Le vampire

31 réponses à “Le vampire”

  1. Avatar de M.
    M.

    Décembre 1916. Chicago.

    Je crois que j’attendais ce moment plus que tout, celui où il me demanderait enfin ma main. Nous sommes officiellement ensembles depuis déjà trois années mais à présent, je suis réellement sa promise. Il n’a pas choisi n’importe quelle bague, il m’a offert celle de sa grand-mère et je sais à quel point il tenait à elle. Je ne pouvais pas être plus comblé, d’autant plus que ma famille est entièrement conquise par James. Ça aurait dû être compliqué puisqu’il n’y a que des garçons mais tous l’apprécient. En premier mon père, Gary Phillips, un médecin réputé et connu pour ses prouesses dans la guérison de certaines maladies. Il y a aussi mes frères, car oui, je suis la petite dernière de la famille et surtout la seule fille. J’ai grandi avec quatre grands frères qui m’ont toujours protégés mais qui ont surtout forgé celle que je suis. Mon père m’appelle parfois « son cinquième fils » car je suis tout autant intrépide et fonceuse qu’eux. Il y a Joshua, l’aîné âgé de trente ans. Il a déjà des enfants et une merveilleuse épouse. Il y a aussi les jumeaux, Ronald et Henry. Ils ont soufflé leurs vingt-cinquième bougies. Le dernier frère n’est autre que Georges et nous n’avons qu’une année de différence d’âge. C’est celui dont je suis le plus proche. Mes frères sont mon socle ainsi que mon père mais il y a un immense manque dans ma vie, ma mère. Nous l’avons perdu lorsque je n’avais que cinq ans. Elle a été victime d’un arrêt cardiaque alors qu’elle semblait être en grande forme. Nous ne nous sommes jamais vraiment remis de sa perte et surtout moi. Bien que mon père aussi n’a jamais fait son deuil, si bien qu’il n’a jamais souhaité épouser une autre femme.

    Ce futur mariage est une magnifique nouvelle dans les heures sombres qui nous entourent depuis quelque temps. La première guerre a sonné en Europe et des hommes ont été envoyés sur le front. Heureusement que James n’a pas été appelé.. mais ça n’a pas été le même son pour Ronald, Henry et Georges. Joshua n’a pas été appelé car son statut de juge lui a donné une sorte d’immunité mais mes autres frères n’ont pas eu cette chance. Il ne se passe pas une journée sans que je ne pense à eux. J’ai peur de les perdre et de ne jamais les revoir. James réussit à m’apaiser quand l’angoisse monte en moi mais je ne serais jamais vraiment tranquille tant qu’ils ne seront pas de retour à Chicago.

    Aujourd’hui je retrouve mon fiancé dans ce parc qui a vu naître notre complicité, notre amitié et surtout nos amours. C’est ici que je l’ai sauvé de cette horrible brute mais c’est aussi ici qu’il m’a montré que je n’étais pas qu’une simple petite garçonne. James m’a apporté la douceur dont j’ai manqué. Il m’a aussi apporté la beauté de la nature, de la musique, de la vie. Chaque jour il rend mon monde plus agréable et plus beau. Il n’est pas qu’un simple fiancé, il est cette moitié qu’il me manquait pour devenir une femme complète. Je ne répéterai jamais assez que je suis la plus chanceuse de ce monde grâce à lui.

    Il me surprend alors que j’admire encore cette bague. Il se rapproche de moi et me fait rire. Il m’embrasse et me parle de notre avenir. J’oublie instantanément les images de la guerre et j’imagine des petits Cullen courir dans ce parc avec nous deux pour les admirer. Et puis il me demande de ne jamais le quitter. De le sauver encore. J’hoche la tête vivement car oui, j’irais même en enfer pour le sauver.

    “ – Tu sais bien que je viendrais toujours te chercher ou te sauver. Rien ni personne ne pourra me séparer de toi. Je suis indissociable de toi James Cullen, l’as-tu déjà oublié ?”

    A mon tour, je pose un baiser sur le coin de ses lèvres. Je pourrais lui prendre un baiser beaucoup plus passionné mais ce temps froid commence à réellement me glacer le corps alors je propose à mon fiancé que nous allions chez moi, dans le manoir de mon père. On ne peut pas dire que l’on va déranger grand monde puisque c’est devenu trop silencieux depuis le départ de mes frères. Il n’y a que ma gouvernante et quelques employés pour nous porter compagnie. Caroline est ma nourrice depuis la mort de ma mère. C’est une vieille dame française qui fait les meilleurs gâteaux de toute la ville voir même de tout le pays. Elle m’a élevé comme si j’étais sa propre fille et elle m’aime d’un amour inconditionnel. Mon père n’aurait pu choisir meilleure personne pour moi. Lorsque nous rentrons avec James, elle nous aide à retirer nos manteaux et elle ne peut s’empêcher de prendre James dans ses bras. Lui aussi elle l’a adopté. Elle est toujours émerveillée lorsqu’elle nous voit ensemble. Elle nous nomme même les “tourtereaux”, en bon français. Moi je comprends mais James n’a pas encore eu le droit de savoir ce que voulait dire ce mot.

    “ – Tu le sauras quand tu seras prêt mon petit chat. Pour le moment, allez vous installer dans le salon, je vais vous rapporter du chocolat chaud et un morceau de tarte à la crème.
    _ Il n’a toujours pas décidé de se mettre à l’apprentissage du français ! Il rate quelque chose, pas vrai Caroline ?
    _ C’est la langue de l’amour mon petit James !”

    On se met à rire car elle adore clamer ses racines et vanter les merveilles de son pays. James m’a promis que nous irons un jour à Paris pour faire honneur à Caroline et je compte bien lui rappeler cette promesse lorsque la France aura essuyé l’orage de la guerre. En attendant, nous sommes ici et nous profitons de cette tasse de chocolat chaud, tout en parlant de ses derniers cours de musique. James a un talent inné pour la musique. Il est un tout autre homme quand ses mains se posent sur un piano. Il peut recréer les plus grandes compositions sans avoir besoin du solfège devant ses yeux. J’aime l’écouter et je pourrais ne faire que ça. Quand il joue, je m’assis à côté de lui et je me perds dans ses mélodies. Je m’évade encore une fois grâce à lui.

    Moi, j’aurais dû devenir une femme de maison, comme ma mère. Etre l’épouse et la mère parfaite mais ça ne collait vraiment pas avec mon tempérament. J’ai supplié mon père de me laisser étudier pour pouvoir travailler aussi. Au début il n’était pas d’accord mais avec le soutien de mes frères, j’ai réussi à le faire craquer et j’ai pu intégrer la faculté de médecine. James m’a lui aussi soutenu dans ma démarche, il n’a jamais été un homme réducteur aux vieux principes de femmes objets. Il me pousse à me surpasser et à être la meilleure version de moi-même. Je devrais devenir médecin d’ici quelques années. L’une des premières médecins diplômées des USA car malheureusement, les femmes n’ont pas encore cette chance d’avoir un accès facile aux études.

    Le chocolat chaud étant fini, James nous accorde quelques notes de musique. Je l’écoute avec passion et Caroline pleure d’émotions en entendant ces notes pleines de sensations. L’instant est beau, jusqu’à ce que mon père entre en trombe dans le manoir. Il ne devrait pas être là aussi tôt. Il m’avait prévenu qu’il finirait dans la soirée mais face à son air grave et ses yeux rougis, je comprends. Je n’ai même pas besoin qu’il parle mais pourtant il le fait. Je fond déjà en larmes car oui je sais. Il n’y a pas pire que le regard d’un père qui vient de perdre un enfant. ( Le padre : https://pin.it/2mD7i4Nqh )

    “ – Les.. Les trois.. Des obus sont tombés sur leurs groupes.. Rony.. Henry.. Georgie.. Ils..”

    J’hurle. Je lâche un cri si effrayant qu’il m’en fait tomber au sol. Quelque part, on s’attend à ce genre de nouvelles lorsque des hommes partent en guerre mais on se refuse à ce que cela arrive. Pourtant ça arrive et aujourd’hui ma famille en fait les frais. Mon père perd instantanément trois fils et moi trois piliers. James est là pour me rattraper, me serrer, me calmer. Il ne me laisse pas vriller.

    Février 1917 :

    Les fêtes de fin d’année n’ont pas été joyeuses comme elles l’auraient dû. Ils manquaient des personnes à notre table. Les corps de mes frères n’ont pas pu être rapatriés et on nous a fait comprendre qu’il faudra aller en France pour leurs donner un hommage. Malgré tout, mon père fait en sorte de ne pas couler et il me force aussi à garder la tête haute. Je n’ai pas eu le droit de manquer l’école et surtout il m’a convié à préparer mon mariage, afin que mon esprit soit occupé par autre chose que la mort. Nos familles ont choisi Décembre 1917 pour le grand jour. D’ici quelques mois je devrais devenir Madame Cullen et c’est mon plus grand réconfort.

    En ce jour, nous sommes conviés avec James dans l’un des plus bel hôtel de Chicago. Ils ont une grande salle de réception et c’est ici que nous devrions fêter ce mariage avec nos familles respectives. Le directeur nous accueille en grande pompe, il nous offre même des coupes de champagne. Pour ce genre de moment, je suis heureuse de pouvoir compter sur James qui est bien plus sérieux que moi. Suivre un bonhomme qui vante son hôtel, ça m’ennuie énormément mais c’est une étape que nous ne pouvons pas mettre de côté. J’arrive tout de même à amuser mon fiancé en lançant des vannes sur ce monsieur tout rond qui n’arrête pas de parler. Il parle trop et surtout ce n’est pas intéressant. Par contre, lorsque nous arrivons dans la grande salle de balle, où les plafonds et les murs rappellent ceux des châteaux les plus prestigieux, là je me tais. C’est sublime. C’est ici que nous allons partager notre première danse en tant qu’époux. Pour en donner un premier aperçu à James, je lui tend ma main et je recule vers le milieu de la salle.

    “ – Puis-je te montrer mes talents de valseuse ? J’y ai beaucoup travaillé pour être à la hauteur de tes propres pas mon Amour.”

  2. Avatar de M.
    M.

    Une pandémie a commencé son chemin sur les terres américaines et elle est destructrice. Elle s’en prend à tout le monde sans distinction de classe et elle tue. Ce qui ressemble à première vue à une simple grippe, finit par engendrer des pneumonies mortelles et nous n’arrivons pas à endiguer cela. Nous ne pouvons qu’accompagner les malades et prier pour qu’ils finissent par s’en sortir. Mon père et James ne souhaitaient pas que j’aille aider à l’hôpital mais il y a trop peu de soignants pour trop de patients. Ils manquent de monde pour les aider et je ne pouvais pas rester chez moi sans rien faire. Je sais que je me met en danger mais c’est plus fort que moi. Comment puis-je rester inerte face à ça ? Surtout si c’est pour que cette grimpe finisse par m’attraper. On ne peut pas la contrôler, elle est autour de nous et que je sois ici ou là-bas, je n’en reste pas moins en danger. Mon père aussi l’est tout autant et James est tout autant exposé puisqu’il continu d’aller en cours. J’ai quand même instauré quelques règles pour eux comme pour moi. Je leurs demande de porter une sorte de masque en tissus lorsqu’ils sortent, ainsi qu’ils doivent laver leurs mains aussi souvent que possible.

    Ce soir je reviens d’une après-midi chargée et James m’accable à nouveau. Pas méchamment mais par peur. Il a peur pour moi et je le comprend mais je ne peux me résoudre à accepter sa demande de rester au manoir. Quand il vient contre moi, je baisse les yeux, non pas par honte mais parce que moi aussi j’ai peur. Peur pour lui. Peur qu’il finisse comme toutes ces personnes que je vois à l’hôpital.

    « – Si personne ne soigne ces gens, le virus continuera de tuer.. Je sais que je m’expose mais il y a si peu de soignants.. Pour une centaine de personnes admises, nous ne sommes que cinq. Les autres soignants sont sur les autres dispensaires ou malades aussi.. »

    Je soupire légèrement. Cette situation est catastrophique. Personne ne s’y attendait, surtout qu’il y a toujours cette fichue guerre qui continuent de l’autre côté de l’Atlantique. À cause de cela, les recherches pour la grippe sont casi inexistantes. On ne sait pas d’où elle vient ni même comment la soigner. C’est l’hécatombe.

    « – Mais je te promets que je prend toutes mes précautions. Je met mon masque, je lave bien mes mains et je prend des médicaments pour prévenir.. Je fais tout pour ne pas tomber malade. Après tout, j’ai un mariage à honorer en fin d’année. Je t’ai promis d’être ton épouse et je tiens toujours mes promesses, n’est-ce pas ? »

    Mes mains glissent dans les siennes mais je suis certainement trop naïve. Cette pandémie va tout me prendre, même l’homme de ma vie.

    En mai, je perd mon dernier frère Joshua. La grippe a eu raison de lui et l’un de ses enfants. Il ne reste que sa veuve et un petit garçon nommé Joshua junior. James perd aussi son unique sœur, Louisa. Nous avons encore nos parents mais mon père a été admis en soin depuis quelques jours et James commence à montrer des signes de cette maladie. Pour ma part, j’ai le cœur de plus en plus lourd. En quelques mois, j’ai perdu presque toute ma famille et là je vais perdre les deux grands hommes de ma vie. Je n’arrive plus à sourire, à dormir, à avoir une pointe d’espoir. James a été admis à l’hôpital et j’ai réussi à le faire placer dans la même chambre que celle de mon père. Je passe bien plus de temps avec eux qu’avec les autres malades mais un collègue nommé Carlisle, me permet parfois de prendre des pauses. Sans lui, je ne tiendrais plus la cadence tant je suis épuisé et malheureuse.

    « – Tu devrais prendre ta soirée Beth. Je m’occupe de Gary et James, d’accord ? Et puis dis toi que James est un jeune homme dans la fleur de l’âge. Il a beaucoup plus de forces que tu ne le penses. Là il n’en est qu’au début de la maladie mais je suis certain qu’il va la vaincre. Il n’y a pas que des morts.. regarde, plusieurs personnes ont réussi à vaincre la pandémie.
    _ Sauf que tout autour de moi meurt.. James.. James va mourir aussi.. il.. »

    J’ai horriblement mal. Nous avons passés des années à imaginer un futur parfait. Nous deux mariés, lui grand compositeur et moi grande médecin. Une magnifique maison en campagne. On voulait au moins trois enfants et un grand chien. Nous avions un bel avenir devant nous mais tout vient de s’assombrir. Même moi je commence à avoir les symptômes mais je fais tout pour ne rien montrer. Il est hors de question que je reste dans un lit alors que James a besoin de moi. Mon père n’a pas tenu le coup. Début août, je me retrouve orpheline de toute une famille. Il ne me reste que mon fiancé mais il est encore à l’hôpital. Il lutte pour respirer et il est souvent absent. Il ne remarque plus ma présence mais je reste. Je veille sur lui et passe même mes nuits auprès de lui. Pourtant je m’enfonce. Carlisle finit par m’obliger à finir aussi dans un lit car je n’ai plus aucune force.

    « – Tu dois aussi te soigner.. Je ne pense pas que James voudrait que tu te laisses mourir à côté de lui..
    _ Je dois rester auprès de lui.. Il a besoin de moi.. Il a besoin que je le soigne..
    _ Je vais m’occuper de lui mais nous savons tous les deux que.. qu’il n’a plus beaucoup de temps. Tu le sais Beth. Et c’est pour ça que je te demande de te battre pour lui. Tu dois survivre pour lui, pour honorer cet homme que tu aimes plus que tout. Tu dois vivre et être heureuse pour lui. Tu dois réaliser tous vos rêves.
    _ Non.. non.. sans lui.. je.. je ne suis rien.. »

    Et puis c’est sombre. Je pars à mon tour dans une inconscience qui dure plusieurs semaines voir plusieurs mois. Mon corps lutte contre le virus mais mon esprit est torturé. Je pense à lui, je rêve de lui, je souffre pour lui.

    Je reprend mes esprits un mois avant la date du mariage. Ce n’est pas Carlisle qui m’accueille mais un autre homme, Dereck Johnson. Il est heureux de me voir émerger car sous la demande de Carlisle, il a tout donné pour me sauver. Il a même oser me donner des médicaments qu’il a fabriqué lui-même et ça a fonctionné. Pourtant ce réveil est horrible. Il me tue plus que je ne l’aurais cru. On m’annonce que James est mort en septembre. Il n’y aura pas de mariage dans un mois. Il n’y aura plus d’avenir. Il n’y aura plus rien.

    À peine sortie de l’hôpital, c’est sur sa tombe que je vais m’écrouler. Elle est pourtant vide mais je ne le sais pas. J’hurle ma douleur, je pleure à ne plus pouvoir en respirer. Mon grand amour est enfoncée dans cette terre et moi je suis ici. J’ai vraiment tout perdu. Je suis la seule survivante de la famille Phillips. Je deviens un objet de convoitise qui me révolte puisque j’hérite de la totalité de la fortune familiale et je suis célibataire. Je sais que cela annonce des milliers de demandes de mariage et des hommes à foison qui voudront être à mes côtés mais je ne peux m’y résoudre. J’envisage même le suicide pour rejoindre James. Pourtant, à chaque fois que j’essaye, mes tentatives sont ratées. Des médicaments, une corde, un pont, une falaise.. je ne meurs jamais. Quelque chose me pousse à encore survivre. Et puis un jour j’accepte une demande pour que tout cette mascarade cesse. J’épouse Dereck Johnson, le médecin qui m’a sauvé. Ce n’est pas un mariage d’amour mais il me permet de ne plus être harcelé. Cependant Dereck ne peut pas remplacer James. Il le sait même s’il essaye de me redonner un peu de joie. Il évoque un avenir que je ne veux pas. Depuis cette fameuse année 1917, je ne suis plus qu’une ombre qui doit vivre sans le vouloir.

  3. Avatar de M.
    M.

    07 Octobre 1923 – Chicago

    “- Joyeux anniversaire ma bien-aimée. Il y a un présent pour toi qui attend dans la cuisine. Ce n’est pas tous les jours que l’on fête ses vingt-deux ans.”

    Dereck embrasse ma joue alors que je suis encore allongée dans le lit. Il doit partir au travail mais il tenait à être le premier à souhaiter mon anniversaire. Je ne peux pas nier que c’est un homme doux et prévenant. Il rendrait heureuse n’importe quelle femme, sauf moi. Cela fait déjà cinq ans que j’ai perdu James mais il ne se passe pas une journée sans que je n’ai de pensée pour lui. Il m’est indissociable, comme je lui avais souvent dis. Je sais qu’il n’aimerait me pas voir airer comme une âme en peine et qu’il voudrait que je profite de la vie mais je n’y arrive pas. J’essaye parfois de me laisser emporter par autre chose que la douleur mais elle me revient toujours en plein visage.

    Je ne comprends pas pourquoi Dereck reste avec moi. Aime t’il les cas désespérés ? Il attend patiemment et il ne montre pas sa frustration. Dans la cuisine, il a laissé un énorme bouquet de fleurs et une enveloppe. J’ouvre celle-ci et j’y découvre deux billets de train pour aller vers New-York. Cette ville fait rêver le monde entier de part ses spectacles, des magasins ou même ses grands restaurants. Nous partons ce weekend pour quelques jours. Je souris légèrement à cette intention mais ça ne m’enchante pas plus que cela. New-York me fait forcément penser à James.. Il aurait certainement adoré y donner des concerts ou même travailler dans le conservatoire très connu de cette ville.

    Caroline vit toujours avec moi. Elle a pris en âge et elle fait moins de tâches qu’avant mais j’avais besoin de la garder auprès de moi. Elle est la seule personne proche qu’il me reste. Elle veille encore sur moi et elle essaye chaque jour de trouver un moyen de me faire sourire. Elle évite de parler des personnes que j’ai perdu car elle sait que cela me plonge dans une mélancolie qui me force à rester caché dans ma chambre. Non, elle me parle du beau temps et des nouveautés dans le monde. Elle me force à sortir de mes sentiers et à être un peu plus apaisée.

    “ – J’ai déjà préparé le biberon de Jamie et je lui ai donné. Souhaites-tu que je te l’apporte ma douce fée ?
    _ Non, s’il dort, autant le laisser dormir.”

    Oui, il y a cette nouveauté qui devrait m’épanouir et m’offrir un nouveau souffle mais ça n’est pas le cas. Pourtant Jamie est un petit garçon magnifique et très calme. Il vient d’avoir son sixième mois et il est mon sosie au masculin. Cependant je n’arrive pas à l’aimer comme je devrais l’aimer. Je m’en veux car c’est injuste pour lui mais il n’est pas l’enfant que j’aurais voulu avoir. Il est le fils de Dereck, pas de James.

    J’ai eu du mal à laisser Dereck m’approcher. J’avais promis mon corps, mes baisers, mon amour à James mais ça n’a pas été le cas. Etant marié à Dereck, il a fallu que je me donne. Bien heureusement, il n’a jamais été violent ou indécent avec moi mais je n’ai jamais pris de plaisir. Je me sens même sale lorsqu’il souhaite une nuit intime. Pourtant en acceptant ce rôle d’épouse, je savais que je devais aussi embrasser celui de mère et c’est arrivé. Je suis tombé enceinte et j’ai offert un fils à Dereck. C’est une joie sans fin pour lui. Au moins j’aurai fais quelque chose de bien pour mon époux mais ça n’a rien changé à mon état d’esprit. Je reste une coquille vide. Qui pourtant va avoir la surprise de sa vie dans quelques jours..

    Nous arrivons à New-York, au prestigieux hôtel Saint-Regis, situé sur l’île de Manhattan. Dereck n’a pas fait les choses à moitié. Il veut m’en mettre plein la vue, au point d’avoir fait venir des robes sublimes dans notre chambre afin que je puisse m’habiller comme l’une de ces divas que l’on voit en photo dans les journaux. J’aimerais ne pas sortir, rester dans la chambre mais je ne peux pas tout annuler alors que Dereck a donné de lui pour me faire plaisir. Je choisis donc une robe.. Je prend celle qui selon moi, aurait fait tomber le cœur de James. Il aurait aimé cette robe rouge qui épouse mes formes sans pour autant me rendre vulgaire. Il adorait lorsque je me faisais coquette pour lui.. Juste pour le voir rougir ou sourire bêtement. Cette simple pensée fait monter les larmes mais je les chasse quand j’entend Dereck m’appeler.

    “ – Nous dînons dans une demi-heure, un véhicule nous attendra en bas de l’hôtel. Je descends au bar, en attendant que tu termines de te préparer. J’ai hâte de voir la jolie robe que tu as choisie.”

    Je fixe mon reflet dans le miroir. Je ne me suis même pas fait jolie pour lui.. Je porte même un collier avec la bague de fiançaille que James m’avait offerte. Je suis vraiment la pire des épouses.. Pendant un instant j’ai une sorte de colère envers moi et je m’apprête à retirer le collier mais je ne suis pas assez courageuse ou guérie, pour le faire. Un jour, j’arriverais peut-être à surpasser la perte de James. Un jour, je serais peut-être à nouveau heureuse.

    Je sors de la chambre quelques minutes après mon hésitation mais mon regard est happé par cette personne qui sort d’une autre chambre. Sa silhouette m’est familière. Trop familière. Mais quand il détourne son regard sur moi, je me fige. Je pense même que je deviens aussi pâle qu’un flocon de neige. Je reconnaîtrais ce regard parmis des milliers de gens. Tout comme ces lèvres, ce nez, cette chevelure brune.. James. C’est James. Pas quelqu’un qui lui ressemble ou un sosie de pacotille mais c’est lui. J’en donnerais ma vie au diable s’il fallait parier. Lui aussi se fige. Nous sommes deux être paralysés par ce que l’on voit mais c’est certainement beaucoup plus fou à mes yeux. James est censé être mort, pas ici. Il est censé être dans une tombe et pas dans un hôtel de New-York. Et puis son visage.. il n’a pas bougé d’une ride. Il semble aussi jeune que lorsque je l’ai vu pour la dernière fois. Ça ne fait que cinq ans mais il a encore les traits d’un jeune homme de dix huit ans.

    « – J..James.. non.. c’est impossible.. je dois délirer.. »

    Mon corps entier se met à trembler. Un vertige me prend mais je n’ai pas le temps de finir au sol que je suis rattrapé. Cette fois-ci il n’est plus à quelques mètres mais contre moi. Son visage est proche du miens et c’est une totale certitude. C’est lui. Son petit grain de beauté sur la joue. Ses légères fossettes. Ses cils bien plus longs que les miens. Pourtant il paraît quand même différent. Bien plus beau que dans mes souvenirs mais ses yeux sont plus sombres. Et puis ses mains sur moi, elles sont gelées. Je n’arrive plus à parler, ma gorge est serrée à son maximum. Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Est-ce qu’il aurait monté une sorte d’histoire de mort pour m’abandonner ? C’est la seule explication plausible qui me vient à l’esprit. Mais je n’arrive pas à lui dire. Je suis toujours figé dans ses bras. Mon cœur demande à exploser. Il bat si vite que mes oreilles bourdonnent et mon corps est envahit par un coup de chaud terrible. Ou alors est-ce que je suis en train de mourir et que mon esprit me montre l’homme de ma vie avant que je ne parte vraiment ?

    « – Comment.. comment est-ce possible.. tu.. tu es mort.. tu.. tu es mort depuis cinq ans.. je.. je suis en train de mourir aussi ? C’est.. c’est mon esprit qui me joue.. encore un tour ? Pourquoi tu es là.. pourquoi tu sembles si réel ? »

  4. Avatar de M.
    M.

    07 octobre 1923, Hôtel Saint-Regis, New-York.

    Je ne comprend pas ce qu’il se passe. Je suis pétrifié dans ses bras. Les larmes coulent toutes seules sur mes joues et je suis au bord de la crise d’hystérie car tout cela semble impossible. Mon James est là. Il me tient dans ses bras. Il m’a même parlé. J’ai entendu sa voix et je sens ses mains serrer mes formes. Pourtant quelque chose ne va pas dans ce moment. Il est censé être mort mais au delà de sa mort, James parait différent. Son teint est beaucoup plus pâle que dans mes souvenirs mais sa peau semble bien plus belle et laiteuse qu’avant. Ses yeux sont encore d’un bleu ciel magnifique mais ils pétillent différemment. Ses mains.. même son corps.. ils semblent gelés. Je suis prise de violents frissons car il me donne froid à rester contre moi. Je ne peux pas expliquer ce qui arrive et j’ai peur d’être enfin devenu folle mais pour rien au monde je prendrais la fuite. Si je suis folle, alors cette folie me permet de revoir l’homme pour qui je ferais tout sans rechigner.

    James nous redresse, je suis debout face à lui mais je suis encore dans ses bras. Nous sommes tous les deux silencieux. Lui retrouve son amour perdu et moi je revois le fantôme de mon fiancé. Pourtant il a un avantage que je n’ai pas. Il peut lire dans mes pensées et voir ce qui traverse mon esprit. Je revois notre jeunesse, sa demande en mariage, notre premier baiser mais ça s’assombrit très vite car je le revois dans son lit d’hôpital et puis je vois sa tombe. Elle est vide ? Mais pourquoi est-il parti sans rien me dire ? Pourquoi m’avoir abandonné ? Je me recule de lui. Je fais plusieurs pas en arrière et mon air se fait plus grave. Qu’est ce qu’il s’est passé pour qu’il me laisse seule ?

