
75 réponses à “La reine-artiste (pause)”
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Il se retrouve devant cette vieille dame qu’est sa mère mais quand elle se rapproche aussi vite de lui, Kisos a un mouvement de recule. Pocahontas ne le prend pas mal, elle semble comprendre la détresse de son fils mais elle garde surtout un regard ému car il est là, il est vivant. Le temps que tu vas rejoindre Sora, Poca essaye de parler à son fils en évoquant des souvenirs heureux qu’ils ont eu par le passé. Pour cela, ils vont aussi vers l’extérieur afin de ne pas être gêné par certains patients. Tu peux les voir tous les deux puisqu’il y a un grand contraste entre la taille de Pocahontas et Kisos. Sora peut aussi voir son géant frère et cela l’émeu tellement qu’elle se rallume une cigarette sur le champ.
« – Il est vivant.. il est vivant.. Tu l’as retrouvé Charlie.. Tu m’as ramené mon grand frère.. »
C’est bouleversant pour tout le monde. Ça aurait été bien plus horrible si vous aviez eu la confirmation de sa mort mais ça n’en reste pas moins poignant de voir ce grand gaillard debout, même s’il se déplace avec une canne. Pocahontas laisse aussi parler son fils et elle lui demande ce dont il se souvient. Il est rapidement évident qu’il subit les douleurs de la guerre, surtout psychologiquement mais elle a déjà des idées pour pouvoir aider son fils. Les esprits, les baumes, la nature, tout ça saura le remettre sur pieds mais pour le moment vous êtes encore loin de chez vous. La France n’est pas le meilleur endroit pour se remettre de la guerre.
« – Je ne voulais pas que tu viennes en France mais tu as toujours été une tête de mule qui voulait protéger ses proches. Tu as fais cela pour ta soeur, pour tes neveux.. Et je sais qu’en venant ici, tu as sauvé les vies de milliers d’hommes. Je suis fière de toi Kisos Walker. Ton père serait aussi tellement fière de toi. Mais maintenant c’est à nous de te protéger et de prendre soin de toi.
_ Il me parlait de vous..
_ Qui ? Qui parlait mon chéri ?
_ Gabriel.. Il parlait de l’amour de sa vie. Il disait qu’elle était un grand soleil dont il était inlassablement amoureux.
_ Oh.. mon Gabi.. tu.. tu l’as vu quand tu étais..
_ Quand j’étais dans le coma. Je pensais que c’était un soldat que j’avais sûrement rencontré sur le front. Il était là et il me parlait de sa vie.. Mais avec les mots de Charlotte et les votres, je comprend que c’était bien plus qu’un soldat. C’était mon père..
_ Tu peux me tutoyer mon chéri. Tu sais, je suis ta mère.. Je t’ai mise au monde même si cela paraît pas croyable avec nos tailles si différentes.. »Elle fait en sorte que Kisos s’abaisse pour pouvoir embrasser son front mais après cela, vous arrivez. Sora hésite à aller vers son frère mais doucement poussé par toi, elle avance et bien que Kisos est retissant, il prend la jeune femme dans ses bras puisqu’il sent sa détresse. Sora fond de nouveau en larme quand les bras de son grand frère l’entourent.
« – Pardon Kisos.. je suis tellement désolé de t’avoir demandé de m’aider.. c’est de ma faute.. pardon..
_ Je pense que je devais être ici. Si ce n’était pas le cas, je ne serais pas là. Tu dois être Sora ? Gabriel aussi m’a parlé de toi.. Il disait que tu étais sa petite libellule. Tu étais comme .. Ma’… pleine de mystère et de fougue.
_ Duda.. »De quoi encore faire pleurer encore plus Sora et Pocahontas. Kisos est vite dépassé par autant d’émotions et tu le sauves en proposant de retourner vers l’hôpital. Il va falloir préparer votre retour mais il y a encore tellement de blessés qui ont besoin d’aide que Pocahontas hésite un peu. Bien sûr qu’elle veut retourner chez elle mais sa bienveillance est toujours imposante, surtout qu’il manque de personnel ici. Elle profite que Kisos parle avec Sora pour te demander si vous pouvez partir dans une à deux semaines, le temps qu’elle forme certaines jeunes femmes pour donner des soins.
« – Tu pourrais aller sur Paris avec lui ? Je vous rejoindrais là-bas avec Sora mais je ne peux pas partir comme ça.. Il y a tellement de blessés.. Et puis Paris pourrait peut-être aider Kisos à retrouver quelques souvenirs ? Même si je pense qu’il en a. Il a juste des démons que l’on va devoir chasser de son esprit. »
Cette escapade vers Paris va aussi te permettre d’être seule à seule avec Kisos. C’est certain que pour l’instant il semble très loin de l’époux proche qu’il était avant son départ mais tu peux remarquer qu’il jette toujours des regards vers toi. Etrangement ça le rassure de te sentir non loin de lui et à peine Sora finie de parler qu’il revient près de toi et sa mère. Pocahontas le prévient pour votre départ sur Paris et Kisos hoche la tête. Ce sera pour demain et en attendant la mère de Kisos vous conseille d’aller vers le petit appartement qu’elle occupe avec Sora pour que vous puissiez vous reposer. Les deux femmes vous rejoindront plus tard mais pour le moment, elles doivent terminer leurs services. Kisos se met encore à te suivre, comme un petit caneton derrière sa mère mais avec le contraste de taille, cela peut amuser. Il prend finalement ton bras pour être à ta hauteur et il a encore cette tendance à garder un œil sur toi.
« – Charlotte Hedlund.. Pocahontas m’a parlé un peu de toi, de ton arrivée dans ma vie. Ton nom de jeune fille ne m’est pas inconnu, j’ai l’impression de l’avoir dit des milliers de fois mais j’ai l’impression aussi que tu n’as pas toujours été ainsi.. enfin je veux dire brune. Tu as dû les cheveux blonds, presque blanc, n’est-ce pas ? Je vois une blonde aux grands yeux bleus.. Moi je me vois avec des longs cheveux noirs tressés mais c’est bizarre car aujourd’hui ils sont courts et avec des mèches blanches. Je suis peut-être un vieil homme.. »
C’est vrai qu’il a attrapé des mèches grises et blanches. Sa fine barbe aussi à quelques couleurs différentes. Cela lui donne un nouveau charme mais il ressemble bien plus à un européen avec ses cheveux si courts et ses vêtements qui est un costume marron foncé.
« – Nous avons vécu longtemps à Paris ? Et pourquoi nous sommes venus ici si nous étions d’un autre pays ? En tout cas, ça m’a quand même était bien utile de comprendre le français et de le parler. Les prêtres étaient étonnés et ils pensaient même que je vivais dans ce pays depuis des années.. mais ils ont compris que je venais d’ailleurs en voyant les tatouages que j’ai sur les bras. Ils m’ont dit que je venais sûrement d’une tribu indigène en Australie ou Nouvelle-Zélande. »
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Cette petite maison ne laisse pas Kisos insensible, bien au contraire.. Il avance lentement dans cet espace et il observe le tout avec minutie. Tout est comme dans son rêve.. ou alors cela était un souvenir. Pourtant c’est étrange car il ne te voit pas dans ce souvenir. Quoi que.. peut-être que tu étais dans son souvenir mais il a du mal à remettre les morceaux du puzzle dans l’ordre.
Lorsque tu viens contre lui et que tu te mets à caresser sa joue, Kisos baisse automatiquement son regard vers le tien mais cela lui offre un flash de souvenir. Tu étais bien plus jeune et vous étiez ici. Lui devait partir pour aller à l’école de médecine alors que toi tu te préparais pour faire une nouvelle peinture. Tu avais enfilé un petit tablier rouge et blanc mais pour te taquiner, Kisos s’amusait à retirer les noeuds que tu avais fais au niveau de ton dos. Ce souvenir le fait sourire parce qu’il prend conscience que son esprit n’est pas totalement effacé et qu’il y a de l’espoir.
“ – Tu faisais un délicieux Tiramisu.. Tu penses que tu pourrais m’en refaire un ? Pas là.. car nous n’avons rien pour le faire mais.. j’aimerais y regoûter..”
Son air se fait plus doux, à croire que cet endroit a un effet apaisant sur lui. En même temps, ce lieu a été important dans votre vie. Vous n’y êtes pas resté très longtemps mais vous y avez pris des décisions importantes comme le fait que Kisos allait devenir médecin, toi peintre et puis vous avez aussi pris cette indépendance que vous n’aviez pas lorsque vous étiez auprès de vos parents. Ici vous n’étiez que deux, dans votre bulle.
“ – Tu me parlais de nos enfants ? Et aussi.. de notre vie.. Je suis sûr que des souvenirs vont me revenir en tête.. Mais j’ai besoin de ton aide..”
Pour cela, Kisos prend ta main et il t’invite à aller sur le matelas poussiéreux. Il s’installe en premier pour que tu puisses venir sur lui, ainsi tu ne seras pas salis par la vétusté de l’endroit. Enlaçant ta taille, Kisos t’écoute parler de doux souvenirs que vous avez eu durant toute votre vie à deux. Votre rencontre, votre amitié qui a évolué en amour et puis votre amour aux débuts compliqués à cause de ton départ en Ecosse. Cela vous prend une grande partie de la nuit, si bien que le soleil se lève alors que tu n’es arrivé qu’au souvenir de ta grossesse sur rosie. Il n’y a pas que des souvenirs heureux, il y a aussi des malheurs mais Kisos ne le prend pas avec douleur car aujourd’hui il a appris à vivre au jour le jour. Il sait que le passé peut faire mal, à cause de ses blessures de guerres mais il sait que le présent et l’avenir seront toujours plus radieux.
“- On a eu une vie trépidante.. Et je crois qu’elle est encore bien chargée avec ce que j’ai vécu ici mais j’ai hâte de partir à.. Jamestown. Retrouver une vie avec les enfants mais surtout avec toi.. J’ai remarqué que nous avions trop souvent été éloigné l’un de l’autre alors oui, je veux une vie avec toi. Ou plus rien ne pourra nous séparer et ou je pourrais veiller sur toi.”
Kisos offre son premier baiser mais sur ton front car il ne sait pas s’il a le droit de toucher tes lèvres mais en voyant ton visage se tourner, il comprend que tu lui donnes cette occasion. Il dépose donc un doux baiser sur tes lèvres et cette sensation le fait frissonner de l’intérieur. Il est clair que tu es quelqu’un de très important même de viscérale pour lui. Ta présence a un effet qu’il n’avait pas ressenti depuis son réveil de coma. Tu as un impact sur son humeur, sur son apaisement et aussi sur son attention. Certes, il n’est pas guéri de ses terreurs dû à la guerre mais en étant auprès de toi, il y pense beaucoup moins.
Le grand départ pour Jamestown arrive au bout de deux jours. Sora et Pocahontas vous ont rejoints dans la capitale mais vous avez dû voyager jusqu’à Brest pour prendre un bâteau qui vous fera voyager jusqu’aux Etats-Unis. Kisos ne se souvient pas de son fameux mal de mer mais toi oui puisque tu lui as prévu des médicaments qui devraient éviter les nausées. Il va y avoir une semaine de trajet, ce n’est pas rien mais cela va vous laisser encore le temps de discuter et de faire encore éveiller des souvenirs chez Kisos.
Vous partagez une cabine à quatre alors ce n’est pas évident d’avoir une quelconque intimité entre toi et Kisos. Cependant cela permet de discuter à quatre et Kisos est souvent amusé par vos débats de filles. Vous semblez être très proches toutes les trois mais il n’y a que Sora qui évite de parler directement à son frère. Elle s’en veut toujours et elle s’interdit une rédemption. Kisos ne l’a pas compris jusqu’à ce que tu profites d’un moment pour mieux lui expliquer la situation. C’est elle qui l’a appelé à l’aide pour cette fameuse guerre et suite à tout cela, Sora n’a fait que déchanter. Kisos est attristé par l’histoire et lors d’une nouvelle soirée, il tient à crever l’abcès pour que sa petite sœur puisse passer à autre chose. C’est sous le regard ému de Pocahontas, que les deux Walker se parlent à cœur ouvert. Bien sûr, tu es présente aussi et c’est grâce à ta main dans la sienne, que Kisos réussit à redonner un sourire à Sora. Il lui promet même d’aller parler avec ce fameux Thomas.
Il y a aussi une soirée où la discussion dérive sur Gabriel.. C’est tout autant poignant mais Kisos a énormément de mal à se rappeler de son père. Son esprit semble vouloir se protéger de cette douleur qui a longtemps été vive. Pocahontas ne retient pas ses larmes mais elle parle de son époux avec une telle intensité que c’est impressionnant à écouter. Il y a tellement d’amour dans ses paroles que vous en avez aussi les larmes aux yeux. En entendant tout cela, Kisos comprend quand même une chose.. Il ressent la même chose pour toi. Si bien qu’il se met à avoir peur de te perdre à son tour mais au lieu d’avoir la même folie protectrice qu’avant, il a une réaction qui va surprendre les trois dames qui sont avec lui dans la cabine.
“ – Je ne sais pas si cela se fait mais.. j’aimerais me remarier avec toi Charlotte. J’ai de vagues souvenirs de nos noces et je tiens à en avoir un souvenir entier. Devant nos familles, je souhaite que nous nous marions à nouveau.. Est-ce que tu accepterais ?”
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Le colosse entend tes mots et il est étonné par tes aveux. Tu sembles convaincus qu’il ne devrait pas rester auprès de toi alors que pourtant tu as fais des milliers de kilomètres pour venir le chercher. Tu te blâmes beaucoup et tu dessines un portrait peu glorieux de la femme que tu es alors que Kisos ne voit rien de ça. Même s’il ne se souvient pas de la dernière dispute, il sait au fond de lui que c’est avec toi qu’il doit faire sa vie. Cela ne peut même pas s’expliquer, c’est ancrer en lui. Tu es sa moitié et c’est pour cela qu’il te fait cesser de parler en venant embrasser tes lèvres quelques instants.
« – Je le fiche bien du passé.. En réalité, je me dis même que la vie m’a offert une chance d’avancer sans penser à ce qui aurait pu être négatif. Là, j’ai face à moi une femme qui a fait des milliers de kilomètres pour me retrouver et me redonner la vie que j’avais. Je veux dire, je ne finirai par le reste de mes jours dans un monastère à essayer de retrouver quelques souvenirs dans le fin fond d’une campagne française. Tu es venu me retrouver Charlotte.. Crois tu qu’une mauvaise femme aurait fait ça ? On a sûrement eu des disputes, des moments horribles mais tu sais quoi ? Je m’en contre fiche. En cet instant, ce que je vois c’est ma vie avec toi. Alors éloigne les mauvaises idées de ton esprit.. Penses plutôt à ce que nous allons encore vivre. Peut-être que tout ne sera pas rose mais j’ai la conviction que si je suis ici, encore vivant, c’est parce que je me devais de finir ma vie dans tes bras. »
Pourquoi en serait-il autrement ? Avec les souvenirs qui lui reviennent petit à petit, Kisos comprend mieux l’importance et l’amour qu’il a envers toi. Tu n’es pas une petite passade de sa vie, tu es presque la partie majeure de son existence. Le colosse entoure ton corps de ses bras de géant et il t’etreint en espérant que cela pourra calmer tes peurs. Si tu as pris peur à cause du mariage dont il a parlé alors vous ne le ferez pas. Il ne tient pas à ce que tu vives dans quelconque angoisse.
La semaine de bateau prend fin lorsque vous arrivez au port de New-York. Kisos ressemble à un enfant car même s’il a déjà connu la ville, il est fasciné par la hauteur des buildings et la grandeur de la ville. Heureusement vous ne faites qu’un bref arrêt puisqu’il faut prendre le train pour rejoindre JamesTown qui est encore assez éloigné d’ici. Vous avez encore deux jours de voyage et cela est épuisant pour Pocahontas, si bien que Kisos n’en ferme pas l’œil pour pouvoir veiller sur la vieille dame.
En se rapprochant de la ville, c’est Kisos qui commence un peu à angoisser. Est-ce que ça va bien se passer ? Est-ce qu’il va reconnaître vos proches ? Est-ce qu’il va se sentir bien ? Cette angoisse est de plus en plus visible car ses mains tremblent mais c’est sa mère qui tient à le rassurer en lui confiant à quel point il est un homme fort comme le fut son père.
Lorsque vous arrivez à la gare, il n’y a personne puisque personne n’est au courant de votre retour. Kisos observe autour de lui et il est étonné car l’endroit ne semble pas aussi « sauvage » qu’il ne l’avait imaginé. Pour lui, JamesTown était une ville de western et très à l’ancienne alors que grâce à toi et Kisos, la ville a quand même subit des changements qui la rendent plus moderne. Il a quand même dû mal à se situer et il ne sait même pas où vous pouvez vivre mais pour l’instant, il préfère se mettre près de toi et même prendre ta main pour se rassurer.
« – Alors c’est ici que je suis né ? Mais tu me disais qu’il y avait beaucoup de forêts.. pour le moment je n’en vois aucune.. Tout a disparu ? »
La forêt est plus loin puisque la ville s’est agrandi mais tu auras le temps de le montrer à Kisos plus tard. Pour le moment il faut ramener Pocahontas et Sora chez elles mais c’est surtout le retour de Kisos qui attire un monde fou. Les gens sont heureux de revoir l’ancien chef et certains proches sont ému comme Ona, Binki ou même la fameuse tante Millie. Pour vos enfants, ils sont chez Sora avec leurs cousins et leur oncle Thomas. C’est avec tout autant d’émotion que Kisos est accueilli. Maya et Nicolas sont plus âgés maintenant mais ils ne retiennent pas leurs larmes alors que Bee est plus timide puisqu’elle se cache derrière son cousin Jaimie. Thomas est aussi ému.. lui aussi s’en est énormément voulu pour le départ de Kisos mais Kisos n’en veut à personne et il ne veut que personne ne met le poids de ses choix sur leurs épaules.
Cette effervescence est quand même assez écrasante pour Kisos qui n’a plus l’habitude d’être autant entouré. Il prétexte une envie urgente pour sortir de la maison de Sora et ainsi prendre l’air mais tu es là, tu le suis et quand vous arrivez dans le jardin, Kisos fait une petite mine.
« – Il y a beaucoup d’enfants dans cette maison.. Je ne savais pas que ma soeur tenait à repeupler le monde.. »
Les nombreuses présences et surtout le bruit, Kisos va devoir réapprendre à vivre avec. Étrangement, cela lui rappelle les tentes médicales où il devait sauver les soldats blessés mais il y avait surtout beaucoup de monde et trop de bruits à cause des bombes, des râles de douleur et les cris. Il ne tient pas à parler de tout ça car il ne veut pas que tu puisses imaginer l’horreur des tranchées mais chez lui, les visions continuent toujours et elles sont mêmes plus intenses depuis qu’il retrouve la mémoire.
« – Je ne me rappelle plus.. je veux dire.. je n’ai pas de souvenirs des enfants.. »
Il baisse ses yeux car il se sent honteux de cette révélation mais il n’a plus l’image des trois petits qu’il avait adopté. Ils ont grandit donc cela peut changer sa perception des choses mais rien ne vient. Même les prénoms, il n’arrive plus à les dire même si tu lui as plusieurs fois répété. Il n’y a que rosie qui lui vient à l’esprit. Pourtant il ne l’a jamais vu grandir mais il a l’impression qu’elle est toujours là et qu’elle a grandit auprès de vous.
« – Je n’ai reconnu personne, même pas l’époux de ma soeur. Je m’en veux, surtout pour les enfants car ils n’ont rien demandé et.. je ne sais pas comment je vais devoir me comporter avec eux. »
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L’endroit est spécial, Kisos le sent au plus profond de son être. C’est ici que vous vous êtes rencontré mais aussi ici qu’il a déposé les cendres de son père et votre fille. Ce lieu est chargé de souvenirs et de sentiments. S’il n’a pas l’habitude de verser des larmes, cette fois-ci il ne contient pas quelques larmes. Il n’y a pas que de la tristesse, il y a un peu de tout. La fatigue, la peur, le manque, la joie, la crainte, l’espoir.. ici, il peut laisser toutes ses émotions l’envahir car il n’y a qu’à toi qu’il peut les montrer. Kisos a sûrement besoin de ces quelques larmes pour reprendre de l’aplomb alors il se laisse plusieurs minutes contre toi pour évacuer.
“ – Merci Charlie.. Merci d’être là.. Merci d’être dans ma vie..”
Parce que oui, tu essayes de le rassurer et de le guider depuis vos retrouvailles mais Kisos ne t’a pas encore remercié pour tout ce que tu as fait. Que ce soit maintenant comme par le passé. Le colosse te serre un peu plus contre lui et étrangement, une odeur de roses vient vous entourer. Rosie fait savoir qu’elle vous voit, qu’elle est là et ça donne un sens encore plus fort à ce moment.
Après avoir essuyé ses joues, Kisos prend ta main et il s’apprête à repartir avec toi vers la maison de Sora car on risque de vous chercher mais cela se fait déjà puisque Nicolas vient à vous. Le jeune garçon a la peau noire mais il porte avec merveille des vêtements à l’amérindienne. Il vient vous dire qu’on vous cherche mais Kisos profite encore de ce moment loin de tout le monde pour prendre ce garçon contre lui.
“ – Je pense que nous allons tous rentrer chez nous. J’aimerais bien retrouver la maison avec ma famille.. Qu’en penses tu Nicolas ?
_ Oui ! En plus on a terminé de faire la maison avec oncle Thomas et Ona. Tous les travaux sont terminés et on a même construit une petite écurie !
_ Alors allons découvrir cela tous ensemble !”La maison dans la forêt.. Un petit morceau de bois que Kisos a construit de ses mains il y a plusieurs années. C’était son moyen de retrouver un peu de nature après les journées sur Jamestown. C’était aussi son rêve, de vivre dans une maison qui vous ressemble. Simple, authentique et surtout faite selon vos envies. Il est donc émerveillé lorsque vous la retrouvez car il s’en souvient vaguement mais même si ce n’est qu’un bref souvenir, il s’imagine que trop bien vivre ici.
Les trois enfants entrent en premier dans la maison alors que Kisos découvre à nouveau l’extérieur. Le petit porche avec sa balancelle, les jardinières avec une multitude de fleurs ou alors même la boite à lettre avec “Monsieur et Madame Walker” d’écrit. L’intérieur laisse tout autant bouche bée le géant. Tout est simple mais tellement accueillant.. Des nombreuses de tes peintures couvrent les murs et il y a beaucoup de vases remplis de fleurs qui sont posés sur les meubles. Le chaton que vous aviez trouvé est devenu un gros matou bien nourris et ton loup est aussi présent puisqu’il vient saluer Kisos avec une certaine festivité. Vous avez quand même la surprise de trouver un poney dans la petite écurie construite par Nicolas et Thomas mais il y a aussi un nouveau membre dans la famille puisque Maya se rapproche avec un bébé raton laveur entre ses mains. Il se nomme Billie et il a été trouvé par les deux filles il y a une petite semaine.
“ – On peut le garder maman ? Il est vraiment gentil et sage ! Oncle Ona nous a dit qu’on pouvait l’apprivoiser et même que grand-mère Pocahontas en avait eu un lorsqu’elle était jeune ! Dis ouiiiiiiii..”
Elles savent faire les yeux ronds et mignons. Kisos retient un rire et il te laisse décider puisque lui craquerait bien trop facilement. Le temps que tu discutes avec les filles en ce qui concernent le raton, Kisos continue de visiter la maison et il s’arrête dans ton atelier. Il semble abandonné dans le sens où tu n’y es pas rentré depuis des mois. Tout est rangé, ou alors couvert par des draps mais ça ne plaît pas à Kisos. Il se permet de retirer les draps des anciennes toiles et il sort même ta peinture pour la poser sur ton bureau. Quand tu entres dans l’atelier, Kisos est devant une toile nue mais il impose le bout du pinceau pour y dessiner un soleil. C’est très enfantin mais c’est sa façon de te pousser à reprendre la peinture au plus vite.
“ – Je veux que tu reprennes tes activités.. Pas que tu passes tout ton temps à me surveiller comme si j’étais ton enfant.. Du moins, je ne veux pas devenir ton frein d’accord ? Continue de faire ce que tu aimes le plus et à vivre comme si tout était normal. Je sais que c’est ça qui m’aidera à avancer. Je veux te voir peindre, faire des magnifiques Tiramisu et aussi dormir contre toi chaque nuit..”
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C’est peut-être niais et très mielleux mais Kisos savoure ce qu’il se passe ce soir. Il y a un sentiment de légèreté totale et aussi d’un bonheur qui soulage ses angoisses. Toi, les enfants.. Vous réussissez à le faire sourire, rire et à lui donner une place importante. Après avoir couché les enfants, Kisos repart vers le salon en pensant t’y retrouver mais tu n’es pas là. C’est dans votre chambre qu’il te retrouve enfin et il est agréablement surpris quand il voit ta tenue mais aussi cette baignoire pleine qui n’attend que vous. C’est vrai que depuis vos retrouvailles, il n’y a pas vraiment eu de moment de grandes proximités. Kisos était encore bien trop retourné par ce qu’il avait vécu en France et dans le bateau, vous n’étiez pas seul mais là, vous avez enfin l’occasion de vous retrouver à deux.
“ – Et bien.. Je ne m’attendais pas à passer la porte du paradis en venant dans cette pièce..”
Il a un fin sourire mais il est presque timide ce sourire. Kisos n’est pas un prude, tu le sais bien mais ce moment sonne presque comme votre première fois. Ce moment où vous vous êtes vraiment découvert. Bien que vous vous connaissez, avec tout ce qu’il s’est passé, l’instant T sonne comme un nouveau départ, une nouvelle vie, des “nouvelles fois”. Le géant se rapproche de toi et ton parfum vient l’enivrer rapidement mais il vient surtout observer tes courbes que tu lui offres au travers de cette robe légère.
“ – Avant de faire quoi que ce soit, je tenais à te remercier une nouvelle fois Charlie. Merci pour cette soirée.. Merci pour cette famille.. Merci d’avoir traversé un océan pour venir me retrouver.. Tu ne peux pas savoir à quel point je te suis reconnaissant. Il y a encore quelques semaines, je pensais que je n’étais rien et en quelques jours, tu m’as tout offert. Je sais que tout ne sera pas paradisiaque, car la vie est faite de montagnes et de plaines mais je me sens heureux. Je ne sais pas comment l’expliquer mais je me sens entier, heureux, grand. Comme s’il m’avait manqué quelque chose et que tu avais replacé cette pièce en moi. Je suis certain que cette chose, c’est toi.”
Sa grande main se pose sur ta joue rougie. Oh que tu es belle.. Une vraie poupée. Kisos se penche pour embrasser ton front mais ses lèvres veulent déjà goûter aux tiennes. Il s’accorde cette douceur quand tu lèves ton visage. Le baiser est tendre, doux, délicat et il se solde par Kisos qui te mène lentement vers la baignoire. Quand vous cessez le baiser, il commence à retirer ses vêtements mais il semble se cacher un peu. La guerre lui a laissé des marques, surtout sur sa hanche et sa jambe qui ont failli être amputées. Depuis votre retour, il évite d’utiliser sa canne mais la douleur est toujours là. La cicatrice est immense, elle part du bas de son dos jusqu’à sa cheville mais il est debout. Il est debout et il a encore un corps agréable à regarder. Une peau bronzée, des tatouages amérindiens et une forme physique qui a progressé avec les efforts de guerre. Kisos n’est cependant plus le jeune homme que tu avais connu il y a bien des années. Aujourd’hui c’est un homme, un homme qui approche la quarantaine. Est-ce que cela ne te répugne pas ? Il cherche un instant ton regard pour voir s’il y a un signe de dégoût de ta part mais au contraire, tes yeux brillent de mille feux.
“ – Excuses moi si.. Je ne suis pas aussi plaisant à voir qu’il fut un temps.. La guerre ne m’a pas épargnée mais j’ai quand même la chance d’être entier..”
Oh oui, sur ce point il ne peut pas se plaindre. Il a tous ses membres et surtout son visage. Kisos s’en sort plus que bien mais il va devoir continuer à se muscler pour ne pas trop souffrir de sa jambe.
Nu, il se tourne face à toi et il glisse en premier dans la baignoire pour que tu puisses le rejoindre entre ses cuisses. C’est ce que tu fais après avoir retirée ta robe de chambre et Kisos est encore plus agréablement surpris face à ta beauté. Tu es peut-être petite mais diable, que tu es belle. Il en a son bas ventre qui chauffe mais pour l’instant il essaye de contrôler ses hormones. Il vient juste poser ses mains sur ton ventre et il embrasse le haut de ton épaule une fois que tu es dans l’eau avec lui.
“ – J’ai une petite question spéciale mais.. Comment ça se fait qu’une beauté comme toi, est tombée amoureuse d’un homme comme moi ? Tu es si belle.. alors que j’ai bien compris que j’étais un homme de couleur et sûrement bien moins logé qu’un homme blanc.. Tu as déjà dû me le dire par le passé mais aujourd’hui, je me demande comment une femme aussi parfaite peut être mon épouse. J’ai une chance inouïe.”
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Tu acceptes cette demande qu’il t’avait faite sur le bateau ! Tu veux bien te remarier avec lui et bien sûr Kisos en a un sourire béant mais avec les déhanchés que tu as sur son bassin, il a d’autres pensées qui lui traversent l’esprit. Son membre est réveillé, ses désirs aussi et l’envie de ne faire qu’un avec toi, se fait de plus en plus pressante. Les grandes mains de Kisos se posent sur tes hanches et il te relève de sorte à pouvoir te faire glisser lentement sur sa virilité. Un long soupire s’échappe de ses lèvres mais Kisos te laisse le choix du rythme de votre moment puisque tu es au-dessus de lui. Ses mains longent tes cuisses et ses lèvres s’enfouissent sur ta poitrine qui dansent au même tempo que ton bassin. Pour Kisos, c’est à la fois une première fois mais aussi un retour de souvenirs puisqu’en faisant l’amour avec toi, il se rappelle de certains moments sensuels en ta compagnie. Vos débuts, vos instants cocasses, vos jouissances explosives.
“ – Tu.. es divine.. Charlie..”
Gémit-il contre ta poitrine mais Kisos a aussi envie de te procurer du plaisir par lui-même alors il vous sort de la baignoire et il dégage tout ce qu’il se trouve sur la commode pour pouvoir t’asseoir dessus. Il n’a pas la patience de te mener au lit alors c’est ici qu’il décide de reprendre la danse avec toi. Ses mouvements sont beaucoup plus intenses et rapides car son désir pour toi se fait de plus en plus bestiales. Tu dois même entourer sa taille avec tes cuisses pour ne pas te cogner contre le mur derrière toi. L’amérindien ne te ménage pas et même dans ses baisers, il est sauvage. Tu l’envoutes, tu le rends dingue et il le montre en cet instant. Même dans la jouissance, il est toujours autant bestial. Sa main a glissé entre tes cuisses pour caresser ton bouton de plaisir et te faire jouir avec lui. Vos cris pourraient réveiller la maison entière mais heureusement que votre chambre est bien isolée.
“ – J’accepte.. volontier.. pour la nuit de noce.. Surtout si elle dure.. toute la nuit..”
Il lâche un rire essoufflé mais il vient surtout se retirer lentement de toi et il vous fait retourner dans l’eau de la baignoire, même si celle-ci paraît froide à cause de vos corps qui sont bouillant. Kisos te laisse le laver et lui vient aussi s’occuper de ta toilette mais comme dans le passé, il n’est pas le plus délicat puisque tu te retrouves avec du shampoing un peu partout sur toi. Tu as le droit aussi à la brosse, il tient à terminer de s’occuper de ta chevelure. Tu es donc assise devant ta coiffeuse et la silhouette de Kisos est derrière la tienne. Le miroir montre cette nouvelle facette de votre couple. Deux personnes beaucoup plus âgées mais qui semblent enfin posées, tranquilles. Il n’y a pas cette pression que vous pouviez ressentir avant.. C’est comme ci vous aviez enfin passé toutes les portes des enfers et que vous saviez que plus rien ne peut vous atteindre. Même Kisos se sent serein, cela se voit sur son visage beaucoup moins sévère et surtout sur son sourire qui ne faiblit pas.
“ – Dans le bateau, j’ai un peu parlé avec ma mère et elle m’a conté ma jeunesse mais aussi ton arrivée dans ma vie. Elle m’a dit que lorsque je t’ai rencontré, j’ai entièrement changé parce que j’avais trouvé mon chemin de vie, toi. Avant toi, j’étais un garçon très facilement colérique et surtout quelqu’un qui ne trouvait pas sa place nul part. Elle m’a quand même dit que j’avais eu beaucoup de mal à trouver cette place, même quand je me suis mis avec toi mais je me suis réveillé le jour où j’ai traversé l’océan pour te retrouver.. à croire que l’océan Atlantique est une bénédiction pour nous.”
Pocahontas n’a pas fini de raconter des histoires à son fils mais Kisos veut se laisser le temps de reprendre lentement son rythme de vie. Il n’a pas encore pensé à redevenir médecin ou alors un chef de village, pour le moment il veut commencer en retrouvant sa vie de famille. Et quelle vie de famille ! Il en a les frais dès le petit matin puisque pour le petit déjeuner, tous vos enfants arrivent dans votre chambre avec un plateau bien garni. Ils ont école aujourd’hui et Maya te demande si tu vas reprendre ta place d’institutrice. Tu manques à tous tes élèves et Amber n’est toujours pas appréciée par beaucoup d’enfants. Kisos voit que tu hésites mais il secoue la tête pour te faire comprendre que tu peux y aller, dans le sens où il va bien falloir qu’il apprenne à retrouver aussi une vie professionnelle ou une vie en ayant des moments sans être avec vous.
“ – Vas-y.. J’ai vu que tu avais mis des livres de médecine dans mon bureau.. Je vais en profiter pour les lire, peut-être que le mécanisme de médecin me reviendra en tête.
_ Grand-mère Pocahontas était ton infirmière, elle pourra aussi t’aider !
_ Votre grand-mère doit surtout se reposer. Je vais réussir à me débrouiller seul mais j’ose espérer que vous viendrez déjeuner avec moi ce midi.”Il promet de préparer un picnic et de venir vous rejoindre pour le déjeuner. Kisos ne vient pas accompagner les enfants à l’école car il n’a pas encore l’envie de se confronter aux villageois de Jamestown alors il reste chez vous. Avant vos départs, il vient embrasser tout le monde mais il te garde pour la fin puisque tu as le droit à un long baiser sur tes lèvres.
“ – Profites en pour réfléchir à ce petit mariage.. Je veux qu’il soit comme dans tes rêves les plus fou.. Alors plus vite on aura une liste et mieux je pourrais trouver tout ce dont tu as besoin.”
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Un mariage simple, ça n’aurait pas pu faire autant plaisir à Kisos. Il aurait été prêt à tout faire pour toi mais plus c’est simple, mieux cela lui va. En plus il n’y aura que vos proches et la nature pour vous accompagner alors évidemment qu’il hoche positivement la tête.
« – Nous allons organiser cela. Hm.. Maya m’a dit que c’était bientôt ton trente quatrième anniversaires. On pourrait le faire ce jour là ? Avec l’arrivée de l’été, ça sera idéal et puis je trouve que c’est une belle occasion pour à nouveau faire de toi madame Walker. »
Kisos passe sa main sur ta joue rosée et il vient s’amuser à embrasser le bout de ton nez, ce qui t’a toujours fais rire aux éclats. Vos rires font ramener les enfants et Bee a pris le temps de te cueillir plusieurs fleurs sauvages. La petite rousse a un lien fort avec toi et Kisos le ressent puisqu’il vit la même chose avec sa propre mère. Il y a une complicité qui vous lie par un seul regard et c’est agréable à voir même si Maya semble être un peu jalouse ou alors triste de ne pas vivre ce même lien. Face a son petit sourire, Kisos se relève et il soulève l’adolescente qui se met à rire à plein poumon.
« – J’espère que ma grande fille n’attire pas les garçons !
_ Dudaaaaaaa pose moi !
_ Je te pose que si tu me promets de ne jamais tomber amoureuse avant tes trente ans !
_ Mais c’est loin Duda !!
_ Oui mais tu es ma petite princesse et je ne veux pas que ma fille a un amoureux avant très longtemps ! »Si vous saviez que la demoiselle a déjà un amoureux.. du haut de ses treize ans, elle a trouvé un petit copain qui n’est autre que le fils d’Amber mais pour le moment ils savent garder le secret puisqu’ils se voient en cachette le soir dans les bois. Nicolas aussi a une amoureuse, du moins il est amoureux d’une jolie demoiselle qui vient d’arriver en ville avec ses parents mais il n’ose pas aller vers elle car elle est blanche et lui a le teint noir.
Vous finissez par ramener les enfants à l’école et comme tu l’as promis, tu restes avec Kisos pour l’après midi. Vous profitez du peu de monde en ville pour faire une petite balade et surtout pour remémorer certains endroits à Kisos. La poste, l’épicerie, le bar, la boucherie ou même un marchand de meubles. Kisos se rappelle un peu de chaque chose mais face a son ancien cabinet de médecine, il est un peu plus tendu. Il n’était plus dans celui-ci avant son départ, il avait changé depuis la mort de Gabriel mais ce premier cabinet lui rappelle justement son père. Il revoit l’image de son corps inerte au sol et du sang qui s’écoule de sa poitrine.
« – Duda.. »
Ça restera toujours une immense plaie pour Kisos mais pour ne pas lui faire plus de mal, tu l’amènes vers un endroit qui lui plaisait bien. La fameuse boutique de sucreries. Malgré son âge, Kisos adore les bonbons et le chocolat. Il avait même la mauvaise habitude d’aller acheter des gourmandises un peu trop souvent. Le confiseur est tout sourire quand vous rentrez dans la boutique et il vous offre une nouveauté, du caramel au beurre salé. De quoi encore conquérir le cœur du colosse.
« – C’est délicieusement divin.. wow.. tu penses qu’on peut en prendre un peu pour la maison ? Et.. un peu de chocolat ! »
Le confiseur vous offre les demandes de Kisos. Il est plutôt content de ressortir avec son caramel et son chocolat, si bien qu’il pique déjà dans les paquets. Vous vous arrêtez à nouveau mais cette fois-ci à cause de Thomas qui vient vous saluer. Il t’offre un baise main mais il est un peu plus distant avec Kisos car il sait qu’il est observé par certains blancs. Oui, les tensions entre blancs et amérindiens ont repris depuis ton départ. Cela est dû à cause d’un garçon blanc qui a agressé une amérindienne de seize ans.. Les amérindiens voulaient se venger mais comme ils l’auraient fait dans leurs traditions.. Donc en tuant le blanc mais aujourd’hui cela n’est plus possible. Toute cette histoire a créé d’énormes tensions puisque les blancs sont certains que les amérindiens vont bientôt attaquer et avec le retour de Kisos, cela renforce ce sentiment.
“ – Je suis vraiment heureux que tu sois de retour Kisos, sache le. Tu n’aurais jamais dû prendre ma place.. C’était à moi de..
_ Chut, je ne veux pas d’excuse ou quoi que ce soit. J’ai agi en pleine conscience d’accord ? La seule chose que je regrette, c’est que cela vous a poussé au divorce avec Sora.. Je sais que vous vous aimez encore.
_ Elle était si malheureuse après ton départ et je m’en voulais.. Je n’aurais rien dû lui dire. J’aurai dû partir..
_ Et ? Cela l’aurait rendu malheureuse aussi. Tu devrais plutôt essayer de lui rendre le sourire.. Hm.. Si tu veux, un de ces soirs, Charlie et moi on pourrait garder vos fils pour que tu puisses avoir une soirée en tête à tête avec elle. On te doit bien ça puisque tu as gardé nos enfants..
_ Oh.. et bien.. ça serait super mais.. si elle refuse ?
_ Tu manques de confiance en toi. Hm.. Charlie ? Que dirais-tu de transformer un peu cet écossais ? Un petit relooking pour le rendre plus confiant et charmeur.”Kisos sourit en coin alors que Thomas grimace. Tu n’as pas que des talents en peinture mais aussi pour le bon goût et le raffinement. Kisos sait que tu sauras rendre son beau frère tout pimpant mais votre conversation semble durer trop longtemps pour l’un des policiers blancs qui veillent sur la ville. Hugh vient vers vous en n’hésitant pas à garder sa main sur son arme.
“ – Tout va bien ici ?
_ Tout va bien Hugh. Je parle avec Kisos et son épouse.
_ Kisos.. Le fameux Kisos Walker. Vous devez sûrement ne pas me connaître. Je suis le nouvel adjoint du Shérif. Hugh Sheldon.
_ Hugh Sheldon.. Et qui est le Shérif ?
_ Joe Sheldon, mon frère. Il viendra sûrement vous saluer d’ici peu.
_ Très bien..”Hugh s’éloigne après avoir longuement fixé Kisos dans les yeux. C’est vraiment bizarre et surtout, Kisos n’a pas souvenir qu’il y avait un Shérif ici avant son départ. Il faut dire que cela est une demande des blancs. Ils ont voulu qu’une police s’installe mais bien sûr, ce n’est pas une police variée. Il n’y a pas d’amérindien ni même d’autres ethnies. Les amérindiens ont leurs propres “police” depuis des siècles mais aujourd’hui ce n’est peut-être plus la meilleure chose à faire. Quand Thomas s’éloigne aussi, Kisos est encore troublé par cette drôle de rencontre.
“ – C’est normal que je ressens une énorme tension ? Je veux dire par là que j’ai pas l’impression que cette ville soit vraiment unie et mélangée.. J’avais l’impression que cet Hugh voulait me fusiller sur place..”
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Kisos est grandement souriant lorsqu’il voit toute sa famille réunie mais aussi sa sœur partir avec Thomas. Tu as fais un travail de cheffe avec Sora et Thomas mais aussi en préparant ce grand repas qui n’attend plus que vous. Pocahontas est en bout de table, comme la cheffe de famille qu’elle est et Kisos est assis face à toi alors que toute la marmaille se jette déjà sur les nombreux plats que tu as fait. Cela fait rire Kisos de voir autant d’enfants auprès de vous et il sent que la soirée à la maison va être bien mouvementée.
« – Je peux venir vous aider si vous le souhaitez !
_ Ça va aller Ma’, je pense qu’on peut s’en sortir. Ils ne sont pas si terribles que ça, si ?
_ oh les fils de ta sœur sont assez énergiques. Ils ont hérité de la fougue de Sora.. elle était intenable lorsqu’elle était petite si tu rappelles.
_ Je me rappelle de peu de choses si ce n’est qu’une fois j’ai dû aller la chercher chez ton cousin et elle était pleine de terre.. elle s’était amusée à se rouler dans la boue avec les garçons de son âge..
_ Oh oui je m’en souviens ! Ton père avait soupiré de désespoir car Sora était pire qu’un garçon. Il disait qu’il n’avait pas de princesse pour fille mais un ours ! »Pocahontas se met à rire et ça aussi, ça fait du bien à entendre. Elle avait perdu son sourire depuis le départ de Kisos et elle se laissait presque mourir mais depuis son retour, elle semble retrouver de l’énergie et l’envie de vivre. La mort de Gabriel l’avait déjà bien amoché mais perdre Kisos aurait été le coup de trop.
« – Toi aussi tu étais un ours.. Tu faisais beaucoup de bêtises et je me souviens très bien que tu osais faire ton sale caractère pour pouvoir voir ta dulcinée.
_ c’est vrai.. je me souviens que je me disputais avec Duda quand il voulait m’interdir de voir Charlie..
_ On a tous était comme ça.. Moi aussi je faisais le mur pour aller voir ton père. C’est ça quand on aime, on est prêt à tout. »Oh si vous saviez que Maya vous écoute et qu’elle pense que sa demande sera sûrement acceptée. En attendant le repas se passe plutôt bien mais pour les bains et mettre en pyjamas, c’est une autre histoire. Kisos décide de s’occuper des garçons avec Nicolas et la salle de bain devient rapidement une piscine. Les petits sont endiablés et Kisos est vite dépassé, surtout avec le petit dernier Jamie qui a deux ans mais qui est une vraie pile électrique. Pour les mettre au lit c’est tout une histoire aussi. Kisos a installé des matelas dans la chambre de Nicolas et il laisse les cinq Wells s’allonger mais ils se mettent à faire une bataille d’oreiller ou alors du catch. Sora et Thomas n’ont pas précisé qu’ils avaient fait des petits démons. Quand tu arrives à la porte de la chambre avec Maya et Bee, Kisos est en train de tenir le petit Jamie par une jambe et Robert par le col de sa chemise de pyjama.
« – Bon, vous allez vous calmer ou alors je vais devoir vous montrer comment votre grand père me punissait !
_ Grand père Gabriel ? Il faisait comment ??
_ Tu veux vraiment le savoir Stefan ?! »Le jeune garçon défie son oncle et Kisos embarque les cinq garçons pour les amener dans le jardin. Il fait déjà sombre et le bruit de la forêt peut faire peur mais justement, Gabriel user de ça pour faire peur au petit Kisos intrépide.
« – Vous n’êtes pas fatigué ? Et bien vous allez rester dehors, à genoux et vous rentrerez quand je jugerais que ce sera bon !
_ Mais c’est pas gentil.. en plus il fait froid..
_ Je m’en fiche ! Allez vous mettre à genoux de suite ou alors la sanction sera encore pire !
_ C’est quoi pire ?
_ Vous connaissez l’histoire du pygargue sanglant ? »C’est une sorte d’histoire d’horreur sur fond de mythologie amérindienne mais c’est là que Kisos tient son coup de maître. Il siffle un grand coup mais d’une façon assez rauque et cela fait croasser le pygargue d’Ona. Ce simple son fait hurler les petits et ils prennent une peur bleue, si bien que Kisos n’a plus de mal à aller les mettre au lit. Gabriel usait aussi de cette ruse pour faire peur à Kisos mais en grandissant, Kisos a compris que le rapace appartenait à la communauté.
Après ce moment de galère, Kisos revient enfin au salon et il pensait être seul avec toi mais Maya est assise près de toi. Elle a treize ans donc après tout, elle peut tarder un peu mais ce n’est pas l’envie de passer la soirée avec vous qui motive la demoiselle.
“ – Duda ! Tu peux venir s’il te plaît ? J’aimerais parler avec vous deux..
_ Euh oui.. Qu’est ce qu’il y a ma jolie ? Tu aimerais que l’on parle du fait que tu es devenu une jeune femme ? Je dis ça parce que ta grand-mère m’en a parlé et comme je suis médecin, je peux comprendre que tu veuilles..
_Non non Duda, ce n’est pas ça.. Enfin, oui je suis une jeune femme mais c’est autre chose.. C’est.. enfin..”Elle semble gênée, un peu malaisée. Kisos vient s’asseoir dans le canapé face au votre et il offre un doux sourire à la jeune fille, en pensant que cela pourrait l’aider à se détendre.
“ – En fait.. J’ai un petit copain.. C’est.. C’est Ben.. Le fils de madame Amber..
_ Oh.. euh.. Hm.. oui..enfin tu..
_ On aimerait se marier..
_ Hein ?! Quoi ?? Enfin c’est impossible Maya.. Vous avez treize ans ! Tu n’as pas le droit de te marier à cet âge là !
_ Mais on s’aime fort ! On veut vivre toute notre vie ensemble !
_ Maya ! Vous êtes trop jeunes et puis tout peut encore changer !
_ Et toi quand tu es tombé amoureux de Ma’, tu étais jeune aussi !
_ Oui mais on ne voulait pas se marier à treize ans ! Je pense que si j’avais dis ça à Garrett ou même à Gabriel, ils nous auraient fusillés sur la place public !
_ Grand-père Gabriel est mort et Grand-père Garrett acceptera je suis sûr !”
_ Ça suffit Maya !! J’ai dis non et ma décision est ferme !”La demoiselle fronce les sourcils et elle se relève en furie pour partir vers sa chambre. Kisos se met à soupirer et il secoue même la tête puisque tout cela semble insensé.
“ – Se marier à treize ans.. en plus avec le fils Heard. J’ai entendu dire que c’était un petit merdeux.”
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Tu es totalement déchaînée et Kisos peut le comprendre puisque lui aussi est en colère contre cette fameuse Amber dont il n’a pas vraiment de souvenirs. Pour qui se prend t’elle ? Faire partie de sa famille.. Kisos aurait bien envie de la gifler celle-là mais comme tu es déjà prête à aller la tuer, c’est lui qui doit jouer la personne tempérée.
“ – Charlie chérie, tu n’as pas besoin d’aller lui refaire son portrait. Pourquoi aller cogner contre une ignoble femme ? Et d’autant plus que comme tu le dis, je suis ton époux et je ne serai jamais le sien. Par contre, demain nous irons effectivement la voir afin de l’informer de ce qu’il se passe avec son fils et aussi lui rappeler qu’elle ne fera jamais partie de notre famille. Maya risque peut-être de nous en vouloir mais qu’importe, elle est jeune et elle trouvera bien un autre garçon dont elle tombera amoureuse.”
Kisos repose ta veste et il te fait venir contre lui en espérant que ses bras calment ta colère. Il se met à rire car tu es tellement en furie que tes joues sont rouges et ton regard très sombre. Tu es peut-être petite mais tu es une vraie lionne prête à dévorer tous ceux qui se mettront devant toi.
“- Tu me fais penser à quelqu’un.. Oh.. oui ! à ta mère ! Elle avait le même regard sur moi, enfin au début, quand je m’approchais trop de sa petite princesse..”
Un souvenir qui lui revient en tête, ou plutôt des souvenirs puisqu’il a souvent subi les flammes de ta mère. Kisos t’invite à venir avec lui dans la cuisine pour aller boire une camomille mais la soirée ne sera pas de doux repos avec tous les Wells à la maison ainsi que vos propres enfants. Il y a beaucoup de réveils nocturnes et même le petit dernier de Sora qui vient vous rejoindre dans votre lit pour dormir. Heureusement que Thomas et Sora ne viennent pas les chercher très tard dans la matinée. Lorsqu’ils arrivent, vous les voyez tels des sauveurs et ça fait rire Sora qui comprend que la soirée n’a pas été facile.
“ – Comment faites vous pour savoir les maintenir ? Ils sont très.. vifs ! Très vivants !
_ Ma’ m’a dit que tu étais comme mes fils lorsque tu étais petit et elle m’a donné ses conseils pour savoir les assagir. Il paraitrait que pour que tu sois moins turbulent, elle faisait beaucoup d’activités avec toi. De la peinture, de la cuisine, de la pêche, de la chasse.. En tout cas, ça fonctionne avec mes fils. J’aurais dû te dire qu’avant de dormir, je leurs prépare une camomille et je leurs lis un livre..
_ Tu comptes encore faire plein de petits Wells ?
_ Tant que je n’aurais pas eu une fille, oui !
_ Ah ouais….”Kisos lance un regard amusé envers son beau frère et après avoir laissé partir toute la famille Wells, vous vous préparez pour amener vos enfants à l’école. Maya est silencieuse, un peu trop même alors que les deux autres sont pressés de rejoindre l’école. Aujourd’hui ils doivent aller faire une excursion dans les bois avec toi et d’autres accompagnants. Kisos ne s’est pas proposé puisqu’il veut se replonger à nouveau dans ses livres de médecine. L’envie de pouvoir rouvrir un cabinet se fait presque évidente dans le sens où il veut aider, soigner, sauver. Cependant il n’a pas oublié votre entretien avec cette fameuse Amber alors Kisos t’accompagne jusqu’à l’école et une fois devant celle-ci, vous demandez à parler à part avec Amber.
“ – Bonjour Kisos, je suis heureuse de te revoir parmis nous !
_ Hm.. Bonjour, je voulais vous parlez à propos de votre fils Ben.
_ Tu.. ne me tutoie plus ? C’est vrai, j’ai entendu parler de ta perte de mémoire.. Bref.. Qu’est ce que Ben a fait ?
_ Il veut se marier avec ma fille, Maya. Tout ça parce que vous, vous souhaitez faire parti de ma famille.
_ Que.. Quoi ?? Mais.. je.. Non, je n’ai jamais dis.. Et un mariage ?
_ Oui, un mariage alors que ma fille a treize ans. Elle est butée par les mots de votre fils et vous comprenez que ça ne peut le faire. Elle est trop jeune pour se marier mais surtout, pourquoi voulez vous faire parti de ma famille ? Si je comprend bien, vous êtes une femme qui me faisait du rentre dedans avant mon départ ?
_ Hein ? Mais qu’est ce qu’on t’a raconté ?”Amber te lance un regard sombre alors que Kisos ne cherche pas à aller vers des chemins plus subtiles. Il dit les choses telles qu’elles sont afin de ne pas tourner en rond.
“ – Je suis marié et heureux. J’ai une épouse que j’aime de tout mon être et ça restera ainsi donc je préfère de suite mettre les pieds dans le plat. Je ne veux pas que vous ayez quelques espoirs. Maintenant j’espère aussi que vous allez raisonner votre fils autrement j’irai moi-même lui expliquer que Maya ne se mariera pas.
_ Euh.. je.. oui.. d’accord..”Amber vient de se prendre une bonne gifle verbale. Si avant son départ Kisos semblait être plus doux et surtout plus subtiles, ce retour le montre différemment. Même pour toi cela doit être étonnant car Kisos n’a jamais été quelqu’un qui a été si froid et cinglant envers une personne. Amber finit par rejoindre sa classe et Kisos te prend un instant dans ses bras pour te souhaiter une bonne journée.
“ – Si elle te dit quoi que ce soit, n’hésite pas à me le dire. D’accord jeune femme ? En tout cas, je vous attendrais à la sortie de l’école ce soir. J’aimerais bien qu’on aille dîner tous ensembles près du lac. Qu’en penses tu ?”
Maya vous a vu discuter au loin avec Amber et cela ne semble pas lui avoir plu du tout mais ça, vous le saurez ce soir puisqu’elle compte fuguer avec Ben. Pour le moment, Kisos s’en va chez sa mère puisque c’est là-bas qu’il étudie à nouveau la médecine. Il s’aide des connaissances de sa mère pour se rappeler de certains détails. Elle lui montre aussi les gestes qu’il a enfoui dans sa mémoire.
“ – Tu as reçu une distinction en France tu sais ? Tu as été le premier chirurgien à reconstruire un visage.. J’ai lu tous les articles sur tes exploits Kisos. Tu as pu offrir un avenir à beaucoup de soldats qui ont été défigurés par les obus..
_ Je m’en souviens.. En réalité, c’est la seule chose qui me revient réellement en tête. Je pourrais en cet instant reconstruire un visage mais pour le reste.. Tout est flou. Soigner une maladie ou même réparer un maux, je n’ai plus l’impression de savoir le faire..
_ La guerre a eu ses conséquences sur toi. Ton esprit est envahi par les horreurs que tu as vécu. C’est normal Kisos, on ne peut pas oublier des choses aussi folles mais je suis sûr que tu vas réussir à retrouver un équilibre. Tu sais, même si ce n’est pas comparable avec ce que tu as vécu, quand j’ai perdu ton père.. J’étais aussi dans un état compliqué. Ton père était mon monde et tout s’est écroulé avec son départ.. mais malgré la souffrance, je n’ai pas baissé les bras parce que je vous avais vous. Grâce à ma famille, j’ai su garder la tête hors de l’eau. Vous m’avez sauvé et aujourd’hui c’est à mon tour de te sauver mon chéri. »La vieille dame prend son grand garçon dans ses bras et elle lui murmure quelques mots en amérindien qui sont censés l’aider à aller mieux. Kisos les comprend et ça réjouit davantage Pocahontas car il retrouve de mieux en mieux sa mémoire.
L’heure des retrouvailles arrivent et Kisos rejoint l’entrée de l’école pour attendre votre sortie. Il y a déjà d’autres parents ou plutôt d’autres mères qui sont présentes mais il y a aussi une personne que Kisos n’a pas revu depuis très longtemps. Ton père est présent et il cherchait justement son beau fils.« – Monsieur.. Hedlund ?
_ Tu me parles comme si j’étais un vieux machin que tu ne connaissais pas. Tu ne te rappelles pas de ton beau-père préféré ? J’ai les cheveux un peu plus blanc mais je reste encore un très bel homme !
_ Je ne peux oublier votre vantardise légendaire ! »Les deux hommes se mettent à rire de bon cœur et ils s’offrent une grande accolade. Kisos ne le dit pas mais il avait le souvenir de ton père mais bien plus jeune alors oui, il a eu du mal à le reconnaître. Ton père est ici pour te faire une surprise puisqu’il a décidé de revenir vivre dans notre ancien manoir avec ta mère. Suite à sa sortie de prison, il a dû se réhabilité et il a surtout réussit à renflouer les comptes de votre famille en investissant dans des affaires dont personnes ne souhaitaient mettre un dollar. Il a aussi fait des achats immobiliers et maintenant qu’il a assuré l’avenir de ses enfants, il tenait à revenir dans cette petite ville de Jamestown afin de pouvoir y finir ses vieux jours mais aussi contribuer à la croissance de cet endroit. Avec ce qu’il a vécu ces dernières années, il semble avoir un besoin de se prouver qu’il peut être le meilleur et rafler tous les prix.
« – Votre épouse est là ? Et vos autres enfants ?
_ Anya est au manoir avec sa dame de compagnie. Elle a encore beaucoup de soucis de mémoire alors j’ai engagé une dame qui peut prendre soin d’elle quand je ne suis pas là. Les jumelles sont parties, l’une mariée et l’autre qui voyage.. pour mon fils, il a intégré l’internet d’une prestigieuse école. Il aimerait devenir président. Tu images ? James Hedlund président des États-Unis !
_ Je suis certaine que Charlie va être heureuse de vous revoir et surtout de savoir que vous n’êtes pas loin d’elle. Toutes ces dernières années ont été compliqué pour tout le monde et se retrouver plus posément, ça fait beaucoup de bien.
_ Mon petit pois me manque beaucoup et.. oh.. mais elles ont tellement grandis ! »Il voit Bee et Maya arriver. En bon grand-père il va les câliner et les serrer dans ses bras. Nicolas a le droit aussi à son câlin mais c’est toi qui reçoit le plus gros. La petite princesse à son papa.. même si tu es une trentenaire bien révolue, il te verra toujours comme sa petite fille chérie. Kisos est amusé de te voir dans cette situation car il est impossible pour toi de sortir des bras de ton père.
« – On revient vivre dans le grand manoir mon petit pois.. Ta mère va être si heureuse de te voir.. »
Mais sans que vous ne vous en rendez compte, Maya profite de ce moment pour aller rejoindre Ben un peu plus loin. Les deux adolescents ont eu vent de la conversation de ce matin et ils savent que leurs relations va sûrement être détruite. Sous l’influence de Ben, Maya n’hésite pas un instant à accepter de faire la fugue ce soir. Ils ont pour projet de faire le mur et prendre la route pour aller vivre leurs amour loin d’ici.
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La soirée a été plus qu’agréable. Vos familles se sont rassemblées autour d’un pique nique bien garni. Pocahontas a pu retrouver sa grande amie Anya et Kisos a pu retrouver de longues conversations avec son beau-père. Il y a même les Wells qui sont venus vous rejoindre et vous avez pu tout de suite voir la légèreté que le couple a retrouvé. Si bien qu’un second mariage aura lieu cette année.
Après ce moment, vous retournez vers la maison mais c’est vrai que Kisos fronce les sourcils lorsque tu parles d’Amber puisqu’il n’a pas souvenirs d’avoir eu un rapprochement avec elle. Il essaie de faire travailler sa mémoire mais rien ne vient quand il pense à cette femme, pourtant il semble douter un peu car s’il n’a rien eu, pourquoi cette femme semble si proche de lui ? C’est ça qui agace le colosse. Est-ce qu’il a eu une liaison avec elle ? Il pense pouvoir trouver une réponse auprès de son meilleur ami, Ona, mais en attendant il ne tient pas à en discuter avec toi. Il n’a pas envie de te blesser avec ses doutes.
Au retour à la maison, il s’occupe de ranger les restes du pique nique et il va s’assurer que Maya rejoint bien son lit. Après un bonne nuit aux deux grands, Kisos te rejoint vers la chambre de Bee et il ne peut que sourire tendrement devant la scène que vous lui offrez. La petite ne veut pas quitter tes bras mais le sommeil est plus fort que sa ténacité. Tu peux donc rejoindre Kisos et il n’est pas contre cette démonstration de fin de journée.
“ – Je suis partant pour cette découverte Madame Walker. J’adore l’idée de conclure cette journée parfaite avec une magnifique sirène comme toi.”
Et il se laisse entraîner sans difficulté vers votre chambre. Maya sait que c’est maintenant qu’elle doit partir puisque vous allez vous concentrer sur autre chose que sur le bruit qu’elle pourrait faire en s’en allant. Elle a préparé un petit sac avec quelques vêtements mais elle a aussi volé un peu d’argent dans vos portefeuilles puisqu’ils ont décidé de prendre un train pour aller vers le grand Ouest des USA. Malgré cette fugue prévue, la jeune fille a laissé un mot sur son lit afin de vous expliquer la raison de son départ. Elle ne dit pas où ils vont partir et elle vous demande de ne pas la chercher mais elle vous écrit à quel point elle vous aime et elle espère un jour pouvoir vous revoir. Sa fuite passe totalement inaperçue avec les douceurs que vous vous offrez dans votre chambre mais le réveil risque d’être explosif.
Il n’y a pas d’école aujourd’hui alors il n’y a pas de raison d’aller réveiller les enfants, cependant quand Kisos se lève ce matin, il a un étrange sentiment. Vous arrivez ensemble dans la cuisine mais d’habitude, Maya est déjà debout car elle n’a jamais été une lève-tard. Peut-être que ce matin elle souhaitait profiter un peu de son lit.. c’est ce que tente de se dire Kisos mais un autre point le froisse. Le chat dort toujours avec Maya et là, il attend à la porte d’entrée. Ce n’est qu’un détail mais avec la guerre, Kisos a pris la mauvaise manie de faire attention à tout. Il n’y a pas d’allemands prêts à le tuer ici mais il est encore sur ses gardes, surtout avec ses terreurs liées aux bombardements.
“ – Maya est déjà réveillée ? Monsieur chat est à la porte..”
Kisos ne se rappelle jamais du prénom de cet animal alors il l’a nommé à sa sauce. Le minet se met à miauler puisqu’il n’a pas eu sa gamelle de poissons et ça aussi ce n’est pas normal. Maya doit s’occuper de son chat et elle est la seule qui doit le nourrir. Par simple précaution, Kisos fait demi-tour et il va vers la chambre de l’adolescente.. Il n’y a que l’enveloppe de ses adieux pour toute explication.
Son sang ne fait qu’un tour. Il écrase la lettre dans sa main et il part vers votre chambre pour aller se changer. Il doit la retrouver, elle est peut-être encore près de Jamestown. Cela te laisse le temps de lire la petite lettre qu’elle a laissé.
“ Maman, Duda,
Je sais que vous allez m’en vouloir énormément mais je veux vivre avec Ben. Je veux être auprès de lui, je veux me marier avec lui. Nous allons bientôt accueillir un enfant et je sais que vous ne l’accepterez jamais alors je dois m’enfuir avec Ben. Nous allons construire notre famille un peu plus loin d’ici mais sachez que je ne vous oublierais jamais.
Prenez soin de vous, de mon grand Nicolas et de ma princesse Bee. Embrassez grand-mère, tante Sora et tout le reste de la famille. Je vous aimes mais j’ai besoin de vivre ma vie avec lui.
Votre éternelle fille,
Maya. »Elle serait enceinte ? À treize ans ? Cela rend d’autant plus Kisos en colère. Il n’a même pas fini de mettre sa chemise qu’il sort de la chambre et il va chercher l’arc qui l’accompagnait tout le temps lorsqu’il était plus jeune. Il compte bien retrouver Maya mais aussi en terminer avec ce Ben. Kisos n’avait pas eu de crises de colère depuis bien des années mais là il bouillonne tellement qu’il ne vaut mieux pas l’approcher.
« – Amènes Bee et Nicolas chez Ma’ ! Occupes toi d’Amber et moi je vais aller chercher ces deux idiots inconscients ! Tu vas voir le Ben, il va savoir à qui il a osé voler la fille ! »
On dirait le double de Gabriel Walker lorsqu’il est en colère mais il a aussi hérité de la force de sa mère et c’est ce qui rend Kisos encore plus dangereux que son père. Il sort de la maison rapidement et il prend son cheval pour galoper vers la ville. Il doit commencer la fouille là bas mais aussi demander de l’aide à tous ceux qu’il connaît. Plus il y aura de monde pour les recherches et plus vous aurez de chance de rattraper les deux jeunes fugueurs mais malheureusement ceux-ci sont déjà bien loin puisqu’ils ont pris un train dans la nuit.
Nashoba, Ona, Thomas, Garrett et bien d’autres hommes, font une vraie traque autour de Jamestown et même bien plus loin mais la nouvelle des billets de train finit par tomber. Le chef de gare explique qu’il a vu les jeunes entrer dans le wagon en partance pour le texas et en entendant cela, Kisos est prêt à le cogner mais il se fait retenir par Thomas et Ona.
« – Vous avez laissé deux jeunes prendre un train sans même prendre la peine de vous renseigner ?!
_ Ils ne m’ont pas laissé le temps ! Ils sont rentrés dans le wagon alors que celui-ci allait partir !
_ Et vous n’avez prévenus personnes ?!
_ Il était deux heures du matin !
_ Vous méritez que je veux vous..
_ Le train partait vers la ville de Dallas ! Il y a un autre train pour le texas qui devrait passer ici dans trois jours..
_ Trois jours ?! Ils auront le temps de changer de direction !! »L’esprit de Kisos imagine tous les pires scénarios possibles et cela ne l’aide pas vraiment à se calmer. Il annonce qu’il va prendre le galop avec son cheval pour rejoindre dallas mais ce n’est pas vraiment l’idée la plus censée puisque cela pourrait lui prendre des semaines. Il y a des voitures mais elles sont encore plus lentes qu’un cheval alors c’est peine perdue. Comment rejoindre Maya au plus vite ? Comment la contacter ? Kisos quitte la gare pour te chercher et il te voit intercepter cette fameuse Amber qui a aussi vu une lettre de son fils. Elle sent la tempête arriver en voyant ton air en colère mais elle te fait signe de ne pas avancer davantage.
“ – Moi aussi mon fils est parti ! Et non, je ne lui ai jamais dit de se marier avec Maya ! Il n’a que quatorze ans, jamais je n’aurai accepté ça ! Mais Ben est un garçon borné et il ne sait pas lâcher les morceaux.”
Un peu comme elle puisqu’elle n’a pas abandonné l’idée d’un jour pouvoir vivre avec Kisos mais là ce n’est plus dans l’actualité puisqu’elle souhaite aussi retrouver son enfant. Kisos finit par arriver mais avec sa colère, il est prêt à pousser Amber, cependant ta main vient l’intercepter avant qu’il ne fasse quelque chose qu’il pourrait regretter.
“ – Ils ont pris un train pour Dallas !!
_ Dallas ?!.. Dallas…
_ Quoi Dallas ?!
_ Le père de Ben.. Il nous a abandonné pour aller vers l’Ouest. Sois disant qu’il y avait beaucoup d’argent à se faire et il parlait souvent de Dallas. Je pense que Ben croit pouvoir le retrouver là-bas mais il ne le trouvera pas puisque John a refait sa vie avec une autre femme en floride.
_ Je m’en fiche de la vie de son père ! Moi je veux retrouver ma fille et à cause de votre fils, elle est je ne sais où !!
_ Ce n’est pas que la faute de Ben !! Ils ont fait ce choix à deux !! Ce n’est pas Ben qui a parlé en premier de Mariage mais Maya ! Elle n’arrêtait pas de dire que vous alliez vous remarier et elle rêvait de pouvoir avoir sa propre famille !! Elle voulait vivre le Grand Amour comme.. comme vous !”Elle est amère en disant cette fin de phrase mais Amber ne peut plus vraiment nier que vous êtes un couple soudé et amoureux. Cela dit, les mots d’Amber ne résolvent pas la situation et il ne semble y avoir personne pour trouver une idée ingénieuse. Vous êtes bloqués à cause de ce train qu’ils ont pris et votre incapacité à pouvoir le suivre aussi vite. Il va falloir attendre trois jours pour prendre le prochain wagon en direction de Dallas mais cette attente risque d’être bien houleuse. Kisos est fou de colère et rien ne semble le calmer, pas même tes mains sur ses joues ou tes mots doux. Il s’en veut de ne pas avoir anticipé cette fugue et surtout d’avoir sûrement allumé la mèche en étant hostile envers Maya.
Pour tenter de se calmer légèrement, il part quand même dans les bois pour être certain qu’ils ne se cachent pas là bas. En vain, ils sont bel et bien parti avec ce train. Ton père essaye d’user de ses connaissances pour tenter de contacter quelqu’un qui vivrait sur Dallas mais ça donne rien pour le moment. Il n’y a que Pocahontas qui semble étrangement calme et on pourrait même croire qu’elle est contente mais bien sûr, elle ne le montre pas devant son fils. C’est toi qui a le droit à quelques réflexions de la vieille dame.
« – Ils reviendront.. J’en suis persuadé mais l’amour fait faire des bêtises, je pense que nous sommes bien placé pour le savoir. Moi-même j’avais fuis avec Gabriel pendant plusieurs semaines.. Mon père n’approuvait pas notre amour. Vous aussi, vous avez été intrépides face à l’hostilité de Gabriel. Plus on veut éloigner deux amoureux, plus ils veulent leurs libertés. Maya reviendra car elle vous aime mais elle doit apprendre de ses erreurs et là, c’est une belle occasion. Kisos a très peur pour elle et c’est ce qui le rend si nerveux mais elle est débrouillarde. Elle a tout appris de vous.. et ça ne s’oublie pas. »
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Kisos est dans le tourment depuis le départ de Maya. Il a peur pour elle mais surtout il s’en veut car il pense qu’en la disputant pour le mariage, il a poussé la jeune femme à prendre la fuite. Vous avez eu quelques nouvelles et vous avez surtout compris que les deux adolescents n’ont pas pris chemin pour Dallas, ce qui inquiète encore plus le père de famille. Qu’est ce qu’ils vont faire ? Où vont-ils vivre ? Il a surtout peur que votre fille finisse par avoir des gros soucis car ils ne pourront pas vivre des années avec le peu d’argent qu’ils vous ont volé.
Déjà plusieurs jours, plusieurs semaines et elle n’est toujours pas rentrée. Kisos essaye d’occuper son esprit en retrouvant son rôle de médecin du village mais il a bien du mal à ne pas penser à elle. Il y a tout de même un soir où tu essayes de lui changer les idées. En rentrant tu travailles, il découvre que tu as préparé un petit picnic dans le salon et tu as même mis ta plus belle robe pour lui faire plaisir. C’est vrai que son sourire semble triste mais Kisos est quand même touché par ce que tu as préparé. Il ne peut s’empêcher de venir t’embrasser tendrement et tu réussis à le faire rire quand tu évoques vos péripéties avec les pirates. Vos parents avaient de quoi avoir les cheveux blancs mais vous étiez tout de même plus âgé que Maya et Ben. Et puis il y avait Binki et Millie avec vous.
“ – Je te rappelle quand même que ta mère m’avait giflé lors de notre retour et mon père m’avait disputé comme jamais.. Mais en soit, je peux la comprendre tu sais.. Je comprends ce qu’elle veut en fuyant mais je ne peux m’empêcher d’avoir peur pour elle. Il peut lui arriver tellement de choses.. Elle n’a que treize ans, elle est encore trop jeune pour partir vers l’inconnu. Nous.. Nous on était plus âgé.. Et puis on avait nos tantes qui nous surveillaient.. Mais là, ils n’ont personne. Quand ils n’auront plus d’argent ? Ils vont voler ? Tout m’inquiète mais c’est vrai qu’il y a aussi Bee, Nicolas et toi mon Amour.. Pardonnes moi si ces derniers temps je n’ai pas vraiment été présent ou alors ailleurs dans mes pensées..”
Kisos pince ses lèvres mais ton sourire semble déjà lui pardonner sa mauvaise conscience. Même dans des moments compliquées, tu te montres forte pour vous deux. Kisos dépose sa canne sur le canapé car depuis peu, il ne peut plus marcher sans elle et il prend tes mains dans les siennes pour venir vous faire danser, même s’il n’y a aucune musique pour vous accompagner.
“ – Avec tout ça, on a mis notre mariage de côté.. Je te demande aussi de me pardonner mais je pense que l’on doit reprendre les préparations. Hm.. Maya ne sera pas là mais je veux pouvoir de nouveau me marier avec toi et puis ça mettra du baume au cœur à tout le monde. Que dirais-tu du week-end prochain ? Ce sera le week-end d’anniversaire de ma mère en plus.”
Kisos essaye de se montrer moins strictes avec lui-même et de vous offrir un peu de légèreté. Tu as raison, il doit penser à vous, à votre famille et puis dans un sens, vous avez quand même une vie plus calme qu’avant et il est dommage que vous ne puissiez pas en profiter. Même s’il y a des problèmes entre les amérindiens et les blancs, vous n’avez pas “d’ennemis” à combattre pour le moment ni de menaces qui pèsent sur votre couple. La guerre est loin, tous vos proches vont bien mais la seule ombre au tableau est la fuite de Maya. Kisos doit donc tenter d’être moins sur les qui vives et dès le lendemain, quelqu’un lui donne une sorte “d’astuce” pour tenter de se canaliser.
Votre soirée a été agréable malgré tout et vous avez même pu retrouver la douceur de vos ébats. Au petit matin, Kisos t’a même réveillée avec un déjeuner au lit mais vous avez quand même des vies professionnelles à respecter. Tu finis donc par partir à l’école et Kisos au cabinet mais ce matin là, Pocahontas a laissé sa place à Sora. La vieille dame avait besoin de repos et Kisos peut le comprendre mais c’est étrange pour lui de devoir travailler avec sa sœur qui est bien plus vive que leurs mère. Et puis Sora a aussi une passion qu’elle ose partager avec son frère, le tatouage. Elle a toujours aimé dessiner mais sans le dire à ses proches, elle a passé plusieurs années à encrer la peau de plusieurs amérindiens du village. Kisos a quelques tatouages mais il avait fait cela lorsqu’il était jeune, quand il pensait devenir le futur chef de Jamestown.
“ – Tu sais, cela peut avoir des vertus apaisantes. Par exemple, Thomas m’a dit que cela l’aidé à être plus calme et il est fière de porter les dessins qui retracent sa vie sur lui. Je sais que tu dois me trouver bizarre car une aiguille ne fait pas forcément du bien mais parfois il suffit d’avoir un peu mal pour aller mieux. On se concentre sur la douleur physique ressentie pour expier les douleurs internes..
_ J’ai l’impression d’entendre Ma’.. Quoi que je doute qu’elle pense comme toi mais tu sais trouver les mots pour convaincre les autres. Peut-être que je me laisserais tenter.. Qui sait. Cependant là j’ai besoin que tu me prépares des seringues d’anti-douleur car nous devons arracher les dents du vieux Mc Dennis.
_ En tout cas, tu sais que si tu souhaites des tatouages, ta petite soeur chérie te les fera avec plaisir !”Ah la Sora.. Elle sait vendre ses talents, si bien qu’en fin de journée, Kisos déclare la défaite et il se laisse entraîner dans la lubie de sa jeune sœur. Pour ne pas t’inquiéter, il te dit qu’il est avec Sora pour te préparer une surprise mais cette surprise dure toute la nuit. Elle dure même plusieurs jours. Bien sûr, tu vois Kisos entre les séances mais il cache les dessins sur sa peau de sorte à ce que tu ne vois que le final. Il ne devait faire qu’un petit tatouage mais en voyant les nombreuses cicatrices sur sa peau dues à toutes les douleurs vécues par le passé, il a fini par changer d’avis et il a recouvert tout ce passé difficile avec des tatouages. Ses épaules, son torse, ses bras, son dos, même ses côtes, Kisos a fait de son corps une sorte d’œuvre d’art. Cependant c’est au bout d’une semaine à passer sous l’aiguille que tu peux enfin voir cela.
Après la dernière séance, c’est au tour de Kisos de préparer une soirée rien que pour vous deux. Sora a pris Bee et Nicolas pour la soirée donc vous allez pouvoir être tranquille. Kisos a même décidé de cuisiner un peu mais il n’est pas non plus le plus fortiche donc il se contente de faire une petite soupe de légumes accompagnée d’une tourte à la viande. Il a aussi enfilé un beau costume qu’il a hérité de son père et pour parfaire sa tenue, il a tressé ses cheveux qui sont à nouveau plus longs. Oui, tout est prêt mais il ne manque que toi. Tu ne devrais pas tarder mais pour combler son impatience, Kisos se met à jouer quelques notes sur ton piano. Gabriel lui avait appris à jouer durant son enfance mais depuis ce temps, il a oublié la plupart de ses acquis. Pourtant, quand tu rentres, il ne t’entend pas et il continue de jouer le seul morceau qui lui revient en tête : Le clair de lune de Debussy.
A la dernière note, il te sent t’asseoir à ses côtés sur le banc et tu peux remarquer quelques rougeurs sur ses joues.
“ – J’aimais bien jouer du piano avec mon père.. Mais mes amis amérindiens disaient que cela faisait de moi un blac. J’ai quand même continué d’apprendre à jouer mais quand je t’ai rencontré, j’ai laissé ça de côté. Ma plus belle mélodie s’était toi et c’est toujours toi.”
Kisos attrape ta main pour déposer un baiser dessus mais comme promis, il doit te montrer cette surprise dont il te parle depuis une semaine. Tu pensais sûrement qu’il allait sortir un gros paquet cadeau mais il t’offre une surprise beaucoup plus sexy puisqu’il retire sa veste et sa chemise dès le début de cette soirée. Sa peau est encore rougie par les dernières retouches mais voilà le nouveau Kisos. Un Kisos qui a effacé les plaies du passées pour paraître beaucoup plus fort, bien plus impressionnant et plus imposant. Il ressemblerait presque au chef qu’il avait toujours voulu être mais au contrairement à son jeune temps, il ne veut plus être le chef d’un village mais le chef d’une famille. Votre famille.
“ – J’ai beaucoup grimacé.. Sora n’est pas la plus douce mais.. Je voulais que tout soit fini pour te montrer ça.. Tu.. Tu aimes bien ?”
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Kisos a fait plus qu’effet sur toi puisqu’il n’est pas resté habillé très longtemps, ni toi. Tu lui as sauté dessus comme si c’était un bel article en solde mais Kisos a plutôt aimé ce moment qui vous laisse avec le souffle court. Il se retrouve allongé dans le canapé avec ton corps qui drape le sien. Il caresse ton dos nu et laisse ses lèvres se caler sur le haut de ton front mais l’homme recule son visage pour mieux te voir lorsque tu évoques sa façon de te retourner.
« – Et.. c’est toi qui m’a sauté dessus en premier ! Mais il fallait bien que je te montre à quel point je suis encore vigoureux ! »
Il se met à rire doucement et il te fait lever ton visage pour déposer un doux baiser sur le bout de ton nez.
« – Et oui, je me suis réapproprié mon corps.. Je pense que j’en avais besoin. Depuis notre retour, ou plutôt depuis la fin de cette guerre, j’avais l’impression de ne plus avoir le contrôle sur moi et surtout je ne supportais plus de voir les cicatrices. J’ai déjà beaucoup de cauchemars à gérer alors j’ai trouvé l’idée de Sora parfaite. Elle a fait en sorte que les cicatrices ne deviennent plus un maux mais quelque chose dont je serai fière de montrer. Mais je dois avouer que j’ai passé une semaine à bien grimacer.. je crois même que j’ai dû l’insulter plusieurs fois. »
Oh oui, ça n’a pas été du plaisir de faire ces tatouages, surtout sur les zones sensibles. Kisos est bien content que cela soit enfin fini mais il se doit de te montrer un petit dessin que tu n’as pas encore vu puisque celui-ci est logé sur sa nuque. Il a fait dessiner un soleil avec ton prénom écrit à l’intérieur. C’est caché par sa chevelure sauf quand il attachera celle-ci.
« – Il fallait tout de même que je marque ma peau avec le magnifique prénom de mon épouse. C’est la première chose que Sora a tatoué. Après pour le reste, c’est son imagination qui l’a guidé. »
L’homme te laisse une nouvelle fois parcourir son corps mais il s’amuse de voir que la simple vue te fait frissonner. Il remarque même tes seins se dresser et cela tente tellement Kisos qu’il te retourne à nouveau sur le canapé pour se remettre au-dessus de toi. Ne pouvant résister, il se penche pour embrasser ta poitrine qui lui redonne l’envie de jouer avec toi.
« – Mais pour ce qui concerne tes talents cachés, je veux bien que tu m’en montres un peu ce soir pour me donner un avant goût.. Je le mérite un peu parce que j’ai fait un bon repas que tu n’as même pas goûté et puis j’avais même mis une belle tenue pour notre soirée.. »
Kisos mordille le bout de tes tétons pendant que sa main glisse entre tes cuisses pour de nouveau réveiller tes envies. La soirée est loin d’être terminée et il veut retrouver cette passion qui vous animez tant lorsque vous étiez plus jeune. Pour cela, vous faites des galipettes dignes d’un concours de gymnastique professionnel mais c’est sûr que vous avez quand même moins de souplesse que dans le temps puisqu’à la fin, Kisos a mal dans le bas de son dos et toi à ton bassin. Cela vous vaut un gros fou rire et aussi un bain chaud pour détendre vos corps.
Kisos est assis derrière toi durant ce bain et il savonne ton dos mais il se permet aussi de laver ta chevelure. Avec Maya et Bee, il a dû apprendre à devenir un bon coiffeur alors autant t’en faire profiter. Tu as même le droit à avoir des nattes lorsque vous avez fini votre bain mais avant de rejoindre votre lit, Kisos vous prépare une tasse de thé et il te ramène un livre un peu spécial. C’est un album dans lequel il a rassemblé toutes les photos que vous avez faites durant toutes ses années. La première date de vos débuts. Elle a été prise quelques jours après ton anniversaire, où vous aviez failli partager votre premier baiser. Dessus, Kisos à sa tenue d’amérindien et cela l’amuse de le voir aussi jeune et fière.
