Le gardien

217 réponses à “Le gardien”
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    GAPG

    La journée a été agréable malgré l’échange avec Henry mais la soirée semble partir en cacahuète lorsque ton ami se présente chez toi. Il vient sans être choqué de voir Anya et le pire arrive quand il y a une altercation en extérieur puisque tout le monde l’entend même à l’intérieur. Anya se relève pour aller voir ce qu’il se passe mais ta mère prend les devants alors que ton père soupire comme s’il avait l’habitude de ce genre de dispute entre toi et henry. Comme tu l’as dis, vous vous connaissez depuis l’enfance alors il en a vu des disputes ou des querelles entre vous deux.

    « – J’imagine qu’ils se chiffonnent encore pour une fille. Je me doute que ça doit sûrement être toi Anya.. Je suis désolé de te le dire aussi crûment mais ça ne m’étonne pas d’eux. C’est déjà arrivé plusieurs fois.. Après tout, ce sont deux jeunes hommes bouillonnants d’hormones. En tout cas tu n’as pas besoin de t’inquiéter, ils vont finir par se calmer et se reparler. Malgré l’adversité qu’il y a entre eux, ce sont de grands amis. Je sais que le jeune Cavill est le seul qui serait prêt à tout faire pour Garrett, comme Garrett ferait tout pour son ami. Ils doivent juste apprendre à ne plus être des concurrents mais des alliés. »

    Les mots de ton père sont sages mais Anya ne se sent pas pour autant rassurée et puis cela lui fait penser à sa propre meilleure amie, Q’orianka. Elles n’ont jamais été concurrentes mais elles ont aussi vécu des disputes. Pour autant, en cet instant T, Anya ressent un manque immense de son amie et surtout de ses bonnes paroles. Q’ a toujours su trouver les mots et les idées pour apaiser Anya.

    « – Est-ce.. Est-ce que je peux utiliser votre téléphone ?
    _ Bien sur Anya ! Il est dans mon bureau. Vas-y, je vais en profiter pour discuter un peu avec ma bourrique de fils. »

    Anya remercie ton père et elle file vers ce bureau pour tenter d’avoir Q’ au téléphone. Il y a un décalage horaire entre ici et Seattle mais par chance, il est plus tôt chez l’amérindienne alors Anya réussit à l’intercepter. De ton côté, ton père laisse rentrer ta mère et il se rapproche de toi cependant il voit bien que tu n’es pas dans une optique de discuter. Tu fais ton regard de tueur et il ressent ta colère mais cela ne semble pas le faire fuir.

    « – Je n’ai pas besoin de te l’entendre dire pour comprendre Garry. J’ai vu tes regards chez Angelo et j’ai su que tu avais un gros coup de cœur pour Anya. Bien sûr, je ne dirai rien à ta mère ni à ta sœur, je t’en donnes ma parole mais crois-tu qu’une fille peut briser une si grande amitié ? Attention, j’aime bien cette petite Anya, elle est adorable mais regardes tout ce que tu as vécu avec ton ami.. Parfois je me demande même si vous n’êtes pas frères. Certes vous avez des caractères costauds mais je trouve ça super que tu ais quelqu’un comme lui auprès de toi. Il n’est pas parfait mais j’ai remarqué au fil du temps qu’il avait quand même beaucoup de bonne influence sur toi. Alors peut-être que vous avez besoin de discuter sagement ? »

    Anya n’a pas pu parler très longtemps avec Q’ et elle a donc entendu la plupart des mots de ton père. C’est vrai que ta longue amitié pourrait être brisée à cause d’elle et pour ça, elle s’en veut quand même. Henry est parfois très con mais elle a vu qu’il était le seul vraiment présent pour toi. Lors de tes altercations ou tes sorties, il est le premier à te suivre pour garder un œil et te protéger si besoin. La brune décide de ne pas te rejoindre pour le moment et au lieu de ça, elle passe par le garage non pas pour t’attendre mais pour aller marcher un peu seule sur la plage.

    Cette amourette d’adolescent est transcendante.. Anya a le ventre qui papillonne quand elle pense à toi, à tes mots, tes touchés, tes baisers. Pourtant cette amourette a déjà amené un nombre incalculable de problèmes. Elle n’avait même pas commencé qu’on vous mettait déjà des bâtons dans les roues. Aujourd’hui encore c’est effusif et demain alors ? Vous allez jouer les amoureux secrets mais est-ce que ça ne finira pas encore plus difficilement ? Elle marche tout en pensant à ça mais sur son trajet elle tombe sur Henry qui lui aussi a pris la direction de la plage pour se calmer.

    « – Tu vas à la fête finalement ? Ton amie est d’accord ? Quoi que je pense plutôt que c’est un mec et pas une fille.. Beau mensonge à la librairie..
    _ Je ne fais que marcher un peu.. Je n’ai pas envie d’aller à la fête.. Et oui j’ai menti mais..
    _ Mais quoi ? Tu ne voulais pas me dire que tu préférais sortir avec Garrett plutôt que moi ? Pourtant c’est moi qui suis venu le premier vers toi. Garrett se tapait Elena alors que moi je t’ai montré mon intérêt pour toi !
    _ Henry.. je..
    _ Non c’est toujours comme ça. Lui il a tout qui lui arrive entre les mains et moi on me dégage sans aucun remord. Avec Elena c’était pareil. Maintenant qu’il n’en veut plus, il prend la fille que je convoite.
    _ Je ne suis pas un objet Henry ! Et arrêtes de te morfondre.. Du moins, je comprends que tu puisses avoir un peu de rancœur mais pourquoi autant de jalousie ? Tu peux aussi trouver quelqu’un de bien mais c’est certain que ça complique les choses si vous allez vers les mêmes filles..
    _ Je ne suis pas jaloux !
    _ S’il te plaît.. Ça se voit à mille lieux. C’est la première chose que j’ai remarqué quand je vous ai vu ensemble.. Tu essayes de faire tout comme lui et je ne te juge pas, c’est ton meilleur ami mais pourquoi tu n’essaierais pas d’être toi-même ? Tu sais, j’ai une meilleure amie et pendant un long moment, j’ai fais tout comme elle parce qu’elle est est lumineuse et elle semble si parfaite que je m’en étais oublié. Comme toi, je voulais avoir ce qu’elle avait.. J’ai tout fait pour devenir la fille populaire afin d’avoir un semblant d’admiration comme elle pouvait obtenir car tout le monde l’admire.. Et puis un jour j’ai obtenu un garçon qui voulait sortir avec elle. Ce même garçon qui a fait que je vis aujourd’hui ici. Dans un sens, elle n’aura pas vécu les horreurs que j’ai vécu mais si je n’avais pas été aveuglé par mon envie d’être comme elle, je n’aurai pas vécu ce que j’ai vécu. Cela m’a servi de leçon et aujourd’hui je ne veux plus faire la même erreur.. Je reste la brune qui n’aime pas trop parler aux gens et qui préfère se plonger dans ses livres. Pour Garrett.. Je.. Et bien je ne peux pas l’expliquer. Je ne voulais plus m’attacher sentimentalement à quelqu’un mais il a quelque chose qui m’illumine..
    _ Son côté mauvais garçon ? Elles aiment toutes ça..
    _ Oh non, loin de ça. Ce n’est pas un mauvais garçon et tu le sais, sans ça il ne serait peut-être pas ton ami, je me trompe ? Il y a quelque chose de poétique, de mystérieux.. C’est comme un oiseau qui a les ailes abîmées mais qui souhaite encore voler. Derrière sa carapace, il y a un garçon à la fois fragile et passionné. Garrett n’est pas un mauvais garçon, il n’a juste pas trouvé ce qui pourrait lui réparer ses ailes..
    _ et tu penses que j’ai rien de brisé moi ? Je ne vis que des échecs.. si c’est ça qui t’attire, je serai sûrement plus guindé que Garrett.
    _ Henry.. Il m’a un peu expliqué pour toi et je suis désolé pour ce qui t’es arrivé, vraiment. Sache en tout cas que je sais que tu es un garçon formidable et puis tu es très beau mais je n’ai jamais été attiré par toi. Je ne dis pas ça pour te blesser mais pour que tu puisses avancer et trouver la vraie fille qui te donnera l’amour dont tu as besoin.
    _ Super.. Tu es cash toi.. hm.. mais puisque tu es cash, qu’est ce qui t’a rebuté ? Pourquoi pas moi ?
    _ Tu.. Tu es trop fils à papa. En dehors du fait que tu fais comme Garrett, tu es aussi le genre de gars qui étale son argent et le statut de son père.. Ce n’est pas quelque chose que j’apprécie. Après Garrett m’a dit que ton père te mettait énormément de pression et que tu faisais tout pour le rendre fière mais pense à toi Henry.. Penses avant tout à toi parce qu’on a qu’une seule vie et si tu continus ainsi, tu vivras la vie de ton père et pas la tienne. »

    Ils se retrouvent assis l’un à côté de l’autre sur cette plage et cette discussion semble aider le jeune homme à voir les choses différemment mais ils ne captent pas que tu es derrière à les observer. C’est sûrement encore plus horrible pour toi quand Henry vient enlacer Anya mais juste pour la remercier pour sa franchise et son amitié. La tornade Hedlund arrive vers les deux adolescents et ils s’en relèvent du sable mais surtout, Anya vient se mettre entre toi et Henry pour éviter la bagarre.

    « – Garrett !! Tout va bien ! On a juste discuté ! »

    Ta jalousie est imposante, Anya l’a bien senti dans l’après-midi et même il y a une vingtaine de minutes quand Henry est entré chez toi mais la brune tient à te rassurer car elle ne veut plus de cette adversité entre toi et Henry. Alors même si vous deviez vous cacher, elle n’hésite pas à poser ses mains sur tes joues et embrasser tes lèvres pour tenter de faire baisser ta colère. Cela semble un peu fonctionner même si Henry râle un peu.

    « – Je ne veux plus qu’il y a de tensions entre vous deux.. C’est ton meilleur ami.. et je lui ai dis ce que je pensais.. mais vous devez vous calmer, vous pardonner. Discutes avec lui s’il te plaît.. mais n’oublie pas une chose, c’est toi que j’ai choisi.. »

    Murmure t’elle contre tes lèvres avant de te laisser avec Henry. Anya repart vers chez toi afin de vous laisser un peu de tranquillité mais la conversation ne s’entame pas de suite. Il y a surtout un concours de mauvais regards et de soupirs.

    « – J’irai plus vers elle si c’est ce que tu veux entendre. Elle m’a bien fait comprendre que c’était toi qu’elle voulait. Comme d’habitude.. »

    Henry fait un peu sa mauvaise foi mais il a toujours été dans ce mood de bougon rempli de fierté. Cependant il sait quand même savoir baisser les armes, seulement pour les personnes qui comptent pour lui.

    « – Je pensais pas que tu avais des vues sur elle.. D’ordinaire ce n’est pas vers des filles comme Anya que tu vas. Elle est loin d’être comme Elena ou même les nanas que tu ramènes dans ton lit alors ouais, j’aurai bien aimé qu’elle se tourne vers moi plutôt que toi mais bon, c’est comme ça. Tu as toujours eu plus de succès que moi.. Même en maternelle tu faisais tomber les nanas. Bref.. C’est ainsi. Mon meilleur ami est plus doué que moi. »

    Il a un petit rire amer mais Henry ne sait pas s’excuser de façon formelle. Il passe sa main sur sa nuque et finit par la tendre vers toi afin que tu la serre.

    « – Je la laisse tranquille.. Après je ne sais pas si c’est passager ou pas mais je ne l’embêterais plus. Je te le promets. »

    Il ne s’étend pas sur cette relation que tu as avec Anya car il se doute qu’il y a quelque chose d’anormal dans le sens où tu n’agis pas avec la brune comme tu agirais avec une autre. Déjà parce que tu essayes de garder cette relation secrète et surtout tu es beaucoup plus colérique quand on s’approche d’elle. Tu ressembles à un lion prêt à dévorer quiconque touchera sa lionne. C’est peut-être ce qui lui a donné encore plus l’envie d’insister finalement car pourquoi te donne t’elle ce genre d’effet ? Qu’est ce qui fait que le grand bourreau des cœurs soit à son tour piégé dans le tourbillon des sentiments ? Henry essayera sûrement d’en savoir un peu plus mais pour ce soir vous avez eu votre dose de discussion.

    Lui s’en va vers la fête en solitaire alors que toi tu reviens vers la maison. Anya ne sait pas si tu es plus calme, si ça s’est bien passé avec Henry alors elle attend sur le porche avec inquiétude. Quand elle te voit arriver, elle se relève pour te rejoindre mais tu ne sembles pas totalement détendu. Tu as encore ce regard de tueur. Ce fameux regard qui te donne un sacré charme.

    « – Ça a été ? Tu ne l’as pas défiguré ?? »

    Elle ne plaisante pas tant que ça en posant la dernière question mais heureusement il n’y a pas de blessé ni de mort. Il n’y a qu’un Henry qui sait que vous vous fréquentez. C’est la seule personne au courant dans votre entourage mais c’est peut-être déjà un de trop. Sauf s’il tient vraiment parole et qu’il garde tout ça pour lui.

    « – Je.. si ça peut te rassurer, j’en ai parlé aussi à ma meilleure amie. Je l’ai appelé tout à l’heure, j’avais besoin de lui parler et.. avoir un peu son avis. Parce que je sais à quel point une amitié c’est important et je n’ai pas envie que tu brises celle que tu as avec Henry a cause de moi.. »

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    GAPG

    Finalement vous avez rejoint la soirée mais ce n’est pas plus mal puisque c’est vrai que ton ami Henry est déjà bien éméché. Justement, Henry t’entraîne vers l’une de ses futures conquêtes pour avoir ton approbation et Anya s’en retrouve seule mais pas bien longtemps puisqu’Evan vient à sa rencontre. Le jeune homme fait remarquer la présence d’Alex et cela étonne Anna puisque ce n’est pas du tout le genre d’endroit où elle aurait cru croiser ce garçon. Il est loin du mec qui adore être en compagnie de jeunes de son âge et puis il n’a pas la tête du fêtard. Il y a tout de même des mots d’Evan qui font sourciller Anya. Alex est loin d’être homophobe, elle en est certaine ! Il est juste bien trop introverti pour discuter avec des inconnus mais comme elle lui a déjà parlé plusieurs fois au lycée, elle décide d’aller vers lui en compagnie d’Evan.

    « – Ehh.. Alex ! Tu vas bien ? Je suis étonné de te voir ici. T’es parents ont une maison à Montauk ? Et.. Tu aimes bien les fêtes ?
    _ Anya.. Euh.. Je.. Mes parents m’ont juste forcé à suivre mon grand frère.. Euh.. Il est là-bas.. C’est George..
    _ Tu es le frère de George ?!! »

    S’exclame Evan avec incrédulité. George est un garçon tout aussi populaire que toi ou Henry. Il est juste un peu plus âgé que vous et il n’est pas dans le même lycée puisque ses parents l’ont envoyé dans un établissement privé. Son surnom est « le roi soleil » car il est le genre de mec vaniteux qui n’hésite pas à se montrer supérieur. C’est pour cela qu’Evan est très surpris car alex est l’entier opposé de son frère. Il est peut-être beau comme un dieu mais il n’ est pas le garçon détestable que peut être George;

    « – Hm.. Oui.. Qui ne connais pas George..
    _ Moi, je ne le connais pas et je dois avouer que je me fiche bien de lui. Je préfère de loin mon voisin du cours de science.
    _ Ton ancien voisin, je ne sais pas si on sera encore dans la même classe cette année.. Mais c’est gentil de dire cela Anya.
    _ Oh ce n’est pas gentil mais réaliste. Si non, tu connais mon ami Evan ? »

    Anya joue encore la diplomate de l’ONU ce soir. La demoiselle a tout de même prévenu Evan qu’il devait être plus doux avec Alex, sous peine de se faire encore rembarrer. Les deux commencent à discuter et Anya sent qu’elle va vite se faire de trop alors elle se met à te chercher du regard mais tu n’es toujours pas là. Les dix minutes sont passées mais bon, elle essaye de se montrer patiente et au lieu de jouer l’espionne, elle s’avance vers le feu de camp qui a été fait pour la soirée. Il y a beaucoup de monde et surtout des personnes qu’elle ne connaît pas donc elle reste un peu à l’écart mais cela suffit toujours pour attirer des garçons en mal de nanas. À croire que ce genre de soirées sont faites pour trouver un coup d’un soir.. mais Anya arrive à éloigner deux trois garçons avant de tomber nez à nez avec Elena. La blonde n’est pas accompagnée de ses groupies, elle semble faire tête basse pour que personne ne l’a reconnaisse mais face à Anya, son regard devient diabolique.

    « – Comme on se retrouve.. Qu’est ce que tu fou là Sawyer ?
    _ Je devrais te retourner la question. Tu n’étais pas censé être dans un hôpital pour les fou ?
    _ Évites de te lancer sur des sujets qui risquent bien de te faire du mal.. Si je suis folle, imagines ce que je pourrais te faire..
    _ Je n’ai pas peur de toi Elena et je me fiche bien de toi. Je ne sais pas pourquoi tu m’en veux autant mais je ne te laisserais plus me faire du mal.
    _ C’est à cause de toi qu’il ne veut plus de moi !
    _ Qui ? Garrett ? Mais il ne veut pas de toi. Tu étais juste un bouche trou. Tu ferais mieux d’aller voir ailleurs.
    _ Petite Sal.. »

    Mais ta voix se fait entendre puisque tu cherches Anya. Elena s’éclipse très vite pour ne pas tomber sur toi mais c’est étrange car elle se cache derrière un énorme sweat-shirt de garçon. Ce n’est pas du tout le style de ton ex et cela annonce rien de bon. Anya perd Elena du regard quand tu arrives enfin mais sans Henry puisqu’il est avec sa conquête du soir. La brune voit ton sourire et cela la dissuade de te parler d’Elena puisqu’elle ne veut pas que votre fin de soirée soit gâché à cause de cette rencontre. Elle fait donc mine de rien et elle te pique le fond de bière qu’il reste dans ton gobelet.

    « – Henry est parti faire le Don Juan ? Au fait, tu savais qu’Alex était le frère de George ? »

    Il n’y a pas mieux que les gossips pour éloigner des sujets fâcheux. Anya évite de t’embrasser ou de prendre ta main car il y a beaucoup de monde qui te connaît très bien ici mais vos regards prouvent qu’il faut que vous éloignez d’ici si vous ne voulez pas être promus comme le nouveau couple de l’année. Vous repartez lentement vers la maison de tes parents mais Anya a sa curiosité qui vient la titiller.

    « – Tu m’avais promis une surprise.. c’est quoi ? Dis le moi si tou plaiiiit.. »

    Elle sait faire les yeux de biche et une bouille à croquer. La demoiselle se rapproche de toi puisqu’il n’y a plus d’autres jeunes autour de vous et elle prend même ton bras entre les siens.

    « – Tu vas dire que c’est bizarre mais c’est la première fois que j’apprécie les vacances d’été.. peut-être que tu y es pour beaucoup.. Tu y es même le principal contributeur.. »

    Elle est sincère lorsqu’elle sort ces mots car bien qu’elle a déjà été en vacances, jamais elle ne s’était senti aussi légère. Du moins, elle ne pense pas aux regards des autres, seulement au tien. Cette bulle est sûrement éphémère mais ça lui fait du bien de ne pas se sentir envahie par la peur ou la colère. Elle a même décidé de ne pas penser à l’après et c’est sûrement ça qui rend encore plus fort ce sentiment d’apaisement.

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    La surprise est délicieuse, même exquise. Anya savoure tes baisers et tes caresses alors que ses mains agrippent ta chevelure mouillée. L’endroit est quand même dangereux car vous pourriez être vu par n’importe qui mais elle s’en fiche, elle ne pense qu’à toi et à ce désir que tu fais grimper en flèche. Ta main glisse sous sa robe trempée et l’extase prend possession de la jeune femme mais tout comme toi, elle a eu cette envie horrible de faire l’amour avec toi toute la journée alors très vite, elle réussit à prendre le dessus sur toi. Tu te retrouves allongé sur le sable avec cette selkie sur tes cuisses mais avant d’aller plus loin, Anya se penche pour te donner un baiser qui a un goût de passion volcanique.

    “ – Alors fais moi l’amour..”

    Bien qu’au final c’est elle qui décide puisqu’elle est sur toi. Vous n’êtes pas complètement nu alors elle doit ouvrir ton pantalon et soulever sa robe mais avec une envie plus que pressante, Anya chevauche ton bassin et laisse vos corps s’emboiter. La sensation est puissante, enivrante, délirante. Si hier elle avait peur, aujourd’hui elle prend un malin plaisir à faire l’amour avec toi. Elle ne ressent plus de douleur, simplement du plaisir. Tout se décuple quand tu te mets à caresser son corps, à embrasser sa peau. Vos gémissements communs sont une mélodie excitante mais vous devez vous embrasser pour ne pas hurler de plaisir.

    Cette surprise est un souvenir qu’elle ne risque pas d’oublier. La cadence de vos mouvements et la possession qui s’installe entre vous.. Tout est intense. C’est comme si vous aviez besoin de vous enivrer de l’autre pour pouvoir vivre correctement. Même quand tu reprends le dessus, la fougue continue de plus belle et elle vous mène jusqu’à un orgasme de dingue. Oui, c’est fou.. C’est tellement insensé et pourtant elle en veut encore. Elle devient accro.. Accro à toi dans ton entièreté.

    Allongée sur toi, elle a le souffle court mais elle a encore un peu d’énergie pour te taquiner à nouveau, si bien qu’une nouvelle course se joue entre vous pour rejoindre la maison. Tes parents semblent être rentrés de leurs soirées alors il faut se montrer discret. Ils pensent sûrement que vous êtes encore à la fête, pourtant vous filez comme des petites souries vers ta chambre. Accompagnés de quelques baisers et caresses, le chemin se termine lorsque vous arrivez au pied de ton lit. Encore trempé à cause du plongeon surprise, Anya finit enfin par retirer sa robe. Elle se retrouve entièrement nue devant toi et ta bouche ouverte. Cela la fait rire mais elle se fait taire en venant poser ses lèvres contre ton cou.

    “ – J’ai encore envie de toi.. Je veux encore te sentir en moi..”

    Murmure telle entre deux baisers alors que sa main se faufile entre tes cuisses. Tes vêtements mouillés deviennent vite un obstacle qu’elle se permet de retirer pour que toi aussi tu te retrouves nu face à elle. Comme la veille, vous semblez à nouveau vous découvrir visuellement mais cette fois-ci Anya n’a pas peur de poser ses mains sur toi. Elle touche ton torse encore imberbe et ses doigts glissent le long de ton ventre joliment dessiné par des abdo que tu entretiens sûrement pour la frime.

    “ – J’ai envie d’essayer quelque chose..”

    Elle se laisse glisser pour être à genoux devant toi. Tu as su lui montrer qu’elle pouvait ressentir un certain plaisir sans pénétration alors elle tient à son tour, à t’offrir ce même plaisir. Elle n’est pas totalement confiante sur ses gestes au début mais quand ta verge se retrouve entre ses lèvres et qu’elle entend tes soupirs, Anya comprend que tu apprécies cette faveur. Bien sûr, vous devez faire le moins de bruit possible puisque tes parents sont proches mais ici, elle se sent beaucoup plus libre dans le sens où personne ne devrait entrer dans la chambre puisque la porte est fermée à clé.

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    GAPG

    C’est raté pour la journée rien qu’à deux. Anya en retient une moue mais elle accepte cette sortie sur le bateau bien qu’elle ne connaît pas cette Lisa et qu’Henry semble encore avoir des effluves d’alcool. Cette demoiselle est l’opposé entier d’Anya. Blonde, grosse poitrine et nunuche à souhait, il est clair que les deux filles ne deviendront pas meilleures amies mais bon, vous savez tous que cette demoiselle n’est là que pour aujourd’hui puisque ton meilleur ami va très vite trouver une nouvelle conquête.

    Après s’être habillé, Anya vous suit pour aller vers le port où est amarré le bateau des Cavill. Henry n’a même pas pris le temps d’aller se changer ni se laver mais il a déjà évoqué son souhait d’aller se baigner pendant votre excursion. Pour Lisa, elle reste au bras du grand brun alors que vous êtes un peu en arrière avec Anya.

    « – Tu crois qu’elle se doute qu’Henry va la virer d’ici ce soir ? Ton ami est terrible.. quoi que j’en connais un qui faisait la même chose.. »

    C’est de manière taquine qu’elle te dit cela mais bon, Anya ne joue pas la grande gagnante car même si la veille tu as eu des confessions qui résonnent encore dans son esprit. Pour le moment vous êtes ici, loin de tout et vous pouvez jouer le petit couple amoureux mais ça ne sera plus la même musique lorsque vous allez revenir sur New-York et elle le sait. Il faut donc en profiter et c’est ce qu’elle fait pleinement. Elle reste près de toi même quand vous arrivez sur le bateau. Henry va déjà derrière la barre mais avec son état, il est plus sage que ce soit toi qui gère la navigation.

    « – Je vais aller voir si mon vieux a laissé du champagne à l’intérieur ! Posez vous en attendant ! »

    Henry s’en va dans la cabine et Anya se retrouve à devoir s’asseoir à côté de la blonde. Les deux filles s’observent bizarrement mais pour ne pas paraître trop froide, Anya essaye d’engager la conversation.

    « – Tu es venu ici avec tes parents aussi ? Ou tu vis dans le coin toute l’année ?
    _ Ah oui je suis venu avec mes parents. Ils ont loué une villa mais on vient d’Atlanta.
    _ Ah.. super.. c’est une belle ville..
    _ Non c’est trop nul. Moi je veux aller à New-York ou Los Angeles parce que j’aimerais trop devenir actrice. Je rêve de jouer avec l’acteur Johnny drop ! Tu connais ? Il est trop canon. Peut-être qu’avec de la chance, je pourrais devenir sa copine ! »

    Anya se retient de rire et elle jette un rapide regard vers toi. Tu commences à faire naviguer le bateau et Henry finit par revenir avec une multitude de bouteilles d’alcool. Pour le moment, Anya préfère refuser de boire, surtout que c’est la première fois qu’elle se trouve sur un bateau. Cela se voit avec son teint qui blanchis énormément et la nausée qui augmente de plus en plus, si bien qu’elle préfère garder les yeux fermés pour tenter de se calmer.

    « – J’ai une solution contre le mal de mer Sawyer ! Bois une gorgée de whisky. Je t’assure que ça fonctionne ! »

    Anya ne sait pas si cela est vrai mais elle tente quand même l’expérience car elle n’a pas envie que l’après-midi soit gâché à cause de son mal de mer. En tout cas, le whisky fait bien grimacer Anya et Henry se met à rire de bon cœur. Lisa aussi en rit mais ça sonne tellement faux qu’Henry se remet à rire comme un idiot. Le Brun ramène la bouteille vers toi pour que tu puisses aussi boire une gorgée mais en voyant ta moue mécontente, il lève les yeux au ciel.

    « – Fais pas ton bon samaritain.. On sait tous que tu as déjà tellement bu que tu ne te rappelles plus de certaines soirées. Une gorgée ne va pas te tuer normalement ! Il faut bien qu’on fête nos vacances en plus. Bientôt on va devoir retourner dans ce fichu lycée. »

    Au bout d’une trentaine de minutes, tu te rapproches de cette fameuse île et c’est magnifique à voir. Comme tu stoppes le bateau, Anya se sent beaucoup mieux et elle se lève pour revenir auprès de toi afin que tu lui parles de cet endroit. Cela est sans compter sur Henry qui a d’autres projets que de jouer au visiteur.

    « – J’allais proposer un jeu de la bouteille mais je pense que mon pote va pas vouloir que j’embrasse Sawyer alors on fait un autre jeu ! Vous connaissez « je n’ai jamais fais » ? En gros, je dis que j’ai jamais.. euh.. embrassé un mec mais si vous vous l’avez fait, vous devez boire une gorgée d’alcool !
    _ Ah ouais ! Je veux bien jouer !! »

    Clame Lisa alors qu’Anya grimace un peu. Un jeu avec de l’alcool ? En pleine journée ? Elle hésite mais pour ne pas encore paraître trop « sainte et coincée », Anya accepte. Henry prépare donc quatre verres et vous allez tous vous caler vers les sofas du bateau.

    « – Hm.. Je commence et après ça sera Anya. On fait dans le sens de l’aiguille d’une montre !
    _ Je suis dans l’autre sens Henry..
    _ Pas grave ! Euh.. Je n’ai jamais… couché avec un garçon ! Aller hop, on boit les filles ! »

    Il pouffe de rire et évidement , Anya et Lisa doivent boire une gorgée de whisky puisqu’elles ont déjà couché avec un garçon. Ce jeu peut très vite rendre ivre, surtout quand on cherche dans les failles des autres et c’est ce que replique Anya dans le sens où elle veut aussi vous faire boire.

    « – Je n’ai jamais embrassé de filles. »

    Henry boit, toi aussi mais Lisa aussi. Ah les jeux d’ado..
    Plusieurs tours se font et vous avez tous déjà bu plusieurs verres mais quand vient le tour d’Henry, il décide d’être un peu vicieux. Non pas par méchanceté mais juste pour être certain d’une chose dont il a l’intuition depuis quelques temps.

    « – Je ne suis jamais tombé amoureux. »

    Lisa boit.. et puis il y a vous deux qui observez vos verres presque vide. Anya sent que c’est une question piège de la part d’Henry mais elle a aussi l’envie de savoir si tu vas boire ce verre ou non. Pour sa part, elle boit une gorgée. Après, rien ne peut dire si elle pense à toi ou non lorsqu’elle le boit. Henry s’impatiente mais comme tu es long, il pense donc que tu n’as jamais été amoureux. Il relance le jeu vers Anya. La brune a une déception qu’elle cache mais peut-être que tu n’es pas amoureux d’elle. C’est ainsi.

    « – euh.. je n’ai.. hm.. on devrait faire une pause non ? On risque de pas savoir rentrer chez nous après.. Et si.. on allait.. bronzer ?
    _ non ! Il faut se baigner ! »

    Henry ne sait pas qu’Anya ne sait pas nager et dans l’euphorie du moment, il se lève et attrape Anya pour se jeter avec elle par dessus bord. La brune n’a même pas le temps de le repousser, elle finit dans l’eau sans que Le Brun ne la garde contre elle. Non, Henry se met déjà à nager pour rejoindre l’échelle du bateau mais Anya ? Elle est encore sous l’eau et elle n’arrive pas à remonter à la surface car la panique est tellement intense qu’elle commence à avaler beaucoup d’eau. C’est devant ton air furieux qu’Henry comprend que quelque chose ne va pas mais c’est toi qui s’en va chercher la brune.

    « – Pardon.. Pardon je.. je ne savais pas.. »

    Henry t’aide à faire remonter Anya sur le bateau et elle a beaucoup de mal à retrouver son souffle mais petit à petit elle retrouve de l’air. Ton meilleur ami se sent très mal et désolé, si bien qu’Anya lui faire signe que tout va bien mais elle a surtout besoin de tes bras.

    « – Tu as le plus empoté des meilleurs amis..
    _ Je suis vraiment nul.. Pardon.. je pensais que..
    _ Je ne sais pas nager Henry.. mais tu ne le savais pas alors arrête de t’excuser..
    _ J’aurai pu te tuer Anya ! Et Garrett m’aurait tué !
    _ Calme toi.. ça va aller d’accord ? On va aller se poser sur l’île.. ça nous fera du bien..
    _ Mais tu sais pas nager !!
    _ Garrett va m’aider, ne t’en fais pas. »

    Avec ce petit incident, Henry ne fait plus le fier et il décide même de ranger l’alcool. Avec ton aide, Anya retire ses vêtements pour être en maillot de bain et elle part avec toi vers le sable fin de l’île. Tu sembles encore tendu par ce qu’il s’est passé mais toi aussi elle veut te rassurer alors quand vous êtes enfin sur le sable, elle vient se nicher dans tes bras.

    « – J’aurai du l’avertir, il ne savait pas.. mais je devrais aussi apprendre à nager.. tu es toujours partant pour me donner des leçons ? »

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    Les vacances vont bientôt se terminées et dans un sens, tu as sûrement raison de parler de l’après. À votre retour, rien ne sera idyllique comme aujourd’hui mais est-ce que cela veut dire que vous allez devoir tout arrêter ? Anya ne le conçoit pas. Pas après tout se qu’il s’est passé entre vous depuis ce début d’été. Tout comme toi, elle ne veut pas te voir dans les bras d’une autre et puis elle veut encore sentir tes baisers, tes bras ou même entendre tes mots doux. Cela se fera en secret car vous allez devoir jouer les simples amis devant tout le monde mais elle est prête à faire cette concession pour pouvoir encore vivre cette relation particulière.

    « – Je ne veux pas que tout s’arrête.. Je veux dire que je ne conçois pas faire comme si de rien alors que je viens de vivre les plus belles semaines de toute ma vie. Alors je suis prête à garder notre relation secrète mais je ne veux pas que tout s’arrête.. Tu es mon souffle de vie Garrett.. »

    Cette déclaration fait rougir la jeune femme mais avec ce que tu as confié aussi, elle se devait d’être franche sur ses ressentis. Et puis de toute façon, tout stopper serait impossible. Tu vis à côté de chez elle, vous allez dans le même lycée, vous allez vous croiser tous les jours alors ça serait une torture commune que de vous éloigner, faire comme s’il n’y avait rien eu. Il va quand même falloir être très précautionneux, surtout auprès de Lucrecia et vos amis mais Anya a déjà une petite idée pour vos retrouvailles.

    « – Tu pourrais venir me rejoindre parfois le soir dans la serre de mon jardin ? J’y ai installé une bibliothèque et un petit canapé. J’adore lire à la belle étoile mais au moins je serai protégé de la pluie.. Et puis on pourra se voir de temps en temps sur nos heures de pauses à l’école. On trouvera des moyens de se retrouver mais je ne veux pas faire semblant. Je sais que si on stoppe tout, je.. je risquerai d’être vraiment malheureuse.. »

    Bon, ça va aussi être difficile de n’être plus aussi proche que maintenant mais elle saura s’y faire. Et puis vos moments de retrouvailles seront une sorte de petite récompense pour rester boosté.
    Enfin, le retour vous éloigne un peu quand même. Montauk s’est terminé puisque dans une semaine vous reprenez les cours. Anya a retrouvé sa maison, ses parents et comme à chaque rentrée, il y a une tonne de choses à préparer alors vous n’avez pas vraiment eu le temps d’être à deux. Le retour de Lucrecia n’a pas non plus aidé puisque ta sœur est souvent auprès d’Anya afin de lui raconter toutes ses aventures en Italie. La blonde a hâte de pouvoir y retourner mais avant cela, elle doit obtenir son diplôme de fin d’études ici et pour cela, elle a décidé de revenir au lycée. Avec le soutien d’Anya, Lucrecia veut retrouver les bancs de l’école. Celle-ci risque d’être encore plus omniprésente et elle risque même d’être dans votre classe mais elle réussira mieux ses études en étant dans un établissement scolaire. Pour Henry, lui aussi rentré chez lui et après une bonne discussion avec toi, il a promis de ne rien dire pour toi et Anya. Il s’en veut encore pour l’histoire du bateau alors il ne joue pas le rebelle et il t’a même promis de t’aider à retrouver Anya secrètement quand tu en auras besoin.

    Le retour à l’école.. vous arrivez en dernière année de lycée. Vous êtes devenu les « grands » et surtout vous allez passer vos examens en fin d’année. Il va y avoir la pression du choix de l’université mais pour le moment, Anya a surtout la pression de savoir qui sera dans sa classe ou non. Elle veut surtout que tu sois dans sa classe mais pour voir cela, il faut réussir à rejoindre les listes. Il y a un monde fou devant les fameuses listes alors pour le moment Anya reste en retrait, accompagnée des blondies.

    « – Ça a été vos vacances ? Moi j’ai travaillé dans une maison de retraite et c’était plutôt sympa ! »

    Lance Binkie enjouée alors que Millie est plutôt mitigé dans le sens où elle aurait préféré que sa copine passe plus de temps avec elle. Anya va pour parler de ses vacances mais tu arrives avec Henry. Tu es beau comme un dieu.. Tu as ta tenue de rentrée mais surtout une tenue de badboy des années 80 avec ta veste en cuir et tes cheveux en brosse. Anya a aussi osé être un peu plus féminine et jolie pour cette rentrée ou plutôt pour toi. Elle a mis une robe qui montre le début de ses cuisses et aussi le haut de son décolleté mais il n’y a rien de vulgaire. Elle voulait simplement être jolie pour toi et ça semble fonctionner car ton sourire se fait montrer.

    « – Salut les garçons ! Vous allez bien ?
    _ Anya ! Ça va oui ! On est tous dans la même classe ! Enfin toi, moi et Garrett ! »

    Le trio dans la même classe. Anya aurait envie de sauter de joie mais avec les blondies à côté, elle se retient de le faire. Lucrecia n’est pas dans votre classe, c’est mieux dans le sens où elle aura des horaires différents. Binkie et Millie sont aussi séparées. Binkie se retrouve avec Lu alors que Millie est dans votre classe. Alex est aussi avec vous mais il y a aussi une personne dans votre classe qui risque de faire des étincelles.. Elena. Du moins, son nom est écrit dans la liste mais elle n’est pas là. Ses parents l’ont porté pâle mais la demoiselle est encore en fugue. Ils ne l’ont toujours pas retrouvé depuis qu’elle a fuit de l’hôpital psychiatrique.

    Votre prof principal est le prof de littérature. Votre emploi du temps est assez chargé puisque c’est la dernière année mais tout devrait bien se passer, sauf si Elena revient vraiment en cours. Pour la première heure, Anya se met à côté de Millie alors que toi tu te mets à côté d’Henry. Vous devez commencer votre jeu de « simples amis » mais il est difficile de ne pas jeter quelques regards pendant l’heure. Henry te donne même un petit coup de coude lorsqu’il se rend compte que tu es en train de rêvasser en observant Anya.

    « – Eh cendrillon.. on se réveille. On dirait que tu es en train de baver devant un steak. »

    Millie trouve un peu étrange le fait qu’Anya évite de te regarder alors que l’année dernière ce n’était pas le cas. Logiquement cela devrait faire taire les rumeurs mais pour Millie, c’est l’inverse. Elle n’en parle pas pour le moment mais Anya n’échappera pas à un interrogatoire dans les prochains jours. En tout cas, le premier cour se termine et à la fin de celui-ci, Anya profite que tout le monde se dépêche de sortir pour se rapprocher de toi. Elle fait mine de te parler telle une amie mais vos mains se frôlent.

    « – Ce soir je serai un peu en retard car je dois aller au gymnase pour faire les tests de pom pom girls… J’en faisais à Seattle et j’aimerais bien m’y remettre. »

    Elle sait que c’est cliché et surtout que les pompom girls sont souvent mises en avant mais pour cette dernière année, Anya ne veut plus se priver. Elle veut arrêter de se fier aux avis des autres et faire ce qui lui plaît.

    « – Si je suis prise, tu pourras venir me voir aux matchs de football américain.. en plus Henry fait parti de l’équipe non ? Tu pourras le voir aussi comme ça. Quoi que je suis sur que tu serais déçu en joueur de foot. »

    Elle étire un fin sourire et elle s’éloigne car vous devez partir en cours d’histoire. Dans les couloirs, vous tombez sur Lu et pour le moment ça semble aller puisqu’elle reste avec Binkie. Cela fait un peu rager Millie mais pour cette première journée, tout semble bien commencer.

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    C’est vrai qu’elle n’est pas venue au bar ce soir. Anya est rentrée après les sélections et elle a préféré s’isoler dans sa serre avec un livre mais pour cela, elle a une raison qu’elle se doit de t’expliquer lorsque tu arrives avec cet air un peu grognon.

    “ – Après les sélections, la fameuse Christina a adoré se vanter de vouloir être ta copine et qu’elle allait te rejoindre au bar.. Je.. je t’avoue que je n’avais pas envie de voir la scène. Je n’avais pas envie de la voir te draguer car je sais que ça ne m’aurait pas plu et que ça aurait pu éveiller les doutes sur nous deux. J’ai préféré venir râler ici.. avec un livre, du popcorn au caramel et mon Napoléon.”

    Montrer une potentielle jalousie ne ferait qu’attirer les regards alors elle a dû faire le choix de s’éloigner. Malgré tout, elle ne t’en veux pas puisque tu ne peux pas contrôler les hormones bouillantes des autres filles. Anya repose son livre et elle te tend sa main pour que tu viennes t’asseoir auprès d’elle sur son petit canapé. Cela fait plus d’une semaine que vous n’avez pas eu un moment rien qu’à deux alors elle ne tient pas à passer sa soirée à parler du bar ou de christina. Elle préfère venir t’embrasser et c’est ce qu’elle fait lorsque tu es enfin posé auprès d’elle. Ses bras enlacent ton cou et le baiser se fait bien vite langoureux. Le manque est présent, immensément présent mais à bout de souffle, vous éloignez vos visages en ayant tous les deux un sourire aguicheur.

    “ – Tu as aimé ma prestation pour les pompom girls ? Je n’en ai pas fais depuis longtemps mais je pense que je n’ai pas perdu la main.. Cependant je ne sais pas si je vais être prise car il y a les copines d’Elena dans le groupe. Je sais qu’elles ne m’aiment pas..”

    Au moins elle aura quand même tenté sa chance. La jeune femme voit que tu louches sur sa tenue qui n’est autre qu’un long tshirt qu’elle utilise comme pyjama mais c’est l’un des tiens. Elle a pu le récupérer avant de partir de Montauk. Cela lui permet d’avoir ton odeur avec elle la nuit.

    « – Oui j’ai pris ton t-shirt mais il traînait dans la salle de bain alors je me suis dis que je pouvais bien garder un petit souvenir… »

    La brunette fait sa bouille adorable mais c’est bien vite remplacé par un rire lorsqu’elle sent tes mains glisser sous ce fameux t-shirt. Pour avoir le dessus sur toi, elle grimpe sur tes cuisses et attrape tes mains pour les bloquer au-dessus de ta tête. Oui, vous jouez avec le feu si bien que la chaleur grimpe rapidement dans cette petite serre. Anya vient mordiller tes lèvres et son bassin se met à danser contre le tien. Elle sent l’effet qu’elle te procure, ton membre dressé appuie déjà contre elle. La belle ronronne d’envie et elle s’apprête à passer sa main sous ton pantalon mais une lumière venant de sa terrasse s’allume. La serre est assez loin pour ne pas que vous soyez vu mais Anya a le réflexe de te pousser sur le côté pour éviter qu’on ne voit ta silhouette.

    « – Anya ??
    _ Oui papa ??
    _ Je viens de rentrer du boulot et je t’ai ramené ta glace préférée !
    _ euh.. je.. Oui j’arrive ! »

    Pas de folie ce soir… Anya te lance un regard désolé, surtout que tu as une érection bien voyante.

    « – Si je n’y vais pas, il va venir me chercher.. C’est un petit rituel qu’on a de temps en temps. Quand il ne finit pas trop tard, on regarde un film et on mange de la glace.. »

    Vous n’allez jamais avoir ce temps pour vous ? Anya soupire mais elle revient t’embrasser plusieurs fois avant que vous ne vous quittiez. Elle ne peut pas te promettre des retrouvailles plus tardives puisqu’elle ne sait pas quand le film avec son père va se terminer donc ce n’est que le lendemain que vous allez pouvoir vous retrouver .

    Comme l’année précédente, vous faites à nouveau la route ensemble pour aller au lycée mais cette fois-ci, Lucrecia vous accompagne. Cela ne vous permet pas de discuter rien qu’à deux et puis ta jumelle prend toute la place puisqu’elle raconte ses nouvelles péripéties au lycée.

    « – Il y a un garçon trop mignon au lycée! Vous connaissez Andrew Garfield ? Il est dans ma classe !
    _ C’est un joueur de foot je crois !
    _ Tu louches sur les joueurs de foot toi ? J’aurais plutôt pensé que tu aurais aimé les garçons plus.. simples !
    _ Dit elle alors qu’elle va chez les pompom girls ! Eh.. je suis certaine que tu t’y es inscrite pour te mettre avec l’un des garçons. Hm.. je dirais Shaun ! Il est bien dans ton style. Grand, brun, athlétique et garçon sage ! »

    Si Lucrecia s’en amuse, Anya évite ton regard. Non pas parce qu’elle est attirée par ce Shaun mais parce que Lucrecia lui invente un futur amour qui est impossible puisqu’Anya te veut toi mais bon, Lucrecia est l’une des raisons qui vous pousse à garder tout ça secret.

    Quand vous arrivez au lycée, Lu rejoint les blondies et Anya pense avoir enfin un peu de temps avec toi mais non puisque c’est Henry qui arrive. Sans prévenir, il soulève Anya en riant de bon cœur.

    « – La nouvelle pompom girl de l’équipe !
    _ Hein ! Mais on le sait pas puisque les résultats sont pour cet après-midi !
    _ Sauf si tu as un ami qui insiste pour que tu sois prise.
    _ Quoi ? Tu.. tu as mis ton nez ?
    _ oui parce que les potes d’Elena ne t’auraient pas accepté donc j’ai mis mon nez et je les ai averti de ne pas t’emmerder si non ça va mal se passer pour elles ! »

    Anya a envie de râler contre Henry mais dans un autre sens, elle sait bien que sans son intervention, elle n’aurait pas été prise. Quand Henry la repose, il a quand même le droit à une tape contre le torse et ça fait rire le grand gaillard qui vient quand même t’offrir une poignée de main.

    « – Et toi tu as une nouvelle chance pour rejoindre l’équipe. Le coach a accepté que tu reviennes mais au moindre écart, tu seras viré. Il sait que tu es un très bon joueur même l’un des meilleurs. Tu peux refuser, t’es pas obligé mais si ça te dit, on a entraînement ce soir. »

    Vous allez tous vers le lycée mais bon, il y a quand même une frustration chez Anya. C’est tellement compliqué d’être auprès de toi qu’elle est silencieuse durant une bonne partie de la journée. Même au midi vous n’avez pas le luxe de pouvoir discuter cinq minutes à deux. En plus Christina s’impose à votre table pour te lécher les bottes. Le regard d’Anya s’assombrit mais d’une manière que tu n’as pas encore pu observer. Elle préfère sortir de table sans manger et elle part vers l’extérieur pour aller se poser sur un banc. Au moins elle ne sautera pas au cou de cette fille qu’elle commence à détester au plus haut point.

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    Anya n’aurait pas pensé un instant que tu aurais été capable de sortir ce genre de mensonge pour la faire sortir du lycée avec toi. Elle n’aurait jamais cru se retrouver dans cette chambre d’hôtel au lieu d’être dans le cours d’histoire mais en bonne complice, elle aime cette idée surtout qu’elle peut enfin retrouver tes bras et tes lèvres. Tu la fais déjà ronronner de plaisir quand tu t’attaques comme un vorace sur sa poitrine gonflée par le désir. La belle agrippe ta chevelure mais elle profite que tu relèves ton visage pour revenir t’embrasser car tes lèvres lui ont pas mal manqué durant cette longue semaine. Elle rattrape ce temps perdu en jouant de ta langue et elle fait en sorte que ton corps vienne s’écraser sur le sien.

    « – De la géographie.. très bien.. je vais devoir cartographier ton corps alors.. »

    En un coup de hanche, miss Sawyer te fait tomber sur le lit et elle vient s’asseoir sur tes cuisses pour être au dessus. Elle retire sa chemise qui devient de trop, ainsi que sa jupe mais elle garde encore ses sous vêtements. Pour la fameuse cartographie, elle vient embrasser plusieurs partis de ton torse mais une idée lui vient rapidement quand elle se retrouve près de ton cou. Anya se met à faire quelques suçons pour marquer son territoire mais aussi pour que cette peste de Christina voit que tu as déjà quelqu’un. Oui, c’est vicieux mais la brunette ne veut plus que cette blondasse te tourne autour alors ton cou se retrouve placardé de suçons bien voyants. Elle redresse son visage pour voir son œuvre et elle a un immense sourire car il est clair que tu ne pourras pas cacher ça facilement.

    « – Tu seras obligé de penser à moi à chaque fois que tu seras devant un miroir ou alors qu’on te demandera pourquoi tu as ça sur ton cou.. »

    C’est une vraie chipie mais votre moment intime reprend de plus belle puisqu’elle descend le long de ton corps pour venir s’amuser avec ton membre bien réveillé. Le manque fait de vous des sauvages, des bêtes qui meurent de faim. Anya n’a pas la patience d’attendre que tu jouisses entre ses lèvres puisqu’elle préfère venir chevaucher ton membre et lier vos bassins. C’est explosif et intense puisque même le lit en claque contre le mur. Ses mains sont plaquées sur ton torse et elle y prend appuie pour aller toujours plus vite dans ses mouvements.

    « – Haaan.. putain.. Garrett.. touche.. touche moi.. »

    La belle est gourmande, elle veut sentir tes mains glisser sur elle et quand elle te sent la caresser, le plaisir est décuplé. Elle semble même beaucoup plus déchaînée que vos premières fois à Montauk puisque tu te fais griffer et elle ne te laisse aucun répit jusqu’à la jouissance finale. Vos derniers cris résonnent dans la pièce mais cela n’est qu’un début. Anya n’a pas l’envie de repartir maintenant ou dans l’heure qui suit. Elle se laisse tomber contre toi, le souffle court mais elle est limite prête à recommencer ce jeu sensuel. C’est parce qu’elle voit ton air éreinter qu’elle comprend que tu es un peu plus fatigué qu’elle.

    “ – Tu n’as pas dû dormir beaucoup cette nuit.. Je suis désolé pour hier soir.. J’aurai préféré être avec toi qu’avec mon père.. Je te promets que ce soir on pourra passer une soirée ensemble parce que tu sais quoi ? Ma mère part en déplacement pendant plusieurs jours et mon père travaille de nuit.. Alors tu pourrais peut-être me rejoindre directement dans ma chambre ?”

    L’idée d’une soirée rien qu’à vous la fait déjà sourire immensément mais avant cela il faut terminer cette journée. Anya t’épargne un nouveau round mais vous restez un bon moment dans la chambre d’hôtel. Etre dans les bras l’un de l’autre cela fait du bien aussi. Vous repartez directement au lycée par la suite car tu dois aller voir le coach et Anya doit aller voir les résultats pour les pompoms girls. Sans surprise, elle est dans l’équipe mais elle est assez mal regardée. La plupart des filles de l’équipe sont des copines d’Elena, même cette morue de Christina. Justement, la blonde n’a plus son sourire depuis qu’elle a vu les suçons immenses sur ton cou. Tu as été voir une autre fille et ça ne lui plaît pas du tout. C’est ce que peut entendre Anya quand elles se retrouvent toutes dans les vestiaires pour avoir leurs nouvelles tenues de Show.

    “ – Alors moi il me snobe et il va se taper une autre nana ? On me snobe pas ! Elena n’est plus là alors je veux qu’il sorte avec moi !
    _ Mais Christina, Elena va revenir !
    _ Tu n’as pas entendu les rumeurs ? Elle aurait été en hôpital psychiatrique et elle a réussi à s’en échapper. Elle a été retrouvé mais encore plus givrée qu’avant. Ses parents l’ont donc envoyé dans un établissement au Canada.
    _ Oh.. Mais pourquoi en hôpital psychiatrique ? Elle n’était pas folle..
    _ Bien sûr que si ! Tout le monde le sait mais personne ne disait rien. Il parait même qu’elle aurait essayé de traquer Garrett pendant les grandes vacances et elle aurait été retrouvé avant de s’attaquer à lui. Mon pauvre chéri.. Heureusement qu’elle ne lui a pas fait de mal.
    _ Bon sang.. C’est fou..”

    Anya a tout entendu entre Christina et Julie. Elle vient tout te raconter lorsque vous faites le chemin pour retourner vers chez vous. Ce soir les entraînements ont fini en même temps donc cela vous permet d’avoir à nouveau un peu de temps à deux.

    “ – Tu crois vraiment qu’elle aurait pu te faire du mal ? Tu sais.. à la fête sur Montauk.. je.. Je l’ai vu. Elle est venue me voir mais j’ai préféré ne pas y donner d’importance..”

    Quand vous arrivez près de chez vous, Lucrécia sort de ta maison pour sauter sur sa copine Anya. Elle tient à l’inviter à dîner et à faire une soirée films. Anya accepte pour le dîner mais elle invente une grosse fatigue pour éviter les films. Cela te permettra de venir la rejoindre plus tard.

    Durant le dîner, tes parents ne sont pas là mais Maggy oui et la vieille dame fronce les sourcils en voyant l’état de ton cou.

    “ – Garrett ! Qu’est ce que c’est ? C’est horrible ! Tu ne devrais pas laissé des filles te faire ça.
    _ Une nouvelle copine frérot ?”

    Lucrécia sourit en coin et Anya tente de ne pas réagir même si ses joues sont prêtes à prendre un rouge tomate. Son teint reste neutre et devient même un peu plus blanc quand Lucrecia engage un autre sujet.

    “ – Oh Anya ! Samedi soir on a rencard !
    _ Hein ? Rencard ?? Comment ça ?
    _ Tu vois le beau garçon de ma classe, Travis ? Il m’a invité à une soirée mais il m’a demandé si tu pouvais venir car l’autre beau gosse, Jack, aimerait apprendre à te connaitre ! Alors j’ai accepté.. En plus on sera à deux donc ça sera plus safe !”

    Anya en perd les mots.. C’est vrai qu’elle aurait pu aimer ce genre de sortie si elle n’était pas éprise de toi. Les filles de son âge adorent les histoires de coeur après tout et en tant que “célibataire”, elle devrait se réjouir mais là, elle se sent un peu prise au dépourvu surtout qu’elle sent ton regard s’assombrir.

    “ – Samedi.. Je ne peux pas Lu.. J’ai déjà quelque chose de pré..
    _ Tu peux pas me faire ça Anya ! C’est mon retour au lycée et j’ai vraiment envie de profiter de cette année.. J’ai jamais eu de rencards comme ça. Mes seuls petits amis ? Les potes de mon frère parce que je pouvais pas faire de rencontre par moi-même.. S’il te plaît.. m’abandonne pas..”

    Lucrecia joue avec la corde sensible mais Anya ne répond pas de suite. Elle sait que si elle refuse, Lu lui fera la tête mais si elle accepte, ça sera toi. Finalement, après le repas, Anya repart chez elle et en attendant ton arrivée, elle s’en va prendre un bain qui devrait logiquement la détendre.

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    Anya est quand même contente de te retrouver dans cette baignoire mais ce que tu lui dis ne lui plaît pas vraiment. Accepter d’aller faire un date avec ce garçon ? Tu es d’accord pour qu’elle trouve quelqu’un d’autre ? Tu penses qu’elle sera plus heureuse ailleurs ? La brune se tourne et elle te fusille du regard. Tu sembles déjà résigné alors que vous avez fait le choix de vous cacher pour pouvoir continuer de vivre votre relation.

    « – J’espère que tu te moques de moi Hedlund ? Tu es nu dans mon bain et tu me dis que je serai mieux avec un autre ? Si c’était un autre avec qui je voulais être, tu ne serais pas ici ! C’est déjà difficile de devoir se cacher alors si tu ne te bats pas un peu pour notre relation, pourquoi continuer ? »

    Elle est quelque peu vexée et surtout en colère que tu sois d’accord avec la demande de Lucrecia. Elle ne sait pas que c’est une sorte de leurre pour une fête surprise d’anniversaire mais Anya ne veut pas côtoyer ce jack. Au contraire, si elle pouvait crier sur les toits que c’est toi qu’elle aime, elle le ferait mais elle respecte le choix que vous avez fait.

    « – Tu devrais te battre pour moi et pas me donner au premier venu. Comme moi avec cette idiote de Christina ! Tu devrais bien le voir que depuis qu’on.. enfin depuis qu’on est plus proche, je suis heureuse ! J’ai jamais ressenti ça avant et toi tu.. Rooh tu m’énerves ! »

    Tu l’énerves encore plus puisqu’elle voit ton air désolé et surtout tes yeux mielleux. Anya attrape de la mousse du bain et elle en étale sur ton visage en guise de petite vengeance mais cela ne fait que lancer une bataille de mousses. L’eau déborde de la baignoire, la mousse vole un peu partout mais ça se termine en baiser enflammé même si vous avez des têtes de père noel avec vos visages immaculés de mousse.

    Ce soir Anya tient à ce que tu dormes avec elle, même si vous allez devoir vous levé très tôt pour que tu puisses retrouver ta chambre. Vous retrouvez le lit de la demoiselle après ce bain et elle se niche contre toi pour profiter de tes bras, ta chaleur et ton odeur. Tu as un effet apaisant sur elle, surtout pour dormir. Elle passe des nuits bien loin des cauchemars et des réveils nocturnes. Ce soir il n’y a pas de coïte sexuel, seulement de la tendresse et c’est d’autant plus agréable car cela prouve que votre relation n’est pas qu’une attirance sexuelle.

    La fin de semaine se termine assez vite. Le samedi arrive et Anya se réveille avec une année de plus. Dix sept ans.. c’est son père qui vient lui souhaiter en premier puisqu’il réveille la demoiselle avec une farandole de ballons à l’hélium. Les anniversaires ont toujours été fastidieux avec James. Il a toujours tenu à faire de ce jour quelque chose de spécial pour sa fille mais pour la première fois, Anya ne dînera pas au soir avec ses parents, au grand regret de James.

    « – Oh.. ce n’est pas grave. On dînera demain soir au restaurant..
    _ Peut-être que tu pourrais aller au restaurant avec maman ce soir ? Elle revient dans la journée je crois..
    _ Euh.. je.. non.. enfin non Anya.. elle ne reviendra pas.. nous allons divorcer.. »

    James apprend à Anya que la mère de famille n’est pas partie en séminaire mais elle est partie vivre avec son amant. Quel cadeau d’anniversaire.. Même si la relation a toujours été compliquée entre Anya et sa mère adoptive, la jeune femme se sent mal d’apprendre que sa famille se sépare. Elle est surtout blessée de savoir que Kate a abandonné sa famille et qu’elle n’a pas pris la peine d’en parler avec Anya.

    La brune aurait dû venir déjeuner avec toi et Lucrecia mais il n’en est rien. Elle n’a pas le cœur à sortir de sa chambre pour le moment et bien sûr ça inquiète Lucrecia qui a une organisation casi militaire pour la journée. Elle devait amener Anya faire un peu de shopping pour que tu puisses préparer votre maison avec Henry et d’autres amis.

    « – Ce n’est pas normal qu’elle soit en retard.. Je vais aller voir chez elle. J’espère qu’elle ne m’évite pas à cause de cette histoire avec Jack et Travis.. »

    Mais la brune fait son entrée. Les yeux et le nez rougis mais elle arrive dans la cuisine de ta maison. Lucrecia se relève de suite car elle comprend que quelque chose ne va pas. Anya vous explique ce qu’il se passe avec ses parents mais cela ne fait que raviver ses larmes. Les bras de Lucrecia viennent l’entourer mais il est certain que c’est dans les tiens qu’elle préférerait avoir autour d’elle en cet instant.

    « – Je suis tellement désolé ma chérie.. tu veux qu’on annule pour ce soir ? Je pense que tu n’auras pas la tête à sortir..
    _ Si.. enfin.. je pense que j’ai besoin de penser à autre chose que de cette fichue séparation alors sortons.. »

    Elle n’annule rien donc c’est déjà une bonne chose, surtout que Q’ sera là ce soir. Lucrecia propose toujours le shopping et Anya accepte mais avant de s’en aller, elle profite que Lu aille changer de tenue pour retrouver tes bras. Maggy vous remarque au loin mais elle ne dit rien, au contraire cela la fait tendrement sourire de te voir aussi doux avec une fille.

    « – Elle ne m’a jamais aimé.. et ça se confirme encore plus aujourd’hui.. »

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    L’après-midi shopping n’a pas été de tout repos pour Anya car avec Lucrecia qui adore la mode, la brune est devenue une vraie poupée vivante. Elles ont fait un nombre incalculable de magasins et au final, Anya est relookée de la tête aux pieds pour cette soirée qui devrait se dérouler avec Jack et Travis. ( https://pin.it/7aVhs9h ) .Anya n’a pas forcément retrouvé un immense sourire, surtout en sachant qu’il faut retrouver ces deux garçons.

    « – Ils nous attendent vers le musée !
    _ Tu es sûr qu’on ne peut pas annuler ? Je préférerais rester au chaud chez toi..
    _ Oh mais Anya.. regardes, on t’a fait toute belle pour ce soir.. On ne va pas annuler alors qu’ils doivent certainement déjà nous attendre..
    _ Alors promet moi qu’on ne rentre pas tard..
    _ Promis ! On reste une petite heure ! »

    Mais avec ce qui attend Anya, il est certain que ça ne durera pas qu’une seule petite heure. Elle ne se doute de rien, même lorsque Lu lui impose d’entrer dans le musée. Avec naïveté, elle se laisse entraîner jusqu’à cette salle où on lui réserve une fête. Quand elle voit tout ce monde, Anya sent les larmes lui monter mais bizarrement, c’est toi qu’elle recherche du regard en premier. Est-ce que toi tu es là pour son anniversaire ? Oui, tu es là, non loin mais elle ne peut pas encore venir vers toi puisqu’elle reçoit une vague de personnes sur elle pour avoir les fameux “joyeux anniversaire”.

    Il y a quelques personnes qu’elle ne connait pas vraiment mais Henry a voulu gonfler un peu la fête et il a invité quelques uns de vos amis. Elle n’a pas encore vu que Q’ était là puisque celle-ci veut être le cadeau final mais par contre elle se retrouve confrontée à Travis et Jack puisque Lu les a fait venir. Jack n’est pas un vilain garçon et il a même apporté une rose rouge à Anya, ce qui laisse la jeune femme un peu sur les fesses mais elle croise finalement le regard de Q’.

    “ – Oh.. mon dieu… Q’… “

    Anya ne se soucie plus de personne, elle jette la rose dans les mains de Lu et elle court vers sa meilleure amie qu’elle n’a pas revu depuis des mois. C’est le plus beau cadeau qu’elle pouvait recevoir en ce jour, surtout avec ce qu’elle a appris ce matin. Les deux jeunes femmes se jettent dans les bras de l’une et de l’autre, ce qui émeut certains mais attriste un peu Lucrecia. Dans un sens, la belle blonde aurait aimé avoir cette place de meilleure amie fusionnelle mais elle comprend qu’elle ne pourra jamais avoir la place de Q’. De ton coté, Henry profite que Q’ soit avec Anya pour revenir vers toi. Il est toujours troublé, totalement déboussolé par cette amérindienne.

    “ – Elle est belle.. En plus sa robe la met en valeur.. euh.. Non, je ne parle pas d’Anya ! Enfin elle est jolie aussi hein mais cette Q’.. wow.. Elle est divine..”

    Henry tombe souvent sous le charme des filles mais là, il y a quelque chose de vraiment différent dans son comportement. Il ne se jette pas sur l’amérindienne comme s’il était un chien affamé, au contraire il est intimidé, totalement dépassé par le coup de foudre qu’il vient de ressentir. Il se met même à bégayer quand Anya et Q’ arrivent vers vous deux. La belle Sawyer peut enfin te faire face et elle se retient de ne pas se jeter à ton tour dans tes bras. Elle se doute que tu as une énorme part d’organisation dans tout cela, tout comme Lucrecia mais elle ne peut pas te remercier avec un long baiser amoureux.

    “ – Garrett.. je.. merci..
    _ En langage correct, je pense qu’Anya veut te dire qu’elle adorerait te prendre dans ses bras.”

    Réplique une Q’ amusée. Anya ne lui a pas dit directement que vous aviez une relation bien plus qu’amicale mais elle se doute qu’il y a quelque chose entre vous. Vos regards ne trompent pas. Anya a le droit de profiter de tes bras quelques secondes pour ne pas trop attiré les regards mais c’est assez pour qu’elle puisse murmurer à ton oreille un “je t’aime”. C’est la première fois qu’elle te le dit ouvertement mais vous ne pouvez pas en discuter davantage car il faut contenter toutes les personnes présentes. Anya va remercier Lucrécia, Millie, Binkie, les mon chewy et encore une fois, vous devez avoir cette distance qui vous a accompagné depuis le retour au lycée.

    “ – J’ai bien cru qu’elle n’allait jamais arriver ici ! Cette après-midi elle n’a pas vraiment apprécié le shopping et elle espérait pouvoir rentrer chez elle.. Heureusement ta superbe sœur a su la convaincre d’être là ! Avoue que je suis la meilleure ?
    _ Lucrecia ! Enchantée, Anya m’a beaucoup parlé de toi ! Je suis..
    _ Q’.. Oui, Anya m’a aussi parlé de toi.”

    Lu donne le ton, elle n’aime pas Q’ mais c’est plus de la jalousie que de la méchanceté gratuite.
    La soirée commence puisque le groupe de musique se met à jouer. Les invités se mettent à danser, à manger, à boire et ça semble être bien parti. Il y a seulement ce souci que toi et Anya vous vous rapprochez par de simples regards. Plusieurs fois pendant cette soirée, vos yeux se croisent et cela ne fait que renforcer cette envie de vous rapprocher. En tout cas, pour Anya c’est ce qu’elle souhaite le plus. C’est grâce à Q’ que vous avez le droit à un peu plus que quelques minutes l’un face à l’autre. L’amérindienne vous pousse à aller vers l’extérieur de la salle et pour vous assurer une excuse, elle dira que tu as accompagné Anya pour aller chercher une autre paire de chaussures puisque Lucrecia lui a imposé des talons immensément hauts.

    Vous vous retrouvez dans la ruelle arrière du musée et dès que la porte se ferme, Anya vient t’embrasser. Cela en devenait presque vital. Elle abîme ses lèvres maquillées par un rouge sang et toi tu te retrouves maquillée comme un clown mais c’est parfait de pouvoir te toucher, t’embrasser, te retrouver.

    “ – Merci.. Q’ m’a dit que c’était toi qui l’avait fait venir ici et puis cette soirée.. Je ne m’y attendais vraiment pas. Lu, toi et même Henry, vous êtes si adorables. Je n’en méritais pas tant..”

    Elle recommence à piouter tes lèvres puisqu’elle sait que ça sera le seul moment de la soirée où elle aura la chance d’être aussi près de toi. Ses bras enlacent tes épaules et elle t’attire contre elle. Cet instant est hors du temps si bien que les minutes défilent trop vite. Vous entendez toquer à la porte, c’est Q’ qui vous avertis de rentrer et c’est ce que vous faites. L’amérindienne change sa paire de chaussures avec celle d’anya mais en vous observant attentivement, elle remarque tes lèvres pleines de rouge à lèvre et celle d’anya dénudée de maquillage. En sauveuse de situation, elle arrange le tout mais au moment où elle s’occupe de nettoyer tes lèvres, Lucrecia et Henry arrivent dans le petit couloir arrière puisqu’ils vous cherchent. N’ayant pas eu le temps de te rafistoler, Q’ vient imposer ses lèvres sur les tiennes pour ne pas que Lu sache que tu viens d’embrasser Anya. En soit, l’idée est pas bête mais cela change littéralement l’expression d’Henry. Il vire au blanc et il ne prend même pas la peine de s’énerver. Non, il quitte le couloir rapidement alors que Lu lève les yeux au ciel.

    « – Tu vois à peine une nouvelle fille que tu sautes dessus.. Tu vas encore tout gâcher..
    _ Non.. laisse.. c’est pas grave Lu.. hm.. retournons à la fête d’accord ? »

    Anya essaye d’éviter le drame et elle prend le bras de Lucrecia pour l’amener ailleurs. Q’ peut enfin se reculer mais elle s’excuse à plusieurs reprises de ce baiser non prévu.

    « – J’ai compris qu’elle voulait cacher sa relation avec toi.. je ne sais pas pourquoi mais si c’est ce qu’elle veut alors je dois l’aider.. »

    Peut-être qu’Anya cache tout ça à cause de son passé peu glorieux avec son ex. Elle est loin d’imaginer que le principal problème est la promesse faite à Lucrecia mais aussi tes ex qui pourraient s’en prendre à Anya. En tout cas, vous retournez aussi à la fête et bien sûr, Henry te lance des regards de déceptions intenses. Il pense que tu as encore décidé de lui prendre une personne qu’il convoitait mais là c’est encore plus blessant puisqu’il a vraiment craqué pour la belle amérindienne. Pour Anya, elle se retrouve sur la piste de danse malgré elle mais Lucrecia l’a poussé à aller un peu danser. La soirée ne tourne pas au fiasco et il y a même le fameux moment du gâteau avec les bougies. Quelques photos sont prises mais Anya ne comprend pas pourquoi tu ne viens pas en prendre une aussi. Elle n’aura aucun souvenir de toi avec elle.. malgré la déception qui anime Henry, il trouve le moyen de te faire aller vers Anya et de prendre une photo. Une photo qui risque de vous suivre longtemps puisqu’il n’y a que vous deux dessus et vos regards de jeunes amoureux lui donneront toute sa beauté. Le Polaroïd sort mais Henry le cache rapidement dans la poche de ta veste.

    « – Je vais rentrer. On aura une discussion demain. »

    Lache t’il à ton encontre mais au loin, une autre personne semble déçue. Q’ aurait aimé passer plus de temps avec ce beau quaterback qu’est Walker. Quelle soirée.. presque aussi intense qu’un épisode des feux de l’amour. Malgré tout, vous avez réussi à ne pas vous faire attraper, si bien que ce Jack revient vers Anya pour essayer de lui parler. Tu es juste à côté, sûrement les oreilles grandes ouvertes lorsqu’il se met à jouer le garçon timide.

    « – Tu es vraiment belle dans cette robe.. et cette coiffure te va merveilleusement bien..
    _ Merci Jack.. c’est gentil..
    _ Dis, ça te dirait d’aller boire un milkshake cette semaine ?
    _ Euh.. et bien.. »

    Elle doit faire quoi ? Accepter pour mieux cacher votre relation ? Anya évite de te regarder bien qu’elle sent ta présence à quelques centimètres d’elle. C’est comme si vous étiez connecté par quelque chose d’invisible mais pourtant bien solide.

    « – J’ai quelqu’un dans ma vie.. enfin j’ai un copain..
    _ HA.. et.. il est au lycée ? Il est là ce soir ?
    _ oh non.. il ne vit pas par ici. Il habite à Montauk..
    _ Très bien.. je comprend.. je.. vais pas t’embêter plus longtemps alors.. »

    L’amoureux de Montauk. Ça serait un beau roman à l’eau de rose s’il devait être mis sur papier mais vous savez bien qu’elle est la vraie vérité. Quand Jack s’éloigne, Anya a un petit regard presque désolé envers toi mais elle n’avait pas envie de jouer un double jeu qui aurait pu vous blesser tous les deux.

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    GAPG

    Anya ne peut nier que cet anniversaire a été parfait et ça c’est grâce à toi, Lu’ et tous vos amis en commun. Retrouver Q’ l’a rend heureuse et puis ce cadeau que tu lui as fais concernant la Bulgarie, c’est quelque chose qui l’émeut à un point que tu ne peux imaginer. Anya n’a jamais remis les pieds dans son pays d’origine depuis qu’elle en a été arraché et c’était un rêve pour elle de pouvoir un jour découvrir cette partie de son histoire. Bien sûr, elle ne le dit pas mais elle aurait aimé que toi aussi tu fasses partie du voyage mais bon, il y a une autre personne qui a déjà l’intention de te faire partir avec lui dans ce pays qu’il juge un peu trop dangereux pour trois demoiselles seules.

    Il y a un autre présent qui touche énormément la jeune femme et c’est ce livre qui a un sens particulier pour vous deux. Elle doit se retenir de ne pas se jeter dans tes bras mais quand tu lui donnes l’ouvrage, tu peux voir ses yeux briller. Se cacher n’est pas si évident, si bien que même Lu a un regard un peu suspect lorsque tu donnes ce livre car quel ami lambda aurait offert un vieux livre sauf si cet ami est plus proche qu’on ne le croit ? Et puis vos regards.. Lu n’est pas si incrédule, elle est ta jumelle alors bien évidement qu’elle sent que quelque chose se passe mais pour ce soir, elle se garde de t’en parler puisque la fête n’est pas finie.

    Il est très tard quand la soirée prend fin. Les gens partent petit à petit et il faut nettoyer la salle. Vous avez le droit à un coup de main de la part d’autres amis et cela vous permet de ne pas vous éterniser dans l’endroit mais lorsqu’il faut repartir vers chez vous, Anya est un peu triste puisqu’elle n’a pas vraiment pu te remercier pour tout ce que tu as fait. Vous repartez chacun chez vous et Q’ s’en va avec Anya chez elle mais grâce à la complicité de l’amérindienne, Anya réussit à faire le mur discrètement pour venir vers chez toi. La lumière de ta chambre est allumée alors pour te montrer sa présence sans alerter toute ta maison, Anya se lance dans une escalade du mur grâce à une gouttière mais bon, la brune n’est pas la plus agile pour jouer l’aventurière. Elle met un certain moment à grimper et elle manque de tomber plusieurs fois mais tel un prince charmant amusé, tu finis par la trouver et tu l’aides à passer par ta fenêtre.

    Vous ne pouvez pas parler à voix haute et l’envie de rire est forte à cause des prouesses sportives de la brune. Elle a quelques égratignures sur ses avants bras mais elle n’a pas envie que tu joues l’infirmier, elle vient se nicher dans tes bras pour ne pas que tu ailles chercher la fameuse trousse de secours.

    “ – Merci pour tout ce que tu as fait.. Je sais que tu as minimisé tes actes devant tout le monde mais je sais aussi que tu y es pour énormément dans cette soirée. Jamais quelqu’un n’avait fait autant pour moi.. pour me faire plaisir.. Merci.. merci.. merci..”

    Elle continue de murmurer des mercis tout en venant embrasser tes lèvres et en te faisant reculer vers ton lit. Anya finit par se taire puisque vos lèvres se retrouvent pour un baiser plus intense, si bien que la tension monte très vite entre vous deux. A peine tu frôles ton lit que la jeune femme te pousse et elle s’assis à califourchon sur tes cuisses. Vos bassins dansent déjà l’un contre l’autre et Anya retire son haut pour te faire comprendre qu’elle veut bien plus qu’un baiser mais votre moment prend un autre tournant quand Lu se met à toquer à ta porte. Avec une vitesse éclaire, Anya finit sous ton lit et elle fait bien puisque Lu n’attend pas ton consentement pour entrer dans la pièce.

    “ – Garry.. Hm.. J’aimerais te parler. J’arrive pas à m’endormir parce que quelque chose me trotte dans la tête..”

    La blonde s’avance vers toi et heureusement que tu t’es mis sous ta couette car elle n’en voit pas l’excitation qu’Anya vient de t’offrir. Elle s’assit à côté de toi dans le lit et elle se met à faire sa moue déçue.

    “ – Je crois qu’Anya est amoureuse de toi.. Cela fait plusieurs semaines que je me voile la face mais ça se ressent qu’elle est attirée par toi. Il.. Il s’est passé quelque chose à Montauk ? Même toi, tu as un regard.. doux envers elle..”

    Elle te connait assez pour savoir que tu n’es pas comme ça avec toutes les filles. C’est même déroutant pour Lu puisqu’elle te connait comme le briseur de coeurs et pas comme le jeune homme épris.

    “ – Je t’avais demandé de ne pas te rapprocher d’elle parce que je ne voulais pas que tu lui brises le cœur ou alors qu’elle cesse d’être mon amie à cause de toi.. Mais je sens qu’elle est déjà moins proche de moi depuis Montauk. Elle ne se confie presque plus et elle ne passe plus autant de temps avec moi..”

    C’est vrai qu’Anya a sans s’en rendre compte, pris un peu de distance avec Lu par peur que celle-ci ne découvre quelque chose mais cela a été contre productif puisqu’aujourd’hui Lu se doute de votre relation.

    “ – Et puis je sais que toi aussi tu es attiré par elle et même plus. J’ai vu beaucoup de tes regards envers elle et puis la fête, les cadeaux.. Tu as eu l’idée de la fête, de faire venir sa meilleure amie mais surtout tu as vu l’émotion qu’elle avait quand tu lui as donné le livre ? Je ne savais même pas qu’elle aimait ce livre.. Mais toi tu le savais alors que tu n’es pas censé être aussi proche d’elle.”

    Lu relève son regard vers le tien. Elle n’est pas en colère mais elle se sent déçue car elle n’a rien vu venir et elle se sent au pied du mur.

    “ – Je.. Je dois t’avouer quelque chose.. Je.. Hm.. j’aime Anya.. enfin je pense que j’ai des sentiments pour elle.. Pourtant je n’ai jamais été attiré par les filles mais elle.. Elle a quelque chose que.. enfin je n’arrive pas à mettre des mots sur ce qu’elle me procure..”

    Sous le lit, Anya sent son coeur se serrer dans le sens où elle ne s’attendait vraiment pas à ce genre de révélation. Lu baisse son regard car elle semble perdue dans ses sentiments puisqu’elle n’a jamais ressenti ça avant. Et puis c’est d’autant plus compliqué qu’elle sait qu’il y a une sorte de compétition entre vous deux. Mais il n’y a pas vraiment d’amour, elle est surtout jalouse de ne pas être en premier plan mais cela crée une confusion en elle.

    “ – Mais si c’est avec toi qu’elle veut être, alors je veux que tu me promets de ne jamais lui faire de mal.. Si tu veux seulement coucher avec elle et ensuite la jeter, je ne te le pardonnerais pas. Elle mérite tout l’amour du monde et c’est ce que tu devras lui donner si tu l’aimes aussi..”

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    GAPG

    Si toi tu te retrouves perturbé par les mots de ta jumelle, Anya en est toute déboussolée puisqu’elle était très loin de s’imaginer une telle chose. Lorsqu’elle sort de sa cachette, une fois Lu’ partie, elle n’a plus du tout son air charmeur, bien au contraire, elle a les larmes aux yeux. Le soucis dans tout cela est qu’elle a peur que tu t’éloignes encore plus mais elle a aussi peur de créer des problèmes entre toi et Lucrécia. Anya semble tilter que si elle ne s’éloigne pas d’elle-même, cela va mal finir mais pour le moment tu la ramènes contre toi alors elle ne peut pas s’échapper de ta chambre.

    “ – Oui.. Oui la soirée était bien.. mais.. tu crois qu’elle pense vraiment ce qu’elle a dit ? Je.. je ne veux pas lui briser son coeur.. je.. mon dieu.. je me sens immonde..”

    Est-ce qu’elle a eu des comportements qui auraient fait que Lu est tombée amoureuse ? En tout cas, cette fin de soirée ne se termine pas comme elle aurait dû se terminer. Anya feint le fait qu’elle doit rejoindre Q’ et c’est ainsi qu’elle repart de chez toi aussi rapidement qu’elle est arrivée. Par contre elle a vraiment besoin de sa meilleure amie puisque lorsqu’elle revient chez elle, la brune fond en larmes et elle explique ce qu’il vient de se passer. Q’ ne sait pas quoi dire puisqu’elle ne s’attendait pas non plus à entendre cette déclaration mais elle essaye de rassurer son amie en lui disant que ce n’est peut-être qu’une passade.

    “ – Oui mais il va s’éloigner de moi.. On.. On est déjà éloignés par tout le monde mais là ça va être pire.. et.. et ça me tue.. C’est déjà tellement difficile de pouvoir me cacher..
    _ Mais pourquoi vous cacher ? Justement, si Lu sait que tu fréquentes son frère, elle va comprendre et passer à autre chose..
    _ Non, ça va lui briser le cœur et.. et Garrett ne voudra pas.. moi non plus..
    _ Oui mais vous devez tout faire en conséquence du caractère de Lucrécia. Je ne dis pas que cette fille est méchante mais vous devriez peut-être penser à vous non ?
    _ C’est sa jumelle.. Elle passera toujours avant tout le monde et c’est normal..
    _ Oui mais toi tu souffres.. Je l’ai senti dès que je t’ai retrouvé. Tu dois aussi penser à toi Anya, surtout après ce que tu as vécu à Seattle. Là-bas, tu étais la prisonnière d’un garçon horrible mais ici tu es la prisonnière d’une relation qui sera peut-être toujours cachée.. Ce Garrett semble adorable et gentil mais est-ce qu’il vaut toutes ses larmes ? Tu dois penser à ton bonheur, à ton bien-être mais là ce n’est pas le cas. Peut-être que tu devrais prendre un peu de distance..”

    Q’ ne dit pas cela par méchanceté mais elle veut que sa meilleure amie se sente mieux. Elle a compris qu’il y avait un lien fort entre toi et Anya mais est-ce que celui-ci est assez puissant pour donner un sourire à la brune ? Elle ne le sait pas. En tout cas, la nuit est courte puisqu’Anya passe une bonne partie à pleurer dans les bras de Q’. Au lendemain, les deux jeunes filles ne sortent pas de chez Anya mais il va falloir tout de même retrouver tout le monde puisqu’il y a un match durant l’après-midi.

    Henry ne t’a pas encore reparler depuis la soirée et quand vous vous retrouvez aux vestiaires, il peste un peu. Il n’a toujours pas compris le subterfuge de Q’ pour cacher que tu venais de passer du temps avec Anya et c’est après ton explication qu’il comprend un peu mieux, cela n’empêche qu’il râle encore car tu as pu toucher les lèvres de Q’.

    “ – Tu aurais dû m’appeler si tu voulais passer du temps avec Blackbird. J’aurai su aussi vous couvrir hein !”

    Il nomme Anya ainsi pour ne pas éveiller les soupçons des autres sur votre relation. Même si vous êtes un peu éloigné des autres garçons du groupe, Henry comprend que tu veux garder ta relation secrète mais bon, c’est vrai que pour le moment, il a surtout une autre chose en tête. Il sait que Q’ va être dans les gradins pour le match alors il a l’intention de tout donner sur terrain afin de pouvoir l’impressionner. Il en minimise même ce que tu as confié sur Lu’ et ses sentiments envers Anya puisqu’il n’a d’yeux que pour la belle amérindienne.

    Justement, elles sont là et Anya est sur le terrain pour faire son show de pom pom girls avec les autres filles. Elle reste impassible et essaye de sourire mais quand elle voit l’équipe de foot arriver, ou plutôt toi qui arrive, elle manque un pas de danse et elle tombe au sol. En vitesse, elle se reprend mais elle sait déjà qu’elle va avoir un savon de la part de la capitaine d’équipe. Lu est dans les gradins avec Q’ et il y a une tension entre les deux puisque Lu jalouse Q’ alors que Q’ aimerait pouvoir discuter de cet amour naissant que ressent ta sœur. Oui, cet après-midi match ne commence pas si bien finalement mais il y en a un qui va un peu rattraper les choses en faisant de ce match quelque chose d’inouï. Henry ne blaguait pas lorsqu’il disait vouloir impressionner Q’. Sur ce match, il joue comme un dieu, si bien qu’il marque les trois-quart des points et qu’il est impossible à arrêter. Vos adversaires sont très vites dépassés par ce tank aux yeux bleus mais surtout, votre coach et quelques sélectionneurs présents, sont sans voix. Vous finissez vainqueurs et Walker est célébré mais il cherche surtout le regard de sa belle amérindienne.

    Q’ est impressionnée par ce qu’elle a vu mais contrairement à ce que souhaiterait Henry, ce n’est pas lui qu’elle cherche mais Anya. Les pom pom girls font une nouvelle danse mais Anya ni est pas. Il faut dire que la brune a pris la poudre d’escampette après avoir vu Christina te sauter dans les bras et tenter de t’embrasser devant tout le monde. Tu n’es en rien fautif mais cela n’a fait qu’encore plus serré son cœur déjà bien lourd. Anya est donc partie dans les vestiaires pour aller se changer et ce n’est ni toi ni Q’ qui la trouvent en premier mais Lu.

    “ – Anya ? Tu n’es pas sur le terrain ? Tu vas bien ?
    _ Lu.. Lu.. je oui.. ça va. J’ai juste un peu mal au dos alors..
    _ Arrêtes de me mentir, je sais que ce n’est pas un mal de dos. Tu semblais déjà perdu au début.. Je t’ai vu tomber.. Qu’est ce qui ne va pas ? Garrett t’a.. parlé ?
    _ Hm.. parlé de quoi ?
    _ Je pense avoir des sentiments amoureux pour toi..
    _ Il ne m’a rien dit.. je n’ai pas vu ton frère aujourd’hui..
    _ Mais tu ne sembles pas surprise..
    _ Lu, je ne suis pas amoureuse de toi et je ne pense pas que je le serai parce que je ne suis pas attiré par les filles.. Mais tu es une amie que j’aime beaucoup et qui compte énormément pour moi. Tu ne peux pas imaginer à quel point je tiens à toi et..
    _ Pourquoi tu me dis ça ? Pourquoi tu ne peux pas envisager quelque chose avec moi ?
    _ Lu.. Tu n’es pas amoureuse de moi. Tu veux juste me posséder.. C’est toujours comme ça. On veut de moi par possession, jamais par amour. Je suis celle qu’on manipule, celle qu’on brise mais jamais celle dont on est fière ou celle que l’on aimerait réellement. Alors s’il te plaît, cesses de dire ça parce qu’on sait que tu n’es pas amoureuse. Tu es juste jalouse parce que je ne suis pas tout le temps avec toi..
    _ Tu es vraiment méchante de dire ça Anya..
    _ et toi tu n’es pas méchante en voulant faire de moi ta chose ? Et ton frère ? Où les autres garçons qui me voient comme.. comme un morceau de chair..
    _ Mon frère ?! Je.. Je ne comprends pas pourquoi tu dis tout ça Anya ! Qu’est ce qu’il se passe ?
    _ Il se passe que depuis toujours, on veut de moi puis on me jette comme si j’étais qu’un pauvre déchet Lucrecia et que j’ai l’impression que je ne suis rien.
    _ Mais ne dis pas ça ! Tu n’es pas rien pour moi.. et pour.. Garrett. Je sais qu’il.. enfin.. je ne suis pas bête. Il tient à toi plus que si tu étais une simple amie.
    _ Arrête ! Je ne veux plus voir personne ! Laissez moi seule !”

    Étant habillé, Anya prend son sac et elle repousse Lucrecia qui tente de la retenir. La brunette quitte rapidement l’endroit, sans même retourner vers Q’ qui l’attend toujours. De toute façon Q’ ne va pas rester seule longtemps car Henry se décide enfin à aller vers elle. Pour toi, Lucrécia remarque ta présence dans ce vestiaire.. Tu as tout entendu et elle se met à soupirer puisqu’elle sait qu’elle a rendu la situation encore plus complexe avec Anya.

    “ – Tu crois qu’elle.. va plus vouloir nous voir ?”

    De son côté, Anya prend la route vers chez elle. Elle est tout simplement perdue dans ses pensées, dans ses sentiments, dans tout ce qu’elle a entendu ou qu’elle a vécu. Est-ce qu’elle doit faire comme Q’ lui a conseillé ? S’éloigner et essayer de trouver son bonheur ? Mais qu’est ce qui la rend heureuse ? La brune n’a jamais su gérer ses émotions et pour la première fois depuis longtemps, elle sent une crise d’angoisse la prendre. Au lieu de rentrer chez elle, Anya part s’isoler dans un coin de central park puisqu’elle se sent toujours mieux lorsqu’elle est entourée de nature mais bon, ce n’est pas quelques arbres qui finiront par régler ses incertitudes et ses questions.

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    GAPG

    Une famille de canards qui barbotent dans l’eau et Anya qui essuie ses larmes qui ne font que couler depuis son départ du vestiaire. Elle pense à tout, à rien mais elle n’a pas envie de voir qui que ce soit puisqu’elle ne veut pas qu’on lui pose des questions où qu’on la plaint. Même s’il fait froid, elle rentrera quand elle se sentira un peu mieux mais les heures défilent sans qu’elle ne s’en rende compte, si bien que c’est toi qui finit par trouver le petit oiseau égaré. Elle fronce les sourcils puisqu’elle pensait être assez bien caché mais tu sembles être un coriace et plus encore, tu n’es pas ici pour simplement jouer le chercheur de trésor mais tu vides ton sac. Tu te confies sur tes sentiments, tes ressentis, ton amour pour la brune.. Ca non plus, elle ne l’a pas vu arriver. Même s’il est évident que vous avez un lien fort, des sentiments qui deviennent plus intenses au fil des jours, Anya s’était persuadée que tu ne lui dirais jamais rien pour pouvoir garder ta liberté ou alors ton image de garçon inaccessible. En soit, tu ne dois rien à la jeune femme malgré votre proximité mais là, tu lui dis des choses que jamais personne ne lui a dit. Tu clames plusieurs fois être fou amoureux d’elle. Ses joues deviennent pourpres mais tu fais surtout revenir ses larmes. Aaaah les filles.. Des vraies pleureuses et Anya confirme cette légende mais ce ne sont pas des larmes comme il y a quelques minutes. Non, elles ont une signification complètement opposée puisque celles-ci sont gorgées d’émotions positives, surprises mais surtout plus heureuses. Elle n’arrive pas à trouver les mots pour répliquer puisque ce que tu viens de dire à de quoi clouer le bec de n’importe qui mais après un instant d’hésitation, Anya se rapproche de toi et elle se niche dans tes bras. Elle sait qu’il t’a fallut un courage monstrueux pour dire ce que tu viens de dire alors il est normal qu’elle doit y répondre, ou plutôt ne pas te laisser dans le doute.

    « – Plusieurs fois j’ai voulu me persuader que tu n’étais qu’un ami.. qu’il n’y avait rien mais mon esprit et mon cœur n’arrêtent pas de m’avertir que tu n’es pas qu’un simple ami. Tu.. tu n’es pas qu’un simple garçon ou qu’un simple flirt.. Moi.. moi aussi je suis amoureuse de toi.. tellement amoureuse que les mots de Lucrecia m’ont foudroyé.. parce que c’est.. c’est toi que je veux. C’est toi qui a ébloui ma vie.. Tu.. Hm.. avec toi je me sens belle.. je me sens libre.. je me sens heureuse.. »

    Elle n’a forcément les mots pour dire tout ce qu’elle ressent à cause de toi mais il est certain qu’elle est folle amoureuse. Elle en termine même son petit discours avec un long baiser qui a une intensité qui ferait rougir les plus grands films romantiques du cinéma. Est-ce que vous êtes libéré d’un poids ? Oui, bien évidement que oui mais comment va se passer la suite ? Clamer votre amour est une chose merveilleuse mais il est certain que des embûches seront sur vos chemins. Le premier ? James, le père d’Anya puisque lorsque vous revenez près de chez elle, il attend sur le porche avec une mine mécontente. Il a fini plus tôt pour pouvoir passer la soirée avec les filles mais il a été surpris de trouver Q’ et Henry en train de se bécoter sur le canapé. Il a surtout pris peur de ne pas voir sa fille et en te voyant avec Anya, James comprend de suite que vous n’êtes pas de simples amis puisque vous vous tenez la main.

    « – Papa.. tu n’es pas au travail ?
    _ Je voulais te faire une surprise puisque hier nous n’avons pas pu fêter ton anniversaire ensemble mais il faut croire que c’est moi qui a une surprise..
    _ Oui.. euh.. je..
    _ Je ne veux pas d’explications Anya. Tu sais bien que j’ai confiance en toi mais je pensais que la confiance était mutuelle. Tu sais ce que je pense vis à vis des garçons..
    _ Oui je sais papa mais.. mais en fait c’est nouveau.. Garrett est avec moi depuis.. trente minutes.. on était amis et.. voilà..
    _ Oh.. ah.. je vois. Très bien. »

    James te regarde de bas en haut mais il n’est pas ce genre de père à vouloir tuer les garçons qui sortiraient avec sa fille. Il se méfie mais il a toujours été un homme ouvert d’esprit et surtout il ne veut pas qu’Anya se fâche avec lui alors il ne compte pas te passer le savon de ta vie.

    « – Alors on va rajouter un couvert pour le dîner. Enfin deux puisqu’il y a ce Walker qui est encore présent. »

    Henry et Q’ sont encore sur le fauteuil mais ils sont à l’opposé car ils se sentent encore honteux d’avoir été pris sur le fait par James. Anya attend que son père soit rentré dans la maison pour te murmurer que tout va bien se passer. Logiquement il n’y a rien à craindre avec James mais par contre c’est étrange de voir Henry et Q’ avec des airs si désolés. C’est James qui enfonce gentiment le clou pour se moquer des deux adolescents.

    « – Je vais nous commander des pizzas et vous pouvez parler Q’ et Henry. Du moins sauf si vous vous êtes arraché la langue à force de vous bécoter ! »

    Anya ne retient pas un pouffe de rire. Elle comprend mieux pourquoi ils sont si silencieux mais Q’ remarque que tu tiens toujours la main d’anya et elle en profite pour dévier le sujet.

    « – Tu aurais du me le dire si tu n’étais pas bien et que tu souhaitais partir.. je t’aurais suivi. Tu étais à central Park alors ?
    _ J’avais besoin d’être un peu seule.. mais Garrett m’a trouvé. Et tout va beaucoup mieux !
    _ Évidement, cela fait 45 minutes qu’ils sont en couple ! »

    Rétorque James d’un air taquin avant de demander quelles pizzas doit il commander pour la soirée. Tout devient quand même plus léger. La pression est redescendue même si vous avez le regard du père pendant le repas et surtout ses petites blagues pour bien charrier tout le monde. James essaye de mettre tout le monde à l’aise et il parle même football avec vous puisqu’il en a fait aussi lorsqu’il était au lycée mais durant un moment où tu l’aides à débarrasser la table, il profite de quelques minutes pour te parler seul à seul.

    « – Si Anya t’a choisis c’est que tu dois être quelqu’un de bien. Je suppose que tu dois savoir ce qu’il s’est passé à Seattle ? Je dois donc quand même être franc avec toi Garrett. J’ai retrouvé ma fille en sang, brisée, violentée et toute une ville contre elle. Je ne laisserais plus ce genre de chose arriver.. J’ai failli à mon rôle de père là bas mais je ne ferai pas la même erreur ici alors je te surveillerais quand même. Tu as le droit d’aimer ma fille mais pas de la salir d’accord ? »

    Son air n’est plus du tout taquin ou sympathique mais en voyant que tu te tends et que tu sembles plus mal à l’aise, James se met à rire et il te donne une bonne tape sur l’épaule.

    « – Et interdiction d’aller dans sa chambre, bien compris ? Papa surveille sa petite princesse. »

    Dans le salon, ils parlent du départ de Q qui a lieu demain. Elle doit retourner à Seattle et bien sûr ça n’enchante pas Henry mais l’amérindienne à sa vie là bas. Et puis comme elle est encore mineure, elle ne peut pas venir vivre sur New-York sauf avec l’accord de ses parents mais elle sait déjà que c’est une bataille perdue d’avance. C’est déjà un miracle qu’elle soit ici pour l’anniversaire d’Anya.

    « – Vous pourrez vous appeler.. Et puis avant le départ pour la Bulgarie, elle va venir dormir quelques jours ici puisqu’on prend l’avion à New-York..
    _ Ah.. justement je voulais te dire quelque chose mais j’attend que.. Ah, le voilà ! Garrett ? Tu sais, j’y ai bien réfléchis et je pense que ce n’est pas moi qui devrait aller en Bulgarie avec Anya. C’est toi. Il y aura Lucrecia mais c’est vous deux qui devez accompagner Anya et je suis certaine que vous allez revenir avec beaucoup de beaux souvenirs. »

    Anya est un peu triste que Q’ refuse ce voyage puisqu’elles avaient toujours dis qu’elles iraient ensemble mais dans un autre sens, y aller avec toi est aussi quelque chose qui serait merveilleux pour la brune. Q’ l’a compris et c’est pour ça qu’elle décline l’invitation. Tu seras sûrement le mieux placé pour protéger Anya et aussi la guider dans ce voyage qui risque d’être rempli en émotions. Bien sûr, cela n’arrange pas Henry mais Anya a une idée brillante pour réunir ce nouveau duo. Pendant votre voyage en Bulgarie, Q’ pourrait quand même venir en vacances sur New-York pour passer du temps avec Henry mais bien sûr, elle dira à ses parents qu’elle est avec Anya pendant les deux semaines.

    Il est déjà 21h et ça se sent qu’Henry n’a pas envie de s’éloigner de Q’ mais il doit rentrer chez lui sous peine d’être encore puni de sorti par ses parents. Le temps qu’il dise au revoir à sa belle amérindienne, Anya reste avec toi sur le porche et elle passe une main sur ta joue à défaut de pouvoir t’embrasser puisque James est non loin à vous observer.

    « – Demain matin je ne pourrais pas faire le trajet avec toi car je vais accompagner Q’ a l’aéroport mais on se rejoint devant le lycée ? On.. on peut ne rien.. enfin.. rester secret. Je ne veux pas que ça se passe mal pour toi.. cependant sache que je t’aime cher Monsieur Hedlund. »

    Elle embrasse ta joue mais elle ne va pas plus loin. C’est encore trop frais pour James et elle a quand même peur que celui-ci se met à râler si vous osez être trop proches devant lui. Q’ rejoint Anya et après t’avoir salué, les deux filles rentrent alors qu’Henry t’attend sur le trottoir. Il compte te raccompagner avant de prendre la direction de sa maison.

    « – Alors c’est vrai ? Tu es avec Anya ? Vous n’allez plus vous cacher ? En tout cas tu as de la chance.. Moi j’ai peur de ne pas revoir Q’orianka.. Je serai limite capable de prendre l’avion avec elle demain ! J’ai jamais ressenti ça avant. Elle m’a totalement foudroyé.. Tu as ressenti ça avec Anya toi ? Parce que je ne sais pas si c’est que de l’attirance ou autre chose parce que j’ai jamais vécu ça avec une autre fille. Et puis je crois que c’est réciproque.. enfin je l’espère. Tu pourras te renseigner auprès d’Anya ? Elle saura sûrement si sa meilleure amie m’aime bien ou non ! »

    Ah le Henry amoureux.. C’est encore plus compliqué qu’un Henry en quête de l’amour. Là, il est bien parti pour ne parler que de Q’ mais quand vous arrivez devant ta porte de maison, il a quand même un peu de jugeote pour revenir à toi et la brune.

    « – En autant d’années d’amitié, c’est la première fois que je te vois t’ouvrir à quelqu’un et être moins mécanique. Je suis heureux pour toi Garrett. J’ai vu défiler un tas de nanas avec toi mais là je crois que tu as la bonne alors je vous souhaite pleins de bonnes choses et sache que tu auras tout mon soutien. Je ne laisserai personne se mettre entre vous deux et tu peux compter sur moi pour éloigner ceux qui vous feront du tord, d’accord ? »

  13. Avatar de GAPG
    GAPG

    Elle se doutait que tu devais sécher sous les gradins et c’est pour cela que lors de son heure sans cours, Anya décide de te rejoindre au lieu d’aller étudier à la bibliothèque ou d’aller avec les blondies. La journée a malgré tout été chargée en émotions puisqu’il a fallu dire au revoir à sa meilleure amie mais Anya a aussi lu une lettre que Lucrecia lui a laissé pour expliquer son départ en Italie. La brune s’en veut quand même car elle a l’impression d’être celle qui t’arrache à ta sœur jumelle et c’est pour ça que lorsqu’elle te retrouve, elle n’a pas son immense sourire. Tu viens tout de même te nicher à elle et quand ton visage se cache contre son cou, Anya laisse son visage se nicher dans ta chevelure en bataille pour qu’elle puisse aussi profiter de ton odeur.

    “ – C’était triste ce matin car je n’avais pas envie que Q’ reparte mais.. C’était encore plus triste quand j’ai appris pour Lucrecia. Je suis tellement désolée Garrett.. Je ne pensais pas qu’elle s’en irait comme ça. Je m’en veux car j’ai l’impression qu’à cause de moi, tu perds ta jumelle..”

    Elle culpabilise assez facilement mais ça tu dois bien le savoir depuis ces longs mois que vous avez passé ensemble. Anya te montre quand même la lettre de Lu et dedans, ta sœur ne vous incrimine pas le moindre du monde. Au contraire, elle est heureuse pour vous et elle remercie même Anya car Lucrecia avait remarqué un changement positif en toi. Malgré cela, il va quand même falloir quelque temps pour qu’Anya se sente moins coupable.

    Les journées à l’école se ressemblent et sont parfois très chiantes mais comme c’est votre dernière année, Anya essaye d’être la plus assidue et elle tient à avoir des bonnes notes. Cela ne l’empêche pourtant pas de passer du temps avec toi et chaque soir, vous vous rejoignez pour faire vos devoirs ensemble mais aussi passer du temps ensemble puisqu’au lycée vous gardez encore votre relation secrète. Bien sûr, vous devez composer avec les personnes qui tentent toujours de vous draguer ou de vous proposer des rencards mais au lieu d’en faire quelque chose qui vous rend jaloux, vous avez décidé de vous en amuser. Vous avez une sorte de petit tableau avec tous les vents que vous avez offert aux prétendants et il est certain que tu gagnes le jeu puisque tu fais tomber toutes les filles comme des mouches mais Anya a aussi un petit palmarès puisqu’en devenant pom pom girls, elle attire énormément les regards des jeunes hommes. Il y a notamment ce Warren qui a fait envoyer des roses à la brune pour pouvoir l’inviter à un date ce samedi qui arrive.

    “ – Dommage pour lui, Samedi je pars pour la Bulgarie ! Q’ devrait arriver vendredi alors je vais devoir sécher mais je crois qu’Henry aussi à l’intention de sécher. Il n’arrête pas de venir me voir pour me parler de Q’ et pour savoir ce qu’elle aime bien. Mais ce n’est même pas le pire.. Je pensais que Q’ aurait trouvé Henry bien lourd mais elle est aussi folle que lui ! Elle n’arrête pas de parler aussi d’Henry tu sais ? Ils sont dingues.. Mais c’est quand même mignon. Q’ n’a jamais eu d’amoureux avant Henry.. C’est son premier coup de cœur et je trouve ça beau que c’est grâce à nous qu’ils se sont trouvés.”

    Dit-elle en vous ramenant un gros pot de popcorn puisque ce soir vous avez décidé de regarder un film chez elle. James travaille alors autant profiter de la maison qui n’appartient qu’à vous deux. Anya est pressée d’aller en Bulgarie, si bien qu’elle a déjà préparé ses bagages mais elle est quand même triste de savoir qu’elle sera séparée de toi pendant deux semaines. Enfin, c’est ce qu’elle croit mais cela fait que tu te fais chouchouter dès qu’elle est seulement avec toi.

    “- Tu veux que je t’amène une bière ? Mon père en a quelques-unes dans le frigo mais il ne remarquera rien si je lui en pique une.. Par contre ce soir il rentre pour minuit alors il faudra que tu sois parti avant ! Si tu veux, je laisserais ma fenêtre de chambre ouverte pour que tu puisses me rejoindre..”

    Il faut savoir composer avec les horaires de James pour éviter que celui-ci ne punisse Anya de sortie. Il n’est pas bien méchant mais il est quand même regardant sur votre relation et il a interdit d’aller plus loin que les petits bisous.. Ah s’il savait. Vous n’en restez pas moins deux ados bourrés d’hormones et la moindre occasion est bonne pour passer au-delà des petits bisous. Même en cette soirée vous ne pouvez vous retenir et vous oubliez que James finit plus tôt. Alors que vous êtes encore nu dans le canapé, la porte d’entrée s’ouvre et il faut que vous fassiez les choses à vitesse grand V pour que James ne se doute de rien. Toi tu te retrouves nu dans le jardin et Anya a juste le temps de remettre sa robe pour passer inaperçue devant son père. James est un peu hésitant car il a l’impression qu’Anya n’était pas seule mais celle-ci lui jure qu’elle a passé sa soirée à regarder des films.

    C’est au bout d’une petite demie heure que la brune te retrouve dans sa chambre et vous allez directement vous nicher sous la couette pour que vous puissiez vous glisser dans les bras de l’un et de l’autre. Anya se retient de rire car elle a encore l’image de tes fesses nues sur sa terrasse. Avec le froid qui arrive, tu n’as pas dû passer un bon moment.

    “ – On va devoir être plus regardant sur les horaires où tu risques d’attraper un coup de froid sur tes jolies fesses.. Par contre demain soir il ne travaille pas mais je peux venir te rejoindre chez toi. Georgie me laisse entrer sans que j’ai besoin d’escalader ton mur.. J’ai plus de chance que toi !”

    Georgie est une bonne complice, même si elle a aussi tenue à vous demander d’être vigilant. Elle a même proposé à Anya de l’amener chez un gynécologue pour que la brune puisse prendre une contraception mais Anya n’a pas accepté l’invitation puisqu’elle n’a pas envie qu’un homme qu’elle ne connaît pas, lui trifouille l’entre jambe.

    “ – Tu sais que demain ça va faire une année que je suis arrivé ici ? Donc que je t’ai rencontré.. Le temps passe si vite.. Surtout quand on rencontre la personne qui rend notre vie bien plus belle..”

  14. Avatar de GAPG
    GAPG

    Anya voulait simplement aller aux toilettes quand Jimmy lui est tombé dessus. Elle voulait vérifier que ses règles soient bien arrivées mais elle n’a pas eu le temps de faire quoi que ce soit puisque ce garçon a décidé de la coincer contre un mur, loin de la vue des autres personnes présentes dans le bar. Il a déjà essayé de draguer la jeune femme mais elle a toujours fait en sorte de fuir Jimmy. Pourtant là, elle ne peut pas puisqu’il l’a bloque et qu’il se rapprochement dangereusement. Anya est une hargneuse mais là, elle se tétanise de peur car cela n’est pas sans lui rappeler ce qu’elle avait vécu avec les deux autres garçons l’année dernière.

    « – Pourquoi tu ne me réponds pas quand je te parle ? Tu es vraiment une petite irrespectueuse..
    _ Laisses moi.. tranquille.. tu ne m’intéresse pas..
    _ Sauf que toi tu m’intéresses. Surtout tes jolies formes.. »

    Il empoigne le sein d’Anya et elle est tellement effrayée qu’elle n’arrive pas à crier mais tu arrives au même moment. Même si tu t’emportes violemment, tu es arrivé tel un sauveur et comme la dernière fois, tu as pu retirer Anya d’un nouveau bourreau. Henry et Nate viennent à la rescousse pour ne pas que tu fasses quelque chose qui pourrait t’amener d’énormes problèmes mais pendant la fuite et l’arrivée chez Henry, Anya se fait petite et elle va même s’isoler dans le patio. Elle est comme déconnectée et elle revoit le visage presque diabolique de ce Jimmy qui était prêt à l’agresser dans ce lieu rempli de monde. Alors quand tu arrives, Anya sursaute puisqu’elle était encore dans ses songes et elle ne t’a pas vu venir. Elle se tourne mais la première chose qu’elle voit ce sont les pansements sur tes mains.

    « – Mon dieu.. tes mains.. oh mon dieu.. »

    Elle vient vers toi mais évite de prendre tes mains pour ne pas te faire mal, cependant Anya s’en veut que tu te retrouves ainsi et elle culpabilise. Si elle n’avait pas été au bar, il n’y aurait pas eu de soucis avec Jimmy et tu ne te serais pas battu. Elle vient quand même voir si tu n’as pas d’autres blessures ailleurs mais face à sa panique naissante, tu as le réflexe de la prendre contre toi et c’est là que la jeune femme craque. Les larmes l’emportent car elle a eu très peur et puis cela s’ajoute à ce problème pour lequel elle devait aller aux toilettes. Ça aussi, ça lui fait une peur bleue mais elle ne veut pas en parler avec toi.

    « – Excuses moi.. Je savais pas qu’il allait faire ça.. je.. j’étais juste parti quelques minutes.. J’avais.. J’avais dis à Henry que j’allais aux toilettes et.. et Jimmy m’a suivit.. mais je savais pas qu’il ferait ça.. et puis toi.. toi tu es blessé.. et tu risques des problèmes à cause de moi.. pardonnes moi.. »

    Elle espère que ce Jimmy ne cherchera pas à te créer d’autres problèmes car Anya sait aussi que tu as eu quelques démêler avec la justice. Tu as quand même bien tapé ce garçon et ça ne serait pas étonnant qu’il aille à l’hôpital. La belle brune ne peut qu’angoisser toujours plus et elle s’apprête même à dire qu’elle ne veut plus partir en Bulgarie mais Q’ arrive. Avec ce qu’il s’est passé, Anya n’a même pas capté que sa meilleure amie était arrivée plus tôt que prévu.

    « – Anya chérie.. tout va bien ? Grâce à Garrett, je suis là un peu plus tôt..
    _ Q’.. je.. je t’avais pas vu.. »

    Et les larmes coulent encore plus mais Q’ décide de prendre le relais sur toi afin de calmer la jeune femme qui a bien du mal à se remettre de ses émotions. Henry et Nate t’attendent dans la cuisine et le Walker grimace en voyant que tu as quand même chopé un beau coup au visage.

    « – On s’occupera de Jimmy à notre retour mais là, on va plutôt penser à nos vacances d’accord ? Je sais que les filles ont l’avion de 6h15 demain et nous on prend celui de 10h. Ça nous laissera le temps de les accompagner et d’ensuite aller chercher nos valises chez nous. Par contre va falloir que tu mettes de la glace sur ta joue sinon tu vas ressembler à un bibindome d’ici demain. »

    Il te donne une poche de glace pour faire dégonfler ta joue mais Henry s’éclipse bien vite pour pouvoir retrouver la fille qui le fait rêver depuis bien des semaines. Q’ est toujours avec Anya mais les deux jeunes filles parlent entre elles. Le regard sérieux de Q’ fait comprendre à Henry qu’il est préférable qu’il ne vienne pas pour le moment.

    “ – Une semaine de retard ? Après, ça ne veut rien dire.. Peut-être qu’avec le stress du voyage qui arrive, ton corps est un peu troublé. Si tu veux, on ira chercher un test demain avant de partir..
    _ J’ai peur Q’.. Et surtout je suis idiote ! Georgie m’a proposé d’aller chercher des contraceptifs et puis je demande jamais à Garrett de se protéger ! Je.. J’ai peur ! et je ne veux pas que ce soit ça ! J’ai déjà vécu ça et.. et..
    _ Et là tu n’es pas seule Anya. La dernière fois tu as caché ce qu’il s’est passé et tu t’es fais beaucoup de mal mais là je suis là. On va gérer la situation à deux, d’accord ?
    _ Tu ne dis rien à personne.. Même pas à Henry..
    _ promis ma chérie.”

    Henry revient bredouille mais les filles arrivent juste derrière lui. Anya n’a plus de larmes et elle se rapproche de toi pour voir le coup qu’il y a sous la poche de glace.

    “ – Promets moi de ne pas faire de bêtises pendant que je serai parti.. Ne va pas voir ce Jimmy s’il te plaît.. Tu me le promets ?”

    Elle serait encore capable de tout annuler si elle sentait que tu n’es pas sincère dans ta promesse mais tu peux lui promettre sans mentir puisque tu ne seras pas sur New-york pendant les deux semaines. Les filles ne s’y attendent pas, même pas Q’. Si bien que le lendemain, elles sont un peu triste lorsque vous devez tous vous dire au revoir à l’aéroport. Henry et Q’ sont un peu plus loin, ce qui permet à Anya d’être seule avec toi. La brune te donne un livre qu’elle a lu il y a peu et qu’elle souhaite partager avec toi mais elle a aussi préparé une petite lettre dans laquelle elle te déclare son amour mais ça tu ne le verras que si tu ouvres le livre.

    “ – J’essayerais de t’appeler quand on sera arrivé là-bas. Tu vas beaucoup me manquer tu sais.. C’est vraiment dommage que tu ne viennes pas.. Mais je te promet d’en profiter et puis mon père m’a prêté son polaroïd alors je vais pouvoir te ramener plein de photos !”

    Son père lui a aussi offert un livre avec les lieux incontournables de Bulgarie mais Anya a déjà bien des idées en tête comme tenter d’en savoir un peu plus sur sa famille biologique. Les filles devraient arriver à Sofia mais elle sait qu’elle est née à Varna. Elle a pris assez d’argent pour pouvoir entamer un voyage vers cette ville au bord de la mer noire mais encore une fois, elle a gardé le secret pour ne pas avoir de refus de la part de son père ou même de toi. Deux jeunes femmes seules en Bulgarie, ce n’est pas la chose qui est le plus sécurisé mais bon, il va y avoir deux espions qui seront là pour jouer les gardes du corps.

    “ – Tu penses à moi hein ? Et puis oublie pas de mettre de la crème sur tes mains !”

    L’heure du départ va arriver. Anya embrasse longuement tes lèvres et c’est Q’ qui doit l’arracher de tes bras pour partir vers le terminal. Avant d’embarquer, elles ont une chose importante à faire donc le temps joue contre elles.
    Henry vient près de toi lorsque les filles s’éloignent et il retient un petit rire amusé car il a déjà hâte de voir la tête des filles quand elles vont vous voir en Bulgarie.

    “ – Je te préviens que je me mets près du hublot dans l’avion ! par contre, on devra attendre peut-être demain pour aller les voir car avec le décalage horaire, on va être HS !”

  15. Avatar de M.
    M.

    “- Je sais que mon grand-père paternel se nomme Pasha Siminiov et ma grand-mère se nomme Valéria. Pour mes parents, je ne connais que le nom de mon père.. Il n’y a rien sur ma mère. Il se nomme Andreï Siminiov..
    _ Mais comment tu as pu savoir tout ça ?
    _ J’ai été fouillé dans les papiers de mes parents et ils avaient mon acte de naissance.. Je suis née à Varna et à la naissance, je me nommais Anastasya Katerina Siminiov.
    _ Et tu comptes faire plus de recherches en Bulgarie je suppose ?
    _ J’ai envie d’en savoir plus sur.. Sur cette famille biologique. Je veux juste comprendre un peu mieux mon histoire..
    _ Et c’est normal. Nous allons faire en sorte que tu puisses avoir des réponses mais je ne veux pas que tu sois déçu si on ne trouve rien..
    _ Siminiov ? Andreï Siminiov ? Je connais ! Je connais très bien même !”

    C’est comme cela qu’Anya s’est fait en quelque sorte embrigadée. Un homme dans l’avion ne s’est pas empêcher d’écouter les deux jeunes femmes et après une courte présentation, celui-ci a dit connaître Andreï depuis toujours puisqu’ils seraient cousins. En guise de preuves, ce Viktor, a raconter des anecdotes sur la famille Siminiov et notamment le fait qu’Andreï aurait passé une bonne partie de sa vie en prison mais est-ce vrai ? C’est vrai que c’est complètement dingue de croire un total inconnu mais Anya a tellement envie de connaître sa vraie famille, qu’elle ose émettre un doute. C’est même pour cela que le lendemain elle part voir ce Viktor sans Q’. Encore une belle erreur car elle pourrait tomber dans un traquenard mais c’est pour cela qu’elle y va seule. Si c’est un traquenard, alors elle sera la seule à en payer les conséquences.

    Viktor a donné rendez-vous dans un café de Sofia, près de la mairie. C’est ce que te dit Q’ mais elle ne sait pas vraiment depuis quand, Anya s’en est allée. La brune a déjà décampé depuis une heure mais elle est triste.. Triste et déçue puisque Viktor n’a pas honoré le rendez-vous. Si en soit ça va être un soulagement pour vous, pour Anya s’est une nouvelle fois un échec car elle s’éloigne à nouveau de la vérité. Pourquoi n’est-il pas là ? C’était vraiment quelqu’un de mauvais ? Oui, Viktor était un homme qui comptait faire du mal aux deux jeunes femmes mais dans l’ombre d’Anya, il y a quelqu’un qui la surveille depuis son arrivée sur New-York..

    Il y a de cela plusieurs mois, vous avez été dans un magasin d’antiquités. Anya voulait trouver une ancienne boite à bijoux pour pouvoir l’offrir à Lucrécia et tu avais donc amené la jeune femme dans une boutique que tu as l’habitude de visiter puisqu’il y a une tonne de vieux livres dont tu raffoles. La vendeuse, Tatiana, est une russe qui est une vraie perle et qui a toujours su te trouver des raretés mais la boutique n’appartient pas à Tatiana. C’est un certain Andrew Skinner qui est le patron de l’entreprise mais la réalité est tout autre. L’endroit appartient à Andreï Siminiov mais s’il a pris une autre identité, c’est tout simplement pour se protéger et protéger des affaires un peu plus sombres qu’il pratique à l’arrière de sa boutique. Pourtant, ce jour-là, Andreï a reconnu sa fille.. Il l’aurait reconnu entre des millions. Anya a le regard sombre de son père mais la beauté hypnotisante de sa mère. Depuis ce moment, Andreï a gardé un oeil sur son enfant mais il n’a pas encore osé l’approcher. Comment approcher celle que l’on a perdu il y a des années ? Il ne sait pas trouver les mots pour lui avouer la raison de son adoptions et tant qu’il n’aura pas ce courage, il préfère ne pas aller vers Anya.

    Dans tous les cas, Andreï a fait en sorte que ce Viktor soit corrigé. Le père Siminiov était aussi dans l’avion car son coté protecteur a eu le dessus. Il ne voulait pas que sa fille aille en bulgarie sans la présence d’un adulte mais bon, il ne se doutait pas qu’un autre protecteur soit là. Alors qu’Anya est assise à une table, tu débarques avec Q’ et Henry mais ton regard se fait à la fois apeuré et en colère. Andreï est à quelques tables plus loin et il observe la scène que tu fais à la brune.

    “ – Je sais que j’ai été bête !! Mais j’ai besoin de réponses Garrett ! J’ai… J’ai besoin de savoir pourquoi mes vrais parents m’ont abandonné ! Parce que James m’a raconté une histoire mais est-ce que c’est vrai hein ?! Et.. Pourquoi tu es là ? et Henry ??”

    Parce que oui, ça aussi c’est une surprise. La jeune femme semble s’emballer et elle est surtout prise par ses éternelles émotions trop intenses mais pour éviter la crise imminente, tes bras viennent l’encercler et comme à chaque fois, cela désamorce la bombe. Anya se niche contre ton torse et elle se calme petit à petit. Au lieu de finir en drama dans ce café, vous vous asseyez et Q’ commande des thés pour tout le monde, afin que vous puissiez parler plus posément. Anya apprend que vous vouliez venir faire une surprise aux filles et cela lui remonte quand même le moral car des vacances avec toi, elle le souhaitait réellement mais elle avait accepté que ce soit Q’ qui l’accompagne ici.

    “ – Tu n’aurais pas dû partir comme ça ma chérie.. On ne connait personne ici et on ne sait jamais ce qu’il aurait pu arriver.. Promets nous de ne plus recommencer ? Maintenant il y a Garrett et Henry, ils seront quand même un peu nos protecteurs..
    _ D’accord.. Mais j’ai quand même besoin de quelques réponses.. Et je dois aller à Varna. Je nous avais pris des billets de train pour y partir dans deux jours..
    _ On va prendre des billets pour les garçons aussi. On va trouver des réponses tous ensembles.”

    Dans un sens, n’est-ce pas plus beau d’avoir ses proches pour résoudre cette quête ? Anya glisse sa main dans la tienne mais elle vous remercie tous les trois. Bon, elle se doute qu’Henry est surtout là pour Q’ mais elle le remercie aussi, cependant pour lui laisser un peu de temps avec la belle amérindienne, vous décidez de vous séparer pour le reste de l’après-midi. Q’ et Henry vont se balader d’un côté tandis que toi et Anya, vous allez aussi vous balader mais vers des endroits plus historiques de la ville. Après tout, il faut bien aussi découvrir cet endroit. Même si Anya sent encore que tu es tendu, il n’y a rien de mieux que du temps sans se soucier de quoi que ce soit et surtout du moment pour vous deux.

    “ – Tu aurais dû me dire que tu allais venir.. Même si tu voulais faire une surprise, ça aurait été cool d’être tous ensemble dans l’avion. Je pense que Q’ n’aurait pas été contre.. Tu as vu comment elle dévorait Henry du regard dans le café ?”

    Il y en a un autre qui use de son regard, puisqu’il vous suit discrètement. Andreï n’a pas l’intention de laisser Anya sans surveillance, même si tu es là. Il reste au loin mais il va dans tous les endroits que vous visitez. Vous allez dans les vieux quartiers, dans certains musées et même dans les églises qui sont assez impressionnantes. A la fin de l’après-midi, vous faites une pause repas pour goûter aux spécialités du coin. Anya s’amuse quand elle remarque que les plats épicés te donnent des joues bien rouges.

    “ – Tu rougis plus avec ce plat que lorsque tu me vois nu !”

    Si pour elle c’est amusant, ça l’est moins pour le paternel qui serre les dents un peu plus loin. Il a bien compris que tu étais le petit ami de sa fille mais ça n’est jamais amusant de savoir que son enfant a une vie sexuelle. Heureusement qu’il doit garder son anonymat car tu aurais sûrement passé un moment mémorable à te faire disputer. Pourtant, il semblerait que toi tu as capté Andreï. En même temps, il n’est pas non plus un petit bonhomme qui peut se cacher facilement dans la foule. Il s’en va vers les toilettes du restaurant et c’est dans cette petite pièce qu’il se fait confronter par le gringalet que tu es. Andreï retient un rire car tu as ton air de voyou prêt à se battre mais il n’est pas impressionné.

    “ – Qu’est ce qu’il y a ? Tu veux te battre avec moi ? Garrett Hedlund.. Le petit ami de ma Anastasya.”

    Son accent est fort mais il parle plus que bien l’anglais. Andreï est impressionnant quand on est près de lui mais malgré son air de parrain russe, il n’est pas non plus un psychopathe qui veut tuer tout le monde. Non, il veut juste protéger sa petite princesse.

    “ – Tu ne dois pas lui dire que je vous suis. Tu ne dois rien lui dire. Je suis son père biologique et je sais que tu m’as déjà croisé à New-York. Tu connais surtout mon épouse, Tatiana. C’est grâce à vous deux que j’ai pu retrouver ma fille mais tu ne dois rien dire à Anya ! Pour le moment, je ne veux pas qu’elle sache qui je suis ni même pourquoi elle a été adoptée. Hm.. J’aimerais même que tu fasses en sorte qu’elle ne trouve pas de réponses. Je lui dirai en temps et en heure. Tu me dois bien ça, puisque tu couches avec ma fille.”

  16. Avatar de M.
    M.

    Anya est surprise par ce que tu lui proposes. Elle ne s’attendait pas du tout à ce que tu prévois des sorties et cela l’embête pas mal puisqu’elle voulait vraiment aller à Varna mais face à tes yeux de chat potté, elle sait qu’elle ne va pas réussir à te dire non. Certes, c’est une fille avec une détermination de dingue mais tu es sa faille, et c’est ce qu’a compris Andreï.

    “ – Oh.. et bien oui, on peut reporter Varna.. Cela peut attendre encore deux trois jours. Mais Henry et Q’ vont venir avec nous ? Où on y va qu’à deux ?”

    Il faut composer avec la présence de vos amis mais ce voyage, permet à Henry de passer aussi du temps avec la fille qu’il aime alors vous avez décidé de faire des activités chacun de vos côtés avec vos petites amies respectives. Vous allez quand même passer du temps tous ensemble mais la Bulgarie permet d’échapper aux regards de vos proches et de vivre des choses que vous ne pourriez pas faire sur New-York. Même pour la soirée, vous avez décidé de changer de chambres pour que toi tu puisses dormir avec Anya et Q’ avec Henry. Malgré cela, la brune retrouve un peu sa meilleure amie lorsque vous arrivez à l’accueil de l’hôtel. Elles se racontent leurs journées et Henry en profite pour venir discuter avec toi. Q’ confie son petit stress concernant sa première nuit avec Henry alors qu’Anya est un peu trop heureuse de clamer l’arrivée de ses règles. Cela vous tombe à l’oreille et c’est certain que ça peut quelque peu vous laisser surpris avec Henry.

    « – si tu pensais pouvoir t’amuser pendant les vacances.. Désolé mon pote mais c’est bizarre quand même. Ça se fête l’arrivée des règles ? »

    Il ne réagit pas à la possibilité qu’elle pensait être enceinte mais devant ton regard apeuré, Anya comprend qu’elle va devoir s’expliquer. C’est une fois arrivé dans votre chambre qu’elle rompt le silence qui vous a accompagné.

    « – J’étais en retard de presque deux semaines.. et j’ai eu une peur bleue. Ça ne m’est jamais arrivé. J’aurai du t’en parler mais.. j’avais peur que tu paniques alors que moi-même j’étais déjà paniqué. C’est de ma faute, je.. j’aurai dû accepter la proposition de Georgie. Elle voulait m’amener voir un médecin pour prendre une contraception mais j’ai refusé. Quand on rentrera, j’irai prendre un rendez-vous avec elle car je ne veux pas que l’on se prive mais je ne veux pas non plus tomber enceinte.. »

    Vous êtes jeunes, insouciants et c’est pas évident de penser à se protéger mais pourtant c’est une chose que vous ne devriez pas négliger. Pour autant, est-ce la chose la plus problématique pour le moment ? Avec l’arrivée d’Andreï, il y a des problèmes bien plus embêtants mais pour Anya, ce n’est pas dans l’actualité. La belle brune partage quand même le lit avec toi et vous avez le plaisir de dormir l’un contre l’autre durant toute la nuit. Par contre tu n’es pas le premier levé puisqu’Anya a sauté plus tôt du lit pour pouvoir aller prendre une douche seule. S’il y a bien quelque chose qui est encore très tabou et presque honteux pour une femme de cette époque, c’est bien les règles et il est hors de question pour la jeune femme que tu puisses voir ce qui lui arrive. Après sa douche, elle vient quand même te sortir de tes rêves en tirant gentiment sur la couette que tu as enroulé autour de toi.

    “ – Debout beau garçon ! On doit rejoindre Q’ et Henry pour le déjeuner. Et puis tu dois m’amener à ce monastère aussi. Si tu fais ta marmotte, on aura moins de temps pour faire nos prières.”

    Elle sourit en coin et quand tu ouvres enfin les yeux, elle te donne le petit bisou que tu attends. Q’ et Henry vous attendent déjà dans le restaurant de l’hôtel et lorsque vous arrivez enfin, Henry lève les yeux au ciel puisque cela ne l’étonne pas de te voir en retard. Tu es un gros dormeur comme Anya donc à deux, vous ne risquez pas de voir un levé de soleil.

    “ – J’étais prêt à venir vous réveiller moi-même mais Q’ m’en a dissuadé car elle m’a dit que je pourrais tomber sur vos fesses nues !
    _ Oh c’est même pas vrai.. J’ai juste dit que vous étiez peut-être en train de dormir l’un contre l’autre donc ça ne serait pas cool d’aller vous déranger..”

    Le nouveau couple se charrie déjà mais au moins cela vous fait rire de bon matin. Vous déjeunez tous ensemble et vos amis annoncent leurs programmes pour les trois prochains jours. Ils vont rester sur Sofia car ils veulent plutôt chiller que jouer les visiteurs. Puisqu’il n’y a plus besoin d’aller à Varna pour l’instant, ils préfèrent attendre votre retour. Justement, vous allez devoir partir mais Anya commence à poser plusieurs questions sur l’organisation.. Chose que tu n’as pas vraiment faites mais ton nouveau beau-père a déjà pensé à tout puisqu’il a fait laissé des billets de train à l’entrée de l’accueil pour toi et Anya. Il a aussi réservé un hôtel et laisser de l’argent pour payer les repas mais aussi les extra. En guise de signature, il a noté “ Papa” mais il est bien évident que ce n’est pas ton père qui a anticipé ton mensonge. Pour Anya ? Elle n’y voit que du feu et elle lance même des remerciements envers ton père.

  17. Avatar de M.
    M.

    C’est un ouragan qui s’abat sur Anya lorsque tu lui annonces ce qu’il se passe. Son père biologique qui la suit et qui t’a ordonné de l’éloigner de Varna ? Et puis, il vivrait sur New-York et il ne l’aurait pas contacté avant ? Mais pourquoi il serait aussi mystérieux ? La brune a encore plus de questions en suspens qu’elle n’en avait avant le départ en Bulgarie. Alors que le train avance, elle reste totalement inerte pendant un bon moment car elle est beaucoup plus perdue. Est-ce que vous devez croire cet homme et ne pas aller à Varna ? Ou alors est-ce qu’il faut au contraire aller là-bas pour comprendre ? Dans tous les cas, Anya ne peut t’en vouloir puisque tu lui as dis la vérité et tu es même présent pour elle. Tu serais prêt à la suivre pour cette quête de vérité et finalement c’est ce qu’elle décide de faire.

    “ – On doit aller à Varna.. Je me fiche de ce que cet homme a dit. S’il voulait vraiment me protéger, il m’aurait déjà approché non ? Il m’aurait tout dit.. Mais là, il te menace et pense qu’on va lui obéir sans sourciller. Je ne suis pas d’accord. J’ai besoin de connaître mon passé.. J’ai besoin de savoir pourquoi j’ai été adopté.”

    Tu connais la détermination de la brune, il est clair qu’elle ne lâchera pas le morceau tant qu’elle n’aura pas de réponses mais par où commencer ? Mis à part Varna et le nom de son père, vous n’avez rien d’autres comme informations. Vous arrivez quand même à changer de train pour aller vers la fameuse ville en bord de mer noire. Pendant ce trajet, vous essayez de trouver des façons de pouvoir retrouver des liens sur la famille Siminiov mais s’il y a vraiment eu des problèmes avec eux, vous risquez d’éveiller des soucis et des suspicions alors vous allez devoir être plus stratégique.

    “ – Si ce fameux père a eu des problèmes à Varna, il doit être connu mais s’il avait beaucoup d’ennemis là-bas, ça pourrait nous porter préjudice.. En fait, je pense que le seul moyen d’avoir des vraies réponses, c’est de trouver Andreï. Et s’il me fait vraiment suivre comme tu l’as dit, il va venir sur Varna. On va devoir se cacher un peu le temps qu’il mord à l’hameçon..”

    Quoi de mieux que d’attraper le principal protagoniste ? Et puis cela permettrait à Anya de se confronter à cet homme qui dit être son père biologique. Il n’aura pas le choix que de parler surtout devant cette petite brune au caractère bien trempé.

    Varna.. Une ville un peu moins grande que Sofia mais bien plus authentique. Anya n’a aucun souvenir de cet endroit alors il est difficile pour elle de s’y imprégner. Quand vous sortez de la gare, elle observe autour d’elle en espérant y reconnaître quelque chose mais elle n’y parvient pas. Il faut dire qu’elle n’avait que cinq ans lorsqu’elle a quitté le pays donc elle était trop jeune pour avoir des souvenirs concrets. Vous marchez un peu dans la ville sous sa demande mais il n’y a toujours rien qui lui revient.. Du moins, jusqu’à ce que vous arriviez près de la digue. Elle a vu plusieurs plages au cours de sa jeune vie mais ici, elle a cette impression d’y être venu des milliers de fois. Elle reconnaît même un vieux carrousel qui est situé près d’une petite place. Elle a sûrement déjà été sur celui-ci lors de son enfance mais dans l’espoir de gagner un souvenir, elle t’entraîne vers ce manège afin d’y faire un tour. Vous voilà, deux grands adolescents qui font du carrousel. Chacun sur un cheval mais surtout avec un peu de légèreté qui refait surface.

    “ – Promis, je ne dirai pas à Henry que tu as fait du carrousel ! Ta dignité ne sera pas impactée !”

    Andreï ne sait pas encore ce qu’il s’est passé à la gare mais cela lui revient vite aux oreilles. Tu n’as pas su garder son identité secrète et surtout, vous avez fuis avec Anya. Il sait qu’il n’a pas besoin de fouiller dans toute la Bulgarie, il vous retrouvera à Varna mais il sait aussi qu’il va devoir faire face à sa fille et ça, c’est plus compliqué pour cet homme imposant.

    De votre côté, il faut quand même se reposer et se cacher alors vous trouvez un petit hôtel pour y passer la nuit. Tu as choisi un endroit qui donne une vue sur la plage et en allant sur le balcon, Anya a finalement un souvenir qui lui revient à l’esprit.

    “ – Je crois que je venais beaucoup ici.. Avec une magnifique femme brune. On se baladait sur le sable et on finissait par un tour de carrousel.. Mais dans mon souvenir, je crois qu’elle était enceinte car je la vois avec un ventre bien rond..”

    Katherina.. Anya a un vague souvenir de sa mère et ses parents adoptifs ont un peu assombris l’image de cette femme. Sois disant que c’est elle qui aurait abandonné ses enfants mais la réalité est totalement différente. Si Anya est aujourd’hui vivante, c’est grâce à cette mère qui a donné sa vie pour ses enfants. Avec le temps, Anya a enfoui ses derniers instants avec sa mère mais vous êtes à quelques heures de tout apprendre.

    Il y a douze ans, Anya était une petite Bulgare comme tant d’autres. Elle avait une mère aimante, un père protecteur mais la famille Siminiov n’était pas celle qu’elle laissait paraître. Andreï avait un restaurant mais il avait surtout un immense trafic d’armes, de drogue et d’hommes. Il était même l’un des plus gros trafiquants de Bulgarie et il avait beaucoup de concurrents qui voulaient lui prendre ses parts. Avec sa casquette de baron, Andreï était un homme froid et autoritaire mais avec sa famille tout était l’inverse. Il était un homme doux, fou amoureux de sa femme et gaga de sa petite fille. Elles étaient les femmes de sa vie et il allait même agrandir cette famille avec l’arrivée d’un deuxième enfant, cependant tout a éclaté lorsqu’un concurrent russe a décidé de toucher Andreï en plein cœur. Andreï avait toujours pris soin d’éloigner Katherina et Anya du trafic. Elles étaient surveillées par des gardes et elles vivaient dans une maison en retrait de Varna. Pourtant, ce concurrent a réussi à faire tomber les barrières qui protégeaient les deux filles et alors qu’Anya venait de fêter ses cinq ans, ce fameux Ygor, a pénétré la maison des Siminiov et il a abattu Katherina. Anya devait être tuée aussi mais elle a été protégée par sa mère. Pour l’enfant qui devait naître, il est mort dans le ventre de Katherina. Andreï a retrouvé sa famille décimée sauf sa petite fille. Il n’avait plus qu’elle.. Il n’avait plus que sa petite Anastasya et dans le souhait de la protéger encore plus, il l’a mis à l’adoption pour l’éloigner de tout ça.. surtout de lui. En vivant à des milliers de kilomètres, elle n’aurait jamais été associée aux Siminiov. Cette décision a encore plus tué Andreï de l’intérieur mais il ne voulait pas que sa fille finisse par être tuée.

    Aujourd’hui, Anya n’est plus cette petite fille. Elle a besoin de réponses mais en venant à Varna, elle a mis les pieds dans un endroit qui peut remuer des souvenirs sombres et réveiller certains ennemis. Vous êtes loin de l’imaginer lorsque vous continuez d’observer à deux la vue sur la mer. Anya est nichée contre toi et elle profite de tes petits bisous contre sa tempe.

    “ – Je ne t’ai pas encore remercié d’être là.. d’être là avec moi. Je ne pense pas que beaucoup de petits amis auraient traversé la moitié de la planète pour être près de leurs copines. Alors merci Garrett.. Merci d’être là dans n’importe quelle situation. Merci de me protéger, de m’aimer.. Merci d’être arrivé dans ma vie. Tu es.. mon ange gardien. Mon grand amour..”

  18. Avatar de M.
    M.

    C’est totalement irréaliste ce qu’il se passe. Vous êtes assis dans ce canapé, surveillé par des hommes armés et surtout il y a cet homme.. Andreï. Anya n’a toujours pas digéré ce que tu lui as dit et là, elle doit faire face à ce grand homme qui dit être son père. Alors que tu te penches pour essayer de la rassurer, Andreï tressaille et il te fait les gros yeux. Il fait plutôt peur, du moins son air n’est pas du tout rassurant et vous devriez ne pas broncher mais Anya a un relent de colère qui s’annonce. Tu peux le sentir lorsqu’elle se met à serrer ta main tellement fort que ses ongles pénètrent ta peau.

    “ – Quoi ?!
    _ Quoi, Quoi ?!
    _ Il a le droit de me parler ! Justement, lui ne me cache rien ! Lui sait me dire la vérité !
    _ Tss.. Au moins je suis certain d’une chose, tu as hérité du tempérament italien de ta mère..
    _ NE ME PARLEZ PAS DE MA MERE ! J’hallucine ! Vous arrivez comme ça, sans prévenir et s’ayez, je suis votre fille ?! Qu’est ce qui me prouve que vous êtes mon père biologique ? Vous êtes peut-être un truand !
    _ Et qu’est ce que j’aurais à gagner ? Pourquoi je m’attarderais sur toi ?
    _ Hm.. J’en sais rien ! Mais je ne vous fais pas confiance et je vous interdis de regarder mon petit ami comme vous le faites !”

    Quelle tigresse. Les deux gardes retiennent leurs sourires et Andreï soupire. Oui, Anya lui rappelle sa belle Catherina. Elle avait une fougue si intense que c’est pour cela qu’il en était tombé amoureux. Elle était magnifique physiquement mais elle avait surtout un caractère qui était si intense qu’elle savait faire tourner les têtes, dont celle d’Andreï. Le bulgare fait signe à ses hommes de sortir et il est prêt à demander à ceux-ci de te faire sortir aussi mais Anya encercle ton bras afin d’être certaine que tu restes avec elle.

    “ – Allez chercher des boissons et de quoi dîner.
    _ Très bien monsieur. On ne fait pas sortir le gamin ?
    _ Je pense qu’il ne vaut mieux pas.”

    Andreï se pose enfin. Il s’installe dans le canapé face à vous. Il est déstabilisé par le regard de sa fille et ça en pourrait être drôle mais il y a quand même une vive tension ici puisque la brune attend des réponses. Maintenant que la machine est lancée, le bulgare ne peut plus faire machine arrière. Il commence donc à expliquer sommairement ce qu’il s’est passé. Enfin, il raconte pourquoi il a mis Anya à l’adoption. Ses trafics, le meurtre de Catherina et du bébé qui devait arriver. Ce n’est pas sans émotions qu’il raconte l’histoire et bien sûr Anya est touchée en plein coeur puisqu’elle croyait avoir une mère biologique qui ne l’aimait pas. Elle pensait aussi avoir un frère quelque part puisque dans son esprit, l’enfant était née.

    “ – Je devais t’éloigner de moi, de cette vie.. J’avais peur qu’ils veuillent terminer leurs travail en te tuant aussi. Il ne me restait plus que toi.
    _ Et pourquoi vous n’avez pas décidé de partir vivre loin avec moi ? Pourquoi me donner à des inconnus ??
    _ Tu crois que je peux effacer les traits de mon visage ? Mon nom et mon prénom oui mais pas mon visage. Je suis connu au-delà de la Bulgarie Anastasya. Tu n’es pas la fille d’un petit paysan. La famille Siminiov est connue depuis une cinquantaine d’années pour son rôle dans la mafia bulgare et russe. Mais il n’y a pas que mon nom qui pèse sur toi. Ta mère n’était pas qu’une jolie italienne dont j’étais tombé amoureux. Ta mère était la fille d’un très grand parrain sicilien. Ils sont toujours en activité et ils savent très bien que Catherina a eu une fille. Tu as derrière toi, un immense empire mafieux.. Tu es aussi une cible parfaite pour me toucher mais aussi toucher la famille de ta mère.”

    Alors ça.. c’est encore plus inimaginable que de se retrouver devant cet inconnu. Une famille de mafieux ? Italiens, Bulgares.. Anya a presque envie d’hurler que ce sont des mensonges mais Andreï sort de son porte feuille une photo. Dessus il y a toute la famille réunie. Un Andreï plus jeune, Catherina et Anya qui est dans les bras de son père. Elle devait avoir un an mais il est indéniable que c’est elle. Elle a toujours le même regard, la même bouille.

    “ – On venait de fêter tes un ans. Tu étais le trésor de ta mère, tout comme le mien mais tu avais une grande complicité avec elle. Je me souviens que lorsqu’on a appris qu’elle était enceinte, elle s’était promis de faire tout pour te rendre heureuse et de te protéger. Le jour de ta naissance, elle a beaucoup souffert parce que tu étais bien longue à vouloir sortir mais quand tu es arrivé dans ses bras, elle avait oublié toute la douleur. J’étais époustouflé par ce que je voyais. Tu avais su lui donner le plus grand sourire que je n’avais jamais encore vu sur ses lèvres.. Hm.. Bref. Gardes cette photo si tu le souhaites. Elle t’appartient plus qu’à moi.”

    La brune garde cette photo dans ses mains et elle retient surtout ses larmes. Elle ne savait pas comment imaginer sa vraie mère et là, elle peut enfin lui donner un visage. Une belle brune avec un sourire radieux et une beauté méditerranéenne. Si Anya a les yeux sombres de son père, elle a tout pris de sa mère. Son teint, son sourire, sa chevelure foncée et son charme. Mais à côté de Catherina, il y a Andreï.. il était beaucoup plus jeune et moins sévère sur son visage. Il a un grand sourire sur cette photo et ça se sent qu’il aime plus que tout les deux femmes présentes avec lui.

    « – Je dois te protéger.. c’est plus fort que moi. Quand je t’ai vu dans la boutique de Tamara, j’ai cru devenir fou. Fou de joie mais aussi fou de douleur. Je pensais t’avoir assez éloigné de moi pour que tu ne sois jamais confronté à tout ça.
    _ J’aurai tout fait pour savoir.. J’avais besoin de savoir.. Je voulais comprendre mais surtout mettre un visage sur mes vrais parents..
    _ Tu as enfin les réponses mais il ne faut pas que tu cherches davantage. Mon monde est bien trop dangereux pour toi. Pour toi mais aussi ta famille adoptive ou même.. hm.. ton petit ami.
    _ Ça veut dire que vous allez encore m’abandonner ? »

    Ils se confrontent de nouveau. Andreï à les yeux qui brillent, il se refuse de craquer devant vous mais il est bien plus écorché qu’Anya. Puisqu’il ne répond pas, Anya décide de se lever du canapé et elle tire sur ta main pour que tu viennes avec elle. Elle n’est pas bête, elle sait qu’Andreï cherche à la repousser et elle préfère s’en aller maintenant. Andreï ne se lève pas, il détourne même son regard et cela ne fait que renforcer ce sentiment de nouvel abandon. Sans dire des aux revoir, Anya vous fait sortir de cet endroit et elle vous pousse même à courir pour vous éloigner au plus vite. Même si elle t’entend lui demander de se stopper et de se calmer, la jeune femme vous fait courir jusqu’à ce qu’elle fonde en larmes. Cette journée apporte trop d’informations, trop de secrets enfouis, trop de douleurs. Peut-être que c’est un stratagème d’Andreï pour la demoiselle cesse de vouloir se rapprocher de cette famille bien trop spéciale. Pour l’instant, cela fonctionne car Anya jure qu’elle ne veut plus jamais le voir et qu’elle veut repartir aux États-Unis. Elle ne veut plus être sur cette terre maudite et dans un endroit qu’elle dit ne plus être le sien.

    Le soir même, vous êtes de retour à Sofia et Anya va s’enfermer dans votre chambre d’hôtel, te laissant le loisir de tout raconter à Q’ et Henry. Ils sont tout autant choqués. Ils en oublieraient presque leurs journées à se câliner. Henry réfléchit à un moyen de ne pas finir vos vacances sur cette journée douloureuse pour Anya.

    « – Et si on faisait revenir le jet de mon père pour aller dans notre manoir en Écosse ? Il nous reste plus d’une semaine avant la fin des vacances. Je suis sûr qu’elle se sentirait bien là-bas.. On aura le manoir juste pour nous ! Tu sais celui à Édimbourg ? »

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    M.

    Anya n’a pas hésité à accepter le départ vers l’Ecosse. Elle ne veut plus entendre parler de la Bulgarie ou même de sa famille biologique. Elle fait tout pour éviter le sujet et essayer de penser à autre chose même si cela est difficile. Ta présence et celle de vos amis, font qu’elle ne se morfond pas sur son sort et c’est tant mieux car autrement elle ne profiterait certainement pas de cette fin de vacances. Anya pensait que tu avais compris qu’elle ne souhaitait plus parler d’Andreï et du reste mais lorsque vous vous retrouvez dans le jacuzzi, tu essayes quand même de lancer le sujet. La brune pourrait se confier et te dire qu’elle a très mal mais elle n’a pas encore le courage de faire face à ses ressentis. Elle ne veut pas se confronter à cette sensation d’abandon. Alors pour ne pas que tu continus de la questionner, la brunette vient s’asseoir à califourchon sur tes cuisses et elle prend un air des plus aguicheur pour que tes pensées rivent sur autre chose.

    « – Je vais bien mais je dois avouer que j’ai un petit souci.. je meurs de chaud et j’ai bien envie de retirer le reste de mes vêtements.. »

    Elle retire les bretelles de son soutient gorge et elle le retire pour le jeter un peu loin. En voyant tes yeux baisser sur sa poitrine, Anya sait qu’elle a réussi à détourner ton attention. Pour que ce soit encore plus certain, elle prend l’une de tes mains et elle la pose fermement sur son sein.

    « – Mais je crois aussi que je suis en manque de tes caresses.. Tu penses que tu peux remédier à ça ? »

    Miss Sawyer se colle un peu plus à toi, si bien que son bassin s’appuie contre ton érection déjà bien réveillée. Vos hormones de jeunes adultes sont déjà en ébullition et il ne faut presque rien pour vous faire flancher mais Anya a oublié une chose dont vous avez parlé il y a quelques jours.. vous n’avez aucune protections et vous pouvez pas dire d’aller en quémander à Henry puisqu’il est déjà couché avec Q’. La frustration pourrait être à son summum mais au lieu de râler dans le jacuzzi, vous partez totalement nu dans le manoir afin d’essayer de trouver le préservatif qui sauvera votre soirée.

    Elle ressemble à une sorte de nymphe qui se laisse guider par la sensualité. Anya avance dans cette vieille bâtisse mais avec une telle légèreté qu’une sorte de petit jeu s’installe entre vous. Il y a des regards et des gestes qui provoquent l’un et l’autre. Ca en devient même une corvée de chercher après ces fichus préservatifs mais heureusement que tu trouves l’une des cachettes secrètes d’Henry. Il en avait mise quelques unes dans le bureau de son grand père puisqu’il s’y amusait à y ramener des conquêtes lors de ses vacances d’été. Anya pouffe de rire en imaginant Henry jouer le gosse friqué pour pouvoir coucher avec des filles.

    « – Et toi aussi tu sais jouer le gosse de riches pour draguer ? Ou alors tu uses de ton charme mystérieux ? »

    Elle te taquine gentiment mais Anya doit se reculer puisque tu avances félinement vers elle. Un jeu reprend entre vous. Tu es le chasseur et Anya la proie à attraper. Elle te fait galoper puisqu’elle ne se laisse pas facilement avoir si bien que vous refaites presque un tour du manoir. Ce n’est qu’une fois devant votre chambre qu’elle te laisse la toucher et que vous reprenez les choses là où vous les avez laissées dans le jacuzzi.

    La chambre que vous avez est somptueuse mais surtout bloquée dans une époque qui n’est pas la votre. Dorures, lit à baldaquin, grands tableaux, moulures.. Vous arrivez dans un endroit qui réveillerait presque des histoires anciennes. Cependant l’heure n’est pas au contage mais à la sensualité puisque vous arrivez dans cet immense lit, Anya t’ayant poussé pour venir s’asseoir à nouveau sur toi.

    La lune reflète sur Anya et cela lui donne une beauté mystique mais elle rayonne aussi sur toi. Ton regard bleuté scintille et Anya est subjuguée par ce qu’elle voit. Elle se penche pour revenir t’embrasser mais elle prend son temps. Elle laisse ses lèvres vagabonder sur ton visage, ton cou et puis ton torse. Cela fait quand même un petit moment qu’elle n’a pas eu d’instant intime avec toi mais cet endroit lui donne envie de ne pas se précipiter mais plutôt de prendre son temps pour te redécouvrir.

    Ta peau frissonne, ton bassin bouge et elle te sent tressaillir. C’est encore plus intense quand elle arrive à hauteur de ton membre et qu’elle se met à déposer quelques baisers sur celui-ci. Taquine, la belle laisse le bout de sa langue toucher ton gland et tes petits couinements l’amuse puisqu’elle sent que tu perds ta patience.

    “ – Soyez sage Monsieur Hedlund car je pourrais très bien stopper et aller me coucher nu juste à côté de vous..”

    La belle harpie te lance son regard joueur alors que sa langue descend le long de ton membre dressé. Elle remarque que tu serres les draps pour te contenir et ne pas vriller. Pour te donner quand même satisfaction, elle prend ta verge entre ses lèvres et elle s’applique à t’offrir une fellation exquisement sensuelle. Elle fait pression avec sa langue ou ses lèvres mais elle se met aussi à caresser tes bourses pour accentuer ton plaisir. Anya se lâche de plus en plus. Elle n’a plus l’appréhension de faire des mauvais gestes. Elle connait ton corps, elle sait où tu es le plus sensible et elle sait comment te faire tourner la tête. C’est même un potentiel danger pour toi car comment vas-tu pouvoir ne pas succomber à la succube ?

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    M.

    C’est un pur délice de pouvoir te retrouver intimement. D’autant plus que l’endroit rend ce moment encore plus intense et magique. Tu as décidé de lui faire l’amour contre cette fenêtre et la lune n’a de cesse de montrer ton corps avec une beauté presque mystique. Au delà de ses gémissements et ses cambrements, Anya te regarde avec une admiration, voir une dévotion entière. Elle dévore tes yeux et ton sourire comme si elle était face à la plus grande merveille du monde. Oh oui tu es une merveille et aussi bien physiquement que dans tes mouvements de bassin qui la rendent de plus en plus accro. Ses cuisses entourent ta taille et elle se met à bouger avec toi pour donner une puissance bien plus vertigineuse. Cela vous en fait presque crier de plaisir ou plutôt si, vous en criez si fort que vous allez sûrement réveiller tout le manoir.

    « – Oh..oui..oui.. continu.. comme ça.. oh mon dieu.. mon.. mon amour.. »

    Vos fronts viennent se poser l’un contre l’autre tandis qu’Anya enfouie ses doigts dans ta chevelure en pétard. Tes allées et venues sont de plus en plus rapides, profonds et cela fait briller la jeune femme. Vous avez déjà plusieurs fois fait l’amour mais là, il n’y a plus cette retenue des premières fois. Vous laissez vos désirs s’exprimer entièrement et c’est pour cela que la jouissance est sûrement la plus forte que vous ayez partagé jusqu’à maintenant. Anya s’en crispe tant son corps et son esprit sont secoués par l’orgasme. Elle n’avait vraiment jamais ressenti ce summum de plaisir charnel. Elle a même dû mal à s’en remettre puisque c’est grâce à tes bras qu’elle réussit à rejoindre votre lit. Elle a aussi du mal à s’endormir après ce tel ouragan sexuel. Son corps est en ébullition et elle te laisse venir poser ta joue contre sa poitrine même si cela la refait frissonner.

    « – Tu es un dieu du sexe. Tu me fais ressentir des choses.. que je ne pourrais même pas expliquer. C’est tellement fort et tellement bon.. rien que d’y penser j’en ai les cuisses qui tremblent.. »

    La brunette serait prête pour un nouveau round ? Bien évidement mais vous n’avez plus de protections alors elle doit contenir ses envies Garrettiennes.

    Au lendemain matin, vous vous réveillez en même temps et après un long baiser ainsi qu’une douche rapide, vous rejoignez Henry et Q’ pour le petit déjeuner. Vos deux amis se retiennent de rire mais Henry n’a jamais eu sa langue dans sa poche alors il est évident qu’il va vous charrier à cause de cette nuit bien bruyante.

    « – Ah.. voilà les deux chanteurs nocturnes ! Je suppose que vous avez bien dormi après un tel concert ? »

    Q’ évite de regarder Anya car elle a vraiment envie d’exploser de rire. Elle n’avait jamais entendu sa meilleure amie gémir mais là, elle a eu toutes les gammes de voix possibles. Vous vous asseyez à table et Anya fait une petite moue puisqu’elle sent qu’Henri en a pas terminé avec vous.

    « – Rooh rougis pas Anya ! Tu sais, avec Garrett j’ai entendu un nombre fou de nanas gémir ! »

    Il pense faire une blague amusante mais devant les gros yeux d’Anya et les tiens, il se rend compte de sa bêtise. Dans un sens cela le fait changer de sujet et il se met à parler de votre séance du sport matinal. Course à pieds et quelques exercices de musculations pour garder la forme. Pour les filles, ils leurs proposent de demander à son chauffeur de les mener au centre ville d’Édimbourg.

    Cela fait du bien aux deux demoiselles d’avoir un peu de temps ensembles et aussi de faire du shopping. C’était un de leurs loisirs préférés quand Anya vivait encore sur Seattle. Q’ adore faire d’Anya sa poupée vivante et c’est la même chose pour Anya. Elles se conseillent mutuellement mais ce matin, Q’ ose amener Anya dans un magasin de lingeries fines. D’ordinaire, la brune met des ensembles assez simples mais là, Q’ lui propose de prendre des choses un peu plus sexy puisqu’Anya peut te vendre un peu plus de rêves rien qu’avec ses courbes.

    « – Ça va faire bizarre non ? Il va peut-être se demander pourquoi je met des sous-vêtements en dentelle..
    _ Je doute qu’il trouve ça bizarre ! Au contraire, il risque de devenir fou ! Je pense qu’il faut que tu acceptes un peu mieux ta féminité ma chérie. Maintenant que tu es avec Garrett, tu dois aussi apprendre à être une femme plus sûre d’elle et plus sensuelles.
    _ Oui mais j’ai peur d’être ridicule dans cette tenue.. et s’il n’aime pas ?
    _ On fait le pari ? Achète cet ensemble noir en dentelle. Il va te faire une poitrine de dingue et un fessier du tonnerre. Si Garrett n’aime pas, je te devrais une séance de cinéma et s’il devient fou, c’est toi qui me paiera la séance ! »

    Anya se laisse convaincre et lorsqu’elles rentrent au manoir, elle décide d’aller se changer pour enfiler la tenue que Q’ lui a choisit. Au dessus de ses sous vêtements en dentelle noire, Anya a mis une robe qui met en valeur toutes ses formes féminines. Elle n’a pas l’habitude de porter ça puisqu’elle préfère de loin les jeans et les tshirts. Q’ lui a aussi fait un maquillage qui met ses yeux noirs en valeur et pour parfaire la bulgare, l’amérindienne lui a bouclé sa longue chevelure. Tout cela donne quelques années de plus à Anya mais ça la rend surtout diablement séduisante. Si bien que lorsque tu reviens du sport avec Henry, même lui a quelques petites rougeurs sur les joues en voyant Anya. Cela ne gêne pas Q’orianka puisqu’au moins elle est certaine que sa meilleure amie est la plus belle. Cependant Q’ va vite vers Henry afin que toi et Anya puissiez être tranquille à deux.

    « – Euh.. je.. Q’ m’a fait un petit relooking.. j’espère que ça te plaît.. Hm.. et je me disais qu’on pourrait aller manger un bout en ville ce midi.. et ensuite aller visiter le château d’Édimbourg ? »

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  21. Avatar de M.
    M.

    Anya a bien compris que cette nouvelle tenue ne te laissait pas de marbre puisqu’elle ne t’a jamais vu autant bégayer et rougir. Elle comprend un peu mieux le pouvoir de séduction dont parlait Q’ lors de la séance shopping. Cependant elle a encore beaucoup de boulot à faire avant de devenir une femme fatale puisqu’elle rougit tout autant que toi lorsque tu la complimentes. Il n’y a que durant votre déjeuner qu’elle semble un peu moins intimidée puisqu’elle s’amuse aussi à te provoquer entre deux baisers langoureux. Cela devient même bouillant quand tu commences à glisser ta main sous sa robe mais vous êtes arrêté dans votre jeu lorsque d’autres clients arrivent près de vous. Ton idée de cinéma semble parfaite pour continuer les festivités, si bien que vous mangez en quatrième vitesse mais il faut croire que tout est fait pour vous laisser bouillir comme des cocottes minutes puisqu’en arrivant au château, on vous informe que la salle de cinéma est fermée pour cause de travaux. Anya fait une petite moue mais bon, vous pouvez quand même visiter cette immense bâtisse ancienne. Bizarrement, Anya a l’impression d’avoir déjà visité l’endroit mais c’est sûrement parce qu’elle a déjà lu quelques ouvrages qui parlaient de ce château.

    « – Peut-être qu’on pourrait trouver un petit endroit bien caché dans ce château pour que tu puisses me montrer ton envie de me dévêtir.. »

    Elle murmure cela puisque vous êtes entouré d’autres personnes. Vous devez suivre un guide qui conte les histoires des pièces vers lesquelles il vous mène. Cela ne vous intéresse pas vraiment puisque vous êtes toujours dans ce jeu de séduction et de mains baladeuses. Même la brune se met à t’offrir quelques petites caresses langoureuses mais lorsque vous arrivez dans la grande bibliothèque, Anya se fige devant un grand tableau. Il représente une femme qui ressemble énormément à Anya mais aussi un bel homme à son bras qui te ressemble. C’est presque comme si c’était vous mais dans une époque bien lointaine.

    « – Vous pouvez voir la duchesse et le duc d’Édimbourg qui vivaient dans ce château pendant l’époque victorienne. Ils ont marqué les esprits car ils n’étaient pas destinés à s’épouser. Lui n’était qu’un homme du peuple et elle était la fille d’un très grand noble. La jeune femme a fait front à son père pour ne pas subir un mariage forcé et pour pouvoir épouser son grand amour. »

    Après ce bref récit sur la duchesse, le guide part plus loin avec le groupe mais Anya reste encore devant ce tableau. Elle ne détourne son regard que lorsque ta main se glisse dans la sienne.

    « – On dirait qu’ils nous ressemblent.. après c’est une vieille peinture mais c’est drôle ! L’homme a le même regard intense que toi et ce même sourire mystérieux.. par contre la femme a des magnifiques cheveux longs. Je crois que je deviendrais folle si j’avais une tignasse pareille. »

    La jeune femme remarque que le groupe de visiteurs a quitté la pièce et cela lui donne l’idée de pouvoir se balader avec toi sans avoir personne pour vous observer. Vous n’avez pas le droit d’être seuls ou plutôt, il ne faut pas que vous soyez vu sans le guide alors pour éviter de tomber sur l’un des vigiles, Anya vous entraîne vers une aile du château qui n’est pas censée être ouverte aux visiteurs. Vous montez un grand escalier en marbre et ça vous mène vers un long couloir qui dessert des pièces cachés du public. Sans réfléchir, Anya vous guide vers l’une des portes qui finalement donne sur une grande chambre. Lit à baldaquin, vue sur la ville, dorures et tapisseries magistrales, vous venez tout simplement d’arriver dans la chambre du duc et de la duchesse que vous avez vu sur ce tableau. La brune referme rapidement la porte derrière vous et sans plus attendre, elle revient sur toi afin de retrouver tes lèvres comme dans le restaurant un peu plus tôt. C’est dangereux d’être ici puisque vous pourriez être pris sur le fait mais en cet instant, elle ne pense pas aux autres. Elle ne pense qu’à toi et à ce désir grandissant que tu lui as offert toute la matinée.

    « – Peut-être que c’est encore mieux ici que dans la salle de cinéma.. Tu vas devoir me montrer ton côté duc d’Édimbourg.. »

    Elle te fait lentement reculer pour te que tu finisses assis sur le bout du grand lit. La demoiselle reste debout face à toi mais elle décide de faire glisse elle-même sa robe le long de son corps afin de t’offrir la vue sur cette lingerie fine que sa meilleure amie lui a choisit. De la dentelle noire qui épouse parfaitement ses formes féminines.

    « – Je.. Je n’ai jamais mis ce genre de sous-vêtements mais j’espère que ça te plaît.. C’est plutôt.. c’est même très féminin mais je souhaitais te faire une petite surprise.. »

    Elle est soudainement intimidée car elle a encore peu confiance en son corps et son pouvoir de séduction. Anya n’a jamais vraiment compris qu’elle était une belle jeune femme, si ce n’est dans ton regard. Il y a une sorte de naïveté et d’innocence dans sa façon de se tenir face à toi mais elle s’approche assez près pour que tu puisses poser ta main sur sa hanche.

    “ – J’aime cette façon que tu as de me regarder.. Alors si.. si je peux illuminer encore plus ton regard..”

  22. Avatar de M.
    M.

    L’endroit doit sûrement avoir son importance mais ce moment semble hors du temps, entièrement envoûtant et sensuel. Vous connaissez déjà tous de vos corps et de vos désirs mais il y a une intensité différente ici. Anya a des impressions de déjà vu surtout lorsqu’elle se retrouve allongée sur ce lit mais cela ne la freine pas dans ses envies de t’embrasser et te caresser. Elle en quémande même plus que d’habitude et tu fais en sorte de satisfaire les envies gargantuesques de la brunette. Tes lèvres et tes mains épousent ses endroits les plus sensibles et tu la mènes vers un état second. Ses sous-vêtements ont quand même dû avoir leurs effets pour que tu sois sauvage avec elle mais c’est ta dernière remarque qui le confirme et qui fait surtout rire la demoiselle.

    « – J’aime pouvoir te surprendre.. Tu sais pourquoi ? Parce que lorsque tu es surpris, tu as ce regard tellement hypnotisant que ça me rend folle. Tes yeux sont fascinants.. ils délivrent tellement de choses qu’ils savent me faire tomber de plus en plus amoureuse de toi.. »

    Anya baisse son visage et le bout de vos nez se touchent. Il n’y a vraiment plus de temps qui compte ou de quoi que ce soit d’autre, il n’y a que deux âmes sœurs l’un face à l’autre avec les corps et surtout les cœurs prêts à exploser. La jeune femme sait depuis des mois qu’elle est tombée sous tes charmes mais en cet instant, il y a quelque chose de plus évident qui lui vient à l’esprit. Tu n’es peut-être pas qu’un amour de jeunesse ou un coup de foudre de quelques mois. Tu es beaucoup plus qu’un copain transitoire ou un amour qu’elle finira par délaisser. Il y a une connexion bien plus profonde entre vous et quelque chose d’inexplicable. Elle sait que tu es sa moitié, son double ou même son opposé. Tu es un élément de sa vie que ne peut être retiré sous peine qu’elle ne soit plus elle-même car oui, depuis qu’elle t’a rencontré, Anya devient celle qu’elle doit-être. Une jeune femme qui s’ouvre comme une fleur et qui se montre de plus en plus majestueuse.

    « – Je t’aime.. »

    Ce mot, elle ne le dit presque jamais mais c’est le bon moment pour te rappeler l’effet que tu as sur son cœur. Elle te le montre aussi en laissant vos corps s’unir pendant une bonne partie de l’après-midi. Vous avez bien de la chance de ne pas vous faire attraper car vos gémissements et le bruit du lit sont pourtant très bruyants. Non, vous réussissez à vous faire discret même lorsqu’il faut sortir de ce château. Ni vu ni connu, vous retournez dans les rues d’Edimbourg mais avec un air bien plus satisfait qu’avant votre départ du manoir. Comme deux tourtereaux, vous gambader dans la ville main dans la main et vous reprenez le chemin pour rejoindre vos amis. Ici, la légèreté est de mise puisqu’il n’y a pas vos parents, pas les soucis de l’école, pas de passé pesant mais cela a justement l’effet que vos vacances passent à une vitesse folle.

    Une semaine incroyable dans ce pays qu’est l’Écosse. Vous avez pu danser, visiter, flâner, rire et aussi pris du temps ensemble. Il y a eu une douce après midi où sous l’ombre d’un grand saule pleureur, tu as lu des passages d’histoires écossaises à la jeune femme. Il y en a eu une autre où Anya t’a montré l’une de ses passions secrètes et ce n’est autre que la danse. Mais pas la danse moderne comme peuvent le faire beaucoup de jeunes filles ou alors du ballet.. non, elle adore les danses de salons et c’est dans l’un des grands salons du manoir qu’elle t’a appris à faire quelques pas de valses ou de foxtrot. À Seattle elle en faisait avec un ami mais sur New-York elle n’a pas repris cette passion puisqu’elle n’a pas trouvé de partenaire pour pouvoir pratiquer.

    Vous avez aussi passé du temps avec Henry et Q’ mais contrairement à vous, la fin des vacances est plus amère pour eux car ils savent qu’une fois rentré, ils seront séparés pour de longues semaines voir de longs mois. Pour la dernière soirée, vous les laissez tranquille pour qu’ils en profitent un maximum et pour que vous ne soyez pas sans rien faire, vous décidez d’aller en ville pour profiter une dernière fois de l’ambiance écossaise. C’est dans un bar que vous trouvez une petite place et grâce à tes talents de séducteur, tu réussis à commander de la bière pour toi mais aussi Anya. Un groupe joue de la musique traditionnel et ils ont même enfiler des kilts pour aller jusqu’au bout de leurs idées. Tout est nickel pour passer une bonne soirée mais Anya a une moue un peu triste. Elle n’arrive pas à en profiter totalement puisqu’elle est troublée par ce retour qui va fendre le cœur de sa meilleure amie.

    « – Je l’ai jamais vu comme ça.. Je veux dire, amoureuse. Q’orianka est une très belle fille et elle fait facilement tomber les cœurs mais je n’avais jamais vu le sien tomber. On se connaît depuis qu’on est toutes petites mais c’est la première fois qu’elle est amoureuse d’un garçon tu sais.. J’ai mal pour elle car elle va devoir retourner à Seattle.. »

    Elle aimerait tellement que Q’ vienne sur New-York mais cela est impossible, pas tant qu’elle ne sera pas majeur. Q’ vit dans une famille traditionnelle amérindienne et ils espèrent que la jeune femme suivra le destin qu’ils veulent pour elle, pourtant maintenant qu’Henry est présent, tout va être bouleversé. Q’ ne voudra certainement plus épouser le garçon qui lui a été choisit et elle voudra une indépendance qu’elle ne devrait certainement pas avoir.

    « – Pourquoi la vie n’est pas plus simple ? Genre.. on resterait ici, loin de tous les problèmes et puis c’est tout. En plus c’est cool l’Écosse.. Rooh.. j’aime vraiment pas les fins de vacances.. »

    Dans un sens, cette fin de vacances sera aussi compliquée pour vous car la réalité va reprendre le dessus. Vous ne serez plus tout le temps ensemble, surtout au lycée puisque là bas vous jouez les amis lambda. En plus c’est l’année du diplômes donc Anya sait qu’elle va devoir se concentrer sur les cours et les révisions donc ça n’arrange rien.

    « – Mais malgré tout je dois quand même te remercier.. Car ces vacances ont été magnifiques. C’est vrai que pour la Bulgarie.. Ce n’est pas ce que j’avais espéré et j’ai volontairement préféré ne pas en parlé mais tu as su me changer les idées. Notre venue en Écosse n’était pas prévue mais je n’ai jamais vécu de vacances aussi belles. Merci Garrett.. Encore une fois tu me laisses sans voix et tu réussis surtout à me montrer que je suis la fille la plus chanceuse qu’il puisse y avoir. Je ne crois pas que d’autres garçons seraient autant investis ou même attentionnés comme toi tu l’es avec moi.. Parfois je me sens même bête parce que je n’arrive pas à la hauteur de tous ce que tu m’apportes. Tu es.. Tu es parfait. Je ne dis pas ça pour te faire rougir mais parce que c’est vrai et que je le pense vraiment. Tu es le genre d’hommes qui rend une vie totalement différente et surtout qui donne l’envie d’être vécue. Je ne sais pas ce qu’il se passera demain ni même dans quelques temps mais ce qui est certain c’est que je ne veux pas te perdre.. Je veux continuer à être auprès de toi aussi longtemps que tu voudras de moi à tes côtés.. »

  23. Avatar de M.
    M.

    « – Je.. oui.. oui.. on se voit tout à l’heure.. »

    Anya sort rapidement de la voiture et elle récupère ses bagages pour rentrer chez elle mais la façon dont elle prend la fuite, confirme quelque peu que la nouvelle de tes projets ont perturbé la jeune femme. Alors comme ça tu as pour projet de partir.. de faire le tour du monde mais dans ce projet, tu sembles ne pas y avoir inclus Anya. Cela veut bien évidement dire qu’en fin d’année, vous allez sûrement vous séparer et c’est là que le problème intervient. En sommes, tu as pour projet de quitter la demoiselle et tu en avais parlé à Henry mais elle dans tout ça ? Après une semaine magique en Écosse, elle tombe dans un ravin à cause de la révélation de ton meilleur ami. Trop de questions tournent dans sa tête, si bien que lorsqu’elle entre dans sa maison, elle ne remarque pas son chien qui lui fait la fête. Anya pose sa valise et elle se met à tourner en rond le temps d’essayer de remettre ses idées un peu plus aux clairs. De toute façon elle peut se le permettre car elle est seule ici.. son père doit sûrement travailler. Il n’y a personne pour l’accueillir et elle semble faire fuir tout le monde.. Entre sa mère adoptive qui a quitté la maison, Andreï qui lui a fait comprendre qu’elle ne ferait pas parti de sa vie et toi qui va partir.. oui.. tout le monde finit par la quitter.. pourquoi ? Est-ce qu’elle a quelque chose à se reprocher ? Est-elle une immondice ?

    Lorsque tu toques chez Anya, il n’est pas si tard que ça. Tu as même été assez rapide mais elle ne vient pas ouvrir tout de suite. La brune s’est assise dans la grande cuisine et elle est figée par la tristesse et la colère. Dans un sens, tu avais peut-être ce projet depuis très longtemps mais pourquoi avoir osé une relation si tu savais que tu partirais ? Anya a toujours montré un caractère plutôt raisonné depuis votre rencontre mais il se peut que ce soir tu découvres le côté tempétueux de la bulgare. Dans un sens, elle risque de le découvrir aussi puisqu’elle a toujours essayé de ne jamais trop s’emporter mais ce soir, le vase a peut-être eu la goutte de trop. Ce soir, elle a peut-être la blessure qui brise définitivement son cœur de jeune femme naïve et pleine d’espoirs. Non.. l’espoir n’est plus là. Tout fini toujours par l’achever.

    Tu rentres dans la maison au bout de plusieurs minutes et Anya entend tes pas mais elle ne bouge toujours pas. Elle préfère rester de dos à toi mais quand tu lui demandes ce qu’elle fait, un rire nerveux sort de sa bouche.

    « – Ce que je fais ? Je réalise qu’encore une fois on m’abandonne. Je dois être un vulgaire animal dont on adore se débarrasser.. ou alors peut-être que je ne suis rien du tout. Mais je constate qu’en fait tu n’es pas mieux que les autres.. tu es même pire que les autres car hier encore tu me disais que j’étais l’unique fille dont tu es et seras amoureux mais pourtant à la fin de l’année tu n’auras aucun mal à me dégager de ta vie pour partir je ne sais où. Oui.. tu es le pire.. ma mère adoptive et Andreï ne m’ont pas donné d’espoir. Toi oui. »

    Des larmes de colère commencent à tomber et ce n’est pas une bonne annonce. La tension monte même d’un cran lorsque ta main se pose sur son épaule. Anya se relève très vite de sa chaise et elle te repousse avec une telle force que tu manques de tomber.

    « – Ne me touches plus ! Sors d’ici ! Si c’est pour me sortir tes fausses sérénades, sache que je ne les croirais plus ! Tu.. Tu n’as pas le droit de jouer avec mon cœur ! Tu n’as pas le droit de me dire que tu m’aimes alors que tu n’as même pas l’intention de rester avec moi ! Tu savais que tu allais partir et tu t’amuses quand même à jouer avec mes sentiments !! Tu es.. tu es horrible Garrett ! Mon dieu.. comment tu peux.. comment tu peux me regarder dans les yeux et me mentir ? Comment tu peux me faire ça ? Je.. je suis si pitoyable à tes yeux ? Je suis vraiment si nulle ? Sors d’ici.. sors ! Je.. je ne.. Je ne veux plus jamais te voir ! »

    Elle te pousse à nouveau en espérant que cela te fasse aller à la porte d’entrée mais tu ne peux pas vraiment répliquer puisque James rentre du travail. Il entend les sanglots de sa fille et son premier réflexe est de venir voir ce qu’il se passe. Il comprend que ça ne va pas, qu’il y a sûrement une dispute et en bon père, il te demande de sortir afin que sa fille puisse se calmer. Pourtant la colère ne fait que monter et bien que tu pars, Anya s’emporte sur James. Elle extériorise ce qu’elle contient depuis bien trop de temps.

    « – Calmes toi ma chérie.. que s’est-il passé ?
    _ Me calmer ? Tu étais où ?! Tu.. tu n’es jamais là ! Tu es toujours au travail et.. et je me retrouve seule ! Depuis que maman est partie, c’est encore pire ! J’ai.. j’ai besoin de toi et tu n’es jamais là ! Toi aussi tu veux me lâcher ?! Toi aussi tu vas m’abandonner ?!
    _ Anya ! Non.. mais pourquoi tu dis ça ?! Qu’est ce qu’il se passe ??
    _ J’en peux plus de tout ! J’en peux plus de vivre ! Ça fait trop mal !!
    _ Anya ! »

    La jeune femme fuit son père en allant s’enfermer dans sa chambre. James essaye de la faire sortir et de comprendre mais Anya joue la sourde d’oreille. Elle met même sa chaîne hi-fi à fond pour ne pas entendre son père l’appeler mais elle est surtout en train de couvrir le bruit des nombreuses choses qu’elle jette contre le mur de sa chambre. Tout y passe, même son miroir ne fait pas long feu. Cela ressemble presque à une crise d’adolescence surjouée mais elle a vraiment mal. Elle a l’impression que son cœur est tellement compressé qu’il ne demande qu’à cesser de se battre. De son côté, James jette l’éponge mais il n’est pas sans aller sonner chez toi pour tenter de comprendre ce qu’il se passe. Peut-être arrivera t’il à faire baisser la tension chez Anya s’il en sait un peu plus sur la situation. Ce petit laps de temps est pourtant une erreur car Anya en profite pour partir de chez elle. Elle a pris un sac avec quelques affaires et elle a décidé de s’éloigner. Pour aller où ? Elle en sait trop rien mais elle a besoin de prendre l’air, de s’évader, de fuir tout ce qui la rend malheureuse. À une heure aussi tardive, ce n’est pas le meilleur des choix, surtout sur New-York. Cette ville regorge de personnes mals intentionnées mais sans qu’elle ne le sache, il y a toujours des hommes d’andreï qui surveillent la jeune femme. Il ne la laissera jamais sans surveillance et c’est ce qui permet à Anya de s’éloigner de s’éloigner sans trop d’encombres. New-York est immense et il est facile de s’y cacher. D’ordinaire la brune aurait été se nicher dans central Park mais pas ce soir. Elle ne sait même pas vers où aller car finalement, sur qui peut-elle vraiment compter ? Elle a quelques amis du lycée mais ce ne sont pas non plus des grands proches. De la famille ? Elle en a pas vraiment. Elle n’a pas grand chose quand elle y pense bien et ça ne fait qu’intensifier ce sentiment de solitude extrême. Anya n’a pas pris d’argent pour dire d’aller se protéger dans une chambre d’hôtel alors elle va sûrement devoir trouver un endroit dehors ou alors aller dans un endroit qui ne ferme pas comme un bar ou alors la gare.

    Sa fugue est capté par James lorsqu’il rentre et il réagit très vite en appelant la police mais aussi en te prévenant pour savoir si tu saurais les endroits où elle pourrait se cacher. Tu préviens Henry, ainsi que d’autres amis pour que vous soyez plusieurs à rechercher la brune mais c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Anya est assise à la grande gare de la ville et elle observe les gens passer ainsi que les panneaux des destinations. Elle pourrait se faufiler dans un train et partir loin mais elle ne sait pas quelle destination pourrait peut-être lui donner ce réconfort dont elle a besoin. Il est presque trois heures du matin lorsque tu te poses sur ce banc avec elle. Anya sent ta colère mais elle te coupe dans ton envie de la disputer.

    « – C’est bizarre.. toi tu as toujours été entouré.. tu as toujours eu des fondations solides et tu veux partir loin de tout.. seul.. alors que moi j’ai toujours été plus ou moins seule et je rêve d’avoir une vie stable avec des personnes qui ne me lâcheront jamais.. »

    Elle fixe encore le panneau des destinations. Elle est là depuis plusieurs heures mais elle ne sait toujours pas si une autre ville pourrait lui redonner l’envie de continuer à avancer.

    « – Tu peux me disputer, je m’en fiche.. en réalité, je crois que tu n’as rien à me dire. Tu ne peux pas me sermonner sur une fuite alors que tu vas le faire aussi.. En tout cas, si c’est ce que tu veux alors pars. Je ne te demanderais pas de rester parce que si tu avais prévu ça, c’est ce que tu le veux. Si tu restes.. tu finiras par m’en vouloir et m’abandonner quand même. Pars faire ce tour du monde et.. profites. Réalises tes rêves. Après tout, on a qu’une vie.. mais.. moi je peux pas.. je ne peux pas rester avec toi en sachant que tu vas me laisser. Je.. Je n’en peux plus de ressentir l’abandon.. ça me tue.. Alors je préfère être seule maintenant. J’ai plus envie de m’attacher, d’avoir à ressentir ce déchirement qui me tiens depuis toujours. Je.. je vais finir cette stupide année scolaire et après j’irai quelque part où je ferai en sorte qu’on me laisse tranquille. »

    Elle opère déjà le détachement malgré elle. Elle se mur dans une carapace même si cela risque de la faire passer pour une garce sans cœur. Les chiens ne font pas des chats, Andreï est pareil. De toute façon, cela aurait bien finit par arriver, avec ou sans toi. La jeune femme a trop subis de déceptions pour continuer à avoir quelconques espoirs.

  24. Avatar de M.
    M.

    Tu as les bons mots pour faire taire la tornade qu’est Anya mais bon, il y a aura toujours un suspens sur tout ça puisque tu souhaitais réellement ce voyage. Et si tu pars ? Et si tu ne pars pas mais que ça te rend malheureux ? Anya pourrait relancer la poudre mais elle est épuisée et elle préfère se laisser aller contre toi. Tu es devenu son point de repère, son socle et c’est bien pour cela qu’elle s’est autant emportée ce soir. Elle a peur de te perdre et elle ne l’envisage pas même si vous ne pouvez pas nier que cela sera sûrement inévitable. Les études, vos envies d’adultes, tout peut vous éloigner dans le futur mais là, vaut mieux ne plus y penser. Non, ça serait s’arracher le cœur avec anticipation.

    « – Je ne suis pas une poissonnière.. juste une fille amoureuse.. »

    Et tu as le droit à cette moue adorable qui te fait souvent craquer. Anya sait y faire pour recevoir tes câlins au lieu de tes yeux sombres. Vous vous embrassez dans cette gare bondée de monde et il faudrait retourner chez la brune pour prévenir son père mais Anya n’a pas envie de rentrer de suite. Elle sait qu’elle a sûrement blessé james avec ses mots secs mais elle n’a pas tellement tord. Même s’il aime sa fille, il est toujours absent.

    « – On va manger un bout avant de rentrer ? Je n’ai pas tout de suite envie de tomber sur mon père.. et puis je meurs de faim de toute façon ! »

    C’est comme ça que vous finissez dans un fast-food pour vous remplir le ventre avec des Burgers et des frites. La légèreté revient vite, surtout quand Anya doit nettoyer tes lèvres pleines de ketchup. La soirée se passe bien mieux que la fin d’après-midi mais étant dans votre petite bulle, vous ne remarquez pas plusieurs élèves du lycée qui vont vite faire tourner l’information que vous êtes en couple toi et Anya.

    Dès le lendemain, tous les regards se rivent sur vous et les ragots se rapportent à vos oreilles. C’est les blondies qui informent Anya alors que pour toi, c’est l’équipe de football qui vient te féliciter pour la jolie proie que tu as attrapé. Vous n’avez plus vraiment à vous cacher mais c’est vrai que vous afficher devant tout le monde n’est pas non plus une chose qui vous définit. Cependant il y a une légèreté en plus que de plus être dragué par les autres garçons ou même savoir que les autres nanas ne te tournent plus autour puisqu’elles savent que tu es le petit ami d’Anya.

    La vie de lycéens reprend son cours. Vos cours, vos sports, vos petites sorties mais aussi quelques examens qui doivent vous aider pour vos orientations. Les semaines passent et Noël arrive déjà. New-York est totalement différente lors des fêtes. C’est presque magique et Anya a retrouvé un sourire enfantin devant les vitrines animées de Time Square. L’immense sapin la fait aussi rêver mais tu as surtout le droit à la séance de patinoire avec la brune. D’ordinaire elle est très maladroite mais sur des patins, c’est une reine qui glisse avec talent. C’est plus souvent elle qui doit t’aider à avancer et à te relever que l’inverse. Pour te féliciter de tes prouesses, vous finissez par boire un bon chocolat chaud avant d’entamer le dernier round qui est de trouver des cadeaux de Noël. Tu es obligé de subir les nombreux magasins que la jeune femme souhaite visiter mais ce n’est pas pour ça qu’elle en ressort les bras chargés puisqu’elle a dû mal à trouver les cadeaux idéaux. Il y a aussi le bal de Noël qui va se dérouler dans la grande salle du lycée et pour ça, elle doit aussi trouver une robe. Il n’y a pas de surprise sur le fait que vous y allez ensemble mais Anya tient à t”épater pour cette soirée où vous allez enfin vous montrer devant les yeux de tous vos camarades.

    “ – C’est tellement plus simple pour vous les mecs ! Un costume et hop, vous êtes beaux. Alors oui je suis longue mais je ne peux pas venir avec n’importe quelle robe.. Je ne veux pas que tu te balades avec un sac poubelle toute la soirée..”

    Dit-elle alors qu’elle essaye une énième robe alors que tu dois attendre sur un banc, face à la cabine d’essayage. Tu ne peux même pas dire de la rejoindre puisque la boutique est bondée de femmes qui veulent trouver des robes pour les fêtes. Enfin, il y a quand même un homme qui ne t’est pas étranger.. Andreï est là et il te fait signe de venir vers lui. Le Bulgare est revenu aux USA depuis un bon moment et il surveille plus ou moins sa fille mais il s’est promis de ne pas la déranger. Pourtant, il tient à ce qu’elle obtienne un cadeau spécial cette année et c’est par toi qu’il va le faire passer. Il remarque que tu n’es pas très enclin à venir le rejoindre mais il insiste et quand tu arrives enfin, il te donnes un petit sac en papier dans lequel il a mis une boîte à bijoux.

    “ – Je ne vais pas te faire la peau, si c’est ce que tu crois. Je veux juste te donner cela.. C’est un cadeau de Noël pour Anya. Ce sont les plus beaux bijoux de sa mère et je tiens à ce qu’elle puisse les avoir. Comme je ne veux pas encore la perturber, je ne préfère pas lui donner en mains propres mais je sais que toi tu sauras lui offrir.”

    L’homme a une étrange confiance en toi.. Dans un sens, il a bien remarqué que tu étais le meilleur pour protéger sa fille. Il te remet un billet pour te remercier de ce service qu’il te demande et il a juste le temps de s’éclipser qu’Anya arrive près de toi. Elle n’a pas trouvé la robe de ses rêves et elle en est déçue.

    “ – Bon.. peut-être que je trouverais dans une autre boutique..”

    Mais ce n’est pas une autre boutique qui va ravir Anya. Lucrecia est de retour pour les fêtes et elle a ramené une panoplie de robes qu’elle a créé dans son école italienne. Elle tenait à les rapporter pour les montrer mais aussi pour en offrir une à Anya puisqu’elle savait qu’il y aurait le bal de Noël.

    La soirée se déroule quelques jours avant de Noël. Tous les élèves du lycée sont conviés et Henry est arrivé chez toi pour que vous puissiez vous préparer ensemble. Depuis les vacances en Ecosse, il est encore assez éraflé et il ne voulait pas venir à cette soirée mais sous ton insistance et celle d’Anya, il a fini par céder. Il a invité Lucrecia pour ne pas être seul mais il ne tenait pas à y aller avec l’une des filles qui lui courent après au lycée.

    “ – Garrett Hedlund en costard.. Si on m’avait dit que je verrais ça un jour. Ta mère risque de faire un AVC en te voyant. Tu es l’image du parfait garçon de famille riche !”