    « – Tu m’as abandonné.. tu.. tu n’es pas mort alors tu m’as abandonné.. mais pourquoi James ? Tu.. ne m’aimais plus ? Tu ne voulais pas te marier avec moi ? Qu’est.. qu’est ce que j’ai fais pour.. pour que tu me laisses tomber ? »

    Cette simple idée ferait presque plus mal que le deuil. Je croyais que nous étions des âmes sœurs et que nous avions un bel avenir devant nous mais il en est rien et il n’en sera jamais rien. Est-ce que j’ai vécu dans des années mensongères ? Ai-je vraiment tout perdu, même ce grand amour qui me maintenait debout ? Je vois dans son regard qu’il se retrouve confus et qu’il a même un rictus de mécontentement, comme quand je disais des choses qui ne lui plaisaient pas par le passé. Il s’apprête à répliquer mais il se recule un peu plus de mois et des voix se rapprochent. Dereck est là. Il m’attend depuis plus d’une heure et son impatience a pris le dessus. Il me retrouve dans ce couloir, face à ce jeune homme qu’il n’a jamais vu puisque James était censé être mort avant l’arrivée de Dereck à l’hôpital.

    « – Chérie ? Tout va bien ? »

    Il voit les larmes sur mes joues et mon air perdu. Il se dépêche de me prendre contre lui mais il lance un regard suspicieux envers James. Il croit certainement que j’ai été incommodé mais je ne tiens pas à ce qu’il s’en prenne à James ou qu’il suspecte quoi que ce soit.

    « – Tu es gelée.. Ça ne va pas ? Pourquoi tu pleures ? Cet homme t’a dérangé ?
    _ Non.. non.. il est tombé sur moi dans le couloir.. je voulais te rejoindre mais j’ai oublié les clés dans la chambre et je me suis retrouvé enfermé dehors..
    _ Oh mais ce n’est pas grave ça.. on peut demander un double à l’accueil. Tu n’as pas à te mettre dans tous tes états pour si peu ma chérie. Allez viens, nous allons chercher les clés et après nous irons dîner comme prévu. »

    Il est doux et gentil. Ça personne ne pourra le nier. Dereck m’éloigne de James mais j’ai du mal à le quitter du regard. Durant cet éloignement, il peut encore voir dans mon esprit. J’essaye d’imaginer pourquoi il est parti. Est-qu’il aurait eu des problèmes avec un gang ou quelque chose du genre ? Est-ce qu’il aurait été enlevé ? Ou a t’il suivi une autre femme ? J’aurai du rester pour lui poser toutes ces questions mais peut-être que finalement ce n’était pas lui et que mon esprit a vraiment perdu toute rationalité. Pourtant en arrivant à l’accueil de l’hôtel, j’ai un second choc. Et pas des moindres puisque nous tombons sur Carlisle et son épouse. Carlisle.. il devait soigner mon James et pourtant il a disparu lorsque je me suis réveillé de cette tuberculose. Il avait disparu et James était censé être mort. Dereck est tout sourire de retrouver son ami mais moi je suis prise d’effrois, comme si mon instinct me criait que c’était lui qui avait pris mon James. Une tension vive monte en moi et je suis sur le bord d’exploser mais il revient. Il se poste près de Carlisle et il évite mon regard.

    « – Dereck, je ne m’attendais pas à te voir ici mais je suis ravis de te revoir.. enfin de vous revoir. Elizabeth.. vous êtes toujours d’une grande beauté. Heureux aussi de vous revoir. »

    Dit Carlisle à mon encontre mais je secoue la tête. Dereck fronce un instant les sourcils mais je relâche son bras et je fais chemin inverse. L’angoisse est à son apogée. Je dis à Dereck de sortir sans moi car je me sens bien trop mal et je repars vers l’ascenseur. Sur l’instant, dereck se sent bête mais Carlisle sait bien que je dois être plus que troublé alors il tente de rassurer mon époux.

    « – Je suis désolé, Beth ne va pas très bien en ce moment. Je pensais qu’un petit voyage à New-York lui ferait du bien mais il faut croire que non..
    _ Ce n’est pas grave, ne t’excuses pas. Malheureusement c’est assez courant depuis l’épidémie de tuberculose, beaucoup de personnes se sentent encore mal malgré les années qui passent..
    _ Je devrais sûrement la rejoindre et préparer notre retour.
    _ Viens donc manger un bout avec nous avant ce départ. Je pense que Beth a besoin de repos. Souhaites tu que mon fils vérifie qu’elle soit bien remonté à votre chambre ? »

    Carlisle montre James. Dereck reconnaît l’homme du couloir et ça le rassure un peu. Carlisle fait surtout cela car il sait que James ne m’abandonnera pas à cet état et que pour ma part, j’ai sûrement besoin de revoir James. Il fait donc signe à mon ancien amant d’aller me rejoindre et il arrive au moment où je sors de l’ascenseur. Les portes s’ouvrent et il est là, face à moi. Je suis à nouveau prise d’un vertige et puis plus rien.

    Je reprend conscience quelques minutes plus tard, dans une chambre qui n’est pas la mienne. Je suis allongé dans un lit et il fait sombre dans cette pièce. Pourtant je sens son parfum et puis j’entrevois sa silhouette dans le coin de la pièce. James est là. Il est encore là. Je ne suis pas devenu folle mais ça n’en reste pas moins invraisemblable. Il va devoir m’expliquer, me donner des réponses. Il me le doit. Il est toujours en moi malgré les années et la douleur de sa perte. S’il ne m’aimait plus, alors j’ai besoin de le savoir. S’il m’aime encore, je dois le savoir aussi.

    Je me redresse pour m’asseoir sur le rebord du lit et il est déjà là, assis à côté de moi. On ne se regarde pas. Je vois ses mains posées sur ses cuisses mais surtout sans alliances.. au moins il n’est pas marié contrairement à moi.

    « – Je souffre.. Je souffre tellement depuis que je me suis réveillé à l’hôpital.. J’aurais préféré ne jamais me réveiller car une vie sans toi, n’était pas une vie que j’envisageais.. mais.. mais tu es là.. tu n’es pas mort.. tu.. qu’est ce qu’il se passe James ? Pourquoi tu es parti ? Pourquoi.. pourquoi tu m’as laissé dans ce monde sombre ? »

    Mes pensées se perdent dans les méandres de la douleur. Il peut voir les nombreuses tentatives de suicide que j’ai tenté de faire et ce désintérêt pour la vie que j’ai entretenu. En ce moment je devrais sauter de joie mais je n’y arrive pas car je ne comprend pas. Je me sens encore plus seule que je ne l’aurais imaginé. Mon sourire pourrait revenir s’il me dit qu’il m’aime encore et qu’il veut de moi mais je crois que c’est utopiste car dans ce cas il m’aurait rejoint depuis des mois ou des années. On s’était promis d’être ensemble à vie mais la vie s’arrête t’elle a dix huit ans ? Je n’imagine pas un instant que pour lui oui. Je crois que jamais je ne pourrais penser à ce qu’il soit devenu un être immortel. Qui pourrait croire à des légendes que l’on raconte aux gens pour les effrayer ? D’autant plus que nous avons eu une vie assez pieuse. Du moins, je croyais en Dieu jusqu’à ce qu’il m’arrache James.

    « – Si tu ne voulais plus de moi.. tu.. tu aurais pu me le dire.. on.. on se disait tout.. on s’était promis de ne jamais se mentir.. »

    Je relève enfin mon regard vers le sien. Mes larmes reviennent mais croiser son regard redonne un rythme à mon cœur, que je n’avais pas eu depuis des années. Ce garçon a été tout pour moi et il l’est encore. Il était mon meilleur ami, mon confident, mon protecteur, mon amant, mon grand amour. Nous étions deux âmes s’emboîtant parfaitement ensemble. Il ne se passait pas un jour sans que nous soyons à deux. Il me levait vers le haut autant que je le mettais sur un piédestal. Nous étions le couple que tout le monde jalousait et nous avions tout pour être heureux. Pourtant je sens qu’à l’instant, il est tout autant détruit que moi. Malgré les années, j’ai encore cette impression de reconnaître ses émotions et son amour envers moi. Je commence à comprendre qu’il n’avait peut être pas eu le choix de m’abandonner mais pourquoi ? Carlisle l’aurait enlevé ? C’est inconcevable.

  5. Avatar de M.
    M.

    07 octobre 1923. Hôtel Saint Régis, New-York.

    James me parle. Il essaie de me dire pourquoi il est parti et qu’il n’est pas revenu vers moi mais ça n’a aucun sens. J’ai même l’impression qu’il me prend pour une idiote. Maudit ? Mort ? Dangereux ? Essaye t’il de me faire croire qu’il est une sorte de revenant comme nous avons pu le lire dans certains livres fantastiques ? J’ai toujours été très rationnelle alors pour le coup, ses explications ne parviennent pas à me convaincre. Je me sens même vexée qu’il ose inventer un tel charabia. Pourquoi ne dit-il pas la simple vérité ? Qu’est ce qu’il cache de si terrible pour me mentir à ce point ?

    Il se recule et je sens qu’il dégage une tristesse infinie, pourtant il m’est difficile de croire à ses mots. J’en secoue la tête et je me lève de son lit.

    « – C’est n’importe quoi James ! C’est impossible ce que tu dis. Tu serais mort et Carlisle t’aurait redonné la vie ? Tu es quoi ? Une sorte de mort-vivant ? Ce n’est pas du tout rationnel. Et même si c’était le cas, ça ne justifie pas que tu m’abandonnes ! Tu dis que je serais morte si tu étais resté mais sais-tu à quel point je suis morte à l’intérieur ? Hm.. dis moi la vérité ! Tu as rencontré une autre femme ? Tu as une autre vie ?? »

    J’essaye de trouver une réponse beaucoup plus logique. Il a certainement refait sa vie avec une autre ou alors il ne voulait plus être auprès de moi. James sait que j’ai toujours été quelqu’un qui était très terre à terre. Je n’ai jamais cru au folklore ou aux légendes urbaines. J’en fronce les sourcils et je me rapproche de lui pour qu’il ne puisse plus fuir mon regard.

    « – Pourquoi tu ne m’as pas prise avec toi alors ? Moi aussi j’étais au bord de la mort ! Mais à mon réveil, tu n’étais plus là ! Je n’avais plus personne à part Dereck !! Même ce fichu Carlisle avait pris la poudre d’escampette ! »

    S’il dit vrai, pourquoi ne m’aurait-il pas changé aussi ? Pourquoi choisir de vivre loin de moi au lieu de partager cela avec moi ? Je viens lui donner un coup contre le torse tant je me sens soudainement en colère contre lui mais il a raison sur certaines choses. Il est gelé et son torse semble être fait en pierre. Il n’était pas aussi « dur » avant. Il finit par attraper mon poignet et je sens encore le froid se dégager de sa peau alors que moi je suis bouillante de colère.

    « – Je te déteste ! Tu me mens ! Tu m’as abandonné ! Tu ne m’ a peut être jamais aimé ! »

    Dis-je sous la colère et l’incompréhension. Pourtant il pose ma main contre son torse mais de sorte à ce que je puisse comprendre qu’il n’y a pas de battements de cœur ni de respiration. Il me faut quelques minutes pour réaliser la chose. Mon air change.. il se fait un peu plus apeuré mais encore plus perdu. Comment cela peut être vrai ? Je ne lui demande pas l’autorisation et je viens poser mon oreille contre son torse. Il n’y a aucun bruit.. il n’y a rien. Un silence glaçant.

    « – C’est.. impossible.. non., ce n’est pas possible.. »

    Mon oreille reste contre son torse, comme si j’attendais en vain un signe de vie mais il n’y a plus rien. Pourtant il est debout, il me parle, il me regarde. Comment fait-il pour rester en vie ? Pour une étudiante en médecine comme moi, j’en perd tout ce que j’ai appris jusqu’à maintenant. Il doit sentir mon incompréhension mais il ne se recule pas, peut-être pour que je puisse encore vérifier qu’il ne me ment pas. Je pose ma main sur sa joue, son front, le haut de son torse et tout est glacé. Je me met sur la pointe des pieds pour mieux voir ses yeux puisqu’il m’a dit qu’ils changeaient et en effet, ils s’assombrissent étrangement. Ma proximité éveille peut-être sa soif. Je me recule rapidement car j’ai une sensation étrange, celle d’être en danger ou alors celle d’être face à un prédateur. Cela ne dur qu’un instant car ma passion pour lui va au delà de toutes peurs irrationnelles.

    « – Je ne veux pas te perdre à nouveau.. même si tu.. même si tu es différent James. Je ne vis plus sans toi.. je survis. Ne me laisses plus.. ne m’abandonne plus.. Je t’en supplie.. »

    Je prend ses mains dans les miennes et je les serre au plus fort que je le peux. On peut encore vivre ensemble et espérer avoir cette vie qu’on voulait. Ce n’est pas trop tard puisqu’il est encore là, bien présent devant moi.

    « – Dereck sera bien plus heureux avec une autre femme et mon fils trouvera bien plus de bonheur dans les bras d’une autre mère.. Je n’arrive pas à vivre depuis ton départ. Ma vie est devenu une sorte de tragédie que je dois répéter chaque jour.. Je ne tiendrais plus encore des années. Sans toi je n’y arrive pas. Tu.. tu as toujours été mon repère.. mon soleil.. mon souffle.. »

    J’ose me remettre sur la pointe des pieds pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres mais même celles-ci ont perdu la chaleur qu’il avait lorsque nous étions encore un jeune couple. Je ne pense pas qu’il a changé qui il est vraiment mais quelque chose a disparu en lui. La flamme qu’il avait dans les yeux ? Cette joie qu’il avait quand nous passions notre temps ensemble ? Je recule mon visage du sien mais je sens que cette fois ci j’ai été trop loin. Son regard n’a plus rien d’humain. On dirait un fauve prêt à me dévorer. Je n’ai le temps de rien que je suis poussé au sol et ma tête cogne contre le rebord du lit. Lui ? Il prend la fuite. Alors est-ce que finalement tout ça n’était pas qu’une sorte de cauchemar ? Un moment que l’on esprit a tenté d’inventer ? C’est à l’hôpital que je me réveille. Encore une fois. Et je comprends à nouveau que James n’est plus là. Ma solitude et ma douleur reviennent en force mais Dereck est là. Il est endormi sur le fauteuil à côté de moi. Tout est redevenu comme il y a deux jours, avant notre arrivée au saint-Regis. Du moins, en apparence.

  6. Avatar de M.
    M.

    08 Octobre 1923 – New-York

    Cette lettre.. Elle est là et je l’ai lu. Ce que je croyais n’être qu’un mauvais cauchemar était donc réel. James est encore sur cette terre et il ne veut plus faire partie de ma vie. Il évoque vouloir me protéger mais me protéger de quoi ? Ai-je plus peur de vivre auprès d’un être immortel ou d’une vie où je me sens totalement vide ? Il met le dernier coup de couteau dans mon cœur sans le vouloir. J’ai même l’impression d’avoir encore plus mal que lorsque j’ai appris sa mort. Parce que là, je sais qu’il est vivant et pourtant il est loin de moi, il ne veut plus être près de moi et il m’abandonne consciemment.

    10 Octobre 1923 – Chicago, Manoir de la famille Phillips

    Nous sommes rentrés chez nous mais je n’ai pas lancé un seul mot depuis notre départ. Dereck s’inquiète, il pense que mon incident et surtout ma blessure à la tête, sont beaucoup plus graves qu’ils ne devraient être. Dans un sens il a raison, c’est beaucoup plus grave car je sais ce que je veux à présent. Je veux en finir une bonne fois pour toute. Je ne supporte plus cette vie, ce monde, cette douleur. Il ne se passe pas une seule seconde sans que je ne revois le nouveau visage de James et ça me tue plus que je ne pourrais le supporter.

    A peine rentrée chez nous, je préfère m’enfermer dans ma chambre, quitte à en snober mon petit garçon. Il en pleure et ça me fait encore plus mal. Moi aussi je suis une sorte de monstre finalement. Pourtant, il y en a un qui s’approche de chez moi car il a vu en moi une douleur, une faille, qui pourrait être un grand atout dans son envie de dominer le monde.

    Livio Volturi, ( Luke Evans dans Dracula) ou plutôt Livio Isacco Volturi, n’est autre que le grand frère d’Aro et Didyme Volturi, cependant il ne fait pas partie de ce fameux clan qui régit le monde des vampires. A l’aube de sa transformation, il a transformé aussi sa famille mais après quelques années à apprendre à être un vampire, ils ont fait chemin à part car Aro voulait dominer le monde alors que Livio voulait apprendre à mieux le connaître. Aro a fondé sa nouvelle famille avec Marcus, Caius, Sulpicia et ses gardes, alors que Livio a pris le large et vécu mille vies. Il n’y a jamais eu de conflits entre eux et il y a même toujours eu une sorte de respect mutuel, jusqu’à ce qu’Aro décide d’appliquer ses lois sur celui qui lui avait donné sa vie de vampire. Livio était tombé amoureux d’une jeune femme humaine et en l’apprenant, Aro lui a exigé de la transformer. Livio ne le souhaitait pas mais Aro ne lui a pas laissé le choix. Accompagné de ses gardes aux multiples talents donc les jumeaux Jane et Alec, la demoiselle fut transformée mais cette transformation l’a poussé à se retourner contre Livio. Cet acte a eu son impact et bien qu’il n’a rien fait en représaille directement, Livio a décidé qu’il allait faire payer son frère et sa “famille”. Comment détruire une famille puissante ? En créant une famille encore plus puissante.

    Depuis quelques semaines, Livio suivait Carlisle et James. Comme les Volturi, il cherche des “talents” et il a compris que James en avait un. Heureusement, James n’a pas entendu les pensées de Livio et c’est certainement pour cela que James est parti sans se douter qu’il venait de m’offrir à un vampire originel. Livio aurait pu suivre James après son départ de New-York mais il a trouvé un talent encore plus puissant ou alors beaucoup plus destructeur que James. Moi. Livio a plusieurs dons et c’est pour cela qu’Aro ne s’est jamais attaqué directement à lui. Livio peut sentir les pouvoirs des autres et leurs forces. Il a aussi la capacité de se protéger des dons des autres mais aussi d’aveugler ses ennemis. Il est bien plus puissant que son frère mais il a une grande faille, celle d’être bien plus humain.

    14 Octobre 1923, Hôpital psychiatrique de Chicago.

    “ – Tu as besoin de repos et ce n’est pas forcément bien que tu restes enfermé dans ta chambre Lilie..
    _ Alors il faut m’enfermer dans un hôpital ? Tu penses que je suis folle ?”

    Je crois qu’il n’y a même plus d’émotions dans ma voix. Je n’arrive plus à être triste ou en colère. Dereck a peut-être raison de me mettre ici. Enfin, c’est ce que je crois jusqu’à ce que je vois l’envers du décors. Des bains glacés, des électrocutions, de la lobotomie.. Les gens ressemblent à des légumes ici. On leurs a tous enlevés en détruisant leurs cerveaux. C’est ce qui va m’arriver aussi si je reste. Ils disent sauver les âmes mais en réalité ils font des choses horribles sur des personnes qui sont simplement en souffrance mentale. Dereck s’en va sans se retourner et j’hurle pour qu’on me laisse repartir mais il est trop tard. Je suis emprisonné et voué à sombrer ici. Je regrette encore plus de ne pas avoir osé me suicider quelques jours plus tôt. Est-ce la punition ultime ?

    Et puis il arrive. Il vient à moi comme s’il était un messie. Habillé avec une blouse de médecin, il se présente comme quelqu’un de bon et qui ne veut que mon bonheur. Bien sûr, je ne le crois pas et je lui exprime toute ma rage. J’ai peur que ce soit lui qui me vide l’esprit, qui me détruit le cerveau.

    “ – Je ne vais pas vous faire de mal Elizabeth. Je vous le promet. J’ai cependant besoin de savoir pourquoi vous êtes ici mais aussi si vous avez déjà vécu des choses étranges..
    _ Des choses étranges ? Vous faites une chasse aux sorcières ? Salem a déjà eu lieu.
    _ Je le sais bien. La plupart de ces femmes sont mortes alors qu’elles étaient innocentes. Sachez que j’aurais aimé les sauver, comme j’aimerais vous sauver aussi.
    _ Sauver de quoi ? Mon époux vient de m’enfermer dans un asile et.. et l’amour de ma vie m’a.. Hm.. Laissez moi tranquille.
    _ Essayez de vous rappeler Elisabeth. Je suis certain qu’il y a des choses inexplicables que vous avez vécu depuis votre douce enfance.. On en reparlera plus tard.”

    Je ne comprend pas où il veut en venir mais c’est vrai que je suis intrigué par les mots de ce médecin. Si intrigué que je réfléchis à ses mots. Des choses étranges ? Je pense à James et son immortalité.. ça c’est encore illogique.

    Je suis enfermée dans une chambre qui n’a qu’un lit et une petite fenêtre protégée par des barrières. La vue ne montre qu’un morceau de cours. J’observe en réfléchissant mais la seule chose qui me vient en tête, c’est un petit incident que je n’arrive toujours pas à expliquer lorsque j’avais dix ans. Je ne connaissais par encore James et je me sentais seule. Je n’avais aucun amis, seulement mes frères pour compagnon. Un jour, alors que je jouais avec mon chien dans notre jardin, l’un de mes frères m’a disputé car il disait que j’avais abimé l’une de ses chemises. Cela était faux car c’était un autre de mes frères qui avait commis cette bêtise mais j’avais tellement été affectée et rabaissée par les paroles de mon grand frère, que j’avais vécu ma première colère intense. En soit, ce n’était pas si grave, pourtant sans qu’on ne sache pourquoi, un feu s’était déclaré dans la chambre de ce même frère. Sa chemise avait pris feu sur son lit. Sa chemise avait commencé à consommer notre domicile.

    15 Octobre 1923, Asile de Chicago

    Ce souvenir ne fait pas écho et je le laisse de coté. Cependant Livio sait ce qu’il en est et il veut être certain de ce que je sais faire avant d’aller plus loin. Pour ça, il doit faire en sorte de me confronter à une colère ou une peur qui déclenchera à nouveau mon don. Quoi de mieux qu’en asile pour créer l’horreur ? Une petite pièce, un vieux médecin qui fait froid dans le dos et des électrochocs. L’infirmière pose le coton sur mes tempes et je comprends ce qu’il va m’arriver. Ils vont me prendre mes derniers souvenirs, ils vont me prendre mon esprit.

    16 Octobre 1923, Journal de Chicago

    “ Hier soir, un grand incendie a ravagé l’établissement psychiatrique de la ville. Une grande partie des bâtiments ont été ravagé par les flammes. Les pompiers dénombrent une cinquantaine de morts, dont les trois quart sont des patients.”

    25 Octobre 1923, quelque part au canada.

    Je n’ai jamais vécu de douleurs comme celles-ci. Je pensais que l’amour faisait mal mais ce n’est rien comparé à ce feu qui a brûlé mon corps. Ma tête était un volcan en fusion, mes veines des fontaines de lave. Je suis certaine d’avoir crié qu’on me laisse mourir mais personne ne m’a entendu. Et puis là, j’ouvre les yeux. Tout est différent.. j’ai l’impression de voir le plus minime des détails. Cependant je ne sais pas où je suis. Livio se rapproche quelques secondes après m’avoir entendu bouger et il pose sa main sur la mienne. Il a un sourire ravi.

    “ – Tu es enfin réveillé. J’ai cru devoir attendre encore des jours.
    _ Qu’est ce qu’il se passe ? où sommes-nous ??
    _ C’est le début de ta nouvelle vie Elisabeth. Une vie où plus personne ne pourra te faire de mal. Une vie ou je vais veiller sur toi. “

    Il m’explique. Je ne suis plus comme avant.. Je ne suis plus humaine. Il a fait de moi ce que Carlisle a fait de James. Livio s’est assuré de faire croire à ma mort grâce à l’incendie de l’hôpital. Je suis officiellement déclaré morte. La nouvelle va vite se répandre puisque j’étais la dernière survivante de la famille Phillips. Livio nous a amené dans une forêt du canada pour que je puisse apprendre à me contrôler, à apprendre à être une immortelle. La seule chose qu’il me demande en contrepartie de cette nouvelle vie, c’est de ne jamais tenter de retrouver James. Il veut que je reste auprès de lui, que je devienne sa famille, que je lui reste fidèle. Il sait à quel point j’aime James et à quel point je suis voué à lui mais là, il me demande à mon tour d’abandonner l’homme pour qui j’aurai donné ma vie.

  7. Avatar de M.
    M.

    25 octobre 1923, Beardmore, Ontario

    Encore une fois, et ça depuis quelques semaines, je ne comprend pas ce qu’il se passe mais je sais que quelque chose n’est plus pareil en moi. Je ne sens plus mon cœur battre, ni ma respiration. J’ai l’impression de tout entendre, de mieux voir, de mieux sentir mais il y a aussi une sorte de brûlure qui force sur ma gorge. Je ressens le besoin de quelque chose mais de quoi ? Et puis cet homme qui me demande d’oublier James.. je ne le connais pas. Enfin, il était mon médecin à l’asile mais qui est-il vraiment ? Le souvenir de l’incendie revient petit à petit. Je me souviens de la pièce où j’étais enfermé et le vieux médecin qui s’apprêtait à mettre les électrochocs sur mes tempes. Je lui ai hurlé de ne pas m’approcher mais j’étais attaché à la table. Il avait presque réussi à m’envoyer des décharges mais prise par une peur que je n’avais jamais encore ressenti, j’ai paniqué et cet homme s’est embrasé devant moi. Oui, il a pris feu devant moi. Par la suite, tout a été rapide. Le feu a commencé à se propager et la fumée a envahit mes poumons. Je n’arrivais plus à respirer et avant que je ne ferme les yeux définitivement, Livio est arrivé. J’ai senti ses dents s’enfoncer contre ma gorge et me voilà ici. Je ne sais pas quel jour nous sommes ni où nous sommes mais cet étrange homme m’a en quelque sorte sauvé.

    « – Qui êtes vous ? Qu’est ce qu’il se passe vraiment ? Je ne comprend plus rien..
    _ Je me nomme Livio et je suis un vampire.
    _ Vous vous êtes lancé le mot avec James ?
    _ James n’est qu’un enfant à côté de moi. Je ne suis pas un simple vampire mais le premier vampire. Et toi aussi tu es devenu l’une des notre. Ne te sens tu pas différente ? Et n’as-tu pas une soif immense ?
    _ Une vampire.. Et puis quoi encore ? »

    Je crois que mon esprit ne veut pas y croire ni l’accepter mais pourtant il va le falloir puisque Livio a raison. Je ne suis plus humaine. Il me fait les détails de mes symptômes et de ce que je suis devenu. Il en revient même à James en disant que lui aussi subit cela. Cependant James ne s’alimenterait que de sang d’animaux, pas Livio.

