

    Il lui doit des explications, afin qu’elle comprenne pourquoi ils en sont ici. Pourquoi il n’a pas pu la contacter autrement et pourquoi ils devaient être discret.

    “ – Adam ne m’a pas laissé le choix et je comprenais pourquoi il le faisait. Il voulait ta protéger car maintenant qu’on m’a mis à la place d’Igor, je suis l’homme le plus en danger possible.. Il y a des parrains ou même des simples mercenaires qui veulent ma peau. Il y a aussi interpole qui me cherche. En restant auprès de moi, tu seras tout autant en danger.. parce que tu es mon seul point faible.. ou plutôt ma faille. Pour toi.. je.. je ferais tout..”

    Il ferme les yeux et niche son visage contre le cou de Mabel. Aidan ne sait toujours rien sur ce qu’elle fait avec interpole, même s’il sait que l’entreprise veut l’attraper. Par contre il sait aussi qui des autres clans veulent le voir tomber mais il sait aussi ceux qui veulent s’allier à lui. Les dernières semaines n’ont pas été de doux repos entre sa convalescence et le fait qu’il a du remettre une organisation en place.

    “ – Je ne devrais pas être ici.. Mais bien qu’il est vrai que tu es ma faille, je ne pouvais concevoir de continuer sans toi et j’ai aussi appris que plusieurs chefs ont contacté ton père pour pouvoir demander ta main. Bien que je ne connais pas ton père, il est hors de question qu’il te vende à n’importe qui.. Alors même si c’est tordu, j’ai fait une offre. Pour ne pas que tu sois vendu comme un vulgaire objet à quelqu’un que tu ne connais pas. Sache que jamais je ne t’imposerais un mariage si tu n’en veux pas mais en faisant cette offre, je sais que tu seras auprès de moi et pas.. avec un autre..”

    Il n’est pas le plus fière, cela se voit dans son regard. Qui aimerait voir son âme soeur comme un trophé à obtenir ? Pas Aidan. Pourtant c’est ce qui va advenir de Mabel et ça même s’il garde ses distances. Bien qu’elle a une indépendance vis à vis de son père, elle n’en reste pas moins la fille d’un parrain.

    “ – Je signerais l’offre de ton père qu’avec ton consentement mais n’oublie pas ce qui pourrait se passer si..”

    Si elle n’accepte pas. Aidan secoue la tête car rien que l’idée de la savoir dans les bras d’un autre, ça le rend dingue mais il sait surtout que l’autre pourrait être horrible avec elle. Non, ce n’est pas possible.

    Par un souffle difficile, il réouvre ses paupières et il laisse ses lèvres se poser contre celles de Mabel. La situation est totalement différente maintenant. Il n’y a plus d’Igor, plus d’Ivanna, plus de tortures mais à présent il pourrait y avoir un millier de choses entre eux. Surtout des personnes qui voudront les blesser, les tuer ou les enfermer mais Aidan ne peut pas se résoudre à abandonner Mabel. Pas après tout ce qu’il s’est passé. Elle la sauvé plusieurs fois et elle est surtout la seule personne qui réussit à le rendre humain.

    “ – Viens avec moi Mabel.. J’ai tout mis en place pour que personne ne puisse te faire du mal. Je sais que tu n’as jamais voulu d’une vie comme celle-ci, ou plutôt dans la mafia mais je te promet que dès que j’aurais remis assez d’ordre, on disparaitra tous les deux. On partira je ne sais ou mais on ira loin de tout. Tu dois juste me faire confiance..”

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    M.

    Elle ne veut pas le suivre.. C’est un choc pour Aidan qui en réalité ne s’attendait pas à cette réponse mais après tout, il avait prévenu qu’il ne la forcerait pas. Il se doit de respecter son choix même s’il ne le comprend pas car dans tous les cas, Mabel restera dans une situation critique. Les autres clans voudront négocier sa main ou certainement la récupérer. Elle glisse tout de même un papier dans la main d’Aidan mais il ne prend pas la peine de le regarder. Non, il le froisse entre sa main et il secoue la tête.

    « – Non.. Après tout si je ne suis pas capable de pouvoir te protéger et t’avoir auprès de moi, il serait idiot que je met d’autres personnes de mon passé dans une mauvaise situation. Je crois que je suis voué à être seul.. mais qu’importe tant que toi tu trouves ton bonheur Mabel. S’il n’est pas auprès de moi alors j’ose espérer que tu le trouveras auprès de quelqu’un qui te fera oublier tout ça.. »

    Il n’a pas le cœur à sourire ni même à insister. Ses yeux pétillent de larmes mais il les retient. Heureusement puisque le père de Mabel revient dans la salle privée pour savoir ce qu’il en est de la négociation. Il comprend rapidement que sa fille n’a pas accepter et il s’apprête à faire une remontrance mais Aidan le stoppe.

    « – J’accepte notre accord même sans mariage. Cependant j’ai une nouvelle contrepartie. Nous ferons une alliance si en retour, vous ne donnez pas votre fille au premier venu. C’est elle et seulement elle qui choisira son avenir. C’est ma condition pour que l’on soit associé. »

    Harrington fixe Mabel et il accepte puisqu’il a tout de même obtenu ce qu’il souhaitait. Avant qu’Aidan ne doit retourner auprès du père pour signer l’accord, le colosse vient déposer un baiser contre le front de Mabel mais il n’en fait pas plus car il a le coeur bien trop lourd pour le moment. C’est dans cette tension immense que les amants se quittent. Aidan va retourner en Russie et Mabel fera sa vie ici, en Angleterre, loin de lui. N’est-ce pas ce qui devait se passer avant Naples ? Pourtant le destin va certainement les réunir d’ici peu. Ou plutôt une jeune femme qui est bien trop intrépide.

    Un mois c’est écoulé depuis l’accord entre Harrington et Aidan. Le Pakhan a repris son trône à Moscou, avec bien plus de colère qu’il ne le devrait mais peut-être que les semaines pourront l’adoucir. De son coté, Mabel est toujours à Londres mais elle reçoit un appel de son frère qui va malgré elle, la relier de nouveau à Aidan.

    C’est au cours d’une après midi qu’Adam tente de joindre sa soeur.

    “ – Allo ? J’ai besoin que tu viennes au casino rapidement. J’ai quelqu’un devant moi qu’il faut que tu vois. C’est urgent.”

    Il n’en dit pas plus pour ne pas alerter qui que ce soit autour de lui mais face à lui, il y a une demoiselle de dix sept ans qui est le portrait craché d’Aidan. Elle est là pour retrouver son père et elle a fouillé jusqu’à arriver au clan Harrington. Lorsque Mabel arrive enfin, la petite brune est embarqué vers un salon pour rencontrer Mabel. Elle a les mêmes yeux qu’Aidan mais aussi sa détermination.

    “ – On m’a dit que mon père travaillait dans ce casino. Il s’appelle Aidan ! Vous le connaissez ?”

    Elle est loin de se douter que son paternel est loin d’être un simple croupier. En réalité elle sait presque rien. Elle n’a que quelques photos et les paroles de sa mère. L’ex petite amie d’Aidan, ne souhaitait pas que Sarah retrouve son père mais la lycéenne tient à rencontrer celui qu’on lui a toujours caché.

    “ – J’ai des photos de lui si cela peut vous aider.”

    Des photos d’Aidan au lycée.. Un jeune homme loin de se douter ce que sera son avenir après un passage en prison. Sarah montre les quelques photos qu’elle a en sa possession dont un où Aidan tient le bébé entre ses bras mais c’est la seule fois où Sarah a pu être auprès de son père.

    “ – Ma mère m’a dit que mon père était quelqu’un de mauvais et c’est pour cela qu’elle a fait en sorte qu’il ne vienne jamais vers moi mais j’ai besoin de le rencontrer.. j’ai besoin de savoir qui il est. Vous le connaissez vous ? Votre ami ou frère, m’a dit que c’était vous la plus apte à m’aider..”