“ – C’était ton père qui avait pris cette photo.. Il m’en a donné plusieurs et j’ai tout rassemblé dans cet album. Il y a aussi des photos de notre famille. Regardes.. Il y en a une que je trouve vraiment magnifique..”
Il tourne la page et il y a une photo avec vos deux familles rassemblées, cependant il y a Gabriel dessus et une toute petite Sora. Ta mère a le ventre rond, elle portait les jumelles alors que toi et Kisos, vous semblez faire vos timides entre les Walker et les Hedlund.
“ – Je ne savais pas que ton père avait des clichés du mien.. Quand j’ai vu cette photo, j’ai versé ma larme. Je dois avouer qu’avec le temps, j’avais de plus en plus de mal à me souvenir des traits de Duda mais là, je peux facilement le reconnaître. Et tu as vu ? Ta mère était enceinte des jumelles. En parlant de jumelle, tu as reçu une lettre de Birdy. Je l’ai mise sur ton bureau.”
Une lettre dans laquelle elle te raconte sa nouvelle vie. Le temps avance et vous fait vieillir, mûrir mais Kisos n’est pas si nostalgique puisqu’il se sent enfin accompli. Il ne serait pas celui qui voudrait revenir dans le passé puisqu’à l’heure d’aujourd’hui, il est beaucoup plus serein avec lui-même et beaucoup plus réfléchi. Il n’y a peut-être qu’une chose qu’il aurait aimé vivre mais maintenant il sait que cela est sûrement trop tard. Avoir encore un enfant avec toi, un mini vous. Rosie est toujours dans vos esprits et elle le restera toujours mais il aurait quand même aimé avoir une petite part de vous deux. Cependant il préfère ne pas t’en parler car il ne tient pas à te froisser ou à te mettre une pression qui n’a pas lieu d’être.
La nuit passe, le matin arrive et Kisos dort encore à tes côtés. Il a eu quelques cauchemars cette nuit mais là, il dort comme un bébé. Tu es même enfermé dans ses bras.
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La journée a été rapide puisque Kisos n’a pas vu le temps passé avec tous les patients qu’il a vu défiler dans son cabinet. Jamestown devient beaucoup plus grande et un seul médecin ne semble plus être suffisant. Il va sûrement devoir trouver un collègue qui pourra l’aider et lui permettre d’avoir plus de temps pour lui mais ça, il reviendra dessus plus tard puisque là, il doit rentrer chez vous.
Il est accueilli par vous trois mais aussi un mont de vêtements. Kisos pouffe de rire à cause de Nicolas et il doit bien avouer qu’un dressing ne serait pas une mauvaise idée puisque toi ainsi que les filles, vous avez beaucoup trop de vêtements pour que cela entre dans les petites armoires des chambres.
Lorsque les enfants sont couchés, vous vous retrouvez dans le fauteuil et malgré tes mots, Kisos ne se doute pas un instant que tu puisses être à nouveau malade. Pour le moment, rien ne se voit physiquement. Tu as encore un beau teint et une énergie qui le secoue toujours. Kisos n’imagine surtout pas que le cancer puisse avoir fait son retour car il y a bien des années que tu as combattu l’ancien. Il ne sait pas comment fonctionne ce maux et cela malgré son statut de médecin. Il n’y a pas eu assez d’avancées ou de recherches pour que les cancers soient traités, et ça malgré les milliers de personnes atteintes. Il n’y a pas de chimio, pas de chirurgie, pas de médicaments.. Ils ne savent même pas que cela peut revenir ou alors s’aggraver dans tout le corps. Heureusement ton cancer est localisé et il ne se dissipe pas ailleurs mais sans soins spéciaux, tu n’auras plus que quelques mois devant toi.. Et ça.. oh oui, ça risque de rendre Kisos complètement fou. Cela serait un peu comme un retour en arrière, lorsqu’il a essayé de sauver son père mais que celui-ci se savait condamné. Kisos en avait été impuissant et désemparé mais là, ça serait d’autant pire puisque tu es son monde. Ne pas pouvoir sauver la personne qu’il aime le plus au monde ? Cela serait comme s’il brûlait vif. Il ne s’en remettra surement jamais.
“ – Quoi qu’il arrive samedi ? Tu as l’intention de m’abandonner à l’autel jeune rebelle ?”
Kisos se met à sourire en coin et pour te taquiner, il commence à te chatouiller.
“ – J’espère que tu n’y penses même pas car j’ai dû essayer plein de costumes devant ton père ! et j’ai dû subir les rires de ta mère ! Elle se moquait de moi car la plupart des pantalons étaient trop courts pour mes grandes jambes. Une vraie chipie celle-là. Je ne suis pas étonnée de voir que tu l’es tout autant.”
A défaut de pouvoir se préparer avec son père pour le mariage, Kisos a commencé les essayages en compagnie de tes parents mais aussi son oncle Nashoba, Ona et Thomas. Les garçons ont même décidé de lui faire un enterrement de vie de jeune homme pour demain mais tu as aussi le droit à ta soirée. Sora a organisé une sorte de pyjamas party chez elle en compagnie de toutes les femmes de votre entourage. La dernière fois vous n’aviez pas vraiment eu ce genre de moment alors là, vous refaites tout mais de manière à ne plus rien oublier.
Si Kisos a le droit à une soirée whisky et tire à l’arc, toi tu es pouponné par les filles. Il n’y a que Pocahontas qui sait pour ta maladie mais elle n’a rien dit, comme tu lui as demandé donc cette soirée se passe sans l’ombre de tristesse. Enfin, pas pour les autres filles puisqu’elles font en sorte que tu passes une soirée inoubliable. Maquillage, essayage de robes, petits verres de vins et tu as même le droit à ce que tout le monde participe puisque ta mère et Pocahontas aussi se mettent à jouer les mannequins d’un soir. Les deux vieilles amies rient à plein poumons quand elles se voient dans des vêtements plus modernes. Des pantalons, des sortes de tailleurs, des cheveux détachés et des bottes comme les cowboys, tout est bon pour s’amuser. Il n’y a qu’une demoiselle qui ne tient pas à se changer mais c’est parce qu’elle ne veut pas montrer la nouvelle grossesse qui s’installe. Sora attend encore un enfant et elle sait que cela va faire jaser. Après six fils, elle ose encore remettre le couvert mais sa mère comprend ce qu’il se passe et elle lui fait comprendre qu’elle ne doit pas avoir honte.
Samedi matin.
Vous n’avez pas eu le droit de dormir ensemble la veille. Une tradition que vos proches voulaient que vous fassiez. Toi tu as dormi chez tes parents avec Bee alors que Kisos a dormi chez sa mère avec Nicolas. C’est elle qui l’aide à se préparer et à le faire beau pour ce jour qui devrait être merveilleux.“ – Lors de ton mariage à Paris, je n’avais pas pu t’aider à te préparer mais cela avait peu d’importance car tu étais si rayonnant ce jour-là.. J’étais heureuse que Charlie nous convie à ce moment. Certes, le voyage était épuisant mais je ne t’avais jamais vu aussi heureux et cela vaut tous les voyages du monde.
_ Je me souviens un peu de ce jour.. C’est encore un peu vague mais je me rappelle surtout de Charlie. Elle était si belle..
_ Tu as trouvé une épouse parfaite. Tu sais, je l’ai rencontré un peu avant toi et en la voyant, je savais que cette jeune fille allait atteindre ton cœur.
_ Et comment as-tu su ça ?
_ Une mère sait tout. Je te connais par cœur Kisos Gabriel Walker. Je t’ai mise au monde et je t’ai vu grandir. Tu es un magnifique mélange de mon grand amour avec ton père alors oui, je connais tout de toi.
_ Il me manque énormément tu sais..
_ Il me manque horriblement. Il ne se passe pas une seconde sans que je ne pense à lui mais je sais qu’il est là, près de nous. Il a toujours veillé sur nous et il le fera jusqu’à ce qu’on le rejoigne.
_ Tu sais, pendant la guerre.. J’ai eu parfois l’envie de le rejoindre. Je priais pour que tout s’arrête, pour ne plus rien ressentir et surtout retrouver Duda.. Mais j’ai continué à me battre pour pouvoir vous retrouver et surtout retrouver ma Charlie.
_ Oui.. je me doute..”Pocahontas se sent un peu prise par l’émotion puisqu’elle pense à toi, à ta maladie et à la douleur que va ressentir son fils. Elle fait passer cela pour de l’émotion dû au mariage mais elle a mal pour toi, pour lui. Elle a aussi mal pour vos enfants, pour tes parents qui vont perdre leur fille aînée. Elle a aussi mal pour elle puisqu’elle tient beaucoup à toi.
“ – Tu as bien fait de te battre pour elle. Cependant.. il faudra toujours que tu te bats mon petit soleil. Il y aura toujours des tempêtes dans un mariage mais je sais que tu vas tout surmonter avec elle.
_ C’est certain. Je ne laisserais plus rien nous atteindre.”De ton côté, c’est ta mère qui t’aide à enfiler ta robe. Il y a aussi Sora et Bee qui jouent les assistantes. Anya a depuis peu des tremblements intempestifs et elle a du mal à fermer l’arrière de ta robe mais elle refuse qu’on vienne l’aider. Elle veut être celle qui met en beauté la prunelle de ses yeux, toi.
“ – J’ai toujours adoré te coiffer.. Quand tu étais petite, tu avais des petites bouclettes et je faisais en sorte de les mettre en valeur en évitant de t’attacher les cheveux. Tu ne dois pas t’en rappeler mais tu adorais que je passe des heures à te brosser.. Et je le faisais le soir, en te racontant des histoires avant que tu t’endors. Ton histoire préférée.. Hm.. Il me semble que c’était celle sur la jeune écossaise qui tombait amoureuse d’un homme immense et étrange. C’est amusant puisqu’en y repensant, c’est un peu ton histoire. L’homme était pointé du doigt parce qu’il n’était pas comme les autres mais la jeune femme s’en fichait. Elle a tout fait pour pouvoir prouver à ce géant qu’il était normal et magnifique à ses yeux. Je crois que j’avais inventé cette histoire parce que nous avions vu un homme très grand à Edimbourg et que tu n’arrêtais pas de me poser des questions sur lui. Tu étais une curieuse de nature et tu l’es toujours.. Oh ma Charlie chérie..”
Cette journée va être chargée en émotions, de tous les côtés. Tu as la surprise de voir les jumelles débarquer. Garrett a réussi à faire venir Birdy mais aussi Ella. Elle a fait le voyage d’amérique du sud pour être présente mais aussi pour vous présenter son époux, un bel argentin au prénom de Diego. Il ne manque que Maya aussi mais là aussi, il y a une petite surprise qui vous attend. Elle n’est pas là mais elle a envoyé une lettre dans laquelle elle vous souhaite tout le bonheur du monde et elle vous rassure sur sa condition. Malgré leurs jeunes âges, Ben a trouvé un petit travail dans une ferme et Maya travaille dans une maison de repos pour personnes dites aliénées. Cela leurs permet d’avoir un revenu et surtout un toit au-dessus de leurs têtes.
La cérémonie devrait bientôt commencer et Pocahontas a amené Kisos à l’autel. Il ne manque plus que toi mais pour cela, tu as besoin du bras de ton père. Garrett a pris en âge aussi et cela se voit avec ses cheveux blancs qui ne laissent plus de place pour le blond. Il y a aussi des rides qui ont redessiné son visage mais il a un immense sourire lorsqu’il arrive à toi. Anya est toujours près de toi, ainsi que les jumelles et James. La famille Hedlund réunie en entier, il n’en manquait pas moins pour que le patriarche verse une petite larme.
“ – S’il y a bien quelque chose que j’ai brillamment fait durant ma vie, c’est ma famille. J’ai trouvé la femme parfaite pour me donner quatre enfants que j’aime plus que tout dans ce monde. Je suis si fière de vous tous.. Et toi ma Charlie.. Tu es si belle..”
De son côté, Kisos se montre un peu stressé. Il triture ses doigts en attendant ton arrivée mais il y a sa témoin qui vient le rassurer. D’ordinaire les hommes choisissent des hommes pour témoins mais Kisos tenait à ce que sa petite sœur puisse avoir cette place importante.
“ – Elle va arriver.. Les femmes aiment se faire désirer !
_ Oui mais tu sais que je suis un éternel impatient..
_ C’est vrai mais aujourd’hui tu dois attendre grand frère !
_ Oui mais.. Eh.. c’est quoi.. ce petit ventre ? Encore un petit Wells ?
_ J’espère une petite Wells..
_ On va croiser les doigts pour que ce soit le… Wow.. Tu as vu ?”Tu arrives. Tu es là et tu es magnifique. Kisos cesse de parler à sa sœur et il ne fait que de te fixer. Ses yeux brillent sous tant de beauté. Il n’y a pas énormement de monde dans cette petite église de village mais tout le monde est émerveillé par la mariée que tu es. Devant toi, il y a Nicolas et Bee qui lancent des pétales de fleurs. Ton père serre bien ton bras et durant la marche jusqu’à l’autel, il te murmure une dernière parole.
“ – J’ai dû plusieurs fois te laisser partir dans les bras de cet homme et ça n’a jamais été simple puisque tu es ma petite fille. Cependant tu dois savoir que je suis heureux que tu trouves l’amour de ta vie. Je te souhaites tout le bonheur du monde mon petit pois.”
Il embrasse ton front avant de te laisser approcher Kisos. Le colosse amérindien retient ses larmes mais son sourire montre son entrain. Il n’a pas encore le droit d’embrasser tes lèvres mais il se permet de prendre tes mains dans les siennes et de te murmurer un je t’aime. Le prêtre commence sa cérémonie, son blabla interminable et cela joue encore sur l’impatience de Kisos mais il se prête si bien au jeu qu’au moment où il doit énoncer ses nouveaux vœux, il n’a aucun mots en bouche. C’est Sora qui doit lui donner en coup dans le bas du dos pour que Kisos réagisse.
“ – Il y a presque vingt ans.. Je.. j’ai posé mes yeux sur toi et depuis, je ne pense qu’à toi. Tu as envahi mon esprit, mon corps, mon cœur et tu es devenu mon seul moyen de vivre. Tu es mon souffle, mon soleil, mon monde Charlotte Elisabeth Hedlund Walker. Dans cet univers où tout est possible et où tout peut être difficile, j’ai trouvé celle avec qui je peux tout vaincre, tout créer. Grâce à toi, je suis un homme complet, un homme fort et un homme fou amoureux. Les années nous ont peut-être donné des rides et des cheveux blancs mais elles m’ont aussi permis de t’aimer encore plus intensément. Je t’aime tant et je ne cesserai jamais de le clamer… Sache que je serais toujours auprès de toi Charlie et je te promets de continuer à entretenir cette flamme qui n’a jamais cessé entre nous. Je te promets d’être toujours à tes côtés et de te soutenir dans tous tes projets, tous tes désirs. Je veux te chérir et te voir sourire jusqu’à nos derniers souffles. Alors oui, moi, Kisos Gabriel Walker, je veux redevenir ton époux et cela pour le reste de nos vies.”
Des paroles qui sont belles mais qui sont encore plus intenses pour Pocahontas qui sait.. La vieille dame essaye de ne pas craquer mais c’est difficile. Heureusement qu’elle tient le bras de Thomas pour ne pas vaciller. Kisos ne remarque pas la douleur de sa mère puisqu’il est absorbé par toi et par ce qu’il vient de dire. Oui, il veut de toi jusqu’à la fin mais cette fin sera t’elle si proche qu’il n’oserait l’imaginer ?
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La journée ne pouvait pas être plus parfaite. Certes, Kisos a quand même une grande pensée pour Maya mais aussi Rosie.. Cependant il s’est promis de ne pas avoir de pensées tristes. Il veut être heureux avec tous vos proches réunis mais surtout avec toi. Alors c’est avec un immense sourire qu’il se met à te faire valser devant les regards attendris de vos invités. Tu réussis même à le faire rire quand tu avoues avoir embauché une femme de ménage.
“ – Alors on me fait déjà des cachoteries Madame Walker ? C’est vrai que je pourrais demander le divorce mais je dois avouer que moi aussi j’ai un petit secret à te dire.. Tu sais les bons plats que tu manges de temps en temps ? En réalité ce n’est pas moi qui les fait. C’est ma mère qui nous prépare des repas et je les ramène en revenant du travail… J’ai voulu essayer de cuisiner mais je pense que nous sommes un couple qui est condamné à ne pas pouvoir manger des plats dignes d’un grand restaurant.”
Kisos pouffe de rire puisqu’il t’a plutôt bien berné en te faisant croire qu’il avait cuisiné des plats comme des bouillons épicés ou des plats en sauce mais il en est rien. A part cuire des patates et faire des omelettes, Kisos n’est pas doué non plus.
Votre danse se termine par un long baiser et des applaudissements mais vous êtes surtout rejoint par Nicolas. L’adolescent demande s’il peut danser avec toi et Kisos ne peut qu’accepter cette requête puisqu’il a compris que le garçon voulait avoir un lien plus fort avec toi. Durant l’habillage du matin, Nicolas a fait part de sa fascination pour le lien entre Kisos et Pocahontas. Kisos lui a donc fait comprendre qu’il pouvait se fier à toi, qu’il ne devait pas te craindre car tu étais sa mère et ça, même si vous avez des couleurs de peau totalement opposées.“ – Tu es magnifique Maman. Et je voulais te dire que j’étais fière d’être ton fils, même si parfois je ne parle pas beaucoup et que je ne suis pas aussi proche que Bee ou Maya..”
C’est un petit pas que Kisos observe puisqu’il s’est mis de côté pour voir cette nouvelle danse. Il ne reste pas bien longtemps tranquille car Sora lui ordonne d’aller faire danser Pocahontas et puis ensuite Anya. Oui, vous devez partager des danses avec plusieurs de vos proches mais c’est normal, ils veulent tous vous féliciter à leurs manières.
Vous vous retrouvez quand il est temps de couper le gâteau. Millie et Binki vous ont fait faire une pièce montée et c’est à vous d’en découper la première part. En bon gourmand, Kisos te laisse lui donner le premier morceau mais il vient vite le partager en t’embrassant. La fête ne se termine pas de si tôt, il y a encore des danses, des confessions, des félicitations et surtout énormément d’amour. Cela fait un bien fou. Comment ne pas être aussi heureux ? Et comme pour sentir encore plus ce sentiment de bonheur, vous avez le droit à une pluie d’étoiles filantes. Est-ce un signe de Gabriel et Rosie ? Pocahontas vous confirme qu’ils veulent vous saluer et vous montrez leurs amours.
Il est presque le petit matin quand tout s’arrête et que chacun commence à rejoindre leurs maisons. Pocahontas garde vos enfants et pour le ménage, tout le monde se rejoindra plus tard dans la journée pour aller donner un coup de main mais pour l’instant, Kisos t’emmène avec lui vers votre maison. Il vient même te porter comme une princesse lorsque vous arrivez à la porte. Tu as eu le droit à une attaque de baisers pendant le trajet mais avant de rentrer dans votre demeure, il t’offre un baiser plus sensuel et fiévreux. Vous n’avez pas dormi après cette soirée de folie mais Kisos n’a pas l’intention d’aller se coucher maintenant et il te le fait comprendre par ce baiser mais aussi dans sa façon de vous faire rentrer car à peine vous passez la porte qu’il t’assis sur la table du salon et qu’il glisse déjà ses mains sous ta robe.
“ – Vous m’aviez promis une magnifique nuit de noces madame Walker.. Il est presque cinq heures du matin mais je ne partirais pas tant que vous ne m’aurez pas offert votre promesse.”
Mains baladeuses et baisers mouillés, Kisos ressemble à l’adolescent impatient qu’il était. Il cherche déjà à te déshabiller alors que toi tu sembles vouloir être plus délicate et lente pour mieux profiter du moment. Tu as donc le droit à sa petite moue mignonne lorsque tu attrapes ses mains pour qu’il soit plus sage.
“ – Mais Charlie… Tu imagines ce que c’est de devoir attendre quand on a une femme aussi délicieuse devant soit ? Je peux t’assurer que durant mon adolescence, j’en ai passé des soirées à devoir calmer mes ardeurs parce que tu me rendais fou.. Mais là tu es ma femme alors il est hors de question que je reste sage !”
Et hop, tu finis sur son épaule et il vous mène vers votre chambre où tu finis allongée sur le lit. Kisos observe ton petit corps se mouver sous l’excitation mais pour te donner un coup de chaud, il se met à déboutonner lentement sa chemise. Ses vêtements glissent le long de son corps bien plus musclé et nouvellement tatoué. Pour son âge, il est vraiment très bel homme mais c’est encore plus intense quand son regard se fait espiègle et que sa chevelure se retrouve détachée. Il ferait penser à un chasseur prêt à bondir sur sa proie..
“ – Alors.. tu veux toujours prendre ton temps Miss Walker ? Car on peut toujours dormir un peu mais.. Quand j’aurai retiré mon pantalon, tu comprendras que j’ai des projets beaucoup plus attrayants pour nous deux..”
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Kisos n’aurait pas rêvé mieux pour cette nuit de noces. Il n’y a aucune pointe de fatigue chez toi mais une totale sensualité et surtout un désir aussi fort que le sien. Tu viens même le prendre au piège en attachant ses mains mais Kisos pourrait facilement se libérer cependant il est joueur alors il se laisse faire pour voir ce que tu comptes lui faire. Ta malice lui offre des vues chaudes et excitantes, surtout quand tu prends cette position au dessus de lui pour que vous puissiez vous faire du bien mutuellement. Pour pouvoir te donner ce que tu veux, Kisos retire enfin les liens qui entravent ses poignets et il attrape tes hanches pour être certain de garder ton bassin sous contrôle. C’est difficile de ne pas bouger et de ne pas gémir, surtout lorsqu’il sent ta langue glisser le long de son membre mais lui aussi veut t’entendre défaillir alors il vient taquiner ton petit bouton de plaisir avec le bout de sa langue. Ce jeu vous rend fou, autant l’un que l’autre mais il est plutôt délicieux, d’autant plus que vous vous provoquez en vous menant au bord de l’extase. Elle est proche, presque sur le point d’exploser mais Kisos décide de reprendre le dessus sur toi en te soulevant de manière à ce que tu finisses à genoux sur le lit. Dos à lui, l’homme se redresse et il laisse ses mains vagabonder sur ta poitrine alors que son membre durcit s’appuie contre tes fesses.
“ – Tu me rends dingue Charlotte Walker Hedlund.. Et sache que je suis l’époux le plus heureux de ce monde.. J’ai la femme parfaite..”
Murmure t’il alors qu’il embrasse ta nuque dégagée. Il malaxe lentement ta poitrine mais après avoir soulevé ton bassin, il vient surtout enfoncer son membre en toi. Avec cette position, c’est lui qui contrôle tout et c’est ce qu’il souhaite, afin que tu te laisses totalement aller et pour que tu ne profites que du plaisir qu’il veut te donner. Pour le moment, il est assez doux dans ses vas et viens mais c’est avec ses mains qu’il se montre le plus entreprenant car ses doigts caressent tes zones sensibles. Aussi bien ta poitrine que ton intimité. Tu es une sorte de proie dans la gueule d’un fauve affamé.
“ – Bon sang.. Mon Amour.. “
Il essaye de contenir ses râles mais c’est difficile avec une gourmandise comme toi. Il te sent jouer avec l’étroitesse et puis le simple fait que tu prends du plaisir, ça lui décuple le sien. La cadence accélère tout de même et les positions changent. Vous venez vous faire face lorsque tu reprends le dessus sur lui et que tu te mets à califourchon sur ses cuisses. Kisos aussi à un moment où il peut profiter du simple plaisir mais tu le connais, il aime avoir le dernier mot et c’est bien pour cela que tu finis allongé sur le lit avec ce colosse au-dessus de toi. Il a remonté tes cuisses autour de ses hanches et pendant que son bassin se perd avec beaucoup plus de fougue contre le tien, vous vous offrez un baiser qui vous coupe le souffle. Il y a une telle passion que vous avez même beaucoup de mal à le stopper pour prendre une bouffée d’air.
“ – Haaah.. putain.. mon.. mon amour.. je vais.. plus tenir.. bien longtemps..”
Il faut dire qu’il y a une telle intensité que le plaisir ultime est impatient d’arriver mais pour parfaire le tien, Kisos réussit à passer une main entre vous pour de nouveau caresser ton point le plus sensible. L’orgasme en est que plus féroce pour vous deux. Vos gémissements pourraient réveiller la forêt entière. Kisos à un râle rauque et comparable à celui d’un lion féroce mais tu pourrais presque prétendre à la première place avec ton cri qui laisse entendre son prénom.
Le soleil se lève, vous n’avez toujours pas dormi mais Kisos n’a pas encore envie de fermer l’œil. Il est allongé près de toi, sa joue contre ton sein et il te laisse jouer avec sa chevelure en bataille. Il est aux anges et il est très loin de s’imaginer que d’ici quelque temps, tu ne seras sûrement plus là. Qu’il sera veuf, père seul et surtout un homme inconsolable. Non, là il s’image encore des nuits torrides et des projets qu’il n’avait pas envisagé depuis très longtemps. Il regarde un instant ton ventre en priant intérieurement que vous pourriez agrandir votre famille mais ça, il préfère le garder pour lui. Par contre, il se permet d’évoquer l’envie de faire un petit voyage avec toi et les enfants.
“ – Tu penses que nous pourrions aller à New-York cet été ? Nicolas m’a plusieurs fois parlé qu’il adorait les trains et je sais que là-bas il pourra y voir des trains bien plus beaux que ceux qui passent par Jamestown.. On pourrait aussi aller en Floride. Il parait que les plages sont magnifiques l’été et c’est agréable d’y aller se baigner. En fait, j’ai envie de profiter de chaque instant avec vous tous et vous offrir les plus beaux voyages, les plus beaux instants..”
Il a une pensée pour Maya et Rosie mais il n’a pas le droit d’être triste maintenant, surtout pas après un moment aussi exquis. Il parle donc des projets positifs qui lui trottent en tête comme le fait de passer ses soirées avec toi dans votre lit douillet ou de l’automne qui va arriver, avec vos prochaines balades dans les forêts orangées. Enfin, ça ne dure pas des heures puisqu’il faut une petite caresse sur son torse pour que tu rallumes son instinct de séduction.
Une bonne partie de la journée est entamée lorsque vous vous réveillez mais c’était prévu. Les enfants sont chez vos proches donc il n’y a pas de soucis à se faire. Kisos se permet de sortir nu du lit pour aller vous préparer un petit encas dans la cuisine et tu le rejoins tout autant nu que lui. Bien sûr, ça vous fait rire car c’est une chose inconcevable lorsqu’on a des enfants mais là vous êtes libre de vos gestes et vos envies. Vous allez donc manger un sandwich dans le canapé en gardant votre magnifique nudité mais Kisos remarque quelque chose d’étrange dans le bas de ton dos. Une tâche rouge, comme une tâche de vin. En soit, ce n’est pas non plus une alerte à la mort mais en tant que médecin, il a l’oeil partout et il doit toujours faire attention aux détails. Peut-être que tu t’es cogné durant la soirée ou alors c’est une petite allergie de passage. Tout est possible, si bien qu’il n’envisage pas un cancer. En réalité, avec sa perte de mémoire, il a même évincé le fait que tu avais eu un cancer durant ta jeunesse.
“ – Je t’ai fais mal ? Tu as une petite plaque dans le bas de ton dos. Désolé si j’ai été un peu trop gourmand et vigoureux.. Parfois j’ai du mal à mesurer ma force, surtout avec une petite poupée comme toi..”
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“ – Kisos ? J’ai un télégramme pour votre dame. Je peux vous le donner ?
_ Euh.. oui ! Bien sûr.”Ce n’était qu’un geste anodin et pourtant il va totalement faire tomber ce grand bonhomme qu’est Kisos. D’ordinaire il n’ouvre pas ton courrier car après tout tu n’as rien à lui cacher mais en prenant le télégramme en main, Kisos a vu le nom de ce médecin New-Yorkais et comme par petite jalousie, il a fini par ouvrir ce message. Pourquoi tu irais voir un autre médecin alors que ton époux est médecin ? Tu n’as pas confiance en Kisos ? Où alors tu lui caches quelque chose ?
“ Madame Walker,
Je me permets de vous envoyer ce message afin de vous demander si l’on peut avancer votre prochain examen ? J’ai lu votre dernier télégramme et je m’inquiète beaucoup. Vous ne devriez pas avoir des tâches sur votre peau. Je pense que je me suis peut-être trompé sur la localisation de votre cancer. J’ai refais plusieurs lectures de votre dossier et il est fort possible que ce n’est pas votre poumon qui soit atteint mais votre sang. Depuis peu, le grand hôpital de New-york dispose d’une machine qui nous permet de faire des radiographies. J’aimerais que vous veniez en urgence pour pouvoir en faire une.
Cordialement.”Un cancer.. Et depuis quand ? Et comment évolue t-il ? Kisos n’est pas oncologue mais en tant que médecin général, il a pu voir ce que faisait le cancer. Il sait que la plupart du temps cela est fatal car la médecine n’est pas assez avancée pour guérir cette maladie. Parfois, il y a certains cancers qui finissent par guérir seuls mais Kisos se rappelle d’une conversation que tu as eu il y a peu avec ta mère.. Vous reparliez de ton cancer lorsque tu étais adolescente. Tu demandais comment tu avais réussit à t’en sortir et ta mère a parlé de miracle. Miracle ? Là non, c’est l’enfer. Kisos termine de lire ce message et au lieu d’aller chercher les enfants à l’école, il prend le chemin pour votre maison. Des millions de questions s’imposent dans ses pensées, il a besoin de réponses.
Le colosse passe la porte et tu peux voir son regard froncé. Qui est cet homme qui prend la fuite ? Kisos ne le laisse pas passer la porte sans attraper la valise que tient le notaire. Il y a toujours une petite étiquette avec les noms dessus et en voyant ce qui est écrit, Kisos a une sorte de pique de colère. Un Notaire ?! Pourquoi ? Parce que tu as fait un testament ? Il pousse ce pauvre homme mais va vers la cheminée pour jeter la valise au feu. Adieu les papiers de notaire. Adieu le testament. Kisos jette aussi ce fichu télégramme et il reste de dos à toi pour ne pas avoir un nouveau pique de rage.
“ – Tu comptais me le dire quand ? Tu souhaitais attendre d’être sur ton lit de mort ?!”
En disant ce mot, “mort”, Kisos ressent une énorme douleur au niveau de la poitrine. Ses yeux sont sombres mais ils sont surtout gorgés de larmes. Il est au bord de l’explosion. Il est au bord du gouffre. La femme de sa vie va mourir ? Il va te perdre ? Tu vas l’abandonner ? Il a l’impression qu’on est en train de lui arracher le cœur. Des tas de choses continuent de circuler dans ses pensées mais ce ne sont pas des bonnes choses. Non, il bloque son esprit sur une image de toi qui cesse de respirer. Cela est anxiogène.. Cela est oppressant.. Cela le brise tellement qu’il doit se tenir contre le coin de la cheminée.
“ – Depuis quand le sais tu? Depuis.. bon sang.. Charlie.. Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Pour.. Pourquoi.. Pourquoi tu.. Tu me caches ça…”
Il te sent venir. Ta main se pose contre son bras et il pourrait bien te repousser mais au lieu de cela, Kisos s’effondre à genoux. Il reste droit, le regard perdu vers les flammes de la cheminée mais les larmes se mettent à couler. Pourquoi ? Pourquoi ça ? Pourquoi toi et pas lui ? Pourquoi se sent-il si impuissant ? Sûrement parce qu’il en sait un peu trop sur la médecine et c’est peut-être ça qui est le plus horrible. Quelqu’un de lambda aurait un espoir mais lui ? Il sait que les remèdes n’existent pas contre les cancers.
“ – Je suis sûr que ton putain de médecin ment.. Il n’y connait rien. Tu n’as pas de cancer, c’est impossible. Tu.. Tu as peut-être juste une allergie.. où.. où peut-être quelque chose de plus bénin…”
Il est perdu et cherche déjà une solution. Même si ses larmes sont de plus en plus vives, il est concentré sur les flammes et il se force à trouver d’autres maladies qui pourraient expliquer ta fatigue, les tâches sur ta peau ou même ton manque d’appétit. Kisos n’est pas bête, il a bien vu que tu n’étais pas bien et il t’a donné plusieurs baumes durant les dernières semaines mais il faut croire que sa médecine native ne peut rien pour toi.
“ – Je pensais qu’on avait tout surmonté.. Je pensais qu’on avait tout vaincu.. Mais.. Mais je pourrais jamais vivre sans toi Charlie.. Je.. Je ne pourrais pas vivre sans toi dans ma vie. C’est impossible. Je préfère me pendre ou me jeter sous un train que d’imaginer une seule journée sans toi.. Je.. Je ne peux pas.. non.. je ne peux pas…”
Tu es assez proche de lui pour qu’il laisse son visage endolorie se nicher contre ton ventre. Il oublie tout. Votre famille, vos enfants, sa propre vie.. De toute façon, c’est toi sa vie ? Kisos lâche un cri de douleur. Cet instant n’est pas sans rappeler le moment où il a vu son père mourir et qu’il a appris la mort de Rosie. Il s’était complètement refermé et il t’avait repoussé parce qu’il pensait qu’il était ton malheur.. Est-ce qu’il va recommencer ? Non, au contraire, il ne veut pas que tu partes. Si bien qu’il envisage déjà de partir avec toi.
“ – Tu dois te battre.. je.. je vais te trouver un remède.. je.. je vais te sauver.. mais je t’interdis de m’abandonner..”
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Kisos est malheureux et anéanti mais il ne peut pas t’en vouloir. Non, il s’en veut surtout de ne pas avoir vu ton mal et de ne pas t’avoir aidé depuis le début. Quand tu te niches contre lui pour recevoir sa chaleur, il t’entoure de ses bras et il te serre du mieux qu’il le peut. Ses larmes tombent encore, il n’arrive pas à les faire cesser mais il reprend sur sa voix pour pouvoir répondre à tes mots déchirants.
« – C’est toi mon miracle Charlotte.. et je n’imagines pas ma vie sans toi. Je ne peux pas concevoir une seule journée sans toi.. alors je dois tout faire pour que rien ne cesse. Je.. je ferai tout pour t’aider, te sauver. J’irai sur le soleil si le seul remède se trouve là bas mais tu continueras à vivre. Tu continueras à dormir dans mes bras, à me faire tes magnifiques sourires.. Tu continueras de m’aimer jusqu’à ce que je sois un vieux monsieur sans dents.. »
Il embrasse ton front et il se met encore à te serrer. Pour le moment c’est compliqué de retrouver un état normal, de faire comme si tout allait bien. En plus tes parents arrivent, ainsi que la famille de Kisos. Ils ont appris pour toi et les larmes redoublent puisque ta mère s’effondre et ton père parle déjà de trouver le meilleur médecin au monde mais il ne se rend pas compte que le meilleur que tu puisses avoir, se trouve contre toi. Kisos n’est pas un spécialiste en cancer mais pour toi, il est prêt à devenir tout et n’importe quoi.
Pendant un moment, tu te retrouves dans les bras d’Anya et Kisos en profite pour aller prendre un peu l’air. Il est suivi par sa mère car elle tient à lui offrir son soutien mais aussi lui donner de l’espoir.
« – Elle va s’en sortir..
_ Comment tu peux le savoir ? Ce sont les esprits qui te l’ont dit ? Tu as vu son état.. et.. je ne sais même pas comment la sauver.. je ne sais pas par où commencer Ma’ ! Je ne sais pas où se situe ce cancer, ni même comment le combattre !
_ S’il y a bien quelque chose que tu as hérité de ton père, c’est sa détermination. Ta sœur aussi a eu ce trait de caractère.. Vous ne lâchez jamais rien. Vous vous battez pour gagner. Tu vas trouver, j’en suis certaine. Je m’occuperais de ton cabinet et Sora m’aidera avec vos enfants mais prends tout le temps dont tu auras besoin pour soigner Charlie. On est là pour vous et on fera tout pour vous soutenir. »Il va justement falloir l’annoncer aussi à vos enfants.. Ils sont chez Sora mais Kisos se décide à aller les chercher car de toute manière, vous ne pouvez plus cacher les choses. Pour Nicolas et Bee, la nouvelle est dévastatrice aussi puisqu’ils ont peur de te perdre. Bee comprend moins que son grand frère mais elle a quand même senti que tu n’étais plus en bonne forme. Les enfants ressentent souvent bien plus vite les choses que les petits.
Dans le télégramme, ton médecin parlait de passer une radio et Kisos sait que cela lui serait quand même d’une grande aide pour savoir comment te guérir. Il prépare avec l’aide de ton père, un voyage avec toi à New-York. Cela ne prendra que quelques jours mais c’est important. Pour ton confort, vous irez en train mais Kisos a tout préparé pour que tu ne manques de rien. On dirait même que vous partez pendant des mois puisqu’il y a une montagne de valises avec vous mais il se veut précautionneux. Vous avez aussi la jeune demoiselle que tu avais engagé pour le ménage, qui vient avec vous comme accompagnante. Lorsque Kisos ira faire quelques recherches, la jeune femme pourra veiller sur toi. Vous avez quand même la chance de pouvoir loger dans le grand appartement de tes parents à New-York. Le confort est là, tout ne pourrait qu’aller bien mais aujourd’hui, il a cette menace de te perdre qui rend l’ambiance beaucoup plus spéciale. C’est presque une course contre la montre et Kisos doit jongler entre trouver un moyen de te sauver mais aussi de passer du temps avec toi. Le voyage ayant été fatiguant, vous arrivez à l’appartement sans passer par l’hôpital. Cela peut bien attendre demain. Kisos congédie la jeune femme et c’est lui qui s’occupe de toi ce soir. Il te conduit vers votre chambre mais il prend aussi le temps de te donner un bain. Tu as perdu beaucoup de poids, tu as le visage tiraillé par la fatigue mais pourtant tu lui donnes toujours des sourires. Tu donnes encore de ton énergie pour le rassurer, pour lui remonter le moral.
“ – J’ai demandé à l’une des dames en cuisine, si elle pouvait nous préparer un plat avec plein de fromages.. Si je me souviens bien, je crois que tu adores ça tout autant que moi. J’avoue que c’est une chose qui me manque de la France.. Le bon fromage, le pain, le beurre et les délicieuses pâtisseries. Dans un sens, si nous avions vécu là-bas plus longtemps, je serai sûrement devenu un énorme monsieur qui ne saurait plus marcher, tellement j’aurai mangé de plats. Tu imagines ? Un Kisos tout gras et avec de la mie de pain sur la barbe.”
Il réussit à te faire rire et cela lui fait du bien. Il continue de laver ton petit corps frêle et il en remarque de nouvelles tâches sur ta peau. Un cancer du sang pourrait faire ça mais dans un livre qu’il a lu pendant votre trajet jusqu’à New-York, il a pu constater que plusieurs cancers peuvent tâcher la peau. Tout est possible mais dans une envie de se faire son propre avis, Kisos commence à te toucher un peu partout et à observer la moindre parcelle de ton corps. Tes yeux, tes oreilles, tes seins, ta bouche, ton ventre.. Docteur Kisos est de retour et il semble trouver un début de réponse lorsqu’il retouche ta poitrine. Il avait senti une petite grosseur sur le côté mais en revenant dessus, il fronce les sourcils.
“ – Pardonnes moi si je semble intrusif.. Mais qui mieux de moi peut connaître ton corps par coeur ? Et il y a quelque chose d’anormal sur ton sein.. Tu ne le sens peut-être pas mais regardes..”
Il prend délicatement ta main et il la pose sur la masse qu’il a senti. C’est vraiment infime, presque imperceptible mais pourtant Kisos a trouvé quelque chose.
“ – Ce n’est peut-être rien mais la radio nous aidera un peu.. Sache en tout cas que je trouverais ce qui te fait mal et je le détruirais. Rien ni personne ne fera de mal à l’amour de ma vie..”
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Kisos va donc boire ce verre pendant que tu passes la radio mais il n’est pas serein. Il a même hésité à refuser de suivre ton médecin afin de pouvoir aller avec toi mais peut-être que tu aurais été encore plus stressé à cause de sa présence. Et puis dans un sens, cela lui permet aussi de savoir ce que pense ton médecin de tout ça.
« – Elle a déjà eu un cancer pendant son enfance et elle a su le combattre mais là j’ai peu d’espoir..
_ Et comment saviez vous que c’était un cancer pendant son enfance ? Vous en avez la certitude ? Est-ce que vous l’avez opéré ?
_ Monsieur Walker.. je n’ai peut-être pas reconstruit des visages comme vous ni était sur le front mais je pense être un assez bon médecin pour savoir de quoi je parle.
_ Je ne remet pas en doute vos compétences mais tout est possible. Peut-être que Charlie a un autre problème que vous n’auriez pas détecter. Je suis désolé mais je ne peux pas me contenter d’une seule possibilité. Je dois tout faire pour sauver mon épouse.
_ Parce que je ne veux pas sauver votre épouse ? Je la soigne depuis des mois et je fais de mon mieux pour qu’elle reste stable..
_ Vous ne savez même pas où si situe ce fameux cancer..
_ Ne dites pas de sottises ! Il est sûrement dans son sang ! De toute façon nous verrons à la radio !
_ Son sang ? Et la petite masse qu’elle a dans le sein ? Nous verrons cette radio mais je ne vais pas vous mentir, je compte bien m’initier dans la santé de Charlie. Je vais la sauver et je me fiche de savoir qu’elle vous a choisi pour le faire.
_ Vous savez comme moi qu’être proche d’une personne malade peut affecter notre comportement de médecin. Vous êtes en colère et triste Kisos. Cela vous embrouille l’esprit.
_ Mon esprit va très bien. »Cette conversation n’annonce rien de bon dans le sens où Kisos sait qu’il va se mettre beaucoup de médecins à dos mais il ne peut pas rester spectateur de ta mort. Il a aussi ce pressentiment qu’aucun médecin n’a vraiment poussé la chose pour voir ce qui était en train de te tuer. C’est vrai qu’à votre époque la médecine n’est pas très évoluée et même si elle progresse, la plupart des médecins ont peur d’aller vers des expérimentations ou d’aller hors des sentiers. Kisos n’est plus comme ça depuis la guerre.. Il n’a pas eu le choix de tenter de nouvelles approches pour sauver des hommes et il compte. J’en faire la même chose avec toi.
Tu as terminé la radio et le temps que vous recevez les clichés, Kisos te rejoint dans la chambre où tu as été installé. Tu offres un sourire rassurant à l’amérindien et pour ne pas te faire de mal, Kisos te rend ce sourire. Il vient même s’asseoir à côté de toi dans le lit pour pouvoir te prendre dans ses bras.
« – Ça a été cette radio ma petite guerrière ? J’avais su que ce genre de machine commençait à arriver dans les très grands hôpitaux.. elles permettent de voir certaines choses qu’un médecin ne peut pas détecter. On va pouvoir voir l’intérieur de ton corps.. j’espère que tu n’as pas mangé tous mes chocolats car je le verrai ! »
Il se moque gentiment de toi pour rendre l’atmosphère plus douce. Il ne tient pas à t’inquiéter plus que tu ne dois l’être déjà mais quand ton médecin revient avec les radios, c’est Kisos qui se relève en trombe pour aller prendre les clichés. Ton médecin n’a même pas le temps de dire quoi que ce soit qu’il se fait arracher les radios des mains mais le temps que Kisos fouine, le médecin essaye de dire ce qu’il conclut de tout ça.
«- Je viens de voir les radios et je n’ai vu aucune taches qui pourrait marquer l’endroit de votre cancer.. je pense vraiment que c’est votre sang qui est affecté. C’est un liquide donc c’est moins imperceptible sur une simple radio..
_ Il n’y a même pas la masse qu’il y a sur son sein. Vous êtes certain que vous savez utiliser cette machine ?!
_ Monsieur Walker, nous savons utiliser notre machine ! Vous voyez bien les différents organes de votre épouse sur les clichés ? Pourtant vous pouvez aussi voir que rien ne semble montrer un cancer !
_ Et c’est ce qui vous fait conclure que c’est son sang ? Cela pourrait aussi être sa peau ou même une autre sorte de maladie ! Arrêtez un peu avec votre cancer !
_ Et comment justifier l’état de Charlie ? Vous voyez bien qu’elle va de plus en plus mal !
_ Taisez vous ! Et laissez moi me concentrer ! »Kisos fait son air menaçant avant de replonger dans cette radio. Le médecin te regarder d’un air désolé. Il pense que Kisos en fait trop parce qu’il a peur de te perdre. Dans un sens c’est vrai. Il ne veut pas te perdre mais il est aussi un homme plus que borné. Il s’avance vers la fenêtre pour avoir plus de luminosité et il grogne légèrement quand il constate une anomalie dont ton médecin n’a sûrement pas capté.
« – Avez vous déjà tenu un cœur dans vos mains ?
_ comment ca ? Pourquoi vous me dites ça ?
_ Avez vous déjà vu un cœur ? Un cœur d’adulte ?! Parce que si vous remarquez bien, Charlie a une anomalie sur son cœur !
_ De quoi vous parlez ? Montrez moi ça. »Kisos vient peut-être de trouver la vraie raison de ton mal depuis tant d’années. Les médecins disaient que tu avais un cancer lorsque tu étais jeune et encore aujourd’hui mais Kisos pense tout autre chose en voyant la radio. Tu as une malformation cardiaque. L’amérindien remarque que tu as un ventricule beaucoup plus petit que la normale mais il ne peut pas en savoir plus puisque la radio ne permet pas de mieux voir le problème.
« – Vous savez comme moi que le cœur fait fonctionner le circuit sanguin. Peut-être que ce n’est pas un cancer qui la tue mais que son cœur est trop fatigué pour continuer à la faire correctement vivre ! La masse dans son sein peut aussi être expliqué par cela ! Mais aussi le fait qu’on ne voit aucune tache sur la radio !
_ Ce ne sont que des hypothèses monsieur Walker.
_ Vous n’avez que des hypothèses aussi il me semble. On doit vérifier le cœur de Charlie !
_ Vous êtes fou ! Aucun médecin ne voudra s’y tenter. La médecine n’est pas encore apte à se focaliser sur un seul organe.
_ alors qu’est ce que vous attendez pour faire dès spécialisations ?! Dans tous les cas, je vais aller vérifier le cœur de ma femme.
_ Vous avez seulement opérer des hommes sur un champ de bataille ou dans votre petit cabinet de village ! Vous pensez pouvoir toucher un cœur aussi facilement ? Vous croyez que vous n’allez pas la tuer en faisant cela ? Vous n’êtes pas un spécialiste !
_ Peut-être que je ne suis pas un spécialiste mais j’ai sûrement vu plus de cœurs humains dans ma vie que vous. Et s’il faut que je m’entraîne des journées et des nuits entières sur des cadavres pour connaître les moindres secrets sur les cœurs alors je le ferai mais je vais opérer Charlie. »Les deux hommes jouent aux coqs. Ton médecin est quelqu’un de gentil et prévenant mais il a beaucoup trop de fierté, si bien qu’il ne supporte pas qu’un plus jeune comme Kisos, puisse avoir raison. Pour Kisos, c’est aussi la fierté qui joue mais pas que. Il ne conçoit pas que l’on puisse laisser son intuition être mise de côté car si c’est réellement ton cœur, tu finiras par mourir sans avoir eu une chance d’être sauvé.
Ton médecin finit par sortir en disant qu’il doit montrer la raison à d’autres confrères. Kisos ne le quitte pas des yeux jusqu’à ce que vous ne soyez plus qu’à deux. Il peut comprendre que tu as peur, d’autant plus que tu viens d’assister à une joute médicale. Il revient donc vers toi et il pose son immense main sur ta joue pale.
« – Pardonnes moi si j’ai haussé la voix.. Je ne comprend pas pourquoi il ne veut pas voir autre chose que ce fichu cancer. J’ai l’intuition que ce n’est pas ça et en voyant la radio, tout prend sens avec ton cœur.. Quand tu étais jeune, tu as été très malade mais tu as guéris. En ce temps, ton cœur a sûrement repris sur lui puisque tu étais à la fleur de l’âge. Aujourd’hui il ne se remettra pas de la même manière. Il va falloir l’aider mais si personne veut me croire, je.. je ne pourrais pas te sauver. Et je dois te sauver.. Je n’irai pas aveuglément, je dois me préparer mais.. Bien que tu m’as dis que tu m’offrais ton cœur pour la vie.. est-ce que tu es prête à ce que je puisse réellement le prendre entre mes mains ? Est-ce.. que tu as assez confiance en moi pour me permettre de toucher à ce cœur ? »
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Le cerveau de Kisos n’a jamais autant en ébullition. Il réfléchit à comment sauver ton cœur mais il a bien remarqué que ses mots et ses espoirs ne t’ont pas mis à l’aide. As-tu peur de ce qu’il pourrait faire ? Où peut-être que tu n’as pas assez confiance dans sa pratique de la médecine ? Pour le moment il préfère laisser ce sujet de côté mais il a déjà une idée pour comment réussir à trouver des personnes qui s’y connaissent énormément sur les cœurs. Il compte appeler ton père qui a des relations avec des doyens de la célèbre université d’Harvard.
Tu avais rendez-vous avec ce fameux Klaus et comme prévu, Kisos t’y accompagne. Il ne sait pas vraiment quels sont les enjeux puisqu’il n’est pas le plus connaisseur sur l’art mais surtout sur les achats ou les expositions cependant il voit que quelque chose te perturbe. Ce klaus insiste et toi tu essayes de contourner la vérité, celle où tu dois avouer ta maladie. Pourquoi ? Est-ce que la révélation pourrait avoir un impact sur ton contrat ? En tout cas, Kisos n’apprécie pas vraiment la manière qu’a ce klaus pour te poser des questions et surtout te réclamer des tableaux. Le colosse se rapproche de toi et il passe un bras autour de tes épaules afin de rappeler à ce Klaus que tu n’es pas toute seule.
« – Non Charlie n’est pas enceinte mais elle a été malade ces derniers temps. Une petite grippe qui a eu beaucoup de mal à ce guérir. Alors vos acheteurs attendront encore un peu car elle doit se rétablir entièrement.
_ Je les fais déjà attendre depuis plusieurs mois ! Je vais devoir leurs payer des intérêts s’ils ne reçoivent pas leurs commandes dans les semaines qui arrivent.
_ Tout cela arrivera mais pas pour demain. Charlotte doit encore se reposer. Donnez lui un mois et vous aurez vos commandes.
_ Un mois, pas plus ! »Kisos ne veut pas mettre à mal ta relation avec le monde artistique alors il évite de s’énerver contre ce klaus. Il a tout de même une idée pour que tu puisses rendre ton travail à temps mais il attend que l’autre homme s’en aille pour t’exposer son idée plutôt brillante.
« – Sora ! Pourquoi tu ne demandes pas à Sora de t’aider ? Elle ne peint pas comme toi mais elle sait plutôt bien dessiner.. elle a quand même fait un chef d’œuvre sur moi ! Alors pourquoi tu n’irais pas lui demander de l’aide ? Je suis certain qu’elle en serait ravis et puis surtout, tu pourras rendre ton travail à temps. Je sais que tu es très fatigué alors si tu peux guider Sora, elle saura peindre tes idées et tes envies ! »
Kisos semble au taquet puisqu’il trouve des solutions pour tout depuis ta fameuse radio. Il n’a cependant pas anticipé que toute cette journée te rendrait encore plus malade. Cela faisait bien longtemps que tu n’avais pas sorti ainsi et que tu étais resté debout aussi longtemps. Kisos à le temps de te rattraper avant que tu ne tombes au sol. Au lieu de passer la nuit à danser et rire, l’homme passe sa nuit à veiller sur toi et à vérifier que tu respires toujours.
C’est terrible. C’est injuste et tellement effrayant. Là, tu sembles dormir mais avec ce qui te ronge de l’intérieur, Kisos a peur que tout s’arrête maintenant. Il ne ferme pas un œil de la nuit et il a de la chance que tu ne te réveilles pas puisque tu l’aurais sûrement pris pour un fou. Assise sur le fauteuil à côté du lit, il te fixe tout en priant intérieurement. Oui, il prie parce qu’il ne sait plus comment faire pour te sauver. Si, il peut essayer de t’opérer mais il sait aussi qu’il n’est pas un dieu. Tout peut fonctionner comme tout peut échouer. Toi tu vis avec la pression de la mort sur tes épaules mais Kisos a une nouvelle vie avec la pression de perdre le grand amour de sa vie. C’est tellement foudroyant comme sensation..
Au petit matin, lorsque tu te réveils tu peux voir Kisos qui est encore assis dans le fauteuil mais il s’est assoupi quelques instants. Lunettes sur le nez, il était en train de lire un livre de médecine qui parle des organes vitaux dont essentiellement le cœur. Le colosse ouvre les yeux quand il sent ta main gelée se poser sur son avant bras. Avec ta maladie, ton corps est devenu un glaçon géant et sans réfléchir, l’homme vient te rejoindre dans le lit pour que tu puisses te servir de lui comme radiateur.
« – Comment vas tu ce matin mon Amour ? Tu as bien dormi ? »
Il ne parle pas de sa propre nuit, Kisos s’en fiche bien de sa propre personne. C’est toi qui le préoccupe et même si ce moment devrait être un simple câlin, il ne peut s’empêcher d’écouter un instant les rythmes de ton souffle et de ton cœur. Il veut être certain que rien n’a diminué. C’est le désavantage d’être l’épouse d’un médecin. Kisos a ses reflex de soignants et c’est d’autant plus compliqué à gérer quand cela te concerne. Tu n’es pas une simple patiente, tu es son monde.
« – j’ai reçu un appel très tôt de Ma’.. elle voulait me dire que Bee avait perdu sa première dent et que Nicolas venait d’obtenir un A en littérature. Elle a aussi reçu une lettre de Maya et notre fille va bien.. même si on lui manque.. »
Des bonnes nouvelles ne sont pas négligeables par ces temps. Cela te fait sourire et ça rassure Kisos qui décide de se lever quelques instants pour aller te préparer un déjeuner. Il ne charge pas puisqu’il sait que tu ne manges pas beaucoup mais il met ton thé préféré et quelques fruits pour que tu puisses avoir des vitamines. Il a aussi été cueillir une rose dans le petit jardinet qu’offre l’appartement. Quand il revient avec son plateau déjeuner, tu t’es déjà rendormi. La fatigue fait parti de ton quotidien et c’est tout à fait normal mais Kisos ne peut s’empêcher de s’inquiéter. Il pose le plateau sur ta table de chevet et il profite que tu te sois rendormi pour aller appeler ton père.
« – Comment va t’elle ?
_ Mal. Elle ne se plaint pas mais je vois bien que ça ne va pas.. Elle est épuisée et continu de maigrir a vu d’œil..
_ Tu penses qu’elle en a.. encore pour combien de temps ?
_ Je ne sais pas mais j’ai peut-être une solution Garrett. Je pense que c’est son cœur qui va mal mais son médecin ne veut rien entendre.. Si c’est vraiment son cœur, on a peut-être une chance de la sauver !
_ Comment ca ?
_ Sur la radio j’ai remarqué que l’un de ses ventricules était plus petit que la normal.. S’il y a une obstruction dans son cœur, peut-être que c’est pour cela qu’il ne s’est pas développé correctement ! On pourrait essayer de réparer cette malformation..
_ Tu es sûr de toi ?
_ Non, enfin oui et non. Pour ça, il faudrait que je fasse des examens plus poussés mais sans appuis, je ne peux rien faire.. Mais ça vaut le coup de tenter. Ils disent qu’elle est condamnée mais on a une infime chance de pouvoir la sauver alors il faut tenter..
_ Tu as raison. Il faut sauver mon petit pois. J’ai pleinement confiance en toi et je veux que tu fasses les examens. De quoi as tu besoin ?
_ D’un endroit pour l’examiner mais où il y aurait tous les outils dont j’aurai besoin. Vous pourriez appeler l’hôpital de New-York mais je pense qu’un autre lieu serait bien mieux puisqu’il y a les meilleurs médecins au monde qui y donnent des cours.
_ Harvard ? C’est vrai que là bas elle y sera sûrement mieux entouré puisqu’elle sera la seule patiente.. Je vais appeler le directeur et je te tiens au courant. En attendant, embrasse là de ma part et celle de sa mère.
_ Je le ferai sans faute. Merci Garrett,
_ Merci à toi de nous offrir un peu d’espoir. À bientôt Kisos. »Kisos vient de trouver son meilleur allié mais il se doutait que ton père ferait équipe avec lui. Garrett ne voudrait pas voir sa fille partir avant lui, ce n’est pas dans la logique des choses.
Pendant plusieurs jours, les deux hommes organisent les futurs examens. Garrett rejoint même New-York pour que ce soit plus simple pour lui. Il est venu seul puisqu’il ne voulait pas que ta mère soit trop sur toi dans le sens où elle a tellement peur de te perdre qu’elle t’aurait sûrement collé non-stop. Le vieil Hedlund se présente à l’appartement et c’est Kisos qui vient le réceptionner. Après une accolade familiale, Garrett demande à aller te voir et Kisos le mène vers votre chambre. Tu dors à nouveau et cela fait encore ruminer Kisos qui a l’impression que tu t’éteins de plus en plus.« – Elle ne fait plus que dormir.. parfois elle est éveillée mais ça ne dure pas longtemps. Je pense qu’il faut accélérer les choses.. Son cœur va lâcher d’ici peu..
_ Une ambulance va l’amener à Harvard cet après-midi. Nous allons pouvoir commencer les examens.
_ Elle risque de ne pas apprécier et même de nous en vouloir..
_ Elle peut m’en vouloir, tant qu’elle respire et qu’elle est vivante. Elle peut même me détester mais je ne veux pas perdre ma fille aînée.
_ Et moi je ne veux pas perdre l’amour de ma vie.. »Ils se comprennent entièrement. Kisos se sent un peu plus confiant avec ce soutien que lui apporte ton père mais c’est vrai que tu risques d’être l’élément le plus coriace. Tu ne veux pas que l’on te machine de trop mais Kisos sait qu’il va devoir te forcer à faire ce que tu ne veux pas. Il s’en veut déjà. Oui, il ne veut pas te contraindre mais comment te sauver si vous n’essayez rien ? C’est pour cela qu’il laisse les ambulanciers venir te chercher mais il te suit. Il se retrouve avec toi dans le camion et il voit bien la colère mais aussi l’inquiétude qui se dessinent sur ton visage.
« – On doit te faire des examens plus poussés Charlie.. S’il y a une petite chance de pouvoir te soulager ou te sauver, on doit la saisir. Je sais que tu ne voulais pas de ça, que tu préfères laisser le temps passer mais est-ce que tu te rends compte que nous n’avons plus de temps ? Si.. si on ne bouge pas maintenant, tu vas mourrir.. tu vas t’en aller définitivement de ma vie Charlie.. je.. je dois essayer.. je dois tenter de te sauver.. laisses moi le faire.. je t’en prie.. »
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Cinq mois. C’est le temps qui s’est écoulé depuis ton malaise cardiaque. Kisos a réussi à t’opérer et à aussi trouver un moyen de rendre ton cœur plus résistant. Pendant plusieurs heures au bloc, il a tenu ton palpitant entre ses mains et tu n’es pas morte pendant l’intervention cependant tu ne t’es pas réveillé non plus. Les premiers jours, cela paraissait presque normal puisque tu venais de subir une lourde intervention mais plus les jours sont passés et plus les choses ce sont montrées pessimistes. Kisos a quand même reçu les félicitations de beaucoup de monde dont même le président du pays mais il a décliné toutes invitations pour fêter quoi que ce soit. Fêter quoi ? Tu es dans un lit et tu ne te réveilles pas. Ton cœur bat, tu respires mais tu es inerte dans un lit. Avec l’aide de Garrett, il a pu faire en sorte que tu reviennes dans l’appartement de New-York puisqu’il sait que tu n’aurais pas aimé rester à l’hôpital mais depuis cinq mois, Kisos ne quitte plus cette chambre, tout comme toi.
Avec la peur que tu finisses par ne jamais te réveiller, Kisos en a attrapé une longue mèche blanche dans sa longue chevelure. Il a aussi des cernes et une mine pitoyable à force de se forcer à ne pas dormir mais il ne te quitte pas. Vos proches sont tous venus te rendre visite, sauf vos enfants puisque Kisos ne tenait pas à ce qu’ils te voient ainsi mais tes parents, tes sœurs et même la famille de Kisos sont venus pour passer un peu de temps avec vous. Sora a tenu à faire le voyage pour présenter le nouveau bébé de la famille, qui n’est autre qu’une petite fille qu’elle a nommé Charline. Elle a avoué à Kisos que c’était toi qui lui avait dit qu’elle aurait enfin une fille et Sora aurait aimé que tu en sois sa marraine mais pour le moment cela n’est pas possible. La visite de ta mère a été beaucoup plus émotive puisqu’elle n’a pas cessé de prier et de te supplier que tu te réveilles. Avec cette nouvelle, tes parents aussi ont pris plus de cheveux gris et même s’il se fait plus discret, ton père est sûrement celui qui a le plus de mal à vivre cette situation. Il passe beaucoup de temps dans cette chambre aussi et avec Kisos, ils ont partagé de longues journées à discuter. De toi, de la vie, de tout.
« – Et si elle ne se réveille pas ? Et si.. je ne peux pas revoir le magnifique regard de ma fille avant que la vieillesse ne m’emporte..
_ Elle se réveillera.. mais si cela ne venez pas, sachez que je serai toujours à côté d’elle. Jamais je ne l’abandonnerais. Elle restera mon monde et qu’importe la situation.
_ Je n’ai aucun doute sur ça Kisos. J’ai su dès le début que tu serais l’homme parfait pour ma fille. Même si tu jouais le petit chef amérindien, tu avais ce regard sur elle qui ne trompe pas. Mais j’aimerais quand même la revoir sourire avant de ne plus être de ce monde.. tout comme j’aimerais que mon Anya puisse voir aussi le sourire de Charlie. Tu sais, nous ne sommes plus de jeunes gens..
_ Depuis des semaines j’essaie de réfléchir à un moyen de la réveiller mais.. La médecine ne permet pas tout. J’ai déjà eu beaucoup de chance que son cœur ne lâche pas.. mais parfois je me demande si je ne lui ai pas fais plus de mal en faisant cela. Peut-être qu’elle aurait été plus.. plus heureuse si elle était.. morte..
_ Tu l’as sauvé Kisos. Tu as refais battre son cœur qui lui ne voulait plus se battre. Ne dis pas qu’elle serait plus heureuse morte car non. Elle sera toujours plus heureuse auprès de toi. »Ce qui est indéniable, c’est que les deux hommes se sont beaucoup rapprochés pendant tout ce temps. Juste à côté de toi, les deux hommes de ta vie ont appris à se connaître totalement. Garrett a conté sa vie, ses rêves, ses choix et Kisos a beaucoup appris de ce vieil écossais. Dans un sens, cela lui en a appris sur son propre père. Kisos a aussi souvent entendu les histoires sur ta jeunesse et tes multiples bêtises d’enfants. Aujourd’hui ça fait rire ton père alors que c’était bien le contraire quand tu étais petite. Pocahontas a pu aussi passer un peu de temps avec vous mais elle s’est montrée moins bavarde. La vieillesse l’épuise beaucoup mais elle tenait à donner de son temps pour vous. Kisos ne sait pas que la vieille dame a même décidé d’offrir un dernier cadeau pour que vous puissiez vivre à nouveau ensemble.
En ce matin d’automne, Kisos est encore dans ta chambre. Il s’est assoupis avec un livre de Jules Vernes entre les mains. C’est ta voix qui le sort de son sommeil. Oui, il entend ta voix. Ce n’est pas un rêve ! Son livre tombe au sol et il s’apprête à se relever mais Kisos ne peut pas te sauter dessus. Non, il ne peut pas jouer au brusque alors que ça fait des mois que tu es dans ce lit. Il te donne sa main en voyant que tu cherches à le toucher mais il a surtout les larmes aux yeux. Tu parles.. tu as les yeux ouverts.. tu es de nouveau là..
« – Ma Charlie.. Mon Amour.. Mon Ange.. »
Il ne sait pas qu’au même instant, à Jamestown, Pocahontas retrouve enfin son Gabriel après énormément d’années. La vieille femme a demandé aux anciens de faire une sorte d’échange pour que Kisos puisse retrouver l’amour de sa vie et elle le sien.
« – Mon dieu ! Tu es réveillé ! Mon dieu.. bon sang.. Charlie.. »
Il fond en larmes et son visage vient se cacher contre ton ventre. Il aurait attendu toute sa vie s’il le fallait mais tu es revenu bien avant. Tu clames qu’il t’a sauvé mais ce n’est pas cette fichue opération qui lui vient en tête. C’est toi. Kisos n’arrive pas à contrôler son émotion et il aimerait te serrer de toutes ses forces contre lui mais il doit toujours faire attention cependant il relève son visage pour embrasser le tien. Il te dévore de baiser et il fixe ton regard qui est enfin ouvert. Ses larmes tombent sur tes joues et il s’empresse de les essuyer mais son bonheur est immense.
« – Tu peux pas savoir à quel point je suis heureux que tu sois réveillé ma Charlie.. C’était tellement difficile de vivre sans toi.. pardonnes moi de t’avoir fait peur avant tout ça.. pardonne moi tout.. je.. je n’imaginais tellement pas ma vie sans toi.. c’est.. une douleur tellement intense de penser que tu ne reviendrais jamais.. »
Cet immense bonhomme perd totalement en prestance tant il est pris par cette sensation de joie. Il a même du mal à te lâcher alors que pourtant il devrait vérifier comment tu te sens. Avec ce long coma, ton corps a perdu en masse et comme tu n’as pas bougé, tes muscles sont sûrement douloureux. Kisos a pu te nourrir et d’hydrater avec une perfusion mais tu dois tout de même avoir la gorge très sèche. Il ne réalise que cela lorsque tu essaies à nouveau de parler mais qu’aucun son ne sort de ta bouche. Kisos va rapidement te servir un verre d’eau et il revient pour t’aider à boire. Il ne prévient personne de ce qu’il se passe, il ne veut surtout pas sortir de cette chambre. Peut-être que ce n’est qu’un rêve ? Il s’interdit de s’éloigner de toi. Il vient quand même vérifier le rythme de ton cœur et aussi ta respiration mais il se dépêche pour ne pas te gêner.
« – Je.. non.. je préviendrais les autres plus tard ! Mais.. comment te sens tu ? Tu as mal quelque part ? Tu veux que je t’apporte quelque chose à manger ou d’autres couvertures ? »
Il ne comprend pas pourquoi tu fixes le bas de son visage jusqu’à ce que tu touches sa barbe qui a pris en blancheur. ( https://pin.it/6tOJKi2 ) Il te laisse découvrir cette nouveauté même si il préfère lâcher un rire plutôt que de crier au scandal.
« – J’ai commencé à devenir un vieux singe inquiet.. J’espère que cette nouveauté ne te fait pas peur. Sora s’est un peu moquée de moi en me voyant avec cette barbe blanche mais de toute façon même si je la rase, ça reviendra.. »
Et en parlant de nouveauté, toi aussi tu as un peu changé dans le sens où tu as une bien plus longue chevelure. C’est Kisos qui prenait soin de te faire ta toilette tous les jours et il a fait en sorte de bien s’occuper aussi de tes cheveux. Il est devenu un as pour démêler et brosser. Il a aussi taillé tes ongles ou changer tes robes de nuits le plus souvent possible. Il voulait que malgré ce coma, tu puisses avoir une sorte de vie normale.. même si c’était compliqué. Tu as eu le droit à des lectures, des ragots, des histoires inventées.. Il te lisait même le journal chaque matin. Peut-être que tu l’as entendu, il n’en sait rien. Il ne savait même pas si tu étais encore réellement vivante ou alors dans une sorte d’état de mort cérébrale. Tout était flou jusqu’à maintenant et ça l’est encore puisqu’il ne sait pas encore si tu as des séquelles. Oh.. tu as une immense cicatrice entre tes seins. Pour le moment il ne préfère pas t’en parler pour ne pas t’affoler mais elle a bien guéris puisqu’il a mis les baumes de sa mère pour atténuer la marque.
« – Je n’ai pas réellement envie de tout t’expliquer pour le moment puisque tu dois être épuisé.. Je ne sais pas si tu te rappelles ce qu’il s’est passé mais ton cœur a cessé de battre après une conversation entre toi, moi et ton père. J’ai réussi à refaire partir ton cœur mais il était tellement faible qu’on savait qu’il finirait par lâcher définitivement. Je.. je dois t’avouer que j’ai beaucoup hésité. Avec cette dispute, je ne savais pas si je devais t’opérer ou non. Enfin je le voulais mais je ne voulais pas aller contre tes envies, comme je l’avais fais depuis le début. Cependant je ne pouvais pas ne pas essayer.. Je devais le faire. Je devais tenter de te sauver Charlie. Alors je t’ai opéré mais pas comme le docteur qui se préparait depuis des semaines. Je t’ai opéré comme un époux qui voulait encore voir son épouse danser, rire mais surtout vivre. Pour ne pas trop rentrer dans les détails, j’ai pu agrandir l’une des valves de ton cœur et cela lui permet de mieux fonctionner mais tu ne t’es pas réveillé de l’opération. Ton cœur battait avec vigueur mais toi.. toi tu ne te réveillais pas. Alors je suis resté ici pour prendre soin de toi et pour attendre ton réveil. Cela fait cinq mois que tu étais dans le coma.. »
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Pocahontas laisse un vide. Il est certain que Kisos ressent une grande douleur car sa mère était son modèle, son plus grand soutien et son mentor mais Kisos ne ressent pas une douleur qui flagelle, qui tue de l’intérieur. Il a mal car elle lui manque mais il sait qu’elle est en paix. Elle a retrouvé l’amour de sa vie et dans un sens, Kisos est soulagé pour elle car lui aussi a vécu plusieurs semaines sans l’amour de sa vie. Il n’y a pas plus grande douleur que voir la personne que l’on aime le plus au monde être loin de soi. Pocahontas a réussi à vivre plusieurs années sans Gabriel mais Kisos savait qu’elle souffrait de cette situation. Même si elle se montrait forte pour ses enfants et ses petits enfants, elle n’était plus la même depuis que le patriarche était parti. Alors oui, Kisos est triste mais quand tu viens t’excuser auprès de lui, il secoue la tête négativement.
“ – Charlie.. Tu n’es en rien fautive. Ma’ avait un certain âge mais surtout, elle rêvait de pouvoir retrouver Duda. Je le sais depuis des années.. Il lui manquait énormément et j’ai compris sa douleur lorsque tu étais dans le coma. Il n’y a pas pire que cette douleur.. Alors oui, j’ai mal parce que ma mère va horriblement me manquer mais je sais qu’aujourd’hui elle est avec l’homme de sa vie, tout comme moi je suis avec l’amour de ma vie. Je ne tiens pas à faire de ce moment quelque chose de désastreux.. Ma’ n’aurait pas voulu qu’on se morfond mais plutôt que l’on vive pour elle. Je suis certain qu’elle voudrait qu’à présent je profite de chaque minutes avec toi..”
Kisos a des larmes qui coulent sur ses joues mais il a aussi un doux sourire parce que tu es là, face à lui. Tu as encore beaucoup de choses à faire pour retrouver une santé pleine mais tu es là, tu es vivante, tu respire. L’amérindien se met à caresser ta joue et son front vient doucement se poser contre le tien.
“ – On va vivre pour elle.. On va profiter de chaque instant ensemble mais aussi avec notre famille. Qu’en penses-tu ? Après les obsèques de Ma’, je veux que l’on sèche nos larmes et que l’on vive notre plus belle vie.”
Les obsèques.. Elles doivent tout de même se faire. Toute la ville tient à faire ses adieux à Pocahontas qui était sûrement la plus grande figure du coin. C’est ce qu’il se passe le lendemain. Il y a presque tout le peuple qui s’est réuni sur la grande place de Jamestown pour elle. Il y a aussi sa famille, la tienne mais il y a aussi Maya.. Bien qu’au début elle ne se montre pas et qu’elle se cache dans la foule. Pocahontas est encore chez elle, allongée dans son lit et Kisos ainsi que Sora, sont encore auprès d’elle pour la veillée jusqu’à ce qu’un convoi commence pour l’amener au bûcher qui a été monté près du grand arbre sacré. Pour le moment tu es avec tes parents, Bee et Nicolas. Tes parents aussi sont bien tristes, surtout ta mère qui est devenue la plus grande amie de Pocahontas. Avec la tristesse et la vieillesse, Anya a dû venir en fauteuil roulant alors que ton père se balade avec une canne pour soutenir ses vieux os. Bee comprend ce qu’il se passe et elle est sûrement celle qui pleure le plus mais les larmes de Maya finissent par poindre devant toi. L’adolescente s’avance vers toi mais il n’y a pas besoin de mots pour vous comprendre. Elle plonge surtout dans tes bras. Depuis sa fugue elle a encore grandi et elle a aussi changé. Son corps est beaucoup plus féminin si bien qu’elle paraît beaucoup plus vieille que seize ans mais ce n’est pas ça qui est le plus surprenant.. C’est surtout la rondeur qui habille son ventre. Elle semble être enceinte de plusieurs mois. Ben ? Il n’est pas là. Maya est venue seule mais il n’est pas encore venu l’heure des explications puisque le cortège commence. Kisos et Sora sont derrière leur mère. Ils se tiennent la main cependant Kisos tient à se que tu viennes aussi près d’eux. Pour le moment il ne capte pas l’arrivée de Maya, d’autant plus que celle-ci est partie se cacher derrière tes parents.
Pocahontas est délicatement posée sur le bûcher. Le feu ne démarrera que lorsque Kisos posera la torche qui embrasera sa mère mais avant d’envoyer définitivement l’âme de Pocahontas auprès des anciens, il doit parler. Étant devenu le patriarche de la famille Walker, c’est à lui de parler de sa mère, de la glorifier. Il y a vraiment beaucoup de monde et il n’est pas certain que tous entendent le discours mais qu’importe puisque Kisos compte parler à sa Ma’.
“ – Même dans la mort, tu es magnifique Ma’. Tu l’as toujours été et ce n’est pas Duda qui aurait dit le contraire. Il adorait tellement nous rappeler qu’on avait la plus belle des mères au monde.. Maintenant il doit être heureux puisque tu l’as enfin retrouvé. Même si tu vas tellement nous manquer, je sais que tu es enfin en paix. Il te manquait depuis tant d’années.. Tout comme il me manque énormément mais aujourd’hui vous êtes réunis et je dois avouer que c’est sûrement ce que tu souhaitais le plus. En même temps, il a été ton plus grand amour. Sache que de mon côté, je penserais tous les jours à vous mais je veux surtout que tu saches que je veillerais sur notre famille. Je prendrais soin de Sora, de ses petits mais aussi de ma magnifique Charlie et mes enfants. Je veillerais aussi sur oncle Nashoba et puis tes grands amis les Hedlund. J’accepte de prendre ta place en tant que chef de famille et j’essayerais de faire tout aussi mieux que toi. Cependant je sais que je ne serais certainement pas à ta hauteur car tu étais une âme si douce, si bonne, si grande.. Ma petite maman.. Je t’aime tellement..”
Les larmes montent et elles menacent de couler alors Kisos prend une grande aspiration pour ne pas craquer devant tout le monde. Le temps que tout le monde vienne se recueillir sur la dépouille de Poca, l’amérindien se met un peu en retrait. Tu arrives auprès de lui et il a ce besoin de te prendre dans ses bras. C’est tellement difficile de vivre cet instant mais ta présence l’apaise.
“ – Après le feu.. Je veux que nous soyons en petit comité pour disperser ses cendres auprès de celles de Duda et Rosie. Je veux que ce dernier moment soit en famille.. Et après nous irons tous dîner à la maison.. J’ai demandé à Marge si elle pouvait préparer un déjeuner.. et..”
Maya ? Kisos croise le regard de votre adolescente. Le colosse se fige instantanément, surtout en voyant son ventre. Il sent surtout son cœur se serrer mais il n’est pas l’heure des remontrances et des questions. Il doit repartir vers sa mère et donner le départ du feu puisqu’il est à présent le chef des Walker mais aussi celui des Powhatans.
L’émotion est forte. Kisos réussit à contenir ses larmes lors du bûcher mais pas lorsque vous vous retrouvez en petit groupe pour disperser les cendres. Chacun en met un peu près de la rivière et des rosiers qui logent déjà Rosie ainsi que Gabriel. Kisos donne aussi la possibilité à Maya de le faire. La jeune demoiselle est d’une tristesse infinie car elle était très proche de sa grand-mère mais Kisos vient la réconforter en la prenant dans ses bras. Dans ce malheur, il y a quand même une sorte de bonheur que Pocahontas aurait adoré observer. Une odeur de jasmin se fait sentir et Kisos comprend qu’elle est là, à observer. Toute la famille est réunie et plus encore. Les ombres de Pocahontas, Gabriel et Rosie, veillent sur vous.
Le retour vers la maison se fait dans le silence. Du moins, il n’y a que la nature qui sonne à vos oreilles. Votre cottage se fait très vite remplir puisque la famille est nombreuse mais encore une fois, se rassemblement est beau. Sora en profite pour te présenter ta filleule, la petite Charline alors que Kisos décide d’aller vers Maya. Ils vont dans le jardin pour discuter un peu. Par où commencer ? Kisos ni croyait plus mais il a surtout énormément de questions à lui poser. Maya le sait et elle a déjà préparé certaines réponses.
“ – Je te demande pardon Duda.. Tu dois m’en vouloir, peut-être même que tu ne veux plus de moi dans ta vie.. Mais pardonnes moi. Je voulais tellement vivre mon amour avec Ben, que j’ai agi sans réfléchir. J’ai été bête et je vous ai déçu.. Mais je ne repartirai plus.. Je.. Je resterais si tu veux encore bien de moi..
_ Maya.. je.. Où est Ben ? Et.. depuis quand es-tu..
_ Je pense que cela doit faire six mois que.. je suis enceinte.. Et ce n’était pas prévu.. Je te le jure Duda.. Je ne voulais pas de bébés.. Pas maintenant..
_ Mais Ben ? Où est-il ? Pourquoi tu es seule ?”Kisos a une sorte de mauvais pressentiment. Certes, Maya aurait pu revenir pour dire adieu à sa grand-mère mais normalement Ben aurait dû la suivre, surtout si elle attend un enfant. Maya baisse son regard et les larmes remontent à nouveau.
“ – Il.. Il m’a laissé tomber..
_ Quoi ?! Comment ça ?
_ Au début ça ne le gênait pas d’avoir un bébé et puis il y a deux semaines, il m’a quitté en disant qu’il ne voulait pas être père maintenant. Je.. Je crois qu’il a surtout trouvé une autre fille.. Mais bon.. Moi je dois assumer.. Je ne peux pas laisser ce bébé tout seul..
_ Vous étiez où ? Pourquoi tu n’es pas revenu plus tôt Maya ?
_ On était en Floride, nous avions trouvé du travail dans des champs de coton mais j’avais peur de revenir. J’avais si peur de vous décevoir.. Si je suis là, c’est parce que je devais dire adieu à grand-mère mais.. j’ai honte Duda..”Elle garde ses distances de peur que Kisos la repousse. Le colosse a remarqué que tu étais caché derrière lui pour écouter ce que Maya avait à dire. Sur le coup, il est à nouveau figé. Logiquement, aucun père ne pourrait accepter ce qu’il se passe. Une fille non mariée, adolescente et enceinte ? C’est une honte pour une famille mais Kisos sait ce qu’est de se sentir honteux ou d’avoir l’impression d’être repoussé. Non, il ne peut pas laisser votre fille seule. Il vient donc la reprendre contre lui mais il te fait aussi le contourner pour que toi aussi tu sois là pour la prendre dans tes bras.
“ – Tu fais partie de notre famille et on ne t’abandonnera jamais Maya. Tu es notre fille.. Et je ne veux pas que tu te sentes honteuse. Tu as fait des grosses erreurs mais tu peux encore te rattraper.. Et on sera près de toi pour t’aider avec ta Ma’.”
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La magnifique beauté ♥
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La vie n’était pas encore rose et douce, surtout avec la grossesse de Maya qui contrariait Kisos bien qu’il ne montrait rien mais là.. là tout déraille. Les cris de votre fille, le sang, ben qui est d’une violence extrême et surtout Kisos qui serait prêt à egorger ce gamin. Nicolas a le bon reflex d’éloigner Ben de la chambre car Kisos a perdu son sang froid, si bien qu’il a beaucoup de mal à revenir à lui mais quand tu lui hurles que Maya perd connaissance, il finit par revenir un peu à lui et il soulève la demoiselle pour la poser sur son lit. Il n’y a plus de temps à perdre, il faut la soigner sous peine de la perdre. Kisos te demande d’aller chercher ses affaires de médecine et en voyant que Bee n’est pas loin, il quémande à votre dernière d’aller chercher des serviettes humides. Maya perd tellement de sang qu’il ne se fait pas d’illusions, elle est en train de perdre le bébé mais aussi la vie. Il n’a pas le choix de provoquer rapidement l’accouchement pour atténuer la perte de sang.
Lorsque tu reviens dans la chambre avec Bee, Kisos te demande aussitôt de sortir car il ne veut pas que vous assistez à ça. Il ne veut pas que tu vois le bébé mort, ni tout ce sang. Il sait que tu as déjà vécu un traumatisme avec Rosie et il ne tient pas à ce que cela te perturbe à nouveau.