    « – Pourquoi vous avez ça ?! Une vengeance contre James ? Carlisle ? Pour me punir moi ? Vous n’avez certainement pas fait ça pour mes beaux yeux ! »

    Il sourit finement car il voit les prémisses de mon caractère intense. Je me contiens mais je ne suis qu’une marmite qui ne demande qu’à déborder. C’est ce qu’il voulait et c’est ce qui l’attire. Il a besoin d’une alliée de taille, pas quelqu’un qui faiblira facilement.

    « – Tu as un feu en toi qui ne demande qu’à exploser et j’aime ça. Nous sommes presque pareil Elizabeth. Moi aussi on m’a volé le grand amour de ma vie. Moi aussi mon amour m’a abandonné. On se comprend bien plus que tu ne le crois et je sais que tu seras une meilleure version de toi-même à partir de maintenant.
    _ C’est pour cela que vous m’interdisez de voir James ?!
    _ Qu’est ce que tu veux qu’il t’apporte ? Il t’a abandonné. Même si tu es devenu comme lui, est-ce que cela va changer quelque chose ? Il aurait pu te transformer pour vivre auprès de toi mais il ne l’a pas fait. J’en conclus qu’il ne devait pas vraiment avoir besoin de toi dans sa vie. Et puis de toute façon, il doit te penser morte comme tout le reste du monde. J’ai fais en sorte que les autres te pensent brûler lors de l’incendie de l’hôpital. Ton époux et ton fils te pleurent mais ils finiront par s’y faire.»

    C’est ce qu’il veut. Livio tient à m’éloigner de James ou plutôt de faire en sorte que je ne veuille plus de lui, voir que je le déteste. Ça sera beaucoup plus simple pour que je reste auprès de Livio. Il n’y a pas meilleur moyen que d’accuser James de tous les maux de ma vie. Les dernières années ont été si difficiles que j’aurais presque envie de le croire. Ça serait même plus facile de le croire. Je n’aurais plus cette sensation de cœur brisé. Car elle est encore là, je la sens encore vagabonder en moi. James reste dans mon esprit même avec cette transformation. Il touche encore mon cœur qui pourtant ne bat plus.

    Livio a senti que James me cherchait. Il l’a senti se rapprocher de la forêt et grâce à ses dons, il peut l’éloigner mais il ne pourra pas le faire éternellement. Si James ne lâche pas l’affaire, il se pourrait que je finisse par le retrouver et ça n’est pas dans les plans de Livio. Alors il doit le rencontrer. Il doit le chasser.

    27 octobre 1923, forêt de Beardmore.

    Livio doit m’amener chasser car la faim devient de plus en plus forte mais c’est impossible avec la présence de James. Il décide donc de me laisser en prétextant aller voir où nous pourrions aller chasser. Je lui ai exprimé mon envie de ne tuer personne mais Livio ne compte pas me faire boire le sang d’un cerf. Il a besoin que je sois beaucoup plus forte et il n’y aura qu’avec un humain que cela sera possible.

    Il ne met pas bien longtemps pour trouver James. Mon ancien fiancé à presque réussi à s’approcher du chalet où je suis enfermé mais il se fait rapidement mettre au sol par Livio. La force de l’italien ne permet pas à James de répliquer. Personne ne fait le poids à côté de lui, même pas son propre frère Aro. Pourtant il n’est pas là pour tuer James même s’il le pourrait.

    « – Elle ne veut plus de toi. Tu l’as tué James et moi je l’ai sauvé. Il va falloir que tu acceptes ce destin et que tu la laisses vivre sa vie. »

    Il ne dit pas pourquoi il s’est focalisé sur moi mais il est clair que c’est une guerre perdu d’avance pour James. Livio le relâche mais il n’en reste pas moins menaçant.

    « – Maintenant elle sera protégé et en sécurité avec moi. Si c’est ça qui t’inquiète le plus. Mais oublie là. Elle est à moi et elle le sera éternellement. Je suis le seul qui peut la comprendre et l’aider. Toi tu n’as été que son plus grand fardeau. Tu l’as envoyé en enfer et j’ai su la relever avant qu’il ne soit trop tard. Maintenant va t’en. On sait tous les deux que tu as déjà perdu et j’aimerais éviter de te tuer. Bien que je ne suis pas un gentleman, j’évite de tuer mes congénères. »

    Il n’a pas peur que cela se sache auprès des Volturi puisqu’il ne les craint pas mais il a des principes qui me sont encore inconnus. Il faut dire que peu de monde sait vraiment qui il est sauf Aro et quelques vampires qu’il a cotoyé durant sa vie. Ce vampire est un mystère que peu de monde souhaite déranger. Si même les Volturi le craignent, ne vaut-il mieux pas le laisser tranquille ?

  8. Avatar de M.
    M.

    27 octobre 1923 – Beardmore

    J’ai l’impression de sentir James. Je ne sais pas comment je pourrais l’expliquer mais je sens sa présence. Pourtant Livio m’a interdit de sortir du chalet donc j’évite de le faire car je sais que je suis une sorte de danger pour l’extérieur. Je comprends mieux James. Je comprends sa peur mais je ne l’excuse pas pour autant de m’avoir abandonné. Je pense même que je lui en veux encore plus car ça aurait pu être lui qui me transforme, au lieu de cet homme que je ne connais pas et qui me fait peur. Justement, il ne tarde pas à revenir. Livio passe la porte du chalet et il semble agacé. Il vient dans le salon pour voir si j’y suis toujours et il vient se poster devant moi.

    “ – Ton ancien fiancé est dans cette forêt.
    _ James ?? Il est là ??
    _ Oui et il ne lâchera pas l’affaire. Il veut te récupérer. Sauf que moi je ne veux pas alors tu vas aller le voir et l’éloigner une bonne fois pour toute. Sans cela, je serais obligé de le tuer.”

    Livio est terriblement froid et cinglant. Il me regarde de sorte à ce que je me retrouve au pied du mur. Il ne rit pas, il tuera James si je tente de rester avec lui. Je ne sais pas si c’est possible mais j’ai l’impression d’avoir un immense froid qui parcourt mon corps. Si je le garde auprès de moi, Livio sera définitivement mort et même si je lui en veux, jamais je ne pourrais laisser quelqu’un lui faire du mal. J’aime encore cet homme.

    “ – Il se trouve à quelques kilomètres d’ici. Tu vas venir avec moi.
    _ Non.. Non je veux y aller seule..
    _ Et t’en aller avec lui ?!
    _ Non.. Je reviendrais. De toute façon, je suis certaine que tu nous traquerais si on partait..
    _ Tu es plus intelligente que je ne l’aurais cru. Très bien. Alors je te donne une heure. Si dans une heure tu n’es pas là, je vous traquerais et je le tuerais devant tes yeux.”

    J’ai envie de pleurer mais rien ne sort. Livio m’ordonne de ne pas laisser mon envie de sang prendre le dessus et d’aller directement vers James. Je me relève et sous ses directions, je pars à la recherche de James. Dehors il neige, il fait froid mais je ne ressens rien. Sauf son odeur. Je sens l’odeur de James et avec une vitesse presque éclair, je me retrouve près de lui. Il est là, à genoux dans la neige mais il relève ses yeux rougis vers moi. Encore une fois, mon coeur se brise.. Il ne sait faire que ça. Mais là c’est encore pire car je sais.. Je sais que c’est la dernière fois que je verrais James. Cette fois-ci c’est à mon tour de le repousser. Cette fois-ci c’est à moi de le briser. Et ça me tue de l’intérieur.

    “ – Tu dois t’en aller James. Livio a raison.. Je ne veux plus de toi dans ma vie. Tu m’as brisé.. Tu m’as tué bien avant qu’il ne me transforme.”

    Je m’en veux. J’ai une haine viscérale contre moi mais aussi Livio. D’extérieur, je parais sérieuse mais à l’intérieur je suis effondré. Je donnerais tout pour fuir avec James et rester éternellement à ses côtés mais là, tout est bel et bien fini. Il n’y a plus de retour possible. Il n’y a plus d’avenir. Si je ne le fais pas, James sera tué et il en est hors de question.

    “ – Tu avais le choix après la grippe espagnole.. Tu aurais pu ne pas écouter ce Carlisle et venir me retrouver. Tu m’as abandonné, tu m’as livré à une vie qui m’a détruite. J’étais seule.. J’étais effrayé.. J’étais totalement vide. Livio vient de m’offrir une seconde vie et il m’a promis de ne pas m’abandonner, de me protéger, m’aimer.. C’est avec lui que je veux rester.”

    Je souffre. J’ai horriblement mal. Pourtant je réussis toujours à cacher mes sentiments face à un James qui semble à son tour détruit. Il voit la nouvelle Beth.. Avec des yeux rouge sang, un teint bien plus laiteux et des cheveux bien plus beaux et blonds qu’avant. C’est vrai que cette immortalité me rend beaucoup plus belle mais ça n’a pas d’importance à mes yeux car je dois éloigner la seule personne pour qui j’aurais voulu être belle.

    “ – Je ne veux plus que tu m’approches ou que tu reviennes dans ma vie.. Tout est terminé, comme tu l’avais écris dans ta lettre. Je t’ai aimé de toute mon âme et tu as été mon premier grand Amour mais à partir d’aujourd’hui, c’est terminé. Tu ne seras plus qu’un douloureux souvenir.”

    Je suis un monstre. Pas un monstre assoiffé de sang mais un monstre qui ment ouvertement à son âme soeur. Lorsqu’il s’approche, je me recule et je met ma main de sorte à ce qu’il reste éloigné de moi.

    “ – Pars.. Et ne reviens plus jamais.”

  9. Avatar de M.
    M.

    Il part. Il s’éloigne. J’ai envie d’hurler, de lui crier de ne pas me laisser avec Livio mais je ne peux pas. Je n’ai pas le droit. Son départ me tue mais il vit. Il souffre mais il pourra vivre et il n’y a que ça qui compte. J’entend tout de même ses derniers mots. Il me promet de revenir, que nous nous sommes jurés de s’aimer éternellement. Oh oui, je sais que j’aimerais éternellement mais je dois rester loin de lui. Je dois le fuir. Je dois être certaine qu’il ne finira jamais entre les mains de Livio.

    Livio arrive derrière moi quand il sent que James est très loin. Il pose une main sur mon épaule mais je m’éloigne de lui. Je ne veux pas qu’il me touche. Je voudrais même le fuir mais je sais que c’est une peine perdue. Il sourit légèrement face à mon refus de proximité et il me tend sa main en guise d’invitation.

    “ – Je sais que tu m’en veux et que tu te poses des questions sur moi mais le temps saura te donner des réponses ainsi qu’il apaisera ton esprit.
    _ Pourquoi moi ? Et pourquoi m’éloigner de lui ?? Je lui en veux mais je l’aime !! Je n’aime que lui ! Jamais je ne vous aimerais !
    _ Comme je t’ai dis, le temps fera son oeuvre Elizabeth. James ne sera qu’un obstacle sur la grande vie que je te réserve. Tu es un cadeau exceptionnel mais tu n’en as pas conscience.
    _ Un cadeau ?? Tuer des gens pour se nourrir, vous trouvez que c’est un cadeau ?? Ne pas vieillir, ne pas pouvoir vivre normalement..
    _ Tu as un don exceptionnel. Tu peux contrôler le feu comme personne.
    _ Et je vais vous servir d’armes ? C’est ça votre but ? Jouer la pyromane pour vous faire jouir ??”

    Il se met à rire et il secoue sa tête. Livio ne peut pas lire dans mes pensées mais il sent mes émotions. Il sent ma colère et surtout la peur de cette nouvelle vie.

    “ – Pas vraiment. Ton don pourrait me servir un jour mais en attendant je vois surtout une immense alliée et quelqu’un qui comprendra ma vision du monde. Tu es une âme solitaire, un coeur brisé.. Tu sais ce que cela fait de vivre comme une coquille vide et je t’assure que cette nouvelle vie va t’offrir tout ce que tu n’auras encore jamais vécu.
    _ Vous voulez faire de moi votre femme ? Pour combler votre solitude ??
    _ Oui. Cela ne sert à rien de tourner autour du pot encore des siècles. Dès que je t’ai vu à New-York, j’ai su que tu étais cette personne que j’ai cherché à avoir depuis des siècles. Tu es quelqu’un de puissant même si tu ne le crois pas. Tu es un feu hardent qui a besoin d’être libre.
    _ Vous m’emprisonnez dans votre monde, votre vie.. Il n’y a aucune liberté à cela.
    _ C’est ce que tu penses pour le moment mais tu finiras par changer d’avis.”

    Je regarde à nouveau vers le chemin que James a pris. J’ai envie de le rejoindre. J’aimerais le rejoindre. Pourtant je fini par suivre Livio et cela n’est que le début de plusieurs décennies d’errances avec lui.

    Il nous fait quitter l’Amérique assez rapidement et nous partons un peu partout autour du monde. Il cherche des nouveaux talents pour sa nouvelle famille et moi je dois rester là, comme son ombre ou plutôt sa chose. Je ne peux pas dire que je déteste ce vampire mais contrairement à ce qu’il pensait, je n’arrive pas à l’aimer comme il le voudrait. Dans mon esprit, il y a toujours James et ça malgré le temps qui passe. Je m’étais juré de ne jamais le recroiser et pour l’instant ma mission est réussie. Les décennies ne m’ont pas rapproché de James, bien au contraire, elles m’ont de plus en plus éloignés. Même dans ma manière de vivre, je ne suis plus la jeune femme curieuse, joueuse et douces. Le vide est revenu en moi et au lieu de le combler avec mélancolie, je les comblait en étant une sorte de vampire sans pitié. Je n’ai aucun mal à tuer des humains. Je n’ai aucun mal à jouer avec mes proies. L’ancienne Beth aurait été horrifiée par cette nouvelle version et pourtant je me suis laissé envahir par l’obscurité. Cela ne déplait pas à Livio, qui encourage même à ce que je sois cette version intraitable mais je sais au fond de moi, que je ne suis pas cette personne.

    Nous avons vécu plusieurs années en Europe mais aussi en Asie. Nous avons été Australien et même islandais. Livio a toujours fait en sorte que nous restons loin de l’Amérique mais après presque 90 ans loin du nouveau continent, il a décidé de nous rapatrier au Brésil. Il pense que je ne ressens plus rien pour James et que je ne pense plus à lui. Je ne parle jamais de mon ex fiancé. Je garde son souvenir comme mon trésor le plus précieux. Livio a surtout su que James avait une petite-amie dont il serait fou amoureux et il pense que cela évitera de possibles retrouvailles avec moi. James à tourner la page et c’est tant mieux. Il espère même qu’en sachant cela, je décide enfin de me rapprocher de Livio. On a parfois été amants mais jamais je ne lui ai offert l’amour qu’il veut obtenir.

    Août 2005, Rio De Janeiro.

    Il y a 89 ans, en ce même instant, j’étais dans le parc avec James et il m’annonçait avoir été accepté au conservatoire. Il était heureux et moi je l’étais encore plus. Ce souvenir me revient alors que j’observe la plage de Copacabana du haut de la tour où Livio nous a trouvé un appartement. Nous sommes ici depuis la veille. Livio aurait eu des informations sur un jeune homme qui aurait le don de savoir contrôler l’esprit des gens et il veut le trouver avant les volturi. Nous avons déjà plusieurs personnes dans cette famille qu’il a voulu construire mais je ne suis proche de personne. Je ne suis qu’une sorte de belle-mère acariâtre et austère. Enfin, c’est ce que j’ai entendu de leur part. La plupart du temps je reste seule. Je chasse seule, je me balade seule, je traque seule. Du moins, à une distance que Livio contrôle. Il s’assure encore que je ne m’enfuis pas.

    Le temps ne m’a pas guéris mais il a eu un seul point positif, dira t’on. Il m’a rendu magnifique et hypnotique. D’une petite blonde en robe longue et cheveux attachés, je suis devenu cette femme fatale qui fait tomber les coeurs aisément. C’est épique en sachant que je n’ai plus de quoi aimer qui que ce soit. Cependant c’est un atout pour chasser et manger facilement. J’use de mes charmes pour tuer. J’use de la faiblesse des hommes pour les détruire.

    “ – Ce soir nous allons en ville avec Ethan, Lucie et Barry. J’aimerais que tu viennes avec nous. Tu participes de moins en moins à notre vie de famille..
    _ C’est ta famille, pas la mienne Livio.
    _ Non, c’est la tienne aussi. Il va falloir que tu l’acceptes mais surtout que tu le comprennes. Cela ne sert à rien de t’isoler, qu’importe l’endroit où nous serons car on sera toujours là, auprès de toi.
    _ Pour un vampire qui voulait dominer le monde, tu es devenu un vrai petit père de famille dis donc.. Ton humanité te manque Livio ?”

    Il rit jaune mais il aime que je le défis, que je ne sois pas totalement à ses pieds. Il me redemande de venir les rejoindre dans la soirée et je lui dis que je verrais bien. Pour l’instant, j’ai surtout faim et pour cela, il va falloir que j’aille chasser. Avec le soleil, je ne peux pas sortir maintenant mais dès qu’il sera couché, je compte bien aller dans les ruelles bondées de Rio pour trouver mon prochain repas.

  10. Avatar de M.
    M.

    Rio, 2 avril 2006.

    Nous sommes ici depuis plusieurs semaines et j’ai déjà entendu des échos sur James. Je garde mes émotions et mes sentiments dans un coffre bien mieux fermé que n’importe quelles banques mondiales mais dans le fond, j’ai mal. Il a retrouvé l’amour dans les bras d’une humaine alors que.. alors que pour moi il se l’était interdit. Je croyais avoir tout vécu et tout subis mais le passé fait encore terriblement mal. Cela doit arranger Livio, il sait que ses nouvelles vont attiser encore plus de haine en moi puisque c’est lui qui m’a annoncé cela.

    « – Tu sais la rousse qui est venue me voir hier ? Elle veut mon aide pour détruire la famille Cullen. »

    Il n’a pas besoin de me faire un dessin pour que je comprenne. Il parle de James, Carlisle et le reste de cette troupe. Depuis 1923, il a évité le sujet mais là j’ai l’impression qu’il meurt d’envie de me provoquer. Peut-être pour me punir de ne pas être celle qu’il aurait aimé que je sois.

    « – Je n’ai rien dit pour le moment. Je comptais en discuter avec toi. Après tout, je t’avais fait la promesse de ne pas toucher à ce James.. mais aujourd’hui les choses sont différentes. Il en aime une autre. Une humaine. À cause de cette humaine, Victoria a perdu l’amour de sa vie. N’est-ce pas comme nos propres histoires ? Moi j’ai perdu Carla à cause d’Aro, toi James à cause de Carlisle..
    _ Qu’est ce que tu attends de moi ? Un consentement ? Tu ne m’en as pas laissé le choix lorsque tu m’as trouvé dans l’hôpital de Chicago.
    _ Si je brise mon serment, tu n’auras plus l’obligation d’être auprès de moi. Si je ne le brise pas, tu devras rester en sachant que ton James en aime une autre. N’est-ce pas digne d’une tragédie grecque ? »

    Il sourit en coin et cela m’agace plus que je ne l’aurais souhaité. Je me jette sur lui et ma main glisse autour de son cou mais je ne fais pas le poids à côté de lui. Il me repousse à m’en faire tomber au sol mais il ne s’attarde pas à m’aider pour que je puisse me relever.

    « – Tu sais bien que tu ne pourras jamais me faire de mal Eliza. Personne ne le peut.
    _ Ne sois jamais aussi certain de toi Livio. Rien n’est indestructible. »

    Je quitte l’appartement. Je ne veux plus le voir. Je sens la soif m’appeler à cause de cette frustration qu’il vient de me donner. C’est souvent ainsi. Telle une sorte d’alcoolique, je me gave avec du sang pour oublier le reste. Bien que l’alcool peut aussi m’aider. Oui, je suis une sorte de dépravée, une épave que je déteste mais il a fallu que je m’adapte à cette nouvelle vie que Livio m’avait vanté. Une vie où je serai plus forte, plus heureuse.. Oui je suis plus forte, plus cinglante mais je suis tout autant malheureuse qu’avant. Je crois même ne plus me souvenir de ce qu’est le bonheur. Parfois j’essaye mais je suis rattrapé par le reste. Comme là, lors de cette sortie.

    Il est facile de trouver une proie. Un bar, une jolie fille, quelques verres et c’est emballé. Rio ne manque pas de bars ni même d’hommes. Je m’installe à un comptoir et je commande un whisky, pourtant quelque chose vient très vite me déranger. Je sens une présence non humaine. Je sens que quelqu’un m’observe. Livio ? L’un de ses enfants ? Mon regard fait le tour de la salle mais je ne trouve pas.

    « – Que fait une aussi belle femme seule dans un bar ?
    _ Elle vient pour boire un verre, pas pour enfiler des perles. »

    Dis-je à ce garçon qui s’assit à côté de moi. Il grimace puis rit lorsque je fais mon sourire charmeur. C’est une routine, je sais comment les manipuler. Pourtant il y a encore cette présence qui me gêne donc cette fois-ci j’accélère les choses avec cet humain.

    « – Ma chambre d’hôtel est à deux rues d’ici. Tu veux m’y accompagner ?
    _ Wow.. une femme entreprenante ! Bien sûr que je viens ! »

    Ni une ni deux, on se relève et sort de l’établissement. Il me suit aveuglément et c’est facile de le mener vers une ruelle éloignée du monde. Il n’a pas peur car il pense être plus fort que moi. Il est même déjà parti pour jouer avec moi puisqu’il glisse sa main sur mes fesses. Ce geste me fait sortir de mes gongs et je le plaque contre un mur. Il n’a rien vu venir. Il est soudainement effrayé car il sent que j’ai une force colossale.

    « – Comment ça se fait ?! Tu ne peux pas être plus forte que moi.. lache moi !!
    _ Je te lâcherais une fois que tu seras mort. »

    D’ordinaire je ne bois pas en pleine rue, je fais en sorte d’être bien moins visible mais là je dois le faire taire. Je m’apprête à le mordre quand soudainement je suis attrapé et plaqué sur un autre mur. L’humain tombe au sol, il se relève et s’apprête à courir mais je ne peux pas le laisser fuir alors qu’il vient de voir ce que j’étais. Je ne capte même pas que c’est James qui vient de me plaquer contre l’autre mur. Je suis aveuglé par cet humain, par son sang. Cependant quand j’entends « beth », je cesse de regarder l’humain. Mes yeux se détournent vers James. Je me tétanise. Je me fige comme une statue. Ça ne dure qu’une fraction de seconde puisque l’humain crie. Il crie à l’aide mais je dois le faire taire. Sans que rien n’intervienne, l’humain s’embrase. Oui, il devient une torche humaine alors qu’il est à une dizaine de mètres de nous. James me relâche, certainement parce qu’il est surpris et je profite de cela pour fuir. Je m‘éloigne au plus vite de lui par peur que ce soit lui le prochain à brûler.

  11. Avatar de M.
    M.

    Il est là. Il est à Rio. Il était devant moi, j’ai croisé son regard, j’ai entendu sa voix. Il m’a plaqué contre un mur, il m’a éloigné de ma proie. Cette rencontre me met dans tous mes états et je m’éloigne encore plus de l’endroit où il m’a trouvé pour ne pas qu’il me retrouve. Surtout pas alors que je suis autant bouleversé. Cela fait 83 ans que je ne l’ai pas vu. La dernière fois, je lui avais dit de ne plus jamais revenir vers moi.. Je lui avais brisé le cœur et là.. il est ici. Certainement pas pour moi mais pour cette rousse qui veut détruire sa nouvelle famille. Pourtant il est là.

    Je ne le sens pas se rapprocher, il ne m’a pas suivi et tant mieux car j’ai besoin de boire. Il faut que je me calme, que je calme cette soif. Perdue dans une favelas, je réussis à faire mon affaire sans être vue mais il faut que je retourne en centre ville puisque l’appartement de Livio est là-bas. Cependant j’ai peur de retomber encore sur James. Qu’est ce qu’il va se passer s’il me fait face ? Vais-je vouloir le détruire ? Ou alors sera t’il en danger ? Livio m’avait dit de ne jamais lui refaire face sous peine de le tuer et j’ai tenu ma promesse. Je n’ai pas revu James depuis 83 ans mais là il est dans la même ville que moi et c’est vrai, je crois avoir envie de lui faire face.

    Après deux bonnes heures à tourner en rond, je reprend de l’assurance et je repars vers Rio. Cette fois-ci je suis décidé à lui faire face pour savoir ce qu’il fait ici et ce qu’il veut. Je dois le faire avant de l’éloigner à nouveau. Ici il est en danger. Que ce soit à cause de Livio ou même moi.

    Son odeur.. Je la connais encore par coeur. Je pourrais la retrouver sur des milliers de kilomètres. Il ne me faut pas énormément de temps pour savoir où il se trouve. Il est dans un hôtel en périphérie de la ville. Je réussis à y entrer et même à entrer dans sa chambre. Il est là, dos à moi mais on dirait qu’il m’attendait. Il observe l’océan qui s’élance devant sa baie vitrée. Il ne dit rien et pourtant il dit tout. Je ressens son manque mais aussi sa peur, sa colère, son incompréhension. Je ne tiens pas à me justifier de celle que je suis devenue, je ne suis pas venu ici pour cela.

    “ – Tu dois partir James. Si tu es là pour la rousse, je sais où elle se cache et j’irai te la chercher mais tu dois t’en aller. Livio ne veut pas que l’on soit dans le même endroit toi et moi.”

    Je n’avance pas. Je reste à distance. C’est lui qui se tourne et là, nos regards se croisent à nouveau. Pas les regards des jeunes humains fous amoureux. Non, ce sont les regards de deux âmes torturées par les autres. Nous avions tout pour être heureux et nous avons été assassinés dans notre ascension. Et puis le temps a filé.. Lui est devenu le parfait petit vampire gentil et amoureux d’une humaine.. Alors que moi je suis devenu le diable en personne.

    Il se rapproche lentement mais il s’arrête à un petit mètre. Je ne peux plus sentir son souffle ni même son coeur qui bat. Je ne ressens plus la joie qu’il avait lorsque nous étions vivants. Pourtant je sais qu’il m’aime encore. Il suffit que je me perd un instant dans ses yeux pour revoir un peu de nous. Un peu de ce que l’on était avant que nous soyons fauchés.

    “ – Livio n’aidera pas la rousse. Pas tant que je ne lui donnerai pas mon avis sur la question. Il laissera tranquille ta famille et.. hm.. ta petite amie, si je lui demande de ne rien faire. Alors tu peux repartir. Même si nous avons des vies bien différentes à l’heure actuelle, jamais je ne ferai quoi que ce soit contre toi.”

    Je parais froide, presque sans émotions. Pourtant à l’intérieur je pleure, je crie, je suis anéanti. Je crois que j’ai rêvé des milliers de fois de le retrouver et de pouvoir revivre avec lui, loin de tout ça. Loin de Livio qui a fait de moi sa prisonnière, loin de cette colère qui m’anime depuis presque un siècle. J’ai rêvé que James puisse me redonner un instant de joie comme nous avions connu par le passé. Mais tout ça ne sont que des rêves inatteignables.