    Dit-il pour te taquiner. Il sait que tu n’aimes pas être ainsi mais bon, ce soir est une exception. Et puis une belle surprise t’attend donc il faut bien mettre ce genre de tenue. Vous n’avez pas loin à aller pour chercher les filles car elles s’habillent dans la chambre de Lucrecia. Cependant elles sont très longues et Henry vous fait patienter en faisant tourner son flash de Whisky. L’heure tourne, un chauffeur vous attend et elles descendent des escaliers à la dernière minute. Lucrecia est sublime mais elle est surtout pressée que vous puissiez voir sa “création”. Elle a dessiné la robe spécialement pour Anya et elle a aussi pensé à la coiffure, aux bijoux et même au maquillage.

    “ – Les garçons ?! accrochez vous ! Voici ma plus belle oeuvre !”

    Anya rougit parce qu’elle sait que les yeux vont être braqués sur elle mais elle avance. Elle soulève un peu sa robe pour descendre les escaliers mais elle essaye surtout de ne pas tomber. Ce n’est qu’une fois face à toi qu’elle se stoppe mais surtout que son regard brille. Elle est jolie mais toi.. toi tu es magnifique.

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  25. Avatar de M.
    M.

    Ce baiser et cette danse ne laissent plus de place pour le doute auprès des autres élèves. Garrett et Anya.. le nouveau couple du lycée. Beaucoup de demoiselles sont jalouses de la brune qui a su conquérir ton cœur et qui a le droit à ton côté doux, attentionné, tendre mais certains garçons sont aussi un peu aigris de voir la jeune femme se retrouver dans tes bras puisque tu rafles toutes les plus jolies nanas. Dans tous les cas, presque tous les regards sont posés sur vous mais pourtant vous ne voyez rien puisque vous êtes dans votre bulle. Anya se laisse emporter par tes pas et elle suit ton rythme mais elle profite aussi de tes paroles qui font tambouriner son palpitant. Comment pourrait-elle oublier cette soirée ? Elle se sent si bien dans tes bras, si belle à travers tes yeux..

    « – Je pensais que l’amour n’était qu’une illusion.. que finalement j’en avais peut-être pas le droit et puis tu es arrivé. Tu es aussi le rêve que je n’espérais pas avoir.. Tu es ce qui m’est arrivé de plus beau dans ma vie. Je t’aime Garrett.. »

    La muse dépose à son tour un langoureux baiser sur tes lèvres. Cela conclut ce tendre slow mais vous continuez à faire quelques tours de piste avant de le quitter pour aller boire un verre. Le punch est encore bien corsé en tequila et Anya en fait une jolie grimace mais elle continue de grimacer en voyant que ton meilleur ami s’échauffe avec un autre mec. Henry semble prêt à lever le poing et Anya te laisse aller intervenir pour éviter que la soirée ne part en sucette. Henry n’apprécie pas qu’on lui dise qu’il n’est plus capable de draguer ou de coucher avec n’importe quelles nanas. Anya t’attend près du buffet mais votre prof d’histoire vient vers elle pour discuter d’une idée qu’il a eu pour le futur de la jeune femme.

    « – Anya ? Vous êtes sublime ce soir ! Dignes d’une reine baroque. Justement, je voulais discuter avec vous par rapport à vos envies concernant vos études. J’ai cru comprendre que vous souhaitiez étudier l’histoire dans le but d’être conservatrice d’objets historiques ?
    _ Euh.. je oui.. j’ai toujours été fasciné par l’histoire et tout ce que le passé nous a laissé..
    _ Vous pensez aller dans quelle université ? New York University ? J’ai peut-être un moyen de booster votre entrée. Il y a un concours entre lycée sur l’histoire et j’aimerais beaucoup vous y inscrire. Il se déroulera dans deux mois et vous allez devoir préparer un grand exposé sur l’un des sujets proposés. Une première place vous assurerez une entrée pour cette université mais aussi une bourse.
    _ Oh.. je.. et bien je vais y réfléchir et je reviendrais vers vous pour avoir plus d’informations. Je vous avoue que ce soir, je.. je n’ai pas très envie de penser aux cours..
    _ Aaah monsieur Hedlund !
    _ Hein ?
    _ Votre slow était beau à voir. Cela m’a rappelé mon propre bal quand j’étais plus jeune. J’y avais été avec la femme qui partage toujours ma vie.. ah.. en tout cas passez une bonne fin de soirée mademoiselle et j’ai hâte d’avoir de vos nouvelles. »

    L’université.. Il y a encore quelques mois avant d’y penser et puis cela est un sujet sensible puisqu’Anya sait que tu seras sûrement parti faire le tour du monde alors non, pour ce soir elle ne veut rien entendre sur l’école ou quoi que ce soit qui pourrait gâcher la soirée. Lorsque tu reviens, Henry est avec toi mais il semble encore bien en colère alors il vaudrait mieux sortir d’ici avant qu’il ne saute sur quelqu’un qui le regarderait de travers.

    « – C’est bon ! Je vais me calmer. Pas besoin de retourner chez moi ! En plus il y a l’après soirée chez Steven.”

    Anya avait oublié ce détail et à vrai dire, elle n’a pas vraiment envie d’aller là-bas puisqu’il y aura du monde, de l’alcool, de la musique à fond et elle ne pourra sûrement pas réellement profiter de cette soirée avec toi. Lucrecia revient vers vous et elle propose de rester avec Henry pour le surveiller, ce qui vous laisse la chance de pouvoir continuer cette soirée à deux sans jouer les babysitters. Au lieu de continuer à jouer le prince charmant et la princesse, Anya décide de vous faire sortir d’ici et même si ce n’est pas la joie de marcher avec cette énorme robe et des talons, elle vous mène dans les rues de New-York qui ont cette magie de noël qui s’intensifie grâce à des premiers flocons de neige. Main dans la main, vous reprenez le chemin vers chez vous mais il y a quelques attractions sur votre route dont notamment le fameux Central Park. Avec la neige, c’est encore plus majestueux et Anya chipe même un peu de neige pour le jeter sur toi.

    “ – C’est pas moi ! C’est.. C’est le monsieur là bas ! Regarde !”

    Elle pointe un endroit au hasard mais tu n’es pas dupe et une petite bataille de neige se fait, même si Anya est en désavantage avec sa tenue. Au moins cela la fait rire aux éclats, surtout lorsque tu glisses et tombe devant elle mais elle rit tellement qu’elle tombe sur toi. Vous voilà comme deux grands enfants qui se retrouvent dans la neige mais cette proximité permet à la brune de te voler un baiser glacé. Pour éviter que vous finissiez en hypothermie, vous terminez cette petite balade en allant chez Anya puisque son père travaille de nuit alors autant en profiter. Pour rendre le restant de la soirée plus cosy, la brune s’en va allumer la cheminée mais elle met aussi un fond de musique alors que toi tu te fais attaquer de papouilles par son grand chien.

    “ – Je crois qu’il y a quelqu’un d’autre qui t’aime bien ici. Je vais devoir me méfier.”

    Il n’y a que la cheminée pour éclairer le salon et ça rend l’ambiance beaucoup plus romantique. Un petit sapin de Noël a été mis dans un coin car même si elle est seule ici, Anya adore cette fête mais par chance, ou plutôt grâce à toi, cette année elle ne sera pas si seule que ça puisque ta famille l’a invité à faire le repas de Noël. Oui, tu offres encore des prochaines journées douces pour la demoiselle mais qu’est ce que ce sera lorsque tu ne seras plus là ? Elle se perd un instant dans cette pensée mais tes mains froides viennent se poser sur ses épaules et cela réveille la belle de ce chaste cauchemar.

    “ – Je.. Je n’ai pas vraiment d’alcool à te proposer ici ou peut-être du vin. Tu veux que j’ouvre une bouteille ? Mon père doit sûrement en avoir dans son cellier.. Ou alors je peux nous faire un chocolat chaud..”

    Un petit verre de vin rouge.. Anya en a jamais bu mais c’est l’occasion de goûter. Cela vous permet aussi de vous poser un instant dans le canapé et au lieu de rester à vous regarder bêtement, Anya apprend ce que tu as su pour ta nouvelle. Une nouvelle dans le New-york Times.. C’est une occasion rare et même une chance, surtout à ton âge mais qu’est ce qui va découler de tout cela si tes proches l’apprennent ? ça va faire un sacré dégât.

    “ – Pourquoi ne demandes-tu pas à avoir un pseudonyme ? Tu n’es pas obligé de signer avec ton propre nom et puis tu peux changer les prénoms de tes protagonistes.. Je pense que tu as le droit de t’exprimer et être publié est une chance. Tu ne devrais pas reculer mais peut-être qu’il faudrait juste atténuer certaines choses pour éviter les drames. Tu… hm.. Tu pourrais te faire nommer Blackbird. Je trouve que cela te ressemble tout autant que cela me ressemble.. Des oiseaux noirs.. Pas forcément apprécié mais qui sont pourtant majestueux et qui en ont à revendre. Qu’en penses-tu ?”

    Puisque vous êtes dans la confidence, Anya ose te parler de ce fameux concours qui pourrait l’aider à intégrer plus facilement l’université. Même si elle a encore quelques jours pour se décider, elle tient à t’en parler puisque cela risque de vous éloigner durant quelque temps. Si elle accepte, elle va devoir se consacrer pleinement à ce projet pour mettre toutes ses chances côtés.

    “ – J’hésite un peu parce que.. si ce sont les derniers mois où je peux profiter de ta présence.. Je.. Je n’ai pas envie de gâcher le moindre temps..”

    Elle hausse les épaules mais il ne vaut mieux pas finir sur cette note qui pourrait être de nouveau houleuse ou triste. Anya prend son verre de vin mais cet alcool l’a fait grimacer puisque c’est la première fois qu’elle en bois. Ce n’est pas ce soir qu’elle va devenir une alcoolique mais par contre droguée à tes lèvres, oui, elle l’est puisqu’elle se rapproche félinement pour te donner un assaut de baisers. Sa robe n’est pas la plus confortable pour être beaucoup plus proche ou pour te faire venir au dessus d’elle alors elle pense un instant à la retirer mais une autre idée lui vient. Un bain chaud. Après tout, vous avez toute la maison pour vous et il y a une immense baignoire chez les Sawyer.

    Eau moussante, odeur de monoï, quelques bougies et surtout une demoiselle qui se bat pour retirer sa robe ou même son chignon.. Ni a t’il pas meilleur moment ? Tu dois surtout lui venir en aide pour tenter de retirer le corsage dans son dos et il faut croire que Lucrecia a fait en sorte que tu ne puisses pas déshabiller la belle Bulgare.

    “ – Il faut pas l’abîmer hein ! Mais il faut quand même la retirer.. Je ne pourrai jamais dormir avec cette robe sur moi ! Elle est sublime mais je rêve de pouvoir retrouver ma respiration normale… Lucrecia a cru que j’étais une princesse du dix huitième siècle avec ce fichu corsage.. Je ne sais pas comment elles faisaient les nanas avant ! J’aurai été dingue de devoir porter ça tous les jours !”

    Entre elle qui bouge dans tous les sens et toi qui galère toujours avec les lacets, vous faites un couple épique devant le miroir. Un rire prend Anya car vous ressemblez aussi à un vieux couple qui seraient ensemble depuis des années.. des dizaines d’années.. des siècles.. Oui, il y a cette impression que vous avez vécu énormément de temps ensemble ou alors que tout ça été une évidence.

    “ – Je suis sûr que tu n’as jamais autant galéré à mettre une fille nue.. J’adore être celle qui n’est pas comme les autres !”

  26. Avatar de M.
    M.

    Seattle.. Anya sent sa gorge se serrer quand Henry parle de Q’, de retrouvaille et puis quand tu parles de grand-mère ou de forêt. Elle a quitté cet endroit depuis plus d’un an et demi à cause de ce qu’elle a vécu comme enfer là-bas mais il ne lui était plus venu à l’esprit qu’un jour elle pourrait y retourner. C’est vrai, il y a Q’.. il y a aussi sa grand-mère qui lui manque énormément mais il y a aussi tout le reste. La brune a envie de t’hurler qu’elle n’ira plus jamais là-bas mais Henry revient vers vous avec son air si euphorique qu’Anya n’arrive pas à décliner votre envie de voyage.

    “ – Je m’en vais de suite ! Comme ça je vais pouvoir voir avec mon père pour avoir son jet ! Oh et je vais nous trouver un hôtel chouette ! Je vous appelle plus tard pour vous dire à quelle heure on se rejoint demain !”

    Impossible de dire non.. Il a tellement souffert depuis les vacances d’octobre qu’elle n’a pas le cœur à le freiner mais toi tu vois bien que la brune n’est pas rassurée. Tu as même l’idée de lui dire que tout ira bien mais elle a quand même peur car elle ne veut surtout pas retomber sur le garçon qui l’a brisé. Ce fameux Dylan. Ce fameux monstre.

    Elle ne parle presque pas depuis la veille alors qu’Henry ne fait que parler. Même dans le jet, il n’arrête pas une seule seconde mais Anya finit par sortir quelques mots qui ne sont pas les plus doux. Ce n’est pas de mauvaise foi, quoi que..

    “ – Tu penses que tu vas pouvoir t’approcher de ses parents ? Enfin de son père ? Sa mère est morte mais son père te fera la peau s’il te voit et s’il sait que tourne autour de son unique fille.
    _ Pff.. Dis pas ça. Je suis sûr qu’il pourrait bien le prendre, je suis un fils d’avocat très reconnu et
    _ Et tu es blanc. Tu es blanc Henry. Je ne sais pas si tu t’es un peu intéressé à l’histoire des natifs mais ils ont énormément de mal à accepter les blancs. Surtout le père de Q’.. Il est très traditionaliste et je suis même certaine qu’il pense déjà à faire marier Q’ avec un garçon de la communauté.
    _ Je ne le laisserais jamais faire ça !
    _ Ah oui ? et tu vas faire quoi contre un peuple d’amérindiens qui n’hésiteraient pas une seconde à t’écorcher vif ?
    _ Mais tu es vraiment pas cool ni optimiste pour moi.. On aurait mieux fait de te laisser à New-york avec ta mauvaise humeur et ta tête de morveuse.
    _ Je t’emmerde Henry !”

    Les deux pourraient bien faire une belle engueulade en plein air mais tu sauves la fin du voyage en proposant de regarder un film. La tension chez Anya est pourtant trop vive pour qu’elle reste sagement assise devant un écran et elle décide de vous abandonner pour aller s’allonger dans la chambre qui est vers l’arrière de l’avion. Henry lui lance un regard peu glorieux mais comme tu le remarques, il hausse les épaules comme s’il n’avait rien fait de mal.

    « – C’est elle qui n’a pas été cool avec moi ! On dirait qu’elle va sauter à la gorge de tout le monde. Elle est pas contente de revoir sa meilleure amie et sa grand mère ? En plus c’est mes parents qui payent tout le voyage ! Donc elle est gonflée de faire sa garce. »

    Il ne sait rien ou presque rien sur le passé d’Anya. Toi tu en sais un peu plus mais tu n’as eu que des bribes de souvenirs douloureux. Il y a des beaux souvenirs aussi là-bas mais elle semble avoir oublier les moments de douceurs dans ce coin des États-Unis. Les longues balades en forêt, les journées chez sa grand mère ou les soirées pyjamas avec Q’. Elle adorait aller sur la côte et se balader sur les immenses plages même s’il était rare qu’elle se baigne à cause du temps rarement ensoleillé qu’il y a là bas. Anya ne vivait pas dans le centre de Seattle mais dans une petite ville un peu plus au nord cependant elle connaît tout là bas puisqu’elle y a grandit.. elle ne pourrait pas en dire autant de son pays d’origine. Henry t’écoute lui raconter vaguement ce qu’a vécu Anya et il comprend beaucoup mieux son comportement hostile. Il en vient même à s’en vouloir un peu d’avoir été si pressant pour le voyage.

    « – On fera en sorte que ça se passe bien et je te promet que je veillerais à ce que personne ne vienne l’emmerder. De toute façon on ne va sûrement pas aller se balader dans les endroits où elle traînait avec ce porc. »

    Pendant ce temps, Anya est nichée dans le lit et elle essaye de faire descendre l’angoisse mais c’est en vain puisque vous vous rapprochez de Seattle. Tu viens la rejoindre et ce n’est que lorsque tu viens avec elle sous la couette et que tu la prends contre toi qu’elle s’apaise un peu. Assez pour pouvoir enfin se confier.

    “ – J’ai quitté cet endroit si brutalement que.. ça me fait peur d’y aller. Pourtant j’ai grandi là-bas et j’y ai beaucoup de souvenirs mais je ne pense qu’au négatif.. Dylan, son père, ses amis.. Le lycée.. J’ai beaucoup de mal à me dire qu’il y a aussi ma grand-mère, qu’il y a Q’, la réserve et les endroits que j’aime..”

    Mais bon, tu es là et Henry aussi. Elle ne risque rien avec vous auprès d’elle mais elle a quand même cette appréhension de tomber devant son ancien bourreau. Qu’est ce qu’il se passera s’il la voit ? Des mois sont passés et il est sûrement passé à autre chose mais il a encore de l’emprise sur elle, même si elle se refuse à y croire.

    “ – Promet moi que si on tombe dessus, on passera notre chemin.. au pire, on ne traîne pas en ville.. on se contente de ma mamie et Q’.. Oh.. Je suis désolé pour ce que j’ai dis à Henry. J’ai été vache mais.. Il m’a agacé et puis il faut qu’il se rend compte que ça ne va pas être simple. Le peuple de Q’ est assez.. spécial..”

  27. Avatar de M.
    M.

    Vous y êtes. Vous êtes près de l’endroit qui l’angoisse mais comment angoisser devant cette chambre que tu as préparé ? Ou toutes les attentions que tu as pour elle afin de la détendre ? Anya te laisse lui offrir ce massage mais aussi ces petits baisers qui la font frissonner. Elle a aussi en tête les images de sa forêt que tu souhaites visiter. C’est vrai que celle-ci lui manque énormément puisqu’elle adorait s’y perdre pendant des heures voir des journées entières. New-York ne lui offre pas cet immense espace vert mais là, elle compte bien te montrer ce que vous manquez en étant dans la grosse pomme.

    « – Tu vas adorer cette forêt ! Enfin c’est même plus qu’une forêt. Il y a tellement d’endroits immensément remplis d’arbres ici.. Il faut quand même rester près des sentiers car on pourrait vite se perdre. Une fois je me suis perdu et c’est un randonneur qui m’a retrouvé et ramené chez moi. J’ai eu de la chance que ce n’était pas un tueur ! »

    La brune retrouve un peu sa langue en parlant de sa forêt et elle semble beaucoup plus à l’aise mais tes mains aident aussi à ce qu’elle se sente plus détendue. Elle se met même à soupirer de bien être quand tu masses sa nuque mais le plus remarquable est sa peau qui se met à frissonner de partout quand tu passes sa main dans sa longue chevelure brune.

    « – Si tu continus comme ça, je vais finir par m’endormir tellement c’est agréable.. »

    Mais c’est encore plus agréable quand elle sent tes lèvres se poser sur sa nuque et glisser sur sa peau. Il va être impossible de dormir si tu continus ce jeu et il en faut que très peu pour que la brunette change de plan. Ni une ni deux, elle réussit à te faire tomber sur le côté pour venir au dessus de toi. Pour la suite, il ne suffit que de voir vos peignoirs ouverts pour comprendre que vous n’allez pas dormir de si tôt. C’est même tout le contraire puisque les caresses, les baisers et les gémissements prennent très vite part de votre soirée.

    Pour la matinée, il est prévu qu’Anya aille voir en première Q’ afin de lui faire la surprise mais aussi de prévenir qu’Henry aimerait pouvoir la voir. Elle sait que sa meilleure amie aime encore Henry et qu’elle doit tout autant souffrir que lui mais avant d’imposer Cavill, elle doit préparer le terrain. Pendant ce temps, il est prévu que tu gardes un œil sur Henry et que vous alliez vous balader un peu dans oil city.

    « – Anya ? Mais.. qu’est ce que tu..
    _ Surprise ma chérie ! »

    Anya n’a pas eu de difficulté à entrer dans la réserve puisqu’elle est bien connue ici. Elle y venait souvent pour passer du temps avec Q’ et elle a toujours été bien vue dans le coin malgré qu’elle ne soit pas amérindienne. La mère de Q’ avait été une sorte de maman pour la brunette et puis le chef qui est le père de Q’, a toujours adoré le caractère intrépide de la bulgare. Alors lui aussi a été surpris par son arrivée mais très heureux de la revoir. Q’ n’hésite pas à sauter dans les bras de sa meilleure amie mais Anya est un peu triste car l’amérindienne a perdu de son sourire mais elle a aussi perdu beaucoup de poids.

    « – Mais comment ça se fait que tu es ici ? Tu avais dis que tu ne reviendrais pas..
    _ et bien..
    _ Il est là ? Il est venu aussi ?
    _ Oui.. il voulait te voir..
    _ Mais Anya ! Tu.. enfin tu sais qu’ici ça va être compliqué et..
    _ Q’.. ça va aller. Je vais demander à ton père si tu peux venir dormir chez ma grand mère quelques jours.. comme ça tu pourras le voir sans avoir peur.
    _ Mais toi ? Je me doute que tu dois être paniqué d’être ici.. je te connais par cœur Anya..
    _ Garrett est là aussi et puis on va éviter d’aller en ville. On va juste profiter pour aller voir ma grand mère et aller se balader en forêt mais je vais tout faire pour ne pas croiser tu sais qui.. »

    Même si Q’ est perdue avec cette surprise, elle a quand même une sorte d’impatience qui née en elle puisqu’elle veut revoir Henry. Bien qu’elle l’a repoussé, elle est dingue de lui. Justement, de votre côté, Henry veut quand même aller faire un tour dans Oil city pour un peu voir l’ambiance. Que ce soit pour les jeunes, les amérindiens, enfin tout ce qui entoure cette ville qui semble effrayante aux yeux d’Anya. La ville est plutôt jolie, la plupart des maisons ressemblent à des chalets et les forêts environnantes donnent une ambiance très mystique mais c’est vrai que ça semble un peu rustre dans le sens où ce n’est pas immense alors tout le monde se connaît. Vous, vous êtes des inconnus et ça se fait vite remarquer puisque tout le monde vous regarde étrangement. Pour l’instant, vous ne faites pas de rencontres qui pourraient allumer la poudre à canon mais il y a quand même quelque chose qui attire vos regards. Les amérindiens semblent être repugnés devant les habitants d’Oil et inversement mais ils doivent se côtoyer pour le commerce. La tension est vive si bien que vous assistez à une sorte de dispute entre le fameux shérif et un grand homme amérindien qui n’est autre que le père de Q’.

    « – Vos petits merdeux n’ont rien à faire dans ma réserve. La prochaine fois, je n’hésiterais pas à sortir les armes.
    _ Tes terres ? Rien ne t’appartient Kilcher. Tu es sur les terres d’oïl city.
    _ Tu veux vraiment qu’on rediscute de ça O’brian ? N’oublie pas qu’ici tu es sur les terres ancestrales des miens. N’oublie pas non plus que j’ai un tas de choses à dire sur toi et ton fils. Tu tiens à ton poste non ? Ou à ta réputation ?
    _ Tu crois que tes menaces me font peur ? Ici tout le monde est derrière moi contrairement à toi.
    _ C’est ce que tu crois. »

    Ils ne se quittent pas vraiment en bon terme mais en s’éloignant, le shérif vous remarque et il ne peut s’empêcher de venir vous voir puisqu’il ne vous connaît pas. Henry se tend mais pas plus que toi puisque tu te doutes que ce shérif a contribué à la douleur d’anya. C’est pour cela que c’est Henry qui parle pour vous deux.

    « – Des nouvelles têtes.. vous êtes ici pour les vacances ?
    _ Oui nous sommes venus voir de la famille.
    _ Ah oui ? Laquelle ? Je connais tout le monde ici.
    _ Madame Sawyer.
    _ Hm.. la vieille Sawyer ? Pourtant il me semble qu’elle n’a pas de petits fils.
    _ C’est une tante.
    _ Ah d’accord.. et bien, bienvenue sur Oil City. J’espère que vous apprécierez notre ville. »

    Le shérif vous fixe quelques secondes, surtout toi mais il finit par repartir vers sa voiture. Le père de Q’ est encore là, un peu plus loin, puisqu’il vient donner des caisses de légumes au maraîcher du coin. Lui aussi vous fixe un instant mais il est loin de se douter qu’il a non loin de lui l’amour de sa fille.

    Pour midi, il est prévu que vous vous retrouvez tous chez la grand mère d’Anya. Jocelyn n’a presque jamais de visites et même si Anya l’appelle souvent, elle n’a pas prévenu de son arrivée donc la grand mère va aussi avoir une grande surprise. gée d’une soixantaine d’années, elle tient bien la forme surtout grâce à sa passion pour le jardinage mais depuis le départ de sa famille, elle est beaucoup plus en retrait par rapport au village. Elle ne veut plus voir ceux qui ont contribué à la fuite de sa petite fille.

    Q’ a suivi Anya et les retrouvailles ont offert des larmes. Lorsque vous toquez à la porte de la grand mère, les filles sont déjà à l’intérieur mais c’est la vieille dame qui vient vous ouvrir. Anya lui a expliqué qui vous étiez et c’est donc avec un grand sourire que vous êtes accueillis.

    « – Bonjour messieurs. Entrez donc. Les filles sont au salon. En tout cas je suis ravis de vous rencontrer, j’ai beaucoup entendu parler de vous, surtout toi Garrett. »

    Elle n’a pas besoin de chercher trop longtemps pour savoir qui tu es. Anya lui a très souvent parlé du beau blond qui était son petit ami. La dame vous laisse entrer et effectivement dans le salon il y a les filles mais Q’ n’ose pas regarder vers vous. Henry aimerait lui sauter dessus mais il sent ton bras le freiner.

    « – Vous avez réussis à trouver la maison ! Mamie veut bien que l’on reste dormir ici toute la semaine. Il y a trois chambres donc c’est parfait !
    _ Oui enfin j’ose espérer que vous resterez sage ma chérie. Je ne pense pas que ton père serait heureux de savoir que je te laisse dormir avec un garçon..
    _ mais oui mamie, on sera sage ! »

    Jocelyn sourit de manière bien amusée et elle part vers sa cuisine pour aller préparer du thé. Elle n’est pas le genre de femme moraliste, bien au contraire, elle a toujours montré à sa petite fille qu’il fallait être une femme forte et libre. Anya sent que ça va être difficile pour Henry et Q’ de se parler s’ils restent ici dans le salon avec vous alors elle propose d’aller dans le jardin pour « montrer » le potager ou les rosiers de la vieille dame mais c’est surtout une excuse pour que vos amis puissent se retrouver. Vous les laissez se perdre dans l’immense jardin et Anya te mène vers le grand par terre de rosiers. Il n’est pas en fleurs mais elle tient à ce que tu vois cet endroit qui lui rappele toute son enfance.

    « – À chacun de mes anniversaires, mamie a mis un nouveau rosier.. Quand je suis arrivé dans la famille, je suis tombé amoureuse de ce coin du jardin et ma grand mère m’a donc proposé d’y contribuer aussi. J’ai passé énormément de printemps et d’été à travailler dans ce jardin mais ça en valait le coup, surtout lorsque toutes les fleurs sortaient et que le potager nous donnait beaucoup de légumes. »

    Il y a encore la balançoire dans le saule pleureur mais aussi une petite maison en bois dans laquelle Anya jouait lorsqu’elle était enfant. Il faut dire que c’est surtout Jocelyn qui s’occupait de la brunette puisque ses parents travaillaient énormément.

    « – Ici je me sentais bien mais ce n’était pas ma maison.. mes parents finissaient par me récupérer après le travail. En tout cas je suis contente que tu sois là malgré mes angoisses.. tu peux voir un peu de mon monde.. en savoir un peu plus sur moi.. »

    Sa grand mère vous appelle pour le thé donc vous la rejoignez tout en laissant vos amis dans leurs coin. Jocelyn ne joue pas les curieuses vis à vis d’eux mais plutôt vis à vis de toi. Elle s’installe avec vous autour de la table de salon et elle commence à te poser des questions puisqu’elle veut apprendre à connaître ce beau garçon qui a volé le cœur de sa petite fille. Il y a un peu de réticence tout de même dans sa voie et ce n’est pas pour te blesser mais elle est méfiante depuis l’histoire qu’il y a eu avec ce Dylan.

    « – Et tu es gentil avec ma petite fille au moins ?
    _ Mamiiie.. il est gentil ! Il ne serait pas ici si ça n’allait pas.. Enfin, je n’irai pas vers quelqu’un qui..
    _ Qui te ferait du mal ? Je l’espère bien jeune fille. Je ne permettrais plus à quelconques garçons de te faire du mal. Mais bon, comme tout sembles aller, tu ne vois pas d’inconvénients si je montre les magnifiques photos que j’ai de toi ?»

    Anya fait une moue car elle sait que Jocelyn va sortir des dossiers qui vont bien te faire rire mais elle accepte. La mamie amène plusieurs albums et tu peux voir la petite Anya dans un tas de situations cocasses. Il y a des photos d’elle qui datent de ses cinq ans à son adolescence. Déguisée, jouant avec ses poupées, dansant dans le salon, ou même en faisant du jardinage, tu vois un peu de tout mais il y a quelques photos qui embarrassent la demoiselle. Il y en a plusieurs où elle est avec le frère de Q’, Nashoba et dans ces photos, ils se tiennent la main ou se font des bisous. Ils étaient tous petits mais il n’y a pas de doute sur le fait que Nashoba était le premier amoureux de la belle Anya.

    « – Ils étaient tout le temps fourrés ensemble ! Avec Q’Orianka bien évidemment mais Anya et Nashoba c’était le petit couple d’amoureux qui ne se quittaient jamais !
    _ c’est vieux ça mamie.. on était petit en plus
    _ Je suis certaine que si vous aviez été au même lycée, vous seriez encore ensemble ! Oh.. euh.. pardon.. »

    Dit-elle sur la fin puisqu’elle n’a pas pensé au fait que tu étais là petit ami d’Anya et que cet anecdote n’a pas sa place ici. Elle referme donc l’album et elle se relève pour aller ranger le tout. Anya te regarde avec un air désolé et elle dépose un baiser sur ta joue.

    « – Ne l’écoute pas. Nashoba était mon amoureux d’enfance mais c’est tout. On a pris des chemins bien différents en grandissant. »

  28. Avatar de M.
    M.

    « – Tempête.. en réalité il me nomme comme ça parce que j’avais une tendance à facilement m’emporter quand j’étais plus jeune.. Aujourd’hui aussi mais je suis moins.. frontal. Quand j’étais ado, je n’avais pas peur d’user de mes poings s’il le fallait.. »

    Anya pince ses lèvres car elle n’est pas la plus fière de t’avouer qu’elle se battait facilement mais avec ce qu’elle a vécu avec Dylan, elle a perdu de sa hargne. Et puis il y a aussi le fait qu’elle se disputait facilement avec Nashoba mais ça, elle préfère le garder pour elle car elle n’a pas envie d’éveiller une sorte de compétition entre toi et cet amérindien qui est peut-être plus qu’un amoureux d’enfance. Justement, le fait d’aller à la soirée ne peut pas forcément rassurer Anya dans le sens où là c’est un autre problème qui pourrait s’exposer alors elle hésite à te demander de rester ici.. puis elle secoue la tête car à quoi bon mentir ?

    « – Nashoba a été mon premier amoureux mais.. j’ai vécu toutes mes premières fois avec lui. Premier amour, premier baiser, première fois.. On.. On était très fusionnel jusqu’à la fin du collège mais on a rompu lors de notre première année de lycée car nous n’étions plus dans la même école mais surtout.. je.. je l’ai quitté pour aller avec Dylan. Le karma m’a sûrement rattrapé puisque Dylan m’a.. enfin tu sais mais je sais que Nashoba m’en veut énormément. Il fait comme si tout allait bien parce que je suis la meilleure amie de Q’ mais je sais qu’il doit me détester. Je.. je devais te le dire. Enfin c’est une histoire passée mais tu dois le savoir parce que ce soir, il risque peut-être de me lancer des regards peu glorieux.. »

    Oui c’est du passé mais l’abcès n’a jamais été crevé entre eux puisqu’ils se sont fuit à chaque fois qu’ils tombaient l’un sur l’autre. Et puis Anya avait ordonné à Q’ de ne rien dire concernant Dylan car elle savait que Nashoba aurait fait un carnage. Dans tous les cas, Anya se sent un peu plus à l’aise de s’être confiée et finalement elle accepte d’aller à cette soirée spéciale avec vous. Certains amérindiens ont mis des tenues traditionnelles, comme Q’ et son père. Il y a beaucoup de monde mais pas que des natifs car certains blancs sont des amis ou des personnes qui respectent les valeurs amérindiennes. Vous ne faites donc pas tâche quand vous arrivez mais vous êtes quand même pas mal observé. Surtout Anya qui avait l’habitude de venir ici mais qui a déserte du jour au lendemain. La brune vous guide à l’intérieur de la réserve et elle vous mène vers Q’ qui est sur la grande place. L’amérindienne est sublime dans sa tenue, si bien qu’Henry en rougit mais ce soir ils doivent jouer les inconnus.

    « – Anya ! Je suis vraiment contente que vous soyez là ! La cérémonie commence dans une heure mais en attendant, il y a un petit buffet sous la grande tonnelle. Ce soir on fête le grand esprit mais aussi l’arrivée de l’année de la lune rouge. Cet été nous verrons la lune rouge et c’est sacré pour notre peuple. Elle n’apparaît que tous les trente ans et durant l’année de son passage, nous devons la fêter pour être certain qu’elle vienne à nous !
    _ Oh oui tu m’avais parlé de cette lune rouge ! Ce n’est pas en rapport avec le fait que les esprits sont plus présents ?
    _ Oui et ils doivent aussi nous être plus favorables durant cette année ! »

    Q’orianka est toute excitée par cette soirée mais surtout parce qu’elle sait que vous êtes là. Elle lance quelques regards à son Henry mais elle ne peut pas rester trop longtemps auprès de vous puisque son père n’est pas loin. Anya décide de vous faire un petit tour sur la place tout en vous expliquant deux trois choses qu’elle sait sur l’endroit où même sur le peuple. Vous tombez sur aponi ou même sur d’autres frères de Q’ mais c’est Nashoba qui revient à vous, encore avec cet air ferme et imposant. Il a une tenu qui lui donne l’allure d’un chef et c’est pour ça qu’il ose un peu s’imposer auprès de toi et Henry. Il ne vous a jamais vu dans le coin et c’est bizarre que sa sœur soit aussi joyeuse après avoir été auprès de vous. Et puis Anya.. elle est très proche de toi. Cela se ressent et ça pique l’orgueil du jeune adulte.

    « – Je suis content de te revoir petite tempête.. Tu es toujours aussi belle.
    _ Euh.. je.. merci Nashoba.. »

    Nashoba essaye de desceller une pointe de jalousie chez toi ou Henry lorsqu’il complimente Anya et c’est toi qui semble réagir puisque tu fronces le regard. Il n’est pas dupe et il sait que sa sœur est amoureuse de l’un de vous deux cependant il se doute que l’autre doit être avec Anya. Il n’est plus amoureux de la brune mais il tient encore assez à elle pour pouvoir tester celui qui tient le cœur de la jeune femme.

    « – J’aimerais bien te montrer notre nouvelle écurie plus tard, enfin si cela ne gêne pas tes amis que tu les laisses un instant..
    _ Oh.. et bien.. euh..oui.. enfin nous verrons après d’accord ?
    _ Je t’ai connu plus bavarde que cela. New-York t’a fait perdre tes cordes vocales ? En même temps, c’est tellement enfermé et rempli de cochonneries que tu dois souvent être malade là bas ! Ici on respire mieux. »

    L’amérindien sourit finement et il vient à vous laisser pour rejoindre ses copains mais tu as le droit à un regard défiant. Anya grogne intérieurement mais au lieu de ruminer, elle continue de vous faire visiter l’endroit. Vous tombez sur Aponi, la grand mère de Q’ et la vieille dame vous accueille si chaleureusement que même toi tu as le droit à un câlin.

    « – Henry et Garrett !
    _ Tu.. tu les connais ?
    _ Ma petite fille ne peut pas me gâcher grand chose jolie fleur. Bien sûr que j’ai entendu parler des deux New-yorkais mais je te promet que je sais garder les secrets. »

    La vieille dame est tout autant adorable que Jocelyn ou même Géorgie mais elle a un petit truc voir même un énorme petit truc en plus. Elle est la Shaman de la réserve et elle a une clairvoyance qui parfois peu faire peur. Elle semble voir des choses du passé, du futur, si bien qu’elle semble déjà te connaître tout comme elle connaît Henry. Elle se rapproche de vous et elle se met à sourire avec amusement.

    « – Vous devez être perdu ici, entouré de natifs en habits traditionnels non ? Mais vous êtes tout autant guerrier que nos hommes. Toi, tu as l’âme d’un conquérant et d’un grand protecteur, dit-elle à Henry, alors que toi tu es plus calme mais tu es aussi beaucoup plus mystérieux que ton ami. C’est bien pour cela que vous êtes proches des filles, vous les complétez. »

    Elle n’en dit pas plus mais elle glisse dans vos mains des bracelets qu’elle a fait plus tôt dans la journée. Ce sont des grigris amérindiens qui sont censés donner de la force et du courage. Cela fait, il faut aller vers la grande place puisque la cérémonie va commencer. Les natifs se rassemblent et ils se mettent à chanter des anciennes chansons amérindiennes pour appeler les esprits. C’est impressionnant à voir, surtout lorsqu’on en a pas l’habitude. On pourrait croire que vous retournez dans des temps très anciens et aussi bizarrement que cela ne paraît, Anya a une impression de déjà vue. Toi à côté d’elle, la cérémonie mais dans son esprit tu semble plus âgés et puis vous avez une adolescente brune avec vous. L’adolescente observe intensément un adolescent natif. C’est complètement dingue mais elle secoue la tête pour se remettre l’esprit en ordre.

    Q’orianka danse avec ses cousines et ses tantes, Henry ne la quitte pas des yeux mais Anya préfère lever son regard vers toi plutôt que d’observer la cérémonie. Pourquoi ici, dans cet endroit, elle a l’impression d’avoir vécu milles vies avec toi ? Anya est assez terre à terre et elle n’imagine pas que les esprits peuvent exister ou influer sur vous mais pourtant oui. Ils sont tout autant liés à vous. Ils sont ceux qui vous réunissent à chaque fois comme pour cette nouvelle vie. C’est aussi eux qui ont fait de vous des âmes sœurs. Alors oui, ici il y a quelques flash étranges. Anya va en avoir plusieurs durant la soirée.

    Q’ revient vers vous quand elle a fini sa danse et bien sûr, elle ne peut pas sauter dans les bras d’Henry alors elle se contente de le faire avec Anya. Elle est heureuse que vous soyez là et que vous assistez à une soirée chez les siens mais l’ombre de Nashoba revient. Il garde un œil féroce sur sa petite sœur mais aussi sur Anya.

    « – Tu es prête pour l’écurie Anya ? On en a pas pour longtemps. Et Q’, tu devrais peut-être voir si Duda a encore besoin de toi.
    _ mais je voulais passer un peu de temps avec mes amis..
    _ La soirée n’est pas encore terminée. Ces garçons peuvent bien vous attendre sagement ici. Non ? »

    Henry se tend à nouveau et dans un sens c’est normal mais Jocelyn l’a prévenu qu’il était en terre hostile. Il ne peut pas jouer le cow-boy car il perdrait automatiquement. Pour éviter le drame, Anya accepte l’invitation de Nashoba afin de l’éloigner au plus vite de vous mais bon, dans un sens cela te pénalise toi. C’est toi le petit ami de la demoiselle et la laisser partir avec un ex, ce n’est peut-être pas la plus joyeuse des vues. Tu te retrouves donc seul avec Henry mais celui-ci continu de bouillir de l’intérieur.

    « – Je déteste ce garçon.. il se prend pour qui avec ses plumes et sa jupette ? J’ai envie de le cogner tellement fort qu’il ne pourra plus ouvrir sa grande gueule.. »

    Et n’ayant pas envie de rester ici comme un con, Henry te force à le suivre pour aller vers les écuries. Il veut voir ce que trame Nashoba et surtout il espère que l’amérindien fasse du rentre dedans en Anya pour que toi aussi tu veuilles frapper le frère de Q’. Les deux sont bien dans les écuries mais la brune garde une distance entre eux.

    « – Pourquoi vouloir m’amener ici alors que tu ne voulais plus me voir depuis..
    _ Depuis que tu m’as viré pour cet idiot de Dylan ? C’est vrai que je t’en ai voulu pendant très longtemps.. Je voulais même aller m’occuper de ce garçon mais mon père m’a demandé de lui promettre de ne rien faire. Il m’a aussi interdit de t’approcher à nouveau..
    _ Je sais que j’ai été horrible et je m’en voudrai toujours.. mais..
    _ Je n’ai pas envie de remuer le passé. Ça a été difficile mais aujourd’hui c’est derrière moi. Je pensais qu’on aurait avancé ensemble pendant de très longues années mais j’avais tort et puis Aponie m’a dit que notre destin n’était pas forcément lié. Par contre si on est là, c’est parce que je veux que tu me dises ce qu’il se passe avec Q’orianka. Depuis son retour de chez toi, elle avait perdu le sourire et elle s’isolait.. Mais aujourd’hui elle avait un sourire que je n’avais pas encore vue de toute ma vie. Elle sort avec l’un des garçons hein ? Le grand brun ?
    _ Nashoba.. ce n’est pas à moi de..
    _ Tu ne m’as jamais menti, tu m’as toujours dis la vérité même si elle faisait mal. Je veux savoir pour ma petite sœur et je sais que la vérité va être un peu difficile à accepter mais son bonheur m’importe plus que tout. Je m’en fou des traditions ou de quoi que ce soit si cela rend malheureuse ma sœur.. Et s’il faut que j’accepte ce.. bourgeois blanc alors je le ferai mais j’ai besoin de savoir.
    _ Hm.. oui. Elle aime ce garçon et il l’aime tout autant. Entre eux c’est.. je n’arriverais même pas à te décrire ce qu’il se passe. Ils sont fusionnels.
    _ C’est le fameux Isha..
    _ Hein ?
    _ Laisse tomber, c’est une vieille histoire. Et toi ? Tu es avec ce blond ?
    _ pourquoi me demander ça ? Tu me parlais de Q’..
    _ Parce que j’ai pas su te protéger avec Dylan. Q’orianka m’a raconté ce que tu as vécu avec Dylan.
    _ Garrett est l’entier opposé de Dylan ! Jamais il ne me fera du mal ou ne lèvera sa main sur moi !
    _ Donc tu es avec ce blond.. Mais comment tu sais qu’il ne te fera jamais rien ? Tu disais que Dylan était un gars bien.
    _ Garrett est un garçon tellement différent des autres.. En premier temps, on pourrait croire que c’est un mauvais garçon qui est du genre à se battre ou à foutre la merde mais en fait il en est rien. C’est une façade car derrière cette image, il y a un homme doté d’une sensibilité dont tu n’as pas idée.. Il y a un immense mystère chez lui et on a du mal à totalement le déchiffrer mais il a les mots et les gestes pour montrer la beauté qui l’entoure. Avec lui.. je me sens.. complète. Tu me connais assez pour savoir que je suis quelqu’un de très instables et facilement tempétueux mais avec lui, j’arrive à être moi-même ou plutôt à vivre ma vie sans avoir peur ou sans douter constamment. Je ne sais pas comment expliquer les choses.. c’est tellement..
    _ Tellement logique.
    _ Logique ?
    _ Avant que tu ne me quittes, Aponie m’avait dit que je devais m’éloigner de toi.. que l’on était pas lié. Ça m’a fait mal surtout qu’après tu me quittais pour l’autre mais elle m’a aussi dit que tu allais finir par rencontrer quelqu’un qui était ta vraie moitié. Tu sais que dans nos croyances, on a tous des âmes sœurs et moi je n’étais pas la tienne. J’étais triste parce que j’y croyais mais elle avait raison puisqu’aujourd’hui j’ai trouvé ma moitié..
    _ Oh ! C’est vrai ?? Tu as trouvé quelqu’un ??
    _ Oui.. Kaya mais ce n’est pas le sujet. Ce qui m’importe c’est toi et surtout ce garçon pour le moment car même s’il ressemble étrangement à ce que m’avait dit Aponi, j’ai un mauvais pressentiment.
    _ Comment ça ?
    _ J’ai peur qu’il te brise le cœur..
    _ Ça serait peut-être un autre karma pour t’avoir brisé le tien..
    _ Dis pas de bêtises. C’est du passé. Je ne veux juste pas que quelqu’un puisse encore te faire du mal c’est tout. Tu as assez souffert dans ta vie. Et malgré notre passé, je tiens à toi et je veux te protéger.
    _ Tout ira bien d’accord ? Tout comme pour Q’.. on est plus des petites filles.
    _ Oui mais vous restez quand même mes petits trésors. »

    Anya se met à rire bêtement et elle laisse Nashoba la prendre dans ses bras cependant l’amérindien te voit venir vers eux et il te fait signe de te stopper. La brune relâche son ami et par peur que tu ne t’emporte à ton tour, elle arrive contre toi et glisse sa main dans la tienne.

    « – Tout va bien Garrett. On parlait tranquillement et..
    _ Je ne vais pas te la prendre si c’est ce que tu crois. Anya est avant tout mon amie mais par contre que ce soit toi ou toi, dit-il en fixant Henry, je vous garderais à l’œil. Surtout toi Harry. Je sais très bien que tu n’es pas le neveu de Jocelyn. Je connais assez ma sœur pour savoir pourquoi je l’ai retrouvé là-bas. Si mon père l’apprend, il va devenir fou et j’avoue que moi aussi ça m’agace mais si c’est ce qu’elle veut alors je l’accepterais. Je veux qu’elle soit heureuse mais si je sais que tu joues avec elle et que tu lui fais mal, je n’hésiterais pas à te détruire. Et même si cela te fait rire maintenant, je t’assure que tu n’auras pas le même sourire quand ce jour viendra. »

    Nashoba menace mais il est très protecteur même s’il semble vouloir couvrir l’amour de sa sœur pour Henry. Oui, il est prêt à garder le secret mais en bon grand frère, il doit donner ses règles.

    « – Q’orianka pourra aller chez Jocelyn mais interdiction de dormir avec Henry. Et pour toi le bl.. Garrett. Je t’interdis aussi de faire mal à Anya. Tu peux me regarder avec ton air de tueur en série, je n’aurais aucune pitié à te briser les jambes si tu t’en prends à elle. »

    Le taux de testostérones est énorme ici. C’est un combat de coqs qui menace d’éclater et Anya se retrouve au milieu mais en bonne tempête, elle doit de suite calmer les choses.

    « – Stop ! On arrête de menacer ou de faire le chef ! On devrait surtout retourner à la cérémonie. Personne ne va détruire personne. Alors faites de suite la paix ou c’est moi qui vais devenir une tueuse en série ! »

    Henry pouffe de rire et Anya lui donne un petit coup de pied dans le tibia cependant c’est assez piquant pour que le colosse lâche un râle.

    « – Aller hop ! On bouge ! »

    Nashoba ne retient pas un rire aussi et aussi surprenant que cela soit, il avance à côté d’Henry qui boite un peu à cause du coup de pied. Toi, tu es un peu plus en arrière avec Anya et la demoiselle reprend ta main dans la sienne.

    « – Tout à l’heure j’ai eu l’impression qu’on était déjà venu ici toi et moi.. même là dans cette écurie. Quand je t’ai vu arriver en trombe vers Nashoba, j’ai eu l’impression que tu l’avais déjà fait mais pas à cette époque. Enfin c’est vraiment trop étrange mais c’est comme ci dans une autre vie, on avait déjà vécu ces moments. »

  29. Avatar de M.
    M.

    Anya a bien senti que quelque chose n’allait pas lorsqu’elle s’est réveillée ce matin. Hier soir tu n’as plus parlé et au réveil, tu l’as totalement ignoré. Elle pensait pouvoir parler avec toi après ton footing mais ce footing a pris des heures.. des heures d’angoisses et c’est encore pire lorsque Nashoba lui a annoncé que tu étais au poste car tu t’es battu avec Dylan. La jeune femme était prête à sortir de chez sa grand mère pour te rejoindre, quitte à se confronter à son ancien bourreau mais Q’orianka ainsi que Nashoba, ont tout fait pour la maintenir chez la grand mère. C’est quand même horrible de devoir attendre, de ne pas pouvoir t’aider ou faire quoi que ce soit. Juste avant que tu ne rentres, Anya tente à nouveau de se lever du canapé mais Nashoba attrape la main de la jeune femme pour la stopper.

    « – Il va arriver, Henry t’a promis qu’il reviendrait avec lui. C’est trop risqué pour toi d’aller en ville.
    _ Et pour toi hein ? Pourquoi tu l’as laissé se battre avec Dylan ? Pourquoi tu ne l’as pas aidé ?!
    _ Ce n’est pas mon ami Anya ! Je ne connais pas ce gars et il me semble peu fiable puisqu’il se bat avec des inconnus, en pleine rue et en pleine journée !
    _ Tu ne le connais pas c’est vrai mais tu sais que je tiens à lui ! Tu sais que je l’aime !
    _ Peut-être que ce n’est pas le prince que tu idéalisais.. »

    Cela ne plaît pas du tout à la jeune femme et elle s’apprête à repousser Nashoba mais tu fais ton entrée.. et pas n’importe quelle entrée. Il y a du sang sur toi, ta lèvre est abîmée mais par dessus tout, tu regardes la jeune femme avec un mépris qu’elle n’a jamais encore ressenti de ta part. Elle s’est fait un sang d’encre toute la journée et là, il y a comme un mur qui vient de tomber entre vous. Ou plutôt ta jalousie met une gifle à la jeune femme et au lieu de te sauter dans les bras en pleurant à cause de la peur qu’elle a eu, Anya retire la main de Nashoba de la sienne et son regard devient d’un noir infernal.

    « – Tu.. tu déranges ? Tu demandes vraiment si tu déranges ? Est-ce que je dois te dire à quel point j’ai eu peur toute la journée à cause de toi ?! Est-ce que je dois te dire que j’étais prête à aller te rejoindre en ville ?!
    _ Anya calme..
    _ Je t’ai pas demandé ton avis Nashoba ! Tu es tout aussi bête que Garrett ! Lui fait la gueule pour je ne sais quoi et il va sûrement amener des gros problèmes à ma grand mère ou même à moi mais toi t’es pas mieux parce que tu aurais pu le stopper ! Vous savez quoi ? Allez tous vous faire foutre ! »

    Elle pousse enfin Nashoba mais toi aussi tu te prends un joli coup d’épaule lorsque la jeune femme décide de partir vers la porte d’entrée. Elle se sent suivie, par toi mais aussi le reste de la troupe qui compte sûrement la faire rester mais Anya se stoppe et vous fait signe de ne pas l’approcher.

    « – Je savais que je ne devais pas revenir ici ! J’aurai mieux fait de ne pas vous suivre et vous laissez partir seul ! Venir ici pour me faire plaisir.. c’était juste pour qu’Henry puisse coucher avec Q’ et toi Garrett, c’était juste pour voir le mec qui m’a fait vivre un enfer hein ? Tu as eu ce que tu voulais ?! »

    Q’ sent le regard furieux de son frère mais il ne peut pas égaler Anya qui sort de la maison en claquant la porte. Il pourrait bien y avoir une belle bagarre dans la maison puisque Nashoba fusille Henry des yeux mais pour éviter un drame, Q’ attrape la main de son frère et elle sort à son tour. Il n’y a plus que toi, Henry et Jocelyn qui revient avec sa trousse d’urgence. La vieille dame sent l’immense tension qu’il y a ici mais au lieu de vous questionner comme une policière, elle te demande de la suivre vers le salon pour qu’elle puisse soigner ta lèvre.

    «- Ça ne sert à rien de la suivre, elle va aller dans la forêt et dieu sait qu’elle l’a connaît comme sa poche.. il vous faudrait des heures voir des jours pour la retrouver. Anya reviendra quand elle sera plus calme.. ou si elle a faim, »

    Henry est sous tension aussi puisqu’il a peut-être perdu toutes ses chances de retrouver Q’. Malgré tout, il ne se retourne pas contre toi mais tu as tout de même le droit à son regard froncé.

    « – Qu’est ce qu’il se passe ? Pourquoi tu as décidé de partir courir en ville ? On s’est tous réveillé et tu étais déjà parti. Et puis hier soir, tu faisais la tronche.. Il y a.. aah.. ah je crois comprendre. Tu fais la gueule à cause de ce Nashoba ? Tu es jaloux ? Toi jaloux ?? »

    Cela l’étonné dans le sens où il sait que tu as un sacré tempérament mais tu n’as jamais montré une miette de jalousie lorsqu’il s’agissait d’une petite amie. Au contraire, c’est toujours toi qui a déclenché les jalousies des demoiselles. Jocelyn est toujours présente et cette conversation la fait sourire car n’y a t’il pas plus amusant que des adolescents en pleine amourette ?

    « – Ta lèvre est toute propre mais évite de jouer à nouveau au cow-boy car la prochaine fois je ne sais pas si je serai encore compétente pour te soigner. Pour ce qui est de ton cœur, c’est vrai qu’il doit avoir mal de voir celle que l’on aime proche d’un autre mais tu n’as pas de mourrons à te faire en ce qui concerne Anya. Elle t’aime bien plus que tu ne le crois. J’ai eu beaucoup de conversations avec elle pour savoir que tu n’es pas l’amour d’un été.. »

    Jocelyn est toujours positive, du moins elle l’essaie. Elle vous propose d’aller boire un thé mais Henry préfère sortir à son tour pour prendre l’air alors que toi tu gardes ton air bougon. Jocelyn te prépare tout de même une tasse de camomille et elle te la ramène dans le salon mais elle te ramène aussi une carte des alentours.

    « – Tu peux aller la retrouver au nord ouest de la maison. Il y a un vieux manoir abandonné dans la forêt et ça a toujours été un endroit où elle adorait se cacher pour être seule avec elle-même. Cela se situe à une vingtaine de minutes à pied d’ici mais il faut bien emprunter ce sentier là. »

    Elle te montre sur la carte le chemin que tu dois prendre pour ne pas te perdre en pleine forêt. C’est elle qui avait montré cet endroit à Anya lorsqu’elle était plus jeune.

    « – Elle risque peut-être de faire sa boudeuse, on sait tous les deux que ma petite fille a un tempérament très volcanique lorsqu’elle est contrariée mais tiens. C’était ma petite astuce pour la calmer et la faire sourire quand ça n’allait pas. »

    Jocelyn te rapporte une petite boîte en aluminium dans laquelle il y a des biscuits à l’amande qu’elle a fait ce matin. Ce sont les préférés de la jeune bulgare. La grand mère te demande de bien te couvrir car le temps vire au gris et quand tu es fin prêt, elle t’accompagne à l’entrée de la maison. Anya n’est peut-être pas au manoir mais Jocelyn est persuadée qu’Anya a dû prendre ce chemin. Et elle n’a pas tord, Anya a rejoint son vieux manoir abandonné et surtout en ruine. Du moins, le toit a disparu et la végétation a repris ses droits mais c’est ce qui rend l’endroit encore plus beau, plus mystique. Quelques pièces du rez de chaussé sont encore debout et c’est dans l’ancienne bibliothèque que la brune se sent le mieux car il y a des vieux ouvrages qui n’ont jamais quitté l’endroit. Le temps les a abîmé mais ils sont encore lisibles. La jolie brune a passé énormément de ses journées ici lorsqu’elle vivait encore dans le coin et elle y avait même installé un coin avec plusieurs plaids pour pouvoir se poser. Rien n’a bougé depuis son départ.. c’est comme si elle n’avait jamais quitté cet endroit mais aujourd’hui elle n’a pas le cœur à s’asseoir pour lire. Elle tourne surtout en rond et essaye de comprendre pourquoi tu as réagi de la sorte. Elle essaye de aussi de ne pas angoisser à l’idée de devoir se confronter à Dylan. Elle repense à la veille puisque c’est là que tu as commencé à cesser de parler et elle finit par comprendre à son tour que c’est à cause de Nashoba que tu as vrillé. Tu es jaloux ? Elle a déjà vu la jalousie dans ton regard mais tu n’as jamais réagis de la sorte, à totalement la snober et à peter les plombs. Anya fait encore ses milles pas quand elle entend des bruits de pas. Elle cesse de tourner en rond et elle sent surtout son cœur battre plus vite. C’est toi ? Nashoba ? Henry ? Ou.. Dylan ? Ayant peur de tomber sur lui même s’il n’est jamais venu ici, elle va se cacher derrière une vieille porte. Ta silhouette s’avance mais elle n’arrive pas à te voir alors elle reste où elle est. Elle essaye de couper sa respiration pour se faire la plus discrète possible mais ta voix se fait entendre. C’est toi.. toi avec la nuire de biscuits de Jocelyn.. toi mouillé à cause de la pluie qui a commencé à tomber.. Toi qui cherche la brune. Anya sort de sa cachette mais elle n’avance pas vers toi. Elle reprend même son air sévère.

    « – Je vois que ma grand mère t’a donné des astuces pour me retrouver et m’amadouer mais ce ne sont pas les biscuits aux amandes qui vont régler les choses. Je ne veux pas te voir Garrett ! Laisses moi tranquille ! »

    Deux têtus l’un face à l’autre. Toi qui reste là, droit comme un pique et toujours avec cette boîte.. Anya ne peut s’empêcher de s’approcher pour te chiper la boîte mais elle se recule à nouveau. Elle pique un biscuit avant de reprendre la parole.

    « – Tu te rends compte de la peur que j’ai eu aujourd’hui ?! Je ne savais pas où tu étais ! Et j’apprend quoi ? Que tu t’es battu avec ce.. putain Garrett ! Mais tu te rends pas compte que tu aurais pu avoir plus de problèmes ?! Et s’il avait eu plus de potes autour de lui ?! Et si tu n’avais pas eu de parents très hauts placés ?! Tu serais encore au poste avec le shérif qui est autant taré que son fils !!! »

    Elle mange un deuxième biscuit mais ça n’a pas encore l’effet magique que Jocelyn t’a promis. Anya se remet à tourner en rond et elle te fixe comme si tu étais l’ennemi public numéro un à abattre.

    « – Et tout ça pour quoi ? Parce que tu étais en colère contre moi ? Parce que Nashoba est mon ex ?! Sauf que tu sais quoi ? C’est toi mon petit ami ! Je me fiche de Nashoba ! C’est toi que j’aime et là tu m’as mis dans une colère noire parce que tu as fait n’importe quoi ! Tu as surtout mis ta vie en danger et tu n’as pas le droit de faire ça ! Tu n’as pas le droit de t’attirer des ennuis parce que ça va t’éloigner de moi ! C’est ça que tu veux ?! On a plus que quelques mois avant que tu partes !! Tu l’as déjà oublié ?? »

    Elle mange un troisième biscuit mais elle se met surtout de dos à toi pour ne pas que tu vois ses larmes monter. La brune essuie rapidement sa joue mais elle sent surtout ton corps venir se coller contre son dos. Elle refuse de se retourner même si tu l’enlaces et que cela lui fait quand même du bien. Tu n’as plus perdu, tu n’es plus au poste, tu es contre elle mais miss Sawyer a encore besoin de quelques biscuits pour ne plus débiter des tonnes d’inquiétudes.

    « – Demain c’est le réveillon de Noël. On le passe avec mamie mais après demain on part.. Je ne veux plus être ici.. cet endroit n’attire que les problèmes.. »

    Même s’il va falloir encore s’éloigner de Q’.. mais bon, vous ne vous doutez pas qu’Henry a une idée pour ne plus être loin de sa belle. Il compte fuir avec elle mais ça vous le saurez dans quelques jours. Pour le moment, Anya se calme petit à petit même si elle mange tous les biscuits sans même t’en laisser un. Elle remarque qu’il n’y en a plus et là tu peux enfin entendre un petit rire.

    « – Elle m’agace avec ses biscuits.. Ça a toujours été sa façon de m’avoir.. et puis ça me fait passer pour une grosse gueule.. je t’en ai même pas donné un seul.. »

    Anya se tourne enfin. Elle te fait face et elle vient déposer un léger baiser sur ta joue pour ne pas te faire à la lèvre. La tempête est passée mais cela ne veut pas pour autant dire que tout sera beau et rose. Cependant pour le moment vous êtes ici, dans sa bulle en pleine forêt alors elle n’a pas encore envie de s’en aller. Anya prend ta main pour te faire faire le tour de son jardin secret qu’est ce manoir. Cela fait, vous ressortez de l’endroit pour qu’elle te montre un peu les alentours car tu souhaitais visiter sa magnifique forêt. Les arbres sont immenses, la faune est luxuriante et vous avez même le droit de voir au loin un grand cerf avec sa famille. Ici vous êtes loin du bruit des voitures, de la vue du béton ou du brouhaha des foules de gens. Il n’y a que vous, totalement minuscules et pourtant Anya se sent quand même si grande ici.

    « – Voilà ma forêt.. l’endroit où je me sens le mieux au monde. Ce n’est que des arbres et des plantes mais c’est tellement vivant, tellement beau. Et puis le bruit.. tu entends ? Les oiseaux, le vent dans les arbres, les gouttes de pluie.. j’aime tellement être ici. »

    La jeune femme garde ta main dans la sienne et elle vous entraîne un peu dans la forêt sans trop vous éloigner puisqu’il est déjà tard. Vous revenez même sur vos pas pour retrouver la maison de Jocelyn mais vous vous stoppez en voyant la voiture du Shérif. Il est à la porte, en train de parler avec la grand mère d’Anya mais il y a surtout Dylan qui est là. Anya ne l’avait pas revu depuis son départ.. Elle avait même tenté d’oublier son visage mais là, il est non loin. Il a le visage tuméfié mais il a toujours ce regard malsain. La brune sent l’angoisse monter en flèche, elle tremble malgré elle et sa respiration devient lourde. Les souvenirs refoulés remontent, surtout les plus douloureux. Pour le moment personne ne capte votre présence et Anya profite de ça pour essayer de vous faire fuir mais le bruit de vos pas se font entendre..

    « – Je pensais qu’il n’y avait que votre neveu et son ami ?! Que fais Anya ici ?!
    _ C’est ma petite fille, elle a le droit de venir me voir et elle ne gêne personne.
    _ Vous savez qu’elle a fui la justice. Elle devait comparaître devant le juge pour avoir..
    _ Doit-on vraiment remettre les choses sur le tapis ? Car vous savez bien que l’on peut aussi traîner votre fils en justice. Il me semble qu’il a fait bien plus de mal à ma petite fille que l’inverse.
    _ Ne jouez pas sur ce terrain, vous savez qu’ici c’est moi la justice.
    _ N’en soyez pas si convaincu. »

    Malgré son âge, Jocelyn ne se laisse pas faire et elle fait front au shérif qui ne décolle pas de l’entrée. Il attend que vous vous approchez avec Anya mais la brune ni arrive pas. Elle est tétanisée même si tu serres fortement sa main.

    « – On va pas passer la soirée là. Venez ici. Je veux que mon fils et ce gamin fassent la paix.
    _ Tu crois vraiment que je vais faire la paix avec ce connard papa ? Mais je comprend mieux pourquoi il est taré. Il est avec cette folle d’Anya !
    _ Dylan tais toi ! Tu fais ce que je dis un point c’est tout. »

    Vous n’avez pas le choix d’avancer mais Dylan dévisage Anya. Il a même ce sourire malsain qu’il a toujours eu lorsqu’il lui faisait du mal. La brune ventile si fort qu’elle pourrait bien tomber dans les pommes mais Henry arrive au même moment et il se propose de rentrer Anya pour ne plus qu’elle soit face a son bourreau. Par contre toi, tu dois rester pour cette sois disant paix mais Jocelyn se rapproche de toi et elle se montre hostile. Bien qu’elle soit pas sa grand mère biologique, tu peux aisément comprendre qu’Anya a beaucoup pris de sa grand mère.

    « – Pourquoi vouloir les faire se serrer la main pour une paix ? Ils s’ignorent et puis c’est tout. De toute façon ils vont bientôt repartir alors votre fils n’aura plus de soucis avec eux.
    _ J’ai appris à mon fils à savoir être fair-play.
    _ Pourtant il ne l’a jamais été avec ma petite fille.
    _ Jocelyn.. hm.. »

    La grand mère n’apprécie pas ce qu’il se passe mais elle te laisse quand même serrer la main de Dylan pour que tout ça se termine au plus vite. Elle ne dit même pas au revoir au shérif et elle vous fait rentrer rapidement dans la petite maison. Henry est à l’étage avec Anya, du moins il est dans le couloir alors que la brune est enfermée dans la salle de bain. Jocelyn ne décolère pas si bien qu’elle décide même de vous servir un petit verre de whisky.

    « – Je déteste cet homme. Il exerce une pression sur toute la ville et il se prend pour le roi depuis toujours. Son père était déjà le shérif alors il se croit supérieur. Mais son fils.. si je pouvais je le tuerais de mes propres mains. Il a fait tellement de mal à Anya.. et on a rien vu car il exerçait une pression psychologique sur elle. Elle disait que tout allait bien alors que c’était faux. Et au final c’est elle qui a payé les pots cassés.. Si j’avais le moyen de les faire tomber tous les deux, je le ferai avec un immense plaisir mais je ne suis qu’une vieille bonne femme amie avec les amérindiens alors ça ne plaît pas à beaucoup de monde dans le coin. »

    Mamie Jocelyn bougonne entre ses deux mais elle cesse la conversation lorsque ton ami redescend. Henry ne comprend pas pourquoi le shérif était ici, cependant il vient surtout faire échange avec toi puisqu’il sait que c’est de toi dont Anya a besoin pour l’instant. La jeune femme est enfermée dans la salle de bain mais quand ta voix se fait entendre, elle ouvre la porte et elle se laisse tomber dans tes bras. Elle est horrifiée, encore tremblante et elle a tellement eu peur qu’elle en a vomis. Dylan n’est qu’un adolescent mais il a encore un pouvoir sur la bulgare dans le sens où elle est redevenue cette chose apeurée et qu’il est difficile à apaiser. Ce garçon est sa plus grande terreur.

    « – On.. on doit rentrer à New-York.. s’il te plaît.. on doit partir d’ici.. »

    Si avant il n’y avait que des mots, là tu peux réellement voir les impacts. Ce n’est pas qu’un simple mal qu’il a dû lui faire. Il l’a tellement marqué au fer rouge que la demoiselle est paralysée de frayeur et ça, même s’il n’a fait que la regarder. Henry monte les escaliers pour voir si tout va bien mais il voit le même constat que toi. Ce Dylan a brisé Anya et peut-être que le briser en retour ne ferait pas de mal ?

    Jocelyn prend le relais sur vous, en allant accompagner la brune dans son lit. Henry te retrouve dans le salon et il ne se gêne pas pour vous servir un nouveau verre de whisky.

    « – Il n’a pas dû que la maltraiter.. tu as vu comment elle est face à lui ? Peut-être qu’on devrait en profiter pour la venger.. Je sais qu’on est pas des super-héros mais il n’y a rien de pire qu’un garçon qui détruit une femme. »

    Cela tient à cœur Henry car il a déjà vu son père frapper sa mère lorsqu’il était enfant. En vieillissant, le vieux Cavill s’est calmé et puis il a changé d’épouse mais Henry en a gardé des souvenirs qui le révulsent des qu’il y pense.

    « – Mais on pourrait essayer de faire ça avec ce Nashoba. Je sais que tu ne l’aimes pas mais lui connaît mieux l’endroit que nous et il connaît certainement où traîne les ados de la ville. Et puis ça sera peut-être un moyen pour toi de lui montrer que c’est toi le petit ami d’Anya. »

    Après que Nashoba soit là ou non, Henry tient vraiment à ce que vous alliez mettre une raclée à ce Dylan mais pas de façon impulsive comme tu l’as fais dans la journée. Il veut que vous fassiez un guet-apens. Jocelyn arrive au moment où Henry finit sa phrase et bien sûr elle a compris mais elle fait comme si elle n’avait rien entendu.

    « – Je vais aller préparer le dîner.. Tu peux aller voir Anya si tu le souhaites Garrett. Je pense qu’elle a besoin de tes bras pour se sentir mieux. »

    Et elle a raison. Quand tu arrives dans la chambre d’Anya, la brune se jette à nouveau dans tes bras. Elle se sent en sécurité quand tu es là et ce n’est pas nouveau puisque tu l’as toujours protégé depuis votre rencontre mais ce soir elle a encore plus besoin de sentir cette sécurité. Elle a peur que Dylan revienne ici maintenant qu’il sait qu’elle est là. Il en serait capable, d’autant plus qu’il n’a jamais accepté qu’Anya ne lui appartient plus. En sachant que tu es son nouveau petit ami, ça risque de rendre ce fou encore plus taré qu’il ne l’est déjà.

    « – Il va revenir.. c’est sûr.. Il va vouloir me faire du mal.. ou alors te faire du mal à toi.. »

  30. Avatar de M.
    M.

    Ces vacances sont un vrai ascenseur émotionnel intense. Tu fais une déclaration magnifique à Anya et puis il suffit de quelques minutes pour que tu t’en ailles avec ce monstre de Dylan. Une heure après, Anya apprend que tu es à l’hôpital car tu aurais reçu une balle. Oui, ces vacances sont horriblement difficiles psychologiquement, si bien que lorsqu’elle arrive à l’hôpital en trombe, Anya a encore les larmes aux yeux. Elle n’a pas pleurer autant depuis des lustres mais oui, elle pleure encore malgré que tu essayes d’être taquin. Tu n’as qu’une égratignure, la balle t’a simplement frôler et ça enlève un poids sur les épaules de la jeune femme cependant elle se doit de venir contre toi. Elle se doit de te sentir contre elle, de sentir que tu vas bien. La peur, l’angoisse, la frayeur, la tristesse.. en quelques jours elle a tout vécu mais là elle ressent enfin un sentiment de soulagement. Surtout quand elle sent la chaleur de tes bras se mêler à la fraîcheur de son corps.

    « – Tu auras tous les biscuits aux amandes que tu veux mais je ne veux plus que tu ailles loin de moi ! Tu vas me faire avoir un arrêt cardiaque si tu continue.. bon sang.. j’ai jamais eu autant peur.. Mamie a eu un appel qui disait que tu avais été amené à l’hôpital.. et.. et on savait juste que tu avais été touché par une balle alors imagine mon esprit ? Je te voyais déjà branché de partout et.. non.. non tu n’as plus le droit d’être loin de moi Hedlund ! Je te l’interdis ! »

    La jeune femme est sérieuse dans ses propos, elle ne compte plus de lâcher d’un centimètre enfin pendant au moins vos vacances ici. Elle prend même soin de te materner un peu en t’aidant à remettre tes vêtements lorsque tu peux quitter l’hôpital ou alors lors de votre retour chez Jocelyn, elle s’occupe de préparer ton bain et même ton lit. Henry n’est pas encore de retour, il doit sûrement essayer de faire bonne patte devant les Kilcher. Il n’y a que Jocelyn qui est toujours là et sur la demande de sa petite fille, elle prépare beaucoup de biscuits aux amandes. Vous pouvez sentir l’odeur grimper à l’étage alors que tu es allongé dans ton lit sous la demande non négociable d’Anya. Elle veut que tu te reposes, tu as assez donné en deux jours.

    « – Maintenant que tout semble être terminé, je veux te remercier.. même si hier tu méritais que je te râle dessus, aujourd’hui tu viens de faire quelque chose qui va sûrement ma vie à jamais. Tu as réussi à faire tomber mon bourreau.. tu as réussi à ce qu’il ne puisse plus jamais se rapprocher de moi. Tu ne peux pas savoir à quel point je me sens enfin libre. Il avait encore un pouvoir sur moi puisque j’étais effrayé à la simple idée de le voir mais là.. il ne viendra plus et c’est un sentiment de liberté entière. »

    Elle retrouve un sourire, un sublime sourire. Étant assise sur le bord du lit, Anya attrape tes mains dans les siennes pour lier vos doigts ensembles. Elle n’a pas non plus eu le temps de répondre à tes déclarations que tu lui as fais dans l’après-midi et cela lui tiens à cœur de pouvoir à son tour te parler sans filtres.

    « – Tu m’as dis ne plus vouloir partir faire le tour du monde parce que tu veux rester auprès de moi.. Tu m’as aussi dis que j’étais ton âme sœur, que sans moi tu n’es rien.. Sache que tu n’as pas idée à quel point je suis totalement et irrévocablement amoureuse de toi Garrett. Ce n’est pas un coup de tête ou un amour de passage. Depuis que tu m’as permis de faire parti de ta vie, j’ai découvert ce qu’était de réellement aimer quelqu’un. Tu vois, tu me disais être triste de ne pas avoir été mon premier amour mais si.. tu es mon premier amour. C’est la première fois de ma vie que je me sens lié à quelqu’un.. c’est la première fois de ma vie que le reste n’a plus rien d’important car tu es devenu ce que j’ai de plus beau, de plus intense. Je t’aime tellement que parfois j’ai l’impression d’être une pauvre nana avec des cœurs dans les yeux et des papillons dans l’esprit. Tu me rends tout autant râleuse que niaise mais en fait tu me fais vivre. Oui, je vis avec toi., »

    Avant ce n’était que de la survie puisqu’elle n’avait pas de point d’encrage ni même de vrai but. Elle essayait juste d’avancer du mieux qu’elle ne pouvait mais maintenant elle ne se sent plus seule, elle ne se sent plus abandonnée. Elle sait qu’elle a un trésor entre ses mains mais.. quand on aime plus que tout, est-ce que l’on doit être égoïste ? Est-ce qu’elle a le droit de te voler tes rêves au détriment des siens ? Anya serre un peu plus tes mains dans les siennes et elle les relève pour déposer des baisers dessus.

    « – Tu dois y aller.. tu dois faire ce tour du monde.. »

    Oui, tu entends bien. Même si son cœur lui hurle de se taire, Anya n’a pas le droit de te prendre ce que tu tenais à faire bien avant que vous ne vous rencontrez.

    « – C’est ton rêve. Tu voulais faire ça et je ne veux pas que tu abandonnes tout à cause de moi.. Je sais que tu m’aimes, je sais que tu tiens à moi et que tu es aussi le meilleur petit ami qu’il puisse exister mais si je veux être aussi une bonne petite amie, je n’ai pas le droit de te voler ton rêve,. »

    Elle pose ta main contre sa joue et elle baisse son regard. Oui, c’est difficile à dire mais dans un sens, elle se sent un peu soulager parce qu’elle sait que tu seras heureux quand tu iras sur ton bateau pour visiter tous les pays qui te donnent envie de voir.

    « – Si tu restes ici, tu feras des études que tu n’aimes pas forcément et puis on se verra presque pas parce que j’aurai ma spécialité, tu auras la tienne, nos emplois du temps ne seront plus les mêmes.. Et qu’est ce que ça va donner ? Tu seras malheureux. Tu m’aimeras, tu seras là pour moi mais il te manquera quelque chose et moi je veux que tu sois heureux, que tu vives tout ce que tu rêves de vivre. C’est vrai que je pourrais dire de venir avec toi faire ce tour du monde mais.. Je ne peux pas m’imposer dans cette aventure que tu as imaginé seul. Même si je sais que ça va m’arracher le cœur de te voir partir loin de moi et peut-être pour très longtemps, je n’ai pas le droit d’être égoïste.. pas après tout ce que tu as fais pour moi. »

    Son cœur devient lourd à la simple idée de voir un voilier s’éloigner vers l’horizon de l’océan mais doit-elle réellement t’imposer une vie que tu ne veux pas ? Non, elle en a pas le droit. Tu n’es pas un oiseau en cage, tu n’es pas non plus sa chose.. tu es l’amour de sa vie et s’il est vrai que vous êtes des âmes sœurs, vous finirez par vous retrouver.

    « – Alors promets moi d’y aller.. de profiter un maximum et de voir toute la beauté du monde pendant que j’aurai le nez rivé sur des cours d’histoires en espérant devenir la meilleure conservatrice de musée qu’il puisse exister.. »

    Elle a toujours ce projet puisque son amour pour l’histoire est encore d’actualité. Qui sait, peut-être qu’un jour elle voyagera pour son travail et qu’elle tombera sur toi.. dans tous les cas, il faut vivre ses rêves mais il faut aussi profiter des derniers mois qui vont arriver. Anya se rapproche de toi pour te donner un tendre baiser mais il y a une tristesse qui se sent chez vous deux. Une tristesse légitime mais vous savez que c’est la meilleure des décisions.

    « – Allons voir mamie.. elle est sûrement en train de manger des biscuits. On risque de ne plus en avoir si on ne se dépêche pas.. »

    Elle t’embrasse une nouvelle fois et vous vous relevez difficilement pour rejoindre la cuisine. Jocelyn a fait deux grosses fournées de biscuits et elle vous prépare des tasses de lait pour que vous puissiez les déguster mais la mamie ressent ce sentiment de tristesse que vous dégagez. Elle ne sait pas ce qu’il se passe mais sa bienveillance n’est jamais bien loin.

    « – J’ai rencontré ton grand-père lorsque j’avais seize ans tu sais ? Mais mes parents ne voulaient pas que je le côtoie car ils disaient qu’il était trop vieux pour moi. Il avait vingt ans, ce n’était pas si vieux. Il m’a quand même attendu deux ans et quand j’ai eu la majorité, nous nous sommes marié sur le champ. C’était une idée bête et impulsive mais c’était la plus belle de mes idées. En tout cas, j’ai aimé ton grand père jusqu’à la fin de sa vie.. Et vous me faites penser un peu à nous deux. Deux jeunes âmes amoureuses et énergiques mais qui doivent faire face à certaines difficultés. Sachez que si vous croyez en vous, vous irez très loin. »

    Anya sourit légèrement aux mots de sa grand mère mais elle préfère manger un biscuits plutôt que de rétorquer. Il faut plusieurs biscuits avant qu’elle ne se remet à parler. Demain vous devez faire le réveillon de Noël ici et Anya n’a même pas pensé à préparer des cadeaux de Noël. Vous allez devoir aller en ville et maintenant que les O’Brian ont été arrêté, elle a moins peur de retourner vers cette ville qu’elle a toujours connu. Vous irez donc faire un peu de shopping demain matin mais il y a aussi un autre problème qui se pose, où est Henry ? Il ne tarde pas à faire son retour et en voyant son immense sourire, il est simple de comprendre que tout va pour le mieux chez lui. Il n’a pas pu crier son amour devant le père de Q’ mais les powhatan sont bien plus agréables avec lui et vous êtes même invités le jour de Noël pour aller le fêter chez eux. Jocelyn aussi est invitée et ça l’a touche puisqu’elle n’a pas fêter Noël en gros comité depuis très longtemps.

    Dîner, douche, bonne nuit et puis chacun retrouve sa chambre. Henry est de nouveau avec toi mais il sent que quelque chose ne va pas totalement. Tu es passif ou pensif.. tu es ailleurs et ça ne te ressemble pas sauf quand tu écris ou alors que tu es tracassé par quelque chose. Ta confession sur la demande d’Anya ne l’étonne pas tant que ça. Il sait que ce projet te tiens à cœur depuis plusieurs années et il sait aussi qu’Anya t’aime d’un amour sincère, pas d’un amour sans grande importance. Quelqu’un qui ne serait pas attaché, ferait peut-être la personne meurtrie et elle t’interdirait de la quitter mais là, ton bonheur lui importe réellement. Henry connaît ça depuis peu grâce à Q’.

    « – Profitez pleinement jusqu’à la fin de l’année.. faites tout ce que vous avez envie de faire. Offrez vous les meilleurs souvenirs. Il ne faut pas rendre tout ça triste.. »

    Et comme ce soir Anya est seule car Q’ dort chez elle, Henry te couvre pour que tu ailles rejoindre la jeune femme sans que Jocelyn ne le remarque. Déjà sous sa couette, elle ne t’entend pas entrer et elle ne te voit pas approcher. En plus avec la tempête qu’il y a dehors, la pluie et l’orage sont bien plus bruyants que tes petits pas de danseuse étoile. La brune fait donc un sursaut lorsque tu tires sur sa couette. Elle a enfilé l’un de tes tshirts pour dormir ce soir et se trouvant face aux faits, elle rougit car elle ne t’avait pas forcément demandé ton accord.

    « – J’aime bien dormir avec ton odeur contre moi.. et comme tu es censé faire un gros dodo avec ton ronfleur d’Henry.,, »

    Vous pouffez de rire car c’est vrai qu’Henry ronfle si fort que toute la maison l’entend durant la nuit. Anya se demande comment tu as pu supporter ça, En tout cas, la demoiselle ne te fait pas traîner debout plus longtemps et elle t’invite à venir avec elle sous la couette car il ne fait vraiment pas chaud ce soir à cause des intempéries. Elle s’allonge de côté et vous venez vous faire face. Il fait trop sombre pour bien te voir mais elle réussit à entrevoir tes yeux bleus.

    « – Tu sais ce que j’aimerais faire quand on rentrera sur New-York ? Que tu m’emmènes en haut de l’empire state building. J’ai le vertige mais ça doit être incroyable comme vue et surtout il faut que j’arrive à dépasser mes craintes ! »

    Oui, elle ne pense plus à la fin de votre année scolaire mais plutôt à ce que vous allez faire en rentrant. Comment vous allez profiter de chaque instant. La jeune femme parle aussi d’aller voir des pièces à Broadway et de visiter tous les musées de New-York mais il n’y a pas que cela qui doit animer vos derniers mois. Anya se rapproche de toi et elle remercie qu’il fasse trop sombre pour que tu ne remarques pas ses joues cramoisies.

    « – Je veux aussi que tu me fasses l’amour encore et encore.. mais.. surtout que tu me fasses découvrir toutes les façons de prendre du plaisir. Par exemple je rêve que tu me fasses l’amour dans un endroit comme le lycée.. ou alors peut-être que je pourrais te bander les yeux et te laisser prendre du plaisir seulement en me touchant, en sentant ce que je te fais.. »

    Elle pourrait encore sortir des idées qui lui passe en tête mais Anya à cette crainte que tu la prennes pour une perverse alors que finalement c’est des choses normales pour un jeune couple. Anya veut vraiment tout vivre avec toi avant ton départ. C’est masochiste dans le sens où quand tu partiras, elle aura un violent manque et des souvenirs pleins la tête mais elle n’aura aucun regret puisqu’elle aura vécu les plus intenses mois de sa vie avec toi.

    « – Et toi ? Que veux tu faire avec moi pendant ces derniers mois ? Pas que sexuellement.. vraiment tout ce que tu tiens à ce que l’on vive à deux.. »

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    M.

    Le tonnerre est parfait pour vous couvrir car Anya n’arrive pas à retenir les gémissements de plaisir qui arrivent à cause de tes sensuelles caresses. C’est encore plus intense quand elle sent ton membre glisser contre son bassin, elle se tortille d’impatience si bien que pour te faire comprendre que tu peux venir en elle, la demoiselle passe ses cuisses autour de ta taille. C’est peut-être dû au fait que tu lui as privé la vue et le touché mais c’est vrai que tout est décuplé. Quand tu viens en elle, c’est l’apothéose. Ton baiser couvre son cri mais tu ne peux couvrir son désir gargantuesque à faire en sorte que l’intensité entre vos bassins se fasse déjà impressionnants. Elle cherche à ce que tu ne contrôles pas tes ardeurs ni les siennes puisqu’elle bouge sous toi de façon à ce que vos bassins se retrouvent avec acharnement. Le vieux lit peine à rester stable, les mains d’anya aussi car elle réussit à les libérer pour agripper ton épaisse chevelure.

    « – Je t’aime.. oh.. oui.. je t’aime.. »

    Vous n’êtes que des jeunes bourrés d’hormones mais à chaque fois que tu lui fais l’amour, Anya est au paradis. Elle oublie tout si ce n’est toi et ce que tu lui fais pour la rendre encore plus folle de toi. Elle pourrait passer sa vie à faire l’amour avec toi, ne jamais quitter tes bras ou tes lèvres. Et puis elle ressent aussi cet amour indescriptible que tu as pour elle. En fait, c’est un mélange de sentiments forts mais tellement délicieux qu’elle est aux anges. La jouissance est la dernière note de bonheur mais l’après est agréable lorsque tu la prends dans tes bras, que tu continus de l’embrasser et que tu lui dis encore des mots doux qui la font frissonner. Oh oui, elle ne pourrait se lasser de ces nuits salaces à accepter ton corps sur le sien.

    Tu dors sur le ventre, le visage enfoui dans l’oreiller. Anya caresse du bout de ses doigts ton dos et elle essaye de marquer ce moment dans sa mémoire. Bientôt ça ne sera qu’un souvenir alors elle se doit d’en faire un souvenir parfait. Quand tu ouvres un œil pour voir si elle est encore là, la jeune femme se rapproche pour embrasser le bout de tes lèvres.

    « – Bonjour bel oiseau. Aujourd’hui il faut être en forme car j’ai prévu pleins de choses. J’espère que tu n’auras pas trop mal aux pieds !»

    Ça ne devrait pas être une journée autant compliquée que les dernières passées. Vous avez juste à aller en ville pour trouver quelques cadeaux de Noël mais Anya tient à profiter de cette balade pour te montrer quelques endroits de son enfance comme sa toute première maison américaine où les écoles qu’elle a côtoyé. C’est furtif puisque ce n’est pas parce que Dylan n’est plus en ville qu’elle a de nouveau un grand amour pour l’endroit. Elle y garde tout de même un goût amer mais par contre ce n’est pas la même chose pour la forêt et ses incalculables sentiers. Pour l’après-midi, il est prévu de faire une grande balade en forêt avec vos amis. Q’orianka a le droit de vous accompagner, ce qui ravis Henry et puis elle pourra aussi passer un peu de temps avec sa meilleure amie avant que nous reprenez le chemin retour pour New-York.

    Au début de la balade, les filles avancent un peu avant vous. Elles se mettent à papoter des derniers événements mais aussi des événements futurs car Q’ a une bonne nouvelle à annoncer.

    « – Je vais pouvoir venir vivre à New-York ! Mais en fin d’année ou plutôt pour mes études. Mon père accepte que je fasses des études de médecine !
    _ Tu veux faire des études de médecine ? Mais tu ne voulais pas faire des études de droit ?
    _ Henry part en médecine.. et..
    _ Ah je vois.. mais c’est super ma chérie ! Vous allez pouvoir être ensemble !
    _ Et je serais près de toi aussi ! On se verra plus souvent !
    _ Je ne sais pas encore si je ferai mes études à New-York..
    _ Quoi ? Mais l’école d’histoire est l’une des meilleures du pays.. ça serait bête d’aller dans une école moins renommée !
    _ Il y a meilleure école mais pas dans ce pays. À Londres ou à Rome, les écoles sont beaucoup plus renommée mais ça me changerait surtout de ma routine.. »

    Cela lui éviterait surtout de ruminer ou de trop penser à son histoire avec toi. Anya n’a pas encore évoqué ce début de projet avec toi mais de toute façon elle a encore quelques semaines pour choisir une école pour l’année prochaine. De ton côté, Henry aussi te parle de la venue de Q’orianka sur New-York et son nouveau projet de partir en médecine. Il devait suivre le chemin de son père en finance mais finalement ils ont trouvé une autre voie avec Q’.

    Les filles vous font marcher plusieurs kilomètres pour rejoindre un endroit qui vaut vraiment le détour d’être visité. C’est une immense cascade cachée dans la forêt, qui donne sur un petit lac et aussi une clairière dans laquelle vous allez pouvoir faire une pause. Elles ont prévu un sac avec quelques gourmandises et pour toi, Anya a réussit à avoir une boîte de biscuits aux amandes. Henry essaye de t’en piquer mais c’est peine perdue. C’est à la fois étrange et agréable d’être posé ici, dans cet endroit exceptionnel tous les quatre et sans surtout sans pression. Une Q’ et un Henry qui se cherchent encore mais aussi toi et Anya qui vous vous chercher du regard si bien que si vous n’aviez été qu’à deux, vous auriez sûrement céder à la tentation dans cette clairière.

    Pour la soirée, Jocelyn a préparé un festin. Elle a mis les plats dans les grands puisqu’elle n’a pas fêté le réveillon depuis le départ de sa famille pour New-York. La vieille femme apporte tellement de plats les uns derrière les autres que vos ventres se retrouvent très vite plein et ronds. Même Anya doit déboutonner son pantalon avant même de passer au dessert. Vous avez le droit à une petite pause pour offrir les cadeau de Noël. Pour Jocelyn, vous vous êtes tous cotisé pour lui offrir une journée spa, coiffures et soins. Pour Henry, Anya a trouvé un joli pull de l’équipe de hockey du coin mais pour toi, Anya a dû se montrer ingénieuse au matin pour ne pas que tu la vois acheter ton cadeau. Elle a réussi à trouver des classiques de la littératures dans des anciennes éditions mais tu as aussi le droit à un cadeau beaucoup plus intime. Elle a récupéré l’ancienne montre de son grand père et après l’avoir fait vérifier dans une bijouterie pour la remettre en forme, elle tenait à te l’offrir puisque cette montre vient du siècle dernier. Elle a une valeur historique mais aussi sentimentale. Elle n’a pas connu très longtemps son grand père et donc l’époux de Jocelyn mais étrangement tu lui fais penser à lui. Votre amour pour la littérature et aussi pour le voyage car Parker était pêcheur alors il partait de nombreux mois sur la mer afin de trouver les meilleures zones de pêche.

    « – Ce n’est pas une montre de luxe mais elle est toujours très jolie et puis tu sais qu’elle a fait le tour du monde ? Elle sera parfaite à ton poignet pour encore voyager.. et puis tu auras un peu de lecture pour tes pauses. »

    Et Jocelyn enchaîne en t’offrant aussi un livre sur le monde et notamment les plus beaux endroits à visiter. Henry lui t’offre un album de ton groupe de musique préféré alors que Q’orianka est plus sobre mais tu as le droit à un petit totem taillé dans le bois mais il est censé te porter chance pour le voyage. Chacun souhaite contribuer à ton départ mais pour ne pas te faire partir trop vite et surtout qu’Anya ne se retrouve pas à broyer du noir, Jocelyn met un peu de musique et elle vous envoie au milieu du salon pour aller danser. Elle sort aussi son appareil photo pour immortaliser la soirée. Revoir l’immense sourire de sa petite fille est sûrement son plus beau cadeau de Noël. Anya rayonne dans tes bras. Tu la fais tourner et rire aux éclats. Vous vous improvisez danseurs de valses même si c’est catastrophique mais il y a une beauté naïve dans votre façon d’être.

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    M.

    Ce n’est pas l’or ou les choses luxueuses qui peuvent faire plaisir à la jeune femme et tu as sûrement dû le voir quand tu lui as offert les boucles d’oreilles mais ce petit carnet avec des poèmes sur vous.. Oui, là tu as tapé dans le milieu. Anya est touchée, émue et elle t’abandonne même quelques minutes pour lire quelques pages de ce recueil. Elle ne sort son nez du livre lorsqu’elle sent tes bras l’enlacer et ton corps se caler contre le sien. Elle préfère donc reposer ton cadeau et elle se penche pour déposer un long baiser contre tes lèvres afin de te remercier pour ce présent qui est purement parfait.

    « – C’est le plus beau cadeau de Noël que j’ai reçu jusqu’à aujourd’hui.. Parce qu’il a été fait avec ton cœur, ton esprit et tes mains.. »

    Et elle s’en voudrait presque de ne pas avoir eu autant de créativité que toi pour les cadeaux qu’elle t’a offert. Elle se rattrapera plus tard, pour l’instant elle se met à caresser ta nuque et c’est dans cette douceur que vous finissez par vous endormir. Pas de coïte ce soir mais au petit matin il y a une Jocelyn qui entre en pensant réveiller sa petite fille mais elle vous retrouve l’un enlacé contre l’autre. Pas de scène de cri, elle n’a pas le cœur à vous hurler dessus, au contraire elle trouve même que vous êtes mignons alors elle ressort en faisant le moins de bruit possible.

    Le départ est pour ce soir puisque vous devez rentrer à New-York pour aussi passer un peu les fêtes avec vos familles enfin surtout pour Henry ou Anya avec son père. Pour toi, c’est vrai que tes parents risquent d’être encore absents alors Anya tient à ce que tu passes le restant des vacances avec elle. Les aux revoir envers Jocelyn et Q’orianka sont compliqués mais il est promis qu’Anya revoit bientôt sa grand mère et sa meilleure amie. Henry aussi est blasé de devoir encore quitter sa petite amie mais bon, avec le projet de la fac l’année prochaine, il a quand même retrouvé le moral et un objectif.

    Lorsque vous revenez à New-York, le paysage a entièrement changé puisqu’il y a eu des tempêtes de neige. Le jet en a même du mal à se poser mais la difficulté arrive lorsqu’il faut trouver un taxi pour rentrer chez vous. Les routes sont presque impraticables mais avec un peu de patience, vous revoilà devant la maison d’Anya. Logiquement James devait être là puisqu’il a promis un repas de Noël mais vu qu’il n’y a pas de lumières, Anya comprend qu’il a dû accepter de faire des heures de travail en plus. Il y a une légère pointe de déception chez la jeune femme mais bon, avec les années elle a dû apprendre à accepter les absences. Vous serez donc deux mais avant de faire quoi que ce soit, Anya te propose d’aller voir Maggy. Ta vieille amie a dû fêter Noël seule puisque tes parents sont absents et c’est ce que vous constatez quand vous arrivez chez toi. Anya avait un peu anticipé les choses et elle a prévu un petit cadeau qu’elle offre de votre part à tous les deux. C’est un collier amérindien ainsi qu’une veste bien chaude qui a été faite par des amérindiennes. Cela touche la vieille dame mais ce qui la touche encore plus c’est que vous finissez par faire un dîner à trois. Avec votre aide, Maggy prépare un petit repas à la saveur épicée.

    « – Vous partagerez bien un petit verre de champagne avec moi ? Je ne dirais rien avec vos parents mes chatons
    _ Bien sûr qu’on tient à partager ce verre avec toi. Noël ça se fête !
    _ C’est vrai.. je me souviens des Noël lorsque Garrett était encore tout petit. Il essayait de ne pas dormir pour tenter d’apercevoir le père noël mais il finissait toujours pas s’endormir d’épuisement. En même temps il était tout fou lors de la journée du réveillon, il courait partout et il était intenable. »

    Ce pique de nostalgie attendri Anya mais la brune demande encore plus d’anecdotes sur tes anciens Noël ou même ton enfance. Maggy a tellement de choses à dire que cela dur pendant tout votre dîner. Voir le sourire de la vieille dame est un joli cadeau mais contrairement à vous, elle ne se couche pas à des heures tardives donc à un moment vous finissez quand même à deux. C’est l’occasion de retourner chez Anya et de recevoir une fête magistrale de la part de son gros Napoléon. Pendant que ce gros nounours te saute dessus, Anya va vers la table du salon ou un paquet semble l’attendre. James a laissé un mot en disant ne pas avoir pu être là ce soir mais qu’il se rattrapera plus tard. Dans le colis, Anya trouve une nouvelle radio cassette mais bon, elle aurait préféré voir son père. Qu’importe, elle est avec toi donc elle ne veut pas se miner. Si bien qu’elle attend que tu sois libre pour venir contre toi.

    « – En soit, c’était des vacances assez intenses mais on peut dire que la fin est assez calme. Donc je te propose un bon bain chaud et après une nuit tellement sportive que demain tu vas dormir toute la journée. »

    Elle a un regard de défis et surtout un sourire taquin. La brunette tapote tes épaules comme pour te souhaiter bon courage et elle file sans plus attendre vers sa salle de bain. La brune est rapidement suivie alors elle n’a pas le temps de mettre l’eau à couler que tu es déjà à l’encadrement de porte. Cela l’amuse mais ayant envie de jouer un peu avec tes hormones et ton taux de patience, elle garde une certaine distance avec toi pour que tu puisses la voir se déshabiller lentement. Elle commence par son t-shirt et son pantalon mais pour ce qu’il s’agit des sous vêtements, la jeune femme se montre bien plus dévergondée puisqu’elle revient près de toi et elle n’a aucun scrupule à tourner autour de toi pour que tu puisses la voir sous toutes ses coutures. Elle n’a pas besoin de te toucher pour savoir que tu es très vite à l’étroit dans ton pantalon et pour une fois, c’est elle qui entreprend de s’amuser un peu avec toi puisqu’elle finit par se mettre à genoux devant ton corps tendu. Sa main se pose sur la bosse qu’il y a entre tes cuisses et elle y exerce des petites pressions pour augmenter tes désirs.

    « – Je crois que le bain va attendre un tout petit peu.. qu’en penses tu ? »

    La petite sorcière déboutonne ton pantalon et elle glisse sa main dans ton caleçon pour te caresser plus intensément. Tes jambes tremblent déjà mais ce n’est que le début puisqu’elle finie par sortir ton membre pour déposer des petits baisers dessus. Tes petits couinements se font entendre, tes soupirs aussi. Anya aime sentir le désir ou l’envie qu’elle peut engendrer chez toi. C’est encore plus fort lorsqu’elle a le dessus sur toi, ou plutôt le contrôle comme en cet instant. Pour t’entendre davantage gémir, elle prend entièrement ton membre en bouche et elle s’applique à t’offrir une fellation que tu ne risques pas d’oublier de si tôt. Elle joue de ses lèvres, de sa langue, de son rythme et elle se met même à gémir pour rendre le moment encore plus sensuel.

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    M.

    Anya est en sueur et surtout sur la comète extase. Elle peine à tenir encore debout avec ce que tu viens de lui offrir alors elle se tient sur tes avants bras pour ne pas tomber par terre mais diable, elle serait prête à te demander de recommencer. Vous avez déjà partagé de nombreux moments intimes mais là, c’était si fou qu’elle ne sait même plus si elle est bien sur terre ou non. C’est parce que vous filez dans l’eau de la baignoire qu’elle retrouve un peu de jugeote mais elle se refuse de quitter tes bras puisqu’elle s’allonge avec toi dans ce bain moussant.

    « – Tu es le roi du sexe.. Garrett le donneur d’orgasme. Enfin juste pour moi. Je ne partage pas ! »

    Il est clair qu’elle ne partagera pas mais il va falloir aussi que la jeune femme apprenne à être officiellement vue comme ta petite amie puisque le retour à l’école va se faire assez surprenant. Vous avez réussi à cacher votre relation pendant des semaines mais la rumeur de votre couple a très vite fait le tour de l’école pendant les vacances. Sans l’avoir fait exprès, c’est Henry qui a vendu la mèche à l’un de vos coéquipier de football américain et ce copain n’a pas attendu pour avertir un maximum de personnes. Alors lors de votre arrivée pour la rentrée, beaucoup de monde se tourne vers vous afin de déceler un indice ou voir si les rumeurs sont vraies. Si pour toi ce n’est pas étrange d’être observé ou mis en avant, pour Anya ce n’est pas le cas. Elle a l’impression d’avoir fait quelque chose de mal ou que quelque chose va mal tourner. Les regards sont trop insistants pour que ce soit normal.

    « – Anya ! Garrett ! Comment allez vous ? Alors ! On est en couple ? Et vous nous avez rien dit ! »

    C’est Millie qui lance l’annonce et qui fait surtout faire les gros yeux à Anya. Elle comprend mieux les regards sur vous et les murmures qui se trament entre les autres élèves. Anya.. la nouvelle petite amie du mec populaire du lycée et donc officiellement la rivale directe d’Elena qui.. qui est de retour ?! Oui, elle est là. Elle a retrouvé son groupe de copines qui ne sont autre que les pompom girls. Cela veut dire qu’Anya va aussi devoir arrêter cette activité sous peine de devenir le souffre douleur d’Elena. Justement la blonde s’avance vers vous avec un regard de tueuse en série. Elle n’hésite pas à pousser Millie pour arriver face à toi. Voilà plusieurs mois qu’elle ne t’a pas fait face et elle est toujours autant accro mais elle doit le dissimuler pour ne pas être renvoyée dans un hôpital psychiatrique.

    « – Garrett.. Ça fait plaisir de te revoir. Tu n’as pas changé enfin sauf que tu m’as remplacé pour cette pauvre fille mais bon, je suis certaine que tu vas vite te rendre compte que j’étais mieux qu’elle. »

    Une Elena sans filtre mais bon, elle a toujours été désinvolte et garce. Anya devrait se taire et se cacher derrière toi mais pour une fois, elle décide de ne pas se laisser marcher dessus. Si tout le monde sait que vous êtes en couple, pourquoi devrait-elle encore se cacher ? Et pourquoi devrait-elle accepter les mots de ton ex ? Alors qu’Elena s’apprête à poser une main contre ton torse, Anya se rapproche de toi et elle passe même un bras autour de ta taille. Cela fait reculer ton ex et la brune se met à foudroyer la blonde avec son regard noir.

    « – Il a surtout compris qu’il méritait mieux qu’une folle comme toi. Alors maintenant passe ton chemin Elena.
    _ Ah.. euh ah ouais ! Tu crois que tu es mieux que moi ?
    _ Peut-être que oui, peut-être que non mais Garrett n’est pas une vitrine pour moi, ni un défouloir. Il est mon petit ami et je tiens à ce que tu le laisses tranquille. »

    La blonde grogne mais elle fait demi-tour car les autres élèves commencent à aimer le fait qu’Anya ne se laisse pas faire et Elena ne tient pas à devenir une risée. En tout cas son retour n’était pas souhaité mais il va falloir faire avec. Quand elle est loin de vous, Anya fait une petite moue désolé car elle ne tenait pas à ce que vous soyez affiché mais bien qu’elle subie cela, toi aussi tu vas le subir. Est-ce que les gens ne vont pas se moquer de toi parce que tu sors avec elle ? Anya n’est pas forcément moquée au lycée mais elle n’est pas non plus une fille hyper populaire.

    « – On va être en retard en cours.. on reparlera de tout ça à la pause, d’acc ? »

    Oui, il faut quand même rejoindre la salle de cours et les regards continuent d’être intenses lorsque vous entrez dans le lycée mais bon, ça va être comme ça pendant quelques jours et après ça finira bien par se tasser. Même dans votre classe les murmures et spéculations tournent, d’autant plus que vous vous asseyez l’un à côté de l’autre mais Anya essaye de ne pas y prêter attention. En plus vous êtes en cours d’histoire alors elle se doit d’être attentive puisqu’il va bientôt y avoir le fameux exposé que le prof espère qu’elle fasse pour accéder à la meilleure université de New-York.

    Les heures défilent et à l’heure du midi, vous rejoignez Henry à la cantine. Votre ami n’est pas le plus à l’aise puisqu’il sait que c’est de sa faute si vous êtes affiché mais bon, il espère que vous n’allez pas trop lui râler dessus. Il a au moins la franchise d’avouer sa bêtise et bien que la brunette râle un peu, elle ne le dispute pas. Après tout il n’y a pas mort d’homme.

    « – Il va quand même falloir que tu apprends à tourner ta langue dans ta bouche Henry..
    _ En même temps c’est devenu normal pour moi de vous voir ensemble. J’ai du mal à ne plus vous voir autrement qu’en couple. C’est une évidence vous deux..
    _ Tu veux te racheter en sortant les sérénades Cavill ?
    _ eeeh tu es pas gentille la bulgare ! Cela dit, je ne m’attendais pas à ce que la nouvelle de votre couple fasse autant parler. N’écoutez pas forcément les rumeurs parce que vous risquez de faire des drôles de grimaces.
    _ Il y a déjà des rumeurs ?
    _ J’ai entendu dire que tu étais en couple avec Garrett mais aussi avec moi.. genre on fait un ménage à trois ! »

    Henry pouffe de rire alors qu’Anya fait une drôle de grimace comme il l’avait prédit. Elle finit quand même par rire car les élèves ne savent vraiment pas quoi inventer pour faire parler ou pour pouvoir se rendre intéressants.

    « – Désolé Henry mais je ne partage mes bras et mes baisers qu’avec Garrett. »

    La jeune femme offre son plus grand sourire à Henry et ils se mettent à rire de bon cœur. Malgré les dires, il y a un sentiment beaucoup plus léger qu’avant les vacances. Ne plus se cacher est peut-être pas une mauvaise chose, même si Elena est de retour. Avec le peu de semaines qu’il vous reste à vivre ensemble, vous n’avez plus le temps pour les cachoteries.

  34. Avatar de M.
    M.

    Bien sûr que la brune t’en veux de l’avoir laisser pour t’occuper d’Elena après l’altercation. Ce n’est pas Elena qui avait besoin de toi mais elle. Elle pensait pouvoir essayer de faire l’entraînement sans avoir de grands incidents et pour te montrer qu’elle pouvait tenter de faire la part des choses vis à vis d’Elena mais Anya s’est fait rapidement piéger par Elena et ses sbires. C’est ce qu’elle aimerait te dire lorsque tu commences à parler de ton ex mais au vue de tes paroles, Anya ne sait même pas quoi répliquer. Elle sent dans ta voix que tu as besoin d’être près d’Elena et comment lutter contre ça ? Anya n’est qu’une infime partie de ta vie, Elena non. Si tu as été autant de temps avec une fille aussi dingue, c’est bien qu’il y a quelque chose.. encore des sentiments amoureux que tu préfères renier ? Ou une envie de vouloir la sauver alors qu’elle est une cause perdue ? Anya reste de dos à toi, elle ne veut pas croiser ton regard ni même que tu vois son œil au beurre noir.

    « – Fais ce que tu veux Garrett.. de toute façon, si c’est ce que tu veux, je ne pourrais pas aller contre mais pour ma part je ne veux rien à voir avec cette fille. Ne me demandes pas d’être son amie car j’en serai incapable. Si pour toi elle est importante, pour moi, depuis mon arrivée à New-York, elle est devenue mon bourreau. Tu ne peux pas me demander d’être gentille avec quelqu’un qui a fait de moi son punching-ball. Je n’oublie pas que sans ton intervention, j’aurai été violé.»

    Anya aurait pu avoir un peu d’empathie ou même l’envie de l’aider mais pas après toutes les choses mauvaises que lui a fait subir Elena. Même lorsque vous n’étiez pas encore un couple, ton ex avait fait en sorte que tout le monde déteste Anya et la brune pense bien que cela pourrait recommencer avec son retour. En soit, il va falloir apprendre à vivre avec mais ce qui fait le plus mal à Anya, c’est qu’elle sent que cela va finir par t’éloigner d’elle. Elle en a eu la preuve aujourd’hui.

    « – J’arrête les cheerleaders.. tu n’auras plus besoin de venir séparer qui que ce soit. Je.. vais me concentrer sur mes cours. Après tout, je dois impressionner les universités pour l’année prochaine.. »

    Elle hausse les épaules et elle continue de te tourner le dos cependant tu finis par te rapprocher alors elle ne peut plus cacher son visage tuméfié et abîmé. Elle repousse ta main qui veut se poser sur sa joue et elle détourne le visage pour tenter de se cacher.

    « – J’ai encore beaucoup de devoirs à faire.. on se revoit demain au lycée.. si tu veux.. »

    Il y a un détachement propre à la brunette. Quand ça ne va pas, elle se met une coquille qui est difficile à casser et tu le sais bien depuis que vous vous connaissez. Le silence et le repoussement sont des choses qui l’aident à tenter de garder la tête haute mais est-ce que cela va durer longtemps ? Maintenant qu’elle est avec toi, qu’elle a des sentiments forts pour toi, est-ce qu’elle va réussir à réellement garder son calme ? La jalousie, la colère, la haine envers Elena.. tout ça pourrait bien créer une bombe que tu n’es sûrement pas prêt de voir exploser.

    Finalement tu pars et la soirée semble assez lourde, maussade. Le lendemain matin n’est pas plus gaie puisque lorsqu’Anya arrive au lycée, Elena est déjà à ton bras et entourée de vos amis. Au lieu d’aller vers vous, Anya vous contourne et elle entre au lycée sans même vous dire bonjour. Si pour Elena cela est une petite victoire qu’elle dissimule, pour Henry cela ne plaît pas puisque le colosse apprécie énormément Anya, ce qui n’est pas forcément le cas avec Elena.

    « – Elle nous snobe maintenant la brunette ?
    _ C’est parce que je suis là je suppose.. je devrais peut-être vous laisser. Je suis de trop à tous les coups. »

    Elena veut se faire passer pour la victime, montrer que c’est Anya qui est finalement la méchante de l’histoire. Pour appuyer un peu plus la corde sensible chez toi, elle décide de te laisser et de partir aussi vers le lycée avec son air triste. Henry froncé légèrement les sourcils car il sent bien que tu as mis les pieds dans un jeu qui risque de te faire très mal.

    « – Il se passe quoi au juste ? Hier matin tout allait bien et là j’ai l’impression que ça va finir en cacahuète.. Pourquoi tu laisses Elena revenir auprès de toi Hedlund ? Tu n’as déjà pas assez eu de problèmes à cause d’elle ? Enfin.. fais attention parce que je sens que ça va mal finir cette histoire. N’oublie pas que ta petite amie c’est Anya, plus Elena, »

    Il donne ce conseil en tout bien tout honneur. Henry connaît assez bien ton passé avec Elena et même lui en a fait les frais puisque vous ne vous parliez plus vraiment lorsque tu étais avec la blonde. Elle ne supportait pas que tu traînes avec lui car elle pensait qu’il allait te pousser dans les bras d’autres filles et puis elle ne supportait pas qu’il puisse être aussi proche de toi. Henry a préféré s’éloigner plutôt que de jouer à ce jeu de jalousie et de possessivité mais maintenant qu’il y a Anya, la meilleure amie de sa petite amie, il pourrait se montrer plus mordant. Du moins, c’est ce qu’il compte faire mais une conversation avec Anya pourrait le faire changer d’avis. Le cours commence et même si elle est à côté de toi, Anya garde son silence. Elle a mis une bonne couche de maquillage pour tenter de dissimuler son œil au beurre noire mais en vain, c’est toujours bien visible. Le prof ose lui en faire une remarque pour savoir si Anya va bien mais ce n’est pas Anya qui réplique.

    « – En même temps c’est elle qui a commencé.. elle ne voulait pas être porteuse. Mais regardez ce qu’elle a fait à ma lèvre.. »

    Elena dans son grand art.. elle attire le regard compatissant des autres et Anya les regards plus mauvais. La brune déglutit et sent ses yeux se gonfler de larmes mais elle ne craque pas, elle attend impatiemment la fin du cours et elle part à une vitesse éclair. Pas de cours de littérature, elle se réfugie à la bibliothèque pour ne pas avoir encore une heure dans la même pièce que la blonde. Du moins le temps de pouvoir relâcher un peu la pression. Assise à une table dans le fond, elle a remonté sa capuche de veste sur sa tête et elle essaye de se focaliser sur un livre qui parle des guerres anglaises.

    « – Je peux me poser sur cette table ? »

    Ce n’est pas ta voix.. ni celle d’Henry. Anya ne connaît pas ce garçon qui s’installe. Du moins elle l’a déjà croisé dans le lycée mais elle ne lui a jamais parlé. Jensen.. un terminal qui est dans une autre classe et qui surtout n’est pas le garçon le plus populaire du lycée puisqu’il n’est pas sportif mais plutôt dans un club de science. Il n’a pourtant pas le physique d’un intello, il est assez beau garçon mais le simple fait qu’il soit une grosse tête, fait de lui un paria.

    « – Vous allez bien ? Vous voulez que je vous ramène un verre d’eau ? »

    Le teint pâle et le regard rougit d’Anya, inquiète ce garçon mais elle secoue négativement la tête. Elle n’a pas envie qu’on la plaigne ni qu’on s’occupe d’elle.

    « – Ça va aller merci.
    _ Très bien mais si quelque chose ne va pas, n’hésitez pas. Je me nomme Jensen.. Jensen Ackles ! Et vous ?
    _ Anya.. hm.. juste Anya.. »

    De ton côté, l’absence d’anya est visible que quelques secondes car Elena prend la place de la brunette et elle s’installe à côté de toi. Comme dans le bon vieux temps. Elle s’est s’imposée mais surtout elle sait faire en sorte que tu ne te préoccupe que d’elle. Henry s’inquiète un peu plus si bien qu’il demande une pause toilette mais au final il part à la recherche d’Anya pour savoir ce qu’il se passe. Une dispute avec toi dont il ne serait au courant ? Il la retrouve à la bibliothèque mais elle n’est plus assise, elle cherche un livre dans l’un des immenses rayons. C’est parfait pour avoir une conversation sans être observé ou écouté.

    « – Qu’est ce qu’il se passe Anya ? Tu nous as snobé ce matin, là tu ne viens pas en cours.. je sais que tu n’apprécies pas Elena mais moi j’ai rien fais et puis ce n’est pas une raison pour commencer à sécher. Tu disais vouloir avoir les meilleures notes.. tu as oublié notre compétition ? Si tu as la meilleure moyenne, je te dois un parc d’attractions !
    _ J’ai pas envie de me battre Henry..
    _ Te battre pour quoi ?
    _ C’est faux ce qu’elle a dit en cours.. ce n’est pas parce que j’ai refusé d’être porteuse que l’on a fini par se battre. Elena avait déjà bridé ses copines et elles se sont tous rassemblés autour de moi pour m’obliger à quitter Garrett. Sois disant qu’il n’est pas à moi, que je ne suis qu’une pauvre fille.. enfin j’ai pas cédé aux menaces et elles ont toutes commencé à me frapper mais à la fin c’est Elena qui m’a pris à parti.
    _ Oh.. je pensais que..
    _ Tu pensais qu’elle avait raison ? Tout le monde croit Elena parce qu’elle sait manipuler et surtout parce qu’elle a du monde autour d’elle qui la soutiennent. Moi ? Je ne suis rien parce que j’ai pas beaucoup d’amis et parce que j’ai appris à me faire petite. Je.. j’ai déjà essayé de me défendre contre elle mais je n’y arrive pas. Mes mots et mes actes n’ont aucune portée. Je sais que je suis la copine de Garrett mais parce qu’elle n’était plus là.. Est-ce qu’il serait sorti avec moi si elle avait encore été au lycée ? Je ne sais pas.. on a quand même dû se cacher parce qu’il avait peur qu’elle puisse nous voir.. Et je sais qu’il m’aime mais.. je ne suis pas Elena. Je n’ai pas envie de le manipuler ou d’user de son empathie pour le garder auprès de moi. Je.. je n’ai pas envie de jouer la victime ou de devoir me battre tous les jours pour gagner ma légitimité. Ce n’est pas juste comme vie. Pourtant c’est ce qu’il m’attend si j’essaye de garder ma place.. Je devrais lutter et au final c’est elle qui gagnera.
    _ Elena connaît presque tout le monde c’est vrai mais beaucoup savent aussi qu’elle n’est pas saine d’esprit..
    _ Oui mais ils préfèrent lui lancer des louanges parce qu’elle est populaire, qu’elle est connue et qu’elle a du monde autour d’elle. Même si je vous ai vous, j’ai déjà perdu la bataille des mon entrée dans ce lycée.. Si elle n’était pas partie quelques mois l’année dernière, j’aurai encore subi des violences. Cependant les gens s’en fichent parce que je ne suis rien.. comparé à elle, je ne suis strictement rien. »

    Henry n’aime pas ce qu’il entend mais il sait qu’elle a raison. La popularité d’Elena fait qu’elle peut faire presque tout sans impunité. Et son talent pour la manipulation fait qu’elle peut mettre tout le lycée contre Anya.. et qui sait, peut-être toi.

    « – Tu ne peux pas te laisser faire.. ou te cacher comme ça.. tu n’es pas rien Anya. Il y a Garrett, moi, Millie, Binki..
    _ Je n’ai plus envie d’être le souffre douleur ou même celle qu’on finit par rejeter.. je préfère encore m’éloigner maintenant si c’est pour éviter d’être encore brisé. Parce que ce sera comme ça Henry. Soit elle continuera de me persécuter ou soit elle réussira à reprendre Garrett car elle sait comment lui retourner le cerveau.. Je ne dis pas qu’il est bête mais il a le syndrome du héro. Il croit en la bonté des gens et il pense pouvoir les aider mais parfois c’est impossible. Là, il croit qu’il peut l’aider à être plus sage, plus posé mais en fait elle va lui faire croire que oui pour mieux le récupérer.. elle va sûrement aussi lui faire croire que je suis la méchante de l’histoire. Que c’est à cause de moi qu’elle était aussi exécrable et qu’elle a dû aller en hôpital psy.. bref, il y a de fortes chances qu’à cause d’elle, il me quitte voir qu’il me déteste et j’ai pas envie de subir ça. J’en ai déjà mon corps entier qui se brise rien que d’y penser.. J’ai.. Je préfère me mettre en retrait maintenant que de le laisser me briser le cœur.. »

    Anya a un énorme instinct de protection mais avec tout ce qu’elle a vécu dans sa vie, elle a du apprendre à être autant dure pour continuer à avancer. Henry la comprend dans un sens car qui n’essayerait pas de se protéger avant un cataclysme ? Cependant il ne comprend pas pourquoi elle bat en retraite dès le début. Elle ne se donne même pas une chance de gagner face à Elena.

    « – Pourquoi tu pars si défaitiste ? Tu es une battante..
    _ Je n’ai jamais gagné quoi que ce soit Henry. J’ai toujours été celle qu’on abandonnait alors aujourd’hui je préfère battre en retraite avant d’avoir encore très mal.
    _ Mais..
    _ S’il te plaît, promet moi de ne rien dire à Garrett et surtout de ne pas t’occuper de moi, ou même de ma défense. Je veux juste qu’on me laisse dans mon coin et j’essayerais de ne pas trop faire de bruit.
    _ Il a juste peur d’elle, on devrait essayer de lui..
    _ Si lui a peur d’elle, alors moi je devrais le prendre comment ? Je suis effrayé. Je.. je suis tétanisé parce qu’elle contrôle tout alors oui, laisse moi dans mon coin. Je veux seulement être tranquille.. »

  35. Avatar de M.
    M.

    Oui, la demoiselle boude et elle le montre par un comportement où elle n’hésite pas à t’ignorer mais malgré cela, tu l’attends dans sa chambre et quand elle revient dans celle-ci, tu ne lui laisses pas le choix de te faire face. Du moins, Anya ne boude pas tant que ça, elle a surtout remis sa petite carapace qui a le don de mettre des distances entre elle et les difficultés. Tu as quand même compris que le problème était Elena mais bêtement, tu penses que c’est la confiance qui manque alors que non.

    « – Tu es aveugle Garrett ? Tu.. enfin je sais que tu m’aimes.. c’est pas toi le problème. C’est pas toi mais elle. Elle.. elle te fait croire qu’elle veut faire des efforts pour t’endormir, te rapprocher mais derrière ça.. elle.. elle m’enfonce.. »

    Anya a déjà ce magnifique stigmate qui entoure son œil. Et ce n’est peut-être que le début, cependant est-ce qu’elle va pouvoir endurer la haine d’Elena jusqu’à la fin de l’année ? Et toi.. Est-ce que tu vas encore la laisser faire ?

    « – Elena me déteste Garrett.. et c’est pas d’aujourd’hui. Dès mon arrivée au lycée, elle a fait de moi son souffre douleur parce qu’elle a su que nous étions voisins et parce qu’elle a dû voir qu’on.. enfin.. qu’on était peut-être plus que des amis.. »

    La jeune femme hausse ses épaules car tout ça lui semble entièrement logique. Elena savait dès le début qu’Anya serait sa plus grande rivale, peut-être parce qu’elle a vu en la brune le contraire de ce qu’elle est. Dans tous les cas, cette situation ne peut pas aller en positif tant que l’une des deux jeunes femmes ne sera pas mis en retrait. Anya aurait cette tendance à être la première à le faire, Elena est bien trop imbue et égocentrique pour laisser sa place mais la jeune bulgare devrait peut-être tenter de s’imposer. Quoi que ça n’a jamais été son fort.

    « – Elle te veut.. et.. elle fera n’importe quoi pour réussir. Je sais que je devrais ne pas être défaitiste et même m’imposer mais tu sais que je ne suis pas ce genre de fille qui se mettra au niveau d’elena. Je ne veux pas devenir une garce sans cœur juste pour t’avoir.. tu n’es pas mon objet.. ni mon animal de compagnie.. tu es mon premier grand amour.. »

    La jeune femme baisse son regard mais elle vient surtout poser sa joue contre ton torse. La journée n’a pas été simple mais elle espère que les prochaines journées n’auront pas la même intensité. En tout cas, pour ce soir, Anya te demande de rester avec elle et c’est dans tes bras qu’elle réussit à trouver le sommeil.

    Le lendemain au lycée, elle craint à nouveau les tournures, surtout si tu restes auprès d’elle et pas auprès d’Elena mais bon, il faut qu’elle se montre plus forte. Après tout, c’est soit elle te laisse auprès de cette folle ou soit elle montre que tu es son petit ami, pas celui d’une autre. Vous arrivez donc dans l’établissement pour le premier cours mais main dans la main. Cela étonne car c’est la première fois que vous le faites mais cela donne le ton, même à la blonde qui attendait déjà après toi. Au lieu de te diriger vers elle, vous allez vers votre groupe d’amis et notamment vers un Henry qui semble agacé ce matin.

    “ – Tu vas bien Henry ?
    _ Non ça ne va pas ! Si je ne remonte pas mes notes en math, je peux dire adieu à la fac de médecine ! Et il est hors de question que je n’y aille pas. Je dois y retrouver Q’ !
    _ ça va aller.. on va trouver des solutions. On peut essayer de t’aider un peu avec Garrett..
    _ Vous êtes des littéraires, pas des matheux !
    _ Euh.. j’ai peut-être une idée. La dernière fois à la bibliothèque, un garçon m’a parlé et j’ai cru comprendre qu’il était fort en math. Jensen Ackles, tu connais ?
    _ Le petit trou du cul qui passe son temps à la réviser ? Bien évidemment ! il ne sort jamais de son terrier.
    _ Justement, peut-être qu’il pourrait être un atout pour toi..
    _ Mouais.. j’irai voir.”

    C’est vrai que les inscriptions pour la fac sont très proches, même casi là. Anya doit encore faire ce fichu dossier d’histoire pour pouvoir prétendre à la meilleure école de New-York. Faut-il déjà qu’elle trouve un sujet pertinent mais l’idée lui vient lorsque tu lui parles du peuple Nordique européen et leurs grandes ingéniosités pour l’époque. Beaucoup ne pensent qu’ils ne sont que des barbares mais ce sont eux qui ont découvert de nouvelles terres et qui ont établi des villages prospères un peu partout sur le globe.

    Anya suit les cours mais entre eux et même pendant les repos, elle se plonge dans ce dossier. Elle a quand même assez de mal à y plonger entièrement parce que pendant ce temps, elle ne peut pas vraiment être avec toi. Elle ne va pas te demander de l’observer faire ses devoirs alors il est normal que tu sortes, que tu ailles voir tes amis même si de temps en temps tu restes auprès d’elle. Elena essaye quand même de profiter de l’absence de la brune pour se rapprocher de toi et te remettre dans sa poche. Henry a quand même promis à Anya de garder un oeil sur la blonde mais bon, il ne peut pas être partout puisque lui aussi doit préparer son entrée à la fac en révisant les maths.

    Un soir, après ton entraînement de sport, la blonde s’arrange pour venir te rejoindre dans les vestiaires. Tu es le dernier à sortir, ce qui l’arrange pas mal. Encore habillée de sa tenue de pompomgirls, elle s’avance félinement tout en ayant une moue faussement triste.

    “ – Garry ? Je peux te parler ? Tu me fuis depuis quelque temps et ça me tue.. Pourquoi tu fais ça ? à cause d’Anya ?”

    Elena garde une certaine distance pour ne pas être repoussée rapidement. La blonde baisse son regard, elle sait comment y faire pour jouer la malheureuse avec toi.. Après tout, c’est toujours ce qu’elle a fait pour te garder dans ses mains.

    “ – Je ne comprends pas pourquoi nous ne sommes plus ensemble.. Je sais que j’ai eu un comportement horrible mais j’étais perturbé tu sais. J’avais peur de te perdre parce que je voyais que tu observais cette fille.. Je ne comprends pas non plus pourquoi tu es avec elle ? Elle n’a rien pour elle.. Et puis regarde, en ce moment elle ne s’occupe même pas de toi alors que tu sais que moi je serai toujours là pour toi.”

    Elle s’avance très lentement pour venir te faire face. La blonde se met à triturer ses doigts mais elle finit par poser ceux-ci contre ton torse.

    “ – En plus, l’année prochaine elle passera à autre chose.. Elle va t’oublier dans les bras d’un autre qui aura les mêmes ambitions qu’elle alors que moi, je peux te suivre n’importe où. Elle va aller à la fac, elle deviendra je ne sais quoi et toi tu ne seras qu’un chaste souvenir.. Alors que nous deux.. ça ne peut pas être un chaste souvenir.. Surtout quand on sait qu’on a produit quelque chose de beau.. Tu sais, si je n’étais pas là pendant plusieurs mois, ce n’est pas qu’à cause d’un simple hôpital psychiatrique..”

    Anya est là. Du moins, elle est à l’entrée du vestiaire car elle voulait venir te faire une surprise. Ayant fini son dossier, elle tenait à passer la soirée avec toi en te proposant une sortie en ville. Cependant en entendant la voix d’Elena, elle se cache derrière un casier afin d’écouter ce qu’il se dit.

    “ – Mes parents ne voulaient pas que tout le monde sache que j’étais enceinte. Ils m’ont envoyé chez ma grand-mère et j’ai accouché d’une petite fille. Elle s’appelle Jasmine, comme ta grand-mère maternelle. Pour le moment elle vit là bas, chez ma grand-mère.. Elle te ressemble tellement.. Mais tu sais qu’avec le statut de mes parents, je dois la cacher tant que je n’aurai pas de relation stable.. comme un mariage. C’est la honte d’être une mère adolescente et célibataire.. Si.. Si on se remettait ensemble, on pourrait l’élever ensemble.. Ne plus la cacher..”

    Cette annonce doit être un coup de couteau pour toi mais pour la brune c’est aussi une sorte d’immense montagne qui lui tombe sur la tête. Elle retient même un sanglot. Elena continue d’avoir son air triste, dévasté. Bien sûr, elle s’en contre fiche de Jazzy. Elle ne l’aime pas mais par contre tous les moyens sont bons pour te ramener auprès d’elle.

  36. Avatar de M.
    M.

    Anya n’a pas su fermer l’œil de la nuit et ce matin elle a encore l’estomac retourné par ce qu’il s’est passé. Elle aurait pu te suivre, venir te voir, mais impossible. Elle ne t’en veux pas le moindre du monde mais tout ça la retourne tout autant que toi parce que oui, elle sait qu’elle sera écartée, virée, éloignée.. Elena a réussit son coup et Anya ne deviendra plus qu’un vilain souvenir alors comment peut-elle réussir à venir vers toi en sachant que son cœur se brise ? Et puis toi.. elle a tellement de mal pour toi. Elle s’imagine à ta place et ça aussi s’est un sacré coup qu’il faut encaisser. Henry est un peu plus raisonné, si bien qu’il tient à aller te voir mais Anya hésite devant lui. Est-ce que tu veux vraiment l’avoir devant toi ? Tu as sûrement besoin de ton meilleur ami, pas de ta future ex..

    « – Il a besoin de toi autant qu’il a besoin de moi. On doit être là pour lui Anya ! Je ne sais pas ce qu’il fait en ce moment mais si on ne le récupère pas, il serait capable de tout et n’importe quoi !
    _ Je.. oui je vais venir.. on devrait commencer par voir chez lui.. Géorgie saura nous aider.. »

    Henry a une voiture depuis peu alors c’est plus simple de partir du lycée et se faufiler dans la ville. Les deux jeunes gens ne tardent pas à arriver devant chez toi et par chance ils n’auront pas besoin de faire le tour de New-York puisque tu es enfermé dans ta chambre mais justement, tu es enfermé et même Géorgie n’a pas eu le droit de rentrer. Ta mère est à la maison aujourd’hui, par peur que tu ne fasses une bêtise et quand Anya entre avec Henry, cette grande blonde d’ordinaire flamboyante, a un visage immensément triste. Elle sait qu’elle a fait une énorme erreur mais bon, l’image de votre famille doit rester brillante.

    « – Il est dans sa chambre et il ne veut pas en sortir. Peut-être que vous devriez revenir plus tard..
    _ Je vais quand même essayer d’aller lui parler Madame Hedlund. Restes en bas Anya, j’arrive. »

    Dit un Henry qui file à l’étage mais qui va aussi rester derrière cette porte de chambre sans avoir de réponses. Étant un garçon entêté, il essaye d’ouvrir ta porte ou de te faire parler mais ce silence commence à l’agacer si bien qu’il cogne plus fort sur ta porte.

    « – Garrett ! Ouvres moi ! C’est bon, on est plus des gamins ! Et puis on va te trouver des solutions ! Je.. Elena n’a pas le droit de te tenir en laisse à cause de.. enfin tu sais. Je vais demander à mon père de l’envoyer devant un juge cette conne là ! »

    Les Cavill sont réputés dans le judiciaire alors pour ça, il est certain que tu auras une défense en or mais cependant il y a quand même la question de cette petite fille qui n’a rien demandé. Une mère folle à lier et un père qui est bien trop jeune pour s’en occuper.. Henry continue de cogner à la porte mais Anya arrive. Elle l’éloigne gentiment et elle se met à tapoter contre ta porte.

    « – J’étais là.. hier soir.. je.. j’ai tout entendu.. Je voulais venir te chercher et passer la soirée avec toi.. Mais j’ai tout entendu de ce qu’elle t’a dit.. et.. et j’en suis tellement désolé.. »

    Elle retient ses larmes du mieux qu’elle le peut, cependant la porte s’ouvre. Tu es là. Devant elle. Les yeux rougis par les pleures et la mine totalement décomposée. Dans un sens tu n’aurais pas pu avoir de sourire, pas après tout ça. Comment pourrais-tu être joyeux après cette telle bombe ? En une fraction de seconde, Elena a tout détruit. Anya n’attend pas plus de temps pour entrer mais surtout te prendre dans ses bras. Elle te serre fort, elle veut te prouver qu’elle ne te lâchera pas. Même si Elena la menace et qu’elle va sûrement être encore plus horrible avec elle, Anya ne t’abandonnera pas.

    « – Je suis là.. Je ne te laisserai pas et je t’accompagnerais.. Tu vas réussir à tout surmonter d’accord ? Parce que tu es un homme fort Garrett.. et je sais que tu vas réussir à trouver des solutions.. »

    Un mariage avec Elena ? Une demande de garde pour Jasmine ? Une fuite ? Tout est possible et impossible à la fois mais là, il faut surtout te rassurer. Anya va avec toi se poser sur le bout de ton lit et elle te garde contre elle. Elle ressent ta peine, ta douleur. C’est encore plus difficile puisque tu pleures et elle a rarement vu des larmes couler sur tes joues. Henry aussi se sent dépassé, triste et sa main vient se poser sur ton épaule afin que tu comprennes que lui aussi est présent pour toi.

    « – Si tu veux, tu peux venir quelques jours à la maison.. ici tu ne vas pas forcément te sentir mieux, surtout avec la présence de tes parents..
    _ Oui Henry a raison, tu devrais peut-être aller chez lui quelques jours.. Je passerais te voir là bas..
    _ Tu peux aussi venir à la maison Anya, j’ai des chambres d’amis. Et puis mes parents sont rarement là. »

    La jeune femme remercie Henry mais elle se remet bien vite à se reconcentrer sur toi. Il va falloir un peu de temps avant que tu n’oses extérioriser ce qu’il vient de se passer. Anya préfère ne pas parler de ce qu’Elena lui a dit hier soir ni même ce matin, mais bon, tu vas vite te douter que sa haine envers Anya va prendre un cran de plus puisqu’a présent, elle a une sorte de « justification ». Elle est la mère de ta fille alors qu’Anya n’est qu’une sorte de déchet qui traîne sur son chemin.

    Henry réussit à te faire venir chez lui afin que tu sois dans une sorte de zone neutre. Anya vous a accompagné bien qu’elle ne peut rester dormir car James veut qu’elle rentre dormir chez elle. Elle a quand même le droit de tarder un peu alors elle se met à cuisiner pour toi et Henry le temps que ton meilleur ami te propose une partie de billard afin de te changer les idées.

    « – C’est dingue tout ça.. surtout le fait que tes parents savaient. J’arrive pas à vraiment réaliser mais t’en fais pas, on va te trouver des solutions. Tu n’es pas obligé de t’occuper de ce gosse ou même de te remettre avec Elena. Je sais que tu es le mec qui assume et qui a le cœur sur la main mais là tu es une victime.. Pourquoi ne pas demander à ce que cet enfant soit adopté ? De toute façon avec une mère comme Elena.. elle est complètement tarée. Ce matin elle se vantait déjà de votre famille et elle n’a pas hésité à faire passer Anya pour une salope. Je sais pas ce qu’il va pas avec cette nana mais elle va te mener droit vers un murs si tu vas dans son sens. »

    Henry ne mâche jamais ses mots lorsqu’il doit dire quelque chose. Il exprime ce qu’il pense et c’est aussi ce qui rend votre amitié plus forte car il te dira toujours le fond de ses pensées même si cela n’est pas agréable à entendre. Anya finit par arriver dans le salon avec un plat de pâtes et cela met fin à ta conversation avec Henry. Il faut essayer de te redonner le sourire alors pour cela, Anya s’est amusée à faire une sorte de tête de bonhomme avec tes pâtes et de la sauce tomate dans ton assiette. C’est bête comme chou mais ça le don de montrer tes quenottes pendant quelques secondes.

    « – Pardon si ce n’est pas de la grande gastronomie.. Je ne suis pas une grande cuisinière..
    _ C’est toujours mieux que les fast-food ! Je suis quand même déçu car moi aussi je voulais un bonhomme dans mon assiette. »

    Réplique un Henry qui pouffe de rire. Le repas se passe plutôt bien et après cela, Anya a le droit à un peu de temps avec toi avant de ne devoir rentrer chez elle. Le temps qu’Henry appelle Q’orianka, la brune se retrouve avec toi dans le salon et comme la veille, elle vient te prendre dans ses bras. Elle sent ton besoin d’être réconforter, de ressentir que quelqu’un te soutienne. Elle te berce dans ses bras et elle se met à murmurer des douces paroles à ton oreille.

    « – Tu n’es pas seul.. d’accord ? Et sache que je t’aime Garrett Hedlund. Je t’aime plus que l’univers tout entier et même que celui-ci est encore trop petit pour définir l’amour que je te porte.. N’oublie jamais ça. Peut-être que des immenses météorites se mettront entre nous mais jamais rien ne pourra changer le fait que je t’aime.. »

    Elle dépose un doux baiser sur le bout de tes lèvres mais ça ne va pas plus loin puisque vous pouvez entendre James klaxonnait dehors. Demain tu devrais retourner à l’école et Anya espère vraiment t’y voir. Avant de partir, elle te donne un dernier baiser avant de s’éclipser rejoindre son père. Les cœurs sont un peu moins lourds mais bon, tout n’est pas encore résolu cependant le lendemain risque de marquer une sorte de petit tournant. Du moins, Anya a toujours essayé de se faire petite et d’éviter le conflit mais à force d’être celle à qui on fait du mal, elle a sûrement atteint un seuil qui aurait mieux valu atteindre. Cela n’était pas vraiment prévu, ni souhaité mais la brune va montrer cette facette d’elle qui a été contenu bien trop d’années.

    Elle arrive au lycée, comme chaque matin mais tu es enfin là. Tu as tenu ta promesse mais il était presque certain qu’Elena viendrait mettre son nez. En te voyant, la blonde avance vers votre groupe d’amis mais elle a un air de furie puisque tu es près d’Anya. Oui, malgré la nouvelle du bébé, tu es encore avec celle qu’elle considère comme son ennemie public numéro un. Elle va donc devoir remettre les pendules à l’heure..

    « – Garrett ! Je n’ai pas eu de nouvelles de toi depuis plusieurs jours ! Je pensais que tu serais venu me voir et aussi que tu aurais voulu voir ta fille.. au lieu de ça tu traînes encore avec cette conne ?! Sauf que c’est avec moi que tu devrais être ! On a une famille ! »

    C’est la première fois qu’Elena te rabaisse ainsi devant Anya. D’ordinaire c’est la brune qui prend mais là.. c’est toi qui est pris à parti et c’est le fameux déclencheur. C’est ce qui change la donne. Les mots d’Elena révulsent tellement Anya que la brune te pousse pour se mettre face à la blonde. Son regard devient noir et elle serre les poings si fort que ses mains en deviennent rouge.

    « – Une famille ?! Tu as surtout foutu ta merde et fait un sale coup pour garder Garrett sous ta main. C’est toi la pétasse de l’histoire.. En fait, tu es même la reine des salopes. Les gens ne te le disent pas assez parce qu’ils ont peur que tu ouvres ta grande gueule mais tu sais quoi ? J’en ai rien a foutre de tes mots ou de tes coups de pute. Et tu sais pourquoi ? Parce que j’en ai ras le cul de voir ta tronche. Alors sois tu dégages, sois je t’éclate devant tout le monde. »

    Elena pouffe de rire car c’est la première fois que quelqu’un lui parle de la sorte et la menace. Elle ne prend pas Anya au sérieux.. et cela ne fait qu’animer encore plus la rage que contient Anya. En une fraction de seconde, Elena se prend un coup de poing et se retrouve au sol avec une Anya incontrôlable sur elle. Cela attire tout le monde, ce n’est pas tous les jours qu’il y a une bagarre de filles et surtout que ce soit Elena qui se fait dégommer. C’est parce que tu interviens avec Henry que les filles cessent de se battre mais Elena semble comprendre qu’elle vient de tomber sur certainement plus fort qu’elle.. et pour Anya, c’est aussi une sorte d’inverse car elle comprend qu’elle peut aisément être plus vorace que ses bourreaux. Surtout lorsqu’on s’en prend à toi. Et puis il y a aussi ce fait que vous allez irrévocablement vous séparer. Avec cette histoire, il n’y a plus de doutes. Le cœur d’Anya n’est plus brisé, il est détruit et c’est qui fait ressortir ce côté sanguin qu’elle n’avait encore jamais dévoilé. Il n’y a plus de place pour l’espoir, seulement la douleur et la rage.

    Est-ce passager ou est-ce qu’elle va se montrer beaucoup plus garce qu’avant ? Pour le moment, elle est tellement déchaînée qu’il vaut mieux que tu l’éloignes du lycée sous peine qu’elle finisse par s’en prendre à nouveau à Elena.

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    M.

    Lors de cette pause au parc, tu te confie sur ton envie de voir cette petite fille. Anya ne peut pas t’en empêcher, après tout qui est-elle pour t’interdire de voir ton propre enfant ? Bien sûr elle en a un énorme pincement au cœur puisque cela lui met en tête que maintenant tu es lié à vie avec Elena.. malgré vous, elle sera toujours là et Anya finira automatiquement par être mise sur le carreau. Elena la déteste et elle fera tout pour l’évincer. Même si pour le moment vous êtes encore l’un face a l’autre, il y aura bien un jour où Anya devra s’éloigner pour t’éviter d’autres drames ou pour que tu ne sois pas privé de ta fille à cause de la présence de la brune.

    « – Tu as raison.. Enfin, je sais ce que c’est de ne pas connaître sa vraie famille, son vrai père. J’ai eu très mal quand Andreï m’a repoussé.. alors oui, tu dois être là pour cette petite fille. Même si c’est vrai que tu es très jeune et que tu ne souhaitais pas tout ça, tu dois.. prendre soin d’elle. »

    Cette petite fille n’a rien demandé, encore moins une mère folle à lier alors si elle peut avoir un père comme toi, c’est une chance. Anya le sait mais son cœur saigne quand même puisque cela sonne comme une fin beaucoup trop proche. La brune hausse les épaules et soupire, comme s’il fallait accepter la sentence.

    « – On sait qu’elle fera tout pour que tu t’éloignes de moi.. Elle se mettra même à jouer avec cet enfant s’il le faut. Elena me déteste et dans un sens je la comprend, elle te veut pour elle seule comme moi je te veux pour moi, cependant elle a gagné. Tu.. enfin vous avez un enfant ensemble. Il faut que l’une de nous deux s’éloigne mais elle ne pourra pas le faire alors.. je.. enfin.. je sais que c’est à moi de le faire., »

    Cela ressemble à une séparation. Du moins, ses mots ne laissent pas la place à de l’espoir car vous savez qu’il n’y en aura plus. Anya sent encore une fois le poids de l’abandon même si tu n’y es pour rien, tu es simplement la victime aussi de tout cela. Pourtant oui, c’est un énorme abandon qui aura peut-être réellement raison d’elle.

    « – Je vais m’inscrire dans une université en Europe. Je préfère partir un peu, loin de tout. Tu vas avoir d’autres objectifs et moi.. moi j’ai besoin de couper, de m’éloigner. J’ai l’impression de n’avoir ma place nul part alors peut-être qu’il vaut mieux que j’aille là où personne ne me connaîtra. »

    La jeune femme essuie sa joue rapidement avant de poser sa main sur la tienne. Toi comme elle, vous avez les larmes aux yeux mais tu sais tout aussi bien qu’elle que cette situation va vite finir au drame si vous n’y mettez pas une fin quelque part. C’est tout de même horrible car oui, vous êtes des âmes sœurs mais maintenant qu’il y a cet enfant dans l’équation, vous ne pouvez pas lutter sous peine de faire des dégâts sur Jasmine. Anya pourrait être encore plus horrible envers Elena mais au final elle pourrait te supprimer cette nouvelle paternité.

    « – En attendant.. je.. je suis encore là pour toi, d’accord ? Je.. je suis encore là. Tu sais que tu peux compter sur moi avant mon départ. Tu.. tu as aussi Henry qui saura t’épauler. »

    La brune retient un sanglot avant de venir te prendre contre elle. Ça fait très mal, c’est une sensation affreuse mais c’est une décision mature. De toute façon c’est ce qu’il faut. Pour la suite ? Anya préfère ne pas y penser de suite, elle en est effrayée mais seul le temps saura faire les choses.

    Par contre comment agir maintenant ? Comme de simples amis ? En tout cas au lycée il le faut. Pour éviter encore les débordements avec Elena, même si celle-ci n’a pas le droit de traîner autour de vous suite à une convocation entre les deux filles et le proviseur le lendemain. Anya est par contre virée des pompom girls pour éviter une bagarre sur le terrain en contre partie. De toute façon il faut qu’elle se concentre sur les examens si elle veut prétendre à aller dans une université européenne. Henry est dépité par ce choix mais pour aider la brune, il demande d’appuyer sa candidature pour l’université d’Edimbourg. Là bas elle pourra y étudier l’histoire mais Anya refuse, elle souhaite trouver un endroit qui ne lui rappellera rien de sa vie passée.

    Pour ta rencontre avec Jasmine, la famille d’Elena fait ramener la petite sur New-York mais il y a tout de même la supervision de tes parents même si tu leurs en veux. Ils sont derrières au cas où si cela se passerait mal ou alors que la famille d’elena tenterait de te soutirer quelque chose comme de l’argent ou même un mariage. C’est vrai que ces hypothèses sont évoquées. Une pension alimentaire ou alors un mariage. Si cela ravis Elena, pour tes parents se c’est pas la même musique. Ils doivent essuyer tes nuits sensuelles et ça ne plaît guère cependant ils te laissent le choix. Travailler pour payer la pension ou alors te marier. Il faut aussi que tu signes des papiers pour reconnaître Jasmine. Tout cela t’amène dans une dimension beaucoup plus adultes, bien plus sérieuse.

    Pendant quelques jours, il n’y a aucune paroles entre toi et Anya. Vous ne vous voyez même pas. La jeune femme joue la silencieuse afin de te laisser tranquille, de ne pas te perturber davantage. Même au lycée, elle se cache dans la bibliothèque pour ne pas être dans tes pieds. C’est lors d’un soir que vos regards se croisent enfin. Anya est dans son jardin pour faire rentrer son chien lorsque tu passes la barrière pour venir vers elle. Elle ne sait pas ce que tu viens lui annoncer mais bon, elle ne sembles plus être prise par la peur des paroles puisqu’il n’y a pas pire que la séparation. Elle t’offre un léger sourire quand tu arrives face à elle mais elle a surtout le réflex de se reculer. Peut-être pour ne pas craquer et ne pas te sauter dans les bras.

    « – Tu vas bien ? Je rentrais Napoléon.. on devait aller marcher mais finalement je préfère rester ici, je suis un peu fatigué ce soir. »

    En même temps, pour éviter de penser à tout ça, elle ne fait que réviser et travailler sur ses cours. Elle pourrait déjà passer l’examen d’université si cela était possible, tant elle gavait par les bouquins et les dissertations. La brune n’arrive pas à soutenir ton regard bien longtemps, ses yeux se baissent et elle en perd son sourire. Non, elle n’arrive plus à sourire, même faussement.

    « – Lucrecia m’a appelé avant hier.. Elle m’a dit qu’elle avait réussi son examen pour valider son entrée à l’école de mode de Milan. Je suis vraiment heureuse pour elle.. Elle m’a aussi dit qu’elle allait revenir passer l’été ici. Tu pourras passer du temps avec elle, c’est super ça.. »

    Elle ne s’inclut pas.. il faut dire qu’elle sera parti puisqu’elle sait où aller. Elle va tenter de rentrer à l’école d’Oxford en Angleterre mais avant de pouvoir commencer, elle compte travailler un peu là bas, du moins à Londres afin de gagner un peu d’argent et se trouver un logement. James est le seul qui est au courant et en réalité il compte suivre sa fille. La famille Sawyer sera bientôt un souvenir. Enfin, c’est ce qui semble être prévu.

    « – Je.. enfin comment ça se passe ? J’ai préféré te laisser tranquille avec tout ce qu’il y a en ce moment.. je ne voulais pas interférer dans tes choix, tes envies. »

    Parce que oui, elle sait que tu pourrais songer à l’inclure dans tes choix mais Anya veut que tu penses à toi, toi et ta fille. Elle se fait fantomatique, effacée, presque un élément de décor. Pourtant il ne faut pas être aveugle pour comprendre qu’entre vous ce n’est pas une relation sans lendemain. Anya aurait pu être le soleil de ta vie tout comme tu aurais été son monde mais parfois les éléments extérieurs mettent des murs qui ne peuvent pas être surmonter, ou du moins pas sur l’instant.

    « – Tu sais.. j’avais un peu raison. Enfin, je.. Elena m’a attrapé ce matin. Elle m’a interdit de m’approcher de votre fille ou même de toi.. Si elle nous revoit ensemble, elle a promis de tout faire pour que tu sois interdit de voir votre fille. Je me dois de te le dire parce que je ne veux pas que tu sois puni à cause de moi. Cette fille est un monstre.. C’est le diable.. mais elle a les clés en main. On.. on va donc devoir encore plus s’éviter.. ça.. hm.. oui ça me tue mais.. c’est comme ça. Je vais devoir apprendre à faire avec cependant je voulais quand même te remercier pour ces quelques mois où j’ai enfin su ce qu’était d’aimer et où je me suis vraiment senti vivre.. C’est vrai qu’au tout début, enfin la première fois que je t’ai vu, je pensais que tu étais ce genre de mauvais garçon sans cervelle qui méritait que je le haïsse mais en réalité j’ai rencontré une personne magnifique. Tu es quelqu’un de.. tellement bien Garrett. Au delà du petit ami, tu as aussi été un meilleur ami, un confident, un protecteur.. donc oui.. je te remercie pour ce petit temps de bonheur que j’aurai réussi à avoir dans cette minable vie. Je.. j’espère que tu réussiras à obtenir la vie que tu souhaites et que tu trouveras aussi ton bout de bonheur .. »

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    M.

    Cette espoir que tu as, est à double sens pour Anya. Elle a envie de sourire mais aussi de pleurer. La jeune femme pourrait accepter de fuir avec toi, elle le souhaite même de tout son cœur mais est-ce que ce n’est pas un espoir de trop ? Votre cavale pourrait mal se terminer et si au final tu en perds Jasmine ? Car si la famille d’Elena vous retrouve, il est certain que tu seras à jamais séparé de ton enfant. Anya a su par Henry que tu t’étais très attaché à cette petite fille et que tu souhaitais devenir un jeune homme responsable. Oui, elle sait que tu cherches à te racheter une conduite et que tu cherches même un travail. Ton meilleur ami serre un peu de coursier afin que vous puissiez savoir comment va l’un et l’autre mais les nouvelles sont rarement effusives de bonheur. Entre ça et les mots d’Elena, Anya a dû se faire à la raison qu’elle ne pourrait plus être avec toi. Elle n’aurait plus le droit de t’approcher sous peine de rendre ta vie beaucoup plus difficile qu’elle ne l’est. Pour son égoïsme attend dans un coin de son esprit.. il y a un immense part qui ne veut pas abandonner. Pourquoi abandonner alors que tu es le seul qui ne veut pas l’éloigner et qui ne la repousse pas ?

    « – Je.. oui.. enfin.. Mais.. »

    Elle ne sait pas, son esprit s’embrouille et souvent cela annonce une angoisse mais pour l’éviter, Anya pose à son tour ses mains sur tes joues et elle reprend ce baiser langoureux que tu lui as donné. C’est sa façon de se rassurer, de remettre son esprit dans un état beaucoup plus positif. De toute façon elle a aussi ce manque de toi. L’ami, le petit ami, le confident.. tu lui manques tellement qu’elle commence à ne plus avoir l’envie de quoi que ce soit. Même son diplôme devient quelque chose qui n’a plus son importance.

    Sans réfléchir davantage, Anya t’attire avec elle dans sa maison. James n’est pas là et puis de toute façon elle s’en fiche, elle a besoin de t’avoir auprès d’elle ce soir. Même si le baiser cesse de temps en temps pour reprendre vos souffles, vous montez à l’étage sans cesser cet échange langoureux et à peine vous avez passé la porte de sa chambre que la jeune femme retire ton haut ainsi que le sien. Ce soir plus rien ne compte, plus rien ne veut entrer dans son esprit si ce n’est toi et ce moment car c’est peut-être le tout dernier. Oui, ça ressemble à une sorte de dernière fois car vos envies sont fortes mais chaque geste a son importance. La brune t’attire avec elle dans son lit mais quand tu tombes sur elle, elle stoppe votre baiser pour fixer ton visage. Tu as encore les yeux pétillants mais avec l’espoir que tu avais il y a quelques minutes encore. Tu sembles ressentir aussi cette fin, comme elle.

    « – je t’aime.. je t’aime tellement.. »

    Elle pourrait partir en sanglots maintenant mais ce n’est pas le moment alors votre baiser reprend à nouveau. Il reprend même avec bien plus de passion alors que vos mains profitent de vos corps. Tous vos vêtements finissent au sol et l’instinct vous prend dans une passion nocturne qui pourrait faire rougir tous les habitants de cette ville. Rien ne peut vous stopper, vous arrêter, vous éloigner. Cette nuit deviendrait presque éternelle si ce n’est que le soleil finit par entrer dans cette chambre. Tu dors encore quand Anya ouvre les yeux. Elle n’a pas énormément dormi, elle repense à ton envie de fuir avec elle et Jasmine. La belle a envie d’agir comme une adolescente et partir avec vous deux. Son impulsivité est sur le bord de la faire céder mais en remarquant vos vêtements au sol, elle voit une tétine qui doit appartenir à la petite et que tu as dû oublier de lui rendre. Cette petite tétine pourrait faire fondre n’importe quelle femme mais pour Anya, cela lui renvoie en plein esprit ce qu’elle a fait il y a deux ans pour ne pas finir mère. Elle s’est automutilé et elle s’est peut-être privé d’être un jour mère parce qu’elle ne voulait pas d’un enfant. C’était l’enfant de son bourreau mais au delà de ça, les enfants lui font peur. Elle se sent totalement incapable d’aimer un enfant. Comment peut-elle prétendre à partir avec toi et Jasmine si elle se met à ne pas aimer celle-ci ? Toi elle t’aime sincèrement mais elle ne pourra pas faire semblant d’aimer un enfant. Anya ne sait pas cacher ce genre de chose.

    Elle sort de ses pensées quand tu tournes dans le lit et que tu enlaces son corps encore nu.

    « – Je n’y arriverais pas.. Je suis désolé Garrett.. »

    Sa gorge se serre. Elle s’en veut parce qu’elle aurait aimé que ça ne soit pas si compliqué mais non, elle ne peut pas élever ou un aimer un enfant. Même si cela est pour toi, pour votre futur à deux, Anya n’aura pas les épaules pour être une belle mère.

    « – Tu.. tu as réussi à trouver ton rôle de jeune père mais moi je n’arriverais pas à être une sorte de belle mère ou une mère. Je ne peux pas.. Je sais que je ferai du mal à cette petite fille et il en est hors de question.Et.. Et je ne te demanderais pas de choisir entre elle et moi. Parce qu’elle est ton sang, une partie de moi.. Tu ne pourras jamais la remplacer alors que moi.. oui.. »

    Finalement l’adulte parle, ou alors la petite fille envoyée dans un orphelinat. Il n’y aura pas de fuite, pas d’avenir et c’est horrible de savoir que c’est réellement terminé. Vous auriez pu rester de simples amis mais Anya sait que ça sera impossible puisque dans tous les cas, Elena se mettra entre vous si elle reste ici.

    Cette douce nuit de printemps devient un souvenir qui fait mal mais qui fait aussi un peu de bien. Même si cela a annoncé la fin, vous avez pu une dernière fois vous aimer. Anya y pense souvent, même lorsqu’elle termine d’écrire sur sa copie d’examen. Le jour de la remise des diplômes aussi, elle y pense. Elle espère même t’entrevoir mais tu n’as pas eu ce diplôme à cause de tes nouvelles préoccupations. Henry l’a obtenu mais il n’a pas non plus le cœur à le fêter. Ils ne vont pas au bal de fin d’années, ils préfèrent retourner chez eux d’autant plus qu’Anya va devoir commencer à préparer ses affaires pour son départ. Dans deux jours, elle va prendre son avion pour Londres. Q’orianka est venue pour profiter de sa meilleure amie avant son départ mais aussi parce qu’elle s’installe à NY avec Henry. Depuis votre dernière nuit, vous avez tout fait pour vous éviter avec Anya afin de ne pas vous faire plus de mal. Pourtant la brune a un léger espoir de te revoir.. ne serait-ce que quelques minutes. Revoir au moins ton regard avant de partir.

    « – Tu es certaine de toi Anya ? Tu sais, on peut toujours t’inscrire à une université ici ou même une ville un peu plus loin mais là tu vas être très loin..
    _ Ce n’est que pour quelques temps.. Je vais juste passer mon diplôme là-bas. Quand je l’aurais, je reviendrais peut-être ici.
    _ Mais ça va durer des années..
    _ On se verra pendant les vacances ? Tu pourras toujours venir avec Henry pour me dire bonjour.. »

    Ses valises sont terminés et ce soir elle décolle pour Londres. James doit l’amener à l’aéroport mais pour l’instant, la jeune femme a encore quelques heures devant elle. Elle a quand même préparer une lettre qu’elle a donné à Q’. L’amérindienne devra te la donner pour ton anniversaire. De son côté, Henry est arrivé chez toi parce qu’il a réussi à te trouver un travail dans le cabinet de son père. Tu vas être l’assistant de plusieurs avocats. Anya lui a interdit de parler de son départ mais Henry ne sait pas tenir sa langue, surtout quand il s’agit de vous deux.

    « – Tu commences la semaine prochaine. Si non, je tenais à te dire qu’elle part ce soir.. Elle a annoncé son départ ce matin car elle voulait garder la date jusqu’au jour J. »

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    M.

    J’aurai toujours la vision de cette dernière soirée à New-York avant de prendre l’avion. Ses yeux perlées de larmes et mon cœur qui m’hurlait de rester mais je suis parti à Londres. Aujourd’hui je suis de retour sur New-York pour une semaine après cinq ans d’absence et bon dieu sur ce fait mal. J’aurai souhaité ne jamais remettre les pieds ici mais je n’ai pas eu le choix puisqu’il faut que je présente mes découvertes. Elles sont le fruit d’une année de travail et je dois les présenter aux plus riches personnes du monde si je veux en tirer un bon prix.

    Il y a cinq ans je suis parti avec le cœur détruit et mes espoirs de jeune femme totalement éteints. J’aurai souhaité avoir une vie différente, une vie avec lui mais finalement je me suis retrouvé dans un autre pays, une nouvelle école et aussi un nouvel objectif. Je souhaitais devenir conservatrice de musée mais après une première année à apprendre l’histoire plus intensément, j’ai pris la décision d’aller chercher moi même les artefacts du passé. J’ai commencé des études d’archéologie et cela m’a mené vers d’autres horizons que l’Angleterre. Pour ma cinquième année, j’ai passé plusieurs mois en Égypte, plus précisément au Caire. Je ne devais qu’être spectatrice de découvertes faites par d’autres archéologues mais ma curiosité m’a permis de trouver des trésors qui sont une immense découverte pour le domaine historique. Néfertiti est une reine légendaire et peu de choses ont été trouvé sur elle, cependant j’ai su mettre les mains sur des statuts, des gravures et des bijoux qui lui auraient appartenu. Voilà pourquoi je me retrouve à exposer des artefacts égyptiens car ceux-ci viennent de mes propres recherches.

    Il y a cinq ans j’ai aussi dû apprendre à m’occuper l’esprit pour ne plus penser à lui et c’est vrai que les études m’ont beaucoup aidé. Je n’ai fais que travailler très dur pour obtenir les meilleures notes, des mentions et les félicitations de mes professeurs. J’ai encore trois années d’études à faire si je veux obtenir le précieux nom de docteur en archéologie et je compte bien y arriver. C’est devenu mon moteur même si j’en ai laissé énormément de personnes derrière moi.

    En partant, je n’ai pas laissé que Garrett. J’ai aussi laissé derrière moi Henry, Q’orianka, Millie, Binki, Lucrecia.. parfois on s’envoie des messages pour savoir si tout va bien mais je ne les ai pas revu physiquement. Je ne suis pas revenu aux États-Unis une seule fois tout comme j’ai fais en sorte qu’ils ne viennent pas me voir. Cela m’aurait rappelé trop de souvenirs difficiles. Je sais que Q’ comprend ma position mais elle m’en veut quand même de ne pas être plus présente. Lucrecia ne veut plus du tout me parler mais je la comprend aussi. Ici je ne me suis pas fait beaucoup d’amis, du moins à Londres. Il n’y a que Ben.. Ben Barnes, mon petit ami depuis bientôt quatre ans et mon fiancé depuis une année. On s’est rencontré à l’université et notre passion pour l’archéologie nous a très vite rapproché. Je m’étais promis de ne plus m’attacher à qui que ce soit surtout pendant mes études mais c’est vrai qu’il est devenu un grand soutient pour moi. Je ne pourrais pas dire que je suis folle amoureuse de lui, ça serait me mentir à moi-même mais c’est vrai que j’y suis attaché et aussi il a su rendre mon cœur moins sévère.

    Ben est un anglais pur souche et il vient de la ville de York dans le nord-ouest du pays. Lui aussi a toujours aimé l’histoire et il a toujours rêvé de devenir archéologue. Nous nous sommes rencontré lors de notre première année à Oxford et avant d’être ensemble, nous avons soudé une amitié. Il était un peu solitaire comme moi mais un exposé commun a fait que nous avons fini par discuter. Petit à petit, les choses se sont faites et même s’il est un homme que j’adore énormément, je n’ai pas encore réussi à lui offrir la place que Garrett avait dans mon cœur. Je sais que cela joue sur notre couple car je ne suis pas entièrement investie dans notre relation mais il semble patient et il ne m’en veux pas. C’est ce que j’apprécie le plus avec lui, c’est qu’il ne m’impose rien et il me soutient beaucoup.

    Aujourd’hui pour l’exposition, il est présent. Il sait qu’au delà de présenter mes objets, je vais aussi retrouver certaines personnes de mon passé. Henry et Q’orianka doivent venir. Ils m’ont promis que Garrett ne serait pas présent mais je ne suis pas ici sans y penser. Est-ce que j’espère le croiser ? Dans un sens oui. J’ai envie de voir comment il a évolué, savoir s’il va bien mais pourtant je sais que chaque nouvelles me brisent à nouveau. Quand Henry m’a dit que Garrett avait épousé Elena, j’ai mis plusieurs semaines à m’en remettre même si je m’y attendais. Ben ne savait pas pourquoi j’étais si triste mais il était là et il faisait en sorte de me rendre le sourire.

    « – Anya.. ma chérie ? »

    Je reconnaîtrais cette voix entre mille. Q’orianka est là. Je dois me retenir de ne pas pleurer mais surtout je lui saute dans les bras. Malgré la distance, elle reste ma meilleure amie et c’est la seule avec qui j’ai encore de longues conversations. Elle est ma confidente, celle qui continue de me guider. Plusieurs fois elle m’a évoqué le fait que je devais avancer, surtout avec Ben mais je ne me doute pas qu’elle a quand même osé faire envoyer une invitation chez toi.

    « – Wow.. mais tu es sublimes !
    _ Je ne l’étais pas avant ? »

    Je me met à rire et je tourne sur moi-même car c’est vrai que ce soir je porte une robe chic. Il va y avoir que du beau monde donc je ne pouvais pas me permettre une tenue lambda. Mes chevaux sont beaucoup plus longs qu’avant et ils sont détachés si bien qu’ils couvrent mes épaules. Je suis devenue un peu plus femme et donc beaucoup plus sensuelle malgré moi mais pas forcément pour plaire aux autres. À chaque fois que j’enfile une jolie robe, j’imagine surtout que Garrett apparaisse dans mon champ de vision et qu’il me remarque. C’est pour lui que je veux être belle mais mon illusion devient toujours désillusion.

    « – Tu me présentes Ben ?
    _ Il n’est pas encore là, il va arriver dans une petite demie-heure. Il a profité que l’on soit sur New-York pour aller voir un ancien ami à lui.
    _ J’ai hâte de le rencontrer en tout cas. »

    C’est vrai qu’elle connaît toute mon histoire avec Ben et elle m’a soutenu dans ce changement. Elle m’a même poussé puisqu’elle voulait apaiser mon cœur mais Q’orianka sait que Ben ne pourra jamais remplacer Garrett. Nous n’avons pas besoin de se parler pour savoir qu’il est toujours en moi.

    « – Je vais aller chercher Henry, tu nous attends ?
    _ Je dois juste aller voir le directeur de la galerie mais je vous rejoins juste après. »

    Je ne me doute pas que je suis sur le point de le revoir, de recroiser son regard. Elena est déjà là avec ses riches acolytes de club d’élite mais j’avoue que je ne l’ai pas remarqué puisqu’il y a beaucoup de monde. Ça me flatte et ça risque de faire monter les enchères. Je ne suis presque plus à plaindre financièrement puisque cette collection va me rapporter énormément mais en soit ce n’est pas non plus l’argent qui me motive bien que celui-ci pourra m’aider à soutenir mon père James qui est très malade depuis une année.

    Après avoir vu le directeur, je suis prête à retrouver Q’ et Henry mais ce n’est pas eux que je vois. Non, c’est lui.. Il est là. Beaucoup plus âgé, beaucoup plus distingué et sérieux. Il ne ressemble plus au jeune rebelle du lycée. On dirait un homme d’affaires près à sauter sur ses concurrents. Cela est presque contradictoire avec le garçon libre qu’il voulait devenir mais pourtant il n’en reste pas moins divinement beau. Sa liberté a été volé sans qu’il ne puisse dire quoi que ce soit et je sais qu’il a du faire des choix qu’il n’aurait pas aimé avoir à faire. Garrett Hedlund.. Le grand amour de ma jeunesse.. mais sûrement aussi de ma vie.

    « – Miss Simoniov ? J’espère que vous m’avez attendu pour boire une coupe de champagne. »

    Ben arrive derrière moi et il dépose un long baiser sur ma tempe. Il est beaucoup plus grand que moi et même que la plupart des hommes ici alors il est facilement reconnaissable. Je devrais me retourner pour le saluer ou le prendre dans mes bras mais je reste figé. Mon regard ne peut pas se détourner de Garrett.. j’ai tellement de fois espéré le revoir que j’ai peur qu’il s’éclipse mais ce contact visuel se fait couper par une Elena qui revient vers son époux alors que pour moi, Ben me fait tournoyer en pensant que c’est le stress qui me bloque de la sorte.

    « – Ça va aller, tu as tout géré et regarde ce monde ! Je suis tellement fière de toi.
    _ La soirée n’est pas encore finie.. tout peut encore mal se passer..
    _ Je suis certain que non. »

    Pourtant je le pense vraiment puisque Garrett est là et s’il vient face à moi, je ne sais pas comment je pourrais réagir. Q’orianka et Henry nous rejoignent mais ma meilleure amie comprend que j’ai revu Garrett. Son air se fait désolé, elle était au courant et j’avoue que pour le coup, je lui en veux car elle m’a caché ça. Cependant je ne peux pas lui faire une scène maintenant et c’est encore plus difficile lorsque Garrett se rapproche enfin avec Elena. Cette fille est toujours aussi.. énervante et encore plus détestable avec le temps mais là aussi, je dois contenir ma jalousie.

    « – Mais qui voilà.. Anya Siminiov. Je ne savais pas que c’était ta soirée. Si j’avais su, nous ne serions pas venu.
    _ Elena.. Hm.. si tu le dis. »

    Je me retiens de ne pas être plus cinglante et pour éviter le drame, Q’ prend sur elle afin d’éloigner mon ancienne ennemie. Il ne reste plus qu’Henry, Ben et lui.. l’amour de ma vie.

    « – Tu me présentes ces charmants messieurs ?
    _ Ben.. voici Henry Cavill et.. Garrett Hedlund. Deux amis de longues dates.
    _ Seulement ami ? J’aurai préféré que tu dises que je suis ton meilleur ami ! Sale petite chipie ! »

    Henry essayes de détendre l’atmosphère et il vient serrer la main de Ben cependant il sait que ça ne doit pas être simple pour toi comme pour Anya. Lui non plus ne savait pas pour ces retrouvailles, Q’orianka a gardé le secret jusqu’à la fin.

    « – Tu es aussi en étude d’archéologie il me semble ? Moi je suis en médecine ! J’aimerais devenir médecin urgentiste ! Ma copine aussi est avec moi à l’université.
    _ Tu es le petit ami de Q’orianka ? Anya me parle très souvent de vous !
    _ Oui, justement je cherche ma copine. Viens, je vais te la présenter ! »

    Henry réussit à amener Ben avec lui et je me retrouve seule devant Garrett. Intérieurement je suis totalement affolée. Un immense stress s’installe, si bien que je n’arrive même pas à parler. Il est là, réellement devant moi et lui aussi ne semble pas savoir quoi dire. Dans un sens, il y a tellement de choses à raconter mais aussi rien à se dire. Nos choix ont fait que nous sommes à l’opposé de ce que nous aurions dû être. Il est marié, je suis fiancé.. Il travaille dans le droit, je suis encore étudiante en archéologie.. Il vit toujours à New-York alors que moi je vis en Angleterre.. nous sommes presque redevenus des inconnus qui devraient réapprendre à se connaître mais pourtant je sais aussi que je le connais par cœur. Derrière cette facette d’homme respectable et haut placé, je revois le garçon qui embrassé mon poignet ou qui me lisait des poèmes. J’ai même l’impression de sentir à nouveau ce parfum que j’ai bien eu du mal à oublier.

    « – Garrett.. co.. comment vas tu ? »

    J’ose parler mais je ne suis pas à l’aise. Je ne sais pas si je dois me cacher dans le fond d’un trou à rats ou alors partir à l’autre bout du monde. Est-ce qu’il me déteste aujourd’hui ? Il en aurait tous les droits. Quelque part, j’ai vécu son rêve d’évasion. C’est moi qui parcours le monde alors que lui est ici. J’aurai voulu que ça soit tellement différent et j’espère qu’il le sait mais je ne pourrais pas dire ce que j’ai vraiment sur le cœur. J’ai Ben et lui semble avoir trouver une sorte de stabilité même si je doute qu’il aime réellement son épouse.

    « – Je ne savais pas que tu serais ici.. Comme je pense que tu ne savais pas que je serai là.. Q’orianka a.. enfin je pense qu’elle a su nous duper. »

    Je souris faiblement et je baisse mon regard car soutenir ses yeux me rappellent mon départ de New-York. La dernière fois que j’ai vu ses yeux, ils étaient en larmes et cette vision m’a hanté pendant des semaines. Je m’en voulais. Je me trouvais horrible. J’ai tellement culpabilisé de ne pas revenir vers lui que j’ai eu une période où l’alcool était devenu un exutoire mais je me suis reprise grâce à Ben.

    « – J’espère que la collection te plaît.. ce sont des artefacts appartenant à Néfertiti. Je les ai trouvé près de Saqqarah en Égypte.. Ils vont être mis aux enchères demain. »

    Je ne sais même pas s’il sait que j’ai changé de branche et que je ne suis pas une protectrice d’art mais une chercheuse de trésor. En soit, ce changement n’est pas si étonnant.. en ayant perdu mon plus beau trésor, j’ai sûrement cru que je pourrais en retrouver d’autres mais jamais rien ne pourra remplacer cet homme. Pas même le plus grand tombeau d’un pharaon ou même l’immense trésor des templiers.

    « – Tu es dans le droit toi ? Il me semble qu’Henry m’avait dit cela.. ton père doit être content.. enfin il voulait te voir dans un métier renommé.. »

    Je parle comme.. comme cette fille que j’aime pas être. C’est à dire l’autre fille. Celle qui ne fait plus vraiment parti de sa vie mais dans un sens, si j’étais encore là peut-être qu’il ne serait pas non plus à cette place. Un homme haut placé et riche. Un père de famille aussi.. Jasmine doit être grande. Du moins elle a plus de cinq ans. Parfois je pense à cette petite fille et je pourrais lui en vouloir d’avoir été en quelque sorte la perte de mon futur bonheur mais non, ce n’est pas à elle que j’en veux. C’est cette vicieuse d’Elena et aussi à la vie en générale. Même si tout semble aller en apparence, j’ai toujours fini par tout perdre. Cinq ans après, je sais qu’il me reste peu de temps avec mon père. Oui, ma vie est moche.

  40. Avatar de M.
    M.

    Ces retrouvailles ont un goût amer. Non pas parce que je regrette d’avoir vue Garrett mais j’ai surtout à l’esprit toutes ces choses que j’aurai pu faire avec lui si nous n’avions pas dû se séparer. Je sais que mon départ l’a peut-être aidé à ce qu’il devienne cet avocat riche et réputé mais pour le reste ? Est-ce qu’il est vraiment heureux ? Durant notre conversation, il a gardé un air stoïque sauf quand il a posé son regard sur Ben. J’ai senti la jalousie de Garrett et je la comprend puisque moi aussi je jalouse encore cette Elena qui m’a volé celui avec qui je voulais avancer. Pourtant on en est là.. lui marié à Elena.. moi fiancé à Ben et deux vies totalement différentes. Je ne sais même pas si je peux me permettre quelconque espoir parce que nous sommes devenus deux étrangers. Du moins, en extérieur nous paressons si loin.

    J’ai dû écouter la soirée après le départ de Garrett car je ne me sentais vraiment pas bien. L’envie de pleurer, de tout jeter, de tout envoyer balader. J’ai dû garder mon mal pour ne pas que Ben s’en rende compte mais Q’ a vu mon mal-être. Elle savait que je n’étais pas bien à cause de cette rencontre mais elle savait aussi que cela était de sa faute alors elle n’a pas cherché à venir vers moi car nous aurions pu nous disputer. Je suis rentré à l’hôtel où je suis en séjour le temps de mon exposition mais j’ai joué la fille épuisée par le décalage horaire. Ben a semblé le comprendre, il m’a laissé tranquille mais lorsque j’ai pu me réfugier dans la salle de bain, je n’ai pas su garder mes larmes.

    Malgré ce mal, je dois continuer à assurer mon travail et il est donc normal que je revienne à la galerie le lendemain car je dois exposer mes découvertes aux mécènes et futurs acquéreurs. Les objets vont être vendus à de nombreux musées, de nombreuses personnes et celles-ci tiennent à s’entretenir avec la personne qui a mis la main sur ses trésors. Ben m’accompagne mais je sais aussi que sa venue sur New-York est l’opportunité qu’il attendait pour rencontrer certains historiens qui traitent de la colonisation anglaise. Il est passionné par ce moment de l’histoire et il est donc normal qu’il puisse aussi faire son travail. C’est pour cela que je fini par me retrouver seule et alors que je me permet une pause dans la pièce où se trouve ma pièce maîtresse, je tombe sur cette petite fille. Et quelle petite fille.. je la reconnaîtrais entre mille même si c’est la première fois que je la vois. Elle a les yeux de son père et la même curiosité qui poussait Garrett à m’emmener dans les musées ou les bibliothèques lorsque nous étions plus jeunes. Je m’approche d’elle car toucher la momie n’est pas une chose très saine même si j’aurai voulu faire la même chose à son âge mais les mots de Jazzy me glacent le sang. Elle a peur de sa mère.. et ce n’est pas une peur anodine que pourrait avoir tout enfant après une bêtise. Je connais cette peur parce que je vivais la même avec ma mère adoptive.

    « – Je ne dirais rien, je te le promet mais il faut que l’on sort d’ici. Nous devons retrouver ton papa..
    _ Mais tu es la madame des photos ! »

    Comment ça ? Je ne lui pose pas plus de questions et je prends sa main pour que nous retournions vers les salles ouvertes au public. Très vite Garrett arrive vers nous. Il est paniqué et surtout je découvre son regard de père. Quand je suis parti, j’avais fais en sorte de ne pas m’initier dans cette nouvelle partie de sa vie mais là je découvre ce rôle qui a donné une nouvelle histoire à nos vies. Jasmine semble adorer son père. La complicité entre les deux se ressent énormément. Je suis à la fois touché et attristé car cette scène me fait encore penser à ce que j’ai raté en n’étant pas auprès de lui.

    « – Oui viens avec nous ! En plus c’est les meilleures glaces de tout le monde entier ! Tu préfères la vanille ou le chocolat ? Il y a aussi à la pistache et au café !
    _ Je.. et bien je peux m’éclipser une petite demie heure pour aller manger cette glace. »

    J’offre un petit sourire à la jolie blondinette mais aussi à Garrett. Je ne sais pas si c’est la meilleure des idées d’accepter et de passer du temps avec lui car cela nous fait plus de mal que de bien mais je n’arrive pas à refuser cette proposition. Je les fais donc attendre quelques instants le temps de prendre ma veste et mon sac. Quand je reviens, je me met à les suivre pour que nous allions à Central Park qui n’est qu’à quelques mètres. Je connais très bien ce fameux marchand de glace, Garrett m’y amenait après les cours. Jazzy est toute excitée d’avoir le droit à un goûter improvisé mais elle est aussi beaucoup plus bavarde que son père.

    « – Tu t’appelles comment ? Moi c’est Jasmine Hedlund ! Mais papa y m’appelle Jazzy, comme la musique !
    _ Je me nommes Anya et sache que tu as très joli prénom.
    _ Toi aussi tu as un beau prénom ! Et en plus tu as un travail trop bien ! Papa a dit que tu cherchais des trésors ! »

    Elle a une énergie qui m’impressionne et qui bizarrement m’attendris. Il y a cinq ans, je ne voulais pas m’approcher de cet enfant à cause de mes peurs mais à l’heure d’aujourd’hui, je suis étonné de la trouver adorable. Il faut dire qu’elle me rappelle le jeune Garrett, plein de fougue et de curiosité. Justement mon regard finit par croiser celui de cet homme que j’ai tellement aimé..

    « – Elle est vraiment mignonne. Elle a aussi tes yeux.. et espiègle mais ça aussi, c’est comme toi. »

    Mon sourire s’agrandit sans que je ne m’en rend compte car je repense aux nombreuses fois où il m’a fait les yeux doux pour que j’accepte de le suivre dans ses aventures. C’est ce que vient de faire Jazzy avec cette histoire de glace. Nous arrivons devant le marchand et je sors mon portefeuille pour payer nos goûters. Pour aller manger les glaces, nous allons nous installer sur un banc près des jeux pour enfants. Jazzy a déjà reconnu quelques-unes de ses copines et je me retrouve donc seule avec Garrett. Aucun de nous n’ose parler, comme la veille. On observe bêtement la petite fille qui papotent avec son groupe de copines.

    « – J’ai appris que tu avais fais un don pour mes objets.. Le plus gros don. Tu n’étais pas obligé tu sais.. »

    Mais je sens déjà qu’il va me contredire, comme lorsque nous étions jeunes et qu’il m’offrait des cadeaux qui me semblaient exorbitants. Je connais cet homme, malgré ces cinq années. Il a pris en âge, il ne ressemble plus à l’adolescent rockeur d’avant mais je sais qui il est. Par contre je ne peux savoir ce qu’il se passe dans son esprit en cet instant. Je ne sais pas s’il me déteste, s’il pense à avant, s’il m’aime encore mais je ne peux pas me permettre de lui demander ce qu’il pense. J’ai beaucoup trop peur d’entendre sa réponse.

    « – Cet argent va m’aider à payer les soins palliatifs pour papa. Son cancer s’est propagé et il n’en a plus pour très longtemps mais je veux qu’il parte dans les meilleures conditions. Pour le moment il est dans un centre de soin en campagne anglaise.. il s’y sent bien. C’est le principal. »

    Cela aussi atteint mon cœur. Je sais que bientôt je vais perdre mon père mais j’essaie de me brouiller l’esprit. Je préfère croire que j’en ai encore pour des années alors que pourtant non. C’est même pour cela que nous avons avancé la date de notre mariage avec Ben, car je veux que James soit présent. Dans un petit mois, je serai madame Barnes mais je n’en dis rien à Garrett. Je n’ai pas besoin d’enfoncer encore plus le couteau.

    « – Comment va Lucrecia ? Je n’ai plus de nouvelles car elle a préféré cesser notre amitié. Elle m’en veut d’être partie en Angleterre et d’avoir été silencieuse pendant plusieurs mois. Je la comprend et je ne lui en veux pas, cependant j’espère qu’elle va bien.. »

    C’est vrai que cela fait bateau. Notre conversation semble si distante mais en même temps, je me vois mal lui parler autrement. Lui dire que j’ai pleuré pendant des mois ? Que j’ai trouvé un garçon pour essayer de l’oublier ? Que malgré les années je pense toujours à lui ? Qu’au fond de moi je l’aime toujours de tout mon être ? Je ne peux pas dire ça. Je n’ai pas le droit. Surtout quand Jazzy revient vers nous pour que Garrett puisse essuyer sa bouche pleine de glace. Elle m’arrache un tendre sourire mais c’est encore plus fort quand je vois Garrett l’essuyer. Avec elle, il semble si différent. Il s’oppose à l’image de l’homme froid et distant. Il est doux, attentif et souriant.

    « – Merci papa d’amour. Tu crois qu’on peut aller au bowling avec Anya ? Parce que d’habitude on y va avec tonton Henry mais si on va avec Anya, elle pourra faire l’équipe avec moi !
    _ Tonton Henry triche je paris ?
    _ Oui il triche avec papa parce que je gagne jamais.. »

    Voilà comment d’une glace je me retrouve dans une salle de bowling. Voilà aussi comment d’une demie heure de pause, je m’absente beaucoup plus longtemps. Je n’ai pas su refuser l’invitation de Jazzy et j’ai assez de gagne pour que notre équipe batte Garrett. Cela ferait presque l’image de la famille parfaite. Les gens autour de nous pourraient croire que nous sommes un couple qui joue avec leur petite fille mais il en est rien, surtout lorsque mon téléphone sonne et que je dois m’éloigner pour y répondre. Ben me cherche. Il m’attend au musée alors que je suis encore dans ce bowling. Le temps que je passe au téléphone, Jazzy en profite pour questionner son père. Il a toujours refusé de parler de moi quand elle lui montrait la photo de lycée.

    « – Elle est très gentille et jolie ta copine papa. Pourquoi on l’a pas vu avant ? Elle vit loin ? Tu crois qu’on pourra encore la voir ? J’aime bien être avec elle. »

    Je reviens avec un air désolé. Je vais devoir partir même si j’aurai préféré rester encore un peu. J’aime mon exposition mais être auprès de Garrett me fait du bien. Même si nous ne sommes plus le couple d’avant, il a finalement encore ce pouvoir apaisant sur moi.

    « – Je dois retourner au travail mais je propose qu’on se revoit avant que je ne retourne chez moi.
    _ Oh quand ça Anya ?
    _ Je repars dans trois jours.. mais on peut aller manger au restaurant ensemble après-demain ?
    _ Oui moi je veux bien ! Toi aussi papa ? Dis ouiiiiii ! »

    Elle fait ses yeux de chaton tout mignon et elle réussit à me faire rire. J’écris tout de même mon numéro à Garrett pour que l’on puisse se contacter pour ce repas à trois et avant de partir, j’embrasse la joue de Jazzy mais aussi celle de Garrett. Ce simple baiser m’électrocute, me bouleverse. J’ai les larmes qui remontent, je dois partir vite.

    La salle d’exposition n’est pas loin, j’y reviens et je dois m’excuser pour mon absence mais on ne m’en tient pas rigueur. La plupart des objets ont été vendu mais ce soir il y a une nouvelle soirée pour la pièce principale, la momie. Ce n’est pas néfertiti mais beaucoup pensent que c’est la momie d’une personne très proche d’elle, peut-être un amant. Je dois être présente pour ce moment qui devrait être l’un des plus forts de ma jeune carrière mais mon esprit est ailleurs. Je pense à Garrett. J’aimerais qu’il vienne ce soir, qu’il soit présent dans cette salle mais non, il n’y est pas. Ben est près de moi et ça devrait me suffir mais non, ça ne me convient pas. Je devrais culpabiliser de penser à mon ancien amour alors que mon futur époux est à mon bras mais même ça je n’y arrive pas. Je ressens ce besoin de revoir simplement son regard.. sentir un peu son parfum.. peut-être sentir ses bras autour de moi..

    « – Anya ? Quelqu’un est au téléphone pour vous.
    _ À cette heure ? J’arrive. »

    Ben est autant surpris que moi mais je le laisse pour aller dans le bureau du directeur de l’établissement. Au bout du fil, il n’y a pas de son mais je reconnais le souffle derrière l’autre combiné.

    « – À l’hôtel de ton grand père.. tu connais le numéro de chambre.. »

    Qu’est ce que tu fais Anya ? Je repose le téléphone et je prend une grande aspiration. Garrett n’a pas eu le temps de me répondre et je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai dis cela mais il faut que j’aille le retrouver. Je sors donc du bureau et Ben m’attend. Je vais devoir lui mentir.

    « – C’est Q’orianka, il faut que j’aille la retrouver.
    _ Mais la soirée n’est pas terminée chérie, il y a encore des investisseurs qui vont vouloir te parler..
    _ Je sais que tu peux gérer pour moi ! Tu sais, j’ai pas vu Q’ depuis cinq ans et..
    _ Vas-y, je vais m’occuper de tout. On se retrouve tout à l’heure ?
    _ Oui, on se retrouve à l’hôtel plus tard. »

    Je lui ment et en plus j’inclus Q’orianka mais en sommes, ça sera sa punition pour avoir remis Garrett dans mon champ de vision.

    Je prend un taxi pour rejoindre l’hôtel qui a une forte signification pour Garrett et moi puisque c’est là bas que nous avons appris à se connaître, que nous avons eu notre première fois et aussi que nous avons souvent partagé des moments ensemble. Est-ce qu’il viendra ? Peut-être que oui, peut-être que non mais je dois y aller. Tant pis s’il me pose un lapin, j’aurai au moins eu le triste souvenir d’avoir retrouver cette chambre qui était la nôtre.

    J’arrive à obtenir les clés de la chambre et j’y vais avec nostalgie. L’établissement a été redécoré, il n’a plus l’authenticité qu’il avait il y a quelques années. La chambre aussi n’est plus pareille. Elle a une décoration beaucoup trop moderne à mon goût mais il faut bien que l’hôtel se réinvente. En quelque sorte je me sens comme cet hôtel. Je ne suis plus celle d’avant. J’ai changé depuis cinq ans et je suis différente mais il y a quand même des choses qui restent ancrés, comme mes sentiments pour Garrett.