« – Je vais m’en occuper seul ! Ne t’en fais pas mais il faut que tu ailles chercher Thomas ! C’est lui le shérif de la ville et il doit enfermer ce Ben autrement je t’assure que j’irai le tuer dès que j’en aurai fini avec Maya ! »
Ce n’est pas une menace, Kisos a réellement l’intention de tuer ce gamin et par prévention il préfère que vous le mettez en sécurité. Oui, il vaut mieux protéger le jeune Heard car le père de famille a une multitude de sévices à lui proposer. Kisos n’a jamais ressenti une aussi grande haine envers quelqu’un mais il est coincé avec l’intervention qui se finie par l’avortemenr de Maya. Le fœtus n’a pas survécu.. il est minuscule mais il a déjà quelques traits reconnaissables. Kisos l’entoure d’un drap et le pose sur le côté le temps de terminer les soins sur Maya mais il a l’intention d’aller enterrer lui-même l’enfant pour que personne ne soit choqué par la vue de ce petit corps qui n’avait rien demandé si ce n’est à vivre.
Il est très tard lorsqu’il sort enfin de la chambre. Il te laisse entrer voir Maya mais l’adolescente est encore comateuse puisqu’elle a perdu trop de sang. Dans votre salon il y a pas mal de monde dont notamment Sora et Thomas. Kisos fait signe à son beau frère de venir vers lui afin de discuter et demander ce qu’il a fait de Ben mais tu reviens près du colosse, les yeux larmoyants.
« – Elle va s’en sortir.. mais.. j’ai du.. sortir le bébé. Il n’a pas survécu. J’irai.. l’inhumer quand tout le monde sera parti d’ici. Je ne veux pas que quiconque voit.. le.. enfin.. tu vois.. »
L’homme te prend tout de même dans ses bras puisqu’il sent ta douleur et lui-même ressent une vive douleur. Il a l’impression de pas avoir su protéger votre fille comme un père aurait du faire. Il a aussi peur que son état de santé ne se dégrade. Rien est encore écris, Maya peut toujours mourir si elle n’arrive pas à reprendre des forces rapidement. Il y a aussi cet envie irrépressible d’aller trouver Ben mais aussi Amber.. Amber ?! Elle se retrouve à la porte de votre maison, totalement déboussolé. Un des hommes de Thomas a été la prévenir que son fils était enfermé dans une cellule car il a tenté d’assassiner Maya. Le sang de Kisos ne fait qu’un tour et il te relâche pour aller se jeter sur la blonde. Sa main est assez grande pour entourer son coup et il la soulève sans grande difficulté.
« – KISOS ! LACHE LÀ !
_ Elle ose venir ici alors que son bâtard a souillé ma fille et il a tenté de la tuer ?! »Ils doivent être plusieurs à aller sur Kisos pour le faire relâcher Amber. La blonde tombe au sol et elle explose en larmes car elle ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe. Elle ne savait même pas que son fils était de retour en ville. Thomas doit forcer Kisos à aller dans le jardin pour l’éloigner de cette bonne femme mais le géant amérindien est devenu un vrai volcan prêt à tout exploser autour de lui.
« – Arrête tes conneries Kisos ! Si tu fais quoi que ce soit contre eux, c’est toi qui ira en prison !!
_ Et c’est qui qui l’a dit ?! Les blancs qui ont colonisés mes terres ?! C’est à eux de faire la loi ?! Chez les amérindiens, on punit les traitres comme eux avec le feu !!
_ Kisos ! Calmes toi ! Et ne joues pas au chef amérindien ! C’est fini ça !
_ C’est fini ?! Tu es certain ?! »Kisos est prêt à aller en découdre avec Thomas tant il est noir de colère mais tu arrives juste à temps avec Sora pour que les deux n’en viennent pas aux mains. L’amérindienne recule son compagnon alors que Kisos est beaucoup moins maîtrisable surtout devant une petite demoiselle comme toi mais quand tu imposes tes mains glacées sur ses joues, ça semble le faire descendre d’un ton. Tu es sûrement la seule qui peut gérer ce géant musclé et prêt à tout détruire autour de lui. Ta maladie, la perte de sa mère et puis ça.. c’est le cocktail pour faire une bombe nucléaire.
« – C’est pas ce connard de Thomas qui a dû sortir un bébé mort du ventre de sa fille ! C’est pas cet idiot d’écossais qui a vu sa fille se faire frapper ! Il n’a rien à me dire ! Je m’en fiche de sa putain de loin qui n’a aucune valeur !
_ Tu crois que je voudrais pas moi-même le plumer ?! Maya est ma nièce et elle fait partie de ma famille ! Mais on ne peut plus faire justice nous-mêmes Kisos ! Mais je t’assure qu’il va payer ! On va le faire passer sa vie en prison !
_ NON ! Je veux la peine de mort ! »Un silence lourd s’installe. La peine de mort.. elle existe bel et bien dans ce pays mais il y a beaucoup de désaccord sur celle-ci. D’autant plus que la mort est donnée par chaise électrique et ça semble quelque chose de barbare mais Kisos ne veut pas revenir sur sa décision. S’il faut aller au tribunal, il ira mais il fera en sorte que Ben prenne la peine capitale. Thomas ni voit pas d’inconvénients et il hoche même la tête par approbation totale mais il y en a une qui n’apprécie pas du tout la sentence.. Sora défend depuis des années la non peine de mort et bien sûr ce qu’elle entend la révulse. Thomas rentre dans la maison avec son épouse et Kisos se retrouve enfin seul avec toi. Il paraît encore fou de colère mais dès que tu lèves tes petits yeux bleus vers lui, il sent poindre la tristesse. Il se retient un maximum mais l’envie de pleurer est là.
« – Je ne sais même pas si elle va s’en sortir Charlie.. j’ai tout fait mais elle ne se réveille pas.. »
Il a vécu ça avec toi il y a quelques mois.. ça a été l’épreuve la plus horrible de sa vie. Ne pas savoir si on a réellement sauvé quelqu’un que l’on aime, il n’y a pas plus frustrant et douloureux. Kisos s’assoit sur un banc en bois et il se laisse aller contre toi lorsque tu te mets devant lui. Il laisse enfin sa peine sortir mais il se cache contre ton ventre.
Quelques heures plus tard, votre nourrice surveille la maison le temps que vous allez en forêt avec Kisos pour enterrer le bébé. Chez les amérindiens, un enfant mort avant la naissance, est considéré comme impure et il ne peut avoir de cérémonie ou de crémation mais Kisos tient quand même à ce que l’enfant ait un endroit pour que Maya puisse se recueillir. C’est là où vous avez mis les cendres de vos proches, Kisos fait un petit trou près d’un rosier et il y dépose le corps encore enveloppé dans le drap. Il y met aussi une breloque amérindienne qui est censée offrir la paix. Même s’il ne tenait pas vraiment à être grand père, cet enfant reste un membre de votre famille qui aurait vécu avec vous s’il n’y avait pas eu toute cette horreur.
« – Elle m’avait dit que si c’était un garçon, elle voulait l’appeller Kisos.. et c’était un petit garçon. Hm.. mais gardons ce secret pour nous. Moins elle en saura, mieux son cœur guérira. Je vais essayer de faire venir un médecin new-yorkais qui avait beaucoup de connaissance sur l’utérus d’une femme.. peut-être qu’il saura bien guérir Maya.. »
Pourquoi ni à t’il pas des moments de lumières qui dure éternellement ? Kisos passe ses mains sur son visage et il soupire un instant mais il n’a plus le droit de flancher. Il est devenu le chef d’une grande famille et il faut garder la tête haute. Mains dans la mains, vous revenez vers chez vous alors que le soleil va se lever. Quelle nuit.. quelle vie. Avant d’entrer dans votre maison, Kisos vous stoppe sur le porche et il s’abaisse pour déposer un tendre baiser sur tes lèvres. La vie est difficile mais elle semble quand même surmontable puisque tu es là, en vie et debout contre lui.
« – On va se battre pour elle et on lui offrira une vie plus belle.. tout comme pour les autres enfants. Mais je me dois aussi de rendre ta vie plus jolie.. excuse moi si tout a souvent été très difficile auprès de moi. J’ai toujours cru attirer le mauvais sort.. mais pourtant j’ai quand même un merveilleux ange dans ma vie qui se nomme Charlie.. Sans toi.. je n’aurais jamais tenu.. »
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C’est vrai que Kisos semble ailleurs et il a beaucoup de mal à retrouver en semblant de paix. Le procès contre Ben tourne dans son esprit mais ce n’est pas ça qui a le monopole sur l’état du colosse. Il est surtout épuisé et son corps réclame enfin ce repos qu’il ne se permet plus depuis de longs mois. Même si la soirée a été douce, il n’a pas montré un immense intérêt mais lorsque vous vous retrouvez à deux, il ne peut pas échapper à tes questions et ton regard inquiet.
« – Le fond de mes pensées.. et bien.. Je pense que je suis un peu fatigué.. ou peut-être un peu beaucoup. Les derniers mois ont été intense et j’ai faillis te perdre, j’ai faillis perdre Maya, j’ai perdu Ma’.. j’ai avancé la tête baissée pour essayer de tout arranger, tout combattre mais maintenant que c’est un peu plus calme, j’avoue que tout le gros stress retombe et j’ai l’impression d’être vidé de mon énergie. En soit, c’est normal, je ne me suis pas ménagé et je ne l’aurais pas fait puisque je devais être fort pour tout le monde mais je me rends compte que je ne suis plus un jeune homme pleins de fougue.. »
Il rit légèrement et il vient enfouir son visage contre ta chevelure qui sent bon la fleur. Kisos a juste besoin d’un grand repos mais ça ne se fera certainement pas avant que le procès ne soit pas terminé cependant il sait que la bataille va être rude puisqu’il s’est mis sa petite sœur à dos. L’amérindien ne veut pas revenir sur sa décision mais pourtant ça le travail quand même. Avant il n’aurait eu aucune pitié et il aurait même sûrement déjà tué Ben de ses propres mains mais aujourd’hui il a une vision plus large, plus posée. Sora a peut-être raison mais la fierté du colosse est encore puissante.
« – Tout le monde semble d’accord avec moi.. sauf Sora. Je reconnais la détermination de Ma’ quand elle vient essayer de me faire changer d’avis.. Et c’est vrai que je me demande ce que Ma’ aurait dit. Elle n’était pas pour la mort sauf quand cela concernait sa famille.. Et Duda.. lui il aurait déjà mis le feu au poste du shérif pour réussir à avoir la mort de Ben. Je sais que j’ai envie qu’il paye pour ce qu’il a fait à Maya et je sais que je pourrais moi-même lui tordre le coup mais.. finalement.. est-ce que le faire tuer arrangera les choses ? Je.. je crois que Sora.. a peut-être raison.. »
Sans le savoir, Maya était en haut des escaliers et elle a tout entendu. Elle ne voulait pas aller contre la décision de Kisos car elle s’en veut trop pour dire quoi que ce soit mais savoir que son père est prêt à laisser la vie sauve à Ben, ça la rassure. Elle ne veut plus de Ben dans sa vie mais elle ne voulait pas que la mort soit punie par la mort. La prison à vie sera déjà une bonne chose. Votre aînée vient donc vite vous rejoindre pour aller faire un gros câlin à son Duda et pour le remercier de penser différemment.
« – Je vous aimes fort Duda.. toi et Ma’.. je vous aimes fort fort fort..
_ Je le sais ma petite luciole. On t’aime aussi mais là tu vas filer au lit car il me semble que ta mère m’a annoncé que tu allais reprendre l’école. Il me faut une apprentie infirmière en forme !
_ Oui Duda ! Je vais travailler dure pour être la meilleure ! »Maya retourne au lit et Kisos t’accompagne pour que vous puissiez rejoindre le votre. Le chef de famille tombe très vite dans les bras de Morphée car oui, il est totalement usé mais le fait de s’être confié à toi, lui a retiré un poids qui rend son sommeil plus léger.
Dès le lendemain, Kisos quitte la maison assez tôt pour aller demander un changement de peine pour Ben. Il en profite aussi pour annoncer qu’il ne sera pas présent au procès, comme tu lui as demandé. La nouvelle étonne beaucoup de monde mais ce n’est pas ça qui étonne le plus. Kisos a demandé à ce qu’on cherche après un nouveau médecin au plus vite car lui, compte prendre des semaines de repos. Il va assurer son travail jusqu’à la venue d’une nouvelle personne mais après cela, il prendra des congés bien mérités. Tout ce changement arrive vite à tes oreilles, même si tu travailles à l’école car lors du midi, Sora vient chercher ses fils et elle t’annonce tout ce qu’elle a entendu. Elle te remercie aussi d’avoir fait changer l’avis de son frère car elle est persuadée que cela vient de toi.Ce n’est qu’en milieu d’après-midi que le vieil ours fait son retour auprès de toi ou plutôt auprès des élèves. Tu es en train d’enseigner la lecture lorsqu’il entre dans la classe. Un petit groupe d’enfants vient vers lui car il impressionne toujours autant les petits. Un petit garçon se met même à imaginer que Kisos est le grand bonhomme qui sauve tout le monde comme dans l’un des livres que tu as lu plus tôt dans la semaine. Cela fait rire Kisos qui se prend au jeu.
« – Bien sûr que je suis ce super héro. Tu ne me crois pas ? Demandes à Madame Walker. Elle sait tout !
_ Madame waaaaalker ? Le monsieur s’est un hero ?
_ Mais c’est le namoureux de madame Walker ! Et même c’est le docteur de la ville ! C’est lui qui a fait naître ma petite sœur ! »Les ragots se lancent entre les petits et Kisos profite de ce brouhaha pour venir vers toi. Tu es avec un autre groupe d’élèves dont Bee mais il y a Amber qui est à l’autre bout de la classe. Son regard est triste mais aussi en colère, si bien que cela irrite le colosse.
« – Elle n’a pas quitté son emploi ? Il faudrait trouver une remplaçante.. en tout cas j’espère que tu as de la place pour un élève comme moi. J’ai bien envie d’apprendre à lire aussi. »
Les enfants se retiennent de rire alors que Kisos prend une petite chaise pour s’asseoir avec les petits. Il se met à côté de Bee et votre fille vient lui faire un gros bisou sur la joue. Avoir ce gros nounours comme élève, amuse les enfants et rend le cours bien différent mais d’un autre sens, ils veulent tous assister à tes explications sur la lecture car ils veulent tous être auprès de Kisos. Même pour la récréation, Kisos est entouré d’une trentaine de petites crapules et il se met à jouer au ballon avec eux pour rendre la pause plus cool. Quand les cours finissent enfin, Kisos t’attend à l’entrée et il te tend ses bras pour que tu viennes enfin dedans mais c’est Bee qui te vole la place.
« – Haaaan faut que tu reviens demain Duda ! Tous mes copains ils t’aiment bien ! En plus demain on fait de la peinture !
_ Je ne peux pas venir tous les jours ma chérie car je dois travailler mais promis je reviendrais. Enfin si ta maman accepte d’avoir un nouveau grand élève comme moi.. »Bee te fait les yeux doux pour que tu acceptes mais Kisos aussi t’offre sa moue toute mignonne. Lorsque tu acceptes, les deux improvisent une danse de la victoire avant que vous ne preniez le chemin pour revenir chez vous. Kisos laisse Bee marcher devant vous et il prend ta main ainsi que ton sac pour le reste du chemin.
« – Je n’irai pas au procès et ben ne sera pas exécuté.. Je crois qu’il y a eu assez de malheur et là, je veux juste profiter de ma famille et avoir une vie plus douce. Tu penses qu’on a le droit à un peu de repos ? Tu sais ce que j’ai envie là ? Un bon petit ragoût de bœuf, avec un verre de vin.. et puis finir le repas avec un bon morceau de tarte à la pomme. Pour notre soirée, comme les enfants ont école demain, on irait les mettre au lit et après on retournerait dans le salon pour que je puisse te faire un bon massage devant la cheminée crépitante pendant que tu essayerais de trouver une nouvelle inspiration pour tes peintures.. Oui, ça c’est une soirée qui se mérite d’être vécue.”
Et ça semble réalisable mais c’est vrai que ni toi ni Kisos, êtes des grands cuisiniers. Le ragoût de boeuf se transforme en morceau de boeuf trop cuit avec des pommes de terre trop molles mais le pire vient avec la tarte aux pommes qui ressemblent plutôt à un morceau de brûlé à l’odeur peu alléchante. Vous avez bien fait de garder les restes d’un gratin fait par votre nourrice mais au moins vous avez le droit au verre de vin. Les enfants finissent au lit comme convenu et vous, vous finissez dans le salon avec un autre verre de vin et le petit raton laveur qui fait des cabrioles sur les meubles. Kisos est assis dans le canapé, derrière toi et il masse tes épaules qui ont cumulé de la tension car lui a vécu beaucoup de stress mais toi aussi. Il n’oublie pas que tu as encore un coeur fragile alors il se doit de toujours faire attention, où du moins de prendre soin de toi ou alors savoir si tu te sens bien.
“ – Comment se porte ma jolie épouse ? Je n’ai même pas pris le temps de te le demander ces derniers temps.. Tu prends bien ton traitement j’espère ? En tout cas je ne t’ai pas dis mais je suis fière de toi. En soit, tu as vaincu la mort mais tu montres surtout une magnifique volonté de vivre.. On ne dirait pas que tu as eu cette opération ni que tu as été dans le coma.. Tu es un grand mystère de la médecine miss Walker. Un miracle, mon Miracle.”
Il embrasse ton épaule qui s’est dénudée à cause de son massage et en te voyant frissonner, Kisos sourit finement.
“ – Crois tu que tu serais assez en forme pour un peu d’effort physique avec ton magnifique époux que je suis ?”
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Kisos ne s’attendait pas à une telle surprise et encore moins une soirée rien qu’à deux mais cela ne peut que vous faire du bien car être parent c’est bien mais avoir encore une vie de couple, c’est parfait. Avec les derniers mois passés, la vie de couple a totalement été évincée mais vous aviez d’autres préoccupations. Alors oui, Kisos est agréablement surpris de cette soirée improvisée mais aussi des petites intentions que tu as pour lui. La prière, le sauna et puis ta sensualité qui démarque bien plus que le reste. Il ne peut que se laisser guider par tes gestes et tes mouvements qui font assez vite grimper la chaleur en lui.
« – Je t’aime depuis le début Charlotte.. Depuis que j’ai posé mon regard sur la jeune demoiselle curieuse et désinvolte que tu étais. Le temps nous a fait grandir, vieillir mais je suis toujours amoureux de toi. Je le serai jusqu’à mon dernier souffle.. »
Il a toujours dit ces mots et ça ne changera pas. Kisos aurait pu trouver d’autres femmes, il aurait pu refaire sa vie mais il n’a toujours eu que d’yeux pour toi. Le temps n’a rien changé ou plutôt il a décuplé ses sentiments après tout ce que vous avez traversé. Il y a eu énormément d’orages, de tornades, de séismes mais vous avez tout surmonté. Alors oui, il y aura toujours quelques cicatrices comme la perte de Rose mais aujourd’hui Kisos essaye de ne plus se torturer l’esprit et même s’il semble encore contrarié, il est beaucoup plus serein et surtout beaucoup plus optimiste.
« – Tu sais.. rien n’a jamais été facile. On a vécu vraiment beaucoup de tourmentes et on a eu parfois très mal mais en fait je pense que je devrais aujourd’hui être heureux d’avoir vécu tout ça. Ça nous a rendu fort et surtout ça me rappelle que j’ai bien fait d’écouter mon cœur.. Bon.. j’ai aussi un peu écouter mon instinct d’adolescent bourré d’hormones mais au delà de ta beauté indéniable, je suis surtout tombé à genoux devant la femme incroyable que tu es. »
Il glisse ses doigts dans tes cheveux détachés mais il vient surtout déposer plusieurs doux baisers sur ton visage. Il te fait des chatouilles vu les grimaces que tu fais mais en entendant ton rire cela l’adoucit encore plus. Oui, tu as eu une superbe idée en prévoyant cette soirée car Kisos se permet de se détendre. Il se déshabille avec ton aide pour profiter de ce sauna mais bon, il te fait surtout revenir contre lui pour pouvoir sentir à nouveau tes mouvements de bassin.
Une nuit divine, sensuelle, paradisiaque. Vous prenez le temps de vous retrouver, de vous chercher et vous aimer. Kisos se délecte de ton corps comme s’il retrouvait l’oxygène qui lui manquait. Il dévore ta peau et tes courbes pour s’en ré-imprégner. Vous commencez dans le sauna mais terminer cette folle nuit chez vous. Quoi que vous ne dormez pas vraiment puisqu’au matin les coups de reins de Kisos se font encore sentir en toi. Il n’y a personne pour vous stopper ou pour vous sortir de votre bulle.
Il est midi quand vous vous réveillez. Rien ne vous presse, vous n’avez pas besoin de sortir du lit et c’est ce qui ravit encore plus le colosse. Allongé sur le ventre, il t’observe alors que tu es encore endormie. Tu as un sourire qui montre que tu dois sûrement faire un doux rêve mais un éternuement de Kisos te sort de tes songes. Il s’en excuse mais il rit aussi puisque tu as fais une grimace qui mériterait sa place dans un cadre photo.
« – J’ai du prendre froid en me baladant nu du sauna à la maison.. mes fesses n’aiment plus traîner dans le vent ! »
Il sourit en coin et bouge son popotin qui est caché sous la couette. Kisos se souvient soudainement d’une chose que tu lui as dis la veille et il se lève rapidement du lit pour aller chercher des pinceaux, de la peinture et une toile. Tu disais vouloir le dessiner nu alors il se repose près de toi pour que tu puisses trouver l’inspiration.
« – Tu auras un nouveau souvenir de ton époux nu. J’espère juste que tu caches bien tes dessins car si cela tombe dans les mains de nos enfants, je pense que je serai affiché à vie ! »
Il s’est remis sur le ventre et il essaye de ne pas trop bouger pour que ce soit plus simple pour toi, cependant en allant chercher tes affaires, il n’a pas pensé à refermer la porte de votre chambre et le petit raton laveur s’incruste pour se poser sur le dos du géant. Au moins tu auras une peinture encore plus originale même si Kisos grogne un peu car l’animal essaye de lui tirer les cheveux.
Ce que tu ne sais pas, c’est qu’aujourd’hui n’est pas une date lambda. Ce soir a lieu la cérémonie de la lune rouge et elle est très importante pour les amérindiens puisqu’elle n’a lieu qu’une fois tous les quinze ans. La dernière fois qu’elle a eu lieu, vous étiez encore jeunes et c’était Pocahontas qui avait été cheffe de cérémonie mais maintenant qu’elle n’est plus là, c’est Kisos qui doit faire perdurer la tradition. Pour cela, il va devoir vêtir une tenue qu’il n’a pas mis depuis très très longtemps.. mais ça, il le garde encore en surprise. Il a encore un peu de temps pour être seul avec toi donc il ne préfère pas perdre une miette.
« – Je vais prendre des cours de cuisine ! Non.. on va prendre des cours de cuisine ! Avec la vieille Sylvia. Tu sais la dame espagnole ? Elle cuisine plutôt bien et surtout on saura ne plus brûler la nourriture.. et on va aussi partir en vacances. J’ai demandé à ce qu’un nouveau médecin vienne en ville. Quand il sera là, on partira en vacances. Oh.. on pourrait aller en Écosse ? Ça te ferait plaisir ? Ou à Paris ? On doit profiter ! Je sais que Duda m’avait parlé de l’Égypte.. soit disant qu’il y a de grandes pyramides ! »
La peinture avance si bien que Kisos voit sa nudité autrement que par son reflet dans les miroirs. Tu l’as un peu sublimé puisqu’il est beaucoup plus musclé sur ta toile que dans la vraie vie mais il ne va pas s’en plaindre puisque ça le met en valeur. Tu as ajouté quand même des mèches grises dans sa chevelure et pour ça, il fait mine que c’est une bêtise.
« – J’ai pas de cheveux gris.. non mais.. je suis pas un vieux bonhomme ! »
Dit-il de façon amusée mais il ne peut pas aller contre le temps et il aura beaucoup plus de cheveux blancs. Il y a un peu de nostalgie puisqu’il se rend compte qu’il est loin le temps où il était un jeune étalon mais ce soir tu risques d’avoir des flash du passé en voyant les peintures sur son corps et ses cheveux tressés comme lorsqu’il guettait en bas du manoir de tes parents lors de vos débuts.
En plein après-midi, Sora débarque avec plusieurs femmes amérindiennes mais aussi un Shaman puisqu’il est temps de préparer le chef. C’est là que tu es mise au courant puisque toi aussi tu dois être préparé. Tu es l’épouse du chef alors tu dois l’accompagner pour ce moment particulier. Sora t’a amené la robe de sa mère. Ce n’est pas une robe en soie ou pleine de froufrou mais elle a un symbole fort et tu as même le droit aux bijoux de l’ancienne cheffe. Les peintures, les tresses ne te sont pas épargnés mais quand tu es enfin prête, tu fais pleurer Sora. Pas de tristesse mais de joie car tu es sublime. Tu n’as peut être pas la peau bronzé comme eux mais tu as tout d’une femme de chef.
« – Ma’ aurait été émue de te voir dans sa robe.. mais j’en connais un qui va être encore plus heureux. Tu es sublime Charlie. »
La cérémonie va se dérouler près du grand arbre en pleine forêt, là où la plupart des amérindiens vont prier mais ce sont d’autres natifs qui s’occupent des préparations là bas. Sora doit aussi se changer mais vous êtes aussi rejoint par vos filles. Pour les préparations, les hommes et les femmes ne peuvent être ensemble alors Kisos se trouve dans une autre pièce. Pour la première fois de sa vie, Maya met les vêtements traditionnels mais Bee aussi. Elles se sentent comme des princesses. D’autant plus qu’elles ont le droit aussi à une panoplie de bijoux qui appartenaient à leur grand-mère.
« – Oh.. tu as vu le beau collier maman ? Regardes ! Il a une pierre toute rouge ! Oh.. tu as presque le même ! »
Mais le tien est beaucoup plus imposant et surtout, ce n’est pas un collier si innocent. Il était le trésor de Pocahontas puisqu’elle portait celui-ci lors de sa première grossesse. Elle avait demandé aux anciens de la protéger mais surtout de protéger sa progéniture. Personne ne connaît vraiment cette légende mais sans le savoir, Sora t’a donné un bijou qui aura de grandes conséquences sur ton avenir de maman et qui aura aussi une grande valeur historique dans le futur. Le fameux collier de la grande cheffe powhatan.. mais là, tu es surtout admiré par les filles.
« – Pourquoi on fait plus beaucoup les cérémonies des amérindiens Ma’ ? Duda disait qu’il y en avait beaucoup quand il était tout petit mais qu’ils ont presque arrêté à cause de guerres avec les colons.. tu as vécu la guerre toi aussi ? Tu te battais avec Duda ? »
Maya a toujours montré un intérêt pour les natifs puisqu’elle même est née d’une native mais avec la pression mise sur le peuple, elle a préféré s’adapter à une vie comme les colons. Comme vous êtes dans l’engouement de la soirée, la demoiselle cherche des réponses auprès de toi mais elle se retrouve sans voix à cause de l’arrivée de Kisos.. il est prêt et.. il a retrouvé une grandeur, une prestance qu’il n’avait pas eu depuis bien trop d’années. La dernière fois que tu l’as vu ainsi, c’était avant la grossesse de rosie mais aujourd’hui il est encore plus musclé et ses tatouages lui donnent encore plus de férocité. Si on ne le connaissait pas, on pourrait facilement prendre peur ou ne pas oser s’approcher de lui. ( https://pin.it/4LrJoIKYB ).
« – Duda… wow… »
Maya est fascinée alors que Bee se cache derrière toi.. Toi.. justement, toi tu es sublime. Kisos a aussi des souvenirs qui lui reviennent à l’esprit puisque tu as déjà mis des vêtements amérindiens mais jamais aussi somptueux. Là, tu as tout d’une reine. Il s’en rapproche de toi et n’ose même pas te toucher par peur d’abîmer ta chevelure, ou même ton maquillage.
« – Tu portes magnifiquement bien cette tenue.. Je vais être honoré de m’avancer avec toi aux yeux de tous. Ma petite louve blanche.. »
Il se permet un baiser sur ton front mais il se permet aussi de prendre ta main pour vous mener vers les chevaux qui vous attendent. La cérémonie va bientôt avoir lieu et vous êtes surtout attendu par tous les powhatan encore vivants. Ils sont moindre qu’à votre rencontre mais il y en a encore une cinquantaine qui vivent dans le coin. Kisos va devoir dire des prières dans sa langue natale et il va devoir aussi laisser les natifs lui offrir des louanges mais le plus important sera de veiller toute la nuit pour être sous la lune rouge. Pour cela, il y a un grand buffet, des danses, des moments en communauté. C’est un grand rassemblement qui était attendu par beaucoup mais encore plus par Kisos puisqu’il veut profiter de cette soirée pour totalement t’intégrer dans son peuple et aussi donner un dernier coup d’éclat à ses parents en priant pour eux.
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Ce que tu viens de lui dire ne le laisse pas indifférent. La perte est parents.. Kisos l’a vécu et il sait à quel point cela fait mal mais il tient aussi à tes parents car même si tout n’a pas été rose avec eux, il a passé une partie de sa vie à les côtoyer mais surtout il leur doit la plus belle créature qu’il puisse exister. Alors oui, Ona appelle Kisos mais le chef ne s’en va pas pour le moment. Il préfère te reprendre contre lui et il fait en sorte que tu te niches contre lui.
« – Je suis.. tellement désolé. C’est tellement impensable que j’ai beaucoup de mal à trouver les mots. Je ne m’attendais pas à ça mais toi non plus.. mais je comprend ta peine, ta douleur.. je la ressens.. mais je comprend aussi leur façon de voir les choses car.. quand tu étais dans le coma, je me devais aussi de penser à ta possible mort et je ne sais pas si j’aurai réussi sans toi. Quand on aime quelqu’un plus que tout, on ne peut pas imaginer sa vie sans cette personne. Je me suis battu pour te faire vivre mais je me serai battu aussi pour mourir avec toi.. »
Sa mère a eu le courage de vivre après la mort de Gabriel mais elle vivait dans une tristesse constante. Elle essayait de trouver un peu de paix auprès de sa famille et surtout ses petits enfants mais elle souffrait. Kisos n’aurait pas le cran de se laisser souffrir. Il n’aurait pas le cran de continuer sa vie en sachant que tu ne reviendrais plus auprès de lui. Dans tous les cas, il sait que les prochains jours et les prochains mois seront sensibles alors pour essayer de rendre les choses un peu plus douce, il te propose de le suivre pour rejoindre Ona. Il veut que tu sois là pour ce moment qui est rare mais qui est aussi entouré de vos enfants, de vos proches. Tu vas avoir besoin de soutien et d’amour, Kisos compte bien faire en sorte que tu reçois tout ce dont tu auras besoin.
La lune rouge pointe et tous les regards sont rivés vers elle. Kisos est toujours contre toi mais vous avez aussi vos trois grands enfants contre vous. Maya tient ta main alors que Bee a posé sa joue contre ton ventre. La petite a déjà montré une sorte de don en ayant contact avec rosie mais là, on pourrait croire qu’elle écoute quelque chose qui se passe dans ton ventre mais bon, vous êtes trop concentré sur la lune pour le calculer. Quand le passage commence à prendre fin, Sora vient vers vous car il est de coutume de se rassembler entre famille proche et Kisos profite que sa sœur te prenne dans ses bras pour aller vers son beau frère Thomas.
« – Je vais avoir besoin de toi et c’est urgent. Il faut que l’on fasse venir dès demain les jumelles hedlund. J’aimerais que demain soir nous fassions un grand dîner. C’est vraiment très important Thomas.
_ Tu sais où elles sont ?
_ Les deux sont sur New-York en ce moment..
_ Mais il faut plusieurs heures de train..
_ Uses de ton statut de shérif pour accélérer les choses. »Thomas comprend que Kisos est vraiment sérieux et que c’est une mission urgente alors il ne tarde pas à repartir en ville pour tenter de trouver une solution pour les jumelles. Kisos va aussi voir Ona pour lui demander de l’aide concernant ce dîner et la journée qui va arriver. Logiquement, après la lune rouge, chaque famille se rassemble pour dîner, passez du temps ensemble et c’est ce que Kisos veut faire mais avec le contexte qui a changé, il ne veut pas que ce soit un simple dîner. Il tient à ce que tu profites de tes parents jusqu’au dernier moment, jusqu’à leurs départs pour l’Égypte.
La cérémonie prend fin quand le soleil commence à se lever. Bee dort dans les bras de Kisos et vos autres enfants semblent exténués alors vous repartez à la maison pour que tout le monde puisse se reposer un peu. Difficile pour toi et Kisos de trouver le sommeil alors Kisos t’expose ses intentions pour les deux prochains jours, si bien qu’il te demande d’aller chez tes parents pour que tu puisses être auprès d’eux. Il aurait aimer être auprès de sa mère pour la fin alors puisque tu en as la chance, tu dois la saisir. Ta mère dort encore mais ton père est levé et il termine de régler quelques papiers dans son bureau.
« – Mon petit pois ! Tu ne te reposes pas ? Tu dois être épuisé avec la nuit de cérémonie. »
Il se relève malgré ses vieux os et il vient te prendre contre lui. Il sait que tu dois être abattue et d’une tristesse infinie mais il veut voir ton jolie sourire alors il se met à te faire quelques chatouilles comme lorsque tu étais enfant.
« – Ta mère se repose mais je te propose d’aller boire un bon thé. J’ai quelques petites choses à te dire et cela tombe bien que tu sois seule. Je n’aurais pu les dire devant tes sœurs et ton frère. »
Ton petit frère vit non loin de Jamestown. C’est devenu un jeune adulte et un très beau garçon. Sous la demande de ton père, il a repris une parti du travail de Garrett en gérant des terres et des usines que ton père a acquises. En décidant de partir, Garrett sait qu’il va vous laissait un immense patrimoine et il faut qu’il t’en parle pour que tu puisses savoir à quoi t’attendre. Il y a les nombreuses terres, les usines, les bâtisses mais aussi les titres de ta mère. Ce titre de duchesse va te revenir de droit puisque tu es l’aînée de la fratrie. Lorsque votre thé est arrivé, Garrett te tend une enveloppe qui contient les fameux titres qui vont t’appartenir.
« – Avec le temps, ce titre est devenue surtout symbolique puisque les nobles du royaume uni ne gouvernent plus mais tu vas devenir Duchesse d’Edimbourg et ton époux Duc. Tu peux très bien laisser ta place à l’une de tes sœurs ou même ton frère mais je pense que c’est toi qui doit avoir cette place. Tu as toujours été une femme très forte, comme ta mère mais je sais surtout qu’Anya adorait dire qu’un jour tu serais la plus grande duchesse que l’Écosse aurait eu. Tu n’es pas obligé de retourner là bas, tu le sais bien mais cet héritage est important. Il l’est même beaucoup plus que l’argent, les terres.. L’histoire de notre famille est immense. Tu viens d’une grande lignée de nobles, rois, princes.. Tu pourrais même prétendre au trône du royaume uni si tu le voulais. Tu as notre patrimoine entre tes mains et je ne peux être que le plus fière en te les donnant Charlie. Mon premier petit ange.. »
Garrett a une pointe d’émotion en te donnant cette enveloppe mais il en a pas fini puisqu’il te ramène un grand écrin. Il y a une autre chose qu’il souhaiterait que tu obtiennes. Dedans il y a un collier qui est certainement le plus convoité au monde. Une parure couverte de diamants et de saphir. C’est un bijou qui appartient à ta mère mais qui est surtout dans la famille depuis des siècles. Il se nomme le trésor d’Ecosse car il est toujours resté sous la coupe de ce pays sans jamais ne tomber dans les mains d’un autre territoire.
« – Ta mère veut que ce soit toi qui l’obtienne. Elle ne veut pas qu’il soit disputé entre tous les enfants alors elle t’a désigné comme la future gardienne de ce trésor. Tu sais à quel point elle y tient.. il appartenait à ta grand-mère mais aussi à une centaine de tes ancêtres féminines. La reine Marie Stuart le portait pour son mariage tu sais ? »
De son côté, Kisos s’occupe des enfants mais il s’affaire aussi pour le dîner du soir. Il a réussi à faire venir ton frère à la hâte mais celui-ci débarque au manoir de tes parents. James est la copie conforme de Garrett si ce n’est qu’il a le regard noir d’Anya. Il ne sait pas encore ce que tes parents ont décidé mais il a compris que quelque chose de grave allait arriver. Contrairement à toi, il n’est pas aussi compréhensif puisque lui n’a pas encore connu le grand amour alors il ne peut accepter que vos parents veuillent mourir ensemble. Vous vous retrouvez à trois dans le bureau de Garrett et ton frère hausse le ton, comme pourrait le faire la grande Anya.
« – Vous suicidez ! Vous nous abandonnez alors que vous pouvez encore vivre ! Mais c’est complètement insensé ! Et toi tu les laisses faire Charlie ?! Ella et Birdy ne vous laisserons pas faire non plus !
_ James.. Notre décision est prise depuis un certain temps. Ta mère souffre horriblement et je me demande encore comment elle réussit à respirer.. Moi aussi je souffre. Je souffre de la voir mourir à petit feu. Ce n’est pas toi qui la voit perdre la raison, qui la voit hurler de douleur lorsque les psychoses lui brûlent la tête. Votre mère.. C’est le grand amour de ma vie. Cette femme est ce que j’ai toujours rêvé avoir. Je ne pourrais pas imaginer une seconde de ma vie sans elle.. Lorsque j’ai été en prison il y a quelques années et qu’elle a été maltraité dans cet hôpital psychiatrique horrible, je souhaitais plus que tout mourir. J’avais tellement mal d’être loin d’elle, de ne pas pouvoir l’aider.. Alors non, je ne reviendrais pas sur notre choix. Je me fiche que tu sois en colère contre moi James. Je refuse de la laisser partir seule. De toute façon, si elle venait à mourir ce soir, il est certain que demain matin tu me retrouverais mort à côté d’elle.
_ Tu es devenu fou papa !
_ Je ne suis pas fou. Je suis certainement beaucoup plus lucide que toi. Je suis seulement un homme qui a fait une promesse lors de son mariage. J’ai promis à votre mère que jamais rien ne pourrait nous séparer. »James est près à relancer les hostilités mais le calme s’impose quand la duchesse entre dans la pièce. Elle a beaucoup de mal à marcher, si bien que l’un des employés l’aide à aller s’installer sur un fauteuil. Ses longs cheveux gris et son visage ridés n’arrivent pas à estomper sa beauté mais c’est vrai que l’on voit la douleur dans son regard. On voit aussi la résilience et son envie de ne plus souffrir.
« – Je n’ai pas envie de disputes ou de reproches.. Je vous aimes plus que tout mes amours et je refuse que vous partiez dans des guerres idiotes à cause de notre choix. Je préfère que vous soyez uni et que vous continuez de vous soutenir.. Peux-tu faire cela pour moi mon petit Jamie ?
_ Maman.. maman je.. s’il te plaît.. je t’aime tellement.. »James s’effondre en larmes mais il accepte la demande de votre mère. Il n’a que dix neuf ans et c’est en quelque sorte un petit bébé qui a encore besoin de ses parents mais une fois qu’ils seront partis, c’est toi qui devra soutenir ce jeune homme qui a un grand avenir devant lui.
Kisos et les enfants finissent par vous rejoindre car le dîner aura lieu chez tes parents. Pour ce dernier moment, Kisos tient à ce que les choses soient faites à l’écossaise. La grande salle à manger aura une longue table qui pourra accueillir toute ta famille. Sora et Thomas sont présents pour aider Kisos. Vos enfants aussi aident mais Bee profite aussi des bras de son papy écossais. Ils ont une complicité surtout en ce qui concerne les livres car ton père a transmis son amour de la littérature à la petite rousse. L’ambiance est lourde mais à la fois belle. Tout le monde y met du sien pour que ce moment rappel les grands dîners d’antan. Ta mère adorait les réceptions et faire des dîners fastidieux. Pour les vêtements, tout le monde va dans les placards de tes parents pour devenir des aristocrates écossais le temps d’un soir mais pour toi, c’est Anya qui te propose une robe. Vous vous retrouvez toutes les deux dans sa chambre et elle te fait fouiller dans son placard pour que tu sortes une immense robe fleuris qu’il faut porter avec un jupon et un couvre chef mais cette robe fait immensément sourire la duchesse.
« – C’est celle-ci que tu dois porter.. C’est la robe que j’avais mise lorsque j’ai avoué mes sentiments à ton père. Tu sais bien que mon père voulait me marier de force mais moi j’étais folle amoureuse de Garrett.. J’ai mis des semaines à me donner le courage de lui avouer mes sentiments mais quand j’ai réussi à le faire, il m’a avoué ressentir la même chose. J’étais encore une toute jeune femme et ça ne plaisait pas notre écart d’âges mais je savais que c’était lui.. Je voulais faire ma vie avec lui et c’est ce qui est arrivé. J’ai passé une vie merveilleuse grâce à cet homme et il m’a offert quatre amours d’enfants. Je peux dire que malgré les difficultés, j’ai eu une belle vie.. »
Anya tend ses mains vers toi pour que tu viennes à elle et surtout pour qu’elle puisse se mettre debout. Elle tient à t’aider à enfiler cette robe fastidieuse.
« – Et j’ose espérer que toi aussi tu vivras cette belle vie mon petit pois. Je ne te l’ai pas souvent dit mais je suis fière de la femme que tu es. Une femme forte et indépendante. Tu es tout ce dont j’aurai pu espérer pour toi et puis tu as aussi trouvé le grand amour. Je n’ai pas souvent été très douce avec ton époux mais je voulais le meilleur pour toi et il a su nous prouver qu’il était fait pour aimer ma magnifique fille. Je vous souhaite tous les bonheurs du monde tu sais et j’espère que vivrais encore de magnifiques aventures.. en tout cas, sache qu’avec ton père on veillera toujours sur vous. Il m’est impossible de ne pas avoir un œil sur toi. Je suis une maman poule non ? »
Elle se met à rire mais vous avez toutes les deux des larmes et c’est normal. Anya termine de nouer ton corset avant de te laisser venir contre elle. Elle sent tes larmes couler contre son cou et elle te serre encore plus contre elle malgré la faiblesse de son corps.
« – Je t’aime mon petit pois. Tu as fais de moi une mère comblée et je sais que tu combleras tout autant tes petits. Mon bel amour.. »
Elle essuie tes joues mais aussi les siennes. On vous attend à la réception et sous la bonne garde de Thomas, les jumelles arrivent juste à tant avec leurs compagnons. Quoi que Birdie a amené une surprise dont elle a bien su garder le secret. Elle vient d’avoir un petit garçon. Cependant elles apprennent ce que veulent faire tes parents et la tristesse s’emparent très vite d’elles. Kisos reste un peu en retrait pour ne pas s’immiscer dans vos moments en famille mais il garde un œil au loin sur toi. Tu es magnifique dans cette robe mais c’est Garrett le plus ému puisque cela lui rappelle le souvenir d’une Anya toute jeune et intimidée devant lui.
Tu arrives à Kisos pendant que tes sœurs discutent avec tes parents et le colosse te prend contre lui. Il a aussi mis une tenue d’écossais puisqu’il a enfilé le kilt de son père et il a mis le tartan de la famille Walker. Cela le change de la veille mais il tenait à faire ce dernier hommage à tes parents tout comme aux siens. Même s’il a su se montrer fort depuis que tu lui as appris la nouvelle, le géant est tout de même gorgé par l’émotion si bien qu’il a beaucoup de mal à parler car sa gorge est nouée. Ce ne sont pas ses parents mais c’est presque la même chose.
« – Tous les plats préférés de tes parents sont en train d’être préparés.. il y a même un homme du village qui a tenu à nous offrir un petit concert de cornemuse. C’est assez cliché tout ça mais je voulais qu’ils puissent avoir une soirée qui pourrait leurs rappeler de bons souvenirs.. et puis je tenais aussi à ce que tu puisses garder un bon souvenir de ce soir. J’espère que ça te va.. et puis c’est vrai que j’ai fais venir à la hâte tes sœurs et ton frère mais je pense que c’est un moment que vous devez partager tous ensemble. C’est.. ça va être un sacré tournant dans vos vies et ils doivent savoir que vous êtes une famille entière. »
Kisos embrasse ton front et il finit par te mener vers la grande salle à manger. La table est généreusement garnie et Kisos a réussi à faire venir des roses de toutes les couleurs pour ravir ta mère. Le repas pourrait être à double tranchant et l’ambiance pourrait être mortuaire mais le colosse s’assure que les bons souvenirs viennent sur le tapis et que tout le monde se met à rire ou sourire. Tes parents sont en bout de table et ils se tiennent la main. Ton père n’a de cesse d’observer Anya avec un amour inconditionnel. Elle semble être à nouveau prise de fortes douleurs et de fatigue alors cette soirée ne durera pas toute la nuit mais être là avec vous tous, lui remplit le cœur de joie. Lorsque le dîner arrive vers la fin, il est difficile de vouloir partir mais tes parents décident de tous vous voir par couple afin d’avoir un dernier moment pour vous clamer leur amour. Quand vient votre tour avec Kisos, vous les retrouvez dans le petit boudoir du manoir et Anya est nichée dans le petit canapé mais elle te demande de venir contre elle pour un dernier gros câlin.
« – Fais moi un grand sourire petit pois.. Tu sais que j’adore ton sourire. Dois-je te chatouiller pour y en avoir le droit ? »
Tu te retrouves encercler par les bras de tes parents et Kisos regarde cela avec un œil bienveillant mais aussi pétillants de larmes. Le colosse a quand même le droit à une grande accolade de ton père mais le plus surprenant vient de ta mère puisqu’elle lui quémande aussi un gros câlin. C’est à ce moment qu’il craque puisqu’il n’a pas l’avoir de sa mère ou même son père mais là, c’est ta mère qui lui offre ce manque qu’il avait.
« – Kisos Walker.. Le garçon qui a volé le cœur de ma Charlie. Merci pour tout ce que tu as fait et pour tout ce que tu feras encore. Je te confie ma famille et je n’ai jamais eu autant confiance en quelqu’un d’autre pour cette tâche.
_ Merci à vous Anya.. et à vous aussi Garrett. Je vous promet de prendre grand soin de vos enfants. »C’est difficile mais encore plus quand il revient vers toi et que tu éclates en sanglots. Malgré tout ça, toute cette tristesse et ce sentiment d’être impuissant, il y a cette beauté qui règne lorsque vous voyez tes parents l’un à côté de l’autre. Vous finissez par les laisser tranquille et vous retournez vers chez vous mais encore une fois le chemin est lourd, compliqué et toujours chargés en émotions. Pourtant une sorte de petit signe tenté de vous offrir un peu de réconfort. Une douce odeur de roses et aussi quelques étoiles filantes qui passent au dessus de vos têtes.
« – ils seront avec Duda et Ma’.. j’ose espérer que ta mère sera plus douce avec Duda car ça risquerait de gronder là haut. »
Dit-il pour essayer de rendre l’instant moins triste. Il se met même à rire en repensant à toutes les fois où ta mère disputait Gabriel sans grande raison. Vous allez tourner une immense page mais Kisos sait que vous allez surmonter cette épreuve. Pouvoir dire adieu à tes parents et avoir leurs bienveillances, lui a redonner une force qu’il pensait disparue.
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Kisos t’observe aussi dans le miroir et il perçoit ce magistrale bijou qu’il a souvent vu autour du cou de ta mère. Il te va à merveille et il était évident qu’il devait te revenir. L’homme enlace ta taille et il ne peut s’empêcher d’avoir un sourire attendri lorsque tu parles de votre jeunesse. Comment ne pas être amusé en repensant à sa façon de te guetter lorsque tu étais encore chez tes parents.
« – Casse noisette.. c’était un drôle de nom pour un cheval. Pour répondre à ta question, oui, je t’observais depuis un moment. Je prétextait aller à la chasse dans les bois mais au final je me rapprochais du manoir de tes parents pour pouvoir te voir.. c’était risqué surtout avec ton père qui n’était jamais bien loin de toi mais je savais bien me cacher dans le temps. Une fois mon père m’a suivi tu sais ? Il ne comprenait pas pourquoi j’allais à la chasse sans jamais ramener de gibier.. Il s’est moqué de moi lorsque nous sommes revenus à la maison. Il n’avait pas encore vu ta mère donc il ne savait pas que tu étais une fille Hedlund mais il savait surtout que j’étais amouraché d’une jolie bourgeoise blanche. Il ne m’a pas disputé, au contraire il m’a même donné des astuces pour que je le cache encore mieux mais dès le lendemain tu m’as trouvé dans le bois.. »
La jolie Charlie qui avait encore un air totalement innocent et surtout naïf. Tu étais impressionné devant Kisos qui était encore habillé avec les vêtements traditionnels et qui avait déjà des tatouages malgré son jeune âge. Il était une sorte d’exotisme pour toi qui venait d’un pays nordique et il l’a vite compris mais ça ne l’a pas freiné dans sa quête de vouloir se rapprocher de toi.
« – Tu dessinais beaucoup dans ton grand jardin.. Tu plantais aussi beaucoup de graines que tu avais rapporté de ton pays. Une fois tu avais oublié tes carnets dans le jardin et il allait pleuvoir.. j’ai eu le temps d’aller les mettre sous ton porche sans me faire attraper par qui que ce soit. Je ne voulais pas que tes dessins soient abîmés par la pluie.. »
Il embrasse le creux de ton épaule et il pose son immense main contre la tienne. Il y a toujours cette immense différence de taille entre vous malgré le temps passé mais Kisos aime ça. Tu es son petit bout de femme. Certes petite mais avec une volonté de fer et une détermination confirmée.
« – Tu parlais de la pression de ton héritage mais tu n’as pas de pression à avoir. Tu sais, j’ai toujours eu peur de mon héritage.. je pensais que ça allait chambouler ma vie et m’imposer des choses mais en réalité, cet héritage est en moi. Tout comme le tien est en toi. Tu es peut-être l’épouse d’un chef amérindien mais tu es aussi une duchesse écossaise et ça depuis ta naissance. Tu n’as peut-être pas eu le même chemin que ta mère mais le monde évolue et nous aussi cependant tu as toujours su porter ce titre de femme puissante et indépendante que ta mère souhaitait pour toi. Regardes.. rien que notre rencontre.. si tu n’avais pas été une femme de grandeur, crois-tu que tu aurais approché un homme comme moi ? Non, tu m’aurais fuis et pointé du doigt. Alors oui Charlie, tu es une duchesse et je suis heureux d’avoir la magnifique duchesse d’Édimbourg pour épouse. »
La duchesse.. Kisos est un peu hilare en disant cela puisque c’est vrai, tu as un titre de noblesse et il ne s’en ait jamais vraiment rendu compte jusqu’à aujourd’hui. Avant c’était tes parents qui géraient ça mais là c’est toi qui va devoir porter les armoiries de ta famille. Tout comme lui doit porter celles de la sienne mais il n’a pas autant de prestige que toi.
Vous finissez la soirée difficilement puisque fermer l’œil est compliqué en sachant que dans quelques heures vous allez amené tes parents au port pour le grand départ cependant vers six heures du matin, l’un des employés de tes parents vient appeler Kisos en urgence. Comme les enfants sont chez vous, tu ne peux pas suivre Kisos et c’est lui qui doit faire face a une scène à la fois horriblement triste mais aussi horriblement magnifique.
C’est comme s’ils avaient compris qu’ils pouvaient partir l’esprit tranquille. Ils sont tous les deux allongés dans le lit, ton père niché contre ta mère mais plus un souffle ne se fait entendre. Anya a dû partir la première et Garrett a dû suivre quelques temps après. Ils n’ont pas eu besoin de poison, juste d’un sommeil et d’un dernier enlacement. Kisos doit constater les décès mais c’est difficile pour lui, il ne peut retenir ses larmes. Il prend même un peu de temps pour parler une dernière fois à ses beaux-parents.
« – Merci d’avoir amener un ange dans ma vie.. merci pour tout ce que vous m’avez apporté.. Je prendrais soin de votre fille, de tous vos enfants.. »
Ils rêvaient de mourir en Égypte mais finalement n’est-ce pas une plus belle mort que de partir près des leurs et surtout ensemble, sans souffrir ? Kisos termine son constat et il sait qu’en passant la porte, il va devoir annoncer la nouvelle officiellement. Il semblerait que tout le monde se soit rassemblé dans le petit salon du rez de chaussé. Toi aussi tu es là mais tu as réussis à amener vos enfants chez Sora. Les yeux larmoyants de Kisos ne trahissent personnes mais il doit quand même prendre la parole pour vous expliquer et vous rassurer.
« – Ils n’ont pas du tout soufferts. Ils sont partis dans leurs sommeils. Vous.. vous pouvez aller les voir le temps que je contacte le croque mort de la ville.. »
Les choses ne se feront pas comme un rite amérindien mais à l’européenne alors Kisos va devoir aller chercher les personnes compétentes cependant il se doit d’aller vers toi avant tout ça. Il te prend à nouveau contre lui et tes larmes lui brisent le cœur. Il te serre du mieux qu’il le peut et il vient murmurer à ton oreille.
« – Ils sont enfin en paix.. et je t’assure qu’ils n’ont pas souffert. Ils.. ils ont même un sourire sur leurs lèvres.. Hm.. Je vais m’occuper de tout en attendant. Restes avec tes sœurs et ton frère. On va leurs offrir leurs dernières volontés et surtout il faut qu’on se rappelle des bons moments. Tu n’es pas d’accord mon petit pois ? »
Il embrasse ton front et essuie tes joues. La douleur est là mais il y a encore ce sentiment étrangement doux et bienveillant. C’est comme ci tes parents étaient là, près de vous et qu’ils font en sorte de vous faire comprendre que tout va bien. Les jumelles et James t’attendent pour aller les voir car maintenant tu es la matriarche de cette famille. Tu n’es pas leurs mère mais la grande sœur, celle sur qui ils vont se référer.
Les jours suivants ne sont pas les plus roses puisque les cérémonies religieuses européennes prennent beaucoup plus de temps à cause des veillées mais cela laisse le temps à un marbrier de monter une magnifique tombe à l’endroit où vous avez jeté les cendres de la famille de Kisos. En sommes, c’est devenu une sorte de cimetière familial mais Kisos ne voyait pas les choses autrement. Tes parents n’avaient pas être seuls dans le cimetière communal. Il y a la cérémonie à l’église qui se fait et puis la mise en caveau. Tout ça est compliqué et déchirant mais à l’instant où le caveau se ferme, vous sentez cette fameuse odeur de rosé. Kisos observe discrètement autour de vous et bien sûr il ne voit pas vos proches perdus mais cela ne veut pas dire qu’il n’a pas une sublime vue. Les morts ne sont pas là mais c’est la première fois depuis des années que tous vos proches sont réunis. Tes sœurs, ton frère, Sora, Thomas, les enfants mais aussi le vieil oncle Nashoba ainsi que vos tantes ? Millie et Binki. Elles ont pris aussi un énorme coup de vieux mais elles sont là. Elles vivaient depuis quelques années dans une ville plus au sud mais elles ont fait le chemin pour pouvoir être présentes en ce jour triste. Il y a aussi des amis du village, des personnes qui ne sont peut-être pas très proche mais qui vous estime énormément. Votre petit cimetière est remplis de monde et finalement, vous pouvez constater que vous n’êtes pas seul. Non, il y a tout un entourage qui vous aime, qui vous chérisse. -
Depuis le départ de tes parents, la vie reprend lentement son cours même si parfois la tristesse se ressent. Kisos a décidé de prendre ton petit frère sous son aile afin que celui-ci ne se sente pas abandonné. James est encore un jeune homme qui vient à peine d’arriver dans la vie adulte alors cette perte alors que ton père ne lui a pas tout appris, semble être difficile à vivre mais grâce à Kisos, il trouve une petite maison dans Jamestown et pour la gestion des entreprises familiales, Kisos trouve un assistant à James. De ce côté, tout va donc sur les roulettes mais de l’autre côté, Kisos doit aussi continuer de travailler dans son cabinet puisqu’il n’a toujours pas de remplaçant. Sans Pocahontas, le travail est beaucoup plus intense surtout qu’il y a bien plus de monde dans la ville. À ce rythme, Kisos va finir sur les rotules mais James trouve une idée qui pourrait ramener énormément d’autres médecins dans la ville. Ton petit frère propose de transformer le manoir familiale en hôpital. La bâtisse est immense et plus personne n’y vit alors pourquoi ne pas lui donner une utilité ? Kisos serait le chef de cet hôpital mais il n’aurait plus forcément besoin d’exercer si d’autres médecins interviennent.
Pour vos enfants, la vie reprend aussi et vous avez pu rencontrer la jolie Lily qui n’est autre que la petite amie de Nicolas. Bee a plus de mal avec la perte de tes parents car elle était très proche de Garrett mais les livres de son grand père deviennent son nouveau repère alors que pour Maya, elle semble prendre un plaisir fou à enfiler les jolies robes de sa grand mère Anya. Ce nouveau style lui offre de nouveaux prétendants mais Kisos garde un œil sévère sur ceux qui tournent autour de votre fille. Il ne veut plus que Maya se fasse avoir comme avec Ben.
En deux semaines, vous avez eu très peu de temps calme. Kisos rentre le soir mais il s’endort assez vite à cause de la fatigue cumulée par les journées à rallonges. Ce soir, il rentre encore d’une journée remplie mais c’est vrai qu’il est assez inquiet puisqu’il a entendu parler de ton malaise. Il ne se doute pas de la raison que tu vas lui dévoiler, il pense surtout à tes soucis cardiaque mais Kisos n’a pas le temps de te poser des questions puisque tu lui annonces cette nouvelle.. Cette immense nouvelle. Le géant bugue, il ne sort aucun mot. Est-ce qu’il a bien compris ? Son regard se baisse sur ton ventre légèrement gonflé mais en soit cela n’est pas étrange puisque tu peux parfois avoir un ventre un peu rond quand tu as tes règles. Mais là il y a un bébé ? Il y a un petit bébé ? Alors que tu lui demandes de te parler, Kisos lâche un rire nerveux ou plutôt un rire bête.. un bébé ? En une fraction de secondes, il se laisse tomber à genoux devant toi et son regard se retrouve devant ce petit ventre.
« – Heureux.. mais.. comment ne pas être heureux ? Tu.. tu es enceinte mon Amour.. tu attends notre bébé.. »
Ses yeux pétillent de tendresse, d’émotions.. Kisos pose sa grande main contre ton ventre. Il a du mal à réaliser ce qu’il se passe et il y a quand même l’image de Rosie qui lui vient en tête mais non, cette fois-ci tout ira bien et puis peut-être que vous avez le droit enfin à un peu de bonheur ? Kisos pose son front contre ton ventre et il se remet à nouveau à rire bêtement.
« – Un bébé.. C’est vrai que je ne suis plus un jeune homme fougueux mais j’ose espérer pouvoir apprendre plein de belles choses à ce petit bébé que j’aime déjà de tout mon cœur.. »
Un bébé. Oui, ce mot résonne dans son esprit. Il finit par se relever et il te prend dans ses bras. Tu te fais même soulever et tu as le droit à un immense baiser. Tu ne pouvais pas mieux annoncer à l’homme. Il n’attendait plus à ce que tu puisses avoir un enfant, surtout avec vos âges qui avancent mais cette surprise lui redonne un regain d’énergie incroyable. À peine il te repose au sol qu’il s’en va vers la cuisine pour essayer de te préparer un bon dîner pour ce soir mais tu as déjà pris les devants. Sora a quand même pu te donner un cours de cuisine et tu as sorti une quiche qui sent délicieusement bon.
« – Un bébé et un repas qui donne envie d’être dévorer. Tu veux me faire craquer Charlie Walker ? Je vais devoir à nouveau te demander en mariage ! »
Et en plus il remarque que tu as préparé un gâteau au chocolat alors oui, Kisos ne peut pas être plus ravi. Il n’y a qu’une petite question que Kisos se pose, où sont les enfants ? Nicolas est avec sa copine ce soir, Maya est au manoir de tes parents pour prendre soin des rosiers de ta mère alors que Bee est dans sa chambre, en train de lire. Sont-ils au courant ? Tu lui dis que non et Kisos a quand même une petite grimace qui se forme sur ses lippes.
« – J’espère qu’ils seront tout autant heureux que nous.. Je suppose que oui mais comme ils ne sont pas nos enfants biologiques, j’espère qu’ils n’auront pas une jalousie envers le bébé. J’ai surtout peur pour Bee car elle est encore petite. Et Maya avec sa fausse couche.. »
Oui, ça risque d’être plus compliqué de l’annoncer à vos enfants. Mais il va falloir le faire puisque tu ne vas pas pouvoir cacher cette grossesse bien longtemps et puis Kisos ne veut pas que tu caches une si belle nouvelle. Il sait d’avance qu’il va ne pas pouvoir se retenir de le dire à tout le monde. C’est donc pendant ce dîner que vous vous devez de le dire aux filles. Elles vous rejoignent après que Kisos les a appelé mais Bee a encore son nez dans son bouquin et Maya semble ailleurs, comme si elle était amoureuse.
« – Pourquoi ce sourire Maya ? Tu as une bonne nouvelle à nous dire ?
_ Oh non.. enfin si ! Le rosier orange de grand mère va bientôt fleurir. Il était malade mais il semble revenir à lui. Je sais qu’elle aurait été contente de voir ça !
_ C’est vrai, elle aurait adoré. Je suis content que tu prennes soin de ses fleurs.
_ Mais toi aussi tu faisais un grand sourire quand on est arrivé avec Bee ! Tu as trouvé des médecins pour l’hôpital ?
_ Oui ! Il y en a déjà trois qui ont signé pour venir dès que le manoir sera opérationnel ! Mais ce n’est pas ça qui me donne un grand sourire. Votre mère et moi nous avons une chose très importante à vous annoncer ! »Bee lève son nez et elle vient à te pointer du doigt.
« – Maman attend un bébé !
_ Hein ? Mais comment tu sais ça toi ?
_ Rosie me l’a dit. Elle a dit que maman avait un bébé dans le ventre mais qu’il fallait pas lui dire. Elle voulait que maman à la surprise mais je le sais depuis longtemps.
_ Euh.. mais.. tu parles encore à Rosie ? Enfin comment tu parles à Rosie ?
_ Bah dans mes rêves Duda ! Elle vient me voir et puis on parle ou alors on joue. Elle adore jouer à cache cache, comme toi quand tu étais petit. Grand mère Pocahontas m’a dit que c’était ton jeu préféré et elle a même joué avec moi et Rosie. »Kisos est abasourdi mais il essaie de revenir à la conversation qu’il avait lancé avant que Bee ne parle de Rosie. Maya est sans voix et elle a surtout son regard de rivé sur ton ventre.
« – Je suis heureuse pour vous.. pour nous. En fait, j’ai toujours espéré que maman puisse de nouveau tomber enceinte. Je sais que vous avez eu très mal quand vous avez perdu Rosie et ce bébé ne la remplacera jamais mais je pense qu’il est important que vous puissiez avoir votre propre enfant.
_ Notre propre enfant ? Que veux tu dire par là ma chérie ? Si tu crois que nous allons vous..
_ Ce n’est pas un reproche Duda. Je sais que vous n’allez pas nous abandonner et que vous continuerez à nous aimer de tout votre cœur. Vous nous avez assez prouver qu’on était une famille et encore plus avec moi.. J’ai souvent fait des erreurs et vous avez été là pour moi dans n’importe quelle situation. Alors je n’ai pas peur que vous nous laissez de côté, crois moi. Mais pour en revenir au bébé, vous le méritez et je suis très heureuse pour vous, pour nous aussi car on va être grandes sœurs. Et on s’occupera avec plaisir de ce petit amour qui va arriver, pas vrai Bee ?
_ Oui je vais m’occuper de mon petit frère ! Et en plus, je pourrais lui lire les livres de papy ! »Kisos a de nouveau les yeux qui brillent. Vos filles sont heureuses pour vous et puis Bee a parlé d’un petit frère.. Tu as vraiment un petit gars ? Le géant glisse sa main dans la tienne et il la serre avec douceur. Finalement tout devrait bien se passer et c’est encore plus intense comme moment. Il y a même Bee qui vient embrasser ton ventre après le dîner. Elle murmure même quelque chose mais vous pouvez entendre à moitié ses paroles.
« – dors bien petit frère.. je t’aime. »
Le dîner terminé, Bee retourne dans sa chambre et Maya va dans la salle de bain. Kisos débarrasse la table et il fait la vaisselle. Il te fait signe de ne pas bouger car tu en as déjà beaucoup fait pour ce soir et il n’oublie pas que tu as quand même eu un malaise dans la journée.
« – Il faudra que tu manges plus de fruits pour avoir des vitamines et puis tu te ménages hein ! On ne cours pas partout madame Walker. Si tu as besoin d’aide, il y a du monde qui sera là dont moi le premier ! Par contre, je pense que je ne serai pas celui qui supervisera ta grossesse. Du moins je ne veux pas être ton médecin parce que je sais que je pourrais devenir très vite envahissant.. on l’a bien vu avec ton cœur. Je te propose d’être suivi par Sora au début, enfin elle peut gérer certaines choses avec le nombre d’enfants qu’elle a eu. Quand l’hôpital sera ouvert, on te choisira le meilleur médecin pour l’accouchement. Qu’en penses-tu ? »
Kisos ne pas avoir le contrôle sur ta santé ou ta grossesse ? C’est impensable et pourtant il l’a décidé pour ne plus mettre de pression dans votre couple ou votre vie. Ça ne va pas être facile puisqu’il est facilement inquiet surtout quand ça te concerne mais il tient à ce que tu vives cette grossesse avec douceur.
Le petit ménage fait, Kisos va avec toi dans le salon pour que vous vous posez au chaud devant la cheminée. Tu es lové dans ses bras et il laisse son menton se caler contre le haut de ta tête. Un bébé.. Oui, ça ne quitte toujours pas son esprit et il sourit encore comme un idiot. Ce sourire risque de ne pas le quitter pendant un très long moment, surtout lorsqu’il imagine un avenir avec ce futur enfant.
“ – Mais comment tu te sens par rapport à tout ça ? Tu peux tout me dire. Je suppose que tu as quand même peur.. Par le passé, tu m’avais bien dit que tu avais peur des grossesses et aujourd’hui je le comprends mieux qu’avant. Enfin, avant j’étais borné à vouloir à tout prix une famille mais je n’avais pas conscience que c’était une épreuve très compliquée pour une femme. Je ne sais pas s’il est trop tard mais sache que je tiens à m’excuser de ne pas avoir été plus réfléchis. En tout cas sache que là, je serai présent pour toi et je ferai en sorte que tout se passe merveilleusement bien.. Tu me fais confiance ?”
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« – Je serais le meilleur des papas mais toi tu seras la meilleure des mamans au monde. Tout comme tu es la meilleure épouse au monde. C’est toi le miracle Charlotte Walker.. Malgré tout ce temps, tu réussis toujours à me surprendre et m’émerveiller. »
Kisos glisse ses mains dans ta chevelure détachée et il vient embrasser plusieurs fois tes lèvres. Une odeur de roses vous entourent et vous vous doutez que Rosie est là, qu’elle veille sur vous et surtout sur ce petit frère qui arrive d’ici quelque mois. Tout ne risque pas d’être joyeux et parfait car tu risques d’être parfois malade ou alors tes hormones rendront ton humeur lunatique mais Kisos a hâte de vivre ça avec toi. Vous n’avez finalement pas vraiment eu ce bonheur avec la grossesse de Rosie car en ce temps, tout était compliqué mais là vous allez pouvoir vous poser et profiter de chaque petits instants.
Pour ce soir, vous finissez au lit, enlacer l’un dans les bras de l’autre. Kisos s’endort avec un sourire bêta sur ses lèvres et au réveil il a toujours ce sourire sur les lippes. D’autant plus que vous avez encore été rejoint par la petite Bee puisqu’elle s’est nichée entre vous deux. Maya a préparé le déjeuner et Nicholas est revenu de sa petite soirée en amoureux donc vous pouvez déjeuner à cinq. Kisos ne peut s’empêcher de taquiner un peu votre fils puisqu’il est dans sa période de jeunes amoureux, un peu comme toi et Kisos au début.
« – J’espère que tu as été un gentleman avec cette demoiselle. J’espère aussi que tu l’inviteras à dîner un de ces jours. On serait ravis de la rencontrer ! Je suis sûr qu’elle va adorer son beau papa Kisos !
_ Tu l’as déjà vu comme tu es le médecin de la ville. Tu l’as même mise au monde, c’est Juliette !
_ La fille des Johnsons ? Mais oui ! Je vais même de temps en temps à la chasse avec son père. En tout cas je ne savais pas que tu avais un penchant pour les rousses aux yeux vert !
_ Oooh Duda..
_ Elle est très jolie et je suis heureux pour toi mon fils. Cependant fais attention hein. Pas de bêtises de grands ! Tu vois ce que je veux dire. »Bee fronce les sourcils car elle ne comprend pas ce que Kisos veut dire par bêtises de grands. Elle s’apprête à poser la question mais Kisos anticipe en montrant ton ventre du doigt,
« – C’est faire les bébés.. il n’y a que les adultes qui ont le droit normalement.
_ Et comment vous faites les bébés ?
_ Ah.. tu demandes à Ma’ ! C’est elle l’enseignante. »Kisos sourit en coin surtout que Bee se tourne vers toi en pensant avoir une réponse de suite. Maya vient à ton secours en parlant de choux et de roses mais Bee n’est pas si dupe cependant vous laissez cette affaire à Maya. Cela vous permet de débarrasser la table mais ça vous laisse aussi le temps d’aller vous habiller pour la journée. Tu vas sûrement rester ici pour peindre puisque tu as pu délégué ton travail à de nouvelles enseignantes mais Kisos doit aller au manoir de tes parents pour voir comment vont se dérouler les travaux pour le transformer en hôpital. Ton frère devrait l’y rejoindre mais Kisos est un peu contrarié que tu n’as pas été convié alors il tient à changer les choses.
« – Tu vas venir avec moi ! On va amener Bee à l’école et on ira au manoir ensemble. Ton frère a dit que les travaux ne t’intéressaient sûrement pas mais je pense que tu as quand même ton mot à dire et j’ai envie que tu donnes ta touches féminine ou artistique à l’endroit. C’est ce que tes parents auraient voulu. »
Aujourd’hui Kisos enfile un costume, ce qui le rend beaucoup plus sérieux mais ça lui donne aussi ce côté gentleman qui semble te faire rougir. Pourtant il y a de quoi rougir aussi avec toi puisque tu as mis une jolie robe fleuris qui met en valeur ta poitrine qui gonfle à cause de la grossesse. On perçoit même le début de ton ventre arrondi. Tes lèvres maquillées de rouge mettent la touche finale sur la beauté que tu es. Même s’il se risque à avoir du rouge sur ses lèvres, Kisos te pique un baiser tant tu es irrésistible.
« – Je crois que je vais adorer ce décolleté de femme enceinte. Fais attention à ce que ça ne devienne pas mon oreiller officiel. »
Il dépose un chaste baiser sur le haut de ta poitrine mais vous ne pouvez pas tarder puisqu’il faut accompagner votre petite dernière à l’école. Maya étudie pour être infirmière mais elle fait cela chez vous alors que Nicolas travail en ville. Il n’y a que Bee qui demande le plus d’attention et elle est assez grande pour aller à l’école seule mais Kisos a beaucoup de mal à couper le cordon. L’arrivée de votre bébé aidera à ce qu’il ne soit plus un papa poule avec la petite rousse même si elle ne s’en plaint pas du tout, au contraire elle adore profiter de l’attention de son papa ours.
C’est une heure plus tard que vous arrivez devant chez tes parents et où des hommes sont déjà là pour commencer à sortir les meubles qui ne sont plus utiles. Comme convenu, ceux ci vont être offerts à des personnes dans le besoin mais ça fait tout de même mal au cœur de voir tout ça s’en aller. James vous attend plus loin et il est surpris de ta venue mais au lieu d’être mécontent, il vient surtout te prendre dans ses bras. Tu es devenue sa nouvelle figure maternelle alors il t’idolâtre comme tous enfants le font avec leurs mères.
« – Mes deux humains préférés ! Je suis content que vous soyez là et vous savez quoi ? J’ai une bonne nouvelle ! Si les hommes s’y mettent bien, dans moins de six mois l’hôpital sera terminé et on aura le premier établissement médical et pluridisciplinaire de l’état ! »
Il a les affaires dans le sang ce petit, tout comme ton père l’avait. Il sait où placer l’argent et comment le faire fructifier. Sans que vous ne le sachiez encore, il a place de l’argent de l’héritage en achetant des actions à la bourse et d’ici quelque temps, cela va rendre ton frère millionnaire. James est un garçon très intelligent mais aussi un très beau garçon en général. Kisos se demande pourquoi à son âge, presque la vingtaine, il n’a toujours pas de petite amie et de projet de vie de famille. Pour l’époque, plus on se mari tôt et mieux c’est mais là James ne se presse pas du tout et il change même de sujet quand Kisos essaye de lancer la conversation. Y aurait-il un souci ? Le sujet sera à revoir entre vous plus tard mais là un autre sujet se pose quand James dit que toutes les pièces vont être réaménagées de fond en comble pour y faire des chambres ou des salles de chirurgie.
« – Je ne veux pas que la chambre de tes parents deviennent une chambre quelconque. Je préfère que tu y fasses faire un grand bureau.
_ Mais nous allons perdre au moins deux chambres de patients si on ne l’utilise pas comme c’était prévu !
_ Ce n’est pas grave. La chambre de tes parents est l’endroit où ils sont partis ensembles. Il est symbolique surtout dans mes croyances alors ne détruisons pas ça,
_ Hm.. très bien. Si tu insistes. Et pour nos chambres à moi et aux filles, on peut les refaire j’espère ?
_ Oui, sauf si Charlie a une autre idée car c’est quand même les lieux où vous avez grandis. »Dans tous les cas, il faut rentrer dans le manoir pour que James vous explique ce qui va être fait et ce qui va totalement changer. Il va y avoir de sacrés travaux et l’endroit risque d’être méconnaissable mais Kisos a quand même des souvenirs qui lui reviennent en tête en voyant certaines pièces. Comme les grands escaliers où tu étais descendu comme une princesse lors de ton dix septième anniversaires. Ta chambre d’adolescente avec des dessins encore d’inscrits sur les murs. La cuisine où Kisos adorait s’y faire bichonner par les employés. Ça va faire vraiment bizarre quand l’endroit sera terminé mais tes parents ont eu cette énième idée pour attirer d’autres médecins et permettre à Kisos d’être plus présent pour toi. Même dans la mort, ils veulent t’accompagner. Si pour James il n’y a aucune jalousie, pour les jumelles ce n’est pas la même couleur mais cela te viendra bientôt aux oreilles.
Pendant quelques instants, James s’en va voir le chef des travaux pour parler de la chambre de tes parents et c’est là que Kisos te pose cette question de comère. Surtout que vu ce qu’il se passe devant vos yeux, le colosse n’est pas si bête dans ses propos.
« – Tu crois qu’il ne serait pas tourné vers les hommes ? Il ne s’intéresse pas du tout aux filles.. et regardes comment il est avec ce gars là.. »
Il est presque collé au chef et il a un sourire des plus séducteurs. Pour votre époque, être homosexuel est limite considéré comme un crime, James va devoir rapidement cacher ses désirs mais il va devoir certainement faire face à l’incompréhension totale de Kisos. Depuis le temps que tu le connais, vous n’avez pas vraiment parlé homosexualité puisque cela ne vous concerne pas mais pourtant c’est un sujet tabou chez Kisos. Chez les amérindiens, c’est considéré comme une honte familiale et avec ce qu’il a toujours entendu, Kisos est totalement révulsé par les gays.. Et ça peut être un vrai gros problème car il risque de se montrer odieux envers James.
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Ton idée de fresque est adorable mais Kisos a l’esprit ailleurs. Oui, il repense encore à ton frère ou même à ce que tu as dit. Il n’arrive pas à concevoir qu’un homme puisse aimer un autre homme. Cette information ne veut vraiment pas entrer dans sa façon de voir la vie mais en même temps il a vécu avec la mauvaise idée que les homosexuels hommes étaient des monstres. Même s’ils n’étaient pas diaboliques, Pocahontas et Gabriel le pensaient aussi à cause de leurs aïeux alors ils n’ont pas enseigné les bonnes choses à leurs fils. Gabriel avait aussi peur que son unique fils puisse devenir gay donc il a souvent été peu glorieux envers les homosexuels. C’est pour ça que Kisos n’arrive pas à comprendre et au lieu de profiter de l’instant avec toi, il se renfrogne un peu.
« – Tu dis qu’on a défié les lois mais non.. nous on a le droit de s’aimer. Un homme et une femme doivent s’aimer. Ils sont fait pour être ensemble, pour avoir des enfants mais deux hommes.. hm.. bref.. Je vais aller préparer le repas de ce midi. »
On dirait qu’il fait la gueule mais il est plutôt perdu dans sa conception des choses. Justement James doit manger avec vous ce midi donc peut-être que cela aidera Kisos à voir les choses différemment ou alors comprendre.. Ton petit frère entre chez vous avec un grand sourire aux lèvres car il a retrouvé un autre trésor dans le manoir. Il est tombé sur des dessins que les jumelles avaient fait lorsqu’elles étaient petites mais aussi le premier ourson qu’il avait eu. Il vient vers toi pour te les montrer mais il sent bien vite qu’il y a une sorte de tension ici. En effet, Kisos a un œil vif envers lui et c’est la première fois que son beau frère semble hostile envers lui.
« – Tout va bien Kisos ? Regarde ce que j’ai trouvé ! Je pourrais peut-être donné mon ourson au bébé qui va arriver ?
_ Non c’est bon, ça ira. Je ne veux pas que notre fils soit.. »Mais Kisos cesse de parler en voyant ton regard noir. James ne comprend pas et il prend un air hilare puisque l’ambiance a totalement changée depuis votre départ du manoir.
« – Ça ne va pas ? Il s’est passé quelque chose ?
_ Est-ce que tu aimes les hommes James ? »Kisos ne passe pas par quatre Chemins. Il pose la question avec fermeté si bien que James a impression de se prendre une gifle. Ton frère ouvre la bouche mais rien ne sort. L’homosexualité est plus qu’un tabou à cette époque et Kisos réagit encore plutôt bien contrairement à d’autres hommes qui auraient déjà pendu James.. Le jeune homme cherche de l’aide auprès de toi en se rapprochant mais Kisos aussi se rapproche dangereusement.
« – J’attend une réponse James ? On t’a vu observer le chef de chantier.
_ Observer ? Je le regardais simplement.. je ne vois pas en quoi cela veut dire que j’aime les hommes.. toi je te regarde bien et..
_ Ah non ! Tu ne parles pas de moi ! Je ne suis pas homosexuel moi ! Qu’est ce que dirais ton père s’il le savait ? Tu crois qu’il aurait accepté ce que tu es ?!
_ Mais.. ne parles pas de papa.. ne parle pas de mon père ! Tu ne sais rien toi ! Tu es complètement bête ! Je me demande même comment ma sœur peut être avec un idiot comme toi ! »Ça pourrait facilement partir en bagarre. Kisos attaque, James se défend. Et tu ne pourras pas te mettre entre eux s’il arrivait malheur mais pour éviter que ça en arrive ici, c’est Kisos qui préfère sortir de la maison. Il sent qu’il doit se calmer mais aussi qu’il doit aller chercher des réponses ailleurs qu’ici car toi tu vas défendre ton petit frère, ce qui est normal mais Kisos a besoin d’entendre quelqu’un qui pense comme lui.
James est tétanisé dans votre salon mais quand Kisos sort, il relâche la pression en lâchant un sanglot. C’est la première fois qu’il est confronté à quelqu’un qui connaît son secret. Il a toujours réussit à le cacher mais là il a été grillé et c’est une défaite pour lui. Il sait cependant qu’il peut compter sur une alliée de taille, toi. Tu as toujours eu une vision beaucoup plus ouverte et grande que la plupart des gens. C’est pour cela qu’il vient un instant dans tes bras car il a besoin de sentir qu’il n’est pas seul dans ce combat qui va être très compliqué.
« – Je suis désolé Charlie.. j’ai tout essayé pour aimer les femmes.. je sais que papa et maman auraient voulu que j’épouse une belle jeune fille et que je deviennes un jour papa mais je n’y arrive pas.. je n’arrive pas à être attiré par les filles. Je suis tellement désolé d’être une honte pour toi ou ta famille.. »
De son côté Kisos part en ville et notamment vers le poste du shérif donc le lieu de travail de son beau frère. Thomas est devenu une sorte de confident et de meilleur ami pour Kisos. Il y a Ona mais Ona serait moins objectif sur la question de l’homosexualité puisque lui est encore plus réfractaire que Kisos. Par contre Thomas vient d’un autre pays alors est-ce qu’il aurait une vision différente ? Mais il ne veut pas non plus aller vers des inconnus car il ne veut pas que tout le monde sache pour James. Les deux vont donc dans le bureau de Thomas pour discuter un peu et le beau frère semble amusé par la situation.
« – C’est vrai que si l’un de mes fils devient homosexuel, je le prendrais très mal mais pas parce que je lui en voudrais mais parce que je sais qu’il sera maltraité. On nous dit que c’est contre nature mais qu’est ce qui est contre nature ?
_ Tu vas non plus me dire que c’est normal ? Que l’amour n’a pas de sexe ?!
_ Non non je ne dis pas ça. Un homme est censé aimer une femme mais peut-être qu’il y a des exceptions. J’en sais rien mais je t’avouerais que je n’ai jamais réfléchis à la question car je n’ai jamais eu d’homosexuel dans mon entourage. En même temps, en Angleterre ils sont directement envoyé en prison.