    “ – Quoi James ? Pourquoi tu ne dis rien ? Parce que j’ai voulu me nourrir et que tu as fait fuir mon repas ? Je ne suis pas comme toi. Je ne manges pas de la biche. Et pour le feu, cet homme avait vu ce que j’étais. Je ne pouvais pas le laisser s’en aller.”

  12. Avatar de M.
    M.

    Rio, 2 Avril 2006.

    Malgré moi, je pouffe de rire en entendant ses mots. James dit être là pour moi, pour me sauver en quelque sorte. Il pense que je suis une âme qui peut encore être sauvée. Croit-il vraiment ce qu’il dit ? Carlisle a vraiment mis des idées bien trop niaises dans la tête de James. Je lève les yeux au ciel et je ne prend pas sa main. Il ne comprend pas que je ne suis plus la douce et brave Elizabeth. Je suis même bien pire que Livio.

    « – Crois-tu que je suis son esclave ? Sa chose ? Je l’ai été oui. Je l’ai été après que Dereck m’a fait enfermé dans un asile et que j’allais être brûlée vive. Oui, Livio m’a transformé et il a fait de moi un vampire. Et tu sais quoi James ? Je sais que Livio veut détruire les Volturi et je compte bien l’aider. Je compte même détruire tous les vampires qui seront sur mon chemin une fois que les Volturi seront tombés. Je vais traquer chaque clan. Même le tien. »

    Il n’y a pas un centième de bluff dans mon regard. Livio a réussi une chose, c’est celle de me donner envie d’exterminer ce que nous sommes. Il ne connaît pas mes intentions mais pourtant je les prépare depuis des années. J’ai même trouvé un moyen de faire tomber aussi Livio. Je n’avais plus aucun but jusqu’à ce que cette révélation vienne à moi alors que je repensais à mon passé. Sans les vampires, il y aurait eu la mort pour James et moi, mais je pense qu’elle aurait bien plus agréable que nos vies actuelles. Alors oui, il faut les détruire les vampires.

    « – Les vampires m’ont tout pris, alors je vais tout leurs prendre. Et crois moi que rien ne m’arrêtera, même pas toi, »

    L’élève a dépassé le maître. Il faut dire que le maître n’a fait que nourrir la haine et la colère. Je sens que James est surpris, voir déboussolé par mes mots car il pensait peut être que j’aurais été vers lui mais l’ancienne Beth est cachée très loin en moi. Je ne sais plus ce qu’est l’espoir, la joie, le sourire ou même l’amitié. Je sais que j’aime James mais est-ce que je sais encore aimer finalement ?

    « – Et sache que ce n’est pas lui qui m’a éteinte. J’étais vide bien avant d’être vampire. Mais par contre, je me demande une chose James.. tu dis que je ne suis pas une suiveuse mais qu’en est-il de toi ? Tu as suivi un vampire qui t’a transformé sans ton consentement, afin de nourrir son fantasme de famille parfaite. Depuis presque un siècle, tu joues le bon garçon à son papa. N’est-ce pas pathétique ? C’est ça la vie que tu voulais ? Une vie où tu es l’esclave d’une histoire qui se répète ? »

    Cette fois-ci j’avance vers lui. Je viens même à quelques centimètres. J’observe son visage, ses yeux, son air mécontent. Il sait que j’ai raison. Lui aussi est quelque part l’esclave de quelqu’un. Certes, il n’est pas une arme mais il est un personnage à qui on a imposé un rôle éternel. Alors qu’il avait pourtant des envies, des plaisirs, des objectifs.

    « – En parlant d’histoire qui se répète.. il paraîtrait que tu aimes une humaine. C’est bien étonnant en sachant que tu as abandonné une autre humaine il y a presque un siècle. Tu disais ne pas pouvoir être avec elle car tu étais dangereux.. et tu l’as laissé seule. Jusqu’à ce qu’elle finisse mariée à quelqu’un qu’elle n’aimait pas et puis qu’elle termine par être l’esclave d’un vampire originel. Oh.. mais n’est-ce pas notre histoire ? »

    Je lâche un rire sarcastique et je tapote son torse. Je suis l’opposé de celle que j’étais. Ou plutôt je cache celle que j’étais. Je n’ai plus le droit d’être faible ni même de croire en qui que ce soit. J’ai trop été brisé pour laisser quiconque me dominer. Je transpire l’amertume et la méchanceté car je ne sais plus ce qu’est d’être normale ou plutôt, je ne sais plus ce qu’est d’être apaisée. Contrairement à James, je n’ai pas vécu des vies à aller à l’école et à jouer l’étudiante avec une famille qui le soutient. J’ai été de ville en ville, de pays en pays pour traquer, tuer et bruler. Oui, Livio s’est servis de moi comme arme et j’en ai conscience mais j’ai appris à aimer ça. C’est sûrement ce qui est le plus terrible. J’aime voir les gens souffrir bien plus que moi je ne souffre.

    « – Il n’y a plus rien de moi James. Ou plutôt de celle d’avant. Elle a disparu pendant l’épidémie de grippes espagnoles. Ne crois-pas que tu peux me sauver ou je ne sais quoi. C’est trop tard pour cela. Maintenant que tu connais mes intentions, pars profiter de ta famille chérie avant que je ne m’occupe d’elle. »

    Il y a surtout une personne que je veux détruire plus que tout et ça depuis le début, Carlisle. Je lui voue une haine qui dépasse l’entendement et pourtant je ne lui ai toujours rien fait parce qu’il y a James. James reste encore une sorte de mur qui m’empêche de franchir certains obstacles mais maintenant que je sais qu’il en aime une autre, j’ai la sensation que je peux être beaucoup plus forte que l’amour que je lui porte.

    « – As-tu d’autres questions avant que je ne m’en vais ? Tu m’as retiré ma nourriture des mains et j’ai encore faim. »

    Il a pu lire dans mes pensées durant mes phrases lourdes et tranchantes. J’ai visualisé mes mots mais j’ai surtout cherché à retenir les souvenirs. J’ai tout tenté pour ne pas les laisser reprendre le dessus car je sais qu’ils m’auraient affaibli. James peut voir certaines scènes de ma vie avec Livio. Des meurtres, du feu, du sang. Des cris, des colères, des coups. Il peut cependant aussi comprendre que je suis sérieuse lorsque je dis vouloir tout détruire. J’ai passé des nuits et des journées à me renseigner sur les vampires, sur cette malediction du sang. Je sais comment tout a commencé, même si pour cela, je garde encore le silence. Il a raison quand il dit que je suis intelligente. Je ne laisse jamais de places aux doutes et j’ai étudié l’histoire vampirique dans le moindre détails. Si bien que je connais même les débuts de ce cher Carlisle. Il était un monstre comme moi. Assoiffé. Fou. Orgueilleux.

    “ – Et pourquoi ça serait moi qui devrait changer James ? Cela ne t’a jamais tenté d’être autre chose qu’un moitié de vampire ? Car on sait très bien toi et moi que ton régime te condamne à ne pouvoir utiliser que la moitié de tes capacités. Tu es faible avec ce sang d’animal.. Je n’aurais qu’à presser ma main contre ta gorge pour te tuer, alors que tu es bien plus imposant physiquement que moi.”

  13. Avatar de M.
    M.

    J’ai presque envie de rire face à ses mots. Il est d’une naïveté déconcertante. Il pense que je vais le suivre dans son monde qu’il croit idéal et surtout dans sa famille que je déteste plus que tout ? Il tend à nouveau la main et il est clair que je ne la prends toujours pas.

    « – Tu sais à quoi tu me fais penser ? À un témoin de jéhovah. Tu sais ceux qui viennent prêcher la parole du beau jesus pour avoir de nouveaux adeptes ? Sauf que tu te trompes de public James. Tu crois vraiment que je vais te suivre et que je veux vivre ta vie ? Je ne veux pas de ta vie. Je ne veux rien à voir avec ta famille de vampire ni avec ton mode de vie. Tu dis que j’étais pure, humaine, mais ça c’était avant. Ça c’était quand j’avais encore des projets, un avenir mais tout ça c’est terminé. Tu viens de le dire, tu as été un prédateur mais moi j’en suis toujours une et je ne compte pas m’arrêter parce que tu me le demandes. Je tuerais autant de fois que nécessaire pour me satisfaire. Je continuerais à déchaîner ma haine si j’en ai envie. C’est ça ma liberté. Pas celle d’être rabaissé à jouer la petite vampire gentille qui doit trouver une redemption. »

    Je le fixe intensément mais j’ai aussi un sourire presque amusé. Comment peut-il croire que je pourrais être comme lui alors qu’il n’a pas vécu le quart de ce que j’ai vécu ? Ce n’est pas lui qui a tout perdu. Ce n’est pas lui qui a dû suivre un monstre pendant plus de 80 ans. James avait choisis son parcours dès le moment où Carlisle a fait de lui un vampire et il a préféré avancer sans moi.

    « – Oui je te déteste. Je te haie. Mais tu sais pourquoi ? Parce que tu m’avais promis de ne jamais m’abandonner. Même dans le malheur. Pourtant tu l’as fait. Et ton excuse de me protéger ne fonctionne pas. Pas en sachant qu’aujourd’hui tu oses vivre un amour avec une humaine. C’est toi qui m’a brûlé de l’intérieur.. c’est toi qui a fait ce que je suis aujourd’hui et je ne te laisserais pas le plaisir de me changer pour te donner bonne conscience. »

    Je sais que c’est brutal ce que je lui dis mais dans le fond oui, je lui en veux d’avoir laissé cette Beth innocente s’en aller. Elle est morte le jour de mon réveil à l’hôpital, quand j’ai cru que James était aussi mort. Elle a essayé de rester la tête or de l’eau pendant presque cinq ans mais ça a été les pires années de toute ma vie humaine. J’aurais voulu mourir de la grippe espagnole. J’aurais voulu ne jamais me réveiller.

    « – Mais sache une chose James. Ne me sous estime pas. Tu penses encore me connaître mais c’est faux. Celle que tu as connu n’existe plus depuis très longtemps. Je vais faire tomber chaque clan que je trouverais sur mon chemin. Alors fuis avec les tiens tant que c’est encore possible. »

    C’est une vraie menace. Pas une parole en l’air. James ne comprend pas que c’est devenu ma façon de me pardonner. Si lui le fait en ne tuant pas d’humains moi je veux le faire en tuant la racine de problème. S’il n’y a plus de vampire, il n’y aura plus de morts vidés de leurs sangs. Ça paraît dingue en sachant que je fais parti de cet espèce mais contrairement à James je n’ai plus rien, si ce n’est ce projet de vengeance. Certes, il est là et espère que je vais le rejoindre mais je n’ai plus confiance en lui. Je n’ai plus confiance en personne.

    « – Maintenant nous n’avons plus rien à nous dire. Mais ne reviens pas. Car si tu es en vie depuis tout ce temps, c’est parce que j’ai promis à Livio de ne jamais le quitter. Il serait dommage de m’être sacrifié autant de temps pour finir par te retrouver quand même mort. »

    Je lui avoue d’une manière cruelle, pourquoi je ne l’ai pas suivi quand il m’a retrouvé au Canada. S’il a eu cette vie auprès de sa famille, ce n’est pas que pour sa bonne conduite. C’est aussi parce que j’ai sacrifié ma liberté pour lui. Je sais que je le referais si c’était à refaire. Je continuerais de le protéger quoi qu’il m’en coûte mais en lui avouant cela, je tiens à ce qu’il comprenne qu’il a bien trop eu de dégâts pour que je me laisse aller à ses paroles évangéliques. II en faudra bien plus pour que je retrouve un semblant de paix ou de bon sens.

    Je repars vers la porte d’entrée de sa chambre mais avant de l’ouvrir je jette un dernier regard sur lui. Pendant une fraction de seconde, je revois le garçon qui venait de me demander d’être sa petite amie, puis sa fiancée. J’étais la plus heureuse en ce temps là. J’avais tout pour avoir la vie parfaite. Mais James n’a plus sa petite moustache ni même sa veste en coton marron. Il n’a plus non plus son sourire timide et ses joues rougis parce qu’il avait osé embrasser mon front. Je secoue ma tête pour chasser ce souvenir mais il l’a vu. Il a vu ce qui a traversé mon esprit. Nous étions parfaits et nous voilà monstrueux.

    Je m’en vais de son hôtel, puisque je sais que Livio va finir par se mettre à me chercher. S’il me cherche, il sentira James et il en est hors de question. J’avais bien raison lorsque j’entre dans l’appartement car il est nerveux, en colère. Quand je passe la porte, il se jette sur moi et il m’attrape par la gorge. Ses yeux me fusillent mais il me relâche.

    “ – Tu étais où ?! Tu ne m’as rien dit !
    _ J’étais parti manger. Je n’avais pas envie d’aller dîner avec toi et tes mioches.
    _ Arrête Eliza ! C’est notre famille. Tu m’as aidé à la créer.
    _ Non je n’ai rien fait Livio. C’est toi qui a créé ça. C’est ton envie, pas la mienne. Maintenant laisse moi tranquille. J’ai envie d’être tranquille et seule.
    _ J’ai refusé la demande de la rousse. Je ne l’aiderais pas à tuer les Cullen mais elle a d’autres projets. Elle veut créer une armée de jeunes vampires pour les faire tomber.
    _ Très bien, qu’elle fasse. Cela m’importe peu.
    _ Tu n’as pas envie de protéger ton ancien amant ? Je suis bien étonné.
    _ Qu’est ce que tu souhaites ? Que j’accourt vers lui pour que tu puisses enfin le tuer ? Cela te ferait trop plaisir Livio. Et je n’aime pas te faire plaisir.”

    Il grogne légèrement et il finit par me laisser rejoindre ma chambre. Elle est simple, terne, sans intérêt mais elle me permet de m’isoler du reste. Je vais sur le balcon pour observer la plage, la ville, Rio de nuit mais surtout pour me perdre dans mes pensées. James est là. Il est à l’opposé de moi et de ce que nous étions mais il est là. Bien que je ressens une immense haine envers lui, je sais surtout que je l’aime encore. Je l’aime avec cette même force que lorsque nous étions humains. Une larme roule sur ma joue quand je pense à tout ça, à tout ce que nous sommes devenus. A toutes les années perdues et les sacrifices faits. Cependant je me refuse à croire que je peux encore avoir un peu de paix, ou une vie où je ne serais plus cette boule de rage. Je me persuade que je n’ai pas le droit d’être heureuse. Alors que lui semble croire l’inverse.

  14. Avatar de M.
    M.

    4 Avril 2006, Rio.

    Je n’ai pas revu James depuis deux jours mais il est vrai que je me retiens de ne pas y aller. Malgré la façon dont j’ai été avec lui, je sais que je lui ai menti quand je lui ai dis que je n’avais pas besoin de lui. Enfin, non, je n’ai pas besoin qu’il fasse de moi quelqu’un d’autre mais il me manque. J’ai besoin de le voir. Savoir qu’il est là, qu’il vit. Pourtant ce soir, les choses changent lorsque cette petite brune vient à l’appartement pour me dire que James comptait se livrer aux Volturi. Face à elle, je ne montre rien mais intérieurement c’est différent. Je prends peur et je maudis James. Aller chez les Volturi pour aller se faire tuer ? C’est quoi cette idée ? Je ne préfère rien dire à cette Alice mais je lui fais comprendre que je vais aller régler l’affaire. Livio n’est pas à l’appartement donc je vais pouvoir partir mais il faut que je parte maintenant sous peine qu’il ne me force à rester ici. Je ne prend pas d’affaires, je quitte l’endroit avec cette petite brune et nous partons vers l’aéroport international de Rio. Il n’y a pas de temps à perdre.

    5 Avril 2006, Florence. 16h.

    J’ai horreur de rester assise à ne rien faire pendant des heures mais je n’ai pas eu le choix de prendre l’avion. Malheureusement je n’ai pas un pouvoir de téléportation . Alice a tenté de me parler mais je ne lui ai toujours rien dit. Je suis là pour sauver James, pas pour jouer la bonne copine avec une personne que je ne connais pas. J’ai beaucoup de mauvaise foi, c’est certain mais je suis encore bien trop sauvage pour envisager d’avoir une relation amicale avec qui que ce soit. Même les relations simplement sociales sont compliquées. Elle respecte cependant mon silence mais elle me suit tel un caneton lorsque nous arrivons enfin sur terre. Nous devons encore aller à Volterra et pour cela, nous devons prendre un véhicule. Je suppose que James est déjà là bas mais j’espère qu’il n’a rien fait. Je l’espère réellement car je sais que je pourrais devenir un vrai cataclysme si les Volturi ont tué James. Je détruirais tout sans exception,

    5 Avril 2006, Volterra, 18h30.

    Il y a un monde fou ici. On dirait qu’il y a une sorte de fête de village où un truc du genre mais ça ne m’arrange pas car James pourrait être dans la foule. Alice stoppe la voiture près de la place du village et nous pouvons voir le grand bâtiment où se cache les Volturi. Ils ne sont pas loin mais ce n’est pas eux que je cherche, pas pour le moment. Avec le soleil qui brille de toute sa splendeur, je dois me couvrir d’une cape pour ne pas que ma peau se mette à briller devant les humains mais rapidement je vois que quelqu’un d’autres à l’idée de montrer cette peau vampirique aux yeux des humains. James. Il est là. Il est torse nu et il s’apprête à quitter l’ombre pour le soleil. Alors c’est ça son idée pour se faire tuer ? Montrer qui il est vraiment ? J’ai presque envie de lui donner une tape derrière la tête. Mon ancien fiancé manque de créativité. Je vais devoir lui donner quelques leçons pour marquer les esprits.

    « – Beth ! Il est là !
    _ Vas t’en Alice. Je gère le reste. »

    Je ne sais pas ce qu’il va se passer par la suite mais autant éloigner cette brunette pour ne pas qu’elle subisse les conséquences des états d’âmes de deux anciens fiancés détruits. Je n’attend plus et je file à toute vitesse pour repousser James loin de la lumière. Son corps s’écrase sur le sol en marbre et je retombe sur lui. Il semble sonné et surpris de me voir là. Pourtant oui, je suis ici et je lui lance un regard bien sombre.

    « – Dans quelle merde tu viens de nous mettre James ? Si tu voulais mourir, tu aurais dû me le demander. Je t’aurais étripé moi-même. »

    C’est ironique mais il doit se douter qu’à partir de maintenant, les Volturi vont certainement vouloir nous voir ou alors tenter de le punir pour avoir tenté de se montrer au monde. Et moi ? Moi je viens d’abandonner Livio pour venir chercher mon ex fiancé chez les Volturi. La tension entre eux ne demande qu’à éclater et à cause de James, on vient certainement d’aller la mèche de la bombe.

    « – Maintenant tu me suis. On doit partir de là. Les Volturi vont vouloir s’en prendre à moi et Livio voudra s’en prendre à toi. On doit fuir tant qu’on aura pas trouver un moyen de les arrêter. »

    Oui, il a aussi signé mon arrêt de mort. Sans Livio, je suis la proie à abattre pour les Volturi. Ils savent que je suis l’arme puissante de Livio et il est vrai que je pourrais en faire usage maintenant mais je n’ai pas le temps pour ça. Je dois mettre James en sécurité et l’éloigner de tout ça. James est tellement ailleurs et mal en point qu’il me laisse gérer les choses. Je lui remet sa cape et je le pousse à me suivre hors de cet établissement, hors de cette ville. On doit partir, loin. On doit se cacher. On doit ne pas être retrouvé.

    7 Avril 2006, Rovaniemi, Finlande.

    Je n’ai pas pris le temps de nous poser, de parler, de réfléchir. Je nous ai fait cavaler jusqu’à Rome et nous avons pris plusieurs avions pour semer notre route. Maintenant nous voilà au fin fond de la Finlande, en Laponie. Ce n’est sûrement que temporaire mais nous avons quelques jours ou quelques semaines devant nous. Je ne sais pas quand ils retrouveront notre route mais là, James va pouvoir souffler un peu et peut-être reprendre un peu de poils de la bête car depuis l’Italie, j’ai l’impression de transporter une ombre avec moi. Certes, je serai de mauvaise foi en disant que je veux qu’il soit joyeux et heureux alors que moi-même je lui ai fait comprendre que je ne comptais pas changer. Cependant c’est James.. ce n’est pas un inconnu ni même quelqu’un que je méprise. J’ai été horrible avec lui mais je l’aime. Je l’aime plus que tout dans ce monde. Il est même la seule chose que j’aime encore dans ce monde.

    Je nous ai loué un petit chalet pour que nous puissions nous poser. Il est là sans être là. Il a l’esprit ailleurs, certainement encore perdu dans son envie de mourir. Je l’abandonne une demi-heure le temps d’aller me prendre une douche mais lorsque je reviens dans le salon, il est toujours assis sur le canapé avec le regard perdu. J’en lève les yeux au ciel et je me décide enfin à couper le silence. Je vais vers lui et je me pose même sur la table basse face à lui.

    « – Ce n’est pas toi qui me disait qu’il fallait vivre ? Ou un truc du genre ? Tu viens de vivre ce que j’ai vécu James. Je ne dis pas que j’en suis la plus heureuse mais moi aussi j’ai plusieurs fois voulu me suicider après avoir appris que tu étais mort. Je n’étais qu’une coquille vide mais je me raccrochais aux souvenirs que j’avais de nous. Cela était mon seul réconfort. Et ça l’a toujours été jusqu’à maintenant. »

    J’avoue cette faille. Nos souvenirs. C’est la seule chose qui me fait encore sourire. Qui me réconforte. Parce que je sais qu’en ce temps là, je me sentais forte, je me sentais telle une reine que rien ne pouvait briser.

    « – Tu peux continuer de broyer du noir et jouer le pseudo suicidaire si ça te plaît mais crois moi, il n’y a rien de plus lourd. C’est un cercle sans fin. Sauf si tu te décides maintenant de faire autre chose. Je sais que tu veux sauver mon âme, enfin c’est ce que tu t’es mis en tête mais c’est pas ça le problème James. Quoi que je sois devenu, c’est ancré en moi parce que j’ai dû vivre comme ça. J’ai dû apprendre à ne pas être faible, à devoir être celle qui mord avant d’être mordue. »

    Je marque un silence lorsqu’il lève ses yeux vers les miens. Il a le même regard que lorsqu’on a commencé à tout perdre lors de la grippe espagnole. Nous étions dévastés, sans moyen de pouvoir traverser tout cela.

    « – Mais depuis 1918, je ne vis plus. Au moment où j’ai su que tu étais mort, j’ai cessé de vivre. Je me suis laissé envahir par la douleur, la tristesse, la colère. Je ne suis qu’une coquille vide aussi. Cependant.. tu as ramené un peu de vie en moi il y a quelques jours. Tu as réussi à me faire penser à autre chose qu’à la mort. Et quand cette Alice est venue me trouver pour me parler de ce que tu comptais faire, je n’ai pas cherché à comprendre. Je nous ai fait prendre le premier avion qui partait pour l’Italie. Jamais je ne t’aurais laissé faire une chose pareil et jamais je ne te laisserais faire ça. Tu es déjà mort une fois en 1918.. il serait dommage de mourir une seconde fois. »

    Je souris légèrement et je baisse mon regard sur ses mains qu’il agite frénétiquement. Mes mains s’imposent sur les siennes pour qu’il arrête.

    « – Ce n’est pas changer que l’on doit faire. C’est vivre. On nous a volé nos vies. On nous a pris tout ce qu’on avait. Les changements viendront quand les esprits verront autre chose que ce qu’on fait depuis presque cent ans. Mais je sais que c’est ça.. oui c’est ça.. j’ai besoin de vivre. Mais toi aussi. Parce que même si tu n’as pas vécu comme moi et que tu as été beaucoup libre, tu as été l’esclave de notre perte. Tu as vécu avec nos souvenirs et la douleur de nos promesses. Si bien que tu as tenté de revivre ça avec.. enfin cette jeune femme. Je suis désolé pour sa mort et je suppose que ça te touche mais elle n’était pas moi. Maintenant je suis là alors fais moi vivre James. Offre moi la vie que tu m’avais promis quand tu m’as demandé d’être ta petite amie. Offre moi autre chose que l’enfer. Offre moi le monde. Offre moi la liberté mais surtout offre moi ton amour. »

  15. Avatar de M.
    M.

    7 Avril 2006, Rovaniemi, 20h30.

    Mes mots ont percuté James. Il sort de sa léthargie mais il ne sait pas sur quel pied danser. Il est perdu car il y a encore quelques jours, je l’avais viré sans ménagement et là, je lui demande de rester près de moi. Je viens de le sauver d’un suicide et je lui quémande de me refaire vivre. Oui, il a de quoi devenir fou mais moi aussi car ce que je demande est dingue. Je vis comme un monstre depuis tellement d’années qu’il va m’être difficile de paraître « normale » à ses yeux mais qu’importe, je ne veux pas l’abandonner. Je ne peux pas l’abandonner.

    Il finit par revenir face à moi et il impose ses mains sur mes joues. Je ne bouge pas et j’écoute ses supplices. Il me demande si je peux encore avancer avec lui. Il veut que nos chemins se rejoignent à nouveau. C’est la première fois depuis trop longtemps que j’ai l’impression de sentir mon cœur cogner contre la poitrine. Pourtant il ne bat plus, du moins, pas physiquement mais je sais qu’il s’anime pour James.

    « – Il y a toujours eu une vie pour nous James. Cependant trop de choses ont voulu nous séparer. Mais c’est fini.. je ne laisserais plus rien se mettre entre toi et moi. Même si pour cela je dois brûler le monde entier. »

    Je m’avance d’un pas. Nos corps se rapprochent et bien qu’ils sont gelés, il y a une sensation de chaleur qui émane entre nous. La chaleur de notre amour et passion passés. Cette ferveur qui faisait que nous étions puissants et intouchables. C’était nous deux contre le monde. C’était nous deux et seulement nous deux.

    Je décide d’imposer mes lèvres sur les siennes. Oui, je viens l’embrasser. Cela n’était pas arrivé depuis cet fin d’été avant que nous ne tombions malades. Notre dernier baiser avait été donné dans notre parc, celui où nous étions souvent en balade depuis notre rencontre. C’était James qui m’avait embrassé après m’avoir dit qu’il avait peur pour nous. Il avait raison ce jour là. Il avait senti que nous allions tomber dans des abysses et pourtant moi je lui clamais que tout irait bien. J’ai eu tort mais là, je ne veux plus avoir tort. À mon tour, je pose mes mains sur ses joues légèrement piquantes à cause de sa barbe de trois jours et je lui rend ce baiser qu’il m’avait volé dans le parc. Au début cela semble doux, comme nos anciens baisers de jeunes amants timides mais très vite, ce baiser devient beaucoup plus fort. Il a un goût de retrouvailles, d’années perdues. Il nous rend nostalgique mais il donne aussi un vent de nouveauté. Nous ne sommes plus ceux d’avant mais nous sommes pourtant encore les deux jeunes rêveurs d’autrefois.

    On ne peut pas dire que l’on perd notre souffle mais je met fin à ce baiser après plusieurs minutes. J’ai un sourire légèrement amusé sur les lèvres et je viens tapoter le haut de son torse.