    Posée près de la fenêtre, j’observe les voitures défiler sur l’immense avenue mais je suis bien trop haute pour savoir qui entre ou sort de l’hôtel.

    Ce que je fais est beaucoup plus dangereux que de jouer avec le feu. Je me suis déjà brûlé en lui proposant ce rendez-vous improvisé mais tout peut encore s’éteindre, j’en ai conscience. Il y a quand même un stress qui monte en moi. S’il arrive ici, est-ce que j’arriverais à lui parler ? Ou est-ce que je lui sauterais dans les bras ? Il n’y aura plus personne autour de nous, pour nous entendre ou nous voir.

  41. Avatar de M.
    M.

    Lorsque je l’ai vu passer la porte, je sais très bien ce qui allait se passer. Je savais que nous n’aurions pas discuté du beau temps ou des années qui passent. Lui comme moi, nous avions ce besoin viscéral de s’aimer à nouveau. J’avais besoin de sentir ses mains, ses lèvres, ses gémissements.. Je mourrais d’envie qu’il me désire à nouveau, qu’il me fasse l’amour comme si je n’appartenais qu’à lui. C’est ce qu’il s’est passé mais maintenant que nous sommes l’un face à l’autre, que nos pulsions ont été comblé, il est difficile de parler. Moi aussi j’ai peur qu’il prenne la fuite si j’ouvre les lèvres autrement que pour gémir. Les années nous ont éloigné, nous ont donné d’autres avenirs que ceux que l’on avait rêvé ensemble. Alors je garde aussi les yeux clos alors que mes mains caressent sa chevelure en bataille. Je sens les larmes monter, parce que je ressens cette même douleur que cette fameuse dernière nuit que nous avons partagé il y a cinq ans. On savait que c’était la dernière et ce soir, ce sentiment revient.

    « – Je ne veux pas non plus me réveiller de ce rêve.. J’ai tellement souhaité revivre ce genre de moment avec toi. J’ai tellement voulu ressentir à nouveau ton amour.. »

    Oui, je n’ai pas mal d’être une infidèle mais j’ai mal de devoir encore envisager de m’éloigner de Garrett. J’aime cet homme et ça ne changera jamais. Il est en moi, il est mon âme sœur mais on sait très bien tout les deux que nos envies n’ont jamais eu le droit de survivre. Tout nous sépare.

    « – J’ai jamais cessé de penser à toi.. à nous.. j’ai plusieurs fois rêvé d’une vie où nous n’aurions pas été séparé.. »

    J’ouvre enfin les yeux et lui aussi menace de pleurer. Cela nous fait lâcher un rire mais ça ne contient pas nos larmes. N’est-ce pas horrible de se retrouver devant l’amour de sa vie et de se dire qu’on est voué à ne pas être avec à cause des autres ? Ou plutôt à cause de cette folle d’Elena mais maintenant que j’ai vu Jazzy, je comprend pourquoi Garrett a du faire des concessions. Et puis je ne peux lui en vouloir car j’aurai moi aussi avoir mon vrai père auprès de moi. J’ai eu James mais lui aussi va bientôt s’en aller.

    Telle une cendrillon, je sais que je ne peux pas tarder et rester toute la nuit puisque Ben m’attend. Ça me tue de devoir m’en aller comme une voleuse mais je dois abandonner Garrett en plein milieu de la nuit. Avant de m’en aller, nous partageons un dernier baiser et je crois que c’est même un baiser que je n’avais goûter avant aujourd’hui. Je ressens tout son amour, toute sa passion, toute sa tristesse. J’ai horriblement mal lorsque je suis sur le trajet du retour mais je dois cacher ma douleur quand je rejoins celui qui est mon fiancé. Il dort déjà, cela me permet d’aller prendre une douche et de cacher mes nouvelles larmes.

    Le lendemain est amer. Je n’ai pas vraiment le moral parce que je repense à cette nuit mais pour conforter Ben, je lui dis que j’ai sûrement trop bu de champagne avec Q’orianka. Nous n’avons plus besoin d’aller au musée, on peut aller profiter un peu de New-York mais je ne me doute pas que Ben a prévu plusieurs petites surprises pour moi. Il fait venir Q’ parce qu’il a privatiser un magasin de robe de mariée pour que je puisse faire des essayages devant les yeux de ma meilleure amie. Il a aussi prévu un dîner ce soir avec Henry mais il tente aussi d’inviter Garrett sans que je ne le sache.

    Les essayages ne sont pas si joyeux qu’ils devraient l’être. Nous arrivons à la boutique et j’ai le choix sur énormément de robe mais le cœur n’y est pas. Q’orianka le ressent mais elle essaye de rendre le moment moins compliqué.

    « – Quand tu retourneras chez toi, ça ira mieux..
    _ Je l’ai retrouvé cette nuit. On.. on s’est retrouvé à l’hôtel de son grand père..
    _ Oh.. et.. ? Vous avez.. ?
    _ Oui. J’ai couché avec Garrett mais je m’en fiche que ce soit mal. J’ai surtout mal de me dire que ce n’était qu’une retrouvaille d’une nuit. J’aurai préféré que ça ne s’arrête jamais.
    _ Je sais que tu l’aimes.. tout comme il t’aime encore. Mais Ben ? Tu.. enfin tu l’aimes ?
    _ Oui j’aime Ben mais je ne l’aimerais jamais comme j’aime Garrett. C’est Garrett l’amour de ma vie.. cependant il doit rester ici pour Jasmine, pour son travail, son mariage.. et moi je dois retourner en Angleterre pour mes études, mon père, mon futur mariage.. »

    Je n’arrive pas à choisir une robe. Je n’en ai pas le cœur. Je demande à Q’orianka de faire le choix pour moi puisqu’il faut bien que je ramène quelque chose pour que Ben voit qu’il n’a pas organisé cette séance shopping pour rien.

    La soirée arrive, Ben me demande de le rejoindre dans un restaurant chic sur Manhattan. Q’orianka y est conviée mais il n’y a pas que la meilleure amie. Il y a aussi ce grand bêta d’Henry et puis Garrett.. il est là, sans Elena mais avec Jasmine et Géorgie. La vieille dame vient rapidement me prendre dans ses bras et ça me fait perdre une larme car elle m’a beaucoup manqué. Jasmine aussi me saute dans les bras et cela étonne tout le monde car je ne suis pas censé la connaître cependant j’avoue avoir pris un peu de temps pour aller au bowling avec la demoiselle et son père. Ben est assez naïf pour ni voir aucun mal alors que je sens qu’au regard d’Henry, il doute un peu de ma sincérité.

    « – On a gagné tonton Henry ! Papa il a perdu et en plus Anya elle joue trop bien !
    _ Elle joue mieux que moi ? je vais devoir m’entraîner un peu plus alors. »

    Il ne relève pas le fait que j’ai passé du temps avec Garrett et Jasmine, il change même la conversation en parlant de ce restaurant et des plats délicieux qu’ils proposent. On finit par s’installer à table et je me dois de m’asseoir à côté de Ben mais Garrett se retrouve face à moi. J’essaye de sourire mais c’est compliqué, je sais que cette situation n’a rien de normal. Mon fiancé parle avec Henry mais il vient à s’intéresser à mon amant, mon amour. C’est normal, il veut connaître qui sont les personnes les plus importantes de ma vie. Ben est impressionné par le parcours professionnel de Garrett et il est amadoué par la jolie bouille de Jazzy, si bien qu’il lance un sujet qui me met mal à l’aise.

    « – J’espère qu’un jour nous aurons aussi bien d’enfants. Plein de minis archéologues en herbe. Par contre, je sais que c’est assez tardif mais j’aimerais beaucoup que vous soyez présent pour notre mariage. Je sais que vous comptez tous pour Anya alors ça serait superbe si vous pouviez venir à ce qui devrait être le plus beau jour de sa vie. On se marie le mois prochain, à York.
    _ Oh.. et bien avec les études.. »

    Henry essaye de trouver une excuse non pas pour lui mais pour toi. Il sait bien que tu n’as pas envie de voir Anya se marier mais Q’orianka ne veut pas abandonner Anya pour ce jour spécial.

    « – On fera tout pour être là. On ne promet rien mais on va tout faire pour essayer de faire le voyage. »

    Ben est ravie, il se penche même vers moi pour me prendre un baiser. J’y répond mais par la suite, j’évite de regarder Garrett. Je n’ai pas vraiment parlé ce soir, c’est la seule chose qui fait tilte à Ben lorsque nous revenons à l’hôtel. Il se demande pourquoi j’étais si silencieuse alors je dois encore une fois lui mentir.

    « – Je m’en veux car je sais que j’ai été peu présente pour eux.. je culpabilise tellement que je ne me sentais pas légitime de leurs parler comme si de rien était.
    _ Mais ils ne semblent pas t’en vouloir. Tu devrais être moins sévère avec toi. Ce n’est pas simple de quitter son pays pour un autre et puis tu as fais des études très difficiles qui ont pris beaucoup de ton temps. Sois plus cool avec toi.. »

    C’est quand même ce qui me fait du bien avec Ben. Il essaye toujours de me rassurer, de rendre ma vie plus douce. J’ai presque honte d’avoir osé le tromper mais quand je repense à Garrett, cette honte disparaît. J’ai même hâte de le revoir demain puisque nous devons aller manger tous les trois avec Jazzy. Demain sera la dernière journée que je pourrais avoir avec lui puisque demain soir je serai dans l’avion qui me ramènera en Angleterre. Je dois profiter de ces derniers instants, ces derniers souvenirs.

    Il est midi lorsque j’arrive devant un restaurant qui fait les plus bons hot-dog de la ville. Jasmine me repère de loin, ça m’amuse puisqu’on dirait qu’elle me connaît mieux que son propre père. Elle lâche la main de Garrett pour venir encore se jeter dans mes bras. C’est étonnant de savoir qu’elle tient déjà à moi alors qu’elle ne me connaît pas vraiment mais c’est ça la douceur de l’enfance, on ne juge pas, on aime sans contraintes.

    « – Bonjour mademoiselle Hedlund. Tu es prête pour manger un énorme hamburger ?
    _ Oui et même que je prendrais un milkshake au chocolat !
    _ Tu as un gros estomac comme ton papa non ?
    _ Non, papa il a un grooooooos estomac ! »

    Cette petite me fait rire. Nous revenons face à Garrett et quand je vois son sourire, je me sens soudainement tellement mieux. Je ne ressens plus la douleur de la séparation, du départ.. je ne ressens plus rien si ce n’est l’amour que je lui porte.

    « – Bonjour monsieur groooooos estomac. Je pense que nous sommes prête pour aller manger comme des ogres. »

    Jasmine hoche la tête et elle tire sur ma main pour que nous allions dans le restaurant. Un restaurant qui devrait être un endroit familiale et il l’est puisque le patron a un regard que je connais plus que bien. Andreï est là. Il se fige en me voyant entrer et moi aussi. Je secoue vivement la tête et j’entraine Jazzy vers l’extérieur.

    « – Finalement j’ai bien envie d’aller manger un hot-dog à central Park ! On pourra aller faire un peu de toboggan ? Ça te dit Jazzy ? »

    La petite fille n’y voit que du feu mais Garrett comprend ce soudain changement. Andreï n’a pas non plus donné signe de vie depuis qu’il m’a dit ne pas vouloir être dans ma vie. Cette décision a eu ses conséquence sur celle que je suis car je lui en veut, je le déteste de ne pas avoir voulu faire partie de ma vie alors que j’aurai eu besoin de mon vrai père auprès de moi.

    « – Dis Anya, est-ce que tu aimes mon papa ? Parce que tu es plus mieux que ma maman et papa il sourit avec toi ! Ah oui c’est vrai papa ? En plus elle est belle Anya, on dirait une princesse ! »

    Jasmine sort cette question sans que moi ni Garrett l’ayons vu venir. Les enfants n’ont pas la notion des adultes, la petite veut seulement le bien autour d’elle et avoir une vie avec une femme qui l’aime, tout comme cette femme rendrait son papa heureux. Je ne sais pas quoi répliquer à la petite, je relève mon regard vers Garrett pour qu’il prenne le relais car lui doit mieux savoir gérer les questions curieuses de sa fille.

  42. Avatar de M.
    M.

    Jusqu’à la dernière minute, j’ai cru qu’il allait arriver et tout faire pour ne pas que je dise oui à Ben mais il n’est pas venu. Personne n’est venu, même pas Q’orianka. Je ne peux pas la blâmer car ses études sont intenses mais j’avais le maigre espoir de la voir mais surtout de le voir.. Cependant j’ai fini par dire oui et je suis devenu madame Barnes. J’ai beaucoup hésité pendant le dernier mois avant ce fameux jour mais j’ai repensé à Garrett et Jasmine.. Même si mon rêve le plus fou était d’être avec eux, je savais aussi que si je revenais dans sa vie, Elena ferait tout pour éloigner Garrett de sa fille. Je ne pouvais pas lui faire ça. Je ne pouvais pas le séparer de son plus beau trésor. J’ai vu dans ses yeux que Jazzy était son monde et bien que j’aime cet homme de tout mon cœur, je ne suis pas assez égoïste pour lui retirer ce qu’il a construit avec Jasmine.

    Les mois ont quand même été compliqué après mon retour de New-York. J’ai repensé à cette nuit d’infidélités, ce moment d’extase absolu et je sais que cela a joué sur ma relation avec Ben. Au début tout allait encore assez bien mais après le mariage, quelques disputes ont éclaté car il me trouve plus distante. Je met cela sur la fatigue des études mais je sais que c’est surtout parce que je pense bien plus à Garrett qu’à mon propre époux.

    La vie a dû reprendre son cours malgré tout. J’ai repris mes études et j’ai plusieurs fois dû me ressaisir pour ne pas tout quitter afin de rejoindre New-York. C’est seulement au bout de quelques mois que j’ai reçu un appel d’Henry et des nouvelles qui m’ont cloué au sol. Jazzy morte.. Garrett enfuie ou peut-être mort.. J’ai l’impression que le destin a décidé une nouvelle fois de me punir. Quoi que non, il a aussi fait mourir James la même semaine que cette nouvelle. En quelques jours, mon monde s’est écroulé. Mon père est mort, le petit rayon de soleil qu’est Jazzy aussi et puis mon grand amour.. pour lui personne ne sait rien mais la simple idée de le savoir mort à mis mon cœur en cendre. Oui en cendre puisque d’ordinaire j’aurai pleuré, voulu me suicider, hurler ma peine mais là quelque chose d’autre c’est créé en moi. Une carapace de rage, de douleur, de haine. Pour se protéger, mon esprit et mon corps ont décidé de stopper mes émotions, mes sentiments. Sans vraiment m’en rendre compte, je suis passé de la gentille et douce Anya, à la garce antipathique que l’on nomme Anastasya.

    Je pense que j’avais besoin de ça pour ne pas finir par me détruire. Si je n’avais pas fait taire mes émotions, j’aurais tout abandonné . Par contre cela n’a pas été sans conséquence puisque Ben a fini par demander le divorce après huit mois de mariage et aujourd’hui j’ai beaucoup plus d’ennemis que d’amis. Je n’ai pas abandonné l’archéologie, au contraire j’excelle dans mon domaine si bien que cela ne plaît pas forcément à mes camarades, surtout que je n’ai plus rien à perdre alors je n’hésite pas à faire les yeux doux aux professeurs pour avoir les meilleurs voyages ou les meilleures affaires à traiter.

    On m’a envoyé au Mexique pour fouiller un site Inca. Je suis accompagné de l’un de mes professeurs mais aussi quelques camarades de classe. Il faut déterrer et dater des objets mais aussi des corps sacrifiés. En soit c’est une sorte de routine mais entre deux fouilles, j’ai pris le délicieux vices d’aller faire la fête. J’avoue que c’est devenu une sorte de réconfort. La boisson, la danse, les coups d’un soir.. je me refuge parfois dans cette perdition pour m’occuper l’esprit autrement qu’en pensant à Garrett ou Jazzy. Les mois sont passés mais ça me hante toujours. J’essaye de tout faire pour les mettre loin derrière moi et ainsi faire taire ma douleur mais la nuit, je n’arrive plus à avoir un sommeil normal car je ne fais que les revoir. J’imagine leurs corps morts et ça me consume encore plus alors oui, je préfère passer mes nuits dans les bars ou avec des inconnus plutôt que de subir cette torture que mon esprit m’inflige.

    Monsieur Jackman est mon professeur référent mais aussi celui qui nous accompagne pour cette expédition. Il est aussi une sorte d’amant que je mène aisément à la baguette pour obtenir tout ce que je souhaite. Il est fou de moi. En même temps je ne suis pas comme sa vieille épouse, je suis jeune et je pimente sa vie. Il y a aussi mon camarade Andrew qui nous accompagne et qui est aussi un amant. Lui est beaucoup plus discret et timide mais ça m’amuse de le faire vriller. Je sais qu’il sait pour ma relation avec le professeur mais il ne dit rien et il semble accepter.

    Aujourd’hui nous sommes sur le site et je dois entrer dans l’une des pyramides pour aller fouiller ce qui semblerait être une chambre funéraire. J’ai eu ce privilège grâce à Hugh et je sais que ça ne plaît pas aux autres élèves mais je m’en fiche. Par sécurité, je dois mettre un masque sur mon visage pour éviter d’inhaler des poussières qui datent de plusieurs siècles. J’ai aussi la parfaite tenue des archéologues donc ce fameux pantalon en toile beige et la veste qui va avec. Difficile de me reconnaître ainsi mais quand je suis sur des fouilles, je ne tiens pas à être la plus sexy.

    « – Tu as le droit d’y aller deux heures. On nous a donné l’autorisation ce matin mais tu ne peux pas rester plus longtemps. On se fait surveiller par les autorités. Ils ont peur que l’on dégrade l’intérieur de la pyramide.
    _ Ils nous font chier avec leurs règles à la con. Mais bon, je reviendrais dans deux heures.
    _ Fais attention à toi Anya.. et.. je t’aime.. »

    Quoi ?! Hugh me lance ces mots et je préfère vite m’éloigner dans la pyramide pour ne pas à avoir à lui répondre. J’entre dans cette vieille bâtisse et je m’enfonce pour rejoindre la salle que je dois analyser. Outils en main, lampe sur le front, je me concentre sur ce que je dois faire mais une trentaine de minutes plus tard, ma lampe tombe et dans une confusion, je retire quelques secondes mon masque. L’odeur n’est pas la plus agréable ici mais je ne pense pas que cela aura un impact sur moi. Enfin, je me remet au travail quand tout semble bon. C’est au bout d’une autre demi heure que j’entends du bruit venant d’une autre salle. Je devrais être seule ici. Par précaution, j’éteins ma lampe et j’avance lentement pour voir si c’est l’un de mes camarades qui a été envoyé. J’en serai plutôt vexé puisque cela voudrait dire que Hugh n’a pas assez confiance en moi mais quand j’arrive à l’entrée de l’autre salle, mon cœur se fige. Malgré le peu de lumière, je reconnaîtrais ce visage entre des milliers. Garrett.. Ce n’est pas du tout normal. C’est impossible. C’est sûrement la poussière que j’ai inhalée qui me fait délirer. Sentant une angoisse monter, je préfère tout stopper et sortir de la pyramide sans plus attendre. Hugh ne comprend pas, mes camarades non plus.

    « – Tout va bien Anastasya ?? Qu’est ce qu’il se passe ??
    _ Ça va.. ça va.. j’ai juste du mal à respirer là bas mais ça va.. »

    J’ai surtout vu un fantôme de mon passé. Le fantôme de mon grand amour.
    Pour aujourd’hui je préfère ne pas retourner dans la pyramide, je retourne à l’hôtel pour aller me doucher mais impossible de me retirer ce que je viens de voir de mon esprit. Cela fait des mois que j’essaye de faire le deuil de Garrett et voilà que maintenant j’hallucine. Pour essayer d’apaiser mes pensées, je fini par aller en centre ville pour aller oublier ce que j’ai vu avec quelques verres de tequila.

    L’ambiance est assez sympa ici même s’il n’est pas recommandé d’être une femme seule dans ce genre d’endroit mais j’ai choisi un bar qui est rempli de touristes alors je risque moins les problèmes. À l’heure actuelle, j’ai troqué mes vêtements d’archéologue pour une robe rouge qui moule mes formes et mets en avant ma poitrine bombée. Elle est loin la petite Anya prude. J’aime plaire, j’aime faire tourner les têtes. Je sais que beaucoup d’hommes profitent de la vue, même ceux qui sont accompagnées de leurs épouses. C’est diabolique de ma part mais j’aime ça.

    « – deux tequila s’il vous plaît.
    _ Encore deux mi corazón ? Vous allez avoir mal à la tête demain matin
    _ Il m’en faut bien plus pour avoir mal à la tête. »

    Le barman s’en amuse et il me donne deux shoot de tequila que j’enquille l’un à la suite de l’autre. L’alcool brûle la gorge se réchauffe déjà mon sang. Je cherche un amant à me mettre sous la dent pour ce soir. J’ai du choix puisqu’il y a pas mal d’hommes seuls ce soir. Je fais donc un tour visuel de la salle mais encore une fois mon cœur se fige. Il est là.. il est assis à une table, seul. C’est vraiment impossible. Est-ce que mon esprit me joue des tours ? Garrett est mort ! C’est ce que m’a dit Henry ! Il n’aurait jamais disparu sans me donner un signe de vie ! Ou alors il l’a fait et ça.. ça ne peut pas passer.

    « – Tout va bien Bella ?
    _ Encore deux tequila s’il vous plaît.
    _ Vous êtes sur ?
    _ Sur et certaine ! »

    Je dois halluciner. Je reprends encore deux shoot et je me relève du tabouret. Il faut que je m’occupe l’esprit. Il faut que j’arrête de penser à Garrett. Je dois trouver un garçon pour la soirée, un autre visage qui me fera oublier celui de mon ancien amant. Je vais donc vers la piste de danse et je réussis à me glisser au milieu pour pouvoir danser, oublier et aussi laisser quelques hommes se glisser contre moi.

    La musique m’emporte, l’alcool commence à faire son effet. Je me sens un peu mieux, libre et loin de mes démons. Je me fais attirer par un homme qui doit avoir mon âge et il m’entraîne dans une danse pour le moins Caliente. Il essaye même de venir chercher mes lèvres pour un baiser particulièrement torride mais il n’a pas le temps puisqu’un autre homme vient chercher ma compagnie. Dans un mouvement maîtrisé, cet autre homme me fait tourner et quand je me retrouve face à lui, je perds à nouveau ma légèreté. C’est Garrett. Il est certain que c’est lui. Il me fixe du regard et attend une sorte de réponse de ma part mais je n’arrive pas à parler. Je sens surtout une boule se former dans ma gorge et une colère prendre possession de mon ventre. La colère est devenue mon moteur principal. J’attaque facilement et je me montre féroce. Là, je devrais surtout lui sauter dans les bras et lui hurler qu’il m’a manqué mais ma carapace me rappelle que c’est peut-être une illusion ou alors si ce n’est pas le cas, Garrett m’a torturé en partant sans rien dire. Sans même essayer de me revoir.

    « – Va t’en.. »

    Dis-je presque calmement mais il ne part pas. Il reste face à moi. Je lui ai laissé la chance de s’éloigner mais comme il ne veut pas le faire, je me met sur ma défense et sans prévenir, je le gifle. Cela fait reculer les gens autour de nous et le jeune homme avec qui je dansais, viens même le voir pour savoir si tout va bien.

    « – Partons d’ici. Viens avec moi. »

    J’attrape la main de cet inconnu et je nous fait sortir de cette marrée humaine. J’ai du mal à réaliser ce qu’il vient de se passer. Est-ce que c’était réel ? Je ne me retourne pas car je ne veux pas connaître la vérité. Si pour mon jeune accompagnant ça semble être le jackpot, pour moi c’est encore un moment de déchéance. Je n’avais pas ressenti un tel sentiment d’incontrôle depuis des mois mais ça ira mieux quand je serais seule avec ce garçon. Pour cela il faut partir d’ici alors nous quittons le bar et je lui demande de nous mener à son hôtel mais je ne me doute pas que je me fais suivre par le fantôme du grand amour de ma vie.

  43. Avatar de M.
    M.

    Mais qu’est ce qu’il fou ? J’ai envie de le tuer ! J’ai envie de le frapper ! Mais il est là, comme une épave et même si je lui en veux de tout mon être, je ne peux pas le laisser seul dans cette chambre et dans cet état alors je reste toute la nuit. Il finit par se réveiller mais on doit déjà faire une course folle à cause de la police qui arrive. Décidément rien ne va. Garrett nous fait courir un bon moment avant de s’arrêter et de reprendre mon souffle mais ses mots sur Ben finisse par mettre la cerise sur le gâteau. Depuis la veille je me retiens de ne pas lui hurler dessus et de me jeter dessus pour le gifler. Malgré le monde autour de nous, je commence à lever les mains et à le frapper. Il se protège comme il peut mais il reçoit quand même plusieurs claques avant que je ne me recule pour éviter de ne pas être encore plus violente.

    « – Vas te faire foutre Garrett ! Vas bien te faire foutre ! »

    Il réapparaît dans ma vie comme par magie, il gâche ma soirée et maintenant il ose me parler de Ben ? Je crache à ses pieds avant de me tourner et de partir vers des taxis qui attendent près de la place. Je déteste cet homme. Je le haïe. Il m’a abandonné, il m’a brisé. Je dois m’éloigner de lui car je sais que je vais être virulente, que je vais être méchante. Il faut dire que je suis une garce depuis bien des mois mais là, j’ai envie de tout détruire. Alors quand il vient me rattraper à nouveau pour essayer de me stopper, j’ai encore un regain de violence et je le repousse si fort qu’il tombe sur ses fesses.

    « – Tu es un gros connard !! Un putain de connard de merde ! Tu es parti sans rien me dire ! Tu m’as abandonné ! »

    Et je le vois bien répliquer que c’est moi qui suit parti à Londres mais je ne lui laisse pas le plaisir de répliquer.

    « – Si tu n’avais pas engrossé cette putain, je ne serai pas parti ! Et même si j’étais à Londres, j’étais toujours là pour toi ! Je t’aurais toujours choisi parce que tu étais celui que j’aimais le plus au monde ! J’aurai pu tout abandonner pour toi ! Même le jour de mon putain de mariage, j’ai attendu que tu viennes pour me sortir de là ! Et quand j’ai su pour Jazzy.. je.. j’aurai tout arrêté pour venir te retrouver ! Pour t’aider ! Mais non, toi tu es parti comme un voleur et tu ne m’as pas laissé le choix. Ça fait des mois que je pense que tu es mort ! Tu sais ce que ça fait de croire que l’amour de sa vie est mort ?! Je vis avec la culpabilité de ne pas avoir su t’aider ! Je vis avec la douleur de croire que je ne te verrais plus jamais ! J’ai le cœur brisé et j’apprend quoi ? Qu’en faite tu es vivant mais tu es en as rien à foutre de moi ? Tu n’as même pas cherché à me contacter ?! Vas te faire foutre Garrett ! Je ne veux plus rien à voir avec toi ! Je veux que tu pourrisses en enfer ! »

    Je suis dans une telle rage que les larmes se mettent à couler sur mes joues mais je les essuie rapidement car il est hors de question que je montre mes faiblesses. C’est terminé ce temps où je laissais les émotions gagner et où je tentais de tout arranger.

    « – Et pour ta gouverne, monsieur parfait m’a demandé en divorce parce qu’il n’aimait pas que son épouse puisse coucher avec d’autres hommes. Tu devrais savoir que j’ai pas besoin d’un chaperon pour me dire avec qui je dois passer ma soirée ou non. Cela t’évitera de prendre encore des bouteilles sur la tête. »

    Il y a encore plusieurs années, j’aurais tout fait pour lui, pour ne pas qu’il s’éloigne de moi mais là je suis dans une colère si intense que je ne veux plus jamais le voir. De toute façon il a su vivre sans moi alors pourquoi le laisser revenir ? Je profite qu’il soit encore au sol pour filer dans un taxi et je demande au chauffeur de rapidement m’amener dans mon hôtel. J’ai besoin d’une douche, d’alcool, de changer mes idées. Cependant ce n’est pas maintenant que je pourrais m’évader dans les vices, je dois rejoindre la pyramide avant l’heure du midi. Il est hors de question qu’un autre élève prenne ma place dans les recherches.

    Difficile de bien me concentrer avec ce que j’ai vécu cette nuit. Hugh a remarqué que je n’étais pas comme d’habitude, si bien qu’il me propose de prendre mon après-midi mais je refuse. Être devant des vieilleries est toujours mieux que de m’apitoyer sur mon sort. Malgré tout je pense et repense à ce qu’il s’est passé. Il est au Mexique.. depuis combien de temps ? Et qu’est ce qu’il fou ici ? Non, je ne dois pas penser à sa vie. Après tout il a décidé de venir ici, de sûrement refaire sa vie alors c’est son problème. Dans une semaine je serais dans un avion qui me ramènera en Angleterre, alors il ne deviendra qu’un mauvais souvenir.

    Pour éviter de retomber sur lui, ce soir je décide de rester dans le bar de mon hôtel. Ce n’est pas le plus festif, il est juste bon à boire des cocktails. Pourtant en faisant cela, je me retrouve avec Hugh et je ne sais pas si c’est la meilleure des idées puisqu’il profite du fait qu’on soit loin de son épouse pour être encore plus proche de moi. Il est un amant mais rien de plus à mes yeux.

    « – Tu sais.. j’y ai beaucoup réfléchis et on pourrait être plus que des amants..
    _ Ah oui ? Tu comptes divorcer de ton épouse ? , Dis-je avec amusement
    _ Oui, je vais demander le divorce. Je veux être avec toi Anya. »

    J’en recrache le mojito que j’ai en bouche. Hugh est sérieux, moi j’ai envie de rire aux éclats. Il comprend aisément que nous ne sommes pas sur la même longueur d’ondes et il en prend un air beaucoup plus grave.

    « – Cela fait des mois qu’on a une relation.. je pensais que..
    _ Ah ! Pardon ! J’ai un ancien ami qui m’appelle. »

    Qu’est ce qu’il fou ici ? Garrett vient de se poser au bar et il me fixe, cependant je profite de sa présence pour échapper à Hugh. Je pourrais être mauvaise et lui dire que jamais je ne serais en couple avec lui mais il n’en reste pas moins mon professeur et il pourrait me mettre des freins dans mes études. Je prend donc mon verre et je me lève pour aller vers Garrett. Mon regard s’assombrit malgré moi. Ce soir je n’ai pas ma robe rouge qui épouse mes formes mais j’ai quand même enfiler une tenue qui marque ma poitrine. Je sais que c’est de la provocation et j’adore provoquer.

    « – Tu as décidé de me traquer ? Ou alors tu es venu t’excuser ? Ah.. quoi que je m’en fiche en fait. Tu vas surtout me servir pour que mon prof me laisse tranquille ce soir. »

    Je m’assis sur le tabouret à côté de lui et je fais signe au barman de lui servir un verre. L’ancienne Anya est très loin, je n’ai plus peur d’obtenir ce que je veux et de me montrer peste. Hugh soupire en voyant que je ne compte pas revenir vers lui et il quitte le bar assez vite. Je pourrais en faire de même mais malgré tout, quelque chose me pousse à rester auprès de Garrett même si je suis toujours en colère contre lui.

    « – En tout cas je t’ai connu plus soigné que ça. Tu ressembles à un mec qui est resté sur une île déserte pendant des mois. Dois-je en conclure que tu as joué l’aventurier dans la jungle mexicaine ? La seule chose agréable c’est que tu sembles avoir pris en muscles. Sans vêtements tu ne dois pas être moche à voir. »

    Je termine mon second verre et j’en recommande encore un malgré que je devrais plutôt fuir Garrett. Le barman me l’apporte avec un sourire amusé puisqu’il m’a déjà ramassé ivre lors de la première soirée passée ici.

    « – Faites attention Miss Anastasya, vous risquez encore d’avoir mal à la tête demain.
    _ Ça va aller Diego. C’est mon dernier verre, promis. »

    Je lève mon verre vers ce jeune homme mais je fini par reposer mon regard sur Garrett. Il m’observe aussi avec une colère, une méfiance, sûrement un dégoût. Après tout, il s’attendait peut-être à retrouver la petite femme fragile qu’il avait quitté il y a plusieurs mois. Peut-être qu’il pensait que je resterais cette jeune femme facilement manipulable et bien trop conciliante. Dans un sens, cette jeune femme lui aurait déjà sautée dans les bras et pardonnée. Là, il se retrouve devant quelqu’un qui n’a plus confiance en personne et qui ne pense qu’à elle.

    « – Quoi ? Sois déjà content que je ne me remette pas à te botter les fesses. »

    Petite mais assez tranchante. On m’a souvent dit que j’étais un petit pitbull et la comparaison a valu quelques réflexions que les personnes concernées se rappelleront un bon moment.

    « – Je vais pas te la faire longue. Je sais que tu as vécu un drame horrible et que tu dois en souffrir. Mais ce n’était pas une raison pour disparaître. Tu vois, toi t’as quand même une famille. Tu as des parents, une sœur, des amis. Ils étaient là pour toi et ils seront toujours là pour toi. Alors oui, tu en veux au monde entier et tu as mal d’avoir perdu ton enfant mais tu peux encore aller vers les tiens et remonter la pente. Hm.. Donc vas les retrouver au lieu de perdre ton temps ici. »

    Oui, il a encore tout même s’il semble vouloir fuir ces gens. Moi.. je n’ai personne à fuir puisque je n’ai plus rien. Même plus mes amis puisque je me suis disputé avec Henry et Q’orianka. Pas de familles, pas d’amis, rien.. au moins je suis tranquille pour les cadeaux de Noël. Cependant pour Garrett, j’ose espérer qu’il voit la chance qu’il a encore et même si je ne veux plus de lui dans ma vie, je préférerais le voir entouré et heureux que seul et perdu dans un endroit minable.

    « – Tu peux encore faire quelque chose de ta vie si tu t’entoures bien. »

    Je termine mon troisième verre et je sais que ça commence à faire son effet puisque j’ai chaud. Je ferai mieux de me stopper là et retourner dans ma chambre. Pourtant je commande encore un verre et même un cinquième. Et ce n’est pas Garrett qui pourra m’en empêcher cependant quand il sort une cigarette, je viens lui en piquer une. Mauvais vice aussi.. quoi que ce n’est que très rare que je me permet de fumer. On ressemblerait presque à deux épaves qui n’essayent même pas de sortir de l’eau, même si il tient mieux l’alcool que moi puisqu’au final, le sixième verre me fait sentir mal. Portée comme un sac à patate sur son épaule, je retrouve ma chambre grâce à son aide.

    Ma chambre est en piteux état, tous mes vêtements sont au sol et il y a plusieurs bouteilles vides qui traînent. Heureusement il n’y a rien sur mon lit et il peut facilement me déposer. Je ne reste pas allongé car l’envie de vomir arrive et je fonce aux toilettes pour me soulager. D’ordinaire je ne tombe pas facilement malade mais peut-être que la contrariété ne m’aide pas à cuver correctement. Je sens qu’il se met derrière moi, qu’il relève ma longue chevelure mais j’évite de le regarder. Je ne supportes plus que l’on puisse me voir dans des états de faiblesse.

    « – Ça va aller.. je vais gérer toute seule.. comme j’ai appris à le faire depuis bien longtemps. »

    Je me relève pour aller rincer ma bouche, mon visage mais quand je me redresse et que je le vois derrière moi dans le miroir, j’ai le flash d’un moment où nous étions plus jeunes et que nous étions aussi dans une salle de bain. J’en ai un pincement au cœur mais au lieu de laisser la nostalgie me prendre, je sens la colère à nouveau monter.

    « – Qu’est ce qu’il y a ? Ça te fait plaisir de me voir dans cet état ? Tu devrais t’entendre avec Monsieur parfait alors ! Lui aussi semblait kiffer me voir être au plus mal. Bref, retournes à ta vie. J’ai rien à t’apporter. J’ai plus rien à apporter à personne. »

  44. Avatar de M.
    M.

    Je ne sais pas pourquoi j’ai voulu à tout prix savoir où il se cachait. Je ne sais pas non plus pourquoi je me suis introduite dans son voilier mais même si j’ai été la pire des garces avec lui, j’avais besoin de savoir où il vivait et ce qu’il faisait. Il n’était pas là quand j’ai trouvé son bateau et j’ai pu constater qu’il était tout autant bordélique que moi mais au lieu de repartir, je me suis allongé dans son lit et je me suis endormi. Cela faisait très longtemps que je n’avais pas dormi ainsi et je ne pense pas que ce soit l’alcool qui est en cause mais plutôt son odeur.

    Le réveil est plus compliqué puisqu’il entre et il fait une scène comme j’ai pu en faire plusieurs la veille. Son visage est tuméfiée, il sent l’alcool et il crache sa colère mais je ne réplique pas. Je reste assise dans le lit, le plaid autour de moi et je l’observe se mouvoir comme un lion en cage. J’ai envie de lui hurler dessus mais je crois que je l’ai déjà assez fait. Et puis ces confessions ne me permettent pas d’aboyer comme un roquet. Il a mal comme moi.. il est perdu comme moi.. Cependant il termine ses mots et je n’aime pas cette fin. Il n’a pas le droit de dire que l’on l’aime. J’ai ce sentiment que personne n’a le droit de m’aimer. Alors je me relève du lit et je me rapproche de sa cabine de douche.

    « – Tu ne sais rien ! Tu n’as pas le droit de dire qu’on m’aime ou que l’on tient à moi ! C’est faux ! Tout le monde finit par m’abandonner. Comment on peut aimer et abandonner ? Et ne dis pas que j’étais heureuse avec Ben parce que c’est faux ! Je pensais qu’il aurait été un pansement pour me soulager de notre séparation mais j’ai jamais réussi à guérir ! Alors non, tu ne sais rien ! Tu.. tu n’as pas le droit de dire que j’avais une belle vie parce que non ! J’ai du partir à des milliers de kilomètres de toi ! J’ai du laisser ma place pour ne pas que ton ex te retire Jazzy et.. et au final j’ai fais tout ça pour rien ! Parce qu’elle t’a quand même puni et.. bon sang.. »

    Je ferme un instant les yeux pour éviter les larmes. Je ressens une immense culpabilité. Parfois j’ai l’impression d’être celle qui a tué Jazzy alors que non. Mais j’ai toujours en tête que si j’avais été là, peut-être que je me serais battu comme une déchaînée pour qu’Elena ne touche plus à sa fille. J’aurai aussi récupéré l’homme que j’aime mais au lieu de ça je suis reparti à Londres.

    « – Bref. De toute façon le mal est fait non ? Hm.. Je dois y aller. Je vais être en retard au travail. »

    J’ai surtout envie de fuir à nouveau parce que de toute façon on continuera à se disputer. Deux âmes brisées ne peuvent pas s’offrir des sourires. Je récupére ma veste que j’avais posé sur le côté mais son corps nu et mouillé arrive face à moi. Il est prêt à de nouveau me râler dessus, je le sais puisque je suis dans le même état de pression. On pourrait croire que nous allons nous battre tant l’ambiance est orageuse mais quand il attrape mon poignet, je lâche un grognement mais au lieu de me défendre, je me jette sur ses lèvres.

    Je ne l’avais pas embrassé depuis notre dernière nuit à New-York. Ce simple contact m’électrocute et je passe mes bras autour de son cou pour ne pas qu’il s’éloigne. Comme une droguée, je retrouve ma dose de cam qui m’est vitale pour survivre. Je l’embrasse à en perdre le souffle, à en avoir les joues rouges et le cœur tellement rapide que mon corps tremble. Au diable les accusations, je le laisse poser ses mains sur moi et retirer petit à petit mes vêtements. Chaussures, robe, sous-vêtements, tous finissent au sol alors que nous nous finissons sur son lit. Je me retrouve assise sur ses cuisses et je gémis lorsque je sens sa langue glisser sur ma poitrine. J’en veux toujours plus. Je veux qu’il me possède, qu’il me désire. Nos bassins dansent l’un contre l’autre, je sens sa virilité pulser et j’aurai presque l’impression qu’il va jouir maintenant mais je ne lui laisse pas ce luxe puisque je le fais venir en moi. On se laisse porter par nos pulsions. Je me sens revivre. Mon bassin danse fermement sur le sien mais mon amant ne se laisse pas prier pour augmenter nos retrouvailles. Dans ses bras, je suis presque une poupée de chiffon tant il exprime son envie mais moi aussi je veux de lui. Moi aussi je veux prendre le dessus sur mes envies.

    « – Con..continus.. putain.. oui… »

    Le bateau bouge un peu, signe que nous ne sommes pas vraiment sage. Je finis à mon tour sur le matelas, allongé sur le ventre et je le sens revenir en moi avec une fougue encore plus explosive. Il m’en fait crier de plaisir. Je n’avais pas ressenti cette sensation depuis.. depuis lui. Il n’y a que lui qui a toujours su m’amener dans des états de plaisir ultime. Je m’agrippe aux draps jusqu’à ce que mon dos vienne se cogner contre son torse. Ses mains continuent de m’explorer, de me faire voyager et la jouissance nous attrape. C’est exquis, divin, paradisiaque.

    Je n’ai pas le souffle pour parler, ni l’énergie pour me laisser tomber. Je reste contre lui alors que ses bras me serrent au plus fort. Je sens son cœur cogner contre sa cage thoracique et son souffle chaud caresser mon épaule. Il n’y a plus rien qui compte à part lui. Je viens même lier nos doigts pour ne pas qu’il me lâche maintenant car je veux encore le sentir contre moi. La dernière fois que nous avons été aussi proche, nous avons finis par encore une fois nous quitter et le simple souvenir de cette sensation, tiraille mon corps.

    « – Encore.. je.. je veux que tu me fasses l’amour encore.. et encore.. »

    Mon professeur et mes camarades ne me verront pas de si tôt. Je ne veux pas partir maintenant. Nous retombons quand même sur le lit et je reviens sur lui pour l’embrasser. Sa lèvre ne saigne plus, son visage a encore des gonflements mais je me fiche de ça. J’ai ce besoin de continuer à le sentir me vouloir. Mes mains se perdent dans ses longs cheveux et je n’arrive pas à le relâcher. Tout ça n’est peut être qu’un rêve.. qu’est ce que j’ai pu rêver de le retrouver. Je me suis imaginé mille scénarios de retrouvailles. À Londres, à New-York, dans un café, une salle de concert ou même dans un avion. J’ai tant souvent voulu qu’il soit près de moi mais il me reste quand même cette rancœur. Je ne pense pas qu’elle soit vraiment envers lui mais plus envers le destin qui a toujours fait en sorte de nous éloigner.

  45. Avatar de M.
    M.

    Même si j’ai essayé de garder la tête haute devant lui, ses larmes et ses mots m’ont fait si mal. Il dégage une peine immense et je sais que rien ne pourra soigner cette blessure encore ouverte. Il se sent coupable et j’aurai beau lui dire qu’il ne l’est pas, je sais qu’il ne m’écoutera pas. Pourtant il n’y est pour rien, il ne pouvait pas savoir ce qu’avait Elena dans son esprit. Si elle voulait détruire Jazzy, elle aurait fini par réussir. J’ai aussi mal quand je repense à cette petite demoiselle qui avait réussir à conquérir mon cœur.. j’ai toujours eu un problème avec les enfants mais Jasmine m’avait ému et elle m’avait presque persuadé de rester à New-York avec elle et Garrett mais ça je le garde pour moi, je ne tiens pas à remuer le couteau dans la plaie.

    Lorsqu’on se retrouve sur le haut du bateau et que je suis installé entre ses cuisses, Garrett essaye de changer de sujet en parlant de Ben mais ce n’est peut-être pas le meilleur moyen pour me faire sourire. Je fais même une grimace quand il dit que Ben était un peu trop coincé.

    « – Il voulait une famille.. Il voulait une vie comme tout couple devrait avoir. Un mariage, une belle maison, des enfants.. mais moi je ne faisais que de penser à toi et à cette vie que j’aurais souhaité avoir avec toi. »

    Je n’arrivais pas à voir un avenir avec Ben. Pourtant j’avais dis oui devant le maire mais ça n’avait pas changé mes pensées. Le pire a été quand Henry m’a dit que Garrett était sûrement mort, c’est là que tout a vrillé avec Ben. J’ai été la pire des épouses avec lui. Je lui en voulais d’être mon mari, je lui en voulais d’être dans ma vie.

    « – Il m’a demandé le divorce parce que j’étais la pire des épouses. Je n’étais pas celle qui était présente pour lui faire un bon repas.. j’étais plutôt celle qu’il devait aller chercher dans les bars et les hôtels. Je passais mes nuits avec d’autres hommes plutôt qu’avec mon époux. Je crois que.. j’étais tellement malheureuse de te savoir mort, que plus rien n’avait d’importance. Je faisais les choses sans réfléchir parce que je voulais m’autodétruire. »

    Et je le fais encore, j’en suis consciente. Ça paraît bête en extérieur mais c’est un moyen pour moi de souffrir autrement qu’en imaginant Garrett mort. Maintenant je sais qu’il est bien vivant, je suis contre lui mais il y a un énorme vide dans ma vie. Plusieurs années ont été comblé par des erreurs et des difficultés. La jeune Anya pleine d’espoir de réussite n’a pas réellement eu son trophée d’or. J’ai réussi mes études mais pour le reste, j’ai saboté ce qui m’entourait.

    « – De toute façon je sais que Ben n’était qu’un moyen pour moi de ne pas être seule. Quand je suis arrivé à Londres, je n’avais plus aucun repères et la solitude devenait si forte que lorsqu’il m’a proposé un date, j’ai accepté. Après il n’était pas un mauvais garçon, il m’a toujours bien traité mais moi non. Je l’ai sali et fais de lui l’homme le plus cocu d’Angleterre. »

    Je ris jaune quand j’y repense mais bon, c’est ainsi. Je culpabilise un peu puisqu’il méritait une femme bien meilleure que moi mais je ne peux pas revenir dans le passé. Si je le pouvais, ce n’est pas ma vie avec Ben que je changerais mais celle avec Garrett. On n’aurait jamais été séparé.

    « – Enfin bref.. c’est du passé. Je ne suis plus mariée. Par contre j’ai mon professeur qui croit qu’on va finir en couple et marié d’ici peu. »

    Je pouffe de rire à cette idée car je n’ai jamais envisagé une telle chose. Hugh n’était qu’un moyen d’avoir des meilleures notes et des meilleurs sites de découvertes. J’explique à Garrett que hier soir, c’était l’homme avec qui j’étais au bar avant de le rejoindre. Je lui explique aussi ce que je fais ici et la date où je repars. Il ne me reste que quatre jours avant de reprendre l’avion pour Londres mais aussi quatre jours pour terminer mes fouilles. J’ai déjà loupé hier alors je ne vais pas pouvoir rester encore une journée avec mon ancien compagnon. Bien que je ne veux pas le quitter, mes recherches sont bien trop importantes pour que je les abandonne.

    « – Je suis certaine qu’il y a des anciens objets maya encore cachés mais c’est compliqué de les trouver car toutes les pyramides ont été pillées depuis des siècles. Je sais que dans de nombreux marchés noirs, je pourrais récupérer des artefacts mais c’est assez dangereux car ils appartiennent souvent aux trafiquants du coin. »

    Parfois j’ai eu en tête d’être une sorte de justicière de l’histoire et d’aller récupérer des objets volés mais je suis un peu trop optimiste. De toute façon je ne peux pas me permettre de m’éloigner de mes objectifs puisqu’il me reste deux années d’études pour être officiellement docteur en archéologie. Pourtant si je repars, je serai à nouveau éloigné de Garrett.. Je ne peux pas lui imposé de me suivre et de vivre une vie qu’il ne voudrait certainement pas. Il embrasse sa liberté depuis la mort de Jazzy.

    « – Je vais devoir y aller.. hm.. mais tu sais où me trouver si tu veux me voir avant mon départ.. »

    Je n’aime plus ce mot ni cette sensation. Comme on le dit si bien, jamais deux sans trois et il va y avoir cette troisième séparations. Je me relève mais dépose un baiser contre ses lèvres. C’est furtif mais vital. Ma nudité laisse place à ma robe de la veille et je fini par partir puisque je dois encore aller me laver ainsi que me préparer pour rejoindre le site archéologique. Mes camarades semblent me faire la gueule, Hugh aussi. Je n’ai rien dis pour rien, je ne me suis même pas excusé. Hugh vient même m’annoncer qu’il a laissé Bethany prendre ma place et qu’au lieu de fouiller, je dois m’occuper de faire les mesures des objets déjà trouvés.

    « – Je t’ai donné la chance d’être celle qui pouvait entrer dans la pyramide et même si tu as été malade, tu aurais du me prévenir de ton absence. On ne peut pas se permettre une journée de retard et on a perdu une journée à cause de toi !
    _ Si tu veux me punir alors vas-y. De toute façon c’est tou le professeur.
    _ Tu es bizarre depuis quelques jours Anya. Au lieu de correctement travailler, j’ai plus l’impression que tu es ici pour t’amuser. Tu crois que je n’ai pas vu le grand blond te suivre avant hier ?
    _ Et ? Tu es jaloux ? Je ne suis pas engagé avec toi Hugh.
    _ N’oublie pas que je peux te faire redoubler ton année. »

    J’aurai bien envie de le gifler mais je dois me contenter de l’ignorer. La journée est longue et ennuyante. Du moins jusqu’à ce que je remarque au loin.. Garrett ? Qu’est ce qu’il fait là ? Il est habillé comme les autres archéologues mais je sais très bien qu’il n’en est pas un. Je profite qu’Hugh soit occupé pour aller vers le blond avec discrétion mais quand j’arrive à lui, je le pousse vers des buissons pour que personnes ne nous voient discuter.

    « – Qu’est ce que tu fais ici ? Pourquoi dans ces vêtements ? »

    S’il y a bien une chose que j’ai apprise, c’est que la plupart des voleurs se déguisent comme nous afin de mieux nous berner. J’ai déjà eu à faire avec des truands lors d’un voyage en Thaïlande. Je comprend donc qu’il n’est pas ici pour me dire bonjour mais au lieu de lui hurler dessus, une autre idée me vient en tête.

    « – J’ai besoin de toi. Il faut que tu ailles dans la pyramide pour saboter le travail de cette morue de Bethany.. en contre partie, tu pourras prendre les objets qu’elle aura trouvé. Qu’en penses-tu ? »

    D’ordinaire j’aurais déjà tout fait pour que la personne soit prise par les autorités mais là j’en décide autrement. Je ne pense pas qu’il vole pour aller contre moi mais je pense qu’il fait cela pour gagner de l’argent. Je le connais assez bien pour être certaine qu’il ne ferait rien pour me nuire. Je pourrais l’empêcher d’arrêter et tenter de le raisonner mais parfois il faut savoir trouver d’autres solutions.

  46. Avatar de M.
    M.

    Cette journée a été plus satisfaisante car j’ai vu la pauvre Bethany se faire hurler dessus, Hugh est en colère et puis Garrett était canon dans sa petite tenue d’aventurier. C’est vrai que j’ai été garce en lui demandant de voler le trésor de la pyramide et en sachant que je suis une future archéologue, c’est même plus qu’indécent mais je voulais faire payer Hugh car je sais qu’il m’a évincé de la fouille parce que j’ai refusé ses avances. J’ai donc eu la vengeance mais ce n’est pas ce qui m’importe le plus en réalité.. je veux surtout revoir et retrouver Garrett alors à peine ma journée de travail se termine que je prend un taxi pour rejoindre son bateau. Il est déjà présent et quand j’arrive à sa hauteur, il n’attend pas pour me coller. Ses baisers, ses mains et même le collier autour de mon cou. Il réussit à me faire frissonner mais aussi rire.

    « – Je peux négocier avec vous ? J’ai peut-être une bonne offre à vous proposer monsieur Hedlund.. »

    Je me tourne pour lui faire face et je lui rend ce baiser enflammé qu’il m’a donné ce matin. Je commence même à déboutonner sa chemise mais que les mains glissent sur son ventre, ses hanches, son fessier.. cependant je me stoppe comme lui a pu faire plus tôt.

    « – Mais est-ce que tous ces bijoux valent une nuit sensuelle avec moi ? »

    Mais je me retrouve rapidement soulevée dans ses bras et on part vers la cabine du bateau pour négocier comme il se doit. Nos gémissements doivent sûrement s’entendre dans tout le coin mais je me fiche bien des autres et de ce qu’ils pensent. Bien que mon cri d’orgasme est entendu par Hugh qui a réussi à me retrouver. Il attend sur le ponton, du moins jusqu’à ce qu’il comprenne que j’ai fini mon affaire avec Garrett. Sans demander l’autorisation, il grimpe sur le voilier et il entre dans la cabine alors que je suis encore dans le lit avec Garrett. Je suis même encore à califourchon sur son bassin.

    « – Alors c’est pour ça que tu es absente depuis deux jours ? Pour te taper un nouvel inconnu ?! Tu n’es vraiment qu’une putain Anya ! Je comprends mieux ton jeu ! Tu couchais avec moi pour avoir des avantages ?! Tu sais quoi ? Tu peux faire une croix sur ton année ! Dès que je rentre, je vais dire que tu as volé des bijoux… mais.. »

    Justement il baisse son regard vers la table ou trône encore les pièces et pierres précieuses que Garrett a volé. Hugh fait les gros yeux et il s’apprête à hurler mais prise par la panique, j’attrape une lampe de chevet qui traîne et je l’éclate sur la tête de mon professeur. Il en tombe sur le sol mais je reviens le frapper pour le sonner. S’il parle des bijoux, Garrett sera aussi mis en cause et il en est hors de question. Je ne veux pas reperdre l’homme que j’aime. Je ne veux pas que l’on soit à nouveau séparé alors je continu de taper Hugh jusqu’à ce qu’il cesse de respirer. Je sais que c’est fou, que c’est complètement psychopathe et sanglant. Je viens de tuer Hugh dans le bateau de Garrett. Nue au-dessus de son corps, ma peau est immaculée de son sang. Je pourrais prétendre à être la star du nouveau film d’horreur de l’année mais là tout est vrai.. tétanisé, je me rend compte de ma folie. J’ai tué un homme. J’ai complètement vrillée. Je relâche la lampe fracassée et je n’ose même pas lever mon regard vers Garrett par peur qu’il ne me regarde comme si j’étais un monstre.

    « – Il.. il allait nous.. nous dénoncer.. et.. et on aurait été encore séparé.. »

    Je me fiche complètement de l’année d’archéologie qu’il menaçait de me retirer. Non, c’est futile mais Garrett n’est pas futile. Il ne l’a jamais été malgré ce que j’ai dis il y a trois jours. J’ai retrouvé la personne qui compte le plus au monde pour moi. J’ai retrouvé l’amour de ma vie, mon âme sœur. Personne ne pourra plus me séparer de lui. Personne ne pourra à nouveau me le retirer.

    « – Je.. je dois cacher le corps.. je.. mon dieu.. pardon Garrett.. ton bateau je l’ai.. oh bon sang… »

    Je ne suis pas non plus sans émotions. La culpabilité arrive quand même. J’ai pris la vie d’un homme mais je vais quand même devoir me ressaisir au plus vite. Si quelqu’un trouve Hugh ici, ce n’est pas qu’une simple séparation qui va se passer. Je finirais en prison jusqu’à la fin de ma vie.

    C’est atroce mais ce meurtre a quand même une sorte de côté positif puisque c’est en duo que l’on cache ce que j’ai fais. Garrett ne m’abandonne pas, il ne me repousse pas. On est lié encore plus qu’avant car nous avons ce secret. Hugh finit dans le fond de l’océan et nous nettoyons entièrement le bateau pour qu’il n’y a plus aucune trace de sang. Les bijoux, l’or et les pierres précieuses, ne seront pas donnés au patron de Garrett mais on va les garder pour assurer notre fuite. Oui, on va fuire ensemble. On a de quoi se payer plusieurs tours du monde et puis ma fuite pourra laisser penser que j’ai fuis avec Hugh. Pour mes études, tant pis. C’est bien trop complexe de tenter de retourner à l’université alors qu’il va sûrement y avoir des recherches pour retrouver Hugh. Avec Garrett, nous réfléchissons à toutes les possibilités, à tous les plans. Logiquement, rien ne pourra se mettre sur notre chemin. On doit juste s’éloigner et jouer les morts sûrement pendant plusieurs mois voir quelques années.

    Le lendemain du meurtre, on prend la voile. Je n’ai pas récupéré mes affaires à l’hôtel. Je pars sans rien. Enfin si, je pars avec ce qui m’est le plus essentiel, lui.

    Il est à la barre, le regard rivé sur la mer. Je sais qu’une part de lui doit être effrayé par ce que j’ai fais mais moi aussi je suis effrayé par moi-même. L’ancienne Anya n’aurait jamais fais ça.. quoi que peut-être que oui. J’ai souvent envisagé de m’occuper d’Elena afin de libérer Garrett mais il y a une immense marge entre penser et agir. Cette fois-ci je n’ai pas imaginé, j’ai fais. Par peur, par protection, par amour. Je suis irrévocablement amoureuse de Garrett et les années n’ont rien changé. Je l’aime toujours.

    « – Je.. merci. Oui, merci. Tu aurais pu me dénoncer, me rejeter.. mais tu es là, tu fuis même avec moi. J’ai agis sans réfléchir et je ne sais pas ce qu’il m’a pris mais je ne voulais pas qu’il nous sépare.. je.. j’avais peur que s’il dit quoi que ce soit, tu irais en prison et moi aussi. Je ne veux plus te perdre Garrett.. »

    Je sens les larmes monter. Le pire dans tout cela c’est que je m’en ficherais presque d’avoir tué un homme mais c’est surtout le regard de Garrett qui m’importe et aussi la peur qu’il ne me fuit à cause de mon acte. Il en aurait le droit et ça serait même légitime puisqu’en restant avec moi, il devient un complice. Pourtant cela devient notre secret et logiquement, personne ne devrait jamais retrouvé le corps de Hugh. Il n’y a que nos mémoires qui deviennent des preuves.

    Le bateau prend route vers le nord ou plutôt vers les Caraïbes. On ne peut pas se permettre de rester au Mexique. Tout comme Garrett, je n’ai plus mes papiers d’identités. Je n’ai plus rien si ce n’est lui. Lors d’une pause, je me niche dans ses bras et j’observe l’horizon qui est devenu notre seul refuge. Plus rien ne nous retient et toutes les possibilités s’offrent à nous.

    « – On pourrait faire le tour du monde ? C’était ce que tu voulais.. maintenant on peut se le permettre. On va revendre les bijoux et ça va nous assurer plusieurs mois tranquille mais après s’il faut gagner à nouveau de l’argent, on saura se débrouiller.. mais oui.. je veux qu’on aille partout.. qu’on vive tout ce qu’on a pas pu vivre.. le reste n’a plus d’importance de toute façon. C’est ça ma vie.. toi. »

    Je dépose un doux baiser contre ses lèvres. Je reviens même l’embrasser plusieurs fois. J’ai été interdit de vivre ça.. j’ai été interdit de l’aimer, d’être près de lui, de vivre pour lui. J’ai tellement eu ce manque qu’à présent j’en profite sûrement un peu trop mais j’ai cette peur que tout se stoppe encore une fois. Pourtant à l’heure actuelle, nous sommes deux adultes de vingt trois ans qui ont le monde devant eux. L’idée de cette nouvelle aventure m’excite et elle me redonne ce bonheur que j’avais perdu depuis bien trop longtemps. Je n’étais plus qu’une coquille vide mais là, je me sens comme une fleur qui s’ouvre devant un soleil radieux.

    « – Je t’aime.. quoi que je fasse, quoi je puisse dire.. Je t’aime toujours. Je t’aime comme le premier jour. Tu es ancré en moi. Et j’aurai beau tout faire pour essayer de refouler ce sentiment, ça ne fonctionnera jamais. Tu as mon cœur, mon âme, mon être. Tu es l’amour de ma vie.. Mon monde. Alors maintenant que j’ai peut-être la chance de pouvoir être avec toi, je ne veux plus jamais te perdre. Je.. épouses moi. Deviens mon époux.»

    Ça semble impulsif mais c’est ce que je veux. Je me recule un peu de lui et je glisse mes mains dans les siennes.

    « – On nous a toujours éloigné.. cette fois-ci je ne veux plus que l’on nous prend cette chance de vivre ensemble. Alors oui, deviens mon époux.»

  47. Avatar de M.
    M.

    La journée a été longue mais j’ai promis à Garrett de rester sur le bateau en attendant son retour. Pour m’occuper, je me suis mise en tête de trouver des endroits où nous pourrions voler quelques trésors.. C’est complètement insensé et pourtant si on veut gagner un peu d’argent facilement, ce n’est pas une piste que l’on peut négliger. Voilà que moi, Anya Sawyer, je deviens une tueuse et une voleuse.. c’est à croire que cela est dans le sang. Je sais que mon père biologique était dans des mafias et il y est sûrement encore.. Non, il vaut mieux que je ne pense pas à lui. Ni même au reste. Je dois me concentrer sur l’instant présent et l’avenir qui nous attend. On est très mal parti pour devenir le couple parfait du quartier mais je crois que nous n’avons jamais été dans les standards avec Garrett.

    Quand il revient enfin, je range rapidement mon petit carnet et je me hâte à aller dans ses bras. Nous allons devoir quitter le bateau mais il m’apporte aussi une nouvelle qui agrandit mon sourire. On va pouvoir se marier. Certes avec d’autres identités mais il va devenir mon époux.

    « – Jack Cassidy.. c’est pas mal. Et moi je serais ta belle Charlotte Cassidy ? »

    J’ai toujours adoré ce prénom alors autant en profiter. L’idée de la robe pourrait me faire sauter de joie mais je ne suis pas du genre à vouloir une magnifique robe de mariée et du bling bling. Une simple robe fera l’affaire mais par contre je tiens à ce que l’on ait des alliances alors au lieu de jouer les reines du shopping, nous partons vers une petite bijouterie pour acheter deux anneaux. Là encore, je ne veux pas les plus brillants mais deux simples anneaux en or seront parfaits. Il n’y a qu’une seule demande spéciale que je tiens à obtenir. Dans les anneaux, je fais graver le mot « blackbirds ».

    Je n’ai jamais foulé le sol de Cuba et c’est le moment ou jamais. Après ce petit détour à la bijouterie, je laisse Garrett me mener dans les rues de La Havane. C’est sublime et dépaysant. J’en oublierais presque que nous sommes des fugitifs et je pense que je l’oublie complètement. De toute façon, qui va savoir pour Hugh ? Personne. La seule chose qui risque d’attirer l’attention, c’est son départ inexpliqué et le mien. Cependant en tant qu’adultes, nous avons le droit de partir sans rien dire. Alors oui, je suis en quelque sorte libre et Garrett aussi. Enfin, nous l’étions jusqu’à ce qu’il aille voir Andreï. Mon père biologique a toujours gardé un œil sur moi, même quand j’étais à Londres mais maintenant qu’il sait que je suis en cavale, il va être encore plus regardant. Il est hors de question qu’il arrive quoi que ce soit à sa petite fille.. enfin, c’est ce qu’il s’est mis en tête.

    On s’arrête quand même dans une boutique de vêtements pour refaire un peu notre garde robe. Je me retrouve sans rien puisque tout est resté à l’hôtel. Je m’amuse aussi à prendre des vêtements pour Garrett afin qu’il soit dans un mood beaucoup plus vacancier. Oui, on ressemble à deux amoureux en vacances. Il ne manque que l’appareil photo pour que le tout soit parfait et c’est ce qu’on achète en dernier. Un petit argentique qui va immortaliser ce nouveau départ. Un départ improvisé et plutôt pimenté mais je ne m’étais pas senti aussi vivante depuis des années.

    « – On peut attendre d’être en République dominicaine pour se marier.. Je me vois bien t’épouser sur une plage de sable blanc, avec en fond le soleil qui se couche.. »

    Dis-je alors que je suis dans la salle de bain, en train de raser mes jambes. Je remarque son regard amusé et je me met à rire car c’est le genre de scène que nous n’avons jamais vécu malgré les années. En fait, il y a tellement de choses que l’on a pas vécu ensemble.. des choses futiles mais des choses qu’on aurait dû vivre. Quand il arrive pour tailler sa barbe, je l’observe avec une sorte de fascination parce que ça aussi c’est nouveau. On nous a pris tellement de moments.. On a volé des années et des rêves.

    « – J’aime bien quand tu as tes cheveux mi longs et ta petite barbe.. ça te donne un air sauvage. Un peu comme au lycée même si tu es bien plus canon aujourd’hui. »

    Je me met derrière lui et nos reflets se calent devant nos yeux. Il est bien plus grand que moi, énormément musclé mais il garde ses yeux bleus qui sont si émouvants. Ils m’ont toujours fait chavirer, tout comme son sourire. Pourtant je sais qu’il n’est plus comme avant. On en a pas beaucoup parlé car je ne veux pas remuer le couteau mais le fantôme de Jazzy reste près de lui. Elle sera toujours là mais j’espère pouvoir apaiser son cœur.

    « – Après les Caraïbes, pourquoi nous n’irions pas vers la Méditerranée ? Ou alors peut-être l’Afrique.. En fait, il y a tellement de destinations incroyables que je ne saurais pas quoi choisir. Après on peut aussi aller sur des sites archéologiques encore non découverts et que je pense pouvoir trouver.. »

    Je sais que j’ai une mine de fausse innocente mais même si j’ai tout abandonné, il y a quand même une part en moi qui aime faire des découvertes. Tant pis si elles ne finissent pas dans un musée et que l’on se met à les revendre pour vivre correctement, il y aura quand même cette excitation de la recherche et du gain. C’est même pour cela que j’ai déjà fais quelques recherches dans le passé sur des lieux potentiels. Les archéologues ne sont pas conditionnés pour déterrer des objets mais aussi pour tenter de trouver des sites de fouilles et j’en ai déjà fais une jolie petite liste.

    « – En Égypte, au Canada, en Écosse, en Italie, en France.. j’ai énormément d’endroits qui pourraient nous rapporter tellement d’argent que l’on pourra se payer un paquebot pour faire notre tour du monde. On pourrait même utiliser cet argent pour des causes un peu plus nobles.. comme pour donner à des orphelinats ou même pour des recherches plus spécifiques.. »

    Je pense à Jazzy et au fait qu’avec des fonds, il serait plus simple de créer une sorte d’entreprise ou association qui s’occupe de la recherche des personnes disparues. Dans tous les cas, garder l’argent que pour nous ne serait pas dans notre intérêt.

    Quand nous avons terminé cette petite beauté, on enfile des tenues de soirée et on se permet un dîner en ville. Ma main est logée dans la sienne et nous avançons comme un couple. J’ai un peu de mal à vraiment le réaliser mais oui, on est à deux. Ça a été un simple rêve pendant des années et c’était même devenu un cauchemar puisque je pensais que cela ne se ferait plus jamais mais si, on est là. On se retrouve même face à face, autour d’une table et accompagnés de flûtes de champagne. Ça paraît surréaliste. Trop irréaliste. L’espace d’un instant, je ressens même une sorte d’angoisse monter alors que le serveur pose nos plats. Mon regard s’assombrit sans que je m’en rende compte et mes mains se mettent à trembler.

    « – Excuses moi.. je.. je dois aller un instant aux toilettes.. »

    Je ne tiens pas à ce qu’il me voit paniquer mais la panique est devenue un train train quotidien que je tente toujours de cacher du mieux que je le peux. Les premières crises ont commencé quand j’ai quitté New-York mais elles sont devenues régulières après le fameux appel d’Henry. C’est aussi à cause d’elles que je me suis auto-détruite car c’est horrible de vivre avec cette sensation de peurs irrationnelles. Il suffit qu’une simple pensée négative passe par mon esprit et tout mon corps se met à crier à l’aide. D’ordinaire une bouteille d’alcool pourrait me calmer mais en cet instant, je ne peux pas faire comme j’ai pris l’habitude de faire. Je vais donc aux toilettes et je passe un coup d’eau sur mon visage mais ça ne calme pas l’angoisse qui monte.

    « – Ça va aller Anya.. calme toi.. il est bien là.. tout est vrai.. »

    J’essaye de me rassurer mais ça donne l’effet inverse. J’ai de plus en plus de mal à respirer, j’ai chaud, mon cœur s’emballe.. bon sang.. je ne vais jamais réussir à me calmer. Une femme entre des les toilettes et en voyant mon état, elle ressort pour alerter un serveur. De fil en aiguille, Garrett arrive à son tour et cela me fait fondre en larmes. Le dîner en amoureux prend une tournure moins romantique, plus dramatique. C’est après plusieurs minutes dans ses bras que la crise passe enfin. On est toujours assis dans les toilettes et je m’en veux de lui faire vivre cette situation.

    « – Pardon.. pardon.. Je ne sais pas pourquoi j’ai ça.. je.. ça vient toujours me prendre et.. j’arrive pas à me contrôler.. »

    C’est difficile d’expliquer ce qui nous semble anormal, irrationnel, insensé. Nous quittons le restaurant et on s’installe sur un coin de plage, loin de tout le monde. Je me retrouve assise entre ses cuisses, entourée par ses bras et pourtant j’ai encore cette sensation d’angoisse. J’ai encore le faux pressentiment que tout est imaginaire.

    « – Depuis mon départ de New-York, j’ai eu beaucoup de crises d’angoisse et j’ai trouvé le moyen de les apprivoiser en étant cette.. cette Anya sans cœur que tu as trouvé dans le bar, dansant contre plusieurs hommes. En.. en étant ainsi, je sais que je me met une carapace bien que l’alcool a aussi son rôle. Je.. j’arrive à contrôler mes émotions en les faisant taire. Je ne laisse plus rien passer. Mais avec toi.. je n’arrive pas à me cacher derrière cette fille sans cœur. J’ai essayé les premiers soirs mais j’ai bien vite compris que ça ne fonctionnerait pas parce que je ne sais pas être fausse avec toi. Je.. je t’aime et mon corps le sait assez pour ne pas me permettre de te mentir. »

    Il est ma faille et il l’est depuis bien des années. Mais justement, il l’est encore et j’ai l’impression que tout ça n’est pas vrai ou une mauvaise blague. On va finir par nous séparer encore.

    « – Tout à l’heure dans le restaurant, j’ai cru que tout ça n’était qu’un rêve. J’ai eu l’impression que j’allais me réveiller et que finalement tu ne serais pas près de moi. C’est.. c’est pour ça que j’ai senti l’angoisse monter. J’ai tellement espéré et rêvé te retrouver que ça paraît irréalité. Tu.. tu es là. On s’est retrouvé au bout du monde alors que lorsqu’on était au plus près, tout était là pour nous éloigner. »

    Je serre mes mains autour de ses avants bras. J’ai encore besoin de me rassurer, d’être certaine que je ne délire pas. Il va sûrement falloir encore du temps pour que je me montre moins hostile et plus confiante. On ne peut pas effacer des années compliquées en quelques baisers et promesses.

    Après cette première soirée sur La Havane, il est temps d’aller trouver un nouveau bateau. Garrett revient avec une enveloppe bien garnie et je suis assez surprise que nos bijoux et l’ancien bateau ont pu rapporter autant mais on ne va pas s’en plaindre. Cela nous laisse le plaisir de choisir un bateau bien plus confortable pour nos prochains mois de navigation. C’est surtout Andrei qui a ajouté beaucoup plus que prévu. Nous allons vers un magasin de flotte et le vendeur nous mène déjà vers des sortes de bateaux trop luxueux. Un voilier sera parfait mais je laisse Garrett choisir puisque c’est lui qui va le naviguer.

    L’achat du nouveau voilier se fait mais on ne l’obtiendra que demain. Ce soir nous resterons encore à La Havane alors autant en profiter. Les soirées sont festives ici, il y a beaucoup de bars et de musique donc j’entraîne mon fiancé vers l’un des établissements qui me tente le plus. Nous prenons un verre de rhum cubain et on se laisse aller dans une rumba qui est au début assez compliqué à danser mais la sensualité de ce rythme arrive très vite à nous emporter. Au loin, Andreï nous observe et il aimerait pouvoir intervenir pour pouvoir me parler mais il sait qu’il risquerait de se heurter à un mur. Il attend que j’aille faire un tour aux toilettes pour se rapprocher de Garrett et lui donner quelques indications.

    « – Dans ton nouveau voilier tu trouveras un sac sous le lit. Dedans il y a des armes et de l’argent. C’est pour pouvoir mieux la protéger. Par contre je vous interdit d’aller en Bulgarie.. il y a encore trop d’hommes qui veulent ma mort et celle de ma famille… »

    Mais il se fait couper. Mon regard noir le bloque dans ses mots. Je regarde tour à tour Garrett et Andreï. Je n’avais pas revu mon père biologique depuis cette journée où nous avions mangé avec Jazzy.. mais c’est surtout le souvenir de son repoussement qui me fait le plus de mal. Il ne voulait pas que je sois dans sa vie mais là il est ici ? J’attrape la main de Garrett et je le force à me suivre sans même sortir un mot à ce père fantôme.

    « – Il ne faut pas lui parler ! Il n’est rien ! Il.. il ne devrait même pas être ici ! »

    Je n’imagine pas une seconde que Garrett puisse être en lien avec mon père et tant mieux. Cela va éviter une dispute en trop. Nous reprenons le chemin vers l’hôtel bien que je peste pendant tout le long. C’est lorsque nous passons enfin la porte de notre chambre que je cesse de râler puisque les lèvres de Garrett viennent me faire taire. Je ne cherche pas à le repousser, la journée a été assez éreintante pour ne pas profiter de ce moment plus sensuel et agréable. Et puis de toute façon il faut que je montre à mon futur époux que je suis totalement dingue de lui. Oui, encore quelques jours et on devrait mettre fin à cette malédiction qui nous éloigne à chaque fois. Lorsqu’il sera mon époux, plus rien ne devrait se mettre entre nous.

  48. Avatar de M.
    M.

    La matinée avait commencée en douceur mais voilà que je me retrouve face à un problème que je n’avais pas du tout vu venir. Garrett bosse pour mon père biologique depuis des mois et Andreï peut me surveiller. Cette nouvelle ne me plaît pas du tout puisque depuis le jour où il m’a dit qu’il ne voulait pas de moi dans sa vie, j’ai décidé de le haïr de tout mon être. Alors oui, Garrett essaye de se justifier et de rendre la scène moins dramatique mais une fois que ce fameux Ernesto sort de la chambre, je lance un regard noir à l’homme qui devrait devenir mon époux aujourd’hui.

    « – Tu sais très bien ce que je pense d’Andreï. C’est un charlatan qui se croit tout permis ! Il ne sait même pas battu pour me récupérer et aujourd’hui il ose essayer de s’initier dans ma vie ?! Non non non. Je ne veux pas du tout le voir de près ou de loin ! Et en ce qui te concerne, je veux bien passer outre mais je t’interdis de retourner vers lui. Cet homme est.. c’est un idiot ! »

    Andreï Siminiov.. J’ai longtemps voulu retrouver cette famille bulgare et puis je me retrouve aujourd’hui à ne plus avoir de famille, à ne plus avoir personne si ce n’est ce grand bêta de blond qui me fait face. Je ne veux pas lui jeter la pierre car quand on a besoin d’argent, on est prêt à tout mais je ne veux pas qu’Andreï vienne se faufiler dans cette vie que je tiens à construire avec Garrett. Je sais très bien que mon père biologique ne fait pas dans le légal et la douceur. Il est à la tête d’une mafia importante et dangereuse. Je l’ai appris lors de ces semaines où je pensais pouvoir passer du temps avec lui.

    « – Nous avons les papiers et le nouveau bateau alors partons maintenant pour la République dominicaine. Plus vite on sera là bas, plus vite on sera marié mais aussi loin de cet homme. »

    La jolie Anya ne ronronne plus de plaisir, elle râle de mécontentement mais Garrett se doute qu’il ne va pas se prendre le savon de l’année. On prend la poudre d’escampette assez vite et durant le trajet vers l’autre île, je reste silencieuse un bon moment mais quand on voit enfin l’île sur l’horizon, je sors de mon mutisme et mon sourire revient enfin. Cette vue est la promesse d’une nouvelle vie et d’une grande page qui va se tourner.

    « – Tu as vu la couleur de l’eau ici ? On voit les poissons tellement c’est clair ! C’est paradisiaque ! Regarde là ! Une grosse tortue !! »

    La colère laisse place à la fascination. Je vais vers l’avant du bateau pour mieux voir toute cette beauté marine. Nous arrivons sur le port de Punta Cana en début de soirée et cela nous offre une vue imparable sur le couché de soleil. Quoi de plus magique ? Ça n’a rien à voir avec la vue sur les grattes ciel de New-York. Il y a une immense plage de sable blanc, les cocotiers, la chaleur de cette île.. oui, tout est parfait cependant le mariage ne sera pas pour aujourd’hui puisque nous arrivons bien trop tard pour organiser quoi que ce soit. Ce n’est donc pas la bague aux doigts que nous mettons pour terminer cette journée mais on sort tout de même du bateau pour aller visiter la ville.

    L’ambiance est différente qu’à Cuba puis qu’ici ce sont surtout des cultures africaines qui ont pris le dessus. Il y a de la musique, de nombreux restaurants et une diseuse de bonne aventure qui nous stoppe dans notre élan de visiteur.

    « – Des futurs mariés ! Laissez moi vous dire votre avenir ! »

    Par simple amusement, j’accepte et on se retrouve devant cette femme qui se met à observer les lignes de nos mains.

    « – Hm.. pour vous ma petite dame.. je vois que vous allez trouver un grand trésor. Hm.. mais pas l’argent, c’est plus une personne. Oui, vous allez revoir quelqu’un que vous aimez beaucoup. »

    En soit, ce n’est pas une grande réponse puisque je pourrais très bien revoir Q’orianka.. parfois j’y pense mais non, pour le moment je ne peux pas me le permettre. Cependant cette dame ne pense pas forcément à Q’, c’est encore bien plus grand. C’est à Jazzy qu’elle pense mais ça, on ne peut le savoir.

    « – Vous monsieur.. vous allez gagner un prix.. quelque chose qui vous mettra en avant.. et puis vous aurez beaucoup de filles ! Que des filles ! »

    Cela devient plus sensible puisque cela nous refait penser à Jazzy. Je remercie malgré tout cette bonne dame et je lui donne un billet. Nous reprenons la route mais je sens bien que Garrett est un peu plus triste. Il en a déjà perdu une de fille.. et puis je ne lui ai pas encore avoué ma non envie d’avoir des enfants. Il sait ma peur des petits mais après avoir appris que Jazzy était morte, la seule petite pour qui j’ai eu de l’affection, je me suis entièrement convaincu que jamais je ne porterais la vie.

    « – Et si on allait boire un petit cocktail avant de profiter d’une dernière nuit en tant qu’amants ? »

    Cela ne sert à rien de remuer les douleurs. Je ne veux pas que les pensées négatives viennent nous envahir alors que demain nous allons nous marier.

    La nuit délicieuse se termine par une matinée où ce n’est pas lui qui se réveille en premier mais moi. Je quitte le bateau pour aller chercher de quoi déjeuner mais aussi pour aller trouver un prêtre qui voudra bien nous marier. Ce n’est pas bien compliqué et il devrait nous attendre pour la fin de matinée. Je reviens donc au bateau pour prévenir Garrett mais il n’est plus là. Je pose mes courses et je commence à regarder autour du bateau mais non, pas de Garrett. Il ne semble pas non plus être sur le port. Je ne m’inquiète pas énormément mais l’idée qu’il puisse avoir peur du mariage, me passe à l’esprit. Avec ce qu’il a vécu quand il était avec Elena, je pourrais comprendre qu’il veuille fuir cette nouvelle union mais ma peur se dissipe quand il apparaît sur la plage non loin. Il a juste piqué une tête de bon matin.

    « – Monsieur Cassidy ? Il va falloir vous préparer mais aussi déjeuner ! »

    Se préparer.. Je n’ai pas souhaité avoir une robe de mariée chère et pleine de froufrou. Ce n’est pas moi. J’ai pris une simple robe d’été blanche et cela me convient parfaitement. Pour jouer le jeu de la mariée, je fais quand même en sorte que Garrett ne me voit pas avant l’heure de l’union. Pour ça, je reste dans la salle de bain pour me maquiller légèrement et me coiffer. Je laisse mes cheveux détachés mais j’ai mis une fleur de monoï près de mon oreille pour donner une petite touche tropicale.

    Sur la plage, un prêtre nous attend avec quelques-uns de ses fidèles qui sont présents pour chanter. Il est l’heure que je rejoigne mon futur époux et il se dresse près de l’autel improvisé. Il n’a pas de costume, ou plutôt il n’a que le pantalon et la chemise mais c’est parfait. Aucun chichi ne se mêle à ce moment particulier. Je viens le rejoindre sur cette plage et c’est vrai que je retiens mes larmes car nous y sommes enfin. On aurait pu se marier il y a bien des années mais il vaut mieux tard que jamais après tout. Certes, ça ne sera pas totalement officiel car nous n’avons pas nos vrais noms mais qu’importe, je pourrais changer dix milles fois d’identité pour lui.

    J’arrive face à lui et le prêtre commence ses bénédictions que j’écoute à moitié. Je suis bien plus prise par la beauté de l’homme qui se dresse face à moi. Il a un peu vieilli mon bel amant mais l’âge lui donne de plus en plus de charme. Il a cette petite barbe de trois jours qui me fait totalement craquer et puis son regard.. Mon dieu son regard. Je me perd dans le bleu de ses yeux, si bien que je ne calcule pas le prêtre me demander si je souhaite dire quelque chose.

    « – Oh.. euh.. oui bien sûr ! »

    Un rire prend tout le monde et même moi. Je dois me concentrer. Cela reste difficile car je me sens intimidé devant le regard de Garrett. Je suis certaine que je dois être rouge comme une tomate mais il faut que je me lance.

    « – Mon Amour. Aujourd’hui nous pouvons enfin conjurer le mauvais sort en quelque sorte et je peux surtout enfin me dire que plus personne ne viendra nous séparer. Cela fait des années que j’attend ça.. en fait, je suis certaine que si tu avais voulu que l’on se marie lorsque nous avions seize ans, j’aurais dit oui sans réfléchir. »

    Cette simple idée me fait rire mais je reprend mon calme tout en prenant ses mains dans les miennes.

    « – Je me souviens de la première fois où je t’ai croisé. Je pensais que tu étais un bad boy briseur de cœurs et j’avais presque raison mais quand tu as attrapé mon cœur, tu as toujours fait attention à ne jamais l’abîmer. Nous avons vécu des choses difficiles et j’ai souvent eu très mal mais malgré tout cela, tu es la seule personne qui a réussi à faire battre mon cœur comme jamais. Il suffit de voir ce qu’il s’est passé durant les dernières semaines.. Je me laissais sombrer depuis des mois et dès que j’ai recroisé ton regard, j’ai été reprise d’espoir et de vie. Tu.. tu es mon âme sœur et sans toi je ne suis rien. Toutes ses années loin de toi ont été une torture intense. Alors aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir te garder auprès de moi et je compte bien la saisir. Je veux devenir ton épouse, ton monde, ton univers. Je veux que l’on avance ensemble, que l’on aille partout où tu le voudras, que l’on devienne des petits vieux à deux. Je veux finir ma vie avec toi mon Amour.. parce que je t’aime et que je t’aimerais jusqu’à mon dernier souffle. »

    Je serre un peu plus ses mains et j’en relève même une pour en embrasser son dos. Je ne suis pas la plus grande oratrice pour exprimer mes sentiments mais ce que je ressens pour lui pourrait devenir une saga de livres. Il le sait. Il n’y a plus besoin de prouver quoi que ce soit et il n’y a même jamais eu besoin de prouver nos sentiments. C’était évident dès le début.

  49. Avatar de M.
    M.

    Je ne pourrais jamais me lasser de sa façon de me faire l’amour ni même cette façon qu’il me caresse ou me parle. Je ne me suis jamais autant senti aimé que par cet homme. Enfin, ce jeune homme car même si j’ai l’impression de le connaître depuis toujours, nous sommes encore des jeunes adultes et nous avons encore des décennies pour profiter l’un de l’autre. Pourtant chaque je profite de chaque minutes contre lui, sûrement à cause de cette peur de le perdre encore.

    « – Je t’aime tellement mon Amour.. »

    Ma voix est gémissante, je brûle de plaisir sous ses coups de bassin qui deviennent plus puissants. Cette nuit de noce est incandescente et il a bien fait de mettre le bateau en retrait car tout le port aurait entendu à quel point j’aime mon époux. D’autant plus que je ne me contente pas d’une seule fois. Après une petite pause où on ne fait que s’embrasser, je me remet à le caresser pour refaire lever ses envies.

    Au petit matin, nous sommes encore sur le plaid mais je suis lové dans ses bras. On a sûrement dû être vu nu sur notre bateau mais rien ne peut me miner le moral ce matin. Je suis même amouraché de ce sourire qu’il a alors qu’il dort encore. Cela faisait plusieurs nuits qu’il ne dormait pas contre moi mais là il a enfin trouver un sommeil réparateur. J’évite donc de bouger pour ne pas le réveiller et ce n’est qu’une heure plus tard qui sort de ses rêveries.

    « – Bonjour bel homme.. avez vous bien dormi ? Moi j’ai dormi comme un bébé et j’ai même fait un très beau rêve. Nous étions en Italie et on avait un vignoble ainsi qu’une immense maison. Mais tu sais quoi ? Tu étais en torse nu en train de récolter des raisins et je n’ai pas su me retenir.. »

    C’est là bas que je veux aller, en Italie. Ce pays m’a toujours fasciné, cependant Garrett ne veut pas que l’on traverse l’océan en bateau. Il va falloir que j’use de mes yeux doux pour le faire craquer ou alors trouver un autre moyen d’aller vers ce pays qui pourrait nous offrir un avenir plus doux. Je ne me doute pas une seconde qu’Andreï a aussi des affaires là bas mais qu’il aimerait surtout les agrandir et le fait que Garrett y aille serait une opportunité parfaite. Garrett pourrait gérer les affaires en Italie.

    « – On pourrait vivre près de Naple.. Les terres y sont parfaites pour faire des vignes. Ce sont des terres volcaniques. Et puis en Italie il y a beaucoup de sites archéologiques.. en plus tu pourrais aussi y trouver une place en tant qu’avocat pour les expatriés américains ou même anglais. Je suis certaine que l’on peut tout avoir là bas. Ce pays m’a toujours attiré.. comme si j’y avais déjà vécu une vie entière. »

    La Patagonie aurait été aussi un bel endroit mais il est trop isolé. Nous sommes encore jeunes et nous avons besoin d’interactions, d’activités, de passion.

    « – On revend tout ce qu’on a et on part en avion. Nous n’aurons sûrement rien à l’arrivée mais on trouvera vite une vieille maison à retaper.. qu’en penses tu ? »

    Cette fois ci j’use de mes yeux de biche et ma moue adorable. Je viens même m’asseoir sur ses cuisses et en bonne tortionnaire, je laisse nos bassins se rejoindre et le mien vient lentement se mouver contre sa virilité qui se réveille.

    « – Tu rendrais ton épouse.. encore plus heureuse qu’elle ne l’est déjà.. »

    Je me penche pour passer ma langue sur ses lèvres mais la tentation de l’embrasser est prenante. La nuit n’a pas réussi à me rassasier, je veux encore le sentir en moi si bien que lorsque je sens qu’il est entièrement durci, je viens m’empaler dessus. Le soleil est levé et encore une fois nous pouvons être vu mais je m’en contre fiche, je suis bien trop accro à lui pour penser aux autres. Même dans mes gémissements je ne me contiens pas et je le supplie de continuer. L’extase c’est lui. L’orgasme est exquis.

    Je meurs de faim et c’est normal avec tout ce sport que nous avons fait. On retourne sur punta cana pour trouver un coin pour déjeuner mais on profite aussi pour aller vers une agence de voyage afin de se renseigner pour l’Italie. Il ne sera pas compliqué de prendre un vol mais faut-il avant qu’on arrive à revendre ce bateau neuf et tout ce qu’il contient. C’est vrai que j’ai demandé à Garrett de ne plus parler d’Andreï mais je sais qu’il pourra s’occuper de cette vente au plus vite. C’est un peu hypocrite de ma part puisque je vais profiter de ce père biologique mais il me doit bien ça.

    « – Tu penses que tu peux contacter Andreï une dernière fois ? Juste pour qu’il s’occupe de la vente. Après ça, on le laissera loin de nous. »

    Je suis persuadé que Garrett ne va pas parler trafic et pègre avec Andrei. Après tout on part en Italie pour vivre notre vie, pas pour devenir des mafieux. Cependant mon père est un grand orateur qui sait obtenir ce qu’il veut. J’ai sûrement hérité de cette part vicieuse.. mais je ne l’ai pas encore totalement exploité comme le patriarche Siminiov. Pendant que Garrett essaye de joindre Andreï au téléphone, je me pose sur un coin de plage et j’observe encore la beauté de cet endroit.

    « – L’Italie ? Ça ne m’étonne pas d’elle. Tous les archéologues rêvent de l’Italie. Mais je t’avouerais que cette idée pourrait tous nous arranger. Anya veut y vivre sa plus belle vie, toi tu veux le bonheur d’Anya et moi aussi. Tu te doutes qu’à Naples il y a des mafias et j’aurai besoin que tu fasses des alliances pour moi. Bien évidemment, tu auras un bon gros billet pour cela et je peux aussi m’arranger pour te trouver ce fameux vignoble qu’elle souhaite obtenir. »

  50. Avatar de M.
    M.

    Je le retrouve enfin après plusieurs minutes de panique à le rechercher mais quand je le vois, je comprend que quelque chose ne va pas. Il est persuadé d’avoir vu Jazzy et je ressens sa douleur, sa tristesse. Son visage se retrouve contre mon ventre et je caresse sa chevelure alors qu’il se confie sur ce deuil qu’il n’arrive pas à faire.. et comment ne pas le comprendre ? Il n’y a jamais eu de corps et Elena aurait bien été assez tordu pour.. Oui.. elle aurait pu ne pas tuer Jazzy. Mais est-ce que j’ai vraiment le droit de lui donner mon avis ? Je lui ferai encore plus de peine ou alors je lui donnerais sûrement un faux espoir. Une idée me vient quand même en tête avant ne nous quittions Cuba mais pour ça, je dois voir Ernesto.

    « – Ça va aller mon Amour.. je suis là pour toi et sache que je comprend ta douleur. Je sais à quel point tu souffres et je ne veux pas que tu me caches tes émotions. Tu n’es pas fou, sache le. Tu es surtout un merveilleux père qui a perdu son plus beau trésor et il est normal que tu sois dans cet état. Sache que je suis là pour t’aider, t’écouter mais aussi que je partage ta douleur.. »

    C’est vrai, je ne me suis pas vraiment exprimé par rapport à Jazzy depuis que nous nous sommes retrouvés. Par peur de lui faire encore plus de peine. Pourtant j’ai aussi eu très mal en apprenant la mort de la jeune fille car même si je ne l’ai vu que quelques jours durant mon voyage à New-York, mon cœur a été attrapé par cette magnifique demoiselle malgré ma peur des enfants.

    « – Je suis tombé littéralement amoureuse de cette petite fille.. Elle était d’une douceur et d’une joie de vivre qui m’a touché. Elle était comme toi. Une perle qui sait comment faire tomber les cœurs. Pourtant tu sais que je suis très mal à l’aise avec les enfants mais elle.. je ne sais pas mais elle a réussi à me faire fondre. Je la revois encore rire aux éclats quand nous avons gagné la partie de bowling contre toi. Ou alors je me souviens de sa petite fugue dans le musée avec son carnet. Elle voulait tout savoir des momies, si bien qu’elle n’a pas eu peur d’aller dans une salle interdite. Oui.. cette petite fille était magique, parfaite et tu vas me prendre pour une idiote mais.. plusieurs fois j’ai osé espérer être sa mère. J’avais envie de l’avoir près de moi, la protéger. »

    Ma main caresse toujours sa chevelure et quand je sens son regard se relever vers le mien, je lui offre un doux sourire pour qu’il comprenne qu’il est en droit de me parler de Jazzy. Ce n’est pas un tabou.

    « – Et toi.. quand je t’ai vu avec elle.. bon sang. J’ai toujours cru que j’allais avoir de la rancoeur car c’est à cause de cette grossesse que l’on s’est séparé en terminal. Je croyais que j’allais détester cette petite fille mais quand je vous ai vu à deux.. wow.. je me suis prise la claque de ma vie. Tu étais merveilleux dans ton rôle de père. Elle te regardait comme si tu étais tout son monde. Tu devais sûrement être son monde mais ça se sentait qu’elle était en adoration devant son papa. Et.. c’était tellement puissant, beau, parfait. Je n’ai jamais vu un tel lien entre deux personnes.. »

    Je sens mes yeux picoter. J’ai envie de pleurer à force de parler de cette petite princesse. Alors pour éviter de rendre la situation encore plus complexe, j’attire Garrett pour que nous allions autre part. Nous finissons dans les rues de Cuba ou plutôt dans quelques magasins pour que je puisse acheter quelques vêtements qui m’iront parfaitement pour ce voyage en paquebot. J’aurais préféré l’avion car ça aurait été plus rapide mais c’est vrai que ce sera beaucoup plus sécurisé si nous arrivons en bateau et surtout avec une tonne de petits vieux qui feront que l’on pourra se fondre dans la masse lors de notre arrivée.

    Avant le grand départ, j’ai quand même pris soin de préparer une enveloppe dans laquelle j’ai mis une photo de Jazzy ainsi qu’une lettre. Celle-ci finit dans la main d’Ernesto et il doit la remettre à Andreï. J’y ai écris ce que je ressentais vis à vis de mon père biologique mais je lui aussi demandé s’il pouvait se renseigner sur Jazzy. C’est peut-être bête de croire qu’elle soit encore là mais si elle l’est vraiment, Andreï saura la trouver avec tous les hommes qui travaillent pour lui. Je ne suis pas bête, je sais qu’il a le bras très long. Mon père est un chef de mafia et il prolifère partout dans le monde. Même si je ne veux pas me mêler à ses affaires, je sais qu’il est le seul capable de m’aider à retrouver Jazzy vivante ou morte.

    Sans dire à Garrett pour cette lettre, nous finissons par rejoindre le paquebot et c’est vrai qu’il y a énormément de personnes âgées mais pas que. Nous trouvons quelques jeunes couples comme nous. Ils sont fraîchement mariés alors cela nous donne encore plus de crédibilité pour notre voyage. Nous avons aussi une chambre qui ferait pâlir beaucoup de petits vieux. C’est une suite de luxe avec un immense lit, une baignoire et même une télé. Finalement ces deux semaines en paquebot pourraient être sympa, surtout que les activités ne manquent pas ici. Piscine, casino, restaurant, salle de sports.. tout est réuni pour le confort des passagers.

    « – Tu as vu sur le programme ?? Il y a des cours de poterie ! Oh et aussi des séances de massage ! »

    Assise sur le grand lit, j’observe le magazine qui donne toutes les activités qu’il y a ici. Pourtant je sais qu’il y a une activité qu’ils ne peuvent pas proposer à mon époux et que je suis la seule à pouvoir lui donner. Alors qu’il observe par le hublot pour voir la mer, j’arrive derrière lui et mes mains viennent se caler sur ses épaules tendues.

    « – Mais je crois qu’avant de faire quoi que ce soit, il faut que je détende mon époux. Qu’en penses tu ? »

    Félinement, je me met sur la pointe des pieds et j’arrive à mordiller sa nuque alors que mes mains massent délicatement ses épaules. Je le sens frissonner, surtout quand ma poitrine se presse contre son dos.

    « – Tu as de la chance car tu es le seul qui a le droit à cette option sur le paquebot. Une Anya envieuse, joueuse et surtout très gourmande.. »

    Quand il se retourne pour me faire face, j’attrape ses lèvres pour un baiser délicat mais ma main l’est moins puisqu’elle s’enfonce sous son pantalon pour attraper son membre. C’est assez étroit mais j’arrive à le caresser lentement, si bien que je le sens durcir.

    « – J’espère que tu seras assez en forme durant ce voyage car je compte bien faire l’amour avec toi un peu partout sur ce bateau. Tu vas tellement être usé qu’il te faudra des semaines pour t’en remettre. »

    Je prend mon air faussement angélique et sans plus attendre, je m’abaisse pour me mettre à genoux devant lui. Mes lèvres appuient contre cette bosse qui se forme sous son pantalon et je sens qu’il se tend de plus en plus. J’aime savoir que je lui fais cet effet et j’aime aussi me jouer de lui. Je le fais un peu patienter en continuant d’embrasser cette bosse, pourtant après quelques minutes d’attente, j’ouvre sa braguette et je baisse le haut de son pantalon pour sortir son membre. Le bout de ma langue vient titiller son gland et cela le fait tressaillir. J’entend même des gémissements étouffés. Il faut dire qu’ici on doit quand même se faire discret car les murs ne sont pas très épais.

    « – Et puis j’ai aussi envie de tester pleins de nouvelles choses.. par exemple je t’imagine tellement bien me prendre contre la barre du bateau.. hm.. imagine.. au soir quand il n’y a plus personne.. moi contre la rembarre et toi qui t’enfonce en moi pour pouvoir assouvir tes plus viles désirs.. »

    Ma langue descend le long de son membre et je m’amuse à remonter mes lèvres en embrassant sa verge qui pulse de plus en plus. Je sens qu’il s’impatiente de plus en plus, qu’il est presque au bord de l’explosion.

    « – Ou alors je pourrais aussi me glisser sous une table pendant l’un des dîners.. et pendant que tu essayerais de manger.. moi je ferais ma vorace en venant te sucer.. Je pense que ça pourrait être horriblement bon de te voir perdre tes moyens alors que je me ferai un malin plaisir à mettre ta queue dans ma bouche.. »

    Et c’est ce que je fais. Je le prend en bouche et je lui donne des vas et viens envieux, étroits, rapides. Ses jambes tremblent, ses mains agrippent mes cheveux mais je sais surtout qu’il perd toute sa raison. Cela est un avant goût de ce qu’il va subir sur ce bateau. Après tout, il va bien falloir meubler les deux semaines de trajets. Pourtant je ne m’arrête pas à cette simple fellation mais j’ose l’exotisme. Quand je le sens au bord de la jouissance, je baisse le haut de ma robe et n’ayant pas mis de soutien gorge, je glisse sa virilité entre mes seins. La vue qu’il a doit être plutôt excitante puisqu’il finit par jouir contre ma poitrine et surtout je l’entend râler de plaisir. J’ai réussi ma mission détente, quoi que je suis encore si excité que lorsque je me relève pour être de nouveau face à lui, je prend sa main et je la glisse dans ma culotte afin qu’il sent mon excitation.

    « – J’ai envie que tu me prennes maintenant. Et pas de manière douce. »

  51. Avatar de M.
    M.

    « – Hm.. c’est vrai que je te dois une danse sans gifle. Je n’ai pas été très courtoise lors de nos retrouvailles. »

    J’étire un fin sourire tout en me rapprochant de lui cependant il a bien raison sur une chose, moi aussi je meurs de faim après cette journée à ne faire que l’amour. Il a donc le droit à un petit baiser sur le bout de ses lèvres avant que je ne l’abandonne pour filer dans la salle de bain mais pour éviter toutes les tentations possibles, je ferme la porte car autrement nous allons sûrement encore faire l’amour sans avoir eu un petit aperçu des nombreux restaurants qu’il y a sur ce paquebot.

    Andrei nous a choisi une suite de luxe mais il a aussi fait remplir la penderie par de nombreux vêtements plutôt chics. Veut-il se faire pardonner ou alors faire croire que nous sommes un couple de riche ? En tout cas je dois avouer que certaines robes sont magnifiques et jamais je n’aurai cru un jour porter de telles beautés. Pour notre première soirée ici, je choisis une robe blanche et dorée, qui met en avant mon teint et qui épouse mes formes. ( https://pin.it/5ZS4AQ83b ). Je tiens surtout à éblouir le regard de mon nouvel époux et ça semble fonctionner car lorsque l’on se retrouve enfin devant la porte, je vois son regard briller mais le mien aussi brille. Il est vêtu d’un costard qui met en valeur sa carrure et puis il mis sa chevelure en arrière, tel un bellâtre des années 50.

    « – J’ai l’impression d’être avec Elvis. Veux-tu bien que je sois ta Priscilla ? »

    Nos regards complices finissent par s’en aller vers les attractivités de cet immense bateau. Il y a une trentaine de restaurants donc nous avons du choix mais il y a aussi un casino, des bars, des salons de danses, un cinéma, enfin de quoi ne pas s’ennuyer pendant le séjour. Même s’il y a beaucoup de personnes âgées autour de nous, il y a aussi des couples plus jeunes ainsi que les employés qui contribuent à la vie de l’endroit. C’est pour cela qu’on ne paraît pas si étrange dans ce paquebot, nous ne sommes pas des ovnis mais c’est vrai que beaucoup de regards se tournent vers nous lorsque l’on arrive quelque part. Non pas pour critiquer mais par admiration et c’est assez touchant. Plusieurs personnes nous complimentent sur la beauté de notre couple alors qu’ils ne nous connaissent pas. Est-ce que cela se voit autant que nous sommes amoureux ?

    On s’arrête dans un restaurant italien car il faut bien que l’on commence à s’accoutumer à notre prochain pays. On nous apporte une bouteille de Chianti et je demande à goûter les lasagnes même si je suis certaine qu’elles ne seront pas meilleures que celles du grand père de Garrett. Justement en y repensant, il m’avait dit que sa famille venait d’Italie et je n’ai jamais demandé s’il avait encore des parents par là bas.

    « – Ta famille vient de quel coin d’Italie ? Pour nous, je sais que l’on va se stopper à Rome avec le paquebot mais je t’avouerai que je ne veux pas vivre dans cette ville. Elle est très belle mais j’aimerais un endroit quand même plus calme et plus.. authentique. En tout cas j’ai hâte d’y être et de voir ce que l’avenir nous réservera là bas.. »

    On est parti dans la précipitation et sans vraiment penser au lendemain mais pourtant il va y avoir des lendemains. Qu’est ce que je ferai une fois là bas ? Je ne peux plus jouer l’archéologue pour le moment mais j’ai tout de même un amour pour l’histoire et celle de ce pays est immense. Je vais sûrement me laisser séduire par l’envie d’en apprendre davantage et qui sait, trouver un emploi dans un musée. Je sais que je ne pourrais pas rester à vaquer sans rien faire, je suis bien trop dynamique et intenable pour jouer la femme au foyer. En ce qui concerne Garrett, je ne sais pas ce qu’il envisage mais il sait que je le soutiendrais dans tous ses projets.

    « – On lève nos verres à notre départ pour l’Italie ? »

    Nos coupes se touchent et nos gorges se remplissent. Le repas est délicieux et il réussit à remplir mon ventre affamé. Après ce dîner, nous trouvons un bar où la plupart des couples plus jeunes se réunissent car la musique et l’ambiance sont plus vives. Cela est parfait pour offrir à mon époux cette danse que je lui dois. On s’offre un cocktail tropical pour commencer cette soirée et je l’invite sur cette piste de danse sans plus attendre. Face à lui, mes mains sur ses épaules, je le laisse m’entraîner dans une danse bien plus douce qu’au Mexique mais cela me permet de pouvoir garder mon visage près du sien.

    « – Tout à l’heure tu reparlais de la fois où tu nous as fais sécher pour aller faire l’amour dans l’hôtel de ton grand père et c’est vrai que ce jour là j’avais eu un coup de panique.. j’étais la fille qui ne séchait presque jamais mais j’avais aimé ce coup de folie. C’est ce que j’ai toujours aimé avec toi, enfin je veux dire que tu m’as toujours sorti de mes sentiers et offert de multiple diversités. Je ne me suis jamais senti aussi vivante et libre qu’auprès de toi. Je n’ai pas peur d’être moi-même quand je suis avec toi.. et.. tu ne peux pas savoir à quel point c’est puissant de se sentir ainsi. Je sais que tu n’as pas la plus grande chance du monde car j’ai aussi un caractère tempétueux et que je pars parfois dans des colères interstellaires mais sache que même si je peux me montrer bête et prétentieuse, il n’y a une seule chose qui ne changera jamais c’est tout cet amour que je peux te porter. J’aurais beau te détester de tout mon être, mon cœur sera toujours tourné vers toi. »

    Personne à part lui ne peut entendre mes confidences puisque la musique est assez forte pour nous laisser dans notre monde. Mes lèvres s’écrasent sur les siennes et si nous n’étions pas entouré par autant de monde, je pense que nous nous laisserions aller à des caresses osées. Il n’avait pas tort en disant à la vieille voisine de chambre que sa jeune épouse est insatiable, cet homme me rend totalement accro et dépravé mais j’aime ça. Si bien que lorsqu’il descend ses mains sur le haut de mon fessier, j’en ai un hoquet envieux et je me presse contre lui pour pouvoir sentir ses formes mais surtout celle qui se cache sous son pantalon.

    « – Il me semble que je n’ai pas eu de dessert.. et j’ai encore une petite faim.. »

    En bonne séductrice, je lui fais mon plus beau sourire et la danse prend une autre dimension puisqu’elle n’est plus dans l’esprit douceur mais plutôt dans un esprit de sensualité. Je me déhanche lentement contre lui et j’appuie mes courbes pour qu’il les sente toutes. Ce jeu aux yeux des autres rend les choses plus dangereuses mais ça n’en est que plus excitant puisque l’on doit ne pas montrer nos désirs naissants. Pourtant le sien se fait vite sentir mais je compte le torturer gentiment.

    « – Et si on allait un peu au casino ? Il serait dommage de devoir déjà rentrer dans notre chambre.. »

    Je lui fais les yeux doux mais nous savons que l’impatience va nous rendre totalement indomptable, pourtant je m’y tiens et j’attrape sa main pour que nous allions dans ce fameux casino qui est encore plus remplis de monde. Il y a toutes sortes de jeux et le brouhaha est intense entre les machines à sous et les cris des joueurs. Je n’ai jamais été du genre à jouer de l’argent mais cela dit, j’ai appris à jouer au poker pendant ces dernières années. Je préfère ne pas dire à Garrett que j’étais la reine du strip poker mais cela dit, j’ai bien envie de lui montrer mon talent pour les cartes alors après avoir acheté des jetons, je le mène vers les tables où il n’y a quasiment que des hommes. C’est presque un jeu machiste et beaucoup pensent que les femmes ne sont pas assez futées pour gagner.

    « – Tu me fais confiance mon Amour ? J’ai bien envie de gagner l’argent qui servira à acheter ta prochaine voiture. »

    Mon air est encore plus joueur et je vais me poser à une table. Mon arrivée étonne et amuse. Je fais tache à côté des vieux loubards mais ça ne m’intimide pas. Garrett est derrière moi pour observer la scène et ça en est que plus excitant pour moi. Le croupier distribue les cartes et le jeu commence. Je n’ai pas forcément les meilleures cartes mais le bluff devrait faire son affaire. Je joue la fille bête, puisque c’est ce qu’ils attendent.

    « – Tu sais comment miser ma p’tite paupiette ? »

    S’amuse à lancer le plus gras et hautain du groupe. Cela fait rire les autres et moi-même je me met à rire pour les entourlouper mais ça ne dure pas bien longtemps puisque petit à petit, je les fais tous plier si bien que je gagne tout ce qu’il y a sur la table. Il doit y en avoir pour au moins pour quarante mille dollars. Je me relève et saute dans les bras de mon époux alors que les gars encore assis se mettent à râler.

    « – Elle a triché ! Il l’a aidé ! Voleuse !
    _ Quoi ?! Moi voleuse ?! J’ai juste mieux joué que toi abruti ! »

    Le vieil hautain n’a pas apprécié la défaite et il se relève pour venir face à moi. Avec Garrett qui est là, ça risque de très vite finir en eau de boudin mais je ne compte tout de même pas me laisser insulter par cette vieille enflure. Je suis prête à me jeter dessus cependant la sécurité est appelée et les gardes éloignent le vieil homme puisque c’est lui qui est en tort. Les autres hommes autour de la table sont impressionnés par ma hargne, si bien que l’un d’entre eux félicite Garrett d’avoir trouver une compagne comme moi. Cela finit par me faire rire lorsqu’il me dit lors du chemin pour aller récupérer mes gains.

    « – Plus je vieillis et moins je me laisse marcher dessus.. je crois même que je suis un vrai roquet. C’est mon côté bulgare qui doit faire son spectacle. »

    Nous avons bien gagné un sacré montant mais je laisse quand même le plaisir à Garrett de jouer aussi à certains jeux. De mon côté, je reprend l’autre jeu que j’avais entamé sur la piste de danse et je m’amuse à le chauffer par des regards, des paroles ou même des petits touchés. C’est encore plus tentant lorsqu’il se retrouve sur une machine à sous et que je me cale à côté de celle-ci, presque face à lui. J’essaye de le déconcentrer mais dans notre chance de jeunes mariés, il gagne aussi le jackpot. On triple notre argent déjà récolté. Je saute à nouveau de joie et je le félicite avec un baiser diablement passionné.

    Le retour vers la chambre est euphorique, sexy, tentateur. La nuit est encore plus explosive que la journée. Je plains nos voisins qui vont nous maudire sur plusieurs générations. Entre nos gémissements, nos cris, nos rires, ils n’ont pas dû beaucoup dormir. Heureusement nous restons sage au lendemain matin puisqu’on est épuisé. Lorsqu’on se réveil, on décide de passer la journée à la piscine au lieu de continuer à se faire grimper au rideau. Je me trouve allongé sur un transat pour bronzer alors que lui va se baigner et quelle vue agréable. Il n’y a pas que moi qui profite puisque j’entend les commentaires des deux vieilles dames à côté de moi.

    « – Oh.. quel bel homme. Ça change de nos vieux époux !
    _ C’est certain ! J’adore nos vacances ! »

    Je ne peux me retenir de rire et elles comprennent que je connais ce bel étalon qu’est Garrett. On finit par papoter telles des radoteuses et je ne vois pas le temps passé. Ce n’est que lorsque le corps humide de Garrett vient près du mien que je me rend compte que j’ai oublié de le rejoindre dans l’eau.

    « – Excuses moi, je discutais avec Jessiann et Linda. Elles adorent tes abdos ! »

    Les deux dames pouffent de rire mais elles saluent surtout mon magnifique époux. Au loin, quelqu’un nous guette ou plutôt me guette depuis la veille. Je n’ai encore rien suspecté avec toute l’euphorie de ce voyage mais Andrei a fait en sorte que deux de ses hommes vérifient que tout se passe bien. Maintenant qu’il m’a retrouvé, et même s’il semble avoir confiance en Garrett, il a ce besoin d’assurer encore plus ma protection. Il a peur que certains de ses ennemis puissent s’en prendre à moi ou se servir de moi comme moyen de pression.

    « – Elles m’ont dit que ce soir il y a un spectacle de magie. On devrait aller voir ça ! Et tu sais quoi ? Demain il y a une soirée sur le thème des bals viennois ! J’espère que tu sais valser mon amour. Je compte bien être ta princesse le temps d’une danse. »

    Tout ça est doux. Tout ça est si léger. Je n’avais pas été si bien depuis trop longtemps mais la douceur n’est jamais très longue. Du moins, c’est ce dont je me méfie encore à l’instant. Je ne lui montre rien mais j’ai déjà mille scénarios catastrophes dans mon esprit. Est-ce que pour une fois je pourrais me tromper ? Je l’espère malgré tout. Cependant l’orage arrive plus tôt que prévus lorsque le vieux rageux d’hier soir vient près de nous avec le capitaine du paquebot.

    « – C’est elle la voleuse ! Elle m’a séduite et volé tout l’argent que j’avais dans ma cabine !
    _ Qu.. quoi ?! Mais non ! Je n’ai pas fait ça ! »

    Il a été tellement piqué dans sa virilité qu’il veut encore me le faire payer. C’est sa parole contre la mienne. Il y avait quand même des témoins en ma faveur mais cet homme n’est autre qu’un grand propriétaire d’industries aux USA donc il a du pouvoir et surtout de l’argent. Il semble toujours avoir obtenu ce qu’il voulait et il le prouve encore maintenant pourtant j’ai avec moi un caractère déterminé mais surtout un époux qui a été un avocat sans pitié.

    « – Alors pourquoi on a retrouvé dans votre chambre certaines de mes affaires ?
    _ Vous avez mis vos affaires dans ma chambre ?! »

    Je pourrais me jeter à sa gorge mais les mains de Garrett me retiennent. Il va falloir régler cet incident en plein milieu de l’océan atlantique et je tiens pas du tout à le laisser gagner. Je pourrais faire les pires choses pour arriver à mes fins mais j’ai la chance d’avoir Garrett qui est le seul à pouvoir dompter ma fougue et surtout il est le plus posé de nous deux, le plus réfléchis.

    « – Vous devez nous suivre Madame. Nous allons régler ce problème à l’abri des regards.
    _ Très bien mais mon époux reste avec moi et on va vous prouver que c’est cet homme le menteur. On est ici pour notre lune de miel et ce vieux schnock est juste dégouté d’avoir perdu au poker hier soir. C’est castrateur de perdre contre une femme. »

  52. Avatar de M.
    M.

    J’adore cette nouvelle présentation **

  53. Avatar de M.
    M.

    Trois semaines et nous voilà ici, dans ce coin d’Italie et surtout dans cet endroit que j’ai l’impression de connaître depuis toujours. Garrett est tout excité de me montrer cette ancienne villa alors que moi je suis comme dans un rêve éveillé. J’ai vraiment ce sentiment d’être déjà venu et de retrouver mon chez moi. Quand il nous avance vers l’immense terrasse qui donne une vue impressionnante sur le vignoble, les larmes me montent aux yeux. C’est magistral. C’est chez nous.

    « – Tu ne pouvais pas trouver mieux mon Amour.. bon sang.. c’est tellement beau.. tellement.. grandiose.. »

    L’émotion s’entend dans la voix. Je nous imagine déjà parcourir les immenses vignes pour vérifier nos futures récoltes et je vois bien aussi des animaux un peu partout. Je pourrais imaginer une myriade d’enfants mais cela m’est encore impossible. Il n’y a que lui et moi qui compte, même si j’espère qu’Andreï réussira à retrouver Jasmine ou alors au moins son corps..

    « – On va remettre cet endroit en état et on va y faire notre monde. On aura le meilleur vin de tout l’Italie et même du monde. »

    Je me tourne pour faire face à mon époux et mes lèvres viennent s’emparer des siennes. Il me connaît si bien qu’il savait où je me sentirais la plus heureuse. Cela prouve encore une fois que c’était lui qui m’a toujours été destiné. Ce qui est encore plus étrange c’est que je suis certaine d’avoir déjà vécu ici avec lui mais bon, ce ne sont que des ressentis. La joie d’avoir notre foyer doit jouer sur cette impression de déjà vu.

    « – Je t’aime Garrett Hedlund.. Je n’ai jamais autant heureuse qu’en cet instant précis. On est enfin à deux et dans notre chez nous. Il n’y a plus personnes qui peu se mettre entre nous. Ni ex, ni parents, ni quiconque qui aurait des envies de te voler à moi. »

    Je souris finement puisque je sais qu’il a toujours un pouvoir d’attraction sur les femmes tant il est beau. L’âge le met encore plus en valeur. Sa petite barbe et son air plus mature, le rendent bien plus sexy et il m’est parfois difficile de rester stoïque surtout quand il me sort son fameux sourire charmeur.

    « – Tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureuse. J’ai l’impression que mon cœur va exploser tant je me sens bien ici avec toi ! »

    Encore un dernier baiser et je reprend sa main pour que nous continuons la visite de la maison. Elle est vraiment grande, si bien que nous avons plusieurs chambres et plusieurs salles de bain. Il y a même une bibliothèque et une grande véranda qui devait être remplie de plantes puisqu’on voit encore les traces des pots au sol. Les travaux vont prendre du temps et ils vont être conséquents mais ça ne me fait pas peur. J’ose même déjà imaginer comment vont devenir certaines pièces. Pour notre chambre, je choisis celle qui donne une vue sur les vignes et je quémande d’avoir un lit à baldaquin ainsi qu’une baignoire dans la pièce. Quand le tour de maison est terminé, nous allons vers le vignoble et là aussi il va y avoir du travail car plusieurs pieds de vignes sont morts. Il y a aussi un hectare d’oliviers et de citronniers. Il est clair qu’on devra envisager d’avoir des employés mais cela viendra plus tard.

    « – Q’orianka serait dingue devant toute cette verdure ! »

    Je parle sans réfléchir mais rapidement je fais une légère moue. Ma meilleure amie me manque depuis des années mais je l’ai abandonné et je n’ose plus tenter quoi que ce soit. Elle est certainement dans sa dernière année de médecine et je suppose qu’elle vit encore avec Henry mais je ne sais rien de ce qu’elle a vécu pendant les deux dernières années. Lucrecia non plus.. on ne sait pas ce qu’elle devient si ce n’est qu’elle vient souvent en Italie mais pas par ici. Elle travaille pour une marque de vêtements de luxe à Milan. On ne peut pas la contacter non plus puisque Garrett aussi joue le mort auprès de ses proches. Nous ne sommes vraiment plus que deux.

    « – Hm.. et si nous allions chercher de quoi nous faire un petit lit douillet ? Je veux dormir ici à partir de ce soir. Même s’il n’y a pas grand chose, c’est ici notre maison. On fera une sorte de camping sauvage mais ça peut être amusant ! »

    Un matelas sur le sol du salon, quelques vivres pour pouvoir manger et nos valises, voilà ce qui nous accompagne pour cette première soirée dans la villa. Il n’y a rien besoin de plus. Quoi que j’ai mis des bougies un peu partout pour nous éclairer car l’électricité est à refaire. On pourrait croire que l’on est des explorateurs en quête de sensations fortes dans une maison abandonnée. Le confort n’est pas encore là mais ça ne me gêne pas puisque je suis dans les bras de Garrett et il me donne assez chaud pour que cette nuit soit parfaite.

    Pas de folies durant la nuit, la fin de voyage nous a épuisé mais le réveil est divin lorsque je le vois dormir comme un enfant. Il y a bien longtemps que je ne l’avais pas vu dormir ainsi, sans réveils nocturnes. Je n’ose pas le réveiller alors je sors discrètement du lit pour aller m’asseoir sur la terrasse et profiter de ce premier matin chez nous. Quand je l’entend arriver, je ne peux que sourire et l’inviter à venir près de moi.

    « – Je veux que tous les matins soient ainsi.. toi et moi, sur cette terrasse et avec des étoiles plein les yeux. »

    Quelques jours passent et nous pouvons enfin commencer les travaux puisque du matériel est arrivé. Des électriciens sont présents pour remettre les choses en ordre mais il y a aussi d’autres prestataires qui sont arrivés puisqu’il y a des gros œuvres que l’on ne peut pas faire à deux. Pour ma part, j’ai enfilé une salopette et je commence par retirer ce qu’il y a à enlever de la maison. Je suis la seule femme sur ce chantier mais même si j’attire les regards, le mien n’a d’yeux que pour mon bel époux qui s’occupe d’enlever les vieux meubles de la cuisine. Tout cela va nous prendre des semaines mais j’ai déjà hâte de voir le résultat final, cependant à côté des travaux, je cherche après un travail pour pouvoir couvrir nos dépenses. Je pourrais encore jouer au poker pour ramasser rapidement de l’argent mais je sais que je dois quand même me faire discrète à cause de notre fuite et sûrement les recherches qu’il y a sur moi. Je ne sais pas si je suis recherché pour ce que j’ai fais à Hugh mais j’y pense énormément. Je croyais que la culpabilité ne m’atteindrait pas mais si, j’ai tout de même tuer un homme de sang froid.

    Personne ne me recherche ni recherché Garrett car Andreï gère tout dans les coulisses. Tel le père hyper protecteur qu’il a décidé de devenir, il ne laisse rien sur mon chemin et il s’applique à faire en sorte que je reste sous protection. Quelques-uns de ses hommes ce sont établis sur sienne pour pouvoir garder un œil sur moi mais aussi sur Garrett. Si pour moi c’est de la protection, pour Garrett ce n’est pas la même carte. Andreï veut s’assurer que mon époux tient parole et travaille correctement pour lui. La première mission de Garrett est de préparer les bases d’un nouvel endroit pour les trafics d’Andreï. Il devra gérer ce nouveau point en Italie.

    Pour ma part, j’arrive à trouver un petit emploi dans une librairie. Ce n’est pas de l’archéologie mais ça va me permettre de payer les factures. Je suis en caisse mais aussi à la vente. Mon italien n’est pas encore parfait mais j’arrive à me faire comprendre et à faire écouler des stocks de livres.

    Lors d’une fin de travail, alors que je m’apprête à repartir vers la maison, je me fais aborder par un homme que je ne connais pas mais lui me connaît puisqu’il est envoyé par Andreï. Il se nomme Michaël et c’est un vieil ami de mon père. C’est surtout un homme dont il a une confiance aveugle et c’est pour cela que c’est lui qui se retrouve face à moi.

    « – Anastasya.. Je suis Michaël Ferragni, un grand ami de ton père et il m’envoie à toi par rapport à la demande que tu lui as fais lors de ton départ de Cuba.
    _ Jazzy ?? »

    C’est la seule chose que j’ai demandé à Andreï, trouver des renseignements sur Jasmine. J’ai soudainement peur de ce qui va m’être dit mais je veux savoir. Je me dois d’apporter des réponses à Garrett.

    « – Oui mais il vaut mieux que nous en parlions ailleurs. Ton père est à Sienne, il souhaiterait te rencontrer.
    _ Garrett m’attend à la maison.. si je suis en retard, il va s’inquiéter. Je dois d’abord l’appeler pour lui dire que je vais tarder un peu au travail.. »

    C’est un petit mensonge mais je sais que si je ne le conforte pas, il serait prêt à venir me chercher à la librairie. Je retourne donc dans le magasin pour appeler Garrett et quand tout est bon, j’accepte de suivre ce Michael pour aller à Sienne. L’angoisse augmente car j’ai toujours peur par rapport à Jazzy mais j’ai aussi l’appréhension de me retrouver face à Andreï. Notre relation n’est pas la plus idyllique et même si je sais qu’il veille sur moi, je lui en veux toujours de m’avoir repoussé lorsque j’étais lycéenne.

    Posé à une terrasse d’un restaurant, je le reconnais aisément car il a un charisme et une carrure qui sont impressionnants. Quand la voiture de Michael s’arrête, j’hésite un instant mais le fait que cela concerne Jasmine me motive à aller vers mon père. Son regard s’illumine quand j’approche de lui et il me convie à me poser face à lui, cependant je ne partage pas le même sourire que lui.

    « – Tu as des nouvelles pour Jasmine ?
    _ Avant tout, sache que je suis heureux de te revoir Anya.
    _ Je veux savoir pour Jazzy ! Est-ce que tu sais quelque chose papa ?! »

    Andreï est autant choqué que moi. Je l’ai appelé papa sans vraiment réfléchir. Il aurait presque envie de sourire de toutes ses dents mais il se retient puisque les nouvelles ne prêtent pas à être heureux. Du moins il y a du bon et du moins bon.

    « – Elle est vivante m..
    _ Elle est où ?! Tu l’as ici avec toi ??
    _ Anya, cesse de me couper la parole et écoute ce que j’ai à te dire. Ce n’est pas du tout une partie de plaisir pour moi.
    _ Qu’est-ce qu’il se passe ?!
    _ Grâce à mon réseau d’hommes, j’ai réussi à retrouver la trace de Jasmine. Au début nous cherchions un corps mais j’ai aussi osé faire des recherches dans les trafics pédophiles. Je me suis dis que si elle était vivante, il y avait d’énorme chance qu’elle a été envoyé dans ce genre de.. excuse moi.. ça me rend dingue que des personnes puissent toucher à des enfants ! »

    Je sens sa colère et sa tristesse mais pour ma part, mon cœur se met à se serrer. Un réseau pedophile ? Elena a osé envoyer sa fille dans ce genre d’endroit ?! Et Garrett.. comment va t’il réagir ? Les larmes me montent aux yeux et Andreï continue de m’expliquer ce qu’il se passe.

    « – J’avais raison. Elle a été vendu un réseau pedophile. Garrett n’aurait jamais pu le retrouver car elle était très bien cachée. J’ai pu retrouver sa trace en négociant avec plusieurs personnes. La mère de Jasmine l’a vendu à un réseau d’hommes très influents aux USA et avec leurs statuts, ils ont le contrôle sur tout mais j’ai pu la récupérer. Cependant j’ai dû fuir les USA et je ne pense pas que je pourrais y remettre les pieds. Bref.. Jasmine est là. Elle est gardée par Tamara, ma compagne mais elle est.. enfin elle est très abîmée Anya. Son enfance lui a été arrachée et elle a été brisée. »

    Je ne peux plus retenir mes larmes.. elles coulent en torrent. Comment est-ce possible ? Comment une mère peut-elle faire ça à son enfant ? Comment des gens peuvent faire ça à une enfant ? Pourtant elle est quand même vivante. Elle n’est pas morte. Je pourrais partir directement vers l’hôtel et aller la retrouver mais ce n’est pas à moi de la prendre en premier dans mes bras.

    « – On doit aller chercher Garrett.. il.. il doit la voir en premier..
    _ Michael va être notre chauffeur. »

    Comment vais-je lui dire ce que je viens d’apprendre ? Comment va t’il se sentir ? Pendant le trajet, je peine à stopper mes larmes et Andreï prend ma main pour essayer de me rassurer. Depuis sa fuite des USA, il a tout fait pour que Jasmine se sente en sécurité et qu’elle soit soignée mais la petite semble éteinte, déconnectée. Peut-être que retrouver son père lui redonnera de l’espoir.

    Quand nous arrivons à la villa, je vois Garrett qui m’attend sur le porche et il a son magnifique sourire charmeur mais plus je m’avance et plus il doit comprendre que quelque chose ne va pas. Je pleure encore et surtout Andreï est près de moi.

    « – Tu dois nous suivre.. C’est.. c’est Jazzy.. Andreï l’a retrouvé.. »

  54. Avatar de M.
    M.

    J’ai très mal. Comment peut-on faire ça à sa propre fille ? Comment Elena a t’elle pu vendre sa fille à des monstres ? Je boue à l’intérieur mais j’ai aussi horriblement mal en pensant à ce qu’a pu vivre Jazzy. Garrett est parti avec mon père et je tourne en rond sur le perron. Pour essayer de me calmer un peu, je vais préparer la chambre pour Jasmine car je sais que Garrett va la ramener. De toute façon je l’aurais ramené avec nous aussi, je ne veux plus qu’elle soit loin de Garrett ou même de moi. Ce n’est pas ma fille biologique et pourtant j’ai cette sensation viscérale que je dois la protéger et lui redonner une vie normale. Peut-être que cela découle du fait que moi-même je n’ai pas eu de mère et que j’aurai aimé en avoir une.

    Quand ils rentrent enfin, Jazzy ne me reconnaît pas vraiment et je peux le comprendre car elle ne m’a presque pas connu. Pourtant elle vient dans mes bras et elle me laisse aller la coucher. Nous n’avons rien pour elle, du moins pas de vêtements alors je lui prête un de mes tshirts et je trouve une petite peluche que Garrett m’a acheté sur le paquebot. C’est un ourson avec un cœur entre ses pattes. Je le donne à Jazzy une fois qu’elle est dans le grand lit mais je sens qu’elle est ailleurs.

    « – Tu as tout ce qu’il te faut ma chérie ?
    _ Je vais plus jamais être loin de papa ?
    _ Je te promet que plus rien ne vous séparera. J’y veillerais personnellement. Tu es en sécurité maintenant et plus personne ne te fera du mal.
    _ Tu es la belle madame du musée.. celle que papa il aime.. tu vas rester avec nous pour toujours ?
    _ Oui, pour toujours. »

    J’embrasse son front et je reste jusqu’à ce qu’elle se rendorme. Je sais que Garrett doit être sur la terrasse à fumer clopes sur clopes. Lorsque j’arrive, j’avais vu juste mais il est surtout abattu. Il se sent coupable, triste, en colère.. il est pris par le tourment et c’est normal. Pourtant je refuse qu’il se flagelle de la sorte alors quand il jette son dernier mégot, je vais vers lui et j’impose mes mains sur ses joues pour qu’il me regarde dans les yeux.

    « – Arrête Garrett ! Tu ne pouvais pas savoir ! Personne n’aurait pu savoir à part Elena et les monstres pédophiles qu’il y a aux États Unis ! C’est un réseau encore plus fermé que ceux de drogues ou d’armes ! »

    Ça me répugne de penser à ces monstres qui n’ont aucun scrupules à faire ça à des enfants mais c’est vrai, ils savent se protéger car souvent ils viennent de hautes sphères. Elena savait où aller pour la faire disparaître et je dois avouer que j’ai une haine entière pour cette femme mais ça j’en fais mon affaire. Je ne veux pas que Garrett se lance dans une vengeance aveugle alors que Jasmine a besoin de lui.

    « – Ça va être très difficile mais on va la sauver. On va lui rendre sa vie de petite fille et faire en sorte qu’elle grandisse dans les meilleures conditions possibles. Ici, elle est loin de ces monstres et s’il faut qu’on aille tous les jours chez un psychologue alors on le fera mais je t’interdis de dire qu’on y arrivera pas. On va y arriver parce qu’on est tous les deux présents pour elle. »

    Je vois ses yeux qui brillent et retiennent de nouvelles larmes. Il va falloir beaucoup de temps pour que les plaies se mettent à cicatriser mais justement, il y en a une sur sa main que je dois nettoyer. Je l’amène dans la cuisine pour m’occuper de sa blessure mais je lui donne aussi un médicament pour qu’il puisse se détendre.

    « – Demain j’irai avec elle lui chercher des vêtements.. et des jouets. On ne va pas pouvoir oublier et tout va être tendue mais lui redonner une vie paisible, l’aidera à aller de l’avant. Il faut qu’on se concentre sur elle et sa santé mentale. Je.. j’irai quand même voir un médecin pour ce qui concerne son physique. Par contre il faut que ce soit elle qui nous parle de ce qu’elle a vécu et pas l’inverse. Elle.. elle nous dira ce qu’elle voudra quand elle s’en sentira prête. À ce moment là, on devra aussi être prêt Garrett. »

    Sa main est bandée et il a pris son médicament. Je viens déposer un long baiser sur son front et je le prend contre moi. Cette fin de journée a été compliquée mais il y a quand même quelque chose de positif dans toute cette brume. Jasmine est vivante et elle est là.

    « – Tu ne pourras pas effacer ce qu’il s’est passé mais elle est de nouveau là et tu peux lui offrir un avenir merveilleux. Ici, plus personne ne pourra te la voler. »

    Pour ce soir, nous retrouvons le matelas dans le salon mais il est difficile de fermer l’œil. Il y a tant d’images qui tournent et des questions qui se posent. Garrett s’est endormi grâce au médicament alors j’en prend un aussi pour tenter de dormir quelques heures. On ne se rend pas compte que Jasmine vient nous rejoindre et qu’elle se glisse entre nous. Elle a besoin de la présence de son père et c’est contre lui qu’elle termine sa nuit. Au petit matin, je les retrouve enlacé et je me lève en premier pour aller préparer le petit déjeuner. N’ayant pas de céréales, je me débrouille pour faire des pancakes et l’odeur les réveille. Jasmine secoue son père pour qu’il se lève à son tour.

    « – Ça sent les pancakes papa ! Comme tu les faisais ! Viens vite ! »

    Elle arrive en courant dans la cuisine et elle s’installe à table. Elle ne paraît pas complètement abîmée mais ça c’est le pouvoir des enfants.. ils ont la faculté de se montrer heureux même quand ils sont immensément triste. Je viens donc lui mettre plusieurs pancakes dans son assiette et je lui prépare une tasse de lait cependant elle se serre aussi en fruits. On remarque qu’elle a dû manquer de nourriture.

    « – Je n’ai pas de sirop d’érables mais je peux ajouter du miel si tu veux !
    _ Oh oui je veux bien ! Merci Anya ! »

    Garrett aussi a le droit à son assiette mais aussi à son thé. C’est étrange de ne plus être que deux dans cette cuisine mais la voir ici me fait quand même du bien. Mon instinct a eu raison, elle n’était pas morte. Elle est avec nous et elle mange comme une cochonne mais elle semble se régaler.

    « – On va aller t’acheter des vêtements aujourd’hui et aussi des décorations pour ta chambre. On avait pas trop mis de couleurs mais on pourra choisir les couleurs que toi tu adores. Ça te va ?
    _ Je vais rester ici avec vous dans la maison ? J’ai ma chambre à moi toute seule ?
    _ Oui tu restes avec nous, c’est ta maison aussi. Après le déjeuner on va faire la visite mais il y a encore pleins de travaux à faire.
    _ On va vivre ici toujours ? Je veux pas retourner aux États Unis. Papy Andreï m’a dit que je pouvais rester ici en Italie mais je sais pas parler l’Italie. »

    Papy andreï.. j’ai envie de rire d’amusement et de sarcasme. Je vais devoir prendre sur moi pour parler à Andreï et le remercier pour ce qu’il vient de faire. Il aurait pu refuser et la laisser où elle était mais il a risqué sa propre vie et son business aux États Unis pour la ramener ici.

    « – On va vivre pour toujours dans cette maison et on apprendre l’italien tout les trois. Tu pourras même aller à l’école ici si tu veux.
    _ Oui je veux bien parce que ça me manque l’école et aussi aller à la bibliothèque. »

    Après ce petit déjeuner, les artisans commencent à arriver dans la maison et on peut sentir que Jazzy n’est pas du tout à l’aise avec autant d’hommes aussi proche d’elle. Il est donc temps d’aller faire les magasins mais comme il faut que quelqu’un reste à la maison pour surveiller les travailleurs, je pars seule avec Jasmine même si je promet à Garrett que l’on reviendra au plus vite. Nous partons donc à sienne pour lui faire quelques achats mais encore une fois, elle montre qu’elle est mal à l’aise. Cela se voit surtout dans son choix de vêtements puisqu’elle ne prend que des choses très sombres et très amples. Pour sa chambre, elle ne montre pas vraiment de grand intérêt si ce n’est qu’elle prend quelques livres et aussi de quoi pouvoir écrire ou dessiner.

    Le chemin va être long, surtout pour qu’elle puisse extérioriser mais elle s’adapte à cette vie italienne. Au bout de quelques jours, elle a déjà pris ses repères et même si elle passe énormément de temps enfermée dans sa chambre, elle fait de son mieux pour participer à la vie de notre étrange famille. Elle m’aide pour faire le repas et elle aide aussi son père pour quelques travaux. Elle est surtout enjouée pour la future bibliothèque nous faisons faire à l’étage.

    Lors d’un retour de travail, je reviens à la maison avec les bras chargés de courses mais aussi une autre surprise qui attend dans le coffre de la voiture. J’appelle Jasmine pour qu’elle aille le récupérer et tout le monde peut entendre un énorme cri. Garrett en arrive même sur le perron mais il n’y a pas de danger, Jasmine vient simplement de récupérer un nouveau copain à quatre pattes.

    « – C’est pour moi Anya ??? C’est mon chien ??
    _ Oui, c’est ton chien à toi toute seule
    _ Oooh mais qu’il est trop beau ! Regardes papa ! C’est un bébé labrador !!! »

    Les animaux sont souvent une grande aide pour les enfants. Je vais déposer les courses dans la cuisine pendant que Jasmine fait déjà courir son chiot sur le devant de la maison. On peut l’entendre rire et ça fait un bien fou. Garrett arrive à l’encadrement de porte et je ne peux m’empêcher d’étirer un fin sourire.

    « – Le vieux Marcello en bas du village vendait des chiots alors j’en ai profité. Je pense que ça va lui faire du bien d’avoir un copain. Quand j’avais Napoléon, je me sentais en sécurité et il était mon meilleur ami. »

    Je commence à retirer les courses mais je n’ai pas non plus oublié mon époux. Je sors de l’un des sacs, une boîte de ses biscuits préférés mais aussi une boîte de pansements car depuis le début des travaux, il ne fait que de se faire des petites blessures.

    « – Mais je ne t’ai pas oublié. Tu as aussi le droit à ton cadeau. »

    J’étire un sourire malicieux et je lui donne ces cadeaux. Il a aussi le droit à un petit baiser sur ses lèvres mais on ne prolonge pas puisque Jasmine arrive avec son chiot.

    « – Je vais l’appeler Franky ! C’est comme Frankenstein mais en plus joli ! Il pourra dormir avec moi ? »

    Elle fait les yeux doux à son père et je me retiens de rire car j’use de la même manière pour arriver à mes fins. Le pauvre, il va finir chèvre à vivre avec deux filles. Jasmine réussit à le faire craquer et elle en saute dans les bras de Garrett. Même si elle a vécu des choses horribles, elle aime encore son père de tout son être et la complicité est encore présente. J’avais peur qu’elle ne veuille plus être proche de lui à cause de son statut d’homme mais non, elle a besoin de son papa encore plus qu’avant.

    « – Est-ce que je peux appeler Anya « maman » ? Parce que c’est ma nouvelle maman maintenant comme elle est ton amoureuse et que elle va vivre toujours avec nous ! »

    Jazzy lance des regards vers son père mais aussi vers moi. Mes joues rougissent mais je n’ose pas répliquer. Ce n’est pas à moi d’accepter mais à Garrett puisque c’est sa fille. J’ai tout de même larme à l’œil qu’elle m’accueille aussi vite dans sa vie. Il faut dire qu’elle a su me séduire il y a quelques années et tout comme son père, j’aime cette demoiselle plus que ma propre vie.

  55. Avatar de M.
    M.

    C’est vrai que l’article sur Henry m’a donné un coup de cafard car je pense beaucoup à ma meilleure amie que j’ai quand même lâchement abandonnée.. qu’est ce qu’elle fait ? Que devient-elle ? Est-elle heureuse ? Q’Orianka me manque mais lui donner un signe de vie pourrait bien nous attirer des problèmes. On doit rester le plus discret possible donc j’ai lâché l’idée de la contacter.

    « – Tu sais bien qu’on ne peut pas envoyer de message ni quoi que ce soit.. enfin on aurait pu mais maintenant que nous avons retrouvé Jazzy, il vaut mieux éviter. Je ne veux pas que qui que ce soit viennent essayer de nous la reprendre. »

    En fait, je me fiche bien de moi et mes soucis. J’ai inconsciemment pris mon rôle de mère très au sérieux et Jasmine passe avant tout, même parfois avant Garrett. Depuis le retour de la petite, je passe plus de temps avec elle qu’avec mon compagnon et je sais que cela nous éloigne. En plus je sais aussi qu’il fait tout pour tenter de contrôler ses démons, au point que notre maison est presque terminée. Il n’y a plus beaucoup de travaux et les vignes ont bien avancées. Garrett a fait un travail fantastique et je ne peux qu’être admirative.

    Alors qu’il est encore sur la terrasse à terminer sa cigarette, je viens le rejoindre mais je me met derrière lui. Je passe mes bras autour de sa taille nue et je m’amuse à déposer quelques baisers sur le milieu de son dos.

    « – Tu vas finir par devenir musclor ! Tu as pris en masse avec tous les travaux.. je dois dire que c’est plutôt plaisant à regarder et à toucher. »

    Le bout de mes doigts parcourent ses nouveaux muscles saillant et cela ne fait qu’échauffer mon esprit ainsi que mon corps. J’attend qu’il jette son mégot pour le mettre face à moi et sans plus attendre je lui saute dessus comme la misère sur le monde. Ma robe ne reste pas très longtemps sur moi et notre nouveau canapé devient le témoin de nos envies charnelles. Le seul bémol est que l’on doit être moins bruyant car Jazzy pourrait nous entendre mais on semble plutôt bien se débrouiller puisque par deux fois il me fait l’amour avec passion.

    J’ai repensé à ce que m’a dit Garrett concernant Henry et Q’orianka. J’ai vraiment besoin d’avoir de ses nouvelles mais pour être la plus discrète possible, j’ai l’idée d’envoyer un mail non pas à Q’orianka directement mais à son frère Nashoba. Il vit encore dans cette petite ville reculée où il n’y a pas grand monde donc c’est toujours plus sain que New-York. Dans ce mail, je lui demande des nouvelles de Q’ et je lui demande s’il peut me mettre en contact avec elle par le biais de sa messagerie. Nashoba me répond assez vite mais sa réponse me contrarie plus que tout. Garrett passe au même moment. Assise dans le bureau de notre chambre, je serai presque au bord de la crise de nerf.

    « – Q’orianka est retournée à la réserve ! Elle n’est plus avec Henry depuis quelques semaines mais elle est enceinte de lui !! On ne peut pas laisser passer ça ! »

    Je ne connais pas le fond de l’histoire mais il est hors de question que ma meilleure amie soit malheureuse. Pourtant je ne peux pas retourner aux USA alors il va falloir que je trouve un moyen de la faire venir en Italie.

    « – Je vais lui envoyer des billets d’avion et.. oh je sais ! Je vais lui dire que je suis gravement malade ! Comme ça elle n’hésitera pas à venir ! Tant pis si elle m’étripe quand elle verra que je vais bien ! »

    De toute façon je suis décidé à la faire venir ici et à prendre soin d’elle. Je m’en veux de l’avoir laissé et je sais que j’ai besoin de me racheter mais cependant, j’ai par dessus tout besoin de la savoir heureuse et ça n’a pas l’air d’être le cas. Je me débrouille donc pour lui faire envoyer des billets et pour lancer ma mission Q’. Il va falloir attendre deux semaines avant qu’elle ne débarque ici mais en attendant j’ai de quoi faire puisqu’avec l’arrivée du printemps, il y a aussi les citronniers et les oliviers à s’occuper. Le domaine nous offre une multitude d’arbres fruitiers mais aussi des trésors que l’on découvre au fur et à mesure.

    Lors d’un nettoyage de parcelle, afin de planter des pommiers, je tombe sur une très vieille mosaïque. Il est certain qu’elle date de l’époque romaine mais ce qui est le plus fascinant ce sont les détails sur celle- ci. Elle y montre un couple de romains, sûrement des personnes riches puisqu’ils sont très bien habillés mais ce qui m’amuse un peu c’est que la femme est brune alors que l’homme est blond. Quand Garrett vient voir ma trouvaille, je ne peux m’empêcher de nous comparer à ce couple ancien.

    « – Garretus et Anya de toscane ! Tu pourrais être canon en robe et sandales. »

    On pourrait envoyer ce trésor vers un musée mais non, je tiens à ce que l’on garde toutes nos trouvailles. Pour éviter de les abîmer, on les entrepose dans notre cave que je compte transformer en petit coin archéologique personnel. Il y a les bouteilles anciennes de Garrett, la mosaïque qu’il a aussi trouvé mais nous avons aussi un vase ancien que Jasmine a trouvé en baladant Franky. Ce qui est très étonnant c’est que ce vase mêle l’art romain et l’art égyptien. On connaît tous l’histoire de Cléopâtre et César mais il n’y a que très peu d’objets comme celui-ci. D’autant plus que là, c’est beaucoup plus ancien que l’époque des amants maudits. Je suis en pleine fascination sur cette découverte et j’aimerais en savoir davantage mais je dois aussi honorer mon travail à la librairie et m’occuper de Jasmine qui n’a pas encore repris l’école.

    « – Maman ?? On prépare le gâteau au chocolat pour l’anniversaire de papy ?? »

    Ce soir, Andreï vient manger à la maison avec Tamara. J’ai fini par accepter sous l’insistance de Jazzy. Il faut dire que mon père n’était pas présent pour moi mais pour Jasmine, il est un adorable grand père qui prend son rôle très à cœur. Andreï s’est installé sur Sienne en prétextant qu’il aimerait y ouvrir un restaurant mais je sais qu’il tient surtout à rester auprès de moi maintenant qu’il sait que je suis moins sur l’offensive. Nous n’avons pas encore vraiment passé de temps ensemble mais il profite de chaque minute où nous sommes ensemble.

    Lors du dîner, il est heureux de pouvoir souffler sa cinquante cinquième bougie avec nous. On lui a acheté une paire de lunettes de soleil en guise de cadeau et Jasmine lui a aussi fait un bracelet avec des fils de laine que nous avons acheté au marché. L’ambiance est conviviale, familiale mais je sens que Garrett est encore éloigné de tout ça. Il reste dans une culpabilité qui le consume de jour en jour. Il ne veut parler à personne de ce qu’il ressent mais je sens que cela va finir par le ronger et faire de lui une bombe à retardement.

    Quand la soirée se termine, je pars coucher Jazzy et je retrouve ensuite Garrett sur la terrasse. Il est encore avec une cigarette aux lèvres et il tourne en rond comme un lion en cage. Je sais qu’il faut que je le confronte et cela risque de créer une dispute mais je suis prête à le faire si cela peut l’aider à aller mieux. Il m’en voudra et il le fera la gueule pendant plusieurs jours, cependant je préfère que cela soit ainsi si en contrepartie il se sent plus léger.

    « – Q’orianka devrait arriver d’ici quelques jours.. J’irai la chercher à l’aéroport avec Jazzy. En parlant de Jasmine, il faut vraiment que tu cesses de te blâmer Garrett. Je te connais assez pour savoir que tu te rends coupable mais tu n’y es pour rien. Tu n’y es pour rien du tout. C’est Elena la fautive ! Elena et sa famille car ils la protègent malgré sa folie. »

    Il va vouloir éviter le sujet et je le remarque car il jette son mégot. Il est prêt à rentrer dans la maison mais je lui barre la route et je croise les bras contre ma poitrine.

    « – Tu dois arrêter de te ronger de la sorte ! Cela t’éloigne encore plus de Jasmine mais aussi de moi. Je sais que tu ne profites pas pleinement de notre présence parce que tu repenses à ce qu’elle a vécu. Oui, elle a vécu l’enfer mais maintenant c’est à nous de lui offrir le paradis ! Jasmine ressent le fait que tu te détaches ! Le soir avant de se coucher, elle me demande toujours si le lendemain tu vas passer du temps avec nous mais la plupart du temps non. Tu te focalises sur les travaux pour éloigner ton esprit mais ça ne fonctionne pas comme ça Garrett ! Tu crois qu’en fuyant ça va aller mieux ? »

    Je suis assez ferme dans ma tonalité. On ne peut pas dire que je n’ai pas la voix d’une mère et ça pourrait me faire rire si la situation n’était pas tendue. Garrett est prêt à répliquer, à me râler dessus et sûrement à me remettre à ma place mais Jasmine a entendu ma voix s’élever. Elle arrive dans la cuisine avec une petite mine triste.

    « – Papa.. j’ai fais pipi au lit.. »

    Elle s’en veut et elle se sent gênée mais au lieu de se diriger vers moi, c’est son père qu’elle quémande. Elle a besoin de lui et elle a besoin de retrouver ce père fusionnel. Je laisse donc Garrett aller vers elle et s’occuper de ce petit problème de pipi. Jasmine a fait un cauchemar, comme son père peut en faire toutes les nuits. Elle a revu ses bourreaux et pour la première fois depuis son arrivée, elle ose en parler un peu mais c’est à Garrett qu’elle veut se confier car elle sait qu’il est celui qui la protègera le mieux.

    « – Maman Elena elle m’a donné à un monsieur qui s’appelait George et il était pas gentil. Elle m’a dit que elle m’aimait pas et que toi non plus tu m’aimais pas.. il y avait que maman qui t’aimait tout fort alors c’est pour ça que je devais aller avec george. Je voulais pas y aller mais maman m’a forcé.. »

    Elena a complètement disjoncté mais si elle a envoyé Jasmine vers des pédophiles c’est parce qu’elle même a vécu cette monstruosité. Sa folie n’est pas innée, elle est torturée à cause de son passé mais ça ne justifie pas son acte envers Jasmine. La famille d’Elena est dans ce genre de trafic depuis des décennies et ils continuent à vendre des enfants à de riches hommes monstrueux. Jasmine est sur le point de donner à son père des éléments qui prouvent qu’elle n’est pas la seule à avoir vécu cet enfer.

    « – Il y avait mon copain Pasha.. il.. il me protégeait. Quand George voulait m’emmener, Pasha il prenait ma place. Mais quand je suis parti, Pasha est resté là bas.. il faut aller le chercher papa ! Il est tout seul et George va lui faire du mal ! »

    Pasha.. c’est la première fois qu’elle évoque ce prénom et pourtant cet enfant a une immense importance car il a tout fait pour que Jazzy ne soit pas abusée. Grâce à lui, elle n’a pas vécu de viol. Elle a subis quelques attouchements mais Pasha l’a sauvé de bien pire. Cependant la petite n’ose pas parler de ces faits à son père car c’est encore beaucoup trop traumatisant pour elle.

  56. Avatar de M.
    M.

    L’idée d’une sortie tous les trois fait bondir Jazzy et moi aussi je suis contente que nous passions ce moment ensemble, surtout après la soirée de la veille qui a été assez chargée en tension. Je ne refuse pas non plus l’après midi que Garrett me propose rien qu’à deux. C’est vrai qu’avec l’arrivée de Q’orianka, nous risquons d’avoir encore moins de temps à deux puisqu’il faudra gérer Jazzy ainsi qu’une femme enceinte qui risque d’être plus que déboussolée. En attendant donc que Garrett fait sa petite sieste, je vais dans le cave avec Jasmine pour continuer de nettoyer des anciens vases romains que nous avons trouvé enterrés sous des rosiers. La petite adore faire ce genre de travail avec moi car tout comme moi, elle a l’impression d’être une sorte d’enquêtrice historique à la recherche de réponses et détails. C’est Garrett qui nous sort de notre activité et nous allons comme prévu faire une balade à cheval sur les hauteurs de la ville de Monteriggioni, qui est une ville fortifiée proche de notre domaine.

    Pour l’après-midi, nous déposons Jasmine chez Andreï et Tamara puis nous partons avec la moto vers le nord-ouest afin de découvrir les vallée du Chianti. Elles ne sont pas si loin de Florence, si bien qu’avec un peu de charme, je réussis à pousser Garrett vers cette ville que je n’ai pas encore eu le plaisir de visiter. Pourtant elle regorge d’histoires et d’art. Longtemps gouvernée par les Médicis, elle est surtout le berceau de la renaissance, avec des artistes tels que Léonard de Vinci, Donatello ou encore Dante, Machiavel.

    Lorsque nous arrivons aux portes de la ville, je me retrouve tout excitée comme si mon époux m’avait amené dans l’endroit de mes rêves. Je l’amène au Pont Vecchio, le Bargello, quelques églises et la galerie des offices. On se retrouve devant la naissance de Vénus qui a été peint par Botticelli. C’est une œuvre magistrale et surtout je comprend mieux pourquoi je me sens si bien dans ce pays. L’Italie est riche en patrimoine, en Histoire, en art. Nous n’aurions pas trouvé mieux pour reconstruire notre vie. On aurait pu tenter la France mais je préfère de loin la chaleur et l’ambiance à l’italienne. Justement, nous avons le droit à un dîner romantique et teinté d’une pointe de musique après nos visites. Nous sommes installé dans un restaurant purement italien et on se retrouve avec deux belles assiettes de pâtes au pesto. Cela me fait du bien de retrouver un peu de temps avec Garrett suite à ce que l’on a vécu ces derniers temps. Il avait perdu son sourire malgré le retour de Jazzy et je me suis un peu trop focalisé sur la petite au lieu de l’aider lui aussi. Ce soir je banni les conversations compliquées et nous parlons de tout ce que ce pays à nous offrir. Il y a beaucoup d’endroits à visiter et de plats à déguster. Il y a aussi le vin qu’il ne faut pas négliger et on en boit plusieurs verres, si bien que l’on décide de prendre une chambre d’hôtel pour la nuit au lieu de reprendre la route en moto. Jasmine peut dormir chez Andrei et quand nous arrivons dans la chambre d’hôtel, j’appelle mon père pour le prévenir de ce changement de dernière minute.

    La nuit se fait sulfureuse mais aussi reposante. Je me réveil en étant lové dans ses bras et il dort encore, chose qui était devenue quasiment rare. J’embrasse son torse pour le sortir de son sommeil mais cela réveil bien plus que son âme puisque je me retrouve plaqué sur le lit avec un époux prêt pour un marathon érotique. La vie semble soudainement un peu plus douce et ça fait du bien de ne pas penser à mal. Pourtant au retour de Florence, nous allons à la villa directement sans aller chercher Jazzy puisque l’on tient à se changer avant mais nous découvrons que quelqu’un ou plusieurs personnes se sont introduites dans la maison. Ils ont volé des bijoux, de l’argent mais surtout les objets romains que nous avons retrouvé sur notre terrain. Cela me met dans une colère noire car ils étaient mes trésors et je n’avais pas encore terminé de tout déchiffrer. On se retrouve donc au commissariat de sienne pour porter plainte et cela nous mange une immense partie de notre journée. On ne récupère que Jasmine au soir et elle dort déjà quand on arrive chez Andrei. Mon père a acheté un restaurant qu’il retape et qu’il compte ouvrir dans les mois qui arrivent. Je sais aussi que ça sera sûrement un QG pour ses trafics puisqu’il reste toujours un chef de band assez important. J’en ai jamais vraiment parlé avec lui et je préfère éviter le sujet. Moins on en sera et mieux cela sera. Pourtant grâce à ses affaires, il a retrouvé Jasmine mais il a déjà aussi envoyé des hommes chercher après mes trésors volés. Il nous prévient tout en nous servant un verre de vin à Garrett et à moi.

    « – J’aurai bientôt tes vases et tes mosaïques mais il faudrait mettre un peu plus sur surveillance le domaine. Je m’en occupe. Plus personne ne viendra vous voler ou vous gêner.
    _ On peut se débrouiller tu sais.. Tu en as déjà fait beaucoup.
    _ Il y en aura jamais assez pour la protection de ma famille et surtout ma fille. Tu m’as déjà été retiré une fois parce que je n’ai pas su te protéger alors laisse moi me rattraper. »

    Il ne me laisse pas le choix. Sa voix et son regard sont si fermes qu’il en fait froid dans le dos. J’oublie qu’au delà d’être mon père, il a aussi certainement déjà tué plusieurs hommes et sûrement fait abattre des ennemis. Face à moi, j’ai une bête qui n’a pas peur de se salir les mains et quand la pensée me vient en tête, j’ai soudainement envie de partir et m’éloigner le plus loin possible de lui. Non pas par peur mais parce que je suis comme lui. J’ai tué Hugh de mes propres mains et je serais prête à le refaire pour Garrett ou Jazzy.

    Lorsque l’on revient à la maison, je suis encore troublé par ses pensées sombres. Le temps que Garrett aille mettre Jasmine dans son lit, je vais me servir un verre de gin et je le bois cul sec afin de calmer ce relent de dégoût envers moi-même. Cependant, Garrett revient et il ne faut pas très longtemps pour comprendre que quelque chose ne va pas. Mon visage exprime une inquiétude mais aussi une fermeté qui me rapproche encore plus de mon père.

    « – Je ne veux pas devenir comme mon père.. pourtant je deviens comme lui Garrett. Je.. j’ai tué Hugh et je sais que pour ma famille, je pourrais encore recommencer mille fois. J’ai.. j’ai même eu en pensée le fait de retourner aux USA pour m’occuper d’Elena ! Bon sang.. je deviens un monstre.. »

    Je me sens à la fois coupable et non coupable. C’est horrible de ne pas savoir si on est quelqu’un de bien ou non. Garrett va sûrement me dire que je ne suis pas un monstre mais je sais qu’il ne me pointera jamais du doigt, tout comme je ne le ferai jamais pour lui. Q’Orianka aura peut-être plus de recule pour me juger et m’aider à ne pas devenir la digne successeur de mon père.

    Au bout d’une semaine, elle arrive enfin en Italie. J’ai pris Jazzy pour aller la chercher à l’aéroport et même si je m’attend à ce qu’elle me dispute, Q’orianka se jette dans mes bras lorsqu’elle arrive près de nous. On a toujours été très liée et même fusionnelle malgré nos caractères éloignés. Quand je vivais encore près de Seattle, on ne passait pas une journée sans être ensemble mais c’est loin tout ça. Du moins, jusqu’à aujourd’hui. Je compte bien prendre soin d’elle et essayer de redonner un jolie sourire à ma meilleure amie mais quand je baisse mon regard sur son ventre légèrement rond, je me sens mal à l’aise. Je suis toujours tétanisée voir écœuré par tout ce qui entoure la maternité et la naissance d’un enfant. Q’Orianka le comprend rapidement mais il faut quand même qu’elle m’explique ce qu’il s’est passé avec Henry.

    Nous rentrons à la villa et sur le chemin elle m’explique l’histoire. Henry et elle, ont réussi brillamment leurs études. Henry s’est tourné vers la cardiologie alors que Q’orianka a choisit de devenir obstétricienne. Cela ne m’étonne pas vraiment d’elle car après ce que j’ai vécu durant notre adolescence, elle s’est jurée de pouvoir aider des jeunes femmes comme moi ou même toutes les mères possibles. Cependant Henry s’est éloigné d’elle à cause de recherches qu’il a fait sur un implant cardiaque. Cela a été concluant puisqu’il a brillamment créé le premier implant pouvant aider de nombreuses personnes atteintes de malformations cardiaques mais il en a totalement oublié son couple. Q’Orianka est donc partie sans rien dire et elle a appris quelques jours après qu’elle attendait un bébé. En fait, Henry ne sait pas où elle est ni ce qu’elle devient. Je suis assez surprise de cette révélation mais je ne peux pas la blâmer. Elle était malheureuse et abandonnée. Moi-même, j’ai abandonné ma meilleure amie et je me sens encore plus coupable maintenant que je sais son histoire.

    Quand nous arrivons à la villa, Garrett a déjà préparé le dîner et il n’attendait que nous. Jasmine court dans les bras de son père et elle est heureuse de pouvoir présenter sa nouvelle tata Q’. Notre nouvelle invitée est émerveillée par notre domaine et l’ambiance chaleureuse qu’il y a ici, pourtant face à Garrett, elle se montre un peu moins souriante. Elle m’en veut mais elle en veut aussi à mon époux car lui aussi a joué le mort. Cela a empathie sur son couple avec Henry car ils étaient tellement inquiets l’un comme l’autre qu’ils passaient beaucoup de temps à faire des recherches et ça les a aussi éloigné.

    « – Vous étiez tous les deux vivants et vous ne nous avez rien dit.. vous mériterez que je vous tue sur le champ mais heureusement je ne suis pas une meurtrière. »

    Si pour elle ça porte à faire sourire, pour moi non. J’en ai une boule qui se forme dans mon ventre en repensant à ce que j’ai fais mais Q’orianka change de sujet et elle se tourne vers Jasmine. Elle avait aussi été affecté par la disparition de la petite et elle a besoin de savoir comment Jasmine se retrouve avec nous en Italie. Il va y avoir de grandes discussions ce soir et la nuit va être longue mais je ne veux plus rien lui cacher. Elle a toujours été ma plus grande confidente.

    Après le dîner, je vais coucher Jasmine et on finit par s’installer sur la terrasse avec Q’. Elle est fatiguée par son voyage mais elle n’a pas encore envie de rejoindre sa chambre. Je m’installe auprès d’elle pour la prendre contre moi mais j’évite de poser mes mains sur son ventre. Je suis même sur le point de lui demander si elle compte garder cet enfant mais elle prend la parole avant moi.

    « – J’attends deux bébés. Des faux jumeaux. Je l’ai su grâce à l’échographie que j’ai pu faire il y a deux semaines. Je.. Je ne pourrais jamais les faire enlever. Je les aimes déjà mais je ne veux pas qu’Henry soit au courant. Je lui en veux horriblement mais je sais que sa carrière est très importante. Il a sûrement sauvé des milliers de personnes grâce à son talent.. mais avec une famille, il n’aura plus le temps pour des recherches. Alors faites moi la promesse de ne rien lui dire.. s’il vous plaît.. De toute façon vous vivez caché non ? Alors autant rester des fantômes pour lui. Et puis.. je peux peut-être rester ici avec vous.. Bien sûr, je ne vais pas vous imposer mes enfants et ma présence en continue. Je trouverais un petit appartement et un travail mais j’ai besoin d’être loin d’Henry. »

  57. Avatar de M.
    M.

    « – Je vais pouvoir te couvrir Garrett mais pas pendant des semaines. Tu vas devoir être rapide car on sait tout les deux qu’elle va finir par s’inquiéter et se poser des questions.. »

    Q’Orianka veut bien être dans la confidence et elle trouve même l’excuse qui va pouvoir permettre à Garrett de retourner aux USA. Elle feint avoir avoué à Garrett que sa mère avait un cancer assez rare et qu’il était fort possible qu’elle ne passe pas l’année. Bien évidement, je ne peux empêcher Garrett de vouloir aller la voir pour passer du temps avec elle. Je ne remet pas en questions les mots de Q’orianka et même si j’ai mal au cœur pour mon époux, j’accepte de le laisser partir pour retrouver sa famille. En sachant que je suis peut-être recherché par les autorités américaines, je ne propose pas de venir. Tout comme je compte garder Jazzy avec moi pour être certaine qu’elle soit en sécurité.

    « – Tu ne dois pas parler de Jasmine à ta famille.. on ne sait jamais. Il ne faut pas que la famille d’Elena, apprenne que la petite est encore vivante. Et puis toi aussi tu dois faire attention. Tu ne pourras pas m’appeler mais promet moi que si tu as un problème, tu feras tout pour me mettre au courant ! »

    Lui dis-je alors que je l’aide à préparer sa valise pour son voyage. On précipite son départ pour être certain qu’il puisse passer du temps avec sa mère mais si je savais que tout cela n’est qu’un gros mensonge, je pense que je serai en train d’étrangler Q’ ainsi que mon époux mais ils ont de la chance que je n’y vois que du feu. Il faut dire que depuis quelques jours, je suis facilement dissipée ou ailleurs à cause d’un coup de froid que j’ai attrapé.

    « – Je vais savoir gérer les vignes et surtout Jasmine. Tu n’as pas à t’inquiéter de ton côté. En plus, il y a les voisins qui peuvent venir m’aider s’il y a encore un coup de gelée. J’espère quand même que tu reviendras vite.. parce que tu vas me manquer et.. ne pas avoir de tes nouvelles va m’inquiéter.. »

    Ça sera plus fort que moi mais je dois prendre sur moi. Garrett prend l’avion ce soir et nous devons l’amener à Rome pour ce voyage alors on ne tarde pas à prendre la route. Jasmine est enjouée de faire ce petit détour vers la capitale italienne. On a prévu de déposer Garrett à l’aéroport et ensuite nous passerons deux jours sur Rome entre filles. Jazzy veut visiter les grands monuments de la capitale pour continuer de remplir son futur journal qu’elle tient à sortir pour les habitants du village. La petite va de mieux en mieux, sûrement parce qu’elle sait qu’elle ne craint plus rien mais nous avons quand même pris des rendez vous avec un psychologue pour qu’elle puisse décharger ses souvenirs et ses émotions.

    Lorsque nous arrivons à l’aéroport, Jasmine va dans les bras de son père mais elle est vite happée par l’envie d’aller voir les alentours alors Q’orianka l’accompagne le temps que je profite un peu des bras de mon époux. Je suis un pot de colle contrairement à la petite mais depuis que je l’ai retrouvé, j’ai énormément de mal à le laisser partir loin de moi trop longtemps.

    « – Tu fais vraiment attention mon Amour.. Et tu feras un gros bisous à tes parents mais aussi à Maggy de ma part, d’accord ? Oh et j’ai mis une photo de Jazzy et moi dans ta valise.. »

    Je l’embrasse, je le serre dans mes bras, je n’arrive pas à le lâcher mais il le faut puisqu’il doit aller enregistrer ses valises. Jasmine et Q’orianka reviennent pour un dernier au revoir avant qu’il ne s’éloigne définitivement. Jasmine prend ma main et elle réussit à me faire rire car elle prend mon rôle de mère pendant quelques minutes.

    « – Tout va bien se passer maman parce que je suis là avec toi ! Et puis papa va revenir vite ! Pis je vais dormir avec toi et Franky comme ça tu seras pas toute seule le soir. »

    Cette petite demoiselle me fait chavirer. Finalement j’arrive à ne plus être dans un esprit triste grâce aux deux filles et ce week-end à Rome. On visite tout ce que Jasmine souhaite voir mais on se fait aussi plaisir dans des restaurants et en faisant du shopping. J’avais oublié cette satisfaction d’acheter pleins de vêtements et de chaussures même si j’en avais pas forcément besoin. On a acheté aussi les premières affaires pour les jumeaux de Q’orianka même si nous ne sommes pas encore certaines des sexes.

    « – Je vais essayer d’avoir un rendez vous pour une échographie la semaine prochaine. J’aimerais être certaine que tout va bien.
    _ On appellera l’hôpital de Sienne en rentrant.
    _ Tu viendras avec moi ? Il faut que tu vois tes futurs filleuls..
    _ Tu veux que je sois la marraine ?
    _ Quelle question Anya ! Toi et Garrett allez être le parrain et la marraine de mes enfants. Il n’y a qu’à vous que je pourrais les confier les yeux fermés. »

    Cela me touche mais ça me fait aussi peur. Du moins, la partie échographie me terrifie. Je ne sais pas si j’arriverais à entrer dans une maternité sans faire une crise d’angoisse. Pour le moment je préfère ne pas y penser pour ne pas me torturer l’esprit mais je n’ai pas hâte de voir des femmes enceintes, des bébés ou des médecins.

    Les jours passent et bien que je ne dise rien, Garrett me manque énormément. Je préfère ne rien montrer pour ne pas alerter Q’orianka ou alors rendre Jasmine triste mais oui, il me manque. La petite a commencé à aller dans l’école du village et tout semble bien se passer, même si elle doit apprendre l’italien pour pouvoir mieux s’intégrer. Nous avons de la chance qu’une professeur ait accepté de lui donner des cours de soutien en plus après les cours. Moi aussi j’essaye de l’aider mais j’ai encore beaucoup à apprendre aussi. Les personnes qui viennent m’aider dans les vignes sont aussi présentes pour m’apprendre à mieux parler l’italien, au-delà de m’apprendre à être une vignoble au taquet. Il faut chaque jour vérifier que les vignes ne meurent pas sous le froid mais l’un de nos voisins, Massimo, passe beaucoup de temps dans les vignes pour ne pas que je perd nos futurs récoltes. Q’Orianka m’a fait remarquer qu’il était toujours rougissant lorsque je discutais avec lui mais bien qu’il soit un très bel homme, je n’ai d’yeux que pour mon grand blond américain.

    L’échographie arrive. Q’Orianka est excitée comme une puce et encore une fois, je dois cacher mes émotions. Jasmine est à l’école donc nous ne sommes que deux pour rencontrer les petits Cavill. Q’Orianka vient d’arriver à la fin de son quatrième mois et il est plus facile de discerner les bébés mais quand l’échographie commence, je n’arrive pas à poser mon regard sur l’écran ou même sur son ventre. Je préfère observer le plafond et me concentrer sur ma respiration qui devient de plus en plus lourde.

    « – Vous voyez là ? C’est les pieds du premier bébé. Il est juste au-dessus du second. Je vais les mesurer et vérifier qu’ils ont bien tous leurs membres. Souhaitez vous savoir les sexes ?
    _ Je pense que j’ai deviné.. regardez.. »

    Q’Orianka montre le petit penis du bébé en haut et elle se met à rire avec le médecin mais elle s’attend à ce que je réplique aussi. Face à ma non réaction, elle tapote ma cuisse pour attirer mon attention.

    « – Anya ?? Tu as vu ?? C’est un garçon et une fille !.. Ça va Anya ? Anya ? »

    À force de retenir ma respiration pour ne pas hyperventiler, je fini par faire un malaise dans cette salle d’échographie. Ce n’est pas bien grave mais le médecin fait venir des infirmières pour m’amener dans une autre pièce et pour pratiquer quelques examens pour voir si je vais bien. Q’Orianka demande à ce que son examen soit fini rapidement afin de me retrouver mais les choses prennent une tournure plus compliquée quand un autre médecin vient nous rejoindre pour nous dire que je ne peux pas m’en aller pour le moment.

    « – Vous êtes en train de faire une fausse couche mademoiselle. Nous devons vous garder ici pour surveiller l’avancement des choses.. Je tiens tout de même à vous dire que je suis désolé. »

    Cette sortie est encore pire que je ne l’aurais cru. Q’Orianka est sonnée et elle se sent comme coupable mais pour moi c’est totalement irréel. Il y a quelque chose qui était en moi.. il y a un enfant mort qui va quitter mon corps. Je suis rassuré puisque je n’aurais pas à vivre de grossesse mais je me sens mal. Je me sens mal d’avoir eu cette petite chose en moi et j’ai peur de ce qu’il va se passer mais Q’orianka est là pour me rassurer et m’expliquer que tout ira bien.

    Jasmine a été récupérée par mon père et elle dormira chez lui ce soir. Nous sommes encore à l’hôpital, Q’orianka étant avec moi dans le lit. Je suis nichée contre elle mais nous n’avons pas lancé un seul mot. Elle n’ose pas me parler de cette grossesse que je n’avais pas senti, ni même de savoir ce que j’en pense. Elle a compris que tout ça était encore un immense problème pour moi puisque je n’ai pas réussi à voir ses bébés. Pourtant il faut briser la glace pour ne pas que je reste figé dans mes retranchements.

    « – Comment.. comment tu te sens ma chérie ? Tu as mal ? Tu as besoin de quelque chose ?
    _ Je ne sais pas.. Je crois que je ne réalise pas vraiment mais ce n’est pas la première fois..
    _ Quoi ?! Tu as déjà vécu ça ?
    _ Oui.. quatre fois..
    _ Et pourquoi tu ne m’as rien dit ?! C’est pour ça que tu as peur de la grossesse ??
    _ Oui et puis parce que je repense à chaque fois à ce que m’avait fait subir Dylan. Tu sais, quand j’ai enfoncé la lame dans mon ventre pour stopper la grossesse, j’ai abimé mon utérus. Le médecin de l’hôpital m’avait dit qu’il y aurait très peu de chance qu’un jour je puisse avoir un enfant. Dans un sens, j’étais soulagé mais aujourd’hui.. aujourd’hui j’ai un époux que j’aime plus que tout, j’ai aussi Jasmine mais.. je ne pourrais jamais leurs offrir un autre enfant.
    _ Ma chérie.. mon dieu.. et.. et tu en as parlé avec Garrett ?
    _ Non, j’ai toujours évité le sujet bébé. Il a Jasmine donc je pense que cela lui suffit mais j’ai peur qu’un jour il me demande d’agrandir notre famille.. ça me terrifie.
    _ Garrett ne t’en voudra jamais, c’est certain. Même s’il n’y avait que vous deux, je suis sûr qu’il en serait pleinement heureux.
    _ Tu dis ça pour me rassurer mais quand je le vois avec Jasmine, je remarque bien qu’il adore son rôle de père. Je sais bien qu’il ne serait pas contre avoir une grande famille.. mais.. je pourrais pas lui offrir ça. Je.. parfois je me dis qu’il mériterait mieux qu’une moins que rien comme moi.
    _ Chérie.. s’il te plaît.. ne dis pas ça. Tu n’es pas une moins que rien d’accord ? Je t’interdis de te voir ainsi. Et puis rien n’est acté. Peut-être qu’un jour tu réussiras à lui offrir un enfant. La médecine évolue tellement vite.. regarde ce qu’a fait Henry avec cette valve cardiaque.. même si je lui en veux de m’avoir mise de côté, je ne peux pas nier que grâce à lui, des milliers de gens vont pouvoir continuer de vivre. En natalité il y a aussi des évolutions. Je me suis spécialisé dans l’obstétrique et il y a des avancées majeures. Je pourrais essayer de te trouver une solution !
    _ Non.. non.. ne t’embête pas avec ça. »

    Je n’avais partagé ce secret avec personne et ça me retire une épine du pied mais ça n’efface pas la peur ni même la douleur de cette situation. C’est d’autant plus douloureux quand le médecin revient et qu’il annonce qu’il va falloir que je passe en salle d’opération pour aider à faire partir l’embryon car les médicaments ne fonctionnent pas.

    Je ressors le lendemain et je dis à Andrei que nous avions besoin d’une soirée entre filles au lieu de lui dire que nous avons passé une nuit à l’hôpital. Moi aussi je joue sur le secret et je demande à Q’orianka de ne surtout rien dire à Garrett. La pauvre, elle doit garder mon secret mais aussi celui de mon époux.

    La vie reprend son court mais Garrett me manque toujours autant. Cela fait une semaine qu’il est parti et je n’ai pas de nouvelles. Pour éviter que l’on remonte à moi, il ne peut pas m’appeler alors je dois garder mon mal en patience. Pour remonter mon moral, Q’orianka propose un nouveau week-end entre filles mais cette fois ci à Naples. Jasmine est encore plus enjouée que pour Rome car elle a entendu parler de la ville de Pompéi ainsi que des glaces napolitaines. J’accepte ce voyage sous la pression des deux filles et nous partons en train vers cette destination ensoleillée. En y arrivant, j’ai l’impression d’être déjà venu ici avec Q’orianka mais ce n’est qu’une sensation car c’est la première fois qu’elle vient dans cette ville.

    « – Et si on allait se baigner sur l’île de capri ? En plus ça tombe bien car tu es encore bien blanche ma chérie !
    _ Eh.. je ne te permet pas de critiquer mon bronzage ! Ton teint est parfait naturellement alors c’est facile de dire que je suis toute blanche ! »

    C’est vrai que ce week-end à Naples me fait du bien, même si je suis surveillé par quelques hommes d’Andreï. J’oublierais même ce qu’il s’est passé cette semaine à l’hôpital mais par contre je pense encore à Garrett et j’espère qu’il sera de retour dans la semaine qui arrive. Q’Orianka tente de me faire penser à autre chose mais je reste une têtue de nature et c’est même étonnant que je n’ai pas encore tenté d’appeler mon époux.

  58. Avatar de M.
    M.

    Il est de retour mais il n’est pas seul. Il y a Maggie et un petit garçon. Je ne comprend pas ce qu’il se passe et je m’apprête à lui demander comment va sa mère mais je fini par comprendre que la santé de sa mère n’était qu’un mensonge pour pouvoir aller aux USA. Je devrais le disputer mais je n’y arrive pas, surtout quand Maggie me prend dans ses bras et que je vois Jazzy serrer le petit garçon contre elle. Les deux enfants nous offrent des retrouvailles émouvantes. Alors non, je ne dispute pas Garrett et il a même le droit à un long baiser mais j’ai quand même besoin de réponses. Qui est Pasha ? Qu’est ce qu’il a vécu ? Garrett ne le sait pas lui-même puisque l’enfant n’a presque pas parlé. Pour le moment il est enfermé dans un silence mais avec la présence de Jasmine, peut-être qu’il s’ouvrira un peu. Dans tous les cas, je prend les devants en allant lui montrer la villa en compagnie de Jasmine et Maggie. Ainsi Pasha et Maggie peuvent choisir une chambre qui sera la leurs puisqu’ils vont rester avec nous. Q’Orianka profite de mon absence pour parler avec Garrett et en quelque sorte, elle essaye de savoir s’il a vu Henry. Il ne lui dit pas qu’il l’a invité en Italie mais il parle de lui et cela réconforte la future maman.

    « – J’espère qu’il va bien.. par contre moi je dois te dire quelque chose et tu dois me promettre de ne rien dire. Je ne devrais rien te dire car j’ai promis à Anya de garder le secret mais il en va de sa santé. Elle a fait une fausse couche pendant ton absence et j’ai appris que ce n’était pas la première. Elle fait comme si tout allait bien mais elle est à fleur de peau depuis son hospitalisation.. alors.. sache que c’est normal si elle semble étrange. Vous parlerez de ce problème quand elle se sentira prête mais elle s’en veut énormément car elle pense que jamais elle ne pourra te donner d’enfant. »

    Q’Orianka me trahit ou plutôt elle fait en sorte que ça ne soit pas plus compliqué pour moi. Garrett va sûrement se poser des questions en voyant que je semble fatigué et que je prend des médicaments contre la douleur mais là il sait. Q’Orianka repart se poser au soleil et elle laisse mon époux nous rejoindre. Nous sommes dans la chambre à côté de celle de Jasmine et la petite blonde imagine déjà ce que l’on va pouvoir y mettre comme meubles afin que Pasha soit heureux. L’adolescent reste muet, il ne comprend pas ce qui lui arrive après avoir passé autant d’années dans un enfer sans fin.

    « – Papa et Maman pourront t’acheter un grand lit si tu veux ! Mais en attendant tu peux venir dormir avec moi.
    _ Il peut aussi dormir dans la chambre d’amis ma chérie.. peut-être qu’il souhaite être tranquille.. Ça ne doit pas être facile d’arriver dans un pays que l’on ne connaît pas.. »

    C’est vrai que sur l’instant, j’ai la mauvaise pensée que Pasha puisse faire du mal à Jasmine. Je ne connais pas ce garçon et je ne sais pas à quel point il a été atteint. Jasmine fronce les sourcils car elle ne veut pas que Pasha soit seul mais l’adolescent hoche la tête. Il préfère dormir seul.

    « – La chambre d’amis est juste à côté. Maggie tu pourras dormir dans notre chambre en attendant que l’on aménage la tienne, Garrett et moi nous dormirons dans le salon. Le canapé est convertible. »

    Nous n’étions que deux lorsque nous sommes arrivés dans cet endroit et là nous cherchons à faire de la place pour pouvoir faire dormir tout le monde. Cela m’amuse et mon sourire est vue par le grand blond qui nous guette à la porte. Garrett est là et il nous observe. Je ne peux pas m’empêcher de venir contre lui parce qu’il m’a manqué et j’ai besoin de sentir ses bras autour de moi. Maggie a un regard émue car elle se remémore nos jeunes années où nous étions encore deux lycéens niais et amoureux.

    « – Je suis heureuse de vous revoir l’un avec l’autre mes petits. J’ai tellement prié pour que cela arrive.. »

    Les premiers jours nous avons du travail puisqu’il faut garnir les chambres et puis nous sommes attentifs à Pasha pour tenter de le détendre. Cela ne laisse pas beaucoup de temps pour être rien qu’à deux avec Garrett sauf le soir mais il est vrai que Q’orianka avait raison sur le fait que je suis épuisé. Des que je me retrouve au lit, je m’endors sans même prendre le temps de dire bonne nuit à mon époux. Ce n’est qu’après cinq jours de changements dans notre maison pour que tout se calme et que je retrouve un peu plus de vigueur. Jasmine est à l’école, moi au travail, Maggie s’occupe de Pasha avec Q’orianka et Garrett a repris du service dans notre vignoble. Du moins, il n’y a pas grand chose à faire avec l’hiver qui vient mais il y a de l’administratif à gérer. J’ai décidé de quitter le travail un peu plus tôt pour rentrer chez nous mais surtout pour faire une surprise à Garrett. Il est dans le bureau lorsque j’entre avec une valise à roulettes.

    « – Haut les mains monsieur Hedlund ! Je vous prends en otage pour aller passer deux jours en amoureux à Florence. Tout est réglé mais il ne me manque que votre présence et votre sourire. »

    C’est une idée de Q’orianka afin que nous puissions nous retrouver un peu seuls Garrett et moi. J’ai hésité à vraiment y aller mais je sais qu’à partir de maintenant, nous n’aurons plus autant de temps pour nous deux et je ne veux pas que nous nous éloignons à cause des enfants ou des personnes qui sont chez nous. Alors oui, je lui impose ce week-end en amoureux et c’est à bord de sa voiture que nous prenons la route. Au début c’est silencieux mais un fond de musique s’invite, jusqu’à ce que je daigne enfin ouvrir les lippes.

    « – Tu as bien fait de ramener Pasha chez nous. Nous n’en avons pas vraiment discuter car les enfants sont souvent auprès de nous mais maintenant que nous sommes à deux, je voulais te dire que je suis fière de ce que tu as fait. J’aurais fais la même chose si Jazzy m’avait parlé de ce garçon. Après c’est vrai que tu m’as caché la vraie raison de ton départ mais je sais aussi que j’aurais eu du mal à te laisser partir en sachant que tu aurais pu avoir de gros problèmes.. »

    Il ne serait jamais parti si j’avais su qu’il avait pris autant de risques pour récupérer Pasha. On ne sait même pas si tout cela ne va pas nous apporter des problèmes par la suite mais pour le moment je m’en fiche puisque Garrett est revenu auprès de nous.

    « – Ça va être compliqué de lui redonner une vie normale.. On ne sait encore rien de lui ni même depuis combien de temps il a été dans ce trafic mais on va rendre ce garçon heureux et on va lui offrir la plus belle vie possible. »

    Je ne peux pas en vouloir à Garrett. Qui pourrait lui en vouloir d’avoir sauvé un enfant de toutes ces horreurs ? Et puis mis à part cela, il n’a pas cherché à se venger d’Elena donc je n’ai pas la peur que la famille de celle-ci viennent nous trouver. Par contre j’apprend qu’il a convié Henry à venir chez nous et je manque de lâcher un râle. Q’Orianka va hurler sur Garrett si elle sait ce qu’il a fait.

    « – Tu sais qu’une femme enceinte c’est encore pire qu’une femme non enceinte ? Si elle sait que tu as dis où elle était à Henry, elle va vouloir t’étriper… »

    Mais encore une fois je ne peux pas lui en vouloir puisque je sais que Q’orianka souhaite retrouver son compagnon. Il faut juste leurs donner une sorte de petits coups de pieds aux fesses, tout comme il faudrait qu’on m’en donne un pour que je dise à Garrett ce que j’ai vécu mais je ne peux pas. Rien que le fait d’y penser, ça fait augmenter l’angoisse en moi. Nous parlons donc de tout et de rien pendant le trajet mais pas de cette fausse couche.

    Ça fait plusieurs fois que je viens sur Florence et je ne me lasse pas de cette magnifique ville mais là nous n’allons pas faire les musées. J’ai trouvé un grand hôtel avec spa afin que l’on puisse se détendre. Nous avons une suite avec jacuzzi et des accès pour des massages, le sauna ou les différentes piscines. Quand nous arrivons, il y a une bouteille de champagne qui nous attend et je ne me fais pas prier pour faire sauter le bouchon. On déguste cette première coupe avant d’aller se changer pour aller dans le jacuzzi mais je me rend bien vite compte qu’inconsciemment j’essaye de me cacher de lui. Ou plutôt je cache mon corps. J’ai du mal à retirer mon peignoir lorsqu’il faut entrer dans l’eau, même si moi je profite de la vue sur ses formes horriblement délicieuses. Je me retrouve assise face à lui, les bras croisés contre ma poitrine et là je me sens comme piégé par moi-même. Mes gestes ne sont pas normales et je le sens au travers de son regard inquiet.

    « – Je.. pardon.. excuse moi.. »

    Ma gorge se serre, je suis prête à sortir de l’eau mais je suis rattrapé par sa main. Je me laisse aller contre lui et les larmes sortent. Je n’arrive pas à être fausse face à lui. Je croyais pouvoir garder mes démons mais quand Garrett est face à moi, il réussit toujours à faire tomber mes armes car je sais qu’il est mon plus grand allié.

    Je ne peux rien lui dire tant que je ne serais pas plus calme et en étant bercé dans ses bras, je fini par être beaucoup moins larmoyante. Mon visage est caché contre son torse car je ne veux pas le regarder dans les yeux et je ne veux pas sentir ses regards.

    « – Je ne savais pas que j’étais enceinte.. mais j’ai fais une fausse couche quand nous avons été voir les bébés de Q’orianka. C’est.. c’est pas si grave parce que je ne pense pas que je suis prête à avoir un bébé mais de toute façon je pense que je ne pourrais jamais avoir de bébé. J’ai tellement abîmé mon corps que je ne pourrais certainement jamais te donner un enfant.. et.. et ça.. ça me tue.. parce que je pensais que jamais je n’aurais d’enfants, que ça n’avait aucune importance mais finalement oui. Si ça a de l’importance aujourd’hui parce que je me sens heureuse avec toi, je me sens aimé et je crois que l’idée d’avoir un petit mélange de nous deux, ça.. ça a une saveur de bonheur encore plus fort. »

    Je me sens mal car j’ai l’impression de ne pas être capable de lui offrir la totalité d’un bonheur qu’un couple devrait vivre. Je me sens aussi comme une sorte de petite chose défectueuse. Elena a su lui donner un enfant mais moi j’en serai certainement incapable. Oui, ça fait tellement mal mais il faut que je l’accepte et cela commence par le fait d’être transparente avec lui.