_ Je n’arrive pas à comprendre et ça m’énerve..
_ Pourquoi un homme est attiré par un autre homme ?
_ Oui, je ne comprends pas.
_ Moi non plus, d’autant plus que j’ai une femme délicieuse qui m’attend à la maison. Après ça ne veut pas dire que ton beau frère n’est pas quelqu’un de bien. Et puis tu peux toujours essayé de l’aider à changer sa vision des choses.
_ Comment ca ?
_ Présente lui des jolies minettes ! Essayes de cerner ce qui l’attire. Peut-être que tu trouveras la fille qu’il lui faut.
_ Et si ça ne fonctionne pas ?
_ Alors laisse le faire ce qu’il veut. De toute façon s’il veut aimer un homme, il le fera mais si il lui arrive quelque chose alors tant pis pour lui. Tu dois d’abord penser à toi et ta famille.
_ Mais Charlie.. elle n’a pas du tout la même vision que moi. On va se disputer, c’est sûr et certain. Et puis elle fera tout pour défendre son frère.
_ Charlotte est une idéaliste mais elle n’a pas vécu certaine pression ni idéologie des bas peuples. J’adore ta femme mais elle a vécu avec deux parents élevés en rang social et ils acceptaient tout d’elle. Nous on a pas vécu ça. Moi mon père me battait pour que je devienne un homme.. tu crois franchement que j’aurai eu le temps ou l’esprit de penser à aimer un homme alors que j’avais le visage tuméfié tous les jours ? Toi tu as pas été battu mais tu avais un père strict et presque parano. Il pensait que toute la terre allait s’en prendre à lui ou à vous alors tu as été élevé comme ça, avec le besoin de protéger ton entourage. C’est ce que tu fais là, en venant me parler de James parce que tu veux protéger ta famille. Mais pour en revenir en Charlie, elle doit aussi comprendre que notre monde n’est pas idyllique. Son frère risque d’être tué s’il ne change pas maintenant. »En réalité, Kisos n’est pas vraiment homophone.. il a surtout peur de ne pas savoir protéger James des détracteurs qu’il aura sur son chemin mais aussi des répercussions qu’il y aura sur votre famille. En soit, Kisos n’a jamais été le genre de personne à être contre l’amour mais il est peut-être plus simple de passer pour un homophobe que de défendre l’amour interdit. Si pour des femmes cela passe plus facilement, pour des hommes c’est une guerre perdue d’avance. Kisos remercie Thomas de l’avoir écouté et il se convainc qu’il doit chercher après une fille qui pourra rendre James heureux. Il y en a plein de jolies demoiselles dans le coin et il y a aussi des filles qui sont adorables. En étant le médecin de ville, Kisos connaît plus ou moins les personnalités. C’est en revenant à la maison qu’il pense pouvoir te parler de ça, du fait que James a peut-être juste pas trouvé la fille qu’il lui faut mais quand il rentre, il tombe surtout sur toi.. avec ton regard de tueuse, comme ta mère pouvait le faire lorsqu’elle était en colère. Oui, il va se prendre un ouragan alors sois il baisse les armes maintenant ou sois il tente de se défendre.
« – Ce n’est peut-être qu’une passade ! On devrait l’aider à trouver une fille qui le rendra heureux au lieu de le pousser à aller vers les hommes Charlie ! James va droit vers la mort s’il se conforte dans ça ! On va devoir encore se battre ? Encore lutter contre tout le monde parce qu’il faudra le défendre ? Et puis de toute façon il ne pourra pas avoir de famille s’il reste avec un homme ! »
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Kisos n’a jamais reçu une telle crise de colère ou de folie de ta part. Tu en as même sorti le fusil et ton regard exprime une haine viscérale envers lui. Bien sûr qu’il prend peur lorsque tu tires de la sorte mais il est surtout blessé par tes mots d’une violence sans précédent. Oui, il a réagit comme on lui a appris à agir face à cette situation et il a réagit par peur des représailles sur sa famille donc toi et les enfants mais est-ce que cela mérite autant de coups de couteaux verbaux ? Est-ce qu’il mérite d’être traité qu’un moins que rien après tout ce qu’il a fait pour vous ? Est-ce qu’il mérite que tu menaces de l’abandonner au lieu de le rassurer sur le fait que tout ira bien même si James aime les hommes ? Alors que tu es dans la chambre à te retenir sur le fauteuil, Kisos devrait venir vers toi pour t’aider à te poser mais il semble totalement ailleurs. Complètement sonné par la scène que tu viens de lui faire. Finalement est-ce que tu n’agis pas non plus comme les homophobes ? Ceux qui usent de la violence et des mots tranchants parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils ont face à eux ?
« – Je.. vais ranger le salon.. et.. oui, je vais aller nettoyer. »
Aucune réplique sur sa part. Il ne dit rien sur ce qui vient d’être dit ou fait. Il repart dans le salon pour ramasser et retirer toutes cette peinture que tu as fais éclater sur les murs ou le sol. Dans son esprit, il essaye de mettre tout ça sur le coup de tes hormones mais est-ce que les hormones justifient tout ? Et est-ce qu’il doit vraiment se sentir autant blessé qu’il ne l’est pour le moment ? En tout cas, il a besoin d’être seul et de s’occuper si bien que lorsqu’il t’entend approcher, il se met de dos pour ne pas croiser ton regard. À genoux sur le sol, il essaye de retirer une tache bleue qui ne veut pas se déloger du parquet.
« – Retournes dans la chambre. Je m’occupe du salon. »
Tu as peut-être un peu de culpabilité qui sait, tout comme lui peut en avoir mais quand ta main glisse sur son épaule, Kisos la repousse. Gentiment mais il la repousse.
« – Je suis ignoble parce que je ne comprends pas cette façon d’être et que je pense surtout à ma famille mais de là à faire de moi un monstre de toute une vie, n’est-ce pas ce que finalement font les gens qui sont contre ton frère ? Moi je cherchais juste une solution qui protégerait James et aussi les nôtres. Peut-être que je m’y suis mal pris, peut-être que je suis trop drastique à ton goût mais jamais je ne me serai permis de remettre toute ma vie avec toi en doute à cause des choix d’un autre.. hm.. pour le moment je préfère être seul Charlie. Le monde extérieur est déjà entré ici bien plus que tu ne le crois. »
Il fait en quelque sorte son boudeur mais bon, il faut bien que tout ça redescende un peu pour avoir l’esprit plus clair. Kisos termine de nettoyer le salon et il s’en va même chercher du bois en extérieur pour arranger les endroits où il y a eu des coups de feu. Il ne veut pas que vos enfants puissent voir qu’il y a eu le moindre problème ici durant l’après-midi. Il fait les choses comme un robot, même aller chercher Bee est automatique mais lorsqu’il ramène la jeune demoiselle chez vous, il lui demande d’aller te rejoindre et lui repart pour aller s’occuper de vos chevaux en extérieur. Bee est trop jeune pour comprendre qu’il y a eu une grosse dispute chez vous et quand elle te retrouve, elle raconte sa journée à l’école avec la nouvelle maîtresse qui vient tout droit de Russie. Elle ne savait pas que ce pays existait alors elle est toute enjouée de te dire ce qu’elle a appris sur le pays des tsars.
À l’heure du dîner, il y a un repas qui vous attend en cuisine mais Kisos est encore dehors. Il s’occupe de changer les fers de vos chevaux même s’il fait sombre. Il te voit du coin de l’œil, tu es sur la terrasse à le chercher et quand tu le trouves, il sent que tu vas arriver mais il fait trop froid pour que tu restes ici avec si peu de tissus sur toi. Kisos abandonne un instant son étalon pour se rapprocher de toi mais il a encore ce faciès inexpressif.
« – Le repas est prêt, vous pouvez manger. Moi je n’ai pas faim. Maya devrait arriver un peu plus tard car elle est avec son prescripteur pour les cours de médecine. »
Kisos comprend que tu ne vas pas rentrer sans lui et cela l’agace. Il se rapproche à nouveau de toi mais il se stoppe juste face à toi. Sa grandeur s’impose sur ton petit corps mais ça a toujours été.
« – Tu ne sais rien de ce qu’est la haine des gens. Tu dis que je suis ignoble, que je juge sans savoir mais si je sais et si tu te rappelles bien, c’est même pour cela que j’ai toujours été un adolescent perturbé. Toi tu as eu une vie où presque tout était dans tes mains. Des parents riches, blancs, qui n’avaient qu’à papoter avec d’autres blancs et vivre sans se soucier de rien. Moi je n’étais peut-être pas homosexuel comme ton frère mais j’étais le garçon à la peau différente, aux traditions différentes mais j’étais aussi vu comme un blanc par ceux qui était censé être mon peuple. Dans les deux endroits où je devais me sentir bien, j’étais vu comme quelqu’un de monstrueux. Je n’avais ma place nulle part et j’ai dû lutter contre ça une longue partie de ma vie. Alors tu crois vraiment que je ne sais pas ce que vit ton frère ? Sauf que lui n’a pas les stigmates physiques de sa différence. Il peut toujours trouver des subterfuges pour éviter les drames alors que moi je ne le pouvais pas. Si bien que des blancs ont tué mon père et que les amérindiens ont longtemps répugné ma mère. »
Kisos est ferme dans ses mots mais il faut peut-être que ce qu’il garde pour lui sorte un bon coup. Il n’est plus l’adolescent perturbé, il n’est plus le jeune homme à la recherche de son identité mais il ne veut surtout pour retourner dans ce genre de travers qui lui ont souvent fait énormément de mal.
« – Je suis désolé de vouloir aujourd’hui une vie où je n’aurais plus besoin de me battre contre qui que ce soit. Que ce soit les autres ou de moi-même. Oui, je ne comprends pas comment un homme peut aimer un homme mais ce n’est pas ça qui est le plus difficile à gérer. Je ne veux surtout pas devoir me battre à nouveau car c’est ce qui se passera si James continue de montrer ses préférences. On devra prendre sa défense auprès des autres, on devra essuyer la haine de ceux qui pensent que c’est horrible. Si toi tu as envie de te battre pour lui alors fais le mais moi je ne le ferai pas. Je suis fatigué Charlie.. Je suis épuisé de devoir tout prouver pour avoir une vie normale alors que je suis quelqu’un de normal. Si tu ne comprends pas ça alors peut-être que tu as raison.. peut-être que je suis un ignoble bonhomme pour qui tu n’auras plus de sentiments parce qu’il n’a plus à cœur de se battre pour les injustices, »
C’est surtout ça qui pèse sur cet immense colosse. Il est peut-être grand, musclé.. il est peut-être impressionnant et il fait peut-être peur à beaucoup de monde. Il inspire aussi la confiance et la force mais Kisos est arrivé à un stade où il n’aspire qu’à seulement vivre. Il a le poids d’années de lutte sur les épaules et s’il continu n’importe quel combat, il finira vraiment par s’écrouler.
« – Je veux juste être tranquille.. je ne veux plus me réveiller en me demandant qu’est ce que je vais devoir encore défendre aujourd’hui. Ça faisait quelques semaines que je réussissais enfin à avoir un sommeil sans coupure.. j’en avais jamais eu avant. Aujourd’hui les personnes qui vivent dans cette ville ne cherchent plus à savoir dans quel camp me mettre. Je ne suis ni blanc, ni amérindien, je suis juste Kisos. Ce sentiment je l’avais cherché toute ma vie. Je n’ai enfin plus rien à prouver et tu ne peux pas savoir à quel point ça fait du bien Charlie. Au lieu de me dire que demain je devrais être là ou là pour faire bonne impression, aujourd’hui je peux me dire que je peux être auprès des miens et profiter d’eux parce que personne ne viendra nous faire faux bon. Mais ça.. ça c’était jusqu’à aujourd’hui. Parce que maintenant j’ai presque pour obligation de devoir défendre les amours interdits de ton frère. »
Il secoue la tête et il te contourne pour rentrer dans la maison. Il est sale avec l’après-midi qu’il vient de passer pour éviter de craquer à son tour mais il a surtout son dos voûté, comme un vieil homme qui ne supporte plus la pression du monde. Kisos prend un morceau de pain et il s’en va dans la salle de bain. Bee n’a pas eu son câlin de la part de colosse et elle ne comprend pas.. elle en fait une moue triste et elle t’attend à la table de cuisine.
« – Duda est malade Ma’ ? Il veut pas manger avec nous ? »
Kisos va dans la salle de bain et il se laisse aller dans un bain bouillant en espérant que cela le détend. Mais il vient surtout à verser des larmes silencieuses. Oui, la fatigue est ce qui est le plus flagrant dans son état d’esprit d’aujourd’hui. Il est épuisé. Il n’a plus la force de se battre, même avec toi. C’est à la fois normal mais aussi triste puisqu’il a eu à coeur de toujours défendre des principes et des valeurs mais est-ce qu’on peut lui reprocher de vouloir un instant de paix absolue après tout ce que vous avez vécu ?
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Même si Kisos semble encore ailleurs et rempli de tension, il ne peut pas te refuser ta demande de venir dans ses bras. Au contraire, quand tu y arrives, Kisos te serre un peu plus contre lui car lui aussi a besoin de sa meilleure amie. Il t’a annoncé son désir de vivre une vie de paix, sans nouvelles batailles mais malgré tout il y a quand même cette culpabilité de t’abandonner ou d’abandonner ton frère. C’est contradictoire avec ce qu’il souhaite pour vous mais comme tu l’as dis, Kisos a été un homme de justice, un homme qui n’a jamais aimé l’intolérance mais a l’heure d’aujourd’hui, il n’a plus la force de se battre et c’est aussi un constat blessant pour lui. Alors oui, il ne dit pas grand chose car dans son esprit tout est embrouillé entre ce qu’il a vécu, ce qu’il devrait faire et ce qu’il ne veut plus faire.. Cependant après un long silence, Kisos pose son menton contre le haut de ta tête et il se met à murmurer.
« – Tu crois qu’à Édimbourg sa vie sera meilleure ? Que ce soit ici ou là bas, ça ne changera pas.. Il devra quand même se cacher pour éviter de devenir la bête noire.. »
Et ce n’est pas faux ce qu’il dit. James ne pourra jamais vivre sa vie amoureuse au grand jour et ça même si vous le défendez avec ferveur car les mœurs sont beaucoup trop fermés. Kisos a déjà montré qu’il avait des œillères mais il n’est qu’un petit joueur puisque les pratiquants catholiques ne feront aucun cadeaux à James.
« – Et tu n’es pas lache Charlie.. mais tu ne peux pas tout combattre.. on ne peut pas tout combattre. On aurait beau hurler de toutes nos forces, il y a des combats qui sont perdus d’avance parce que nous sommes trop peu à les accepter. Et je pense que se jeter dans ce combat, amènera encore plus de problèmes qu’il n’en résoudra.. Je.. C’est vrai que j’ai été trop rapidement hostile parce que ce genre d’amour a toujours été pointé du doigt et maudit.. Mais même si je met cette hostilité de côté, même s’il a le droit d’aimer qui il veut, on ne pourra jamais lui offrir une vie où il vivra son amour au grand jour. On.. on doit l’accepter. On peut le soutenir.. mais il faut lui faire comprendre que sa situation doit rester cachée.. pour son bien.. »
Kisos sait que ça ne doit pas te plaire mais il se doit d’être réaliste pour ne pas que tu puisses croire que cela pourra changer. Comment changer la mentalité des gens ? C’est plus que difficile surtout dans ce cas là où la religion rentre énormément en jeu et malheureusement vous vivez dans un monde où elle est proéminente.
« – Mais il n’ira pas à Édimbourg. Sa place n’est pas là bas.. elle est auprès de toi Charlie. Il.. il vient de perdre aussi vos parents et tu es devenu sa référence. Je te promet que.. Je ferai en sorte de ne pas mal me comporter avec lui et j’irai m’excuser. Je ne vais pas te mentir que ça me perturbe cette histoire qu’un homme puisse être attiré par les hommes mais si c’est ce qui le rend heureux.. »
Kisos hausse les épaules car de toute façon il sait qu’il ne pourra pas aller contre les sentiments de ton frère. Le colosse se réveillera à l’aurore pour ne pas que James prenne le départ pour l’Écosse mais en attendant, il préfère rester contre toi. Du moins, jusqu’à ce que tu as cette fringale et que finalement il te rejoint dans la cuisine. Il s’assit face à toi et il se met à rire légèrement car pour une fois tu as mangé entièrement ce qu’il a préparé.
« – C’est un croque monsieur.. C’est la vieille Denise qui m’a donné la recette. Cela vient de France.. et je vois que tu adores ça. »
Si bien qu’il n’y en a plus pour lui mais Kisos peut encore en préparer donc il s’attelle à la tâche. Il en refait pour lui mais aussi pour toi puisque tu ne sembles pas avoir encore satisfait ton appétit féroce. Il doit en refaire deux fournées finalement car même lui a bien faim. Au moins vous vous endormez avec les ventres remplis mais à l’aube, Kisos n’est déjà plus là puisqu’il a promis d’aller voir ton frère.
Alors que James termine de préparer sa valise avec le cœur lourd, Kisos arrive. Le jeune Hedlund ne s’attendait pas à une telle visite et il se met surtout à appréhender les mots du colosse. Est-ce qu’il va le disputer parce qu’il est gay ou alors parce que James t’aurait contrarié ? Non, rien de cela. Même s’il n’a pas la plus douce des voix ni le visage le plus chaleureux, Kisos demande à James de rester. Bien sûr, il lui explique les difficultés qu’il va rencontrer durant tout le long de sa vie et puis il lui explique aussi ce qui peut arriver quand on est pas comme les autres mais cette conversation fait du bien à ton petit frère.
« – Je ferai attention Kisos.. Tu sais, je ne veux pas vous apporter de problèmes. J’ai même dis à Charlie que j’étais prêt à me marier avec une fille et..
_ Et ? On sait que tu seras malheureux. Je ne te demande pas de te marier avec une fille car tu seras malheureux et elle aussi parce que tu ne lui offriras pas forcément ce qu’elle attend.. Mais sois juste prudent et évite de montrer tes attirances au grand public.. je sais que ce n’est pas juste mais si c’est le prix à payer pour que tu puisses aimer un homme.. »En revenant à la maison, Kisos a été cherché les filles mais aussi du pain frais pour ton petit déjeuner. Tu n’es pas encore réveillé lorsqu’ils passent tous la porte alors Kisos propose de préparer un déjeuner qu’ils vont te ramener au lit. C’est Kisos qui porte le plateau mais ce sont les filles qui viennent te faire un gros câlin pour te sortir de ton sommeil. James est aussi présent.. il est à côté de Kisos et il tient un bouquet de fleurs.
« – C’est vrai qu’elle était déjà avec toi quand je suis né alors je ne l’ai pas beaucoup vu à la maison mais selon les dires de papa, Charlie a toujours été difficile à sortir du lit..
_ Et c’est encore pire avec le temps. Parfois il lui faut une heure pour seulement levé la couette ! »Les deux garçons se mettent à rire mais ils se rapprochent pour te donner les fleurs et ton déjeuner. James t’annonce qu’il reste ici et qu’il a même le projet d’accélérer les travaux pour l’hôpital puisqu’il veut que ce soit opérationnel au plus vite. Cela ravis Maya car cela son prescripteur, elle pourra commencer à travailler d’ici la fin de l’année en tant qu’infirmière. Les choses reviennent à la douceur même si Bee se lance dans une prise de parole qui mérite de garder son calme.
« – Moi je veux être la première madame à aller dans le ciel ! Tu sais que la lune ?
_ Pourquoi veux-tu aller sur la lune ma chérie ?
_ Parce que peut-être qu’il y a aussi des gens là bas.. pis comme ça je peux voir s’ils mangent comme nous et pis s’ils connaissent le chocolat !
_ Tu comptes ramener du chocolat sur la lune ?
_ Tout le monde mérite de connaître le chocolat Duda ! »Comme si c’était une évidence. Après ce déjeuner, James part avec les filles pour une petite promenade alors que Kisos vient t’aider à sortir du lit. La grossesse te fatigue, c’est normal mais elle se voit surtout un peu plus. Du moins, Kisos a l’impression que tu as pris un peu plus de ventre. Il ne peut s’empêcher de venir poser sa main sur cette petite brioche surtout quand tu te déshabille pour aller enfiler ta tenue du jour. Justement Kisos te demande de ne pas t’habiller de suite parce que dans cette nudité, il ne peut pas mieux voir le fait que tu portes la vie.. Cette courbe qui dessine ton corps.. cette vie qui grandit en toi.. Il est fasciné par ça. Alors qu’il est assis sur le bout du lit, il te fait venir face à lui et il pose son oreille contre ton ventre.
« – Je me souviens que lorsque Ma’ attendait Sora, j’adorais poser mon oreille contre son ventre car j’espérais que Sora me parle.. Elle ne m’a jamais parlé mais par contre son premier coup de pied était pour moi. J’espère que notre bébé sera moins sauvage que sa tante. J’espère aussi qu’il aura tes beaux yeux. »
Il dit « il » mais peut-être que ça sera une fille, seul l’accouchement vous le dira. Dans tous les cas, il est heureux parce qu’au delà de son envie d’être en paix, il a aussi ce cadeau qu’il avait espéré avoir un jour. Vous avez des enfants et vous avez eu Rosie mais là c’est différent. C’est un peu la surprise dont vous avez le droit après tant d’années difficiles.
« – Tu veux que je te prépare un bain au lieu de tout de suite plongé dans tes vêtements ? De toute façon tu as le temps aujourd’hui, rien ne presse. Moi je bosse cet après-midi mais les filles seront avec toi et je crois que Sora va venir te voir aussi. Elle aimerait que tu l’aides à trouver une idée de cadeau pour l’anniversaire de Thomas je crois. »
En réalité Sora veut surtout te voir pour l’anniversaire de Kisos qui va arriver dans un petit mois. Le colosse va souffler sa quarantième bougie et elle veut lui préparer une grande fête surprise mais pour ça, elle a besoin de toi puisque tu es celle qui connaît le mieux Kisos.
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Kisos et Bee rentrent à la maison après une journée bien remplie. Bee a été à l’école et a réussi à obtenir de nouveaux livres mais Kisos a dû passer sa journée à essayer de sauver un enfant qui a fait une chute très grave. L’enfant a voulu s’aventurer en forêt avec son frère et il n’a pas vu une crevasse qui l’a tout simplement fait tomber de plusieurs mètres. Kisos n’a pas réussit à sauver l’enfant et c’est toujours un sentiment amer qu’il ressent quand il n’arrive pas à garder quelqu’un en vie. C’est même pire lorsque cela concerne un petit. Alors tu peux très vite voir sur son visage qu’il essaye de cacher sa tristesse mais ça n’a jamais fonctionné avec toi. Tu as toujours su déceler ses émotions si bien que Kisos accepte de te dire ce qu’il s’est passé.
« – Le fils des Benson.. il n’a pas survécu. Il est tombé dans une crevasse mais c’est sa tête qui a cogné en premier. J’ai tout essayé mais je n’ai rien pu faire.. Il y avait bien trop de sang.. beaucoup trop de dégâts.. »
Bee entend les mots de son père et elle se met à pleurer car le garçon était un de ses amis de classe. Kisos tente de la rassurer en lui disant que le garçon est auprès de Rosie et de tous vos proches mais il faut bien une petite heure pour qu’elle se calme enfin. Pour ne pas rester dans une soirée triste, Kisos vous propose d’aller faire une petite balade pour aller voir les étoiles et aussi la pleine lune qui illumine le grand lac. Maya et Nicolas vous accompagnent mais vous avez aussi la compagnie de la petite amie de votre fils.
Kisos est à tes côtés, tenant ta main dans la sienne et il retrouve un peu de son sourire en voyant toute votre petite famille autour de lui. La famille.. même si rien n’est toujours parfait dans une famille, Kisos a toujours eu cet entourage proche mais c’est encore plus beau depuis qu’il a sa propre famille avec toi. C’est comme son remède, son salut, son oxygène.. Il se sent entier lorsqu’il est avec vous tous et maintenant que vous allez encore agrandir cette famille, il ressent encore plus de bien être.
« – Duda ? Tu penses qu’il y a des gens sur les étoiles ?, lance l’intrépide et curieuse Bee.
_ Je pense que ce sont nos proches qui sont sur les étoiles, comme tes grands parents ou même Rosie. Tu penses que c’est possible ?
_ Oh peut-être ! Mais dans ce cas la plus grosse étoile c’est papy Garrett !
_ J’en doute, papy Gabriel était encore plus grand et gros que papy Garrett ! Il était comme moi mais un peu plus petit.
_ C’est vrai ? Et tu crois que mon petit frère va être grand comme toi ou même plus grand que toi ?? Mais Ma’ est toute petite…. Elle va avoir un ventre énorme si le bébé est grand !
_ On va devoir la faire rouler pour qu’elle puisse avancer.. »Kisos et Bee te regardent avec amusement mais tu as le droit à un baiser sur ta tempe. Après cette balade, vous revenez à la maison et vous dînez tous ensemble. C’est encore Kisos qui cuisine mais avec l’aide de votre belle-fille et Maya. Nicolas profite de ce moment pour te rejoindre dans le salon. Tu t’es remis sur ta peinture et Bee est partie lire dans sa chambre donc le fait que vous ne soyez que deux l’arrange puisqu’il veut se confier à toi. Nicolas va avoir dix sept ans et il pense de plus en plus à son indépendance.
« – Ma’.. J’aimerais te parler de quelque chose mais je ne veux pas que tu le prennes mal ou que tu m’en veuilles. En fait.. j’aimerais épouser Lucie.. et vivre avec elle. On va avoir que dix sept ans mais je sais que je veux faire ma vie avec elle. J’ai un travail à plein temps maintenant et je pourrais subvenir à nos besoins. »
Le jeune homme pince ses lèvres car s’il se confie à toi ce n’est pas pour rien. Il sait que Kisos réagirait peut-être pas avec autant de compréhension que toi puisqu’il est papa ours ou plutôt papa poule. Voir un enfant quitter le nid n’est pas une chose facile et pourtant vous êtes proche de vivre ce moment.
« – Tu sais.. Je suis le moins expressif des trois enfants.. contrairement aux filles j’ai toujours eu du mal à parler ou évoquer mes sentiments. Pourtant si aujourd’hui je peux prétendre à avoir cette vie, c’est grâce à toi et Duda. J’étais pas destiné à avoir une famille ni deux parents qui m’aiment.. j’étais un garçon en orphelinat et vous m’avez montré ce qu’est d’aimer. Quand je vois toi et Duda.. oui.. je veux moi aussi vivre ça. Avoir mon épouse, ma propre famille.. et je veux surtout que vous soyez fière de moi. »
Nicolas vous sera toujours redevable mais surtout il sera toujours là pour vous. Ce qui est sûrement plus fort avec une adoption c’est qu’en ayant sauver des enfants d’une vie sans familles, vous avez amené chez eux un amour encore plus imposant qu’un enfant qui aurait toujours vécu avec sa famille. Mais bon, les oisillons quittent quand même le nid un jour ou l’autre, tout comme vous l’aviez fait il y a bien des années. Heureusement Nicolas n’est pas autant fantasque que toi ou Kisos lors de vos jeunes années. Il ne compte pas aller dans tous les pays ou même partir en aventures mais il veut quand même avoir son indépendance pour se sentir homme, se sentir grand.
De son côté Kisos apprend à connaître un peu Lucie et il n’est pas surpris d’apprendre qu’elle aimerait ouvrir un jour son propre restaurant ou quelque chose du genre puisque pour le moment, c’est elle qui fait des prouesses dans votre cuisine. Kisos et Maya font surtout les petits commis de pacotille. Maya aussi aurait des confidences à te faire puisqu’elle a trouvé un nouvel amoureux mais avec ses frasques des derniers mois, elle préfère garder ce secret. Son prescripteur.. un homme d’une trentaine d’années et mariés. Oui, votre fille semble adorer les hommes compliqués mais bon, vous aurez la surprise un peu plus tard. Pour le moment vous finissez tous à table pour déguster le plat de Lucie. Un saumon épicé accompagné de légumes divers. C’est un paradis pour vos bouches surtout quand on sait vos niveaux en cuisine pour toi et Kisos. Même Bee ne se cache pas d’adorer le plat.
« – Tu peux venir faire le repas demain aussi Lucie ? Parce que c’est trop bon et pis Duda et Ma’ ils savent pas trop cuisiner !
_ Oh.. mais je suis sûr que..
_ Elle a raison. Charlie et moi nous avons un gros problème avec la cuisine. Ce n’est pas faute d’essayer mais on est pas loin d’être des catastrophes culinaires ! »Autant dire la vérité et cela fait rire tous vos enfants. En tout cas le dîner fut une réussite et vos enfants décident de faire les corvées de nettoyage alors Kisos profite de ce petit temps pour retourner au salon avec toi et enfin tu as le droit au massage de tes jambes. C’est vrai qu’elles sont bien gonflées à cause de ta grossesse et Kisos remercie intérieurement sa mère puisqu’il trouve un baume qu’elle avait confectionné pour les maux de ce genre. C’est à l’aide de cette mixture qu’il détend tes muscles et articulations.
« – Je sais pour les intentions de Nicolas.. J’ai vu tes airs pendant le repas et je sais bien quand tu es troublée. Il n’est pas le plus doué pour cacher ses envies puisqu’il en a déjà parlé à presque tout le monde en ville. C’est le forgeron qui m’a annoncé la grande nouvelle.. Il m’a demandé si j’avais besoin d’aide pour préparer le mariage de Nicolas. Je ne t’avais encore rien dit parce que j’avais peur que cela t’attriste et puis aussi parce que je voulais que Nicolas vienne nous le dire directement mais je crois qu’il a peur de ma réaction. »
Kisos a un sourire à la fois amusé et nostalgique puisqu’il se revoit parler de toi à ses parents lorsqu’il était jeune.. Gabriel ne voulait rien entendre et Pocahontas était quand même sur ses gardes. Aujourd’hui c’est votre rôle accepter une belle fille et surtout les projets de votre fils.
« – Il n’est pas encore majeur.. mais je pense que si c’est ce qu’il veut le plus au monde alors je dois accepter. J’aurai aimé que nos parents soient plus conciliants avec nous deux.. ça nous aurait peut-être évité beaucoup de problèmes. Donc oui, pour ma part j’accepte mais seulement si toi aussi tu es d’accord. »
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Kisos a envie de rire en voyant ton visage plein de chocolat mais aussi tes larmes de crocodile qui sont présentes à cause des hormones mais il se retient puisqu’il sait que tout ça ne doit pas être évident pour toi. Il vient sans tarder te prendre contre lui et il vient déposer plein de petits baisers sur ton visage en espérant que cela puisse te faire du bien, te rassurer.
« – Eh.. je me fiche de mon anniversaire et puis tu as déjà un magnifique cadeau qui pousse dans ton ventre mon Ange. Alors ne te fais pas de soucis pour ça. Et puis tout va bien se passer, d’accord ? Tout ira parfaitement bien parce qu’on est à deux et on va veiller à ce que petit bébé sorte tranquillement dans quelques semaines. Tu dois surtout te reposer et puis te faire moins de soucis.. parce que tu es une super maman qui va tout réussir et que j’aime plus que tout au monde. »
Kisos avait totalement zappé qu’il va bientôt fêter sa quarantième années et dans un sens il préfère l’oublier car c’est quand même un âge qui l’éloigne de sa grande jeunesse où il était encore un jeune étalon dans toute sa beauté. Il a surtout l’impression de devenir un vieux et ce n’est pas sa chevelure qui commence à blanchir qui dira le contraire. Le bébé qui est en route saura peut-être redonner un peu de vigueur et de la jeunesse au colosse.
« – Viens avec moi, je vais te faire une petite tisane pour t’apaiser et puis je pense refaire une fournée de biscuits car je crois que tu en raffoles. »
Kisos sourit en coin puisqu’il remarque que tu as totalement vidé la boîte de sablés que Sora avait fait pour toi.
Malgré l’heure, Kisos te mène dans la cuisine et il prépare cette fameuse tisane. Il sort aussi de quoi préparer des biscuits et l’odeur attire toutes les bêtes qui vivent chez vous dont le bébé raton laveur qui en profite pour se nicher sur toi. Le géant n’est pas très adroit quand il s’agit de cuisiner mais il réussit à pétrir une pâte et à faire des biscuits en forme de petits bonhommes pour pouvoir t’amuser. Ce goûter de pleine nuit te réconforte et Kisos se félicite de pouvoir t’aider à pouvoir retrouver un sommeil correct, plus serein.C’est vrai que cette grossesse doit être assez effrayante pour toi avec ce que tu as vécu il y a plusieurs années. Il est difficile de pouvoir vraiment gérer cette peur car elle est légitime mais Kisos tient à ce que tu te sentes mieux, que tu vives ce moment avec plus de légèreté pour en profiter pleinement alors pour cela il compte trouver des moyens de rendre tes journées plus agréables. Il a quand même besoin de quelques conseils et au lendemain matin, après avoir déposé Bee a l’école, il va rapidement chez sa sœur qui a assez vécu de grossesses pour avoir quelques astuces qui pourraient t’aider.
« – Tu es venu pour voir Thomas ? Il est déjà parti au travail, il y a eu des problèmes avec les Wilson et les Lambert !
_ Non non, je suis là parce que j’ai besoin de toi. Qu’est ce qui te faisait du bien lors de tes grossesses ? Tu as quand même six garçons et une fille donc je suppose que tu dois aimer être enceinte..
_ Si tu veux mes secrets alors prend ta nièce en bras et donne lui sa compote pendant que je prépare du thé ! »La petite est encore minuscule et ça fait bizarre à Kisos d’avoir celle-ci dans ses bras mais bon, bientôt il aura un enfant encore plus petit dans ses bras et ça sera le votre. Il s’exécute avec la petite Charline même si celle-ci semble trop impressionnée par son immense oncle barbue.
« – Sache que pour me soulager de certaines douleurs, je prenais souvent des bains chauds. Cela me détendait totalement mais pour ce qui est de me rendre plus calme, plus sereine.. en fait j’étais heureuse d’imaginer cette vie avec mon bébé et puis j’adorais le sentir bouger en moi. Je pense que Charlie a peur car elle voit beaucoup plus le négatif que le positif.. peut-être que tu devrais l’aider à visualiser sa vie avec le bébé ? Elle a peur de le perdre et c’est normal mais si tu lui montres ce qui l’attend quand le bébé sera là ?
_ Je devrais peut-être commencé à faire la chambre du petit ? Je ne sais vraiment pas comment la rassurer totalement.. tu sais, moi aussi je pense à Rosie..
_ Oui mais on sait que pour Rosie, les choses étaient totalement différentes.. vous n’étiez pas prêt de toute façon. Elle avait peur d’être mère et toi tu étais aveuglé par la colère suite à la mort de Duda.. là tout est différent. Vous êtes prêts et ce bébé arrivera dans une famille magnifique. Vous avez assez fait vos preuves avec Nick, Maya et Bee.
_ J’ai quand même un peu peur mais tu as raison. Aujourd’hui les choses ne sont plus pareilles. Nous pouvons accueillir ce bébé dans les meilleures conditions.
_ Oui enfin essaye de ne pas le nourrir comme tu fais avec Charline.. tu mets la cuillère de compote sur sa joue !
_ Oups ! »Charline râle mais Sora et Kisos préfèrent rire de bon cœur. Après ce moment entre frère et sœur, Kisos doit faire un détour vers le futur hôpital Hedlund et les travaux avancent vraiment très vites puisque James gère les choses d’une main de maître. On ne peut pas nier qu’il a le sens des affaires et de l’organisation comme ton père. Kisos devrait aussi rejoindre son cabinet puisqu’il est toujours le seul médecin de ville pour le moment mais il se fait interpeller en chemin à cause d’une chute qui a sûrement coûté la mobilité à un homme sur le chantier de futures maisons. Le colosse a encore une journée chargée malgré ce qu’il aurait souhaité. Il voulait être avec toi mais ce n’est pas encore maintenant qu’il pourra prétendre à un peu de répit. Par contre toi tu as un peu de calme, enfin jusqu’à ce que Maya rentre de ses cours et qu’elle décide de te sortir de la maison pour faire un tour en ville. Il y a des nouveaux magasins mais aussi un nouveau salon de coiffure alors pour passer un peu de temps entre mère et fille, vous finissez dans l’établissement pour être pomponner.
« – Ma’.. j’aimerais bien te dire quelque chose mais.. je ne veux pas que tu le répètes à Duda. S’il l’apprend, il sera en colère contre moi mais j’espère que toi tu pourras me comprendre.. »
La demoiselle de seize ans a déjà eu pas mal d’erreurs à son tableau mais elle essaye de se rattraper depuis son retour. Elle travaille énormément sur ses études d’infirmières, elle fait quelques petits travaux pour gagner de l’argent mais malgré tout elle reste une jeune fille avec un cœur d’artichaut. Ben a été une immense erreur mais qu’en serait-il de celui qui fait en ce moment papillonner son ventre ?
« – Mon.. précepteur.. Cameron.. je.. et bien.. je l’aime.. mais je te promet que je n’ai rien fais avec lui et il ne sait rien mais je suis tombé amoureuse de lui.. »
Cameron, un très bon enseignant mais un homme qui a le double de son âge. Hier Nicolas qui se confie, aujourd’hui Maya.. vos deux ainés grandissent bien vite mais pour Maya, ça peut être en effet très strident. En se confiant à toi, elle espère que tu sauras l’aider ou la conseiller sans qu’elle finisse par se mettre Kisos à dos. Tu es sûrement la seule qui connaît assez le colosse pour savoir ce qui est bien ou non lorsqu’il s’agit de ses avis.
« – Je pense que c’est réciproque.. tout est tellement intense. Il n’y a pas besoin de se parler, les regards suffisent. Mais j’essaye de ne pas tomber encore plus amoureuse mais je n’y arrive pas.. je ne sais pas quoi faire Ma’.. je ne veux plus te décevoir mais.. mais j’aime tellement cet homme.. »
Ces confidences se font alors que vous revenez vers la maison. Kisos est de retour avec Bee mais il semble contrarié. Il râle parce qu’il n’arrive pas à couper un gros morceau de bois. Le colosse veut commencer à construire les meubles de votre bébé mais cela fait bien longtemps qu’il n’a pas jouer le menuisier. Bee se moque gentiment et quand tu arrives, elle court vers toi pour te raconter les mauvais exploits de Duda.
« – Il a cassé sa hache alors il râle comme un vieux monsieur ! Pis en plus il a dit des gros mots ! Mais j’ai pas le droit de te les répéter ! »
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Kisos comprend totalement ton envie de vouloir profiter de cette grossesse ou même de la présence du colosse. Tes derniers mots lui ont même fait oublié tes paroles sur la possibilité d’un départ de Maya ou même qu’elle puisse être amoureuse. Cela te laisse un peu de répit avant qu’il ne commence réellement à envisager la chose et qu’il ne panique. Tu as surtout éveiller sa réflexion puisqu’il se met à tenter de trouver un prénom qui pourrait convenir à votre petit homme. Tout en observant vos enfants jouer et en caressant ton ventre, Kisos se perd dans ses pensées.
« – Quelque chose d’ecossais.. parce que finalement tu viens de là bas et mon père aussi. Neil.. cela veut dire champion en gaélique. C’était aussi le prénom de ton grand père paternel il me semble.. ou alors Eliot.. j’aime bien aussi. Après on peut aussi prendre un prénom amérindien mais je préfère quand même mettre en avant les origines de ta famille. Ce bébé aura beaucoup plus de sang écossais que de sang américain.. »
Chercher un prénom n’a jamais été chose facile mais bon, vous avez encore quelques semaines pour vraiment trouver le prénom parfait pour ce bébé. En tout cas Kisos est d’accord avec le fait d’être un peu plus présent et puis il a une nouvelle qui devrait normalement te ravir.
« – James m’a annoncé tout à l’heure que l’hôpital sera opérationnel dans trois semaines et il a déjà plusieurs médecins qui ont signé pour y travailler. Je n’aurai plus besoin de courir partout dans Jamestown pour soigner les gens.. moi je serai le chef des médecins mais c’est surtout pour distribuer les rôles, les plannings.. je n’aurai plus forcément besoin d’exercer et ça va me laisser beaucoup plus de temps pour toi, pour notre famille. J’en suis vraiment heureux parce que dans un sens ça va me permettre de ne plus être tout le temps sur le terrain et dans un sens cela veut dire aussi que nous allons pouvoir offrir plus de soins aux personnes d’ici.. en sommes, nous rendons notre ville beaucoup plus indépendante et forte. Je suis sûr que Duda et Ma’ auraient été fière aussi.. »
Parfois il pense à ses parents et aussi à certaines choses qu’ils auraient apprécié comme cet hôpital ou même cette famille que vous avez construit à deux. Il imagine ses parents jouer avec leurs petits enfants mais bon, ce n’est qu’un rêve qui le console un peu.
Vous finissez par rentrer chez vous après cette douce soirée mais le retour n’est pas comme prévu puisque votre raton laveur a foutu un bordel du diable dans la cuisine. Il avait faim alors il a cherché de quoi se restaurer mais il a ouvert tous les placards et a mis de la nourriture un peu partout. Kisos se contient de râler mais il demande aux enfants de vous aider à nettoyer puisque c’est pour eux que vous avez garder cet animal empoté.
La nuit est beaucoup moins mouvementée mais le réveil fait mal pour Kisos puisqu’aujourd’hui il entre dans sa quarantième année. En sommes ce n’est pas une fin mais ça donne un sacré coup de vieux et de nostalgie. C’était presque l’âge de Gabriel lorsqu’il a perdu la vie mais surtout Kisos s’éloigne drastiquement de sa jeunesse. Alors oui, aujourd’hui il a décidé de faire son bougon, son râleur et surtout de se cacher sous la couette. Il ne veut pas sortir du lit même si son petit déjeuner est amené près de lui. C’est la première fois qu’il réagit de la sorte.. est-ce un prémice de la crise de la quarantaine ? Bee revient en cuisine après avoir posé le plateau de Kisos sur la table de chevet mais elle a une mine déconfite car son Duda l’a quelque peu envoyé balader.
« – Duda veut pas manger.. et pis il est caché sous la couette.. tu crois qu’il est malade ? Je dois lui amener du baume à grand mère ?
_ Duda n’assume pas son âge.. »Rétorque une Maya amusée. La jeune femme vient t’aider à faire la vaisselle mais elle en profite aussi pour te parler de la soirée que tu as préparé avec Sora.
« – Tu penses que je pourrais emmener mon.. prescripteur ? Ou c’est encore trop tôt ? »
Maya est naïve mais dans un sens l’amour ne rend t’il pas idiot ? Heureusement que tu mets fin à la conversation car le grognon arrive dans la cuisine. Son air nonchalant fait pouffer de rire Bee et c’est encore pire lorsqu’il se pose sur sa chaise en bout de table. Kisos marmonne dans sa barbe même après ton baiser contre sa tempe. Il n’y a pas que l’âge qui le rend si râleur mais aussi une douleur dans le dos.. signe aussi qu’il n’est plus un jeunot.
« – Tu veux du thé Duda ?
_ Hm.. non.. je veux du café.. et du rhum dedans..
_ Mais on met pas le rhum dans le café..
_ pour bien se réveiller oui ! »La journée va être bien longue.. quoi que tu réussis à lui tirer un petit sourire en venant lui ramener un bout de chocolat. C’est son plaisir coupable, sa petite douceur. Le colosse fait un effort en allant prendre une douche chaude et en te rejoignant dans le jardin alors que tu as installé ta peinture mais en entendant le mot « anniversaire » de la part de Nicolas, Kisos reprend son air bougon.
« – Ah non ! Je ne veux rien entendre ! C’est une journée normale et.. et je n’ai pas quarante ans !
_ mais Duda..
_ Chut ! On devait pas aller chercher du bois en forêt ? Vas plutôt chercher le matériel au lieu de dire des bêtises. »Le déni total.. ça promet pour la soirée. Kisos vient derrière toi le temps que Nicolas prépare le matériel pour aller couper du bois et en voyant que tu le dessines avec son physique plus âgée, il râle à nouveau. Pourtant c’est sublime mais il a vraiment du mal à accepter ce tournant. Les signes étaient déjà évidant depuis quelques temps car Kisos ne se regarde plus dans les miroirs et puis il essaye de parfois se dépasser sur certaines choses mais ce n’est plus suffisant. Il n’a plus l’énergie ni la force d’avant.
« – Tu devrais plutôt peindre nos enfants ou même toi.. enfin pas moi voyons. Charlie ! Bon sang ! »
Il soupire mais ton regard de feu lui rappelle que tu as des hormones en fusion et surtout un caractère tempétueux comme ta mère. Kisos devrait donc se taire et se faire petit mais bon, à aujourd’hui c’est lui qui a un regain de mauvaise foi. Il râle comme aurait pu le faire Gabriel lorsqu’il était mal luné. Cela avait le don de faire rire Pocahontas mais ça rendait Gabriel encore plus fou.
« – J’ai pas envie de fêter mon anniversaire ! C’est bête les anniversaires ! On doit fêter le fait d’être un vieil homme ? Je veux que ce soit une journée normale aujourd’hui. Je vais aller chercher du bois, ce midi on mangera ensemble et cet après-midi il faut que je commence à faire le berceau du bébé mais je ne veux plus qu’on parle de mon âge. Si Sora débarque ici et qu’elle dit quoi que ce soit, elle va aussi se faire recevoir ! Donc éloigne là si tu en as la possibilité ! »
Sacré râleur, sacré bonhomme. Le fait d’aller chercher du bois va peut-être le calmer, le fatiguer mais surtout cela tombe bien car Sora passe chez vous lorsque son frère est absent. Elle en est déçue jusqu’à ce que tu lui racontes votre matinée. Cela ne l’étonne pas et elle se met même à rire car ça semble être un sérieux problème chez les hommes.
« – Thomas n’a pas non plus voulu fêter sa quarantième année. Il n’acceptait pas d’être vu comme un homme plus âgé, surtout auprès de moi. Il pensait que je perdrais de mon intérêt pour lui, que j’irai trouver un homme plus jeune mais au final nous avons eu Charline et il a fini par comprendre que je me fiche de son âge. Après il y a aussi le fait que Duda était tombé malade durant sa quarantième année.. il est mort à quarante deux mais son cancer a commencé à se montrer quelques semaines après ses quarante ans. Kisos doit y penser.. et il a peut-être cette peur de ne plus être présent assez longtemps pour toi. Peut-être qu’on devrait lui faire une sorte de check-up quand l’hôpital sera ouvert ? Pour le rassurer.. »
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C’est vrai que cette journée est compliquée pour Kisos et lorsque tu arrives le rejoindre dans les bois, son visage semble fermé, en colère. Il t’offre quand même un petit sourire et il lui faut plusieurs minutes pour dénier poser sa hache. Bien que tu sois horriblement irrésistible dans cette petite robe et que tu oses même te mettre nue pour te baigner un peu, le colosse amérindien n’est pas dans son assiette. Il se met quand même à grogner quand tu oses encore une fois douter de ta capacité à le rendre heureux. Il déteste lorsque tu peux penser cela. Jamais il n’a envisagé une vie sans toi ou dans les bras d’une autre alors oui, Kisos bougonne un coup et il vient même poser son index contre tes lèvres pour que tu cesses de dire des bêtises.
“ – Tu es bête quand tu dis ça.. Charlotte Walker. Ce n’est pas toi le problème, au contraire, si tu n’étais pas là, là j’aurai de quoi réellement remettre ma vie en question..”
Il secoue sa tête et il semble prêt à se confier sur ses craintes, cependant le petit homme commence à se faire sentir. Tu poses la main de Kisos pour qu’il sente les coups de pieds et bien sûr, Kisos en retrouve un sourire beaucoup plus doux. Votre petit homme est réveillé et peut-être que lui aussi veut rassurer l’amérindien.
“ – Neil Yahto Walker Hedlund.. Je pense que ce sont des prénoms qui lui iront à merveille. Et puis je pense qu’il aime bien.. Il bouge énormément !”
Il est bien agité et vigoureux ce bébé. Kisos caresse ton ventre en pensant pouvoir calmer le petit mais ce n’est pas gagné. Alors Kisos s’allonge et il pose sa joue contre ton ventre, se rapprochement sera peut-être plus probant.
“ – Ce n’est pas toi ni notre couple le problème Charlie.. C’est moi et ma peur de mourir à l’âge de mon père. Je sais que cela parait idiot mais il est parti si tôt.. Ma’ était dévastée, Sora et moi.. On a tellement souffert. Je ne veux pas que cela puisse vous arriver à toi et aux enfants. Je n’ai pas envie que vous viviez ce que j’ai vécu. Pour le moment je semble en pleine santé mais depuis plusieurs semaines, je n’arrête pas d’avoir un drôle de rêve.. Je.. Et bien je me vois sur mon lit de mort, à cet âge de quarante ans. Et puis je vois Duda, Ma’, Rosie.. Ils me font signes de les suivre mais je ne le fais pas parce que je ne veux pas m’éloigner de toi.”
La peur de mourir est commune à tous les hommes mais pour Kisos, le traumatisme lié à la perte de Gabriel n’est toujours pas éteint. Les années sont passées mais il revoit toujours le corps de son père au sol. Dans ce genre de moment, ce n’est pas un vieux Kisos qui parle mais un enfant qui n’a toujours pas tourné la page. Même si tu es là, que Pocahontas avait tout fait pour consoler ses enfants,
“ – Après il faut juste que j’essaie d’être plus rationnel mais aujourd’hui c’est compliqué.. C’est mon premier anniversaire sans Ma’.. tes parents sont partis aussi.. Enfin oui.. je dois juste passer cette journée..”
Kisos reçoit un coup de pied contre sa joue et cela fait un peu sourire l’homme. Neil sera peut-être son moyen de passer à autre chose, de faire ses deuils. En attendant, il faut quand même passer cette journée et même si tu es dans une tenue qui pourrait bien faire des étincelles, vous ne pouvez pas jouer aux libertins car quelqu’un semble vous cherchez. Vos prénoms résonnent et Kisos te couvre juste au moment où James arrive.
“ – Venez vite ! Il faut retourner au village !!”
Un problème médical ? Un souci avec vos enfants ? Son air grave ne vous laisse pas le temps de poser des questions. Kisos t’aide à remettre ta robe et tant pis pour le bois coupé, vous partez sans plus attendre vers le village.
Il y a un rassemblement sur la grande place mais quand le visage de Kisos se montre, les gens se reculent pour le laisser passer. En plein milieu, il y a une surprise qui attend le colosse. C’est une surprise pour tout le monde à vrai dire puisque cela vient de Pocahontas. Elle se savait mourante mais avant de partir, elle avait anticiper certaines choses comme les prochains anniversaires de ses enfants. Pour ce quarantième anniversaire, Pocahontas a fait commander une voiture. C’est l’un des derniers modèles sortis et même si ce n’est pas encore une voiture qui roule à vive allure, c’est un cadeau qui a un sens. Elle voulait que son fils puisse voyager avec toi et les enfants. C’est ce qui est écrit dans une lettre qui a été posé sur le siège conducteur. Pocahontas offre des douces paroles à Kisos et le colosse doit retenir ses larmes car il y a beaucoup trop de monde autour de vous. Il te permet quand même de lire celle-ci.
“ Mon petit soleil,
Aujourd’hui je ne suis pas là mais j’ose espérer que ce cadeau te rappellera à quel point je t’aime. Ce n’est pas une question de luxe ou de supériorité, non, ce cadeau te servira à vivre ta meilleure vie avec cette magnifique famille que tu as construite.
Nous n’avons pas vraiment pu nous évader avec ton père, les temps étaient trop compliqués mais maintenant qu’il est plus simple pour vous de vous mêler à la foule, profitez et voyagez.
Pourquoi ne pas vous installer ailleurs ? Tu as donné énormément de temps aux autres, à notre communauté, à Jamestown mais il est temps que tu penses à toi. Si tu as peur pour ta petite sœur, sache qu’elle est sous bonne garde avec son époux et ses fils.
Tu as le droit d’avancer, de vivre tes plus grands désirs. C’est ce que ton père aurait aussi souhaité pour toi et Charlie.Je t’aime mon Soleil et de là où je serai, je garderais toujours un oeil sur toi.
Ma’.”
Il y a encore de quoi bouleverser Kisos mais oui, il retient ses émotions et il remercie brièvement ceux qui lui souhaitent son anniversaire. C’est lorsque tu as terminé de lire la lettre qui se tourne vers toi et qu’il hoche la tête. Oui, vous allez partir. Il est temps de partir. Pas là sur la seconde mais Kisos a peut-être eu la réponse qu’il cherchait depuis des années. Il n’a pas pu avancer parce qu’il est resté accroché au passé, à la douleur. Il voulait aussi rester proche des traditions de sa famille, des lieux où ses parents ont vécu mais en faisant cela, il ne peut pas tourner la page. Et puis toi.. Toi aussi tu as une page à tourner avec lui. Vous avez vécu tellement de difficultés ici qu’un ailleurs pourrait vous redonner un nouveau souffle.
“ – Viens.. je demanderais à thomas de ramener ce véhicule chez nous mais j’aimerais que l’on rentre.”
Vos mains se lient et vous reprenez chemin vers votre petite maison en bois. Kisos attend que vous ne soyez plus qu’à deux pour laisser une larme couler le long de sa joue. Mais malgré cette larme, il a un sourire.
“ – Tu penses que Neil aimerait le soleil de la Californie ? Bee va adorer.. Maya et Nicolas vont sûrement vouloir rester ici mais on viendra les voir de temps en temps tout comme ils viendront nous voir. Qu’en penses tu ? Après, on peut aussi que ne voyager.. Aller où tu le veux. Tu es bien plus experte que moi en voyage”
Une autre surprise vous attend lors de votre retour mais cette fois-ci c’est plutôt une sorte de petit goûter d’anniversaire même si Sora préfère dire que c’est un simple thé pour ne pas froisser son frère. Elle est têtue et elle voulait quand même pouvoir offrir un morceau de gâteau au colosse. Sora sent ton regard réprobateur mais elle hausse les épaules avec un air faussement innocent.
“ – Tu es enceinte alors il faut manger et je pensais qu’un thé ainsi qu’un morceau de gâteau te ferait du bien.. et en plus Bee m’a aidé pour préparer le gâteau.”
Elle envoie Bee vers toi pour mieux t’attendrir. C’est bien une Walker celle-là. Kisos ne peut pas se retenir de rire puisque cette fourberie est un talent de famille. Il remercie sa petite soeur, Bee mais aussi les nombreux neveux qui viennent dans ses bras. Son coeur est plus léger qu’il y a encore une heure.
Le goûter se passe bien, vous passez des larmes aux rires. Bee fait un petit spectacle de danse et de chant pour son père. Vous assistez aussi à une petite dispute entre Thomas et Sora car Thomas a retirer sa barbe, chose qui ne plaît pas à la jeune amérindienne. La maison reprend son calme lorsqu’il ne reste plus que vous trois puisque vos deux grands sont encore repartis à d’autres affaires. Bee dessine dans le jardin pendant que Kisos termine de ranger la table de salon avec toi. Pour te ménager, il décide d’aller avec toi se poser sur la chaise à bascule qui se trouve sur la terrasse. Il t’installe sur ses cuisses et il dépose des petits baisers sur ton épaule dénudée.
« – On part demain.. je ne sais pas où mais on part demain. On prend quelques affaires, de l’argent, la voiture et on s’en va. J’aurai pu en parler tout à l’heure avec Sora, nos grands mais à quoi bon. Peut-être qu’ils auraient insisté pour que l’on reste alors non, demain nous partons et je vais te construire la plus grande des maisons là où tu te sentiras le mieux. Cela te va miss Walker ? Ou après je peux aussi te monter une tente mais ce n’est pas le plus confortable.. »
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La Californie est rapidement devenu votre Eldorado mais même si la vie y est plus douce, c’est l’arrivée de Neil qui a posé la dernière pierre sur ce bonheur que vous avez toujours recherché. Il manquait cette pièce du puzzle. Vous avez tout vécu, tout vaincu mais il manquait ce mélange de vous deux, cette concrétisation de votre couple. Kisos ne pouvait être plus heureux qu’en voyant pour la première fois ce petit homme mais tout ça n’aurait jamais été possible sans toi. C’est toi qui a porté le petit, qui l’a fait grandir. Depuis sa naissance, il ne se passe pas une seule journée où Kisos ne te remercie pas pour ce merveilleux cadeau. Bien sûr, il y a toujours une pensée pour Rosie et puis aussi pour vos deux grands enfants qui vivent encore sur Jamestown mais tout semble aller pour eux aussi. Nicolas a pu épouser sa petite amie alors que Maya vit son amour avec ce fameux professeur. Kisos a grince des dents en l’apprenant mais il a fini par accepter car il souhaite le bonheur de votre aînée.
Ici, il n’a pas repris le travail. Vous avez assez d’argent pour terminer vos vies sans avoir besoin de travailler mais Kisos a quand même quelques activités comme le surf ou alors le cinéma. Il adore aller voir des films en ta compagnie ou celle de Bee. Il profite aussi de vos deux derniers. Même si Bee grandit à une vitesse folle, il tient à être présent dans chaque nouvelles étapes de sa vie tout comme il le fait avec le petit Neil qui est presque le double physique de son père. Ce petit bonhomme va sûrement devenir un géant comme tous les Walker mais il a quand même la touche artistique et fougueuse des hedlund. Des qu’il a commencé à se mettre debout, à se déplacer, il en a profité pour s’approcher du piano dans le salon et vous avez très vite compris que ce petit homme avait un talent pour la musique.
Pour ce qui est de vous deux, rien n’a changé. Pourquoi changer quelque chose lorsque vos sentiments sont aussi forts et soudés ? Votre voyage vers la Californie vous a encore plus rapproché puisqu’il n’y a plus le poids du passé et des autres sur vos épaules. Ici vous avez pu vous retrouver, vous redécouvrir. Kisos a même souhaité se remarier avec toi. Une cérémonie sur la plage a concrétisé votre trentième anniversaire de rencontre. Pour ce moment, plusieurs personnes proches sont venues comme Sora et sa famille, James, les sœurs jumelles, vos deux grands enfants.. Ça ne pouvait pas être plus parfait. Sous les yeux de votre famille, dont votre petit garçon qui se dresse fièrement dans les bras de Kisos, vous vous offrez de nouvelles promesses et de nouvelles alliances. La fête qui s’en suit est grandiose et ton frère a même fait venir des artificiers pour rendre la soirée encore plus magique. Durant cette soirée, vous apprenez que vous allez devenir grands-parents dans les mois qui arriveront.
Kisos réussit à te prendre à part pendant un moment de cette soirée. Il te mène un peu plus loin sur la plage et il se pose sur le sable avec toi pour que vous ayez le droit à un peu d’intimité, de répits à deux. Le colosse tient surtout à pouvoir te parler seul à seul. Il te prend donc contre lui et tout en observant l’océan, sa voix rauque mais posée, se met à composer avec le bruit des vagues qui se cassent à vos pieds.
« – J’aurai pu faire un grand discours devant tout le monde pour l’échange de nos vœux mais je préférais garder mes mots pour toi et toi seule. J’adore notre famille mais ce n’est pas à eux que j’ai envie de me confier mais à toi. C’est à toi que je dois des milliers de remerciements et des je t’aime à en perdre le souffle. »
Il en prend ta main et la relève pour l’embrasser tendrement sur son dos. La vieillesse commence à se voir un peu plus chez Kisos puisqu’il a quelques mèches blanches dans sa longue chevelure et aussi dans sa barbe mais aujourd’hui il ne pense plus à l’âge où la peur de mourir. Il ne fait plus que profiter. Chaque journée devient une nouvelle aventure positive et agréable.
« – Aujourd’hui n’est pas que la journée de notre nouveau mariage mais aussi celle qui marque la trentième année de notre rencontre. Le jour où je t’ai trouvé dans la forêt avec ton drôle de cheval.. Cela paraît tellement loin parce que nous avons vécu énormément de choses. Pourtant je pense très souvent à cette rencontre parce que je savais que tu changerais ma vie, que tu en ferais partie. Tu n’étais pas que la simple fille des nouveaux blancs dans le coin, tu étais bien plus que cela et aujourd’hui j’en ai encore la preuve. On a vécu une vie de fou, avec des bons comme des moins bons moments mais il y a toujours eu toi et moi. Tu fais parti de mon identité. Kisos ne peut pas être sans sa Charlie. Tu es ma vie et ça ne changera jamais. »
Malgré le ciel foncé, Kisos réussit à voir tes deux yeux bleus qui pétillent et qui sont même beaucoup plus éveillés qu’il y a quelques mois encore. Cela le fait sourire bêtement car oui, que ce soit pour toi comme pour lui, vous semblez être libre et loin de toutes les négativités du passé.
« – Je suis le plus heureux des hommes car je partage encore ma vie avec toi et je compte bien la finir avec toi. Nous avons enfin trouvé un nid douillet où l’on se sent merveilleusement bien ef oui, je compte rester ici et vieillir à tes côtés dans cet endroit. Je veux voir tes cheveux devenir blanc, devoir t’aider à les coiffer parce que tu auras un peu plus de mal à arquer tes bras mais je veux surtout m’endormir et me réveiller chaque jour qu’il me reste encore à vivre, auprès de toi. On a encore beaucoup de moments à vivre, nous ne sommes pas fini mais je tiens à ce que tu saches que plus jamais je ne veux m’éloigner de toi. Parce que c’est grâce à toi que je suis l’homme le plus heureux ma jolie Charlie.. »
Il se penche sur tes lèvres qui attendent un baiser et c’est sans difficulté qu’il se perd dans un baiser doux mais passionné à la fois. Cette soirée n’est pas une fin, c’est même le début d’une nouvelle page sur votre vie. Avec les regards bienveillants des personnes qui vous ont quitté, vous pouvez enfin donner une note fruitée et exquise à cette vie tumultueuse. Vous dégustez enfin la meilleure partie du gâteau et Kisos tient à la savourer.
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Kisos.. fils du roi Gabriel ou plutôt le roi Amon depuis qu’il a accepté d’abandonner son statut de Romain pour celui d’égyptien lorsqu’il a épousé la reine Q’orianka. Cette histoire d’amour atypique n’a pas manqué de faire grand bruit dans tout le bassin méditerranéen car un « blanc » a gagné le trône d’un des plus grands pays mais depuis son arrivée en tête du pays, l’Égypte a encore plus gagné en grandeur et respect. De cette union est né Kisos et sa sœur jumelle Sora. Kisos à tout de suite pris le statut de prince héritier lorsqu’il a poussé son premier cri et depuis ce jour, il est conditionné pour un jour gouverner. Sur le plan politique ou le plan militaire, ce jeune homme de dix huit ans est presque bien plus supérieur que ce père mais comme il a atteint la majorité depuis peu, il se doit de trouver une épouse puisque contrairement à ses parents, il n’a pas trouvé son âme sœur. Sa beauté est pourtant divine, il est le parfait mélange de Gabriel et Q’orianka. Il fait rêver bons nombres de demoiselles mais de son côté, il semble ne pas avoir trouver celle qu’il veut pour future épouse et future reine. Dans la tradition égyptienne, il aurait dû épouser sa sœur Sora mais depuis que Gabriel est sur le trône, cette tradition a été abolie. Le Romain tenait à ce que ses enfants puissent avoir la chance de trouver leurs propres amours mais pour le moment c’est mal partie, autant pour le frère que pour la sœur.
Une rumeur a quand même pris les doutes de Gabriel, celle que son fils préférerait les hommes. Dans le but de le tester, il a décidé de lui trouver des esclaves féminines qui devraient au passage devenir de potentielles maîtresses. C’est assez tordue mais Gabriel veut voir si son fils est quand même attiré par la gente féminine même si dans tous les cas, Kisos devra épouser une femme. Alors oui, aujourd’hui il y a une trentaine d’esclaves qui vont lui être présentées et Kisos doit en choisir cinq qui seront avec lui dans ses appartements. Ce jeu n’amuse pas vraiment le prince qui aurait préféré aller s’entraîner au combat mais il n’a pas le droit de refuser les ordres de son père. Sa mère n’aime pas non plus cette façon de faire mais c’est vrai qu’elle doit aussi s’assurer des attirances de son fils. Un futur roi gay serait très mal vue. En réalité, Kisos n’est pas gay mais malgré son air de sauvage, il a toujours eu cet espoir d’avoir la même histoire que ses parents. Il veut trouver LA femme avec qui il partagera sa vie entière et pas une femme avec qui il devra vivre sans amour.
« – Kisos, il est temps de rejoindre la grande salle. Votre père vous attend.
_ Oui je vais arriver. J’attend Sora.
_ Votre sœur n’est pas conviée..
_ Oui mais je dois lui parler avant d’aller rejoindre nos parents. »Sora.. sa meilleure alliée et aussi sa double au féminin. Les jumeaux se comprennent, ont les mêmes pensées et seule Sora connaît les vrais envies de Kisos. C’est pour cela que là, il a besoin d’elle mais elle est en retard car contrairement à son frère, elle n’est pas entraînée au combat mais elle doit suivre des cours intenses avec un prescripteur pour être une femme cultivée et intelligente comme sa mère. Sora se fait donc en retard mais elle arrive. Cela soulage Kisos qui est de plus en plus anxieux à l’idée de devoir choisir des esclaves.
« – Excuses moi, Seth ne voulait pas me lâcher. Je pense que père a du lui demander de ne pas me laisser te voir.
_ Peut-être par peur que tu me dises de m’enfuir..
_ Il saurait bien vite te rattraper ! Père ne se permettrait pas de perdre son héritier.
_ Nous avons des petits frères qui sauraient gérer aussi. Seif est bien parti pour être un bon politicien, il parle tout le temps !
_ Seif et Aden sont encore des petits garçons. En plus ils n’auront jamais ta prestance, ils sont adorables mais un peu trop impulsifs contrairement à toi. Toi tu es plus réfléchi.
_ Tu veux me complimenter petite sœur ?
_ Je suis la plus âgée je te rappelle ! De dix minutes. »Les jumeaux se mettent à rire mais ils doivent parler plus sérieusement. Kisos stresse car il ne sait pas s’il arrivera à choisir. À quoi bon choisir des femmes qu’il ne connaît pas ? Et que va t’il faire d’elles ? Il ne se préoccupe jamais des esclaves car il préfère faire les choses par lui-même.
« – Je ne vais pas y arriver.. je trouve ça tellement idiot. Pourquoi avoir cinq esclaves femmes ?
_ Père pense peut-être que l’une d’elle saura t’aider à devenir un bon amant ou un bon époux..
_ Je ne veux pas me donner à une personne qui n’aura aucune importance dans ma vie. Je sais que la plupart des hommes le font mais ce n’est pas ce que je veux.
_ Je le sais et je ne comprend pas non plus notre père car il n’a jamais été avec d’autres femmes que mère.. mais tu as eu dix huit ans et tu n’es toujours pas marié. Pour un futur roi, ce n’est pas.. normal. Notre grand père était marié à quatorze ans..
_ Marié avec sa sœur. Heureusement que ce n’est pas notre cas.
_ C’est vrai, je t’aime de tout mon cœur mais je n’imagines vraiment pas un mariage avec toi.
_ Pourtant tu vas devoir aussi te marier.. sûrement à un riche homme de pouvoir..
_ Oui je le sais mais évitons le sujet. Là c’est toi le plus important. Je sais que ça ne va pas être simple mais choisis cinq filles pour ne pas mettre père en colère et après on avisera. De toute façon tu pourras en faire ce que tu veux, même les laisser dans un coin de tes appartements.
_ Mais qui choisir entre tant de femmes ?
_ Choisis celles qui t’inspirent le plus confiance. Ça sera déjà un bon début. »Mais comment savoir à qui on peut faire confiance lorsqu’on ne voit que des yeux ? Les esclaves n’ont pas le droit de montrer leurs visages, elles sont souvent cachées sous des tissus sauf si leurs maîtres permettent qu’elles le retirent. Kisos doit se contenter de ce conseil et il doit aller dans la grande salle car il sait que son père va vite s’impatienter. Lors de son trajet, Kisos est rejoint par l’un des servants de son père, Ismael et celui-ci est sûrement l’un des plus proches des enfants royaux. C’est même lui qui t’a acheté puisqu’il est persuadé que tu es l’une des filles que Kisos choisira.
« – J’ai trouvé une esclave magnifique mon prince ! Elle ne vient pas d’ici mais je pense qu’elle doit venir d’Italie ou de Grèce. J’ose..
_ Ismaël.. je trouve ça déjà assez dégradant d’acheter des gens, d’avoir des esclaves alors n’en rajoutes pas une couche.
_ Je sais que vous êtes assez fermé à cette idée mais c’est la coutume ici. Nous avons des esclaves depuis des millénaires.. »Kisos préfère ne pas répondre et il entre enfin dans la pièce. Il ne se dirige pas vers ses parents mais il va directement vers les filles qui attendent à genoux sur le sol. Cela le met mal à l’aise mais plus vite il en aura fini, mieux ça sera pour lui. Alors Kisos se met à avancer devant les jeunes femmes mais difficile de faire un choix lorsque la plupart baisse les yeux vers le sol. Il marche lentement en espérant croiser un regard et oui.. il y en a un qui se lève, le tien. Kisos s’arrête et c’est étrange. C’est même hyper étrange. Quelque chose l’intrigue si ce n’est que tu as des yeux d’un bleu magnifique. Cela n’est pas sans lui faire penser à ses propres yeux qui sont atypiques pour un égyptien mais au delà de ce regard, il y a autre chose. Peut-être une sorte de rébellion comme lui-même peut avoir.
« – Souhaitez-vous celle-ci mon prince ? C’est celle proposé par Maitre Ismaël.
_ Celle qui vient d’un autre pays.. hm.. oui, je la veux. »Dit-il dans sa langue natale alors qu’un des gardes te relève. Tu en fais face à ce jeune homme qui est immense pour son âge. Vos regards se fixent toujours. Ses yeux sont cernés d’un khôl qui met en valeur ses prunelles bleus mais il y a aussi tout cet or qui déguise son corps mais qui fait surtout ressortir sa couleur de peau. Kisos est sublime, la plupart des jeunes femmes présentent voudraient bien devenir l’une de ses maîtresses mais le garçon fait un signe de main.
« – Je n’en prendrais pas plus. Celle-ci me suffit.
_ Mais votre père souhaite que vous en preniez cinq..
_ Alors choisissez quatre autres filles si cela vous fait plaisir mais pour ma part, mon choix est fait. »Gabriel entend les mots de son garçon et il se relève de son trône pour venir vers vous. Le roi pose un instant son regard sur toi mais c’est plutôt la défiance de son fils qui l’intrigue encore plus.
« – Des milliers d’hommes auraient voulu être à ta place. Tu as un harem de jeunes femmes devant toi et tu n’en choisit qu’une seule ?
_ Il me semble que tu en choisis une seule aussi il y a vingt ans.
_ C’est elle qui m’a choisi et ta mère n’était pas une esclave.
_ Mais toi oui. »Kisos marque un point mais ça ne plaît pas du tout à son père qui se retient de ne pas hurler dessus. Gabriel demande à ce que tu sois envoyé dans les appartements de son fils maintenant et il compte bien régler ses comptes en privé avec ce garçon trop arrogant à son goût.
Tu es donc amené vers une aile du palais qui n’appartient qu’au prince. Il y a quand même du monde, des esclaves et des serviteurs qui gèrent les tâches quotidiennes. Sûrement que tu en auras aussi à faire mais en tant que « maîtresse » du prince, tu auras aussi des avantages que d’autre non pas. Car oui, ton statut change même si ce n’est pas la volonté de Kisos. Des maîtresses.. il s’en fiche mais il doit accepter cette volonté du roi. Tu arrives donc dans une immense pièce qui serre un peu de salon mais personne ne parle ta langue.. du moins sauf une femme d’un certain âge. Rosa est la gouvernante de Kisos depuis sa tendre enfance. Elle n’a pas été esclave contrairement aux autres personnes ici, elle a été embauchée car Gabriel souhaitait que son fils apprenne aussi les valeurs italiennes. Kisos sait parler italien mais ça tu ne le sais pas encore. Rosa se rapproche donc de toi et des quatre autres filles qui ont été choisi par Gabriel. Elle doit vous brider sur ce que vous allez devoir faire. Elle l’évoque en égyptien mais elle capte très rapidement que tu ne parles pas cette langue. La gouvernante reconnaît surtout tes traits latins.. et ton regard qu’elle a déjà croisé puisque sans le savoir, elle a été durant quelques mois la servante de ton père.
« – Dis moi ton prénom petit oiseau. »
Elle le dit dans un italien parfait et à la réaction de ton regard, elle a compris qu’elle visait juste.
« – Tu es ici parce que tu as été choisi pour être l’une des maîtresses du prince héritier. En conséquence, tu devras t’occuper de lui et de son bien être. Tu devras toujours lui demander son avis et obéir à ses ordres. Sans cela tu pourrais avoir de grands problèmes. Pour le moment, l’une de mes secondes va te montrer ta chambre. Sache que tu as beaucoup de chance car ce statut de maîtresse est beaucoup plus avantageux que les autres. Je serai toi, j’en serai reconnaissante. »
C’est sa façon de te dire qu’il faut que tu restes sage. Elle ne peut pas te parler plus ouvertement car il y a du monde autour de vous mais ton regard l’intrigue tellement qu’elle compte bien venir te revoir plus tard. En attendant, tu es amené vers cette fameuse chambre qui sera la tienne pour.. combien de temps ? Ça c’est la bonne question mais c’est vrai que tu as un confort que les autres esclaves n’ont pas. Un grand lit, une sorte de piscine en plein milieu de la pièce, une armoire remplie de vêtements. Dans ton rôle, tu devras toujours été belle et apprêté pour Kisos alors oui, il y a tout ce qu’il faut pour ça. La servante qui t’a amené fini par t’enfermer dans ta chambre et elle ne sera ouverte que lorsque Kisos le demandera.
Kisos.. il s’est pris un savon par son père mais sa mère le rejoint près du terrain d’entraînement pour essayer de le calmer. Q’orianka ne cautionne pas forcément les méthodes de Gabriel mais il y a des points qu’elle ne peut discuter. L’avenir de son fils compte aux yeux du peuple et des autres nations, si bien que son célibat fait beaucoup parler. Un peu trop.
« – Va t’en Ma’ ! Je ne veux plus parler avec qui que ce soit.
_ Kisos, calmes toi s’il te plaît. Je sais que ça ne te plaît pas cette façon de faire mais il est important que tu penses à devenir un.. homme.
_ Devenir un homme ? En couchant avec des esclaves ? C’est quoi le but ? Autant me marier avec une femme que je ne connais pas.
_ Le problème est.. que je fais tout mon possible pour que tu puisses trouver celle que tu veux avoir mais le temps joue en notre faveur. Tu vas avoir dix huit ans Kisos..
_ Tu as épousé père à dix huit ans ! J’ai encore quelques mois devant moi.
_ Tu es le futur roi Kisos.. Il faut montrer ta stabilité et ta politique au travers d’un mariage. Tu dois aussi commencer à avoir des héritiers car autrement les autres nations commenceront déjà à vouloir écraser notre royaume.
_ Ça m’agace vos histoires de politique, de mariage, d’héritier.. J’aurai préféré être un simple soldat. Il n’y a qu’avec une lance que je me sens moi-même..
_ Tu n’es pas qu’un simple soldat Kisos. Un jour tu seras le chef de toute cette nation et il faut que tu l’acceptes.. je sais que tu n’as pas demandé à être à cette place mais essayes de voir la chance que tu as. Tu es un futur pharaon.. »Kisos soupire et au lieu d’aller s’entraîner, il fuit sa mère en allant vers les appartements. Il sait que les filles y sont mais il s’en moque. Il a surtout besoin de ne plus voir ses parents ni qui que ce soit. Il part donc vers sa chambre dans le but d’aller prendre un bain mais il se fait stopper par Rosa. Elle tient à lui dire que tu ne parles pas l’égyptien mais l’italien. Cela sera plus simple pour communiquer avec toi mais Kisos est intrigué par cette nouvelle.
« – Que fait une italienne ici ? Les esclaves viennent rarement des pays au Nord.
_ Elle était au marché d’esclaves, après je n’en sais pas plus mon prince..
_ Faites la venir dans ma chambre. »Rosa accepte et Kisos part vers la seule pièce où il se sent bien puisque personne n’a le droit d’y entrer sauf s’il le demande. C’est ainsi que tu te retrouves dans sa pièce. Rosa te pousse à l’intérieur. Kisos est déjà dans son bain, il te fait dos mais il a compris que tu étais ici puisque tu as râlé sur Rosa.
« – Pourquoi es-tu ici ? Je veux dire dans mon pays. Les italiens ne viennent plus sur ces terres depuis que mon père est pharaon. Ou alors ceux qui sont lui ont voué allégeance mais toi tu n’es pas une italienne du sud. Si c’était le cas, tu ne serais pas à cette place d’esclave. »
Il reste de dos même si ça pourrait lui porter préjudice. Après tout, tu pourrais l’attaquer mais c’est vrai que tu n’en sortirais pas vainqueur puisqu’il y a des gardes partout dans le palais. Kisos te fait quand même signe de te rapprocher car quitte à avoir de nouvelles esclaves, autant qu’elles soient utiles. Il veut que tu savonnes son dos alors il te montre l’éponge près de lui. Il paraît presque sinistre, sans émotions pour le moment. Il est froid, austère mais en même temps il se retrouve un peu comme toi.. peut-être pas esclave mais prisonnier. Il est prisonnier d’une vie qui ne semble pas lui convenir. Si toi tu avais le rêve de t’enfuir avec l’amour de ta vie, lui aussi avait ce rêve mais contrairement à toi, il a l’impression que son cœur n’arrive pas à aimer qui que ce soit.
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Kisos se doutait que tu allais répondre mais il ne s’attendait pas à ce que tu oses le défier car c’est ce qu’il se passe. Tu prends déjà une aise hautaine qui pourrait l’amuser mais son visage ne laisse rien paraître. Il garde un air stoïque même quand tu lui fais face. Pourtant tu es une très belle demoiselle.. maintenant que tu n’as plus ton voile, il peut voir celle dont il n’avait croisé que le regard. Tu as une longue chevelure blonde, un petit corps fin et un visage presque angélique mais tes mots lui montrent que tu n’es pas si Angelique que ça. Tu en oublies même que tu es face a quelqu’un qui pourrait te faire couper la tête dans la minute qui suit.
« – Vous pouvez vous appeler Leto ou autre chose, cela n’a pas d’importance. Tout comme le fait que vous avez été enlevé et votre ami n’est pas là. Ce que je constate c’est que vous avez été assez bête pour vous faire prendre par des pirates et faites esclave. Vous avez été vendu comme un bout de viande. Croyez vous vraiment que je vais vous prendre en pitié et vous offrir la liberté ? Maintenant vous êtes l’esclave de ce palais et si vous ne faites pas ce que je souhaite, il ne me sera pas difficile de vous remplacer. Nous avons assez de fosses communes pour vous oublier. »
Ce sont des mots assez explosifs mais Kisos a été élevé comme un futur roi alors il ne se laisse pas impressionner. Il reste quand même secrètement impressionné par ton insolence mais il s’interdit de plier devant quiconque, encore moins devant une belle jeune fille. Kisos fixe un instant ton regard et il se relève sans aucune gêne de son bain. La nudité ne l’a jamais gêné puisque beaucoup de jeunes femmes se baladent presque à moitié nues ici, tout comme beaucoup d’hommes ne portent que des shorts de jupes en guise de vêtements. La chaleur égyptienne ne permet pas les peaux d’ours. Il va tout de même chercher sa serviette pour se sécher mais en faisant cela, il passe à côté de toi et vos tailles respectives sont presque à l’opposées. Pour son âge, il avoisine les 2 mètres, il est même plus grand que son père. Il a aussi une musculature de dieux grecques mais c’est parce qu’il passe la plupart de son temps à s’entraîner aux armes.
« – Qu’importe d’où vous venez ou ce que vous avez fait, il va falloir accepter que vous n’êtes plus une jeune nymphe en quête de liberté. Je suppose que vous avez fuis pour vivre un amour libre. C’est pathétique. »
Il baisse un instant ses yeux vers toi. Il sait qu’il touche des points sensibles. Ton visage est plus triste mais Kisos sait que tu as quand même une chance dans ton malheur. Tu aurais pu finir dans un bien pire endroit que celui-ci. Beaucoup d’esclaves servent à construire les monuments égyptiens et non à servir les rois.
« – Retournez dans votre chambre si vous préférez etre inutile mais je crois que le temps est long lorsque l’on est enfermé. Vous devez en savoir quelque chose si vous avez fuit votre famille ? »
Il n’est pas bête. Tu es une belle jeune femme et même si tes semaines de calvaires ont dû te faire perdre du poids, tu ne ressembles pas aux autres esclaves. Tu parles très bien et ton insolence trahit le fait que tu viennes d’un milieu aisé. La plupart des esclaves ne se rebellent pas puisqu’ils ont quand même une condition dans ce pays qui ne serait pas donné dans d’autres régions du monde. Gabriel paraît être un roi sans pitié mais il est le seul qui paye ses esclaves. Lors de son arrivée sur le trône, il a imposé cette règle puisqu’il savait que les esclaves italiens étaient des miséreux qui ne dépendaient que de leurs maîtres. Sans eux, ces esclaves finissaient par être envoyés à la mort. Ici ça ne fonctionne pas du tout ainsi.
« – Ou alors je peux aussi vous envoyer ailleurs. Je crois savoir qu’ils manquent de mains pour nettoyer les rives du Nil. Quoi que vous choisissez, dans tous les cas vous resterez dans ce pays. Vivante ou morte. »
Il met la serviette autour de sa taille et il part vers son lit qui est non loin de la piscine. Kisos ne va pas se coucher mais il va récupérer ses vêtements de combats qui sont posés sur le bout de ce lit. Ce n’est pas une armure, on pourrait même penser que rien ne va protéger son corps mais elle se démarque de son autre tenue puisqu’il aura les mêmes vêtements que les simples soldats. Il commence à s’habiller tout en sachant que tu es encore là, que tu dois peut-être le regarder.