  207. Avatar de M.
    M.

    Un message. Un rendez-vous. Cela n’a pas de sens puisque Mabel a refusé de suivre Aidan mais Adam a demandé une entrevue avec Aidan. Pas le Pakhan mais Aidan. Cela va s’en dire qu’il doit venir comme un simple homme et non comme un chef. Cela sonne comme quelque chose de très inquiétant car pourquoi Mabel aurait besoin de le voir après l’avoir laissé partir ? Est-ce qu’elle a un souci ? Est-ce qu’Harrigton n’a pas tenu le marché ? Il aura la réponse dans quelques jours car avec le message, Adam a demandé à Aidan de se déplacer à Paris pour ce rendez-vous. Mabel devrait l’attendre dans son appartement face à Notre Dame.

    Depuis qu’il est parti de Londres, il s’est entièrement plongé dans la mafia, comme pour ne plus penser au reste. Il se panse avec l’illégalité et c’est presque puéril mais comment vouloir de la douceur quand à l’intérieur tout est brisé ? La seule chose positive est qu’il est bien plus respecté qu’Igor et il s’est fait rapidement un grand nom. Pakhan Vlad le boucher. Surnom terrible mais vrai. Il perd un peu plus son âme chaque jour, si bien qu’il a longuement hésité à accepter la demande d’Adam. Après tout, pourquoi y aller si c’est pour encore voir Mabel s’en aller ? Pourquoi espérer quand il sait que ça lui fera de nouveau mal ? Mais il prend quand même un jet et il rejoint Paris sans savoir ce qui l’attend derrière tout cela.

    Paris.. La dernière fois qu’il y est venu, il a appris sur lui-même mais surtout il avait compris à quel point il tenait à Mabel. Ils s’étaient dit que l’appartement deviendrait leur secret et c’est justement là qu’ils doivent se retrouver. Est-ce que c’est juste pour dire de passer une nuit ensemble ? Est-ce cela que Mabel souhaite obtenir de lui ?

    Par précaution, il n’a prévenu personne et il est venu seul. Il a troqué son costard pour des vêtements plus simple et passé inaperçu. Ils doivent se retrouver à 14h mais le colosse est arrivé plus tôt dans la capitale. C’est assis dans l’un des cafés parisiens qu’il laisse ses pensées se perdre sur cette rencontre qui est étrange. Il ne pense pas à Sarah puisque même s’il sait qu’il est père, il n’a pas souvenir d’elle. Il pense même qu’elle sera toujours une étrangère à sa vie et c’est mieux ainsi. Certes il est seul mais c’est le prix à payer pour que ses proches ne soient pas en danger.

    Mabel arrive à l’appartement avec Sarah avant les 14h et l’adolescente est surprise par cet endroit. Il n’y a pas grand chose si ce n’est la vue sur notre dame, un lit et des dessins. On dirait une chambre d’hôtel, pas quelque chose de personnel. Elle fait le tour de la grande pièce mais le stresse la gagne quand elle remarque l’heure. Il est 14h03 et il n’est toujours pas là.

    “ – Tu penses qu’il va réellement venir ? Tu lui as dit que j’étais avec toi ?”

    Un lien s’est créé entre les deux femmes. Sarah apprécie énormément Mabel, pas seulement parce qu’elle connaît Aidan mais aussi parce qu’elle a découvert une personne au grand coeur. Depuis le temps qu’elles se sont rencontrés, elles ont passé la plupart du temps ensemble et Sarah a pu se confier à Mabel, comme si elle était une amie proche. Il faut dire que la brunette n’a pas eu la vie facile et ça, Aidan ne le savait pas autrement il aurait certainement tout fait pour la récupérer.

    Jessica, la mère de Sarah, n’a pas été ce qu’on appelle une superbe maman. Elle a eu Sarah lorsqu’elle avait dix huit ans et même si elle l’a éloigné d’Aidan, elle n’a pas éloigné son enfant de plusieurs beaux-pères violents et insultants. Sarah a passé une bonne partie de sa vie a être trimballé de maisons en maisons lorsque sa mère trouvait un nouveau copain. Elle n’a jamais eu le temps de s’encrer quelque part et de se faire de vrais amis. C’est aussi cela qui l’a poussé à retrouver Aidan car elle a ce besoin d’avoir une stabilité et surtout quelqu’un qui l’aime totalement. Jessica a toujours montré une sorte de mépris envers Sarah car elle ressemble bien trop à Aidan.

    Même Mabel semble avoir beaucoup plus de douceur et d’amour que la propre mère de Sarah. Voilà pourquoi la jeune demoiselle se sent proche de la belle amante d’Aidan.

    “ – Peut-être qu’il ne veut pas me voir.. Après tout, ma mère ne voulait pas qu’il fasse partie de ma vie..”

    Dit-elle la gorge serrée alors que quelqu’un toque à la porte. Aidan est enfin arrivé avec dix minutes de retard mais il est là. Bien sûr, lui aussi stresse mais pas pour ce qu’il croit.

    Lorsque la porte s’ouvre, c’est Mabel qui lui fait face. Elle semble troublée.. inquiète..

    “ – Bonjour Mabel..”

    Dit-il de sa voix grave mais son regard se détourne lorsqu’une autre silhouette se rapproche. Derrière Mabel, il y a une autre fille mais Aidan ne percute pas tout de suite. En réalité, il ne comprend pas du tout. Pourquoi Mabel n’est pas seule ? Qui est l’autre personne ? Cependant les yeux ne trahissent pas. L’instinct paternel non plus. Aidan sent son coeur se mettre à battre de plus en plus vite et il se recule d’un pas. Ses yeux reviennent sur Mabel, cherchant à avoir une réponse concrète.

    “ – Qu’est-ce.. Qu’est-ce qu’elle fait ici ? Pourquoi vous êtes ici ? Je.. Tu dois l’éloigner de moi Mabel ! Et toi aussi tu dois rester loin de moi ! Tu sais que c’est dangereux !”

    La panique.. voilà ce qui l’attrape en plein vol. Une angoisse monte. Parce qu’il fait face à son âme soeur mais aussi à cette petite fille qu’il a toujours aimé de tout son cœur mais qu’il n’a jamais eu le droit d’approcher. Il se retrouve face à ses deux trésors. Il a face à lui les deux seules personnes pour qui il pourrait se brûler les ailes.

    Les mains d’Aidan se mettent à trembler et il recule encore quand Sarah arrive derrière Mabel.

    “ – Qu’est-ce qu’il se passe Mabel ?? On ne devait plus se revoir et là tu es avec.. avec..
    _ Ta fille..”

    La voix de Sarah est basse mais assez forte pour qu’il ne puisse y avoir de doutes. Aidan reste figé comme si l’on venait de le pétrifier avec une énorme nouvelle. Et quelle nouvelle ! Il n’est pas à Paris pour retrouver les bras de Mabel mais pour découvrir un passé qu’on lui a retiré.

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    M.

    Comme lors de sa crise dans la chambre, Mabel prend le contrôle pour calmer Aidan. Elle sait comment faire baisser sa tension, ses battements cardiaques et son souffle, même si cela prend du temps. Sarah est partie dans l’autre pièce, ce qui l’aide aussi à reprendre sur lui mais la confusion et la peur restent présentes. Mabel est juste là, face à lui mais c’est aussi elle qui a amené Sarah ou plutôt qui est tombée sur elle. Sarah.. sa fille.. son propre sang.. Et dans cette réflexion, les souvenirs reviennent. Le fait que Jessica avait tout fait pour qu’Aidan ne soit jamais dans la vie de Sarah et la douleur qu’il a ressenti en avançant sans pouvoir être auprès d’elle. Aidan n’a jamais été un grand sentimental puisqu’il n’a jamais eu de grande histoire d’amour avant Mabel mais Sarah a été son plus grand vide. Avant que Mabel n’arrive, il vivait avec cet immense vide que de ne pouvoir être le père qu’il aurait voulu être.