    « – Jamais tu ne m’aurais embrassé comme ça avant.. enfin pas avant notre mariage. Aurais-tu perdu tes bonnes manières ? »

    Je le taquine doucement mais je reviens l’embrasser. Ça m’avait manqué. Cette proximité m’avait manqué. Ses bras, son parfum, cette sensation possessive qu’il a sur moi, comme si je n’appartenais qu’à lui. Il m’emprisonne dans ses bras et je me laisse aller. Je glisse mes mains dans sa chevelure cette fois ci et je ne lui permet pas de se reculer. Je crois que nous n’avons pas échangé un tel baiser auparavant. Pas autant passionné et proche. Nous n’avions pas le droit tant que nous n’étions pas mariés alors en bons fiancés, nous respections les règles. Là ? Il n’y a plus de règles. Il n’y a plus mon père ou les frères pour nous surveiller. Il n’y a plus les mœurs de l’ancien temps. De toute façon nous sommes devenus deux monstres sanguinaires alors est-ce qu’on devrait suivre les règles ? Pas du tout.

    Notre baiser prend encore fin. J’ai quand même l’impression d’avoir perdu mon souffle. Les joues de James sont rouges, il a même repris son air timide. Comment ne pas craquer ? Contrairement à moi, il a encore les traits d’un jeune homme de vingt ans. Il semble beaucoup plus fragiles et pur contrairement à moi qui malgré les vingt trois ans, paraît en faire cinq de plus à cause des années à pleurer la perte de James. James est encore une sorte de jeune jouvenceau en pleine fleure de l’âge. Je me sens presque vieille femme à côté de lui.

    « – Tu sais, je me fiche de savoir que tu as tué des humains car je l’ai fais aussi.. Tu ne seras jamais un monstre à mes yeux. Je ne veux plus que tu te flagelles pour ça. Il est temps que tu penses à toi et pas au reste.. on a assez donné pour les autres tu ne crois pas ? »

    Il faudra pourtant bien que l’on reparle de notre façon de nous nourrir mais ce n’est pas le débat actuel. On va devoir aussi parler des Volturi, de Livio mais ça aussi, ça attendra encore un peu. Là je veux profiter de ce moment. Je crois qu’on l’a attendu tous les deux depuis 1923. Même depuis 1918. Nous avons été séparé brutalement, sans même pouvoir se dire adieu. Du jour au lendemain, il n’y avait plus rien et ça a été fatal pour moi. Je suppose que pour lui aussi. Nous avons donc tout à rattrapé, à retrouver. Ne serait-ce que notre complicité, notre amitié. Il n’était pas que mon grand amour mais aussi mon meilleur ami. Il savait me guider, me calmer quand j’étais un peu trop dissipée. Lui a toujours été le côté réfléchi et posé de notre duo alors que moi j’étais celle qui nous sortait hors de nos sentiers.

  16. Avatar de M.
    M.

    21 Avril 2006, Volterra, Italie.

    James ne veut pas fuir alors il nous a fait venir ici. Je n’étais pas forcément d’accord mais il n’a pas tord. Si on veut vivre notre vie à deux, on ne pourra pas fuire éternellement. Les Volturi ou Livio auraient fini par nous attraper. Dans les deux cas, il aurait fallu trouver un moyen de négocier une sorte de trêve pour ne pas que le monde finisse en cendre. Je sais que je pourrais user de mon pouvoir pour mettre fin à tout cela mais les quelques jours passaient avec James, m’ont rappelé que j’avais assez subi. J’ai subi presque un siècle de douleurs et maintenant que je l’ai retrouvé, je veux revivre la douceur du passé. Je veux retrouver un peu de cette naïveté que j’avais avec lui mais ça sera impossible si nous sommes des fugitifs.

    Je n’ai jamais vu les Volturi puisque Livio m’en a caché mais ils me connaissent. Ils savent que je suis le produit de Livio et cela les intrigue, surtout Aro. Pourquoi son frère aurait tout misé sur une petite blonde comme moi alors qu’il est pourtant le plus puissant des vampires ? Aro a plusieurs fois envoyé des mercenaires pour essayer de comprendre mais il n’a jamais su. Et là, James me ramène. C’est une sorte de cadeau servit sur un plateau en argent. Les Volturi savent qu’il faut prendre des précautions avec moi mais pourquoi ? Pourquoi une jeune vampire semble être aussi dangereuse ? Ils savent que je maitrise le feu mais qu’est ce qui fait que cela me rend presque mythique ?

    Aro a lu dans les pensées de James et il aimerait en faire autant avec moi pour connaître mon secret. James ne le laisse pas faire et moi non plus. Je fixe ce vieux vampire que Livio a si souvent critiqué. Ils sont frères mais ils sont devenus ennemis. L’un voulait régner, l’autre voulait aimer.

    « — Alors dites-moi. Pourquoi êtes-vous venus ?
    — Parce que fuir ne servait plus à rien, dit James. Parce que nous sommes fatigués de courir. Parce que je sais ce que Livio prépare, et que je ne veux pas que Beth devienne l’instrument de son massacre.
    — Et toi, Elizabeth ? Est-ce que tu partages ce souhait ? »

    Ma main serre un peu plus celle de James. Il sait que je bouillonne à l’intérieur et que je ne suis pas impressionné par les Volturi. Il faut dire que j’ai été conditionné pour les anéantir un jour ou l’autre. Livio m’a longuement préparé à ce qu’un jour nous mettions fin à la dynastie de son frère. Alors non, je n’ai pas peur mais je sais que je peux certainement négocier notre liberté avec eux. Par contre avec Livio ça ne sera pas une possibilité. Je suis sa muse, sa chose et il ne voudra jamais me laisser repartir auprès de James donc oui, les Volturi deviennent ma seule chance de liberté.

    « – Je veux être libre et je veux surtout qu’on me rend ce que l’on m’a volé. C’est à dire ma vie avec James. Carlisle m’a volé James et Livio m’a transformé. Ni James ni moi ne voulions de cette vie.
    _ Je peux y mettre une fin si tu le souhaites. Il est facile de vous tuer.
    _ Crois tu vraiment ? Si c’était le cas, tu ne serais pas devant moi Aro. C’est même certainement l’inverse et tu le sais.
    _ Justement non. Je ne sais rien de toi, petite merveille. Tu es un grand mystère pour tout le monde et j’adorerais savoir pourquoi toi. Pourquoi Livio t’a t’il choisit ? Par amour ? Ou parce que tu caches autre chose ?
    _ Je te le dirais si tu acceptes mon offre. »

    Il cesse de parler et il prend un air surpris. Pour ma part, je lève mon regard vers James. Je sais qu’il veut qu’on négocie notre liberté. Je suis prête à faire tomber mes armes pour lui. Je suis prête à tout pour lui. Même à mettre Volterra en feu s’il le faut.

    « – Quelle est ton offre ?
    _ Notre liberté. Qu’on nous laisse vivre tranquillement. Qu’on ne nous traque pas. Qu’on soit enfin réuni.
    _ C’est une juste cause.. mais je suppose que ce n’est pas une volonté de Livio.
    _ Il ne me laissera jamais libre. Même si je fais tout ce qu’il me demande, il croit que je suis à lui.
    _ Il va donc falloir s’occuper de lui.. tuer mon frère pour ta liberté avec James ?
    _ Et pour la vôtre. »

    J’étire un fin sourire et cela provoque un froncement de sourcil chez Aro. Je m’avance d’un pas et je le laisse poser sa main sur ma joue. Il peut enfin voir dans mon esprit. Livio m’a créé pour détruire Aro et sa famille. Il voit aussi mon passé avec James et aussi ma vie avec Livio. Il comprend enfin pourquoi je suis une arme puissante. Lorsque l’hôpital psychiatrique a pris feu à cause de moi, j’étais moi-même prise dans les flammes mais pourtant je n’ai pas brûlé. Le seul moyen de tuer entièrement un vampire est de le brûler.. et je ne brûle pas. Ce qui fait de moi la seule vampire à ne pas pouvoir mourir. Il n’y a rien que peut me détruire, même la torture. Même un pieux dans le cœur. Je finirais toujours par revenir. Cela s’ajoute au fait que mes pouvoirs ne s’arrêtent pas au visuel. Je peux mettre le feu à distance. Du moins, je ne maîtrise pas encore totalement ce versant de mon pouvoir et c’est pour ça que nous n’avions pas encore attaqué les Volturi. Livio voulait que je maîtrise totalement cette capacité pour faire feu à Volterra sans avoir besoin de se battre.

    Aro relâche la joue et il me regarde avec encore plus de fascination. J’ai l’immortalité absolue et c’est ça qui est le plus surprenant à ses yeux. C’est certainement ce que convoiterait tout grand monarque de ce monde.

    « – Je ne savais pas que perdre l’amour pouvait offrir autant de pouvoirs. Si j’avais su, j’aurais moi-même aimé avec passion. »

    Dit-il avec un léger sourire alors que son regard se détourne vers James. Il sait que James est ma plus grande faille mais il sait aussi que quiconque s’en prendra à lui, sera tué sur le champ. C’est donc une vraie tragédie grecque qui excite ce vampire atypique,

    « – Je veux bien faire un marché mais bien évidement, vous devrez avoir votre part du contrat. Je vous donnerais votre liberté que si vous détruisez Livio. Si vous me ramenez sa tête, vous pourrez vivre votre immortalité ensemble. Si vous n’y arrivez pas, les miens continueront de vous traquer jusqu’à ce que James meurt. »

    Cette fois-ci je sens à nouveau mon corps s’enflammer mais Aro me fait signe de me calmer. Tout comme il fait signe aux autres de ne pas bouger pour éviter de mettre le feu aux poudres.

    « – Si Livio a choisit Elizabeth, c’est parce qu’elle a des capacités qui sont bien plus grandes que les notre. Dit-il à ses camarades. Elle ne peut pas mourir, même en tant que vampire. Et elle peut maîtriser le feu de façon à éteindre le monde. Pourtant, son compagnon n’est pas autant immortel qu’elle. Il peut mourir. C’est donc notre seul moyen de négocier, n’est-ce pas Elizabeth ? »

    Maintenant James sait. Oui, il sait pourquoi Livio m’a choisi. Il sait que je suis condamné à ne jamais pouvoir mourir et à être un une sorte de chaos sur le monde. Aro attend une réponse de notre part mais je ne dis rien. C’est james qui doit donner l’accord final car je ne suis pas seule. Si on veut continuer à deux, il doit aussi choisir pour moi. Alors je détourne mon regard vers lui pour qu’il parle. Pour qu’il dise s’il accepte ce deal ou non.

  17. Avatar de M.
    M.

    21 Avril 2006, 23h, Florence.

    Je n’ai pas beaucoup parlé depuis notre départ de Volterra. Cette mise a nu m’a perturbé mais aussi déchargé des poids que je traîne depuis trop longtemps. En me livrant à Aro, je me suis aussi livré à James et ils ont vu à quel point j’ai été abîmé. Que ce soit comme humaine ou vampire, j’ai passé beaucoup trop de temps à souffrir et à devoir me battre. C’est pour cela qu’aujourd’hui je suis imperméabilisé et que je parais sans cœur ou sans peur. J’attaque avant d’être attaqué.

    Je sens que James a aussi un autre regard sur moi car il comprend mieux mais je ne veux pas qu’il prenne pitié. Je veux qu’il sache, sans pour autant qu’il me prenne pour une pauvre fille. Alors oui, j’évite de parler mais lui essaye. Du moins quand nous arrivons dans la petite auberge, il essaye de me faire sourire et changer mon état d’esprit. James m’amène dans le lit de la chambre alors que nous n’avons même plus de sommeil, pourtant on s’allonge et il se met devant moi. Il se niche à moi et son front se pose contre le mien. Pour la première fois depuis la Finlande, je me remet à sourire.

    « – On s’est retrouvé oui.. et je crois que j’ai du mal à le réaliser. J’ai tellement rêvé de te retrouver que maintenant que cela est vrai, je n’arrive pas à y croire. C’est comme ci ça n’était pas réel. Ça semblait impossible jusqu’aujourd’hui.. »

    Pourtant il est là. Je pose ma main sur sa joue et oui, je sens sa peau, sa légère barbe. Il n’est pas un mirage que j’ai inventé dans mon esprit. Mais j’ai tellement peur que cela ne soit qu’éphémère que je n’ose pas bouger.

    « – Aro ne nous laissera pas tranquille, tu le sais.. Quand on aura détruit Livio, il voudra nous récupérer. Parce qu’il connaît mes dons tout comme il connaît les tiens. »

    Il fallait que je lui dise parce qu’on a évité ce sujet mais il le sait. On est pas encore prêt à être tranquille mais en cet instant, nous avons un léger répit. Je laisse mon index glisser sur son visage pour retracer les traits que je connais par cœur mais qui sont bien plus lisses qu’avant. Il est un jeune apollon dans ses traits de vampire. Il est bien plus beau qu’en tant qu’humain même si à mes yeux, il a toujours été magnifique. Je regrette cependant ses magnifiques yeux bleus qui sont devenus deux pépites dorées. Ils sont bien moins vifs que les miens puisqu’il ne boit pas de sang humain. Les miens sont d’un rouge écarlate. Ils reflètent les proies que je traque.

    « – Quand on en aura fini avec Livio, j’aimerais aller à Chicago.. pas pour y vivre mais simplement pour voir comment cela a changé et aussi pour voir les tombes de ma famille. Livio m’a interdit de retourner là bas. Je n’ai jamais pu revoir tout ça.. et je ne sais pas non plus ce qu’est devenu.. mon fils.. »

    Je n’ai pas su aimer cet enfant mais je lui ai souhaité une belle vie. J’ai espéré qu’il puisse avoir une belle mère qui l’élève comme son propre fils. Pour Dereck, peu m’importe puisqu’il m’a enfermé dans un asile sans la moindre hésitation mais j’espère que l’enfant a eu une vie beaucoup plus heureuse que la mienne. Et c’est le cas. Même s’il a vécu avec la douleur d’avoir perdu sa mère très tôt, il a bien vécu. Il est devenu un très bon avocat et il a eu une grande famille. Il est même encore vivant bien que c’est un vieil homme qui ne saurait pas me reconnaître.

    « – Tu crois que c’est possible ? »

    Mon index s’arrête sur le bout de son nez. Nous n’aurons plus la joie de pouvoir faire une grande famille avec James mais ça ne me gêne pas. Je n’en suis pas triste car je l’ai retrouvé et c’est tout ce qui m’importe. De toute façon je n’ai plus les mêmes rêves qu’avant puisque tout a changé, même notre environnement. Le monde est devenu différent et ça n’a plus rien à voir avec les années 1900. Il y a deux guerres mondiales entre temps et on les a vécu. Du moins, beaucoup plus la seconde que la première. On aurait même pu se croiser puisque James avait été aider sur le front alors que moi j’allais m’abreuver du sang des nazis. C’est ma petite contribution pour faire tomber ce régime totalitaire.

    « – Est-ce que tu as aimé une autre femme ? À part cette.. Bella.. Tu as connu d’autres femmes pendant ces années ? »

    Ce n’est pas par jalousie que je demande cela. Je veux simplement savoir s’il a pu avoir un peu de douceur dans cette vie vampirique. Je sais que c’est moi l’amour de sa vie mais ça ne veut pas dire qu’il n’a pas eu le droit de tenter de réparer son cœur avec une autre.

    « – Moi non.. enfin, j’ai dû épouser Dereck mais je ne l’aimais pas. Et Livio.. jamais il ne m’aurait permis de voir un autre homme. Il est même très jaloux de ce que je ressens pour toi et c’est à cause de ça qu’il nous a fait vivre loin des Etats-Unis. Il voulait s’assurer que je ne retourne jamais dans tes bras. Mais il faut croire qu’il n’a pas réussi et qu’on a tout de même eu le droit de se retrouver. »

    Je baisse mon index jusqu’à ses lèvres et je fini par le remplacer par un chaste baiser. Il a ce même rictus qu’il avait dans le temps, il pince ses lèvres et plisse ses yeux.

    « – Tu n’as plus ta petite cicatrice sur ton front. Tu sais, celle que tu avais eu après avoir essayé de grimper dans l’arbre de mon jardin pour récupérer mon cerf-volant.. tu as toujours été une sorte de petit singe qui voulait grimper partout. Tu dois en profiter maintenant avec tes pouvoirs de vampires.. »

    Il me l’a déjà prouvé en nous faisant monter sur le toit du chalet en Finlande. James était bien plus sage que moi sauf pour ça. Il était un casse-cou et c’est moi qui devait soigner ses blessures la plupart du temps.

  18. Avatar de M.
    M.

    22 Avril 2006, minuit, Florence.

    Je ne lui en veux pas d’avoir essayer d’aimer à nouveau. Dans tout ce qu’on a vécu, l’amour a été notre plus beau souvenir et il est normal qu’il a essayé de retrouver un peu de bonheur. Cependant il m’avoue n’avoir pas réussit. C’est moi qu’il voulait et là nous sommes à nouveau réuni. Je ne sais pas si tout cela n’est qu’un mirage ou durable mais je retrouve un peu de vie, de chaleur mais surtout des émotions que j’avais préféré abandonné.

    « – Je t’aime James. Plus que les pâtisseries et plus que les livres de Jules Vernes. »

    On sourit bêtement car c’était une phrase que je lui disais lors de notre vie humaine. C’était ma façon de lui dire qu’il passait avant tout. Et puis il finit par poser ses lèvres sur les miennes. Un doux baiser qui a la saveur de ceux qu’on avait avant. Des promesses de jeunes fiancés, de grands rêveurs, d’âmes sœurs. Pourtant il y a quelque chose qui change quand même, c’est l’intensité que ce baiser prend. Parce qu’avant, on était bien plus naïfs et respectueux des règles. On n’avait juste le droit à quelques petits baisers mais rien de plus. Ma famille comme la sienne, veillaient à ce qu’on reste prude jusqu’à notre nuit de noces. James n’avait pas le droit d’être seul dans une chambre avec moi où il n’avait pas le droit de poser ses mains sur des zones trop intimes pour les mœurs anciennes. C’est à peine si on avait le droit de se serrer dans nos bras trop longtemps. Ça nous convenait puisqu’on savait qu’on finirait par être marié et qu’il n’y aurait plus de barrières.

    Alors oui, notre baiser devient beaucoup moins sage qu’à l’époque et je viens laisser James se mettre au-dessus de moi. Mes cuisses serrent ses hanches et on cesse d’être de farouches amants. Nos langues se rejoignent pour un baiser encore plus langoureux et il y a une tension qui monte si rapidement que c’est moi qui finit par me retrouver au-dessus de lui. À califourchon sur son bassin, je viens emprisonner ses mains dans les miennes et elles se retrouvent au-dessus de sa tête. Il n’y a pas de manque de souffle, on pourrait s’embrasser ainsi pendant des heures mais nos visages se reculent et je vois les étincelles dans ses yeux. Cependant je vois aussi une sorte de légère peur ou appréhension. Mon esprit ne tarde pas à réfléchir à un point plus ou moins ambiguë. Moi j’ai du faire ma première fois avec Dereck, non pas par envie mais par devoir conjugal. Mais James ? Est-ce qu’il a déjà eu des relations avec une autre femme ? Avec une humaine j’en doute car les vampires n’ont pas la même force mais peut-être avec une autre vampire.. et puis je comprend assez vite que non. Non, mon James est encore vierge et on dirait qu’il se sent honteux. Il fuit mon regard et je pose ma main sur sa joue pour qu’il me regarde à nouveau.

    « – Eh.. Ce n’est pas grave tu sais ? Et surtout, ne crois pas que cela me repousse ou je ne sais quoi. Au contraire, si j’avais pu, moi aussi j’aurais attendu. Parce que j’avais fait la promesse de n’appartenir qu’à toi. Même dans la chair. Finalement c’est certainement moi qui devrait avoir honte.. »

    J’embrasse son front et je m’allonge de nouveau à côté de lui. Je me sens un peu sale oui. Et puis ça me rappelle cette horriblement nuit de noce que j’ai vécu. Je ne dirais pas que Dereck a été un monstre mais ce soir là, je me sentais horriblement mal parce que ça n’aurait jamais dû arriver. C’est ce que je raconte à James, non pas pour le culpabiliser mais pour lui dire à quel point ça a été difficile.

    « – Je n’ai jamais ressenti le moindre plaisir ni désir avec Dereck.. je refusais même d’être dans le même lit que lui et je crois que ça a beaucoup joué sur son envie de me placer en asile. Je n’étais pas la femme docile qu’il voulait. Mais c’était un autre temps.. par contre, toi.. enfin, plus la date du mariage était proche et plus j’angoissais à l’idée d’être à notre nuit de noce. Je voulais te faire vivre la plus belle nuit de ta vie. J’avais même fait venir de la lingerie en dentelles de France. »

    Cet aveu me fait rire, surtout quand on voit les lingeries beaucoup plus sexy qu’il y a aujourd’hui. On n’avait jamais vraiment parlé de sexe car c’était tabou mais là, il n’y a que nous deux et surtout l’époque n’est plus à la pudeur.

    « – C’est quand même amusant de se dire qu’on s’aime et que tu n’as jamais vu, ne serait-ce qu’un morceau de mon ventre ou même de mes jambes. C’était interdit avant.. Il fallait que je couvre mon corps et toi que tu sois un gentleman. Parfois je regrette ce temps, non pas pour moi mais quand je vois tous ces jeunes qui n’ont aucun mal à se dévergonder et qui le regrettent après, je trouve ça triste. »

    Je pourrais lui sauter dessus et lui offrir la nuit de noces que je lui avais promis mais non. Il est ce que j’ai de plus précieux et je ne veux encore lui offrir une nuit qu’il n’oubliera jamais. Donc ça ne sera pas ce soir, pas comme ça.

    En attendant, on reste dans ce lit et on s’observe puisque le sommeil ne nous gagne pas. On attend que le soleil se lève pour quitter le chalet car on doit rejoindre l’aéroport. James doit appeler sa famille avant notre départ et ce point me tracasse un peu car même si lui les aime, moi je sais que ce n’est pas le cas. J’en veux viscéralement à Carlisle et je ne sais pas comment je vais réagir lorsque je serai face à eux. Et puis il y a encore cette Bella qui est vivante. Si elle vient à nous, je ne sais pas non plus comment je vais réagir, ni comment James va réagir.

  19. Avatar de M.
    M.

    22 Avril 2006, Seattle, villa des Cullen.

    J’aurais aimé ne pas être là mais James a ses marques avec ces autres vampires. Il les considère comme sa famille et il va falloir que j’apprenne à les connaître, du moins déjà à les rencontrer. Je me contiens lorsque nous arrivons devant la villa. Je sais que je suis tendu, sous tension et James serre ma main pour me rappeler qu’il est présent. Si ça ne tenait qu’à moi, je partirais car il y a quelqu’un que je ne souhaite vraiment pas revoir, c’est Carlisle. Cependant il est là. Il y a toute la famille qui est là, même la petite brunette qui est venue me chercher au Brésil. On dirait une copie ironique de la famille parfaite. Ils sont tous beaux, souriants mais on sait qu’ils sont des vampires donc pas vraiment des anges. James me mène à eux et il les présente un à un. Ils m’observent tous et ils me saluent, cependant je garde un silence presque terrifiant. Ils doivent se douter que je n’ai pas leurs vécus. Ils savent aussi que je ne suis pas une vampire adepte du sang animal. Je sens qu’ils restent sur leur garde et c’est pas plus mal. C’est pourtant au moment où Carlisle me salut qu’ils se tendent tous en même temps. À t’il dit quelque chose ? Raconté ce qu’il avait fait ? Qu’il m’avait pris l’amour de ma vie pour le mettre dans sa famille de rêve ? Je fixe ce soit disant père de famille et je sais que mon air devient plus mauvais.

    « – James, tu devrais peut-être montrer la villa à Beth ? »

    Les regards sont surpris car c’est Jasper qui parle. Lui qui est d’ordinaire trop silencieux. Pourtant il ressent les émotions et les miennes sont très intenses. Il sent mon amertume et il veut que je sois éloigné de Carlisle. Tous se regardent étrangement, d’autant plus que je n’ai toujours pas parlé mais je décide de dire ce que je pense pour définir cette tension. Ça risque de ne pas plaire et de donner mauvaise impression mais je me fiche qu’ils m’aiment ou non.

    « – Je suis ici parce que James tient à vous mais c’est tout. Je ne veux pas de vos faux yeux doux et votre fausse gentillesse. James croit que j’ai besoin de vous pour Livio mais il n’en est rien. Je n’ai pas envie de faire partie de votre pseudo famille créé par un monstre qui n’est qu’un égoïste infini. »

    Mes mots sont tranchants et je vois Rosalie ainsi qu’Emmett monter en tension si bien qu’ils sont prêts à m’attaquer, pourtant Carlisle leurs fait signe de ne pas bouger. Je me doute que j’ai certainement blessé James aussi en disant cela mais je ne suis plus la demoiselle qui prend des pincettes. Je mords toujours la première.

    « – Je crois que nous devons discuter Beth.
    _ Pour que tu t’excuses Carlisle ? Tu as quasiment détruit ma vie à toi seul. Tu n’as pas dit à James ce qu’il s’est passé avant que tu ne disparaisse avec lui ? Je suppose que non. »

    Carlisle soupire légèrement et il lève un instant son regard vers James. Il pourrait demander à tout le monde de partir mais il ne le fait pas puisqu’il veut que tout soit étalé sur la table. Il sait que ça doit se faire maintenant sous peine que la situation ne dégénère, surtout avec moi. Il ne veut pas que je devienne une ennemie, surtout une ennemie pour James.

    « – James sait que je t’avais fait une promesse. Celle de le sauver et c’est ce que j’ai fait Beth. Je l’ai sauvé car il n’allait pas survivre à la grippe.. mais c’est vrai que je n’ai pas été correct dans le sens où je nous ai fait disparaître sans que tu puisses y faire quoi que ce soit.
    _ Vraiment ? J’étais dans le coma et quand je me suis réveillé, je n’avais plus rien. Plus de famille, plus l’amour de ma vie. Je me suis retrouvé seule et à la merci des autres. J’ai dû épouser quelqu’un que je n’aimais pas et le plus barbare est que c’est à cause de toi si Livio m’a fait prisonnière. Si tu n’avais pas été à New-York, il ne m’aurait jamais vu. Il n’aurait jamais su que j’existais. »

    Les avis divergent dans la famille à présent. S’ils étaient tous derrière Carlisle, maintenant ça change un peu. Rosalie est même certainement celle qui me comprend le plus. Elle ne voulait pas forcément de cette vie vampirique. Pourtant il faut quand même désamorcer la bombe.

    « – Je m’en veux Beth et c’est sincère. Je sais que je t’ai fais énormément de torts et que tu me détestes. J’aurais beau expliquer mes choix, m’excuser mille fois, tu continueras de me détester. Cependant je sais ce que tu veux et je vais te le donner. »

    Esmée fronce les sourcils car elle ne comprend pas ou son époux veut en venir. En fait personne ne comprend à part moi et James puisqu’il peut entendre les pensées de Carlisle.