« – Vous avez de la chance que je n’ai aucun intérêt à vous supprimer. Si vous aviez parlé ainsi à un autre homme, vous auriez déjà la gorge tranchée. Et je ne dis pas cela parce que vous êtes en Égypte. Même en Italie. Je dirai même que vous seriez déjà morte si vous étiez une esclave italienne. »
Enfin habillé, Kisos se tourne pour à nouveau te regarder. Il se pose quand même certaines questions sur toi.. Tu n’étais pas une esclave, il en est certain. Tu viens sûrement d’une famille haut placée. Tu as fuis avec un ami. Mais est-ce que tu connais la réalité de la vie ? Les vrais esclaves ? La guerre ? Ce problème, que sont les pirates ? Et puis connais-tu l’histoire de son père ? Le jeune homme avance de quelques pas et une fois face à toi, il croise ses bras.
« – Tu es une personne naïve.. C’est normal que tu te retrouves ici et je dirai que tu as même énormément de chance. Comment peux-tu prétendre vouloir me défier et m’imposer tes choix alors que tes premiers choix t’ont fait attraper par des pirates ? Tu devrais plutôt me demander de te forger à la vie. Se battre contre moi est une chose mais contre le monde, c’est encore plus difficile. Même si je te disais de partir pour retrouver ton ami, je ne te donnerais pas quelques jours avant de finir dans le fond du Nil avec les crocodiles. Tu n’es pas prête pour le monde. Tu as une impulsivité qui t’a poussé à partir mais tu n’as pas la réflexion ni même la vision de la réalité. »
Ce n’est pas un reproche, plutôt une sorte de constat. Kisos n’a eu besoin que de quelques mots pour te cerner presque entièrement. Il est certain que tu dois avoir des talents, des compétences mais c’est ton impulsivité qui saute aux yeux. Le jeune colosse a appris à cerner les gens grâce à sa mère. Elle est talentueuse dans ce domaine et même sans paroles, elle peut débusquer les bonnes des mauvaises personnes. C’est un sacré avantage pour elle comme pour ses enfants mais cet instant, Kisos paraît surtout être un jeune homme très fermé, presque sans émotion.
« – As tu déjà tenu une épée ? »
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Sora me sauve la mise en venant vers nous car la jeune femme commence sérieusement à m’agacer en me faisant tourner en rond. Ce n’est même pas à moi de lui courir après, j’aurai dû envoyer des gardes mais je sais qu’ils ne seront pas doux avec elle. Je fini donc ma course face a une Sora amusée et cette blonde désinvolte. Elle semble ravie d’avoir trouvé ma sœur puisqu’elle a un sourire beaucoup plus doux que narquois.
« – Tu peux la garder, je m’en fiche de cette fille. Elle n’en fait qu’à sa tête alors bon courage.
_ Tu es vraiment trop coincé Kisos !
_ Pourquoi tu te permets de dire ça ?
_ C’est une jeune fille de notre âge et elle a sûrement besoin de s’exprimer autrement qu’en servant ta cause. Mais oui, je vais la garder parce qu’elle semble sympa ! »On s’exprime en égyptien pour ne pas que ma nouvelle esclave comprenne nos mots. Dans tous les cas, Sora aura plus de patience que moi alors je les laisse et je m’en vais vers le terrain d’entraînement comme j’en avais l’intention depuis le début de journée. De son côté, Sora te propose de venir avec elle dans sa chambre puisqu’elle doit se changer avant de pouvoir se balader dans le palais. Elle doit toujours garder une certaine prestance puisqu’elle est une princesse royale mais il faut dire aussi qu’elle souhaite se faire remarquer par quelqu’un. Elle est amoureuse de l’un des gardes de son père, un certain Thomas qui était un soldat romain mais qui a décidé de rejoindre les rangs de Gabriel car il avait les mêmes convictions que le pharaon. Le problème est que ce Thomas n’est pas de sang royal ni même de haute importance. Il est aussi beaucoup plus âgés que Sora alors il est presque impossible qu’elle finisse par être sienne mais Sora est une douce rêveuse. Elle a espoir que Gabriel accepte de la laisser aimer ce Thomas.
« – Tu te nommes comment joli soleil ? »
Elle parle un italien bien plus agréable à l’oreille que moi. En même temps elle passe ses journées à étudier. Ma sœur t’invite à venir près d’elle pour que tu puisses toi aussi choisir une robe beaucoup plus jolie que celle que l’on t’a imposé. Elle ne compte pas te traiter comme son esclave mais comme son amie cependant elle ne donne sa confiance qu’une seule fois. Plusieurs esclaves l’ont prise pour une idiote et ces femmes ont fini par être envoyé vers les postes moins glorieux. C’est ce qu’elle te dit pour que tu sois prévenu. Elle ne veut pas qu’il y ait de malentendus entre vous.
De mon côté je rejoins ce fameux Thomas car c’est ensemble que nous faisons les entraînements. Il est un très bon combattant, si bien que mon père l’a nommé chef des armées. Il est donc précieux que je m’entraîne avec notre meilleur élément mais ce matin Thomas préfère me taquiner avec cette histoire de femmes à choisir.
« – Alors tu n’en as choisis qu’une seule ? Tu sais que beaucoup de jeunes hommes à ta place auraient choisis toutes les filles ?
_ Et ça m’aurait rapporté quoi ? On sait très bien que mon père a fait cela pour me tester mais d’ici quelques mois, il m’imposera un mariage avec une fille d’une grande famille.
_ Tu peux quand même en profiter un peu. Ça ne fait pas de mal de se sentir désirer et de désirer.
_ Tu dis cela parce que tu fais tomber tous les cœurs de ce palais ? Je ne suis pas comme toi Thomas. Je m’en fiche de plaire à un nombre incalculable de filles. J’aurai préféré n’en trouver qu’une seule qui soit assez forte pour se dire qu’elle va aimer un futur pharaon. J’aurai aimé aussi que cette fille m’aimes pour ce que je suis et pas pour ce que je vais devenir.
_ Tu es un rêveur Kisos et il va falloir changer ça mais en attendant j’espère que tu as travaillé ta souplesse car je ne te laisserais pas de répit aujourd’hui ! »C’est ce que j’aime bien avec Thomas, c’est qu’il ne me traite pas comme un futur pharaon mais comme un ami, un frère. La plupart des gens se mettent à genoux devant moi parce que je suis le fils de Gabriel et Q’orianka mais Thomas non. Je ne peux pas me plaindre de tout, je sais que mon statut me permet des choses que je n’aurais pas eu si j’étais le fils d’un paysan mais je me sens emprisonné ici parce que je sais que mon avenir est écrit. Je suis née en étant déjà un futur monarque.
Pendant plus de deux heures, je m’applique à ne pas me laisser vaincre par Thomas. Il n’a pas encore réussit à prendre le dessus sur moi mais quand Sora arrive avec cette italienne désinvolte, Thomas réussit à me faire tomber au sol car j’ai mon regard qui se plonge sur cette jeune femme aux cheveux d’or. Elle n’a plus sa tenue de ce matin, Sora a dû jouer à la poupée avec elle mais bon sang, qu’elle est belle. Elle a une peau blanche comme les perles et des yeux bleus comme le ciel. Oui, je dois avouer qu’elle est sublime mais je reviens à moi quand j’entend les rires de Sora et Thomas. Ma petite sœur se rapproche tandis que Thomas me tend sa main pour m’aider à me relever.
« – Tu es bien un homme.. facilement perturbé par une femme.
_ Tais toi Thomas ! »Je me relève au moment où Sora s’arrête avec sa nouvelle amie. Elle veut me dire qu’elles ont l’intention d’aller au temple d’Isis pour une prière mais aussi pour que Sora puisse montrer la richesse de notre culture à notre nouvelle recrue. Je jette un instant mon regard sur cette fille qui m’a défié ce matin. Elle ne semble plus vouloir s’échapper, du moins pas pour le moment. Je n’en remarque même pas que ma sœur jumelle rougit face à Thomas et que ce même Thomas semble perdre ses moyens devant Sora.
« – Faites ce que vous voulez. De toute façon je continue mon entraînement et après j’irai voir Ma’ car elle devait me parler des travaux qui se font près du Caire.
_ Ton futur palais ?
_ Oui.. »Mes parents ont commencé à faire bâtir un palais qui sera le mien lorsque je serai marié. Il est plus loin dans les terres, près du Caire et surtout près des pyramides de mes ancêtres. Ce choix est symbolique puisque cet endroit est sûrement le plus magistral de notre pays. Quoi que moi Louxor aussi mais mes parents ne voulaient pas que je vive aussi loin.
« – Tu me promets que je viendrais avec toi ? On s’est promis de ne jamais être séparé.
_ Je ferai tout pour que tu viennes petite sœur. »Sora m’offre un immense sourire et elle se jette dans mes bras. C’est bien l’une des seules personnes avec qui je ne suis pas braqué. Même avec mes parents j’ai beaucoup plus de mal. En sommes, on pourrait croire que Sora et moi soyons totalement opposé . Elle a une fraîcheur et une douceur que je n’ai jamais eu. Moi je suis plus la personne protectrice et sérieuse. On se complète et grâce à Sora, je sais que certaines personnes me voient d’un œil différent que ce jeune homme sans intérêt et fermé. C’est vrai que je devrais parfois lever le pied et être moins sévère envers moi-même mais depuis ma plus tendre enfance, je suis conditionné pour être un homme fort et sans pitié.
« – On se retrouve pour le dîner alors. Charlie viendra avec moi.
_ Charlie ? »Alors c’est son vrai prénom ? Je fronce les sourcils et je regarde à nouveau la blonde. Elle a aussi essayé de me duper sur son prénom. C’est une vraie chipie mais bon, de toute façon elle ne sera plus dans mes pieds. Sora semble adorer sa nouvelle compagne et je préfère que cela soit ainsi plutôt que de me battre avec une jeune fille qui est censée être mon esclave.
« – Charlie.. Drôle de prénom pour une italienne.
_ Son vrai prénom c’est Carlotta ! Je trouve ça vraiment joli, tu ne penses pas ?
_ C’est original. »Nous parlons encore en égyptien mais Thomas intervient puisqu’il comprend que la jolie blonde est italienne donc de sa patrie de naissance. Il semble aussi se méfier comme Kisos mais pas pour les mêmes raisons. Thomas connaît très bien les hostilités entre le Nord et le sud du pays. Gabriel voulait libérer le pays des dictats des empereurs romains et il a réussit à le faire avec le sud mais le nord a su tenir bon. Depuis ce temps, il y a une vraie rancoeur entre les deux régions car le sud prône la liberté alors que le nord souhaite les traditions. Thomas faisait parti d’une famille d’esclaves et il a perdu ses parents à cause de l’ancien empereur.
« – Tu es une nordiste.. »
Dit-il avec une voix méprisante. Je ne comprend pas ce qu’il se passe mais je sens que la tension monte. Je demande donc à Thomas de repartir à l’entraînement avec moi pendant que Sora décide de t’éloigner d’ici. Elle connaît mieux que moi l’enjeu en Italie puisqu’elle a beaucoup plus d’heures d’études et de géopolitique. Elle sait que l’Italie est déchirée mais contrairement à notre père, elle ne prône pas la liberté là bas puisqu’ici, c’est un pays traditionaliste comme par chez toi.
« – Je n’ai jamais compris ce problème et surtout mon père. Il a aidé l’Italie à renverser l’empereur mais il est lui-même devenu pharaon. Je sais que c’est par amour pour ma mère mais son choix n’a jamais eu de logique. Si bien qu’il y a beaucoup de peuples qui veulent faire tomber notre père.. »
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Ce dîner prend une tournure beaucoup moins chaleureuse lorsque la blonde quitte la table en ayant les larmes aux yeux. Mon père préfère s’en amuser mais ce n’est pas le cas de ma jumelle ni de ma mère qui prennent un air beaucoup plus attristé. Elles ont compris que la nouvelle esclave avait un manque de sa famille et c’est vrai que chez nous la famille est très importante alors oui, moi aussi ça m’affecte un peu même si je ne le montre pas. Je sais que loin de Sora ou loin de Ma’, je ne serai pas le plus heureux au monde. Pour Duda c’est autre chose puisqu’il y a toujours eu une sorte de compétitivité entre nous qui nous éloigne avec le temps.
« – Sora, va récupérer ton amie s’il te plaît.
_ Je vais y aller. De toute façon je n’ai plus faim et je dois aussi aller rechercher mes poignards au terrain d’entraînement. »Ma’ est surprise de mon initiative mais pas plus que Duda et Sora. Oui, je me relève et je décide de partir vers les jardins pour suivre cette jeune fille. Ce n’est pas ce que j’aurai fait en temps normal, au contraire, je préfère ne pas me mêler d’histoire de sentiments, d’émotions, mais là je m’engage à aller essayer de la rassurer. Je ne sais pas dans quoi je me fou mais je ne peux plus faire chemin inverse puisque la blonde remarque ma présence. Elle ne fuit pas, elle essuie surtout ses joues. ut ses joues.
« – Je.. viens voir si tout va bien.. hm.. oui.. »
Je ne suis pas le meilleur pour rassurer ou consoler, c’est peut-être pour ça que Sora ne m’a pas suivi. Elle est bien meilleure que moi dans ce domaine mais elle veut justement que j’apprenne à être plus « sociable », plus proche des gens. J’ai une tendance à vite m’isoler, m’éloigner pour ne pas être confronter à ce genre de situation. En sommes, je fais comme mon père qui s’est mis une barrière avec les autres hommes pour en quelque sorte se protéger mais lui, il a vécu des choses que moi je n’ai jamais vécu.
« – Personne n’a réellement de liberté.. que l’on soit en bas comme en haut.. et je comprend votre envie de chercher cette liberté. »
Sora m’a toujours dit que pour pouvoir discuter avec quelqu’un de la plus bonne des manières, c’est de trouver un point commun. Dans les mots de cette Charlie, j’ai trouvé ce point commun puisque moi aussi je rêve d’une certaine liberté mais je sais que je ne l’aurai jamais. Alors au lieu de fuir, je fais ce que l’on me demande tout en essayant de me détacher. C’est triste pour un jeune homme de mon âge mais c’est la seule façon que j’ai de ne pas vriller.
« – Même si on réussit à détacher les chaînes, elles finissent par nous récupérer parce qu’il y a trop de lois, trop de règles, trop de mœurs.. Cependant je dois vous avouer que peu de personnes auraient eu votre courage. Surtout à votre âge. »
Moi-même je n’aurai pas eu ce courage. J’offre un léger sourire à cette jeune femme mais ce n’est pas non plus mon fort. J’ai l’impression d’être faux quand je souris ou alors c’est une image que je me fais. En tout cas, je sens qu’elle est moins tendue et qu’elle ne compte pas me fuir. Elle reste près des roses que mon père a fait importer d’Italie et je comprend que l’odeur doit l’apaiser.
« – Nous cherchons quelqu’un qui veut bien s’occuper des roses du palais.. cela demande beaucoup de travaille car ce ne sont pas leurs environnement habituel mais si cela vous tente, je peux demander à ce que vous puissiez venir ici. Mon père y tient énormément.. c’est bizarre parce qu’on pourrait croire que c’est ma mère qui serait plus encline à aimer les fleurs. Cependant ces roses viennent du village où est née mon père.. Palerme je crois. C’est sur une île. Il m’en a beaucoup parlé quand j’étais enfant. Il disait que là bas il y avait une immense montagne qui crachait du feu. Vous en avez déjà vu ? »
L’Etna en Sicile.. un volcan majestueux selon mon père et j’avoue que j’aurai aimé découvrir cette montagne. En réalité, j’aurai aimé découvrir le monde mais je dois rester ici puisque je suis le futur pharaon. Cela me frustre encore plus qu’un possible futur mariage avec une inconnue. J’aurai aimé voir autre chose que mon royaume. Les récits de mon père et de sa jeunesse, m’a donné le goût de la découverte mais je suis enchainé au futur rôle que j’aurai en Égypte.
« – Et comment est votre terre ? Vous viviez dans quelle ville d’Italie ? »
Je me rapproche de la blonde mais je me tourne pour venir cueillir une rose ouverte. Je m’en pique les doigts avec des épines mais qu’importe, je lui tend cette rose en espérant que cela puisse lui faire du bien.
“ – Vous allez tout me raconter en allant vers le quartier des entraînements, je dois récupérer certaines de mes affaires.”
Je l’invite à me suivre mais j’ose espérer qu’elle ne me prend plus pour un garçon trop fermé et “méchant”. Sans cela, je sais qu’elle continuera d’être hostile envers moi. Dans un sens, j’ai cherché à ce qu’elle me voit ainsi mais bon, pour une fois je peux tenter d’être moins stricte envers quelqu’un ou envers moi même. D’autant plus que si Sora a été vers cette fille, c’est qu’elle a quelque chose en plus. C’est vrai qu’elle est d’une beauté incroyable mais je sais surtout que ma soeur ne donne pas facilement sa confiance. Sora a des visions et des dons qui lui permettent de savoir si les gens sont sources de méchanceté ou non. C’est un secret que l’on ne partage qu’avec notre mère puisque cela pourrait amener Sora sur un piédestal qu’on veut lui éviter. Les egyptiens voudraient faire d’elle une déesse vivante et elle ne pourrait plus être la jeune femme inocente qu’elle est actuellement.
“ – Vous voulez voir quelque chose de cool ?”
Mes mots arrivent comme un cheveux sur la langue mais nous passons près d’une pièce qui fait fondre une bonne partie des femmes dans ce palais. Nous faisons donc un détour et j’entraîne Charlie vers la chatterie. Les chats sont des dieux ici alors il va de soi qu’il y a une pièce qui leur est dédiée. Un garde vient nous ouvrir la porte et nous entrons dans cet endroit qui doit contenir une trentaine de chats. Ils ont accès sur l’extérieur mais dans cette pièce, il y a principalement les mères avec les chatons. Il y a plusieurs races mais il y en a un qui vient toujours vers moi. Un gros chat roux avec qui j’ai grandi. Le minet se rapproche et je m’abaisse pour venir lui donner des caresses.
“ – C’est mon chat.. enfin celui que Ma’ m’a offert quand j’étais encore petit. Il adore les caresses et le poisson. Mais si tu veux toi aussi un chat, tu peux en choisir un.. Il y a les chatons qui n’ont pas encore de propriétaires.”
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« – Si je te dis son nom, tu risques de rire.. »
C’est vrai que mon chat a vite adopté cette inconnue et pourtant Sora a beaucoup de mal à l’approcher sans qu’il ne siffle. Je le laisse donc se faire caresser mais j’observe la blonde qui semble se détendre de plus en plus.
« – Il se nomme Couscous.. c’est le roi marocain qui me l’a offert et ce jour là, il avait aussi fait faire des plats de son pays. J’ai donc appelé mon chat couscous.. »
L’anecdote l’a fait rire mais moi aussi je me met à rire car la plupart des autres chats ont des noms de dieux égyptiens ou de grands personnages cependant le mien se nomme comme un plat. Après avoir eu ce fou rire, Charlie me parle de voyages, d’aventures et je me met à hausser les épaules puisque je n’ai jamais été très loin.
« – J’ai parcouru le désert et l’Égypte mais je n’ai jamais été plus loin. Le futur pharaon n’a pas le droit de quitter son pays.. Je pourrais le faire seulement quand je serai à la place de mon père. »
Et ça m’agace. J’aurai aimé voir autre chose, découvrir d’autres paysages. On m’a souvent parlé de montagnes, de prairies verdoyantes, d’immenses lacs, de neige.. mais je n’ai jamais rien vu de tout ça. Je ne connais que le soleil, le sable et chaleurs intenables.
« – J’ai un rôle trop important pour qu’on me laisse partir. Je dois continué d’être formé. Un jour je serai à la tête de ce pays et je dois être préparé.. mais c’est vrai que j’aurai aimé que ce ne soit pas le cas. Même si je fais tout ce qui m’est demandé de faire, je me sens prisonnier de mon destin. Cependant contrairement à toi, je ne pourrais pas m’enfuir aussi facilement car j’aurais une légion de soldats à mes trousses. »
Je me demande quand même si les parents de la demoiselle, essayent de la retrouver. Elle n’a pas un statut de future reine mais elle doit quand même manquer aux siens. Mais je me demande aussi pourquoi elle n’a pas encore demandé à ce qu’on prévienne sa famille car on pourrait très bien le faire. Il suffit d’une lettre et un messager.
« – Qui devais-tu épouser ? »
J’ai compris.. il y a un mariage forcé derrière tout ça. Elle ne pouvait pas épouser son ami Marco mais sûrement une personne inconnue ou qu’elle n’aime pas. Je suis dans la même situation bien que ma future épouse n’a pas encore été trouvé. D’ici quelques semaines ou moi, je vais devoir me marier à une inconnue et ça ne me plaît pas du tout. Comment peut-on vivre et fonder une famille avec quelqu’un qui ne nous connaît pas ? Qui pourrait être notre pire ennemi ? Je m’approche de la belle demoiselle mais pas pour l’incommoder, simplement pour l’aider à se défaire de tous les chats qui veulent lui grimper dessus.
« – Tes parents ont vécu un mariage forcé ? Les miens non et pourtant mon père veut que j’épouse une fille qu’il aura choisi. Je ne comprend pas ce système.. Enfin je sais que c’est pour créer des alliances et des dynasties plus fortes mais ça me dépasse. Sora aussi devra épouser un parfait inconnu alors que je sais qu’elle donnerait tout pour épouser le bras droit de mon père. »
Je ne suis pas aveugle, je connais assez ma sœur jumelle pour savoir qu’elle aime Thomas. Ils ont un grand différent d’âges mais je n’en suis pas choqué, par contre je sais que ça ne plairait pas à mon père alors tout comme Sora, je reste muet et secret.
« – Et ton ami Marco, il était ton amoureux ? »
C’est une question beaucoup plus intime mais quitte à vouloir en apprendre plus sur cette jeune fille, autant tout demander. Elle a sûrement perdu son amour définitivement et ça peut en être triste. Enfin, dans un sens si il était encore là, je ne pense pas que cette jeune fille serait avec moi dans la pièce des chats. Je ne vais pas plaindre ce garçon. C’est égoïste et presque malsain mais je n’en reste pas moins un jeune homme qui apprécie les beautés de la nature et elle en est une.
« – Et toutes les femmes ont ta couleur de cheveux par chez toi ? Tu es la première fille aux cheveux de la couleur du sable, que je rencontre. Les femmes ont les cheveux noirs ici. Même tes yeux ne sont pas communs. »
Ce sont des questions qui pourraient être enfantines mais tout se ressemble ici. Il n’y a que la couleur des yeux de mon père et les miens qui ne sont pas communs. Cela n’a pas vraiment plu au peuple lorsque je suis né car je ne ressemblais pas aux anciens pharaons qui eux avec tous les yeux foncés mais finalement cette différence m’a démarqué et m’a offert une popularité plus positive.
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Alors elle est exclue à cause de ses cheveux blonds ? Je suis plutôt choqué par cette révélation car je la trouve magnifique avec cette couleur de cheveux mais dans un sens je comprends sa différence. En ayant les bleus, je ne suis pas comme les anciens pharaons et ça m’a valu beaucoup de mal pour m’imposer. Il suffit d’une seule petite différence et on devient l’ennemi d’un groupe entier de gens. Je suis prêt à répliquer sur ce point mais la demoiselle enchaîne sur une question beaucoup plus intime et compliquée pour moi. L’amour.. trouver l’amour. Quelque chose que j’idéalise sûrement beaucoup trop.
« – J’ai bêtement cru que je trouverais un jour la fille parfaite. Ou plutôt trouver l’amour comme mon père l’a trouvé en arrivant ici.. il n’était qu’un jeune rebelle italien et il cherchait des soutiens auprès des hautes têtes de la méditerranée mais en arrivant dans ce pays, il est tombé sur la fille du grand pharaon et il en est tombé fou amoureux. Leur union était casi impossible mais ils ont réussi à braver les codes. Je sais que je ne peux pas prétendre au même amour, du moins je vois mal une jeune guerrière venir me trouver au palais mais j’espérais trouver quelqu’un avec qui rien ne serait impossible.. avec qui je me sentirais moi-même et avec qui je n’aurais peur de rien.. »
Je me sens un peu bête de révéler ça a une jeune femme que je ne connais pas vraiment et qui est triste à cause de son grand amour perdu. Au moins elle a connu le vrai amour contrairement à moi. Je n’ai même pas eu de petite amie alors que j’ai presque dix huit ans et que je suis le garçon le plus courtisé du pays. Ça je ne tiens pas à lui dire car j’ai quand même une fierté à conserver.
« – Mais je suis un trop grand rêveur. De toute façon je n’ai plus le temps pour jouer mon difficile car je dois être marié avant les dix huit ans donc j’ai encore cinq mois. Dans cinq mois il y aura sûrement une fille de choisis . Peut-être celle d’un grand homme du pays ou alors celle d’un roi d’autre pays. Je dois l’accepter. »
Et je ne veux pas l’accepter mais ai-je le choix ? Non, pas vraiment. J’ai déjà pensé à m’enfuir mais ça ne servirait à rien puisque je serais traqué par les soldats de mes parents.
« – Mais bon.. parlons de choses plus intéressantes ! »
Nous sommes revenus près de sa chambre mais voyant qu’elle n’a pas l’envie d’aller se coucher, et puis je dois avouer que moi non plus car sa compagnie est agréable, je lui propose de me suivre pour faire un petit tour du palais. Il est assez grand, très bien gardé mais il a quelques salles qui valent le détour d’être vue comme certaines salles de prières dédiées à plusieurs dieux égyptiens. Il y a aussi les piscines intérieures où beaucoup de monde adorent se baigner mais ce soir il n’y a personne. Il y a aussi une salle à crocodiles.. oui.. nous avons des crocodiles et quand nous y entrons, je me retiens de rire. Ils sont dans des enclos donc on ne risque rien mais c’est toujours impressionnant à voir.
« – Tu en as déjà vu de près ? Nous en avons quatre. Ils sont liés au dieu Sobek. C’est un dieu de l’eau et de la fertilité. Il n’y a que notre palais qui peut avoir des crocodiles pour que la reine puisse être la plus fertile possible mais heureusement ma mere n’a pas fait une armée d’enfants. »
Nous sommes déjà quatre et c’est déjà bien. Même si je reste bien plus proche de ma jumelle Sora que les deux derniers de la fratrie. J’apprécie mes frères mais notre différence d’âge est trop éloignée pour que nous soyons beaucoup plus proches.
« – Nous avons aussi des chiens mais eux sont avec les gardes. Il y a pas mal d’animaux dans le coin, tu risques d’être étonné. »
Nous reprenons notre voyage dans le palais mais pour la dernière pièce, nous allons sur le grand balcon qui donne une vue imprenable sur Alexandrie et la mer Méditerranée. C’est ici que mes parents font les annoncent officielles au peuple. Peu de personne ont le droit de venir ici mais comme Charlie est avec moi, elle a le droit d’y avancer. Nous allons au plus proche de la rembarre. Le ciel est étoilé, la lune pleine. Tout est magnifique à voir mais j’avoue que le visage de la jeune femme éclairé par la lune, est une vue que j’apprécie bien plus que le reste. Elle observe les alentours alors j’en profite pour la regarder.
« – Connais-tu les pyramides ? Je suis certain que tu serais éblouie en les voyant. Nous avons des rites funéraires assez grandioses ici car il se dit qu’après la mort, un pharaon devient un dieu alors il lui faut la plus impressionnante sépulture pour pouvoir atteindre le ciel. Trois de mes aïeuls, Khéops mais aussi Khéphren et Mykérinos, ont fait construire les pyramides au Caire afin de rejoindre plus facilement les dieux. Cela a demandé un temps très long et des milliers de travailleurs mais c’est magnifique à voir. Il y a d’autres pyramides dans le pays et même une vallée entière avec des rois ou même des reines. »
Il y a aussi plusieurs temples ou palais qui sont somptueux. Je ne peux nier que notre pays est une beauté architecturale et nous avons les meilleurs savants du monde qui sont ici. Il faut dire que ma mère a su les appâter avec quelque chose qui n’existe nul part ailleurs. Je pointe du doigt un bâtiment immense qui se démarque car il est plus haut que les maisons en ville.
« – C’est la bibliothèque d’Alexandrie.. C’est la construction de ma mère et sûrement la meilleure idée que puisse avoir eu une personne. Dedans il y a tous les écrits que nous puissions trouver dans le monde. Des milliers de savants, poètes, philosophes, scientifiques, viennent ici pour y déposer leurs idées. C’est un moyen de ne rien oublier et de garder une trace dans l’histoire. »
Si je le peux, je la mènerais dans cette endroit que je trouve magique tant on s’y sent dépaysé et où le partage est puissant car des hommes de toutes les nations passent par là mais pour ce soir, il faut tout de même que je raccompagne cette demoiselle à sa chambre. Il se fait tard alors nous reprenons la route qui mène à sa pièce. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti plutôt léger. Peut-être parce que j’ai montré ce qui m’impressionne et que je ne me suis pas focalisé sur les choses qui m’agacent. Dans tous les cas, j’ai un sourire mais quand nous arrivons à sa porte, je le perds puisque je sais que je vais devoir retourner dans ma chambre et que demain une nouvelle journée d’entraînements et d’apprentissages m’attend.
« – Je pense que demain Sora te fera appeler. C’est mieux que tu sois avec elle, ce n’est pas très intéressant de me voir me battre ou apprendre de nouvelles langues. On se verra sûrement au repas. Il n’y a que là que je croise ma famille. »
C’est vrai qu’on est la plupart du temps éloignés même si nous vivons dans le même palais. Et puis pour ma part, je ne m’entoure pas d’esclaves qui sont tout le temps à mes bons soins. Il n’y a que Tomas que je croise le plus souvent puisqu’il est mon entraîneur d’armes.
« – J’espère que tu passeras une bonne nuit. Les nuits peuvent être fraîches malgré les journées chaudes alors n’hésite pas à prendre l’une des couvertures qu’il y a près de ton lit. »
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« – Concentrez vous bande d’idiots ! Et toi là-bas, vires moi cette esclave !
_ Non, je m’en occupe. »Dis-je à Thomas qui n’apprécie décidément pas la présence de Charlie. Elle attire tous les regards par sa beauté et moi aussi j’ai lancé quelques regards vers elle mais je ne tiens pas à ce qu’elle se fasse virer comme une malpropre. J’abandonne donc mon épée et mon bouclier pour aller vers la blonde qui se cache sous l’ombre. Elle n’a pas l’habitude d’un soleil aussi brutal mais avec sa peau nacrée, cela ne m’étonne pas vraiment. Heureusement mon corps ajoute un peu plus d’ombres quand j’arrive face à elle et je toussote pour qu’elle détourne son regard vers moi.
« – Venez avec moi. Vous allez finir par cuire comme un bout de viande si vous restez ici. »
Je lui épargne le fait qu’elle est surtout une trop grande distraction pour les soldats et je l’invite à retourner dans le palais. Je suis encore couvert de sueur, de sable et de quelques ecchymoses mais le bain attendra un peu. Au lieu de ça, je l’amène vers les cuisines pour aller chercher des boissons qui sauront nous rafraîchir.
« – Vous devriez sortir lors des heures les moins chaudes. Ici, le soleil fait très vite des ravages si on en a pas l’habitude. C’est à la fois une force et aussi un fardeau. Mon père a mis des années à supporter les températures égyptiennes vous savez ? Alors que pour ma mère ou même moi, nous pouvons rester des journées dans le désert sans boire une seule goutte d’eau. »
Je lui tend un verre de jus de coco et j’en prend un pour moi aussi. Une servante nous ramène quelques dattes et des sucreries mais je les laisse pour Charlie. Pour être un peu moins entouré, je l’amène dans un salon remplie de végétation. C’est l’endroit préféré de ma mère puisqu’elle prend grand soin de toutes les plantes présentes. Elles sont toutes exotiques, si bien qu’il y a même quelques animaux qu’on ne trouve qu’en Afrique comme quelques perroquets ou des primates.
« – Vous lisez des papyrus ? »
Dis-je en voyant qu’elle tient fermement un papier entre sa main. Ses joues rougissent et ça m’interpelle un peu plus mais quand elle me montre son dessin, je suis plus qu’étonné. J’ai déjà vu des dessins dans la bibliothèque d’Alexandrie mais là, je sais que c’est un dessin qui me représente. Il est même extrêmement précis et incroyable. Je n’ai jamais vu une telle façon de représenter quelqu’un. On dirait qu’elle aurait réussi à me dédoubler sur un morceau de papyrus.
« – Comment avez vous réussi à faire ça ? C’est fou ! C’est dingue ! »
C’est magnifique. Je reste presque bêta devant ce chef d’œuvre, si bien que c’est ma mère qui reprend la parole. Elle arrive derrière moi et elle est tout autant surprise que moi.
« – C’est sublime.. C’est toi qui a fait cela ? »
Dit-elle à l’intention de Charlie tout en prenant le papyrus entre ses mains. Ici, nous avons pour habitude de représenter les rois ou princes de profil puisque c’est bien plus facile pour graver dans la pierre mais il y a peu de réel dessin qui les représente. On ne peut donc pas savoir vraiment à quoi ressemblaient nos ancêtres ou même avoir une esquisse de nos proches assez fiable.
« – Pourrais-tu dessiner toute notre famille ? »
Par contre, je suis surpris par la demande de ma mère. Elle est plutôt du genre à ne jamais demander de services ou d’aides mais là, elle semble vouloir obtenir un portrait de sa famille. Elle me rend le dessin et elle se rapproche de Charlie qui semble impressionner par la reine.
« – Si tu réussis à me faire cela, je peux envisager d’envoyer un message à ta famille pour qu’ils puissent venir te rechercher. C’est bien cela que tu souhaitais, retrouver ta famille italienne ? »
C’est un sacré beau prix pour des dessins.. Une légère part en moi bougonne mais qui suis-je pour interdire à cette demoiselle de ne plus jamais revoir sa famille alors que moi-même je ne pourrais pas faire mes adieux à la mienne ? De toute façon, je savais qu’elle n’aurait pas été esclave jusqu’à la fin de sa vie. Je l’ai su au moment où j’ai remarqué le regard de ma mère sur Charlie. Elle est peut-être impressionnante et intimidante mais la reine Matoaka a une bienveillance immense. Et puis Sora a sûrement du lui parler des moments qu’elle passait avec sa nouvelle amie.
« – Je te laisse jusqu’au dîner pour me donner ta réponse. On se reverra tout à l’heure. »
Ma mère repart et je repose mon regard sur la blonde qui n’a pas sorti un seul mot. Je lui fais une grimace pour la sortir de sa rêverie et la faire rire. Je lui redonne aussi son papyrus puisque même s’il me représente, c’est à elle qu’il appartient.
« – sache que ma mère tient toujours parole. Si tu lui fais ce dessin, elle fera en sorte que tu retrouves les tiens.. et mon père ne pourra pas aller contre la décision de ma mère. Il n’a jamais su lui dire non. »
Pour un colosse comme lui, c’est plutôt drôle de savoir qu’il se tait devant un petit bout de femme comme ma mère. Ils se disputent rarement ou alors si cela arrive, c’est à cause de moi ou Sora. Ils ont eu une éducation différente et ça pose parfois problème quand nous arrivons avec des confessions de bêtises. Mon père est beaucoup plus strict alors que ma mère a souvent penché vers le pardon.
« – Je vais devoir aller me laver mais tu peux m’attendre ici si tu veux. C’est la salle la plus fraîche du palais. C’est aussi le paradis de ma mère.. Elle m’a raconté qu’il y avait des pays verdoyants comme ici vers le sud. Elle y a été une fois mais il y a eu une guerre qui fait qu’aujourd’hui il vaut mieux ne pas aller au-delà de la frontière. Des groupes armées attendent la moindre occasion pour tenter de faire tomber notre royaume car ils ne supportent pas que l’on puisse avoir autant de savoirs et de vivres alors que notre pays est censé être désertique. La jalousie est un fléau par ici. Presque tous les pays autour de nous, veulent nous prendre nos richesses mais ils n’y parviennent pas. »
Je termine ma petite histoire et j’abandonne Charlie puisque j’ai besoin de me rafraîchir mais bon, elle ne reste pas longtemps seule puisqu’elle se fait vite rejoindre par Sora mais aussi d’autres esclaves qui sont assez étonnés qu’elle soit si proche de moi. Beaucoup de jeunes filles ont essayé de m’approcher mais il est très rare que je les laisse rester autour de moi bien longtemps. J’aime être seul mais depuis que je me suis rapproché de Charlie, j’aime sa compagnie car elle m’apporte autre chose que ce que je connais. Elle me sort de mon confort, de mes sentiers.
Je reviens une petite heure plus tard et elle est toujours entourée de plusieurs filles. Je m’apprête à les rejoindre mais je me fais stopper par le pharaon. Mon père pose sa main sur mon épaule et il m’attire dans le couloir.
« – Je vois que tu apprécies finalement la présence d’une fille.
_ Pourquoi tu me dis ça ?
_ Parce que tu sais qu’il est temps de penser à ton mariage Kisos. Je sais que tu aimerais attendre mais tu es un futur pharaon et tu dois commencer à faire des alliances mais aussi des progénitures.
_ C’est ça que je suis pour toi ? Une progéniture ? Et où est l’amour dans ce genre de mariage ? Tu imagines si Ma’ avait fait ce que tu veux m’imposer ? Tu ne serais pas sur ce trône !
_ Kisos ! On en a déjà parlé. Je ne suis pas le plus heureux de t’imposer un mariage mais tu sais que nous sommes dans une phase compliqué et que nous avons besoin de nous rapprocher de certains royaume pour ne pas finir détruit par d’autres.
_ Donc tu as déjà trouvé ma future épouse hein ? Tu as déjà tout calculé ?
_ Hm.. je pense que j’ai trouvé ta future épouse oui et tu vas la rencontrer en fin de semaine. C’est la fille du roi d’Irak. C’est le royaume le plus fort et qui peut nous apporter le plus de soutien.
_ La fille d’Irak.. et bien dis donc, tu sais très bien diriger mon avenir. »Je me retiens de ne pas hurler et au lieu de rejoindre les filles, je pars vers l’extérieur du palais car je sens la colère monter. Finalement ma douche n’a servit à rien puisque je retourne récupérer mon épée et je me met à taper contre tout ce que je vois. Dans quelques jours je vais devoir rencontrer une fille que je ne connais pas mais qui deviendra quand même mon épouse. Ça me rend fou, d’autant plus que j’avais peut-être trouvé une personne avec qui je me sentais enfin bien.
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Je ne suis pas au courant de la négociation ou plutôt le prix pour Charlie et la mère mais je sais qu’elle a accepté le dessin. Ma mère a évoqué le fait de préparer un navire pour dans quelques semaines. Ça m’a un peu attristé car j’aime bien la présence de cette jeune italienne mais je peux comprendre son envie de retrouver sa famille alors je ne peux pas faire l’égoïste.
Après le dîner, chacun retourne à ses occupations mais pour ma part je suis appelé par l’un des conseillers de mon père qui veut discuter de cette guerre qui aurait lieu au sud du pays. Il évoque le fait que je pourrais mener l’armée afin de prouver que je suis prêt pour mon futur rôle de pharaon et en soit ça me va mais mon père intervient. Il m’interdit de partir en guerre maintenant. Bien sûr, ça annonce une nouvelle dispute et je préfère quitter la pièce plutôt que de me battre encore une fois avec mon père. On dirait qu’il veut tout contrôler dans ma vie.. mon mariage, mes batailles, presque tout. Alors quand je tombe sur Charlie et qu’elle me propose de partir vers la ville sans prévenir personne, j’y vois une manière de me défaire de ma prison. J’accepte ce défis avec plaisir mais je vais nous récupérer deux caps avant que nous osions sortir du palais. Nos visages cachés sous les capuches sombres, éviterons de montrer nos traits, enfin surtout les miens. Je sais que peu de monde m’ont vu de près mais je préfère ne pas être reconnu. Connaissant les endroits les moins fréquentés du palais, j’arrive à nous faire sortir de la bâtisse et on se retrouve dans une rue qui donne sur l’Ouest de la ville. Tristement, je me dis que je ne sais même pas si je vais pouvoir nous orienter correctement car je n’ai presque pas visité ma propre ville sauf les lieux où les hauts placés peuvent aller.
« – Et bien.. je pense que nous devrions aller par là. Je pense que ça va nous mener vers les endroits les plus animés de la ville. Enfin je crois.. »
Et qu’est ce que font les habitants ? Je ne sais même pas comment ils passent leurs temps de repos. C’est le moment de découvrir et pris par un élan de rébellion, je prends la main de Charlie et nous allons vers cette zone qui semble bouger. On y voit beaucoup de lumière au loin mais il semble aussi y avoir de la musique. Quelques personnes sont encore dehors et ils nous fixent lorsque nous passons, peut-être à cause de nos caps, alors je nous les fais retirer mais pour paraître moins royal, je jette les bijoux que je porte et ceux de Charlie. Du moins, je les cache car je pourrais les donner à quelqu’un de pauvre mais cela pourrait lui causer des problèmes. Nous sommes donc débarrassé de ceux qui nous rends plus riches que les autres et nous finissons par arriver sur une grande place où il y a du monde. Un groupe de musicien joue dans ce qui ressemble à une taverne mais il y a encore aussi un souk d’ouvert. Je ne pensais pas que ça pouvait être aussi vivant au soir.. je m’imaginais bêtement que les gens allaient tous se coucher tôt.
« – C’est étrange pour moi de venir ici.. je vois souvent les gens lors des rassemblements pour écouter mes parents mais pas dans leurs vies quotidiennes. »
On est déconnecté lorsque l’on vit dans un palais et je m’en rend bien compte. Un commerçant nous approche pour essayer de vendre des épices mais je le remercie et nous nous remettons à avancer pour aller vers les gens qui s’amusent autour du groupe de musique.
« – C’est comme ça aussi chez toi ? »
Il y a des danseuses du ventre mais j’en ai déjà vu au palais. Il y a aussi un homme qui s’amuse à faire sortir un cobra royale de son panier et on s’y approche pour que Charlie voit mieux cette bête qui est courante ici. Il y a tellement de choses à voir et découvrir que l’on passe deux bonnes heures sur cette place avant de reprendre l’exploration. Nous passons près du phare d’Alexandrie mais aussi la bibliothèque. Nous allons vers les rives du Nils mais je fais attention à ce que la blonde ne s’approche pas trop de l’eau. Il y a énormément de crocodiles et comme ils sont des créatures divines, on ne peut pas les combattre. Nous allons aussi vers une troupe de chameaux pour les caresser mais le plus excitant arrive lorsqu’on arrive devant la maison d’une voyante. C’est encore ouvert et notre curiosité nous pousse à y entrer. Celle-ci demande de l’argent mais j’en ai pas sur moi, cependant j’ai encore un bijou que j’ai gardé dans ma poche en cas de troc.
« – Un bijou royal.. Vous n’avez pas peur que je vous trahisse mon prince ?
_ Vous m’avez déjà vu ?
_ Je suis une voyante Kisos, je sais qui tu es mais je suis ravi de t’avoir ici. Assis toi avec ton amie. »Elle me rend ma broche et elle sort des objets un peu spéciaux pour commencer sa séance de voyance. Je ne sais pas ce qui nous attend mais je suis amusé par la situation.
« – Que voulez vous savoir mon prince ? Si vous allez être un bon roi ?
_ Non, j’aimerais savoir si mon amie va réussir à retrouver sa famille. »Elle est étonnée que je ne demande rien pour moi. Elle se tourne vers Charlie et prend ses mains dans les siennes. Je me met à faire le traducteur puisque sans ça, Charlie ne va rien comprendre du tout.
« – Tu vas retrouver tes parents d’ici quelques semaines. Elle dit qu’ils sont très inquiets pour toi et que ton père est parti faire un voyage pour tenter de te retrouver.. »
Parfois il y a des blancs puisque la voyante se concentre mais à un moment je fronce les sourcils car l’une de ses prédictions ne me plaît pas.
« – Tes parents veulent se séparer à cause de ton départ.. Ta mère accuse ton père.. »
Ils doivent être tellement tourmentés que cela a créé des grosses tensions mais la dame finit par dire que ça ira mieux quand Charlie sera chez elle. Elle finit par parler d’un moment plus tardif dans la vie de Charlie mais ça aussi, ça me fait un peu grimacer mais je me dois de dire ce qu’il en est à la blonde.
« – Elle dit que tu épouseras quelqu’un dont tu es ou seras très amoureuse.. que c’est sûrement ton grand ami.. »
Je pense à son Marco, pas forcément à moi. Après tout, si c’est le destin de Charlie alors je dois en être content. Elle aura une bien meilleure vie que la mienne.
« – C’est quand même super pour toi ! Ton ami est peut-être déjà en Italie. La voyante ne voit pas grand chose sur lui mais c’est parce qu’elle aurait eu besoin d’un objet à lui. »
Dis-je quand ça semble être bon mais la voyante décide de prendre aussi mes mains dans les siennes. Elle reste silencieuse plusieurs minutes avant de froncer ses sourcils.
« – Qu’est ce qu’il se passe ?
_ Vous allez risquer votre vie et cela aura des répercussions sur le pays.
_ Vous parlez de la guerre au sud ?
_ Non. Je ne vois pas le désert mais de l’eau.. et des hommes d’ailleurs. Des hommes du nord.
_ Des hommes du nord vont attaquer le pays ?
_ Je ne sais pas, c’est assez flou. Je vois surtout que vous serez enfermé dans une cage. Vous serez vendu.. »Ça ne me plaît pas à entendre et je retire mes mains des siennes. Je ne répète rien à Charlie sur l’instant et je préfère même quitter l’endroit. Une fois dehors, je soupire et quand la belle blonde se rapproche de moi, je lui explique ce qu’il vient de se dire.
« – Ce ne sont que des prédictions mais si des hommes du nord attaquent alors qu’au sud nous sommes attaqués aussi, on ne va jamais tenir. Nous avons une grande armée mais elle ne peut pas être sous tout les fronts.. hm.. sauf si j’accepte ce fichu mariage, les irakiens pourront nous fournir des hommes.. »
Je ne pense pas une seule seconde à un autre scénario alors que pourtant c’est ce qui va se tramer mais il est encore trop tôt pour le savoir. J’ai plutôt un sentiment d’inquiétude et aussi de dégoût qui monte car je vais vraiment devoir accepter le mariage au plus vite. De toute façon la jeune femme vient ce week-end donc qui sait, je me marierais peut-être à ce moment.
« – Hm.. bref.. et si.. et si on allait encore se balader un peu ? Tu veux voir quoi ? On peut aller vers le début du désert.. pour voir le ciel étoilé, c’est le meilleur endroit. »
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Je n’ai jamais passé de soirée aussi exaltante de toute ma vie. Je ne savais pas qu’Alexandrie pouvait être aussi vivante la nuit mais je ne savais pas non plus qu’une jeune femme réussirait à me sortir de mes sentiers. J’ai énormément apprécié cette soirée mais c’est surtout la présence de Charlie que j’aime le plus. Elle dégage quelque chose qui me fascine et qui me donnerait presque l’envie de tout plaquer pour vivre une vie d’aventures mais la réalité revient quand on voit le soleil commencer à se lever. Il va falloir rentrer et bientôt elle partira chez elle, tout comme je vais devoir bientôt épouser une autre demoiselle. Lorsqu’elle me dit que je vais être un grand pharaon, je souris tristement mais heureusement elle n’en voit rien.
« – J’ose espérer.. hm.. mais pour le moment il faut rentrer car s’ ils apprennent que nous avons découché toute la nuit, je sens que nous allons nous prendre le savon du siècle. »
On se relève et je prend sa main pour que nous allions vers l’endroit où nous sommes sortis hier soir. On risque de se faire voir plus facilement alors il faut être encore plus discret et minutieux. On réussit à éviter les gardes et on arrive devant la chambre de Charlie. Aller se coucher n’est pas envisageable puisque cela pourrait éveiller des soupçons mais un brin de toilette et changer de vêtements ne fera pas de mal.
« – Je te laisse te rafraîchir, moi aussi je vais y aller.. en tout cas merci pour cette soirée Charlie. C’est la première fois que je m’amuse autant. Tu es vraiment une drôle de petite femme pleines de surprises.. »
On se fait face et étrangement, j’ai envie de poser mes lèvres sur les siennes. Oui, j’ai envie d’embrasser cette fille mais je ne me le permet pas. Elle aime un autre garçon. Je me contente de déposer un baiser sur son front et je fini par la laisser pour partir vers ma chambre mais ce n’est pas maintenant que je pourrais me rafraîchir puisque je vois ma mère arriver en trombe vers moi.
« – Ou étais tu Kisos ?!
_ Ma’.. euh.. j’ai été voir Charlie.. oui.. j’ai été voir Charlie !
_ Ah.. j’étais dans ta chambre mais tu n’y étais pas. Je me suis inquiétée. Je voulais te parler par rapport à ta rencontre avec la jeune princesse Iranienne..
_ Hm.. t’en fais pas Ma’, je serais là pour l’accueillir.
_ Justement, tout est annulé. Nous te donnons encore une année pour trouver celle qui te conviendra mais on ne pourra pas attendre plus. Je sais que tu ne veux pas de mariage arrangé et moi non plus je n’en veux pas pour toi.. Cependant nos coutumes font que tu dois te marier au plus vite..
_ Un an ? Mais pourquoi ce changement ?
_ C’est ton amie qui a négocié cela contre le portrait de notre famille. »Charlie a négocié ? Je lance un regard vers le couloir qui donne vers sa chambre. Ma mère se met à sourire finement car si moi je suis encore trop naïf pour voir quoi que ce soit, elle, elle a compris qu’il se passait quelque chose entre moi et Charlie.
« – Vas te laver.. tu as le visage ensablé. »
Elle tapote mon épaule et elle me laisse rejoindre ma chambre. Je suis bouche bée, j’ai du mal à réaliser que Charlie vient de me permettre de ne pas me marier dans quelques jours. Après un bain rapide et un changement de vêtements, je repars vers la chambre de la blonde mais elle est déjà partie avec Sora. Ma jumelle est venue la chercher suite à la demande de ma mère. La reine veut parler du départ de Charlie et du fameux jour j. Le bateau partira dans deux jours. Il y aura des soldats qui accompagneront la blonde afin d’assurer sa sécurité mais aussi des cadeaux égyptiens. Cela est juste pour tenter une sorte de premier pas envers les italiens mais Matoaka insiste pour que Charlie ne le dise pas à Gabriel.
Lorsque j’arrive dans la grande salle, ma mère cesse de parler et les regards se tournent vers moi. Je suis un peu suspicieux mais Sora se dépêche de venir vers moi pour me saluer.
« – Eeeh ! Tu crois qu’on peut aller faire un tour dans le désert pour montrer à Charlie comment c’est ? On pourrait même aller jusqu’aux pyramides !
_ Euh.. oui.. enfin si Ma’ accepte.. »Matoaka n’aime pas laisser ses enfants s’éloigner mais pour une fois, elle accepte bien que l’on sera accompagné par des gardes. Sora en saute de joie et elle entraîne son amie vers les écuries. Je me mets à les suivre mais avant d’aller vers les chevaux, j’attrape des vestes et voiles qui vont couvrir nos têtes car le désert est trop chaud pour s’y balader sans protection. Je laisse Sora aider Charlie pendant que moi-même j’enfile un turban et la veste. Il n’y a plus que mes yeux qui sont visibles mais aussi ma longue tresse. Je m’occupe de sceller les chevaux alors que des esclaves préparent des sacs avec de l’eau et des vivres.
Tout semble prêt et j’aide les filles à s’installer cependant quand Charlie se retrouve sur son cheval, je viens m’installer derrière elle. Elle ne connaît pas assez le désert pour y partir seule, du moins c’est l’excuse que je donne mais je sais que c’est surtout pour être avec elle. Thomas nous accompagne et tant mieux, cela laissera Sora s’occuper de lui. Nous prenons donc la route et c’est moi qui mène vers la route vers Le Caire. C’est à deux heures en cheval mais il faut passer par le désert pour avoir accès aux pyramides. On est vite entraîné dans les grandes dunes et l’immensité d’un paysage sableux mais j’aime cette vue. Ce n’est pas la plus exotique mais elle ressemble à la liberté.
« – Beaucoup pense que le désert est un fardeau pour notre pays mais nous on sait que c’est notre plus grande richesse. Tu sais que lors des guerres contre les hommes du nord, la plupart des pharaons les ont menés vers le désert afin de gagner ? Ici nous sommes des rois, c’est notre environnement. On sait comment y vivre mais les autres non. »
J’aurai pu parler de ce matin et de ce que m’a dit Ma’ mais pour le moment je me concentre sur notre route. Je me réfère au soleil et aussi à la forme des dunes. On croise parfois des bédouins ou des soldats mais peu de monde se promène ici. Il y a parfois des chameaux ou des bêtes du désert mais on ne s’arrête pas pour les observer. Plus vite on sera arrivé aux pyramides et plus vite Charlie pourra voir la grandeur de notre royaume. Elle pourra même visiter un autre palais qui appartient à la famille mais ce sont des tantes qui vivent là bas.
Nous faisons quand même une petite pause pour faire boire les chevaux et pour qu’on puisse aussi s’hydrater. Je profite de cela pour enfin parler à Charlie ou plutôt lui dire ce que je pense.
« – Ma mère m’a dit ce que tu lui as demandé contre le dessin.. tu n’étais pas obligé tu sais.. enfin je dois avouer que c’est énorme et que je me sens moins oppressé mais après tout, tu ne me devais pas cette liberté, surtout en sachant que j’ai fais de toi mon esclave.. »
-
La journée a été chaude et longue mais nous avons fini par rejoindre le palais du Caire. Il est tout autant somptueux que l’autre palais mais ici, on ne sera pas étouffé par les parents. C’est même pour cela que l’on peut laisser Sora dîner avec Tomas car ça aurait été impossible à Alexandrie. Notre père serait totalement opposé au fait que ma jumelle puisse aimer un soldat plus âgé qu’elle. Pour ma part, je ne fais pas de dîner romantique mais la présence de Charlie me plaît. On se retrouve à deux, mangeant quelques fruits et discutant de la journée ou c’est vrai que j’ai beaucoup plus été à l’aise. Je ne me sentais pas oppressé par mon statut, j’étais simplement Kisos. Charlie m’en fait aussi la remarque mais je n’ai pas le temps de répliquer puisque Tomas arrive avec une nouvelle qui ne me plaît pas. Il y a des pilleurs. Tomas envoie Sora vers Charlie alors que pour ma part je sors mon sabre.
« – Restez cachée ici les filles ! On va aller s’occuper de ça ! »
Il devrait y avoir des gardes ici mais comme je n’ai pas prévenu de notre arrivée, les effectifs ont été réduits. Cependant je m’en fiche, je sais qu’on peut très bien gérer quatre hommes avec Tomas. C’est même le meilleur moment pour que je puisse lui montrer que nos entraînements ne sont pas là pour faire beau. Je m’assure quand même que les filles soient cachées avant de partir vers l’entrée du palais. Les pilleurs cherchent après des bijoux, de l’or alors ils commencent à fouiller des salles. Cela les poussent à se séparer et c’est parfait. Tomas part vers l’Est, moi vers l’Ouest.
C’est un des plus gros fardeau de notre société. Les égyptiens ont peut-être une civilisation grandiose mais nous avons aussi énormément de voleurs. Nos richesses attirent du monde et surtout pour piller les tombes ou les palais. Là, les pilleurs ont dû penser qu’il n’y aurait personne mais dommage pour eux, nous leurs tombons dessus. Tomas en gère deux et moi deux. Sans grands efforts, j’arrive à m’imposer auprès d’eux. Ma taille, ma force et ma réflexion m’aident à les mettre au sol. Je pourrais les tuer mais il y a des punitions bien plus cruelles que la mort alors quand ils sont maîtrisés, je les traîne vers l’entrée du palais. Tomas en fait de même et nous appelons des gardes pour qu’ils aillent mettre ces pilleurs dans des cages.
« – Prince Kisos ! Vous.. personne ne nous a dit que vous alliez venir !
_ Je n’ai prévenu personne. Cependant je vois que vous n’êtes pas si efficace.. dois-je en référer à mon père ?
_ Non non ! Je vais prévenir tous les gardes d’être plus vigilants. »Je ne peux pas leur en vouloir. Ils ont une immense bâtisse à garder et ils doivent être sur tous les fronts. Nous retournons vers la salle où nous avons laissé les filles et quand nous rentrons, Sora saute sur Tomas. Je me retiens de rire mais aussi de la disputer car il y aurait pu avoir quelqu’un d’autre en plus que nous. Personne ne doit savoir pour elle et Tomas, sous peine que Tomas finisse par être exilé.
« – Sora.. sois plus sage s’il te plaît. Tout va bien, on les a vite maîtrisé et on a aucune blessure. »
Pour ma part, je me rapproche de Charlie. Elle a sûrement dû entendre les inquiétudes de ma sœur. Je remarque surtout qu’elle pose sa main sur mon bras. Finalement j’ai quand même une petite blessure. Une entaille dans ma chemise et une légère plaie sur ma peau.
« – Ce n’est rien. Je ne l’avais même pas senti. Je vais surtout devoir trouver une autre veste pour rentrer car ma mère serait capable de me faire passer un interrogatoire. »
Sora est déjà repartie avec Tomas. J’en lève les yeux au ciel mais au moins je suis tranquille avec Charlie. Je la laisse même nettoyer ma légère blessure mais pour ça je retire ma veste et mon haut. Elle m’a déjà vu plusieurs fois en torse nu donc il ne devrait pas y avoir de malaise. On est pas dans un pays où l’on se couvre énormément avec la chaleur ambiante.
La jolie blonde s’applique à nettoyer le sang et à mettre un linge sur la blessure. Je l’observe silencieusement ou plutôt je me laisse happer par son angélique visage. Charlie a pris des couleurs, sa peau est beaucoup plus hâlée et ça fait encore plus ressortir ses yeux bleus verts. Ses cheveux en sont même beaucoup plus blonds. Elle est vraiment sublime.
« – Tu souhaitais me dire quelque chose avant que Tomas n’arrive ici.. »
Il nous a coupé dans notre conversation mais j’espère que nous allons reprendre là où on en était arrivé.
« – Tu disais que j’allais te prendre pour une folle car tu aimerais quelque chose.. mais quoi ? Ça m’intrigue beaucoup. »
C’est vrai que ça m’intrigue énormément puisque ça pourrait être n’importe quoi. J’ai eu à l’esprit qu’elle pourrait me demander un baiser mais bon, j’ai peut-être trop d’hormones ou trop d’espoir. Je remarque quand même ses joues rougir à nouveau et mon espoir se fait plus vif mais elle me parle qu’elle aimerait bien visiter le palais. Ah.. petite déception pour moi mais bon, si cela peut lui faire plaisir.
Quand les soins sont terminés, je lui propose mon bras et on part faire le tour de ce palais. Il est un peu moins grand mais il offre une vue si magnifique.. une vue sur les pyramides. N’est-ce pas une immense prouesse ? Elles sont encore couvertes de marbres blanc et leurs pointes sont en or. Le soleil s’est couché mais on peut encore les percevoir grâce à la lune. Autour d’elles, il y a une immense cité funéraire. Il y a aussi des temples et quelques palais de grands mécènes. J’amène Charlie sur le balcon qui donne la plus belle vue et je suis plutôt fière de lui faire découvrir tout ça.
« – Dans notre pays, il y a plusieurs pyramides mais celles-ci sont les plus grandes. Kheops voulait que son tombeau soit le plus majestueux possible et il a réussi. C’est magistral.. je crois qu’aucun roi n’a su le surpasser. Même pas son fils qui a la pyramide à côté. »
Je pourrais encore partir dans des heures d’histoires. Il y a tellement à dire sur ce pays et ses dynasties. Ma mère a passé beaucoup de temps à raconter les légendes et vies des anciens rois mais étrangement, en observant Charlie, je me rends compte que je sais tout de l’Égypte mais pourtant j’ai aussi du sang italien. C’est un pays que je ne connais pas vraiment alors que pourtant, il a connu des immenses heures de gloires. Peut-être qu’un jour je devrais envisager d’aller là-bas.. du moins juste visiter un peu.
« – Je sais que tu dois repartir dans trois jours.. Sora m’en a parlé et j’ai vu que ma mère faisait préparer l’un de nos meilleurs bateaux. Je.. Je suis content que tu puisses retourner vers les tiens Charlie. Une famille c’est très important même si je comprends aussi ton envie de liberté. J’espère aussi que.. tu retrouveras ton ami.. Peut-être qu’il a réussi à revenir en Italie. »
Je ne sais pas si j’aurai à cœur de la voir partir alors autant lui dire les choses maintenant. Je reste heureux pour elle car même si ce petit bout de femme m’a chamboulé, elle mérite d’être auprès de ceux qu’elle aime. Ici, elle semble être un petit oiseau qui n’est pas totalement dans son élément et ça se comprend. Nos civilisations se ressemblent mais elles sont aussi si différentes.
« – Sora a proposé que l’on fasse un grand repas en ton honneur demain soir mais elle tient à ce qu’on puisse manger des choses de ton pays. Elle pense que cela pourrait faire plaisir à notre père et aussi Tomas. Aurais-tu des idées de plats ? En arrivant à Alexandrie, j’en informerai notre cuisinier. »
Je cesse de la regarder car je ressens un pincement au cœur. Je me sens presque bête car on pourrait croire que le prince a enfin son cœur qui bat pour une demoiselle.. mais bon, cette demoiselle n’a pas les mêmes perspectives d’avenirs et surtout elle serait sûrement malheureuse à se retrouver dans ce pays si loin du sien. L’égoïsme n’a jamais été un de mes traits de caractère. Au contraire, je pense avoir appris l’empathie et le partage grâce à mes parents mais pourtant ce soir j’aimerais quand même être un peu égoïste.
« – Mais sache que si un jour tu veux revenir nous dire bonjour, tu seras toujours la bienvenue. Nous serons même plus qu’heureux de te revoir et d’avoir des nouvelles de toi. »
Je me retrouve de profil à elle. Elle ne peut pas réellement capter mon regard plus triste et c’est mieux ainsi. Je me contente de fixer les pyramides jusqu’à ce qu’une brise fraîche s’abatte sur nos épaules. Les journées sont chaudes ici mais très froides la nuit alors je propose à ma nouvelle amie de retourner vers le palais mais en me tournant vers elle, je me retrouve figé. Je suis paralysé par la beauté qu’elle dégage. Son petit sourire, ses yeux espiègles, ses lèvres charnues.. Dans un élan de courage, je me penche et après avoir posé ma main sur sa joue, je viens déposer un baiser contre ses lèvres. Ce simple contact fait exploser l’intérieur de mon corps. Mon esprit s’embrouille, mon cœur s’emballe. Nos lèvres continuent de se toucher et un baiser beaucoup plus long s’offre à nous. Je n’ai jamais ressenti autant d’émotions délicieuses en même temps.
« – pardon.. »
Je murmure ce mot contre ses lèvres mais je ne le pense pas. Nos visages s’éloignent lentement l’un de l’autre mais si je devais répondre à mes envies, je continuerais de l’embrasser. Je me redresse et je sais que je dois avoir l’air bête avec mon sourire mais je dois reprendre mon sérieux.
« – Retournons à l’intérieur.. Tu vas avoir froid et.. tu dois avoir faim.. »
Il n’y a plus aucun bruit sur notre chemin retour, même pas le son d’une mouche. Des esclaves ont apporté dans la grande salle, quelques plats pour nous restaurer et c’est encore silencieusement que nous partageons quelques galettes et morceaux de poissons. Elle rougit encore alors que moi j’ai du mal à ne pas regarder ses lèvres. Bon sang Kisos.. soit plus adulte et sage. Ce repas deviendrait presque interminable et morne mais je fini par reprendre la parole. On ne peut pas gâcher cette soirée pour un baiser volé.
« – Sais-tu que dans le sud de ce pays, il y a des royaumes avec des bêtes immenses et féroces ? Il y aurait aussi des immenses jungles ou savanes. L’un de mes oncles a un lion chez lui. Il l’aurait eu dans un pays qui se nomme le Kenya je crois.. enfin c’est fou. Le monde paraît tellement grand finalement. Il se dit qu’il y aurait aussi un immense royaume à l’est et ça se nommerait la Chine. Tu en as entendu parler ? Quelques savants de la bibliothèque auraient été jusqu’à ce royaume. Les gens y auraient des yeux plus petits que les nôtres. »
Elle doit en avoir marre de m’entendre parler de tout et de rien. Je suis un vrai moulin à paroles et historien dans l’âme. Pourtant elle m’écoute et elle semble adorer mes anecdotes. Cela pourrait être futile mais pour moi c’est touchant car je sais que je ne m’exprime jamais comme cela avec d’autres personnes que Sora. Ma jumelle est la seule personne en qui j’ai une confiance aveugle et celle avec qui je n’ai pas peur d’être moi-même mais Charlie vient d’entrer dans ce cercle très fermé que je m’étais instauré.
Le dîner terminé, nous voyons Tomas et Sora revenir. Même s’ils ont dîné ensemble, Sora sait qu’elle n’a pas le droit de dormir avec lui. Ils nous rejoignent donc dans la grande salle et Sora nous apporte un thé au jasmin. C’est notre petit plaisir du soir et aussi celui de notre mère.
« – Tout va bien pour vous ? Nous, on a passé une agréable soirée et je tenais à te remercier Charlie car je sais que c’est ton idée. »
Tomas est moins remerciant que Sora puisqu’il a encore du mal avec Charlie mais il a quand même un geste gentil lorsqu’il propose un biscuit à la jolie blonde.
« – Vous savez quoi ? Je pense que je vais faire comme Ma’ et je vais épouser un homme que j’aime. Je vais demander à nos parents si je peux épouser Tomas !
_ Quoi ?! Mais Sora.. Duda va vous tuer ! »La spontanéité de ma sœur me fera un jour avoir un arrêt cardiaque. Tomas aussi est surpris par l’annonce. Le futur fiancé ne s’y attendait pas non plus. Je vais sûrement devoir calmer les pulsions de ma jumelle mais pour ce soir, je préfère garder en tête le baiser que j’ai échangé avec Charlie alors au lieu de lancer un discours sur le mariage de Sora et Tomas, je propose que nous allions tous nous reposer car je souhaite que l’on soit réveillé avant le soleil. Je tiens à ce que Charlie voit le levé de soleil près de la pyramide.
Par respect, Sora dormira avec Charlie, Tomas dans une chambre et moi dans une autre. Personne n’est présent pour nous surveiller mais je ne m’autoriserais pas à dormir avec Charlie en sachant qu’elle est promise à un autre. Nous accompagnons les filles vers leurs chambre mais pendant que Sora explique sa folie à Tomas, je m’éloigne un peu avec Charlie pour lui souhaiter une bonne nuit,
« – Je m’excuse encore pour ce baiser volé.. j’espère que tu ne m’en veux pas. Je.. Parfois je suis comme ma sœur, j’agis sous pulsions. Mais en tout cas sache que j’ai passé une superbe journée et une soirée encore plus belle. Je ne sais pas si pour tout ça a été le cas aussi mais j’ose penser que oui. Dans tous les cas, je te souhaite de passer une bonne nuit.. et si Sora t’embête trop, sache qu’il y a d’autres chambres où tu pourras te reposer. Je sais qu’elle est encore plus bavarde que moi, surtout le soir. »
J’aimerais que la soirée ne se stoppe pas et que l’on repart sur notre balcon mais bon, il faut bien que cela se fasse. Je dépose tout de même un baiser sur son front et je la laisse repartir vers Sora qui parle déjà mariage et décorations. Tomas semble moins enjoué mais quand il voit mon air rêveur, il se montre soudainement curieux.
« – Le petit prince a trouvé sa perle rare ?
_ Je crois que nous avons un sujet plus compliqué à gérer non ? J’ai cru entendre que tu pourrais devenir mon beau frère..
_ Sora est jeune et fougueuse.. Elle est pleine d’espoir mais je sais que ce sera impossible. Je suis un homme beaucoup plus âgé et veuf. Même si.. j’aime beaucoup ta sœur, je pense qu’elle aura un bien meilleur parti en se mariant à un jeune prince oriental.
_ Sauf que c’est toi qu’elle aime et je crois que c’est réciproque non ?
_ Oh non ! Je.. je suis le commandant de l’armée de ton père. Je n’ai pas le droit de prétendre à aimer sa fille !
_ Prends moi pour un crocodile de deux semaines. Je sais bien que tu l’aimes. Tu es tout niais quand elle est là.
_ Arrêtes de dire des conneries. C’est toi qui est niais avec la petite blonde ! Mais tu ferais mieux de t’en méfier. C’est une fille du nord de l’Italie !
_ Et ? Qu’elle soit du nord, du sud ou même du centre, qu’est ce que ça pourrait changer.. elle va repartir chez elle de toute façon.. »Et ça ne sera peut-être qu’un petit passage dans ma vie. Sur cette fin de discussion, je m’éloigne de Tomas et je vais vers ma chambre. Je vais avoir beaucoup de mal à fermer l’œil, c’est certain. Plus que deux nuits et elle ne sera plus là.
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« – Tu aurais réagis comment si Ma’ avait fait ce qu’on lui imposait ? Elle aurait épousé son frère et toi tu aurais été sûrement envoyé dans le désert pour aller récupérer des blocs de calcaire. Est-ce qu’elle a agis comme une reine lorsqu’elle t’a choisit ? »
Mes mots sont horribles mais vrais. Mon père m’impose des traditions qui ont été bafouées par lui-même et ma mère. Je sens que son regard se fait plus menaçant mais il se retient de ne pas m’hurler dessus à cause du monde qu’il y a autour de nous. C’est la première fois que je suis aussi dur avec lui et même que je me révolte de la sorte mais je me fiche de cette princesse de Jordanie, en ce moment même, une autre princesse est en train de m’envoûter.
Charlie est magnifique. Elle est même la plus belle créature qu’il y a dans cette immense salle. Son comportement peut faire rire certaines personnes mais moi j’aime sa désinvolture et sa façon simple d’être. Elle n’est pas endoctrinée pour être parfaite, elle est juste elle. Sans plus attendre, je lâche mon père et ses convives. Cela est mal perçu et mon père doit s’excuser. Je vais faire Charlie et je prend la dernière bouchée aux amandes avant qu’elle ne la prenne.
« – J’aurais dû dire à Ma’ de faire un double buffet. Je pense que tu te régales non ? »
J’étire un fin sourire et je met la bouchée en bouche. Je n’observe plus ce qu’il y a autour de nous, il n’y a qu’elle qui m’absorbe. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir la fascination que j’ai. Sora doit sûrement se moquer de moi.
« – J’espère que cette soirée te convient. Mes parents ont fait venir plus de monde que je ne l’aurais cru mais ils aiment les grandes réceptions.. c’est typique d’ici, montrer à quel point nous sommes des bons hôtes. »
Et justement il y a beaucoup trop de monde pour moi. J’aurais préféré être seul avec Charlie mais pour le moment je ne peux pas me retirer maintenant. Comme c’est une fête qui est en l’honneur de Charlie, ça serait inconvenable de partir mais j’attends quand même le moment idéal pour prendre la poudre d’escampette.
« – Alors comme ça tu pars demain.. le temps passe très vite. J’espère que tu auras aimé ton voyage en Égypte.. même si je suppose que ce n’était pas la destination que tu avais choisis au départ. »
Ça me tue de savoir qu’elle va s’en aller mais c’est ainsi. Elle doit retrouver les siens et je ne suis personne pour lui supplier de rester avec moi. J’aurais cependant le souvenir de ce baiser donné face aux pyramides mais bon, c’était si peu. Je regrette même d’avoir été si sage, j’aurai dû continuer de l’embrasser mais maintenant il faut que j’accepte son départ. Pourtant je tiens quand même à profiter de cette dernière soirée en sa compagnie et qui sait, peut-être lui donner l’envie de revenir bientôt.
« – Quand mes parents seront plus loin, je compte bien te kidnapper pour aller ailleurs que cette salle trop remplie. On ne s’entend même pas parler et puis je sais aussi que beaucoup de monde nous observe. Le prince Kisos a jeté son dévolu sur une belle italienne.. quel scoop. »
Je souris finement et j’attrape un verre de vin. Je le sirote rapidement et en voyant que mes parents s’éloignent ou plutôt mon père, j’attrape la main de Charlie pour que l’on aille vers les jardins. J’ai demandé à Sora de faire en sorte que personne ne vienne nous déranger et grâce à ses beaux yeux, Tomas devrait aussi gérer cette tâche.
« – On va être tranquille et surtout on est plus obligé de faire bonne mine devant tous ces gens bizarres. Tu as vu le vizir d’Iran ? Il est venu avec dix épouses.. tu imagines ? Dix épouses ! Ils sont étranges dans ce coin là. Je crois que si mon père avait la seule pensée d’avoir une épouse en plus, ma mère le ferait brûler sur la place publique. »
Nous arrivons près d’une fontaine et je viens m’asseoir. J’ai ignoré Charlie toute la journée car je ne savais pas comment me comporter après le baiser que je lui ai volé mais là, je me fiche bien de mon comportement. C’est le dernier soir que je peux vivre avec elle alors ce baiser devient la dernière de mes préoccupations. Je sors de ma poche un petit pochon et je le tend à Charlie. Dedans il y a un bracelet en or mais il y a surtout des petites amulettes en forme des scarabées bleues car cela porte chance chez nous. Je souhaite qu’elle garde un souvenir de moi alors c’est vrai que durant l’après-midi, j’ai stoppé un peu mon entraînement pour partir acheter ce petit bijou.
« – C’est assez discret et ça te portera chance. J’espère qu’en retournant chez toi, tu pourras vivre tout ce que tu souhaites vivre. Retrouver tes parents, tes frères et sœurs.. tes amis.. ton monde.. et puis.. j’espère que tu pourras épouser celui que tu aimes. Peut.. peut-être que ton ami t’attend là bas.. »
Je n’avais pas reparlé de Marco et à vrai dire, je ne connais pas ce garçon mais je le déteste déjà. Il a de la chance d’avoir obtenu le cœur de cette jeune fille. Il deviendra sûrement son époux et le père de ses enfants. Ils auront une belle vie et.. tais toi Kisos.. je vais encore plus me miner le moral. Je prend donc le bracelet et je viens lui mettre autour de son poignée cependant je fini par lever celui-ci et je dépose un baiser sur le dos de sa main.
« – Sois heureuse Charlie d’Italie.. sois libre comme tu le voulais. Peut-être que tu pourras visiter le monde entier.. en tout cas je te le souhaite de tout mon cœur..»
Je n’aurais pas ce même plaisir mais qu’importe, je saurai au moins que la belle italienne vit cette vie que j’aurai sûrement souhaité avoir. Je repose sa main mais comme devant les pyramides, on se fixe du regard et aucun de nous deux ne parle. On pourrait même croire qu’elle a l’envie de pleurer car ses yeux brillent. Sans que l’on ne réfléchisse, nos visages se rapprochent et nos lèvres se retrouvent. Cette fois-ci ce n’est pas autant timide qu’il y a deux nuits. Non, cette fois-ci je sais qu’elle veut de ce baiser tout comme moi. Elle se rapproche même de moi, si bien que je peux passer mes bras autour de sa taille. Mon cœur se remet à battre rapidement, je perd la notion du temps et de tout le reste.
Quand le souffle nous manque, on cesse quelques secondes ce baiser mais il reprend avec beaucoup plus d’intensité. Nos langues jouent ensemble, nos corps se collent, nos mains se découvrent. Ça pourrait devenir indécent et ça l’est mais le temps joue contre nous. C’est à cause de l’appel de Sora que l’on cesse et que je reprend la main de Charlie pour aller nous cacher derrière une statue. Mon père me cherche et Sora n’a pas su le retenir. On peut le voir traverser le jardin avec des gardes et pour ne pas qu’il nous trouve, on se faufile discrètement vers l’entrée de la salle des chats. C’est beaucoup moins romantique, surtout quand on se fait entourer par les minets mais ça a le mérite de nous faire rire.
« – Mon père m’agace, il veut que je passe du temps avec cette princesse de Jordanie mais elle semble si.. inintéressante. Bref, je ne veux pas retourner là bas pour le moment. Je ne veux pas non plus voir mon père ni même personne. Je veux que ta dernière soirée ici se passe avec moi et qu’elle soit sans encombre. »
Couscous se ramène vers nous et je le soulève pour que Charlie puisse le caresser. Nous ne restons pas des heures dans cette salle, juste le temps que mon père termine son petit tour de palais. Nous sortons quand tout semble ok et pour ne pas que la soirée se termine tranquillement, je nous mène vers mes appartements. Il n’y a pas que ma chambre, il y a aussi un grand salon, un jardin, une piscine. Pourtant on ne fait pas de grandes visites car quand nous passons enfin la porte de mon endroit, on revient s’embrasser. Comme deux adolescents qui découvrent les simples plaisirs du flirt ou des premiers amours, on revient s’embrasser et ça continu pendant une bonne partie de la soirée. Ça ne s’arrête que lorsque Sora vient pour chercher Charlie. Il est temps qu’elle aille se reposer car demain son bateau part tôt. La tristesse monte, je sais que c’est peut-être les dernières minutes que je peux passer avec elle alors je demande à Sora encore quelques instants.
« – Tu ne m’oublieras pas j’espère ? Mais j’espère aussi que tu auras la plus belle vie possible. Je te souhaites tous les bonheurs du monde.. »
Ça fait mal mais il est temps de la laisser s’éloigner. Je pourrais dormir avec elle mais ça serait encore plus difficile au réveil. Je lui donne un dernier baiser et je la laisse partir mais la nuit est compliquée.
Je n’arrive pas à fermer l’œil. Je n’arrive pas à m’empêcher de penser à elle. J’ai presque envie de sortir de ma chambre et d’aller prendre Charlie pour qu’elle ne puisse pas monter sur le bateau demain matin mais finalement, après une nuit à cogiter, mes plans changent.
Le soleil est levé et je vois au loin le bateau qui n’attend plus que Charlie. Elle doit sûrement m’attendre pour un adieu mais je suis déjà en dehors du palais, caché parmi les pêcheurs. Je n’ai pas ma tenue de prince mais une tenue d’esclave. Je compte aller rejoindre le bateau et m’y planquer pour pouvoir partir avec Charlie mais ça aurait été parfait si ça avait fonctionné. Étant pris pour un esclave, je me fais attraper par l’un des commandants du port et il m’oblige à aller décharger un bateau contenant du vin. Je me met à la tâche mais je dois garder un œil sur le départ de Charlie. Je dois tout faire pour rejoindre son bateau avant qu’il ne quitte le port.
Personne ne comprend pourquoi je ne suis pas là mais là belle italienne se fait amener vers le bateau. Sora est avec elle mais il y a aussi ma mère. Cela amène une sacrée foule car il est rare que la reine se déplace dans le port. Je comprend qu’il faut que j’aille là bas mais on me force à continuer de décharger. Si j’annonce mon statut de prince, ça risque de poser un énorme problème et je ne pourrais pas suivre Charlie. Ma mère me fera repartir au palais et même enfermer dans mes appartements.
Pourtant son bateau part.. sans moi. Je le vois s’éloigner et j’ai l’impression que mon cœur se déchire. Elle ne peut pas partir sans moi. Je dois la retrouver.
« – Est-ce que vous savez si l’un des bateaux sur le port, part vers l’Italie ou la France ?
_ Pourquoi esclave ?! Tu veux devenir un grand navigateur ?? »Le commandant pouffe de rire et il fait signe à deux de ses hommes de mains, de me forcer à continuer mon travail. Je peux encore faire chemin inverse et dire que je suis le prince Kisos mais après avoir fini de débarrasser ces fichues amphores de vins, je fais le tour du port et je tombe sur un bateau qui doit partir pour Naples. J’arrive à me glisser dedans sans me faire prendre mais c’est la première fois que je vais prendre la mer et surtout, je ne sais pas que ce bateau va être saccagé par des pirates. Les aventures hors de l’Égypte vont commencées et elles risquent d’être hautes en couleurs.
Je reste caché dans la cale du bateau pendant deux bonnes journées mais l’un des marins finis par me trouver et tant mieux car la soif commençait vraiment à m’épuiser. Le capitaine du bateau me prend pour un esclave en fuite mais son sous commandant me reconnaît. Il reconnaît surtout mon regard.
« – C’est le fils de la reine d’Égypte..
_ Quoi ?! Son fils ?! »Le capitaine panique car cela peut lui risquer très gros. Si mes parents savent que j’ai fuis grâce à ce bateau, ils pourraient aisément faire pendre le capitaine pour ne pas m’avoir ramené au plus vite. Cependant nous sommes déjà à deux jours de l’Égypte et dans quelques heures, nous serons près de la Sicile. Faire demi-tour serait une immense perte économique pour le capitaine.
« – Tu vas rester avec nous jusqu’à ce que l’on arrive à Naples mais après nous retournerons en Égypte. Tu n’as rien à faire ici ! Tu es un prince et tu dois être chez toi !
_ et pourquoi devrais-je être chez moi ? Je suis dans le droit d’aller vers les terres de mon père.
_ Ton père ?! Il n’est plus italien depuis bien longtemps ! Il a tout abandonné pour pouvoir se marier avec ta mère. Tu vas surtout risquer ta peau en allant là-bas car les personnes venant du sud de la Méditerranée sont souvent mal accueillis. »Je m’en fiche d’être mal accueilli, je veux retrouver Charlie. Elle m’a dit que ses parents avaient une grande villa près de la ville de Florence alors c’est vers là bas que je ferai route quand j’aurai posé les pieds en Italie. Je suis déterminé et ce n’est pas un capitaine qui va me stopper dans mon élan.