    “ – Comment.. mais comment est-ce possible ? Jessica avait dit que jamais elle ne dirait à.. Sarah qui j’étais..”

    Sa voix est un murmure rempli de douleurs. Aidan ferme un instant les yeux et il revient vers Mabel pour l’avoir contre lui. C’est bien plus efficace qu’une simple main contre son torse. Sentir l’odeur de Mabel et aussi la sentir contre lui, c’est un bien meilleur calmant.

    “ – Je ne sais pas quoi dire.. quoi faire.. Elle ne devrait pas être ici Mabel..”

    Encore un murmure envers sa belle car il ne tient pas à ce que Sarah l’entende. Il ne réalise pas pleinement tout ce que cela implique ou va impliquer. Il sait cependant qu’il va avoir besoin de Mabel, quoi qu’elle puisse dire. Si le Pakhan sait gérer des mauvaises situations, le simple homme est facilement perdu dans les choses banales de la vie.

    “ – Qu’est ce que je dois lui dire ? Qu’est ce que je dois faire ?”

    Il pose son front contre celui de sa belle et il cherche déjà des réponses. Son corps est de nouveau calme mais pas ses pensées. Il jette un oeil vers la pièce où est enfermé la jeune fille et comme un garçon timide, il cache son visage contre le cou de Mabel.

    “ – Je ne veux pas qu’elle me voit comme ça.. Elle va croire que je suis un peureux ou un idiot..”

    Mais il tente de prendre un peu de courage et il se détache de Mabel. Il prend son souffle et il demande à Sarah de sortir pour les rejoindre. Les trois se retrouvent au milieu de la grande pièce de l’appartement et un jeu de regards silencieux se lance entre le père et la fille. Ils se découvrent physiquement. Il est indéniable qu’ils sont du même sang. Aidan ne peut renier cette fille car même lorsqu’ils se toisent, ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

    C’est Sarah qui casse le silence en se rapprochant de Mabel.

    “ – Merci.. Tu m’avais promis de me le présenter..”

    Aidan regarde les deux filles qui semblent être bien plus proches qu’il ne l’aurait imaginé mais ça ne le gêne pas. Bien au contraire, ça l’apaise de savoir que Sarah a trouvé aussi en Mabel un réconfort, une amie, une ancre.

    “ – Euh.. et bien.. Je suis Sarah.. J’ai dix sept ans mais bientôt dix huit et..
    _ Et tu es ma fille.. Ma petite fille..
    _ Plus si petite que ça.. Je suis presque adulte quand même !
    _ Oui mais dans les yeux d’un père, un enfant ne grandit jamais..”

    Aidan a un sourire triste en disant cela. Il aurait tellement aimé ne pas être dans l’ombre mais la vie est ainsi.

    “ – Je.. moi c’est Aidan.. j’ai trente cinq ans.. et.. Je ne sais pas si Mabel t’a dit ce qu’était ma vie mais je doute que ce soit le moment pour parler de ça. Je.. pense que je préfère d’abord savoir qui tu es et savoir tout ce que j’ai manqué.
    _ Ce n’est pas de ta faute, je le sais.. C’est maman qui t’a chassé de ma vie. Elle m’a dit que tu étais quelqu’un de pas bien et que tu n’aurais jamais su t’occuper de moi.. Mais je sais que c’est faux. Mabel m’a parlé de toi..”

    Aidan jette un oeil vers Mabel. Il hoche légèrement la tête pour la remercier.

    “ – Hm.. Allons déjeuner. Je pense que sera plus agréable de parler autour d’un bon plat plutôt qu’ici..”

    Le colosse entraîne les deux femmes avec lui et ils partent sur l’autre rive du fleuve pour trouver un endroit assez calme pour discuter et faire plus ample connaissance. Sarah parle de sa vie mais elle ne dit rien concernant sa mère ou ses beaux-pères car elle ne tient pas à casser ce moment assez spécial. Elle parle de chose plus banale mais aussi de son manque d’Aidan. Aidan aussi se prête au jeu sans pour autant parler de la Bratva ou de son ancien métier de mercenaire. Ce sont des vérités à demi-mots. Il n’y a que Mabel qui sait tout et qui garde le silence sur ses confidences teintées.

    Après le repas, ils vont à trois se balader dans Paris, tout en continuant de discuter. A un moment, il y a une sorte de complicité qui s’impose entre les deux lorsque Sarah parle de son amour pour le dessin et surtout sa passion pour les sports automobiles. Aidan en est fan aussi alors la discussion s’emporte sur ses sujets.

    C’est en faisant un tour dans le musée du Louvres, qu’Aidan se retrouve un peu en retrait avec Mabel. Sarah observe les tableaux tandis que les amants sont à quelques pas derrière elle.

    “ – Elle est comme je l’imaginais.. Du moins, je ne sais pas comment l’expliquer mais j’ai l’impression de la connaître alors que je n’ai jamais été auprès d’elle.”

    Aidan a ses mains dans ses poches puisque même si l’envie de passer un bras autour de la taille de Mabel se fait présente, il ne sait plus ce qu’il peut ou non faire. Maintenant qu’elle a dit non au mariage, est-ce qu’ils sont de simples anciens amants ? Des amis ? Des connaissances ? Pourtant elle est là. Elle aurait pu ne pas accepter la requête de Sarah. Mabel aurait pu dire non et passer à autre chose mais elle ne l’a pas fait. Alors qu’est qu’Aidan doit en conclure ? Et que va t’il advenir ? Il ne peut pas amener Sarah en Russie.. Ni Mabel.

    “ – Tu sais comment elle a fait pour pouvoir se rapprocher du casino de ta famille ? Normalement, il n’y a aucun lien sauf avec toi mais peu de monde le savent.. Même les hommes d’O’rourke ne le savaient pas. Je.. J’espère qu’elle n’a pas fouiné dans.. les clans. Qu’elle n’a pas non plus fait d’affaires avec qui que ce soit pour avoir des réponses. Hm.. Mais je suis quand même content que ce soit toi qu’elle a trouvé. Parce que tu es la seule qui connait qui je suis réellement.. Je veux dire, personne ne connait vraiment l’homme. Sauf toi et ma mère.”

    Sarah change de salle et les amants la suive mais ils restent encore derrière pour garder ce cocon dont ils ont besoin pour discuter. Ils ne l’ont pas fait depuis Londres ou même depuis Paris. Car entre l’ancien week-end ici et aujourd’hui, Mabel et Aidan n’ont pas vraiment eu le plaisir de se parler sans être perturbés par d’autres personnes.

    “ – Et toi.. comment tu vas depuis.. la dernière fois ? En recevant le message d’Adam, j’ai eu peur. J’ai cru que ton père avait osé aller contre ce que je lui ai demandé.. Qu’il avait quand même imposé un mariage ou une chose du genre..”

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      M.

      Mabel reste auprès de lui mais il y a une sorte de mur invisible qu’ils sont obligés de laisser en place pour ne pas être tenté. C’est un jeu très difficile à tenir mais il le faut. Que sont-ils maintenant ? Ils doivent feindre tout en essayant de se concentrer sur l’objet de leurs retrouvailles, Sarah.

      Mabel s’éloigne en prétextant un besoin urgent et Aidan retourne vers Sarah qui s’émerveille devant une statue de déesse égyptienne.

      “ – Tu as déjà été en Egypte ?
      _ Non jamais mais cela doit être magnifique à visiter. Tu aimerais y aller toi ?
      _ C’est mon plus grand rêve et j’espère pouvoir un jour le réaliser. Mais avant cela je dois terminer l’école et envisager des études..
      _ Et qu’aimerais-tu faire plus tard ? Tu y as déjà réfléchi ?
      _ J’aurais bien aimé travailler dans la création de jeux vidéos ou alors dans le design automobile mais les études coûtent trop chères alors je me suis inscrite à une école d’art. Je verrais bien où cela me mènera.
      _ Je pense que je peux t’aider pour l’école ou tu aimerais aller.
      _ Je ne suis pas ici pour te quémander quoi que ce soit, juste pour apprendre à te connaître !
      _ Et moi je te dis que j’aimerais participer à ton avenir Sarah. Après tout, ta mère ne m’a pas permis de participer au passé donc je peux bien me rattraper.”