    « – Je suis désolé Garrett.. tellement désolé d’être comme ça.. tu mérites tellement mieux.. »

    Il y a une sorte de goût d’impuissance. Je pourrais lui dire de me quitter et de trouver une femme qui saura lui donner des enfants mais je sais qu’il ne le fera pas. Je connais cet homme par cœur et il ne me lâchera pas. C’est aussi pour ça que je me sens encore plus vulnérable car Garrett est l’homme parfait à mes yeux et j’ai l’impression de le priver d’une chose très importante. Cependant il est là, il me prend dans ses bras et il me garde comme si j’étais toujours le plus précieux des cadeaux au monde.

    On ne reste pas longtemps dans le jacuzzi, nous allons plutôt dans l’immense lit où je peux encore être logé dans ses bras et où je m’endors une petite demie heure pour pouvoir me remettre un peu de mes émotions. Quand je me réveille de cette sieste, ses yeux bleutés sont rivés sur moi et il m’arrache un petit sourire avec le sien qui est dessiné sur ses lippes.

    « – Je t’aime tellement Garrett. Je ne sais pas comment j’ai pu rester debout sans toi.. parce que tu es mon pilier. C’est grâce à toi que j’arrive à rester debout et que je continu de croire en la vie. »

  59. Avatar de M.
    M.

    Dans ce malheur, il a réussi à me redonner le sourire et à avoir le cœur plus léger. Je sais qu’il faudra du temps pour que j’accepte le fait que je suis incapable de donner la vie mais je sais aussi qu’en étant avec lui, je ne serais jamais cette femme pointée du doigt. Il sait me montrer et me prouver que je peux lui faire entièrement confiance, qu’il m’aime sans rien avoir besoin en retour. Je crois que je le savais depuis le début de notre aventure mais ça l’est plus encore dans ce moment compliqué que je vis.

    Dans les rues de Florence, il me fait rire avec ses histoires loufoques sur les anciennes bâtisses et il réussit même à me redonner l’envie d’être touché puisque dans cette ruelle cachée, il fait grimper le désir chez moi. Pourtant il s’interrompt quelques minutes pour encore s’excuser pour ce qu’il a fait aux États-Unis. Oui, il aurait bien pu avoir de très gros problèmes mais ce n’est pas ça que j’ai vu en premier. J’ai surtout vu un homme prêt à mettre sa vie en danger pour sauver un enfant qui a vécu des choses horribles. Il a sauvé Pasha et même s’il reste encore des milliers d’enfants dans ce trafic, il a tout de même réussit à en sortir un de là.

    « – Jamais je ne t’en voudrais pour ce que tu as fais. Tu es mon héro Garrett Hedlund. J’ai peut-être été très surprise de te voir revenir avec ce garçon mais je suis fière de ce que tu as fais. Et puis je sais que pour Jazzy cela compte énormément aussi, elle va pouvoir être encore plus en paix. Tu es notre héro à tous les trois.. moi et nos deux enfants.. »

    Je ne peux pas lui donner d’enfants mais lui m’en a donné deux. Encore une bonne raison de le nommer héro. Je reviens l’embrasser pour le remercier mais certainement pour aussi profiter de ses lèvres qui ne demandent qu’à rencontrer les miennes. Nos mains baladeuses souhaitent aller plus loin que des petites caresses mais l’endroit est quand même propice à voir quelqu’un débarquer alors on se dépêche de retourner vers notre chambre d’hôtel pour laisser libre court à nos envies endiablées.

    Ce voyage à Florence m’a redonné la force que j’avais perdu et ça se ressent lorsque nous rentrons. Je me met moins en retrait, surtout vis à vis des enfants. Je ne souhaitais pas qu’ils me voient dans un état aussi déplorable. Pour fêter nos retours, je propose une balade dans les sentiers autour de notre villa et cela réjouit les deux petits, surtout Charlie qui a en tête de trouver des trésors. Elle veut aussi devenir une archéologue et cela m’attendrie. En compagnie de Garrett, Pasha et Francky, nous partons faire cette petite escapade dans les petits endroits boisés qui sont proches de chez nous. Jasmine s’amuse à demander à francky de sniffer le sol pour tenter de trouver son fameux trésor mais on est loin de s’imaginer que le chien va réellement trouver un trésor qui dépasse toutes mes pensées. Alors que je suis un peu en retrait avec Garrett, nous discutons d’un point que je souhaite régler assez vite.

    « – J’aimerais bien adopter officiellement Jasmine et Pasha.. aux USA ça serait impossible mais peut-être qu’ici je pourrais. Je peux voir avec mon père pour qu’il nous fasse faire des faux papiers.. mais j’ai vraiment envie d’être leur mère légalement.
    _ Maman !!!! Viens vite !!! Francky il a trouvé une grotte !! »

    Jasmine essaye de rentrer dans cette petite cavité mais j’arrive à la stopper car on ne sait pas ce qu’il s’y cache dedans. Le chien y est encore et en entendant ses aboiements, je comprend que l’endroit doit être grand puisque cela résonne. En bonne archéologue, j’ai toujours une lampe de poche sur moi et je décide donc d’entrer à mon tour après avoir demandé à Garrett de rester dehors avec les enfants.

    « – Tu vois quelque chose maman ?? Il y a des trésors dedans ???
    _ Mon dieu.. »

    Cet endroit est chargé en poussières et semble être figé depuis des millénaires mais je remarque un immense sarcophage romain. J’avance à petits pas et surtout je me met sur mes gardes mais je veux voir s’il y a des inscriptions. Il y a aussi des grandes malles en granite qui doivent être remplis d’offrandes puisque c’était normal en l’époque romaine mais je me concentre surtout sur ce sarcophage et je fini par y voir des inscriptions en latin.

    « – Ici repose Amara et Gaius.. »

    Un couple romain.. cela me fait sourire d’imaginer qu’ils sont ensemble même dans la mort. Je me remet à regarder autour de moi mais je vais quand même avoir besoin de Garrett pour ouvrir l’une des malles afin de voir ce qu’elle contient.

    « – Vous pouvez entrer mais mettez un tissus sur vos bouches ! On ne sait jamais ! L’endroit semble dater de l’époque romaine ! »

    Ma petite famille entre dans la grotte. Sans Francky on ne l’aurait jamais trouvé puisque l’entrée était couverte par de la végétation. Le couple qui est ici, souhaitait sûrement être à l’abris des regards pour leur mort ou alors quelqu’un souhaitait qu’ils soient cachés. Garrett réussit à bouger un peu les pierres de granite et on peut voir des rouleaux de papyrus. Ça m’étonne énormément car bien que c’était utilisé pendant l’époque romaine, ils étaient destinés à la haute sphère.

    « – Il va falloir ramener tout ça à la villa ! C’est.. mais c’est dingue Garrett ! Ils semblent tellement bien conservés ! Tu sais que c’est hyper rare ? Ils vont sûrement nous aider à mieux comprendre cette époque !! Oh mon dieu c’est fou !! »

    Je suis comme une enfant devant un immense cadeau de Noël. Je ne sais pas ce qui m’attend dans toutes ses trouvailles mais j’ai déjà hâte de travailler dessus. Cependant je ne veux pas que cela s’ébruite par peur que d’autres archéologues cherchent à me mettre des freins alors je demande aux enfants et à Garrett de ne rien dire à personne. Nous allons quand même avoir besoin de mon père et de quelques bras pour ramener au moins les malles à la maison mais on va s’assurer que rien ne fuitera.

    La cave de la villa se retrouve bien vite remplie des trésors que l’on trouve. Bien évidement, on a laissé le tombeau où il était mais j’ai été prendre énormément de photo de l’endroit avec l’aide de la petite famille. Car oui, je compte les faire participer à cette trouvaille sauf pour ce qui concerne la traduction des papyrus puisqu’ils semble être écris en latin mais aussi en hiéroglyphes. C’est ce que je constate lorsque je sors un premier rouleau. Je suis surprise car mis à part l’époque de cléopâtre, il n’y a pas eu beaucoup d’histoires entre les deux peuples mais là tout montre que oui. Il est très tard quand je fais cette découverte et il n’y a que Garrett avec moi dans la cave. Je déroule le papyrus et je lui montre la dernière griffe. C’est la signature de la personne qui a écrit mais c’est encore une immense découverte.

    « – Mon dieu.. c’est la signature de la reine égyptienne ! Du moins il y a eu quelques fouilles en Égypte qui ont permis de découvrir qu’un très ancien pharaon avait épousé une femme italienne malgré la protestation du peuple. Ce n’était qu’une légende car personne n’a retrouvé le tombeau de ce pharaon ou même de son épouse. Cependant là nous avons la preuve qu’elle aurait vécu et elle aurait écrit ces papyrus.. peut-être qu’elle voulait raconter son histoire ! Mais c’est bizarre car sur le sarcophage il y a d’inscrit des prénoms latin. Ils se seraient fait enterrer ici en essayant de cacher leurs identités ? »

    Je ne sais pas si je vais réussir à fermer l’œil ce soir ni même les soirs suivant, car j’ai déjà envie de tout lire mais bon, il faut savoir être sage. Garrett me permet quand même de lire ce premier papyrus et étonnement il semble comme numéroté. Cela va m’aider pour suivre correctement le fil de l’histoire. Je prend un carnet pour pouvoir retranscrire ce que je vois mais je le dis aussi à haute voix pour que Garrett puisse entendre l’histoire. Mon époux me fait quand même la surprise de me montrer ses talents pour le latin.

    « – Tu n’avais pas passé ton temps à sécher le latin toi ? »

    J’étire un fin sourire et je le laisse se rapprocher encore plus près de moi pour que nous puissions suivre les premières lignes ensembles.

    « – Ma mère n’est pas née en Italie comme beaucoup le pensent mais elle vient d’un pays de l’Est. On ne sait pas de quel pays exactement car elle ne s’en souvient plus puisqu’elle a été retiré à sa famille lorsqu’elle n’avait que trois ans. Elle n’a jamais su ses origines et j’aurais aimé pouvoir l’aider mais malheureusement il n’y a que très peu de personnes qui laissent des traces écrites et c’est pour cela que j’ai décidé de me mettre à écrire. Je veux raconter l’histoire de mes parents car sans eux je ne serais pas là et jamais je n’aurais connu cette vie de reine égyptienne. J’ai l’espoir qu’un jour quelqu’un tombera sur mes papyrus et pourra profiter de nos témoignages. »

    Cela confirme encore plus ce que je disais à Garrett sur cette reine égyptienne dont on ne sait pas grand chose mais ce n’est pas son histoire qu’elle a écrit mais celle de ses parents. J’écris rapidement dans mon carnet ce que je viens de traduire mais Garrett me propose quand même de continuer demain car nous avons déjà passé plusieurs journées assez intenses et puis au delà de cette découverte, nous avons aussi dû nous occuper des enfants mais aussi de Q’orianka qui est un peu patraque à cause des bébés qui prennent de plus en plus de place. Nous n’avons pas encore eu de nouvelles d’Henry mais je sens qu’il ne va pas tarder à arriver. J’en suis même convaincu.

    Nous dormons encore dans le salon car avec les nombreuses arrivées, nous n’avons toujours pas pu nous refaire une chambre. Dans un sens, j’adore dormir dans ce canapé car cela me permet d’être lové sur mon bel amour. J’ai quand même beaucoup de mal à fermer l’œil mais Garrett sait comment me fatiguer un peu plus vite. Il suffit qu’il pose ses mains sous ma nuisette pour que mon esprit pense à autre chose que ces papyrus.

    Le lendemain matin il se retrouve pourtant seul dans le canapé car je suis déjà dans la cave alors que Maggie déjeune avec les enfants dans la cuisine. Pour le moment je ne traduis rien, je suis surtout en train de sortir chaque parchemin pour pouvoir les compter. Je trouve aussi quelques amulettes égyptiennes et des bijoux de ces époques lointaines. Il y en a un que je met de côté et quand je vois Garrett me rejoindre, j’attend qu’il me donne mon baiser matinal avant de lui tendre une chevalière en or, ou justement il y a ses initiales de gravées.

    « – Le père de la reine avait les mêmes initiales que toi ! GH.. alors il va de soit que ce bijou finisse sur ta main mon amour. »

    J’attrape l’une de ses mains pour glisser la bague sur son majeur et je retourne à mes trouvailles. Je lui montre les objets qu’il y avait en plus des papyrus et dedans il y a une gravure qui représente le couple mais ce n’est pas vraiment très bien détaillé donc je fini par enfin retrouver le papyrus de la veille pour continuer la traduction.

    « – Je te traduis et toi tu recopies dans le carnet ? Je tiens à ce que ce soit nôtre découverte à nous deux. Quand on aura fini de traduire tous les papyrus, j’aimerais que l’on publie nos deux noms sur l’ouvrage qu’on sortira. »

    L’archéologie est une grande partie de ma vie et une passion que je chéri depuis bien des années avant ma rencontre avec Garrett mais cette nouvelle découverte n’aurait pas de sens si je n’incluais pas l’homme qui m’a offert ces hectares italiens et surtout qui m’a offert ce qui est certainement plus grand que l’histoire, l’Amour.

    « – Ma mère est supposément arrivée en Italie lorsqu’elle avait trois ou quatre ans puisque c’est à cet âge qu’elle a été acheté sur le marché d’esclaves de Florence. Maria Valerius (Marianne) était l’épouse de Caius Valerius (Colin), un préfet nommé par l’empereur Septimus et ils étaient l’un des couples les plus riches de toscane. Leur villa était à quelques kilomètres de Florence et ils avaient des hectares de vignes ainsi que des centaines d’esclaves qui travaillaient pour eux. Il était donc assez récurent que Maria aille sur le marché d’esclaves pour acheter des nouvelles recrues pour son domaine puisque Caius était plutôt affairé sur ses obligations de préfet. C’est ainsi qu’elle tomba sur ma mère ou plutôt qu’elle soit prise d’empathie pour une toute petite fille qui n’avait rien à faire dans cette situation. Maria était une mère et son fils Caeso (Henry) avait à peu près le même âge que ma mère alors il est évident que son cœur de maman n’a pas pu supporter cette scène. Elle a acheté ma mère et l’a nommé Amara car ma mère ne savait pas parler un seul mot de latin et elle n’arrivait donc pas à dire son prénom.

    Maria a ramené Amara dans son domaine et Caius n’a pas compris cette arrivée car à un si bas âge, Amara ne pouvait pas servir à grand chose mais Maria a trouvé un moyen de détourner les choses en faisant en sorte que ma mère aide un peu mais sans pour autant réellement travailler. La petite enfant avait pour rôle d’être la dame de compagnie de Caeso mais en réalité, elle était une amie avec qui le petit garçon pouvait jouer et grandir. Caeso a hérité de l’empathie et la bienveillance de sa mère, ce qui a fait qu’il n’a jamais considéré Amara comme une esclave ou quelqu’un inférieur à lui. Les deux passaient presque tout leur temps ensemble et ils ont même commencé l’école avec un Ludi magister afin d’être instruits tous les deux. Ma mère a eu beaucoup de chance d’être tombé sur Maria et elle l’a très vite considéré comme une mère, ce qui ravissait Maria car elle avait eu beaucoup de mal à avoir des enfants. Caeso était son premier fils et elle a aussi eu une fille nommée Titia mais sa fille était déjà une adolescente et elles n’avaient jamais eu de liens très forts à cause du caractère très solitaire de Titia.

    Ma mère a su s’adapter à cette vie qui n’était finalement pas si malheureuse, même si elle faisait beaucoup trop d’envieux chez les esclaves et que beaucoup souhaitaient l’éliminer. C’est un an après son arrivée chez les Valerius qu’elle a fait la rencontre de sa vie, celle qui serait la plus puissante même si elle n’en avait sûrement aucune idée pendant plusieurs années. La famille d’un grand marchand d’art s’était installée dans le domaine face à celui des Valerius et eux aussi avaient un enfant de l’âge de Caeso et Amara. Le petit Gaius Horatius (Garrett) est rapidement devenu le nouvel ami du duo et en quelques jours, ils sont devenus un trio soudé et très proche. Entre les trois il n’y avait pas de jalousie ou de tension car chacun savait respecter l’autre. Les deux garçons étaient un peu dans le rôle de frères protecteurs envers Amara mais elle a su vite s’imposer avec son caractère de guerrière. Amara n’était pas comme les autres petites filles, elle n’avait pas peur de partir à l’aventure ou même de montrer les crocs. Elle était la première à sauter dans la boue et à grimper le plus haut dans les arbres. Les garçons étaient admiratifs devant autant d’audaces et Caeso pensait qu’Amara était peut être la fille volée d’un grand chef de guerre d’un autre empire. Cette idée faisait rire Amara bien qu’en grandissant, elle aurait aimé en savoir plus sur ses vraies origines.

    En tout cas, les premières années ont été belles pour ma mère. Elle a très vite après le latin et elle a su s’intégrer dans cette famille puissante mais avec son réel statut d’esclave, il a bien fallu qu’à un moment elle soit renvoyée à une place beaucoup moins prestigieuse. Cela n’aurait pas dû arriver mais la mort de Maria lorsque le trio avait dix ans a accéléré les choses. Les garçons ont été envoyé dans une École Militaire et ma mère est devenue une vraie esclave sous les commandements de Caius.

    Je compte laisser des souvenirs de moments passées dans son enfance et son adolescence ainsi que ceux de mon père puisqu’ils ont accepté de m’aider à écrire ces papyrus. Leur premier rapprochement, leur premier baiser, leur séparation forcée a dix ans ou les difficultés qu’ils ont traversé après cette séparation. Tout sera consigné. À mes yeux, je pense que mes parents sont la preuve que tout est possible et c’est grâce à eux que je suis devenue une femme forte mais aussi rêveuse. Ils ont fait de moi la reine de ma vie et c’est ce qui m’a amené à être la reine d’un homme dont je suis éperdument amoureuse ainsi que la reine d’un royaume que je chéri tant. »

    Le premier papyrus est terminé et j’attrape déjà le second sans même demander à Garrett si je peux mais il a l’air tout autant excité et absorbé que moi. Les papyrus semblent fonctionner comme des chapitres car ils ont tous un titre et un nombre pour être répertoriés. La fille du couple a pensé à tout, je pense même que j’ai la première biographie que le monde n’ait jamais connu.

    « – Tu es prêt à écrire mon Amour ? Promis, après ce papyrus nous irons un peu à l’étage pour profiter d’une bonne tasse de thé et un morceau de cake au chocolat de Maggie !

    Il faut dire que je ne lui ai pas laissé le temps de correctement déjeuner.. Je me ferais pardonner ce soir en lui préparant un cheeseburger dont il raffole. En attendant, je me mets à traduire ce second papyrus qui nous transporte dans un souvenir d’Amara.

    ______________

    « Amara, dix ans, quelques semaines avant le décès de Maria.

    L’été vient d’arriver et il a amené avec lui une chaleur extrême. Il est difficile de trouver de la fraîcheur mais avec Caeso et Gaius, nous avons le droit de nous baigner dans une petite rivière à l’Est de la villa. Maria nous a exigé de faire attention et elle fait même envoyer des employés pour vérifier que tout va bien, même si cela intervient toutes les dix minutes.

    Je n’ai jamais souhaité dire le mot esclave et mes amis ne le font pas non plus. On les nomme employé ou alors par leurs prénoms parce qu’on essaye de tous les connaître et les avoir en amis. Ce sont des gens comme nous mais ils sont réduits à des statuts ingrats. Je sais que je devrais être avec eux mais j’ai l’énorme chance d’être la protégée de Maria, Caeso et même Gaius. Maria n’aime pas non plus ce surnom d’esclave mais elle a besoin d’eux pour le domaine car sans eux, il serait difficile de gérer autant de vignes. Les Valerius sont les plus gros producteurs de vins en Toscane et même en Italie du nord. Ils sont aussi immensément riches. Caius est un préfet très respecté et il a même une place importante auprès de l’empereur Septimus. Il est rarement présent sur le domaine car il doit beaucoup voyager dans notre région mais de toute façon je n’aime pas être près de lui car il m’a toujours considéré comme une moins que rien.

    En ce début d’après-midi, nous sommes de nouveau à la rivière pour pouvoir se baigner. Les garçons ont enfilé des pantalons en toile et moi une robe en lin car nous avons quand même une pudeur à respecter même si nous sommes les meilleurs amis au monde. Caeso est mon frère et j’aime notre complicité. Depuis mon arrivée, il ne m’a jamais lâché et il fait tout son possible pour que je sois toujours confiante et souriante. Pour Gaius, c’est un peu plus particulier car on ne vit pas dans la même maison alors nous ne sommes pas autant proches qu’avec Caeso mais il y a quand même une proximité spéciale. Je ne sais pas comment je pourrais expliquer cette sensation mais quand il est près de moi ou qu’il me regarde, je me sens si forte et entière.. Parfois je m’imagine plus grande et je le vois me demander à être son épouse mais je sais que ce n’est qu’une illusion. Gaius devra épouser une fille d’une bonne famille et pas une esclave comme moi.. Même Caeso devra épouser une fille importante alors que moi je ne sais pas ce qui m’attend quand je serai plus grande. Je pense que Maria va encore me protéger mais je sens que son époux finira par me marier à quelqu’un contre de l’argent ou alors des terres. Après tout, je suis une marchandise.

    _ Tu n’es pas cap d’attraper un poisson à mains nues !
    _ D’accord je vais te prouver que je peux !

    On est toujours en train de se défier avec Caeso et j’adore lui montrer que je ne suis pas une peureuse. Je m’apprête à aller dans l’eau quand un employé arrive pour demander à Caeso de rentrer à la villa. Son père est revenu de voyage et il aimerait voir son fils. Caeso soupire mais il s’en va et c’est ainsi que je me retrouve seule avec Gaius. Ce n’est pas la première fois que cela arrive mais aujourd’hui je suis un peu plus troublé et intimidé à cause des rêves que je fais. Ceux où je le vois me demander en mariage et où je sais qu’une vie à deux se trame par la suite. Je n’ai pas envie de lui dire parce qu’il risquerait de se moquer de moi ou alors de me repousser. Nous sommes encore très jeune mais à notre époque, nous devons parfois grandir plus vite que l’on ne devrait. Les jeunes garçons commencent les écoles militaires très tôt, alors que les filles doivent apprendre à devenir des bonnes futures épouses et mères. On se marie vers l’âge de quatorze ou quinze et puis la vie fait son chemin..

    _ On essaye d’attraper le poisson à deux ? Caeso n’est pas là alors il ne pourra pas savoir que tu m’as aidé !

    Je fais ma chipie et cela nous fait rire. Gaius n’est pas un garçon comme les autres. Après je ne connais pas beaucoup de garçons mais si je me réfère aux employés ou aux hommes du domaine, il n’y en a aucun qui est aussi intelligent et intense que Gaius. Il est curieux de tout et il nous apprend tellement de choses que j’ai l’impression qu’il connaît tout du monde mais je pourrais l’écouter durant des journées entières sans me lasser. Il a aussi de grandes pensées et c’est un garçon d’une bonté immense. Je sais que sa famille est Mécène pour beaucoup de petits artisans et paysans, il a donc été élevé dans le partage et la gentillesse. La fille qui sera un jour son épouse sera certainement la femme la plus chanceuse de cet univers..

    _ On devrait aller un peu loin car il n’y a pas beaucoup de poissons dans ce coin de la rivière.. mais on doit faire vite car si les employés voient que nous sommes plus là, Maria ne sera pas contente..

    Je dois avouer que j’aime bien déroger aux règles, pas tout le temps mais de temps en temps cela ajoute une excitation qui donne un coup de fouet. Nous partons donc un peu plus au nord pour essayer d’attraper une truite avec nos mains mais ce n’est pas une partie de plaisir. Les poissons sont beaucoup plus vifs que nous et ils glissent dans nos mains lorsqu’on réussit à les saisir. Cela nous vaut de tomber plusieurs fois dans l’eau et une petite bataille d’eau s’engage quand Gaius m’éclabousse en prétextant qu’il a failli tomber. Ce jeu nous fait rire et aucun de nous ne lâche l’affaire mais à un moment il tombe réellement et il m’entraîne dans sa chute.

    On se retrouve allongé sur le bord de la rivière mais il est sur moi et il devient rouge comme une tomate. Je ne l’ai jamais vu ainsi et je lâche un rire qui semble le gêner encore plus. J’en mord ma lèvre par honte et quand il est enfin posé à côté de moi, je tapote sa main pour qu’il comprenne que ce n’est rien.

    _ Excuses moi, je n’aurais pas dû rire.. mais ce n’est pas grave. En plus je n’ai pas eu mal. Et toi ça va ? Tu ne t’es pas fais mal ?

    Il est un peu moins rouge mais ça ne dure pas car ma main est restée sur la sienne sans que je ne m’en rend compte. À mon tour je deviens rouge pivoine aussi et nous voilà à être tous les deux intimidés l’un face à l’autre. Ce n’était jamais arrivé mais d’habitude il y a Caeso entre nous, là il n’y a plus que nous deux loin de tous regards.

    _ J’ai rêvé de toi.. Plusieurs fois. À chaque fois, tu me demandais d’être ta femme et j’acceptais. C’est nul je sais parce que ça ne sera jamais possible.. Je ne viens pas d’une grande famille et un jour ou l’autre je prendrais mon rôle d’esclave. Mais j’aime beaucoup mon rêve.. parce qu’on finissait par se marier et on allait vivre dans une grande villa que l’on construisait à deux..

    Je ne voulais rien lui avouer sur mes rêves mais j’ai cédé à l’envie de lui montrer que dans un autre monde, j’aurais aimé être plus que son amie. Certes, je n’ai pas encore l’âge de penser à des choses comme les enfants ou comment faire ces enfants mais je n’en reste pas moins une jeune fille rêveuse qui a son petit cœur épris depuis déjà beaucoup d’années. Je pense même avoir toujours été entiché de Gaius mais pour le bien de notre trio, il valait mieux me taire. »

  60. Avatar de M.
    M.

    Jamais je n’aurais cru qu’il y aurait pu avoir une autre découverte importante chez nous. Garrett a trouvé une therme qui est tout aussi ancienne que le tombeau que nous avons trouvé quelques jours avant. Il y a aussi des papyrus et des récits sur cette reine et son amant qui était un roi égyptien. Cela dépasse tout ce que j’aurais pu imaginer et il va y avoir du travail pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé ici il y a des siècles mais je ne peux être qu’heureuse que nous ayons récupéré tout cela. J’ai l’impression d’avoir gagné à la loterie. Certes je suis un peu sur ma faim avec cette histoire d’amants maudits car cela me rappelle plus ou moins mon histoire avec Garrett. Nous avons eu énormément d’obstacles entre nous avant que nous arrivons en Italie et bien qu’en ce moment tout semble être idyllique, il y a toujours des ombres derrière nous.

    C’est au lendemain de cette surprise que je reviens plus ou moins à la réalité. Alors que je fais quelques courses avec Pasha et Jazzy, je remarque plusieurs hommes qui nous suivent. Ils ne semblent pas être là pour nous faire du mal mais pour nous surveiller et je sais que cela est automatiquement lié à mon père. Andreï a doublé la surveillance et cela veut donc dire que quelque chose de plus compliqué se trame au dessus de la famille. Je vais donc rejoindre Andrei dans son restaurant pour en savoir plus. Tamara amène les enfants manger quelques biscuits en cuisine pendant que j’ordonne à mon père de venir me parler à l’arrière du restaurant.

    « – Cela faisait un petit moment que tu n’étais pas venu ici..
    _ Nous avons beaucoup de travaille à la Villa mais si je suis ici aujourd’hui c’est pour te demander ce qu’il se passe.
    _ Comment ça ?
    _ Il y a beaucoup plus de gardes qui nous surveillent quand on sort de la villa.. Je les ai vu ce matin en faisant les courses. Qu’est ce qu’il se passe Andreï ? C’est à cause de tes trafics ? Nous sommes de nouveau en danger ?
    _ Hm.. Ce n’est pas mes affaires qui portent préjudice à ta famille. J’ai appris par mes hommes qui sont encore aux USA que des hommes très riches ont fait envoyer des mercenaires pour retrouver Jazzy et Pasha.. Leurs absences a été remarqué et ils ont peur que ça se retourne contre eux. Il y a aussi Garrett qui est recherché.. Ils ont réussi à trouver qui avait récupéré Pasha.
    _ Tu veux dire que toute ma famille est recherchée par des mercenaires ?! »

    Mon visage pâlit, mes yeux s’humidifient. La peur monte en moi mais surtout la colère. Je ne veux pas que ma famille soit en danger et surtout qu’elle soit obligée de s’enfermer pour ne pas être massacrée. Andreï sent la tension qui monte en moi et il vient poser sa main sur la mienne pour tenter de me contenir.

    « – Je fais tout mon possible pour stopper cette machinerie. Certains de mes hommes vous surveillent pendant que d’autres cherchent les mercenaires. Je ne laisserais personne vous toucher.
    _ Comment tu peux être certain que personne n’y arrivera ?! Tu n’es pas Dieu ! Tu es un restaurateur qui vend un peu de drogue et des armes !
    _ C’est ainsi que tu me vois ?, dit-il en lâchant un rire amusé
    _ Tu ne m’as jamais vraiment dit ce que tu faisais ! Je ne sais presque rien de toi Andreï ! »

    Et c’est vrai qu’il a toujours été peu vantard auprès de moi, sûrement pour ne pas que je prenne peur. Pourtant nous sommes arrivé à un moment où il doit être beaucoup plus franc avec moi puisqu’il sait que ma sécurité est en jeu et que mon impulsivité pourrait compromettre ma vie.

    « – Ce n’est pas aussi simple.. Comme tu le sais, je suis dans le banditisme depuis très longtemps et même avant ma naissance. Nous descendons d’une famille puissante Anya et j’ai hérité de l’entreprise familiale.
    _ Et c’est quoi cette entreprise au juste ? Qu’est ce que tu fais ?!
    _ Je suis le patron d’une mafia assez grande, voir même très grande puisque nous sommes implantés dans de nombreux pays. J’ai des hommes qui travaillent pour moi un peu partout dans le monde et nous avons plusieurs trafics. Drogue, armes, humains..
    _ Tu.. quoi ? Du trafic humain ?? »

    Il réussit à me faire lever de ma chaise mais sa main serre la mienne pour ne pas que je puisse partir alors qu’il commence à se confier.

    « – Oui Anya, il y a du trafic humain. Des prostituées, des mercenaires, des organes.. Mais pas les enfants. J’ai toujours combattus ce trafic là, surtout depuis que vous m’avez été retiré toi et ton frère.
    _ Et tu veux une médaille ?! Tu ne touches pas aux enfants mais les adultes ça ne te gêne pas ?!!
    _ La vie n’est pas toute rose et en paillettes Anya. Il y a des hommes qui font le sale boulot pour dire de faire tourner les boîtes et j’en fais parti. Cependant j’ai été élevé ainsi. J’ai été éduqué pour devenir un jour le patron que je suis devenu et ta mère aussi a été éduqué ainsi. Elle était la fille d’un chef Napolitain et c’est ainsi que je l’ai rencontré.
    _ Super ! Mes parents biologiques sont des trafiquants ! Tu crois que je vais sauter de joie ? Tu crois que je vais te féliciter ?
    _ et tu crois que moi je voulais ce genre de vie pour toi ? C’est pour cela que je t’ai repoussé à New-York, même si je rêvais de pouvoir avoir ma petite fille auprès de moi ! Mais tu ne m’as pas laissé le choix de me rapprocher de toi Anya !! Si Garrett n’était pas venu vers moi quand vous étiez à Cuba, tu serais certainement enfermé en prison jusqu’à la fin de tes jours !
    _ Garrett ? Il.. il travaillait pour toi ? Il te voyait ?
    _ J’ai eu des contacts qui m’ont parlé de lui lorsqu’il était au Mexique et il faisait n’importe quoi. J’ai décidé de l’embaucher pour ne pas qu’il vrille plus qu’il ne vrillait déjà. Je savais que ce garçon était très important à tes yeux alors je ne pouvais pas l’abandonner..
    _ Putain de merde.. vous.. mais vous m’avez menti ? Vous.. bon sang..
    _ Garrett n’a rien fait de grave si ce n’est voler quelques babioles. Je ne lui ai jamais donné de mission dangereuse. Cependant tu ne peux nier une chose Anya, sans moi, tu serais dans de très sales draps. Tu as tué un homme ! Tu as aussi fait des trafics et je le sais puisque c’est moi qui achetait les reliques que tu revendais au marché noir. Tu as le banditisme dans le sang.
    _ Et je dois encore te féliciter ?! Je suis un monstre à cause de toi et ma mère ! Mon dieu.. »

    Ça en est trop pour mes nerfs, si bien que je fond en larmes face à mon père. Il vient me prendre contre lui et pour une fois je n’ai pas ce réflexe de repousser. Je me cache contre lui et il me serre au plus fort qu’il ne peut. Même si je lui en veux pour ses mots crus, il a raison sur le fait qu’il y a toujours eu en moi ce penchant pour l’impulsivité et les affaires peu glorieuses. Inconsciemment j’ai évolué avec la fougue et les risques qu’ont connu mes parents biologiques. J’ai déjà eu quelques conversations avec Andreï mais ça n’avait jamais été aussi intense et surtout ça n’avait jamais été dans le vif du sujet.

    « – Mais.. mais qu’est ce que je dois faire pour ma famille ? Je peux pas attendre sans rien faire.. Je ne veux pas qu’ils soient tous les trois recherchés par qui que ce soit..
    _ Je te promet que tout est sous contrôle ma chérie.. personne ne viendra les chercher. Même toi tu n’es plus recherché pour ce qu’il s’est passé avec ce Hugh.. En réalité, plus personne ne recherche cet homme. Par contre je ne veux plus que tu fasses ça. Tu ne dois plus laisser ton impulsivité prendre le dessus au point de tuer. Je préfère encore que tu me demandes d’envoyer un mercenaire.. »

    Mon père est un chef de mafia.. Je le savais mais là c’est encore plus réel. Je n’ai pas un simple homme contre moi mais j’ai quelqu’un de puissant et qui est craint par énormément de monde. Cela paraît presque impossible et pourtant oui, je suis une fille de la pègre puisque même du côté de ma mère, je viens de ce monde. J’ai donc de la famille à Naples mais je pense que je n’ai pas encore l’envie d’aller à leurs rencontres.

    Au retour de cette matinée fastidieuse, je retrouvé Garrett qui est en train de préparer le repas du midi avec Maggy. Les enfants s’en vont rejoindre Francky et Q’Orianka s’est endormie dans le canapé. Tout semble si calme et pourtant les révélations de mon père font que j’ai l’impression que rien ne va. Garrett me connaît assez pour savoir quand je me sens mal et il abandonne un instant maggy pour que l’on aille parler sur la terrasse du jardin. Je lui confis ce que mon père m’a dit. Aussi bien sur les mercenaires qui cherchent Garrett, Jazzy et Pasha mais aussi sur le fait que je sais que mon époux a travaillé pour mon père.

    « – Je ne t’en veux pas.. J’en veux à Andreï.. du moins je lui en veux parce que s’il n’avait pas accepté de suivre les trafics de la famille Siminiov, peut-être qu’on aurait pas vécu tout ça. Enfin j’en sais rien mais c’est irréel tout ça. »

    Les bras de Garrett m’entourent et me bercent. Cela ne va pas régler nos problèmes mais ça me fait du bien quand même. Je lui demande quand même de me jurer de bien faire attention même si Andreï a promis que nous étions bien surveillé par ses hommes. Garrett est devenu une sorte d’ennemi de l’élite américaine et ça n’est pas rien. C’est même à cause de cela qu’Henry n’est pas encore arrivé en Italie car il s’est retrouvé dans une traque qui l’a amené à fuir les USA. Pour ne pas que l’on sache que Garrett est en Italie, Henry est parti en Pologne depuis plusieurs semaines et en ce moment il fait le chemin en voiture pour rejoindre notre villa. Il fait surtout en sorte que personne ne le suit.

    « – Mon père a dit qu’il ne fallait pas que je me tourmente et que je devais continuer de vivre normalement.. Il est assez comique car je vais pas pouvoir m’empêcher d’avoir peur pour vous trois mais je dois ne rien laisser paraître aux enfants alors je vais tenter de faire un effort.. »

    Jazzy et Pasha ont déjà assez subi de malheurs pour devoir encore subir des peurs ou des incertitudes. Après un petit baiser, nous retournons dans la maison pour reprendre le cours des choses. Maggy pose plusieurs plats sur la table et elle appelle tout le monde pour que l’on mange tous ensemble. Il n’y a que Q’Orianka qui reste dans le salon car elle est épuisée par cette fin de grossesse. Je l’envie de plus en plus, surtout en voyant son énorme ventre rond mais je ne fais pas la jalouse aigrie car bien que j’aimerais être à sa place, je suis heureuse pour elle. Cependant je m’inquiète quand même de la voir ainsi alors après le repas, je décide d’aller la réveiller pour savoir comment elle se sent.

    « – Ils bougent énormément et ils sont devenus très lourds mais ça va.. je me dis que d’ici une ou deux semaines, ils seront sortis alors ça ne devrait plus être un problème
    _ Tu es vraiment courageuse tu sais et j’ai hâte de voir ces deux bouts de chou.
    _ Moi aussi même si je commence à me dire que j’aurai peut-être dû rester aux États-Unis.. dans le sens où Henry ne verra même pas l’arrivée de ses enfants..
    _ Tu sais, je peux toujours l’appeler et le faire venir ici.. Rien est condamné ma belle. On peut encore changer le cour des choses..
    _ Je sais mais je lui en veux quand même car depuis des mois je suis ici et je n’ai eu aucune signe de.. »

    Un gros bruit se fait entendre à la porte d’entrée. Ça tambourine fort, si bien que j’ai le reflex de demander aux enfants de se cacher et je me met devant Q’Orianka pour la protéger. C’est Garrett qui va ouvrir la porte bien qu’il prend une arme que l’on a caché à l’entrée. Lorsque la porte s’ouvre, Henry entre dans la villa mais il semble paniqué. Il cherche Q’Orianka du regard et quand il la remarque dans le canapé, il se rue vers elle mais ce choc provoque une perte des eaux chez la jolie amérindienne. La panique gagne donc tout le monde.

    « – Vite ! Il faut l’amener à l’hôpital !! »

    Hurle Henry qui s’agenouille près de Q’Orianka mais celle-ci essaye quand même de le repousser. C’est à Garrett et moi d’être les plus posés pour ne pas que la situation dégénère. Aidé par Henry, nous amenons Q’Orianka dans la voiture et nous partons à quatre vers l’hôpital le plus proche. Pendant ce trajet, nous avons les débuts d’une explication pour Henry.

    « – Je devais arriver plus tôt ! Quand tu es venu me voir à New-York, j’ai de suite quitté mon poste à l’hôpital et j’ai pris des billets pour venir ici mais des hommes armés se sont mis à me traquer car il te cherchait ! J’ai dû faire en sorte de cacher ma venue pour arriver jusqu’ici afin qu’ils ne vous trouvent pas ! »

    Nous savons avec Garrett que ces hommes doivent d’être les mercenaires des riches américains. Mais ce n’est pas le moment d’en discuter avec nos amis puisque le stress est déjà assez grand en sachant que Q’Orianka va accoucher sous peu. Le trajet est rapide et Q’Orianka est tout de suite prise par les médecins. Nous laissons Henry partir avec elle et je me retrouve dans la salle d’attente avec Garrett. J’ai à la fois peur pour ma meilleure amie mais j’ai encore plus peur pour mon époux. Si les mercenaires s’attaquent à ses proches, je sais qu’il finira par vriller. Je propose à Garrett d’aller faire un petit tour dehors pour prendre l’air mais aussi pour que l’on discute de cette situation.

    « – Ils ne nous auront pas.. Andreï nous fait surveiller et puis de toute façon je ne laisserais jamais personne nous faire du mal. Je me fiche bien d’être envoyé en prison, si cela m’a permis de vous protéger. Cependant je compte bien faire tomber tous ces monstres qui nous attaquent et qui attaquent surtout les enfants. S’ils nous traquent c’est parce qu’ils ont peur que leurs affaires soient découvertes alors je vais tout faire pour que ce soit mis au grand jour. »

    Je vais devoir faire équipe avec mon père et donc entrer dans une mafia qui fait des atrocités mais pour ma famille je serai prête à pactiser avec le diable s’il le fallait. Je sais que Garrett va vouloir m’éloigner de tout ça ou m’interdir d’aller vers cette pente sombre mais de toute façon j’y ai toujours plus ou moins bercé. Il est temps que j’assume cette part de mon identité.

    « – Tu sais comme moi que tant que l’on ne prendra pas le taureau par les cornes, on sera les victimes des autres et je ne veux plus que l’on subisse la folie des autres. On doit se débarrasser de nos ennemis pour protéger notre famille. »

    En disant cela, je regarde vers l’hôpital qui donne sur l’endroit où Q’Orianka a été amené. Nous devons aussi les protéger, tout autant que nos enfants ou nos parents. Je sens que Garrett n’est pas entièrement d’accord avec moi parce qu’il tient sûrement à moi aussi me protéger mais nous sommes tous les deux dans cette situation où il faut que l’on se protège. Nous allons devoir faire une équipe comme à Cuba ou comme depuis plusieurs mois.

    « – On doit se faire confiance et surtout tu ne dois pas oublier que je ne suis pas une petite poupée de porcelaine.. je suis bien plus coriace que tu ne le penses. »

    On continue de marcher et on finit par retourner dans l’hôpital mais l’attente est plutôt longue. Il faut trois bonnes heures pour qu’Henry vient enfin nous chercher en salle d’attente. Il est encore plus paniqué qu’avant notre arrivée puisque cette fois ci c’est officiel, il est devenu père. Quand nous passons la porte de la chambre, nous tombons sur Q’Orianka qui tient deux petites choses brunes entre ses bras et j’en ai directement les larmes aux yeux. Les jumeaux sont minuscules mais tout le monde est en bonne santé.

    « – Je vous présente vos filleuls.. Kisos et Sora Cavill. Enfin, si vous voulez bien être leurs parrain et marraine.. »

    Q’Orianka nous fait un grand sourire en attendant notre réponse mais il n’y a pas besoin de réfléchir, j’accepte de suite. Je m’approche pour mieux voir les bébés et aussi embrasser le front de ma meilleure amie alors qu’Henry reste auprès de Garrett. Il est stressé par tout ce qu’il se passe depuis des semaines mais là c’est l’apothéose. Il est quand même immensément heureux de voir ses enfants mais il a cette peur d’être maladroit avec eux.

    « – Je crois que je vais avoir besoin de tes conseils pour devenir un bon père.. »

    Dit-il nerveusement à Garrett. Cela me fait sourire finement et je me tourne à nouveau vers Q’Orianka qui est dans sa bulle avec les deux petits bébés.

    « – Félicitations à vous quatre.. Je suis tellement heureuse pour vous. Et les jumeaux sont tellement beaux.. Je fond littéralement ! »

    C’est vrai, je fond. J’embrasse les joues des bébés avant de proposer d’aller chercher des boissons pour tout le monde. J’ai surtout besoin d’être quelques instants seule pour refreiner mon mal être de femme stérile. Je vais donc vers la cafétéria de l’hôpital quand un infirmier me bloque le passage sans aucune raison. Au début j’en lâche un rire mais bien vite je comprend que quelque chose ne va pas lorsque deux autres hommes arrivent derrière moi. Sans que personne n’y voit rien, je me fais embarquer par ces trois hommes. Ce sont les fameux mercenaires des riches américains mais pour le moment ils ne comptent pas me tuer mais plutôt se servir de moi comme moyen de pression afin que Garrett se rende avec les deux petits. Du moins c’est ce qu’ils veulent mais je ne compte pas me laisser faire ou les laisser faire.

    Je suis rapidement éloignée de l’hôpital et même de la ville. Ces hommes m’ont mise dans le coffre d’une voiture et je ne revois que le ciel bleu lorsque nous arrivons à la frontière avec la Slovénie. Ils comptent me garder là bas en attendant d’avoir pu négocier avec Garrett ou alors eu des nouvelles de leurs commanditaires. Cependant il y a quelque chose qui me freine dans mes ardeurs puisque je comprend très vite que quelque chose se cache au creux de mon ventre. Le week-end à Florence semble avoir décidé de m’offrir une nouvelle chance et surtout de me le faire comprendre assez vite pour que je prenne des précautions mais ça va être difficile de garder ce petit pois en moi si je ne trouve pas rapidement une solution pour m’enfuir d’ici.

  61. Avatar de M.
    M.

    J’ai compris que je ne sortirais pas d’ici rapidement, non pas parce que je doute de Garrett ou mon père mais parce que les hommes qui m’ont enlevé n’ont pas été choisis au hasard. Ce sont des mercenaires russes et les hauts fonctionnaires américains ont payé le prix fort pour avoir les meilleurs. En même temps, ils savent que leurs petit business avec les enfants peut être mis en danger alors ils n’ont pas hésité sur les moyens. Cependant je me demande pourquoi ils n’ont pas décidé d’éliminer toute notre famille au lieu de me prendre en otage. Ça aurait été plus simple pour eux de nous faire disparaître mais ils veulent récupérer Jasmine et Pasha, ce qui m’intrigue malgré ma condition d’otage enfermée dans une pièce noire.

    Je suis resté plusieurs jours enfermé avant qu’on ne commence à me déplacer pour certainement brouiller la piste mais on m’a bandé les yeux et bâillonné afin que je ne puisse pas savoir où ils m’amenaient. Ce n’est qu’au bout d’une semaine que je me retrouve enfin face à quelqu’un après que l’on m’ait retiré le bandeau. Je ne connaissais pas cet homme, du moins jusqu’à ce qu’il se présente et tente de me faire peur. C’est le chef de mafia qui a été payé pour mon enlèvement mais j’ai le sentiment qu’il sait qui je suis, au delà d’être la mère de Jasmine et Pasha.

    « – Tu n’as plus beaucoup de temps à vivre, tu le sais ? Si ton idiot d’époux ne donne pas les enfants, j’ai pour mission de te tuer.
    _ Et bien tuez moi maintenant. Il a pour ordre de protéger nos enfants.
    _ Tu crois cela ? Pourtant j’ai eu vent que ton époux et ton père sont en Russie pour essayer de te retrouver. Ils vont nous offrir l’occasion de récupérer les enfants facilement.
    _ C’est ce que vous pensez mais si vous me parlez en cet instant, c’est que vos plans ne semblent pas fonctionner. Autrement pourquoi se préoccuper de moi ? Surtout si vous comptez me tuer.
    _ Je dois avouer que tu n’es pas si bête et que tu es bien la fille de tes parents. Une Siminiov mais aussi une Mancini. Le mélange de la pègre bulgare et italienne..
    _ Qu’est ce que vous voulez au lieu de faire mon passeport ? Et surtout pourquoi vous travaillez pour des monstres qui abusent d’enfants ?!
    _ Je me fiche bien de ce qu’ils font, tant qu’ils me payent gracieusement. Tu ne peux pas imaginer à quel point ce genre de trafic est répandu et surtout bien payé. Par contre ce qui me chiffonne avec ton affaire, c’est que cette fois ci on m’a envoyé régler des comptes dans une famille qui pourrait facilement faire écrouler mon business et ça, je ne m’y attendais pas. On m’avait parlé d’un Hedlund et pas forcément de sa femme, fille de mafieux. Tu es donc mon grand problème Anastasya et il va falloir que je trouve un moyen de régler tout ça. En attendant, tu vas rester enfermé et quand j’aurais ma solution, on aura de nouveau le plaisir de se recevoir. »

    À peine dit-il cela que ses molosses de gardes m’attrapent pour à nouveau me remettre dans une pièce seule. J’ai compris que Garrett avait décidé de me retrouver tout comme j’ai compris que ce Nikolaï se retrouve hésitant dans ses projets puisqu’il sait qui est mon père, cependant cela pourrait être d’autant plus dangereux aussi. De toute façon je sais que je ne peux rien faire seule pour m’en sortir, je suis hargneuse mais pas entrainé pour me battre contre des mercenaires. Et puis il y a cette petite chose qui grandit en moi.. je dois tout faire pour la protéger.

    Les déplacements continuent. Nikolai s’assure de toujours mieux me cacher tout en essayant de récupérer les enfants mais notre famille est mieux protéger que n’importe quelle œuvre d’art. Après hésitation, Andrei a décidé de demander de l’aide à la famille de ma mère et bien que celle-ci n’a pas accepté de suite, les Mancini ont fini par se relier pour tenter de me retrouver. Je ne connais rien de cette famille, je ne me souviens même plus du visage de ma mère.. pourtant il y a encore beaucoup à apprendre. Mon grand-père maternel est un parrain napolitain qui est tout autant craint que mon père, voir même plus. Antonio Mancini a su se faire un nom et une place mais il est surtout connu pour être sans pitié. Lorsque ma mère a été tué par des mercenaires russes, il a tout fait pour réduire ses hommes à néant. Il avait perdu son unique fille. Il en a longtemps voulu à mon père et il l’a traqué, d’où l’arrivée d’Andréa aux USA mais aujourd’hui il a pour le moment mis sa rancoeur de côté pour retrouver sa petite fille.

    Cela fait un mois que je n’ai pas vu la couleur du ciel. Un mois que je suis enfermé. Nikolai a pourtant décidé de me sortir aujourd’hui car il compte enfin monter d’un cran. Il a donné rendez vous à Andreï pour un échange. Les enfants contre moi. C’est complètement bête car andreï ne donnera pas les enfants et ça va finir en bain de sang. Je suis consciente qu’il va falloir que j’essaye de m’enfuir ou que je me cache pour éviter de recevoir une balle mais je suis aussi soulager car dans un sens je ne serais plus enfermé, même si je ne sais pas si je serais encore vivante ce soir.

    « – Nous sommes où ?
    _ Qu’est ce que cela peut te faire ? Tu es ici pour me servir de monnaie d’échange, pas pour passer des vacances. »

    Nous sommes aux USA mais je ne pouvais le savoir puisqu’a chaque sortie j’avais les yeux bandés. Nikolai a donné rendez vous à Andreï dans une petite ville du Nevada, loin des regards curieux et policiers. Bien sûr, mon père est en route pour l’endroit mais il n’est pas seul puisqu’il y a Garrett mais aussi Antonio. Les trois n’ont pas vraiment discutés ensemble puisqu’il y a une vive tension entre Antonio et Andreï. Garrett se retrouve entre deux chefs de mafia mais ils m’ont tous les trois en commun. Ils veulent me récupérer vivantes et c’est pour ça qu’ils ont aussi fait en sorte d’amener des hommes de main. Garrett n’en reste pas moins le plus en danger puisqu’il est devenu un ennemi sur ses terres, du moins pour les riches hommes du pays. L’opération est donc encore plus délicate.

    « – Je vais y aller seul.
    _ Hors de question Andreï, nous venons tous. Tu vas te faire descendre à la première occasion, Nikolai n’attend que ça.
    _ Comme toi non ?
    _ Moi oui mais ma fille non. Et ma petite fille non plus.
    _ Tu sais bien que jamais je n’ai voulu que mon épouse se fasse tuer.. Tout comme je ne voulais pas que mes enfants soient envoyés à des milliers de kilomètres. Je me suis fait piéger et je n’ai pas réussi à sauver ma famille. Ça sera toujours ma plus grosse douleur..
    _ Le passé est passé. Évitons que ce petit américain subisse le même sort. »

    Antonio lance un regard vers Garrett et Andreï aurait presque envie de sourire car il subit le même regard suspicieux qu’Andreï avait subit quand il a rencontré ma mère. Les trois sont en voiture, avec Garrett pour chauffeur et ils doivent rejoindre une vieille ferme dans ce coin du Nevada. J’y suis et Nikolai m’a fait asseoir dans le salon. Il guette à la fenêtre pour voir si Andrei arrive alors que l’un de ses molosses restent derrière moi pour être certain que je reste à ma place.

    « – Ça va être un bain de sang inutile. Andreï n’aura pas les enfants. Vous allez simplement vous entretuer.
    _ Qui te dit qu’il ne fera pas ça pour toi ? Je connais votre histoire tu sais. Tout le monde connaît l’histoire d’Andreï Siminiov. Il s’est fait piéger par Mikhail Bogatyryov et il en a perdu toute sa famille.. tout ça à cause d’une histoire de territoire. J’en sais quelque chose puisque je travaillais pour Mikhail et c’est moi qui a tué ta mère. Tu ne te souviens pas de moi Anya ? Pourtant ce jour là, tu étais présente. Tu étais caché dans un placard de la cuisine lorsque j’ai abattu ta mère. »

    Il a un rire sadique. Il détourne son regard vers moi pour voir ma réaction et je sais qu’il s’attend à ce que je me mette en colère ou alors que je sois prise par la tristesse. Intérieurement je bouillonne mais je tente de rester neutre pour le déstabiliser.

    « – Pourquoi ne pas m’avoir tué aussi ? Pourtant vous n’avez pas de mal à vouloir faire du mal à des enfants en les donnant à des pédophiles.
    _ Je n’avais que pour ordre de tuer ta mère.
    _ Je vois que vous n’avez pas changé en tout cas.. toujours à suivre les ordres comme un charmant petit toutou.. Je suis certaine que vous n’êtes qu’un petit pion qui se fait payer une misère alors que mon père est un homme craint et envié de tous. »

    Ma provocation me vaut un coup de poing en plein visage de la part de Nikolai mais j’ai trouvé une faille. Cependant nous entendons des bruits de moteurs et de roues, ce qui indique qu’Andreï arrive. Nikolai m’attrape par le bras et il me traine pour me montrer. Lorsque nous arrivons dehors, Andrei sort de la voiture mais il y a aussi Garrett et ce grand-père que je ne connais pas. J’ai du mal à les distinguer à cause du coup que je viens de recevoir en plein œil mais mon cœur s’accélère quand je me rend compte que Garrett est bel et bien là. C’est la peur qui m’enivre car je ne veux pas qu’il puisse être touché par les hommes de Nikolai.

    « – Tu as ma marchandise Siminiov ? Ou dois-je exécuter ta putain de fille ?
    _ tu crois réellement que je te laisserais la tuer Nikolai ? Tu as déjà eu mon épouse, tu n’auras pas non plus notre fille. »

    En disant cela, Andreï sait qu’il avertis Antonio et qu’il va sûrement créer chez lui une rage sans précédent puisque le grand père ne savait pas qui avait tiré sur sa fille. Dans tous les cas, il a été convenu que ce soit Garrett qui s’occupe de me récupérer pendant que les deux chefs s’occupent du reste. Pour le moment Nikolai me garde bien contre lui et il a même posé le bout de son arme contre ma tempe.

    « – En attendant, il me suffit d’appuyer sur la gâchette et cette demoiselle sera morte. Cependant je vois que tu n’as pas ramené les enfants et ça va poser problème puisqu’on me paye pour les récupérer. Ça va poser un gros problème sauf si tu as mieux à me proposer. Je suis prêt à négocier avec toi et Mancini. »

    Nikolai sait très bien qu’il va être traqué et tué dans tous les cas, sauf s’il négocie maintenant. Pour tenter d’apaiser un peu la situation, il retire son arme de ma tempe et il n’y a plus qu’à attendre la réponse d’Andreï mais je ne peux pas me résoudre à laisser cet homme vivant. Il a tué ma mère et il n’a pas de scrupule à vendre des enfants. Bien que cela est une idée impulsive et idiote, je réussis à me tourner pour lui donner un coup de genou dans ses parties intimes et puisqu’il me relâche, je commence à courir du mieux que je peux pour aller vers Garrett. Ce coup de tête ouvre les coups de feu. Nikolai relève son arme pour tirer vers moi alors qu’Andrei et Antonio lèvent les leurs pour tirer sur Nikolai ainsi que ses hommes.

    Avec l’adrénaline, j’arrive à rejoindre Garrett mais une fois dans ses bras je m’écroule. Andreï hurle à Garrett de prendre la voiture et de partir avec moi. Nikolai a réussi à m’atteindre mais heureusement ce n’est que dans la cuisse. Malgré tout je suis épuisé et affamé par ce long mois de prise d’otage. Quand on se retrouve dans la voiture, les coups de feu sont encore présents et on manque de se faire toucher mais Garrett démarre assez vite pour nous éloigner. J’appuie ma main sur ma cuisse pour tenter de compresser la plaie mais j’ai surtout un soupire de soulagement quand plus aucune balles semblent nous atteindre.

    « – Ils n’ont pas touché petit pois.. »

    Une phrase énigmatique puisque je perd connaissance juste après mes mots. Pourtant Garrett va apprendre que quelque chose grandit en moi, lorsque le médecin du petit hôpital de campagne va venir le voir. Il en aura même un visuel puisqu’il aura une échographie entre les mains. Un tout petit pois de quelques semaines, s’est logé dans mon ventre et il semble y être bien accroché puisque je n’ai pas fais de fausse couche. Pour ce qui est du reste de ma santé, je ne suis plus en danger mais il va falloir des semaines pour que je retrouve une vie beaucoup plus normale. Le médecin demande même à ce que nous évitons l’avion et que nous restons sur le territoire américain pendant quelques semaines.

    Je me retrouve dans une nouvelle chambre lorsque je me réveille mais cette fois-ci je ne suis plus prisonnière. Je suis dans un lit et j’entends surtout la respiration de Garrett qui est assis à mes côtés. La fatigue peut se lire sur ses traits mais un sourire se dessine sur sa bouche quand je lui tend la main.

    « – Je savais que tu finirais par me retrouver.. et que tu ne donnerais pas nos enfants. Tu m’as aussi horriblement manqué et tu as été ma motivation pour ne pas flancher.. et aussi petit pois.. enfin.. je suis certaine que ce petit pois est en moi et qu’il m’a donné encore plus de force.. »

    Je n’ai pas vu l’échographie ni le médecin donc je ne peux que rester sur mes intuitions. Pourtant Garrett pose sa main sur mon ventre et il sourit encore plus. Mes yeux commencent à piquer, les larmes montent car il confirme quelque chose que je n’espérais plus et auquel je me suis raccroché pendant ce mois difficile afin de ne pas vriller.

    « – On va avoir un bébé.. on.. mon dieu.. on va avoir un petit nous.. Je suis enceinte mon Amour ! »

  62. Avatar de M.
    M.

    Je suis enfin chez moi, avec ma famille, mes enfants, mon époux.. et puis cette petite chose qui grandit en moi. Je devrais certainement être encore traumatisé par les semaines qui viennent de s’écouler et où j’étais l’otage à sauver mais quand j’ai retrouvé ceux que j’aime, j’ai fais totalement abstraction de mes semaines compliquées. Il n’y a pas mieux que d’être entouré des personnes qui nous font du bien pour guérir et c’est ce qu’il se passe depuis mon retour. Tout le monde est à mes petits soins mais je reçois aussi beaucoup d’amour, surtout de la part de Jazzy et Pasha qui me montrent chaque jour que je suis bel et bien leur maman. Pour mon père et mon grand-père, je n’ai pas encore pu les recroiser depuis les USA mais je sais que ça ne serait tarder. Par contre j’ai remarqué le regard inquiet qui ne quitte plus Garrett depuis notre retour. Il est sur les qui vives et il fait attention à tout. C’est encore plus intense avec l’annonce de cette grossesse surprise, si bien que si je devais l’écouter, je ne devrais pas quitter notre lit.

    Heureusement il m’a laissé reprendre le travail dans la petite librairie. C’est vrai que je n’ai pas forcément besoin de ce travail mais c’est ma façon de m’échapper un peu du train familial et de me sociabiliser puisque ce n’est pas encore mon plus grand talent. J’y vais donc quelques après-midi dans la semaine et c’est durant ce temps que Garrett décide de me parler. On a pas eu vraiment de conversation sur ce qu’il s’est passé. Je n’ai pas osé évoquer le sujet avec lui pour ne pas encore plus l’inquiéter ou l’angoisser mais il a besoin que l’on crève l’abcès. Il m’avoue avoir pensé à rien si ce n’est moi et il était aussi prêt à encore nous faire partir loin pour être à nouveau caché. Garrett s’attend à recevoir une remontrance de ma part mais je n’ai pas de colère ou de quoi que ce soit sur lui puisque je sais que j’agiterais comme lui si j’étais à sa place.

    « – Ça a été très difficile comme moment car j’ai eu peur de ne jamais pouvoir te revoir mais maintenant on est là, l’un face à l’autre. C’est vrai que le danger n’est pas totalement écarté et on risque encore d’avoir des problèmes, surtout à cause du poids que font mon père et mon grand père.. Mais je ne veux plus qu’on fuit. Notre maison c’est ici et c’est dans cet endroit que je veux voir notre bébé naître. »

    Nous avons déjà tellement de fois fuis et surtout moi. J’ai fuis à Londres pour m’éloigner de Garrett et son mariage avec Elena, puis j’ai fuis dans pas mal de recoins du monde pour tenter d’oublier mon mal-être. Maintenant que je suis heureuse dans un endroit, je ne veux pas le quitter mais il est certain que nous allons devoir nous montrer bien plus prudent.

    « – On sait qu’Andreï fera garder notre domaine mais on peut aussi renforcer le tout si tu en ressens le besoin. Avec des chiens de gardes, des clôtures.. Tout est possible mais je veux vraiment que nous restons dans notre maison. C’est là que nous avons enfin commencé à trouver la paix.. C’est dans cette maison que nous avons pu enfin vivre à deux sans avoir peur d’être séparé. Et puis les enfants l’adorent aussi, même si je crois que l’on va devoir faire construire une piscine pour cet été.. Jazzy et Pasha n’arrêtent pas de lancer le sujet quand ils voient que le soleil tape pas mal en après-midi ! »

    Il y a encore des rêves et choses à accomplir ici. C’est devenu notre bulle et je ne tiens pas à ce qu’elle éclate après autant de difficultés dans nos vies. Il va juste falloir rassurer mon époux qui est beaucoup plus stressé mais je ne peux le blâmer puisque je sais qu’à sa place, j’aurais été bien pire que lui. Je lui propose tout de même d’aller voir Andreï ensemble ainsi que ce fameux grand-père qu’est Antonio. Ainsi nous allons pouvoir voir avec eux s’ils peuvent nous aider à être le mieux protéger. Désolé le lendemain, nous nous affaissons à cette tâche bien que pour Antonio, nous devons prendre un avion pour la ville de Naples. Je n’ai pas encore eu l’occasion de discuter avec lui ni même d’en savoir plus sur cette famille italienne qui a vu grandir ma mère mais ça va être l’occasion.

    Ici le soleil est écrasant et avec une grossesse en cours, c’est encore pire que je ne l’aurais imaginé. J’ai dû mettre la robe la plus fine que j’avais et j’ai aussi investi dans des bombes d’aérosol en eau. Garrett me regarde avec son fameux sourire en coin lorsque je m’asperge d’eau mais je ne sais pas si c’est pour se moquer ou si c’est parce qu’il apprécie la vue de l’eau qui perle sur mon décolleté. Je comprend que l’objet de son sourire est ma poitrine qui prend en volume mais nous n’avons pas le temps de batifolé pour le moment dans la chambre d’hôtel puisque nous sommes attendu par Antonio qui vit sur les hauteurs de la ville. Mon grand-père a le contrôle sur Naples ainsi que sur toute la région de campanile depuis pas mal d’années, au point d’avoir acheté une villa très impressionnante. Lorsque nous y arrivons avec un taxi, des hommes armés nous contrôle à l’entrée et on doit encore subir un contrôle près de la grande porte d’entrée.

    Ce n’est pas Antonio qui nous ouvre mais un majordome. Celui-ci nous offre un immense sourire et il avertit de notre arrivée. Rien que l’entrée de la villa est immense et luxueuse. Avec Garrett, nous avons l’impression de faire tache dans tout ce dédale de luxure.

    « – J’al l’impression que nous sommes arrivés dans un Palais Royal… Ou moi je serais cendrillon et toi Gusgus ! »

    Je me met à sourire malicieusement mais je me cale un peu plus contre lui en attendant l’arrivée du grand-père. Il ne tarde pas mais il vient accompagné d’une femme qui me fait tout de suite pâlir tant elle me ressemble. C’est ma grand-mère maternelle.. Et elle est d’une beauté à couper le souffle malgré son grand âge. La vieille dame lache un sanglot quand elle me voit pour la première fois et elle se jette même sur moi pour pouvoir me prendre dans ses bras. Je suis la seule chose qui lui reste de sa fille alors bien évidement je deviens une sorte de petit trésor.

    « – Tu lui ressemble tellement.. Tu es son portrait craché ! Je suis tellement heureuse de pouvoir enfin te voir Anastasya.. et vous ? Vous devez être son époux ! Antonio m’a parlé de ce que vous avez fait pour sauver ma petite fille ! »

    Garrett aussi se fait étreindre par cette grand-mère que je n’avais encore jamais vu. Antonio est beaucoup plus réservé et il nous offre un léger sourire mais il nous invite à aller s’installer dans son grand salon pour discuter. Il nous parle directement de ce qu’il s’est passé aux USA et du fait qu’il faut continuer d’être protéger puisqu’il y a toujours des personnes qui voudront s’en prendre à la famille d’Antonio comme celle d’Andreï. Mon grand père nous garantit qu’il y aura des hommes qui nous surveillerons mais que contrairement à Andreï, il n’a des hommes qu’en Italie. Il nous demande donc d’éviter de sortir du pays. Il en vient aussi à parler de mon père et de la tension qu’il y a entre eux depuis toujours. Elle est de nouveau ravivée à cause de ma présence et Antonio essaye de me prouver que mon père est quelqu’un qu’il faut éviter. Ce qui est drôle c’est qu’Andreï a essayé de faire la même chose avec Antonio il y a quelques jours.

    « – Tu ne dois pas lui faire confiance. C’est ce qu’a fait ta mère et regarde où elle est aujourd’hui.. Si elle n’avait pas suivi ce garçon, elle serait encore en vie.
    _ Antonio.. notre fille aimait ce garçon et lui aussi l’aimait très fort. C’est notre environnement qui a causé sa perte ! Elle était en danger depuis sa naissance et nous le savons bien.
    _ Elle n’aurait pas dû suivre un garçon qui était aussi dans les trafics. Heureusement notre petite fille n’a pas été aussi bête, elle a épousé un garçon convenable. »

    Cette petite scène fait soupirer ma grand mère mais elle nous offre un nouveau sourire en tentant de passer à autre chose. Elle part sur le sujet de ma grossesse et notre vie en Italie. Très vite, je me retrouve à discuter avec cette femme et nous sommes tellement prise par notre conversation que je ne remarque pas qu’antonio prend Garrett à part en lui proposant de faire un tour de la villa. Mon grand-père veut s’assurer que Garrett n’est pas comme Andreï. Ils discutent donc de leurs côté pendant que je me retrouve prise d’émotions quand Flora, ma grand mère, évoque des souvenirs de ma mère dont moi-même je ne me souviens pas.

    « – C’était une fille très forte et indépendante, comme toi selon ce que m’a dit Antonio.. Elle avait une force de caractère incroyable. Je me souviens qu’elle a rencontré ton père lorsqu’elle était au lycée, lors d’un voyage culturel en Bulgarie. Jamais nous aurions imaginé qu’elle aurait trouvé son amour aussi loin et nous n’étions pas non plus prêt à s’attendre qu’il soit aussi dans des affaires peu glorieuses.. mais qu’est ce que nous pouvions dire ? Elle était folle amoureuse et ton grand père était aussi dans des affaires douteuses. Nous avons donc accepté cet amour même si au début on pensait que la distance allait les séparer. Cependant ta mère a fini par partir en Bulgarie et ils se sont mariés le lendemain de son arrivée. Elle essayait de m’envoyer le plus souvent des lettres et des nouvelles.. C’est ainsi que j’ai su pour ton arrivée puis celle de ton petit frère. J’ai encore les photos. »

    Elle se relève pour aller chercher les photos que ma mère lui avait envoyé d’Alek et de moi. Il y a aussi des photos de ma mère, ce qui me met de plus en plus les larmes aux yeux.

    « – Et puis un jour nous avons appris son décès et aussi le fait que ton père avait été envoyé en prison.. mais le pire était de savoir que toi et ton frère aviez été enlevé. J’étais dévasté d’avoir perdu ma fille mais pour elle, je voulais à tout prix vous retrouver. Cependant ça a été un échec total.. L’organisation qui en voulait à ton père, avait bien planifié les choses. Vous avez été envoyé dans d’autres pays sous de nouvelles identités et comme vous étiez encore petits, vous avez su vous adapter à cette situation.
    _Qui était cette organisation ? Et pourquoi ils en voulaient à mon père ?
    _ Tu sais, la pègre est toujours entourée de jalousie et rivalité. Ton père avait des affaires qui marchaient plus que bien et ça ne plaisait pas. Sa seule faille était sa famille alors ils lui ont pris sa famille.. Ils ont encore été sympa en ne vous tuant pas toi et ton frère car d’autres organisations n’auraient eu aucune pitié.
    _ Et vous.. comment faites vous pour vivre dans cet environnement ? Comment faisait ma mère pour aussi accepter cette vie ?
    _ Par amour ma chérie. Antonio est l’amour de ma vie et j’ai accepté de le suivre dans n’importe quelle circonstances. Ta mère avait fait ce même choix pour Andreï. Toi tu as de la chance, ton époux n’est pas chef de mafia.
    _ C’est vrai mais je sais qu’il a travaillé avec Andreï.. et notre environnement pourrait le pousser à recommencer. Parfois j’ai peur que ma situation familiale soit néfaste pour lui.. J’ai aussi peur de le mettre en danger à cause de qui je suis.
    _ Je pense que lui aussi agit par amour. Qui que tu sois, quoi que tu fasses, il sera là près de toi. Je l’ai senti dés que vous avez passé cette porte d’entrée. Je crois même qu’il est le meilleur protecteur que tu puisses avoir. »

    Elle a un regard bienveillant et une douceur qui me fait du bien. Garrett finie par revenir avec Antonio et nous sommes invités pour le dîner, ce qui laisse encore la place à la discussion. Je raconte ma vie aux USA ainsi que ma rencontre avec Garrett, ce qui n’est pas sans une pointe de nostalgie. Aujourd’hui nous ne sommes plus deux voisins adolescents mais deux adultes mariés qui vivent en Italie, qui ont deux enfants et qui vont en accueillir un troisième dans quelques mois.

    Cette rencontre m’a fait du bien même si une nouvelle question s’est imposée. Ou est mon petit frère ? J’ai déjà essayé de faire des recherches mais ça n’a rien donné. Andreï n’a rien trouvé non plus. Lors du retour vers la toscane, j’en parle avec Garrett puisque je n’ai rien à lui cacher, pas même la conversation avec Flora. Alek est un morceau du puzzle qui me manque pour me sentir complètement moi-même.

    Notre retour à la maison est acclamée par Jazzy et Pasha qui ont organisé une sorte de petite fête surprise. Il faut dire que ce n’est pas une journée comme les autres puisque c’est l’anniversaire de Garrett. Henry et Q’orianka sont présents malgré le fait qu’ils ne vivent plus sous le même toit que nous. Ils ont décidé de prendre une petite maison dans le village afin d’être en famille mais sans être trop loin de nous. Pour l’occasion de l’anniversaire, Jazzy a mis une robe de princesse et elle amène son père vers le milieu du salon pour danser avec lui. Maggie ne peut s’empêcher de mitrailler en photos ce moment adorable. Elle a aussi une surprise de taille puisqu’avant que nous allions vers la table pour commencer le dîner, une invitée surprise entre dans la maison. Lucrecia est ici et elle n’est pas seule puisqu’elle est accompagnée de son compagnon ainsi que d’un petit bambin de deux ans. Les retrouvailles entre les jumeaux Hedlund est intense et tellement pleine d’émotions que je me sens étrange. Je décide d’aller m’isoler un instant dans la cuisine et quand Garrett arrive avec son air inquiet, j’attrape sa main pour la poser sur le côté de mon ventre. On peut y sentir des petits coups.

    « – Petit pois veut aussi participer à la fête.. »

    On se fait rejoindre par nos enfants et eux aussi veulent sentir petit pois. Ça ne fait qu’encore plus confirmé que notre bébé est en bonne santé et surtout qu’il est déjà adoré par son grand frère et sa grande sœur. Il y a aussi un petit qui s’agite dans les bras de sa maman, puisque Kisos se débat comme s’il voulait lui aussi sentir les coups de bébé. Ça nous fait tous rire mais Henry attrape la perche pour taquiner Garrett.

    « – Je suis certain que ça sera une petite fille et que mon garçon va être son amoureux ! Tu vas vite avoir des cheveux blancs mon vieux ! »

  63. Avatar de M.
    M.

    Ces derniers mois ont été les plus doux que nous avons vécu depuis bien longtemps et je n’aurais pu rêver mieux pour pouvoir vivre cette grossesse surprise. Le bébé pousse bien et contrairement à ce que j’avais peur, tout se passe à merveille. Je n’ai pas vécu les longues semaines de nausées et malgré mon ventre énorme, j’ai encore une forme olympique. Ces derniers temps, je lève quand même le pied puisque je sais que j’arrive dans les dernières semaines et je n’ai pas envie d’accoucher trop tôt. Je suis un peu plus présente à la maison et je suis chouchouté par ma famille qui prend soin de moi mais j’ai remarqué que Garrett me fuyait parfois et c’est ce qui m’a poussé à essayer de le surveiller discrètement. Il n’a jamais su me mentir ou me cacher quelque chose, si bien qu’aujourd’hui je le prend sur le fait. Il est dans son bureau et j’ai le temps de voir quelques notes avant qu’il ne me remarque. J’ai lu le prénom de mon frère et je comprend ce qu’il fait mais il se justifie quand même. Ses yeux expriment la crainte d’une dispute et il lève les mains comme un prisonnier en pénitence, ce qui finalement me fait rire. Aurai-je le rôle d’une marâtre imposante ? C’est vrai que je peux facilement m’emporter mais depuis que je suis enceinte, je me suis quand même beaucoup calmé et apaisé. Comme si ce bébé avait un rôle d’anti stress pour moi.

    « – Je ne vais pas te tuer si c’est ce que tu penses.. mais tu aurais quand même pu m’en parler, au lieu de faire ça dans mon dos. Sais-tu que tu n’es pas un bon menteur ? Depuis plusieurs jours j’ai remarqué que tu me cachais quelque chose. »

    Je lève un instant les yeux au ciel et je me rapproche de lui pour prendre son carnet. Il y a tout noté de ce qu’il a appris sur mon frère et mon palpitant s’accélère car je sais que ces notes sont précieuses. Mon frère est encore vivant et quelque part. On va pouvoir essayer le retrouver et c’est une nouvelle qui a son importance.

    « – Il est en Russie.. je pensais qu’il vivait ailleurs. Tu as réussi à avoir un contact ? Une photo ? »

    Oui, il y a une photo et quand je la vois, les larmes me montent aux yeux. J’ai l’impression de voir mon double en masculin. Pourtant ses traits sont beaucoup plus durs, bien plus forgés. Vit-il une vie compliqué ? Je sais que Garrett le sait mais je pense ne pas être prête à l’écouter, pas dans mon état. Je repose donc la photo et je viens me glisser dans les bras de mon époux car j’ai besoin qu’il me serre et me rassure.

    « – Après la naissance de notre bébé, je veux qu’on le retrouve à deux.. mais pour le moment je.. je ne veux pas que cette histoire puisse nuire à ma grossesse. J’ai tellement attendu notre bébé que.. que je dois être égoïste.. »

    Ça me fend le cœur de dire cela mais un nouveau trait de caractère est en train de se former en moi. J’étais une mère protectrice avec Pasha et Jazzy mais depuis que je sais que j’attend un bébé, c’est devenu encore plus viscéral. Je deviens une louve qui doit surprotéger ses louveteaux, si bien que même Garrett pourrait se faire mordre s’il faisait quelque chose qui ne me plaît pas envers eux. Ce trait va sûrement être problématique pour la suite mais comme Charlie n’est pas encore née, ce n’est pas encore totalement visible. En parlant de Charlie, elle se met à bouger quand son père glisse une main sur mon énorme ventre et bien que j’en souris, les douleurs sont de plus en plus vives.

    « – Elle est pressée d’être dans les bras de son papa.. D’ici quelques semaines tu auras une demoiselle de plus à câliner et à supporter. Tu n’as pas trop peur de ce trop plein de filles ? Heureusement que nous avons Pasha pour te donner un peu de temps entre mecs ! »

    Oui, d’ici quelques semaines elle sera là.. ou peut-être un peu avant. Il ne faut pas oublier que cette chipie est un mélange de deux personnes totalement impulsives et surprenantes. Elle pourrait bien aussi nous surprendre.

    Au lendemain, la journée commence comme toutes les autres. J’amène Jazzy et Pasha à l’école alors que Garrett s’en va vérifier les vignes, les récoltes et les cuvées. Nous avons pris le rythme de la dolce vita. Quand je reviens de l’école, je retrouve maggy qui étend le linge et il y a Q’orianka qui est arrivée avec les bébés pour que nous puissions boire un thé ensemble. Je lui parle de la découverte pour Alex tout en berçant la petite Sora qui est lovée contre moi.

    « – Je suis heureuse si tu peux le revoir car je sais que ça a toujours été un manque pour toi. Même quand nous étions petite, tu parlais souvent de lui.
    _ Oui, j’ai besoin de le retrouver mais pour le moment je dois me concentrer sur Charlie, elle va bientôt arriver, je le sens..
    _ Tu as des douleurs ? Quelque chose ne va pas ?
    _ Parfois j’ai quelques contractions..
    _ Et pourquoi tu ne m’as rien dis ? Il faut quand même que tu ailles faire vérifier que tout va bien Anya ! On termine notre thé et je t’amène à l’hôpital faire une échographie. N’oublie pas que tu as quand même une grossesse à risques !
    _ Mais ça va aller.. et puis Garrett n’est pas là.. il revient qu’en fin de matinée
    _ Je m’en fiche, il serait d’accord avec moi alors dépêche toi de boire ton thé ! »

    J’avais oublié à quel point ma meilleure amie pouvait être directive. Elle demande à maggy de garder les jumeaux et elle ne perd pas de temps pour nous faire aller à l’hôpital. Je suis prise assez vite et je suis aussi rapidement rassuré puisque pour le moment tout va bien. Charlie est en pleine forme mais les contractions prouvent qu’elle risque d’arriver avant le terme. Le médecin me demande d’être encore plus vigilante et de me reposer un maximum. Q’orianka aussi me demande d’être plus posé et elle compte le dire à Garrett pour qu’il me surveille encore plus car elle sait que j’ai du mal à rester en place.

    Lorsque nous revenons, Garrett n’est toujours pas rentré mais Q’orianka prévient maggy que je dois resté au calme et le plus souvent allongé, ce qui me fait soupirer mais pour une fois je ne fais pas ma tête de mule. J’accepte ma condition et je me retrouve à squatter le canapé, face à notre télé et avec les animaux de nichés contre moi. Garrett est mis au courant de ma visite à l’hôpital lorsqu’il revient et bien évidement il est encore plus sur mon dos. Je ne peux même pas me lever sans pouvoir lui demander son accord et même pour aller aux toilettes, à la salle de bain ou même dans notre lit, il m’accompagne pour que je fasse le moindre effort possible.

    Pendant plusieurs jours cela se passe bien et je ne ressens même plus de contractions. J’ai donc le droit de me lever seule du canapé pour aller voir un spectacle assez rare qui n’est autre qu’une grosse tombée de neige. Nous sommes en début novembre et le temps est beaucoup plus frais mais cette année il y aussi de la neige et cela ravis nos enfants qui ont hâte de faire des bonhommes de neige. Pasha et Jasmine vont dans le jardin alors que j’avance vers la terrasse avec Garrett. Il m’a niché dans un plaid mais je décide de le partager avec lui pendant que nous observons nos petits s’amuser.

    « – Ça me rappelle la neige à New-York.. et surtout un souvenir bien particulier. C’était la première année où j’étais là bas et où j’étais devenu ta voisine. On était pas encore totalement proche toi et moi mais je traînais déjà avec Lucrecia. Il y avait eu une énorme tempête de neige et ta sœur m’avait invité à venir chez vous puisque nous n’avions pas école à cause de la neige. Ce jour là, tu étais présent aussi mais tu étais distant.. cependant tu nous observais. J’avais remarqué que tu n’étais pas loin et que tu essayais de nous écouter.. Mais ce qui m’a le plus marqué ce jour là, c’est qu’à un moment nous étions dans le salon devant un film et j’ai vu que tu me fixais. Tu n’as pas lâché mon regard pendant un sacré moment.. Je ne m’étais jamais senti autant intimidé mais surtout admiré.. »

    Ce souvenir me fait tendrement sourire et pendant un instant, je revois le jeune ado rebelle qu’était Garrett lors de notre rencontre. Il jouait le garçon fuyant, distant, badboy mais pourtant il pouvait passer des heures à chercher à me fixer ou savoir qui j’étais. Mais moi aussi je cherchais à savoir qui il était, au point de poser des questions à Lucrecia sans pour autant éveiller ses soupçons. Aujourd’hui je sais qui est ce bel homme, si bien que j’anticipe ce baiser qu’il vient m’offrir.

    « – Papa ?? Tu viens faire une bataille de boules de neige ? »

    Jasmine défie Garrett mais c’est Pasha qui lance la première boule vers nous. Je me met à rire mais je les laisse à trois pour qu’ils profitent de ce temps qui risque de ne pas durer éternellement. Je retourne dans la maison mais au lieu d’aller m’allonger, je pars aider maggy en cuisine. Ce soir nous aurons le droit à un bon potage et des pizzas maison, de quoi bien nourrir les ogres qui vivent ici.

    Après ce dîner délicieux, je vais aider Garrett à mettre les enfants au lit une fois les bains pris. Pendant qu’il termine de lire une histoire à Jasmine, je vais à mon tour dans la salle de bain pour nous préparer un bain. Cela fait un sacré moment que nous avons pas été dans une baignoire à deux mais il faut dire que maintenant je prend beaucoup plus de place qu’avant. Pourtant le bain ne sera pas pour maintenant puisqu’au moment où je m’apprête à retirer mes vêtements, je sens un liquide couler entre mes cuisses. Cela me tétanise car je comprends ce qu’il se passe.. je viens de perdre les eaux. Q’orianka m’avait parlé de ce moment et même du déroulement pour l’accouchement mais entre les mots et la réalité, tout est différent. J’évite de paniquer mais quand Garrett arrive dans la salle de bain, je ne peux pas lui cacher ce qu’il se passe.

    « – Elle va arriver.. je viens de perdre les eaux.. mais.. ça va.. pour le moment je n’ai pas de douleurs.. »

    Pour le moment je n’ai pas encore de grosses contractions ni de vives douleurs alors ça va pouvoir nous laisser le temps de préparer mes affaires pour aller à l’hôpital, sauf qu’avec la tempête dehors, l’hôpital va être compliqué à rejoindre. La route est devenue impraticable et ça serait trop dangereux de la prendre avec mon état. Pourtant il va quand même falloir que je puisse mettre notre bébé au monde.

    « – Q’orianka ! Elle pourrait venir.. mais il faudrait que tu ailles la chercher, Henry ne la laissera pas partir seule avec cette neige.. Je peux attendre.. enfin je vais aller me mettre au lit.. et.. oui ça va aller.. »

    Oui, il faut éviter que l’on panique même si je sais déjà que Garrett doit être totalement fou à l’intérieur. C’est même certain. Je me rapproche de lui et pose mes mains sur ses joues pour qu’il puisse se concentrer sur mon visage, ma voix, mon sourire.

    « – Notre petite Charlie va arriver.. Tout va bien se passer mais tu dois aller chercher Q’.. et surtout ne pas paniquer parce que tout va bien se passer.. »

    Il y a une dizaine de minutes à pieds entre notre maison et celle de Q’orianka. Je ne veux pas qu’il prenne la voiture pour éviter les accidents inutiles et Maggy nous rejoint pour lui promettre de veiller sur moi en attendant son retour. Elle m’aide à aller dans notre chambre pour que je puisse m’allonger mais elle m’aide aussi à me mettre à l’aise en m’aidant à retirer mes vêtements pour enfiler un peignoir. Ça sera beaucoup moins contraignant pour la suite. Les contractions commencent mais elles sont encore supportables. Je sais que ça peut durer des heures avant que la délivrance arrive mais j’espère que la petite ne me fera pas autant attendre.

    Garrett revient avec Q’orianka plus vite que je ne l’aurais cru mais les contractions sont encore légères. Henry aussi a fait le chemin avec les jumeaux, afin de pouvoir être certain que tout irait bien sûr le chemin mais aussi pour soutenir son meilleur ami. Jazzy et Pasha se sont réveillés à cause du bruit, ils rejoignent le salon là où tout le monde attend alors que pour le moment je suis dans la chambre avec Q’orianka. Elle a vérifié ce qu’il se passe entre mes cuisses et elle me fait comprendre que ça va être long.

    « – Je crois que la nuit va être longue.. Tu n’es pas encore dilaté..
    _ Et tu ne sais pas comment on peut accélérer ça ?
    _ à l’hôpital nous avons des produits pour aider mais là je n’ai rien ma chérie.. on va devoir patienter et attendre que Charlie décide de venir par elle-même.. »

    Quel supplice, surtout lorsque les contractions commencent à être plus intenses. Je n’aurais pas le droit à une péridurale, je vais devoir tout ressentir mais mon plus grand soutien finit par me rejoindre dans la chambre. Garrett s’installe à côté de moi et il m’évoque des doux souvenirs pour essayer de me faire penser à autre chose qu’à la douleur. Si au début ça fonctionne, à un moment ça ne fait plus son effet puisque je ressens une douleur intense dans mon bassin et le bas de mon dos. J’évite d’hurler pour ne pas inquiéter nos enfants mais mon oreiller reçoit mes cris et mes pleures.

    C’est long.. si long qu’à trois heures du matin, Charlie n’est pas encore là. Jasmine et Pasha se sont rendormis alors que moi je me retrouve dans un bain chaud sous les conseils de Q’orianka. Cela atténue un peu les douleurs mais ce n’est pas miraculeux. Garrett est toujours près de moi et sa main doit être en mille morceaux puisque je la serre de toutes mes forces.

    « – Mon dieu.. plus jamais.. plus jamais je ne veux accoucher ! Bon sang.. ça fait tellement mal ! On ne fera plus jamais l’amour !! Tu ne me toucheras plus !! »

    Ce n’est pas rien de sortir un petit être et la douleur devient beaucoup plus forte puisque c’est enfin le moment. Q’orianka annonce qu’il va falloir que je pousse et que nous n’avons pas le temps de me remettre au lit. Je vais devoir accoucher dans ce bain. Alors je pousse avec les encouragements de mon époux et ceux de ma meilleure amie. Je pousse de toutes mes forces jusqu’à ce qu’enfin mon bébé sorte. Q’orianka la récupère tout de suite pour la poser sur moi et il ne faut que quelques secondes pour attendre son cri. Charlie pleure. Charlie bouge ses petites mains. Charlie est là. J’oublie instantanément la douleur lorsque je vois sa petite bouille. Elle est couverte de sang et son cordon est encore relié à moi mais je ne capte plus rien si ce n’est son visage et sa voix.

    « – Garrett.. notre Charlotte est là.. notre petite fille.. elle est si belle.. »

    Elle a ouvert ses yeux et on peut voir qu’ils sont bleus. Tout comme on peut voir le petit duvet blond sur le dessus de sa tête, Charlotte Hedlund est une copie conforme de son père. Elle cesse de pleurer quand Q’orianka la donne à Garrett puisque mon accouchement n’est pas totalement fini.

    « – Vas couvrir la petite avec une couverture, je termine de m’occuper d’Anya et vérifier que tout va bien ! Je vais aussi avoir besoin de toi pour la mettre dans votre lit mais sachez que je vous souhaite toutes mes félicitations, vous avez une adorable petite fille qui semble être en pleine forme ! »

    Je ne capte vraiment plus rien, même pas les mots de Q’orianka. Je suis dans une sorte de rêve éveillé surtout quand je vois la petite perle dans les bras de son père. Lui aussi semble sur un nuage. L’émotion est autant forte pour lui que pour moi. Nous avons créé un mini nous qui est enfin dans nos bras. Même si nous avons déjà nos deux grands enfants, Charlie représente notre relation, notre amour et elle donne sens à tout ce que nous avons construit depuis tant d’années.

  64. Avatar de M.
    M.

    Le jour se lève et je me réveille avec mon époux qui pose notre nouveau petit trésor contre moi. J’ai l’impression que c’est un rêve et que je ne suis pas encore bien réveillé mais pourtant elle est bien là puisqu’elle se réveille à son tour, sûrement animée par la faim. Je ne l’ai pas encore nourris et il va falloir que j’apprenne à donner le sein, ce qui n’est pas si simple que cela au premier abord mais Q’orianka m’a bien expliqué comment installer la petite et puis il y a Garrett qui veille à ce que tout se passe bien. Charlie se retrouve donc à téter mon sein et j’en ai mon premier rire car elle se montre vorace.

    « – Aussi gloutonne que son père.. »

    Garrett n’a pas tort, comment avons nous réussi à obtenir tout ce bonheur ? J’observe notre petite qui se nourris mais je me niche un peu plus contre celui sans qui je n’aurais certainement jamais vécu ce moment. Il faut dire que j’avais toujours eu en horreur les enfants, les grossesses et puis aujourd’hui je me rêvais mère grâce à lui.

    « – C’est aussi grâce à toi tout ça. Sans ton amour et ton soutien, jamais je n’aurais réussi à surmonter mes démons. Je n’aurais jamais pu devenir une mère sans tout ce que tu as fais pour moi. Charlie est le résultat de tout cet amour que tu m’as donné pendant toutes ces années.. elle est notre plus belle récompense. »

    La petite Charlie est déjà très attendue, notamment par deux petites têtes blondes qui s’impatientent derrière la porte de chambre. On les entend murmurer et je demande à ce qu’ils viennent nous rejoindre pour rencontrer leur petite sœur. Jazzy et Pasha sont autant séduits que nous deux lorsqu’ils voient la petite nouvelle. Pasha grimace un peu en voyant que je lui donne le sein mais Jasmine lui explique que c’est normal.

    « – C’est comme les mamans vaches qui donnent du lait à leurs bébés !
    _ Mais maman n’est pas une vache..
    _ Non mais elle peut donner du lait à Charlie ! Toutes les mamans peuvent donner du lait.
    _ Tu as vu, elle ressemble fort à papa ! »

    Cette remarque me fait lever les yeux vers Garrett. Je me retiens de rire face à son air faussement désolé.

    « – Presque neuf mois dans mon ventre pour qu’elle soit la copie conforme de son père.. C’est injuste ! »

    Ce moment à cinq est encore plus doux qu’à trois. Les deux grands sont émerveillés par la petite mais après son repas, Charlie retourne dans son berceau et Jazzy décide d’aller préparer le déjeuner avec Pasha pour me l’amener au lit.

    Tout le monde vient voir la nouvelle Hedlund. Mon père, Tatiana, Maggie, Q’orianka, Henry et même quelques proches voisins avec qui nous avons sympathisé. Je n’ai pas le temps de me reposer mais de toute façon je suis bien trop animé par l’envie de regarder ma petite fille. Ça semble tellement irréel que je n’arrive pas à fermer les yeux. Garrett non plus n’a pas dormi depuis la veille, si bien qu’il a une mine déconfite mais on finit par se permettre un peu de sommeil avant que Charlie ne commence à nous offrir des nuits sportives.

    Il se passe une petite semaine où nous apprenons à vivre avec cette petite crevette. Avoir un nouveau né n’est pas une chose facile mais on semble bien s’en sortir enfin surtout Garrett qui gère comme un chef, si bien que j’en suis totalement sous le charme. Il n’a pas peur de se lever la nuit pour consoler la petite, ni même de changer les couches bien sales. Il est aux petits soins pour elle mais aussi pour tout le reste de la famille. Même moi j’ai le droit à ses douces intentions. Petit déjeuner au lit, bain chaud pour me détendre, massage aux jambes.. Cet homme est parfait. Grâce à lui, je me remet bien plus vite que prévu de cet accouchement. Les douleurs partent assez vite et mon corps reprend sa finesse, sauf ma poitrine qui doit encore servir de buffet pour notre fille. Je ne remarque pas que la maternité m’apporte une sensualité nouvelle et que je dégage quelque chose de plus suave. C’est en faisant des courses avec mon époux que cela se confirme avec plusieurs regards et sourires charmeurs de quelques italiens peu discrets. Bien sûr, le regard possessif de Garrett me fait finement sourire mais je lui rappelle que je lui appartient corps et âme.

    Notre Charlie fête sa première semaine de vie et moi je fête mon premier verre de vin lors d’un dîner en amoureux que Garrett nous improvise. Les deux grands ont mangé plus tôt et ils sont partis au lit, alors que notre bébé dort dans son berceau au salon. Pour le moment, rien n’est là pour nous incommoder. Seuls nos rires et nos paroles font vœux de douceurs dans cette maison.

    « – Demain Pasha va avoir son premier match de football, on ne doit pas louper ça ! Je suis contente qu’il s’épanouit dans quelque chose mais surtout qu’il s’ouvre au monde. Et la semaine prochaine Jasmine commence les cours de danses. C’est Maggy qui lui a donné l’idée. C’est vraiment superbe que nos grands se montrent plus apaisés et loin de tout ce qu’ils ont vécu.. On a réussi mon amour. On a réussi à leurs redonner une vie normale. »

    Oui, une vie normale. C’est ce que l’on avait toujours cherché après des années de problèmes. Là, plus rien ne semble vouloir nous atteindre et étrangement, j’ai cette peur que ce changement soit néfaste pour nous. Et si cette normalité nous éloigne Garrett et moi ? Et s’il finit par se lasser de moi ? Je n’ose pas aborder le sujet avec lui car je sais que ça va échauffer nos esprits. Il va certainement me râler dessus mais mes craintes sont largement faisables, nous n’avons presque jamais eu de moment si heureux que ça pourrait avoir un effet inverse de ce que ça devrait donner. Et puis peut être que je me fais des films et que finalement tout va continuer de bien se passer.. du moins, cela n’est pas sans penser à mon excès d’hormones et une jalousie qui commence à immerger lors de ce fameux match de foot.

    C’est souvent Garrett qui accompagne Pasha à ses entraînements et je ne savais pas qu’il s’était lié d’amitié avec une mère d’un autre enfant. C’est ce style d’italienne magnifique avec une peau légèrement bronzée et des longs cheveux noirs. Elle a aussi des courbes divines et une bouche si pulpeuse qu’on ne remarque que cela sur son visage. Lorsque nous arrivons pour le match, Pasha s’en va aux vestiaires et cette maman vient vers nous pour saluer Garrett, cependant elle vient l’enlacer et embrasser longuement sa joue, à en laisser une trace de rouge à lèvre. Sur l’instant j’ai l’impression d’être de trop avec mon bébé, son landau, mon sac de changes et ma couche énorme de vêtements pour cacher mon corps encore marqué par la grossesse.

    « – Buongiorno mi Gattino ! Comment vas tu ? Je ne t’ai pas vu cette semaine à l’entraînement des enfants ! »

    Et là elle tourne son regard vers moi. Elle feint un sourire mais elle ne s’attarde pas. Elle repose son regard félin sur mon époux, si bien que je toussote pour rappeler que je ne suis pas qu’une plante verte.

    « – Bonjour. Vous êtes ?
    _ Oh.. euh.. je suis Francesca, la mama du petit Gianni. Et vous ? Oh.. vous devez être la dame de Garry. Enchantée de vous rencontrer, il me parle souvent de vous. »

    Dit-elle avec un air faussement courtois. Elle détourne la conversation en se penchant vers le landau mais j’ai le reflex de reculer celui-ci pour qu’elle ne s’approche pas de Charlie. Garrett doit certainement sentir que la pression monte en moi telle une cocotte minute.

    « – Quel beau bébé.. un petit garçon ?
    _ Non une fille. Garrett ne vous en a pas parlé ? Puisqu’il parle souvent de moi.
    _ Ah non.. je ne crois pas. Mais félicitations à vous et votre famille ! »

    Elle doit aussi remarqué que sa présence commence à me rendre tendue. Elle s’écarte de Garrett et elle nous invite à la suivre dans les gradins mais je trouve l’excuse que le landau ne peut pas y grimper. Le match commence assez vite mais durant celui-ci, je peste intérieurement et je ne lance aucun regard envers Garrett. Il ne m’a jamais parlé de cette Francesca et puis c’était quoi ce sourire qu’il lui a donné ? Mon esprit imagine déjà un scénario bien détaillé d’une aventure extra conjugale avec miss grognasse italienne. À un moment je dois m’éclipser dans des sanitaires pour aller donner le sein à Charlie et lorsque je reviens, Garrett discute à nouveau avec cette femme qui a quitté le gradin pour le rejoindre auprès du terrain. Cette vision des deux me donne envie de vomir.. ou de pleurer.. ou d’hurler.. Je suis à la limite d’une crise de nerfs mais le coup de sifflet final du match et l’arrivée de Pasha victorieux, me remet un instant à ma place de mère et non d’épouse jalouse.

    « – Tu as vu maman ?? J’ai mis un but !!!
    _ Tu as été merveilleux mon Pasha ! Tu joues comme un pro ! »

    Il est fière et je suis fière de lui mais il réussit aussi à me crisper quand il demande s’il pourrait aller passer l’après midi chez son copain Gianni. Bien évidement, le retour vers la maison est silencieux et surtout très compliqué pour moi. Assise au côté passager, je sais que Garrett lance des regards vers moi et qu’il attend des réponses mais il ne lance pas le sujet pour le moment puisque Pasha est présent. Ce n’est qu’une fois arrivé chez nous qu’il tente une approche en posant sa main sur ma hanche alors que je pose Charlie dans son berceau mais mon caractère volcanique a décidé de faire son grand retour. Je repousse donc sa main et je me tourne pour lui faire face.

    « – Laisse moi tranquille ! Tu empestes le parfum de cette morue ! »

    Maggy entend mes mots et elle comprend que quelque chose ne va pas alors elle a la bonne idée de demander aux deux grands d’aller chercher quelques aromates avec elle dans le jardin. Il n’y a plus que Charlie, Garrett et moi mais heureusement notre dernière ne peut pas encore comprendre ce qu’il se trame.

    « – Tu ne m’as jamais parlé de cette Francesca ! Pourtant vous avez l’air de bien vous connaître ! Pasha fait du football depuis quatre mois et il y a cinq mois j’étais encore grosse comme une planète. C’est sûr que j’étais pas aussi désirable que cette pimbêche ! »

    Le pauvre, il ne va certainement pas avoir le temps de placer un mot pour le moment. L’explosion d’hormones est à l’approche et certainement bien d’autres émotions parcourent mon esprit. Mon insécurité face à l’avenir, mon manque de confiance en moi, le fait que mon corps a beaucoup changé et puis cette peur constante de perdre Garrett.

    « – Je sais que je ne suis plus la jolie jeune femme que tu avais encore il y a quelques mois mais ce n’est pas une raison pour jouer le don Juan avec la première morue disponible !! Oh et pourquoi elle se permet de t’appeler « chaton » ? Tu ronronnes pour elle ?! Tu as encore cette putain de marque de rouge à lèvre sur la joue !! »

    Un jour mon père m’a dit que j’étais plus dangereuse que le Vésuve et il n’a pas si tort que cela. Je repousse Garrett une nouvelle fois et je pars fâchée vers notre chambre pour m’y enfermé. Il n’a pas le temps de s’expliquer ou même de me rassurer. Maggy revient du jardin avec les enfants et elle voit Garrett totalement perdu, sans un mot. Elle lui fait signe de venir vers la cuisine, d’où elle se met à préparer une tasse de thé tandis que nos deux grands vont voir leur petite sœur.

    « – Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas entendu une dispute entre vous. C’était même étrange mais je pense que l’arrivée de Charlie bouleverse beaucoup de choses et surtout Anya. »

    Elle n’a jamais eu d’enfants à son grand regret mais elle se rappelle de la grossesse de la mère de Garrett et aussi celle d’Elena.

    « – Ta mère avait aussi eu un grand moment de doutes et de peurs après son accouchement. Elle se pensait hideuse et elle disait qu’elle était une mauvaise mère. Ton père a du la rassurer et l’aider à retrouver confiance en elle. Je crois qu’Anya doit vivre ça aussi.. mais elle est beaucoup plus explosive que ta mère. Tu n’as pas choisi l’épouse la plus docile. »

    Dit-elle avec amusement alors qu’elle donne la tasse à Garrett. Elle se met à lui parler des souvenirs qu’elle a de la grossesse de sa mère mais aussi des moments où il était encore un bébé, cela égaye un peu les cœurs. De mon côté, j’ai l’impression d’être redevenu l’adolescente en mal d’amour qui se cache dans son lit et qui pleure sans grandes raisons. Toutes les pressions accumulées avec la grossesse finissent par tomber et les sanglots s’entendent dans toute la maison. Garrett ne me laisse pas seule bien longtemps et il réussit à entrer dans la chambre. Il réussit aussi à venir contre moi sans que je ne lui hurle dessus. Ses bras m’entourent, sa chaleur et son odeur me rassurent. Pourtant je sanglote encore trop pour parler et dire ce que je ressens. Il doit encore attendre une bonne demie heure avant que je ne commence à dire quelques mots entre mes pleures.

    « – Je me sens moche… et.. tellement nulle ! Même.. même Charlie me le montre ! Elle.. elle arrive pas à se calmer dans mes bras.. et.. et puis je suis même plus capable.. de.. d’être belle pour toi ! Tu.. tu vas finir par plus m’aimer et.. et tu vas aller avec cette Francesca parce qu’elle est belle ! »

    Et les sanglots reviennent. Garrett doit rire intérieurement. Je vais trouver tous les maux possibles pour le décrédibiliser. C’était comme ça aussi lorsque nous étions des jeunes lycéens. Je commence cette liste de surnom d’oiseaux et de défauts que je me trouve afin de décharger mon sac. Je sais que Garrett me maudit comme il doit aussi s’amuser à me voir aussi ingrate envers moi-même mais il me laisse évacuer tout ce qui me traverse l’esprit. Peu d’hommes auraient sa patience, j’en suis entièrement consciente. Depuis nos débuts, il a toujours su composer avec mes états d’âme changeant et en dents de scies mais il ne m’a jamais blâmer pour cela. C’est encore une preuve que j’ai trouvé ma moitié.

    « – J’ai tellement peur que tu finisses par ne plus m’aimer.. que je ne sois plus à la hauteur de ton amour.. de tes envies.. Je crois que c’est ce qui m’effraie le plus au monde.. Qu’un jour tu t’en ailles parce que tu n’auras plus une once de sentiments pour moi.. »

  65. Avatar de M.
    M.

    10 mai 2025.

    Cela fait un an que l’épidémie a commencé et à l’heure actuelle, il faut survivre dans un monde de chaos. Les Etats-Unis que je connaissais depuis ma naissance n’existe plus et je crois qu’il en est de même pour tous les autres pays sur cette planète. Le virus à tout détruit ou plutôt il a décimé les hommes. Les survivants comme moi se font rares et ils doivent se montrer féroces pour pouvoir continuer de vivre.

    07 mars 2024.

    « – Fais tes affaires Nina ! Nous devons partir ! »

    Depuis ce matin des sirènes résonnent dans toute la ville. Il se passe quelque chose de dangereux mais personne ne sait dire ce qu’il va nous tomber dessus. Une bombe atomique ? Les Etat-Unis n’ont pas que des amis après tout. Le dictateur nord-coréen nous a déjà plusieurs fois menacé. Cela pourrait aussi être un cataclysme mais en extérieur rien ne laisse penser à un problème naturel. Le ciel est bleu, la mer est calme et puis il n’y a pas de faille ou de volcan à côté de Chicago. Pourtant cette sirène continue et nous voyons nos voisins quitter leurs domiciles. Ma mère a reçu un appel de mon père et il semble lui avoir ordonner de nous faire partir aussi. Mon père n’est pas avec nous, il travaille à l’autre bout du pays puisqu’il est un grand scientifique pour le gouvernement et la NASA. On aurait du le suivre en Californie mais ça c’était avant que ma mère ne demande le divorce lorsque j’étais encore enfant. Elle ne supportait plus les longues absences de mon père, cependant ils ont toujours eu une relation courtoise.

    « – On va aller où ? Car vue comment les gens se précipitent dehors, on va surtout se retrouver dans des bouchons interminables.. et puis il se passe quoi au juste ? Pourquoi papa t’a appelé ? Il sait quelque chose ?
    _ Il n’a rien voulu me dire si ce n’est qu’il fallait s’éloigner au plus vite du nord du pays. Il faut le rejoindre en Californie et il nous fera partir pour le Brésil.
    _ Aussi loin ? C’est quand même bizarre non ?
    _ Bon, arrête de discuter Nina, on doit s’en aller ! »

    10 mai 2025.

    Tout était possible mais j’étais loin de me douter que l’humanité allait devenir ainsi. Ce n’est pas une tornade ou un séisme qui nous attendait mais quelque chose de beaucoup plus monstrueux. Un virus venu de je ne sais où, a pris possession des hommes et il les a transformé à ce qu’on pourrait appeler des zombis. En fait ils n’ont plus rien d’humain si ce n’est encore une fausse apparence.. ils sont totalement bridés par l’envie de dévorer ceux qui vivent encore. Rien ne les arrête sauf si on leurs explose la tête ou qu’on les fait brûler. Du moins c’est ce que j’ai compris depuis mon départ de Chicago même si au début rien était aussi apocalyptique.

    13 mars 2024.

    Nous sommes partis depuis presque une semaine mais nous n’avons pas pu prendre un avion car l’aéroport a été mis en arrêt. Notre seule option a été de prendre la route par la voiture mais tout le monde a usé de cette manière et on s’est retrouvé sur des routes bondées. On est pas là d’arriver en Californie, nous avons à peine passé le Missouri. Ma mère prend des petites routes de campagne ce qui prend plus de temps mais ça nous avance quand même, cependant plus nous avançons et plus les choses se corsent. Les stations d’essences sont casi vides et il n’y a plus de réseau. On a l’impression d’être seules au monde et on ne sait toujours pas ce qu’il se passe.

    « – Il faut aller dans une grande ville maman, on aura peut être plus de chance de pouvoir contacter papa.
    _ On doit surtout retrouver ton père au plus vite alors évitons une escapade qui va nous retarder..
    _ On y sera pas avant des semaines ! Je ne sais même pas si on y sera car ça devient de plus en plus difficile de trouver de l’essence..
    _ Je sais que tout ça est contraignant et anxiogène ma chérie mais on sait toutes les deux que ton père est haut placé dans le gouvernement. S’il nous a dit de le rejoindre c’est qu’il doit être certain que nous serons en sécurité près de lui alors on doit y aller.
    _ Pourquoi il ne nous a pas fait envoyer un hélicoptère ou même des soldats pour nous amener à lui ?! Pour le moment on est loin d’être en.. MAMAN STOP ! »

    Quelqu’un s’est jeté sur le capot de la voiture mais ma mère n’a pas eu le temps de freiner. Nous avons surtout fini notre course dans un fossé et par chance, aucune de nous deux n’a été gravement blessé. Pour la personne qui a été fauché, elle gît sur le sol et malgré les légères blessures, nous sommes sortis de la voiture pour aller voir si cette personne a été tué ou non.

    « – Restes à distance Nina ! Je ne veux pas que tu vois ça ! »

    Mais je suis têtu et je l’ai suivi. Devant nous, il y a un cadavre mais un drôle de cadavre.. ce cadavre bouge encore. Le bas de son corps a été sectionné du haut mais il bouge encore. Il essaye même de ramper pour venir vers nous. Ma mère lâche un cri horrifique. Moi aussi je prend peur mais ma peur me pousse à prendre la main de ma mère pour nous éloigner de ce monstre.

    « – On doit s’en aller maman !! On doit trouver une autre voiture et partir loin d’ici !!
    _ Mais c’était quoi ça ?? Pourquoi il bouge encore ?!
    _ Je n’en sais rien mais il faut s’éloigner !! »

    10 mai 2025 :

    « – Il y a quelqu’un ?! »

    Je ne sais pas qui est derrière la porte d’entrée mais je reste caché dans un coin du salon. La vie est devenue tellement difficile que je préfère jouer l’égoïste. Cette vieille maison est mon refuge depuis plusieurs mois et je ne compte pas la partager avec quelqu’un qui finirait par me dépouiller ou me tuer. J’ai assez de stock de nourriture pour encore quelques semaines et je dois encore continuer de préparer mon départ pour la Californie. Nous avons réussi à arriver jusqu’au Colorado avec maman mais notre voyage a dû s’interrompre quand nous avons été volé par un groupe d’hommes qui n’ont pas hésité à tirer sur notre voiture pour nous faire stopper. Maman a été touché, moi non alors j’ai réussi à nous éloigner de la voiture pour ne pas qu’ils essayent de nous achever. Par chance, cette vieille maison était non loin et j’ai pu nous y amener pour mettre ma mère en sécurité mais surtout pour la soigner. Depuis ce jour, nous vivons ici avec les vivres que j’ai pu trouver dans les magasins abandonnés mais si je suis encore en vie, c’est en partie parce que j’ai dû perdre une bonne partie de mon humanité.

    26 juillet 2024.

    Dans les temps normaux, aujourd’hui j’aurais soufflé ma dix septième bougie avec mes deux parents mais là il n’en est rien. Je n’ai plus de nouvelles de mon père depuis des mois et ma mère en a plus pour longtemps.. J’essaie de garder la tête haute, j’essaie de ne pas vriller ou fondre en larmes mais aujourd’hui ca semble très compliqué. Mon cœur se serre, surtout quand j’observe ma mère qui se bat pour tenter de garder la vie.

    « – Ni.. Nina ? Tu.. es où ?
    _ Je suis là maman.. près de toi.. »

    Elle bouge sa main pour essayer de me toucher. Ma main se glisse dans la sienne et je viens poser mon front contre son bras. Cela fait une semaine qu’elle a été touché par la balle mais je n’ai pas réussi à retirer cette balle ni même à lui donner tous les soins dont elle aurait eu besoin. Je sais qu’elle se bat pour vivre mais je sais aussi qu’elle a certainement attrapé une surinfection qui est en train de lui prendre la vie.

    « – C’est ton.. anniversaire aujourd’hui… tu.. tu as dix sept ans..
    _ Oui.. oui mais ce n’est pas le plus important. Le plus important c’est toi et ta santé maman..
    _ Hm.. on sait toutes les.. deux.. que je ne vais pas tenir.. et.. et ça me terrifie.. pas pour moi mais pour toi mon bébé.. j’ai si peur pour toi.. ce monde est devenu.. si horrible.. »

    Je n’arrive pas à retenir une larme, ni même plusieurs. Je sais que d’ici quelques jours, je serai toute seule. D’ici quelques jours je perdrais la femme que j’aime le plus au monde.

    « – Tu.. tu dois tout faire pour.. pour te protéger.. tu dois te battre.. promets le moi..
    _ Je vais être toute seule.. je.. maman..
    _ Non.. tu.. tu dois essayer de retrouver.. ton père.. ou.. un groupe.. qui pourra te protéger..
    _ Pas sans toi maman.. je.. je ne veux pas te perdre.. »

    Elle réussit à retirer sa main de la mienne pour la glisser dans mes cheveux. Je m’effondre en larmes mais elle se met aussi à pleurer. Nous n’aurions jamais dû vivre tout ça.. pourquoi on en est arrivé ici ? Pourquoi le monde est devenu ce qu’il est devenu ?

    « – Tu vas réussir ma chérie.. Tu es forte, courageuse, intelligente.. Tu.. vas réussir à trouver un.. endroit où tu auras.. une belle vie.. et j’espère que ton père.. trouvera un remède contre tout ce mal.. »

    Ses mots me font mal car ils ressemblent à des adieux. Elle les dit avant qu’il ne soit trop tard mais ça me brise de l’intérieur. Comment vais-je faire sans elle ? Comment vais-je faire toute seule ?

    10 mai 2025.

    Je n’ai pas encore retrouvé mon père ni même quitté cet endroit car je ne pouvais pas me résoudre à la laisser seule, surtout lorsque j’ai vu qu’elle n’était pas totalement morte.. du moins elle s’est aussi transformée. Cela veut dire que le virus est dans l’air mais j’ai surtout failli être mordu par ma mère. J’ai réussi à l’enfermer dans la cave de la vieille maison mais je me suis mise en tête qu’il fallait que je la ramène en Californie pour que mon père lui trouve un remède. Pour ça, j’essaye de réparer un camion que j’ai trouvé en ville mais ça me prend plus de temps que je ne l’aurai voulu. Pour y arriver, j’ai besoin de matériaux qu’il n’y a pas forcément ici et puis je dois toujours être sur mes gardes car il y a des zombis un peu partout. J’ai trouvé des armes et des munitions en fouillant des maisons abandonnées mais tout semble être fait pour retarder ce dernier voyage.

    « – R.A.S, on va aller fouiller plus loin. »

    L’homme derrière la porte s’éloigne. Je me relève après quelques minutes mais je prend une arme par précaution. Je me rapproche de la fenêtre pour voir qui était cette personne mais il n’est pas seul.. ils sont quatre, habillé en treillis. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas vu de « vrais » humains mais ça ne veut pas dire que je tiens à aller à leurs rencontres. Je n’ai plus confiance en personne si ce n’est en moi-même.

    Je ne capte pas qu’un cinquième homme est aussi présent et qu’il vient de me calculer. Il était un peu plus loin à fouiller le jardin de la vieille maison mais là il se retrouve face à moi, derrière la fenêtre. Je me crispe et par sécurité, je lève mon arme vers lui.

    « – QUI ÊTES VOUS ?! »

    Je ne vois rien de son visage car il porte un masque de soldat. Étrangement, je n’ai pas l’impression que ce soit vraiment un homme qui est là pour me prendre la maison ou me voler. Il a l’air vraiment d’être un soldat mais pourquoi serait-il ici ? Le gouvernement a envoyé des soldats pour tuer tous les zombis ? Ou pour rassembler les vivants ? Où alors cherchent-ils Nina Wesker, la fille de Ryan Wesker, le fameux scientifique renommé et adulé par le gouvernement ? Je dois me méfier alors tant que je n’aurais pas de réponses, je garderais mon arme levée.

  66. Avatar de M.
    M.

    10 mai 2025.

    « – Elle est là ! »

    L’un des hommes plus loin a vu son compère face à moi et malgré mon arme, j’ai été attrapé par ces hommes. Ce sont bien des militaires mais ils n’agissent pas comme ceux qui sont censés protéger notre pays. Non, ils agissent comme des sauvages, des diables, des bourreaux. J’ai essayé de me sauver mais j’ai été rattrapé et attaché à un arbre. Cela les a bien fait rire de me voir ainsi. Les infectés font peur mais ils ne sont pas aussi terrifiants que les hommes. Je crois que je n’ai jamais eu aussi peur qu’en l’instant où je me suis retrouvé bloqué contre cet arbre car ce n’est pas des morsures qui allaient m’attendre mais bien pire.

    « – Il ne faut pas la tuer, on doit la ramener vivante à Victorville.
    _ Ouais mais rien ne nous interdit de jouer un peu avec elle.. Après tout, c’est la fille de Wesker.. »

    Des rires gras se font entendre et l’un de militaire se rapproche de moi avec une lame en main. Ils savent qui je suis et ils connaissent mon père. Pourquoi je me retrouve dans cette situation ? Est-ce que mon père va bien ? Je devrais poser ces questions mais avec ce contexte, je dois surtout essayer de me protéger du mieux que je peux. J’arrive encore à bouger mes jambes donc je tente de donner un coup de pied mais ça fait encore plus rire ce militaire qui finit par tirer sur mes vêtements pour me mettre à nue.

    « – Ça fait longtemps qu’on a pas eu de la viande fraîche..
    _ LAISSEZ MOI !! »

    C’est tout ce dont je me souviens avant que l’endroit ne devienne un terrain de guerre. J’entend des coups de feu, je crois même que je reçois une balle mais je fini par perdre connaissance.

    11 mai 2025, 7h du matin.

    J’ai horriblement mal. C’est en sursaut que je me réveille car quelqu’un appuie sur mon flanc. Je suis posé dans un endroit que je ne connais pas et un homme presse ma plaie. Il ne faisait pas parti des militaires, je ne sais même pas d’où il vient mais il est là, près de moi et il essaye de me soigner. Cependant les images de la veille me reviennent en tête et par peur d’être encore violenté, je repousse la main de cet homme et j’essaye de me relever pour prendre la fuite.

    « – Ben ! Attention ! »

    Lance un autre homme bien plus âgé. Il arrive vers nous et il fait signe que tout va bien mais hier aussi l’autre homme faisait ce signe. Comme un oiseau fraîchement mis en cage, je suis agité et tellement apeuré que j’arrive à me mettre dans un coin de la pièce pour ne plus que l’on me touche.

    « – Vous allez aussi me faire du mal ?! »

    Mes mots vont à l’intention des deux hommes même si je regarde ce fameux Ben. Il semble plus déboussolé que l’autre, Callahan qui lui n’a pas envie de perdre son temps avec moi.

    « – On aurait mieux fait de te laisser avec ces militaires. On aurait perdu beaucoup moins de temps ! Bref, Miller on a pas toute la journée donc soit tu te dépêches de soigner ta petite sauvage ou soit on part sans vous. »

    Ils ont dû faire une pause pour me donner quelques soins car j’ai perdu beaucoup de sang. Je ne me rend pas compte de ma blessure mais je sens que ça ne va pas vraiment puisque je perd à nouveau connaissance mais ça ne dure que quelques secondes. Je reviens à moi quand ce Ben me reprend dans ses bras.

    « – Ma mère.. ma mère est avec les militaires.. je dois retourner là bas.. »

    Maman est encore dans la cave.. je dois la ramener en Californie mais je ne sais même pas où ces nouveaux hommes m’ont amené. Je ne sais même pas qui ils sont.. pourtant je crois que celui qui me porte, est certainement mon sauveur.

    « – Je dois retourner à vieille maison.. s’il vous plaît.. ma mère est là bas… »

    Il a des yeux bleus perçants mais surtout un regard qui prend aux tripes. Il faut dire que l’environnement apocalyptique doit changer les mentalités et la vision du monde mais cet homme semble avoir vécu une douleur immense. Il dégage une tristesse qu’il tente de cacher par des yeux froncés et fixes.

    « – Laissez moi ici si vous devez vous en aller.. je trouverais le chemin seule mais je dois retrouver ma mère.. Je ne peux pas partir sans elle.. »

  67. Avatar de M.
    M.

    Cet homme me fixe longuement en m’annonçant des mots que je ne peux concevoir. Non, ma mère n’est pas morte, elle était encore là.. Son esprit était embrumé par ce virus mais je suis certaine qu’elle peut être sauvée. Mon père peut la sauver ! Pourtant ce regard bleuté insiste sur la trame tragique.. Ce Ben semble attristé pour moi.

    « – Non.. elle ne peut pas être morte.. j’ai tout fait pour la garder en sécurité ! Je dois juste trouver un moyen d’aller avec elle en Californie mais.. »

    Mais il est trop tard. Je comprend soudainement que s’ils ont trouvé ma mère dans la cave, ils lui ont certainement mis une balle en pleine tête. Je ne pourrais donc plus la sauver.. là, elle est vraiment partie. J’ai vraiment perdu ma mère..

    « – Maman… mon dieu.. maman… »

    Depuis des mois je suis dans une sorte de dénie total et je vivais avec une mère zombi que je nourrissais parfois en jetant des animaux chassés dans la cave. Pourtant elle est morte depuis ce fameux dix septième anniversaire, ou j’ai failli être moi aussi infectée à cause de son attaque soudaine. En quelques minutes j’ai les flash de tous ces moments et de toute la réalité de notre parcours. Cependant avec ma blessure au flanc, je risque de finir comme elle. Je devrais certainement m’effondrer en larmes et j’en ai terriblement l’envie mais je suis tellement affaibli que rien ne sort de mes yeux.

    « – J’avais promis de la sauver.. Je n’ai pas réussi et moi aussi je vais mourir.. »

    Je me sens tellement faible que oui, je pense que j’en ai plus pour longtemps. Je baisse mon regard vers ma hanche qui a pris la balle et cela me rappelle automatiquement celle qui a pris ma mère. Au final, nous n’arriverons jamais en Californie et mon père, s’il est encore vivant, ne saura rien de ce qu’il est advenue de nous. Cependant les mots des militaires me reviennent à l’esprit et j’ai même un vague flash où je revois ce Ben me détache de l’arbre. C’est ce même homme qui est en ce moment en train d’essayer de me sauver.

    « – Vous devez aller en Californie.. à Victorville, dans le désert de Mojave.. il y a une base scientifique.. mon père y est.. et.. et je suis sûre qu’il trouvera.. un remède.. »

    Je ne sais pas que c’est aussi la quête de Ben et ses compagnons mais si avant de mourir je peux aider celui qui a tenté de m’aider, alors autant que ma mort sert à quelque chose.

    « – Il.. il faudra dire que vous connaissiez Nina.. Nina Wesker.. et il.. vous aidera.. »

    Mais je n’arrive pas à en dire plus. Je m’effondre à nouveau. La balle est toujours logée dans la hanche, j’ai perdu beaucoup de sang et la fièvre me gagne. Pourtant Callaghan a entendu mes derniers mots et c’est peut être ce qui va me sauver. Il revient vers nous et il s’abaisse pour mieux voir mon visage. Il connaît mon père et son parcours mais je ressemble bien plus à ma défunte mère.

    « – Il faut la sauver ! Si elle dit vraie, elle sera notre prix pour obtenir le remède ! »

  68. Avatar de M.
    M.

    Je n’entend pas les mots de Callaghan.. Non, je m’enfonce dans un sommeil de plomb. C’est peut-être mes dernières heures et c’est le regard de ce Ben qui est ma dernière vision du monde. C’est certainement plus agréable que le corps sans vie de ma mère ou alors ces militaires qui n’auraient fait qu’une bouchée de moi. Dans un sens, je pars avec une sorte de soulagement car je n’aurais plus à faire face a cette vie de survie et d’horreurs mais Callaghan en a choisi autrement. Il veut que je sois soigné et c’est pour cela que la mission change. Il faut trouver des médicaments et un endroit sûre pour que je puisse reprendre en force. Il pense à un dispensaire ou à un hôpital qui serait dans une ville un peu plus loin d’ici. Ayant une carte, il peut mener ses hommes vers ce genre d’endroit mais il ordonne à ce que ce soit Ben qui me garde avec lui.

    Je ne sais pas ce qu’il se passe durant le laps de temps entre ma perte de connaissance et mon réveil, pourtant oui, je me réveille et je suis dans ce qui ressemble à une chambre d’hôpital. Le jour est levé et j’ai un cathéter dans le bras. Je grimace un peu parce que j’ai encore mal à la hanche mais je ne porte plus les vêtements que j’avais. J’ai une blouse et je sens qu’un pansement est placé autour de ma taille. J’essaye de me redresser un peu mais cela fait aussi bouger la personne qui est assise un peu plus loin. Je reconnais de suite son regard.. C’est l’homme aux yeux bleus..

    « – Ou.. ou je suis ? Qu’est ce qu’il s’est passé ? »

    J’ai du mal à retrouver mes esprits ou plutôt à remettre le puzzle en place. Je passe une main sur mon visage et je sens l’hématome à mon œil mais aussi la blessure sur ma lèvre. Les militaires ne m’ont pas loupé.. n’étant plus fiévreuse et étant un peu plus récente, je me souviens de tout ce qu’ils ont fait et dit. Je me souviens aussi des hommes qui m’ont sauvé ou plutôt l’homme qui m’a sauvé. Il est face à moi. Pourtant je ne le connais ni d’Ève ni d’Adam. Il y aurait-il encore des personnes bonnes dans ce monde ?

    « – Qui êtes vous ? C’est vous qui m’avez sauvé des militaires.. je me rappelle vous avoir vue me détacher.. et m’avoir aidé.. je.. je dois vous remercier.. »

  69. Avatar de M.
    M.

    L’homme face à moi garde ses distances et dans un sens ce n’est pas plus mal puisque je ne le connais pas. Cependant je sais que je lui suis redevable, surtout en voyant l’hématome sur son avant bras droit. Il a utilisé son sang sur moi ? Je baisse un instant mon regard sur mon corps qui est encore épuisé et courbaturé par ces derniers jours compliqués. J’aurais dû mourir, j’en suis bien consciente mais je suis bel et bien vivante.

    « – Merci à vous.. Merci Ben.. »

    C’est peu dire par rapport à ce qu’il a fait pour moi mais je ne sais quoi lui dire d’autre puisqu’il est un inconnu. Je ne sais pas d’où il vient, quel âge a t’il ou même ce qu’il faisait près de la vieille maison mais je n’ose pas lui poser plus de question car il semble renfermé. Du moins son air, montre qu’il n’a pas vraiment envie de discuter avec moi. Moi-même je ne sais pas si j’arriverais à tenir une grande conversation puisque ce n’est pas vraiment mon habitude d’aller vers les gens. J’ai plus l’habitude de me cacher et de rester seule dans mon coin.

    « – On partira quand elle ira mieux. En attendant, allez fouiller dans les alentours pour essayer de trouver de la nourriture ou des armes.
    _ Très bien chef. »

    C’est ce qu’on entend dans le couloir et puis Callaghan entre dans la chambre pour voir si je suis réveillé. Il est ravis de voir que oui mais il ne me parle pas, il préfère se tourner vers Ben.

    « – Bien joué Ben. Tu penses qu’on pourra reprendre la route quand ? »

    C’est comme ci je n’étais pas là. Comme ci je n’étais qu’un objet posé sur un lit. Cependant ça ne me gêne pas pour le moment. Je me met surtout à réfléchir à la suite car même si ces hommes m’ont aidé, je ne pense pas que ce soit une bonne chose pour moi de rester avec eux. Je sens que ce Callaghan n’est pas quelqu’un de très bon et comme je l’ai appris, on est est jamais mieux servis que par sois même. Il faudrait donc que je prenne la fuite quand je me sentirai assez forte pour marcher et déguerpir au plus vite. Je vais aussi devoir trouver des vêtements et une arme pour pouvoir me protéger mais je pense que ces hommes auront ce que je cherche.

    « – Est-ce que je peux aller me passer un coup d’eau sur le visage ? »

    Il faut que je vois si je peux me mettre debout. Callaghan se tourne vers moi et il me montre ce qui doit être une salle de bain. Je me relève mais je me retrouve attaché à cette poche de médicaments donc je dois me résoudre à la prendre avec moi pour aller dans l’autre salle. J’arrive à me mettre debout mais je ne marche pas aussi vite que je l’aurai souhaité. Pourtant je peux bouger et ça c’est déjà une victoire. Lorsque j’arrive dans la salle d’eau, il n’y a rien qui fonctionne mais il y a un peu d’eau pour le passer sur mon visage. Mon autre but en venant ici, c’est de voir si je n’ai pas d’autres blessures qui pourraient me freiner dans ma fuite mais non, mis à part la hanche, tout va bien. Il ne restera plus qu’à trouver un moyen de partir sans me faire suivre par ces hommes et surtout ce Ben qui ne me quitte pas d’un poil.

  70. Avatar de M.
    M.

    Il n’y a qu’une seule sortie dans cette chambre et je ne sais pas dans quel établissement nous sommes mais je pense que si je veux m’enfuir, je vais devoir attendre la nuit puisqu’une bonne partie des hommes seront en train de dormir. Plusieurs plans me viennent en tête mais avant tout je dois un peu plus repérer les lieux. Je sors donc de cette salle d’eau et je repars silencieusement vers le lit. Je n’ai pas remarqué que Ben était plus méfiant et il va même me laisser seule, cependant il me donne deux livres. Ça me fait légèrement sourire car je connais ces deux œuvres mais surtout cela me rappelle ma vie d’avant.. celle où je me perdais dans la lecture au lieu de sortir ou vivre une vie d’adolescente « normale ». J’aimerais bien que cela redevienne ainsi mais je pense que je n’aurais plus jamais cette vie d’avant l’apocalypse.

    « – Merci pour les livres.. »

    Je pourrais les redonner mais ça ne ferait que rendre mes intentions encore plus flagrantes. Je me remet dans le lit en attendant qu’il sorte mais étrangement je fixe cet homme.. Il est plutôt mystérieux et surtout j’ai du mal à comprendre pourquoi il m’a sauvé. Il ne semblait pas savoir que j’étais la fille Wesker. Il a peut être encore une humanité que beaucoup n’ont plus mais il semble si détaché que c’est bizarre. Enfin.. il ne vaut mieux pas que je m’attarde car de toute façon je dois m’en aller. Je n’ai pas le temps pour me sociabiliser ou apprendre à connaître qui que ce soit. Je dois quitter cet endroit et trouver un moyen de rejoindre mon père par mes propres moyens.

    Pour tenter de repérer les lieux, je sors de ma chambre au bout d’une petite heure. J’ai le prétexte d’avoir faim et puis Ben m’a dit qu’il y avait une infirmière alors je commence à avancer dans les couloirs pour trouver cette femme mais aussi pour voir par où je pourrais passer cette nuit. Pour le moment il n’y a personne dans le coin et ça paraît un peu trop vide à mon goût.. où sont les hommes ? J’entend un bruit venant de l’extérieur et je vois un groupe s’amuser avec une balle de baseball. Je me trouve au second étage de l’établissement et celui-ci est entouré d’un grillage qui protège l’hôpital des infectés.

    « – Mademoiselle ?
    _ Oh oui.. Bonjour.. Ben m’a dit que je pouvais venir vous voir si j’avais besoin de quelque chose.. hm.. est-ce que vous auriez un peu d’eau ou quelque chose à manger ? »

    C’est une femme d’un certain âge et elle semble bien gentille puisqu’elle m’offre un grand sourire. Elle me fait signe de la suivre et elle nous mène vers une pièce où est stocké la nourriture qui a été trouvé. Elle me donne aussi des vêtements propres, ce qui m’arrange encore plus. Un jeans, un sweat-shirt et une paire de basket, ce qui est parfait.

    « – Comment vas tu ? Tu es arrivé dans un sacré état.. J’ai réussi à retirer la balle dans ta hanche mais je pense que c’est grâce au sang du grand bonhomme blond que vous êtes encore en vie.
    _ Ben ? Oh.. et.. vous ne le connaissez pas ? Vous ne faites pas partie de son groupe ?
    _ Non non, je suis resté dans cet hôpital quand l’épidémie a commencé et j’ai décidé de ne pas en partir. Nous sommes plusieurs soignants à vivre ici.. Quand nous avons vu la cohue dehors, on savait qu’on y serait bien plus en danger que dans cet hôpital.
    _ Vous allez rester là tout le temps ? Vous n’allez pas essayer de trouver un endroit où vous aurez une vie plus correcte ?
    _ Je doute que ce genre d’endroit existe.. Dieu nous met en exercice pour que l’on prouve qui est bon et qui ne l’est pas. Seuls les bons survivront à cette apocalypse. Seuls ceux qui aident les autres seront vainqueurs. »

    Ah.. Je suis tombé sur une adoratrice du christ mais bon, je n’ai pas envie de juger puisque chacun a sa vision du monde. En tout cas je la remercie pour les vêtements ainsi que les barres de céréales qu’elle m’a donné. Je repars vers ma chambre avec tout cela mais à peine je sors de la pièce de l’infirmière que je tombe nez à nez avec ce fameux Ben. Il est immense.. enfin comparé à moi. Je dois relever mon visage pour guetter ses yeux qui se font plus sombres.

    « – J’avais un peu faim., l’infirmière m’a donné de quoi me nourrir.. Hm.. je vais retourner dans ma chambre. Ne vous inquiétez pas. »

  71. Avatar de M.
    M.

    J’ai l’impression d’avoir un mur de muscles face à moi. Lorsque j’étais allongé, j’avais remarqué qu’il était imposant mais là c’est bien plus flagrant. Ce n’est pas le genre d’hommes qu’on aimerait traiter et provoquer mais ce n’est pas lui qui m’arrêtera dans mon envie de quitter l’endroit. Je sais qu’il va falloir que je trouve un moyen de contourner son attention si je veux m’en aller mais pour ça, il faut que je réfléchisse à un moyen de l’éloigner.

    “ – Je vais mieux, grâce à vous. L’infirmière m’a dit que vous m’aviez donné votre sang.. Je vous dois beaucoup je crois.”

    Je lui dois même énormément mais je doute que je puisse le remercier avec quoi que ce soit puisqu’il n’y a plus rien à donner dans ce monde. Je ne peux même pas dire de lui offrir un verre, je ne pense pas qu’il y a des bars d’ouverts dans le coin.

    “ – Je suis encore fatigué mais ça ira mieux dans les jours à venir.. Un peu de repos et je serai en pleine forme.”

    J’en doute mais ce nouvel environnement ne laisse pas le temps pour les longues nuits de douceur et de repos. Ma mère m’avait dit que je finirais par trouver un endroit où j’aurai une vie normale mais elle était bien plus optimiste que je ne le suis maintenant que je l’ai perdu. Justement, mon air devient soudainement plus grave car on m’a retiré tous mes vêtements de la veille mais aussi mes bijoux.

    “ – Vous avez vu mon collier ? J’avais un collier autour du cou.. avec un coeur en pendentif.. Il est où ?”

    Une soudaine panique me prend quand je touche mon cou nu. Ce collier appartenait à ma mère et il est la seule chose qu’il me reste d’elle. Sans réfléchir, je fais tomber les vêtements que j’ai dans mes mains et je viens toucher Ben ou plutôt ses poches pour voir si c’est lui qui a ce précieux bijou.

    “ – Il me faut mon collier ! C’est.. C’est à ma mère ! Je ne peux pas le laisser ici !”

    Oui, je panique de plus en plus. Mes yeux se gorgent de larmes. Ce n’était pas prévu dans le scénario mais je ne partirai pas d’ici sans ce dernier souvenir. Je n’ai même pas réussi à emporter une photo ou quoi que ce soit.. Je crois que je n’ai même pas encore commencé le deuil. *

    “- Ben.. on doit retrouver mon collier..”

  72. Avatar de M.
    M.

    Une promesse.. il me demande de ne pas fuir et en contre parti il retrouvera mon collier. C’est vrai que je comptais lui mentir et lui dire que je resterais mais son regard, son expression, son âme m’hurlent de ne pas mentir. C’est bien la première fois que je ressens une telle chose ou plutôt que quelqu’un me transmet une telle sensation. Il a un air grave et pesant.. si bien que je n’ai pas envie de lui mentir ou lui faire faux bon. Je resterais jusque demain matin mais je ne peux pas promettre de rester pour le reste du temps.

    « – Je vais rester jusqu’à l’aube.. je le jure.. »

    Cependant mes mots me trahissent dans le sens où je ne parle que de l’aube et ma façon d’être montre que je veux m’éloigner d’ici. J’ai un regard fuyant et une posture qui veut s’en aller au plus loin. Pourtant sans mon collier, je sais aussi que je ne pourrais pas partir d’ici.

    « – Je compte m’en aller dès que je le pourrais. Je me souviens des mots de votre chef après que je vous ai avoué pour mon père.. Et je ne veux pas être votre prisonnière ni votre monnaie d’échange. Je sais que j’arrivais plus facilement en Californie avec vous que sans vous mais je n’ai pas confiance.. pas après tout ce que j’ai vécu pour arriver jusque dans cet État. »

    Il a réussi à me faire avouer mes intentions seulement avec son regard mais je n’ose plus parler davantage. Je prend les vêtements qu’il a en main et je me remet à avancer pour retourner vers cette chambre où j’ai passé la nuit. Je sens que Ben me suit puisqu’il a le pas beaucoup plus lourd que moi.

    « – Vous.. vous êtes peut être quelqu’un de bien mais je ne connais pas vos copains. Le monde est devenu l’enfer et les humains sont bien plus monstrueux que les infectés. »

    Dis-je avant d’aller dans cette salle de bain pour m’y enfermer. Je pose les vêtements avant de caler mon dos contre la porte. Il est encore là, juste derrière. Cette fois ci j’entend sa respiration lourde.

    « – J’ai beaucoup plus peur des hommes.. que.. que des monstres qu’il y a dehors.. »

  73. Avatar de M.
    M.

    Sa voix change.. elle est beaucoup plus douce mais aussi quelque peu triste. Je lève mon regard vers la porte même si je ne vois pas Ben, cependant j’entend ses mots et je ressens une tristesse qu’il dégage puissamment. Pourquoi ? Pourquoi est-il triste ? Pourquoi veut-il à ce point me protéger depuis qu’il m’est tombé dessus ? Il y a une sincérité cinglante dans ses mots, au point que j’en reste sans voix. Dans l’ordinaire, j’aurais certainement encore plaidé ma cause et j’aurais surtout fait la têtue mais là je n’y arrive pas.

    « – Très bien.. mais je ne veux que vous auprès de moi.. Je ne veux pas que les autres hommes du groupe m’approchent.. »

    Je cède avec une facilité déconcertante mais quelque chose chez ce Ben m’a touché. Je ne sais pas si c’est son côté hero ou cette détresse dans sa voix mais je n’ai pas envie de le décevoir en sachant qu’il m’a sauvé et qu’il veut encore me sauver.

    « – Je resterais ici en attendant le départ du groupe.. mais.. je compte sur vous pour mon collier.. »

    J’essuie une larme qui roule sur ma joue et je reprend les vêtements que l’infirmière m’a donné. Je me change rapidement mais je découvre en même temps mon pansement ainsi que mon corps bien plus maigre qu’il y a plusieurs semaines. Quand j’étais encore avec ma mère, j’évitais de me regarder dans les miroirs parce que je savais que tout cet environnement devait avoir un impact sur ma mine mais là j’y fais face. Je ne m’attarde pas trop quand même et quand je sors de la salle de bain, il est encore là. Il me refait face et je suis à nouveau devant ce mur de muscles. Il essaye de fuir mon regard, certainement à cause de ce côté triste que j’ai découvert mais pour tenter de changer la donne, je lui tend mon auriculaire pour faire une sorte de serment ou de pacte. C’est ce que je faisais avec mon père lorsqu’on devait se promettre quelque chose.

    « – Je reste.. promis.. »

    J’attend qu’il tend son auriculaire aussi et nos doigts s’enlacent pour sceller le pacte. Ma main est minuscule à côté de la sienne et ma force aussi mais il réussit à me faire avoir mon premier sourire depuis.. oh.. depuis bien trop longtemps.

    « – Vous pourriez me briser la main juste avec votre petit doigt, j’en suis certaine ! »

    J’essaie de le faire rire ou sourire aussi et ça fonctionne. Nos mains se détachent et je retourne vers le lit même si je ne m’y pose pas. Je préfère le contourner et aller vers la fenêtre pour voir ce qu’il se passe de l’autre côté. Des infectés sont regroupés à la grille car ils ont certainement senti qu’il y avait encore des vivants dans l’établissement. Ça me fend un peu le cœur puisque toutes ces personnes étaient comme moi il y a encore quelque temps. Aujourd’hui elles sont déshumanisées et elles n’ont plus que la faim pour seule objectif.

    « – Vous savez ce qui a causé tout ça ?.. quand nous sommes partis de Chicago, nous n’avions pas eu de réponses de la part de mon père et sur notre chemin, nous n’avons pas réussi à en avoir davantage.. J’ai compris que c’était une sorte de virus qui traîne dans l’air et qui fait que les gens deviennent des sortes de zombie mais.. comment ça a pu arriver ? C’est un autre pays qui nous a envoyé ça ? »

    Peut-être que lui sait puisqu’il vient d’un autre endroit. Je vois un infecté qui semble être jeune ou du moins, ça devait être une fille du même âge que moi et ça me choque à tel point que je me recule de la fenêtre. Mon dos tape contre le corps de Ben mais je reste contre lui car il a promis de veiller sur moi, de me protéger.

    « – Pourquoi ça nous arrive ? On ne mérite pas ça.. »

  74. Avatar de M.
    M.

    Je sens sa main glisser sur mon épaule et au lieu de le repousser comme j’aurai une tendance à faire, mon corps est pris de frissons inexplicables. Heureusement qu’il finit par se reculer car cette sensation étrange pourrait me faire paniquer. Ben me dit aller chercher mon collier et j’accepte avec un hochement de tête. Je me tourne tout de même avant qu’il ne quitte ma chambre.

    « – Merci Ben.. vraiment.. »

    Encore un petit sourire de ma part mais je fini par retourner vers ce lit où je vais devoir patienter jusqu’à ce que nous repartons d’ici. J’ai quand même les livres de Ben qui pourront m’occuper en attendant puisque je doute que je réussisse à me reposer davantage. Cela est devenu compliqué de se reposer en sachant ce qu’il y a en extérieur. Et puis j’aurais préféré être utile mais pour Ben, pas pour les autres hommes.

    Ben est parti depuis un petit moment et je suis en train de lire le conte de Monte Cristo lorsque quelqu’un entre dans ma chambre. Mon regard se fronce car ce n’est pas la carrure du grand blond mais une carrure plus frêle et une taille plus petite. C’est l’un des hommes de Callaghan qui vient vérifier si je suis toujours là et savoir comment je vais.

    « – Tu vas pouvoir marcher ? Le chef veut qu’on parte demain matin. Les infectés entourent de plus en plus l’hôpital.
    _ Je serais prête.
    _ Très bien. Il n’est pas là ton petit ami ?
    _ Mon petit ami ?
    _ Ben. Depuis qu’on t’a trouvé, il te lache pas. Il a sûrement besoin de chair fraîche. »

    Il se bidonne mais moi non. Par chance, il ne reste pas longtemps dans cette chambre car j’aurais fini par être désagréable. En quoi Ben aurait besoin de chair fraîche ? J’ai du mal à cerner. Je préfère ne pas m’attarder sur ça puisque j’ai bien compris que beaucoup d’homme prenaient cet apocalypse pour une chance de rabaisser les femmes.

    Je me remet donc à lire même si mon esprit a du mal à se concentrer. Je me relève pour retourner vers la fenêtre et j’essaie de comprendre ces infectés ou plutôt j’essaie de savoir si l’un d’eux a encore un peu d’humanité.

    Rien ne laisse paraître une goutte d’humanité.. ils sont entassés contre la grille et ils essayent d’avancer. Cependant Callaghan n’a pas tort de nous faire partir demain matin car le grillage va finir par céder puisqu’il y a de plus en plus de monde. Je crois que c’est la première fois que je vois autant d’infectés au même endroit. Ils sont une centaine à vouloir nous trouver.

    Ben commence à être trop long à mon goût. Il est parti depuis trois bonnes heures et j’ai cette impression d’être un hamster en cage. Même s’il m’a demandé de ne pas fuir, il ne m’a pas dit que je ne pouvais pas bouger dans l’hôpital. Je sors donc de ma chambre pour essayer de le retrouver mais je me fais discrète pour ne pas être vue par qui que ce soit. Surtout pour éviter les autres hommes du groupe.

  75. Avatar de M.
    M.

    J’avance à petits pas dans les couloirs mais je ne suis pas du tout sereine. Est-ce que Ben est encore ici ? Est-il sorti ? Est-ce qu’il est avec ses camarades ? J’entend du bruit ou plutôt des voix. Je me rapproche lentement et je comprend que ce sont le groupe d’hommes qui sont réunis dans une grande salle.

    « – Tu crois vraiment qu’elle nous est utile ? Même si on l’amène là bas, qui dit qu’on aura un antidote ?
    _ J’en sais rien mais elle reste un moyen de pression.
    _ Sauf si son père est mort. Là on l’aura ramené pour rien.
    _ Si c’est le cas, tu pourras en faire ce que tu veux Andy.
    _ Ça va être compliqué avec son chien de garde. Ton pote Ben ne la lâche pas d’une semelle.
    _ Ce n’est pas mon pote et cet homme est un bon élément pour nous ramener en Californie. Il a été un soldat haut placé et récompensé. Il sait survivre bien plus que vous.
    _ Ouais mais il est quand même étrange à rester en retrait et à ne rien dire. Je le sens pas ce gars. Il va nous faire un sale coup.
    _ S’il essaye quoi que ce soit contre nous, je n’hésiterais pas à le descendre. »

    Ben était dans l’armée.. ça ne m’étonne pas au vue de son gabarit. Je reste près de la porte en espérant entendre autre chose de la part de ses hommes mais soudainement j’ai une main d’imposer sur mes lèvres et on me tire vers l’arrière. Je suis prête à hurler quand je remarque que la personne qui me tire est un jeune homme beaucoup plus jeune que moi. Il doit avoir treize ou quatorze ans mais ce qui est m’interpelle le plus c’est qu’il est n’a plus de cheveux ni plus de sourcils.. c’est un garçon qui doit souffrir d’un cancer ou quelque chose dans le genre.

    « – Chuut ne dit rien.. ils vont nous repérer. Viens avec moi, je vais te montrer un truc trop bien ! »

    Je ne sais pas si je dois réellement le suivre mais ma curiosité me supplie de le faire. Il n’a pas l’air très dangereux alors oui, je me met à suivre ce garçon.

    « – Je m’appelle Tim et toi c’est Anya c’est ça ?
    _ Comment tu connais mon prénom ?
    _ C’est Karoll qui me l’a dit, l’infirmière ! Elle m’a dit que vous étiez arrivé cette nuit parce que tu avais été touché par une balle.
    _ Tu vis ici ?
    _ Je vis ici depuis bien plus longtemps que l’épidémie.. mais quand tout est arrivé, j’ai été obligé de rester ici. Ma maladie m’empêche de m’éloigner de l’hôpital..
    _ Tu as..
    _ Un cancer généralisé. Je dois mourir bientôt mais tant que je suis ici, j’ai un peu plus d’espérance que dehors. »

    J’ai le cœur qui se serre. Il montre bien plus de courage que moi. Il a même beaucoup plus d’enthousiasme que moi. Tim nous amène a un étage plus bas mais ensuite il nous fait passer dans une sorte de conduit pour accéder aux bureaux administratifs de l’hôpital. Il n’y a personne et c’est d’un silence effrayant mais dans l’un des bureaux, Tim a fait un stock d’objets et de vivres qu’il a trouvé dans tout l’hôpital. Il y a des consoles portables, des livres, des mp3, des sucreries mais il a aussi des armes.

    « – Personne ne sait que j’ai une petite base.. quand les infirmières ne sont pas là, je me balade dans l’hôpital pour récupérer des choses. Je pense que tu pourrais prendre deux trois trucs pour ton voyage en Californie.
    _ Oh.. mais.. c’est à toi..
    _ Oui mais je n’ai pas l’utilité de tout et ça te sera plus bénéfique qu’à moi. Ce n’est pas rien un voyage en Californie !
    _ C’est vraiment gentil de ta part.. je ne sais pas quoi te dire si ce n’est merci..
    _ Je n’ai pas vu beaucoup de jeunes passer ici depuis très longtemps.. je suis le dernier enfant ou adolescent. Les autres sont tous morts. Et puis je sais que moi je suis condamné mais ça serait super si grâce à moi, quelqu’un puisse vivre et trouver un bon endroit où s’installer. »

    Je suis encore plus touché. Mes yeux pétillent de larmes. Je reste pendant un bon moment avec Tim. Il me prépare un sac avec des talkies, des sucreries, une trousse de premier secour, des médicaments et même un mp3 qui est encore chargé. Il n’oublie pas de me mettre une arme qu’il a trouvé dans la salle de sécurité mais aussi un couteau et des boites d’allumettes.

    Nous finissons par remonter car il doit retourner dans ses chambres mais avant qu’il ne part, je le serre dans mes bras. C’est la première fois que je serre quelqu’un aussi fort contre moi.

    « – Merci Tim.. je n’oublierais jamais ce que tu as fait pour moi.. »

    J’ai du mal à le laisser seul mais nous entendons quelqu’un approcher. Tim va rapidement vers sa chambre puisqu’il pense à une infirmière mais moi je reconnais ce corps. Ben. Il est là. Il est paniqué. Il arrive en trombe sur moi pour voir si je vais bien mais moi aussi j’observe si lui va bien.

    « – Tu étais où ? Je te cherchais dans l’hôpital mais je suis tombé sur un garçon qui m’a donné ça.. »

    Je lui montre ce sac qui va nous être plus que bénéfique. Je compte bien partager celui-ci avec Ben. Lui aussi tient un sac et je reconnais la besace de ma mère.. Mes yeux piquent fort. Je troque mon gros sac à dos pour prendre celui de ma mère entre mes mains.

    « – Tu.. tu as été dans la vieille maison ? Tu.. tu as son collier ?..»

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    M.

    Il me rend ce collier qui est le dernier cadeau que ma mère m’a fait. Avant qu’elle ne cesse de respirer, elle m’a demandé de prendre ce collier pour que je puisse le garder précieusement. Elle l’avait reçu de sa mère avant de s’en aller vers les USA pour y faire ses études. Ma mère est née à Barcelone et son grand intellect a attiré l’université d’Harvard. C’est aussi là bas qu’elle a rencontré mon père qui y donnait des cours aux futurs jeunes médecins. Ce collier a donc une importance plus que significative. Il est une racine profonde.

    « – Je te dois tellement.. »

    Dis-je à Ben alors que je serre le bijou dans ma main. Ben reprend le chemin vers ma chambre et je me met à le suivre silencieusement pour ne pas que l’on soit repéré par les autres hommes mais quand nous sommes dans la pièce où je suis censé me reposer, je vais sur le lit et j’ouvre le sac de ma mère pour voir ce qu’il y a dedans. Il y a son porte feuille, ses papiers d’identité mais aussi une photo froissée de mes parents avec moi lors de mon premier anniversaire. C’est aussi un trésor précieux que je me met à effleurer du bout des doigts.

    « – Ils n’ont pas été très présents pour moi.. mais ils m’ont beaucoup appris. Ma mère était quelqu’un de très forte et de déterminée.. Elle ne se laissait pas décourager facilement. Elle a quitté sa famille pour venir jusque dans ce pays et elle a travaillé très dur pour devenir une grande chirurgienne.. »

    C’est plus fort que moi mais de nouvelles larmes glissent sur mes joues. Je me rend compte que je ne la verrai plus jamais et qu’il ne me reste que les souvenirs. Je range la photo dans le sac et j’essuie mes joues. Je ne veux pas pleurer sur mon sors pendant des heures, d’autant plus que je ne suis pas seule dans cette pièce. Ben est un peu plus loin, en train de regarder dans le sac que j’ai ramené. Je lui explique comment je l’ai eu. J’ai mal au cœur pour Tim qui va devoir rester ici mais je sais aussi que je ne peux pas l’amener en extérieur ou même en Californie.

    « – Il m’a dit que tout ça serait plus utile pour moi que pour lui.. Mais ça sera pour vous et moi. »

    Je me relève et je m’avance vers lui. Je sais que cet homme n’a pas besoin de moi pour survivre puisqu’il a été militaire mais j’aimerais pouvoir quand même l’aider avec mes petits moyens. Il a déjà fait tellement pour moi que c’est la moindre des choses.

    « – Ils ont parlé de vous.. les autres hommes. Je les ai entendu. Ils ont dit que vous étiez militaire et l’un d’entre eux dit qu’il se méfie de vous.. Vous étiez vraiment militaire ? C’est ce que je voulais faire quand j’étais plus jeune mais mon père disait que je n’aurais pas réussi car j’avais plus une tête remplie qu’un physique pour combattre.. Dans un sens il n’avait pas tort. Mais quand je voyais les avions passer au-dessus de nous pour les fêtes nationales, je rêvais de pouvoir aussi être dans ces engins.. »

    Il doit me trouver ridicule avec cette confidence. Je n’ai pas une tête à être militaire. Pourtant c’est vrai que j’ai toujours eu l’envie de devenir une pilote et d’avoir la tête dans les nuages.. avoir cette sensation de liberté comme les oiseaux.

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    M.

    Je fais une moue quand il se moque gentiment de moi et de mes rêves d’être militaire mais son petit rire me fait aussi rire. C’est vrai que je suis têtu et je pense que Ben est très loin de savoir à quel point je peux être borné. Je peux être prêt à tout lorsque j’ai une idée en tête mais ça, il le saura certainement plus tard.

    Je réceptionne le paquet de sucrerie qu’il me lance et je le remercie même si je range celui- ci dans le sac de ma mère. Pour le moment je n’ai pas faim, j’ai surtout un léger pique de fatigue. La journée a été tout de même intense pour quelqu’un ayant frôlé la mort durant la veille. J’ai donc un bâillement qui sort de ma bouche et le regard de mon nouvel ami ne me laisse pas de place à la protestation. Je sais qu’il m’ordonne d’aller me reposer, je n’ai pas besoin d’entendre ces mots. C’est comme si je savais déjà lire en lui mais il y a beaucoup de choses que je ne sais pas et que ma curiosité finira par prendre en vol.

    La nuit est déjà bien avancée quand je me cale dans le lit mais en voyant Ben sur une chaise, je me sens mal à l’aise car il ne se repose pas alors que lui aussi doit se reposer. Il va protester si je lui demande de prendre ma place, c’est certain. Je trouve donc une autre alternative pour qu’il vienne se poser un peu. Je fais mine d’avoir froid et quand il le remarque, je lui demande s’il peut venir pour que je puisse avoir plus chaud. Il hésite mais il vient. Allongé à côté de moi, je me niche contre lui. Ce n’est pas dans mes habitudes d’être ainsi contre quelqu’un mais mon idée n’a pas été aussi bête puisqu’il a très chaud.

    L’aube vient à peine d’arriver et Callaghan entre dans la chambre pour nous ordonner de nous préparer car on va partir. Ben n’est plus auprès de moi, il est déjà debout et il a rassemblé les affaires qu’on a laissé ici. Je me lève à mon tour et je prend le sac de ma mère que je met autour de mon buste. Ben a pris notre sac de vivres et on sort pour rejoindre le groupe d’hommes. Il y a Callaghan et quatre autres hommes dont je n’avais pas encore vraiment vu le visage. Ils me dévisagent et je m’en cache derrière Ben.

    « – Nous sommes à Great Bend dans le Kansas. On va devoir partir vers l’Ouest, sur la route qui mène au Colorado. On aura encore l’Utah et le Nevada avant d’arriver en Californie donc le voyage va encore être très long. La meilleure chose serait de trouver un véhicule encore en service donc n’hésitez pas à garder l’œil. Il va falloir aussi penser à fouiller certains endroits pour trouver des vivres ou des armes mais je vous interdis de vous éloigner du groupe. On ne sait pas combien d’infectés il y aura sur notre chemin. »

    Callaghan a l’allure d’un chef et je ne peux le nier. Il sait ce qu’il fait mais pourquoi veut-il à tout prix un remède ? Il a certainement quelqu’un dans son entourage qui a aussi été touché par le virus.. un peu comme moi avec ma mère. Dans tous les cas, je reste près de Ben comme un caneton accroché à sa maman cane. Quand nous sortons de l’hôpital, je le suis à la trace mais j’observe quand même autour de nous. On peut entendre les râles des infectés qui sont éloignés de nous mais qui sont à un nombre impressionnant. Maintenant il va falloir marcher, avancer, survivre.

    Avec Ben, nous avançons derrière les autres hommes. Mon binôme ne parle pas beaucoup, il est concentré. Je le comprend, il faut être à l’affût de tout. Nous ne sommes pas à l’abris d’une attaque mais ce silence est pesant dans le sens où même si je n’aime pas papoter, je suis quelqu’un qui ne sait pas tenir en place et qui a besoin de s’occuper. Mis à part parler, je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre sur la route.

    « – Tu viens de quelle ville ? Je ne sais pas grand chose de toi.. »

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    M.

    Il est hésitant. Il n’a pas envie de me répondre mais il le fait partiellement. La Caroline du Nord.. j’aurais cru qu’il serait d’un endroit beaucoup plus rural. Peut être d’une ferme. Je l’imagine bien en fermier. Mon esprit imagine déjà une vie pour Ben. C’est l’un de mes défauts ou alors de mes talents, j’ai énormément d’imagination surtout lorsqu’il s’agit d’écrire.

    « – La Caroline.. ça doit être beau comme état. »

    Je ne lui pose pas plus de questions car j’ai compris qu’il n’avait pas envie de se livrer. Ça fonctionnera peut-être dans plusieurs jours. Il vient quand même à le relancer la question.

    « – Je viens de Chicago.. mais je vivais aussi tous les étés en Californie, chez mon père. »

    J’avais deux maisons. Celle dans le froid et celle au soleil. Je préfère de loin la fraîcheur de Chicago car je n’aime pas être trop longtemps au soleil mais aujourd’hui je ne peux plus faire la difficile. Le soleil du Kansas tape beaucoup mais ça va être bien pire dans les semaines qui vont arriver puisque nous partons vers des états casi désertiques.

    « – Tu as pu voyager ? Enfin vous.. pardon.. »

    Je le tutoie pour la première fois mais ça ne semble pas le gêner. Il est plus âgé que moi, c’est certain mais je ne sais pas son âge. Peut être trente ans, ou au grand maximum trente cinq. Je ne sais pas non plus s’il avait une famille, du moins une femme ou des enfants mais s’il est seul aujourd’hui, il a dû sûrement les perdres. Cette idée m’attriste mais je ne tiens pas à lui demander.

    « – J’ai été plusieurs fois en Espagne voir mes grands parents maternels. Ils vivent à Barcelone.. enfin.. j’espère que là bas tout va bien.. Tu penses que c’est mondial tout ça ? Ou ça ne concernerait que notre continent ? »

    Oui, ma curiosité est toujours présente et il risque de vouloir me scotcher les lèvres. Ou alors peut être qu’il finira par apprécier. En tout cas les hommes devant ne se préoccupent pas du tout de nous. Ils marchent rapidement et ils vont parfois vers des voitures ou des maisons pour faire des fouilles. Parfois Ben va aussi vers des endroits à fouiller et je continu de le suivre. Ça aussi, il risque peut être de regretter le fait de m’avoir sauver tant je le colle comme si j’étais un petit chien fidèle à son maître.

    Parfois je m’éloigne un peu, juste pour moi aussi fouiller mais les yeux de Ben me rappellent à l’ordre. Il faut croire que lui aussi veut que je lui colle aux fesses. Pourtant en fouillant dans une voiture abandonnée, je trouve des fusées de détresses ainsi qu’un pied de biche qui pourrait m’être utile pour me protéger puisque c’est Ben qui garde nos armes.

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    M.

    Je retiens un rire quand il m’ordonne de le tutoyer. J’hoche la tête en signe d’acceptation et nous reprenons la route puisque de toute façon il n’y a que ça à faire. Marcher.. fouiller. Marcher.. avancer.. suivre les autres.. c’est long et malgré tout c’est fatiguant. Les minutes semblent des heures mais nous ne sommes qu’au début du périple.

    Je n’ose pas déranger Ben, j’ai compris qu’il n’avait pas envie de papoter. Il me surveille comme si je faisais parti de sa famille mais il évite les discussions. Les autres ne parlent pas non plus avec moi, même Callaghan qui est plutôt à nous presser d’avancer plutôt que de s’attarder sur qui que ce soit. Les autres ? Ils avancent et parlent entre eux. J’ai repéré qui était ce fameux Andy qui se méfie de Ben et j’ai aussi entendu le prénom des autres. Mike, Josh et Kyle. À ce que j’ai entendu, personne ne se connaissait avant l’apocalypse. Andy vivait à Philadelphie, Mike à Boston, Josh à Washington et Kyle à New-York. C’est étrange de ne pas avoir d’autres filles que moi mais j’ai fini par comprendre qu’ils avaient laissé les femmes dans le camp qu’ils ont monté à Jefferson City dans le Missouri. Je suis attentive à ce qui est dit car cela a le mérite de préoccuper mon esprit au lieu de m’attarder sur notre environnement effrayant. Quoi que nous arrivons dans des terrains vagues, où il n’y a plus grand chose mais c’est encore plus effrayant car ici on ne pourra pas trouver des vivres.

    Quelques journées passent sans vraiment que l’on se soit reposé et je suis vraiment à bout. J’ai les pieds en feu, j’ai soif à cause du soleil qui cogne énormément et je pourrais manger un bœuf entier, cependant je ne dis rien parce que je ne veux pas que l’on pense que je suis faible. Heureusement quelqu’un craque avant moi et c’est Andy qui demande à ce que l’on se pose pour la nuit.

    On arrive à trouver une ferme mais on ne sait pas si elle est encore habitée ou s’il y a des infectés dedans. Callaghan entre avec Mike, Josh et Ben pour vérifier, je me retrouve seule dehors avec Andy. Je ne suis pas la plus rassurée mais je n’ai pas le choix. De toute façon j’ai encore le pied de biche en main et j’essaie aussi d’avoir mon air renfrogné qui fait fuir les gens.

    « – Avoue que toi aussi tu avais envie de te reposer.. »

    Lance t’il avec un sourire fin mais comme je ne lui répond pas, il lève les yeux au ciel et il se rapproche.

    « – T’en fais pas petite fille, je vais pas te toucher. Ton chéri va pas être content..
    _ Je n’ai pas envie de discuter avec toi. Et évite de te rapprocher.
    _ Fais attention à toi ! ben ne sera pas toujours derrière toi et si tu continus de me manquer de respect, je n’aurais aucun mal à te montrer comment être une gentille fille. »

    Il s’apprête à poser sa main sur mon épaule mais je le repousse avant. Si lui en rit, moi non et je suis même sur le point de lever mon pied de biche, cependant Josh arrive pour nous dire qu’on peut entrer. Sans attendre, j’entre dans la ferme mais je ne rejoins pas Ben car il est entouré des autres. Je vais directement à l’étage pour voir si je ne peux pas m’enfermer dans une chambre alors qu’Andy rejoint ses camarades avec un air amusé.

    « – La petite dame a eu peur de moi ! Pourtant je suis plutôt cool comme gars ! »

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    M.

    Je m’étais mise dans cette chambre en attendant que la nuit passe mais ma plus grande erreur a été de prendre le mp3 que Tim m’a donné et d’écouter les musiques qu’il y avait dessus. Cela a fait que je n’ai pas entendu cet infecté entrer dans la pièce et j’ai bien failli y laisser ma peau. Cependant Ben est arrivé plus vite que je ne l’avais cru et malgré la peur qui m’a envahie, j’ai réussi à suivre mon nouvel ami pour quitter cet endroit le plus rapidement que possible. Tout a été à une vitesse folle et nous y avons perdu trois hommes. Le cri d’Andy bourdonne dans mon esprit lorsque nous nous retrouvons dans un autre endroit beaucoup plus sûr. Complètement sonnée, je ne capte pas que mes camarades survivants retirent leurs vêtements et ce n’est que lorsque Ben arrive en boxer face à moi, que je me revient à la réalité. Je suis prise entre l’envie de l’envoyer chier et aussi de lui hurler qu’il est diablement beau. Il me demande de me déshabiller aussi mais je reste presque inerte en observant son corps.. je n’imaginais pas ça du tout. Pourtant il insiste mais mon regard se fronce car je ne veux pas me déshabiller. Surtout en voyant Kyle et Josh plus loin.

    « – Je n’ai pas été mordu.. Je le sentirai si c’était le cas ! »

    Je suis très têtu. Parfois désinvolte et là c’est un moment où je ne veux pas me montrer. Même devant Ben.. Pourtant j’ai confiance en lui et il a certainement dû me voir presque nue à l’hôpital mais je déteste mon corps. Je déteste le fait d’être trop mince, de ne pas avoir les courbes des jolies filles du lycée où je déteste aussi la cicatrice que j’ai entre ma poitrine et qui me rappelle que mon cœur est malade.

    « – Je vais bien.. Je n’ai rien.. J’en suis certaine. »

    Les deux autres hommes se rhabillent et Ben est encore là. On dirait même qu’il serait prêt à se jeter sur moi pour me déshabiller. Dans d’autres circonstances j’aurai trouvé ça hyper sexy, à l’instar des livres que j’ai pu lire sur des romances torrides mais là ce n’est pas le moment pour fantasmer.

    “ – Ok.. OK mais Josh et Kyle se retournent !”

    Je veux être certaine qu’ils ne me regardent pas. Les deux hommes râlent un peu mais ils s’exécutent. Je commence donc à poser mon sac et à retirer lentement ce qui protège ma dignité. En quelques secondes, je me retrouve en sous -vêtements devant Ben mais je fuis son regard. Je me tourne pour qu’il voit l’entièreté de mon corps et pour qu’il se rassure que je n’ai pas de morsures. Quand ça semble bon, je reprends vite mes vêtements pour me rhabiller et cacher ce qui me fait honte.

    “ – On repart quand ?”

  81. Avatar de M.
    M.

    Je me sens mal de m’être mise presque nue mais ça aurait pire si tout le monde m’avait vu. Là, il n’y a que Ben qui a découvert mon corps abîmé. Il va certainement avoir un autre regard sur moi, peut être du dégoût ou de la pitié.. J’y pense quand on reprend la route puisque Ben veut qu’on s’en aille tout de suite. On s’éloigne du bâtiment mais on peut entendre les infectés râler un peu plus loin. Il a bien fait de nous faire partir maintenant car ils auraient fini par nous trouver. Là, il faut s’éloigner mais c’est vrai que je vacille . Je suis épuisé mais on se reposera quand on aura vraiment un endroit où on se sentira en sécurité. Pourtant au bout de quelques kilomètres, Ben ne me laisse pas le choix de grimper sur son dos. Il semble lui aussi éreinté mais il prend sur lui pour me porter. En plus de ses sacs, il ose me mettre sur son dos et sa cadence ne s’allège pas pour autant. Son pas reste rapide, comme si rien ne pouvait l’arrêter. C’est vrai qu’il a été militaire et qu’il a appris à avancer dans toutes les circonstances possibles mais il me paraît impressionnant. Il est comme une sorte de morceau de roche qu’il est impossible de briser.

    Les bras autour de son cou, ce n’est pas la route que j’observe mais lui. Oui, il force l’admiration et il est certain qu’on aimerait tous être comme lui, cependant est-ce cette force lui vient de son ancien travail ou ce qu’il a vécu depuis le début de l’épidémie ? Je sais que je ne saurais peut être jamais car mon sauveur n’aime pas parler. Il est une enveloppe de mystères qu’il va être difficile d’ouvrir.

    Comme promis, Ben trouve un endroit pour que tout le monde puisse se poser. Kyle et Josh sont au bout de leurs vies, et je peux les comprendre. Ben me repose au sol et je passe rapidement ma main sur la sienne pour le remercier mais je ne m’attarde pas car je veux être un peu utile. Je sais comment être autre chose qu’une jeune femme en détresse pendant quelques instants. Je vais chercher une conserve dans le sac de Ben ainsi qu’un paquet d’allumettes. Je vais préparer un repas, même s’il ne sera pas le plus festif mais les trois hommes ont besoin de manger.

    Nous sommes dans une ancienne station essence abandonnée ou plutôt dans la réserve. Il n’y a pas d’infectés aux alentours donc on va pouvoir rester quelques heures ici. Je vais me poser dans un coin de la pièce pour faire un feu et je me débrouille pour faire chauffer cette conserve de bœuf en sauce. Les trois garçons sont posés et je viens leurs apporter un peu de nourriture quand tout est chaud. Ben est à l’opposé de Kyle et Josh, c’est vers lui que je vais en dernier. Je lui tend la petite écuelle de bœuf et je m’assis devant lui. Il a encore son air renfrogné mais je crois que j’ai pris l’habitude de ce faciès mi bad boy, mi blasé.

    « – Manges un peu.. ça te fera du bien. Tu peux aussi te reposer. Même si tu sembles invincibles, tu as aussi besoin de reprendre des forces. »

    J’étire un petit sourire en espérant que cela le fasse sourire aussi mais c’est difficile. Je pourrais le comparer à un mur de glace. Il ne laisse rien paraître. Cependant lorsqu’il a fini de manger, je décide de venir me loger dans ses bras comme lorsque nous étions dans la chambre d’hôpital. Peut être que ce geste saura l’apaiser et qu’il pourra enfin se reposer. Kyle et Josh roupillent déjà et je me fiche bien qu’ils voient que je suis contre Ben. Assise entre ses cuisses, le haut de mon corps est lové contre le sien et ma joue est posée contre son torse. Son cœur bat rapidement mais c’est signe qu’il est bel et bien vivant.

    Au début il est assez raides mais j’attrape ses bras pour qu’il les passe autour de moi. Son corps me réchauffe mais le mien a le même effet sur lui bien que je sois bien plus petite. Dans un sens c’est mon moyen à ma manière de prendre aussi soin de lui puisque je ne suis pas la plus forte pour venir à bout des infectés mais à côté de ça, je peux lui offrir un peu de cette douceur que le monde nous a volé en devenant un enfer.

  82. Avatar de M.
    M.

    Je dors mais je dors bien. Pas de cauchemars, pas de réveil dû à une angoisse. Je n’avais pas dormi ainsi depuis Chicago. Pourtant je ne suis pas dans un lit mais encore assise et lové contre Ben. Ses bras me bercent et m’entourent avec une protection qui m’apaisent. Il a même posé son menton contre le haut de ma tête mais je ne sens pas lorsqu’il dépose un baiser. Par contre je me réveille à un moment et je remarque que c’est lui qui c’est enfin endormi. Cela me rassure puisqu’il n’avait pas encore pris le temps de se reposer ou de penser à lui. J’évite donc de bouger pour ne pas le réveiller.

    C’est en entendant Josh qui se met à fouiller dans ses affaires que nous sommes enfin réveillés. Il cherche après sa bouteille d’eau mais lorsqu’il l’a, il remarque qu’il n’a presque plus rien. Ayant encore des gourdes dans notre sac, je me retire des bras de Ben pour aller donner de l’eau à Josh, ce qui le surprend.

    « – et bien.. merci..
    _ Nous ne sommes plus que quatre.. il faut bien qu’on s’entraide.. »

    Dis-je avant de porter mon regard sur Kyle qui hoche la tête par rapport à mes mots. Nous ne sommes plus que quatre.. Callaghan a sûrement été dévoré et surtout je ne suis plus une sorte d’objet à troquer contre un antidote qui n’existe peut être pas. Pourtant il faut quand même aller en Californie pour voir si on peut être aidé par mon père ou ceux qui travaillent dans la base scientifique. Nous sommes encore à des milliers de kilomètres de cet endroit. C’est décourageant mais il faut le faire.

    « – Comme Callaghan n’est plus là, j’aimerais repartir à notre camp de base. Ma femme et mes filles y sont. Je préfère être avec elles plutôt que de continuer et de mourir.. Elles ont besoin que je les protège. »

    Clame Josh en observant Ben. Il attend son avale. Ben est devenu le chef de groupe puisqu’il a su tous nous sauver et il nous a prouvé sa force. Kyle lève son regard vers Josh et à son tour il se lève pour parler.

    « – Moi aussi je veux retourner là bas.. Je ne voulais pas suivre Callaghan. On ne sait même pas si il y a un remède et si cette base scientifique existe encore. Moi ce sont mes parents qui sont à notre base et.. Je dois aussi les protéger. »

    Leurs demandes ont une juste cause. Ils veulent être auprès des siens et je ferai pareil si ma mère était encore là. Cependant ils ont déjà beaucoup avancé et le chemin retour pourrait leur être fatal. Cette idée me mine mais qui suis-je pour les en empêcher ? Et puis je vais me retrouver seule avec Ben. Je n’ai pas peur de lui, j’ai même une confiance aveugle mais est-ce que lui ne va t’il pas aussi décider de retourner vers la base ? Peut-être que quelqu’un l’attend.. Et là je serai seule pour aller vers la Californie. C’est plus que dangereux mais je ne veux pas faire le chemin inverse.

    « – Vous êtes loin du Missouri.. Il va falloir refaire beaucoup de routes pour retourner vers vos proches..
    _ C’est vrai et ça m’inquiète un peu mais je veux tenter ce voyage. Ma famille est tout ce qui me reste.. »

    Les deux garçons attendent une réponse de Ben mais moi aussi. Que va t’il vouloir faire ? Repartir ou continuer ? J’accepterais son choix quoi qu’il dise. En attendant, je retourne vers lui pour ramasser le sac de ma mère. Ben s’est aussi levé de l’endroit où nous avons dormi et je remarque qu’il a fait tomber quelque chose. Comme il va vers les deux autres garçons, il ne le voit pas alors je me dépêche de ramasser ce qui semble être une photo pliée. Je l’observe quelques secondes et je la met dans ma poche, dans le but de lui rendre quand il aura cessé de parler avec les garçons. J’y ai vu Ben.. avec une femme et un enfant. C’est sa famille. Son épouse et son fils. Est-ce qu’ils sont aussi à la base ? Pensant que oui, je compte bien lui dire d’aller les rejoindre quand il reviendra vers moi. Il doit retrouver ceux qu’il aime et il n’a pas à me suivre. Ou alors il a perdu sa famille et là, je sais que j’aurai mal pour lui. J’aurai une tristesse que je ne saurai camoufler alors que lui voudra certainement ne pas en parler. Ça pourrait mettre une distance entre nous, ce que je ne veux pas. Alors finalement j’hésite à lui dire de rejoindre sa famille.. j’hésite de lui rendre la photo mais je ne suis pas une voleuse et encore moins quelqu’un de malhonnête. Quand il revient vers moi, je tend donc cette photo que je sors de ma poche.

    « – Tu as fais tomber ça.. et.. s’ils sont dans votre camp de base, tu devrais aussi les rejoindre.. »

  83. Avatar de M.
    M.

    Alors il les a perdu.. Je me sens bête mais surtout triste. Il a perdu sa famille. Il a perdu ce qu’il avait construit. Pourtant je ne montre rien sur mon faciès car je ne veux pas qu’il se sent encore plus mal. Il a certainement une douleur immense en lui et je ne tiens pas à ce que celle-ci soit encore plus intense à cause de mes émotions et mes pensées. Je me concentre alors sur ce qu’il compte faire et dire aux garçons. Il accepte de les laisser repartir mais Ben reste avec moi. Oui, je ressens un soulagement même si dans le fond c’est égoïste. Après tout, il pourrait s’en aller et trouver un endroit où il pourrait vivre tranquillement mais j’aime sa présence. J’ai l’impression que rien ne peut m’arriver avec lui à mes côtés mais ça reste un sentiment égoïste. Je ne suis pas une priorité.

    Quand il dit que nous partons dans cinq minutes, j’hoche la tête et je vérifie que nous n’avons rien oublié mais je vais aussi vers les deux autres garçons pour leurs donner une accolade. Je leurs souhaite bonne chance et surtout je leurs demande de faire très attention. Ils sont surpris de ma démarche mais ils sourient. Kyle et Josh vont donner une poignée de main à Ben et ils partent. Nous voilà à deux. Rien qu’à deux. Nous sommes un duo qui a encore beaucoup de chemin à faire.

    Ben sort en premier et je reprend ma place de caneton qui le suit à la trace. Je me suis assez reposé pour marcher à nouveau et ne pas m’écrouler au premier kilomètre. Le début est à nouveau très silencieux et ce silence est à la fois pesant ainsi que difficile pour moi car j’ai l’impression qu’une distance se met entre lui et moi. Pour casser un peu ça, je me met à parler de qui j’étais avant l’apocalypse.

    « – Cette année j’aurai du être à l’université.. Je ne savais pas laquelle choisir mais je suppose que ça aurait une expérience spéciale. Je comptais faire comme mes parents, de la médecine. C’est ce qu’ils voulaient.. »

    Ma mère rêvait de me voir en chirurgienne comme elle alors que mon père me poussait à me spécialiser mais ça, je ne pourrais pas savoir quel choix final j’aurai fait puisque je ne serai jamais médecin. Je me demande bien comment le monde pourrait se reconstruire après tout ça.. enfin, si c’est possible.

    « – J’adorais écrire.. Je m’étais prise de passion pour inventer des mondes et des personnages farfelus. C’est Rowling et Tolkien qui m’ont inspiré avec leurs imaginations si immenses.. George R.R Martin est aussi un bon modèle. Comme eux, je dessinais les cartes de mes mondes et j’inventais des nouvelles langues.. Mais tout ça m’isolait. Je pouvais passer des journées dans ma chambre à écrire. Même au lycée je trouvais toujours un moyen d’écrire entre les cours.. »

    En même temps je n’avais pas vraiment d’amis avec qui passer ce temps d’interclasse. J’étais la fille bizarre qui ne voulait pas suivre les mouvements. J’étais trop intelligente et pas assez féminine pour que l’on me voit comme une fille ordinaire. Les moqueries étaient mon quotidien mais je m’y étais habitué. C’est même pour cela que j’étais bien plus souvent dans mes écris loin de la réalité plutôt que dans le vrai monde. Au moins mes personnages ne s’en prenaient pas à moi.

    « – Tu as eu des passions toi ? Si je me fis à mon instinct sans faille, je suis certaine que tu adores aller à la pêche et les belles voitures ! »

    Dis-je avec taquinerie car c’est souvent ce qui est dépeint des militaires. Ils sont des « vrais » hommes qui font des trucs d’hommes. Cependant je doute que ce soit vraiment sa passion. J’ai l’impression qu’il a aussi une âme littéraire. Je le vois bien aussi être du genre manuel, à savoir construire des choses. J’aimerais vraiment en savoir un peu plus sur lui. Pas forcément sur son passé mais sur l’homme qu’il est. Ce qu’il aime, ce qu’il rêvait de faire ou où il rêvait d’aller.

  84. Avatar de M.
    M.

    C’était un bricolo. Ça ne m’étonne pas tant que ça. Il sait se débrouiller et le bricolage fait partie des choses à savoir faire pour ne pas avoir besoin d’aide de qui que ce soit. Il doit certainement savoir cuisiner.. et même un tas d’autres choses mais encore une fois, il me fait comprendre qu’il ne m’en dira pas plus.

    Pour le moment on se retrouve sur une route qui se situe en pleine campagne et il n’y a rien en vue à part l’horizon. Aussi surprenant que cela soit, c’est Ben qui casse le nouveau silence mais je pince mes lèvres. Sa question me déstabilise et pour une fois, c’est moi qui prépare fuir le sujet.

    « – Ce n’est pas très intéressant.. »

    Je ne veux surtout pas qu’il puisse croire que je suis une fille complètement barge. J’adore écrire mais je n’ai jamais osé montrer ou dire ce que je pouvais bien noter. C’est mon monde secret et je ne suis pas prête à le partager.

    « – Oh regarde ! »

    Je vois au loin une biche s’échapper. Cette forme de vie me fait sourire. Par chance, les animaux ne semblent pas être infectés par le virus mais ils n’en restent pas moins des proies pour les infectés humains.

    Le silence et la route reprennent. Il nous faut bien une bonne journée de marche pour retrouver autre chose que des champs. On passe par un petit village mais il y a bien trop d’infectés pour y tenter de s’y poser pour la nuit alors on continue la route. Ce n’est que le lendemain, en fin de matinée que nous trouvons un endroit pour se poser un peu. C’est un grand cours d’eau et cela nous permet de nettoyer un peu nos visages, nos mains. Je rêve d’un bain bien chaud mais ça ne sera qu’un rêve. Il est déjà très difficile de pouvoir se nettoyer et ça c’est aussi bien compliqué. Mes cheveux sont sales, je suis certaine que je dois sentir la transpiration.. c’est horrible mais pas le choix.

    Nous mangeons un peu et on repart sans plus tarder. Tant que nous sommes dans la nature, on ne peut pas s’attarder dans des endroits qui pourraient être pris d’assaut par les infectés. Bien sûr, on se permet parfois des pauses pour dormir un peu mais c’est furtif. Ben tient bien la route car il a été habitué aux conditions extrêmes mais j’avoue que parfois j’ai du mal à tenir la cadence, pourtant je ne me plains pas.

    Lorsque nous passons la frontière entre le colorado et l’Utah, je soupire un peu car il reste encore tellement de route que je commence à désespérer. Nous n’avons pas réussi à trouver un véhicule qui pourrait nous offrir un peu de soulagement. Nous sommes parfois tombés sur d’autres survivants mais par précaution, on ne s’est pas approché d’eux. Pourtant, après encore des heures de marche, on tombe devant ce qui est un camp. Les hommes qui sont dedans, ont mis des grilles autour de cette petite ville improvisée. Je ne sais pas si nous pouvons prétendre à y rester quelques jours pour se reposer un peu mais je fais une petite moue à Ben pour qu’il sache que j’ai besoin de ce repos.

    “ – Tu crois qu’on peut essayer de demander un peu d’aide ? Juste pour dire de se poser.. Après on repartira..”

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    M.

    Je suis soulagé que Ben accepte ma requête mais je lui promet de rester très prudente puisque je sais qu’il se méfie de tout. Pourtant c’est avec surprise qu’il tombe sur une personne qui a fait parti de sa vie. Cette femme est la cheffe du camp et elle a certainement travaillé avec Ben car elle a la carrure d’une militaire. Je ne m’initie pas entre eux, je les écoute et je les laisse se retrouver mais je regarde quand même autour de nous. L’endroit n’est pas paradisiaque mais il y a de quoi faire vivre les personnes présentes ici. Ça me fait bizarre de revoir des enfants courir et des familles.. Ça me fait du bien. Oui, ça fait du bien de voir un peu de vie alors que nous avons vu la mort depuis des semaines.

    Jane nous fait visiter ce petit camp qui contient plusieurs maisons, des potagers, quelques étables avec des animaux, enfin il y a de tout pour pouvoir maintenir la vie ici. À un moment je me stoppe car un grand chien vient vers nous et il se met à quémander des caresses. Pendant quelques minutes, je retrouve un peu d’innocence en m’occuper de cette grosse peluche.

    « – C’est Thor, mon chien. Il adore se faire dorloter. »

    Jane attend que je cesse les caresses pour reprendre le chemin. Elle nous mène à Mike qui est reparti vers ce qui a semble être un grand réfectoire commun. Il y a plusieurs personnes et Jane nous présente comme des invités de passage. Certains nous toisent alors que d’autres nous ignorent. Il est difficile d’être accueillant quand il faut apprendre à se méfier du monde entier.

    « – Ben va pouvoir chasser pour nous et vous apprendre quelques techniques pour mieux vous protéger en extérieur de la ville. C’est l’un de mes anciens camarades du SEAL et voici sa nièce, Nina.
    _ Et la petite ? Elle va nous aider aussi ?
    _ Euh.. et bien.. elle peut aider les femmes au potager en attendant. On va bien trouver quelque chose où elle sera utile. »

    J’hoche la tête puisqu’il est normal que moi aussi j’aide ceux qui nous offrent un peu d’hospitalité. Mike prend le relais en allant nous mener vers l’une des maisons qui n’est pas habitée. Elle n’est pas grande mais c’est assez pour se poser un peu. Mike nous dit que l’on peut aller chercher un peu de nourriture au réfectoire et il nous indique aussi qu’en cas de besoin, il ne faut pas hésiter à aller le voir. Nous le remercions et nous entrons dans cette maison. Elle devait appartenir à une vieille personne car son style est très.. vieillot mais ça n’en reste pas moins chaleureux. Il y a une seule chambre mais je fais le choix d’aller dans le canapé du salon, pour que ce soit Ben qui puisse bien se reposer.

    “ – Ton amie a réussi à faire quelque chose de bien ici, pour toutes ses familles.. J’espère que d’autres groupes ont fait la même chose. Je veux dire, créer des endroits où ils peuvent vivre et se protéger du reste du monde.”

    Je pose mes affaires sur le canapé mais je vais vers la fenêtre pour observer à nouveau cette vie qui grouille dehors. J’en ai un peu les larmes qui me montent aux yeux mais après un léger soupir, je réussis à contenir mes émotions. Je me tourne vers Ben qui a bien du mal à se poser et à se donner quelques instants de répit. Il est encore droit comme un mur et il pourrait attaquer la première personne qui entrerait dans cette maison.