Je viens quand même donner un peu d’aides aux marins pour le reste du trajet mais lorsque l’on contourne la Sicile, on remarque qu’un autre bateau se met à nous suivre. Les pirates sont présents dans le coin car il y a énormément de bateaux marchands et c’est pour eux un bon moyen de se faire de l’argent. Le capitaine demande à tout le monde de s’armer, sauf pour moi. Il exige que j’aille me cacher mais je refuse. Je suis assez fort pour me défendre et aussi protéger les personnes ici. Du moins, c’est ce que je pense mais mon égo va vite déchanter. Je suis un bon guerrier mais je n’ai jamais été préparé pour me battre en mer ou même contre des mercenaires qui usent d’armes totalement surprenantes pour venir à bout des marchands.
« – Ils vont envoyer des boulets de canon !!! Protégez vous !! »
Et les hostilités commencent. Le premier boulet me fait tomber au sol et il tue deux hommes. Les pirates arrivent facilement à nous rattraper et plusieurs viennent sur notre bateau pour faire le ménage. S’ils veulent les marchandises, ils vont devoir tuer les marins ou en faire des prisonniers. Là plupart des prisonniers sont revendus sur des marchés d’esclaves car en Italie c’est aussi un énorme business. Beaucoup de familles ont plusieurs esclaves pour faire toutes les taches du quotidien mais il y a aussi des esclaves qui servent pour les champs ou même pour aller dans les arènes de gladiateurs.
« – Attrapez ce géant !! »
C’est le capitaine du bateau pirate qui ordonne cela. Il veut le capturer. Il obtiendra un bon prix avec moi puisque les esclaves pour les arènes sont ceux qui rapportent le plus. Bien sûr, je ne me laisse pas faire et j’attrape l’épée d’un marin mort pour me défendre. J’arrive à égorger un pirate et en éventrer un autre mais ils arrivent en masse vers moi. Ils sont une quinzaine à m’entourer et je sais que je ne peux plus rien faire sauf si je veux me faire tuer. Dans ce lot de pirates, il y en a un qui semble très proche du capitaine. Il lui demande même si il peut s’amuser à me torturer un peu mais le capitaine refuse.
« – Il faut qu’il soit entier si nous voulons le vendre à bon prix ! Vas plutôt l’enfermer dans une cage. Donnes lui de l’eau et un peu de bouillis. Je sens qu’on va se faire une sacrée somme avec ce colosse.
_ Hm.. ok mais tu me laisses un autre de ces fumiers pour que je lui montre qui sont les rois de cette mer. »Marco est déçu de ne pas avoir eu cette faveur mais il obéit à son capitaine et avec plusieurs de ses camarades, il m’amène dans une cage qui est dans le fond de ce bateau pirate. J’essaye de me débattre mais Marco prend quand même la manche de son épée pour me frapper à la tête. Je perds connaissance après plusieurs coups. Tout devient noir. Tout va devenir infernal.
Je ne peux savoir que ce garçon qui semble être le plus fou du groupe de pirates, n’est autre que celui qui devrait avoir le cœur de Charlie. Il est si négligé et barge que ça ne peut pas coller avec Charlie. C’est peut être sa capture qui l’a rendu fou ou alors il avait peut-être ce mal caché en lui mais la liberté a fait sortir cette folie qui n’attendait qu’à exploser. De toute manière je ne pourrais pas faire ce lien car les autres ne le nomme pas Marco mais Vulcano. C’est un surnom étrange mais c’est son côté explosif et sans pitié qui a inspiré cette nouvelle appellation. Pour ma part, il ne me fait pas peur. J’en ai vu des fou et des hommes sanglants sur les champs de batailles dans le sud de Égypte. Les soudanais ou les éthiopiens ne font pas dans la dentelle lorsqu’il faut se battre ou tuer un ennemi. Les égyptiens ne sont pas sans reste puisque j’ai vu des camarades faire des choses atroces alors non, je n’ai pas peur mais j’évite tout de même la provocation car pour le moment je suis attaché et en mauvaise posture. Tant que je ne serais pas sur terre, je sais que je ne réussirais pas à me dépatouiller de là.
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Une année loin de mes terres, une année en enfer.
Je pensais retrouver celle qui avait fait tomber mon cœur mais j’ai été beaucoup trop naïf et optimiste. Rien ne sait passé comme je l’idéalisais. Je n’ai pas revu le visage de Charlie ni même ceux de personnes que je connais depuis une année. Je n’ai même pas vu ce qu’était l’Italie puisque je suis enfermé dans une arène ou plutôt dans une cage. Je ne suis libéré que pour m’entraîner ou combattre. Je suis devenu un esclave guerrier, un gladiateur. Si je veux vivre, je dois tuer. La mort est devenu mon quotidien mais aussi la douleur, la colère, la haine. Marco prend souvent plaisir à venir me torturer psychologiquement et physiquement lorsqu’il est de retour sur Rome mais quand ce n’est pas lui, ce sont d’autres hommes qui n’hésitent pas à me faire mal. Il paraîtrait que plus on me maltraite, plus je suis puissant dans l’arène et ils n’ont pas totalement tort. Plus je suis ici et plus j’ai une rage immense qui s’accroît. Je sais que je ne suis plus le prince instruit et conciliant que j’ai pu être.. Je suis devenu un monstre sauvage qui essaye de survivre mais mon esprit commence à ne plus vouloir accepter cette vie. Je pense de plus en plus à perdre un combat.. au moins tout sera fini.. je n’aurais plus mal.
Je n’ai plus la grâce d’avant. Je ne porte qu’un pantalon en cuir, mes cheveux sont détachés et sales, mon corps est couvert de cicatrices. Mes tatouages ont été abîmé par les nombreuses blessures que j’ai eu mais on m’a imposé un collier autour du cou. Celui-ci a des dents en guise de pendentifs. Ce sont les dents des animaux que j’ai réussi à tuer. Lions, crocodiles, ours.. J’ai aussi un grand palmarès en ce qui concerne les hommes. J’ai dû tuer tellement d’adversaires que je ne peux plus les compter mais cela n’est pas sans conséquences. J’ai l’impression qu’ils me hantent.
Marco est de retour. Si je le pouvais, je me jetterais sur lui pour le tuer mais il s’assure que je sois attaché lorsqu’il me rend visite. J’ai bien compris qui il était. Il était ce fameux ami de Charlie, avec qui elle a pris la fuite. Il en joue et par plusieurs fois il m’a fait croire qu’il la revoyait alors aujourd’hui je ne l’écoute plus vraiment. Au début ça me rendait fou mais à force d’entendre ses mots, j’ai en quelque sorte fait le choix de me déconnecter. Pourtant le visage de Charlie est toujours dans mon esprit.. c’est même la seule chose qui me pousse à ne pas encore choisir de mourir. J’ai encore le faible espoir de la revoir mais tout ça s’amenuise. Je suis trop abîmé, trop épuisé.. je veux simplement que ça se termine.
Il est resté toute la semaine car soit disant que Charlie serait ici mais je ne le crois pas. Il veut surtout assister aux jeux de samedi car un grand prix sera offert au gagnant du tournoi. Plusieurs hommes fortunés vont envoyer des gladiateurs et Marco compte sur moi. Dans les cages, nous sommes plusieurs dans la même pièce et même si sur le terrain nous sommes ennemis, ici on essaye de se parler ou se soutenir. Mon voisin se nomme Oscar Isaac, c’est un espagnol qui a été fait prisonnier depuis quelques semaines. Grâce à lui, j’ai appris pour Sora et intérieurement ça m’a encore plus détruit. Pourquoi n’a t’elle pas réussi à épouser Tomas ? Est-ce qu’il vit encore ? Malgré cette nouvelle, Oscar est devenu un grand soutien pour moi et le seul contact humain qu’il me reste encore.
« – Tu es prêt pour demain ? Moi non.. je sais que je vais mourir. Je n’ai jamais été un grand guerrier.
_ Tu vas réussir Oscar. Il suffit que tu fasses ce que je t’ai dit.
_ Oui mais si je tombe face à toi, je suis certain de mourir.
_ On ne sait pas. Je suis épuisé.. Je ne sais pas si demain je réussirais vraiment. »Avec les coups que j’ai reçu par marco cette semaine, mon épuisement est encore plus fort mais c’est surtout l’envie d’abandonner qui est si puissant que je me vois déjà mort. Est-ce que je vais réellement me laisser mourir pour ces prochains jeux ?
(..)
L’arène est bondée. On ne peut pas distinguer les gens tant il y en a. De toute façon je n’ai pas envie de regarder qui que ce soit. J’avance lorsque l’on lance mon surnom. « Le Sauvage ». Ici ils ne m’ont jamais nommé Kisos. Nous sommes une vingtaine d’hommes à aller vers le milieu de l’arène mais je suis sûrement le plus grand et le plus musclé. À force de me battre et m’entraîner, je sais que je ne suis devenu qu’un tas de muscles et une bête imposante.
Plusieurs groupes sont fait et il ne reste plus que quelques minutes avant que l’empereur ne lance les jeux. Je n’ai pas vu que Charlie était présente, elle est entourée de trop de monde mais par contre Marco est là. Il vient me voir avant mon premier combat et Charlie peut voir cette scène.
« – Tu as intérêt de gagner. Quoi que si tu perds, tu sais où tu finiras. Je ne te ferais même pas le plaisir de te mette en fosse commune. »
Son rire est gras et je serre mon épée bien plus fortement dans ma main. L’envie de le faire taire est présente mais si je m’attaque à lui, je sais qu’une horde d’hommes ne feront qu’une bouchée de moi.
« – Aller, vas montrer que j’ai le meilleur des champions. »
Il me pousse vers l’avant et je vais vers mon premier adversaire. Il est clair que je me bat bien mieux qu’il y a un an puisque je ne fais que ça, combattre. Je suis devenu une vraie arme et mes coups d’épées sont si puissants que je n’ai pas de mal à couper des têtes. C’est ce que je fais avec mon premier adversaire mais je n’ai pas le temps de me reposer, on me renvoie quelqu’un.
Marco est remonté auprès de Charlie mais elle n’est pas comme à son arrivée dans l’arène. Il pense que c’est la vue du sang qui doit l’écœurer mais il ne se doute pas qu’elle m’a reconnu. Beaucoup de monde crie après moi, je suis presque adulé mais ça ne m’intéresse pas. Je reste concentré bien que mon second adversaire me touche au niveau du bras. La plaie saigne beaucoup mais même si je pensais ne plus avoir de forces ou même que je voulais mourir, la hargne me reprend et je me montre incontrôlable, sanguinaire.
Les adversaires meurent tous, je perds toute mon humanité, du moins jusqu’à ce que je me retrouve devant Oscar. Il ne reste plus que nous deux. Je ne voulais pas que ce tournoi finisse ainsi. Je ne voulais pas être face à lui. Je le considère comme un frère et surtout il me permet de ne pas perdre ce peu de confiance que j’ai encore en moi.
« – Tues le !!
_ Allez !! Battez vous !!! »Les spectateurs nous hurlent dessus, ils veulent un vainqueur. Pour une fois depuis mon arrivée ici, je ne veux pas de la victoire. Oscar semble aussi être dans ce cas de figure mais nous savons aussi que si on ne se bat pas, les gardes nous tuerons.
« – Tues moi Kisos.. Tu es bien plus jeune que moi, tu peux encore t’en sortir..
_ Je.. non.. je.. »Mon regard se détourne vers la foule. J’ai l’impression d’avoir entendu mon prénom. J’ai surtout l’impression d’avoir entendu une voix que je connais. Je regarde un peu partout et je fini par la voir.. Elle se déchaîne, hurle mon prénom. Ce sont sûrement ses parents à côté, je ne sais pas vraiment mais je suis sûre que c’est Charlie. Je m’avance un peu pour mieux voir mais l’empereur fait savoir son mécontentement et un garde vient vers moi pour me pousser vers Oscar. On doit se battre.
De multiples émotions arrivent en moi. Je viens de la revoir. J’ai enfin retrouvé Charlie mais je ne peux pas aller vers elle. Je suis prisonnier de cet arène, de Marco, de ce pays. Et puis là je dois tuer mon ami. Des larmes de colère commencent à couler sur mes joues et à contre cœur, j’entame mon dernier combat. J’essaye de faire retarder le moment douloureux mais finalement l’empereur ordonne que tout s’arrête. Le grand blond près de Charlie, sûrement son père, parle à l’empereur. Des gardes viennent nous récupérer moi et Oscar, on se fait ramener dans nos cages sous la huée des spectateurs.
« – Pourquoi ils n’ont remis dans notre cage ?? Qu’est ce qu’il se passe ??
_ Je n’en sais rien Oscar mais je.. je l’ai vu !
_ Qui ? Tu as vu qui ?
_ Celle pour qui j’ai quitté mon pays.. »Je pense qu’elle m’a vu et reconnu mais est-ce qu’elle va venir à moi ? Je suis considéré comme un esclave, comme un moins que rien et je doute que ses parents la laisse rejoindre quelqu’un comme moi. Même si elle venait à révéler mon identité, personne ne pourrait croire que dans l’arène de Rome, il y a le futur pharaon qui est considéré comme mort depuis plusieurs mois.
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J’ai du mal à réaliser ce qu’il se passe depuis quelques jours. J’étais dans les arènes et là je n’y suis plus. Au contraire, j’ai été lavé, nourris, soigné et beaucoup de monde est venu me voir pour tenter de discuter avec moi mais je n’ai pas réussi à décrocher un mot. Je me méfie de tout le monde ici. Il n’y a qu’Oscar avec qui j’ai échangé quelques mots mais je n’arrive pas à sortir de ma cage même si je n’y suis plus. Je reste prisonnier de cette année d’horreur et de douleur.
Oscar m’a dit que Charlie était venue me voir avec ses parents mais j’en ai pas le souvenir. Je devais être encore endormi ou vaseux. Il y a même l’empereur italien qui serait venu à mon chevet pour savoir si j’étais réellement le prince égyptien mais ce n’est pas moi qui lui a confirmé ce statut mais le père de Charlie. Garrett était le meilleur ami de mon père durant son enfance mais il ne l’a jamais raconté à Charlie. Ce temps est très loin et il en veut encore à mon père d’avoir presque mis l’Italie en feu et en sang. Les deux amis voulaient que le pays devienne plus correct à l’égard des esclaves et moins élitiste mais Garrett souhaitait le faire avec diplomatie alors que mon père voulait y aller avec les armes. Finalement mon père a été chassé d’Italie et depuis ce jour, Garrett n’a jamais revu Gabriel. Cependant comment ne pas reconnaître le regard de Gabi quand on voit mes yeux ? Il a tout de suite compris que oui, j’étais le fils de Gabriel mais surtout le prince d’Égypte puisque le mariage de mon père a fait grand bruit.
C’est vrai que je réagis mécaniquement depuis que je ne suis plus dans l’arène et c’est la même chose lorsque l’empereur veut à tout prix que j’assiste à une réception en mon soit disant honneur. Il veut me montrer à la bourgeoisie italienne, comme si j’étais une sorte d’animal exotique.
Les gens défilent devant moi pour se présenter mais je retrouve un peu de jugeote quand c’est Charlie qui apparaît. Elle est réellement là ? Je sens mon cœur se compresser, surtout quand elle me donne ce présent. Je ne peux pas la prendre dans mes bras, surtout quand je vois le regard sombre de la brune derrière elle. Je suppose que c’est sa mère mais il y a aussi son père que j’ai pu voir plusieurs fois. Je n’ai pas le temps de lui parler car l’empereur fait en sorte que Charlie s’éloigne mais ça ne me plaît pas. J’aurai aimé lui parler ou même si je n’y arrive pas, être auprès d’elle.
« – Charlie..
_ Qu’est ce que vous dites ?
_ Charlie.. je veux.. voir Charlie.. »L’empereur fronce les sourcils mais il sait que nous allons tous les deux continuer de demander pour se voir alors il accepte que je puisse la voir bien qu’il y met quelques conditions. Il tient à être là tout comme il veut que les parents de Charlie soient là. Il espère que j’explique ce qu’il s’est passé pour que j’en arrive à finir dans l’arène car c’est vrai que je n’ai encore rien dit sur mon voyage jusqu’ici.
Il attend que tout le monde soit venu me saluer avant de me faire aller vers son bureau pour que je puisse revoir celle pour qui je suis venu ici. Elle entre dans la pièce en étant accompagné de ses parents et encore une fois je ne me jette pas dessus mais je m’avance. Comme il y a une année, je lui fais face et sa petite taille fait que je dois baisser mon visage mais un léger sourire arrive sur mes lèvres. C’est bien elle.
« – Charlie.. »
L’empereur lève les yeux au ciel car je ne prononce que ce prénom depuis tout à l’heure. Il me prend pour un idiot qui ne sait pas parler.
« – Maintenant que vous êtes devant elle, dites nous comment vous êtes arrivé ici. Comment avez vous fini dans les arènes ?
_ Hadrien, je pense qu’il vient de vivre une année très difficile et il est normal qu’il soit encore bouleversé. »Réplique le père de Charlie qui semble assez bienveillant mais il y a encore le regard bien fixe de sa mère qui me met mal à l’aise. Je me souviens que Charlie m’avait dit qu’elle avait un sacré caractère mais cette petite chose semble bien plus coriace que je ne l’avais imaginé.
« – Je.. je voulais rejoindre Charlie mais on s’est fait attaqué par des pirates. Mar.. Marco. Il m’a attrapé et forcé à rejoindre l’arène pour que je sois son champion.. »
Je baisse les yeux car je sais qui il est pour Charlie. Il était celui qu’elle recherchait et qu’elle aimait. En annonçant cela, je montre une autre facette de ce Marco mais est-ce qu’elle va me croire ? Elle l’idéalisait..
« – Et pourquoi tu ne lui as pas dis être le prince d’Égypte ? Pourquoi n’as-tu alerté personne ?
_ Je l’ai dis.. mais personne ne m’a cru. Il était plus simple de me laisser tuer des hommes dans les arènes pour gagner de l’argent.. »Dis-je avec une pointe d’amertume car oui, un colosse comme moi a fait gagner beaucoup d’argent à Marco mais aussi aux parieurs. Je regarde un instant Hadrien qui semble douter de mes mots mais je fini par reposer mon regard sur Charlie. Je n’ose pas la toucher et je recule quand elle essaye de poser une main sur la mienne. Ce n’est pas contre elle, ce recule est une sorte de reflex pour me protéger.
« – Je suis désolé Charlie.. Le matin ou tu es parti, j’ai été sur le bateau d’un marchand en pensant pouvoir te rejoindre mais ça c’est mal passé.. et j’ai bien cru que je ne sortirais jamais vivant de tout ça.. merci.. merci de.. de m’avoir retrouvé.. »
Mais maintenant ? Qu’est ce qu’il va se passer ? Je doute qu’on me laisse repartir chez moi. Je ne sais même pas si mes parents vont apprendre que je suis finalement vivant. Hadrien pense déjà à m’utiliser comme une sorte de négociation mais avant de lancer cela, il veut encore montrer aux bourgeois ce qu’est un prince égyptien. C’est une sorte de petit prestige à ses yeux puisqu’aucun pharaon n’a quitté ses terres.
« – Que comptez vous faire Hadrien ? Ou va rester ce jeune homme ?
_ Dans mon palais bien évidement. C’est un prince, il ne peut pas aller n’importe où. Et puis j’aimerais le présenter à ma fille. Qui sait, il n’y a pas mieux qu’une alliance fêtée avec un mariage. »Quand j’entend cela, je fronce les sourcils et j’ai une sorte de révulsion. Je me retourne vers cet Hadrien et je l’attrape à la gorge. Garrett vient vite s’interposer pour me faire stopper mais je garde ma main autour du cou de l’empereur.
« – Je ne veux pas me marier avec votre fille ! Je dois sauver ma sœur et retrouver mes parents !
_ lâchez moi ou je vous fais tuer !! »Je relâche ma prise et je me recule cependant je ne veux pas rester dans cette pièce. J’ai besoin d’air. J’ai besoin de liberté. Une angoisse monte et elle se voit par mes mains qui tremblent, ma respiration qui accélère. Charlie à la bonne idée de m’amener vers le balcon du bureau et quand je sens enfin l’air contre mon visage, je retrouve mes esprits. Il va falloir du temps pour que je redevienne quelqu’un de normal. Cette année en enfer m’a tout simplement brisé.
« – Je comprend mieux pourquoi mon père est parti et pourquoi il voulait renverser ce pays.. »
Je regarde Rome qui se trouve face à nous. Je ne peux nier que l’endroit semble beau mais je suis écœuré à cause de ce que j’ai pu voir et faire. Je ne savais pas que les arènes existaient, jusqu’à ce que j’en fasse parti. Mon père me parlait d’esclavage intensif en Italie mais il ne m’avait jamais dis que la vie des gens comptait si peu.
« – J’ai.. j’ai tué des centaines d’hommes Charlie.. j’ai.. j’ai du tuer tellement d’hommes pour ne pas moi-même mourir.. c’est.. c’est horrible.. »
Je passe une main sur mon visage car je sens que les larmes veulent sortir. J’ai toujours en tête les corps que j’ai laissé derrière moi. Et puis toutes les blessures que j’ai aussi reçu.. je me sens dépassé par la monstruosité humaine mais je sais qu’au fond de moi, une envie de vengeance commence à monter. Contre Marco, contre ce gouvernement..
« – Je ne veux pas rester dans ce palais. Il faut que je m’éloigne d’ici.. je vais devenir fou.. »
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Plus on s’éloigne de Rome et plus je me sens de nouveau respirer. Cette ville me rend fou mais la beauté des paysages italiens me changent un peu l’esprit même si j’ai conscience que je ne suis sûrement pas la meilleure compagnie pour le père de Charlie qui n’a de cesse de me parler. Je repense aussi aux paroles de sa mère qui m’a demandé de la laisser tranquille et je peux comprendre sa peur car un futur roi n’est pas une mince affaire mais qui dit vraiment que je serai roi ? Avec tout ce qui vient de se passer, j’ai l’impression que je ne reverrais jamais mes terres ni même ma famille. Je me méfie de tout, je ne profite de rien car la peur d’être à nouveau enfermé me terrifie.
Même quand nous arrivons dans ce petit endroit caché de tout, je ne peux m’empêcher de vérifier qu’il ne risque rien. Je regarde autour de nous mais les sanglots de Charlie font l’effet d’un rappel à l’ordre. Elle s’en veut.. elle se flagelle à cause de ma condition mais je ne peux pas la laisser se faire mal ainsi. Je me rapproche d’elle, avec un air encore sévère mais j’arrive à poser ma main sur sa joue. Ce n’est qu’un tout petit geste mais c’est déjà un début pour retrouver l’humanité qu’on m’a enlevé.
« – Tu n’as pas fais de mal.. Ce n’est pas de ta faute. C’est moi qui voulait te suivre alors que je devais rester à ma place. Les dieux m’ont fait payer le prix d’avoir quitté ma maison. »
La religion ne m’a pas quitté cette année. J’ai souvent prié mes dieux et essayés de demander des faveurs. Je me suis aussi mis en tête qu’ils m’en voulaient d’avoir déserté ma place de prince héritier. Cela me permet de ne pas encore plus me rabaisser et me dire que j’ai agis comme un idiot en partant sans le dire à personne. Je sais que j’ai agis avec impulsivité et que si j’avais été plus réfléchi, je n’aurais pas fini dans une cage.
« – Calmes toi.. je suis.. dehors maintenant.. et on s’est retrouvé.. »
Elle vient contre moi. Au début je me rend et me crispe mais après quelques minutes, je passe mes bras autour d’elle pour la serrer et mieux la réconforter. Je ne peux pas avoir peur d’elle.. je n’ai pas le droit de la suspecter comme les autres car je sais qu’elle n’a jamais été mon ennemi. Je n’oublie pas les derniers baisers échangés avec elle même si les souvenirs se mélangent dans mon esprit. Si je suis ici, c’est parce que je voulais la retrouver, je voulais être encore avec elle et maintenant j’ai de nouveau ce droit.
« – C’est joli ici.. chez toi. Il n’y a que de la nature et des montagnes. Comme tu me l’avais dis.. »
Je veux retrouver son sourire mais elle sanglote encore. Je viens donc lui prendre la main et je l’amène vers cette petite cabane qui est la sienne afin qu’elle me montre son royaume. J’ai bien compris que tout ça venait de ses propres mains et son imagination, surtout quand je vois les nombreux dessins dans la cabane. Il y a quelques couvertures au sol mais surtout quelque chose qui bouge dans le fond de la pièce. Sur le coup, elle sursaute et moi aussi. Il fait un peu trop sombre pour bien voir mais une petite boule de poils rousse se ramène vers nous. Elle est suivie d’un chat plus grand et d’un autre chaton. Cette famille a trouvé refuge dans la cabane de Charlie et cela me fait rire alors que ça faisait bien longtemps que ce n’était pas arrivé. Je me penche pour attraper le petit roux qui me fait penser à Couscous, le chat que j’avais présenté à Charlie.
« – Même en Italie il y a des chats ? On dirait le même que le mien mais en bébé. Ils sont à toi ? »
L’autre chaton miaule sur Charlie alors que la mère se frotte contre les jambes de la belle blonde. Cet instant doux nous fait du bien mais je revois surtout le sourire de Charlie. Nous ne pouvons pas amener les chats chez elle car ses parents ne vont sûrement pas les accepter mais cette cabane sera leurs refuge et on reviendra les voir plus tard puisqu’il va falloir rentrer chez elle. Le soleil commence à se coucher donc nous allons vers cette grande villa italienne. La mère de Charlie attend déjà à la porte et j’en lèverai bien les yeux au ciel mais quand nous lui faisons face, je baisse mon regard pour éviter d’être indécent.
« – Tu n’avais pas le droit de partir de la sorte Charlie ! Tu sais bien que je m’inquiète facilement. Maintenant entre, ton père va montrer la chambre que va occuper le prince et toi tu vas aller te débarbouiller. »
Une vraie maîtresse de maison, elle me ferait presque penser à Ma’ lorsqu’elle s’inquiète pour Sora ou moi. Elle me manque ma mère.. et aussi incroyable que cela soit, mon père me manque aussi même si nous n’étions jamais d’accord. Dans tous les cas, je dois entrer mais Anya fait en sorte de se mettre entre moi et Charlie pour ne pas que je suive la jolie blonde. Garrett arrive vers moi pour m’amener vers la chambre que je vais occuper et celle-ci se trouve à l’opposé de celle de Charlie. Durant le trajet, il me montre plusieurs choses qui sont typiques d’ici et il me présente aussi plusieurs employés.
« – Ici ce n’est pas aussi strict qu’au palais d’Hadrien, tu n’es pas obligé de te réveiller à l’aube ou être présent à chaque fois que quelqu’un nous rend visite. Tu dois surtout penser à toi et à te reposer. Je tenais à m’excuser pour ce que tu as vécu sur nos terres.. mais je dois bien avouer que je suis très impressionné par ton courage et ta force. Tu as tenu une année dans une arène.. même si je déteste ces jeux, je sais qu’aucun homme ne reste aussi longtemps. Tu es une force de la nature.
_ Je ne suis pas une force de la nature. Je voulais juste survivre.
_ Si tu es un colosse comme.. comme ton père. »Je fronce les sourcils mais il met court à la conversation puisque nous arrivons dans la fameuse chambre. Il y a un grand lit et une cuve qui doit sûrement servir pour se laver. Le patriarche a aussi fait mettre des nouveaux vêtements ainsi que de quoi grignoter.
« – C’était mon père votre meilleur ami ?
_ Je viendrais te rechercher pour le dîner. Si tu as besoin de quoi que ce soit, demandes après Luigi. C’est l’employé de cet étage. »Il ne me répond pas et il repart. Je me retrouve seul dans cette chambre mais je me sens rapidement mal à l’aise car même si elle est grande, je me sens enfermé. Pourtant si je sors maintenant, je risque d’avoir des problèmes alors je me force à rester et à aller me rafraîchir. Heureusement Garrett ne me laisse pas des heures dans cette chambre puisqu’il revient au bout d’une petite heure mais pas pour le repas. Il veut me montrer quelque chose que je connais puisque mon père a le même. C’est une broche avec un cerf en guise de bijou. Il est cerné d’un petit émeraude.
« – C’était le symbole du groupe que nous avons formé pour tenter de rendre ce pays beaucoup plus libre et égal. Nous avons de grandes ambitions mais ton père n’avait pas de patience.. tu dois le savoir non ? Je pense que tu as ce trait de caractère.
_ Il met souvent cette broche mais il dit que c’est un bijou qui vient de sa famille.. peut-être que c’est vous sa famille. Il n’a jamais beaucoup parlé de ce qu’il s’est passé ici. Je ne sais même pas s’il a encore ses parents, des frères ou des sœurs. Je sais seulement qu’il a lancé une sorte de révolution qui a mené l’Italie du sud à vouloir faire tomber l’Italie du nord. Cependant il a été pris en embuscade et il a été laissé pour mort. C’est Tomas.. qui l’a éloigné d’Italie..
_ Tomas.. Il était dans notre groupe et ça ne m’étonne pas qu’il soit encore auprès de ton père. Ils avaient la même vision révolutionnaire et brutale.. hm.. en tout cas sache que je répondrais à tes questions sur ton père mais pour le moment nous sommes attendus pour le dîner. Ma Charlie n’arrête pas de quémander après toi. »Il s’en amuse alors que son épouse pourrait me tuer sur place mais n’est-ce pas le rôle de toutes les mères ? Des louves protectrices.
En arrivant dans la grande salle de repas, il n’y a pas que Charlie et sa mère mais il y a aussi une paire de jumelles et un petit garçon. Je rencontre ses sœurs et son frère. Je rencontre aussi ses tantes, Millie et Binki. Je n’ai pas le droit de m’installer à côté de Charlie mais je suis quand même face à elle. Elle a gardé son sourire et c’est ce qui m’importe le plus.
« – C’est toi l’amoureux de Charlie ? »
L’une des deux jumelles n’a pas sa langue dans sa poche. L’autre vient lui faire les gros yeux. Dès le début du repas, on se sent cerné mais l’une des tantes arrive à la rescousse pour ne pas mettre de malaise.
« – J’espère que tu aimes la tomate car nous avons fait faire des lasagnes pour ton premier repas ici ! Elles poussent dans l’immense jardin. Charlie te l’a montré ? Il y a des tomates, des aromates, des oliviers, des vignes.. c’est immense. Nous avons même nos propres animaux pour faire du fromage et de la crème. Tu vas repartir ici avec beaucoup de poids en plus ! »
Elle réussit à faire rire tout le monde dont moi. C’est vrai qu’il y a beaucoup de choses sur cette table et même si nous avons pas mal de vivres en Égypte, ce n’est pas aussi varié qu’ici. C’est surtout le fromage que je ne connais pas et les tantes n’hésitent pas à me faire goûter toutes les variétés. Mozzarella, gorgonzola, fromage de chèvre, parmesan.. à la fin de ce repas, j’ai l’impression que je vais exploser. Pourtant on m’apporte du dessert et je n’arrive pas à refuser.
Quand nous avons fini, Garrett accepte que Charlie puisse encore passer un peu de temps avec moi mais sous la supervision des tantes. Elles nous laissent aller sur la terrasse de la villa afin que je puisse prendre l’air mais aussi avoir la vue sur ce grand jardin dont elles ont parlé. C’est vrai que tout est fleurissant et immense ici. Comme si tout était en abondance. Pourtant si Charlie a voulu quitter cet endroit, c’est qu’il y a veut beaucoup plus qu’un problème de mariage arrangé.
« – C’est vraiment très beau et je suis étonné toutes ces choses qui poussent dans ton jardin. Ce pays est un grenier à nourritures. Mais dis moi, pourquoi le quitter ? Tu pouvais pas aller dans une autre ville pour ta fuite.. mais pourquoi quitter complètement ce pays ? »
Dans sa réponse, j’espère avoir une sorte de réponse qui me conforterait sur mon père. Pourquoi vouloir révolutionner ce pays alors qu’il semble assez stable ? Si ce n’est qu’il y a ces arènes horribles et beaucoup d’esclaves.
“- Par contre je dois avouer que tes parents sont deux opposés.. Cela me fait penser aux miens mais l’autre sens. Ma mère est beaucoup plus sereine que mon père. Ta mère est.. Tu n’avais pas tort lorsque tu disais qu’elle avait du caractère. Elle est aussi petite que toi mais elle pourrait détruire une armée entière avec son regard. Je comprends un peu mieux pourquoi tu as aussi une certaine fougue. Tu es aussi forte qu’elle.”
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Alors voilà où mon père a grandit.. voilà aussi quelqu’un qui l’a connu avant son arrivée en Égypte. C’est quand même incroyable que mon destin m’a fait rencontrer la fille de l’ancien meilleur ami de mon père. Charlie aurait pu être une femme de tout horizon mais elle est l’enfant de celui qui a été une sorte de frère pour mon père. Et puis j’apprends aussi que mon grand père paternel et ma tante sont encore présents. J’ai une envie d’en savoir plus mais est-ce que je vais accepter les critiques envers mon père ? Nous sommes deux lions râleurs mais j’aime mon père, il a toujours été mon modèle. J’ai toujours souhaité être aussi fort et courageux que lui alors oui, si je venais à rencontrer cette famille italienne, je ne sais pas si je pourrais accepter qu’ils disent du mal sur lui.
Dans tous les cas, cette visite avec Garrett a été importante pour moi et je m’en remercie mais le retour est un peu plus amère lorsque je vois ce jeune homme près de Charlie. Qui est-il ? Un ami de la famille ? Je vois Anya observer la scène et son intérêt me montre qu’il n’est pas là pour prendre un verre. C’est un prétendant mais je ne sais pas si Charlie en a conscience. Par contre ce garçon semble aussi être impressionné d’être devant moi. Il faut dire que mon nom commence à faire bruit autour de là méditerranéen car l’empereur se vante d’avoir sauvé le futur pharaon. Je deviens une sorte de trophée qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie. Presque personne sur ce côté de la mer, n’a vu d’égyptien alors que notre royaume a toujours fasciné.
« – Je me nomme Dallo, je viens de Nîmes et nous avons entendu parler de vous jusque dans nos terres.
_ Nîmes.. je ne connais pas..
_ C’est en Gaule et j’ose espéré que vous viendrez un jour nous rendre visite. Surtout si les noces sont concluantes. »Lui sait pourquoi il est présent mais pas Charlie. Ses mots me font froncer les sourcils car j’avais visé juste et je ne peux m’empêcher de détourner mon regard vers Anya qui sent son plan tomber à l’eau.
« – Au lieu de continuer les présentations, pourquoi ne pas aller vers la salle à manger. Le dîner va bientôt être prêt. »
Dit-elle pour changer de sujet mais le froid est déjà lancé. Même son propre époux n’a rien vu venir. Pour ma part, je décline l’invitation car je n’ai pas envie d’assister à cette sorte de rendez-vous prénuptial. Je pourrais m’interposer et je voudrais m’interposer mais je n’ai pas le droit de créer plus de problèmes à Charlie. Alors au lieu d’aller dîner, je vais vers ma chambre en prétextant une fatigue grandissante. Le petit chaton m’attend sur le lit et je lui offre une caresse cependant je n’ai pas l’humeur de jouer ou niaiser sur lui.
« – Désolé petit couscous.. dors un peu. C’est bien mieux que de se tourmenter. »
Charlie ne peut pas me rejoindre maintenant car elle doit honorer le repas qu’à prévu sa mère avec ce dallo. Elle doit sûrement rager intérieurement maintenant qu’elle connaît les vraies raisons de sa présence mais il n’y a pas qu’elle qui doit rager puisque son père aurait aimé être au courant aussi. Cependant il n’y a pas que ce mariage qui va être mis sur le tapis mais aussi le mien.. du moins, Charlie doit faire en sorte que j’épouse la fille de l’empereur mais pour le moment je ne suis au courant de rien. Cependant Anya est au courant et quand Dallo prend congé, elle n’hésite pas à le rappeler à Charlie.
« – Dois-je te rappeler que ton ami doit aussi se fiancer ? Si tu n’arrives pas à lui faire accepter les fiançailles, notre famille pourrait avoir des problèmes ! Si tu es fiancé a un autre, il pourrait plus facilement accepter ses propres fiançailles avec Giulia.
_ Tu crois vraiment que ses parents accepteront un mariage avec une italienne ? C’est un futur pharaon et je pense qu’ils lui ont déjà trouvé des prétendantes Anya ! Nous devons surtout espérer qu’il puisse rapidement retrouver son pays car s’il reste ici, cela ne va faire que ranimer les rancœurs d’antan. »Les parents de Charlie sont presque repartis pour un conflit explosif. De mon côté, j’observe via la fenêtre ce paysage qu’est la toscane mais j’observe surtout l’endroit où se dresse le palais de mon grand père. J’aimerais y jeter un œil. J’aimerais voir où a grandit mon père mais comprendre pourquoi il a totalement renié sa patrie, son passé. Tout a toujours été flou sur son départ d’ici et sur ses jeunes années, si bien que je me doute que cela joue sur notre relation. Il ne voulait pas que je fasse comme lui ou plutôt que je m’éloigne de ma famille. J’ai toujours été très couvé jusqu’à ma fugue d’Alexandrie..
«- Non ! Je ne suis pas d’accord. Je sais qu’un mariage est essentiel pour Charlie mais tu dois me mettre au courant ! Et de toute façon, tu crois réellement qu’elle va nous écouter ?! Elle a fuit pour aller avec quelqu’un qu’elle aimait !
_ Et tu as vu ce quelqu’un ?! Il est devenu un pirate qui n’a pas hésité à mettre un autre jeune homme dans des arènes ! Et qui nous dit que ce Kisos n’est pas quelqu’un de mauvais ? Il est le fils de Gabriel !
_ Gabriel n’est pas mauvais et tu le sais ! Il voulait le bien de ce pays mais il n’a pas vu les difficultés que cela imposait.
_ À cause de lui on a perdu notre premier fils !! J’ai perdu mon fils !! Jamais je ne pourrais lui pardonner ou croire que c’est quelqu’un de bien !
_ Pourtant sans lui on en serait pas là Anya. C’est grâce à lui si tu n’es plus une esclave et si j’ai pu t’épouser. S’il n’avait pas fait ce qu’il a fait, on aurait jamais pu vivre ensemble.
_ On ne lui doit rien Garrett ! Il m’a peut-être offert la liberté mais il a tué mon bébé et.. et il nous a abandonné ! Tu crois qu’il serait venu nous rechercher alors que notre pays était en guerre ? Il est resté dans son Égypte sans jamais se préoccuper de savoir si nous étions vivant ou non ! »Tout le palais peut entendre cette dispute. Moi-même j’en apprends un peu plus sur ce passé difficile. Le couple se séparent, Anya s’enferme dans sa chambre et Garrett part en extérieur. Je sors un instant de ma chambre et je tombe sur Charlie qui a les yeux rougis. Cette soirée ne devait pas être aussi volcanique mais mon arrivée ici ne doit pas aider à ce que la famille soit apaisée. Je décide de totalement sortir et je m’avance vers elle pour la prendre dans mes bras.
« – Désolé si cette soirée est.. compliquée. Tout est compliquée depuis que je suis arrivé en Italie je crois. Et puis je sais que ta mère me déteste.. elle va tout faire pour que l’on soit éloigné toi et moi. Je ne peux pas vraiment la blâmer, elle veut te protéger et je crois comprendre que mon père a eu un passé très houleux avec tes parents.. »
Je ne pense pas qu’elle est au courant puisque son père s’est confié à moi mais elle ne devait pas savoir que bien avant nos naissances, mon père était l’allié de ses parents. Nous allons vers les jardins pour qu’elle puisse prendre l’air mais j’en profite pour lui dire ce que j’ai appris. Il manque des morceaux au puzzle mais nous avons quelque chose en commun finalement.
« – Ton père m’a montré le palais de mon grand-père paternel.. c’est le palais Camminare. Sois disant l’un des hommes les plus riches de toscane et même d’Italie. Mais je n’en sais pas plus.. et je t’avouerais que j’aimerais en savoir plus mais avant d’aller vers ce problème, je ne veux pas que ma présence ici nuise à ta famille. Je sais que je ne suis pas rien.. je suis devenu le nouvel animal d’exposition exotique. Les gens vont vouloir venir me voir et ça va encore plus embêter ta famille.. »
Il faudrait que je pars d’ici mais pour aller où ? Je ne connais personne à part Charlie ou sa famille. Cependant je me sens coupable qu’ils subissent ces tensions à cause de ma présence. Et puis à cause de moi, Anya veut à tout prix trouver un futur époux à Charlie. Elle veut s’assurer que je ne demande pas la main de sa fille même si j’en ai eu un instant l’idée pour être certain qu’elle ne se retrouve pas dans les bras d’un inconnu.
« – j’aurais peut-être dû rester avec l’empereur.. je ne sais pas mais je ne veux pas être ton fardeau. »
Ma main se pose sur sa joue et c’est vrai que je baisse mon regard sur ses lèvres. Je ne peux oublier les baisers que nous avons échangés mais je me retiens de l’embrasser par peur que l’un de ses parents nous voient. Son père est un peu plus loin dans le jardin, il rumine mais il y a aussi les petites chipies qui sont sur la terrasse avec la nourrice. Elles attendent impatiemment que je revienne avec Charlie.
« – Peut-être que si je vais voir les Camminare, je pourrais rester un peu là-bas.. enfin ton père a dit que ce grand père était horrible avec mon père mais peut-être que son avis a changé avec le temps ? J’aimerais essayer d’y aller demain. Après si ça se passe mal, tant pis mais j’ai envie de voir cette famille. Ça me paraît presque surréaliste car j’ai toujours vécu en Égypte et je n’ai connu que ce côté de ma famille. Mon père a toujours fait tache avec sa peau blanche et ses yeux bleus mais pourtant j’ai cette part de lui en moi. Tu voudrais bien y aller avec moi ? »
Charlie a peut-être déjà rencontré ce grand père ou même cette tante. Lucia a toujours attendu le retour de mon père et elle n’a jamais eu de haine envers lui cependant étant la seule enfant restant de Octave Camminare, elle est restée auprès de lui pour s’en occuper. Le patriarche est tombé malade quelques temps après le soulèvement qu’à cause mon père. Il ne peut plus se déplacer. Il n’en reste pas moins un homme aigri et surtout rongé par la tristesse. Quand mon père était âgé de six ans, sa mère est morte lors d’un incident qui a traumatisé mon grand père. Ils étaient partis dans la baie de Naples pour le mariage d’un oncle, lorsqu’ils ont été pris au piège par une montagne de feu. Le mont Vésuve a pris la vie de la belle Elena Camminare mais elle a laissé celle d’Octave. Mon grand père s’est enfermé dans la pensée que les dieux lui en voulaient et qu’ils s’en prendraient à toute sa famille. Suite à ce drame, il est devenu beaucoup plus croyant mais aussi très dur avec mon père. Il ne voulait pas que son seul héritier mâle soit tué par les dieux. Mon père a agis comme moi ou plutôt j’ai agis comme mon père.. Cette pression et cet enfermement n’ont fait que nourrir son envie de s’échapper.
Tout ça on ne le saura que plus tard grâce à cette tante mais faut-il encore y aller. Pour ce soir, il va falloir que je laisse Charlie retrouver sa chambre puisqu’elle est surveillée pour ne pas venir dans la mienne mais avant qu’elle ne s’en aille, je dépose un baiser contre son front. Au loin, son père nous observe et lui a bien compris que nous n’étions pas un flirt d’une journée. Même s’il n’est pas le plus enclin à voir sa fille devenir un jour reine, il sait déjà que sa fille a trouvé sa perle rare.
Justement, Garrett attend que je sois reparti vers ma chambre pour rejoindre Charlie. Il tient à lui parler du dîner et de tout ce qui découle de son passé, d’Anya ou même de moi. Pour cela, il l’invite à rester dans le jardin car il est fait encore doux mais il lui propose de s’asseoir près du plus vieil Olivier du domaine.
« – Je suis désolé pour ce qu’a fait ta mère aujourd’hui. Je ne savais pas qu’elle avait convié ce garçon pour un possible mariage. Sache que je lui en veux mais dans un autre sens, je la comprend aussi. Tu sais, même si je ne l’excuse pas entièrement, notre passé a été très très compliqué.. surtout le sien. Elle n’a pas grandi dans une famille comme celle que l’on a actuellement.. Ta mère vient du sud de l’Italie, plus précisément de Pouzzole. Elle vient d’une famille pauvre et ils l’ont vendu comme esclave à l’oncle de Gabriel, le père de Kisos. Je l’ai rencontré quand nous avions douze ans et ça a tout de suite été évident. Je savais que je voulais faire ma vie avec elle mais elle était une esclave et moi le fils d’un riche marchand d’art. Nous avons su nous cacher pendant des années mais quand nous avons eu dix sept ans, j’ai appris que ta mère se faisait maltraiter et.. violer par l’oncle de Gabriel. Notre seul moyen de la sortir de là était qu’elle se fasse affranchir et que je l’épouse mais l’oncle ne voulait pas la lâcher. Il était même devenu encore plus horrible avec elle. C’est en parti pour ça que Gabriel était haineux envers les maîtres.. il ne supportait pas que l’on puisse traiter les gens ainsi et moi non plus ça m’horrifiait mais nous étions deux contre tous. »
Cela ne rajeunit pas le grand blond qui ressasse cette période qu’il avait mis de côté. Il n’en parle jamais pour ne pas brusquer Anya mais il est temps que sa fille connaisse un peu plus sur l’histoire familiale.
« – Pour la libérer, Gabriel a tuer son propre oncle. Nous avons réussi à masquer son meurtre mais.. il a tué pour que ta mère soit libre et avec moi. Suite à cela, il.. il a commencé à se révolter de plus en plus contre le système romain. Il voulait abolir l’esclavage ou du moins, faire que tout le monde soit traiter humainement. On savait qu’on ne pourrait pas venir à bout du marchandage d’hommes mais on voulait au moins qu’ils soient traités et considérés comme tout le monde. Qu’ils puissent avoir un salaire mais aussi des lois pour les protéger. »
Ils étaient des révolutionnaires dans l’âme et ils ont réussi à convaincre beaucoup de monde, notamment dans le sud de l’Italie cependant le nord n’a pas du tout aimé cette vague d’humanisme.
« – L’empereur a fait envoyer des troupes pour faire tuer toutes les personnes qui suivaient nos idées. Nous étions devenus les deux hommes à abattre. Cependant j’ai décidé de me rendre quand ils ont attrapé ta mère et qu’ils menaçaient de la tuer. J’ai.. juré fidélité à l’empereur pour pouvoir la récupérer. En ce temps là, elle attendait un enfant.. un petit garçon mais il est mort né. Ils ont tellement torturé ta mère qu’elle n’a pas réussi à garder l’enfant dans son ventre. Depuis ce temps, elle maudit Gabriel.. même si je sais qu’elle tient énormément à lui. Elle a trop de fierté pour le dire mais elle lui doit quand même énormément. »
Depuis qu’il a juré fidélité, les choses se sont tassés en Italie puisqu’avec le départ de Gabriel, la vague révolutionnaire c’est en allé du pays. Les esclaves sont donc encore traités comme des animaux sauf lorsqu’ils sont affranchis. Garrett doit être un des seuls hommes riches à donner de l’argent à ses esclaves mais il sait que cela est mal vu par les autres mécènes.
« – Gabriel n’a pas vraiment fuit.. enfin, c’est ce qui a été dit mais en réalité c’est moi qui l’a envoyé sur un bateau quand nous étions à Palerme. Il avait été gravement blessé et par peur qu’il ne soit réellement tué, j’ai caché son corps sur un bateau marchand qui devait aller en Égypte. Je.. je ne savais pas qu’il s’en était sorti jusqu’à ce que j’apprenne que la future reine égyptienne avait épousé un italien. La rumeur a fait grand bruit car les égyptiens se marient entre frère et sœur depuis des millénaires mais là, cette fille avait choisit un homme blanc, italien et surtout nommé Gabriel. »
Il est au courant depuis des années mais il n’aurait jamais cru qu’un jour il serait de nouveau confronté à Gabriel ou plutôt à ce passé. Mon arrivée a été une improbabilité qu’il n’a pas vu venir. Il a reconnu directement le regard de mon père lorsqu’il m’a vu dans l’arène et cela l’a replongé dans ses années de jeûne révolutionnaire. Il a même l’impression de devoir veiller sur moi jusqu’à ce que je sois de nouveau près des miens.
« – Je ne suis pas un grand croyant mais jamais je n’aurai cru que le destin t’aurait envoyé auprès de Gabriel. Je n’aurais pas non plus parié que son fils fugue aussi pour se retrouver ici, chez nous. Ton ami Kisos est quasiment comme son père si ce n’est qu’il est un peu plus modéré. Cela vient sûrement de son côté maternel car les égyptiens sont réputés pour être de grands stratèges et très réfléchis. J’étais abasourdi lorsque nous l’avons vu dans les arènes.. et puis savoir qu’il a tenu autant de temps dans cet endroit, c’est presque miraculeux. Il est beaucoup plus puissant que son père. »
Garrett secoue la tête mais il vient surtout prendre les mains de sa petite fille. Quand Charlie est née, elle a été une sorte de vent nouveau sur sa vie avec Anya. Elle a éloigné les mauvais souvenirs et les intempéries d’une vie. Elle a été le miracle dont ils avaient besoin pour avancer plus sereinement.
« – J’ai vu ton regard sur ce garçon. J’ai vu le sien sur toi. Je ne suis pas naïf, je sais que vous avez énormément d’affection l’un pour l’autre. Pourtant même si je ne suis pas comme ta mère et que je ne veux pas que tu sois malheureuse avec une personne, je dois quand même te dire le fond de mes pensées ma chérie. Quand tu as fugué avec cet écuyer, j’ai été totalement abattu. Je ne savais pas où tu étais et j’ai tout fait pour te retrouver mais il n’y avait rien.. Imagines alors l’état de ta mère. Même s’il y a tes petites sœurs et ton frère, elle était si anéantie que j’ai cru que j’allais entièrement la perdre. Tu es notre miracle, notre petite tempête curieuse et passionnée. Je ne veux pas que tu fasses à nouveau cela.. je ne veux pas que tu fugues pour Kisos. Cependant je.. je ne cesses de penser à ce que tu pourrais vivre si tu partais avec lui. Je ne dis pas que ce garçon est mauvais mais il est un futur roi. Je ne sais pas si tu conçois ce que cela implique et ce qui se trame dans sa vie. Être un riche commerçant comme moi, c’est quelque chose mais être un roi cela demande des choses inimaginables. En toute honnêteté, je.. je ne souhaites pas que tu ailles vers une vie où tu serais l’épouse d’un pharaon ou alors une simple maîtresse. Il a le droit d’épouser toutes les filles qu’il veut obtenir et puis son statut va lui valoir des situations qui rendront toujours sa vie compliquée. Est-ce vraiment ce que tu envisages ? Toi le petite artiste libre comme l’air.. Alors je te demande de ne pas agir par impulsion Charlie et de réfléchir. Nous attendrons encore pour ton futur. Si tu as besoin de temps pour trouver la bonne personne, nous attendrons pour toi mais je te demande de.. de ne pas continuer cet amour de jeunesse avec Kisos. Je veux que tu vives une vie paisible et une vie où tu seras heureuse. Pas une vie où tu seras la prisonnière d’un titre de reine ou alors d’un possible amour qui te rendra triste. »
Garrett parle à cœur ouvert car oui, il a peur pour sa fille. Il a vu par plusieurs fois des reines d’autres pays et elles n’étaient que les esclaves sexuelles des rois. Elles ne servaient qu’à enfanter. Même s’il connaît Gabriel, il pense que cela est la même chose pour la reine Matoaka. Elle vit dans l’ombre de son époux et il est convaincu que Gabriel doit avoir un harem d’autres épouses. Les préjugés font vite grands bruits et il est facile d’avoir une image négative lorsqu’on a peur pour quelqu’un.
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Quand je repense au début de la journée, j’étais à mille lieues de savoir que je me retrouverais dans cette situation. Les dieux veulent-ils me défier ? Me tester pour savoir si je peux résister à la plus immense des tentations ? Charlie est sur moi, le corps couvert par une robe transparente et elle me supplie de la toucher. Aucun garçon censé ne pourrait résister à cet appel et même moi qui pourtant ne voit pas Charlie comme un simple désir, je ne peux pas refuser un tel cadeau. Non, je n’y arrive pas et pris dans la torpeur du moment, je viens l’embrasser avec une fougue que je ne me connaissais même pas. J’ai beau essayé de me raisonner et de tenter de cesser ce baiser, je suis comme totalement envoûté par l’appel de cette divinité.
Si au début j’essaye quand même de ne pas poser mes mains sur elle, je perd mes principes et cède à sa demande. Oui, j’essayais encore de me contrôler car j’ai un énorme respect pour Charlie et je ne veux pas qu’elle puisse me voir comme un porc qui ne veut que profiter d’elle. Pourtant là, je ne peux plus contrôler mes envies, surtout quand elle se met à bouger son bassin contre le mien. Cette fille fait tout pour me rendre fou et pour que je ne répond plus de moi-même. Sans grande peine, je la soulève sans cesser notre baiser et je vais la poser sur un coin d’herbe un peu plus loin car ainsi, je peux reprendre le dessus sur elle et embrasser chaque centimètres carrés de sa peau qui me tente tant. Je coupe donc notre baiser lorsqu’elle est allongée et je commence à perdre mes lèvres sur sa gorge. Mes mains sont agrippées à ses hanches mais elles remontent lentement sa robe qui risque d’être très vite retirée. De toute façon sa nudité n’a plus de secret pour moi à présent mais j’ai peur qu’elle n’apprécie pas la mienne. La nature a été plutôt généreuse avec mes attributs masculins et j’ai toujours eu peur que cela fasse fuir les filles. Car oui, malgré mon âge et ma beauté, je n’ai encore jamais eu de relations intimes avec qui que ce soit. Sans le savoir, Charlie devient la première fille pour qui je cède.
« – Charlie.. tu.. me rends fou.. »
J’avais déjà cédé à ses lèvres mais là mon corps et mon âme en demandent beaucoup plus. Mon membre est au garde à vous et je me sens vraiment à l’étroit dans mon pantalon cependant pour le moment je me concentre sur elle et sur sa peau que je pianote en baisers. Je descends de sa gorge et j’arrive sur le haut de sa poitrine mais sa robe devient encombrante. Je devrais m’arrêter là ou alors lui demander si je peux continuer mais dans la cadence de nos envies mutuelles, je ne perds pas de secondes et je retire cette robe. Il ne lui reste que sa culotte. Charlie est quasiment nue devant moi et ça me rend encore plus dingue. Sans hésiter je m’abaisse à nouveau et j’embrasse sa poitrine qui pointe. Son petit corps danse sous moi et ses gémissements me motivent à continuer mes actes.
« – Tu es divine Charlie.. tu es si belle.. si douce.. »
Et je pourrais lui dire qu’elle est la fille de mes rêves mais je descend mes lèvres sur son ventre qui se contracte. C’est vrai qu’elle est la fille qui obsède mes pensées et ça depuis que je l’ai rencontré en Égypte mais je sais que ses parents feront tout pour ne pas que nous puissions être ensemble, tout comme je sais que les miens ne voudront jamais que je sois avec elle. Elle n’est pas une princesse et elle ne rapportera aucune alliance. Pourtant c’est elle que je veux et c’est peut-être qu’en cet instant que je pourrais la posséder entièrement. Alors non, je ne m’arrête pas dans ma lancée et je retire son dernier tissus pour venir laisser mes lèvres et ma langue jouer entre ses cuisses. À défaut d’être un jour son compagnon, j’aurais au moins le souvenir d’avoir était son premier vrai amant. Ça sera sûrement un souvenir que je risque de chérir bien plus qu’autre événement dans cette vie de prince dont j’hérite.
Je n’ai jamais donné ce genre de plaisir à une fille, ni même aucun autre plaisir mais je pense que je dois ne pas être si mauvais car elle exprime son plaisir si fort qu’on pourrait se faire entendre. Pour éviter cela, j’ose mettre une main contre ses lèvres après lui avoir lancé un regard malicieux.
« – Chuuut.. ou je vais devoir te bâillonner.. »
Dis-je avant de reprendre mes caresses sensuelles sur son intimité. Je joue avec son bouton de plaisir sans vraiment me rendre compte que cela l’amène à un orgasme. Je connais des choses sur la sexualité mais pas non plus la totalité. En soit, j’apprends avec le corps délicieux de Charlie et quand elle atteint cette jouissance, ses gémissements sont encore plus intenses. Je me redresse rapidement en pensant avoir fait quelque chose qu’il ne fallait pas mais en voyant sa moue je comprend que tout va bien.
« – pardon.. je croyais avoir fait.. une bêtise.. mais tu vas bien ? Ça va bien ?? »
Elle m’attire contre elle et je reviens l’embrasser mais avec beaucoup plus de douceur. C’est bien plus.. sentimental. Comme un besoin d’exprimer ce que je ressens sans pour autant le dire à haute voix. Dans ce baiser, les positions s’inversent et Charlie se retrouve assise à nouveau sur mon bassin. Un râle s’échappe de mes lèvres car elle s’appuie à nouveau sur mon membre réveillé. Je pourrais le libérer et aller plus loin mais ce n’est pas à moi de prendre cette décision. Je ne peux pas lui voler sa pureté sans son consentement. Même si beaucoup d’hommes le font sans se soucier de la fille, ce n’est pas mon cas, surtout lorsqu’il s’agit de Charlie.
“ – Je.. est-ce que tu veux.. que j’arrête.. ?”
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Elle va me rendre dingue. Je me retiens de ne pas exploser ou de ne pas lui sauter dessus tant je la désire mais j’ai bien trop de respect et sûrement de sentiments pour être un bourreau. Cette fille me fascine autant qu’elle me rend faible. Lorsqu’elle se met à parler à tout va pour combler son stress, je réussis à la faire taire en venant poser mes lèvres contre les siennes. Bien sûr que je suis autant perturbé que Charlie car si je suis ici ce n’est pas parce que je voulais voir les paysages italiens mais bien pour la retrouver, cependant je sais aussi qu’elle ne sera jamais avec moi. Elle n’épousera jamais un prince héritier égyptien. Pourtant en cet instant je ne veux pas penser à ces histoires qui pourraient miner mon moral jusqu’à la fin de la journée, je veux encore profiter de ce moment particulier et unique avec celle qui me rend fou. Alors je l’embrasse encore et encore mais à un moment je sens qu’elle repose sa main sur mon membre et je viens tout de suite glisser mes mains dans les siennes.
« – Charlie.. ce que nous venons de vivre, c’était.. incroyable. Je n’ai jamais ressenti ça avant. Cependant je.. il est hors de question que je te prenne ta vertue. Celle-ci est bien trop importante pour que tu me la donnes ici.. et puis.. elle appartient surtout à celui qui sera ton époux. »
Ce n’est pas pour plomber l’ambiance que j’ose dire ces mots mais parce que j’ai un respect total envers elle. Elle est bien plus importante que n’importe qui ou n’importe quoi. Cela n’empêche que je viens encore l’embrasser et poser mes mains sur sa peau nue et douce. Je pourrais encore chavirer et continuer à me délecter de ses courbes mais avec ce qu’il vient de se passer, nous avons déjà entamé une bonne partie de la journée, si bien que nous reportons la visite chez la famille de mon père. Nous prenons un bain dans la rivière pour se rafraîchir et nous revenons au domaine de Charlie ou son père cherche à tout prix à me voir. Il a reçu une lettre de Rome.
« – Kisos !! Enfin je vous trouve ! Vous auriez pu me dire que vous alliez vous balader, je me faisais du souci ! »
Il nous trouve dans l’écurie et quand je descends de mon cheval, il me donne cette fameuse lettre. Elle vient de l’empereur Hadrien et elle annonce l’arrivée de mon père sur Rome. Mon cœur se met à battre plus rapidement car ma famille me manque et même si je sais que mon père va me passer un savon, je tiens à le revoir quand même.
« – Nous allons préparer les chevaux et nous partirons demain matin. Il veut que tu sois là bas au plus vite.
_ Très bien mais Charlie va venir avec nous ?
_ Oui, je pense qu’Hadrien tient à ce que sa petite prodige revienne peindre pour lui. »Garrett sait que Charlie aurait insisté pour venir donc il ne cherche pas à l’en dissuader. Je montre quand même la lettre à ma belle amie et elle doit sûrement sentir l’excitation que je peux ressentir. Je ne sais pas si ma mère sera présente mais j’espère au moins que mon ami Tomas sera aussi du voyage.
« – Mon père est arrivé en Italie ! J’espère que ça va bien se passer car beaucoup d’italiens lui en veulent.. mais Hadrien semblait l’apprécier quand je l’ai entendu parler de lui. En tout cas j’ai hâte de le revoir ! »
Pourtant il y a une sorte de légère douleur qui s’installe en moi lorsque je reprend la lettre. Si mon père est présent, cela veut dire que je vais bientôt repartir en Égypte et cela veut surtout dire que je vais devoir quitter pour de bon Charlie. Je savais que ça finirait par arriver mais puisque je ne connaissais pas la date, je n’y prêtais pas attention. Là ça devient un peu plus précis et comme quand elle a quitté l’Égypte, je ressens un nouveau vide s’installer en moi.
Garrett ne tarde pas à repartir pour préparer le voyage et je viens remettre son cheval dans son box, cependant avant de retourner à la maison, j’attrape la main de Charlie et je profite que nous soyons dans le box pour déposer un baiser contre ses lèvres. C’est plus fort que moi mais je sais surtout qu’à partir de demain, je n’aurais certainement plus ce luxe.
« – J’aimerais que la vie soit plus simple.. »
Mon sourire est léger, presque triste. Sur ces mots, je me recule et nous retournons vers la villa puisque le père de Charlie va avoir besoin d’aide. La mère de Charlie décide de faire un grand dîner pour fêter mes retrouvailles avec mon père ou plutôt mon départ mais je sens qu’il n’y a pas forcément de mauvaises intentions derrière. Elle est assez caractérielle mais ce n’est pas quelqu’un de méchant. Elle veut juste protéger sa famille et je le comprend. Aidée de Charlie et des jumelles, elle prépare la salle à manger mais elle sent que son aînée a le cœur un peu lourd. Elle n’est pas bête, Amara sait que Charlie est entichée de moi mais elle sait aussi que sa fille ne peut pas suivre un futur roi.
« – Peut-être qu’un jour tu pourras aller en vacances un peu là bas. Bien sûr tu seras accompagné de ton père ou de moi mais je ne pense pas que ce sont des adieux. Il a quand même vécu pas mal de péripéties pour pouvoir te retrouver alors je pense que tu peux te permettre d’aller le saluer un peu plus tard. »
Quand vient le repas, je me fais attraper par les jumelles qui veulent que je mange entre elles. L’ambiance est encore pesante mais elle est aussi douce. Je ne ressens pas l’hostilité de la matriarche ou la peur du père. Ils sont beaucoup plus détendus et ils nous le montrent en osant parler de mon père.
« – Je me souviens que ton père adorait les tartes aux framboises. Je lui en faisais plusieurs dans la semaine ! Et il appréciait aussi beaucoup le vin, si bien qu’un jour on l’a retrouvé totalement ivre dans l’enclos des ânes. Je n’avais jamais autant ri de ma vie ! Tu t’en souviens Garrett ?
_ Comment ne pas s’en rappeler.. Gabriel est un garçon plein de malices et de surprises. Il savait nous faire rire même quand le temps n’était pas à la rigolade. Je ne sais pas s’il est toujours aussi fourbe avec les années.
_ Je ne saurai vous dire car moi je connais mon père en tant que pharaon et pas comme le jeune italien.. mais je sais qu’il adore faire des blagues à ma mère, afin qu’elle se mette à râler dessus.. »J’ai souvent le regard qui dérive sur Charlie. Son père lui parle des projets d’Hadrien et l’école d’art qu’il va peut-être faire ouvrir à Florence. C’est vrai que l’art commence à être un prestige ici et beaucoup de rois d’autres pays veulent des artistes italiens à leurs cours alors pour pouvoir envoyer les meilleurs, Hadrien aimerait faire une école qui forme l’élite. Pour ma part, je ne comprend pas beaucoup cet art dont Garrett parle mais je sais que dans mon pays il y a des choses que le monde entier nous envient. Je m’apprête à proposer à Charlie de venir en Égypte pour essayer de trouver des inspirations mais je stoppe bien vite mon élan puisqu’Amara parle à nouveau mariage.
« – Après ces études dans cette école, il faudra te trouver un époux quand même ma chérie. Il faut te garantir un foyer stable. Mais je veux bien que l’on attende encore un peu. »
Cela sonne comme une faveur mais c’est aussi un crève cœur. Après le repas, il faut rejoindre les chambres mais je me permet de remercier les parents de Charlie pour l’accueil qu’ils m’ont fait depuis ma sortie de l’arène. Ils auraient pu refuser et me laisser à Rome avec Hadrien.
J’espère voir Charlie durant la nuit mais ça ne se fait pas, sûrement parce qu’elle est surveillée par ses parents. J’essaye de m’endormir avec le souvenir de notre après-midi mais c’est compliqué de trouver le sommeil alors que mon esprit ne fait que de réfléchir.
(…)
Le palais d’Hadrien se dresse devant nous après trois jours de route. La fatigue est présente mais l’impatience aussi. Mon père est dans ce palais et il m’attend.
Nous descendons de nos montures mais un stress s’installe en moi. J’essaye de traîner un peu des pieds mais ça se remarque puisque Garrett me donne une tape amicale contre l’épaule.
« – Ça va aller. Ton père va être heureux de te retrouver.
_ Ou alors il va vouloir m’etriper.. »Garrett se met à rire mais moi non. Il avance en premier et je vais vers Charlie pour avancer avec elle. Nous n’avons pas beaucoup échangé pendant le chemin jusqu’ici puisque nous avons eu peu de pause. Elle est tout autant épuisée que moi mais elle a surtout son petit sourire qui me fait fondre un peu plus chaque jour.
« – J’espère qu’il ne sera pas trop en colère.. ça me fait un peu angoissé car je sais qu’il s’emporte facilement. J’espère aussi si il compte aller rechercher Sora.. je ne veux pas qu’elle reste en Espagne avec cet homme qu’on ne connaît pas.. hm.. en tout cas.. je.. »
Je me stoppe et j’attend que Garrett ainsi que les gardes soient un peu plus loin afin que Charlie soit la seule à m’entendre. Nous n’avons pas beaucoup de temps alors je me lance rapidement.
« – Je tiens aussi à te remercier Charlie. C’est grâce à toi que je ne suis plus dans les arènes et tu as tout fait pour que je me relève de cette épreuve. Tu m’as aussi invité dans ta famille et tu as pris soin de moi. Alors oui.. merci pour ça.. et.. merci d’avoir offert quelques instants de bonheur dans ma vie.. »
Garrett toussote, il nous attend. On ne peut plus échanger avec Charlie, on doit rejoindre le palais. Mon père est dans la grande salle avec Hadrien mais il y a aussi Tomas comme je l’avais espéré, ainsi que plusieurs gardes égyptiens. Ma mère a certainement dû rester en Égypte pour surveiller le trône. Quand j’entre dans la pièce, mon père cesse sa conversation avec Hadrien et il se met à courir vers moi pour me prendre dans ses bras. Je me retrouve surpris mais je me met à le serrer du plus fort que je peux. Il me garde un bon moment contre lui avant de se reculer pour voir si je suis encore entier.
« – Nous avons tellement eu peur Kisos ! On pensait que tu étais mort ! Mais qu’est ce qui t’es passé par la tête ?! »
Mais il comprend quand il voit Charlie qui se cache derrière.. Derrière Garrett ? Mon père se bloque et il devient même pâle. C’est comme s’il était face à un fantôme. Pour Garrett aussi c’est un choc puisqu’il n’a pas vu mon père depuis bientôt vingt ans. Ils se fixent longuement avant qu’Hadrien ne s’interpose pour faire les présentations.
« – Garrett, voici le Pharaon mais aussi un ancien camarade italien. Je pense que tu le connais non ?
_ Et comment.. Il a été mon frère pendant toute ma jeunesse.. »Ces retrouvailles m’évitent de recevoir des sermons de la part de mon père. Il y a quand même aussi un moment touchant qui se dessine devant mes yeux et ceux de Charlie. Nos pères se retrouvent et ils n’ont pas l’air de vouloir s’entretuer. Le temps qu’ils discutent un peu, je vais saluer Tomas mais lui n’a pas le même sourire que mon père. Depuis le départ de Sora, il est entré dans une colère qu’il exploite contre les ennemis de mon père. Il est beaucoup plus à cran et fermé.
« – On en parlera après.. Pour le moment, vas rejoindre ton père. Il a quelque chose d’important à te dire. »
Tomas me promet de discuter dans la soirée mais ses mots m’intriguent. Que va m’annoncer mon père ? Qu’il m’a destitué et qu’il préfère qu’Aden soit le prince héritier ? J’avoue que l’idée pourrait me plaire mais je sais que c’est impossible. Du moins, ma mère ne le laisserait pas faire. Je retourne donc vers le trio d’hommes qui discutent encore alors que Charlie est un peu plus loin avec une jeune femme que je ne connais pas. Une brunette ( Lily Collins) qui doit avoir son âge et qui est certainement l’une de ses amies.
« – Kisos ? Viens ici s’il te plaît.
_ Oui ! Nous allons bientôt repartir ?
_ Pas encore. J’ai pu discuter avec l’empereur Hadrien en attendant ton arrivée à Rome et nous avons passé plusieurs accords. Comme tu sais, je suis italien de naissance et j’ai aussi monté une rébellion contre le gouvernement il y a plusieurs années. Hadrien ne me tient pas rigueur de mes actes mais il espère qu’une grande réconciliation soit envisagé grâce a un mariage. Il aimerait que tu épouses sa fille Livia. »Livia ? La brune près de Charlie s’avance vers nous. J’ai soudainement l’impression d’être au pied du mur. Pour les autres fois, j’ai pu éloigner les prétendantes que mon père faisait envoyer vers moi mais là je me retrouve coincé. Si je refuse, cela pourrait entacher l’image de mon père, de ma famille mais aussi je pourrais ne plus pouvoir poser les pieds en Italie. Je sens l’angoisse prendre possession de mon être mais je n’ai pas le choix que d’accepter.
« – Ma fille est très douce et cultivée. J’ai fais en sorte que son éducation soit la meilleure et elle sera une épouse formidable. En plus elle a ton âge donc vous devriez facilement vous entendre.
_ Euh.. je..
_ Je me doute que tu es un peu surpris par cette décision mais tout ira bien. Nous fêterons vos fiançailles au plus vite pour que vous puissiez vous marier avant le printemps et ainsi repartir en Égypte sous de bonnes conditions maritimes. »C’est la douche froide mais je dois garder la tête haute pour ne pas faire honte à mon père. J’essaye quand même de trouver Charlie du regard mais je ne peux pas car Hadrien me fixe avec une intensité telle que je sais qu’il attend mon accord oral.
« – D’accord.. oui.. on fera ça..
_ Cela me ravis. Je vous tiendrais au courant pour la soirée des fiançailles. J’ose espérer que vous serez présent avec votre famille Garrett, cela vous permettra de retrouver votre ami Gabriel. »Hadrien donne des poignées de main à Garrett et mon père alors que moi je reste figé. Ce n’est que lorsque Hadrien s’en va que je décide moi aussi de m’éloigner alors que Livia s’apprête à venir se présenter à moi. Je pars vers l’un des balcons du palais et une fois dehors, je ne peux que me mettre à pester. Je ne sais pas si mon père m’a tendu un piège ou non mais me voilà futur fiancé à une fille que je ne connais pas et que je n’aime pas.
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Je sais que ce mariage est voué à l’échec et je regrette déjà d’avoir accepté mais je ne pouvais pas dire non. Hadrien était pressent et j’ai la conviction qu’il se serait retourné contre mon père alors que là, il accepte de laver le nom de mon père mais aussi il parle de commerce entre l’Italie et l’Égypte. Les romains sont une grande puissance que l’on ne peut pas négliger et en quelque sorte, j’ai réalisé ma première prouesse en tant que futur roi, cependant j’en ai perdu la personne que j’aimais réellement et avec qui j’aurais voulu un avenir. Charlie m’évite depuis l’annonce des fiançailles et j’ai même appris que ses parents lui avaient trouvé un fiancé. Elle a aussi accepté, ce qui fait de nous deux des futurs fiancés peu joyeux.
Je n’ai pas vraiment le choix que de passer du temps avec Livia et je ne peux pas nier que c’est une jeune femme jolie et très intelligente mais elle n’a rien à voir avec Charlie. Elle n’a pas cette fougue et cette folie que j’aime chez ma jolie blonde. Livia a été conditionnée pour devenir une future princesse ou une future reine alors elle est très protocolaire. On ne peut pas se balader sans ses dames de compagnies ni les gardes. On doit aller voir tous les personnes riches de Rome pour se présenter. J’ai l’impression d’être devenu un roi avant l’heure.
« – Kisos ? Nous n’avons pas encore passé beaucoup de temps ensemble. J’aimerais bien que l’on aille se balader aujourd’hui. Ça te dit ?
_ Hm.. très bien.. »Je suis un peu nonchalant avec mon père, comme par le passé mais cette journée va me permettre de ne pas rester auprès de Livia. J’aurais préféré une journée avec Charlie mais je sais que maintenant ça deviendra impossible. Je dois faire mon deuil de cette jeune relation qui m’avait enfin donné l’envie de tout faire.
Mon père nous amène aux écuries et nous quittons Rome pour aller se balader dans les campagnes environnantes. Pour une fois il n’y a pas les gardes, il n’y a que nous deux. Je me doute qu’en faisant cela, mon père compte me parler seul à seul. Il va sûrement aussi en profiter pour me râler dessus à cause de ma fuite de l’Égypte puisqu’il n’a pas encore pu le faire depuis que l’on s’est retrouvé. Mon intuition est bonne car à peine nous passons les portes de Rome qu’il fait ralentir son cheval pour rester à la hauteur.
« – Tu es parti de notre pays pour suivre cette Charlie hein ? La fille de mon meilleur ami d’enfance.. hm.. je comprend un peu mieux pourquoi son visage me plongeait dans une nostalgie. Elle a les traits de son père mais la fougue de sa mère. Cependant tu as été bête Kisos. Tu aurais pu te faire tuer a de nombreuses reprises. Tu as de la chance que les dieux soient derrière toi. Des pirates, l’arène.. tu as été encore pire que moi en quelques mois. Je n’ai pas été très futé quand j’étais ici en Italie mais toi tu bats les records.
_ De toute façon maintenant je ne pourrais plus la suivre puisque je suis fiancé à Livia et elle a cet artiste bizarre..
_ Sache que je suis désolé. Je sais que tu ne vas pas me croire mais je le pense sincèrement. Je sais que tu aimes cette fille car il faut être fou amoureux pour abandonner son pays, son trône et aller dans un endroit qu’on ne connaît pas.. J’ai fais la même chose pour ta mère.
_ Alors pourquoi tu n’as pas stoppé Hadrien quand il m’a demandé si je voulais épouser sa fille ?
_ Je ne veux pas que Charlie devienne une reine. Je suis encore une fois désolé mais.. ses parents ont déjà eu beaucoup de problèmes à cause de moi et je sais qu’ils ne veulent pas de cette vie pour leurs filles. Je sais que c’est finalement toi qui paie les pots cassés mais réfléchis bien Kisos.. tu crois vraiment que c’est la vie qu’elle voudrait ? Charlie est une fille qui aime la peinture et l’art, je doute qu’elle veuille diriger un pays et suivre son époux sans rien dire. Elle n’est pas faite pour ça.
_ Et moi ? Tu crois vraiment que je suis fait pour ça ? Que j’ai réellement envie de devenir roi un jour ? Vous pensez tous à vous et aux autres mais pas à ce que moi je veux. Je dois devenir roi et épouser une fille que je n’aime pas. Je suis votre marionnette et jamais je ne pourrais vivre la vie à laquelle j’aspire. »J’en ai une boule qui se forme dans ma gorge. Mon père sait que j’ai raison puisqu’il ne réplique pas. La situation est très compliquée et même s’il pourrait mettre mon frère Aden à ma place, il sait que le peuple sera mécontent puisque depuis ma naissance ils me vouent une sorte de culte.
« – Tu vois ta place comme une malédiction depuis des années et non pas comme une chance. Pourtant des milliers de jeunes hommes aimeraient avoir ton rang..
_ Tu étais le fils du plus riche homme de toscane et tu n’as pas voulu de ce rang il me semble. Tu as préféré faire une sorte de révolution pour je ne sais quelle raison alors que tu avais une place que beaucoup de jeunes hommes auraient aussi aimé avoir !
_ Tu as vu mon père ?
_ Non. J’ai seulement vu la villa où tu es né..
_ Mon père est peut-être riche mais il n’est pas un homme bon. Il faisait énormément de mal aux esclaves et à ceux qui se mettaient sur son chemin. Moi-même j’ai reçu des coups pour des choses futiles comme une simple lecture.. Je ne pense pas que je t’ai offert ce genre d’éducation. Alors oui, j’ai voulu faire en sorte que les esclaves en Italie soient affranchis et que les riches se mettent à respecter le bas peuple mais cela m’a amené beaucoup de problèmes. J’ai réussi à libérer la Sicile mais pas le reste de l’Italie.. et puis j’ai dû fuir car ma tête était mise à prix jusqu’à ce que tu acceptes les fiançailles.
_ Tu t’es servi de moi pour sauver ta tête ?
_ Bien sûr que non Kisos. Si tu avais refusé, j’aurais fait en sorte que l’on part rapidement mais en quelque sorte tu m’as lavé de tous les crimes qui m’étaient donnés ici. Je ne suis plus l’ennemi de l’Italie. Donc je dois te remercier malgré tout.
_ Alors si j’ai sauvé ta tête, j’ai une requête à te demander.
_ Tu joues le négociateur ? Je reconnais bien le caractère de ta mère..
_ Je veux rester dans ce pays encore quelque temps, même après le mariage. De toute façon je ne serais pas roi avant un long moment. Je veux apprendre la vie à l’italienne et m’instruire auprès des armées romaines.
_ C’est pour rester au plus près de Charlie ? Tu sais, elle ne restera sûrement pas à Rome..
_ Je m’en fiche, je serais toujours plus près que si je vais en Égypte. »Mon père sourit légèrement car il commence à culpabiliser en voyant que je suis réellement épris de Charlotte. Il ne m’avait jamais vu ainsi ni même ressenti une telle détermination. Pourtant il ne revient pas sur ce qu’il se passe car il sait que si je choisis de partir avec Charlie, cela bouleversera entièrement ma vie comme celle de la belle blonde.
« – J’aurais tellement aimé que les choses soient différentes Kisos.. Mais je suis certain que tu réussiras à avoir une belle vie quand même. Livio n’est pas si horrible.. c’est une jolie fille et elle a beaucoup de culture. Après.. même si pour ma part cela est inconcevable, beaucoup d’hommes ne se contentent pas que d’une seule épouse. Ils ont des maîtresses.. »
Mon père me parle de maîtresse ? Je me sens presque bête voir gêné. Je préfère stopper la conversation en accélérant avec mon cheval et en poussant mon père à faire une course. Au moins cela me change l’esprit l’histoire d’une petite heure. On ne revient au palais d’Hadrien qu’en fin d’après-midi et je me fais attraper pour aller essayer mon costume pour la soirée de fiançailles qui a lieu demain soir. Je redoute tellement ce moment.. je sais que Charlie n’y sera pas et c’est certainement mieux mais j’aurais tellement aimé que ce soit elle qui devienne ma fiancée. Pourtant elle aussi sera fiancée demain soir. Hadrien a négocié avec Garrett et Anya pour que les fiançailles soient faites le même soir afin d’être certain que nous ne soyons pas au même endroit avec Charlie. C’est ce que j’apprend par Tomas après avoir terminé cette séance costume. Cela me fait grincer des dents et pour me calmer, je pars m’entraîner à l’épée avec Tomas dans la cours.
« – J’ai ressenti la même chose quand ton père a envoyé ta sœur auprès du prince d’Espagne. Je ne croyais pas que je l’aimais et pourtant si.
_ Et pourquoi tu n’as rien fait ? Pourquoi tu n’as pas été rechercher Sora ?
_ Car je ne suis qu’un vulgaire soldat qui ne lui aurait rien apporté de grand. Mais toi, pourquoi tu ne vas pas chercher la blonde ?
_ Parce que je suis un vulgaire prince qui a trop à apporter. »La soirée des fiançailles arrive bien trop vite à mon goût. Il y a vraiment beaucoup de monde mais je ne connais quasiment personne à part mon père et Tomas. Les autres ne sont que des amis d’Hadrien ou des riches hommes italiens. Je dois pourtant faire bonne figure mais j’aimerais plutôt m’enfuir d’ici afin de rejoindre la soirée de Charlie. On pourrait encore s’enfuir et partir loin mais pour aller où ? Et puis, est-ce qu’elle m’aimes aussi ? Il y avait quelque chose d’intense entre nous mais depuis l’annonce de mes fiançailles, elle me fuit. Peut-être que ce n’est pas par jalousie mais parce qu’elle veut me laisser « tranquille ». Je suis pris aux doutes et aussi à la boisson puisque sans m’en rendre compte, je cumule plusieurs verres de vin. Mon esprit s’échauffe de plus en plus et quand viens l’heure d’annoncer officiellement les fiançailles, Livia se retrouve seule devant la foule alors que moi je titube pour aller chercher un cheval. Mon père ne met pas longtemps à me rattraper et à me secouer pour tenter de me remettre sur terre.
« – Mais qu’est ce que tu fais Kisos ?!
_ Je.. pars chercher Charlie ! Et.. on va aller vivre loin !
_ Tu as surtout bu tout un tonneau de vin oui ! Livia t’attend pour l’annonce !