      Ils discutent de l’école, des rêves de Sarah, si bien qu’Aidan ne remarque pas du tout James ni le retour de Mabel. C’est parce que Sarah compare une sublime statut de Nefertiti à Mabel qu’Aidan se tourne pour voir que la brune est de retour.

      “ – Tu as raison, il y a un air de Nefertiti.. Tu crois qu’elle s’est réincarné ?
      _ Je suis même certaine !”

      Les deux O’Neill se mettent à sourire de la même manière envers Mabel. L’adolescente prend le bras de sa nouvelle confidente et elle l’amène vers une autre statut. Aidan reste où il est car à son tour, il remarque James bien qu’il ne le connaisse pas. Cependant James le fixe et cela n’annonce jamais rien de bon. Il va donc vers l’agent mais James prend la poudre d’escampette.

      En revenant vers les filles, Aidan est beaucoup plus rigide. Il se remet à observer autour de lui comme le Pakhan qui doit toujours surveiller ses arrières.

      La visite se termine par une balade sur les champs Elysée ou Aidan propose à Sarah de s’acheter ce qu’elle veut mais la jeune fille refuse. C’est parce qu’il insiste et que Mabel la pousse à choisir des vêtements qu’elle cède à quelques petites folies.

      Quand la fin de journée arrive, Aidan propose un dîner car il n’a pas envie que tout cela se termine. Elles ont un hôtel pour la soirée et elles ont un billet retour pour Londres le lendemain, alors que lui aurait aimé qu’elles restent plus longtemps. Cependant c’est trop risqué et il le sait. Lui ne peut pas rester loin de Moscou trop longtemps sans éveiller de soupçons.

      Son air est redevenu froid. Quoi que non, il est triste. Triste de savoir que demain la réalité va reprendre le dessus. Il ne sera plus auprès de Mabel ni de Sarah. Et elles ? Que vont-elles faire ? Est-ce que Sarah va rester auprès de Mabel ou retourner vers Jessica ? Et que va faire Mabel ? Il ne peut pas poser les questions directement.. Il n’a pas le droit de les bloquer dans sa propre vie.

      Attablés à trois dans un bar gastronomique, Aidan fait face à Mabel. Elle sourit quand Sarah lui parle de tout et de rien. C’est fou à quel point elles semblent si complices. Le colosse esquisse enfin un sourire quand Mabel essuie à l’aide de son pouce, le coin de la lèvre d’Aidan qui est salis par de la sauce béchamel.

      “ – Merci maman..”

      Dit-il de manière taquine. Ils ne peuvent pas discuter en tête à tête, enfin jusqu’à ce qu’Aidan décide de les ramener vers l’hôtel où elles sont installées. L’homme demande à Sarah si elle peut le laisser quelques minutes pour qu’il puisse parler avec Mabel de choses importantes. L’adolescente accepte et monte vers la chambre alors que les anciens amants se dirigent vers le bar de l’hôtel. Ils commandent chacun un bourdon et ils se posent à une table loin des autres clients.

      “ – Et maintenant ? Je veux dire.. On sait que je ne peux pas amener Sarah en Russie mais je ne peux pas non plus la laisser sans rien. Elle ne m’a rien dit mais je sens que quelque chose ne va pas avec sa mère.. Elle t’a dit quelque chose ?”

      Il triture son verre entre ses mains. L’anxiété le guette à nouveau. Décidément il n’aime plus du tout les aux revoirs, surtout face à Mabel.

      “ – Et toi ? Enfin.. tu as repris ton travail dans la police ?”

      Et lui, que va t’il devenir maintenant qu’il sait pour Sarah ? Mais aussi qu’il a revu Mabel ? Il s’était muré derrière les trafics pour tenter de l’oublier mais il sait que ça ne sert à rien. Quoi qu’il fasse, elle aura toujours sa place dans son esprit.

      “ – Je suppose qu’on ne va pas refaire une réunion de la sorte dans une semaine.. Je ne sais même pas si il y aura encore une autre fois. Cependant je dois t’avouer que j’ai mal. Très mal. De pas pouvoir être celui dont tu as besoin ni être un père présent pour elle.. Je m’en veux. Si Igor n’était jamais tombé sur moi.. Ou alors si j’avais pris des choix de vie différents quand j’étais plus jeune..”

      Il soupire contre lui-même. Il se retrouve bloqué et il sait qu’il n’y a pas vraiment d’échappatoire. Enfin si, il y en aurait un s’il était mort mais ce n’est pas encore le cas.

      “ – Je vais ouvrir un compte pour vous deux.. Ainsi vous ne manquerez de rien. Vous pourrez aller où vous le souhaitez et profiter de vos vies. Je sais qu’on achète pas les gens et je ne veux pas vous acheter mais comme je ne peux pas être auprès de vous, j’ai besoin de savoir que vous avez tout à votre disposition.”

      1. Avatar de M.
        M.

        “ – Vivre en paix ? Tu crois que je vis en paix ou que je souhaites vivre en paix en étant là-bas ?”

        Aidan fronce les sourcils aux dires de Mabel car cela semble dingue qu’elle puisse penser cela. Il ne vit pas en paix et cela depuis des années mais c’est encore pire depuis qu’il a été enlevé par Igor.

        “ – Si je suis là-bas c’est parce que j’y étais forcé et si je suis à la tête de cette mafia, c’est pour pouvoir mieux la faire tomber. Non, je ne vis pas en paix Mabel et je rêve de pouvoir avoir une vie loin de tout ça mais maintenant que mon visage a été montré à tous, je n’ai pas le choix que d’être là où je suis. Avant Igor, je n’étais qu’un mercenaire que peu de monde connaissait à part O’Rourke mais quand Igor a mis la main sur moi, il a pris un malin plaisir à me détruire mais aussi à me montrer à tout le monde. Ainsi, il montrait aux autres à quel point on peut contrôler quelqu’un suite à des mois de tortures..”

        Aidan secoue la tête et il fait signe à un serveur de remettre un verre de bourbon.

        “ – Si je suis Pakhan, c’est pour prouver qu’Igor n’a rien réussi et que c’est moi qui décide de tout. Mais cette partie de ma vie ne me plaît pas du tout.. Je n’aime pas celui que je suis quand je suis là-bas. Je sais très bien que je suis un monstre aux yeux de tous et que mon comportement n’a rien à voir avec celui que tu vois là.”

        Un peu comme s’il était bipolaire mais il ne l’est pas puisqu’il sait très bien différencier les deux. Cela le rend d’autant plus dangereux puisqu’il sait ce qu’il fait mais ici, devant Mabel, il n’est pas cet homme impulsif et rempli de colère. Il redevient qui il est vraiment.

        “ – Je sais que je voulais te mêler à tout ça en te demandant ta main et tu as bien fait de refuser car tu aurais fini par me détester. Cette vie là-bas.. tu aurais été malheureuse. Bien plus qu’à présent. Bien plus qu’avec notre éloignement. Mais crois le ou non, un jour tout cela sera fini. Je ne sais pas comment mais je finirais par m’éloigner de tout ça quand j’aurais tout fait tomber à l’interieur.”

        Aidan révèle ses intentions envers le clan mais dans cette révélation, il y a une part sombre qui indique qu’il en sortira certainement entre quatre planches. De toute façon, il le sait, il n’aurait jamais vécu bien vieux. L’environnement ou il évolue ne laisse jamais de perspective d’avenir. C’est soit la mort, soit la prison.

        “ – Enfin bref.. Je.. Enfin.. j’espère que votre retour se passera bien et que tu t’épanouiras dans ton métier de détective.”