    “ – Tu sais quoi ? Tu vas a

  86. Avatar de M.
    M.

    Je suis soulagé que Ben accepte ma requête mais je lui promet de rester très prudente puisque je sais qu’il se méfie de tout. Pourtant c’est avec surprise qu’il tombe sur une personne qui a fait parti de sa vie. Cette femme est la cheffe du camp et elle a certainement travaillé avec Ben car elle a la carrure d’une militaire. Je ne m’initie pas entre eux, je les écoute et je les laisse se retrouver mais je regarde quand même autour de nous. L’endroit n’est pas paradisiaque mais il y a de quoi faire vivre les personnes présentes ici. Ça me fait bizarre de revoir des enfants courir et des familles.. Ça me fait du bien. Oui, ça fait du bien de voir un peu de vie alors que nous avons vu la mort depuis des semaines.

    Jane nous fait visiter ce petit camp qui contient plusieurs maisons, des potagers, quelques étables avec des animaux, enfin il y a de tout pour pouvoir maintenir la vie ici. À un moment je me stoppe car un grand chien vient vers nous et il se met à quémander des caresses. Pendant quelques minutes, je retrouve un peu d’innocence en m’occuper de cette grosse peluche.

    « – C’est Thor, mon chien. Il adore se faire dorloter. »

    Jane attend que je cesse les caresses pour reprendre le chemin. Elle nous mène à Mike qui est reparti vers ce qui a semble être un grand réfectoire commun. Il y a plusieurs personnes et Jane nous présente comme des invités de passage. Certains nous toisent alors que d’autres nous ignorent. Il est difficile d’être accueillant quand il faut apprendre à se méfier du monde entier.

    « – Ben va pouvoir chasser pour nous et vous apprendre quelques techniques pour mieux vous protéger en extérieur de la ville. C’est l’un de mes anciens camarades du SEAL et voici sa nièce, Nina.
    _ Et la petite ? Elle va nous aider aussi ?
    _ Euh.. et bien.. elle peut aider les femmes au potager en attendant. On va bien trouver quelque chose où elle sera utile. »

    J’hoche la tête puisqu’il est normal que moi aussi j’aide ceux qui nous offrent un peu d’hospitalité. Mike prend le relais en allant nous mener vers l’une des maisons qui n’est pas habitée. Elle n’est pas grande mais c’est assez pour se poser un peu. Mike nous dit que l’on peut aller chercher un peu de nourriture au réfectoire et il nous indique aussi qu’en cas de besoin, il ne faut pas hésiter à aller le voir. Nous le remercions et nous entrons dans cette maison. Elle devait appartenir à une vieille personne car son style est très.. vieillot mais ça n’en reste pas moins chaleureux. Il y a une seule chambre mais je fais le choix d’aller dans le canapé du salon, pour que ce soit Ben qui puisse bien se reposer.

    “ – Ton amie a réussi à faire quelque chose de bien ici, pour toutes ses familles.. J’espère que d’autres groupes ont fait la même chose. Je veux dire, créer des endroits où ils peuvent vivre et se protéger du reste du monde.”

    Je pose mes affaires sur le canapé mais je vais vers la fenêtre pour observer à nouveau cette vie qui grouille dehors. J’en ai un peu les larmes qui me montent aux yeux mais après un léger soupir, je réussis à contenir mes émotions. Je me tourne vers Ben qui a bien du mal à se poser et à se donner quelques instants de répit. Il est encore droit comme un mur et il pourrait attaquer la première personne qui entrerait dans cette maison.

    “ – Tu sais quoi ? Tu vas aller prendre une douche et je vais m’occuper de faire à manger. On a encore des vivres dans le sac.. Et tu vas tenter de souffler un peu. Juste le temps d’une soirée. Qu’en penses tu ?”

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    M.

    Je me retrouve dans la cuisine et j’ai trouvé un réchaud ainsi qu’une casserole pour préparer un petit repas qui devrait nous faire du bien. Manger des conserves froides, ça devient une vraie plaie mais pour ce soir, on aura quelque chose de digeste. Quand Ben arrive dans la cuisine, je tourne mon regard vers lui et je manque de faire tomber la casserole à cause de la vue qu’il m’offre. Il n’a pas mis de haut et.. wow.. mon dieu de dieu. C’est presque un scandale d’avoir un homme comme ça face à moi. Ma bouche est grande ouverte mais quand il me dit qu’il prend le relais pour cuire notre dîner, je me mets à bégayer. Bon sang.. je me tape la honte. Pour éviter de me retrouver rouge tomate, je m’éclipse de la cuisine et je file dans la salle de bain pour prendre cette douche qui devrait me remettre les idées en place. Ce garçon est tout simplement magnifique et bien que je sois beaucoup plus jeune que lui, je n’en reste pas moins une jeune femme avec des hormones qui savent se réveiller.

    En tout cas, il n’a pas tort, la douche chaude me fait un bien fou. Ça m’avait manqué de sentir l’eau chaude sur ma peau et puis aussi avoir un corps ainsi qu’une chevelure propre. Il y a du shampoing senteur vanille dans la cabine de douche, ce n’est pas ma senteur préférée mais je m’en fiche, je me sens enfin bien. Par contre, je n’ai pas de rechange comme Ben. Les vêtements que je porte m’ont été donnés à l’hôpital et je n’avais rien d’autre sur moi. Je ne peux pas sortir nu de cette salle de bain et je dois aussi laver mes vêtements.. Le sac de Ben étant dans la salle de bain, je fouille dedans et je trouve un t-shirt qui sera parfait pour cette nuit. Il m’arrive à mi-cuisse. Je le mets et je reviens vers la cuisine ou il est de dos.. mais même de dos il est diablement canon. Je baisse les yeux pour cesser de ressembler à la minette totalement in love et je me rapproche pour l’aider à tout mettre à table.

    « – Je t’ai emprunté un t-shirt car je n’avais rien pour me changer.. j’espère que ça ne te gêne pas.. Je le laverai quand mes vêtements seront propres.. »

    On s’installe à table et je continue à baisser le regard. Je redeviens même silencieuse. On commence à manger et ça se passe vite puisque nos ventres grognent de faim. Entre temps, quelqu’un vient toquer à la porte et c’est Jane qui vient apporter quelques boissons ainsi que des produits plus frais. Ben a enfilé une veste et je peux me permettre de le regarder à nouveau sans rougir violemment. Dans le panier qu’il amène, il y a du pain, des œufs, du café et aussi du chocolat. On pourrait presque dire que c’est Noël. On ne saute pas sur ces vivres mais on se permet un carré de chocolat et bon dieu, c’est divin !

    Après ce repas, je retourne vers le salon mais je remarque qu’il a bougé mes affaires. Il les a mises dans la chambre. J’en lève les yeux au ciel et je lâche même un râle. Lui s’installe déjà sur le canapé et je ne peux pas le laisser faire. Déterminé, je vais vers lui et j’attrape sa main pour essayer de le lever.

    “ – Tu as besoin de bien dormir ! tu as toujours été assis derrière moi et tu n’as pas pu correctement te reposer ! Alors debout Capitaine ! Autrement tu vas finir avec un dos cassé et des cernes jusqu’aux chevilles !!”

    Je tire sur sa main mais je suis une plume à côté de lui. Dans un dernier élan courageux, je finit surtout par tomber sur lui. A quelques centimètres près, mes lèvres étaient sur les siennes. Je rougis bien plus que dans la cuisine et je me relève en remettant correctement le tshirt qui manquait de montrer mon corps nu en dessous.

    “ – Aller.. s’il te plait.. au pire on dort ensemble.. mais le canapé va tout te courbaturer..”

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    M.

    Quand Ben sort de la maison, je lâche un long soupir car ma respiration s’était bloquée. Il y a eu une vive tension pendant quelques minutes. Nos corps se sont touchés et j’ai ressenti une sorte de coup d’électricité mais je dois chasser tout ça de mon esprit, je n’ai pas le droit de penser à ça.. Certes Ben est un homme sublime mais il n’est pas un flirt ou un garçon comme les autres. Non, il est celui qui me protège et puis de toute façon, qu’est ce qu’il s’embêterait avec une jeune femme de dix huit ans ? Je ne suis qu’un bébé à ses yeux. Il doit certainement me prendre pour une enfant perdu.. c’est même sûrement pour cela qu’il est autant protecteur avec moi. Oui, je ferai mieux de cesser de penser à des choses qui ne se produiront jamais.

    Lorsqu’il revient dans la maison, je suis près d’une étagère où il y a des photos des anciens propriétaires mais Thor arrive bien vite vers moi. Ben commence à préparer le feu alors que moi je ne peux m’empêcher de venir caresser cette grosse frimousse.

    « – Oh oui que tu es beau ! Mais qu’est ce que tu faisais dehors jeune homme ? Tu aurais pu attraper froid ! »

    Le chien ne peut être qu’aux anges avec toutes les papouilles qu’il reçoit et je vois du coin de l’œil que Ben s’en amuse.

    « – J’adore les animaux ! Contrairement aux humains, ils ne jugent pas et ils nous aiment pour ce que l’on est.. Et puis ils sont tellement adorables.. regardes sa bouille ! On pourrait lui donner le bon Dieu sans confession ! »

    Je vais vers le canapé et je laisse thor se caler contre moi. Il y a encore une place pour Ben mais il termine de faire prendre le feu de cheminée. Ça fait du bien cette chaleur qui s’impose dans la pièce. Cela donne un faux semblant de foyer qui est loin de toute apocalypse.

    « – Tu as déjà eu des animaux ? Moi non.. Ma mère n’en voulait pas car elle disait qu’on n’aurait pas le temps de s’en occuper.. Mais pendant les années de lycée, j’allais faire beaucoup de bénévolat dans un refuge. »

    C’était mon moment de détente et de bonheur. Ça me permettait de me couper un peu de ma bulle de solitude. Je pouvais soigner des chats, des chiens mais aussi un tas d’autres animaux, même ceux de ferme ou des plus exotiques comme des serpents. Je parle un peu de tout ça à Ben. Je vante même mon exploit d’avoir aider une chèvre à mettre bas. Ça nous éloigne de la tension qu’il y a eu plus tôt et puis il n’y a pas mieux comme conversation, surtout avec ce gros pato qui est installé entre nous deux.

    La fatigue finit par réellement s’installer et Ben insiste pour que j’aille dans la chambre. Il est tout autant têtu que moi mais il a surtout beaucoup plus de forces que moi. Il lui est simple de me soulever pour m’amener dans la chambre. Pourtant je m’accroche à lui avec une telle détermination qu’il en est obligé de s’allonger avec moi. Thor s’installe au bout de nos pieds et on s’endort à trois.

    Je suis la première réveillée et Thor prend ma place pour dormir contre Ben. Je vais préparer un petit déjeuner en faisant une omelette, des toasts et du café. Ça doit certainement avoir son effet sur Ben puisqu’il ne tarde pas à me rejoindre. Je lui pose tout à table mais moi je me contente seulement d’un café.

    « – J’ai trouvé des vêtements dans la chambre. Ça doit appartenir à un jeune homme mais je vais m’en contenter pour aller au potager.. Il y a aussi des vêtements que tu pourrais mettre. Comme ça je vais pouvoir aussi laver nos propres vêtements.. »

    On ne peut pas flâner et rester à ne rien faire. Je termine rapidement mon café et je repars vers la chambre cependant en passant près de Ben, nos bras se touchent et je suis prise des mêmes frissons que la veille. Je me dépêche de m’éloigner et je me change pour ne plus être dans cette tenue aussi légère. J’enfile un jogging, un t-shirt et j’attache mes cheveux. Je suis fin prête pour sortir mais j’attend que Ben soit aussi prêt pour qu’on aille voir Jane ensemble.

  89. Avatar de M.
    M.

    Ben est parti à la chasse assez vite, du moins il ne s’est pas attardé à venir voir le potager avec moi. Je ne me doute pas qu’il essaye de me fuir ou plutôt de fuir cette attirance qu’on a ressenti hier soir. Avec une certaine naïveté, je suppose qu’il est pressé de se mettre à la recherche d’animaux à chasser. Pour ma part, je cherche Jane pour savoir ce qu’elle attend de moi pour aujourd’hui. Elle est déjà dehors pour donner les tâches à chacune des personnes pouvant en exécuter dans le campement. Lorsque j’arrive, elle m’offre un sourire bienveillant et elle fait signe à un jeune de mon âge pour qu’il vienne vers nous.

    « – Nina, je te présente Tom. Il va te montrer ce qu’il faut faire au potager mais aussi avec notre bétail. Je ne peux pas m’occuper de toi aujourd’hui car je dois sortir pour tenter de trouver des nouvelles choses pour ici mais tu seras bien guidé par Tom et puis si besoin, il y a Beth qui saura aussi t’aider. C’est la petite dame à l’infirmerie.
    _ D’accord, il n’y a pas de soucis ! »

    Je ne peux pas dire que je suis la plus à l’aise avec ce jeune homme que je ne connais pas mais de toute façon je n’ai pas le choix de le suivre. Je ne sais pas s’il y a d’autres jeunes qui ont à peu près notre âge puisque pour le moment je ne vois que des adultes contrairement à la veille où il y avait plusieurs enfants. Tom ne se montre pas très bavard, on dirait presque il est intimidé par ma présence et ça se confirme lorsqu’il se met à bégayer pour me parler des plantations.

    « – On.. on a réussit à faire.. quelques plants de tomates.. des concombres et des pommes de terre.. mais le reste.. est compliqué à faire pousser..
    _ Vous avez enrichis la terre ? Par exemple avec du composte.. ou alors peut être que vous avez une serre ?
    _ Euh.. je.. non.. enfin.. je ne crois pas.. »

    La journée risque d’être très longue.. déjà que Ben ne me parle presque pas mais là je suis tombé sur quelqu’un qui me parle par morceaux. Heureusement que nous ne sommes pas seuls sur le petit champ qui a été installé pour les cultures. Il y a plusieurs femmes et même quelques hommes qui sont là pour continuer de créer des parcelles. À mon tour je prend des outils et je vais aider comme je peux.

    Une bonne partie de la journée avance. J’ai été aider aux plantations mais aussi avec les vaches. Il y en a trois et il faut les traire donc je me colle à cette tâche que je n’ai jamais fais mais qui est plutôt sympathique. Il y a aussi les chèvres à aller nourrir et c’est en sortant de cette étable que je vois Ben au loin. Il est de retour avec des proies en main. Son regard est furtif envers moi et il disparaît aussi vite qu’il est apparu.

    « – Je vais aller chercher les œufs.. tu.. tu viens avec.. moi ?
    _ Je te rejoindrais après, je vais d’abord aller voir mon oncle.. »

    C’est étrange de dire « mon oncle » mais c’est notre couverture pour ne pas qu’on nous pose trop de questions. Je laisse Tom et je pars vers Ben lorsque je le vois sortir des cuisines mais à nouveau, il s’en va rapidement. Quelque chose ne va pas ? J’ai fais quelque chose de mal ? Je m’apprête à le suivre lorsque la fameuse Beth vient se présenter à moi.

    « – Ooh c’est toi la nouvelle petite demoiselle qui est arrivée avec son oncle. Je me présente je suis Beth, je m’occupe de l’infirmerie.
    _ Enchantée Beth, moi c’est Nina. Vous avez travaillé dans la médecine ?
    _ J’étais aide soignante mais je suis la seule du campement à avoir quelques notions de médecine
    _ Je ne suis pas médecin mais j’ai vécu dans l’environnement toute ma vie et je connais pas mal de choses.. si vous avez besoin d’aide, je serai ravis d’être présente pour vous.
    _ C’est adorable ma petite, je n’hésiterais pas à te faire appeler alors. »

    Cette dame d’un certain âge, semble chaleureuse et douce, comme une grand-mère que tout le monde voudrait avoir. Elle finit par repartir vers sa petite maison et moi aussi je retourne vers celle que j’occupe avec Ben. Il est là, je l’entend prend une douche. Thor attend dans le salon et je vais caresser cette grosse boule de poils en attendant que Ben ressorte de la salle de bain.

    « – Tu as été avec Ben toi.. tu es plein de boue ! On va devoir aussi te donner un bain, qu’en penses tu ? »

    Le chien sautille et il se met surtout à aboyer car Ben arrive dans la pièce. Contrairement à la veille, il n’a pas le torse nu mais surtout il évite de me regarder, comme dehors. Cette fois-ci je fronce les sourcils car j’ai vraiment l’impression de l’avoir heurté.

    « – Tout va bien Ben ? Ça a été la chasse ?.. »

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    M.

    Jane a besoin de lui pour une mission mais où va t’il devoir aller ? Combien de temps ? Et surtout, à quel point cela est dangereux ? Ben à dû vivre des situations hyper compliqués durant ses années à l’armée mais je ne peux m’empêcher d’avoir peur pour lui, tout comme lui a peur pour moi. Il hésite à accepter parce qu’il se méfie des gens ici et il ne veut pas qu’il m’arrive quoi que ce soit alors que moi j’ai peur des infectés à l’extérieur qui pourraient l’attaquer. Cette situation est cocasse et face à ce qu’il vient de me dire, je ne sais pas quoi répondre.. Si je lui dis ce que je pense vraiment, il risque de se moquer de moi. Il se croit fort, imbattable et pourtant tout peut arriver.. mais de mon côté c’est la même chose, je sais me défendre mais tout peut arriver.

    « – Je n’ai pas envie que tu t’en ailles.. parce que j’ai peur de ce qu’il pourrait arriver pour toi. C’est tellement dangereux avec les infectés que on peut tout imaginer.. Mais dans un autre sens, tu n’es pas mon prisonnier.. Je veux dire que, même si tu as promis de me protéger, je ne veux pas que cela devienne un fardeau pour toi. Tu as le droit aussi de faire ce que tu as envie, sans pour autant te priver parce que tu m’as fais une promesse. Cependant je comprend aussi ta peur et tu dois savoir que même si je ne suis pas super musclée, je suis hargneuse et prête à déplumer quiconque essayera de me faire du mal ! »

    J’esquisse un fin sourire et je me relève pour m’approcher de lui, sans pour autant être trop proche. Je garde une certaine distance car il semble toujours être fuyant. Est-ce qu’il s’en veut de m’avoir faire cette foutue promesse ? Suis-je trop pesante pour lui ?

    « – Je ne veux pas que tu te mets une pression à cause de moi.. Je ne veux pas être ton fardeau Ben. Je sais que tu m’as fais une promesse et depuis que tu m’as trouvé, tu as fais bien plus que de me protéger. Tu m’as sauvé de nombreuses fois et tu m’as prouvé qu’il y avait encore de l’humanité dans ce monde.. Cependant je refuse que tu te sens oppressé ou mal à cause de moi. Je tiens trop à toi pour être ton malheur.. »

    Cette fois ci j’ai un sourire un peu plus triste mais c’est vrai, je ne veux pas lui faire du mal. Je décide de le laisser tranquille pour qu’il puisse réfléchir à ce que je viens de lui dire et qu’il comprenne qu’il doit penser à lui avant tout. Je m’en vais vers la cuisine pour aller lui préparer un dîner et un nouveau long silence s’installe dans la petite maison.

    Lorsque son assiette est prête, je la pose sur la table mais je n’ose pas l’appeler. Il est dans le salon, assis sur le canapé et perdu dans ses pensées. J’hésite à aller le déranger mais je prend un peu de courage pour passer ce mur qui s’installe lourdement entre nous.

    « – Tu sais, mes parents ne s’embêtaient pas vraiment avec moi.. J’ai du apprendre à me débrouiller seule, même si ça n’a pas toujours été simple. Cependant sache que tu peux ne pas t’occuper de moi, je saurai le faire moi-même.. Pourtant je tiens quand même à te dire merci.. Parce que malgré tout, tu.. tu es la seule personne qui se soucie réellement de moi et de mon bien être depuis.. depuis très très longtemps. Je ne te remercierai jamais assez pour ce que tu as fait jusqu’ici. Tu es quelqu’un que j’apprécie beaucoup même si on se connaît pas vraiment.. Et.. »

    Dans ce genre de situation, je deviens un moulin à paroles puisque tout ce qui me passe par la tête sort. Il a levé son regard vers moi et je ne sais pas ce qu’il pense mais il est tout autant troublé que moi.

    « – Excuse moi.. je sais que tu n’aimes pas parler.. ou certainement m’entendre parler.. Mais je.. je ne veux pas que tu m’en veux ou que tu me vois comme.. comme quelqu’un de néfaste pour toi.. »

    Je triture mes doigts sans me contrôler. Son silence pèse et ça me rend encore plus nerveuse. Il se relève du canapé et je ne lui laisse pas le temps de répliquer, je repars dans la cuisine pour me cacher. Il doit me détester.. il va sûrement me laisser seule et cette idée me fait mal mais je dois m’y préparer.

  91. Avatar de M.
    M.

    Ben le rejoint dans la cuisine et je reste dos à lui car j’ai peur des mots qu’il peut me dire. Pourtant ses mots n’ont rien de blessants.. Au contraire, Ben me redit qu’il veut me protéger et qu’il ne me lâchera pas. Il me dit même que nous sommes une équipe. L’un comme l’autre, nous devons juste apprendre à se faire plus confiance ou plutôt ne pas être pétrifié par la peur de perdre de l’autre. Quand il se met à me dire qu’il va accepter la demande de Jane et que j’aurais moi aussi une mission, je me tourne enfin vers lui et j’hoche la tête. J’accepte ce qu’il me demande et je vais faire en sorte de bien préparer notre futur départ de cet endroit mais avant tout, je viens me loger dans ses bras. J’ai besoin de le sentir contre moi en sachant que je ne sais pas combien de temps il va partir loin de moi.

    « – Tu me promets de bien faire attention.. et si quelque chose ne va pas, tu fais tout pour revenir ici.. même s’il faut abandonner d’autres personnes.. »

    Je suis égoïste en disant cela mais je ne veux pas le perdre au détriment des autres. Je n’ai plus que lui alors je me dois d’être égoïste. Ben se tend quand je me niche un peu plus contre lui mais comme à chaque fois, il finit par entourer mon corps avec ses bras. Il me serre à la fois avec douceur mais aussi avec une légère pointe de possession que j’apprécie. Je ne sais pas s’il s’en rend compte alors que moi oui, je ressens son besoin de ne pas me partager.

    « – Je t’ai préparé un repas.. tu l’as bien mérité après cette journée de chasse. Tu devrais aller manger avant que ça ne soit froid.. »

    Je me détache de lui pour qu’il aille s’installer. Moi aussi je vais manger mais je me suis fais quelque chose de plus simple pour ne pas trop taper dans nos réserves. Installé l’un en face de l’autre, nous commençons à manger et je répond enfin à sa question concernant ma journée ici.

    « – Ce matin Jane a demandé à Tom, un garçon de mon âge, pour qu’il me montre ce qu’il fallait faire au potager mais aussi avec le bétail. Ça c’est bien passé et puis j’ai rencontré plusieurs personnes qui vivent ici. Tout le monde a un rôle pour que la ville se porte au mieux. Ils ont même fait une école pour les enfants et ce sont certains parents qui assurent les cours. Ton amie semble vraiment bien savoir gérer l’endroit.. »

    Ce n’est pas le paradis mais c’est bien pour les familles qui sont ici. Elles survivent grâce à une communauté soudée. Toutes les personnes logiques souhaiteraient rester ici mais pas moi. Je dois avant tout retrouver mon père, vivant ou mort. Avec Ben, nous parlons des plantes du potager mais aussi du peu d’animaux qu’il y a encore dans la nature. La plupart se font dévorer par les infectés et ça ne peut que rendre la situation des vivants encore plus difficiles. Quand le repas se termine, je m’occupe de débarrasser et je fais la vaisselle, un peu comme si c’était moi la maîtresse de maison mais ce grand bonhomme qu’est Ben, vient m’aider malgré ma protestation.

    Quelqu’un toque à la porte de la maison et je laisse Ben y aller, au moins je peux terminer la vaisselle seule. Tom est à la porte avec un panier contenant quelques fruits et du pain fait par sa mère. Il pensait certainement tomber sur moi mais face à Ben, il se remet à bégayer comme durant la journée.

    « – Bon..Bonsoir.. je pensais voir Nina.. mais tenez.. c’est pour vous deux.. euh.. je.. bo..bonne soirée.. Monsieur.. »

    Il fait vite demi-tour et de mon côté je retiens un rire puisque j’ai reconnu sa voix. Ayant terminé la vaisselle, je reviens vers le salon et je vois Ben avec ce fameux panier entre les mains.

    « – Tu viens de subir ce que j’ai subi toute la journée.. Il n’a pas su aligner deux mots sans bégayer mais bon, il est gentil quand même. J’irai le remercier pour le panier demain. »

    Mais je ne me doute pas que mes derniers mots font rugir Ben de l’intérieur. C’est quand je me rapproche pour prendre le panier que je sens une tension en lui.. il a bien du mal à la dissimuler. Il me cède le panier mais quelque chose de vraiment inexplicable et diablement intense se joue quand il se met à fixer mes yeux. Je me sens comme une proie qui va être dévoré par un lion en chasse, pourtant ce n’est pas une peur qui s’empare de moi mais une sensation que je connais.. Le désir. Oui, un désir irrépressible de me donner au lion et d’être dévoré. Mon esprit se met à bouillonner et il m’offre des images qui pourraient faire hurler les plus prudes.

    « – hm.. Je crois que je vais me doucher.. »

    Oui, c’est certainement la meilleure idée que j’ai pour éviter de lui sauter dessus et surtout pour me remettre les idées au clair. C’est sous l’eau froide que je retrouve un peu de jugeote et je suis consterné par toutes les pensées que je viens d’avoir sur Ben. Je n’ai pas le droit de penser à lui de cette manière, il n’est pas un flirt ou un possible amant.. Il est mon ami, mon binôme dans ce monde détruit. Je ne peux pas risquer de le perdre à cause de mes hormones bouillonnantes ou mon esprit trop imaginatif qui croit qu’il peut fantasmer à tout va.

    Cette douche froide n’a pas été tendre mais quand je ressors, j’ai réussi à me reprendre et à me blâmer. Je me remet en tshirt et comme la veille, je retourne dans le canapé car il vaut mieux que j’évite de dormir contre Ben ce soir. Pourtant il arrive, certainement pour me gronder d’être dans le canapé au lieu d’être dans le lit. Son air grognon.. Mon dieu.. ça le rend tellement sexy. Il s’apprête à me soulever pour me mettre au lit et à peine je me retrouve dans ses bras, mon combat contre moi-même prend un tournant impulsif. Mes lèvres s’imposent sur les siennes et je lui donne un baiser avec une passion telle que Ben en tombe avec moi dans le canapé.

    Comme la veille, je me retrouve sur lui mais contrairement à la veille, là je n’arrive pas à me contrôler. Ma déesse intérieure m’hurle de laisser libre cours à mes envies puisque de toute façon je vis dans un enfer et que j’ai le droit de vivre ce que j’ai envie mais il y a ma conscience qui n’est pas d’accord. Je peux perdre Ben à cause de ma pulsion. Lorsque nos souffles se font lourds, notre baiser cesse et là, il pourrait y avoir un malaise immense mais pour éviter le silence, je reviens l’embrasser. Oui, je reviens goûter à ses lèvres et je prend ses mains pour les placer sur mes hanches, sous mon t-shirt.

  92. Avatar de M.
    M.

    « – On est une équipe. » dit-il,

    Je me retrouve là, près de lui mais pourtant j’aimerais être à des milliers de kilomètres. Des tonnes d’émotions et de ressentiments se disputent en moi depuis qu’il a stoppé notre baiser et qu’il est parti comme si il venait de faire la pire erreur de toute sa vie. Je culpabilise d’avoir laissé mes impulsions prendre le dessus mais j’ai aussi ce sentiment d’être rejeté, d’être la reine des idiotes. C’est pour cela que cette fois-ci c’est moi qui ne parle pas. Ma gorge est serrée. Je décide même de quitter cette cuisine pour ne plus être face à lui. Je m’en veux tout comme je lui en veux. Cependant on ne pourra pas être une équipe si je défaille de la sorte et si mon esprit continu de ne penser qu’à lui.

    Ça ne doit plus jamais se reproduire, c’est ce qu’il m’a demandé. Allongée dans le canapé qui a été témoin de ce baiser enflammé, je n’arrive pas à fermer l’œil mais il est hors de question que j’aille dans la chambre ou même près de lui. Il ne m’a plus imposé d’aller dans le lit, il m’a laissé tranquille et il est allé dans la chambre. Je rumine tellement que je m’en donne un mal au crâne terrible mais dès que le jour se lève, je n’attend pas pour sortir de cette maison et pour tenter de me vider l’esprit en allant travailler au potager. Ben va se réveiller sans ma présence et sans déjeuner prêt mais j’ai besoin de mettre une distance. Je dois me forcer à le voir comme un simple équipier.. et ça ne se fera pas si je continu d’être trop proche de lui.

    « – Tu es déjà là ? »

    C’est Jane qui s’approche de moi alors que je suis en train de retirer des mauvaises herbes. Elle m’offre un doux sourire mais c’est difficile pour moi d’en faire autant.

    « – Oui, je me suis réveillé tôt ce matin et j’avais besoin de m’occuper.
    _ Ton oncle est encore dans votre logement ? Je dois lui parler
    _ Hm.. je suppose que oui.
    _ Je ne savais pas que Ben avait une nièce.. surtout qu’il est censé être fils unique..
    _ Ce n’est pas mon oncle. Il m’a trouvé sur son chemin et comme on veut tous les deux aller en californie, on fait route à deux.
    _ Je me disais bien.. Mais c’est superbe si vous pouvez faire une équipe pour aller là bas. Être seul n’est plus une chose recommandé par nos temps.
    _ Une équipe.. oui.. certainement. »

    Elle comprend que je n’ai pas envie de parler alors elle me laisse tranquille et elle part pour rejoindre Ben. Mon esprit n’arrête pas de ressasser ce baiser et la sensation que j’ai ressenti sur l’instant. C’était intense, fort, passionné. Pourtant la fin est horrible, pleine de violents sentiments. J’aurais bien envie de me donner un coup sur la tête pour ne plus penser à tout ça et passer à autre chose rapidement.

    La matinée passe sans que je ne retourne au logement ou sans que je ne croise Ben. Je suis focalisé sur mon travail et ça malgré que Tom me rejoint pour sois disant m’aider. Je réussis à lui échapper en allant vers le bâtiment principal, à la recherche de quelqu’un qui pourrait me donner un autre travail à faire mais je tombe sur un petit groupe de jeunes, un peu plus âgés que moi. Là, ils doivent avoir entre vingt et vingt-cinq ans. Il y a trois garçons et une fille. Dedans, il y a le frère de Jane, un dénommé Dorian.

    « – Ah c’est toi la nouvelle ! Ma sœur nous a parlé de toi et ton oncle. Je suis Dorian, le frère de Jane et voici, Joshua, Dominic et Christina. On s’occupe principalement de fouiller dans les villes voisines pour trouver de quoi renforcer notre ville. Ça te dirait de venir avec nous ?
    _ Oui.. Oui ! Je veux bien venir avec vous. »

    Ça me changera d’air même si je sais que ça ne va pas plaire à Ben. De toute façon il m’a dit que je devais m’occuper des réserves donc je pourrais plus facilement en faire si je sors d’ici. Et puis voir d’autres personnes ne me fera pas de mal, même si je n’aime pas être trop entouré. Cependant il faut que je chasse Ben de mon esprit ou plutôt l’effet qu’il a sur moi. Je dois me forcer à le voir comme un simple équipier.

    « – Tu vas prévenir ton oncle ? On part dans quinze minutes.
    _ Je n’ai pas besoin de le prévenir, je ne suis pas une enfant.
    _ Très bien, alors viens te préparer avec nous. Je vais te donner de quoi te protéger. »

    Dorian m’amène vers un hangars et je le suis avec le reste du groupe. Ben est pourtant là, non loin mais j’évite de jeter un œil vers notre logement. C’est en sortant du hangar que je croise son regard et je le vois fulminer. Il est prêt à venir pour savoir ce que je fais avec une arme de guerre en main mais mon regard est bien plus noir que le sien. Je lui fais comprendre que je ne suis plus le petit agneau à surveiller.

    « – Tout va bien Nina ? Tu es prête pour cette petite escapade ?
    _ Je suis prête oui. Je vous suis.
    _ Bon et bien allons-y. »

    Dorian m’invite à venir près de lui et nous partons vers la sortie du campement à cinq. Je ne me retourne pas, je ne veux plus voir le regard en colère de Ben. Je ne veux plus penser à lui.. Je ne veux plus rien ressentir pour lui.. Et le meilleur moyen pour y parvenir, c’est de penser à sa propre survie. Il ne pourra pas enivrer mes pensées si celles-ci doivent se battre pour ne pas mourir.

  93. Avatar de M.
    M.

    Il y a une petite excitation en moi lorsque nous sortons du camp car je ne peux plus compter que sur moi-même, Ben ne pourra pas me protéger. C’est dangereux mais je ne suis pas une enfant qui doit être surveillée H24 et je dois aussi apprendre à survivre par moi-même, surtout avec ce qu’il vient de se passer. Dorian nous indique que non loin du camp il y a une ancienne villa qu’ils n’ont pas encore été fouiller et c’est là-bas que nous irons pour tenter de trouver de la nourriture, des outils ou même des matériaux pour le camp.

    « – Vous venez d’où avec ton oncle ?, me demande Christina qui décide de marcher à mes côtés
    _ On vient de Philadelphie.. et toi tu es d’ici ?
    _ Oui, avec mon frère Dominic nous vivions ici avec notre famille. Tu as dû rencontrer Beth, c’est notre grand-mère.
    _ Oui, je l’ai rencontré hier.. Et vous n’avez pas pensé à partir ailleurs ?
    _ Pour aller où ? On ne sait pas ce qu’il se passe ailleurs et il serait trop dangereux que l’on tente quoi que ce soit.. Il faut qu’on fasse notre propre village et qu’on le sécurise. C’est beaucoup plus sûr si on veut survivre dans ce monde..
    _ Tu as certainement raison..
    _ Alors pourquoi veux-tu partir en Californie avec ton oncle ? Vous savez s’il y a des endroits sûrs ?
    _ C’est pour tenter de retrouver mon père.. Il travaillait là-bas quand tout ça a commencé.
    _ Tu penses qu’il est encore vivant ? Je suis désolé d’être aussi cru mais tellement de gens sont morts que..
    _ Ne t’en fais pas, je comprends. Je ne sais pas s’il vit encore mais je veux le savoir.
    _ Tu es bien courageuse.. J’espère que tu auras des réponses et que ton voyage se passera bien. »

    La villa est à quinze minutes à pied et nous ne sommes pas encore tombé sur des infectés. Je reste attentive, sans m’en rendre compte je fais comme Ben. À force de l’observer sur la route, j’ai vu comment il faisait pour être totalement sur ses gardes et c’est ce que je reproduis. En rentrant dans la villa, une partie du groupe part vers le salon alors que moi je pars directement vers le haut de la bâtisse. Je me retrouve seule cette fois-ci mais Ben m’avait dit qu’il y avait moins de chance que l’on tombe sur des infectés à l’étage car ceux ci ne semblent pas savoir monter des escaliers. L’endroit est luxueux et on pourrait y trouver des bijoux, de l’argent mais ce n’est pas ça qui m’intéresse. Je cherche des vêtements, des armes, de quoi pouvoir voyager avec Ben sans avoir besoin de fouiller sur notre route.

    Il ne se passe qu’une petite heure avant que Ben ne fasse son arrivée dans la villa. Il arrive en mode militaire prêt à tuer pour me retrouver mais ils tombent sur les autres au lieu de tomber sur moi. J’entend sa voix grave et sa colère. Il me cherche alors que les autres jeunes ne s’occupent pas vraiment de savoir où je suis. Cela va dégénérer, je le sens alors je redescend de l’étage et je vois Ben qui est à l’entrée. Il a un air de fou furieux mais je ne lui laisse pas le temps de faire une scène devant tout le monde, je me dépêche de sortir de la villa puisque je sais qu’il va me suivre.

    En effet, il me suit et il se met déjà à me sermonner, à me faire passer pour une inconsciente mais après cinq minutes à marcher, je me stoppe et me tourne vers lui. Mes yeux sont des vrais fusils parés à tirer.

    « – Tu vas passer ton temps à me faire passer pour une minable incapable de se protéger toute seule ?! C’est vrai, tu es le militaire qui sait tout faire et qui est le seul capable de me protéger ! Et bien non ! Je ne suis pas une fillette qui ne sait rien faire ! Je suis une femme Ben ! Moi aussi j’ai dû apprendre à survivre et à me protéger ! Tu crois qu’avant que tu ne me trouves sur l’arbre, je n’avais pas du me trouver de la nourriture ou même tuer un infecté ?! Tu crois que je faisais comment quand ma mère était en train de mourir sur ce putain de canapé à cause de connards qui nous ont tiré dessus pour nous voler notre voiture ?! »

    On ressemble à deux fauves prêts à se battre, bien que je suis certainement plus insolente que lui. Je me remet à marcher pour retourner vers le camp mais aussi m’éloigner de lui au plus vite. Je sais qu’il me fera retourner là-bas alors autant que j’y aille par moi-même. Pourtant il me rattrape et sa main se pose sur mon épaule, cependant il n’a pas le temps de me gronder à nouveau.

    « – Tu dis qu’on est une équipe mais quand je suis trop proche, tu fuis et quand je m’éloigne, tu viens me chercher ! Tu veux quoi au final ?! Je ne suis pas une poupée que l’on manipule à sa guise !! Tu aurais mieux fait de jamais me trouver, au moins ta conscience aurait été tranquille ! Et la mienne aussi ! »

    Mes derniers mots font références au baiser de la veille.. ma conscience est dans tous ses états. Je m’en veux, je lui en veux et pourtant je pourrais recommencer. Sans se connaître, on s’est lié et rapproché. Il y a un lien qui s’est créé entre nous mais je n’arrive pas à l’interpréter.

    « – Le danger est partout Ben ! Dehors ou dedans ! Tu ne pourras pas toujours me surveiller, la preuve en est que tu vas partir en mission pour Jane ! Et je vais devoir faire quoi en attendant ?! Rester dans la maison et attendre ton retour gentiment ?? Désolé je ne suis pas la bonne femme de maison ! Je crois que tu l’as très bien vu hier soir non ?! Je ne suis pas le petit soldat qui obéit à son chef ! Malheureusement pour toi, tu vas finir par détester la fille que je suis ! »

    Oui, j’ai l’impression qu’il cherche une personne qui dira oui à tous ses commandements et qui le suivra sans broncher mais je ne suis pas ou plus cette personne. Pas après ce baiser.. pas après avoir éprouvé cette sensation ou je me sentais enfin exister.

  94. Avatar de M.
    M.

    Il vient me chercher en dehors du camp mais pourtant il n’hésite pas à rester aussi dehors pour me fuir. Ma colère envers lui ne retombe pas, au contraire. Je n’arrive pas à fermer l’œil et notre petite maison devient le théâtre de mon état d’âme. Je maudis Ben pour son comportement mais je le maudis encore plus car je ne sais pas où il est, ce qu’il fait. Lui aussi se met en danger inutilement mais il ne se rend pas compte que ses propres reproches devraient lui être retournés. Le pire est le moment où je trouve ce mot sur la table de cuisine. Il est parti sans même me dire au revoir.. il est parti alors qu’on pourrait ne jamais se revoir. Mon cœur se serre encore plus et je déchire cette lettre en hurlant de fureur. En cet instant je le déteste de toute mon âme mais cette colère cache quelque chose de beaucoup plus lourd que la haine.. un amour naissant et incontrôlé.

    Jane, Ben et quelques hommes sont partis je ne sais où, laissant le camp sous le commandement de Dorian puisque Jane l’a bridé sur ce qu’il devait faire pour protéger les personnes présentes. Je n’ai pas revu le groupe depuis la veille et je n’ai pas envie de voir qui que ce soit mais Christina vient toquer à notre logement pour savoir si je vais bien. Ça me fait bizarre de voir quelqu’un s’intéressait à moi.. enfin si, Ben l’a fait mais je ne le comprend pas. Je ne sais pas s’il me protège pour se donner une bonne conscience à cause de la perte de sa famille ou s’il a vraiment fait ça pour moi..

    « – J’ai vu que ton oncle était parti avec Jane.. il n’a pas été cool hier soir, enfin il semble très protecteur.
    _ Hm.. oui.. mais je préfère mettre ça derrière moi. Tu sais ce qu’il y a à faire aujourd’hui ?
    _ Dorian doit rester au camp pendant l’absence de Jane donc on va s’occuper de réparer des choses ou d’en construire. Il y a toujours de quoi faire dans une petite ville.
    _ C’est vrai.. Je vais voir avec Dorian ce qu’il voudrait que je fasse. Le potager c’est bien mais il y a déjà plusieurs personnes dessus donc on s’ennuie vite.
    _ Tu faisais quoi à l’école ?
    _ J’allais passer mon diplôme de fin d’année et je comptais partir dans une fac de médecine.. mes parents étaient médecins donc j’ai toujours baigné dans ça.
    _ Tu peux aller aider Beth si tu veux. Il y a toujours des petits bobos à nettoyer et soigner. »

    Difficile de ne pas penser à Ben mais je ne peux pas me morfondre pendant son absence, même si je ne sais pas dans combien de temps il sera absent. Je lui donne deux semaines, si il ne rentre pas d’ici là, je reprendrais la route pour tenter de rejoindre mon père. Ça me fait mal de prendre cette décision mais je ne veux pas rester dans ce camp pendant des mois. Pourtant j’ai tout de même l’espoir qu’il revienne. Qu’importe l’issue des choses, puisqu’il veut qu’on discute, je veux le revoir pour être certaine qu’il est vivant.

    Les jours sont bien longs et ennuyants. Je ne traîne pas vraiment avec le groupe de Dorian car je me sens mal à l’aise malgré le fait que j’ai essayé d’être plus sociable. En plus Dorian ne cache pas son envie de se rapprocher de moi. Tom aussi je l’évite car lui non plus ne se cache pas. J’ai l’impression d’être la friandise à obtenir. Je passe donc la plupart de mon temps avec Beth et je l’aide pour les soins. Il n’y a pas eu de grosses blessures, quelques rhumes et plaies à panser. Ben ne revient toujours pas et ça m’angoisse. Une boule s’est formé dans mon ventre et elle n’a de cesse de grandir. Beth a remarqué ma peur et elle tente de me rassurer mais ça ne fonctionne pas vraiment.

    Six jours sont passés et il n’est toujours pas revenu. Je m’en veux de lui avoir hurlé dessus.. S’il meurt, il aura eu ma colère comme dernier souvenir. Je suis assez triste en arrivant au dispensaire mais je ravale mes émotions en voyant Tom qui est en train d’hurler de douleur. Il a été allongé sur un lit et il y a plusieurs personnes autour de lui. Il s’est gravement blessé en voulant couper du bois, sa main a presque été arrachée.

    « – Laissez lui de la place ! Je vais essayer de m’occuper de lui ! »

    Beth n’est pas médecin mais elle doit essayer de tout faire pour aider Tom. J’arrive vers elle pour pouvoir l’aider en lui donnant ce dont elle a besoin pour stopper l’hémorragie. Tom souffre énormément alors on lui administre des calmants.

    « – Je ne peux pas lui remettre sa main.. je ne sais pas faire ça.. je peux au grand maximum l’amputer et cautériser mais je ne suis pas certaine que ça pourra le sauver..
    _ Essayons quand même. Si on ne fait rien, il va finir par se vider de son sang.. Je reste avec toi Beth, je vais t’aider. »

    Nous ne sommes plus sur des petits bobos. C’est grave mais je veux tout faire pour aider ce jeune homme. Cela nous prend plusieurs heures et à la fin, on ne sait pas s’il est vraiment tiré d’affaire mais nous avons réussi à stopper les saignements. Comme Ben l’a fait pour moi, je donne un peu de mon sang pour aider Tom mais maintenant on doit attendre qu’il se réveille. Je décide de veiller sur lui. De toute façon je n’ai que ça à faire.

    Je m’endors sur le fauteuil à côté de lui mais après deux trois heures, un bruit me réveille. Tom bouge et il a ouvert les yeux. Il ne comprend pas ce qui lui arrive mais il est vivant ! Nous avons réussi à le sauver !

    « – Tom !! Comment tu vas ? Tu veux quelque chose pour la douleur ??
    _ Ni..Nina.. fait.. fait attention.. c’est.. c’est Domi..Dominic qui m’a.. coupé.. la main..
    _ Hein ? Quoi ? Mais pourquoi il aurait fait ça ??
    _ Il dit.. qu’il faut.. purger le monde.. des humains.. »

    Je me redresse et mon air devient grave car le danger n’est peut être pas à l’extérieur mais bien à l’intérieur. Par réflexe, je vais vers l’une des fenêtres et ce que je vois m’effraie. Il y a des infectés qui avancent dans le camp. Ça devrait être impossible sauf si quelqu’un a ouvert la grande porte..

    « – Tu restes où tu es Tom ! Je.. Je vais chercher Beth et je vais verrouiller le dispensaire !! »

    Je sors de la salle de soin pour tenter de trouver Beth. Elle devait aller se reposer dans son bureau qui fait aussi office de chambre mais elle n’y est pas. Je fais le tour du dispensaire jusqu’à ce que je vois la porte d’entrée ouverte. Beth hurle car un infecté se jette sur elle. Je devrais aller la sauver, la tirer de là mais je sais déjà que c’est peine perdu. Pour ne pas finir comme elle, je réussis à la pousser entièrement en dehors de la bâtisse et je referme la porte que je verrouille. Je retourne dans son bureau pour récupérer son arme qui n’est autre qu’un fusil à pompe et je repars vers la chambre de Tom. Nous allons très vite être encerclé, c’est certain mais je ferai tout pour nous protéger. Bien sûr, j’ai une pensée pour Ben qui m’avait demandé de faire attention.. ironiquement, j’ai été sage toute la semaine.. mais à présent je ne peux que me protéger par moi-même.

    « – On va.. mourir ici..
    _ Non ! On va s’en sortir.
    _ Toi peut-être.. moi non.. je suis trop faible..
    _ Je vais m’occuper de toi, tu iras mieux, je te le promet Tom !
    _ Penses à toi.. tu.. tu dois retrouver ton père.. et aussi Ben.. je sais que ce n’est pas ton oncle.. vos regards sont bien.. trop intenses pour que.. pour que ce soit ton oncle.. tu.. tu l’aimes..
    _ Cesses de dire des bêtises, ça consomme de l’énergie pour rien ! »

    Il lâche un léger rire mais moi ça ne me fait pas rire. Je reste près de la fenêtre pour voir comment ça se trame dehors. Il n’y a pas d’hordes mais il y a quand même une bonne vingtaine d’infectés qui essayent de trouver de quoi se nourrir. Je vois Dorian sortir de chez lui avec une arme pour tenter de tuer nos ennemis mais Dominic l’attend plus loin et il tire sur Dorian. Je retiens un cri en voyant cela. Dominic veut vraiment tous nous faire tuer. Pour l’instant, il est rivé sur les autres et pas sur le dispensaire mais je vais devoir nous cacher avec Tom.

    J’arrive à aider Tom pour qu’il se relève et je nous entraîne vers la réserve du dispensaire car c’est une pièce que l’on peut verrouiller de l’intérieur. J’y dépose Tom mais je ne reste pas avec lui, du moins pas pour le moment. Je préfère encore guetter dans la chambre pour savoir si Dominic compte venir par ici ou s’il se fait tuer avant. La nuit va être très longue et l’aube du septième jour est encore à quelques heures. Je suis sur les qui-vives et j’ai même l’impression d’être une minie Ben. Arme en main, j’observe tout et je suis prête à tirer. Pendant une partie de la nuit je tourne dans le dispensaire pour tout vérifier mais Dominic ne vient pas et les infectés ne se sont pas encore approchés puisqu’ils ont de quoi se régaler dehors.

    Je reviens vers la salle où j’ai déposé Tom et je me tétanise quand il s’avance vers moi pour essayer de me mordre. Il a succombé à sa blessure mais le virus est quand même en lui. Il est devenu l’un des monstres.. il n’est plus humain. Face à lui, j’ai l’impression de revoir ma mère.. Tout comme lui, elle est devenue une infectée mais je ne voulais pas l’admettre et c’est Ben qui a dû la tuer. Je ne lui en veux pas car au final, il a évité qu’elle ne devienne ce monstre qui tue des humains. Je ne peux pas laisser Tom devenir aussi un monstre, surtout en sachant qu’il était une belle âme. Les bras tremblants, je relève le fusil et après une grande aspiration je tire dans sa tête. Son sang gicle partout et moi-même j’en suis couverte. Je me retiens de pleurer, il faut que je garde mon sang froid car tout n’est pas fini. Je dois trouver un moyen de sortir d’ici et m’éloigner au plus vite de ce camp. Au même moment, j’entend de nouveaux tires en extérieurs. Jane et sa troupe sont de retour. Ils tombent sur le carnage que Dominic a fait. Beaucoup de personnes ont perdu la vie et le peu encore vivants, sont barricadés chez eux. Moi je ne suis pas dans mon logement.. je suis encore dans ce fichu dispensaire, face au cadavre de Tom. Pourtant il finit par me retrouver.. oui.. il est le premier à passer la porte du dispensaire et quand je croise son regard, mon premier réflexe est de courir pour me jeter dans ses bras.

    « – Dominic.. a fait tuer tout le monde !.. et.. j’ai dû abattre Tom.. et Dorian est mort aussi.. mais.. Oh Christina.. je.. je ne sais pas où elle est.. Et Beth.. mon dieu.. »

    Cette fois-ci je fond en larmes. Il est devenu ma bouée, mon pilier, mon phare. Je déteste ses silences, ses fuites, ses contradictions mais il est quand même devenu mon tout. Dans ses bras, je sais que je peux me reposer car il sera là pour me porter, comme il l’a fait dès le moment où il m’a trouvé.

  95. Avatar de M.
    M.

    Ben est là. Il est revenu et demain on part de cette ville maudite. Il est parti prendre sa douche alors que je reste dans le salon, encore secoué par cette nuit et cette journée horribles. J’ai le sang de Tom sur moi et les cris de beth en tête. Pourtant je me sens quand même rassuré, soulagé car Ben est là. J’ai pu me nicher dans ses bras, sentir ses lèvres sur mon front et puis.. je lui ai manqué. Thor reste près de moi, comme pour continuer de me protéger et me rassurer, cependant je ne suis pas encore totalement sereine. Dehors c’est le néant, Jane est dépassée par ce qu’il s’est passé ici mais aussi parce qu’elle retrouve le corps de son petit frère. Dorian a été exécuté, il n’a même pas eu le temps de devenir un infecté. Je me rend compte que tout ça est beaucoup plus horrible que je ne l’aurai cru car même si je ne connaissais pas la plupart des gens ici et que l’on est ici depuis peu, j’ai vu des gens vivre et je les ai vu mourir.

    Quand Ben sort de la salle de bain, je suis encore perdu dans mes pensées mais il me sort de ma léthargie en me disant que je peux aller moi aussi prendre une douche. C’est ce que je fais sans plus tarder car je dois retirer ce sang séché qui enveloppe ma peau. Je passe un long moment à me frotter et à pleurer silencieusement mais quand je reviens dans le salon, je ne verse plus de larmes. J’ai même un petit sourire qui s’installe sur mes lippes car il est là. Il est même debout, attendant sûrement mon retour. Logiquement nous aurions dû parler de ce qu’il s’est passé avant son départ mais je pense que ce n’est plus le sujet principal. Et puis de toute façon il est hors de question qu’il s’en aille, qu’il s’éloigne à nouveau de moi. C’est pour cela que je reviens contre lui et j’entoure sa taille de mes bras. Je le serre comme jamais je ne l’avais encore serré contre moi.

    « – J’ai dû abattre Tom.. et.. et pousser Beth dehors.. »

    Ma conscience est malmenée. Même s’ils étaient condamnés, je m’en veux de ne pas avoir su mieux les protéger. Je comprend mieux la pression que Ben se met sur les épaules en décidant de me protéger, même s’il faut dire que notre proximité est bien différente de celles que j’avais pour Tom ou Beth. Ben me rassure et me dit que je n’ai fais que me protéger, pourtant je pense qu’il va falloir un peu de temps pour que j’accepte tout ça.

    « – mais.. mais je me suis battu pour vivre et surtout pour pouvoir te revoir.. Tu m’as demandé de faire attention et c’est ce que j’ai fait toute la semaine.. toi aussi tu m’as manqué.. »

    Oui, je me suis senti presque vide sans lui. La colère a vite laissé la place au manque. Cela fait bientôt deux mois que l’on avance ensemble et il a pris une place dans mon environnement, mon esprit. Tom m’a même dit que Ben était certainement plus mais avec ce qu’il s’est passé il y a une semaine, je vais quand même devoir forcer mes sentiments à ne pas s’agrandir davantage.

    « – Je suis tellement désolé que ton retour soit ainsi.. Je ne savais pas que Dominic avait des idées comme celle-ci.. et puis Jane a perdu Dorian.. »

    Oh oui, c’est difficile de retrouver un peu de paix. Je serai même prête à sortir pour aller aider les autres et voir s’il faut faire des soins mais Ben me rappelle que demain nous partons, pour cela nous devons être reposé. On doit jouer les égoïstes mais c’est encore une part que ce monde nous impose. Il faut penser à soi , à sa propre survie. Pour ce soir, je ne dormirais pas seule, je ne le veux pas. Je rejoins Ben dans le lit et je me niche dans ses bras comme j’ai appris à le faire depuis maintenant plusieurs nuits. C’est le seul réconfort de cette journée et de cette semaine. Je retrouve son odeur, ses bras qui sont toujours plus possessifs, son torse qui accueille ma joue et puis le bruit de sa respiration. C’est devenu mon réconfort, mon point d’ancrage.

    « – Je ne veux pas reparler de ce qu’il s’est passé avant ton départ.. Tout est de ma faute, je n’aurais pas dû avoir ce comportement et je tiens à m’en excuser. Je te promet que je ne ferais plus jamais ça.. Je ne veux pas que tu finisses par me lâcher parce que j’ai agis bêtement. »

    Je ne le dis pas de gaité de cœur mais il faut que tout ça soit derrière nous pour mieux avancer. Dieu sait que je pourrais encore l’embrasser et le laisser me toucher mais je dois vraiment chasser ces pensées de mon esprit. Ben est mon équipier, certe avec un bonus ou je suis souvent dans ses bras mais je ne tiens pas à le perdre à cause de mes sentiments.

    « – Pardonnes moi pour ma colère mais surtout.. pour t’avoir sauter dessus et t’avoir embrassé.. »

  96. Avatar de M.
    M.

    On reprend la route. On s’éloigne de cette petite ville qui nous a offert l’hospitalité mais aussi des problèmes. Je ne pense pas regretter ce départ car même s’il y avait des gens sympathiques, j’ai quand même été choquée par les agissements de Dominic. Mon esprit n’aurait jamais été tranquille si nous étions restés là-bas plus longtemps.

    Nous avons Thor comme nouveau compagnon de route mais cela me pousse à être beaucoup plus vigilante car je ne veux pas que ce bonhomme devienne le repas d’un infecté. La route va de nouveau être longue et nos pieds vont subir des kilomètres de marche mais c’est ce qu’il faut pour arriver en Californie. On est toujours en recherche d’un véhicule qui aurait encore un peu d’essence mais c’est une mission casi impossible car la plus part des gens ont pris leurs voiture pour essayer de s’éloigner ou de trouver un endroit sécurisé.

    « – Tu crois qu’il y a d’autre camp comme celui de Jane ? »

    Oui, la Nina bavarde refait son retour mais cela permet de rendre la marche moins lourde. Ben est toujours dans son silence légendaire mais je le pousse un peu à me parler. Du moins je lui pose des questions sur ce qu’on pourrait trouver sur notre chemin ou même sur ce que l’on voit lors de notre parcours. Nous arrivons dans les états les plus arides et désertiques du pays donc ça n’est pas forcément très amusant. Il fait horriblement chaud que ce soit la journée comme la nuit. On est obligé de faire plus de pauses qu’avant notre arrivée au camp. On doit aussi économiser l’eau que l’on a en stock et ça n’est évident pour personne, même pour Thor.

    Nous sommes à trois jours du camp. On a bien avancé mais un immense lac se dresse sur notre chemin. C’est presque comme une arrivée au paradis. Thor saute dans l’eau sans attendre et moi aussi je décide de m’offrir cette pause. Je retire mes vêtements pour finir en sous vêtements et je vais rejoindre le chien qui est devenu tout fou. L’eau n’est pas la plus fraîche qu’il soit mais ça fait un bien fou. Ben n’a pas eu le temps de me dire quoi que ce soit, j’ai foncé dans l’eau sans réfléchir mais il n’y a pas d’infectés ni même d’humains à l’horizon. On est comme seuls au monde et ça fait déjà trois jours que j’ai cette sensation.

    « – Aller viens Ben ! Ça va te faire du bien ! »

    Pour le pousser à venir, je m’amuse à lui lancer de l’eau. Je n’y vais pas de main morte puisqu’il est assez vite trempé des pieds à la tête. Je sens qu’il va répliquer alors je me recule du bord pour ne pas être attrapé si facilement.

    « – On aura peut être plus l’occasion d’avoir de l’eau avant un long moment donc autant en profiter non ? Et puis il n’y a personne.. »

    Il ne peut pas me refuser ça. En plus je fais une moue mignonne. Comment résister à ça ? Il cède et pendant quelques minutes, mon corps se tend lorsque je le vois se mettre en sous vêtements. Dieu qu’il est magnifique.. mais non, je ne dois plus céder à mes pulsions. Pour me remettre de ça, je plonge sous l’eau et je nage un peu. Étant quand même taquine, je reste un petit moment si bien que Ben commence à m’appeler mais j’arrive derrière lui et je lui saute sur le dos.

    « – Militaire maîtrisé ! »

    Mes cuisses entourent sa taille et mes bras ses épaules. Je suis accrochés comme un petit singe sur le dos de sa mère. Pour l’embêter un peu plus, je m’amuse à souffler sur sa nuque, ce qui semble le chatouiller mais le fait aussi frissonner.

    « – il faut toujours surveiller ses arrières monsieur ! On ne sait jamais quel énergumène peut arriver ! »

  97. Avatar de M.
    M.

    Ben se laisse aller et il se prend au jeu. J’ai réussi à le faire céder mais j’en paye les conséquences puisqu’il prend un malin plaisir à m’arroser ou à me couler sous l’eau. On joue comme deux adolescents et on en oublierait presque le monde apocalyptique dans lequel on vit. Là, il n’y a que nous deux, nos rires, nos mesquineries et nos bonnes humeurs. J’éclate de rire mais Ben aussi se détend. Il laisse tomber cette barrière de sérieux et il montre un visage beaucoup plus doux, enfantin. Enfin, il est enfantin jusqu’à ce que l’on se retrouve l’un face à l’autre. Ben a bloqué mes mains dans mon dos et nos corps sont collés l’un à l’autre. Je sens même sa respiration sur mes lèvres tant on est proche. Son regard change, il a une lueur que j’ai déjà vu.. celle qu’il avait lorsque je l’ai embrassé. Mon cœur s’accélère et un violent frisson parcours mon corps. J’ai envie de craquer comme la dernière fois.. j’ai envie de dévorer ses lèvres et le laisser me toucher.. Cependant je me rappelle des conséquences de mes pulsions. Ben va finir par vraiment m’abandonner si je laisse encore mes envies me guider. Alors quand il dit que je devrais abdiquer, j’hoche la tête. Oui, je dépose les armes avant de ne plus savoir me contrôler.

    « – J’ai perdu pour cette fois-ci.. »

    J’ai du mal à ne pas fixer ses lèvres mais il relâche mes mains et cela me permet de me reculer de lui. Oui, il vaut vraiment mieux que je recule car mon corps bouillonne. Je sais très bien que j’ai envie de lui et mon esprit me montre des images qu’il vaut mieux que je chasse. Je sais ce qu’est le plaisir de la chaire puisque j’ai déjà eu un amant mais Ben ne peut pas devenir un amant.. il ne peut pas devenir comme celui qui a été ma plus grande déception. Mark.. il y avait bien longtemps que je n’avais pas eu de pensée pour lui.

    Je retourne vers le bord en faisant mine d’aller caresser Thor et je me laisse aller sur le sol sableux. Le soleil va vite nous sécher mais on peut se permettre de rester encore un peu ici pour se reposer. J’attend que Ben me rejoint pour sortir du sac des barres de céréales afin de caler un peu nos appétits qui crient famines mais bon, on doit économiser un maximum de ressource. Je donne aussi de quoi nourrir Thor mais je suis certaine qu’il doit aussi mourir de faim.

    « – J’espère qu’on trouvera un endroit pour dormir un peu.. Je t’avoue que je commence à être épuisé. Je n’aurais jamais cru que les États-Unis étaient aussi immenses.. J’ai même l’impression qu’on arrivera jamais en Californie. »

    Ce sujet nous éloigne de la tension encore palpable. J’évite de croiser son regard et je me concentre sur Thor en caressant son pelage encore mouillé. Pourtant la vue est imprenable sur son corps qui sèche au soleil.. il a des muscles saillants et sa peau commence à prendre des couleurs à cause du soleil. Il a même ses cheveux qui blondissent un peu plus. Cet homme est sublime, autant en extérieur qu’en intérieur.

    « – Mais on va y arriver et quand on sera là-bas, on fêtera ça. Enfin si mon père est encore vivant.. car c’est possible que non. Je dois me préparer à cette issue. »

    Je déglutis et secoue la tête. Le pessimisme.. il n’y a plus que ça qui prend le dessus. Après une petite demie heure de repos et de séchage, on se rhabille et on reprend la route. Ben vérifie sa boussole et la carte qu’il a avec lui depuis le début. Malheureusement on doit faire les choses à l’ancienne puisque les téléphones ne fonctionnent plus.

    Les kilomètres s’enchaînent et les heures aussi. On a de nouveau quelques petites pauses mais aucune pour réellement dormir car on ne trouve pas d’endroits sûrs. À un moment, Ben doit même sortir son arme pour tuer deux infectés qui nous captent et qui se mettent à nous suivre. L’avantage du désert c’est qu’il y a peu d’infectés puisque la « nourriture » est rare. Ils doivent certainement être dans les grandes villes où il y a encore de la population. Par contre il n’y a pas non plus de maison ou de bâtiments pour trouver de quoi manger ou se poser. On est seuls au milieu de nul part.. sauf que la chance se montre à nouveau comme pour le lac. On tombe sur une vieille ferme qui semble avoir désertée mais il faut en avoir le cœur net donc Ben y va en reconnaissance. Je reste à l’extérieur avec Thor mais je surveille pour voir si aucun infecté ne se ramène. Il n’y en a pas dehors ni même à l’intérieur donc on se permet de squatter un peu cette vieille bâtisse qui devait appartenir à une famille puisqu’il y a encore des jouets d’enfants. Ils ont dû partir précipitamment puisqu’il y a encore de la vaisselle dans l’évier et il y a aussi des toasts grillés sur la table. Des conserves se trouvent dans l’un des placards et l’eau chaude fonctionne encore. C’est une bénédiction pour la soirée.

    « – Il y a de l’électricité ! Mon dieu !! »

    Il y a un générateur qui fait encore fonctionner cette bonne vieille ferme. Malgré tout, il faut vérifier que toutes les portes et les fenêtres soient bien entières pour dire d’avoir un peu de tranquillité. Pendant que Ben vérifie les issues, moi je me met à cuisiner puisque nos ventres n’arrêtent vraiment plus de grogner. Je meurs de faim, tout comme mes acolytes. Ce soir nous aurons le droit à un repas de rois puisque je fais cuire plusieurs conserves. Lorsque Ben revient à la cuisine, je suis en train de poser une gamelle au sol pour Thor.

    « – Il a mérité sa conserve de viande en sauce ! Le pauvre, il doit regretter les pâtées que Jane lui donnait.. Et pour nous aussi il y a de quoi se remplir le ventre. J’ai réussi à faire des pâtes avec des légumes et des boulettes de viande. Tu peux t’installer, je vais te servir ton assiette. »

    C’est ce que je fais. Je le sers et je m’installe face à lui. Aucun de nous deux ne parle puisqu’on se jette sur nos assiettes mais au bout d’un moment j’éclate de rire car il a de la sauce un peu partout sur sa barbe qui se fait de plus en plus longue. J’attrape une serviette et je me permet de l’essuyer, bien qu’en faisant ce geste je me montre presque intime.. comme si j’avais fait cela depuis des années. Mon pouce effleure ses lèvres et ma respiration se bloque quelques secondes lorsqu’il se met à me fixer comme lorsque nous étions dans le lac. Il va finir par me rendre dingue. Comment rester stoïque et faire semblant lorsque tout me pousse à me laisser aller dans ses bras ?

  98. Avatar de M.
    M.

    C’est horrible l’effet qu’il a sur moi. Je me refuse à céder à nouveau cependant j’en meurs d’envie. Il faut donc que je trouve des moyens pour éviter de le regarder ou de surtout occuper mon esprit. Après ce repas, je le laisse aller se rafraîchir et de mon côté je vais m’installer dans le canapé avec un carnet vide que j’ai trouvé sur le bureau. C’est une occasion pour moi d’écrire ce qu’il s’est passé depuis que j’ai quitté Chicago. Avant je tenais un journal intime mais j’ai dû laisser ce loisir de côté avec tout ce qu’il est arrivé. Je pourrais me remettre à écrire des fictions mais je crois que ce nouveau monde est une fiction à lui tout seul. Je n’ai pas besoin d’inventer des méchants et des situations cocasses puisqu’elles sont là, autour de moi.

    Ben finit par me rejoindre dans le salon mais je reste concentré sur ce que j’écris. Pour le moment je n’ai évoqué que mon départ avec maman mais quand Ben se met à me parler, j’ai le reflex de fermer le carnet. Ce qu’il y a dedans est mon jardin secret, mes émotions, mes sentiments. Je n’ai jamais partagé cette bulle avec qui que ce soit. Ben me demande ce que j’écris et si il pourrait le lire un jour mais je secoue négativement la tête.

    « – J’écris ce que j’ai vécu depuis la première alerte.. en fait c’est un journal intime. J’en ai toujours tenu un mais depuis le départ de Chicago je n’ai plus écrit. J’aime pouvoir écrire ce qu’il se passe dans ma vie pour pouvoir le relire et voir comment j’avance.. mais je doute que cela va être très attractif pour toi. En plus tu vis tout ça avec moi donc au final tu connais l’histoire.. »

    Je sais surtout que je veux pas qu’il voit les pages ou j’écrirais sur lui et sur ce que je ressens vis à vis de lui. Je préfère garder ça pour moi, cependant je parle des premières pages ou je décris les moments de route avec ma mère.

    « – C’est triste à dire mais il aura fallu attendre cette crise pour que je passe plus de temps avec ma mère.. Elle l’avait aussi compris et elle m’avait promis qu’après tout ça, elle cesserait d’être tout le temps au travail. Ma mère était loin de s’imaginer tout ce qui arrive vraiment. Elle avait un espoir que ça cesse rapidement et elle n’arrêtait pas de me dire que mon père aurait un remède.. »

    Je pose le carnet sur la petite table basse et je me tourne un peu pour mieux lui faire face. On est l’un face à l’autre dans ce canapé mais il y a une petite distance qui se comble car il se rapproche un peu certainement pour mieux m’entendre.

    « – Durant ces semaines avec elle, elle m’a parlé de notre vie, de sa rencontre avec mon père, de son arrivée aux USA ou de sa vie en Espagne.. J’ai appris à connaître ma mère. Elle m’a raconté sa jeunesse et puis son arrivée ici. Elle ne devait pas partir d’Espagne mais elle a eu une opportunité qu’elle n’a pas pu refuser lors de ses études.. C’est ainsi qu’elle a traversé l’Atlantique et puis qu’elle a rencontré mon père. C’était son professeur.. ils avaient plus de trente cinq ans d’écart. Elle a dû lutter contre les préjugés mais aussi pour se faire un nom car tous les autres élèves disaient qu’elle était avec mon père pour gravir plus vite les échelons. »

    Parler d’elle me fait du bien car elle me manque horriblement et je sais qu’elle ne reviendra jamais. Je n’ai plus que des souvenirs pour la faire vivre mais aussi sa volonté. J’ai son tempérament déterminé. Pourtant je fini par me taire quand je remarque que Ben fixe mes lèvres avec la même ferveur que pendant notre repas. C’est vrai que j’ai reculé et que je me suis fais offense pour ne pas venir l’embrasser mais j’ai cru un instant qu’il avait été déçu de mon choix. Je ne comprend pas car la dernière fois, il avait été horrifié par le baiser que je lui ai volé mais là, on dirait qu’il traverse les enfers pour ne pas me sauter dessus.

    « – Désolé, je dois t’ennuyer avec ce que je raconte.. j’ai vu qu’il y avait du whisky dans un des placards, tu veux que je t’en sers un ? »

    Suis-je encore prête à reculer ? Pourtant tout me laisse à croire que Ben ne veut plus que je m’éloigne mais j’ai cette peur de le voir me détester. Je me relève pour aller lui préparer ce verre de whisky et essayer de reprendre mes esprits mais quand je me retourne avec le verre plein, Ben est là. Il est debout face à moi. Mon cœur rate un battement et je tend lentement le verre. Il ne le prend pas mais s’avance un peu plus. Mon palpitant accélère en quelques secondes, comme s’il réagissait bien plus vite que mon esprit. Je pose le verre sur la table qui est à côté de nous et finalement je cède. Je ne peux pas tenir la promesse de ne plus l’embrasser alors que je le veux plus que tout. S’il ne veut plus de moi alors nous devrons faire chemin à part mais j’ai ce besoin viscéral d’être plus proche qu’une simple coéquipière.

    Mes mains étant libres, je les pose sur ses joues barbues et je me met sur la pointe des pieds pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres. Ce n’est pas autant impulsif que la dernière fois, c’est beaucoup plus contrôlé et doux. En quelque sorte, je veux tâter le terrain et ne pas le revoir paniquer mais là il ne semble pas être autant hostile que l’autre soir. Il ne me repousse pas.

    « – Je.. pardon.. »

    Je murmure un pardon que je ne pense pas car non, je ne suis pas désolé de lui reprendre un baiser mais je suis bien moins explosive que la dernière fois. Je retire mes mains de ses joues et je me recule d’un pas, pourtant je ne pars pas me cacher. J’attend la sentence.. va t’il encore m’en vouloir pour ce que je viens de faire ?

  99. Avatar de M.
    M.

    Je m’attends à ce qu’il le rejette, à ce qu’il me fuit mais au lieu de cela il comble le dernier espace qu’il y a entre nous. Sa main se loge sur ma nuque, ce qui me fait frissonner et puis là, ses lèvres reviennent à la rencontre des miennes. Il me donne ce même baiser hésitant mais doux, que je viens de lui donner. Ça ne dure qu’une fraction de secondes puisque ses lèvres en veulent beaucoup plus. Ben me serre un peu plus contre lui et le baiser devient plus intense. Un gémissement de ma part se fait entendre. Je suis à la fois surprise et conquise. Sa passion augmente et entraîne la mienne à se révéler. On s’embrasse jusqu’à ce que nos souffles soient vraiment à bout. Nos lèvres se séparent de quelques millimètres mais nos respirations se croisent et nos regards aussi. Il a cette lueur qu’il avait au lac ou même pendant le repas.. ses yeux pétillent d’une envie que je comprend mieux à présent. Il se mettait une barrière.. il se forçait à ne pas céder.

    Nous avons tous les deux baissé les armes face à ce qui ne pouvait plus être contenu. Il y a quelque chose d’inexplicable mais d’évident. Nous sommes liés bien plus que par ce monde chaotique. Il n’y a pas qu’une attirance physique ou un besoin primaire mais ça va bien plus loin. Je ressens bien plus que je ne l’aurais cru pour cet homme. Il n’est pas qu’un soldat qui me protège, il est devenu une part de moi. Je sais que je pourrais le suivre aveuglément partout où il voudra aller. Je sais que cela n’a rien à voir avec le fait qu’il m’a sauvé plusieurs fois car ça pourrait être le syndrome du prince charmant qui sauve sa princesse et où celle-ci tombe follement amoureuse de lui. Non ça n’a rien à voir avec ça parce que je ne suis pas une princesse et je ne le vois pas comme un prince. Je le vois comme quelqu’un qui comme moi, à l’âme meurtrie et qui a trouvé son alter ego. On ne sauve pas que nos vies en restant ensemble mais aussi nos âmes.

    Nos lèvres se retrouvent encore. Maintenant que la barrière a volé en éclat, plus rien ne nous freine. Il m’embrasse, je l’embrasse et nos corps se serrent pour être certain de ne plus se lâcher. Ben me soulève pour me poser sur la table qui est à côté de nous et mes cuisses viennent entourer sa taille. Nos corps réagissent de plus en plus, je le sens dans le mien mais je sens aussi son bassin durcir au fur et à mesure que nos langues jouent ensemble. J’en ressens un nouveau frisson car je sais qu’il me désire plus qu’en m’embrassant, pourtant il cesse notre baiser et j’ai l’impression qu’il me regarde de façon désolée. Ça lui donne un air quasi enfantin, comme s’il avait fait une bêtise et qu’il venait se livrer. Ça a le don de me faire sourire. Pour lui montrer que ça ne me fait pas peur, je retire mon haut et je commence à déboutonner sa chemise. Je sais ce qu’est les relations interdites puisque j’ai déjà eu des relations avec des hommes mais je ne préfère pas en parler pour éviter de casser ce moment. Pourtant sa main se pose sur mon poignet et il me regarde d’une autre façon. Je reconnais ces yeux.. Il veut savoir si je suis certaine de ce que je fais.

    “ – J’ai bientôt dix neuf ans donc tu n’as pas à avoir peur d’être attrapé par la police.. enfin s’il y en a encore une. Et j’ai déjà eu des relations.. Donc je sais ce que c’est. Je suis très loin d’être la petite demoiselle sage et préservée..”

    Je pince mes lèvres et je baisse mon regard car soudainement je me sens bête. J’ai même la sensation d’être devenue sale alors que pourtant non mais je ne veux pas qu’il me voit comme une mauvaise personne ou une moin que rien.

    “ – Mais on peut s’arrêter là si tu préfères.. car si tu continues de m’embrasser de la sorte, je risque vraiment de ne plus savoir me contrôler..”

  100. Avatar de M.
    M.

    Ses mots me comblent bien plus que tous les baisers et les caresses du monde. Ben tient à moi.. Il vient de me dire qu’il tenait réellement à moi. Je compte à ses yeux. Je ne suis pas qu’une fille qu’il abandonnera une fois arrivée en Californie, c’est bien plus que ça. Je semble silencieuse et comme bête quand il me dit cela car mes lèvres restent entrouvertes mais en réalité je suis surtout prise au dépourvu. Je ne m’attendais pas à ces révélations, surtout quand je sais ce que j’ai vécu par le passé avec Mark. Alors quand Ben me dit qu’on va prendre notre temps et qu’il me dit à nouveau que je compte à ses yeux, j’hoche la tête mais je viens surtout l’embrasser. C’est ma façon de lui dire que je suis d’accord mais surtout que ses mots me touchent plus qu’il ne le pense. Je ne m’attendais peut être à rien mais il vient de m’offrir tout. Ou du moins il m’offre quelque chose que je n’espérais pas recevoir. Je compte pour quelqu’un. Je ne suis pas du vent ou un fantôme.

    Je n’ai pas besoin de coucher avec lui pour ressentir le paradis. Ses mots, ses baisers et ses caresses savent y faire. On quitte cette table pour une chambre à l’étage et comme il le souhaitait, je me laisse aller tout comme lui aussi se laisse aller. Il n’y a rien de sauvages, c’est doux, simple, assez pour qu’il découvre mon corps comme je découvre le sien. Je crois que c’est la toute première fois que je vis cela et que je ressens cela. Je ne suis pas mise au rang de poupée gonflable puisqu’il est attentif à mes ressentis. Il cherche le moindre endroit érogène sur moi et il embrasse toutes les parties de mon corps comme pour tout connaître de lui. Moi aussi je m’imprègne de lui, de sa peau, de ses formes. J’écoute le moindre de ses gémissements et de ses supplices. Je le découvre autrement que je ne le connais depuis le début de notre rencontre.

    Après nos orgasmes respectifs, je me niche contre son corps nu. Nos souffles sont encore saccadés et nos cœurs battent à tout va. Je dois certainement avoir les joues rouges pivoines mais la pénombre me cache. Le silence est revenu mais il n’est pas lourd, il ne fait que nous donner un peu de repos après ce moment exquis. J’ai encore le corps tremblant à cause de l’orgasme et il en remonte la couette sur moi, certainement parce qu’il croit que j’ai froid mais au contraire je meurs de chaud. Un petit rire me prend et je rebaisse cette couette.

    « – Tu viens de me réchauffer pour toute l’année entière.. si tu me mets cette couette, je vais rôtir comme un poulet.. »

    Ma joue est contre son torse mais je relève un peu mon visage pour voir le sien. Il est encore sur un nuage, son air est groggy. Je remonte ma main sur sa joue et je me met à caresser sa barbe qui devient de plus en plus fournie. Notre mode de vie ne laisse pas le temps d’aller chez un barbier.

    « – C’est.. la première fois que.. je ressens un tel plaisir.. enfin je veux dire que.. je n’avais encore jamais ressentis un orgasme.. même en allant plus loin.. »

    Cette confession me fait encore plus rougir mais je me devais de lui dire. Ce n’est pas rien pour une jeune femme comme moi. Il n’a pas vu que son plaisir, il a pensé au mien. Il m’a fait découvrir ce qu’est le plaisir à deux et pas un plaisir solitaire. Cela montre à quel point il a de la considération pour moi. Cependant cela me rappelle aussi à quel point j’ai pu être idiote par le passé et bien trop naïve. Est-ce que je n’essaye pas de refaire la même erreur ? Non, Ben n’est pas Mark et ça c’est une certitude. Ils sont même deux opposés. Pourtant mon air change et je baisse mon regard au fil de ses pensées qui assombrissent mon esprit. Ben ne comprend pas ce qu’il me prend et il me le fait savoir en posant sa main sous mon menton.

    « – Si je te dis à quoi je pense, tu vas me dire que je suis la reine des idiotes.. Et je n’ai pas envie que ton regard change vis à vis de moi. »

    J’embrasse le creux de sa main mais je me relève du lit. Je lui dis que je vais me rafraîchir dans la salle de bain et c’est ce que je fais mais j’avais surtout besoin d’un peu de temps seule. Je reviens une bonne vingtaine de minutes après et il a encore ce regard suspect, interrogateur. On dirait même qu’il commence à se blâmer. Je reviens vite auprès de lui, même contre lui. Mes bras entourent sa taille mais je cache à nouveau mon visage.

    « – J’ai eu quelqu’un dans ma vie.. Mais pas comme la normale le souhaiterait. À mon âge, j’aurais dû rencontrer un garçon à l’école et découvrir mes premiers amours dans ses bras mais ça ne s’est pas passé ainsi. »

    Je marque un temps d’arrêt car ça aurait pu se passer ainsi. Il y avait Brian qui en pinçait pour moi et j’aimais beaucoup ce garçon mais j’ai fais des choix beaucoup plus rebelles, que je regrette à présent.

    « – Comme tu sais, je vivais à Chicago avec ma mère mais je passais mes vacances en Californie chez mon père.. Et c’est là que j’ai rencontré Mark. C’était un collègue de mon père, marié et avec trois enfants. Moi j’avais quinze ans et lui vingt cinq de plus.. Mais il a su me vendre du rêve et me faire croire qu’il était la seule vraie personne à tenir à moi. »

    Je sais que cette différence d’âge va certainement choquer Ben. Certes, lui aussi est beaucoup plus vieux mais là je suis majeur et puis je suis beaucoup plus mature que je ne l’étais lorsque Mark m’a attrapé dans ses filets.

    « – En réalité je n’étais qu’un petit plaisir extra conjugal pour lui.. Il jouait avec ma naïveté et l’amour que je lui portais pour faire de moi n’importe quoi. Il m’a manipulé, contrôlé, souillé.. mais j’étais tellement folle de lui que je lui pardonnais tout. Ce n’est que quelques semaines avant les événements actuels que j’avais enfin réussi à stopper tout ça. À force d’avoir mal et de pleurer, j’avais compris qu’il était très nocif et qu’il m’avait volé mon innocence, ma jeunesse. Pendant presque trois ans, il a joué avec moi sans réellement se soucier de moi. Il ne pensait qu’à lui et son plaisir. »

    Je sens ma respiration se bloquer. J’ai encore énormément de mal à me pardonner. Je me maudis d’avoir été aussi naïve et d’avoir à tout prix chercher à ce que quelqu’un m’aime. Je sais que cela découle de l’absence de mes parents mais ça aurait pu me détruire entièrement. Surtout en sachant que je passe les lignes les plus horribles pour ne pas que Ben prenne pitié.

    « – Je ne peux pas revenir en arrière et avec ce nouveau monde, je ne peux pas dire que je pourrais retrouver une vie normale.. mais ce que toi tu m’as donné.. je.. je ne l’avais jamais connu. Même tes mots.. tu m’as dis que je comptais.. tu n’as pas profité de moi.. et ça aussi c’est nouveau. Étrangement, je.. je le souhaitais de tout mon cœur mais je ne le souhaitais pas non plus. Parce que je ne sais pas si je dois y croire ou non. Ce n’est pas contre toi, c’est mon esprit qui me pousse à refuser ça.. »

    Mon esprit veut se protéger. Depuis mon déclic sur Mark, j’ai encore plus de mal à croire qu’on peut s’attacher à moi. Ce mécanisme de défense me protège d’une nouvelle déception. D’une nouvelle déchirure.

    « – Tu es le seul à qui j’en parle.. je n’ai jamais parlé de cette relation à qui que ce soit.. »

  101. Avatar de M.
    M.

    J’ai peur de sa réaction et pourtant il dit tout le contraire de ce que j’aurai cru. Il ne me blâme pas et il vient même à oser dire ce qu’il ressent vis à vis de moi. Il ne me dit pas je t’aime mais il me dit que je mérite d’être aimé.. c’est un peu la même chose en détourné. C’est assez surprenant car Ben est un homme très silencieux et pourtant en quelques mots, il arrive à tout dire. Il sait trouver les paroles pour me rassurer et pour me faire sentir autrement que cette jeune femme qui est enfermée dans la solitude. Je ne suis plus seule à l’heure d’aujourd’hui et ça c’est grâce à lui. Alors oui, mon corps se crispe moins et je le serre un peu plus contre moi.

    “ – Est-ce normal que tu sois autant parfait ?”

    Je lâche un petit rire mais je ne résiste pas à l’envie de déposer un baiser contre ses lèvres. C’est ma nouvelle façon de le remercier, même si je crois qu’il me faudrait des heures de baisers pour le remercier de tout ce qu’il fait pour moi.

    La fatigue finit par nous prendre et on dort l’un contre l’autre comme on le fait depuis presque le début, cependant cette fois-ci nous garçons nos tenues d’Ève. Au petit matin c’est lui qui est le premier réveillé et je le retrouve en extérieur, où il fait ses exercices pour garder la forme. Rien ne pourrait laisser paraître une mauvaise journée mais j’ai la sensation qu’on est surveillé. J’ai la même impression que lorsque les militaires ont tenté de me kidnapper juste avant que Ben vienne me sauver. Je n’en reste pas moins recherché et ils m’ont peut être retrouvé sans qu’on ne s’en rende compte.

    « – Ben ? On doit partir.. maintenant. »

    Il est hors de question qu’il soit en danger à cause de moi ou qu’il se bat pour me protéger. Il ne sera rien face à plusieurs hommes armés. Je rentre donc dans la maison pour aller me changer et préparer nos affaires. Il doit me prendre pour une folle lorsqu’il revient dans la maison mais mon intuition était bonne, du moins il y a bien des personnes qui nous surveillaient puisqu’elles arrivent à notre porte. Sans réfléchir, je prend l’arme que nous avons dans notre sac et je la pointe en direction de la porte. J’ai cette impression de déjà vu, comme quand le militaire a essayé de me rassurer et à finalement réussit à m’attraper.

    « – Nina Wesker ?? On sait que vous êtes ici ! Nous sommes envoyés par votre père pour vous récupérer !
    _ Allez vous en !! Je sais que vous mentez ! Vous voulez me prendre en otage !!
    _ Non ! Justement on doit vous protéger !! »

    Je fronce les sourcils et je détourne mon regard vers Ben sans pour autant baisser mon arme. Je n’ai plus confiance en personne mais si c’est vrai ? Si mon père me fait vraiment chercher ? Ou alors est-ce encore un piège ?

    « – Qui êtes vous ?? Pourquoi mon père me ferait rechercher ?!
    _ Nous sommes des Seals, je suis le commandant William Miller. Mon frère est avec vous, il pourra vous confirmer que je ne suis pas là pour vous prendre en otage. »

    Quoi ? Je continu de fixer Ben, comme si j’attendais des réponses de sa part mais il va vers la porte d’entrée. Face à lui, il y a bien ce fameux Ben mais aussi trois autres hommes qu’il semble aussi connaître. Ils étaient tous une équipe mais le plus frappant est la vue sur Ben et son frère. Ils se ressemblent sans pour autant se ressembler. J’ose baisser mon arme mais je reste éloigné de tous ses hommes. Je me met même à reculer.

    « – On est envoyé par le gouvernement pour la retrouver mais je vois que tu as été plus rapide que nous mon frère.. Cette fille est certainement la plus recherché du monde entier car elle est une monnaie d’échange que tous les gouvernements veulent récupérer. Son père a presque fini de faire un vaccin mais il ne veut pas le terminer tant qu’il n’aura pas de nouvelles de sa fille et de sa femme. C’est donc pour ça qu’on doit la ramener auprès de lui. Ça n’a pas été facile de retracer sa position mais Jane nous a aidé. Elle m’a aussi dit que tu étais avec elle et je ne pouvais pas être plus content. »

    Les trois autres hommes viennent saluer chaleureusement Ben, tout comme son frère. J’observe la scène sans rien dire mais j’écoute. Mon père est encore vivant et il serait sur le point d’avoir un vaccin ou quelque chose contre cette épidémie.. et donc je deviens son point de faiblesse. Je comprend mieux pourquoi les autres militaires ou ces mercenaires, avaient essayé de m’attraper. Cependant je préfère quand même me méfier de ces hommes, tout comme je garde un œil sur Ben.. est-ce qu’il m’aurait suivi depuis le début ?

    « – Où est mon père ?
    _ Il est en floride. La base de Californie a été réduite en cendre après une attaque de plusieurs hordes. Mais nous allons vous amener en floride auprès de lui.
    _ Et comment ? À pieds il nous faudrait des années !
    _ Nous avons un hélicoptère mademoiselle. Si vous nous suivez, dans moins de 24h vous serez auprès de votre père. »

    Je regarde à nouveau ben. Est-ce que je dois leurs faire confiance ?

  102. Avatar de M.
    M.

    Je suis vraiment très méfiante mais Ben tente de me rassurer un peu et il me promet de continuer de veiller sur moi, même si nous sommes face à son frère. Je ne connais pas leurs relations, du moins je ne sais pas s’il pourrait me vendre pour le compte de son frère ou alors à l’inverse, s’il pourrait abandonner son frère pour moi.. mais je dois prendre une décision. Là, on m’offre la possibilité de retrouver mon père rapidement mais est-ce vrai ? Est-il vraiment en floride et plus en Californie ? Je me remet à regarder William après avoir remis l’arme dans notre sac.

    « – Qu’est ce qui me prouve que mon père est bien là-bas ? Et qu’il est vraiment vivant ?
    _ On ne serait pas ici si c’était le cas..
    _ Il peut très bien être en Californie, là où l’on devait aller. Ou alors dans un autre pays et vous pouvez m’utiliser comme appât.. »

    William retient un rire et ça me contrarie encore plus. Je sens la main de Ben qui est sur mon bras, exercer une pression comme pour essayer de me détendre.

    « – On sait que vous êtes recherchés par énormément de monde Nina. C’est même pour cela que votre père nous a expressément demandé de vous trouver en premier, vivante ou morte. Il ne continuera pas ses recherches sans savoir ce qu’il est advenu de sa famille et je le comprend puisque moi aussi je tenais à avoir des nouvelles des miens. »

    Dit-il en fixant intensément son frère. Je sens que l’impatience se fait sentir auprès des trois autres hommes et je fini enfin par accepter de partir avec eux. C’est surtout parce que je sais que Ben sera auprès de moi. Sans lui, je n’aurais pas tenté cette demande, même si je suppose qu’ils m’auraient récupéré de force. Cependant là je pars avec une légère pression en moins puisque Ben m’accompagne.

    Ils ont tout prévu puisqu’un hélicoptère est bel et bien auprès de notre repère. Ni une ni deux, on se retrouve dedans et comme à mon habitude, je me niche contre Ben. Je me fiche bien du regards des autres hommes dans l’hélicoptère même si ça semble les étonner. Aucun d’eux ne parlent ou du moins ça parle mais de comment ils ont fait pour survivre jusqu’ici. William aimerait certainement poser plus de questions à son frère mais il évite de le faire puisqu’ils ne sont pas seuls.

    Nous faisons un premier arrêt en milieu de chemin pour que l’hélicoptère soit ravitailler en carburant mais ça ne dur pas trop longtemps. Il nous faudra six heures de vol pour enfin atterrir en floride ou plutôt dans une base assez étrange. Il y a d’immenses bâtiments blancs et tout est très bien barricadés autour. Il doit y avoir plusieurs successions de grillages et de pièges pour éviter que les infectés n’entrent ici. En extérieur il n’y a que des gardes qui surveillent chaque recoins de l’endroit mais à l’intérieur ça ne semble pas lieux..

    Dès que nous entrons par l’entrée principal, on se fait approcher par des gardes qui sont équipés avec des tenues protectrices. Masques, gants, enfin la totale pour éviter toutes contaminations. William nous rassure en disant qu’ils doivent vérifier si nous ne sommes pas infectés mais je ne me sens pas à l’aise lorsque l’un d’eux se met à prendre la température, vérifier les pupilles alors qu’un autre fouille mon sac. J’ai l’impression que j’entre en prison et il faut dire qu’à l’intérieur ça y ressemble. Il n’y a que des longs couloirs. On croise que très peu de monde, voir quasiment pas. L’un des gardes nous demande de le suivre et j’accepte même si je reste accroché au bras de Ben. Il n’y a plus que lui, moi et William car les trois autres hommes sont partis rejoindre le reste de l’unité du Seal qui travaille ici.

    « – C’est une base scientifique ici mais ils ont aussi aménagés des coins pour les familles de scientifiques. Les familles doivent rester à l’écart mais elles ont un immense complexe pour les accueillir et les satisfaites. Là on va mener Nina a une chambre et après elle pourra retrouver son père. Il faut d’abord qu’elle se lave et se change. Ils sont très précautionneux sur l’hygiène ici. »

    Ben aussi va devoir y passer mais pour lui, on ne parle pas de chambre. Il va devoir rejoindre l’équipe de son frère et j’avoue que ça ne me plaît pas du tout. Même si mon père est certainement ici, je n’ai plus que Ben et il fait comme partie de ma famille. Enfin il est bien plus un amant qu’un père de cœur mais il est ma famille.

    « – Ben ne peut pas rester avec moi ?
    _ Il n’était pas prévu dans ton retour.. Je ne savais même pas que mon frère était encore vivant. Mais il peut rester avec toi si tu le souhaites. Enfin si ton père accepte. »

    William semble avoir compris que Ben est bien plus qu’un ami pour moi mais il rappelle subtilement notre écart d’âge. Aucun de nous deux ne relève mais quand nous arrivons dans cette chambre, je demande à ce que Ben reste avec moi. Je sais qu’il n’est pas ma baby-sitter mais je n’ai pas encore vu mon père et je reste encore très méfiante. En plus cette chambre aussi est malaisante car elle est toute blanche et j’ai l’impression d’être dans une sorte de chambre d’hôpital pour robot. Tout est nickel mais technologique. Cela va du lit à la douche, en passant par une fenêtre écran et des placards qui s’ouvrent grâce a la voix. Le garde nous rend nos sacs sans les armes et ils nous donnent trente minutes pour nous préparer. Il nous prévient que des vêtements sont à disposition dans le placard et en effet il y en a mais encore une fois c’est étrange. Ce sont des sortes de joggings blancs avec des paires de baskets blanches. En réalité cette couleur permet de voir plus facilement les imperfections mais c’est déstabilisant. C’est même encore plus déstabilisant que ce qu’il se passe à l’extérieur.

    « – C’est tellement.. étrange ici.. on se croirait dans un autre monde.. tu as déjà été dans ce genre d’endroit avec les Seal ? En Californie ça ne ressemblait pas à ça l’endroit où mon père travaillait.. C’était beaucoup plus basique.. »

    Dis-je en prenant les vêtements que le placard me propose. Même les sous-vêtements sont blancs et le pire, c’est que le placard dispose de toutes les tailles possibles. Je pars vers la salle de bain rapidement car je veux retrouver mon père au plus vite mais là aussi je suis happé par la technologie. La douche s’allume seule et elle se règle seule pour que je n’ai ni trop chaud ni trop froid. Elle me propose des shampoings et des gels douches qui sont en rapport avec la texture de mes cheveux et la fragilité de ma peau. Quand Ben arrive avec moi, il a le droit aux mêmes faveurs. En sortant, une serviette chaude sort d’un placard ainsi que de quoi me sécher les cheveux et me brosser. Tout est mécanisé, réfléchis. C’est un endroit à la pointe de la technologie, comme l’on pouvait imaginer dans des films futuristes sauf que là c’est réel. Je suis tellement abasourdi que je n’ai plus de mots, surtout quand un plateau repas sort du milieu de la table pour que l’on puisse se remplir un peu le ventre. La nourriture n’est pas gastronomique mais c’est déjà magnifique de voir de la viande, des pommes de terre et de la sauce.

    La faim est plus forte que mon envie de retrouver mon père.. Il faut dire que depuis des mois je n’ai pas pu manger à ma faim, même Ben puisque lui aussi se jette sur ce plateau. Je crois même que je pourrais manger une seconde assiette mais quelqu’un toque à la porte de la chambre. Nous avons dépassé le temps donné. Je me résilie à aller ouvrir et en ouvrant cette porte je tombe nez à nez avec mon père. Il a les larmes aux yeux et il se jette sur moi pour me serrer contre lui. On pourrait croire que c’est un grand père qui enlace sa petite fille tant les années nous séparent mais il s’agit bien de mon père. Il a soixante dix ans passés mais il n’en reste pas moins quelqu’un de brillant et encore bien en forme.

    « – Ma Nina chérie.. mon petit bébé.. depuis des mois j’angoissais tellement de ne pas avoir de tes nouvelles.. mais tu es bien une Wesker, tu es encore vivante et tu sembles aller bien !
    _ C’est grâce à Ben si je suis encore là papa.. il m’a sauvé plusieurs fois d’une mort certaine.. »

    Dis-je d’une voix basse tout en serrant aussi mon père contre moi. Je n’ai plus la force de pleurer mais je suis plus qu’heureuse de le retrouver. Mon père finit par me lâcher et il me fait tourner sur moi-même pour être certain que je vais bien, puis il finit par se rapprocher de Ben et de lui tendre sa main même s’il est un peu dubitatif. Qui est ce Ben qui a sauvé sa fille ?

    « – Enchanté de rencontrer celui qui a protéger ma fille. Je vous dois énormément Ben. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je ferai en sorte de répondre à vos demandes dans le plus bref délais. »

    Mais pendant que mon père remercie Ben, moi je me fige. Mark est là.. il était juste derrière avec des gardes. Il est aussi ému de me voir ici mais il reste à distance car il ne peut pas montrer devant mon père à quel point nous avons pu être proches. ( https://pin.it/XLxIe0RHd )

    « – Heureux que tu sois enfin avec nous Nina.
    _ Merci Mark.. »

    Mais je me recule et je reviens auprès de Ben. Mon père tilte en me voyant glisser ma main dans celle du grand blond mais il ne dit rien pour le moment.

    « – Je vais vous amener voir nos médecins pour qu’ils puissent vérifier que vous allez bien dans tous les aspects. Ensuite nous pourrons aller au cimetière de la centrale.. Grâce aux Seal, j’ai pu faire rapatrier le corps de ta mère pour qu’elle puisse être enterré dignement. »

    Cette nouvelle est certainement beaucoup plus importante que le reste. Le corps de ma mère est ici, en sécurité. Je remercie mon père et nous le suivons pour faire ces fameux tests. On va surtout devenir des sujets d’études mais ça on ne le sait pas encore. Notre survies étonnent puisque la plupart des gens dehors finissent par mourir en quelques semaines.

  103. Avatar de M.
    M.

    Bien que je me mette à suivre mon père, je l’écoute à moitié car je suis un peu trop interpellé par cet environnement qui est trop lisse. Tout pourrait être utopique mais justement, c’est trop net pour que ce soit bien. Je sens que quelque chose de très mauvais se trame dans cet endroit et je sens surtout que mon père me ment. Il ne peut pas être serein ici. Il doit être contrôlé mais nous sommes bien trop entouré pour que je lui pose des questions plus personnelles. Même Mark semble être contraint par quelque chose car son air est crispé. Ben est derrière avec son frère donc je ne peux pas non plus lui dire ce que je ressens mais alors qu’on arrive près de la salle d’examen, on se fait stopper à cause d’une altercation entre les deux. Ben plaque son frère contre un mur et tout le monde se tourne vers eux. Mon père pose une main contre la mienne, comme pour me retenir de ne pas aller vers Ben mais je décale sa main pour avancer. Mark aussi se met sur mon chemin mais je le contourne pour me retrouver face à Ben alors que son frère s’est éloigné.

    “ – Tout va bien Ben ? Il ne t’a rien fait ??”

    Tout le monde semble voir Ben comme le méchant sauf moi. Depuis des semaines je vis avec lui et je sais qu’il ne s’emporte pas facilement. Son frère a dû dire quelque chose qui a heurté Ben mais je ne sais pas quoi. Mon père toussote pour me rappeler à l’ordre et nous reprenons la route vers la salle d’examen mais cette fois-ci je reste auprès de Ben, bien que je sens que Mark garde un œil vigilant sur moi.

    Quand nous entrons dans la salle, mon père va vers un médecin et il me fait signe de le rejoindre. On me sépare de Ben pour que chacun de nous deux puisse faire son examen médical mais ça me frustre. Je n’aime pas être loin de lui, ça ne me rassure pas et ça même si j’ai retrouvé mon père. Pourtant je n’ai pas vraiment mon mot à dire donc je vais là où l’on m’attend et c’est mon père qui décide de me faire mon examen. Cela lui permet de pouvoir me questionner sur ce qu’il s’est passé durant les derniers mois. Pour Ben, c’est Mark qui va s’occuper de lui mais je ne le sais pas puisque nous sommes dans des salles différentes.

    “- Je suis vraiment soulagé de te voir ici ma chérie.. J’ai tellement eu peur de ne jamais te revoir.. Mais je suis aussi tellement.. dévasté d’avoir perdu ta mère.. Qu’est-.. Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ?
    _ Des survivants nous ont tiré dessus pour récupérer notre voiture.. Maman a été touchée et je n’ai pas su la soigner..
    _ Ce n’est en rien de ta faute ma chérie, je veux dire que tu ne pouvais pas la soigner.. surtout dans ce monde apocalyptique..
    _ Tu sais pourquoi tout ça est arrivé ? Pourquoi les gens sont devenus ces monstres ?
    _ Je..
    _ J’ai besoin de réponses papa et je sais que tu en as.. Je sais aussi que cet endroit.. Ce n’est pas ce que ça laisse croire. Tout est trop.. clean. Et je sais que tu n’es pas du genre à aimer ce genre d’endroit.
    _ Je.. Je ne peux pas vraiment parler pour le moment Nina. Je trouverais un moment pour pouvoir mieux t’expliquer mais tout ça n’aurait jamais dû arriver. Non.. ça n’aurait pas dû..
    _ Tu es surveillé papa ?
    _ Hm.. Je vais te faire une prise de sang et vérifier tes constantes. Ton ami va subir la même chose.. Hm.. Au fait, est-ce ton ami ? Comment ça se fait qu’il connaisse l’agent des Seal ? Et.. pourquoi vous semblez si.. proche ?
    _ Je trouverais un moment pour mieux t’expliquer.”

    Dis-je avec un ton plutôt ironique car il préfère s’attarder sur Ben plutôt que de me dire pourquoi nous vivons en enfer et pourquoi il semble être mis sous pression. De son côté, Mark reste pour le moment silencieux lorsqu’il fait passer l’examen à Ben mais il n’est pas bête et lui aussi a vu ma proximité avec le grand blond. Bien qu’il n’a jamais montré de jalousie lorsque j’étais encore sa chose, il n’en reste pas moins un homme piqué dans sa virilité puisqu’il a en fasse de lui celui qui le “remplace”. Il faut dire que j’ai coupé les ponts du jour au lendemain avec Mark et ça ne lui a pas vraiment plu.

    “ – Elle a eu de la chance de vous trouver sur son chemin.. à moins qu’elle vous connaissez déjà avant tout ça.”

    Il tente d’en savoir plus mais Ben ne sort pas un mot et ça l’agace. Est-ce qu’il est mon amant depuis longtemps ? Est-ce qu’il était déjà dans ma vie quand je voyais encore Mark ? Le colosse n’aime pas ne rien savoir.

    “ – Je ne sais pas qui vous êtes pour elle mais sachez qu’à présent qu’elle est ici, elle n’aura certainement plus besoin de vous. Il y a son père et puis moi. On saura veiller sur elle. Vous.. Vous pouvez repartir ou alors rejoindre cet homme que vous semblez avoir envie de taper.”

    S’il n’y a plus de Ben, il n’y aura plus de problèmes. Du moins, c’est ce qu’il croit mais quand l’examen se termine, je suis déjà hors de la petite salle pour retrouver Ben. Mon père se met à me suivre car il ne comprend pas pourquoi je cherche après cet “inconnu”.

    “ – Nina ? Tu n’as plus besoin de lui, je suis là maintenant..
    _ Lui ? Tu crois qu’il n’est qu’un inconnu ? Qu’il n’est qu’un vulgaire homme qui m’a surveillé pour me ramener à toi ?”

    Ben est là, Mark aussi. Ils sont à quelques mètres alors que je suis en plein milieu de la pièce, écorché par les questions de mon père.

    “ – Sache que sans cet homme, je serai morte. Mais tu sais comment ? Pas en étant mordu par un infecté.. non ! Je serais morte attachée à un arbre et violée par des hommes qui me cherchaient ! Oui, on me cherche parce que je me nomme Nina Wesker ! Cet inconnu, comme tu le dis si bien, il m’a sauvé et protégé depuis qu’il m’a trouvé à cet arbre. Il a fait la route avec moi pour que je puisse rejoindre la Californie ! Il a veillé sur moi, il m’a nourri, il m’a soigné. Toi tu étais où ? Dès le début tu n’étais pas là ! Dès notre départ de Chicago tu étais loin et même avant, tu étais très loin ! Depuis des années tu ne t’occupes pas vraiment de moi, même quand je viens en vacances chez toi. La preuve, tu n’as même pas capté que ton superbe collègue Mark couchait avec moi depuis que j’ai quinze ans. Il me faisait croire monts et merveilles pour m’endormir mais surtout pour me salir. Et toi ? Toi tu voyais rien parce que tu n’as toujours vu que ton travail ! C’est pour ça aussi que maman a demandé le divorce ! Donc non, cet homme n’est pas un inconnu, il se nomme Ben et il est certainement ce qui m’est arrivé de mieux depuis bien des années. Oui, ce n’est pas le prince charmant et il est plus vieux que moi mais en fait tu n’as rien à dire.”

    Mon père se décompose sur place alors que je vais rapidement vers Ben. J’attrape sa main et je nous dirige vers la sortie de la salle d’examens. Cependant on ne peut sortir sans un code.

    “ – Ouvre cette porte papa ! Je veux retourner dans la chambre ! On a des affaires à récupérer !
    _ Quoi ? Mais non.. Tu ne peux pas partir nina !
    _ Tu crois que je vais rester dans cette prison immaculée ? Je sais très bien que vous êtes tous sous la coupe du gouvernement, autrement vous ne seriez pas ici. Il est hors de question que nous devenions vos prisonniers !
    _ Nina calme toi s’il te plaît.. ce n’est pas une prison. C’est un centre biologique et si cela parait très propre même trop propre, c’est parce que tout est méticuleusement bien nettoyé pour éviter les contaminations mais vous serez bien plus en sécurité ici que dehors. Je ne veux pas que tu t’en ailles.. Restes ici, au moins le temps de reprendre des forces.. tu as la peau sur les os et tu es épuisée.. Ton compagnon restera avec toi mais s’il te plaît, restez ici..”

  104. Avatar de M.
    M.

    On est espionné et ça ne m’étonne pas vraiment mais ce qui me surprend le plus, c’est que Ben sait où toutes les caméras et les micros sont cachés. Il capte tout alors que pourtant on ne voit rien mais je lui fais entièrement confiance. Je ne dis plus rien et je me met à lire les mots qu’il m’écrit. Je dois feindre de m’éloigner de lui et ce soir nous allons tenter de quitter cet endroit, cependant Ben oublie une chose.. mon père. Certes je l’ai envoyé chier devant tout le monde mais je ne peux pas l’abandonner, surtout si lui aussi est en danger ici. Il faut donc que je trouve un moyen de le faire sortir aussi d’ici mais je ne peux pas en parler maintenant avec Ben. Je pourrais lui écrire mais il faut surtout que je réussisse à parler à mon père sans que l’on soit observé ou écouté.

    « – Je dois aller voir mon père.. je m’en veux de lui avoir crié dessus.. et puis ça fait tellement de temps que je ne l’ai pas vu.. Reposes toi, moi je dois retourner là bas. »

    Simplement avec mon regard, Ben peut comprendre que c’est une première diversion. C’est ce qui est assez incroyable avec Ben, il n’y a plus forcément besoin de mot pour que l’on se comprenne. On a appris à se déchiffrer en peu de temps même s’il reste des parts d’ombres des deux côtés.

    Je sors de la chambre et je repars vers la salle où nous étions car je ne sais pas où mon père pourrait être si ce n’est là. Il n’y a vraiment personne dans les couloirs pour me guider mais sur ce chemin je retombe sur ces pièces étranges ou des gens sont enfermés dedans. Enfin, il est certain que ce ne sont plus vraiment des gens mais des infectés.. Je me doute qu’ils doivent en garder pour faire leurs tests mais ça me fait mal au cœur de savoir qu’ils étaient comme moi et qu’aujourd’hui ce sont des cobayes.

    « – Nina !! Qu’est ce que tu fais ici seule ?? »

    C’est la voix de mon père et il se dépêche de venir vers moi. Il semble paniquer et il attrape ma main pour nous mener plus loin. Il ne dit rien jusqu’à ce que nous arrivons dans un petit laboratoire où il n’y a que nous deux. Cependant il sait aussi qu’ici nous sommes écoutés et observés donc pour le moment il ne se montre pas familier.

    « – Qu’est ce qu’il t’a pris tout à l’heure ?? Je sais que je n’ai jamais été un père parfait mais je t’aime Nina ! Tu as toujours été ma petite fille et crois moi que je m’en veux de ne pas avoir été plus présent. Surtout quand on voit ce que le monde est devenu aujourd’hui !
    _ C’est le gouvernement qui a fait tout ça ?
    _ Quoi ? L’épidémie ? Ça aurait été bien plus facile si ça avait été le gouvernement, crois moi.. Mais le virus n’a pas été créé par l’homme. C’est un virus qui est réapparu avec la fonte du permafrost en Russie.. C’est là bas que tout a commencé mais l’épidémie a su s’infiltrer partout en quelques semaines.
    _ C’est vrai ce que tu dis.. ?
    _ Bien sûr Nina ! Pourquoi tu ne me crois pas ? Tu crois vraiment que je te mentirais sur une chose aussi horrible ? Le monde a perdu des milliards de personnes et a l’heure actuelle je dois trouver un moyen d’endiguer tout ça avant que ça ne soit réellement la fin de l’humanité !
    _ Et.. tu as trouvé quelque chose ? »

    Mon père est silencieux pendant quelques secondes. Je sens que dans son regard il veut m’exprimer quelque chose mais il se contient à cause de ces fichues micros et caméras. Je me met donc à réfléchir un instant et j’essaye de trouver les fameux mouchards comme Ben l’a fait dans la chambre mais je ne suis pas autant doué que lui.

    « – Tout est contrôlé ici.. hein ? Tu es épié par les gens d’en haut.. tu es même certainement prisonnier..
    _ Nina..
    _ Pourquoi ils font ça ? Ils pensent qu’en faisant de toi un esclave scientifique, tu vas trouver automatiquement la solution ? Tu n’es le prisonnier de personne papa ! Et je refuse que.. »

    La porte du laboratoire s’ouvre et plusieurs personnes en costumes entrent. Ce ne sont pas des scientifiques mais les gens au dessus. J’en reconnais même un puisqu’il était où il est encore, le président de notre pays.

    « – Miss Walker, je suis enchanté de vous rencontrer. Votre père m’a beaucoup parlé de sa famille et surtout de sa dernière et seule fille.
    _ Monsieur Gates.. Je suis enchantée de vous rencontrer aussi.. mais pourquoi vous avez créé ça ? Cet endroit totalement surveillé ? Vous n’avez pas confiance en vos scientifiques ?
    _ Il m’avait aussi dit que sa petite fille avait un sacré caractère et j’aime ça. Il faut du caractère pour survivre. Mais pour ce qui est de vos questions, ce n’est pas les scientifiques que je crains mais les espions. Beaucoup ont tenté d’entrer ici pour essayer de justement s’accaparer nos scientifiques et surtout votre père. Il est l’un des meilleurs dans le monde en ce qui concerne la biologie, je suppose que vous le savez.
    _ Et ça leurs rapporterait quoi ? Car même si mon père trouve quelque chose, ça sera partagé non ?
    _ Ce n’est pas si simple. Il faut tout de même avoir un coup d’avance. »

    Je fronce les sourcils et croise mes bras contre ma poitrine, ce qui fait légèrement rire ce vieux bonhomme.

    « – Tu es encore trop jeune pour comprendre certaines choses. Cependant je comprends que tu veuilles un peu plus d’intimité et aussi du temps auprès de ton père. Je vais faire en sorte que cela soit possible mais n’accapare pas trop ton père car nous en avons aussi besoin. »

    Je reste méfiante surtout devant ce sourire qui n’est pas si sincère qu’il en a l’air. Le président demande à parler un peu avec mon père et donc je dois repartir pour quelques instants. Il faut surtout que je dise à Ben que l’on ne peut pas partir ce soir, pas tant que je n’ai pas trouvé un moyen de faire aussi partir mon père. Je repars vers notre chambre mais en m’approchant d’elle, je tombe face au frère de Ben. Il fait une ronde ou alors il cherche son frère, je n’en sais rien mais je n’ai pas envie que Ben se sente à nouveau énervé à cause de lui donc je décide de lui parler.

    « – Je voulais vous remercier pour m’avoir ramené auprès de mon père.. hm.. Mais je voulais aussi vous demander pourquoi Ben s’est énervé contre vous ? Je ne l’ai jamais vu s’emporter aussi vite.. et je n’aime pas le voir comme ça. »

  105. Avatar de M.
    M.

    Peut-être que je n’aurais jamais dû parler à ce William. Peut-être que j’aurais dû rester naïve, éprise et dans d’autres illusions. Mon père ne peut pas avoir créé ce chaos et Ben ne peut pas m’avoir trahi. Si j’écoute ce William, je n’aurais été qu’un pion pour que Ben approche mon père. Si je l’écoute, j’ai le même sang que le plus grand assassin de tous les temps.

    Le frère de Ben m’abandonne dans ce couloir sans m’en dire plus alors que je lui pose encore des questions pour savoir s’il me ment ou s’il dit réellement la vérité. Lui semble sans amuser, pas moi. Je me retrouve confuse et surtout sonné. Est-ce que je dois le croire ? Qui dois-je croire ? Qu’est ce qui est vrai ? Est-ce que tout ça est vrai ? Je sens une boule se former dans mon estomac et des hauts de cœur me prennent. J’ai chaud, j’ai du mal à respirer. Une angoisse m’envahit à l’idée que depuis le début de tout ça, j’étais dans le faux et que j’ai encore été berné par tout le monde. Je n’arrive pas à faire un pas pour retourner vers la chambre ou vers mon père, pourtant je dois questionner l’un des deux hommes qui me ment. Comme une sorte de Messi, c’est à ce moment que Marc arrive dans ce couloir vide et qu’il me trouve dans mon état second.

    « – Nina ?? Ça va ??
    _ Non.. j’ai.. besoin d’air..
    _ Viens là ! »

    Il m’attrape et me porte pour me mener vers une sorte de petite cours. Ce n’est qu’une sorte de cours en béton avec un toit en grillage mais il y a de l’air frais et ça me fait du bien. Enfin, ça ne me calme pas pour autant. Marc sait que je fais une crise d’angoisse mais il ne sait pas pourquoi.

    « – Qu’est ce qu’il se passe ?? Qu’est ce qui ne va pas Nina ??
    _ C’est vrai ? C’est vrai que mon père a créé le virus ?? C’est lui qui a créé ce monde infernal ??!
    _ Non.. Nina.. pourquoi tu penses ça ?
    _ Tu bosses avec lui donc en fait toi aussi tu as fais ça !!
    _ Non !! Je n’ai pas fait ça ! Au contraire ! »

    Il me lâche et fronce son visage. Je sais comment le vexer et l’atteindre.. il n’aime pas qu’on salisse son image ou son ego. Il a toujours fait en sorte d’être parfait même s’il avait un goût pour la chaire fraîche comme moi.

    « – Mon père m’a dit que c’était un virus qui venait du permafrost ou je ne sais quoi ! Dis moi la vérité Marc ! Tu me dois bien ça après tout ce que tu m’as fais !!
    _ Ce que je t’ai fais ?! Je t’ai aimé Nina !!
    _ Non tu m’as manipulé et tu m’as berné comme la plupart de tous les gens autour de moi !! Je ne suis rien pour personne !! Maintenant je veux la vérité !! »

    L’angoisse laisse place à la colère, à l’envie de savoir ce qu’il se passe vraiment. Marc sait que même ici nous sommes écouté mais devant mon entêtement, il hoche la tête et il se met à parler mais avec une voix bien plus basse pour que je ne sois que la seule à comprendre ce qu’il dit.

    « – Ça ne devait pas devenir comme ça.. le gouvernement voulait que nous créons un virus pouvant contrôler certains humains.. Ton père ne voulait pas y participer mais comme c’est l’un des meilleurs, ils ne lui ont pas laissé le choix.
    _ Et toi tu avais le choix ?!
    _ Non plus. Ma femme et mes enfants.. enfin j’ai aussi été amené à devoir travailler pour eux. Nous avons créé un virus avec plusieurs autres biologistes mais alors que nous croyions que c’était bon, le virus a muté. Les patients se sont mis à attaquer les soignants.. à les tuer.. les manger.. et les transformer.
    _ Putain.. mais.. Putain !!! J’y crois pas.. enfin c’est pas possible !! Pourquoi ?! Pourquoi vous avez osé continuer ?! Pourquoi vous n’avez pas exterminé les premiers contaminés ?!
    _ On l’a fait mais on ne savait pas que le virus était déjà en train de se disperser.. il est dans l’air. Nous sommes tous infectés mais pour devenir l’un des leurs, il faut mourir.
    _ Et un antidote ?! Vous en avez un ?! Vous avez trouvé un moyen d’arrêter tout ça ??
    _ Non.. enfin on ne peut pas faire revenir ceux qui se sont transformer mais on a peut être quelque chose pour que les prochaines personnes à mourir ne se transforment pas.
    _ C’est vous les monstres.. c’est.. c’est mon père.. toi.. Vous avez fait des millions de morts..
    _ Tu crois que je ne le sais pas Nina ?! Tu crois que je ne m’en veux pas ?! C’est pour ça que je suis encore ici alors que ma famille est à l’autre bout du monde ! Je veux trouver un remède..
    _ Sauf que tu as des millions de morts sur tes mains Marc. »

    Il n’aime pas ce que je dis car c’est vrai et il ne peut plus le nier. Marc se rapproche de moi et tend sa main en pensant pouvoir me toucher mais je le repousse.

    « – Ben veut tuer mon père ! Papa a massacré sa famille !
    _ Il faut que je donne l’alerte !
    _ Non !! Pas tant que je n’aurais pas parlé à Ben ! Je dois le stopper !
    _ Tu crois qu’il va t’écouter ?! Ce mec n’est rien pour toi, tout comme tu n’es rien pour lui.
    _ Parce que j’étais quelque chose pour toi ?! Tu ne dois rien dire pour le moment Marc car si quelqu’un s’en prend à Ben, je t’assure que tout le monde saura ce que vous avez fait ! Ce que vous et le gouvernement vous avez fait ! »

    J’arrive à le contourner pour retourner dans l’établissement mais il se met à me suivre cependant il se stoppe lorsque des hommes armés arrivent dans notre sens. Il y a William dedans et celui-ci ainsi que son groupe, ont été appelé pour rejoindre le président. En passant près de moi, il glisse un papier dans ma main mais je ne peux le lire pour le moment. Il faut croire que les deux frères ont un amour pour les petits mots secrets. Je profite que Marc soit stoppé pour accélérer le pas et retourner vers la chambre, où Ben n’y est plus. Est-ce qu’il cherche déjà mon père ? Je sors rapidement le mot que William m’a donné et j’ai juste le temps de lire avant que la porte ne s’ouvre.

    « – Mon équipe part ce soir à 22h pour un camp de réfugiés situé hors USA. Rejoins nous par là ou vous êtes entré. »

    Ben est là. Je met rapidement le mot dans ma poche et je me tourne vers lui. Je n’arrive pas à cacher mon air grave. Je ne peux pas lui sourire alors que je sais à présent ce qu’il veut depuis le début. Je n’étais rien qu’un pion. Un moyen d’approcher le docteur Wesker. Tout ce qu’on a vécu.. enfin tout ce que je pensais avoir cru vivre… J’ai encore une fois été berné et prise pour un objet. Pourtant cette fois-ci je ne compte pas me défiler comme avec Marc. Les hommes me dégoûtent. Mon père, Marc, Ben.. ils sont tous bien plus terrifiants que les infectés.

    « – Tu n’es pas mieux que les autres. Tu n’hésites pas à prendre les gens pour des idiots afin d’arriver à tes objectifs mais j’aurais du m’y attendre. Malheureusement pour moi je suis une grande naïve qui croyait encore que quelqu’un pouvait vraiment tenir à elle mais non. La seule personne qui m’aimait vraiment a été transformé et tué. Mon pèra a fait d’elle une infectée mais c’est toi qui a mis fin à sa vie. Finalement vous êtes presque des acolytes.. Et surtout vous êtes des hommes. Des hommes sans cœurs. »

    Mon cœur s’accélère et je serre mes poings. Il a sûrement compris que je savais ce qu’il avait vécu ou même ce qu’il comptait faire ici. Je lâche un rire nerveux quand son regard se fait beaucoup plus sombre. Est-il en colère contre moi ? Qu’importe, je sens une rage viscérale me ronger.

    « – Tu aurais pu me dire la vérité depuis le début. Me dire que j’étais un moyen pour toi d’arriver à Wesker. Ça aurait éviter beaucoup d’autres péripéties. Je n’aurais jamais été dans tes bras ni cru en ta volonté de me protéger. Je pense que j’aurais pu comprendre ta douleur. J’aurais pu comprendre ton envie de vengeance mais tu m’as berné, tu m’as prise pour un objet. Tu as fais comme tout le monde.. Et je crois que tu viens certainement de me faire comprendre que je suis mieux seule qu’avec n’importe qui d’autre. Je ne peux avoir confiance qu’en moi-même. »

    Je vais vers le placard ou j’ai rangé le sac avec nos affaires et je le reprend, cependant je sors l’arme. Ben serait presque prêt à se jeter sur moi pour ne pas que je tourne l’arme vers lui mais ce n’est pas ce que je fais. Non, je tend l’arme pour qu’il l’a prenne.

    « – Fais ce que tu as à faire si ça peut te soulager. Ça ne ramènera pas ta famille. Ça ne t’apportera rien qu’un soulagement de quelques heures. Et après ? Tu seras toi aussi seul. Tu n’auras plus rien. Si tu veux tuer mon père alors vas-y. Après tout à cause de lui il y a des millions de morts. Mais je.. »

    La porte s’ouvre à nouveau mais là c’est Marc. Avec ce que je lui ai dis, il a décidé de s’occuper de l’affaire seul. Lui aussi a une arme et il la pointe vers Ben. Ayant encore l’arme du sac en main, je la relève et tout se fait en une fraction de secondes. Je tire, il tire. Marc reçoit une balle en plein thorax mais il a eu le réflexe de tirer vers moi pour se protéger. Je reçois une balle dans le ventre. Je reste debout et je tire à nouveau sur Marc car il est encore assez réactif pour retenter de viser ben. Cette fois-ci il ne pourra plus s’en sortir puisque la seconde balle se loge dans son crâne. Par contre une alarme se met en route à cause des coups de feu et moi je fini par tomber à genoux.

    « – Il va.. se transformer.. Vas t’en !! Ton frère.. ton frère doit partir.. vas avec lui.. et laisse moi me transformer aussi.. si tu veux vraiment t’en prendre à mon père.. »

  106. Avatar de M.
    M.

    « – Je t’ai menti. Mais pas sur ça. Pas sur toi. Pas sûr.. sur nous. »

    Ce sont les derniers mots que j’entend avant de sombrer dans l’inconscience. Je crois que je n’ai jamais autant été blessé et dans les nuages que depuis ces derniers mois. La douleur est aussi un aspect plus vigoureux de cette vie dans le monde apocalyptique que mon père à créer. Heureusement que je suis restée inconsciente assez longtemps pour ne pas ressentir le trajet jusqu’à la base ni même lorsque le chirurgien de l’armée a retiré la balle qui était logé dans mon ventre. Si pour moi cela n’a paru qu’être un simple instant dans les nuages, pour Ben cela a dû être plus compliqué puisque je suis resté dans mon mutisme pendant plusieurs jours. Trop de sang perdu et une convalescence qui a demandé un moment plus conséquent que lorsqu’il m’avait trouvé enchaînée à l’arbre.

    Au moins il a pu découvrir ce nouvel environnement qui nous accueille mais aussi certaines conséquences de notre évasion. Les hommes du gouvernement vont vouloir me récupérer c’est certain mais cette fois-ci nous ne sommes plus seuls car nous avons des alliés qui n’auraient pas dû être de notre côté. William et ses hommes ne veulent plus travailler pour le gouvernement puisqu’ils ont enfin eu la preuve que celui-ci était à l’origine de l’épidémie. Ils le savaient mais ils ne pouvaient pas le prouver alors que maintenant oui. C’est suffisant pour s’en aller mais cela ne veut pas dire qu’ils vont se séparer. Ils veulent rester un groupe soudé qui luttera non pas pour les hautes sphères mais pour leurs propres survis et celles des personnes qui voudront bien les suivre. Justement c’est ce que William vient confier à Ben. Dans un sens, il espère aussi le rallier à sa cause puisqu’il sait que son frère est l’un des meilleurs soldats qu’il a pu voir dans sa carrière.

    « – On peut lutter contre le gouvernement mais on peut aussi choisir de lutter pour nos vies. On sait comment ce virus fonctionne et comment on peut survivre. Qu’est ce qu’on attend pour créer un endroit où nous serons vraiment en sécurité ? N’est-ce pas ce que tu veux pour ta petite protégé ? Un endroit sûr ? Tant que nous sommes ici, elle sera encore traquée. Et toi aussi. »

    Il y a un peu d’utopie dans sa vision du futur mais c’est certainement pour se donner un nouveau but car il est difficile pour un soldat de vivre sans avoir des instructions à suivre. William paraît être beaucoup plus stable que Ben mais pourtant il est celui qui est le plus fragile des deux. Il ne sait que suivre les ordres et être le parfait petit soldat. Là, il a pris la décision de quitter ses supérieurs par bonne conscience mais il n’a pas les épaules pour être le bon leader, contrairement à Ben.

    Pour ma part, le réveil est difficile mais il arrive. Cela fait cinq jours que nous sommes sur cette base et j’ouvre les yeux. Je ne suis plus dans une chambre d’hôpital ou même dans une pièce blanche trop parfaite mais dans une simple tente de campement. Allongée à même le sol, je cherche un regard, une voix.. je veux trouver quelqu’un de vivant.

    « – Elle est réveillée ! »

    C’est la voix d’une fille. Celle-ci se rapproche de moi et elle se présente en tant qu’infirmière. Un homme se rapproche aussi et annonce être le médecin. Il se met à vérifier mon état et il demande à ce que les frères Miller soient mis au courant de mon réveil. Alors Ben est encore là.. je ne suis pas devenu un monstre infecté et il m’a emmené ailleurs. Est-ce que mon père vit encore ? J’ai des questions à lui poser et je m’agite, cependant le médecin m’ordonne de rester allongé.

    « – Vous êtes encore faible mademoiselle Miller.
    _ Mi..Miller.. ? Euh.. oui…
    _ Vous vous ne souvenez plus de qui vous êtes ? Nina Miller. Votre époux et votre beau frère vous ont amené à moi pour vous soigner. Vous avez été victime de personnes peu scrupuleuses qui voulaient voler vos affaires. »

    Époux ? Miller ? Oui, j’ai encore plus de questions mais ce médecin ne m’apportera rien de plus. Je dois attendre l’arrivée de Ben mais ce n’est pas immédiat puisqu’il est auprès de son frère, en train de discuter de ce qu’ils vont faire par la suite. William propose d’établir un vrai camp ou une vraie ville en Virginie car là bas, le temps est assez clément pour les récoltes et pour y vivre. Pourtant il sait que c’est aussi l’endroit où ils sont nés et où Ben avait bâtit sa vie auprès de sa famille. Est-ce qu’il acceptera ? La conversation est coupée par l’un des soldats qui prévient de mon réveil. Les deux frères cessent la discussion et ils arrivent à mon chevet. Quand ils entrent dans la tente, le médecin est en train de changer mon pansement et il m’explique que j’ai eu énormément de chance.

    « – Je vois que vous avez déjà eu une plaie par balle sur l’autre flanc.. Les gens sont devenus bien pire que les infectés. Ils tuent pour voler et survivre.
    _ Les hommes montrent leurs plus vilain visage quand ils sont dans une situation de danger.. »

    Dis-je en levant mon regard vers Ben. Je n’ai pas oublié ce qu’il y a eu. Je n’ai pas oublié son mensonge et sa trahison. Pourtant je ne lui ordonne pas de s’en aller. Il va falloir que l’on parle sérieusement quand je pourrais quitter cette tente.

    « – La Belle aux bois dormant est enfin réveillé ! Comment va t’elle ?, lance William au médecin
    _ Elle va encore avoir besoin de beaucoup de repos mais elle est vivante. Elle a eu de la chance que vous me l’ayez envoyé rapidement.
    _ On sera toujours au taquet pour ma petite Belle soeur. »

    William sourit finement et il donne une tape sur l’épaule de Ben pour qu’il se rapproche. C’est William qui a eu l’idée de me présenter comme l’épouse de Ben. Ainsi mon vrai nom est caché et je n’ai pas à dire qui est mon père. Je suis devenu l’ombre de Ben et de William Miller. Même si l’écart d’âge étonne tous ceux qui apprennent pour notre « mariage ».

    « – Je dois y retourner. On se retrouve tout à l’heure pour le repas. »

    Dit-il à son frère avant de nous laisser. Ben est silencieux et il hésite à avancer un peu plus. Le médecin aussi s’en va pour nous laisser un peu d’intimité. Il n’y a plus que nous deux sous cette tente et nos regards se fuient.

    « – Tu ne m’as pas laissé mourir.. alors que tu aurais pu.. ça aurait été la vengeance parfaite et surtout tu ne m’aurais plus sur les épaules.. pourquoi tu m’as sauvé Ben ? Je ne suis rien d’autre que la fille de l’homme qui t’a tout pris.. »

  107. Avatar de M.
    M.

    Est-ce qu’il dit la vérité ou est-ce qu’il essaye encore de me manipuler ? C’est vrai que ma confiance en lui s’est brisée mais je ne peux nier qu’il m’a sauvé. Il aurait pu m’abandonner à mon sort, d’autant plus qu’il doit certainement être cherché par les hommes du gouvernement. J’ai donc beaucoup de mal à répondre à ses mots même si je sens sa sincérité. Il cherche à se faire pardonner, à faire pénitence mais pour le moment je n’arrive pas à lui accorder mon pardon. Je sais qu’il va falloir du temps pour que ma confiance revienne. Je vais surtout devoir observer son comportement pour savoir s’il dit vrai ou non. J’ai trop été berné.. Lui, mon père.. et marc que je n’ai pas hésité à exécuter.. Ce souvenir me revient à l’esprit soudainement et je secoue la tête pour tenter de le chasser. J’avais déjà tué des infestés mais jamais quelqu’un de vivant. Moi aussi j’ai à présent du sang sur les mains et ma conscience en a pris un coup.

    “ – J’en veux au monde entier Ben.. pas qu’à toi. Tu.. tu t’es servi de moi mais qui ne l’a pas fait ? Qui ne l’aurait pas fait ? J’ai du sang sur les mains, dans ma conscience, dans mes veines.. J’aimerais tellement ne plus sentir cette culpabilité qui commence à me ronger.”

    Je ne parle pas que pour Marc mais pour tout ce qu’il se passe. Même pour la famille de Ben. Je n’ai rien fais mais je porte quand même le poids des monstruosités de mon père. Sans lui, je ne serais pas là mais sans lui, le monde ne serait pas ce qu’il est devenu. Ben serait encore avec son épouse, son fils.. Ma mère serait certainement encore vivante.. Les larmes me montent aux yeux et Ben casse la barrière qu’il s’est mise pour poser sa main sur la mienne.

    “ – Je n’ai plus que toi Ben.. Tu le sais ça ? Je.. n’ai plus que toi.. J’ai tout perdu moi aussi. Ne crois pas que je me soulage en me disant que mon père vit encore. Il.. Il ne mérite plus de vivre. Je.. je t’aurais laissé le tuer si Marc n’était pas arrivé. Et si tu ne l’avais pas fait, je l’aurais fait.”

    Ce réveil fait mal. La réalité reprend le dessus. Ce monde fait tellement mal que j’ai presque envie d’hurler sur Ben car il m’a sauvé la vie. Pourtant sa main serre la mienne et je sais qu’il ne compte pas m’abandonner. Malgré sa trahison, il ne m’a pas abandonné depuis qu’il m’a trouvé. Là encore, il est là et il se rapproche encore, si bien que j’arrive à nicher mon visage contre son torse.

    “ – Qu’est ce qu’il va se passer maintenant ? Nous n’avons plus rien et.. il n’y a plus rien à faire à part survivre.. On va encore traverser le pays ? Fuire ?”

    Je ne sais même pas où nous sommes à cet instant. Loin de mon père ? Encore proche ? Dans un autre pays ? Je sais juste qu’il fait très chaud puisque je suis en nage sous ma blouse d’hôpital. Ben est aussi en sueur.

    “ – Qu’est ce que l’on va devenir ?..”

  108. Avatar de M.
    M.

    “- Des survivants. C’est ce qu’on est. C’est ce qu’on restera.”

    Il ne passe pas par quatre chemins mais il a raison. Il n’y a plus de places pour les rêves idiots comme les études, les vacances, la belle maison au bord de la mer.. Il n’y a plus que la survie et savoir si on sera encore vivant demain. Je reste contre lui pour me cacher et aussi pour avoir un point ou m’ancrer. Cela fait peur de ne pas savoir ce qui va advenir mais il faut quand même garder la tête haute pour ne pas vriller maintenant.

    Le médecin militaire revient avec de quoi me faire manger et boire. Il me dit aussi que je vais devoir encore rester quelques jours dans cette tente, pour qu’il puisse s’assurer que je vais mieux. Je le remercie même si j’ai hâte de sortir de là. Je dis aussi à Ben de ne pas se soucier de moi, du moins je ne veux pas qu’il reste enfermé ici avec moi. Il va devenir autant fou que je vais le devenir. Certainement qu’il aura de quoi s’occuper en extérieur avec son frère.

    Le médecin me libère au bout de deux jours même s’il m’ordonne de ne pas faire de folies. Dans un sens, je sais que je ne pourrais pas en faire puisque j’ai dû mal à me déplacer. Cependant ça fait un bien fou de sortir de la tente et de sentir le vent ainsi que le soleil sur mon visage encore trop pâle. Je vois au loin Ben et William qui se rapprochent de moi. Ben m’offre un sourire ravi alors que William semble beaucoup plus fermé et sérieux. Ce camp est rempli de tentes et il n’y a presque que des militaires. Pourtant un peu plus loin il y a des familles qui ne demandent qu’à retrouver un endroit plus chaleureux pour élever leurs enfants. Quand les deux hommes arrivent à moi, j’ai le réflexe de me rapprocher de Ben, ce qui fait doucement rire son frère qui me voit comme une sorte de petite demoiselle en détresse.

    “ – Madame Miller.. Heureux de voir que tu vas mieux. Nous avons installés une tente pour toi et Ben, tu vas pouvoir y aller te reposer.
    _ Je me suis assez reposé.. Je préfère aider, si vous avez quelque chose pour moi.
    _ Aider à quoi ? Tu tiens à peine debout.
    _ Non ça va. Je dois juste me dégourdir les jambes.”

    Une sorte de tension s’installe entre william et moi car je sens qu’il me prend pour une moins que rien. Je n’aime pas ça mais lui ça ne semble pas le perturber.

    “ – Je dois retourner au poste de commandement pour qu’on continue de chercher après un endroit où s’établir. Ben, tu nous rejoins après ?”

    Ce n’est pas vraiment une question mais un ordre. William repart et je peste légèrement. J’ai moi aussi des grands frères et je sais à quel point ils sont chiants. Je me demande même s’ils sont encore vivants.. S’ils ont réussi à survivre. Ils sont nés de l’ancienne union de mon père mais ils vivent tous aux quatre coins des USA. J’en ai trois mais j’étais plus proche du plus âgé, Daniel. Ils vivaient à New-York et ils étaient un avocat réputés dans les affaires relevant des entreprises. On se voyait peu mais il m’appelait souvent pour savoir si j’allais bien.

    “ – Il a toujours été comme ça ? Il a une tête à claque.. Mais je crois que c’est commun aux frères et sœurs.”

    Je souris pour la première fois depuis un petit moment. Ben commence à nous amener vers cette tente qui sera la notre pour les jours et semaines à venir. C’est sommaire mais c’est assez bien pour dormir et être tranquille. Notre sac est déjà dedans et je retrouve surtout notre Thor que les soldats avaient gardé avec eux. Le chien me fait la fête mais moi aussi je suis heureuse de retrouver ce gros nounours.

    “ – Ohhh mais tu es là ! Mon gros patapouf ! Tu m’as manqué !”

    Le chien sautille autour de nous jusqu’à ce que Ben lui donne une friandise pour qu’il se calme. Je remarque qu’il n’y a pas que Thor en boule de poils dans cette tente.. Non, il y a une autre toute petite peluche qui est nichée sur notre lit. Je me rapproche et je vois que c’est un chaton roux. Il dort confortablement mais il se met à ronronner lorsque je glisse ma main sur son pelage.

    “ – Mais d’où vient ce petit bébé ? Thor n’a pas envie de le croquer ?”

    Au contraire, Thor se rapproche et il donne une grosse lèchette à son nouvel ami. Cet instant de douceur me fait encore sourire mais il est vite écarté par l’arrivée d’une femme qui est encore plus glaciale que William. Sergent Julianne O’Connell. C’est une collègue de Will et Ben. Ils se connaissent depuis le début de leurs arrivées dans l’armée et Julianne a été la petite amie des deux frères, jusqu’à ce que Ben trouve son épouse et que Will trouve une autre compagne. Elle n’a jamais montré sa déception de ne pas avoir réussi à garder l’un des deux frères Miller mais elle n’a jamais été très copine avec les compagnes des deux garçons. Cela aurait été parfait que Ben soit un cœur solitaire mais elle a eu une sacrée surprise en voyant qu’il avait une nouvelle “épouse” qui a plus de dix ans de moins que lui..

    “ – Ben, je te cherchais. Pourrais-tu m’aider à préparer les nouvelles tentes ? D’autres personnes doivent arriver dans la journée. Ils seront une trentaine.”

    Elle me regarde de bas en haut mais furtivement. Son air hautain je le connais plus que bien mais pour le moment je préfère ne pas m’attarder dessus. Même si étrangement j’ai l’impression d’avoir déjà vue cette femme.. Elle a travaillé avec mon père mais mes souvenirs sont encore trop déchiquetés pour que je puisse être certaine de moi.

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    M.

    Même s’il y a une énorme part de moi qui lui en veut toujours, savoir qu’il s’en va à nouveau ne me plaît pas. La dernière fois qu’il est parti quelques jours, son retour n’avait pas été des plus joyeux. Il essaye de me rassurer en disant que William sera présent mais William n’est pas Ben. Je sais bien que son frère ne va pas se préoccuper de moi. Cependant je n’ai pas le choix que d’accepter mais quand il s’éloigne vers l’entrée de la tente, j’ose revenir vers lui et je me met sur la pointe des pieds pour déposer un baiser contre sa joue.

    “ – Promets moi de faire attention Ben.. et de revenir.. Je n’hésiterais pas à partir vers le nord si tu ne reviens pas avant la fin de semaine..”

    Et ce n’est pas une blague, il doit s’en douter. Je le fixe intensément et finalement je cède à l’envie de déposer un baiser contre ses lèvres mais c’est furtif puisque William revient pour me demander de le suivre. Il m’a trouvé une activité pour le reste de la journée, je vais aller aider à faire le point sur le reste des vivres. C’est sur ce dernier baiser que je m’éloigne de Ben mais j’espère vraiment qu’il reviendra au plus vite. Je n’aime pas le savoir loin de moi.

    Cette séparation me force à ne pas être collé à lui et à devoir côtoyer d’autres personnes. Dans la tente qui sert d’entrepôt pour la nourriture, je rencontre d’autres gens. Des femmes, des hommes, des filles de mon âge. Celle qui gère l’endroit se nomme Mary et elle ressemble à la grand mère bienveillante que tout le monde aimerait avoir, pourtant elle a quand même un sacré répondant envers les personnes qui lui semblent impolies. William a le droit à sa remarque lorsqu’il tente de piquer une pomme. Je rencontre aussi Sophie, qui est une militaire mais aussi une mère de famille. Elle a réussi à amener les siens dans le camp pour les protéger. Elle connaît Ben, Will mais aussi Julianne. J’en apprend un peu plus sur ce trio et surtout sur cette grande blonde qui fait froid dans le dos.

    « – Julianne.. elle n’est pas très appréciée par les autres femmes de notre base. C’est le style de nana qui veut être parfaite et joue la méchante pour ne pas qu’on lui pique sa place de première. Mais bon, on a toutes finies par la laisser dans son coin pour éviter les drames.
    _ Et les Miller.. tu les connais bien ?
    _ Bien sûr, on a bossé ensemble sur plusieurs missions. Enfin j’ai surtout bossé avec William car nous étions affectés à l’aviation ensemble. Ben était beaucoup plus sur des missions terrestres. Tu es la jeune épouse de Ben non ? Les rumeurs vont vites dans le coin.. surtout quand cela parle d’une belle jeune demoiselle.
    _ Euh.. oui.. enfin.. on n’est pas vraiment marié.. juste.. compagnons..
    _ Tu n’as pas à te justifier auprès de moi ma jolie. En tout cas tu es bien tombé, Ben est quelqu’un de bien. Je me souviens qu’il était un bon époux et bon père.. Oh pardon.. je n’aurais pas dû..
    _ Ce n’est pas grave, ça ne me blesse pas. Je sais qu’il avait une famille et ce n’est pas un tabou pour moi.. »

    Sophie m’a beaucoup aidé durant la journée. Nous avons aussi beaucoup parlé et elle a même eu du mal à me quitter le soir venu. Je pense que cela lui fait autant de bien qu’à moi, de pouvoir discuter sans trop parler des infectés ou des morts. Je reviens donc dans la tente et j’y trouve mes deux compagnons poilus, cependant nous sommes rejoins par William un peu plus tard. J’en fronce les sourcils car il s’installe à côté de moi dans le lit, sans me demander s’il a le droit.

    « – Qu’est ce que tu fais ici ? Tu.. n’as pas de tente ?
    _ Je dois te surveiller ! Mon frère ne me fera aucun cadeau si sa petite protéger n’a eu ne serait-ce qu’une égratignure.
    _ Et c’est pour ça que tu viens dans le lit avec moi ?
    _ Oh ça va, je ne vais pas te sauter dessus ma petite ! Je reste juste là pour garder un œil et être certain que personne n’approche ta tente. Tu sais, il y a une centaine de militaires mâles sur ce camp.. J’aime mes camarades mais je n’ai pas confiance en tout le monde. »

    Je comprends ce qu’il veut dire et c’est pour cela que je ne lui ordonne pas de sortir. Ça me fait même repenser à cette soirée où Ben m’a trouvé attaché à l’arbre.. je raconte cette rencontre à William et il ne semble pas étonné. Que ce soit pour la réaction de son frère comme pour celle des autres soldats.

    « – Je ne cautionne pas du tout ce qu’ils font mais avec cette apocalypse, beaucoup pensent qu’ils ont tous les droits.. Tu as eu de la chance que Ben te cherchait.
    _ Oui, il me cherchait.. comme ces hommes. Ils me cherchaient tous parce que je suis la fille de Wesker..
    _ Tu n’as pas à porter les fautes de ton père.
    _ Pourtant je les porte.. et je risque de les porter à vie. Surtout quand je vois toutes les personnes mortes à cause de ce virus..
    _ Il n’a pas agi seul. Un homme seul n’aurait pas fait autant de dégâts . D’autres gens ont aussi travaillé sur ça. Des scientifiques, des hommes de mains, le gouvernement.. même moi et ben en quelque sorte car nous avons continuer de bosser pour le gouvernement donc finalement on a été mêlé malgré nos volontés. Tu ne dois pas t’en vouloir. Penses surtout à toi et à ta survie. »

    Nous finissons par nous endormir et une nouvelle journée arrive. Je repars aider Sophie ou alors William me trouve d’autres occupations. Parfois je vais aider le médecin militaire à l’infirmerie ou alors d’autres fois je me retrouve auprès des familles pour voir s’il n’y a pas besoin d’aides spécifiques.

    Chaque soir William me rejoint et on discute des heures avant de finir par s’endormir. Dehors, les rumeurs courent déjà que je couche avec les deux frères Miller. Surtout quand les autres remarquent que William a un sourire et une douceur encore jamais montrée en mon égard. Plus les jours passent et plus il se rapproche de moi. Pourtant pour ma part, je n’y vois qu’une complicité amicale. Je commence même à m’impatienter du départ de Ben. Cela fait quatre jours et il est toujours absent. Au cinquième jour, j’ai préparé un sac et je m’apprête à partir pour le nord comme je l’avais dis à Ben, cependant William me rattrape avant que je ne passe la grille du camp.

    « – Qu’est ce que tu fais Nina ?!
    _ Ben n’est toujours pas là !! On doit aller le retrouver !
    _ Il va arriver ! Il leurs faut plusieurs jours pour faire l’allée et le retour ! Mais toi tu ne pars pas ! Tu vas te faire tuer dès que tu sortiras d’ici !
    _ Je ne suis pas une jouvencelle en détresse ! Je sais me battre et survivre !!
    _ Parce que tu crois qu’il faut seulement se battre ?! Tu es idiote ! Il y a des milliers de raisons de mourir dehors ! Et je ne tiens pas à ce que tu meurs !! Je tiens à toi ! »

    Il attrape mon bras et me tire contre lui, si bien que je me retrouve contre son corps. Ça me paralyse un instant, surtout quand il fixe mes lèvres mais je me recule quand j’entend le moteur des voitures qui ramènent Ben et les autres soldats.

    « – Aller.. vas retrouver ton époux ! »

    Lâche William avec un ton remplis de jalousie et de regrets. Je bug pendant quelques secondes mais je me tourne et je vais vers les voitures qui se stoppent un peu plus loin.

  110. Avatar de M.
    M.

    Il n’est pas dans les voitures qui viennent de rentrer dans le camp. J’apprends que Ben est parti seul et qu’il compte revenir seul. Bien sûr, ça ne me plaît pas du tout et je suis déjà prête à faire mon sac pour aller le chercher. William essaye de me tempérer en me disant que Ben va revenir, qu’il doit certainement chercher une autre base mais est-ce que ça me calme réellement ? Non. Il réussit juste à me faire rester une journée de plus mais dès le lendemain je suis à nouveau prête pour partir. Est-ce que Ben l’a flairé ? Car lorsque je sors de la tente avec mon sac, il est là. Oui, il est bel et bien là. J’en fais tomber le sac au sol et je lui saute dessus comme la misère sur le monde. Tel un bébé singe accroché à sa mère, je m’agrippe à lui et je le serre contre moi, même si je peste contre lui.

    « – J’étais morte de peur !! Tu devais rentrer il y a deux jours Ben !! J’allais aller te chercher !! »

    Oui, j’ai peur de le perdre. J’ai peur qu’il puisse lui arriver quelque chose. Mon cœur bat à mille à l’heure alors que lui aussi se met à me serrer dans ses bras. Il me faut bien dix minutes pour que je me détache de lui mais je me met à regarder un peu partout sur son corps pour voir s’il n’a pas été blessé. C’est de là qu’il me raconte ce qu’il a trouvé et notamment ce peuple natif qui vit dans la forêt. Je suis surprise de l’apprendre mais pas forcément étonné que ce peuple réussisse à survivre. Ils sont bien plus disciplinés que l’on ne pourrait croire mais ils ont surtout une mentalité beaucoup plus communautaire que la plupart des américains. Ils vivent ensemble et ils se protègent ensemble.

    « – Ils sont bien plus doués que la plupart ne pensent.. Je connaissais une famille d’amérindiens et j’ai même été plusieurs fois dans leurs réserves. C’était près de Seattle, là où l’un de mes frères vit. J’avais été fasciné par la façon dont ils sont très proches les uns des autres. C’est ce qui fait leurs forces. »

    Pour ma part, je lui raconte ce que j’ai fait pour m’occuper. J’ai aidé là où je pouvais et je lui dis avoir fait la connaissance de Sophie. J’évite de lui dire que William a dormi chaque soir avec moi. Même si nous n’avons que parlé et que je suis resté assez éloigné de will, j’ai quand même ce léger sentiment que ce n’est pas bien. Alors je me tais et je propose à Ben d’aller vers la tente qui sert de cantine pour qu’il puisse aller manger un bout.

    On se pose à une table mais on ne reste pas seul bien longtemps car William vient s’installer à côté de moi alors que je suis face à Ben. Il a aussi pris de quoi manger et il ne parle pas, ce qui m’étonne puisque son frère est de retour. Ce silence entre les deux devient même presque gênant.

    « – Oh, je ne t’ai pas dis mais j’ai commencé un atelier scolaire avec les enfants du camp. Comme ça ils ne restent pas sans rien faire et moi ça m’occupe aussi !
    _ Nina la maîtresse d’école.. Je crois qu’on aurait tous aimé avoir une maîtresse comme ça, pas vrai Ben ? »

    Rétorque Will avec un sourire presque défiant. Je fronce légèrement mes sourcils et je ne préfère pas répliquer pour éviter que ça ne monte en tension. J’attend que Ben finisse son assiette pour me lever mais Will glisse sa main sur mon poignet.

    « – Tu viens toujours ce soir pour la soirée d’anniversaire de Jim ? Il va juste faire un feu et on a trouvé quelques bières mais ça va être cool. En plus il t’aime bien. Il dit que tu es le petit roquet du camp. »

    Je me retire de sa poigne mais j’hoche la tête positivement puisque j’avais dis que je viendrais si je ne partais pas retrouver Ben. Will semble ravis et il quitte la table avant nous. Ben semble troublé, tendu mais je me rapproche de lui pour ne pas qu’il s’inquiète de quoi que ce soit.

    « – Je crois que je me suis fais une réputation ici… c’est vrai que j’ai beaucoup râlé.. Parce que tu ne revenais pas et aussi parce que parfois je galérais à faire des missions qu’on m’avait donné.. »

    Je ne suis pas encore entièrement remise de cette balle qui m’a traversé. Je suis encore lente et fatigué mais je me refuse à rester au repos. J’ai besoin de me sentir utile. Lorsque Ben est debout, nous allons faire un tour dans le camp pour qu’il puisse voir ce qui a changé. Nous sommes une communauté d’une centaine de personnes à présent et chacun essaye de mettre sa pierre à l’édifice, ce qui n’est pas plus mal. Nous terminons notre balade vers le petit lac car c’est là bas que l’on va tous se débarbouiller. Nous n’avons pas encore de structure pour se laver correctement. Je laisse donc Ben aller se donner un coup d’eau sur le corps mais cela n’est pas sans me rappeler notre baignade dans le désert. Nous nous étions laisser aller dans un jeu qui aurait pu nous faire faire des folies dans l’eau. Je reste pensive jusqu’à ce qu’il me jette un peu d’eau pour me ramener à la réalité.

    « – Eeeeh.. tu veux que je te jette aussi de l’eau ? Fais attention, tu sais que je vais gagner cette bataille. »

    J’étire un fin sourire et je m’apprête à lui jeter de l’eau mais je me fais surprendre par William qui s’approche derrière. Il vient me soulever et il me jette dans l’eau dans le but de m’embêter ou de jouer. J’en lâche un hurlement et quand je refais surface, je lui jette un regard noir mais je viens surtout lui lancer un maximum d’eau pour me venger. Il s’en amuse et réplique, si bien qu’au lieu de jouer avec Ben, le voilà en train de noyer son frère mais il vient m’aider. Nous gagnons à deux puisque William repart quand il voit qu’il ne gagnera pas.

    Nous revenons à la tente avec Ben, totalement mouillé et dans un silence bien lourd. Je sais que l’arrivée de William a été inattendu et surtout que ce n’est certainement pas normal qu’il soit bien trop souvent auprès de moi. Après, il est vrai que je ne le connais pas assez pour savoir comment il agit dans la vie de tous les jours. Peut-être qu’il est plus sociable que Ben.. En tout cas, je n’ose pas en parler avec Ben. Nous gardons notre silence lorsque nous changeons de vêtements. Il est de dos à moi et je vois qu’il a quand même quelques égratignures. Il a dû tomber ou quelque chose du genre durant son absence. Je me rapproche pour voir si je dois les nettoyer ou non mais elles se cicatrisent déjà. Par contre, sa peau frissonne au contact de mes doigts.

    « – Je n’ai pas envie d’aller à la fête de Jim.. Je veux passer ma soirée avec toi. Je crois.. Qu’on a assez donné depuis toutes ces semaines et on a pas eu le droit de se poser un peu, alors c’est l’occasion non ?”

    Il est toujours de dos quand je me glisse contre lui. Ma joue s’impose contre son dos et mes mains autour de sa taille. Je suis une toute petite chose à côté de lui, je m’en rend bien compte. Il est grand, musclé, légèrement abîmé par les années dans l’armée mais il semble si solide et fort. Il finit par se retourner pour me faire face et je sens ses yeux s’abattre sur moi. Son regard est fatigué mais doux. Son sourire est léger mais sincère. Son coeur bat un peu plus vite. Il n’a toujours pas parlé mais je ne lui laisse pas l’opportunité car mes lèvres viennent se poser sur les siennes. C’est un baiser chaste, tendre mais un baiser dont j’avais besoin. Malgré les coups, cette trahison, la douleur.. J’aime cet homme.

    “ – Je.. ne t’en veux pas Ben. Sache le. Je n’arrives pas à t’en vouloir. J’arrive même à te comprendre.”

    Dis-je sincèrement alors que nos visages s’éloignent un peu. Je tenais à lui dire ces mots pour qu’il n’ait plus de poids sur ses épaules. Il n’a pas à se maudire d’avoir voulu venger sa famille au détriment de la mienne. Après tout, c’est la mienne qui est en faute.

    “ – Embrasses moi.. Aimes moi.. comme si ce soir était notre dernière nuit à deux..”

  111. Avatar de M.
    M.

    Il me repousse. Il ne veut pas rester avec moi ce soir. Il veut que j’aille à cette fichue fête au lieu d’être auprès de lui. Je me sens vexé et blessé car depuis des jours j’attendais son retour avec impatience mais il me repousse.. Sans un mot, j’attrape des vêtements que l’on m’a donné et je m’habille rapidement pour quitter cette tente. Je n’ai même pas le courage de lui râler dessus, je préfère partir plutôt que d’envenimer les choses.

    Il y a du monde à cette petite fête. Je crois que les gens ont besoin de penser à autre chose que l’apocalypse et cette fête en est une bonne excuse. William vient rapidement vers moi et il me tend une bière. Je sais que je ne sais pas tenir l’alcool car j’en ai jamais bu mais je ne refuse pas. Après tout, rien ni personne n’a plus d’ordres à me donner. Alors je bois cette bière et j’écoute William qui me raconte un peu sa vie. Elle est bien différente de celle de Ben. Il a quatre ans de moins et il n’a jamais été marié ni père. Il préférait être libre. Ils sont presque opposés quand je l’entend parler et pourtant à mes yeux, ils sont beaucoup plus proches qu’ils ne le pensent. Ils sont tous les deux des hommes d’honneur et qui n’ont pas peur de se battre. Durant les quelques jours avec William, j’ai vu qu’il était aussi un garçon qui savait tenir une promesse et qu’il se donnait entièrement dans une mission puisqu’il m’a surveillé, protégé et soigné comme Ben lui avait demandé. Pourtant il n’est pas Ben. J’ai beau l’observer et l’écouter, je ne suis pas attiré par lui physiquement ou sentimentalement. Je le vois plus comme un grand frère avec qui je ris bien mais ça, il ne doit pas le capter et Ben encore moins.

    C’est après la quatrième bière que la fête prend une autre tournure. Je ne comprends pas ce qu’il se passe. William se rapproche de moi et pose sa main sur ma joue mais il n’a le temps de rien car Ben surgit comme un lion prêt à faire un carnage. J’en fais tomber ma bière au sol et je me recule, cependant Ben attrape mon poignet pour m’éloigner de son frère. Mon esprit est embrouillé avec l’alcool qui fait son effet et ce qu’il vient de se passer. Je ne peux que le suivre et je compte bien le confronter mais il ne me laisse pas le temps d’en placer une. Il m’hurle dessus. Il me dit des mots blessants. Et puis je me retrouve contre cet arbre, prise en assaut par ses lèvres et ses mains. Il me soulève pour que mes cuisses entourent sa taille et il me dévore de caresses comme si cela lui était vital. Je sens son entrejambe se durcir, ses lèvres descendre sur ma poitrine, sa main glisser entre mes cuisses. J’en lâche un gémissement de surprise et j’ai envie de lui hurler de continuer mais j’arrive à me faire offense. Non. Je ne suis pas sa chose ni celle de William. Je ne suis pas qu’une petite poupée que l’on manipule à sa guise. J’arrive à attraper son poignet pour le stopper et mon regard délaisse le désir pour devenir deux snipers prêts à tirer.

    « – Non !! Tu n’as pas le droit de me traiter ainsi et ensuite de me vouloir !! Tu m’as repoussé, tu m’as jugé sans même savoir ce que je pense et tu viens de me comparer à une traînée qui est prête à se taper deux frères !! »

    Il me relâche et se recule. Je sens qu’il prend la mesure de mes mots et qu’il commence à s’en vouloir mais je n’ai pas encore fini de lui dire ce que j’ai sur le cœur.

    « – Je t’ai attendu pendant presque une semaine !! J’ai essayé de m’occuper pour ne pas courir hors de ce camp pour te retrouver !! Tu crois que je n’ai pas vu que ton frère voulait se rapprocher de moi ?! Mais en aucun moment je ne lui ai laissé le plaisir d’être plus proche qu’un simple ami parce que ce n’est pas lui que j’aime ! Mais toi, au lieu de voir à quel point j’ai besoin de toi et à quel point je tiens à toi, tu préfères me rejeter et me jeter la pierre sans aucune raison !! »

    Il fait un pas vers moi mais je le repousse. Des larmes de colère viennent obscurcir mon visage. Je lui en veux à nouveau. J’ai cette sensation d’en vouloir à la terre entière et ça depuis ce que j’ai appris sur mon père ou même Ben mais là, ça revient comme une vague que j’aurais préféré éviter.

    « – Si tu as une dent contre frère alors très bien mais je ne veux pas être l’objet de votre conflit !! Et surtout je t’interdis de dire que je suis le genre de fille qui jouerait sur les deux tableaux ! Je ne suis pas une putain ! Je ne suis pas votre poupée ! Je ne suis pas votre souffre douleur !! Alors allez vous faire foutre et trouvez vous une nouvelle marionnette à vous déchirer !”

    Je le repousse encore mais cette fois-ci pour partir de là. Je veux retourner à la tente bien qu’il se mette à me suivre et qu’il tente de m’arrêter. Je ne lui laisse pas cette chance et je lui hurle de ne pas entrer dans la tente. Tel un vieux couple qui se dispute, je lui ordonne de trouver un autre endroit pour dormir ce soir. Je ne veux plus le voir. Ni lui, ni will, ni personne. J’aimerais tellement ne plus rien ressentir, surtout cette colère qui monte beaucoup trop depuis ce qu’il s’est passé à la base de mon père. Cette sensation commence à me noircir et je ne sais pas comment contrôler cette envie de détruire tout ce qu’il y a autour de moi.

    Je reste avec Thor et le chaton durant cette nuit. Je n’arrive pas à fermer l’œil puisque je rumine, je pleure, je râle, je suis entièrement déboussolé. La scène de Ben et Will a déjà fait le tour du camp, tout le monde est au courant. Au petit matin, alors que je ne suis pas encore sorti de la tente, Sophie décide d’aller voir si je vais bien à la place des deux frères Miller. Elle leur demande même de rester en retrait. Elle se doute que je n’ai sûrement pas envie d’être confronté à eux alors c’est elle qui se dévoue à venir vers moi. Cependant à sa grande surprise et surtout à sa grande panique, je ne suis plus dans la tente. Il n’y a plus Thor ni le chaton. Il n’y a plus le sac ni mes vêtements. Elle essaye de voir si j’ai laissé un mot ou une piste mais rien. C’est comme si je m’étais éclipsé par magie. Elle ne tarde pas à ressortir pour aller prévenir que j’ai pris la fuite. Il est clair qu’en dehors de ce camp, mon temps est compté.

    “ – Elle n’a pas pu disparaître sans que personne ne la voit ! Peut-être que quelqu’un l’a aidé ! Ce n’est pas possible autrement ! Le camp est surveillé nuit et jour !”

    Lance Sophie envers les deux frères. Et elle n’a pas tord. Pour sortir d’ici, il faut passer la grille d’entrée. Durant la nuit, c’est Doug qui devait surveiller la grille mais lorsqu’on lui demande, il dit avoir permuté sa nuit de garde avec Julianne. C’est Julianne qui m’a laissé sortir. Elle assume totalement son geste lorsque les Miller arrivent face à elle.

    “ – Elle m’a dit qu’elle ne voulait plus rester ici alors pourquoi je l’aurais retenue ? C’est une bouche en moins à nourrir. De toute façon elle était en train de créer des problèmes avec vous deux. Nous avons besoin de soldats en forme et pas des hommes tiraillés à cause d’une petite minette qui ne sait pas avec qui coucher.”

    Des mots crus, un regard froid mais cela l’arrange que je ne sois plus là. Je suis une sorte d’obstacle dans son envie de se rapprocher de Ben ou de Will.

    “ – Réveillez vous les garçons. Vous allez vraiment vous battre ou alors sortir pour retrouver cette nana ? Elle n’est rien et elle est même certainement déjà morte. On sait très bien qu’il y a des hordes à quelques kilomètres d’ici. Je viens tout simplement de vous retirer une épine du pied. Vous n’aurez plus besoin de la surveiller, la protéger ou de vous disputer pour elle. Remerciez moi.”

    Heureusement, elle n’a pas raison sur mon sort. Je ne suis pas morte. Thor sait repérer les hordes, puisque son ancienne maîtresse lui a appris. Il nous éloigne des infectés et moi je nous guide vers ce camp d’amérindiens dont Ben m’a parlé. Je ne sais pas s’ils m’accepteront mais c’est le seul endroit qui semble être sécurisé dans le coin. Je pourrais négocier pour rester quelques jours ou pour savoir s’ils connaissent d’autres camps. Je suis parti sans vraiment être certaine de moi mais il fallait que je parte car même si Julianne a été cru dans ses paroles, elle n’a pas tord. Je suis un problème dans la vie des Miller et encore plus dans celle de Ben. Il a perdu sa famille à cause de mon père, il a mis sa vie en danger pour moi, il va finir par se disputer avec son frère et je sais que ma présence perturbe ses pensées. Je dois m’éloigner. Je dois lui laisser une chance de vivre sans être tourmenté.

    Ayant plusieurs heures d’avance sur eux et surtout le rappel des conseils de Ben, j’arrive à me faufiler sans être une proie. J’évite aussi de laisser des traces derrière moi. Mon égo tient à prouver que je ne suis pas qu’une petite chose sans défense.

  112. Avatar de M.
    M.

    J’ai marché en évitant de prendre des pauses. Non pas par peur d’être rattrapé par Ben ou William mais par peur d’être approché par des infectés. Je ne suis pas seule, j’ai Thor et le chaton avec moi. Je ne tiens pas à ce qu’ils soient blessés. Je me met à avancer le plus vite possible cependant tout n’est pas aussi simple que je l’aurais souhaité. Le temps n’est pas avec moi et la fatigue se fait sentir, ainsi que la faim. Quand je faisais route avec Ben, tout était bien plus facile car il faisait attention à moi mais là je ne peux compter que sur moi. Ce n’est pas la même chose, c’est beaucoup plus éreintant. Et puis dans cette fuite, je repense à ce qu’il s’est passé avec Ben. J’ai l’impression de vivre une rupture horrible.. Mon cœur me fait mal. Il n’a pas vu tous les signes que j’ai lancé. Il n’a pas capté qu’il n’était pas qu’un compagnon de route.

    C’est au bout de trois jours que je commence à être vraiment à bout de souffle. J’ai besoin de me poser mais c’est risqué. Si je le fais, je peux être surprise par des morts vivants. Cependant si je ne le fais pas, je ne vais plus pouvoir continuer à avancer bien longtemps. Alors j’ose le faire mais ma présence est ressenti et plusieurs infectés se rapprochent. Thor se met à grogner méchamment et il se poste devant moi. Je sors l’arme du sac et j’ordonne à Thor de me suivre pour s’éloigner de là. C’est à ce moment que je perd mon foulard. On court et c’est là que ce vieil homme sort de la forêt pour s’occuper des infectés qui me suivent. Avec une arc, il réussit à tous les tuer en quelques minutes. Cet homme est précis et surtout d’un calme olympien. Lorsqu’il a terminé, il me fait signe de le suivre et nous arrivons dans une petite clairière où il y a un petit feu qui crépite.

    « – Tu ne devrais pas te balader seule ! C’est très dangereux dehors. Pourquoi tu es seule ?
    _ Je ne suis pas seule.. j’ai mes animaux..
    _ Tu es seule petite femme. Viens ici pour te réchauffer et manger. »

    Il m’invite à me poser près du feu et il met une sorte de brochette avec de la viande à chauffer. Thor n’hésite pas un instant à aller vers la douce odeur de la viande qui grille et le chaton se met à miauler de faim. J’accepte timidement l’invitation mais surtout je le remercie d’avoir tué les infectés.

    « – Tu as fuis quelque chose ou quelqu’un. Aucune personne ne traîne seule par les temps qui courent.
    _ Vous êtes seul aussi..
    _ Non, je ne suis pas seul. Nous sommes plusieurs à veiller autour de notre réserve pour éloigner les monstres.
    _ Mais vous êtes seul à veiller sur cet endroit précis.. c’est aussi dangereux. »

    Il lâche un rire car il comprend que je suis têtu et que je ne tiens pas à me montrer faible. Il retire la brochette du feu pour me la donner et bien sûr j’accepte sans rechigner car j’ai faim. Je partage avec Thor et le chaton alors que l’homme se met à m’expliquer qu’il a dû apprendre à reconnaître l’arrivée des infectées mais aussi comment les éloigner. Les amérindiens se fient à la nature et à leurs instincts pour survivre.

    « – Tu viens du camp de l’homme blond ? Celui qui a marchandé avec notre cheffe Matoaka ?
    _ Hm.. oui.. Je viens de ce camp.
    _ Il y en a d’autres qui vont arriver ici ?
    _ Non je suis seule. Les autres sont encore au camp et ils ne viendront pas, si c’est ce qui vous fait peur. Je devais juste m’éloigner de là-bas..
    _ Quelqu’un t’a fait du mal ?
    _ En quelque sorte.. Mais c’est surtout moi qui était le problème. Je crois que ce nouveau monde comme l’ancien, n’ont pas de place pour moi. »

    Il ne dit rien car il sent la tristesse qui pèse dans ma phrase. Il me laisse manger et quand j’ai terminé, il me montre le camp qui est non loin de nous. Il me dit que je vais pouvoir y aller pour me reposer mais son regard se détourne rapidement. Je me tourne pour voir ce qu’il observe et là, je le vois.. Ben. Il est à quelques mètres, caché dans la broussaille végétale. Je sens l’adrénaline remontée et je ne sais pas si je dois le remercier d’être ici ou au contraire, lui hurler de s’en aller.

    “ – J’suis venu te chercher.”

    C’est ce qu’il dit en se rapprochant très lentement. Thor se redresse pour aller vers lui et moi aussi je me redresse mais je secoue la tête négativement.

    “ – Non.. Non je ne veux pas retourner avec vous.. “

    L’amérindien se relève aussi et il pose sa main sur mon épaule. Il murmure qu’il va nous laisser seuls mais qu’il garde un œil sur moi. En effet, il part plus loin et je me retrouve seule face à Ben qui semble vraiment coupable. Il ne cherche pas à me brusquer ni à trop se rapprocher, ce qui n’est pas plus mal.

    “ – Tu aurais dû rester là-bas.. Et te concentrer sur toi, ton frère. Julianne a raison, je suis une erreur dans ton parcours. Tu aurais mieux fait de tuer mon père et de me laisser aussi mourir Ben.”

  113. Avatar de M.
    M.

    Il est là. Il est à quelques mètres et il essaye de ne pas me brusquer. Il me parle pour s’expliquer mais je ne peux me retenir de froncer les sourcils car même s’il m’avoue à demi-mot qu’il m’aime, il me repousse aussi dans ses phrases. C’est ce qu’il se passe depuis quelques semaines, il fait tout comme quelqu’un qui m’aime et pourtant dès qu’il le peut, il me rejette. Il dit ne pas avoir le droit de m’aimer mais il oublie tout le temps que moi aussi j’ai des sentiments. Que je n’ai pas sa vision des choses et que mon cœur se fissure de plus en plus à force d’être abîmé par la vie mais aussi l’amour. J’aime cet homme, c’est indéniable mais je n’ai plus la force d’être encore brisée. J’ai bien trop subi de douleurs ces derniers temps et je sais qu’une dernière tempête pourrait vraiment m’achever.

    “ – Arrête ! Arrête.. de dire que tu n’as pas le droit ou alors que tu vas t’effondrer parce que tu vas oser m’aimer. Arrête de dire que tu vas me perdre ou que tu as peur de tout. Tu crois que j’ai pas peur moi ? Tu crois que je ne souffre pas non plus ? Pourtant la seule chose qui réussit à me maintenir debout c’est toi.. C’est ce que je ressens pour toi. Cependant j’ai mal Ben ! J’en peux plus d’être repoussé.. d’être celle qui reçoit le plus de coups.. Je sais que le monde qui nous entoure n’est pas forcément l’idéal pour vivre un amour serein mais je m’en fiche. J’ai peur aussi de te perdre, j’ai peur aussi de l’avenir mais je n’ai pas peur de te dire que je t’aime et que j’ai besoin de toi auprès de moi. Qu’importe l’âge ou je ne sais quoi. Je suis plus forte grâce à toi mais est-ce que tu le comprends ? Est-ce que tu vois que tu n’es pas seul dans cette situation ? Que moi aussi je suis dans ce sac de sentiments ?”

    Il s’est rapproché. Il n’y a plus qu’un petit mètre qui nous sépare. Ses yeux sont embués par les larmes qui veulent s’échapper mais qu’il retient de toutes ses forces. Il est vulnérable mais il a toujours les mains tendues vers moi. Il veut me mettre en sécurité mais sait-il que le seul endroit où je me sens en sécurité c’est avec lui ? Je fais un léger pas vers lui, prête à encore lui laisser une chance mais un bruit en arrière me fait stopper net. Quelqu’un approche et ce n’est pas l’amérindien qui m’a accueillis mais une femme. Une amérindienne qui doit certainement avoir l’âge de Ben mais qui dégage une prestance presque fascinante. Elle fixe Ben et lui offre un sourire, j’en déduis assez vite que ça doit être Matoaka, la cheffe dont il m’a parlé. La femme se rapproche de moi et elle pose une main contre mon épaule.

    “- Allez dans le camp, le soleil va bientôt décliner. Vous aurez plus de sûreté pour discuter là-bas qu’ici.”

    Elle nous fait signe de la suivre vers cette fameuse réserve dont Ben m’a parlé. Un endroit où les hommes ont réussi à s’accommoder à ce nouveau monde mais où la fraternité et la nature priment. Il y a énormément d’amérindiens mais aussi d’autres personnes de tous horizons. Des blancs, des asiatiques, des noirs.. Ici il ne semble pas avoir de couleurs de peau qui comptent et c’est agréable à voir. Cependant nous sommes tout de même épiés lorsque nous entrons avec Ben. Les regards se tournent vers nous afin de nous juger ou plutôt tenter de voir si nous sommes de bonnes personnes ou non. Matoaka nous mène vers un tipi qu’elle a en disposition pour les personnes de passage.

    “ – Vous pouvez rester cette nuit ici. Nous discuterons demain si vous le voulez bien, surtout toi jeune demoiselle. Je n’aime pas voir la tristesse sur un aussi beau visage.”

    Elle m’offre un sourire doux.. rassurant.. Le même que pouvait me donner ma mère. J’hoche la tête et je la remercie. Matoaka se tourne ensuite vers Ben. Il a été bon avec elle et sa communauté puisqu’il les a aidé à mieux cartographier les alentours. Grâce à cela, ils ont pu trouver de nouvelles affaires pour la réserve.

    “ – Je ne pensais pas vous revoir aussi rapidement Ben mais c’est toujours un honneur de vous rencontrer. Mon instinct disait vrai, vous êtes un homme de confiance et votre aide nous a permis de récupérer de précieuses choses. Nous avons réussi à rapatrier des machines médicales qui pourront être d’une immense aide ici. Si jamais cela vous avez encore des endroits à nous exposer, je serais ravi de traiter avec vous. Vous pouvez même prétendre à avoir votre place ici, dans notre réserve, avec votre compagne si l’envie vous dit.”

    Pendant un instant je la regarde en coin car elle dit “ compagne” en ne sachant pas qui je suis. Ou alors Ben s’est-il confié à elle la dernière fois ? La cheffe ouvre le tipi pour que nous puissions nous y installer et elle nous prévient qu’elle reviendra avec quelques vivres pour que l’on puisse manger. Elle repart et je me retrouve dans cette tente traditionnelle qui a tout de même son confort. Deux couches au sol, une lampe, des couvertures et des vêtements de rechange. Je m’avance un peu mais je me tourne à nouveau vers Ben car notre conversation a été mise en pause.

    “ – Qu’est ce que tu attends de moi Ben ? Je.. j’ai besoin que tu cesses de jouer sur deux tableaux. Je ne veux plus me torturer l’esprit à savoir si je dois t’aimer ou protéger mon coeur de toi.. Est-ce que tu veux de moi dans ta vie ou non ? Est-ce que je dois m’éloigner ou me rapprocher ? Est-ce que je dois t’aimer ou te détester ?”

    Mes mains tremblent légèrement et mes yeux picotent. Il est temps d’avoir cette conversation sans filtre. Il n’y a pas William ni qui que ce soit pour intervenir. Il n’a pas non plus le moyen de fuir la conversation car nous sommes sur un terrain que l’on ne connaît pas. Je me désarme devant lui pour qu’il comprenne que c’est maintenant ou jamais. Pour cela, c’est à mon tour d’ouvrir les bras et les mains, comme il l’a fait quelques instants avant dans la clairière.

    « – J’ai besoin de savoir.. Je veux savoir ce que tu veux, ce que tu attends de moi. Je ne veux plus être dans l’attente ou les doutes. C’est invivable, surtout dans un monde où tout est fait pour nous faire douter.. J’ai.. j’ai besoin d’un point d’ancrage aussi et je sais que c’est toi. Pourtant il faut que tu me dises si je dois me fier à toi ou si tu comptes m’abandonner.. »

  114. Avatar de M.
    M.

    Je voulais qu’il s’exprime et qu’il me choisisse. Je voulais qu’il cesse de me repousser. Oui, je le souhaitais plus que tout mais il a frappé encore plus fort. Je ne savais pas qu’elle aurait été son choix mais il s’est mis à genoux devant moi pour me demander de l’épouser. Je ne sais pas si je réalise vraiment ce qu’il se passe. Il est encore à genoux devant moi et il attend une réponse mais je suis tellement surprise que je n’arrive pas à parler. Ma bouche forme un petit « o » et mes yeux sont grands ouverts. Cette attente doit le rendre fou mais je crois qu’il ne se doute pas qu’il vient de complètement chambouler mon esprit.

    « – Wow.. je.. wow.. »

    Ses mains tremblent de plus en plus dans les miennes. Il vient de se mettre à nu et je n’ai toujours pas su répliquer. Au moins il pourra se vanter de m’avoir clouer le bec en sachant que cela n’est pas une chose facile. Je finie quand même par m’abaisser et je me met à genoux devant lui, pour lui faire face mais surtout pour lui montrer que nous sommes à la même hauteur. Lui avec ses failles, ses doutes, ses peurs et moi avec les miennes. Mais il y a aussi nous deux avec des sentiments qui n’ont fait que grandir et qui ne peuvent plus se cacher.

    « – J’accepte. Je veux bien devenir ta femme même si je dois avouer que j’ai toujours dis que jamais je ne me marierais mais tu dois être une exception.. »

    Je sens que ses épaules s’abaissent, il respire de nouveau. Il doit se sentir plus léger ou alors est-ce moi qui me sent plus légère ? Il n’y a plus de doutes sur ce qu’il veut et surtout sur ses sentiments. Je lui reprochais de me repousser mais il vient de me prouver que ça ne sera plus le cas. Il vient de s’offrir à moi.

    « – Et cesse de dire que je mérite mieux que toi.. Tu te rabaisses à cause de tes blessures mais tu ne peux pas imaginer à quel point tu es parfait à mes yeux Ben. Ce n’est pas d’un prince charmant dont j’ai besoin mais de toi. Toi avec tes cicatrices mais aussi toi avec ta force, ton courage, ton sourire, ta douceur.. Tu crois que tu n’es qu’une coquille vide qui semble insensible mais non. Je sais que tu l’as toujours plus ou moins caché depuis que tu m’as trouvé mais tu es la plus belle âme que j’ai pu rencontrer en dix huit ans de vie ici. Et ce n’est pas parce que tu m’as sauvé plusieurs fois. Il n’y a pas qu’un hero derrière ton visage mais il y a aussi cet homme attentif, protecteur, intelligent et d’une sensibilité brute.. C’est tout ça que j’aime chez toi. Je ne m’attendais pas à développer des sentiments dans ce nouveau monde apocalyptique mais pourtant tu es arrivé.. »

    Je lâche l’une de ses mains pour poser la mienne sur sa joue. Mes mots sont comme des vœux pour cet étrange mariage sans prêtre ou témoins mais est-ce qu’on a besoin de ça ? Tout comme je ne peux pas lui faire des vœux d’avenir puisque je ne sais pas comment sera fait demain mais il est indéniable que je l’aime. Je tiens à rester auprès de lui et ça malgré toutes les difficultés qui arriveront encore.

    Je me rapproche un peu plus de lui pour pouvoir embrasser ses lèvres mais la cheffe toussote en extérieur de la tente. Elle est revenue avec quelques plats mais elle nous a surtout entendus. Je prend la nourriture qu’elle nous tend mais je remarque surtout son sourire mi-attendri mi-amusé. Je crois qu’il n’est plus commun de voir ce genre de scène où les gens souhaitent se marier ou s’aimer.

    “ – Si vous y tenez, je peux officier votre mariage.. Pas comme une pasteur mais comme dans la tradition de mon peuple.
    _ Oh.. euh.. Oui.. Oui si vous le souhaitez. Mais j’espère qu’il ne faut pas de robe blanche ni toute votre communauté.. Quelque chose de simple et rapide ça serait parfait..”

    La cheffe se met à rire face à ma requête mais elle hoche la tête. Elle nous demande de la rejoindre un peu plus tard, lorsque la nuit sera tombée car il faut qu’un feu sacré soit allumé pour pouvoir nous unir. Matoaka est toute excitée à l’idée de ce mariage, bien plus que Ben et moi. Du moins, nous sommes heureux mais pas autant enjoués que l’amérindienne. Je le vois dans son regard quand je reviens auprès de lui. Il semble être résilié comme je le suis aussi.

    “ – Je n’ai pas osé lui dire non.. Mais dans un sens ça donnera un peu plus de symbolique à cette union.. On se mariera auprès des grands esprits, de la nature et on fumera un calumet de la paix à la fin.”

    Dis-je avec taquinerie tout en lui donnant la nourriture pour qu’il puisse se remplir le ventre car je doute qu’il a mangé depuis son départ de l’autre camp. Thor reste à coté de lui pour lui quémander quelques morceaux mais aussi ce chaton qui n’a toujours pas de nom mais dont je suis tombé en amour. La nuit ne tarde pas à tomber mais avant de faire ce fameux mariage amérindien, Matoaka me fait demander. Elle envoie l’une de ses cousines me chercher et lorsque je la retrouve près de sa maison en bois, elle vient me donner une robe malgré ce que je lui avais dis. C’est une robe blanche, assez simple et fine mais il faut croire que cela lui tient à cœur que je la mette. Son regard brillant ne laisse aucune place à l’opposition.

    “ – C’était ma robe de mariage.. Malgré l’apocalypse, je l’ai toujours dans mon placard. Je pense qu’elle t’ira à merveille.
    _ Oh.. vous êtes marié ? Votre époux est-il.. Encore ici ?
    _ Oui, je suis mariée et mon époux a disparu.. Hm..
    _ Je suis vraiment désolé.. tellement désolé..Vous ne savez pas où il est ? S’il est encore.. en vie ?
    _ Je sens qu’il est encore vivant. Je le sens dans mes tripes mais un océan nous sépare. Juste avant l’épidémie, il était parti en voyage d’affaires vers l’Angleterre mais les lignes de transports ont brutalement été stoppées et depuis je n’ai plus de nouvelles. J’ai essayé de trouver n’importe quel moyen pour pouvoir l’entendre, le voir mais tout est coupé..
    _ Vous savez, Ben faisait partie de l’armée et dans notre camp il y a beaucoup de hauts gradés.. Je pourrais peut-être essayé de me renseigner pour savoir si quelqu’un aurait un moyen de communication ou alors peut-être un moyen d’aller là-bas..
    _ C’est vrai ? Tu crois que c’est possible ?
    _ Je vais tout faire pour que ce soit possible.
    _ Si tu réussis, je crois que je te serais infiniment redevable..”

    Elle retient ses larmes mais elle reprend en prestance quand deux petites têtes viennent vers nous. Un petit garçon qui doit avoir cinq ou six ans mais aussi une toute petite demoiselle qui marche à peine. Matoaka me donne la robe et elle se penche pour prendre la plus petite alors que le garçonnet se cache derrière les jambes de sa mère. Il a des yeux d’un bleu éclatant et je comprends surtout que ce sont des enfants nées d’une union métissée. Ils ont les traits amérindiens mais aussi un air européen assez marqué.

    “ – Henry n’a même pas vu notre Sora naître.. J’étais enceinte de quelques semaines lorsqu’il est parti. Cela va faire presque deux ans que je vis sans savoir.. Mais je dois me battre pour mes petits. Je tiens à ce qu’ils puissent vivre sans avoir peur et dans un environnement qui leurs permettra d’avoir un semblant de belle vie..
    _ Je comprends.. Je vais m’occuper de retrouver votre époux. Ou au moins de savoir ce qu’il s’est passé. Vous, vous allez continuer de veiller sur ces deux beaux enfants.. et votre communauté.”

    Je ne sais pas dans quoi je m’engage mais cette femme m’inspire et me donne l’envie de l’aider. J’ai peut-être aussi ce syndrome du super héro à cause de ce qu’a fait mon père.. mais qu’importe, je compte m’investir dans ce projet. Matoaka finit par m’inviter à entrer chez elle pour que je puisse enfiler cette robe et elle vient aussi me coiffer. Les cheveux détachés, quelques tresses et un léger maquillage.. Face au miroir, je suis émue. Déjà parce qu’il y a bien trop longtemps que je n’avais pas pris soin de moi et puis parce que j’imagine ma mère a coté de moi. Elle aurait dû être présente pour un moment aussi important mais non. C’est Matoaka que je vois dans le reflet même si je me fais rapidement rejoindre par ce petit Kisos qui attrape ma main.

    “ – Tu vas être mon amoureuse à moi ?
    _ Tu veux que je devienne ton amoureuse ? Tu vas devoir d’abord demander à Ben s’il veut bien céder sa place alors.”

    Après un fou rire et un thé, me voilà en chemin vers ce fameux feu sacré. Matoaka a tout de même respecté le fait qu’il n’y aura personne d’autre qu’elle, moi et Ben. Enfin, il y a aussi son frère qui a mis une tenue traditionnelle tout comme elle en a mis une aussi. Ben est là. Il semble me chercher du regard et on finit par se croiser. Je rougis parce que c’est la première fois que je me montre dans ce genre de vêtements. Pour une fois il n’a pas une survivante face à lui mais une jeune femme qui a fait un petit effort pour ses doux yeux.

  115. Avatar de M.
    M.

    Tout cela était magique. Ce feu, les mots de Matoaka mais surtout Ben, ainsi que ses promesses. Il laisse encore tomber la barrière qu’il avait mis autour de lui pour se livrer et se donner à moi. Il se libère enfin de ce masque qu’il portait pour se cacher. Depuis notre rencontre, il a toujours évité de dire ce qu’il ressentait ou ce qu’il pensait mais là, il me dit tout. J’en suis émue, si bien que je ne peux retenir des larmes lorsqu’il termine de dire ses vœux. Matoaka termine ce mariage improvisé et je n’attend plus pour sauter au cou de celui que je peux appeler mon époux. Oui, mon époux.. C’est quelque chose que je ne réalise pas encore mais on vient de se lier pour le meilleur comme pour le pire. Il est surtout devenu ma famille. Ma seule et unique famille.

    Ce calumet m’a bien fait rire car je ne pensais pas que Matoaka disait vrai mais oui, on a eu le droit d’y goûter. Je ne sais pas ce qu’il y avait dedans mais ça m’a quand même fait légèrement tourner la tête. Cela ne m’a pas empêché de partager un verre de vin avec Ben ni même de rejoindre notre tente. Dans la logique des choses, il serait normal que cette journée finisse par une nuit de noces mais j’ai quand même un éclair de lucidité. Bien que je rêve de ne faire qu’une avec Ben, je me souviens de ses peurs et je crois qu’elles sont devenues aussi les miennes en voyant les enfants de Sophie ou même ceux de Matoaka. Je ne veux pas tomber enceinte ni donner la vie dans ce monde incertain. Nous n’avons rien pour nous protéger alors pour ce soir, je lui exprime mon envie de rester sage.

    “ – Je trouverais un moyen de t’offrir une nuit que tu ne risques pas d’oublier de si tôt mais je préfère éviter de nous mettre en danger ce soir.. Tu as raison, je ne dois pas tomber enceinte. Je pense que ce monde est trop dangereux pour nous alors il le serait encore plus pour un enfant.. J’espère que tu ne m’en voudras pas de te faire un peu attendre, mon époux..”