    « – La vérité est que je n’ai pas voulu détruire ta vie.. au contraire. Je savais que James allait mourir donc j’ai voulu le sauver à ma façon et je dois avouer que j’ai attendu que toi aussi tu agonises mais tu t’es battu pour vivre. Tu as donné des signes de guérison juste quelques jours avant que je ne transforme James. Je ne pouvais plus te transformer.. mais je ne pouvais pas non plus laisser James auprès de toi car lui, il t’aurait tué. »

    Son air devient plus grave alors que de mon côté, je serre tellement fort la main de James qu’il doit certainement avoir mal, ce qui est surprenant pour un vampire.

    « – Mais tu as aussi raison. J’ai agi égoïstement. J’aurais pu aussi ne pas le sauver. Et tu aurais quand même été seule.. parce qu’il serait réellement mort. Je ne dis pas que c’est bien, je dis seulement que la situation durant cette époque était très compliquée. En ce temps là, je n’avais pas pour but d’avoir une famille Beth. J’avais seulement sauvé James mais il n’était pas encore un fils. »

    Il regarde James avec un air désolé. Il n’avait pas conscience de la relation que nous avions. Il pensait que je finirais par oublier James dans les bras d’un autre. Il se retient même de dire que c’est lui à quelque peu poussé Dereck à me faire la cours. James peut le voir dans ses pensées.

    « – Je ne te demande pas de me pardonner Beth.. Je sais que je suis fautif. Je sais à quel point je t’ai fait du mal. Sache qu’en tout cas, je ferais tout pour qu’un jour tu puisses ne plus me regarder comme un monstre.. et je ferais aussi tout pour que tu puisses te sentir bien ici. »

    Ça en est trop pour moi. Je relâche la main de James et ils prennent tous peur que je saute sur Carlisle mais non, je m’éloigne dans la forêt qui est à l’arrière de la villa. Encore une fois, Carlisle fait signe à tout le monde de ne pas bouger, même à James.

    « – C’est une âme torturée.. Une âme blessée. J’en suis en grande partie fautif. Elle ne me fera pas de mal car elle sait que James tient à moi donc ne vous inquiétez pas mais elle réagit comme une personne effrayée. Elle se protège en attaquant. Il va donc falloir qu’on lui montre qu’elle n’a pas à avoir peur de nous.. »

    Dit-il envers les autres Cullen, surtout Rosalie et Emmett. Esmée demande aux autres de rentrer alors que Carlisle reste dehors avec James pour lui parler seul à seul.

    « – J’ai mal agis avec elle.. mais je ne regretterais jamais de t’avoir transformé James. Je le referais s’il fallait le refaire. Cependant je regrette de ne pas avoir compris à quel point vous étiez fusionnel.. si j’avais cerné, je.. je l’aurais transformé aussi. »

    Il y a l’un des Cullen qui n’a pas su suivre Esmée et qui a décidé d’aller à ma rencontre malgré tout. C’est certainement la personne qui est la plus similaire à ce que je suis. Rosalie se met à suivre mon odeur et elle me retrouve dans un coin de la forêt pour s’assurer que je ne suis pas sur les terres Quileute mais aussi parce qu’elle comprend mes sentiments. Cependant contrairement à moi, elle a su s’apaiser.

    « – Qu’est ce que tu fais là ?!
    _ Moi aussi j’ai détesté Carlisle. Contrairement à toi, je lui en ai voulu de m’avoir transformé.. Je n’aurais jamais souhaité devenir immortel. Il a cru qu’il me sauvait mais il m’a surtout fait prisonnière d’une vie de vampire.
    _ Et c’est censé me faire aimer Carlisle ?!
    _ Non mais sache que je comprends ta colère. J’ai mis des années pour apprendre à m’apaiser et à refaire confiance. James m’a aidé, Alice aussi.. enfin toute notre famille. Ils ne sont pas parfaits comme tu dis mais ils savent se soutenir et nous rendre plus fort. On le fera aussi avec toi.. parce que tu n’es pas n’importe qui. Tu es le grand amour de James et tu fais déjà parti de nos vies depuis le début. Il nous a tout raconté sur votre vie à deux.. Il n’a jamais cessé de t’aimer. Il a tenté de croire qu’il pouvait aimer une autre fille qui en plus était humaine mais on savait tous que ce n’était qu’une brève illusion. Bella n’était pas toi. »

    Je reste de dos à elle même si je sais qu’elle s’avance à petits pas. Mes yeux sont humides, prêts à déverser des torrents de larmes. Je ne me sens pas encore capable de rejoindre d’autres personnes que James. J’ai développé une peur irrationnelle des gens, que ce soit vampires comme humains.

    Rosalie reste près de moi, silencieusement mais comme un soutien qui ne compte pas m’abandonner. Ce n’est qu’une bonne heure plus tard qu’elle me mène à nouveau vers la villa et quand nous y arrivons, James nous attend. Rosalie lui fait un léger sourire et elle nous laisse une fois que les bras de James se retrouvent autour de moi.

    « – Excuses moi pour la scène.. mais je ne pouvais pas garder ça pour moi.. Je lui en veux tellement.. »

  20. Avatar de M.
    M.

    Ce mot, Famille, il me terrifie autant qu’il me rend triste. J’en avais une, il fut un temps. Beaucoup de frères, un père et moi pour petite princesse de cette troupe d’hommes prêts à conquérir le monde. Ils avaient tous des rêves, des avenirs prometteurs et finalement ils sont tous morts avec une rapidité que j’ai encore du mal à digérer même une centaine d’années plus tard. Je crois que je n’ai jamais envisagé de retrouver une famille après avoir perdu la mienne si brutalement ou alors si, une famille avec James mais c’était avant de devenir cet être immortel. Aujourd’hui tout est différent et même si James m’a invité à rejoindre les siens, je doute. Je ne sais pas si je réussirais à me mêler à eux, à être une membre à part entière de cette famille. James me remercie mais s’il savait à quel point je doute, il n’aurait pas ce mot à la bouche. Peut-être que le temps saura lever mes doutes mais il est encore bien trop tôt pour que j’accepte cette nouvelle condition. Et puis avec Livio qui compte me récupérer, je ne peux pas me permettre de visualiser quoi que ce soit. Je dois d’abord me concentrer sur lui car s’il continue de me traquer, il finira par s’en prendre à James ou aux siens. Je dois l’empêcher de les approcher.

    Après cette petite réunion de guerre, Rosalie et Emmett partent se préparer pour leurs escapades à Macao mais Jasper et Alice restent là. Jasper me fixe intensément puisqu’il ressent mes doutes, mes émotions. Mais pas que.

    « – Comment maîtrises tu ton pouvoir ? Livio te l’a fait travailler ? Tu sais jusqu’où tu peux le pousser ?
    _ Si je le savais vraiment, je pense qu’il y aurait déjà eu beaucoup de morts, du moins les Volturi ne seraient plus là. Si nous n’avions pas encore attaqué, c’est parce que je ne maîtrise pas totalement ce pouvoir.. en tout cas, pas de la manière dont Livio l’aurait souhaité. »

    Je peux tout brûler mais c’est souvent sous le coup des émotions. Je n’arrive pas encore à le maîtriser sans avoir besoin d’être en colère ou triste. Livio se servait de mes failles pour me pousser à mettre le feu mais tant que je ne savais pas pleinement maîtriser ce don, cela aurait été trop risqué d’attaquer les Volturi.

    « – Je peux t’aider à t’entraîner si tu le souhaites. James aussi peut t’aider. Ça peut être un grand atout contre Livio.
    _ Ça serait le seul moyen de le faire tomber. On sait tous qu’il est bien plus fort que nous tous réunis.. Il n’a peut-être pas des dons extraordinaires comme les Volturi mais il a une force dont vous n’avez même pas idée.. »

    Dis-je en levant les yeux vers James. Il y a quelques minutes, il était en train de me proposer d’envisager de boire du sang animal mais pour l’instant ça sera non. Pas en sachant ce qui nous attend avec Livio. Je serais certainement la seule de cette maison à pouvoir lui faire face s’il faut se battre.

    « – Il n’est pas qu’un simple vampire et vous le savez tous. C’est le premier.. le tout premier. Sans lui, vous ne seriez pas ici. Il est la racine même du vampirisme. »

    On ne va pas combattre un petit jeune qui n’a aucune maîtrise. Au contraire, il est préparé depuis des siècles à ce que certains vampire veuillent le faire tomber. Il n’a peur de personne. Il faut donc que je prépare les Cullen car ils ne semblent pas vraiment réaliser ce qu’ils vont avoir en face d’eux. Même James. Il n’a vu que Livio une seule fois, en 1923 mais ce jour là il est resté en vie parce que je me suis livré à Livio.

    Après avoir dit cela, jasper et Alice repartent ensemble, certainement pour parler de la future bataille contre Livio. Esmée et Carlisle sont repartis aussi, il ne reste plus que James et moi dans le salon. Je suis debout, près de la grande baie vitrée qui donne sur la forêt et même si la vue est à couper le souffle, je m’attarde sur des buissons qui bougent légèrement. Il y a des loups ici. Des loups-garous. James m’a vaguement parlé des Quileutes et des règles qu’ils ont imposé aux Cullen. Ils sont ici, certainement parce qu’ils ont senti une nouvelle odeur, la mienne.

    « – Pour ce que tu m’as dis en haut, je dois t’avouer que pour le moment je ne tiens pas à m’y résoudre.. Pas en sachant ce qui nous attend. J’ai besoin de toutes mes forces James.. et je sais que cela doit paraître être une abomination à tes yeux ou ceux de ta famille mais le sang humain nous donne pleinement nos forces. Je ne peux pas me permettre d’être affamée ou amoindrie face à Livio. J’irai donc chasser dans l’état à côté ou alors au Canada.. afin d’éviter que ces chiens puants ne viennent vous attaquer. »

    Dis-je à l’encontre de ces loups qui continuent de m’observer en pensant certainement que je ne les ai pas capté. C’est la première fois que j’en vois réellement mais Livio m’en avait parlé. Eux aussi sont arrivés en même temps que l’immortalité de Livio. Ils sont en quelque sorte, ce qui peut contre attaquer les vampires. Il y a toujours des opposés dans la nature et l’immortalité ne déroge pas à cette règle.

    « – Livio m’a raconté comment il est devenu ainsi.. et je dois t’avouer que j’ai eu un pincement au cœur parce que cela m’a fait penser à nous. Il vivait dans ce qui est aujourd’hui la France mais en ce temps là, il y avait surtout des peuples celtiques et saxons. Il était tombé fou amoureux d’une femme et celle-ci était une sorte de shaman ou sorcière, enfin une entité que les autres vénéraient. Un jour, les autres ont décidé de punir Livio parce qu’il n’avait pas le droit d’aimer cette femme.. C’était une sorte d’hérésie que d’aimer la prêtresse. Ils l’ont torturé et laissé pour mort. La jeune femme a retrouvé Livio dans une marre de sang et elle a décidé de créer ce qu’il est devenu pour faire payer les humains.. car elle aussi, elle était très amoureuse de Livio. Elle lui a offert l’immortalité mais aussi le pouvoir de tuer les hommes, cependant cela s’est retourné contre elle car elle a été le premier repas de Livio. Il ne s’est jamais remis de ça.. c’est même pour cela qu’il déteste autant les humains. Sans leurs jalousies et leurs envies de tout contrôler, ça ne serait jamais arrivé. Mais là où il me fait penser à nous, c’est qu’il a aussi été abîmé et on lui a volé l’amour.. »

    Je ne prend pas sa défense mais je peux comprendre sa vision du monde. Cela ne m’empêchera pas de le stopper lorsque le grand jour sera arrivé.

    James arrive près de moi et il peut voir à son tour les loups même si je me doute qu’il doit aussi entendre leurs pensées. Je pense que je n’aimerais pas avoir son don car ça ne doit pas être reposant d’entendre sans cesse les pensées des autres. Heureusement qu’avec moi ça ne fonctionne pas, même si je trouve cela étrange.

    « – Ça ne va pas être facile pour moi tu sais.. tout ça. Je sais que je n’étais pas aussi hostile avant et ça doit te perturber mais il va me falloir du temps pour essayer de me faire à ta nouvelle vie.. »

    Sur l’instant, je fais une moue comme je la faisais avant lorsque je faisais une bêtise ou quand je n’arrivais pas à faire quelque chose. Le chemin ne sera pas simple mais bon, James sera là pour éviter que je ne perde la route.

  21. Avatar de M.
    M.

    23 Avril 2006 – Villa des Cullen, Forks.

    Cette première nuit ici a été assez spéciale pour moi. Je suis resté sur mes gardes et je suis même resté enfermé dans la chambre de James. Je n’avais pas envie de croiser qui que ce soit mis à part lui. Il a été compréhensif avec moi vis à vis de mon alimentation et il m’a même proposé de venir avec moi pour me protéger. Cela m’a fait finement sourire puisque je sais que je n’ai pas besoin de protection mais il a toujours été ainsi avec moi. Il garde un œil et il veille à mon bien être.

    Alice a essayé de tenter une approche ce matin et je l’ai laissé faire. James était parti je ne sais où et elle est arrivée dans la chambre avec un livre entre les mains ou plutôt un album. Elle voulait me montrer les photos qu’elle avait pris de James durant toutes ses années. Il a eu des styles différents en fonction des époques et j’ai ris en le voyant en mode hippie. Il n’en reste pas moins beau mais les fleurs ne le mettent pas en valeur. Mon rire a rassuré Alice, jusqu’à ce qu’elle se fige durant quelques secondes. Elle a une vision.

    « – Elle arrive..
    _ Qui ? Qui arrive ?
    _ Bella.. et les loups.. »

    Bella ? L’humaine ? Il ne faut pas énormément de temps pour que je la sens à mon tour. Son cœur qui bat.. sa respiration.. mais surtout son sang. Je n’ai pas mangé depuis presque cinq jours et ma gorge est en feu. Plus elle s’approche et plus mon regard devient sombre.

    « – Tu dois rester ici Beth !! Je.. je vais aller prévenir James.. et Jasper.. »

    Elle file en m’enfermant dans la chambre mais c’est idiot car je peux aisément détruire la porte. Bella arrive à l’entrée de la villa en compagnie de Jacob, qui veut rester auprès d’elle pour la protéger. La brunette veut voir James. Elle est hystérique car elle a appris son retour et elle ne comprend pas pourquoi il n’est pas revenu vers elle. Carlisle essaye de calmer la situation. J’entend tout mais j’ai surtout l’odeur de son sang qui commence à m’enivrer.

    « – Il est où ?! Jacob m’a dit qu’il était là avec une autre femme ! Qui est cette femme ?! Pourquoi il n’est pas revenu me voir ??
    _ James a retrouvé une ancienne amie et..
    _ Et c’est pour cela qu’il m’abandonne ?! J’ai failli mourir pour lui !
    _ Non Bella.. tu as essayé de te suicider pour le ramener à toi.. James n’est en rien responsable de ton acte.
    _ Laisse moi entrer Carlisle !! »

    Elle réussit à entrer et elle file vers le salon pour essayer de le trouver. James est là et elle lui saute dans les bras. J’entend tout et surtout, je m’apprête à casser la porte quand Jasper arrive. Lui aussi a les yeux sombres. Il est végétarien depuis peu et il est tout autant en supplice que moi.

    « – On doit s’en aller Beth. Maintenant.
    _ et laisser cette hystérique s’en prendre à James ?! Autant que je la fasse taire une bonne fois pour toute !
    _ Si tu la tues, les loups nous attaqueront !
    _ Et vous avez peur des loups ? Il y a bien pire que des loups Jasper. »

    J’essaye de sortir mais il me bloque la route. En bas, Jacob m’a entendu et il est prêt à se transformer. Bella ne comprend pas et elle se tourne vers son meilleur ami.

    « – Qu’est ce qu’il se passe ??
    _ Elle est là.. l’autre femme. Elle veut te tuer. »

    Bella fronce les sourcils et elle se tourne vers James. Elle ne comprend pas. Elle ne sait pas non plus qui je suis, du moins elle connaît le passé de James mais elle ne sait pas qu’il m’a retrouvé. Elle pensait que j’étais morte et pas une vampire.

    « – C’est qui James ?? Qui est cette fille ? Tu.. tu as une autre copine ?? Tu m’as trompé ?? »

    Je suis encore en haut. Jasper joue le bouclier sans pour autant me bloquer. Il ne se montre pas intrusif envers moi, certainement parce qu’il ne fait pas le poids ou alors peut-être pour essayer de donner sa confiance.. Esmée arrive à son tour et elle nous voit être l’un face à l’autre. Elle se rapproche doucement et tend même sa main vers nous.

    « – Ça va aller.. on va la faire partir, d’accord ? Mais j’ai confiance en vous.. vous allez tenir..
    _ Je n’ai pas envie de tenir Esmée. Du moins, si elle est encore vivante c’est parce qu’il y a James. »

    Elle devrait être mon repas. Je lutte de plus en plus mais je le fais pour lui. Je pourrais m’enfuir de la villa mais je sais que ça serait bien plus dangereux pour Bella dehors qu’ici alors je reste. Cependant il va falloir que James réussit à l’éloigner au plus vite car à un moment, je risque de ne plus savoir me contrôler.

  22. Avatar de M.
    M.

    23 Avril 2006 – Forks, Villa des Cullen

    Je sais que Jasper essaye de canaliser mes émotions car je le sens lutter autant que je lutte, pourtant c’est difficile. J’entends ce qui se dit en bas et surtout je sens le sang de cette fille. Il y a encore quelques semaines, j’aurais fait un carnage. Livio m’aurait dit d’aller la tuer et je l’aurais fait avec un immense plaisir mais là je lutte pour James. Je sais qu’il me supplie de ne pas bouger, de ne pas céder mais ça en devient tellement difficile que je fini par quitter la villa. Il faut que je m’éloigne, que j’aille me nourrir.

    Mon départ se fait entendre et il y a une sorte de soulagement pour tous les vampires présents sauf peut-être James. Jacob réussit à faire repartir Bella même si celle-ci continue de pleurer son désespoir. Quand elle est enfin sortie de la villa, Carlisle vient poser une main amicale sur l’épaule de James.

    « – On est tous derrière toi. Bella finira par passer à autre chose.. par contre il faut que tu retrouves beth. Je préfère éviter les massacres d’humains dans le coin.. »

    Je me suis éloigné, comme je l’ai promis. Je ne vais pas chasser sur les terres des Quileutes mais un peu plus dans le sud de l’État. Il ne m’est pas difficile d’y arriver rapidement et de chercher après une proie facile. Il y a des chasseurs isolés en forêt et c’est parfait pour combler ce manque de nourriture qui me torture. J’arrive facilement à en capturer un et à le vider de son sang mais le manque est tel que je sens le besoin de continuer à me rassasier. J’en capture un second. Quand James se rapproche, je sens son odeur mais ça ne m’arrête pas pour autant. Au contraire, prise par la frénésie de la chasse, du jeu et du sang, je sème James comme si nous étions en train de jouer à cache cache.

    Il me traque. Je le fuis. Je traque tout de même les autres chasseurs et ce jeu continu jusqu’à ce qu’un troisième chasseur soit face à moi. J’ai du sang sur les mains, sur le visage et cela effraie l’homme alors que moi ça me fait rire. C’est cruel mais j’ai appris à vivre ainsi. Les humains ne sont plus rien que de la nourriture à mes yeux.

    « – Qu’est ce que vous me voulez ?! »

    Il lève son fusil vers moi et il tire mais j’ai le temps de fuir la balle. J’arrive derrière l’homme et je l’attrape par la nuque.

    « – Je vais vous tuer comme vos amis. Vous êtes un peu comme les animaux que vous traquez.. et vous savez quoi ? Je vous ai attrapé. »

    Il essaye de se débattre mais je le plaque au sol. Je m’apprête à le mordre à son tour lorsque James réussit à me repousser et à me mener plus loin, comme la fois où il m’a trouvé dans les rues de Rio. Cependant cette fois ci je ne me laisse pas faire et je retourne vers l’homme au sol. J’enfonce mes crocs dans sa gorge et je commence à le vider de son sang face au regard de James. Je pourrais en finir là mais non. Quelque chose me pousse à ne pas finir de boire le sang de l’homme. Certainement le regard de James. Il ne me regarde pas comme si j’étais un monstre en train de tuer mais plutôt une sorte de droguée qui se shoot devant lui. On dirait qu’il ressent une sorte de pitié et ça ne fait qu’augmenter mon animosité. Je relâche l’homme à moitié mort et je m’avance vers James.

    « – Ne me regardes pas comme ça ! Je ne suis pas toi ! Je ne suis pas ta famille ! Vous, vous voulez jouer aux amis des humains mais pas moi ! »

    Dis-je en faisant référence à cette fille, Bella. Je ne comprend pas comment ils ont pu s’insérer auprès des hommes sans vouloir les vider de leurs sangs. Je n’ai jamais envisagé cela avant que James ne me retrouve. C’est même presque indécent pour moi. Pourtant je sais que j’ai réussi à me retenir pour James mais jusqu’à quand ?

    « – Je.. Je n’y arriverais jamais James ! Je ne veux pas être comme vous ! Je ne veux pas me nourrir de bêtes ! Je ne veux pas être proche des humains ! »

    Oui, je dois vraiment ressembler à une camée que l’on veut envoyer en centre de désintoxication. Je tremble mais surtout je fini par baisser mon regard sur l’homme qui gémit de douleur. Je m’apprête à l’achever quand James retient mon bras mais je repousse James. Je le repousse et je le plaque même contre un arbre.

    « – Je ne serais jamais comme tu souhaites que je devienne. Une famille de vampire.. des animaux pour repas.. aller au lycée ?! Je.. non James ! Je vais devenir folle si je fais ça ! C’est trop pour moi ! »

    Le changement est trop rapide, trop violent. La solitude était devenu mon réconfort, la chasse ma seule passion. Je relâche James et mes mains ensanglantées s’imposent sur mon visage pour le cacher. J’angoisse et ça faisait depuis ma vie humaine que je n’avais pas ressenti cette émotion. En fait, je n’avais plus ressenti d’émotion depuis que James est revenu et c’est une sensation violente. Cela veut dire qu’il reste une part d’humanité en moi mais je l’avais éteinte. Elle n’existait plus.

    « – Je dois m’en all… »

    Mais je ne termine pas ma phrase. Une ombre s’abat sur nous. Ou plutôt sur James. Victoria nous a repéré ou plutôt c’est lui qu’elle veut faire tomber. Il a tué son compagnon pour sauver Bella et elle veut se venger. Cependant elle n’a pas eu vent que j’étais auprès de James. Elle n’a pas eu l’écho que j’étais bien plus folle qu’elle.

    James est plaqué au sol par Victoria et elle s’apprête à lui enfoncer sa main dans la poitrine mais elle n’a pas le temps. Je l’attrape par l’arrière et je ne répond plus de moi-même. Mon angoisse lié à la rage que l’on touche à James, donnent un mélange qui précipite Victoria sur sa fin. Elle se débat comme elle peut mais j’use de mon don pour la faire brûler de l’intérieur.

    « – Non !! Ne me tues pas !! C’est Livio qui m’a demandé de tuer james !! »

    Mais ça demande est encore bien pire pour elle. Elle signe son arrêt de mort en parlant de Livio. Devant les yeux de James, j’achève ce vieux vampire en lui arrachant la tête et en la faisant brûler instantanément. C’est violent et rapide mais je n’ai pas la patience et la réflexion de James. J’agis comme une bête sauvage. Je suis une bête sauvage.

    Le corps de Victoria brûle devant moi et je sais que James est encore derrière moi. Il ne dit rien. Il ne bouge pas.

    « – Si tu veux garder cette vie.. je.. je serais un obstacle pour toi.. Tu seras malheureux parce que je ne deviendrais jamais comme cette fille.. ou comme la beth que tu as connu.. Regarde de quoi je suis capable James.. J’ai tué trois hommes et un vampire en une petite heure.. »

    Je ne me retourne pas parce que j’ai peur de croiser son regard. J’ai cherché pendant un siècle à le retrouver et maintenant qu’il est là, je me sens incapable d’être celle qu’il mérite. N’est-ce pas une magnifique tragédie grecque ?

  23. Avatar de M.
    M.

    Elle fuit la seule personne qu’elle aime le plus au monde car elle se sent indigne de lui. Elle se sent monstrueuse. Elle se déteste. Mais elle a surtout une haine viscérale envers Livio car s’il l’avait laissé tranquille, s’il ne l’avait pas transformée et prise en otage pendant près d’un siècle, elle n’en serait pas là. Elle n’aurait pas nourri sa haine, sa tristesse ou sa colère. Elle n’aurait pas été cette bête impulsive et sanguinaire. Elle n’aurait pas vu la déception dans les yeux de James. Beth sait bien qu’en restant auprès de James, elle le détruira comme elle a été détruite. Du moins c’est ce qu’elle croit fermement. Elle n’est même plus l’ombre de ce qu’elle a été. Elle est une version bien plus terrible et impitoyable. James ne mérite pas ça.

    Quelques jours sont passés depuis sa fuite. Beth est redevenue une ombre, une tueuse, une âme sans but. Elle ne fait que penser à James et à ce qu’elle lui a dit. Elle se déteste de plus en plus car elle sait qu’il ne méritait pas ça. Une infime part d’elle, sait qu’elle aurait dû se battre pour tenter de vivre comme lui mais elle est encore trop brisée pour croire qu’elle a le droit de vivre une vie normale. Non, elle a été damnée et cette fois-ci elle est décidée à aller faire payer Livio. C’est lui qu’elle compte retrouver, traquer, tuer.

    Sans le savoir, elle a réveillé cette même envie chez James. Lui aussi veut trouver Livio. Les amants maudits ont le même objectif mais ils le font séparément. Cependant James a les Cullen qui peuvent encore le calmer mais beth ? Qui peut la stopper à part James ?

    ______

    Chicago, Mars 1914, Cimetière Nord. Mausolée de la famille Phillips.

    Beth a l’habitude de venir ici chaque dimanche après la messe pour déposer des fleurs à sa mère. Elle n’a pas eu la chance de la connaître énormément mais ce n’est pas pour autant qu’elle l’oublie. Quand elle vient seule, Beth parle à sa mère. Elle se retrouve seule face au mausolée et elle se confie sur les choses qu’elle ne peut dire à son père ou ses frères. En quelque sorte, elle fait vivre sa mère avec ses conversations à sens unique et elle espère que quelque part, sa mère l’entend.

    « – Papa m’a déposé ici mais il n’est pas resté car il est invité à déjeuner avec la famille Hilton.. tu sais les gens qui tiennent les magasins de literies ? Mais moi je n’avais pas envie d’y aller. Je préfère de loin venir ici pour te parler.. surtout que j’ai vraiment besoin de te parler aujourd’hui. Tu ne vas pas me répondre, cependant tu es la seule à qui je peux confier ça parce que même à James je ne peux pas le faire.. enfin.. pas maintenant.. »

    James fait déjà partie de la vie de Beth depuis presque trois ans et ils sont inséparables sauf le dimanche, quand leur famille respective vont à la messe. James suit ses parents et Beth suit son père.