        Quoi dire de plus ? Ils vont se séparer dans tous les cas.. Ils n’auront pas non plus de nuit ensemble puisque Sarah attend après Mabel. Aidan va devoir reprendre un jet pour moscou et il va s’éloigner pour une durée indéterminée des deux femmes. Oui, il déteste les adieux. Encore un qu’il faut inscrire dans le calendrier. Enfin, c’est ce qu’il pense et pourtant, demain il sera rattrapé à l’aéroport par des irlandais. Ses anciens compagnons de galère l’attendent de pieds fermes pour en découdre puisqu’à cause d’Aidan, O’rourke est mort.

        1. Avatar de M.
          M.

          “ – Reviens vivant, reviens moi, murmura-t-elle simplement. C’est tout ce que je te demande. Tu sais que je m’occuperais de Sarah mais je t’en supplie.. Ne me laisse pas.”

          Elle est là, contre lui et elle lutte pour ne pas craquer, tout comme lui lutte pour ne pas sombrer. Cependant elle vient de confirmer qu’il devait repartir, même s’il doit faire en sorte de ne pas mourir. Il va essayer de tenir cette promesse qu’elle lui demande mais il ne peut le dire de vive voix car il sait que son monde est bien trop dangereux pour ce genre de parole. Il est une cible de choix. Il est celui qu’il faut abattre mais il est aussi celui qui devra ne plus avoir de pitié pour rester vivant et assurer un minimum de protection envers Mabel et Sarah.

          Ses bras sont encore autour de la brune et il dépose tout de même un léger baiser contre ses lèvres puisque c’est le seul qui pourront se donner avant un sacré long moment. Ils vont encore s’éloigner et pour combien de temps ? Certainement trop pour qu’Aidan retrouve un semblant de sourire.

          « – Alors toi aussi.. prends soin de vous et éloigne toi des affaires de ta famille. Ton frère prendra soin de toi mais ton père ne pense qu’aux affaires alors reste loin de tout ça. »

          Elle lui doit une promesse aussi.

          C’est dans une nouvelle brisure qu’ils se séparent à nouveau. Encore une fois, il faut se quitter et c’est un nouveau déchirement mais Aidan se douter que cela finirait ainsi avant d’arriver sur Paris. Cependant cette fois-ci il y a Sarah en plus et c’est un coup de couteau plus vif dans le coeur.

          Moscou, quelques semaines plus tard.

          “ – Comment ça Navomir veut lancer des offensives à Londres ?! Je n’ai rien demandé de tel !
          _ Sauf qu’il y a un problème sur Londres Vlad. Des géorgiens ont tenté de nous voler nos espaces de stockages et il semblerait qu’ils se sont associés avec des irlandais.
          _ Nous avons un contrat avec Harrington, il peut gérer cela sans que nous ayons besoin d’intervenir.
          _ Harrigton a été retrouvé mort cette nuit.”

          Aidan pâlit à cette annonce. Le père de Mabel a été tué et cela n’annonce rien de bon. Si quelqu’un s’en est pris à lui, c’est pour une bonne raison mais cela veut dire que Mabel pourrait être bien plus en danger.

          “ – Par qui vous avez su cela ? Vous avez des nouvelles d’Adam, le fils d’Harrington ?!
          _ Il a été aussi touché mais il n’est pas mort. Les rumeurs disent que ça serait un règlement de compte entre Harrington et un clan écossais car Harrington n’aurait pas honoré un marché ou plutôt un mariage.
          _ Un mariage ? Qui concerne qui ?!
          _ Sa fille.”

          Cette nouvelle est encore pire que prévu. Harrington a quand même vendu Mabel.. Ou alors l’avait-il déjà fait ? Dans tous les cas ça ne sent pas bon et si Aidan ne met pas son nez dedans, il risque d’y avoir encore plus de problèmes.

          “ – Très bien. Alors allez chercher cette fille et ramenez là à Moscou.
          _ Quoi ?! mais ce ne sont pas nos affaires Vlad. Si on fait cela, on aura aussi les écossais sur le dos. Et tu crois qu’elle va venir de son plein grès ? J’en doute !
          _ Alors Kidnappez là. Mais il est hors de question qu’elle reste là-bas. La jeune fille qui reste avec elle doit aussi venir sur Moscou.
          _ Mais pourquoi doit-on faire cela ? Ce n’est pas notre..
          _ C’EST MON PROBLÈME !! Sauf si tu veux que j’y aille moi-même après t’avoir abattu.”

          Aidan n’hésite pas à sortir son magnum et il le pointe vers Vassily qui est devenu son plus proche collaborateur. Il ne lui fait pas pleinement confiance mais les deux ont vécu plus ou moins la même chose. Vassily aussi a vécu dans l’usine et il a été torturé par Igor. Cependant le jeune russe ne devait pas devenir le jouet d’Igor mais une sorte de mercenaire de bas étage.

          “ – C’est la fameuse fille ?
          _ Oui. Alors il vaut mieux que tu coopères.
          _ Je vais m’en occuper.. Mais comment va t’on faire si les écossais nous prennent en grippe ?
          _ On s’en occupera comme on sait très bien le faire mais en attendant le plus important est de ramener les deux filles ici. Et Adam aussi. Je veux que le fils Harrington soit aussi kidnappé.
          _ Mais tu es dingue ou quoi ?! On va aussi avoir les anglais sur le dos !!
          _ S’ils ne viennent pas ici, ils seront morts d’ici peu donc au final, n’est-ce pas plus intelligent de les avoir sous la main ? Je vais m’arranger pour que cet Adam devienne bien plus docile que son père mais aussi bien plus puissant. Ainsi on aura un vrai allié avec nous.
          _ Et pour la fille de Harrington ? Si tu la kidnappes, elle ne va pas aimer..
          _ Et si je lui laisses le choix, elle ne viendra jamais donc fais ce que je te dis. Je verrais plus tard comment tourner les choses.”

          La Bratva n’a pas le choix que d’accepter les ordres d’Aidan et des hommes sont envoyés vers Londres pour rejoindre les hommes déjà sur le terrain. Aidan sait que Mabel va lui en vouloir, surtout en sachant qu’elle vient de perdre son père mais l’heure n’est pas à l’attente. Elle est devenue un objet que les écossais veulent récupérer et Aidan doit attraper la jeune femme avant eux.

          1. Avatar de M.
            M.

            Mabel et Sarah sont arrivées à Moscou durant la nuit. Aidan a ordonné qu’elles soient mises dans des chambres séparés pour qu’il puisse les voir tour à tour lorsqu’elles seront réveillées mais il sait d’avance que ça ne sera pas une partie de plaisir avec Mabel. Elle va lui en vouloir et certainement hurler contre lui.

            C’est en milieu de matinée qu’il ose entrer dans la chambre de Mabel et comme prévu, il se prend un torrent de colère. Il reçoit même des coups de cendrier et il se fait plaquer contre le mur. Aidan ne réplique pas pour ne pas blesser Mabel et il la laisse exploser mais il ne cache pas son regard sombre. Elle lui en veut mais est-ce qu’elle se doute du danger dans lequel elle est enfoncée ? Lorsqu’elle cesse de parler et qu’elle se recule d’un pas, le colosse attrape le poignet de la belle pour ne pas qu’elle lui échappe.

            “ – Oui j’ai donné l’ordre de vous kidnapper et non je n’ai pas fait de massacre. Ton père n’a pas honoré notre accord et il t’a vendu aux Géorgiens !! Comme tu n’arrivais pas assez vite pour eux, ils ont voulu aller se servir mais en tuant ton père au passage et en essayant de tuer ton frère ! Et Sarah aussi était prévu dans les morts !”

            Il dit cela sèchement mais parce que la peur est vive. Il aurait pu perdre les deux seules personnes qu’il aime juste à cause de Harrington mais aussi ces putains de Géorgiens qu’ils comptent bien massacrer.