    Mes yeux doux et mon sourire ont raison de lui, bien que même si je ne veux pas que nous allions très loin, cela ne veut pas dire que je ne veux pas dormir contre lui ou ressentir ses mains sur moi. Je lui laisse même l’honneur de retirer cette robe blanche que je n’aurais pas porté bien longtemps. Lui aussi m’offre ce plaisant moment de lui retirer ses vêtements et il n’en faut pas plus pour que nous tombions sur ce matelas de fortune pour s’embrasser et se caresser.

    Une nuit douce. Une nuit où je ne ressens pas la douleur, la peur ou la colère. J’ai même un immense sourire au réveil, lorsqu’il se met à embrasser mon visage. Lorsque j’ouvre les yeux, il est là, face à moi et il a aussi un sourire qui me fait déjà fondre sur place. Je crois que je ne l’avais encore jamais vu ainsi. Enfin, avec un éclat nouveau dans les yeux, un soupçon de bonheur. En même temps, avec ce qu’il a vécu, il n’avait plus une pointe de bonheur en lui mais je compte y remédier du mieux que je le pourrais. Je ne peux pas effacer sa vie, son passé mais je peux lui offrir un avenir un peu plus doux. C’est mon objectif même si j’en ai aussi un autre qui m’attend à l’extérieur. Je n’ai pas encore parlé à Ben de ma promesse faite à Matoaka et je pense qu’il va grimacer car c’est une mission assez conséquente mais je sais qu’il ne refusera pas. Déjà parce qu’il aime les défis et l’aventure mais aussi parce qu’il sait ce qu’est d’être séparé de sa famille.

    “ – Peut-être qu’on peut trouver un moyen d’aller vers Londres ou d’avoir un contact sur Londres.. Les armées doivent se parler entre elles non ?”

    Nous avons la chance d’avoir beaucoup de monde dans notre camp qui fait partie de l’armée mais il va falloir y retourner. Là-bas il y aura encore cette peste de Julianne mais il va y avoir aussi William. J’ai compris qu’il s’était attaché à moi. Je ne le captais pas quand j’étais encore sur le camp mais en m’éloignant et en repensant à tout ce qu’il s’était passé, j’ai pu mettre des mots sur les événements. William s’est entiché de moi, tout comme son frère et là, nous allons rentrer là-bas en annonçant être marié. J’ai peur que William le prenne très mal et qu’il s’en prend à Ben.

    “ – Je dois te dire quelque chose.. Je suppose que tu t’en doutes mais je crois que ton frère.. s’est entiché de moi. Je n’ai rien fais pour mais.. oui.. et je ne veux pas que cela vous brouille.. On devrait peut-être ne pas dire pour notre mariage ? Même si je compte faire comprendre à William qu’il n’aura aucune chance avec moi. Qu’en penses tu ?”

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    M.

    Ben réagit à mes mots concernant William et je m’en veux. Il a raison, je ne devrais pas cacher notre relation ni notre mariage mais j’ai cette peur que son frère lui tourne le dos. Même si je suis devenu la famille de Ben, il a encore cette chance d’avoir son frère et ça me fendrait le cœur qu’ils finissent par s’éloigner. Pourtant je comprend aussi qu’il ne veuille pas nous cacher. Je sais que si j’étais à sa place, je me ficherais bien de l’avis de mon frère ou ma sœur.. Alors j’accepte. J’accepte ce qu’il me dit et je m’apprête à m’excuser d’avoir oser dire ce que j’ai dis mais Ben ne me laisse pas ce temps puisqu’il vient m’embrasser tandis que sa main glisse entre mes cuisses. Un gémissement sort de ma bouche quand il enfonce ses doigts en moi et quand il me demande si je veux qu’il arrête, je secoue vivement la tête négativement.

    « – Non.. continue.. »

    Dis-je d’une voix presque plaintive. Je pose même mes mains autour de son poignet pour lui faire comprendre que je veux qu’il ne se stoppe pas mais Ben aime bien me taquiner, me faire impatienter. Il est lent dans ses caresses mais il sait comment faire pour que le plaisir grimpe rapidement. Ses lèvres se déplacent sur mon corps encore nu et il trouve chaque endroits sensibles comme s’il connaissait mon corps depuis toujours. Je me cambre et surtout je mord mes lèvres pour faire le moins de bruit possible car il doit certainement y avoir des gens non loin mais c’est difficile d’être silencieuse lorsqu’on est délicieusement malmené par un homme aussi sexy.

    « – Oh.. mon dieu.. oui.. continu.. encore.. »

    Lui aussi est encore nu et je vois qu’il est tout autant excité que moi. J’arrive à faire en sorte qu’il se retrouve au dessus de moi pour pouvoir moi aussi m’occuper de lui. Ma main glisse entre nous et elle saisit son membre durcit. À son tour il gémit et tressaille, ce qui me satisfait encore plus. On se complète parfaitement dans ce jeu de séduction et de désir, si bien que l’intensité augmente rapidement. J’arrive à le faire basculer pour me retrouver assise sur ses cuisses et l’un comme l’autre on ressent ce besoin d’aller encore plus loin mais comme durant la nuit, on doit se contenter de ces caresses tant qu’on aura pas une sécurité anti-bébé.

    À l’extérieur de la tente, heureusement personne nous entend mais Matoaka accueille un nouveau venu qui n’a pas su obéir à son frère plus de trois jours. William est là et il exige de savoir si je suis présente. Matoaka ne comprend pas pourquoi il semble si tendu et elle tente de le calmer mais William se met déjà à parcourir la réserve, si bien qu’il rend les amérindiens encore plus tendus que lui.

    « – Ben devait la récupérer et ils ne sont pas revenus au camp !
    _ Ils sont ici.. ils doivent certainement encore dormir. Je vais aller les chercher.
    _ Non, menez moi à eux ! »

    Matoaka n’accepte pas cette façon d’être et elle s’apprête à demander aux autres hommes de sortir William d’ici. Au même moment, nous sortons du tipi avec Ben. Nos airs sont encore groggy par ce qu’il vient de se passer et Ben boutonne sa chemise tout en s’amusant à embrasser mon visage. Cette scène fait pâlir William. Il cesse de parler et il nous fixe comme s’il venait de tomber sur la pire des visions.

    « – Ils sont là. Mais je vous interdis d’aller les embêter. Ils sont mes invités.
    _ Vos invités.. c’est un bordel ici ? Tous vos invités baisent dans vos tipis ?
    _ Ils sont mariés ! Ils font ce qu’ils veulent et cela ne nous regarde pas !!
    _ Mariés ?! Ah ouais.. quelle surprise. Je vais aller féliciter les mariés alors. »

    Willlam avance vers nous et on le capte enfin. Ben à le reflex de se mettre devant moi pour me protéger mais je décide de le contourner pour être à côté de lui. Comme il me l’a demandé, je n’ai pas à être cachée et moi aussi je dois faire face à la colère de William.

    « – Alors c’est ça ?! En fait vous avez quitté le camp pour aller sois disant vous marier et baiser ?!
    _ De quoi je me mêle William ?? Et tu n’as pas à nous parler ainsi ! Oui on s’est marié avec Ben et le reste ne te regarde pas.
    _ Ça ne me regarde pas ?! Pourtant quand Ben s’est barré avec Julianne, tu étais bien contente que je m’occupe de toi ! C’est lui qui veillé sur toi ?! Non c’était moi ! Pendant que lui était certainement en train de se taper Julianne ! Tu ne sais pas que mon frère adorait se la fourrer quand nous étions en mission ? »

    La tension monte et je sais que Ben va finir par craquer. Je glisse ma main dans la sienne même si les mots de William me font mal. Il essaye sûrement de me retourner contre Ben en évoquant Julianne. Cependant j’ai aussi mal au cœur pour lui car je sens qu’il est blessé. Il agit comme un homme amoureux.

    « – C’est Ben que j’aime et ça bien avant que je n’apprenne ton existence William ! Tu m’as peut être protégé pendant quelques jours mais je n’ai rien fait pour te draguer ou je ne sais quoi. Mes intentions ont toujours été les mêmes et c’est Ben que j’attendais. Tu le sais. Je crois que j’ai assez parlé de lui pour que ce soit évident non ?
    _ Ben.. toujours Ben. Rita disait la même chose. Regarde aujourd’hui, elle est morte. Tu as pas choisis le frère qui sait le mieux protéger celle qu’il aime. »

    C’est violent. Cette fois ci je n’arrive pas à stopper ben. Il se jette sur son frère et des amérindiens arrivent pour les séparer. Matoaka est choquée par ce qu’elle voit mais elle vient tout de même auprès de moi pour m’épauler. Les larmes me montent aux yeux mais je file vers Ben qui a le nez en sang. Les amérindiens amènent William hors de la réserve mais on l’entend hurler des insultes à l’encontre de son frère mais aussi de moi. Ben est encore au sol et j’éponge son nez du mieux que je le peux.

    « – Laisse le.. il est en colère et il ne va pas se calmer avant un petit moment. Je ne veux pas que tu te bats encore avec lui.. Nous on va rester ici d’accord ? »

    Je pense un instant à ce que William a dit. Est-ce qu’il a aussi aimé Rita ? J’ai l’impression qu’il y a une rivalité entre les deux depuis toujours. William se sent le grand perdant de ce mauvais jeu. Après, il est totalement différent de son frère. Il est beaucoup plus enjoué mais il y a une part de lui qui fait peur. Durant le départ de Ben, j’ai parfois eu la sensation que William me suivait et m’observait en cachette. Je ne l’ai pas dis à Ben pour ne pas qu’il s’énerve contre son frère.

    « – Je pense que l’on peut rester un peu plus ici.. à la réserve. De toute façon, ils n’ont pas besoin de nous au camp. On trouvera un autre moyen pour retrouver l’époux de Matoaka. Mais ici, personne ne voudra nous séparer ni nous faire du mal.. »

    Même si cela veut dire que Ben restera éloigné de son frère, je pense qu’il est mieux que l’on reste dans cette réserve. Matoaka nous y a invité et on y vivra certainement mieux car personne ne nous connaît et personne n’a de raisons de nous en vouloir ici. En plus cette réserve est quand même beaucoup plus équipée que le camp et il y a une hiérarchie ainsi que des règles qui font que la vie y sera beaucoup plus sûre.

  117. Avatar de M.
    M.

    L’altercation de ce matin m’a attristé et même si devant Ben je garde le sourire, je me sens mal pour lui, pour William. Pourtant je dois penser à ma vie et celle de Ben à présent donc il faut que je passe outre cette dispute. Je dois aussi commencer à m’intégrer à ce nouvel environnement qui va devenir notre nouveau foyer. Je ne connais personne à part Matoaka et ses enfants donc il faut que j’aille vers les autres. Je profite que Matoaka parle avec Ben pour aller vers des femmes qui préparent le repas et je leurs demande si je peux les aider. Elles m’accueillent avec plaisir mais il y a aussi ce petit filou de Kisos qui vient me rejoindre. Il s’installe sur mes cuisses et il m’aide à éplucher des carottes. Enfin, il se plait aussi à me raconter sa vie ici, dans ce monde qui pour lui n’est pas nouveau. Il n’a rien connu de l’ancien ou presque pas donc sa vision des choses est bien différente de nous, les anciens.

    “ – Ma’ va tuer les méchants monstres et Duda aussi mais il est loin..
    _ Je suis certaine que ton papa reviendra bientôt.
    _ Vi mais là c’est moi qui doit protéger Ma’ et Sora.. Pis toi parce que je t’aime bien !”

    Il me fait craquer ce petit homme mais mon regard pétille lorsque mon grand homme revient vers nous. Matoaka lui a parlé de Londres et d’un possible départ là-bas. Il est clair que je ne laisserais pas Ben y aller seul et il s’en doute puisqu’il me dit que nous irons ensemble. Cela me rassure et quand Kisos quitte mes cuisses, je me tourne légèrement pour mieux voir le visage de Ben. Son nez est encore abimé mais il a retrouvé un sourire qui me fait déjà fondre.

    “ – On ira là-bas ensemble. On ne traverse plus de tempête sans être à deux.. D’accord ?”

    Là où il ira, j’irai. Et puis je pense qu’il a assez vu à quel point je suis combative et surtout hargneuse pour ne pas me laisser dévorer par les infectés. Il a encore beaucoup à m’apprendre pour que je sache totalement me défendre mais j’ai déjà hâte d’être à ces cours de combat. Cependant pour le moment nous sommes loin de cette perspective de self-défense puisqu’il glisse dans ma poche un paquet de préservatif. Cela me fait automatiquement sourire en coin puisqu’il a été beaucoup plus rapide que moi.

    “ – J’ose espérer que tu es en forme alors.. car tu risques de ne pas dormir de la nuit.”

    Cette fois je reprends un air bien sérieux et je lui claque un baiser sur sa joue avant de me remettre correctement pour finir d’éplucher les légumes qui sont devant moi. Matoaka a souhaité que toute la communauté puisse manger ensemble le soir et c’est pour cela qu’il y a un mont de provisions à préparer. Le temps que je finisse ce que j’ai à faire, Ben se fait approcher par Nashoba qui lui propose de venir voir ce qu’ils ont comme outils pour chasser ou pêcher. Il y a aussi du bétail dans une grange et ils doivent construire quelque chose de plus grand pour tenter d’avoir plus d’animaux. On ne dirait pas que c’est immense à cause des immenses arbres mais la réserve est grande. Elle l’est assez pour que Matoaka puisse nous offrir une parcelle vide où elle propose que nous construisions notre propre chalet car un tipi c’est bien mais rien ne vaut quelque chose de plus solide. C’est après le repas qu’elle nous mène à la parcelle et nous avons un accès direct sur le lac en milieu de réserve. La place est parfaite. Ni trop proche, ni trop loin des autres.

    Quand elle repart, nous ne sommes plus que deux et nous faisons face à ce lac qui est éclairé par la lune. Il n’y a pas de bruit si ce n’est celui de la nature et je ressens un apaisement que je n’avais pas eu depuis trop longtemps. Ce petit bout de terre va être notre foyer. Il faut encore le construire mais c’est quelque chose de concret et de bénéfique. On n’aura plus besoin de marcher des milliers de kilomètres pour se sentir à la maison.

    “ – Je crois que je ne me suis jamais vraiment senti chez moi.. Même quand il n’y avait pas ce virus. Chez ma mère, je me sentais souvent de trop ou pas à ma place.. Mais là, je sens que je suis là où je dois être. Bon, il manque encore le petit chalet mais il me semble que tu avais dis être un bon bricoleur non ?”

    Dis-je avec une pointe d’amusement, tout en me nichant contre lui. Ce chalet on le construira à deux et le reste de notre vie aussi. Nous ne sommes plus deux personnes qui s’accompagnent mais un duo indissociable. Justement, je compte bien lui montrer à quel point nous sommes liés et je n’attend pas que nous soyons dans le tipi puisque je le pousse lentement vers un coin à l’abris des regards indiscrets. Nos lèvres commencent à se taquiner, se mordiller et quand il se retrouve contre un arbre, je glisse ma main dans son pantalon pour qu’il comprenne mes intentions. Il n’y a pas le temps pour les cachotteries, nous avons été déjà plusieurs fois frustrés.

    “ – Tu m’as promis de m’époumoner.. Tu dois tenir ta promesse..”

    Je sors ce paquet qu’il a mis dans ma poche pour le glisser dans sa main. Joueuse et séductrice, je me recule de lui en retirant mon tshirt que je jette au sol. Je retire aussi mon pantalon et mes chaussures. Le lac étant derrière moi, j’y vais à reculons pour garder un oeil sur cet époux qui semble sans voix.

    “ – Mais avant ça tu dois m’attraper..”

  118. Avatar de M.
    M.

    Il a mordu à l’hameçon et ça a été le plus beau moment de ma vie. Perdu dans notre bulle, plus rien ne comptait à part nous et nos sentiments. Il y aurait pu avoir des bombardements, des infestés, des choses horribles, plus rien n’avait d’importance. J’étais à lui et il était à moi. J’étais sienne, il était mien.

    J’avais déjà couché avec des hommes mais jamais encore je n’avais ressenti ce que j’ai ressenti durant cette nuit avec lui. Je me sentais aimé, désiré, protégé. Il ne pensait pas qu’à lui, il pensait à nous. Il m’embrassait et me caressait comme si j’étais le trésor de sa vie. Il cherchait à ce que chacun de ses gestes restent gravés dans ma mémoire et il a réussi. Je n’oublie pas une seule seconde cette nuit où nous avons fait l’amour pour la première fois. Cela ne s’est pas arrêté à une fois, nous avons vidé le paquet que Ben avait obtenu mais après tout nous n’avons qu’une vie alors autant en profiter. Entre deux moments de folies, il y avait les moments où nous nous observions avec des sourires presque niais. Est-ce ça le paradis ? Est-ce que je l’ai touché durant quelques heures ? Oui, j’y ai goûté et il a décidé de nous offrir un cadeau spécifique pour ne pas oublier ce moment, cependant nous sommes à plusieurs semaines d’apprendre son existence. Dans le creux de mon ventre s’est logé un petit pois malgré nos précautions. On a tout fait pour ne pas que ça arrive mais ce petit pois hargneux en a décidé autrement. Il s’accroche à moi pour montrer que ce monde n’est pas que la mort mais aussi la vie.

    Il se passe quelques jours depuis cette nuit torride et nous avons commencé à construire notre petit chalet. Ben a aussi commencé à se renseigner pour ce voyage à Londres. Il devrait partir pour l’autre camp mais j’avoue que je n’ai pas envie qu’il y aille seul depuis qu’il s’est disputé avec William. J’ai peur qu’une nouvelle bagarre éclate entre eux. Matoaka a demandé à Nashoba et d’autres hommes d’y aller avec Ben, afin de pouvoir me rassurer et aussi protéger Ben. Je n’ai pas eu le choix que de finalement accepter et aussi de promettre de rester ici, à la réserve. Ben ne veut pas que j’aille au camp et cela a failli créer notre première dispute de jeunes mariés mais Matoaka est venue tempérer les esprits.

    “ – Il a raison, tu devrais rester ici. Il ne sera pas seule et toi non plus. En plus j’ai des petites choses à te proposer. J’ai compris que mes deux enfants étaient fous de toi.. Crois-tu que tu pourrais me les garder pendant quelques jours ? Je dois aller dans le nord avec un groupe. Ils ont repéré des anciens magasins et dispensaires qu’on pourrait fouiller. Je veux bien y aller mais pas sans savoir que mes petits sont bien protégés. Je sais que toi tu sauras les mettre à l’abri et bien t’en occuper.”

    Elle sait que je ne peux pas refuser. Est-ce qu’elle est de mèche avec Ben pour ne pas que je puisse râler ? J’accepte sa demande mais avant d’aller jouer la nounou d’enfer, je veux profiter des bras de mon époux avant son départ qui aura lieu demain matin.

    Notre tipi a été déplacé sur notre terrain, à côté de notre futur chalet et face à ce lac qui a connu notre première nuit d’amour. Ben a préparé un petit feu de camp et nous avons Thor pour accompagner notre soirée puisque le chaton nous a été séquestré par les enfants de Matoaka. Ils ne veulent plus le quitter et je n’ai pas eu le cœur à refuser.

    Assise contre Ben, j’observe le feu crépitant. J’essaye de ne pas me faire des scénarios catastrophes mais c’est difficile d’être positive en sachant où il va.

    “ – Tu me promets que s’il t’attaque, tu t’éloignes hein ? Tu ne vas voir que personnes qui pourront te donner des informations pour l’époux de Matoaka.. Oh et tu restes loin de cette peste de Julianne aussi. Elle est vraiment mauvaise.”

    Oui, elle est mauvaise et puis j’ai quand même cette légère pointe de jalousie à cause des paroles de William. Je comprend mieux le comportement de Julianne envers moi, elle voulait m’éloigner de Ben tout comme William.

    “ – En contrepartie, je resterais bien ici. De toute façon, je dois garder les enfants de Matoaka. Elle a de la chance que j’ai des heures de baby sittings dans les bras. Je connais un peu ce genre de diablotins même si l’idée d’en avoir un me rendrait folle. Je crois que ça n’a jamais été instinctif chez moi, ni même une envie.. Il y a des milliers de femmes qui rêvent d’être mère mais pas moi. Pourtant j’adore les enfants mais l’idée de mettre un enfant au monde et surtout un bout de moi, ça me répugne.”

    Dis-je sans aucune barrière à Ben. Il a été père et il sait ce qu’est d’avoir un enfant mais il doit savoir ce que je ressens vis à vis de cela. Je n’ai pas d’instinct maternel, du moins c’est ma fervente pensée. Je n’arrive pas à concevoir cela. Même avant la pandémie, j’étais horrifié par l’idée d’être un jour mère. J’en avais parlé avec ma propre mère et elle s’en amusait car elle pensait la même chose à mon âge. Elle se disait que jamais elle ne serait mère et puis je suis arrivé dans sa vie.

    La soirée ne reste pas bloquée sur ce sujet houleux puisque nous parlons de ce chalet que nous sommes en train de construire. Il y a les premières fondations. Nous aurons les pièces dont nous avons besoin ainsi qu’un petit coin pour construire un potager. On s’est mis au défis de ramasser tous les livres que nous trouverons en route pour garnir notre futur bibliothèque et Ben m’a promis que nous aurons une baignoire. Moi je lui ai promis que je lui préparerai de sublimes petits plats quand nous aurons terminé la petite cuisine. Ces esquisses d’avenirs donnent de l’espoir et font travailler l’imagination. On en oublie le reste encore une fois. Pas d’infectés ni de combats. Juste nous et notre foyer.

    “ – Je pense peut-être savoir comment aider ici.. Je veux dire, pas qu’en cuisine. A l’autre camp je donnais des cours aux enfants, peut-être qu’ici je pourrais faire pareil. Cela serait mon moyen de contribuer à leurs éducations. Matoaka m’avait parlé de dispensaire mais avec ce que nous avons vécu dans l’autre ville, je n’ai plus le cœur à jouer les infirmières. En parlant de ça, j’espère qu’ici il n’y a pas de dingue qui souhaite aussi que l’on devienne tous des infectés..”

    Avec ce que nous avons vécu, on peut tout envisager mais pour le moment, cette réserve n’a rien montré d’étrange. Les gens sont respectueux et ils sont solidaires. Encore ce soir nous en avons une preuve puisqu’une femme vient nous apporter des tasses de thés et quelques petits biscuits. Nous nous sommes assez vite intégrés et je crois même avoir entendu que beaucoup aimerait que Ben devienne une sorte de Shérif pour cette réserve. Certes, il y a d’autres hommes qui pourraient postuler mais il n’y a que Ben qui a travaillé dans des forces spéciales. Il connaît les rouages de la sécurité et de la protection mieux que quiconque.

    Au matin, il m’est difficile de sourire. Je sais qu’il va partir dans une petite heure et c’est ce qui fait que j’ai un air de boudeuse professionnelle. J’ai ma tête de petit roquet, prêt à aboyer et ça amuse Ben. Il me taquine et me titille, cependant il a le droit de se prendre une légère ronflante et encore des conditions pour ce petit voyage.

    “ – Pas de bagarres hein ! Et tu fais attention à toi ! Oh.. et tu te reposes si besoin mais tu fais attention quand même. Prends thor ! Il sait détecter les infectés. Et n’oublie pas de mettre plusieurs armes dans ton sac.”

    Une vraie maman poule.. Ou une future maman poule ? Pour le moment, il n’y a encore aucun signe ni même aucun doute. C’est encore trop tôt pour quoi que ce soit. J’ai surtout peur pour Ben mais ça, c’est quelque chose qui sera une sensation éternelle. Aimer c’est aussi avoir peur de perdre la personne que l’on chérit le plus au monde.

  119. Avatar de M.
    M.

    Il est parti. Non sans avoir encore des conditions à respecter et un énorme baiser. J’aurais préféré être auprès de lui mais je me dois d’être redevable envers Matoaka donc je suis ici mais pas seule. Deux petites têtes brunes sont ma compagnie pour les prochains jours. L’intrépide Kisos et la timide Sora. Ils ne sont pas si chiants que je ne l’aurai cru. Ils sont respectueux et curieux. Nous allons quand même vers les autres familles pour ne pas rester confiné dans notre coin et grâce à eux, je m’intègre encore plus aux gens de cette réserve. Le soir, je profite qu’ils s’endorment tôt pour écrire dans ce journal que Ben m’a offert. Je lui raconte mes journées, mes pensées, mes sentiments.

    « Jour 1 :
    J’ai hésité à écrire car ça fait très longtemps que je ne me suis pas consigné dans un journal mais je me dis que ça ne peut pas me faire de mal et puis tu auras un peu de lecture lorsque j’aurais bien envie de te rendre ce journal.

    Depuis ton départ j’ai été rejoins par les petits de Matoaka. Kisos est un intrépide petit homme. Il est fascinant car il n’a pas peur de ce monde contrairement à toi ou moi. Il est née avec cet environnement et il s’y adapte mieux que nous. Il n’a que cinq ans mais il sait déjà tellement de choses que je me sens presque bête à côté de lui. Sora est beaucoup plus timide et calme mais elle est encore petite. Elle préfère rester dans mes bras et jouer avec mes cheveux plutôt que de courir avec son grand frère.

    Ça m’a fait bizarre de jouer la nounou mais ça m’a aussi remis un peu dans une ambiance plus « normale ». Il n’y avait pas d’armes ou d’infestés. Il y avait des enfants, des rires et des jeux. J’aurais quand même préféré être avec toi car ça m’angoisse de ne pas savoir où tu es ou alors si tu n’es pas en danger. Je sais que tu es un homme fort et que tu n’as pas vraiment besoin de moi pour te protéger mais c’est plus fort que moi. J’ai l’impression que lorsque je suis avec toi, rien ne peut me faire tomber. Je pourrais déplacer des montagnes pour toi.

    Jour 2 :
    Aujourd’hui il a fait du beau temps, même trop chaud. C’était suffoquant et j’ai eu une pensée pour toi où Matoaka car vous avez dû subir cette chaleur aussi. J’espère que tu as bien pris plusieurs bouteilles d’eau.

    Avec les enfants nous avons été nous baigner dans le lac. Ça leurs a fait du bien et à moi aussi. J’avais l’impression que j’allais me dessécher. Certaines femmes de la réserve m’ont appris quelques astuces pour apprendre à supporter les grosses chaleurs. Les amérindiens n’ont pas forcément la Clim alors ils usent de la nature pour se rafraîchir. J’aime bien leurs façons d’enseigner et surtout de vivre avec cette nature qui nous entoure.

    Tu m’as encore beaucoup manqué. J’angoisse encore et toujours. Tu ne seras là que dans quelques jours et cela paraît être une éternité. Vivement que tu reviennes. Vivement que je puisse te prendre dans mes bras. »

    J’écris chaque jour. Je lui raconte les choses même les plus insignifiantes. Il se passe sept jours avant qu’il ne revienne. J’aurais du l’attendre de pied ferme à l’entrée de la réserve mais c’est Matoaka qui l’accueille. Aujourd’hui je suis allongé dans le tipi et surtout malade comme un chien. La veille nous avons mangé du poisson et je met mon état sur cela. J’ai sûrement mangé un poisson qui n’était pas si frais. Quand Ben ouvre le tipi, je me redresse du mieux que je peux mais c’est lui qui fini par venir à moi. Je le serre dans mes bras et je niche mon visage contre son cou. Il n’y a pas meilleur remède.

    « – Je ne mangerais plus jamais de poisson de ma vie.. »

    Je fais une moue alors que lui me regarde avec un air inquiet. Pourtant je ne laisse pas prendre pitié et je l’invite à me raconter ce que lui a vécu durant son voyage.

    « – Alors ? As-tu des nouvelles pour Londres ? Et William ? Il ne t’a pas cherché la bagarre ?? »

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    M.

    Je me sens mieux. Pas parce que j’ai pris un médicament mais parce qu’il est là, contre moi. Il me tient chaud, il me parle, il est en pleine forme. Ça suffit pour dissiper mes troubles et me redonner le sourire. En plus, il a des nouvelles qui feront du bien à Matoaka puisqu’il a eu confirmation qu’Henry était encore vivant. Il n’a pas été là-bas pour rien et même si nous sommes encore loin d’avoir ramener cet homme, nous avons un début de piste encourageant.

    « – Tu sais que toi aussi tu es fort et courageux ? Demain matin tu vas offrir un moment de joie à une famille qui était prise de doutes et de peurs. Tu vas dire à une mère et ses enfants que l’homme de leurs vies est encore présent. Si tu n’avais pas été à l’autre camp, tu ne pourrais pas donner cette bonne nouvelle.. alors oui, tu es un héro. Mon héro. »

    J’embrasse sa joue mais je suis reprise d’une nausée alors qu’elles étaient calmées depuis quelques heures. Je sors du tipi à toute vitesse pour aller prendre l’air mais les vomissements reviennent. Ben me rejoint et me tient les cheveux. Il reste avec moi jusqu’à ce que ça se calme à nouveau. La nuit n’est pas si tranquille que je l’aurais souhaité. On arrive à dormir trois petites heures avant que le soleil ne se lève et que Thor aboie pour nous signaler que quelqu’un est là. Matoaka ne peut plus attendre et ça se comprend. Ben va avec elle pour discuter de ce qu’il a appris et pour ma part, je repars dans les bras de Morphée. Je n’ai plus de nausées et je peux enfin dormir correctement mais ça n’est que de courte durée.

    Un peu plus tard dans la matinée, j’arrive dans le centre de la réserve et je suis rejoins par mon petit protégé qu’est Kisos. Il crie que son Duda va bientôt revenir. Ben l’est a mis au courant et ça me rassure mais je ne sais pas s’il est encore avec Matoaka ou non. Je vais donc vers le chalet de la cheffe et je vois son immense sourire. Kisos lache ma main pour aller dans les bras de sa mère.

    « – Tu avais raison Nina. Ben nous a bien aidé et il va tenter de nous ramener mon Henry..
    _ On peut compter sur lui. Il fera tout en son pouvoir pour t’aider toi et ta famille.
    _ Je vous dois tellement.. en parlant de ça, tu vas mieux ? Je n’ai rien trouvé contre les intoxications alimentaires mais ma grand mère peut te faire une tisane qui saura apaiser un peu les douleurs..
    _ Oui, ça va beaucoup mieux.. je cherche juste Ben. Tu sais où il est ?
    _ Il est parti à la pèche avec Nashoba et d’autres hommes..
    _ Aah.. du poisson..
    _ Ne t’en fais pas, on évitera de t’en mettre dans ton assiette. Mais c’est quand même bizarre car il n’y a que toi qui a été malade..
    _ Peut-être que j’ai attrapé un coup de froid après les grosses chaleurs.. J’en sais rien mais c’est passé donc tout va à merveille. »

    Matoaka ne réplique pas, elle préfère m’inviter à la rejoindre pour aller cueillir quelques fruits dans le jardin commun.

    Les signes sont minimes si ce n’est que deux semaines plus tard, j’ai encore une crise de nausée qui serait cette fois dû à un potage d’asperges. Rien ne laisse présager que quelque chose grandit en moi. Un mois passe depuis notre nuit torride et j’ai eu mes règles. Le dénie pousse mon corps à faire comme si tout allait bien. Ça me rassure autant que ça rassure Ben. On continue de monter notre chalet et de préparer le départ pour Londres. Nous devrions pouvoir communiquer avec le Royaume-Uni d’ici peu et c’est une grande nouvelle.

    La communication a été compliquée. Les réseaux ne fonctionnent plus aussi bien que dans le passé. Pourtant Matoaka a pu entendre la voix de son époux. Il est bien vivant mais on ne sait pas dans quelle condition. On pense qu’il est prisonnier ou plutôt bloqué par les anglais. Ils interdisent toutes entrées et toutes sorties de leur camp. Ben doit trouver un moyen de négocier mais pour cela, il faut qu’on réussisse à communiquer à nouveau. Le deuxième mois est là. Le petit pois pousse toujours en cachette. Parfois je dors mal. Il m’arrive aussi d’avoir très faim ou au contraire, ne rien pouvoir avaler. Dans un environnement comme celui-ci, ça ne paraît pas suspect. Et puis j’ai toujours mes règles.

    Notre chalet est quasiment terminé. Il n’y a plus qu’à y mettre des meubles et décorer avec ce qu’on trouvera dehors. Ben a repéré un ancien magasin d’ameublement, dans un style IKEA. L’idée d’aller se servir dans un magasin abandonné de meubles m’a bien amusé et je l’ai suivi avec plaisir. Certes, il a fallu faire très attention et on a dû tuer quelques infectés mais on a pu prendre ce que l’on trouvait potable pour notre chez nous. On a même réussit à récupérer plusieurs cartons entiers de livres. Thor aura aussi le droit à son panier et une gamelle toute neuve.

    Le troisième mois tombe. Les anglais ont accepté de libérer Henry mais ils ne veulent pas que l’on débarque. Ils nous ordonnent de rester dans notre pays. Pourtant il faut bien qu’Henry puisse nous rejoindre et pour cela il faut que l’on trouve un moyen de le rapatrier par avion ou par bateau. Matoaka pense que c’est un leurre et qu’il faut tout de même aller le chercher. Je comprend sa peur mais je dois avouer que ça m’arrange de ne pas partir là-bas. Depuis quelques jours je ne me sens vraiment pas en forme et je me sens surtout épuisé. Je passe mes journées au lit. Cela inquiète Ben mais pas Matoaka qui a compris depuis déjà quelques semaines. Elle n’est pas sûre à cent pour cent mais elle a cet instinct que seules les mères peuvent avoir.

    Je suis encore couchée quand Ben va vers la cheffe pour lui confesser son inquiétude. Je dors beaucoup, je mange peu, j’ai souvent la nausée, j’ai aussi des bouffées de chaleurs et parfois des sauts d’humeur sans raison. Mis bout à bout, ça prend un sens.

    « – Elle est enceinte Ben.. J’en suis quasiment certaine. Tu dis qu’elle a ses règles mais si elle est dans le dénie, son corps réagit en conséquence. Je crois avoir compris qu’elle ne voulait surtout pas avoir d’enfants.. Donc il est clair que son esprit refuse cette possibilité et ça se reflète sur son corps. Pourtant elle a tous les signes.. »

    Il va certainement se décomposer et ne pas vouloir y croire. Matoaka aurait préféré me le dire directement mais encore une fois, son instinct l’a plutôt mené vers Ben car elle a peur que je réagisse bien trop mal à cette révélation.

    « – Je pense pouvoir trouver des tests de grossesse encore viables.. Mais je dois te dire une chose. Si elle est réellement enceinte, ça pourrait être un énorme choc pour elle. Si elle ne veut pas de cet enfant, elle pourrait tenter de se faire du mal.. Tu es le seul qui pourra la rassurer et l’accompagner dans l’acceptation. Après, je peux tenter de.. enfin mettre une fin à tout ça mais seulement si vous le souhaitez réellement tous les deux. Je ne ferais rien sans être certaine que vous êtes prêt et entièrement d’accord. »

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    M.

    Je crois que je le savais au fond de moi. Je préférais jouer le déni et dire que j’avais attrapé une sorte de grosse grippe qui ne voulait pas se soigner par manque de médicaments mais il y avait quelques doutes depuis peu. Mes symptômes ne faisait qu’être plus intenses mais c’est surtout les derniers qui m’ont fait un instant penser que je pourrais être enceinte. Depuis quelques jours, je ne supportais plus certaines odeurs comme celle de la viande qui cuit ou même celle du parfum de Ben.. pourtant dieu sait que j’adore son parfum. Cependant ce qu’il me dit à l’instant, fait l’effet d’une bombe bien plus explosive que celle de l’épidémie. La nouvelle ne veut pas être assimilée par mon esprit. Non, je ne veux pas y croire et je ne veux pas que Ben y croit aussi. Je secoue la tête et je pose ma main sur la sienne.

    « – Tu dis des bêtises Ben.. Je suis juste malade. Ça va passer d’accord ? Je ne suis pas enceinte. On s’est bien protégé et je n’ai rien en moi. »

    Je veux m’en convaincre. Je ne veux pas laisser le doute s’installer. Ben semble surpris par ma réaction et même sans voix mais je ne lui laisse pas le plaisir de casser mon déni. Je me relève pour me mettre à genoux devant lui et je dépose un petit baiser contre ses lèvres.

    « – C’est qui qui t’a mis cette idée en tête ? C’est n’importe quoi.. on va surtout avoir plus peur qu’autre chose. En attendant, je préfère me focaliser sur les vraies choses et notamment notre chalet qui est presque terminé ! Nashoba a dit que d’ici une semaine, on pourra enfin dormir dedans.. on aura notre chambre, notre lit, notre salle de bain.. J’avoue que j’ai un peu hâte car le tipis est sympa mais ça manque un peu de confort ! »

    Mon petit sourire le fait sourire mais il est bien plus perdu dans ses pensées que moi je ne le suis. Lui sait ce qui est en moi et il se met déjà à réfléchir à la suite. Ce n’est pas pensable pour moi. Du moins, pas pour le moment. Pourtant il va falloir que je le comprenne, que j’y fais face mais ça va forcément mener à une dispute avec Ben.

    Si pour le moment il me laisse dans ma naïveté, je sens qu’il ne sait pas quoi me dire ou plutôt comment relancer le sujet. Après être sorti du tipis, il me suit alors que je retourne vers le lac pour aller me passer un coup d’eau sur le visage. Ben est derrière et il se fait approcher par Matoaka qui voulait voir si tout allait bien. Ben est parti rapidement et elle pensait qu’il m’aurait tout dit mais on dirait que non.

    « – Tu.. ne lui as encore rien dit ? Je sais que ce ne sont pas mes affaires mais ne tarde pas.. Après il sera trop tard et son ventre prendra en rondeur.. J’ai trouvé ça si ça peut vous aider.. »

    Elle glisse trois tests de grossesse dans les mains de Ben. Elle les a trouvé dans le dispensaire. En revenant vers eux, je remarque les boites et cette fois ci je fronce les sourcils. C’est Matoaka qui a mis l’idée dans la tête de Ben ? J’attrape les boites et je les jette plus loin.

    « – Je t’interdis de croire à ces âneries Ben ! Je ne suis pas enceinte ! Et Matoaka, mêle toi de tes affaires s’il te plaît. Je ne vais pas le répéter vingt fois, je ne suis pas enceinte !
    _ Si tu l’es Nina.. tous les symptômes sont là.. j’ai vécu les mêmes quand..
    _ Je ne suis pas toi ! Je suis juste malade. Et puis justement aujourd’hui ça va mieux !
    _ Alors fais un test pour prouver que ce n’est qu’une vilaine grippe.. Au moins on en aura la sûreté..
    _ Tu cherches à faire quoi ? Tes tests sont certainement périmés ! Pourquoi veux-tu me voir enceinte ? Je l’ai déjà dit, je ne veux pas d’enfants ! On s’est protégés avec Ben ! Il n’y a rien en moi !! »

    On dirait une sauvage mais Matoaka avait prévenu Ben. Elle sait ce qu’il se passe en moi puisqu’elle a vécu la même chose lorsqu’elle était enceinte de Kisos. Elle ne voulait pas d’enfants car elle voulait se consacrer à ses études mais il en a été autrement. Ça a été violent pour elle mais son époux a su la raisonner et la rassurer, si bien qu’aujourd’hui il y a deux petites têtes brunes dans la vie de Matoaka.

    Je décide de les laisser, de m’éloigner et Matoaka regarde Ben avec un air désolé. Elle ramasse les tests et les remet quand même dans ses mains, tout en lui expliquant ce qu’elle a vécu il y a quatre ans. Kisos a été sa plus grande hantise jusqu’au jour de sa naissance où il est devenu le soleil de sa vie.

    De mon côté, je me referme comme une coquille et je marmonne entre mes dents. Ce déni ne vient pas de très loin, il est le résultat d’une famille absente et d’une solitude trop présente. J’ai été seule une bonne partie de ma vie et inconsciemment, je ne peux pas partager cette solitude avec une mini version de moi. Je ne sais pas si je saurais m’en occuper ou même l’aimer. Je me sens aussi monstrueuse d’être la fille de l’homme qui a créé ce monde apocalyptique. En plus Ben a perdu sa femme et son fils à cause de mon père.. Comment pourrais-je être une bonne mère avec mon esprit trop abîmé ? Et dans ce monde où tout est un danger ? Je peste ma colère en attrapant un marteau pour continuer de fixer les planches qui deviendront notre future cuisine. Il y a quelques hommes de la réserve qui sont déjà là pour bricoler mais ils ne me parlent pas car ils sentent bien que je suis en colère.

    Ben refait son arrivée au bout d’une vingtaine de minutes et il a de nouveau les boites en main. J’évite de le regarder mais les boites finissent devant moi. Je pose fermement le marteau mais sa main attrape la mienne avant que je ne jette à nouveau les boites de tests.

    « – Je ne ferais pas les tests ! Tu ne peux pas me forcer à les faire ! C’est pas possible Ben ! Je.. non.. on ne peut pas avoir d’enfants ! Je ne veux pas avoir de bébé en moi ! Tu as vu notre situation ?! Tu as vu ce monde ? Et moi tu m’as vu ?! Je.. je serais jamais une bonne mère ! Non, on ne peut pas avoir d’enfants ! »

    Cette fois-ci je ne nie presque plus mais les larmes arrivent ainsi que des nausées. J’abandonne à nouveau Ben pour aller vomir un peu plus loin. Les autres hommes décident de s’en aller pour nous laisser un peu seul puisque ça semble être un moment compliqué pour nous. Je reviens dans le chalet après une dizaine de minutes et sans dire un mot, je prends les boites et je vais m’enfermer dans les toilettes. Le temps semble s’arrêter. Les secondes paraissent devenir des journées entières. Ça doit être encore pire pour Ben qui est de l’autre côté de la porte.

    Et puis, la porte s’ouvre. Je tombe à genoux devant lui. Mes sanglots sont des cris de détresse. Les trois tests sont posés derrière moi et ils sont tous positifs. C’est indéniable, il y a quelque chose en moi. Je ne suis pas malade depuis des semaines mais une vie grandit en moi. Une vie qui a été créé de ma relation avec Ben. Beaucoup de femmes devraient être heureuses en se sachant enceinte de l’homme qu’elles aiment le plus au monde mais pour moi, ça n’a pas le parfum d’une grande joie. J’ai l’impression d’être un monstre qui va accoucher d’un enfant pour l’envoyer directement à la mort. Ce monde n’est pas fait pour les familles et le bonheur. Ce bébé sera tout le temps en danger et on finira par le perdre, ce qui est certainement et sans que je m’en rend compte, ma plus grande peur.

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    M.

    Ben veut garder ce bébé. Ça se sent dans ses paroles, dans son regard qui ne montre pas d’hésitation. Il essaye de prendre des chemins différents pour ne pas me brusquer mais je comprend aisément qu’il ne veut pas qu’on stoppe la grossesse. Pour ma part, je suis encore trop choquée pour avoir la même réflexion que lui. Je serais même prête à dire l’inverse de lui à cause de la peur. Ce n’est pas qu’un petit changement dans nos vies mais ça va radicalement tout bouleverser. Il va y avoir la grossesse qui sera la première étape mais le pire arrivera par la suite.. l’accouchement, les premiers mois du bébé et puis toute sa vie..

    Ben pose les tests sur la table de salon et il me reprend contre lui. Je sais que je suis en sécurité avec lui et qu’il ne m’abandonnera pas mais il faut que j’accepte tout ça. Il faut que je réussisse à me dire qu’un petit être grandit en moi et qu’il va falloir que je lui offre une vie beaucoup plus belle que ce monde n’offre. Cela va être un sacré défi. Ça semble même impossible pour le moment. Et puis je repense au fait que Ben doit préparer un départ pour Londres.. je devais même y aller avec lui. Si on garde le bébé, je ne pourrais pas faire un tel voyage et surtout je ne tiens pas à ce qu’il s’en aille loin de moi alors que cet enfant va arriver.

    « – Tu ne peux pas partir à Londres.. tu dois trouver un autre moyen de ramener l’époux de Matoaka mais si.. si on garde l’enfant.. je ne veux pas que tu t’en ailles loin de moi.. J’y arriverais pas sans toi Ben.. »

    Je lève enfin mon regard vers le sien. J’ai encore les yeux rouges et gonflés. Pourtant ma détresse que j’ai eu il y a encore une heure, semble se calmer. Si lui y croit, alors pourquoi pas moi ? Je commence à hésiter mais en penchant la balance de son côté, pourtant il va certainement falloir encore quelques jours ou quelques semaines pour les informations prennent leurs places dans mon esprit.

    « – Tu as bien vu, son époux n’a même pas vu la petite Sora naître.. et elle vient d’avoir deux ans. Je ne veux pas subir ça.. Cet enfant n’aura que nous deux et ni toi ni moi, on devra être loin de lui.. »

    Je refuse cette absence. Que ce soit par rapport à mon passé, à mon présent ou même au passé de Ben. Si on continue cette aventure alors on doit la faire à trois. Je me fiche du reste et même si Matoaka nous bannis de la réserve pour cela, je m’en contre fou. Ma priorité sera ma famille.

    « – Promet moi ça.. Promet moi que jamais tu ne partiras loin de nous. On sera toujours à trois. Que ce soit dans les bons moments comme les mauvais. Ce bébé n’a pas le droit de perdre ses parents ou de vivre sans ses parents. Il doit grandir avec nous.. il doit tout vivre avec nous.. »

    Mon air change sans que je m’en rende compte. Je suis beaucoup plus sérieuse et légèrement sévère dans mon regard. Ben n’aura pas le choix que d’accepter s’il ne veut pas que les premières crises de nerfs s’enclenchent. Notre avenir n’est plus de survivre mais de faire vivre ce bébé. En soit, c’est peut-être une belle quête que de penser au reste. Pour qu’il comprenne à quel point je suis sérieuse, je prend sa main et je l’impose sur mon ventre encore plat. Ce geste est fort et surtout il me donne une sorte de petit choc. Je suis déjà une sorte de mère louve. Je pense au bonheur de ce petit pois avant tout le reste. Ce n’était pas ce qui était prévu il y a encore une heure et je ne pensais pas avoir un instinct maternelle mais il est déjà là malgré moi.

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    M.

    Je ris avec lui mais j’ai aussi un éclat d’émotions après qu’il m’a promis de rester auprès de moi ou plutôt auprès de nous. Je crois que j’accepte plus vite que prévue ce qui grandit en moi. Ce n’est pas qu’un petit pois, c’est la promesse d’une vie différente et d’une bataille qui vaut la peine d’être vécue. Je ne vais pas me battre pour survivre mais je vais me battre pour ma propre famille. Pas celle où j’ai un père monstrueux et une mère morte pour me protéger. Non, ça sera mon époux et mon enfant qui seront mes moteurs. Alors que Ben me serre contre lui, je viens à lui murmurer à l’oreille plusieurs je t’aime. Oui, j’aime cet homme et c’est encore plus fort à présent.

    Avec cette annonce, notre chalet est construit un peu plus rapidement que prévu. Ben travail nuit et jour pour que nous puissions dormir dans un endroit beaucoup plus confortable que la tente. De mon côté, je l’aide tout comme j’aide à la réserve car je ne veux pas devenir une sorte de petite chose vulnérable qui ne doit rien faire. Matoaka m’en veut un peu car je lui ai dis que je ne tenais pas à ce que Ben parte à Londres. Elle comprend cependant ma requête mais elle attend que nous trouvions une autre solution. Nashoba s’est proposé pour partir à la place de Ben mais il faut d’abord établir une sorte de groupe prêt à faire des milliers de kilomètres sans être certain d’arriver au point final.

    Il se passe quelques semaines depuis les fameux trois tests et une légère bosse commence à se dessiner sur le bas de mon ventre. Ce n’est pas moi qui la remarque en premier mais Ben, lorsque je sors de la douche qui se situe à côté de notre nouvelle chambre. Le chalet est prêt. On va y passer notre première nuit mais il y a une pièce dont j’ai interdiction d’entrée. Je sais que c’est pour le bébé mais Ben refuse que j’y vois son travail.

    Je sors donc de la salle de bain, seulement habillé d’une serviette et quand elle tombe au sol, ses yeux pétillent face à cette nouvelle courbe. À mon tour je baisse mon regard et je la vois aussi. Ça devient encore plus concret. Le bébé grandit et il se met à arrondir mon ventre. La main de Ben se pose sur cette bosse et je sens son émerveillement. Je sens aussi une pointe de tristesse car cela doit lui rappeler des souvenirs. Je ne tiens pas à ce qu’il soit triste alors je m’amuse à lui dire des choses qui pourraient éloigner son esprit des images négatives.

    « – Tu me disais que ce bébé serait parfait s’il me ressemblait mais moi j’aimerais que ce soit l’inverse. Une jolie petite bouille blonde aux yeux bleus ! Comme son papa. Je dirais même une jolie petite fille qui fera vriller le cœur de son papa. Je t’imagines bien gagatiser devant elle même si plus tard tu seras en rogne quand des garçons tourneront autour d’elle ! »

    Cette idée m’amuse et me fait rire, même si lui en râle un peu. Je ne sais pas si ça sera une fille ou un garçon et en réalité, on ne saura rien avant sa naissance, même sur son état de santé. C’est la seule chose qui commence à me contrarier car aujourd’hui il n’y a plus d’hôpital donc plus d’échographie. Je sais que dans les temps immémoriaux, les femmes n’avaient pas d’échographies mais dans ces mêmes temps, les morts d’enfants ou de mères étaient un quotidien.

    « – J’ai une idée mais je ne sais pas si c’est possible.. Il y a un ancien hôpital à une dizaine de kilomètres d’ici.. tu crois qu’on pourrait y aller pour voir s’ils ont encore des échographes ? C’est insensé et peut être qu’ils ne fonctionneront plus mais.. j’aimerais vérifier que tout va bien. Surtout pour le bébé. Je veux m’assurer qu’ils soient en bonne santé.. »

    Ayant commencé des études de médecines, je sais que je serais comprendre l’échographie mais faut il encore avoir l’appareil. Ma demande est plutôt surprenante et Ben va certainement hésiter car ce n’est pas rien puisque l’on va devoir sortir de la réserve, pourtant j’en ai besoin.

    « – On ira avec plusieurs hommes si tu veux.. je suis sûre que Matoaka ni verra aucun inconvénient.. et si ça fonctionne, on pourrait même ramener quelques appareils ici, à la réserve. Ça pourra être utile pour soigner les gens. Je ne suis pas médecin mais j’ai assez d’expériences pour savoir utiliser un échographe, un moniteur de santé ou même d’autres appareils si on arrive à en ramener plusieurs. Il y a aussi madame Livaro qui était médecin et qui saurait aussi s’en servir. »

    Cette dame fait partie de la réserve et elle joue la médecin pour tout le monde, cependant elle a des moyens très réduits. Parfois je passe du temps avec elle pour l’aider ou pour apprendre. J’ai ce besoin de continuer à soigner malgré les souvenirs peu glorieux de notre moment au village de l’amie de Ben.

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    M.

    Je crois que je me doutais qu’il allait m’interdire de venir avec lui à l’hôpital. En dehors de la réserve, on ne sait pas ce qui nous attend et c’est dangereux. Moi-même je le sais mais je suis têtu, et ça il le sait. C’est pour cela qu’il me charme et qu’il fait en sorte que je ne puisse plus le contredire. Il connait mes failles à présent et il sait quoi faire pour me clouer le bec. Pour le coup, il ne me fait pas taire mais plutôt gémir lorsqu’il glisse sa langue entre mes cuisses. Je m’en cambre de surprise et mes mains agrippent nos draps tout frais. Je ne pense même plus à l’hôpital ni à quoi que ce soit d’autre, seulement à ce qu’il fait subir à mon corps qui est bien plus sensible que d’ordinaire.

    “ – Oh dieu.. Oui.. oui on profite !”

    J’ai déjà tout oublié. Surtout quand il arrive à me faire atteindre un premier nirvana mais il est loin de se douter que je suis en pleine forme. A peine se redresse t’il que je me jette sur lui pour l’embrasser et changer à mon tour nos positions. Comme si j’étais en manque total, je me précipite à essayer d’ouvrir son pantalon pour glisser ma main sous son caleçon. Je pense que je n’avais jamais autant été pressé ni autant quémandeuse. Mes hormones sont en ébullition et Ben vient d’éveiller mes envies hardantes.

    “ – Il faut qu’on honore ce nouveau lit.. et tout le chalet.. n’est-ce pas ?”

    Je vois son sourire amusé mais je lui vole en l’embrassant fougueusement. Ma main s’active sur sa virilité tendue et je sens que lui aussi perd en patience. Ici nous n’avons pas besoin de nous taire ou nous cacher puisque nous sommes chez nous. C’est assez éloigné des autres chalets pour que l’on se permette de ne plus se contrôler. Une fois que j’ai réussi à lui retirer tout ce qui restait sur lui, je reviens à la charge en me penchant sur son membre. A mon tour, je tiens à m’occuper de lui et le faire valser vers le paradis. Ses plaintes ne font qu’encore plus réveiller mon désir, si bien que je n’attend plus et je viens m’empaler sur son membre. Assise sur son bassin, je mène la danse et je le laisse me toucher. C’est torride, bouillant, extasiant. Plus rien ne compte à part nous deux. J’oublierais presque que je suis enceinte mais après ce premier round, je meurs de faim.

    Petite collation au lit et retour des caresses langoureuses. Comme convenu, on honore d’autres pièces du chalet. Le petit salon, la cuisine, la salle de bain. On termine notre nuit sur le canapé qu’on a dégoté dans un ancien magasin de meubles abandonnés. Je dors sur lui, contre lui et plus rien ne peut m’atteindre. J’ai même cette sensation d’être pleinement heureuse et ça, ça n’est jamais arrivé au cours de mes dix neuf années sur cette fichue planète.

    Au matin, je suis toujours sur lui et je me réveille alors que lui doit certainement être réveillé depuis un petit moment. Il fait souvent ça, m’observer dormir.

    “ – J’ai des courbatures.. mais ce sont de délicieuses courbatures..”

    Ma voix est encore enrouée par le sommeil mais je suis toujours sur mon petit nuage dû à la nuit sensuelle que nous avons passée.

    “ – Hm.. tu as raison.. je vais rester ici pour ne pas mettre petit pois en danger.. mais tu me promets de revenir vite hein ? Et si c’est trop dangereux, tu ne prends rien.. je préfère être dans le déni plutôt que de te perdre..”

    Je capitule non sans conditions. Je sais que je vais certainement angoisser jusqu’à son retour mais il faut que j’apprenne à le laisser partir un peu. Pas trop loin mais un peu quand même. On ne peut pas se contenter que de cette réserve, surtout avec un bébé qui va arriver. Nous allons avoir besoin d’autres vivres et je sais que je ne pourrais pas y aller. Pas tant que petit pois sera en moi.

    Pour lui donner un peu de courage et surtout l’envie de revenir au plus vite, je lui donne un avant goût de ce qui l’attend en revenant à l’assaut de son corps. Il n’y a pas mieux qu’un réveil sensuel et passionné. Comme nous sommes encore nu, il est simple de le caresser et de réveiller son membre, mais contrairement à la nuit dernière, je suis beaucoup plus lente dans mes gestes pour qu’on en profite bien plus longtemps.

  125. Avatar de M.
    M.

    Il prend la route et je le vois s’éloigner avec plusieurs hommes. Bien sûr je ne suis pas rassuré et je suis même angoissé mais je sais que ce n’est pas pour rien. Je sens que non loin de moi, il y a Matoaka qui m’observe et elle n’est pas la plus souriante. Elle m’en veut. Elle est en colère contre moi parce que j’ai demandé à Ben de ne pas partir à Londres. Je comprend sa colère mais elle doit comprendre aussi ma position. Je ne veux pas devenir comme elle. Je ne veux pas que mon époux se retrouve à des milliers de kilomètres de moi sans savoir s’il reviendra un jour. Je dois donc lui parler, lui expliquer.

    « – Matoaka ? Je tiens à ce qu’on parle..
    _ Si c’est pour parler du fait que tu viens de mettre une pause à tous mes espoirs, sache que je ne veux rien savoir.
    _ Tu crois que j’ai prévu cette grossesse ? Pas du tout. Si je n’avais pas Ben comme partenaire, je n’aurais certainement plus cet enfant en moi. Pourtant à l’heure actuel, je sais que ce bébé est notre chance, notre avenir et je ne veux pas qu’il grandisse sans son père. Alors oui, j’ai demandé à Ben de ne pas partir mais ça ne veut pas dire que nous allons cesser de t’aider. On va trouver un moyen de ramener ton époux !
    _ Jusqu’au moment où vous allez encore trouver une excuse pour ne rien faire alors que moi je vous ai offert un foyer dans ma réserve.. »

    Je fronce les sourcils car ses mots sont tranchants. Elle a mal et c’est normal mais je ne veux pas qu’elle me rabaisse ou qu’elle rabaisse Ben à être des profiteurs et des menteurs.

    « – C’est ça que tu veux ? Que je deviennes comme toi ? Une mère seule qui attend chaque jour après son époux sans savoir s’il reviendra ? Tu vis ça et tu veux l’imposer aux autres ? Oui on te doit un toit et un endroit sécurisé mais nous ne sommes pas sans rien faire Matoaka ! Ben est le premier à partir quand il faut aller chasser ou aller faire des raids pour trouver des vivres ! Il s’arrange aussi avec ses anciens camarades des Seals pour se rapprocher de ton mari ! Moi ? Moi je fais l’école aux enfants d’ici et je passe énormément de temps au dispensaire pour aider madame Livaro ! Alors je refuse que tu nous traites de profiteurs ou je ne sais quoi !! Et si vraiment tu n’es pas contente, alors vire nous d’ici ! On trouvera un autre endroit pour notre famille. »

    Elle fronce aussi les sourcils et puis elle lâche un rire. Oui, elle se met à rire. Ça me renfrogne encore plus mais elle lève les mains comme pour faire en sorte de me calmer immédiatement.

    « – J’ai l’impression de me revoir lorsque j’étais plus jeune.. Une louve qui aurait fait n’importe quoi pour sa famille. Je le suis toujours mais sans lui c’est compliqué. Hm.. Je sais que je m’emporte mais Henry me manque tellement.. depuis son départ, je m’en veux de ne pas avoir su le retenir..
    _ Tu ne pouvais pas savoir Matoaka.. Personne ne savait ce qui allait arriver. Mais on va finir par le ramener. Laisses nous juste encore un peu de temps.. On trouvera un moyen..
    _ Si cela ne peut aboutir, j’irai moi-même le chercher Nina. Cependant je veux que ce soit toi qui gardera mes enfants. Tu es comme moi. Tu as une force et une capacité immense à protéger les tiens. Je veux que tu me promettes que tu les protègeras et les élèvera comme les tiens.. »

    Alors je m’attendais à tout sauf à cette demande. Matoaka me prend de cours. Elle me demande de devenir une sorte de tutrice pour ses enfants au cas où si elle part. Je ne sais pas quoi lui répondre sur l’instant car ce n’est pas une simple demande. Pourtant elle prend ma main et me redemande de lui promettre.

    « – Très bien.. oui, je les protègerais mais tu n’auras pas à partir d’accord ? »

    C’est horrible mais je la comprend tellement. Je sais que j’aurais les même réaction qu’elle si j’étais dans sa situation. Je pourrais faire le tour du monde pour retrouver Ben.

    Justement, en attendant le retour de Ben, Matoaka me propose de m’occuper pour ne pas que je tourne en rond et que je me tracasse encore plus. Je retourne dans la petite école improvisée pour aller donner des cours de lectures et d’écritures aux enfants. Ce n’est que très tard dans la journée que le bruit des voitures se fait entendre. Ils sont de retour et ils ont plusieurs machines médicales. Tout le monde vient voir le cortège mais moi je vais surtout à la recherche de Ben. Je saute dans ses bras lorsqu’il sort de l’une des voitures et je viens vérifier qu’il va bien. Pas de morsures, pas de blessures. Tout semble aller et ça me fait soupirer car je suis enfin rassurée.

    “ – ça a été ? Personne n’a été blessé ??”

    Je me doute que ça n’a pas dû être simple mais tous les hommes qui viennent de revenir, sont acclamés comme des héros car ce n’est pas rien ce qu’ils ont ramené. Cela va pouvoir encore plus assurer la pérennité de la réserve. Pour moi, c’est aussi une petite victoire et surtout je sais que je ne suis plus qu’à quelques heures de voir ce petit pois qui grandit dans mon ventre. Madame Livaro m’a dit qu’elle sera là pour vérifier avec nous que tout va bien. Matoaka aussi veut assister à l’échographie. Mais avant cela, il faut tout installer et ce sont d’autres hommes qui se chargent du travail pendant que Ben et ses acolytes vont se poser un peu.

    C’est en pleine nuit qu’on se retrouve dans le dispensaire. L’échographe fonctionne et c’est Madame Livaro qui s’occupe de régler la machine alors que je suis allongé sur une table. Elle met du gel d’Aloé sur mon ventre et puis elle pose la sonde. Je sens que mon coeur accélère à une vitesse folle. J’observe l’écran pour tenter de voir ce petit pois.. Et puis le voilà. Encore un petit haricot ou plutôt un tout petit bébé qui a déjà ses membres. Les larmes me montent aux yeux. C’est plus que réel. Notre bébé est là et il semble aller bien. C’est même une certitude quand la médecin nous fait écouter les battements de son coeur.

    “ – Je dirais que tu viens d’arriver dans ton quatrième mois de grossesse.. Pour moi, tout va bien. Le bébé a les bonnes courbes et je ne vois rien d’anormal.. Je crois même connaitre le sexe..
    _ Ah bon ? Déjà ?? C’est..
    _ Oui, regarde.. On voit que c’est une petite demoiselle qui pousse en toi..”

    Elle pose son doigt sur l’écran afin de montrer ce qu’elle vient de dire. Je lâche un rire amusé et aussi heureux. Oui, c’est bien une petite fille, il n’y a pas de doute.

    “ – Tu vas devoir supporter deux femmes dans ta vie mon Amour..”

    Dis-je à Ben qui semble perdu face à l’image de l’écran.

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    M.

    Il doit penser que je ne l’entend pas mais pourtant oui. J’écoute tout ce qu’il dit à notre petite fille et je ne peux que fondre devant cette scène. Alors voilà, d’ici quelques mois nous aurons une fille.. Je n’aurais imaginé cette vie. Une vie dans un monde apocalyptique, avec un homme qui a une dizaine d’années de plus que moi mais pour qui je pourrais donner ma vie. Et puis nous allons avoir un enfant alors que je me refusais de m’imaginer mère. Ben a tout changé dans mon environnement mais j’aime ça. Je pense même que ça m’a sauvé. La vie aurait été plus simple sans infectés et sans devoir survivre mais elle est plus belle car j’ai trouvé une raison d’exister. Même deux raisons. Ben et petit pois.

    Il s’endort assez tard et malgré mon envie de grignoter en pleine nuit, je reste dans le lit pour ne pas le réveiller. Sa joue est calée contre mon sein et sa main est toujours sur mon ventre. Il a surtout un sourire sur ses lèvres qui l’éloigne des cauchemars qu’il pouvait avoir il y a encore quelques semaines. Lui aussi est beaucoup plus heureux et ça me rassure. Pourtant je sais qu’on aura encore des coups durs mais je suis prête à les affronter pour eux.

    Au lendemain de l’échographie, nous avons la surprise de recevoir quelques présents de la part de quelques habitants de la réserve. Même Matoaka nous offre un présent. Elle a tricoté un petit plaid rose pour les futures nuits fraiches de notre bébé. Je la remercie sincèrement et surtout je n’oublie pas ma promesse mais comment l’aider sans envoyer Ben à Londres ? J’ai toujours espoir que cela puisse se faire. J’ai ma petite idée mais je ne peux pas en parler à Ben. C’est donc vers Nashoba que je décide de me tourner et j’attend que Ben soit parti aider à construire un autre chalet pour m’approcher du frère de Matoaka.

    “ – J’ai besoin de toi Nashoba..
    _ Quelque chose ne va pas ?
    _ Je crois savoir comment nous pourrions se rapprocher de l’époux de Matoaka mais Ben ne doit rien savoir..
    _ Pourquoi ? Qu’est ce que tu veux lui cacher ?
    _ Il faudrait que je trouve un moyen de contacter mon père.. Il travaille pour le gouvernement et le gouvernement communique avec les autres. Cependant nous avons eu des problèmes avec eux alors je ne veux pas que Ben soit impliqué.
    _ Et tu veux les contacter comment ? Il n’y a plus de réseau.. Plus de téléphone..
    _ Si.. Enfin au camp où nous étions et où il y a William, le frère de Ben, il y avait une radio qui servait à communiquer avec d’autres camps. Je pourrais tenter de les contacter là-bas..”

    Nashoba me dit qu’il va y réfléchir mais en réalité, il compte surtout prévenir Ben. Lui aussi veut me protéger et protéger petit pois. Pourtant en allant me balancer, il va aussi animer une dispute entre moi et Ben.

    Alors que je suis devant notre chalet avec Thor, je vois Ben débarquer comme un fou et je comprends. Il sait. Surtout que Nashoba est derrière lui. Je me relève de ma chaise et je suis prête à lui faire face.

    “ – Je t’interdis de me disputer !! Tu sais comme moi que cette piste n’est pas à exclure ni mauvaise ! Le gouvernement à la main sur tout et ils ont encore des avions ! On pourrait aller bien plus vite à Londres si on passe par eux ! Mais tu sais aussi comme moi que.. Mon père va sûrement vouloir me voir.”

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    M.

    Il me dispute comme si j’étais une enfant. Il me crie dessus comme un époux en colère. Il est apeuré comme quelqu’un que l’on a désarmé. Je vois dans ses yeux que je l’ai déçu et j’entend dans sa voix qu’il m’en veut. Pourtant j’entend dans ses mots à quel point il m’aime. Qu’il nous aime. Je baisse mes yeux car c’est vrai que j’aurais du lui en parler mais je sais à quel point il déteste mon père. Peut-être pas autant que moi mais il ne devrait pas à aller le supplier de l’aider alors que pour moi, je sais que mon père ferait n’importe quoi.

    « – Je voulais pas t’en parler parce que je sais ce que cela implique.. tu vas devoir lui refaire face, alors qu’il.. enfin, tu as raison. J’aurais du t’en parler mais j’avais peur. Peur que tu trouves mon idée idiote et que tu dises non alors que tu sais comme moi que c’est certainement notre meilleur moyen de ramener Henry ici.. Le gouvernement a encore une main sur certains aéroports, des avions, des équipes.. ils ont aussi des moyens de communication beaucoup plus forts que notre pauvre radio.. »

    Je pose ma main sur la sienne alors qu’il touche encore mon ventre. Je fronce un instant les sourcils car j’ai l’impression que quelque chose ne va pas. Je retire la main de Ben et je repose la mienne sur mon ventre. Je secoue la tête mais oui, je crois que le bébé a donné quelques coups. C’est léger puisqu’elle est encore minuscule et je ne pense pas que Ben pourrait les sentir mais notre petite fille semble vouloir aussi me disputer comme son père le fait.

    « – parles encore.. »

    Il ne comprend pas mais il le fait. Et la petite redonne des coups. Cette fois ci je lache un rire et face à l’incompréhension de Ben, je remet sa main sur mon ventre en espérant qu’il sent les coups.

    « – Elle réagit à ta voix.. »

    J’appuie un peu plus sa main et là il peut sentir ce tout petit coup. Elle montre déjà son caractère. On se met à sourire bêtement tout les deux mais ça ne veut pas dire que l’histoire est réglée. Nashoba nous laisse et Ben me suit à l’intérieur du chalet. Le repas est déjà prêt et je le fais se poser à table. Le sujet revient car il faut trouver un plan.

    « – Tu sais bien qu’en passant par eux, ça sera bien moins dangereux et beaucoup plus rapide.. On a essayé avec tes anciens camarades mais tu vois bien que c’est compliqué. Ils n’arrivent pas à avoir des informations sûres et certaines. »

    En même temps, ils n’ont pas les mêmes moyens qu’avant. Aujourd’hui les téléphones ne fonctionnent plus, il faut passer par les satellites. Il n’y a plus d’internet, il n’y a presque plus rien pour communiquer. Il y a aussi trop de camps dispersés et de Seals aux quatre coins du pays.

    « – Le seul énorme problème est qu’il faut que je réussisse à contacter mon père et à lui faire accepter de nous aider.. ça pourrait ne pas être simple avec ce qu’on a vécu dans sa sorte d’immense laboratoire.. mais il nous doit bien ça. Et je sais qu’il n’est pas mort là-bas. »

    Il y quelque chose que je n’ai pas dit à Ben. Quand nous étions là-bas, on ne pouvait pas se parler facilement et après notre départ, comme j’étais très mal en point, je n’ai rien dit. Puis j’ai fini par garder les secrets.

    « – Il a l’antidote.. Enfin, ça ne peut pas guérir ceux qui sont déjà infectés mais ça peut sauver ceux qui ne le sont pas. Son vaccin permet d’immuniser les gens contre le virus. Il me l’a confié et il devait le dire au président.. alors je doute qu’il soit mort. Ses recherches et son savoir sont bien trop importants. Cependant je pense qu’il est encore une sorte de prisonnier pour le gouvernement. »

    Je ne le plains pas. Il mérite d’être prisonnier. Il mérite même la mort mais s’il faut que je mette ma fierté de côté pour assurer le voyage de Ben vers Londres, alors je le ferai mille fois. Car oui, je sais qu’il ira. Même s’il ne veut rien me dire concernant cela, Q’orianka me l’a bien fait comprendre.

    « – Je sais que tu vas y aller.. même si je t’ai demandé de ne pas le faire. Tu te sens endetté envers Q’orianka. Je te comprend car je ressens la même chose et c’est pour ça que j’ai quelque peu dérive aujourd’hui mais ne crois pas que je ne pense pas à toi ni à notre fille. Vous êtes ma priorité Ben.. je l’ai dis à Q’orianka. S’il faut que nous partons de cette réserve pour être tranquille alors on le fera. On peut encore le faire. Nous n’aurons pas de voyage à Londres ou quoi que ce soit. On devra juste se construire un autre foyer ailleurs.. On peut encore changer notre destin avant l’arrivée de Charlie. »

    Je pince mes lèvres car je nomme ce bébé alors que nous n’avons pas encore parlé de prénom. Pourtant je sais que je veux l’appeler ainsi. Charlotte, comme la mère de Ben et William. Je sais peu de choses sur elle mais William m’a dit que Ben aimait sa mère plus que tout. Ils étaient fusionnels même si parfois William jalousait cette relation.

    « – Charlotte Emilia Miller.. le prénom de ta mère et celui de ma grand mère maternelle.. qu’en penses tu ? »

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    M.

    La tempête s’est levée. Ben accepte mon idée même s’il faut encore discuter du déroulement des choses. Cependant ce n’est pas ma priorité pour le moment. Je dois d’abord penser à lui et à notre petite demoiselle qui a décidé de se faire sentir. Heureusement, c’est encore léger et ce n’est pas gênant. Je peux encore me déplacer et faire ce que je veux sans être épuisé par les coups de pied.

    Ben retourne aider pour les travaux de la réserve et moi je décide d’aller aider au dispensaire car même s’il n’y a pas de blessés graves, il y a toujours des petits bobos à soigner. J’ai bien fait d’y aller car le petit Kisos est amené après être tombé. Il faut désinfecter sa plaie et consoler ce petit guerrier. Ses larmes de crocodiles finissent par stopper et il reprend ses airs charmeurs, ce qui m’amuse toujours autant.

    “ – Moi je vais me marier avec toi !
    _ Je ne pense pas que Ben soit d’accord.. Mais tu auras une bien plus jolie amoureuse quand tu seras grand, j’en suis certaine.
    _ Oui mais moi c’est toi que je aime.. Tu es belle et gentille !
    _ On reverra quand tu seras un très grand garçon et très fort !”

    Je souris finement et je fini par aller le ramener à sa mère. Matoaka m’invite à aller vers la réserve pour ramener de l’eau aux hommes et je retrouve mon Ben qui est torse nu, en train de mettre des lattes de bois au sol. Dieu de dieu.. Il est horriblement sexy. Je rougis bêtement tout en donnant les bouteilles d’eau aux hommes mais je termine par lui.

    “ – Tiens.. tu dois avoir chaud.. pas autant que moi mais.. quand même..”

    Oui, il me met en feu et il le sait. Son sourire en coin ne fait aucun doute. C’est encore pire lorsqu’il se relève et que je vois son torse musclé en sueur. Je crois que je bug quelques secondes dessus. Je reviens à ses yeux quand il passe une main sur son visage pour s’essuyer.

    “ – Je.. je crois qu’on doit aller au chalet. Tout de suite. Vraiment tout de suite.”

    J’hausse un sourcil et je tourne le pas. Ce n’est plus négociable. J’avance comme un petit chef et il me suit comme un soldat. Je le fais entrer en premier chez nous et j’entre après lui. A peine la porte fermée, je me jette dessus comme la misère sur le monde. Mes hormones sont à leurs maximum. Il m’a rendu totalement dingue. Je viens l’embrasser et je le fais reculer jusqu’à notre canapé pour qu’il finisse par s’y asseoir.

    “ – Tu es trop sexy.. Bon sang.. Tu t’es vu ?? “

    Dis-je entre deux baisers avant de retirer mon haut. Ma poitrine commence à gonfler, si bien que mon soutien gorge devient trop petit mais je n’ai pas de vêtements plus grand pour cette grossesse. Je vais devoir me contenter de ce que j’ai mais pour le moment ça va puisqu’on se déshabille.

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    M.

    Il répond à mes désirs, à mes folies, à mes hormones en feu. Ses mains glissent sur moi, ses lèvres m’embrassent, ses gémissements se perdent dans la pièce. Je me retrouve au-dessus de lui et j’ai une vue horriblement torride sur son corps qui bouge sous moi. La grossesse me rend bien plus gourmande et langoureuse mais je sais aussi qu’après la naissance de petit pois, on ne pourra plus être aussi libres alors j’en profite.

    L’extase arrive et on se laisse consumer par la jouissance. Je retombe sur lui et malgré mon souffle court, je me met à rire de bon coeur car je vois sur son visage qu’il est HS. En même temps, il a bossé toute la journée et je lui impose un moment câlin bien sportif. Le pauvre, je vais finir par l’épuiser. Pour me faire pardonner, je lui propose de lui préparer une bonne douche chaude et un repas gargantuesque. Enfin, c’est surtout un plat de pâte à la viande mais c’est une sorte de luxe quand on sait que nous avons connu la faim il y a quelques mois.

    Après une nuit de vrai sommeil ou nous avons dormi comme des bébés, on se décide à aller vers l’ancien camp. Du moins, c’est moi qui le demande à Ben. Il faut que l’on puisse communiquer avec mon père ou du moins le gouvernement. Cela ravis Matoaka qui nous prête un véhicule afin que le voyage se fasse plus rapidement et en sécurité. On devrait en avoir pour six bonnes heures entre l’aller et le retour mais je sens que Ben est tendu lorsqu’on sort de la réserve. On dirait qu’il conduit un véhicule contenant un trésor royal. Il doit aussi penser à son frère qui sera là-bas et avec qui les derniers instants n’avaient pas été au beau fixe.

    “ – ça va aller.. On évitera William et l’autre morue.. Tu as encore des amis là-bas. En plus on leurs ramène des vivres donc ils ne peuvent pas nous lapider.”

    Ma main se pose sur sa cuisse, je tiens à ce qu’il s’apaise. Dans notre chalet, tout semble être doux et paisible mais quand on sort de cette réserve, il angoisse. Je sais qu’il a plus peur pour moi que pour lui et c’est encore pire avec le petit pois qui est en moi.

    “ – Matoaka m’a donné un spray au poivre… Au cas où. Mais il ne se passera rien. Au pire, si on tombe sur des infectés, on a aussi des armes.. Et puis cette voiture nous protége bien. C’est plus sûr qu’à pieds.”

    On voit cependant les ravages de l’épidémie avec bien plus d’intensité que si nous étions à pieds car là, on sait que nous sommes protéger alors on peut regarder plus loin. Il y a des petits groupes d’infectés un peu partout, des maisons détruites, des villes abandonnées. C’est réellement l’apocalypse et c’est effrayant de se dire qu’on vit dans ce genre de monde. Notre Charlie va connaitre ça et pas ce qu’il y avait avant. Elle n’aura pas le luxe d’aller faire les magasins avec ses copines ou même d’aller au cinéma. Elle n’ira pas en université ni même à la piscine. On va devoir lui créer nous-même un nouveau monde pour lui donner un semblant de vie normale.

    “ – Tu sais que j’adorais faire du patin à glace ? Je disais même que je deviendrais une grande patineuse artistique mais je n’étais pas assez disciplinée pour être à un niveau aussi haut. J’ai toujours été le genre de fille à ne pas vouloir qu’on lui donne des ordres.. Une vraie têtue n’est-ce pas ? Mais j’aimerais bien qu’un jour je puisse patiner avec Charlotte et toi.. En fait, je veux lui offrir une vie aussi belle que possible et même si ça va être un défi de taille, je veux y arriver. Alors après cette histoire d’Henry, on se posera et on lui offrira cette vie normale.. On lui fera un petit cinéma dans le salon, on lui fera aussi nos plus belles pièces de théâtre.. Même des concerts, enfin si tu n’as pas peur d’entendre ma voix horrible. On lui fera une petite piscine et on lui trouvera des petits animaux dont elle pourra s’occuper. Je lui ferai un petit jardin rempli de fleurs et je lui apprendrais tous les plus beaux poèmes que ce monde a pu avoir..”

    Je vois son sourire revenir. Il s’imagine peut-être ce que je viens de lui avouer. Une vie qui donne envie d’être vécu. Mais son regard se fronce et il freine violemment. Il y a des hommes armées et ils nous visent. Ils ne tirent pas mais ils nous font signes de s’arrêter. Dedans, il y a William et il semble prendre un petit plaisir à viser son arme vers moi. Non pas pour me tirer dessus mais pour faire peur à Ben.

    “ – Qu’est ce que vous faites ici ? C’est notre territoire maintenant. Non, c’est MON Territoire. Et je ne laisse pas entrer n’importe qui.”

    Lance William lorsque Ben sort de la voiture.

  130. Avatar de M.
    M.

    Le camp n’était pas le plus beau mais il y avait de la vie et celle ci n’est plus. Ben n’a pas besoin de me dire quoi que ce soit pour que je comprenne. Il y a eu beaucoup de morts et surtout dans les familles. Mon cœur se serre en imaginant ce qu’ils ont pu vivre.. et puis il y a William. Toujours autant orgueilleux pour ne pas nous montrer qu’il n’a pas su gérer l’endroit. Il nous observe comme si nous étions des ennemis. Je peux comprendre son mal-être mais je lui en veux de ne pas vouloir nous demander de l’aide.

    Comme ben me l’a dit, je le suis sans rien dire et j’évite de regarder autour de moi. Nous allons là où se situe la radio et pendant que Ben passe l’appelle, j’ose lever mon regard vers William. Il me toise mais je vois dans ses yeux qu’il est malheureux. J’ai encore plus de peine. J’aimerais lui dire que cette guerre de frères ne serre strictement à rien puisque de toute façon j’ai choisis et je choisirais toujours Ben. Cependant je ne suis pas ici pour parler de ça et Ben finir par m’interpeller pour que je prenne le relais. Ma respiration s’arrête quand j’entends la voix de mon père à la radio.

    « – Nina ?? Nina c’est toi ??
    _ Oui.. Oui c’est moi papa. Et j’ai besoin de toi,
    _ Comment vas-tu ?! Tu étais en sang quand tu es parti ! Je te croyais morte !!
    _ Je vais bien. J’ai même trouvé un endroit où vivre en sécurité mais pour pouvoir y rester, j’ai fait une promesse. Je dois aider à rapatrier quelqu’un qui est piégé à Londres..
    _ Quoi ? Comment ça ? Mais tu n’es pas en sécurité dehors Nina ! Il y a des infectés partout !
    _ Je t’assure que oui. Je n’ai jamais autant été en sécurité que depuis que je suis là où je suis. Mais j’ai fait cette promesse et je veux la tenir. Je sais qu’en passant par toi, j’aurais plus de chances d’y arriver.. Et tu me dois bien ça. Après tout ces mensonges, après tout ce que tu as fais.. tu me dois bien cette faveur pour que je puisse rester en sécurité et vivre un semblant de vie normale.
    _ Nina.. Ce n’est pas aussi simple.. je ne suis qu’un scientifique..
    _ Arrête papa. Je sais très bien que tu es bien plus que tu ne le dis. Autrement, pourquoi tu ne t’es jamais occupé de moi ? Pourquoi tu étais toujours au travail ? Pourquoi tu as créé ce monde ?
    _ Hm.. On ne peut pas parler correctement ici. Si tu veux des réponses tu les auras mais pour ça je tiens à m’assurer que tu vas bien. Je t’aiderais seulement si j’ai la preuve que tu es en pleine forme,
    _ Très bien mais je ne retournerais pas dans ton établissement qui ressemble à une prison. De toute façon je suis à l’autre bout du pays.
    _ Je viendrais à toi. Donne moi l’adresse de ton lieu de vie.. »

    Je cesse de parler un instant et je regarde Ben. Nous n’avons pas besoin de discuter pour se comprendre. Il est hors de question que je donne l’emplacement de la réserver alors je donne celui du camp de William. William fronce les sourcils mais Ben lui fait signe de ne pas répliquer.

    « – Je serai là d’ici trois jours. En attendant je vais voir ce que je peux faire pour Londres.
    _ D’accord.. et merci..
    _ Je t’aime ma Nina.. malgré ce que tu penses de moi. Tu resteras ma petite chipie, ma petite fille..
    _ À bientôt papa. »

    La radio se coupe et je ferme un instant les yeux. Je m’en veux un instant car une partie de moi aimerait courir dans les bras de son père alors que l’autre voudrait le tuer. William décide enfin de parler mais je ne lui laisse pas le temps de dire grand chose.

    « – Vous profitez de..
    _ On ne profite de rien du tout William. On veut juste vivre normalement et pas comme des survivants toute notre vie ! Tu pourrais toi aussi vivre ça mais tu es trop orgueilleux pour baisser les armes et penser à ton bien être !! Pourtant tu sais que Ben serait le premier à t’aider et à faire en sorte que tu puisses vivre correctement ! Mais là tu es encore dans une colère idiote parce que tu crois qu’il m’a gagné alors que non ! Déjà parce que je ne suis pas un trophée et ensuite parce que c’est Ben que j’aime. C’est lui depuis qu’il m’a trouvé. C’est lui et ça restera lui parce que nous sommes aujourd’hui marié mais aussi sur le point d’avoir un enfant.
    _ Un enfant ?..
    _ Oui tu as bien entendu William ! Je suis enceinte et il est hors de question que ma fille subisse ce monde. Il est hors de question que tu te mets sur mon chemin parce que tu as décidé d’emmerder ton frère ! Tu n’as plus dix ans ! C’est soit tu es avec moi ou soit contre moi mais sache que je me battrais s’il le faut ! »

    William est scotché. Il lance un regard vers Ben mais pas un regard mauvais. Plutôt un regard qui veut dire « tu es avec une lionne ». Il ne réplique rien tout de suite, ce qui me permet de me tourner vers Ben.

    « – On va rester ici jusqu’à l’arrivée de mon père. Ça va me permettre de voir si je peux donner quelques soins à ceux qui en ont besoin.. et toi tu pourrais voir s’ils peuvent encore rester ici ou trouver un autre camp.
    _ Tu crois que je ne sais pas gérer cet endroit ? Que je suis un mauvais chef ?
    _ Tais toi William ! Tu as besoin d’aide et tu le sais. Pourquoi vous en êtes arrivé ici ? Qu’est ce qu’il s’est passé pour que ce soit ainsi ??
    _ Des hommes n’ont pas supporté que Julianna fasse son petit chef. Elle ne voyait que son intérêt et pas ceux des autres. Ils ont voulu la faire tomber mais elle avait déjà prévu le coup.. en pleine nuit, elle a fait entrer des hordes d’infectés ici. C’était horrible.. je.. je n’ai pas su sauver tout le monde.. On a réussi à tuer tous les infectés et on a tué ceux qui avaient été mordu. On a aussi perdu nos vivres car Julianna avait tout embarqué avec les quelques hommes qui l’ont suivi. »

    On sent qu’il s’en veut. Il s’en veut de ne rien avoir vu et d’avoir perdu du monde. William n’est pas quelqu’un de mauvais, il est juste une sorte de gamin qui a besoin qu’on le dirige vers les bons choix. Et ça, c’est le rôle de Ben.

    « – On va t’aider William mais tu dois nous faire la promesse de ne plus être contre nous.. Ben ne t’a jamais voulu de mal. C’est ton frère. Ta seule famille encore vivante. Vous avez besoin l’un de l’autre. »

  131. Avatar de M.
    M.

    Je n’ai pas su résister à ma curiosité et c’est vrai que je les ai entendu. Quand Ben s’est rapproché de la tente, je me suis rapidement allongé en faisant mine de dormir mais il a capté mon faux sommeil. Je ris quand il me demande si j’ai tout entendu et j’ouvre un œil, puis le deuxième, avant d’hocher la tête.

    « – Je suis contente.. Vraiment contente. Ça me faisait mal au cœur de savoir que vous ne vous parliez plus et même si ce n’est pas encore le grand amour, vous vous êtes quand même un peu retrouvé. C’est un bon début non ? »

    J’attire Ben contre moi et quand il est allongé, je pose ma joue contre son torse. Nos mains ont pris l’habitude de se poser sur mon ventre, comme pour pouvoir aussi câliner notre fille qui est encore au chaud. Elle dort puisqu’elle ne bouge pas mais moi non. Même si la fatigue est présente avec cette journée intense, j’ai du mal à fermer l’œil en sachant ce qu’il s’est passé ici, dans ce camp.

    « – Il faut qu’on répare tout.. On sait que Matoaka n’acceptera jamais les gens qui sont ici, surtout William. Alors on doit faire en sorte qu’ils ont un bon environnement ici. Un camp sûr. Un endroit où ils pourront vivre une vie comme toi et moi.. »

    C’est faisable mais ça va demander du temps et de l’organisation. Il va falloir que William soit discipliné et qu’il se montre fort mais je suis certain que Ben va réussir à motiver son frère. J’embrasse son menton, ses lèvres et je fini par mieux le caler contre lui pour essayer de m’endormir. On y arrive mais on ne se réveille pas très tard. À peine le soleil se lève que nous sommes dehors pour voir par quoi nous devons commencer. Ben doit aller voir si toutes les grilles sont bien refermées pour éviter que des nouvelles hordes n’entrent ici alors que moi je vais commencer à donner les premiers soins à ceux qui en ont besoin. Nous voyons aussi avec ceux qui restent, ce qu’ils peuvent faire pour aider le camp. Certaines femmes m’aident avec les soins où elles s’occupent des vivres alors que Ben gère les hommes avec les travaux plus physiques.

    William est avec Ben, il est aidé à réparer les grillages mais il vient à moi en milieu d’après-midi après s’être ouvert la main. Je m’occupe de lui et je lui fais même quelques points de sutures. Il est silencieux durant ce moment mais je sens son regard insistant. Le même qu’il avait quand nous étions à deux et que son frère était parti loin de moi.

    « – Ben a de la chance..
    _ William.. nous n’allons pas..
    _ Non, laisse moi parler Nina. Je ne dis pas ça pour encore me plaindre. Je trouve juste qu’il a de la chance d’être tombé sur une femme comme toi. Et je suis content pour lui. Je suis content pour vous. J’espère qu’un jour ça m’arrivera aussi..
    _ Je suis sûre que tu auras aussi le droit à ce bonheur William. Le monde n’est pas encore fini..
    _ Il va être compliqué à reconstruire mais tu as raison.
    _ En attendant, sois fort mais n’hésite pas à te reposer un peu sur ton frère ou même moi si tu en as besoin.. ce n’est pas une honte de demander de l’aide.
    _ Je sais mais j’ai l’impression d’être nul.. de ne savoir rien faire..
    _ ne dis pas ça. Je suis certaine que c’est faux. Après tout tu étais aussi un Seal et on sait à quel point c’est compliqué d’y être accepté.
    _ Vous allez repartir après que ton père soit venu ?
    _ Oui.. on a construit notre maison là bas.. pour pouvoir élever notre fille mais on reviendra ici Will. On viendra te voir aussi souvent que possible.
    _ Je l’espère.. »

    Ben est arrivé. Il est derrière certainement pour voir si son frère va bien. Je termine par mettre un pansement à William et je le laisse retourner vers Ben. Je lance un regard à mon époux et il réussit à me voler des rougeurs sur mes joues. On ne se retrouve que plus tard dans la journée, lorsqu’il est temps de se poser un peu. Il y a déjà eu quelques petits changements depuis la matinée et les gens vivant ici reprennent un peu d’espoir. On leurs a promis de ramener des graines et des choses pour qu’ils puissent faire un potager. Ben a aussi parlé d’un lac qu’il a repéré non loin et qui pourra servir pour obtenir du poisson. Ils ont besoin de construire des chalets aussi pour mieux se protéger mais pour ça aussi il va falloir patienter un peu, cependant les esprits sont bien plus apaisés.

    Quand on se retrouve à deux dans la tente, je souris finement alors qu’il s’allonge près de moi. Il me regarde étrangement mais il ne se rend pas compte de la fierté que j’ai en l’observant.

    « – William avait quand même raison.. tu es un super héro. Tu as vu le sourire des gens ce soir ? Tu redonnes de l’espoir à tout le monde, même à ton frère. Même lui avait un grand sourire. Je ne peux pas être plus fière de toi mon Amour. Bébé Charlie aussi est fière de son super papa. »

    Je prend sa main et je la pose là où petit pois donne des coups de pieds. Ils sont plus forts que la dernière fois. Cela nous fait rire surtout quand Ben parle car elle bouge encore plus en entendant sa voix.

    « – Je suis certaine qu’elle a hâte d’être dans tes bras.. je sens que ça va être une fille à son papa. Elle va te rendre gaga et tu vas pas savoir résister à ses beaux yeux. »

    J’étire un fin sourire et je dépose un petit baiser sur le bout de son nez.

  132. Avatar de M.
    M.

    Personne ne s’attendait à ça. À Julianna. Nous commençons à peine de faire revivre ce camps et elle arrive comme un cheveux sur la soupe. Elle veut récupérer l’endroit et pour cela, elle est prête à user des armes mais Ben ne tient pas la laisser gagner. William et les autres hommes non plus.

    Ben m’envoie surveiller les enfants et les personnes qui ne peuvent pas se défendre mais c’est vrai que j’angoisse à l’idée qu’il puisse lui arriver quelque chose. Lorsqu’il y a des armes, tout peut arriver très vite et je le sais bien puisqu’en moins d’un an j’ai reçu deux balles dont Ben m’a sauvé. Alors oui, j’ai peur mais je dois me montrer forte pour ceux que je protège mais aussi pour petit pois.

    « – Qu’est ce qu’elle nous veut ? Elle veut reprendre le camp ??
    _ Je pense que oui.. à tous les coups, elle n’a rien trouvé ailleurs. Il n’y a pas beaucoup d’endroits qui sont entourés par des grillages et donc qui stoppent les infectés. »

    Dis-je à l’une des femmes qui est assise dans un coin de la réserve avec son petit garçon entre les bras. Ben m’a quand même donné une arme au cas où si l’un des hommes de Julianna viendrait à entrer ici mais pour le moment tout se joue dehors. Julianna fait face à Ben et j’arrive à les percevoir. Elle a un air hautain, malsain et j’aurais presque envie de sortir pour l’étriper mais je ne peux pas.

    William est plus loin, posté et prêt à tirer si besoin. Je le vois aussi et ça me rassure car il veille sur Ben. Les coups de feu finissent cependant par se faire entendre. Julianna déclare cette fameuse guerre et je demande à ce que tous mes protégées se cachent sous les tables, les lits, enfin tout ce qui pourrait les cacher des balles. Moi aussi je me met au sol mais je suis morte de trouille. Je pense à Ben. Je me retiens de ne pas sortir pour aller le rejoindre. C’est encore pire quand nous entendons des grosses détonations. Les hommes de Julianna font exploser les réservoirs des voitures et celles-ci explosent. On se croirait en zone de guerre et ça semble interminable.

    Dehors, Will assure Ben jusqu’à ce que celui-ci réussisse à se cacher mais la partie ne va pas être évidente car Julianna et ses hommes connaissent le camp. Ils savent où sont les cachettes, les endroits où peuvent se mettre Ben et ses hommes. Lorsque Ben revient vers son frère, Will lui fait signe d’aller derrière lui car c’est lui qui tient la plus grosse arme. Il a pris un sniper comme lorsqu’il était un Seal. C’est un tireur hors pair mais ça ne veut pas dire que tout va être réglé sur l’instant.

    Julianna a fait en sorte que Ben soit occupé pour qu’un autre groupe se mettent à fouiller le camp afin de voir qui y est cacher mais aussi pour y voler nos vivres. On ne reste pas caché bien longtemps dans notre réserve puisque deux hommes entrent et ils sont armés jusqu’aux dents. Il ne me semble pas les reconnaître mais quand je vois qu’ils pointent leurs armes sur la mère et son fils, je me relève de la cachette.

    « – Laissez les !! On va vous donner ce qu’on a mais ne tirez sur personne !
    _ Oh.. une jolie demoiselle qui ose se mettre sur notre chemin.. C’est peut-être plus intéressant que des vivres.. »

    Je fronce les sourcils et je m’apprête à sortir l’arme que j’ai caché dans ma poche arrière mais l’un des deux hommes tire à côté de moi, ce qui me fait sursauter.

    « – Tu lèves les mains en l’air si non on tue tout le monde ici !
    _ très bien.. »

    Je lève les mains car je ne veux pas qu’il y a de morts ici mais je prie intérieurement pour que Ben ou Will viennent nous aider. Je ne peux pas affronter seule ces deux hommes. Les autres personnes présentes non rien pour les stopper et non pas forcément l’état non plus.

    « – On peut encore trouver des moyens d’ententes.. Julianna va vous mener à votre perte.. alors que William veut construire de durable ici..
    _ William Miller ? Il nous a viré d’ici et nous a souhaité de mourir.. Alors je crois que tu as tort ma jolie demoiselle.
    _ Le contexte est.. »

    Mais des tires tombent dans la réserve. William a snipé les deux hommes et ils tombent sur le sol. Cette scène fait pleurer les enfants alors que moi je reste sans voix devant les cadavres. Quelques minutes plus tard, Ben arrive en trombe pour voir si tout va bien ou plutôt si je vais bien. Il se rapproche de moi mais à son tour il tombe. Julianna l’a suivi et elle a tiré une balle dans son dos. J’en lâche un cri et cette fois-ci je n’hésite plus. Je sors l’arme de ma poche et je tire. Je tire avec une telle précision que la balle finit dans le front de Julianna. La blonde tombe mais moi je me jette sur Ben. Il est au sol et il semble souffrir.

    « – Tu vas bien m’écouter Ben Miller ! Je t’interdis de me laisser seule !! Tu vas survivre pour moi mais surtout pour Charlie ! Tu nous as promis une belle vie alors si tu ne tiens pas ta promesse, j’irai moi-même te botter les fesses en enfer ! »

    Il sourit.. et ses yeux se ferment. La panique arrive réellement. Mais un énorme pique d’adrénaline aussi. Sans vraiment réfléchir, j’ordonne à ce qu’on m’aide à le mettre sur le ventre pour que je puisse voir où s’est logé la balle afin de pouvoir la retirer et voir les dégâts. C’est spartiate, comme à la guerre mais là plus rien ne compte à par lui.

    Dehors, les coups de feu se font encore plus forts et plus rapprochés. Mon père et des hommes du gouvernement viennent d’arriver comme cela était prévu. Ils prennent part à l’attaque mais pour notre côté. Le groupe de Julianna est rapidement décimé et mon père finit par me retrouver dans la réserve. Il me trouve en train de jouer la pseudo chirurgienne mais il ne tarde pas à venir m’aider. Lui est un vrai médecin donc il sait comment stopper le sang et comment sauver mon époux. Cela nous prend un sacré moment mais on réussit à stopper l’hémorragie. Cependant Ben ne se réveille pas. Enfin pas tout de suite. On ne sait même pas s’il va se réveiller. Je vais devoir attendre et je crois que c’est la pire attente de toute ma vie. J’en pleure à ne plus pouvoir rester debout.

    Quelques jours plus tard, en pleine nuit, Ben ouvre les yeux. Il est dans une tente que l’on a monté comme dispensaire. Je suis endormi dans un lit à côté du sien et mon père est là. Il remarque que Ben se réveille et il vient de suite vers lui pour voir comment il va. Mon père sait tout. Il sait qui est Ben pour moi. Il sait ce qu’il a fait à Ben et sa famille. Je lui ai tout dit pour qu’il comprenne le mal qu’il a fait et avec qui je veux vivre aujourd’hui.

    Au début il ne dit rien et il vérifie les fonctions vitales de Ben mais quand il voit que ça semble aller, il ose enfin briser le silence en murmure pour éviter de me réveiller.

    « – Elle vous a sauvé. Elle a retiré la balle à temps avant que celle-ci ne vous vide de votre sang. Cependant la balle a frôlé votre colonne vertébrale et je ne sais pas si vous allez pouvoir remarcher. Et si oui, cela prendra énormément de temps. »

    Pour le moment il n’y a pas eu de réaction sous la ceinture de Ben. Mon père a touché ses pieds et ses genoux mais rien.

    « – Je sais que vous me détestez et que vous souhaitez me tuer. Nina m’a tout dit. Elle n’a pas eu de filtre. Elle m’en veut aussi et je m’en veux aussi. Cependant je ne peux pas effacer mes erreurs. Par contre je tiens à vous remercier pour ce que vous avez fait pour elle. Vous l’avez sauvé à de nombreuses reprises et surtout.. c’est la première fois que je vois ma fille ainsi. Autant investi et prête à tout pour quelqu’un. Elle m’a clairement fait comprendre qu’elle ne reviendrait pas auprès de moi mais qu’elle resterait avec vous. Ça ne me rassure pas avec ce qu’il y a dehors mais si c’est ce qu’elle veut alors j’accepte. Cependant vous devez savoir une chose Ben.. une chose qu’elle ne vous a certainement pas dit. Nina a eu un accident qui a gravement abîmé son corps lorsqu’elle était petite. Je ne sais pas si elle vous a raconté nos vacances au Brésil mais elle a attrapé une bactérie qui a commencé à ronger ses organes.. On a pu la sauver à temps mais elle restera fragile à vie. J’ai surtout peur dans le contexte actuel car elle est enceinte. C’est dangereux pour elle.. tout comme pour l’enfant à naître. Elle ne pourra pas accoucher dans une tente ou à même le sol.. elle aura besoin d’un endroit sain et surtout entouré de médecins. »

    Mon père soupire et il lève un instant son regard sur moi. Il a cependant une sorte de bonne nouvelle à annoncer. Ou du moins, c’est quelque chose qui pourrait changer l’avenir.

    « – Et justement en parlant de cette bactérie.. c’est de celle-ci que je suis parti pour faire ce virus. Le gouvernement voulait une arme biologique et je les ai fournies naïvement. Je pensais que cela resterait dans les laboratoires mais quelqu’un a réussi à voler cette arme et il l’a déversé sur New-York. On a pas eu le temps de réagir, l’épidémie s’est très très vite propagé. On ne pensait pas que ça ferait ça.. l’arme devait tuer et pas faire des sortes de zombis. »

    Il marque une pause. Il s’en veut, c’est certain mais il croit encore pouvoir changer le cours des choses.

    « – Nina et votre fille sont immunisées contre ça. Le sang de Nina est l’antidote. Elle a créé une immunité contre cette bactérie après son accident.. Donc elle ne pourra jamais devenir une infectée, tout comme votre enfant qui grandit en elle. Cependant elle pourrait devenir une sorte de trésor à obtenir. Si cela se sait, les autres gouvernements voudront d’elle pour avoir accès à son sang.. Vous devez donc faire en sorte que ça n’arrive jamais. En attendant, je travaille pour terminer un vaccin qui a les même immuniser que le sang de Nina mais tant qu’il ne sera pas totalement viable, c’est elle qui est le seul moyen de sauver l’avenir de l’humanité. »

  133. Avatar de M.
    M.

    Les derniers jours n’ont pas été faciles. Pas parce que Ben ne peut plus marcher mais parce que j’ai peur pour sa santé et surtout je vois qu’il ne va pas bien. Il reste silencieux et il est ailleurs. Je sais qu’il va falloir crever l’abcès mais c’est lui qui finit par le faire. Alors que j’étais en train de l’aider à manger, il craque. Le bol finit au sol et il s’énerve. Il crie puis il devient ferme dans ses propos. Ses yeux s’humidifient mais ce n’est rien comparé aux miens. Les larmes montent tout de suite et j’attend qu’il termine de parler pour répliquer. Cependant je ne mâche pas mes mots. Je ne peux pas.

    « – Tu te fous de ma gueule Ben Miller ?! Est-ce que tu te moques de moi ?! Tu aurais préféré CREVER ?! Tu es sérieux ?! »

    Il a certainement oublié que je suis une boule d’hormones en pleine ébullition. L’entendre dire qu’il veut mourir, ça me fait horriblement mal et je compte bien lui faire comprendre. Je prend le bol qui est sur le bord du lit et je le jette au sol, ce qui fait sursauter Ben.

    « – Tu crois que je vais moins t’aimer parce que tu ne marches plus ?! Parce que tes jambes ne répondent plus ?! Et puis, comment ça te te permet de dire ce qui est le mieux pour moi ?! Tu préfères que je sois seule avec notre fille parce que Monsieur ne veut pas que je le lave ou m’occupe de lui ?! Tes jambes sont plus importantes que ta famille ?! Oui c’est horrible ce qu’il se passe et j’ai mal au cœur de te voir ainsi mais on s’en est toujours sorti depuis qu’on s’est rencontré et on va encore s’en sortir !! Sauf si Ben Miller décide de faire son gros gamin boudeur !! Putain de merde Ben ! Tu préfères mourir plutôt que de continuer avec ta famille !! »

    Je suis en colère, révoltée, en pleine crise hormonale. Il se prend une tornade Nina en plein visage. Je me rapproche de lui et je donne un coup contre son épaule pour le forcer à relever ses yeux vers moi.

    « – Si j’avais été à ta place et que j’avais dis cela, tu m’aurais hurlé dessus !! Tu m’aurais dis que je finirais par m’en sortir parce qu’on est à deux et qu’on aurait tout fait pour que tu réussisse à remarcher !! Alors moi je te dis la même chose et si tu continus à te plaindre de la sorte, à dire que tu préfères mourir, je vais moi-même t’étrangler !! »

    Je lâche une sorte de grognement et je me recule de lui. J’ai des larmes de colère et le teint bien rouge. Bébé Charlie donne des coups car elle sent ma détresse. Pourtant je ne baisse pas les armes, il faut que Ben comprenne qu’il n’est plus seul et qu’il doit se battre pour lui mais aussi pour nous. Je fini par attraper sa main et je la pose là où Charlie donne des coups.

    « – Et ça tu le sens ?! Tu sens ta fille bouger ?! On se fiche bien que tu te retrouves en fauteuil roulant ou je ne sais quoi ! Tu pourrais être aveugle ou sourd, on fera toujours tout pour toi et pour que tu te sentes bien !! Cependant tu n’arriveras à rien si tu passes ton temps à pleurer au lieu de te soigner !! Pour une fois arrête de penser comme un putain de soldat Ben ! Tu n’es pas un mur en béton armé ! Tu es un humain et tu peux aussi tomber ! Sauf que tu n’es pas seul ! Je serais toujours là même quand tu seras au plus bas et je ferai tout pour t’aider à te relever ! Je ferais tout pour que tu retrouves la santé, ta force et ton sourire !! »

    Je retire sa main de mon ventre et je quitte cette tente. J’ai besoin d’air, besoin d’être un peu seul tant je suis tendu. William a entendu qu’il y avait des cris et il s’est approché pour voir si tout allait bien mais lui aussi je l’envoie balader. Il entre dans la tente ou ben se trouve et il le voit, complètement sonné par la ronflante qu’il vient de se prendre. Ça le fait doucement rire.

    « – Je crois que tu vas dormir sur le canapé pendant plusieurs semaines toi.. »

    Il se rapproche et il voit les éclats de bol au sol. Il voit aussi la soupe sur les draps. Il comprend qu’il y a eu une dispute et il se doute que cela doit concerner l’état de santé de Ben. Comme il a été aussi militaire, il comprend Ben. Il sait ce que doit vivre son frère mais il ne veut pas non plus que son frère se laisse aller.

    « – On a fait tomber Julianna et tous ses hommes. Le camp est redevenu sûr et les habitants reprennent espoirs. Ils veulent construire quelque chose de durable et sécurisé. Je sais qu’on va y arriver grâce à toi.. mais maintenant c’est à moi de te dire que tu dois avoir espoir Ben. Tu n’es pas seul et on fera tout pour que tu puisses te déplacer à nouveau. »

    Il regarde un instant vers les jambes de son frère et il attrape ensuite de quoi nettoyer les draps et le sol.

    « – Tu as cette chance d’avoir une jeune épouse sublime et forte. J’ai su que c’est elle qui avait retiré la balle qui t’avait traversé. C’est aussi elle qui a tué Julianna. Elle s’est battue pour toi alors tu dois te battre pour elle. Tu dois aussi te battre pour ma future nièce parce que j’ai hâte de te voir avec des couettes dans les cheveux et du maquillage plein le visage pour jouer à la princesse avec elle. »

    Il se moque gentillement et lorsqu’il a terminé de nettoyer, il revient près de Ben. Il voit les larmes dans les yeux de son frangin et ça le touche. Contrairement à moi, il donne une tape amicale contre son épaule.

    « – Aller, tu as vécu bien pire frangin. Tu es soldat, ne l’oublie pas. Un soldat ne se laisse jamais tomber, même quand il est au bord de la mort. Il se bat jusqu’à la fin. N’est-ce pas ? Alors bats toi. Tu vas y arriver parce que tu as toujours été quelqu’un de combatif. Bien plus que moi. Et je dois avouer que j’envie cette force que tu as toujours eu. »

    Il termine par laisser Ben seul pour aller voir où je suis sur la demande de Ben. Je suis parti marcher un peu pour me calmer mais je sais que je suis surveillé donc qu’il ne risque rien. Les hommes de mon père sont encore là et mon père aussi. Ils doivent repartir demain. Il a accepté de tout faire pour nous aider et il m’a donné un téléphone satellitaire pour que l’on puisse garder contact. Avec ce qu’il vient de se passer, Ben ne pourra plus aller à Londres malgré tout et Matoaka va encore être déçu. Je compte donc partir à sa place une fois que j’aurais accouché. Il me reste quelques semaines pour me préparer et devenir à mon tour un petit soldat, malgré mon état de femme enceinte.

  134. Avatar de M.
    M.

    Lorsque je rentre dans la tente ce matin, je lui en veux encore. Je suis encore en colère contre lui. Je n’arrive pas à accepter ses mots ou plutôt son envie de mourir alors oui, je vais lui donner ses soins mais je ne lui parle pas et je fais mine de ne rien entendre. Pourtant il insiste et petit à petit ma carapace mise ce matin, commence à se fissurer. Je sais qu’il souffre et qu’il se retrouve dans une situation que personne ne voudrait vivre mais ça n’empêche qu’il a osé penser à mourir et ça me fait un mal de chien en sachant que je l’aime plus que tout mais surtout que je porte sa fille. Ben tente de s’excuser et de se défendre. Il finit même par me tendre sa main et j’observe celle-ci avant de finalement glisser ma main dedans. Ça ne veut pas dire que je lui pardonne tout mais il est hors de question que je l’abandonne.

    « – Je t’interdis de dire que tu vas être un poids ou un fardeau.. Tu ne le seras jamais Ben. Cette situation va être compliqué mais tu es et tu resteras notre chef de famille, notre soleil. Et je me fiche bien que tu puisses pas nous défendre. Je le ferai pour notre famille s’il le faut mais avant d’être un soldat ou un protecteur, tu es surtout l’homme que j’aime. Un simple homme. Pas un gilet par balle ou un mur anti ennemis. Tu es un humain avec un cœur, un souffle et qui a le droit de tomber. Oui, tu as le droit de tomber et tu sais ce qu’on fait dans ce genre de cas ? On se soutient. On fait tout pour rendre ta vie meilleure. C’est ce que je compte faire et je le ferais jusqu’à la fin de ma vie. Je t’aime pour l’homme que tu es. Tes jambes ? Oui, c’est horrible mais elles ne sont qu’une infime partie de toi. »

    Je sais qu’il a une autre vision des choses car il a vécu une vie où il devait sauver les gens ou les tuer mais aujourd’hui ça va être différent. C’est lui qui va devoir être sauvé et il ne faut pas que nous baissions les bras.

    « – Je vais te sauver Ben Miller et je le ferai mille fois s’il le faut. Tu n’es pas seul. Tu n’es plus seul. Il y a moi, ton frère, notre Charlie et puis les gens de notre réserve qui ont un immense respect pour toi.. on sera tous là pour t’aider à te relever et peut être, te revoir marcher. »

    Sa main serre la mienne. Ses yeux s’humidifient à nouveau et je me penche pour déposer un baiser contre son front. Oui, ça va être compliqué tout ça mais je me sens prête. Je suis prête à déplacer des montagnes pour lui et notre fille.

    « – On va se battre ensemble. Ne suis-je pas une Miller aussi ? Je dois donc être un soldat aussi fiable que mon époux. »

    Je souris légèrement et nos fronts se posent l’un contre l’autre. Je reste ainsi quelques minutes avant de reprendre les soins sur son flanc. Ce n’est pas agréable pour lui mais il n’y a pas le choix s’il veut guérir plus vite. La balle a été totalement retiré mais tant qu’il y aura encore les hématomes et l’inflammation, ses jambes ne pourront pas encore répondre. Pour être certain de savoir s’il remarchera ou non, il faut que la plaie soit totalement soignée. C’est ce que je lui explique pour lui donner un peu d’espoir. Car oui, il y a encore de l’espoir mais il l’avait effacé bien trop vite.

    « – Mon père nous avait ramené des médicaments dont des antibiotiques.. il a aussi ramené du matériel médical. Il repart aujourd’hui mais il m’a laissé un téléphone pour qu’on puisse garder contact. Il va tout faire pour que le gouvernement accepte d’aller chercher l’époux de Matoaka. »

    Et ça sans condition. Ou plutôt si, une seule. Mon père veut être présent pour l’accouchement, non pas parce qu’il veut niaiser devant sa petite fille mais à cause de ma santé. Il veut s’assurer que cet accouchement ne prenne pas ma vie.

    « – Il reviendra vers la fin de ma grossesse.. »

    Je dois prévenir Ben puisqu’il ne porte pas mon père sur son cœur et c’est normal. Cependant c’est certainement plus prudent d’accepter sa condition. Moi-même je sais que ça pourrait mal se terminer avec les conditions actuelles. Pas d’hôpital, pas d’endroits sains.. et je ne veux pas perdre mon bébé.

    Durant la journée, je reste une bonne partie de mon temps avec lui mais en fin d’après midi, je le laisse pour aller dire au revoir à mon père.

    Nous devons rester encore quelques jours. Il n’y a pas le choix car Ben ne peut pas faire de trajet en voiture tant qu’il n’a pas sa plaie de guérie. Je m’occupe de lui mais aussi un peu des autres puisqu’il faut encore aider le camp de William. C’est vrai que ça me fatigue beaucoup, surtout avec ma grossesse qui avance de plus en plus. Maintenant il est clair que je ne peux plus la cacher, mon ventre ressort de plus en plus. Les tshirts que j’avais deviennent même trop petits. Ils se relèvent et je me retrouve avec des crop-tops malgré moi. Pourtant je garde le sourire et le courage pour Ben. Et je crois qu’il me le rend bien lorsqu’au bout de deux semaines, lorsque je nettoie sa plaie, il a un réflexe. Sans le faire exprès j’appuie un peu trop fort et cela lui fait bouger un pied. Je me stoppe directement et on se met à sourire tous les deux comme des idiots.

    « – Tu as vu Ben ?? Tu as vu ???! »

    Je n’appuie pas sur sa plaie mais je prend de quoi tapoter sur ses genoux et ses chevilles pour voir si ça rebouge. Ce n’est pas encore vif et assuré mais oui. Ses pieds bougent un peu et ses orteils se tendent. Ce n’est qu’un petit début mais ça donne l’espoir qu’on attendait. Il n’a pas perdu la totalité de sa mobilité. Il va devoir travailler pour la retrouver mais elle est là.

    « – C’est magnifique mon Amour !! Tu as vu ? Tu vas pouvoir remarcher ! Enfin il va falloir qu’on te réapprenne à le faire mais c’est incroyable !! »

    Je suis heureuse pour lui, pour nous. Je reviens près de son visage pour l’embrasser. Je crois que petit pois aussi fête ça puisqu’elle se met à bouger mais elle me donne un coup qui me fait grimacer. Je viens donc m’asseoir sur le rebord du lit et je laisse Ben caresser mon ventre, pour peut-être calmer cette chipie à en devenir.

    « – On va pouvoir repartir dans notre chalet mon amour.. Et commencer à te laisser retrouver toutes tes capacités. En plus tu avais ramené un fauteuil roulant à la réserve donc ça va pouvoir t’aider jusqu’à ce que tu puisses te mettre debout. »

  135. Avatar de M.
    M.

    Nous sommes revenus chez nous et tout a été fait pour que Ben puisse retrouver de l’autonomie. Je ne remercierais jamais assez ceux qui nous ont aidé pour cela. Petit à petit, Ben retrouve de la force et du courage même si le chemin va être encore long, alors que moi c’est le contraire, je perd en énergie à cause de cette grossesse qui est de plus en plus marquée. Malgré tout, j’essaye de ne pas rester sans rien faire et j’aide comme je le peux. Matoaka me laisse donner des cours de lecture et d’écritures aux enfants, même si elle me surveille bien plus depuis que j’ai du lui dire pour ma condition. Pour ce qui est de son époux, elle sait que ça va aller plus vite maintenant que mon père est dans l’affaire et nous attendons chaque jour un appel pour savoir si cela avance.

    Ce matin, j’ai du mal à me réveiller contrairement à Ben qui est déjà dans la cuisine. Bien qu’il soit en fauteuil, il a décidé de préparer le petit déjeuner et l’odeur des pancakes me fait sortir de ma léthargie. Je le rejoins sans plus attendre et je dévore ce déjeuner avec un appétit d’ogre. Ça le fait rire alors que moi j’en fais une moue car je suis devenu une vraie goinfre. Je pourrais passer mes journées à manger, surtout des choses sucrées. En ce qui concerne la grossesse, nous avons justement un rendez vous ce matin pour passer une échographie de contrôle avec la médecin et Matoaka. On se presse de se préparer et nous y allons avec empressement car l’un comme l’autre, nous voulons voir notre petit pois.

    Le sixième mois est bien entamé et ce n’est plus un haricot que j’ai dans le ventre. Nous voyons un bébé. Elle a tous ses membres et on voit bien mieux les formes de son visage. J’ai les larmes aux yeux en voyant l’écran. Charlie grandit bien, elle a même des courbes excellentes selon la médecin. Par contre, le bilan est moins glorieux me concernant car après un petit contrôle de diabète, la médecin se rend compte que mes taux sont trop hauts et que mon cœur est au ralenti. Elle me demande de commencer à me reposer sérieusement, ce qui me fait soupirer.

    « – Il faut que tu évites le sucre et surtout que tu te reposes un maximum Nina. Si tu ne le fais pas, votre fille pourrait naître plus tôt que prévu et tu sais bien que nous n’avons pas les équipements pour un prématuré..
    _ Oui, je vais faire attention..
    _ Pas juste attention, c’est vraiment un gros repos dont tu as besoin. »

    Elle regarde Ben et Matoaka car elle sait qu’ils veilleront à ce que j’arrête de bouger sans cesse. L’échographie se termine sur cette note moins glorieuse mais je reste contente d’avoir vue mon bébé. Matoaka a une idée assez sympa pour que je puisse me soulager tout en aidant aussi Ben. Elle nous propose d’aller nous baigner au lac. Pour moi, cela me permettra de ne plus sentir le poids de mon ventre et pour Ben, cela pourra l’aider à muscler ses jambes sans se faire mal.

    Nous allons donc en début d’après-midi vers le lac et après avoir aidé Ben à glisser dans l’eau, je le rejoins. Matoaka m’a trouvé un bikini qui met en valeur ce nouveau corps qui porte la vie. Je sens que Ben m’observe avec fascination et ça me fait rougir. J’arrive près de lui et je me laisse aller dans ses bras car dans cette eau, il peut me porter sans difficulté.

    « – Dans trois mois on sera trois.. j’ai encore du mal à réaliser. Pourtant on a vu son adorable frimousse tout à l’heure mais j’ai du mal à croire que bientôt nous serons parents.. »

    Le temps passe vite. Il y a encore un an et demi, Ben me trouvait dans une maison avec ma mère infectée.. et là nous sommes ici, dans un lac, dans une réserve sécurisée et nous allons avoir un bébé. Ce n’est pas la vie parfaite qu’on aurait pu souhaiter il y a encore quelques années mais avec les temps actuelles, cette vie est parfaite. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de monde qui peuvent se permettre de se sentir plus ou moins serein comme nous.

    « – Nashoba m’a dit que tu avais fais d’énormes progrès.. Je suis vraiment fière de toi tu sais ? Peut-être que d’ici quelques semaines, tu réussiras à te tenir debout. En tout cas moi j’y crois. »

    Pour le forcer à bouger un peu ses jambes dans l’eau, je m’amuse à venir l’arroser et à le taquiner, comme lorsque nous étions dans le désert et que je lui avais volé un baiser. Cependant, à l’heure actuelle il n’y a plus vraiment cette tension du au fait qu’il avait peur de m’approcher. La preuve en est dans mon ventre. On joue à se jeter de l’eau mais il nous arrête pour ne pas que je me fatigue trop. Je finis même allongé sur le bord du lac pendant que lui se met à nager pour muscler ses jambes.

    On fait ce rituel chaque jour. On part au lac même quand le temps est moins clément. Les semaines avancent, tout comme les progrès de Ben et la grossesse. J’en arrive au huitième mois et je suis une vraie planète. Mon ventre est énorme, si bien que je n’arrive plus à me baisser pour mettre mes chaussures. On ne peut plus se permettre le lac car l’hiver est arrivé et le lac gèle. Dans un mois je devrais accoucher et dans un mois on doit aussi fêter Noël. Ces derniers jours je reste au chaud dans le chalet alors que Ben continue ses entraînements mais aussi son aide dans la réserve. Il s’est remis debout et il arrive à tenir cependant pour la marche ce n’est pas encore ça. Il doit encore avancer avec le fauteuil mais Nashoba l’aide à retrouver une marche équilibrée lorsqu’ils en ont le temps.

    Matoaka passe beaucoup de temps avec moi pour s’assurer que tout va bien et pour me donner des conseils. Elle est émue à chaque fois qu’elle observe mon ventre car ça la rend nostalgique. Avec le temps, ben avait raison. Nous avons créé une relation comme si nous étions deux sœurs. Nous avons des caractères assez forts toutes les deux mais ils se complètent. Elle est bien plus réfléchis que moi mais je suis celle qui lui rappelle qu’elle n’est pas seule.

    « – J’ai réussi à entendre Henry !!! »

    Dit-elle en rentrant en trombe dans le chalet. Mon père a réussi à faire établir une ligne entre Henry et nous. Matoaka a pu l’entendre et être certaine qu’il était encore vivant. Elle a eu un peu de nouvelles et elle a compris pourquoi il n’était pas revenu ici, aux États-Unis. Henry a été forcé de se réfugier dans un camp anglais pour se protéger et il n’avait plus aucun moyen de communiquer ou même de partir. Il a tenté de rejoindre les grandes villes pour pouvoir s’en aller d’Angleterre mais tout comme ici, il n’y avait plus aucun moyen de s’en aller.

    « – Le gouvernement américain devrait envoyer un avion pour récupérer toutes les personnes qui sont bloquées à Londres ! Ça devrait se faire bientôt !
    _ Mais c’est super ça ! Tu vas enfin pouvoir le retrouver !! Et en plus personne n’aura besoin de partir à Londres ! »

    Oui, c’est une très bonne nouvelle. Quand Ben revient, on lui annonce. Henry va revenir d’ici quelques semaines. Matoaka s’empresse de repartir pour aller prévenir les autres et je me retrouve seule avec Ben qui me regarde avec compassion. Je ressemble à une baleine échouée dans son canapé. Pyjama trop petit, chaussettes et chignons bien trop décoiffé, je ne pourrais certainement pas concourir à miss Amérique avec cette dégaine.

    « – Ne te moques pas mais je n’arrive pas à me lever du canapé… J’ai l’impression d’être une tortue qui s’est mis sur le dos et qui lutte pour se remettre debout ! »

  136. Avatar de M.
    M.

    Ben n’est pas là lorsque je me réveille. Charlie appuie de plus en plus sur ma vessie, ce qui fait que je dors peu. Je ne me fais pas de soucis quand je ne vois pas mon époux car je suppose qu’il est avec Nashoba ou Matoaka mais pourtant il est en train de préparer notre future dispute. Lorsqu’il rentre au chalet, je remarque assez vite son air faussement mignon. Il vient vers moi comme s’il avait fait une bêtise. Je suis assise dans le canapé et il arrive derrière moi en glissant une main sur mon ventre.

    « – Qu’est ce qu’il se passe Ben ? Tu fais ta drôle de tête quand tu essayes de prendre les pincettes… »

    Il ne peut plus rien me cacher, je connais chacun de ses airs. Je sais quand il va mal, quand il est heureux mais aussi quand il a des idées en tête. Il ne met pas bien longtemps à me dire ce qu’il se passe avec la horde mais surtout ce qu’il compte faire. Il veut être dans la voiture pour éloigner la horde. Oui, j’ai bien compris.. il veut être une sorte d’appât. Il ne faut pas de longues minutes pour que je réagisse et je me relève du canapé d’un seul bon. Pour le coup, je ne suis plus une tortue sur le dos mais une femme enceinte bien remontée.

    « – Tu te fous de moi Ben j’espère ?? Je suis à quelques semaines voir quelques jours d’accoucher et tu veux faire ça ?! Tu veux aller jouer avec des infectés pour te redonner un peu d’adrénaline ?? »

    Mes yeux sont sombres, mes joues rouges de colère. Il essaye de me tempérer mais comment me calmer alors que je suis terrifié par l’arrivée de l’accouchement et qu’il m’annonce vouloir déloger un énorme groupe d’infectés ? dans un autre contexte, j’aurais eu peur pour lui mais je l’aurais laissé faire non sans être certaine qu’il soit bien en sécurité mais là c’est différent. Il n’a pas retrouvé sa mobilité totale. S’il y a un problème, il ne pourra pas courir pour aller se mettre à l’abris. Il sera emprisonné dans la horde et cela risquerait de mettre d’autres personnes en danger, car il est clair qu’on ne laissera pas bloqué là bas.

    « – Non Ben !! non non et non ! Mais tu te rends compte de l’inconscience que tu as ?? Peut être que ton idée est bonne mais tu oublies que tu ne sais pas encore bien marcher et que tu ne pourras pas courir en cas de problèmes ! Ce sont les autres qui vont devoir venir te sauver ! À moins que tu veux que ça soit moi ?! Dis, tu as envie de me voir aussi aller sur le terrain ?? Parce que si tu me dis non, je vais te gifler Ben ! Tu sais pourquoi ? Parce que moi je fais tout pour rester en sécurité afin que tu sois rassuré mais toi tu fais l’inverse !! Tu veux quoi ? Me rendre dingue et me faire accoucher là tout de suite ?! »

    Le pauvre, il a épousé la plus énorme des tornades. C’est vrai que je m’emporte avec une facilité inouïe et je ne mâche jamais mes mots mais je suis une passionnée, même dans ma colère. Ben tente de se rapprocher mais j’attrape un coussin que je menace de jeter sur lui.

    « – Si tu fais cette mission, je te jure sur la tête de notre fille que je ne te parlerais plus ! Tu m’as bien compris ?? »

    Je repose ce coussin mais je quitte le salon pour aller m’enfermer dans la chambre. Je ne veux plus le voir pour le moment car je sais que je vais encore m’emporter. Je lui en veux de ne pas se rendre compte de nos situations. Il veut se mettre en danger alors que je suis casi sur le point de mettre au monde notre fille. Durant toute la nuit je reste enfermée dans la chambre et je ne sors qu’au petit matin à cause d’une envie pressante. Ben est dans le canapé, encore à moitié endormi mais je fais mine de ne pas le voir. Je ne sais pas si mes mots l’ont percuté ou non mais ça toque déjà à la porte pour en savoir plus sur le projet. Nashoba est là pour récupérer Ben.

    « – Tu le soutiens toi ? Tu crois que c’est intelligent de le laisser faire ça ??
    _ Bonjour Nina.. je suis juste venu pour les exercices de Ben et pour vous dire que William est à l’entrée de la réserve. Il a besoin d’antibiotiques et ma sœur va lui donner cependant il voulait aussi savoir si vous alliez bien..
    _ Tu diras à William que son frère est un inconscient ! Et que sa belle sœur ne veut voir personne ! »

    Je râle encore et je laisse la porte ouverte pour que Nashoba aille rejoindre Ben. De mon côté, je pars dans la salle de bain car j’ai besoin d’un douche bien chaude. Nashoba a envie de rire mais il sait que la situation n’est pas si drôle. J’ai des raisons de ne pas être d’accord. Lui-même sait que Ben n’a pas encore toutes ses capacités.

    « – Je vois que tu as déjà commencé à dormir dans le canapé.. Ça a été rapide. »

    Il laisse Ben se préparer mais ils ne vont pas tout de suite à l’entraînement. Ils vont d’abord voir William et celui-ci apprend ce qu’il se trame. Il n’aime pas non plus l’idée que Ben aille seul. Certes, il est moins farouche que moi mais il pense surtout au fait qu’il pourrait y avoir des centaines d’infectés, voir beaucoup plus.

    « – Je vais le faire avec toi Ben. On ira à deux dans cette voiture. Comme ça Nina sera beaucoup plus rassurée et moi aussi. C’est vrai que si la voiture est bloquée, tu ne pourras pas courir ou t’enfuir facilement. Mais si nous sommes à deux, ça pourra le faire. »

    Nashoba et Matoaka approuvent cette solution. Matoaka vient même à accepter que William entre dans la réserve pour préparer l’expédition. Le temps que les trois hommes vont dans la salle de contrôle, Matoaka vient me voir pour s’assurer que je vais bien. Je ne suis plus dans le chalet mais au bord du lac avec Thor qui s’amuse à récupérer le bâton que je lui lance.

    « – Comment vas tu ? J’ai su pour la petite dispute.. Et j’aurai réagi comme toi. Henry aurait certainement agis comme Ben. Je suis sûr qu’ils s’entendront très bien quand il sera de retour..
    _ Il va le faire, je l’ai vu dans ses yeux.. il n’a pas voulu répliquer parce qu’il savait que j’allais continuer à lui hurler dessus mais il va le faire. Et ça me rend folle. Je sais très bien qu’il se sent mal depuis l’accident et qu’il a l’impression de ne plus être utile mais ce n’est pas en allant se jeter dans les bras des infectés qu’il va retrouver ses jambes..
    _ C’est un homme et la plupart veulent montrer les muscles.
    _ Sauf que je ne veux pas être seule pour accoucher et je ne veux pas que ma fille ne rencontre jamais son père. »

    Matoaka me dit que William va y aller avec Ben. Cela devrait me rassurer mais je ne le suis pas totalement.

    « – Je sais qu’il n’y a pas que ça qui te fait peur Nina.. Tu es terrifiée par l’accouchement. Je le sais parce que je l’ai aussi vécu. La première grossesse n’est pas rien. Mais tu sais que tu as le droit de m’en parler ? Tu n’as pas à tout garder pour toi..
    _ Bien sûr que je suis terrifié.. parce que c’est pour bientôt même très bientôt. Et ce n’est pas le fait d’avoir mal qui me fait peur mais j’ai surtout peur que ça se passe mal pour elle ou alors pour moi.. Si je ne survis pas.. je..
    _ Tu vas survivre Nina.. on fera tout pour ça. Tu sais que même ton père tenait à être là..
    _ Sauf que s’il veut être là ce n’est pas pour rien Matoaka. C’est parce que mon cœur va mal depuis que je suis enfant. Je le sais et c’est bien pour ça que j’évite de jouer la fille athlétique. Mon cœur ne bat pas comme les votre.. il bat très lentement. Il ne supporte pas les efforts trop intenses. C’est pour ça que mon père veut être là car il veut prévoir une césarienne.. mais si j’accouche avant son arrivée.. ça pourrait être bien plus compliqué que prévu. »

    Elle me prend dans ses bras et je laisse mes larmes prendre le relais. Je suis mortifié, fatigué et l’histoire avec Ben ne m’aide pas à être plus sereine. Un peu plus tard dans la journée, je le vois revenir vers le chalet avec William. Will vient me saluer mais je reste fermée à la discussion. Je me lève quand même pour aller leurs préparer un thé mais alors que je termine de mettre l’eau dans les tasses, je tombe comme une mouche. L’épuisement l’a emporté. Bien sûr, les frères Miller viennent directement voir ce qu’il se passe et c’est Will qui me soulève du sol pour me poser sur la table de cuisine. Mon cœur bat, ma respiration s’entend. Et puis je ne reste pas bien longtemps inconsciente mais mon teint est bien plus pâle. Sous l’ordre de Ben, William me ramène au dispensaire et la médecin me prend tout de suite en charge. Elle sait même une échographie pour voir si tout va bien pour le bébé. Plus de peur que de mal, je n’ai fait qu’ une chute de tension. Cependant la médecin veut que je reste sous sa surveillance pour la nuit et même pour quelques jours.

    Quand Ben vient me voir après les contrôles, j’évite son regard jusqu’à ce qu’il pose une main sur mon ventre. Cela fait bouger Charlie.

    « – Si je ne m’en sors pas Ben.. je veux que tu me promettes de veiller sur elle et de ne jamais la laisser seule.. Je veux que tu me jure que jamais tu ne la mettras en danger ou que tu te mettras en danger parce qu’elle n’aura plus que toi ! Promets moi.. tu me le dois.. tu dois me promettre que notre fille aura toujours son père avec elle.. »

  137. Avatar de M.
    M.

    Je suis effrayé. Parce que je comprend que le grand moment est plus proche que prévu. Alors oui, je me dois de lui demander cette chose horrible qu’est de prévoir un avenir sans moi par précaution. Il doit me promettre de ne jamais lâcher notre fille et même si cela lui fait mal, il me le promet. Il me dit les mots que j’attend et j’en soupire de soulagement. Ben a les larmes aux yeux et il cache son visage contre mon ventre mais il est là. Il a compris que l’instant était plus important que les infectés dehors ou même cette mission suicide. Cependant je me dois de lui dire une chose que j’ai sur le cœur.

    « – Ben.. ne crois pas que je doute de toi. Ne penses pas que je te sens faible ou inutile. Bien au contraire. Tu es mon monde et tu vas être celui de notre fille. C’est pour cela que j’ai plus ou moins perdu mes moyens.. parce que s’il t’arrive quelque chose là-bas, notre famille sera abîmée. Tu es notre pilier.. »

    Ma main glisse dans sa chevelure et je sens qu’il s’apaise un peu.

    « – Tu ne peux pas aller sur le terrain mais ça ne veut pas dire que tu ne peux pas aider.. Tu sais ce qu’il faut faire. Tu sais comment les éloigner.. Alors sois un bon instructeur envers ceux que tu juges apte à faire cette mission. Tu peux les guider.. les mener à gagner. C’est tout autant honorable que d’y aller tu sais. »

    Il relève ses yeux vers les miens. On s’observe silencieusement mais je crois qu’il n’est pas contre mes mots. Il aura un rôle de chef, lui qui a toujours été le soldat obéissant. Et puis cela lui permettra de ne pas être loin de moi, au cas où si Charlie décide de sortir. Même si j’ai cru entendre que Matoaka voulait contacter mon père pour qu’il arrive au plus vite.

    « – Mon père veut une césarienne.. mais moi pas vraiment. Je préférerais que Charlie arrive pas elle-même, quand elle se sentira prête. La césarienne, je ne l’envisage que si Charlie est en danger.. »

    Il sait ce que je pense même s’il sait aussi qu’en cas de gros problèmes, il aura le choix que ce qui est le mieux à faire pour moi. Cependant je tiens tout de même à la rassurer malgré mon malaise. Je vais mieux et ma tension a bien remonté. Il faut seulement que je me repose beaucoup plus et que j’évite de courir à droite ou à gauche.

    La médecin me laisse retourner au chalet avec Ben mais elle m’interdit de bouger de notre lit. Je suis condamné à être allongé et à lire des livres que nous avions pris dans les endroits abandonnés que nous avons visités avant ma grossesse. Ben est là. Il s’occupe du mieux qu’il le peut de moi et quand il part pour gérer les soucis avec les infectés, j’ai Thor ou même Matoaka qui sont là pour garder un œil sur moi. J’ai même Kisos et la petite Sora qui passent un peu de temps en ma compagnie.

    Quelques jours après ce malaise, Ben revient et je ne suis pas au lit comme je devrais l’être mais dans le salon. J’ai préparé un petit repas et allumé notre cheminée puisque le temps commence à être bien frais. La neige tombe de plus en plus en extérieur. Je veux profiter de ce qui va certainement être notre dernière soirée à deux mais je rassure Ben en lui disant que j’ai été aidé par des femmes de la réserve.

    « – J’ai juste préparé les chocolats chauds mais le reste des gourmandises, ce sont nos voisines qui les ont faite ! Des cookies, des brownies et même des rolls à la cannelle. Maintenant tu n’as plus qu’à venir te poser avec moi dans le canapé et tu vas toi aussi te reposer mon amour. Bientôt on aura plus le droit d’avoir des soirées aussi calmes ! On devra changer des couches et bercer notre chipie. »

    Je souris finement et quand il vient près de moi, j’attend qu’il se rapproche pour lui voler un petit baiser. Je ne sais pas ce qu’il advient des infectés qu’il devait éloigner mais j’ai cru comprendre que l’opération avait eu lieu aujourd’hui.

    « – Comment ça c’est passé ? Ils ont réussi ? »

    Une fois qu’il est enfin assis, je fais en sorte de venir contre lui en posant mon dos contre son torse et en laissant ses mains glisser sur mon énorme ventre qui bouge sous les coups de pieds de Charlie. Elle n’arrête plus, comme pour nous faire comprendre qu’elle va bien et qu’elle s’apprête à bientôt nous rejoindre.

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    M.

    J’ai une chance extrême d’avoir Ben. Il s’occupe avec merveille de notre petite pendant que moi j’essaye de reprendre de la force. Il l’a toujours avec lui, même quand il va commander ses hommes en extérieur. Il lui prend son bain, il lui change ses couches, il passe des heures à lui raconter des histoires ou lui chanter des chansons. Cet homme est parfait et je le vois encore plus depuis qu’il est père.

    Pour ma part, je suis surtout là pour la nourrir mais je n’ai pas encore l’énergie nécessaire pour faire autre chose. Je suis la plupart du temps endormi dans notre lit, même si je tente d’en sortir tous les matins. Hélène m’a dit que c’était normal mais je sais que c’est faux. Ma convalescence ne devrait pas durer autant de temps. En plus je perds encore du sang alors que ça ne devrait pas être le cas.

    Un matin, alors que Ben est parti avec Charlie, j’ai la visite de Matoaka et je sais qu’avec elle, il n’y a pas de faux semblants. Elle est franche avec moi et c’est ce que j’aime chez elle.

    “ – Hélène dit quoi par rapport à moi ? Car je sais qu’elle veut me ménager mais j’ai besoin de savoir ce qu’il en est..
    _ Elle pense que tu dois avoir des lésions intérieures car ce n’est pas normal que tu saignes encore et qu’au lieu d’aller mieux, ton état devient de plus en plus préoccupant..
    _ Et pourquoi elle ne me dit rien ? Elle.. ne peut rien faire ?
    _ Elle ne peut pas non. Elle n’a pas le matériel et les moyens suffisants de vérifier ton utérus.. Mais moi j’ai eu une idée. J’ai appelé ton père Nina. Après tout, il était prêt à te faire une césarienne.. Il saura quoi faire.
    _ Tu sais quand il va arriver ?
    _ D’ici deux trois jours, avec d’autres médecins. Ils vont nous ramener du matériel médical et des vivres.. On a quand même cette chance de l’avoir même si on aurait mille fois le droit de détester ton père.
    _ Je sais que ça ne sera pas gratuit. Mon père travaille pour le gouvernement Matoaka.. Il est leur pion et s’ils l’aident autant, c’est qu’ils veulent quelque chose en retour.”

    Mais je lui demande de ne pas en parler avec Ben. Je veux d’abord parler avec mon père et savoir ce qu’il en est. En attendant, je reste au lit et je profite de mes moments réveillés en douce compagnie puisque Ben vient avec notre petit pois. Elle se retrouve dans mes bras, prête à téter mais surtout elle a ses grands yeux bleus d’ouverts. Elle a déjà une semaine et c’est déjà dingue à quel point elle a changé.

    “ – Maman a bien pris sa Tisane et elle a même mangé un gros morceau de gâteau que Tante Matoaka a ramené. Je crois que papa n’aura pas le temps d’en goûter s’il ne va pas tout de suite en chercher dans la cuisine..”

    J’étire un sourire et je jette un rapide regard sur Ben. Charlie se met à boire son lait et je l’observe en caressant sa petite tête légèrement brune. Je pourrais rester là des heures, à ne regarder qu’elle mais il faut aussi que je pense à mon grand blondinet d’époux qui a aussi besoin qu’on prenne soin de lui. Cela m’agace de ne pas pouvoir être là pour lui alors qu’il a encore besoin de moi. Je sais qu’il a encore mal aux jambes et qu’il a besoin de repos.

    “ – Si tu as besoin d’un peu de repos, Matoaka m’a parlé d’une chose qui n’est pas si bête. On pourrait trouver une baby-sitteur pour quelques heures par jour. On ne pourra pas payer en argent car ça n’a plus vraiment de valeur mais on peut payer en vivres.. Il faut que toi aussi tu puisses te reposer, le temps que je me remette sur pieds..”

    Matoaka m’a parlé du fils Wells, Tomas. Il a treize ans et il est déjà très responsable. C’est lui qui s’occupe des jumeaux quand je ne le peux pas.

    “ – Et Matoaka m’a aussi dit que mon père allait arriver demain pour venir m’osculter. Hélène n’a pas assez de moyens pour le faire ni forcément les connaissances.. Elle n’était que médecin général avant.. Mais bon, nous avons de la chance qu’elle soit là.”

    Charlie termine de boire mais elle s’endort contre moi. Pour une fois, je la garde contre moi au lieu de la rendre à Ben. Malgré moi, je sens les larmes monter car j’ai l’impression de rater des moments de sa vie mais aussi d’être absente pour Ben. Il se rapproche en voyant mes larmes, certainement car il doit croire que j’ai mal quelque part.

    « – Ça va.. mais ça me fait mal de pas être là pour vous deux.. d’être dépendante à ce lit parce que j’arrive plus à rester debout.. Alors que toi tu as encore mal au dos, aux jambes et tu gères tout.. Je suis tellement désolé Ben.. je m’en veux tellement.. »

    Mes larmes tombent sur le visage de Charlie et cela la réveille. Elle ouvre ses grands yeux bleus et devant ma tristesse, elle se met aussi à pleurer. Je la berce pour essayer de la calmer mais plus je pleure et plus elle pleure. Ce sont les bras de notre pilier qui vient nous calmer toutes les deux. Ben nous prend contre lui et je niche mon visage contre son cou alors que Charlie se niche contre son torse.

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    M.

    Il est autant épuisé que moi et pourtant il me soutient comme jamais. Je me laisse aller dans ses bras et avec le peu de force que j’ai, je le serre contre moi. Les larmes coulent mais elles ne sont pas que de tristesse. Elles savent aussi que j’ai une chance immense d’avoir cet homme, cette famille et je ne dois pas lâcher prise maintenant. Je dois me battre pour Ben et Charlie.

    Mon père arrive deux jours plus tard, comme prévu et il ne cherche même pas à discuter avec qui que ce soit. Il arrive dans notre chalet et il se précipite vers moi pour venir jauger mon état. Il n’est pas seul, il y a deux autres médecins avec lui mais je me méfie. Je n’ai pas confiance aux personnes qui travaillent pour le gouvernement mais je sais que j’ai pas le choix que de me laisser faire si je veux guérir au plus vite. Mon père me fait retourner dans le dispensaire et ses deux acolytes s’activent à préparer une chambre stérile pour m’opérer.

    “ – Je pense que tu dois avoir une blessure interne ou quelque chose du genre mais je dois ouvrir pour voir.. Je sais que tu n’as jamais aimé l’hôpital ni les opérations mais c’est important ma chérie. Je ne veux pas que tu perdes la vie..
    _ Pourquoi tu restes avec eux ? Pourquoi tu travailles encore pour eux ?
    _ Parce que je n’ai pas le choix Nina.. Du moins, on sait bien que si je pars, ils me tueront ou ils s’en prendront à toi. Bien avant que l’épidémie ne commence, toi et ta mère vous étiez déjà mes points faibles et c’est toujours le cas.
    _ Et pourquoi tu as fais tout ça ? Enfin.. ça n’a pas de sens. Tu as crée l’apocalypse.. Tu as fais mourir tellement de gens..
    _ Parce que je suis un idiot. Un idiot de scientifique qui voulait prouver ses capacités et qui a été trop naïf.
    _ Tu sais que je te déteste pour tout ça.. quoi que.. c’est égoïste mais si ça n’était pas arrivé.. je n’aurais jamais rencontré Ben ni eu Charlie..
    _ Peut-être que tu aurais une vie bien plus belle que tout ça tu sais.
    _ Ma vie serait certainement moins compliquée mais je crois que jamais je n’aurais aimé autant que cette famille que j’ai maintenant..”

    Mon père sourit faiblement et il préfére se concentrer sur ma santé. Avant quelconque opération, il me laisse passer un peu de temps avec Ben et Charlie. La petite se retrouve contre ma poitrine et Ben allongé à coté de moi. C’est silencieux car elle dort mais j’entend la respiration rapide de Ben qui doit certainement déjà stressé comme un fou.

    “ – Tout ira bien.. On déteste mon père mais il y a un point sur lequel on ne peut pas nier, il est un grand médecin. Justement, peut-être qu’il pourrait aussi voir pour ton dos et tes jambes..”

    Il ne peut pas faire de miracle non plus mais il a peut-être un moyen de soulager Ben.

    Je fini par passer sous le scalpel de mon père et cela dure quand même quelques heures. Cependant quand il sort de la salle d’opération, il a encore un scalpel en main et il se dirige droit vers Ben. Ben parle avec Matoaka quand il arrive et l’amérindienne a le reflex de se mettre devant Ben pour le protéger.

    “ – Ce n’est pas vous que je cherche !! Où est cette femme, Hélène ?! La médecin ?!!
    _ Pourquoi ? Elle a tout fait pour aider Nina !! Elle n’a rien fait de mal !!
    _ Justement si !! Ma fille était en train de mourir à cause d’elle !! Ben, tu lui as dit pour le sang de Nina ?!”

    Mon père détourne son regard sombre vers Ben. Hélène savait pour mon sang car on lui faisait confiance mais en réalité, elle a profité de mon accouchement pour provoquer une blessure interne et me faire saigner sans que cela ne paraisse suspect. Depuis la naissance de Charlie, elle me prend du sang dans le but de pouvoir le vendre ou négocier avec des gens qui voudraient un remède. Elle a quitté la réserve ce matin, quand elle a vu mon père entrer dans le camp. Elle savait qu’elle se ferait attraper dans son jeu donc elle a pris la fuite.

    “ – Anya avait des lésions qui n’avaient rien de naturel et si Matoaka ne m’avait pas appelé, elle n’aurait pas tenu une semaine de plus !!”

    Il jette un furtif regard vers Matoaka qui est totalement sous le choc de la nouvelle. Elle connait Hélène depuis le début de la pandémie et elle n’aurait jamais pensé qu’elle aurait pu faire ce genre de chose. Mais surtout cela veut aussi dire qu’il y a certainement des trafics qui se font hors des murs et que d’autres personnes ici peuvent mettre en danger la réserve.

  140. Avatar de M.
    M.

    Nina ne sait rien de ce qu’il se passe puisqu’elle est encore endormie. Son père veille sur elle mais quelqu’un d’autre s’inquiète pour Ben. Matoaka se doute qu’il est parti retrouver Hélène et qu’il risque de faire quelque chose qu’il pourrait regretter. Cependant elle ne peut pas partir car c’est elle qui garde Charlie alors elle va vers Nashoba pour lui demander une faveur.

    « – Retrouves le s’il te plaît.. je ne veux pas qu’il fasse quelque chose qu’il pourrait regretter ou même qu’il se met en danger.
    _ Je ne sais pas vers où il est parti Matoaka..
    _ Il faut que tu le retrouves ! S’il te plaît.. et donne lui cela ! »

    Elle tend la seconde tétine de Charlie car elle sait que cela aura un impact sur l’esprit de Ben.

    Pour Hélène, elle se retrouve devant le militaire et elle est effrayée par son regard de tueur. Elle sait qu’elle va payer ce qu’elle a fait mais elle tente de se justifier.

    « _ Son sang est un antidote Ben ! Il peut sauver des milliers de vies ! Alors oui, j’ai profité de sa faiblesse mais une vie n’est rien comparé à des milliers ! »

    Ses mots sont une lame qui transperce mais une réalité glaçante. Le sang de Nina comme celui de Charlie, sont un moyen de protéger les gens du virus mais surtout les prochaines générations. Cependant Hélène n’a pas agit avec cette soit disant humanité qu’elle laisse entrevoir puisqu’elle comptait revendre le sang dans une sorte de marché noir qu’elle a mis en place. Elle aurait pu le donner à un organisme ou quelque chose du genre pour que ceux ci tentent de créé les mêmes données génétiques afin de créer un vrai vaccin mais non. Elle agit dans son intérêt personnel.

    « – De toute façon on sait que c’est la faute de son père si ce monde est devenu ainsi alors elle mérite de mourir autant que ce monstre ! Ils ont détruit notre planète et toi tu oses aimer ça.. tu oses aimer la fille d’un monstre.. tu es pitoyable Ben.. »

    Elle essaye de le piquer pour tenter de raviver la haine de Ben envers le père de Nina. Car oui, Helene sait l’histoire puisqu’elle a profité de la faiblesse de la grossesse pour que Nina se confie. C’est ignoble mais à qui peut-on faire confiance maintenant ? Les gens sont prêt à tout pour survivre ou gagner.

    Du côté de Nashoba, il est parti à la recherche de Ben comme Matoaka lui a demandé mais il ne se presse pas. C’est volontaire. Il veut qu’Hélène paye aussi ce qu’elle a fait. Il compte rejoindre Ben mais il ne va pas le stopper. Pour Matoaka, elle reste auprès de Nina. Assise sur le fauteuil à côté du lit, elle berce Charlie mais garde un œil sur Sora et Kisos qui dessinent non loin d’elle.

    « – Tu as un début de vie déjà bien chargée petite Charlie mais sache que tu as deux parents qui t’aiment très très fort. Ta maman va se battre pour être près de toi et ton papa aussi. Bientôt vous aurez le droit à de la paix, j’y veillerais. »

    Elle embrasse le front de la petite brunette qui dort contre elle. Elle prie silencieusement pour cette famille qui n’a pas encore eu le droit à un moment de repos depuis la naissance du bébé. Matoaka a quand même la chance de voir Nina donner un premier signe de vie. La jeune femme se réveille lentement et cela fait débarquer son père qui vient surveiller ses signes vitaux. Matoaka assiste à la scène mais elle surveille Nina comme une mère protège son petit.

    « – Elle va bien ??
    _ Oui, ses signes vitaux vont beaucoup mieux mais elle va avoir besoin de beaucoup de temps pour se remettre. Cette femme l’a presque vidé de tout son sang..
    _ Pourquoi vous avez usé du sang de votre propre fille pour faire un virus mortel ? C’est si monstrueux.. vous mettez sur les épaules de Nina des millions de morts mais aussi une possibilité de tout guérir.. comment voulez vous qu’elle vive avec ça ?!
    _ Sachez que je m’en veux de ce que j’ai fais et que je regretterais jusqu’à la fin. J’ai réfléchi comme un scientifique et non comme un père. Mais je ferai tout pour me rattraper et la protéger.
    _ Non. Quand elle ira mieux, partez de sa vie. Laissez là. Elle n’a pas besoin de vous dans sa vie, elle a sa propre famille maintenant.
    _ Je..
    _ Ben saura la protéger et l’aimer bien mieux que quiconque dans ce monde. Mais vous.. vous avez sali votre propre enfant. Vous devez partir. »

    Matoaka est ferme mais surtout sérieuse. Le père de Nina ne dit plus rien si ce n’est qu’il reviendra quand sa fille sera pleinement réveillée.

    Il faut une petite heure pour qu’elle ouvre enfin les yeux. Elle est faible mais elle esquisse un sourire en voyant Charlie dans les bras de Matoaka. L’amérindienne se relève et elle dépose délicatement le bébé contre la poitrine de Nina. Il n’y a pas mieux que ce geste pour redonner de l’énergie à une jeune maman.

    « – Mon Amour.. Ma jolie Charlie..
    _ Elle attendait sagement que sa maman se réveille..
    _ Où est Ben ?
    _ Il est parti faire un tour avec Nashoba mais il va bientôt arriver. Pour le moment, tu dois surtout penser à toi petite lionne.
    _ Mon père m’a opéré ? Qu’est ce que j’avais ?
    _ Tu.. avais une grosse hémorragie interne. Mais tout va mieux. »

    Matoaka ne dit rien pour l’instant. Elle ne veut pas parler d’Hélène ni du fait que Ben est parti la traquer. Elle sait que cela va stresser Nina et ce n’est pas bon.

    « – J’ai eu peur.. peur de ne jamais me réveiller et d’abandonner ma famille..
    _ Mais tu es là. Tu es une guerrière Nina Miller.
    _ Merci pour ce que tu fais pour nous..
    _ Tu me remercieras plus tard. Pour le moment repose toi ma jolie. »

    Nina ne se doute de rien et elle serre doucement son bébé contre elle. Malgré tout, elle a hâte de retrouver Ben et de le rassurer car elle sait qu’il a certainement dû stresser. Elle pense même que c’est pour ça qu’il n’est pas là. Nashoba l’a sûrement éloigné pour que Ben pense à autre chose.

  141. Avatar de M.
    M.

    Nina ne sait pas que Ben est revenu car elle dort avec Charlie contre elle mais le petit bébé sent la présence de son père. Elle se réveille et babille légèrement, ce qui amène Ben à se rapprocher et Nina à se réveiller. Le sourire de la jeune mère se fait grand quand elle voit Ben auprès d’elles. Il est là. Il est revenu.

    « – Tu es là.. »

    Murmure t’elle en essayant de se redresser légèrement pour lui voler un baiser mais finalement c’est lui qui vient lui prendre. La famille est réunie mais il y a quand même une ombre qui plane encore. Nina ne sait rien. Elle ne sait pas qu’elle a failli mourir à cause d’Hélène et qu’à présent, Hélène est morte. C’est quand Matoaka propose de prendre Charlie pour laisser le couple discuter que la jeune mère apprend tout. Elle n’est pas effrayée par l’acte de Ben mais elle est effrayée par elle-même et par le fait qu’elle n’a rien vu venir. Elle est effrayée parce qu’elle sait que son secret peut mettre en danger sa famille. Ben la prend dans ses bras pour la rassurer, la câliner mais Nina semble ailleurs.

    « – Je n’ai rien vu.. Elle me tuait à petit feu et je n’ai rien vu.. et si quelqu’un d’autre essayait de nous trahir ? De vous faire mal pour m’atteindre ? On est en sécurité nulle part.. à cause de moi.. »

    Non, à cause de son père mais même si elle s’en prenait à lui, rien ne pourrait changer sa condition. Elle est le fruit d’une expérimentation. Ses douleurs passées ont servi à créer un virus mortel et un antidote. Son sang est un graal que beaucoup n’hésiteraient pas à voler. Il faut qu’elle trouve un moyen d’en faire une force au lieu d’en faire une faille.

    « – Je dois donner mon sang.. pas tout mais au moins de quoi protéger les gens de la réserve. Ils n’auront plus aucune raison de me faire du mal.. et.. pour la suite, on avisera mais on ne peut pas ne rien faire car ça va finir par se retourner contre nous. Et il est hors de question que notre vie finisse dans la fuite constante. Pas avec Charlie qui vient d’arriver. »

    La jeune femme glisse sa main dans celle de Ben. Elle a besoin qu’il soit à ses côtés et pas contre son idée. Nina sait que ça va le tracasser surtout avec ce qu’elle vient de vivre mais il faut qu’elle prenne les devants avant qu’on lui arrache les cartes qu’elle a encore entre les mains.

    « – Quand j’irai un peu mieux, on fera ça. Et je veux que tu sois le premier à recevoir un peu de mon sang.. on va voir avec mon père ce qu’il faut pour que tout soit efficace. En même temps, je crois que ça me ferait du bien de savoir que je peux contribuer à sauver quelques âmes même si des milliers sont déjà mortes.. »

    Elle ne peut pas sauver le monde entier mais elle peut au moins sauver cette réserve et c’est déjà ça. En attendant, il faut quand même qu’elle reprenne des forces et elle sait qu’elle n’y arrivera pas dans cette petite pièce mais plutôt chez elle, dans le chalet. À coup de yeux doux et de moues mignonnes, elle réussit à retrouver la chaleur du domicile familial. Elle reste au lit ou dans le canapé mais elle est chez elle avec Ben et Charlie. Le soir même, elle est dans le lit avec Ben contre elle. Charlie dort dans le berceau qui a été mis dans leur chambre et ils entendent les légers ronflements de la petite. Thor est allongé près du berceau, prêt à mordre quiconque viendra troubler la famille.

    « – Tu sais que Noël tombe la semaine prochaine ? Je veux qu’on fête ça pour notre Charlie.. tu crois que tu pourrais trouver un petit sapin ? Je m’aiderais de Kisos et Sora pour faire des boules et des guirlandes. Mais promis, je ne te demanderais pas de faire le père Noël. »

    Elle est allongée sur le côté, face à Ben. Nina rit doucement mais elle fait une moue car malgré sa légèreté, elle sait que Ben est beaucoup plus stressé et ailleurs. Il a peur pour elle, pour Charlie mais il en oublie qu’il a aussi le droit de souffler et se poser.

    « – Non, Nashoba ira et toi tu vas te poser avec nous. Tu as aussi besoin de te reposer.. et profiter. On vient d’avoir notre bébé et on a pas encore eu le plaisir de vivre des choses à trois donc on va changer ça. Surtout que j’ai bien envie de voir comment papa réussit à gérer les couches bien pleines. »

    Là il sourit. Il offre cette mimique qui fait fondre la brune. Elle finit par lui prendre un baiser mais ils n’ont pas plus de temps pour eux car miss Charlie réclame son repas. Nina peut lui redonner le sein mais surtout la prendre dans ses bras. Il y a encore quelques jours, elle pensait ne pas avoir le droit de voir sa fille grandir mais maintenant elle peut croire en cet avenir avec elle.

    « – Que tu es belle mon Amour.. tu as les yeux de ton papa.. et sa gourmandise aussi.. »

    En effet, Charlie boit son lait comme si elle n’avait pas mangé depuis des mois. Nina caresse le haut de sa petite tête mais elle se met correctement pour que Ben puisse aussi voir la bouille éveillée de leur fille.

    « – Et tu es notre plus belle victoire.. notre plus magnifique trésor.. Papa et maman vont veiller sur toi jusqu’à ce que tu nous repousses à l’adolescence parce qu’on voudra pas que tu ailles traîner dehors avec les autres ado. »

    Nina rit de bon cœur et elle penche sa tête pour la poser contre l’épaule de Ben.

    « – Je ne t’ai pas encore remercié pour ce beau cadeau.. j’avais peur d’être mère mais je réalise que je n’ai jamais été autant amoureuse de quelqu’un. Enfin avec toi bien sûr mais Charlie c’est.. notre amour dans une petite chose toute mignonne. »

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    M.

    Nina savait que Ben faisait quelque chose dans son dos mais elle n’imaginait pas une telle surprise. Ce n’est pas que pour elle ou pour Charlie mais pour toute la réserve. Ben offre des étoiles à beaucoup de familles, et beaucoup d’enfants et les gens retrouvent un peu de bonheur en peu de temps. Les enfants sont excités, les adultes émerveillés par les décorations et aussi le repas qui est gargantuesque. Ben a touché les cœurs de tout le monde mais il a surtout fait décoller celui de Nina. Elle est fière, émue, heureuse, amoureuse. Ses yeux pétillent quand il vient vers elle et Charlie pour avoir l’avis sur cette surprise. Nina ne perd pas de temps pour l’embrasser et le remercier mais il y a une autre scène qui met la cerise sur le gâteau. Matoaka voit son époux entrer. Elle saute dans ses bras et elle est suivie de Kisos qui court à son tour. Il n’y a que Sora qui se cache car elle ne comprend pas mais on finit par lui présenter son papa qu’elle voit pour la première fois.

    « – C’est le plus beau Noël de toute ma vie.. Ce que tu as fais.. et puis notre famille… et tout ça ! Enfin regardes ce que tu as fait ! Tu as mis de la lumière dans les yeux de toutes les personnes présentes Ben ! Je suis tellement fière d’être ta femme.. Tu ne peux pas savoir à quel point je t’aime ! »

    Elle a les yeux bordés de larmes joyeuses mais elle se retient. Elle finie dans les bras de Ben avec bébé Charlie qui gazouille. La petite est encore trop jeune pour comprendre quoi que ce soit mais elle n’en reste pas moins émerveillée par toutes les limonières qui clignotent et par les sourires des gens. Ben se fait remercier par tout le monde et Nashoba aussi. Nina va aussi serrer l’amérindien dans ses bras car il a aussi contribué à cette journée. Vient aussi le moment où Matoaka vient présenter son époux. Il est là parce que le père de Nina a fait pression sur le gouvernement américain. Henry tend sa main vers Ben pour lui offrir une poignée généreuse alors que pour Nina, il lui offre une accolade.

    « – Merci à vous deux. Sans vous, je serais encore là-bas. Je pense même que jamais je n’aurais pu revenir ici.. Alors oui, merci. Merci pour tout.
    _ Ce n’est pas nous qu’il faut remercier mais votre épouse. Grâce à elle, nous avons un endroit où vivre et où on peut dormir sans avoir peur. »

    Répliques Nina alors que Matoaka peine à retenir ses larmes. Elle vient aussi donner des accolades à Nina et Ben. Il n’y a que la petite Sora qui reste encore en retrait et au lieu d’aller dans les jambes de son papa, elle se cache dans celles de Ben. Ça fait tendrement rire Matoaka et Nina car Sora n’a jamais caché son petit coup de cœur pour le beau Ben Miller.

    « – Votre fils veut ma fille et votre fille mon époux. Je vais devoir vous voler votre femme !
    _ Mais je vais finir seul moi ! »

    Henry rit à son tour et les deux familles vont se poser à table pour aussi profiter du repas. Pour le moment Henry ne parle pas de Londres et ce n’est pas plus mal, les mauvaises choses peuvent attendre. La journée se passe parfaitement et il y a même quelques distributions de cadeaux. Ce ne sont que des breloques mais ça fait chaud au cœur. Nina a prévu un cadeau pour Ben et Charlie mais ceux-ci attendent au chalet.

    C’est en fin d’après-midi qu’ils y retournent et Nina s’empresse de donner un petit paquet à Ben. Pour Charlie, elle lui a fabriqué une petite peluche en forme d’ourson et pour Ben, elle a demandé de l’aide pour lui faire faire une chevalière. Dessus il y a les initiales de Ben, de Charlie et d’elle.

    « – On t’accompagnera partout où tu iras comme ça.. »

    Elle n’a pas pu faire plus puisqu’elle n’a pas pu sortir de la réserve depuis bien des semaines mais elle espère que cela touche quand même Ben. Charlie semble ravie de son nounours puisqu’elle l’agrippe avec force.

    L’heure du bain pour miss Charlie arrive ainsi que l’heure du couché. Elle dort encore dans la chambre du couple mais ils ne vont pas se coucher tout de suite, ils se retrouvent dans le canapé du salon et Nina est dans les bras de Ben. Le feu de cheminée crépitent et ils profitent d’un peu de calme avec du thé et quelques biscuits.

    « – Je n’aurais pas pu rêver mieux comme premier Noël pour Charlie.. Mais aussi pour nous. Parce que malgré tout, on a déjà fait un petit bout de chemin non négligeable toi et moi. Il y a encore quelques mois, tu me sauvais de soldats prêts à me violer et même si au début tu voulais te venger de mon père, tu m’as pris sous ton aile et tu m’as protégé comme jamais on m’avait protégé. Je sais que c’est moi qui a craqué en premier et que je t’ai sacrément perturbé quand j’ai tenté de t’embrasser mais je ne regrette rien. Je suis même heureuse d’avoir écouté mon cœur parce qu’aujourd’hui tu es mon époux et le père de ma fille. Tu me donnes la famille que je ne pensais pas avoir le droit d’avoir. Je te dois tout Ben. Celle que je deviens, la femme forte qui avance avec détermination. »

    Nina se sent bien plus forte, c’est certain. Elle sait qu’elle pourrait déplacer des montagnes pour Ben et Charlie. Elle n’est plus cette petite chose fragile et apeurée que Ben a trouvé sur un bord de route. C’est devenue une femme, une mère, une lionne.

    « – Merci mon Amour. »

    Elle se tourne pour l’embrasser mais ce n’est pas qu’un simple baiser. C’est le genre de baiser qui veut offrir tous les sentiments ressentis. Ils n’ont pas eu d’échange de la sorte depuis pas mal de temps et même les moments intimes se sont arrêtés il y a bien des semaines, avant que Nina ne se retrouve alitée pour la grossesse. Cependant quand Ben pose ses mains sur les hanches de Nina, celle-ci sursaute et cesse le baiser. Une moue se forme sur ses lèvres et elle baisse son regard avec un mélange de honte et de peur. Son corps a changé. Elle n’a plus les mêmes courbes qu’avant à cause de la grossesse. Nina n’a pas encore accepté ce changement et c’est même pour cela qu’elle évite de se montrer nue devant Ben. Elle a aussi cette appréhension qu’il ne la trouve plus désirable alors elle préfère se cacher.

    « – Je ne suis plus comme avant.. J’ai encore un ventre rond.. des hanches énormes.. des seins qui veulent prouver que la gravité existe.. je suis vraiment horrible.. »

    La brunette a gagné en confiance sur certains points mais en a perdu sur d’autres. Elle pose ses mains sur celle de Ben et elle vient même lier leurs doigts.

    « – Tu dois me trouver idiote à réagir ainsi.. mais j’ai tellement peur que tu me trouves immonde.. Je sais que mon corps a donné la vie mais je n’arrive pas à retrouver ce corps d’avant.. »

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    M.

    Ce que dit Ben est intense mais c’est gestes le sont encore plus puisqu’il se met à nu pour montrer que lui a changé. Il a des cicatrices qui abîment sa peau et il a prit en vieillesse mais aux yeux de Nina, il reste une merveille. Cependant elle comprend qu’il fait cela pour qu’elle sache que pour lui, elle est une merveille aussi alors quand il se met à genoux près du canapé comme s’il attendait une terrible nouvelle, la jeune femme se lève et elle retire à son tour les vêtements qui cache son nouveau corps. Des formes plus généreuses, quelques cicatrices, elle a même des légères vergetures sur le bas de son ventre et sur sa poitrine. À son tour, elle se sent vulnérable mais elle vient se mettre aussi à genoux pour être face à Ben.

    « – Toi me répugner ? Tu es l’homme le plus beau à mes yeux. Tu es tout ce que je désire et tout ce que je demande. Jamais je ne pourrais te voir autrement Ben.. »

    Elle pose sa main sur la joue barbue du trentenaire et elle l’approche pour l’embrasser. Ainsi elle casse la barrière qu’elle a elle-même mise en parlant de ses doutes. Ben lui a redonné une confiance qu’elle saisit et quand il pose ses mains sur elle, Nina frisonne et elle laisse son corps se coller à celui de Ben. Quand le baiser prend fin, elle entraîne Ben à s’allonger dans le canapé pour qu’il y soit plus en confort et elle vient sur lui pour reprendre ses lèvres. Cependant cette position éveille des désires bien trop longtemps laissés de côté. Leurs corps se mettent à se dandiner l’un contre l’autre, leurs mains cherchent à redessiner les formes qu’ils n’ont pu explorer depuis des semaines.

    Ben se retrouve assis sous la brune et le feu entre eux devient bien plus ardent que celui de la cheminée qui crépite non loin. Nina gémit de désir dans le baiser et c’est encore plus fort quand elle sent le membre de Ben se dresser contre elle. La passion est toujours là et elle s’exprime lorsque Nina s’arrange pour guider le membre de Ben en elle. Ils ne font plus qu’un et leurs gémissements deviennent communs.

    « – Ohh.. mon dieu.. con..continu.. »

    Implore t’elle quand Ben se fait plus sauvage dans ses coups de bassin. Pour satisfaire sa belle, il reprend même le dessus en changeant leurs positions et les deux laissent leurs manques s’exprimer. La douceur laisse place à la bestialité, la passion totale, la folie de deux âmes amoureuses. Ils en tombent même au sol mais ça ne les arrête pas. Nina revient sur lui et elle danse comme une flamme tempétueuse sur lui. Le manque de confiance est très loin, même entièrement disparu.

    L’extase arrive, le septième ciel les emporte. Ils tombent en sueur sur le sol et à bout de souffle, ils réussissent à rire ensemble car ils remarquent les dégâts qu’ils ont fait en se laissant aller. Le petit salon est devenu une zone de guerre avec plusieurs choses de tombées au sol. Pourtant ils ne bougent pas et restent l’un contre l’autre. Des caresses viennent même de nouveau s’inviter entre eux et les baisers prennent le relais. Une légèreté presque adolescente prend les deux amants et ça s’accentue quand Nina part vers la salle de bain en s’amusant à provoquer Ben. Ce qu’il se passe sous la douche pourrait faire rougir des générations entières. Les deux époux ne se calment que lorsqu’ils daignent enfin aller au lit mais Charlie ne les laissent pas se reposer bien longtemps.

    Charlotte mange et elle est changée avant de se retrouver à dormir entre ses deux parents dans le grand lit. Nina est hypnotisée par ce petit bébé qui dort avec un sourire aux lèvres.

    « – Tu crois qu’on pourrait aller ensemble dans un centre commercial ? Il faut que je trouve des vêtements de tournage pour Charlie car elle va vite grandir.. mais j’aimerais vraiment pouvoir y aller avec toi. Pas juste attendre que tu reviennes avec mes exigences. »

    Nina fait une moue mignonne pour que Ben accepte cette requête. Dans un sens, cela leurs ferait aussi un peu de temps ensemble hors de la réserve. Charlie sera confié à Matoaka en attendant le retour de ses parents.

    « – Elle est tellement belle.. Je sais que je ne suis pas objective car je suis sa mère mais je n’ai jamais vu un bébé aussi beau. Elle a une bouille de poupée ou d’ange. Il suffit d’un de ses sourires pour effacer toutes les mauvaises choses.. et ses grands yeux bleus qui brillent, c’est un océan de bonheur. »

    Elle se penche pour embrasser le front de Charlie. La petite lâche une sorte de rire mais elle ne se réveille pas. Elle s’étire et pose ses petites menottes sur chacun de ses parents. Nina s’endort sur ce moment de douceur qu’elle partage avec sa famille. Cette nuit n’est pas éternelle et encore une fois, Charlie fait des fanfares pour faire comprendre qu’elle est réveillée. Elle gazouille et s’agite, ce qui réveille aussi ses parents. Quand Ben la prend contre lui, elle est encore plus enjouée.

    « – Il y a une fille qui me fait de l’ombre et qui est tout autant amoureuse de toi que je ne le suis.. regardes moi ses deux gros yeux d’amour qu’elle a pour toi.. Il est certain que plus tard tu vas te faire avoir mon Amour ! »

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    M.

    Nina accepte pour le dîner et aussi pour garder Kisos et Sora. Elle sait que ça fera plaisir à Matoaka et puis elle a bien envie de s’amuser à voir Ben devenir dingue avec trois petits monstres à la maison. Cependant avant ce dîner, il y a une journée à vivre et bien qu’elle compte préparer le repas de ce soir, Anya doit aussi aller aider pour les distributions de rations. Avec l’hiver présent, personne ne peut se servir comme il le souhaite et il faut donner au compte goutte pour éviter une famine.

    En fin d’après-midi, elle revient au chalet avec Charlie et elle s’attelle à la préparation du dîner alors que Ben est encore avec Henry. Matoaka arrive plus tôt puisqu’elle tenait à venir aider Nina et pendant que les deux mamans sont en cuisine, les enfants sont dans le salon. Kisos raconte des histoires aux deux petites qui l’écoutent avec émerveillement.

    « – Merci pour ce soir.. Vous n’étiez pas obligé pour les petits tu sais..
    _ Si, je pense que tu as besoin de retrouver ton époux seul à seul. Et puis Kisos et Sora sont adorables.
    _ Mon fils est fou amoureux de ta fille et ma fille de ton époux !
    _ Ce n’est qu’un détail ! »

    Elles se mettent à rire de bon cœur et elles continuent de papoter jusqu’à ce que les deux pères de famille arrivent enfin. Sans grande surprise, ils sont acclamés par les enfants mais Sora va dans les bras de Ben au lieu de ceux de son père. Henry s’en amuse même s’il espère que sa petite finira par se rapprocher de lui.

    Le repas n’est pas gastronomique mais il y a de quoi contenter tout le monde. Patates, haricots et poulet. Il n’y a que Charlie qui se contente du sein de Nina. Le dîner commence quand même par un petit verre de whisky pour les deux hommes, bien que Kisos fait une moue car il pensait avoir le droit aussi à un verre de grand garçon.

    « – Mais pourquoi je peux pas moi ? Je suis grand ! J’ai attrapé un poisson avec tonton Nashoba et j’ai même fait du cheval !
    _ Je doute que tu puisses aimer ça mon grand. Si on te donne un verre, tu vas surtout aller rapidement au lit.
    _ Ah non je veux pas aller au dodo maintenant ! Je dois lire une histoire à tout le monde ! En plus j’ai pris mon livre sur Spiderman ! »

    Il fait rire tout le monde, surtout quand il se lance dans un discours sur l’homme araignée. Kisos espère se faire mordre par un ours pour devenir l’homme ours mais son père lui déconseille aussi.

    Les discussions plus sérieuses arrivent quand Henry parle de l’Angleterre et ce qu’il a vu là bas. Il en a discuté un peu avec Ben durant la journée mais Nina a aussi posé quelques questions de curiosité.

    « – Tous les pays sont contaminés. Il n’y en a pas un seul d’épargnés. À Londres, j’étais dans un camp où il y avait des scientifiques en contact avec ceux d’autres pays et ils se tenaient au courant pour savoir comment ça évoluait mais aussi s’il y avait un antidote en préparation.
    _ Vous savez que tout viens d’ici ? Enfin des États-Unis.. Matoaka a dû vous dire pour mon père..
    _ Les États-Unis ont créé le virus mais ce ne sont pas eux qui l’ont libéré. Depuis plusieurs décennies, il y avait une sorte de compétition à l’arme biologique entre les pays puissants. Chacun d’eux avaient de quoi décimer le monde. Cependant nous avons appris que les russes ont pénétré les laboratoires américains pour que ceux-ci tombent les premiers.
    _ Ça je ne savais pas.. et surtout je ne comprend pas pourquoi ils ont voulu cette.. compétition..
    _ C’est un peu comme l’arme nucléaire. Il y a eu une compétition et puis les etats-unis ont fini par s’en prendre aux japonais. Cependant je pense que l’arme biologique avait un but bien plus précis. À ce que j’ai compris en Angleterre, les gouvernements voulaient faire une sorte de tri en mode sélection naturelle.. La terre était bien trop peuplée et les ressources allaient devenir rares donc c’est la méthode qu’ils ont choisie pour garder les plus forts et tuer les plus faibles. »

    Cela fait pâlir Nina autant que Matoaka. Savoir que tout ça n’est pas qu’un simple accident.. que c’était prévu.. c’est horrible.

    « – Ils comptent reconstruire des villes qui résisteront aux infectés mais où tout sera aussi bien plus contrôlé.
    _ Jamais ma famille n’ira dans ce genre de ville..
    _ La mienne non plus. Il est hors de question que j’accepte d’être l’esclave des élites. Surtout après ce qu’ils viennent de faire. »

    Nina observe un instant Ben qui n’a encore rien dit. Il sait mieux que quiconque de quoi est capable le gouvernement. Cependant elle espère que jamais il n’envisagera d’aller vers ces futures villes qui seront des sanctuaires de non droit.

    « – Matoaka a bien fait de venir ici avec les enfants et d’en avoir fait un lieu sûr. Ça ne vaudra jamais nos anciennes grandes villes mais au moins nous pourront y vivre librement.
    _ C’est vrai que c’est un bon endroit pour vivre et pour être en sécurité.. même s’il faut quand même se méfier des gens ou des nouveaux arrivants..
    _ Avec Ben et Nashoba, nous allons nous assurer que personne ne fera de tort à cette réserve. Ben a travaillé pour les SEAL donc je suis déjà certain qu’on a un élément parfait pour la sécurité de nos terres. Moi je n’étais pas dans l’armée mais avant d’être chef d’entreprise, j’étais pompier donc ça peut aider aussi. »

    Nina hoche la tête alors que Matoaka sourit encore de joie. Elle s’était presque faite à l’idée que son époux ne reviendrait jamais mais il est là. Elle remercie à plusieurs fois Nina et Ben. Henry aussi les remercie d’avoir pu le faire rapatrier. En retour, Nina les remercie pour la réserve et surtout cette maison qu’ils ont au dessus de leurs têtes.

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    M.

    Le dîner a été des plus agréables et Nina se retrouve toute souriante dans la cuisine lorsqu’elle entend Kisos et Sora rirent grâce à Ben. Celui-ci la rejoint après les avoir couché alors que Nina termine la vaisselle, cependant il réussit assez facilement à dissiper la jeune femme. Quand il se retrouve contre elle et qu’il lui demande si elle a déjà fait l’amour contre un évier, Nina repose l’assiette encore savonneuse et elle prend un air faussement ingénu.

    « – Non mais tu pourrais me montrer.. »

    La chipie pose ses mains contre le torse de Ben et elle le laisse la soulever pour se retrouver assise sur le rebord de l’évier. Ils ne gardent pas à laisser leurs mains se caresser et glisser sous les vêtements pour commencer à se déshabiller. La tension monte très vite, si bien que Nina sent déjà l’érection de Ben contre sa cuisse. Elle s’apprête à glisser sa main dans le pantalon du beau blond quand une voix innocente passe la porte.

    « – Sora elle veut pas me redonner mon doudou.. »

    Kisos est là. Nina a pour reflex de repousser Ben et de se remettre debout alors que le petit s’avance. Heureusement il n’a rien calculé mais Ben doit tout de même rester de dos pour cacher l’immense bosse que son pantalon peine à cacher.

    « – Je vais aller voir ça ! J’arrive ! »

    Nina fait une petite moue envers Ben et elle s’en va vers le petit garçon pour aller régler cette histoire de peluche. Elle va donc dans la chambre d’amis et Sora dort encore mais elle serre fortement la peluche de Kisos. Pour éviter de la réveiller, Nina donne une autre peluche à Kisos en lui disant qu’il appartient à Charlie afin qu’il ne se mette pas à râler. L’affaire est vite réglée mais quand elle repart pour la cuisine, ce sont les pleurs de Charlie qui la pousse à prendre un autre chemin. La petite a la couche pleine alors il faut la changer. Ça n’est qu’au bout de vingt minutes que Nina revient en cuisine. La vaisselle est terminée et Ben semble mourir d’ennuis assis sur une chaise.

    « – Vous attendez quelqu’un Monsieur Miller ? »

    Elle s’avance félinement et commence à retirer son haut. Cependant ce n’est pas encore le moment pour les folies puisque cette fois ci c’est Sora qui arrive en pleurant. Elle dit avoir peur du noir. Nina fait de nouveau une moue mais cette fois-ci c’est Ben qui s’en va régler l’affaire. Ce n’est finalement pas ce soir qu’ils auront le droit de s’amuser un peu. Ben se retrouve à dormir avec Kisos et Sora alors que Nina se retrouve dans son lit avec Charlie qui fait un peu de fièvre.

    Le matin est tout autant sportif. Kisos se remet à parler de ses super héros préférés alors que Sora a décidé de faire sa têtue car elle ne veut pas s’habiller. Elle court toute nue dans la maison et c’est Nina qui est à sa chasse pour tenter de lui mettre au moins une culotte.

    « – Rappelle-moi qu’on ne fera qu’un seul enfant ! »

    Lance Nina à Ben qui semble perdre la tête à force d’entendre Kisos dire que Superman est nul. Les parents Walker viennent délivrer les Miller en début d’après-midi. Matoaka est amusée de voir la mine épuisée de ses deux amis.

    « – J’ai oublié de vous dire qu’ils étaient très énergiques le soir. J’espère quand même que tout c’est bien passé ! »

    Sora ne veut pas quitter les bras de Ben mais le pire est pour Charlie qui semble sentir que ses parents vont s’en aller. Elle doit aller avec Matoaka puisque Nina et Ben vont partir pour le centre commercial et ça ne lui plaît pas puisqu’elle pleure à gros sanglots. Nina est même prête à tout annuler car elle n’a pas encore eu l’occasion de s’éloigner de Charlie, pourtant Matoaka ne lui laisse pas le choix.

    « – Ça va te faire du bien et puis elle va vite se calmer, ne t’en fait pas. Je sais que c’est difficile de quitter son bébé pour la première fois mais tu verras que c’est bon pour elle, pour toi et aussi ton couple.
    _ hm.. Oui mais tu n’oublies pas de lui donner mon t-shirt pour dormir ce soir et puis pour le lait, il y en a encore plein dans la réserve de notre chalet..
    _ Oui maman ! »

    Matoaka est attendrie par ce qu’elle voit car elle sait que ce n’est pas facile pour une jeune maman de partir loin de son bébé. Pourtant Nina finit par suivre Ben après avoir embrassé une trentaine de fois Charlie. Ils s’en vont en voiture pour plus de sécurité et au début Nina reste silencieuse. Elle a même les larmes aux yeux. C’est autant surprenant pour Ben que pour elle car elle ne pensait pas que s’éloigner de Charlie lui ferait autant mal. Elles ont pris des habitudes ensembles et puis l’instinct maternel de Nina est affûté malgré ce qu’elle avait cru. Elle est devenue une mère louve qui surprotège son petit.

    « – Je sais que ce n’est qu’une nuit mais j’ai l’impression de l’abandonner.. Elle m’a fait ses petits yeux de chat potté et elle a pleuré.. oh mon dieu.. »

    Elle peine vraiment à se retenir de pleurer mais à côté d’elle, il y a quand même un regard rassurant et aimant. Ben est là. Il pose sa main dans la sienne et il la serre comme à chaque fois que Nina se sent triste ou bouleversée.

    « – mais Matoaka a raison.. je dois apprendre à m’éloigner un peu.. et aussi penser à nous deux.. On.. on a plus vraiment de vie amoureuse depuis l’arrivée de Charlie et même lorsqu’elle était dans mon ventre. Je ne veux pas qu’on devienne comme tous ces couples qui finissent par se séparer parce qu’il n’y a plus de flammes. Je veux que notre flamme soit encore plus grande avec le temps.. »

    À son tour elle serre la main de Ben et elle la mène même à ses lèvres pour l’embrasser. Ils vont avoir presque deux jours pour eux même si ça ne sera pas forcément pour se reposer. Le centre commercial le plus proche est à une heure de route mais ils vont en faire plusieurs pour pouvoir ramener un maximum de choses au campement. Que ce soit des choses pour Charlie comme pour d’autres enfants ou même des vivres utiles.

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    M.

    L’endroit est immense et pourtant il n’y a plus signe de vie. Beaucoup de magasins ont été pillé mais il est clair que ceux pour les enfants ne sont pas ceux qui ont été le plus victime de leur succès. Les rayons sont encore plein et Nina n’a pas de mal à trouver de quoi habiller Charlie. Des robes, des chaussures, des body, des pyjamas, elle pourrait remplir des sacs entiers mais Ben vient la freiner sous peine de ne plus pouvoir rien porter dans les sacs. Nina fait une moue mais elle accepte de le suivre hors de ce magasin pour aller vers d’autres qui auront peut-être de quoi donner un semblant de vie normale. Il n’y a plus de produits frais mais Nina va vers un magasin d’électroménager pour y trouver quelque chose en particulier. Ben ne comprend pas et il est encore plus sur ses gardes mais la brune trouve rapidement son bonheur. Des appareils photos argentiques. Elle en prend plusieurs ainsi que des pellicules car elle tient à prendre chaque étape de la vie de Charlie en photo.

    « – Elle ne connaîtra peut-être pas le numérique mais je veux qu’elle puisse avoir des souvenirs.. »

    Dit-elle en rangeant ses trouvailles dans l’un des sacs. Un bruit suspect vient quand même les saisir et ben est prêt à attaquer mais ce n’est qu’un chat qui sort de l’une des allées. La vie sauvage a presque repris le dessus ici mais il peut quand même y avoir des infectés de présents. Le couple repart vers d’autres magasins pour voir s’il y a encore de quoi prendre mais tout le reste paraît presque futile. Des magasins de maquillage, de parfums, de jeux vidéos.. des choses qui n’ont plus d’importance dans un monde comme celui-ci. Malgré tout, ils vont se chercher de nouvelles paires de chaussures et quelques vêtements pour eux afin de pouvoir mieux tenir l’hiver.

    En revenant vers la voiture, les sacs sont très chargés. Le coffre est vite rempli mais ils n’ont pas encore terminé. Nina veut aussi ramener des choses pour les gens de la réserve alors il faut retourner dans le centre commercial pour recommencer. Des vêtements pour tout âge, des chaussures, des produits d’hygiènes, quelques produits pharmaceutiques qu’ils arrivent à trouver. Nina est d’une organisation militaire pour récupérer des choses alors que Ben l’est pour garder la vigilance. Ils sont presque un duo parfaitement trouvé si ce n’est que Nina est trop lente au goût de Ben et Ben est trop râleur au goût de Nina.

    Ils réussissent encore à tout ramener à la voiture mais comme convenu, ils ne reprennent pas la route pour la réserve tout de suite. Ce soir ils vont camper à deux, comme avant mais Ben veut trouver un endroit où ils ne seront pas en danger. Pour éviter de gaspiller de l’essence, ils prennent les sacs de campement et ils partent à pieds. Ici ils sont dans une ville abandonnée et c’est bizarre de revoir un endroit comme celui-ci. Nina a l’impression de redécouvrir le monde et elle se fait à nouveau lente, au grand malheur de Ben.

    « – Ouiii.. je te suis mais pour le moment on est tranquille.. regardes, on est pas encore tombé sur.. »

    Mais elle cesse de parler. Au loin, ils peuvent voir des hommes jeter un autre homme vers un groupe d’infectés. Ben à le réflexe d’attraper la main de Nina pour qu’ils se cachent mais ils voient tout. Le groupe d’hommes s’en va mais les cris de celui qui vient d’être donné en repas, est une horreur. Nina ferme les yeux mais son cœur se serre. Il n’y a plus de lois, plus de justice.. juste une barbarie que doivent vivre encore beaucoup de personnes vivantes. Cependant ni elle ni Ben ne peuvent jouer les justiciers. Ils doivent penser avant tout à eux et leur fille.