_ Livia ? Connais pas..
_ Maintenant tu te tais et tu me suis Kisos ! Ce n’est pas le moment de jouer l’idiot, sauf si tu veux qu’on se fasse tout les deux tuer ! »Il me tire par le bras et il me fait revenir dans la grande salle de réception. Mon père doit dire que je ne tiens pas le vin puisque j’en bois peu et cela fait sourire voir rire beaucoup de monde. Je n’ai plus le choix que d’écouter les dires d’Hadrien afin de nous annoncer fiancés mais il annonce aussi la date du mariage. Nous serons mariés dans un moi. Cette nouvelle me donne la nausée.. ou alors c’est l’alcool mais j’ai envie de vomir. Je me retiens comme je peux mais quand les invités repartent à leurs occupation, je m’éloigne pour aller vomir dans une jarre de décoration. Livia me voit faire et elle s’agace. Elle a ce besoin de toujours paraître parfaite aux yeux des autres et avec moi ça semble mal parti.
« – Tu devrais peut-être aller te reposer non ? Tu sembles assez.. fatigué.
_ Non, ça va. Je ne suis pas fatigué.
_ Si, tu es fatigué. »Elle insiste pour que je partes de la réception afin que plus personnes ne me voient dans cet état. Dans un sens, j’ai bien envie de partir alors j’accepte et je m’en vais vers ma chambre pour m’isoler un peu de tout le monde. Enfin, ça ne dure qu’une vingtaine de minutes puisque je décide de partir vers l’endroit où a lieu les fiançailles de Charlie. C’est dans le palais d’un autre ami d’Hadrien et il y a beaucoup moins de monde. Il y a la famille de cet Antinous et celle de Charlie. Du moins ses parents et ses sœurs ainsi que son frère. J’arrive à ne pas me faire voir car je me cache en dehors et j’observe par une fenêtre. Charlie est là, vêtue d’une robe somptueuse. Elle est magnifique et ce qui fait le plus mal c’est qu’elle semble briller à côté de ce garçon. Ils vont bien ensemble.. ils ressemblent au parfait petit couple romain.
J’arrive pas vraiment au beau moment puisque c’est à leur tour d’annoncer leur fiançailles. Antinous offre une bague à Charlie et toutes les personnes présentes les félicitent. Je sens la tristesse m’envahir mais je me torture en restant où je suis. Un garde réussit à me trouver et comme il en a l’ordre, il doit éloigner les imposteurs mais je ne me laisse pas faire. Cela fait du bruit et Garrett se presse d’aller dehors pour voir ce qu’il se passe. Quand il arrive face à nous, j’ai ma main autour de la gorge du jeune garde qui est beaucoup plus petit que moi.
« – Kisos ! Que fais-tu ici ?? Tu devrais être au palais d’Hadrien ! Lâche ce garçon ! »
Je relâche le garde et Garrett m’attrape par le bras afin d’aller un peu plus loin, cependant Amara arrive à son tour. La brune n’a jamais caché son envie de m’éloigner de Charlie mais elle a bien vue que sa fille souffrait aussi de la situation. Elle fait signe à Garrett de me lâcher et elle se rapproche de moi avec un air beaucoup moins sévère qu’en toscane.
« – Je suis désolé Kisos.. je sais que ce n’est pas évident pour toi ni pour Charlie mais c’est mieux ainsi. Dans quelques jours, nous allons repartir en toscane donc ça ira mieux pour toi. Charlie va aller vivre sur Florence avec Antinous. Vous pourrez vivre votre vie chacun de votre côté..
_ Ce n’est pas juste.. Mon père s’est battu pour que vous puissiez vivre avec l’homme que vous aimez et vous, vous éloignez deux personnes qui s’aiment.
_ La vie n’est pas toujours juste. Comprend que je ne veux pas que ma fille se retrouve à la tête d’un pays aussi immense que le tien. Charlie est beaucoup trop libre pour ce rôle.. toi tu es né pour ça, pas elle.
_ Pourquoi ce sont les adultes qui décident pour nous ? Hm.. dites lui que je penserais toujours à elle. »Elle l’entend car elle n’est pas loin de nous à observer la scène. Pourtant je ne la vois pas et quand je m’en vais d’ici, Amara voit Charlie. Elle soupire et se rapproche d’elle en espérant la consoler mais Charlie se recule.
« – Chérie.. vas le voir. Je pense que vous avez besoin de parler avant d’avancer chacun de votre côté. Il ne doit pas être très loin. »
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La soirée des fiançailles m’a laissé un goût d’inachevée. J’aurais aimé lui répliquer ce que je ressens réellement mais l’alcool m’a fait plonger dans un long sommeil et même si j’ai dormi chez elle, je n’ai pas pu la revoir. Je sais que l’occasion va bientôt arriver car ma mère, la grande reine égyptienne, va arriver à Rome et pour cela, Hadrien va lancer des festivités immenses. Il me sera plus facile de pouvoir approcher Charlie sans que cela ne fasse trop de bruit. Je suis quand même pressé de revoir ma mère. Elle m’a énormément manqué, même plus que mon père. Nous avons toujours été très proche et elle a toujours su me remonter le moral quand je ne me sentais pas au meilleur de ma forme. Malheureusement je ne pourrais pas la voir avant tout le monde, je vais devoir attendre qu’elle fasse sa grande entrée dans l’arène.
La grande journée est arrivée. Ma mère va bientôt faire son entrée dans l’arène et tout le monde a hâte de voir cette légendaire reine d’Égypte. Je devrais être dans les tribunes pour l’acclamer aussi mais non, je cherche après Charlie car je ne l’ai pas vu avec ses parents ni Hadrien. Livia est avec son père et je sais que je devrais être à ses côtés mais j’ai trouvé l’excuse de dire que je ne me sentais pas à l’aise dans cet endroit qui a été ma prison pendant une année.
Je ne sais pas si Charlie est ici ou si elle est restée dans la maison de ses parents mais je décide d’aller faire un petit tour en discrétion près du gradin de ses parents et j’ai eu le bon réflexe puisque je la retrouve derrière, dans l’un des couloirs. Elle est en train de lire au lieu d’observer ce qu’il se passe dehors mais ça ne m’étonne pas puisqu’elle n’aime pas non plus l’arène. Je m’approche d’elle mais nous sommes bousculé et par peur que l’on finisse par être réellement dérangé, je prend sa main pour que nous sortions d’ici. Cette fois-ci je ne lui laisse pas le choix. La dernière fois j’étais trop ivre pour m’expliquer mais là j’ai toute ma tête et bien que je devrais aller voir ma mère, j’ai beaucoup plus le besoin de parler avec celle qui me rend fou.
« – Promis je te ramène après mais pour le moment j’ai besoin que tu me suives Charlie ! On ne va pas aller très loin mais à l’abri des oreilles tendues. »
Comme la plupart des gens sont dans l’arène, on peut en sortir et aller quelques ruelles plus loin sans être embêté. Je sens qu’elle est troublée et même un peu en colère, certainement à cause de la soirée de fiançailles mais je ne lui laisse pas le temps de me râler dessus puisque je pose mes mains sur ses joues et je viens l’embrasser comme si cela m’était vital. Elle ne résiste pas, elle prolonge même cet échange mais on ne peut pas se laisser aller trop longtemps car il y a quand même des gardes qui se promènent dans les rues. À bout de souffle, je recule mon visage mais je laisse mon front se poser contre le sien.
« – J’aurais moi aussi souhaité dire non et que tu sois à la place de Livia.. mais on m’a mis au pied du mur Charlie. Hadrien a volontairement annoncé cela devant tout le monde pour ne pas le laisser le choix et aussi pour rappeler que mon père est un ennemi du peuple italien. Si j’avais dis non, on aurait été tous les deux emprisonnés ou tués. »
Tout le monde fait semblant d’adorer cet empereur mais tout le monde sait aussi qu’il peut être un vrai tyran. Maintenant que la mère est là, il pourrait être moins fourbe puisque des milliers de soldats égyptiens ont fait le voyage mais sans eux, il ne se serait pas gêné pour faire de mon père et moi des victimes collatérales.
« – Tu n’as jamais été mon divertissement Charlie. Je me suis méfié de toi au début car je n’avais jamais vu de filles aussi belle que toi mais quand nous étions en Égypte, je suis tombé amoureux de toi et j’aurais tellement voulu que tu restes pour que je puisses demander ta main.. »
Je baisse justement mon regard sur nos mains qui sont liées par nos doigts. Elle porte la bague de ses fiançailles avec cet Antinouis.. mais je ne peux la blâmer car moi aussi je suis voué à une autre.
« – Mais il y a autre chose aussi. J’y pense et repense sans cesse car tout le monde ne fait que de me rappeler ce fait. Je.. un jour je serais roi et mon épouse sera une reine. Je.. je serais à la tête d’un royaume, d’un peuple, d’une dynastie.. et je serais prisonnier de ce statut. Tu es une fille qui aime sa liberté, je l’ai compris dès le moment où tu es arrivé dans ma vie. Tu as fuis ton pays pour être libre d’aimer qui tu voulais mais ne serais-ce pas égoïste de ma part de t’enfermer dans un rôle que tu ne voudras certainement pas avoir ? Tu es une artiste, une femme intelligente, une femme forte et indépendante.. je ne pourrais pas être celui qui t’enferme dans un mariage qui te rendra malheureuse. C’est la Charlie intrépide, sans peur et libre que j’aime voir.. celle qui ose faire front au prince héritier et qui n’a pas peur de faire le mur pour aller visiter la ville de nuit. »
Je souris tristement, il y a même une larme qui coule le long de ma joue car oui, j’ai mal. C’est elle que j’aime et c’est avec elle que je me sens heureux. Elle a su allumer quelque chose chez moi qui me rend entier. Je sais que Livia ne pourra jamais m’apporter ce que Charlie m’offre et je serais certainement jamais amoureux d’elle.
« – Je suis tellement horrifié par ce qu’il va arriver.. Je vais me marier à une fille que je n’aime pas et je sais que tu vas épouser un garçon qui.. hm.. mais il t’apportera ce que tu as toujours aimé. Je déteste ce garçon que je ne connais pas parce que oui, il t’apportera ce que moi je ne pourrais jamais t’offrir. Si ce n’est peut-être mon amour. Il ne pourra jamais t’aimer autant que moi je t’aime. »
Mes bras entourent son petit corps et je viens la serrer contre moi. Je rêverais que l’on s’enfuie en cet instant. On pourrait le faire mais est-ce qu’elle mérite une vie de fuite ? On sera traqué quoi qu’il arrive. De toute manière on est déjà sous surveillance puisque j’entend mon prénom être crié. Mon père se rapproche et par sécurité, je cache Charlie derrière moi. Il est accompagné de Garrett qui lève les yeux au ciel en voyant que sa fille est avec moi.
« – Ta mère est arrivée et tu n’es pas là ! Tu es avec la fille de Garrett ! Tu es fiancé Kisos ! Tu veux que l’empereur te fasse égorger pour avoir fait honte à sa fille ??
_ Je.. je lui faisais juste mes adieux. Vous nous avez tous éloignés sans nous laisser le droit de discuter. Nous avions besoin de parler.
_ hm.. maintenant vas voir ta mère. Elle est impatiente de te retrouver. »Nos pères nous attendent et nous séparent encore une fois. Charlie se fait sûrement sermonner par le sien alors que le mien revient me rappeler que je ne dois plus approcher Charlie. Tout est fait pour que nous soyons éloignés. Je déteste cette situation, cette vie. On se lance un dernier regard avant de rejoindre nos mères respectives. La mienne me saute dans les bras et elle se met à pleurer car elle a vécu une année très difficile en ne sachant pas où je pouvais être.
« – Mon Kisos ! Mon petit prince ! Tu es dingue ! Pourquoi tu as fais ça ?? Pourquoi tu es parti ?? »
Mais je n’ai pas besoin de répondre. Elle comprend quand elle croise mon regard triste. Elle relève ses yeux vers les Hedlund qui sont un peu plus loin et elle voit aussi le regard triste de Charlie. Ma mère avait compris avant moi que j’étais attiré par Charlie mais elle n’a pas anticipé que j’étais prêt à fuir mon pays pour retrouver cette jolie blonde.
« – Nous parlerons un peu plus tard, il y a beaucoup de monde mais tu dois me promettre de ne plus jamais partir comme ça Kisos. Tu aurais pu te faire tuer plus d’une fois !
_ Je ne le referais plus.. de toute façon mon sort est scellé maintenant. Vous avez ce que vous souhaitiez..
_ Kisos… »Ma mère vient d’apprendre que je me retrouve fiancé à Livia mais sur ce point, elle n’est pas forcément d’accord avec mon père. Il suffit de voir le regard qu’elle lui échange mais les scènes de ménages seront pour plus tard. Pour le moment nous sommes tous conviés à un banquet donné en l’honneur de l’arrivée de ma mère, même les hedlund y sont. Je suis surpris de voir la mère de Charlie être autant admirative face à ma mère car à plusieurs reprises, je la vois discuter avec elle. Pourtant depuis l’arrivée de mon père, Amara ne lui a pas dit un seul mot. Pendant cette réception, je suis encore une fois contraint d’être loin de Charlie puisqu’Hadrien y veille. Il a envoyé Livia auprès de moi pour jouer la chandelle. C’est grâce à ma mère que je peux me rapprocher de ma jolie blonde car elle profite qu’Amara lui parle pour me convier.
« – J’espère que tu as remercié Amara et sa famille pour t’avoir accueillis après tes péripéties.
_ Oui, il nous a remercié, ne vous en faites pas pour cela. Votre fils est un garçon bien élevé même s’il est aussi fougueux et inconscient que ma fille. Vous aussi vous avez été une gardienne pour notre petite Charlie quand elle a décidé de fuguer.
_ Je n’aurais jamais imaginé que Charlie puisse être en lien avec mon époux.
_ Oui.. hm.. un lien très ancien vous savez.
_ J’ai souvent entendu parler de vous et votre époux vous savez. Gabriel ne vous a jamais oublié. J’ai souvent eu les récits du trio italien et de leurs envies de libérer l’Italie.
_ C’est.. un honneur d’être connue par la grand reine d’Égypte alors. J’ai entendu beaucoup de récits sur vous aussi mais par des gens qui ont visité votre pays. Ils ont tous adoré leurs voyage.
_ Vous êtes la bienvenue vous savez. Vous et toute votre famille. C’était très agréable d’avoir Charlie avec nous, c’est une fille vraiment très intelligente et pleine de surprises. Elle m’a peint un portrait de ma famille et je chérie ce tableau plus que tout au monde.
_ Je ne peux nier que ma fille a de l’or entre les mains. »Amara passe un bras autour de la taille de Charlie et ma mère l’imite en faisant de même avec moi. La scène pourrait nous faire rire mais j’ai du mal à sourire en sachant que ce n’est qu’une discussion qui ne mènera pas loin.. du moins, c’est ce que je pense jusqu’à ce que ma mère change la donne.
« – J’aimerais beaucoup que nous passions une journée ensemble. Vous, Charlie, Kisos et moi. Vous pourriez peut-être nous montrer les plus beaux endroits de Rome ? Ou j’ai entendu parler d’une ville qui se nomme Naples. Est-ce loin d’ici ? »
Ma mère veut que je passe du temps avec Charlie ? Amara est tout autant surprise que Charlie ou même moi. Cependant elle n’ose pas refuser une telle invitation. Intérieurement j’ai envie de prendre ma mère dans mes bras pour la remercier mais encore une fois, il faut savoir se montrer discret. Dans un sens, si je réfléchis bien, ma mère est une fervente partisante des mariages amoureux puisqu’elle a épousé mon père par amour. Sans cela, elle aurait dû épouser l’un de ses petits frères. Elle a réussi à imposer ses envies et mon père a trouvé sa place dans un monde qui n’était pas le sien. Lui n’était qu’un jeune révolutionnaire italien.
C’est deux jours plus tard que nous nous retrouvons. Charlie et Amara sont à la porte du palais d’Hadrien pour venir nous chercher. Hadrien est contrarié que Livia ne soit pas de la sortie mais ma mère lui a dit qu’elle comptait faire une journée beaucoup plus prestigieuse pour ma fiancée.. c’est une façon de noyer le poisson. Mon père n’a pas apprécié non plus que ma mère décide de faire cette journée mais pour lui, elle lui a proposé de passer du temps avec son vieil ami Garrett. Ma mère pense à tout et ça m’avait manqué toute cette malice qui se dégage d’elle.
Nous finissons par partir dans Rome mais encore une fois, ma mère use de sa malice pour marcher en avant avec Amara. Ainsi je me retrouve en arrière avec Charlie. Nous pouvons discuter sans être gêné par nos mères.
« – Comment vas tu aujourd’hui ? Je suis content de te voir.. et de pouvoir passer cette journée avec toi. En plus personne ne pourra venir se mettre entre nous sauf nos mères. »
Mais je sais que la mienne a l’intention de ne pas lâcher Amara. Nous sommes presque libre sauf que l’on ne pourra pas s’embrasser ou se prendre dans les bras de l’un et de l’autre. Il n’y a que les mots pour nous accompagner, enfin pour l’instant.
« – Mon père est parti chasser avec le tien.. Je n’avais pas vu le mien sourire autant depuis très longtemps. C’est quand même drôle de savoir qu’ils ont passé toute leur enfance ensemble et qu’ils se retrouvent parce qu’il y a nous deux.. Et puis ta mère semble adorer la mienne. Je ne l’avais pas encore vu aussi.. douce. »
Je me retiens de rire car je n’ai pas envie que le dragon qu’est Amara vienne à se tourner vers nous. C’est quand même encore plus frustrant de savoir que nos parents s’apprécient mais que nous sommes encore condamné à devoir épouser d’autres personnes. Et puis bientôt on sera réellement séparé car j’ai entendu dire que je ferai mon retour en Égypte dans moins d’un mois, juste après le mariage. Mes négociations pour rester en Italie ont été balayé par Livia qui a supplié son père pour partir en Égypte. Elle veut découvrir mon pays pour soit disant apprendre à connaître son futur peuple. J’ai quand même le sentiment qu’elle n’est pas attirée par le peuple mais surtout par le pouvoir et l’argent, comme son père. Il y a quelque chose de très faux en elle et je le découvre au fur et à mesure de la côtoyer.
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Mon rayon de Soleil ♥
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Cette journée a été une source de bonheur et de frustration. J’ai pu être auprès de Charlie mais nous étions tout de même surveillé par sa mère et cela ne nous a pas permis d’avoir beaucoup de temps proche. Ce sont nos regards et nos sourires qui ont exprimé nos sentiments mais la soirée s’annonce bien différente de la journée. Ma mère reste auprès d’Amara et elle se fait encore plus insistante, comme pour me laisser un moment avec Charlie. Je profite donc pour rejoindre la jolie blonde aux ruines que nous avons visité dans l’après midi. J’espère pouvoir avoir au moins un baiser mais la tournure prend un autre tournant que je n’avais pas anticipé même si plusieurs fois je l’ai souhaité. Charlie se met à nu devant moi, autant dans les paroles que dans sa vêture. Elle abandonne sa robe sur le sol et elle me supplie de lui faire l’amour. Mon corps a déjà réagit avec le baiser enflammé qu’elle vient de m’offrir mais là ça devient encore plus incandescent. Je pourrais refuser car ce n’est pas à moi de prendre sa virginité et même si je n’ai aucune idée de la nature d’antinouïs, c’est lui qui devrait être le premier homme à toucher Charlie mais je ne réfléchis pas à tout cela. Non, j’agis par instinct et celui-ci m’ordonne de céder.
« – Tu es tellement magnifique.. »
Dis-je en un murmure alors que je me rapproche d’elle et que je la laisse retirer mon haut. Je n’ai pas besoin de lui dire quoi que ce soit, elle sait que je compte lui faire l’amour. À peine mon torse se retrouve nu que je reviens chercher les lèvres de Charlie mais je viens aussi à la soulever pour la poser sur une grosse pierre plate sur laquelle je peux l’allonger. La pluie tombe encore sur nous mais je n’y pense même pas, je m’en contre fiche. Il n’y a que Charlie qui compte en cet instant et je cesse le baiser pour venir embrasser sa peau humide. Son cou, ses épaules, ses seins, son ventre, je passe par toutes ses formes pour m’en imprégner. J’ai souvent imaginé son corps nu et ses courbes cachées sous ses robes mais elles sont encore plus délicieuses que dans mon imagination. J’ai quand même la peur de lui faire mal car je n’ai pas du tout le même gabarit que Charlie alors j’essaye d’être le plus doux possible, même lorsque je descend mes lèvres entre ses cuisses. Ses gémissements retentissent mais l’orage couvre nos folies. Personne ne pourra nous entendre ni même nous voir puisqu’il fait si sombre que nous sommes presque invisible mais j’ai quand même la chance d’avoir un léger éclair de lune qui illumine son visage grimaçant de plaisir.
« – Je vais te.. préparer un peu.. »
Je ne peux pas dire que je suis inexpérimenté. J’ai déjà eu des relations mais elles n’avaient aucun réel plaisir. Elles n’avaient pas non plus ce désir et cette passion qui me consument depuis que je connais Charlie. En quelque sorte, c’est une première fois quand même car là j’agis pour partager ce plaisir et je veux surtout que Charlie en garde un magnifique souvenir. Alors comme dit, je me hâte à la préparer ou plutôt à faire en sorte qu’elle se détende et goûte à son premier orgasme. Ma langue vient jouer avec son bouton de plaisir et lentement je glisse un doigt en elle. Elle ne semble pas avoir de gêne puisque je l’entend encore gémir donc je commence à lui offrir des vas et viens pour l’habituer à une présence en elle. C’est divin de l’entendre gémir mon prénom et de voir son corps onduler de la sorte grâce à ce que je lui procure. Elle me fait une entière confiance et elle laisse sa déesse intérieure prendre possession d’elle.
« – Tu es divine Charlie.. je n’ai jamais vu une aussi belle femme de toute ma jeune vie.. »
Je suis conquis, totalement aveuglé par cette fille. Après mes mots je reprend mon jeu de langue et j’enfonce un second doigt en elle, ce qui la fait un peu plus tressaillir mais elle se détend assez vite. Je sens même que l’orgasme ne va pas tarder alors je continu de la caresser aussi bien sur son intimité qu’avec ma main libre qui parcourt sa poitrine. La jouissance s’empare d’elle et son cri de plaisir tombe au même moment qu’un éclair. Oui, les dieux doivent être avec nous ce soir et ils nous accordent le droit de nous aimer. Je laisse Charlie reprendre ses esprits même si je continu de la caresser mais mon corps remonte au dessus du sien. Nos front se touchent et nos respirations s’enlacent. J’ai un sourire qui se forme sur le coin de mes lèvres en voyant son visage rougit et son état de transe.
« – Touches moi.. »
C’est maintenant à elle de découvrir mon corps d’homme. Une autre partie s’annonce et même si nous avons déjà vécu des caresses dans les bois, là nous n’allons pas nous stopper comme la dernière fois. Les petites mains de Charlie se posent contre mon torse et bien que l’on revient s’embrasser, elle parcourt mon échine et mes muscles saillants. Elle hésite moins que la dernière fois, si bien qu’elle n’a pas de mal à glisser une main dans mon pantalon et cela m’arrache un feulement envieux. Ses doigts emprisonnent mon membre et elle me caresse bien que ma virilité soit déjà plus que réveillée. Mes soupires sont de plus en plus bruyants et mon bassin bouge sous le plaisir mais aussi l’envie qui se sont emparés de moi, pourtant je n’accélère rien et je la laisse décidé du moment où elle se sentira prête. Cela arrive plus vite que je ne l’aurais cru car elle me demande à nouveau de lui faire l’amour après un dernier baiser beaucoup plus doux.
« – Tu me stoppes si ça ne va pas.. Je ne veux pas que tu te forces si tu as mal.. »
Je préfère la prévenir et m’assurer qu’elle prendra en compte ses propres besoins avant les miens. Je me redresse un instant pour retirer le reste de mes vêtements qui de toute façon sont trempés et je reviens contre elle. Nos corps nus sont l’un contre l’autre, et je frissonne tout autant qu’elle. Elle me paraît soudainement encore plus fragile maintenant que je suis proche de lui faire l’amour mais elle me rassure que tout ira bien alors lentement je me place pour laisser mon membre entrer en elle. C’est délicat, je la vois grimacer et se tordre un peu de douleur. Je m’arrête pour lui laisser le temps de s’habituer à cette présence et pour la détendre, je viens embrasser son cou.
« – Tout va bien ?… J’ai si peur de te faire du mal.. »
Je m’assure encore que tout va bien et elle me prouve que oui. Elle se met à bouger son bassin pour me quémander de continuer alors je me remet à bouger à mon tour. Ça reste doux mais les vas et viens commencent. Elle est encore crispée sous moi mais je sens qu’elle se détend au fur et à mesure qu’on se laisse aller puisqu’elle m’accompagne dans les mouvements. Pour ma part, je suis au septième ciel et je ne voudrais que ce moment ne s’arrête jamais. Faire l’amour avec quelqu’un que l’on aime, c’est totalement différent et complètement fou. La saveur est divine et les secondes sont précieuses. Pourtant, il y a aussi ce coté plus sombre car je sais que l’on ne pourra plus se donner à autant de passion d’ici quelque temps alors nous devons en profiter et surtout ne rien oublier. Chaque geste doit être calculé pour ne pas être perdu dans les méandres des souvenirs.
La cadence accélère quand elle se sent bien plus à l’aise et je la laisse même prendre les commandes en changeant nos positions. En étant au-dessus de moi, elle peut décider du rythme qui lui convient et moi je peux aussi me redresser pour continuer de la caresser, l’embrasser. C’est l’extase à l’état pur. Nos gémissements sont toujours couverts par l’orage mais j’entend les siens, surtout quand elle crie mon prénom. Je passe une main entre nous pour venir la stimuler d’autant plus en caressant son bouton de plaisir et là je sens que le plaisir est total pour elle. Son corps s’embrase, se cambre, se mouve de telle manière que je dois user de mon autre main pour ne pas qu’elle tombe en arrière.
Et puis là, l’orgasme. Il est autant fort pour elle que pour moi. Nous touchons les cieux, le paradis. Son petit corps se crispe sur le mien et sa dernière note est mélodieuse. C’est parfait, magique, explosif. J’en ai même le souffle coupé et je peine à reprendre mes esprits. Pourtant avec la pluie qui tombe, on devrait réellement penser à rentrer car nous allons finir malade mais en cet instant, je me fiche vraiment de tout. Il n’y a que Charlie.
“ – Je voudrais que l’on soit loin de tout.. que tu restes à jamais auprès de moi.. que tu sois mienne pour l’éternité..”
L’espace de quelques secondes, je songe encore à m’enfuir avec elle et puis la réalité me rattrape quand elle pose son regard sur le mien. Elle le mérite pas une vie de fuite et d’hermite. Elle mérite une belle vie et surtout elle mérite de vivre ce qui la rend heureuse. L’art, la nature et sa famille.
Avant de repartir vers le palais qui renferme nos mères, je prend un long moment pour serrer Charlie dans mes bras. C’est silencieux et cela traduit la douleur qui vient après l’euphorie. On est voué à être séparé. Je n’ai même pas encore avoué à Charlie ce qui m’a été dit la veille. Le mariage va avoir lieu ce week-end mais surtout, Hadrien souhaite que je retourne en Egypte avec mes parents et sa fille. Je sais que c’est pour mieux m’éloigner de Charlie mais il a mis cela sur le dos du fait que je dois reprendre mes apprentissages de futur roi. J’ai voulu contester mais mes parents m’ont retenu sous peine de faire encore un scandale.
Il est difficile de remettre nos vêtements mouillés mais on ne peut pas rentrer en étant nu comme des vers. On essaye de se faire discret pour rentrer dans le palais et cela fonctionne jusqu’à ce que nous tombons face à ma mère. Elle a donné un caché à Amara pour que celle-ci aille se coucher plus tôt mais elle nous attendait. Son air est à la fois doux et triste car elle a tout essayé pour Charlie et moi mais elle ne peut pas faire plus.
“ – Allez vous coucher.. Amara dort. Il faudra juste pour séparer avant le levé du soleil.”
Elle nous offre encore une nuit afin que nous dormions ensemble. Je remercie ma mère en venant le prendre dans mes bras et je pars avec Charlie vers la chambre qui m’a été attribuée. Avant d’aller vers le lit, nous avons besoin d’un bain chaud alors je le prépare pour ne pas être gêné par des servantes. J’ose aussi dire ce qu’il va se passer. Mon coeur devient lourd mais je me dois d’être franc avec elle puisque personne d’autre ne le fera.
“ – Je suis obligé de repartir en Egypte dès que je serais marié.. Hadrien ne veut plus que je reste en Italie. Il a peur que je finisse par quitter sa fille pour toi alors il a fait en sorte que je sois obligé de m’en aller.”
J’aurais pu tenter de contourner sa demande mais j’ai compris que la vie de Charlie et celle de sa famille, étaient en danger si je n’acceptais pas. Ce mariage semble plus important que l’amitié et la fraternité qui lient Hadrien avec les Hedlund.
“ – Dans moins de deux semaines, je.. je serais parti. Je dois me marier le week-end qui arrive..”
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J’ai encore le souffle coupé avec ce qu’il vient de se passer dans cette chambre. Charlie était bien plus confiante que dehors et c’était bien plus intense même si elle en a griffé tout mon dos mais j’ai tellement aimé que je suis sur mon petit nuage. Alors lorsqu’elle me demande si j’ai déjà ressenti ça avec une autre fille, je ne répond pas tout de suite puisque je suis ailleurs mais la chipie insiste et elle vient mordiller ma joue pour que je me réveille de ma transe.
« – Jamais.. Je n’ai jamais ressenti ce que je ressens avec toi. C’est la première fois que je ressens un vrai plaisir et que surtout je suis amoureux de quelqu’un.. Tu sais, j’ai toujours idéalisé l’amour que mes parents ont l’un pour l’autre, si bien que moi aussi je cherchais à avoir cet amour pour une personne. Je n’arrivais pas à le trouver et je me souviens que ma mère m’avait dit que ça ne servait à rien de chercher, ce grand amour finirait par venir à moi. Je dois avouer que ça m’avait fait râler car je ne voulais pas attendre, surtout en sachant que je devais me marier au plus vite mais elle avait raison. L’amour est venu à moi sans que je ne le vois arriver. »
Je revois encore cette esclave qu’était Charlie lorsqu’elle était au palais.. et mon père qui souhaitait que je choisisse une nouvelle esclave parmi une dizaine. C’est sur elle que mes yeux se sont posés et bien que je pensais n’était pas sensible à cette beauté italienne, elle m’a plutôt bien ensorcelé.
« – C’est vrai que j’ai déjà eu des sortes de compagnes ou plutôt des amies proches parce qu’on me les a imposer. J’ai vu défiler beaucoup de jeunes femmes car ils voulaient que je trouve la fille avec qui j’accepterais de me marier.. c’était pas vraiment une période que j’ai apprécié car je me sentais comme oppressé par mes devoirs. Et puis aucune d’entre elles n’avaient ce petit quelque chose qui fait que je pourrais parcourir le monde entier pour elles. Par contre toi.. »
Mais à parler de tout cela, je sens de nouveau un pincement au cœur car comme elle l’a dit, nous n’avons plus qu’une semaine et nous allons surtout devoir être inventifs pour pouvoir se retrouver sans se faire attraper. Avec le mariage qui arrive, je sais que je vais devoir assister à des réunions et des choses qui m’ennuient déjà. Il va falloir vraiment que je ruse et que je trouve des excuses pour tenter de fuir mes obligations mais je sais que ma mère pourra certainement m’aider. Elle nous a bien couvert pour cette nuit mais justement, il faut que l’on se sépare avant que la mère de Charlie ne se réveille alors après un dernier baiser, je laisse Charlie quitter la chambre pour qu’elle retrouve la sienne. Ce n’est pas avec un grand sourire que je l’observe partir mais je sais qu’on va se retrouver pour le petit déjeuner.
Il est huit heures quand j’arrive à la table de déjeuner. Toutes les femmes sont déjà là, même Charlie. Elle est assise près de sa mère qui vante la beauté de ses longs cheveux blonds qui ont surpris une bonne partie des égyptiens dont moi.
« – Elle tient cela de son père mais le soleil rend ses cheveux encore plus blond que le blé. J’ai toujours fait en sorte qu’elle ne les coupe pas trop car elle est sublime avec ses longs cheveux.
_ C’est vrai que votre fille est vraiment magnifique. C’est bien pour cela que nous n’avons pas vraiment compris pourquoi elle était une esclave car elle n’en avait pas du tout les conditions physiques. »Réplique ma mère alors que je m’assis auprès d’elle. J’ai le droit à un salut d’Amara mais surtout au sourire de Charlie. Ma mère me parle un instant en égyptien pour que je sois le seul à comprendre.
« – Nous devons rentrer à Rome, Hadrien a fait envoyer un message et il n’a pas apprécié que nous soyons ici cette nuit. J’ai quand même une idée pour excuser notre venue ici mais je ne peux pas faire perdurer plus longtemps notre escapade. »
J’hoche la tête et j’essaye surtout de ne pas montrer mon agacement. Je déteste de plus en plus cet Hadrien car je comprends qu’il gère de plus en plus ma vie. En me faisant épouser sa fille, il veut une main sur moi et surtout sur le futur roi que je suis. Il fera tout pour que je ne sois pas auprès de Charlie afin d’être certain que je reste dans ce qu’il a prévu pour mon futur. J’aimerais mettre fin à tout ça maintenant je sais que ça aurait des répercussions sur Charlie puisqu’Hadrien sait qu’elle est mon point faible. Je n’ai donc plus le choix que d’obéir comme le parfait petit animal de l’empereur romain.
Sur le retour, je n’ai pas pu parler avec Charlie car sa mère est restée auprès d’elle et à peine arrivé sur Rome, des gardes me font escorter jusqu’à Hadrien qui m’attend avec mon père. L’empereur essaye de savoir ce qu’il s’est passé durant la soirée mais je passe le sujet en évoquant le mariage et ce qu’ils comptent faire. Hadrien parle déjà de jeux dans les arènes mais je me braque facilement puisqu’il sait que j’en garde un souvenir très amer.
« – Il est hors de question que j’assiste à ces jeux.
_ Ce sont nos traditions Kisos. Nous faisons des jeux en arène pour chaque grandes fêtes et ça depuis des siècles !
_ Envoyer des hommes à la mort pour amuser la galerie ?! Vous vous divertissez parce que vous êtes dans votre gradin et vous regardez ces hommes se vider de leurs sang mais moi j’étais en bas et je peux vous assurer qu’il n’y a rien d’amusant à devoir tuer des personnes et à devoir survivre !!
_ Je sais que tu as vécu des moments peu joyeux mais tu as quand même était victorieux et surtout notre meilleur gladiateur Kisos. Et puis il faut une fête qui puisse réunir le peuple. L’arène est parfaite pour cela.
_ Et bien je m’y oppose. Je ne conçois pas de tuer des hommes et ensuite faire un mariage. Trouvez un autre moyen de contenter votre peuple. »Hadrien n’aime pas qu’on s’oppose à lui mais mon père n’intervient pas car il est d’accord avec moi. Il n’a jamais aimé les arènes ni même la façon que les romains traitent les esclaves. L’empereur sent que la semaine va être très compliqué car il sait que je vais peu coopérer et cela ne lui plaît pas du tout. Pourtant il ne peut pas faire d’esclandre s’il veut que le mariage se fasse.
De retour dans le palais que je partage avec mes parents, mon père sent la tension qui pèse sur mes épaules et pour tenter de me calmer, il me propose d’aller faire un tour en cheval. Ça a toujours été notre façon à nous de pouvoir parler et s’évader loin de tout.
« – Je sais que cette semaine va être compliquée pour toi, tout comme je sais que tu ne veux pas l’épouser. Il faut pourtant que tu y mets un peu du tien Kisos, pas pour toi mais pour la famille de ta bien aimée..
_ Comment ça m’a bien aimée ? Qu’est ce qu’il se passe ??
_ Hadrien a pris la famille de Charlie en grippe et j’ai essayé de calmer le jeu mais il ne veut rien entendre. Il dit que Charlie va tout faire s’écrouler et que tu vas annuler le mariage avec Livia pour t’enfuir avec Charlie. Garrett lui a promis que cela n’arrivera pas mais Hadrien est tellement obsédé par ce mariage qu’il est prêt à faire enfermer toute la famille de Charlie en prison.
_ Quoi ?! »Mon père sait que ces mots vont me rendre fou mais il ne peut pas garder ce secret en sachant ce qui pourrait arriver à la famille de ses meilleurs amis d’enfance. J’ai l’impression que le ciel me tombe dessus et que oui, tout est fait pour que je ne puisse plus jamais approcher Charlie. C’est comme si depuis le début, on mettait des embûches sur mon chemin mais que plus le temps passe et plus les épreuves sont horribles. Le monde entier semble être contre cet amour qui me fait pourtant un bien fou.
« – Pourquoi Duda ? Pourquoi je dois vivre tout ça ? Pourquoi je suis obligé de subir les choix des autres sans pouvoir vivre ce que je veux ? C’est ça la vie d’un prince ??
_ Je dois avouer que j’ai longtemps cru qu’il fallait suivre la conduite des rois et que tu devais suivre ton destin mais aujourd’hui je m’en voudrais presque de t’avoir fait prince. Tu.. tu es l’esclave d’un titre, tout comme ta sœur.. et jamais je n’avais vu les choses ainsi. Je voulais la liberté pour moi, pour mon peuple et au final je condamne mes enfants.
_ Je déteste ma vie Duda.. Je déteste ce monde ! Je voudrais tellement n’être jamais né !!
_ Ne dis pas ça Kisos. Ne dis jamais ça car malgré tout ça, tu es mon fils et tu es ce que j’ai fais de plus beau avec ta sœur. Tu es aussi un garçon fort et très intelligent. Je sais qu’un jour tu réussiras à avoir la vie que tu veux.. Je ferai tout mon possible pour que ça arrive.
_ En faisant quoi ? Je vais épouser une fille que je n’aime pas et je vais être loin de celle que j’aime ! Et tu sais bien qu’Hadrien fera en sorte que sa fille soit bien surveillé tout comme il fera en sorte que Charlie ne s’approche plus jamais de moi !
_ Les hommes ne sont pas éternels Kisos.. »Attendre qu’Hadrien meurt ? Je lève les yeux au ciel. Je ferai mieux de le tuer maintenant. Mon père voit déjà ma réponse et il secoue la tête pour ne pas que je me met ce genre d’idée dans l’esprit.
« – Nous ne sommes pas sur nos terres. Ici nous sommes faibles. Surtout avec ta mère qui est arrivée. S’il se passe quoi que ce soit pour nous trois, tu sais bien que l’Égypte tombera. Pour le moment on doit accepter toute cette masquerade mais je te fais la promesse qu’un jour tu auras cette vie que tu souhaites avoir. Même si pour cela je dois lever une armée immense. »
Il y a encore quelques mois, mon père voulait me marier à une inconnue et aujourd’hui il serait prêt à lever une armée pour qu’un jour je retrouve Charlie ? Je ne sais pas si c’est parce qu’elle est la fille de ses anciens amis ou si c’est parce qu’il comprend enfin ce que je ressens mais ça me fait un peu de bien, de savoir qu’il est avec moi et pas contre moi. Cependant je comprends qu’il va vraiment falloir que je fasse le moins de bruit possible et que j’épouse Livia sans rechigner, afin de protéger ma famille mais surtout Charlie et sa famille.
Comme je l’avais prédis, c’est difficile de réussir à trouver un temps pour voir Charlie mais deux jours après notre soirée charnelle, j’arrive à esquiver un dîner avec Hadrien et Livia grâce à mon père qui dit vouloir une soirée entre père et fils avant le mariage. Bien sûr, nous avons un temps pour nous mais peu après le dîner il me laisse quitter notre habitation pour que je puisse rejoindre une sorte de taverne en périphérie de la ville. Pour ne pas être reconnue, j’ai enfilé les vêtements d’employés et j’ai aussi mis une cap pour couvrir mon visage. Charlie doit m’attendre là bas puisqu’elle a reçu aussi la couverture de son père pour pouvoir me retrouver.
En attendant qu’elle arrive, je m’installe à une table et j’observe une pièce de théâtre jouée par des habitants de Rome. Ils se moquent d’Hadrien mais aussi de mes parents qui sont vus comme des riches sans cœur. J’aurais presque envie de rire quand je vois que je suis aussi représenté et parodié de façon grotesque mais Charlie arrive alors mon regard se rive vers elle.
« – J’ai l’impression que l’on fait le mur comme nous l’avions fait à Alexandrie.. mais là sous couvert de nos parents. C’est encore plus déroutant. »
Elle porte aussi une tenue d’employée et elle a volontairement salis sa chevelure pour qu’elle paraisse plus foncée. Nous savons que nous sommes hyper surveillé dans cette ville et le moindre faux pas pourrait nous coûter la vie. J’évite donc de me jeter sur elle et j’attend qu’elle soit assise pour poser ma main sur le sienne.
« – Je suis désolé de ne pas avoir pu te retrouver avant mais Hadrien s’est arrangé pour que je sois tout le temps occupé ou alors avec lui. Ça sera ainsi jusqu’à ce que.. enfin jusqu’au mariage. Il veut être certain que j’épouse sa fille et que je ne change pas d’avis à la dernière minute pour partir avec toi.. »
J’y pense tellement.. J’aimerais m’enfuir avec elle. Ça serait le rêve ultime mais je n’ai pas le temps pour la rêverie puisque je dois profiter de chaque secondes que j’ai encore auprès de Charlie. Je viens donc à me lever et je lui tend ma main pour que nous partions de cet endroit. J’ai repéré un parc boisé pas loin de là et je sais que nous y serons beaucoup plus tranquille. Déjà nous allons pouvoir baisser nos caps et entrevoir nos visages, nos sourires. Charlie est toujours aussi divine même si ses yeux montrent qu’elle a dû verser des larmes aujourd’hui.
« – Tu sais que mon père m’a fait la promesse qu’un jour il m’aidera à revenir vers toi ? »
Cela marque une sorte d’espoir dans notre malheur. C’est la seule chose à laquelle je peux me raccrocher et je veux que Charlie s’y accroche aussi. Alors que nous sommes dans le parc, je cesse de marcher et je me met face à elle.
« – Je sais que si je fais des erreurs maintenant, Hadrien massacrera ta famille et la mienne. Je suis enchaîné à sa volonté mais un jour il paiera pour tout ça. Je vais lui faire regretter de m’avoir forcé à t’abandonner pour son horrible fille. Mais surtout, je te fais une promesse Charlie, celle que je reviendrais te chercher. S’il faut que je fasse la guerre à l’empire d’Hadrien pour te retrouver, je le ferai. »
Ma mère m’a donné un bijou qui compte beaucoup à ses yeux et elle tenait à ce que je l’offre à la fille que j’aime. C’est une bague avec un scarabé, qui est une protection égyptienne, ainsi qu’une pierre précieuse par dessus. Cette bague n’est pas la plus extraordinaire mais elle a une histoire très forte puisque mon père l’a fait forger pour ma mère alors qu’il était encore un esclave pour l’ancien pharaon qu’était mon grand père.
« – Un jour mon père a fabriqué cette bague alors qu’il n’avait rien si ce n’est l’amour de ma mère. Il lui a promis qu’il ferait tout pour qu’ils puissent finir par pouvoir s’aimer et vivre ensemble. Moi aussi je te fais cette promesse et cette bague fait gage de mes intentions. Je te promet que notre histoire n’aura pas de fin maintenant et je te promet aussi que tu seras toujours la seule que j’aimerais. »
Je prends délicatement sa main pour y mettre cette bague. Le scarabée est assez petit pour ne pas que les gens voient que ce bijou vient d’Égypte et surtout pour éviter que quelqu’un d’imprudent comprenne que c’est moi qui a offert cette bague à Charlie. J’ai aussi un autre présent mais celui-ci est dans une pochette de soie et il n’est pas pour Charlie cependant je dois lui donner.
« – Quand je serai parti avec mes parents, donne cette poche à ta mère. Cela lui appartient. C’est un bracelet qu’elle avait offert à mon père lorsqu’ils étaient encore amis. Peut-être que cela l’aidera à accepter un beau-fils comme moi.. qui sait.. »
Mon dernier cadeau est un baiser. Il n’y a personne pour nous voir alors j’en profite. C’est peut-être le dernier que je pourrais lui donner. C’est peut-être même la dernière soirée que je pourrais avoir avec elle. Cela est un crève-cœur horriblement douloureux mais on sait que ça doit arriver. L’épée de Damoclès va tomber dans les jours à venir et on doit l’accepter.
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« – Charlie a fuit avec Marco.. Ils sont partis hier. Je suis désolé Kisos. »
Ce sont des mots qui tournent en boucle dans mon esprit mais surtout des mots qui ont transpercé mon cœur. J’avais tout prévu pour fuir avec Charlie et à une heure de notre départ, elle a scellé nos destin en partant avec Marco. Bien évidement, je ne suis pas au courant que c’est un enlèvement et je ne pense pas à cela puisqu’il est vrai que Charlie avait déjà fuit avec ce garçon. Après tout c’est ainsi qu’elle est arrivée en Égypte. Cependant après ce qu’il m’a fait, je pensais qu’elle l’aurait laissé derrière elle mais non, elle est partie avec lui.
Après que mon père m’a annoncé ce départ, il est vrai que j’ai vrillé. La colère, la tristesse, la douleur, m’ont poussé à tout détruire dans ma chambre et à même vouloir sauter de ma fenêtre pour ne plus rien ressentir. Étrangement, je n’ai pas ma mère qui est venu me stopper mais la mère de Charlie. Amara m’a attrapé la main pour m’éloigner de la fenêtre et elle m’a pris dans ses bras. Elle a aussi mal puisque sa fille est partie mais elle commence aussi à s’en vouloir de s’être mise entre Charlie et moi, bien qu’elle n’ose pas le dire à voix haute.
Le mariage ? Il a bien eu lieu. Je n’ai pas réussi à sourire une seule fois. J’ai l’impression que plus rien ne peut m’atteindre, que je n’ai plus la possibilité d’avoir des émotions. Hadrien a eu ce qu’il voulait et on doit repartir en Égypte. J’ai hâte de repartir chez moi, de m’éloigner au plus vite de ce pays qui m’a retourné les tripes. Livia va devoir nous suivre mais il est clair que je ne compte pas m’occuper d’elle ni même faire quoi que ce soit avec elle. Je n’ai même pas accepté de passer notre nuit de noces. Elle n’est qu’une épouse dont je compte bien ne montrer aucun signe d’affection. Quand vient l’heure du départ, je pars sur le bateau sans prendre la peine de saluer qui que ce soit et je garde même le dos tourné à cette terre italienne. Ma mère sent mon désespoir et elle s’approche de moi en espérant pouvoir un peu apaiser mon esprit.
« – On sera bientôt à la maison mon chéri et tu pourras reprendre ta vie comme avant ton départ..
_ Elle ne sera plus jamais comme avant ma vie. Tu dis n’importe quoi.
_ Si.. tu pourras retourner avec nos armées pour surveiller les points sensibles de notre royaume. Tomas ira avec toi..
_ Tss.. Tu crois réellement que ça va me remonter le moral de me dire ça ? J’ai tout perdu, même ma sœur jumelle ! Je n’ai plus rien ! Alors ça ne sert à rien de me dire ça.
_ Je suis tellement désolé Kisos.. j’aimerais tellement pouvoir prendre ton mal..
_ Commences déjà par me rendre ma sœur. »À défaut de pouvoir récupérer Charlie puisqu’elle a disparu avec son ancien amant, je peux encore tenter de récupérer Sora puisqu’elle est ma seule amie. Ma mère grimace puisque m’a demande est complexe à traiter puisque Sora a épousé le roi espagnol.
« – Tu sais bien que..
_ Vous l’avez vendu ! Comme moi j’ai été vendu. Alors sois tu récupères Sora ou sois j’irai la récupérer moi-même et crois moi que je ne ferai pas de faveurs aux espagnols. »Je laisse ma mère seule sur le ponton du bateau et je pars dans la pièce qui va être ma chambre pendant le voyage jusqu’en Égypte. Je devrais le partager avec Livia mais il en est hors de question. C’est vrai que j’agis comme un enfant égoïste et capricieux, du moins selon les dires de mon père mais j’ai tellement mal que je pourrais faire bien pire. Tout est encore à vif mais j’ai l’impression d’être en train de brûler de l’intérieur. J’ai aussi envie de tout faire exploser. Je suis tel un volcan qui ne demande qu’à déverser sa lave sur le monde.
Les bateaux prennent la mer, on s’éloigne enfin de l’Italie. Du moins nous passons par le long de la côte Ouest et il faut croire qu’il n’y a pas que moi qui veut déverser sa lave puisque nous voyons au loin ce qu’il se passe à Pompéi. Nous voyons la première explosion mais nos bateaux prennent de la vitesse pour s’éloigner au plus vite de la baie de Naples afin de ne pas subir de dégât. Les personnes sur le bateau sont choqués parce qu’il se passe alors que moi j’espère que Marco soit à cet endroit. C’est horrible mais je le souhaite de toute mon âme. Bien sûr cela inclut certainement Charlie puisqu’elle l’a suivie mais je déteste tout le monde, jusqu’à me détester moi-même. Cependant malgré ce sentiment de haine que j’essaye d’avoir contre elle, j’ai encore le faible espoir d’un jour la retrouver. Elle a capturé mon âme, mon être, la totalité de ce que je suis.
Le trajet est long, d’autant plus que je reste isolé et je ne parle avec personne. Ma mère a essayé à plusieurs reprises de s’approcher de moi mais je l’ai ignoré. Mon père n’a pas tenté puisqu’il sait que ça ne servira à rien. Ce n’est que lorsque je vois enfin le phare d’Alexandrie que je sors de ma cabine et que je retrouve le haut du bateau pour pouvoir être le premier à poser le pied sur mes terres. Sur le quai, il y a énormément de monde qui acclame notre retour et surtout le mien mais je ne m’attarde sur personne, je m’arrange pour partir tout de suite vers le palais. Face à cela, mes parents doivent s’excuser auprès des gens présents mais ils s’inquiètent encore plus pour moi puisque même mon retour en Égypte ne semble pas me redonner un peu de bon sens.
« – On va devoir faire quelque chose, j’ai peur qu’il décide de se faire du mal..
_ Ça va lui passer. Il a juste vécu une déception amoureuse. Peut-être qu’il finira par accepter son mariage et ça ira mieux. En plus nous venons de revenir chez nous donc il va retrouver son environnement.
_ Tu sembles réellement être aveugle Henry ! Notre fils souffre ! Ce n’était pas qu’une simple amourette. Il était prêt à tout mettre en péril pour cette fille ! Regarde tout ce qu’il a fait pour elle ! Kisos souffre énormément et il est hors de question que je le regarde s’éteindre à petit feu. Pour commencer, nous allons faire revenir Sora ici.
_ Quoi ? Mais tu sais bien que l’on ne peut pas faire ça ! L’Espagne va nous faire la guerre si on annule le mariage !
_ Alors ils nous feront la guerre. Et j’espère qu’Hadrien viendra nous soutenir car je n’aurais aucun scrupule à annuler le mariage de Kisos aussi.
_ Mais tu crois que c’est le retour de Sora qui va tout arranger ?!
_ Non mais ça apaisera un peu Kisos et moi aussi. Notre famille va finir par éclater si ça continue ainsi. On fait toujours passer le royaume avant nos enfants et j’en ai assez. »Le palais n’a pas changé mais je repense déjà à Charlie et nos moments ici. Tomas m’accueille même s’il n’a pas meilleure mine que moi. Lui aussi a perdu celle qu’il aimait alors on se comprend plus ou moins sauf que lui n’a pas d’épouse contrairement à moi. Il me propose de prendre des chevaux et de partir faire un tour pour que je puisse lui raconter tout ce qui s’est passé durant mon absence, ce que j’accepte car j’ai besoin d’extérioriser avec quelqu’un qui ne me mettra aucune pression sur les épaules.
Il s’en veut de ne m’avoir pas suivi en Italie mais il n’a rien à se reprocher puisque c’était de ma propre initiative. Tomas est quand même un peu dubitatif lorsque je lui parles des dernières semaines et du fait que Charlie serait partie avec Marco. Contrairement à moi, il a assez de distance pour raisonner avec logique.
« – Pourquoi se serait-elle donnée à toi pour ensuite partir avec le garçon qui t’a envoyé dans les arènes ? Ça n’a aucun sens.. D’autant plus que tu dis que tout le monde a fait en sorte de vous éloigner. Ne crois-tu pas que ce Marco aurait pu l’enlever ?
_ J’y ai pensé.. mais même si c’était vrai, on m’a quasiment enfermé dans ma chambre durant les deux jours avant le mariage. Ils ont tout fait pour que je finisse par épouser Livia. Cependant quelqu’un m’a fait la promesse de tout faire pour retrouver Charlie et me donner des nouvelles.. même si ces nouvelles font mal.
_ Qui ça ?
_ Amara, la mère de Charlie. On a discuté un long moment et je sais qu’elle tiendra sa promesse car elle aime tout autant sa fille que moi je l’aime.
_ Votre histoire a été écrite par les autres.. Ils ont décidé pour vous. Je suis désolé Kisos. Je sais à quel point cela fait mal de ne pas pouvoir aimer ou être près de son âme sœur.
_ Je déteste cette vie. Je n’arrête pas de le clamer et je pense que j’en suis arrivé à la note finale. Même si Charlie a été enlevé et qu’elle ne m’a pas trahis, toutes les personnes autour de nous feront toujours en sorte que l’on soit séparé. J’ai tout essayé pour contrer ce fait mais rien a fonctionné alors je dois finir par l’accepter. »Tomas secoue la tête négativement, il ne veut pas entendre ce genre de parole. Il a encore de l’espoir contrairement à moi mais je ne lui laisse plus l’opportunité de me parler de Charlie ou même d’une possible vie où je serai enfin heureux et amoureux. Petit à petit, je scelle mon destin en m’enfermant dans une colère et une rancœur que j’exprime à travers mon départ vers les gardes armées égyptiennes. Mon retour à Alexandrie n’était que passager, j’abandonne ma famille et ce qui me serre d’épouse afin d’aller vers le sud de l’Égypte. Là-bas il faut y rétablir l’ordre et j’y arrive sans grand mal.
Pendant plusieurs mois je déserte la capitale et malgré moi, je monte une armée de plus en plus forte. Nous réussissons à repousser les envahisseurs du sud et lorsque nous arrivons au Sinaï, nous prenons de plus en plus en grandeur en faisant tomber des hommes d’Irak, de Palestine ou même d’Iran. L’Égypte prend en grandeur militaire et devient un royaume de plus en plus craint, si bien qu’Hadrien commence à ne pas apprécier l’idée. Il a peur que je puisse le renverser facilement et dans un sens il a raison puisque je réussis à convaincre certains peuples anti-romains de rejoindre les rangs. Mes parents aussi ne sont pas les plus enclins à me féliciter, surtout ma mère puisqu’elle a peur pour ma vie. Il est dit que je suis le genre de chef à aller en première ligne contrairement aux autres dirigeants et c’est vrai que je n’ai pas peur d’être le meneur de mes troupes. En quelques mois, j’ai pris en masse et aussi en force. J’ai troqué mon physique d’adolescent contre celui d’un homme qui impose le respect. J’ai laissé poussé ma barbe, mes cheveux mais j’ai aussi marqué ma peau par de nombreux tatouages à chaque batailles gagnées. On m’a donné comme surnom Anubis puisqu’il paraîtrait que je suis celui qui décide de la mort des gens et il est vrai que j’ai pris un goût pour le sang qui me fait oublier les douleurs qui brûlent encore en moi.
Presque un an est passé depuis mon retour en Égypte et pour la première fois depuis plusieurs mois, je reviens à Alexandrie. Après avoir récupéré une partie de l’empire ottoman, je me permet de revenir chez moi suite à une rumeur que j’ai entendu. Il paraîtrait que ma sœur jumelle serait de retour chez nous. J’ai aussi le maigre espoir d’avoir quelques nouvelles de la part d’Amara. Livia est toujours là malgré mon envie et il se pourrait bien qu’elle me passe un savon, cependant ça m’est égal. En tout cas, je m’offre une entrée majestueuse lorsque je reviens sur la capitale. Mon armée me suit et elle se compose de plus d’un millier d’hommes. Je les amène jusqu’au bas du palais de mes parents et quand ils sortent, je peux voir la fierté dans le regard de mon père alors que ma mère se rue vers moi pour voir si je vais bien. Je remarque que Sora est aussi présente et cela m’offre enfin un peu de réconfort.
« – Kisos !! Mon fils ! Bon sang.. J’ai tellement eu peur en entendant ce que me rapportaient les officiers !
_ Je suis vivant Ma’. Je n’ai fais que rendre notre royaume plus fort.
_ Oui mais tu ne nous as pas prévenu ! Tu es parti sans rien dire !
_ Car tu m’aurais laissé faire ? »Son regard est réprobateur mais elle me serre dans ses bras. Mon père aussi vient me serrer dans ses bras mais c’est beaucoup plus intense lorsque je retrouve Sora. Elle a aussi changé, elle est devenue beaucoup plus femme mais son regard est marqué par les mois ou elle est retrouvée sous la main des espagnols. Tomas était avec moi alors lui aussi redécouvre ma sœur. Elle lui saute dans les bras une fois qu’elle a lâché les miens et moi je me retrouve confronté à Livia. Du moins, il y a un échange de regards et je préfère entrer dans le palais plutôt que de devoir la saluer.
Beaucoup de choses sont à se dire mais je tiens à savoir en premier si Amara a envoyé une lettre. Ma mère préfère me prendre à part pour parler de ce sujet puisqu’elle ne veut pas que Livia puisse entendre quoi que ce soit. Je me met donc à la suivre vers son salon pour que nous soyons tranquille et surtout sans oreilles curieuses.
« – Nous avons bien reçu une lettre il y a quelques mois mais j’aurais aimé que celle-ci n’arrive jamais..
_ Qu’est ce qu’il se passe ?? Il y a des nouvelles de Charlie ?!
_ Oui.. et elles ne sont pas très bonnes. Elle était à l’endroit où la montagne a pris feu.. tu te rappelles quand nous étions dans le bateau ?
_ Comment ça elle était là bas ?? Avec son amant ??
_ Lui est mort et il n’était pas son amant. Il l’a enlevé.. du moins c’est ce qu’Amara clame dans sa lettre. Elle est certaine que Charlie n’a pas fugué. Par contre, Charlie n’est pas morte mais elle a subi de graves blessures. Elle a aussi perdu la mémoire à ce que dit Amara.. elle ne se rappelle même plus de qui est sa propre mère..
_ Alors elle se souvient certainement pas de moi.. de nous.. »Il y a eu un micro espoir et puis à nouveau le néant. Cette histoire se répète encore et encore. Tout se met entre nous. Ma mère pose une main sur ma joue et contrairement à il y a quelque mois, cette fois ci je ne joue pas le garçon en colère et aveuglé par la haine. Je ferme les yeux pour contenir ma tristesse et je retiens un soupir.
« – Même loin d’elle, le sort continu de s’abattre. Suis-je maudit ? Qu’ai-je fait pour devoir subir cette douleur qu’est l’amour ?
_ C’est peut-être à cause de moi.. j’ai sûrement mis les dieux en colère lorsque j’ai accepté de renier ma famille pour pouvoir épouser ton père..
_ Je ne saurais pas là si tu avais suivi les envies de ta famille.
_ Et j’aurais été la plus malheureuse des femmes. »Ce que ma mère ne me dit pas, c’est qu’elle a reçu une autre lettre quelques semaines après mais elle est la seule à en savoir son contenu. Même mon père ne sait rien concernant ce morceau de papyrus qui dit que Charlie a donné naissance à mon enfant. En apprenant cela, ma mère a totalement été bouleversé mais elle a surtout mis en place un plan pour que la sécurité de Charlie et sa famille soit encore plus poussée. Elle a même entrepris de les faire venir en Égypte mais dans la plus grande discrétion pour ne pas éveiller quelconques soupçons puisque si Hadrien venait à le savoir, il fera tout pour faire tuer l’enfant. Charlie et sa famille devraient donc arriver dans les mois prochains mais c’est un secret que ma mère compte garder jusqu’à la fin.
« – Un jour, tout ira mieux.. j’en suis certaine. Tu n’as peut être pas de chance pour l’amour mais en tout cas je peux dire que je suis fière du grand homme que tu deviens. Même si j’ai peur pour toi, tu as prouvé en quelques mois que tu serais un très grand pharaon pour notre royaume.. tout notre peuple ne parle que de toi et de tes exploits. Jamais l’Égypte n’avait été aussi puissante militairement.
_ C’est grâce à elle que j’en suis où je suis.. Je rêvais d’avoir le plus grand empire pour faire tomber Hadrien et récupérer Charlie. Cependant si elle ne se souvient plus de moi.. peut-être que tout ça ne sert à rien.
_ Je suis certaine que même sans souvenirs, son cœur se rappellera toujours à quel point il t’a aimé. On ne peut oublier ce sentiment fort que nous offre l’amour de notre vie. » -
« – Il faut lui dire Ma’.. Tu sais bien qu’il va finir par découvrir que Charlie et sa famille sont là.
_ Je sais Sora et.. je compte les inviter à la réception de ce soir pour qu’il puisse tout savoir. »Après avoir parlé avec ma mère, celle-ci m’a laissé discuter avec mon père alors que pour sa part, elle est retrouvée par Sora. La famille de Charlie est à Alexandrie depuis quelques semaines et je ne pouvais pas le savoir mais elle n’a pas réussi à me le dire lors de notre entretien. Comment m’annoncer que l’amour de ma vie n’a pas retrouvé la mémoire mais a surtout accouché de notre enfant ? Mon père ne sait pas non plus pour Rosie.
La réception est de dernière minute donc elle n’est pas la plus fastidieuse cependant ma mère a insisté pour que je vienne malgré mon opposition. Je ne suis pas revenu à Alexandrie pour m’amuser, seulement pour faire un passage furtif mais il risque d’être plus long que prévu. Quand j’arrive dans la grande salle, beaucoup de monde se rapproche de moi afin de me saluer mais je remarque directement les parents de Charlie. Son père se démarque par sa grandeur et ses cheveux blonds, tandis que sa mère pourrait presque faire de l’ombre à la mienne. Je ne comprend pas ce qu’il se passe mais je pousse des invités pour m’avancer vers eux, cependant Sora attrape ma main pour m’arrêter.
« – Elle n’est pas ici Kisos.. elle est ailleurs, dans un autre palais. Je vais t’y amener.
_ Comment ça dans un autre palais ? Ils sont ici depuis quand ?
_ C’est une longue histoire que je vais te raconter sur la route mais évitons de faire un scandale ici.. Je préfère que tu la retrouves au plus vite. »Ma sœur jumelle tire sur ma main et je me met à la suivre sans broncher. Elle sait que je me pose un millier de questions mais surtout que je veux voir Charlie de mes propres yeux alors elle dénigre la soirée de notre mère pour mon propre bien. Pourtant elle doit quand même m’annoncer deux trois choses qui vont complètement me bouleverser. Elle n’arrive pas à trouver la façon de me le dire durant notre fuite du palais.
« – Qu’est ce qu’il se passe Sora ? Charlie est malade ? Quelque chose ne va pas ? Pourquoi tu ne me dis pas les choses directement ??
_ Ma’ a du te dire pour Pompéi.. Charlie a été victime de ce cataclysme et depuis, elle a la mémoire défaillante. Elle ne se rappelle de pas grand chose.. Même pas de ses propres parents.
_ Je.. elle ne se souvient donc plus de moi..
_ Non, elle ne sait plus qui tu es.. Mais il n’y a pas que ça. Elle.. enfin.. quand son père l’a retrouvé, elle attendait un bébé.
_ Elle a un enfant ?? Mais.. de qui ? Marcus ??
_ Ton enfant Kisos.. »J’arrête Sora dans notre avancée. Ma sœur me fixe alors que je me sens soudainement mal. Comme si à mon tour je me prenais des roches de volcans sur le dessus de la tête. Sora glisse sa main dans la mienne mais j’ai du mal à me remettre de ce qu’elle vient de m’annoncer. Charlie est ici, sans souvenirs et avec notre enfant..
« – Kisos ? Tu veux que l’on retourne au palais de nos parents ? On peut encore y aller plus tard ou ne pas y aller du tout si tu as peur…
_ Non.. non je veux la voir.. enfin les voir.. »Tout se mélange dans mon esprit car je sais que je vais retrouver Charlie mais tout va être différent. Ça ne sera plus comme lors de notre dernière rencontre. Et puis je n’étais pas revenu à Alexandrie en sachant que Charlie s’était ici alors je me retrouve totalement pris au dépourvu. Sora reprend la route et nous finissons par arriver au petit palais qui a été offert à la famille de Charlie. Ma sœur m’amène directement vers les jardins car elle sait que c’est l’endroit préféré de la jolie blonde. Je fini par remarquer sa silhouette et celle d’un petit enfant dans ses bras.. la pénombre me cache mais elle remarque ma présence. Je tremble, mon cœur bat tellement vite que mes oreilles sifflent. Charlie se rapproche de moi et elle me fait face avec cette petite fille qui semble me reconnaître. Je n’ai pas les mots.. Je n’arrive pas à ouvrir la bouche. C’est à la fois merveilleux et horrible. Charlie me parle et elle semble perdue, triste, loin.. mais elle est là. Elle me demande pourquoi je ne suis pas venu la chercher et j’ai l’impression de recevoir un coup de poignard en plein cœur car c’est vrai, pourquoi je n’ai pas essayé de la retrouver ? J’essaye de parler mais je bégaye. Je ne trouve pas les mots tandis que mes yeux se remplissent de larmes. Je ne me suis jamais senti aussi vulnérable alors que l’on dit de moi que je suis le plus grand guerrier de notre siècle.
« – Je.. Et bien.. C’est compliqué.. Je.. »
J’ai envie de la prendre dans mes bras mais je n’ose pas, pour ne pas la brusquer ou lui faire peur. Elle continue de me regarder avec un air interrogatif mais un gazouillis de l’enfant nous mène vers un autre terrain. Charlie tient entre ses bras le fruit de notre relation. Il est impossible que je puisse dire qu’elle n’est pas mon enfant puisqu’elle me ressemble bien plus qu’elle ne ressemble à Charlie. Elle a de jolies boucles brunes, un regard bleuté et une bouille bien en chair. Elle a aussi un teint bronzé, l’inverse du teint blanc de sa mère. Elle a quand même les lèvres et le petit nez de Charlie.
« – Rosie.. c’est un joli prénom.. C’est toi qui l’a choisi ? »
Je sens une brise s’abattre sur nous donc je propose à Charlie de rentrer dans le palais pour ne pas qu’elles attrapent froid. Nous quittons le jardin sombre pour arriver dans le palais éclairé et il n’y a plus possibilité de ne voir que des contours. Je retrouve la totalité de son visage, de son regard, de ses lèvres. La lumière se pose sur sa peau laiteuse et il est clair que je ne fais pas face a un souvenir du passé. Charlotte est bel et bien devant moi, mais son esprit est ailleurs. Je ne sais pas si je dois lui rappeler notre passé ou la laisser dans ce nouveau monde qu’elle s’est construit. Je me sens désarmé, encore plus perdu qu’elle alors que j’ai encore tous nos souvenirs en tête.
« – Kisos ! »
Mes parents ont quitté la soirée ainsi que ceux de Charlie. Ils ont tout de suite compris que j’aurais cherché à la revoir. Ils s’avancent vers nous avec des expressions tristes puisque la situation est complexe. Amara se rapproche de sa fille alors que ma mère pose une main contre mon dos.
« – On voulait te prévenir plus tôt mais tu étais introuvable.. ils sont ici depuis un mois, j’ai souhaité les mettre en sécurité dans notre royaume. Amara m’a envoyé une lettre pour me dire ce qu’il s’était passé depuis quelques mois et..
_ Je.. pardon.. je dois sortir.. »J’ai l’impression qu’une angoisse monte en moi lorsqu’on se retrouve entouré de toute notre famille. Je repars vers les jardins pour prendre l’air. Ma mère baisse son regard alors que mon père est rivé vers Rosie. Lui aussi fait cette découverte. Il ne savait pas pour l’enfant. Gaius, le père de Charlie, propose à mon père d’aller discuter plus loin et ils laissent toutes les femmes ensemble. Sora s’est rapprochée et elle voit que Charlie regarde vers les jardins.
« – Tu es le grand amour de mon frère.. mais vous avez vécu un amour qui a toujours été attaqué par les autres. Vous étiez voué à ne plus jamais vous retrouver.. jusqu’a aujourd’hui. »
Elle sourit légèrement mais elle comprend que Charlie veut me rejoindre alors elle lui propose de prendre Rosie en attendant. La petite demoiselle fait une moue mais elle retrouve son sourire lorsqu’elle se fait entourer de tous ses grands-parents. Pour ma part, je marche frénétiquement dans le jardin en essayant de reprendre de la constance mais c’est difficile. C’est bien plus difficile lorsque Charlie se rapproche avec son air encore perdu. J’en retiens mon envie de fondre en larmes. Je ressens une immense culpabilité. Elle a raison, pourquoi je ne suis pas revenu ? Elle n’aurait pas perdu l’esprit et elle n’aurait pas été seule pour élever Rosie. Hadrien nous aurait sûrement traqué mais j’aurais tout fait pour protéger ma famille.. Hadrien.. Bon sang, je vais le tuer. Tout ça ne serait pas arrivé s’il n’avait pas cherché à nous séparer.
« – Je suis tellement désolé Charlie.. je ne voulais pas que tout cela arrive ! Je.. je ne voulais pas de cette vie.. je ne voulais pas être séparé de toi.. Et aujourd’hui nous payons encore plus les conséquences de .. de tout ce qu’on à subi. Jamais je n’aurais dû quitter l’Italie.. jamais je n’aurais dû m’éloigner de toi.. »
Elle se rapproche de moi et j’en tombe à genoux. Les larmes prennent le dessus et je cache mon visage contre son ventre. Elle ne me repousse pas, au contraire elle se rapproche encore plus de moi. Au loin, ses parents voient la scène et ils sont touchés puisqu’elle ne se laissait plus facilement approcher. Même eux ont bien du mal à la prendre contre eux.
« – Tu as perdu tes souvenirs à cause de moi.. Tu n’aurais pas fuis si nous étions parti avant.. pardonnes moi.. »
Je parle mais tout doit être confus pour elle puisqu’elle ne se souvient de rien. Est-ce qu’elle se rappelle de notre rencontre ? De nos retrouvailles en Italie ? J’essuie mes joues et je relève mes yeux rougis vers son visage. Elle est encore plus confuse. Il y a quand même une haine qui grandit en moi.. Une haine encore plus profonde envers Hadrien et l’Italie. J’en veux au monde entier mais surtout à moi.
Il me faut un moment pour retrouver un semblant de souffle et pour que les larmes cessent. Nos proches nous observent de loin, surtout nos mères. Elles sont bien plus sensibles à ce qu’il se passe, si bien que ma propre mère aussi est en larmes.
« – Je n’aurais pas dû laisser ce mariage avoir lieu.. Kisos n’en voulait pas.
_ Vous n’aviez pas le choix, on sait tous qu’Hadrien aurait répliqué. Il s’en serait pris à votre famille, votre royaume.. et à nous aussi. Moi-même je n’aurais pas accepté que Kisos puisse épouser Charlie car on les aurait condamné à une mort certaine.
_ Qui sommes nous pour obliger deux âmes sœurs à ne pas pouvoir s’aimer ? Imaginez si nous avions vécu la même chose avec nos propres époux.. à cause de nous, Kisos et Charlie sont à présents si abîmés que l’une a perdu la mémoire et l’autre risque de mettre le monde en feu.
_ Comment ça le monde en feu ? Que se passe t’il avec Kisos ?
_ Son bras droit, Tomas, m’a parlé de ce qu’il s’est passé depuis notre retour en Égypte. Kisos n’est pas resté longtemps à Alexandrie, il a décidé de rejoindre nos armées en prétextant qu’il voulait s’assurer que tout était sous contrôle. Il a surtout décidé de se créer une armée plus forte que celle des romains.. Il a amené nos hommes vers les pays de l’Est et il a tout brûlé sur son passage afin de conquérir ces terres.
_ Pourquoi les conquérir ?
_ Pour que son futur empire soit immense et ses armées aussi. Mon fils est devenu un leader craint et sans pitié.. mon fils est aussi devenu le propre ennemi de son royaume. En revenant ici, il comptait nous faire renoncer à notre couronne.. son père et moi..
_ Mais pourquoi ferait-il cela ? Pourquoi vous faire abdiquer ? Ça n’a pas de sens..
_ En prenant aussi notre couronne, il deviendrait officiellement le roi d’Égypte et il aurait la légitimité de faire la guerre à Hadrien. Sans titre officiel, nos armées ne le suivront pas forcément alors que là, elles n’auraient pas le choix.. »Tomas s’est senti obligé de prévenir ma mère même s’il m’est fidèle. Il sait que j’étais prêt à enfin partir vers l’Italie mais il a encore l’espoir que quelqu’un puisse me raisonner. Ma rage et ma haine vont finir par me tuer, il en est convaincu mais ma mère aussi puisqu’elle a eu des visions où elle me voyait mourir durant une bataille.
« – Il n’y a que Charlie qui peut le sauver. Elle est la seule personne que Kisos serait capable d’écouter. Rosie aussi peut être un bon moyen de lui redonner sa raison mais pour le moment je ne sais pas s’il a réalisé qu’il était père.
_ Rosie devra rester cachée ma reine.. Si Hadrien sait, il fera tout pour la faire tuer. N’oubliez pas que Kisos est encore l’époux de Livia et Rosie est une enfant illégitime..
_ Je m’occuperais personnellement de Livia. Pour votre part, j’aimerais que vous puissiez faire en sorte que Charlie passe du temps avec Kisos.. » -
Je n’arrive pas à savoir si je suis heureux ou malheureux en cet instant. Je retrouve l’amour de ma vie mais elle a oublié ce que l’on a vécu. Je me retrouve aussi père d’une petite fille alors que je n’avais jamais envisagé une telle chose maintenant. Charlie essaye de me rassurer et de me calmer mais c’est difficile de contenir mes larmes. Il y a tellement de sentiments qui se jouent en moi que mon esprit est embrouillé. J’en veux au monde entier, ainsi qu’à moi-même mais je suis aussi tellement rassuré d’avoir Charlie contre moi. Elle n’est pas morte et elle n’a pas eu le destin que je pensais qu’elle s’était dessinée. Tout est différent et je vais avoir besoin que l’on m’explique les choses en détails mais Charlie ne peut le faire puisqu’elle ne sait plus. Elle me demande même de lui parler de notre passé et j’en ai un sourire triste mais j’hoche la tête.
« – Je te dirais tout.. je te le promet.. »
Je suis encore à genoux devant elle mais nos parents finissent par se rapprocher. Ma mère sait qu’en présence de Charlie, je risque de me montrer moins hostile que si j’étais seul face à elle ou face aux autres. Mon père glisse une main sur mon épaule en signe de soutien mais je décide quand même de le repousser. Je me relève et essuie brièvement mes joues.
« – Nous discuterons demain car je pense que cette soirée est assez tortueuse pour que je puisse parler aisément.. Je viendrais te chercher demain matin Charlie. Je pense qu’une nuit de repos te fera du bien avant que je ne te dise tout de notre vie volée..
_ Kisos.., soupire mon père
_ Tout ça ne serait pas arrivé si vous aviez accepté notre amour au lieu de penser aux pouvoirs. Vous êtes tous coupables. »Dis-je sur un ton glaçant avant de me décider à partir de là. Ma mère en baisse son regard alors que Sora fait une petite moue. Rosie est toujours dans ses bras mais elle quémande après Charlie alors elle redonne ce beau bébé à sa mère.
« – Je suis désolé pour le comportement de mon frère.. il.. il est terriblement tourmenté depuis notre départ d’Italie. Avant ton accident.. »
Les parents de Charlie reprennent le chemin de leur villa avec la jolie blonde et leur petite fille. Pour ma part, je suis parti dans ce qui était mes anciens appartements mais je n’arrive pas à me poser. Mon esprit bouillonne et j’ai soudainement envie d’hurler. Mon cri s’entend dans tout le palais, si bien que ma mère accours pour me retrouver. Elle a cette peur que je fasse une terrible chose que je finirais par regretter mais heureusement, elle me retrouve alors que je donne un coup de poing dans l’un des murs.
« – Kisos !! Calme toi s’il te plaît !!
_ Me calmer ?! Mais tu te rends compte de ce qu’il se passe ?!! Et en plus tu m’as tout caché !! »Je redonne un coup dans le mur mais ma mère se rapproche pour se mettre entre lui et moi. Elle sait que je ne lèverais jamais la main sur elle mais de toute façon ma main est bien trop abîmée pour que je continu à frapper ce mur. Elle est ensanglantée et en voyant cela, ma mère nous mène vers la salle d’eau pour essayer de nettoyer tout ça.
« – Je sais que tu nous en veux et que tu nous en voudras toujours Kisos.. Tu as vécu tellement de dommages que je le comprend mais là, tu dois penser à elles. Charlie a besoin de toi tout comme Rose..
_ Elle ne se souvient même pas de moi ! Elle ne sait pas qui je suis et qui j’ai été dans sa vie !
_ Son accident a eu un impact sur sa mémoire mais ça ne veut pas dire qu’elle a tout oublié. Justement, ta présence pourrait l’aider à redevenir celle qu’elle était..
_ Et si ça ne fonctionne pas ? Elle ne m’aimera peut-être plus comme elle m’aimait avant ! Et puis cet enfant.. je.. Je ne sais rien de cette fillette ! Je ne sais même pas m’occuper d’un enfant !!
_ Calme toi chéri.. Il faut que tu te calmes un peu. Pour ce qui est de Charlie, je suis certaine qu’au fond d’elle, elle n’a rien oublié et qu’elle n’a surtout rien oublié de ses sentiments à ton égard. Et pour Rose, c’est une surprise que personne n’avait vue venir mais elle est là et tu vas apprendre à la connaître.. Après tout, elle est le fruit de ton amour avec Charlie. Elle est ce que vous avez fait de plus beau non ? C’est même peut-être elle qui vous aidera à vous retrouver..
_ C’est tellement injuste Ma’.. on.. on aurait pu se marier il y a des années et on aurait rien vécu de tout ça.. Pourquoi ça nous arrive ?? J’en peux plus..
_ C’est peut être la dernière étape pour que vous puissiez enfin vivre votre amour.. Après tout ce que vous avez vécu, vos liens sont plus que légitimes.
_ Et tu en fais quoi de la sorcière que j’ai dû épouser ?! Je te rappelle que je suis encore lié à cet empire à cause de Livia.
_ Chaque chose en son temps mon chéri. Là tu vas aller te reposer et demain tu vas prendre du temps pour toi, Charlie et Rose. On reparlera des romains et de Livia d’ici peu, je te le promet. »J’avais oublié qu’elle savait comment me calmer. Elle a toujours eu l’art d’apaiser les cœurs lourds. Depuis des mois je suis aveuglé par la douleur, si bien que j’en avais oublié ce que pouvait m’apporter ma famille. Après avoir laissé ma mère soigner ma main, elle me prend contre elle et elle laisse Sora prendre le relais. Ma jumelle aussi veut s’assurer que je vais bien et elle en décide de rester toute la nuit avec moi. Cela nous permet de parler de tout ce qu’il s’est passé depuis que nous avons été séparé lors de mon départ en Italie. Elle a aussi vécu ses propres drames et ils sont encore en cours puisque l’Espagne veut s’en prendre à l’Égypte depuis que Sora est revenue sur nos terres.
Au petit matin, j’arrive à la villa de Charlie comme je l’avais prévu mais ce n’est pas elle qui m’accueille. Amara ouvre la porte et elle me dit que Charlie va arriver d’ici peu. En attendant, elle me mène vers le grand salon où il y a Rose qui joue au sol avec des chatons. Cela me fait légèrement sourire puisque ça me rappelle ma propre enfance. Notre mère nous laissez jouer avec des chatons quand nous étions petits et c’est de là que nous avons pris une passion pour ces petits félins.
« – Elle est née quand ?.. tout c’est bien passé pour Charlie ?
_ Rose va avoir un an d’ici quelques semaines. Elle est née au début du printemps. C’était une sacrée surprise et ça a été assez compliqué pour Charlie car elle ne comprenait pas totalement qu’elle avait une vie en elle.. mais quand Rosie est arrivée dans ses bras, j’ai vu les yeux de ma fille s’émerveiller. On aurait dit qu’elle avait retrouver son ancien souffle de vie..
_ Vous saviez que.. enfin.. qu’elle était ma fille ?
_ Non. On a même eu peur que l’enfant soit celui de cet idiot qui a enlevé ma fille.. mais à peine est-elle née que j’ai su que c’était ton enfant. Déjà par sa couleur de peau mais aussi parce qu’elle a ton regard. Elle a le même regard franc et mystérieux que toi.
_ J’aurais tellement voulu être là..
_ On ne peut pas revenir sur le passé mais on peut agir sur le présent et le futur. Maintenant vous allez être réuni tous les trois.. »Amara me propose d’approcher Rosie. La petite fille lève ses yeux vers moi et elle lâche des cris de joie, ce qui me fait rire. J’ose me mettre à genoux et je la laisse me montrer ses petits copains les chatons. Amara se recule pour que nous puissions passer notre premier vrai moment ensemble et quand Charlie arrive enfin, sa mère lui montre la scène qui se déroule au milieu du salon.