            “ – Alors tu peux me détester de t’avoir fait venir ici, je m’en fiche mais tu seras bien plus en sécurité entre ses murs qu’au Royaume-Uni !! Là-bas tu es devenu l’objet à obtenir ou vendre. Sauf que tu n’es pas un objet et qu’en plus ma fille est auprès de toi ! Il est hors de question que je vous perde !!”

            Il relâche le bras de Mabel et il fait un pas vers elle, comme pour la dominer un peu plus. D’ordinaire il se montre plus doux, plus ouverts mais en cet instant, il laisse le chef prendre le dessus. Il n’y a pas d’humanité à avoir quand il s’agit de la protection et la vie des deux jeunes femmes. Il doit être impassable, intraitable.

            “ – Adam aussi est ici mais il est dans une chambre de soin. Maintenant que votre père est mort, il est aussi devenu une cible de choix. Cependant pour le moment tu resteras dans ta chambre tant que je serais certains que tu n’essayeras pas de fuir Mabel. Tu peux être en colère, je m’en cogne. Tu peux me détester, je m’en fiche aussi. Maintenant c’est moi qui fait les règles, d’autant plus que tu es sur mes terres.”

            C’est une facette qu’il avait peu montrer devant elle et il n’aime pas être ainsi devant elle mais cette fois-ci il y a bien trop d’enjeux pour qu’il la laisse avoir le dernier mot. Certes, cela fait de lui le grand méchant kidnappeur et cela conforte sa place de Pakhan de la Bratva mais il y aurait bien eu un moment où Mabel aurait fait face à ce nouveau chef.

            “ – Sarah va bien. Elle est aussi dans une chambre et je vais aller la voir après pour lui dire aussi pourquoi elle est ici. Sache que nous ne sommes pas dans le manoir d’Igor puisque je l’ai fait détruire. Ici nous sommes chez moi.”

            Il n’avait pas besoin de dire ce détail mais il le fait pour qu’elle comprenne que tout ce qui vient d’Igor, n’est plus qu’un passé. Aidan a remanié les choses à sa sauce et il a le contrôle sur tout. Au point qu’il a même donné son vrai prénom et sa provenance. Cela ne plaît pas forcément de savoir qu’un Irlandais est en tête de la Bratva russe mais heureusement qu’Igor avait fait en sorte qu’Aidan obtienne la nationalité de ce nouveau pays.

            “ – Je reviendrais tout à l’heure pour te déposer ton repas.”

            Et sur ce, il ne lui laisse pas le temps de parler puisqu’il ressort. Il sait qu’elle va de nouveau fulminer et hurler sa colère mais peut-être qu’avec un peu de temps, elle comprendra pourquoi il en est arrivé à faire d’elle sa captive.

            Comme convenu, il revient à l’heure du midi avec un plateau. Mabel est assise sur le bout de lit, rouge de colère et prête à de nouveau lui hurler dessus. Aidan pose le plateau avant que la belle ne saute sur lui pour tenter de le gifler mais il la maîtrise en la bloquant contre lui. Le dos de mabel s’écrase contre son torse et même si elle bouge dans tous les sens, elle n’arrive pas à le blesser.

            “ – Toujours en colère ? Dommage, tu aurais pu aller voir ton frère.”

            Elle s’agite toujours. C’est légitime, il le sait très bien pourtant il ne regrette en rien ce qu’il fait. Il préfère vivre avec la haine de Mabel plutôt que de la savoir morte.

            “ – Je te l’ai dit, tant que tu seras ainsi tu ne sortiras pas de cette chambre. Les hommes dehors sont entraînés pour éliminer les éléments perturbateurs et ça m’embêterait que tu deviennes aussi une cible ici. Je sais que tu m’en veux mais n’oublies pas que le seul endroit ou personne ne pourra t’atteindre, c’est auprès de moi. Même Interpol ne peut plus rien pour toi Mabel.”

            En disant cela, il fait une confidence qu’il pourrait retourner contre elle. Il sait tout. Il sait pour qui elle bossait mais il préfère ne pas la blâmer pour cela, du moins pas pour le moment.

            “ – Ton ami James ne t’a pas balancé parce qu’il travaillait aussi dans le dos d’interpol. Et tu veux savoir pour qui ? Ceux qui ont tué ton père. Tu allais épouser son père.. Le chef des géorgiens. N’est-ce pas fastidieux ? Mais sache qu’en ce moment il est traqué et que d’ici peu il viendra rejoindre l’Usine. J’ai hâte de rencontrer ton ancien collègue.”

          2. Avatar de M.
            M.

            Aidan n’arrive pas à retenir un sourire cynique lorsqu’elle dit que c’est elle qui va finir par le faire tomber. Elle pense que c’est cela qui lui fait le plus peur ? Elle n’a donc pas compris qu’Aidan se moque de son propre sort tant que Mabel est en sécurité.

            “ – Tu penses vraiment que c’est ça qui m’inquiète le plus ? Que deviens celle qui me fera tomber ? Je m’en contre fou Mabel ! Je me fiche bien de ce que les autres voudront me faire. Tu ne comprends pas que ta vie est plus importante que la mienne à mes yeux ?! Tu n’as pas compris que je suis prêt à brûler le monde si c’est pour que tu sois en sécurité ?”

            Il reste face à elle alors qu’elle détourne le regard. Sa main s’impose sur la joue de Mabel et il attend qu’elle repose ses yeux sur les siens.

            “ – Je sais que tu veux encore me fuir. Tu dis à chaque fois que c’est pour me protéger mais dis plutôt que c’est pour te protéger de moi. Je peux le comprendre, après tout je ne suis pas le fameux prince charmant mais plutôt le méchant roi qui méprise le monde. Cependant je ne te laisserais plus partir et devenir la proie des autres. C’est terminé, même si tu m’en détestes.”

            Il sent la colère qui fulmine en elle mais il sent aussi toutes les sensations qu’elle ressent lorsqu’elle est proche de lui. Elle l’aime toujours, tout comme elle est indéniablement attirée par lui. Il y a une confusion de sentiments et d’émotions. Mabel montre tout cela au travers de son corps et surtout son regard. Aidan se cache mieux, même sacrément mieux mais pourtant à l’intérieur, tout est en alerte. Il aime cette femme. Il la désire plus que tout. Elle le rend dingue. Elle ne se rend pas compte du pouvoir qu’elle a sur lui.

            “ – Pour une fois, arrête de penser à ce qui va nous blesser. On sera blessé dans tous les cas. Après tout je suis un Pakhan et toi la fille d’un ancien chef de clan mais aussi une femme qui bossait pour interpol. On est tous les deux dans des positions qui font que l’on sera en danger partout où nous irons. Pourtant j’ai envie de croire qu’on sera plus en sécurité et fort à deux que séparés. N’as tu pas envie d’y croire aussi Mabel ?”

            Après tout c’est vrai, ils ont vécus bien plus séparés qu’ensemble et ça ne les a pas épargné. Peut-être qu’ensemble, ils réussiront à déjouer un certain destin funeste. La main d’Aidan est toujours sur la joue de Mabel et il ose caresser sa lèvre supérieure à l’aide de son pouce.

            “ – Cesse de vouloir me fuir.. Reste avec moi Mabel. Tu as autant besoin de moi que j’ai besoin de toi.”

            Un silence arrive après ces mots. Ils se fixent encore, comme si l’un et l’autre ne voulait pas céder. Pourtant ils se rapprochent malgré eux et leurs lèvres viennent se frôler. Aidan murmure contre elles.

            “ – Tu peux être un pion dans les échecs mais dans ce cas devient ma Reine. On mettra ensemble les autres en échec et mat.”

            Un sourire se dessine sur le coin de ses lèvres et il vient embrasser cette femme qui a bien trop été loin de lui. La tension se ravive en un instant et leurs deux corps se retrouvent nichés l’un contre l’autre. Les bras d’Aidan encerclent la belle brune, pour être certain qu’elle ne recule pas et le colosse rend le baiser bien plus intense.