    « – Je déteste les hommes encore plus que les infectés.. »

    C’est bien ça le paradoxe dans ce monde apocalyptique. Les hommes peuvent être bien plus horribles que les monstres. Ils n’ont plus de pitié. Nina et Ben restent cachés un petit moment avant de changer de route pour éviter d’être repéré. Ils gardent le silence jusqu’au moment où Ben donne le feu vert quand il sent que tout est sous contrôle. Nina obéit comme un petit soldat, comme quand ils n’étaient encore que des inconnus l’un pour l’autre.

    « – Regardes là bas.. on pourrait aller voir si on peut y dormir ! »

    Un ancien hôtel de luxe abandonné. Ils sont arrivés dans l’ancien coin bling bling de la ville mais c’est tout autant abandonné que le reste. Il faut quand même vérifier qu’il n’y a personne dans le bâtiment et encore moins des zombis. Ben se met devant Nina mais la brunette se montre tout autant vigilante. Ils avancent à petits pas et surtout sans un bruit pour pouvoir entendre quoi que ce soit. Dans le hall, il n’y a personne mais il y a du y avoir des cohues puisque tout est au sol. Nina arrive à aller vers l’accueille pour essayer de trouver le plan de l’hôtel et repérer la meilleure chambre. Chose faite, elle attrape les clés et va vers les escaliers. Elle ne perd pas en vigilance mais dans l’escalier, il y a un infecté sans jambes qui se met à beugler quand les deux commencent à monter. Ben l’achève avec un couteau.

    Ils font jusqu’au quatrième étage où se trouve la chambre et il n’y a toujours pas d’autres infectés en vue. Ça paraît presque irréaliste car il y a quelques mois, il y avait cette impression qu’ils étaient des millions. Il faut dire que la nourriture commence à se faire rare pour eux mais Nina a une réflexion qui n’a jusque là jamais été évoqué. C’est quand ils arrivent enfin dans la chambre qu’elle ose parler.

    « – Tu crois qu’ils peuvent mourir d’eux même ? Je veux dire que ce sont des monstres qui mangent tout ce qui est vivant mais s’ils n’ont rien à manger.. tu crois qu’ils peuvent en mourir ? Car si oui.. peut-être qu’à un moment.. enfin.. peut-être que plus tard il n’y en aura plus et notre fille aura une chance d’avoir une vie un peu plus normale.. »

    Elle sait que pour elle et Ben, la vie ne sera plus jamais normale mais pour Charlie et les futures enfants, il y aurait une chance qu’ils vivent sans avoir peur des monstres. Cette possibilité donne un peu d’espoir à Nina.

    Les deux posent enfin leurs sacs au sol et même si la pièce n’est plus aussi luxueuse qu’avant, ils sont en sécurité et loin de tout. Nina va vers le balcon qui donne une vue sur toute la ville et aussi la mer. Car oui, il y a la mer ou plutôt l’océan atlantique. Elle n’avait pas vu ça depuis bien avant la pandémie. Dans le bas de l’hôtel, il y a une piscine mais aussi une vue sur les autres quartiers. Il y a quelques infectés mais par en très grandes hordes. Tout est quasiment vide de vie et la brune est encore une fois surprise par ce quasi calme.

    « – On dirait que nous sommes seul au monde.. C’est ironique car quand j’étais plus jeune, je rêvais parfois d’être seule au monde. Les gens étaient parfois tellement méchants et bêtes que je me disais que la vie seule aurait été bien meilleure. »

    Mais elle se tourne vers Ben qui est arrivé à côté d’elle et elle glisse sa main autour de la taille du grand blond.

    « – Pourtant aujourd’hui j’ai mille raisons de ne plus aimer la solitude. La première est à côté de moi. Quand tu m’as trouvé, j’étais très loin d’être celle que je suis aujourd’hui. Je ne croyais plus en rien, j’avais peur de tout et je voulais tout simplement rejoindre ma mère.. Et puis tu es arrivé. Toi, le soldat droit comme un pic et qui était aussi muet qu’un mur. Tu ne parlais pas beaucoup mais tous tes gestes m’ont montré que le monde n’était pas totalement en train de s’écrouler.. Tu m’as sauvé du monde mais aussi de moi-même. Tu as malgré toi, soigné des plaies bien plus vieilles que cet apocalypse. Tu m’as appris à donner confiance et à grandir. Tu m’as sorti de mes angoisses pour m’offrir un vrai avenir. Je t’aime Ben. Je revivrai cette vie des milliers de fois si c’est pour pouvoir te trouver à chacune d’elles. »

    Étant plus petite que lui, la brune se met sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur les lèvres de Ben. Le bout de leurs nez se touchent et elle rit doucement car la barbe de Ben la chatouille. Ce moment n’appartient qu’à eux et il n’y a personne pour venir les stopper. Du moins jusqu’à ce qu’un bruit presque inaudible s’abat auprès d’eux. Nina s’agrippe soudainement aux épaules de Ben et elle devient pâle. Dans un immeuble à une trentaine de mètres, un homme armé d’un sniper vient de tirer. C’est devenu la nouvelle loi de l’extérieur.. tuer les autres pour récupérer ce qu’ils ont. Ben et Nina ne font pas exceptions mais même au quatrième étage d’un bâtiment, ils n’étaient pas en sécurité. La balle s’est logée dans le flanc de Nina et une autre manque de peu la tête de Ben. Il les met à couvert dans la chambre mais il est déjà trop tard. Du moins la brune est touchée et elle commence à se vider de son sang.

    « – Ben.. J’ai mal.. »

    Oui, elle a mal mais elle tente de garder son calme et surtout elle essaye de ne pas fermer les yeux. Elle soulève son t-shirt pour voir où la balle est entré mais il y a trop de sang pour voir quoi que ce soit. Ben compresse pour tenter de stopper l’hémorragie mais cela fait gémir Nina.

    « – Tu dois t’en aller.. je ne tiendrais pas jusqu’à la réserve Ben.. Je.. je perds trop de sang.. »

    Parce que oui, pour la sauver, il faudrait repartir en urgence mais ça mettrait ben en danger. Ils ont été repérés par d’autres qui veulent les tuer. Ils n’ont pas vraiment de solutions pour sauver Nina.

    « – Tu dois rejoindre Charlie.. elle.. elle a besoin de toi.. mais.. mais tu lui diras.. que sa mère.. l’aimait plus que tout au monde.. »

    Les larmes montent mais elle n’a pas le temps de les laisser couler. Elle perd connaissance. Pour Nina, cela ressemble à une fin. Elle est certaine de mourir maintenant. Et elle est bien partie pour n’être qu’un souvenir, sauf que Ben n’est pas totalement seul. Dans le bâtiment, il y a un groupe de personnes qui étaient cachées au second étage. Binki et Millie sont à la tête du groupe. Il n’y a que des femmes et des enfants. Elles ont du s’éloigner des autres qui voulaient les éliminer ou abuser d’elles. C’est en voyant Ben descendre avec Nina dans ses bras que Millie s’approche alors que Binki reste très vigilante. La petite blonde ordonne à Ben de la suivre afin de pouvoir sauver Nina. Dans le groupe il y a des infirmières et même une médecin. Nina a encore une chance d’être sauvée mais il n’en reste pas moins que les hommes qui ont tiré vont certainement arriver d’ici peu. Binki en attrape des armes pour se préparer à riposter.

    « – Elles vont s’occuper de ta femme mais toi tu vas venir avec moi ! Il faut tuer ces hommes avant qu’ils ne nous tuent ! Si ils s’en prennent aux miens, je t’assure que toi et ta nana vous ne repartirez pas vivant d’ici ! »

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    M.

    Votre amour est une infamie. Il ne vous apportera que le mal. Il créera l’enfer sur terre.

    Ce n’était qu’une phrase qui semblait sans importance et pourtant qui avait aujourd’hui tout son sens. Shirin n’avait jamais envisagé que sa fille unique puisse devenir l’enfer sur terre mais il n’a fallu que promesse de mariage et une colère foudroyante pour réveiller ce qui dormait en Roxanna.

    Le soir des fiançailles, elle s’était retrouvée seule avec Septimus dans une pièce annexe. Le futur fiancé voulait rappeler à Roxanna qu’à partir de ce soir, elle lui appartenait corps et âme. Sa violence et son envie de la souiller ont éveiller chez Roxanna une colère qui a poussé la jeune femme à se défendre mais cela a réveillé le démon qui attendait en elle. Le sang de Septimus a fait naître une créature que le monde n’est pas encore prêt à surmonter. Roxanna a perdu son humanité, sa mortalité mais aussi son innocence ce soir là. Avec l’aide de ses parents, elle a pu aller se cacher et fuir la scène de crime mais aujourd’hui elle se retrouve enfermée dans le temple d’Athèna à l’Ouest de Byzance, près des steppes. Elle voudrait fuir cette prison religieuse mais dans sa malédiction, le soleil brûle sa peau. Roxanna ne sait pas encore de quoi elle est capable et ce que sa malédiction peut lui permettre ou non. Il n’y a que cette soif de sang qui est inévitable. Elle la consume au point d’avoir tué tous les prêtres du temple.

    Avant tout cela, Roxanna était une fille des plus simples ou du moins elle avait un caractère tempétueux et guerrier mais elle vivait libre et pleine de fougue. Elle rêvait du grand amour comme toutes jeunes femmes mais pas d’un mariage imposé avec un homme de trois fois son âge. Cependant sa beauté rendait fou les hommes et Septimus n’avait pas laissé le choix aux parents de la jeune femme. Elle devait l’épouser sous peine que sa famille soit envoyée en prison. La vie n’est-elle pas si cruelle ? Aujourd’hui elle l’est bien plus mais parce que Roxanna n’a pas conscience de ce qu’elle est. Elle n’est pas qu’une jeune femme qui se nourrit de sang mais elle est la personnification du culte nocturne. Elle a une force olympique, une vitesse éclair, un odorat et un ouïe plus fins que n’importe qui dans ce monde et elle a aussi le pouvoir d’influencer les esprits. Elle est la première vampire née.

    Le temple est une sorte de prison mais avec le temps, il est devenu un refuge. Elle est seule dans cet immense bâtiment de pierre qui voue un culte à la déesse de la guerre. Il n’y a plus personne à part la jeune vampire et malgré ses nouvelles capacités, elle a décidé de continuer à entretenir le culte d’Athéna. Elle laisse des offrandes devant l’immense statue de la guerrière et elle prie chaque jour. Elle ne laisse cependant personne entrer dans son sanctuaire. Ceux qui osent approcher, finissent par devenir le repas de Roxanna.

    Ses parents ne viennent pas la voir. Elle leurs a demandé de rester loin d’elle par sécurité mais sa mère tente de trouver un moyen de sauver sa fille de ce mal qui la ronge. Elle est repartie dans les steppes dans l’espoir de trouver un chaman ou une prêtresse qui saura sauver Roxanna.

    Cela fait cinq mois qu’elle est ici. Cinq mois de solitude et de sang. Alors qu’elle est devant l’autel à prier Athèna, Roxanna sent qu’un groupe de personnes se rapprochent du temple. Il y a plusieurs hommes et ils ne sont pas ici pour prier. Même s’ils sont encore à plusieurs kilomètres, elle les entend parler de trésor. Cela fait finement sourire la demoiselle car elle sait que d’ici peu, elle aura de quoi se restaurer. Même une armée d’hommes ne peut plus rien contre elle. Il ne lui faudra que quelques minutes pour tous les tuer. En soit, ça serait presque triste mais il faut croire que la solitude et le sang font que Roxanna perd le peu d’humanité qui lui reste encore.

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    M.

    Deux hommes osent entrer dans le temple alors que pourtant elle en a senti bien plus. Cependant elle n’a pas manger depuis plusieurs jours donc elle ne joue pas, elle attaque quelques minutes après leurs arrivées. Ils n’avaient aucune chance, même avec des armes et des armures. Malgré tout, après ce repas offert sur un plateau d’argent, Roxanna semble culpabiliser. Oui, cela lui arrive car il y a encore une part humaine en elle. Elle tue. C’est frénétique et puissant mais elle tue des personnes qui ne lui ont rien fait. Elle les vide de leurs sangs et elle aime ça. Comment ne pas se sentir horrible et monstrueuse ? Mais elle sent qu’il y a encore des autres hommes. À l’extérieur il y a une dizaine d’hommes qui se sont installés et elle pourrait aller les tuer aussi car elle peut sortir du temple en pleine nuit mais elle se retient. Au lieu de continuer le carnage, elle retourne devant la statue d’Athena pour prier et surtout pour lui supplier de l’aider.

    Au petit matin, elle est encore à genoux devant la statue mais elle entend quelqu’un se rapprocher. L’un des hommes vient vers le temple. N’ont-ils pas compris qu’il fallait rester à l’extérieur ? Les hommes sont souvent bien trop vaniteux pour abandonner. Roxanna grogne et elle se relève, prête pour encore une fois tuer quelqu’un. Elle veut que ce temple reste sans âmes. Cet endroit ne doit appartenir qu’à elle.

    Le bruit de pas se rapproche. L’homme porte une armure et des armes, cela s’entend aussi. Roxanna se cache dans la pénombre pour observer sa future proie. Il est là. Il s’approche des cadavres frais de ses camarades tombés la veille. Roxanna n’a pas été douce puisqu’ils ont les têtes décapitées. La brune remarque que l’homme qui vient d’entrer n’est pas très vieux et il ne porte pas les protections byzantines. Il vient d’un autre pays. Il se relève bien vite mais il est méfiant. Il observe autour de lui pour trouver qui a tué ses camarades mais Roxanna reste cachée. Elle pourrait aller tuer le jeune homme mais elle semble vouloir voir jusqu’où son courage le mène.

    Il tient fermement son épée en main. Il semble prêt à se battre tout en avançant vers l’autel d’athena. Il y a encore les nombreux cadavres que Roxanna a laissé et l’odeur n’est pas la plus fastidieuse. Les corps sont en décomposition et il y a du sang séché un peu partout, même sur la statue d’Athèna. La scène est digne d’une boucherie et qui pourrait croire que cela vient d’une jeune femme de dix huit ans ? Elle n’est pas bien grande, assez frêle et pourtant rien ne lui résiste. Roxanna remarque le regard horrifié du jeune homme.

    « – Tu ne devrais pas être ici. »

    Sa voix résonne dans l’immense pièce mais elle reste encore cachée. Le garçon se remet à observer autour de lui et il lève son épée en espérant trouver d’où vient la voix.

    « – Je vais devoir te tuer. Tu as pénétré dans mon temple et je ne peux pas te laisser partir. »

    Dit-elle en sortant enfin de l’ombre. Roxanna s’avance de quelques pas vers Arès mais elle garde un peu de distance. Pas pour se protéger mais plutôt pour lui. Elle sait que s’il tente de l’attaquer, elle sera intraitable. Pourtant ce garçon a un visage presque divin. Il est beau. Il semble héroïque. Mais elle doit tuer ceux qui viennent ici afin que son secret soit gardé. Si quelqu’un venait à parler d’elle et sa malédiction, Roxanna a peur que cela se retourne contre ses parents.

    « – Ton épée ne pourra rien faire.. Tu n’es pas de taille face à moi. Personne ne l’est. Tu aurais mieux fait de repartir avec tes amis plutôt que de vouloir piller le temple de la déesse de la guerre.. »

    Il a les cheveux blonds, longs et des yeux d’un bleu perçant. Il est le genre de garçon dont elle aurait facilement tombé sous les charmes si elle avait été encore normale. Mais Roxana sait que ce n’est plus le cas. Elle sent déjà son corps bouillir en sentant le sang du jeune homme pulser dans ses veines. Pourtant, depuis sa transformation le soir des fiançailles, c’est la première fois qu’elle ne se jette pas directement sur quelqu’un.

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    M.

    Le jeune homme parle. Il ose parler et pointer son épée vers Roxana. La jeune vampire ne remarque pas le collier de verveine et en réalité elle ne sait pas que cette plante peut bloquer son pouvoir d’envoûtement. Il faut dire qu’elle ne sait même pas qu’elle peut envoûter les hommes avec son regard et sa voix. Roxana ne connaît encore rien de cette malédiction puisqu’elle est la première humaine à la subir. Elle sait simplement qu’elle doit boire du sang humain pour survivre, qu’elle craint le soleil et qu’elle a une force surhumaine. Tout est nouveau mais le garçon face à elle ne s’en doute pas. Il doit certainement croire qu’elle est une créature divine ou quelque chose du genre.

    « – Ton épée n’aura aucun effet sur moi. Tu en veux la preuve ? »

    L’un des prêtres a transpercé la poitrine de la jeune femme et elle en est encore vivante. Roxana s’avance lentement et l’épée d’Arès commence à s’enfoncer en elle. Elle grimace car la sensation n’est pas la plus agréable mais elle ne tombe pas. Arès semble se tétaniser et il se recule alors que Roxana finit par retirer l’épée qui a traversé son ventre. L’arme tombe au sol et la jeune femme secoue la tête.

    « – De toute façon tu es condamné à mourir ici donc je peux bien te dire qui je suis. Mon secret ne sera pas dévoilé. »

    C’est vrai, elle n’a jamais partagé son secret avec ses victimes ni avec qui que ce soit d’autre que ses parents. La solitude pèse, elle le sent. Elle avait l’habitude d’avoir du monde autour d’elle et là depuis cinq mois, elle est seule. Il n’y a que le silence des morts et l’attente d’être délivré de cette malédiction.

    « – Je suis Roxana. Je ne saurais dire qui m’a maudit ni même ce que je suis mais j’ai besoin de sang pour survivre. Et surtout je dois garder mon secret enfermé dans ce temple. Si les peuples apprennent ce que je suis, ils tueront ma famille et ils voudront me massacrer. Et pour tes hommes.. Ils m’ont aidé à couper cette faim que j’avais depuis des jours. Si ils n’avaient pas voulu jouer les voleurs, ils seraient encore vivants. »

    Elle parle sans filtre car elle croit que ce garçon finira par être rue. Elle peut donc se permettre d’être elle-même. Qui sait, le jeune homme aura peut-être des réponses à ses maux.

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    M.

    Il veut gagner du temps. Elle l’a compris mais quand il lui dit qu’elle est une créature, Roxana fronce les sourcils et elle pousse le garçon avec force. Il tombe au sol mais il vient de toucher une corde sensible. Roxana n’attaque pourtant pas même si elle se sent blessée.

    « – Je ne suis pas une créature !! Du moins.. je n’étais pas une créature.. jusqu’à ce que.. »

    Elle secoue la tête lorsqu’elle a le flash du corps de Septimus ensanglanté. Roxana ne comprend toujours pas ce qu’il s’est passé et pourquoi elle est devenue cette chose. Oui, elle a tué Septimus mais pourquoi elle en est devenue une bête assoiffé de sang et puissante ? Elle était pourtant une jeune femme.. une petite chose qui savait se battre mais trop fragile pour s’en prendre aux gens.

    « – Je ne sais pas ce qu’il se passe ! Je ne sais pas pourquoi tout ça m’est arrivé ! Ma.. mère essaye de trouver des réponses et c’est pour cela que je suis enfermé ici. Mais je n’étais pas un monstre ! J’étais comme toi ! »

    Il y a une colère et une tristesse infinies dans sa voix. Elle est la victime collatérale d’un amour maudit. En un instant, sa vie a été bouleversé et elle ne sait rien. Elle est piégée dans l’attente et la peur. Elle est prisonnière de la soif et la solitude.

    « – Crois moi que si j’avais eu le choix, jamais je n’aurais été ce que je suis ! Mais je le suis et je n’ai pas le choix d’assumer ! Alors excuses moi de te décevoir mais tu n’auras pas plus de réponses ! »

    Roxana s’avance vers Arès qui est encore au sol. Son regard est menaçant. Comme celui d’une lionne prête à attaquer sa proie mais au lieu de ça elle le force à se relever et quand il lui fait face, elle ramasse l’épée et elle lui redonne.

    « – Tues moi. Trouve un moyen de me tuer !! Parce que si tu ne le fais pas, je vais continuer à tuer des innocents et je vais surtout finir par tuer ma propre famille.. Je ne sais pas de quoi je serais capable de demain ! Je ne sais même pas de quoi je suis capable à l’instant où je te parle.. je suis prisonnière de ce temple depuis que.. depuis que ça est arrivé.. et.. je ne peux pas m’empêcher de boire du sang.. c’est plus fort que moi. Je ne contrôle plus rien.. »

    Elle se recule d’Arès mais cette fois-ci elle semble vraiment prise dans le désespoir. Ses parents essayent de l’aider mais elle ne les a pas vu depuis cinq mois. Elle est seule face à toute cette étrangeté qui c’est emparé d’elle.

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    M.

    Arès semble soudainement gagner en assurance alors que Roxana se sent presque bafoué par ce jeune homme. Il lui parle comme une sorte de charmeur qui aurait trouver un moyen de la sauver de sa cage religieuse qu’est le temple mais il a surtout lancé des mots qui ont fait gonfler la susceptibilité de la vampire. Sans qu’il n’ait le temps de le réaliser, Roxana plaque le garçon contre l’une des colonnes du temple. Sa main encercle le cou d’Arès mais c’est surtout son regard qui prend une couleur que nul humain peut obtenir. Les yeux de Roxana deviennent noir et des veines toutes aussi foncées se dessinent sur son visage.

    « – Une arme ?! Tu crois vraiment que je vais te laisser faire de moi un jouet de guerre ? Sais-tu pourquoi je suis devenu cette fameuse Créature comme tu le dis si bien ? Parce qu’un homme voulait faire de moi un jouet sexuel ! Il voulait me forcer à l’épouser. Il a tenté de me violer et je l’ai tué ! C’est comme ça que je suis devenu ce que je suis. Je ne laisserais plus jamais un seul homme tenter de me manipuler ou faire de moi sa chose !! »

    Arès a voulu toucher la corde sensible de Roxana mais il a fini par déchaîner une colère qui aurait valu laisser dans un placard. Roxana s’apprête à sortir les crocs pour en finir avec Arès mais elle entend des pas se rapprocher du temple. Le groupe d’Arès se rapproche. Ses hommes devaient partir à Byzance mais ils ont cru bon de devoir revenir sauver leur petit chef. Arès ne se doute de rien car ils sont encore à quelques mètres du temple mais Roxana entend et sent tout. Elle garde sa main autour du cou d’Arès pour continuer de le maîtriser et elle l’amène vers le milieu de la pièce.

    « – Tu crois que je suis réellement prisonnière de ce temple ? Je peux sortir d’ici lorsque le soleil se couche et je pourrais très bien faire tomber des empires entiers sans avoir besoin d’un petit pillard comme toi pour chef. Par contre tes petits compagnons semblent encore avoir besoin de toi. Sois tu me jures allégeance maintenant ou soit on les laisse entrer dans ce temple et tu connais la suite. »

    Roxana force Arès à se mettre à genoux devant elle. Elle a renversé la situation et c’est à son tour de jouer sur les sentiments ou plutôt les points faibles. Cependant elle a aimé l’audace d’Arès et c’est pour cela qu’elle lui laisse encore un espoir de ne pas finir comme les autres cadavres du temple.

    « – Tu ne veux pas me tuer, très bien. Par contre je tuerais tes amis qui sont à quelques mètres d’ici sauf si tu en décides autrement. Tu vas faire ce que moi je te demande et pas l’inverse. »

    En étant debout face à lui, elle paraît presque être une colosse ou une déesse prête à laisser sa foudre s’abattre sur Arès. Ses yeux sont encore noir, ses crocs se voient. C’est à la fois effrayant et beau. Il est vrai qu’une telle créature pourrait bâtir des royaumes et en détruire d’autres mais sa confiance n’est plus. Arès n’obtiendra rien sans avoir prouvé qu’il méritait la confiance de la jeune harpie.

    « – Tu vas te renseigner sur mes parents. Je veux savoir s’ils sont encore vivants ou s’ils ont été capturés par la famille de Septimus. Si tu réussis cette mission, je t’accorderais une faveur pour tes pillages. Par contre si tu refuses, je ne vous laisserais pas partir d’ici vivants. Ou que vous alliez, je vous retrouverais toi et tes camarades. Je vous traquerais et je vous tuerais sans aucun remord car si toi tu ne tues pas de sang-froid, sache que pour ma part j’en ai aucun regret. »

    Elle a du caractère.. de la poigne.. elle mériterait presque son rôle de chose obscure. Roxana relâche enfin le cou d’Arès pour le laisser s’exprimer. Il a quand même gagné une petite victoire car elle ne l’a pas tué. Il y a une vingtaine de cadavres autour d’eux mais pour lui, elle propose une sorte de marché alors qu’il lui suffirait d’en terminer maintenant. Il y a déjà une sorte de connexion entre les deux mais ils sont jeunes, orgueilleux, impulsifs. Elle est la bête et lui le beau. Elle est l’âme damnée et lui le seul espoir de sauver l’humanité de la jeune vampire.

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    M.

    Arès accepte les conditions de Roxana mais dans le fond, elle sait qu’il ne fait pas ça parce qu’il n’a pas le choix mais parce qu’il a quelque chose à l’esprit. Cependant il est son seul moyen d’avoir des nouvelles de ses parents car Roxana a bien trop peur que sa propre présence puisse les faire tuer. Elle n’est pas dans ce temple pour rien. Certes, ses parents pensaient que cela pourrait stopper ou ralentir l’avancée de la malediction mais surtout, Roxana était recherchée suite au meurtre de Septimus. Les proches du futur empereur ont compris que c’était elle qui avait poignardé Septimus et depuis, Roxana est devenue l’ennemi numéro un, ainsi que ses parents. Si sa mère a pu fuir vers les steppes afin de trouver des réponses pour sa fille, Roxana ne sait pas encore que son père a été brûlé vif sur la place publique de Byzance. Cependant sa mère n’en a plus pour longtemps non plus puisqu’elle a été gravement blessée lors de la fuite. Roxana est sur le point de ne vraiment plus avoir rien ni personne.

    “- Non.. Si tu ne trouves pas, je ferai justice moi-même.. Mais je te laisse ta liberté. J’attendrais ici ton retour avec tes informations. Ne me trahis pas..”

    Elle le fixe dans les yeux et ses propres yeux redeviennent normaux. Un regard d’une jeune femme chamboulée par la vie, la mort, l’incompréhension. Roxana laisse Arès se relever et au même moment, elle se rend compte qu’elle ne sait même pas comment se nomme ce jeune homme. Elle lui demande tout en laissant ses sens aiguisés s’imprégner de l’odeur du garçon. Arès.. Très bien, elle ne l’oubliera pas.

    “- Je te laisse une semaine pour me ramener des informations ou mes parents. Si tu ne reviens pas, je considérerais que tu m’as menti et je te retrouverais. Tu sais.. Toi tu as encore un millier d’ambitions, je le sens.. mais moi je n’ai plus rien à perdre et je sais que l’immortalité m’a gagné.”

    Elle dit cela avec un calme olympique mais une vérité cruelle. Le jeune homme se voit voler des trésors, gagner des batailles alors qu’elle ? Elle ne voit plus rien devant elle mis à part le chaos, alors elle n’a plus rien à perdre. Même pour sa famille, elle a le sentiment qu’elle va apprendre des mauvaises nouvelles mais pour le moment elle se voile la face.

    “ – Vas-y.. Tes camarades sont à la porte du temple. Ils ont peur d’entrer mais ils vont le faire et sache que s’ils m’attaquent, je n’aurais pas de pitié.”

    Roxana se recule d’Arès et elle retourne vers la statue souillée d’Athéna. Elle n’a plus qu’à attendre. C’est ce qu’elle fait depuis cinq mois mais là, il y a un infime espoir que cette fois-ci le jeune homme revienne vraiment à elle. C’est mieux que rien.

    Avant qu’il ne part, elle se rapproche une dernière fois, si bien que leurs visages ne sont qu’à quelques millimètres l’un de l’autre. Roxana détail une dernière fois le visage du jeune éphèbe qui pourrait facilement faire vaciller une armée de jeunes femmes.

    « – Je compte sur toi.. Tu es le dernier espoir de mon humanité.. »

  153. Avatar de M.
    M.

    Le jeune pillard s’éloigne de Roxana. Elle reste dos à lui mais elle entend ses pas et sa respiration. Il finit par passer l’entrée du temple et elle se retrouve à nouveau seul dans cet immense lieu. Les camarades d’Arès accourent vers lui pour savoir s’il va bien et ils demandent surtout ce que cache le temple. Comment dire qu’il y a une sorte de jeune femme qui est au final une créature de la nuit ? C’est presque inconcevable ou même totalement fou. Les mythes existent plus que de raison avec la Grèce mais ils n’ont jamais vraiment été prouvé alors que là, Roxana est bel et bien présente.

    Une semaine. Cela peut paraître long et ça l’est mais elle va devoir garder son mal en patience. Après tout, elle n’est plus à cela prêt. Depuis cinq mois elle attend ici en espérant revoir l’un de ses parents mais ils ne sont toujours pas là. Roxana aurait pu sortir depuis longtemps et elle le sait mais elle a peur. Elle ne sait pas ce qui pourrait lui arriver dehors car elle ne sait rien de sa condition. Il faut dire qu’elle est unique et aucun livre ou récit pourraient expliquer ce qui lui arrive. Elle va devoir apprendre par elle-même mais elle est trop ingénue pour oser quoi que ce soit maintenant.

    De son côté, Arès n’est pas au bout de ses peines avec les parents. Il va trouver le corps brûlé du père et une mère qui est sur le point de rendre l’âme mais il aura juste le temps d’en apprendre davantage sur la malédiction de Roxana.

    Ce n’est pas une malédiction des dieux grecques mais une malédiction de dieux bien plus anciens et bien plus inconnus. Les sarmates prient les premiers dieux venant de mésopotamie et c’est un chaman venant du peuple de la mère de Roxana qui a lancé la malédiction pour punir Shirin. Elle était la princesse promise à une grande gloire, celle de vaincre les ennemis mais elle a fui par amour. En guise de punition, le chaman a fait en sorte que le premier né de Shirin soit celui qui mettra fin à l’ennemi mais non pas par la guerre. Ce premier né fera couler le sang et fera trembler le monde. Ce premier enfant fera de la lune son alliée et la puissance son armure. Cependant il y a quelques barrages qui se mettront sur le chemin de Roxana comme le soleil et la soif intense. Les ombres ne sont amies que de la nuit et pour ce qui est de la soif, il faut qu’elle soit intense pour venir à bout des ennemis. Roxana ne pourra plus jamais s’exposer en pleine journée et elle devra apprendre à contrôler son envie de boire du sang si elle veut pouvoir essayer de se fondre dans les masses. Au-delà de ça, elle a une force qui dépasse les dieux eux-mêmes et elle a aussi le pouvoir d’influencer ceux qui ne sont pas protégés contre elle.

    Pendant cette semaine seule, Roxana attend mais elle tente d’aller en extérieur quand vient la nuit. Au début elle ne reste qu’à la porte mais pour la seconde nuit, elle ose descendre les marches. Ce n’est qu’à la cinquième nuit qu’elle se met à marcher autour du temple mais c’est assez compliqué car même s’il ne semble y avoir personne, elle sent le sang et les cœurs qui battent dans un village à quelques kilomètres. Le sixième soir arrive et elle ne peut s’empêcher d’aller vers ce village car la faim l’a tiraillé. Elle ne laisse personne, même pas les enfants. Un sentiment de culpabilité s’installe lorsqu’elle retrouve le temple et sa solitude. Alors c’est ça qui va se passer à présent ? Tuer et encore tuer ? N’être qu’un monstre ? Ne pas savoir se contrôler ? Le septième jour est là. Arès devrait arriver d’ici peu. Roxana est toujours là mais entourée de flammes. Elle sait. Elle a beau avoir envoyé Arès chercher des réponses mais elle sait au fond d’elle qu’il n’y a plus personne. Plus de parents, plus d’avenir comme elle devait avoir. Elle pourrait avoir des ambitions comme Arés et vouloir contrôler le monde mais ce n’était pas ce qu’elle s’imaginait. Elle voulait être digne de sa mère mais aussi instruite comme son père. Elle voulait une vie honorable mais à l’heure actuelle ce n’est plus qu’un lointain souvenir.

    Quand Arès revient enfin, elle est là. Au milieu du temple, encerclée de flammes, elle attend que celles-ci la consume. N’est-ce pas un bon moyen de tuer le démon en elle ? Le désespoir est immense. Elle a seulement besoin que quelqu’un lui montre qu’elle n’est pas qu’un monstre et qu’elle n’est pas seule. Qu’elle peut encore servir à quelque chose, peut-être même envisager un avenir.

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    M.

    Il a tenu sa promesse. Il est là, avec des vérités cruelles. Roxana retient des larmes qui ne demandent qu’à tomber tant elle se sent vulnérable et pourtant, dans l’ombre, elle veut venger sa famille, détruire tout ce qui fait qu’elle se retrouve ici aujourd’hui. Arès est à genoux, près d’un homme qu’il a enchaîné et il tient le collier de Shirin. Il a tout dit. La mort du père de Roxana, la fin de sa mère et quelques révélations sur la malédiction mais en l’instant T, Roxana ne comprend pas tout puisqu’elle est comme paralysée par la douleur. Elle ne fait que garder ses yeux sombres sur Arès qui lui rayonne comme s’il était le contraire de la demoiselle.

    Arès dit une autre chose qui devrait interpeller la jeune femme. Shirin souhaitait qu’il devienne le guide de la brune. Il va devoir tenter de mener Roxana autre part que vers sa propre perte mais encore une fois, elle ne se rend pas compte des mots du jeune homme. Dans l’esprit de la vampire, il y a les souvenirs d’une famille heureuse et les regards bienveillants de ses parents. Mais tout ça est terminé. Tout ça lui a été arraché. Ce n’est que lorsqu’Arès se relève que Roxana sort de sa transe et revient à la réalité. Une larme réussi à couler le long de sa joue, cependant il ne faut pas oublier que le feu continu de faire son chemin dans le temple et s’ils ne sortent pas d’ici, ils finiront brûlés vifs.

    « – On doit tous les faire payer pour ce qu’ils ont fait.. Ils ont détruit ma famille.. ma vie.. »

    Les dieux mésopotamiens doivent danser car ils ont réussi à tourner la créature vers ce qu’ils attendaient, la vengeance. Roxanna essuie sa larme et elle prend le collier de Shirin en main. D’un geste beaucoup trop rapide pour qu’Arès s’en rende compte, elle arrache le cœur de l’homme qui est attaché. Elle ne veut pas boire le sang de ce chien. Elle ne veut pas se souiller. Par contre, elle finit par attraper le bras d’Arès et elle le force à la suivre hors du temple. Le soleil se couche juste à peine et il y a le groupe d’Arès qui attend devant le temple. Ils semblent ne pas croire ce qu’ils voient et ils se reculent alors que Roxana s’avance avec toujours sa main autour du bras de son guide.

    « – Tu as tenu ta promesse et moi aussi je t’en ai fais une. Je vais réduire Byzance en cendre et tu pourras récupérer tout ce que tu veux. L’argent, la gloire, le trône. Mais je t’interdis de te mettre sur mon chemin. Je ne ferais aucun quartier. Ils doivent tous mourir. »

    Elle semble déterminée. Horriblement déterminée à se venger. Un rire vient quand même à s’insinuer dans ce moment critique et cela vient de l’un des compagnons d’arès. Le jeune homme a parlé de la créature pour qui il avait fait une promesse mais ses compagnons s’attendaient certainement à tout sauf à une magnifique brune qui n’est pas très grande et qui semble bien trop frêle. Ce garçon qui rit, Nikos, s’avance vers Arès et Roxana tout en gardant son air un peu trop amusé.

    « – Tu te fous de nous Arès ?! Tu nous fais aller à Byzance et dans les steppes pour ça ? Pour une petite dame bien mignonne alors que tu disais que c’était une créature funeste ?! Dis plutôt que tu as ton petit cœur d’agneau qui a fissuré pour elle au lieu de nous inventer des idioties !! »

    Nikos lève les yeux au ciel mais d’autres compagnons sont d’accord avec lui. En même temps c’est vrai qu’elle n’a pas l’allure d’une bête féroce. Roxana relâche le bras d’Arès. Elle se sent insultée et elle doit prouver qu’Arès n’a rien d’un menteur. En un millième de secondes, elle se retrouve derrière ce Nikos et elle plante ses crocs dans la gorge de celui-ci. Les camarades lâchent des cris de surprises et ils relèvent leurs armes pour venir en aide à Nikos mais il est déjà vidé de son sang. Roxana le laisse tomber au sol et elle se met à garde, prête à se battre s’il le faut.

    « – Quelqu’un d’autre veut devenir mon repas ?! Maintenant soit vous restez, soit vous mourrez. Même si vous êtes les compagnons d’Arès, je ne permettrais à aucun de vous de m’insulter ou me trahir. »

    Ils ne savent plus quoi dire. Ils regardent Roxana mais ils cherchent aussi des réponses de la part d’Arès. Dans quoi le jeune homme les a fourré ? Il n’y en a qu’un seul, le plus jeune, qui avance et se met à genoux devant Roxana. Comme si elle était une déesse qu’il fallait vénérer sous peine de recevoir des malheurs.

    « – Je suis.. votre serviteur ma dame.. pardonnez nous.. »

    Ça donnerait envie de rire. Certains se retiennent mais ils frissonnent quand ils se remettent à regarder la fameuse créature qu’Arès a sorti du temple.

    La brune essuie ses lèvres ensanglantées et elle revient face au sublime blond dont les yeux pétillent d’un bleu ciel qu’elle ne reverra plus de si tôt. Elle lui tend sa main pour l’inviter à continuer le chemin.

    « – Je dois trouver un autre endroit pour me cacher du futur soleil. Si tu es d’attaque, on peut aller sur Byzance maintenant. Cependant je sais que tu aspires plus qu’à n’être qu’un petit voleur de pacotille. Tu veux être puissant, sans cela tu ne m’aurais pas aidé. Je te propose une autre alternative. On peut te rassembler une légion pour que tu puisses avoir ta propre armée. Un homme avec un trône n’est rien sans hommes pour lui servir. »

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    M.

    Arès désigne Roxana comme une déesse et il fait en sorte que ses camarades se lient à elle aussi. Symboliquement, il marque leurs peaux avec une lune et ils se mettent tous à genoux. Elle comprend que tout cela devient beaucoup plus sérieux, bien plus grand. Elle pourrait jouer la vanité et être heureuse d’arriver à la tête d’un groupe d’hommes mais elle n’a jamais été le genre de personne à se jeter des fleurs. Elle se sent même presque bête quand Arés se met à l’appeler « la reine » alors qu’il connaît son prénom. Cependant elle ne dit rien pour ne pas casser ce moment qui semble hors du temps. Ces hommes viennent de plier genoux pour la servir et en retour, elle doit leurs donner la fortune, la gloire et la grandeur.

    Arès revient à elle et il lui parle d’autres hommes à rallier. Roxana hoche la tête mais avant d’aller plus loin, elle tient à rappeler une chose importante.

    « – Je vous offrirais ce que vous voulez.. de l’or et des terres. On sait tout les deux que j’y arriverais mais il ne faut pas oublier une chose, je ne connais pas encore tout l’étendu de ce que je peux faire.. Je ne sais pas non plus ce qui pourrait me faire tomber. Je vais devoir tout apprendre mais je veux que tu sois le seul des hommes à m’aider dans cette quête. »

    La jeune femme semble montrer de la confiance envers Arès mais seulement Arés. Pourtant il est là pour l’appât du gain mais il y a quelque chose chez ce jeune héro qui fait que Roxana semble accepter d’en faire son bras droit ou alors son ami ?

    Il lui a ramené les nouvelles de ses parents et même les dépouilles de ses parents. Il lui a rendu ce bijou qu’il aurait pu revendre mais qui pourtant a une grande importance pour Roxana. Il aurait pu aussi la laisser brûler dans le temple mais non, il est là face à elle. La demoiselle veut croire qu’elle peut être l’alliée du garçon et pas son simple billet pour la puissance.

    « – Avant de prendre la route, je vais faire une dernière chose.. attendez moi ici. »

    Et sur ces mots, elle se retourne et part vers le corps sans vie de sa mère. Elle prend aussi les cendres de son père et elle s’en va les placer dans le temple qui continue de brûler. Cet endroit restera important. Il sera le lieu où tout a commencé et aussi celui tout est fini. Il devient le bâtiment du renouveau. Pour Roxana, pour Arès. Il part en cendre et emporte avec lui des secrets mais il ouvre mille possibilités, mille vies.

    Elle reste face au temple pendant un moment mais il faut partir avant que le soleil ne se relève. Roxana monte derrière Arès qui l’attend sur un cheval et tout le groupe commence à s’éloigner. Elle ressent un pincement au cœur mais aussi à nouveau une liberté. Elle s’éloigne de l’endroit où elle penserait qu’elle serait prisonnière à vie. Elle revoit aussi des paysages qu’elle ne pensait plus revoir un jour. Roxana passe ses bras autour d’Arès sans se douter que le froid de son corps contrasterait autant avec la chaleur du garçon.

    Ils galopent un long moment pour aller vers la côte. Ils se rapprochent de la mer mais ils doivent s’arrêter avant que le soleil ne fasse des dégâts sur Roxana. Ils trouvent la villa d’un riche vignoble en chemin et sans grande difficulté, ils réussissent à prendre les lieux. Ou plutôt c’est Roxana qui fait une sorte de démonstration de sa puissance pour à nouveau faire comprendre aux hommes d’Arés qu’ils font bien de la suivre.

    Une fois dans la villa, elle trouve une chambre sans fenêtres et elle s’y pose. Elle trouve aussi de quoi se nettoyer et surtout se changer puisqu’elle était encore couverte de sang. Arès n’est pas loin, il garde un œil sur ses hommes mais aussi sur elle. Quand le soleil est enfin levé, elle se sait prisonnière de la villa mais elle n’est pas seule.. elle n’est plus seule.

    « – Pourquoi un jeune homme comme toi est devenu un pillard ? Tu n’es pas d’ici.. tu as un accent.. tu as voyagé.. Tu n’as plus de famille ? »

    Ose t’elle demander alors qu’il est non loin d’elle, près de la porte. Roxana est assise sur un lit, à nouveau propre et belle comme s’il n’y avait pas de monstre chez elle. La créature lunaire peut enfin savoir qui est ce garçon qui se dit être son gardien. Elle ne sait rien de lui, bien que lui ne sait pas grand chose sur elle non plus. Elle a besoin de savoir pourquoi il met sa vie en danger pour elle car même s’il y voit des intérêts, il ne faut pas oublier qu’elle pourrait le vider de sang à l’instant même.

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    M.

    Arès parle de lui et de comment il en est arrivé à être là, face à Roxana. Il n’a fait que survivre. Même s’il n’a pas fait que des choses très légales, il a mené avec lui des hommes pour que ceux-ci puissent aussi survivre. Cela montre que ce jeune homme n’a pas forcément de mauvais fond, bien au contraire. Il veut simplement exister dans un monde où les grands écrasent les petits et aujourd’hui il veut inverser les choses grâce à Roxana. Cependant la jeune femme grimace légèrement quand Arés semble à nouveau la mettre sur une sorte de trône. Elle ne se voit pas forcément comme une déesse ou un salut. Bien au contraire.

    « – Je ne pense pas que l’immortalité est une chance. Toi et tes hommes vous pensez certainement que mes capacités sont un cadeau mais je suis condamné à tout perdre. Même si demain nous prenons tous les trônes du monde, je finirai par tout perdre parce que le temps va passer et au moment où il sera temps de passer à autre chose, moi je serais encore là. Je perdrais ce que j’aurais bâti, ce que j’aurais aimé. Alors je ne crois pas que c’est une chance.. c’est une malédiction qui me condamne à être seule jusqu’à la fin. »

    Elle a eu le temps de penser à l’immortalité et surtout au fait qu’elle continuera de vivre avec que les personnes avec qui elle pourrait avoir un lien, finiront par mourir. Tout l’argent du monde et même la gloire, n’auront aucun goût en sachant ce qu’elle perd à côté. Roxana a envisagé de ne pas s’attacher à qui que ce soit mais n’est-ce pas une quête trop grande pour une jeune femme qui n’a que dix huit ans ? Elle n’est qu’au début de son immortalité mais surtout de sa propre vie. Elle n’a encore rien vécu en tant que femme et il faut qu’elle apprenne aussi à vivre comme une vampire.

    « – Mais en attendant, je te dois quand même ce que tu attends. Parce que tu es aussi une chance pour moi, ainsi que tes hommes. Je sais que seule.. je n’arriverais à rien. Tu vas trouver ça idiot parce que je sais que j’ai une force colossale mais j’ai peur. Contrairement à toi, je n’ai pas eu une vie qui m’a poussé à survivre.. Mes parents étaient des gens riches de Byzance et j’ai toujours été entouré. On m’avait préparé à devenir une fille de bonne famille, pas à une malédiction vengeresse.. Je pensais un jour me marier, avoir une immense famille et être simplement heureuse mais c’est fini tout ça. Alors oui, tu es une chance pour moi car si tu n’étais pas arrivé dans ce temple avec ton air de petit soldat déterminé, je pense que je ne serais pas là face à toi en ce moment. »

    Roxana parle avec son cœur. Du moins, tant qu’il lui en reste encore un peu. Arès est arrivé à temps. Il est surtout arrivé alors qu’elle n’avait plus d’espoir pour quoi que ce soit. Il est clair que les deux doivent encore se jauger et être certain que l’autre ne lâchera pas mais lui comme elle, ont trouvé des intérêts dans l’autre.

    « – Tu devrais te reposer. Les jours avenir vont être intenses et il faut avoir de l’énergie. Il me semble que tes compagnons ont trouvé de quoi faire un festin dans les caves de la villa. Du moins c’est ce que j’ai cru entendre. »

    Oui, elle entend tout même si elle parle avec Arès. Les garçons ont déjà tout fouillé et ils ont volé les objets de valeurs. Ils s’apprêtent à faire un repas et Roxana ne veut pas que le jeune homme rate cela alors qu’il doit certainement avoir une faim de loup avec sa carrure athlétique.

    « – Je viendrais vous revoir lorsque le soleil sera couché. »

    La brune se redresse légèrement du lit pour tapoter la main d’Arés et le pousser à aller vers la sortie. Ça en est presque enfantin. Il semble hésiter à s’éloigner mais elle ne compte pas prendre la poudre d’escampette. Avant qu’il ne sorte, un regard intense se trame entre les deux. Ce regard n’a rien de furtif, il devient les prémices d’une complicité qui risque de traverser les siècles. Roxana ressent des frissons et même un feu en elle.

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    M.

    Il ne s’en rend peut-être pas compte puisqu’elle est dans une autre pièce mais Roxana entend tout ce qu’Arès raconte pour que ses hommes ne quittent pas le navire. Elle entend cette promesse d’épopée et de gloire dont elle est la reine qu’Arès a désigné. Roxana en sourit même s’il y a toujours cette note de tristesse en arrière. Pour l’instant, elle n’a pas le goût à un soupçon de bonheur, la vengeance reste son premier objectif. Elle doit punir ceux qui ont détruit sa famille et quand cela sera fait, elle ira punir ceux qui ont maudit ses parents ou plutôt ceux qui ont maudit Roxana.

    La journée est longue puisqu’elle n’arrive pas à fermer l’œil. Elle ne dort plus depuis qu’elle est devenue cette créature. Cela ne fait que la faire ruminer jusqu’à ce qu’elle puisse sortir mais l’un des hommes vient toquer à sa porte dans l’après-midi. C’est le plus jeune garçon du groupe, celui qui a plié en premier le genou pour elle. Roxana lui permet d’entrer mais il reste à l’encadrement de porte, avec un air presque désolé de déranger la fameuse reine de la lune.

    « – Quelque chose ne va pas ?
    _ Je voulais juste voir si tout allait bien pour vous.. Nous on mange mais je me demandais si vous vouliez quelque chose à manger aussi ?
    _ Je.. Je ne mange pas comme vous. Tu l’as vu avec ce Nikos.. mais c’est gentil de penser à moi. Tu te nommes comment ? Et quel âge as-tu ?
    _ Je me nomme Léon et j’ai quatorze madame..
    _ Seulement quatorze ans ? Que fais-tu avec des pillards ? Tu devrais être avec ta famille..
    _ Je n’ai plus famille madame. Ma mère est morte il y a quelques mois et Arès m’a trouvé sur son chemin. Il m’a proposé de le suivre et j’ai accepté pour ne plus être seul..
    _ Elle est morte comment ?
    _ Elle.. elle a été souillé et tué par des hommes du Nord.. »

    Roxana ne peut s’empêcher de serrer la mâchoire car elle sait que beaucoup trop de femmes sont les victimes des hommes. Elle a bien failli connaître le même sort.

    « – Je retrouverais ces hommes.. je vengerais toutes les femmes qui ont été maltraité par les hommes. »

    Léon hoche la tête et il esquisse un léger sourire. L’adolescent finit par repartir mais Roxana lui demande de laisser la porte ouverte. Tant qu’elle n’est pas directement au soleil, elle ne risque rien et elle a envie de pouvoir garder contact avec ces personnes qui ont décidé de devenir une sorte de nouvelle famille pour elle. Quoi que non. Si elle se met à penser ce genre de chose, elle pourrait vriller lorsque ces hommes iront se battre et que certains tomberont. Elle ne supportera pas de les perdre.

    Le soleil se couche tard puisque l’été est encore présent. Roxana sort de sa chambre et de la villa. Les hommes attendent avec Arès ou plutôt, chacun se met à sa tâche pour commencer à créer cette future armée qui va s’abattre sur Byzance. Elle voit Léon qui prépare des chevaux, d’autres s’entraînent à se battre et Arès donne des ordres. L’un des hommes la voit et il s’approche pour lui demander si elle va bien. Elle hoche la tête positivement mais quelque chose vient pourtant la perturber. Sa soif.. elle n’a pas encore appris à la contrôler et là, elle se retrouve entourée en une vingtaine d’hommes bien vivants. Elle sent l’odeur du sang. Elle entend les cœurs pulser. C’est une torture de rester ici car elle meurt d’envie de boire mais elle n’a pas le droit de s’attaquer à ceux qui se sont marqués pour la suivre.

    Arès la capte enfin mais elle retourne rapidement dans la villa. Elle repart dans cette chambre qui a été sa petite prison de la journée et elle va passer un coup d’eau sur son visage mais elle sent la présence du jeune chef derrière elle.

    « – Ma gorge me brûle.. je.. Je me retiens de ne pas faire un massacre.. c’est très difficile.. »

    Dit-elle d’une voix plaintive alors qu’elle est de dos à Arès. Le pire est certainement le sang du bel homme qui n’est qu’à quelques mètres d’elle. Il a un parfum différent des autres. Elle ne l’avait pas pleinement remarquée avant car elle avait pu assouvir sa soif mais là elle n’a pas bu depuis la nuit dernière. Il faut certainement des mois, des années ou même des siècles pour savoir contrôler quelque chose qui consume de l’intérieur. Pourtant Arès est peut-être son moyen d’apprendre à garder les pieds sur terre.

    « – Je ne veux pas les tuer.. Pas eux.. on doit partir maintenant et trouver des ennemis à abattre.. »

    Il approche. Roxana sent son regard s’assombrir mais il y a autre chose que d’habitude.. elle frissonne aussi. La brune garde ses mains contre la bassine d’eau pour tenter de se contenir un maximum mais ça devient vraiment très compliqué. La demoiselle finit par se retourner sans pouvoir se contrôler et elle a le réflexe de poser sa main autour de la gorge d’Arès mais elle se fait brûler. Le collier vient de montrer son pouvoir. Roxana s’éloigne rapidement et l’incompréhension apparaît ainsi que la lucidité. Très vite, la culpabilité arrive. Elle comprend qu’elle allait s’en prendre à Arès et elle sent les larmes monter.

    « – Je ne voulais pas…. Pardon.. je.. il faut que.. »

    Et sa main brûle encore. Elle ne guérit pas contrairement à d’habitude. Roxana serre cette main contre elle et elle reste cloîtrée dans un coin de la pièce pour être certaine de ne plus se rapprocher d’Arès, bien que finalement elle pourrait encore sauter dessus. Pourtant elle se force de toute sa volonté pour résister.

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    Arès révèle qu’il a eu une vision et celle-ci c’est annoncée vraie puisque le collier a protégé le jeune homme. Pourtant il retire ce collier qui peut l’aider à repousser Roxana. Il le pose au sol et il demande à la demoiselle de lui dire lorsqu’elle est torturée par la soif. C’est le cas à l’instant. Elle a soif mais portée par la détresse, elle se jette dans les bras d’Arès et elle se niche contre lui. C’est dangereux car elle sent la chaleur du garçon et son sang pulser rapidement mais ce contact semble vital pour elle. Elle sent même un peu d’apaisement quand il comprend et qu’il se met à la serrer contre lui. La dernière fois qu’elle a eu ce genre de contact humain, c’était avec sa mère il y a plusieurs mois.

    Ce n’est qu’une dizaine de minutes plus tard qu’elle se recule légèrement des bras d’Arès. Leurs visages sont très proches, même hyper proche puisqu’elle sent le souffle du garçon contre ses lèvres. Roxana laisse son front se poser contre celui d’Arès mais elle ferme les yeux.

    « – Remets ce collier.. Il est la seule protection que tu as contre moi. Tu dois le garder et ne jamais le retirer.. »

    Elle ne peut pas lui remettre sous peine de se brûler à nouveau mais elle veut qu’il puisse se protéger d’elle par précaution. Elle ne se maîtrise pas encore assez pour promettre de ne rien faire. Justement sa gorge continue de lui faire mal mais il se peut que son repas arrive plus vite que prévue. Elle sent et entend des hommes se rapprocher. Ce ne sont pas des connaissances d’Arès mais des grecques venant de l’ouest. Il y a une vive tension entre les grecques d’Athènes et ceux d’Anatolie car ceux d’ici veulent de plus en plus l’indépendance.

    « – Il y a une vingtaine d’hommes qui se rapprochent.. je vais m’en occuper. Quand j’en aurai fini, on pourra reprendre la route pour rejoindre la mer.. »

    Elle a une petite armée mais elle préfère préserver cette nouvelle famille et puis de toute manière elle doit se nourrir pour ne plus être un danger pour les siens. Avec une vitesse éclair, Roxana s’éloigne d’Arès et elle part à quelques kilomètres pour rejoindre les ennemis.

    Le bruit du massacre se fait entendre jusqu’à la villa. Des hommes crient et d’autres s’échappent. La force de la demoiselle lui permet de facilement prendre le dessus et tuer tous ceux qui tentent de la tuer. Deux guerriers réussissent à approcher de la villa et hurlent qu’un monstre les a attaqué. Plusieurs hommes d’Arès ne manquent pas de rire et Sirius se rapproche de son ami pour commenter la scène.

    « – Regardes moi ces poules mouillées.. Je te laisse le plaisir de les attraper. »

    Mais Roxana revient et elle n’est pas seule. Plusieurs hommes la suivent. Ils ont accepté de plier genoux pour ne pas être tués. Cela ne fait que grossir les rangs après tout. La brune se rapproche d’Arès mais elle remarque les deux déserteurs qui se mettent à paniquer en la voyant.

    « – On ferait bien de les garder en vie pour qu’ils s’occupent des tâches ingrates. J’en ai ramené quelques-uns qui sont prêts à se battre pour nous. »

    Elle aurait pu dire pour elle mais non, Roxana voit Arès comme son égal. Cela semble étonner Sirius qui ne dit rien mais qui voit que les deux jeunes gens semblent beaucoup plus proches qu’ils ne le laissent prétendre. Lorsque Roxana s’éloigne pour aller vers le jeune Léon, Sirius ose une petite remarque bien salace.

    « – Avoues que tu as surtout craqué pour sa beauté plutôt que pour le reste. Elle est peut être forte mais regarde moi cette femme ! On aurait envie de lui faire toutes les choses possibles et inimaginables au lit ! Si tu n’y vas pas, moi j’irai tenter ma chance ! »

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    M.

    Roxana a tout entendu. Les paroles déplacées de Sirius mais surtout les mots implacables d’Arès. Il l’a protégé à sa manière et il n’a laissé aucune place à ceux qui voudraient tenter de la rabaisser ou l’approcher de trop près. Bien qu’elle soit à côté de Léon, elle détourne son regard vers Arès et ils se fixent intensément. C’est à ce moment qu’elle comprend que ce garçon ne sera pas qu’un simple allié pour la vengeance. Il est bien plus que cela. Elle ne pourrait pas dire ce qu’elle ressent réellement. De l’amitié ? De la fraternité ? Un amour naissant ? C’est encore bien plus puissant que ça. Leurs âmes devaient se rencontrer.

    Arès revient vers elle pour lui conseiller d’aller manger mais Roxana retient un rire. Elle vient justement d’aller boire et elle a même ramené quelques rescapés. La confusion d’Arès l’amuse et elle le taquine légèrement pour qu’il retrouve un sourire.

    “ – Tu veux que je vide tous les hommes de leur sang ? Je risque de prendre quelques kilos si je continue ainsi..”

    Les deux jeunes gens se sourient l’un l’autre mais avant qu’ils ne fassent autre chose, Roxana pose un instant sa main sur celle d’Arès.

    “ – Merci pour ce que tu viens de faire et de dire.. Cela me touche beaucoup Arès. Tu protèges mon intégrité et aussi toute celle que je suis..”

    Maintenant que cela est dit, Roxana se laisse guider par Arès puisqu’il faut reprendre la route avant le lever du soleil. Ils doivent se rapprocher de la mer pour qu’Arès puisse envoyer des hommes chercher d’autres combattants. Roxana se remet derrière Arès lorsqu’il monte à cheval et toute la petite armée se déplace.

    Pour le moment, aucun ennemi ne se doute qu’il se trame quelque chose. A Byzance, le nouvel empereur qui n’est autre que le frère de Septimus, va bientôt être couronné et dans un sens cela l’arrange que Roxana a tué son frère. Il a tout de même fait tuer son père pour donner un semblant de justice.

    Le groupe avance durant toute la nuit et au petit matin, ils arrivent en rive de mer méditerranée. Ils trouvent une petite étable ou Roxana peut se poser pour se cacher du soleil mais la jeune femme peste contre cette malediction. Elle ralentit la troupe à cause de ce problème. C’est le jeune Léon qui propose une simple idée mais qui n’est pas si bête. Il trouve une cape avec capuche, ainsi que des gants. Cela couvre la peau de Roxana et quand elle tente de s’avancer au soleil, sa peau ne brûle pas. Elle doit garder le visage baissé mais elle peut se permettre de rester dehors et pas prisonnière d’une nouvelle bâtisse.

    “ – On va pouvoir continuer d’avancer et même prendre le bateau ! et puis vous pourrez vous reposer la nuit ! N’est-ce pas parfait ?”

    Elle est enjouée bien qu’elle ressemble à une sorte de bonhomme mystique qui se cache derrière des tonnes de tissus. Au moins personne ne pourra savoir qui elle est mis à part Arès et ses hommes.

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    M.

    Ce baiser sur sa main la percute de plein fouet. Elle reste figée quelques instants alors qu’Arés s’éloigne d’elle. Roxana sourit presque bêtement mais elle doit se reprendre car tout ça n’est que le début d’une aventure qui ne sera pas simple.

    Un bateau est facilement trouvé puisqu’avec l’argent qu’ils ont volé dans la villa, le groupe achète un navire à un capitaine ruiné. Il est assez grand pour contenir toute la petite troupe ainsi que la jeune femme qui va avoir sa propre pièce à l’intérieur du bateau. C’est rudimentaire mais parfait pour les quelques voyages qu’ils vont devoir faire pour trouver d’autres hommes qui voudront suivre leurs causes.

    Roxana monte sur ce bateau et plusieurs hommes sont surpris par le regard émerveillé de la demoiselle. Elle n’a jamais quitté ses terres, ni voyagé. Elle a toujours été installée sur Byzance alors tout ça est nouveau pour elle. Rien que d’aller sur un bateau, c’est une nouveauté. Elle n’en connaît pas la sensation ni ce qu’il faut faire pour le faire avancer. Roxana avance lentement pour découvrir chaque endroit et chaque utilité aux objets présents ici. Ce n’est qu’une fois à la barre qu’elle retrouve Arès.

    “ – C’est toi qui va faire naviguer ce bateau ? Comment ça fonctionne ?”

    Elle paraît presque bête voir inculte mais elle ne sait pas grand-chose du monde qui l’entoure, cependant elle veut apprendre, savoir, tout connaître. Elle connait le monde que par les récits de quelques voyageurs et quelques livres de philosophes qu’elle a pu lire derrière le dos de ses parents. Il paraitrait qu’il y a d’immenses peuples vers l’Ouest qui se nommeraient romains ou Celtes. Il y aurait aussi les Egyptiens qui seraient tout aussi grands. Arès se retrouve acculé de questions alors que l’embarcation commence à voguer. Roxana veut savoir ce qu’il a vu durant ses voyages. Elle veut savoir s’il y a des endroits plus beaux qu’ici. Elle est fascinée par ce qu’il raconte et surtout les récits de ses aventures. Ils ont presque le même âge mais lui a déjà vu tant de choses.

    “ – Mon père m’a une fois dit qu’il y avait un immense colosse sur une île grecque.. hm.. Rhodes il me semble. Tu l’as déjà vu ? Et c’est vrai qu’il y aurait des montagnes de feu ? Elles cracheraient du feu mais dans un état presque comparable à l’eau !”

    Il ne risque pas de s’ennuyer durant ce voyage. Elle a toujours une question à lui poser sur tout ou rien. Mais dans cette quête de curiosité, elle apprend et elle se rapproche encore plus de ce jeune homme qui devient son monde.

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    Arès parle du colosse mais surtout de la montagne de feu qu’il nomme Volcan. Roxana est fascinée par ce récit mais elle voit aussi que le jeune homme est attiré par le danger. Il était subjugué par le volcan tout comme il n’a pas faibli lorsqu’il était dans le temple, face à une créature qui était prête à le vider de son sang. Il lui rappelle ce fait tout en venant glisser naturellement sa main dans celle de la brune. Pourtant il lui demande si elle a peur et Roxana grimace. Si, elle a peur. Elle a peur de tout, sauf quand elle est avec lui. C’est ce qui est le plus fou. Depuis sa rencontre avec Arès, elle ressent un apaisement quand il est auprès d’elle mais dès qu’il s’éloigne, les démons de la jeune femme reviennent. Son incompréhension face à la créature qu’elle est, sa peur d’être seule, son sentiment d’être condamné.

    “ – Pas quand tu es là…”

    C’est tout ce qu’elle arrive à dire mais c’est déjà une grande révélation. Arès a un pouvoir immense sur elle. Il peut la calmer, l’apaiser. Sans lui, elle pourrait être l’inverse d’une déesse.. un vrai démon sur terre.

    Elle reste auprès de lui quand tout semble bon et que le bateau quitte le quai. Les hommes se mettent au travail et les premières vagues tapent contre le bateau. Roxana sait qu’elle ne peut pas rester indéfiniment auprès d’Arès puisqu’il doit diriger le bateau sans être tout le temps gêné par une présence trop curieuse donc la jeune femme essaye d’aider quiconque a besoin de son aide ou alors elle va vers la petite pièce qui lui serre de chambre.

    Il devrait y avoir plusieurs jours de navigation sans avoir un pied sur terre. Les réserves de nourriture sont pleines sauf pour Roxana. Il y a quelques esclaves d’emprisonnés pour qu’elle puisse se rassasier mais elle doit apprendre à gérer sa soif pour ne pas sortir de ses gonds.

    Lors d’une soirée, après quelques jours de navigation, Arès se permet un repos et il laisse Sirius guider le navire. Il y a une pièce dans la cale qui sert pour se reposer et manger. Roxana y est puisqu’elle a aidé le cuisinier à préparer quelques plats de poissons pour les hommes. C’est elle qui ramène une assiette à Arès, ainsi qu’un verre de vin. Elle s’installe face à lui et elle remarque la fatigue qu’il essaye de dissimuler à travers des sourires.

    “ – Tu pourras te reposer dans ma chambre. Elle y sera plus confortable qu’ici et de toute façon je ne dors pas. Je resterais sur le pont avec les hommes.”

    Mais l’un des hommes vient s’asseoir auprès des deux jeunes gens et il propose une partie de jeu. C’est une sorte de jeu où il faut jeter des dés et parier des sommes ou des objets. Roxana ne s’y connaît pas mais elle se laisse aller dans ce divertissement qu’ont occasionnellement les guerriers. Les partis défilent, les verres de vin aussi. Heureusement elle ne ressent pas l’effet de l’alcool mais ces acolytes oui, si bien que c’est elle qui doit finalement aider Arès à aller se mettre au lit.

    Quand ils arrivent dans sa chambre, elle l’aide à s’allonger mais elle rit encore d’amusement puisqu’elle a dépouillé tous ceux qui ont joué contre elle.

    “ – N’oublies pas que tu me dois le plus beau collier que tu trouveras en route ! Mais avant ça, il va falloir que tu te reposes car tu ne sais même plus marcher mon capitaine.”

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    Elle est restée toute la nuit à l’observer dormir. Il semblait apaisé, loin de son rôle de chef. Elle sentait aussi sa chaleur et son souffle lent mais cela n’a paru que duré un instant. Au réveil il est parti pour aller vers la ville qui apparaissait au loin et elle a attendu toute la journée sur le bateau. Arès a tenu à ce qu’elle ne reste pas seule et quelques hommes ont veillé dont ce vieux Assan qui vient aussi des steppes comme la mère de Roxana. Il les a quitté lorsqu’il était jeune pour fuire les raids des peuples sauvages mais en arrivant près de la mer méditerranéenne, il a rejoint des mercenaires pour pouvoir gagner de l’argent. Assan aurait pu ne pas suivre Arès mais il s’est prit d’empathie pour ce jeune homme qui n’était pas sans lui rappeler sa propre jeunesse.

    « – Il est brave ce gamin mais parfois un peu trop. Il se met facilement en difficulté. Il ne semble avoir peur de rien mais cela peut être très dangereux.
    _ Je l’ai remarqué.. la preuve en est que je suis ici.
    _ Tu sais, je connais les croyances de notre peuple.. Elles sont bien plus anciennes que celles des grecques ou même des égyptiens. Notre peuple a été le premier à se civiliser et à conquérir le monde. Nos racines sont très profondes et si tu es ici ce n’est pas pour rien.
    _ Comment ça ? Qu’est ce que tu sais des croyances Sarmates ?
    _ Il y a les dieux qui récompensent et ceux qui punissent les hommes. Il n’y a pas d’enfer ni paradis. Les hommes doivent obéir aux lois des dieux et quand ils devient, ils doivent être punis. Les croyances Samartes viennent des terres mésopotamiennes et elles sont la nature même de notre monde.
    _ Donc je suis une chose crée pour punir ? Je n’étais qu’une fille comme les autres.. je ne voulais pas de tout ça..
    _ Je ne peux pas répondre au pourquoi du comment mais tu es réellement une déesse Roxana. Je pense que pour avoir plus de réponses, tu devras retourner sur les terres anciennes.. »

    Roxana remercie Assan car il lui apporte un peu de réponses même si elles sont maigres. Quand la journée se termine, les troupes d’Arès reviennent mais c’est surtout lui qui revient. Roxana l’attend sur le pont et il fait amener beaucoup de coffres. À croire qu’il n’a pensé qu’à elle lorsqu’il a pillé les maisons. Elle le comprend encore plus quand il montre ce magnifique collier et qu’il vient derrière elle pour lui passer au cou. La jolie brune frissonne mais quelque chose de non prévu se passe. Ses yeux deviennent noirs comme lorsqu’elle a faim.. pourtant elle n’a pas faim. C’est autre chose.

    Par peur de lui faire du mal, elle se recule de lui et elle se tourne en posant une main sur le collier. Il peut voir les yeux de Roxana redevenir normaux. L’air de la jeune femme s’aggrave car elle ne comprend pas cette réaction ou plutôt si, elle commence à comprendre. Ses sentiments grandissent pour le beau blond et le désir aussi. C’est quelque chose qu’elle n’avait pas encore connu, même dans sa vie humaine. Ses yeux n’ont fait que montrer cette flamme qui s’agrandit de jour en jour. Mais est-ce que cela veut dire qu’elle va lui faire du mal ?

    « – Pardon je.. je ne sais pas ce qui me prend.. je n’ai pas soif.. »

    Mais il ne s’éloigne pas. Il ne se met pas sur ses gardes. Il continu de la regarder avec une étincelle qui est aussi forte que celle qu’a Roxana en elle.

    « – Merci.. il est magnifique.. et tout le reste.. merci Arès.. »

    Mais bien trop troublée par ce qu’il vient de se passer, elle trouve une parade pour se retrouver seule dans sa chambre. Quelques hommes ramènent les cadeaux d’Arès et Roxana se retrouve assise sur le lit, avec encore une main sur le collier et surtout l’esprit dérangé. Sa mère lui avait une fois parlé de l’amour et des sentiments amoureux mais il y a une grosse différence entre des récits et la réalité. Et puis le désir ? Vouloir embrasser quelqu’un ou même le prendre dans ses bras indéfiniment ? Est-ce normal ? Il n’y a pas d’autres filles sur le bateau pour lui expliquer ces détails.

    Des bruits de pas se rapprochent de sa porte et puis ça toque. Elle sait que c’est Arès, elle sent son parfum de là où elle est et elle reconnaît l’intensité de sa respiration. Elle hésite à répondre mais il ne demande pas son accord pour entrer.

    “ – Je.. Pardon, je ne sais pas ce qu’il m’a pris quand tu m’as mis le collier.. Je ne comprends pas parce que je n’ai pas besoin de sang et pourtant j’ai.. ressenti quelque chose de fort. J’ai.. j’ai eu peur de te faire mal et je ne veux pas te faire de mal.. Pourtant j’aime tout ce que tu as ramené et puis j’aime qui tu es.. Et.. je.. sais que je ne peux plus être loin de toi.. Sans toi.. tu es bien plus qu’un simple guerrier qui m’aide.. tu..”

    Elle parle beaucoup, même un peu trop. Elle s’en rend compte quand le collier entre sa main vient presque entailler sa peau tellement elle le sert. Mais il ne se brise pas. Il reste intact malgré la puissance de sa poigne. C’est un peu comme leurs sentiments naissants. Ils sont bien plus robustes qu’on pourrait ne le croire.

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    Roxana voit Arès se mettre à genoux devant elle mais surtout lui demander pardon car il croit l’avoir offensé. La jeune femme secoue la tête car pour elle, il n’y a aucune offense bien au contraire. Sans Arès, elle serait encore enfermée dans un temple et surtout elle aurait certainement perdu son humanité. Grâce à lui, elle sait qu’elle a encore des émotions, des sentiments et justement l’un d’entre eux ce manifeste lorsqu’il dit qu’il va s’en aller retrouver ses hommes. Par peur qu’il s’éloigne d’elle et qu’il ne veuille plus l’approcher, Roxana se jette sur le garçon à l’en faire tomber au sol et elle vient l’embrasser. Ce n’est pas un petit baiser volé mais un baiser qui veut tout dire. La passion, l’attachement, le besoin, l’amour. Elle sent à nouveau ses yeux se noircir mais c’est parce qu’elle désire Arès bien plus que le sang. Jamais avant cet instant, elle n’avait embrassé mais la peur de le perdre semble lui apprendre certains fondamentaux en urgence.

    Assise à califourchon sur les cuisses du jeune homme, elle glisse ses doigts dans la longue chevelure blonde de celui-ci et elle continue ce baiser jusqu’à ce qu’il en perd son souffle. Elle recule légèrement son visage, juste de quoi poser son front contre le sien et elle murmure.

    « – Tu ne m’as pas emprisonné ni offensé.. tu m’as libéré.. Tu aurais pu fuir.. tenter de me tuer.. mourir.. mais tu es là. Oui je sais que tu as vu en moi un moyen de gagner, de tout obtenir mais moi je voyais en toi un moyen de sortir du temple et de venger ma famille.. alors au final, on a tous les deux profité de l’autre. Cependant je n’arrive plus à te voir comme un simple pillard qui finirait par s’en aller après avoir obtenu ce qu’il voulait.. Tu.. Tu es bien plus que ça. »

    Sa main glacée est sur la joue bouillante d’Arès. Roxana attrape avec sa seconde main, celle d’Arès et elle la pose contre sa poitrine. Les battements de son cœur sont presque inexistants mais ils sont là. Seulement quand lui est proche d’elle.

    « – Tu as ranimé quelque chose que je pensais perdre.. Je croyais que j’allais devenir un monstre sans pitié qui ne ferait que des massacres mais depuis que tu es entré dans le temple, mes émotions et mes sentiments sont revenus. »

    Parfois ils sont même beaucoup plus intenses que lorsqu’elle n’était qu’une simple humaine. Ça aurait été terrible si elle n’avait plus d’humanité ou de sentiments comme la culpabilité ou la peur. Elle serait une sorte de machine destructrice.

    « – Alors ne t’excuses pas.. Tu n’as rien fait de mal envers moi. Tu.. Tu as simplement fait battre mon cœur alors qu’il ne battait presque plus. Tu me donnes une force et un espoir immense. Continus de me posséder.. de m’emprisonner dans tes désirs.. »

    Elle revient déposer plusieurs baisers contre ses lèvres. Il ne porte plus le collier de verveine donc elle ne se fait pas brûler, pour son plus grand bonheur. Elle peut se lover un peu plus contre lui et sentir aussi le cœur du jeune homme qui tambourine à une vitesse folle.

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    Roxana grognerait presque lorsque l’homme se met à appeler Arès mais elle ne peut pas l’accaparer, il est le capitaine de ce navire et le chef des hommes. Elle le laisse se relever mais elle sait qu’il est tout autant retournée qu’elle ne l’est. Il a les joues rouges, le regard brillant et les lèvres gonflées à cause du baiser. Il lui promet que ce n’est pas finit et il s’éloigne. Quand la porte se ferme, Roxana reste au sol et elle est dans une sorte de transe qu’elle n’exprime que par un sourire idiot.

    « – Préparez les armes ! Ils foncent sur nous !! »

    Elle sort de sa torpeur en entendant cela. C’est la voix de Sirius. La jeune femme se relève sans attendre et elle sort de sa chambre pour rejoindre le pont. Tous les hommes se préparent à se défendre car un navire ennemi semble en approche. Les pillards attaquent sur terre mais aussi sur mer et ce soir Roxana va vivre sa première vraie bataille. L’un des hommes est envoyé vers elle, pensant devoir la protéger mais Roxana en a un rire amusé.

    « – Me protéger ? Je pourrais abattre les hommes de l’autre navire à moi seule sans qu’aucun de vous n’a besoin de lever une seule épée.
    _ C’est le capitaine qui l’a demandé.
    _ Le capitaine a dû oublier que je ne suis plus humaine.”

    Dit-elle en allant vers Arès mais le bateau ennemi commence à attaquer. Ils lancent des flèches en feu pour tenter de couler le bateau. Les hommes d’Arès commencent aussi à lancer des flèches et quand les deux navires sont assez proches l’un de l’autre, les choses prennent une autre tournure puisqu’ils se mettent à sortir les épées pour des combats directs. Roxana ne peut pas rester à ne rien faire, d’autant plus qu’on s’attaque à ceux qui ont décidé de croire en elle.

    “ – Regardez, il y a une femme ! Attrapez là !”

    Cris l’un des ennemis mais Roxana laisse son regard s’assombrir et surtout elle laisse la créature prendre le dessus. L’un des ennemis se jette sur elle mais en une fraction de seconde elle lui arrache la tête. Les hommes d’Arès l’ont vu tuer Nikos mais ils n’ont pas vraiment vu de quoi elle était capable, ni même Arès. Elle a une force irréelle pour son gabarit et une vitesse qui ne leurs permettent pas de la suivre à la trace. Roxana passe sur l’autre bateau et elle tue tous ceux qui se mettent sur son chemin. Elle arrache des cœurs, des membres. Elle boit du sang, éventre et jette par-dessus bord. Il ne lui faut que quelques minutes pour qu’un silence horrifique s’installe. Les ennemis sont tous morts et la jeune femme trône au milieu des cadavres, couverte de sang.

    “ – Vous pouvez fouiller le navire. Il n’y a plus d’ennemis encore vivants.”

    La scène donne des hauts de cœur à certains et une crainte à d’autres. Roxana ne bouge pas. Elle reste de dos comme pour se cacher car elle sait que la plupart des hommes derrière elle sont terrifiés. Elle entend les coeurs battre tellement fort que ça lui en donne un vertige mais un bras vient se caler contre elle, près à la rattraper.

    “ – Je vais avoir besoin d’une grosse toilette.. mais vous avez déjà eu des blessés aujourd’hui.. Je ne pouvais pas laisser ces ennemis vous faire encore du mal.”

    Murmure t’elle à Arès qui est là. Toujours là. Comme un pilier qui la soutient dans chaque circonstance.

    “ – J’espère qu’ils ne prendront pas la fuite.. du moins tes hommes.. “

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    Elle pensait seulement à aider, à éviter les pertes inutiles mais elle se retrouve mise au placard, poussée sur son lit comme une vulgaire chose. Son envie d’aider à surtout touché l’égo du jeune blond et il l’a rabaisse sans se douter qu’il fait sûrement une chose qu’il pourrait vite regretter. Roxana se sent blessé et surtout à le sentiment de n’être rien qu’une chose qui n’est autre qu’une sorte de trophée. Sa gorge se noue si bien qu’elle n’arrive pas à répliquer. De toute façon, Arès s’en va bien trop vite pour la laisser parler. Seule dans sa chambre, elle retient des larmes de colère mais aussi de tristesse. Cela n’est pas sans lui rappeler ce qu’elle allait vivre avec Septimus. Elle devait être un trophée et aussi un jouet sexuel.

    Elle ne sort pas tout de suite. Elle reste un moment dans la chambre, bien qu’elle retire le collier que lui a offert Arès et qu’elle n’hésite pas à arracher les tissus et livres qu’il a ramenés. La tristesse laisse place à la colère mais la belle n’est pas encore au bout de ses peines. Voulant en découdre avec le blond, elle sort de sa chambre une petite heure plus tard mais quand elle le trouve, il est dans la grande pièce de repas, entouré par trois filles et se laissant toucher, embrasser, caresser. Il y a encore quelques heures, Roxana ouvrait son coeur et elle embrassait Arès.. Et là, elle le voit en bonne compagnie, comme si tout ce qu’elle avait dit n’avait aucun sens.

    Une colère immense s’empare d’elle mais pour le moment personne ne semble la calculer, pas même les filles qui s’amusent avec Arès. Le regard de la brune s’assombrit et elle n’a qu’une envie, tuer Arès et ses putains. Quand il la capte enfin, elle est prête à attaquer mais quelqu’un entoure sa taille et la retient contre lui. Sirius. Il la recule et murmure quelques mots à son oreille. Il pense peut-être qu’il va réussir à tempérer la jeune femme mais elle continue de fixer Arès avec une haine intense.

    “ – Tu es aussi pitoyable que tous les autres. En réalité, tu n’es rien. Pas même un chef. Dès que l’on touche un peu à ta virilité, tu faiblis et hurle en croyant que cela va te rendre plus grand. Et quoi de mieux que d’aller vers des putains pour te rappeler que tu as encore des testicules ? Quoi que j’en doute vraiment. Un vrai homme n’a pas besoin de prouver quoi que ce soit.”

    Sirius continue de la serrer contre lui, alors qu’elle pourrait facilement le mettre au sol mais Roxana est concentrée sur Arès et elle se fiche qu’il y ait du monde autour d’eux.

    “ – Je ne suis pas ton arme secrète ni rien du tout. Je ne suivrais plus aucun homme. Je n’ai pas besoin de toi ni de qui que ce soit. Il est hors de question que j’offre un trône à un minable comme toi. Tu ne mérites rien d’autre que la honte et la pauvreté.”

    Elle repousse enfin Sirius et étrangement elle ne fait pas de bain de sang. Quelques hommes se rapprochent en se mettant à genoux et en lui demandant d’être clémente, de ne pas partir mais elle lâche un rire presque diabolique.

    “ – Je ne suis pas votre déesse. Je ne suis pas votre chose. J’ai été créé pour punir les hommes et je compte bien prendre mon rôle à coeur.”

    Dit-elle en continuant de fixer Arès. Elle se sent humiliée et il n’y a rien de pire comme sentiment. Elle avait ressenti la même émotion quand Septimus a tenté de la violer. Pourtant cette fois-ci elle ne tue pas. Malgré sa haine, il y a encore quelque chose chez elle qui la pousse à ne pas attaquer Arès.

    “ – Ramenez moi sur terre. Tout de suite.
    _ Roxana on..
    _ Je ne veux plus rien à voir avec vous tous. Soit vous me ramenez sur terre, soit je vous tue tous. Tu préfères quelle option Sirius ?”

    Elle pourrait s’enfuir car elle sait nager et elle a les capacités d’avancer sans se fatiguer mais elle tient à ce qu’Arès la voit s’en aller de plein gré. Roxana sort de la pièce en laissant un froid glaçant et elle part sur le pont où Sirius ordonne à ce que le bateau fasse un détour vers la côte. La brune va vers l’avant du bateau mais sa posture et son regard ne laisse pas de doute sur la colère qui émane d’elle. Elle est déterminée à faire chemin seule et à ne plus faire confiance à personne.

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    Arès se rapproche et il ose attraper Roxana par les épaules. La brune encore sous tension, s’empresse de le repousser mais il parle. Il parle pour encore la sermonner et lui dire qu’elle est une idiote qui agit sans réfléchir, du moins elle l’interprète ainsi. Le jeune homme ne semble pas comprendre qu’elle a besoin d’être autre chose qu’un trophée ou une chose vulnérable à protéger. Elle a aussi besoin de donner d’elle-même, de combattre, de laisser toute sa frustration se libérer. Lorsqu’il lui demande de le prévenir et de ne pas zapper son autorité, elle fronce à nouveau le regard et elle a presque une grimace de mépris.

    “ – Je n’ai pas foncé tête baissée. Je savais ce que je faisais mais tu m’en veux parce que je t’ai volé ton heure de gloire. Cela te dégoûte que j’ai pu aller m’occuper des ennemis sans ton aide. Tu dis que j’ai agi sans penser à tes hommes mais si, j’ai pensé à eux puisqu’aucun d’entre eux n’a été blessé. Ils n’ont même pas eu besoin de lever l’épée. Non, tu as juste trop d’égo pour me remercier. Ce n’est pas l’honneur de ce groupe que j’ai cisaillé mais le tien.Tu crois que je ne suis qu’un trésor qu’il faut protéger mais je ne le suis pas Arès. Je n’ai pas besoin que l’on me défend et tu le sais très bien.”

    Elle se recule car elle sent son corps trembler de colère et elle veut éviter des gestes qu’elle pourrait regretter.

    “ – Et pour te venger de moi, tu n’hésites pas à aller te frotter dans les bras de catins alors que je t’avais presque confié mon coeur. Alors c’est ça que je dois suivre ? Une sorte de chef qui se croit au-dessus de tout et qui n’hésite pas à rabaisser les autres ? Je n’ai plus confiance en toi. Je ne suivrais plus aucune de tes paroles. Je vais rester pour les autres mais pas pour toi. Et tu sais quoi ? Je n’écouterais que les demandes de Sirius. Toi.. Je ne veux plus te voir sur mon chemin.”

    Ses paroles sont sévères mais au moins elle ne va pas quitter la troupe. La brune lance un dernier regard sombre envers Arès et elle s’éloigne de lui, puisqu’elle ne veut plus lui parler. Elle évite de retourner vers le bas du bateau car elle sait très bien qu’elle pourrait s’en prendre aux femmes encore présentes. Elle demande seulement à Léon d’aller lui chercher sa cape afin de pouvoir se protéger en avance du soleil qui ne va plus tarder à se lever.

    Dans un sens, son propre égo aussi a été touché. Elle a été aveuglé par un sentiment innocent et encore inconnu qu’est celui de l’attachement, du premier flirt. Elle n’a pas assez pris ses distances et elle a reçu sa première grande déception. Il y a encore une part naïve chez elle qui a été balayé ce soir et c’est peut-être mieux ainsi, même si elle reste dans son coin et qu’elle ne parle plus à personne pendant plusieurs jours sur la mer. Il y a même un autre bateau qui tente de les attaquer durant la troisième soirée mais Roxana ne bouge pas d’un cheveux. Elle ne regarde même pas ce qu’il se passe ni même qui a été tué chez les hommes d’Arès.

    Ce n’est que lors de la quatrième journée qu’elle bouge enfin puisque le bateau s’approche de la rive. Elle a besoin de marcher, de changer d’air, de chasser. Sirius se rapproche, certainement envoyé par Arès, pour savoir si elle compte s’enfuir.

    “ – Je vais aller me balader. Arès veut-il qu’un petit guerrier me suivre pour me protéger ? Dis lui que je vais revenir et que je n’ai pas besoin qu’on me suive.”

    Elle est glaçante, tranchante, cinglante mais horriblement ou diaboliquement belle quand elle a son air de garce. Elle fait exprès de passer à côté d’Arès quand elle part vers la passerelle qui mène à la terre ferme. Cachée sous sa cape noire, elle s’éloigne et s’enfonce dans la petite ville pour aller chercher une âme à damner le temps que les hommes d’Arès pillent l’endroit.

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    Pendant que les hommes ont pillé et saccagé la ville, Roxana a été beaucoup plus loin pour trouver une proie et surtout s’éloigner du bateau afin de penser à autre chose mais ça n’a pas vraiment fonctionné puisqu’elle a entendu les cris des habitants et elle a vu les maisons prendre feu au loin. Elle trouve même cela ironique car Arès lui a dit qu’elle avait été anarchique sur le bateau ennemi et lui fait de même sur ce village de côte.

    Elle ne revient qu’après tout le monde. C’est même elle la dernière à monter sur le bateau et elle se fait stopper par Léon qui lui tend une petite boîte en bois. Le jeune garçon parle du dîner imposé par Arès mais aussi de sa trouvaille dans la maison du magistrat.

    « – Le chef exige votre présence pour un dîner et il vous donne ça. Il y a une lettre qui évoque vos parents.
    _ Un dîner ? Il compte me servir un humain frais ? »

    Dit-elle avec une pointe d’ironie alors que Léon semble perdu. Elle ouvre la boîte pour prendre cette fameuse lettre et en effet, c’est une lettre officiel qui demande à faire tuer les parents de Roxana mais aussi Roxana. Elle a été émise par le futur empereur et elle doit certainement avoir été envoyé à tous les aristocrates qu’il connaît.

    « – Je verrais bien si j’y vais ou non. Arès n’a rien à exiger de ma part. »

    Pauvre Léon, il se retrouve à jouer le messager entre les deux jeunes gens aux caractères bien trempés. Roxana retourne vers sa pièce pour ranger la lettre mais elle retrouve aussi sur son lit, le collier qu’Arès lui avait donné et qu’elle avait jeté sur le pont. Elle ne le remet pas mais elle le range aussi. En attendant ce fameux dîner, elle se permet de faire une toilette et elle troque sa tenue noir pour une robe qui lui a été rapporté par les hommes. ( https://pin.it/4kedHtrZ4 ). Cette robe paraît presque provocatrice sur le corps de Roxana car elle a des courbes divines et elle ne s’est encore jamais dévoilé ainsi.

    Elle arrive dans la pièce du fameux dîner avec dix minutes de retard. Bien évidemment elle l’a fait exprès. Il n’y a personne dans l’immense pièce à part Arès et Léon qui semble être le serviteur de la soirée. Roxana s’avance mais elle ne s’installe pas à table. Elle remarque le sang séché dans la chevelure d’Arés et une entaille qu’il a sur l’avant bras. Il a son air renfrogné mais il faut avouer que cela le rend encore plus désirable.

    « – Pourquoi souhaites tu que je te regarde manger ? »

    C’est ainsi qu’elle voit le déroulement du dîner. Léon ose quand même lui apporter un verre de vin qu’il pose à la place face a celle d’Arès.

    « – Pour me raconter ton exploit sur terre ? Ce magnifique pillage ou tu as demandé de tuer tout le monde et de brûler toutes les maisons afin que l’on pense que tu es un horrible homme ? Tiens.. j’ai comme un sentiment de déjà-vu.. »

    Elle a une langue de vipère et un regard de tigresse prête à attaquer. Pourtant elle finit par s’asseoir face à Arès et elle attrape ce verre de vin qui n’a pourtant aucune saveur pour elle.

    « – Tu pourrais aussi faire tomber mon honneur après tout. Tu es sois disant un homme de la déesse de la lune et tu te comportes comme ce que tu lui reproches.. N’est-ce pas mesquin ? Mais c’est vrai, toi tu es un homme.. tu as tous les droits.. »

    Elle boit une gorgée de vin et elle brise le verre entre ses mains. Il n’y a aucune blessure, seulement du verre brisé et une comparaison à ce qu’elle a ressenti il y a quelques nuits.

    « – Tu m’as plus que offensé et j’ai longuement hésité à tous vous abandonner mais je ne l’ai pas fait. Les hommes présents sur ce bateau ont marqué leurs peaux pour moi. Ils t’obéissent mais ils se montrent bons envers moi. Toi.. toi tu m’as libéré d’un temple. Je te dois bien un peu de compassion. »

    Elle ne revient pas sur le baiser ni le rapprochement intense qu’il y a eu entre eux. Comme si le fait de ne rien dire, effaçait ce qu’il y a eu. Ce n’est qu’une mascarade car elle n’a de cesse d’y penser mais elle a trop de fierté pour le remettre sur le tapis.

    « – Ou on en est pour l’attaque ? Et les hommes ? C’est de ça dont tu veux me parler, non ? »

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    M.

    Lorsque Léon quitte la pièce, le duo se retrouve seul et la tension monte d’un cran. Arès ressemble à un fauve qui guette sa proie et son regard est bien plus dilaté que d’ordinaire. Il se rapproche de Roxana et il répond aux tacles de la demoiselle, non pas en la taclant aussi mais plutôt en lui faisant comprendre que c’est elle qui a les cartes en main. Il gonfle l’égo de la jeune femme mais elle ne sait pas si il fait cela pour l’attendrire ou par vérité.

    C’est lorsqu’il se rapproche que Roxana se tend légèrement car tout comme lui, elle est attirée mais elle tente de ne pas le montrer contrairement à Arès qui essaye de se contenir mais qui finit par craquer en laissant le bout de ses doigts toucher la peau gelée de la brune. Elle frissonne, d’autant plus que son visage est à quelques centimètres de celui d’Arès et qu’il s’approche encore.

    « – Tu veux me donner le monde mais tu oublis que ce n’est pas ce que je veux.. Si je veux venger ma famille, c’est parce qu’ils ont été tué mais aussi parce que je suis devenu cette créature à cause de l’insolence des hommes. J’étais considéré comme une chose à obtenir et à posséder, pas comme celle que j’étais vraiment. Et toi tu n’es pas loin de recommencer ce schéma en pensant que je ne suis qu’une sorte de déesse à protéger.. »

    Leurs visages sont toujours proches et si l’un d’entre eux bougent encore, leurs lèvres finiront par se retrouver. Pourtant Roxana réussit à changer les positions en une fraction de seconde. Arès se retrouve assis sur la chaise et la brune se retrouve assise à cheval sur les cuisses du garçon. Elle reprend le dessus en quelque sorte mais elle se fait bien plus dangereuse puisqu’elle se met à poser ses mains sur lui.

    “ – Je ne veux pas être en arrière plan.. Je veux que tu comprennes que moi aussi je veux laisser ma marque..”

    Elle termine sa phrase en venant glisser le bout de sa langue sur les lèvres d’Arès. Roxana sent que le corps du garçon se réveille bien plus qu’il ne le laisse paraître. Son membre durcit contre Roxana et elle se met à bouger lentement son entre cuisse contre cette bosse qui ne demande qu’à être libéré.

    “ – Je veux aussi pouvoir être sur le terrain.. Punir ceux qui ont osé comploter contre ma famille, contre moi..”

    Roxana lâche un soupire car l’excitation est aussi forte pour elle que pour Arès. Les mains du jeune homme sont crispées sur les hanches de la brune mais elle en attrape une pour la glisser dans son décolleté. La main d’Arès entoure son sein tandis qu’elle continue encore les déhanchements salaces contre le bassin d’Arès.

    “ – Demain.. Tu m’emmèneras avec toi dans la cité. On la fera tomber à deux.. Je veux que tu me fasses confiance.. Que tu sois mon allié et pas mon geôlier..”

    Elle l’embrasse. Ce baiser est enflammé, remplis d’un désir que leurs corps ne demandent qu’à exprimer mais Roxana arrête tout soudainement. Elle se relève des cuisses d’Arès et elle se met à sourire en coin quand elle remarque visuellement la bosse imposante du jeune homme.

    “ – Et si on réussit à être une équipe.. Je t’attendrais dans le temple de cette cité. Et je te montrerais à quel point on peut s’entendre..”

    Roxana n’a pas besoin d’expliquer ce à quoi elle pense. Elle le désire aussi mais elle ne lui donnera pas de satisfaction dans en avoir eu une aussi. Elle retourne vers la porte de la pièce en laissant Arès dans cet état de transe mais ce n’est que pour mieux le motiver.

    “ – Bonne soirée Arès..”

    Elle sourit en coin et elle s’éclipse pour retourner vers sa chambre. Elle espère que son petit show a éveillé des désirs plus forts en Arès mais surtout qu’il va enfin la laisser être aussi sur le terrain.

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    Difficile de ne pas penser à ce qu’il s’est passé la veille mais ce matin, Roxana doit se ressaisir puisqu’elle a fait une demande à Arès, celle de l’accompagner pour le pillage. Elle attend qu’il l’appelle mais c’est Léon qui vient à sa rencontre en premier. Il lui donne un présent venant du capitaine et Roxana est presque charmée par cette légère armure qu’Arès a fait faire pour elle. C’est du sur mesure puisque c’est à sa taille et il y a des détails qui n’appartiennent qu’à elle ou à lui.

    Elle enfile ce présent ainsi que sa cap et ses gants pour se protéger du soleil. Roxana remonte sur le pont lorsqu’elle est prête et il faut croire que sa tenue fait son effet puisque tous les regards se posent sur elle. Pourtant il n’y a qu’un regard qu’elle convoite et il finit par apparaître. Arès est à la barre et il observe la demoiselle qui s’avance vers lui. Pourtant elle se fait stopper dans son chemin.

    « – Que fais tu ici ? Tu ne peux pas venir avec nous. Cette cité est bien plus dangereuse que celles que nous avons déjà fait.
    _ Arès a accepté ma venue donc tu n’as rien à me dire Sirius.
    _ Je croyais que tu ne voulais plus lui obéir et que c’était moi que tu allais écouter ?
    _ Il faut croire que j’ai changé d’avis. »

    Sirius peste un instant et Roxana le contourne pour enfin arriver auprès d’Arès. Elle a remis le collier qu’il lui avait donné mais elle ouvre légèrement sa cap pour qu’il voit cette armure qu’il a imaginé pour elle.

    « – Même si je pense que j’aurais pu m’en passer, je dois avouer que tu as bon goût. Merci Arès. »

    C’est modeste et formel mais ils n’ont pas besoin de grands discours pour se comprendre. Les regards en disent bien plus et la tension de la veille, reste encore ancrée dans leurs esprits. Elle le dévore du regard et elle pourrait l’embrasser dans la foulée mais elle n’en fait rien puisqu’ils ne sont pas seuls.

    Le bateau se rapproche de la cité et les hommes se préparent. Ils prennent des armes et se lancent des phrases pour se motiver. Roxana a décidé qu’elle suivrait Arès pour ce premier pillage, afin qu’il lui montre comment il s’y prend et ce qu’il convoite lorsqu’il détruit tout sur son passage. Pourtant tout ne va pas se passer comme d’habitude puisqu’ils sont à deux et le jeu entre eux va ne faire qu’être de plus en plus ambiguë. Même dans la mort et le sang, ils se désirent.

    Les pieds se posent au sol et les festivités commencent. Les hommes partent attaquer et Roxana observe silencieusement ce qu’il se passe. Il y a des gardes qui tentent de repousser les pillards, des femmes et des enfants qui hurlent. Elle ne ressent pas de compassion, comme si elle devait se conditionner pour ne pas flancher. Arès attaque aussi et elle ne l’aide pas car elle sait qu’il pourrait encore avoir un regain de machisme. Elle le suit dans les ruelles et parfois elle se met à pleurer attaquer aussi mais elle est beaucoup plus dans l’observation que la pratique. Il vole dans les maisons, tues des hommes, il égorge même un vieil homme. Arès montre une face diabolique. Il n’a pas de pitié, il agit comme s’il était le chaos. C’est assez fascinant pour Roxana puisqu’elle a l’impression de se voir.

    Il est méthodique et surtout diablement sexy. Il a son fameux regard sombre et ses muscles qui sont saillants lorsque son épée s’abat sur un ennemi. Les taches de sang sur sa peau et ses vêtements ne font que le rendre encore plus attrayant. Mais le duo se retrouve dans la villa principale de la ville et Roxana perd de son sourire charmeur lorsqu’elle voit le maître de maison. C’est un aristocrate et surtout un proche de Septimus puisqu’elle l’avait vu le soir des fameuses fiançailles. Le quinquagénaire a attrapé un poignard et il se recule quand le duo se rapproche mais il a reconnu Roxana.

    « – La régicide !! Tu es vivante ! Orion va te faire brûler comme ton père pour ce que tu as fait à Septimus !! »

    Une rancœur monte en elle. Ses yeux se noircissent et Arès la laisse s’occuper de cet homme. Elle ne boit pas son sang car elle se refuse à s’abreuver du sang de ceux qui ont détruit sa famille mais elle fait une chose bien pire pour que la terreur s’installe chez les aristocrates. Elle éventre cet homme et elle le met en évidence sur le devant de sa villa pour qu’il soit vu par tous. Quand elle en a fini, elle ressent encore une colère car elle sait qu’ils sont encore des dizaines à avoir certainement acclamé la mort de son père. Arès a terminé de piller la villa et quand il l’a retrouve près du corps, Roxana lui fait tomber son sac remplis d’or et elle vient contre lui pour l’embrasser. C’est sa nouvelle manière de stopper sa mélancolie, sa haine. Arès est ce qui la contient.

    « – J’ai envie de toi.. Fais moi tienne maintenant.. »

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    Tu es mon chaos.. Ces mots ont tous leurs sens dans cet environnement où le feu consume les bâtiments, les cris des habitants résonnent et le sang coule à flot. Pourtant les deux jeunes gens sont là, contre le mur d’une villa luxueuse et ils se laissent aller dans la passion. Arès a glissé sa main entre les cuisses de Roxana et il lui offre des caresses qui la font vaciller. Elle n’a pas encore goûté à cette chose qu’est la sexualité et pourtant en cet instant, elle se donne au beau blond. Est-ce qu’elle a rêvé de sa première fois idéale ? Non car le sujet est tabou chez les femmes puisque la plupart doivent la subir avec des hommes qu’elles n’aiment pas. Alors en quelque sorte, Roxana est chanceuse car elle se donne à quelqu’un qu’elle désire ardemment.

    « – Tu.. me rends dingue.. de.. toutes les manières possibles.. »

    C’est ce qu’elle murmure contre ses lèvres. Les mains de la jeune femme sont enfouis dans les cheveux d’Arès, avec sa position, Roxana n’a pas beaucoup de marge de manœuvre mais Arès sait comment rendre ce moment intense, unique. Cependant avant qu’il n’aille plus loin, Roxana jette un rapide coup d’œil autour d’eux et elle lui demande de les faire rentrer dans la villa car elle ne tient pas à ce qu’on puisse les observer.

    Il la relâche et elle attrape sa main pour le mener dans la bâtisse vidée de ses habitants. Ils ne connaissent pas l’endroit alors elle ne cherche pas longtemps puisqu’elle s’arrête dans ce qui est le salon. Ils se trouvent l’un face à l’autre avec les souffles rapides, les yeux noircies de désirs, les peaux frissonnantes d’envies. Roxana est assez cachées du soleil pour retirer sa cap mais elle continue en venant retirer le haut d’Arès. C’est la première fois qu’elle le voit torse nu et même entièrement nu puisqu’elle l’aide à tout retirer.

    Elle est fascinée par ce qu’elle voit. Il est aussi beau qu’un dieu grec même s’il a quelques cicatrices qui témoignent de ses anciennes batailles. Il a une peau légèrement dorée, des muscles finement dessinés. Il est divin. Elle pose le bout de ses doigts sur son torse et la descend lentement vers ce membre dressé qu’elle découvre aussi. Pour le coup elle est une ignare, elle ne sait pas comment correctement le toucher mais Arès guide la demoiselle. Elle encercle sa virilité avec sa main pendant qu’il termine de la déshabiller aussi. Il n’y a plus rien pour les cacher ou les freiner.

    Une sorte de divan est installé dans ce salon et c’est sur celui-ci qu’ils reprennent un baiser passionné et des caresses sensuelles. Roxana est sous Arès et le grand moment arrive. Ce moment où ils se lient pour la première fois mais où surtout ils franchissent une étape qui va les rapprocher à jamais. Il est en elle et elle se cambre sous cette sensation nouvelle. Plus rien ne compte à part lui et cet instant suspendu. Roxana sait qu’elle vient d’offrir son corps mais aussi son âme à ce garçon.

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    M.

    C’est euphorique, divin, au-delà de tous les délices connus. Elle découvre la beauté de l’amour, la folie de la sensualité, la ferveur de deux corps qui se veulent. Arès l’embrasse, la caresse, la possède comme jamais on ne l’a possédé. Ce n’est pas qu’un moment pour dire de satisfaire l’attirance de deux jeunes gens bouillonnants d’hormones mais c’est un instant où ils s’abandonnent et se donnent l’un à l’autre. Ils signent une sorte de pacte qui va les lier bien plus qu’ils ne l’auraient dû. Ils jouissent ensemble, finissent au septième ciel à deux et alors que la bataille les entoure, ils ne sont que tous les deux dans une bulle qui les enveloppe. Arès retombe sur elle, Roxana le serre dans ses bras et elle a l’impression de ne plus être sur terre.

    “ – Si les dieux existent encore… qu’ils me maudissent, car je viens de trouver mon enfer.
    _ Alors je suis ton enfer, laisse moi te dire que tu es mon paradis..”

    Elle étire un léger sourire car dans toute l’ombre qui l’entoure, son seul point de lumière est Arès. Il lui permet de ne pas devenir ce monstre que la malédiction aimerait qu’elle soit. Il lui offre le luxe de lui rappeler qu’elle a encore une conscience, un coeur, une âme. La jeune femme revient l’embrasser alors que l’odeur du brûlé se fait plus fort et qu’ils sont encore nus sur le sol. Elle aimerait que tout ça ne cesse pas mais ils vont devoir retrouver le bateau, les autres hommes et surtout cacher ce nouveau lien qui les a pris.

    Un peu plus loin, quelqu’un a quand même vu les deux jeunes gens dans ce moment charnel. Sirius les a vu faire l’amour et il ne semble pas apprécier cela. Il y a une jalousie grondante en lui. Et aussi étonnant que cela est, il ne jalouse pas Arès qui vénère une créature de la nuit mais au contraire, il déteste Roxana qui pour lui, a corrompu l’âme de son ami. Ou plutôt de l’amant qu’il aurait aimé obtenir.

    Les jeunes amants finissent par se relever, se rhabiller et ils récupèrent les trésors qu’Arès avait dérobés. Avant de retourner vers le bateau, Roxie doit se nourrir et elle réussit à trouver un habitant qui tentait de fuir. Il n’y a plus grand nombre de personne encore en vie et une chose vient percuter la jeune femme, ce sont les corps d’une mère et de ses deux enfants. Elle sait que les pillages font des ravages mais elle ne supporte pas cette vue.

    “ – J’aimerais que les hommes ne tuent pas les femmes et les enfants.. seulement les hommes qui se mettront sur leurs chemins. Je sais que la pitié ne devrait pas être valorisé mais on ne peut pas fonder un empire avec seulement des corps morts..”

    Dit-elle à Arès alors qu’ils se rapprochent du bateau. Ils sont proches l’un de l’autre, avec une grande envie de se toucher, de se prendre la main mais ils gardent une fausse distance. Une distance qui permet à Sirius de s’avancer et de venir baisser la capuche de Roxana. Le soleil est encore à son Zénith et la demoiselle se met à hurler de douleur en tombant au sol. Sa peau brûle et elle a le réflexe de s’enfuir se cacher dans une maison non loin d’elle. Sirius a le regard grave et bien qu’Arès s’apprête à l’attaquer, il s’impose face à lui.

    “ – Cette créature va nous faire tomber ! Elle ne nous apporte rien ! Elle a tué l’un des notre ! J’ai retrouvé le corps de Valérios dans la cale et totalement vidé de son sang ! Elle va tous nous tuer et toi tu la laisses faire ! Tu es aveuglé parce qu’elle est belle et forte mais elle t’amène à ta perdition ! ”

    Et c’est un pure mensonge mais c’est la parole de Sirius contre celle de Roxana. Valérios est mort mais c’est Sirius qui a organisé cela pendant le pillage, afin que Roxana se fasse détester de tout le monde. Il veut qu’elle soit tuée ou au moins éloignée d’Arès. Pour le moment il s’y est bien pris puisque son geste a brûlé le visage de la jeune femme et ça semble ne pas guérir comme d’habitude. Du moins, ça ne pourra guérir que si elle boit beaucoup de sang mais en cet instant, elle ressemble au monstre que Sirius veut dépeindre. Elle est dans un coin de la petite maison, recroquevillée et elle cache son visage douloureux entre ses mains. Il y a encore quelques minutes, elle vivait le grand bonheur et là, elle subit la honte, la colère, la douleur.

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    M.

    Roxana est de nouveau dans le bateau, dans sa petite chambre mais Léon a fait venir une femme d’une quarantaine d’années pour essayer de nettoyer la brune. Roxana ne se laisse pas faire, elle repousse l’autre dame et elle se recroqueville à nouveau dans le coin de la pièce en cachant encore son visage qui est déformé par les brûlures. Elle est défigurée, elle le sait et elle ne veut pas qu’on la regarde. Léon lui propose de ramener du sang mais là aussi elle refuse. Elle est encore bien trop choquée par ce qu’il vient de se passer.

    Arès revient après un certain temps mais là encore elle tente de se cacher, surtout auprès de lui car elle est horrifiée de lui montrer ce visage pour lequel elle ne sait pas encore s’il va guérir ou non. La dame et Léon sortent pour laisser les deux jeunes gens tranquilles.

    “ – Merci.. merci d’avoir pris ma défense.. Je n’ai pas tué Valérios.. Jamais je ne toucherais à nos hommes, je t’en ai fait la promesse.. Mais là.. tu dois t’éloigner de moi.. Je ne veux pas que tu me vois.. Je suis horrible.. Je suis un monstre..”

    Elle pleure silencieusement car il n’y a pas pire que de toucher au visage de quelqu’un, de le défigurer. C’est lui retirer ce qu’il est, ce qu’il montre et Roxana ne veut pas qu’Arès voit l’horreur qu’elle est devenue. Pourtant il vient, il se met contre elle même si elle est de dos et ils restent ainsi un moment, le temps qu’elle cesse de pleurer.

    C’est lors d’un repas que les choses s’apaisent puisqu’elle sent que le sang guérit ses blessures. C’est lent mais elle ne restera pas défigurer. Cependant, elle décide de ne pas quitter sa chambre le temps qu’elle n’aura pas totalement guérie.

    Il faut une semaine pour qu’elle ose revenir sur le pont. Son visage a retrouvé sa beauté mais le sourire n’est pas encore revenu. Elle est saluée par tout le monde et les hommes lui demandent comment elle se sent, mais Roxana est méfiante malgré elle. Elle a trouvé une bonne compagnie avec Agathe, la femme que Léon lui a amené et elles ne se quittent que lorsque Roxana est avec Arès. Pour Sirius, elle n’a pas encore décidé d’aller le voir car elle sait qu’elle n’aura pas de pitié envers lui contrairement à Arès.

    Il y a eu des nouveaux pillages et le bateau est presque arrivé en Italie mais il a été rejoint par un second bateau d’hommes prêts à se battre pour Arès et Roxana. Tout semble aller si ce n’est la brune. Du moins, elle retrouve un léger sourire lorsque lors d’une soirée, Arès reste avec elle sur le pont et qu’il lui raconte des histoires sur les étoiles. En mer, on les voit presque toutes et le spectacle est magnifique. Cela lui rappelle son enfance, lorsque son père aussi lui parlait des étoiles.

    “ – Tu crois que l’on devient des étoiles lorsque l’on meurt ? J’aimerais un jour en devenir une.. être une étoile avec toi. Dis.. Est-ce que tu resteras encore auprès de moi quand toi tu vieilliras et que moi non ? Cet incident m’a montré que je pouvais mourir mais il m’a aussi rappelé que j’étais et je serais toujours coincée dans ce corps, cet âge.. Il ne bougera pas.. Jamais.. même pour enfanter.. Jamais je ne pourrais prétendre être tienne parce que je ne pourrais jamais te donner d’héritiers.. Mais.. même si tu en épouses une autre.. je.. je ne veux pas que tu me laisses..”

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    M.

    Roxana n’aime pas savoir qu’il va s’éloigner d’elle mais elle sait aussi qu’ils n’ont pas le choix. Elle doit prendre sur elle pour ne pas le supplier de rester et surtout garder la tête haute devant les hommes qui vont rester avec elle à quai. Arès doit partir vers les terres alors qu’elle va devoir rester sur la mer mais elle s’imagine déjà des milliers de scénarios où il sera en difficulté et où elle ne pourra pas l’aider. La jeune femme devrait penser à elle, à sa vengence mais Arès est devenu bien plus précieux que le reste. Il est cette lumière qu’elle ne veut pas voir s’éteindre.

    “ – Tu reviendras.. Et si les dieux te font tomber, je n’hésiterais pas à les punir pour m’avoir enlevé mon seul monde..”

    Dit-elle alors qu’il est sur son cheval, prêt à s’éloigner. Roxana semble forte, sérieuse mais à l’intérieur c’est déjà la bataille. Pourtant elle ne doit rien montrer aux autres.

    Avant qu’Arès ne parte, elle glisse dans sa main un présent. Durant le fameux jour où ils se sont donnés l’un à l’autre, elle a trouvé un bijou qui lui a fait penser à sa relation avec Arès. Une chevalière dont un lion est gravé dessus. Ils sont deux fauves impitoyables et pourtant qui se sont domptés.

    Le jeune homme finit par partir et elle se retrouve à l’observer s’éloigner. Agathe est à quelques pas mais elle se rapproche pour discuter avec la jeune femme qu’elle semble considérer comme sa propre fille. Agathe a eu une fille de l’âge de Roxana mais elle a été volé par des barbares venant du nord.

    “ – Il n’y a qu’un aveugle qui ne saurait dire ce qu’il se passe entre vous deux. Votre relation est puissante..
    _ Je n’aurais jamais cru qu’en devenant cette créature, je puisse tomber sur celui qui animerait mon âme avec autant de force..
    _ Parfois il y a des choses qui ne se comprennent pas mais qui nous arrivent quand même. Il reviendra, j’en suis certaine. Arès semble être un grand guerrier et surtout il tient à vous Roxana.
    _ Je l’espère de tout mon coeur.. Car sans lui, je.. je ne sais pas si je réussirais à vouloir encore vivre.”

    Il est loin. Roxana ne peut qu’attendre et espérer. Enfin, elle a aussi promis de rester sur le bateau et de gérer les hommes présents. Il n’y a pas de pillages en vue mais ils sont près d’une cité et ils profitent de cela pour tenter de trouver aussi des nouvelles recrues et faire du commerce en vendant des trésors qu’ils ont récupéré sur les anciens raids.

    Ils auraient pu attaquer cette cité mais il faut savoir aussi ne pas tout mettre en feu et créer des alliances. Roxana a approché le gouverneur de cet endroit pour en faire un nouvel allié. Il a aussi reçu un courrier qui parlait des parents de Roxana mais aussi de la jeune femme, cependant il a aussi entendu parler des nombreux villages qui sont tombés sous les coups d’un jeune chef et de sa déesse. La réflexion n’a pas été longue, il a compris qu’il valait mieux être du côté de Roxana et Arès.

    Roxana décide aussi d’aller enfin voir Sirius. Il est encore dans la cale, emprisonné. Il a un regard haineux envers la brune et il crache à ses pieds lorsqu’elle lui fait face.

    “ – Tu es enfin venu me tuer sale harpie ?
    _ Non, cela serait te donner bien trop de plaisir. Je veux que tu puisses rester en vie et voir à quel point Arès s’en sort mieux avec moi qu’avec toi.
    _ Laisses moi rire.. Tu as envouté son âme, je suis certain qu’il ne t’apprécie pas. Il se sert de toi pour avoir un trône mais quand il l’aura, il t’abandonnera et ce jour là, je serais le plus heureux.
    _ En fait tu es jaloux.. Tu es amoureux d’Arès mais il n’a jamais partagé le même intérêt pour toi. Il préfère de loin les femmes.. Le soir où il y avait les prostituées, il n’y a pas que moi qui s’est mise en colère. Moi j’ai été face à Arès pour lui montrer à quel point je lui en voulais mais toi tu as fais les choses dans son dos.. Tu as été frapper ces femmes.
    _ Vous n’êtes toutes que des petites putains de toute manière. Vous ne servez à rien sauf à enfanter.”

    La brune sourit car elle a trouvé la faille de sirius et elle sait qu’elle pourra en jouer lorsqu’elle aura envie de lui faire mal. En attendant elle le laisse croupir dans la cale puisqu’elle préfère le voir souffrir comme elle a souffert il y a encore quelques jours.

    Trois jours sont passés. Roxana est sur le pont, cachée sous sa cap mais elle observe l’horizon. Elle attend le retour d’Arès. Les hommes préparent déjà le prochain voyage du bateau et il n’y a qu’Agathe qui reste auprès de la brune pour veiller sur elle.

    “ – Tu n’as pas bu depuis son départ..
    _ Je le sais.
    _ Et je trouves que c’est une bonne chose non ? Cela veut dire que tu peux contrôler ta soif. Tu as aussi montré une grande intelligence en négociant avec la cité, sans y faire un bain de sang.
    _ J’ai promis à Arès de ne pas perdre l’esprit.. de protéger nos hommes.
    _ Tu l’as fait Roxana. Cela prouve que tu n’es pas le monstre que tu penses être. Tu n’es peut-être pas là pour punir les hommes mais pour les guider..”

    Roxana secoue la tête et lâche un léger rire. Elle ne veut rien guider. Elle veut simplement qu’Arès lui revienne mais il est un peu trop long à son goût.

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    M.

    Elle n’en croit pas ses yeux. Arès est de retour mais il a surtout une immense armée derrière lui. Tout le monde sort du bateau pour venir voir de plus près ce spectacle mais Roxana veut surtout voir Arès et être certaine qu’il va bien. Le jeune guerrier aussi est pressé, si bien qu’ils seraient presque à se jeter au cou de l’un et de l’autre mais ils savent se retenir. Arès embrasse quand même les mains de Roxana et il lui présente cette armée qui dit être celle de la jeune femme. Elle reste un instant figée par cette annonce qui semble peu probable et qui pourtant est vraie puisqu’Arès lui confirme à nouveau.

    « – Tu as ramené tous ses hommes pour moi.. »

    Elle regarde à nouveau vers les troupes. C’est insensé, immense, intense. Elle ne sait pas quoi dire ou faire car elle ne se voit pas à la tête de quoi que ce soit mais Arès saura certainement la guider. En attendant, elle ne se gêne pas pour venir passer ses bras autour du cou d’Arès et elle ne serre contre elle même si tout le monde peut les voir. Elle a eu peur pendant trois jours mais il est là, il n’a pas été blessé et il semble aller bien. La belle ne se recule que lorsqu’elle sent que tout est bon et son sourire s’accroît bien que face à elle, il y a un Arès qui mériterait un grand bain tant il est couvert de sable.

    « – Tu m’as manqué Arès.. »

    Elle le dit, elle pourrait même l’acclamer mais ils ne peuvent discuter davantage car le fameux Emir al-Djan se rapproche car il souhaite rencontrer et discuter avec cette déesse dont Arès lui a parlé. Il est immense à côté des deux amants et il porte les vêtements des hommes du désert. Roxana accepte d’aller parler avec lui bien qu’elle souhaite qu’Arès reste à ses côtés durant cet entretien.

    Le trio va dans la grande pièce du bateau, afin de se poser à table et partager un verre de vin. Emir évoque ce que lui a dit et promis Arès. Il se montre transparent sur tout pour montrer qu’il n’a rien à cacher et qu’il est prêt à servir Roxana, cependant il veut en savoir plus sur cette déesse ou créature que lui a vanté Arès. Il n’a jamais vu cela avant et bien qu’il fait confiance au jeune guerrier, il veut voir par lui-même si c’est une réalité ou simplement le mythe d’un jeune guerrier amoureux et prêt à tout pour protéger sa dulcinée.

    « – En quoi êtes vous une déesse ? Je veux comprendre ce que vous êtes pour pouvoir mieux vous servir ou mieux me méfier de vous.
    _ Vous avez déjà peur de moi ? »

    Roxana étire un fin sourire et elle lance un regard vers ce chef de garde mais aussi vers Arès.

    « – Je ne suis plus humaine. Je subis une malédiction du peuple Sarmate et cela m’a changé en une créature de la nuit qui ne peut survivre que par le sang. Je ne vieillis plus, je guéris lorsque j’ai des blessures normalement mortelle et j’ai une force bien plus immense que toute votre armée.
    _ Alors pourquoi avoir besoin de nous ?
    _ Parce que je ne veux pas devenir un monstre qui détruit tout sur son passage.. Et en ayant une armée, Arès et moi nous aurons bien plus de poids pour faire tomber Byzance et offrir un royaume plus sain au peuple anatolien.
    _ Vous souhaitez devenir reine ?
    _ Non, mais je veux qu’Arès devienne le gardien du royaume.”

    Emir détourne son regard vers Arès car il ne comprend pas pourquoi la jeune femme a besoin d’une armée si elle ne veut pas prétendre au trône. Elle préfère le laisser à Arès.

    “ – Je n’ai jamais prétendu vouloir gouverner, juste à venger ma famille de ceux qui l’ont fait tomber. Et puis je me dois de ne pas faire de grandes vagues car je sais que mes capacités vont attirer la convoitise et la jalousie. Un jour ou l’autre, je deviendrais une chose à traquer.. à détruire..”

    Elle n’est pas aveugle et elle a réfléchi à cette finalité qui ne lui échappera pas. Le pouvoir amène souvent la haine, la jalousie, la folie. Arès a montré au début qu’il voulait profiter de la jeune femme mais il a fini par changer d’avis. D’autres ne prendront pas le même chemin, elle le sait.

    “ – Arès deviendra le roi et je resterai à ses côtés. Je serais là pour la pérennité de son royaume. Il sera le plus grand roi que le monde aura connu. Et vous, ainsi que moi, nous serons là pour l’élever à ce rang.”

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    M.

    Arès décline l’offre de Roxana et il ne lui permet pas de répliquer. Il use de ses mains et de sa langue pour que la jeune femme gémisse au lieu de donner des arguments. Nue et debout face à lui, elle se retient en posant ses mains sur le haut de la tête du jeune homme. Roxana est déjà sur un petit nuage, déjà loin des sujets de trône et de guerre.

    « – Arès.. oh… par tous les dieux.. »

    Ses jambes tremblent et pour éviter qu’elle ne finisse par tomber, ils vont sur le couchage d’Arés mais à peine est-elle allongée qu’elle le fait venir au-dessus d’elle pour un baiser presque vital. Depuis son départ, elle ne l’a pas embrassé, touché, possédée. Arès est devenu son souffle, son pilier, son ancre. En ayant ce moment avec lui, elle se retrouve tout autant qu’elle le retrouve. Quand il l’agrippe, qu’il laisse ses mains la caresser, elle se sent entière. Pourtant dans ce moment presque divin, elle entend ce qu’il se passe ailleurs dans le bateau et elle arrête d’embrasser Arès lorsqu’elle entend des hommes malmener Léon. L’adolescent est depuis peu devenu une sorte de souffre douleur car il est trop proche de Roxana au goût des autres. Pourtant il n’y a rien de sentimental entre eux, Roxana se comporte comme une mère ou plutôt une grande sœur avec lui.

    « – Je vais les tuer.. »

    Râle t’elle en se relevant rapidement. Elle remet sa robe comme elle le peut et elle part le pont supérieur avec un air bien trop tempétueux pour qu’elle use de la douceur. L’un des gars tient Léon par les épaules et il s’amuse à lui mettre la tête dans un sceau d’eau. Roxana arrive derrière lui et elle lui donne un coup qui lui brise la jambe.

    « – Laissez le tranquille ! Je ne le redirais pas deux fois ! Le prochain qui s’en prend à Léon, se verra avec des mains en moins !! »

    Elle impose la peur et cela fait sourire ceux qui voient de loin la scène. Arès est auprès des escaliers et l’un des hommes ne manque pas de lui dire ce qu’il vient de se passer.

    « – Une vraie lionne.. ou une louve. Elle dresse les hommes comme si nous étions des enfants indisciplinés qu’il faut remettre sur le bon chemin. »

    Roxana fait demi tour une fois qu’elle est assurée que Léon est tranquille. Elle revient vers les escaliers qui mènent à la cabine et elle attrape la main d’Arès pour l’entraîner avec elle. Ce petit pique de colère lui a donné encore plus de ferveur puisqu’à peine entrer dans la cabine, Arès est plaqué contre l’un des murs et elle revient l’embrasser comme une diablesse. Roxana est aussi beaucoup moins intimidé que lors de la première fois alors Arès se retrouve à être à son tour touché, caressé, puisqu’elle n’hésite pas à glisser sa main sous le pantalon du garçon pour saisir sa virilité et la masturber.

    Les amants reviennent dans le petit lit après avoir à nouveau retiré leurs vêtements et Roxana prend les devants en venant d’elle-même sur le bassin d’Arès. Les mains posées contre le torse du beau blond, elle mène la danse et elle lui offre une vue exceptionnelle sur ses courbes qui frissonnent grâce à ses retrouvailles sensuelles.

    C’est exquis, parfait. Ils se perdent encore l’un dans l’autre et cette fois ci la brune oublie tout le reste. Ils atteignent la jouissance ensemble mais se font taire par un énième baiser afin que personne ne les entend crier.

    Arès a le souffle court, Roxana non mais elle sourit finement contre les lèvres du beau blond qui est bien plus épuisé qu’elle ne l’est.

    « – Je serais ta reine.. seulement si tu me promets des milliers de nuits comme celle-ci.. »

    La coquine se laisse tomber avec Arès dans le lit. Ce soir, elle ne veut pas quitter ses bras. Elle pose sa joue contre le torse d’Arès et elle se met à écouter son cœur qui bat rapidement. C’est une douce mélodie quand on sait que le sien ne bat presque plus. Et puis cela la conforte sur le fait qu’il est bien vivant.

    « – Dans une semaine on prendra la route pour Byzance. On est prêt pour la bataille.. et pour prendre le pouvoir. Prêt pour un autre avenir. Tu penses que c’est faisable ? »

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    M.

    Elle est fascinée par ce garçon qui a déjà tous les plans pour arriver à gagner cette future bataille. Il ne laisse aucun détails de côté et même s’il s’amuse à embrasser le corps de la jeune femme, il décrit ce qu’il a en tête comme s’il était déjà sur le front. Roxana comprend mieux pourquoi il ne veut pas être roi, c’est un guerrier né mais elle ne peut s’empêcher d’avoir de plus en plus peur pour lui car contrairement à elle, il n’est pas immortel. Elle sait au plus profond de son être qu’Arès tombera lors d’une bataille, non pas parce qu’elle doute de lui mais parce tout peut arriver sur un champ de bataille. Cette idée lui brise déjà le cœur mais il la ramène à la réalité lorsqu’il revient en elle. Leurs corps se retrouvent encore puisque la nuit n’est pas terminée.

    Les jeunes gens passent une nuit aussi torride que le désert mais le matin arrive et Arès retourne sur le pont pour reprendre ses commandements. Il met en place ce qu’il a dicté la veille afin de préparer l’attaque et pendant ce temps, Roxana reste spectatrice car elle ne peut rien apporter, si ce n’est sa force.

    Ils sont arrivés dans la mer de Marmara, non loin de Byzance mais ils sont à l’opposé, le temps de terminer à préparer l’attaque. Les bateaux sont sur les quais de la ville de Bandirma et le chef de cette ville a accepté de se rallier à Arès et Roxana. C’est aussi pour cela que les jeunes amants peuvent rester dans le confort de la villa du chef durant quelques nuits. Les deux jeunes gens ne se croisent pas beaucoup depuis quelques jours, même durant la nuit car Arès est auprès des hommes pour les exercer à se battre.

    Roxana a la compagnie d’Agathe lorsqu’elle ne sort pas pour aller se nourrir. Elle doit le faire en discrétion pour ne pas éveiller de soupçons sur elle car même si ses hommes sont au courant, elle ne veut pas que les autres apprennent qu’elle n’est qu’une créature funeste.

    Trois jours avant l’attaque, Arès décide enfin de se reposer un peu mais quand il arrive dans la chambre de Roxana, la brune n’est pas là. Il n’y a qu’Agathe qui attend après sa maîtresse.

    “ – Elle est partie dans une autre ville pour pouvoir se nourrir mais elle est bien plus longue que d’habitude..”

    Agathe s’inquiète un peu car Roxana ne met jamais plus d’une heure à partir mais là cela fait déjà trois heures qu’elle est en extérieur. Et pour cause, la vampire est tombée sur un camp de nomades Sarmates. Ils n’ont pas mis bien longtemps à comprendre ce qu’elle était puisqu’après tout, c’est une créature venant de leur peuple. Ils ne l’ont pas attaqué mais plutôt vénéré comme si elle était la grande promise mais Roxana a surtout compris qu’elle pourrait avoir quelques réponses à ses questions. Il y avait un chaman dans le groupe.

    C’est ce qu’elle raconte à Arès lorsqu’elle revient. Il peste par peur mais elle réussit à le calmer et à lui dire ce qu’elle a appris.

    “ – Il n’y a jamais eu d’autre.. créature comme moi avant alors c’est difficile pour eux de dire totalement ce que je peux et ce que je ne dois pas faire. Pour eux, je suis un être immortel qui est là pour punir ceux qui oppressent et qui sont injustes. Je crains le soleil car je suis lié à la nuit, à la lune.. Le soleil peut me brûler mais pas me tuer. Je croyais que oui mais non, rien ne peut me tuer Arès.. Même pas une dague en plein cœur. Pas même le feu. Rien…”

    Elle dit cela avec un regard grave, presque anéanti. Si rien ne peut la tuer, elle est réellement condamnée à vivre sur terre éternellement.

    “ – Mais le Chaman a dit qu’il y avait peut-être un moyen de trouver d’autres réponses.. Et c’est dans l’Ouest, près de la montagne de l’Ararat. Les anciens groupes de Sarmates vivent là-bas et c’est aussi de là-bas que la malédiction a dû être jeté sur mes parents. Cette montagne est sacrée et liée aux premiers peuples.”

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    Il est évident que la jeune femme fronce les sourcils lorsqu’Arès parle d’aller trouver des êtres comme elle en Europe. Cela veut dire qu’il va être éloigné d’elle mais aussi au fait qu’il pense à quand il ne sera plus présent sur terre et pour Roxana cela est encore bien trop non envisageable. Alors même s’il tente de la faire taire par des baisers, la brune se recule et elle plaque sa main nonchalamment contre le torse d’Arès.

    “ – Je te l’interdis !! Il n’y a pas d’autres personnes comme moi et je t’interdis de parcourir le monde en croyant que tu trouveras car pendant que tu seras parti, cela sera du temps que je perdrais avec toi Arès ! Donc non ! Je ne veux pas et.. et de toute façon je trouverais un moyen de mettre fin à tout ça. Je ne veux pas être éternel ! Je.. Je ne veux pas d’une vie entière sans toi ! Je.. non ! Je ne veux pas te voir vieillir et mourir !!”

    Ses yeux se gorgent de larmes et elle donne encore un coup contre le torse d’Arès qui semble tout autant perturbé que la jeune femme.

    “ – Tu te rends pas compte que c’est toi qui me rends heureuse ? Si je suis face à toi maintenant c’est bien parce que tu es la seule personne qui me donne envie de continuer alors ne me lâche pas Arès ! Sans toi.. je.. je sais pas comment je vais faire..”

    Elle se laisse aller contre lui et elle cache ses larmes contre le torse du grand blond. Roxana sait qu’elle finira par le perdre mais pas maintenant, pas dans les jours, les mois, les années ou les décennies qui arriveront. Cela lui est inconcevable. Elle est totalement éprise de lui. Pourtant même si son cœur parle en premier, sa conscience lui rappelle qu’elle n’a pas le droit d’être égoïste.

    “ – Mais je refuse que.. que tu sois emprisonné à cause de moi. Je suis figée, ma vie sera toujours la même.. Et toi tu vas passer ton temps à me protéger, à vouloir le meilleur pour moi, si bien que tu vas rater ta propre vie. Au lieu de faire tes propres aventures, tu vas tenter de faire les miennes et je ne le veux pas. Je ne veux pas que tu cesses d’avancer pour moi. Tu.. tu mérites de vivre pour toi, pour tes propres gloires.. De vieillir en repensant à ce que tu as gagné, vécu.. sans avoir le poids d’une immortelle sur les épaules.. »

    Elle sait qu’en le gardant auprès d’elle, Arès ne pensera plus à lui. C’est ce qu’il se passe depuis qu’ils se sont rencontrés. Roxana veut qu’il puisse profiter de sa vie, des étapes importantes qu’elle-même ne pourra pas vivre. Il n’a pas le droit de tout arrêter pour elle. Il n’a pas le droit de cesser de vivre pour elle.

    « – Quand la bataille sera finie.. Je prendrais le trône parce que je te l’ai promis mais.. mais toi tu iras vivre ce que tu voulais vivre avant moi.. Tes pillages, tes batailles, tes navigations.. Tu feras tout pour te rendre heureux parce que c’est ce que je veux plus que tout Arès. Je veux que tu sois heureux mais je sais que tu ne le seras jamais si tu me gardes auprès de toi.. »

    Roxana pose ses mains sur les joues d’Arès pour le forcer à la regarder dans les yeux.

    « – Je t’aime Arès. J’en suis pleinement consciente. Tu n’es pas qu’un simple guerrier de passage. Tu es mon âme sœur. Mais cela ne me donne pas le droit de te voler ta vie alors que tu es encore si jeune et que tu as tellement à apprendre.. Moi je ne peux rien apporter.. je.. je suis maudite.. Je vais t’attirer vers le bas au lieu que tu sois vers le haut.. »

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    Roxana ne s’attendait pas à finir sur cette rambarde ni même que ses confidences se concluent avec Arès qui se met à l’embrasser, la caresser, lui faire l’amour. Pourtant elle se laisse totalement faire, elle passe même ses bras autour des épaules du garçon pour rester au plus proche de lui et pour l’accompagner entièrement dans ce moment charnel. Elle lui redonne ses baisers, elle bouge tout autant son bassin que lui mais surtout elle entend les mots du jeune homme. Il ne veut pas partir. Il ne veut pas s’éloigner d’elle. Il est tout autant lié qu’elle ne l’est de lui. Ils sont vitales l’un à l’autre.

    « – Haan.. Arès.. mon.. soleil.. »

    Elle glisse ses doigts dans la longue chevelure blonde du bel homme et alors qu’il mordille son cou, Roxana ne contient pas des cris de plaisir même s’ils peuvent se faire entendre par les gens dans la rue. De toute façon elle se fiche de plus en plus que les autres apprennent son attachement pour Arès puisque c’est ainsi et qu’elle ne saurait pas faire autrement.

    Le couple termine quand même dans la chambre de Roxana. Le confort d’un lit immense vaut bien mieux qu’un balcon. Leurs vêtements finissent au sol et ils reprennent là où ils s’étaient arrêtés. Leurs mains viennent se trouver et leurs doigts se nouent. Leurs bouches se retrouvent pour des baisers passionnés alors que leurs bassins accusent des coups puissants au point d’en faire cogner le lit contre le mur.

    Ils se cambrent, gémissement et finissent par atteindre l’orgasme. La jeune femme est en extase alors que le corps d’Arés s’écrase sur elle. Elle serre le garçon contre elle, avec une force possessive. Elle n’a pas envie qu’il s’éloigne, d’autant plus que demain tout sera différent. Roxana veut profiter de cette dernière nuit avec lui, jusqu’à la dernière seconde.

    Quand Arès finit par s’allonger sur le lit, ventre contre le matelas, Roxana vient poser ses lèvres contre son dos et elle se met à y déposer plusieurs baisers pendant que le bout de son index trace des chemins imaginaires.

    “ – Promets moi que nous nous retrouverons après cette bataille.. Je veux que ce soit toi qui vienne avec moi vers le trône. Je sais que nous sommes déterminés et forts mais j’ai besoin de ta promesse.. Certainement pour moi aussi te promettre que je serai là quand tout sera fini..”

    Mais une autre chose vient en tête de la jeune femme. Une chose qui rend son regard légèrement plus sombre mais presque divin.

    “ – Et.. promets moi aussi que quoi qu’il se passe.. on se retrouvera toujours. Même dans des siècles, je veux pouvoir te retrouver..”

    Cela semble peu probable et irréel mais pour une fois, Roxana veut croire que son immortalité peut l’aider à avoir un léger espoir.

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    M.

    Roxana a une larme qui roule sur sa joue mais pas une de tristesse. Non, elle ressent un espoir, une joie que seul lui peut lui permettre d’avoir. Depuis sa transformation, elle n’a plus le luxe de voir la vie comme elle devrait l’être et elle ne ressent que des émotions souvent bien trop négatives mais il est le seul à lui offrir autre chose que la douleur, le malheur. Leur avenir est déjà voué à la perte, à la mort mais cette promesse sonne comme une prière que Roxana va répéter chaque jour. Elle espère réellement que le destin finira toujours par les réunir, même si c’était elle qui venait à disparaître.

    “ – Je t’aime Arès..”

    Elle le dit directement, sans chercher à trouver des phrases pour contrer ses sentiments. Roxana revient embrasser son guerrier avec l’intensité d’une passion que seules des âmes sœurs peuvent comprendre. Pourtant la douceur ne dure pas longtemps puisque la nuit semble passer à une vitesse folle. L’aurore pointe le bout de son nez et les amants sont déjà loin l’un de l’autre. Roxana a mis l’armure qu’Arès lui a fait faire et elle est auprès de l’armée qu’il lui a ramené. Ils sont sur un bateau différent de celui d’Arès puisqu’il va y avoir plusieurs points d’attaques. Byzance devrait se retrouver entourée par plusieurs troupes et Roxana mène la sienne bien qu’elle ne soit pas une cheffe comme Arès peut l’être. Cependant elle ordonne ce qu’il lui a conseillé avant le départ.

    « – Les hommes avec Arès doivent attaquer en premier. Nous on sera la seconde vague.
    _ Très bien Reine. »

    Roxana voit Byzance se rapprocher et la colère monte de plus en plus. C’est ici qu’elle a tout perdu et c’est aussi ici qu’elle est devenue cette créature mystique.

    Le soir des fiançailles, après avoir tué Septimus, elle a réussi à prendre la fuite grâce à ses parents mais elle n’a pas tout de suite muté en vampire. Cela a pris plusieurs jours et surtout ça a été douloureux, comme si l’intérieur de son corps était en feu. Et puis il y a eu cette faim immense qui la torturait mais qu’elle n’arrivait pas à satisfaire avec de la nourriture normale. Elle a goûté au sang lorsque l’un des gardes l’a retrouvé et qu’elle s’est défendue. C’est à ce moment que tout a réellement changé et qu’elle a perdu son humanité entièrement. Aujourd’hui elle revient vers l’endroit où tout a commencé et où elle compte détruire tous ceux qui ont fait d’elle ce monstre sanguinaire.

    Ayant promis à Arès de se battre à l’épée et non avec ses crocs, Roxana vérifie que son arme est bien tranchante alors que le bateau n’est plus très loin du port. Les combats ont déjà commencé, elle voit au loin les hommes d’Arés débarquer et la jeune femme se hâte d’y être aussi. Ça ne tarde pas, le bateau arrive à quai et l’odeur du sang est déjà présente, signe que des ennemis sont déjà tombés. Roxana part avec ses hommes pour lancer la seconde attaque mais elle sait que ça ne va pas être de tout repos car il y a beaucoup d’hommes armés dans Byzance. Il y a l’armée du futur roi ainsi que d’autres troupes qui sont liés à lui.

    Justement le futur roi, Maximus, ne s’attendait pas à cette soudaine attaque même s’il a entendu que quelques pillards comptaient venir sur Byzance. Arès a su faire en sorte que tout reste secret jusqu’à la dernière minute. Maximus ne s’attend pas non plus à revoir Roxana puisqu’il pensait qu’elle avait fini par perdre la vie ou qu’elle était partie dans un autre pays pour éviter la mort. Tout ça est soudain, imprévisible, catastrophique. Il fait envoyer toutes ses troupes et il fait refermer les portes des remparts mais ça ne tiendra pas longtemps avec le nombre important d’hommes ennemis.

    Roxana se bat comme une guerrière, même si elle a l’avantage de la force. Elle n’a pas de mal à détruire ceux qui viennent de mesurer à elle. Pourtant à chaque fois qu’elle avance un peu plus, elle tente de trouver Arès du regard mais il y a beaucoup trop d’hommes pour que cela soit possible.

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    M.

    L’odeur du sang est omniprésente mais Roxana reconnaîtrait celui d’Arès parmis tous ceux présents et elle sent qu’il a une blessure. C’est ce qui la pousse à chercher avec détermination et elle le retrouve. Oui, il est blessé au bras mais il est debout. Il arrive face à elle et il pose sa main sur sa joue. Roxana soupire presque de soulagement mais elle baisse ses yeux sur cet avant bras un peu trop saignant. Il a bien été touché et il pourrait perdre son bras si il ne fait rien au plus vite. Il parle de Maximus mais Roxana secoue la tête.

    « – On va le faire tomber mais avant ça je dois faire quelque chose. »

    Elle arrache un bout de sa cap sur le bas et elle vient faire un garrot autour du bras d’Arès. Ce n’est pas grand chose mais cela va au moins stopper le saignement. Étrangement elle pourrait vriller et succomber à la soif horrible qui l’empare à cause des odeurs sanguinaires mais elle tient grâce à Arès. Elle lui a promis de ne pas céder, d’aller vers le trône sans montrer son côté vampirique. Après le garrot, Roxana vient embrasser Arès pour se redonner du courage et à deux, ils partent vers le palais où Maximus s’est enfermé. Ni l’un ni l’autre ne se doute qu’ils viennent de se donner un dernier baiser d’adieu.

    Entrer dans le palais n’est pas aisé car il y a encore des gardes armés et prêts à tout pour défendre Maximus. Arès et Roxana sont rejoints par quelques hommes de leur camp afin de faire tomber les derniers remparts avant le trône. La brune se montre de plus en plus féroce à force de se rapprocher de ces gens qui lui ont tout pris. Il y a Maximus mais aussi les nombreux nobles qui ont toujours été des chiens servants devant la famille impériale et eux aussi ont contribué à la chute de la famille de Roxana. Il n’y a plus que quelques mètres avant la grande salle où ils se sont tous réunis mais les amants n’ont pas besoin de forcer la porte, Maximus la fait ouvrir et il fait un signe pour stopper les guerriers qui sont prêts à les massacrer. Cependant il blêmis lorsqu’il reconnaît Roxana. Maximus était présent le soir des fiançailles et on aurait pu croire qu’il n’aurait pas hésité à tuer son propre frère pour avoir la brune. Dans un sens, ce meurtre lui a été bien profitable puisqu’il a gagné la place de futur roi sans avoir eu besoin de comploter.

    « – Roxana.. c’est toi qui est derrière tout ça ?! Je t’aurais accordé le pardon ! Septimus n’était qu’un idiot sans ambition !
    _ Je n’ai pas besoin de ton pardon ! Surtout quand on sait que tu as fait exécuter mon père et que ma mère est morte en fuyant !! »

    La brune s’avance en relâchant son épée. Pour Maximus, elle ne compte pas jouer la guerrière mais le monstre. Ses yeux se noircissent et elle s’apprête à se jeter sur l’homme mais des hommes de Maximus s’avancent pour le défendre. Arès vient dans la mêlée pour aider Roxana et la rage de la jeune femme est un grand atout pour tuer les soldats. Cette fois-ci elle y va à coup de crocs.

    « – Mon dieu.. qu’est ce.. c’est un monstre.. »

    Lance Maximus en voyant l’état de la brune. Il hurle après les soldats restants pour leurs ordonner de tuer la bête donc Roxana. L’un des soldats réussit à enfoncer son épée dans le ventre de la brune mais ça ne l’arrête toujours pas. Un autre soldat a une idée bien plus folle puisqu’il s’en va vers Arès pour tenter de le tuer. Il semble avoir vu que les deux jeunes gens étaient liés. Il n’a pas eu tort car Roxana cesse de s’avancer vers Maximus et elle part vers Arès. Il n’est pas moins fort que l’autre homme mais il est cerné par plusieurs soldats et ça pourrait lui être fatal si personne ne vient l’aider. Roxana se met à attaquer les soldats qui attaquent Arès et à deux, ils en viennent à bout rapidement mais au moment où ils sont libres pour aller vers Maximus et les autres nobles, Roxana se fige. Elle revoit quelqu’un qui a compté pour elle mais qui pourtant semble être une personne qui l’a trahie. Ariana, son ancienne dame de compagnie, est cachée près de Maximus et elle a même sa main dans celle du futur roi. Roxana a l’impression de recevoir un nouveau coup de massue puisqu’elle a grandi avec cette femme et elle lui a toujours fait confiance. Ce léger laps de temps où Roxana observe cette scène de trahison, permet à l’un des nobles de se saisir d’une épée et de la jeter vers la brune. Elle est normalement immortelle mais comment peut-on rester debout lorsqu’on est presque décapité ? Le corps de Roxana tombe lourdement au sol. Il n’y a plus rien. Plus de semblant de souffle ou de cœur qui bat. Il n’y a que du sang noir qui sort de l’horrible blessure. Devant cette scène, les hommes d’Arès et Roxana redoublent en rage, si bien qu’ils arrivent tous vers Arès pour en terminer avec Maximus et les nobles. Seul Léon se jette sur Roxana avec Arès pour savoir si elle est encore là mais non, il n’y a plus rien. Plus un seul signe de vie.

    L’un des soldats d’Arés, attrape Maximus et il le traîne vers le jeune chef. Les autres nobles sont tous tués, même la fameuse Ariana. Il n’y a plus que le futur roi qui hurle pour qu’on lui laisse la vie sauve. Il crie que ce n’est pas lui qui a tué Roxana mais le mal est fait. Léon essuie une larme et retire sa cap pour cacher le corps de Roxana. Les autres attendent qu’Arés prenne une décision sur le sort de Maximus.

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    M.

    Dix années sont passées et elle semble définitivement partie puisqu’elle n’a jamais refait surface. Il n’y a pas eu de signes qui pourraient laisser penser à un possible retour et pourtant, le réveil est proche. Son corps a mis du temps à se réformer et il en a fallu tout autant pour qu’elle puisse retrouver un léger souffle de vie mais lors d’une lune rouge, ses yeux s’ouvrirent enfin. Roxana sort de dix années de léthargie, de souffrance et de pensées obscures.

    Enfermée dans une sorte de tombeau en pierre, elle ne comprend pas ce qu’il se passe, ce qui lui arrive. Elle a même l’impression d’étouffer. Elle hurle, griffe la roche mais personne ne vient l’aider. Il faut dire que ce soir, Arès n’est pas là mais il y a quand même deux Consentants qui entendent des bruits venant de l’intérieur du mausolée. Ils ne réfléchissent pas, ils entrent dans ce lieu lugubre mais ils font une sacrée erreur puisqu’en libérant Roxana, ils deviennent ses premières proies. Elle meurt de faim mais elle est surtout totalement perturbée, déroutée. Son esprit a pour le moment occulté Arès et son ancienne vie tant elle est prise par une soif intense. Et puis son sommeil de dix années n’a pas été un doux repos. Elle a été dans une sorte de coma ou la douleur l’accompagnait chaque jour.

    Lorsqu’elle sort du mausolée, elle est presque nue, couverte de sang et de poussière. Elle ne sait pas où elle est. Elle est aussi effrayée parce qu’elle ne comprend rien. Telle un animal blessé et stressé, elle cherche un endroit pour se cacher.

    Il se passe quelques jours depuis son retour. Personne ne s’en doute, encore moins Arès qui a un empire à gérer. Roxana a trouvé refuge dans une grotte des steppes mais elle a aussi fait quelques cadavres sur son passage. Cependant les Consentants découvrent les corps des deux gardes lors du changement de relève et c’est Léon qui en est le premier prévenu.

    Léon a pris dix ans aussi. Ce n’est plus le jeune adolescent mais un jeune homme de vingt-trois ans et il est devenu l’un des bras droits d’Arès. Il est un très bon guerrier mais surtout d’une fidélité irrévocable envers le roi. Depuis la mort de Roxana, il a toujours été présent dans toutes les grandes étapes d’Arés mais aussi dans ses peines. Il est son confident lorsqu’il s’agit de parler de la brune et du souvenir douloureux qu’elle laisse. ( Léon : https://pin.it/4R7xdSrND )

    Lorsqu’il apprend la nouvelle, il n’attend pas bien longtemps pour retourner au palais et demander à voir Arès. Le roi est dans la grande salle pour écouter les requêtes de certains marchands ou habitants de Byzance mais Léon s’impose même s’il ne devrait pas interrompre ce moment.

    « – Arès ! Je dois te parler tout de suite ! C’est très.. très important ! »

    Le jeune homme a le regard grave, si bien qu’elle ne laisse pas de doute sur qui cela concerne. Arès semble le comprendre puisqu’il se relève et fait signe à Léon de le suivre. Lorsqu’ils sont seuls, Léon lâche le morceau.

    « – Elle n’est plus dans le mausolée ! Elle est de retour ! Les consentants ont trouvé les cadavres de deux de leurs gardes et ils étaient vidés de leurs sangs. J’ai déjà fait envoyer des éclaireurs pour essayer de la retrouver mais elle n’est pas dans les alentours de la vallée interdite. »

    Cela peut être un grave problème car ils ne savent pas si Roxana est comme avant, si elle va faire des massacres, si elle va survivre. Elle pourrait aussi être n’importe où et faire n’importe quoi. Le pire est que personne ne sait pour sa malédiction et si elle venait à faire trop de morts, elle pourrait devenir l’ennemi du peuple, une bête à traquer. Léon expose toutes ces possibilités à Arès.

    « – On doit partir maintenant. Il faut la retrouver rapidement ou on ne pourra plus rien contrôler. »

    Roxana se cache du soleil dans cette grotte. Elle a compris que le soleil brûlait sa peau lorsqu’elle a tenté de sortir pour aller boire. Son esprit est encore confus mais quelques flash de souvenirs lui parviennent. Le visage de sa mère, le temple d’Athèna et puis elle revoir les yeux d’Arés mais sans vraiment parvenir à savoir qui il est.

    La nuit ne va pas tarder à arriver, elle le sait et elle a hâte. Depuis son réveil, elle est prise d’une soif qu’elle n’avait jamais ressenti avant. Il faut dire qu’elle a passé dix ans sans boire et sans sang pour l’aider à guérir plus vite. Elle n’a plus conscience qu’il ne faut pas qu’elle tue des humains et qu’elle devrait se contrôler. Elle agit avec l’instinct et pour le moment il n’a plus rien d’humain.

    Léon et Arès sont entourés de consentants pour aller la retrouver. Ils ont pris le chemin vers les steppes. Elle pourrait être n’importe où mais ils ont un début de trace quand ils apprennent qu’un camp de nomade a été attaqué. Elle n’est pas loin.

    Le soleil est couché. Elle est de nouveau libre. Roxana cherche après un nouveau repas mais elle se dirige droit vers Arès et ses hommes. Les torches illuminent quelque peu les steppes et le bruit des sabots de chevaux couvre tous les autres bruits aux alentours. Roxana réussit à attraper un consentant et puis un second. C’est rapide, furtif, digne d’un grand prédateur. Et puis elle saute sur lui. Arès tombe de son cheval et Roxana s’abat sur lui, prête à planter ses crocs dans son cou mais quand elle croise son regard, elle revoit ce souvenir.

    « – A..a.. »

    Elle n’arrive pas à dire son prénom mais intérieurement elle reconnaît Arès. Du moins elle reconnaît ses yeux puisqu’il a vieilli contrairement à elle qui a encore l’aspect d’une fille de dix huit ans. Arès échappe à la mort quand elle se relève et qu’elle s’éloigne de lui. Un consentant s’apprête à se jeter sur elle mais Léon le stoppe. Roxana marche à reculons, toujours avec cet aspect d’animal apeuré. Elle porte encore sa robe de funérailles qui est si abîmée que la jeune femme est presque nue. Elle a aussi une cicatrice au niveau de son cou, qui est le stigmate de ces dix années de repos mortuaire. Et puis elle porte le fameux collier qu’Arès lui avait offert sur le bateau. Un vestige qu’elle n’arrive pas à se souvenir mais pourtant en cet instant, elle serre celui-ci entre sa main comme pour se raccrocher à ce seul objet qu’elle détient.

    « – Je.. je.. ou je suis ?.. qui suis-je ?.. »

    Elle semble étonnée d’avoir sorti cela de sa bouche. Elle parle pour la première fois depuis sa mort. Elle continue de reculer jusqu’à ce que son dos percute un rocher. Surprise, elle part se cacher derrière un autre rocher pour ne plus voir cette pierre ni les hommes qui sont face à elle.

  182. Avatar de M.
    M.

    Tu as soif.. Roxana comprend les mots d’Arés mais elle comprend surtout qu’il la connaît, qu’il sait qu’elle boit du sang. Il lui propose même d’aller boire du sang un peu plus loin. C’est étonnant aux yeux de la demoiselle puisque pour cela elle doit tuer mais ça ne semble pas choquer l’homme face à elle.

    Léon se rapproche à son tour pour parler à Arès et Roxana entrevoit mieux son visage. Elle reconnaît aussi ses yeux mais pas qui il est puisqu’il a aussi vieilli. Elle se recroqueville encore plus alors le jeune homme cesse d’avancer.

    « – Tu devrais aller avec elle Arès.. elle pourrait s’enfuir si quelqu’un ne reste pas avec elle..
    _ Non, le roi ne peut rester seul avec elle ! Elle pourrait lui faire du mal ! – lance un consentant.
    _ Elle ne lui fera rien ! Le roi est certainement celui qui la connaît le mieux et qui sait la rassurer ! »

    Léon retourne vers les autres hommes et il leurs ordonne de retourner avec lui au palais. Roxana voit les guerriers s’éloigner et ça semble la rassurer puisqu’elle se rapproche lentement d’Arès. Elle remarque la chevalière qu’il porte à son annulaire et elle pose le bout de son doigt dessus. C’est celle qu’elle lui avait offert sur le bateau il y a bien des années et elle reconnaît ce bijou.

    « – Arès.. »

    Murmure t’elle pour elle-même. Il lui faut un peu de temps pour réellement oser sortir de sa cachette et se mettre à suivre Ares jusqu’à son cheval. Elle guette autour d’elle pour être certaine qu’il n’y a personne d’autre et quand elle sent que c’est bon, elle se laisse poser sur l’animal. Roxana se retrouve devant Arès qui s’installe derrière elle et ils prennent la route vers ce camp de voleurs qu’il lui a parlé. Durant le trajet elle ne dit rien mais elle est prise de frisson en sentant Arès contre elle, comme si son corps se souvenait de leurs liens, de leurs proximité.

    Au camp, elle se remet à agir avec instinct et surtout soif, cependant elle agit comme Arès lui a suggéré avant qu’elle ne descende du cheval. Elle n’attaque que les hommes et elle laisse Arès libérer les femmes et les enfants. Il y a quatre hommes et elle les tue tous avant de revenir vers le beau blond. Elle est bien plus souillée par le sang mais sa faim semble être comblée. Roxana vient de cacher derrière Arès quand elle remarque les femmes et les enfants qui remercient le roi. Elle reste contre lui telle une ombre.

    Silencieuse, elle accepte de le suivre lorsqu’il parle de palais. Il est devenu son seul repère et elle sent qu’elle peut lui faire confiance. Dans son esprit, la silhouette d’Arès se dessine un peu plus mais elle ne comprend pas pourquoi l’homme derrière elle semble beaucoup plus âgé que celui qui semble venir de ses souvenirs. Roxana ne parle pas, Arès non plus et c’est dans ce silence de plomb qu’ils retournent vers Byzance.

    Léon s’est assuré que le roi puisse rentrer dans le palais sans que personne ne voit que Roxana est avec lui. Même les servants ont été éloignés. Avec une discrétion totale, le duo arrive dans la ville et dans l’immense palais qu’Arès a du faire construire puisque Roxana ne se souvient pas de ce bâtiment. Elle a même beaucoup de mal à reconnaître la ville. Il y a eu beaucoup de changements en dix ans.

    Quand ils arrivent enfin, Léon les exfiltre vers une chambre dans une aile du palais qui a été vidé. Roxana avance avec hésitation mais Arès tente de la rassurer. Une fois dans la chambre, elle fronce les sourcils car tout ça lui semble familier ou plutôt le lit, la baignoire, les dorures. C’est à l’opposé d’un mausolée et pourtant elle sent qu’elle a déjà été dan ce genre de pièce. Elle avance lentement dans la pièce pour mieux découvrir l’endroit mais elle s’arrête devant un miroir. Elle se voit enfin. Certes elle n’est pas dans sa plus belle apparence mais ce face à face avec elle-même, lui permet de donner une image à ce qu’elle est. Derrière elle, il y a aussi le reflet d’Arès qui ne la quitte pas des yeux.

    « – Tu.. n’es pas comme le garçon dans mon esprit.. tu.. tu es différent. Arès était.. différent. Il.. il était plus jeune.. »

    Elle le regarde à travers le miroir alors qu’il se rapproche d’elle. Ses cheveux sont bien plus longs, son visage plus grave et cette barbe lui donne aussi une maturité qu’il n’avait pas avant. Pourtant ses yeux sont toujours aussi intenses que dans ses esprits. Et elle ? Elle n’a pas changé. Pas un seul cheveux blanc ni une ride. Pas un signe de vieillissement. Roxana semble avoir oublié qu’elle était immortelle et piégée dans le corps d’une jeune femme pour toujours.

    « – Je.. ne me rappelle pas de grand chose.. je me rappelle seulement de la douleur.. ici.. »

    Elle pose une main sur son cou. Dans le miroir, elle voit la cicatrice qui n’a pas encore totalement guérie. Elle est encore rouge, comme si elle avait été blessé il y a quelques semaines. La douleur a été si intense pendant dix ans que cela lui a occulté ses souvenirs, sa vie d’avant. Cependant rien est perdu. Ils sont encore là mais cachés par son retour à la vie.

    « – dis moi qui je suis.. pourquoi je me sens comme ça.. perdu.. pourquoi tu me sembles si familier.. »

    Elle se tourne pour ne plus voir le reflet mais Arès directement. Roxana s’avance et elle pose une main sur la joue de l’homme en espérant avoir plus de souvenirs de lui. Son esprit reste fermé mais pas son corps car elle ressent à nouveau les frissons comme sur le cheval. Cet homme est important pour elle, ses entraînent lui hurlent qu’il n’est pas inconnu mais pourquoi n’arrive t’elle pas à se souvenir de sa vie avec lui ?

  183. Avatar de M.
    M.

    Roxana.. déesse de la lune.. Bien évidemment que cela la percute car Arès n’arrêtait pas de dire qu’elle était sa déesse. Roxana a le flash du temple d’athéna et de sa première rencontre avec Arès qui souhaitait piller l’endroit mais son songe est coupé lorsque le roi parle de bain, de robes. Roxana observe le balais de servantes mais elle reste dans un coin de la pièce, loin de ces personnes qu’elle ne reconnaît pas. Et puis quand tout le monde est enfin parti, Arès se rapproche en lui disant qu’elle peut se baigner mais que lui va s’en aller. Roxana fronce les sourcils et sa main vient se saisir de celle du roi.

    « – Non.. restes avec moi.. »

    Elle se fiche de la soif pour le moment. Elle a bien plus besoin d’une présence après avoir été seule pendant autant d’années et Arès lui confère un sentiment de sécurité, de confiance.

    « – Je ne veux pas que tu t’en ailles.. »

    Elle garde sa main autour de celle d’Arès jusqu’à ce qu’il cède à sa demande. Elle le comprend quand il hoche la tête. La jeune femme va donc vers l’immense baignoire en marbre et elle essaye de retirer ses vêtements mais elle a besoin de l’aide d’Arès car la robe est dans un tel état que les lacets sont difficiles à dénouer. Cette proximité n’intimide pas Roxana ni même quand elle se retrouve nue devant le roi. C’est même étrangement naturel.

    Elle entre enfin dans l’eau et cela commence à effacer les traces de son long sommeil mortuaire. La poussière, la saleté, le sang.. tout commence à partir bien que pour retrouver une peau propre, Arès vient l’aider à se savonner. La demoiselle laisse Arès s’occuper de sa longue chevelure brune ainsi que de son dos. Elle en ferme les yeux puisque c’est agréable et dans ce moment, son esprit renvoie de nouvelles images. Les bateaux, les pillages et aussi cette première fois dans une villa en feu. Elle rouvre ses yeux quand Arès cesse de la toucher et elle tourne son visage pour voir celui de l’homme.

    « – Je ne suis pas une déesse mais une créature.. qui ne vieillit pas. Je.. combien de temps suis-je parti ? Tu es le garçon dans mon esprit mais tu as vieilli.. Je reconnaîtrais tes yeux parmi des milliers d’autres.. »

    Ils n’ont pas changé. Ils sont toujours aussi graves mais aussi doux à la fois. Enfin ils sont doux pour elle. Roxana pose à nouveau sa main sur la joue d’Arès pour toucher ce visage beaucoup plus marqué par le temps et la douleur. Malgré cela, il n’en reste pas moins magnifique. Elle glisse même son pouce sur les lèvres du roi, puisqu’elle sait qu’elle y a déjà goûté.

    « – Mon esprit revient petit à petit.. Mais j’ai du mal à comprendre pourquoi j’ai l’impression d’être parti des années.. Il me semble qu’il y a eu une sorte de bataille et après c’est le noir complet. Racontes moi tout.. s’il te plaît. Je veux savoir, peut-être que ça m’aidera à remettre les images dans mon esprits à leur place.. »

    Tout est mélangé mais ça revient. Elle n’a pas perdu la mémoire et c’est déjà une bonne nouvelle mais tout est confus. Il s’est passé combien de temps ? Arès est là, il est plus âgé mais il semble aller bien. Il ne bouge pas alors qu’elle continue de glisser ses doigts sur son visage mais elle finit par les poser sur la marque en forme de lune qu’il avait fait sur son avant bras.

    « – Je devais être la reine et j’ai tout raté, n’est-ce pas ? »

    Son visage se fait plus triste, presque honteux. Elle se souvient d’avoir fait la promesse de devenir reine mais elle comprend que rien n’a dû se passer comme prévu. Pourtant elle comprend aussi que c’est Arès qui a endossé son rôle. Il est roi puisque ce palais lui appartient et tout le monde lui obéit. Cette pensée redonne un léger sourire à Roxana. Arès est au-dessus de tout le monde. Il est devenu un chef, un commandant, un grand homme. Elle envisage aussi le fait qu’il puisse avoir fait sa vie avec quelqu’un et qu’il a peut-être des enfants mais aucune jalousie ne s’empare d’elle puisqu’elle n’aurait pas souhaité qu’il cesse de vivre à cause de sa perte.

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    M.

    Dix ans.. Roxana ne semble pas s’en rendre vraiment compte et pourtant elle sait qu’il ne ment pas puisque cela est marqué sur le visage d’Arès. Il n’est plus le jeune éphèbe qu’elle a dans ses souvenirs, c’est un homme bien plus mature. Cependant elle n’est pas repoussée ou même apeurée par cette nouvelle apparence. Il reste celui qui fait vibrer son esprit même des années après. Roxana ne ressent aucune envie de lui sauter dessus pour le vider de son sang, au contraire elle sent qu’elle peut lui faire une confiance aveugle et ça même se souvenir de l’entièreté de leurs passé.

    Quand Arès se confie un peu plus sur ce qu’il s’est passé depuis dix ans, il ne rentre pas dans les détails mais sa tristesse et sa douleur se ressent. Il a avancé sans elle mais il a aussi survécu. Roxana est restée son monde et il a dû apprendre à composer sans elle mais sans pour autant l’oublier. La jeune femme sent ses yeux se gorger de larmes face à la détresse d’Arès. Une larme lui échappe quand il pose ses mains sur les joues de Roxana et qu’il lui dit que ça sera toujours elle. Au même moment, elle se rappelle du moment où elle lui a dit je t’aime pour la première fois. C’était la veille de sa disparition. Ce n’est pas rien car ça donne encore plus de sens à ce qu’ils sont.

    Sans réfléchir, Roxana pose ses lèvres sur celles d’Arès et les souvenirs arrivent de plus en plus rapidement. Ce simple baiser a le don de lui redonner des éléments qui étaient coincés dans un coin de son esprit. Son rapprochement avec Arès, les disputes, les tensions, les rapprochements mais aussi les faits sur sa famille, sur qui elle est. Byzance, les steppes, les Sarmates, les pillages, les batailles, les pertes. Tout revient comme une violente claque et elle met donc fin au baiser. Son visage se recule de celui d’Arès et ses yeux se noircissent à cause d’une image qui perturbe la damnée.

    « – Maximus ! Qu’est ce qu’il est devenu ? Et l’homme qui m’a envoyé l’épée ? Tu as pu venger ma famille ? »

    Oui, elle revoit la fin. L’épée qui vient vers elle et qui sectionne presque sa tête. Après il n’y a plus rien. Le néant. Cependant les dix années n’ont pas réussi à effacer totalement la vengeance et le besoin de savoir que tous ceux qui ont fait tomber sa famille, sont tombés aussi.

    Arès confirme qu’il n’y a plus de Maximus ni de traîtres. Roxana retrouve un regard normal et même un sourire mais le moment entre les deux prend fin quand Léon vient toquer à la porte. Il entre mais reste de dos pour ne pas voir Roxana nue dans son bain.

    « – Arès, je suis désolé de m’imposer mais il faut que tu ailles voir.. hm.. ton épouse. Elle a fait une esclandre envers certains gardes car elle ne te trouve pas et elle menace de s’en aller avec les enfants.. »

    Ce n’est pas la première fois qu’elle fait cela puisqu’elle ne supporte plus qu’Arès soit si éloigné d’elle. Elle ne se doute pas que sa plus grande rivale vient de revenir et c’est certainement mieux pour le moment. Roxana pose une main sur celle d’Arès.

    « – Vas-y.. je ne vais pas quitter cette chambre.. tu reviendras me voir quand tu le pourras.. »

    Elle n’a pas encore l’esprit jaloux. Elle ne réalise pas non plus qu’elle va devenir l’autre, la maîtresse. Roxana attend qu’Arès et Léon soient sortis de la chambre pour sortir de son bain. Elle attrape une serviette pour s’essuyer et elle s’avance vers l’une des fenêtres pour voir la ville. Il va falloir tout réapprendre et se faire une place dans ce nouveau contexte.

    Une surprise vient quand même troubler la solitude de Roxana lorsque quelqu’un toque à la porte. C’est Agathe, son ancienne dame de compagnie. Arès l’a fait envoyer auprès de la jeune femme et Roxana en saute dans les bras de son ancienne alliée. Agathe est aussi restée auprès d’Arès et elle est devenue la nourrice des enfants. Elle est bien plus marquée par l’âge puisqu’elle a passé la cinquantaine mais Roxana reconnaît son sourire et sa douceur.

    « – Arès avait raison, tu es revenu.. Je suis tellement heureuse de te revoir Roxie.. tu m’as horriblement manqué..
    _ Tu m’as manqué aussi Agathe.. ma plus grande amie.. »

    Du côté d’Arès, ce n’est pas aussi doux. L’épouse attend dans la chambre conjugal, elle tourne en rond et quand la porte s’ouvre, elle se jette sur son époux pour lui donner un coup contre le torse.

    « – Tu avais promis d’être là ce soir pour notre anniversaire de mariage et finalement je ne t’ai pas vu de la journée ! Je ne te demande pas grand chose mais au moins du respect pour moi et notre mariage ! Tu es un piètre époux ! Je me demande encore pourquoi tu as accepté ce mariage puisque tu ne m’as jamais aimé ! Seulement ta chère et tendre amante d’antan est morte ! Il faut que tu passes à autre chose et que tu penses à ton épouse ! »

    La jeune femme pose une main sur son ventre après s’être époumonée.

    « – J’attends notre quatrième enfant Arès et je t’ordonne de t’occuper un peu plus de moi si tu ne veux pas que je retourne chez mon père avec ce prochain bébé et nos autres enfants ! »

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    M.

    Ne pas bouger de cette pièce.. au début elle accepte mais le temps devient bien vite long en étant seule dans cette immense pièce. Quelques servantes viennent s’assurer qu’elle ne manque de rien mais Roxanna tourne en rond et elle entend les bruits du banquet même si elle est loin de la grande pièce. Même si Arès lui a demandé de ne pas quitter cette chambre, la succube ne peut se résigner à être la prisonnière de cet endroit. Elle vient donc à stopper une servante qui lui apporte du vin et elle lui demande d’échanger ses vêtements avec elle. Les deux femmes ont la même taille, presque la même allure donc Roxie réussit aisément à sortir de la chambre sans se faire intercepter par les Consentants. Elle se fait passer pour une servante et elle peut commencer à visiter ce palais qu’Arès a fait construire.

    Bien sûr, elle doit se fondre dans l’environnement et jouer ce rôle de servante pour ne pas être découverte alors Roxanna se met à suivre d’autres jeunes femmes dans l’espoir de pouvoir se rapprocher du banquet. Cela fonctionne. Elle entre dans l’immense pièce qui est remplie de monde. Son premier reflex est de chercher Arès du regard et elle le trouve. Il est posé sur la table centrale avec une belle blonde à côté de lui et trois enfants qui gravitent autour d’eux. Roxanna sait. Oui, elle sait qui sont ses personnes et une confusion de sentiments l’envahit. Il y a une pointe de jalousie mais aussi étrange que cela est, il y a aussi un soulagement. Arès a fondé une famille et il a avancé. Il a cette vie qu’elle aurait aimé lui offrir si elle avait gardé son humanité. Pourtant il y a aussi une part d’elle qui rage intérieurement car elle ne pourra jamais lui offrir tout ça et elle va devoir rester dans l’ombre à observer tout ça.

    « – Eeeh ! Dépêche toi de me ramener du vin !
    _ Hm.. oui. »

    Un homme la sort de ses pensées et elle se doit de le servir pour pouvoir garder son identité sous couvert. Les vêtements de l’esclave sont accompagnés d’un voile qui ne laisse paraître que les yeux donc il va être difficile de pouvoir la confondre. Roxanna continue de servir les invités pendant une partie de la soirée et cela lui permet de découvrir un peu plus l’environnement d’Arès. Il semble avoir l’esprit ailleurs contrairement à Léon qui joue le jeune jouvenceau auprès d’une charmante demoiselle de haute famille. L’épouse d’Arès est toute souriante et elle essaye de montrer une complicité avec son époux mais Roxanna a bien vite compris que ce n’était qu’une mascarade. Les enfants du couple jouent devant la table et Roxie reconnaît les traits d’Arès dans chacun d’eux. L’aîné est même le portrait craché de son père. Justement ce petit garçon fonce sur Roxanna lorsqu’elle avance avec un plateau sur lequel il y a des douceurs sucrés.

    « – Je peux avoir un gâteau madame ?
    _ Bien évidement jeune homme. As-tu bien mangé toute ton assiette avant de pouvoir prendre ce dessert ?
    _ Oui ! J’ai même mangé deux fois des légumes !
    _ Oh.. et bien cela mérite deux gâteaux alors. »

    Roxanna s’abaisse et elle laisse l’enfant se servir. Elle détaille le visage du petit et elle y reconnaît encore plus les traits d’Arès lorsqu’ils se sont rencontrés.

    « – Comment te nommes tu ?
    _ Tu ne connais pas mon prénom ? Je suis le fils du roi ! Je m’appelle Silas. Et toi ?
    _ Hm.. Rox. Je me nomme Rox.
    _ Oh.. c’est comme la déesse de la lune. Enfin presque. Elle s’appelle Roxanna. Papa nous fait prier la déesse à chaque grande lune ! Toi aussi tu le fais ?
    _ Oui.. oui je le fais. »

    Roxanna est troublée par les mots du garçon mais aussi sa grande intelligence pour son si jeune âge. Elle le laisse repartir vers son frère et sa sœur mais lorsqu’elle se relève, Arés fait signe qu’il quitte le banquet accompagnée de son épouse. Roxanna devrait repartir immédiatement vers sa chambre au cas où s’il venait à la rejoindre mais elle ne veut pas retourner dans cette cage dorée maintenant.

    Elle décide de se mettre à suivre des servantes qui suivent le couple royal. Roxanna veut en voir un peu plus, sur la vie d’Arès et voir comment il vit avec sa famille mais il ne s’attarde pas. Il abandonne son épouse devant la chambre conjugal et il va rapidement embrasser ses enfants avant de s’en aller vers ce qui semble être un bureau. Roxanna s’apprête à le rejoindre mais elle est à nouveau stoppée par une gouvernante qui lui exige d’aller amener un réchaud pour la reine. N’ayant pas vraiment le choix, Roxie s’en va accomplir cette tâche et là voilà qui se retrouve dans la chambre conjugale.. la chambre d’Arès et son épouse.

    La jolie blonde est devant sa coiffeuse et elle commence à retirer ses bijoux mais elle fait signe à Roxie de venir pour l’aider à retirer un collier. Roxanna hésite mais la reine insiste.

    « – Vous êtes nouvelle ? Votre regard ne me dit rien..
    _ Je remplace l’une de vos servantes qui est souffrante.
    _ D’ordinaire elles ne sont pas remplacées.. il n’y a que les anciennes qui peuvent venir dans nos appartements mais bon, cela doit être une folie de mon époux. Vous semblez jolie et il aime les jolies femmes. »

    Roxanna se retient de froncer les sourcils et elle se dépêche de retirer le collier de la reine. La blonde tressaille en sentant les doigts gelés de la brune. Elle se met à la fixer à travers le miroir qui est face à elle.

    « – Vous avez les mains si froides.. Est-ce normal ?
    _ J’ai beaucoup de mal à me réchauffer mais ce n’est pas grave. J’y suis habitué.
    _ Parfois j’ai très froid aussi et pour m’aider à avoir plus chaud, je bois du thé à la menthe.. vous en souhaitez un ?
    _ Euh.. non.. je suis une servante.. je n’ai..
    _ Ici je ne veux pas entendre parler de servante. Celles qui sont près de moi, sont aussi mes amies. Je n’ai pas beaucoup de proches ici, mis à part quelques personnes comme vous.. Je n’arrive pas me lier d’amitiés avec les hautes têtes de cette cours. Les gens de Byzance ne m’aiment pas. Ils savent que je ne suis pas la reine qui aurait dû être au bras d’Arès.
    _ Ah bon ? Comment ça ?
    _ Arès a conquis la ville avec une femme qui soit disant était d’une beauté époustouflante et qui était vénérée par des armées entières.. mais elle est morte le jour où ils ont réussi à prendre le trône. Arès a été anéanti et je sais qu’à l’heure actuelle, il est toujours anéanti par cette perte. Il n’hésiterait pas à me virer sur le champ si cette femme revenait à lui.. hm.. heureusement que les morts ne se réveillent pas. »

    Roxanna est à nouveau prise par une confusion de sentiments. Elle n’arrive pas à détester la femme qui se trouve face à elle. Elle semble même avoir de la peine pour elle.. de la sympathie. Roxanna déglutit et elle s’apprête à dire qu’elle est désolée quand une gouvernante entre dans la pièce pour la congédier. Être auprès de la reine est un honneur que la gouvernante ne tient pas à partager. Roxanna quitte donc la chambre mais au lieu de continuer son jeu de servante, elle s’éclipse pour sortir du palais. Elle a besoin d’air et le soleil étant couché, elle peut se permettre de marcher sans avoir peur d’être brûlée.

    Elle repense à cette soirée. À Arès, Silas ou même la reine. C’est difficile de revenir dix ans plus tard, lorsque l’on est devenue un souvenir. Roxanna avance dans la ville en essayant de se remémorer les rues de son enfance mais tout a changé. Elle va même vers l’emplacement de sa maison d’enfance mais à la place, il y a un temple qui est dédié à la déesse de la lune. Sa curiosité l’a poussé à entrer dans l’endroit et c’est majestueux. Arès n’a pas lésiné sur les dorures et les statues. Celles-ci représentent toutes Roxanna avec des détails si juste que la brune a l’impression de se voir figée dans la roche.

    Pendant ce temps, Arès est suspendu dans les jardins sans se douter que la brune n’a pas suivi sa demande. Personne ne s’en doute puisque la vraie servante est toujours dans la chambre de Roxanna mais Roxie surprend par elle-même Arès. Elle sentit son odeur et elle s’est laissée guider jusqu’aux jardins. Il ne l’a reconnaît pas à cause du voile mais elle le retire en se rapprochant de lui. Arès doit être surpris ou peut-être en colère qu’elle soit ici mais Roxanna ne s’excuse pas de ne pas avoir obéit. Elle reste une âme libre.

    « – Tu regardes la ville au lieu de profiter de ton palais ? »

    Elle vient s’assoir à côté de lui. Ils sont sur une sorte de banc et ils sont assez en hauteur pour avoir une vue imprenable sur Byzance. Roxanna observe tout cela. Elle observe cette ville qu’elle rêvait de faire tomber pour venger sa famille. Elle regarde cette citée qui est l’endroit où elle est née mais où aussi elle est devenue une créature et aussi un cadavre.

    « – Tu as une jolie famille.. Silas est un garçon très gentil et intelligent. Et ton épouse.. elle est belle et douce. »

    Elle sent qu’il va répliquer, peut être pour se justifier ou alors s’excuser mais Roxanna pose une main sur la cuisse d’Arès et elle continue à parler.

    « – Tu as bien fait. Tu as eu raison de continuer à avancer et à tenter de trouver un équilibre. Ça n’aurait servi à rien de rester figé dans ma perte et puis.. je n’aurais jamais pu t’offrir ce qu’elle t’a offert. Une famille. »

    Roxanna cesse de regarder la ville et elle tourne son visage pour voir celui de son ancien amant. Il a un air grave et des yeux assombris. Ou alors c’est Roxanna qui le perçoit ainsi.

    « – Mon retour n’est certainement pas une bonne chose pour toi.. Tu le sais n’est-ce pas ? Tu l’as souhaité plus que tout mais pourtant tu sais que je suis un danger pour ce équilibre que tu as bâtis.. Tu n’as pas besoin de me le cacher, je sais lire en toi. »

    Elle serre un peu plus sa main sur la cuisse d’Arès quand elle sent qu’il semble monter en pression. Roxanna l’a assez observé durant le dîner pour comprendre qu’il est tourmenté. Par le passé, le présent et l’avenir.

    « – Je ne veux pas être la prisonnière de ton palais.. Et je ne veux pas être celle qui mettra ta gloire en péril. Tu.. Tu as tant fait pour avoir tout ça. Tu mérites ta place et ton environnement. Je refuse que tu te perdes à cause de ma présence.. Je.. je veillerais sur toi et ta famille mais d’assez loin pour que tu ne te tortures pas avec moi. »

    C’est difficile de dire cela. Roxanna aime encore Arès et elle l’aimera certainement pour toujours mais son cœur est encore bien trop pur pour se montrer implacable et égoïste. Elle n’a pas encore l’essence de la noirceur.

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    M.

    Arès parle enfin. Roxanna le laisse toucher sa joue et elle plonge son regard dans le sien. Il laisse paraître une tristesse infinie mais elle aussi ressent une douleur. Envisager de s’éloigner de lui n’est pas sans conséquences pour elle mais elle n’a pas le droit de troubler tout ce qu’il a construit. Roxanna sait qu’en restant, cela mettra en péril tout ce qu’arès a fait durant ces dix longues années.

    L’homme réussit quand même à faire froncer les sourcils de la brune. Il parle du temple comme si Roxanna devait rester dans une autre prison dorée mais ce n’est pas ça qui fait tressaillir la jeune vampire. Arès se dénigre ouvertement. Il se jette des pierres que la brune ne lui a pas fournies. Son esprit rebelle reprend un instant le premier rôle puisqu’elle donne une tape contre le torse du roi.

    « – Te voir ainsi ? Arès.. crois-tu vraiment que ton âge a une importance pour moi ? Je t’ai aimé lorsque tu étais un jeune homme mais je t’aime avec toujours autant de force, même si tu as pris quelques rides et que tu as cette barbe mal taillée ! »

    Elle pose sa main sous le menton du roi pour le forcer à relever les yeux vers elle. Il a les yeux brillants, comme si ceux ci menaçaient de déverser un torrent de larmes. Roxanna se rapproche lentement, jusqu’à ce que son corps se retrouve contre celui d’Arès et que leurs lèvres soient proches.

    « – C’est moi qui maudit les dieux de m’avoir rendu ainsi.. la jeunesse éternelle mais le malheur de ne pas pouvoir vieillir avec toi.. De ne pouvoir rien t’apporter… de n’être qu’un être maudit.. »

    Elle baisse les yeux quand elle sent qu’à son tour ils se remplissent de larmes. C’est horriblement difficile. C’est une torture de devoir renoncer à être auprès de lui. Elle était arrivée ici pleine de courage mais après quelques minutes, elle vacille.

    « – J’aurais aimé ne jamais ressortir de ce mausolée.. parce que je me rend compte que.. que je suis condamné à être seule pendant l’éternité et surtout je vais devoir vivre une éternité sans toi.. »

    Elle cache son visage contre le torse d’Arès et les larmes ne sont plus contenues. Sa vie est injuste. Même si beaucoup rêveraient d’être à sa place mais pour mériter une telle place, il faut oublier son humanité. Les bras d’Arès serrent le corps de la jeune femme et le couple maudit reste dans un silence douloureux pendant un long moment. Ni l’un ni l’autre ne semble vouloir s’éloigner. Roxanna reste nichée contre le roi même si les larmes se sont arrêtées. Leurs regards se croisent à nouveau lorsque la brune relève son visage. Arès aussi a versé des larmes, ses yeux sont rouges.

    « – Je vais partir là où tout a commencé.. là où les dieux ont décidé de mon sort.. Je veux les supplier de m’épargner.. de me rendre ma liberté mais avant cela.. je.. »

    Elle se redresse pour se mettre sur la pointe des pieds et elle pose ses lèvres contre celles d’Arès. Ce n’est pas convenable puisqu’ils vont se séparer et qu’il est un homme marié mais Roxanna a besoin de ce contact avant de s’en aller. Arès ne recule pas, il répond même aux pressions de la brune et à sa langue lorsqu’elle prolonge le baiser. Une vague de souvenirs et de sensations reviennent en puissance. Dix années s’effacent en un seul baiser.

    L’emprise de Roxanna se fait plus forte quand elle passe ses bras autour du cou d’Arès. Le baiser a du mal à se terminer puisque Roxanna n’a pas de souffle mais elle se recule quand elle sent que celui du roi est saturé. Elle frissonne de désir malgré elle. Son corps est encore plus comprimé contre celui de l’homme, si bien qu’il peut sentir la poitrine tendue et pointante de la brune. S’ils n’avaient pas été dans ce jardin qui est surveillé par des gardes, Roxanna n’aurait pas hésité à en demander plus mais elle se raisonne.

    « – Rentrons au palais.. Je dois libérer la servante qui est dans ma chambre depuis des heures.. et toi tu dois te reposer. Demain, lorsque le soleil déclinera, je partirais seule vers les terres de mes ancêtres. Les consentants doivent rester auprès de toi ainsi que Léon. Ils te seront plus utiles qu’à moi et j’aime savoir qu’ils te protègent. »

    C’est vrai, Roxanna n’a pas besoin de gardes puisqu’elle peut tuer des armées entières de ses propres mains. Et puis elle ne veut pas être accompagnée. Elle sait qu’elle doit commencer à apprendre la vie en solitaire puisque c’est ce qui l’attend pour le restant de ses jours. Cependant avant ce départ, elle espère pouvoir encore passer un peu de temps avec Arès. Égoïstement, elle veut profiter avant de devoir fermer son cœur.

  187. Avatar de M.
    M.

    Ils sont dans la chambre que Roxanna avait déserté mais en cet instant, elle aimerait ne plus jamais quitter cet endroit. Arès est derrière elle, il laisse ses lèvres caresser la peau de la jeune femme et même ses mains glissent sur elle. C’est divin. Elle gémit envieusement quand il fait tomber la tunique de la brune et elle glisse une main en arrière pour agripper la chevelure longue du grand blond. Il s’excuse à nouveau.. Il parle encore de son corps qui a pris de l’âge et Roxanna s’éloigne de lui. Oui, elle se tourne pour faire face à Arès et elle secoue la tête, comme pour chasser ce qu’il vient de lui dire.

    “ – Tu m’agaces Arès..”

    Mais un sourire en coin se dessine sur les lippes de la jeune femme. Elle se rapproche félinement et à son tour, elle décide de retirer les vêtements du roi. Et.. quelle vue ! Oui, il n’a plus le corps d’un jeune homme dans la fleur de l’âge mais il a un corps d’un homme bien plus virile, bien plus dessiné. Il est magnifique. Bien plus beau que dans ses souvenirs. Il a des bras musclés, des abdominaux taillés comme ceux des dieux et ce fameux V sur le bas de son ventre qui fait papillonner les yeux de Roxanna. Arès est devenu un homme. Il est à présent trentenaire mais il n’a jamais été autant beau. Il dégage de la force, de la puissance. Il est plus sauvage, plus virile.

    “ – Par tous les dieux.. Tu.. wow.. Tu te fous vraiment de moi Arès.. Qu’est ce qui.. Mais tu t’es vu ? Est-ce que tu as vu comment tu es ? Tu.. oh..”

    Elle pince ses lèvres tout en le dévorant du regard. Elle se rapproche à nouveau pour poser sa main fraîche contre les pectoraux de l’apollon devant elle. Il frissonne alors qu’elle se met à glisser le bout de ses doigts sur ce corps divin.

    “ – Tu étais un beau jeune homme.. J’avais beaucoup de mal à ne pas rougir devant toi.. Mais là.. Là tu es devenu un homme si désirable que je n’ai pas envie de rougir mais plutôt te goûter jusqu’à te consommer totalement..”

    Son sourire est un peu plus séducteur et envieux. Sans lui laisser le temps de répliquer, Roxanna se jette sur les lèvres de son ancien amant et dans cet élan de désir, elle le plaque contre l’un des piliers de la chambre. Cette fois-ci, il n’y a plus de doutes ou de gestes hésitants. Roxanna l’embrasse comme si sa vie en dépendait et elle laisse sa main glisser entre leurs corps pour caresser la virilité déjà gonflée de son amant. Des gémissements détonnent et après avoir cesser le baiser pour qu’il puisse reprendre son souffle, Roxanna se retrouve à son tour plaquée contre le pilier. Elle est même soulevée comme si elle ne pesait rien et Arès s’enfonce en elle avec une envie qui ne pouvait plus du tout attendre.

    Chaque coups de reins font remonter des souvenirs. La première fois, le désir qui les poussaient à se disputer et surtout cette intensité lorsqu’ils se laissaient aller. Roxanna gémit si fort que cela pourrait réveiller le palais entier. Heureusement que cette chambre est loin de tout. Les amants jouissent ensemble contre ce pilier mais la partie ne fait que commencer. Après quelques minutes pour s’en remettre, Roxanna pousse Arès sur le lit qui trône au milieu de la pièce et ils viennent à nouveau se jeter l’un sur l’autre.