« – Elle semble savoir qu’il est son père.. regarde là, elle est toute confiante et souriante. »
Gaius arrive à son tour pour voir si tout va bien et il embrasse le front de sa fille avant qu’elle ne s’approche de nous. Rosie lâche un nouveau cri quand elle voit sa mère et cela détourne mon regard. À mon tour j’observe la jolie blonde et je lui tend ma main pour qu’elle se joint à nous.
« – Je vais te raconter notre passé si toi tu m’apprends comment on s’occupe de cette petite fillette adorable. »
-
Je crois que je n’avais pas passé de journée aussi tranquille et douce depuis.. Depuis l’italie avec Charlie. Pourtant avant il n’y avait pas Rosie mais Charlie a toujours su me canaliser et rendre mon monde plus apaisant, même si aujourd’hui j’ai eu quelques pincements au coeur lorsqu’elle s’est mise à parler de ses souvenirs défaillants. Elle ne se souvient de presque rien et elle me demande de lui rappeler notre passé. Pour le moment je n’ai encore rien évoqué, j’ai seulement profité de sa présence et celle de cette petite fille qu’elle m’a offert, cependant le temps semble avoir passé à une vitesse folle puisque des gardes viennent me chercher en fin d’après-midi pour me rappeler à mes devoirs. Je dois avouer que je n’ai pas envie de quitter cette bulle dans laquelle je me suis enfermé aujourd’hui et Charlie non plus ne veut pas que je m’en aille. Ses yeux s’embrument de larmes lorsqu’elle me demande de rester, de revenir..
“ – Attends quelques secondes..”
Je lui murmure ces mots avant de me retourner vers Tomas qui attend que je le suive. Il est le mieux placé pour savoir que je n’ai pas envie de le suivre et il hoche la tête lorsque je lui dis que je reviendrais plus tard. Je me fiche bien de voir mes parents ou même cette épouse que je ne supporte toujours pas.
“ – On se voit plus tard.
_ D’accord mais avant de partir, j’ai quelque chose à te dire en privé..”Son air sérieux m’amène à le suivre dans une pièce à coté. Il ne veut pas que Charlie puisse nous entendre et il a bien eu raison. Livia a clamé être enceinte de moi alors que cela est impossible puisque je ne l’ai jamais touché, cependant si elle venait à le dire à tout le monde, je serais dans l’obligation de dire que son bâtard est mon enfant.
“ – Il va falloir régler ça au plus vite. Il faut savoir si elle ment ou non. Demande à Sora de vérifier ça et si elle est réellement enceinte, il faudra faire en sorte qu’elle ne le soit plus.
_ Très bien.”Tomas s’en va et je reviens vers Charlie mais mon visage n’est plus aussi doux. Je suis contrarié par ce que je viens d’apprendre. Cela ne m’étonnerais pas que Livia lance ce genre de mensonge car elle est jalouse de Charlie et son retour. Contrairement à Charlie, elle est légitime mais elle sait aussi que je ne l’aime pas. Je l’ai même toujours détesté mais je ne l’ai jamais renvoyé chez elle, afin de garder un moyen de pression sur Hadrien.
“ – Je vais pouvoir rester un peu pour pouvoir assister à la chasse aux papillons et puis pour pouvoir parler de notre passé..”
Rosie dort si bien qu’on entend un léger ronflement. Nous avons donc le temps de nous poser un peu et je propose à Charlie d’aller dans le jardin pour profiter de la chaleur. Des servants nous amènes un thé à la menthe et quand on se retrouve assis, je décide de parler de ce mariage qui a été notre plus grosse plaie.
“ – On était jeunes, amoureux, heureux et puis l’empereur romain qui est ton oncle, a décidé d’imposer un mariage entre moi et sa fille. Il savait que j’étais le futur pharaon alors il s’est montré très insistant, en menaçant ta famille mais aussi la mienne. C’est ainsi que notre bonheur a commencé à se briser.. On savait que nous allions être séparés. Toi tu as été fiancé à un homme qui aimait les autres hommes et on a continué d’avoir une relation secrète jusqu’à ce que.. enfin.. tout a éclaté. Et j’ai dû épouser Livia, ta cousine mais je ne l’ai jamais aimé. Je crois même que je l’ai toujours détesté parce qu’elle a pris ta place.”
Ce n’est pas juste pour Livia et j’en ai conscience. Elle a subis ma haine depuis le moment où j’ai su qu’elle deviendrait ma femme mais je n’arrive pas à avoir un peu de pitié pour elle. Je déteste tout ce qu’elle est, encore plus en sachant qu’elle est la fille d’Hadrien.
“ – Je ne l’ai jamais embrassé ni même touché.. Depuis mon retour en Egypte, j’ai passé mon temps à la fuir et à fuir la douleur de notre séparation à toi et moi. Pourtant, Tomas vient de me dire que Livia clame à tout le monde qu’elle attend mon enfant. C’est impossible mais je ne peux pas le prouver. Elle a peut être eu une relation avec un serviteur ou un soldat mais si elle est réellement enceinte, je serai obligé d’accepter son enfant et il en est hors de question. Mon seul enfant est Rosie.”
Pourtant elle sera vue comme une bâtarde tant que Charlie ne sera pas mon épouse. Cela vient encore plus me contrarier mais la jolie italienne pose sa main sur la mienne comme pour m’apaiser. Ça fonctionne un peu.. puisqu’elle réussit à me faire avoir un léger sourire.
“ – Notre relation a vécu toutes les tempêtes possibles.. Dès le début, tout était déjà compliqué. Tu es venu ici, en Egypte, avec des pirates qui voulaient te vendre comme esclave et ma mère t’a acheté. Tu étais devenue ma servante mais tu étais très têtue et rebelle. C’est ce qui m’a fasciné chez toi.. Tu as toujours cherché à être libre et à vivre de tes envies. Tu ne te laissais pas intimider par les personnes au-dessus de toi et tu avais une détermination immense. Si bien que tu m’as contaminé.. Quand est venu le moment où tu as pu repartir en Italie, j’ai décidé de tout quitter pour te retrouver.”
Je me mets à parler de ce que nous avons vécu mais dans les grandes lignes car autrement cela nous prendrait des jours. Je lui parle des arènes, de son oncle, de mon arrivée chez elle en toscane et puis tout ce qui a suivi. Nos fiançailles avec d’autres, notre relation secrète et puis j’ose évoquer cette soirée d’orage où nous avons vécu notre première fois. C’est aussi lors de cette soirée que Rosie a été conçue puisqu’après cela, nous avons été définitivement éloignés. Pourtant cette soirée je la revois dans les moindre détails, comme ci cela était hier.
“ – Cette nuit a été si intense qu’elle nous a offert un merveilleux souvenir.. Mais j’aurai tellement souhaité que les choses soient différentes. Que ce soit toi mon épouse et que je sois là pour toi et Rosie.”
Mais on ne peut revenir sur le passé, on ne peut que changer le futur. Je ne compte pas les laisser repartir en Italie et même si je dois repartir avec mes troupes, je sais que je ne repartirais pas pendant des mois loin d’Alexandrie. J’ai maintenant une raison de revenir, d’être présent.
“ – Depuis mon retour ici, j’ai décidé de lever de conquérir des terres et lever une grande armée pour pouvoir faire tomber Hadrien. J’ai presque réussi mais pour cela, je dois encore réussir à m’emparer des ottomans. Quand je les aurai, je pourrais faire payer Hadrien pour tout ce qu’il nous a fait.. mais aussi vivre la vie que je veux. Tant que je suis lié à lui par mon mariage avec Livia, je suis prisonnier mais s’il n’est plus empereur, plus rien ne pourra m’empêcher d’être avec celle que je veux être.”
Il y a encore un avenir possible, où Charlie serait mon épouse. Est-ce qu’elle le voudra ? Je l’espère mais c’est encore une image lointaine.
Rosie se réveille de sa sieste, nous l’entendons parce qu’elle se met à chantonner. Charlie nous amène à elle et comme prévu, nous partons à la chasse aux papillons dans le jardin. Ce moment offre à nouveau de la douceur et des rires. La petite essaye de courir du mieux qu’elle le peut et elle râle lorsqu’elle rate un papillon. Cela me rappelle sa mère qui a aussi ce penchant pour les râles lorsqu’elle n’arrive pas quelque chose. Après cette chasse, l’heure du repas arrive et j’accepte encore de rester. Je devrais manger avec ma famille mais pour ce soir, je fais une exception. Je profite de mon premier dîner avec mes deux femmes. Charlie a un grand sourire et Rosie nous inonde avec son rire. Gaius et Amara sont charmés par ce qu’ils voient mais ils savent aussi que pour le moment ça ne sera qu’éphémère.
Après ce dîner, j’accompagne Charlie pour le bain de rosie et pour la coucher. Elles sont complices, hyper proches et je n’ose pas bouleverser ce moment mais étonnamment, Rosie demande à avoir un câlin de ma part avant de dormir.
“ – Bonne nuit petit papillon.. Je t’aime très fort..”
C’est la première fois que je lui dis cela et c’est la première fois depuis un long moment que j’accorde mon amour à quelqu’un. J’embrasse son front et je la laisse s’endormir dans les bras de sa mère. En attendant, je retourne dans le salon et Gaius m’attend pour discuter. Il a toujours été quelqu’un de bon, de compréhensif mais il n’en reste pas moins un chef de famille qui doit protéger les siens.
“ – Je suis content de te revoir Kisos. En venant ici, ta mère nous avait dit que tu étais introuvable et elle ne savait pas si on te reverrait de si tôt.. Je sais que tu as fait de grandes choses à l’Est d’ici.
_ Je n’ai fait que rendre mon royaume plus fort.
_ Je sais que tu veux surtout attaquer Hadrien et je sais que tu y arriveras mais est-ce que cela va t’apporter quelque chose ? Si ce n’est mettre ta vie en péril. La guerre n’est pas une chose facile et on y perd beaucoup. Je ne veux pas que tu y laisses ta vie, d’autant plus que ma fille et ma petite fille ont besoin de toi.
_ Pour le moment je n’ai pas encore annoncé de guerre alors nous n’avons pas besoin d’en discuter.”Aurait-il discuté avec mes parents ? Ma mère et mon père ne veulent pas que je continue de lever des armées mais ils savent que je ne les écoute pas. En passant par Gaius ou même Charlie, ça serait plus simple pour eux de me stopper. De toute façon Charlie revient donc je laisse Gaius pour aller vers la jolie blonde. L’heure des au revoir est arrivée. Je pourrais rester cette nuit mais il est peut-être encore trop tôt pour l’esprit de Charlie. Elle doit encore mettre le puzzle en place et être certaine de savoir à quel point nous nous sommes aimé.
“ – Je reviendrais demain à la première heure mais cette fois-ci, c’est toi et Rosie qui vont me suivre. Je vais te montrer les endroits où nous allions ensemble lorsque tu étais en Egypte.. Le phare, la place où tu voulais danser, la bibliothèque, le fleuve.. Et aussi le palais. Je veux que tout le monde puisse voir notre fille. Je tiens à ce qu’elle rencontre ses grands parents et sa tante. Sora sera tellement heureuse de te retrouver. Vous étiez très complice toutes les deux.”
Peut-être que cette visite l’aidera encore plus à retrouver sa mémoire ou les sentiments d’avant. Il va quand même falloir que je fasse en sorte que Livia soit enfermée dans sa chambre pour ne pas qu’elle gâche ce moment.
“ – En tout cas sache qu’ici tu es chez toi.. Je ne peux pas réparer le passé mais je ferai en sorte que ton futur soit parfait.”
Dis-je avant de déposer un baiser contre son front. Mes lèvres restent un moment contre sa peau et puis mon front finit par rejoindre le sien. C’est difficile de s’éloigner, de s’en aller car j’ai encore cette peur que l’on me prend Charlie. Pourtant je dois prendre sur moi et je me recule.
“ – Passe une belle nuit Charlie. Prends des forces pour cette grande journée que sera celle de demain.”
Oui, c’est difficile. Je n’arrive pas à aller vers la porte de sortie. Face à mon hésitation, c’est Amara qui intervient pour ne pas rendre le moment plus difficile. Je quitte donc la maison de Charlie pour retourner vers le palais. Je pense déjà à demain mais la contrariété n’est jamais loin quand je sais qui m’attend au palais. Livia, mes parents.. Je sens déjà la tension monter. Pour éviter les cris inutiles, je contourne les grands passages pour aller vers ma chambre.
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Tout est allé si vite et pourtant la conclusion a le goût de souvenirs amers. J’ai l’impression de revenir des années en avant, quand on cherchait déjà à nous séparer. Ce scénario fait un nouveau retour alors que je venais à peine de retrouver Charlie. Trois jours et voilà qu’on veut nous séparer. Trois jours est tout repart en problèmes. Gaius m’explique qu’il doit s’en aller avec sa famille pour les protéger mais je ne l’écoute pas vraiment. Je suis paralysé par ce qu’il vient de se dérouler et ce qui est en train de se jouer. Mon cœur bat à tout rompre à cause d’une angoisse montante et ma respiration me fait défaut. Non, ça ne peut pas recommencer.. On va encore me retirer l’amour de ma vie mais aussi ma fille. On va retirer les deux choses qui ne me font pas devenir un monstre.
« – Je suis désolé Kisos.. j’aurais aimé que tout soit différent cette fois ci..
_ J’ai déjà entendu ces mots. »Je répond sur un ton froid, je crois que c’est la goutte de trop dans cette relation qui nous a toujours été volé. Gaius sent que la colère monte chez moi alors il me demande d’aller prendre l’air ou plutôt de quitter son domicile. Il ne me laisse même pas voir Charlie ou Rosie une dernière fois. J’accepte cette demande avec beaucoup trop de facilité mais à peine dehors, j’ordonne à mes hommes de m’amener face à l’homme qui a tenté de tuer Charlie. Tomas sent que je vais aller dans les extrêmes et que je vais commencer à déchaîner ma colère alors contrairement à d’habitude, il refuse ma requête et il demande aux autres gardes de s’en aller pour que nous ne soyons plus qu’à deux. Il sait que nous sommes à l’aube d’un massacre si personne n’essaye de me raisonner une dernière fois.
« – Tu oses refuser mes ordres Tomas ?!
_ Non je refuse surtout de participer à ta chute Kisos ! Qu’est ce que tu vas faire ? Tuer cet homme ? Et après ? Partir en guerre contre Hadrien ? Et ensuite ?! Tu vas ne faire qu’assoiffer encore plus ta haine et ce n’est pas ça qui te rendra Charlie !
_ Et je dois faire quoi ?! Encore attendre sans rien faire ? Laisser encore les autres nous séparer ?!
_ Abandonne Kisos.. Tu vois bien que cette histoire ne fonctionnera jamais, il y a bien trop d’enjeux. Charlie ne mettra pas sa famille en danger, surtout maintenant qu’il y a Rose et toi.. toi aussi tu mets la tienne en danger. Tu te mets aussi en danger. Pour une fois, arrêtes d’agir avec colère.. tu sais tu as le droit d’être malheureux. Sois triste et ensuite profites de ta vie. Tu es un futur pharaon, tu as tous les pouvoirs qui seront entre tes mains mais tu persistes à vouloir vivre une histoire qui était interdite dès le début.. penses à toi Kisos.. »Les mots de Tomas me font encore plus mal que je ne l’aurais cru mais je sais qu’il n’a pas tord. Depuis des années je suis obsédé par mon envie d’être auprès de Charlie, si bien que je ne vois plus que ça. Je ne pense à plus rien d’autres et ça m’aveugle. Pourtant en l’instant T, je n’ai pas envie d’écouter pour ami et bras droit, je préfère l’ignorer et m’éloigner cependant je ne vais pas couper la tête à l’homme qui a essayé de tuer Charlie, comme j’en avais envie avant l’intervention de Tomas.
Je ne retourne ni au palais, ni vers Charlie, ni vers qui que ce soit. Après avoir récupérer mon cheval, je me suis éloigné dans le désert comme je l’ai toujours fais lorsque j’avais besoin d’être seul. Beaucoup d’options s’offrent à moi mais c’est la douleur qui hante mon esprit. J’ai mal depuis tant d’années que j’ai l’impression que cette souffrance ne va pas me quitter mais maintenant qu’il y a Rose c’est encore plus violent. Je vais perdre mon grand amour et ma fille.. d’ici demain matin elles seront loin de moi et je serai à nouveau seul.
« – Je déteste cette vie.. Je déteste ce monde.. »
Ce sont des phrases que je répète depuis un certain moment. Le bonheur semble à milles lieu de moi. Je ne sais même pas si je réussirais à être heureux même si je suivais les conseils de Tomas. Je ne sais plus rien. Je suis de nouveau perdu dans les méandres de mes sentiments et mes émotions.
« – Kisos ? Kisos ? »
J’entends une voix familière alors que pourtant je suis seul. Perchés en haut d’une dune, j’observe autour de moi et je fini par voir la silhouette de ma mère. Elle s’est cachée sous des robes et des voiles pour ne pas se faire reconnaître mais moi je la reconnaîtrais entre toutes. Je suis déjà parti depuis trois bonnes heures donc elle a eu le temps d’être mise au courant de la situation et elle a su où me trouver. Ou alors c’est Sora qui a vendu la mèche.
« – J’ai plus envie de parler Ma’.. J’ai l’impression d’être vide, de ne plus avoir rien à dire. Alors tu vas perdre ton temps en restant ici.
_ Non, je compte rester et je ne partirais pas. Je sais que tu as besoin que quelqu’un reste près de toi et c’est mon rôle de te protéger, de te rassurer et de te soutenir mon chéri..
_ Il n’y a rien à soutenir.. Tout ce que j’espère depuis des années étaient enfin à portée de main et encore une fois ça m’a échappé. Ça m’échappera toujours. Même si je vais décimer Hadrien, qu’est ce qui me garantira que finalement j’aurai ma vie avec elle ? Elle me détestera sûrement.. ou alors elle sera au bout du monde.. parce que tout est fait pour nous séparer.. »Elle vient contre moi et elle essaye de me serrer contre elle mais ma mère est encore plus minuscule que Charlie alors c’est difficile. Cependant sa présence m’aide même si je ne dis plus rien. Nous restons dans un silence face a cet océan de sable qui perd de sa luminosité avec le soleil qui se couche. Les cris et les injures n’ont pas pris mon vocabulaire, je n’arrive plus à parler.
Lors de notre retour au palais, Sora et mon père arrivent en trombe sur nous ou plutôt sur moi mais je les ignore pour aller vers mes appartements. Ma mère reste avec eux pour essayer de les rassurer mais elle-même ne l’est pas puisqu’elle ne sait pas ce que j’ai en tête. Le silence est certainement plus difficile à gérer que des menaces ou de la colère puisque là, il n’y a rien pour tenter de sauver quoi que ce soit. Ils s’imaginent déjà que je vais partir demain avec une armée pour aller envahir l’Italie et pour cela, mon père dit à ma mère qu’il ira avec moi.
Je ne sais plus quoi faire, je suis totalement désarmé et je n’ose plus aller vers Charlie puisque j’ai vu son air désolé envers sa famille. Je ne peux pas être son fardeau. Pourtant je n’arrive pas à imaginer une vie où elle ne serait pas auprès de moi. Pendant un certain moment, j’envisage la mort. Ne serait-elle pas plus douce que cette vie horrible ? Cette vie où j’ai l’impression que n’être souffrance ? Alors que j’attrape un poignard en pensant en terminer, Sora entre dans ma chambre et elle a juste le temps de se jeter sur moi pour attraper l’arme. Une hystérie et des pleures s’emparent d’elle, elle vient même à me gifler. Parfois j’oublie que cette fille est un double de moi-même et elle agit avec passion, comme je le fais la plupart du temps.
« – Tu n’as pas le droit de faire ça Kisos !! Tu n’as pas le droit !! Tu as promis d’être toujours présent pour moi alors non tu n’as pas le droit !! »
Son air horrifié me fend le cœur. Elle est malheureuse et je crois qu’elle ressent ma douleur. Sora me prend dans ses bras pour me rassurer mais aussi pour se calmer. Il nous faut un moment pour enfin commencer à se parler comme on le faisait il y a bien longtemps. Avant, elle était ma confidente, ma meilleure amie mais j’ai fini par m’isoler, si bien que c’est pour cela qu’aujourd’hui je suis autant perdu. En me confiant ce soir à elle, j’ai quelqu’un qui peu m’aider à être plus rationnel et qui peut entrevoir autre chose que la mort.
« – Si tu dis que tu as réussi à avoir une grande alliance avec l’Irak alors il faut envoyer la famille de Charlie là bas. Ils y seront en sécurité le temps que l’on règle le reste.. et tu sauras où elle est.
_ Et moi qu’est ce que je vais faire ? Tant qu’Hadrien contrôlera ma vie sentimentale, je serais toujours son prisonnier.
_ Tu es le grand Kisos et je sais que beaucoup de nos proches sont contre une guerre mais.. moi je crois qu’il faut que tu ailles te battre pour reprendre le contrôle de ta vie. Hadrien doit être muselé.
_ Cette guerre va être immense et sanglante.. mais je m’y prépare depuis des mois. J’ai été agrandir mon armée pour faire face à Hadrien.. tu as raison, je ne peux pas me défiler aujourd’hui.
_ Alors vas y. Deviens le plus grand homme que ce monde ait connu. Redonne à la Méditerranée sa splendeur et ensuite reviens vivre cette vie que tu mérites. »Je ressens à nouveau un espoir. Sora a rallumé cette envie qui était en train de me quitter. Sans attendre le levé de soleil, je quitte ma chambre et je commence par m’occuper du voyage de la famille de Charlie. J’envoie un messager prévenir Gaius qu’ils prendront chemin vers Bagdad et qu’ils seront bien protégés par le vizir de cette région du moyen orient. Je vais ensuite prévenir mes parents de mon attention d’aller en guerre contre Hadrien et bien qu’ils ne sont pas les plus heureux, ils acceptent ma requête. Mon père me confirme qu’il sera auprès de moi pour ce combat. Au levé du soleil, tout semble réglé mais je ne pars pas en conquérant tout de suite. Je vais d’abord vers la villa de Charlie mais je reste à distance pour ne pas qu’elle puisse me voir. Des employés préparent les bagages pour le voyage et j’entrevois Charlie courir après Rose. Je ne sais pas à quoi elles pensent en ce moment mais je me sens un peu plus serein en sachant qu’elles vont vers un endroit où elles seront en totale sécurité.
« – Kisos ? »
Gaius me remarque mais pour ne pas perturber Charlie, il m’amène dans un coin où elle ne me verra pas.
« – J’ai vu ton messager et nous allons aller à Bagdad. Je sais que la place de Charlie n’est pas là bas mais nous devons la protéger..
_ Prenez soin d’elle et de Rosie.. je reviendrais vers vous quand tout sera rentré dans l’ordre.
_ Tu vas y aller alors ? Tu vas faire tomber Hadrien ?
_ Il doit payer pour ce qu’il nous a fait et qu’il nous fait encore. Mais il doit aussi payer pour tout ce qu’il a fait à la Méditerranée.
_ Fais attention à toi Kisos.. Tu es un grand guerrier mais tu peux tout de même être blessé.
_ S’il m’arrive quelque chose, faites en sorte que Charlie et Rosie soient les plus heureuses possibles..
_ Je t’en fais la promesse. »Le grand blond me donne une tape amicale sur l’épaule et il repart vers la villa. J’observe encore en cachette jusqu’a ce que le convoie s’éloigne. Charlie est triste, je le vois et je le sens. Moi aussi, j’ai une nouvelle fois une douleur intense mais je dois me faire fort pour pouvoir retrouver les femmes de ma vie. J’ai tout de même eu une idée qui devrait encore plus me rassurer et cette idée s’invite dans le convoie. Sora rejoint Charlie comme je lui ai demandé. Ma jumelle va rester auprès d’elles pour s’en occuper et les protéger le temps que je revienne à elles. De toute façon Tomas va venir avec moi donc Sora risquerait d’être une âme en peine si elle reste en Égypte.
Elles vont avoir plusieurs semaines de trajets pour rejoindre Bagdad et moi je vais avoir plusieurs semaines de bateau pour rejoindre l’Italie, cependant mon chemin va être beaucoup plus escarpé puisqu’Hadrien a mis des flottes de soldats pour pouvoir anticiper des possibles attaques. Livia va faire partie du trajet puisque je compte bien la ramener à son père. Je ne veux plus voir cette femme qui m’a toujours répugné.
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Je ne m’attendais pas à ce qu’elle fasse stopper le cortège pour venir vers moi. Je me sens encore plus tiraillé quand elle se plonge dans mes bras et qu’elle me confie ses pensées. J’aimerais pouvoir la kidnapper et partir très loin avec elle, là où personne ne pourra nous retrouver mais je sais que cela est impossible. Il y a Rosie et je dois surtout leurs assurer une sécurité qu’elles n’auront pas tant que je n’aurais pas réglé l’affaire avec Hadrien. C’est donc à contre cœur que je la laisse se retirer de mes bras et que je ne reviens pas à elle pour lui supplier de rester auprès de moi.
« – Je reviendrais.. oui.. Je reviendrais vous chercher, toi et Rosie. Je te promet qu’après tout ça, nous pourrons vivre sans avoir peur d’être encore séparés .. je vous en fais la promesse.. »
Je ne peux pas lui promettre que je n’irais pas en guerre car ma décision est prise. Elle l’était déjà depuis un certain temps mais là je suis certain qu’il faut que j’aille mettre fin à l’empire qui a volé ma vie mais surtout l’amour que je souhaite vivre depuis tant d’années.
« – Je vous rejoindrais à Bagdad quand tout sera terminé.. Je ne sais pas combien de temps cela prendra mais sache que tu seras toujours en moi. Ton image ne quittera pas mes pensées ni celle de notre enfant. »
Nos cœurs sont lourds et j’aimerais que le temps s’arrête maintenant mais elle doit s’en aller. La route va être longue pour elles tout comme elle le sera longue pour moi. Cependant avant de la laisser repartir vers les caravanes, je reviens vers elle pour déposer un long baiser contre son front. Au loin, Rosie arrive à s’extraire des bras de son grand père pour venir nous rejoindre. La petite crevette se jette contre la jambe de sa mère mais je la récupère pour lui embrasser aussi son front.
« – Tu seras sage avec ta maman ? Tu vas me manquer ma jolie fleur et j’ai hâte de pouvoir vivre avec vous deux.. On ira chasser les papillons et on fera plein de jolies balades en cheval..”
Je ne pense pas qu’elle comprenne ce que je dis mais son sourire me fait un bien fou. Je l’embrasse encore avant de la remettre dans les bras de Charlie. Rose cache son visage dans la longue chevelure de sa maman et je les observe pour graver leur image dans mon esprit.
“ – Je vous aimes plus que tout dans ce monde.. Ne l’oubliez pas..”
Je fais un pas en arrière pour que Charlie comprenne qu’il est temps de partir. Elles ont encore des journées de route avant d’arriver en Irak et ça ne va pas être de tout repos avec les chaleurs du désert. Je suis assez serein pour leur trajet car les caravanes sont entourées d’une légion de soldats. Ceux ci vont devoir veiller sur elles et le reste de la famille durant toute mon absence.
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J’ai leurs visages en pensée à chaque instant. Elles ne me quittent pas. La dernière fois que je les ai vu resté gravé dans mon esprit comme un hiéroglyphe gravé sur nos temples. C’est pour elles que j’en suis là et c’est pour elles que je vais gagner.
« – Nous approchons de la Sicile ! Ils vont envoyés des navires ! »
Hurle Tomas à nos hommes alors que j’observe l’île qui se rapproche de nous. Hadrien sait que l’on vient et il a déployé toute son armée. Il a même fait envoyer des navires que nous avons facilement coulé mais là les choses vont se corser puisque nous allons sur sa terre. Les romains seront bien mieux logé que nous mais Hadrien ne sait pas qu’une autre vague de mes hommes arrivent par l’Est. Des grecs, des ottomans et des égyptiens ont pris un chemin vers la Grèce pour passer ensuite passer dans les pays scandinaves. Ainsi ils pourront attaquer sur un autre front. Tout est calculé pour faire tomber Hadrien et son empire mais ça ne va pas être simple, je le sais. L’armée romaine est très forte et elle est très entraînée mais j’ai su trouver des hommes qui vouent une haine profonde envers les romains. En même temps comment ne pas l’être ? Ce peuple a tout envahit et a tout mis à feu pour asseoir son autorité. Aujourd’hui est l’heure de la vengeance pour moi comme pour tous les peuples de Méditerranée.
« – Le navire de mon père va continuer vers la Sardaigne. Nous, on va se stopper en Sicile pour commencer. Rome est encore trop loin et elle va être plus que gardée. Il faut qu’Hadrien envoie tous ses hommes en guerre avant de penser à Rome. »
Dis-je à Tomas mais aussi à d’autres hommes qui gèrent mes légions. Je n’ai pas le droit de me planter, j’ai promis à Charlie de la retrouver alors pour ça je dois être stratégique et mettre tout en œuvre pour gagner cette guerre. J’ai des conseillers pour m’aider et j’ai une haine tellement forte que rien ne pourrait me stopper mais ça ne sera pas aussi rapide que je l’aurais souhaité. Je pensais partir pour quelques semaines mais ça prend beaucoup plus de temps que prévu. Il me faut plusieurs mois pour gagner Rome.
Le perte se font des deux côtés mais beaucoup plus chez les romains. Cependant nous sommes souvent stoppés par des régiments qui gardent fermement les grandes villes. Hadrien n’est pas sur le terrain mais ça ne m’étonne pas, il est plutôt du genre à donner des ordres sans se salir les mains. Il se cache dans sa capitale mais nous finissons par arriver aux portes de celle-ci. Bien sûr, tout est bien gardé et cela se transforme en siège. Mon armée entoure la ville et il est clair que la ville va finir par s’affamer mais quand ?
Mon père a réussi à faire tomber la Sardaigne et surtout il m’a rejoint mais il a été blessé. Ce n’est pas une petite blessure que l’on peut guérir en quelques jours.. non, il a perdu l’usage de ses jambes. Cela ajoute encore plus de culpabilité sur mes épaules. Je demande à ce qu’il soit rapatrié en Égypte pour ne pas qu’il soit encore plus mal en point mais le voir dans cet état a encore fait monter ma haine, si bien que je suis nommé le diable égyptien. Oui, en avançant vers Rome, j’ai acquis une réputation qui pourrait être admirée mais elle est surtout crainte. Ma colère est telle que j’ai fais brûler des villages entiers et je n’ai pas eu de mal à mettre en valeur mes macabres exploits. Je sais que je fais de plus en plus peur à ceux qui devraient être mes meilleurs alliés. Tomas est le premier à se méfier de moi et mes choix.
Lors de la seconde semaine de siège, je commence à m’impatienter. Je veux entrer dans Rome. Je demande à ce que mes hommes préparent de quoi forcer les portes et mettre le feu à tout ce qu’ils trouveront sur leurs chemin. Cette idée fait grincer Tomas car Rome est habitée par des milliers de gens et puis il sait aussi que Charlie aura vent de mes actes.
« – Tu ne peux pas tuer toutes les personnes qui vivent ici Kisos.. Il y a des femmes, des enfants, des vieillards ! Ils n’ont sûrement pas demandé à être dans cette condition. Il n’y a qu’Hadrien qui mérite la mort..
_ Il ne sortira pas tant que tous les autres seront vivants. C’est un rat qui préfère se cacher et sacrifier son peuple.
_ Et toi tu deviens le bourreau de ce peuple.. tu as déjà fait assez de morts sur notre chemin. Tu ne sauras plus un sauveur si tu fais encore couler trop de sang.. on peut encore faire passer tes premiers actes sur le compte des romains mais on ne pourra pas tout couvrir.
_ Tu as peur de ma réputation ?
_ Non mais j’ai peur que celle que tu aimes prenne peur de toi. Je sais de quoi je parle Kisos car ta sœur était prête à m’abandonner quand elle a su que j’avais décimé des milliers d’hommes avec toi en Syrie. On sait qu’il y a la guerre mais ce n’est pas une raison pour devenir des monstres. »J’ai envie de l’envoyer balader mais il n’a pas totalement tort. Je suis aveuglé par la vengeance si bien que j’en oublie qui je suis réellement. Depuis ma séparation avec Charlie lors de l’éruption du Vésuve, je suis motivé par la colère et l’envie de tout détruire alors qu’avant je voulais seulement être libre et vivre avec celle que j’aimais.
« – Trouves moi un moyen d’entrer dans la ville. J’irai seul m’occuper d’Hadrien et ensuite nous repartirons.
_ C’est une mission suicide Kisos. Tu seras tué facilement.
_ Tu viens de me dire que tu voulais que j’épargne les citoyens de cette ville.. si nous y allons tous, il y aura des morts que tu le veuilles ou non. »Je gagne cette petite bataille. Tomas sait que je suis fin décidé à aller en découdre. Il accepte ma demande bien qu’il me prévient que si je ne reviens pas avant la fin de la nuit, il forcera les portes de la ville pour faire entrer mon armée.
Rome est connue pour avoir des tunnels sous la ville ou plutôt des égouts. Pour y accéder, je vais devoir passer par la mer et me faire très discret mais c’est faisable. C’est donc par cette manière que j’arrive à entrer dans Rome mais ça me prend aussi pas mal de temps pour remonter à la surface et d’approcher le palais d’Hadrien. C’est bien gardé même trop gardé. Il y a des dizaines de soldats bien armés et il doit y en avoir encore plus dans le bâtiment mais je dois y aller. Je dois mettre fin à tout ça.
(…)
Deux années sont passées depuis le moment où Charlie est partie à Bagdad. Beaucoup de rumeurs ont circulé mais il a été confirmé qu’Hadrien a été tué. Il a été exécuté de mes mains mais pour ce qui me concerne, il se dit que j’ai été tué juste après cette exécution. Hadrien aurait été remplacé par un autre empereur mais ce nouveau dirigeant est beaucoup plus sage et il cherche à se faire des amis plutôt que des ennemis. En soit, j’ai réussi ma mission mais c’est vrai que j’ai disparu.. Tomas a fait entrer l’armée mais je n’étais pas là. Il est retourné en Egypte avec la nouvelle que j’étais introuvable mais qu’il n’a pas trouvé de corps alors finalement suis-je vraiment mort ? C’est ce que confie ma mère dans une lettre envoyée à Sora et Charlie. Elle dit qu’elle ne sait pas où je suis mais que son instinct de mère est certain que je suis quelque part, que je suis encore en vie. Elle a raison. Je suis en vie mais je suis enfermé dans une prison dans le nord de l’Italie. Des soldats ont quand même réussi à m’attraper mais ils ont eu pour ordre de ne pas me tuer. Cette requête a été demandé par Livia.. Car bien qu’elle a tout perdu, elle a encore l’espoir que je finisse par l’aimer. Tous les jours elle me rend visite en prison mais je ne dis rien. J’attend que la mort me prenne puisque je sais qu’on ne me libérera pas et que je suis sûrement très bien caché. Personne de mon entourage doit savoir où je suis ou même que je suis encore vivant.
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Le prince de Bagdad a compris qu’il allait avoir un immense trésor en épousant Charlie mais pour cela il doit me retrouver. Cependant s’il me retrouve, il sait que Charlie continuera de m’aimer et sûrement finira t’elle par me rejoindre. Il doit donc trouver un moyen de me ramener mais il doit aussi me faire disparaître. Pourtant il n’a pas anticipé que je puisse le devancer en comprenant ce qu’il se tramait.
Il a fallu bien des semaines pour que les hommes du prince retrouvent ma trace. J’étais plus que caché mais des fausses promesses ont fait sortir Julia de l’ancien château où elle m’a enfermé. L’appât de l’argent et du vie luxueuse, ont brisé sa volonté de me garder auprès d’elle et les irakiens ont pu aller me récupérer. Julia a été tué et moi j’ai été forcé à monter sur un bateau mais dès le début j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Les irakiens n’étaient pas là pour sauver le prince d’Égypte. Ils m’ont traité comme si je ne valais rien. Mon ego n’a pas été affecté mais en sachant que Charlie et Rose étaient en Irak, ainsi que ma sœur jumelle, j’ai su que quelque chose devait peser sur leurs épaules. Pourquoi ces hommes viendraient-ils me trouver pour n’avoir que du mépris pour moi ? Et pourquoi suis-je enfermé dans l’une des cales et enchaînés ? Je n’ai plus assez de force pour contester alors je me laisse voguer sans me révolter mais je ne compte pas leurs apporter satisfaction.
Il faut des semaines de bateaux pour retrouver les côtes du mont Sinaï qui doivent ensuite nous mener vers le désert irakien mais lorsque les hommes du prince me sortent du navire, je cesse d’être le bon prisonnier et je me rebelle enfin. Ils sont plusieurs à se jeter sur moi pour me maîtriser mais ma détermination m’aide à ne pas capituler. Je réussis à dérober une cimeterre pour tuer plusieurs hommes mais avant de réussir à prendre la fuite, l’un d’eux me donne un coup sur le visage qui va me changer à jamais. ( https://pin.it/1K0CuX7PE ). J’ai la chance de ne pas avoir perdu l’usage de mon œil mais cette cicatrice marque une nouvelle quête. Celle d’un homme qui doit se préparer à une mener une bataille encore plus grande que celle d’Italie.
Des mois sont encore passés depuis la demande de Charlie. Le prince s’attendait à me voir revenir avant l’été mais il n’en est rien. On vient même lui apprendre ma fuite. J’ai été récupéré mais je me suis enfuie. Cela complique la situation du prince car tant que Charlie ne m’aura pas vu de ses propres yeux, il ne pourra pas l’épouser.
« – Il faut le retrouver. Il doit être parti dans l’une des villes de la côte. Il ne peut pas avoir fait des milliers de kilomètres surtout si vous dites qu’il a été blessé.
_ Il est peut-être reparti dans son pays.. S’il sait que vous voulez épouser sa promise, il voudra vous le faire payer.
_ Elle n’est pas sa promise !! Il l’a abandonné pour aller se battre contre les romains ! Sans moi, il serait encore là bas alors je suis légitime d’épouser Charlie !!
_ Le prince Kisos est réputé pour sa férocité mon prince.. Il a fait tomber les romains même s’il a été enfermé. Il pourrait lever une nouvelle armée pour se mettre contre vous et..
_ Et quoi ? Tu crois que je ne suis pas assez fort pour le battre ? J’ai des milliers d’hommes qui sont prêts à se battre pour moi !
_ Oui mais lui n’est pas qu’un dirigeant.. c’est un meneur. Les soldats sont admiratifs face à lui et ils sont pour la plupart prêts à être dans ses rangs.. Je ne dis pas que vous êtes mauvais mon prince mais Kisos est une légende et il est même considéré comme un dieu par beaucoup de peuples méditerranéens..
_ Et bien je vais faire tuer ce dieu. Je ferai rapporter sa tête à Charlie et elle sera obligée de m’épouser. »Ma sœur jumelle a toujours été doué pour écouter aux portes. Elle le faisait avec mes parents et aujourd’hui elle le fait avec le prince car elle n’a pas confiance en lui. Elle a compris qu’il se tramait quelque chose entre le prince et Charlie mais puisque Charlie ne voulait rien lui dire, elle s’est mise à faire son enquête seule. C’est ainsi qu’elle apprend que je suis encore vivant et que je suis quelque part non loin de Sinaï mais où ? En Égypte ? En Jordanie ? En Irak ?
Sora retourne vers Charlie qui est dans les appartements qu’elle occupe avec Rose mais aussi ses parents. Tomas a rejoint le groupe depuis quelques semaines. Il s’était donné comme mission de prévenir lui-même de la disparition mais tout le monde semblait déjà au courant. Là, Charlie est dans le grand salon mais tout le monde y est aussi, sauf Rose qui est encore à la sieste.
« – Tu as fait un pacte avec le prince ? Charlie ?! Tu t’es offerte pour que le prince retrouve Kisos ?? »
Sora s’avance vers la blonde et elle a ce même air que je peux avoir quand je suis en colère, cependant elle est bien moins violente et elle sait se calmer quand il le faut.
« – Je viens d’entendre une conversation entre le prince et son homme de main ! Kisos a été retrouvé mais il a fui les hommes du prince ! Pourquoi tu as fais ça Charlie ?! Tu vas condamner Kisos mais tu vas aussi te condamner ? Tu crois que le prince aurait réellement ramené Kisos dans nos vies ?! S’il veut t’épouser, il n’aura aucun mal à faire tuer Kisos pour être certain que tu ne retournes jamais vers mon frère !
_ Sora ! Calme toi s’il te plaît et dis nous tout ce que tu as entendu ! Mot pour mot. »Demande Garrett qui n’est pas sans lancer un regard mécontent vers sa fille. Elle s’est vendue.. Elle s’est vendue pour me sauver. Bien sûr, ça ne peut pas plaire à ses parents. Pourtant Sora a peut être bien fait de faire sa curieuse car Garrett peut encore tenter de sauver la situation. Le prince veut à tout prix faire retrouver Kisos pour qu’on amène sa tête. C’est ce que Sora annonce mais Garrett sait que je ne me laisserais pas faire. Par contre il sait aussi qu’il est temps d’éloigner sa famille d’Irak.
« – Ce soir on prend un minimum d’affaires et on part d’ici. On doit s’éclipser sans se faire remarquer. On doit te protéger Charlie. Je me fiche de la tête de Kisos, c’est toi et Rose qui m’importent. »
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Malgré la blessure grave sur mon visage, j’ai su avancer et trouver en endroit pour me cacher, me reposer. Au début je n’ai pas décliné mon nom ni mon statut par peur que quelqu’un ne me dénonce et amène des soldats irakiens à me récupérer mais dès que je me suis senti un peu mieux, j’ai repris le chemin vers l’Irak pour tenter de sortir Charlie et nos proches de cet endroit. Sur mon chemin, j’ai trouvé un groupe de nomades qui au début voulaient certainement faire de moi un prisonnier mais une femme m’a du groupe qui se dit sorcière, a su dire qui j’étais et elle a convaincu les autres que j’étais le prince promis. Cette partie est étrange mais ça m’a permis de mieux me préparer à la suite.. à mon retour auprès d’elle.
Ce groupe de nomades n’est pas étranger à Bagdad puisqu’ils y font parfois du commerce. Ils voyagent de villes en villes pour faire des troques. Grâce à eux, j’ai su que mes proches étaient encore présents mais aussi que les soldats irakiens étaient bien plus suspicieux auprès des étrangers. Pour éviter tout danger aux miens, je ne vais pas dans cette ville mais il faut que je trouve un moyen d’éloigner les miens de cet endroit. En premier lieu, je pense à prévenir Gaius mais je pense qu’il doit être encore plus surveillé puisqu’il est le patriarche de notre groupe. Je me tourne donc vers Charlie.. Cela pourrait être dangereux pour elle et c’est quelque chose que j’aurais tout de suite refusé il y a des années mais les temps ont changé et a l’heure actuelle, j’ai beaucoup plus conscience de sa force. Elle n’est pas qu’une petite femme en détresse.. non, elle est ma moitié et elle est beaucoup plus forte que toutes les autres femmes.
Grâce à quelque subterfuges de mes nouveaux alliés, Charlie se retrouve encerclée dans une vieille maison à quelques kilomètres de Bagdad mais elle n’est pas faite prisonnière là bas. On l’amène dans le désert.. dans un camp fait d’immenses tentes. Le groupe de nomades comptent une bonne centaine de personnes dont des femmes, des enfants et même des personnes âgées mais il est vrai que les hommes sont beaucoup plus impressionnants. On dirait des personnes d’un autre temps, sauvages, mais ce n’est qu’une image. Moi-même j’ai revêtu leurs vêtements et je les ai laissé me coiffer, me peindre le visage. ( https://pin.it/35MTqx4gq )
Les nomades ne parlent que l’ancien arabe. Ils ne comprennent pas Charlie comme elle, elle ne les comprend pas mais moi oui puisque j’avais dû apprendre cette langue lorsque j’étais plus jeune. En tant que futur roi, il était important que je sache parler un maximum de langues. C’est donc par des signes qu’ils guident Charlie et ils arrivent devant la tente ou je suis en train d’attendre. Quand la toile s’ouvre et que je vois Charlie, je me lève de suite du siège ou j’étais posé. Mon cœur se met à battre comme jamais.
« – Tu es là.. »
Je viens vers elle et je la soulève avec facilité. J’ai repris en masse musculaire alors elle est une plume pour moi. Mes yeux s’embrument mais je ne craque pas. Cependant je ne peux pas me retenir de poser mes lèvres sur les siennes. J’ai encore le goût de son dernier baiser mais à présent je peux y goûter à nouveau. Après ce baiser, je la repose au sol mais je garde une main sur sa hanche pour être certain qu’elle reste près de moi.
« – Le prince Ameth veut ma tête alors je ne pouvais pas venir te chercher moi même. Il fallait aussi être le plus discret et secret pour pouvoir t’amener ici.. J’aurais pu entrer en Égypte et venir envahir ce pays mais c’était trop dangereux pour vous. Il faut que vous partiez de là sans être vue. Autrement Ameth pourrait se servir de vous ou vous faire du mal pour ne pas être le grand perdant. »
Oui, il faut qu’ils s’en aillent et c’est Charlie qui va gérer cette opération. C’est à elle que je confie cette mission bien que je serai non loin pour pouvoir la sécuriser. Mes mains arrivent sur ses joues et je m’abaisse assez pour que nos fronts se touchent. J’ai cru que jamais je ne pourrai la revoir même si je pensais qu’elle serait enfin en sécurité. Il faut croire que non. J’ai encore cette dernière chose à régler. Je dois lui trouver l’endroit où plus personne ne nous atteindra.
« – J’ai plusieurs fois failli tomber mais je me suis battu parce que j’avais cet espoir de vivre avec toi et Rose, comme on se l’était promis.. Et je te promet à nouveau que l’on aura cette vie que l’on mérite. On vivra où tu veux et on aura la plus belle des vies.. »
J’embrasse le bout de son nez et je viens à l’observer plus intensément. Elle semble aller bien. Sa peau est un peu plus brune à cause du soleil mais ça rend son regard encore plus magnifique. Ses cheveux paraissent aussi beaucoup plus blond, comme s’ils étaient presque blanc.
« – Comment vas tu ? Et Rosie ? Personne ne vous a fait du mal pendant mon absence ? »
Je me fiche bien de tout ce que j’ai vécu, seules mes deux princesses comptent. J’en oublie que je dois paraître monstrueux face à elle avec cette cicatrice qui est encore fraîche. J’en ai quelques-unes sur les bras qui sont déjà blanchis puisqu’elles datent de la guerre en Italie. Il n’y a plus rien de lisse comme lors de ma rencontre avec Charlie. Je ne suis plus le jeune homme encore pur et naïf.
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Elle est contre moi. Elle est enfin présente près de moi. Je sens sa fébrilité et son envie de pleurer mais elle garde la tête haute. Elle préfère se préoccuper de mon état et s’inquiéter pour moi alors que pour ma part, c’est elle qui m’importe. Les personnes présentes finissent par sortir de la tente et on ne se retrouve qu’à deux. Mes bras enlacent le petit corps de Charlie et je me remet à la serrer comme pour être certain que cet instant n’est pas un énième rêve.
« – Je devais revenir après avoir tué Hadrien au sol mais je n’avais pas anticipé que Livia était revenue dans la capitale et elle m’a fait enfermer dans le nord de l’Italie pendant des mois, en pensant que j’allais finir par l’aimer.. Les hommes d’Ameth m’ont trouvé mais dès l’instant où je les ai vus, j’ai compris que quelque chose n’était pas normal.. Ameth était un allié mais il avait déjà refusé que ses hommes me suivent vers l’Italie. Je n’aurais jamais dû vous envoyer en Irak.. Je pensais que c’était beaucoup plus sûr car le prince veut éviter que son pays n’entre en guerre mais j’avais oublié à quel point tu es magnifique et que tous les hommes voudraient se battre pour t’avoir à leurs côtés..”
Moi-même j’ai passé presque une décennie à me battre pour qu’elle puisse vivre auprès de moi. J’espère que cette fois-ci je pourrais enfin goûter à une vie “normale” auprès d’elle et notre fille mais le chemin pour cela n’est pas encore terminé.
Je prend la main de Charlie pour que nous puissions aller vers la table où j’étais installé. Dessus, il y a une carte qui représente plusieurs pays du moyen-orient mais aussi de l’egypte. Bagdad est inscrite et je pointe mon doigt vers ce point.
“ – Dans deux jours, tu vas devoir amener toute notre famille vers le sud de Bagdad.. Des nomades vous y attendront pour vous escorter vers la route qui mène en Egypte. Moi, j’irai voir le prince Ameth. Pas pour aller le tuer mais pour lui rappeler que s’il ose quoi que ce soit sur vous ou sur mon peuple, je n’aurais aucun mal à le faire tomber lui et ses hommes. L’irak n’est rien à côté des romains.. Et même si l’on me croit mort, je sais que j’ai encore des légions prêtent à se soulever pour moi.”
Cependant je ne peux pas entrer dans Bagdad sans être certain que Charlie et les nôtres, soient assez éloignés pour éviter qu’ils ne deviennent des otages. J’aurais pu choisir une manière beaucoup plus rude car les nomades ne sont pas contre le fait que j’attaque Bagdad mais j’ai assez de morts sur la conscience depuis l’Italie. Je doute même que Charlie sache ce point sombre de la bataille.
“ – Je vous rejoindrai sur la route et on repartira en Egypte.. Cependant je ne veux pas que l’on vive à Alexandrie. Je.. Je veux m’éloigner du politique.. de l’armée.. Nous irons construire notre propre lieu de vie sur les rives de la mer rouge. On y bâtira notre monde..”
C’est un dernier espoir que j’espère cette fois-ci vivre réellement. On pourrait repartir vers l’Italie mais je sais que je serai rappelé en Egypte lorsque mon père s’éteindra. Je devrais devenir un roi mais j’espère que cela se passera le plus loin possible. En attendant, je montre à Charlie une carte qui montre Bagdad et l’endroit où elle doit passer pour prendre la fuite. Nous avons l’un des gardes qui a accepté de travailler avec nous en contrepartie de pouvoir ensuite demander l’asile en Egypte.
“ – Si tout va bien, d’ici quelques semaines, tout ça sera loin derrière nous.. Et je pourrais enfin t’épouser. Cela a toujours été mon rêve. Depuis l’instant où tu es devenue la femme de ma vie.”
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Charlie se lance des pierres, elle s’accuse et pleure à chaudes larmes. Je déteste la voir ainsi. Je la serre bien plus fort et j’attend qu’elle se calme un peu, même si ses mots me font mal car jamais je ne l’ai vu comme un fardeau ou comme celle qui a détruit ma vie. Je peux comprendre ce qu’elle ressent car notre vie à deux n’a été qu’une succession de difficultés de plus en plus blessantes mais jamais je ne pourrais lui donner la faute puisque ce n’est ni elle ni moi qui avons souhaité tout ça.
“ – Tu n’y es pour rien Charlie.. Tout comme j’y suis pour rien. Nous avons simplement essayé d’être ensemble mais tout le monde a été contre nous et beaucoup de personnes nous ont brisé pour ne pas que l’on puisse vivre ensemble.. Jamais je ne pourrais t’en vouloir car tu n’as fais aucun mal si ce n’est m’aimer. Tu m’as toujours aimé alors que tu aurais pu baisser les bras dès le début..”
Oh oui, elle aurait pu abandonner tant notre histoire partait mal dès le départ. Seulement nous avons prouvé que rien ne pouvait briser nos sentiments. Tous les malheurs du monde n’ont pas eu raison de notre amour.
“ – J’ai vécu l’enfer mais quand je suis près de toi, je vis au paradis.. Tu ne te rends pas compte à quel point je t’aime Charlie et quoi que je fasse, rien ne peut effacer ça. Tu es en moi, tu es ma moitié.”
C’est vrai qu’elle n’aurait pas dû marchander avec Ameth mais je ne lui en veux pas. Elle voulait me sauver. En quelque sorte, elle a réussi mais il est hors de question qu’elle finisse par épouser cet homme. Il est temps que nous donnions un coup de grâce à nos détracteurs et que l’on pense seulement à nous.
J’ai toujours Charlie contre moi et je la berce, cependant elle retrouve un petit sourire. J’essuie ses joues et je m’abaisse pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres qui ont un goût salé à cause de ses larmes.
“ – Es-tu prête pour notre dernière bataille ? Pour une fois, on sera à deux pour cette lutte.. Il en aura fallu du temps pour que l’on puisse arriver à cela.”
j’essaye de la faire rire et surtout qu’elle se sente moins coupable. Nos blessures ne se refermeront pas en une journée, ça va prendre beaucoup de temps.
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Je laisse Charlie aller vers ma tente et je vais rapidement voir les nomades pour les prévenir que bientôt nous pourrons mener nos opérations pour exfiltrer ma famille. Cependant pour ce soir, ils peuvent se reposer et moi je tiens à être auprès de Charlie. Je crois qu’on mérite ce moment à deux après autant d’années à être séparé.
Lorsque je reviens, elle m’annonce retrouver petit à petit la mémoire.. et c’est une nouvelle qui me réconforte. Ça me faisait mal de savoir qu’elle n’avait plus de souvenirs de notre relation, de tout ce qu’on avait pu vivre avant l’éruption. Même si tout n’a pas été heureux, il y avait notre rencontre, nos retrouvailles, nos premières fois, nos moments rien qu’à nous. Elle n’a pas encore la totalité des souvenirs mais elle sait à quel point on s’est aimé et c’est ce qui compte. Lorsqu’elle me tend sa main, je viens la saisir et je me rapproche d’elle tandis que mon autre main se pose sur sa joue.
« – Je n’ai pas fais que des sacrifices et je n’ai pas eu que des souffrances.. J’ai aussi des souvenirs merveilleux avec toi. Et puis.. dans tout notre malheur, on a réussi à faire quelque chose de sublime. Tu as mis au monde le fruit de notre amour. Alors non, tout n’est pas sombre.. Il y a des rayons de soleil dans cette univers et pour moi, ils se nomment Charlie et Rosie. »
Elles sont mes trésors, mes déesses. C’est vrai que j’aurai pu tout abandonner un bon nombre de fois mais cela m’était impossible et à présent que les nuages sont sur le point de disparaître totalement, je compte bien avoir cette vie avec elles. Pourtant il y a quand même une chose que je dois m’assurer puisque cela avait été une faille dans le passé. Est-ce que Charlie est réellement prête à vivre avec moi ? Avec un homme qui finira sur un trône et qui aura une responsabilité comme la mienne ? Car je sais que je ne pourrais pas le défaire de cette condition, sauf si l’Égypte s’éteint.
« – Mais.. dis moi.. Es-tu prête à vivre avec moi ? Dans ce monde qu’est le mien.. en Égypte ? Je sais que tu es quelqu’un qui aime l’aventure et la liberté.. Nous allons encore voyager mais un jour je serai roi et toi tu deviendras reine.. est-ce que tu te sens capable de vivre cette vie avec moi ? »
Quand nous étions plus jeune, je ne lui ai jamais posé la question directement. Je ne l’ai jamais confronté à cela parce que tout était contre nous. Ça sera un tournant dans sa vie d’être la fiancée puis l’épouse d’un prince mais elle ne sera plus dans mon ombre. Tout comme je tiens à ce que notre fille soit reconnue comme princesse d’Égypte.
« – Je veux être certain que tu sois heureuse à mes côtés Charlie. Je ne veux pas que tu te sentes prisonnière auprès de moi mais au contraire, que tu sois libre. »
Ma main caresse sa joue et mon pouce vient même contre ses lèvres. Pour être un peu plus à sa hauteur, je m’assis sur un tabouret mais finalement elle en devient plus grande que moi. Je me permet de poser ma joue contre son ventre et de passer mes bras autour de sa taille. Ça me fait du bien. Cette proximité me fait un bien fou. Je retrouve son odeur, sa douceur, sa chaleur. J’entend aussi le battement de son cœur, sa respiration. Je retrouve la moitié de mon âme.
« – Je t’aime tellement Charlie. Je ne suis tellement rien sans toi.. »
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Ses mots ont l’effet d’un miracle pour moi. Elle est prête à vivre pleinement avec moi, sans avoir peur que je ne devienne une sorte de geôlier. Elle veut devenir ma reine, mon monde et ça ne peut pas me rendre plus heureux. Son baiser a le goût d’un serment qu’elle prend pour apaiser mes peurs imaginaires. Charlie est mienne et c’est une certitude mais nous avons encore un peu de chemin avant que tout cela soit officiel mais aussi que nous devenions un vrai couple, plus des amants maudits.
« – Tu es ma reine depuis le premier jour où j’ai posé mon regard sur toi.. Toi, la désinvolte italienne aux cheveux de blé.. »
Mon immense main se pose sur sa joue et c’est à mon tour de venir l’embrasser, cependant avec ma seconde main je l’aide à se relever avec moi. Sans perdre ses lèvres, je l’attire avec moi sur mon lit de fortune et je m’y laisse tomber en emportant Charlie au-dessus de moi. Je frissonne mais je suis surtout un peu déboussolé car la dernière fois que j’ai eu Charlie avec autant de proximité contre moi, c’était en Italie.. quand nous avions eu les ébauches de notre intimité. Depuis tant d’années, nous n’avons pas pu se toucher, se caresser, s’aimer. J’ai donc l’impression d’une nouvelle fois. J’ai toujours cette peur de la casser tant elle est petite comparé à moi mais elle sait me mettre en confiance, me montrer que je n’ai pas à me restreindre.
“ – Tu m’as horriblement manqué Charlie.. Il ne s’est pas passé une seule journée ou une seule nuit sans que je n’ai pensé à toi..”
Je murmure mes mots alors que mes lèvres s’en vont vers son cou. Je descend lentement les bretelles de sa robe et son tissus glisse le long de son buste. Elle est toujours autant magnifique même si la grossesse lui a donné une poitrine beaucoup plus ronde que dans notre jeunesse. J’embrasse son cou, ses épaules, sa poitrine. Je parcours ce corps qui m’a été interdit de toucher pendant des années. Je le connais encore par coeur.
“ – Et sache que je t’ai toujours été fidèle.. Je n’aurais jamais pu toucher une autre femme que toi..”
En disant cela, je relève mon regard vers le sien car je tiens à ce qu’elle voit ma sincérité. J’aurai pu avoir mille amantes et pourtant j’en ai eu aucune. Presque trois ans sans charlie et trois ans sans que je ne me laisse avoir par des instincts primaires. Je m’en serai voulu d’avoir oser aller dans les bras d’une autre en sachant que mon esprit ne pense qu’à elle.
“ – Tu as tout de moi.. mon corps et mon âme. Tout t’appartient pour l’éternité..”
Nos lèvres reviennent se trouver et elles sont beaucoup plus passionnées. La chaleur augmente et l’envie devient beaucoup plus pressante. Mes mains caressent ses formes tout comme les siennes retrouvent mon corps. On se retrouve, on se redécouvre mais en douceur. Je ne veux pas que ce moment aille trop vite, après tout nous avons la nuit devant nous. Je change nos positions en allongeant Charlie sur ce qui me sert de lit et je retire entièrement sa robe pour qu’elle se retrouve nue. Mes yeux brillent d’une malice mais aussi d’une admiration que je ne peux masquer. Je suis dingue de cette femme. Elle est d’une beauté unique et qui me rend totalement envoûtée.
Moi aussi je me met à nu pour qu’elle puisse aussi profiter de la vue. J’ai beaucoup plus changé qu’elle puisque les batailles ont marqué mon corps avec des cicatrices mais j’ai aussi pris en masse musculaire. Je sais que mon physique peut impressionner et on me compare à une montagne infranchissable mais face à elle, je me sens comme un adolescent qui a peur de ne pas être assez beau pour celle dont il est totalement épris.
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Un long gémissement sort de ma bouche lorsque nos bassins se retrouvent. Charlie est sur moi et elle me laisse cette vue qui ne peut que décupler mon plaisir. Je crois que j’avais attendu ce moment pendant bien trop longtemps. Je retrouve ma moitié et nous partageons un plaisir qui n’appartient qu’à nous deux. Il n’y a plus que nous dans cette bulle et l’un comme l’autre, nous cherchons à donner le plus de plaisir à l’autre. Je me redresse assez vite pour être assis sous elle et je peux me délecter de sa poitrine alors qu’elle continue de laisser son bassin se mouver sur le mien. C’est exquis, divin.
« – Aah.. Mon amour.. comment oublier une telle.. divinité.. Je suis dingue.. de toi… de ton corps.. de ta sensualité.. »
Elle me rend vraiment dingue et c’est d’autant plus intense quand elle me demande de ne lui laisser aucun répit. À cet instant, je reprend le dessus sur elle en échangeant nos positions et je peux laisser mon bassin être beaucoup plus ferme. La cadence augmente drastiquement mais aussi la profondeur de mes coups de reins. J’exprime ce désir enfoui depuis tant d’années. J’exprime la frustration de ne pas avoir pu la toucher plus souvent mais aussi la joie de pouvoir enfin la retrouver. Je l’embrasse à en perdre le souffle, de la caresse à en détailler chaque parcelle de sa peau et puis l’orgasme nous prend tous les deux. Il est puissant, jouissif, explosif. Nos gémissements sont camouflés par notre dernier baiser mais nous continuons de nous caresser et de bouger pour ne pas perdre une seconde de ces retrouvailles.
Je fini par retomber à côté d’elle mais je l’entraîne à venir contre moi. Sa joue finie sur mon torse et moi je viens glisser mes doigts dans sa chevelure détachée qui couvre une bonne partie du haut de son corps. On respire fort, on est même essoufflé. Nos cœurs battent la chamade et on est en sueur, pourtant je suis au paradis. Je suis loin de tous les malheurs que j’ai pu vivre ces dernières années. J’ai même cette sensation qu’ils ne sont que des mauvais cauchemars. La présence de ma fiancée rend mon esprit plus serein mais aussi beaucoup plus fort.
« – Je me souviendrais toujours de cette nuit sous les étoiles.. nous avions fait le mur et on s’était donné l’un à l’autre pour la première fois. Comment oublier cela ? Comme je n’oublie pas notre premier baiser en Égypte.. ni notre première rencontre.. tous ses heureux souvenirs sont mes plus beaux trésors. C’est grâce à eux que j’ai continué de me battre pour nous, parce que je savais qu’un jour nous finirions par construire de nouveaux souvenirs.. »
J’embrasse le haut de son front mais je remarque qu’elle commence déjà à somnoler. Ça me fait tendrement sourire et je nous couvre avant de moi aussi me laisser porter par la fatigue. Je n’ai pas eu de sommeil entier depuis des années mais ce soir, je trouve un peu de paix dans mon sommeil. Je ne la lâche pas d’un millimètre et lors de notre réveil, elle est encore logé contre mon torse. C’est parce qu’elle s’étire contre moi que j’ouvre les yeux et mes lèvres se mettent directement à s’étirer en un sourire tendre. Elle est bien là. Elle n’est plus à des milliers de kilomètres de moi.
« – Il va falloir que tu rentres avant que tout le monde ne s’alarme pour ton absence mais ce soir on se retrouvera.. Ce soir on va vous libérer et demain nous serons à nouveau une famille. »
Ce n’est pas une promesse, c’est un fait que je compte bien réaliser. Il faut que je bride Charlie sur ce qu’elle doit faire pour assurer une sécurité à nos proches durant la fuite. Elle aura un rôle tout aussi important que le mien puisque c’est elle qui va mener les opérations à l’intérieur.
Il n’y a plus de caresses et de douceur ce matin. Je me transforme en chef de guerre comme je le fais depuis déjà bien trop de temps. Charlie voit enfin ce nouveau visage que je peux porter lorsque je suis loin d’elle. Je suis beaucoup plus sérieux, menaçant et tactique.
Elle va devoir attendre que la nuit tombe pour exfiltrer nos proches vers la porte ouest de Bagdad. De mon côté, j’arriverais par la porte nord pour attaquer la ville. Mon but sera de faire diversion et surtout de montrer au prince qu’il ne vaut mieux pas me chercher plus qu’il ne l’a déjà fait. Lorsque cela sera fait, j’irai à mon tour vers l’ouest pour rejoindre Charlie et nos proches. Il nous faudra voyager jusqu’en egypte avec les chevaux que les nomades vont nous donner. Tout ça va être éreintant mais on peut y arriver.
“ – Tu ne dois surtout rien dire à personne.. Même pas à ton père. Il saura tout lorsque vous partirez ce soir mais aujourd’hui, tu dois te faire mystérieuse ma jolie déesse..”
Je la prend contre moi. Elle ne va pas tarder à s’en aller et j’ai besoin de la sentir à nouveau mais aussi de nous donner la force de donner cette dernière bataille. J’embrasse son front, le bout de son nez et puis ses lèvres mais je n’insiste pas puisque nous sommes entourés par les hommes du désert.
“ – L’un des hommes va te ramener à Bagdad.. Il va te faire passer par un passage secret pour ne pas que l’on sache que tu étais en dehors de la ville. Au cas où si on te demande où tu étais, tu diras que tu as été prié Seth..”
Le dieu egyptien de la discorde.. Il n’y a rien de mieux pour faire comprendre qu’il est grand temps de retrouver une vie normale. J’embrasse une dernière fois Charlie et je la laisse rejoindre l’un des nomades. Je vais avoir toute la journée pour préparer le terrain et vérifier que les nomades sont prêts à reprendre Bagdad. Leur chef est déterminé à le faire puisqu’ils ont bien trop été souvent maltraités par les hommes du prince. Maintenant il n’y a plus qu’à attendre le coucher de soleil.
Lorsque le ciel commence à s’assombrir, je ne suis pas loin de la porte Nord. Je guette devant moi mais j’espère surtout que Charlie réussira à faire bouger notre famille. Je ne doute pas que ses parents se mettent à la suivre mais j’ai un peu plus de doute sur Sora et Tomas qui vont certainement vouloir se battre s’ils savent que je vais arriver en ville. Charlie va devoir ruser pour les convaincre de s’en aller.
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La nuit tombe et il est temps que nous attaquions Bagdad. Je ne sais pas si Charlie a réussi à sortir avec notre famille mais je dois lui faire confiance. En réalité, elle est encore là puisque des hommes d’Ameth l’ont attrapé mais ça je ne le saurai que plus tard. Avec les nomades, nous sommes une centaine à encerclé la ville et nous finissons par y entrer pour que je puisse semer la peur mais surtout aller vers le palais. Je dois montrer à Ameth qu’il n’aurait pas dû biaiser ma confiance. Il y a tout de même pas mal de soldats à contrer dans la ville alors c’est assez compliqué d’avancer vers le palais mais la hargne légendaire me permet de venir à bout des hommes qui essayent de me tuer. J’ai tout de même un mauvais pressentiment en avançant vers le palais.. comme si je sentais que mon plan n’avait pas totalement bien fonctionné. Je ne doute pas de la détermination de Charlie mais il n’est pas normal que le prince ne soit pas encore sorti de son palais pour demander une trêve. S’il ne le fait pas, c’est qu’il a un moyen de faire pression sur moi.
Du côté de ma sœur, c’est la panique puisque Charlie n’est pas là. Elle aurait dû être avec eux pour commencer à s’éloigner de Bagdad mais elle est prisonnière du prince. Tomas connaît assez Sora pour savoir qu’elle est prête à faire demi tour même si elle ne sait pas se battre, c’est pour cela qu’il prend les devants. Il ordonne à Gaius de s’éloigner avec les filles pendant que lui reprend le chemin vers Bagdad. Il compte venir m’aider mais surtout récupérer Charlie.
Je réussis à m’introduire dans le palais non sans avoir reçu des coups et même une belle entaille mais plus j’avance, et plus j’ai la conviction que Charlie est proche. Son âme m’appelle. J’ai même l’impression d’entendre sa voix. Il faut dire que de son côté, elle hurle sur Ameth. Lui est assis sur son trône et il se moque gentiment de la blondinette car il pense que je ne peux pas m’en sortir avec de simples nomades car il croit qu’ils sont idiots et trop sauvages.
« – Quand mes hommes l’auront attrapé, je le ferai enfermé jusqu’au jour de notre mariage. Là, je le ferai sortir pour qu’il assiste à la cérémonie et après il sera exécuté. Cet homme est un monstre dont il faut se débarrasser. As-tu entendu ce qu’il a fait dans ton pays Charlie ? Il a décimé des villages entiers pour parvenir à Rome. Il aurait même éventré des femmes enceintes. Tu ne mérites pas un homme aussi fou. »
Pourtant l’homme fou réussit à passer la porte de la grande salle du trône. Je ne suis plus seul car des nomades ont réussi à me rejoindre mais surtout, ils ont appliqué ma demande particulière. Je leurs avais dit qu’en cas de complications, il fallait que je devienne intraitable et pour cela j’ai besoin de moyens de pression aussi. Ameth tient Charlie mais lorsque je rentre, je suis suivi par des nomades qui tiennent en otage plusieurs femmes d’ameth mais aussi ses enfants. Contrairement à moi, il est un grand amateur de polygamie mais aujourd’hui cela pourrait lui porter préjudice.
« – Kisos.. Je ne pensais jamais te revoir. Ça aurait bien plus simple.
_ Je me doute que tu ne tenais plus à me voir. Tu pensais même pouvoir t’accaparer ma compagne mais sache qu’il en sera rien. Je viens la récupérer, soit par la négociation ou soit par la mort. Et quand bien même je serai celui qui perd, sache que tu ne sortiras pas vainqueur. J’ai un royaume et plusieurs alliés qui prendront un grand plaisir à envahir ton pays.
_ Des menaces.. toujours des menaces. Tu ne sais rien faire à part semer la terreur et le sang. Crois tu que c’est ce que mérite Charlie comme époux ? Un monstre de la pire espèce.. »Ameth se met à rire et il garde fermement le poignet de Charlie dans sa main. Je la fixe et je sens surtout mon sang bouillir. Ameth n’a pas totalement tort.. j’ai été un monstre et je sais que je peux encore l’être. Pourtant la seule personne qui sait rendre mon tempérament plus calme et serein, est justement entre les mains d’un homme qui veut me la voler. Cela ne peut pas calmer mes ardeurs.
« – Assan ? Amène moi une épouse. »
Ameth fronce les sourcils quand il voit que ce fameux nomade me ramène l’une des épouses. J’attrape celle ci et je lui met le couteau sous la gorge, cependant je n’attend pas pour l’égorger. J’aurais pu négocier mais je sais qu’Ameth continuera de me mettre la pression donc je dois tout de suite montrer qui a le contrôle. Le corps de l’épouse tombe au sol et je pointe du doigt un jeune adolescent qui n’est autre que le premier héritier d’Ameth.
« – Amenez le moi.
_ Non !! Tu n’as pas le droit de faire ça !! Je vais tuer Charlie si tu continues !!
_ Et tu crois que ça va sauver tes épouses et tes fils ?! Soit tu la lâches maintenant , soit je tue toute ta famille un par un. Je terminerais par toi. Quoi que j’ai promis à tes hommes que celui qui réussira à te tuer, aura le droit à ton trône.. »Ameth sent le vent tourner et il regarde autour de lui. C’est vrai qu’aucun de ses gardes ne m’a encore attrapé pourtant ils le devraient même si j’ai les nomades avec moi. Le prince sait qu’il a perdu et pour éviter de finir tué, il relâche Charlie et il la pousse pour qu’elle vienne vers moi. Mes bras entourent ma compagne sans plus attendre mais je n’ai pas encore fini.
« – Tu m’as trahis Ameth. Je t’ai fais confiance pour prendre soin de ma famille et tu as voulu me prendre ce que j’ai de plus cher dans ce monde. Pour cela tu dois payer.
_ Non ! Attends Kisos ! Je.. En même temps elle est si belle.. cette femme est une déesse née ! Mais c’est vrai, je t’ai trahis.. mais je ne veux pas que tu me tues ! Je ferais tout pour me faire racheter ! Les hommes seront tes hommes et.. et je ferais envoyer de l’or ! Des marchandises ! Mon pays sera le tien si tu me laisses en vie.. »Ameth essaye de m’acheter et ça pourrait fonctionner, cependant l’argent n’a jamais été mon but. Je fais un léger signe au chef des nomades et je prend la décision de sortir avec Charlie. Je laisse le destin d’Ameth entre les mains des nomades.
Au moment où nous sortons du palais, Tomas arrive en bas des marches en étant tout essoufflé. Il a loupé le plus important mais le fait de me revoir lui met les larmes aux yeux. Nous n’avons pas le temps pour les grandes retrouvailles, pour le moment il faut sortir d’ici. Je fais grimper Charlie sur un cheval et je monte derrière elle. Sans plus attendre je nous met au galop. Nous parlerons plus tard mais j’embrasse son épaule pour qu’elle comprenne que malgré ce qu’il s’est passé, je suis fière de ce qu’elle a fait. Elle a tout de même protéger les nôtres. Tomas nous dit que notre famille a repris la route pour s’éloigner au plus vite de l’Irak et nous devons les rejoindre à Jérusalem car là bas un bateau nous ramènera en Égypte.
Ce voyage de Bagdad jusqu’en Israël va être bien long et compliqué à cause du désert brûlant mais on a vécu bien plus horrible avec Charlie. En plus les nomades m’ont appris comment survivre dans ce genre d’environnement. La première pause ne se fait que lorsque je vois une oasis. Cela permet à nos chevaux de boire mais nous aussi. Tomas est lessivé mais c’est Charlie qui me préoccupe le plus. Elle a vu à quel point je pouvais être intraitable et c’est un trait qu’elle n’a jamais vu de ses propres yeux. Les guerres et les sales coups m’ont effectivement rendu beaucoup plus sanglant et féroce, cependant les rumeurs gonflent un peu trop ma réputation. Je nie pas les rumeurs pour entretenir cette peur que j’impose sur les autres peuples.
« – Comment tu vas Charlie ? Je suis désolé pour ce qu’il s’est passé.. Enfin pour le fait qu’ils ont réussi à t’attraper.. Ameth te faisait sûrement suivre et je n’ai pas pensé à ça.. Il ne t’a rien fait au moins ? »
Je n’ai pas vu de blessures sur son corps mais je tiens à être certain. Moi j’ai des plaies mais elles ne sont que superficielles et puis elles ont cessé de saigner. La seule chose peut être étrange c’est que j’ai l’impression de faire de la fièvre mais je me garde de le dire à Charlie. La priorité c’est elle mais aussi de retrouver notre fille.
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Charlie m’impose de me reposer et elle tente de faire baisser ma fièvre mais derrière son activité de soignante, je sais que quelque chose la tracasse et je n’ai pas vraiment de doutes sur ce que cela peut être. J’ai tué une femme devant ses yeux et je n’ai jamais montrée cette facette devant elle. Ni elle, ni ma famille, n’ont vu cette part d’ombre qui m’a attrapé durant ces dernières années. Mes soldats et mes ennemis savent que je suis un homme impitoyable mais pas ceux que j’aime le plus au monde. Il va falloir que j’en discute avec elle mais ce n’est pas le moment. Elle a raison, mon état est mauvais mais surtout nous devons quitter ce désert. Il y a encore des heures de route avant que nous soyons à Jérusalem.
« – On ne devrait pas trop traîner ici, le nuit va être froide et il ne vaut mieux pas rester sans bouger.
_ Très bien Tomas.. on va y aller. »Pas de repos, on reprend la route et je me remets derrière Charlie. Je la laisse guider notre cheval puisque je suis un peu trop épuisé pour cela et puis ça me permet de me reposer encore un peu. Tomas montre la voie à prendre et il nous faut plusieurs heures pour enfin arriver aux portes de Jérusalem. Lorsque nous arrivons, Tomas nous mène vers l’auberge où est installée notre famille. Il est impatient de retrouver Sora alors que moi, j’ai surtout hâte de revoir Rosie. Je pense qu’il en est de même pour Charlie mais quand nous descendons de notre cheval, je pose ma main sur la sienne pour qu’elle reste un instant auprès de moi.
« – Avant qu’on aille les retrouver, je crois que je te dois des excuses et des explications Charlie.. Depuis notre départ de Bagdad, il y a un silence entre nous et je sais pour quelle raison. Tu.. tu as vu cette facette que je n’aurais préféré que tu ne vois jamais. Tu as vu cet autre Kisos.. ou plutôt le chef de guerre. »
Je ressens le besoin de m’excuser en tant que Kisos, l’homme qui aime cette divine créature mais le guerrier ne ressent pas ce besoin. Je sais que j’aurai eu cette réaction et même bien pire si Ameth n’avait pas fini par relâcher Charlie. J’aurais même pu demander le massacre de toutes les personnes vivantes à Bagdad s’il avait continué à la toucher. Pour ceux que j’aime, je peux devenir le pire des monstres et j’en ai tristement conscience.
“ – Je pourrais te donner toutes les excuses du monde ou les justifications, je sais que tu n’accepteras pas et que tu vas à présent me voir comme quelqu’un de très mauvais.. Quelqu’un qui n’a pas d’âme.. Mais sache que j’en ai une. J’ai un cœur mais seulement pour ceux que j’aime. Les nombreuses guerres et les nombreuses blessures que j’ai subi, m’ont appris à être beaucoup plus tyrannique que je ne l’aurais cru.. Et oui, c’est vrai qu’en Italie je n’ai pas été très bon avec certains villages ou même avec certaines personnes. J’ai énormément de sang sur les mains et il est temps que je sois franc avec toi Charlie. Tu dois savoir ce que j’ai fais avant que nous retournons en Egypte.. Je ne veux pas que tu me suives si je venais à être une abomination à tes yeux.”
Je ne baisse pas le regard, je fixe le sien. Je ne sais pas ce qu’elle pense de moi en cet instant ni ce qu’elle imagine mais je suis prêt à tout lui dire. Elle est la seule personne avec qui je ne serais jamais un menteur ou même un tyran. Elle est la seule personne qui arrive encore à faire de moi un être humain.
“ – J’ai lutté pour essayer de ne pas laisser ma colère m’emporter mais.. Tout a tellement été si horrible. Tout a été fait pour me faire souffrir ou plutôt nous faire souffrir. J’ai laissé mon bon sens s’en aller pour me battre contre cette injustice mais j’ai aussi été injuste en faisant cela. Je le sais très bien.. J’ai conscience de mes actes mais je n’arrive pas à m’en excuser auprès des oppressés parce que si je n’avais pas été aussi sanguinaire, ni toi ni moi, nous ne serions ici à cet instant..”
J’aimerais continuer de me confier mais on se fait rejoindre par Sora qui me saute dessus et surtout Rosie qui se plonge dans les bras de Charlie. Elles n’ont pas su attendre dans l’auberge. Je sers ma jumelle dans mes bras mais je me rapproche aussi de Charlie pour embrasser le front de Rosie. Devant cette petite demoiselle, je retrouve un regard innocent et presque enfantin. Est-ce que je peux encore retrouver un semblant d’humanité après toutes ces années de batailles ?
“ – Ma’ va être si heureuse de te revoir ! On te croyait tous morts sauf Charlie ! Elle.. Elle n’a jamais perdu foi.. Bon sang Kisos..”
Sora me serre tellement dans ses bras qu’elle m’en fait mal à la blessure qui n’est pas encore remise du tout. Elle me refait même saigner mais je ne la blâme pas. Au lieu de cela, nous allons tous dans l’auberge pour que je puisse à nouveau subir des soins mais avec beaucoup plus de moyens que dans le désert.
Gaius aide à me mettre dans une chambre avec Tomas pendant que les filles se retrouvent. Amara ne peut s’empêcher de serrer à son tour sa fille dans ses bras mais son air est grave. Charlie s’est presque sacrifiée pour moi.
“ – Et Rosie tu y as pensé Charlie ? Ce prince aurait pu te tuer ! Il aurait pu te faire tout les maux du monde.. Tu n’aurais pas dû faire cela ! Kisos aurait bien pu se débrouiller seul, après tout c’est un grand guerrier non ?
_ Je ne suis pas totalement d’accord avec vous Amara ! Mon frère est fort, certes, mais par amour on ne peut abandonner celui qu’on aime. N’êtes vous pas la mieux placée pour le savoir ? N’est-ce pas vous qui avez de nombreuses fois mis votre vie et celle de votre fille en danger pour sauver l’honneur de votre époux ?”Sora est une tigresse et elle n’a pas peur de faire front à Amara pour me défendre ou défendre Charlie. Amara lui lance un regard bien sombre mais elle ne réplique pas. Les trois filles savent ce dont elles sont capables par amour. Cependant l’une des trois est une mère louve et elle a toujours été trop protectrice envers sa fille.
“ – Tu n’es pas mère Sora ! Tu ne sais pas ce qu’est de voir sa fille en danger constamment ! Depuis que Charlie a rencontré Kisos, elle n’a pas eu une vie simple ! Elle ne vit plus qu’avec le danger auprès d’elle et je ne peux supporter cela !
_ Sauf que mon frère a vendu son âme pour ne plus qu’elle vive cela.. Charlie n’est plus en danger, au contraire. Elle est certainement devenue la femme qui sera la plus crainte dans ce monde. Quiconque la touchera, sait qu’il ne s’en sortira pas. Vous n’avez plus de raison d’avoir peur pour elle.”Sora n’était pas là lorsque j’ai tué la femme d’Ameth mais elle a eu vent de mes actes, que ce soit par Tomas ou par les murmures qui sont lancés dans Jérusalem et même plus loin. Amara décide de sortir de la pièce pour éviter de se disputer encore plus fort avec Sora et cela arrange ma soeur jumelle qui souhaite parler à Charlie seule à seule.
“ – Je ne sais pas s’il t’en a parlé mais Kisos.. a gagné une réputation qui m’effraie. Non pas parce que j’ai peur de lui mais parce que j’ai peur qu’il ne s’enfonce encore plus si on ne l’aide pas.. Il se dirait même qu’il ne prierait plus que le dieu de la mort.. Je.. Je ne sais pas si c’est réellement vrai mais on doit le ramener à la maison Charlie.. On doit l’éloigner de ceux qui veulent le défier.. Car Kisos gagnera la guerre mais il perdra définitivement son âme..”

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