            Aidan devrait stopper ce baiser pour retourner à ses affaires mais là, il en a plus envie. Pas maintenant. Non, il la retrouve et même si ce n’est pas à Naples ou Paris, il a besoin de la sentir contre lui. Sans la laisser s’éloigner, il amène Mabel vers le lit ou il tombe avec elle. Les soupirs remplissent la pièce et quand il se retrouve au-dessus de sa belle, il dérive ses lèvres vers le cou de la demoiselle pour s’enivrer de son parfum sucré et fleuri.

            “ – Tu m’as manqué Mabel.. Plus que tu ne le crois.. Et j’ai besoin de savoir que moi aussi je t’ai manqué..”

            Le bout de sa langue caresse la peau frisonnante de la jeune femme et même si elle n’a pas vraiment donné son accord, il ose glisser une main sous la chemise qui lui a été mise en guise de pyjama. Il caresse les cuisses de la brune et remonte lentement vers sa poitrine.

            “ – Dis moi que tu m’aimes.. Dis moi que je peux devenir ton futur..”

          3. Avatar de M.
            M.

            Ils se retrouvent nus sur ce lit, Mabel assise sur ses cuisses. Elle clame ce qu’il voulait entendre depuis bien des mois. Elle l’aime, il lui a manqué. Il avait besoin d’entendre cela, surtout après les nombreuses fois où elle a fuit mais là, elle est ici contre lui. Ses mains ont une emprise ferme sur les hanches de la brune et il l’embrasse à en perdre le souffle, comme s’il avait peur que tout ça cesse dans les secondes à venir. Pourtant elle ne devrait plus partir. Non, il refuse qu’elle reparte. C’est impossible.

            Alors qu’elle est toujours au dessus de lui, il la soulève et la guide pour qu’elle vienne s’empaler sur son membre. Leurs gémissements sortent en même temps mais Aidan marque un temps de pause avant d’aller plus loin.

            “ – Tu es à moi aussi Mabel et.. je.. je t’aime..”

            C’est la première fois qu’il dit sincèrement ces derniers mots. Aidan n’a jamais eu de vraies relations, de grands amours. Du moins pas avant elle. Il n’avait donc pas à exprimer quoi que ce soit mais là il le faut, pour qu’elle comprenne qu’elle n’est pas rien. Il espère aussi qu’en sachant qu’il est sincère avec elle, Mabel n’essayera pas de se sauver.

            Après un nouveau baiser, leurs corps commencent à danser ensemble. Mabel bouge sur lui et c’est un délice qu’il ne pouvait plus qu’imaginer dans son esprit, cependant là tout est réel. Elle gémit pour lui, elle se cambre pour lui, elle le griffe et l’embrasse avec passion. Tout est vrai, même lorsqu’elle cri son prénom et qu’elle demande à ce qu’il y aille plus fort. Aidan ne se retient pas, il bascule Mabel sur le côté et il reprend la cadence pour s’enfoncer encore plus loin et plus rapidement en elle.

            Le couple d’amants s’enlace et se consume avec bien plus d’envies que les précédentes fois. Pourtant il y a d’autres personnes dans cette bâtisse mais ça ne les arrête pas. Aidan respire à plein poumon le parfum de Mabel qui gigote sous lui lorsqu’il mordille son cou. La main de colosse glisse entre leurs deux corps pour venir titiller le bouton de plaisir de la jeune femme, afin qu’ils atteignent l’orgasme ensemble et cela arrive plutôt vite. C’est magnifique, parfait. La belle vient serrer Aidan contre elle et il s’en laisse tomber même s’il est assez lourd. Pourtant ça ne la gêne pas, au contraire puisqu’elle le serre encore plus fort.

            La joue posée contre le sein de Mabel, Aidan reprend son souffle mais garde les yeux fermés. Là, ils ont atteint la bulle qu’ils savent se crée quand ils sont ensemble. Plus rien d’autre ne compte. Juste eux deux et leurs sentiments.

            “ – Restes avec moi.. n’essayes pas de partir..”

            Il le redit encore, comme une prière qu’il se murmure pour lui. Il sait qu’elle pourrait encore tenter de s’en aller, elle est rusée et il le sait. Mabel n’est pas une idiote ni une femme docile. Elle peut arriver à ses fins mais là, la situation serait trop risquée si elle venait à partir. Alors oui, Aidan la supplie encore de ne pas tenter quoi que ce soit. Il a besoin de savoir qu’elle préfère rester vivante auprès de lui plutôt que d’être une future morte en fuite.

            Quand les souffles reviennent, Aidan se redresse mais pour se mettre à côté de Mabel, pas pour quitter la chambre. Ses affaires attendront un peu, après tout c’est lui le chef. Un bras autour des épaules de la brune, il la garde contre lui et il pose son menton contre le haut de sa tête. Il aimerait bien griller une cigarette mais il n’en a pas, cependant il ne tient pas à quitter cet instant.

            “ – J’irais t’amener voir ton frère et Sarah après une bonne douche.. Enfin, je dois encore aller voir Sarah pour lui expliquer la situation. Elle ne doit pas comprendre ce qu’il se passe et je m’en veux mais je n’avais pas le choix. Elle était devenue une cible comme toi.”

            Parler.. ce n’est pas son fort mais il n’a pas le choix. Mabel pourrait le faire mais Aidan doit prendre ses responsabilités. Il doit aussi dire la vérité sur ce qu’il est devenu. Sarah doit apprendre que son père est bien plus qu’un petit délinquant. Ce n’est pas un cadre familial parfait mais il ne peut pas lui proposer mieux.

            En attendant cela, le couple va vers la salle de bain dans la chambre de Mabel et ils glissent dans la douche italienne. Aidan a fait acheter les produits que Mabel avait toujours dans sa trousse de toilette. Les mêmes produits hygiéniques et les mêmes produits de beauté. Il a aussi fait remplir le dressing de vêtements à la taille de la brune, de chaussures, de sacs, de bijoux et d’un tas de choses qui pourraient lui faire plaisir. Ce n’est pas pour l’acheter mais seulement pour qu’elle se sente bien et surtout qu’elle se sente à sa place.

            Dans la douche, c’est lui qui s’occupe des cheveux de Mabel. C’est une drôle de situation pour un gars comme lui mais il s’est pris de passion pour ce simple lavage. Il est même hyper doux dans ces gestes, ce qui contraste avec tout ce qu’il fait d’habitude.

            “ – Il y a une dame que j’ai engagé pour la cuisine, le ménage et les choses du quotidien. Je pense qu’elle va te plaire, elle se nomme Edith. C’est une ancienne Nanny qui travaillait avec une famille australienne mais j’ai réussi à lui proposer un meilleur salaire et des meilleures conditions de travail. Tu pourras aller la voir lorsque tu auras besoin de quelque chose. Je ne voulais pas d’une armada d’employés alors je n’ai embauché qu’elle pour cette maison. Bien sûr, il y a des sous traitants pour l’aider mais elle fait le principal.”

            Aidan n’a pas encore eu le temps de montrer cette maison mais cela va arriver. Elle n’est pas aussi grande que celle d’igor mais elle est ancienne et assez chaleureuse pour oublier ce qu’il se passe dehors. Du moins, quand les gardes ne sont pas là. Car il y en a plusieurs et il n’y a pas le choix avec toutes les personnes qui veulent s’en prendre à Aidan. Les autres employés comme les mercenaires ou ceux qui bossent sur les affaires, viennent parfois ici mais ils se dirigent directement vers le bureau d’Aidan. C’est là-bas que tout se passe lorsqu’il doit agir en Pakhan. Aidan a un bras droit qui se nomme Vassily et il compte le présenter à Mabel et Sarah. Elles devront parfois aller vers lui si Aidan ne peut être présent. ( Vassily : https://pin.it/3poHs2p1s ) .

            La douche terminée, ils se retrouvent devant le miroir de la salle de bain. Aidan est derrière Mabel qui commence à se brosser mais il prend la brosse pour s’occuper lui même de sa longue chevelure ébène.