    Lorsque le soleil se lève, Roxanna est allongée dans le lit alors qu’Arès dort un peu. Aucun rayon ne passe puisqu’il y a de grands rideaux pour protéger la brune mais elle sent la chaleur se répandre dans la pièce. Ils sont nus, étalés dans le lit et Arès a sa joue de niché contre la poitrine de Roxie. Il dort comme un enfant que l’on oserait déranger, pourtant il ouvre les yeux comme s’il avait fait un cauchemar. Il serre un peu plus la belle contre lui, comme s’il voulait s’assurer qu’elle était toujours présente. Roxanna sourit légèrement et elle passe sa main dans la chevelure ébouriffée de l’homme.

    “ – Je suis encore là.. Je ne quitterais pas cette chambre maintenant..”

    Dit-elle pour le rassurer, même si elle sent son coeur se serrer. Ce soir, elle partira et ça, c’est difficile à imaginer pourtant ça doit se faire.

    “ – Tu ne m’as pas parlé de ta vie.. de tout ce que tu as fait pendant dix ans.. J’aimerais que tu me racontes. Je sais que tu n’as pas cessé de penser à moi.. Après tout j’ai vu le temple de la déesse de la lune..”

    Elle marque une pause et étire un sourire amusé. Arès n’a pas fait les choses à moitié avec ce temple. Roxanna se sent encore plus vénérée que les autres dieux.

    “ – Mais je veux savoir ce que tu as fait comme changement.. les batailles que tu as gagné.. Comment tu te sens dans ton rôle de père..”

    Elle l’a vu avec ses enfants lors du dîner et elle est tombée encore plus sous le charme car il était souriant et d’une douceur infinie avec les trois enfants. Même si ce n’est pas elle qui lui a donné des descendances, Roxanna est heureuse qu’il puisse avoir une famille. Il ne survivra pas à l’éternité de la belle brune mais il y aura toujours une trace d’Arès dans les nombreuses descendances qui naîtront par la suite.

    “ – Et quand tu auras terminé de tout me raconter, je compte bien encore te sentir en moi. Tu m’as dis que tu voulais m’aimer jusqu’à mon départ et je n’aime pas les hommes sans paroles.”

    Elle sourit en coin et elle se penche pour embrasser le front du bel homme lové contre elle. Il est encore plus beau lorsqu’il a cette bouille presque endormie.

  188. Avatar de M.
    M.

    Roxanna est envoûtée par cette histoire d’astrologue, d’étoiles et de possible seconde vie. Elle ne sait pas si cela est vraiment possible mais après tout pourquoi pas ? Après tout, elle est elle-même une énigme de la nature. Elle ose espérer qu’un jour elle retrouvera Arès sur son chemin et que leur fusion soit encore intense. Cependant pour le moment elle doit profiter de l’instant présent puisqu’ils vont être séparés. Pour combien de temps ? Roxanna a parlé comme si cela était un adieu mais elle sait qu’au fond d’elle, elle reviendra dans le coin pour garder un œil sur Arès et ses enfants.

    Leurs corps sont à nouveau réunis. Arès se plonge en elle avec une telle ferveur qu’il réussit à faire crier la jeune femme de plaisir. Il est encore plus vigoureux que durant la nuit, comme s’il se devait de profiter de la moindre miette et cela n’est pas pour déplaire à la brune qui répond avec autant de fougue.

    Après cette jouissance matinale, les deux corps retombent sur le lit. Au même moment, Léon entre dans la chambre en pensant que Roxanna est seule mais il est bien vite surpris par la présence d’Arés et de la nudité présente. Il se met rapidement de dos pour ne plus les observer et il se sent surtout idiot, pourtant il doit dire quelque chose.

    « – Pardonnez moi.. je pensais que Roxie était seule.. euh.. je pensais que tu étais déjà parti pour l’entraînement avec nos soldats.. »

    Roxanna se relève du lit et elle attrape sa tunique encore au sol pour couvrir son corps.

    « – Ce n’est pas grave Léon.. mais que voulais-tu ?
    _ Euh.. je voulais voir si tu allais bien et.. te dire que j’étais content que tu sois de nouveau avec nous.. Je.. je n’ai pas oublié que sans toi, je ne serais plus de ce monde depuis bien longtemps.. »

    Roxanna sourit tendrement et elle attend qu’Arès soit habillé pour aller vers Léon. Elle le prend contre elle et elle le serre dans ses bras. Ce jeune homme est comme un petit frère qu’elle n’a jamais eu. Elle est heureuse qu’Arès a continué de veiller sur lui. Léon rend l’étreinte avec bien plus d’intensité et des larmes gorgent ses yeux.

    « – Je pars ce soir Léon..
    _ Qu..Quoi ?? »

    Le jeune homme relève ses yeux vers Roxie puis vers Arès. Il fronce les sourcils et se recule d’un pas.

    « – Non.. mais non.. tu viens juste de revenir et puis Arès a besoin de toi ! Et moi aussi ! Tu.. ne peux pas partir alors qu’on a attendu ton retour aussi longtemps !
    _ Si je dois le faire Léon. On sait bien que si je reste ici, cela risquerait de mettre en péril tout ce que vous avez construit. Arès a des alliances, un peuple qui le soutient, une famille..
    _ Mais je m’en fiche de ça ! Tu es notre monde ! »

    Hurle t’il tout en se détournant vers Arès.

    « – Tu la laisses faire ?! Tu vas la laisser partir on ne sait où ?? Tu sais bien qu’elle pourrait avoir des soucis ! Si les autres savent ce qu’elle est, ils voudront la capturer !!
    _ Léon !! Tu crois vraiment que je ne sais pas me défendre ? Je vaux une armée de mille hommes à moi seule. Je n’ai pas peur des autres et je saurais me débrouiller mais il est hors de question que ma présence vous nuise. Après tout, je ne suis pas comme vous.. que diront les gens lorsqu’ils verront que je ne vieillis pas ? Que je ne peux être dehors lorsque le soleil est là ? Et tu oublies ce que je dois boire pour garder mes forces ? Je suis un monstre Léon.. et.. et je ne peux pas rester ici.. »

    Roxanna secoue la tête alors que Léon soupire et donne un coup de pied dans l’un des meubles de la chambre. Le garçon ressort et Roxanna se retient de le suivre. Elle soupire à son tour et elle se tourne vers Arès.

    « – Il s’en remettra.. Il est juste un peu trop.. fougueux.. mais sache que je suis vraiment heureuse que tu aies continué à t’occuper de lui. Il n’avait plus rien à part nous deux.. C’est un peu comme notre petit garçon au final. »

    Elle sourit tristement et vient contre le torse d’Arès. Roxanna sait que cela doit être tout autant difficile pour son amant mais il est beaucoup plus raisonné que Léon. Arès est bien plus mature et réfléchit.

    Les deux amants restent l’un contre l’autre en silence pendant un bon moment, jusqu’à ce que Roxanna propose d’aller prendre un bain. Ils se retrouvent l’un face à l’autre dans la grande baignoire. La brune caresse du bout des doigts les jambes du roi alors qu’il la fixe avec son air bien trop sérieux.

    “ – Je sais que ça va être difficile tout à l’heure, lorsque je vais m’éloigner. Pour toi, Léon mais même moi.. Je t’aime Arès. Je n’ai jamais cessé de t’aimer, même lorsque j’étais dans ce mausolée. Tu.. Tu étais comme un répit dans mes enfers. Je n’avais pas la notion du temps ni d’où j’étais mais quand tu apparaissais dans mon esprit, la douleur devenait moins forte. Je rêvais de pouvoir te prendre dans mes bras, de ne plus jamais te quitter.. Et pourtant tu disparaissais à chaque fois. Ce n’est pas de ta faute bien sûr, c’est mon esprit qui me jouait des tours mais.. Je sais quand même ce qu’il en est. Tu vas disparaître. Tu vas vieillir et.. mourir. Moi non. Et même si je t’aimerais toujours, ta perte va.. elle va me déchirer. Ce n’est pas pour cela que je décide de m’en aller, sache le mais sache que mon pire cauchemar est de voir ta dépouille.. Cette image me hante..”

    Elle ferme les yeux pour ne pas laisser déborder les larmes qui menacent de tomber. Roxanna ne peut rien faire contre le temps qui passe et elle se sent frustrée, inutile.

    “ – Je ne veux pas que tu continues de te faire du mal parce que je ne suis pas auprès de toi. Je veux que tu profites pleinement de cette vie, de ce que tu as construit. Je ne peux pas m’effacer de ta mémoire mais je ne veux plus que tu me vois comme un deuil ou quelque chose qui te manque.. Je veux que tu vives pour nous deux. Que tu sois heureux comme si j’étais toujours là. Je sais que ce que je te demande n’est pas facile mais ne crois-tu pas que la vie mérite d’être vécue ? Lorsque tu seras parti, je veux pouvoir entendre que le roi Arès avait eu une belle vie.. qu’il était le plus grand, le plus fort mais surtout le plus heureux des hommes. Cela sera peut-être mon seul réconfort pour le restant de mon éternité..”

    Elle crispe ses doigts contre les genoux d’Arès et elle marque une pause pour éviter un sanglot. Finalement, elle cesse de garder une distance avec Arès et elle vient se lover contre lui en se posant entre ses cuisses. Les bras de l’homme l’entourent et la serre si fort qu’elle se détend un instant.

    “ – Mais je te promets que si un jour tu reviens quelque part, je te retrouverais.. J’irais même au-delà des océans, comme tu souhaitais le faire. J’irai dans le monde entier pour tenter de te revoir.. Et même si tu as oublié qui je suis, je.. je ferais tout pour te rappeler à quel point j’étais l’amour de ta vie..”

  189. Avatar de M.
    M.

    Roxanna est totalement surprise par le revirement d’Arès. Il clame son envie de tout quitter pour venir avec elle. Bien sûr qu’elle en rêve mais elle est peut-être beaucoup plus réfléchi que lui sur le moment. Elle se doutait qu’en restant ici, Arès aurait tout abandonner pour elle et c’est pour cela qu’elle voulait s’éloigner. Il a construit tellement en dix ans qu’il serait horrible de le laisser tout gâcher pour elle.

    Alors qu’il se met à l’embrasser avec la ferveur d’un homme excité, Roxanna le stoppe en posant une main sur la joue du trentenaire. Il perd son sourire instantanément. Comme s’il s’attendait au refus de la brune.

    « – Tu ne peux pas Arès ! Si tu t’en vas.. tout va décliner ici mais il y aura surtout d’autres qui voudront prendre ta place et ils feront du mal à ta famille pour y arriver !! Je.. je ne veux pas que cela arrive ! Je ne veux pas que tes enfants soient tués ou même vendus comme des esclaves ! »

    Son regard se noircit. Elle se revoit des années plus tôt, lorsque sa famille a été décimée. C’est une douleur encore vive et elle le sera certainement durant toute son éternité.

    « – Je ne veux pas te perdre.. égoïstement, je rêverais que tu restes avec moi parce que je t’aime plus que tout Arès.. mais je refuse que tu pars comme ça.. Pas si cela met en danger les tiens.. pas pour moi.. »

    L’idée de s’en allait avec lui, a animé en elle ce même espoir qu’Arès mais ils ne peuvent pas faire cela. Du moins, pas sans avoir d’abord fait en sorte qu’Arès a mis hors de danger sa famille.

    “ – Je.. Je vais t’attendre. Ce soir je pars et je te laisse une semaine pour régler tout ça si tu veux vraiment partir. Ou alors tu auras une semaine pour réfléchir et savoir si ça vaut vraiment le coup de tout abandonner pour moi Arès..”

    Il va riposter mais elle pose son index contre les lèvres de son grand amour.

    “ – Là tu as envie de répliquer.. je le sais. Tu vas me dire que tu sais, que tu es déterminé mais on sait aussi que tu parles sous l’impulsivité. Je te connais Arès.. Et je tiens à ce que tu puisses être certain de tes choix. Ce n’est pas rien de tout quitter et surtout, tu dois d’abord mettre les tiens en sécurité.. Si tu veux vraiment partir, choisis un nouveau roi qui saura gérer aussi bien que toi et qui protégera ta femme et tes enfants. Et si au final tu te rends compte que tu ne dois pas partir, alors je comprendrais.. Ce que je veux pas dessus tout, c’est ton bonheur. Pas le mien.”

    Roxanna retire son index et elle dépose un chaste baiser contre les lèvres d’Arès. Elle se relève du bain et attrape une serviette pour s’essuyer, cependant elle garde un oeil sur Arès qui ne bouge pas de l’eau.

    “ – Je t’attendrais sur l’île de Rhodes.. Pendant une semaine. Je partirais seule si tu ne viens pas. Je te laisserais tranquille vivre ta vie. Et si tu viens alors nous pourrons facilement prendre un bateau pour s’éloigner. Mais dans tous les cas, je respecterais ton choix.”

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    M.

    Lorsqu’il entre dans la pièce, Arès avance à petits pas et sa voix est moins rudes qu’au matin. Roxanna est de dos à lui, en train de terminer de mettre une cape, pourtant lorsqu’elle se retourne pour lui faire face, elle a perdu son doux regard. Ses yeux sont noirs de colère, de jalousie, de rage. On pourrait presque croire qu’elle est prête à sauter sur Arès pour lui arracher la jugulaire et le vider de son sang. Elle n’est plus la jeune femme douce et déterminée à vouloir le bonheur de son roi.. Non, elle est redevenue la bête sans morale.

    Quelques minutes plus tôt….

    Roxanna entend que quelqu’un se rapproche de sa chambre et elle pense que cela est une servante puisque les pas sont légers, doux. Elle est en train de mettre son fameux collier, celui qui ne la quitte jamais puisque c’est le présent d’Arès. Ayant un peu de difficultés, elle demande à la servante entrante de venir l’aider mais à sa grande surprise, ce n’est pas la servante.. Non, c’est la reine.

    “ – Alors c’est toi.. La fameuse Roxanna.. Hier dans ma chambre, je me disais bien que tu n’avais pas l’allure d’une servante. Tu étais bien plus belle mais aussi bien plus sombre que les femmes qui me servent..
    _ Comment sais-tu que je suis ici ? Et aussi qui je suis ?
    _ Ne crois que tu pas qu’en dix ans j’ai eu le temps de tout savoir sur toi ? Arès est obsédé par toi.. J’ai donc dû faire mes recherches pour comprendre. Tu étais sa petite chose morte lors de son arrivée à Byzance et il allait pleurer sur ton mausolée presque tous les jours.. Cependant j’ai parfois écouté ses conversations avec le petit Léon et j’ai appris que tu n’étais pas comme nous. Non, toi tu es différente.. Tu es un monstre.”

    Roxanna se raidit quand la reine termine sa phrase et elle se recule d’elle. Les yeux de la brune se font plus féroces et elle se tourne pour faire face à sa concurrente, pourtant la reine ne semble pas impressionnée. Non, elle vient même à sourire d’une façon presque malsaine.

    “ – Qu’est ce que tu me veux ? De toute manière tu dois te douter que je m’en vais. Je ne serais plus dans la vie d’Arès alors sache que tu es venu t’égosiller pour rien.
    _ Oh non ma belle.. Tu as volé dix ans de ma vie et je compte bien régler mes comptes avec toi. Si tu n’avais jamais existé, Arès aurait certainement eu beaucoup plus d’intérêt pour moi. Il ne m’aurait pas vu comme un simple ventre qui enfante sa descendance. Au lieu de cela, il a toujours pensé à toi, même lorsque l’on fait l’amour. Et tu sais quoi ? Je n’ai toujours pas compris pourquoi. Après tout, moi j’ai passé dix ans de ma vie avec lui alors que toi tu n’as passé que quelques mois avec lui.. Tu n’es qu’une petite goutte dans son monde. Tu es surtout un monstre qui pourrait le tuer en quelques secondes alors que moi, je suis celle qui lui offre une famille..”

    La reine ne semble pas avoir peur alors que Roxanna devient de plus en plus menaçante. Elle sort de sa poche un médaillon que Roxanna reconnaît rapidement. Le médaillon de verveine.. Celui qu’Arès avait au début, pour se protéger de la vampire.

    “ – Tu es son obsession mais tu es devenu aussi la mienne. Pendant qu’Arès rêvait de te baiser, moi je rêvais de te détruire. Mes recherches m’ont amené à apprendre que certaines choses pouvaient te faire extrêmement mal.. Alors évite de me sauter dessus. De toute façon, j’ai prévenu quelques gardes de ma venue ici. Si tu tentes quoi que ce soit, ils viendront m’aider et en guise de punition, je compte t’enfermer à nouveau dans ton mausolée.”

    Elle rit et elle se rapproche de Roxanna. La vampire est prête à en finir avec la jolie blonde mais elle se rappelle qu’elle reste la mère des enfants d’Arès.. Bien que ça soit difficile de ne pas la tuer sur le champ.

    “ – Tu n’es qu’un poison qui va le tuer.. Et tu le sais puisque c’est pour cela que tu veux partir. Arès pense sûrement que tu t’en vas parce que tu ne l’aimes plus et ça me convient. Tu vas partir et ne plus jamais revenir. Ma famille passe avant tout et je n’hésiterais pas à te faire traquer pour que tu ne viennes plus jamais auprès de mon époux.
    _ Crois tu que tes menaces me font peur ? Tu sembles ne pas te douter de ce dont je suis capable.. Je n’ai pas peur de ton petit médaillon ni même de tes mots. Je pourrais en quelques secondes mettre fin à tes rêves et aussi à ce qui est sorti de ton ventre….
    _ Mais on sait toutes les deux qu’Arès en aura contre toi. Même s’il t’aime, il garde quand même une réflexion, celle d’un roi. Justement, s’il ne se bat pas pour te suivre alors que tu as dis non, n’est-ce pas parce qu’il a encore la tête sur les épaules ? Il sait au fond de lui que tu es un monstre qui va le détruire.. Tu vas tout détruire sur ton passage, comme tu l’as fait avec ta famille.”

    Roxanna s’apprête à attraper la reine par la gorge et celle-ci se laisse faire. Pourtant la main de Roxanna commence à brûler. La reine s’est imbibée de verveine.. Roxanna se recule en jurant alors que la reine s’en va vers la porte.

    “ – Tu n’es rien Roxanna. Si Arès te vénère, c’est parce que tu es jolie mais mis à part cela, tu n’es rien. Tu n’es qu’un monstre qui doit rester seul. Alors tu vas t’en aller et laisser ma famille tranquille. Je n’aurais aucun mal à faire des choses horribles pour parvenir à mes fins..
    _ Et quelles sont tes fins ?
    _ Te détruire. Même si cela me coûte mes enfants ou mon époux.”

    La vampire sent que la reine ne bluff pas. Elle reconnaît une folie dans son regard, dans son souffle, que même la brune pourrait user. C’est la folie des femmes blessées.. Celle qu’aucun homme ne peut arrêter. La reine finit par sortir de la chambre et Roxanna attrape un vase pour le jeter contre l’un des murs. Elle est en colère, blessée, perdue, triste. La reine lui a balancé des vérités qui font mal. Il ne se passe que quelques minutes avant que la porte s’ouvre à nouveau et cette fois-ci c’est Arès qui fait son entrée.

    Retour à l’instant présent…

    Elle ressemble à une furie mais pourtant elle ne se jette pas sur Arès. Elle garde une sorte de distance de sécurité. Il semble ne pas comprendre ce qu’il se passe puisqu’il a son regard surpris mais Roxanna ne dit rien. Elle se tait pour contenir ses sentiments et émotions qui viennent l’empoisonnée. Ce n’est que lorsqu’il s’approche qu’elle parle et qu’elle lui fait surtout signe de rester loin d’elle.

    “ – Evitons le bain de sang. Oui, je pars maintenant et sans tes hommes. Je n’ai pas besoin qu’on me surveille. Je n’ai besoin de rien. Sauf d’être seule.”

    Seule.. voilà ce qu’est sa vraie destinée. Elle le sait depuis qu’elle a tué l’ancien roi. Elle est vouée à être un monstre solitaire.. qui n’a pas le droit d’aimer, de vivre. Arès vient se positionner de sorte à ce qu’elle ne puisse pas passer par la porte mais Roxanna peut bien passer par les fenêtres puisque le soleil est couché. Elle met la capuche de sa cape et elle ouvre l’un des rideaux.

    “ – Ma requête a pris fin. Je ne serais pas à Rhodes dans une semaine. J’ai d’autres choses à faire.”

    Elle parle avec une insensibilité fausse. Son coeur est douloureux. Elle a envie d’hurler et de commettre les pires atrocités à la reine. Mais pourtant elle a encore l’humanité qui lui permet de ne pas vriller maintenant..

    “ – Adieu Arès.”

    Elle s’apprête à passer la fenêtre lorsque plusieurs gardes entrent en trombe dans la chambre. La reine a émis le fait que le roi était en danger.. Qu’il allait se faire tuer par l’incube. Des flêches gorgées de verveines sont lancées vers Roxanna. Elle en évite quelques-unes et elle se jette vers les gardes pour se défendre mais pour une fois, elle n’est pas la gagnante. La verveine brûle sa peau et ils arrivent à la maîtriser en passant des chaînes, qui sont elles aussi imbibées de verveines, autour de son cou, ses poignets et ses jambes. Tel un animal traqué, Roxanna tombe sur le sol en hurlant et Arès ne peut rien faire. Il est maintenu par trois gardes. La reine a spécifié que l’incube avait manipulé l’esprit du roi et qu’il devenait fou à cause de Roxanna. Le seul moyen de sauver le roi, est de maîtriser et enfermer la vampire. Dans un vacarme terrifiant, Roxanna est traînée hors de la chambre. Elle hurle encore de douleur. Elle hurle d’être encore devenue une proie. Elle hurle de ne pas avoir éteint son humanité.

  191. Avatar de M.
    M.

    Il faut deux bonnes journées avant que Roxanna ne revienne à elle. La verveine est un poison qui est difficile à estomper et c’est la seule arme qui semble fonctionner sur elle. Aussi douloureux que cela soit, Leon l’a utilisé sur le trajet pour garder la belle dans une phase d’inconscience. Il voulait s’éloigner au plus loin avant qu’elle ne se réveille puisqu’il savait qu’elle aurait fait demi-tour pour aller massacrer la reine et certainement une bonne partie des gens de Byzance.

    C’est quand ils se rapprochent d’Irak, que la brune reprend un peu ses esprits. Léon a fait aller le cortège vers les terres des Sarmates, comme Roxanna l’avait toujours souhaité. Elle voulait des réponses et il va l’y amener, cependant il va d’abord lui dire ce qu’il est passé à Byzance. Cette partie ne va pas être simple.

    Leon avait raison. Roxanna est dans une colère si noire qu’elle tue tous les gardes autour d’eux. Il ne reste plus que la brune et le jeune homme. Il a bien dû mal à lui faire entendre raison mais c’est en lui parlant d’aller trouver la vérité qu’il réussit à ne pas la faire retourner vers Byzance. Le duo s’éloigne à nouveau et ils partent vers les monts Zagros, là où le peuple de Roxanna a commencé à émerger il y a des siècles.

    Quelques semaines plus tard..

    “ – Tu en as mis du temps à venir à moi..
    _ Vous m’attendiez ?
    _ Je t’attends depuis toujours.”

    Roxanna vient de passer les voiles du tente de nomades. Ils ont réussi à trouver un camp de Sarmates et surtout, ils ont trouvé une prêtresse. Il n’y a qu’elle qui pourrait avoir des réponses pour Roxanna puisque ce sont des prêtresses qui ont jeté des malédictions à ses parents. Du moins, c’est ce qu’elle a toujours cru jusqu’à aujourd’hui..

    “ – Le garçon ne peut rester avec nous.
    _ Il restera auprès de moi, que cela te plaise ou non. Il est sous ma garde et tu dois te douter que si l’un des hommes sur ce camp venait à le toucher, je n’hésiterais pas à tous vous exterminer.
    _ Bien évidement que je le sais puisque tu es l’une de nos divinités. Tu es la lune.. l’obscurité.. la noirceur.. mais surtout la force.”

    La vieille dame sourit alors que Roxanna fronce les sourcils. Elle aurait aimé ne pas être cette chose.. mais peut-être qu’il est temps dans savoir un peu plus et peut-être de trouver un moyen de cesser ce maléfice.

    “ – Pourquoi je suis cela ? Comment puis-je retirer tout ça ?
    _ Tu ne peux rien retirer. Cela est ancré en toi. C’était même ancré bien avant ta naissance.
    _ Vous avez maudit mes parents !
    _ Oh non ma tendre enfant.. Ils n’ont jamais été maudit mais ils ont été choisis. Choisis pour mettre au monde ceux qui deviendront les gardiens de notre peuple.. de nos pouvoirs.
    _ Ceux ? Je suis seule. Mes parents n’ont eu que moi.
    _ Tu te trompes aussi. Vous étiez deux dans le ventre de ta mère. L’un serait l’ennemi du soleil et l’autre de la lune..
    _ NON ! J’ai toujours été seule !! , s’agace Roxanna
    _ Il y avait aussi un garçon qui a été enlevé à la naissance. Tes parents ont tenté de le retrouver mais nous avons fait en sorte que cela ne se fasse jamais. Vous étiez ennemi dès le berceau. Si vous aviez grandit ensemble, l’un aurait tué l’autre. Surtout après l’apparition de vos pouvoirs..
    _ Il est comme moi ?!
    _ Non, comme je te l’ai dis, l’un craint le soleil et l’autre la lune.. Il y a toujours un équilibre dans la magie. Toi tu ne peux faire face au soleil sans te brûler alors que lui devient un monstre lorsque la lune se pose sur lui..
    _ Mais.. Mais il y en a des autres comme nous ?!
    _ Non. Vous êtes des êtres uniques.”

    La prêtresse ne dira pas qu’il est possible pour Roxanna comme son frère jumeau, d’engendrer des autres monstres comme eux. Cela créerait un fléau sur terre. Roxanna peut transformer des hommes en vampire si elle offre son sang avant la mort alors que son jumeau peut transformer des hommes en lycan, lorsqu’il les mort sans les tuer.

    “ – Et comment nous tuer ? Il est hors de question que je vive ainsi durant une éternité ! Je ne serais jamais votre petit soldat ! Ni même quoi que ce soit à qui que ce soit !!
    _ Tu as la chance de ne pas pouvoir mourir et tu veux tout de même l’obtenir ? C’est amusant.. Mais je crois que tu continueras à être désespéré car rien ne peut vous tuer. Vous êtes des êtres liés à la terre et aux cieux. Il n’y a que la mort de ceux-ci que vous pourrez vous aussi mourir..”

    Roxanna sent sa rage monter. Elle pensait pouvoir avoir une vraie réponse et puis cette surprise d’apprendre qu’elle a un frère.. Cela la perturbe au point de se lever et d’attraper le pretresse par la gorge. Pourtant celle-ci continue de sourire.

    “ – Où est-il ?!
    _ Je ne te le dirais pas. Je sais que je vais mourir aujourd’hui. J’avais vu notre rencontre..
    _ Toi aussi tu es un monstre avec tes pouvoirs.
    _ Je le sais et c’est pour cela que je suis bien plus calme que toi. J’ai embrassé ma nature il y a bien longtemps. Sache cependant que je ne suis pas seule. Dans toutes les parties de ce monde, il y a des gens comme moi mais ils ne seront jamais aussi puissant que ceux de notre peuple. Les Sarmates vous ont créé.. et ça, personne ne saura l’égaler.”

    Elle a une telle arrogance que Roxanna finie par lui briser la nuque. Léon déglutit mais il la laisse faire. Il la laisse aussi exterminer les hommes en dehors de la tente. Quand elle en a fini, il se met à la suivre mais où vont-ils aller ? Chercher ce fameux frère ? Roxanna ne semble pas savoir ce qu’elle veut ni vers où se diriger. Il sait qu’au fond d’elle, elle veut le trouver mais il y a aussi cette autre partie qui veut aller à Byzance pour retrouver Arès.

    Pendant plusieurs semaines, ils avancent sans but. Parfois ils font des raids pour que Roxanna puisse se nourrir mais aussi pour que Léon puisse se reposer. Parfois le jeune homme maudit Arès de l’avoir envoyé avec Roxanna car il a l’impression de tourner en rond avec une prédatrice en guise de compagnie.

    Les mois défilent, les villes aussi. Elle se force à ne pas quitter le désert pour ne pas aller mettre Byzance en feu. Elle ne cherche pas non plus à trouver ce frère jumeau, elle n’en parle même pas. Elle vit telle une âme en peine et c’est bien ce que craint Léon. Elle va vivre ainsi durant toute son éternité ? Lui n’aime pas cette vie mais il a promis de veiller sur elle.

    C’est non loin du mont Sinaï et non loin de l’Egypte, qu’ils se posent un peu plus de temps que durant les autres pauses. Roxanna a pris de force une villa et elle s’y taire. Elle a ordonné à Léon de s’en aller mais il ne l’a pas fait. Elle le rejette et fait en sorte de ne presque jamais le croiser. Parfois elle sort pour aller trouver de quoi s’abreuver mais c’est devenu presque rare. Elle se laisse mourir de faim ? Elle ne peut pas mourir.. même de faim.

    Lors d’une soirée, Léon essaye d’approcher la succube. Elle est enfermée dans la pièce qui est devenue sa chambre et il l’entend pleurer. En ouvrant la porte, il la trouve assise au sol, les larmes sur les joues et des poignards dans le cœur. Cette vision le rend fou. Il se jette sur elle pour voir si elle va bien mais elle lui renvoie la pareille et elle le blesse.. mortellement.

    Léon est mort.. Arès est.. est toujours à Byzance, loin d’elle. Elle est enfin seule. Totalement seule. Elle s’est mise à marcher dans le désert depuis des jours. Sans cape, sans protection. Elle laisse le soleil la brûler en espérant qu’il finira par la tuer mais chaque soir, elle revient à elle.

    Huit mois depuis le départ de Byzance.. Et elle est encore en vie. Presque nue, dans un désert aride et vide de monde. Elle n’a pas bu depuis des semaines, elle n’a plus de force et pourtant elle attend encore que le soleil mette fin à sa vie. Gisant au sol, elle n’entend pas et ne sent pas qu’un groupe d’hommes s’approchent d’elle….

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    M.

    Ce n’est pas possible. Impossible. Comment a t’il pu arriver vers elle alors qu’elle se perd dans le désert depuis des semaines ? Est-ce une hallucination due au manque de sang qui la tenaille ? Pourtant il semble bien être présent, face à elle. Elle reconnaît son odeur même si elle a beaucoup de mal à ouvrir les yeux pour observer son visage. Roxanna n’est plus qu’un bout de femme séchée par le soleil et la faim. Elle aurait presque l’allure d’une momie si elle n’avait pas encore une lueur de vie. Arès ne la laisse pas à son sort. Il la soulève et la mène ailleurs. La belle ne se rend compte de presque rien, jusqu’à ce que du sang entre dans sa bouche. Pas n’importe quel sang.. C’est le sang qu’elle s’est interdit de boire depuis le début.. Le sang sacré.

    Arès n’a pas eu peur en donnant son poignet mais il ne se doute peut-être pas que la brune est affamée. Elle pourrait le tuer en quelques secondes. Il ne faudrait que quelques gorgées pour que Roxanna mette fin au règne de ce roi qu’elle a fuie. Pourtant, même si elle est encore embuée par les semaines de jeûne, elle tente de se contrôler. Elle se force à ne pas tout boire. Elle se bat contre elle-même afin de pouvoir se stopper dans sa frénésie et elle y arrive puisqu’après quelques gorgées, elle se recule assez loin d’Arès pour ne plus être en contact avec lui. Cependant la jeune femme à son air infernal.. Les yeux noirs, les crocs sortis et des tremblements que seuls les prédateurs peuvent avoir. Elle est dans un coin de la tente, prête à de nouveau boire le sang d’Arès. Il n’y a plus rien d’angélique dans ses traits mais elle lutte. Son esprit lutte pour ne pas céder à l’envie de tuer son âme sœur.

    “ – Tu n’aurais pas dû me trouver..”

    Siffle telle comme une bête en rage. Elle baisse ses yeux vers la plaie encore saignante du roi. Il a réveillé sa faim alors qu’elle avait réussi à l’éteindre en étant une esclave du désert. Maintenant elle a envie de beaucoup plus que quelques gorgées et elle sent qu’il y a des blessées non loin d’elle. Il y a du sang frais non loin..

    “ – Je vais tous vous tuer.. Tu te rends compte de l’erreur que tu viens de faire ? Je vais tous vous vider de votre sang..”

    Ce n’est pas vraiment elle qui parle mais plutôt la bête affamée. Elle n’a plus toute sa tête. L’errance a été cruelle mais salvatrice. Seule dans le désert, elle était punie. Elle brûlait le jour et criait famine la nuit. Elle avait perdu toutes ses forces et c’était le moyen pour elle de ne plus être un potentiel danger mais là.. Là elle revient à elle à cause du sang d’Arès qui commence doucement à guérir le corps malnutris de la brune.

    “ – Je devais tenter de mourir.. Je suis un monstre Arès.. Un monstre créé pour détruire l’humanité. C’est ça qu’ils veulent. Anéantir le monde pour accéder au repos éternel..”

    Il ne doit certainement pas comprendre ce qu’elle veut dire puisqu’il ne sait pas pour les révélations de la prêtresse. Il doit ne pas non plus savoir qu’elle a tué Léon. Léon.. Roxanna se flagelle chaque jour depuis le moment où elle a compris qu’elle avait pris la vie de ce jeune homme. Si elle a pu tuer un garçon qu’elle appréciait, est-ce qu’elle pourrait faire pire avec Arès ?

    Avec une démarche de lionne, elle avance vers Arès qui ne bouge pas. On dirait qu’il n’a pas peur alors que le diable est devant lui. Elle a toujours ses yeux noircis de faim et ses crocs prêts à attaquer. Cependant elle se détourne du roi et elle sort de la tente aussi rapidement qu’elle n’en est rentrée. Roxanna a besoin de plus de sang.. Elle a besoin de s’abreuver pour retrouver sa force et surtout sa tête. Aussi étrange que cela est, le sang d’Arès a eu assez d’effet pour qu’elle ne se dirige pas vers les blessés byzantins mais vers les ennemis qui sont à plusieurs kilomètres de là. Elle fait un carnage. Plus elle boit, plus elle devient forte et inarrêtable. Le groupe d’une trentaine d’hommes tombe en peu de temps. Elle les exécute tous et elle revient vers le groupe d’Arès en tenant une tête entre ses mains. Celle du chef du camp ennemi. Elle jette cette tête au milieu des tentes qui forment un cercle. Elle est couverte de sang mais diablement séduisante avec son regard assassin.

    “ – Ils ne viendront plus vous attaquer.. Du moins, pas ce groupe en tout cas.”

    Elle étire un fin sourire alors que les hommes d’Arès semblent horrifiés devant la belle brune. Ils n’osent pas bouger. Roxanna voit Arès qui est debout, près de ses hommes. Elle s’avance vers lui d’un pas lent mais avec toujours cette attitude de fauve. Son repas l’a totalement remplumé et il a aussi effacé les traces de brûlures sur son corps. Sa robe est toujours déchirée cependant, laissant voir quelques unes de ses courbes.

    “ – Tu n’aurais vraiment pas dû me trouver Arès.. Tu ne sais pas à quel point la rage me consume depuis que j’ai quitté Byzance.. Et elle est encore plus puissante maintenant que tu es là.”

    Elle est proche de lui, assez pour sentir qu’il n’est pas rassuré. C’est la première fois qu’elle se montre autant imprévisible et dominante. Elle a l’Aura d’une créature qui n’a plus rien à perdre. Bien que si, elle a encore une seule chose à perdre et elle se trouve devant elle. Cette chose à des yeux bleus à s’en damner, une bouche que l’on veut dévorer et une âme qu’on veut posséder.

    “ – J’ai lutté pour ne pas revenir. J’ai été jusqu’à m’isoler dans ce désert pour ne pas revenir. Et tu sais pourquoi ? Parce que je rêve de pouvoir torturer et détruire celle qui m’a jeté aux loups.. et qui t’a volé à moi..”

    Elle tourne autour de lui lentement. Le bout des doigts de Roxanna viennent se poser sur Arès. Il ne bouge toujours pas, peut-être pour attendre ce qu’elle a encore à dire.

    “ – Donc à partir de maintenant, les hommes présents ici sont les miens et toi.. Toi, tu vas devenir mon prisonnier. Je vais faire en sorte que cette idiote sorte de sa petite cachette pour tenter de te récupérer.. Et quand elle viendra à nous.. Hm.. Je m’amuserai avec elle.”

    Roxanna s’arrête face à Arès qui n’est pas un prisonnier très apeuré de son destin. Au contraire, une lueur dans ses yeux semble s’animer de désirs. Cependant l’un des hommes en arrière se lève pour riposter puisqu’il se doit de protéger son roi..

    “ – Tu n’as pas le droit ! Notre roi n’est pas ton..”

    Mais en un claquement de doigt, il tombe au sol avec une nuque brisée. Cela prévient les autres qu’ils n’ont pas le choix d’accepter. Roxanna jette un regard mauvais à chacun des soldats jusqu’à ce que son regard revienne sur Arès.

    “ – En attendant la venue de ton épouse, on va jouer un peu. Je crois qu’il y a bien longtemps que nous n’avons pas mis des villes à nos genoux.. Il va falloir un peu d’argent et de sang en attendant que quelqu’un décide de venir te retrouver. Dès demain, on prendra la route vers le nord. Je n’y ai pas encore mis les pieds.”

    Son sourire est machiavéliquement tentateur. Elle est devenue le serpent de la genèse. La belle s’abaisse pour récupérer les vêtements du soldat mort et elle part ensuite vers la tente d’Arès. Elle laisse derrière elle une incompréhension totale. Plus aucun homme ne sait quoi dire. Une femme qui les prend en otage ? C’est du jamais vu.

    Dans la tente, Roxanna retire sa robe déchirée. Les vêtements du soldat vont être trop grands pour elle mais elle va s’arranger pour qu’ils épousent son corps. Arès arrive quelques instants après, Roxie est dos à lui. Elle est encore nue et elle essuie les stigmates du carnage qu’elle vient de faire dans le camp ennemi.

    “ – Mon prisonnier souhaite-t’il que je l’attache pour se sentir plus prisonnier ? Je dois avouer que ça peut être tentant de te voir à ma mercie…”

    Elle lâche un petit rire mais ne se retourne pas. Elle entend le cœur d’Arès qui bat si rapidement qu’on pourrait croire qu’il va exploser.

    “ – Je ne veux plus être celle qui perd. Je ne tiens plus à être celle que l’on écrase. Il est temps que je montre que je suis la reine et que rien ne peut m’arrêter. Il est aussi temps que je récupère ce qu’on m’a pris. Tu es à moi Arès. Tu es mon âme soeur et plus personne ne se mettra entre nous. Si je dois brûler le monde pour que ce soit compris alors très bien. Je brûlerais le monde avant de brûler avec toi.”

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    Ce sont deux bêtes féroces qui se font l’amour sur le sol poussiéreux de la tente. Comme lorsqu’Arès a pris la virginité de Roxanna lors du pillage, cependant là plus rien ne les retient. Il n’y a plus la peur de la douleur ou l’angoisse de la séparation. Arès vient d’accepter la sentence de Roxanna sans négocier, il est devenu son prisonnier, son avenir. Possessivement, les doigts de la belle brune viennent s’accrocher à la nuque du trentenaire et elle vient l’embrasser comme si le souffle du blond pouvait insuffler la vie à la brune. Elle gémit dans ce baiser bercé de coups de bassin bestial et la jouissance s’accompagne d’un cri si intense qu’il pourrait en résonner dans le désert entier.

    Quand Arès retombe sur sa déesse, elle l’entoure de ses bras avec encore cette possessivité qui ne veut plus la quitter. Non, il est à elle. Plus personne n’a le droit de lui retirer l’homme qu’elle aime depuis tant d’années. Plus personne, ni même la mort, auront ce pouvoir. Roxanna ne sait pas qu’elle peut transformer Arès mais elle se plaît à croire qu’elle trouvera un moyen de rendre son amour immortel comme elle.

    “ – Je ne jouais pas la comédie Arès.. Je veux punir tous ceux qui m’ont arraché à toi.. Mon âme est déjà damnée alors qu’importe si les enfers finissent par m’engloutir.. Tant qu’ils me permettent de pouvoir t’aimer à jamais.”

    Le bout de son nez caresse la peau brûlante d’Arès. Il est le feu quand elle est la glace. Pourtant leurs corps s’épousent parfaitement et ils ne se répugnent pas à cause du choc thermique. Toujours allongés sur ce sol, le couple d’amant se caressent comme pour effacer les années d’éloignement. Le regard de Roxanna est pétillant de malice et d’amour, face à cet homme qui lui revient alors qu’ils étaient destinés à ne plus se voir. Il faut croire que le destin ne s’est pas séparer les âmes sœurs. Elles se retrouvent toujours, même dans le plus grand des désert.

    “ – Tu m’as tellement manqué Arès.. même lorsque j’étais dans ce mausolée. Tu es dans mon esprit depuis que tu m’as trouvé dans le temple.. Tu es gravé en moi. J’ai tellement souffert d’être à chaque fois éloigné de toi. Je sais que tu as vécu la même chose. Tu as ressenti aussi ce vide lorsque nos âmes sont éloignées l’une de l’autre. Je ne veux plus ressentir ça.. car sans toi, je ne suis rien. »

    Les lèvres se joignent à nouveau et un baiser passionné s’en suit. Il a bien trop d’heures perdues dans les limbes et elles doivent être rattrapées. Une nouvelle fièvre emporte les amants maudits et Roxanna prend le dessus sur son beau prisonnier. La nuit n’a que faire des appels de Morphée, elle préfère la luxure de la chaire.
    Après un second coïte, la belle brune laisse un peu de repos à son bel amant mais le faciès de Roxanna devient soudainement plus grave.

    « – J’ai tué Léon.. »

    Pour une fois depuis les retrouvailles, il y a beaucoup moins de force dans sa voix. Elle semble même écorchée à vif.

    « – Nous étions près de la frontière égyptienne, dans une maison que nous avions pris de force.. et.. je voulais en finir. Après notre voyage auprès de Sarmates, je me sentais encore plus perdue. La prêtresse m’a dit que j’étais voué à ne jamais mourir. Et.. et elle m’a parlé d’un soi- disant frère qui serait aussi maudit.. »

    Roxanna ne sait pas comment prendre cette révélation. Doit-elle s’en réjouir ou en pleurer ? La prêtresse a dit que les jumeaux étaient nés ennemis. Ils sont des opposés censés s’entretuer mais pourtant il est devenu son unique famille. La brune raconte à Arès l’histoire de ce frère enlevé à la naissance et le fait qu’il serait une sorte de bête mystique qui au contraire d’elle, aurait la lune pour malheur et soleil pour répit.

    « – Je voulais encore tenter d’en finir.. j’avais enfoncé des poignards dans mon cœur en attendant que la mort me prend en pitié mais Léon m’a trouvé. Et.. et je ne sais pas ce qu’il s’est passé, j’ai perdu l’esprit. Je ne contrôlais plus rien.. mais quand la vue m’a été redonné, tout était baigné de sang. Léon.. Léon était.. enfin il.. il avait succombé à ma folie. »

    Elle s’en veut, signe qu’il y a encore de l’humanité en elle. Le garçon devait veiller sur elle, il était prêt à donner sa vie pour elle et elle l’a tué sans pitié. Est-ce qu’elle pourrait en faire de même avec Arès ? Cette question ne cesse de tourner en boucle. Son cœur hurle que c’est impossible car elle l’aime plus que tout mais la bête montre un sourire amusé.

    « – Depuis que je suis à nouveau réveillé.. enfin depuis le mausolée, j’ai parfois des absences. Comme si le monstre prenait le dessus sur l’humaine. Il déverse sa soif de sang et sa colère sans que je puisse le stopper. Ça.. ça ne faisait pas ça avant. Ou alors peut-être que ça ne le faisait pas parce que tu étais près de moi. Je crois que tu es ce qui me permet de ne pas me laisser envahir par les enfers.. Tu es la lumière qui me permet de ne pas sombrer entièrement. »

    Elle pose sa main sur l’avant bras de son amant alors qu’il est allongé sur le tapis, le visage encore en sueur de leurs ébats. Elle a besoin de ce contact pour se rappeler qu’il est bel et bien là. Il n’est pas un fantôme. Il est de nouveau auprès d’elle.

    « – Si.. si un jour tu pars définitivement.. je sais que mon âme n’en survivra pas Arès.. la bête prendra le dessus.. »

    Elle a besoin de lui dire tout cela. Il n’y a qu’avec lui qu’elle réussit à confier ses pensées et ses doutes, parce qu’elle n’a pas peur de ses réponses. Arès ne l’a jamais vu comme un diable ou une immondice. Avec Léon elle ne pouvait pas évoquer tout cela et c’est peut-être ça qui a fait qu’il a fini rapidement sa jeune vie.

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    Elle ne peut se retenir de rire quand Arès se montre autant taquin envers elle. Pour aller dans le sens des paroles du bel homme, elle fait une moue et passe une main entre leurs deux corps pour tâter l’entre jambe de son partenaire.

    « – C’est vrai que tu vaux bien plus qu’un royaume et ta queue ne fait que parfaire l’ensemble. Pourquoi vouloir un trône lorsque l’on peut aimer un dieu ? »

    La demoiselle étire un sourire diaboliquement aguicheur et elle réussir à inverser les positions. Se retrouvant à califourchon sur les cuisses d’Arès, elle continue encore de laisser ses doigts pianoter sur la virilité qui recommence à durcir.

    « – En même temps, comment ne pas succomber ? Mais je ne partage plus. Maintenant tu n’es rien qu’à moi et je tuerais celles qui oseront dire le contraire. »

    Elle se penche pour déposer un faible baiser contre les lèvres du beau mâle avant de descendre ses courbes pour que ses lèvres continuent de cheminer sur la peau d’Arès. La nuit n’est pas encore finie mais c’est surtout la gourmandise de la jeune femme qui n’est pas encore rassasiée. Cette fois-ci c’est elle qui mène la danse et Arès subit la faim gargantuesque de la succube.

    Lorsque le soleil pointe le bout de son nez, Arès est endormi alors que Roxanna l’observe silencieusement. Elle ne devrait pas sortir de la tente mais elle attrape une couverture au sol pour en faire une cape et elle ose laisser son roi pour voir si les soldats ont désertés ou non. Ils sont encore tous là malgré ce qu’a dit Arès. Ils sembleraient qu’ils préfèrent protéger le grand blond plutôt que de l’abandonner à son sort de pseudo prisonnier.

    Quand Arès se réveille, tout le monde l’attend pour préparer le prochain voyage vers les terres que Roxanna souhaite piller. La brune vient s’installer derrière Arès après qu’il se soit mis sur son cheval et tout le groupe prend route dans un silence seulement brisé par les sabots des équidés. Le désert est immense, si bien qu’il faut deux jours pour arriver vers un premier village.

    Pillé rapidement, ce petit endroit devient un camp pour la troisième nuit. Les hommes d’Arès quémandent du repos alors que la belle brune semble déjà prête pour encore se battre. Elle dégage une énergie un peu trop imposante, comme une enfant qui aurait mangé trop de sucreries. Pour combler ce manque, elle part seule pour aller traquer une ou deux proies humaines.

    Durant son absence, l’un des hommes essayent de raisonner Arès. C’est Julius, l’un des guerriers les plus forts d’Arès mais aussi un nouvel ami fidèle. Contrairement à Léon, lui n’a pas encore connu roxanna et il ne connaît pas énormément l’histoire entre le roi et la vampire. Il est arrivé dans les troupes il y a deux années, après avoir été chassé par son propre peuple. Il ne voulait pas s’embarquer dans les folies de l’empereur romain mais là, il a l’impression d’être pris au piège dans les envies belliqueuses d’une femme.

    “ – On ne va pas réellement suivre cette fille ? Elle semble forte mais on est assez pour la faire plier et la ramener à Byzance pour qu’elle réponde de ses actes.”

    La misogynie est fort présente et cela l’a toujours été, encore plus chez les romains. Elle prend même de plus en plus d’importance puisque les peuples où les femmes avaient une place forte, se font massacrer pour ce fait. Beaucoup d’hommes veulent que les femmes soient inférieures et ils les traitent de plus en plus comme telles.

    “ – Vous vous laissez envoûter par ses courbes mais elle n’est qu’une femme.. Elle va vous mener à votre perdition. La luxure va faire de vous un faible.”

    Il n’a pas peur de dire ce qu’il pense, au grand désespoir des autres soldats qui savent que ça ne va pas plaire à Arès. Cependant il y a bien plus terrible que le roi. Elle est là.. Ou plutôt elle est à l’extérieur de la petite maison mais elle a tout entendu. Lorsqu’elle entre, son regard est de nouveau sombre comme la veille. Ce Julius a réveillé son instinct de lionne.

    “ – On veut déjà m’évincer ? Je pensais avoir montré que j’étais inatteignable en tuant votre compagnon..
    _ JUSTEMENT ! Tu as tué l’un des nôtres et tu as envoûté notre roi ! Tu mérites la mort !!”

    Julius se lève en sortant son épée mais cela fait rire Roxanna. Envouté dit-il ? La belle s’avance vers lui sans montrer aucune peur mais au lieu de lui briser la nuque, elle le fixe dans les yeux et lance.

    “ – Maintenant tu vas te mettre à genoux devant moi et tu vas me demander pardon. Si Arès pense que cela est suffisant, tu pourras retourner auprès des autres mais s’ il juge que cela est mauvais, tu te trancheras la gorge.”

    Là elle envoûte.. Ce petit “pouvoir”, elle l’a appris il y a peu. Avec son regard, elle peut persuader qui que ce soit. Julias se met à genoux et il commence à faire un discours presque ennuyeux dans le but de se faire pardonner. Roxanna relève son regard vers Arès pour voir ce qu’il pense de ce nouveau tour de magie.

    “ – On peut avoir le monde à nos pieds, comme tu l’avais si bien dit il y a dix ans.. Sans même lever un seul doigt.”

    Elle aurait pu garder cela secret mais elle ne veut rien cacher à Arès. Elle expose tout, pour qu’il sache vraiment à quelle créature puissante il a confié son cœur.

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    Arès a tué Julius. Il n’a pas aimé le faire mais il n’a pas hésité. Roxanna en a tiré un fin sourire, un peu comme si elle n’attendait que cela. Parfois sa part d’humanité s’efface et la vue des massacres devient une plaisante distraction. La brunette en jette un froid glaçant alors que pourtant le désert est brûlant mais elle ne reste pas auprès des soldats, elle se met à suivre Arès qui est parti se jeter dans l’eau.

    Il est nu lorsqu’elle se rapproche de lui et il se montre de nouveau mordant. Autant dans ses mots que dans ses gestes. Il ordonne des choses à la jeune femme tout en venant la toucher, l’embrasser, la caresser. Il se contredit quelque peu puisqu’il ne veut pas être son esclave mais il agit comme si il l’était. Roxanna se laisse appâter bien qu’elle est tout autant asservie que son bel amant. Elle le dévore du regard pendant qu’il savoure la peau glacée de la demoiselle.

    “ – Je ne peux pas utiliser ce pouvoir sur toi..”

    Elle n’a pas peur de l’avouer même si cela veut dire qu’elle a tenté.

    “ – J’ai découvert cela après être sorti du mausolée.. Et je ne savais pas comment ça fonctionnait vraiment. J’ai testé sur quelques servantes et gardes mais c’est lors de ma fuite avec Léon que j’ai pu comprendre comment je pouvais mettre les gens à mes pieds. Et ça ne fonctionne pas sur ceux en qui je tiens. Cela ne fonctionnait pas sur Léon et encore moins sur toi.”

    Elle hausse les épaules alors qu’Arès relève son visage pour faire face à la succube.

    “ – J’ai tenté sur toi avant hier, lorsque nous étions dans le désert. Tu ne te rappelles pas lorsque je t’ai ordonné de boire le reste d’eau ? Tu ne l’as pas fait. Je voulais m’assurer que tu étais bel et bien protégé contre moi. Et tu l’es.. Tant que tu seras dans mon cœur, tu seras protégé du monstre que je peux être.”

    Ce n’est pas plus mal pour Arès mais c’est triste pour le reste du monde. Roxanna peut contrôler et tuer avec une facilité inquiétante. Mais elle a encore de la lucidité grâce à Arès. Elle a encore un coeur et une âme grâce à lui.

    “ – Je ne sais pas encore tout.. Il y a peut être des choses que j’apprendrais encore avec le temps mais jamais je ne ferai quoi que ce soit contre toi. Bien au contraire. Tu sais que je pourrais brûler le monde pour toi et ta sécurité. Alors n’ais jamais peur de moi. Tu es la seule personne dans ce monde que j’aime plus que tout.”

    A son tour, elle vient embrasser le bellâtre et elle se plaît à venir se lover contre son corps nu. Ils se reculent dans l’eau pour que celle-ci couvre leurs corps et cache l’alchimie qui les pousse à encore se consommer. Les cuisses de Roxanna viennent entourer la taille d’Arès et il ne faut pas longtemps pour qu’ils se fassent l’amour.

    La nuit finit par arriver et le groupe campe encore dans le village fraîchement pillé. Arès et Roxanna occupent une chambre à deux mais il n’y a que le roi qui réussit à trouver le sommeil. Roxanna reste près d’une fenêtre et elle observe le ciel étoilé comme elle le fait la plupart des nuits où Arès se repose et où elle ne part pas en chasse. Dans ses songes, la jeune vampire pense au passé, au présent mais aussi au futur. Elle veut que l’épouse d’Arès vienne se battre contre elle mais quand Roxanna aura gagné, qu’est-ce qu’il se passera ? Est-ce qu’Arès retournera sur son trône ? Est-ce qu’ils continueront à être des amants fugitifs ? Des guerriers ? Des pilleurs ? Elle pense surtout au fait qu’Arès n’est pas éternel et elle ne peut pas se permettre de le faire combattre jusqu’à la fin. Il n’est que trentenaire mais la vie passe si vite que Roxanna ne tient pas à ce qu’il finisse son temps sans avoir eu le plaisir de goûter à un peu de paix.

    L’aube se lève et Arès aussi. Roxanna est revenue auprès de lui et elle s’amuse à caresser la longue chevelure blonde de son amant.

    “ – Tu ronfles de plus en plus fort mon cher ami.. Tu pourrais en réveiller les morts.”

    Elle étire un sourire amusé et elle embrasse avec douceur le front d’Arès.

    “ – J’ai réfléchi pendant que tu dormais. Après que j’aurais chassé cette idiote qui te serre d’épouse, je veux que tu retrouves ton trône et que ce soit moi qui devienne ta reine. Comme cela devait se passer il y a dix ans. Je veillerais moi-même sur tes enfants. Je veillerais aussi à ce qu’aucun homme ne tente de prendre ce qui t’appartient.”

    Son trône, son empire, sa famille.

    “ – On pourrait encore prendre des villes, des pays, des trésors mais à quoi bon puisque tu as déjà tout cela ? La seule chose qui te manquait, c’était nous et.. je suis là. Je veux seulement rester auprès de toi, le reste m’importe peu. Cependant on ne peut pas courir encore des années.. Et je veux pouvoir profiter de toi jusqu’à la fin Arès. Alors.. Est-ce que..”

    Elle se redresse pour se mettre à genoux dans le lit mais surtout à genoux face à Arès qui a encore une bouille à moitié endormie.

    “ – Est-ce que tu aimerais devenir mon époux ? C’est peu conventionnel que cela vienne d’une femme.. ou plutôt une créature mais nous n’avons jamais été normaux. Et puis je n’ai pas de dotes ni même demandé ta main a ta famille mais qu’importe, tant que toi tu acceptes.”

    Elle pince ses lèvres sous une timidité sous-jacente qui se trame. Ce n’est pas rien de demander une main, même si le cœur est déjà conquis. En acceptant, Arès va devoir accepter de mettre une fin à cette vie qu’il a construit sans Roxie. Ou plutôt à ce mariage arrangé qui n’a pas été construit avec amour mais qui a pourtant donné des enfants.

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    Elle était prête à sortir les griffes, du moins à bouder mais Arès tente de se rattraper en parlant d’un serment. Roxanna l’écoute avec curiosité alors qu’il attrape un morceau de drap qu’il finit par enrouler autour de leurs mains. La brune retrouve un sourire en comprenant ce qu’il compte faire mais avant d’aller plus loin, elle fait une petite moue.

    “ – Tu sais, avant d’être cette créature sanguinaire, j’étais une jeune fille avec des rêves. Je me doute que tu vas avoir du mal à l’imaginer puisqu’aujourd’hui je tue sans limite mais il fut un temps où je rêvais de devenir une épouse, une mère.. Je rêvais surtout de trouver quelqu’un pour qui je donnerais tout, jusqu’à mon âme. J’ai la chance de t’avoir trouvé et d’avoir connu ce qu’on appelle le grand Amour mais cela ne veut pas dire que parfois j’en oublie mes rêves d’enfants.. Malheureusement je suis condamné à ne jamais devenir mère mais je veux que dans cette vie d’éternité, je sois lié à mon seul grand amour. Parce qu’on sait tous les deux que tu partiras avant moi.. Je finirais seule. Cependant dans mon malheur, j’aurais encore ce sentiment d’être tienne. D’être ton épouse.”

    Il y a une tristesse dans ses yeux mais elle secoue la tête pour reprendre de la prestance et se concentrer sur ce qu’ils sont prêts à faire. Arès serre le lien qui entrave leurs mains et Roxanna vient enlacer ses doigts à ceux de l’homme.

    “ – Mais je suis plus que d’accord pour me lier à toi Arès. Je suis entièrement et irrévocablement à toi depuis que tu m’as trouvé. Les dieux m’ont peut-être maudit mais ils ont aussi mis sur mon chemin ma plus belle destinée. Si je n’avais pas été dans ce temple à me cacher, peut-être que nous nous serions jamais rencontrés.”

    Elle ne sait pas ce qu’il faut faire pour cette drôle de cérémonie mais elle laisse Arès prendre les devants. Ils n’ont qu’à s’offrir des mots, des vérités, des promesses. Roxanna sent l’émotion la gagner quand ils terminent par un long baiser. Il n’y a qu’eux pour témoin mais elle n’a pas besoin de plus. Elle ne doit rien à personne sauf à l’homme qui est face à elle.

    “ – Tu seras mon seul amour.. C’est une promesse qui vivra avec mon éternité Arès. Peu importe comment sera mon futur, je refuse que quiconque prenne ta place. Même si cela veut dire que je reste seule jusqu’à la fin des temps. Mon coeur ne peut battre que pour toi.”

    Elle pose son front contre celui du bel homme et elle ferme les yeux. Oui, un jour il ne sera plus là et c’est horrible de savoir que ce destin est déjà gravé. Mais il est encore là et ils doivent profiter de ce temps. Roxanna s’engage à embrasser cet homme qu’elle chérie plus que tout mais l’un des gardes se met à appeler Arès. Il se montre un peu trop insistant.

    “ – Une cavalerie envoyée de Byzance n’est pas loin ! Votre épouse a fait envoyer des hommes comme prévu mon roi !!”

    D’autres hommes qui sont avec Arès, ont été faire un tour pour voir si personne ne se rapprochait mais l’épouse d’Arès n’a pas tardé à envoyer du monde pour retrouver le roi. C’était une évidence que cela arriverait assez vite puisque sans le roi, cette femme ne pourra pas garder le trône bien longtemps. Il y en a qui vont vouloir se rapprocher d’elle ou la renverser si elles se retrouvent veuves ou sans nouvelles d’Arès.

    Roxanna se recule légèrement d’Arès, mettant fin au baiser, mais elle étire son sourire qui ne laisse aucun doute sur ses intentions.

    “ – Dois-je m’occuper des cavaliers ou préfères-tu que j’aille directement voir l’usurpatrice ?”

  197. Avatar de M.
    M.

    Elle connaît l’odeur et le goût du sang mais il y en a un qu’elle reconnaîtrait parmi des milliers. Arès saigne et il est clair qu’elle ne peut pas rester sous la tente à attendre. Roxanna enfile sa robe et sa cape pour sortir de là, avant d’aller voir ce qu’il se passe. Des soldats s’en prennent à Arès et ses hommes alors la brune se mêle à cette petite bataille pour pouvoir protéger son amant. C’est rapide puisqu’il y a peu d’hommes qui se mettent contre Arès et il y en a même plusieurs qui se mettent à genoux lorsque le blond parle de sa déesse. Cela devrait calmer Roxie mais son regard reste terriblement sombre puisqu’elle a vu la blessure d’Arès. Il a une plaie à l’épaule et celle-ci saigne beaucoup. En soit, il ne va pas en mourir mais il n’empêche qu’il a été blessé et Roxanna pourrait détruire le monde pour cela.

    “ – Tu dois bander cette plaie Arès.. Et..”

    Et ? Et il n’y a pas le temps de se poser car une autre horde de soldats arrive mais Arès ainsi que Roxie, comprennent que ce ne sont pas des hommes de Byzance. Ils ont d’autres bannières et Arès confirme en parlant du père de son épouse. La reine a lancé une vendetta envers Roxanna mais ça ne fait pas peur à la créature qui se languit déjà de sa vengeance.

    “ – Je suis plus que prête pour mon Festin, bel Amour. J’espère juste que tu as le coeur bien accroché.”

    Ils sont une centaine alors que du côté des amants, il n’y a qu’une trentaine d’hommes. Dans la logique des choses, la bataille serait perdue d’avance mais Arès comme Roxanna, savent que cela va être un jeu d’enfants. La brune laisse les soldats s’avancer en premier et elle se met à suivre Arès puisqu’elle compte garder un œil sur lui à cause de sa blessure. C’est en duo qu’ils partent à l’assaut. Arès relève son épée alors que Roxie montre ses crocs.

    Ceux qui sont en face, auraient presque un rire amusé en voyant la demoiselle sans armes qui s’avancent vers eux mais ça ne dure pas puisqu’elle attrape sans mal un cavalier encore perché sur son cheval et elle vient l’éventrer avec sa simple main. Elle ne fait pas dans la douceur, elle déchaîne sa force et sa fureur. Pendant qu’Arès donne des coups d’épées, Roxanna fait couler le sang sans pour autant le goûter. Il n’y a qu’un cou qu’elle semble vouloir consommer et il est encore loin d’elle. La belle a remarqué la présence du père de la reine et c’est lui qu’elle veut déguster.

    Les hommes des deux camps tombent mais c’est un vrai carnage pour les adversaires. Ils meurent à une vitesse qui effraie le beau-père d’Arès. Le vieux colonel reste en arrière, prêt à détaler mais il en a pas le temps. Roxanna use de sa rapidité pour l’attraper et le trainer entre les corps mutilés de ses hommes. Arès se bat encore mais il finit par venir vers sa belle brune qui attend encore un peu avant de pouvoir s’abreuver.

    “ – Elle a envoyé son père.. C’est amusant. Je n’avais pas revu cet homme depuis mes fiançailles avec l’ancien roi. Tu sais que c’est un traître qui a aussi conspiré contre ma famille ?
    _ Ta famille.. Ton père était encore plus traître que moi ! Il allait utiliser ton mariage avec Septimus pour faire tomber Byzance ! On l’a juste éliminé avant !”

    Roxanna a un rire amer. Elle presse sa main qui est autour de la gorge du quinquagénaire et elle retient de le tuer sur le champ.

    “ – Mon père voulait une vie plus juste pour les gens de Byzance. Alors que toi et les autres, vous avez toujours usés du petit peuple pour vous gaver d’or et de puissance. Mais tu sais quoi ? Tu as fait l’erreur de venir et j’ai bien envie que tu vois ce que cela fait de perdre sa famille.. Tu vas venir avec nous à Byzance et je vais tout te prendre sans que tu ne puisses intervenir. Et quand j’en aurais fini, je mettrais ta tête sur une lance et celle-ci trônera devant les portes de la ville.”

    Elle ne le tuera pas maintenant. Elle a besoin de se venger même si Arès aimerait qu’elle soit moins cruelle. Roxanna demande à ce que le beau-père soit attaché et fait prisonnier, ce que des soldats d’Arès viennent accomplir. Il ne reste plus que le beau blond devant la créature mais elle fronce à nouveau les sourcils car il saigne encore. La plaie à l’épaule a besoin d’être traitée rapidement. Sans lui laisser le choix et même s’il y a encore des hommes qui se battent, Roxie fait asseoir Arès et elle arrache un bout de sa cape pour presser la plaie.

    “ – Je pense qu’il y aura aussi des soldats prêts à nous attaquer lors de notre retour vers Byzance donc il faut qu’on te soigne maintenant.. Il serait dommage que l’on doive te couper le bras à cause d’une petite plaie non ? »

    Elle prend un ton léger afin de faire sourire Arès. Ils ont à nouveau montré qu’ensemble, ils étaient inatteignables comme dans le passé. Les ennemis sont tous morts et il n’y a pas eu beaucoup de perte du côté des hommes d’Arès.

    Le camp doit pourtant se lever afin de prendre route vers Byzance. Reste ici ne servira plus à rien. Roxanna s’assure qu’Arès soit soigné à coup de point de suture et elle se met à suivre le cortège en s’installant derrière Arès sur l’un des chevaux. Il y a deux jours de route avant d’arriver dans la capitale mais il faut rester sur ses gardes puisqu’il peut encore y avoir des batailles.

    Le père de la reine est attaché à un cheval et il n’arrête pas de pester, si bien qu’il finit par être bâillonné. Une pause se fait à mi-chemin pour que tout le monde puisse prendre des forces et Roxanna profite de ce moment pour aller boire du sang. Elle a aussi besoin de prendre des forces car la prochaine bataille sera bien plus rude. La plupart des soldats seront contre elle, même si Arès clame son amour. La reine a certainement eu le temps de faire passer Roxanna pour un monstre qui a envoûté le roi.

    En revenant au camp qu’ils ont monté pour la pause, Roxanna observe les hommes mais aussi Arès qui parle avec eux. Ils se motivent, se soutiennent, sont prêts à tomber pour la belle brune. Roxanna devrait être heureuse d’entendre ça mais elle se sent soudainement mal. Ou plutôt, elle a peur. Elle a peur pour Arès. Elle a peur de le perdre durant cette future bataille. L’espace d’un instant, elle s’imagine fuire pour éviter ce prochain carnage mais Arès relève les yeux vers elle. Cela donne assez de courage à la demoiselle pour oublier son envie de partir.

    Non, elle lui a fait la promesse de rester et de se battre pour eux. Elle le fera mais sans être certaine qu’il ne risque rien.

  198. Avatar de M.
    M.

    Roxanna a accepté aisément le plan d’Arès. Elle a une totale confiance en ses stratégies alors elle se montre un peu moins sur la défensive qu’elle ne l’aurait été si ils avaient été vers Byzance rapidement. Arès amène des alliés et ils ont même le confort de se poser une soirée dans un palais d’un roi ami du beau blond.

    Au détour d’une balade qui aurait dû être salace, le couple est stoppé par un individu que Roxie ne connaît pas mais qui semble très proche d’Arès. Cet Alistair se montre très familier et Arès explique ce qui le lie à ce nordiste. Par politesse, Roxanna tend sa main afin de la saluer mais elle esquisse un sourire légèrement malsain face à la trop grande confiance de l’inconnu.

    « – Je doute qu’Arès aille encore dans les bordels. Cela ne ferait qu’accroître mes bains de sang.
    _ Madame ne partage pas ?
    _ Pour le bien commun, non. »

    Alistair sourit en coin et il vient déposer un baiser sur le dos de la main de Roxanna. Le trio ne reste pas dehors, retardant une belle nuit langoureuse pour les jeunes mariés mais Roxanna tient à ce qu’Arès puisse retrouver son ami de longue date. Ils vont donc dans le palais pour partager du vin et des souvenirs. Roxie en apprend plus sur la jeunesse d’Arès mais aussi sur son ami qui vient de terres qu’elle connaît que trop peu mais qui attisent sa curiosité, surtout en sachant cette légende sur un frère jumeau qui vivrait dans le nord.

    « – La chaleur n’est pas aussi forte qu’ici. Au contraire, parfois il fait si froid que ceux qui n’ont pas de foyers finissent par mourir congelés. Cependant nous avons de grandes forêts et d’immenses terres pour cultiver. La pluie abondante nous permet d’avoir des récoltes importantes lorsque le temps ne se montre pas trop frisquet.
    _ Et Est-ce que vous aurez entendu parlé d’un homme qui serait maudit ? Qui serait capable de devenir une bête ? »

    La question surprend Alistair. Il a déjà bien du mal à croire que Roxanna n’est pas humaine. Dans le Nord, les légendes sont certainement plus intenses que dans les terres du sud mais Alistair se laisse moins bernés puisqu’il est un homme de guerre et non de croyances.

    « – Oui, j’ai entendu parlé d’un roi dans le Nord qui ne serait pas comme tout le monde. Il aurait le pouvoir devenir une sorte de bête sauvage lorsque la lune est à son zénith mais ce ne sont que des légendes. Je n’ai pas vraiment cherché à en savoir plus puisqu’il vit dans les terres glacées du haut nord.
    _ Vous ne connaissez pas son nom ?
    _ Hm.. je ne suis pas certain mais il me semble que son nom serait Ivar le désossé.
    _ Le désossé ?
    _ Ça m’a amusé d’entendre ça mais cela serait en référence à son pouvoir. Lorsqu’il se transforme, ses os se brisent pour faire de lui quelque chose de plus immense. »

    Roxanna lance un regard vers Arès qui est le seul à savoir pour ce frère jumeau qui aurait été éloigné d’elle à la naissance. Il est son double opposé. Son frère ennemi. Alistair ne s’attarde pas plus sur l’histoire d’Ivar et il raconte ce qu’il a fait pendant ces années loin de son ami. Il a retrouvé une partie de sa famille mais il n’est pas resté bien longtemps puisque celle-ci ne voulait plus de lui. Il a donc vécu sa vie comme une aventure où il s’est laissé entraîner dans des batailles et des allégeances. Il en vient même à proposer son épée à Arès s’il en a besoin pour les prochaines semaines.

    Roxanna finit par laisser les deux hommes et elle s’en va vers la chambre qu’elle occupe avec Arès pour la nuit. Elle pense à ce frère qu’elle ne connaît pas mais qui est devenu une grande énigme. Dans ses pensées, elle ne remarque pas que le roi Sargon s’est invité dans la chambre pour venir lui parler. C’est un vieillard qui s’est voué aussi à la déesse de la lune mais il ne vient pas dans le but de la convoiter mais pour la remercier. Roxanna cache son envie de rire car elle voit bien que cet homme est un peu trop entiché par la croyance. Il souhaite simplement une bénédiction de la brune, ce qu’elle fait avec un amusement au bord du précipice.

    Lorsqu’Arès arrive dans la chambre, Roxanna est dans la baignoire. Elle profite d’un bain chaud, même brûlant puisque de la buée a envahit la chambre. Elle étire un sourire quand elle remarque que son époux n’est plus vraiment sobre.

    « – Tu as passé une belle soirée mon Amour ? Tu sembles avoir forcé sur le vin.. Tu as des joues toutes rouges et je suis certaine que si je te pousse un peu, tu vas finir sur les fesses. »

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    M.

    Roxanna ne sait pas ce qu’il s’est dit entre les hommes et c’est certainement mieux car elle serait partie étriper Alistair. Au lieu de cela, elle observe son beau prince qui se met face à elle dans la baignoire et qui peine à garder les yeux ouverts tant il est ivre.

    « – Déjà amoureux de moi.. et bien dis donc, je fais facilement vaciller les cœurs. Heureusement que le mien ne bat que pour un certain garçon qui va finir par s’endormir dans le bain. »

    Elle se redresse pour se rapprocher d’Arès et elle dépose un chaste baiser sur les lèvres du beau blond. Ils ne restent pas longtemps dans l’eau et elle l’aide à aller se coucher. Si au début elle reste dans ses bras, la créature finit par quitter les draps lorsqu’elle est certaine que son amant dort paisiblement.

    Les nuits sont souvent les mêmes. Roxie ne dort jamais et elle se perd dans la contemplation des étoiles lorsque son roi est là. Elle attend que le jour se lève pour revenir auprès de son amant et quand il ouvre les yeux, elle est lovée contre son torse.

    « – Tu as beaucoup ronflés mais on va mettre cela sur le trop plein de vin. J’ai tout de même bien ri. »

    Dit-elle avec fourberie tout en venant au-dessus de son bellâtre pour lui offrir un réveil digne de deux jeunes époux. Les gémissements viennent égayer cette chambre trop silencieuse mais le couple ne peut pas s’attarder puisqu’il faut reprendre la route vers Byzance.

    Deux heures plus tard, les nouvelles troupes avancent avec Arès en meneur, suivi de Roxanna et Alistair. Alistair n’arrête pas de jeter des regards vers la brune et pour le coup, elle pourrait bien croire Arès lorsqu’il lui a dit que son ami était amoureux mais quelque chose pousse l’instinct de la brune à y voir autre chose. Il y a de la convoitise mais pas de l’amour. Alistair l’observe comme si elle était une sorte d’objet précieux à s’emparer. Elle connaît que trop bien ce regard qui a souvent été ceux de nombreux hommes à son encontre.

    C’est lors d’une pause qu’elle décide de se rapprocher du nordiste pour tenter d’en savoir plus.

    « – Pourquoi êtes vous revenu auprès d’Arès ? Par nostalgie ou profit ? »

    Sa question est tranchante mais Roxanna se méfie de tout et Arès le sait. Elle n’a plus confiance en personne sauf son époux.. bien que celui-ci est au courant des envies d’Alistair. Il est même prêt à l’aider mais est-ce que la brune va l’accepter ?

    « – Arès n’a rien dit ? Pourtant nous en avons parlé hier soir. Je dois vous mener à un ordre qui veut vous obtenir mais comme j’ai su que vous étiez la femme de.. »

    Roxanna perd tout de suite son sourire et son regard devient aussi noir que le néant. Elle est prête à bondir sur Alistair mais Arès s’interpose. La brune se retrouve devant son époux qui tente d’expliquer et justifier la demande d’Alistair mais ça ne semble pas la calmer puisqu’elle gifle Arès.

    « – Tu es prêt à accepter sa demande juste pour de l’or ?! Tu veux que j’aille vers cet ordre pour récupérer un trésor ?! Tu ne sais même pas ce que me fera vraiment ces gens même si on sait que je sais me défendre ! Et s’ils savent aussi pour la verveine ? Ou s’ils savent d’autres choses pour me contraindre à eux ?! Jamais je ne donnerais mon immortalité à qui que ce soit ! C’est une malédiction que je n’offrirais à personne tu m’entends ?! Tu sais comme moi que ce n’est pas un cadeau mais un poison qui me tue déjà depuis le début ! »

    Elle peste sur Arès mais elle finit par le contourner pour se mettre face à Alistair. Elle aimerait le tuer maintenant mais il y a sa part d’humanité qui lui rappelle que cet homme est l’ami d’Arès.

    « – Et vous comptiez m’enlever ? Vous savez à qui vous avez à faire ? Ou dois-je vous le montrer ?!
    _ J’en sais bien plus que vous ne le croyez.
    _ Ah bon ? Et quoi donc ? Que je suis immortel et que je dois boire du sang humain pour être en forme ?! Que j’ai une force qui aurait raison de votre tête en quelques secondes ?! Que je peux contrôler votre esprit ? Que le soleil brûle ma peau mais que rien ne peut me tuer ? Pas même la tête coupée ?!
    _ L’ordre a eu connaissance de vous bien avant votre arrivée sur terre Roxanna. Vous étiez attendu depuis la nuit des temps mais personne ne pouvait savoir quand vous alliez enfin arriver. Votre immortalité est une chose que convoité l’humanité depuis la nuit des temps.
    _ Je m’en moque. Je ne serais jamais plus l’objet de qui que ce soit. Donc que ce soit compris, je ne vous suivrais nul part et vous n’aurez aucun trésor. Si vous voulez de l’or, demandez à votre ami le roi de Byzance. Après tout, il est un roi et je suppose qu’il vous aidera une fois qu’il retrouvera son trône. »

    Elle lance un regard mauvais envers Arès car elle a cette sensation d’avoir été trahie. Pourquoi était-il prêt à aider Alistair en sachant que cela venait à presque la vendre ? Furieuse, elle repart vers son cheval.

    « – J’irai à Byzance seule. Je n’ai pas besoin de vous pour parvenir à mes fins. Cependant si tu es prêt à me donner à ton ami pour qu’il gagne sa mission, est-ce que je dois me fier à toi Arès ? Tu as bien plus de mal à aller balayer ta vie de ton ex épouse alors que pour ma part, tu n’hésiterais pas à m’abandonner à un ancien ami qui veut me vendre à des inconnus. Je.. hm.. Je vous déteste tous. »

    Prise dans la colère et la tristesse, elle se lance avec son cheval pour s’éloigner des deux hommes mais aussi de la troupe. Alistair fronce les sourcils car il voit ce dont il est venu, s’éloigner trop rapidement. Il est vrai qu’il avait décidé de ne pas faire les choses comme il devait le faire dès le début mais il n’a pas le droit de la perdre de vue.

    « – Elle a du caractère.. J’ai toujours su que tu aimais les femmes sauvages mais là tu as battu tous les records. Tu crois qu’elle va bouder longtemps ? »

  200. Avatar de M.
    M.

    Elle est partie à cause de la colère mais surtout à cause de sentiments de n’être qu’un objet. Arès lui a plusieurs fois prouvé que ce n’était pas le cas mais comment ne pas revenir sur ce mal qui la ronge ? Si elle n’avait pas été l’objet de convoitise d’un ancien roi, elle ne serait peut-être pas devenue ce monstre sanguinaire. Roxanna sait d’autant plus qu’à présent, elle ne sera que convoitise puisqu’elle détient ce que de nombreux humains veulent posséder.. l’immortalité. Alors oui, elle est partie en furie et elle aurait dû revenir après avoir calmé sa colère mais ça ne s’est pas passé comme cela aurait dû.

    La reine a envoyé des troupes un peu partout pour retrouver Arès et elle a réussi, cependant Roxanna a été plusieurs fois attaqué par les nombreux groupes de soldats. Dès qu’un groupe était évincé, un autre arrivait. En soit, elle a la force de battre ces hommes mais ça ne s’arrête pas, comme si la reine voulait faire en sorte que la vampire reste éloignée pendant un petit moment. Cela fonctionne puisqu’en quelques jours Arès est ramené à Byzance. Il n’a pas pu être intercepté par sa succube et cela ravis la reine. Selene a ramené Arès dans le palais mais il n’est plus le roi. Non, elle en a fait un prisonnier bien qu’il soit enfermé dans la chambre conjugale. Pour le moment, elle n’a pas été le voir car elle sait qu’il s’était capable de lui faire du mal alors elle attend quelques jours avant de franchir la porte. Elle n’est pas seule quand elle entre. Elle est entourée de plusieurs gardes armés afin de s’assurer une sécurité suffisante.

    « – Arès ! Quel plaisir de te revoir à ta place au lieu d’être avec ton monstre. J’ai été surprise quand j’ai su que tu l’avais retrouvé mais bientôt tout cela sera terminé. Elle sera enfermée à jamais et toi tu vas payer pour avoir abandonné ton trône et aussi pour avoir fait tuer mon père. »

    Sa confiance est grande car elle a tout prévu pour la fin de Roxanna. Du moins, sachant que la créature ne peut mourir, elle compte la murer dans un endroit où personne n’ira la chercher, cependant elle doit lui tendre un piège et Arès sera l’appât.

    « – Tu ne comprends pas que tu aimes une abomination ? Depuis des mois tu ments sur ces histoires de villages où les hommes sont vidés de leurs sang mais aujourd’hui tu dois ouvrir les yeux Arès. C’est un monstre qui tue et qui n’a aucune pitié. Elle t’a envoûté et tu es aveuglé par elle mais on va remédier à cela. Tu vas m’aider à la faire venir à Byzance et on va la contraindre à obéir. Elle doit être mise hors de service pour le bien de tout le monde. »

    Arès est en colère, Selene le sait mais elle lui rappelle qu’elle est bien entourée. Les gardes sortent leurs épées sous le signe de cette femme qui a su prendre les rennes du palais.

    « – De toute façon on sait tous les deux que cette chose va finir par te tuer si tu restes avec elle. Alors que moi je ne te ferais jamais ça. Vous n’avez aucun futur tandis que moi je t’offre des enfants et un place importante dans le monde. Il faut vraiment que tu ouvres les yeux Arès. »

    Elle ne lui laisse pas le plaisir de répliquer puisqu’elle ressort de la chambre et la fait de nouveau verrouillée. Selene a vraiment bien trop de confiance car croire que Roxanna va se laisser attraper aussi facilement, c’est bien trop naïf. Tout comme il est naïf de croire que la brune va abandonner Arès à son sort.

    De son côté, Roxanna n’arrête pas d’être prise en joute et même si elle est quasiment imbattable, elle n’en reste pas moins un être qui peut s’épuiser et tout de même recevoir des blessures qui ont besoin de temps pour se soigner. C’est dans une nouvelle bataille qu’elle se retrouve à devoir faire une alliance qui n’aurait jamais vu le jour si Arès n’était pas en danger. Alistair a retrouvé Roxanna et comme il a encore avec lui les hommes d’Arès, il vient en aide à la créature. Il lui apprend aussi qu’Arès a été envoyé à Byzance puisqu’il en a eu vent durant le voyage qui l’a amené jusqu’ici.

    « – Et tu n’as pas été le chercher ?!
    _ Non. Je savais qu’il m’aurait encore plus maudit si je ne t’avais pas retrouvé avant.
    _ Et pourquoi ça ?! Pour mieux me vendre ?!
    _ Je suis vraiment désolé.. C’est vrai que je suis venu ici en pensant pouvoir attraper cette fameuse femme immortelle mais je ne savais pas que tu étais le grand Amour d’Arès. Et c’est de ma faute tout ce qui arrive. Arès pensait m’aider sans pour autant t’éloigner de lui. Il a même décidé de me laisser avec ses hommes pour te retrouver mais il a été attrapé avant..
    _ Je crois que cette putain de reine a enfin lancé son assaut. Il a été attrapé pendant que moi j’étais assailli par plusieurs troupes.. Elle voulait que je reste loin de lui..
    _ Et c’est pour cela que l’on va aller le rechercher ensemble. Arès est mon frère. Je lui dois plus que ma propre vie.
    _ Tu dis ça pour mieux m’attraper une fois fini ?!
    _ Je te fais la promesse que jamais je n’irais te donner à qui que ce soit. J’ai vu à quel point tu étais son monde et puisque tu es son trésor, je ferais tout pour te protéger. Même si pour ça je dois rester à jamais auprès de vous deux. »

    Roxie se méfie comme toujours mais elle sait qu’à cet instant, elle a besoin d’un soutien pour arriver à Byzance. Elle accepte qu’Allistair l’aide pour récupérer Arès, bien qu’elle le prévient que ce sera un bain de sang. La brune veut bel et bien mettre fin à Selene.

    C’est après cinq jours de détention, qu’Arès peut entendre le bruit des cornes qui annoncent la venue d’ennemis sur Byzance. Quelqu’un attaque et il est clair que c’est pour lui. Selene jubile puisqu’elle est certaine que c’est le bon moment pour attraper Roxanna mais avec toutes les troupes qu’elle a envoyé pour traquer la vampire, il y a beaucoup moins de soldats en ville. Roxanna n’est pas non plus née de la dernière pluie et elle se doute que des pièges seront sur son chemin. C’est avec réflexion qu’elle se lance dans l’assaut de la grande ville en compagnie de ses alliés. Pendant qu’Allistair s’en va vers l’avant, Roxanna use de ce qu’elle a déjà fait et donc, elle part troquer sa tenue pour se camoufler en servante.

    Selene est arrivée dans la chambre d’Arès en entendant que l’assaut avait été donné. Elle veut s’assurer que Roxanna n’atteindra pas son époux. Elle a amené les enfants avec elle par sécurité et les petits se ruent dans les bras de leur père. Le bruit des combats se font entendre même si la chambre est au troisième étage du palais et Selene grogne de mécontentement car elle s’impatiente de voir Roxie attrapée.

    “ – J’espère que ton monstre est là ! Elle va voir à quel point je suis plus forte qu’elle !”

    Mais un pouffement de rire se fait entendre. Roxanna est là. Elle est entre deux autres servantes qui sont aussi entrées pour pouvoir surveiller les enfants. La brune retire le voile qui cachait son visage et elle s’avance de quelques pas pour se montrer.

    “ – Plus forte que moi ? C’est ironique d’entendre cela alors que tu viens te cacher dans la chambre d’Arès au lieu de venir te battre contre moi dehors..”

    Selene pâlit et elle se rapproche encore plus d’Arès, en pensant qu’il va la protéger. Les enfants sont cachés derrière leur père et Roxanna n’avance pas plus car elle ne veut pas faire de massacre devant les petits. Pourtant elle ne cache pas sa colère et ses yeux sombres.

    “ – C’est fini Selene. Il n’y a plus personne qui va t’obéir ni même te suivre. Tes plus proches gardes sont déjà morts.
    _ Mon époux ne te laissera pas me tuer ! surtout devant nos enfants !!
    _ Vos enfants ? Dois-je parler de ton petit secret Selene ?”

    La blonde fronce les sourcils et elle jette un rapide coup d’oeil sur Arès. Roxie secoue la tête et elle baisse ses yeux vers les enfants apeurés.

    “ – L’enfant qu’il y a dans ton ventre n’est pas d’Arès. Ni deux des enfants derrière lui. Il n’y a que Silas qui est le sien.
    _ Tu dis n’importe quoi ! Ils sont tous ses enfants !! Il le sait !
    _ Tsss.. Tu crois en tes mensonges Selene ? Pourtant mon odorat ne ment pas. Je peux sentir le sang, les similitudes et je peux t’assurer que tu as trahi Arès bien avant mon retour dans sa vie. Les trois autres enfants sont ceux du garde que j’ai tué en rentrant dans le palais.. hm.. Hector il me semble.”

    Selena lâche un hurlement de colère et de douleur. Roxanna a visé juste et la reine s’avance vers la brune en pensant pouvoir la frapper mais Roxanna se décale et elle se met à rire.

    “ – Alors tu veux qu’Arès vive loin de moi mais tu n’étais même pas capable de t’éloigner de ton amant ? Heureusement que j’ai réglé l’affaire. Cependant tu vas aussi payer pour tout ce que tu as fait. Pas ici car il y a des enfants mais je vais te mener moi-même dans la prison que tu comptais faire mienne. Tu vas savoir ce que c’est d’être enfermé entre quatre murs sans personne autour de soi.”

    Selene se tourne vers Arès. Elle se met à ses pieds et elle prend un air faussement pleurnichard.

    “ – Ne l’écoute pas Arès ! Je ne t’ai jamais trompé et ils sont tous tes enfants ! Elle veut juste nous éloigner ! Elle est un monstre et elle va tout détruire autour d’elle ! Ne la laisse pas faire, je t’en conjure !”

    Roxie regarde la scène avec une pointe d’amusement mais elle ne se jette pas sur la reine malgré l’envie. Ce n’est pas à elle de tuer cette femme. Enfin, elle le pourrait mais elle veut que ce soit Arès qui donne le dernier mot sur le sort de Selene. C’est lui qui a été emprisonné avec cette femme pendant plus de dix ans et c’est donc à lui de libérer ses chaines.

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    M.

    Roxanna reste sur le côté et elle laisse Arès reprendre sa place, celle d’un roi. Il condamne Selene à l’emprisonnement à vie et cela ravit la brune qui sait que cela est certainement la pire des choses qu’il puisse arriver puisqu’elle le subit dans son corps éternellement jeune. Selene hurle lorsque des gardes viennent à l’attraper pour la sortir de la chambre alors que Roxie étire un sourire soulagé. Il n’y a pas qu’Arès qui sent un poids en moins sur les épaules, Roxie sent aussi que son corps est moins lourd. En éloignant Selene, ils éloignent celle qui voulait les détruire depuis le retour de Roxie. À présent, Arès va pouvoir reprendre sa place à Byzance mais il va pouvoir surtout la reprendre avec Roxanna à ses côtés. Ils vont pouvoir tenter de vivre ce qu’ils voulaient tenter il y a dix ans.

    Selene partie, il n’y a plus que les amants dans la chambre puisque les enfants ont été amené à la leurs. Arès tend une main vers Roxie et elle se met à avancer félinement vers lui sans pour autant prendre sa main.

    « – Oui j’ai mis du temps pour venir te chercher mais il faut dire que beaucoup d’hommes ont essayé de me tuer pour ne pas que je puisse t’atteindre. Malheureusement pour eux, j’ai horreur que l’on me sépare de celui qui m’appartient. Même si parfois il mériterait des fessées pour le punir. »

    Elle attrape enfin cette main tendue et elle tire Arès vers elle. Leurs torses se cognent et leurs visages se rapprochent. Le souffle chaud du roi vient caresser les lippes souriantes de la jeune femme qui se retient de ne pas l’embrasser pour le moment.

    « – Alistair m’a trouvé en chemin alors que je n’arrêtais pas d’être attaqué par les hommes de Selene. Il m’a aidé et il s’est aussi excusé de m’avoir vu comme une sorte d’objet que l’on peut troquer.. On s’est ensuite mis en route pour venir te chercher. Il était temps que l’on donne l’assaut et que l’on te remet à ta vraie place, celle de roi. »

    Sa main vient glisser sur la joue barbue de l’homme face à elle. Leurs lèvres se rapprochent encore mais la belle n’a pas encore fini de parler.

    « – Mais il fallait aussi que je retrouve ma place.. et elle est à côté de toi. Par plusieurs fois, on a été séparé et on n’a pas eu le droit de vivre ensemble mais maintenant c’est terminé. Maintenant on restera à deux et plus personne ne se mettra entre nous. Je t’aime Arès.. je t’aime tellement.. »

    Elle l’embrasse. Pas d’un petit baiser ni d’un baiser fiévreux mais d’une façon que seuls des âmes sœurs peuvent ressentir. Dehors il y a encore des cris, des flammes mais plus rien n’importe à part ce qu’il se passe entre eux en cet instant. Roxanna soupire dans ce baiser, elle se sent enfin légère et heureuse. Elle ne pense plus à hier ou à demain, juste à l’instant présent et cela faisait bien trop de temps que ce n’était pas arrivé. Cependant ils ne peuvent pas encore se laisser aller car il faut tout de même qu’Arès met fin à la bataille qui se joue dehors. Il doit prévenir de son retour et rétablir le calme sur Byzance.

    Pendant qu’Arès s’en va retrouver ses hommes et Alistair, Roxanna ne reste pas sans rien faire. Elle n’est plus la prisonnière du palais mais la compagne du roi mais surtout elle va s’assurer que les enfants vont bien. Ils vont être déboussolés et même si deux d’entre eux ne sont pas d’Arès, elle va les rassurer et les couver comme si ils étaient tous à Arès mais aussi à elle.

    L’ordre revient petit à petit. Les employés du palais sont mis au courant des dernières nouvelles ainsi que les habitants de la ville. Le roi est de retour alors que la reine a été déchue pour avoir trahi. Il est aussi dit que la déesse de la lune serait revenue auprès du roi mais elle sera présentée lors d’un banquet. Après plusieurs heures en étant séparés, Roxanna retrouve Arès dans la grande salle où il mange et boit avec ses fidèles hommes. Alistair est à côté de lui et Roxie le remercie avec un hochement de tête. La brune vient se poser à côté du roi et elle sourit en voyant qu’il a retrouvé une sorte d’éclat dans les yeux, qu’il avait peu à peu perdu ces derniers temps.

    « – J’ai été m’assurer que les enfants allaient bien et je les ai bordé.. Ils dorment mais je pense qu’ils auront besoin de ta présence demain. En attendant, c’est moi qui aura besoin de ta présence quand tu en auras fini avec ces messieurs. Je nous ai trouvé une nouvelle chambre car je ne souhaitais pas avoir celle que tu as partagé avec Selene. Lorsque tu l’auras trouvé, sache que je t’y attendrais nu et que tu devras rattraper des années de plaisirs durant cette nuit. »

    Elle sait qu’il n’y a pas qu’Arès qui l’a entendu mais ça ne la gêne pas. Son sourire se fait enjôleur et après un baiser sur la joue du roi, Roxanna se relève et elle part vers cette chambre dont elle a parlé. Elle a choisi celle où il l’avait installée la première fois où elle est arrivée dans ce palais. Celle où ils s’étaient retrouvés. Alistair se met à rire en voyant son ami fixer la brune qui s’éloigne et il le ramène sur terre en donnant un coup contre son épaule.

    « – Vas-y mon frère ! On va terminer de boire sans toi. On ne va pas t’accaparer alors que tu as une déesse qui va t’offrir une belle nuit ! »

    Il fait un clin d’œil à son ami avant de se reconcentrer sur les autres hommes. De son côté, Roxie est arrivée dans la chambre et elle a retiré ses vêtements comme convenu mais c’est dans la baignoire remplie d’eau chaude qu’elle attend Arès. Un peu de confort lui avait manqué mais ça n’est pas plus vital que le manque d’Arès. Lorsqu’il arrive, elle se relève de la baignoire et ses yeux montrent un désir ardent. Même sa peau en frissonne alors que l’homme est à quelques mètres d’elle.

    « – Mon roi.. mon époux..Est-ce que tu te rends compte qu’on est enfin arrivé à ce qu’on voulait ? Je l’ai tellement souhaité que j’ai du mal à réaliser que nous avons enfin réussi à être enfin libre de s’aimer.. »

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    M.

    Roxanna laisse Arès se rapprocher, la toucher, l’embrasser mais surtout lui parler. Elle ne peut s’empêcher d’avoir les yeux qui s’humidifient encore plus car elle réalise une chose lorsqu’il s’excuse à nouveau pour Alistair. Et ce n’est pas simple à accepter.

    « – Je sais que tu ne m’aurais jamais abandonné ou donné.. et je sais que j’ai réagi avec force mais ce n’est pas ce que tu crois Arès. J’ai pris peur parce que j’ai réalisé que c’est ce qui allait m’attendre une fois que tu ne seras plus là.. Je vais devenir une bête traquée pour mon éternité. Soit parce qu’ils voudront pour immortalité ou soit pour tenter de me décimer. Je ne suis pas normal pour le commun des mortels et ce qui est anormal, devient une quête à obtenir ou détruire. »

    Elle marque une pause et baisse son regard alors que les bras d’Arès continuent de la serrer. Le sujet est sensible mais il est une cruelle réalité.

    « – Et j’ai pris peur avec Alistair parce que j’ai compris que c’est ça qui va m’attendre quand tu ne seras plus là. Parce que tu es le seul qui ne m’a jamais vu comme une chose ou un objet. Tu es le seul qui veut mon bien, mon bonheur, ma liberté.. Ce qu’on va vivre à partir de maintenant, ça sera certainement les seules années de joie que je vivrais. On a obtenu notre liberté et le droit de s’aimer mais quand.. quand tu ne seras plus auprès de moi, je redeviendrais ce monstre à traquer. »

    Une larme roule sur sa joue et pour ne pas que l’homme voit celle-ci, Roxanna cache son visage contre le torse d’Arès.

    « – Alors oui je veux de cette vie ou tu es un roi, un père, où il faut des compromis, des règles.. oui je veux tout ça parce que ce sera les meilleurs moments de mon éternité Arès. Ça sera les seuls souvenirs qui me permettront de garder un peu d’humanité. J’ai besoin qu’on vive tout cela. J’ai besoin de t’aimer à en hurler, à en brûler parce que lorsque ton dernier souffle viendra, je n’aurais plus que mes souvenirs et mon amour pour toi en guise de refuge contre tout le reste. »

    Elle relève enfin son regard vers celui d’Arès et bien qu’elle contient de nouvelles larmes, ses yeux sont doux. Elle n’a plus le temps pour les batailles ou les séparations. Elle n’a plus que du temps pour lui et pour les quelques années qu’ils auront ensemble. Pour ne pas perdre de temps dès maintenant, Roxanna revient embrasser Arès mais elle se met aussi à lui retirer ses vêtements pour qu’il vienne avec elle dans la baignoire.

    Une nuit de retrouvaille et un premier matin où elle le voit dormir paisiblement auprès d’elle. Nue sous les draps, elle est allongée sur le côté et elle ne peut détourner son regard de l’homme qui commence à ouvrir les paupières. Il n’y a plus de bruits d’épées ou d’hommes qui se battent. Il n’y a pas l’ombre d’un problème. C’est même presque trop calme pour la jeune femme qui n’a pas eu de vrais repos depuis bien des années mais ce calme est comblé quand elle vient se mettre à califourchon sur les cuisses de son bellâtre.

    « – Bonjour mon bel Amour.. »

    Elle se penche pour déposer des baisers sur son visage encore endormi et elle ne peut s’empêcher de rire en le sentant gigoter sous elle.

    « – Il est temps de se réveiller et de faire ton premier travail de la journée. C’est à dire faire l’amour à ta compagne. Après tout, il faut qu’on entretienne ton magnifique corps non ? »

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    M.

    Roxanna sourit finement après ce que lui a confié Arès. Il ose quand même glisser sa main entre les cuisses de la brune et elle le stoppe en prenant un air bien malicieux.

    “ – Très bien ! Alors tu attendras ce soir mon beau roi. Pour le moment, montre moi ton monde.”

    Elle se relève d’Arès et du lit, sans se soucier de sa nudité et elle file vers les vêtements qui lui ont été déposé par des servantes. Roxanna est déjà pleine d’énergie même si un peu de sang ne lui ferait pas de mal, cependant elle ne veut pas briser ce semblant de normalité. Elle s’est donnée pour consigne de ne pas faire de meurtre ou de bain de sang dans le palais. Pour se nourrir, elle ira vers la prison de Byzance lorsque tout le monde dormira.

    En attendant, elle s’habille et file avec Arès hors de la chambre pour découvrir l’environnement de celui-ci sans être prisonnière. Elle a mis une cape pour se protéger du soleil et ainsi, elle peut le suivre hors des ombres. Il demande à ce qu’un banquet masqué soit préparé pour ce soir afin de fêter son retour et l’arrivée de Roxanna, ce qui met les employés en effervescences. Ils ont peu de temps pour tout organiser.

    Beaucoup de monde s’approche d’Arès pour le remercier d’être de retour car Selene avait pris un tournant bien trop mauvais envers le peuple mais aussi les personnes au palais. Roxanna découvre cette facette de l’homme qu’elle n’avait pas encore pu voir correctement, celle d’un roi. Il lui avait promis un trône mais ils avaient été happé par la séparation cependant il est venu l’heure de vivre cette vie de royauté à deux.

    Arès présente Roxanna comme la nouvelle reine et à son tour elle se fait quelque peu acclamée et remerciée. C’est déstabilisant pour elle mais elle tente de se prêter au jeu. Le couple s’affiche auprès de tout le monde et même auprès des enfants qu’ils finissent par retrouver. Cependant Roxie reste en arrière lorsque les trois bambins se jettent sur leur père car elle ne se sent pas légitime de jouer la belle-mère alors qu’hier, elle souhaitait la mort de la vraie mère des enfants. Pourtant, dans un élan de tendresse, les enfants viennent vers elle pour quémander aussi un câlin et elle ose leur offrir.

    “ – Bonjour la princesse de la lune ! Je me souviens de toi !
    _ C’est vrai Silas ? Tu te souviens de moi ?
    _ Oui, tu es la madame que papa aime beaucoup. Tu vas rester avec nous ?
    _ Et bien.. euh.. oui.. je vais rester avec vous..
    _ C’est bien parce que tu es plus gentille que maman ! Maman elle voulait pas rester avec nous. On devait aller avec la gouvernante.. Mais tu crois que tu peux jouer avec nous ? et aussi aller faire des balades avec nous ?
    _ Tout ce que tu voudras Silas. Enfin ce que vous voudrez.”

    Elle jette un regard vers Gregor et Alba qui sont bien plus timides et jeunes que Silas. La petite se cache derrière les jambes de son père et ça fait tendrement sourire Roxie. Elle n’a aucune haine envers les deux derniers, même s’ils ne sont pas d’Arès. Après tout, ils n’y sont pour rien dans la folie de Selene.

    “ – Allons manger tous ensemble et après nous irons nous balader, d’accord ?”

    Cette drôle de famille recomposée, retrouve la salle de repas et Roxanna est à nouveau dans la découverte puisqu’elle peut assister à la facette paternelle d’Arès. Silas parle beaucoup, de tout et de rien mais Arès répond à toutes les questions de l’enfant. C’est attendrissant comme scène. Cela l’est encore plus quand les trois enfants viennent se lover dans ses bras après le repas.

    La journée se passe avec un calme presque trop parfait. Ou plutôt, il faut dire que Roxanna n’en a jamais été habituée. Lorsqu’il faut aller se préparer pour la soirée, elle se retrouve seule dans la chambre avec des servantes et elle semble angoissée. Comme si elle redoutait que quelque chose allait arriver alors que non, rien de mal ne va se passer mais c’est plus fort qu’elle. Depuis sa soirée de fiançailles avec l’ancien roi, elle n’a plus vécu de journée aussi douce.

    Malgré cela, elle se laisse préparer mais l’une des servantes voit son trouble et avec une bienveillance immense, elle tente de rassurer Roxanna.

    “ – Je ne connais pas votre histoire mais je sens qu’elle n’a pas été simple. Cela se voit dans votre regard apeuré. N’ayez crainte madame, ici vous serez bien. Le roi Arès est quelqu’un de très bon.
    _ Je le sais.. Il est celui qui m’a sauvé plus d’une fois et qui me rend libre mais j’ai peur que tout cela ne soit encore qu’un mirage.
    _ La peur est légitime et elle doit faire partie de vous mais vous devez aussi apprendre à vivre, à ne pas vous laisser ronger par les douleurs.”

    Elle est prête. Divinement belle. ( https://pin.it/6Twrlqmo4 ) . Elle ressemble à une reine qui n’a plus qu’à être vénérée. La servante lui met un masque en or pour cacher son regard et Roxanna n’a plus qu’à rejoindre la salle de banquet pour retrouver Arès ainsi que ses sujets. En soit, c’est une tâche simple mais elle est tout de même intimidé car ce soir, elle prendra réellement le rôle qu’il lui avait promis il y a plus de dix ans.

    Suivie de ses servantes, Roxanna prend enfin son courage en main et elle s’en va rejoindre la grande salle bondée. Il y a un monde fou, si bien qu’elle ne sait pas où se trouve Arès même si elle sent son sang. Les nombreux regards se posent sur elle mais peu de gens savent encore qui est cette beauté cachée derrière le masque d’or.

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    M.

    Tout ça c’est.. Déstabilisant, impressionnant. Arès est dans son élément et il parle aux personnes présentes avec une facilité déconcertante. Ils l’écoutent, ils le croient et ils se plient aux nouvelles directives du roi. Roxanna se retrouve adulée et elle reçoit même des présents de la part de gens qu’elle ne connait pas mais après tout, c’est cela d’être la compagne d’Arès non ? Cette soudaine notoriété vient quand même la rendre bien plus chétive et intimidée puisqu’elle n’a pas l’habitude mais surtout, elle vient de passer des années à tout fuir. Ce n’est que lorsqu’elle se retrouve seule auprès d’Arès, au plutôt que personne ne vient vers eux, qu’elle se détend légèrement. La lune a trouvé sa place.. Voilà ce qu’il dit mais Roxanna pince ses lèvres car elle sait que ce n’est pas encore totalement vrai. Non, elle n’a pas encore trouvé sa place mais ça devrait se faire dans les prochains jours ou les prochaines semaines.

    Le banquet ne fait que commencer et le couple trouve place sur la table principale, face aux invités. Roxie n’a pas énormément parlé depuis le début mais elle n’en reste pas moins attentive à ce nouvel environnement. Les gens boivent, dansent, rient.. Ils viennent s’enquérir du roi afin d’avoir quelques faveurs ou compliments. Il y en a aussi qui font la même chose envers la brune puisqu’elle a pris une place importante mais ce n’est que lorsqu’Alistair s’avance vers le couple que Roxanna se montre moins crispée. L’ami d’Arès a gagné la confiance de la vampire.

    “ – Arès, Roxie.. Je suis bien heureux de vous revoir après toutes les dernières péripéties.
    _ Allistair.. Je suis contente de voir que tu vas bien.
    _ Je t’avais promis que tu retrouverais Arès et aussi que j’en sortirais en un seul morceau !”

    Les deux se mettent à rire mais Roxanna reprend son sérieux pour dire à Arès comment Alistair l’a retrouvé et aidé pour revenir vers Byzance. Le nordiste n’attend pas forcément une récompense, pourtant Roxanna insiste pour qu’il reçoive de l’or et aussi une place auprès d’Arès et son armée.

    Pendant qu’Arès discute avec Alistair, Roxanna est soudainement attirée par une silhouette ou plutôt une odeur. Les gens sont masqués donc il est difficile de savoir qui et qui, malgré l’odorat puissant de la brune mais là, il y a quelqu’un qui n’a rien à voir avec les autres. Non.. il y a une odeur de.. mort.. comme elle.

    Profitant de l’inattention d’Arès, Roxanna se relève et elle avance vers cette personne qui semble vouloir se cacher tout en guettant la nouvelle reine. Si elle n’avait pas de doutes sur ce qu’elle avait fait, Roxanna pourrait jurer que la silhouette est celle de Léon mais c’est impossible. Cependant elle continue de chercher après ce fantôme qui la fuit durant un bon moment. Plus elle avance, plus il s’éloigne. Plus elle persiste, plus il se fait discret.

    Elle s’arrête lorsqu’une servante vient à lui foncer dessus sans en faire exprès. La jeune fille s’excuse et a surtout peur des conséquences mais Roxanna est encore troublée par cette chasse qu’elle vient de perdre.

    “ – Ce n’est rien.. C’est de ma faute. Je..”

    Arès arrive à son tour pour voir ce qu’il se passe puisque tout cela à créer une sorte de troupeau autour de Roxanna et la servante. Roxanna le rassure en posant sa main dans celle du roi mais elle a un regard suspicieux. L’ombre est toujours là.. elle le sent.

    “ – Il faut que je te parle.. en privé.”

    Est-ce que cela pourrait être ce fameux frère dont elle a entendu parler ? L’homme loup ? Non, ça ne sent pas la bête sauvage.. c’est une odeur comme la sienne, cependant ce n’est pas possible. Elle est la seule vampire. Roxanna parle de son ressenti à Arès une fois qu’ils sont un peu plus loin, seulement à deux.

    “ – Il va falloir que l’on reste sur nos gardes, tant que je n’aurais pas trouvé ce qu’est tout cela.. Ce n’est peut-être rien, je n’en sais rien. Avec tous ces gens autour de nous, j’ai mes sens qui sont quelque peu dérangés.”

    Il y a surtout beaucoup de coeurs qui battent et du sang à foison. D’ordinaire, elle se fait un malin plaisir à boire lorsqu’il y a du monde mais là elle ne peut pas. Non, elle ne peut plus. Elle doit se retenir puisqu’à présent, elle n’est plus l’ennemie mais la reine.

    “ – Je.. ça ne te dérange pas si je retrouve notre chambre ? Ce banquet est magnifique et je suis heureuse que tu me montres comme ta reine.. mais je dois avouer que c’est compliqué pour moi d’être autant entouré. C’est sûrement pour ça que je ressens cette présence étrange.. J’en sais rien..”

    Elle semble perdue, confuse. Elle regarde autour d’elle et ses yeux se font plus noirs. Roxanna doit s’en aller maintenant et c’est ce qu’elle fait sans plus tarder. Cela étonne les invités mais Alistair comme Arès, ont la bonne idée de dire que la reine est fatiguée. Bien que les rumeurs soient encore présentes, il y a peu de monde qui savent pour la vraie nature de Roxanna. Seuls les conseillers proches et Alistair, savent qui elle est réellement.

    “ – Je vais m’occuper de trouver des hors la loi pour la reine.. C’est ce qu’elle avait évoqué avant qu’on arrive ici. Elle veut boire le sang des condamnés. En attendant, profite encore du banquet.”

    Lance Alistair avant de partir à son tour.

    La vie ne peut pas être totalement rose et merveilleuse, surtout lorsque l’on aime une créature assoiffée de sang. Il va falloir composer avec cette particularité et surtout pouvoir contenir ce qui pourrait devenir un immense chaos.

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    M.

    Roxanna s’enferme dans la chambre après avoir quitté le banquet et elle doit prendre sur elle pour faire taire cette envie de sang qui est venue la troubler. C’était certain que cela arriverait car sa nature fait d’elle une bête assoiffée mais heureusement, elle sait plus ou moins se contrôler. Il suffit qu’elle pense à Arès et au fait qu’elle ne veut pas le décevoir mais est-ce que cela fonctionnera toujours ? Et puis il y a aussi cette présence qui l’a perturbé et qu’elle ne comprend toujours pas. Il va falloir qu’elle se montre plus à l’affût pour voir si cela vient de son imagination ou si il y a vraiment une autre créature à Byzance.

    Quand Arès revient dans la chambre, cela fait une petite heure que Roxanna y est enfermée et elle est assise près de la fenêtre, à observer la vie qui se déroule dehors malgré le soleil couché. Cette nouvelle vie va demander une adaptation qui va prendre du temps mais elle sait qu’elle peut compter sur le soutien de son roi. II vient à le confirmer en parlant de la loi qu’il vient de mettre en place pour les futurs condamnés. Cette loi pourrait paraître étrange mais Roxie est émue de cette intention car elle n’aura pas à devoir tuer des innocents.

    Se relevant du rebord de fenêtre, elle vient contre son bel amant et elle l’entoure de ses bras. Il est déjà presque nu et il parle de ce qu’ils n’ont pas terminé ce matin. Roxie sourit en coin et elle fait une moue faussement étonnée.

    « – Nous devions reprendre quelque chose ? Comme dormir non ? »

    En bonne taquine, elle pousse Arès vers le lit mais ils s’entraînent ensemble dans la chute. La belle finie sur le roi et elle lui offre quelques petits baisers sur ses lèvres.

    « – Merci pour ce que tu as fais aujourd’hui.. Passer la journée à me montrer ton environnement, ce banquet pour me présenter à tes sujets et puis cette loi pour ne pas que je devienne ce monstre que je redoute tant. Tu n’imagines pas à quel point ça me fait du bien d’avoir eu ce genre de journée calme et normale.. Comme quand je n’étais pas.. cette chose.. »

    Et il faut dire que ça a aussi été la première journée qu’ils ont passé sans encombre depuis qu’ils se connaissent. Ce n’est pas rien. Arès ne connaît pas la Roxanna d’avant. Il n’a pas connu la jeune femme naïve, légère et rêveuse. Il ne l’a jamais vu se laisser porter par la musique ou alors se mettre à peindre à toutes heures de la journée. Car oui, elle adorait peindre mais elle a oublié ce qu’était de se mettre devant une toile vierge et laisser son imagination prendre le dessus. Elle espère pouvoir retrouver un peu de cette innocence mais en attendant, elle veut aussi profiter de ce bel homme qui lui a trop souvent été enlevé.

    « – Je t’aime tu sais ? Tu dis de moi que je suis ta reine, ta déesse, ton chaos mais toi tu es mon roi, mon dieu, mon soleil.. Tu es ce qui me permet de garder la tête haute et aussi celui qui me permet de garder une âme. Je ne sais pas si c’était écrit mais je suis certaine que tu as été mis sur mon chemin pour que je ne tombe pas dans les abysses. Tu m’as sauvé dans tous les domaines possibles Arès. »

    Leurs lèvres reviennent se trouver mais cette fois ci pour un baiser bien plus langoureux que les précédents. Les deux amants laissent leurs mains toucher l’autre et retirer le peu de vêtements qu’ils restaient. Assise sur les cuisses du blond, Roxanna soupire de désir quand elle touche la peau frissonnante d’Arès. Elle connaît chaque partie de son corps, tout comme elle connaît chaque points sensibles du bellâtre mais c’est toujours un délice de le redécouvrir. Et puis il y a un manque qui aura certainement besoin de mois ou d’années pour être assouvi.

    Avec douceur mais gourmandise, elle descend ses baisers le long de son torse, pour finir par embrasser les cuisses et le pubis de son amant. Elle veut lui offrir un petit plaisir ou plutôt qu’il se perd dans la folie d’une jouissance solitaire. Du bout de sa langue, elle caresse le gland d’Arès avant d’enrober son membre entre ses lèvres. Félinement, elle ronronne de plaisir tout en se faisant langoureuse dans cette fellation. Elle amène Arès vers le pic ultime.

    Lorsqu’il laisse retomber son corps sur le lit, Roxanna remonte au-dessus de lui et elle le laisse dans son état cotonneux. Elle ne cherche pas à aller plus loin, elle voulait surtout que ce soit lui qui profite. Elle se contente seulement de se laisser contre lui et de poser son visage contre le cou d’Arès.

    “ – Reposes toi un peu mon Amour car demain tu vas avoir besoin d’énergie. J’ai cru comprendre que tu devrais t’entraîner avec les soldats et j’ai bien envie de voir cela..”

    Elle sourit finement car ce n’est pas pour les coups d’épées qu’elle tient à voir cela, mais surtout pour baver devant son roi combattant. Cependant elle réfléchit aussi à comment pourrait-elle s’occuper ici ? Les femmes ont pour habitude de jouer les mères, les hôtes, les bonnes figures mais c’est loin d’être le style de Roxana qui a plutôt appris à s’occuper comme un petit soldat. Elle a promis de passer du temps avec les enfants mais elle a aussi besoin de s’occuper ou plutôt défouler son trop plein d’énergie.

    “ – Tu me laisserais entraîner des femmes au combat ? Je suis certaine qu’il y en a beaucoup qui aimerait pouvoir le faire..”

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    M.

    Roxanna observe Arès de loin puisqu’elle est au second étage, sur le balcon de leur chambre mais elle peut tout entendre. Les commandements du roi, les râles des jeunes soldats mais aussi les messes basses des anciennes maîtresses. Bien évidement, elle grogne intérieurement lorsqu’elle entend celles-ci osent dire qu’Arès retournera auprès d’elle puisqu’il est un homme à femme mais Roxanna ne peut pas faire de bain de sang maintenant. Est-ce qu’elle est jalouse et possessive ? Oui, c’est même certain, pourtant elle a confiance en Arès. Elle sait très bien pourquoi il a eu des maîtresses lorsqu’elle était enfermée dans la tombe. Pour autant, elle compte bien garder un œil sur ses anciennes maîtresses qui pourraient mettre sa patience à rude épreuve.

    Bien qu’il se fait silencieux, Roxanna sent Alistair se rapprocher d’elle. Elle reste dos à lui puisqu’elle ne quitte pas Arès des yeux mais elle écoute le vieil ami qui décrit les jeunes années de son amant. Il explique pourquoi Arès n’est pas une âme vengeresse et il dépeint un portrait plutôt beau du roi. En même temps, Roxanna sait à quel point Arès est une bonne âme et quelqu’un de grand. Elle attend qu’Alistair termine de parler pour s’exprimer à son tour.

    “ – Tu sais, j’ai su dès mon premier regard sur lui qu’il était quelqu’un de grand. Après tout, il était le seul à avoir osé entrer dans le temple sans chercher à vouloir me violer ou me tuer..”

    Elle sourit légèrement en pensant à cette première rencontre, lorsqu’elle était encore une sorte de bébé vampire qui ne savait pas quoi faire et qui était envahit par la peur. C’est Arès qui lui a permis de quitter cet endroit et qui l’a aidé à devenir ce qu’elle est devenue à présent.

    “ – Avant qu’il ne trouve le temple, il y avait déjà eu plusieurs personnes qui étaient venues à l’intérieur.. Je ne lui ai jamais dit parce que ça n’a plus d’importance mais ces gens, me voulaient du mal. Il est le seul qui ne m’a pas vu comme un monstre ou un objet.. Il a retrouvé les corps de mes parents et il m’a sorti de ma divine prison. Alors oui, je sais à quel point cet homme est grand. Malgré tout, je trouve cela triste qu’il ait dû se battre sitôt contre le monde.. Et j’avoue que j’aimerais qu’aujourd’hui il puisse souffler et profiter de sa vie tranquillement. Donc je sais que tu te battras pour lui mais sache que je serais à tes côtés Alistair. Plus personne ne tentera de lui faire quoi que ce soit et cela même si je dois arracher le coeur de tous les gens présents dans cette ville.”

    Elle se tourne enfin pour croiser le regard d’Alistair. Ils n’ont pas besoin de se dire plus de choses, ils se comprennent. Ils veulent protéger Arès ensemble et cette alliance est une promesse silencieuse.

    “ – Maintenant que cela est dit, j’aimerais pouvoir te demander quelque chose.. Durant le banquet, j’ai cru ressentir une présence qui n’aurait pas dû être ici. J’aimerais que tu m’aides à savoir s’il y a bien un intrus dans la ville.
    _ Et tu as vu qui cela est ? Je veux dire.. des intrus il peut y en avoir partout. Je ne peux pas chercher quelqu’un sans avoir des indices..
    _ Léon.. J’ai l’impression que c’était lui. Tu ne le connais pas, il est censé être mort.. Mais il était un jeune soldat très proche d’Arès et moi-même. Cependant je sais que seule, je n’arriverais pas à faire lumière sur cette affaire.
    _ Très bien, je vais t’aider. Tu en as parlé à Arès ?
    _ Pas encore. Je le ferais que si mes doutes sont réellement fondés.”

    Roxanna parle de Léon pour qu’Alistair puisse avoir plus de renseignements pour se mettre à fouiller le palais. Une fois fait, le duo se séparent. Roxanna décide de descendre de la chambre pour faire un tour dans le palais en attendant que le soleil décline totalement. Elle se permet de sortir en cape mais elle préfère de loin aller dehors lorsque la nuit arrive.

    Lors du dîner, elle retrouve Arès dans la grande salle. Comme à chaque fois, il y a du monde. La plupart des gens présents sont les riches de la ville mais bien sûr, il y a aussi ces idiotes d’anciennes maîtresses. Roxanna n’hésite pas à jeter des regards peu flatteurs envers elle mais elle ne fait pas d’esclandre.

    Elle se force à manger quelques morceaux de viande pour ne pas paraître étrange aux yeux des autres mais elle sent le regard amusé d’Arès sur elle. Cette petite parade l’amuse car elle fait les mêmes grimaces que les enfants devant des légumes.

    “ – Avant j’adorais ça mais j’avoue que maintenant ça a un goût horrible.. Etrangement, il n’y a que l’alcool qui a encore une bonne saveur.”

    Elle étire un fin sourire et elle attrape son verre de vin, même si celui-ci n’a pas d’effet sur elle. Elle pourrait en boire des litres sans être ivre à la fin.

    Alors qu’elle repose son verre, elle se met à fixer l’une des anciennes maîtresses qui tente de lancer des regards vers Arès. Elle veut attirer son attention mais ça ne fonctionne pas, au plus grand bonheur de Roxanna. Il faut dire que le blond se confronte au même souci. Même si Roxie n’a jamais eu d’amants, elle attire les regards de beaucoup d’hommes à cause de sa beauté mystérieuse et divine. Des soldats, des riches hommes, même des employés.. Il y en a beaucoup qui se damneraient pour se rapprocher d’elle. Le couple fait donc face à des perturbateurs jusqu’à ce qu’Alistair fasse son arrivée en pouffant de rire.

    “ – On dirait deux fauves prêts à attaquer.. Vous faites une sacrée paire tous les deux !
    _ Pourquoi dis-tu cela ?
    _ Parce que vous observez ceux qui pourraient vouloir se mettre entre vous, comme si vous alliez les tuer..
    _ En même temps, regarde les idiotes à la table derrière toi.. Elles sont presque en train de sortir leurs seins de leurs robes pour qu’Arès les observe. N’est-ce pas pathétique ? Si je ne devais pas montrer une certaine image, crois moi qu’elles seraient déjà en mille morceaux..”

    Roxanna sort ses mots comme si Arès n’était pas à coté d’elle mais Alistair la ramène sur terre en se mettant à rire. La brune pince ses lèvres et elle jette un petit regard vers Arès qui lui aussi n’est pas loin de sortir les crocs.

    “ – Je les ai entendu parler de toi aujourd’hui et elles ont dit que tu ne tarderais pas à vouloir retrouver tes maîtresses. Je sais que c’est faux mais ça m’agace qu’elles puissent croire cela. Cela m’agace aussi qu’elles tentent de te séduire en croyant que tu finiras par craquer. Je.. Je dois vraiment prendre sur moi pour ne pas aller les voir et montrer que maintenant tu n’es plus disponible. Je sais très bien qu’une remarque mal placée, pourrait me faire vriller.”

    Elle fait une nouvelle moue après cette révélation pleine de franchise. Elle n’a jamais caché ses émotions à Arès et cela n’est pas prêt de changer. Pourtant dans cet élan de franchise, ce n’est pas elle qui est le plus mise à l’épreuve. Il y a un jeune soldat qui ne fait qu’observer Roxanna, sans s’en cacher. Il la dévore du regard, sans se soucier d’Arès. Il paraît avoir l’âge de Roxanna et il a une carrure de bel apollon. Ce genre de clichés qui fait tomber toutes les dames. Roxanna suit le regard d’Arès pour à son tour découvrir le minot et elle se retient de lâcher un rire.

    “ – Je crois qu’il n’y a pas que moi qui va faire des étincelles si cela continue.. Et si tu m’embrassais maintenant pour montrer à toutes ces personnes que nous sommes ensemble ? Car j’ai l’impression qu’ils n’ont pas percuté que plus personne ne viendra nous séparer.”

    Le jeune homme vient tout de même se rapprocher. Il avance d’un pas déterminé vers la table du roi et quand il est assez proche, il fait face à Roxanna tout en sortant son épée de son fourreau.

    “ – Il va bientôt venir vous chercher. Il dit que vous lui appartenez et qu’au moment venu, vous serez réuni.”

    Roxanna se lève d’un bon de sa chaise. Elle fronce les sourcils car elle ne comprend pas mais elle n’a pas le temps de répliquer puisque le jeune soldat use de son épée pour s’égorger lui-même. Comme si.. comme s’il avait été hypnotisé. C’est impossible, il n’y a que Roxanna qui a ce pouvoir.

    Les cris se font déjà entendre à cause de la scène qui vient de se dérouler dans la grande salle de repas mais la brune ne bouge pas. Elle fixe le corps inerte du jeune soldat qui se vide de son sang.

    “ – Il y en a un autre.. ou des autres.. Je.. je ne suis pas seule Arès.. Il y a quelqu’un comme moi.. regardes son cou.. il a été mordu..”

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    M.

    Sur l’instant, Roxanna est bien trop perturbé pour contredire la demande d’Arès alors elle se laisse mener vers sa chambre sans rien dire. Cependant, elle reprend vite ses esprits lorsqu’elle se retrouve toute seule. Arès ne peut pas chercher après la seconde créature seul. Il ne sera jamais assez fort face à un vampire. Il n’y a que la brune qui pourrait s’attaquer à un être aussi fort qu’elle. Malgré cela, elle se pose un millier de questions. Est-ce que c’est vraiment un autre vampire ? Est-ce qu’il ou elle est aussi fort qu’elle ? Il faut qu’elle se met aussi à la recherche de cette bête et ce n’est pas en étant enfermé dans une chambre qu’elle le pourra.

    Arès est toujours dans la grande salle, il a été rejoint par Alistair. Il pense que la brune ne reviendra pas mais à peine cinq minutes après l’arrivée d’Alistair, Roxanna est de retour. Arès prend son air mécontent mais elle s’en fiche bien. Il est roi, il est puissant, il est réfléchi mais il n’est rien devant une créature comme Roxanna.

    “ – M’enfermer ne servira à rien Arès ! Surtout si c’est quelqu’un comme moi. Il n’aura besoin que de quelques secondes pour te tuer et tu le sais. On doit travailler ensemble et ça aussi tu le sais donc tu n’as pas à m’enfermer comme si j’étais une jouvencelle en détresse. Toi comme moi, nous savons que ce n’est pas le cas.”

    A son tour, elle a un air grave et elle se fiche de devoir se montrer ferme envers Arès. Surtout en sachant à quel point cette mission peut être suicidaire.

    “ – Si c’est ce que je pense, tu auras besoin de ma force pour le stopper. Une légion d’hommes ne saura le mettre au sol mais moi oui.”

    Elle avance pour venir devant Arès. Ils se toisent un instant mais elle finie par glisser sa main sur la joue de son bel apollon.

    “ – Il faut tendre un piège. Le jeune soldat a dit que l’autre créature voulait de moi.. On va se servir de moi comme appât. Et je ne veux pas que tu dises non car c’est notre seul moyen de le faire venir à nous.”

    Mais qui pourrait être derrière tout ça ? Qui souhaites récupérer Roxanna et pourquoi ? Pour cela, il faut revenir quelques mois en arrière, lorsque la belle brune était non loin de l’Egypte avec Léon.

    Elle était condamnée à ne plus revenir sur Byzance. Arès avait fait en sorte qu’elle s’éloigne pour ne pas être tuée mais cela a été comme un coup de poignard pour la jeune femme qui ne pouvait se résoudre à vivre loin de son âme soeur. Léon était auprès d’elle pour la soutenir. Il avait promis à Arès de la protéger et il l’a fait. Pourtant, le jeune soldat a aussi laissé ses sentiments s’accroître pour Roxanna. Elle était une sœur à ses yeux mais à force de vivre auprès d’elle, il a commencé à ressentir des choses beaucoup plus puissantes.

    C’est un soir, dans une villa qu’ils ont accaparée, que tout a pris un autre tournant. Roxanna avait vidé les habitants de leurs sangs et elle était dans un état de mélancolie assez alarmant. Léon a osé se rapprocher d’elle et il a tenté de la rassurer. Il a surtout laissé ses sentiments se montrer au grand jour et Roxanna a répondu au baiser offert par le garçon. Lorsqu’elle a compris ce qu’elle venait de faire, une culpabilité immense s’est installée en elle et elle a laissé sa noirceur en ressortir. Léon a pris un assaut de colère, de peur, de tristesse mais avant de lâcher son dernier souffle, Roxanna a fait quelque chose dont elle n’a pas le souvenir. Elle a fait boire son propre sang à Léon. Il avait réussi à la blesser pour se défendre et dans sa folie, elle a porté sa main ensanglantée contre les lèvres du jeune soldat.

    Après ce bain de sang, elle a fuit mais elle n’avait pas conscience qu’elle venait de créer son premier vampire. En se réveillant, Léon était une créature mais il avait aussi cette envie obsessionnelle de retrouver Roxanna et la garder auprès de lui. Comme si ce lien de sang ou de malédiction faisait en sorte qu’il se devait d’être l’esclave ou la chose de Roxanna.

    Pendant plusieurs semaines, il s’est mis à sa recherche tout en essayant d’apprendre à dompter cette nouvelle nature qu’il avait obtenu. Il a toutes les mêmes capacités que Roxanna si ce n’est que contrairement à elle, lui peut mourir. Roxanna est liée à un sort ancien mais pas Léon alors il peut être tué. Cependant comment tuer une créature sanguinaire qui est aveuglé par son obsession ? Il a fait des massacres sur le long de son trajet mais depuis son arrivée à Byzance, il réussit à se cacher et ne pas faire trop de bruit. Il se contente de guetter et essayer de trouver un moyen de se rapprocher de celle qu’il convoite.

    Dans sa quête, Léon a quand même fait quelque chose qui pourrait mettre des difficultés en plus puisqu’il a lui même créé des vampires pour s’aider à obtenir Roxie mais aussi pour couvrir ses traces. Pour le moment, il se terre dans l’une des nombreuses maisons de la ville, en attendant le moment propice. Il sait que pour avoir la belle brune, il va devoir éliminer Arès mais il ne se précipite pas. Ayant été à bonne école, il sait se montrer patient.

    « – Cette bataille n’est pas que la tienne.. elle est aussi la mienne. Je ne veux pas d’autres créatures comme moi car je sais de quoi je suis capable et par chance je sais me contrôler parce que je t’ai toi mais qui dit que les autres le pourront ? Il faut les éradiquer.. qu’il soit seul ou qu’ils soient plusieurs, on ne peut pas se permettre de faire proliférer ce mal.. »

    Roxanna parle en connaissance de cause et surtout elle parle avec sagesse. Toujours face à Arès, elle emprisonne le visage du roi avec ses mains et elle pose son front contre le sien.

    « – Je ne sais pas quel chaos nous allons affronter mais on sera à deux pour le gagner. Tu n’es plus un roi seul sur son trône.. Je suis là maintenant et nous sommes une équipe n’est ce pas ? Je refuse que tu me laisses de côté, surtout dans cette situation. Encore moins dans cette situation. Donc promet moi que tu ne feras rien seul Arès.. c’est beaucoup trop dangereux pour que tu y ailles seul.. ou même que tu lances des jeunes soldats. Je peux aussi être une arme redoutable.. alors je te demande de m’utiliser. »

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    M.

    Arès refuse la demande de Roxanna et il monte sur ses grands chevaux pour ne pas qu’elle s’oppose à lui, pourtant il sait à quel point c’est une têtue mais surtout une combattante. Face à lui, elle fronce aussi les sourcils et elle se rapproche à son tour pour combler les derniers centimètres qui les séparent. Certe, elle est bien plus petite et elle doit relever le bout de son nez mais ça ne lui retire pas la prestance qu’elle peut dégager.

    “ – Et tu crois quoi Arès ? Tu penses qu’en allant les combattre tu vas les faire tomber ? Tu penses que je suis une cible ? Mais moi je pense surtout que la cible c’est toi. Qu’est ce qu’il se passera lorsque tu auras été vidé de ton sang et que tu seras mort ? Ce vampire n’aura plus qu’à venir vers moi sans avoir d’obstacle face à lui. C’est ça que tu veux ? Tu veux que je te retrouve mort ?! Tu veux m’abandonner ?!”

    Elle pose le bout de son index contre le torse d’Arès et elle se met à le pousser très légèrement mais bien évidement, ça a un impact beaucoup plus fort sur Arès. Ainsi, elle veut lui montrer la force qui va se dresser contre lui s’il part seul.

    “ – Je suis immortelle Arès !! Certes, je peux être blessé mais pas tué. Toi tu peux mourir ! Il est hors de question que tu joues les héros pour ce coup là. Je te l’interdis ! Parce qu’on sait très bien que tu vas aller droit vers une mort certaine ! Donc soit tu t’arranges pour qu’on y aille ensemble, soit je t’enferme à mon tour dans une chambre et j’irai moi-même m’occuper de tout cela. Et ne crois pas que j’en suis incapable ! Tu es loin de savoir ce que je suis prête à faire pour te garder en vie !!”

    Les deux fauves sont de sortis et ils se disputent mais ils ne veulent que se sauver l’un et l’autre. Ils ont déjà tellement vécu que cette nouvelle menace vient les opposer au lieu de les rassembler. C’est une chose que Léon souhaitait en envoyant le jeune soldat. Diviser pour mieux régner.

    Alistair réussit à séparer le couple pour pouvoir calmer les ardeurs. Roxanna est envoyée boire du sang pendant qu’Arès est envoyé vers le terrain de combat pour réfléchir à de nouvelles façons de battre des ennemis qui ont une force surnaturelle. Roxie se retrouve dans les sous-sols du palais, là où sont enfermés les prisonniers et elle boit le sang d’un homme qui a violé plusieurs jeunes femmes à Byzance. Elle va aussi observer les autres prisonniers pour voir si l’un d’eux pourraient être lié aux vampires et elle fait bien de faire cela puisqu’elle tombe sur un garçon qui a aussi été hypnotisé.

    “ – Il va venir te chercher..
    _ Qui ? Qui veut me retrouver ?
    _ Notre maître. Il veut récupérer sa compagne, toi.
    _ Je suis la compagne du roi Arès. Ton maître devrait le savoir. Mais.. tu sais quoi ? Tu vas me mener à lui.
    _ Il est caché. Nous n’avons pas le droit de le retrouver. Il ne sortira que lorsqu’il pourra te récupérer.
    _ Il y a d’autres créatures comme lui ? Combien de personnes travaillent pour lui ??
    _ Nous sommes beaucoup.”

    Nous ? Roxanna comprend que le garçon derrière la cellule a des marques au niveau de son cou mais il n’a pas l’odeur d’un vampire. Pourquoi ? elle ose entrer et elle s’approche pour comprendre. Le jeune homme n’a pas encore totalement muté car il n’a pas encore bu de sang. Il est dans une sorte de transition. La brune essaye à son tour de l’hypnotiser pour en savoir plus mais le fait que ce soit Léon qui a lancé la transition, fait qu’elle ne réussit pas à contrôler l’esprit du garçon. Par contre, elle réussit à le tuer en arrachant son cœur.

    Après cette découverte, elle décide de retrouver Arès pour lui dire ce qu’elle vient d’apprendre. Normalement elle devrait faire bande à part puisqu’il lui a interdit de se mettre dans l’affaire mais Roxanna veut prouver à Arès qu’elle est utile.

    Arrivant dans la cours d’entraînement, les soldats cessent de se battre quand la jeune femme avance. Elle arrive auprès d’Arès en lui chipant son épée qui était prête à s’abattre sur un mannequin en paille.

    “ – Il y en a plusieurs mais ils ne sont pas totalement des créatures.”

    Elle n’en dit pas plus pour ne pas que les autres hommes puissent entendre cette conversation donc elle attend qu’Arès la rejoigne un peu plus loin pour lui dire ce qu’il en est. Il y a encore beaucoup de zones d’ombres mais ils savent déjà que cette bataille ne sera pas simple puisque le fameux maître a plusieurs esclaves. Roxanna a réfléchit à un moyen de pouvoir protéger Arès et ses hommes, bien que cela pourrait être un problème pour elle.

    “ – La veine de Venus.. Tu dois en faire pousser et en user pour vous protéger. Tu sais que c’est un bon moyen pour me blesser.. Enfin pour blesser un vampire. C’est aussi un bon moyen pour que l’on ne puisse pas hypnotiser un homme. Fais en faire des colliers pour les soldats, les gens du palais, tous ceux que l’on pourra protéger..”

    Il y a encore une tension entre eux. La tension de deux fauves qui veulent dominer. Pourtant Roxanna est celle qui tente l’accord une dernière fois.

    “ – Tu n’y arriveras pas seul Arès.. Pas cette fois-ci. Tu n’as pas à faire à des hommes. C’est quelqu’un qui veut me posséder et qui semble n’avoir aucune limite pour y arriver. Tu es mon seul point faible.. et s’il sait cela, c’est toi qui en payera de ta vie. On doit se battre à deux. Je ne te laisserais pas me mettre de côté, pas cette fois-ci. Pas quand je risque de perdre l’amour de ma vie.”

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    M.

    Il est en colère, en furie. Bien sûr que Roxanna comprend mieux pourquoi il est autant protecteur envers elle puisqu’il vient d’avouer ce qui le torture depuis des decennies. Il a perdu toute sa famille car il n’était pas là pour eux mais Arès oublie que Roxanna aussi à perdu sa famille. Ils ont été tués en voulant la protéger et c’est ce qu’il peut se réaliser de nouveau si Arès part seul dans cette bataille.

    Il se montre impulsif, violent mais elle ne bouge pas d’un millimètre. Elle garde son air froncé et même lorsqu’il revient face à elle avec son regard de tueur.

    “ – On ne peut pas me faire confiance ?! Je suis irresponsable ?! Mais tu t’entends parler Arès ?! Tu crois que tu es le seul à avoir perdu ta famille ?! Dois-je te rappeler que mon père a été brûlé vif sur la grande place de Byzance parce qu’il voulait me protéger ?! Et que ma mère est morte dans le désert parce qu’elle était traqué par des personnes qui voulaient aussi me faire du mal ?! Je suis désolé pour toi mais tu es tombé amoureux d’une créature, d’un monstre qui n’amène que le mal autour d’elle !!”

    Les soldats autour d’eux ne bougent plus mais ils écoutent avec choc la dispute qui se trame entre les deux amants. Roxanna envoie des regards noirs envers eux afin de leur faire comprendre qu’ils ne sont plus les bienvenus. La cours se vide mais Arès et Roxanna restent l’un face à l’autre. Prêt à tout faire exploser.

    “ – Tu n’as pas à décider pour moi ! Tu n’as pas à me dire ce que je dois faire ! Et je te maudis pour avoir osé me faire passer pour une moins que rien ! Je ne suis pas l’une des tes putains de maîtresses qui ne sait qu’ouvrir ses cuisses pour te faire plaisir.”

    Ni l’un ni l’autre ne va lâcher le morceau. C’est la première fois qu’ils se disputent avec autant de colère. Mais cette colère n’est que le reflet d’une peur immense de perdre l’autre.

    « – Tu veux me protéger ?! Fais-le mais si tu meurs Arès, je te promets que je ne répondrais plus de rien. Ou alors je ferais ce que tu attends de moi, c’est à dire rien. Je laisserais quiconque se servir de moi. Après tout c’est ça non ? Je ne suis bonne qu’à être enfermée et à être l’objet des autres ! »

    Sans plus attendre, elle s’en va car elle ne veut plus être face à lui. Elle ne part pas s’enfermer dans la chambre ou dans le palais comme elle le fait lorsqu’elle veut être seule mais elle part dans les jardins. Ayant sa cape, elle ne risque pas d’être brûlée mais elle a besoin d’être dehors et surtout loin des autres.

    Lors du dîner, Roxanna ne rejoint pas la grande salle. Elle continue de faire la tête et donc elle tient à fuire Arès. Cela attire le regard des maîtresses qui y voient une opportunité mais bien qu’elle ne soit pas là, Roxanna a une ouïe bien trop fine pour ne pas entendre ces commères en manque. Héloïse, l’une des anciennes maîtresses préférées d’Arès, tente une approche en allant demander au roi s’il va bien et s’il a besoin de compagnie ce soir. Elle est debout devant la table d’Arès et elle fait les yeux doux. Quelques minutes après cette arrivée, Roxanna est là ou plutôt à la grande porte de la salle. Elle arbore ce fameux sourire malsain.. celui qui arrive quand elle est prête à chasser. Un garde avance vers Roxie pour savoir si tout va bien.

    « – Je vais annoncer votre arrivée ma reine.
    _ Non.. Je ne compte pas rejoindre le roi. J’ai plus intéressant à faire mais je veux bien que tu ailles dire au roi que je meurs de soif. »

    Le soldat hausse un sourcil car ça ne semble pas avoir de sens ce qu’elle vient de dire mais Arès saura comprendre que Roxanna commence à perdre sa bonne foi. Elle attend patiemment que la fameuse Héloïse s’éloigne pour pouvoir commencer la chasse mais il faut croire qu’Arès a compris. Il garde l’ancienne maîtresse en coupe pour ne pas qu’elle devienne le nouveau jouet de Roxanna. À son tour, Roxanna le comprend et ça ne fait qu’augmenter l’animosité en elle.

    Elle fait mine de repartir mais quand le banquet se termine, elle revient à la charge et elle se met à chercher après Héloïse. Elle use de son odorat pour savoir où elle se dirige et c’est vers la chambre royale que celle-ci s’avance. Roxanna en devient encore plus furieuse. Avec rapidité, elle arrive dans le couloir du troisième étage mais elle a été bernée. Ce n’est pas Héloïse qui est là mais Arès. Il porte le châle d’Héloïse, pour avoir son odeur et c’est ainsi qu’il a dupé Roxanna. La brune grogne et elle se rue sur Arès à l’en plaquer contre un mur.

    « – Tu n’es pas avec cette putain ?! Elle est où ?! Tu crois que je ne l’ai pas entendu te quémander une nuit avec elle ?! »

    Roxanna laisse la jalousie se mélanger à la colère de la journée. Elle a les crocs de sortis, les yeux noircis par du sang. Le masque du monstre est là, devant les yeux d’Arès. Roxanna pourrait l’attaquer, le tuer, le briser mais au lieu de cela, elle se jette à ses lèvres. Elle grogne toujours de colère mais leurs baisers est si fiévreux qu’elle émet aussi des gémissements. La main de Roxanna arrache le châle qu’Arés tient toujours entre ses mains et elle le jette plus loin avant de nouveau plaquer l’homme contre le mur.

    « – Tu es à moi Arès ! Si l’une d’entre elles t’approchent encore, je les tue toutes sans exception ! J’espère me faire bien comprendre ?! »

    Et le baiser reprend, même s’il y a des gardes à quelques mètres d’eux. Toute la tension accumulée vient déferler à cet instant. Elle se montre féroce mais lui aussi. Dans des grognements d’envie et de rage, ils s’entrainent dans leur chambre ou les murs viennent à nouveau accuser leurs corps. Parfois c’est Roxie qui se retrouve à cogner la pierre pour ensuite laisser place à Arès.

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      M.

      La fougue s’est emprise aussi d’Arès. Les deux amants ne se contrôlent plus et il y a ce besoin bestial de ne faire plus qu’un. Le bel homme ne tarde pas à s’enfouir dans Roxanna et elle couine son désir avec une telle force qu’une bonne partie du palais à certainement entendue cela. Pourtant entre deux cris de plaisir, les deux s’échangent des mots possessifs et bourrés de jalousie.

      “ – Dis-le !”

      Hurle Arès envers Roxanna pour qu’elle affirme son appartenance au roi mais avec son sourire en coin, elle ose le provoquer gentiment pour garder cette ambiance sauvage.

      “ – TU ES À MOI !”

      Elle retourne la phrase à son avantage tout comme elle retourne la situation sur le sol en revenant au-dessus d’Arès. Son corps nu se mouve avec sensualité alors qu’Arès finit par s’asseoir sous elle pour garder cette proximité torride. Les coups de langue et les poignes dans les cheveux sont à leurs apogées. A chacun leurs tours, ils dominent l’autre jusqu’à ce que la jouissance les attrape en même temps. Roxanna se laisse retomber sur Arès et à bout de souffle, ils restent allongés sur le sol.

      “ – Hm.. mais je suis à toi aussi..”

      Murmure t’elle alors que ses lèvres sont proches de l’oreille d’Arès. Un rire les prends car ils se rendent compte de la fièvre qui vient de les prendre à cause de la colère. Au lieu de se cogner dessus, ils ont usé d’une arme bien plus agréable qu’est le sexe.

      “ – Tu mériterais que je te chevauche encore toute la nuit pour te punir d’avoir osé mettre ce châle puant.. Au moins mon odeur sera ancrée dans ta peau.”

      Le bout de sa langue caresse la gorge du blond mais Roxanna finit par se relever et elle tend sa main à Arès pour l’entraîner avec elle vers la salle d’eau. Après s’être nettoyé, le couple retrouve la chaleur du lit mais ils ne s’endorment pas de suite. Ils se font faces silencieusement mais Roxanna brise la glace.

      « – On se battra toujours pour vouloir protéger l’autre.. tu le sais ? Toi tu voudras m’éloigner pour ne pas que je sois blessé ou attrapé alors que moi aussi je vais vouloir t’éloigner par peur qu’on te tue ou te blesse. C’est un fichu cercle vicieux ou ni l’un ni l’autre voudra plier.. »

      Ce constat fait sourire tristement la brune mais c’est réel. Ils ont peur de se perdre à nouveau. Pourtant c’est Roxanna qui a le plus à perdre puisqu’Arès n’est pas immortel. L’espace d’un instant, elle a envisagé trouver un moyen de le rendre immortel puisque cela semble être possible. L’autre créature a réussi à faire un groupe de potentiels vampires mais la réalité a rattrapé Roxanna. Elle ne veut pas condamné Arès à une vie comme la sienne. Elle déteste trop ce qu’elle est et ce qui va advenir d’elle pour imposer cela à l’homme qu’elle aime. Même si cela veut dire qu’elle finira par le voir mourir.

      Les hostilités ne reprennent pas, ils se nichent l’un contre l’autre et Roxanna laisse Arès s’endormir. Au matin, le roi se retrouve cependant seul dans le lit car la belle est déjà partie. Alistair est venu plus tôt pour prévenir que l’un des enfants était malade et c’est Roxanna qui a pris le relais. Elle se trouve dans la chambre de la petite Alba qui a en effet de la fièvre et elle essaye de la faire baisser en donnant un bain tiède à le petite. C’est étrange pour elle de jouer le rôle d’une mère mais il faut croire qu’elle avait ça au fond d’elle puisqu’elle est d’une douceur qu’elle avait refoulé depuis des années.

      Quand Arès l’a retrouvé, Roxanna est dans le lit de la petite avec justement l’enfant contre elle. Le corps frais de Roxie permet à Alba d’avoir moins chaud. La brune chantonne une vieille comptine à la fillette mais elle s’arrête quand le roi se rapproche d’elles.

      « – Je crois que j’aurais aimé avoir pleins d’enfants.. Avoir plein de petits nous qui courent partout. Ça aurait été un beau spectacle mais malheureusement je ne pourrais jamais t’offrir cela. Je l’ai su dès l’instant où j’ai commencé à changer.. ou plutôt à devenir cette créature. Je n’avais plus mes saignements et comme mon corps ne vieillit plus, il est figé. Il ne pourra jamais faire grandir ou naître un enfant. »

      Elle avoue cela en observant Alba qui dort contre sa poitrine.

      « – Mais je suis quand même heureuse que toi tu as pu avoir des enfants. Même si je suis jalouse et possessive à t’en faire mal au bassin, je n’aurais pu accepter que toi tu ne puisses pas avoir des descendances. Je ne veux pas que ton sang cesse de couler avec toi. Quand tu ne seras plus là, j’ose même espérer voir les tiens devenir une grande famille.. »

      Roxanna dépose un baiser sur le front d’Alba et elle se relève en faisant attention à ne pas réveiller la petite. La fièvre a descendu donc c’est une bonne chose. Venant vers Arès, la brune se permet de déposer un doux baiser contre les lèvres tendues de l’homme.

      « – Je vais garder un œil sur elle. Tu peux aller à tes occupations. Promis, je n’irais pas chercher quelconques vampires dans ton dos.. Je préfère m’occuper de cette demoiselle et ses frères.”

      Car deux petites têtes blondes viennent à entrer aussi dans la chambre. Les deux garçons font un câlin à leur père avant de venir se lover dans les bras de Roxanna. Ils l’ont plutôt bien accueillis et même déjà adoptés.

      “ – Bonjour Roxiiiiiie ! Est-ce qu’on va pouvoir faire des biscuits aujourd’hui ? Comme ça on en donnera à Alba pour qu’elle aille mieux !
      _ On peut faire cela oui mais avant il faut qu’on travaille un peu ta lecture mon petit Silas !
      _ Oui.. roooh.. d’accord..”

      Il fait la même mine qu’Arès lorsque celui-ci fait quelque chose dont il n’a pas envie. Roxanna en rit de bon coeur et elle fait un clin d’oeil à Arès.

      “ – Le même que son père.”

      1. Avatar de M.
        M.

        Les deux garçons sautent de joie quand Arès décrète que ce sera une journée en famille et Roxanna offre un immense sourire devant cette scène attendrissante. Les petits sautillent autour de leurs pères tant ils en sont heureux. La brune se doute que cela ne doit pas être récurrent puisqu’Arès est un roi mais aussi parce qu’il est de normalité que les hommes ne s’occupent pas de leurs progénitures. Pourtant elle sent que quelque chose vient de changer dans le regard d’Arès et il délaisse sa couronne pour prendre le rôle d’un père de famille.

        Après avoir réveillé Alba et l’avoir prise à bras, Roxanna suit les garçons qui quittent la chambre pour rejoindre la cuisine. Comme convenue, la petite famille se met à faire les biscuits que Roxanna faisait avec sa mère lorsqu’elle était enfant. Les employés sont surpris de voir le monarque jouer le cuisinier mais ce moment est au-delà du temps. Les sourires ne retombent pas et il y a même des rires, surtout quand Roxanna voit les trois garçons râler car leurs pâtes sont trop friables.

        « – On pourra donner des biscuits à tous les gens du palais parce qu’on va en faire pleiiiiin ! On pourra aussi en donner aux garçons qui se battent avec toi papa ? »

        Silas est le plus bavard des trois mais aussi le plus entreprenant. Gregor est bien plus timide mais il montre bien plus de patience et de minutie que son grand frère. Alba est toujours lové contre Roxanna et elle l’aide un peu avec la pâte mais elle préfère surtout profiter des câlins de la brune.

        Quand les biscuits finissent au four, la troupe part vers les jardins pour que les enfants puissent prendre l’air. Les trois se mettent à courir devant les yeux amusés des deux adultes.

        “ – Un jour ils seront grands et ils auront ces merveilleux souvenirs d’avoir passé du temps avec toi.. Personnellement, j’ai encore ces souvenirs de moments avec mes parents et je les chéris plus que tout au monde. Je faisais beaucoup de balades à cheval avec mon père, il voulait que je sache chevaucher comme les anciennes guerrières Samartes. Avec ma mère, nous faisions beaucoup de cuisine. Elle m’a aussi appris à lire et à écrire car elle voulait que je sois instruite.”

        Roxie sourit en repensant à cela mais elle lève son nez vers Arès qui semble plus triste. Lui aussi a perdu sa famille mais jamais il n’a parlé de moments avec eux. Elle ne sait pas comment était la famille de son compagnon.

        “ – Parles moi d’eux.. comment étaient-ils ? Tes sœurs, ta mère, ton père..”

        Alba revient avec des fleurs qu’elle a cueilli pour Roxanna et cela fait automatiquement craquer la brune. Elle prend le petit bouquet et embrassa le front de la fillette avant que celle-ci ne reparte avec ses frères.

        “ – Je t’imagines bien être un enfant intrépide comme Silas. Déjà quand tu m’as trouvé, tu n’avais que vingt ans mais tu étais intrépide. Tu n’avais peur de rien, même pas d’une créature inconnue qui aurait pu te vider de ton sang.”

        Elle étire un sourire et elle vient glisser sa main dans celle d’Arès.

        “ – Moi j’étais une enfant trop prudente et peureuse. J’avais peur de tout.. Cela faisait râler mon père mais il ne m’a jamais blâmer pour cela car dans un sens, c’est à cause de mes parents que j’étais ainsi. Ils me protégeaient de tout et n’importe quoi. Alors finalement j’avais peur de tout parce que je pensais que tout était contre moi sauf eux. Quand je me suis retrouvée seule dans le temple où tu m’as trouvé, j’étais apeuré comme jamais. C’était la première fois que je me retrouvais seule et que je devais me protéger seule.. Mais tu es arrivé et en te voyant aussi vaillant, j’ai réussi à dépasser mes propres peurs.”

        Gregor tombe sans le faire exprès et il s’écorche les genoux. Ce n’est pas si grave mais Roxanna le sent et son regard s’assombrit l’espace de quelques secondes. Elle cesse de marcher et elle relâche la main d’Arès.

        “ – Occupes toi de lui, je ne pourrais pas le faire..”

        Elle a ses limites et bien qu’elle sait se contrôler, l’appelle du sang n’en reste pas moins un jeu qui peut la faire vaciller. Roxie laisse donc le père de famille aller consoler et aider le petit garçon. Elle reste en retrait. Arès amène l’enfant se faire soigner dans le palais et la brune reste dans le jardin avec les deux autres petits. A trois, ils s’amusent à jouer au loup et c’est Silas qui doit attraper les deux filles. Pendant ces minutes d’insouciance, Roxanna rit à plein poumons et elle oublie tout le reste. Pourtant dans l’ombre, elle est épiée par des ennemis. Plusieurs employés sont en effet des esclaves de Léon et ils doivent observer Roxanna pour prévenir leurs maîtres.

        1. Avatar de M.
          M.

          “ – Il va venir la chercher… souffla la créature, ils sont liés.. Elle lui appartient.. Comme il lui appartient..”

          Roxanna entend aussi les mots du jeune vampire avant qu’il ne finisse par devenir un cadavre. Comment ça elle lui appartient ? Qui est cet autre créature qui souhaite l’avoir ? Comment réussit-il a créé d’autres vampires ? Elle ne comprend pas ce qu’il se passe mais elle doit garder son calme et rester concentrée pour ne pas rendre les enfants encore plus apeurés qu’ils ne le sont déjà.

          Quand les bruits cessent et qu’Arés revient dans la chambre, Alba et Gregor sont dans les bras de la brune alors que Silas est caché contre sa jambe. Le plus âgés cours vers son papa pour quémander ses bras et un soulagement s’installe chez les deux autres petits mais chez Roxanna. Elle sait que ce n’est pas terminé et que ce n’est même que le début des ennuis. Pour le moment elle préfère ne pas parler avec Arés, pas tant qu’il y aura les enfants qui ont besoin d’être rassuré.

          Après avoir fait vérifier le palais, Roxanna et Arès s’assurent que les petits soient en sécurité. Trois nourrices sont avec eux ainsi que des gardes. Cela leurs permet de rejoindre le bureau ou plutôt la pièce de guerre d’Arès. Pour le moment ils ne sont qu’à deux car Roxanna veut revenir sur ce qu’ils ont appris.

          “ – Je ne sais pas qui peut en avoir après moi.. Quand j’étais dans le désert avec Léon et les gardes, je n’ai pas rencontré d’autres vampires ni même quand je me suis retrouvée seule. Je l’aurais senti si c’était le cas.. Et puis je réfléchis à autre chose mais je ne sais pas comment faire d’autres êtres comme moi.. Je n’ai jamais tenté de le faire mais cette autre créature sait le faire. Il sait comment créer des vampires et ça c’est un sérieux problème.”

          C’est même le pire qu’il puisse y avoir puisque cela veut dire qu’il n’y a pas que Roxanna qui aura besoin de sang. Pourtant une nouvelle pensée lui traverse l’esprit.

          “ – Mais contrairement à moi, ils semblent mortels.. Tu les as tué sans qu’ils ne survivent. Je ne sais pas si c’est parce qu’ils viennent d’être transformés ou non.. En réalité, j’ai un millier de nouvelles questions qui se posent.”

          Et c’est terrifiant de ne pas savoir. Cependant elle ne doit pas se laisser avoir par la peur car elle a une famille à protéger. Sa famille.

          “ – Il y a quand même quelque chose que.. enfin je ne t’ai pas dite parce que c’est flou. Comme si mon esprit voulait me cacher quelque chose. Je.. je t’ai dis que j’ai tué Léon mais je ne me rappelle pas de comment ni de quoi que ce soit. Et si ce n’était pas moi qui l’avait tué ? Si c’était cette autre créature ? Peut-être que c’est là que je serai tombé sur elle car c’est le seul passage qui est complètement effacé. Nous étions dans une villa que nous avions pris de force et je sais que j’étais très en colère et aussi triste mais après ça c’est le néant jusqu’à quelques jours plus tard, quand je me suis retrouvé seule dans le désert.”

          Roxanna pince ses lèvres et elle se concentre pour tenter de retrouver un souvenir mais rien ne vient. C’est cette partie qui manque et elle commence à croire que tout vient de là. Pourquoi oublier s’il n’avait rien d’important ? Pourtant elle est persuadée que cela vient d’un tierce et pas que c’est elle-même qui a transformé Léon.

          1. Avatar de M.
            M.

            Roxanna n’est pas choqué par la dernière question d’Arès puisqu’il faut penser à toutes les hypothèses concernant celui qui la traque. Cependant elle secoue la tête négativement.

            « – Non, je n’ai pas été dans les bras d’un autre pendant que nous étions séparés. C’était déjà compliqué d’être loin de toi alors m’imaginer batifoler avec quelqu’un d’autre, non. Je pense même avoir tué pas mal d’hommes qui ont osé se rapprocher de moi en me sortant des paroles qu’ils pensaient charmeuses. »

            Roxie grimace en repensant à ses porcs qui ne la voyaient que comme une traînée avec qui coucher. La brune se met tout de même à plisser le regard car une chose est quand même étrange ou plutôt elle n’avait pas capté jusqu’à maintenant.

            «- La seule chose étrange durant cette fuite, était peut-être Léon.. il était plus proche, plus tactile.. mais j’avais quand même mis une sorte de distance pour lui faire comprendre que ce n’était pas possible. Hm.. et si c’était pour cela que je l’avais tué ? Je n’arrive vraiment plus à savoir pourquoi j’en suis arrivé là. Tu sais je m’en veux de lui avoir fait du mal.. il était notre plus proche ami et je l’ai tué. »

            Elle soupire et glisse ses doigts sur ses tempes. Elle aimerait se souvenir mais rien ne vient, même pas une image. Le voyage jusqu’à la villa pourrait peut-être l’aider.. du moins elle l’espère. Cependant il faut avant tout s’assurer de la sécurité des enfants mais aussi de Byzance puisque le maître chanteur pourrait se servir de ce voyage pour faire encore plus de dégâts.

            « – Et si c’est ce qu’il attendait ? Qu’on s’éloigne pour mieux nous avoir ? Je ne sais pas si c’est judicieux de s’éloigner d’ici.. mais d’un autre côté, il va continuer à tenter des coups. J’ai peut être une idée pour l’attraper mais pour cela il va falloir se servir d’une femme. On pourrait user de ton stratagème comme tu as user sur moi. Faire en sorte qu’une autre porte mon odeur et attendre que l’autre créature vienne à elle.. »

            Cela veut dire sacrifier quelqu’un mais Roxanna n’est plus à un cadavre prêt. Elle veut jouer la prudence pour ne pas heurter Arés et aussi pour se protéger car bien qu’elle n’a pas peur de la personne qui veut la récupérer, elle ne veut pas se retrouver à nouveau loin de son roi. Ils vont donc devoir penser à des stratégies sans que l’un ou l’autre ne soit mis en danger.

            « – Dans tous les cas, on va avoir cette créature et on va l’évincer. Il est hors de question que je le laisse m’éloigner de toi. Je t’ai promis que c’était fini, que plus personne ne se mettra entre nous et je compte bien tenir mes paroles. »

            Elle contourne la table pour venir face à Arès et elle entoure le cou de l’homme avec ses bras. La brune pose un baiser contre les lèvres d’Arés et elle se met à sourire quand elle remarque qu’il prend son air de soldat, prêt à tout détruire pour elle. Il a un feu en lui qui devient un brasier lorsqu’il s’agit d’elle.

            « – Maintenant il est temps que l’on aille mettre fin à tout ça. Et quand ça sera finit, je veux que l’on aille toi, les enfants et moi vers un endroit paisible pour que l’on puisse souffler et profiter. Qu’en penses tu ? »

            Alors qu’elle s’apprête à l’embrasser à nouveau, quelqu’un toque à la porte. Après qu’Arès est accepté de laisser entrer la personne, Alistair fait son entrée avec un air grave. Ils ont fait le tour de palais et de la ville comme convenu afin de trouver d’autres sbires de l’autre créature et ils en ont trouvé dans l’une des tavernes en périphérie. Ils en ont tué mais ils ont aussi capturé l’un des jeunes vampires qui est prêt à parler contre sa survie. Sans plus attendre, Arès et Roxanna vont vers les geôles pour retrouver ce nouveau prisonnier. A la plus grande surprise du couple, ils viennent faire à découvrir un visage qu’ils connaissent que trop bien. Léon. Oui, c’est bel et bien Léon. Il a joué au jeune vampire mais à peine les portes des geôles sont fermés qu’il vient à s’attaquer aux gardes présents. Il fait un massacre, du moins jusqu’à ce que Roxanna tente de s’interposer.

            Il a une force aussi grande que celle de la brune donc la bagarre n’est pas aussi simple que prévue. Même lorsqu’Arès vient s’intégrer, ce n’est pas aisé. Léon se débat avec aisance mais pour avoir l’avantage, il vient à prendre Arès en coupe afin de pouvoir négocier avec Roxanna. Arès se retrouve dans les bras de Léon et le garçon sort ses crocs pour montrer qu’il est prêt à mordre.

            “ – Enfin je te retrouve Roxie. Il était temps.
            _ Mais.. comment c’est possible ?! Tu étais mort Léon.. Je.. Comment ça se fait que tu es comme moi ?! Mh.. Non, en fait je m’en fiche ! Lâche Arès de suite !”

            Elle se rapproche mais Léon se recule avec Arès. Roxanna en prend son air violent, colérique, sombre.

            “ – Tu ne te rappelles de rien Roxie ? Pourtant c’est toi qui m’a rendu ainsi.. Après un baiser passionné et quelques gouttes de sang.”

            Léon sourit en coin alors que Roxanna fronce encore plus son visage. Elle n’aurait jamais fait ça ! Elle ne le croit pas. Léon se penche légèrement pour murmurer à l’oreille d’Arès.

            “ – Elle embrasse divinement bien. Je suis seulement déçu qu’elle ne fait que penser à toi. Mais bon, je vais arranger ça. Quand je t’aurais tué, je l’aurais pour moi seul. Et en plus, pour l’éternité ! N’est-ce pas parfait Arès ?”

          2. Avatar de M.
            M.

            Roxanna a su dès l’instant où Arès a provoqué Léon que les choses allaient totalement vriller. Malgré sa rapidité, elle n’a pas pu empêcher Léon d’enfoncer sa main dans le corps d’Arès mais en faisant cela, Léon a libéré le démon qui restait caché dans l’esprit de Roxie. La simple odeur du sang d’Arès, la rend indomptable, furieuse, monstrueuse. Elle se jette sur Léon pour l’éloigner de son roi mais c’est ce que cherche Léon car pendant qu’elle se bat avec lui, elle ne peut pas sauver Arès. Elle ne peut pas le transformer s’il ne boit pas son sang avant de mourir.

            Elle hurle et se déchaîne avec une telle rage que Léon n’a pas eu la décence de croire qu’elle pourrait le détruire. Mais pourtant elle y arrive. Roxanna arrache la tête de Léon avec une violence terrifiante. L’ancien allié finit au sol et c’est à ce moment que Roxanna se rue vers Arès mais il est déjà trop tard. Il n’y a plus rien. Plus un souffle de vie.

            « – Non non non non !! Réveilles toi Arès !! Ouvre les yeux !! »

            Elle touche le corps inerte de son amant et dans des élans désespérés, elle se met à le mordre et même à s’entailler les veines pour lui mettre du sang sur ses lèvres. Cependant il n’y a plus rien. Arès est déjà parti. Il est mort. Roxanna n’a pourtant pas le déclic et elle cherche à le ramener. Alistair et quelques gardes entrent en trombe et ils découvrent cette scène d’horreur.

            « – Réveilles toi Arès ! Tu n’as pas le droit de me laisser ! Pas maintenant !! Reviens moi je t’en prie ! Je.. je ferais tout ce que tu veux ! S’il te plaît reviens moi !! »

            Les larmes dévalent ses joues et quand Alistair se rapproche, elle prend le corps d’Arès contre elle. Elle lance des regards sombres, remplis de haine. Elle est prête à tuer quiconque lui prendra Arès.

            « – Ne t’approches pas !! Je dois le sauver !!
            _ Mais.. mais il est mort Roxa..
            _ TAIS-TOI !! Il n’est pas mort !! Non !! »

            Alistair déglutit et il tente de ne pas vriller à son tour. Il est anéanti par ce qu’il voit et il comprend la douleur de Roxanna puisque lui aussi vient de perdre quelqu’un d’important. Il se rapproche très lentement pour tenter de venir consoler Roxanna mais elle se montre encore plus dangereuse en montrant ses crocs.

            « – Éloigne toi de lui !! ELOIGNEZ-VOUS DE NOUS !! »

            Son corps est parsemé du sang de son amant et elle le serre si fort qu’elle lui a certainement brisé des os mais elle ne lâchera rien. Non, elle n’a pas le droit de le laisser et le donner à qui que ce soit. Il doit rester avec elle car ils sont des âmes-sœurs. Elle n’a pas le droit de l’abandonner. Elle n’a pas le droit de vivre sans lui..

            Arès devrait obtenir des funérailles royales mais ça ne s’est pas déroulé ainsi. Roxanna ne pouvait pas se résoudre à tout cela alors elle a décidé de porter le corps d’Arès et de s’enfuir avec lui vers le mausolée où elle reposait. Allongée dans l’immense tombeau de marbre à côté d’Arès, c’est ici qu’elle daigne se confiner. Entre les pleures et les lamentations, elle serre ce corps froid contre le sien dans l’espoir qu’il se réveille mais rien y fait. Il ne répond toujours pas.

            « – Pourquoi le monde a été contre nous ? Pourquoi on a pas eu le droit de vivre notre amour ? Pourquoi la souffrance est notre seule destinée ? Arès.. réveilles toi.. s’il te plaît reviens moi.. je vais mourir sans toi.. j’ai tellement mal.. c’est moi qui aurait dû mourir.. pas toi.. »

            Il y aura toujours des questions sans réponses mais il y a surtout une douleur immense qui la consume. Elle savait qu’elle finirait par le perdre mais pas ainsi et pas aussi vite. Elle voulait encore vivre des années auprès de lui et le voir vieillir avec ses enfants mais il n’en sera rien. Arès devient un roi fauché dans sa grandeur et on ne se souviendra que de son nom mais Roxanna est devenue une veuve éternelle. Même s’ il lui a promis de la retrouver un jour, elle se sent vide et sans avenir. Autant donc ne pas quitter ce mausolée. De toute façon, à quoi bon être dehors ? Elle sait que sa vie sera un enfer sans lui.

            Un jour. Une semaine. Un mois. Une année. Dix ans.. Oui, dix ans enfermée dans ce mausolée, contre le corps d’Arès. Ce n’est pas idyllique, surtout avec ce corps qui n’est plus qu’un tas d’os mais elle n’arrive toujours pas à s’en éloigner. Elle n’a pas non plus bu depuis cette fameuse journée où elle l’a perdu et aujourd’hui elle ressemble presque à une sorte de momie qui peine à bouger. Ils sont un tableau d’amants maudits et attrapés par la mort. Pourtant, le mausolée est ouvert par quelqu’un qui n’a pas oublié. Alistair a pris la place de roi mais il n’a pas oublié Arès ni Roxanna. Même s’il a laissé dix années à la brune pour faire son deuil, aujourd’hui il revient pour la sortir de là et la forcer à vivre car c’est ce que son meilleur ami aurait souhaité. Il avait aussi promis qu’il prendrait soin de Roxanna et il compte s’y mettre mais est-ce qu’elle va accepter ?

            Après la mort d’Arès, Alistair a jeté le corps de Léon au feu et il a dû annoncer la nouvelle. Le roi est mort et sa reine l’a suivi. Le nordique n’était pas destiné à prendre le trône et il ne le voulait pas, cependant il l’a fait en attendant que Silas puisse prendre le rôle qui lui était destiné. Aujourd’hui Silas a dix-sept ans et Alistair a décidé qu’il pouvait retrouver sa place de garde auprès de Roxanna. Il va pouvoir l’éloigner du mausolée, de Byzance, de tout ce qui lui fera mal. Il pense qu’elle a besoin de voir autre chose pour occuper son esprit.

            ( https://pin.it/4YNrApdqR : Alistair)

            Il s’est servi des soldats auprès de lui pour que Roxanna puisse se relever du tombeau. Il lui a fait boire leurs sangs car sans cela, elle n’aurait pu se remettre debout. Roxanna s’est montrée hostile et elle s’est mise à hurler car elle ne voulait pas être réveillée. Elle voulait rester là où elle était mais Alistair lui a rappelé qu’elle avait aussi promis de garder un œil sur les enfants d’Arès. Il a fallu du temps pour qu’elle cède mais il a réussi à la faire de nouveau vivre avec les vivants. Cependant il en a payé de sa vie. Ou plutôt, elle ne lui a pas laissé le choix de devenir une créature comme elle en guise de négociation. Elle a fait cela pour ne pas le perdre lui aussi car même s’il n’y a pas de sentiments amoureux entre eux, elle ne veut pas encore perdre quelqu’un qui compte à ses yeux.

            C’est difficile d’avancer quand un esprit est hanté par le même fantôme. Pourtant elle essaye de se mêler à ce nouveau monde sans lui et au temps qui défile.

            Malgré les années, elle ne peut s’empêcher de chercher après lui. Elle a l’espoir d’un jour le retrouver comme il lui avait promis mais ça ne vient pas. Pourtant elle a parcouru des milliers de kilomètres, des milliers de villes, des milliers de visages. Elle a parfois façonné l’histoire et mis son grain de sel pour ses propres intérêts pour se donner des coups de pouce mais rien. Arès n’est toujours qu’un souvenir qui la déchire toujours autant malgré tout ce temps.

            Alistair ne l’a pas abandonné. Parfois ils vivent loin l’un de l’autre pour mieux tenter de retrouver Arès mais les deux amis gardent des contacts et viennent parfois à se recroiser. Roxanna ne voulait pas que ce vieil ami soit emprisonné dans un rôle de garde alors qu’il a la possibilité de passer son éternité à découvrir le monde. Ils se retrouvent parfois tous les ans ou alors tous les dix ans mais ils ne restent pas sans nouvelles.

            Année 485, Royaume des Francs. 600 ans après la mort d’Arès. C’est dans cette nouvelle époque que les deux amis se retrouvent. Roxanna est arrivée à la cour de Clovis il y a quelques années. C’est même elle qui s’est assurée qu’il prenne le trône et qu’il réunisse toutes les terres en un seul bloc puissant. Parfois cela l’amuse d’être celle qui change l’histoire et qui crée des nouvelles alliances ou guerres.

            C’est à Lutèce ou plutôt Paris, que les deux amis se retrouvent. Alistair rejoint Roxanna au palais de la cité, là où elle joue la dame de compagnie envers l’épouse de Clovis. Après tout, il faut bien qu’elle s’occupe. La brune n’a pas changé d’apparence au travers des années, elle ressemble toujours à une jeune femme de dix huit ans et elle a toujours sa beauté méditerrannéenne qui fait rêver les hommes. Nombreux sont ceux qui ont tenté de demander sa main mais elle n’a jamais accepté ou alors seulement pour finir riche et veuve rapidement. Elle mène une danse qui lui confère les pleins pouvoirs et la puissance, sans que personne ne le voit si ce n’est Alistair.

            “ – Ali.. Cela doit faire déjà dix ans non ?”

            Dit-elle alors qu’elle se retrouve à l’entrée du palais, les bras levés vers la seule personne avec qui elle a un réel lien.

            “ – J’ai réussi à te faire une place ici. Sache qu’à partir de maintenant, tu es mon grand frère qui revient d’un long voyage vers les terres de leurs fameux seigneur Jesus.”

            Elle sourit en coin. Des rôles.. Sa vie n’est qu’un enchaînement de rôles. Le seul qu’elle garde bien caché, c’est celui de la vraie Roxanna. Celle qui n’oublie pas son seul et premier Amour. Non, elle n’a plus le droit de montrer la moindre faiblesse et Arès restera sa plus grande déchirure.

          3. Avatar de M.
            M.

            Elle se doutait qu’il viendrait la rejoindre dans sa chambre. Bien qu’il a pris le rôle de son frère, il est de mauvaise vue pour une femme célibataire d’être trop proche d’un homme. Les mœurs sont bien plus compliquées que dans le passé, la chrétienté n’est pas une religion de liberté et ce qui est drôle, c’est que Roxanna est la créatrice de toute cette mascarade. C’est elle qui a fait en sorte que ce fameux Jésus devienne un messi et qu’il se mette à prêcher des paroles d’un dieu qui n’existe même pas. En ce temps là, elle se faisait appeler Marie-Madeleine et si elle a lancé tout cela, c’était pour détourner l’esprit des gens qui commençaient à trop croire aux légendes qui parlaient des vampires et des loups. Son coup a fonctionné puisqu’à présent, peu de monde pensent à ces anciennes légendes et ils préfèrent aller prier tous les dimanches auprès des idiots de prêtres qui se pensent au-dessus de tout.

            Assis dans un fauteuil auprès d’elle, Alistair siffle son verre de vin tout en parlant d’aller retrouver ce frère que Roxanna n’a toujours pas décidé d’approcher. Elle aurait pu le faire en six cent ans mais sa priorité n’est pas d’aller vers celui qui devrait être son ennemi juré, mais plutôt de retrouver son grand amour. Il n’y a que cet espoir de retrouver Arès qui la fait encore tenir et surtout qui ne la fait pas sombrer dans l’horreur de sa condition.

            “ – Clovis n’est qu’une pièce de mon jeu, tu t’en doutes.. Je veux réunir la plupart des clans qui sont divisés sur les terres d’occident. Je pense qu’A.. hm.. qu’Arès pourrait revenir mais dans un monde bien plus posé et enclin à l’accueillir.”

            Elle baisse son regard, cachant ses yeux brillants de larmes. Elle n’a plus versé une larme depuis des siècles mais quand elle parle de son grand amour, ses yeux ne peuvent rester neutres.

            “ – Il y a bien trop de guerres depuis le déclin des romains et il faut que quelqu’un apporte une paix. Clovis saura le faire puisque je lui ai dit comment y parvenir. Cependant je me dois de garder un œil sur lui car beaucoup d’autres hommes aimeraient le tuer.”

            Elle s’approche d’Alistair pour s’asseoir sur le fauteuil qui est à côté de son seul vrai ami. A deux, ils sont devenus les témoins du monde, les gardiens des récits. Ils ont vécu beaucoup de choses depuis Byzance et ils ont fait beaucoup de choses mais il y a toujours l’ombre d’Arès qui reste au-dessus d’eux. C’est bien plus viscéral chez Roxanna car elle n’arrive pas à passer à autre chose, même si Alistair a parfois tenté de la dévier.

            “ – Et je ne sais pas si c’est une bonne idée de partir sur les traces de ce frère.. N’oublies pas qu’on m’avait dit qu’il était mon contraire, mon ennemi. Il doit aussi être le tien puisque tu es comme moi. Je sais qu’il existe vraiment car j’ai entendu des rumeurs sur des hommes qui se transforment en loup dans les terres neigeuses du Nord. Mais si on y va et qu’il s’attaque à nous ? Je n’ai pas peur de la mort mais pour moi elle ne viendra jamais. Pour toi c’est différent et tu le sais. Tu peux mourir et il est hors de question que je te laisse aller à la mort Alistair.”

            Elle n’a pas perdu de son caractère intransigeant et déterminé. Arès aurait certainement été content de voir qu’elle ne s’est pas laissée adoucir ou avoir par les autres. Roxanna reste une femme avec un certain tranchant même si l’époque et les hommes voudraient qu’elle se taise ou reste dans l’ombre.

            “ – C’est dangereux.. Hm.. Mais on peut déjà envoyer un émissaire pour tenter de se renseigner. Voir si ce frère est encore vivant et s’il est possible de l’approcher ou non. J’ai quelques personnes qui peuvent gérer cette tâche.”

            Alistair et Roxanna ne sont plus les seuls vampires. Ils en ont créé d’autres pour les servir mais ils gardent un contrôle sur eux. Bien sûr, il y a aussi des vampires ennemis mais ceux-ci ont été créés par Léon et le duo d’amis ne les a pas encore tous tué. Malgré qu’il y en a plus que deux, les vampires restent dans l’ombre car bien qu’ils soient forts, ils ne peuvent pas clamer ce qu’ils sont sous peine de trop grosses conséquences. Il y en a déjà eu dans le passé, lorsque les romains ne crucifiaient pas encore les chrétiens mais les vampires trop bruyants. Voilà encore une raison qui a poussé Roxanna a joué la carte de la créatrice de religion.

            “ – En attendant, j’ai une autre mission pour toi et je pense qu’elle pourrait te plaire. Te souviens-tu de Lucia ? La fameuse fille que tu as sauvé à Pompéï ? Tu m’avais caché que tu l’avais transformé mais en soit, ça ne me dérange pas. Par contre, je pensais que tu l’aurais gardé auprès de toi mais non.. Enfin, pour en revenir à la mission, ton amie est ici à Paris. Je l’ai vu il y a quelques semaines et je crois qu’elle s’est entourée de gens qui pourraient vraiment nous aider pour en savoir plus sur Arès..”

            Roxanna l’a vu avec deux autres femmes qui ne sont pas des vampires mais qui ont quand même quelque chose en plus. Ce sont des “sorcières”, comme l’appellation nouvelle peut les décrire. Il y en a toujours eu puisque ce sont leurs aïeules qui ont transformé Roxanna. Cependant elles se font très rares même quasiment inexistantes. Roxanna n’a jamais su mettre une main sur elle mais là, elle pourrait arriver à ses fins si Alistair se rapproche de la jeune femme qui semblait l’avoir envouté.

            “ – Crois-tu que tu pourrais te rapprocher de cette jeune femme qui semblait t’avoir fait vriller ? On a besoin de ses deux femmes qui sont avec elle. J’aurais pu y aller par moi-même mais je pense qu’elle sera bien plus encline à discuter avec toi. Si elles sont vraiment des sorcières, elles pourraient peut-être m’aider à savoir si Arès reviendra auprès de moi ou non.”

            ( lucia : https://pin.it/4LQv1d4ub )

  210. Avatar de M.
    M.

    Roxanna :

    La brune retrouve Clovis mais elle garde un œil sur Alistair lorsqu’il rencontre la belle rousse. Malgré le bruit dans la salle, elle entend ce qu’il se dit entre les deux anciens amants et elle comprend qu’elle est un enjeu pour Lucia. Elle pourrait quitter sa chaise et les rejoindre pour quémander ce que la rousse lui veut mais elle ne se précipite pas et elle veut laisser Alistair gérer cette affaire puisque même s’il ne lui a pas dit, elle a senti qu’il avait besoin de retrouver l’autre vampire pour laquelle il s’est montré secret. C’est vrai, jamais il n’avait parlé de Lucia ni même de pourquoi il l’avait transformée. Roxanna ne sait pas que cette belle succube ressemble à une femme qu’Alistair a aimé dans le passé. Elle ne connaît pas grand chose d’Alistair au final, si ce n’est sa grande amitié avec Arès mais jamais elle ne l’a poussé à se dévoiler. Elle a compris qu’il n’aimait pas s’étendre sur lui, bien que parfois elle se demande pourquoi. Pourtant elle sait qu’elle pourrait en apprendre plus avec l’arrivée de cette fameuse Lucia.

    Lucia :

    Ce n’est pas les retrouvailles les plus heureuses qu’il puisse y avoir mais je ne pourrais nier que malgré les centaines d’années, il anime encore beaucoup de choses en moi. Il y a bien plus de colère que d’attachements mais il ne me laisse pas indifférente. Toujours autant droit et sérieux, il répond à mes piques sans entrer dans mon jeu. Il ne montre pas d’animosité contrairement à moi et il vient même à m’inviter à un dîner pour pouvoir discuter. Le fait qu’il ne veut pas les sorcières ne me gêne pas puisque je ne veux pas qu’il les approche. Il pense certainement qu’elles ne sont que des choses qui voudront ma perte ou la sienne mais il est bien loin d’imaginer à quel point elles sont précieuses à mes yeux.

    « – Très bien. Je viendrais ce soir. »

    On ne parle pas davantage, ça ne sert à rien et puis je sais que Roxanna doit nous entendre. Les vampires ont l’ouïe bien trop fines et parfois ce n’est pas amusant lorsqu’on ne peut pas avoir de conversation privée. Joanna et Ava ne sont pas les plus ravis de savoir que je ne serais pas avec elles ce soir mais je sais qu’elles seront en sécurité là où je vais les laisser. Même Roxanna ne saura les approcher, ni même quelconque vampires. J’ai vendu plusieurs fois mon corps et mon âme pour leurs apporter tous les savoirs qui assurent leurs protections. Après tout, n’est-ce pas ce que ferait une mère pour ses filles ?

    À l’heure du dîner, j’entre dans la chambre d’Alistair sans me faire annoncer. J’ai fait attention à ne pas être suivi afin de ne pas attirer les regards ou les rumeurs. En entrant dans la pièce, je sens déjà les litres de sangs différents qu’il a préparés pour ce repas de retrouvailles. Lorsque j’étais jeune vampire, nous avions plusieurs fois partagés des orgies gustatives mais je suis presque déçu qu’il n’a pas apporté les corps qui vont avec ce liquide rougeâtre. Il me fait la liste des provenances pour certainement connaître celle qui va le plus m’attirer mais pour le moment je ne choisis rien. Ma venue est principalement pour faire affaire et tenter d’approcher cette Roxanna mais il met déjà des freins. Il ne veut pas discuter d’elle. Il croit que je suis ici pour autre chose et dans un sens il n’a pas tord mais bien que la tension est vive, ce n’est pas lui que je cherchais à retrouver.

    « – Si je suis à Paris, c’est parce que j’ai eu vent que Roxanna y était. Sans cela, je ne serais pas ici. Je la cherche depuis quelques temps et je comptais l’approcher mais il faut croire qu’elle a un garde personnel que je connais bien. »

    Un léger sourire en coin se dessine sur mes lèvres et je m’approche de lui sans pour autant le toucher. Je lui fais face et il multitudes de souvenirs m’assaillent. Les nuits passées dans le Lupanar, où il me parlait de sa vie et moi de la mienne. Les promesses et les rêves d’une autre vie. Les douleurs et la tristesse bien trop présentes. Il sait une chose sur moi qui aurait du lui faire écho. Si je cherche à retrouver la lumière du soleil, ce n’est pas pour rien. Je ne compte pas devenir une tueuse assoiffée en pleine journée mais je veux seulement cesser de vivre la nuit car j’ai toujours eu une peur bleue de la nuit. Même encore aujourd’hui et même si je suis une créature puissante. La nuit m’effraie depuis ma tendre enfance car c’est durant ce lapse de temps que j’étais donné à des hommes horribles. Il n’y a que la période où Alistair venait me parler la nuit qui a été une sorte de répit mais après son départ soudain de ma vie, mes peurs sont revenues. J’ai besoin de retrouver le soleil et la sécurité qu’il m’offre. J’ai aussi besoin de me déplacer la journée pour assurer une protection totale à mes deux petites sorcières.

    « – Je les ai adopté. Tu dis qu’elles voudront une dette mais il en est rien. Joanna et Ava sont mes filles. Certes, nous sommes une famille atypique mais elles sont ce que j’ai de plus cher Alistair. »

    Il y a de la surprise dans son visage. Une maman vampire et ses petites sorcières.. épique non ? Mais pourtant vrai.

    « – Je les ai trouvé il y a plusieurs années dans les forêts de l’Est. Je chassais avec mon compagnon de fortune quand j’ai trouvé les deux petites cachés dans une petite chaumière où le corps de leur mère était en lambeaux. Je ne savais pas ce qu’elles étaient jusqu’à ce qu’elle me montre leurs dons. Depuis ce temps, je les élève et les protège. J’ai même traversé de nombreux pays pour tenter d’en apprendre plus sur les sorcières et leurs permettre de faire évoluer leurs pouvoirs. Elles ne sont pas immensément puissantes mais elles savent déjà en faire beaucoup. »

    Je ne les ai jamais forcé à se surpasser car je sais que plus elles seront fortes, plus elles attireront les regards et je ne le veux pas. Si je lui dis cela, ce n’est pas pour le mettre en garde contre elles mais plutôt contre moi car je ne laisserais jamais personne ne leurs faire du mal. Roxanna y compris. J’ai besoin de l’originelle mais pas si elle se montre hostile envers mes filles.

    « – Mais ce n’est pas toi que je cherchais Alistair. J’ai arrêté de te chercher quelques semaines après que tu m’as abandonné. J’ai assez vite compris que tu ne reviendrais pas. Après tout j’avais toujours connu ça dans ma vie humaine donc pourquoi cela changerait en tant que vampire ? »

    J’hausse les épaules par arrogance et je lui tourne le dos pour retourner vers les carafes de sang. Je prend celui du guerrier saxon car c’est certainement ce qu’Alistair attendait. C’est ma manière de lui montrer que je ne suis plus la faible et docile prostituée de la baie napolitaine.

    « – Cela dit, tu es toujours aussi beau que dans le passé. Tu continus encore de faire tourner la tête des jeunes femmes ? Ou bien alors tu serais le compagnon de cette chère Roxanne ? »

    C’est une curiosité un peu malsaine mais c’est vrai que je veux savoir pourquoi il semble proche d’elle. Il m’en avait pas parlé dans le passé. J’ai appris l’existence de cette vampire originelle grâce à d’autres vampires qui vivent dans les terres du sud. Roxanna a longtemps été une sorte de légende que peu croyaient réelle mais son existence a été avérée après qu’elle ait tué plusieurs vampires qui étaient trop sanguinaires à son goût. C’est un peu comme si elle était la reine des vampires. Non, elle est la reine puisqu’elle est au-dessus de nous tous mais elle semblait inaccessible et pourtant Alistair semble très proche d’elle.

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