    « – Je crois que.. j’aime James plus qu’en simple ami.. mais je ne peux le dire à personne. Papa et les garçons iraient faire la peau à James tandis que James.. je ne sais pas s’il ressent la même chose et je ne veux pas le perdre. Pourtant je sais et je suis convaincu que c’est le garçon avec qui je veux faire ma vie. Il.. il est si parfait. Tu sais, j’ai lu tes journaux intimes et dans l’un d’eux tu disais ce que tu avais ressenti la première fois que tu as vu papa. Moi aussi je ressens ça quand James est là. J’ai le cœur qui bat très fort, le ventre qui fourmille, les joues très chaudes.. mais au delà de ça, James est un garçon sensible, à l’écoute, bienveillant, protecteur, intelligent.. Oh je crois que je pourrais te faire une liste immense de ses qualités.. »

    Beth rougit même s’il n’est pas là. Elle ne devrait pas être ainsi, ou plutôt c’est risqué de tomber amoureuse de son meilleur ami mais c’est plus fort qu’elle. Plus elle passe de temps avec lui, plus elle tombe amoureuse.

    « – Mais j’ai si peur que cela ne soit pas réciproque. Je crois que je serai anéanti s’il me disait aimer une autre fille.. Enfin, je vais prier et espérer que ce ne soit pas le cas. Je veux vraiment vivre ma vie avec lui maman. Je donnerais tout pour être un jour son épouse. »

    ______

    Chicago, 30 Avril 2006, cimetière Nord, mausolée de la famille Phillips.

    La dernière fois qu’elle était venue ici, Beth était encore en deuil de James et elle venait pleurer son désarroi. Elle était aussi encore humaine. Aujourd’hui ce n’est plus le cas mais les tombes sont encore ici. Celle de sa mère, son père, ses frères et même la sienne.. Elizabeth Hellen Phillips, 1901-1923.

    Beth ne pensait pas revenir ici seule.. elle avait émis le souhait à James de venir avec lui mais avec les récents événements, elle avait besoin de venir ici. Elle n’est plus attaché aux chaînes de Livio et c’est ici, dans ce cimetière, qu’elle a besoin de trouver un peu de réconfort.

    « – Maman.. papa.. mes frères.. »

    Une larme roule sur sa joue alors qu’elle se met à genoux devant le mausolée. Sa main glisse sur la pierre où sont écrits les noms et prénoms. Toute sa famille.. tout son passé..

    « – C’est ironique que je me trouve ici presque cent ans jour pour jour après ta mort maman.. et quatre vingt dix après celles de papa et les frangins.. comme si c’était le nombre d’années imposées pour que je puisse retrouver ma liberté et vous retrouver.. »

    Elle déglutit et retient de nouvelles larmes.

    « – la dernière fois que je suis venu ici, je.. j’espérais pouvoir mourir et vous rejoindre tous. Encore ironiquement, j’ai obtenu l’immortalité. Le monde a bien changé depuis ce temps et moi aussi. Je.. je ne suis plus celle d’avant. Je n’y arrive plus, si bien que je crois que j’ai perdu définitivement l’homme que j’aime depuis toujours. Il.. Il voulait m’offrir une vie que j’aurais mille fois acceptée dans le passé mais qui m’effraie aujourd’hui. J’ai.. j’ai peur de ce que je suis.. de ce que je ressens.. de tout.. je… je suis devenu un monstre. Un monstre qui ne sait pas se contrôler et qui se nourrit de la colère.. »

    Ses doigts s’arrêtent sur le nom de sa mère. Elle repense à tous ces dimanches de confidences. Au moment où elle lui parlait de James avec un enthousiasme de jeune femme follement éprise.

    « – Je t’avais dis que je voulais faire ma vie avec lui et c’est encore le cas.. mais je suis tellement devenu horrible que je me sens illégitime d’être dans sa vie.. il.. il ne mérite pas d’avoir un monstre comme moi pour compagne.. »

    Elle retient cette fois-ci un sanglot mais rapidement quelque chose se fait entendre et Beth se redresse. Elle regarde autour d’elle mais elle sent sa présence. Livio est là. Il ne tarde pas à s’avancer et à afficher son fameux sourire amusé.

    « – C’est ça dont tu avais besoin ? De venir pleurer sur des tombes ? Il fallait me le dire, je t’aurais amené ici au lieu de t’enfuir avec ce James. Cependant tu n’as pas respecté ma seule règle. Je vais donc devoir tuer ce garçon.
    _ Tu ne tueras personne parce que je vais te tuer avant Livio. C’est à cause de toi si je suis ça.. si je suis ce monstre..
    _ Je t’ai offert la vie éternelle. Des milliers de personnes donneraient tout pour cela.
    _ Je me fiche des autres. Moi tu m’as transformé et tu m’as façonné de sorte à ce que je sois ainsi. Un monstre. Tu as tout fait pour me faire souffrir et haïr le monde. Tu as manipulé mon esprit et abusé de moi pendant des décennies mais c’est terminé Livio ! Je ne te laisserais plus m’approcher !
    _ Parce que tu crois que je te laisserais le choix ? Tu as peut-être un don exceptionnel mais on sait tous les deux que tu n’arrives pas encore à le faire fonctionner sur moi. Par contre moi je sais utiliser mes pouvoirs sur toi.. »

    Et c’est vrai. Beth n’a pas encore trouvé la faille chez Livio même si elle sait qu’elle finira par y parvenir. C’est pour cela qu’il est encore vivant. Par contre, il réussit à faire tomber Beth à genoux face à lui et il se met à la torturer mentalement comme il le fait depuis le début. Cela lui permet de la récupérer, la contrôler et l’enfermer. Livio reprend sa chose qu’est Beth et il part vers New-York. Il sait que James va certainement le chercher mais c’est ce qu’il souhaite.

  24. Avatar de M.
    M.

    New-York, 4 mai 2006, immeuble abandonné à Brooklyn.

    Elle est enfermée ici depuis qu’il l’a forcé à le suivre. Livio avait cessé d’user de ses pouvoirs sur Beth car il pensait qu’avec le temps, elle avait enfin compris qu’elle était à lui et il croyait même qu’elle en avait fini avec James mais les dernières semaines lui ont prouvé le contraire. Elle se retrouve donc à subir les assauts psychologiques de Livio. Il réussit à aller dans son esprit pour lui faire mal. Il la torture si bien qu’elle en ressent les effets physiquement.

    Cependant Beth ne lui fait pas le plaisir de répondre aux questions de Livio ni même de lui accorder un regard. Elle subit mais ne plie pas. Elle joue avec les nerfs de l’italien car il ne supporte pas cela mais il est hors de question qu’elle le laisse encore gagner.

    « – De toute façon ton petit chéri de James va venir ici. Il est en train de faire une tuerie chez les vampires et je sais qu’il veut me trouver mais tu sais quoi ? Énormément de vampires veulent lui faire la peau avant qu’il s’en prenne à eux. Donc tu finiras seule Beth car ton James va être détruit. Et tu ne pourras pas le sauver parce que tu es à moi. »

    Beth ne sait pas si Livio dit vrai ou non. Est-ce que James vient réellement ou est-ce encore un moyen pour Livio de jouer avec le cœur de beth ? La blonde continue de subir sans rien dire mais Livio compte bien la faire plier une bonne fois pour toute.

    Le 5 mai 2006, New-York, centre de Manhattan.

    Il l’a fait sortir de sa boîte. Beth est dehors mais elle est encore liée à lui par ce pouvoir de contrôle psychique. Il l’a force à la suivre sous peine de torture et elle a tenté de désobéir mais la douleur a fini par gagner. Beth se retrouve donc ici, dans Manhattan mais elle ne sait pas ce qui lui est réservée. Elle sent que ça ne va pas lui plaire mais Livio ne lui a encore rien dit. Ce n’est qu’une fois devant l’hôtel où il l’a vu pour la première fois, quand Beth a appris pour l’immortalité de James, que Livio décide de parler.

    « – Tu te souviens Beth ? Tu étais ici avec un époux que tu n’aimais pas et tu y a retrouvés ton ancien amour qui était censé être mort. Tu étais triste et seule. James n’a même pas eu le courage de rester auprès de toi.
    _ Il voulait me protéger.
    _ Non il ne pensait qu’à lui car s’il t’avait vraiment aimé, il t’aurait sauvé de ta vie minable. Il t’aurait transformé pour que tu vives avec lui. Mais non, c’est moi qui t’a sauvé.
    _ Tu n’as rien fait. Tu m’as maudis et tu m’as fait souffrir depuis tout ce temps.
    _ J’essaye juste de te rendre docile ma chère Bethie. Mais je vois que ça n’a toujours pas fonctionné et que je ne suis pas certain de pouvoir faire quoi que ce soit de toi, même si ton pouvoir est immense.
    _ Alors tues moi.
    _ C’est ce que je compte faire mais pas maintenant. J’attends que ton ami vienne pour voir ce spectacle. Je veux qu’il te voit mourir. Après tout, c’est ce que tu devrais être depuis très longtemps. Un cadavre malheureux. »

    Livio force beth à entrer dans cet hôtel et à rejoindre la chambre où Beth était en 1923. Ça a bien changé depuis le temps mais Beth essaye de ne pas se concentrer sur le passé, plutôt sur ce que Livio compte faire. Il veut la tuer pourtant le feu ne peut pas le faire alors comment compte t’il s’y prendre ? Il a dû se renseigner quand elle s’est enfuie avec James. Livio a des contacts et notamment avec des sorcières car oui, elles existent car sans elles, il n’y aurait pas de vampires ni de loups. Elles sont un peu comme les maîtresses du surnaturel mais il est très rare d’en trouver des très puissantes.

    « – Tu vas être enfermé ici le temps que ton ami arrive. Moi j’ai d’autres choses de prévues. Je vais te laisser avec une vieille amie à moi. »

    Une silhouette sort de l’ombre et s’approche de Beth. La blonde ne bouge pas d’un centimètre mais son regard est menaçant. L’amie de Livio se met à tourner autour de beth avant de se tourner vers Livio.

    « – Je vais gérer. Tu peux partir.
    _ N’oublie pas notre petit deal Q’orianka. »

    Livio sort de la pièce et Beth s’apprête à sauter sur la petite brune d’un certain âge face à elle mais elle se fait rapidement projeter à l’autre bout de la pièce. Elle se retrouve même transpercer par un bout de bois. Un cri étouffé sort de sa bouche et la sorcière se rapproche sans montrer la moindre peur.

    « – Je ne compte pas te faire de mal si tu m’aides à faire tomber Livio.
    _ Pourquoi le faire tomber alors qu’il dit être notre ami ?. »

    Q’orianka retire le bout de bois qui est enfoncé dans le ventre de Beth. La blonde lâche un râle mais la plaie se referme rapidement. Étrangement, elle ne se sent pas menacé par Q’orianka. Comme si celle-ci avait aussi connu des douleurs que le monde ne peut guérir.

    « – Je suis comme toi Beth. Il m’a enlevé à ceux que j’aime et il joue avec la peur pour me garder entre ses mains.
    _ Et personne n’est venu vous sortir de là ? Vous n’avez pas de famille ou d’alliés ?
    _ Hm.. J’ai un époux et deux enfants. J’ai aussi des amis de la même race que vous, cependant Livio leurs a fait croire que j’étais morte et il m’a ordonné de ne pas leurs donner signe de vie sous peine de les tuer.
    _ Mais vous êtes une sorcière.. vous pouvez tuer Livio ? Non ?
    _ Ce n’est pas aussi simple beth. Livio n’est pas un simple vampire. C’est le premier vampire et il a une force considérable. La sorcière qui l’a transformé, était elle aussi très forte. Ce n’est pas un pieu qu’il faut pour le tuer ni même du feu.
    _ On peut le tuer comment alors ?
    _ Il faut lui enlever son immortalité.
    _ Comme.. le faire redevenir humain ? Vous pouvez ?
    _ Je peux mais pas seule.. il faut pour cela qu’un vampire le vide de son sang. Je dois lancer un sort mais pour que ce sort soit complet, il doit subir ce qu’il a fait subir durant des siècles. Un vampire doit le vider de son sang et quand il n’aura plus que quelques gouttes, je pourrais terminer le sort. Il redeviendra humain et on pourra le tuer définitivement.
    _ Vous voulez donc que je le vide de son sang ? Mais vous savez qu’il a le pouvoir de me torturer l’esprit.. Et je n’ai pas sa force..
    _ Je vais m’occuper de ça. Je vais tenter de te protéger pour qu’il ne puisse pas t’atteindre mentalement ni physiquement. »

    La sorcière semble sérieuse mais Beth reste malgré tout sur ses gardes. Ça semble être trop beau pour être vrai. Pourtant c’est réel. Q’orianka est l’une des victimes de Livio mais elle ne sait pas que depuis qu’elle a été enlevé il y a quelques mois, toute sa famille cherche après elle. Son époux et ses enfants sont des loups mais il y a aussi la belle famille de son fils qui sont des vampires. Justement, James s’est dangereusement approché de Charlie, la compagne de Kisos en arrivant près de New-York. Il pensait encore tuer un nid de vampires mais il est tombé sur une famille atypique mais coriace. Comme James, ils veulent trouver Livio.

  25. Avatar de M.
    M.

    Tout a été rapide. Beth savait que James viendrait mais elle ne se doutait pas qu’il serait accompagné par les Cullen ni la famille de la sorcière Q’orianka. Livio n’a pas eu le temps de s’échapper, il s’est fait transformer en humain et la douleur physique de Beth a commencé à s’estomper mais pas la mentale puisqu’elle a vu James s’éteindre au fur et à mesure qu’il buvait le sang de Livio. James a fini par tomber au sol, vidé de toute énergie et Livio a lâché un râle de douleur mais avant que quiconque n’intervienne, Beth a plongé sa main dans la cage thoracique de Livio. Elle lui a arraché le cœur pour être certaine qu’il ne puisse plus se relever. L’ancien vampire meurt sur le coup et Beth finit par se jeter sur James. À genoux près de lui, elle le secoue pour tenter de le réveiller mais il y a surtout des vagues de larmes qui sortent de ses yeux épuisés.

    « – Réveil toi James !!! Réveille toi tout de suite !! Tu n’as pas le droit de me laisser !! James !!!
    _ Beth.. laisse moi voir.. , demande Carlisle
    _ Sauvez le !! Maintenant !! »

    Mais la blonde ne parle pas plus longtemps car à son tour elle s’effondre. Le contre coup de plusieurs jours de tortures vient l’assommer à son tour. Le couple d’amants maudits est transporté ailleurs. Les Hedlund proposent aux Cullen d’aller vers leurs domaine qui se trouve plus au nord afin que tout le monde puisse se remettre de ce qu’il vient de se passer et aussi pour que Q’orianka ainsi que Sora puissent aider James et Beth.

    Beth rouvre les yeux le lendemain. Elle est dans une chambre qu’elle ne connaît pas mais elle n’est pas seule. Dans un coin de la pièce, il y a Rosalie et Charlie qui veillent sur elle. La blonde se redresse d’un bon et la panique se voit sur son visage.

    « – Où est James ?!
    _ Il est dans une autre chambre, Esmée veille sur lui..
    _ Il n’est pas réveillé ?! Je dois le voir !!! »

    Beth sort de la chambre mais elle ne connaît pas l’endroit, cependant elle suit l’odeur de James et elle arrive très vite dans une chambre qui est dans l’obscurité. C’est presque mortuaire, comme si on veillait un cadavre. La blonde se rapproche du lit et elle vient attraper les mains de son fiancé.

    « – James.. réveille toi.. s’il te plaît..
    _ Carlisle et Q’orianka pense qu’il est dans une sorte de transformation comme il a pu avoir il y a bien longtemps.. Il a bu le sang du premier vampire créé et.. ce n’est pas rien..
    _ C’était moi qui aurait dû le boire.. pas lui.. si il meurt.. mon dieu.. »

    Beth s’effondre à nouveau en pleure et Esmée se rapproche pour se mettre derrière elle. La mère Cullen ressent aussi de la tristesse ainsi que la peur de perdre James mais elle sait que ça doit être encore plus terrible pour Beth.

    « – On va tout faire pour qu’il se réveille.. Carlisle, les sorcières et Jasper sont partis pour essayer de trouver des réponses et des moyens d’aider James..
    _ Comment peuvent-ils trouver quoi que ce soit ?! Livio était le premier et personne ne l’a tué avant nous ! Si.. si James meurt.. je veux mourir avec lui !! Je ne veux plus vivre sans lui.. je ne veux plus passer ma vie loin de lui.. »

    Beth cache son visage contre le torse de James alors que les larmes sont toujours des torrents de douleurs. Esmée cesse de parler pour laisser la blonde se calmer et surtout laisser sa peine sortir. Cela est un signe qu’elle a encore des émotions, des sentiments et c’est une très bonne chose. Esmée a compris que c’était là le problème de Beth, elle a perdu son humanité contre son gré et elle doit réapprendre à montrer ses sentiments.

    Du côté des autres, Q’orianka veut se renseigner sur la sorcière qui a transformé Livio, ainsi elle aura plus de chance de savoir si James a des chances de revenir ou non. Pour cela, il faut aller en Europe et ça va prendre du temps. Carlisle va y aller avec la sorcière, son époux, le père Hedlund et Jasper.

    Esmée de son côté, veille sur James mais aussi sur Beth comme il lui a demandé avant de sombrer. La mère Cullen se fait patiente mais elle arrive à mener beth prendre un bain pour essayer de la détendre. Beth s’est enfermée dans un silence de plomb mais Esmée n’abandonne pas. Tout en lui lavant les cheveux, elle se met à parler de ce que James lui a confié au fil des années.

    « – La première fois qu’il m’a parlé de toi, il retenait ses larmes. Il en voulait au monde entier de ne pas être auprès de toi.. Tu étais encore humaine et il savait que tu étais malheureuse. Cependant il se refusait à s’approcher par peur de te faire du mal..
    _ J’aurais préféré qu’il me tue plutôt que de vivre cette vie..
    _ Je sais Beth.. mais comment aurait-il pu vivre en sachant qu’il avait tué l’amour de sa vie ? Enfin, même s’il pense que c’est le cas depuis que Livio est apparu dans ta vie. James n’a pas cessé de se torturer l’esprit. Il a tout fait pour tenter de te retrouver mais Livio faisait en sorte de le semer..
    _ On aurait jamais dû vivre cette vie.. on avait tout pour.. être heureux.. et la grippe, la guerre.. on a tout perdu..
    _ Non, vous n’avez pas tout perdu. Vous pouvez recommencer.. et puis vos beaux souvenirs ne sont pas effacés. Je crois que j’en connais presque les moindre détails. James m’a énormément parlé de toi, de vos projets, de son amour si immense pour toi.. »

    Beth se remet à pleurer. Esmée sait que ce n’est pas forcément très sympa de l’amener vers les pleures mais c’est un moyen de briser la carapace de Beth.

    « – Il voulait une armée d’enfants avec toi.. Il m’a dit que tu en voulais deux mais qu’il avait réussi à te faire craquer pour avoir plein de mini vous.
    _ Hm.. sauf que maintenant c’est impossible..
    _ Les enfants peut être mais pas le mariage ni le voyage à Paris.. ou même la grande maison en campagne.. ou ton rêve de devenir médecin et lui un grand musicien..
    _ On est condamné à ne jamais avancer.. à ne plus vieillir.. à boire du sang et attendre que les années s’écoulent..
    _ Au contraire, vous allez pouvoir vivre mille vies. Vous allez pouvoir vivre tout ce que vous vouliez découvrir. Il faut juste que tu te donnes le droit de vivre Beth.. tu as tellement souffert que tu t’es enfermé dans une carapace de douleur mais tu as le droit d’aimer, de rire, d’être heureuse.. »

    Beth cesse à nouveau de parler. Après le bain, elle repart dans la chambre où se trouve James et elle s’allonge à côté de lui. Elle ne bouge plus, elle reste nichée contre lui en espérant qu’il se réveille au plus vite. Parfois il bouge, comme s’il souffrait et dans ces moments, elle se met à le serrer dans ses bras pour qu’il sent qu’elle est présente.

    Les jours passent et elle n’a pas bougé, tout comme James. Esmée passe la voir, les autres aussi. Ils lui parlent de Carlisle qui est arrivé en Europe et des recherches mais la blonde est ailleurs. Elle s’est réfugiée dans ses souvenirs avec James. C’est la vampire Charlie qui réussit à sortir Beth de sa léthargie quand elle vient dans la chambre pour lui proposer une poche de sang.

    « – Tu devrais manger un peu..
    _ Pas tant qu’il ne se réveille pas..
    _ Je doute qu’il soit heureux de savoir que tu t’affames ou te laisse mourir près de lui..
    _ On ne sait même pas s’il va se réveiller alors qu’est ce que tu sais de sa réflexion..
    _ J’ai un don moi aussi. J’ai le don de savoir qui va mourir ou non. Les êtres surnaturels inclus. Il ne va pas mourir mais on ne sait pas quand il va se réveiller.. on ne sait pas s’il faut l’aider ou s’il va le faire seul. C’est pour cela que ma belle-mère est partie avec Carlisle. Elle veut t’aider..
    _ Tu es la compagne de son fils le loup ?
    _ Oui, je suis Charlotte Hedlund ou plutôt Charlie. C’est à cause de Kisos et moi que nos drôles de famille se côtoient. Kisos est un loup garou comme son père, Sora une sorcière comme sa mère et moi.. moi je suis un vampire comme mes parents.
    _ comment ça se fait ? Enfin.. Les vampires n’ont pas d’enfants et pourtant ils n’ont pas l’air de t’avoir adopté.. Tu es leurs portraits crachés.
    _ Parce qu’ils étaient humains quand je suis née. Ma mère a failli mourir en couche mais mon père à approche un vampire pour la sauver.. par la suite, il s’est fait transformé aussi et ils m’ont donné le choix sur mon avenir. J’ai été transformé lors de mon dix huitième anniversaire. Physiquement, j’ai trois ans de moins que ma mère. C’est atypique mais je ne voyais pas ma vie sans eux et je ne voulais pas vieillir sans eux.
    _ Oui mais l’éternité n’est peut-être pas le meilleur des cadeaux..
    _ C’est vrai mais sans cela, je n’aurais peut-être jamais rencontré Kisos. Mes parents et moi, nous avons été transformés au début des années 1800.. Il m’a fallu deux cent ans pour trouver l’homme de ma vie.
    _ Mais il vieillit lui.. Tu vas finir par le perdre..
    _ Oui les loups vieillissent mais je resterai avec lui jusqu’à la fin. L’amour fait faire des choses qu’on a pas forcément envie de faire mais on le fait quand même. Comme toi.. Tu te prives de nourriture en ce moment alors que je sais que tu meurs de soif. Mais tu le fais pour veiller sur James.
    _ J’ai si peur de le perdre encore une fois.. Ma vie est devenue un enfer lorsque je le pensais pris par la grippe espagnole. Il.. il est devenu mon monde au moment où nous nous sommes rencontrés. Sans lui, je me sens vide.. mais.. mais il y a quelques semaines, j’ai été odieuse avec lui parce que j’ai pris peur de ce qu’il voulait m’offrir comme vie. Je m’en veux.. je n’ai même pas essayé de vivre cette vie..
    _ Beth, tu n’as pas à t’en vouloir. Esmée m’a raconté un peu votre parcours à toi et James. Tu as vécu des décennies dans la torture et la douleur. Tu as appris à faire taire ton humanité pour survivre.. tu as vécu ce que beaucoup de nous ne réussiraient pas à vivre ne serait-ce qu’une journée. Tu ne peux pas retrouver une vie normale aussi facilement. Il va te falloir du temps et je suis certaine que James sera là pour t’accompagner. »

    La brunette réussit à faire légèrement sourire Beth mais elle n’arrive pas à la faire sortir de la chambre. Beth reste là, même avec une faim de loup.

    Ce n’est qu’au bout de cinq jours que quelque chose se passe. James ouvre les yeux. Beth se redresse et elle pose ses mains sur les joues du jeune homme. Cependant il ne parle pas encore mais surtout ses yeux sont devenus aussi sombres que ceux de Livio. En buvant son sang, il a récupéré les capacités de Livio. Ses pouvoirs mais aussi sa force inégalable. Beth le devine puisqu’elle a bien trop senti les yeux de Livio sur elle. Cependant cette fois-ci elle n’a pas peur. Elle se penche pour déposer un tendre baiser sur les lèvres de James.

    “ – Je t’aime plus que les pâtisseries et les livres..”

    C’était sa phrase bien avant leurs transformations et ça a encore son effet aujourd’hui. Une larme roule sur la joue de la blonde mais elle sourit pour James.

    “ – Et je te promets de ne plus jamais m’éloigner de toi..”

  26. Avatar de M.
    M.

    Beth remarque la larme qui roule sur la joue de James et elle vient délicatement l’essuyer. Elle ne sait pas ce qu’il a vécu, ressenti mais elle lui laisse le temps de se remettre de ce qu’il vient de vivre. Elle décide surtout de ne pas s’éloigner, de rester près de lui et même de s’allonger contre lui. Beth ne peut pas apporter de chaleur à James mais elle sent que sa présence apaise son ancien amant. Silencieusement, elle attend. Cependant James a des nouvelles capacités et celle qu’il avait avant, est bien plus puissante. Il peut à présent lire dans les pensées de beth.

    Elle pense à tout ce qu’il vient de se passer. La rupture avec James, les tortures de Livio et surtout la peur immense de perdre James à jamais. Et puis durant quelques instants, son esprit vagabonde vers le passé quand elle voit le bouquet d’hortensias qu’Esmée a ramené dans la chambre. James adorait offrir des hortensias à Beth quand ils étaient humains. Cela fait sourire la blonde et James aussi étire un sourire. Elle comprend aisément qu’il a vu dans son esprit.

    « – Carlisle et Q’orianka sont partis en Europe pour essayer de trouver des réponses sur Livio et la sorcière qui l’avait transformé. Cela pourrait nous aider pour toi.. pour savoir à quoi tu es lié.. Je me doute que boire son sang a dû avoir des effets sur toi.. mais on trouvera des moyens pour t’aider.. »

    Elle dépose un baiser sur la tempe de James et au même moment, Esmée entre pour voir si tout va bien. Elle est accompagnée de Rosalie et Alice. Beth ne se sent pas encore assez à sa place pour rester alors elle les laisse tranquille en quittant la chambre pour aller prendre l’air dans le jardin de leurs hôtes. Il y a des immenses allées de rosiers et elle s’y perd même si rien n’a fleuri. Dans l’obscurité d’une allée, il y a Charlotte et elle se tourne en sentant la présence de Beth.

    « – Tu veux m’aider à nettoyer les rosiers ? Ils appartiennent à ma mère mais j’adore en prendre soin. L’été, ils sont sublimes lorsqu’ils fleurissent.
    _ Oui.. oui pourquoi pas. »

    Beth s’avance et elle se met à genoux près de la brune qui semble avoir son âge mais qui pourtant est bien plus vieille que tout le monde ici, même Carlisle. Elle dégage quelque chose d’apaisant, un peu comme la présence d’une sœur ou d’une meilleure amie que l’on connaît depuis toujours.