            “ – Et.. Sache une dernière chose. Comme il a fallu partir en vitesse, il n’a pas été possible que tu assistes au funérail de ton père mais ses cendres devraient arriver ici pour que tu puisses lui faire un dernier hommage avec Adam.”

  209. Avatar de M.
    M.

    Elle veut savoir ce qu’il se passe et elle lui avait surtout demandé de ne pas lui mentir ni même de la laisser de côté. Aidan en a fait la promesse donc c’est pour cela qu’il va devoir parler de ce qui va se passer par rapport à l’histoire qui a amené Mabel et Sarah ici. Le colosse garde Mabel contre lui, face à lui mais son air devient plus sérieux après le dernier baiser qu’elle lui offre.

    « – J’ai demandé à ce que mes hommes trouvent ceux qui vous ont attaqué. Surtout le chef des géorgiens, celui qui voulait t’épouser et qui a tué ton père. Il se serait caché en Grèce mais ça ne va pas prendre beaucoup de temps pour le récupérer car notre réseau est international. Mes hommes ont pour ordre de l’amener à l’usine et quand il y sera, tu y viendras avec moi. Je me doute que cette idée ne doit pas t’enchanter mais tu dois voir les côtés moins glorieux de ce monde. Tu verras aussi là où j’ai été enfermé. Cependant je dois te dire que j’ai quand même changer les ordres et il n’y a plus d’enfants ni de femmes là bas. Il n’y a que les ennemis de notre mafia. Je ne vais pas te mentir sur le fait qu’il y a encore des prostituées qui travaillent pour nous mais les conditions ont changé depuis Igor. Elles ne sont plus traités comme des esclaves ni comme des moins que rien. J’ai fais ouvrir des établissements qui les protègent et les maintiennent dans un environnement plutôt sain. »

    Ce n’est pas le paradis mais il ne peut pas non plus rendre ce monde parfait. Il y aura toujours des prostituées mais au moins, celles qui travaillent pour lui seront protégées et correctement payées. Aidan n’a jamais été un menteur sur le fait qu’il considérait les femmes bien plus hautement que la plupart des autres hommes, sauf celles qui le trahissent.

    « – Mais pour en revenir à ceux qui ont attaqué les tiens, ils vont devoir payer. Si les laisse sans rien faire, d’autres clans pourraient croire que nous sommes faibles et ils essayeront d’attaquer. Je dois marquer les esprits. »

    Et Mabel ne connaît pas vraiment cette nouvelle facette d’aidan. Elle sait qu’il peut être violent et impulsif mais elle ne connaît pas encore le chef qui punit sans la moindre pitié. Elle va devoir composer avec cet aspect bien plus brutal mais elle veut ne pas être mise de côté donc il n’a pas le choix. Qui sait, peut-être qu’elle ne sera pas si effrayée. Ou alors au contraire, elle pourrait le détester.

    En attendant des nouvelles sur les ennemis, Aidan tient à montrer le nouvel environnement où Mabel vient d’arriver et cela ne se contente pas de cette immense maison. Dans la ville, Aidan a plusieurs clubs. Des clubs de luxe comme des clandestins. Tout est bon pour gagner de l’argent et contrôler les gens. En fin de journée, ils partent du manoir pour qu’Aidan puisse montrer les principaux endroits qui sont à lui, dont même les établissements de prostituées. Certaines travaillent aussi dans les clubs, tout comme il y a des centaines d’employés pour autre chose que de l’illégal. La mafia d’Aidan n’est pas qu’un monde sombre, il y a aussi du business et il se doit d’être un chef d’orchestre sans failles.

    C’est dans le plus luxueux des clubs qu’ils se posent. Attablés dans le carré VIP, ils sont en hauteur par rapport à la scène où il y a des danseuses érotiques qui font bouillir les plus riches hommes de Moscou. Aidan n’y prête pas attention, il est même de dos à la scène. Verre de whisky en main, il trinque avec Mabel qui a une coupe de champagne. Ils ne trinquent pas pour cette nouvelle vie qui est tout sauf normale mais plutôt aux promesses d’être à nouveau réuni.

    « – Tu peux aller dans tous les établissements que tu veux. Cependant si je ne suis pas là, j’aimerais que tu sois toujours accompagnés d’un ou deux gardes. Ce n’est pas pour te surveiller mais pour te protéger car maintenant tu vas être vu comme ma compagne et ça pourrait amener des jaloux ou jalouses à s’approcher de trop prêt. Bien sûr, tu choisis qui tu veux dans mes hommes pour t’accompagner. Si tu veux, il y a même des femmes qui bossent comme des gardes. »

    Lui-même doit souvent se déplacer avec des gardes et certes, ce n’est pas l’idéal mais dans ce monde il n’y a pas le choix. Aujourd’hui il n’y a qu’eux deux mais Aidan n’est pas sans avoir une arme dans sa veste, au cas où. Il en a même glissé une dans le sac à main de Mabel pour qu’elle puisse aussi tirer en cas de problèmes.

    Justement, un homme s’approche de la table mais Aidan le connaît puisqu’il travaille pour lui. Il vient à parler dans l’oreille du colosse et le visage d’Aidan se montre bien plus fâcheux. Quand l’homme repart, Aidan se relève de sa chaise mais il tend sa main vers Mabel pour qu’elle en fasse de même.

    « – Il y a un soucis et il te concernerait. »

    Ce qui ne plait pas du tout à Aidan mais là il faut retourner au manoir pour retrouver Vassili et discuter de ce qu’il se passe. Le couple d’amants part rapidement pour rejoindre le manoir mais ce n’est pas le bureau où ils se dirigent. Aidan va vers le sous sol, là où il y a une salle bien particulière.. Elle sert à faire parler des ennemis et justement, il y en a un qui est attaché sur une chaise lorsque Mabel et Aidan arrivent enfin. Vassili est présent mais aussi d’autres hommes armés.

    Dans le milieu de la pièce, l’homme qui est attaché est un homme de main des géorgiens. Il est venu à Moscou pour essayer de récupérer Mabel mais il a été intercepté avant. S’il n’a pas encore été tué, c’est parce qu’il a dit des choses que Vassili tient à faire entendre au couple. Aidan s’approche donc de cet ennemi et il lui retire le bâillon.

    “ – Alors, qu’as-tu à dire de si intéressant pour que mon bras droit ne te tue pas ?
    _ Harrington n’a pas vendu qu’une de ses filles. Il a aussi vendu la plus jeune mais aux écossais. C’est pour ça qu’ils nous ont aidé quand on a voulu récupérer la plus âgée !”

    Aidan fronce les sourcils et il se tourne vers Mabel. Elle a une petite soeur dont elle ne lui aurait pas parlé ?

    “ – Je me suis renseigné Aidan, lance Vassili
    _ Et ? Qu’as-tu appris ?
    _ Harrington avait une fille cachée. Il l’a eu avec une prostituée il y a dix huit ans. Il l’a gardé caché tout en donnant de l’argent à la mère de cette fille mais maintenant qu’elle a eu dix huit ans, il l’a vendu aux écossais et notamment à Edward..
    _ Edward Hardinson ?
    _ Oui. Elle a été forcée de l’épouser le week-end dernier.
    _ Et que sais-tu d’autres sur cette fille ?
    _ Elle se nomme Shay, ou plutôt Shayleen Mitchell-Harrington. Elle a dix huit ans depuis un mois et elle vivait à Birmingham avec sa mère.”

    Aidan se tourne à nouveau vers Mabel. Les problèmes sont encore plus complexes que prévu. Il y a une personne en plus d’impliquer mais cette fois-ci, c’est une petite sœur que personne ne connaît. Cependant le mal semble être fait. Elle a déjà épousé son bourreau mais si Mabel veut la sortir de là, Aidan sera là pour l’aider.

    “ – Tu veux qu’on la retrouve ?”

    Vassili : https://pin.it/6QRj0ueHl
    Edward Hardinson : https://pin.it/5YoVNsB8j
    Shay : https://pin.it/2wutfxMpr

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