    « – Comment va James ?
    _ Il est réveillé mais je pense qu’il va lui falloir du temps pour se remettre de tout ça. Boire le sang de Livio a eu un impact sur lui..
    _ Il a bu le sang du premier vampire.. ce n’est pas rien. Livio avait des pouvoirs immenses et une force inégalée. Il aurait pu décimer le monde à lui seul s’il l’avait voulu. Je l’avais déjà rencontré par le passé, à Londres, au début des années 1800. Il n’avait pas la prétention de vouloir ordonner des règles comme son frère mais il voulait tout obtenir. La puissance, la force, les gens. Il avait tenté de s’approcher de ma mère mais mon père nous a fait fuire avant que Livio n’arrive à son but.
    _ Ta mère a un pouvoir spécial ?
    _ Oui.. même très spécial. Elle peut communiquer avec les morts.
    _ Comme une voyante ?
    _ Oui mais là ce n’est pas de la camelote. Elle a vraiment un lien avec la mort. C’est pour cela qu’elle est aussi partie à Paris avec ma belle-mère. Grâce à ma mère, ils vont tenter de discuter avec la sorcière qui a transformé Livio.
    _ C’est quand même dingue.. Cela doit être compliqué d’entendre des voix sans cesse non ?
    _ Justement, il y a une magnifique chose dans tout cela puisque mon père à le don de faire taire un esprit. Il peut faire en sorte que ce soit silencieux dans nos têtes. Je crois que c’est parce qu’il est l’âme sœur de ma mère et sans lui, elle ne pourrait pas vivre en paix.
    _ C’est beau ce que tu dis.. et c’est vrai qu’ils sont un très beau couple. Ils me font un peu penser au couple morticia et Gomez Adams sans les costumes. »

    Les deux filles se mettent à rire doucement et Charlie donne un sécateur à Beth pour que la blonde puisse couper les tiges fanées.

    « – Et toi avec ton compagnon, cela n’a pas été trop difficile ? Lui un loup.. toi un vampire.. vous n’avez pas choisi la facilité.
    _ On ne contrôle pas son cœur.. et avec Kisos, ça a été un coup de foudre. La première fois que je l’ai croisé, je suis tombé follement amoureuse mais je savais ce qu’il était alors j’ai tenté de m’éloigner. J’avais peur de lui apporter des problèmes ou le blesser mais il m’a retrouvé car lui aussi était tombé amoureux. On savait que c’était risqué comme relation mais contre toute attente, nos familles nous ont soutenu et nous ont aidé.
    _ Ils n’ont pas eu de différent ? Les loups et les vampires sont censés être des ennemis..
    _ Mon père et mon beau-père ont bien failli s’entretuer mais nos mères ont su les maintenir au pas. Pour harmoniser nos familles, on a instauré certaines règles. Pour la mienne, nous ne tuons pas d’humain mais nous buvons des poches de sang que nous prenons dans les hôpitaux. Pour la famille de Kisos, ils évitent de se transformer en loup ou alors ils s’éloignent quand ils en ressentent le besoin. Ma belle mère et ma belle sœur ne se transforment pas, elles sont des sorcières donc pour ça c’est plus simple.
    _ Jamais je n’aurais cru entendre cela.. une famille atypique..
    _ Je crois que nous sommes une famille unique. Toi tu as une famille assez spéciale aussi puisqu’ils ne boivent pas de sang humain !
    _ Ce n’est pas ma famille mais celle de James.. enfin.. c’est une longue histoire.. »

    Charlie demande à Beth qu’elle lui raconte son histoire ainsi que celle de James. Au début, la blonde a du mal à se confier mais elle cède et cela lui fait du bien de se confier à quelqu’un de neutre.

    « – Je suis désolé pour tout ce que vous avez vécu.. c’est si triste mais pourtant vous avez cette chance de pouvoir vous retrouver maintenant.
    _ Oui mais j’ai peur qu’il m’en veuille de ne pas être comme il aimerait… de ne pas être aussi familiale qu’il le voudrait..
    _ Il te faut juste du temps beth et il va le comprendre. Tu as tout perdu et ensuite Livio t’a enfermé dans la torture et la solitude. Tu as juste peur des autres.. de t’attacher.. Et il va te falloir apprendre de nouveau à faire confiance aux autres et à comprendre que tu n’es plus seule.
    _ J’espère que tu as raison..
    _ J’ai toujours raison ! Demandes à Kisos ! »

    Charlotte se met à rire et elle réussit à entraîner Beth. Les deux jeunes femmes finissent par revenir dans le manoir après ce moment confidences et une surprise attend Beth puisque James est dans le bas des escaliers. Il est aidé par Rosalie mais il s’avance vers sa fiancée, bien que celle-ci termine les pas qui les séparent.

    « – Qu’est ce que tu fais debout aussi vite ? Tu dois encore te reposer.. mais bon, même par le passé tu n’as jamais su rester au repos. Tu es intenable James. »

    Rosalie laisse James prendre le bras de Beth. Esmée semble émue de voir les deux anciens amants se retrouver de la sorte mais elle est surtout émue de voir James retrouver un sourire qu’il a rarement eu au cours de sa vie vampirique.

  27. Avatar de M.
    M.

    Beth écoute James et elle aurait presque envie de le gifler mais elle se retient. Cependant son regard s’assombrit à cause d’une colère naissante. Il n’a plus le droit de lui dire cela. Il n’a pas le droit de lui parler de liberté alors qu’elle a vécu tout ce temps dans l’espoir de pouvoir encore vivre avec lui.

    « – Tu veux vraiment que je t’hurle dessus James Mansen ? Ou préfère tu que je cesse de te parler jusqu’à ce que tu finisses par devoir te mettre à genoux pour te faire pardonner ? »

    Cette dernière phrase fait allusion à une dispute du passé où le pauvre James avait vexée Beth et elle avait boudé pendant presque une semaine. Il avait dû se faire pardonner en se mettant à genoux et en lui offrant un morceau de tarte achetée dans la boulangerie du coin.

    « – Si tu m’aimes comme tu le dis, tu devrais plutôt m’interdire de partir et me promettre qu’on va enfin vivre ce qu’on nous a volé. Tu devrais me dire qu’on aura notre mariage et notre voyage de noce à Paris. Qu’on fera notre croisière en Asie et qu’on visitera tous les opéras du monde. »

    Elle est calme et c’est perturbant puisqu’elle ne s’énerve pas comme elle aurait eu l’habitude de le faire. Malgré tout son regard reste bien mécontent et elle croise ses bras contre sa poitrine.

    « – Je me fiche de tes cicatrices, tes ombres ou je ne sais quoi encore car j’en ai certainement bien plus que toi. Tu sais ce que mon cœur me dicte ? »

    Beth prend la main de James et elle la pose sur sa poitrine. Il ne peut rien sentir mais c’est symbolique. Elle reste face à lui et elle se fait bien plus déterminée.

    « – Il me dicte encore de t’aimer comme depuis le début. Nous ne sommes plus des adolescents euphoriques et niais comme nous l’avions été mais mes sentiments sont toujours là. Je t’avais promis mon cœur, mon corps et mon âme, ça n’a pas changé. Donc tu vas me faire le plaisir de cesser ce discours tout de suite ! Sauf si c’est toi qui veut être libre de moi. »

    Elle reste devant lui mais son regard se plisse légèrement, comme si elle essayait de lire dans le regard de James. Oui, peut-être que lui veut tourner la page.. il l’a sauvé de Livio mais est-ce qu’il veut encore être accroché à son passé ? Après tout, il était prêt à tenter autre chose avec une humaine. Beth sait que James l’aime et elle ne doute pas de ça, cependant aimer ne veut pas dire qu’il se sent capable de vivre à nouveau avec elle.

    « – Je sais que j’ai changé et cette nouvelle Beth ne te plaît peut-être pas. J’ai peur de tout, je perds facilement le contrôle et je suis une boule d’émotions qui ne sait pas encore se maintenir. Comme Charlotte me l’a dit plus tôt, il va me falloir beaucoup de temps pour apprendre à retrouver de la stabilité et je peux concevoir que cela te fait peur ou ne te convienne pas. Tu es à vécu avec les Cullen et ils t’ont donné de la stabilité alors que moi, depuis que tu m’as retrouvé, je t’ai offert l’enfer.. »

    Il continue de la fixer mais il ne dit rien pour le moment. C’est agaçant de ne pas pouvoir lire dans ses pensées alors que lui a accès à toutes ses réflexions. Justement, en ce moment même, elle imagine James s’éloigner d’elle sans se retourner. Cette simple pensée ressemble presque à une torture mais au même moment James appuie un peu plus sa main sur la poitrine de Beth pour la ramener à la réalité.

    « – Tu es prêt à te retrouver avec une vampire qui a des émotions en dents de scie ? Et qui a peur de se rapprocher des autres ? Moi j’ai pas peur de toi James. Et puis si tu as peur à cause du sang de Livio qui coule en toi, je crois que je suis là mieux placé pour t’aider puisque j’ai vécu avec lui et je sais comment il était. Je connais tout de lui, de ses réactions et je saurais le voir si tu les répètes. Je ne dis pas ça pour que tu me gardes près de toi.. même si.. tu ne veux plus être avec moi.. je t’aiderais. »

    Et elle cesse de parler. Quoi dire de plus ? Il sait ce qu’elle pense et surtout que c’est à lui de prendre une décision. Cette promenade sonne comme un moment de vérité qui va sceller leur futur. Continuer ensemble ou séparément ? Pour beth, le choix est fait mais elle n’imposera pas ses envies à James si il aspire à une vie différente de celle qu’il aurait dû avoir il y a presque cent ans.

  28. Avatar de M.
    M.

    Beth ne s’attendait pas à un tel assaut de colère et elle était prête à répliquer avec autant de ferveur mais pour une fois, elle garde sa langue et elle laisse James s’exprimer. Il a peur de la perdre, qu’elle parte à nouveau et il exige qu’elle fasse une promesse. Il exige qu’elle ne le laisse plus. Le regard de James est remplis de peur, de colère mais surtout d’une possessivité qu’elle n’avait pas vu depuis cette journée où le père de Beth avait invité un collègue banquier et le fils de celui-ci. Bien que son père appréciait James, il pensait quand même à faire marier Beth avec un bon parti. Il avait donc tenté une première approche sous couvert d’un repas entre collègues mais il voulait surtout voir si sa fille était ouverte à la possibilité d’un mariage avec un autre garçon que James. Malheureusement pour lui, James avait compris la chose et il avait montré une possessivité qui avait impressionné beth. Il avait osé tenir tête au père de famille et il avait même ouvertement annoncé son intention de demander la main de beth.

    Oui, il a donc cette même possessivité en cet instant. Beth soutient le regard de James alors qu’il attend impatiemment qu’elle réponde.

    « – Je ne veux pas de retour en arrière. C’est terminé d’être éloigné l’un de l’autre. Plus personne ne se mettra entre nous. »

    Livio, Carlisle ou qu’importe, Beth ne laissera plus quiconque lui retirer son seul monde, James. La blonde pose ses mains sur la nuque de James et elle vient déposer un chaste baiser sur ses lèvres. Quelques instants après, une odeur se fait sentir, celle d’un animal. Beth sait que James n’a pas mangé depuis plusieurs jours et c’est aussi, peut être l’occasion pour elle de le voir comment il chasse les animaux.

    « – Allons-y.. »

    Elle n’a pas besoin de lui dire quoi que ce soit, ses pensées l’ont fait pour elle. Beth se détache de James et elle se met à le suivre lorsqu’il part, cependant il va bien plus vite qu’avant. Il va aussi vite que Livio. Elle réussit à le retrouver en suivant l’odeur de son fiancé et quand elle arrive à lui, il est déjà en train de vider un élan de son sang. Beth est un peu septique car elle a peur que cette nourriture puisse ne plus lui convenir à cause de Livio mais il semble ne pas s’en plaindre. Il ose même laisser un peu de sang pour que beth goûte. Elle hésite mais elle a promis de faire des efforts alors elle cède et se met à genoux devant la bête pour tester ce nouvel aliment.

    Contrairement à James, elle a un relent de dégoût après la première gorgée car c’est totalement différent du sang humain. Beth se redresse et grimace cependant en voyant l’air amusé de James, elle lève les yeux au ciel.

    « – C’est.. spécial. Peut-être que j’aimerais un autre style d’animal mais l’élan ce n’est pas trop mon kiffe. »

    Elle pince la langue alors que James termine de boire le sang de la bête. Cependant ils ne laissent pas le corps de l’animal ici, ils le prennent avec eux pour que les non vampires du manoir puissent le manger.

    Beth décide de s’en aller dans sa chambre pour pouvoir aller se doucher car avec cette escapade dans les bois, elle a de la boue sur elle. James est parti voir les autres et elle a encore du mal à en faire de même mais ça finira par lui passer. La blonde finit dans la baignoire, où elle se laisse entièrement aller dans l’eau. L’avantage d’être un vampire est qu’elle n’a pas besoin de reprendre son souffle. Elle est cependant sortie de sa bulle par une main qui se pose contre son bras. James est entré dans la salle de bain. Beth sort la tête de l’eau et elle jette de la mousse sur James qui semble être amusé.

    « – On t’a déjà dit que l’on n’entrait pas dans la salle de bain d’une lady ? Tu as de la chance que mes frères ne sont plus là. »

    Elle sourit finement mais elle reste dans l’eau et elle observe James qui s’installe contre le lavabo. La demoiselle se recule légèrement et elle fait signe à James qu’il y a une place face à elle.

    « – Viens là. Je pense qu’on devrait passer à deux. Toi aussi tu as été dans la boue. »

    Ils n’ont jamais pris de bain ensemble et ils n’ont jamais rien vu du corps de l’autre mais Beth se fiche de la nudité. Ils n’ont plus seize ans et il n’y a plus les bonnes mœurs de l’ancien temps. Elle baisse quand même son regard lorsqu’il se met nu pour ne pas le perturber et quand il se retrouve dans l’eau face à elle, elle pose ses mains contre les jambes de James.

    “ – Il y a quelques jours, Alice m’a proposé d’aller faire… du shopping. Tu vas trouver ça bête mais je n’en ai jamais fait. Je.. Je vais accepter. Après tout, j’ai beaucoup de choses à apprendre.. et.. il faut surtout que j’apprenne à faire confiance..”

    Beth sourit légèrement. James ne se rend certainement pas compte de toutes les choses qu’elle n’a jamais fait ou appris depuis sa transformation. Elle n’est pas bête et elle a vu le monde évoluer, cependant Livio ne lui a pas permis de faire grand chose sans lui. Elle ne sait pas conduire, elle peine à utiliser un ordinateur ou même un téléphone. Elle n’a jamais été faire les magasins puisque c’est Livio qui lui ramenait des vêtements, elle n’a jamais non plus eu une carte bancaire entre les mains. On pourrait presque croire qu’elle vit encore dans sa propre époque mais c’était voulu par livio. Moins elle en savait, plus il pouvait la contrôler.

    “ – Tu viendras avec nous ?”

  29. Avatar de M.
    M.

    Beth se met à rire quand James refuse sa proposition pour le shopping avec Alice. Il ne veut pas perdre la tête mais elle, elle risque de la perdre aussi si Alice est une dingue de magasins. Il lui dit de profiter et de se laisser aller par ce moment mais Beth le craint un peu puisqu’elle va se retrouver entourée d’humains. Elle sait se retenir mais pas comme quelqu’un qui a l’habitude de côtoyer des personnes normales. La plupart du temps, elle allait vers eux pour en trouver un en guise de repas mais pas pour se cacher ou jouer l’humaine.

    « – Comment tu as fais pour te passer de sang humain ? Pour ne pas avoir envie de les tuer ? »

    Elle est redevenue sérieuse mais aussi curieuse. James a appris à se fondre dans une humanité qu’il a pourtant perdu. Il joue parfois les lycéens et il n’a pas de mal à être entouré d’humains qui pourraient finir par découvrir son secret. Certes, les Cullen l’ont aidé pour y arriver mais il a quand même dû prendre sur lui afin de se maîtriser.

    « – Tuer des gens a été mon seul plaisir pendant tout ce temps.. je ne dis pas ça pour que tu me vois comme un monstre ou pour que tu prennes pitié mais j’aime ça. Parfois je m’en veux d’être ainsi mais quand la chasse me prend, j’ai l’impression d’être invincible et forte. Cependant je sais aussi que c’est horrible ce que je fais.. mais c’est plus fort que moi.. »

    Elle n’a pas encore le bon sens de savoir dire non. Elle n’a pas la même force mentale que James et c’est pour cela qu’elle lui parle en cet instant. Elle a besoin de savoir comment il fait et elle a besoin de son aide pour se freiner. Sans ça, Beth sait qu’elle est capable de carnage à n’en plus finir. Pour le moment elle boit les poches de sang que Charlie lui a donné mais ça n’est pas assez pour Beth. Elle a même déjà envisagé dans le village le plus proche pour aller se restaurer mais elle sait qu’elle est surveillée par tout le monde dans ce manoir.

    « – C’est ce que je déteste le plus dans cette vie.. l’envie de tuer.. parce qu’avant je voulais sauver des vies et aujourd’hui je veux les détruire.. »

    Elle ferme les yeux un instant et elle tente de chasser son envie de sang en pensant à quelque chose de plus agréable. C’est ce qu’elle fait depuis quelques jours et pour le moment ça semble fonctionner. Pour le coup, elle imagine James lorsqu’il lui offrait des sérénades en musique mais rapidement ses pensées deviennent un peu plus osée puisqu’elle sait qu’en ce moment même, James est dans le bain avec elle. James peut entrevoir cette pensée. C’est un baiser offert contre le piano et des mains qui viennent découvrir l’autre. Beth rouvre les yeux quand la main de James se pose sur son genoux et elle se met à pincer ses lèvres car il rougit comme lorsqu’ils étaient jeunes et qu’elle osait embrasser le coin de ses lèvres.

    « – Pardon.. c’est.. perturbant que tu puisses lire dans mes pensées.. Tu vas finir par me prendre pour une folle.. »

    Elle lui jette de l’eau et de la mousse, ce qui conduit à une petite bataille navale dans la baignoire. Beth a toujours été une grande joueuse et surtout une gagnante, si bien que James se retrouve éclaboussé à souhait et pour la faire stopper, il attrape la main de la blonde et plaque celle-ci contre lui. Ce geste crée leur premier peau à peau. Beth s’arrête directement et elle a même l’impression que tout s’arrête autour d’eux. Ils se fixent comme pour tenter d’anticiper la réaction de l’autre. Une tension s’installe en quelques secondes et sans concertation, les deux viennent s’embrasser comme jamais ils n’avaient osé avant. Ce n’est pas un baiser de jeunes adolescents qui flirtent, ni un baiser de retrouvaille mais un baiser vital. Le genre d’échange qui ne peut être retenu et qui embrase tout sur son passage. C’est si ardent que beth en casse un morceau du rebord de la baignoire en marbre.

    Ce n’est qu’en cessant le baiser que les deux remarquent ce petit incident et Beth retient un rire mais la fièvre reprend la blonde. Ils n’ont jamais vraiment exploré ni exposé le désir qu’ils pouvaient ressentir l’un pour l’autre. Ils n’ont jamais rien franchi, même pas un baiser aussi puissant que celui qui se fait en ce moment. Ça ne se faisait pas à l’époque, il fallait être sage jusqu’au mariage. Pourtant il y avait déjà des tensions entre eux même s’il fallait se contenir. Nombreuses ont été les nuits où Beth rêvait d’être l’objet du désir de James.

  30. Avatar de M.
    M.

    Il ne s’était jamais passé quelque chose d’aussi intense entre James et Beth. Plus rien ne semble les arrêter et les remettre dans le bon chemin. James repose ses mains sur la blonde et ses lèvres dévorent sa peau, ce qui fait frissonner Beth comme jamais. Elle en a même des gémissements qui s’extirpent de sa bouche mais pourtant elle se recule légèrement lorsque James lui dit qu’il a attendu depuis trop longtemps après ça. Elle fixe le regard de son compagnon et elle semble réfléchir un instant. C’est vrai, ils ont tous les deux attendus cela depuis bien des décennies mais Beth ne veut pas que ça se fasse comme deux sauvages dans une baignoire. James n’aurait jamais permis cela pour leur nuit de noce. Il aurait voulu que tout soit parfait pour que la demoiselle passe la plus belle nuit de sa vie.

    « – Attends.. viens.. »

    Murmure t’elle contre ses lèvres. Beth se relève et elle tend sa main pour que James sort avec elle de cette baignoire. Leurs corps nus et humides se retrouvent l’un face à l’autre, si bien que Beth peut mieux voir les courbes de James. Elle se mord légèrement les lèvres en voyant la musculature impressionnante de son amant mais elle n’a pas le temps de reluquer pendant des heures puisqu’un baiser reprend de plus bel. Les deux amants s’embrassent tout en reculant vers la chambre qui est à côté de la salle de bain. James finit par tomber sur le lit et Beth se retrouve sur lui. Leurs mains reviennent se découvrir avec bien plus de sensualités qu’ils ne l’ont jamais fait. Beth vient même à cesser le baiser pour que ce soit ses lèvres qui découvrent le corps de James. Elle descend sur son cou, son torse, son ventre. Elle voit des marques, des grains de beauté, des courbes qui ont toujours été caché par la pudeur de l’ancienne époque.

    Avant d’aller plus loin, elle tient à ce que James lui donne son accord. Certes elle sent la virilité de l’homme tendue contre elle mais ce n’est pas rien ce qu’il se passe entre eux. Comme il l’a dit, ils ont attendu longtemps, trop longtemps. Beth remonte son corps et laisse son front se poser contre celui de James.

    « – J’ai tellement de fois rêvé de ce moment.. Pas par pur désir mais aussi parce que je t’aime et que je voulais t’offrir tout ce que j’ai.. »

    Ses mains se posent sur les joues légèrement barbues de James. Il a les yeux brillants, le corps tremblant et des mains possessives.

    « – Je devais te donner ce moment pour le soir de notre mariage mais ça n’a pas été possible.. et.. ce soir on se retrouve là, nu l’un contre l’autre. Je te désir plus que tout James et je veux que ce moment soit parfait.. Cependant je tiens à ce que tu me dises si tu veux aller plus loin ou non. Je sais que tu en aurais fait de même avec moi.. tu aurais tout fait pour que ce soit parfait.. »

    Oui, James n’a pas encore osé donner son corps à une femme. Elle ne doute pas de lui ni de son désir mais elle ne veut pas le pousser à faire quelque chose qui pourrait lui déplaire.

  31. Avatar de M.
    M.

    Tout se passe si rapidement et pourtant elle le sent. Elle sait ce qu’il se passe. Vino est là. Il refait surface à travers James. Beth l’a senti lorsqu’il l’a poussé hors du lit, si bien qu’elle en est tombée au sol. Elle est toujours par terre lorsque James se relève et il semble paniquer alors que la blonde s’assombrit sans s’en rendre compte. Non pas parce que le moment passionné vient de se terminer mais parce qu’elle sent sa rage contre Vino remonter en surface. Elle a passé des années à tenter de le fuir mais il est encore là et il est dans l’homme qu’elle aime.

    Beth relève son regard sur James qui dit devoir partir quelque temps et elle se relève en un bond. Elle vient se placer face à lui et elle fixe son regard avec une intensité telle que des flammes pourraient se voir dans ses pupilles.

    « – Non. On va trouver une solution mais fuir ne servira à rien. Surtout avec Vino. Je suis assez bien placé pour savoir que c’est une bataille perdue d’avance. Je vais aller voir les sorcières et on va trouver un moyen de le faire partir. »

    Elle est intraitable. Beth part chercher quelques vêtements pour s’habiller et sans rien dire de plus, elle sort de la chambre pour aller trouver Sora et sa mère. Les deux femmes sont dans le salon quand la vampire arrive. Elles sentent le changement d’humeur et la détermination dans le regard de beth. Q’orianka sait d’avance ce qu’il se passe, si bien que beth n’a pas besoin d’ouvrir la bouche.

    « – Je ne sais pas Beth. Vino est un ancien et on a peu d’informations sur lui, sur la magie qui l’a engendré. Mais j’ai peut-être une idée pour aider James. Cependant nous allons aller plus loin pour ne pas qu’il nous entende. »

    James peut lire dans les pensées de ceux qu’ils croisent et Q’orianka sait que son idée ne lui plaira pas donc elle invite Beth à la suivre hors du manoir. Sora reste ici pour distraire l’amant de beth en venant lui proposer de l’apaiser avec un peu de magie. Tomas, le compagnon de Sora, est présent pour garder un œil sur sa douce. Il est prêt à sauter sur James si celui-ci tente quoi que ce soit.

    Beth et Q’orianka s’éloignent dans la forêt pour discuter. Q’orianka évoque le fait qu’avec l’aide de son don, Beth pourrait brûler Vino qui est à l’intérieur de James mais Beth refuse catégoriquement.

    « – Je ne peux pas. James va souffrir.
    _ Oui mais c’est certainement le meilleur moyen..
    _ Non. James ne sait pas de quoi Vino est capable mais moi oui. Il faut que Vino vienne en moi. Il m’a assez torturé pour que je sache comment réagir et je peux tenter de le brûler en le gardant en moi.
    _ Tu veux récupérer Vino ? Pour ça, il faudra que tu bois le sang de James.. à presque l’en faire mourir.
    _ Je vais le faire et tu seras là pour le maintenir en vie. Quand j’en aurais terminé, enferme-moi dans une pièce. Que tu vas sceller avec un sort. On ne sait jamais. Je pourrais faire un carnage si je ne suis pas prisonnière..
    _ Très bien.. mais ça pourrait te détruire Beth.. ton humanité pourrait en prendre un sacré coup ou même ton esprit.
    _ Je préfère que cela m’arrive à moi plutôt qu’à James. Lui.. il est bon. Il est aimé, il a une famille. Moi à part lui, je n’ai plus rien. Je préfère que ce soit moi qui soit torturé plutôt que lui.
    _ On va préparer cela alors.. mais..
    _ Mais si je suis incontrôlable, que mon esprit se perd totalement, je veux que tu me tues. Je ne veux pas que James vive avec le poids d’une ancienne fiancée détruite et instable. Je ne veux pas devenir son fardeau.. il mérite mieux..
    _ Je ferais ce qu’il faut Beth. »

    Et dans ce serment, les deux femmes terminent cette balade funeste et reviennent au manoir. Beth sait qu’elle doit agir vite pour ne pas que James cherche à stopper son idée. À peine passé t’elle la porte du salon, qu’elle se jette sur lui et il n’a pas le temps de se défendre car Q’orianka use de ses pouvoirs pour le paralyser. Les crocs de Beth s’enfoncent dans la gorge de James et elle se met à le vider de son sang. Les autres personnes présentes ne comprennent pas ce qu’il se passe. Rosalie tente d’intervenir mais Sora la paralyse à son tour.

    En quelques secondes, James se retrouve avec une quantité infime de sang dans son corps et Beth se retrouve avec une lueur presque diabolique dans le regard. Elle relâche James sans aucune empathie et elle se tourne avec une démarche de prédatrice prête à attaquer. Les deux sorcières cessent de paralyser les autres vampires et elles se concentrent pour maîtriser Beth. C’est pour le moment assez simple car Vino n’a pas encore pris le dessus et elles arrivent à faire aller Beth dans sa chambre à l’étage. Comme prévu, la chambre est scellée par un sort mais les problèmes ne font que commencer. James est finalement secouru par Q’orianka mais les premiers hurlements de Beth viennent combler le silence du manoir.

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